100 en Chance et une Compétence en Domptage de Dragons – Tome 3 – Chapitre 56 – Partie 2

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Chapitre 56 : Folie à la cour

Partie 2

« Je suis curieux cependant, comment avez-vous réussi à le faire ? » lui avais-je demandé.

« Euh… j’ai menti à la femme de ménage qui avait apporté le thé et lui ai dit que la poussière de racine de Ryumarry devait y être ajoutée par la suite. Bien sûr, elle n’avait aucune idée de la nature réelle de la poussière et j’ai inventé une explication pompeuse qu’elle était incapable de comprendre, mais qui me donnait de la crédibilité. Je l’ai fait plusieurs fois jusqu’à ce qu’elle cesse d’essayer d’écouter l’explication longue et ennuyeuse. Parce que c’était une conversation étrange, les gardes n’avaient aucune idée de ce que je faisais et ne se donnaient pas la peine d’enquêter..., » avait-il expliqué.

« Bon travail. » Je lui avais fait un sourire.

C’était en fait un bon plan, bien qu’un peu risqué. J’aurai simplement changé le contenu d’une bouteille ou mélangé avec un ingrédient de mêmes couleurs. Bien qu’avec ma compétence Barman, j’aurais simplement pu en faire une goutte concentrée que je pourrais facilement ajouter à tout ce que je voulais.

Néanmoins, le fait qu’un vicomte ait dit et agi ainsi avait dissipé toute suspicion de la part de la femme de chambre. Après tout, elle ne pouvait pas ignorer ses mots. Bien que cela ne soit toujours pas toujours correct de l’accepter comme ça, mais peut-être que c’était la raison pour laquelle il fallait donner l’explication. Parce que le vicomte n’essayait pas de faire preuve de suspicion et venait juste vers elle, elle trouva facile de lui faire confiance.

« Et si tout cela n’avait pas fonctionné ? » avais-je demandé.

« Alors… ç’aurait été la fin pour moi, mais n’importe quelle autre méthode aurait échoué de toute façon. Si je rendais visite aux guérisseurs trop souvent, on se serait méfié de moi. De cette façon, j’ai juste reçu la mauvaise réputation de vouloir charmer les servantes du roi, » répondit-il.

« Hm, je vois. Je vois. » Je hochai la tête de compréhension.

En regardant derrière, je vis qu’il ne restait plus beaucoup de nobles aux côtés du roi, mais il était tout furieux de la trahison des autres. La balance avait étrangement basculé en faveur de la faction humaine. Mais je dois admettre que c’était un plan bien pensé, établissant des liens avec tant de dragons différents de statut élevé et séparément, leur donnant également leurs propres petites missions, tout fonctionnant ensemble comme une grande machine complexe visant à détruire le royaume de l’intérieur.

Celui qui était le cerveau derrière était bon, très bon.

« Et maintenant ? » Demanda l’un des nobles étant pour la faction « humaine ».

Pour être honnête, j’avais l’impression que cela était un peu trop simple, mais j’avais peut-être sous-estimé l’autorité de personnalités importantes comme Brekkar, Kataryna et Feryumstark. Pour moi, ils n’étaient qu’un groupe de dragons parmi tant d’autres, mais avec qui je m’entendais très bien. C’est pourquoi quelque chose me disait que ce n’était pas encore fini.

Il était fort probable que le cerveau devait encore se révéler. Cela m’inquiétait un peu.

Si je ne trouvais pas la cause réelle de tout ça, ils pourraient alors défaire ce sur quoi j’avais travaillé dur pour atteindre aujourd’hui. Soit ça, soit remplacer ces gars-là par d’autres pions.

Mais comment puis-je les faire agir ? m’étais demandé en fermant les yeux un instant.

En analysant la situation, plusieurs choses ne se passèrent pas comme prévu :

– Draejan n’a pas agi et a obéi au roi.

– Il y avait beaucoup plus de traîtres de haut rang, même un duc.

– Celui ayant empoisonné la reine l’a fait d’une manière à laquelle je n’avais pas pensé, parce que c’était trop… suspect de mon point de vue.

– Il y avait une preuve de l’existence d’un cerveau derrière tout cela, mais aucune preuve de leurs actions ou même de leur présence dans cette pièce pour le moment.

Avec les trois premiers, je pouvais vivre, mais le dernier était difficile à résoudre. Si je demandai à ces nobles un nom ou une preuve de cette affirmation, ils pourraient simplement répondre en disant que c’est des idioties ou qu’ils sont le cerveau. En même temps, cela prouverait que je ne suis pas ce que j’ai prétendu être, ou plutôt, qu’ils ont eux-mêmes mal compris.

Peut-être que je réfléchis trop à cela et que la vérité est en réalité juste sous mes yeux ? Je me demandais cela en scrutant la foule.

Kataryna, Elleyzabelle, Seryanna, Kléo, Iolaus et Brekkar étaient hors de question, mais pas parce que j’étais leur ami, mais parce qu’ils avaient prouvé à maintes reprises où se trouvait leur loyauté. Je veux dire, Seryanna a failli m’abandonner pour sa loyauté, et si elle l’avait fait, cela aurait été impossible qu’elle s’éveille.

Draejan était également suspect, mais son objectif semblait plutôt de rassembler une armée qui…

Attends un instant ! Une armée ? Je m’étais arrêté et j’avais réfléchi un peu à la façon dont cette armée s’était présentée, puis je l’avais comparé à l’idéal de base de la fierté des dragons. J’avais également pris note du type à capuchon noir dans le dos qui me semblait familier pour une raison quelconque, ainsi que de nombreux assistants apparemment normaux. Ces gars-là sont entraînés, armées et à en juger par leur statut, tous autour du niveau 500. avais-je pensé en déglutissant.

Ils n’étaient pas réellement une menace pour moi, peut-être juste pour un groupe de bandits. Ils ne représentaient même pas une menace pour un seul de mes amis, en particulier pour le roi, et il leur était impossible d’organiser un coup d’État. Certains commençaient même à s’inquiéter de la situation actuelle, prouvant qu’ils ne savaient pas que leurs maîtres étaient des traîtres au royaume.

Cela ne m’avait laissé qu’avec l’armée de Brekkar, qui était autrefois l’une des plus puissantes et disciplinées du royaume d’Albeyater, et qui n’était plus aujourd’hui que l’ombre d’elle-même. Le nombre de soldats avait augmenté de façon exponentielle, mais leur force était bien inférieure à celle des soldats de l’ancienne armée. La discipline et l’ordre étaient des notions étranges pour eux, mais ils partageaient tous une idéologie commune… ils suivraient Draejan jusqu’au bout.

Malgré tout cela, ça ne suffisait pas à prouver qu’il soit le cerveau derrière tout ça. Une bonne tactique aurait été d’augmenter le nombre de soldats dans l’armée de Brekkar et d’attirer des partisans parmi la noblesse. Une fois général, il pourrait réduire le nombre de soldats inutiles et l’organiser correctement en une puissante armée.

Normalement, cela ne nécessitait pas que Draejan soit un traître, mais un noble trop zélé qui voulait désespérément le titre de général. En outre, il n’avait rien à gagner par la mort de la reine. Elle était sa grand-mère. Ainsi, sa noblesse et son rang dans le pays étaient assurés.

Supposons qu’il veuille devenir le roi. Que devrait-il faire pour y parvenir ? m’étais-je demandé.

La réponse était simple : tuer tous les membres actuels de la famille royale ou les forcer à déclarer officiellement qu’ils renonçaient volontairement à la couronne. Mais la famille du roi était assez grande, et il y avait probablement beaucoup parmi ses enfants qui ne serait pas intéressé par le trône. Il y en aurait parmi eux qui bénéficiaient également du soutien de forces extérieur des dragons, comme Embryger, Solustia et Merganus.

Il y avait aussi la question de loyauté de tous les dragons ayant atteint l’éveil supérieur. Aux dernières nouvelles, il y en avait 16 dans ce royaume, sans compter moi-même. En effet, il n’avait aucune chance de devenir roi…

Mais si… ce n’était pas son but ? Et si… la guerre était son but ? Affaiblissant suffisamment le royaume pour qu’une force écrasante comme Embryger avait agi et corrigé les choses. Pensais-je.

Dans ce cas, une alliance avec les humains aurait été la solution. Comme l’avait dit Pallause, une guerre était plus ou moins souhaitée par les deux côtés. En d’autres termes, la noblesse pourrait en profiter.

Après tout, une armée nombreuse et puissante n’avait aucune utilité en temps de paix.

Malgré tout, ce n’était qu’une supposition. Je souhaitais que les choses finissent par atteindre une fin pacifique et que les choses soient réglées, mais je ne pouvais pas contrôler de quelle manière ou comment cela pourrait être possible. Plus je souhaitais que quelque chose se produise, plus cela serait rapide et facile à se manifester. D’autre part, un contrôle précis n’était pas nécessaire lorsque je ne souhaitais pas que certains événements négatifs possibles se produisent. Mais même dans ce cas, ce n’était pas garanti à 100 %, car parfois, pour que le souhait se réalise, il fallait que de mauvaises choses se produisent.

C’était comme le dicton disait : si vous voulez acheter une nouvelle voiture, vendez l’ancienne et faites de la place pour la nouvelle. Votre garage ne peut en contenir beaucoup, mais c’est à vous de choisir si vous vous cramponnez à l’ancienne ou si vous êtes prêt à la lâcher et à accepter la nouvelle.

Je suppose que tout est une question de chance maintenant. Les traîtres sont déjà marqués, et avec cela le roi et sa cour accorderont plus d’attention à de tels stratagèmes, mais la découverte du cerveau devra attendre un autre jour… Je laissai échapper un soupir et me gratta l’arrière de la tête.

Jusqu’à présent, j’étais resté silencieux, alors la plupart des personnes ici, n’avaient aucune idée de ce que j’allais faire ou dire par la suite. J’avais aussi une grosse boule de feu au-dessus de ma tête, qui était prête à exploser dès que j’en donnerai l’ordre.

« Je suppose que oui… Eh bien, avez-vous déjà parlé avec le chef ? » demandai-je en regardant les nobles.

Leur expression confuse m’avait dit qu’ils n’étaient pas au courant de l’existence d’un cerveau. Aucun des autres nobles, y compris Draejan, personne n’avait réagi de manière suspicieuse.

« Toi, dans le fond avec la cagoule… découvre-toi. » Lui dis-je.

Il n’avait pas répondu ni ne s’était conformé.

« Sire Draejan dit à ton subordonné de révéler son visage, » ordonna le roi dans un grondement sourd.

« Oui, Votre Majesté ? » Répondit le dragon, puis il acquiesça de la tête.

L’homme avait retiré sa capuche et avait révélé son visage. Il avait les yeux bruns et des écailles sur les joues.

« Hm, me suis-je trompé ? » Me demandai-je dans un murmure.

« Je lui ai ordonné d’utiliser la capuche pour cacher son identité afin de pouvoir facilement espionner les fauteurs de troubles dans l’armée de Brekkar. Je suis conscient qu’il y a quelques… problèmes, et c’est la solution que j’emploie actuellement, » répondit-il d’un ton calme, mais le regard dans ses yeux trahissait sa satisfaction pour quelque chose.

« Vraiment ? Bien que l’armée ne devrait pas avoir de problème si vous suiviez simplement les règles de Brekkar, n’est-ce pas ? » lui avais-je demandé en plissant les sourcils.

« Même si elle porte son nom, elle portera bientôt le mien. Je ne voyais aucune raison de suivre aveuglément les lois et les règles établies par mon prédécesseur. Si je devais arriver à la même conclusion, eh bien, il en sera de même, mais apprendre et comprendre le fonctionnement des choses est plus utile que de copier le savoir d’un autre et de le revendiquer comme sien, » avait-il déclaré.

Ses mots étaient sages, mais aussi légèrement idiots.

« Il n’y a pas de honte à copier ce que d’autres ont réalisé grâce à un dur travail, aussi longtemps que l’on admette et qu’ils le permettent. Si l’on s’efforce de l’améliorer par la suite ou de proposer de nouvelles solutions, ce sera son propre mérite. Partir de zéro, c’est… un peu irresponsable, » déclarai-je.

Draejan m’avait lancé un regard noir en entendant ce que je venais de dire, alors que Brekkar souriait.

« Alkelios Yatagai, vous avez prouvé à la cour qu’il y avait des traîtres, que comptez-vous faire maintenant ? Tous nous tuer ? » demanda le roi en plissant les yeux.

Je pense que c’est le bon moment pour conclure…, pensais-je.

Après m’être raclé la gorge, j’avais parlé haut et fort. « Moi, Alkelios Yatagai souhaite que les choses suivantes soient approuvées. La première est que mon précédent duel contre Sire Draejan Andrakaryus Doesya soit considéré comme nul et le résultat annulé. »

« Considère cela comme fait, » le roi acquiesça.

« Mais, Votre Majesté ! » Draejan essaya de faire objection.

« Ce n’est qu’un duel enfantin. Cela a toujours été sans importance à mes yeux, » déclara le roi avant de lui lancer un regard noir. « Des objections ? » Demanda-t-il alors en regardant les nobles restants se tenant à ses côtés.

« Aucun, Votre Majesté. » Répondit l’un d’eux.

Ils étaient tous d’accord et l’un d’entre eux était même allé jusqu’à considérer que tous les duels en dragons et humains, sauf approbation du roi, devaient être considérés comme nuls, dans la mesure où ils impliquaient des membres de deux espèces en guerre.

« Deuxièmement, je souhaite que la cour rende le commandement de l’armée de Brekkar à Sire Brekkar Draketerus, » déclarai-je.

Des murmures et chuchotements pouvaient être entendus, tandis que ceux qui étaient de côté en tant que traître semblaient confus.

« Pourquoi devrions-nous accepter un vieux dragon incapable de se battre en tant que généraux ? » demanda l’un des nobles qui, jusqu’à présent, étaient restés silencieux.

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10 commentaires

  1. Merci pour le chap !

  2. merci beaucoup pour ce chapitre^^.

  3. Merci pour le chapitre.

  4. Sort de déguisement pour le gus suspect à la capuche ?

  5. c'est vraiment embêtant que draejan ne soi pas un "vrai" traitre

  6. Merci pour le chapitre !

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