100 en Chance et une Compétence en Domptage de Dragons – Tome 2 – Histoire annexe 2 – Partie 3

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Histoire annexe (2) : Les mémoires d’un vieux général

Partie 3

[À la fin de la bataille de Sendra]

La forteresse qui portait le nom de ma femme bien-aimée avait également son corps mutilé pendu aux murs du château. Dans ma fureur et ma colère, je n’avais cherché que le désir de trouver et de tuer les responsables. Mon corps brûlait d’énergie alors que je combattais l’humain ayant atteint un éveil supérieur.

Après avoir massacré la moitié de son armée seul, je lui avais finalement fait face et laissé ma puissance se déchaîner sur le champ de bataille brûlée. La bataille était impitoyable et avait pris beaucoup plus de temps que prévu initialement. Le lâche utilisait constamment ses propres hommes pour repousser mes attaques, esquivant chaque fois qu’il en avait l’occasion, reculant plutôt que d’attaquer.

J’étais peut-être trop enragé, mais je me poussais constamment sans me soucier des dommages causés à mon corps. Pour être honnête, je n’étais même pas au courant avant qu’il soit déjà trop tard pour faire quoi que ce soit.

Ainsi, notre bataille avait continué et s’était étendue sur l’ensemble des plaines de Brekkar… eh bien, ce n’était plus qu’un champ de bataille marqué par des blessures. Des corps d’êtres humains et de dragons jonchaient l’endroit, l’herbe était brûlée et je doutais fortement que rien ne pousse ici pendant de nombreuses années.

Ma maison portait maintenant les cicatrices de ma perte et le châtiment de ma colère déchaînée…

À la fin, j’avais gagné… l’éveillé avait été tué… brisé par mes poings.

Finalement, je n’avais pas pu sauver ma famille bien-aimée, mais… j’avais à peine réussi à prendre ma revanche. J’étais en paix, alors je m’étais laissé tomber là… je m’étais évanoui de douleur.

***

[Plusieurs jours plus tard]

Je m’étais réveillé sur un lit à Drakaria. Mon armée avait fini le travail et était revenue victorieuse à la capitale. Plusieurs escouades avaient été laissées pour gérer les vestiges de l’invasion humaine, mais dans l’ensemble, c’était notre victoire.

Il s’était avéré que tous les soldats humains n’étaient pas conformes à la façon dont les royaumes humains avaient agi dans cette bataille. Ils avaient déserté les armées ou eux-mêmes sauvé des dragons. Mes hommes avaient clairement été surpris quand ils les avaient trouvés. Les rapports étaient… difficiles à croire si je n’avais pas rencontré ce couple dragon-humain.

Plus tard dans la journée, après avoir reçu les informations, mes petites-filles étaient venues me rendre visite.

La première que j’avais vue était Seryanna. Elle était en colère et ne souriait plus du tout. Il y avait des signes qu’elle pleurait depuis longtemps. Ses beaux yeux avaient répondu à la douleur dans son cœur et cela… m’avait attristé.

C’était peut-être un peu honteux pour moi de parler de cela, mais je ne souhaitais pas que Seryanna prenne en elle-même la colère que j’avais ressentie. Il valait mieux pour elle d’être forte et sage, ne pas être conduite par la haine et la colère. Une chevalière avec de tels sentiments dans son cœur finirait toujours par devenir méchante et corrompue… je ne souhaitais pas cela pour elle… après tout, pour ce vieux lézard, j’en avais massacré ma part afin de nettoyer le royaume plusieurs fois.

« Seryanna..., » je lui avais parlé, mais je ne pouvais même pas bouger un doigt.

Tout mon corps me faisait mal comme si j’avais été utilisé comme enclume par un forgeron furieux.

« Grand-père… n’essaye pas de bouger. Les guérisseurs disent que tu es malade… une sorte de maladie..., » déclara-t-elle en serrant la mâchoire et les poings.

Elle est en colère…, pensais-je.

« Ne t’inquiète pas… Je vais m’éveiller et atteindre l’éveil supérieur, et… et je tuerai tous ces humains qui ont tué ma famille ! Je vais tous les tuer ! » déclara-t-elle avec rage.

La jeune dragonne qui souriait brillamment avait disparu et avait été remplacée par un monstre assoiffé de sang...

Est-ce que je devrais être fier ou en colère ? Je me le demandais.

Bien que je veuille que ma petite-fille poursuive mon combat, elles étaient, sa sœur et elle les derniers membres de ma famille, mais je ne pouvais pas leur souhaiter de porter un avenir aussi triste.

Ainsi, je lui avais fait un doux sourire et lui avais dit. « S’il te plaît, ne fais pas ça... »

« Q-Quoi ? Pourquoi grand-père ?! Ils ont tué ma mère ! Ils ont tué mon père ! Ils ont tué tout le monde de sang-froid ! POURQUOI DEVRAIS-JE LAISSER LES HUMAINS VIVRE ! C’est à toi de me DIRE de TOUS les TUER ! » cria-t-elle en pleurant.

C’était douloureux de la voir comme ça.

Je voulais que ma petite-fille soit toujours souriante et gaie. Je ne voulais surtout pas qu’elle ait un tel regard empli de haine.

« Tout comme il y a de mauvais dragons, il y a aussi de mauvais humains, même si ceux-ci représentent la majorité de leur espèce. En tant que tels, il y en a aussi de bons..., » déclarai-je.

« Je ne comprends pas grand-père… Tu veux que je ne tue pas les humains ? » Demanda-t-elle en reniflant.

« Non… seulement les mauvais..., » déclarai-je.

« NON ! Je devrais tous les tuer ! Pourquoi devrais-je laisser les autres vivre ? Pourquoi devrais-je laisser l’un d’entre eux vivre après ce qu’ils ont fait à notre famille ?! » avait-elle demandé avec colère.

« Si tu penses qu’il y en a un qui vaut la peine d’être épargné, alors tu le devrais… après tout, ces types sont rares. » Je souris.

« Ça ne fait aucun sens..., » elle secoua la tête.

« Ma petite-fille… tu veux être une chevalière, n’est-ce pas ? » lui avais-je demandé.

« Je SUIS une chevalière ! J’ai réussi l’examen ! » déclara-t-elle.

« Ce n’est que la première étape… tu vois, une chevalière devrait être capable de distinguer le bien du mal. Ils ne devraient pas agir avec un cœur empli de vengeance, mais avec de la justice. Ils devraient être compréhensifs et sages… pas violents, sauvages et sans merci, » lui avais-je dit.

« Eh bien… c’est normal, n’est-ce pas ? » demanda-t-elle en inclinant la tête, confuse.

« Oui… mais toi qui souhaites emprunter le chemin d’une tueuse aveugle d’humains ne peux devenir une véritable chevalière. Celle qui a de telles pensées sera frappée tôt ou tard par les dieux… je veux dire, regarde-moi… ton grand-père a perdu à cause de la douleur et a souhaité se venger du fond de son cœur. Certes, j’ai épargné des humains, mais ils étaient spéciaux. Malgré tout, je n’aurais pas dû me battre comme ça..., » je secouai la tête avec regret.

C’était une vérité un peu lointaine, mais c’était la dure leçon que ma petite-fille devait apprendre en tant que chevalière.

Je souhaitais qu’elle ait un avenir meilleur, un avenir dans lequel elle serait capable de sourire à nouveau, et non pas un avenir remplit de complots et de désirs de tuer une autre espèce… cela n’était pas nécessaire à Albeyater, et j’étais certain que le vieux lézard abattrait même ma petite-fille si elle était en faute.

« Je ne comprends pas grand-père… quelle sorte d’humains as-tu pu épargner ? » demanda-t-elle, les larmes aux yeux.

« Un qui est tombé amoureux d’une dragonne… et qui a trahi ses semblables pour être avec elle, » j’avais répondu avec un sourire.

« C’est un mensonge ! Les humains sont trop égoïstes, trop ignorants, trop stupides pour faire quelque chose d’aussi noble ! » Elle refusa d’écouter.

Je laissai échapper un soupir.

« C’est correct si tu n’y crois pas, mais au moins, promets-moi que tu ne passeras pas ta vie à essayer de provoquer l’extermination d’une espèce. Tu peux mettre fin à la vie de ceux que tu trouves mauvais, mais s’il te plaît, essayes de pardonner à ceux qui ne se comportent pas comme les autres. Promets-moi que tu ne chercheras pas à te venger… Que tu ne chercheras pas à te venger de notre famille et de nos amis ! Je l’ai fait à ta place, ma petite-fille adorée… C’est assez comme ça..., » je lui avais parlé d’un ton calme et doux.

« M-Mais… ils ont tué ma mère… ils ont tué mon père… je ne pense pas pouvoir leur pardonner… je ne peux pas..., » se lamenta-t-elle.

« Tu n’en as pas besoin maintenant… tu as de nombreuses années devant toi… ne te contente pas de vivre sur de telles pensées et sentiments indignes d’une chevalière, d’accord ? » Je souris.

« Je ne te promets rien… je ne suis pas..., » elle serra les poings et baissa les yeux.

« Tout va bien… tant que tu essayes au moins... » Lui dis-je.

« Je ne vais pas..., » répondit-elle.

***

[Actuellement. Pendant l’entraînement infernal d’Iolaus]

En lisant la lettre que j’avais reçue de ma petite-fille, Seryanna, je m’étais souvenu de cette histoire douloureuse… qui savait qu’après toutes ces années, un humain nous sauverait ? Non seulement cela, mais il semblerait que cet humain ait même rendu son sourire à ma fille ainsi que la possibilité qu’elle s’éveille…

« Le destin est une chose étrange, n’est-ce pas, Alkelios ? » M’étais-je parlé en regardant par la fenêtre un pauvre dragon qui courait, poursuivi par notre écureuil de compagnie.

À l’époque, si ma chère Sandra ne m’avait pas convaincu d’escorter ces deux filles jusqu’à Drakaria, aurais-je pu vaincre la force humaine envahissante ? Hm… probablement pas… grâce à leur attaque rapide, ils avaient dispersé leur force principale en trois et j’avais pu gagner contre eux. Et même si j’aime me vanter, cet éveillé supérieur était plutôt puissant pour un humain. Si je ne l’avais pas arrêté, Sa Majesté aurait été obligée de prendre l’épée contre lui, pensais-je en poussant un soupir.

Un esprit simple ne verrait pas le détriment, mais il faudra peut-être se demander si ces quelques vies que nous avions sauvées auraient pu être sauvées à la fin. Combien de village et de villes seraient tombés face aux armes du reste de l’armée ? Et à notre victoire, les pays voisins auraient-ils pansé nos blessures ou auraient-ils lancé une attaque rapide pour nous vaincre alors que nous pouvions à peine tenir debout ?

Ce vieux lézard et moi-même avions peur pour ce dernier et nous étions reconnaissants de ne jamais l’avoir été.

J’avais plié la lettre et l’avais posée sur le bureau.

« Je me demande… si c’est leur chance ou leur destin qui a réuni ces jeunes, » avais-je dit en tapotant la lettre une fois, puis en partant pour reprendre ma formation.

Peut-être que je ne le saurais jamais, mais j’étais au moins heureux de savoir que 38 ans de plaies s’étaient finalement refermées… tout cela grâce à un humain vraiment stupide.

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3 commentaires

  1. merci, merci beaucoup pour ce chapitre^^. beaucoup de réponse apporté, mais encore beaucoup de question sans réponse (pour le moment^^).

  2. Merci pour le chapitre !

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