J’ai été réincarné en une Académie de Magie ! – Tome 7

***

Chapitre 120 : Le doux sourire d’une mère

[Le point de vue de Shanteya]

« L’arbre ne savait pas s’il devait fournir de l’ombre à son petit ami. S’il croyait à ses paroles, une fois guéri, le monstre mangeait ses racines et le laissait pourrir au soleil. » Avais-je dit. Puis j’avais tourné la page du livre de l’enfant.

« Que s’est-il alors passé, mère ? » demanda Anette, curieuse, en tournant en rond autour de moi.

« Hemwit cwab mauvais ? » demanda le petit Bachus en me regardant avec des yeux larmoyants.

« Ne sois pas ridicule, petit frère ! Le palmier va certainement sauver le bernard-l’ermite, n’est-ce pas ? » dit Anette en tapotant doucement la tête du petit garçon avec le sort [Télékinésie].

« Mais…, » il m’avait regardée.

« Voyons donc, » j’avais montré à mes deux enfants un sourire chaleureux et j’avais ensuite tourné la page.

Ces deux petits anges étaient nés entre moi, et mon mari qui était un puissant Seigneur du Donjon. Dans ce monde, être un donjon était comme être un monstre, mais sur cette île, il avait changé ce genre de mentalité.

Anette, qui était un donjon comme son père, n’était pas différente d’une petite fille normale en ce qui concerne son comportement et sa façon de parler, tandis que son frère jumeau, qui grandissait rapidement, était mi-donjon et mi-El’doraw. D’une certaine manière, il était comme ma sœur-épouse Nanya, qui était la fille d’une démone et d’un Donjon, mais elle n’avait jamais su qui était son jumeau ni s’il était encore en vie.

Dès la naissance de mes enfants, on leur avait appris à s’occuper l’un de l’autre comme des frères et sœurs et à me considérer comme leur mère et Illsyore comme leur père. Mes sœurs-épouses étaient aussi leurs mères, elles étaient « les autres mères ».

« Même si le palmier craignait que le bernard-l’ermite ne menace dangereusement de manger ses racines, il ne pouvait pas le laisser mourir comme ça. Un peu réticent, un peu effrayé, le palmier choisit d’offrir son ombre à l’étrange créature. » J’avais continué l’histoire.

« Oui ! » Anette applaudit et elle fit un cercle dans les airs.

J’avais gloussé.

La raison pour laquelle je pouvais voir cette forme était encore un mystère pour moi, mais Illsyore pensait que cela avait quelque chose à voir avec le fait que j’étais sa mère biologique comme il était son père biologique. Il était naturel pour les parents de connaître les petits trucs de leurs enfants, si l’on peut appeler cela ainsi. Bachus pouvait aussi la voir, mais Nanya et les autres ne le pouvaient pas.

« L’ombre a aidé le bernard-l’ermite, et en quelques heures, il s’est remis. Le palmier a fait preuve de compassion et de confiance envers la petite créature. Il aurait pu l’ignorer, mais il ne l’a pas fait. Puis, lorsque le crabe s’est réveillé, il a regardé l’arbre et lui a demandé : “Pourquoi m’as-tu offert ton ombre alors que je t’avais dit que je mangerais tes racines ?” Le palmier lui a alors répondu : “De la gentillesse et peut-être de la pitié”. Il n’y avait là qu’un seul arbre, et c’était un crabe solitaire. Il aurait pu le laisser mourir, mais le palmier avait choisi de le sauver, de lui offrir son ombre. Le crabe avait alors dit à l’arbre : “J’ai menti… Je ne pensais pas que tu m’aiderais.” Le crabe se souvint de ses amis au fond de la mer, qui se moquaient et riaient de sa petite carapace. L’arbre ne se souciait jamais de son apparence et même lorsqu’il était menacé de la sorte, il y répondait toujours avec de la gentillesse. Le bernard-l’ermite était honteux et triste parce que dans les profondeurs, il ne pourrait trouver d’autres personnes comme lui. À partir de ce jour, le bernard-l’ermite avait protégé l’arbre de toutes sortes d’insectes, et l’arbre lui avait offert l’ombre et la sécurité contre les prédateurs terrestres. » Et avec ces derniers mots, l’histoire était terminée, et j’avais fermé le livre.

« J’aime cette histoire, maman ! » dit Anette.

« Je suis heureuse que cela soit le cas, mais maintenant il est temps pour vous deux d’aller au lit. » leur avais-je dit.

« OK ! » dit-elle joyeusement tandis que Bachus se blottissait sous sa couverture. « Cependant, il y a une chose que je ne comprends pas… » dit-elle.

« Qu’y a-t-il, Anette ? » lui avais-je demandé.

« Pourquoi l’histoire s’intitule-t-elle “Le crabe des cocotiers” ? »

« Parce que c’est une sorte de bernard-l’ermite. Il y a aussi un monstre appelé comme ça qui devient aussi gros qu’une maison. Ta mère Tamara adore les chasser, » lui avais-je expliqué.

« J’aime la cuisine de maman Tamawa ! » dit le petit Bachus.

« Comme tout le monde, mon petit garçon, mais je sais aussi cuisiner ! » avais-je dit fièrement.

« Hum ! » Il avait hoché la tête avec un sourire heureux.

Je lui avais donné un baiser sur le front, puis je l’avais bordé. Ensuite, je m’étais levée de ma chaise et j’étais allée donner également un baiser de bonne nuit à Anette. Elle était maintenant un donjon divin de niveau 124 et vivait dans la même pièce que son frère. Illsyore l’avait aidée à monter en niveau en lui faisant participer à la construction de la cité d’Illsyorea qui entourait notre académie.

« Bonne nuit, vous deux ! Maman vous aime, » leur avais-je dit. Puis j’avais quitté la pièce.

Seule la faible lumière blanche d’Anette brillait encore à l’intérieur. Le lit de Bachus avait un voile pour garder son côté dans l’ombre.

Avec un sourire aux lèvres, j’avais fermé la porte derrière moi et j’avais ensuite poussé un soupir. Le sentiment que j’avais maintenant dans mon cœur était sans aucun doute celui du bonheur. Pendant toutes ces années où j’avais été un assassin de la Rage Fantomatique, je n’espérais même pas rêver de quelque chose d’aussi heureux que d’avoir des enfants ou une famille. Au mieux, je ne pouvais espérer qu’un jour retourner chez mes parents.

Je devrais aussi aller me coucher. Demain, j’ai des cours à donner. Je me demande si les enfants ont fait leurs devoirs ? Ils avaient une semaine pour les faire, mais que faire si c’était trop difficile pour eux ? Mon esprit avait commencé à se poser des questions alors que je marchais dans le couloir.

Puis, alors que j’étais juste devant ma chambre, j’avais ressenti un picotement dans la nuque. C’était une sensation qui me disait que quelque chose n’allait pas, mais quand j’avais regardé mes mains, je n’avais pas tremblé. Cet élément dangereux, quel qu’il soit, ne représentait pas quelque chose de menaçant pour moi, mais pour quelqu’un autour de moi, quelqu’un de plus faible… quelqu’un à qui je tenais.

Les enfants…, avais-je réfléchi et je m’étais retournée. Mais nous sommes dans le territoire du donjon d’Illsy, qui pourrait s’y faufiler sans l’alerter ? m’étais-je demandée, mais je m’étais vite souvenue qu’il y avait une sorte de magie capable de faire cela, capable de permettre à un individu ou plus de se faufiler librement dans son Territoire du Donjon. Des assassins ? Mais… c’est impossible, n’est-ce pas ? pensais-je…

Pourtant, était-il vraiment impossible qu’il en soit ainsi ?

C’était en pleine nuit, au bon moment, que ces crapules avaient préféré agir. Ils pouvaient se faufiler à travers nos défenses s’ils étaient suffisamment habiles, mais cela nécessitait une chance extrême de leur côté ou d’avoir déjà appris à entrer. Pour la sécurité de nos enfants, dans cette partie de notre maison, il n’y avait pas non plus de pièges.

Parmi les nombreuses personnes vivant à la cité d’Illsyorea, il ne serait pas impossible d’imaginer que l’une d’entre elles ait été capturée et forcée de décrire les chemins des gardes ou même de les marquer. Il leur aurait fallu un certain temps pour le faire, mais s’il était hautement improbable que quelqu’un gaspille autant d’énergie, ce n’était pas impossible.

Pour l’instant, j’avais deux choix : ignorer ce sentiment étrange que je gardais dans mon cœur comme rien d’autre que du stress ou de la paranoïa, ou je pouvais aller le vérifier… pour chercher et chasser.

En fermant les yeux, j’avais pris une profonde inspiration et j’avais ensuite lentement évacué l’air. Quand j’avais ouvert les yeux, la décision était prise. En concentrant mon mana dans mon corps, j’avais sorti le poignard qu’Illsy m’avait donné en cadeau de l’intérieur du cristal de stockage dans ma main droite.

D’un seul pas, je m’étais fondue dans l’obscurité et j’avais marché dans l’ombre. Le mana qui m’entourait créait un camouflage parfait qui cachait même mon souffle et mon parfum. J’avais calmé mon cœur et concentré mes sens.

Pendant le temps que j’avais passé sur les îles remplies de monstres ainsi qu’en voyageant avec Illsy dans cet endroit qui était devenu ma maison, j’avais rarement eu l’occasion de faire une chasse à l’homme. C’est en partie à cause de leur propre faiblesse…

Il y avait beaucoup de sorts que je pouvais utiliser maintenant, mais pour le moment, je m’étais concentrée uniquement sur la détection. La principale compétence que j’utilisais était [Sonar d’être vivant]. Quant à son fonctionnement, Illsyore m’avait expliqué une fois que les objets inanimés et les êtres vivants avaient des quantités de mana différentes et un flux différent. Dans un être vivant, la magie était comme un flux qui continuait à couler, alors que dans les objets inanimés, elle était immobile et retenait l’information de leur forme.

Grâce à cette compétence, je pouvais détecter qui était autour de moi, les marquer et les chasser.

Il y en a un… deux… six près de moi, pensais-je en regardant les lumières rouges horribles que moi seule pouvais voir grâce à mon sort.

J’avais ciblé celui qui était le plus isolé des autres, un individu juste devant chez moi, caché dans un buisson. Illsy et les autres n’étaient pas encore conscients de leurs mouvements dans l’ombre, ce qui avait fait croire à ces intrus qu’ils détenaient un avantage.

Quelle croyance insensée… !

J’avais sauté par la fenêtre et j’avais volé dans les airs, laissant passer la lumière des deux lunes, Lunaris et Lunoria, comme si je n’étais même pas là. Grâce à ma grande agilité et à mon corps agile, j’avais pu atterrir facilement juste derrière lui sans qu’il me détecte.

Fermant la distance entre nous comme un murmure dans le vent, je l’avais empêché de crier et lui avais brisé les os des mains. D’un tour de main, j’avais plaqué son dos au sol et lui avais enfoncé la lame de mon poignard dans le cou. L’assassin portait les mêmes vêtements que moi, mais il n’était pas du même rang que moi à l’époque, celui-ci était… un rang d’empereur.

« Que veut donc la Rage Fantomatique ici ? » lui avais-je demandé, mais il m’avait répondu en me regardant. « Je suppose que tu ne le dirais pas, mais ça ne veut pas dire que je ne peux pas te lire, » lui avais-je dit et j’avais planté mon poignard dans son foie. « Il te reste quelques minutes à vivre, tout au plus. Je te donne UNE chance de t’épargner une mort cruelle et agonisante. Je n’ai besoin que de savoir qui et pourquoi. Tu seras mort de toute façon, et je ne dirai certainement pas qui a divulgué l’information, » lui avais-je dit.

« Argh… Qui… êtes-vous ? » demanda-t-il.

« Ne le sais-tu même pas ? La Rage Fantômatique m’a un jour appelée la Poupée Brisée. » Je lui avais montré un sourire, puis j’avais pressé la lame sur son biceps, coupant profondément dans sa chair. « Parle, » l’avais-je encouragé.

« Aghmmmf ! » J’avais étouffé son cri, mais ses yeux montraient le désespoir, la haine, la colère et la confusion.

« Je peux en détecter au moins six autres par ici, mais c’est seulement parce que je viens de commencer à chercher, cela signifie qu’il y a six autres essais pour moi. » Je lui avais montré un sourire. « Que vaut ta loyauté si tu meurs de toute façon ? » avais-je gloussé et j’avais doucement touché sa joue droite.

Il avait bronché. Il avait peur de moi. Bien.

« Si vous promettez… promettez de me tuer rapidement… je vous le dirai, » dit-il.

« As-tu peur de mourir ? » avais-je demandé avec un sourire.

« Non… Je déteste juste ces salauds ! Argh ! » déclara-t-il, et je vis ses veines devenir noires, signe que sa malédiction était activée.

Maintenant que j’y pense, la [Malédiction de l’obéissance] était une chose tellement dégoûtante, un lien inéluctable qui vous enchaînait comme un chien à la Rage Fantômatique. Un seul faux pas, un seul mot de trahison et ils mouraient en voyant leur vie et leur énergie s’écouler lentement. La raison pour laquelle elle ne leur accordait pas une mort instantanée, outre la douleur atroce qu’ils ressentaient, il était également possible qu’elle s’active par erreur ou parce que l’assassin était très jeune et inexpérimenté. Les jeunes s’accrochaient généralement encore à l’espoir.

« Je suis d’accord, » lui avais-je dit.

« La cible est un jeune enfant nommé Bachus. Le but est de le ramener à la Rage Fantômatique pour qu’il devienne l’un des nôtres. Le supérieur a dit que le Maître a des plans pour un tel enfant. Maintenant, votre partie du marché ? » avait-il demandé, souffrant clairement de mes blessures, mais aussi heureux d’être enfin débarrassé de sa façon maudite de vivre.

Il se pourrait bien que ce soit quelqu’un comme moi, kidnappé à un jeune âge et forcé à se soumettre par cette stupide malédiction. Ah, mais hélas, cette fois, le Maître de la Rage Fantômatique avait fait une grave erreur…

« Vraiment ? Quelqu’un pense pouvoir enlever l’enfant d’un être capable d’anéantir un royaume entier en un jour ? C’est ridicule, » avais-je dit en riant.

L’assassin, cependant, ne pouvait pas dire un mot… il avait peur. Pourquoi ? Parce qu’il voyait et sentait mon intention meurtrière.

« Comme tu le souhaites… Ta mort sera sans douleur, » avais-je dit. Puis j’avais plongé mon poignard dans sa tempe droite et j’avais tordu la lame, lui fendant le crâne et transformant son cerveau en bouillie.

En sortant mon poignard ensanglanté, j’avais regardé ces autres signes de vie qui se rapprochaient de plus en plus de mes précieux enfants. Anette était là, endormie, mais elle était bien trop faible pour défendre son frère toute seule. Si je me souviens bien des procédures, ils allaient kidnapper Bachus et s’ils voyaient ma petite fille là aussi, ils n’hésiteraient pas à la briser et à prendre les morceaux de son corps de cristal comme une sorte de trophée.

Leur plan était bon. Même une famille royale n’aurait eu aucune chance contre eux. Ces assassins, par leur travail méticuleux et perfectionné, pouvaient être considérés comme des professionnels parmi leurs pairs. Après tout, ils avaient la capacité d’éviter Illsyore, l’être le plus puissant de cette île.

« Une chose est de s’en prendre à moi, et une autre à mes enfants…, » avais-je dit en me concentrant sur la cible la plus proche que je pouvais localiser.

D’un geste rapide et silencieux, je m’étais placée derrière elle. La lame lui avait transpercé la gorge avant qu’elle ne puisse crier, et d’un seul coup, je l’avais décapitée. Alors que son corps tombait en sang sur le sol, je m’étais précipitée vers l’autre, un homme prêt à entrer dans le manoir par une fenêtre. Alors que je lui couvrais la bouche avec ma main, pour étouffer ses cris, j’avais enfoncé la pointe de mon poignard entre ses côtes et coupé son cœur en deux.

Trois morts, et beaucoup d’autres à venir.

En l’espace de quelques minutes, ces assassins étaient tous tombés morts sur le sol. Certains avaient été décapités d’un coup sec, d’autres avaient été poignardés par mon poignard, d’autres encore avaient la gorge tranchée. Leurs corps étaient restés immobiles sur le sol, et les trois derniers étaient apparemment des assassins du rang Divin.

Ces types se tenaient devant la porte de mes enfants, prêts à faire irruption, mais j’avais gratté la lame de mon poignard sur le mur pour attirer leur attention.

« Qui est-ce ? » L’un d’entre eux avait crié.

Je lui avais montré un doux sourire, puis j’avais disparu.

Je n’avais pas disparu, mais j’avais bougé si vite que ses yeux ne pouvaient pas suivre. En une fraction de seconde, mon poignard avait trouvé son chemin sous l’un des mentons et lui avait transpercé le crâne. J’avais alors tiré sur la lame et j’avais jeté tout son corps sur le côté, loin de la porte.

Lorsque ses camarades avaient réalisé ce qui s’était passé, j’étais placée à côté d’eux avec une lame ensanglantée et un doux sourire sur les lèvres. Vu mon teint de visage sous la pâle lumière des lunes, je devais leur sembler être un fantôme.

Ils avaient fait un pas en arrière. J’avais tourné les talons et donné un coup de pied à celui qui était le plus près de moi dans la poitrine. Il avait été envoyé dans le mur, vomissant du sang. Avant qu’il ne puisse tomber au sol, j’étais juste devant lui, mon poignard sous son cou. Le poids de l’homme avait suffi pour le décapiter.

« Le dernier, » avais-je dit avec un sourire en le regardant.

Effrayée, la femme avait tenté de s’enfuir, se dirigeant vers la fenêtre.

Elle était la dernière. Le dernier de ces parasites qui avaient osé ramper sur mon territoire.

Mais juste à ce moment, la porte de la chambre de mes enfants s’était ouverte et un Bachus endormi était sorti en se frottant les yeux. S’il voyait tout de la mort et du carnage que j’avais causés, ce serait un désastre, alors je m’étais précipitée à ses côtés, lui bloquant la vue du sang derrière moi.

« Bachus, mon enfant, pourquoi es-tu debout ? » lui avais-je demandé.

« Maman, j’ai entendu un bruit, » dit-il.

« Oh, c’est juste maman, qui fait un peu de nettoyage de nuit. Tu devrais aller te coucher, il est tard, » j’avais souri et je lui avais tapoté la tête.

Ses longues oreilles d’el’doraw s’étaient tordues puis il avait hoché la tête joyeusement.

Après son retour dans la pièce, j’avais regardé le désordre que j’avais fait. Le corps décapité laissait encore échapper du sang, mais Illsyore allait le nettoyer plus tard.

« Maintenant, alors… Il en reste un, » avais-je dit avec un doux sourire sur mes lèvres en versant un peu de Mana dans mon poignard pour activer sa capacité d’auto-nettoyage.

En sautant par la fenêtre, j’avais rapidement donné la chasse au survivant. Elle n’était pas si loin. Comparée à Tamara, celle-ci était tellement plus facile à attraper ! Avant qu’elle ne s’en rende compte, j’étais juste derrière elle. Je l’avais attrapée par le cou, puis je l’avais jetée par terre. L’impact avait brisé son armure et avait laissé un petit cratère à cet endroit. C’était un rang Divin, donc elle avait survécu.

Je lui avais claqué le pied dans le ventre pour l’empêcher de s’éloigner. Elle avait craché du sang et avait l’air de souffrir terriblement.

« Oh, mon Dieu ! Es-tu blessée ? » avais-je gloussé.

« V-Vous.. Le Maître va entendre parler de ça ! » elle m’avait menacée.

« Qui ? » J’avais souri et j’avais incliné la tête.

« Ah, oui… ce fou, » je l’avais regardée dans les yeux.

« V-Vous… N’avez-vous pas peur de lui ? » demanda-t-elle, confuse.

« De l’homme qui m’a forcée à l’appeler maître ? Non, bien sûr que non. »

« I-Impossible ! J’ai entendu dire que vous étiez la Poupée Brisée, mais… Je ne m’attendais pas à ce que vous soyez aussi puissante… Pour nous éliminer tous les 35, » dit-elle en toussant.

J’avais dû la frapper assez fort.

« Honnêtement, j’ai arrêté de compter après les six premiers. Vous étiez trop faible, une déception en fait, » avais-je bâillé.

« Keh ! Ce n’est pas important… Le Maître nous vengera, » déclara-t-elle.

« Hm, j’en doute. D’autant plus qu’il aura d’autres soucis à se faire, » lui avais-je dit.

« Comme ? » elle m’avait montrée un sourire moqueur.

En regardant dans les yeux de la femme, je m’étais penchée et j’avais appuyé la lame de mon poignard sur son cou « Moi, » avais-je dit. Puis j’avais coupé en séparant sa tête de son corps.

Le sang jaillissait comme une fontaine, mais je n’avais pas laissé une seule goutte me toucher.

En sautant en arrière, j’avais regardé la dernière expression de cette femme. Ses yeux m’avaient montré la surprise et l’horreur.

C’est bien que les enfants n’aient pas été témoins de ce côté de moi, avais-je pensé en nettoyant à nouveau la lame de mon poignard et en la réabsorbant dans mon cristal de stockage.

Après avoir regardé une dernière fois le corps, j’étais partie à la recherche de mon mari. Il était avec Tamara ce soir, mais j’étais sûre que mon intrusion ne les bouleverserait pas vu ce qui venait de se passer. De plus, il devrait vraiment trouver un moyen de contrer les effets du sort qui cachait sa présence au sens du territoire du donjon.

***

Chapitre 121 : Réunion de famille

[Point de vue d’Illsyore]

Je dormais paisiblement quand Shanteya était entrée dans ma chambre. Tamara était avec moi, nue et blottie dans mes bras. Sa queue était enroulée autour de ma jambe gauche, et ses oreilles étaient aplaties vers l’arrière de sa tête. Il ne m’avait pas fallu beaucoup de temps pour me réveiller lorsque ma femme el’doraw m’avait appelé, mais la femme endormie dans mes bras avait mis un peu plus de temps. Elle avait toujours été celle qui dormait tard ou qui choisissait des heures au hasard pour faire la sieste.

« Qu’est-ce qui ne va pas, Shanteya ? » demandai-je en la regardant, tout en tenant la nekatare nue dans mes bras.

« Nous avons eu quelques individus non invités ce soir, mais j’ai réussi à les envoyer dans le monde des morts, » m’avait-elle dit en souriant.

Il faudrait que je sois complètement idiot pour ne pas comprendre le sens de ses paroles.

Cette affaire… était sérieuse.

« Donne-moi un moment pour réveiller Tamara. Peux-tu appeler les autres afin qu’elles se rassemblent dans le salon ? » avais-je demandé.

« Certainement, » elle avait fait un signe de tête et était partie.

L’une des choses que j’ai aimées dans le fait d’avoir plusieurs femmes qui se reconnaissent mutuellement, c’est qu’elles ne s’étaient jamais énervées ou mises en colère quand elles m’avaient vu embrasser ou faire l’amour avec l’une d’elles.

Après que Shanteya ait quitté la pièce, j’avais procédé à un réveil prudent de la nekatare endormie. J’avais appuyé deux doigts sur son dos et les avais déplacés le long de sa colonne vertébrale jusqu’à l’os de liaison entre sa colonne vertébrale et sa queue.

Elle avait ronronné doucement et s’était tortillée un peu, mais il en fallait plus pour la réveiller, alors je lui avais donné une petite tape sur le bout de son nez sensible.

« Réveille-toi, Tamara, nous devons aller à la rencontre des autres, c’est important, » avais-je dit. Puis je lui avais pincé la joue.

« Munyaaa ~, » elle avait fait un bruit bizarre et avait ensuite ouvert les yeux.

« Es-tu réveillée ? » avais-je demandé.

« Mnyaaa ~ Illsy veut-il encore jouer avec Tamara ? » demanda-t-elle, puis elle bâilla comme un chat.

« Non. Peut-être après, » avais-je répondis. Puis je m’étais levé du lit.

Elle se leva aussi et étira un peu ses bras et ses jambes pour se débarrasser de l’engourdissement du sommeil. En la regardant, je ne pouvais m’empêcher d’admirer l’élasticité de ses articulations et aussi la sensation érotique que je ressentais à cause de ses courbes tentantes. Toutes mes femmes étaient des beautés que je pouvais admirer toute la journée, c’est pourquoi je n’avais pas hésité à le faire.

« Dois-je vraiment porter quelque chose ? » demanda-t-elle.

« Si cela ne tenait qu’à moi, je n’aurais pas voulu que l’une d’entre vous porte quoi que ce soit, mais je dois me concentrer, alors s’il te plaît, va te couvrir avec quelque chose… et par quelque chose, je ne veux pas dire JUSTE la couverture, » lui avais-je dit.

« Nya ~ trop fatiguée…, » elle répliqua mais se leva quand même et s’habilla.

Si l’on considère la raison pour laquelle nous avions cette réunion, on pourrait penser que j’agissais un peu trop calmement. Le fait est que si c’est Shanteya qui l’avait signalé et surtout de cette manière, alors les idiots qui avaient essayé de s’introduire sur mon territoire de donjon n’étaient plus que de l’engrais pour les arbres.

Mais cela signifiait aussi que ces intrus étaient en possession de moyens leur permettant d’ignorer la détection de mon territoire de donjon et qu’ils parvenaient à éviter habilement mes patrouilles de monstres. Bien que cela m’ait en quelque sorte gêné, les contre-mesures à leur égard n’étaient pas aussi simples que je l’avais pensé au départ, ou peut-être que je n’avais pas autant réfléchi à la rétro-ingénierie que pour d’autres sorts.

Nanya, Shanteya, Ayuseya et Zoreya m’attendaient toutes dans la salle à manger. Comme il était tard, elles portaient toutes leurs chemises de nuit et montraient des visages endormis. Dans le cas de Zoreya, c’était une vue plutôt sexy, en voyant comment la bretelle était tombée sur son épaule, ce qui m’avait un peu tenté. Les autres n’avaient pas choisi des vêtements aussi dangereux, et Shanteya portait une longue robe noire avec des boutons blancs et une coupe avec un décolleté peu révélateur.

Depuis qu’elles avaient commencé à enseigner à mon Académie, les robes sexy n’étaient utilisées que pour me tenter dans la chambre à coucher, les élégantes pour sortir en ville ou lors d’événements spéciaux, et les simples et sérieuses pour le travail. Dernièrement, elles n’avaient plus besoin de porter les armures avec lesquelles elles voyageaient sur le continent Thorya. Il n’y avait aucune raison de le faire, d’autant plus que mon armée de monstres maintenait la paix sur Illsyorea 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Notre salon était plutôt spacieux. Il pouvait facilement accueillir une fête de 50 personnes. Il y avait ici une grande table à manger réservée à nos invités, une bibliothèque remplie de la collection d’Ayuseya. Il y en avait beaucoup d’autres dans les chambres. J’avais essayé d’ajouter un canapé et une paire de fauteuils, mais l’idée avait été rejetée par mes épouses, qui ne pensaient pas qu’ils étaient nécessaires ici, mais plutôt dans nos chambres personnelles.

Dans mon esprit, je pensais encore à un salon roumain moderne avec une simple bibliothèque, un canapé et deux fauteuils, ne laissant qu’une table basse au milieu de la pièce pour les invités.

Une fois que nous étions tous assis à la table à manger, Shanteya s’était excusée de nous avoir appelés si tard et avait ensuite commencé à raconter ce qui s’était passé pendant que nous dormions.

Dès qu’elle avait parlé d’« assassins visant mes enfants », tout le monde s’était réveillé et avait écouté attentivement tout ce qu’elle avait à dire. Du début à la fin, elle nous avait raconté comment elle avait tué chacun de ces assassins et où elle avait laissé leur corps. J’avais vérifié, et ils étaient tous là. Après les avoir absorbés, j’avais enlevé les signes de combat, surtout ceux qui se trouvaient proches de la chambre de mes enfants.

Je n’y avais jamais placé de pièges ou de monstres, car je pensais que ce serait trop dangereux pour mes enfants. Ce que j’avais construit était stupidement puissant dans certaines situations, et les monstres pouvaient faire un bras de fer avec des suprêmes. Le problème était que mes enfants, tout comme mes femmes, ne déclenchaient pas automatiquement les pièges, mais réagissaient à leur volonté. Je craignais la possibilité qu’ils déclenchent un de mes pièges alors qu’ils étaient en plein milieu. C’était des enfants, et leur curiosité pouvait prendre le dessus sur eux.

J’avais en quelque sorte regretté de ne pas avoir pu fournir la protection parfaite, mais de tels événements s’étaient à peine produits, ou s’ils s’étaient produits, ils s’étaient produits tout court. Cependant, peut-être que si j’ajoutais quelques patrouilles de monstres supplémentaires, je pourrais rendre les choses de plus en plus difficiles pour les assassins ?

Alors que je réfléchissais à ce sujet, Ayuseya avait dit : « Cela pourrait-il être aussi lié à moi ? »

« Que veux-tu dire ? » demanda Shanteya.

Pour elle, la raison était évidente : ils voulaient s’en prendre à nos enfants parce qu’ils avaient le potentiel de devenir des individus terriblement puissants. Anette était aussi un donjon divin comme moi, ce qui, pour beaucoup de gens, était soit un sujet de peur, soit un désir de pouvoir.

« La semaine dernière, j’ai renvoyé les émissaires de Teslov. C’était déjà la septième fois, et ils m’ont menacée de ne pas reculer aussi facilement. Je crains qu’ils n’aient pu envoyer des assassins pour m’envoyer un “message clair”. Ils ont probablement accepté ce contrat et ont pensé que leurs objectifs et ceux de leurs clients s’accordaient tout simplement, » Ayuseya avait expliqué cela.

« C’est une possibilité, je n’en doute pas, » Shanteya fit un signe de tête.

« Tout cela me donne des maux de tête. Je pensais que nous avions clairement indiqué que Zoreya était une Haute Apôtre soutenue par le Dieu de la guerre, qui nous avait également bénis avec notre nom de famille. De plus, nous avons anéanti la flotte de guerre de l’Empire Paramanium sans trop de problèmes, et dernièrement, le nouvel empereur, Varakium Paramanium, nous a rendu visite assez souvent. Bien que tout le monde sur cette île sache qu’il est juste là pour parler avec Savannah. Alors pourquoi quelqu’un penserait-il que c’est une bonne idée de nous attaquer ? » Nanya s’était plainte.

« Il a également fait comprendre à ses alliés qu’ils ne devaient pas faire de nous une cible politique ou militaire, » déclara Ayuseya.

« Je trouve insensé que quelqu’un tente d’attaquer notre famille. En laissant les dieux de côté, chacun de nous a le potentiel d’anéantir un empire comme Paramanium, » Zoreya avait fait remarquer cela en tirant la bretelle de sa chemise de nuit.

« On ne sait toujours pas s’il y a des étrangers…, » avais-je dit.

Par là, je faisais référence à des individus qui venaient de l’extérieur de la barrière de la rumeur qui entourait nos trois continents. Il y avait aussi l’endroit d’où venaient les donjons et la maison de Nanya, qui présentait un degré de danger inconnu.

Tout le monde était resté silencieux pendant un moment.

« Mais dans l’ensemble, je ne vois pas pourquoi maman enverrait quelqu’un pour essayer de nous attaquer. Avec ma seule présence ici, elle nous considère comme ses alliés potentiels plutôt que comme des ennemis, » Nanya l’avait fait remarquer.

« D’ailleurs, sait-elle au moins qu’elle est grand-mère maintenant ? » avais-je demandé.

Nanya avait regardé ses mains et s’était mordu la lèvre.

« Non… et je me demande encore si je dois lui dire ou pas…, » dit-elle.

« Nous t’aiderons dans ton choix, » déclara Ayuseya, en lui montrant un doux sourire.

« En effet. Au fait, aucun des assassins n’a essayé d’entrer dans la chambre de Nanya, n’est-ce pas ? » avais-je demandé.

« Pas d’après ce que j’ai vu. Ils s’intéressaient à Bachus pour son potentiel de demi-donjon, » répondit Shanteya avec une expression calme sur son visage.

« Cela aurait été la chose la plus stupide qu’ils auraient pu faire, » se moqua la démone.

Nanya était bien plus dangereuse en tant que mère protectrice qu’en tant que Berserker fou furieux qui déchirait les navires de guerre en deux à mains nues.

Malgré la situation où un parent normal ne pourrait pas agir calmement, nous n’avions pas montré que nous étions stressés ou inquiets par l’attaque, grâce à notre pouvoir et aussi au fait que Shanteya avait fait en sorte qu’aucun des assassins ne s’échappe. S’inquiéter n’était pour nous qu’une perte de temps vu les circonstances. La question était de savoir ce que nous pouvions faire pour empêcher qu’un attentat ne se reproduise et comment traiter ceux qui en étaient les instigateurs.

Avant que nous ayons la chance d’entrer dans un débat à ce sujet, Shanteya s’était assise et elle avait dit : « Je crois que la Rage fantomatique est de ma responsabilité. J’en faisais partie au départ, et je suis consciente du fait que leurs membres n’ont pas le luxe de quitter la guilde comme je l’ai fait. »

« Si c’est ta responsabilité, alors ce sera également la mienne. Je suis ton mari, tu sais ? » lui avais-je dit.

« Et ne nous laisse pas en dehors de ça. Nous sommes tes sœurs, tu te souviens ? » Zoreya lui avait dit.

« Je sais, et je l’apprécie, mais que se passerait-il si nous quittions tous Illsyorea pour terminer cette petite course ? » nous demanda-t-elle.

« Euh… Je n’ai pas pensé si loin, » lui avais-je répondu. Je lui avais montré un sourire ironique.

« Il y a aussi les enfants à prendre en compte, » déclara Shanteya.

« Nous ne pouvons pas faire nos valises et les laisser derrière nous, » Ayuseya l’avait fait remarquer.

« Ouais…, » j’avais baissé la tête de honte.

« C’est pourquoi je pense poursuivre la Rage fantomatique par mes propres moyens, » Shanteya avait largué la bombe.

« Toute seule ? » lui avais-je demandé en faisant de grands yeux.

« Oui, » elle avait fait un signe de tête. « Je suis assez puissante pour considérer la Rage fantomatique comme un moustique ennuyeux qui attend d’être écrasé, » elle m’avait montré un doux sourire.

Traduction : elle est assez puissante pour massacrer brutalement, réanimer, puis massacrer à nouveau tous les pathétiques petits vers qui se tortillent au sein de la guilde de la Rage fantomatique et qui ont l’audace de se qualifier de bipèdes intelligents. Oui… c’est probablement vrai, avais-je pensé…

« Es-tu certaine de ne pas avoir besoin de notre aide ? » demanda Zoreya.

« Oui, » elle avait fait un signe de tête.

« Eh bien… Je ne t’arrêterai pas. Mais si les choses deviennent difficiles, appelle-moi, » lui avais-je dit.

« Bien sûr que je le ferai, » elle m’avait fait un signe de tête.

« Si nous en sommes à ce sujet, je voudrais soulever la question de savoir si je peux aller à Teslov ? » Ayuseya avait largué la deuxième bombe.

« Teslov ? Pourquoi ? » avais-je demandé, surpris.

« Soupir… ils deviennent ennuyeux, et honnêtement je crains qu’ils envoient des assassins après nous, et si nous ne pouvons pas être vaincus, alors ils s’en prendront à nos amis, à nos étudiants, ou même à nos alliés d’outre-mer, » elle l’avait expliqué avec un ton clair d’inquiétude dans sa voix.

Même si je voulais dire qu’une telle chose n’allait pas arriver, il était vrai que je ne pouvais pas superviser chaque individu sur cette île. Nos alliés, comme l’empereur Varakium, étaient hors de ma portée. Contrairement à moi, ils étaient des proies bien plus faciles à atteindre, et en revanche, leur mort pouvait avoir un impact sérieux sur mon travail ici.

« Nous ne pouvons pas non plus laisser des royaumes comme Teslov penser qu’ils ont une quelconque influence ou un quelconque avantage sur l’Illsyorea et sur le reste d’entre nous. Si je rejette leur invitation une fois de trop, je risque de donner une fausse impression aux autres ambassadeurs, surtout s’ils commencent à croire que Teslov est l’une de mes faiblesses, » avait-elle expliqué.

« Mais la demande de Teslov est d’y épouser le roi actuel, qui, si je ne me trompe pas, est en fait ton frère ? » avais-je demandé.

Ayuseya avait fait un signe de tête. « S’il fait cela par peur de la malédiction, alors nous pouvons trouver un accord et permettre au trône des Pleyades de revenir à la normale, mais s’il ne le fait pas, alors il aura un avant-goût de ce qu’une dragonne suprême comme moi peut faire à son royaume quand j’ai été poussée trop loin, » avait-elle dit. Puis elle avait montré un sourire calme et recueilli comme Shanteya l’avait fait plus tôt.

Pourquoi je l’imagine dans une étrange tenue de cuir, riant comme une folle et lançant des bombes nucléaires partout ? m’étais-je interrogé en silence sur cette étrange image de ma femme qui avait mystérieusement surgi dans mon esprit.

Ce qu’elle disait avait du sens, mais je ne pouvais pas m’empêcher de m’inquiéter pour sa sécurité. Même si elle était extrêmement puissante, cela n’excluait pas la possibilité de l’empoisonner ou d’essayer de la contrôler avec un sort dont je n’avais pas connaissance.

Mes femmes étaient incroyablement puissantes, c’est vrai, mais elles n’étaient pas indestructibles, d’autant plus que je savais qu’il y avait des continents avec des niveaux assez redoutables. Même si je doutais de la probabilité que certains individus puissants de ces endroits se soient rendus jusqu’ici et m’aient pris pour cible parmi tous les gens, ce n’était pas une impossibilité.

Nous avions également fait une sacrée scène avec la flotte de l’Empire du Paramanium, qui avait fait de nous une cible pour les quelques ennemis qui voulaient défier les forts, mais il n’était pas logique qu’ils nous attaquent en utilisant des méthodes aussi lâches.

Ce monde entier était rempli de mystères qui restaient à découvrir, et les espèces des trois continents n’en étaient qu’à la période médiévale de l’évolution de leurs civilisations. Avec moi à leurs côtés, elles atteindraient probablement l’âge moderne assez tôt, mais même cela exigerait un effort incommensurable de leur part. Mon académie était en première ligne pour l’évolution vers l’âge suivant, et en tant que tel, nous étions destinés à recevoir l’attention non désirée de divers individus puissants sur toute la planète.

« Je comprends…, » avais-je dit après avoir poussé un soupir.

« Illsy…, » Ayuseya me regardait avec des yeux doux.

« Tu souhaites également y aller seule ? » avais-je demandé.

« Je préférerais que tu te joignes à moi, mais je suis certaine que ta présence ici est beaucoup plus souhaitable. Je demanderai cependant à Tamara de me préparer suffisamment de nourriture pour toute la durée de mon séjour. Je souhaite éviter à tout prix de m’empoisonner, » elle regarda la nekatare endormie.

« Nya ~ Tamara va bien te cuisiner ! » dit-elle.

« Quoi ? » Ayuseya avait froncé les sourcils.

« Nya ? Je veux dire cuisiner pour toi… cuisiner pour toi, oui…, » la chatte avait ri.

La draconienne ria aussi, mais la seule d’entre nous qui semblait encore perdue dans ses pensées était Nanya.

« Quelque chose te préoccupe ? » lui avais-je demandé.

La démone m’avait regardé, et j’avais pu voir une lueur d’inquiétude dans ses yeux.

« Illsy, me permettrais-tu d’aller rencontrer ma mère ? En fin de compte, je souhaite lui faire savoir qu’elle est grand-mère maintenant, et je crois que je suis assez puissante pour lui prouver que je n’ai pas eu tort de te choisir comme mari, » elle avait parlé sur un ton déterminé.

« Je comprends…, » j’avais fait un signe de tête.

« Pendant combien de temps chacune de vous souhaite-t-elle s’éloigner d’Illsyorea ? » leur demanda Zoreya.

« Un mois environ suffira, » déclara Shanteya après y avoir réfléchi un moment.

« J’espère que dans quelques jours tout au plus, il sera terminé, mais le voyage sera le plus long. Je ne peux pas y aller en volant… Ce serait impoli, » Ayuseya répondit immédiatement après.

« Je vais être absente pendant un mois environ… Je vais prendre le yacht d’Illsy pour traverser l’océan à toute vitesse, » dit Nanya en se grattant la tête avec un doigt.

« Donc, au moins un mois…, » Zoreya avait fait un signe de tête.

« Hm, c’est long… Est-ce que je vais vous être utile pendant cette période ? » avais-je demandé en me grattant la tête.

« Oui, » elles avaient toutes répondu en même temps.

« Hein ? » J’avais cligné des yeux, surpris.

« Toi, mon amour, tu feras du baby-sitting pour Bachus et Anette, » dit Shanteya comme si c’était évident.

« Sans parler de la corvée de couches pour Natrasku et Kormian ! » déclara Nanya, en mentionnant mon plus jeune fils et son frère donjon divin.

« Quoi ? » Je clignais des yeux, surpris.

« En effet, il est tout à fait naturel que lorsque la femme est à la chasse, l’homme reste à la maison pour s’occuper des enfants ! » déclara Ayuseya.

« Vous êtes en train de me dire que vous mettez un Seigneur du Donjon Divin comme moi au service des couches ? Et pour Zoreya et Tamara !? » avais-je rétorqué.

« Y a-t-il quelque chose de mal à ce que notre mari, qui est aussi le père de nos enfants, s’occupe d’eux ? » Elles avaient toutes déplacé leurs yeux sur moi en disant cela.

« N-Non… N-Non… Il n’y a rien de mal à cela ! » J’avais regardé ailleurs. Ce sera certainement un mois puant…, m’étais-je plaint intérieurement.

J’aimais mes enfants, je les aimais vraiment et je ferais n’importe quoi pour eux, mais ils étaient les pires machines à caca jamais créées ! Et le fait d’avoir un odorat amélioré ne m’avait pas du tout aidé !

***

Chapitre 122 : Une journée ordinaire

[Point de vue d’Illsyore]

La réunion de famille s’était terminée lorsqu’il avait été décidé que Nanya, Shanteya et Ayuseya allaient toutes trois prendre des chemins différents pour résoudre les trois grands problèmes qui pourraient troubler la paix sur notre île.

De tous, le plus ridicule était la tentative du roi de Teslov de me voler ma femme, surtout quand je pense au fait qu’il était son frère cadet. Il n’était pas si rare, à l’époque médiévale, que des familles nobles et royales succombent à des actes d’inceste afin de préserver la pureté de leur lignée. Si l’on ajoute à cela la raison religieuse qui fait des rois des souverains désignés par Dieu pour régner sur l’homme, alors ils avaient une raison supplémentaire de commettre des actes aussi répandus.

Le pouvoir d’Ayuseya étant celui d’une Super-Suprême et n’ayant pas non plus les malédictions qui frappaient sa famille, il ne serait pas surprenant que le roi de Teslov croie qu’en l’épousant, il pourrait restaurer la gloire passée de la famille Pleyades.

Si c’était la raison, alors nous pourrions faire quelque chose sans que ma femme reste dans ce royaume, par exemple me faire lever la malédiction.

Le deuxième problème le plus troublant à résoudre était celui du retour de Shanteya ou plutôt de la chasse à l’organisation de la Rage fantomatique. Je connais cette femme depuis toujours, et je pouvais voir dans ses yeux qu’elle ne souhaitait pas laisser passer celui-ci. Je ne le ferais même pas si elle le faisait.

Cette quête allait également lui permettre de faire le lien avec son passé. Elle avait des choses à dire à leur maître de guilde, et d’après ce qu’elle m’avait dit jusqu’à présent à leur sujet, il valait mieux qu’ils soient morts que vivants.

Après tout, le passé de Shanteya avait commencé par un enlèvement dès l’âge de dix ans, suivi d’un viol et de traitements abusifs qui l’avaient transformée en une tueuse impitoyable et en la célèbre Poupée brisée de la Rage fantomatique.

Maintenant, ma belle femme el’Doraw était devenue une femme bien différente de ce que ces assassins connaissaient. Elle était une mère aimante et une douce professeur. Si sa fureur ne connaissait pas de limite, elle était aussi quelqu’un qui savait très bien contrôler ses capacités de Suprêmes. Comparée à la Poupée Brisée qui fut envoyée à l’Académie Fellyore en mission secrète avec beaucoup de ses autres camarades, l’actuelle Shanteya était une fleur bien plus sublime et belle qui portait des épines impitoyables qui transperçaient la peau de ceux qu’elle marquait comme ennemis.

En fait, c’était très difficile, presque impossible pour moi de la considérer comme quelqu’un d’autre que ma femme el’Doraw. La poupée brisée ne m’avait jamais rencontré, seule Shanteya l’avait fait.

Le matin venu, nous avons pris le petit déjeuner comme d’habitude, puis nous nous étions préparés à rencontrer nos étudiants. Comme elles allaient partir toutes les trois pour près d’un mois ou plus, elles devaient discuter avec les autres professeurs et voir qui pouvait temporairement prendre la relève de leurs classes.

Contrairement à la première année de mon académie, nous avions maintenant aussi des enseignants professionnels tels que Riveron Sei et Rengar Baria qui enseignaient la théorie de l’agriculture et les leçons pratiques d’agriculture. Les frères Runara Kalio et Runnar Kalio enseignaient aux nouveaux étudiants comment fabriquer des articles de base. Ils avaient enseigné l’orfèvrerie et le travail du bois en plus de celui du forgeron. Ils n’étaient pas maîtres des deux premiers, mais ils en savaient assez pour que les étudiants puissent commencer.

Lumia Shora, notre professeur de danse et de musique, avait également préparé les élèves à participer à diverses pièces de théâtre et comédies musicales qu’ils allaient organiser et jouer pour les habitants de l’île.

Il y a un an, un acteur itinérant était arrivé sur l’île dans l’espoir d’y établir un théâtre. Comme il n’y avait pas beaucoup de gens sur l’île au départ, il était un peu déçu, mais après que je lui ai suggéré de devenir professeur dans mon académie, il avait commencé à voir à la fois du talent et de nouvelles possibilités pour son rêve d’acteur.

Un théâtre était un rêve pour un avenir pas si lointain, mais rien ne l’empêchait d’enseigner à mes étudiants comment jouer et enchanter le cœur des gens avec leur représentation d’une histoire.

Les cours d’herbologies dirigés par Zertan s’étaient bien combinés avec les cours d’alchimie de Ferris. Tout comme le combo Tamara et Yung Mai avait eu un bon succès dans le département de cuisine.

Dans l’ensemble, nous avions couvert tous les cours et, à un moment donné, l’empereur Varakium Paramanium s’était plaint qu’à ce rythme, mes élèves deviendraient des élites parmi les élites, où qu’ils aillent. En entendant cela, je n’aurais pas pu être plus fier et plus heureux.

À ce propos, l’importance de Savannah pour notre académie et son influence n’étaient pas à négliger. Elle nous avait beaucoup aidés à organiser les cours et à préparer le matériel. Au cours des trois dernières années, elle avait fait à elle seule le travail d’au moins dix professeurs. C’est pourquoi j’espérais qu’elle nous aiderait dans notre situation actuelle, où Ayuseya, Nanya et Shanteya seraient absentes des cours pendant un certain temps.

À ma grande surprise, elle avait proposé une alternative impressionnante.

« Pourquoi ne pas demander aux étudiants plus âgés qui veulent faire l’expérience de l’enseignement de jouer le rôle de professeurs pour les nouveaux étudiants et de leur faire suivre des cours plus pratiques pour les cours manqués ? Vous pouvez leur faire suivre un cours de pratique en donjon adapté à leur force, » avait déclaré la professeur extraordinaire.

« Cours de donjon ? Veux-tu dire comme une course ? Avec des obstacles et autres ? » demandais-je en me grattant le menton.

« Oui. Ou, si vous le souhaitez, vous pouvez simplement suspendre ces cours pour le mois suivant et leur faire suivre un cours intensif à la fin de l’année, » elle avait suggéré une autre alternative.

« Hm… »

Les deux idées semblaient bonnes.

« Je vais informer mes épouses à ce sujet et peut-être que tu pourrais ensuite leur expliquer plus en détail. Elles connaissent leurs étudiants mieux que moi en ce qui concerne leurs cours, donc quoi qu’elles choisissent, je ferai avec, » avais-je décidé.

« Je vais gagner du temps après les cours. Ah ! mais j’ai promis à Varakium de le rencontrer au café de Leona. Qu’est-ce que je dois faire ? » se demanda-t-elle.

Leona Braska était une ancienne aventurière qui avait subi une blessure à la colonne vertébrale et avait dû prendre sa retraite. Elle s’était retrouvée par hasard sur un bateau de commerce en direction d’Illsyorea et avait décidé de repartir à zéro ici. Bien qu’un groupe de collecteurs de dettes ait essayé de faire pression sur elle pour qu’elle vende son corps pour de l’argent, la prostitution était illégale sur mon île et contester mon influence n’était pas une bonne idée. J’avais résolu ses problèmes à l’amiable en donnant le soi-disant collecteur à mon animal de compagnie, le Léviathan.

Pour faire court, j’avais soigné ses blessures et j’avais proposé d’ouvrir un café ici pour les voyageurs fatigués ou les habitants qui voulaient un endroit pour se détendre tout en buvant quelque chose de bon.

C’était aussi un bon endroit pour sortir avec votre amant.

« Ne t’inquiète pas, va t’amuser. Nous en parlerons demain. Je ferai part de tes suggestions à mes épouses ce soir. Oh, et dis à Léona que je lui passe le bonjour ! » Je lui avais montré un sourire.

« Bien sûr ! Merci, Illsyore ! » Elle s’était levée puis elle était partie.

Après ma courte conversation avec Savannah, j’étais retourné à mon bureau à l’Académie et j’avais regardé ma ville par la fenêtre.

Par rapport à ce qu’elle était il y a trois ans, elle était beaucoup plus belle aujourd’hui. Il y avait plus de gens dans les rues et le commerce était en plein essor. Mes monstres effectuaient des patrouilles constantes, pour maintenir la paix et l’ordre dans la ville.

Presque tout le terrain à l’ouest et au nord-ouest de l’Académie d’Illsyorea était couvert de maisons, de magasins et d’ateliers. Grâce à l’empire Paramanium et au royaume Aunnar, j’avais pu acquérir plus de citoyens et d’artisans.

L’augmentation de la population m’avait permis de proposer l’ouverture d’une guilde d’aventuriers ici aussi. Conformément à leur demande, le hall de la guilde allait être situé au sud-ouest de l’académie. Il disposera d’un entrepôt pour les matériaux des monstres, d’un terrain d’entraînement pour les nouveaux aventuriers, d’auberges et de maisons à louer pour eux ainsi que d’un accès facile au donjon dans lequel ils allaient s’entraîner.

Au nord de celui-ci se trouvait la résidence de Varakium Paramanium. L’une des plus grandes demeures de l’île. Elle avait été conçue pour accueillir non seulement lui, mais aussi tous les autres fonctionnaires importants de Paramanium. Juste à côté, au bord de la mer, j’avais construit la résidence des autres ambassadeurs.

Cette conception était l’idée d’Ayuseya. La différence de taille devait montrer que l’Empire du Paramanium me soutenait, ce qui s’était avéré être une carte incroyablement utile à jouer lors des négociations.

Alors que le port s’était agrandi de deux autres quais, j’avais également créé un chantier naval sur la rive nord. Il n’était pas encore pleinement opérationnel, mais il avait servi de terrain d’essai pour mes diverses expériences… explosives ou non.

J’avais terminé ma journée en revoyant mon emploi du temps pour les deux prochains mois et en l’ajustant en conséquence avec l’absence prochaine de mes femmes. J’avais dû prévoir du temps supplémentaire pour m’occuper des enfants, en particulier ceux de Nanya. Kormian n’était pas un problème. Je pouvais juste lui donner un livre d’histoires à lire, mais Natrasku était mi-donjon et mi-démon. Bien qu’il ait à peine un an, il n’avait pas mis longtemps à éclore de son œuf. Il avait besoin de beaucoup plus de supervision que Bachus. Au moins jusqu’à ce que son exosquelette durcisse.

L’espèce démoniaque était plutôt gênante pour ses petits. Ils avaient tendance à prendre diverses formes et à se transformer différemment tout au long de leur vie jusqu’à ce qu’ils se stabilisent dans une forme finale, qui, d’après ce que m’avait dit Nanya, n’était pas toujours humanoïde.

Heureusement pour moi, Zoreya allait m’aider à faire du baby-sitting, mais alors que je terminais, l’idée d’engager quelqu’un pour ce travail m’avait également traversé l’esprit. Je n’avais qu’à faire attention à Natrasku, mais pour Bachus et Anette, je pouvais demander à quelqu’un de le faire pour moi, par exemple Savannah. Elle et Varakium pourraient avoir une leçon de pratique avec les enfants d’un donjon divin.

Faites-le bien et vous deviendrez un bon père, faites le mal et quelqu’un effacera accidentellement votre empire. C’était simple et brillant !

Bien sûr, un peu exagéré aussi. Si ces deux-là ne pouvaient pas le faire, je pourrais certainement trouver quelqu’un d’autre. Parmi tous les habitants de mon île, combien il serait improbable que je ne trouve pas une seule nounou !

Avant d’aller dîner, j’étais allé sur le rivage et j’avais appelé Snuggles, mon monstre de compagnie.

Eh bien, techniquement, c’était un monstre invoqué comme tous les autres, mais j’avais remarqué que si je les laissais dehors pendant très longtemps, ils auraient tendance à acquérir leur propre personnalité. Le fait qu’ils puissent se transformer en un né naturel était encore douteux, ou peut-être y avait-il certaines conditions pour que cela se produise.

« Snuggles! » Je l’avais appelé.

Dès qu’il avait senti ma présence, j’avais pu le voir s’approcher. La surface de l’eau s’était élevée à l’horizon, formant une dune géante qui s’était déplacée rapidement vers le rivage. Les habitants de l’île s’étaient habitués à le voir, ils ne regardaient que par curiosité quand il arrivait, mais la première fois, la moitié d’entre eux pensaient que nous étions attaqués.

Quand la surface s’était brisée, un serpent d’eau légendaire, un Léviathan, avait montré sa tête écailleuse. Il était ÉNORME et pouvait très probablement manger tout un navire d’un seul coup. Cette bête géante qui avait pris la moitié de mon mana pour l’invoquer il y a deux ans s’appelait Snuggles et avait pour rôle de protéger mon île des navires pirates. De temps en temps, je lui demandais aussi d’escorter le navire de Varakium jusqu’au continent Thorya.

« Kyu! Kyu! Kyu! » il m’avait appelé en remuant joyeusement la queue.

J’avais immédiatement créé des barrières pour éviter que le tsunami n’anéantisse la moitié de l’Illsyorea.

« Calme-toi, mon garçon ! As-tu mangé ? » lui avais-je demandé.

Le Léviathan acquiesça joyeusement.

« C’est bien ! Quelqu’un a-t-il essayé de s’approcher de l’île ? Et la nuit dernière ? » lui avais-je demandé.

« Kyu? » Il inclina la tête vers la gauche et fit un signe de tête.

« Ah bon ? Des ennemis ? » avais-je demandé.

« Kyu, » il secoua la tête.

« Des commerçants ? »

« Kyu! Kyu! » Il avait fait un signe de tête.

« Hm, donc ils se sont rapprochés en changeant le drapeau. Je suppose que ce n’est pas de sa faute, mais il a du mal à faire la différence entre les bons et les faux marchands, » m’étais-je dit à moi-même.

« Kyu? » il avait incliné sa tête vers la gauche.

« La prochaine fois que tu verras un navire marchand ou un navire de la marine s’approcher trop près de l’île depuis une autre direction que le port, sois gentil et dirige-les de cette façon. Donne-lui un coup de pouce pour l’éloigner du rivage ou dirige-le dans la bonne direction. Comprends-tu ? » lui avais-je demandé.

« Kyu! Kyu! » Il acquiesça joyeusement.

« Bon garçon ! » avais-je dit et utilisé [Télékinésie] pour gratter sa tête gigantesque.

« Kyu ~! » répondit-il avec un joyeux appel.

Après avoir joué un peu avec lui, j’étais rentré chez moi et j’avais dîné avec ma famille. J’avais ensuite passé la soirée à jouer avec mes enfants et à discuter avec Shanteya et Nanya de ce que je devais faire pour m’occuper d’eux pendant leur absence.

Anette avait fait des histoires quand elle avait appris que sa mère allait partir pour un moment, mais elle s’était calmée une fois que j’avais promis de la laisser m’aider à construire un donjon pour les aventuriers. C’était une bonne occasion de créer des liens entre père et fille et de voir ce dont elle était capable.

Mes enfants Donjon n’étaient pas de niveau 1, Anette avait un niveau 124 et Kormian était de niveau 10. La raison en était qu’ils absorbaient lentement du Mana, de moi et de toute la ville.

En tant que donjon, je n’avais pas besoin de payer de loyer, cependant, j’appréciais un afflux de Mana, donc pour chaque mois où ils louaient un de mes bâtiments, les habitants devaient payer quotidiennement un certain pourcentage de leur Mana total. Pour ce faire, ils mettaient la main sur les nombreuses unités d’absorption de mana installées dans toute la ville. Ils étaient conçus de telle manière qu’en disant leur nom, ils pouvaient facilement transférer autant de Mana qu’ils le souhaitaient.

Ce mana servait surtout à entretenir les installations de l’île ainsi que tous les monstres des alentours à part les TRÈS puissants comme Snuggles. Lorsqu’ils avaient appris l’existence de ce système simple, ils étaient plus que désireux de l’utiliser. Quant à savoir pourquoi j’utilisais un pourcentage de leur réserve de mana totale et non un nombre fixe, c’était pour ne pas créer de division parmi les citoyens. Peu importe la quantité versée par l’un ou l’autre dans les unités du MEA, au final, c’était toujours un certain pourcentage qui était le même pour tous les autres. Ainsi, les concepts de pauvre/riche inférieur/supérieur étaient à peine perceptibles à cet égard.

L’excédent de mana était utilisé pour mes propres projets ou pour nourrir mes enfants. Mais ce n’était pas comme s’ils étaient dépendants de ce système pour leurs repas, je m’assurais qu’ils aient suffisamment de nourriture quoiqu’il arrive. Le but principal était d’entretenir la ville et d’introduire un moyen rentable de nourrir les donjons sans les transformer en ennemis.

Si mon plan fonctionnait, alors à l’avenir, Illsyorea deviendrait un paradis pour toutes les espèces.

[Cette nuit-là, quelque part sur la rive sud du continent Thorya]

[Le point de vue d’un simple commerçant]

Oh là ! Je n’aurais jamais pensé que je me retrouverais dans une affaire aussi honteuse !

Moi, un marchand prestigieux et renommé dans tout l’empire du Paramanium du sud, j’avais été obligé d’attendre dans cet endroit dangereux un groupe de gens de Thorya. Sans le généreux paiement que j’avais reçu, je n’aurais jamais pensé à accepter une affaire aussi louche de toute ma vie ! Après tout, qu’est-ce qui pourrait être pire et dangereux de nos jours que la contrebande de personnes sur l’île d’Illsyorea ?

Nous avions tous entendu ce qui était arrivé aux pirates qui parcouraient ces eaux, et j’avais vu le terrible serpent de mer qui gardait l’île. Un seul faux pas et ma propre vie pourrait être perdue !

Pourtant, j’étais un marchand qui était déraisonnablement charmé par le tintement des pièces de monnaie dans mon sac à main.

« Ah ! Vous voilà ! » avais-je dit sur un ton exaspéré.

Pendant deux heures, j’avais attendu sur cette rive abandonnée, luttant pour ma vie contre cette chaleur épouvantable ! Mes vêtements étaient trempés et je sentais l’inconfort des piqûres de moustiques sur tout le corps.

Les quatre individus cagoulés s’étaient approchés de moi dans l’obscurité de la nuit. S’ils ne s’étaient pas rendus visibles exprès, je ne les aurais même pas repérés. Mais se pourrait-il qu’ils soient restés volontairement cachés plus longtemps juste pour m’énerver ?

« Le navire. Votre part de l’accord est-elle garantie ? » demanda l’un d’entre eux.

Il utilisait un sort modificateur de voix et une cape d’ombre pour cacher son identité, mais à en juger par sa taille, je pouvais facilement dire que c’était un draconien. L’ordre venait de Teslov, alors qu’est-ce que ces gens auraient pu être d’autre que des reptiles inférieurs ?

« Oui. Comme je l’ai promis, j’ai veillé à ce que vous, quatre, figuriez sur la liste des passagers sous la rubrique “Personne très importante”. Dès que j’aurai reçu mon paiement, nous embarquerons et mettrons les voiles pour Illsyorea, mais s’il m’arrive quelque chose, mes hommes devront mettre les voiles immédiatement et cette affaire louche sera révélée au public, » avais-je dit et montré ma main vide.

Être un marchand avide ne signifie pas que je sois un imbécile. Au contraire, je devais faire des plans et m’assurer que toutes mes affaires se déroulaient comme prévu.

L’un des hommes cagoulés s’était approché de moi et avait ensuite laissé tomber un sac de pièces de monnaie dans ma main.

« Hm. Un instant, » avais-je dit et j’avais sorti un cristal de sort.

Il y avait dessus un simple sort appelé [Compte], et avec lui, je pouvais compter le nombre d’objets dans un sac à main ou une caisse sans les regarder.

Quand je l’avais activé, le nombre 250 était apparu au-dessus du cristal.

« Pourquoi ces cinquante pièces supplémentaires ? » avais-je demandé en plissant les yeux sur le chiffre.

« Pour oublier que vous nous avez rencontrés, » répondit le draconien encapuchonné.

« Je l’ai déjà fait, » j’avais répondu avec un sourire.

Ce genre de transactions où l’autre partie était si généreuse était la meilleure des choses possibles !

« Bien. Combien de temps ce voyage va-t-il durer ? » demanda-t-il.

« Trois jours au maximum. Le Léviathan du Seigneur de Donjon Illsyore a rendu ce chemin tout à fait sûr pour tout navire. Aujourd’hui, les pirates n’osent même plus s’approcher d’Illsyorea, » avais-je répondu.

« Trois jours… C’est suffisant. » Il avait fait un signe de tête.

« Par ici, messieurs, » avais-je dit, et en marchant après eux, j’avais remarqué que la queue de l’un d’entre eux avait des écailles marron foncé.

***

Chapitre 123 : Une fois de plus, nous nous rencontrons

Partie 1

[Point de vue d’Illsyore]

Le départ prochain de mes épouses était un événement que nos étudiants ne semblaient pas vraiment désireux d’accueillir. S’ils avaient compris qu’ils ne pouvaient rien y faire, ils avaient néanmoins exprimé leur désapprobation pour montrer à quel point elles allaient leur manquer. En me demandant constamment pourquoi je n’y allais pas à leur place, je m’étais demandé si ma popularité auprès des jeunes étudiants n’était pas plutôt faible. S’il ne s’agissait que de la population masculine, j’aurais peut-être compris pourquoi ils étaient si opposés, mais les filles en faisaient aussi tout un plat.

Les seuls qui étaient heureux étaient ceux qui suivaient les leçons de combat de Nanya. Ils avaient organisé une fête quand ils l’avaient découvert. Le lendemain, Nanya leur avait dit que j’allais les faire passer par mes donjons pour qu’ils acquièrent un peu d’expérience du combat. Cette nouvelle avait eu pour effet de les rendre à nouveau moroses. Même si, pour une raison quelconque, cela m’avait énervé, j’avais promis à mes femmes qu’il n’y aurait plus de scénarios de « lave au premier étage ».

Le troisième jour après notre petite réunion de famille, je m’étais réveillé en étant étreint par ma femme draconienne. Elle m’utilisait comme oreiller pour les câlins, sa queue était étroitement enroulée autour de ma taille comme si elle essayait de m’empêcher de fuir son étreinte.

La nuit dernière, elle m’avait emmené faire une folle promenade. Heureusement, Illsyorea était une île assez grande, nous avions donc pu trouver un bon endroit où nous avions pu faire un bain de minuit et nous amuser un peu sur la plage.

À notre retour, nous nous étions déshabillés et nous nous étions endormis sans rien faire d’autre.

« Mmm ~, » Ayuseya avait laissé échapper un doux gémissement quand j’avais essayé de me faufiler loin de son étreinte de constricteur.

Je l’avais regardée, mais elle dormait encore profondément.

Voyant qu’elle n’avait pas l’intention de se lever et que j’étais en retard pour le travail, j’avais commencé à pétrir ses fesses avec les deux mains. Ma femme avait émis des gémissements plutôt érotiques avant d’ouvrir les yeux.

« Bonjour. Es-tu réveillée ? » lui avais-je demandé.

« Mhm ~, » avait-elle répondu.

« Peux-tu me lâcher ? » avais-je demandé.

« Mmmno ~, » avait-elle répondu, puis elle m’avait mordu le cou.

« Hé maintenant, il faut se lever, pas de temps pour le marquage et les préliminaires ! » lui avais-je dit en lui tendant la joue.

« Mais ~, » elle me regardait avec des yeux suppliants.

« Argh… »

Comment pourrais-je résister à une telle attaque ?

J’avais laissé la nature suivre son cours, mais j’étais en retard d’une demi-heure. Quand j’avais passé la porte, les élèves avaient poussé un soupir de dépression.

« Pourquoi êtes-vous si malheureux ? » m’étais-je plaint en m’asseyant à mon bureau.

Devant moi, il y avait les 30 étudiants de la deuxième année. La plupart d’entre eux étaient les quatrième et cinquième enfants des nobles. Ils avaient été envoyés ici principalement pour faire un essai de mon académie. Bien que Varakium m’ait donné sa parole et aussi une copie d’une déclaration officielle qui garantissait l’authenticité de mon académie, toutes les familles nobles n’étaient pas encore de son côté.

Le troisième et le quatrième enfant, surtout s’il s’agit de garçons, étaient pour la plupart jetables. Du moins, c’est ainsi que les nobles voyaient les choses. Comme ils ne pouvaient pas reprendre la famille, ils devaient soit se marier dans une bonne famille, soit se tourner vers la vie d’aventurier.

En les envoyant à mon académie, on s’attendait à ce qu’ils finissent par mourir si je n’étais pas le donjon que la rumeur voulait que je sois ou à ce qu’ils trouvent une partenaire à épouser. Pendant la première année, les enfants nobles avaient compris que leur lignée et leur famille ne signifiaient rien ici et s’étaient vite habitués à l’idée de ne pas avoir à ressentir sur leurs épaules la pression de leurs parents.

Il était environ 11 h 26 du matin quand j’avais soudainement senti un « ennemi » entrer dans mon territoire de donjon.

Je m’étais arrêté d’enseigner et j’avais dit aux étudiants : « Je m’excuse, mais il y a quelque chose dont je dois m’occuper ».

L’une des étudiantes avait levé le bras et avait demandé d’un ton enjoué : « Allez-vous voir l’une de vos femmes pour une courte séance d’amour ? »

« Hein ? Pourquoi en faire une courte ? » avais-je demandé comme si c’était le problème le plus évident dans ce qu’elle avait dit. J’avais secoué la tête, puis j’avais continué : « Le destructeur de l’Académie Fellyore vient d’entrer dans mon territoire de donjon et il s’approche du port. »

Quand j’avais dit cela, les sourires sur leurs visages s’étaient évanouis et m’avaient regardé sérieusement. La plupart d’entre eux étaient déjà majeurs, donc les questions de vie et de mort n’étaient pas nouvelles pour eux, surtout compte tenu de leur propre position politique.

« Serons-nous en sécurité ? » demanda l’un des élèves les plus faibles sur un ton timide.

« Ne vous inquiétez pas. Je ne laisserai jamais rien arriver à mes mignons petits élèves ! » Je leur avais montré un sourire et ils semblèrent soulagés.

« Nous prierons pour que vous gagniez, professeur Illsyore ! Montrez-leur ce qu’un donjon peut faire ! » cria l’un des garçons.

« Oui ! Faites donc ça, professeur ! »

« Donnez-leur un peu de tranquillité d’esprit ! »

« Ne les laissez pas nous prendre Illsyorea ! »

« Vous devez gagner, professeur Illsyore ! »

« Je vous remercie. Vos encouragements sont très importants pour moi. Maintenant, restez ici et faites un peu d’autoapprentissage. »

Cela dit, j’avais quitté la classe et j’avais appelé mes femmes.

« Colly Tos ! » J’avais jeté le sort interdit et cinq paires de tissus à volants étaient apparues devant mes yeux.

J’avais attendu une minute environ, puis je les avais vues s’approcher de moi. Nanya tenait une enclume dans sa main droite. Ayuseya avait un sourire froid sur les lèvres. Tamara s’avançait. Heureusement, elle portait un pantalon cette fois-ci. Zoreya était rouge vif sur les joues, comme une tomate mûre prête à être cueillie. Shanteya me montrait un sourire calme et doux.

« Et alors ? » demanda Nanya.

« Dankyun est ici, » leur avais-je dit en les regardant dans les yeux.

L’air autour de nous avait soudainement changé.

Vu qui était ce draconien et ce qu’il nous avait fait, ce n’était pas étonnant. La seule personne qui ne savait pas quoi penser de cette situation était Tamara, qui ne l’avait jamais rencontré, et j’étais content qu’elle ne l’ait pas fait.

Je leur avais rendu leur culotte et alors qu’elles se changeaient, je leur avais dit. « Je vais aller le rencontrer. Zoreya et Shanteya devraient venir avec moi. Nanya et Ayuseya devraient nous attendre sur le terrain d’entraînement. »

« Mon cher, que vas-tu faire ? » m’avait demandé Ayuseya.

En la regardant dans les yeux, je m’étais rappelé l’état dans lequel elle était après avoir affronté Dankyun pour me défendre de sa colère. De tous, c’est elle qui avait le plus à souffrir de sa folie. Elle avait été forcée d’avaler une concoction qui lui avait brûlé la gorge et l’avait maudite pour qu’elle se taise à jamais. Elle était fiancée à lui dans le seul but de devenir un tremplin dans sa conquête. À la fin, il lui avait brutalement coupé un bras et l’avait poignardée dans le ventre pour tenter de la tuer.

La douleur qu’elle avait endurée, la souffrance et l’angoisse mentale, je ne les avais jamais fait payer à Dankyun. Si c’était un homme changé, peut-être… juste peut-être que je serais capable de résister à l’envie de le tuer et de lui arracher la colonne vertébrale pour la lui enfoncer dans la gorge.

« Rien…, » j’avais répondu et lui avais montré un sourire « Toi et Nanya le ferez. »

Elles m’avaient regardé avec de grands yeux. Le passé de Nanya avec Dankyun n’était pas plus heureux. Trahie par amour, laissée pour morte dans un donjon dangereux et s’étant faite voler l’épée de son père, tout cela faisait partie des souffrances que ce draconien lui imposait. Comme un fléau dont on ne peut se débarrasser, il l’avait ensuite suivie à l’Académie Fellyore et l’avait détruite sous ses yeux, mettant en danger ses élèves et ses amis.

« Nous le ferons ? » demanda Nanya.

« Seulement si vous le voulez, » avais-je dit. Puis j’étais allé jusqu’à Nanya et Ayuseya et je les avais embrassées toutes les deux. « Je sais ce qu’il vous a fait à toutes les deux. Peut-être que j’aurais dû le tuer à l’époque ou peut-être que j’ai fait ce qu’il fallait en le laissant vivre. Je ne sais pas, mais je lui ai promis que si jamais il osait se montrer devant moi, je vous laisserais tous les deux l’écraser. Honnêtement, je veux vous voir le transformer en viande hachée s’il s’avère qu’après tout ce temps, il n’a pas changé dans le bon sens. Je pense que… Je ne l’ai peut-être pas tué à l’époque parce que je pensais que ce serait mieux si vous le faisiez toutes les deux, » avais-je dit…

« On dirait que tu nous fais porter le chapeau de cette mission de tuerie, » se moquait Nanya en frottant sa joue contre la mienne.

« Peut-être. Comme je l’ai dit, c’est votre choix. Si vous voulez que je le fasse, je n’hésiterai pas, » lui avais-je dit.

« Nous nous verrons sur le terrain d’entraînement, mon cher mari, » déclara Ayuseya avant de me picorer le cou.

« Nous ne t’en voudrons pas si tu le tues accidentellement en chemin, » Nanya me l’avait dit avant de me donner un baiser sur les lèvres.

Après leur départ, Tamara s’était approchée de moi. Sa queue se balançait en l’air et elle se penchait vers l’avant, m’offrant ainsi une bonne vue de son séduisant décolleté.

Avec un sourire de chat sur les lèvres, elle m’avait demandé : « Mon pote, que veux-tu que je fasse ? »

Je lui avais tapoté la tête. Elle avait laissé échapper un doux « nya » et m’avait regardé dans les yeux.

« Cache-toi dans l’ombre et si l’un de nos “invités” ose bouger, montre-lui tes crocs, » lui avais-je dit.

« Nya ~ Très bien, mon pote ! » elle avait alors sauté dans mes bras, pressant sa grosse poitrine sur moi.

Après une petite lèche de ma joue, elle avait volé mes lèvres dans un baiser. Je lui avais rendu son baiser et l’avais embrassée. La nekatare éveillée avait adoré ça.

Au moment où elle avait été hors de mes bras, elle avait disparu. J’avais tourné la tête et je l’avais vue bondir de l’autre pièce. Sa gentillesse m’avait fait sourire.

« Illsy, pourquoi ne veux-tu pas te battre avec lui ? » demande Zoreya sur un ton sérieux.

J’avais regardé en bas et j’avais répondu. « Parce que ça ne ressemble pas à mon combat. J’avais le mien à Fellyore, » leur avais-je dit.

« Et moi et Shanteya ? » demanda Zoreya.

« Vous êtes également libres de faire de lui ce que vous jugez bon, » lui avais-je répondu.

Dankyun nous avait tous fait quelque chose, sauf Tamara.

Le passé de Zoreya avec lui était également tragique. Au lieu d’être comme un frère pour elle et les autres enfants de l’orphelinat, le draconien leur avait tourné le dos et les avait tués de sang-froid. Il avait mis le feu à sa propre maison et l’avait regardé s’enflammer en écoutant les cris atroces des enfants innocents qui s’y trouvaient. Que ce soit par chance ou par le destin, Zoreya avait pu échapper à ce tragique incendie et s’était mise en route pour devenir l’apôtre de Melkuth.

« Je n’ai rien contre ce draconien. Pour moi, il n’est rien d’autre qu’un gaspillage d’espace et d’air. Même ses restes n’apporteraient aucun bénéfice au monde, car ils corrompraient et pourrissaient le sol sous lequel ils sont placés, » répondit Shanteya avec un doux sourire sur les lèvres.

« Quant à moi, je souhaite dire quelque chose à ce monstre de trahison, mais… sans lui, je n’aurais jamais rencontré un homme aussi merveilleux que toi et je n’aurais jamais eu la joie de devenir l’un des hauts-apôtres de Melkuth. En ce moment, je me sens vraiment bénie, et être avec toi est ma plus grande bénédiction jusqu’à présent, » elle m’avait montré un doux sourire rempli d’un amour sans limites.

Quand elle avait dit cela, je l’avais regardée dans les yeux et j’avais eu l’impression que ses paroles étaient ancrées dans mon âme.

À ce moment précis… comme le murmure d’un fantôme qui résonne au fond de mon esprit, j’avais entendu une seule pensée, dont je ne me souviendrais pas depuis très longtemps.

Je vois, c’est pourquoi j’ai tout changé… C’est leur amour qui m’a attiré dans cette réalité, et mon amour a simplement répondu à leur appel… Si simple… et pourtant… assez…

La pensée s’était arrêtée, et dès que je l’avais réalisée… Je l’avais oublié.

En clignant des yeux surpris, je m’étais demandé ce que c’était.

J’avais regardé dans les yeux de Zoreya et tout ce qui avait été effacé de mon esprit comme une éponge, je l’avais écrit dans mon cœur.

« Merci, Zoreya, » lui avais-je dit puis je lui avais donné un doux baiser sur les lèvres.

***

Partie 2

[Le point de vue de Dankyun]

J’avais attendu si longtemps, m’entraînant et me perfectionnant dans cette cellule pourrie !

Mon armure magique était désormais plus puissante que celle de n’importe quel autre Suprême sur les trois continents ! J’en étais certain ! Rien qu’en regardant ces imbéciles pathétiques qui osaient se tenir si calmement en ma présence, je pouvais dire que je pouvais facilement survivre à d’innombrables coups de poing de leur part, alors qu’ils pouvaient à peine tenir quelques coups des miens.

Mes griffes, mes sorts, ce n’était rien comparé à l’époque où j’ai été humilié par ce donjon ! Peu importe le nombre de vies, de siècles et de millénaires qui allaient s’écouler, peu importe ce que j’aurais à sacrifier, je lui ferais payer l’humiliation et la torture qu’il m’avait fait subir !

Tous ces monstres et sous-fifres qui se cachent dans l’ombre, je les tuerais tous. TUEZ-LES TOUS !

Cette bande d’idiots qui naviguait avec moi, Brakhian Zarkhol, Varidan Legos et Ashavar Naska formait l’équipe spéciale des élites suprêmes de Teslov. Les plus puissants du Royaume Draconien, et ils étaient tous sous la domination de l’Empire du Paramanium. Ou du moins, il semblait l’être.

Selon toute vraisemblance, nous nous déplacions sous les ordres de l’empereur ou de l’un de ses frères et sœurs royaux, mais de temps en temps, nous recevions des missions spéciales du roi de Teslov. Nous devions faire ceci et cela, surtout des tueries et un peu de pillages. Une fois, nous avions dû violer une des femmes nobles de la faction draconienne adverse. C’était agréable !

Pour moi, il n’y avait rien de plus satisfaisant que de voir une femme ramper à mes pieds en léchant mes bottes. Leur genre ne valait que pour satisfaire les besoins des hommes. Leur corps n’était conçu par les dieux que dans ce but. Leur esprit, leur volonté, leur individualité et leur personnalité étaient autant de défauts. De la camelote qui était passée sous silence à cause de la corruption des mœurs de la forme parfaite.

Ah, mais une fois que j’aurais pu me venger de ce donjon, j’allais tuer ces trois-là et ensuite toute la famille royale des Pleyades. Cela allait être facile pour moi. Non, ça aurait été ridiculement facile pour n’importe quel Suprême. Ils n’étaient rien d’autre qu’une honte pour le nom des draconiens. Régner sur nous, c’était comme se faire ordonner et ridiculiser par des shikaks stupides qui étaient en train de servir leurs « clients ».

Cette seule pensée me dégoûtait au plus haut point.

Oui… tuer… Je tuerai tous ceux qui s’opposeront à moi, c’est simple, pensais-je…

Mais je n’étais pas dupe. Je ne pouvais pas agir comme ça, je devais agir de manière plus… subtile. J’avais entendu dire qu’il y avait encore une princesse vivante ou qu’elle venait de naître ? Cela n’avait pas d’importance. Si la famille royale n’agissait pas correctement, alors je pouvais déclencher une rébellion de l’intérieur. Quelques mots gentils et un cadeau généreux au nouvel empereur stupide allaient faire en sorte que je n’aie pas de problèmes de ce côté-là. Le quatrième prince me devait encore ce qu’il m’avait fait. J’allais lui rendre une visite secrète à minuit et lui montrer ce que signifiait que de me contrarier.

Les corps humains, contrairement aux corps draconiens, étaient aussi fragiles qu’un bâton séché. Il suffisait d’un peu de force pour les briser, mais le vrai plaisir venait de le faire d’une manière plus… destructrice. J’avais déjà pensé à la façon dont je voulais faire souffrir tous ceux qui s’opposaient à moi.

À ce propos, quelle était notre mission ici, déjà ? Enquêter sur les rumeurs concernant le pouvoir du Donjon Illsyore et si possible l’éliminer ? Non, ce n’était pas ça… Qu’est-ce que c’était ? Violer ses femmes et tuer ses enfants ? Cela semble mieux, mais non…, pensais-je, mais je ne me souvenais pas.

Si c’était le cas, alors cette mission était définitivement ennuyeuse.

« Hé, patron ? » j’avais demandé, mais je n’avais certainement pas gardé une seule goutte de respect pour ce lézard « Quelle est notre mission déjà ? »

Celui qui avait des écailles rouges me regardait et me fixait.

« N’avez-vous pas fait attention ? Êtes-vous à ce point idiot ? » grogna-t-il.

« Ah, peut-être ? » répondis-je en souriant.

Il avait poussé un soupir et avait secoué la tête. Pour cette remarque de sa part, j’allais lui faire manger ses propres entrailles après lui avoir pissé dessus.

« Nous devons enquêter sur l’île. Découvrons ce que nous pouvons sur le donjon nommé Illsyore et ses femmes : Tamara Deus, Nanya Deus, Shanteya Deus, Ayuseya Deus et Zoreya Deus. Trouvons les éventuelles faiblesses qu’elles pourraient avoir, qu’elles soient politiques, physiques ou psychologiques, puis signalons-les immédiatement à notre contact sur l’île. Vous ne devez PAS vous éloigner de nous, prononcer des paroles inutiles ou vous comporter d’une manière qui exposerait notre identité à nos cibles, » Brakhian avait répondu par un grognement, mais ce qu’il disait était déjà impossible, n’est-ce pas ?

Rien qu’en me voyant, Nanya et Ayuseya trembleront de peur comme des petits lapins. Hm, devrais-je encore essayer d’utiliser Ayuseya comme épouse ? Non, je l’utiliserai juste comme mon trou de secours, avais-je réfléchi et puis je m’étais mis à rire.

Le patron m’avait regardé en plissant les sourcils.

Ils savaient tous que j’avais une vis desserrée, alors ils n’avaient pas fait attention à moi. C’était bien, ça m’avait permis de travailler sur mon complot en paix.

« Êtes-vous sûr que les cibles ne reconnaîtront pas ce mufle ? » demanda Varidan sur un ton moqueur.

Il avait de très belles écailles bleues que j’allais prendre plaisir à arracher de son corps.

« Peut-être, mais je les connais mieux que vous deux, surtout Nanya et Ayuseya. Ma misérable sœur est également là, mais je ne peux pas croire que Shikak ait survécu à mon attaque. Est-ce que le donjon l’a guérie ? Impressionnant, » avais-je dit et ensuite j’avais haussé les épaules.

« Shikak ? Vous feriez mieux de surveiller votre langage là-bas. J’ai entendu dire que le Donjon n’aime pas beaucoup que les gens insultent ses femmes. Gardez une distance avec elles et ne les laissez pas vous repérer. Ils sont tous bien plus puissants qu’ils n’en ont l’air, » déclara Brakhian.

« Oh s’il vous plaît ! La dernière fois que je les ai vus, ils n’avaient aucune chance contre moi ! Et c’était sans [Boosteur]. Le Donjon leur a probablement juste donné quelques beaux objets, c’est tout, » j’avais haussé les épaules.

Je n’étais pas inquiet. J’avais appris à la dure le désavantage de se fier à des objets. Ils avaient été ma perte dans ma bataille contre lui, mais maintenant j’avais largement dépassé cet état. Si je devais utiliser des objets maintenant, je serais imbattable. C’est la raison pour laquelle j’étais si confiant de pouvoir gagner contre ces imbéciles dans une bataille 3v1.

Si c’était le moi de l’époque où j’étais enfermé, je ne pense pas que je pourrais tenir la chandelle à l’un d’entre eux, mais maintenant les choses étaient bien plus différentes qu’elles ne l’étaient à l’époque. Avec un entraînement quotidien et la persistance à aller mieux, j’étais bien plus puissant qu’aucun d’entre eux ne l’avait imaginé.

À ce moment-là, on avait entendu un coup à notre porte.

« Nous arriverons à Port Illsyorea dans quelques minutes, » avait déclaré le capitaine.

Après son départ, Brakhian s’était levé et était allé chercher son manteau. Contrairement aux autres passagers de ce bateau, nous n’avions que nos manteaux hors de nos cristaux de stockage. Tout le reste avait été placé là pour ne pas l’oublier accidentellement en cas de naufrage du bateau ou après l’accostage.

Une fois que le navire avait jeté l’ancre à la jetée, nous étions sortis de notre chambre. Avec Varidan et Ashavar, j’avais suivi Brakhian sur le pont, mais ce qui nous attendait était plutôt… inattendu.

« Ah ! Dankyun ! Ça fait un moment ! » déclara quelqu’un.

Cette voix… Ce visage ! Je ne pourrais jamais les oublier ! J’avais laissé échapper un grognement mental en regardant le bâtard qui m’avait tant humilié ! « Illsyore…, » j’avais craché son nom comme un morceau de pain moisi.

[Le point de vue de Brakhian]

Pour atteindre notre objectif de cette manière, et surtout pour qu’il identifie immédiatement cet idiot de Dankyun, c’était certainement une situation imprévue.

Ce donjon avait des cheveux et des yeux vert jade. Ses vêtements ressemblaient à ceux d’un seigneur en termes de qualité, mais il leur manquait les bijoux de fantaisie qu’un noble porterait sur lui. Il n’avait pas d’armes sur lui, mais les cristaux sur ses paumes me faisaient me demander s’il en avait vraiment besoin. Tout dans ce personnage était différent de ce que nous connaissions des Donjons standards, de la façon dont il se comportait à la façon dont il ressemblait.

Nous avons deux choix ici. Soit nous nous battons et nous le vaincrons, soit nous tentons de fuir. Je ne pense pas qu’il soit ici juste pour parler, avais-je pensé…

Bien sûr, j’avais immédiatement soupçonné que cette créature avait également pris conscience de mon identité et peut-être même de notre mission ici. Aucun Donjon ne resterait immobile à regarder ses ennemis rassembler des informations sur lui. Il essaierait certainement de nous tuer avant que nous ayons une chance de nous enfuir.

Le fait est que les Donjons n’avaient pas une grande expérience des combats en dehors de leurs labyrinthes complexes remplis de pièges et de monstres. Une fois qu’on avait obtenu un corps humanoïde, ils étaient généralement victimes de leur propre stupidité. Mais comme ils étaient très précieux, la tendance était d’essayer de les capturer vivant pour pouvoir faire des expériences. Le soutien de l’Empire du Paramanium avait cependant épargné à ce donjon ce genre de tracas.

Cela étant, nous pourrions probablement gagner contre lui tant qu’il ne se repliait pas dans son donjon.

« Je vous suggère de ne pas toucher à votre épée et de ne pas essayer d’utiliser de magie, sinon vous serez tué sans remords là où vous vous trouvez, » annonça la femme el’doraw aux cheveux blancs en nous montrant un sourire calme.

Cela m’avait donné des frissons.

Cette femme… elle est dangereuse, j’avais réfléchi et j’avais soigneusement retiré ma main de la poignée de mon épée.

« N’attaquez pas, » avais-je donné l’ordre à mes hommes.

« Patron ? Vous êtes sérieux ? » demanda Dankyun.

« Oui. Ne faites rien de stupide, » je l’avais regardé fixement.

Dankyun avait craché sur le côté, puis avait levé les deux mains en l’air.

Ce draconien problématique allait me faire tuer un de ces jours avec ses actions stupides. Il avait à peine écouté mes paroles et avait toujours eu tendance à agir de son propre chef. Plus d’une fois, je l’avais trouvé abusant de son statut pour s’amuser dans des bordels. Ce ne serait pas un problème s’il ne laissait pas plusieurs de ces prostituées enceintes. Le nombre de morts n’avait fait qu’augmenter inutilement à cause de lui.

« Bien ! Maintenant, laissez-moi me présenter, car je vois que mon “vieil ami” Dankyun ne souhaite pas me présenter. Ah ! Je suis triste, » Le Donjon avait fait semblant d’essuyer une larme. « Maintenant, je m’appelle Illsyore Deus. Si vous vous demandez pourquoi le nom de famille, rassurez-vous, c’est Melkuth lui-même qui m’a nommé, » il m’avait montré un sourire.

Un frisson m’avait parcouru la colonne vertébrale.

Le Dieu de la guerre a fait quoi ? Non, ce doit être un mensonge, pensais-je, mais quelque chose comme ça ne pouvait pas être possible. Seuls les héros recevraient un nom d’un dieu, c’est ce que disaient les légendes.

« Cette charmante femme est mon épouse, Shanteya Dowesyl Deus, et cette charmante femme ici présente est mon autre épouse, Zoreya Eleanor Alttoros Deus. Oui, la polygamie est autorisée sur l’île d’Illsyorea si elle remplit certaines conditions. Maintenant, voulez-vous bien me suivre, messieurs ? Je tiens à vous rappeler que si vous osez faire des mouvements brusques ou suspects, vous mourrez plus vite que vous ne pouvez cligner des yeux. Pour preuve…, » il avait souri et avait claqué des doigts.

Mon armure magique et celles de mes hommes avaient subi une petite fissure à la base du cou. Aucun de nous ne pouvait dire qui ou quoi nous attaquait. C’était trop rapide pour moi aussi, mais en regardant les autres, je pouvais voir dans les yeux de Dankyun qu’il avait aperçu l’attaquant. Son regard était dirigé vers la femme el’doraw, elle portait maintenant une paire de poignards jumeaux avec une étrange lame rougeoyante.

« Comme je l’ai dit, ne faites pas de folies ou vous mourrez avant de vous en rendre compte, » il nous l’avait dit.

Nous avions tous hoché la tête.

Quelle vitesse monstrueuse, pensais-je en le suivant silencieusement.

***

Chapitre 124 : Cela en valait-il la peine ?

Partie 1

[Point de vue d’Illsyore]

Les Suprêmes de Teslov nous avaient suivis à travers la ville tout en gardant constamment les yeux sur nous. Ils s’assuraient que nous n’allions pas tenter une sorte d’attaque furtive, comme si l’un d’entre nous avait besoin de quelque chose d’aussi stupide que ça pour les vaincre. Zoreya était une forteresse ambulante qu’ils ne pouvaient pas abattre quoiqu’il arrive. Tamara était un assassin silencieux et mortel qu’ils ne pouvaient même pas voir venir. Shanteya était toujours prête à leur trancher la gorge avec ses poignards, et moi j’étais un donjon divin, comme on dit.

Aussi calmes et sereines qu’aient pu être mes femmes, elles étaient toutes des Suprêmes qui s’entraînaient et combattaient à mes côtés sur l’île des Boss contre des monstres légendaires comme le Léviathan. Leur demander, à elles qui pouvaient gifler un T-Rex, de se méfier de ces Suprêmes, c’était la même chose que de demander à un Grizzly d’avoir peur d’un petit canard. Quant à moi, j’avais été propulsé dans des statistiques scandaleuses grâce au [Lien de Confiance II]. À l’époque, dans le Royaume de Shoraya, je n’avais même pas 10 000 points dans chaque statistique, et je pouvais toujours gérer Dankyun avec facilité.

Quoi qu’il ait fait ces dernières années, depuis la dernière fois que nous l’avions vu, il n’aurait jamais pu atteindre le point où il pourrait égaler n’importe lequel d’entre nous. C’était littéralement impossible, car il n’y avait aucun moyen pour lui d’avoir accès sur ces trois continents à des monstres puissants comme ceux de l’île des Boss.

Cela ne signifiait pas pour autant que je niais complètement cette pensée et cette idée. S’il y avait des dieux dans ce monde, qui pourrait dire s’il n’y avait pas des donjons d’entraînement souterrains spéciaux comme le mien ici sur Illsyorea, qui pourrait faire progresser quelqu’un comme Dankyun au rang de Suprême. C’est pourquoi j’avais gardé l’idée de cette possibilité dans mon esprit pour ne pas être pris par surprise.

« C’est une ville d’apparence étonnamment paisible malgré la présence d’un donjon comme vous, » avait déclaré celui que je croyais être leur commandant. Je n’avais pas pris la peine de me retourner pour le regarder.

« Bien sûr qu’elle l’est. Cette île est un lieu d’apprentissage. Elle abrite finalement une Académie de Magie, » avais-je répondu d’un ton calme.

« Et vos donjons de torture et de mutilation, » avait-il rétorqué.

« Il y a des donjons faciles et d’autres plus difficiles, c’est vrai. Mais mon propre donjon spécial est un donjon auquel personne sur l’île, à part mes femmes, n’a accès, » avais-je répondu.

« Pourquoi ? » avait-il demandé.

« Parce que personne d’autre que nous ne peut le compléter, » répondit Shanteya.

« Quoi ? » il était confus maintenant.

« C’est bien plus dangereux qu’il n’y paraît. C’est vraiment un donjon digne de mon mari ! » déclara fièrement Zoreya.

« C’est un piège mortel pour tout le monde. Si vous le souhaitez, après cet événement, si vous êtes toujours en vie et converti à un statut d’ami ou de neutre, nous pouvons vous jeter à l’intérieur et enregistrer vos lamentations, » Shanteya le leur avait dit d’un ton calme tout en se retournant pour leur montrer un sourire amical.

« Vos mots et vos expressions ne correspondent pas, madame, » déclara celui avec les écailles bleues pointées.

« Je sais, » répondit-elle en gardant le sourire.

À ce moment-là, l’un des enfants qui couraient partout en jouant au chat était rentré en collision avec moi.

« Umph ! » dit-il, puis il était tombé sur les fesses. « Aïe ! » cria-t-il.

Les draconiens s’étaient figés sur place quand ils avaient vu cela.

« Hm ? N’est-ce pas Wolf ? Qu’est-ce que tu fais, mon garçon ? » demandais-je en souriant en l’aidant à se remettre sur pied.

« Professeur Illsyore ! Je jouais au chat avec les enfants du quartier ! » répondit-il avec un sourire éclatant.

« Vraiment ? Mais regarde où tu cours. Si tu étais dans un donjon, tu aurais pu tomber sur un ennemi ou tomber dans un piège, » lui avais-je dit en lui tapotant la tête.

« Nn ! » Il avait fait un signe de tête et avait ensuite dit. « Je ferai plus attention ! Je vais retourner jouer maintenant ! Bonjour, professeur Illsyore, professeur Shanteya, professeur Zoreya ! » Il avait ensuite couru vers ses amis.

J’avais continué à marcher dans la rue comme si de rien n’était.

« Vous ne l’avez pas tué, » demanda le chef sur un ton étonné.

« Hein ? Pourquoi ferais-je cela ? » Avais-je demandé, mais cette fois-ci, je m’étais retourné pour le regarder en plissant les sourcils.

« Les nobles demandent généralement que le paysan qui les croise soit emprisonné, condamné à une amende ou abattu sur place. Vous qui êtes un Donjon n’avez rien fait de tel, » répondit-il sur un ton sérieux.

« Bien sûr ! Pourquoi abattrais-je un enfant pour m’avoir heurté ? Suis-je un idiot ? Peut-être que les nobles qui font cela sont des idiots ? Non, ce serait une insulte pour les idiots du monde entier, » avais-je dit et j’avais secoué la tête face à la dernière remarque.

« De telles paroles auraient pu facilement vous faire jeter en prison à Teslov, » il m’avait prévenu.

« Nous ne sommes pas à Teslov, et d’ailleurs…, » je m’étais arrêté et je l’avais regardé droit dans les yeux « J’ai vaincu l’armée de l’Empire du Paramanium. Qu’est-ce qui vous fait croire que je ne peux pas effacer un petit royaume comme Teslov de la carte ? » Je l’avais regardé fixement pendant un moment, mais il n’avait pas répondu.

Voyant qu’il était à court de mots, je m’étais retourné et j’avais continué à marcher.

Finalement, nous étions passés devant les champs agricoles où Riveron Sei donnait à un groupe d’étudiants de première année une leçon pratique sur la gestion des champs. Même les nobles s’intéressaient à ce qu’ils disaient et prenaient des notes. Après le premier mois, il était devenu clair pour tous que quoi qu’on leur enseigne ici, cela leur serait utile à l’avenir, surtout pour ceux qui n’avaient pas d’autre choix que de se faire un nom.

« Comment ça se passe Riveron ? » avais-je crié tout en leur faisant signe de la main.

« Ah ! Illsyore ! C’est bon de vous voir ! Les étudiants se débrouillent bien ! À ce rythme, il faudrait peut-être élargir encore plus les domaines ! » Il avait ri.

« C’est sûr ! Lorsque tu seras certain de la situation, passe à mon bureau et soumets-moi un rapport écrit ! » avais-je répondu.

« Je vais le faire ! Bonne journée, Illsyore ! Ah, et vous aussi, charmantes dames ! » Il ria et s’inclina.

« Bonjour, Riveron Sei, » lui répondirent mes femmes.

« Un tel flirt, » Shanteya riait.

« C’est comme ça qu’il est. Quand nous l’avons rencontré pour la première fois, il n’osait même pas parler comme ça, » lui avais-je dit.

« C’est en partie pour cette raison qu’il a fini comme esclave, n’est-ce pas ? » demanda Zoreya.

« Hm, je ne pense pas, mais tu peux le lui demander, » j’avais haussé les épaules.

« N’êtes-vous pas fâché que cet homme flirte avec vos femmes ? » demanda le draconien.

« Pourquoi devrais-je le faire ? C’est un flirt inoffensif. Quand il s’agit de lui, c’est essentiellement sa façon de montrer qu’il est en bons termes avec nous, » j’avais haussé les épaules.

« Cet homme n’a jamais rien tenté d’inconvenant avec aucune d’entre nous, ni avec ses étudiants, ni avec aucune des femmes de la ville avec lesquelles il est ami, » déclara Shanteya.

« Mais… c’est inapproprié. Pour un paysan de faire ça…, » le draconien était un peu à court de mots.

« Pourquoi pas ? Sur l’Illsyorea, il n’y a pas de paysans ni de nobles. Je suis le souverain absolu de toute façon, » j’avais haussé les épaules.

Pour être honnête, quand il avait commencé à agir comme ça, j’avais aussi pensé que quelque chose était étrange, mais j’avais fini par apprendre que pour lui, ses flirts n’avaient jamais d’arrière-pensée ou d’intentions cachées. Il se sentait plus à l’aise de parler de cette manière avec ceux qu’il considérait comme des amis.

Finalement, nous avions quitté la zone civile et étions entrés dans ce qui était communément appelé « le terrain vague ». En gros, c’était la zone que je n’avais pas encore cultivée ou modifiée de quelque façon que ce soit avec ma magie de Donjon. Il y avait ici de nombreuses parties qui s’étaient développées en un champ d’herbe et étaient souvent utilisées comme pâturages pour les animaux.

Le terrain d’entraînement, cependant, était plus rocailleux en termes de terrain et sans herbe. Il ressemblait vraiment à un terrain vague.

« Nous y sommes presque, » leur avais-je fait savoir.

« Où nous emmenez-vous exactement ? » demanda le dragon aux écailles bleues.

« Dans mes champs d’entraînement, où mes femmes auront une véritable conversation avec votre ami, Dankyun, » leur avais-je dit.

« Hein, » Dankyun était celui qui avait fait semblant d’être surpris.

« Qu’en est-il du reste d’entre nous ? » demanda le chef.

« Nous boirons probablement du thé ou mangerons quelques en-cas, » avais-je dit en me grattant le menton.

« J’en ferai quand nous y serons, » proposa Shanteya.

« Cool ! » J’avais souri.

Les draconiens derrière nous étaient probablement confus parce qu’ils ne pouvaient pas dire ce que nous prévoyions. Cela n’avait pas d’importance. Très vite, ils en viendraient à décider s’ils allaient vivre ou mourir ici. Je voulais aussi les emmener le plus loin possible d’Illsyorea, au cas où ils décideraient de jeter un sort insensé pour nuire à ma ville ou les prendre en otage.

« Ah ! Le voilà ! » avais-je dit en pointant le champ de quelques kilomètres carrés où il n’y a même pas un seul brin d’herbe qui poussait.

« C’est…, » Dankyun l’avait dit quand il avait reconnu les figures des deux femmes qui nous attendaient là-bas.

Lorsque nous les avions rejoints, j’avais dit : « Messieurs, je voudrais vous présenter mes deux autres femmes : Nanya Demonarkiar Deus et Ayuseya Drekar Deus. »

« C’est un plaisir de vous rencontrer, » répondit ma femme draconienne en faisant une révérence polie.

« Hmph ! » la démonesse les regarda fixement et croisa les bras sur sa poitrine.

« Eh bien, maintenant ! Shanteya, peux-tu nous préparer une table ? » avais-je demandé.

« Bien sûr ! » répondit-elle en souriant, puis elle s’éloigna pour trouver un endroit approprié.

« Alors, maintenant ! Zoreya, s’il te plaît, crée un bouclier à effet inversé autour de ce champ. »

« Comme tu le souhaites, mon amour, » répondit-elle avec un petit mouvement de la tête.

Zoreya avait commencé à rassembler le mana et l’énergie divine dans sa main droite. Le processus avait duré une vingtaine de secondes juste parce qu’elle avait pris son temps pour le faire. Quand elle avait été prête, elle avait levé sa main et avait lancé son talent [Dome de protection].

À ce moment, un mur d’énergie géant nous séparait du monde extérieur. Les draconiens avaient été surpris et étaient entrés en état d’alerte, allant même jusqu’à dégainer leurs armes.

« Il n’y en aura pas besoin. C’est un bouclier inversé. Il empêche les choses comme les attaques de Mana errantes de sortir et d’atteindre ma ville. Vous ne voudriez pas accidentellement jeter un sort de Rang Suprême sur mon Académie, n’est-ce pas ? » leur avais-je demandé. J’avais déplacé mes yeux sur eux à la fin.

« N-Non… Bien sûr que non, » dit le chef, celui avec les écailles rouges, en rengainant son épée, mais il était toujours sur le fil du rasoir.

Je ne peux pas lui en vouloir, les compétences de Zoreya étaient impressionnantes et pouvaient même arrêter une de nos Boules de feu Suprêmes.

J’avais ensuite regardé Ayuseya et Nanya et leur avais demandé : « Eh bien, avez-vous pris une décision ? »

« Oui, mais nous devons d’abord changer. Peux-tu nous faire un vestiaire ? » répondit Nanya d’un signe de tête.

« D’ACCORD ? » lui avais-je répondu en fronçant les sourcils.

Je ne savais pas pourquoi elles en auraient besoin, mais je n’avais pas pris la peine de demander. Il ne m’avait pas fallu plus de deux secondes pour en faire un. Le plan était beaucoup trop simple, juste quatre murs, une porte et un plafond avec un cristal de lumière.

« Nous revenons tout de suite, » elle s’était ensuite tournée vers Dankyun et avait ajouté. « Tu devrais aussi te préparer. Prends et équipe tout ce dont tu pourrais avoir besoin pour la bataille à venir. Tu en auras besoin. »

C’était un avertissement et aussi un commentaire moqueur.

« Hein, » Dankyun ne semblait pas comprendre ce qui se passait.

« La dernière fois que nous avons parlé, je t’ai dit que ce n’était pas moi qui allais te tuer, mais mes femmes, n’est-ce pas ? » J’avais clarifié la situation.

« Quoi !? » Cette fois, c’était le dragon rouge qui avait été surpris.

« Il s’agit d’une affaire personnelle, je vous suggère de ne pas vous en mêler. Vous verrez les capacités de mes femmes et vous comprendrez aussi à qui vous avez affaire. Bien sûr, vous êtes libres d’agir comme bon vous semble et par exemple de m’attaquer ou d’essayer d’aider Dankyun, mais alors… Je ne garantirai pas votre sécurité, » leur avais-je dit avec un sourire.

« Dankyun ? » demanda le chef.

« Tch ! Je vais combattre ces shikaks. Ne vous inquiétez pas ! Elles ne peuvent pas gagner ! » Il ricanait.

« Très bien. Donjon, nous acceptons vos conditions ! » m’avait-il dit.

« Comme si vous aviez le choix, mais de cette façon nous pouvons profiter d’une bonne tasse de thé infusé par ma femme bien-aimée tout en parlant tranquillement ! » avais-je déclaré avec un sourire.

***

Partie 2

Je les avais ensuite guidés vers la table préparée par Shanteya et chacun avait pris place. Pendant ce temps, Dankyun enleva la cape qui cachait son corps et changea son armure pour une plus sérieuse. Peut-être avait-il pris les paroles de Nanya au sérieux ou avait-il compris que maintenant qu’elle allait se battre sans être encerclée, elle allait lui causer des ennuis ? C’était le cas s’il la jugeait sur la base de ce qu’il savait auparavant sur ma femme.

« Avez-vous une préférence pour le thé ? » demanda Shanteya aux trois draconiens assis en face de moi.

« Du thé vert, » répondit celui avec des écailles bleues.

« Comment savoir s’il n’est pas empoisonné ? » demanda celui avec les écailles rouges.

« Je n’ai pas besoin de poison pour vous tuer. Je vous ferais juste vous étouffer avec votre propre queue, » Shanteya répondit froidement.

« … Menthe, s’il vous plaît, » répondit-il après un moment de pause.

« Et vous ? » demanda Shanteya à celui qui avait des écailles vertes.

« Redcalf… si vous en avez, » répondit-il.

« Nous en avons, » dit-elle en souriant, puis elle était allée préparer le thé.

« Des cookies ? » avais-je demandé.

« Euh… quoi ? » celui avec les écailles rouges me regardait comme si j’avais dit quelque chose d’étrange.

« Shanteya, apporte-nous aussi quelques collations, » lui avais-je dit.

« Très bien ! » répondit-elle en souriant et en sortant un certain nombre.

Offrir à chacune de mes femmes un cristal de stockage était probablement la meilleure idée que j’aie jamais eue. Ces choses étaient ridiculement utiles.

« Maintenant, pendant que mes femmes et Dankyun se préparent, pourquoi ne pas vous présenter tous les trois ? » avais-je demandé avec un sourire.

« Devons-nous le faire ? » Le chef avait posé ses yeux sur moi.

« Pas nécessairement, mais je le prendrai comme un signe de paix. Vous pourrez le faire après le combat de Dankyun, mais d’ici là, vous devrez excuser mon impolitesse de vous appeler par votre couleur d’écailles, » avais-je répondu.

« Cela ne nous dérange pas, » il avait haussé les épaules.

« Très bien, alors vous êtes Rouge. Vous êtes Bleu. Et vous êtes Vert, » avais-je dit avec un sourire en regardant chacun d’eux.

Pas de réponse, ils m’avaient juste regardé en réponse.

Très vite, Shanteya nous avait apporté le thé et Dankyun était également prêt. Peu de temps après, Ayuseya et Nanya étaient sorties en portant… leurs maillots de bain.

J’avais recraché mon thé.

« QUOI ? » avais-je rétorqué.

Dans l’ensemble, j’avais aimé ce que j’avais vu… mais pourquoi les maillots de bain !? Ça ne me dérangeait pas quand c’était moi qui reluquais leurs seins rebondis, mais pourquoi Dankyun et les autres ?

« Hm ? Vos femmes portent des haillons ? » demanda Rouge avec curiosité.

« Hein ? »J’avais cligné des yeux, surpris, puis je l’avais regardé et je les avais regardées à nouveau.

Des haillons !? Ce sont des maillots de bain de type bikini ! Et pas moins que la version à ficelle ! Qu’est-ce qu’il entend par chiffons !? Je veux dire sérieusement !? Est-ce qu’il se rend compte du nombre de fois où je les ai déshabillées alors qu’elles les portaient. Sur la plage, j’ai fini par donner une spécialité pour le maillot de bain à mon sort de Colly Tos ! Cela valait totalement le coup, mais pourquoi diable serais-je heureux pour les autres de voir mes femmes bien-aimées avec si peu de vêtements ! Hein ? Attends une seconde… des chiffons ? J’avais arrêté de trop réfléchir pendant une seconde, puis j’avais regardé le Rouge.

« Des chiffons ? Qu’entendez-vous par haillons ? » avais-je demandé.

« Hein ? C’est une chemise en lin rapiécée et un pantalon en lin foncé, peu importe comment on le regarde, » le draconien secoua la tête.

« Souhaitent-elles perdre le combat ? » demanda le bleu.

« Des idiotes ? » Le vert avait murmuré quelque chose.

Le linge ? avais-je pensé, et puis Shanteya était venue. Elle m’avait murmuré à l’oreille « [Camouflage] ou peut-être [Illusion] ? Nous sommes les seuls à pouvoir voir à quoi elles ressemblent vraiment. »

« Mais pourquoi ? » avais-je demandé.

« Pas d’armure signifie pas d’excuse pour les objets spéciaux, » Shanteya m’avait montré son sourire.

« Je comprends maintenant, » j’avais fait un signe de tête.

Au fond, elles voulaient vaincre Dankyun de la manière la plus honteuse possible. S’il s’était plaint qu’elles portaient des articles spéciaux ou quelque chose comme ça, il lui aurait été impossible de soutenir ses propos. Après tout, ils les voyaient ne porter que des haillons. Elles ne portaient pas d’arme non plus, mais si, pour une raison totalement absurde et invisible, elles étaient en danger, elles pouvaient appeler leurs armures et les armes que j’avais créées et qui étaient placées à l’intérieur de leurs cristaux de stockage.

J’avais conçu un sort spécial pour elles sur l’île des Boss, qui leur permettait d’équiper instantanément n’importe quelle armure ou arme qu’elles appelaient de leurs cristaux. Bien sûr, ce n’était pas quelque chose que n’importe qui avec un cristal de stockage pouvait faire. Imaginer l’armure et comprendre quelles parties étaient liées à quoi et comment était important pour que le sort fonctionne correctement. La première fois que je l’avais essayé, je m’étais retrouvé avec mon pantalon sur la tête et tenant l’épée par la lame.

« Alors, messieurs, pouvons-nous observer cette bataille en dégustant notre thé et nos collations ? » demandai-je en prenant ma tasse de thé et en en prenant une gorgée.

« Cette bataille… Dankyun est fort, » déclara le vert.

« Ce draconien est ennuyeux, mais je me porte aussi garant de sa force, » le bleu avait approuvé.

« Vos femmes sont peut-être en danger, vous en êtes sûr ? » me demanda le rouge en me regardant dans les yeux.

« Si je crois, ne serait-ce qu’une seconde, qu’elles seraient en danger, j’ai plein de moyens de tuer instantanément Dankyun tout en savourant mon thé, » j’avais répondu avec un sourire.

« Messieurs, il serait sage de ne pas nous sous-estimer, » lui avait dit Shanteya.

Zoreya était restée silencieuse et avait regardé le draconien et mes femmes se diriger vers le centre du champ de bataille.

« Ce sera… amusant, » avais-je dit à faible volume.

[Le point de vue de Nanya]

Une revanche avec ce bâtard n’était pas sur ma liste de choses à faire, mais c’était certainement un cadeau intéressant.

Au début, je pensais que nous devrions utiliser nos puissantes armures et même les armes fabriquées par Illsy, mais Ayuseya m’avait convaincue de l’inverse. Compte tenu de notre puissance dominatrice si écrasante que nous avions acquise en les portant, il aurait été plus satisfaisant de vaincre cette ordure draconienne en en utilisant le moins possible.

Malheureusement, nous n’avions pas d’équipement plus adapté sur nous, alors nous avions sorti nos maillots de bain et utilisé un sort d’[Illusion] capable de changer complètement la façon dont les autres nous voyaient. Bien sûr, nos sœurs-épouses et notre mari étaient sur la liste des exceptions.

Pour l’esprit des nobles et des roturiers en dehors d’Illsyorea, c’était probablement une façon bien trop extrême de se déguiser. Elle était inappropriée aux yeux de beaucoup, et probablement bien trop audacieuse pour beaucoup d’autres. Grâce à Illsy, nous avions cependant cessé de considérer les maillots de bain comme des « sous-vêtements de luxe ». De plus, cela me rendait heureuse de porter quelque chose qui attirait son regard.

Alors que nous sortions des vestiaires improvisés, Dankyun nous attendait déjà avec une armure complètement différente. Je pouvais sentir le Mana en émaner. Comparé à ce qu’était ce draconien lorsqu’il était arrivé à l’Académie Fellyore, il y a neuf ans, il était bien plus puissant maintenant. Il était un véritable Suprême en termes de force.

« Ainsi, les shikaks se sont enfin montrées ! Ces chiffons te vont bien, ma chère Nanya. C’est justement le genre de tenue qu’une démone abandonnée devrait avoir ! » Dankyun se moquait de nous en riant.

« Quel compliment pathétique ! Ne gaspille pas ton souffle et suis-nous jusqu’au centre. Nous nous battrons là-bas, » lui avais-je dit et lui avais montré mes griffes aiguisées.

« Il existe un dicton qui dit ceci : ne jugez pas un draconien par la couleur de ses écailles, » dit Ayuseya avec un doux sourire en s’approchant du centre.

Ce bas de bikini est définitivement plus attirant pour elle que pour moi. Est-ce parce que j’ai déjà accouché ? Est-ce que mon derrière est plus gros que le sien ? m’étais-je demandée en la suivant.

Dankyun avait haussé les épaules et n’avait fait aucun commentaire. Dans son esprit, nous étions probablement des choix faciles.

La dernière fois que nous avions combattu, il nous avait vaincues avec une grande facilité. Nous ne l’avions même pas blessé. Certes, il avait sa quantité ridicule de potions et mon épée, mais c’était quand même une perte qui me faisait hurler de colère.

En arrivant sur l’île des boss, j’avais pu progresser plus vite qu’avant et devenir beaucoup plus puissante que je ne l’étais. Sans Illsy, j’aurais perdu plusieurs fois, et plus d’une fois ma vie et elle aurait été mise en danger à cause de mon imprudence ou de mon manque de force. Le goût de la défaite n’avait jamais été bon, mais cela ne m’avait pas fait tomber. Elle ne m’avait pas fait accepter mon destin. J’étais un Demonarkiar et un Deus, je ne pouvais pas l’accepter !

Je m’étais battue et j’avais lutté. J’avais dépassé mes limites jusqu’à ce que je sente que j’avais touché le ciel. Quoi que ce soit qui m’est arrivé, j’allais le faire redescendre de son nuage.

Nous étions puissants, c’est vrai, mais il faut se rappeler que nous n’avions pas atteint ce niveau de force du jour au lendemain. Les luttes que nous avions menées, les entraînements auxquels nous nous étions soumis n’avaient pas été faciles ni agréables. Aucun d’entre nous n’était arrivé à ce point sans avoir dépassé plusieurs fois ses limites.

C’est pourquoi, ce que nous avions prévu de montrer à Dankyun maintenant était notre véritable force. Nous n’allions pas utiliser nos compétences de « Super Suprême » ou nos armures et armes scandaleuses.

Non, nos poings allaient suffire.

[Le point de vue d’Ayuseya]

Nous nous étions arrêtés au centre de l’île et avions regardé cet homme qui nous avait fait tant de mal. La seule pensée que j’aurais pu finir comme sa femme et partager le même lit que lui me dégoûtait en vain.

Ce qui s’était passé à l’époque faisait partie de mon sombre passé, de l’époque où j’étais encore une Pleyade.

Ce draconien avait profité de moi, du fait que j’étais faible et que je ne pouvais pas me défendre dans le seul but de s’élever dans sa propre hiérarchie imaginaire. Ce n’est pas comme s’il était le premier dans notre histoire à tenter quelque chose de ridicule comme cela, mais le premier à recourir à des outils aussi honteux que les malédictions et la torture.

Zoreya, sa sœur, ne lui avait pas encore parlé, mais je m’étais demandé si c’était nécessaire. Elle était heureuse avec nous et Illsyore. Son dieu lui avait donné le rôle d’un Haut Apôtre, donc tout allait bien mieux qu’elle ne le voulait.

Peut-être avait-elle un peu de son passé qu’elle voulait tourné la page, ou peut-être voulait-elle simplement nous voir effacer ce drame ? Si elle voulait nous arrêter, il valait mieux qu’elle le fasse avant que nous ne mettions fin à la vie de Dankyun.

Pour ma part, je n’avais pas prévu de le laisser quitter cette île vivant.

« Alors, allons-nous le faire ou non ? » demanda Dankyun en dégainant son épée et en l’alimentant avec du Mana.

D’un seul regard, nous pouvions voir qu’il n’était pas le même draconien que celui qui nous avait vaincus sur le continent Allasn. L’actuel Dankyun pouvait facilement se battre même contre une centaine de ses anciens compagnons. C’est ce genre de sentiment qu’il dégage maintenant

« Quand vous le souhaitez, » j’avais répondu avec un sourire.

« Êtes-vous sûres ? Parce que je ne peux vraiment pas voir ça comme une bagarre, plutôt comme l’intimidation de deux shikaks ingrats ! » Il avait ri.

« Alors, essayez-le donc, » je m’étais moquée de lui.

« Tch ! » il claqua la langue puis leva la main.

Un sort ? Non… il ne concentre pas son mana dans sa main, mais dans son corps ? Ah, une attaque de mêlée ! pensais-je…

L’instant d’après, j’avais vu Dankyun bouger à une vitesse qui donnait l’impression que tout était au ralenti. Il portait ce sourire de maniaque sur son visage alors qu’il tournait la lame de son épée et visait Nanya.

À mon avis, sa vitesse était probablement équivalente à celle de Suprême avec un attribut d’agilité d’au moins 8000 points.

Pour nous, cependant, il était lent.

***

Partie 3

Nous avions attendu patiemment qu’il nous rejoigne. Il avait déplacé le bord de sa lame dans la direction de Nanya et avait effectué une frappe tranchante. Le mana s’était écoulé de lui dans l’épée, ce qui en avait fait une attaque magique. La capacité qu’il utilisait avait probablement durci et aiguisé la lame.

La rémanence elle-même était lente, mais Nanya n’avait pas bougé. Elle se demandait probablement si elle devait l’esquiver ou simplement la laisser entrer en collision avec son armure magique renforcée. Si elle choisissait la seconde solution, son épée aurait alors une chance de se briser en morceaux.

J’avais regardé le Dankyun au ralenti se rapprocher de plus en plus pour faire son coup, puis… Nanya avait bougé.

Sa vitesse, même pour mes yeux entraînés, était rapide.

La démone l’avait giflé. On entendit un fort bruit de fracas de l’Armure magique et Dankyun s’envola dans les airs. Il tourna en l’air et atterrit à près de cinquante mètres de nous, frappant plusieurs fois le sol jusqu’à ce qu’il s’arrête.

« Ah ! J’en avais besoin ! » dit Nanya avec un sourire.

En regardant la table où Illsy prenait le thé avec les autres draconiens suprêmes, je pouvais voir ses invités nous regarder avec des expressions abasourdies sur leur visage.

Eh bien, je suppose qu’ils nous ont beaucoup sous-estimées, pensais-je.

« Allons voir s’il est toujours en vie, » déclara Nanya. Puis elle se dirigea ensuite vers le draconien couché sur le sol.

Lorsque nous étions arrivées sur le site, Dankyun s’était remis sur pied et nous avait regardées avec une expression de pure colère sur le visage.

« COMMENT OSEZ-VOUS ! » cria-t-il, puis il alimenta son corps avec plus de Mana.

Est-ce que c’est une [Amplification] ? m’étais-je demandé en penchant ma tête vers la gauche.

Une fois de plus, il était parti à l’attaque, sa vitesse était un peu plus rapide maintenant, peut-être qu’il avait atteint les 10 000 points d’Agilité ?

Sa cible cette fois-ci, c’était moi, il avait probablement pensé que j’étais plus faible que Nanya. Bien que cela soit en partie vrai, cela ne signifie pas que je sois plus faible que lui.

Je voulais aussi le gifler, mais pour les draconiens, il y avait une action encore plus insultante.

Sans hésiter, j’avais tordu mes hanches et je l’avais frappé au visage avec ma queue.

Il n’y avait rien de plus embarrassant pour un dragon que d’être giflé au visage par la queue d’une dragonnienne. C’est du moins ce que dit le proverbe. Dans la société de Teslov, ce geste n’était réservé qu’à l’insulte la plus grave. Étonnamment, l’utilisation de la queue pour des actes sexuels conférait un sens opposé, celui du respect, de l’acceptation et de l’amour.

Laisser jouer l’autre avec ses cornes ou sa queue était considéré comme un geste intime qui ne pouvait être fait que par des amoureux. Si un étranger le faisait, on pensait alors qu’il s’agissait de harcèlement sexuel.

Ainsi, l’armure magique de Dankyun fut à nouveau réduite en miettes et envoyée dans les airs, mais cette fois-ci au centre de l’arène.

« Je crois que je comprends ce que tu voulais dire. C’était bien ! » avais-je dit à Nanya avec un sourire.

Nous avions alors l’intention de retourner vers lui, mais le draconien s’était levé étonnement rapidement et, dans un rugissement, il avait commencé à nous jeter plusieurs sorts. Nous les avions tous esquivés avec une incroyable facilité, tandis que ces sorts n’étaient pas capables de briser nos armures magiques.

Lorsque le barrage de boules de feu, de pics de glace, de faux de vent et de tout ce qu’il nous avait lancé fut terminé, il s’était précipité vers nous en tenant son épée à deux mains. Son but était moi.

J’avais souri et j’avais décidé de jouer un peu avec lui.

En sautant en arrière, j’avais esquivé sa première attaque, puis sa deuxième, sa troisième, sa quatrième, et j’avais laissé la cinquième effleurer mon Armure magique. Comme prévu, il ne s’était rien passé.

À sa sixième attaque, je m’étais glissée sur son côté droit et je lui avais donné un léger coup de poing à l’estomac. Son armure s’était fissurée, mais elle ne s’était pas brisée. Je ne l’avais pas frappé si fort, juste assez pour le faire tousser et reculer d’une dizaine de mètres.

« Comment ? » demanda Dankyun en se tenant l’estomac.

Comme prévu, le draconien avait immédiatement sorti un cristal de guérison et l’avait utilisé sur lui-même.

« Je te tuerai pour cela ! » dit-il en me regardant.

« N’as-tu toujours pas compris la différence entre notre force ? » demanda Nanya.

« Quelle différence ? Je suis sûr que ce bouclier au-dessus de nous a quelque chose à voir avec mon affaiblissement ! » avait-il rétorqué.

« Vous êtes libre de penser ce que vous voulez, » lui avais-je dit et j’avais haussé les épaules.

Dankyun avait baissé les yeux vers nous. Il se demandait probablement comment nous avions réussi à devenir si puissantes en si peu de temps. Les femmes faibles qu’il tourmentait auparavant avaient beaucoup trop changé, surtout moi, qui avait été autrefois maudite par l’incapacité de recueillir du Mana ou même de monter de niveau correctement. Sans Illsyore, j’aurais certainement connu un sort cruel aux mains de ce monstre.

J’étais encore surprise de voir comment un seul moment de ce que d’autres avaient pu appeler de l’imprudence avait fini par changer ma vie pour toujours. J’avais rencontré l’homme de mes rêves, le prince charmant de tous les contes de fées, et comme dans une histoire, je l’avais attiré avec ma chanson. Je ne pouvais pas parler parce que j’étais maudite, mais ma voix l’avait quand même atteint. Je n’osais même pas demander l’aide des dieux, pourtant ils avaient entendu mes cris et m’avaient amenée devant lui.

Illsyore avait changé ma vie, il avait fait de moi la draconienne que j’étais aujourd’hui, il m’avait donnée son amour et m’avait prise pour épouse. Ce donjon divin que tant de gens craignaient et maudissaient au fond de leur esprit me chérissait plus que quiconque, et comme un véritable amant, il m’avait donné la liberté de choix que je désirais. Au lieu de me retirer de la laisse de Dankyun et de me mettre la sienne, il m’avait donné la liberté de faire ce que je voulais, de suivre mes rêves et de savourer mes moments fugaces comme je le souhaitais.

Quel homme dans la société du royaume de Teslov pourrait même penser à faire quelque chose comme ça, sans parler de le faire réellement ? Oui, Illsyore Deus était bien au-dessus de tous ces bâtards écailleux qui ne savaient pas comment chérir leur propre famille, et en ce moment même, une de ces ordures se tenait juste devant moi, essayant de trouver un moyen de me faire tomber.

Comme c’est idiot… J’avais réfléchi et je m’étais précipitée vers lui.

Je ne l’avais pas frappé, je ne lui avais pas donné de coup de pied, je m’étais simplement arrêtée à un pas de lui et l’impact entre nos Armures Magiques avait été suffisant pour le renvoyer en arrière et pour provoquer des fissures à plusieurs endroits.

« Ugh! Comment as-tu fait ça ? » demanda Dankyun.

Comme l’homme stupide qu’il était, il avait essayé de comprendre ce qui était si évident pour tous ceux qui regardaient cette bataille.

Il était peut-être un Suprême, mais au milieu d’un combat, on avait à peine le temps de penser à de telles choses.

Pourtant, tel un cafard, il s’était levé et avait utilisé un autre de ces satanés cristaux pour remplir son mana manquant. Contrairement à ce qui se passait auparavant, il était un peu plus prudent lorsqu’il s’agissait de les utiliser. Son corps s’était peut-être remis de l’épreuve que lui avait fait subir Illsy à Fellyore, mais son esprit s’en était souvenu clairement.

« C’est tout ? Allons donc ! Attaque-nous avec tout ce que tu as ! » Nanya l’avait exigé.

« Vous allez le regretter ! » cria-t-il, puis il utilisa un puissant sort d’[Amplification].

Son corps avait été renforcé avec du Mana et sa vitesse avait encore augmenté. Avec de la colère dans ses yeux, il avait tenté de nous abattre, de nous faire tomber à genoux et de se soumettre à lui, mais une telle chose ne pouvait être vue que comme le fantasme d’un homme fou. Peu importe ce qu’il essayerait, il ne gagnerait jamais contre nous.

Voyant la facilité avec laquelle nous esquivions toutes deux ses attaques, Dankyun avait tenté de nous attaquer différemment. Sa main avait visé le sol et l’avait transformé en glace. Il pensait que nous allions tomber dessus, mais c’était impossible avec nos réflexes et notre vitesse. L’avantage que Nanya et moi avions sur ce terrain était aussi dû au fait que nos pieds avaient des ongles assez longs et que nous pouvions même utiliser nos queues pour un meilleur équilibre.

Voyant que cette tentative était vaine, il avait fait fondre la glace et avait transformé le sol en boue, mais à cette vitesse, c’était comme sauter sur l’eau. Il aurait été plutôt ridicule de s’y enfoncer ou d’y glisser.

Pourtant, il avait continué à essayer, lançant sorts après sorts ce qui aurait été autrement impossible pour la plupart des Suprêmes, tout en se déplaçant à des vitesses qui faisaient passer son passé pour un amateur. Mais le Dankyun de l’époque n’était en fait pas différent d’un pathétique petit amateur.

« Souffle ! Souffle ! Comment ? » demanda-t-il à nouveau.

Bien qu’il semblait demander toujours la même chose, dans son esprit, il pensait probablement constamment à la manière de nous faire tomber ou de prendre une bonne mesure de nos forces. Ce qu’il avait découvert jusqu’à présent était probablement le fait que nous étions une paire d’adversaires qu’il ne pouvait pas vaincre par des moyens conventionnels.

Dankyun avait poussé environ 40 % de son mana total dans son épée et l’avait ensuite dirigé vers nous.

Nanya était la cible.

Il avait tiré, et un puissant éclair rouge s’était abattu sur la démone.

Elle n’avait pas bougé de sa place, laissant son armure prendre tout le poids de l’attaque. Ce qu’il avait fait n’avait fait que provoquer une petite fissure, qui avait été réparée immédiatement. Derrière elle, on aurait dit qu’un dragon des anciennes légendes était descendu et avait déclenché sa colère sur elle. Le sol touché par la foudre rouge était devenu noir. Il brillait aussi parce que le sable qui s’y était mélangé avait fusionné pour former du verre.

C’était une attaque impressionnante d’un Rang Suprême, et elle était également centrée sur une seule cible plutôt que sur plusieurs. Dankyun avait dû l’apprendre au cours des huit dernières années.

« Oho? C’était une assez bonne attaque. Mais elle n’est rien face aux flammes d’Ayuseya ou au laser d’Illsy, » Nanya avait commenté en souriant et s’était ensuite retournée : « Ça ne fait pas non plus autant de dégâts, » elle avait ensuite regardé Dankyun qui ressentait l’effort.

Le draconien avait utilisé un autre cristal et avait rechargé une partie de son Mana. Il essayait de récupérer son souffle et de se préparer à une nouvelle attaque. Comme nous ne semblions pas trop réagir à ce qu’il faisait, il n’avait pas pu élaborer une stratégie adéquate à utiliser contre nous. C’était la même chose que d’attaquer un mannequin d’entraînement, qui ne pouvait pas être blessé quoiqu’il fasse.

« Tch ! J’espérais ne pas utiliser ça…, » dit-il, puis il sortit un gros cristal violet.

Il avait à peu près la même taille de paume et était couvert d’une aura blanche-violette. Cela m’avait donné des frissons, mais je n’avais pas eu l’impression d’être en danger.

« Que fais-tu ? » demanda Nanya en posant ses yeux sur lui.

« CELA ! » cria Dankyun et lança le cristal à nos pieds.

Nous avions sauté en arrière et là où nous nous tenions, un brouillard violacé s’était étendu.

« Hahaha ! Cette chose fera que n’importe quelle femme demandera grâce et pleurera dans la douleur ! » cria le draconien.

Le brouillard avait commencé à se disperser peu à peu et de l’intérieur, nous avions vu une horrible monstruosité faire son apparition. Il était impossible de dire ce que c’était exactement. Il y avait d’innombrables tentacules qui se tortillaient et qui me donnaient un sentiment très désagréable. C’était dégoûtant et répugnant, peu importe comment on le regardait.

« Tch. Un démon ? » dit Nanya.

« Un quoi ? Cette chose te ressemble-t-elle ? » avais-je demandé, surprise.

« Oui, mais c’est une des races inférieures qui n’a pas pu prendre une forme humanoïde, » elle m’avait répondu.

« Est-ce dangereux, et pourquoi Dankyun a-t-il dit que c’était un danger pour les femmes ? » lui avais-je demandé.

« Les monstres tentaculaires comme celui-ci ne le sont généralement pas. Les plus violents sont tués presque immédiatement par les démons, et selon son adaptation, les tentacules peuvent être assez mortels, » avait-elle expliqué.

« Cette chose est comme une bête, non ? » avais-je demandé.

« Non. Il peut penser, mais pas beaucoup. Eh bien, si vous le laissez dans la nature, il finira par devenir fou et par devenir une bête. Les démons les utilisent généralement pour leur dextérité ou pour nettoyer les rues et les égouts. À part cela, ils sont comme tous les autres démons inférieurs à la moyenne… inutile, » répondit Nanya.

***

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

Laisser un commentaire