100 en Chance et une Compétence en Domptage de Dragons – Tome 4 – Chapitre 123 – Partie 1

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Chapitre 123 : Les complications avec les lois de l’Empire

Partie 1

***Point de vue d’Elleyzabelle***

Le palais Anui’Yahna était extraordinaire. C’était beau et majestueux, mais les statues qui la décoraient étaient plutôt troublantes. Même moi, j’avais eu des frissons quand je les regardais trop longtemps. J’avais trouvé qu’il n’était pas naturel d’utiliser les arbres de cette manière, peu importe à quel point on était doué avec la magie de nature.

Maintenant, l’accueil que nous avions reçu était certainement surprenant. En dehors des gardes, des chevaliers et des soldats qui patrouillaient et veillaient à la sécurité de ce palais, je voyais à peine des nobles ou des serviteurs. J’avais trouvé cela très étrange, au point que pour une membre de la royauté comme moi, c’était un peu dérangeant.

La deuxième surprise était venue avec l’apparition du Premier Prince. Il n’y avait que lui dans toute cette immense pièce, sans gardes ni serviteurs pour faire ce qu’il voulait. Si c’était une citadelle aux confins de l’empire, c’était peut-être excusable, mais cela ne faisait que m’inquiéter davantage.

Nous avions entendu parler de l’humain appelé Xardun Overtur et de ses réalisations, mais je ne m’attendais pas à ce qu’il soit celui qui nous accueillera en tant que seul représentant de cette nation. Cependant, le fait qu’il ne soit pas assis sur le trône, mais sur la chaise à côté, avait un peu soulagé mes inquiétudes.

« Premier Prince, si je peux me permettre de demander, mais… cette salle du trône semble… légèrement vide. » Je l’avais regardé droit dans les yeux, essayant de repérer l’hésitation ou peut-être les signes d’un stratagème en train de se défaire.

« Mes excuses. » Répondit l’humain d’une manière honnête « Je sais que vous voyagez de loin, mais cet endroit a connu des jours meilleurs et… Hum ! » Il toussa puis continua en nous voyant froncer les sourcils « Pardonnez-moi, mon dialecte naturel est en quelque sorte… revenu. » Il nous avait montré un sourire ironique.

« Pas de problème, Prince, pas de problèmes. Je comprends que tous les héros humains viennent de pays et de civilisations remarquablement diversifiés dans votre monde d’origine. » Lui dis-je avec un sourire.

« Eh bien, c’est rassurant. » Il hocha la tête puis dit : « La raison pour laquelle cette salle est si vide, c’est qu’après que le précédent prince avait quelques problèmes entre les deux oreilles, il rendait fou tout le monde ici, et j’ai donc dû intervenir et tout remettre en place. Tous les rats et serpents qui osaient mordre la belle impératrice ont été jetés d’ici cloués dans un cercueil. »

« Pardonnez-moi si j’ai mal compris cela, mais les avez-vous enterrés vivants ? » avais-je demandé en faisant de mon mieux pour retenir mon choc.

Pour être honnête, c’était la première fois que je rencontrais quelqu’un avec une façon aussi… intéressante de parler. J’avais l’impression que ma connaissance de la langue elfe faisait terriblement défaut à ce stade.

« Quoi ? Cieux, non ! Je les ai tués là où ils se trouvaient, puis j’ai ordonné que leurs corps soient rendus à leurs familles tant qu’ils juraient sur leurs dieux et leurs âmes de ne jamais oser lever leurs épées contre l’impératrice. » Avait-il déclaré.

« C’était une chose sage à faire, Votre Altesse. »

« Eh bien, merci. » Il hocha la tête puis continua « Eh bien, comme je le disais. Le prince a rallié les nobles, a essayé de prendre le trône, mais j’ai réussi à l’arrêter. Cependant, cela a mis le pays en désordre et maintenant je fais de mon mieux pour arranger les choses. Toutes les forces disponibles, qu’elles soient nobles ou roturières, ont reçu une tâche et sont envoyées au travail. Ainsi, les nobles qui occuperaient habituellement cet endroit ne sont pas ici actuellement. J’espère que ce n’est pas un problème, Votre Altesse. » Dit Xardun en souriant.

« Ce n’est pas un problème si vous dites la vérité… » répondis-je d’un ton calme.

« C’est la vérité. Que mon cœur soit transpercé et que j’en meurs si je mens, j’ai dit la vérité et rien que la vérité ! » Déclara-t-il en levant la main droite.

« Euh, très bien. » Répondis-je en fronçant les sourcils, car je trouvais un peu difficile de comprendre cet homme.

« Maintenant, je pense que vous devez être toutes très fatiguées après votre long voyage, alors laissons les discussions intenses pour plus tard et pour l’instant, détendez-vous simplement comme mes invités au palais. Je ferai préparer une salle pour vous, puis demain à midi, bien sûr, nous irons dans la salle d’étude du premier étage pour discuter de tout en détail. Alors, qu’en dites-vous ? » avait-il demandé.

« Si j’ai bien compris, alors pour l’instant, ce sera une journée de repos et ensuite nous procéderons à des négociations à partir de demain à midi dans la salle d’étude au premier étage, n’est-ce pas ? » J’avais demandé cela parce que je devais être sûre.

« Oui. » Il acquiesça.

« Très bien, et encore une fois, pardonnez-moi, Votre Altesse, mais c’est plutôt difficile pour moi de comprendre votre dialecte, d’autant plus que la langue des elfes était quelque chose que j’ai appris il y a seulement quelques mois. » Avouai-je.

« Aucun problème. »

« Encore une fois, j’ai une question avant de continuer, si je peux… » dis-je en le regardant.

« Bien sûr, allez-y ! » Xardun m’a montré un sourire.

« Pourquoi m’avez-vous dit tout cela, d’autant plus que c’est la première fois que vous nous rencontrez ? Bien sûr, ce que vous me faites savoir est une faiblesse de cet Empire, n’est-ce pas ? » avais-je demandé.

« C’est un signe de confiance, Votre Altesse. »

« Je vois… » J’avais hoché la tête.

« Et j’espère que ce ne sera pas la dernière fois que je ressens cela, Votre Altesse. » Il avait souri après avoir donné cet avertissement assez clair.

« Également. » J’avais hoché la tête.

Ensuite, nous avions été guidés par Son Altesse jusqu’à nos chambres, pas par un domestique. Son excuse était qu’il voulait que nous restions dans un endroit dont il était conscient et qu’il pouvait facilement atteindre en cas d’urgence. Cela signifiait qu’il n’était pas encore complètement familier avec la structure interne du palais.

Cela m’avait rappelé l’époque où Alkelios séjournait au palais Seyendraugher. Trois fois sur cinq, il se retrouvait perdu parmi les nombreux couloirs du bâtiment à moins que quelqu’un ne lui indique le chemin ou qu’il demande lui-même son chemin à un garde voisin.

Au départ, il voulait donner une chambre à chacun de nous, mais j’avais insisté pour ne nous donner que deux chambres, une pour moi et ma femme de chambre, Tanarotte, et une autre pour mes deux chevalières. L’une d’elles monterait la garde pendant que l’autre dormirait. Xardun ne s’était pas opposé à ma demande et nous avait heureusement donné les clés des deux chambres et avait même posté des gardes à proximité au cas où nous aurions besoin de leur aide.

Cette fois, je n’avais pas demandé à Tanarotte d’aller espionner les nobles locaux et de voir à quoi ressemblait vraiment la situation, car Sire Seryanna avait exprimé sa crainte que les gardes ici soient bien mieux formés que ceux des endroits que nous avions visités précédemment. Il y avait une chance qu’ils repèrent la dragonne alors qu’elle partait ou revenait, déclenchant un conflit que je ne désirais pas.

En tant que telle, elle était simplement chargée d’assumer le rôle de ma femme de chambre et d’envoyer les lettres dont j’avais besoin pour être livrées au capitaine Matthew. Depuis que je l’avais demandé officiellement à Son Altesse, le Premier Prince, elle avait été autorisée à s’envoler directement hors de la capitale et à traverser les terres d’Anui'Yahna. Cependant, s’il était vrai qu’elle n’était pas autorisée à espionner à l’intérieur des murs du château, cela ne signifiait pas qu’une fois qu’elle avait pris son envol, elle ne pouvait pas repérer « diverses choses ».

Parce que la situation était telle qu’elle était, mes deux chevalières avaient arrêté leur formation et s’étaient plutôt concentrées sur la discussion de théories et d’idées sur leurs nouvelles compétences et capacités. Personnellement, j’avais reçu le minimum de formation pour ma propre défense, mais j’avais trop souvent pensé à ce que ce serait de ne pas être aussi dépendante de mes chevaliers pour la protection, comme certains de mes frères et sœurs plus âgés.

Ainsi, trois jours s’étaient écoulés depuis notre arrivée dans la capitale, cependant, les négociations ne semblaient pas se dérouler favorablement. Il m’était difficile de comprendre le Premier Prince qui revenait souvent à son ancien dialecte quand il se détendait trop.

Lors de notre première rencontre, je l’avais surtout écouté expliquer l’histoire de l’empire, les mêmes histoires que j’avais entendu de la duchesse Desterus et même de l’el’doraw, mais il avait également ajouté une partie de l’histoire récente, et plus précisément, ce qui s’était passé après que les héros humains soient arrivés sur cette terre. Les opinions à leur sujet étaient divisées en deux, certains souhaitant la coexistence tandis que d’autres la domination et la soumission. Peu importe le cas, ils n’avaient pas été considérés comme faisant partie de l’Empire et traités de la même manière qu’ils traitaient les humains du continent humain, pour être plus précis, ceux de l’empire Akutan. Les elfes les voyaient comme des ennuis, comme des ennemis ou des individus censés être blâmés et pointés du doigt.

Ainsi, lorsque les héros humains avaient commencé à immigrer du continent humain, ils étaient déjà signalés comme les ennemis qui causaient tant de mal aux elfes et aux el’doraw partout. Face à ce préjugé, certains d’entre eux avaient pris sur eux de prouver qu’ils étaient meilleurs que ces humains et n’avaient aucun lien avec le tristement célèbre Empire Akutan, tandis que d’autres considéraient les elfes comme des extrémistes qui ne changeraient jamais leurs habitudes. Des batailles et même des lois discriminatoires étaient apparues dans tout l’Empire.

La première année, comme partout ailleurs dans le monde, c’était le chaos.

Quand j’avais demandé pourquoi aucun d’entre eux n’avait voyagé sur le continent des dragons, la réponse était la même que celle d’Alkelios. Les dieux leur avaient dit de l’éviter comme la peste, en particulier la forêt Seculiar, qui serait un territoire qui ne pourrait que les accueillir avec une mort rapide.

En apprenant davantage des habitants, ils savaient aussi pourquoi, et c’était la raison pour laquelle le Premier Prince était si réticent à entamer des négociations avec moi tout de suite.

« Les habitants du continent des Dragons, également connus sous le nom de dragons, ont acquis la réputation d’être sauvages, puissants et immensément fiers. Ils préfèrent détruire complètement leurs ennemis que d’oser les épargner. Ils sont connus comme des sauvages et des tueurs impitoyables depuis que la première expédition d’elfes est arrivée sur leur continent il y a plusieurs siècles. Bien sûr, avec le temps, ils auraient pu changer, mais l’impression initiale ne semblait pas d’accord. »Dit-il.

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