Almadianos Eiyuuden – Tome 3 – Chapitre 102

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Chapitre 102

À la même époque, Kurats était reparti à Bashtar, car le roi ne voulait pas qu’il accumule plus de réalisations et qu’il brise l’équilibre du royaume.

« Actuellement, Bashtar est probablement la terre qui attire le plus l’attention de tout le continent ! »

Avec un sourire qui ne cachait pas ses intentions, Lunaria pressa la main droite de Kurats sur sa poitrine.

Depuis sa nuit avec Kurats, elle travaillait sur son intimité pour rattraper Cornelia, qui avait eu une longue avance.

« Quand même, ces gens pourront-ils vraiment traiter avec le marquis ? »

Tout en occupant effrontément le côté gauche de Kurats, Frigga pencha la tête, s’interrogeant sur la bataille qui se déroulait actuellement à la frontière.

En voyant les deux amatrices de bataille marquer leurs territoires de part et d’autre de Kurats, une Cornelia boudeuse s’était assise sur un siège en face de lui.

Si l’ambiance était toujours aussi agréable malgré son humeur, c’était parce qu’elle avait la fierté d’être la première femme de Kurats et qu’elle faisait confiance à Lunaria et à Frigga.

À présent, elles avaient toutes les trois formé un front uni contre les trois monstres, Triestella, Meryl et Berta, qui étaient naturellement douées pour les questions de chambre à coucher. Elles ne voulaient pas perdre à cause du nombre.

« Je veux un rappel. »

« Moi aussi. »

« … »

Comme on pouvait s’y attendre de la part des Nosferatus, leurs désirs et leur endurance étaient extraordinaires. Après les nombreuses batailles qui avaient suivi la conversation précédente, elles avaient continué à faire pression sur Kurats pour qu’il en fasse plus, et il put tenir ses promesses grâce à son énergie débordante.

« C’est sûr, je ne mentais pas quand je disais que tu peux en avoir autant que tu veux. »

« … Mlle Lunaria… Je suis… Je suis… »

Pendant ce temps, Lunaria tenait Cornelia par les épaules pour la réconforter. Elle pouvait à peine reprendre son souffle à ce moment-là.

« C’est bon ! Tu as tout donné, Cornelia ! Laisse le reste à nous deux ! »

« Désolé Lunaria… Je suis aussi à terre. »

« Toi aussi, Frigga ! Mais si tu es à terre, alors je… ! »

Alors que Lunaria tremblait de partout, Kurats lui répondit impitoyablement avec un sourire de vainqueur.

« Oh ? Alors tu veux toi aussi un rappel ? »

« Euh… l’épouse légale ne perdra pas contre des monstres ! »

Pour les femmes, il y avait des moments où elles devaient continuer à se battre, même quand elles savaient qu’elles perdaient.

En accumulant de telles défaites à plusieurs reprises, le lien unissant Cornelia, Lunaria et Frigga devint plus fort que jamais.

Et il y avait une fille qui enviait beaucoup ces trois amantes.

Ça doit être bien… J’aimerais que le seigneur Kurats soit aussi affectueux avec moi…

C’était quelqu’un qu’on ne pouvait vraiment pas appeler l’amante de Kurats, même pas pour la flatter.

Clodette.

C’était le premier amour de Clodette, mais elle n’en était même pas consciente. Elle n’avait aucune idée de ce qu’elle ressentait pour Kurats.

Cependant, lorsqu’elle voyait les sourires joyeux de Lunaria et des autres filles, elle ressentait véritablement une vive douleur dans son cœur.

Maintenant qu’elle y pensait, elle ne savait même pas pourquoi elle avait décidé de se jeter aveuglément dans le territoire de Bashtar après sa première rencontre avec Kurats.

C’était… la première fois qu’un homme me protégeait…

En tant qu’authentique tête en l’air, Clodette n’avait jamais réalisé qu’elle était secrètement populaire depuis longtemps en raison de ses traits charmants, bien que quelque peu enfantins.

Le problème était qu’il y avait une trop grande différence entre ce que Clodette elle-même voulait et ce que les hommes qui la voulaient visaient.

Comme elle n’avait pas encore compris ce qu’était l’amour, Clodette ne recherchait que des amis avec lesquels elle pouvait s’amuser.

Il était tout à fait naturel que son immaturité ne corresponde pas à celle des hommes qui voulaient quelque chose de plus élevé.

Mais maintenant, elle sentait que peut-être, pour la première fois de sa vie, que l’émotion appelée amour l’avait frappée elle aussi.

« Ufufufufu... »

Marika ne comprenait pas ce qui venait de se passer dans la tête de son amie, mais grâce à ses nombreuses années d’expérience avec elle, elle savait que Clodette venait certainement de penser à une absurdité.

C’était inquiétant.

Après tout, elle entraînait toujours Marika dans des affaires terribles sans possibilité d’y échapper.

Marika secoua la tête avec tristesse en attendant la catastrophe qui ne tarderait certainement pas à se produire.

Kurats n’avait passé qu’une quinzaine de jours dans la capitale pour les célébrations, mais à son retour, Bashtar avait beaucoup changé.

Narak, qui avait servi de site temporaire pour le bureau gouvernemental, s’était maintenant transformée en une grande ville de plusieurs dizaines de milliers d’habitants, ce qui était incroyable étant donné que ce village rural et exigu ne comptait que quelques centaines de villageois vivant côte à côte.

Grâce à l’abondance de l’eau du ruisseau qui menait à la rivière Turenne, il n’était pas rare de voir des enfants boire tranquillement de l’eau dans toute la ville.

Le sol était couvert de feuilles vertes et riches. De nombreuses routes allaient dans toutes les directions depuis le centre de la ville, comme un filet bien organisé.

Sur la place devant le bureau du gouvernement, il y avait des marchands de tout le pays, relié entre eux par de longues files de boutiques, formant un marché qui brillait sous le ciel bleu vif.

Certains vendaient des fruits jamais vus auparavant, de la vaisselle unique et des instruments de musique typiques du sud.

Quant à savoir d’où venaient les marchandises qui n’appartenaient pas du tout au royaume, on ne pouvait qu’imaginer.

« Bienvenue, madame Marika. C’est vraiment un plaisir de voir que vous allez bien. »

Une file de bureaucrates s’était inclinée devant Marika.

Marika agita la main droite comme si c’était une évidence, comme un général calme commandant ses troupes.

« Qu’est-ce que c’était ? Qu’est-ce que tu es censé dire en premier ? »

« Seigneur Kurats, félicitations pour vos fiançailles avec Son Altesse la princesse Lunaria ! »

« O-oui… »

Je comprends que Marika est leur supérieure directe, mais ces gars ne sont-ils pas trop extrêmes avec toute cette histoire d’obéissance aveugle ?

Bien qu’il ne sache pas que ce groupe de personnes qui avaient été engagées auparavant soit maintenant appelé « les serviteurs de Marika », Kurats ne pouvait toujours pas s’empêcher de ressentir un soupçon d’anxiété sachant que ces gars étaient les bureaucrates responsables de la gestion même de Bashtar.

« Depuis que la population a augmenté, nous avons ajouté deux forces pour maintenir la sécurité publique. Devrions-nous quand même en ajouter une autre d’ici le mois prochain ? »

« Avons-nous le budget nécessaire ? La population ? »

« Compte tenu des capitaux récoltés grâce à l’exploitation du Mithril et des taxes sur les étals des marchands ambulants, le budget ne devrait pas poser de problème. Mais, à cause de la rébellion du marquis, il devient très difficile de trouver des mercenaires à employer. »

Apparemment, la plupart des mercenaires du royaume étaient allés se battre au château de Strasbourg, près de la frontière avec Asgard.

Après avoir réfléchi un peu, Kurats avait commencé à parler par télépathie avec Triestella.

{Triestella… Combien de subordonnés déguisés en humains as-tu ?}

{Maître, si vous leur donnez un peu de votre énergie, je crois qu’une centaine d’entre eux seraient prêts à tomber sous votre coupe.}

{Alors, apporte-m’en cinquante. Donne la priorité aux personnes compétentes.}

{Compris.}

Si l’on considère que ces monstres étaient l’élite des Nosferatus, même une cinquantaine d’individus suffiraient pour dépasser une armée de mille humains.

Il ne restait plus qu’à augmenter le prix offert comme rémunération afin d’engager quelques mercenaires qualifiés.

Cela suffirait à maintenir l’ordre public de Bashtar.

« Tu en as fait bien assez. Laisse-moi m’occuper de cette dernière partie. Quant à ta récompense, tu peux en discuter avec Marika. »

« Haha, en effet, tout se passe selon la volonté de dame Marika. »

« … Non, je suis sûr que j’aurai le dernier mot. »

Oui, comme je le pensais, je ne peux pas négliger ce qu’ils disent en ce moment.

Après une petite pause, le bureaucrate répondit.

« Bien sûr que oui. Vous êtes notre respectable seigneur. »

Alors que Kurats se tournait vers Marika et lui lançait un regard désapprobateur, ses joues étaient devenues rouges de gêne. Elle avait maladroitement détourné le regard.

Ai-je exagéré ?

Marika réalisait enfin l’erreur fatale qu’elle avait commise en invitant des personnes à travailler pour le territoire.

C’était à ce moment que Clodette, qui avait veillé tranquillement sur les évènements, décida de se joindre à la conversation.

« Seigneur Kurats, puis-je avoir une récompense moi aussi ? »

« Hmm ? Bien sûr, Clodette. Pour toi, ce n’est pas un problème. Qu’est-ce que tu veux ? »

« J’aimerais sortir avec vous comme Lunaria et les autres filles ! »

Bam !

« Iiih ! »

« Cette fille ! Qu’est-ce que tu dis ? ! », cria Marika en affichant sa gêne sur son visage cramoisi.

C’est donc pour ça que j’avais ce mauvais pressentiment !

Les nombreuses années d’amitié entre Clodette et Marika n’étaient pas à prendre à la légère. Marika savait qu’il ne fallait pas laisser cela continuer.

Si elle ne l’arrêtait pas ici, le contrecoup retomberait certainement sur elle-même.

« Marika pense de même, seigneur Kurats. Nous voulons aller voir des pièces de théâtre avec vous, et dîner avec vous… »

Bam ! Bam ! Bam !

« Iiiiiiiiiih ! »

« Toi ! N’as-tu donc aucun bon sens !? »

Il a entendu ! Le Seigneur Kurats a entendu ce que je ressens vraiment !)

Marika attrapa Clodette par son fin cou.

« J-Je peux pas respirer… »

« Qu’est-ce qu’il y a, Marika ? Ça ne me dérange pas de t’emmener au théâtre et tout ça. »

« Ah ? Mais, seigneur Kurats… »

Lunaria venait de se fiancer avec lui, et Marika pensait que Cornelia et Frigga étaient probablement aussi intimes avec lui.

« Je ne sais pas s’il faut prendre d’autres personnes, mais si c’est toi et Clodette, c’est bon. Tu es spéciale pour moi. »

« Hein ? »

En regardant Kurats qui était juste devant elle, le cou de Marika semblait bouillir.

Son cœur de jeune fille commençait à se mettre à chanter une symphonie.

« Mais… Je ne vais pas vous déranger ? Je suis juste… »

La vue de Marika regardant Kurats avec ses joues teintes en rouge était extrêmement mignonne.

Kurats avait à peine réussi à retenir son envie de la serrer très fort dans ses bras sur place.

« Comment ne pas accueillir chaleureusement une jolie fille comme toi ? »

« Toutes mes félicitations ! Bravo, madame Marika ! »

Toujours parfaitement alignés sous sa direction, les sous-fifres de Marika parlaient à l’unisson, ce qui la poussait à leur crier dessus avec beaucoup d’embarras.

« On a fini, allez-vous-en ! »

« Oui, Votre Altesse ! »

{Je vois que quelqu’un leur apprend à parler.}

Kurats avait légèrement balayé le cynisme de Bernst.

« N’est-ce pas ce que tu voulais ? »

{Oui… C’est vrai. Cependant, on est encore très loin de la perfection.}

En effet, ce fut Bernst qui avait exigé de Kurats qu’ils fassent preuve de puissance et de dignité, à la hauteur de l’alter ego du roi magique.

Cela dit, quelque part dans l’esprit de Bernst, il avait le sentiment que le fait que Kurats grandit comme il le souhaitait ne lui conviendrait pas.

Bien que Bernst n’ait pas connu d’émotions depuis très longtemps, certains sentiments, bien que légers, s’étaient installés au fond de son cœur ces derniers temps, au-delà de son contrôle.

Il croyait que ce n’était que les sentiments qu’il partageait avec Kurats, et même s’ils ressemblaient à ses propres émotions, il n’était pas possible qu’ils soient authentiques. Ils ne pouvaient pas l’être.

Se pourrait-il que mes émotions réelles reviennent… ? C’est ridicule, cela n’arriverait jamais.

Bernst avait partagé les émotions des Kurats à maintes reprises.

Qu’il s’agisse de colère, de tristesse, de joie ou même d’amour, Bernst avait pu goûter à une abondance de sentiments à travers Kurats.

Il n’aurait pas été très difficile pour le subconscient de Bernst de finir par reconstruire de faux sentiments à partir de ces expériences.

Mais cela ne changeait pas le fait qu’il s’agissait probablement de simples imitations.

Ils sont loin d’être réels, et ce ne sont certainement pas les miennes.

Cependant, en ce moment même, le roi magique Bernst se sentait confus.

Pour lui qui était proche de la divinité, l’idée du retour de ses propres émotions était terrifiante.

Ces choses égoïstes, brutes et incontrôlables appelées émotions évoquaient les souvenirs de son lointain passé.

À l’époque où Bernst était encore humain, il menait une vie épanouie grâce à ses imperfections. À l’époque, il avait la capacité d’avoir des espoirs et une ambition ardente pour l’avenir.

Cependant, son orgueil de roi magique et d’être proche de la divinité ne lui permettait pas de reconnaître l’accomplissement de ces jours passés.

Par conséquent, pour lui, ces sentiments devaient être basés sur les émotions de Kurats.

Cette mystérieuse anxiété dans son cœur devait certainement provenir des sentiments de cet humain minuscule et fugace…

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