100 en Chance et une Compétence en Domptage de Dragons – Tome 2 – Histoire annexe 3 – Partie 2

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Histoire annexe (3) : Les pêchés du maître chevalier

Partie 2

Après cette série de questions, nous avions parlé un peu de ses missions récentes et d’autres choses du monde, mais c’était probablement la dernière fois que j’avais eu l’occasion de lui parler de manière aussi décontracté.

L’année suivante avait été marquée par d’innombrables changements, dont le plus désagréable avait été la restructuration de l’armée de Brekkar. J’avais connu plusieurs dragons et dragonnes de là. J’en avais même formé quelques-uns moi-même, mais à ma grande surprise, presque tous ceux ayant même un peu de loyauté envers la reine et le roi d’Albeyater avaient été démis de leurs fonctions.

Quand je m’étais promené un jour dans leur camp à l’extérieur de Drakaria, j’avais été surpris de voir autant de voyous et de canailles portant la prestigieuse armure de notre pays. Certains de ces imbéciles avaient même essayé de m’approcher avec l’intention de me voler en pleine journée.

Ayez pitié de l’insensé qui tente de voler les dieux, car ils abattront son âme et son cœur, non son corps !

Ou alors comme dit le proverbe. Je n’étais pas un dieu, mais j’étais un éveillé supérieur avec un rang élevé dans l’armée d’Albeyater. Ainsi, mon choix était de détruire leur corps, mais pas leurs âmes. J’avais clairement fait savoir à tous les membres de l’armée que ce comportement était inacceptable et qu’ils devaient à moins de vouloir finir comme leurs amis, apprendre à se contrôler.

Une semaine plus tard, les activités odieuses de cette armée réformée de Brekkar avaient été réduites en gravité et en fréquence. La rumeur se répandit parmi eux que s’ils faisaient quelque chose de trop évident ou de trop violent, ils n’auraient même pas l’occasion de mendier pour une peine d’emprisonnement.

Plusieurs mois après cet événement, j’avais été surpris d’apprendre que Sire Seryanna était revenue au château de Seyendraugher, mais notre première réunion était tout sauf favorable. Il semblerait que Sire Draejan ait été mis au défi de se battre en duel avec un jeune humain, le prix étant le droit d’épouser Sire Seryanna.

Pourquoi proposerais-tu un duel alors que tu aurais pu le tuer directement là ? C’est un humain et il ne ressemble même pas à un noble, pensais-je en entendant l’histoire de Sire Draejan pour la première fois.

Je ne pouvais même pas avoir de pitié pour ce jeune garçon qui semblait plus faible que mon plus bas chevalier. En toute honnêteté, j’espérais que le duel se terminerait en un clin d’œil, mais avant même que je puisse commencer, Sire Seryanna arriva.

« Attendez ! » Cria-t-elle.

Son apparition soudaine ici m’avait définitivement surpris, mais ce qui m’avait encore plus surpris, c’était de découvrir qu’elle traînait avec la bête du champ de bataille, Kataryna Georg. J’étais l’un des rares à avoir assisté à sa bataille cinq siècles plus tôt, lorsqu’elle avait massacré sans pitié nos ennemis.

Cette dragonne était comme un tourbillon de mort et de carnage, attirant vers elle tous les ennemis autour d’elle pour les couper en petits morceaux. Quand ses épées s’étaient brisées, elle les avait jetés et avait volé celle de l’ennemi. Quand elle avait besoin d’un bouclier, elle le prenait sur un cadavre du sol. Lorsque son armure s’était brisée, elle utilisé de la glace pour se protéger des coups de l’ennemi.

Peu importe qui se tenait devant elle, elle ne s’arrêtait pas avant que leurs têtes ne roulent sur le sol. Certains l’avaient appelée la fureur de glace, d’autres la sorcière de glace sanglante. Du côté de l’ennemi, ils l’appelaient la traîtresse Berserk. Elle avait beaucoup d’autres surnoms, mais peu importe comment on l’appelait, cette dragonne était à la fois crainte et admirée.

Sa Majesté, le roi Feryumstark, nous avait ordonné de ne pas l’attaquer et de rester à l’écart jusqu’à ce qu’elle ait fini. À la fin du combat, la dragonne était venue vers nous, couverte de sang, de la tête aux pieds, et son armure de glace donnait l’impression qu’elle avait été faite à base de sang. Dans sa main droite, elle tenait une épée à deux mains brisée et dans la gauche, elle tenait la tête du général ennemi.

Cette jeune dragonne se tenait devant quelqu’un d’aussi important qu’un dragon à écaille d’or et pourtant elle ne bronchait pas et ne montrait aucune expression sur son visage. C’était comme si elle regardait l’horizon lointain avec les yeux d’un dragon mort.

Je me sentais frissonner juste en me tenant près d’elle, et je savais à ce moment que peu importe ce que je ferais, je ne pourrais pas la vaincre.

Cette fureur de glace se tenait maintenant devant moi et affirmait que cet humain était son ami.

En un instant, j’avais eu l’impression que tout le destin d’Albeyater reposait sur les épaules de ce faible. Qu’est-ce qu’un jeune humain comme lui pourrait faire sans équipement et arme appropriés contre quelqu’un comme Draejan, qui était armé jusqu’aux dents ?

Je pouvais le voir maintenant, un seul coup et la tête du garçon s’envoleraient, puis la fureur de glace nous transformerait tous en une œuvre d’art à base de notre sang et tripes. Son humour artistique sombre se répandrait ensuite dans tout Drakaria jusqu’à ce qu’elle devienne une ville fantôme.

Dire que je transpirai ou que j’avais l’air effrayé ? Nan ! Ma peur et ma sueur s’échappaient avant que mon corps ne me donne vraiment l’impression de l’être. Maintenant, j’attendais l’inévitable.

Mais alors, l’impensable était arrivé. Le garçon fut le premier à attaquer, mais Draejan esquiva à la dernière seconde. Le dragon jouait, mais je savais que si cette frappe avait touché, cela aurait été dur pour lui. Draejan avait été sauvé par une chance.

Avec la bataille qui se déroulait devant moi, je pouvais sentir la force de leurs coups. Tous deux pourraient combattre à armes égales contre certains de mes meilleurs chevaliers. Non, j’irai même jusqu’à dire qu’à part les Maîtres chevaliers, il n’y avait personne ayant la force de les défier, et j’étais un éveillé supérieur.

Ce qui était le plus effrayant dans cette bataille, à l’exception de la présence effrayante de Kataryna Georg, était le fait qu’un seul coup de Draejan pourrait tuer Alkelios, mais que l’inverse n’était pas vrai. La différence d’armes et armures était un si grand fossé que l’humain n’avait aucune chance, alors qu’il avait probablement plus de force et de vitesse.

J’avais moi-même entraîné Draejan, alors je savais qu’il ne pouvait pas avoir ce pouvoir sans compter uniquement sur sa force. Il utilisait de la magie comme fou et jouait comme s’il possédait la scène.

Peut-être que la seule personne pouvant constater à quel point Draejan était chanceux que l’humain utilise une épée de basse qualité était Kataryna Georg. Ses yeux pouvaient suivre tous leurs mouvements et sa sagesse surpassait de loin la mienne. Je ne pouvais donc que deviner qu’elle voyait facilement ce que je ne pouvais pas voir.

Quand j’avais vu la possibilité de mettre fin au duel, j’avais rapidement levé la main et dit : « Je déclare officiellement ce duel terminé. Sir Draejan gagne. »

Si je ne l’avais pas annoncé, les deux auraient probablement continué et l’humain serait finalement mort.

Ce qui avait ensuite suivi avait été la déclaration de soutien de Kataryna Georg à la Troisième Princesse. En d’autres termes, elle avait fait un geste politique qui ferait marcher la plupart des nobles dragonnes avec la queue entre les jambes. Elle n’était vraiment pas un pouvoir contre lequel on pouvait jouer.

Malheureusement, mon ancien élève, Draejan, n’avait pas pu voir l’horreur que je voyais. J’avais essayé de lui expliquer tout en laissant de côté certains détails, mais il ne semblait pas que j’aie réussi.

Pendant un moment, je pensais que les choses avaient repris leur cours naturel. Alkelios avait tenu sa promesse à ne pas entrer dans le palais de Seyendraugher et Kataryna Georg avait choisi la jeune sœur de sire Seryanna comme apprentie. J’avais entendu dire que son programme d’entraînement était assez dur. Tellement, qu'après un jour, la dragonne à écaille noire avait essayé de fuir son professeur en utilisant toute sa puissance. Elle avait été attrapée en plein vol puis transformée en sculpture de glace. Elle resta ainsi pendant quelques heures jusqu’à ce que le soleil la dégèle enfin.

J’avais aussi entendu une autre étrange rumeur à propos de Kataryna Georg. Apparemment, elle s’était battue avec quelqu’un au milieu de la ville. Les dégâts causés avaient suffi à faire perdre connaissance au Premier ministre Elovius, mais ce dragon avait réussi à s’en sortir.

Je n’étais pas allé voir les conséquences parce que je ne voyais aucune raison de le faire. Au lieu de cela, ce que j’avais fait était d’envoyer quelques-uns de mes chevaliers pour espionner Alkelios. Il y a environ deux semaines, ils avaient perdu sa trace. Il avait probablement fui la ville.

Personne ne blâmerait l’humain de s’être enfui. Après avoir affronté Sire Draejan et perdu, il était devenu la risée des Chevaliers et probablement une cible de harcèlement pour les nobles idiots. À propos de ces derniers, je doute qu’ils aient réellement le courage de faire quelque chose à ce sujet. Avec Kataryna Georg les regardant comme un mouton regardant un délicieux troupeau de loups, je parierais avec mon salaire d’une année qu’ils n’auraient même pas la chance d’essayer ce qu’ils avaient prévu.

Environ une semaine après la disparition d’Alkelios de Drakaria, j’avais reçu une convocation de Sa Majesté, le roi Feryumstark. Au début, j’avais trouvé cela étrange, mais si mon roi avait besoin de moi, je ne pouvais qu’obéir.

Alors que je me dirigeais vers le bureau de Sa Majesté, il m’était arrivé de voir Sire Seryanna et Sire Draejan de l’autre côté du couloir.

Pendant un moment, je ne pouvais pas en croire mes yeux, mais cette dragonne s’était finalement éveillée. J’étais honnêtement très heureux de la voir devenir adulte, comme si elle était ma propre fille. Sire Draejan la félicitait probablement pour ça aussi, elle était sa fiancée après tout.

« Draejan... Je vous dis cela par “bonté de cœur”. Si vous osez me toucher à nouveau… je vous tuerai, » lui dit-elle soudainement. Puis elle s’éloigna.

J’avais dégluti.

Sont-ils en mauvais termes ? Mais n’est-ce pas sa fiancée ? Que se passe-t-il ? J’avais réfléchi un moment, alors que je me souvenais de tous les événements passés, y compris son inquiétude inhabituelle qu’elle avait manifestée pour Alkelios, je réalisai tout à coup que j’avais peut-être fait une erreur.

Laissant échapper un gros soupir, j’avais décidé d’aller lui parler plus tard et peut-être aussi réprimandé cet idiot de Draejan, mais je devais d’abord aller voir Sa Majesté, le roi Feryumstark.

Je m’étais approché de la porte du bureau du second étage et j’avais frappé trois fois.

« Entrez. »

Avec une respiration calme et un air stoïque sur le visage, je pénétrai dans la pièce assez grande. Il y avait de grandes bibliothèques couvrant les murs et un grand bureau en bois à l’arrière, près de la fenêtre. Le dragon ayant fabriqué ces meubles était une personne que j’avais rencontrée par hasard deux siècles plus tôt. Il était assez vieux et malgré ses mains tremblantes, il avait fait un travail magnifique sur plusieurs morceaux de bois. Les dessins inspiraient l’élégance et le sens de l’art. Les lignes gravées me donnaient souvent l’impression qu’elles étaient vivantes ou coulaient comme si elles étaient faites d’une sorte de liquide.

Il me faudrait au moins quatre siècles pour atteindre ce niveau de compétence, mais je pensais souvent que si je prenais ma retraite un jour, ramasser des boiseries et les travailler pourrait ne pas être une si mauvaise idée. Mon vieux cœur serait apaisé par le travail effectué sur des détails aussi fins et minutieux.

Dans cette pièce impressionnante, Sa Majesté se tenait devant la fenêtre, regardant Drakaria. Ses ailes dorées étaient pliées et ses mains étaient dans le dos. La façon dont la lumière du soleil baignait ce dragon me faisait souvent me demander si je regardais vraiment un mortel.

Pourtant, cela ne semblait pas être une simple convocation occasionnelle. La présence qu’il dégageait malgré son apparence calme et pacifique était écrasante, même pour quelqu’un comme moi.

« Votre Majesté, pourquoi ai-je été convoqué ? » demandai-je à voix basse tout en restant à la porte.

« Viens plus près, » m’avait-il dit.

J’avais obéi et m’étais approché du bureau. Sans sa permission, il était considéré comme extrêmement impoli de se rapprocher de lui. Faire irruption dans sa pièce même par erreur pourrait faire perdre son cou à un dragon et valoir à sa famille une sévère punition. Après tout, il y avait des choses que personne n’était autorisé à faire, quoi qu’il arrive.

Pour Sa Majesté, quiconque s’approchant de lui sans exposer son objectif ni demander à s’approcher était un assassin potentiel ou alors, c’était quelqu’un ne sachant pas comment respecter ses écailles dorées.

« Teolas, tu m’as bien servi ces derniers siècles, mais je ne peux m’empêcher de me demander si tu ne commences peut-être pas à rouiller, » demanda-t-il.

« Votre Majesté, mes os ont toujours craqué comme une vieille porte rouillée, mais c’est uniquement parce que j’ai réussi à atteindre l’éveil supérieur tardivement, » j’avais répondu d’une manière calme et polie.

« Vraiment ? Alors pourquoi n’as-tu pas pu voir le joyau que Sire Seryanna avait amené avec elle au palais ? » demanda-t-il. Puis il tourna légèrement la tête, juste assez pour pouvoir me regarder du coin de l’œil.

« Joyau ? Puis-je vous demander de quoi vous parlez, Votre Majesté ? A-t-elle découvert un trésor perdu depuis longtemps ? » demandai-je alors que je fronçai mon front.

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8 commentaires

  1. Merci pour le chap ^^

  2. Merci pour le chapitre !

  3. merci beaucoup pour ce chapitre mais... argh!!!!!!!!! pourquoi cela doit finir ainsi?????? plus l'histoire avance (annexe comprise) plus j'ai envie de lire.... sniff....

  4. Merci pour le chapitre.
    PS : Il faut absolument que je résiste à l'envie d'aller lire la suite en anglais...

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