Almadianos Eiyuuden – Tome 1 – Chapitre 28

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Chapitre 28

Tandis qu’Oliveira était coincé dans un état de stupéfaction, Kurats s’était approché pour le capturer, mais il avait fini par être interrompu.

« Es-tu l’insolent qui a osé pénétrer sur mon territoire !? »

Le baron d’Isengard, Dross, arriva avec ses chevaliers.

La taille de Dross était légèrement inférieure à la moyenne, il mesurait environ 1 m 65

Le regard impatient dans ses yeux et l’expression impitoyable qui ornait son visage avait suffi à Kurats pour deviner en partie quel genre d’homme il était.

C’était un petit homme qui ne se souciait que de ses propres intérêts.

{Si cela se passe comme cela, tu n’auras probablement pas à y aller doucement avec lui, non ?}

{Bien sûr que non !}

Kurats fit un grand signe de tête à Dross et commença à parler.

« J’ai trouvé ce créateur de monstre alors que je poursuivais le criminel qui a tenté d’assassiner la princesse. S’il vous plaît, n’intervenez pas inutilement. »

« Traitez-vous mon sujet comme un criminel ? Je ne sais pas à qui vous êtes, mais vous ne tenez pas à votre propre vie ! »

Quand il entendit parler de l’affaire de la princesse, Dross fut clairement ébranlé.

Il ne voulait pas le croire, mais il était vraiment confronté à un espion.

La situation ayant pris une telle tournure, Dross n’avait d’autre choix que de tuer l’espion pour qu’il se taise.

« En êtes-vous sûr ? Protéger ce type, c’est comme admettre que la tentative d’assassinat de la princesse était votre plan. »

« Humph ! Si je vous tue et que je me débarrasse d’Oliveira, il n’y aura plus de preuves ! »

Même Dross pouvait dire à ce stade qu’il était pour lui impossible d’assassiner la princesse.

S’il s’était occupé d’Oliveira et avait fait croire qu’il était mort d’une mort naturelle, personne n’aurait pu remonter jusqu’à lui.

Pour cette raison, Dross devait absolument tuer cet espion.

« Troupe d’arbalétriers, en joue ! Il en va de même pour vous, les mages ! On ne peut pas le laisser repartir vivant ! »

Voici les troupes que Dross avait emmenées avec lui, il y avait 60 chevaliers, accompagnés de trois mages et d’un corps d’arbalétrier composé de dix personnes.

Dross avait fini par faire attaquer les troupes à distance tandis que les chevaliers gardaient leurs lances à portée de main juste pour la défense.

Et il semblait qu’il avait décidé de se positionner lui-même dans un endroit sûr.

« Et... là. »

« Quoi !? »

Kurats avait encore une fois attrapé le pied de la tortue de roche, qui luttait encore sur le sol, et l’avait ensuite facilement soulevée.

« Tuez-le ! Tuez-le ! »

Bien que les arbalétriers et les mages avaient commencé à attaquer sous l’impulsion de l’ordre, c’était inutile, car ils étaient gênés par le corps de 20 mètres de la tortue de roche.

Le corps massif de la tortue de roche cachait complètement le corps de Kurats et rendait toute attaque impossible.

« Entourez-le ! Si vous l’attrapez avec une attaque en tenaille, alors quoiqu’il arrive, cela sera fini pour ce salop... ! »

{Quel genre d’idiot attendrait et se laisserait encercler ?}

{Il rêve vraiment s’il pense qu’il va me battre avec une méthode aussi stupide.}

« Uooooooooooooh ! »

Tandis que Kurats poussait un rugissement, l’énorme corps de la tortue de roche s’avançait avec force.

Même si les adversaires étaient des chevaliers, ils ne pouvaient pas supporter la peur de voir ce corps de la taille d’une colline se rapprocher d’eux.

Terrifiés, les chevaliers, qui tenaient leurs lances à la main, finirent par s’enfuir précipitamment et se disperser dans les marais.

Mais le cauchemar n’était pas encore terminé.

Cette fois, Kurats avait soulevé le corps de la tortue de roche très haut au-dessus de sa tête, comme s’il allait l’utiliser comme une masse.

Ce faisant, il avait exposé son corps à des attaques, mais les ennemis n’étaient pas dans un état assez calme pour viser correctement.

Aucun être humain normal ne serait capable de garder son calme lorsqu’il était menacé d’être écrasé par un marteau.

« Merde ! Espèce de putain de monstre ! »

Voyant ses subordonnés courir et se disperser dans toutes les directions, Dross s’était naturellement mis à courir aussi, sans oublier de maudire Kurats en chemin.

Compte tenu des circonstances, il était évident qu’il ne serait pas en mesure de tuer Kurats.

Par conséquent...

« Tu avais de la valeur, mais je dois le faire maintenant, sans rancune ! »

« Guh ! »

Dross perça sans pitié la poitrine sans défense d’Oliveira avec son épée.

La douleur aiguë qui avait traversé la poitrine d’Oliveira lui avait finalement permis de retrouver la raison, mais il était beaucoup trop tard.

« Non ! Es-tu en train de me dire que je vais mourir ici... ? Tué par un idiot sans valeur ? »

« Moi ? Sans valeur ? Comment oses-tu. »

Dross mit furieusement plus de force dans son épée.

« Ta lâcheté est une preuve suffisante. Mais je suppose que cette fois... je n’ai pas été si bon... non plus... »

C’étaient les derniers mots d’Oliveira.

Cet utilisateur de monstres, qui était probablement une existence très rare dans ce monde, était mort avec seulement des regrets plâtrés sur son visage.

Sans se soucier de cela, Dross, qui brûlait encore de colère, abandonna le corps d’Oliveira sur place, se retourna et reprit sa fuite.

« Eh bien, tu récoltes ce que tu sèmes. »

{Qu’en est-il de celui-ci ? Tu vas le laisser s’échapper comme ça ?}

Il y avait du cynisme dans les yeux de Kurats quand il regardait Dross s’enfuir en criant après ses subordonnés.

Quoi qu’il arrive, cet homme n’avait plus d’avenir.

Cependant, il n’était pas intéressant de laisser Dross penser qu’il avait réussi à s’échapper facilement.

« Haaaaaaa ! »

Kurats avait légèrement balancé le corps de la tortue de roche et l’avait ensuite jeté très haut, comme s’il lançait un marteau lors des Jeux olympiques.

Le lancer parfaitement ciblé avait permis au projectile d’atterrir juste en face de Dross.

À l’atterrissage, le corps de la tortue de roche avait fait un bruit de tonnerre, secouant le sol et produisant un grand nuage de poussière. Terrifié, Dross tomba sur le dos et se pissa dessus.

« Ih-Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! »

Si le projectile des Kurats avait été dévié de 30 centimètres, Dross serait mort.

De façon inattendue, on aurait dit que Kurats avait le même penchant pour les méfaits que Bernst.

{Ce n’est pas... Ce n’est pas ce que je voulais dire quand j’ai insinué que tu ne devais pas le laisser s’échapper comme ça...}

Ignorant les plaintes de Bernst, Kurats concentra son regard sur une touffe de buissons quelque part derrière le corps de la tortue de roche.

Il y avait un homme qu’il avait reconnu là-bas.

◆ ◆ ◆

Tout en traînant la partie inférieure humide de son corps, Dross avait réussi à ramper jusqu’à son château. À ce moment-là, il revint soudainement à la raison et était rapidement redevenu anxieux.

En fin de compte, il n’avait pas réussi à tuer cet homme au corps énorme, et en ne le faisant pas, Dross aurait pu épeler sa propre mort.

Si cet homme était un espion comme il le craignait, il allait certainement signaler la situation à son maître.

S’il se trouvait être l’une des « oreilles du roi », agissant sous ses ordres directs, alors son témoignage pourrait servir de preuve, et Dross serait perdant si cette affaire se transformait en un procès judiciaire.

Il y avait également une forte probabilité que cet homme fût l’un des subordonnés de Bessendorf, mais même si c’était le cas, Bessendorf n’aurait aucune raison d’agir de main morte avec Isengard, son ennemi de longue date, après avoir réussi à le piéger.

Au contraire, il était certain qu’il le traînerait en justice avec joie.

Mais s’il n’y avait pas de preuves, pourrait-il faire quelque chose contre Dross ?

Dans cet esprit, Dross avait ordonné à ses serviteurs de détruire tout élément de preuve ayant un rapport avec Oliveira. Cependant, il se sentait naturellement toujours mal à l’aise.

Il se demandait s’il n’avait pas oublié quelque chose.

Il pensait que c’était peut-être la raison pour laquelle cet homme énorme n’avait montré aucun signe de poursuite après lui.

« Qu’est-ce que je suis censé faire... ? »

En fin de compte, Dross n’était qu’un homme qui régnait sur son propre territoire. Cependant, lorsqu’il y pensa, il n’avait pas ce qu’il fallait pour affronter un ennemi puissant.

Mais soudainement, Dross se souvint d’une certaine personne.

Albert, le marquis de Strasbourg.

C’était lui qui avait laissé entendre à Dross qu’il devait assassiner la princesse. Du point de vue de Dross, qui n’avait aucun potentiel, un fleuron de la cour royale comme Albert était un objet de révérence.

Dross avait l’impression que s’il avait lui-même le même visage majestueux et le même discours habile, alors peut-être que tout ce qu’il craignait n’aurait pas eu lieu.

« Tout d’abord, je ne faisais que suivre les instructions du marquis. Il ne pourra pas m’en vouloir de lui avoir demandé de l’aide. »

Bien qu’il ne pensait qu’à dépendre complètement de quelqu’un d’autre, Dross s’était dit qu’il avait trouvé une bonne idée.

Il ne pensait pas une seconde qu’il serait rejeté par Albert, tout comme Oliveira avait été rejeté par lui.

En fin de compte, quel que soit le monde ou la période, il y a toujours eu et il y aura toujours des gens qui voient le monde à travers les lentilles de leur propre intérêt.

◆ ◆ ◆

Quand Albert entendit parler de la demande extrêmement égoïste de Dross par l’émissaire qui lui avait été envoyé, il était de mauvaise humeur, mais cela ne se reflétait que sur ses sourcils, qui se levaient et tremblaient légèrement.

Sa maîtrise de soi était ce que l’on pouvait attendre d’un chef d’une faction qui contrôlait un pays.

« Je vais interroger Bessendorf à propos de cet espion. Cependant, je ne me souviens pas avoir exigé quoi que ce soit de monsieur Isengard. Ce serait assez troublant si vous faisiez ce genre d’affirmation par erreur. »

C’était trop dur pour un émissaire régulier de supporter la pression émise par cet homme qui avait l’habitude de régner sur d’autres personnes.

« Bien sûr ! »

Du point de vue d’Albert, les plaintes de Dross étaient une blague.

Tout ce qu’il avait dit, c’était qu’il récompenserait généreusement Dross si Felbelle devait prendre le trône, et c’était à Dross d’interpréter cela comme il le voulait.

Il serait impossible d’imputer un crime à un aristocrate aussi important qu’Albert pour une accusation fondée sur l’interprétation personnelle que quelqu’un avait fait de ses paroles.

« Même ainsi... Cet espion est-il vraiment parti sans rien faire ? »

« Oui... Il n’a combattu que les monstres d’Oliveira, mais il a laissé le cadavre d’Oliveira tel qu’il était, et il n’a pas l’air non plus d’avoir pénétré dans le laboratoire d’Oliveira. »

« Quel genre d’homme était-il ? »

Albert connaissait les « oreilles du roi ». Il n’y avait pas de nobles qui n’étaient pas au courant de leur existence.

C’était la plus grande agence de renseignement du pays, et elle était sous le contrôle direct du roi.

Ils pouvaient même inspecter ce qui était en rapport avec l’économie et les affaires étrangères du royaume. Ce n’était pas le genre d’organisation qui s’engageait dans un combat grossier comme celui qui s’était déroulé sur le territoire d’Isengard.

D’où les doutes d’Albert.

« C’était un homme vraiment énorme avec une force herculéenne qui a fait passer des moments difficiles à toute forme de bon sens... »

« Attendez, vous avez dit un homme énorme ? »

Albert connaissait l’identité de cet homme.

Il se souvenait clairement de l’homme immense qui prétendait que, pour laver son nom, il trouverait lui-même le véritable coupable de la tentative d’assassinat.

{On dirait qu’il a trouvé la vérité, mais c’est un amateur qui n’a pas pris la peine de recueillir des preuves.}

Alors qu’il devinait le cours des événements, il sourit joyeusement.

La noble société n’allait rien faire si quelqu’un allait dire que « c’était lui le coupable ».

C’était d’autant plus vrai qu’il n’y avait aucune preuve autre que le témoignage de Kurats. Son témoignage était-il digne de foi ou non ?

Cette méfiance était tout à fait naturelle puisque, après tout, il n’était devenu un noble que depuis quelques jours seulement.

« Êtes-vous sûr qu’il n’y a plus de preuves ? »

« N-Naturellement. Nous avons effacé toute trace d’Oliveira ! »

Que se passerait-il si Kurats témoignait et se retrouvait alors sans preuve à présenter une fois que le moment serait venu pour lui de prouver son témoignage ?

Eh bien, c’était une situation grave, cela concernait une tentative d’assassinat de la princesse.

Essayer d’imputer ce genre de crime au baron innocent d’Isengard serait suffisant pour obtenir la peine de mort.

« Vous devez vérifier à nouveau, juste au cas où. Ce géant était un roturier et n’est devenu noble que récemment. S’il n’a aucune preuve, alors croyez-moi, Isengard ne sera accusé d’aucun crime. »

« Cette bonté est plus que ce que nous méritons ! Nous ne trahirons certainement pas vos attentes ! »

Je n’attends rien de vous, imbécile.

C’était ce qu’Albert pensait, mais en surface, il répondit au messager avec un sourire radieux.

« Inutile de me remercier, je ne fais que donner des conseils à un camarade qui a juré allégeance à Son Altesse Felbelle. C’est dommage que le Seigneur Dross ait dû s’occuper de cet insecte nuisible. »

En fin de compte, la seule chose qu’Albert avait faite était de donner des conseils au sujet d’un homme suspect qui s’était présenté sur le territoire d’Isengard.

Albert n’allait pas prendre le risque imprudent de mettre des preuves contre lui dans le monde pour que les autres puissent les trouver, contrairement à Dross.

Sur ce point, Dross ne pouvait qu’échouer en tant qu’aristocrate.

Au mieux, je l’utiliserai comme de la chair à canon. Et je suppose qu’il ne verra jamais son souhait se réaliser.

◆ ◆ ◆

« Kurats, Dieu merci, tu vas bien ! »

Comme elle pensait que la situation se transformerait probablement en bataille, Lunaria était ravie de voir Kurats revenir sain et sauf.

Elle savait que, vu sa force, Kurats ne serait pas en danger, mais Lunaria était encore inquiète.

Après tout, il y avait toujours la possibilité qu’il soit empoisonné ou qu’un accident lui arriva.

« Tu as l’air comme toujours en forme, Altesse Luna. »

« Est-ce que vous venez d’abréger le nom de Son Altesse ? Comment osez-vous montrer un tel manque de respect ! »

« Qu’est-ce que tu crois faire, Rosberg ? »

« Mais, Votre Altesse... Il va trop loin ! »

Quand Rosberg avait, comme d’habitude, commencé à agir comme un parent surprotecteur, Kurtas avait montré un sourire ironique.

Si Rosberg se comportait de cette façon maintenant, qu’en serait-il le jour où Lunaria se marierait ?

« C’est quoi ce regard peu enthousiaste dans vos yeux ? Je ne vous reconnaîtrai pas comme étant digne de Son Altesse. »

« Qu’est-ce que tu racontes !? Kurats et moi n’avons pas ce genre de relation... »

La princesse parlait avec hésitation et ses deux oreilles rougirent, ce qui n’avait fait qu’alimenter davantage l’opposition de Rosberg.

« OK, c’est bon, réglons ça une bonne fois pour toutes ! Cette fois, je ne me retiendrai pas ! »

Enragé, Rosberg mit sa main sur le manche de son épée magique, Gerlach, mais fut interrompu par le poing de Lunaria, qui vint le frapper violemment à l’arrière de sa tête.

« Ne commence pas une bataille dans ma chambre, imbécile ! »

« Gaah ! »

Bien que Rosberg avait été projeté sur un mur, il y avait un regard de satisfaction sur son visage, car cette attaque avait montré les résultats de l’entraînement constant que Lunaria avait subi depuis son très jeune âge.

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4 commentaires

  1. Merci pour le chapitre

  2. Merci pour le chap ^^

  3. Effacé les preuves, c'est bien, mais toute la garde et les serviteurs sont au courant. Un témoignage et c'est la pendaison pour ces nobles ignobles.

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