Bienvenue au Japon, Mademoiselle l'Elfe – Tome 1 – Chapitre 1 – Partie 1

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Épisode 1 : Bonjour, Mademoiselle l’Elfe

Partie 1

Les gens avaient tendance à avoir au moins un côté étrange. Il y avait des individus qui détectaient les fantômes et les esprits, et des gens qui pouvaient facilement dessiner de belles œuvres d’art. Il y avait des individus beaux avec des voix terribles quand ils chantaient, et des gens maigres qui étaient des mangeurs voraces. Il y avait des individus qui n’étaient pas si beaux, mais qui n’avaient aucun problème à obtenir des rendez-vous, et ainsi de suite.

Moi aussi, j’avais une de ces bizarreries vraiment spéciales. C’était lié au fait que j’étais un salarié moyen de vingt-cinq ans, mais, par-dessus tout, y compris l’avancement de ma carrière, mon principal objectif était de quitter le travail à l’heure.

J’avais défait ma cravate dès que j’étais rentré dans ma chambre et j’avais commencé à mettre mon pyjama confortable. La façon dont j’avais fredonné en faisant mon lit pourrait bien être un spectacle étrange à voir. Ce ne serait peut-être pas aussi bizarre si je n’étais pas célibataire, mais, malheureusement, je n’avais jamais eu de petite amie auparavant. C’était ma routine, ou plutôt la chose pour laquelle je vivais. Après tout, je rêvais de vivre dans un monde imaginaire depuis mon enfance. J’adorais les histoires sur les combats et le fait de vaincre des monstres avec des épées, des boucliers et de la magie. Je me souvenais d’avoir emprunté ces livres à la bibliothèque et de les avoir lus encore et encore jusqu’à ce qu’ils soient tous usés.

C’était peut-être à cause de mon obsession, mais j’avais rêvé à ce genre de choses pratiquement toutes les nuits. Je me battais dans un monde d’épées et de magie, je participais à des guerres intercontinentales et j’entrais dans d’énormes donjons. Ces rêves avaient commencé quand j’étais enfant, et même à l’âge adulte, j’avais encore hâte de les voir la nuit.

Ce qui était malheureux, c’est qu’ils pouvaient aussi devenir trop réels. Ça aurait été bien s’ils avaient été plus gentils avec moi de temps en temps, mais j’avais été vaincu par des monstres à maintes reprises, et il n’était pas rare pour moi de périr de temps en temps en pleine nuit. J’avais toujours été extraordinairement faible, et je ne me souvenais pas combien de fois j’avais été dissous par des choses d’apparence visqueuse. J’avais été agressé par des indigènes, dont je ne comprenais même pas la langue, et tout cela aussi un nombre incalculable de fois.

Mais, aussi terrifiants qu’ils aient pu être, ces ennemis n’étaient que des rêves. Il n’y avait jamais eu de douleur puisque ce n’étaient que des rêves, alors je pouvais m’en tirer avec une telle imprudence comme de charger directement vers un dragon imposant. Ensuite, je me réveillais sous le soleil du matin et je me dégourdissais les membres en pensant au rêve amusant que je venais de faire. Il n’y avait tout simplement aucun moyen de faire l’expérience de telles choses dans le Japon moderne.

Alors, comme d’habitude, j’avais préparé mon lit pour la nuit. J’avais mis une bouteille d’eau à côté de mon oreiller, avec un bento qui aurait encore bon goût une fois froid. Ce n’était pas une sorte de rituel, mais le fait d’agir ainsi allait avoir un intérêt que plus tard... En fait, ce serait plus rapide de le faire que de l’expliquer.

J’avais regardé ma montre, qui me disait qu’il était 19 h. Si les choses se passaient comme d’habitude, je me réveillais à 7 h. Je dormais plus longtemps que la plupart des gens de mon âge, mais j’avais travaillé dur et je vivais seul, donc personne ne pouvait vraiment rien dire contre mon rythme de vie. C’était bien de n’avoir à prendre soin que de soi. Cependant, je n’étais pas sûr si je devais y penser comme un privilège d’adulte ou me plaindre de ma vie triviale. Bien sûr, je me voyais comme le premier, mais la plupart des gens me verraient comme le second.

Mais c’était très bien. Il fallait profiter de la vie, et je n’avais pas l’intention de laisser tomber ma vie de sommeil.

« Eh bien, bonne nuit, » murmurai-je pour moi-même.

Et donc, j’avais plongé sous ma couverture douillette. En tant que dormeur chevronné, j’avais relâché un ronflement et j’étais entré dans cet autre monde, comme d’habitude.

 

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Chirp chirp, chirp chirp.

Dès que j’avais ouvert les yeux un peu difficilement j’avais vu un petit oiseau juste devant mon visage. La couleur bleue de son petit corps rond s’assombrissait progressivement vers l’extrémité de ses ailes. Ce petit gars extrêmement curieux s’appelait Nuzzle, et il n’avait pas vraiment peur des humains. Il avait été nommé d’après des ruines voisines appelées Nazul-Nazul. Au printemps, il sortait à la recherche de nourriture, mais il semblait passer la plupart de son temps dans les ruines.

« Ahhhh... J’ai très bien dormi. Mais de l’autre côté, je viens de m’endormir, » déclarai-je pour moi-même.

Et pourtant, je me sentais bien reposé même quand je me réveillais aussi au Japon. Je suppose que c’était logique, vu que j’étais dans un rêve de ce côté-ci.

Comme d’habitude, j’avais offert de la chapelure venant de ma poche de poitrine. L’oiseau gazouilla de gratitude, puis le ramassa dans son bec et s’envola.

J’avais brossé les miettes restantes et je m’étais levé en réfrénant un bâillement. Puis, le soleil, se levant dans le ciel bleu et clair et la prairie en pente douce, avait rempli mon champ de vision. Il y avait une rivière qui coulait à proximité, donc il semblerait que je n’aurais pas de difficulté à trouver de l’eau potable.

« Hm, je suppose que ça reprend là où je me suis arrêté hier soir. Ah, c’est vrai, je dormais sous un arbre..., » déclarai-je.

La rosée nocturne s’était accumulée sur le manteau que j’utilisais comme lit de fortune, et les gouttelettes tombaient en perles quand je les essuyais. J’avais choisi un endroit où poussaient des arbres parce que je me méfiais de la pluie, mais à en juger par l’aspect actuel du ciel, il ne semblait pas y avoir lieu de s’inquiéter.

J’avais jeté un coup d’œil à mon environnement : Il y avait un sac à bandoulière en cuir et quelque chose qui brillait au soleil à côté.

« Le voilà. C’est là. Une bouteille d’eau me suffit, mais je dois prendre mon thé pendant les repas, » déclarai-je.

Il y avait une bouteille en plastique qui ne semblait pas à sa place dans le monde fantastique, et un bento était enveloppé dans un tissu à côté. Je l’avais préparé avant de m’endormir et, étrangement, il me remplissait l’estomac quand je le mangeais dans mes rêves. Ou peut-être que c’était encore plus bizarre que le fait que je pourrais même avoir faim dans mes rêves...

« La nourriture est difficile à trouver et a mauvais goût dans mes rêves, alors ça aide vraiment. »

Il y a quelque temps, je pêchais pour ne pas mourir de faim, mais j’avais adopté cette méthode dès que j’avais commencé à travailler à temps plein. Le raisonnement était que je ne voulais pas perdre mon temps à essayer d’obtenir de la nourriture alors que je pouvais réaliser mon rêve.

Maintenant, j’avais tout mis dans mon sac et j’avais commencé à marcher vers la rivière. J’avais besoin de remplir ma bouteille d’eau et mon visage avait besoin d’un rinçage matinal.

J’avais senti le froid du début du printemps en m’aspergeant d’eau sur le visage. Me frotter le visage avec de l’eau froide avait été très efficace pour me réveiller de mon état de somnolence. Mon visage dans le reflet de l’eau vacillante était très différent en âge de mon visage dans le monde réel. La peau lisse et jeune et mon regard endormi... Oh, j’étais réveillé maintenant, mais c’était comme ça que mes yeux ressemblaient naturellement. À en juger par ma taille, j’étais probablement plus en âge d’aller au collège. Mes vêtements noirs n’offraient manifestement pas beaucoup de protection, et j’avais choisi quelque chose de bon marché, donc ça ne me dérangeait pas s’ils étaient endommagés. Je suppose que le seul équipement sur moi que vous ne verriez pas au Japon était l’épée accrochée à ma taille.

J’ai un peu vieilli par rapport à avant, mais je vieillis beaucoup plus lentement dans le monde du rêve. Maintenant, à en juger par la façon dont cet oiseau était ici, ça doit être près des ruines Nazul-Nazul.

Si je marchais le long de cette rivière, ça me mènerait à la ville souterraine. Mais la question était de savoir si je continuerais dans cette voie ou si je trouverais un autre endroit. J’avais caressé mon bracelet d’argent en y pensant, puis un écran blanc bleuté était apparu devant moi. Ceux-ci avaient été distribués dans tous les pays et avaient permis d’informer le porteur de leur statut actuel. Cela montrait que j’étais au niveau 72, ce qui indiquait que j’étais beaucoup trop surpuissant pour cette zone.

« Franchement, mon niveau est devenu assez élevé après toutes ces années. »

Au début, j’étais désespérément faible, mais j’avais tellement progressé grâce à tout le dur labeur que j’avais fait. Mais je jouais depuis près de vingt ans, il était donc difficile de dire si mon rythme avait été rapide ou lent. Mais il n’y avait pas d’ennemi comme un seigneur démon à vaincre, alors je m’y prenais bien, c’est tout. S’il y avait une puissance ennemie comme celui-là dont il fallait se charger, j’aurais probablement fait beaucoup plus d’efforts au lieu d’améliorer mes compétences de pêche pendant tout ce temps.

« Pour être honnête, je ne faisais que monter mon niveau pour pouvoir aller voir d’autres domaines... Hm ? »

À ce moment-là, j’avais senti les yeux de quelqu’un poser sur moi. Je l’avais remarqué grâce à la compétence d’Intuition que j’avais mise à niveau pour éviter le combat, mais il semblait que celui qui me regardait ne cherchait pas le combat.

Une jeune fille aux longues oreilles était apparue de derrière un arbre et s’approcha de moi.

« Oh, bonjour, Kazuhiho. Je vois que tu campes d’une manière primitive, comme d’habitude. Si tu veux mon avis, tu ressembles beaucoup plus à un elfe que moi. »

« Ah, oui, oui. Bonjour, Marie. J’ai de la chance qu’il fasse encore beau aujourd’hui. Parfois, je me réveille pendant une forte pluie, et cela peut être assez épuisant mentalement, » répondis-je.

Marie inclina la tête comme si elle n’avait aucune idée de ce dont je parlais.

Son espèce était celle des elfes, et son vrai nom était Mariabelle. Je l’appelais par son surnom Marie, et bien qu’elle semblait avoir à peu près mon âge, elle avait plus de cent ans, ce qui expliquait en partie pourquoi on l’appelait une demi-fée. Ses cheveux, scintillant au soleil, étaient d’un blanc pur comme le pistil d’un pissenlit. Cela descendait jusqu’à la taille, ce qui la rendait facilement reconnaissable, même de loin.

 

 

Et puis il y avait eu moi qui, pour une raison ou une autre, me suis fait appeler « Kazuhiho ». Je n’avais que ma jeune personne à blâmer pour avoir mal écrit une seule lettre. C’était basé sur mon vrai nom, Kazuhiro Kitase... mais pour ainsi dire, je l’avais mal orthographié quand je faisais la configuration initiale.

« Inutile de pleurer sur le lait renversé... Oh, je parlais tout seul. De toute façon, ce n’est pas souvent que je te vois ici, Marie. Voudrais-tu venir voir les ruines voisines avec moi ? » demandai-je.

« C’est un sacré endroit où tu viens de m’inviter. Je ne comprends pas encore très bien les sensibilités humaines, mais les femmes aiment-elles habituellement qu’on les invite dans des ruines ? » demanda Marie.

« Je suppose que cela dépend de la personne. Mais si tu décides de te joindre à moi, je t’offrirai du bento, » déclarai-je.

Ses longues oreilles frémirent en réponse.

J’avais vu une étincelle dans ses yeux pourpres, et il était clair comme de l’eau de roche qu’elle était tentée, car elle s’agitait clairement avec le bâton qu’elle tenait derrière son dos.

« E-Eh bien... Si tu insistes vraiment, je pourrais accepter ton offre. Bien que je sois assez occupée avec d’autres affaires, juste pour que tu le saches, » déclara Marie.

Après ça, elle jeta un coup d’œil au sac que j’avais placé à côté de moi. C’était assez petit, donc la forme de la boîte à bento était visible. Elle semblait avoir un sens aigu du goût. Depuis que j’avais partagé un peu de mon bento il y a quelque temps, elle s’y attendait de plus en plus. Mais, comme elle était têtue, elle n’avait jamais demandé directement si elle pouvait en avoir.

C’était aussi très rare que je la croise. Depuis qu’elle était passée de la forêt elfique à la Guilde des sorciers, elle passait ses journées à étudier la magie. Comme j’avais eu cette rare occasion de passer du temps avec elle à nouveau, je voulais aller m’amuser un peu avec elle.

« Alors, allons-y. Il n’y a pas beaucoup d’ennemis puissants dans le coin, donc c’est parfait pour faire une promenade, » déclarai-je.

« Je pense que ton idée d’une “promenade” est un peu étrange. La plupart des gens appelleraient cela “explorer des ruines”, pas une promenade de l’après-midi. » Son front se plissa d’une manière adorable alors qu’elle corrigea mon sens pas si commun.

Je la connaissais depuis l’école primaire maintenant que j’y pense, alors elle était peut-être ma meilleure amie dans ce monde. Mais il est vrai qu’elle avait toujours agi comme si elle était ma Grande Sœur ou quelque chose comme ça, étant beaucoup plus vieille que moi et tout.

Nous avions commencé à marcher côte à côte, quand mon regard avait été attiré par l’objet qu’elle tenait.

« Oh, est-ce ton bâton ? Puis-je le voir ? » demandai-je.

« Hm, vas-y. Le manche est fait de houx —, et regards, il a même des poils de licorne ici, » déclara Marie.

« Wôw, Marie, je suis toujours si impressionné que tu puisses même utiliser la magie. Laisse-moi y jeter un coup d’œil pendant que nous marchons, » demandai-je.

Marie avait souri joyeusement en réponse.

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2 commentaires

  1. Merci pour le chapitre !

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