100 en Chance et une Compétence en Domptage de Dragons – Tome 2 – Histoire annexe 1

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Histoire annexe (1) : La résolution d’Iolaus

***Point de vue d’Iolaus***

Le jour où j’avais finalement vu la ville de Tomeron devant moi, j’avais laissé un sourire se dessiner sur mes lèvres. Le voyage avait été long et difficile pour moi, surtout après avoir quitté le groupe de paladins stationné à Pertiko. Nul doute qu’ils me haïraient. Si j’échouais dans ma quête ici, je n’aurais nul par où aller, nul part où je pourrais retourner… nul part où me cacher. Après tout, j’avais choisi de tomber amoureux d’une dragonne à écailles noires, qui était généralement la cible de la persécution des paladins.

Tout était au nom de la Lumière, mais après avoir rencontré Alkelios, mes doutes enfouis depuis longtemps s’étaient manifestés et s’étaient révélés. À l’époque, dans le donjon, devant une Thraherkleyoseya tremblante, blessée et pleurante, j’avais choisi de regarder une fois de plus ces doutes, et j’avais finalement réalisé que la tuer n’avait jamais été mon souhait.

Si j’avais choisi de la tuer là-bas, je doute que j’aie vécu pour le raconter. Certes, mes pairs m’auraient félicité, mais peu de temps après, je me serai noyé dans le regret... parce qu’au fond de moi, je ne l’avais jamais détestée… je disais seulement que je le faisais. J’avais agi comme tel. Je m’étais toujours forcé à croire que c’était le cas, mais la vérité était que je ne l’avais jamais détestée.

Je ne pouvais pas parce que… j’aimais et j’aimerais toujours Thraherkleyoseya Draketerus, une dragonne à écailles noires.

Maintenant, je m’étais retrouvé sur la route regardant vers Tomeron. Il y avait un air paisible et apaisant qui entourait la ville. Il n’y avait aucun sentiment de danger ou de peur malgré le fait qu’il y ait l’endroit le plus dangereux de tout le royaume, la forêt Seculiar. Au contraire, je penserais plutôt que cette petite ville n’était pas différente de l’une de ces villes que l’ont trouvé dans les parties les plus sûres de l’empire Embryger.

J’avais apprécié la vue et contemplé le paysage un moment avant de décider d’aller retrouver Brekkar Draketerus, le grand-père de ma fiancée. Il était la cible de mon voyage. J’espérais m’entraîner sous sa supervision et acquérir la force nécessaire pour protéger mes proches, tout comme je l’avais promis à Thraherkleyoseya.

On pourrait dire que la partie difficile venait de commencer. Je disais ça, car il était bien connu que Brekkar était un dragon têtu, mais encore plus impitoyable quand il s’agissait de sa petite famille.

La dernière fois que j’avais vu ma bien-aimée Thraherkleyoseya, c’était quand je me trouvais encore dans le village de Pertiko, avant de démissionner de chez les paladins.

Bien sûr, j’avais conservé ma noblesse, mais je n’avais pas eu le courage d’informer ma famille de ma situation actuelle. De plus, j’avais ma promesse à tenir d’abord. Je devais devenir assez fort pour protéger ma future femme de toutes les injustices et de la haine que le monde pourrait avoir contre elle parce qu’elle était une dragonne à écailles noires.

Mon ami Alkelios m’avait fait comprendre que je devais arrêter de fuir et que je devais plutôt faire face à mes défis. Je devais me battre pour mon amoureuse, peu importe les difficultés. Ne jamais abandonner et toujours aller de l’avant, cela allait être mon nouveau credo. Je devais le remercier pour ça.

En tant que tel, je ne pouvais pas simplement perdre mon temps à ne rien faire. Aussi, dès que j’étais entré dans Tomeron, j’avais demandé des indications sur la direction à suivre pour me rendre à la maison des Draketerus. Les gens ici avaient été assez gentils et m’avaient montré le chemin.

Il était environ midi quand je m’étais retrouvé devant le grand manoir. Ça ressemblait plus à un petit palais compte tenu de sa conception et de son architecture, mais il semblait être en train de le réparer, il y avait encore des signes de l’incendie qui avaient presque tout détruit deux mois plus tôt. Les gens de la ville m’en avaient parlé, mais je ne connaissais pas les détails.

Ce qu’ils m’avaient dit, cependant, c’est que le jeune homme amené par Seryanna avait joué un rôle crucial dans la destruction du groupe de bandits appelé les Dagues Jumelles. Il avait également soigné le seigneur local, Brekkar, de sorte qu’il n’y avait que des rumeurs positives à son sujet.

Prenant une profonde inspiration, je m’avançai et frappai à la grande porte de métal. Je frappai fort, laissant savoir que quelqu’un était là, puis attendis patiemment.

Peu de temps après, une femme de chambre avait ouvert la porte. Elle semblait être assez jeune, mais j’avais l’impression qu’elle cachait une force terrible derrière son sourire poli.

« Bonjour, puis-je vous être utile ? » Demanda-t-elle.

« Bonjour, je m’appelle Iolaus von Striggnyark. Je suis venu voir Sire Brekkar Draketerus. Puis-je demander une audience ? » Je me tenais droit et tenais une main sur ma poitrine pendant que je prononçais ces mots.

« Hm ? Un moment, s’il vous plaît, » déclara-t-elle avant de fermer la porte.

J’avais cligné des yeux de surprise, mais j’avais attendu patiemment.

Un quart d’heure plus tard, la porte s’ouvrit à nouveau et je vis le vieux dragon Brekkar se tenir debout, essuyant sa sueur avec une serviette propre. Il portait un pantalon léger et une chemise par-dessus. Son regard sévère était toujours intimidant et je pouvais sentir la pression qu’il exerçait. En dépit de son âge et de sa maladie, ce dragon avait conservé la force de caractère qu’il avait forgée tout au long de sa vie de guerrier et de général.

J’avais dégluti.

« Bonjour, monsieur Brekk… UGHO ! »

Avant que je ne puisse finir mes mots, il m’avait frappé au visage, et les lumières s’étaient éteintes pour moi.

Quand je m’étais réveillé, je regardais le ciel du matin. Les oiseaux piaillaient dans les arbres voisins et une douce brise balayait l’herbe autour de moi. Je clignai des yeux de surprise puis me levai. Ma joue me faisait mal, alors je la massai un peu.

« Que s’est-il passé ? » Me demandai-je en regardant autour de moi pour comprendre mon environnement.

J’étais au milieu d’un champ derrière le manoir Draketerus. Mes sacs, mon armure et mon arme avaient tous disparu. J’avais paniqué un moment, mais en me levant, je m’étais souvenu au dernier moment avant d’être assommé.

Sire Brekkar m’avait donné un coup de poing…

« Ces rumeurs étaient toutes fausses, il ne s’est pas du tout affaibli ! » Me plaignis-je en époussetant mes vêtements.

Actuellement, je ne portais plus mon armure de paladin, mais seulement un ample pantalon et une chemise en lin. Je ne pouvais pas m’empêcher de me demander si on m’avait volé ou un truc dans le genre. Cela aurait été une honte s’il en était ainsi, mais je me tenais derrière le manoir Draketerus, pas au milieu de la forêt ou de la route. Je n’avais pas été pillé par des voleurs.

« Est-ce Brekkar qui a fait ça ? » me demandai-je à voix haute.

Je m’approchais du manoir et je vis là l’ancien général se tenir droit, les deux mains sur le manche de sa grande épée, enfonçant la pointe dans le sol. Bien que plusieurs années se soient écoulées depuis son dernier pas sur un champ de bataille et que des rumeurs voulaient qu’il soit sur son lit de mort, il ne semblait en aucun cas l’être.

Juste en me tenant devant lui et en le regardant si imposant, j’avais senti une pression sur mes épaules qui menaçait de m’écraser. La différence de force entre nous était tout simplement immense. Il était clair pour moi que si je devais entrer en combat contre ce dragon, je serais transformé en poussière d’un seul coup d’épée.

Ainsi, je m’étais incliné.

« Tu es Iolaus, n’est-ce pas ? » me demanda-t-il avec un ton de voix empli d’intention meurtrière.

« Oui, Sire Brekkar, » répondis-je comme un soldat obéissant.

« Pourquoi es-tu venu ici ? » demanda-t-il.

Ma tête était inclinée, mais je savais qu’il me fixait.

Comment ne pouvait-il pas être en train de le faire ? Après tout, dans ma jeunesse, j’avais rejeté Thraherkleyoseya quand j’avais vu la différence de couleur de nos écailles.

« Pour m’entraîner sous vos ordres, » répondis-je.

« Pourquoi ? » demanda-t-il.

Au son de son épée se rapprochant de moi, j’avais dégluti.

« Donne-moi la raison et si je ne l’aime pas, je te tuerai directement. Dans cette tenue, je ne peux pas te voir comme un paladin, mais comme un simple voleur. Si quelqu’un me le demandait, je ne ferais que tuer un voleur étant entré dans ma propriété, » déclara-t-il en s’arrêtant à un pas de moi.

J’avais dégluti à nouveau.

C’est pourquoi il m’a assommé et m’a pris tout ce que je portais… de cette manière, n’importe qui pourrait facilement me prendre pour un voleur ou un bandit, avais-je pensé.

« Je souhaite m’entraîner sous vos ordres parce que je veux devenir assez fort pour protéger la femme que j’aime, votre petite-fille, Thraherkleyoseya Draketerus ! » déclarai-je sans hésiter.

La réponse que j’avais reçue était une botte dans mon visage.

Il m’avait donné un coup de pied assez fort pour que je sois envoyé en arrière et roula plusieurs fois sur l’herbe. Ma lèvre avait été coupée et j’avais craché du sang. J’avais la tête qui tournait, mais j’avais essayé de me lever. C’était inesthétique de ma part de ne pas essayer de le faire.

« Si tu pars maintenant, je t’épargnerais, » m’avait-il dit.

Est-ce qu’il me dit d’abandonner et de fuir ? ai-je pensé.

J’avais dégluti, mais je savais que je ne pouvais pas faire ça… Je ne pouvais pas la trahir à nouveau.

Revenant à ma position agenouillée et inclinant la tête jusqu’à ce que mon front touche le sol, je criai : « je suis venu de Pertiko pour que vous m’entraîniez ! Je souhaite devenir assez fort pour protéger Thraherkleyoseya ! Je ne veux plus jamais la trahir comme je l’ai fait ! Je l’aime et je souhaite être là pour elle, peu importe ce que les autres pensent ! C’est pourquoi j’ai besoin d’être fort ! Assez fort pour survivre contre tous ceux qui nous haïssent. Assez fort pour la protéger et rester à ses côtés quoiqu’il arrive ! »

Mes paroles étaient sincères, honnêtes et provenaient du fond de mon cœur. Si ce vieux dragon ne pouvait pas me pardonner pour ce que j’avais fait, alors mon destin était scellé.

« Hmph ! » Il renifla puis coupa le sol devant moi.

Le coup avait presque atteint ma paume, et il était si proche que mes doigts avaient presque été coupés.

Après ça, le vieux dragon se retourna et partit.

Peut-être qu’il ne me croyait pas…

Peut-être qu’il pensait que j’étais inutile à entraîner parce que j’allais trahir à nouveau Thraherkleyoseya…

Je ne lui ferai jamais à nouveau ça… JAMAIS ! pensais-je en refusant de bouger.

Avec ma tête au sol, en face du coup qu’il avait fait dans le sol, j’avais attendu qu’il revienne et me réponde.

Sire Brekkar n’était pas revenu même après plusieurs heures… Le soir était venu et il ne s’était toujours pas montré. Le ciel était devenu nuageux, et bientôt, il s’était mis à pleuvoir, mais je n’avais pas bougé.

C’était froid et je tremblais, mes muscles et mes articulations me faisaient si mal. J’avais envie de pleurer, mais je refusais de bouger.

La nuit était venue et j’étais toujours incliné sur le sol humide alors que la pluie frappait mon dos. Je n’étais même pas en forme de semi-dragon pour me protéger avec mes écailles blanches et utiliser mes ailes pour éviter la pluie. J’étais dans ma forme la plus faible, agenouillé dans la boue, inclinant la tête sous la pluie, tout ça parce que je ne pouvais pas abandonner ici… Pas avant que j’aie dit ces mots à Thraherkleyoseya.

Quand le matin était venu, j’étais à ma limite. Tout mon corps tremblait, et je ne pouvais plus sentir certaines parties de mon corps. J’avais l’impression que j’allais m’évanouir à n’importe quel moment, mais je m’étais forcé à rester dans cette position.

« Pourquoi veux-tu t’entraîner ? » Quelqu’un demanda.

Ma tête était légère, et je ne savais pas si c’était Brekkar ou non.

« Parce que… j… j’aime Thraherkleyoseya Draketerus… je l’aime… du fond du cœur… je ne veux pas la faire pleurer une seconde fois…. Je ne veux pas la rendre triste à nouveau… je veux être à ses côtés, et avoir une famille avec elle… je veux me marier avec elle..., » dis-je dans le brouillard.

Bien que j’avais beaucoup parlé, je ne pouvais même pas me rappeler de la moitié.

Ensuite, le silence était revenu.

« Et si je te dis que je ne veux pas t’entraîner ? »

Cette fois, j’en étais sûr, c’était Brekkar.

« Alors… je m’entraînerai seul… je ferai tout ce qu’il faut pour atteindre l’éveil supérieur et revenir vers elle… peu importe le temps ou la difficulté..., » répondis-je.

« Même si tu meurs ? » demanda-t-il.

« Non, je vais rester en vie, peu importe ce qu’il faut… si je meurs, elle serait triste, et je ne veux pas ça..., » dis-je.

Une main s’était placée sur mon épaule et m’avait soulevé. Tout mon corps était douloureux et toutes mes articulations avaient craqué par le mouvement soudain.

« Si ta résolution est si forte, alors je ne vais pas te repousser, mais sois prêt à souffrir ! » déclara Brekkar en souriant.

Il était celui m’ayant soulevé.

« Oui, Sire Brekkar..., » répondis-je en souriant.

« Bien, maintenant va te reposer ! Nous commencerons dès que tu te seras réveillé et que tu auras bien mangé ! » Il se mit à rire.

Je n’avais pas répondu, mais entendre ça m’avait rendu heureux et comme une flamme de bougie s’éteint je m’étais évanoui.

Plus tard ce jour, je m’étais réveillé dans une chambre d’invité. J’étais propre. Je n’avais plus de boue sur moi, et quelqu’un m’avait même changé. C’était probablement l’une des servantes qui l’avait fait. Sur le mur en face, je pouvais voir mon armure, arme et tout le reste, mais ce qui avait attiré mon attention était la lettre posée sur mon sac.

Avec un grognement s’échappant de mes lèvres, je m’étais levé et l’avais ramassée.

C’était de Thraherkleyoseya et m’était adressé.

Cher Iolaus,

Si tu lis cette lettre, ça veut dire que tu es arrivé à la maison de mon grand-père. Ne sois pas effrayé par ce vieux. Il peut avoir l’air dur, mais il est doux à l’intérieur ! Achète-lui des sucreries quand tu passeras à Tomeron ou Andromède, et tu vas gagner ses faveurs !

Reste en sécurité et sois en bonne santé, Iolaus. Ne fais rien d’insensé ou de stupide comme de rester sous la pluie toute la journée ou des trucs dans le genre. De plus, écoute tout ce que mon grand-père a à dire et si tu n’es pas sûr de quelque chose, demande-le-lui, surtout s’il s’agit du temple de la Lumière. Cependant, je crains que cela ne t’en demande un peu trop. Je ne veux pas empiéter sur ta foi.

Si tu veux m’envoyer une lettre, écris-en une et remet-là à mon grand-père, il veillera à ce qu’elle me parvienne.

Je t’aime, Iolaus reste en sécurité et n’oublie pas ta promesse.

Cordialement, Thraherkleyoseya Draketerus.

PS : J’ai hâte de (…)

J’avais poussé un soupir. Le reste de la lettre était juste un gros morceau de délires sexuels couvrant deux pages supplémentaires.

Même si je savais d’expérience qu’elle n’aimait pas vraiment ça, c’était tellement dans sa manière d’exagérer les choses presque à l’extrême pour pouvoir ensuite faire une blague. À l’intérieur, elle était une farceuse innocente et un peu excitée…

« Je me demande si je n’ai pas libéré quelque chose que je n’aurai pas dû. » Déclarai-je en regardant la lettre avec soin, puis en la plaçant dans le tiroir d’un bureau.

Demain, j’avais prévu de lui écrire une lettre.

Pourtant, c’était bien ainsi… que commença ma formation sous les instructions de Brekkar Draketerus, celui ayant le surnom du plus fort général du royaume.

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4 commentaires

  1. Merci pour le chapitre.
    ça sent l'entrainement Spartiate a être jeté dans la gueule des Lou... Moutons.

  2. Merci pour le chapitre !

  3. merci beaucoup pour ce chapitre^^.

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