100 en Chance et une Compétence en Domptage de Dragons – Tome 2 – Chapitre 29

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Chapitre 29 : Le dernier compte à rebours

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Chapitre 29 : Le dernier compte à rebours

Partie 1

***Point de vue de Kléo***

« Hm, il semblerait qu’il y ait des individus étranges qui arrivent ici. L’un d’eux est un paladin et l’autre est un dragon non éveillé, mais il est assez fort, » dit l’homme en regardant le cristal flottant.

De l’endroit où j’étais assise, je ne pouvais pas voir le cristal, mais j’avais mes suppositions quant à qui pourrait être ces deux-là. Les deux seules personnes étant à côté de moi quand j’avais été envoyée ici étaient Alkelios et Iolaus. Si c’était l’amoureux de ma sœur, alors il viendrait certainement me sauver, mais le paladin visait probablement à rompre ses liens avec moi… pour de bon.

Au cours des dernières heures, depuis que je m’étais réveillée dans cet endroit, j’avais réalisé quelques choses.

Tout d’abord, ces chaînes étaient assez puissantes pour bloquer ma magie et suffisamment solides pour résister à ma force. Bien que je puisse facilement plier l’épée d’acier d’un humain, je ne pouvais pas briser ces chaînes.

En second lieu, ce nécromancien ne contrôlait pas le donjon. En fait, il essayait activement de le détruire, mais il acceptait joyeusement les attaques. En utilisant un sort étrange, il envoyait tous les monstres visant à sa vie ailleurs.

La première fois que je l’avais vu, ce n’était pas longtemps après que je me sois réveillée. Deux squelettes s’étaient précipités dans cette pièce, mais il avait simplement tendu les mains vers eux et avait parlé dans une langue étrange. À ce moment-là, j’avais senti le flux d’énergie magique se déplacer et les monstres avaient disparu. Cet événement avait été répété à maintes reprises, mais je n’étais jamais exactement sûre où ils étaient envoyés.

La dernière chose que j’avais découverte était la raison pour laquelle il ne me tuait pas immédiatement. S’il ne voulait pas détruire ses propres canaux d’énergie magique, il devait se donner le temps de s’adapter à l’énergie qu’il allait absorber. En d’autres termes, mon temps était limité si je ne me libérais pas de ces chaînes ou si quelqu’un ne venait pas me sauver.

Du bon côté des choses, il prévoyait d’absorber mon énergie magique sous deux jours. C’était plus que suffisant pour que mes amis viennent me sauver. Mais même ainsi, je n’avais pas l’intention de rester assise tranquillement jusqu’à ce qu’il le fasse, je continuais à me débattre avec les chaînes pour tenter de les détendre un peu. Mes poignets me faisaient mal, mais même si je me brisais les poignets, je n’avais pas l’intention d’abandonner.

« Peut-être que je devais envoyer un boss à leur encontre ? » déclara l’homme d’une manière pensive.

« Pourquoi ferais-tu cela ? » Lui ai-je demandé.

« Pourquoi devrais-je te le dire ? » Il renifla puis me regarda. « Rien n’est sur à 100 %. Ils peuvent toujours avoir un atout dans leurs manches, c’est pourquoi je ne révélerai aucune information concernant ce que je fais et prévois de faire. Si tu veux, tu peux le deviner. Mais je ne vais pas non plus confirmer où le nier., » déclara-t-il en souriant.

Cet homme ne comptait pas me faire savoir quoi que ce soit. Il était prudent et voyait nos vies comme rien de plus qu’un moyen de stimuler son propre pouvoir. En tant que telle, je n’avais aucun doute qu’il était du genre à nous tuer sans pitié pour obtenir ce qu’il désirait. Mon seul problème était de savoir si nous étions assez forts pour le vaincre ou non.

***Point de vue d’Alkelios***

Cela faisait deux heures que nous avions été transportés ici. Ma compétence Dompteur de Dragon aurait été une bonne chose à utiliser si nous étions sur un terrain ouvert, cependant, il y avait deux problèmes avec son utilisation. D’une part, il était sur Seryanna, et d’autre part, c’était inutile dans un labyrinthe. En ce moment, il pointait derrière moi… au plafond.

« N’êtes-vous pas fatigué ? » me demanda Iolaus alors qu’il s’appuyait sur un mur pendant que je ramassais le butin de notre récente tuerie.

« Pas vraiment..., » avais-je dit en haussant les épaules.

« Vous êtes un monstre ! Et en plus, vous n’êtes même pas encore éveillé. » Il secoua la tête.

Après notre dernier combat qui avait eu pour résultat de l’avoir envoyé au sol, il avait gardé le silence la plupart du temps et quand il parlait, c’était pour dire des choses comme ça.

« J’ai fini. Allons-y, » déclarai-je en continuant à avancer.

Le dragon gémit et fouetta avec sa queue l’air pour montrer son agacement. Je l’avais ignoré et avais continué à marcher à travers ces tunnels interminables.

Les monstres changeaient de temps en temps, mais les groupes de base étaient constitués de zombies, de squelettes, et de temps en temps une liche ou un dullahan. Les autres types de monstres que nous avions rencontrés étaient des scorpions morts-vivants géants, des serpents morts-vivants et un squelette joueur de piano saoul. Ce dernier n’était pas une blague. Nous avions rencontré un squelette saoul jouant du piano, et il était plutôt bon. Nous ne l’avions pas tué, nous l’avions tranquillement contourné.

Quant aux boss, il n’y en avait pas. Nous étions arrivés dans ce que l’on pourrait appeler une salle de boss, mais elle était vide. Les coffres étaient vides le long du chemin, presque comme si quelqu’un était déjà passé et avait tout pris, il ne restait pas même une épée rouillée ou un boulier endommagé.

Une autre chose que j’avais remarquée était la fréquence à laquelle nous rencontrions ces groupes. Au lieu de les trouver dans chaque salle, nous avions de la chance d’en rencontrer un groupe toutes les quatre ou cinq salles. Quant aux tunnels, ils étaient pour la plupart vides. Cela m’avait amené à croire que peut-être, sinon sûrement, nous avions été assez chanceux de repérer ces deux groupes lorsque nous étions arrivés ici.

« Hey, paladin Iolaus, as-tu déjà visité un donjon à part celui-ci ? » avais-je demandé.

« Bien que ce soit la première fois que je rentre dans ce donjon particulier, je suis expérimenté avec d’autres donjons, » déclara-t-il fièrement.

« Vraiment ? À quelle fréquence y avais-tu rencontré les monstres dans ces donjons ? » lui avais-je demandé sans tourner la tête.

« Assez souvent en réalité. Je suis un peu surpris par la rareté des groupes ici. Normalement, vous ne trouveriez pas seulement un ou deux groupes de temps en temps, » répondit-il en regardant les restes du dernier groupe que nous avions tué.

« Combien alors ? » demandai-je.

« Vous savez… Je ne comprends pas. Vous êtes incroyablement puissant, mais je peux dire que vous n’êtes jamais entré dans un donjon avant. » Dit-il en secouant la tête.

« Eettt, où est le problème ? » lui avais-je demandé en plissant les sourcils.

« Eh bien… C’est juste que d’après ce que je sais, un dragon non éveillé ne peut pas devenir aussi puissant sans s’entraîner dans un donjon, » expliqua-t-il en plissant les yeux vers moi.

« J’ai vécu dans la forêt Seculiar jusqu’à présent, » lui avais-je immédiatement annoncé.

Durant les quelques jours que j’avais passés loin de Seryanna, je m’étais demandé ce que j’allais dire à ces dragons qui ne connaissaient pas mon secret, et qui ne cesseraient de me demander comment j’étais devenu si fort. Une option était de dire que je m’étais entraîné dans un donjon lointain, tandis que l’autre était de dire que j’avais vécu dans la forêt Seculiar. Cet endroit était connu par toutes les espèces pour être l’un des endroits les plus dangereux connus. Si c’était le plus dangereux entier au monde, c’était discutable. À en juger par ce que Seryanna m’avait dit au sujet de cette espèce neutre qui créait les donjons, il était fort probable que sur leur continent, ils avaient quelque chose de bien plus effrayant que la forêt Seculiar.

Iolaus n’avait rien dit d’autre après que je lui avais dit ça. Nous avions continué à marcher à travers le donjon en tuant tous les monstres se mettant en travers de notre chemin. La plupart du temps, je m’inquiétais pour la sécurité de Kléo. Avec Kataryna à la surface, j’étais certain que ma dragonne rousse n’aurait pas de problèmes.

Le village était probablement aussi sûr pour l’instant, mais j’avais l’impression qu’il y avait quelque chose de bizarre à propos de ce donjon. La quantité de monstres à l’extérieur était scandaleuse, et ils continuaient à apparaître l’un après l’autre. Ils étaient comme une vague sans fin, mais pourquoi attaquaient-ils en premier lieu ?

Pourquoi maintenant ? avais-je pensé après avoir détruit un autre groupe.

« Où pourrait être Thraherkleyoseya ? » avait demandé Iolaus. Avais-je réellement senti un soupçon d’inquiétude dans sa voix.

« Il semblerait qu’elle ne soit pas ici. Elle est probablement plus profondément dans le donjon..., » répondis-je en ramassant les pépites et en ignorant la poussière.

« Pourquoi un donjon enlèverait-il quelqu’un de la surface ? » demanda-t-il.

« Est-ce que les choses comme ça n’arrivent pas souvent ? » demandai-je.

« Non. Jamais ! Je n’ai jamais entendu parler de quelque chose comme ça ! » Il secoua la tête.

« Est-ce vrai ? Alors, peut-être que ce n’était pas le donjon qui a fait ça... » déclarais-je en réfléchissant et en me grattant l’arrière de la tête.

En regardant le chemin devant moi, j’avais commencé à me demander si ce donjon pouvait aussi penser qu’il était en danger et qu’il essayait d’attaquer un autre danger. Si c’était le cas, alors il gaspillait beaucoup d’énergie contre nous ici.

Laissant échapper un soupir, j’avais levé les yeux vers le plafond.

« Un donjon peut-il comprendre nos paroles ? » demandai-je.

« Je ne sais pas. À quoi pensez-vous ? » demanda Iolaus en s’éloignant du mur où il s’appuyait.

« Quelque chose... d’étrange, » avais-je répondu.

Si cela fonctionne, alors je suis un génie, sinon… au moins, j’aurais essayé. Je souhaite que ce donjon nous aide à trouver Kléo. Je fermai les yeux en exprimant mon souhait, laissant la chance faire son affaire, quand j’ouvris les yeux, je regardais le chemin devant moi.

« Alors, devrions-nous y aller ? » demanda Iolaus.

« Pas encore. » J’avais alors pris une profonde inspiration et crié. « Donjon ! Je sais que tu peux m’entendre et me comprendre ! » Je m’arrêtai et plissai les yeux.

« Que faites-vous ? » demanda Iolaus.

« Sh ! Ne m’interromps pas, » lui avais-je dit.

Le paladin croisa les bras et s’appuya sur le mur à côté de moi.

« Bien ! Laissez libre cours à votre folie, » avait-il dit d’une voix méprisante.

Je l’avais ignoré et avais crié à nouveau au donjon. « Nous ne sommes pas tes ennemis ! Nous souhaitons récupérer notre amie, la dragonne à écailles noires puis quitter cet endroit ! Si tu nous fais un chemin, même si c’est à côté de ton cœur, nous promettons de ne pas essayer de te détruire ou de te faire quoi que ce soit ! »

« Vous peut-être, » commenta Iolaus.

« Toi aussi ! Surtout si tu ne veux pas que je réarrange tous les os de ton corps, » l’avais-je menacé.

« Arg… Bien… je le promets aussi, » il détourna les yeux et marmonna quelque chose d’inaudible.

J’avais continué. « S’il y a quelqu’un qui la maintient contre sa volonté et en même temps utilise tes monstres pour attaquer la surface, je vais essayer de vaincre cette personne ! Alors, vas-tu nous laisser passer et nous montrer le chemin, donjon ? »

C’était mon plan.

Bien sûr, qui croirait que quelqu’un comme moi pourrait parler à une créature artificielle dont le seul but était d’exterminer tous les aventuriers osant la défier ? Eh bien, j’étais un peu en train de parier sur l’idée que peut-être… juste peut-être, ce donjon avait une sorte d’intelligence qui pouvait mesurer les menaces. Si notre statut passait d’ennemi à allié, alors il concentrerait toute son énergie à nous aider, et non à nous tuer. Bien sûr, il pourrait aussi nous ignorer, mais c’était bien aussi.

Quelques minutes plus tard, Iolaus laissa échapper un soupir.

« Vous voyez ! Cela n’a pas marché ! » se moqua-t-il.

« Attendons un peu plus longtemps… Peut-être que c’est en train de réfléchir, » lui dis-je.

« Comment nous tuer, peut-être ? » sourit-il.

« C’est mieux que rien..., » avais-je gémi.

« Eh bien, je vous le dis, vous êtes fou ! Quelque chose comme parler à un donjon est stuppppppp ! » Iolaus n’avait pas pu terminer sa phrase, car le mur derrière lui avait soudainement disparu et il était tombé.

« Tu disais ? » dis-je en me dirigeant vers lui en lui faisant un sourire.

« Ceci… ça ne peut pas être ! Je n’ai jamais entendu parler de quelque chose comme ça ! » déclara-t-il en étant étonné alors qu’il se relevait.

« C’est un peu logique quand on y pense. Nous ne sommes pas techniquement les ennemis de ce donjon. Nous voulons seulement récupérer Kléo et non pas conquérir cet endroit. » Je haussai les épaules en passant devant.

Il y avait un chemin droit descendant. Les murs étaient droits, à peine éclairés par des cristaux fluorescents, mais il n’y avait pas de pièges ou de monstres. Nous étions restés vigilants, mais il était clair que le chemin était fait pour nous permettre d’atteindre cet « ennemi ». Ma seule question était son savoir si nous étions confrontés à un seul individu ou à un groupe.

« Reste sur tes gardes Iolaus… Nous ne savons pas ce qui va se passer, » lui dis-je.

« C’est paladin Iolaus, et je sais ce qui est devant moi, un piège… Je suis certain que vous nous avez menés directement dans un piège ! » Il se moqua, mais je l’ignorai.

Pour être sûr, j’avais utilisé mes 100 de chances.

Je souhaite que nous sortions de cet endroit en toute sécurité. Bien que je déteste ça, je souhaite que toutes les choses entre Kléo et Iolaus soient résolues. Cette haine absurde… Tout comme mon manque de désir d’avancer et d’améliorer ma compétence Dompteur de Dragon, pensais-je.

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Partie 2

**Point de vue de Kléo***

« NON ! Où sont-ils ?! Où sont-ils ?! » cria l’homme en attrapant le cristal à deux mains.

Il semblerait qu’il ait perdu la trace des deux personnes à l’intérieur du donjon. Ils n’étaient certainement pas morts, ils avaient juste disparu de l’intérieur des tunnels, ou peut-être qu’ils avaient trouvé qu’il les suivait et avait réussi à éviter son sort ?

Dans ma cage, je ne pouvais que faire un sourire moqueur. Si c’était bien Alkelios qui était dans le donjon, alors cet homme le sous-estimait lourdement. Il était le seul et unique humain avec une capacité lui permettant d’emprunter la puissance de ses amis dragons. J’étais l’un d’entre eux, mais aussi ma sœur, une chevalière, et Kataryna, qui était une dragonne ayant atteint l’éveil supérieur. Il y avait aussi le pouvoir emprunté à mon grand-père, mais ce qui était étonnant et simplement hallucinant à propos de sa capacité était le fait qu’il ne nous volait pas notre pouvoir, mais en faisait une copie.

En d’autres termes, plus nous étions forts, plus il devenait fort.

La seule chose dont je pouvais m’inquiéter était le fait que cet homme devant moi pouvait avoir une capacité semblable à la sienne, après tout, il était capable de m’amener ici contre ma volonté.

« C’est étrange… Je ne peux pas les localiser. C’est comme si le donjon les avait engloutis ! » Dit-il en colère.

Je n’avais rien dit.

Finalement, il se lassa de les chercher et s’éloigna du cristal. Cela ne servait à rien de les localiser s’ils trouvaient un moyen de contourner son sort, mais cela signifiait en soi qu’ils étaient plus ou moins conscients du fait qu’ils étaient surveillés. Comme je ne savais pas exactement comment fonctionnait ce sort, je ne savais pas quelles étaient les façons possibles d’interférer ou de le dissiper.

« Et nous y voilà, » j’avais entendu la voix d’Alkelios venir de l’extérieur de cette pièce.

« Ça ne peut pas être..., » l’homme avait l’air inquiet et réfléchissait à ce qu’il devait ensuite faire.

Son regard se dirigea vers moi et retourna à son bureau. En allant là-bas, il plaça une bague avec le sort de bourse et absorba l’ensemble du laboratoire. Il avait continué à faire la même chose avec tout le reste, en accordant une attention particulière à ses papiers écrits dans une langue étrangère. Il n’avait rien laissé derrière lui. J’étais restée là comme seule témoin.

« Hmph ! » Il se retourna et se dirigea vers la sortie.

Une baguette magique était apparue dans sa main gauche.

Qu’est-ce qu’il prépare ? Me demandai-je.

« Explosion, » avait-il dit avant de partir.

Un froid parcourut mon échine. Les chaînes autour de mes poignets avaient commencé à briller d’une forte lumière violette, et des caractères étranges étaient apparus sur eux. Ils changeaient chaque seconde, décomptant quelque chose.

« Non… Qu’est-ce que c’est ? » avais-je dit, surprise en essayant de me libérer de mes chaînes.

Je ne savais pas ce que c’était, mais c’était effrayant. L’énergie magique qui se rassemblait en elles n’était pas une blague, alors j’avais essayé désespérément de me libérer.

« Arg ! Je ne peux pas… Je ne peux pas les enlever..., » déclarai-je en luttant jusqu’à ce que mes poignets commencent à saigner.

J’avais entendu des pas à côté de moi, et je m’étais arrêtée un instant pour regarder en arrière. Là devant moi se tenait Iolaus. Son épée dégainée.

« Thraherkleyoseya..., » déclara-t-il en me regardant dans les yeux.

La peur avait traversé tout mon corps alors que je comprenais pourquoi il était là… et la raison pourquoi un paladin se tenait devant un nécromancien enchaîné avec son épée dégainée.

« Non, s’il te plaît..., » je me tortillai et fermai les yeux.

***Point de vue d’Iolaus***

Ce monstre absurde était fou en demandant de l’aide au donjon, mais qui étais-je pour dire ça ? Comparé à lui, j’étais faible. Je ne pouvais rien faire pour l’arrêter, mais là encore, aucun dragon n’avait jamais essayé quelque chose comme ça, du moins à ce que j’en savais.

Ce dragon avait dit qu’il avait gagné sa force absurde en vivant dans la forêt Seculiar, qui était renommée pour ses dangers terribles, mais je le trouvais absurde. Personne ne pourrait survivre seul dans cet endroit ! L’un de mes aînés avait essayé de défier cette forêt avant, mais il avait échoué lamentablement. Il avait un niveau de puissance de 146, pourtant il était revenu avec une main en moins et une cicatrice sur le visage. Même sa propre femme ne l’avait pas reconnu. Cela lui avait tout coûté, pourtant ce non éveillé prétendait avoir vécu là ?

Peut-être, que sa force pouvait ajouter une pointe de vérité en ses mots, mais quelque chose en moi ne le croyait pas.

« Nous sommes presque au bout de ce tunnel..., » déclarai-je marchant derrière lui.

« Oui. Attends un instant. » Nous nous sommes tous deux arrêtés, et il a fermé les yeux. « Yeux de chatons ! » déclara-t-il en activant son sort.

Ses pupilles étaient passées de normales à celles d’une bête. Ils étaient fendus verticalement.

Je n’avais aucune idée de ce qu’il essayait de faire, mais j’avais patiemment attendu. Peut-être que c’était une sorte de capacité de reconnaissance ? Si c’était le cas, je n’avais jamais entendu parler d’un sort avec un nom si étrange.

Quelques instants plus tard, ses yeux étaient revenus à la normale.

« Voici le plan. Tu restes tranquille, et je vais essayer de distraire le gars à capuche noir qui a kidnappé Kléo. Pendant que je l’attire, tu vas libérer Kléo, » m’avait-il dit.

« Pourquoi devrais-je te faire confiance, et pourquoi me ferais-tu confiance pour la vie de Thraherkleyoseya ? » lui avais-je demandé en le regardant les yeux.

« Eh bien... » Il détourna les yeux.

« Et si je voulais tout simplement… la tuer ? » lui demandai-je, mais ces mots pesaient lourdement sur mon âme.

Après ce que ce dragon non éveillé m’avait dit plus tôt aujourd’hui, je ne pouvais pas ressentir le même désir de tuer mon ancienne amoureuse. Ses paroles avaient bouleversé toutes mes mœurs, mais ce n’était pas la logique de ces mots, mais peut-être la confiance qu’il mettait derrière eux. Peut-être que j’étais un échec en tant que Paladin ?

« Tu as hésité un moment. C’est pourquoi je suis certain que tu ne le feras pas. En outre, je souhaite qu’elle ne soit pas blessée et que nous la sauvions en toute sécurité. Tu ne la tueras pas et si tu essayes… tu vas mourir. Je te le garantis, » m’avait-il dit avec une telle force et confiance que cela m’avait égaré.

Comment un dragon peut-il mettre autant de foi et de confiance dans un avenir incertain ? Je me demandais.

« Nous y sommes… Allons-y, » avait-il ordonné.

J’avais hoché la tête et dégainé mon épée.

Il s’était placé devant moi et avait tourné à gauche. J’étais allé à droite et m’étais caché à l’intérieur des ombres du labyrinthe. Là, j’avais trouvé un guerrier squeletté. Je m’arrêtais et déglutis, levant mon épée. Le monstre m’avait regardé et avait secoué ses os. Il n’avait pas attaqué, ce qui était étrange.

« Et nous y voilà ! » avait crié Alkelios.

Je l’avais entendu, mais je craignais que si j’attaque un squelette ou que je me fasse attaquer par celui-ci alors l’ennemi m’ait certainement repéré.

Je prie Lumenya, Déesse de la Lumière, et Lumenos, son mari, que ce qu’il a dit à propos du donjon étant notre allié temporaire soit vrai... alors encore, quel était le nom de ce dragon ? Par les Dieux, je mourrai à la suite d’un homme dont je ne me souvenais même pas le nom ! pensais-je intérieurement pendant que je regardais les trous servant d’yeux du squelette devant moi.

D’une manière surprenante, il n’avait pas agi. Il ne m’avait pas attaqué.

Bien qu’un peu étonné par ce fait, j’avais remarqué que l’homme à capuche quittait la pièce. Je savais que c’était le moment où je devais agir et je m’étais précipité à l’intérieur de la pièce. Il ne m’avait pas suivi.

Là, j’avais trouvé Thraherkleyoseya… ses poignets saignaient à cause de ses tentatives de luttes pour se libérer de ses chaînes, qui semblaient enchantées d’ailleurs.

À quel point a-t-elle lutté pour finir comme ça ? pensais-je d’un coup en ayant un frisson.

Le sang coulait de ses blessures et pour l’instant, elle ne semblait pas être consciente de moi, mais plus je la regardais, plus je voyais une femme, une ancienne amoureuse, essayant de se libérer de ses chaînes et non plus seulement une féroce nécromancienne.

Je m’étais arrêté devant sa cage, et c’est alors qu’elle m’avait remarqué.

En levant les yeux vers moi, des larmes coulaient sur ses joues. Elle avait peur.

Je pensais que les nécromanciens n’étaient que mes monstres sans cœur… Les ténèbres corrompues… alors pourquoi pleures-tu ? m’étais-je demandé alors que je sentais mon cœur vaciller.

« Thraherkleyoseya..., » je l’avais appelée, mais je m’étais arrêté.

Que vais-je lui dire ? Non… tout ce que ce dragon m’a dit est un mensonge ! Je dois la tuer ici ! Au nom de mes Dieux… Je dois la tuer… je dois tuer ça… ça…, pensais-je en saisissant la poignée de mon épée.

« Non, s’il te plaît..., » elle se tortilla jusqu’à ce qu’elle touche le mur.

Les mains levées vers moi et fermant les yeux, elle tremblait et essayait de se protéger de moi.

Le sang coulait sur ses poignets, sa peau était coupée et déchirée par ses tentatives pour se libérer. Des larmes coulaient sur ses joues et tout son corps tremblait.

Alors que j’étais devant une telle femme, je tenais mon épée prête à la tuer.

« S'il te plaît… S’il te plaît, ne me fais pas de mal, Iolaus..., » gémit-elle.

Mon cœur s’était gelé à cet instant.

Ma propre main tremblait lorsque j’ouvrais la porte.

« S’il te plaît…, » m’avait-elle supplié.

Mes Dieux exigent la mort de tous les nécromanciens… ils me demandent de vous tuer… de vous tuer, Thraherkleyoseya, pour la justice, pour la paix, pour… l’amour… Pensais-je en levant mon épée. Amour ? pensais-je à nouveau. Je m’étais souvenu des paroles de ce dragon. Je m’étais souvenu ce qu’il avait dit à propos de la signification d’aimer. Je m’étais souvenu de mes propres mots. Non ! Je secouai la tête et serrai les dents. Tout mon corps était tendu et tremblait, mais pas à cause de la peur, mais par l’indécision. Si elle n’avait pas ce pouvoir… alors, j’aurais continué de l’aimer… Je l’aime toujours… l’ancienne, mais… Je m’arrêtais et attrapais mon propre visage, luttant contre mes pensées.

« Je ne peux pas utiliser la magie… Ces chaînes me tueront quand même… si je dois mourir… alors au moins ça pourrait être par tes mains…, » Thraherkleyoseya avait dit quelque chose d’impensable.

Abaissant ses mains et pleurant, elle leva les yeux vers moi avec une expression envoyant des lances de culpabilité et de douleur dans ma poitrine. Il semblerait qu’elle soit à bout. Elle ne voyait pas d’échappatoire. Sa seule chance, le dragon non éveillé… n’était pas là.

Au lieu de cela, j’étais là, l’homme l’ayant trahie… l’homme qui l’aimait…

« Thraherkleyoseya..., » déclarai-je en levant mon épée.

Elle ferma les yeux et attendit. Les runes sur ses poignets changeaient de plus en plus rapidement. Maintenant était le moment de vérité… mon choix final. Elle était juste ici devant moi, sans défense, facile à tuer.

Je ne peux pas trahir mes dieux… Les Dieux de la Lumière ! Le… Je m’étais arrêté et puis m’étais souvenu de quelque chose… De la Déesse des ténèbres Nocturnia. Les Dieux… Les histoires… Non, pourquoi je pense à ça ? Je secouai la tête, mais le souvenir revint, l’histoire de deux anciens amants Lumenos et aussi le mari de Nocturnia… Elle est sa seconde épouse, mais tandis que le temple de la Lumière la voit comme une imposteuse, une voleuse, une menteuse, Lumenos ne l’était pas. Comment un Dieu de la Lumière peut-il partagé son amour entre la Déesse de la Lumière et une des Ténèbres… à moins que… Je me souvenais de ce que le dragon non éveillé avait dit à propos de l’amour.

« AARGH! » Criai-je de tous mes poumons en balançant mon épée.

Ma décision était prise, mais à travers elle… Je me demandais si j’avais trahi mes Dieux.

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