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Saikyou Mahoushi no Inton Keikaku LN – Tome 1

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Prologue

Dans une zone dévastée, les ruines d’un grand bâtiment entouré de maisons démolies donnaient l’impression qu’une catastrophe naturelle avait affecté toute la région.

Il ne restait plus rien qui suggérait que la région avait été autrefois remplie d’habitants qui y avaient vécu une vie épanouie. Divers arbres et plantes grimpantes s’étaient établis depuis longtemps parmi les bâtiments abandonnés. L’endroit avait été évacué il y a plus de cent ans et tout ce qui restait là pourrait même disparaître après quelques années de vieillissement supplémentaire. Le fait d’affirmer que l’ancienne civilisation avait été détruite ne serait pas non plus une revendication farfelue. Quoi qu’il en soit, tout ce que l’on pouvait encore voir s’estomperait certainement avec le temps.

Un ciel bleu clair et parfait s’étendait à travers les cieux où il disparaissait dans la lueur d’un horizon brumeux. La verdure luxuriante grouillait de vies sous l’abondante lumière du soleil qui inondait la terre d’un flot de couleurs vives. Ce paysage majestueux respirait la nature alors que des animaux s’affairaient sur le tapis vert présent entre les nombreux arbres.

Quelqu’un avait dit un jour : « L’humanité est le cancer de cette planète ». La situation actuelle confirmait véritablement cette affirmation. Il s’agissait du résultat d’un organisme grotesque et contre nature qui s’était glissé dans le royaume de la nature. Beaucoup hésiteraient même à prétendre que ces organismes étaient même vivants.

L’arrivée de ces apparitions grotesques ressemblait étrangement à l’intrigue d’un conte de fées. Si ces créatures fantastiques avaient donné à la Terre l’occasion de récupérer son écosystème d’origine, leur arrivée avait également marqué un tournant dans l’histoire de l’humanité. Ils avaient ainsi lancé son compte à rebours vers l’extinction de la race humaine.

Cependant, ces apparitions grotesques n’étaient certainement pas telles les créatures d’un conte de fées, car elles étaient sinistres et assoiffées de sang. Telle était leur existence. Peut-être agissait-il en tant que procuration de Dieu, alors qu’elles servaient de messie de la planète. Il était clair qu’elles étaient l’ennemi de l’humanité.

L’humanité avait nommé ces apparitions grotesques des mamonos.

 

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Un jeune garçon tout seul était sur le point de s’engager dans un combat avec plusieurs monstres grotesques portant des arbres comme s’il s’agissait de massue. Un seul coup serait une blessure mortelle pour n’importe qui.

Pendant ce temps, ce jeune homme se servait d’une épée courte, et d’une épée de forme tordue. Sa forme était déformée, donnant l’illusion qu’il tremblait de peur. Il s’agissait d’une arme qui existait dans le seul but de tuer ces grotesques mamonos. Une fine chaîne reliait la poignée du couteau à son fourreau se trouvant suspendu à la taille du garçon. Quoi qu’il en soit, il s’agissait d’une arme qui pourrait de prime abord sembler inefficace contre un mamono doté d’un corps plusieurs dizaines de fois plus gros que celui du garçon.

Des mamonos de différentes formes l’entouraient en ce moment. Cependant, même s’ils n’étaient pas de la même race, tous, du premier jusqu’au dernier possédaient des traits communs. Ils étaient tous hideux et sinistres. Personne ne penserait qu’ils seraient issus de ce monde. Un deuxième trait commun chez les mamonos était leur peau foncée assortie. Ceux ressemblant à des géants à un œil et les thérianthropes avec un haut du corps humain donnaient d’abord une impression positive, mais c’était seulement jusqu’à ce qu’un regard fait de plus proche ou qu’un coup d’œil vers le bas de leurs corps soit effectué.

À l’heure actuelle, le jeune homme faisait face à plus de dix mamonos. Cependant, il était fort possible que bien plus d’individus se soient cachés plus loin dans la zone et dans les sous-bois environnants. Peut-être en raison de leur arrogance en tant que prédateurs absolus, ils le regardaient de haut comme leur proie venue jouer avec eux. Personne dans cette situation désespérée n’envisagerait même de résister face à eux.

Pourtant, ce garçon ne ressentait pas de consternation en ce moment ni de peur. À la place, sa démarche triomphante était pleine de vigueur et d’élégances, comme s’il se baladait dans une nature exempte de ces créatures. Ses cheveux noirs se balançaient à chaque pas qu’il faisait vers eux. Alors que les bords des lèvres du jeune homme s’élevèrent, les mamonos attaquèrent d’un seul coup.

Le jour semblait se transformer en nuit alors que les mamonos géants bloquaient le soleil avec leurs énormes corps. Puis, le premier rugissement d’un mamono borgne se fit entendre. Les Mamonos avaient eux aussi fait entendre leur voix à gauche et à droite. Mais à cet instant, ce rugissement s’arrêta, et il fut remplacé par le silence.

C’était parce que son corps s’était ouvert comme s’il avait été écrasé par quelque chose des deux côtés.

Le garçon était resté là, se tenant debout alors que ses deux mains étaient serrées l’une contre l’autre comme s’il effectuait en ce moment une prière. Le massacre des mamonos avait commencé à survenir au moment où il avait pris cette pose.

Le sang vert foncé s’était mis à pleuvoir sans fin, mais les féroces mamonos refusaient d’hésiter. Ainsi, le garçon avait continué à trancher dans le corps des mamonos les uns après les autres avec son couteau tenu avec légèreté. Il s’agissait d’un spectacle où une entité absolument surpuissante écrasait un groupe de fourmis.

Le garçon avait à peine bougé lors de ces prestations. Il s’était simplement retrouvé avec le couteau dans sa main et les différents composants venant avec lui avant que quelqu’un ne s’en rende compte. Les chaînes offraient un soutien en allant vers la gauche et vers la droite pour toucher ses cibles. L’arme ne bougeait pas dans une trajectoire droite, mais volait comme un fil avec une aiguille au bout en effectuant des courbes avec la chaîne qui s’allongeait à l’arrière.

Chaque mamono touché par le couteau s’était vu perforé de part en part comme s’il était mou et les restes suspendus à la chaîne étaient restés ainsi, figé dans leur mort. Ils étaient tellement immobiles qu’il était impossible de savoir s’ils étaient vraiment morts. Le seul son que l’on pouvait entendre était produit par les anneaux métalliques sans fin de ses chaînes.

À ce moment-là, sa chaîne s’enfonça dans le buisson d’arbres où une étrange série de cris de mort agonisants résonnèrent.

Le garçon parla finalement. « J’en ai fini d’eux, » ces mots étaient pour lui-même. Il toucha ensuite la chaîne avec un doigt qu’il enfonça dans l’un de ses anneaux. « Résonnance. »

La 207e Formule de la Chaîne — les anneaux de la chaîne étaient si nombreux qu’on devenait fou à les compter — chaque anneau avait une formule magique pour un sort unique gravée sur lui. Le son d’une cloche avait provoqué de légers tremblements dans l’air et avait chatouillé ses lobes d’oreille.

Le garçon avait tendu la chaîne avant de l’arracher comme une ligne qu’il rapportait à lui. Lorsqu’un léger tremblement s’était produit au-dessus de la chaîne, les mamonos qui y étaient suspendus s’étaient envoyés dans un vol plané en même temps. Le paysage avait été teint par le sang des mamonos alors que tout cela devenait cauchemardesque lorsque des morceaux de chair se joignirent également afin de décorer la zone alors que tous les cadavres explosèrent en fragments sanglants. Cela donnait vraiment une impression d’une petite zone d’horreur presque isolée de la beauté du monde extérieur.

Le garçon lui-même n’avait pas eu une goutte de sang sur lui. Sa tenue était toujours impeccable et rien n’avait prise sur elle ou sur le reste de son corps. Quoi qu’il en soit, à cause de l’odeur répugnante qui pesait sur la zone, il avait sorti une boîte à repas de son sac. Puis il regarda autour de lui alors qu’il soupira en l’ouvrant. À l’intérieur, il y avait une bouteille d’eau pure et claire.

Le garçon regarda le ciel. Le ciel était magnifique. Les nuages blancs purs qui le remplissaient avaient chacun une forme différente. Il ne savait pas à quelle vitesse ils s’épanouissent ni où ils allaient. Il enviait leur liberté, car il était l’opposé absolu. L’ironie qu’un tel point de vue ne pouvait être vu que dans le monde extérieur qui était gouverné par les mamonos qui pouvaient encore en jouir.

Il avait eu l’occasion d’entrer dans le monde extérieur pour effectuer des missions d’extermination de mamonos. En tant que telle, cette scène n’était familière qu’à une poignée d’autres personnes dans ce monde. Quoi qu’il en soit, ils aspiraient instinctivement à ce monde du passé. Comme le disait le proverbe, la vraie valeur d’une chose n’est comprise qu’après sa perte.

Tout en regardant le ciel sans fin, le garçon leva un bras et se nettoya son visage avec l’eau. Le filet d’eau ne dura qu’un moment avant de s’épuiser. Le garçon secoua son visage et regarda à nouveau le ciel.

C’était devenu son habitude. Regarder le beau ciel tout en se rafraîchissant avec de l’eau lui donnait une impression différente. Cela affectait tellement son cœur qu’il n’avait même pas de mots pour décrire ce qu’il ressentait en ce moment. Avec un cœur plein de regrets, il quitta cet endroit. Rester était dangereux avec le sang des mamonos qui attirait encore plus de mamonos.

Le garçon s’appelait Alus Reigin. Dans la longue guerre contre les mamonos, son nom était celui de la personne régnant au sommet des magiciens qui combattaient au cours de cette guerre.

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Chapitre 1 : Nouveau Monde

Un homme en uniforme militaire blanc et possédant diverses médailles sur sa poitrine déclara. « Ne peux-tu pas changer d’avis ? »

Alus avait déclaré ses intentions à son officier supérieur qui était assis de l’autre côté d’un long bureau. « Non, j’ai bien assez travaillé. J’ai reconquis les deux continents, Zentrei et Kubent. Je ne veux rien de plus que de vivre ma vie plus tranquillement. »

L’homme en face de lui posa ses bras sur son bureau avant de s’enfoncer profondément dans ses pensées. Son visage vieillissant se plissait face à la difficulté de la demande. « Quoi qu’il en soit, tu es déjà la force militaire la plus précieuse de ce pays, non, de toute l’humanité. Que tu déclares ta démission n’a pas d’importance. Je ne peux pas autoriser ton retrait. »

« Bien que ce soit ta décision en tant que gouverneur général, les règlements stipulent qu’après dix ans de service militaire, les soldats qui ont contribué aux résultats de guerre sont libres de prendre leur retraite à leur propre discrétion. Dix ans se sont écoulés depuis que je me suis vu enrôlé dans l’armée à l’âge de six ans. Ou bien, prétends-tu que ma reconquête de deux continents n’est pas une réussite suffisante ? »

Le gouverneur général s’était efforcé d’empêcher ses émotions amères de se manifester sur son visage. Il savait à quel point ces règlements étaient importants, mais il ne pouvait s’empêcher d’en vouloir à ceux qui les avaient élaborés.

Bien que les règlements confirmeraient certainement les affirmations d’Alus. Le fait de devenir magicien n’était rien de plus que le fait d’obtenir un certain statut. Il s’agissait d’une profession vénérée au sein de la société. En plus de protéger le pays, ils avaient l’obligation de maintenir le désir le plus cher de l’humanité qui était la récupération de leurs terres perdues.

Quoi qu’il en soit, c’était quelque chose que le jeune aux cheveux noirs se trouvant devant le gouverneur général ne pouvait comprendre. Ou plutôt c’était comme s’il n’était pas intéressé par ça. Les circonstances particulières de sa naissance et de son éducation avaient fait en sorte qu’il ne pouvait pas comprendre les pensées du commun des mortels. Il avait été enrôlé à l’âge de six ans, ce qui aurait dû être impossible. Bien que l’âge minimum pour s’enrôler soit de quatorze ans, son talent pour la magie avait été reconnu à l’âge de six ans. De plus, sa capacité en mana surpassait celle des magiciens de haut rang. Les militaires, ayant découvert un jeune si prometteur, avaient immédiatement commencé à le former pour qu’il devienne un magicien sans considération pour sa jeunesse ou son éducation générale, le forçant vers le destin qu’ils avaient décidé.

Le gouverneur général, en tant qu’individu approchant l’âge de la retraite pour son service militaire, n’avait jamais prévu qu’un jeune homme aux cheveux noirs, encore au milieu de l’adolescence, demanderait sa retraite de son service militaire en premier. Ce doit être le karma d’avoir confié toutes ces missions à un jeune enfant sans jamais penser aux conséquences ou à lui-même.

Tous les magiciens associés à l’armée obtenaient les revenus les plus élevés au sein de la société. Comme l’argent était acquis grâce aux impôts, cela indiquait clairement que toute l’humanité reconnaît leur importance et leur utilité.

Des sept pays chargés de protéger le continent Azazael, un pays en particulier, Alpha, avait apporté des contributions militaires exceptionnelles, surpassant largement depuis 10 ans tous les autres pays. Cependant, la majorité de ces gains avaient été rendus possibles par l’existence d’une seule personne. Cet homme se tenait en ce moment devant le gouverneur général. Le Magicien Solitaire, Alus Reigin, soumettant une demande de retraite, l’un des mages à un chiffre du monde.

Ses cheveux noirs lui tombèrent dans les yeux et ses mains musclées, loin de celles d’un enfant, racontèrent à quel point sa courte vie avait été intense. Ses mains étaient recouvertes de gants de la même couleur, le numéro un pour être exact.

 

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Les mamonos étaient soudainement apparus il y a cent ans et avaient réduit la population de l’humanité à un dixième de sa taille originale. Les différents pays du monde avaient également été ramenés à sept. Aujourd’hui, l’espace de vie de l’humanité avait été contraint d’atteindre le 1/700 e de sa gloire passée.

Le concept de l’utilisation de la magie à des fins militaires était un développement récent. La magie de l’époque n’était pas capable de tenir tête aux monstres géants, les mamonos. À l’époque, elle n’avait servi qu’à rendre la vie quotidienne de chacun un peu plus confortable.

Le développement rapide de la magie n’avait eu lieu qu’en réaction à l’invasion des mamonos. Ils avaient mangé les humains et rasé les villes en dévastant les nations. La mise en œuvre de la magie par les militaires avait stoppé le déclin de la population humaine.

Sept pays avaient formé un cercle afin de créer la dernière ligne de défense de l’humanité. La tour blanche massive qu’ils avaient érigée au centre de leurs territoires communs était la plus grande réalisation de l’humanité.

Grâce à ce qui se trouvait au sommet de cette tour, nommée Babel, les sept pays s’étaient cachés derrière un mur de protection qui abrogeait l’invasion des mamonos. Il s’agissait de l’avantage d’avoir développé la magie. Depuis lors, au cours des cinquante dernières années, l’humanité avait formé des magiciens dans le but de récupérer leurs terres perdues.

Le gouverneur général avait alors déclaré. « Dans ce cas, pourquoi ne pas prendre un congé prolongé ? Bien sûr, nous pouvons te garantir une vie confortable, et nous veillerons à ce que tes désirs soient comblés au mieux de nos capacités. Nous appuierons même tes recherches en te fournissant les installations appropriées. »

« Et cela serait en échange de devoir comparaître chaque fois qu’on a besoin de moi ? » lui demanda Alus.

Les rides se creusèrent sur le visage ridé du gouverneur général alors qu’il hocha la tête. Il agissait ainsi parce que le fait de se séparer d’Alus réduirait de moitié la force militaire de la nation. Si cela devait se produire, alors le simple maintien de la défense nationale deviendrait un gros problème alors que la récupération du territoire conquis par les mamonos serait mise en attente.

Alors que le nombre de magiciens qui mourrait augmentait chaque année, Alpha avait pu se distinguer par ses mérites au cours de la guerre. De plus, Alpha avait pu réduire le nombre de victimes. Tout cela avait été grâce à un garçon de seize ans. Les dix années de service militaire d’Alus avaient permis à Alpha d’avoir le taux de mortalité de leurs magiciens le plus bas parmi les 7 nations.

Tout le monde savait que la survie de l’humanité reposait sur l’objectif commun de 7 nations qui protégeait l’énorme tour blanche. Mais la situation sous-jacente était différente. Les pays qui cherchaient à coopérer avec une nation étrangère le faisaient en augmentant leur propre honte. Le fait de demander de l’aide équivalait à annoncer une baisse certaine de leur propre pouvoir national à l’avantage de l’autre. En d’autres termes, même si les 7 nations avaient un ennemi commun, elles étaient également rivales.

Alus parla sèchement, « Je comprends. » Il s’était rendu compte dès le début qu’il ne pourrait pas prendre sa retraite sans que cela pose problème. C’était un compromis qu’il s’attendait à voir.

Le gouverneur général avait ainsi été forcé à conclure un marché. Alus était un magicien unique qui ne pouvait pas être remplacé si facilement. Par conséquent, pour le meilleur ou pour le pire, Alpha était trop dépendant de lui.

Le gouverneur général s’enfonça dans sa chaise alors qu’il poussa un soupir rauque. Il avait anticipé l’arrivée de ce jour-là. Alus, comme une exception à l’intérieur des exceptions, avait eu trop de demandes égoïstes poussées sur lui par tous les militaires. Tout ce qui arrivait là n’était que le résultat d’avoir eu tant de gens qui lui demandent égoïstement d’obtenir des résultats sans se soucier des conséquences. Il avait été élevé dans un monde qui avait largement usé son humanité sans jamais tenir compte de lui. Il était désormais beaucoup trop tard pour essayer de faire quoi que ce soit maintenant pour essayer de remédier à ce qui lui avait été fait avec froideur par tous ceux autour de lui.

Le gouverneur général ne pouvait s’empêcher de penser que ce jeune homme n’avait pas le sentiment de se sacrifier pour une plus grande cause, étant donné qu’il avait grandi dans un monde comme celui-ci, mais en même temps, il était en train de se dire qu’il avait été trop lent pour y faire face.

Le gouverneur général avait alors déclaré. « Tu seras avisé lorsque les préparatifs seront terminés. D’ici là, reste en attente. »

Alus redressa sa posture comme s’il disait, « C’est compris. » Puis il s’inclina alors amplement avant de s’excuser.

Alus avait toujours fait preuve d’incompréhension lorsqu’il s’agissait des subtilités du cœur. Mais c’était normal après ce qu’on lui avait fait subir dès l’âge de six ans. Peut-être que quelque chose en lui pourrait changer s’il est inscrit dans une académie, pensa le gouverneur.

Tout ce qu’Alus pouvait désormais faire, c’était de s’immerger dans la civilisation qu’il n’avait jamais eu l’occasion d’expérimenter. Sa décision ne changera peut-être pas, mais le fait qu’il pense à lui-même pourrait être un bon développement. Quoi qu’il en soit, l’armée pouvait être considérée comme le bouclier de l’humanité. Ainsi, lorsqu’Alus avait dit qu’il « apparaîtrait au besoin », le gouverneur général ne pouvait qu’avaler ses regrets et hocher la tête. Le perdre est la seule chose que je ne peux pas permettre.

Cependant, si Alus désirait protéger quelque chose de son propre gré, alors Berwick, en tant que gouverneur général, le laisserait à ce moment-là et pour la première fois, le faire sans lui donner l’ordre.

De profondes rides s’étaient formées sur le front du gouverneur général Berwick Sarebian alors qu’il se replongeait une fois de plus ses pensées. Il avait alors sorti un registre de noms qui se trouvaient sur son bureau avant de placer à son oreille une carte utilisable en tant que terminal. Il avait réussi à empêcher Alus de prendre sa retraite, mais Alus s’était aussi éloigné de la défense cruciale représentée par la ligne de front. Si un mamono apparaissait, il serait difficile de l’éliminer instantanément sans avoir Alus sous la main.

Inutile de dire que le gouverneur général Berwick s’affairait maintenant à organiser des changements de personnel pour faire face à de futurs états d’urgence potentiels.

 

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C’était l’heure de la cérémonie d’entrée de la Seconde Académie de Magie.

La Seconde Académie de Magie occupait une vaste parcelle de terrain dans la capitale d’Alpha, Beliza. La cérémonie d’entrée qui se déroulait dans une grande salle était remplie de jeunes hommes et de jeunes femmes désireux de devenir magiciens. Une place était laissée inoccupée, mais personne ne se souciait du bien-être de l’élève manquant. Ils étaient trop excités de leur côté pour s’inquiéter de ça.

Tous les étudiants acceptés par l’Académie de Magie avaient pratiquement des futurs garantis en tant que magiciens. Ils faisaient tous partie de l’élite. Ils avaient passé l’examen d’entrée vigoureux de l’académie grâce à leur propre talent pour entrer dans l’unique académie se trouvant dans le pays d’Alpha. Chaque élève continuerait après ça à servir de bouclier aux sept pays d’Azazael.

Chaque nation ne possédait qu’une académie de magie. Les élèves, dès leur inscription, cessaient d’être des citoyens ordinaires. En devenant étudiants d’une académie de magie, ils devenaient les gardiens du pays de cette académie et de l’humanité. En même temps — ils étaient des outils pour étendre le domaine et le prestige de la nation.

Les académies se présentaient comme des installations utilisées afin de former des magiciens, mais chaque diplômé continuait toujours dans le service militaire. Naturellement, personne qui s’inscrivait n’était assez stupide pour ignorer ce fait. Au contraire, ils avaient tous volontairement emprunté ce chemin.

Le statut de magicien s’accompagnait d’un métier où l’on n’aurait jamais faim. De plus, cette occupation conférait un grand prestige. Le fait de risquer sa propre vie pour le bien de la nation présentait une prestance vraiment resplendissante. La population était vraiment intoxiquée par cette notion et y aspirait de toute leur force.

De plus, l’utilisation de la magie était pour ainsi dire interdite. Seule la magie rudimentaire nécessaire à la vie quotidienne était permise. Cette magie était devenue si fondamentale qu’elle n’était même pas considérée comme faisant partie de la classification de la magie.

Il n’y avait aucune chance que les jeunes ne soient pas attirés par la magie plus avancée avec des possibilités infinies. Par conséquent, afin d’obtenir la permission d’utiliser pleinement la magie, ils tentaient leur chance en s’inscrivant à une académie sous juridiction militaire ou s’enrôlaient en tant que soldats.

C’est pourquoi ils avaient accepté le défi de l’examen de l’Académie. Ils avaient demandé la licence d’utilisation de la magie délivrée par l’Institut.

 

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Alus était arrivé tôt le jour de la cérémonie de rentrée. Ses effets personnels devraient bientôt arriver et il avait beaucoup à faire, comme nettoyer et se préparer.

Pourtant, même si cette école n’était spécialisée que dans un certain bagage de connaissances en tant que magicien, sa taille était considérable. Une vaste étendue de terre était affectée aux jeunes inscrits dans les trois années de l’Académie. Plus d’un millier d’étudiants en magie étaient hébergés dans des dortoirs. En outre, il y avait des terrains d’entraînement et des installations de recherche pour l’étude de la magie.

Au total, l’Académie de Magie occupait un cinquième de la superficie totale de Beliza, et Beliza était la plus grande ville d’Alpha. La taille de l’Académie de Magie était telle qu’on ne pouvait même pas se promener en une journée et la traverser. Par conséquent, une magie de transport avait été placée dans des portes circulaires tout autour de l’académie. Tout ce qu’il fallait pour faire fonctionner ces portes de transition et le transfert d’une installation à une autre était un insigne de l’académie.

 

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Alus était peut-être un nouvel élève, mais cette distinction n’était pas pertinente pour lui. Il n’avait pas l’intention de participer à la cérémonie de rentrée. Après tout, il était dans la 2e Académie de Magie que parce que le gouverneur général l’y avait inscrit en dernier recours. Le temps qu’il y passerait serait une période de grâce temporaire qu’il utiliserait entièrement pour lui-même. Sa tête était pleine d’arrangements et de plans pour qu’il puisse passer les trois années jusqu’à l’obtention de son diplôme à se consacrer à la recherche.

« Êtes-vous vous aussi un nouvel étudiant ? » Une voix innocente et claire parla à Alus. C’était une fille. Elle avait un sourire coquet. Ses cheveux fins, de couleur châtain se déplaçaient sur ses épaules. Pas une seule ride ne pouvait être trouvée sur sa tenue. Suspendu et ballotté au niveau de son sein gauche gonflé était un insigne de l’académie flambant neuf.

Alus jeta un bref coup d’œil sur l’insigne, qui était penché en raison de la poitrine particulièrement attirante de la jeune fille. Alus lui déclara. « Je le suis. Et toi aussi ? »

« Tout à fait. Je ne pouvais pas attendre plus longtemps et je suis venue plus tôt, » répondit la jeune femme.

Son expression s’était détendue avec un soulagement visible après avoir trouvé un nouvel élève. Une douce brise printanière déplaçait ses cheveux alors qu’un doux sourire traversait son visage. Elle avait alors sorti sa langue avec un « Heehee. »

 

 

Elle et Alus avaient ainsi eu une première rencontre agréable, mais il avait ouvert la bouche avec l’intention de couper court à leur conversation — .

C’est à ce moment-là.

« Alice, qu’est-ce que tu fais ? L’inauguration ne se fera pas avant un moment, mais attendons près de la salle. » Une voix joyeuse appela la fille depuis derrière elle. S’approchant de loin, une fille aux cheveux roux dont les cheveux se balançaient à gauche et à droite arriva derrière elle.

Alice se retourna pour faire face à la fille et elle lui déclara. « Désolée Fia, j’arrive tout de suite. »

Il semblait que cette rousse était l’amie d’Alice.

Parfait, pensa Alus. Il avait alors dit de son côté. « Eh bien, j’ai des affaires à régler. »

Alice inclina la tête, alors qu’elle était surprise par le commentaire étrange d’Alus. Elle avait commencé à partir en se demandant comment un nouvel étudiant pourrait avoir des affaires à régler le jour de la cérémonie d’entrée. Ainsi, elle lui avait demandé. « Ne vous dirigez-vous pas vers la grande salle ? »

« Comme je l’ai dit, j’ai à faire, » répondit simplement Alus.

Alice avait souri alors qu’elle avait agité la main devant sa poitrine. « … Je vois. Alors, je vous y verrai plus tard. »

Alus termina alors la scène par un mensonge, « Espérons-le, » puis il avait enfin réussi à se séparer d’elle. En vérité, il n’avait pas l’intention d’assister à la cérémonie de rentrée.

Il avait ensuite salué la rousse d’un simple signe de tête puis il se tourna. Après une courte marche, il s’était arrêté pour jeter un coup d’œil vers Alice. Il s’était ensuite préparé pour ses recherches en se disant : « Quelle matinée malchanceuse ! ».

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Chapitre 2 : La différence entre l’idéal et la réalité

Partie 1

Alus s’était retrouvé à l’intérieur d’une pièce d’un bâtiment nouvellement construit pour des expériences, regardant autour de lui avec ses bagages récemment arrivés.

Les installations de recherches étaient séparées des bâtiments de l’académie et un nouveau bâtiment avait été construit pour elles sous la forme d’un bâtiment expérimental. Une seule pièce à l’intérieur de ce nouveau bâtiment était plusieurs fois plus grande que les locaux utilisés pour l’enseignant. Il serait plus logique à la place d’appeler cela un étage. Et une certaine pièce avait été entièrement allouée à un unique nouvel élève, ce qui avait rendu tous les enseignants perplexes face à un tel privilège dont ils ne connaissaient pas la raison. Cela avait été clairement mal accueilli par les enseignants.

Sans exception possible, il existait un règlement obligeant tous les nouveaux étudiants à vivre dans les dortoirs. Cette politique avait été mise en œuvre par l’organisation de gestion afin de supprimer tous les scandales qui allaient sans l’ombre d’un doute se produire. Les magiciens novices avaient tendance à voir la magie comme quelque chose à utiliser pour eux-mêmes, en raison de leur esprit encore immature. Même les plus petits problèmes peuvent provoquer des catastrophes, ce qui s’était déjà produit à plusieurs reprises depuis le début de l’histoire de l’Institut de magie. Si le public entendait parler de tels faits, l’organisme de formation en magie devrait alors modifier ses politiques. Mais une telle chose réduirait directement la quantité d’énergie nationale dont disposerait le pays pour l’enseignement, ce qui serait dramatique.

« Tous ces équipements de pointe… Le fait d’être inscrit à l’académie était vraiment un horrible désagrément, mais même moi, je ne peux pas m’en plaindre, » déclara Alus pour lui-même.

En tant que centre de formation des maîtres magiciens, l’Académie avait naturellement des liens secrets avec l’armée. En fin de compte, Alus ne pourrait pas échapper à leur influence. Ayant été élevé comme un magicien depuis son enfance et s’étant enrôlé dans l’armée à l’âge de six ans, il se sentait quand même relativement libre.

Après avoir mis ses petits bagages dans sa chambre à coucher, il s’était mis à fouiller dans les étagères. Cette étagère était remplie de tous les livres qu’il avait demandé qu’ils lui soient fournis. Il s’agissait de livres très différents des bases de la magie, et c’était des choses qui n’étaient pas faciles à utiliser. Aucun d’entre eux ne couvrait les applications pratiques du domaine. La plupart étaient des livres anciens et rares. Il y avait un dicton qui disait que vous devriez apprendre des enseignements de vos prédécesseurs. Il s’agissait de théories qui n’étaient pas normalement trouvables, incomplètes et non testées à propos de diverses formes de magie qui s’étaient ramifiées à l’infini depuis plus d’un siècle. Il s’agissait de ces merveilleuses idées qui avaient poussé le développement de la magie jusqu’à une telle ampleur et dont Alus était le fer de lance.

Alus croyait sérieusement que ces concepts particuliers pouvaient mener au niveau suivant de la magie. Les recherches qu’il avait faites lui-même avaient donné des résultats.

Le plus extrême de ces livres absurdes sur les étagères était trois des Quatre Livres de Fegel. On disait que le dernier des quatre livres n’existait même pas. Ils étaient des livres copiés, mais même cela suffisait pour qu’Alus se sente redevable envers le gouverneur général. Il pourrait également aller à la bibliothèque et trouver les éléments utiles qui ne pouvaient pas être testés par la recherche. Quand il s’agissait de la recherche dans le domaine de la magie, il n’y avait pas d’endroit mieux adapté qu’ici.

Alors qu’Alus commençait à s’enthousiasmer pour ses projets d’avenir, il pouvait sentir de plus en plus d’idées jaillir de la source qui était son esprit curieux.

Il avait rapidement feuilleté les livres et avait déterminé qu’ils avaient tous une certaine valeur pour lui. Le fait de fournir autant de livres à une seule personne serait normalement impossible. Cependant, Alus avait présenté de nombreuses théories et résultats de recherche et était à l’avant-garde de tout le développement de la magie du pays et donc du monde. Comme le gouverneur l’avait promis, il pouvait s’attendre à une vie satisfaisante ici de ce côté-là.

Alors qu’Alus s’était dit, il semble que je puisse mener une vie épanouissante ici, comme l’a dit le gouverneur général… le son de plusieurs coups léger sur la porte venant d’un visiteur inattendu avait résonné dans la pièce, interrompant ses pensées.

« Entrez, s’il vous plaît » déclara Alus.

Après qu’on le lui ait dit, une femme en uniforme était arrivée avec un sourire, mais sans afficher la moindre émotion. Cela n’avait ainsi rien révélé d’elle. Il s’agissait d’une beauté sans pareil. De plus, elle possédait un corps élégant avec toutes les bonnes courbes au bon endroit, ce qui lui donnait le charme d’une adulte, ce qu’elle était vraiment.

« C’est un plaisir de vous rencontrer. Je suis la directrice de cette académie, Cisty Nexophia. Meilleures salutations, Monsieur Alus » déclara Cisty.

Elle était une célébrité aussi connue sous le nom de « Sorcière ». Elle s’était retirée des lignes de front, mais en ce moment, elle laissait échapper une aura magique terriblement puissante et pleine de soif de sang.

« J’ai beaucoup entendu parler de vous, Madame la “Sorcière” Cisty. Je suis Alus Reigin. J’avais l’intention de vous saluer après avoir fini de ranger ici, » déclara Alus avec nonchalance.

Elle avait pris sa retraite du service actif et occupait maintenant le poste de directrice de l’Académie. La directrice n’était certainement pas jeune. Mais peu importe le temps que vous l’auriez observée, elle avait l’air de n’avoir qu’une vingtaine d’années. C’était peut-être l’une des raisons pour lesquelles on la surnommait la « Sorcière ». Ses cheveux bruns clairs et brillants s’étendaient avec élégance jusqu’à sa taille. On pouvait dire, même à travers ses vêtements, que la zone au niveau de sa poitrine était serrée ainsi que sa taille par son uniforme, ce qui contredisait vraiment ce que son âge réel suggérerait.

La directrice avait souri face à la sérénité d’Alus et elle fit immédiatement disparaître l’aura qu’elle libérait jusqu’à maintenant.

« Comme on peut s’y attendre d’un “Magicien Solitaire” (le chiffre est solitaire dans le nombre de classements), ou bien, devrais-je dire, du “Magicien Autonome”… Je suppose qu’avec seulement cette puissance, vous ne seriez nullement agité. Comme je l’ai dit, je suis en ce moment également la directrice de cet établissement et non pas la Sorcière, » déclara Cisty.

« Excusez-moi. Mais quand même, vous dites les choses les plus étranges, Directrice. Je me souviens que vous étiez aussi à un chiffre quand vous étiez en service actif, » répliqua Alus.

« C’est une histoire du passé. Je n’ai été que classée neuvième. De plus, c’était seulement que pour un court laps de temps, » déclara Cisty.

Avec un sourire, la directrice avait présenté cela avec une attitude modeste alors qu’elle grattait son visage comme si c’était devenu chatouilleux. Cependant, il n’y avait personne dans le pays d’Alpha qui ne la connaissait pas. Pendant son service actif, elle avait été à l’avant-garde de la défense de la nation Alpha, et même dans l’armée, elle était une figure populaire. Ainsi, lorsqu’elle avait pris sa retraite, elle avait naturellement pris la position de directrice de la deuxième institution de magie et avait produit d’innombrables magiciens talentueux depuis qu’elle avait pris cette fonction.

« En laissant cela de côté, est-ce que c’est bien d’être ici ? La cérémonie de rentrée devrait battre son plein en ce moment même, » demanda Alus.

« J’ai déjà contribué à la cérémonie, » répliqua Cisty.

Était-il vraiment correct pour la directrice de partir pendant la cérémonie de rentrée ? C’était une question à laquelle Alus n’avait pas beaucoup d’intérêt et ainsi, il l’avait gardée pour lui.

Comme elle était une ancienne Magicienne Solitaire, tous les étudiants l’admiraient profondément. Elle avait été le centre de l’attention de tout le monde au cours de la cérémonie.

Maintenant qu’il y avait réfléchi, elle avait l’air mentalement fatiguée. Peut-être que quelques mots d’appréciation seraient bienvenus, mais peut-être que c’était de la fausse lassitude qu’elle affichait devant lui. Sentant ce risque, Alus avait décidé de faire comme s’il n’avait pas remarqué l’expression de la directrice.

Assez naturellement, Alus avait fait semblant de ne pas le remarquer, mais il avait le sentiment qu’il était trop tard.

« Maintenant que vous en parlez, Monsieur Alus, vous étiez absent lors de la cérémonie de rentrée, » déclara Cisty, un peu déçue de ne pas avoir obtenu les résultats qu’elle voulait, comme Alus l’avait prévu.

« Je veux seulement faire de la recherche, donc je n’ai pas l’intention d’assister aux cours et n’ai pas le temps ou l’intérêt pour de fausses relations avec d’autres étudiants, » répliqua Alus.

« Cela ne fonctionnera pas ainsi. Le gouverneur général a dit que si vous sautez trop de cours, il y aura un ordre de retour au service actif qui vous sera donné, » répliqua Cisty.

« ― ! ! Quel vieil homme tyrannique !, » s’écria Alus.

Se retirer de l’armée était censé être la liberté d’Alus. Cela dit, il était bien conscient de l’importance de sa contribution pour l’armée et pour l’humanité tout entier. Le gouverneur général qui ne l’avait pas laissé prendre sa retraite était tout naturel. C’est exactement la raison pour laquelle ils étaient parvenus à un compromis.

Jusqu’à présent, il travaillait sans arrêt sur des missions. Il semblait qu’une fissure s’était ouverte dans son plan éphémère de passer le reste de sa vie en paix.

La directrice se couvrit la bouche de sa main et se mit à rire de façon séduisante. « Ne vous inquiétez pas pour ça. Tant que vous atteignez le nombre minimum de participations aux cours et que vous terminez vos devoirs, je vous accorde tous les crédits nécessaires. De plus, parce que votre rang de magicien pourrait causer du grabuge, gardez-le secret, s’il vous plaît, » demanda Cisty.

Le rang montrait la puissance d’un magicien… Même parmi les « Solitaires », leurs renseignements personnels étaient gardés secrets pour le public. L’ordre de se taire ne changeait pas, même maintenant.

C’est pourquoi, même si c’était l’ordre de la directrice, Alus n’avait aucune objection. « Je n’ai pas l’intention de me vanter de mon rang. C’est mieux ainsi pour attirer moins d’ennuis. »

« Fufu… Est-ce que c’est vrai ? Alors s’il vous plaît, menez une vie étudiante significative ~, » déclara Cisty.

La directrice, tout en souriant, avait continué en déclarant. « Si quelque chose arrive, n’hésitez pas à passer dans mon bureau n’importe quand. » Puis elle avait quitté la pièce.

À l’intérieur de la pièce, le malaise s’était répandu dans un silence mortel. Et c’est alors qu’Alus avait laissé sortir l’un de ses inévitables soupirs.

« Mon précieux temps libre a été…, » commença Alus.

☆☆☆

Partie 2

Environ 400 nouveaux étudiants suivaient tous des cours qui correspondaient à leur sujet de prédilection et assistaient à des cours magistraux. Les classes étaient normalement séparées, à l’exception des séances de formation pratique et des séances de compétences pratiques où tout le monde se réunissait dans un seul bâtiment.

Aujourd’hui marquaient la troisième semaine depuis le début des cours, et aussi la première apparition d’Alus. Alors qu’aucun des sujets ne l’intéressait, il s’était isolé dans son laboratoire.

Il pensait qu’il était à peu près temps qu’il fasse son apparition afin qu’il soit toujours en mesure de respecter le nombre minimal de participations au cours pour que le gouverneur ne lui cause pas de problème.

C’était la première fois qu’il portait son uniforme depuis qu’il avait sauté la cérémonie de rentrée. Il n’y avait pas de problème avec, même si vous le portiez tous les jours, ce qui montrait à quel point le matériel utilisé pour fabriquer l’uniforme était de haute qualité, au point que même la direction nationale de l’État le voulait ainsi. Toutefois, la conception avait été… Ce n’était vraiment pas comme si c’était agréable à porter, car la seule chose bonne là-dedans était simplement qu’ils étaient faits de matériaux de haute qualité. Mais selon lui, c’était quand même mieux que l’uniforme qu’il portait chaque fois qu’il avait une mission à accomplir, car l’uniforme de l’académie était rempli de fibres anti-magie. Mais même ainsi, il n’y avait absolument aucune réduction de la conductivité magique quand il se trouvait à l’intérieur de ses vêtements. Ce serait une bonne idée de les porter dans les cas où il y avait du travail à faire.

Mais dans ce cas, comment se sentirait-il ?

Alors qu’il était dans ses pensées à propos de l’uniforme, il s’était dirigé vers la salle de classe de première année.

Aujourd’hui, il allait y avoir de nombreuses batailles de simulation et des leçons de formation pratique. La première période était sur les fondations de base de la magie. Pour Alus, c’était quelque chose à laquelle il n’avait pas besoin d’y prêter attention. Dès l’âge de 6 ans, il avait reçu une formation spéciale et avait rapidement appris la magie par autoapprentissage après avoir dépassé ses maîtres. Mais après tout, ce qu’il avait appris au cours de sa vie concernait surtout la magie de combat.

Lorsqu’il était entré dans la salle de classe, il avait vu que des amitiés s’étaient déjà formées dans leur classe. Il y avait 40 personnes par classe avec 10 classes par année. Il était arrivé un peu avant le début du cours, mais toute la classe parlait d’un cours de la veille ainsi que de sujets concernant la magie.

Alus s’était assis dans un siège au hasard près de l’arrière, puis il avait sorti un livre massif et il avait commencé à lire.

Ses camarades de classe, qui le voyaient pour la première fois aujourd’hui, lui avaient jeté un regard de suspicion, mais Alus s’en moquait. Il n’avait jamais eu l’intention de s’entendre avec eux.

Une fille aux cheveux châtains et aux mouvements gracieux s’était immédiatement approchée de lui.

« Bonjour. Enchantée de vous rencontrer… à nouveau. Permettez-moi de me présenter à nouveau. Je suis Alice Tireik. Vous êtes Monsieur Alus, c’est ça ? » demanda Alice.

« … Hmm, oui, » répondit Alus.

Ne réalisant pas au début qu’elle lui parlait, Alus lui fit un signe retardé de la tête, alors que ses yeux étaient toujours restés concentrés sur le contenu de son livre.

L’utilisation par la jeune fille des mots « à nouveau » avait suggéré qu’ils s’étaient déjà rencontrés quelque part auparavant, mais comme il ne s’en souvenait pas tout de suite, il s’était remis à se concentrer sur son livre.

Avec une réponse aussi froide, Alice s’était débarrassée de son découragement et avait changé de sujet avant de lui reparler. « Vous avez dû être très malade. Quoi qu’il en soit, je suis contente que vous soyez guéri. »

« Non, je sautais les cours, c’est tout. Il ne semblait pas y avoir de leçons décentes. Laissons tout cela de côté, car je veux me concentrer donc pourrais-tu t’en aller ailleurs ? » demanda Alus.

« … !! Je suis désolée ! » déclara Alice.

Sans mâcher les mots, il lui avait dit ce qu’il voulait. Et en un éclair, elle s’était sentie déprimée et avait baissé la tête.

Pendant qu’elle battait en retraite, quelqu’un de l’autre côté de la classe avait crié. « Tu te prends pour qui ? »

Une rousse à la forte volonté faisait connaître sa colère. Elle avait un raffinement clair chez elle, alors qu’elle regardait Alus avec un regard inébranlable. Bien que cela manquait un peu d’impact parce qu’elle n’était pas assez grande.

La classe avait immédiatement regardé dans leur direction. Tous les yeux étaient concentrés sur les deux étudiants.

« Quelque chose ne va pas ? » demanda Alus.

« Y a-t-il quelque chose de mal ? Alice s’inquiétait à propos de toi, alors elle t’a appelé, et c’est ainsi que tu réagis face à elle ? » cria la fille aux cheveux roux.

Alus était hésitant, mais il avait jugé que cela se dégraderait en quelque chose de pire s’il ne faisait rien. Il n’avait pas l’intention de se familiariser avec elles, mais il ne voulait pas non plus que son temps personnel soit gaspillé à cause de nouveaux problèmes.

Il s’était levé de son siège et avait regardé la jeune fille furieuse dans les yeux, puis avait déplacé son regard vers Alice.

« Je suis désolé pour ça. Cependant, vous n’avez pas à vous soucier de moi, » déclara Alus.

« Oui ! Je suis désolée de vous avoir soudainement dérangé ! » déclara Alice.

« Alice, tu n’as pas besoin de t’excuser ! » s’écria la fille aux cheveux roux.

Alus, après avoir entendu sa réponse, s’était immédiatement assis sur son siège et avait recommencé à lire son livre.

« Je m’appelle Tesfia Faver, » déclara la fille aux cheveux roux.

« … »

Alus était plein de pensées troublantes. Il y a un instant, il avait dit aux filles « Cependant, vous n’avez pas à vous soucier de moi » et pourtant…

Voyant qu’il n’y avait pas de réponse de sa part, l’étudiante s’était frayé un chemin en poussant des cris jusqu’à arriver devant Alus avant de lui arracher avec violence son livre.

C’était la pire chose à faire. Sa concentration avait été brisée par cet acte violent.

Alus sentit instinctivement que cette fille aux cheveux roux… était probablement le type qu’il détestait le plus. Le genre qui imposait sa propre volonté aux autres et qui exigeait l’obéissance de la part des autres. Il s’était relevé de force.

« C’est Tesfia Faver ! » répéta la fille aux cheveux roux.

« Puis-je récupérer mon livre ? » lui demanda Alus.

« Une noble telle que moi a déclaré devant toi son nom. Tu devrais agir avec courtoisie en me donnant ton propre nom, » déclara Tesfia.

« Les nobles qui forcent les autres en imposant leur étiquette sont tout à fait tyranniques, » déclara Alus.

« ― !! » Tesfia s’était retrouvée sans voix.

Le livre avait volé droit sur Alus.

Et il l’avait facilement attrapé d’une main.

« Merci. Je suis Alus Reigin. Je n’ai pas d’intérêt pour toi, alors pourquoi ne vas-tu pas ailleurs ? » demanda Alus.

« Pas d’intérêt !? Tyrannique !? Ne dis-tu pas des choses vraiment grossières ? C’est la première fois que je me sens déshonorée de la sorte, » déclara Tesfia.

Tesfia, qui était encore plus furieuse envers Alus qu’au départ, entendit à ce moment-là la sonnerie de l’école. Elle avait alors regardé autour d’elle pour voir la situation puis elle commença à retourner à son siège. Elle avait fait quelques efforts pour réconforter Alice avant de s’asseoir avec grand bruit à son siège, où elle s’était acharnée à fixer son regard dans la direction d’Alus.

Avec nonchalance, Alus s’immergea à nouveau dans son livre. De son côté, la scène concernant Tesfia avait déjà complètement disparu de sa tête.

Le professeur de la première période avait ouvert le manuel sur la table.

Alus n’avait pas apporté de manuel. Le seul livre qu’il avait apporté même si c’était évident quant à son état d’esprit était ce livre gigantesque. Il avait donc immédiatement ouvert le livre et avait commencé ses recherches personnelles.

Alus considérait tout cela comme fastidieux. Le contenu du cours ne concernait que des connaissances rudimentaires, alors naturellement il avait tout bonnement ignoré ce qu’il entendait, car cela ne pouvait être qu’un ennui mortel à écouter.

Ses camarades de classe environnants avaient naturellement exprimé leur mécontentement à l’égard de son attitude, ce qui avait rendu sa vie scolaire paisible encore plus inatteignable.

Il comprenait que déranger son entourage provoquerait des malheurs, mais il était déjà trop tard.

Il avait essayé de s’enfermer à l’intérieur de son propre monde, mais finalement il semblait incapable de résister à toute l’agitation qui l’entourait.

« Comme vous avez été accepté dans cette académie, vous devriez également avoir reçu votre licence. Ceci est donné à tous les magiciens travaillant pour la nation. Si vous y envoyez une partie de votre magie à travers elle… C’est ainsi que votre rang de magiciens apparaîtra. Ceci est calculé en fonction de la force de votre magie et de vos talents, et c’est classé en fonction de votre compétence potentielle au combat, » déclara l’enseignant.

Le professeur avait sorti sa licence et y envoyait de la magie. Pendant que la magie coulait à travers leur licence, une lumière particulière s’était mise à briller et une image en 3D s’était affichée indiquant ce qui suivit : « 778/119 550 ».

Comme les enseignants ne faisaient pas partie des civiles, la couleur qui projetait leur grade était différente de celle des élèves. Ce qui était affiché après leur rang était le caractère « 元 », comme preuve qu’il était un magicien confirmé.

Cela disait essentiellement qu’il avait l’habitude d’être un magicien.

De plus, les étudiants étaient reconnus comme apprentis magiciens par l’État, ainsi que par l’armée.

« Bien sûr, votre classement change aussi en fonction de votre entraînement et des résultats de vos missions, donc, Mesdames et Messieurs, soyez tous ambitieux et travaillez dur pour élever votre rang ! » déclara l’enseignant.

Le rang d’un magicien sur le terrain dépendait entièrement de son classement. Par conséquent, vos possibilités futures étaient également fortement dictées par votre rang. Dans d’autres mondes, votre rang était fondamentalement votre bulletin de notes. Se battre n’était pas ce que tous les magiciens faisaient. Tout comme l’enseignant dont le rang était dans les 3 chiffres, ils pourraient poursuivre un avenir dans l’éducation en tant que professeurs. Inversement, plus le rang est bas (donc grand en chiffre), plus votre salaire est bas et plus il est difficile d’obtenir un poste important.

Le classement « Triple », ce qui voulait dire à 3 chiffres de l’enseignant avait choqué la classe. C’était la preuve qu’il avait l’habitude de servir dans le service militaire, et c’était des renseignements personnels qui étaient affichés là. Il devait être un ancien soldat.

C’était quelque chose que de telles personnes pouvaient montrer et se vanter aux autres, peu importe, où et quand elles se trouvait.

Tous les élèves de la classe avaient commencé à tenir leur licence d’une main et à afficher leur rang, et l’environnement était devenu animé.

« Rang 8867 !! »

« Rang 4521 !! »

Avec les nouveaux apprentis magiciens qui obtiennent habituellement des rangs à 6 ou 5 chiffres, il y avait des individus qui avaient 4 chiffres et qui le firent savoir à la classe.

« Alice et Tesfia sont à 4 chiffres. »

« Mademoiselle Alice a vraiment beaucoup de talent. Et Mademoiselle Tesfia est vraiment quelqu’un de la famille Faver… avec un rang de 4521, il est logique que vous ayez un rang aussi élevé, » déclara l’enseignant.

« Merci beaucoup, Professeur ! » déclarèrent les deux filles.

« Cependant, vous avez tous réussi l’examen d’entrée, alors ne vous sentez pas mal d’avoir un rang à 6 chiffres. En fonction de vos efforts, vous pouvez certainement augmenter votre rang, » continua l’enseignant.

La ligne de vue du professeur s’était finalement posée sur Alus.

« Nn ? Et vous, où est votre licence ? » demanda l’enseignant.

Alus qui faisait ses propres études avait été naturellement remarqué par le professeur.

Les apprentis magiciens qui entraient dans cette académie avaient la responsabilité de porter le poids de l’humanité sur leurs épaules. Tout le monde ne pouvait pas avoir la fierté de devenir un magicien. C’est pourquoi tous ceux qui voulaient devenir apprentis magiciens possédaient de grandes ambitions et étaient composés dans ce premier cycle principalement d’étudiants ayant une grande volonté.

Et au milieu de tout cela, il était inévitable qu’une personne, sans même prêter attention à la leçon, lisant tranquillement son livre, se détache comme le nez au centre du visage.

Toute la classe avait alors regardé en direction d’Alus.

« Je suis désolé. Je l’ai perdue, » déclara Alus.

Bien sûr que c’était la vérité. Lors de l’obtention de la licence, il n’avait pas prêté beaucoup d’attention et son portefeuille avait été échangé. Tant qu’il avait les documents requis, il pouvait demander que la plupart des choses soient livrées par l’armée.

Quoi qu’il en soit, on lui avait dit de garder le silence sur tout cela de la part de la directrice. Du point de vue d’Alus, il était venu ici pour passer le reste de ses années en paix, donc il ne se souciait plus vraiment de son grade.

« Quoi qu’il en soit, ce doit être un chiffre embarrassant. Pas besoin d’avoir honte d’être à 6 chiffres, » en riant, Tesfia avait crié ça d’une voix méprisante.

Presque comme s’il le provoquait, les camarades de classe d’Alus l’avaient regardé de haut. Cela devait sûrement être le résultat des cercles d’amis déjà formés. Quand il y avait quelque chose comme ça vis-à-vis d’une personne qu’ils connaissaient et de l’autre qu’ils ne connaissent pas, il était évident quant à leur choix.

Sans compter qu’il ne serait pas intéressant que tout le monde soit des étudiants d’honneur.

« Comme c’est stupide, » déclara Alus.

« Cherches-tu des excuses ? Alors, pourquoi ne pas nous le montrer ? » demanda Tesfia.

Plus votre rang est élevé, plus votre mission serait dangereuse. Il semble que la plupart d’entre eux ne comprenaient pas ce simple fait, qui était le devoir des magiciens. Ces apprentis magiciens n’avaient jamais mis les pieds dans les terres dévastées et n’avaient jamais vu de mamonos. Même si leur capacité de combat était élevée, dès qu’ils sortiraient, ils mourraient sans aucun doute. C’était ce qui se produirait comme c’était arrivé si souvent avant ça.

« Haaaaaaa ~, » déclara Alus.

Un lourd soupir échappa aux lèvres d’Alus. Maintenant, il avait complètement perdu sa concentration.

Alus avait claqué son livre, s’était levé et avait commencé à quitter la classe.

« Attendez… vous ! » s’exclama le professeur.

Du côté du professeur, il n’arrêterait certainement pas la leçon juste à cause d’un seul élève et tout aurait été bon, mais il semblait que c’était dans la nature de cette fille Tesfia de s’en prendre aux gens.

Contrairement à l’enseignant bouleversé, Tesfia tourna le dos à Alus et parla à l’enseignant avec une expression triomphante. « Monsieur, traiter avec un perdant sans motivation comme lui ne sera qu’un obstacle au cours. Je vous en prie, continuez. »

Quittant la salle de classe, Alus s’était dirigé vers la bibliothèque plutôt que vers son laboratoire. Étant dans le même bâtiment que la salle de classe, il pourrait y passer son temps et revenir à temps pour la deuxième période.

Comme prévu, la bibliothèque était remplie de livres partout où il regardait. Tous ces livres portaient sur la magie, sans un seul volume inutile présent. Pour Alus, c’était une salle pleine de trésors.

Bien sûr, la triste réalité était que la plupart d’entre eux ne lui seraient d’aucune utilité. En fait, il était fort possible qu’il ait déjà mis en mémoire toutes les connaissances enregistrées dans ces livres. Cela dit, cela pourrait être amusant d’essayer de voir s’il y avait d’excellentes découvertes à faire ici. Et parce que ce serait un trésor, il y avait un sens à creuser vraiment pour la connaissance à avoir dans ces livres.

C’était l’endroit parfait selon lui pour dissiper la frustration qu’il avait accumulée en classe. Mais à la fin, Alus n’avait rien trouvé de bon.

Le temps passa vite, et le carillon qui annonçait la fin de la première période retentit impitoyablement avant qu’il ne s’en rende compte.

« Je suppose que je reviendrai plus tard. » Bien qu’insatisfait, il avait quitté la bibliothèque à contrecœur.

☆☆☆

Partie 3

La deuxième période avait été un entraînement sous la forme de batailles simulées.

Tout le monde s’était changé dans les uniformes d’entraînement spécifiés par l’Institut dans le vestiaire… mais le vestiaire des hommes était rempli de regards tranchants dirigés sur Alus.

« Si tu ne veux pas être ici, fous le camp d’ici. »

Alus pouvait entendre de telles remarques grossières, mais il ne ressentait pas la moindre gêne. Ayant servi dans l’armée depuis l’enfance et ayant accompli plus de choses que quiconque, des éruptions d’hostilité de ce genre avaient été pour lui un événement quotidien.

Bien sûr, au fur et à mesure que ses réalisations s’accumulaient — et son rang avec elles — les rires et le mépris avaient été réduits au silence.

Dans le passé, il avait fait semblant d’être calme, mais maintenant cela ne faisait même pas partie de son plan. Il n’avait tout simplement aucun intérêt à réagir. Il se sentait même quelque peu nostalgique lorsqu’il se baignait dans cette hostilité et ce mépris. Se changeant rapidement, il sortit du vestiaire avec un livre plus petit sous le bras.

Dans les terrains d’entraînement en forme de dôme, tout dommage physique était remplacé par la magie par un dommage mental, de sorte que même si l’évanouissement était une possibilité, aucun dommage physique ne pouvait être fait.

Les batailles simulées étaient des combats qui faisaient appel aux arts martiaux, aux armes ou à la magie. Votre adversaire dans ces batailles était affiché sur un panneau au milieu du dôme.

Un professeur était présent, mais comme les étudiants de l’Institut étaient si sérieux et dévoués, les chances que quelqu’un utilise des mouvements interdits ou triche étaient très faibles, et comme il ne s’agissait que de batailles simulées, le professeur n’y accordait que le minimum d’attention.

Le professeur avait appuyé sur le bouton de tirage aléatoire. L’afficheur montrait les noms de tous les participants qui seraient appariés les uns aux autres au hasard.

Dix groupes avaient été formés pour organiser des batailles simulées entre les 40 élèves de la classe. Afin d’empêcher les groupes d’entrer en contact les uns avec les autres, des barrières magiques avaient permis de diviser les terrains d’entraînement.

D’ailleurs, les armes étaient autorisées sur les terrains d’entraînement. Bien sûr, elles se limitaient aux armes auxquelles on appliquait du mana. Ces armes d’assistance avaient vu leur efficacité dans la conduite du mana améliorée, et étaient destinées à faire ressortir les performances originales de la magie. Ces armes ont été appelées AAR (Arme d’Assistance à la Récupération), ou dispositif.

Les épées et les lances fabriquées avec matériaux dont la seule propriété était leur dureté étaient inutiles contre les mamonos avec leurs carapaces extérieures super dures, donc aucun magicien ne les favorisait. Ce genre d’armes n’étaient destinées qu’à être utilisées contre les individus, et en porter une était comme annoncer qu’il s’agissait de civils tout à fait normaux.

Dans les terrains d’entraînement se trouvaient toutes sortes d’armes préparées par l’Institut. Étant en première année, très peu d’étudiants avaient leur propre dispositif. Ceux qui en avaient étaient ceux qui avaient été formés pour devenir des magiciens avant leur admission dans l’Institut.

Bien sûr, Alus était l’un d’eux. Mais dans ses mains, il ne se trouvait pas une arme, mais un livre sans aucun rapport avec le but de cet exercice.

« C’est vraiment d’une telle noblesse, appropriée pour toi. »

Soudain, une voix d’admiration s’éleva de quelqu’un dans l’un des coins du terrain d’entraînement.

En jetant un coup d’œil, Alus vit Tesfia au centre d’un groupe d’étudiants, avec un katana suspendu à sa taille fine.

Un katana, comme c’est vieux jeu…, pensa Alus.

Même Alus, qui avait vu toutes sortes d’armes dans l’armée, ne connaissait que quelques magiciens qui utilisaient un katana comme AAR. En ce qui concerne les AAR, une épée à double tranchant était plus utilisable qu’un katana à un tranchant, et était ainsi bien plus courante.

« Cette arme est transmise dans ma famille depuis des générations. Comme j’ai toujours utilisé ça, c’est ce à quoi je suis le plus habituée. » Tesfia était probablement la seule sur le terrain d’entraînement à avoir son propre AAR. La seule de sa classe, et peut-être même la seule de son année scolaire selon les autres.

Les étudiants en voie de devenir des magiciens à part entière allaient devoir découvrir leurs propres caractéristiques magiques tout en continuant à étudier, tout en découvrant quel type d’arme fonctionnait le mieux pour exploiter leur plein potentiel. C’est pourquoi il était courant de n’obtenir un dispositif personnel qu’à la fin de ses études à l’Institut.

Inversement, cela signifiait que presque tous les magiciens à part entière avaient leur propre AAR. Le rôle d’un AAR était d’aider à l’infusion du mana. Cela allait améliorer la conductivité.

Plutôt que de créer directement du feu ou de l’eau, le passage du mana à travers votre AAR réduit les fuites. Vous n’aviez pas non plus besoin d’utiliser une incantation pour servir de déclencheur chaque fois que vous vouliez lancer un sort.

En fait, le développement de l’AAR avait commencé avant la systématisation de la magie. Les armes traditionnelles utilisées par l’humanité, armes à feu et armes blanches, s’étaient révélées totalement inutiles contre les mamonos. Bien qu’ils soient capables de rayer leurs carapaces externes dures, ils ne pourraient pas leur infliger une blessure mortelle.

Les AARs avaient été créés en se disant selon le principe qu’il fallait être capable de percer les carapaces externes des mamonos et de les tuer.

À l’époque de leur création, un AAR n’était qu’une arme dure et incassable, dont la létalité augmentait en la dotant de mana, mais les AARs modernes s’étaient développés bien au-delà des originaux. En gravant sur toute la lame avec des formules magiques qui avaient été créées par une combinaison de caractères inintelligibles oubliés — également appelés les sorts perdus — il était possible d’utiliser l’arme comme catalyseur pour faire de la magie.

Par ce processus, l’humanité avait réussi à omettre l’étape du chant d’incantation, et elle avait gagné assez de puissance pour affronter les mamonos.

C’est pourquoi, même s’ils étaient des magiciens, aucun d’entre eux n’utilisait des baguettes en bois comme dans les contes de fées, parce qu’elles n’étaient pas pratiques à utiliser comme armes. Les AAR avaient donné la priorité à l’aide à la magie. Il était difficile de graver des baguettes avec des formules magiques, ce qui les rendait inadaptées.

Alors que l’admiration tombait sur Tesfia, elle jeta un coup d’œil à Alus et fit un bruit de claquement de lame. La lame qui sortait de son fourreau était pleine de sorts perdus gravés.

Elle semblait provoquer Alus, mais il avait l’intention de traverser cette période en paix également. Il ne voulait pas lâcher le livre qu’il lisait, ne serait-ce qu’un instant pendant les pauses.

Finalement, le mélange des noms avait pris fin et les noms de ses camarades de classe qu’il ne connaissait pas étaient apparus l’un après l’autre sur l’écran. Le nom d’Alus était apparu pour le troisième terrain d’entraînement après que les noms pour le premier terrain d’entraînement, et le deuxième terrain d’entraînement aient été révélés.

Le nom de Tesfia avait été inscrit pour le huitième terrain d’entraînement. Heureusement, ils n’étaient pas sur le même terrain d’entraînement, mais comme ils étaient proches, il était clair qu’il finirait par être comparé à elle par les spectateurs.

En le regardant de haut, ils pouvaient se rassurer sur leurs propres possibilités. L’établissement d’un classement clair avait permis à chacun de comprendre qui était supérieur.

Sans s’emparer d’une arme, Alus s’était dirigé vers le troisième terrain d’entraînement, en feuilletant les pages de son livre.

Son adversaire était un garçon qu’il ne connaissait pas. C’était un camarade de classe, mais Alus ne s’intéressait pas à lui.

Les cheveux courts et ébouriffés du garçon étaient d’un brun rougeâtre caractéristique et, comme prévu, ses yeux inclinés se remplissaient de mépris lorsqu’il regardait Alus. Dans sa main se trouvait un AAR emprunté de type sabre.

Les 20 élèves qui n’avaient pas de combats à effectuer étaient devenus des spectateurs, et c’était exactement ce qu’Alus avait prévu. La moitié d’entre eux avait choisi de regarder le match de Tesfia sur le huitième terrain d’entraînement, tandis que l’autre moitié avait regardé le match d’Alus. Ils espéraient qu’il mangerait la poussière.

D’habitude, les spectateurs se bousculaient d’attentes et d’analyses, essayant de deviner qui gagnerait, mais en ce moment, leurs yeux indiquaient qu’ils étaient tous en train de se moquer de lui.

Que faire… ?

La raison pour laquelle Alus avait réfléchi à ce qu’il faut faire, c’est parce qu’il avait senti un regard particulièrement aiguisé sur lui. Alice était parmi les étudiants qui assistaient à son match, mais il ne l’avait pas senti de sa part.

Ce regard empli de doute était collé à lui, suivant de près chacun de ses mouvements. Même si c’était quelque chose d’étrange, les inquiétudes d’Alus étaient ailleurs.

En fait, il avait déjà renoncé à ce match. Au contraire, il voulait perdre exprès pour pouvoir en finir rapidement. Bien que cacher son rang en faisait partie, il ne voulait vraiment pas perdre son temps.

Cela dit, même s’il voulait perdre, il n’avait pas l’intention de subir de dommages.

Il pensait à un moyen de perdre sans attaquer, et sans laisser les spectateurs s’accrocher à son véritable objectif… Il avait été facile pour Alus, de tromper les spectateurs et le professeur y compris Alice et Tesfia.

Le seul qui pesait sur son esprit était le propriétaire de ce regard aiguisé.

Il ne savait pas qui c’était, mais ses compétences étaient probablement à trois chiffres. Si c’était le cas, ils ne devaient pas être capables de réaliser ce qu’Alus faisait… mais il soupira à quel point c’était inconfortable d’être observé !

« Tu parles d’un coup de chance. C’est parfait pour moi pour essayer les fruits de mes efforts quotidiens à cœur joie. Ha, c’est comme frapper dans un punching-ball, » déclara l’adversaire d’Alus en se moquant de lui.

L’un des concurrents avait une épée AAR tandis que l’autre ne tenait qu’un livre. Pour les spectateurs, le résultat était déjà déterminé.

La sonnerie avait retenti pour signaler le début du match, sans donner à l’un ou l’autre le temps de confirmer l’arme de l’autre partie.

L’élève avait commencé à courir. Ses mouvements d’amateur étaient insupportables pour Alus. Il avait été impressionné par le fait que son adversaire n’était pas gêné de faire cela devant des spectateurs.

On aurait dit qu’il imbibait du mana dans son épée AAR, mais le mana qui couvrait l’épée était terriblement lent et épais. Même les fonctions d’assistance n’avaient pas pu l’aider à améliorer ça.

Alus avait égalé la vitesse trop lente de l’épée et avait fait croire qu’il l’avait à peine esquivée à la dernière seconde. Entre les attaques, ses yeux parcouraient les pages de son livre tout en continuant sa lecture. En fait, il n’avait même pas besoin de suivre l’épée avec ses yeux.

Son adversaire avait reculé, mettant de la distance entre eux, et avait versé beaucoup de mana dans son épée. En réponse à cela, la formule magique gravée sur la lame avait commencé à briller en rouge.

« Tranchant brûlant. »

Répondant à cette voix, des flammes s’étaient enroulées le long de la lame.

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