100 en Chance et une Compétence en Domptage de Dragons – Tome 3 – Chapitre 62

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Chapitre 62 : Combat d’exhibition

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Chapitre 62 : Combat d’exhibition

Partie 1

***Point de vue d’Alkelios***

Cela fait plus d’un mois depuis ma cérémonie de mariage avec Seryanna et Drakaria, se préparait pour le début du grand tournoi de la force et de l’honneur, lancé par Draejan et réorganisé par la reine Elliessara. Mes amis et moi ne nous en sortions pas vraiment. Nous avions tous des problèmes plus importants à gérer. En plus, on m’avait déjà dit que je n’y participerais pas. J’étais beaucoup trop fort pour les candidats possibles et les faire se battre contre moi serait complètement injuste pour eux. Mais cela ne voulait pas dire que je ne devais pas y participer. Il allait y avoir un match d’exhibition pour commencer le tournoi, à travers lequel la reine espérait éveiller les esprits de ceux qui regardaient et qui participaient.

Au cours de ce mois, j’avais eu le plaisir d’en apprendre davantage sur ce monde et sur Drakaria même. À présent, beaucoup de personnes connaissaient mon existence. J’étais le nouveau Duc qui était un éveillé supérieur et aussi le petit-fils du général Brekkar Draketerus. M’appeler duc Draketerus n’était pas faux, mais la plupart préféraient m’appeler duc Yatagai.

Pour être honnête, j’avais le sentiment que tous les dragons et dragonnes nobles n’étaient pas satisfaits de mon nouveau rang. Quelques-uns me méprisaient ou évitaient de me parler tout court. Ils n’osaient pas me harceler, mais je n’étais pas du genre à garder de telles choses secrètes. Quand j’avais interrogé Seryanna, elle avait affirmé qu’il était impossible de ne pas rencontrer des imbéciles qui ne savaient pas où ils se trouvaient ni quelle était la différence entre nous et eux.

Il y avait aussi ceux croyant avoir plus d’autorité qu’ils n’avaient. En ce qui concerne ce type particulier, Kataryna m’avait raconté quelques histoires sur la façon dont certaines dragonnes avaient tenté de la corrompre ou de la soumettre avec des « mots ». La dragonne argentée avait apparemment dépouillé ces dragonnes de leurs vêtements et les avait jetées dans la rivière de l’écaille dorée, passant le long de Drakaria. En dépit du fait que le roi l’ait grondé, il ne lui avait pas fait grand-chose. La dragonne était un atout bien plus important que ces nobles qui essayaient de la gêner.

Malgré tous ces incidents, le nombre de personnes qui tentaient de mettre leurs mains sur moi, Seryanna ou Kataryna n’avait pas diminué. Chaque fois qu’un imbécile était réduit au silence, un autre semblait prendre sa place, mais ce qui avait changé était leur approche. Être nus dans la rivière ne figurait pas sur leur liste de priorités.

Kléo et Iolaus avaient tous deux poursuivi leur formation sous Kataryna et Brekkar respectivement. Je devais admettre qu’ils gagnaient rapidement en force. Il ne serait pas surprenant que dans quelques années, ils atteignent eux aussi l’éveil supérieur.

Imaginer que cette farceuse de dragonne noire devienne aussi puissante que Brekkar ou Kataryna me fît frissonner.

Au cours de ce mois, j’avais également eu le plaisir de rencontrer brièvement une amie de Seryanna, la forgeronne Dregarya Gorrashy. Apparemment, elle faisait partie des personnes qui avaient assisté au moment de mon ascension vers la noblesse, ainsi que celles qui avaient une place au premier rang lors de la cérémonie de mon mariage. Je devais penser très fort pour me souvenir d’elle, mais elle était bel et bien là, parmi tous ces dragons et dragonnes.

À ce moment maladroit, elle déclara que je ne me souvenais probablement pas d’elle parce qu’elle portait une robe et qu’elle détestait cela, mais Seryanna la lui fit porter. Apparemment, elle n’était pas consciente du fait qu’aller à un événement aussi important couvert de suie et porter un tablier de forgeron était considérée comme impoli.

Malheureusement, nous l’avons attrapée alors qu’elle était en train de préparer ses sacs. Elle devait se rendre dans une heure environ à la frontière occidentale, où elle rencontrerait le Premier Prince Charmeill et réparerait son armure.

En dépit du fait qu’elle devait bientôt partir, la dragonne n’avait pas encore fini de préparer ses sacs et elle était toujours couverte de suie. Seryanna, un peu en colère, la traîna par la queue vers les salles de bain. Après son retour, j’avais finalement découvert la couleur de Dregarya qui n’était pas noire, mais blanche et que ses cheveux étaient argentés avec une mèche bleue royale.

Seryanna l’avait ensuite aidée à faire ses valises, pendant que je discutais un peu avec elle. Ma femme avait interdit à son amie d’entrer dans sa forge et m’avait chargé de m’assurer qu’elle n’essayait pas de s’y faufiler. C’était un peu plus dur que je ne l’aurais imaginé, elle était comme une petite fille qui voulait récupérer son jouet préféré. Elle s’était finalement calmée quand je lui avais dit que j’avais fabriqué ma propre armure. À ce moment-là, ses yeux brillèrent et le reste de notre conversation se tourna vers une description détaillée des angles pour marteler une plaque d’armure. La plupart du temps j’étais d’accord avec elle.

Dans l’ensemble, c’était une période calme. Une fois cette « lune de miel » terminée, je devais commencer à me procurer les ingrédients nécessaires à la guérison de la reine et, parallèlement, faire des recherches sur l’histoire de ce monde. Je voulais savoir ce que je pourrais trouver au-delà des frontières d’Albeyater. Je voulais voir une carte du monde si je le pouvais, et avec mes nouveaux amis et mon autorité en tant que duc, je n’avais aucune raison de ne pas en trouver.

Cependant, je devais passer par un dernier petit… événement.

Le premier jour du grand tournoi de la force et de l’honneur, de nombreux dragons et dragonnes s’étaient rassemblés de tout le royaume. Drakaria elle-même n’avait jamais eu d’arène pour de tels événements. Draejan avait prévu d’acheter plusieurs bâtiments dans la zone des aventuriers et de les démolir pour construire un impressionnant Colisée. Grâce à moi, cependant, ce plan s’était arrêté, alors la reine avait changé les détails.

Utilisant son autorité de reine d’Albeyater, elle avait ordonné aux soldats de se rendre dans le bidonville et d’en démolir une partie. Les familles qui y vivaient s’étaient vu proposer une autre maison dans la zone des travailleurs. Ceux étant en conflit avec la loi avaient été arrêtés. Au cours de ce mois, elle avait balayé complètement les bidonvilles et avait enfermé ceux qui avaient été reconnus coupables en aidant les autres à se réinstaller ou à reprendre leurs vies. Elle voulait éliminer les bidonvilles de manière à aider tous les dragons qui y vivent plutôt que de les soumettre de force.

L’arène construite à cet endroit n’était pas destinée à être grande et luxueuse, mais très robuste et efficace. Elle était assez grande pour tous les concurrents, un peu plus de 100 par 100 mètres avec une hauteur de trois mètres au-dessus du sol et quatre en dessous. La chose était faite de pierre solide et enchantée pour survivre à de puissantes attaques magiques.

Le public était placé derrière trois barrières, mais la noblesse et les membres de la royauté avaient des sièges spéciaux. Pour le roi et la reine, ils avaient pratiquement construit une tour avec un balcon d’où ils pourraient profiter des combats. Pendant ce temps, les nobles avaient des plates-formes en bois plus petits placées à gauche et à droite de cette tour. Leurs familles et leurs invités avaient réservé des bancs, mais la haute noblesse était séparée de la petite noblesse par un mur.

Les seuls qui devaient se lever pour regarder le combat étaient les roturiers. Pour eux, une plate-forme à trois niveaux avait été construite, ce qui avait entouré le reste de l’arène. Il était grand et pouvait facilement contenir entre 500 et 1000 personnes, mais cela ne signifiait pas pour autant qu’il n’y avait pas d’autres options. Ceux qui avaient des ailes pouvaient voler pour regarder la bataille du ciel. S’ils connaissaient une magie d’espionnage, ils pourraient également l’utiliser pour mieux voir.

Comme tout le tournoi allait accueillir un nombre décent de spectateurs, la reine avait ordonné à un certain nombre de soldats de patrouiller dans la zone et d’agir en tant que gardes contre ceux souhaitant voler des personnes sans méfiance.

« Dragons et Dragonnes ! Bienvenue au grand tournoi de la force et de l’honneur organisé par Sa Majesté la reine Elliessara Seyendraugher ! » avait déclaré l’annonceur à l’aide d’un sort qui lui permettait de se faire entendre dans les environs.

D’innombrables acclamations avaient été entendues, montrant l’excitation des spectateurs.

L’annonceur avait attendu qu’ils s’installent un peu avant de continuer. « Nous allons commencer cet événement glorieux par un combat amical d’exhibition entre notre roi, Feryumstark Seyendraugher et le duc Yatagai ! Les règles sont simples : si vous sortez du ring, vous perdez ! Si vous êtes assommé, vous perdez ! L’utilisation de tout ce qui est autre que les armes et armures fournies par les organisateurs de ce tournoi est interdite ! L’utilisation de potions ou de sorts d’amplification lancés par d’autres dragons est interdite ! Bien sûr, le fait de tuer votre adversaire est également interdit ! Maintenant, souhaitons bonne chance à ces deux concurrents et que leur leur match commence ! »

C’était une brève explication avec les règles de notre combat. Il n’était pas nécessaire d’expliquer comment tout le tournoi allait se dérouler. C’était une information pour les participants même, pas à nous deux qui étions juste ici pour donner à ces personnes un spectacle d’ouverture.

En effet, ce que j’avais besoin de savoir, c’était ce qu’il ne fallait pas faire pour perdre.

Alors que l’annonceur finissait, j’étais entré sur le terrain. De l’autre côté se trouvait le roi, avec un grand sourire.

Donc, c’était la raison pour laquelle ce vieux lézard était si excité à propos du match… j’ai trouvé ça étrange que personne ne me dise qui était mon adversaire. Essayer de persuader Seryanna ne marchait pas non plus…, pensais-je en étirant un peu mes bras.

« Comment te sens-tu, jeunot ? » demanda Feryumstark.

« Un peu inquiet… et si je vous blessais ? » répondis-je en dégainant mon épée.

« Alors, essaye ! Viens sur moi de toutes tes forces ! » répondit-il en écartant les bras et en me faisant un grand sourire.

« Heureusement que je suis celui ayant enchanté nos équipements, » déclarai-je avec un sourire narquois.

Le premier à attaquer était… moi.

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***Point de vue de Kataryna***

Pour ce tournoi, je devais être la garde du corps de Sa Majesté avec Brekkar. Seryanna se tenait à côté de la princesse Elleyzabelle, et je pouvais dire que toutes les deux étaient impatientes de voir ce combat entre Alkelios et le roi. Derrière nous se trouvait une petite armée de gardes royaux cachée dans la tour. Un bon nombre d’entre eux étaient également dans la foule, juste pour être sûr que personne n’essaye un quelconque mouvement sur la famille royale. Avec moi ici, cependant, je doutais que quiconque puisse faire quoi que ce soit, et Seryanna n’était pas non plus quelqu’un à ignorer.

« Est-ce que ça a été difficile de garder secret son adversaire ? » m’avait demandé Sa Majesté.

Avec un signe de tête, j’ai répondu : « Oui. Seryanna en particulier a eu beaucoup de mal avec lui. »

« Alkelios a essayé par divers moyens de me pousser à le lui dire, mais j’ai gardé les lèvres scellées… même si, je dois avouer que j’ai appréciée certaines choses qu’il a essayées, » rigola Seryanna.

« Vraiment ? Vous avez toutes deux bien fait alors. Mon mari ne pouvait pas attendre ce combat. Il voulait que ce soit une surprise pour Alkelios, » déclara-t-elle.

« Je suis sûre que ça l’était. » Je hochai la tête.

« Tout le monde, ils commencent, » déclara Elleyzabelle.

En tournant mon regard vers l’arène, je vis Alkelios dégainer son épée et prendre position. Le roi, cependant, étendit ses bras comme s’il voulait le serrer, mais la vérité était qu’il ne présentait aucune ouverture. C’était un dragon puissant, en fait, assez effrayant même.

Je me demande si Alkelios peut gagner? Me demandai-je.

Le premier à bouger était le demi-humain. Pour les dragons normaux, on aurait pu croire qu’il avait disparu un instant, mais il ne pouvait pas tromper mes yeux. Sa vitesse, cependant, était ridicule… le roi bloqua l’attaque avec sa propre épée au dernier moment.

Cette attaque avait créé une onde de choc qui avait soulevé la poussière et secoué l’arène. Chaque murmure et chaque son avait disparu du public. Les deux combattants avaient attiré leur attention dans un étonnant déploiement de puissance, mais ce n’était que le premier mouvement.

Alkelios sauta en arrière et tira une boule de feu dans la direction du roi, mais le vieux lézard la coupa en deux puis lança une pique de glace vers Alkelios. Utilisant le vent, il se poussa vers la gauche et évita le dangereux projectile. Ces deux attaques avaient eu lieu en une fraction de seconde.

Avec un grand sourire, le roi se précipita vers Alkelios et tenta de l’attaquer en utilisant une compétence d’épée. Quand il se déchaîna, d’innombrables frappes furent lancées, mais son adversaire avait réussi à en éviter la plupart, tandis que les autres effleuraient seulement son armure. Alkelios se poussa à gauche avec une rafale de boule de feu sur son adversaire, l’obligeant à les esquiver. Mais le roi n’était pas du genre à reculer. Tout comme lui, il s’était poussé en avant avec un vent violent et avait avancé sa main gauche afin de faire une série de piques de glace. Alkelios avait riposté avec un bouclier de feu, puis avait craché un souffle de feu à travers son bouclier, faisant fondre la magie de son adversaire et le forçant à créer un bouclier de glace.

Pendant tout ce temps, ils étaient dans les airs non pas avec leurs ailes, mais avec de la magie du vent appelé Rafale, qui avait pour seul but de créer un vent puissant qui soufflait le lanceur dans une direction choisie. Si utilisé au sol, il pourrait repousser un ennemi, mais s’il était utilisé dans les airs, il permettrait à l’utilisateur de bouger, cependant, cela nécessitait de la pratique.

Alkelios avait atterri sur le côté gauche de l’arène, tandis que le roi était de l’autre côté. Tous deux avaient montré une capacité de combat redoutable et n’avaient même pas encore pris leur forme hybride.

« Des pointes de glace ? Vraiment ? » Demanda Alkelios en plissant ses sourcils.

« Eh bien, c’est toi qui as commencé avec une boule de feu ! » Répondit le roi avec un sourire.

« Alors je devrais jouer un peu plus. » Dit-il.

« De même. » Répondit l’autre.

Les deux se regardèrent, mais je pouvais dire qu’ils s’amusaient avec ce combat. Ils étaient tous deux de bon adversaire pour l’autre, qui ne perdait pas après quelques coups. Rétrospectivement, Draejan n’était qu’une mouche comparée à eux.

***

Partie 2

Ils s’étaient lancés l’un contre l’autre. Leurs épées s’étaient entrechoquées dans l’air, mais à cause de la puissance qu’elle contenait, les lames s’étaient fissurées et brisées en mille morceaux. L’impact avait provoqué la formation d’une onde de choc qui s’était étendue vers les barrières entourant l’arène. La première se brisa et les autres tremblèrent. Certains nobles et spectateurs étaient trop abasourdis pour réagir, mais plusieurs dragons avaient alors commencé à ériger de nouvelles barrières autour de l’arène. Ils en avaient même ajouté une quatrième et une cinquième, mais quelque chose m’avait dit qu’ils ne seraient pas suffisants si ces deux-là se déchaînaient.

Alkelios jeta l’épée cassée. Le roi fit de même, mais ne recula pas. Sautant l’un vers l’autre, ils se livrèrent un combat acharné au corps à corps. La vitesse de leurs coups était assez rapide pour même me causer des problèmes à la compréhension, pourtant les deux se battaient et ne semblaient pas regarder où et comment leur adversaire allait frapper.

Coup de poing, bloc, parade, coup de pied, pied gauche frappé, haut du torse touché, leurs frappes semblaient interminables et assez précises. Chaque coup envoyait de puissantes ondes de choc qui soulevaient la poussière et provoquaient des tremblements et l’apparition de fissures sur les barrières. S’il frappait une barrière directement, elle serait complètement brisée.

Néanmoins, si j’avais du mal à suivre leur combat, je ne pouvais pas imaginer pour des spectateurs normaux. Ils ne voyaient probablement que des ombres et des images rémanentes. Même le son de leurs coups arrivait après, ce qui signifiait qu’il frappait plus rapidement que la vitesse du son.

Les regarder se battre m’avait donné des frissons et je savais que c’était pareil pour tout le monde. Tout comme Sa Majesté et la princesse, Brekkar et Seryanna étaient concentrés sur le combat. Cela ne voulait pas dire que nous ne gardions pas un œil sur d’autres menaces.

Alkelios brisa le rythme de la bataille et se couvrit la jambe gauche de foudre. Il donna un coup de pied. Le roi bloqua le coup, mais il reçut le choc. Ce n’était pas suffisant pour le repousser. Avec un sourire aux lèvres, il couvrit sa main droite de feu et la gauche de glace et commença un barrage de coups visant Alkelios. À l’aide des mêmes éléments, Alkelios avait bloqué chaque coup et lancé une contre-attaque.

Le roi attrapa les poignets de son adversaire puis le frappa à la tête. Le coup était efficace et ressemblait à du tonnerre. Alkelios répliqua avec un coup de genou dans les côtes du roi, fissurant l’armure. Les deux avaient ensuite utilisé un souffle de feu en même temps. Leurs corps étaient couverts de flammes et se repoussèrent, atterrissant de l’autre côté de l’arène.

Dès qu’il s’était relevé, Alkelios avait créé 10 murs de pierre devant lui. Le roi avait frappé le premier mur et en avait détruit la moitié, tandis que le reste était fissuré. Alkelios avait lancé un grand nombre de piques de terre du sol vers le roi, qui les avait bloqués ou esquivés. En voyant cela, Alkelios vola à sa gauche avec une rafale et lança un éclair en direction du roi, qu’il esquiva en fonçant sur Alkelios. Au dernier moment, il arrêta son sort et sauta en arrière. C’est à ce moment-là que le roi lui avait sauté dessus et avait frappé à l’endroit où il se trouvait un moment plus tôt.

À la suite de cette puissante attaque, l’arène entière était couverte de fissure et quelques morceaux tombaient au sol. Un cratère avait été formé à l’endroit où le roi avait frappé, mais la bataille était loin d’être terminée.

Les deux individus avaient immédiatement commencé une nouvelle vague d’attaques. Ils semblaient tous deux égaux et, alors qu’ils auraient pu utiliser beaucoup d’autres sorts, si un seul d’entre eux devenait incontrôlable, les dégâts causés autour auraient été considérables. Jusqu’à présent, tout ce qu’ils utilisaient pouvait être annulé au dernier moment. En fait, tous leurs pics de glace et leur boule de feu qui volaient à l’extérieur de l’arène étaient immédiatement annulés. Les attaques de glace fondaient, alors que les boules de feu s’éteignaient avant d’atteindre les barrières. Pourtant, avoir un tel contrôle sur ces sorts était tout simplement incroyable.

Cela me faisait peur d’imaginer ce que pourrait devenir Alkelios s’il continuait à s’améliorer à ce rythme pendant plusieurs années, voire des décennies. Conquérir le monde ne serait peut-être pas un exploit impossible, mais encore une fois… et si TOUS les héros de son monde étaient aussi puissants ?

Un frisson me parcourut la colonne vertébrale rien que d’y penser.

Ce combat avait attiré l’attention des spectateurs. C’était si intense, si puissant que vous auriez l’impression que vous ratiez beaucoup simplement en clignant les yeux.

Puis, lorsque la bataille donna l’impression qu’elle n’allait jamais finir… ou plus exactement lorsque tout le monde avait perdu la notion du temps, le roi fit un geste inattendu.

Pour la première fois depuis le début de ce combat, il avait utilisé sa queue pour frapper Alkelios. En conséquence, il n’avait pas pu esquiver ou bloquer à temps. Alkelios avait reçu le coup de grâce et avait été envoyé dans l’arène. Le roi ne manqua pas cette occasion et, tout en chargeant de la magie de glace dans sa main droite, il attaqua.

Et juste comme ça… c’était fini…

Alkelios avait perdu.

Le roi tenait une épée de glace au niveau de son cou.

Poussant un soupir, Alkelios leva les mains et la foule fit du bruit, félicitant le roi et montrant simplement leur excitation après avoir été témoin de ce merveilleux combat.

« Hahaha ! C’était un match magnifique ! » Déclara le roi.

« En effet, ça l’était. » Alkelios se leva et acquiesça, s’inclinant devant le vainqueur.

Feryumstark était heureux, montrant son sourire à la foule, mais il y avait quelqu’un à côté de moi qui n’étais pas de cette humeur…

« Feryumstark Seyendraugher et Alkelios Yatagai Draketerus ! » Cria la reine.

Ils se figèrent tous deux à leur endroit et avec un lent mouvement, ils tournèrent leur attention vers Sa Majesté.

Elle était debout et un de ses yeux tremblait.

Oulà, elle est en colère, avais-je pensé en reculant d’un pas.

« Bien que j’apprécie votre bataille impressionnante, vous deux, vous n’aviez pas à détruire mon arène ! » Leur cria-t-elle.

En regardant autour, tout l’endroit était détruit. L’arène elle-même avait été endommagée au point de ne pouvoir être réparée, elle tenait à peine en raison de l’enchantement qui y était. Techniquement, aucune des barrières n’avait survécu et la plupart des nobles avaient été évacués depuis longtemps vers un lieu plus « sûr ». La fureur et la puissance affichées dépassaient de loin ce qu’ils avaient imaginé et, une fois de plus, ils comprirent tous pourquoi Feryumstark Seyendraugher était le roi.

« Oups ? » Le puissant dragon faisait un sourire ironique.

Et à ce stade, quelques parties de son armure avaient volé en éclat. Celle d’Alkelios tenait encore à peine. Mais il est à noter que ni l’une ni l’autre n’était simple à briser. Quand je les avais vus pour la première fois, je pouvais confirmer qu’une personne ayant une puissance supérieure à 900 pourrait à peine la rayer. C’était bien fait, un chef-d’œuvre en quelque sorte, mais c’était quand même inutile devant leurs attaques.

« Ne dis pas oups, Feryumstark Seyendraugher ! Tu as brisé l’arène, tu vas la réparer ! Toi aussi, Alkelios ! » Déclara la reine d’un ton menaçant.

« Oui, ma chérie. » Répondit le roi en baissant la tête.

« Je comprends, Votre Majesté. » Dit Alkelios en s’inclinant.

Et maintenant tout le monde savait qui gouvernait le pays.

« Bien ! Pour ce match, je déclare Feryumstark Seyendraugher vainqueur et le grand tournoi de la force et de l’honneur peut commencer ! Dès que ces deux-là auront réparé l’arène..., » déclara la reine.

Toute la foule avait applaudi, tandis qu’Alkelios et Sa Majesté, le roi, commençaient à travailler. Considérant les choses, il ne faudrait pas longtemps pour que tout soit remis en état. Leur puissance magique leur permettrait d’aller vite.

Cependant, je devais admettre… que la bataille était impressionnante, mais je me demandais encore à quoi ressemblait Alkelios quand il était à pleine puissance contre quelqu’un.

À quel point est-il puissant ? Me demandai-je.

***

***Participant au tournoi***

En tant qu’aventurier, le grand tournoi de la force et de l’honneur pouvait me permettre de trouver un emploi stable. D’où je venais, j’étais considéré comme l’un des six plus fort. J’avais confiance en ma propre force et j’avais l’impression de bien me débrouiller avec la magie.

Dans mon esprit, tout ce tournoi allait être un jeu d’enfant. J’allais sûrement devenir l’un des plus forts de tout le royaume d’Albeyater. C’était un rêve que j’avais depuis que j’étais enfant, et dans ma tête, j’avais toujours pensé que les récits de ceux ayant atteint l’éveil supérieur étaient exagérés. J’espérais donc que le roi soit appelé sur le terrain pour prouver mon idée.

Ce que j’avais vu avait toutefois brisé mon sens commun. Ces deux-là étaient des monstres. Chaque coup était assez puissant pour me faire craindre pour ma vie même en étant loin d’eux. Chaque fois qu’ils jetaient un sort, je ne pouvais que penser au temps qu’il me fallait pour le chanter, mais ils le faisaient plus vite que je ne pouvais cligner des yeux. Je pensais que mes sorts étaient puissants, mais les leurs avaient détruit cette idée.

Monstres ? Non, il était plus facile de dire que deux demi-dieux se battaient en duel. La puissance qu’ils avaient démontrée m’avait donné des frissons.

Quand ils avaient brisé ces armes d’apparence coûteuse, j’avais regardé mon humble épée et j’avais eu l’impression que la lame s’enfuyait, me laissant seul avec la garde. J’avais même vérifié sa présence pour m’en assurer.

Quand l’arène s’était fissurée, j’avais eu le souffle coupé.

Je ne pouvais pas imaginer la puissance que le roi devait avoir pour accomplir une telle chose. Même si un million de dragons comme moi l’attaquaient, ils seraient tous éliminés sans trop de difficultés. Pour l’une ou l’autre de ces personnes, cela aurait été comme des mouches.

Puis la bataille s’était terminée, je ne comprenais toujours pas ce qui s’était passé, mais en un instant, ils se retrouvèrent tous les deux dans le ciel, puis au sol. C’était trop rapide pour moi.

« C’est une blague, n’est-ce pas… ? » déclara quelqu’un.

Nous étions tous des candidats pour ce tournoi. Nous nous considérions tous comme étant les plus forts, mais lorsque nous nous comparions au duc Yatagai et à Sa Majesté le roi Feryumstark, nous n’étions que des fourmis… nous étions faibles.

« Alors… on peut devenir aussi fort ? » déclara l’un de nous longtemps après la fin de la bataille.

Nous étions tous encore sous le choc de ce que nous avions vu, mais ces mots m’avaient touché profondément.

Même moi je peux devenir comme ça ? Non… ai-je plus à apprendre ? avais-je pensé.

Étonnamment, je n’y avais jamais pensé de cette façon. Je n’avais jamais cru qu’il y en avait plus parce que j’avais toujours pensé que plus de force et plus de pouvoir n’étaient que de mauvaise rumeur.

Mais il y en avait parmi nous qui ne pouvaient l’accepter.

À la fin, nous avions été séparés entre ceux qui voyaient le roi comme un monstre plus puissant que de simples dragons et ceux qui le voyaient comme un but à atteindre. Il y avait ceux qui ressentaient un frisson d’excitation. Après tout, cela nous avait été montré et prouvé que notre potentiel n’avait pas encore atteint sa limite… nous pouvions devenir plus forts.

Je peux devenir plus fort ! pensais-je en serrant le poing.

Peu importe que je gagne ou perde ce tournoi, je voulais devenir plus fort et devenir meilleur. Le roi et le duc Alkelios m’avaient montré que ce n’était pas impossible, et ce dernier n’était qu’un demi-dragon d’après les rumeurs.

Si un demi-dragon peut le faire, alors, pourquoi par un dragon complet ?

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