J’ai été réincarné en une Académie de Magie ! – Tome 6

Table des matières

***

Chapitre 86 : Six ans…

[Point de vue d’Illsyore]

« Ah ~ ~ ! L’océan ! Si beau et plein de ressources ! Autant de choses à explorer dans ses profondeurs et autant de merveilles à découvrir depuis des siècles oubliés ! »

Ces mots sortaient de ma bouche comme les vers d’un scénario bien critiqué d’une pièce de théâtre. Les seules choses que je n’avais pas faites étaient les mouvements corporels exagérés pour… certaines raisons.

« Tais-toi et rame plus vite ! » grogna Nanya après moi.

Hélas, les critiques de ce monde étaient sévères quand il s’agissait de la beauté du théâtre. Mais la vraie sagesse de l’homme se trouvait au cœur de ses histoires, les fleurs remarquables qui jaillissent de son imagination vive. Avec des pétales de mots apaisants, il peignait la rhapsodie des éléments qui l’entouraient ainsi que les créations impressionnantes de la mère Nature !

« Il fait tellement chaudddddd ! Il y a aussi tellement d’eau… nya ~. »

Cette voix séduisante, mais qui manquait clairement d’énergie appartenait à une autre des personnes qui me critiquaient, et ce n’était nulle autre que Tamara. La chatonne, jadis une petite fille, était devenue une belle femme.

« Utilise donc ton armure magique… »

D’une voix calme et stoïque, c’était l’étonnante croisée et grand apôtre Zoreya qui avait parlé. Ses longs cheveux blonds voltigeaient dans le vent, tandis que ses charmants yeux bleus fixaient l’horizon.

« Soupir… si seulement nous pouvions trouver un bateau… »

Celle qui avait soupiré était ma bien-aimée el’doraw Shanteya, une belle fleur aux cheveux argentés, à la peau blanche et aux longues oreilles comme ceux d’une elfe.

« Je commence à me demander si je ne devrais pas geler cet océan et simplement marcher dessus…, » grogna Nanya.

« Je veux cela… » Tamara était d’accord.

« Je crois que les dieux n’ont aucun problème avec ça, » dit Zoreya.

« Pour figer ce paysage ? Nous ne devrions le faire que pour un tableau ! Je suis sûr qu’avec assez d’entraînement, nous pourrons capturer sa beau… gloups ! » mes mots avaient été raccourcis alors que je m’enfonçais lentement dans l’eau tiède.

Peut-être qu’il était enfin temps pour moi de déposer mes épées et de me reposer ? Ah ~ ~ les joies de la vie… comme ils viennent, ils vont aussi…

***

[Point de vue de Shanteya]

« Notre… inutile… mari… notre… mari… » Nanya grogna pendant qu’elle respirait avec force et qu’elle pompait sur la poitrine d’Illsyore pour faire sortir toute l’eau.

Il y a un instant, un certain Seigneur du Donjon qui avait oublié d’activer son armure magique… encore une fois, avait fini par souffrir d’un coup de chaleur et s’était presque noyé dans l’océan. Nanya s’était empressée de le poursuivre, mais en cours de route… un poisson géant l’avait mangé.

« Poisson bon ! » déclara Tamara d’un ton ravi.

Sa queue se balançait dans les airs alors qu’elle regardait la proie qu’elle attrapait à mains nues. Il était grand, d’une centaine de mètres de long ?

La nekatare avait immédiatement sauté après Nanya dès qu’elle avait vu le poisson. Il ne faut jamais sous-estimer le pouvoir de nage d’une nekatare adulte affamée, surtout une nekatare éveillée comme elle !

« Comment devrions-nous le cuire ? » demanda Ayuseya en le soulevant au-dessus de l’iceberg géant créé par Nanya.

Vu le petit radeau que nous utilisions il y a un instant, il nous aurait été impossible de sauver Illsyore de ses entrailles, et encore moins de le cuire. Nanya avait donc eu la gentillesse de congeler une parcelle de cet océan sans fin et de l’utiliser comme une zone où nous installer temporairement.

« Quel genre d’imbécile de Seigneur du Donjon divin qui peut vaincre les Serpents de mer légendaires d’un seul coup, mais qui parvient à avoir un coup de soleil et à se faire avaler par un poisson géant !? » Nanya se plaignait en continuant à retirer l’eau du corps de notre mari.

« Nya ~ notre mari ? » demanda Tamara en secouant ses oreilles noires.

Après son réveil, la mignonne nekatare s’était transformée en une femme d’une beauté époustouflante avec une grande poitrine. Et bien qu’elle ait perdu la plupart de sa fourrure et qu’elle ressemblait beaucoup aux humains maintenant, ses oreilles, sa queue, ses yeux, ses griffes et ses dents étaient toujours là. En échange, elle était aussi beaucoup plus puissante qu’avant, étant la plus rapide d’entre les cinq épouses d’Illsyore, et la dernière à rejoindre notre groupe.

« Tamara ? Vas-tu enlever les écailles ? » demanda Ayuseya en soulevant le poisson géant avec la [Télékinésie], le premier sort qu’Illsyore avait appris.

« Ouaip ! Ouaip ! » elle hocha la tête trois fois et lui montra un grand sourire.

« Ungh..., » Illsyore avait alors gémi.

« Est-ce qu’il est bon ? » lui avais-je demandé.

« Non… Il fait encore froid, » dit Nanya, puis elle poussa un grand soupir.

« C’est l’heure du poisson ! » dit Tamara en tendant ses griffes.

Pendant qu’elles s’occupaient toutes les deux de notre repas et que la démone s’occupait de notre mari, je m’étais approchée de Zoreya, qui regardait l’océan sans fin devant nous.

« Quelque chose ne va pas ? » lui avais-je demandé.

« Non… Je réfléchissais juste…, » elle secoua la tête et me sourit en retour.

« À propos de ? » Je m’étais assise à côté d’elle.

« Tout… La bataille contre les Ténèbres a eu lieu il y a presque six ans… Puis nous sommes venus sur cette île et avons combattu des monstres légendaires. Nous avons découvert ce donjon Primordial, qui s’est avéré plutôt… facile à conquérir une fois que nous nous sommes montés de niveau. » Elle baissa les yeux et se mit ses genoux contre sa poitrine.

« Nous n’aurions pas pu le faire sans Illsyore qui a désactivé tous les pièges en premier. Ils ont été extrêmement faciles pour lui, mais pas pour nous. Un groupe des Suprêmes n’aurait même pas duré une semaine là-dedans. » Avais-je indiqué.

Illsyore ne l’avait jamais considéré comme dangereux, mais pour les autres, nous savions qu’il n’y avait pas de quoi en rire. Le nombre de monstres qui s’y trouvaient était suffisant pour faire trembler même tout un continent uni rien que d’en entendre parler.

« C’est vrai… Moi seule, je n’aurais pas pu survivre, peu importe le nombre de vies que j’aurais eues. Illsyore, bien qu’étant parfois un idiot de mari, il s’est avéré être la seule chose qui nous a maintenus en vie là-bas. Même si c’était entièrement de sa faute de nous y avoir amenés. » Elle plissa son front.

« Mais il y a eu des moments uniques que tu as également appréciés, en particulier cette nuit-là. » J’avais gloussé.

Elle rougit et détourna le regard.

« C’était peut-être ma première fois, mais après… Je m’y suis habituée… je me suis habituée… à…, » elle secoua la tête. « Qu’est-ce que tu me fais dire ? C’est sans précédent pour un Grand Apôtre d’agir comme… comme… comme…, » elle avait essayé de trouver ses mots.

« Une femme amoureuse normale ? » avais-je dit.

« Oui… ça… ça… Soupir. » Elle avait baissé sa tête.

« Hehe ! C’est normal, Zoreya, ne t’inquiète pas. D’ailleurs, je n’ai jamais entendu parler de quelqu’un qui prie Melkuth de l’aider à rassembler son courage pour pouvoir rejoindre son propre époux dans son lit. » Je lui avais fait un sourire sournois.

« Ah ! Tu as entendu ça !? » elle me regarda, étonnée.

« Oui, j’y étais…, » j’avais gloussé.

« C’est si embarrassant ! » elle poussa un autre soupir.

« Je suis sûre que Melkuth lui-même a été surpris de t’entendre lui faire signe de t’aider à coucher avec un homme… Hehe ! Voyant comment ça fonctionne, peut-être que je devrais prier le Dieu de la Guerre pour ça aussi ? » lui avais-je demandé.

« On dit que l’amour est une guerre, mais Kleopatra est la déesse qui gouverne ce champ de bataille… Peut-être que j’aurais dû la prier à sa place ? Non, Melkuth m’a aidée. »

Je parie que c’était avec des larmes de sang… J’avais fait des commentaires dans mon esprit. D’après ce qu’Illsy nous avait dit à son sujet, il était très réticent à laisser partir Zoreya. Le fait de recevoir soudainement une prière pour l’aider à coucher avec l’homme qui l’avait « volée » était probablement un peu comme se faire empaler dans la poitrine par une lance.

« Mais c’est toi qui as marqué un point devant nous. » Elle me regarda fixement pendant un moment, puis adoucit son regard.

« Je n’en suis qu’à deux mois maintenant… J’ai encore du chemin à faire…, » je lui avais montré un petit sourire en me frottant le ventre d’une main.

« J’ai hâte de le voir, mais Nanya t’envie, » gloussa-t-elle.

« C’était la première femme qu’Illsy a vue quand il s’est réveillé dans ce monde. Elle et Ayuseya ont été les premières à l’épouser. C’est aussi elle qui a pris sa première fois, donc me faire prendre l’une des premières d’Illsy ne me semble pas si mal. » J’avais souri.

« Tu aurais pu attendre qu’on arrive à l’académie, » dit-elle.

« Et laisser Nanya lui sauter dessus une fois de plus ? Jamais ! » J’avais déclaré cela fièrement.

« Malgré ton apparence… tu es une femme rusée et sournoise, n’est-ce pas ? » me demanda-t-elle avec un sourire ironique.

« Et quand il s’agit de ma famille, je suis aussi assez féroce ! » avais-je déclaré.

« Vrai… Quand on pense que Tamara avait été dévorée vivante par ce Dieu du ciel, tu as pris les devants et les avez traqués un par un. Je dois admettre que tu étais effrayante à l’époque. » Elle se mit à rire.

« À la fin, nous l’avons trouvée en train de cuire leurs œufs dans leur nid. Je me suis fâchée pour rien. » J’avais poussé un soupir.

« Mais c’est bon de savoir que tu nous couvres, » elle me sourit et me fit un câlin.

« Merci, mais tu devrais vraiment penser à porter une robe… Cette armure doit être inconfortable, » l’avais-je conseillée quand nous nous étions éloignées l’une de l’autre.

« Quand l’académie sera construite, je porterai une robe pendant mon temps libre, mais d’ici là, je porterai cette armure ! » avait-elle déclaré fièrement en frappant son bouclier.

Une lumière avait attiré mon attention, et quand j’avais tourné la tête, j’avais vu Ayuseya rôtir le poisson géant déjà préparé et assaisonné. Elle se servait de son [Souffle de feu], un talent qu’elle avait découvert lorsqu’elle a atteint le niveau 1000.

« Le dîner devrait être prêt bientôt. » Avais-je dit.

« Avec la cuisine de Tamara, je suis sûre que ce sera délicieux ! » dit Zoreya en s’asseyant.

« C’est vrai, qui aurait cru que la mignonne nekatare serait la meilleure cuisinière de nous tous ? Même moi, j’ai un peu honte de l’admettre…, » j’avais poussé un soupir.

« Je n’ai jamais été douée avec les trucs culinaires… J’ai aussi surtout mangé des rations simples et faciles à préparer. » Dit-elle en se frottant l’arrière de la tête.

« Ah ! Il se réveille enfin ! » annonça Nanya.

« Hm ? Nanya ? » déclara Illsy en se frottant le front.

« C’est moi, mon cher. Tu nous as fait peur un instant. Comment te sens-tu ? » lui demanda-t-elle.

« Hm… Laisse-moi voir… Bien. » Dit-il en lui tâtonnant la poitrine d’une main.

« Pourquoi mesures-tu ton état de santé en caressant mes seins ? » elle l’avait regardé fixement et elle lui avait giflé la main.

« Je m’assurais juste que ce n’était pas un rêve, » sourit-il en réponse.

« Dois-je m’en assurer ? J’ai entendu dire que la douleur ne se ressent pas dans les rêves ! » déclara la démone.

« Je ne pense pas que ce mythe soit exact…, » il avait souri d’un air ironique et se retira.

« Illsy, je suis contente de voir que tu vas bien. » Avais-je dit et je lui avais fait un sourire.

« Bien sûr ! Pour le prouver, ici ! Colly Tos ! » dit-il.

Et avec ça, il avait volé la culotte de Nanya.

« Chaque fois…, » la démone grogna en l’attrapant alors qu’elle flottait encore en l’air.

« Hein ? Je suis sûr que je visais Shanteya…, » il regardait sa main et me montrait du doigt. « Colly Tos ! » cria-t-il encore une fois.

« Nya ? » Tamara avait un regard surpris sur son visage.

Cette fois, c’était la culotte de la nekatare.

« Encore faux ? » déclara-t-il en clignant des yeux, surpris.

La colère de Nanya montait.

« COLLY TOS ! » Il cria et une culotte sombre et soyeuse apparut devant lui.

C’est une paire très audacieuse…, avais-je pensé.

« Euh… C’est la mienne…, » nous dit Zoreya timidement en retirant sa tête dans son armure comme une tortue.

« Hm. Hm. J’aime ça ! » il lui montra son pouce.

« Imbécile ! » Nanya lui avait cogné la tête, ce qui l’avait fait tomber la tête la première dans la glace.

« Ow …, » grogna-t-il.

« Je t’ai dit un million de fois d’arrêter d’utiliser ce sort ! » cria Nanya dans son oreille.

« Mais… mais…, » il avait essayé de dire quelque chose, mais il avait été arrêté par son regard fixe et mortel.

« Hein ? J’ai cru entendre quelque chose parler, » dit-elle d’un ton brutal.

« Rien ! » il secoua rapidement la tête.

J’avais poussé un soupir.

Ces deux-là formaient un duo comique. J’avais eu la chance de parler avec Nanya une fois, et la vraie raison pour laquelle elle détestait ce sort était qu’elle croyait qu’un jour il allait l’utiliser sur toutes les femmes dans une ville. Il y avait aussi une autre raison derrière cela, elle voulait en fait qu’Illsy la déshabille lentement, n’utilise pas un sort pour enlever ses vêtements. Une suggestion qui, pour être juste, aurait plu à chacune d’entre nous.

Il était une fois une femme noble, pour être plus précis… La mère de Nanya, qui lui avait dit que les sous-vêtements qu’une femme portait étaient pour son mari seul et devraient donc être un secret que lui seul serait autorisé à découvrir, mais seulement pendant leur nuit d’amour et de passion.

Juste à cause de ça, Nanya n’avait vraiment pas aimé ce sort. Bien que surprendre Illsy dans le lit n’ait pas été si difficile à faire.

« Nya ~ Venteux ! » La Nekatare s’en fichait qu’elle soit entièrement vêtue ou non.

Après sa transformation vers la femme qu’elle était maintenant, je me souviens qu’elle courait partout sur l’île les fesses nues. Il avait fallu les efforts de nous quatre pour la capturer avant qu’Illsy ne la voie. Nous craignions tous qu’il finisse par en faire sa femme, une crainte qui s’était avérée exacte, puisque c’est EXACTEMENT ce qui s’était passé.

Avec un soupir qui m’échappait des lèvres, j’avais levé les yeux vers le ciel et j’avais repensé à tout le temps que nous avions fait sur l’île. Six années s’étaient écoulées en un éclair, la plupart des jours n’étant qu’une répétition des précédents… Réveil, le fait de s’habiller, la chasse aux monstres, manger, dormir. Quant à ces nuits d’amour et de passion. Nous nous étions relayées à tour de rôle avec Illsy et parfois… deux ou trois femmes étions entrées ensemble dans le lit, juste pour pimenter un peu les choses.

Mais je me demande si c’est nous qui avons de la chance ou si c’est Illsy ? J’avais pensé à cela en fermant les yeux et en respirant profondément.

***

Chapitre 87 : La féline trop timide

[Point de vue de Zoreya]

C’était le troisième jour depuis que nous avions quitté l’île… ou plutôt nous avions été chassés de l’île. Jusqu’à présent, il n’y avait aucun navire en vue et notre petite embarcation se déplaçait lentement avec la puissance de pagayage d’Illsy et Nanya. J’aurais bien aidé, mais mon armure en ce moment était l’ancienne que j’avais demandé à Illsy de réparer. Elle fonctionnait bien, mais elle avait pâli par rapport à celle qu’il avait construite pour moi. Malgré tout, j’avais quand même voulu l’utiliser en souvenir du bon vieux temps.

« Nyaaan ~, » Tamara avait émis un son mignon.

J’étais en train de la caresser.

Malgré l’apparence d’une femme humaine adulte avec une queue et des oreilles de chat, elle agissait toujours à peu près comme l’ancienne Tamara. Son changement soudain était plus à l’extérieur qu’à l’intérieur. Le moins qu’on puisse dire, c’est que lorsque cette nekatare était en chaleur, elle avait poursuivi Illsy sans relâche, tandis que les autres femmes devaient se cacher dans une grotte… C’était une semaine très effrayante pour nous tous.

Mais si je devais deviner, pour moi, le point décisif de ces six dernières années avait probablement été ce moment sur la plage. J’étais seule, confuse et un peu effrayée par ce qui allait arriver, mais j’avais quand même réussi à m’en sortir… d’une certaine façon.

« Hm ? À quoi penses-tu ? » me demanda Shanteya.

« Pas grand-chose… Je me souvenais de la fois où j’ai fait ce vœu absurde à Melkuth, » avais-je dit en riant.

En fermant les yeux, j’avais laissé ces souvenirs me revenir en mémoire, les ressentant comme s’ils venaient d’arriver hier…

À l’époque, j’étais encore nouvelle quant au fait d’être une épouse. Nous étions restés sur l’île pendant un peu plus de trois semaines et nous en étions arrivés à notre quatrième semaine. Illsy nous avait fait un petit bunker souterrain pour nous protéger des prédateurs à l’extérieur, mais nous n’étions toujours pas à la hauteur de la plupart des bêtes qui s’y trouvaient.

Ensemble, nous pouvions chasser les sangliers géants ou les serpents à sonnettes tueurs, mais ils étaient ridiculement difficiles à vaincre. Si je devais les affronter seule, il y avait de fortes chances que je finisse morte dans leurs mâchoires écrasantes. C’était ce genre de danger. Et ces bêtes étaient parmi les plus faibles que nous ayons pu trouver. Il n’était pas question de se battre contre les plus forts.

Néanmoins, chaque fois que nous en vainquons un, nous pouvions sentir notre pouvoir augmenter de façon exponentielle. Illsy l’avait confirmé à travers nos niveaux. En seulement trois semaines, nous avions augmenté de près de 200 niveaux. C’était de la folie.

Quand il s’agissait de cuisine, de nettoyage et d’autres choses, nous utilisions surtout les provisions qu’Illsy avait accumulées dans son esprit intérieur. Tamara apprenait lentement à cuisiner, mais la plus grande partie était préparée par Shanteya et parfois Nanya. Pour l’instant, j’avais gardé mes distances avec la cuisine.

Malgré les dangers auxquels nous étions confrontés quotidiennement, Illsy avait toujours trouvé nécessaire… de passer la nuit avec l’une de ses épouses. J’avais aussi été comptée dans le nombre, mais ce baiser sur le champ de bataille à l’époque était aussi proche de lui que j’avais été jusqu’à maintenant. J’avais essayé de l’approcher, mais je m’étais toujours retrouvée agitée et je m’étais enfuie.

Je commençais à me demander si j’étais… défectueuse ou non ?

Quel genre de femme étais-je pour fuir son propre mari ?

Puis, un soir, pendant qu’Illsy s’amusait avec Nanya, je m’étais promenée sur la plage… seule. C’était dans un endroit que j’avais confirmé comme étant sûr, mais j’avais gardé mes sens éveillés et j’étais prête à fuir dès qu’un monstre apparaîtrait. Comme je l’avais dit, j’étais loin d’être assez forte pour affronter de telles bêtes par moi-même.

Avec un triste soupir qui m’échappait des lèvres, j’avais réfléchi à ce qui s’était passé entre moi et Illsy au cours des dernières semaines. Pour une fois, j’avais commencé à l’appeler par son surnom. J’avais été la cible à quelques reprises de son sort de Colly Tos, bien que Nanya ait veillé à me rendre ma culotte par la suite. Un Illsy aux yeux au beurre noirs s’était aussi excusé. La relation entre moi et les autres femmes de notre groupe avait commencé à se transformer en une relation d’étroite amitié.

Et c’était à peu près tout ce qui s’était passé. Je n’avais pas été approchée par Illsy pour le rejoindre au lit et je n’avais pas tenté de le faire. Les baisers n’avaient jamais été partagés avec moi, mais surtout parce que je ne lui en avais jamais donné l’occasion… ou que je m’étais enfuie quand il avait essayé.

De tous les points de vue, la raison pour laquelle notre relation était si froide, c’était à cause de moi.

Consciente de ce fait, je m’étais arrêtée et je m’étais affaissée sur le sable. Avec un soupir solitaire et triste, j’avais commencé à dessiner des cercles dans le sable.

« Pourquoi je n’arrive même pas à l’embrasser ? C’est mon mari après tout…, » m’étais-je dit.

Je n’avais même pas besoin de rester pure ou de nier mes désirs quand même mon dieu, Melkuth, le permettait.

« Je suis une imbécile ! Non, je suis juste brisée… J’ai la tête cassée…, » j’avais soupiré et puis j’avais levé les yeux vers le ciel.

Le ciel était rempli d’étoiles, et j’étais tellement concentrée sur mon propre être déprimant que je ne savais pas qu’une certaine El’Doraw restait cachée dans la forêt. L’intention de Shanteya n’était pas de m’espionner, mais plutôt d’être près de moi au cas où un monstre apparaîtrait et que j’aurais besoin de soutien. Du moins, c’est ce qu’elle m’avait dit récemment…

« Ah ~ Melkuth, si vous m’entendez… s’il vous plaît, écoutez la prière folle de votre apôtre. » Avais-je dit en levant les yeux vers le ciel.

Il n’y avait pas de temple ici, mais peut-être que mes paroles lui arriveraient-ils aussi ? C’est du moins ce que j’espérais…

[À cette époque, dans le royaume des dieux]

« Pour l’amour de Dieu ! Depuis quand mon bureau est-il devenu le lieu de rassemblement de tous les DIEUX ? » cria Melkuth à pleins poumons.

« Hyaaaa ~ c’est du bon vin ! » Narcerya, la déesse de l’enclume déclara ça en s’appuyant contre un mur invisible.

« Ne sois pas si rabat-joie, Melkuth ! De plus, nous savons tous que tu as réussi à te faire passer pour le dieu du donjon, alors nous sommes tous très excités de voir comment cela va se passer ! Héhé ! Juste un peu plus…, » avais-je dit en me faufilant derrière Narcerya, en essayant de bien toucher sa grosse poitrine.

Ces montagnes étaient un régal pour mes vieux yeux de geek, et si j’y ajoutais les gouttes de sueur qui coulaient sur sa peau légèrement bronzée, le décolleté révélateur caché par un plastron en métal, les courbes séduisantes de son corps, les cheveux rouges attachés en une queue de cheval. Tous ces doux détails avaient rendu sa beauté encore plus éblouissante ! Ah, oui ~ la beauté et la joie d’avoir glisser ma main dans ce plastron épais et à caresser ces…

BONK!

« Owie..., » avais-je crié.

Le marteau impitoyable de la déesse m’avait frappé sur la tête avant que mes doigts puissent atteindre la Terre Sainte !

« Ara !? Ma main a glissé ! Tehe ! » dit-elle.

« Comment peut-elle glisser alors que tu la tiens fermement et même que t’appuies dessus ? » l’avais-je interrogée pendant que j’essayais de retirer mon visage du sol.

« J’ai dit que ma main a glissé ! TE HE ! » dit-elle.

« Tu me broies la tête dans le sol ! » avais-je crié.

« Oi! Narcerya, arrête ça ! Tu vas ruiner mon tapis avec son visage ! » se plaignait Melkuth.

« Est-ce ce qui t’inquiète ? » avais-je crié.

« Ouais… à peu près. » Il haussa les épaules.

« Quand même, à penser que tu abandonnerais ta petite colombe pour laisser fleurir l’amour entre un donjon et un apôtre. Comme c’est inattendu de ta part, Dieu de la guerre ~ ! » celle qui parlait avec la voix d’une déesse séduisante n’était autre que Kleopatra, la déesse de l’amour.

Pour être mentionné, sa poitrine n’était pas aussi molle et voluptueuse que celle de Narcerya. Au lieu de cela, c’était variable… Elle était la seule déesse qui n’avait jamais été réglée sur une certaine taille ou silhouette. Pour l’instant, elle était plate comme une planche, mais pour un dieu comme moi, elle avait toujours son charme incontesté.

« Oui, j’ai contourné mes propres règles et j’ai fait en sorte que ce soit pour le meilleur du monde. Ainsi, nous avons évité les effusions de sang inutiles et même la nécessité d’invoquer un héros ! » déclara fièrement Melkuth.

« Oh ! On dirait qu’elle t’appelle en ce moment, » avais-je fait remarquer après avoir réussi à me sortir la tête de sous ce marteau très lourd.

Ma prochaine cible était Kleopatra ! Que justice soit faite, car TOUS les seins ont été approuvés par moi !

« Hm… Je sens un cafard, » dit la Déesse de l’Amour.

BONK!

« Cafard écrasé, » annonça Narcerya.

« Ow …, » avais-je gémi.

« Calmez-vous, j’ai besoin d’entendre ça. Je me demande quelle sorte de prière vaillante elle a pour moi en ce moment ? » dit fièrement Melkuth.

Nous nous étions tous tus et seul le bruit du marteau qui me grinçait contre l’arrière de la tête pouvait être entendu. Ça fait mal… Je manquais terriblement au rayon de la furtivité.

« Ô puissant Melkuth, Dieu de la guerre, votre Apôtre souhaite que vous écoutiez sa prière ! »

Quand Zoreya avait prononcé ces paroles, nous pouvions tous sentir la foi derrière ces mots, rendant son dieu si fier de cela.

« Parle, mon fidèle Grand Apôtre ! » répondit Melkuth.

« Ah ! Vous m’entendez ? » répondit-elle surprise.

« Hehe. » Narcerya ne pouvait pas retenir ce ricanement.

« Oui… Je peux t’entendre, » répliqua Melkuth en regardant la déesse.

« Ahem… Je vais me taire, » se conforma Narcerya.

« Puissant Melkuth, j’ai besoin que vous me donniez courage et force. J’ai besoin de votre sagesse et de votre pouvoir ! » Zoreya commença à crier.

Les dieux écoutaient attentivement les paroles des mortels. Nous savions tous qu’ils se trouvaient dans un endroit terriblement dangereux, alors nous ne pouvions que nous demander si elle voulait peut-être mieux se battre ou simplement reconstituer son énergie divine.

« Puissant Melkuth, aidez votre Apôtre à acquérir le pouvoir et la force dont elle a besoin pour que je ne fuie pas Illsyore, mon mari. S’il vous plaît, donnez-moi la force du cœur et le courage dont j’ai besoin pour me débarrasser de mon armure pour une nuit de passion avec lui… S’il vous plaît, Melkuth, mon Dieu, aidez-moi à m’offrir à l’étreinte d’Illsy. »

La prière s’était donc terminée, et nous tous, les dieux, nous nous efforcions très fort de nous abstenir de rire.

« Et moi qui croyais être la déesse qui s’occupait de ce genre de choses. N’est-ce pas, Melkuth le Dieu d’Amour ? Ça n’a pas l’air si mal… Hehehehe ! » dit Kleopatra avec un rire mignon.

« Je vais être maudit ! Une telle chose arrive ! Et à Melkuth entre tous ! Buhahahaha ! » Leottor, le Dieu des artisans, éclata de rire.

Bien qu’il ait l’air d’un nain, il riait si fort que des larmes coulaient sur ses joues et mouillaient sa barbe blanche et dense.

« Une telle chose… Pauvre Dieu de la guerre ! Hahahaha ! » Narcerya avait ri et voyant cette opportunité, je glissai mes mains sous son armure.

« Ah ! Les Cieux ! » avais-je dit avec un sourire satisfait sur mes lèvres quand j’avais commencé à la caresser.

« Hya ~ Pourquoi tu… Mn ~ Arrête ça ~ ! » cria Narcerya, mais rien n’allait m’arrêter ! RIEN !

BONK!

Quoi qu’il se soit passé ensuite, j’avais fini par souffrir d’un black-out complet, mais cela en valait TOTALEMENT la peine ! Quant à Melkuth, je crois qu’il pleurait des larmes de sang… vraiment.

[Point de vue de Zoreya]

Mon dieu avait écouté ma prière et avait accepté de m’aider. Son ton solennel m’avait dit qu’il était fier de moi ou peut-être heureux d’avoir fait ce pas important dans ma vie ? Quoi qu’il en soit, la nuit suivante, j’avais demandé à être seule avec Illsy.

Elles étaient toutes d’accord, mais même avec la bénédiction de Melkuth, j’avais toujours du mal à entrer dans sa chambre.

Quand j’avais enfin eu le courage de le faire, je portais encore mon armure et je tenais mon bouclier.

« Je croyais que tu voulais coucher avec moi, pas me battre à mort ? » demanda-t-il en pointant l’étoile du matin dans mon autre main.

« Ah ! Désolée… Je ne l’ai pas remarqué, » avais-je répondu et je l’avais laissé tomber par terre.

Bien que je me sentais terriblement timide, je ne m’étais pas enfuie, mais au contraire… Je m’étais cachée derrière mon bouclier.

« Et voilà mon sol…, » dit-il.

« Désolée…, » avais-je vite dit.

« Pas de problème, euh… peux-tu ranger le bouclier ? Zoreya, vas-tu bien ? » me demanda-t-il.

« Euh… non. Pouvons-nous... Puis-je coucher avec toi comme ça ? » lui avais-je demandé.

« Euh… QUOIIII !? » rétorqua-t-il.

« Désolée ! » je m’étais un peu rétracté sur moi-même.

Mes joues étaient complètement rouges, et mon cœur battait comme un fou dans ma poitrine.

« Ça ne va nulle part…, » soupira-t-il.

En effet, il n’y avait aucun moyen pour nous de faire quoi que ce soit avec moi dans cet horrible état. Quel genre de Croisée étais-je pour me cacher de mon propre mari derrière mon bouclier ? Melkuth allait probablement me gronder sévèrement, surtout après m’avoir donné sa bénédiction.

Pendant que je me demandais ce que je devais faire et si Illsy allait me haïr à cause de cela, je m’étais vue en train de le regarder droit dans les yeux. Il était venu vers moi et s’était déplacé devant moi.

Je m’étais gelée sur place.

« Me détestes-tu tant que ça ? » me demanda-t-il avec un air triste sur son visage.

« Hein ? Non ! NON NON NON ! » avais-je répondu en secouant la tête rapidement.

« Je vois… C’est une bonne chose, » il poussa un soupir.

« Je suis désolée… Je suis trop timide… trop gênée… Je ne sais pas quoi faire, » je lui avais dit et j’avais regardé en bas.

« Veux-tu essayer quelque chose ? » demanda-t-il en se grattant l’arrière de la tête.

« Quoi ? » demandai-je.

« Ferme les yeux et ouvre-les quand je te le dirai, d’accord ? » il m’avait souri.

J’avais hoché la tête et fermé les yeux.

Soudain, je l’avais senti retirer mon bouclier. J’avais hésité à le lâcher. Puis il prit ma main et me guida soigneusement vers le lit.

J’avais dégluti.

Puis j’avais senti l’énergie magique couler autour de moi, et tout d’un coup, je m’étais sentie… plus légère.

« Ouvre les yeux, » m’avait-il dit.

Quand j’avais ouvert les yeux, il se tenait juste devant moi, mais son visage était très près… trop près !

« Si tu veux que j’arrête à tout moment, dis-le… Si tu me repousses, je bougerais, » il avait murmuré et puis… il m’avait embrassée.

Immédiatement, j’avais levé les mains pour le repousser, mais c’était moi qui l’avais poussé. J’avais ouvert en grand les yeux, mais je ne portais plus mon armure… Le baiser avait continué et dans le feu de l’action, j’avais oublié de le repousser.

Bien qu’étant embarrassée et avec mon cœur battant si vite qu’il était presque prêt à éclater de ma poitrine, je l’avais laissé continuer. Je n’arrêtais pas de me dire que c’était mon mari, et je le voulais aussi… ce qui était vrai. Seule ma timidité déraisonnable m’en empêchait.

Alors, je ne savais pas quand ni comment, mais j’avais pris l’initiative… Je l’avais chevauchée et je l’avais maintenue au sol. J’étais tellement gênée que mes yeux tournoyaient, mais je ne pouvais pas arrêter cette chaleur brûlante en moi.

Cette nuit-là… mon moi pur avait été donné à Illsy… et j’avais aussi découvert que j’avais un côté un peu « sauvage » chez moi, mais cela allait être notre petit secret. Les autres épouses n’avaient pas besoin de le savoir.

***

Chapitre 88 : Enclume à la mer !

Partie 1

[Point de vue de Tamara]

« Nyaaaa... Caresse-moi encore ! » avais-je dit en me blottissant sur les genoux de Shanteya.

De tous, c’est elle qui savait le mieux à quel point j’aimais être caressée. Eh bien, elle et Illsy… Mon copain était un génie pour trouver mes points faibles, à tel point que je l’enviais de ne pas pouvoir faire la même chose !

« Tu es très active, n’est-ce pas ? » demanda-t-elle avec un doux sourire sur les lèvres.

« Munyaaaa ~ pas vraiment… Je n’ai juste rien à faire…, » répliquai-je en laissant ma queue se balancer.

« C’est vrai qu’on navigue comme ça depuis presque cinq jours maintenant. Soupir… Je me demande quand nous atteindrons le rivage, » déclara Shanteya.

« Hmm… Dans une semaine environ ? » avais-je répondu à moitié endormie.

« Je me demande… N’est-ce pas un peu trop précis ? » demanda-t-elle avec les sourcils plissés.

« Nya ~ Hmm ? Du poisson ? As-tu dit poisson ? Où ça ? Où ça ? » Lui avais-je demandé, et j’avais redressé les oreilles.

J’avais levé la tête de ses genoux et j’avais rapidement regardé autour de moi en reniflant l’air.

« Non, je n’ai pas dit poisson… Ah, peu importe, » elle avait abandonné et m’avait ébouriffé les cheveux.

« Nya ? » J’avais secoué les oreilles et je m’étais allongée sur ses genoux.

Agir comme un chaton idiot avait toujours été la meilleure stratégie pour que les mortels voient mon erreur comme une plaisanterie.

Qui croirait que cette nekatare éveillée était plus que ce qu’ils croyaient ? Hmm ! Mais cela allait prendre longtemps avant que je ne me révèle à eux… Ce que je désirais le plus, c’était une vie agréable et normale aux côtés d’Illsy.

Ah… Quand ai-je pris la décision de suivre Illsy ? À l’époque, n’est-ce pas ?

Je m’en souviens comme si c’était hier… Mufufufu !

Quand j’avais été trouvée pour la première fois par Illsy, j’avais semblé n’être qu’un petit chaton sans défense. Blessée, réduite en esclavage, miaulant… qui pourrait nier ma beauté !? Il m’avait sauvée et on avait voyagé ensemble. Je ne voulais être rien de plus qu’un simple animal de compagnie pour lui. J’étais heureuse comme ça. Il me donnait du poisson, je le laissais me caresser. Il s’agissait d’un échange équivalent.

Eh bien, beaucoup de choses s’étaient passées après, mais le point décisif des événements avait été quand Illsy avait combattu Les Ténèbres. Il avait une volonté si forte qu’elle me fascinait ~… Comme un héros des vieilles légendes, il avait tenu bon et avait récupéré ce qu’il avait perdu. Peu importe la douleur et la lutte qu’il avait dû traverser, il n’avait jamais arrêté et il avait persévéré… vraiment incroyable.

Puis il nous avait emmenés sur l’île remplie des Boss. J’avais presque envie de le gifler pour sa décision, mais il nous avait gardés en sécurité, et notre vie n’était jamais devenue horrible. Eh bien, Zoreya avait réussi à surmonter peu à peu sa timidité et à s’accoupler avec Illsy.

D’un autre côté, j’avais été laissée en dehors du « groupe des femmes ». Au début, je m’en fichais, j’avais d’autres choses à faire comme cuisiner et devenir plus forte. Cependant, lorsque les jours étaient devenus des semaines, puis des mois, et une année puis deux. Après m’être presque transformée en nourriture du Dieu du ciel et avoir appris à chasser les grands lézards avec des faisceaux de lumière sortant de leurs yeux, j’avais commencé à me demander si je ne devais pas viser plus.

Illsy se sentait vraiment à l’aise avec ses femmes, et je n’étais encore rien d’autre qu’une esclave… À ses yeux, j’étais un animal de compagnie… ou peut-être qu’il me voyait encore comme une enfant à cause de mon corps sous-développé. L’anatomie non réveillée d’une nekatare n’était pas une anatomie qui plaisait à la libido humaine. Pourtant, j’avais déjà 18 ans.

« Nya… C’est… ennuyeux… non, frustrant ? » avais-je dit en m’étirant sur une branche.

C’était en pleine nuit. Tout le monde dormait, sauf moi.

« Grrr ! » un Dayuk géant s’était approché, pensant que j’étais facile à vaincre.

Je l’avais simplement regardé et j’avais relâché un peu ma présence.

Le monstre avait tremblé et s’était enfui aussi vite qu’il avait pu. Normalement, c’était un peu trop, mais j’étais trop frustrée et j’avais laissé passer ça. Jusqu’à présent, dans cette vie, je n’avais pas encore été enlacée par un amant, et même moi, j’en rêvais.

« Moi ? Tu veux t’accoupler ? Elle est bonne celle-là ! Nyahahaha ! » J’avais gloussé, mais je m’étais arrêtée. « Pas question… » J’avais secoué la tête. « Je le veux vraiment ? LUI !? »

J’étais à court de mots… et de pensées.

Je n’arrivais pas à croire ce que je ressentais et ce que je désirais. D’après ce que j’avais pu voir et vérifier, il n’y avait rien de mal à mon corps ou à ma tête. Techniquement, je n’étais pas encore en chaleur, mais… mais… mais… mais…

« Soupir…, » je m’étais effondrée sur ma branche et j’avais levé les yeux vers la lune. « Est-ce l’un d’entre vous qui s’est mêlé de mes affaires ? » avais-je gémi.

Eh bien, je ne pouvais pas aller là-haut et demander à chacun d’entre eux, alors j’avais décidé de tenter le coup. En d’autres termes, si mes sentiments étaient vrais, je sentirais l’énergie de « l’amour » couler entre moi et Illsy, sinon, il n’y aurait rien.

La seule façon de m’en assurer était de me débarrasser de mon apparence… enfantine et bestiale. Illsy n’était manifestement pas intéressé ou attiré par l’un ou l’autre de ces deux éléments. Donc, cette nuit-là… J’avais permis à mon corps de se réveiller.

Ce changement était arrivé à tous les nekatars qui avaient atteint un niveau de puissance de 500 selon les Temples, mais ce n’était pas toujours vrai, il y avait quelques autres conditions cachées pour que cela arrive. Tout d’abord, ils devaient accepter le désir de changer. Deuxièmement, ils devaient contenir en eux une certaine quantité d’énergie magique. Selon Illsy, une réserve d’énergie magique de plus de 30 000 points était nécessaire. Troisièmement, ils devaient survivre au changement… C’est pour cette dernière raison que beaucoup de nekatars avaient refusé de le faire. Nous avions instinctivement ressenti la peur de nous éveiller…

Eh bien, ça ne m’importait pas vraiment, j’étais un peu « spéciale ». J’avais survécu, mais le changement lui-même avait été assez douloureux pour me donner envie d’arracher la tête à tous les boss de l’île, mais au lever du soleil, tout était fini.

Quand j’avais ouvert les yeux… la zone où j’étais était en désordre. Plusieurs arbres avaient été coupés en deux. Il y avait des égratignures partout. Ma fourrure et mon sang étaient éparpillés tout autour de moi. Et un monstre qui n’en savait pas plus s’était trop approché et avait été déchiré en lambeau. Il avait été littéralement déchiré et sa tête avait été écrasée par mes poings. La vue était vraiment brutale, mais cela ne faisait que me donner faim…

« Eh bien… Je devrais d’abord prendre un bain, Nya…, » avais-je dit en me levant et en étirant un peu les bras.

Mes vêtements étaient en haillons, et j’étais couverte de fourrure. J’avais l’impression d’être devenue assez semblable au type qu’Illsy aimait le plus. Normalement, les nekatares, même celles qui étaient éveillées, n’avaient pas une poitrine aussi grande. C’était vraiment étrange, peut-être qu’un dieu est-il vraiment intervenu ?

Quoi qu’il en soit, à partir de demain, c’était au tour de Tamara de chasser Illsy ! J’allais m’assurer que cet homme soit digne de moi ou non, mais encore une fois… Je ne traînais jamais avec des gens que je ne trouvais pas dignes.

Les femmes officielles avaient essayé de m’arrêter, mais toutes avaient échoué lamentablement… Personne n’avait pu empêcher la puissante Tamara quand elle voulait attraper son poisson, nya ~ !

Quelques jours plus tard, j’avais Illsy pour moi toute seule. Rien de tel qu’une femelle mignonne avec un charme de chatte pour attirer l’attention du mâle.

Quant aux autres épouses, une fois que l’acte avait été fait, et que j’avais été pleinement satisfaite, elles avaient d’abord pensé à faire une leçon à Illsy et m’avaient ensuite enseigné les lois de leur groupe. Je n’avais jamais vu Illsy courir aussi vite. C’était comme s’il était poursuivi par les Porteurs de l’Apocalypse. De tous, le regard fixe et sombre de Shanteya était vraiment effrayant ~ !

Eh bien, de retour au présent, je ne m’attendais pas à ce qu’Illsy et ses autres épouses aient une croissance aussi rapide. Leur force était ridicule. Aucun des boss légendaires de l’île ne pouvait représenter une menace pour eux maintenant. Je doutais fort qu’une armée de Suprêmes puisse les vaincre. Illsy n’arrêtait pas de nous appeler des Super Suprêmes, mais je n’avais jamais compris ce qui se passait. On aurait dit un nom enfantin à donner à une classe. Les pépites de poisson sonnaient mieux et savoureuses aussi ! Hmm… poisson ~

« Munya ~ juste là ! Derrière les oreilles ! » Avais-je dit et je m’étais étirée quand Shanteya avait trouvé un point faible.

« Je rame sur le bateau ! Doucement le long du ruisseau ~ ! Pourquoi me frappes-tu dans la rame ? » avait chanté Illsy.

En regardant vers le son, j’avais vu Nanya lui donner son coup de poing.

« Tu dois moins être à tâtonner mes fesses et plus à pagayer, espèce de pervers en train d’arracher des culottes ! » elle grogna après lui.

« Nya ~ Illsy est un pervers, mais tu l’aimes ainsi…, » avais-je gloussé.

« Quoi !? » répliqua Nanya, mais ses joues étaient rouge vif et sa queue pointue jaillissait sous l’eau.

« Nya ~ tes gémissements sont les plus forts… puis ceux de Zoreya… Hmm, Shanteya et Ayuseya sont les mêmes… Les miens sont comme ça. Nya ~ Pas vrai, mon amour ? » demandai-je en ronronnant sous la caresse de l’El’Doraw.

« Je ne peux nier ta déclaration. » Illsy hocha la tête.

Nanya l’avait frappé.

« Aïe ! » gémit-il.

« Je ne gémis pas… si fort, » dit-elle d’une voix très grave.

Les autres épouses avaient simplement gloussé et les avaient laissées faire.

« Maintenant, c’est moi qui veux trouver un bateau ou arriver plus vite…, » Illsy grogna.

« Si tu n’avais pas mangé toute l’île, nous ne nous serions peut-être pas retrouvés dans ce genre de situation !? » Nanya l’avait réprimandé.

En vérité, c’est exactement ce qui s’était passé.

Il y a quatre jours, Illsy nous avait appelés sur la plage tôt le matin et nous avait annoncé avec un sourire éclatant que nous allions quitter cette île. Il avait même fait ce radeau, ce qui n’était pas aussi simple qu’il y paraît. Il avait été enchanté par un Seigneur du Donjon divin, ce qui lui avait permis de résister à des dégâts incroyables. Après tout, il avait survécu à tous les sauts et à toutes les attaques de poissons qui s’étaient produits jusqu’à maintenant. Quant à son mouvement, il avait été poussé par la force et la vitesse des jambes d’Illsyore et Nanya. La vitesse était de plusieurs nœuds. Nous avancions plus vite qu’une calèche sur terre. J’aimais ça parce que le vent soufflait dans mes cheveux.

Quand Illsy nous avait dit que nous quitterions l’île, nous avions tous pensé que le radeau n’était qu’une plaisanterie et qu’il allait construire un bateau très sophistiqué et incroyable. Ou on volerait sur le dos d’Ayuseya. Au lieu de cela, après que nous soyons tous montés sur le radeau, il s’était tourné vers l’île et l’avait ABSORBÉE.

Il avait absorbé toute l’île, ne nous donnant littéralement aucune chance de reconsidérer son plan, nya ~ ! C’était absurde, Nya !

Avec la disparition soudaine de l’île, l’eau avait dû aller quelque part. Il y avait aussi la question des volcans sous-marins. Ainsi, nous avions commencé à pagayer pour nos vies loin de là tout en étant pourchassés par un tsunami et en évitant de recevoir des blocs de roche en fusion.

Je n’avais jamais pagayé aussi vite de ma vie, Nya !

Apparemment, c’était le seul moyen d’arrêter la barrière ridicule qui entourait l’île. C’était la faille dans le sort. Sans une île et des boss pour donner l’énergie magique, elle n’avait littéralement aucune raison d’exister. Ainsi, il s’était volatilisé dans les airs…

Ce jour-là, nous avions nagé pour notre chère vie… La raclée que nous lui avions infligée par la suite était plus ou moins la raison pour laquelle Illsy s’était retrouvé sans armure magique ce jour-là.

Mais je n’avais pas vu quel était le problème. Les autres ne faisaient qu’exagérer la gravité de la situation. La seule faute d’Illsy, c’est d’avoir fabriqué que ce radeau et de ne pas nous avoir prévenus avant qu’il n’avale l’île.

Au moins, il avait maintenant beaucoup de matériel à utiliser pour son académie de magie, que nous avions tous accepté d’aider à construire… Nya, j’allais être la professeur de cuisine !

Hm, étrange, mais quand on est détendu et caressé méticuleusement, l’esprit peut penser avec aisance… et parfois, regarder en arrière sur le passé, nya…

***

Partie 2

[Point de vue d’Ayuseya]

« Soupir… »

Je levai les yeux vers le ciel et ne vis aucun signe d’oiseaux ou de nuages de pluie. L’océan sans fin était vide et calme… Pas même le plus petit vaisseau en vue.

C’était ennuyeux.

Il n’y avait rien à faire sur ce petit radeau, rien du tout… Même ma précieuse collection de livres avait été lue et relue tellement de fois que j’avais complètement perdu tout intérêt pour elle. Illsy m’avait écrit quelques histoires de son propre monde, mais son talent pour écrire et décrire le beau manquait quelque peu… D’autre part, ses manuels et ses guides pédagogiques étaient étonnants, simples et faciles à comprendre.

Par conséquent, lorsque nous avions atteint le rivage, j’étais déterminée à trouver la bibliothèque la plus proche et à faire un raid ! J’achèterais tous les livres là-bas ou mieux encore, je pourrais les voler ! Non… ce serait mal. Illsy ne voudrait pas ça.

En poussant un autre soupir, je m’étais retournée vers mon mari. Il nageait à côté de Nanya, tous les deux poussant ce radeau pendant qu’ils avançaient avec leurs pieds. Normalement, on ne verrait pas cela comme un moyen de transport très efficace, mais étonnamment, la puissance brute de leurs pieds était déjà à des niveaux absurdes. Nous avancions plus vite que n’importe quel bateau sur lequel j’avais eu le plaisir de naviguer.

En fait, ils pourraient même soulever ce radeau au-dessus de leur tête et courir sur l’eau, mais alors le mouvement continu de haut en bas rendrait tout le monde malade… Et je peux déjà imaginer Tamara être ennuyée par ça et commencer à cracher après eux. Ce ne serait pas bon pour Shanteya non plus, elle doit faire attention… avais-je pensé.

En tournant mon regard vers la nekatare, je l’avais vue profiter de sa séance de caresses avec Shanteya. À côté d’elle se trouvait Zoreya, qui regardait dans les profondeurs de l’océan comme si elle essayait de trouver le secret de l’immortalité. Son bouclier était rangé dans le petit cristal incrusté dans le dos de sa main droite. Nous en avions tous un, et il était caché sous la peau. Illsy l’avait appelé une « petite mise à niveau », mais pour nous toutes, c’était considéré comme une chose étonnante.

La raison en était que nous aurions tous un accès rapide à nos articles personnalisés. Ennuyer Illsy et Nanya pour les sortir et les ranger chaque fois devenait trop gênant, et ce n’était pas non plus très efficace au combat.

Tout ce que nous avions à notre arrivée sur l’île avait été détruit depuis longtemps. L’armure de Zoreya avait été réduite en poussière plusieurs fois. Une fois, à l’entraînement, elle s’était retrouvée toute nue, sans rien… Avant qu’elle ne se mette à pleurer d’embarras, Illsy l’avait « attrapé » sur le champ de bataille et nous avait enfermés devant sa chambre. Au moment où nous avions réalisé ses VRAIES intentions, il était déjà trop tard… Nanya se plaignait le plus de cet incident.

Pour nous protéger et augmenter notre potentiel de combat, Illsy avait fait pour nous des armes et des armures spéciales. Il les mettait à jour chaque fois que nous devenions plus fortes ou qu’il développait une nouvelle technologie pour eux. Comparés à ce que le plus brillant des forgerons des trois continents pouvait faire, les articles d’Illsy étaient un million de fois meilleures. Rien que mon épée, si elle était donnée à Dankyun, il pourrait facilement augmenter sa puissance d’au moins dix fois.

Comme si être un Super Suprême n’était pas suffisant…, avais-je réfléchi et j’avais poussé un autre soupir.

Bien sûr, nous nous étions promis de ne pas abuser trop de ces objets. Nous ne les utilisions que lorsque nous l’estimions absolument nécessaire. Pour toutes les autres situations où il s’agissait de faire face aux Suprêmes et aux groupes de bandits, nous avions des armes simples qui pouvaient résister à une partie de notre pouvoir déchaîné.

Je doutais qu’Illsy y pense, mais si nous le voulions, nous pourrions facilement conquérir les trois continents en quelques jours. Il n’y avait aucune force là-bas capable de résister à notre force.

En regardant loin dans l’horizon, j’avais commencé à penser à l’époque avant de rencontrer Illsy. À comment j’avais vécu en étant maudite alors que je comptais les jours jusqu’à ce que je sois la proie des griffes de la mort. À comment je me tiendrais une fois sur le siège politique d’une princesse de Teslov, mais n’ayant aucune force réelle pour l’appuyer. Puis il y avait eu toutes ces heures innombrables où j’avais dû apprendre à devenir l’épouse parfaite et à me comporter comme une femme raffinée et élégante.

À vrai dire, j’étais en train d’être formée pour devenir une petite femme-trophée obéissante, pas une reine… et certainement pas une amante.

Si mes anciens tuteurs pouvaient me voir maintenant, ils seraient certainement outrés et exigeraient que je sois « recyclée ». Ils m’auraient certainement fait remarquer que le fait de me tenir avec Illsy, de vouloir être près de lui et parfois d’exprimer mon désir de l’accaparer était un comportement qui faisait honte à mon statut et à ma famille. En tant que princesse de Teslov, à leur avis, j’étais censée m’asseoir derrière mon mari, me comporter comme une poupée en porcelaine, ou agir d’une manière que les nobles ne trouveraient pas honteuse.

Si seulement ils savaient que j’ai complètement abandonné un tel mode de vie…, avais-je pensé et puis j’avais gloussé.

Pour être honnête, je ne me souciais même plus de la bataille pour le trône ou du fait que j’étais guérie d’une malédiction apparemment impossible à dissiper. Cette partie de ma vie était maintenant terminée, et après tant de nuits avec mon mari et d’aventures avec mes amies, j’avais décidé que retourner à ma vie de princesse ne serait plus qu’une condamnation à mort pour moi.

De plus, Teslov ne méritait ni moi, ni mon pouvoir… Et si ces vieux gars voulaient me traîner en arrière ou utiliser Illsy d’une manière ou d’une autre, c’était moi qui leur arracherais la tête, pas Shanteya.

« Hm ? » Je m’étais levée sur le radeau et j’avais regardé au loin.

« Qu’est-ce qu’il y a ? » demanda Shanteya.

« Munya ~ ne t’arrête pas ~ Caresse-moi encore ! » la nekatare le lui avait demandé.

« Je crois que je vois quelque chose au loin…, » j’avais montré du doigt devant moi.

« Hm… il y a un point, » dit Zoreya en louchant les yeux.

« Je vais monter afin de jeter un coup d’œil, » leur avais-je dit.

En utilisant la magie du vent, j’avais volé dans les airs, puis j’avais regardé au loin. Je n’avais pas tort. Il y avait quelque chose là, à l’horizon.

« UN BATEAU ! JE VOIS UN BATEAU ! » avais-je crié, excitée.

Enfin ! Les jours de l’ennui sans fin avaient enfin pris fin.

Arrêtant mon sort, j’étais retombée sur le radeau.

Splash !

Mon atterrissage avait été un peu rude, ce qui l’avait fait s’enfoncer dans l’eau, mais la petite embarcation avait tenu le coup.

« Il y a un vaisseau ! » avais-je dit encore une fois.

« Génial ! » Illsy avait levé le poing dans le ciel.

« Enfin…, » Nanya poussa un soupir d’exaspération.

« Hm, où est Zoreya ? » demanda soudain Illsy.

Clignotant des yeux, surprise, je regardais derrière moi. La croisée était partie. L’endroit où elle était assise il y a un instant était vide.

« Elle a dû tomber dans l’eau ! » avais-je dit.

« Ah ! Enclume par-dessus bord ! Que quelqu’un aille sauver ma femme ! » s’écria Illsy.

J’avais sauté dans l’eau et j’avais utilisé le flux de l’énergie magique pour me propulser vers elle.

La femme en question s’enfonçait comme une pierre dans son armure. Je savais qu’elle ne voulait pas s’en séparer, mais quand même…

Zoreya ! Ne te noie pas ! avais-je pensé.

Eh bien, j’étais certaine qu’Illsy la sauverait à la dernière minute dans le pire des cas, et qu’elle n’était pas assez idiote non plus pour se laisser noyer.

Je l’avais attrapée par la plaque de son dos et je l’avais tirée avec moi. Grâce à ma vitesse et à ma force, j’avais pu remonter à la surface à la nage assez rapidement.

« Par ici ! » avais-je crié une fois dehors.

En tirant la tête de Zoreya hors de l’eau, elle avait craché et nous avons nagé jusqu’au radeau. Illsy l’avait remontée, et j’étais aussi sortie de l’eau.

« Est-ce que ça va ? » demanda Illsy, inquiet.

« J’ai cru que j’allais me noyer, » dit-elle en laissant l’eau s’écouler de tous les trous de son armure.

« Allez, sors de cette armure avant d’attraper un rhume, » déclara Illsy.

« Ah ! Pas la peine ! » elle secoua la tête, mais il utilisa l’Absorption et l’enleva.

Immédiatement, les joues de Zoreya devinrent rouges, et elle fit une grimace comme si elle allait pleurer.

« Hm…, » Illsy loucha des yeux et lui replaça son armure.

Son expression s’était transformée en une expression de soulagement, puis Illsy l’avait de nouveau absorbée. Son visage était devenu rouge. Il l’avait remise en place. Elle s’était calmée.

Ce cycle s’était répété plusieurs fois jusqu’à ce que Nanya en ait assez et qu’elle frappe Illsy sur le sommet de sa tête.

« Ça suffit maintenant ! Il faut qu’on atteigne ce bateau, » dit-elle.

« Aïe… oui, » répondit-il en se frottant l’arrière de la tête.

J’avais gloussé et j’avais embrassé Illsy sur la joue.

« Nanya a raison. On en avait assez de ce radeau, » j’avais souri.

« D’accord…, » il acquiesça d’un signe de tête.

Nous nous étions donc dirigés vers le navire que j’avais repéré au loin. J’étais curieuse de savoir à quel pays ou à quelle société commerciale il appartenait…

***

Chapitre 89 : Le capitaine ne vol pas

[Point de vue de Shanteya]

À notre grande joie, nous avions finalement rencontré un vaisseau. C’était un galion typique de Paramanium avec deux voiles noirs et un corps noir encombrant. Quatorze canons étaient alignés sous le pont en deux rangées et quatre autres sur le pont. Il y avait des signes de bataille, avec deux trous à l’avant du navire et trois à l’arrière, tous du côté tribord par lequel nous approchions. Le mât principal avait également été endommagé, mais il tenait encore le coup.

Dans l’ensemble, il ressemblait à un navire solide, mais il y avait une chose qui nous inquiétait… le drapeau avec un crâne et deux os croisés flottant dans les airs au-dessus du nid du corbeau. C’était le Jolly Roger des rumeurs.

Au fur et à mesure que nous approchions, nous avions remarqué que nous avions été repérés et qu’ils étaient tous une bande de sales pirates qui n’arrêtaient pas de nous déshabiller avec leurs yeux. Comme c’est malheureux… pour eux.

« Soyez sur vos gardes, » Zoreya nous avait prévenus.

« En effet, » avais-je dit.

Quand notre radeau s’était approché d’eux, ils nous avaient tirés dessus avec un boulet de canon. La frappe arriva à une vingtaine de mètres de nous, mais c’était un signe clair qu’ils n’allaient pas nous accueillir avec une attitude amicale. Nos armures magiques avaient été mises en place, mais même s’ils nous avaient tirés dessus avec tous ces canons, ils n’auraient quand même pas été capables de nous égratigner. Si le railgun d’Illsy ne le pouvait pas, pourquoi leurs canons le pourraient-ils ?

Nous nous étions arrêtés juste à côté de la coque de leur navire.

« Oh ! Regardez ça, les gars ! Nous avons ici de jolies filles qui naviguent sur nos mers sur un radeau ! » cria l’un d’eux en nous regardant de haut.

« Hahahaha ! Nous sommes les maîtres de ces mers ! On ne veut pas de poules mouillées, mais… elles sont mignonnes, on les hisse ici ! » déclara un autre en se léchant les lèvres.

« Puis-je faire exploser le vaisseau, Nya ? » demanda Tamara alors que sa queue se balançait à droite et à gauche.

« Non ! Nous voulons qu’il soit intact… ou qu’il flotte encore, » nous l’avions tous dit à la Nekatare.

Si l’on se fie d’abord à la personne qui avait perdu son sang-froid, la liste serait la suivante : Nanya, Tamara, Ayuseya, moi, Zoreya, et enfin Illsy. À moins qu’il ne s’agisse de nous ou de quelque chose qui l’intéressait, il était difficile d’énerver notre homme maintenant que Les Ténèbres avaient disparu.

« Ah, tu vas nous manquer, mon cher ami, » Illsy parla au radeau et frotta doucement l’une des bûches.

« Allons-y avant que je ne brise ce tas flottant de bâtons en mille morceaux…, » grogna Nanya en sortant de l’eau.

« Je suppose que oui. Illsy, veux-tu bien me porter ? » lui avais-je demandé.

« Hm ? Bien sûr ! » répondit-il en souriant.

« J’y vais en première, Nya ! » dit Tamara et en utilisant ses griffes, elle était montée sur la coque.

« Hein ? L’un d’eux vient ici… Une femme à grosse poitrine avec des oreilles de chat ! » déclara le marin de tout à l’heure.

En ce qui concerne l’apparence de ces déchets appelés hommes, eh bien… j’avais vu des vêtements non lavés, des coups de soleil, une peau très bronzée, des bandanas ou des chapeaux sur la tête, des signes de scorbut, des dents et des orteils manquants, et une odeur qui m’avait donné envie de vomir.

« Je vais monter ensuite, » Ayuseya avait dit cela alors qu’elle n’avait pas utilisé de chant pour lancer un sort de vent et se propulser vers le haut comme elle l’avait fait plus tôt sur le radeau.

Zoreya s’était ensuite approchée et avait utilisé un saut puissant pour monter sur le pont. Nanya avait sauté après elle. Les derniers étaient moi et Illsy. Notre mari m’avait portée dans ses bras et avait utilisé un sort de vent pour remonter lentement.

Une fois sur le pont supérieur, nous avions été accueillis par le « comité d’accueil ». Plus d’une vingtaine de pirates avaient leurs épées non gainées et souriaient jusqu’aux oreilles. Nous étions jolies, bien habillées et propres. Bien sûr, ils baveraient et fantasmeraient sur nous comme une bande d’animaux en chaleur. Ils étaient aussi tous humains. En ce qui concerne la couleur de la peau et d’autres traits spécifiques, eh bien… ils étaient tous mélangés, la moitié de quelque chose et la moitié d’un autre. Soit ça, soit ils étaient tellement bronzés et sales. Je pouvais dire lequel était lequel. C’était beaucoup plus facile avec les draconiens et les el’doraws… Les humains étaient bizarres.

« J’ai envie d’un baril de grog, mais n’est-ce pas beau ? » demanda l’un des hommes noirs aux yeux plissés.

« Bah ! Vous êtes aveugle comme une chauve-souris coincée, vous ne voyez pas la blonde là-bas ? C’est elle qui me fait le plus envie, » déclara un autre, qui je pense avait la peau orange… ou il était très sale.

« Une chauve-souris coincée dans la cale ? Tu veux que je t’écorche vif, espèce d’étreinte de Merion ! » répliqua l’autre.

Les deux se critiquaient, alors que nous étions en état de choc… à cause de leur odeur nauséabonde.

« Nya… Ces types sont des crétins, non ? N’est-ce pas ? » la nekatare gloussa et regarda Illsy en réponse.

« Surveille ta langue, mademoiselle ! Tu ne veux pas que je te coupe ces belles oreilles, n’est-ce pas ? » Un grand homme massif, portant un pantalon ample en lin et une veste en cuir brun déchiré, pointa son épée incurvée sur elle.

« Nya ? » Tamara avait simplement incliné la tête comme si elle était confuse.

Après avoir combattu toutes ces monstruosités sur l’île, se battre contre une bande de pirates était facile.

« Bande de gibier de potence ! Pourquoi vous rassemblez-vous là ? » une voix forte avait été entendue de derrière eux.

« Aye aye, Capitaine ! » Ils s’étaient tenus droits, lui laissant le passage pour nous atteindre.

L’homme en question était un être humain d’environ 40 ans avec une longue barbe grise. Elle était si bien entretenue qu’un Mérion le verrait comme un paradis. Il portait de longs vêtements noirs et des bottes en cuir avec des semelles en métal, ce qui lui permettait de garder son équilibre sur un pont oscillant. Le gilet et le pantalon étaient bien ajustés, mais déchirés à de nombreux endroits et rapiécés avec des morceaux de tissu. La cravate autour de son cou était la seule chose qui semblait bien faite, mais qui n’avait pas sa place sur un bateau pirate.

« Eh bien ! Palsambleu ! C’est le plus beau butin de pirate que j’aie jamais vu ! » le capitaine s’essuya la bouche avec sa manche et s’approcha de nous.

Tous les regards ignoraient Illsy.

« Dites-moi, belles dames, qu’est-ce qui vous a amenées ici au milieu de l’océan ? Naviguer jusqu’ici n’a rien à voir avec de tels trésors. Ou, par hasard, un marin a prétendu être un marin et l’a prouvé si bien qu’il a fait naufrage ? » Il avait ri et les autres pirates avaient aussi ri.

« Non, en fait…, » Illsy voulait répondre.

« Je ne te parle pas, morveux ! Si je demande, tu ouvres la bouche, sinon, tu es le bienvenu pour marcher sur la planche et saluer les poissons ci-dessous, » rétorqua-t-il.

« Poissons !? Où ça ? Où ça ? Où ça ? Où ça ? » Tamara réagit au mot clé et regarda autour d’elle, les oreilles en l’air.

« Si tu me laisses reposer dans ton port, je te donnerai tout le poisson que tu veux, » déclara le capitaine en riant.

Tamara inclina la tête.

« Ton bateau est trop petit et navigue trop mal pour plaire à ce port, nya ! » répliqua-t-elle en souriant.

J’avais cligné des yeux de surprises. Est-ce qu’elle a vraiment saisi cette référence !?

Les autres étaient également surpris, mais le capitaine avait l’air furieux.

« Aïe, » dit Illsy en détournant le regard.

« Capitaine, qu’est-ce qu’on en fait ? » nous avait demandé l’un des pirates qui nous avaient accueillis.

Il était maigre et il lui manquait la plupart de ses dents.

« Attachez-les et placez-les dans les cages dans la cale. Amenez la jeune fille à mes quartiers. Je vais lui montrer ce qu’un vrai bateau de pirates peut faire ! » sourit-il.

« Aye aye, Capitaine ! » répondirent les pirates en souriant.

Tamara inclina à nouveau la tête vers la gauche comme si elle n’était pas au courant.

« Soupir… idiots, » Nanya secoua la tête.

« Surveille ta langue, shikak ! » dit l’un des hommes en s’approchant de Nanya.

Dès qu’elle avait entendu le mot, sa queue avait cessé de se balancer. Je suppose qu’ils n’étaient pas intimidés par son regard démoniaque.

« Qu’est-ce que t’as dit ? » demanda Nanya… lentement.

C’était subtil, mais on sentait l’énergie magique se rassembler autour d’elle.

« Pose-moi par terre, » avais-je dit à Illsy, qui me tenait encore dans ses bras, bien qu’une main tenait fermement mes fesses.

Je l’avais embrassé sur la joue et je m’étais éloignée de Nanya. Tout comme mes amies.

« Ne m’as-tu pas entendu ? Je t’ai traité de shikak parce que c’est ce que… »

BOOM !

Le pirate ne savait pas ce qui l’avait frappé. Il avait quitté le navire en direction de tribord et s’était retrouvé en pleine mer.

« C’est la première fois que je vois quelqu’un jouer à faire ricocher des pierres… avec un pirate, » Illsy avait commenté comme s’il venait de voir quelque chose de scandaleux.

« Aaah ! » les pirates avaient tous crié et s’étaient éloignés d’elle.

« M-m-monstre ! » L’un d’eux avait montré Nanya du doigt.

« Tu as un peu de force, jeune fille. Oui, amenez John par ici. Il aura envie de jouer avec vous tous, » le capitaine avait ordonné à un membre de son équipage et avait regardé Nanya.

« Hm ? Vraiment ? » Nanya lui avait montré son poing fermé et lui avait fait un sourire forcé.

« Oh, elle est énervée, » souligna Illsyore.

Un instant plus tard, alors que le capitaine et Nanya se lançaient des regards meurtriers, le soi-disant John est arrivé, et il… était tout petit.

« BWAHAHAHA ! » Illsy avait ri.

L’homme en question était un homme d’un mètre de haut avec un regard furieux, une tête chauve, une longue moustache, des bras et des jambes épais et une odeur pire que les toilettes que je devais nettoyer à l’Académie de Magie de Fellyore.

« Pourquoi ris-tu, Merion ? » demanda-t-il d’une voix aiguë.

J’avais essayé de ne pas rire.

Il m’avait regardée et s’était jeté vers l’avant, essayant de me frapper, mais en un instant, le rire d’Illsy s’était arrêté, et il était devant lui. Il l’avait attrapé par le poignet, lui avait plissé le bras au coude et il lui avait fait manger son propre poing.

John n’avait même pas eu le temps de savoir ce qui lui était arrivé. Quant à son armure magique, elle avait été brisée par la seule prise de main d’Illsy.

« Tu étais sur le point de faire quelque chose de très stupide, alors je t’ai fait manger ton poing, » lui dit-il, puis il poussa sur ses épaules.

L’homme était tombé à genoux et s’était cassé les jambes. Le poing dans sa bouche étouffait partiellement ses cris.

« I-Impossible… Si John ne peut rien faire, alors qu’il est de rang Divin…, » dit le capitaine avec surprise.

Avec nous, Illsy était un ange, mais si quelqu’un ou quelque chose essayait de nous faire du mal, il n’hésiterait pas à se comporter comme Les Ténèbres, seulement dans un état entièrement contrôlé, ce qui le rendait beaucoup plus dangereux. Dans tous les cas, ce petit John devrait le remercier de ne pas l’avoir tué comme Nanya l’avait fait avec ce pirate il y a un instant.

Même si son coup de poing n’aurait même pas éraflé mon armure magique, je pouvais dire que je n’étais pas non plus prête à épargner sa vie. Contrairement à Illsy, je l’aurais tué… d’un seul coup.

« Divin ? Quelqu’un d’aussi faible ? » demanda Nanya en plissant les sourcils.

Elle avait finalement fait un geste et s’était dirigée vers le capitaine, qui s’était figé alors qu’il l’avait regardé dans ses yeux noirs perçants.

« Tu es le capitaine, n’est-ce pas ? » demanda-t-elle.

L’homme hocha la tête.

« Quels étaient tes ordres déjà ? Envoyez-nous à la cale et amenez Tamara dans ta chambre ? Hm ? » elle lui montra un sourire effrayant.

La vie de cet homme a pris fin, semble-t-il, avais-je pensé qu’en regardant la scène.

« O-Oui…, » il tremblait.

Maintenant, il avait même uriné dans son pantalon. L’image du capitaine à l’air coriace s’était envolée.

« Hm. Vraiment ? » Nanya hocha la tête.

« S’il vous plaît, épargnez-moi, » avait-il supplié.

« J’ai bien peur que non, » elle lui fit un autre sourire.

« Maman, » cria le pirate et Nanya frappa.

Son poing avait frappé juste sous le menton et l’avait projeté dans le ciel. Il était sans doute mort sur le coup, sinon il mourrait de la chute où qu’il ait atterri. Les pirates ne pouvaient probablement même plus le voir vu la manière dont il avait volé.

Ensuite, elle avait regardé le reste de la bande.

« Quelqu’un d’autre ? » demanda-t-elle et elle resserra ses articulations.

Ils avaient tous secoué la tête plusieurs fois aussi vite qu’ils le pouvaient.

« Bien ! Écoutez, bande de crétins ! SI vous ne voulez pas finir comme le capitaine et effectuer un vol dans le ciel, vous ferez ce que je dis, compris !? » elle les regarda fixement.

« Aye aye, Capitaine ! » ils avaient tous salué.

« Bien ! » sourit-elle.

« Qu’est-ce que tu vas faire maintenant ? » demanda Illsy alors qu’il s’approchait de Nanya.

« D’abord, il faut réparer ce bateau et nettoyer ces salauds, » répondit-elle.

« Oh ? » Illsy regarda le groupe, ils tremblaient dans leurs bottes.

« Vous deux là-bas, attachez des cordes au rail. Assurez-vous qu’ils descendent jusqu’à l’eau. »

« Aye aye aye ! » ils répondirent et coururent pour effectuer l’ordre.

« Le reste d’entre vous…, » elle avait souri. « Sautez dans l’océan et ne venez pas ici tant que vous n’êtes pas tout propre ! Compris !? » elle les regarda fixement.

« Hein ? Dans l’océan ? Là-bas ? » L’un d’eux avait posé une question plutôt stupide.

« Si tu ne le fais pas, je vais te jeter dans les airs, » elle avait fait du bruit avec ses articulations.

Ils avaient tous dégluti.

« Qu’est-ce qu’on disait ? Ah, oui ! Marchez sur la planche, chiens de scorbut ! » leur cria-t-elle.

« Aye aye aye ! » répondirent-ils tous, même si certains avaient les larmes aux yeux.

L’un après l’autre, ils se jetèrent tous dans l’océan. Ils nageaient jusqu’à ce qu’ils se nettoient eux-mêmes ou au moins jusqu’à ce que la plus grande partie de leur saleté se détache.

Quand la dernière d’entre eux eut sauté, j’avais regardé la démone et, à ma surprise, j’avais vu Illsy bouger ses mains sous son armure thoracique.

« Illsy ? » demanda Nanya avec une expression de colère sur son visage.

« Oui, mon amour ? » répondit-il.

« Qu’est-ce que tu fais ? » demanda-t-elle.

« Tu te fais masser ? » répondit-il en souriant.

« Ahn ~, » elle avait poussé un joli gémissement.

Heureusement qu’aucun pirate n’était assez près pour entendre ça, sinon elle l’aurait tué.

« Un massage, tu dis ? Caresser mes seins, c’est un massage, est-ce ce que tu dis ? » demanda-t-elle avec une pincée de colère dans le ton de sa voix.

« Mon genre de massage ? » répondit-il avec un grand sourire.

« Je vois… Je vois…, » elle acquiesça d’un signe de tête.

Nous nous étions éloignées d’eux et nous avions probablement pensé la même chose.

Il va se faire frapper.

Le temps qu’Illsy remarque que son poing était serré, il était déjà trop tard.

« Et si tu allais masser ce capitaine, non ? Va et vole vers lui ! » elle cria et lui fit un coup de poing dans le menton.

« Hihi ! Mon pote s’est transformé en étoile ! » Tamara avait ri.

« Eh bien, il survivra. Illsy a l’une des plus fortes Armures Magiques de nous tous. » J’avais haussé les épaules.

« Vrai… Allons-nous voir ce qu’ils ont à manger sur ce bateau ? » demanda Zoreya et s’approcha de la porte menant aux ponts inférieurs.

Nous avions toutes agi comme si ce genre d’événements était devenu normal.

Avant d’entrer dans le vaisseau, nous avions entendu sa voix dans le ciel.

« Colly Tos ! » et… elles étaient parties.

« Je vais le tuer, » Nanya grogna.

Ainsi, une autre journée s’était terminée… avec une certaine démone courant à la surface de l’océan, tout en pourchassant son bon à rien de mari qui avait obtenu son propre « butin de pirate ». Inutile de dire que la seule raison pour laquelle il avait jeté ce sort idiot, c’est parce qu’il la voulait dans son lit ce soir. Bien que fort, Illsy était parfois… un peu trop joueur avec nous ?

Quant au reste d’entre nous, nous avions remplacé notre lingerie perdue par une lingerie de rechange provenant de nos cristaux et nous avions continué à inspecter le navire comme si rien d’inhabituel ne s’était passé.

Peut-être que la vie en mer commençait à affecter la santé mentale d’Illsy ? Non ! Il s’ennuyait probablement trop comme les autres. Même si elle ne l’avait pas montré, j’étais certaine que Nanya s’amusait à sa façon à travers ses réactions exagérées, comme nous toutes.

***

Chapitre 90 : Six ans. Cinq femmes. Statistiques OPées

Partie 1

[Point de vue d’Illsyore]

Le navire flottait tranquillement sur les eaux calmes. Et je devais le dire, mais les pirates avaient fait du bon travail pour le réparer, surtout lorsqu’ils avaient été menacés par mes épouses. Un regard furieux de Nanya ou Shanteya aurait suffi à les faire bouger en raison de la peur pour leur propre vie. Quant à moi, j’avais eu l’incroyable option de première classe de m’asseoir sur mon radeau pendant qu’il était tracté par l’énorme navire.

Eh bien, je n’avais pas vraiment fait attention à mon logement. Ce n’était pas si inconfortable, et j’avais pu éviter d’être mis au travail comme tous les autres pauvres gars. J’avais beaucoup de nourriture et du temps à perdre.

En étirant mon corps, je levai les yeux vers le ciel et fixai le passage des nuages. Nous étions en route vers l’île des Pirates, la base d’attache de tous les pirates de la région. Pourquoi là et pas dans un port sûr ? C’était la masse terrestre la plus proche de nous, et j’avais aussi mes propres plans à cet égard.

Un petit oiseau appelé Mémoire de Donjon m’avait dit que je pouvais y trouver une carte intéressante. J’étais curieux à ce sujet… vraiment très curieux.

Tandis que je laissais passer le temps comme ça, je repensais à ces six années que nous avions passées à nous battre pour notre vie sur l’île aux Boss. Nous avions eu notre part de moments dangereux, drôles aussi, mais aussi beaucoup de moments qui nous avaient unis en tant que famille.

Tant de choses s’étaient passées pendant ces six années… Tant de choses auxquelles je voulais répondre et d’autres que j’avais accueillies à bras ouverts.

Au cours de ces années, on pourrait dire que j’étais retombé amoureux de mes femmes. Il est vrai qu’elles étaient si différentes les unes des autres, qu’on ne pouvait que se demander comment j’arrivais à faire battre mon cœur si vite quand je les prenais toutes dans mes bras. Pour être honnête, cela m’avait aussi échappé, mais j’avais accueilli cet amour que j’avais partagé avec elles toutes.

Tout d’abord, il y avait Nanya. Aussi belle qu’elle puisse être avec ses longs cheveux noirs, ses yeux aiguisés et son corps mince, elle avait été la première femme que j’avais contemplée après ma réincarnation. Sa force au combat était l’une des plus élevées de mon groupe d’épouses, mais elle avait été surpassée en vitesse par Tamara, en puissance magique par Ayuseya et en discrétion par Shanteya. C’était une attaquante, une combattante de mêlée conçue pour briser ses ennemis avec ses poings.

Pour ce qui est de la robustesse… elle était la troisième après Zoreya et Ayuseya. J’avais trouvé cela pour le moins surprenant, mais c’était la vérité.

Nanya se spécialisait aussi dans les déguisements et les sorts. Même ses compétences de Suprême et de Super Suprême s’en étaient inspirées.

En parlant de cela, j’avais décidé de faire la classe Super Suprême, car leur pouvoir avait largement dépassé ce qu’était le bon sens pour un Suprême. Même sans [Lien de Confiance II], c’était encore un peu exagéré… Du moins pour les êtres vivants sur les trois grands continents : Sorone, Allasn et Thorya. Si je devais compter les autres… enfin… Peut-être qu’elles étaient dans la moyenne ? C’est mon coup de pouce qui les avait élevés au sommet.

Nanya était celle qui avait son calme le plus court et exprimait sa jalousie plus ouvertement que les autres. La façon dont Shanteya exprimait cette émotion m’avait donné des frissons dans le dos, et Zoreya m’avait toujours donné l’impression que le monde allait s’écrouler si je foire quelque chose. Tamara et Ayuseya étaient les seules à ne pas vraiment se soucier de ce que je faisais avec les autres femmes tant que je me soumettais aux désirs qu’elles avaient après.

Quant à savoir comment j’avais pu le découvrir… Ce stupide donjon primordial avait une pièce qui jetait de la magie d’illusion. J’avais accidentellement déclenché les pièges à l’intérieur… et la pièce avait été immédiatement remplie de diverses femmes nues destinées à me séduire. Ce jour-là, j’étais mort… J’avais été ressuscité, j’étais mort de nouveau et ainsi de suite jusqu’à ce que la pièce soit réduite en miettes.

C’était quelque chose du genre : mes yeux s’étaient dirigés vers la poitrine ou les fesses d’une de ces illusions, et j’avais reçu un coup de poing de Nanya. Mon regard s’était déplacé vers une autre à la suite du choc, et j’avais été giflé par Shanteya. Je m’étais retrouvé aux pieds d’une des illusions qui s’accroupissaient devant moi… et Zoreya avait claqué son bouclier à pleine force sur ma tête. Je n’avais aucune idée si ce que j’entendais, c’était mon crâne ou le sol.

Pendant ce temps, Tamara et Ayuseya avaient ri en voyant ce qui s’était passé.

Mais… Je m’étais fait une note : n’ose jamais jeter un coup d’œil aux autres femmes… à moins d’être ABSOLUMENT sûr à 100 % qu’AUCUNE de tes épouses ne l’apprendra UN JOUR.

Nanya ne s’adonnait pas aux arts, mais elle adorait les farces. Cela faisait partie de sa nature démoniaque. D’après ce qu’elle m’avait dit, les Reines Démones en général étaient très enjouées quand elles étaient avec leurs maris. Quand je lui avais demandé s’il y en avait d’autres comme elle, elle m’avait répondu qu’elle avait d’autres sœurs et que le nom « Reine Démone » était donné à son espèce et non à son rang. Techniquement, son rang politique était celui d’une princesse démone.

Eh bien, pendant toutes ces années passées sur l’île, Nanya avait réussi à maîtriser son épée donnée par son père, et la plupart de ses sentiments envers lui et son passé s’étaient calmés. Elle s’en fichait tant qu’elle restait à mes côtés, mais à cause de sa famille bizarre, elle m’avait aussi dit qu’elle ne voulait pas d’enfants… pas encore.

Même aujourd’hui, après cinq ans, le souvenir de cette nuit était clair comme de l’eau de roche.

Il pleuvait dehors, et je n’étais au lit qu’avec elle. Les autres étaient dans leur chambre et Tamara prenait un bain de pluie.

La foudre avait frappé à l’extérieur, et l’éclair de lumière avait révélé le regard érotique de la démone qui se tenait sur moi. Sa queue flottait dans les airs. Ses yeux noirs perçants me regardaient droit dans les yeux. Ses lèvres se séparèrent, me montrant un sourire séduisant. Bien qu’elle ait eu plusieurs pointes dépassant de son dos, des dents pointues signifiaient que c’était fait pour la chair, et des griffes capables de déchiqueter, son toucher était doux et rempli de désir. Elle n’oserait jamais me faire de mal, mais elle voulait qu’on la tienne, qu’on la caresse et qu’on l’embrasse… C’était Nanya… une démone qui voulait être aimée.

« J’espère que tu comprends, Illsy… Je veux vraiment avoir une famille avec toi. Je le veux vraiment…, » me dit-elle, mais des larmes se formèrent dans ses yeux.

Ça ne correspondait pas au regard érotique qu’elle portait en eux.

Je lui avais montré un sourire et je l’avais placé au sol. J’avais serré mes bras autour d’elle pour lui faire savoir que je voulais être avec elle.

« Quand ton cœur sera prêt, je serai là pour toi… Tu es ma femme, Nanya. Je me fiche de ce que n’importe qui dans ton foyer a à dire à ce sujet. Tout ce qui m’importe, c’est toi… ma femme, mon amour, » je l’avais embrassée et je lui avais fait un sourire. « Alors, détends-toi… Dès que tu es prête, dis-le-moi… Je me fiche du moment où ça le sera. Maintenant ou dans mille ans, quand tu seras prête, ma bien-aimée démone, ma douce Nanya, » je l’avais encore embrassée.

Nanya avait pleuré après, et nous avions passé le reste de la nuit à nous câliner et à nous parler.

Bien sûr, le fait d’être une démone et tout, même après m’avoir dit ce qu’elle avait dans le cœur, ne l’empêchait pas d’envier un peu Shanteya et les autres qui n’étaient pas liés par de telles choses.

En parlant des choses qui nous lient, le changement d’Ayuseya au cours de ces six dernières années avait été celui de la libéralisation de son propre esprit, de la recherche de la liberté et de la force. Il y avait eu des moments où elle se débattait avec sa propre ombre, où elle criait aux lunes, demandant qu’on lui enlève ses menottes invisibles.

Sa douleur ne venait pas de l’isolement sur cette île, mais de son incapacité à exprimer parfois ce qu’elle voulait vraiment. Ça la peinait et la maintenait enchaînée comme un animal sans défense. Je voulais l’aider à sortir de cet état, alors j’avais fait de mon mieux pour être à ses côtés, pour l’aider à s’en sortir et l’écouter.

J’avais appris le genre de vie qu’elle menait avant de me rencontrer, la raison de ses chaînes invisibles… Privée de bonheur, ayant toujours la politique de son royaume poussée sur son épaule, se rappelant toujours qu’elle n’était là que pour donner naissance à un héritier. Ce n’était pas le genre de vie qu’on voulait…

C’est pourquoi jouer du violon était devenu sa seule échappatoire… C’est pour ça qu’elle avait appris à en jouer.

Nuit après nuit, j’écoutais ses mélodies. Je l’avais regardée pleurer. Je la tenais dans mes bras et laissais notre passion noyer ses peines.

Au moins, ces événements n’arrivaient pas si souvent. Ce n’est que lorsqu’elle avait essayé de repousser ses limites, d’atteindre le niveau suivant, qu’elle s’était trouvée submergée par la pression de son passé. Ainsi, au combat, je pouvais voir qu’elle se retenait souvent de marcher sur les lignes de front. Elle le voulait, mais quelque chose en elle l’en empêchait… J’avais souvent vu dans ses yeux le regard qu’elle portait lorsqu’elle essayait d’attraper cette petite gâterie suspendue devant son nez, tout comme une bête piégée dans une cage ouverte. Elle savait qu’elle pouvait y arriver, mais elle ne pouvait pas rassembler l’énergie nécessaire pour le faire.

Quand les larmes ont-elles cessé ? Quand s’est-elle finalement libérée de la chaîne en l’étranglant chaque fois qu’elle voulait dire ce qu’elle pensait ?

Il y a deux ans, je m’étais battu avec elle contre un Dayuk Doré géant d’un niveau supérieur à 2500. Il pourrait écraser quelqu’un comme Dankyun d’un simple coup de ses queues jumelles.

La bataille fut difficile. J’avais utilisé l’une de mes meilleures attaques contre ce monstre, et il avait quand même refusé de tomber. Eh bien… avec une régénération qui rivalisait avec la mienne, je n’avais pas été surpris.

« RUGISSEMENTTTT !! »

Le monstre rugit et essaya de mordre Ayuseya. Elle avait esquivé en sautant en arrière et, en même temps, avait lâché une tornade de poignards de feu cristallisés. C’était l’une de ses propres créations. Je n’avais aidé qu’un peu à l’expérimentation. Il serait techniquement classé comme une compétence de rang d’Empereur parce qu’il combinait certains aspects plutôt excentriques de la magie et de la physique. Le feu cristallisé était essentiellement un feu explosif dans un carcan de glace semblable à celui de mes [Glaciers infernaux], ce qui m’avait pris trois années pour comprendre comment il fonctionnait… oubliant la solution pour résoudre l’équation de l’entropie à la surface de contact entre la magie de feu et celle de la glace.

L’attaque avait explosé dans le museau du Dayuk, me donnant un moment de distraction pour utiliser la magie de l’ombre et invoquer les [Lances d’ombre]. Le Dayuk cria de douleur, mais il n’avait pas abandonné et avait essayé de m’attaquer. J’avais esquivé et j’avais lâché une grenade à l’endroit où je me tenais la dernière fois. Elle avait explosé dans son museau, repoussant la bête. OK ! C’était plus une bombe à retardement qu’une grenade, mais j’avais… des détails.

Ayuseya utilisa son talent divin [Souffle du dragon] et lança une attaque contre le monstre. Les flammes avaient brûlé la bête, mais ça ne l’avait pas tuée.

Je dois dire que la draconienne avait fait preuve d’une étincelle de génie dans la façon dont elle pensait mettre en œuvre la magie de la création des compétences Divine. Ce qu’elle utilisait pouvait être classé à la fois Armure et Arme, mais cela s’était formé dans sa gorge et s’était amplifié au niveau de ses joues. Plutôt incroyable, si tu me le demandais.

Pourtant, elle se retenait… beaucoup.

« Tu peux le faire, Ayuseya ! Laisse tout sortir ! » avais-je crié en essayant de l’encourager.

En m’entendant, ce n’était pas ma femme qui avait réagi, mais le Dayuk.

« Un grossier… Ça va faire mal, » avais-je dit.

Bien que j’aie essayé d’esquiver, le monstre avait lancé une attaque rapide répétitive avec ses griffes acérées. J’avais évité les premières frappes, mais pas toutes. L’attaque m’avait renvoyé en arrière et avait égratigné mon armure magique. En un instant, je m’étais mis sur la défensive.

J’avais encore quelques atouts dans ma manche, donc je n’étais pas inquiet, mais je voulais voir si Ayuseya pouvait faire quelque chose pour notre situation difficile actuelle.

« Un peu d’aide s’il te plaît ? » lui avais-je demandé.

En regardant au-delà de la bête, je l’avais vue se tenir la tête. En changeant ma vision en analysant l’Énergie magique, j’avais vu les énergies devenir erratiques autour d’elle. Son armure magique fluctuait d’une façon dangereuse. J’avais l’impression qu’elle allait se briser…

« Oh non…, » avais-je dit.

« GRRR ! » le Dayuk l’avait remarquée et avait changé de cible, allant vers celle qu’il percevait comme étant le plus faible d’entre nous deux.

« NON ! Ayuseya ! » J’avais crié et m’étais précipité pour arrêter le monstre.

J’avais attrapé ses queues et j’avais reculé. Cela ne lui avait pas beaucoup plu et m’avait envoyé un choc terrible en fendant mon Armure magique, mais je n’avais pas lâché prise. J’avais tiré aussi fort que j’avais pu jusqu’à ce que je puisse jeter le Dayuk.

Il s’était stabilisé en l’air et était tombé sur les quatre pattes comme un chat, bien que, techniquement, c’était un chien. Dès qu’il avait atterri, il m’avait fait une [Charge] et m’avait frappé avec sa corne. Je l’avais attrapé, l’empêchant de frapper la draconienne derrière moi, mais en conséquence, ma propre armure magique s’était à nouveau craquelée.

« C’est mauvais…, » avais-je dit.

***

Partie 2

« Illsy… Laisse tomber…, » déclara Ayuseya.

« Quoi !? » J’avais été choqué d’entendre ça, mais quand j’avais tourné la tête, j’avais vu ses yeux rougeoyants.

L’aura autour d’elle avait changé et l’armure magique qui fluctuait il y a un instant était revenue à la normale, mais elle avait une lueur étrange. Celle de Nanya était généralement noire, celle de Shanteya était grise, celle de Tamara était brune, celle de Zoreya était blanche, mais seule celle d’Ayuseya était transparente… jusqu’à maintenant.

L’aura de son armure magique était d’un rouge violent.

J’avais dégluti et j’avais lâché le Dayuk.

La bête se précipita vers elle, mais elle étendit la main et arrêta l’attaque avec sa paume. C’était surprenant, mais j’avais vu son visage. Elle souriait jusqu’aux oreilles.

J’avais su alors que ma femme, Ayuseya, était déchaînée…

Elle avait attrapé la bête et avait fait un lancer de judo par dessus son épaule.

« Hm. Joli coup de culotte, » je m’étais marmonné pour moi.

D’un coup de pied, elle envoya alors le loup voler, mais ce n’était que pour l’éloigner d’elle.

Les énergies tournoyaient clairement autour d’elle. L’aura rouge violente grandissait et son pouvoir semblait augmenter constamment.

Regardant le ciel, elle avait poussé un puissant cri.

« HAAA ! »

Les vagues d’énergie autour d’elle avaient fait craquer le sol et tout avait été repoussé. Ce qui était trop près était coupé par son aura… non, son armure magique. C’était la première fois que je voyais une armure magique capable d’être utilisée comme une arme. Techniquement, c’était possible, mais combien de pouvoir et de contrôle fallait-il avoir sur elle ?

Cependant, ce qui s’était passé ensuite était inattendu.

Son cri s’était transformé en grognement, puis en rugissement…

Ayuseya avait changé… Elle avait libéré ce qui était caché à l’intérieur d’elle et l’avait laissé sortir complètement. Elle s’était détachée et en même temps, elle avait trouvé un pouvoir que même moi, j’avais oublié qu’elle avait. Après tout, elle n’était pas une draconienne de sang pur. Elle était un hybride entre un draconien et un Vrai Dragon. Ce que je regardais, c’était sa moitié dragon.

Comme je l’avais vu dans mes jeux ou dans diverses œuvres d’art fantastiques… un DRAGON grandeur nature. Des écailles rouges recouvraient la majeure partie de son corps, tandis que des écailles dorées formaient un motif strié qui soulignait la force. Elle avait une queue, une paire de grandes ailes et des pointes le long de sa colonne vertébrale. Sa tête était ornée d’une paire de trois cornes de chaque côté, toutes semblables à celles qu’elle avait dans sa forme humanoïde. Une rangée de dents acérées comme un rasoir ornait sa bouche, prouvant qu’elle n’était pas faite pour être gentille avec sa nourriture.

En un instant, l’énergie magique et la force de la dragonne s’envolèrent. Elle n’était plus une draconienne, mais un dragon.

J’avais dégluti.

« Grrr ! » le Dayuk doré n’était pas encore fini.

Il m’avait visé, mais Ayuseya l’avait immédiatement mordu dans le dos. Ses dents pointues s’enfoncèrent dans sa chair. Le sang avait coulé à flots, mais cela n’avait fait qu’attiser sa soif de combat. Le monstre gémissait et voltigeait dans ses mâchoires, mais il avait été levé sans effort au-dessus du sol. D’une seule bouchée, le Dayuk doré géant avait été coupé en deux, mais avant que la tête n’atteigne le sol, la queue de la dragonne l’avait poignardé à travers son cerveau, le tuant.

Regardant le ciel, elle avait émis un rugissement féroce qui avait secoué toute l’île.

Je… Je suis enfin libre… elle avait parlé directement à mon esprit, par télépathie.

« Oui…, » avais-je dit.

J’ai changé… Me trouves-tu… dégoûtante maintenant ? demanda-t-elle avec un tremblement dans la voix.

« Dégoûtante ? Bien sûr que non ! Tu es un DRAGON ! Sais-tu à quel point c’est génial ? Bien sûr que oui ! Ma femme est un dragon ! » J’avais applaudi comme un enfant.

Elle avait ri.

Cette nuit-là, j’avais découvert que le rire d’un dragon peut être assez… effrayant.

Après, Ayuseya ne pleura plus jamais. La douleur dans son cœur s’était dissipée, et les chaînes qui la retenaient étaient maintenant brisées en morceaux. Son comportement avait changé, passant de celui d’une princesse réservée à celui d’une femme élégante, extravertie et parfois spontanée. Elle avait découvert qu’elle aimait flirter avec moi.

Un nouveau côté sauvage lui était apparu. Aventureuse et confiante en elle, Ayuseya n’avait jamais reculé devant la mêlée et s’était battue de toutes ses forces. La puissance du sang de dragon qui coulait dans ses veines lui donnait l’avantage dont elle avait besoin pour être à l’avant-garde aux côtés de Zoreya.

Je pourrais dire que c’était l’instant où j’étais retombé amoureux d’Ayuseya. Son nouveau côté, son nouveau moi, la vraie elle était séduisante.

Une autre qui avait changé d’une manière similaire avait été Tamara.

La chatte de compagnie s’était transformée en ce que ceux de mon monde appelleraient une fille-chatte à part entière. Il ne suffisait pas que son corps soit d’une beauté à couper le souffle maintenant, avec les courbes pour faire baver n’importe quel homme, mais elle avait aussi des oreilles de chat et une queue. La caresser avait pris un tout autre sens et quand elle était apparue pour la première fois devant moi… eh bien… c’était un jour que je n’oublierai jamais.

Je prenais un bain dans le petit lac que j’avais créé près de notre base. Entouré d’une haute clôture et avec accès direct au bunker souterrain, il était parfait et sûr. Aucun monstre n’avait pu passer et lancer une attaque furtive contre moi. Bien que, pour une raison quelconque, ces derniers jours, je n’avais pratiquement vu aucune de mes femmes. Elles n’arrêtaient pas de courir après quelque chose dans la forêt…

« Nya ~ »

J’avais entendu le son familier et je m’étais rapidement retourné.

Il n’y avait personne.

Clignotant des yeux en raison de la surprise, je me frottais les yeux et vérifiais mes oreilles.

« J’entends des choses ? J’ai cru entendre Tamara, » avais-je dit.

« Nya ~ »

Je l’avais encore entendu, mais cette fois derrière moi.

Je m’étais retourné. Il n’y avait personne, mais quand j’avais levé les yeux, j’avais vu une ombre dans les arbres.

« Qui va là !? » avais-je crié.

« Nya ~, » avait été venue la réponse.

« Tamara ? » avais-je demandé en plissant les yeux, mais l’ombre s’était dissipée.

« Qu’est-ce que c’est que ça ? » j’avais sauté hors du lac et j’avais regardé autour de la rive, mais je ne voyais rien ni personne.

Ce qui m’avait dérangé, c’est que je ne me souvenais pas que la Nekatare soit si rapide.

« Nya ~. »

J’entendis de nouveau son appel venir de derrière moi, mais elle n’était nulle part de visible. C’était comme si elle tournait en rond autour de moi, mais comment était-il possible que je ne puisse pas la détecter ?

« C’est bizarre…, » avais-je dit.

Il y avait une chose que je pouvais essayer. J’étais retourné dans le lac et… J’avais sorti un poisson de mon esprit intérieur.

« NYA ! »

L’appât avait fonctionné et j’avais attrapé le chat qui se faufilait…

« Je l’ai retiré il y a à peine une seconde, et tu l’as déjà… mangé, » avais-je dit, mais ce que j’avais vu m’avait laissé perplexe.

Tamara… avait changé.

Me regardant, elle avait avalé le reste du poisson et avait souri. L’eau montait jusqu’à sa taille et ses longs cheveux bruns coulaient sur son dos, qui était un peu plus poilu que celui d’un humain. Ses avant-bras et ses jambes étaient également recouverts de fourrure, mais seulement sur le côté extérieur comme une paire de protège-bras. Sa longue queue se balançait dans l’air à gauche et à droite. Son visage avait été changé de celui d’un félin au museau mignon à celui d’une belle femme aux canines légèrement plus longues et aux yeux de chat. L’avant de son corps était sans aucun doute celui d’une femme humaine jusqu’au moindre détail.

J’avais dégluti.

Elle était d’une beauté époustouflante et la caresser était la dernière chose à laquelle je pensais en ce moment… C’était dangereux.

« Nya… L’odeur du maître… est…, » elle inclina la tête vers la gauche et me regarda dans les yeux. « Celle de mon pote, » dit-elle.

J’avais encore dégluti.

« Euh… Tamara ? Comment ? Pourquoi ? Es-tu… !? » mes paroles avaient été scellées quand elle s’était jetée sur moi et m’avait fait un baiser.

J’avais perdu pied, et nous étions tous les deux tombés dans l’eau.

Secouant la tête comme un chat, elle avait gloussé et me l’avait dit. « Tamara ne veut plus être esclave. Tamara a un nouveau corps et aime le Maître comme tout le monde. Tamara veut aussi être la compagne du maître. Tamara donnera… tout au Maître. Non, à toi, Illsy. Tu veux bien me prendre pour compagnon ? » Elle me l’avait demandé et m’avait léché la joue.

Ses bras avaient bougé autour de mon cou et elle s’était rapprochée de moi.

Ce qui s’était passé ensuite était tout à fait évident… Tamara avait gagné.

C’était une belle femme aux oreilles de chat qui m’aimait !? Comment pourrais-je résister ?

De toute façon… Son espièglerie était toujours la même qu’avant, mais elle était devenue plus affectueuse envers moi, et il y a eu de nombreuses fois où elle avait dit des choses bien au-delà de ce que je considérais être sa capacité intellectuelle. C’était une chatte, d’une certaine façon, alors peut-être qu’elle n’avait jamais rien fait qui soit trop gênant pour elle.

Quant à sa force, elle excellait en vitesse et tout ce qui exigeait une grande agilité.

Ça ne me dérangeait pas tant que ça de prendre Tamara pour ma dernière femme. C’était quelqu’un qui était à mes côtés même après que j’aie perdu la tête en raison des Ténèbres. Et surtout, elle m’aimait comme tout le monde, et j’avais aussi appris à l’accepter et à prendre soin d’elle maintenant qu’elle était adulte.

Oui, aux yeux de son espèce, elle était déjà techniquement une adulte, mais pour moi… c’était une erreur. Maintenant, je n’avais eu aucun problème avec ça.

Tamara et Zoreya étaient les seules à ne pas vouloir partager leur temps de dodo avec moi et une autre de mes femmes. Toutes deux avaient exactement la même raison : elles me voulaient égoïstement seulement pour elles-mêmes pendant ces nuits de passion.

En parlant de ça, Zoreya était aussi une beauté en tant que femme, mais qui était ridiculement timide quand elle sortait de son armure. Le changement était si extrême que cela m’avait fait rire à certains moments.

Eh bien, après notre première nuit ensemble, elle avait commencé à socialiser beaucoup mieux avec mes autres femmes et moi aussi. J’avais découvert qu’elle avait une passion pour la lecture, tout comme Ayuseya, et qu’elle était si mauvaise en cuisine que même les monstres fuyaient ses créations.

Une histoire amusante… Une fois, Tamara l’avait défiée à une épreuve de force en cuisine. Inutile de dire que la nekatare avait gagné d’un mile. Quant à ce que Zoreya cuisinait… il était visuellement censuré par l’univers.

Je ne voulais pas dire que la cuisine de ma propre femme était mauvaise, mais quand nous avions donné le résultat à un T-Rex… il s’était arrêté de bouger et était mort peu après avec de la mousse sortant de sa bouche.

Bref, la cuisine de Zoreya pourrait tuer un Boss Légendaire. C’était une arme que N’IMPORTE QUEL pays paierait des millions pour en avoir.

Elle s’était améliorée avec le temps. La femme humaine n’avait jamais abandonné, mais l’élimination de ses résultats mortels avait fini par devenir mon travail d’une façon ou d’une autre. Mon estomac et ma langue avaient dû être remplacés plusieurs fois, et j’avais failli mourir une fois, mais c’était pour une bonne cause ! Zoreya avait finalement appris à faire des frites non explosives !

Mais encore une fois, comment pouvez-vous transformer des frites en explosifs ? Était-ce possible ?

Eh bien, cela pourrait avoir quelque chose à voir avec le fait qu’elle avait accidentellement versé des tonnes de son énergie magique dans sa nourriture à cause de la nervosité qu’elle avait en cuisinant… pour les autres. Quand elle cuisinait pour elle-même, ce n’était pas si désastreux, mais elle continuait d’essayer, prétendant que c’était un entraînement pour l’avenir.

Contrairement au reste d’entre nous, elle devait aussi prier périodiquement Melkuth. Au début, je lui avais construit un temple. Ce n’était pas très efficace. Pendant les premiers mois, j’avais l’impression d’avoir un téléphone avec une batterie défectueuse que je devais toujours me précipiter à la maison pour recharger. Après la première année passée sur l’île, Zoreya avait réussi à apprendre comment acquérir l’énergie divine de Melkuth sans avoir besoin d’un temple. Ainsi, elle avait pu se recharger au milieu de la bataille, ce qui lui avait permis d’augmenter considérablement ses performances et d’utiliser plus souvent ses capacités plus consommatrices.

Zoreya était littéralement devenue un tank digne de n’importe quel groupe de raid ! Elle pouvait résister à n’importe quelle attaque lancée contre elle, surtout quand elle portait mon armure spécialement conçue.

En ce qui concerne la famille, elle m’avait dit qu’elle ne serait pas contre le fait de porter mon enfant, mais seulement après que nous ayons construit l’académie. Elle n’était pas pressée, mais elle sentait qu’une centaine d’années sans avoir vécu ce que c’était que d’être une mère était trop pour une humaine comme elle.

***

Partie 3

La belle El’Doraw aux cheveux argentés avait été la deuxième femme à entrer dans ma vie, et probablement celle qui avait le plus touché mon cœur et mes émotions. C’était difficile à expliquer, mais avec elle, j’avais l’impression d’être le plus connecté, quoi que cela implique.

Durant ces six années, elle avait aussi changé. Alors que dans le passé, son comportement et son attitude étaient ceux d’une femme plus réservée et qui avait tendance à garder les choses pour elle, elle était maintenant quelqu’un qui n’hésitait pas et ne craignait pas de bouger en fonction de ses principes et décisions. Si elle n’aimait pas quelque chose, elle me le disait. Si elle voulait quelque chose, elle le demandait. Si elle avait quelque chose en tête, elle le disait.

Pour moi, c’était un grand changement ! Au lieu d’une servante ou d’un esclave, j’avais une femme qui avait sa propre volonté. Son calme et sa maturité m’avaient aussi captivé, tout comme l’espièglerie et le sérieux de Nanya, l’élégance subtile et le côté séductrice d’Ayuseya, le dévouement et la timidité de Zoreya, et la beauté éternelle de Tamara.

Son style de combat était le même que d’habitude. Shanteya comptait beaucoup sur ses poignards, mais depuis qu’elle avait appris à fabriquer ses propres armes avec son talent divin, elle était devenue beaucoup plus mortelle. Contrairement à l’armure de Nanya, au souffle d’Ayuseya ou aux griffes de Tamara, les créations de Shanteya étaient renouvelables et disparaissaient après avoir frappé. C’était un outil d’assassinat parfait. Ses compétences Suprême et Super Suprême étaient aussi assez effrayantes.

Tout ce que je pouvais dire, c’est qu’il ne fallait pas l’embêter s’ils apprécient leur propre vie. Nanya et Tamara l’avaient appris à leurs dépens… La farce de la démone n’avait pas été prise à la légère, bien que j’avais trouvé le changement de ses cheveux en rose légèrement rafraîchissant, surtout après l’avoir déshabillée. Deux semaines plus tard, la peau de Nanya était verte, et elle ne pouvait rien goûter d’autre que de l’amertume. La nekatare avait connu pire, elle avait vu toute sa fourrure brune rasée. Pendant une semaine, Tamara, la nekatare brune, devint Tamara, la nekatare sans poil égyptien. À la fin, je l’avais guérie parce que les hurlements de fin de soirée commençaient à énerver tout le monde.

C’était la première fois que j’avais vu un chat rasé qui avait l’air si pitoyable…

Je dois dire que je ne m’attendais pas à ce que Shanteya me demande de la féconder… J’avais pensé que nous nous en tiendrions à l’accord que nous ferions un bébé APRÈS que j’ai établi l’Académie, et nous n’étions plus en danger mortel en raison des monstres légendaires.

Même si je pensais comme ça, ses paroles à l’époque… m’avaient fait réfléchir.

« Illsy, j’ai l’impression que c’est le bon moment… Mon corps me le dit, et je ne me suis jamais sentie aussi en paix avec l’idée de porter ton enfant que maintenant. Ce n’est pas plus tard ou plus tôt… c’est maintenant… Ne répondras-tu pas à la demande de ta femme bien-aimée ? »

« Shanteya… Je veux que notre enfant naisse dans un endroit sûr…, » je lui avais dit cela avec hésitation.

Elle m’avait embrassé et s’était déplacée sur moi, me montrant un sourire doux.

« Dans une famille de cinq mères de rang supérieur et d’un Seigneur du Donjon divin en tant que père sous la protection du Dieu de la guerre… comment notre enfant peut-il ne pas être en sécurité ? » demanda-t-elle.

Elle avait raison… Notre puissance accumulée était ridicule, et j’avais eu l’impression qu’elle avait raison. Il y avait autre chose que je craignais. Même sur Terre, la sécurité d’un enfant n’était pas garantie à 100 %. Alors, quelle était la question que j’étais censé me poser ?

Est-ce que je voulais vraiment devenir père ?

Étais-je prêt à prendre cet engagement et cela me rendrait-il heureux ?

Ni Nanya, ni Ayuseya, ni Zoreya, ni Tamara ne pensaient que c’était le bon moment pour cela. De la Nekatare, j’avais eu la réponse bizarre de « Tu es trop jeune pour moi, nya ~ ! »

Qu’est-ce qu’elle voulait dire par là, au nom de tout ce qui était saint ?

Bref… c’était le truc… Shanteya sentait que c’était le bon moment. Elle le sentait du fond du cœur et de l’âme. C’est ce qu’elle m’avait demandé… alors j’avais répondu. Même pour moi, un meilleur moment n’arriverait probablement jamais. Il pouvait toujours y avoir quelque chose qui interfère, essayant de retarder ma décision.

Mais si au moment où je me sentais « prêt », que ferais-je si ne le sentirait-elle plus prête ? Une telle chose m’avait probablement encore plus effrayé.

Ainsi, cette nuit-là, j’avais pris la décision de répondre par « Oui » chaque fois que l’une de mes épouses le demandait. Sinon, je n’en parlerais même pas.

En effet, beaucoup de choses avaient changé au cours des six dernières années. Nos statistiques avaient aussi grimpé en flèche.

Avec un soupir qui s’échappait de mes lèvres en levant les yeux vers le ciel, je m’étais souvenu du texte écrit dans l’explication pour mon unique capacité :

[Lien de confiance II] : Un enchantement organique de type augmentation de stats qui est généré par l’âme d’un être. Sa façon de fonctionner est de transformer l’énergie divine générée par une âme en énergie magique qui est utilisée pour renforcer les corps de certains individus. Ce type de Buff n’apparaît que lorsque la Volonté de l’Univers s’accorde avec le chemin de l’Âme de l’individu. Il peut être appliqué sur : Conjoints, esclaves, animaux domestiques et serviteurs. Il augmente leurs valeurs de statistiques de base avec un certain pourcentage des statistiques de base de l’individu avec lequel ils s’étaient liés. En même temps, l’individu avec lequel ils se sont liés recevra un certain pourcentage de leurs statistiques de base.

Maximums : Conjoints : 100 %, esclaves : 50 %, Animaux : 30 %, Serviteurs : 10 %

Minimum : 0 % (inactif)

Reçu : 0 % (inactif) — 30 % (maximum)

En effet… J’avais reçu 30 % de leurs statistiques de base, alors que mes cinq femmes avaient reçu 100 % des miennes… C’était un peu injuste, mais grâce à cela, notre force était au-delà de ce que nous ne pouvions obtenir que par l’énergie magique.

« Énergie Divine… Aussi connu sous le nom d’énergie des dieux. Cela aide Zoreya à se mettre en activité et peux aussi interférer avec la plupart de mes fonctions. C’est la seule chose que je suis encore incapable de comprendre ou même de commencer à comprendre. C’est vraiment ridicule ! » J’avais pensé à voix haute.

Avec un autre soupir qui m’échappait des lèvres, j’avais décidé de regarder à nouveau nos statistiques.

[Nom] : Nanya Demonarkiar la deuxième Deus

[Espèce] : Demi Donjon/Demi Démon

[Sous-espèce] : Divine/Reine Démon

[Niveau] : 3453

[Force] : 29 548 +31 450

[Agilité] : 25 340 +29 790

[Intelligence] : 18 945 +42 580

[Énergie magique] : 94 725 +212 900

[Régénération d’énergie magique] : 2478 +4590 points par seconde

[Lien de Confiance II] <100 %> Changer ? O/N

 

[Nom] : Ayuseya Drekar Pleyades Deus

[Espèce] : Hybride de Draconien et Vrai Dragon

[Sous-espèce] : Or

[Niveau] : 3216

[Force] : 22 560 +31 450

[Agilité] : 21 489 +29 790

[Intelligence] : 31 548 +42 580

[Énergie magique] : 157 740 +212 900

[Régénération d’énergie magique] : 3755 +4590 points par seconde

[Liens de confiance II] <100 %> Changer ? O/N

 

[Nom] : Shanteya Dowesyl Deus

[Espèce] : El’Doraw

[Sous-espèce] : Albinos <Rare>

[Niveau] : 3329

[Force] : 19 755 +31 450

[Agilité] : 29 450 +29 790

[Intelligence] : 27 430 +42 580

[Énergie magique] : 137 150 +212 900

[Régénération d’énergie magique] : 3122 +4590 points par seconde

[Lien de Confiance II] <100 %> Changer ? O/N

 

[Nom] : Zoreya Eleanor Alttoros Deus

[Espèce] : Humain

[Sous-espèce] : Caucasien

[Niveau] : 3789

[Force] : 31 450 +31 450

[Agilité] : 20 420 +29 790

[Intelligence] : 22 178 +42 580

[Énergie magique] : 110 890 +212 900

[Énergie divine] : 100/100

[Régénération d’énergie magique] : 2740 +4590 points par seconde

[Lien de Confiance II] <100 %> Changer ? O/N

 

[Nom] : Tamara Deus

[Espèce] : Nekatar éveillé

[Sous-espèce] : Félidée brune

[Niveau] : 3333

[Force] : 28 450 +31 450

[Agilité] : 37 580 +29 790

[Intelligence] : 18 450 +42 580

[Énergie magique] : 92 250 +212 900

[Régénération d’énergie magique] : 3333 +4590 points par seconde

[Lien de confiance II] <100 %> Changer ? O/N

L’[Énergie divine] de Zoreya était probablement à raison de son travail de Grand Apôtre, mais le fait que c’était 100/100 points signifiait qu’en interne, je n’avais aucune idée comment le mesurer, juste une estimation approximative. Pour chacune des autres statistiques, je savais exactement comment les traduire.

Un niveau 1 n’indiquerait essentiellement que le nombre de points d’intelligence égal au QI présumé en fonction de leurs connaissances en mathématiques et en physique ainsi que de leur compréhension générale du monde qui les entourait. Par la suite, les chiffres avaient ajouté la vitesse de calcul et surtout : la capacité de calcul du subconscient. C’est cette dernière partie qui avait donné ce chiffre ridicule. Avoir beaucoup de force ne voulait pas dire qu’on avait de la force si l’individu ne savait pas comment la traiter et l’utiliser. La majorité des points n’étaient là que comme une représentation de cette capacité.

La force était selon mes suppositions le poids total qu’un individu pourrait soulever avec un bras. L’agilité était la capacité de bouger ses membres. Un point signifiait que l’individu pouvait courir à une vitesse d’environ 0,97 km/h. Mais j’avais remarqué que pour franchir le mur du son, il ne fallait pas 1273 points d’Agilité, mais au moins 4000. Quant à savoir pourquoi il en était ainsi, j’avais surtout supposé que cela avait quelque chose à voir avec une barrière du subconscient. Quand Ayuseya avait atteint 1300 points en Agilité, elle avait pu frapper une épée assez vite pour franchir le mur du son, mais elle n’avait pas pu courir à cette vitesse.

L’autre chose que je n’avais pas comprise, c’était le niveau de Tamara… Chaque fois que je le regardais, quoi qu’il arrive, il y avait au moins un 6 ou deux 3 dedans, ce qui était bizarre.

Nos statistiques globales étaient ridicules, mais pour vaincre la plupart des monstres de l’île, avoir au moins 20 000 étaient un minimum requis. Le T-Rex par exemple ne pouvait être vaincu facilement que par un adversaire avec au moins 12 000 points dans toutes ses statistiques.

Et en parlant de cela, ma propre fenêtre d’état montrait les valeurs suivantes :

[Nom] : Illsyore Deus

[Espèce] : Seigneur Donjon

[Sous-espèce] : divin

[Niveau] : 3347

[Force] : 31 450 +39 528,9

[Agilité] : 29 790 +40 283,7

[Intelligence] : 42 580 +35 565,3

[Énergie magique] : 212 900 +177 826,5

[Régénération d’énergie magique] : 4590 +4628,4 Points d’énergie magique par seconde

[Lien de confiance II] <30 %> Changer ? O/N

[Affiliation] : Dieu sacré des gros seins, Melkuth le Dieu de la guerre.

[Conjoints] : Ayuseya Drekar Pleyades Deus, Nanya Demonarkiar la deuxième Deus, Shanteya Dowesyl Deus, Zoreya Eleanor Alttoros Deus, Tamara Deus

[Enfants] : 1

[Donjons construits] : 348

[Donjons engendrés] : 1

[Esclaves] : Aucun

[Animaux] : Aucun

[Serviteurs] : Aucun

Oui, ce nombre dans la catégorie [Donjons Engendrés] était le bébé Coeur de Donjons qui grandissait actuellement dans le ventre de Shanteya avec son demi-frère Donjon Divin. Et je ne savais toujours pas comment m’assurer qu’il n’était pas envoyé à Dieu sait où à sa naissance !

C’était probablement ce qui m’inquiétait le plus quand je voulais devenir père… Quoi qu’il arrive, mes femmes donneraient TOUJOURS naissance à des jumeaux.

***

Chapitre 91 : L’habitation du Capitaine

[Point de vue d’Illsyore] 

Quelques jours plus tard, nous avions enfin la fameuse mer des pirates à notre portée de navigation. C’était le nom de la région, mais aussi celui de l’île. L’autre nom qu’il portait était l’île des pirates. Pas très inspirant, mais les autorités étaient d’accord, les pirates l’étaient aussi, et aucun historien n’était venu proposer un nom alternatif à cet endroit.

Comparé à l’île aux Boss sur laquelle nous étions coincés depuis six ans, cet endroit était un peu plus petit et moins actif quand il s’agissait de monstres. Selon les paroles de ces pirates, l’endroit avait été nettoyé de toute bête ou créature qui représentait un danger pour les individus qui y vivaient. Ils avaient même construit une petite ville et y construisaient et réparaient leurs navires.

Techniquement parlant, la mer des pirates est un pays insulaire dans tous ses droits. Ils avaient un Roi Pirate, un Conseil des Pirates qui ne dépendaient que de lui et qui, si nécessaire, pouvaient fonctionner parfaitement sans aucune aide du monde extérieur.

Ce qui nous avait surpris le plus, mes femmes et moi, c’était le fait que ces loups de mer avaient un contrat officiel avec le Grand Empire du Paramanium, au nord duquel se trouvait cette île. L’accord était simple : les pirates avaient le droit de piller et d’attaquer qui ils voulaient tant qu’ils n’attaquaient pas les bateaux de la marine du Paramanium ou les navires nobles. Ils paieraient également 30 % de leurs bénéfices à l’empire en tant qu’« impôt » pour l’utilisation de « leur » île. En retour, aucun des Suprêmes employés de l’Empire ne les attaquerait. Au cas où d’autres Suprêmes les attaqueraient, l’Empire ferait tout son possible pour les défendre.

Ça avait l’air d’une sale affaire dont je ne voulais pas en faire partie. À un moment donné de notre voyage, ces salauds nous avaient proposé de prendre la barre de ce navire et de naviguer sous le drapeau pirate. Avec nous à bord, ils avaient déclaré qu’ils n’auraient même pas à craindre Paramanium.

C’était un fait que nous étions une force avec laquelle il fallait compter, mais l’idée n’était pas de commencer une vie de pirate, mais une Académie. Ainsi, nous avions ignoré leurs « suggestions » et quand ils avaient continué à insister, Nanya les avait fait nager pendant quelques heures.

« Capitaine, quel est votre plan ? » demanda l’un des compagnons quand il nous vit tous rassemblés sur le pont et regardants en direction de l’île.

Celle à qui il avait demandé cela, c’était ma douce démone.

« Vous voulez vivre, vous, les mangeurs de bas-fonds ? » leur demanda-t-elle froidement.

Ils avaient tous dégluti en même temps et avaient tremblé sur place.

« Aille aille aille ! » répondirent-ils.

« Alors, écoutez-moi bien. Nous débarquerons et ces quatre-là seront vos prisonniers. Dites aux autres pirates que votre ancien capitaine et ces idiots que nous avons tués jusqu’à présent ont réussi dans un ultime effort pour les écraser et les vaincre. Vous les avez attachés et ensuite enfermés dans la cuisine. Compris ? » elle fixa les pirates.

Par « eux », elle faisait référence à moi, Tamara, Ayuseya et Zoreya.

« Oui, Capitaine… Mais… pourquoi ? » Celui avec une dent manquante et un faux cache-œil avait demandé ça.

« Est-ce important ? » lui avais-je demandé.

« Hein ? » cligna-t-il des yeux, surpris.

« Vos vies sont essentiellement entre nos mains, vous vous en rendez compte, n’est-ce pas ? » leur avais-je fait remarquer.

« Oui…, » il acquiesça d’un signe de tête.

« En gros, on vous offre une chance de vous en sortir, » j’avais souri

« Hein ? Mais comment ? » demanda-t-il en plissant son front.

« Après leur avoir raconté comment ils ont été ligotés et jetés dans la cuisine, vous direz à ceux qui viendront les chercher qu’ils murmuraient quelque chose à propos d’un continent du Donjon et du monde extérieur, compris ? » déclara Nanya.

« Hein ? » l’homme n’avait rien compris.

« Soupir… C’est très simple. Faites ce qu’on vous dit. Une fois qu’on nous aura emmenés, faites un ravitaillement rapide et fuyez de l’île. Il suffit de naviguer autour pendant quelques jours. Si rien ne se passe, vous pouvez revenir et reprendre vos petites vies. MAIS si vous restez sur l’île, nous vous traiterons comme des ennemis et vous tuerons à vue. Compris ? » leur avais-je expliqué.

« Je pense… Pouvez-vous le dire une fois de plus ? » demanda-t-il en se grattant l’arrière de la tête.

Les pellicules se détachaient comme des flocons de neige par une froide journée d’hiver.

« Par les dieux, je vais les tuer…, » grogna la démone impatiente.

Eh bien, c’est elle qui était censée m’avoir ce soir, mais comme nous allions arriver sur l’Île des pirates aujourd’hui, elle avait dû s’abstenir, d’où son humeur pas si heureuse.

« Au fait, Illsy, es-tu sûr que cet objet se trouve sur cette île ? » demanda Shanteya en s’appuyant sur mon bras et en posant sa tête sur mon épaule.

« Oui… D’après ce que nous avons vu dans le Donjon primordial, il devrait être là…, » avais-je dit en lui caressant doucement les cheveux de l’autre main.

L’objet dont nous parlions était une ancienne carte du monde qui montrait aussi l’emplacement du continent des donjons et bien d’autres choses encore.

Quand nous avions découvert pour la première fois le donjon primordial, j’étais excité et en même temps inquiet des divers pièges et monstres que nous trouverions à l’intérieur, mais cela s’était avéré plutôt ennuyeux. Le donjon n’était pas si compliqué à comprendre. Les monstres étaient faibles comparés à ceux de la surface, et ils n’étaient pas non plus du type issu des cercles magiques. Ils étaient tous nés et avaient grandi à l’intérieur du donjon, ce qui avait conduit à ce que plusieurs des pièges qui s’y trouvaient finissent brisés ou inutiles. Ceux qui fonctionnaient encore étaient enchantés, rechargeables, et… inoffensifs contre nos armures magiques.

C’était plutôt surprenant compte tenu du fait qu’il avait plus de 200 étages.

Une fois que nous avions atteint le dernier, nous avions découvert la Salle du Cœur, qui était à moitié enterrée et détruite. Celui qui était venu en dernier ne voulait pas qu’un donjon renaisse ici, alors il l’avait enlevé. Heureusement, il n’avait pas pris la peine de détruire les documents anciens qui traînaient dans la pièce voisine.

Même si l’âge avait détruit la plupart des écrits, les tablettes de pierre et les sculptures murales étaient demeurées. Il n’y avait pas beaucoup d’informations utiles, un tas de recettes de cuisine, des plans pour divers labyrinthes, une liste des espèces de sève existantes à l’époque, et une carte indiquant l’emplacement d’UNE AUTRE carte.

En ce qui concerne la liste des espèces intelligente, les espèces suivantes avaient été nommées en langage de donjon : Slime, Démon, Oiseaux, Nain, Nekatar, Dragon, Draconien, Elfe, El’doraw, Ornak, Reiss, Forglore, Humain.

Les trois premiers avaient des points d’interrogation après leur nom, ce qui, je suppose, signifiait que l’information n’était pas exacte à 100 %. Cependant, les dragons avaient une flèche pointant vers les Draconiens, ce qui signifiait que ces derniers étaient leurs descendants. Les Dragons étaient aussi les seuls à être soulignés et traversés d’une ligne épaisse, ce qui signifie qu’ils étaient soit éteints, soit… le Donjon n’était pas au courant de leur situation actuelle.

Quant à la carte, elle indiquait l’île des Pirates. Il y avait un grand X et les mots « carte du monde » étaient écrits à côté. Dans l’ensemble, c’était l’information la plus importante que j’avais découverte jusqu’à maintenant, ce qui était incroyable. Après tout, cela signifiait que cette planète avait plus que les cinq continents que je connaissais jusqu’ici : continents des donjons, continent des démons, Allasn, Thorya et Sorone.

J’avais hâte de mettre la main dessus !

En gros, c’était la SEULE raison pour laquelle nous nous dirigions vers une île infestée de pirates au milieu de nulle part. Quant à savoir pourquoi cette mascarade en semblant d’être attrapé. On en avait parlé, et ça avait l’air d’être une idée marrante. Ces gars n’étaient pas à la hauteur de l’un d’entre nous, et si nous attaquions dès le départ, il y avait une chance qu’ils essayent de détruire la carte ou de la cacher pour se venger. On ne voulait pas ça.

Par mesure de précaution supplémentaire, nous allions demander aux pirates de notre navire de dire aux pirates de l’île que nous venions de l’extérieur des trois continents connus. Cela rendrait curieux à notre sujet ceux qui avaient la carte et essayerait de nous faire cracher le morceau. Une fois ce type localisé, nous allions nous révéler.

Bien sûr, seules Zoreya, Tamara et Ayuseya allaient être avec moi. Nanya et Shanteya allaient utiliser les ombres pour voir si elles pouvaient trouver autre chose d’intéressant. En gros, elles allaient être mes deux mignonnes petites espionnes.

Mais encore une fois, si Shanteya était avec moi, et que je les voyais la maltraiter, j’allais craquer. S’ils maltraitaient Nanya, elle allait craquer. Et par « maltraiter », je voulais dire les regarder avec fureur ou tenter de les frapper. En ce qui concerne les trois autres, elles n’avaient pas ce problème tant que les pirates n’avaient pas essayé d’enlever l’armure de Zoreya, de les toucher d’une manière perverse ou de caresser les oreilles et la queue de Tamara.

Cela dit… les pirates sur notre bateau étaient certainement des idiots ! Nous avions dû l’expliquer cinq autres fois avant qu’ils ne comprennent ce qu’ils avaient à faire.

Ainsi, notre navire s’approcha lentement de l’île des pirates, faisant monter le Jolly Roger sur le mât et saluant les navires éclaireurs qui s’approchaient pour vérifier notre identité. Les pirates avaient fait leur travail et avaient trompé les gardes, puis nous nous étions approchés des quais et avions baissé l’ancre près d’un des piliers libres.

« Vous vous souvenez tous de ce qu’il faut faire ? » demanda Nanya une fois de plus en leur montrant ses griffes acérées.

« Oui, Capitaine ! » répondirent-ils tous.

« Bien ! N’oubliez pas, je vous surveillerai ! » leur dit-elle en se glissant dans l’ombre derrière elle et en disparaissant.

Ils avaient tous dégluti en raison de peur causée par la démone.

Aucun d’entre eux n’était assez stupide pour nous trahir maintenant qu’ils comprenaient à quel point nous étions incroyablement puissants. Après tout, nous avions pêché plusieurs monstres marins comme si ce n’était rien et Nanya sortait de temps en temps pour courir sur l’eau. Je pense que nous avions réduit leur bon sens en miettes plus d’une fois.

La planche avait été baissée, l’un d’eux avait tiré la chaîne reliée à mes menottes, et je l’avais suivi calmement. Derrière moi, il y avait Tamara, puis Zoreya, et enfin Ayuseya. Nous avions tous les mains et les pieds enchaînés et marchions comme une bande d’esclaves qui étaient envoyés au marché.

C’était une pièce de théâtre, bien sûr, parce que ces morceaux de métal n’étaient rien d’autre que de la pâte à modeler pour nous. Nous craignions en fait de les briser accidentellement, donc la raison principale de notre marche lente était d’éviter cela.

Dès que nous avions débarqué, quelques sifflets nous étaient parvenus, ou pour être plus précis, ils étaient destinés à mes épouses. Elles étaient toutes d’une beauté exceptionnelle, il était donc naturel pour elles de recevoir ce genre de réaction. Heureusement pour eux, aucun d’entre eux n’avait osé bouger.

Celui qui tenait nos chaînes, un pirate d’une trentaine d’années avec quelques dents dans la bouche et un vieux tricorne sur la tête, avait parlé avec certains pirates ici jusqu’à ce qu’ils parviennent à un accord.

Il semblerait que depuis la mort du capitaine, un fonctionnaire de l’île des Pirates ait dû venir de ses propres yeux pour évaluer la situation. Il était aussi chargé de nommer un nouveau capitaine, donc nos pirates ne pouvaient pas faire grand-chose à part attendre.

Peu de temps après, un homme d’une quarantaine d’années, bien habillé, s’était approché de nous en montant sur son cheval brun.

« Quel est leur crime ? » demanda-t-il en utilisant le même accent que tous ces autres pirates.

Il n’y avait pas de salutation ou quoi que ce soit d’autre, mais tout le monde ici avait l’air d’avoir un supérieur.

« Ils ont attaqué notre bateau, et notre cher Capitaine et John ont réussi à les battre. Comme vous le voyez… nous les avons bien enchaînés, » répliqua aussitôt le pirate qui tenait nos chaînes.

« Il est parti ? Est-il mort ? » demanda l’homme au cheval.

« Aye! »

« Bien ! C’est bien ! » dit-il en riant.

« Pardon ? » le pirate cligna des yeux emplis de surprise.

« Ye là ! C’est toi le capitaine maintenant ! Compris ? » lui dit-il en le regardant fixement.

« À vos ordres, monsieur ! » répondit-il rapidement, avec un grand sourire large sur le visage.

« Bien ! Quant à ces individus… Avez-vous quelque chose à dire pour votre défense ? » demanda-t-il en me regardant.

« Tu pues, » j’avais souri.

L’homme avait ri.

« D’où viennent-ils ? L’avez-vous découvert ? » il m’avait ignoré et avait demandé au capitaine nouvellement nommé.

« C’est ce qui est étrange, monsieur…, » il se frotta l’arrière de la tête.

« Étrange ? Comment ? » l’homme était intrigué et avait plissé les sourcils.

« Ils disent qu’ils ne sont pas d’Allasn, Thorya ou Sorone, mais…, » il s’arrêta et déglutit. « De quelque part dehors… L’homme a aussi parlé d’un continent des donjons… Mais, monsieur, peut-être qu’ils ont bu la mauvaise bière et transformé leur cerveau en bouillit ? » demanda-t-il en tapant sur sa tête.

« Hm. Dehors, vous dites ? » il m’avait regardé dans les yeux, ignorant le reste de ses paroles.

Pendant un moment, il se tut, puis il tira les rênes de son cheval et se retourna.

« Qu’ils soient amenés à Sa Majesté, le Roi des Pirates ! Iffy De Mon ! » avait-il déclaré.

« À vos ordres, monsieur ! » répliqua et salua le « nouveau » capitaine.

Après son départ, il s’était retourné et avait demandé. « Et maintenant ? »

J’avais soupiré. On ne lui avait pas appris ça…

« Eh bien, tu es le nouveau capitaine maintenant. Nanya ne t’en voudra pas si tu prends la barre. En plus, ton vaisseau aura besoin d’un nouveau capitaine. Emmène-nous voir le roi des pirates et fais comme prévu. Compris ? » J’avais répondu en chuchotant.

Il y avait réfléchi pendant quelques secondes, puis avait hoché la tête.

Les capacités de traitement de ces humains étaient au-delà de toute croyance… d’une mauvaise manière.

Mais pour être honnête, c’était la première fois dans ma vie, ici ou ailleurs, que j’entrais dans un port quelconque. Bien que j’aie été plusieurs fois en vacances sur Constanța, je ne m’étais jamais approché des docks. Tous les vaisseaux que j’avais vus étaient loin du rivage ou derrière une barrière. Ainsi, c’était aussi la toute première fois que je naviguais sur l’océan… et c’était en plus avec des pirates !

C’était génial ! C’était un rêve devenu réalité !

C’était plus un fantasme d’enfant qu’un rêve, mais je m’étais bien amusé. L’heure était venue de passer aux choses sérieuses.

Nous avions été tirés par les chaînes et obligés de descendre la jetée à pied jusqu’à la rive. Là, nous étions montés dans une calèche voisine et nous nous étions dirigés plus profondément dans l’île. Pendant ce temps, j’avais jeté un bon coup d’œil sur cette colonie et j’avais agrandi mon territoire de donjons pour voir s’il y avait d’autres donjons qui se cachaient parmi ces pirates.

À mon grand soulagement, il n’y en avait pas, alors je l’avais étendu jusqu’à ce qu’il couvre toute l’île. Normalement, je n’aurais pas fait ça, mais après un petit interrogatoire, Nanya avait découvert que les Pierres de Détection de Donjons étaient presque inexistantes ici parce que les pirates n’en avaient pas besoin. C’était des hommes de la mer, et non pas des hommes de sous la terre, comme on appelait les aventuriers, qui rampaient dans les donjons et qui se posaient sur la terre ferme.

En termes de progrès technologique et de conception architecturale, ces pirates se situaient au même niveau que l’Angleterre du XVIIe siècle. L’architecture élisabéthaine était presque identique de bien des points de vue. De grandes maisons, carrées et hautes étaient exiguës côte à côte des deux côtés de la route. De petites cours arrière avaient pris la place de jardins exquis. L’odeur d’hommes et de femmes non lavés avait fait que nos nez imploraient la miséricorde, et cela nous avait frappés dès que nous étions arrivés dans la rue. Si je n’en savais pas plus, j’aurais cru qu’on avait accosté au port de Londres.

À ma grande surprise, la seule grande différence entre l’Angleterre du XVIIe siècle et cet endroit, c’était la tenue des gens. Toutes, femmes et enfants compris, portaient des tenues de pirates similaires en lin ou en coton. Selon leur emploi, ils portaient une veste ou un pantalon en cuir. Les riches portaient des manteaux coûteux et montaient à cheval, tandis que tous se couvraient la tête d’un foulard de pirate, de bicorne, de tricorne, de scallywag ou de foulard de boucanier.

Ce que j’avais trouvé plus surprenant, c’est le manque de draconien, d’elfes et d’El’Doraws. Cet endroit regorgeait d’humains mélangés, mais pas tellement d’autres espèces. Quand j’avais murmuré cette question au pirate qui tenait nos chaînes, il m’avait répondu ceci :

« Le Capitaine Iffy De Mon est un adepte de l’idéologie de la suprématie humaine. » Il hocha la tête et sourit.

Maintenant, ce qui m’avait le plus surpris, c’est le fait que ce type avait réussi à prononcer parfaitement des mots comme « suprématie » et « idéologie ». Le fait que leur chef était un bâtard xénophobe m’avait valu une réaction très positive.

Du port, nous avions voyagé pendant environ deux heures de plus à travers la forêt jusqu’à ce que nous atteignions un complexe de grottes à la base de la montagne. Jusque-là, on passa par quatre points de contrôle différents. Une fois à l’intérieur de la grotte, nous étions descendus de la voiture et avions marché escortés par quatre gardes humains.

La seule raison pour laquelle les choses s’étaient si bien passées, c’est que ce capitaine Iffy avait un intérêt particulier pour le monde extérieur et qu’il avait ordonné que tous ceux qui avaient des informations à ce sujet lui soient présentés.

Honnêtement, j’avais hâte de voir quel genre d’information il avait. Jusque-là, j’allais faire l’imbécile.

Environ une heure après être entrés dans la grotte, nous avions finalement atteint l’habitation souterraine de cet infâme individu qui régnait sur l’ensemble de l’île des Pirates.

« C’est une cabane…, » avais-je dit en clignant des yeux de surprise.

« Oui, une hutte, » dit Ayuseya.

« C’est vraiment une hutte. » Zoreya hocha la tête.

« J’ai faim…, » se plaignait Tamara en aplatissant ses oreilles et en se frottant le ventre.

« C’est juste une préférence pour le capitaine. Pour les invités spéciaux, nous avons aussi un palais, » déclara l’un des gardes.

« Restez ici et taisez-vous, bande d’abrutis ! » nous avertit l’autre garde et il se dirigea vers la cabane construite à l’intérieur de cette grande caverne souterraine.

Alors que nous nous tenions là, le pirate qui nous avait amenés ici avait été escorté par un autre garde.

« Maintenant tout ce que nous avons à faire… c’est attendre, » avais-je dit.

Ayuseya poussa un soupir.

***

Chapitre 92 : La carte

Partie 1

[Point de vue d’Illsyore]

Environ une demi-heure plus tard, la porte de la hutte avait été ouverte et le roi pirate des rumeurs était sorti. Je m’attendais à un type de type Barbe Noire, avec une jambe de bois, un bandeau sur l’œil, un perroquet sur l’épaule et une barbe noire non lavée et bouclée. Ce que j’avais eu à la place, c’était un homme de 1,90 m de haut avec un gros ventre et sans le bandeau distinctif d’un redoutable capitaine pirate. Il n’avait pas de barbe, mais il portait une moustache brune tourbillonnante, ses cheveux étaient attachés à une queue de cheval et ses vêtements étaient plus adaptés à un noble européen de la Renaissance qu’à un pirate.

« Salutations, marin d’eau douce ! » s’exclama-t-il en s’approchant de nous.

L’accent était certainement celui d’un pirate, mais il semblait plutôt… forcé.

« Es-tu le Roi Pirate ? » lui avais-je demandé.

« Bien sûr ! Je suis l’infâme Capitaine Iffy De Mon ! L’homme le plus recherché qui ait jamais navigué sur l’océan sans fin ! » dit-il en riant avec les mains sur les hanches.

« L’océan sans fin ? » j’avais plissé les sourcils.

« C’est ainsi que nous appelons les eaux redoutées autour des trois continents connus. » Il acquiesça d’un signe de tête.

« Je vois… Qu’en est-il de celle entre les continents ? » lui avais-je demandé.

« Ne le sais-tu même pas ? » il plissa son front.

« Désolé, je ne suis pas d’ici, » j’avais souri.

« Hm. Eh bien, les eaux entre les trois continents s’appellent l’océan Bachus. » Il acquiesça d’un signe de tête.

C’était un nom familier, mais pas parce que c’était un océan. Mes souvenirs de la Terre m’avaient parlé du dieu romain du vin et des fêtes Bacchus, autrefois vénéré, mais aussi du célèbre compositeur allemand Johann Sebastian Bach.

Est-ce à dire que si je navigue sur l’océan, je me soûlerai de vin tout en entendant de la musique classique relaxante au lieu des sons des vagues ? pensais-je avec les sourcils plissés.

Dans l’Académie Fellyore, les professeurs utilisaient les noms d’Océan Allasn, Océan Thorya et Océan Sorone afin de décrire les trois masses d’eau entourant les continents respectifs.

À partir de là, j’avais jugé qu’il nous mettait à l’épreuve ou que c’était ainsi que les pirates appelaient les choses. Le terme « sept mers » n’existait pas dans ce monde parce qu’il n’y avait pas beaucoup d’océans. De plus, il n’y avait pas de véritable mer.

« Je m’en souviendrai, » avais-je répondu.

« Tu devrais ! » Il avait souri et regarda Ayuseya en souriant. « Celle-ci est une femme draconienne, n’est-ce pas ? » demanda-t-il.

« Oui, » répondit-elle d’un ton calme.

« Je vois… toi et les tiens, comme tous les autres non humains, êtes des existences sans valeur pour ce monde… Sans valeur, j’ai dit ! » déclarait-il en levant le petit doigt. « Mais tu as l’air en forme… Je pourrai peut-être te soutirer quelques pièces si je te vends au bon acheteur, » sourit-il en levant le menton.

En le regardant toucher ma femme comme ça, j’avais senti le besoin de lui arracher la tête, mais je m’étais abstenu… pour l’instant.

« Celle-là est… ce que tu es exactement ? » il fronça les sourcils en regardant Tamara, qui bâillait.

« Nya ~ Nekatar…, » répliqua-t-elle calmement.

« Nekatar ? Avec si peu de fourrure ? Hm… tu te vendras à un meilleur prix que celle à écailles là-bas, » il acquiesça d’un signe de tête.

Tamara l’avait ignoré et s’était gratté l’arrière de l’oreille gauche.

« Et toi… tu es humaine, n’est-ce pas ? » demanda-t-il en regardant Zoreya.

Elle avait plissé son front, mais n’avait pas répondu.

« Une fougueuse, j’aime ça ! Je te garde pour moi ! » dit-il en riant, puis il se retourna pour me regarder. « Alors, qu’est-ce que ça fait de perdre comme ça devant moi, hein ? » demanda-t-il en souriant.

Perdu contre toi ? Quand et comment ? me demandais-je, mais au lieu de le dire, j’avais reniflé et répondu. « J’ai vu pire sur le continent des donjons. »

C’était un mensonge. Je n’avais absolument aucune idée de la façon de me rendre sur le continent des donjons. Eh bien, pas complètement, je pourrais utiliser les souvenirs de certains donjons en moi, mais pour être honnête, j’étais réticent. Ils étaient trop chaotiques et cassés… Je savais seulement avec certitude que c’était quelque part à l’ouest d’ici.

« Hm, c’est ce que tu dis…, » le Roi Pirate m’avait regardé dans les yeux et s’était frotté le menton.

Il était clair qu’il me regardait avec des yeux suspicieux, mais ce type ne semblait pas capable de distinguer ceux qui étaient forts de ceux qui ne l’étaient pas. S’il l’avait été, il aurait agi plus prudemment en se tenant juste devant les inébranlables Zoreya et Ayuseya. Quant à Tamara, elle était si douée pour faire l’idiote que même moi, j’avais parfois de la difficulté à la comprendre.

« Pourquoi êtes-vous tous ici ? » demanda-t-il soudain en me regardant dans les yeux.

« Visite de la ville, » j’avais souri.

Quelque chose s’était déclenché en lui parce qu’il m’avait giflé. Dire qu’il m’avait blessé à cause de sa frappe aurait été ridicule. Si je n’avais pas bougé la tête, sa main se serait cassée.

« Aïe…, » avais-je grommelé.

« Hm, tu es vraiment un dur à cuire, » dit-il en se frottant la main.

Ça avait dû lui faire mal au moins un peu.

« Je suis un Aventurier de rang Maître, enfin, je devrais l’être ! » avais-je rétorqué.

Quand il m’avait entendu, il avait cligné des yeux, surpris, puis avait éclaté de rire.

« Quoi ? » Je l’avais regardé fixement.

« J’ai entendu dire que le capitaine Grayheart avait dans ses rangs un homme de rang Divin, mais ce n’est qu’un mensonge farfelu ! » se moqua-t-il.

J’avais plissé les yeux vers lui.

Ne soupçonne-t-il pas que je ne suis pas le plus fort du groupe ? avais-je pensé.

La raison pour laquelle j’avais donné un rang de Maître au lieu d’un Empereur ou d’un Divin était juste pour voir comment il réagirait s’il pensait que mes femmes étaient plus fortes. Techniquement, j’étais le plus fort de notre groupe, mais chacun d’entre nous était au-dessus de Suprêmes.

Après s’être un peu calmé, il m’avait regardé, puis il avait regardé mes femmes. Sans dire un mot de plus, il se retourna et claqua des doigts. Sur son ordre, les gardes autour de nous avaient saisi nos chaînes et nous avaient traînés après lui.

Nous étions passés devant la petite cabane en direction d’une autre grotte à l’arrière. C’était un peu plus petit que celui que nous avions traversé, mais pas assez bas pour qu’Ayuseya ait du mal à se tenir debout. Comme ils n’utilisaient pas de torche ou de cristal de lumière, nous pouvions à peine voir où nous marchions, mais ni les gardes ni le capitaine ne semblaient avoir un problème avec cela. Au contraire, je dirais qu’ils pourraient parfaitement éviter chaque pierre sur leur chemin.

Quant à nous quatre, nous n’avions eu aucun problème à naviguer dans cette obscurité. Nos réflexes étaient très bons, donc même si nous heurtions une pierre, nous pouvions la contourner sans tomber. Dans le cas de Zoreya, elle les avait écrasés sous ses bottes ou les avait envoyés plus loin, faisant d’elle la plus bruyante de nous tous.

Après environ 10 minutes de marche, nous étions finalement arrivés au bout du couloir. Ici, le capitaine Iffy avait sorti un petit cristal de lumière et l’avait placé sur un piédestal voisin. Lorsque la lumière brilla à l’intérieur du couloir, nous avions pu enfin voir les grandes portes de pierre qui bloquaient notre chemin. Juste entre les deux, il y avait une petite prise ronde dans laquelle on pouvait insérer une sorte de disque.

C’est exactement ce qu’avait fait le capitaine Iffy. De son cristal de stockage, il sortit la clé de pierre et ouvrit les portes.

Grâce à un mécanisme puissant, les deux portes avaient été tirées vers l’arrière et avaient ouvert le passage devant nous. Le capitaine Iffy avait rangé sa clé et avait affiché un air suffisant sur son visage. Nous avions suivi derrière, tirés par les gardes.

« Cet endroit sera secret pour tout le monde sauf moi et quelques autres paires d’yeux. Vous êtes tous des terriens scorbutants indignes de sa grandeur ! Pourtant, je fais un cas spécial pour vous tous, » sourit-il en me regardant.

En d’autres termes, une fois qu’il nous a dit la vérité, c’est fini pour nous ou quelque chose comme ça ? Bien que cela n’ait pas de sens de menacer de nous vendre s’il avait l’intention de nous montrer un tel secret… par hasard est-ce un idiot ? avais-je pensé et soupiré en moi-même.

J’avais voté pour cette dernière option.

Deux minutes plus tard, le roi pirate s’était arrêté et avait poussé une petite pierre sur le mur. J’avais senti qu’une très petite quantité d’énergie magique coulait à travers une sorte de réseau, et au moment suivant, une rangée de cristaux de lumière illumina notre chemin.

« Merveilleux, n’est-ce pas ? » demanda-t-il en souriant.

J’avais plissé les sourcils, mais il m’avait ignoré et avait continué à marcher.

« Par hasard, savez-vous quel rang je suis ? » demanda-t-il.

« Pomme de terre ? » avais-je répondu.

« Du poisson ? » demanda Tamara.

« Minuscule ? » Ayuseya riait, mais j’avais l’impression qu’elle parlait d’autre chose.

« … » Zoreya gardait son expression stoïque.

« C’est drôle ce que vous dites, » il avait craché. « Un Suprême. » dit-il et il continua à marcher.

J’avais haussé les épaules.

Étais-je censé avoir peur ?

Les gardes s’étaient regardés quand ils ne nous avaient pas vus réagir comme prévu. À partir de là, je ne pouvais que deviner que les victimes précédentes du capitaine étaient soit effrayées de raideur, soit commençaient à le supplier d’avoir pitié de lui à ce point. Il y avait une troisième catégorie : les imbéciles qui ne le croyaient pas. Quant à nous, nous étions dans le quatrième… ceux qui étaient plus forts qu’un Suprême.

Ainsi, quelques minutes plus tard, nous étions finalement arrivés dans ce qui semblait être la dernière pièce : une chambre sphérique géante où même Ayuseya dans sa forme de dragon pouvait tenir sans problème. Le long des murs se trouvaient d’innombrables piles de trésors d’une valeur incalculable… Bijoux, pièces d’or, armes, armures, livres, et toutes sortes de choses que les pirates avaient rassemblées au cours des siècles étaient toutes empilées ici.

J’avais dégluti quand je m’étais retrouvé devant tout ça, et même Ayuseya avait été surprise par cette scène. Les seules qui n’avaient pas réagi étaient Zoreya et Tamara.

« Que pensez-vous de mon trésor ? » demanda le capitaine Iffy en souriant.

« C’est… impressionnant, » avais-je dit.

Mais quand même, je ne voyais rien qui ressemblait à une carte. Mes yeux n’arrêtaient pas de parcourir ces piles, mais je n’arrivais pas à le trouver.

« Oh ? Manque-t-il quelque chose ? » demanda-t-il.

« Tu n’aurais pas par hasard des cartes spéciales par ici… tu vois… des cartes du monde ? » lui avais-je demandé en souriant en le regardant.

Il m’avait regardé dans les yeux.

« Hou ? Il me semble que mes yeux ne me trompent pas et que mes oreilles fonctionnent aussi bien que dans ma jeunesse. Vous n’êtes pas ici pour l’or et les bijoux. Vous êtes là pour la carte ici, ai-je raison ? » demanda-t-il en souriant.

« Et s’il en était ainsi ? » avais-je répondu avec le même accent pirate que lui.

« Connaissez-vous vraiment le Continent des Donjons ? N’est-ce pas ? » demanda-t-il.

« Oui…, » je l’avais regardé dans les yeux.

« Alors, dis-moi… Sais-tu comment franchir la barrière ? » demanda-t-il en s’approchant de moi.

« Laquelle ? » avais-je demandé soigneusement.

Il n’y avait aucune mention d’une barrière dans ma mémoire, avais-je pensé.

« Celle qui empêche Allasn, Thorya et Sorone de tomber entre les mains de tous ceux qui sont plus puissants que tous les Suprêmes de ces trois continents réunis ! Celui qui laisse entrer le faible, mais pas le fort ! » répondit-il, puis il me montra du doigt.

Une barrière d’une telle taille et d’une telle force sonnait comme un conte de fées absurde. Une machination de son imagination trop réactive, mais après avoir vu la force des monstres de l’île des boss, je ne pouvais m’empêcher de me demander s’il disait peut-être la vérité.

« Illsy… regarde le plafond. » Ayuseya me l’avait dit avec de grands yeux.

Moi aussi, j’avais alors regardé en l’air.

***

Partie 2

Là-haut, taillée dans la pierre et partiellement détruite par la nature et l’âge, se trouvait la carte du monde, la principale raison pour laquelle nous étions arrivés sur cette île. Allasn, Thorya et Sorone étaient sur le côté droit entourés d’un grand cercle. Au-dessus d’eux se trouvaient deux autres continents, tandis qu’à gauche se trouvait un groupe d’îles qui ressemblaient à un continent brisé. Au sommet de cet archipel se trouvait une autre masse continentale, mais il y avait un trou. Au fond se trouvait un autre continent, et plus loin à gauche deux autres.

« Une carte du monde…, » avais-je murmuré en étant étonné.

« Oho? Alors tu sais ce que c’est, hein, mon gars ? » demanda le capitaine en riant fort.

« Il serait difficile de ne pas…, » avais-je répondu.

« Alors tu dis la vérité, n’est-ce pas ? Vous, les terriens, vous avez navigué sur les océans au-delà de la barrière et vous avez atteint cet endroit ! » dit-il en riant. « Je le savais ! Je le savais ! Les vieilles histoires étaient vraies ! Il y a d’innombrables océans et continents ! Mon vieux avait raison ! » dit-il en riant hystériquement cette fois-ci.

Les gardes avaient dégluti quand ils l’avaient vu comme ça.

Si c’était un Suprême, il était clair de pourquoi ils avaient peur de lui, mais cela ne m’expliquait pas une chose, alors j’avais demandé.

« Pourquoi n’avez-vous pas navigué vers les autres continents ? » demandai-je.

« Pourquoi ? Parce qu’aucun homme ou femme de ma force ne peut franchir la barrière ! De plus, les eaux ne sont pas sûres pour passer devant sans la force d’une personne comme moi ! Mes bateaux seraient brisés par les dents des monstres avant même d’avoir eu la chance d’atteindre la barrière, encore moins de la traverser ! » explique-t-il.

Si ce qu’il disait était vrai, alors les forts ne pouvaient pas entrer ou sortir, tandis que les faibles pouvaient entrer, bien qu’ils auraient besoin d’une chance extrême pour atteindre des eaux sûres. Ou peut-être que cette zone de l’océan était trop dangereuse pour eux. Je doutais fort qu’il n’y ait pas de zones sans monstres puissants rôdant dans les profondeurs des eaux, mais les trouver nécessitait probablement beaucoup de main d’œuvre. Puis vint la partie la plus difficile : explorer un monde extérieur qui exigeait la force minimale d’un Suprême pour survivre.

En d’autres termes, cette barrière était comme un dôme protecteur pour les faibles, mais aussi une prison pour les forts nés à l’intérieur.

« Voyez-vous les gribouillis dans la pierre ? » me demanda-t-il alors.

« Oui…, » avais-je répondu et hoché la tête.

Celles-ci avaient été écrites en Langage des Donjons, une autre preuve que cet endroit avait été fait par un Dungeon il y a longtemps.

« Je ne sais pas encore ce qu’ils signifient, mais avec vous tous ici, qui êtes venus de l’extérieur, je pourrais peut-être trouver un moyen de m’en sortir. Ou au moins, vous pourriez m’amuser avec vos histoires, » il nous avait montré un mauvais sourire.

C’était donc sa véritable intention… Bien que… Au revoir, la langue de Paramanium ! Ce type te massacre jusqu’à la mort…, m’étais-je dit. « Qu’est-ce qui te fait croire qu’on va faire ça ? »

« Vous venez de l’extérieur, n’est-ce pas ? » demanda-t-il.

« Oui, » je lui avais répondu en plissant les yeux.

« Vous êtes donc plus faibles que les suprêmes. Je suis Suprême, donc vous n’êtes rien à côté de moi, » déclarait-il d’un ton menaçant.

En le regardant dans les yeux, j’avais poussé un soupir, puis j’avais regardé vers le plafond.

La carte du monde est juste ici. C’est la chose pour laquelle nous sommes venus après tout… Je peux même lire le langage des donjons écrit dessus, donc c’est certainement la bonne affaire. Est-ce que cela vaut la peine de jouer comme ça ? m’étais-je demandé, puis j’avais regardé le capitaine.

« Que comptes-tu faire maintenant ? » avais-je demandé d’une voix calme.

« Que ce soit simple. Vous me direz tout ce que vous savez à ce sujet ! » Il avait montré du doigt le plafond. « Et je vous laisse vivre. Bien sûr, vous êtes mes esclaves dès maintenant, et ce n’est pas ce que vous pensez qui compte. C’est moi le plus fort ici. Je suis la loi ! Je dis sauter, vous sautez. Compris ? » dit-il en pointant son doigt vers moi.

De ses mots confus, j’avais plus ou moins compris ce qu’il voulait dire et faire de nous SI nous obéissions comme de mignons petits chiots. Malheureusement pour lui, cette pièce était déjà terminée au moment où il nous avait montré la carte. Je suppose qu’il croyait trop au pouvoir de la barrière, dont je doutais déjà de l’existence.

Il n’y avait rien dans ma mémoire qui ait mentionné l’existence de quoi que ce soit de ce genre. Le primordial avait visité le continent des donjons à un moment donné, il était donc clair qu’il était capable de l’atteindre en toute sécurité. Comme Tuberculus avait trouvé ses restes à l’intérieur de la barrière, je ne pouvais que soupçonner que soit cette barrière ait été ajoutée beaucoup plus tard, soit elle n’était pas réelle du tout.

Cependant, autour d’Allasn, Thorya et Sorone se trouvait un cercle parfait sculpté dans la carte. À l’intérieur, je pouvais lire les noms des trois continents et le chiffre 1000. Pour un donjon, ce nombre était la représentation d’un niveau. En d’autres termes, le continent des donjons situé à l’extrême ouest, au-delà de l’archipel des slimes, portait le numéro 4500+, alors que ce dernier portait le numéro 1500+. Le continent des démons situé sous l’archipel en comptait avec un plus de 2000, tandis que la Confédération de Zéryans au nord-ouest de la carte, au-dessus du continent des donjons, avait les chiffres 3000-3500.

L’étrange île au nord de l’archipel de Slime avait le mot INCONNU écrit à côté en lettres majuscules et le chiffre 4000+ au-dessus. Alors que le continent à l’est avait un gros point d’interrogation. Le dernier était l’Empire Nekatar, avec 1000-1500 à ses côtés.

Eh bien, la grande différence entre cette carte et celle que j’avais obtenue de Cairen Talcaea était la grande île entre Allasn et Thorya. Il n’était présent que sur cette carte du monde, un autre signe clair de son âge. Au mieux, il avait probablement plusieurs milliers d’années ou peut-être plus.

Il est aussi fort probable que cette barrière n’existe plus…, avais-je pensé et puis j’avais poussé un soupir.

« Tu m’ignores ? » me dit le capitaine d’un ton furieux.

Pendant un moment, je m’étais éloigné et je ne l’avais pas du tout écouté.

« Oui…, » avais-je répondu d’une voix nonchalante.

« Pourquoi, alors que tu es si faible ? » il avait essayé de me frapper au visage, mais j’avais arrêté son attaque avec un seul doigt.

Il avait élargi ses yeux en raison de la surprise.

« Tu sais, ta plus grosse erreur a été de penser qu’on était bien plus faibles qu’un Suprême. Ta deuxième a été de nous inviter comme ça dans ta salle au trésor. » J’avais poussé un soupir.

« C’est un idiot ! » Tamara avait ri en retirant ses menottes.

Le métal s’était plié et s’était brisé entre ses doigts comme s’il était fait d’argile. Zoreya et Ayuseya avaient fait la même chose et s’étaient levées.

Les gardes avaient essayé de riposter quand ils les avaient vues, mais une simple gifle de la draconienne avait suffi pour les envoyer s’écraser sur les murs. Je doutais fort qu’ils aient survécu à ce coup. Contre les ruffians et les pirates, cette dame dragonne n’avait montré aucune pitié.

« Et maintenant, » avais-je dit en me levant.

Le capitaine avait reculé en raison de sa surprise.

« Mais la barrière, » dit-il.

« Eh bien… C’est ta troisième erreur, » je m’étais frotté l’arrière de la tête.

« Qu’est-ce qu’il y a ? » il cligna des yeux confus.

« Nous ne sommes pas du continent des donjons ou de l’extérieur. Je suis né sur Allasn. La puissante draconienne ici est née sur Thorya, et la belle blonde est née sur Sorone tout comme la mignonne Nekatare, » avais-je dit en souriant.

« Mais vous saviez… vous… comment ? » demanda-t-il, abasourdi.

« Je suis un seigneur de donjon divin avec un niveau bien au-delà de 1000. Bien sûr que je le sais, » j’avais haussé les épaules.

« Hein ? QUOI !? » s’étonna-t-il en criant.

« Eh bien… De toute façon, je ne vais pas entrer dans les détails. Je suis juste venu ici pour voler ta carte, c’est tout, » j’avais haussé les épaules.

« Tu veux me voler ma carte !? » dit-il.

« Oui…, » j’avais hoché la tête.

En levant la main, j’avais sélectionné mentalement la partie du plafond qui contenait la carte et je l’avais ensuite absorbée. Tout ce qui restait là-haut, c’était un grand trou rond. Le capitaine lui-même l’avait regardé d’un air tout simplement abasourdi et incapable de comprendre ce qui venait de se passer.

« C’est là qu’intervient ta quatrième erreur… Tu n’as jamais eu de pierre de détection de donjon sur toi. » J’avais haussé les épaules.

« Illsy, qu’est-ce qu’on fait de lui ? » demanda Ayuseya.

« Je vais laisser ça à Zoreya. C’est une Grande Apôtre de Melkuth, donc la justice de la bataille et de la guerre devrait lui revenir. » Avais-je répondu.

« Comme tu veux, mon amour. » Elle acquiesça d’un signe de tête.

« Grande Apôtre !? Attendez ! Vous ne pouvez pas me tuer ! Aye! Le contrat avec le Grand Empire du Paramanium est toujours en jeu ! Si vous me faites du mal, vous serez pourchassés par eux pour le reste de votre vie, » dit-il en nous montrant du doigt.

« Et alors ? » Je ne l’avais même pas regardé. Je me promenais simplement en absorbant tous ses trésors volés.

« Je n’ai pas besoin d’épargner la vie d’une personne comme toi ! Quitte ce monde ! » déclara Zoreya et lui donna un coup de poing dans la poitrine.

Le capitaine n’avait même pas eu l’occasion de se venger ou de dire un mot de plus. Même s’il était un Suprême, contre son gré, il était bien trop faible. En conséquence, son armure magique avait été brisée et le poing de Zoreya s’était enfoncé dans la poitrine de l’homme. L’homme était mort sur le coup.

Après avoir fini de ramasser tout le butin à l’intérieur de cette grotte, j’avais levé la main et activé mon laser AGLMC palmaire. Un petit et puissant faisceau de lumière rouge avait percé la montagne et atteint le ciel. Je l’avais gardée active pendant quelques secondes avant de m’arrêter et d’étirer un peu les bras.

« Alors… Qu’est-ce qu’on va faire maintenant ? » demanda Ayuseya en jetant le corps du capitaine mort hors du chemin.

« Hm… Attendons un peu et quittons cette île, » j’avais répondu en regardant autour de moi, en essayant de voir s’il n’y avait pas d’autres secrets qui n’avaient pas été dévoilés.

« Comme tu le souhaites, » Ayuseya répondit d’un petit signe de tête.

Malheureusement, il n’y avait plus de secrets à trouver ici. La carte au plafond était probablement la plus grande chose ici. C’était quelque chose qui pouvait ébranler les nations existantes et briser le bon sens de leurs citoyens.

Finalement, j’avais arrêté de chercher et j’étais retourné au centre de la pièce, où j’allais attendre l’arrivée de mes deux autres épouses : Shanteya et Nanya. Mais pendant que je le faisais, j’avais regardé les corps des humains morts allongés sur le sol et je les avais absorbés pour leur énergie magique. Mon Territoire de Donjon s’étendait actuellement aux confins de toute l’île, donc dans un sens… tous ces pirates étaient à ma merci maintenant.

Il fut un temps où j’aurais bronché à la vue d’un corps ou je me serais inquiété si la bonne chose à faire était de tuer quelqu’un ou non… Je me demande si c’est la bonne chose à faire pour les laisser vivre. Ou non, je devrais dire qu’il y a certaines règles et certains paramètres pour déterminer de telles choses… J’avais poussé un soupir et j’avais levé les yeux vers le plafond parfaitement coupé grâce à ma capacité d’absorption. J’ai trouvé tellement de raisons pour ne pas tuer quelqu’un, mais si je laisse tomber ma nature bonne et indulgente habituelle, je suppose que tout cela revient aux questions suivantes : peut-il changer en mieux ou non ? Puis-je l’aider à changer d’une façon ou d’une autre ? En vaut-il la peine ? Comment le garder en vie influence-t-il ce monde ? En quoi son changement positif l’influencerait-il ? Est-ce que ma famille et moi serons en sécurité si je le laisse vivre ? J’avais fermé les yeux.

Les réponses à ces questions étaient multiples. Beaucoup d’entre eux s’étaient contredits, tandis que d’autres avaient nié certaines des questions. Par exemple, quelqu’un dans la position d’un Roi pouvait influencer le monde à propos de beaucoup de choses, mais en même temps, il était douteux que je puisse l’aider à changer. En même temps, il pouvait faire le bien et le mal avec un seul ordre neutre. Ce que j’avais fait au prince Reynolds était une affaire très risquée. La malédiction que je lui avais jetée à l’époque ne l’avait probablement conduit qu’à la mort, à moins qu’il ne se soit forcé à accepter mes valeurs. Moralement, c’était un peu mal, mais à l’époque j’avais oublié son frère, le prince Reginald, qui aurait pu trouver dans la mort de son frère une excuse pour aller me traquer malgré mon intention de le changer. La meilleure chose à faire aurait été de forcer le prince à se retirer de son trône… et d’imposer l’esclavage au prince restant.

Même si je m’évadais en disant que c’était la faute des Ténèbres, ça ne l’était pas. À l’époque, c’était surtout moi qui voulais lui faire ça. Je n’étais pas parfait. Je ne le serai probablement jamais. Et comme tout autre être vivant, j’avais le droit de me mettre en colère.

Mais tout cela nous amène à nous poser une autre question… Selon mon nouveau sens des valeurs et des principes, laisser Dankyun vivre était-il un bon choix ou non ?

J’avais baissé les yeux et regardé ma charmante femme humaine, Zoreya, qui m’avait rendu un doux sourire.

Non… Ce n’était pas… À cette époque… J’avais tout simplement trop peur de tuer à nouveau de mon plein gré comme je l’ai fait avec l’ancienne équipe de Shanteya, avais-je pensé et ensuite, j’avais répondu à ma bien-aimée avec un sourire.

***

Chapitre 93 : Une sage décision

[Point de vue d’Illsyore]

Peu de temps après avoir laissé mon laser percer le ciel, mes épouses bien-aimées Shanteya et Nanya étaient revenues. Elles marchaient calmement dans le passage à peine éclairé tout en traînant derrière eux deux gardes inconscients.

« On est là, mon amour, » dit Shanteya.

« Content de vous voir toutes les deux. Qu’avez-vous apporté ? » demandais-je en plissant les sourcils.

« Ces deux-là ont essayé de nous arrêter, » répliqua Nanya en jetant l’un des hommes à mes pieds.

Shanteya relâche simplement sa main autour du cou de sa prise.

« Ils doivent faire partie des gardes du Roi Pirate décédé, » avais-je dit.

J’avais été surpris qu’elles aient épargné leur vie.

« Qu’est-ce qu’on en fait ? » demanda Shanteya.

« Jetez-les dehors. Tant qu’ils n’essaieront pas de nous attaquer à nouveau, je ne vois aucune raison de les tuer alors qu’ils sont inconscients, » j’avais haussé les épaules.

« En effet. Tuer un ennemi inconscient n’est pas quelque chose qu’un des disciples de Melkuth devrait faire, » déclara Zoreya d’un signe de tête.

« Je vais les emmener dehors, nya ~ ! » Tamara s’était portée volontaire pour attraper les deux et les emmener.

« Alors, qu’avez-vous à rapporter toutes les deux ? » avais-je demandé en me levant.

« Il y a deux ports sur cette île. L’un est destiné à la construction et à la réparation des navires, l’autre au déchargement des marchandises. Les colonies qui y sont annexées semblent bien développées, et il y a même une milice interne qui empêche les choses de devenir anarchiques, » expliqua Shanteya.

« Malgré cela, la plupart d’entre eux ne sont rien d’autre que des lâches et des ruffians qui détestent toute autre espèce que les humains. Il y a eu quelques exceptions à ma connaissance, mais c’est surtout l’essentiel…, » dit Nanya en haussant les épaules.

« Qu’en est-il des informations utiles ? Des armes ? Des armures ? » leur avais-je demandé.

« Si l’armée d’un pays attaque, il y a de grandes chances que ces pirates soient vaincus. En ce qui concerne les articles spéciaux, il n’y en avait aucun qui pourrait nous être utile, » répondit Shanteya en souriant.

« Hm…, » je me frottais le menton et je regardais vers le sol.

D’après ce que l’on voit, cet endroit était une colonie de pirates typique à laquelle s’ajoutait une pincée d’extrémisme de supériorité humaine. Il n’y avait aucune raison de douter de la véracité de leurs paroles. C’était mes épouses, et j’avais toute confiance en elles. De plus, elles n’avaient aucune raison de me mentir et même penser que c’était une possibilité était déjà scandaleux.

Cela étant dit, je devais faire un choix maintenant… mais je voulais savoir autre chose.

« Y a-t-il quelqu’un sur cette île dont nous devrions sauver ? » leur avais-je demandé.

Toutes les deux plissèrent leurs sourcils et y réfléchirent attentivement. Au bout d’une minute ou deux, elles avaient répondu, en commençant par Nanya.

« Je dirais les esclaves, mais j’ai aussi vu des enfants et des personnes âgées… Je ne crois pas non plus qu’ils soient tous mauvais, mais séparer le bon du mauvais peut être un peu délicat…, » dit-elle en se grattant l’arrière de la tête.

Shanteya hocha la tête.

« Je suis d’accord avec elle. Il y a certainement beaucoup de mauvaises gens, mais il y en a certainement de bonnes aussi, même dans cette colonie de pirates, » déclara l’el’doraw. « Quoi qu’il en soit, disons que nous dissolvons ce groupe. La plupart d’entre eux sont des criminels sur les principaux continents. Une fois pris, ils finiront comme esclaves ou tués. Les enfants finiront très certainement comme esclaves selon les lois de Paramanium, tandis que les personnes âgées seront tuées, » expliqua Shanteya.

Je me souvenais des lois des royaumes autour d’ici, Ayuseya avait bien fait de m’enseigner pendant notre séjour sur l’île des Boss. Leur seule chance serait d’atteindre Shoraya ou Feyan, où les lois étaient plus clémentes avec eux. Teslov était également hors de question, et Sorone était à l’autre bout du monde connu.

Cela m’avait mis dans une situation délicate, d’autant plus que je ne voulais plus tacher mes mains de sang innocent.

« Soupir… Zoreya, qu’en penses-tu ? » lui avais-je demandé.

« Melkuth les jugerait tous individuellement, mais comme nous ne pouvons pas le faire, je suggère de le lui demander directement, » elle acquiesça d’un signe de tête.

« Hein ? Tu veux dire demander aux dieux quoi faire à leur sujet ? » J’avais cligné des yeux surpris.

« Es-tu en train de décider si tu veux les tuer ou les épargner, n’est-ce pas ? » demanda-t-elle.

« Oui, » répondis-je.

« Alors il vaut mieux demander aux dieux dans de telles affaires, car ils détiennent l’autorité suprême dans notre monde ! Nous n’avons pas besoin de les mettre en colère bêtement. » Zoreya hocha la tête.

« Je vois. »

Je m’étais frotté le menton.

Elle n’avait pas tort. Comme je pouvais toujours contacter les dieux, je pouvais toujours leur demander leur avis sur des situations aussi délicates. Si tous ces gens étaient contre moi et avaient essayé de me tuer, leur sort aurait été facile à décider.

J’avais donc créé un Temple de Melkuth en utilisant l’un des modèles stockés dans ma banque de données. Le processus n’avait pris que quelques secondes, car les matériaux et les plans existaient déjà. Il ne restait plus qu’à appliquer la quantité requise de mana pour réassembler la matière au niveau moléculaire.

« Nous y voilà ! Zoreya, allons à l’intérieur, » avais-je dit avec un sourire après la construction.

« On va attendre dehors, » annonça Shanteya.

« Nya ! Je suis de retour ! » Tamara revint aussi, à ce moment-là.

En nous voyant, elle s’arrêta un moment et inclina la tête en raison de la surprise.

« Hm ? Est-ce l’heure de s’accoupler ou de parler aux dieux ? » demanda-t-elle avec curiosité.

« La deuxième option ! » répliqua Zoreya et moi avec nos joues rougissantes.

« Mmm… OK ! » Elle sourit et s’en alla se reposer.

Après être entrés dans le temple nouvellement construit, nous avions fermé la porte derrière nous et nous avions marché jusqu’à la salle utilisée pour parler à Melkuth. Maintenant, je connaissais plus ou moins l’exercice, alors j’avais pris mon siège à côté de Zoreya et j’avais fermé les yeux.

Il ne nous avait pas fallu plus d’un instant pour nous présenter devant le Dieu éminent et respectable de la guerre… Ou c’était censé se passer comme ça, mais ce que nous étions en train de voir, c’est un Dieu de la guerre anéanti et une bande de dieux ivres et morts qui paressaient dans son bureau.

« Euh… On arrive à un mauvais moment ? » avais-je demandé de surpris en regardant autour de moi.

« Eh bien… ça dépend, » répliqua le Dieu des gros seins en se balançant au plafond.

Il était attaché comme une momie enchaînée, avec seulement sa tête et ses pieds qui dépassaient.

« Euh…, » je l’avais regardé dans les yeux.

« Mon Dieu, allez-vous bien ? » demanda Zoreya en se précipitant vers Melkuth.

« Hm ? Ah oui, les poneys ont bien joué avec les licornes sur la rivière de la mort…, » dit-il et puis il était tombé inconscient.

« Mon Dieu ! Mon Dieu ! » Zoreya avait essayé de le réveiller, mais même une gifle n’avait pas marché.

« Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? » J’avais cligné des yeux emplis de surprises.

« Eh bien…, » Zoreya m’avait montré un sourire ironique quand elle avait lâché Melkuth.

« Quelque chose ne va pas, les jeunes ? » demanda le dieu suspendu.

« Je voulais juste utiliser la sagesse des dieux, mais… J’ai l’impression qu’elle s’est enfuie, » avais-je dit en regardant le Dieu de la guerre inconscient.

Il avait beau être puissant et imposant, il était complètement bourré.

« À propos de quoi ? » demanda le dieu suspendu.

« Eh bien, nous sommes sur cette île pirate, voyez-vous… et je veux savoir ce que je dois faire pour eux, surtout après avoir tué leur chef et tout le reste. » J’avais haussé les épaules.

« Ah ! C’est une question de vie ou de mort, mais vous craignez de faire quelque chose pour nous mettre en colère ? » demanda-t-il.

« Oui…, » j’avais hoché la tête.

« Alors, pourquoi ne me demandez-vous pas ? » dit-il en souriant.

« OK, Zoreya, c’est l’heure d’y aller ! » avais-je dit avec un sourire, en l’ignorant complètement.

« Attendez ! Attendez ! Attendez ! » cria le dieu suspendu.

« Oui ? » demandais-je en plissant les sourcils.

« Ces types ne se réveilleront pas avant une semaine ou deux. Le vin de Sertan est l’un des meilleurs et des plus forts ! De plus, ils ont bu plus d’un chariot chacun…, » soupira-t-il.

« Et vous, que faites-vous ? » lui avais-je demandé.

« J’ai été puni pour avoir essayé de tâter la poitrine d’Artemya…, » il détourna le regard.

« Artemya ? La déesse de la chasse ? » J’avais plissé les sourcils.

« Oui, c’est celle-là…, » sourit-il.

« Je suis surpris qu’elle ne vous ait pas tué…, » avais-je dit.

« Ahahaha… elle a essayé… plusieurs fois, » il détourna le regard.

« Qu’est-ce que ça a à voir avec ma situation difficile ? » lui avais-je demandé.

« Je suis actuellement le seul dieu sobre qui peut vous aider ! » sourit-il.

« Je vois… Pourquoi n’attendrais-je pas une semaine qu’ils se réveillent ? » lui avais-je demandé.

« Après le sommeil vient la gueule de bois, non ? » sourit-il.

« Ugh …, » j’avais gémi.

« Ça passe vite pour nous, mais vous ne voulez pas attendre une semaine entière pour eux, hein ? » demanda-t-il en souriant.

« N’y a-t-il pas une déesse de la justice ? » lui avais-je demandé.

« Eh bien… techniquement… il y en a une, mais elle ne juge que les femmes, » répondit-il.

« Quoi ? Qui juge les hommes alors ? » demandai-je.

« Son mari, » répondit-il.

« Je dois lui parler, » déclarai-je.

« Non… les deux…, » il détourna le regard.

« Pourquoi ? » Je l’avais regardé dans les yeux.

« Eh bien… Techniquement, sur le plan de la personnalité et du corps, vous êtes un homme, mais pratiquement… Les donjons sont considérés par nous, dieux, comme n’ayant pas de sexe prédéfini. Quand vous avez pris cette forme, vous auriez aussi pu devenir une femme… et vous le pouvez encore, » il avait fait un sourire ironique.

Mon cerveau s’était engourdi.

« Illsy ? » Zoreya était soudain apparue devant moi, l’air inquiet et tenant mes joues dans ses mains.

« Hein ? Que s’est-il passé ? » lui avais-je demandé.

« Tu t’es tus après que le dieu t’ait dit que tu pouvais aussi devenir une femme…, » expliqua-t-elle et elle lâcha mes joues.

« Oh oui, mon cerveau a court-circuité et j’ai dû faire un redémarrage, » avais-je dit en me frottant le front.

« Quoi ? » demanda-t-elle, confuse.

« Ne t’inquiète pas, c’est un dicton de mon ancien monde… Cela signifie que j’ai été très choqué par cela. » J’avais expliqué ça avec un sourire, puis j’avais regardé le dieu suspendu. « D’accord, qu’est-ce que je dois faire pour avoir ces dieux ici ? » lui avais-je demandé.

« Eh bien… ils sont ici en ce moment. Regarde derrière toi. Dans cet endroit, il suffit de le dire, et avec monsieur Dieu de la guerre assommer là-bas, rien ne les empêche d’entrer dans cet endroit. D’habitude, il se serait occupé de cette affaire, » dit le dieu suspendu.

Quand je m’étais retourné, je les avais vus tous les deux debout là et me regardant avec une expression sévère sur leur visage. Ils étaient de la même taille et un peu plus grands que Zoreya. Tous deux portaient des armures blanches impressionnantes, mais sans dessin particulier, sans gravures ni ornements spéciaux. Elle avait une épée à la taille, pendant qu’il tenait une lance. Ils avaient tous les deux un bouclier rond sur le dos. Ils avaient un corps athlétique, et en termes de traits faciaux, ils étaient remarquablement attrayants, avec des gemmes à la place des yeux.

Une étrange pression venait d’eux, et j’avais involontairement dégluti.

« Est-ce vous qui nous avez fait venir ici ? » demanda la déesse.

« Oui. » J’avais répondu avec un sourire ironique.

« Un donjon… Vous devez être l’adepte du dieu de la guerre, n’est-ce pas ? » demanda le dieu.

« Oui. » J’avais hoché la tête.

« Vous nous connaissez ? » demanda la déesse.

« Ce n’est certainement pas le cas. » J’avais secoué la tête.

« Je comprends. Je me présenterai alors. Je m’appelle Nazra. Je suis la déesse de la justice, » elle s’avança et frappa son plastron avec son poing.

Après s’être retiré, son mari s’était avancé. « Je m’appelle Maragun. Je suis le Dieu de la Justice. » lui aussi frappa son plastron avec son poing et recula.

« C’est un plaisir de vous rencontrer tous les deux. Je suis Illsyore Deus, un donjon divin, et elle est ma femme, Zoreya Eleanor Alttoros Deus, » m’étais-je présenté.

« De même, c’est un plaisir de vous rencontrer, » déclara Zoreya et elle inclina la tête une fois au lieu de s’agenouiller.

« Alors, je le redemanderai. Pourquoi nous avoir appelés ? » demanda Nazra.

« Eh bien, c’est comme ça…, » je lui avais expliqué ma situation difficile actuelle et je lui avais demandé conseil.

Les deux dieux se regardèrent un instant et commencèrent à y réfléchir attentivement. J’avais attendu patiemment qu’ils traitent l’information. Si c’était ces deux-là qui me donnaient des conseils, je pourrais certainement faire mon travail sans me soucier inutilement des répercussions ou de la colère des dieux.

Après un certain temps, Nazra avait dit. « Nous sommes arrivés à une conclusion. »

« Bien ! Je vous écoute ! » J’avais souri.

« Le peuplement des pirates a été créé par le sang et la douleur. Ils n’ont fait preuve ni de pitié ni de remords lorsqu’ils ont abattu leurs ennemis, qu’il s’agisse d’hommes capables ou d’enfants faibles. C’est pourquoi nous ne voyons aucune raison d’épargner la majorité d’entre eux. Cependant, il est vrai qu’il y a parmi eux des âmes qui méprisent ce genre de mode de vie. Ils n’ont pas besoin de mourir, mais nous avons jugé qu’il ne vous appartient pas de les séparer des mauvaises semences, » expliqua-t-elle.

« Je vois. Que voulez-vous que je fasse ? » lui avais-je demandé.

« Ma question est la suivante : que souhaitez-vous faire en premier lieu ? » demanda-t-elle.

« Je voudrais absorber l’île et détruire ce paradis de pirates qui s’en prend aux faibles. » J’avais hoché la tête.

« Alors, faites-le, » déclara Maragun.

« Mais qu’en est-il des innocents ? » avais-je demandé et cligné des yeux de surprises.

« Normalement, c’est à vous d’y penser, mais je peux faire une exception si vous le souhaitez, » dit-il.

« Ce qu’il veut dire, c’est que les mortels qui entrent en contact avec nous, dieux, ont tendance à trop compter sur nous par la suite et à cesser rapidement d’écouter leur propre volonté, ce qui les conduit à devenir plutôt dépendants de nous. Nous, les dieux, nous avons peut-être le rôle de vous guider, mais une chose est de guider quelqu’un dans la vie et une autre est de le garder à chaque fois qu’il est en chemin, » expliqua le dieu suspendu.

« En effet, Melkuth m’a aussi averti de ça, » confirma Zoreya.

« Je vois… Je comprends… Alors j’y penserai tout seul. J’espère que mon choix, quel qu’il soit, se fera sous votre direction, » avais-je déclaré en regardant les deux dieux de la justice devant moi.

« Ce serait la chose la plus sage à faire. » Maragun hocha la tête.

« Alors, merci pour votre aide, » j’avais hoché la tête.

« Comme mon mari l’a dit, nous sommes reconnaissants pour votre aide, déesse Nazra et Dieu Maragun, » déclara Zoreya.

« Prenez soin de vous, jeunes mortels. » Nazra sourit.

« De même ! » Maragun hocha la tête.

« Pouvez-vous me faire descendre, s’il vous plaît ? » demanda le dieu suspendu.

« Mon conseil est de le garder là-haut… Il agressera certainement les déesses endormies. » J’avais averti les dieux de la justice.

« Nous tiendrons compte de vos conseils. Ce pervers restera lié comme tel jusqu’à ce qu’ils se soient tous réveillés. Je promets de monter la garde ! » déclara Maragun en pointant sa lance vers le vieil homme.

« Allez ! J’allais juste les peloter un peu ! Il n’y a pas de mal à ça ! se plaignait-il.

« Donc vous aviez prévu de les agresser ! » nous l’avions tous pointé du doigt en même temps.

« Ugh… Euh… Je veux dire… Qu’est-ce qu’il y a de mal à toucher un peu ? Hé ! OW ! » hurla-t-il alors que Maragun rapprochait sa lance et le poussait sur le côté.

Alors que cette scène se déroulait devant nous, Zoreya et moi étions retournés dans le monde des mortels.

***

Chapitre 94 : Décider de leur sort

[Point de vue d’Illsyore]

À notre retour du monde des dieux, j’avais trouvé mes femmes qui m’attendaient patiemment à l’intérieur de la grotte. Ayuseya était assise sur le sol en position seiza, Nanya faisait des trous avec ses griffes dans le mur de pierre, Tamara faisait la sieste alors qu’elle était caressée par Shanteya, et il n’y avait aucun signe de nouvelles batailles, signifiant qu’aucun pirate n’avait dérangé cet endroit pendant mon absence.

« Bon retour parmi nous, Illsy. As-tu reçu des conseils ? » demanda Ayuseya en me regardant avec un regard doux dans les yeux et une aura d’élégance qui flottait autour d’elle.

« Oui. J’ai rencontré les dieux qui gouvernent la justice dans ce monde, » avais-je dit. Puis j’avais poussé un soupir.

« Bon retour parmi nous, Illsy. Alors qu’est-ce qu’ils ont dit ? » demanda Nanya en cessant de percer des trous dans le mur et en s’approchant de moi.

« Bon retour parmi nous, mon amour, » dit Shanteya avec un doux sourire.

Tamara dormait encore.

« Eh bien, ils m’ont dit que c’était bien d’absorber cette île et de tuer la majorité des pirates ici, mais je dois trouver un moyen de ne pas tuer ceux que les dieux considéreraient comme innocents, » avais-je répondu. Puis j’avais croisé les bras sur ma poitrine.

« Tuer la majorité ? » Ayuseya avait plissé son front en me regardant.

« Le vieil Illsyore n’y aurait certainement pas pensé et aurait plutôt voulu quitter cette île pacifiquement. » Nanya haussa les épaules.

« C’était mon intention initiale, mais pour ce que j’ai compris, cet endroit n’est qu’un rassemblement d’extrémistes humains bon à rien qui continue de gagner de plus en plus de pouvoir. S’ils finissent par gagner la faveur de plusieurs suprêmes, cet endroit finira par être considéré comme un pays à part entière, mais avec la façon dont les choses sont gérées, ce ne serait qu’un paradis de pirates centralisé où se rassemblent des criminels de toutes sortes, » avais-je répondu calmement.

« Entraveraient-ils la construction de ton académie ? » demanda Ayuseya.

« Oui, » j’avais hoché la tête.

« Comment ça ? » demanda Nanya.

J’avais poussé un soupir et j’avais commencé à expliquer. « Ces pirates règnent en liberté sur les eaux de Paramanium, donc quand j’établirai mon académie, la principale voie de transport sera par voie maritime ou aérienne. »

« Une Île avec une Académie de magie ? » Shanteya inclina la tête vers la gauche.

« Ouaip ! Situé au centre des trois grands continents. Alors, que se passera-t-il lorsque cet endroit sera surpeuplé de navires qui font à la fois du commerce et du transport de gens riches ? » avais-je demandé.

« Les pirates vont affluer, » Ayuseya plissa ses yeux.

« En effet, mais à la différence du peloton aléatoire avec un ou deux navires dans leurs flottes, ces gars seront un peloton organisé qui ne se battra pas pour le territoire. En d’autres termes, ce serait la même chose que d’être constamment attaqué par une nation ennemie. La différence serait que vous pouvez négocier et menacer une nation ennemie, mais ces pirates peuvent simplement prétendre qu’ils ne sont affiliés à personne. Les eaux autour de l’académie ne seront pour eux qu’un terrain de chasse à haut risque et à fort gain. » Leur avais-je expliqué.

« Mais tu as tué leur Roi Pirate, n’est-ce pas ? » demanda Nanya.

« Oui, cependant, que se passera-t-il si je quitte cette île ? Les pirates se battront pour le siège ouvert du pouvoir et tenteront de s’emparer de toute l’île. Même s’ils seront déstabilisés pendant quelques années, lorsqu’ils feront leur retour, ce sera en force. C’est à cause de ces choses : 1) la base d’opérations centralisée : cette île, 2) l’accord avec l’Empire Paramanium, » leur avais-je expliqué.

« Nous aurons toujours du mal à traiter avec d’autres forces navales, » souligna Ayuseya en se frottant le menton.

« C’est vrai, mais à un moment ou à un autre, ils abandonneront et accepteront l’Académie de Magie Illsyore telle qu’elle est. » J’avais levé le petit doigt.

« Au début, ils feront preuve d’hostilité, mais une fois qu’ils comprendront contre quel genre de pouvoir ils se battent, ils arrêteront tout acte imprudent. Par la suite, ce ne sera qu’une question de temps avant qu’ils ne comprennent que la lutte contre nous n’entraînera que des pertes, alors que s’ils montrent leur coopération, ils obtiendront des bénéfices élevés, » déclara Shanteya.

« Exactement, » j’avais hoché la tête.

« Dans ce cas… comment comptes-tu trier la bonne graine de la mauvaise graine ? » demanda Nanya, nous ramenant au problème initial.

« Eh bien… Je pensais faire une annonce menaçante qu’un donjon a capturé cet endroit et que j’ai besoin d’esclaves en échange de la possibilité de quitter cette île dans une semaine, » avais-je répondu avec un sourire.

« Cela ne fera que créer la panique, » Ayuseya plissa ses sourcils.

« Oui, mais ce sont des humains à la fin, non ? » leur avais-je fait remarquer.

« N’étant pas du type vaillant, ils abandonneront volontiers les esclaves et forceront même ceux qui en possèdent certains à les abandonner. Les marchands d’esclaves seront les principales cibles des foules. Alors, trier les esclaves sera beaucoup plus facile. » Zoreya hocha la tête.

« Nous pouvons alors libérer ceux qui en sont dignes et même les aider à commencer une nouvelle vie. Le Roi Pirate avait plus qu’assez de fonds pour soutenir une telle entreprise, » déclara Ayuseya.

« Tamara est douée pour découvrir les menteurs, et je peux aussi être utile à cet égard, » dit Shanteya qui n’arrêtait pas de caresser la nekatare endormie.

« Il ne reste plus qu’à distinguer les bons pirates des méchants, » dit Nanya.

« La nature humaine résoudra ce dilemme. Les méchants vont essayer de profiter des bons, en volant leur place sur les navires. En même temps, il est fort probable qu’ils ne seront pas aussi forts. Dans une société dominée par le mal, le bien finit généralement par s’effondrer. Ceux qui ne pourront pas partir seront la majorité des bonnes personnes, » avais-je dit.

« Mais c’est surtout ta présomption… Il peut y avoir des exceptions et, en temps de crise, la plupart des espèces les plus rusées se sont révélées très rusées, passant du bien au mal en un clin d’œil, » Ayuseya avait fait remarquer cela.

« J’espère que les dieux porteront chance à ceux qui en sont dignes, sinon, faisons ce que nous pouvons, » j’avais haussé les épaules.

« Une question, cependant, » Shanteya leva la main.

« Qu’est-ce que c’est ? » lui avais-je demandé.

« Et les vaisseaux remplis de pirates maléfiques ? » demanda-t-elle.

J’avais haussé les épaules. « Je n’ai jamais dit que je tiendrais ma parole concernant leur départ en toute sécurité, n’est-ce pas ? S’ils sont laissés en plan, ils erreront dans les mers et feront beaucoup de dégâts, alors j’ai l’intention de détruire tous leurs navires et de laisser le destin décider s’ils survivront d’une façon ou d’une autre. »

« Alors… En guise de dernière question, y a-t-il une raison pour laquelle nous ne devrions pas prendre notre temps avec ce plan ? » demanda Shanteya.

« Ils remarqueront la disparition de leur roi bien assez tôt… Donc, même une semaine, c’est un peu long. Si je n’agis pas vite, ils pourraient aussi fuir et établir leur base ailleurs. Je ne veux pas cela… Nous devons donc en sauver autant que possible et éliminer le reste. À moins que l’une de vous n’ait un meilleur plan que le mien ? » avais-je répondu.

Quand j’avais dit ces mots, elles m’avaient tout regardé, puis elles s’étaient regardées. Leur expression devint sérieuse et entra dans une profonde réflexion, mais j’étais certain qu’à ce moment-là, elles se forgeaient toutes leur propre opinion sur cette question. La question était de savoir si elles considéraient qu’elles étaient assez bonnes pour les exprimer ou non.

Une demi-heure plus tard, Ayuseya avait été la première à parler.

« Je trouve que leur vision de la suprématie humaine est l’élément le plus dangereux à leur sujet. Vu le grand nombre de personnes qui se sont rassemblées sous cette bannière, elles ne sont pas meilleures que d’autres suprémacistes comme les draconiens ou les el’doraws. De tels éléments ne doivent pas être laissés sans entraves parce que tôt ou tard, ils provoqueraient un grand chaos pour ceux qui les entourent, » expliqua Ayuseya.

« Alors que suggères-tu ? » lui avais-je demandé.

« Je suis d’accord avec ta décision, mais la purge de cet élément devrait tenir compte de leurs opinions concernant ces opinions extrémistes, » avait-elle souligné.

« Je vois, » j’avais hoché la tête et croisé les bras sur ma poitrine.

Elle n’avait pas tort. Outre leurs manières violentes de pirates, ils étaient aussi des adeptes de cette idéologie dangereuse. La raison pour laquelle j’avais pensé que c’était dangereux était simple, mon Académie de Magie Illsyore allait être une institution qui allait faire avancer la croyance de la coexistence et de l’égalité entre les espèces intelligentes, un geste assez évident si on regarde mes épouses.

Cela étant dit, le prochain à prendre la parole était Shanteya.

« Si ça ne tenait qu’à moi, j’aurais sauvé les enfants et laissé les adultes pourrir dans un trou où personne ne trouverait leurs restes. La façon dont ils les traitent est inhumaine, peu importe à quel point ils crient qu’ils ont raison, conformément à leurs croyances idiotes, » avait-elle déclaré.

J’avais le sentiment qu’elle était un peu à cran à cause de son instinct maternel, surtout avec un enfant qu’elle avait elle-même en route. Voir les parents traiter leurs enfants d’une manière horrible n’était pas quelque chose que la belle El’doraw pouvait pardonner.

« Alors, et toi, Nanya ? » lui avais-je demandé.

La démone m’avait regardé et avait croisé les bras sur sa poitrine. Avec un regard sévère dans les yeux et un fouet de queue, elle répondit. « Il y a six ans, quand tu es devenu Les Ténèbres, je ne pouvais pas accepter ni supporter l’idée de te tuer. C’était parce que je savais que je ne voyais pas le vrai toi. Dans le cas de ces personnes, très peu se cachent, malheureusement, ce visage est pire que le masque qu’elles portent. Nous n’avons ni le temps, ni la patience, ni l’autorité pour les juger un par un. Si nous le faisions, beaucoup essaieraient de trouver un moyen de nous mentir et de nous montrer un “bon” masque. Comme vous l’avez dit, ce n’est qu’en temps de crise que les gens de ce monde se montrent vraiment eux-mêmes. Je dis que vous leur faites une bonne peur, faites-les trembler dans leurs bottes et pendant qu’ils le font, jugez-les convenablement. Ceux que nous pouvons sauver étaient destinés à être sauvés, les autres étaient simplement malchanceux. Ou peut-être que le destin leur réservait autre chose. Quoi qu’il en soit, je ne peux que voir notre arrivée sur cette île comme un acte des dieux. »

« Un acte des dieux ? » demandais-je en plissant les sourcils.

« Penses-y un instant. C’est une coïncidence que nous ayons rencontré un navire pirate et non un navire de commerce ou de la marine. C’est une coïncidence que le Roi Pirate ait été si stupide qu’il nous ait amenés ici. C’était une coïncidence que personne autour de nous n’ait essayé de prendre tes objets dès qu’ils t’ont “capturé”. C’est une coïncidence qu’aucun pirate ne nous ait dénoncée. C’est une coïncidence que nous, les éclaireurs, ayons réussie à ne repérer que les quelques situations qui nous ont permis de bien comprendre ce qui se passe sur cette île, » expliqua-t-elle.

« Trop de coïncidences…, » j’avais hoché la tête.

« En effet. Je pense que les dieux de la Justice agissent à travers nous afin d’empêcher un événement catastrophique comme tu l’as mentionné précédemment : un moment où les pirates s’unissent sous la même bannière et s’élèvent comme un pays indépendant, » elle décroisa les bras.

« Soupir… mais pourquoi moi ? » lui avais-je demandé.

« Parce qu’Illsy est le seul à avoir le pouvoir d’agir seul, mais aussi assez aimable pour s’inquiéter de ceux qui pourraient être innocents parmi les nombreux coupables. Un général de ta force n’aurait pas hésité une seule seconde à détruire et à soumettre tous ces pirates, et encore moins à demander aux dieux la permission de le faire, » répondit Zoreya.

« Soupir… Je suppose que oui…, » j’avais levé les yeux et je m’étais gratté l’arrière de la tête.

Même dans mon monde précédent, il y en avait beaucoup qui n’hésiteraient pas à utiliser leur pouvoir absurde pour piétiner les faibles. Il y avait très peu de gens qui vérifiaient d’abord s’ils tapaient du pied sur le bon groupe ou sur le mauvais. D’un autre côté, en tant que Donjon, je savais qu’il était parfaitement NATUREL pour moi d’anéantir tous ces humains sans une seconde réflexion. Tellement qu’une partie de moi se demandait pourquoi je voulais sauver certains d’entre eux.

« Je suppose que l’affaire est réglée…, » j’avais croisé les bras et j’avais hoché la tête.

En sortant de mon corps, j’avais volé à travers la montagne et j’avais observé toute l’île. Il y avait beaucoup de navires pirates qui allaient et venaient, tandis que d’autres hissaient un drapeau commercial et mettaient les voiles pour échanger les marchandises pillées contre de l’or et d’autres choses.

En regardant autour de moi, j’avais appelé plusieurs canons laser AGLMC sur la côte et je les avais cachés dans le décor naturel. Contrairement aux premières versions de ces armes, celles-ci avaient été considérablement améliorées et plusieurs fois plus puissantes et précises. Pour parler franchement, si j’avais attaqué Dankyun avec cette arme, j’aurais simplement brisé son armure magique plus vite qu’il ne pourrait dire « donjon ».

Le seul problème que j’avais avec eux était le nom… Je n’arrivais pas à savoir si le choix de Amplified and Generated Light with Magic Crystals était meilleur que Generated and Amplified Light with Magic Crystals. J’étais dernièrement en faveur de cette dernière option parce que c’était plus logique, mais je me suis habitué à la première version… Mais comme ils le disent, c’était une bonne chose que le nom soit effectivement le problème le plus pressant en ce qui concerne son développement.

Une fois les armes en place, il était temps d’utiliser un nouveau sort que j’avais mis au point pour faire des annonces à l’Académie. Il s’appelait [Radiodiffusion], et comme son nom l’indique, son but était d’envoyer ma voix à travers tout mon Territoire du Donjon. Si quelqu’un d’autre l’utilisait, il devrait préciser l’aire de répartition et un tas d’autres détails : par exemple si elle devrait éviter les montagnes ou non. Je ne me souciais pas de telles choses… Qu’est-ce que 1000 points Mana en plus pour quelqu’un avec ma réserve ?

« Eh bien maintenant… Que le spectacle commence ! » avais-je déclaré. Et ensuite, pour 3650 points de magie, j’avais lancé [Radiodiffusion].

***

Chapitre 95 : Calamité déchaînée

Partie 1

[Point de vue d’Illsyore]

En utilisant la [radiodiffusion], j’avais transmis le message suivant à travers tout mon Territoire de Donjon, qui avait un rayon de 50 km autour de moi :

« Écoutez-moi, habitants de l’île aux pirates ! Par la présente, je revendique toute cette île en tant que possession. Si vous voulez être épargné et autorisé à quitter l’île en toute sécurité, alors laissez vos esclaves et vos enfants, vivants, en hommage pour ma personne. Les parents qui ne veulent pas abandonner leur chair et leur sang peuvent aussi rester, s’ils l’osent. Vous avez une semaine pour vous conformer, mais si vous les tuez, vous ne ferez que m’énerver. »

J’avais annulé le sort après avoir fini de le dire et j’avais répété le message dans mon esprit. Ça n’avait pas l’air aussi intimidant que je le pensais au départ, mais plutôt une sorte de mauvaise blague. C’est pourquoi j’avais décidé de m’envoler vers le port où nous avions accosté aujourd’hui et d’utiliser mes compétences en construction de donjons pour changer un peu le paysage, peut-être appelé un monstre faible ou deux pour les faire crier de peur.

Quand j’étais arrivé à l’endroit, comme prévu, ils le traitaient comme une farce et cherchaient actuellement le coupable.

Voyons voir… J’avais réfléchi et ensuite je m’étais concentré sur plusieurs domaines sur mon Territoire de Donjon où je voulais construire un simple mur.

Contrairement à l’époque où Les Ténèbres n’avaient pas encore fait partie de moi, j’avais beaucoup plus de contrôle sur ce que je pouvais construire et comment le construire. Nanya avait dit que ma nouvelle capacité était normale chez la plupart des donjons de haut rang, mais qu’aucun d’entre eux n’était capable de l’utiliser à la même échelle que moi.

En fait, après avoir fusionné avec Les Ténèbres, j’avais compris que ma capacité à créer un bâtiment ou un élément à partir d’un modèle que j’avais stocké dans ma mémoire était quelque chose qu’aucun autre donjon n’avait pensé à faire auparavant. J’en doutais parce que ça rendait la construction d’un donjon beaucoup plus facile. Peut-être qu’aucun des Donjons que j’avais rencontrés jusqu’à présent ne l’avait fait, non ?

Ainsi, lorsque j’avais activé la compétence, plusieurs grands murs étaient apparus partout dans le village, coupant les routes et arrêtant les gens sur leurs pas. La façon dont ils avaient été placés avait créé un labyrinthe avec une seule sortie : les quais.

« Au nom de tous les démons de la mer, que se passe-t-il ? » demanda quelqu’un.

« Qu’est-ce que c’est que ça ? » demanda un autre.

« Ce n’est pas normal, » avait fait remarquer un autre.

« Est-ce de la nourriture ? » demanda un charlatan.

C’est ainsi que beaucoup d’entre eux avaient soudainement réagi, alors que dans certains cas, ils étaient un peu plus violents et avaient essayé d’abattre mes murs. Ils avaient beau essayer, ces trucs étaient assez robustes pour survivre à un coup de poing d’un Suprême.

« Maintenant ! Passons à la phase 3 ! » avais-je dit en souriant.

À ce moment, j’avais convoqué le monstre le plus faible auquel je pouvais penser : le diablotin. En plusieurs endroits proches de cette ville portuaire, une seule de ces créatures était sortie d’un cercle de convocation.

« Monstre ! » des cris de pirates s’étaient fait entendre.

Je les avais vus s’éloigner du diablotin pendant que les gardes se préparaient à le combattre. Dans mon esprit, j’avais calculé que le monstre que j’avais convoqué allait avoir besoin d’au moins 5 gardes pour le faire tomber.

Malheureusement, j’avais fait une ÉNORME erreur…

« UGAAA ! » cria un diablotin, puis il tira sur le premier garde, le transformant en charbon de bois.

Avant même que les autres puissent se déplacer, le diablotin se précipita vers eux et les empala avec son épée. Une attaque suffisait pour couper deux hommes adultes en deux moitiés sanglantes. Ainsi, le massacre avait commencé…

« Oups…, » avais-je dit avec un visage de poker.

L’erreur avait été le niveau…

La plupart des gens sur cette île étaient bien en dessous du niveau 200, probablement autour de 40 ou 50. Pendant ce temps, le diablotin que j’avais convoqué était considéré comme étant facile à vaincre par moi et mes épouses. Cette chose ne pourrait même pas faire face à un seul T-Rex. D’habitude, le lézard géant le piétinait et s’en allait.

En effet, il était si faible, MAIS… il était encore au niveau 1000. Oui, c’était un diablotin de niveau 1000 avec une armure et une arme enchantée ainsi que la capacité de lancer des sorts et d’utiliser ses compétences. Bien que, pour une raison étrange, ces gars n’avaient JAMAIS porté de bottes.

Si on regarde sur l’île des Boss, quand j’avais essayé de donner une paire de bottes enchantées à un diablotin pour qu’il les porte, il les avait attrapées, s’était incliné devant moi, puis avait sauté dans le cercle de convocation. J’avais eu l’air d’un idiot pendant quelques minutes à essayer de comprendre ce qui venait de se passer.

À ce moment-là, j’avais pris conscience du fait que les créatures appelées avaient la possibilité de se bannir sans l’ordre direct de l’invocateur ou d’attaquer de l’ennemi tant que le cercle d’invocation était intact.

Cela dit, tout le monde à l’intérieur de cette ville portuaire s’était enfui aussi vite qu’il le pouvait du diablotin surpuissant qui pouvait les écraser avec sa petite main. Ses attaques étaient impitoyables, écrasant ceux qui osaient le défier et défonçant toute porte ou tout mur non fait par moi qui se dressait sur son passage.

Dès que j’avais vu les dégâts immenses qu’ils avaient causés à la ville, alors qu’il était vraiment faible, j’avais donné l’ordre à tous les diablotins de ne pas s’éloigner de plus de 20 mètres de leur point de ponte. Si je les avais lâchés, au coucher du soleil, toute la ville aurait été réduite en ruines.

« Eh bien, avec ça, ils devraient prendre mon avertissement au sérieux maintenant, » j’avais hoché la tête, puis je m’étais déplacé vers le port jusqu’au nord.

Là, j’avais élevé les murs comme je l’avais fait dans l’autre ville, mais au lieu d’appeler des diablotins de niveau 1000, j’avais appelé des diablotins de niveau 500 et leur ai donné le même ordre de rester avec 20 mètres de leur point de frai.

Au bout de 20 minutes, je n’entendais plus que les cris d’horreur et de peur des pirates qui tentaient de fuir un diablotin pour tomber sur un autre. La ville était devenue un bain de sang, et je la regardais d’en haut avec des yeux de poisson mort.

Ces pirates étaient encore plus faibles que les diablotins de niveau 500…

« Je ne comprends pas…, » avais-je dit en revenant à mon corps, flottant comme une ampoule bourrée.

À mon retour, j’avais dit à tout le monde ce que j’avais fait et quels avaient été les résultats. La première à réagir avait été Nanya. Elle s’était palpé le visage et avait poussé un soupir.

« Tu as appelé un diablotin de niveau 1000 ? » demanda-t-elle en gémissant.

« Plus d’un actuellement…, » avais-je fait remarquer.

« C’est très cruel, Illsy, » Shanteya répliqua cela.

« Hein ? » J’avais cligné des yeux surpris en la regardant en réponse.

« En effet, tu as dressé un ennemi si terrifiant contre eux, » valida Zoreya.

« Quoi ? » Je commençais à m’embrouiller…

« Nya ~ mais le niveau 1000 est un faible, non ? » demanda Tamara.

« Pour nous, qui sommes des Supers Suprêmes, mais la plupart des gens dehors sont autour du niveau 100…, » avait souligné Nanya.

« Je doute que même si nous abattions tous les êtres vivants de l’île, nous ne puissions toujours pas monter en niveau, » Ayuseya acquiesça d’un signe de tête.

Dans ce monde, le concept de niveau n’était utilisé que pour décrire la force d’un donjon, mais peu de temps après notre arrivée sur l’île des Boss, j’avais commencé à enseigner à mes charmantes épouses comment il était appliqué aux monstres et aux espèces intelligentes. Nanya avait aussi été d’une grande aide pour l’explication des statistiques et autres.

J’avais aussi travaillé sur un sort capable de signaler l’état d’un individu, mais j’avais encore quelques bogues avec lui… Les chiffres affichés étaient partout aléatoires, seuls le nom, l’espèce et le niveau étaient corrects pour la plupart. Ils pourraient tous utiliser ce sort brisé appelé [Fenêtre d’état]. Avec le temps, j’avais prévu de corriger tous ses bogues.

« Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? » demanda Nanya.

« Eh bien, je vais le répéter… Je les ai convoqués par accident ! Mais, pour l’instant, il est trop tard pour faire quoi que ce soit. Ce que j’ai l’intention de faire, c’est de créer un endroit sûr pour les esclaves et les enfants, puis en utilisant les lasers AGLMC que j’ai placés autour de l’île, je coulerai tous les bateaux des pirates en fuite une fois en mer et assez loin dans l’horizon. Pendant ce temps, je veux que Tamara et Shanteya s’occupent des survivants. Ayuseya devrait aussi trier les esclaves. Dressez une liste de ceux qui ont fini comme esclaves et pour quelle raison. Quant à Nanya, je veux que tu parcoures chaque ville et que tu sécurises les esclaves ou les individus que tu jugeras digne de sauver. Tu peux déchirer les autres comme tu le veux. Qu’est-ce que vous en pensez ? » avais-je demandé avec un sourire.

« C’est mieux que de ne rien faire, » Ayuseya haussa les épaules.

« Et la période d’accouplement ? » demande Tamara.

« Reporté jusqu’à ce qu’on règle ce désordre, » avais-je déclaré.

« Alors je m’assurerai de faire mon travail très vite ! » déclara-t-elle en prenant une pose de la victoire.

« Qui sera la première à coucher avec Illsy après ça ? » demanda soudain Shanteya.

J’avais dégluti.

« Eh bien, j’ai du travail. Vous savez quoi faire… et je m’en vais d’ici ! » avais-je dit en quittant mon corps.

« AH ! Il s’enfuit ! » Nanya avait fait remarquer cela.

« Je suppose qu’on va faire ça comme d’habitude…, » Ayuseya avait poussé un soupir.

D’habitude, cela signifiait que cela allait rivaliser les unes avec les autres dans une sorte de jeu équitable. Une qui prendrait en considération la grossesse de Shanteya. En parlant de ça, j’avais prévu de raccourcir son temps de travail pour prendre soin d’elle. C’était bien de se déplacer, mais si elle se poussait trop, ce ne serait pas bon pour les bébés. J’espérais que mes autres femmes me le rappelleraient aussi. Cette tendance à la surcharge de travail était quelque chose qu’elle avait gardé de son époque d’assassin puis de servante.

Abstraction faite des femmes, j’avais décidé de nommer la ville où nous avions accosté comme Ville A et l’autre ville du nord comme Ville B, car cela ne valait pas la peine de se rappeler leurs vrais noms.

Je m’étais donc rendu en ville A et j’avais vérifié sur le bateau pirate qui nous avait amenés ici, s’ils étaient encore en vie. Plusieurs d’entre eux étaient en train de charger des vivres, tandis qu’un autre s’occupait de ses blessures. Celui-là s’était probablement retrouvé pris dans les attaques d’un diablotin.

« Comment ça se passe ? » J’avais annoncé ma présence.

Les pirates avaient sursauté et avaient regardé autour d’eux comme des poulets effrayés.

« J’entends la voix du mari du Capitaine, mais je ne le vois pas, » dit l’un d’eux.

« Oui…, » un autre confirmé.

« Repos, je ne suis pas un fantôme, je suis un Donjon, » leur avais-je dit.

« Bonté divine… Épargnez-nous, s’il vous plaît ! » l’un d’eux s’agenouilla par terre et commença à prier.

« Je ne vais pas vous tuer… enfin, je pense. Bref, je vois que vous n’avez pas encore quitté la ville. C’est bien, » avais-je dit.

« Hein ? En quoi est-ce bien ? » demanda l’un d’eux.

« Eh bien, vous avez en quelque sorte raté votre chance de fuir…, » leur avais-je dit.

« Hein ? Mais vous aviez promis ! » s’écria l’un d’eux.

« Oui, j’ai l’intention de tenir ma promesse, mais comme je l’ai dit, les choses ont changé. Laissez votre cargaison telle quelle et partez tout de suite. Une fois que vous aurez quitté le port, tournez à droite et faites le tour de l’île jusqu’à ce que vous ne voyiez plus le port. Jetez l’ancre et attendez patiemment un signe de ma part. Ne mettez pas les pieds sur l’île. Ne dites à personne d’autre ce que je viens de vous dire. Si vous faites ce que je vous dis, je vous laisserais vivre. Sinon… eh bien, vous allez mourir. » Leur avais-je dit et à ce moment-là, j’avais lâché une [Faux de vent] sur un espion derrière un baril non loin du bateau.

L’homme s’était caché quand j’avais annoncé ma présence, et d’après ce que j’avais vu, il n’était pas de la bonne bande.

Quand ils avaient vu le baril coupé en deux et le sang couler sur le pont, ils avaient tous dégluti en raison de la peur.

« Joe le mouchard…, » dit l’un d’eux.

Cet homme avait un nom si fortuit.

« Pouvons-nous poser une question simple ? » demanda l’un d’eux alors qu’il enlevait son chapeau.

« Bien sûr, quoi ? » avais-je répondu.

***

Partie 2

« Pourquoi nous épargner ? »

« Simple. Les dieux de la Justice vous offrent une chance de vous repentir de tous vos crimes. Je sais que ce n’est pas facile à changer, mais vos vies sont en jeu. C’est facile, changer ou mourir. Et pour changer, tout ce que vous avez à faire, c’est changer vos manières de pirate. Essayez juste d’y penser… Qu’est-ce qu’un pirate ne ferait pas et qu’est-ce qu’un pirate ferait, mais qu’il ne devrait pas faire, » leur avais-je dit. Puis j’étais parti.

Une fois qu’ils avaient réalisé que j’étais parti, ils étaient partis et avaient fait ce que je leur avais dit. Ils étaient un mauvais groupe au début, mais si à la fin de cette période de faiblesse, ils avaient décidé de changer et avaient vraiment essayé de le faire, j’allais les épargner, sinon… enfin, je n’allais pas revenir sur ma parole.

Ensuite, j’avais fait le tour de la ville pour vérifier les dégâts causés par les diablotins. Ils étaient en train de niveler au sol chaque bâtiment autour d’eux, tandis que les pirates avaient compris qu’ils ne pouvaient pas sortir d’une certaine distance. Certains de ces salauds avaient essayé d’utiliser des attaques à distance contre mes monstres, mais ils étaient inutilement faibles contre eux.

Outre les destructions qu’ils avaient causées aux bâtiments avoisinants, nombreux étaient ceux qui avaient perdu la vie dans l’agitation qui avait suivi. Les traînées de sang étaient présentes partout, tandis que les sanglots et les cris de colère remplissaient l’air. C’était comme si une calamité les avait frappés… eh bien, je croyais que j’étais pire que ça.

Malgré tout, en observant les humains morts, j’avais compris que si j’étais la cause de leur mort, c’était aussi leur destin de finir comme ça. Peut-être qu’il y avait de bonnes personnes parmi les morts, peut-être une mère ou un père aimant, un enfant innocent ou un grand-père au grand cœur. Je ne le saurais pas et je ne voudrais pas non plus le savoir. Avoir des remords ou de la pitié maintenant, c’était trop tard. Être un donjon m’avait beaucoup aidé parce que mon ancien moi humain aurait été rendu fou par la culpabilité.

En volant, j’avais remarqué quelque chose par terre… J’avais volé de près et j’avais regardé la scène qui avait attiré mon attention. Cachée derrière un mur tombé, une mère avec une jambe cassée pleurait et priait les Dieux de l’aide. Dans ses bras se trouvait son enfant en bas âge. Il y avait des taches de sang sur lui et elle, un signe que quelqu’un avait très probablement rencontré sa fin devant eux.

« S’il vous plaît… Quelqu’un… sauvez-nous…, » gémit-elle.

Je m’étais approché d’elle et j’avais vu des larmes couler le long de ses joues et emporter lentement le sang sur son enfant. En la regardant attentivement, j’avais vu que si elle le voulait, elle aurait pu laisser l’enfant là-bas et essayer de s’éloigner en rampant, mais elle ne voulait pas l’abandonner.

« S’il vous plaît…, » cria-t-elle.

« Allez-vous tuer ? » lui avais-je demandé.

« Hein ? » elle avait été surprise et avait cherché ma voix, mais elle ne pouvait pas me voir.

« Je peux vous sauver, mais tuerez-vous votre enfant en échange de votre vie ? » lui avais-je demandé.

C’était une question qu’aucun homme sain d’esprit ne poserait à une mère en pleurs, mais je savais que l’humanité n’était pas si facile à croire… Ce n’est qu’en période de grand péril qu’ils montreraient leurs vraies couleurs. Ce n’est qu’alors qu’on pouvait voir si un homme choisissait l’amour, l’amitié et la bonté plutôt que l’avidité et le désir matériel.

« JAMAIS ! Tuez-moi s’il le faut, mais pas mon enfant ! » répliqua-t-elle en serrant le bébé contre sa poitrine, en essayant de le protéger du mieux qu’elle le pouvait.

Malgré la douleur qu’elle avait dû ressentir à cause de sa jambe cassée et de la peur d’une mort imminente, elle avait décidé de protéger cette petite étincelle de vie dans ses bras. Elle n’avait même pas hésité à donner sa réponse.

« J’accepte votre bravoure, femme humaine. Mais je vous demande, savez-vous pourquoi cette calamité vous a frappé ? » demandai-je.

« N-Non, » répondit-elle en secouant la tête.

« Vous êtes des pirates qui ont volé, tué, pillé, détruit jusqu’à ce que les dieux vous aient tous abandonnés. Je suis ici pour leur servir de voix et d’épée. Votre haine pour leurs créations a rendu leur décision sans appel, » lui avais-je dit.

« Mais… Mais je n’ai jamais rien fait de tout ça ! Je suis couturière… Je n’ai jamais navigué… Mes mains n’ont jamais été tachées de sang ! » répliqua-t-elle.

« Qu’en est-il de votre haine envers ceux qui ne sont pas humains ? » lui avais-je demandé.

Elle avait baissé les yeux et s’était mordu la lèvre.

« … » elle marmonna quelque chose, mais je n’entendais rien.

« Parlez plus fort, » lui avais-je ordonné.

« Au moins cet enfant… S’il vous plaît… Il est innocent, alors sauvez au moins cet enfant, » supplia-t-elle.

Je l’avais regardée un instant et j’avais fermé les yeux.

Maintenant que je l’avais vue et que j’avais parlé avec elle, je ne pouvais pas me permettre de la tuer de sang-froid. Malheureusement, la femme était une adepte de l’idéologie de la supériorité humaine, une partisane de la suprématie contre les non-humains.

Peut-être qu’il y a encore de l’espoir ? me demandais-je.

En soupirant, je lui avais dit. « Je vais vous donner le choix, mortel. Si vous écoutez et obéissez, vous pourrez rester avec votre enfant. »

« Je ferais n’importe quoi ! » répondit-elle avec une lueur d’espoir dans les yeux.

« Je guérirai vos blessures et vous laisserai le libre passage pour entrer dans le camp des esclaves et des enfants placés à l’extérieur de cette ville. Là, vous serez mis à l’épreuve pour voir si vous avez toujours la même croyance et la même haine dans votre cœur pour les non-humains. Si vous le faites, vous pouvez dire adieu à votre enfant, car vous allez mourir. Cependant, si vous parvenez à la rejeter d’ici là, je vous pardonnerai et vous laisserai quitter cette île. Essayez de partir en bateau avec le reste de cette racaille, et je vous tuerai moi-même. De plus, ne dites rien de tout ça à personne sur l’île, sauf si je dis le contraire. Est-ce que vous comprenez ? » avais-je demandé d’un ton sévère.

« Oui ! » elle hocha la tête.

« Bien, » avais-je répondu.

Enlever le mur était facile, il fallait juste que je l’absorbe. Puis j’avais utilisé mon énergie magique pour réparer soigneusement sa jambe cassée tout en appliquant une anesthésie sur les nerfs. J’aurais pu utiliser un sort que j’avais conçu et que j’avais appelé [sort de guérison 1], mais pendant le processus de guérison, elle aurait ressenti toute la douleur qui l’accompagnait. Aussi, le nom était comme ça parce que je ne pouvais rien trouver de mieux pour le moment…

Une fois que j’en avais fini avec ça, j’avais utilisé le [Scanner corporel] pour vérifier s’il y avait d’autres blessures sur son corps et son bébé. Les deux étaient en bonne santé.

« C’est fait. Allez au nord d’ici, vers la forêt. Ne vous inquiétez pas, les diablotins ne vous attaqueront pas, » lui avais-je dit.

Techniquement, ils le feraient… Mais j’avais prévu de changer cela avec un nouvel ordre que j’allais leur donner, donc techniquement je ne l’avais pas trompée.

« Merci…, » répondit-elle et elle fit un salut en l’air à ma droite parce qu’elle ne pouvait techniquement pas me voir.

« N’oubliez pas ce que j’ai dit. Si vous voulez garder votre vie ou non ne dépend que de vous-même, » lui avais-je dit. Puis j’étais parti.

Dès que je l’avais fait, j’avais ordonné à tous les diablotins de ne pas attaquer les esclaves, les enfants, les personnes âgées ou les adultes avec enfants ou bébés à moins qu’ils n’attaquent en premier.

Il ne me restait plus qu’à créer un campement temporaire pour eux, alors je m’étais envolé vers la lisière de la ville A et j’avais absorbé une partie de la forêt près des murs, en nivelant le sol par la même occasion. Par la suite, j’avais dressé une centaine de tentes et j’avais préparé des boîtes avec des fournitures. J’avais appelé un Minotaure de niveau 1500 et je l’avais placé à l’entrée.

Ce type portait une armure enchantée tout comme le diablotin, et il pouvait aussi utiliser ses talents et ses sorts. J’aurais pu choisir parmi plusieurs variantes, dont une dorée et une sombre. Ils étaient assez variés après le niveau 1250, presque comme s’ils évoluaient vers quelque chose de différent.

Maintenant, la raison pour laquelle il avait un si haut niveau était à cause de son intelligence. Jusqu’au niveau 1000, ils étaient généralement aussi bêtes qu’un rocher, mais par la suite, ils avaient commencé à penser un peu, voire à utiliser une stratégie. Un Minotaure de niveau 1500 pourrait aussi obéir à des commandes plus complexes.

Je lui avais donné le même ordre de non-attaque que j’avais donné aux diablotins, puis je lui avais dit de s’assurer que personne dans le camp n’allait se battre entre eux ou commencer à agir. À côté des boîtes d’approvisionnement, j’avais fait un tableau en bois et j’avais écrit plusieurs règles concernant le comportement de ceux qui vivaient ici. Parmi eux, il y avait des règles qui interdisaient de se battre et de donner des ordres aux esclaves. Si quelqu’un enfreignait les règles, selon la sévérité, le Minotaure lui donnait d’abord un avertissement, un grognement ou quelque chose comme ça, puis il était libre de les battre à mort, mais pas de tuer les coupables.

Avec ces règles établies, j’avais fait une copie exacte de cet endroit à côté de la ville B. Maintenant, tout ce qui restait à faire était d’annoncer la situation à tout le monde sur l’île.

Ainsi, j’avais volé dans les airs, et j’avais fait entendre ma voix par mon sort de [Radiodiffusion].

« C’est le maître de cette île qui vous parle. Je suppose que tout le monde a fait connaissance avec mes petits animaux de compagnie, les diablotins ? Ils sont la preuve que je ne plaisante pas. » J’avais parlé d’un ton sévère. « Et maintenant ! Je vous ordonne, si vous tenez à vos vies, d’envoyer TOUS vos esclaves dans les camps en dehors de la ville gardés par un Minotaure. Il ne tuera pas les esclaves, mais tous les autres finiront en viande hachée. » J’avais ri. « Ah, mais prendre tous les esclaves n’est pas drôle… Je sais ! Envoyez tous ceux que vous pensez qu’ils pourraient agir comme un habitant des terres ainsi que tous vos enfants. Les parents qui ne souhaitent pas s’en séparer sont également les bienvenus. Devant le Minotaure, déclarez à haute voix que vous renoncez à votre connexion avec eux pour un libre passage hors de l’île. C’est simple, non ? » avais-je dit et j’avais arrêté le sort.

Cela m’avait frappé à l’époque, mais je n’avais pas dit au Minotaure quoi faire quand des pirates viendront dire toutes ces choses…

« Soupir… Je suppose que toute cette situation me met sur les nerfs. Je continue à faire des erreurs simples. » avais-je dit et j’avais secoué ma tête invisible.

Eh bien, ce n’était pas grand-chose. J’étais retourné dans chaque camp et je leur avais ordonné de les écouter, puis je leur avais montré le tableau d’affichage à côté d’eux. S’ils poussaient en avant la personne qui « abandonnaient », alors le Minotaure allait hocher la tête une fois et laisser cette personne passer à travers. Quant à l’autre, il n’avait pas le droit d’entrer dans le camp, mais il n’allait pas non plus être attaqué.

Dans l’ensemble, j’espérais qu’il n’y aurait pas de problèmes majeurs avec mes ordres.

Avec un soupir qui s’échappait des lèvres, je m’étais envolé vers le ciel et j’avais ouvert une carte qui montrait toutes les formes de vie sur cette île. C’était l’un de mes nouveaux sorts : [Carte de détection des signes de vie]. Il était basé sur les capteurs de Signes de vie et d’Alliés intégrés de mon Territoire de Donjon, et ce qu’il avait fait, c’était essentiellement montrer ces signaux sur la carte holographique de mon territoire. J’avais changé tous les enfants et les esclaves en neutres pour empêcher les monstres de les attaquer par mesure de sécurité supplémentaire.

S’ils étaient placés en position neutre, un monstre intelligent pourrait encore les attaquer s’ils étaient considérés comme un ennemi potentiel. Seuls les alliés allaient être complètement ignorés par eux. C’est pourquoi j’avais dû leur donner un ordre verbal. Celui-là avait fonctionné, peu importe comment je percevais leur statut.

Quant aux alliés, seules mes épouses avaient été montrées, et elles étaient en train de se déplacer comme je le leur avais demandé.

« Hm, je me demande qui a gagné leur stupide compétition ? » me demandai-je à voix haute.

Il ne restait plus qu’à attendre.

***

Chapitre 96 : La fin d’Île des Pirates

Partie 1

[Point de vue d’Illsyore]

La semaine allouée s’était déroulée en un clin d’œil et mes femmes et moi avions travaillé tout le temps pour nous assurer que nous pourrions sauver autant d’innocents que nous le pouvions. Il y avait beaucoup d’idiots qui essayaient de mentir, de tricher ou de faire du chantage pour entrer dans les zones de sécurité, mais ils avaient tous été pris et tués sans pitié. La vraie nature de ces gens avait été montrée en ce moment de crise, et ce n’était pas beau à voir.

Voyant cet événement comme la fin de leur vie normale et entendant peut-être déjà la mort frapper à leur porte, beaucoup d’entre eux avaient révélé leurs côtés laids et commis des crimes impardonnables. Parmi les tueurs en série et les violeurs, il y avait aussi des cannibales et des tortionnaires. Ces monstres qui portaient une peau humaine avaient connu une fin rapide entre nos mains.

Bien que j’aie donné plusieurs avertissements aux habitants de l’île et que j’aie montré les conséquences de ma désobéissance, en tant que pirates, c’était dans leur nature d’ignorer ces choses. Ainsi, nous avions pris leurs vies sans remords.

Ceux qui avaient essayé de s’échapper n’avaient pas non plus été autorisés à le faire. Leurs bateaux lents étaient faciles à découper pour mes lasers AGLMC de haute précision. Les lasers frappèrent leurs coques avec une force implacable et formèrent un grand trou dedans. Ils ne l’avaient même pas vu venir. Le reste était laissé aux monstres qui se cachaient dans les profondeurs de l’océan alors que les pirates étaient avalés les uns après les autres.

Pendant un moment, j’avais réfléchi à la question de savoir si c’était une bonne idée d’essayer de sauver leur butin, mais j’avais abandonné cette idée. À l’avenir, je pourrais désigner cet endroit comme une chasse au trésor pour les amateurs de sensations fortes.

Une fois l’événement déclaré terminé, je ne m’occupais plus des survivants pirates qui se cachaient sur l’île. Ce que j’avais fait à la place, c’est de fusionner les deux camps en un seul et de commencer à compter.

« Il y en a 1247, » Ayuseya m’avait fait un rapport.

« Pas autant que je l’espérais au départ…, » avais-je dit en regardant la masse d’hommes, de femmes et d’enfants qui dînaient.

« En effet, peut-être seulement 10 % de l’ensemble de la population ? » Shanteya hocha la tête.

« Moins…, » marmonna Nanya.

« On ne peut rien y faire…, » avais-je poussé un soupir.

« Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? » demanda Shanteya.

« Pour l’instant, reposons-nous. Il commence à faire nuit dehors. Demain matin, je vais construire des bateaux et leur donner des provisions. S’ils se dirigent vers le continent Allasn, ils devraient y trouver refuge, » avais-je répondu en me frottant le menton.

« Paramanium est interdit ? » demanda Ayuseya.

« Oui. Rien que de penser à envoyer ces pauvres gens là-bas me donne un mauvais pressentiment, » j’avais frissonné.

« Bien ! Alors je vais prendre Illsy maintenant ! » Tamara avait soudainement annoncé et m’avait attrapé par le pied gauche.

« Hein !? Qu’est-ce que c’est que ça !? Argh ! » elle avait tiré, et j’étais tombé la tête la première dans la terre.

La chatte surdimensionnée m’avait traîné comme un homme des cavernes stéréotypé le ferait avec sa compagne.

« Qu’est-ce qu’il se passe ? Tamara ? » j’avais essayé d’obtenir une explication en essayant de me remettre sur pied.

« Désolée, Illsy, Tamara a gagné, » dit Ayuseya avec un sourire ironique.

« Hein !? » J’avais poussé un cri idiot, mais elles m’avaient toutes ignoré pendant que la féline me traînait dans la forêt.

Quand elle avait trouvé un bon endroit pour se reposer, elle m’avait dit de faire une chambre pour nous, et j’avais accepté. Ce qui était arrivé ensuite, c’est une nuit de gémissements, de câlins et de nombreux baisers. La nekatare était assez passionnée dans ses ébats amoureux, mais elle me donnait souvent l’impression qu’elle en savait plus qu’elle ne laissait entendre.

Même après qu’elle se soit endormie, la nekatare avait continué à me serrer dans ses bras et avait refusé de lâcher prise. J’étais collé à son corps nu jusqu’à ce qu’elle se réveille plus tard dans la journée. Grâce à cela, j’avais pu dormir quelques heures, mais nous avions tous les deux sérieusement besoin d’une douche par la suite. Notre odeur était partout.

Nous étions rentrés aux camps vers 14 h ou 15 h. Les filles prenaient déjà un repas et les survivants attendaient que je leur dicte leur sort. Nous avions mangé quelque chose rapidement et puis je m’étais mis au travail.

Quelques heures plus tard, j’avais terminé la construction de trois galions de 1000 tonnes, chacun équipé pour transporter au moins 300 marins et 100-150 autres passagers réguliers. Ils étaient également approvisionnés en nourriture en abondance et en produits de première nécessité pour l’équipage, y compris plusieurs barils de citrons pour éviter le scorbut. Je n’avais pas fait cela, j’avais simplement réattribué les fournitures existantes dans les deux villes. Comme les galions d’origine n’avaient rien comme des toilettes, j’avais fabriqué des cabines spécialement conçues pour les gens.

« Là-bas ! » avais-je dit, satisfait.

« C’est bien Illsy… mais tu as un problème, » dit Nanya d’un signe de tête.

« Quel problème ? » avais-je demandé en penchant la tête vers la gauche.

Elle s’était approchée de moi et m’avait crié à l’oreille. « Tu les as construits sur la TERRE ! »

« OUCH ! » Je m’étais frotté l’oreille.

« Comment comptes-tu les transporter jusqu’à la mer ? » demanda-t-elle en secouant la tête.

« Je peux juste creuser un canal jusqu’au bout…, » avais-je marmonné.

« Hm, je n’y avais pas pensé, » elle inclina la tête et cligna des yeux, surprise.

« Les cris étaient-ils vraiment nécessaires ? » lui avais-je demandé.

« Non. Je m’excuse, Illsy, » Nanya secoua la tête et me donna un baiser sur la joue.

« Qu’est-ce qui t’arrive en ce moment ? Y a-t-il un problème ? » lui avais-je demandé pendant que je la serrais dans mes bras.

Elle avait détourné le regard pendant un moment, puis m’avait regardé dans les yeux.

« Je suis juste fatiguée… et un peu frustrée parce que j’ai perdu le match…, » elle poussa un soupir.

« Tu aurais dû dormir un peu plus, » j’avais plissé mon front.

« Ce n’est pas cela…, » elle secoua la tête.

« Alors ? » demandai-je.

« C’est toute cette île… les pirates… tout ce bordel… Je n’aime pas ça, » elle secoua la tête.

« Pourquoi ça te met mal à l’aise ? » lui avais-je demandé.

« Cela nous met toutes mal à l’aise, et j’ai peur que tu aimes tuer…, » dit-elle en me regardant dans les yeux.

Je pouvais dire qu’elle craignait que je ne redevienne lentement les Ténèbres, mais quelque chose comme ça était absolument impossible. Pas tant que j’avais mes femmes bien-aimées à mes côtés.

Mais je suppose qu’il est naturel de penser ainsi après avoir tué plusieurs milliers d’humains en une seule semaine… Dans ma vie antérieure, un tel concept aurait été considéré comme impossible, impensable, improbable, mais à l’heure actuelle… J’ai la froideur d’un donjon et la conviction que si jamais je m’écarte du droit chemin, les dieux de ce monde veilleront à me le faire savoir. Mais encore une fois… Je suis aussi plus vieux que j’en ai l’air…, pensais-je en caressant doucement sa joue.

Nanya enroula sa queue autour de ma taille et ferma les yeux, se soumettant à mon étreinte.

« Je n’aimerai jamais tuer… Si je l’avais fait, nous n’aurions pas pris la peine de demander conseil aux dieux à ce sujet, » lui avais-je dit et je lui avais doucement relevé le menton.

Elle me regarda dans les yeux, et je pouvais voir que ses inquiétudes se reflétaient encore dans son regard. Parce qu’elle tenait tant à moi, elle craignait encore plus la possibilité de me perdre… à nouveau. C’est peut-être de cette peur elle-même que son comportement plutôt « violent » était né.

« Crois-moi, si j’avais le temps de penser à tuer quelqu’un juste pour le plaisir, je m’assurerais de le passer à vous câliner. C’est beaucoup plus agréable ! » avais-je souri.

En la rapprochant de moi, j’avais volé ses lèvres pour un baiser passionné et j’avais fermé les yeux, profitant de l’instant. Grâce à elle, toute la tension et les ennuis que j’avais eus cette semaine avaient disparu comme si ce n’était qu’un mauvais rêve. Son étreinte m’avait apaisé et ses lèvres m’avaient guéri. Plutôt qu’une démone, elle était plutôt un ange pour moi… un ange d’une beauté éblouissante qui faisait des crises avec ses poings.

À la tombée de la nuit, les trois galions baptisés sous les noms d’Auguste, Tibère et Casanova avaient finalement atteint l’eau. Les chenaux avaient été terminés en un clin d’œil, mais former les trois groupes de survivants et les amener tous à bord de chaque navire était un peu plus difficile.

Avant de les laisser partir en haute mer, je leur avais dit plusieurs choses.

« Voici mes conditions pour vous laisser vivre. Tout d’abord, vous ne devez, en aucun cas, attaquer d’autres bateaux en naviguant vers Allasn. Le drapeau blanc signifie que vous êtes des réfugiés, pas des pirates. Le capitaine que j’ai choisi n’a pas une autorité absolue sur vous tous. Leur travail est simple : vous emmener dans un port à Allasn. Par la suite, vous pourrez garder les bateaux si vous souhaitez faire du commerce ou les utiliser comme moyen de transport, mais si j’apprends que vous êtes revenu à la vie de pirate, je vous écorcherai littéralement vif et je vous ferai regretter d’être vivant. Compris ? » Je les avais regardés fixement.

Ils avaient tous dégluti et hoché la tête.

« Bien ! La deuxième règle est la suivante : en aucun cas vous ne devez vous attaquer, voler, blesser ou violer les uns les autres en naviguant vers Allasn. Si vous le faites… vous souvenez-vous de ce que j’ai fait avec les violeurs, non ? » Je leur avais montré un sourire large et sinistre.

Dans ce contexte, le mot « boulettes de viande » avait pris un tout autre sens.

Ils avaient tous dégluti et hoché la tête.

« Bien ! La troisième règle est la suivante : Une fois à Allasn, vous êtes libre de faire et d’aller où vous voulez. Je m’en fiche, et vous n’avez pas besoin de me le dire. Pour vous aider dans votre voyage, je vous donnerai plusieurs pièces d’or du trésor du Roi des Pirates. Ceux qui occupent des emplois artisanaux, je vais vous donner des outils pour redémarrer votre entreprise. Mais encore une fois, n’osez même pas essayer de vous voler les uns et les autres. Compris ? » Je les avais regardés fixement.

Ils secouaient la tête à droite et à gauche.

« Je ne suis peut-être pas parmi vous, mais je peux toujours aller demander aux dieux qui veillent sur vous. Alors, si vous avez enfreint l’une de mes règles, je vous traquerai ! Ne vous moquez pas de la pitié que je vous ai montrée. Si vous tenez à votre liberté retrouvée, vous vous assurerez également qu’aucun d’entre vous n’aura d’idées brillantes. Compris ? » j’avais fait un petit grognement à la fin.

Ils hochèrent tous la tête.

« Bien. » J’avais souri.

Après cette brève période d’instruction, j’avais partagé l’or du Roi des Pirates en parts égales. J’avais aussi tenu parole et donné à ceux qui avaient des métiers un ensemble d’outils enchantés qui convenaient le mieux à chacun d’entre eux. Alors qu’il était minuit, tout était enfin terminé.

Je les avais laissés naviguer et alors que je faisais ça, j’avais dit à Nanya. « Il ne reste plus qu’à envoyer le dernier navire et à nous préparer au départ. »

« Quel dernier vaisseau ? » demanda-t-elle, confuse.

« Celui qui est venu avec nous. Je leur ai ordonné de jeter l’ancre de l’autre côté de l’île, tu te souviens ? » lui avais-je dit.

« Ah oui ! J’avais oublié. Tehe ! » elle avait sorti sa langue.

« Lequel d’entre nous devrait aller les tester ? » demanda Zoreya.

« Je pense que Nanya devrait. Techniquement, elle a été leur capitaine pendant un moment. Après, je leur donnerai des provisions et je les enverrai sur la route, » avais-je répondu.

« D’accord. Je reviens dès que j’ai fini, » sourit-elle.

« Ils sont par là, » j’avais pointé dans la direction générale.

« Je m’en vais ! » dit-elle, puis se précipita vers le navire.

Deux heures plus tard, elle était revenue avec le sourire aux lèvres. Sur les 114 pirates restants à bord de ce navire, seuls 67 avaient survécu à cet essai final. Beaucoup plus que ce à quoi je m’attendais. J’en estimais environ 24, mais je suppose que j’avais tort à leur sujet…

Je leur avais laissé suffisamment de provisions pour leur permettre de tenir deux mois en mer, et j’avais aussi réparé leur bateau en parfait état. Après leur avoir donné assez de pièces d’or pour leur durer un an, je leur avais ordonné de partir en mer et de ne plus jamais voler les autres.

Avec ça, j’avais fini ma journée et je m’étais couché. Pour la première fois depuis un moment, j’avais couché avec toutes mes femmes bien-aimées. On n’avait rien fait de pervers, on avait juste fermé les yeux et on s’était endormis. C’était agréable et paisible, et je rêvais de jouer aux derniers jeux vidéo développés dans ce monde. Pour une raison quelconque cependant, l’éditeur a toujours été « Le Dieu des Gros Seins INC. ».

***

Partie 2

Le lendemain, j’étais le dernier à me réveiller. Tamara avait été la première parce qu’elle voulait préparer le petit déjeuner… Nous venions de pêcher du poisson.

Puis, après avoir mangé, nous étions descendus à la plage et nous nous étions préparés à quitter cette île pour de bon.

« Tout le monde est-il prêt ? » avais-je demandé en portant notre fidèle radeau. Je l’avais laissé tomber sur le sable une fois à destination.

À ce moment-là, deux mains puissantes me saisirent les épaules. Ayuseya était à ma gauche et Nanya était à ma droite. Leurs mains serraient assez fort pour casser mon armure magique.

« Illsy ? » demandèrent-elles toutes les deux en même temps tout en me montrant un sourire effrayant.

J’avais dégluti.

« Oui, mes épouses bien-aimées ? » avais-je demandé en souriant.

« Nous espérons que tu n’as pas l’intention de nous faire pagayer à nouveau sur ce petit radeau, n’est-ce pas ? » demanda Nanya, pressant plus fort.

Je crois que j’ai entendu une fissure tout à l’heure.

« Euh… oui ? » avais-je répondu.

C’est ainsi qu’on m’avait jeté la tête la première dans le sable… Un cratère s’était formé autour de moi et l’onde de choc avait provoqué l’immobilité des vagues pendant un moment.

« BLEAH ! Aïe…, » j’avais gémi après avoir arraché ma tête du sable et avoir craché une bouche pleine de sable.

« Illsy, tu ne peux pas être sérieux en nous faisant naviguer sur l’océan sur cette chose quand nous sommes pleinement conscientes du fait que tu peux construire des galions entièrement équipés et prêts à naviguer ! » Ayuseya s’était plainte.

« Mais… mais… mais…, » avais-je dit.

« Pas de mais ! » Nanya avait levé le petit doigt. « Je n’arrive pas à croire que tu aies eu l’audace de nous faire naviguer sur cette chose alors que tu aurais pu nous faire un véritable bateau ! » dit-elle avec un grognement.

Elle est en colère… Non, elles sont toutes furieuses…, avais-je pensé et j’avais dégluti.

« Mais… mais… naviguer sur un radeau au milieu de la mer, c’est… c’est…, » avais-je marmonné.

« Qu’est-ce que c’est ? » demanda Zoreya en me regardant dans les yeux.

J’avais encore dégluti.

« Le rêve d’un homme ! » avais-je déclaré fièrement.

« Mhm, » l’Apôtre supérieur hocha la tête calmement, puis, tenant son bouclier des deux mains, elle le souleva au-dessus de sa tête.

« Qu’est-ce que tu vas faire avec ça ? » avais-je demandé. J’avais dégluti.

Nanya et Ayuseya m’avaient serré avec force et je n’avais pas pu fuir.

« Ne me déteste pas, Illsy, c’est pour nous avoir fait naviguer sur ce truc stupide. J’ai failli me noyer à cause de ça ! » cria-t-elle en claquant le bouclier ridiculement lourd sur ma tête.

C’était l’extinction des feux pour moi…

Quand je m’étais réveillé, on m’avait enterré le cou profondément dans le sable, et mes femmes étaient toutes debout autour de moi en cercle.

« Argh… aie…, » m’étais-je plaint.

« Illsy, tu ferais mieux de nous construire un bateau. Nous somme toute très en colère contre toi, » dit Shanteya alors qu’elle avait les bras croisés sur sa poitrine.

« Toi aussi ? » avais-je demandé en plissant mon front.

« Mhm, » elle hocha la tête avec les yeux fermés.

J’avais dégluti.

« Tu devrais savoir que nous faire naviguer sur ce radeau n’était pas la chose la plus brillante que tu aies faite, » Ayuseya m’avait fait remarquer.

« Euh…, » j’avais regardé en bas.

« D’autant plus que Shanteya est enceinte, » Nanya m’avait fait remarquer cela.

« Je suis une nekatare… J’aime le poisson, mais je déteste mouiller ma fourrure sans raison valable, » annonça Tamara.

« Je porte une armure en métal épaisse. Assez dit, » souligna Zoreya.

« Avec de la lingerie sexy en dessous…, » avais-je marmonné.

« Cela n’a rien à voir…, » la femme en armure détourna les yeux timidement.

« Illsy, nous sommes vraiment fâchées contre toi, » Shanteya me l’avait encore une fois dit.

« Argh… Bien ! J’ai fait quelque chose de stupide ! Je m’excuse ! » avais-je dit et puis j’avais poussé un soupir.

« Et ? » demanda Nanya en plissant les sourcils.

« Je promets que je ne le referai pas et que je demanderai correctement la prochaine fois…, » avais-je ajouté.

Il n’y avait plus de raison d’être têtu, et mon aventure surprise de naviguer sur un radeau d’une île à l’autre avait été soudainement annulée. Il était clair que mes femmes ne l’attendaient pas autant que moi. Même s’il n’y avait rien qui aurait pu mal se passer avec notre voyage, elles n’avaient pas apprécié le manque de confort. C’était plutôt comme si elles n’étaient pas d’humeur pour quelque chose comme ça.

Pour ma part, je m’étais accroché à un rêve stupide d’enfant que j’avais fait dans ma vie antérieure. D’une certaine façon, cela ne serait pas bon si j’avais ignoré la partie où je devenais capitaine de navire après avoir atteint le port sur mon simple radeau. Mais cette chose était probablement plus sûre à bord de l’un de ces galions. Leurs enchantements n’étaient pas une blague.

« Très bien ! Maintenant, sors de là et construis un vrai bateau, » dit Shanteya en souriant.

Elle s’était agenouillée devant moi et m’avait doucement froissé les cheveux comme si j’étais un vilain garçon.

« D’accord…, » avais-je dit.

Après ma sortie, j’avais simplement pointé la main vers la mer et j’avais convoqué un yacht de luxe moderne prêt à l’emploi. Cette chose avait des fenêtres et une coque pare-balles, tout était enchanté, un système de propulsion basé sur la technologie du Moteur à Cristaux Magique que j’avais développée. Il y avait même un minibar et un système de musique ambiophonique. La forme était lisse et sans tâche, avec une longueur de 54 mètres. Il ressemblait aux yachts de luxe que je voyais souvent sur Internet. Si je devais deviner, son prix estimé sur Terre aurait dû se situer entre 300 et 400 millions d’euros ou plus.

« Qu’est-ce que c’est ? » demanda Nanya en s’émerveillant.

« Un bateau… un truc tout simple, » avais-je marmonné en m’avançant vers elle.

« Où sont les voiles ? » demanda Zoreya.

« Il n’y en a pas… Cela fonctionne avec l’aide de mes Cristaux Magiques, » avais-je dit.

« Tu as l’air triste, » Tamara m’avait fait cette remarque.

« Eh bien… Je voulais que notre voyage en mer soit une aventure, pas un voyage en douceur sur un yacht de luxe, » avais-je répondu.

« C’est mieux comme ça. Plus besoin de s’inquiéter de pêcher une Zoreya depuis les profondeurs de l’océan ! » déclara Tamara et elle m’embrassa sur la joue.

J’avais souri et hoché la tête.

« C’est vrai. Bon ! Embarquons et profitons pleinement de notre voyage vers le continent ! » avais-je déclaré que j’étais redevenu comme avant.

Le baiser d’une jolie femme aux oreilles de chat était assez puissant pour faire des miracles !

« En effet ! » Ayuseya approuva.

Après que nous soyons tous montés à bord et que je leur aie fait faire un tour rapide des lieux, j’avais quitté l’île en bateau. Une fois que nous avions atteint une distance de sécurité de la rive, je m’étais envolé hors de mon corps et j’étais retourné vers l’île. En utilisant presque toute mon énergie magique, j’avais absorbé la totalité de l’île jusqu’au fond de la mer, créant un grand trou où se trouvait autrefois le grand bloc de terre. Seuls les animaux et les insectes avaient été laissés à l’écart, les envoyant tous dans une tombe pleine d’eau aux côtés des pirates qui avaient essayé de se cacher dans la forêt.

Alors que les eaux se précipitaient pour combler l’écart, j’étais retourné à mon navire et j’avais navigué aussi vite que je le pouvais.

« C’est la deuxième île que tu as mangée…, » marmonna Zoreya.

« D’accord… Les vagues dangereuses sont passées, nous naviguons à la vitesse de croisière, Ahhhh, je suis mort de fatigue…, » avais-je dit et regardé en arrière la femme en armure. « Porte-moi dans ma chambre… » avais-je demandé.

« Très bien, très bien. Nanya, tu veux bien diriger le bateau ? » demanda-t-elle.

« Je vais le faire. Tiens le gouvernail bien droit, d’accord ? Bonne sieste, Illsy. Tu devrais te réveiller et expliquer ce que font tous ces boutons, » dit Nanya en hochant la tête en retour.

« J’ai trouvé la cuisine ! Il y a du poisson ! » annonça Tamara.

Bien sûr, comment pourrais-je oublier son poisson ?

Un grand bâillement s’était échappé de mes lèvres quand Zoreya m’avait porté dans la chambre. Si seulement j’avais pu la convaincre de ne pas me porter comme une princesse…

(Quelques jours plus tard, dans le Palais Impérial de Paramanium)

[le point de vue du Premier Prince]

Alors que j’étais en train de profiter du match de gladiateurs entre deux esclaves, on m’avait dit qu’un messager était venu m’annoncer de graves nouvelles. Je l’avais fait attendre la fin du match. L’humain avait gagné contre le guerrier nekatar. C’était malheureux que j’aie parié sur ce bâtard à fourrure. Il me manquait quelques pièces d’or.

J’avais permis au messager d’entrer dans ma chambre, mais il s’était tenu à la porte, bloqué par les gardes.

« Votre Altesse, je m’excuse de vous déranger, mais nous venons de recevoir de graves nouvelles du Nord. »

« Le nord ? C’est étrange… Parle, » avais-je dit en le regardant avec les sourcils plissés.

« L’île des pirates a disparu. Selon l’un des survivants, il semble qu’un donjon divin nommé Illsyore… l’ait dévoré, » dit-il.

« Qu’est-ce que tu racontes comme bêtises ? » lui avais-je demandé en le regardant fixement.

Il n’y avait pas de donjon divin, et encore moins d’un donjon qui pouvait dévorer une île de ce côté-là. Néanmoins, était-il possible pour un donjon de dévorer autre chose que la chair des aventuriers insensés qui marchaient dans ses couloirs ? J’en doutais fortement.

« Le survivant était autrefois un capitaine de haut rang dans la marine pirate. Il n’a survécu que par chance, mais il a juré sur sa vie que c’était la vérité. Le Donjon n’est pas non plus un noyau de cristal, mais un corps humanoïde. Il avait les cheveux verts et portait des vêtements bizarres. Il voyageait avec une draconienne, une nekatare et une guerrière en armure de plaques. Apparemment, c’était ses femmes. Quant à l’île, le Donjon y a mis les pieds il y a deux semaines. Après avoir tué le Roi des Pirates, il libéra de terribles monstres qui détruisirent les villes et ordonna aux survivants de leur apporter des offrandes sous forme d’esclaves et d’innocents. C’est tout, Votre Altesse, » il parlait calmement et s’inclinait profondément avec respect.

Bien que j’aie entendu ce qu’il avait dit, c’était tout à fait ridicule si on me le demandait. Pourtant, j’étais curieux de savoir si ce soi-disant survivant disait la vérité ou non. En ce qui concerne la disparition de l’île, les rapports de notre marine devraient confirmer ce fait.

« Un donjon divin… hm, » je m’étais frotté le menton.

Cela m’avait fait penser un autre rapport que j’avais reçu il y a plusieurs années. C’est le Suprême Dankyun qui était devenu fou et avait détruit l’Académie Fellyore. Cet endroit était voué à l’échec dès le départ parce qu’il était impossible d’accepter l’idée d’un endroit où les lois des nobles ne s’appliquent pas. Tôt ou tard, il aurait cédé à notre pression, mais… le nom du soi-disant Cœur de Donjon n’y était-il pas aussi Illsyore ?

Ou était-ce autre chose ? avais-je pensé.

« Tu peux partir, » lui avais-je ordonné.

« Comme vous voudrez, Votre Altesse ! » répondit-il et s’en alla.

Mon père et mes frères et sœurs auraient dû recevoir un rapport similaire. Voyant à quel point c’était absurde, je doutais fort qu’ils ne fassent rien pour capturer ce donjon divin ou pour essayer de s’en débarrasser. Les deux actions insensées, surtout si c’était quelqu’un qui pouvait faire disparaître une île toute entière. Je devais me méfier de son étrange capacité.

En me levant de mon siège, je m’étais approché du balcon et j’avais regardé les hommes qui traînaient le corps du gladiateur nekatar.

« As-tu entendu ? » lui avais-je demandé.

« Oui, mon seigneur, » répond une voix de l’ombre.

« Demande à ta guilde de regarder dans leur groupe. Apporte-moi toutes les informations que vous pouvez trouver, mais ne les engagez pas dans un combat. S’ils s’installent quelque part, dis-le-moi immédiatement, » avais-je ordonné.

« Comme vous le désirez. La Rage du Fantôme produira des résultats prospères, » la voix dans l’ombre parla avant de disparaître.

Je ne le sentais plus, mais j’étais certain qu’il était parti.

Il ne reste plus qu’à informer mes généraux pour préparer les armées. Si c’est un donjon divin, alors nous aurons besoin d’une très grande force pour le maîtriser. Dois-je demander à mon père de demander l’aide des autres royaumes ? Non… pas encore. J’attendrai que les assassins m’informent de leur agissement, sinon je risque d’agir négligemment. Hm, je me demande si je peux utiliser cet Illsyore pour gagner une faveur des autres royaumes ? avais-je réfléchi, puis j’avais continué à comploter en regardant la bataille suivante entre gladiateurs.

***

Chapitre 97 : Port Rico

Partie 1

[Point de vue d’Illsyore]

Notre voyage vers le continent Thorya ne nous avait pas mis en danger. Bien que je n’avais aucune idée de la façon d’arriver à Port Rico, et où je voulais jeter l’ancre, nous avions réussi à trouver un galion de la marine de l’Empire Paramanium. Le capitaine avait eu la gentillesse de nous indiquer comment l’atteindre. Bien sûr, il avait d’abord besoin d’un peu de « persuasion ». Nanya s’en était occupée… avec ses poings.

Si j’avais laissé Ayuseya le faire, elle l’aurait brutalement tué. Après tout, elle n’était pas une grande fan de la nation qui l’avait soumise. Zoreya l’aurait converti en fanatique religieux. Tamara en aurait fait des sushis et l’aurait donné aux poissons. Shanteya l’aurait torturé au point qu’il aurait abandonné son humanité. Quant à moi, j’étais trop paresseux pour faire quoi que ce soit.

Il était donc naturel que Nanya s’occupe de négociations délicates.

Suivant les instructions du bon capitaine, nous étions arrivés au port en un peu plus de deux jours, mais aucun d’entre nous n’avait encore envie de jeter l’ancre, alors nous avions trouvé une jolie petite plage non loin de là et avions pris quelques jours pour nous détendre au soleil. Tamara nous avait préparé toutes sortes de délices, Ayuseya et Shanteya avaient passé en revue les informations sur la grossesse. J’avais travaillé sur la fabrication de jouets pour enfants, et Nanya en avait profité pour se baigner au soleil. Je devais admettre que les bikinis que j’avais faits étaient esthétiquement agréables à regarder sur chacune d’elles. Le rebond autour de la poitrine était exceptionnel !

Nous avions passé environ quatre jours à paresser, puis nous étions partis pour Port Rico.

Une fois que nous avions jeté l’ancre dans le port, nous étions tous descendus sur le quai. Après avoir absorbé le bateau, nous nous étions rendus sur la place du marché.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que tous ceux qui avaient vu notre étrange vaisseau et le fait que je l’avais fait disparaître en l’air étaient trop stupéfaits pour nous demander quoi que ce soit. Nous ne nous étions pas non plus préoccupés d’eux, mais j’avais entendu des rumeurs plus tard sur la façon dont un étrange groupe avait été amené au port par un bateau fantôme bizarre.

« Je ne sais pas… Je m’attendais à ce qu’ils en fassent tout un plat, » j’avais dit en fléchissant la main.

« C’est la réaction normale, Illsy. Après tout, ils nous ont vus arriver au port à bord d’un navire extrêmement bizarre, sans voiles ni pagaies, puis tu l’as fait disparaître avant qu’ils puissent poser une seule question. Leur bon sens a été brisé, alors ils ne savaient pas comment réagir, » dit Nanya en riant.

« C’est vrai, mais je dois admettre que j’ai apprécié nos petites vacances, » Ayuseya gloussa.

« En effet, c’était agréable. J’ai même bronzé, » dit Zoreya.

« Si Illsy ne t’avait pas supplié à genoux de te voir en maillot de bain, tu aurais eu un bronzage de la tête seulement, femme boîte de conserve ! » fit remarquer Nanya.

« Je me sens timide sans mon armure, » elle rougit et détourna le regard.

« Mais tu aimes porter les sous-vêtements les plus embarrassants, n’est-ce pas, nya ? » demanda Tamara.

« … » elle n’avait fait aucun commentaire.

Comme une tortue, elle avait essayé de se cacher dans sa carapace.

« Oh, laissez tomber, vous deux ! Ça prouve à quel point elle aime Illsy ! » Shanteya l’avait défendue.

Zoreya acquiesça rapidement.

Elle est mignonne quand elle est gênée comme ça… Mais c’est toujours excitant de savoir quel genre de gâteries elle cache sous son armure. En regardant Zoreya.

Nos regards s’étaient croisés, et elle avait fait un « pouf ! » avec un fort rougissement.

« Oh ! Regarde-moi ça ! N’es-tu pas une belle beauté ? » Un homme que je ne connaissais pas avait dit ça à Zoreya.

« Hein ? » J’avais cligné des yeux de surprise et j’avais tourné la tête pour regarder l’individu.

Il portait un costume victorien fantaisiste avec un grand chapeau décoré d’une plume. Il avait une épée enchantée à la taille, qui semblait à la fois chère et puissante. La pression qu’il exerçait n’était certainement pas la même que celle de ceux qui nous entouraient, alors j’avais pensé qu’il était assez fort. Le visage confiant et suffisant et la dent manquante remplacée par une dent dorée m’avaient également dit qu’il était riche.

« Qui… ou qu’est-ce que tu es ? » demanda Nanya en plissant son front.

« Je m’appelle Sire Guharian Varn ! Un Suprême récemment arrivé ! » déclara-t-il pompeusement, puis il fit un élégant salut devant nous.

« Et ? » Nanya avait plissé les sourcils.

« Et c’est ainsi que la charmante dame là-bas a attiré mon attention. Je me demandais si vous pouviez me la remettre ? Après tout, ce serait un honneur, non ? » suggéra-t-il en souriant.

Non, ce n’était pas une suggestion, mais plutôt une intimidation. Malheureusement pour lui, nous n’étions pas du genre à avoir peur d’un Suprême.

« Tu es donc un Suprême ? » demanda Nanya en plissant les sourcils.

« Oui, pourquoi ? » il hocha la tête et plissa son front.

Il se demandait peut-être pourquoi on ne le craignait pas.

« Bien ! Alors tu survivras ! » dit Nanya en souriant.

« Ravi de t’avoir connu, » avais-je dit.

« Attends, Nanya. Puis-je m’en occuper ? » demanda Ayuseya alors que la démone préparait un poing.

« Hm ? Bien sûr, » elle avait haussé les épaules et s’était éloignée.

« Qu’est-ce que c’est que ça ? » demanda l’homme confus.

Je ne pouvais pas lui en vouloir. Après tout, dans son esprit, malgré le fait qu’il n’y avait pas tant de Suprêmes que ça, il n’y en avait pas non plus beaucoup qui pouvaient s’y opposer. Des personnes puissantes comme lui avaient été rapidement repérées par le pays et leurs compétences avaient été utilisées au profit de l’État. Ceci, bien sûr, c’était dans le cas où ils voulaient vivre.

D’un autre côté, nous étions tous des Super-Suprêmes, des existences bien au-delà d’un Suprême.

En conséquence, Ayuseya lui avait montré un sourire calme et l’avait giflé si fort qu’il ne savait pas ce qui lui était arrivé.

BOOM !

Ça ressemblait plus à un canon qu’à une gifle sur la joue, mais le coup avait fait son boulot. Le Suprême avait été envoyé volant dans les airs et transformé en étoile. J’avais le sentiment qu’il lui manquait une touffe de cheveux longs et un chat qui parle pour devenir une copie de ce trio comique.

« Hmph ! Comment ose-t-il parler si grossièrement à une dame ? » déclara Ayuseya et elle se retourna pour regarder Zoreya « Tu vas bien, ma chère ? » demanda-t-elle.

« Je vais bien, merci. Cependant, tu l’as fait juste pour le plaisir, n’est-ce pas ? » demanda Zoreya.

Cette puissante Grande Apôtre du Dieu de la guerre ne pouvait en aucun cas se sentir blessée ou insultée par les paroles de ce maigre homme.

« Tehe ! Tu m’as percée à jour ! » la femme draconienne gloussa.

J’avais haussé les épaules et je leur avais dit. « Eh bien, ce n'est pas comme s’il y avait quelqu’un ici qui pourrait nous faire du mal. Et si on jetait un coup d’œil dans toute la ville avant d’aller à Krestan ? » avais-je suggéré.

« C’est une bonne idée ! Zoreya, va avec Tamara, et moi avec Shanteya ! Il faut qu’on aille à la boutique de vêtements pour bébés ! » déclara Ayuseya en souriant.

« Ensuite, j’irai à la Guilde des Aventuriers. Je veux voir quelles sont les conditions requises pour établir une branche de la Guilde dans une autre ville. On pourrait en avoir besoin à l’Académie. Oh, et j’ai aussi besoin de voir si l’un des professeurs de Fellyore a survécu, » déclara Nanya.

« Malgré la façon dont nous nous sommes séparés à ce moment-là ? » lui avais-je demandé.

« Ça fait des années, Illsy. Ce sont des humains, ils s’en remettront vite, » la démone haussa les épaules et s’en alla.

J’avais donc été laissé à moi-même, car elles étaient toutes parties.

« Hm, je me demande ce que je dois faire maintenant ? » m’étais-je demandé en croisant les bras au niveau de ma poitrine et en penchant la tête vers la droite.

Cette ville portuaire était assez grande par rapport à une ville normale. D’après mes estimations, il abritait au moins 10 000 personnes. Le palais du pouvoir en place avait été construit au sommet d’une colline, loin de la ville animée, tandis que les alentours étaient occupés par de grands ateliers et des fermes d’élevage. Leur principale industrie ici était le marché aux poissons et la construction navale. Ils cultivaient leur propre forêt pour le bois en utilisant la magie et beaucoup d’engrais qu’ils recevaient des fermes d’élevage, qui à leur tour produisaient de la viande, des os et du cuir. Les artisans locaux travaillaient sur divers autres articles dont les gens pouvaient avoir besoin, la couture étant l’un des plus importants d’entre eux.

Par curiosité, j’étais passé dans l’un de ces magasins et j’avais regardé le tissu qu’ils avaient en vente. La soie était particulièrement chère, mais le lin et le coton pas tant que ça. Quand j’avais demandé pourquoi le prix était différent, le commerçant m’avait répondu que ces derniers étaient fabriqués dans une ville voisine, tandis que la soie était importée du royaume de Teslov.

Pour être honnête, j’avais trouvé étrange que des draconiens produisent la soie sur ce continent, mais je n’avais rien demandé à ce sujet. J’avais acheté un rouleau de soie en remerciement pour ses informations.

De là, je m’étais arrêté chez le bijoutier et j’avais regardé ce qu’il avait à vendre. Il n’y avait rien en exposition, mais il y avait beaucoup de cartes avec des prix et des noms. Je m’étais posé des questions sur le manque de produits, mais le commerçant m’avait dit que c’était normal pour son genre d’entreprise. Après tout, à moins qu’il n’ait les moyens de se payer un bon nombre de gardes du corps pour empêcher les voleurs potentiels d’entrer, il y avait de fortes chances qu’il se fasse voler sa maison pendant la nuit.

Tout ce qui était exposé avait été fait sur commande, et les matériaux avaient été laissés dans leur forme non traitée, ce qui les rendait à la fois lourds et difficiles à distinguer de leur qualité. J’avais été vraiment surpris d’entendre ça. Cela ne correspondait pas du tout à mon image de bijoutier, mais il était sage de mettre la sécurité avant tout.

Je n’avais rien à y acheter, mais j’avais vendu un petit rubis que j’avais moi-même traité. L’homme était très satisfait de sa qualité et m’avait offert deux pièces d’or pour cela. Le prix était acceptable.

L’endroit suivant où j’étais allé était un bar parce que je voulais essayer les boissons locales. Pas comme si je pouvais me soûler ou quoi que ce soit si je ne le voulais pas.

Les gens à l’intérieur variaient en taille, en âge et… en puanteur. Je les avais ignorés et j’avais commandé une chope de leur meilleur hydromel, que j’avais payé convenablement. Le goût était si bon, mais loin de ce que j’appellerais une boisson fine, et je craignais le résultat d’une analyse chimique détaillée de cette substance. Mes organes internes m’avertissaient déjà des dangers potentiels.

« C’est un bon verre, n’est-ce pas ? » le barman se vantait d’un large sourire.

« C’est vrai ! » J’avais répondu en levant la chope et j’avais bu une autre gorgée.

Dans l’ensemble, je n’avais pas vomi.

Une fois que j’en avais terminé, j’étais sorti et j’avais fait le tour d’autres magasins. Mes oreilles aiguisées avaient capté quelques rumeurs, dont l’une en particulier avait suscité mon intérêt. Il semble que le marchand d’esclaves local ait obtenu une nouvelle réserve d’esclaves, parmi lesquels il y avait un couple avec un talent pour la magie.

Quand j’avais entendu cela, la première chose qui m’avait traversé l’esprit avait été le fait qu’après avoir construit l’Académie, j’allais avoir besoin de nouveaux étudiants. Je voulais me battre contre l’esclavage, mais je ne pouvais pas le faire par la force. Le changement devait venir de l’intérieur, sinon, quel que soit le système que j’appliquerais par rapport à leur système actuel, il serait superficiel et voué à l’échec.

Ainsi, si j’obtenais plusieurs esclaves pour endoctriner puis libérer dans leurs royaumes, ils planteraient peu à peu les graines du doute dans le cœur des gens. Alors, je pourrais prendre le relais et les faire obéir à mes ordres !

Malheureusement, cela ne me paraissait pas juste, et je ne voulais pas me disputer avec les dieux de la Justice pour savoir si c’était moralement correct ou non. Alors, j’avais décidé de faire ce qu’il y a de mieux.

Pourquoi les forcer alors que je pouvais leur accorder la liberté de choix ? Un esclave ayant cette opportunité se trouverait beaucoup plus ouvert à mes suggestions et à mes idéaux parce qu’en fin de compte, je serais le bienfaiteur qui leur donnerait une seconde chance dans leur vie.

Avec mon état d’esprit, j’étais parti à la recherche de ce marchand d’esclaves.

Son magasin était situé près d’un bordel. Les deux étant des entreprises liées où les esclaves les plus beaux avaient été loués pour une nuit de plaisir. Dès que je m’étais approché du bâtiment sinistre qui retenait les rêves des hommes, j’avais senti un frisson me couler dans le dos.

Si mes femmes m’attrapent devant cet endroit, elles m’embrocheront…, avais-je pensé. J’avais dégluti.

« Hé, monsieur ! Ne veux-tu pas passer une bonne soirée avec moi ? Je te promets, je ne mordrai pas… pas grand-chose, » une jolie femme à deux queues de cheval m’avait appelé.

J’avais dégluti.

« Non, merci à vous ! Je suis marié à des femmes très dangereuses ! » avais-je déclaré et salué avant d’entrer dans l’immeuble à côté du bordel.

« Ne t’inquiète pas, elles ne le sauront pas ! Je te le promets ! » elle avait quand même essayé de m’appeler.

Hah! L’une d’elles peut parler aux dieux ! Je n’ai absolument AUCUNE chance d’adultère dans ce monde ! D’ailleurs, quel homme serait assez fou pour passer la nuit avec une prostituée alors qu’il a de belles et aimantes femmes comme les miennes qui l’attendent ? En entrant dans la boutique du marchand d’esclaves, je m’étais dit cela.

***

Partie 2

« Bonjour ? Il y a quelqu’un ici ? » avais-je demandé.

« Ah ! Bienvenue ! En quoi puis-je vous aider ? » un homme maigre avec des lunettes et un manteau brodé de fil d’argent était sorti par derrière.

« Bonjour, je suis intéressé par l’achat de certains esclaves, » lui avais-je dit.

« Certains ? Avez-vous l’intention d’en acheter plus d’un ? » demanda-t-il, un peu confus.

« Oui. Y a-t-il un problème avec ça ? » demandai-je.

« Bien sûr que non, mais je dois demander… Euh, pouvez-vous payer ? » il frotta son pouce contre son doigt pointé.

« Souhaitez-vous être payé en articles, pièces d’or, pépites d’or, bijoux, gemmes, ou quoi ? » demandais-je en plissant les sourcils.

« N’importe lequel est bon tant que vous en avez assez, » il s’était frotté les mains et m’avait montré un sourire.

« Si je le désire, je peux racheter toute votre boutique et toutes celles de ce continent ! » avais-je déclaré.

« Une déclaration audacieuse, mais vous n’avez pas l’air d’un noble, » dit-il.

« Je suis un puissant Suprême, » j’avais plissé les yeux vers lui et relâché un peu de pression.

« Ah ! Bien sûr ! Pardonnez-moi ! » il s’était immédiatement incliné quand il avait senti que je n’étais pas du genre qu’on devrait irriter.

« Comme je le disais. Je veux acheter des esclaves. Montrez-moi votre marchandise, » avais-je exigé.

« Bien sûr, mais euh… Que dois-je rechercher ? Souhaitez-vous de belles jeunes filles ? Des hommes forts pour le travail ? Euh… des enfants ? » demanda-t-il.

J’avais plissé les yeux sur ses derniers mots.

« Vous vendez des enfants ici ? » lui avais-je demandé.

« Oui… Nous en avons actuellement reçu huit, » répondit-il.

« Commencez par tous les esclaves âgés d’une vingtaine d’années ou moins. Hommes ou femmes, malades ou non, blessés ou non, mourants ou non, je m’en fiche. Amenez-les-moi pour que je puisse décider, » avais-je déclaré d’un ton sévère.

« Tout de suite, monsieur ! » dit-il et il s’en alla.

J’avais poussé un soupir et secoué la tête.

S’il y a une chose sur laquelle je ne pouvais pas être d’accord en ce qui concerne l’esclavage, c’est l’abus et la vente d’enfants, mais ces civilisations barbares ne le considéraient pas comme quelque chose d’immoral et d’offensant. De leur point de vue, le destin avait simplement d’autres plans pour eux, et les esclavagistes ne faisaient que leur travail.

D’après ce que j’avais appris, le concept d’orphelinat était presque inexistant sur les continents Thorya et Allasn. Le royaume de Shoraya avait réussi à créer une forme quelque peu primitive en les envoyant dans les temples, mais une fois adultes, ils étaient devenus des disciples endoctrinés de leur religion.

Ce n’est que sur le continent de Sorone que j’avais pu trouver une sorte d’orphelinat, mais ils n’avaient survécu que grâce à la pitié des autres, et les enfants avaient toujours eu la possibilité de finir vendus comme esclaves ou de mourir de faim sur le bord du chemin.

L’horrible vérité était que la plupart des royaumes qui employaient l’esclavage ne voyaient aucune raison de créer et d’exploiter un orphelinat alors qu’ils pouvaient tout aussi bien vendre les enfants en tant qu’esclave et même obtenir de l’argent en conséquence.

Si un enfant n’était ni vendu ni protégé par un orphelinat, il était condamné à mourir dans la rue de faim ou par des bêtes lorsqu’il cherchait de la nourriture. Face à un tel sort, l’esclavage sonnait beaucoup mieux. Au moins, ils auraient une chance de vivre.

Alors que je réfléchissais à la manière dont je voulais aborder ce sujet à l’avenir, l’esclavagiste avait organisé ici ses « produits ». Je pourrais tous les sauver ou je pourrais n’en sauver aucun. La question était de savoir s’ils voulaient être sauvés ou non ?

Quand tout fut prêt, on m’appela dans l’arrière-salle où les esclaves étaient alignés les uns à côté des autres, ne portant que le strict minimum de vêtements autour de leur taille. Les femmes avaient la poitrine exposée, adoptant une posture plus séduisante, tandis que les hommes fléchissaient leurs muscles pour montrer leur force. À l’extrême gauche se trouvaient les huit enfants, connus sous le nom de « marchandises fraîches », qui avaient un chiffon en forme de toge qui couvrait tout leur corps.

J’étais dégoûté par ce spectacle, par l’idée même de réduire en esclavage et de priver un autre être sage de sa liberté alors qu’il n’était coupable d’aucun crime.

« Dites-moi, dans l’ordre, pourquoi ils sont devenus esclaves, s’ils sont porteurs de maladies, s’ils ont des compétences particulières, » avais-je dit à l’esclavagiste.

Tout d’abord, je ne voulais pas accueillir d’esclaves coupables de meurtre, de viol, de trahison ou de vols répétés. Les esclaves endettés ou les esclaves générationnels étaient ce que je recherchais.

« Tout d’abord, voici Maria. Elle a vingt ans, n'est pas pure, et a une bonne expérience dans un bordel. Pas de compétences particulières. Elle est devenue esclave après avoir tué une autre femme par jalousie, » l’esclavagiste avait commencé.

« Rejetée, » avais-je dit.

L’esclavagiste hocha la tête et un homme portant une armure l’éloigna de la ligne, la ramenant dans sa cellule.

« Ce Yohan, un homme fort. C’est un ancien aventurier avec une forte armure magique. Il a l’habitude de se battre en première ligne. Yohan est devenu esclave après avoir été accusé de trahison et d’abandon de ses compagnons aventuriers dans un donjon afin de prendre leurs biens, » déclara-t-il.

« Rejeté, » avais-je dit.

Ainsi, la liste s’était poursuivie.

Lorsque nous avions atteint les enfants, à côté de moi se tenaient des adolescents de 15, 16 et 17 ans, ainsi que quatre jeunes femmes de 15, 17, 19 et 20 ans. La dernière était encore vierge d’après ce que m’avait dit l’esclavagiste. Tous s’étaient retrouvés esclaves après avoir été incapables de payer les dettes qu’ils avaient accumulées.

« Ce garçon n’a pas de nom. Il est devenu esclave après avoir tué ses propres parents dans leur sommeil avec une pelle, » déclara l’esclavagiste.

« Pourquoi as-tu fait ça ? » avais-je demandé au garçon.

« Réponds-lui, » ordonna l’esclave.

Il avait refusé de parler, mais sous les effets du collier, il avait finalement abandonné et avait dit. « Parce que je pensais que ce serait amusant de les voir mourir… et ça l’était, » il m’avait montré un sourire amusé.

« Rejeté, » j’avais poussé un soupir.

L’esprit du garçon était irréparable. C’était un monstre.

« Très bien, la suivante est une jeune fille de 10 ans. Elle s’appelle Mira, et ses parents l’ont vendue à ma compagnie pour avoir assez d’argent pour passer l’hiver, » explique-t-il.

« Elle passe. Va t’asseoir à côté des femmes, » lui avais-je dit.

Elle hocha la tête et elle s’approcha d’elles. Certains d’entre eux sentaient comme s’ils n’avaient pas été lavés depuis des jours, très probablement les blessés ou les malades.

« Le nom de la fille est Luisa, elle a 8 ans et est devenue esclave dans les mêmes circonstances que la précédente, » dit-il.

« Elle passe. Va t’asseoir à côté de Mira, » lui avais-je dit.

Et c’est ainsi que les choses avaient continué.

Mareel était une fillette de 12 ans qui avait tué ses frères et sœurs plus jeunes et plusieurs autres enfants parce qu’elle aimait couper les gens avec sa dague. Elle avait été rejetée.

Zara était un garçon de 11 ans né dans une famille d’esclaves. Il avait réussi.

Corry était une fillette de 10 ans née aveugle et vendue à cause de son défaut. Elle avait été accepté.

Marina était une fillette de 9 ans dont le bras droit avait été arraché par un monstre. Ses parents n’avaient pas les moyens de lui payer une guérison complète, et elle avait été vendue pour qu’ils puissent passer l’hiver rigoureux. Je l’avais prise.

Andrael était un garçon de 8 ans avec un cœur faible et une maladie inconnue. Il était vendu comme esclave et devait servir de bouclier ou d’appât pour les monstres des donjons.

J’avais acheté tous ceux qui avaient réussi et les avais jugés innocents. Pour le reste, je m’en fichais.

Le prix avait été payé à partir de l’or du Roi des Pirates, et les droits de ces esclaves m’avaient été transférés par la suite. J’avais vérifié avec ma propre magie pour voir si l’esclavagiste n’essayait pas de me tromper, mais il s’est avéré que non. Cet homme était honnête quand il s’agissait d’argent.

Comme je ne pouvais pas marcher avec eux à moitié nu dans les rues de cette ville, je leur avais acheté des vêtements de base. L’esclavagiste était plus qu’heureux de les fournir, puisqu’il avait déjà une paire de la bonne taille. J’avais le sentiment qu’il me trompait en me vendant les vieux vêtements de mes esclaves.

Cela étant dit, je leur avais ordonné de me suivre sans dire un mot. Ayant acheté tant de choses à la fois, il était naturel que les gens me regardent avec des yeux curieux ou méfiants.

À un rythme normal, je me dirigeais vers la porte sud où je devais retrouver mes épouses. J’avais le sentiment que la nouvelle acquisition allait être une surprise pour elles, d’autant plus après leur avoir dit ce que j’avais l’intention de faire avec eux.

Derrière moi se trouvaient les premiers étudiants de ma glorieuse Académie de Magie !

Tout ce dont ils avaient besoin maintenant, c’était d’un bon repos, de nourriture, de nouveaux vêtements et leurs blessures guéri. Le transport n’allait pas être un problème non plus pour quelqu’un comme moi, mais je devais faire attention à la façon et au moment d’enlever leurs colliers. Je n’avais pas besoin de ces choses inutiles, mais faire fuir les esclaves dans la peur n’allait pas être une bonne chose. Donc, j’allais très probablement reporter cela jusqu’à APRÈS leur avoir dit ce que j’étais et ce que j’avais l’intention de faire avec eux.

[Point de vue de Guharian Varn]

Enfin ! Après tant d’années de dur labeur, j’avais enfin pu réaliser mon rêve et atteindre le rang de Suprême. Mon pouvoir et ma puissance étaient maintenant au niveau national, et j’étais certain que les membres de la famille royale allaient essayer de me reconnaître dès qu’ils recevraient le rapport de mon ascension.

Ainsi, quand j’avais eu la confirmation de mon rang, j’avais décidé de sortir dans mes plus beaux vêtements et d’essayer d’aller chercher de jolies femmes.

C’est ainsi que j’avais aperçu une charmante madame qui portait une armure en métal. Elle rougissait déjà. C’est pourquoi je l’avais approchée avec audace et j’avais tenté de la courtiser.

Tentative était le mot juste ici, car dans ma folie, je n’arrivais pas à voir le groupe avec lequel elle était. Outre l’homme aux cheveux verts, les autres étaient tous de diverses espèces et étaient tout à fait étonnamment beaux ainsi.

D’une chose à l’autre, et avant même de m’en rendre compte, je volais dans les airs…

L’une d’elles m’avait giflé, mais c’était si rapide et si puissant que je n’aie compris ce qui m’avait frappé qu’après mon retour au sol.

Honnêtement, si je n’étais pas un Suprême, j’aurais pu mourir !

Mais la chance était de mon côté, et j’avais atterri en toute sécurité dans la ferme d’un fermier. L’atterrissage lui-même était… indéniablement sale, mais l’odeur allait se dissiper… un jour ou l’autre.

J’avais profité de l’occasion pour réfléchir sur mon accession au statut de Suprême. Peut-être que l’obtention du rang n’était que la première étape parmi tant d’autres ? Qui aurait cru que je rencontrerais des ennemis aussi forts rien qu’en marchant dans la rue ?

Cette rencontre m’avait éclairé, alors maintenant j’étais déterminé à devenir plus fort, ou simplement à apprendre à profiter de ma vie sans trop m’imposer… J’avais peur de penser à ce qui se serait passé si cette belle femme avait décidé, à la place de me frapper, de me taillader avec son épée !

***

Chapitre 98 : Transport moderne

Partie 1

[Point de vue d’Ayuseya]

Avec Shanteya, nous étions allées visiter tous les tailleurs de Port Rico afin de voir ce que Paramanium avait à offrir en matière de vêtements pour enfants et adultes. Nous avions de grands espoirs, mais ils avaient vite été anéantis par le manque de produits et la façon dont les tailleurs nous traitaient. Il devenait clair que l’idée de supériorité humaine devenait de plus en plus populaire, en particulier avec l’Empire Paramanium dirigé par une monarchie humaine de longue date.

Nous n’avions même pas pris la peine de magasiner là où les tailleurs avaient essayé de nous escroquer de notre argent parce que nous n’étions pas des humains ou avaient carrément essayé de nous jeter dehors. On aurait pu saccager l’endroit, mais on ne l’avait pas fait. Ces idiots ne valaient même pas la peine de s’en faire. Nous étions plus inquiets à l’idée que l’Illsy ait accidentellement ramassé une femme… encore une fois.

À la fin de la journée, nous avions trouvé un tailleur qui ne nous fixait pas d’un air froid et qui n’avait pas essayé de nous tromper. Ses marchandises étaient modestes et le design m’avait fait louer les tailleurs de Teslov qui avaient fait toutes mes robes, mais nous avions quand même décidé d’acheter certaines de ses marchandises pour les moments où nous aurions besoin de nous salir pour une raison ou une autre.

Bien sûr, si l’une d’entre nous se salissait en tombant dans une flaque d’eau ou autre, nous serions témoins de leur enlèvement par les mains de notre pervers de mari…

Cela m’avait rendue très heureuse de savoir que quelqu’un comme Illsy m’aimait tant. Même quand nous étions cinq, aucune d’entre nous ne sentait qu’on ne lui offrait pas autant d’attention que les autres. Notre mari bien-aimé et maladroit nous avait si bien traitées que je m’étais parfois demandé si cette expérience n’était rien d’autre qu’un rêve… et j’étais toujours coincée dans les griffes de Dankyun.

Avant que nous ayons eu la chance de quitter le magasin, le tailleur nous avait expliqué la raison pour laquelle nous ne trouverons pas autant de vêtements pour enfants, surtout pour les nouveau-nés. C’était parce que la plupart des mères ici préféraient les faire elles-mêmes ou demander à quelqu’un qui le pouvait au lieu de les acheter chez un tailleur. Après un court moment de réflexion, nous avions acheté tous les rouleaux de tissu qu’il avait. Nous ne nous souciions pas de la matière, mais ses paroles avaient suscité en nous un étrange sentiment d’excitation.

Ni l’une ni l’autre n’avaient pensé à la possibilité de fabriquer nous-mêmes des vêtements pour bébés.

À l’intérieur du cristal de stockage encastré dans le dos de nos mains par Illsy, nous pouvions stocker beaucoup d’objets, donc nous n’avions pas à nous soucier du volume ou du poids.

Une fois que nous avions terminé, nous nous étions dirigés vers la porte sud. Parce que nous avions décidé de quitter Port Rico aujourd’hui, la logique nous avait dicté que c’était l’endroit où nous allions nous rencontrer.

Nous avions été les premières à trouver Illsy, mais quand nous l’avions vu, nous avions eu une petite surprise.

« Yo ! Avez-vous trouvé quelque chose de bien ? » demanda-t-il avec un sourire désinvolte.

Shanteya poussa un soupir et secoua la tête.

Je le regardais la bouche ouverte, et je sentais qu’un mal de tête allait bientôt frapper.

« Illsy… qu’est-ce que c’est ? » demanda Shanteya en pointant du doigt derrière lui.

Ce qui nous avait choqués et avait fait soupirer l’El’Doraw, ce n’est pas Illsy lui-même, mais les 13 esclaves derrière lui : trois hommes, quatre femmes et six enfants. Tous semblaient inquiets et effrayés, ne sachant pas ce qui allait leur arriver. Les gardes à l’entrée ne semblaient pas avoir l’intention de l’interroger, alors nous avions tout de suite supposé qu’Illsy, d’une manière ou d’une autre, était devenu le maître de tous ces jeunes gens.

« Euh…, » répondit-il avec un sourire idiot alors qu’il se gratta l’arrière de la tête.

« Nanya va te frapper pour les avoir achetés. Tant que tu n’as pas l’intention de coucher avec les femmes, je ne te mordrai pas, » lui avais-je dit.

Je n’avais eu aucun problème avec le fait qu’il ait eu un esclave ou deux, mais quand il s’agissait de coucher avec elles, alors nous avions un problème. Aucune autre femme que ses épouses n’avait le droit de partager le lit avec lui. Toutes celles qui oseraient sentiraient ma… non, notre colère.

« Ce n’était pas la raison pour laquelle je les ai achetés ! » répondit-il aussitôt.

« Bien, » j’avais ensuite jeté un regard furieux sur les femmes esclaves.

J’étais une dragonne dans l’âme. Il était donc naturel que j’aie une attitude possessive et menaçante lorsque d’autres femmes essayaient d’approcher mon homme.

« Hmph ! » J’avais fouetté mes cheveux dans le vent et croisé les bras sur ma poitrine.

« Je pense que tu en as trop fait…, » me déclara Shanteya.

« Quoi ? » J’avais cligné des yeux surpris, mais j’avais regardé celle qu’elle montrait du doigt.

L’une des jeunes femmes s’était évanouie.

J’avais simplement haussé les épaules. J’avais été très claire. Les femmes d’Illsy étaient acceptées, mais n’importe qui d’autre rencontrerait mes griffes et mes dents.

« Soupir… »

C’était maintenant au tour d’Illsy de soupirer et de secouer la tête.

« Qu’est-ce qu’il se passe ? » demanda Nanya derrière moi.

Je m’étais retournée et je l’avais vue debout là, les sourcils plissés et les bras croisés sur la poitrine. Son pied droit tapait du pied sur le sol en attendant une explication.

« Euh…, » Illsy avait dégluti et il détourna le regard.

« Illsy, » le pressa-t-elle.

Il avala de nouveau et répondit. « Comme vous pouvez le voir… J’ai acheté quelques esclaves, non ? »

« Quelques-uns ? J’en vois 13, et ce sont des enfants, » elle montra du doigt les petits.

En ce qui les concerne, je pourrais moins deviner pourquoi il les avait achetés. Avec nous, leur liberté allait être garantie. C’était mieux que d’attendre qu’un maître abuseur les prenne.

Ce que j’avais trouvé étrange, c’est qu’ils étaient tous humains. Je m’attendais à ce que la plupart d’entre eux soient d’autres espèces.

« Eh bien, oui ? » répondit Illsy

Contrairement à mes attentes, Nanya secoua la tête et poussa un soupir. Elle ne s’était pas précipitée pour frapper comme je le pensais. Elle était peut-être de bonne humeur ?

« Au moins, tu n’as pas l’intention de les manger, » elle haussa les épaules.

« Ah ! Un autre s’est évanoui, » fit remarquer Shanteya.

Cette fois, c’était l’un des plus petits enfants.

« Hein ? » Nanya cligna des yeux de surprises.

Peu de temps après, Zoreya et Tamara arrivèrent aussi.

« Oh ? De la nourriture d’urgence ? » demanda la nekatare en regardant les esclaves.

« Non ! » répliqua Illsy, mais il était trop tard, et trois autres esclaves s’étaient évanouis.

« Hm. Pourquoi as-tu acheté ces esclaves, Illsy ? Tu… n’es pas dans le coup, n’est-ce pas ? » demanda Zoreya d’un ton inquiet en regardant les enfants.

« NON ! » cria-t-il à nouveau.

Elle poussa un soupir de soulagement.

« Franchement ! Je suis un pervers, je le sais, mais je ne suis pas un monstre malade qui toucherait les enfants de cette façon. Il faut les abattre de la manière la plus brutale possible ! » rétorqua-t-il.

« Eh bien, maintenant. Mettons toutes nos blagues de côté avant qu’ils ne s’évanouissent tous, » avais-je dit en tapant dans mes mains.

« C’est vrai, » Zoreya hocha la tête.

« Je suis triste, tu sais… Tu m’as accusé de quelque chose d’horrible, » Illsy avait fait la moue.

« Je te guérirai au lit, » répondit Zoreya.

« D’accord ! » lui avait levé un pouce et avait fait un sourire.

Ce pervers s’était vite rétabli, et le reste d’entre nous l’avait regardé avec froideur.

« Alors, puisque nous sommes tous réunis ici, peux-tu nous dire ce que tu comptes faire de ces esclaves ? » demanda Nanya.

« En effet, je doute que tu gardes les enfants dans ces colliers, » fit remarquer Shanteya.

La femme enceinte el’Doraw se préoccupait beaucoup plus des jeunes que le reste d’entre nous. C’était probablement dû au fait qu’elle était enceinte et qu’elle ne pouvait pas supporter l’idée de voir des vies innocentes comme la leur se perdre.

« Bien sûr que oui, » Illsy hocha la tête.

En entendant cela, tous les esclaves l’avaient regardé d’un air surpris.

« Le Maître va-t-il nous libérer ? » demanda l’une des filles d’une voix tremblante.

Comme ils doivent être effrayés… Séparés de leur famille. Sans voir aucun espoir pour leur vie dans le futur. Sans avoir le droit de réaliser un rêve ou même le plaisir innocent de jouer comme tous les autres enfants normaux… En regardant leurs silhouettes tremblantes, j’avais pensé cela.

Après avoir passé tant de temps avec Illsy, à l’écouter, à être à ses côtés, à parler et à se lier d’amitié avec Shanteya et Tamara qui étaient toutes deux autrefois esclaves, et même encore plus maudites que des esclaves, je ne pouvais m’empêcher de conclure que le système de l’esclavage était dégoûtant et qu’il devait être aboli. Le seul bon usage que j’y voyais était le fait qu’il pouvait transformer les criminels et les malfaiteurs en une force de travail obéissante. C’est tout ce que j’avais à dire. Tout le reste devait disparaître.

« Oui, » répliqua Illsyore, leur montrant un sourire éclatant.

Une lueur d’espoir apparut sur leurs visages, mais alors, l’un des hommes parla. « Même si vous les libérez, ils seront capturés à nouveau et vendus. Quel espoir ont-ils de survivre dans ce monde quand leurs propres parents les ont vendus en esclavage ? »

L’homme, un adolescent, regardait le sol, montrant que, contrairement à eux, il avait depuis longtemps perdu tout espoir. Mais ses paroles n’étaient pas des mensonges. En effet, si Illsy les libérait et les laissait partir dans la ville voisine, ils finiraient tous comme esclaves à nouveau ou pire, morts.

Ce qu’il ne savait pas, c’est que notre mari, son nouveau maître, n’allait pas les laisser partir comme ça. S’il voulait les libérer, il avait un plan. Il avait sûrement un plan pour chacun d’eux.

« Aucune chance en vérité. Mais je ne vous laisserai pas partir d’ici, pas maintenant, du moins, » répondit-il.

« Vous avez l’intention… de tous nous libérer ? » demanda l’une des femmes, la plus âgée du groupe.

« Oui. Mais comme je l’ai dit, pas ici et pas maintenant, » il acquiesça d’un signe de tête.

Ses paroles, bien qu’elles ne soient pas une promesse, avait offert un peu d’espoir à chacun d’eux. Le simple fait qu’il y ait pensé signifiait qu’il y avait encore une lueur d’espoir. S’il y avait une chance, un jour, ils auraient certainement le droit de rêver à nouveau. On leur permettrait de garder un peu d’espoir dans leur cœur et de ne pas abandonner la vie.

« Avant que je commence à expliquer, partons d’ici, » déclara Illsy avec un sourire quand il se retourna et nous regarda.

« T’attends-tu à ce qu’on les porte ? » demanda Nanya.

« Non ! Bien sûr que non ! Mais ça ne me dérange pas si tu me portes dans la chambre ! » il lui fit un sourire et lui fit un clin d’œil, faisant rougir la démone.

« As-tu acheté une calèche ? » lui avais-je demandé.

« Mieux ! J’ai fait une voiture ! » avait-il déclaré.

« Oh ! Je veux la voir ! » dit Tamara en souriant.

« Alors ! La voilà ! » dit-il en pointant du doigt l’espace dégagé à sa gauche.

***

Partie 2

Là, à quelques pas de lui… le radeau était apparu.

C’était le radeau de bois sur lequel nous avions navigué après avoir quitté l’île des Boss.

C’est le même radeau qu’Illsy avait essayé de nous faire naviguer quand nous avions décidé de nous séparer de l’île des Pirates.

« Illsy ? » Nous le lui avions toutes demandé en le regardant avec un sourire raide et un poing serré.

On pouvait entendre les jointures craquer dans une harmonie qui donnait l’impression d’une fin imminente pour le malheureux donjon.

« Attendez ! Attendez ! C’est une erreur ! Une véritable erreur ! » dit-il en reculant en se serrant les mains en l’air.

« Devrait-on lui faire confiance, les filles ? » leur avais-je demandé.

« Je ne sais pas…, » répondit Zoreya en plissant ses yeux et en tenant son bouclier des deux mains.

« Il a l’air louche…, » dit Tamara en balançant sa queue en l’air.

« L’enterre-t-on la tête la première ? » leur avais-je demandé.

« Je suggère qu’on l’envoie voler, » proposa Nanya.

« Allez, sois raisonnable ! C’était une erreur ! Shanteya, tu me crois, hein ? » dit-il, essayant d’avoir au moins l’une d’entre nous de son côté.

Cela n’avait pas marché.

« Crois-tu qu’un Seigneur du Donjon comme toi, qui peux atteindre un point à plus d’un kilomètre de distance, est capable de confondre une voiture avec un radeau ? » demanda-t-elle.

« Euh… oui ? » il avait forcé un sourire.

« Alors, laisse-nous t’aider à résoudre ce problème ! » avais-je dit avec un sourire froid.

Sa blague s’était terminée ici. On l’avait entouré et on l’avait toute giflée en même temps. La force l’avait maintenu en place, mais son armure magique s’était brisée en mille morceaux. Il était tombé par terre avec les joues rouges.

« Aïe…, » se plaignait-il.

Seul Illsy pouvait survivre à une attaque de cette ampleur, mais alors que d’autres femmes pouvaient menacer leur mari d’une journée sans sexe, nous n’avions ni le courage ni la volonté de le faire. Nous voulions coucher avec lui, et nous en avions apprécié chaque seconde, pour que cela devienne plus une punition pour nous deux plutôt que pour lui seul. D’autre part, les gifles étaient douloureuses et faciles à administrer à ce mari qui se comportait mal, sans que nous, ses femmes respectueuses, ayons à regretter ou à souffrir de quoi que ce soit.

Pendant que nous attendions patiemment la guérison d’Illsy, nous avions parlé entre nous de ce que nous avions visité, entendu et vu à Port Rico. Shanteya et moi leur avions parlé de nos problèmes avec les tailleurs, tandis que Tamara et Zoreya avaient dit que beaucoup pensaient que la nekatare était une esclave. Deux nobles tentèrent de l’acheter et menacèrent la Grande Apôtre, mais de telles choses étaient inutiles contre elles. Tamara était encline à les tuer, mais Zoreya l’avait arrêtée à temps.

Nanya nous avait dit qu’elle avait visité la guilde située ici et avait écrit un message en plusieurs exemplaires, qu’elle avait ensuite envoyé par le système de courrier de la Guilde. Attendre dans la file d’attente lui avait pris plus de temps que prévu, et peu de gens avaient osé la déranger à cause de son apparence démoniaque pas très amicale. Les pointes, les griffes et les dents pointues faisaient peur aux yeux des humains.

Illsy s’était rétabli bien avant que nous ayons terminé nos récits, alors il s’était joint à notre conversation. Quand on lui avait demandé où il avait acheté les esclaves, il nous avait dit où il avait été. Malgré le fait que c’était juste à côté d’un bordel, ça ne me dérangeait pas tant que ça, mais Tamara le regardait fixement. Nanya n’était pas non plus très contente, mais comme il n’y avait pas d’odeur sur son corps pour être utilisé comme signe d’adultère, elle ne l’avait pas frappé. Zoreya, étonnamment, ne voyait pas l’idée d’un homme entrant dans un bordel comme une erreur, mais elle avait avoué que s’il l’avait fait, elle se serait inquiétée si peut-être il avait commencé à se lasser d’elle.

Ses paroles avaient commencé à nous faire baisser les yeux. Après six années passées ensemble sur cette île, Illsy savait tout ce qu’il y avait à savoir sur notre corps. Par conséquent, nous étions en effet un peu inquiètes de savoir si nous pouvions encore le satisfaire.

Pendant une demi-heure, Illsy avait essayé de nous remonter le moral et de nous prouver que nous avions tort. Je crois que nous avions toutes été réconfortées par son petit numéro dès la première minute, mais nous avions continué à lui faire des yeux tristes juste pour le taquiner. Il n’y avait rien de mal à ce qu’on s’amuse un peu avec notre joli mari. D’ailleurs, j’avais le sentiment qu’Illsy n’était pas du genre à se laisser facilement influencer par les charmes d’une autre femme. On plaisantait, mais on lui faisait confiance.

La nuit approchant à grands pas, il n’y avait plus de temps pour la bêtise, alors Illsy avait fait appel à son engin : un chariot métallique sur six roues. Il avait quatre portes et une roue étrange devant l’un des sièges. Il y avait beaucoup de boutons et de cadrans sur le tableau tout comme dans le cas du yacht. Les sièges semblaient être du type confortable que j’avais vu sur le yacht, et nous avions une vue dégagée sur notre environnement grâce à des fenêtres claires comme du cristal. Ce qui était bizarre avec ce chariot, c’est qu’il était surmonté d’un petit canon et qu’il n’y avait pas de siège pour le conducteur. Je ne voyais pas non plus comment un cheval allait le tirer.

« C’est… Qu’est-ce que c’est que ça ? » demandai-je en fronçant les sourcils et en inclinant la tête vers la gauche.

« Il s’agit d’un véhicule terrestre appelé automobile ou voiture, » expliqua-t-il avec un air suffisant sur son visage.

« Où mets-tu les chevaux ? » demanda Zoreya.

« Il n’utilise pas de chevaux, » répondit Illsy.

« Utilise-t-il des poissons volants ? » demanda Tamara.

« Non ! Comment es-tu arrivée à cette conclusion de toute façon !? » rétorqua-t-il.

« Je me fiche de la façon dont ça bouge, mais est-ce le cas ? » demanda Nanya en plissant les sourcils.

« Oui, je l’ai déjà testé sur l’île des Boss. Malheureusement, il n’y a que six places dans celui-ci. Ce n’est pas non plus une voiture normale. Cela s’appelle un véhicule de manœuvre au combat. Il a un canon monté sur le dessus, qui peut tirer des projectiles capables de traverser l’armure magique d’un aventurier de rang empereur. Si j’enchante le projectile, il peut même dépasser celui d’une armure magique divine. » Il s’était vanté.

« C’est assez puissant pour une arme à projectile, » dit Nanya.

« C’est un canon, bien sûr qu’il est puissant. Je voulais faire un Gatling Gun, mais j’ai changé d’avis à mi-chemin dans sa construction. Je voulais quelque chose de classique, » sourit-il.

« Continue l’explication, s’il te plaît, » lui avais-je dit.

J’étais très curieuse de savoir ce que cette étrange voiture pouvait faire. Les appareils construits par notre mari étaient toujours intrigants et intéressants. La plupart du temps, ils étaient aussi amusants à utiliser. Bien qu’il ne nous ait jamais dit sur quoi il travaillait, cela ne nous dérangeait pas qu’il ne nous le dise pas. J’avais trouvé que la façon dont il essayait de garder le mystère et de nous surprendre avec ses inventions démentes était plutôt mignonne.

« Eh bien, le MCV est un véhicule plus orienté vers le transport de personnel que pour le combat direct. Il est bien armé et défendu avec une armure pare-balles enchantée. Il peut rouler à une vitesse allant jusqu’à 160 km/h sur terrain plat et 50 km/h sur… enfin, la plupart des routes de ce monde. Oh, les grandes roues sont assez robustes. On n’aura pas à s’inquiéter de crever un pneu ou quoi que ce soit du genre, » dit-il fièrement.

« C’est assez rapide…, » Nanya l’avait dit avec surprise.

« Es-tu surprise par cette vitesse ? On peut courir plus vite, tu sais ? » lui dit-il.

« Oui, mais pas une calèche… Du moins, je n’en ai jamais vu auparavant, » elle secoua la tête.

« Ce truc n’est pas une calèche, hein ? » lui avais-je demandé.

« Techniquement… en quelque sorte pas. Je veux dire, il a des roues, et tu peux le monter, mais il n’a pas besoin d’un cheval pour le tirer. Le moteur fait le travail pour la bête, tu as juste besoin d’un conducteur qui ne l’écrasera pas dans les choses. » Il haussa les épaules.

« On dirait un véhicule militaire…, » souligna Zoreya.

« Sur Terre, c’était le cas… Mais si l’on prend en considération la possibilité de rencontrer des monstres, des attaques magiques, des attaques de projectiles à distance avec des armes enchantées, alors… un véhicule civil finirait par être extrêmement fragile, » il avait montré un sourire ironique.

« Le yacht de luxe n’est-il pas de même ? » demanda Nanya en plissant les sourcils.

« Oui, mais c’était seulement parce que nous pouvions facilement jeter nos sorts du haut du pont. Pendant que nous sommes dans un véhicule, c’est un peu difficile. Une décapotable, ça marcherait aussi, mais je n’avais pas envie d’en construire une… Ce n’était pas approprié. » Il haussa les épaules.

« Mais je ne vois toujours pas comment nous allons porter les esclaves si ce véhicule ne peut que nous porter ? Shanteya lui demanda ça.

« On va installer ce truc à l’arrière, » répliqua Illsy et fit apparaître une grande boîte carrée à côté de lui.

Contrairement au MCV, celui-ci ne semblait pas avoir un front plat ou un canon, mais il était couvert par le même type d’armure. Il n’avait aussi que quatre roues.

« Ils peuvent rentrer à l’intérieur. » Il acquiesça d’un signe de tête.

« Est-ce un autre véhicule ? » demanda Zoreya.

« Non, celui-ci est quelque chose que vous pouvez attacher à l’arrière d’un véhicule, un chariot de transport. Il n’a pas de moteur, donc il a besoin d’être tiré par quelque chose, » répondit-il.

« Une voiture, en gros, » dit Nanya en s’approchant et en ouvrant les portes à l’arrière.

« Oui, en quelque sorte. » Il acquiesça d’un signe de tête.

Quand j’avais jeté un coup d’œil à l’intérieur, j’avais remarqué qu’il y avait huit chaises placées sur le côté droit et huit autres sur le côté gauche, se faisant face. Il y avait des sangles noires attachées à chacune d’elles.

« C’est quoi, ces trucs ? » Je les avais montrées du doigt.

« C’est ce qu’on appelle les ceintures de sécurité. Cela a pour but de fixer le passager sur le siège afin d’éviter qu’il ne tombe lors d’un trajet cahoteux, » répondit-il.

« Ça a l’air utile, » j’avais hoché la tête en signe de reconnaissance.

Aucune des voitures de notre monde n’avait ce genre d’engin. C’était une bonne idée.

« Ça l’est. D’habitude, ça sauve des vies. » Il acquiesça d’un signe de tête.

« Les calèches de ton monde précédent sont-elles si dangereuses que ça ? » demanda Shanteya en plissant les sourcils.

« Pas des calèches, des voitures… Quand elles roulent à 100 km/h et qu’il y en a plusieurs sur la même voie et en sens inverse, alors oui…, » répondit-il.

« Je ne comprends pas, » avais-je demandé avec les sourcils plissés.

Ses paroles étaient un peu confuses. J’avais du mal à imaginer une situation où un si grand nombre de ces véhicules circuleraient à une vitesse aussi élevée sur la même route. Ça semblait plutôt… apocalyptique.

« Allons-y et trouvons un bon endroit pour camper pour la nuit, » dit-il.

« En effet, » Shanteya hocha la tête.

Après avoir aidé les esclaves à monter dans le chariot et à s’asseoir sur leurs chaises, nous étions montés nous-mêmes dans le véhicule avant. Shanteya était assise à l’arrière à côté de Zoreya. Tamara et Nanya s’étaient assises derrière elles, et comme j’étais la plus grande, j’avais pris le siège avant à côté d’Illsy.

Le véhicule avait fait un léger bourdonnement lorsque son moteur avait démarré et une paire de phares s’était allumée devant lui. La route était bien éclairée, ce qui permettait au conducteur de guider le véhicule loin des trous et des gros rochers autrement invisibles la nuit.

« Allons-y ! » dit Illsy et il appuya sur l’une des deux pédales sous ses pieds.

Le MCV avait commencé à se déplacer et avait rapidement gagné de la vitesse jusqu’à ce qu’il atteigne 50 km/h.

J’avais peur qu’à cette vitesse, nous n’éprouvions le moindre choc sur la route, mais, chose surprenante, c’était une conduite tout en douceur. À moins de heurter une bosse ou un trou plus proéminent sur la route, nous ne sentirions presque rien.

« Je vois que les amortisseurs de chocs enchantés fonctionnent parfaitement, » au bout de quelques minutes, Illsy parla.

« Enchanté quoi ? » demanda Nanya.

« Amortisseurs de chocs. En termes simples, ce sont de gros ressorts reliés aux roues dans le seul but de s’assurer que nous ne ressentons pas dans nos arrières chaque pierre que nous traversons, » répondit-il.

« Ce n’est pas aussi bruyant que lorsque tu montes en calèche, » avais-je fait remarquer.

« Bien sûr, ce sont des fenêtres pare-balles. Leur épaisseur atténue beaucoup le bruit des roues, ce qui le rend plus confortable pour nous, » explique-t-il.

« N’alertera-t-il pas les monstres et les bandits de notre approche ? » demanda Zoreya.

« C’est pourquoi nous avons un canon et une armure épaisse. En plus, je doute qu’ils aient un cheval assez rapide pour nous rattraper, » sourit-il.

« Il n’a pas tort. En plus, si les choses deviennent trop dangereuses, on peut toujours sortir et les finir, » avais-je dit en souriant.

« Combien de temps va-t-on voyager comme ça ? C’est presque la nuit, » demanda Tamara, les oreilles relevées, regardant le paysage dehors comme un prédateur prêt à bondir.

Elle aimait certainement cette balade.

« Jusqu’à ce qu’on trouve une clairière ou quelque chose. Il n’y a pas de problème à voyager toute la nuit non plus. À cette vitesse, nous serons à Krestan dans quatre ou cinq heures, » répondit-il.

« Nous n’avons aucun problème avec cela, mais les esclaves ont besoin d’être traités et nourris. Sans parler du fait que tu dois leur expliquer et nous expliquer la raison pour laquelle tu les as acquis, » Nanya avait fait remarquer.

« Je sais, c’est pour ça qu’on va s’arrêter dans une heure pour installer le campement, » dit-il.

Voyager comme ça ne m’avait pas fait de peine du tout. C’était confortable et relaxant. Le bruit et les bosses de la route étaient à peine perceptibles par rapport à une voiture régulière. Si les nobles connaissaient cette merveilleuse façon de voyager, ils feraient tout ce qu’ils pourraient pour mettre la main dessus. Si nous étions des gens normaux, peut-être aurions-nous quelque chose à craindre, mais quand je m’étais rappelé quels types d’ennemis seraient nécessaires pour nous causer des ennuis, je n’avais pas pu m’empêcher de m’asseoir et de profiter du voyage…

Je suis curieuse de savoir ce qu’Illsy compte faire des esclaves… En regardant la route vide devant moi, j’avais réfléchi à cela.

***

Chapitre 99 : Guérir les pièces du domino

Partie 1

[Point de vue d’Illsyore]

J’avais arrêté la voiture dans ce que je pensais être un bon endroit pour installer le campement pour la nuit. À une heure aussi tardive, il était très improbable que nous rencontrions d’autres voyageurs. Mais ce n’était pas impossible. Ayuseya et Shanteya m’avaient dit un jour qu’en cas de besoin, les nobles voyageaient la nuit, et le conducteur de leur voiture utilisait normalement des cristaux de lumière ou des sorts de lumière pour voir où ils allaient. Le nombre de gardes avait également augmenté parce que c’était l’époque où les monstres étaient plus actifs et où les bandits aimaient attaquer.

Malgré le danger, mon groupe n’avait rien à craindre. Cette machine que j’avais construite n’avait rien de drôle et même s’ils nous inondaient de sorts et de flèches, elle serait toujours capable de passer au travers. Rencontrer des individus de Rang Empereur, Divin, ou des Suprêmes parmi les bandits était également très peu probable pour diverses raisons, y compris le fait qu’à ce niveau de force ils pourraient gagner beaucoup plus d’argent par des moyens légaux qu’ils pourraient le faire illégalement.

« Je vais allumer un feu et cuisiner quelque chose rapidement, » annonça Tamara après que nous soyons tous sortis de la voiture.

Je lui avais fait un signe de tête et elle était partie chercher du bois.

« Ton véhicule fait honte même aux voitures confortables des rois, » Ayuseya avait fait l’éloge de mon travail.

« N’est-ce pas vrai ? » avais-je répondu avec un sourire éclatant.

« Où est-ce qu’on va dormir ce soir ? » demanda Zoreya.

« L’endroit habituel, » j’avais hoché la tête, puis j’avais sorti de mon esprit intérieur notre maison habituelle, que j’avais placée juste à côté de la voiture.

J’avais continué à utiliser cette maison depuis que je l’avais reconstruite sur le continent Sorone, mais dire que c’était la même que celle-là était faux. Il y avait beaucoup de choses que j’avais changées en elle. Tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, de nombreux changements avaient été apportés. La salle de bain avait été améliorée avec une baignoire plus grande. J’avais amélioré le système de chauffage en le cachant dans les murs, sous le plancher et dans le plafond. J’avais ajouté une cuisine, l’avais agrandie et améliorée jusqu’à ce qu’elle soit à la hauteur d’une cuisine moderne. Il y avait plus de chambres maintenant, chacune de mes femmes en avait une, qu’elles personnalisaient elles-mêmes. Le salon était grand, mais il n’y avait ni PC ni TV.

Autant j’aurais voulu faire ces deux appareils, ils étaient un peu au-delà de mes compétences actuelles. J’avais peut-être construit des choses plus impressionnantes et plus complexes, mais je n’avais aucune idée de la façon dont la télévision fonctionnait réellement, et encore moins comment fabriquer quelque chose comme un processeur pour le PC.

Et puis, qu’est-ce que j’étais censé regarder à la télé ? Comment est-ce que je pourrais naviguer sur Internet ? Qui allait programmer le PC et me faire des jeux géniaux ?

Il n’y avait personne qui pouvait faire ça.

Mais ce n’était pas impossible. En sensibilisant les gens de mon académie, je pourrais un jour rencontrer ceux qui s’intéressent à ces appareils. Tout ce que j’avais à faire, c’était de permettre à d’autres d’en faire de même, de sorte qu’un peu de concurrence apparaissait ici et là, poussant tout le monde à trouver des produits meilleurs et moins chers. Puis, dans une centaine d’années, j’aurais mon propre PC. Après tout, c’était le temps qu’il avait fallu sur Terre pour que la technologie passe d’une calculatrice de la taille d’une pièce abordable uniquement par l’armée à un ordinateur portable abordable par la majorité de la population.

« Où vont dormir les esclaves ? » demanda Zoreya.

« Cette maison n’a pas de place pour eux, mais je vais en créer une autre maintenant. Pendant ce temps, Shanteya et toi, vous pouvez vérifier s’il n’y a pas de blessures visibles, de maladies ou d’autres choses du genre ? Vous pouvez guérir ceux que vous pouvez, et je m’occupe du reste, » lui avais-je dit.

« Je m’occuperai des enfants, » l’El’Doraw avait proposé cela.

« Alors, je m’occuperai des autres, » Zoreya hocha la tête.

« Pendant que vous faites ça, je vais surveiller le périmètre et tuer tous les monstres que je croise, » dit Nanya en commençant à étirer son corps.

« Reviens avant que Tamara finisse de cuisiner, » lui avais-je rappelé.

« Je le ferai ! » dit-elle en partant.

Avec ce plan en marche, je m’étais concentré sur ma propre partie, qui était de créer la pièce où les esclaves allaient dormir pour la nuit. Il devait avoir plusieurs compartiments : un pour les hommes, un pour les femmes et un pour les enfants. Ils avaient aussi besoin de lits sur lesquels ils pourraient dormir et d’un moyen de nous joindre en cas de problème, une simple alarme activée par un bouton. Il y avait aussi la question de raccorder le système de chauffage de la maison à celui de celle-ci et de s’assurer qu’il y avait suffisamment de lumière.

Ils avaient aussi besoin de nouveaux vêtements, alors je leur en avais fait des simples, que j’avais enchanté d’une magie de retenue programmée pour s’activer quand ils essayaient de lever la main l’un sur l’autre ou sur nous. Ce n’était qu’une simple précaution de sécurité jusqu’à ce qu’ils apprennent les règles.

Tout cela m’avait pris environ 20 minutes. Les vêtements avaient pris plus de temps que l’extension de la maison. Quant à l’énergie magique dépensée, cela avait atteint un total de 22 350 points. C’était une somme folle de mon point de vue d’avant les Ténèbres, mais cela s’expliquait à la fois par la vitesse et la complexité de ce que j’avais construit. Si j’avais voulu faire un trou dans le sol, j’aurais probablement dépensé environ 100 points par mètre carré.

Quand j’avais fini, j’étais allé voir les esclaves, en commençant par les enfants.

« Ils souffrent tous de quelque chose, que ce soit une blessure ou une maladie. Cette enfant là-bas, elle a l’air bien, mais elle ne sent ni la chaleur, ni le froid, ni la douleur. Son orteil était cassé, mais elle n’a rien dit, » déclara Shanteya et elle montra du doigt Luisa, l’enfant de huit ans qui avait été vendue par ses propres parents.

« C’est celui-là qui est en plus mauvais état, n’est-ce pas ? » avais-je demandé en montrant du doigt le petit garçon à la constitution maladive et au cœur faible.

« Oui. À ce rythme, il ne lui reste que trois ou quatre jours à vivre, » Shanteya avait fait remarquer cela.

Quand elle avait dit cela, Andrael avait levé les yeux vers le haut avec inquiétude. Le jeune enfant ne voulait pas encore mourir, je le voyais bien, mais au fond de lui, il était arrivé à la conclusion qu’on ne pouvait rien y faire.

« Qu’en est-il de Marina ? » avais-je demandé en montrant du doigt la petite fille dont le bras avait été arraché par un monstre.

« Elle vivra, mais sa colonne vertébrale est endommagée. Elle ne peut plus marcher droit. Quant à Corry, cette enfant est aveugle. Elle n’est pas née comme ça…, » avait-elle souligné.

« Qu’est-ce que tu veux dire ? On m’a dit qu’elle était née comme ça, » j’avais incliné la tête par surprise.

« Je sais reconnaître un aveugle-né quand j’en vois un. Ils n’ont pas de problème avec leurs yeux, mais avec leur cerveau. Cette petite fille a eu les yeux abîmés par quelque chose, probablement quand elle était beaucoup trop jeune pour s’en souvenir. Ce sont des marques qui le prouvent, » Shanteya avait montré quelques cicatrices autour de ses yeux.

En y regardant de plus près, j’avais remarqué que ses yeux étaient très abîmés. C’était quand même une bonne nouvelle. Si elle était comme ça, je pourrais la guérir.

« Hm, je pense que je peux arranger ça. Zoreya ? Quelqu’un dans ton groupe a besoin d’une guérison immédiate ? » lui avais-je demandé et je m’étais tourné pour la regarder.

La charmante blonde était en train de jeter un sort de guérison sur l’une des femmes esclaves.

Après avoir terminé, elle m’avait répondu. « Jusqu’à présent, il n’y a rien que je ne puisse pas gérer. Je crois cependant qu’ils doivent tous faire l’objet de tests de dépistage des parasites et des maladies invisibles. Tu pourras le faire quand on aura fini, » sourit-elle.

« Je te remercie ! » avais-je dit et puis je m’étais tourné vers Andraël. « Toi, viens ici. » Lui avais-je ordonné.

Le petit garçon n’avait pas le droit de refuser, sauf s’il voulait que le collier le punisse pour désobéissance.

Sans plus attendre, j’avais utilisé mon sort original [Analyse corporelle]. En plus de me montrer si la personne ciblée avait des lésions internes, elle pouvait aussi détecter un large éventail de parasites et de maladies. Nous tous les Super Suprêmes étions en aussi bonne santé que nous pouvions l’être, et c’était surtout grâce à ce petit sort pratique.

Le garçon avait été enveloppé d’une lumière jaune chaud et devant moi apparut une fenêtre visible pour tout le monde autour de moi. Tous ses problèmes physiques y étaient répertoriés par catégories. En ce qui concerne son cœur faible, il s’était étendu à plus que cela. Tout son corps semblait avoir des muscles faibles, il souffrait aussi de douleurs dorsales, mais il gardait le silence à ce sujet. En fait, les seuls parasites que j’avais trouvés étaient des poux et aucun virus ou bactérie n’indiquait que sa souffrance était le résultat d’une infection de ce genre. Les poux, je les avais exterminés avec un simple sort. Le nom initial était « de-parasitize », mais c’était un brin de langue dans notre langue parlée actuelle. L’autre était plus simple à traduire.

Quant à son fonctionnement, la [Mort des Parasites] était un sort combiné qui avait commencé par couvrir tout le corps d’une barrière d’énergie magique sensible, qui détectait et identifiait tout organisme vivant plus grand qu’une cellule. Ensuite, cela avait durci et séparé avec force le parasite du corps hôte en glissant une très fine couche d’énergie magique entre les deux. De cette façon, le parasite ne pourrait pas riposter. Il ne restait plus alors qu’à lancer quelque chose pour les tuer, ce qui se faisait par la chaleur, l’électricité ou la pression. Dans ce cas, j’avais utilisé la pression parce que je ne voulais pas effrayer le pauvre enfant en le transformant en kebab flamboyant. La dernière étape de ce sort consistait à jeter les restes des parasites loin du corps de l’hôte, de sorte qu’il ne resterait plus d’œufs ou quoi que ce soit du genre.

« Cela pourrait être génétique…, » avais-je dit en regardant les informations de la fenêtre.

Les analyses sanguines affichées ne semblaient pas si anormales de mon point de vue, mais j’avais l’impression qu’il me manquait quelque chose. Il ne pouvait pas être en bonne santé un jour et tout d’un coup, il ne l’était plus.

« Statut, » avais-je ordonné.

Immédiatement, une seule fenêtre que je pouvais voir apparut devant moi. Ses points de force étaient anormalement bas. Il n’avait que 3 points, alors que les enfants normaux de son âge en avaient environ 10 ou 12.

J’avais ensuite regardé la partie de la fenêtre qui me montrait s’il était maudit ou quoi que ce soit.

La seule condition anormale que j’avais trouvée était : [Dystrophie musculaire].

En le sélectionnant, j’avais lu que c’était une maladie génétique qui empêchait tous les muscles de son corps de fonctionner correctement parce que le corps était incapable de produire certaines protéines appelées Dystrophine. Fondamentalement, son ADN n’avait pas les composants génétiques dont il avait besoin pour le produire correctement. Cela aurait pu être un problème… si je ne savais pas comment fonctionne la génétique. Quant au nom bizarre, je ne savais toujours pas s’il faisait partie de la Mémoire de Donjon ou s’il avait été inventé sur place pour l’identifier. Il y avait une chance que cela puisse être relié à un de mes souvenirs cachés, mais je n’avais pas encore pu le vérifier.

« Eh bien… Je te garderai pour plus tard. Va et reste là-bas, » avais-je dit et pointé du doigt le feu où Tamara préparait notre repas.

« M-Maître ? Allez-vous m’abandonner ? » demanda-t-il avec inquiétude dans les yeux.

Le pauvre enfant avait dû beaucoup souffrir tout au long de sa courte vie à cause de son état. Dans le monde des forts, le fait d’avoir un état qui affaiblit les muscles était la même chose qu’une condamnation à mort.

« Non ! Jamais ! » lui avais-je montré un sourire éclatant et j’avais ébouriffé ses cheveux comme le ferait un père.

Il avait répondu avec un faible sourire et s’était ensuite rendu auprès de Tamara.

En regardant les enfants, j’avais poussé un soupir et j’avais commencé à traiter tous les enfants un à la fois. Je n’avais pas utilisé [sort de guérison 1] parce que je ne voulais pas qu’ils ressentent la douleur quand leur corps était réparé. Dans le cas de la fille avec le membre manquant, ça aurait été terrible. Ainsi, j’avais pratiqué une chirurgie précise sur chacun d’entre eux.

Honnêtement, si je n’avais pas eu une réserve d’énergie magique aussi grande que la mienne, j’aurais peut-être eu besoin de prendre plus d’une pause. C’était épuisant, mais j’avais pu en finir avec tous les esclaves quand Nanya était revenue et que la nourriture était prête.

Je devais dire que Corry était tellement bouleversée par le fait qu’elle avait pu revoir qu’elle avait éclaté en larmes et avait continué à pleurer pendant un certain temps. C’était très touchant, et je pense que j’avais peut-être suscité une grande admiration dans son jeune cœur en raison de cela et du fait que j’étais la première personne qu’elle avait vue. Maria était tout aussi heureuse une fois qu’elle avait récupéré sa main. Elle avait fait un salut avec la tête collée au sol et m’avait remercié de lui avoir rendu son corps tel qu’il était. Ils m’avaient tous remercié d’avoir soulagé leur douleur, et maintenant ils n’avaient plus aussi peur qu’avant. Il en avait été de même pour ceux que Zoreya avait guéris. Parmi eux, il n’y en avait que trois qui avaient besoin de [Mort des Parasites]. Heureusement, ils n’avaient pas de maladies pathogènes que j’aurais dû guérir.

***

Partie 2

Il ne me restait plus qu’Andraël, sur lequel j’avais effectué un scanner corporel plus approfondi, puis j’avais utilisé les enfants maintenant en bonne santé comme modèle génétique à partir duquel j’avais pu copier les informations nécessaires pour réparer son propre ADN. Cela m’obligeait à vérifier soigneusement les informations génétiques, mais je pouvais le faire sans pour autant garder le balayage actif tout le temps. Tout ce que j’avais fait, c’est copier les informations dans mes banques de données et commencer à l’analyser séparément.

Je le faisais en mangeant, mais après quelques bouchées, je m’étais arrêté et j’avais regardé les esclaves entassés à l’arrière.

« Les gars, ce pot est gigantesque, venez ici et mangez ! » leur avais-je dit.

« Mais nous n’avons pas le droit de manger avec le Maître. Nous sommes des esclaves… Ce serait grossier, » dit l’aîné d’entre eux.

« C’est stupide. Je n’arrive pas à me concentrer avec vos estomacs qui grognent, venez manger ici. Tamara a même préparé des plats pour chacun d’entre vous. Mangez à votre faim et demandez-en plus si vous en voulez, » j’avais pointé du doigt les assiettes remplies de nourriture délicieuse sur la table à côté de la nôtre.

« Est-ce pour nous ? » Maria demanda avec curiosité.

« Oui, » j’avais hoché la tête.

« A-t-on le droit de manger de si bons plats ? » demanda Corry en reniflant l’air les yeux fermés.

Elle n’avait pas encore pris l’habitude de pouvoir voir, mais elle allait se rétablir complètement.

« Non, les fantômes du futur passé. Bien sûr que c’est pour vous tous ! Allez manger à votre faim. Dois-je vraiment vous ordonner cela ? » demandais-je en plissant les sourcils.

En se regardant, les enfants avaient été les premiers à s’approcher du délicieux repas et à s’asseoir à table, puis les adolescents et les adultes étaient arrivés.

« Vous voyez, c’est bon ! Mangez ou vous allez faire pleurer Tamara ! » avais-je dit et pointé du doigt la dame aux oreilles de chat.

Ils hochèrent la tête et répondirent en souriant.

« Merci pour la nourriture ! » disaient-ils tous en même temps.

Après avoir mangé le délicieux repas que Tamara nous avait préparé, dont les esclaves avaient pris une deuxième tournée, tout le monde s’était rassemblé autour du feu. Nous étions trop nombreux, alors nous étions passés d’un grand cercle à deux groupes. D’un côté, il y avait mes femmes, de l’autre les esclaves, avec les enfants en premier, puis les femmes, puis les hommes assis ensemble à gauche du groupe à cause de leur hauteur variable.

Avant de leur expliquer ce qu’était quoi, j’avais commencé ma thérapie génique sur Andraël. Techniquement parlant, j’avais dû introduire de nouvelles informations génétiques dans son ADN. Pour ce faire, j’avais dû couper le brin d’ADN et introduire une protéine polarisée qui finissait par s’attacher aux morceaux coupés. Je pourrais le faire avec de l’énergie magique, mais sur Terre, ils auraient probablement utilisé des virus artificiels capables de s’insérer dans le noyau de la cellule, de trouver l’emplacement du gène manquant et de commencer le traitement. Ce qu’il ferait serait d’absorber cette partie de l’ADN à l’intérieur de lui-même, de la couper puis d’introduire les gènes manquants. Ils auraient probablement besoin d’arrêter le système immunitaire du patient pendant un certain temps, sinon les globules blancs ne feraient que dévorer le virus.

Hm, un nanobot serait probablement une meilleure option dans ce cas. Il y a de fortes chances que le virus finisse par muter sous l’influence d’une influence extérieure et qu’il en résulte une terrible peste.

L’avantage d’utiliser de l’énergie magique était que je pouvais faire cette opération sur presque toutes ses cellules en même temps. Cela consommerait environ la moitié de ma réserve actuelle, et j’aurais besoin de beaucoup de concentration pour le faire ainsi que de la volonté du patient. Les voir lever leur armure magique alors que j’étais en plein milieu de l’opération aurait vraiment mal fini. Je pourrais faire une erreur et aggraver accidentellement leur état ou même les tuer !

Heureusement, cet enfant n’avait jamais pensé à élever son armure magique. Je n’avais donc pas à m’inquiéter pour cela.

« Je vais commencer maintenant, comme je l’ai dit, tout ce que tu as à faire, c’est de rester immobile et de te détendre. Ne bouge pas trop et ne pense même pas à lutter contre l’énergie que tu sentiras circuler en toi. Ne pense même pas à activer ton armure magique. Je sais que tu n’as aucune idée de la façon de le faire, mais au cas où tu le ferais instinctivement, essaies de t’y opposer dès maintenant, » lui avais-je dit.

« Je vais essayer, mais est-ce que ça va vraiment m’aider ? » me demanda-t-il.

« Oui, » j’avais hoché la tête et je l’avais tapoté sur la tête.

Avec son accord, j’avais commencé la thérapie. L’énergie magique coulait de mon corps et couvrait son corps frêle, trouvant ses canaux magiques et s’y déversant. Au début, il avait grimacé parce que cela lui avait causé un état de malaise, mais comme le processus avait continué, tout son corps s’était engourdi. J’avais agi sur ses nerfs, en m’assurant qu’ils n’envoyaient pas de mauvais signaux à son cerveau, comme la douleur.

Pendant que je faisais ça, tout le monde me regardait attentivement. Les esclaves avaient été stupéfaits par tout le processus, mais j’avais le sentiment qu’à travers les multiples compétences dont nous disposons aujourd’hui, nous avions plus ou moins brisé leur bon sens.

La thérapie s’était poursuivie avec la deuxième phase. J’avais entouré toutes les cellules qui constituaient son système nerveux, immunitaire et cardiovasculaire et j’avais appliqué la thérapie génique sur elles. Plusieurs de ses chromosomes avaient été sectionnés en 386 endroits et les nouveaux gènes avaient été introduits dans les espaces vides. Avec l’énergie magique, j’avais aidé l’ADN à se recoller et après une dernière vérification, j’avais libéré mon contrôle sur ces cellules.

Le matériel génétique avait été prélevé sur des cellules voisines qui avaient été sacrifiées au cours du processus. Une cellule avait suffi pour en réparer environ 10 000 autres.

Le processus n’était pas fini ici. C’était la première partie de trois. La deuxième était axée sur les organes internes, les glandes et les os, tandis que la troisième et dernière portait principalement sur les cartilages, les tendons et les muscles. La raison pour laquelle cela avait été partitionné ainsi n’était pas dénuée de sens.

En appliquant la thérapie génique de cette manière, j’avais essentiellement transformé une partie de son corps en corps étranger. Ainsi, le système immunitaire aurait réagi et tenté de s’en débarrasser, provoquant toutes sortes de complications. Le plus dangereux d’entre eux étant l’arrêt total de l’organe.

En agissant sur les systèmes nerveux et cardiovasculaire en même temps que le système immunitaire, je m’étais assuré que son corps n’attaque pas son cœur et son cerveau. Par la suite, j’avais travaillé sur le reste de ses organes, pour éviter qu’ils ne soient endommagés par son système immunitaire, qui voyait maintenant ses anciens organes comme ceux d’un étranger parce qu’ils avaient l’ancienne séquence ADN. Enfin, j’avais travaillé sur les muscles et les tissus restants, sur lesquels les effets d’une attaque auto-immune seraient apparus en quelques jours ou semaines. Quand j’avais eu fini, le jeune garçon était littéralement un autre humain. Son corps avait changé d’un point de vue génétique dans une version améliorée.

« Voilà ! » avais-je dit avec un sourire quand je l’avais libéré de l’énergie magique qui coulait de moi à travers lui.

Si je n’avais pas eu une réserve aussi grande que la mienne, toute cette opération n’aurait peut-être pas si bien fini ou aurait en fait duré beaucoup plus longtemps, peut-être quelques jours ? Presque la moitié de ma réserve était épuisée en ce moment.

« Je me sens… mieux, » dit le garçon.

« Bien sûr, tu es guéri ! » avais-je déclaré fièrement.

« Est-ce que c’est vrai ? » demanda-t-il d’une voix dubitative.

« Oui ! Je ne suis pas du genre à mentir sur de telles choses, » je l’avais regardé dans les yeux.

« C’est incroyable… Je n’ai jamais vu quelqu’un guérir comme ça, » déclara l’un des hommes.

« Je n’arrive toujours pas à croire que j’ai retrouvé mon bras, » Maria avait fait remarquer cela.

« Et je peux voir… Jamais de ma vie je n’ai rêvé d’un jour où je serais capable de voir…, » déclara Corry.

« Les méthodes de guérison d’Illsy sont inhabituelles, mais elles fonctionnent. » Nanya hocha la tête.

« Maintenant que tout le monde va mieux, est-il temps pour toi de nous dire enfin pourquoi tu as acheté tant d’esclaves ? » demanda Ayuseya après avoir applaudi plusieurs fois, attirant l’attention de tous.

« Bien sûr ! » J’avais hoché la tête en souriant.

« S’il te plaît, fais-le, » déclara Shanteya.

« Nous t’écoutons, » dit Zoreya.

« Nya ~ Nanya te battra si tu donnes une mauvaise raison…, » Tamara m’avait prévenu.

« Oui. Oui, » j’avais hoché la tête ! « Eh bien, comme vous le savez tous… eh bien, mes femmes le savent, j’ai l’intention d’ouvrir une Académie de magie quelque part entre les trois continents ! » J’avais pointé du doigt le ciel.

« Une Académie de magie ? » Un des enfants avait incliné la tête dans la confusion.

« Qu’est-ce que c’est ? » demanda un autre.

« J’ai entendu dire que c’est un endroit où ils utilisaient des esclaves comme cible d’entraînement… Est-ce pour ça que vous nous avez guéris ? Pour que vous sachiez où et comment on se blesse ? » demanda le plus jeune des adolescents.

« Sommes-nous, les femmes, des moyens de plaire aux étudiants de sexe masculin qui s’y trouvent ? » demanda l’aînée des femmes.

En entendant ces remarques absurdes, je m’étais retrouvé coincé dans ma pose ridicule en pointant le doigt vers le ciel. Il y avait tout simplement trop de choses à répliquer, alors après un moment, je m’étais détendu et j’avais pris une grande respiration.

« Non, » répondis-je calmement.

Les esclaves commencèrent à murmurer et à se regarder, inquiets.

Ah ~ ils pensent à des choses plus ridicules, j’en suis sûr…, avais-je pensé.

Avec un soupir qui s’échappait de mes lèvres, j’avais commencé à me demander si la première classe que tout le monde devrait prendre ne devrait pas être la « classe du bon sens d’Illsyore ».

Non, ils finiraient tous en pervers incorrigibles après ça…, j’avais secoué la tête.

« La raison pour laquelle je vous ai acheté, c’est pour que vous deveniez les tout premiers étudiants de mon Académie de Magie. Vous serez tous dans deux classes différentes, bien sûr, mais vous apprendrez comme tout le monde là-bas, » avais-je hoché la tête.

« Des étudiants ? Mais nous sommes esclaves… Les Académies de magie ne sont-elles pas réservées aux riches et aux nobles ? » demanda un garçon.

« D’autres peut-être, mais pas la mienne, » j’avais haussé les épaules.

« Comment les esclaves peuvent-ils devenir étudiants ? » demanda une femme.

« Ce n’est pas le cas. Vous serez tous libres, » avais-je répondu.

« Libre ? Vous allez tous nous libérer et ensuite… nous apprendre ? » demanda-t-elle comme si elle n’en croyait pas ses oreilles.

« Oui, à peu près. Oh ! Je vous nourrirais aussi, je vous fournirais un abri, je vous guérirais si nécessaire, et je vous garantirais votre liberté à moins que vous ne fassiez quelque chose d’illégal, » avais-je fait remarquer.

« C’est ridicule ! Qu’est-ce que le maître a à gagner de tout cela ? » demanda un autre garçon.

« Euh… des étudiants ? Réputation ? Qui sait ? Je fais ce que je veux parce que je le peux, » j’avais haussé les épaules.

« Êtes-vous un noble ? Un magicien de génie ? » demanda une petite fille.

« Je suis un Seigneur du Donjon, » avais-je dit fièrement.

« Un quoi ? » demanda Corry en clignant des yeux surpris.

« Je suis un Seigneur du Donjon Divin avec des capacités bien au-delà de tous les Suprêmes connus. Oh et ces cinq-là sont mes femmes, chacune d’entre elles peut anéantir Paramanium toute seule. » Je les avais présentés sur un ton calme.

« Illsy ? » cria Tamara.

« Hm ? » J’avais cligné des yeux et je m’étais retourné pour la regarder.

« Ils se sont tous évanouis debout, » dit-elle en sautant à côté d’eux, elle toucha l’une des joues du garçon.

Tous étaient ensuite tombés comme des morceaux de domino.

« Qu’est-ce que c’est que ce bordel ! Ce n’est pas une comédie ! Ce n’est pas possible ! Les chances que cela se produise sont extrêmement faibles et irréalistes ! Ce n’est pas possible ! » Je niais cela en secouant la tête.

Peu importe combien de fois j’avais essayé de me le dire à moi-même, il m’avait semblé qu’ils s’étaient tous évanouis à cause du choc de la découverte de la vérité sur mon identité. Mais quelque chose comme ça était encore possible. L’esprit humain était-il si fragile ? Non, ce n’est pas possible… était-ce peut-être un choc auto-induit ?

Je n’arrivais pas à comprendre. Je ne pouvais pas comprendre par quelle sorte de coïncidence pieuse ils pouvaient s’évanouir soudainement comme ça en entendant CE QUE j’étais.

« Ce doit être la faute d’un de ces dieux… J’en suis certain. Ça doit être ça…, » m’étais-je murmuré à moi-même pendant que mes femmes les portaient un par un dans leur lit.

***

Chapitre 100 : L’« adultère » qui a volé le cœur de Shanteya

Partie 1

[Point de vue d’Illsyore]

Avec un soupir qui m’échappait des lèvres, j’avais démarré le moteur du véhicule. On entendait un doux ronronnement sous le capot, nous nous étions dirigés vers Krestan.

« Ça va, Illsy ? » demanda Ayuseya en me tapotant l’épaule.

J’avais poussé un autre soupir.

« Il n’y avait rien à faire, nous devions le faire de cette façon, sinon tu allais finir par briser à nouveau leur bon sens, » Nanya avait fait remarquer avec un haussement d’épaules.

J’avais poussé un autre soupir.

« Ne te sens pas si mal, Nya ! Nous avons toujours su que tu étais un incorrigible et qu’il était déraisonnablement impossible d’accepter l’existence d’un Seigneur du Donjon, nya ~ ! » dit Tamara.

J’avais poussé un soupir très fort.

« Je ne pense pas que tu l’aides, » dit Shanteya en riant.

« Illsy, tu exagères, » Nanya m’avait regardé dans les yeux dans le reflet du rétroviseur.

« ILS SE SONT ENCORE ÉVANOUIS ! » m’étais-je plaint.

Ouais, c’était l’essentiel.

Ce matin, après que tout le monde se soit réveillé et que Tamara se soit précipitée à la cuisine pour nous préparer le petit déjeuner, j’étais allé saluer mes esclaves et continuer la présentation de la nuit dernière. Quand ils m’avaient vu, ils s’étaient figés… dans la peur. Après avoir échangé quelques mots, je m’étais rendu compte qu’ils avaient essayé de repousser mon discours précédent comme une sorte de cauchemar commun.

J’avais brisé cette pensée inutile en morceaux en invoquant un diablotin que l’on trouvait couramment dans les donjons. Il s’agissait d’un modèle simple de niveau 1, étonnamment, du type qui n’était pas amateur de bottes.

À ce moment-là, la moitié d’entre eux s’évanouirent, tandis que les autres se mirent à trembler comme des petits chatons effrayés. Les deux enfants qui étaient encore conscients s’étaient souillés, et tout le monde avait pleuré et supplié pour leur vie.

Quand elles avaient vu ça, mes femmes m’avaient sorti de la pièce et s’étaient occupées d’eux. Zoreya s’était présentée comme une Grand Apôtre de Melkuth et les avait convaincus que je n’étais pas un mauvais Donjon. Il lui avait fallu une demi-heure pour les convaincre que je n’avais pas acheté les femmes pour aider les gobelins de mon donjon à se multiplier, et environ une heure entière pour convaincre et calmer les enfants qui pensaient que je les avais achetés pour les cuisiner ou autre chose ridicule.

Je ne pouvais m’empêcher de me demander quelles sortes de choses ridicules les autres leur racontaient. Bien que ce soit vrai qu’un donjon stupide aurait pu penser à faire tout ce genre de choses désagréables. Il va sans dire que je n’en étais pas un !

Ainsi, après que mes femmes, en particulier Zoreya, qui était humaine, aient réussi à expliquer comment les choses étaient vraiment avec moi, ils s’étaient calmés et ne s’étaient pas figés ou évanouis en me voyant. Pourtant, je me sentais un peu mal à l’aise. Je n’étais pas une sorte de monstre qui se cachait sous le lit et dont le seul but dans la vie était de faire peur aux petits enfants !

Cela m’avait cependant fait reconsidérer la façon dont j’avais prévu de me présenter à l’avenir. Si je voulais effrayer quelqu’un, il suffisait que je me déclare Seigneur du donjon divin. Si je ne le voulais pas, je devais éviter de me présenter comme tel. Ainsi, désormais, j’étais devenu l’Illsyore l’« humain ». Mes cheveux bizarres étaient une préférence de style.

« Non, tu ne peux pas être humain, » dit Shanteya en secouant la tête.

« Non, » Zoreya l’avait aussi nié.

« C’est impossible, » Ayuseya secoua la tête.

« Nya ~ Toi ? Humain ? Nyahahaha ! » déclara la chatte en riant.

« Illsy… un humain. Je ne peux pas le voir, » Nanya secoua la tête.

« Oh, pour l’amour de… J’ai été humain une fois, tu sais ? » avais-je rétorqué.

« Nya ~ c’était dans une autre vie, mon mari. Tu ne peux pas être un humain dans celui-là, » Tamara secoua la tête.

« Tu es bien trop ridicule pour ça, » Ayuseya hocha la tête.

« C’est sûr, » Shanteya hocha la tête.

J’avais poussé un soupir et j’avais décidé de les ignorer. Mes femmes se moquaient de moi, c’est sûr.

Quoi qu’il en soit, j’avais dit aux esclaves de bien réfléchir à ce qu’ils voulaient avant que nous quittions ce continent. Je n’avais aucun problème à les libérer de l’esclavage et à les envoyer ensuite vers un autre royaume si la liberté était ce qu’ils désiraient. Cependant, j’avais fait remarquer que j’allais leur offrir une occasion unique qui leur permettrait d’aspirer à davantage. M’avoir comme tuteur n’était pas non plus si mal, d’autant plus que j’avais plusieurs dieux à mes côtés.

Apparemment, cette petite information avait été cruciale pour aider les esclaves à m’accepter comme un donjon qui ne voulait pas de leur vie.

Alors que nous roulions sur la route cahoteuse et que nous passions devant plusieurs calèches dont les conducteurs pensaient plus ou moins que nous étions une sorte de monstre métallique, les murs extérieurs de Krestan étaient finalement apparus. Ils mesuraient environ dix mètres de haut et étaient faits de pierres solides et cimentées ensemble afin de les empêcher de s’effondrer. Je n’avais senti aucune sorte d’énergie magique venant d’eux, donc j’avais deviné qu’ils n’avaient pas utilisé d’enchantements pour renforcer la structure.

Les portes elles-mêmes étaient surélevées, mais en plus de l’habituel portail à barreaux métalliques classiques, il y avait aussi des portes en bois renforcées de métal, qu’il fallait tirer vers l’arrière pour les ouvrir. En ce moment, il y avait trois chariots qui attendaient pour entrer dans la ville ainsi que plusieurs groupes d’aventuriers et de voyageurs. Les gardes vérifiaient tous ceux qui franchissaient les portes pour s’assurer qu’aucun hors-la-loi n’osait y entrer.

Ils l’avaient fait avec l’aide de Cristaux d’Annulation des Illusions et des avis de recherches typiques.

Il n’y avait rien à craindre à ce sujet, mais en les regardant, je m’étais demandé comment j’allais empêcher les fugitifs et les criminels de s’introduire dans mon académie. Il y avait plusieurs façons de savoir qui était qui, mais parfois un criminel se retrouvait avec cette stigmatisation simplement parce qu’un noble pourri abusait de son pouvoir. Actuellement, je n’avais aucun moyen de découvrir la vérité.

Je devrais peut-être demander conseil aux dieux de la Justice. En me penchant sur ma chaise, j’avais réfléchi en me penchant en arrière.

« On va en ville à pied ? » demanda Nanya.

« Non, pas vraiment… L’un d’entre vous veut-il acheter quelque chose d’ici ? » avais-je répondu, puis je leur avais demandé en les regardant.

« Pas nécessairement. Je veux faire du tourisme, » répliqua Ayuseya en haussant les épaules.

« Les non-humains ne sont pas très bien vus dans ce royaume, mais au moins les el’doraws et les draconiens sont un peu mieux vus que les autres, » Nanya avait fait remarquer cela.

« C’est vrai… Ce genre de mentalité pourrait-il être à l’origine de cette vision politique de la suprématie humaine ? » avais-je demandé avec curiosité.

« C’est possible, mais en même temps, comme il y a des suprémacistes humains, il y a des suprémacistes draconiens comme Dankyun, des el’doraws aussi, et pratiquement toutes les espèces ont cela, » avait souligné Shanteya.

« Soupir… Eh bien… on n’y peut rien, » j’avais haussé les épaules.

« Prévois-tu de passer la nuit ici ? » demanda Nanya.

« Non. Nous camperons dans notre maison dehors. On ne fait que passer. Tamara ira chercher de la nourriture avec Zoreya, et je pense retourner chez les marchands d’esclaves. » J’avais alors senti un regard fixe soudain venant de l’arrière.

Quand je m’étais retourné, elles me regardaient toutes en plissant les yeux.

« Oh, franchement ! J’ai besoin d’étudiants ! » avais-je rétorqué.

« N’y a-t-il pas une meilleure façon de les “acquérir” ? » demanda Ayuseya en plissant les sourcils.

« À part cette méthode, oui. Je peux passer un bon mot aux nobles, les repérer parmi les roturiers, engager des gens pour faire de la publicité à la Guilde des Aventuriers. Je pourrais faire beaucoup de choses pour gagner des étudiants, mais je suis conscient de l’injustice du système esclavagiste, donc si j’en ai le pouvoir et les moyens, je veux sauver autant d’esclaves que je le peux en passant par l’Empire de Paramanium, » leur avais-je expliqué.

« C’est très noble de ta part, mais cela en retour ne ferait que convaincre les esclavagistes que leurs affaires vont bien, » Ayuseya avait fait remarquer cela.

« Je ne peux rien faire pour l’instant, mais mieux vaut sauver une vie que rien, » j’avais fermé les yeux et je m’étais détendu sur ma chaise.

Quand il était temps pour nous de passer les portes, les gardes se grattaient la tête quand ils avaient vu mon étrange « voiture ». Ils se demandaient d’abord s’il fallait nous permettre d’entrer avec ou sans lui. Ils n’étaient pas sûrs que ce n’était pas un monstre.

Finalement, ils avaient appelé leur supérieur et, après une brève explication, il nous avait laissé passer.

Nous avions continué à avancer jusqu’à ce que nous atteignions la porte sud de la ville. Ici, nous étions passés sans problème. Si nous étions entrés alors que nous conduisions un engin aussi bizarre, nous laisser partir serait facile.

J’avais garé le MCV à environ un kilomètre des portes de la ville dans une petite clairière et j’avais laissé Shanteya et Nanya responsable de la protection et du soin des esclaves. Ayuseya avait insisté pour que je la laisse se joindre à ma visite chez le marchand d’esclaves, et je n’avais honnêtement rien contre cela.

Ainsi, nous étions tous les quatre retournés à Krestan une fois de plus. Nous nous étions séparés de Tamara et Zoreya aux portes, car après avoir demandé au gardien, nous avons découvert que le marché aux esclaves et le marché régulier étaient situés de part et d’autre de la ville.

Rétrospectivement, la conception architecturale de l’ensemble de cet établissement était simple et assez facile à comprendre. Le palais était au milieu, et il était entouré d’un autre mur. Autour de ça se trouvaient les maisons des nobles, puis celles des roturiers, les bidonvilles étant situés dans les quartiers les plus reculés de la ville. Parce qu’elles étaient toutes construites autour du palais, les routes reliaient la plupart du temps les zones nobles à celles des roturiers, avec une grande route centrale formant une ligne droite entre la porte nord et le palais.

D’un point de vue stratégique, cet endroit était difficile à défendre et facile à conquérir. D’autre part, la simplicité des routes avait permis une meilleure fluidité du trafic, ce qui avait renforcé les échanges. En d’autres termes, il disposait d’une bonne infrastructure.

Le marché aux esclaves était comme avant, près d’un bordel. Ce n’était pas non plus si loin des bidonvilles, peut-être parce qu’il y avait beaucoup de gens malheureux qui avaient fini par être vendus comme esclaves par leur famille pour rembourser leurs dettes fiscales et d’autres choses comme ça.

Le bâtiment lui-même était un noble manoir de deux étages avec deux gardes musclés armés jusqu’aux dents qui se tenaient à l’entrée, semblable à celui qui se trouvait devant le bordel. Il était très probablement là pour traiter avec des clients indisciplinés et des types impudents qui voulaient utiliser la « marchandise » sans payer un sou pour le service.

« Vous êtes clients ? » nous avait demandé le garde à l’entrée dès qu’il nous avait vus nous approcher d’eux.

« J’ai entendu dire que c’est le marché aux esclaves en ville, n’est-ce pas ? » avais-je demandé prudemment.

« En effet, vous avez raison. Malheureusement, le maître n’est pas chez lui en ce moment. Il a des affaires urgentes à régler et reviendra peu après, peut-être dans une heure ou deux ? » répondit-il.

« Vraiment ? Alors, je reviendrai, » j’avais hoché la tête.

« Malgré leur apparence, ces deux-là étaient plutôt polis, » avait commenté Ayuseya après que nous nous soyons trouvés hors de leur portée auditive.

« C’est vrai, » avais-je confirmé.

Comme nous ne pouvions pas visiter le marché aux esclaves, j’avais décidé d’aller dans les bidonvilles de la ville et de voir si je pouvais repérer des talents potentiels. Nous n’étions pas si loin de l’un ou l’autre côté, et nous devions aussi attendre le retour du marchand d’esclaves.

Les bidonvilles, comme je les avais imaginés, étaient la représentation vivante de toutes les personnes privées de chance de cette ville. Ne portant rien d’autre que des haillons et sentant comme s’ils n’avaient pas vu un bain depuis des semaines, voire des mois, les vieux et les jeunes se couchaient à l’entrée de leur maison, regardant les rues avec un regard dans les yeux qui n’avait pas l’étincelle d’espoir. Parmi eux se trouvaient les quelques aventuriers qui avaient subi des blessures qui les avaient empêchés de combattre à nouveau, ainsi que ceux qui avaient des malformations congénitales qui les avaient transformés en parias de la société.

Les bâtiments semblaient tous usés et nécessitaient des réparations majeures. Certains d’entre eux n’avaient pas de tuiles, tandis que d’autres avaient toutes leurs fenêtres recouvertes de planches pour tenter de tenir le vent et le froid à distance. S’ils pouvaient facilement les enlever ou non, je n’en avais aucune idée. Le type de porte le plus courant que j’avais vu ici était le type de porte amovible. Les propriétaires n’avaient donc pas d’autre choix que de trouver un moyen d’enlever complètement la porte lorsqu’ils voulaient sortir, puis de la fixer lorsqu’ils voulaient la fermer.

« Ces gens vivent d’une manière pire que des animaux, » Ayuseya s’était couvert le nez pour se protéger de l’odeur nauséabonde qui empestait tout cet endroit.

Les latrines et les tas d’ordures en étaient probablement la source.

« Il semble que oui…, » j’avais hoché la tête.

« Pour le bien de l’enfant, je te rappellerai de ne pas amener Shanteya dans ce genre d’endroit, » avait-elle déclaré.

« Bonne idée ! Ce serait terrible d’amener ma femme enceinte ici… Et si elle avait attrapé quelque chose ! » J’avais parlé d’un ton inquiet.

« Je suis sûre que tu réussiras à la guérir, mais il vaut mieux se méfier de telles choses. Une mauvaise hygiène et beaucoup de saletés sont les principales causes de décès dans ce monde à part les aventures et les guerres, » dit-elle.

« C’est vrai, je devrais aussi en prendre note et m’assurer que mon Académie ne souffrira pas d’une mauvaise hygiène ou de dépôts d’ordures. » J’avais hoché la tête.

« Convoque des Merions. C’est leur but, mais il semble que les gens de cette ville ont refusé de les utiliser pour une raison quelconque, » m’avait-elle dit.

« Ouais, c’est vrai. Cela me rappelle, mais le royaume de Shoraya a utilisé plusieurs monstres pour résoudre des problèmes comme celui-ci, mais je n’avais pas encore vu un seul Merion ici ou dans la ville portuaire. » Je m’étais frotté le menton.

« C’est en effet étrange… Serait-ce les nobles... Omph ! » Ayuseya s’était arrêtée quand elle était tombée sur quelqu’un, non, plutôt comme si quelqu’un l’avait rencontrée.

Quand je m’étais retourné, j’avais vu un enfant d’environ 11 ans allongé, le dos à plat sur le sol. Ses yeux tournoyaient. Il ne s’attendait probablement pas à ce que le recul de la dragonne soit aussi puissant.

« Qu’est-ce que c’est ? » avais-je dit et j’avais soulevé le gamin.

L’enfant portait une chemise usée et une paire de pantalons attachés par une ficelle à la taille. Il avait les cheveux brun foncé et les yeux noisette. Son corps était mince, montrant des signes de malnutrition, et sa taille était à peu près moyenne si je devais le comparer aux garçons du groupe qui était avec Shanteya.

« Cela semble être un enfant humain, » Ayuseya hocha la tête.

« Oui, mais pourquoi t’a-t-il croisé ? » J’avais incliné la tête, confus.

« Je crois qu’il te visait, mais tu as perdu tes réflexes, » avait-elle souligné.

« Hein ? Quoi ? » J’étais encore plus confus.

Ce gamin a essayé de m’attaquer ? me demandais-je.

Comme si elle lisait dans mes pensées, ma femme draconienne m’avait répondu. « je crois qu’il essayait de te voler à la tire. »

« Mais mes poches sont vides, » j’avais haussé les épaules.

« C’est vrai. On le sait, mais il ne le sait pas, » elle montra du doigt l’enfant.

Plissant mon front, je l’avais abaissé sur le sol, puis j’avais invoqué une petite sphère d’eau pour lui éclabousser le visage.

« PUHA ~ ! » il s’était réveillé en haletant pour prendre l’air.

L’instinct de survie du corps humain était incroyable.

« Yo ! » J’avais souri et levé la main.

Le garçon m’avait vu, il avait plissé son front et puis… il s’était enfui.

« Hein ? » J’avais cligné des yeux en raison de la surprise.

« Ça devient une habitude, n’est-ce pas ? Les gens s’enfuient, s’évanouissent dès qu’ils te voient, tremblent de peur…, » Ayuseya a poussé un soupir de sympathie.

« Je ne veux pas ça ! » avais-je rétorqué.

La dragonne gloussa et embrassa ma joue. « Ne t’inquiète pas, tes enfants ne te fuiront pas. N’oublie pas de m’en donner un aussi après avoir construit ton académie, » elle m’avait fait un clin d’œil.

« Je vais… Mais d’abord, attrapons ce gamin, » j’avais hoché la tête.

***

Partie 2

À ce moment-là, il avait disparu de notre vue, mais un donjon avait ses astuces, et j’en avais beaucoup plus que ce dont j’avais besoin.

Ainsi, nous marchions calmement dans la direction où il se cachait.

La méthode que j’avais utilisée cette fois-ci pour le trouver était simplement d’étendre mon Territoire de Donjon et de le marquer comme une cible. Le résultat immédiat fut un point rouge clignotant sur une carte que moi seul pouvais voir. Par défaut, les donjons étaient censés être des cartographes nés, mais pour une raison quelconque, la plupart d’entre eux, y compris moi depuis un certain temps, n’avions jamais pensé à utiliser leur Territoire de Donjon comme moyen de détection et de cartographie dudit territoire.

Étonnamment, c’était Nanya elle-même qui m’avait donné l’idée de l’utiliser de cette façon. En tant que demi-donjon, elle avait d’abord pensé que c’était à cause de son côté démon, mais par la suite elle avait compris que c’était quelque chose qu’elle avait en commun avec tous les donjons. Une fois que j’avais compris le truc derrière tout ça, je l’avais partagé avec elle.

Le sort résultant de cette compétence avait été appelé [Traqueur] par Shanteya, qui l’avait trouvé extrêmement utile dans ses chasses.

La différence entre le [Traqueur] et notre Carte du Territoire de Donjon concernait la portée et les détails de ladite carte. Alors que ce dernier pouvait générer même un modèle 3D de la zone au détriment de l’utilisation d’un peu d’énergie magique et de l’augmentation de sa densité dans la zone scannée, ce qui permettait d’oublier le fait que vous aviez découvert votre ennemi, le premier ne permettait au lanceur que de voir une carte vue du dessus rudimentaire avec moins de détails, mais avec la capacité claire de localiser précisément l’emplacement de la cible suivie. C’était plus proche d’une sorte de sonar à base d’énergie magique.

Ainsi, nous avions facilement découvert où se cachait le petit garçon.

En soulevant le couvercle de la caisse, je l’avais trouvé s’éloignant dans un coin et me regardant fixement. Il était comme un rat piégé trempé.

« Tu peux courir, mais je te trouverai quand même. » J’avais haussé les épaules, puis j’avais remis le couvercle sur le dessus de la boîte. « Sors et explique-toi après t’être calmé, » avais-je dit après avoir frappé sur le couvercle.

J’avais fait quelques pas et j’avais convoqué une paire de chaises pour moi et ma femme.

Le garçon avait sorti sa tête au bout de cinq minutes et s’était ensuite caché à l’intérieur de la boîte.

« On ne va nulle part, mais fais-moi attendre trop longtemps, et je te traînerai moi-même en dehors, » l’avais-je prévenu.

Six minutes plus tard, quand j’avais pensé à le sortir par la peau du cou, le gamin était sorti de la boîte.

« Allez-vous me dénoncer aux gardes ? » demanda-t-il avec un peu de bégaiement.

« Non. Dis-moi juste pourquoi tu as essayé de me voler, » lui avais-je demandé.

Le garçon m’avait regardé dans les yeux.

« Parce que tu es un bâtard d’infidèle, un adultère, un coureur de jupons, un cochon ! » dit-il en pointant son doigt vers moi.

J’avais failli tomber de ma chaise.

Ayuseya cligna des yeux de surprise et se couvrit la bouche du bout des doigts.

« POURQUOI, AU NOM DE TOUT CE QUI EST SAINT, CROIS-TU ÇA ! » avais-je répliqué en criant à moitié tout en essayant de ne pas émettre une intention meurtrière.

« Parce que je t’ai entendu ! » il m’avait montré du doigt.

« Illsy ? Il y a quelque chose que tu ne m’as pas dit ? » Ayuseya avait demandé à participer à la blague et à essayer de ne pas rire tout en demandant comme si elle était choquée d’entendre cela.

« Quand aurais-je pu faire le tour du monde et courir après des jupes ? Nanya et Tamara le découvriraient dans une seconde, et non merci. Je ne veux pas devenir un tape taupe pour le bouclier de Zoreya ! » avais-je rétorqué.

« Hihihihi ! » la dragonne gloussa.

En poussant un soupir, je me frottai les tempes et lui demandai, calmement. « Qu’as-tu EXACTEMENT entendu ? »

L’enfant était réticent à répondre au début, mais voyant qu’il n’avait aucun moyen de s’en sortir, il avait décidé d’avouer ce qu’il pensait.

« Plus tôt aujourd’hui, quand vous étiez dans votre voiture de luxe, je vous ai vu vous faire étreindre et embrasser par la femme aux oreilles de chat. Il y avait cinq femmes dans la voiture, mais aucune n’a essayé de l’arrêter. Je pensais qu’elle l’avait fait parce qu’elle était votre animal de compagnie, » déclara-t-il, mais jusqu’à présent, rien n’avait prouvé ni donné la moindre raison pour moi d’être étiqueté comme un homme adultère.

C’est à ce moment-là que Tamara m’a fait une attaque furtive…, m’en étais-je souvenu.

« Puis j’ai entendu la dame draconienne parler de votre femme, Shanteya, c’était la jolie blonde dans la voiture avec vous, non ? Elle doit beaucoup souffrir en vous voyant agir comme ça avec d’autres femmes. Même quand vous vous êtes fait embrasser par la femme aux oreilles de chat, elle n’a pas réagi, mais elle avait l’air triste. Et la façon dont vous parlez à cette dame draconienne, ce n’est pas normal non plus. Elle a les yeux d’une femme amoureuse ! Vous jouez aussi avec son cœur ! Vous êtes un méchant homme ! Un coureur de jupons ! Un voleur de culotte ! » Il m’expliqua lentement, puis commença à m’insulter.

« Hé ! Je ne suis pas un coureur de jupons ! » avais-je rétorqué.

« Mais le dernier… ça pourrait être de l’intuition ? » s’étonna Ayuseya en le regardant dans les yeux.

« Je le savais ! Vous êtes un méchant homme ! Bleah ! » il avait tiré la langue vers moi.

« Oh pour l’amour de… écoute, gamin, TOUTES les femmes que tu as vues avec moi dans ma voiture ne sont pas des femmes que j’ai ramassées dans la rue ! Ce sont mes amoureuses et mes épouses légales ! Regarde ! Cette bague le prouve ! » lui avais-je dit en lui montrant la bague dorée sur l’annulaire d’Ayuseya.

« Ce n’est pas possible ! Vous mentez ! Un homme ne peut avoir qu’une seule femme, les autres s’appellent concubines ! Bleah ! » il m’avait encore tendu la langue.

Ennuyé, je lui avais lancé une boule d’eau, le trempant jusqu’à l’os.

Le garçon, trempé, regarda ses vêtements, puis me regarda, et…

« Wouinnnnnnn ! »

Ah super ! Je l’ai fait pleurer. Je m’étais palpé le visage.

« Illsy, pourquoi as-tu fait ça ? » Ayuseya m’avait jeté un regard furieux, puis elle s’était levée de son siège et avait serré doucement le petit garçon dans ses bras.

« Voilà. Voilà. Ne pleure pas. Je ne laisserai pas le méchant monsieur te faire du mal, » dit-elle.

Pendant ce temps, je les regardais et je me demandais pourquoi j’étais à blâmer. C’est moi qui avais été insulté ici.

« Illsy, tu n’as pas besoin de le prendre au sérieux, ce n’est qu’un enfant. Il n’en sait pas plus, surtout si on ne lui a pas donné correctement les bonnes informations, » ma femme m’avait grondé.

« Oui…, » avais-je marmonné.

C’est vrai… c’est un enfant… mais il ne devrait pas dire que je suis un coureur de jupons… ou un tricheur… Je ne suis pas… J’aime mes femmes…, avais-je marmonné dans ma tête.

Après qu’il se soit calmé, Ayuseya m’avait demandé de lui donner des vêtements secs et des collations que j’avais stockés dans mon esprit intérieur. Le garçon était plus qu’heureux de recevoir les gâteries savoureuses et il les grignota joyeusement pendant que la dragonne séchait ses cheveux. Heureusement qu’il ne voyait pas comment elle faisait, son souffle de feu aurait pu lui faire peur.

« T’es-tu calmé ? » lui avais-je demandé quand il avait fini de manger.

Il hocha la tête.

« Bien. Maintenant, tu comprends ? Je ne suis pas homme adultère, je suis fidèle à mes femmes bien-aimées, » avais-je déclaré avec mon doigt pointé vers le haut.

Le garçon n’avait pas répondu. Il me regardait comme s’il avait du mal à me croire ou non.

Ce morveux ! Quand je lui dirai que je suis un Donjon, je rirai sérieusement quand il s’évanouira ou rampera dans la peur ! avais-je fait rage dans mon esprit.

« Même s’il a l’air d’un pervers capable d’imprégner une femme de son simple regard, tu devrais croire ses paroles. Illsy est en effet un gentleman qui ne retiendra dans son étreinte amoureuse que ses épouses bien-aimées, » Ayuseya… me soutient en quelque sorte ?

« Je suis quoi maintenant ? » avais-je demandé en clignant des yeux confus.

« Rien, mon chéri, » gloussa-t-elle en riant.

« Non sérieusement, je suis quoi ? » demandai-je encore une fois.

Elle avait détourné le regard, et j’avais baissé la tête dans la défaite.

« Vous formez un étrange couple… Pas comme maman et papa…, » dit-il en nous regardant tous les deux.

« Je crois que oui, mais nous nous aimons, probablement autant que tes parents. En parlant de ça, mon petit, tu dois encore nous dire ton nom, » Ayuseya lui avait parlé d’un ton poli et lui avait montré un sourire doux.

Le charme d’une princesse draconienne ne devait pas être sous-estimé.

Il hocha la tête et se présenta avec un sourire éclatant. « Mon nom est Kent Wolf ! J’ai 11 ans ! »

« C’est merveilleux ! Peux-tu me dire où sont tes parents ? » lui demanda-t-elle.

Le sourire éclatant disparut, et le petit garçon baissa les yeux tout en serrant les poings. Quelques gouttes de larmes lui étaient apparues dans les yeux avant qu’il ait eu le courage de nous le dire.

« Maman et papa ne sont plus dans ce monde… Ils ont été assassinés…, » déclara Wolf.

« Assassiné ? Par qui ? » lui avais-je demandé.

« Le marquis d’Andaros… »

J’avais plissé mon front quand j’avais entendu le nom.

« Euh… peux-tu répéter ça ? Je crois que je n’ai pas bien entendu, » lui avais-je dit.

« Marquis d’Andaros. C’est son nom, » le garçon hocha la tête.

« Qu’est-ce qui ne va pas, Illsy ? » demanda Ayuseya.

« Désolé, j’entends ses noms comme : Dând a ros. Ce qui, en traduction, pourrait l’être : Il l’a rongé, » lui avais-je dit.

« Vous êtes bizarre, monsieur, » Wolf avait plissé son front en disant ça.

« Oui, je sais… Bref, comment ou pourquoi a-t-il tué tes parents ? Peux-tu nous raconter toute l’histoire, s’il te plaît ? » lui avais-je demandé.

« Um …, » il avait regardé Ayuseya et puis moi. « D’accord…, » acquiesça-t-il.

Par la suite, il nous avait raconté avec ses propres mots comment il avait vécu une vie heureuse, mais simple avec ses parents à la périphérie de la ville. Son père était un homme fort qui gagnait sa vie pendant l’été comme ouvrier dans la construction et pendant l’hiver comme bûcheron. Sa mère s’occupait de lui et de la maison, mais de temps en temps, elle aidait en tant que vendeuse dans divers magasins de la ville. Un jour, le marquis d’Andaros l’avait vue et en était tombé amoureux au premier regard, du moins l’avait-il prétendu. L’homme était déjà marié, mais il voulait agrandir son harem de concubines.

Ayuseya avait deviné que c’était juste son hobby, puisque l’Empire Paramanium n’acceptait comme héritier légal que l’enfant né de la femme officielle.

Bien sûr, sa mère refusait l’impudent noble, mais il continuait à la poursuivre, la menaçant même parfois. Parce qu’il était marquis, un rang supérieur dans la noblesse, ils ne pouvaient rien faire contre lui, sauf le refuser à maintes reprises.

Un jour, cependant, un homme était arrivé chez eux et avait dit à la mère de Wolf que son mari avait été retrouvé mort. On aurait dit qu’il s’était soûlé, qu’il avait glissé et qu’il était mort après s’être cogné la tête sur un rocher. Sa mère avait refusé de le croire, mais quand elle avait vu son corps, ils n’avaient rien pu faire.

« Mon père n’a jamais bu ! En fait, il n’aimait pas l’alcool ! » affirma le garçon.

De nos jours, de tels hommes étaient une rareté, mais pas une impossibilité. J’avais décidé d’accepter la possibilité que le garçon disait effectivement la vérité.

Son père étant parti et personne pour subvenir aux besoins de la famille, sa mère avait été forcée de travailler de plus en plus, mais le noble avait continué à pousser et à insister. Un jour, le garçon avait été témoin de la façon dont le noble l’avait menacé de le tuer si sa mère ne se donnait pas volontairement à lui. Elle était partie cette nuit-là avec lui, mais le lendemain, on l’avait retrouvée pendue à l’arbre au-dessus de la tombe de son père. Apparemment, elle s’était suicidée.

Ayuseya et moi pouvions deviner pourquoi elle était décidée de faire un geste aussi extrême. La femme aimait trop son mari, mais ce qu’elle avait dû faire cette nuit-là avec le noble lui avait brisé le cœur.

Si vous, dieux de la Justice, vous écoutez maintenant, sachez que si je dois rencontrer cet homme, il va mourir, avais-je pensé qu’en continuant à écouter l’histoire du garçon.

Ses parents partis, le noble l’avait jeté dehors dans la rue. Il y avait la possibilité de le vendre comme esclave, mais le noble interdisait à tous de le toucher à moins qu’ils ne veuillent s’attirer sa colère.

D’un certain point de vue, cela pouvait sembler défendre l’enfant, mais cela signifiait en réalité une condamnation à une mort lente et douloureuse. Un esclave au moins avait la chance de survivre d’une façon ou d’une autre, mais en tant que mendiant sans abri dans la rue, cet enfant n’avait aucune chance.

Heureusement, il avait rencontré un gentil aventurier qui, avant de partir en quête avec son groupe, lui avait appris le pickpocket et comment trouver une cible facile. Avec son nouveau talent, le garçon avait volé ceux qui semblaient riches et s’étaient battus pour survivre dans les rues de Krestan.

« Je vis comme ça depuis deux mois maintenant. Je m’y suis habitué ! » Il nous avait montré un sourire éclatant, mais après avoir entendu son histoire, j’avais pu voir la douleur et les cicatrices qu’il cachait.

Sans maison, sans famille, sans amis, il marchait seul dans les rues de cette ville gouvernée par celui qui lui avait tout volé. Eh bien, je ne savais pas encore quel genre d’autorité ce marquis d’Andaros avait, mais en supposant qu’il pouvait ordonner aux marchands d’esclaves et aux gardes, il ne fallait certainement pas le sous-estimer.

« Illsy…, » dit Ayuseya en me regardant avec des yeux tristes.

« Je sais…, » j’avais poussé un soupir.

« Hm ? » le garçon nous avait tous les deux regardé.

« Va l’emmener à Zoreya. Il sera en sécurité avec elle, » avais-je dit alors que j’avais regardé le garçon de haut. « Wolf, es-tu d’accord pour qu’on s’occupe de toi à partir de maintenant ? » lui avais-je demandé.

« Ça veut dire venir vivre avec nous. Je m’appelle Illsyore Deus, je vais fonder l’Académie de Magie Illsyore. Si tu viens y étudier, je m’assurerai que tu auras tout ce dont tu auras besoin pour devenir ce que tu veux devenir quand tu seras grand, » lui avais-je dit.

« Je ne comprends pas, » il avait plissé son front.

« Ça veut dire qu’on t’offre la chance d’arrêter de vivre dans la rue comme ça. Tu n’auras pas besoin de voler les autres pour survivre. Tu pourras simplement te concentrer sur l’amélioration de tes compétences de sorte que lorsque tu seras devenu adulte, tu pourras travailler comme tu le souhaites et aller là où tu le souhaites. Qu’est-ce que tu en dis ? » Ayuseya le lui demanda.

« Ça a l’air génial, mais… n’aurez-vous pas d’ennuis avec le marquis d’Andaros ? » demanda-t-il en étant un peu inquiet.

« J’ai hâte qu’il se montre, » avais-je souri.

« Ce qu’il veut dire, c’est que tu n’as pas à t’en faire. Nous n’en avons peut-être pas l’air, mais nous sommes assez forts pour vaincre un Suprême, » elle lui fit un clin d’œil.

« Hein !? Vous êtes les Suprêmes Légendaires !? » demanda-t-il d’un ton fort.

« Légendaire ? Où as-tu trouvé ça ? Mais oui, en quelque sorte… Mais nous sommes plus forts qu’un Suprême, » j’avais haussé les épaules.

« Comme il l’a dit, » gloussa Ayuseya.

« Euh… Eh bien, je n’ai pas de maison ou de famille où retourner, mais… si je vais à votre Académie… serai-je capable de devenir fort ? » demanda-t-il.

« Oui. À tous les coups, » j’avais répondu en souriant quand j’avais caressé ses cheveux.

« Alors… Je m’en vais ! » il nous avait montré un sourire éclatant.

Cette affaire réglée, j’étais retourné chez le marchand d’esclaves, tandis qu’Ayuseya partait à la recherche de Zoreya et Tamara. Le plan était de laisser le garçon avec elles, puis la dragonne allait me retrouver ici, et nous allions chercher des esclaves dignes de devenir mes élèves.

Quant à l’affaire d’Andaros, cela n’avait pas vraiment d’importance. Si nous le rencontrions, il mourrait, fin de l’histoire. Je n’avais pas l’intention de le maudire ou de le forcer à obéir à mes ordres. Je n’étais pas d’humeur pour quelque chose d’aussi ridicule que ça en ce moment. Je voulais juste prendre mes esclaves et quitter cette ville. Nous avions beaucoup plus de villes à traverser et le nombre de personnes qui nous rejoignaient allait augmenter de plus en plus à chaque arrêt.

***

Chapitre 101 : Illsy fou

Partie 1

[Point de vue d’Ayuseya]

Illsy m’avait dit où je trouverais Zoreya et Tamara, puis j’étais partie avec Wolf. En chemin, j’avais expliqué au jeune enfant quelque chose qu’Illsy avait oublié de lui dire, à savoir que Shanteya était l’El’Doraw aux cheveux argentés et au teint pâle, tandis que Zoreya était la femme humaine blonde qu’il avait vue dans la voiture. Quant à son expression triste, elle était juste endormie, pas du tout jalouse ou quelque chose comme ça.

Peu importe à qui nous parlions, c’était difficile de nous croire quand nous disions que nous aimions toutes également Illsy et que nos sentiments étaient tout autant rendus, sinon plus. Il n’y avait même pas un seul soupçon de jalousie, d’envie ou de haine parmi nous, ses femmes. C’était peut-être la raison principale pour laquelle nous pouvions si bien nous comprendre quand nous nous comportions si différemment. Tenir de tels sentiments était un peu inutile de notre point de vue.

Pourquoi y avait-il même un besoin de garder de tels sentiments dans nos cœurs l’une pour l’autre de toute façon ? Qu’avons-nous à gagner ? Rien, nous aurions en fait beaucoup plus à perdre de cette façon. Nous étions conscientes de ce fait, donc, nous avions depuis longtemps abandonné ces émotions.

Honnêtement, ce n’était pas facile d’en arriver là, mais pendant toutes ces six années que nous avions passées ensemble, nous nous étions habituées au sentiment de respect, de compassion et d’amour l’une pour l’autre plutôt que de haine, d’envie ou de jalousie. Au début, nous étions un peu jalouses l’une de l’autre, surtout celles d’entre nous qui étaient instinctivement une espèce monogame. Nanya avait connu la pire période de nous tous, mais avec le temps, nous avions commencé à faire la différence entre ses sentiments honnêtes et les instincts de son espèce, selon lesquels elle avait parfois agi sans le savoir. Il en avait été de même pour moi aussi… La possessivité draconienne était plutôt connue parmi beaucoup d’autres, mais après que j’aie acquis ma capacité de changer pour un dragon de taille normale, elle était devenue légèrement pire.

Il nous avait fallu un certain temps pour en arriver là, mais parce que nous étions toutes prêtes à changer et à apprendre à coexister de cette façon, nous avions pu réussir.

Expliquer tout ce processus à l’enfant était presque impossible, alors je lui avais fait savoir que nous étions la preuve vivante de cette possibilité.

Quand nous les avions rencontrés, ils étaient sur le point de rentrer auprès de Nanya, alors nous les avions attrapés au bon moment. Wolf était un peu inquiet à l’idée de quitter la ville, mais plus parce qu’il pensait que le marquis allait intervenir et essayer de nous arrêter. J’en avais parlé à Zoreya, et elle m’avait promis de surveiller les personnes suspectes qu’ils pourraient rencontrer.

Ensuite, j’étais retournée aux côtés d’Illsy.

En chemin, j’avais l’impression que quelqu’un me suivait, mais quand je m’étais retournée pour regarder, il n’y avait personne… ou du moins j’aurais aimé qu’il soit là. Les gars se cachaient bien, mais mes sens étaient bien meilleurs que ceux d’un draconien normal. Je m’étais demandé si c’était à moi de les interroger ou non.

En pratique, rien ne m’en empêchait, mais si je les laissais en vie, ils finiraient par répandre des informations inutiles. En tant que princesse et représentant politique de mon petit groupe, il était probable que cela ne finisse pas par me mordre la queue plus tard. J’avais voulu éviter de telles situations si je le pouvais. Ce n’était pas un problème si les autres agissaient ainsi, mais je devais maintenir une certaine… apparence.

Illsy ne comprenait pas bien quand je lui expliquais cela, mais il me faisait assez confiance pour me laisser faire ce que je voulais.

Attire-les, alors avais-je pensé en prenant une décision.

En effet, en plus de créer une certaine apparence et une fausse image de moi-même aux yeux des hommes politiques, ce « déguisement » était utile. Mais jusqu’à ce que cela devienne trop dangereux ou tout simplement trop ennuyeux pour moi, j’avais l’intention de continuer. L’occasion qu’il pourrait m’offrir pourrait signifier une alliance ou l’acte de tromper un ennemi intelligent pour qu’il révèle sa main.

Une fois que cela se serait produit, le « déguisement » d’une princesse intellectuelle calme, recueillie, n’était plus nécessaire.

« Bon retour parmi nous ! » Illsy m’avait appelée.

Ils n’ont rien fait, et l’un d’eux semble avoir quitté le groupe. Hm…, pensais-je.

Cet individu était probablement allé remettre son rapport. À mon avis, ils allaient nous surveiller jusqu’à ce que nous arrivions à notre campement et c’était seulement à ce moment-là qu’ils allaient se décider d’agir.

« Je suis de retour, mon amour, » lui avais-je dit avec un doux sourire.

Nous étions retournés au magasin du marchand d’esclaves, qui était le seul de la ville, bien que l’endroit soit appelé un « marché ». Après une introduction rapide avec le gars facile à oublier, Illsy avait fait part de ses exigences.

« Je veux voir tous les esclaves jeunes, avec un âge maximum de 22 ans. S’ils sont d’une autre espèce, ils doivent correspondre à l’équivalent. Alors je veux que vous me disiez comment chacun d’eux a fini comme esclave. »

Fondamentalement, les enfants, les adolescents et les jeunes adultes étaient l’objectif. Ils étaient les plus faciles à former, et si Illsy les achetait, cela lui donnerait aussi la chance d’avoir une enfance heureuse. Notre but était de sauver ces gens et non de les maintenir enchaînés.

Mais, c’était quelque chose que le marchand d’esclaves n’était pas obligé de savoir.

Puis, à la demande d’Illsy, un total de 38 esclaves avaient été amenés devant nous. En commençant par le plus âgé de 22 ans dans le cas des humains et de 48 ans dans le cas d’un draconien. Aujourd’hui, 12 étaient des enfants, 10 étaient des adolescents et les autres étaient de jeunes adultes. Quatre étaient el’doraw, deux elfes, six draconiens et deux métis, frères et sœurs d’un couple el’doraw-humain.

« Ce sont quelques-uns de mes meilleurs produits ! Aussi sain que possible et bon pour toutes les tâches ménagères ! Les femmes sont aussi garanties comme n’ayant pas été touchées par les hommes ! » se vantait le marchand d’esclaves.

J’avais trouvé dégoûtante la façon dont il faisait la publicité de ces pauvres gens, mais j’avais dû admettre que l’esclavage dans ce monde avait aussi un côté positif. Si le pays n’était pas en mesure d’offrir un but à ses citoyens lorsqu’ils étaient incapables de payer leurs impôts ou de commettre certains crimes comme le vol ou le viol, alors ces individus finissaient normalement par être tués par pendaison ou décapitation. C’était la conclusion naturelle à laquelle de nombreux rois en arriveraient s’ils étaient confrontés à cette situation.

Dans le cas des enfants, c’était encore pire. Comme punir de tels enfants était perçu comme maléfique par la majorité de la population, le gouvernement serait forcé de les ignorer à moins qu’ils ne commettent un meurtre. Bien sûr, ils passeraient leurs derniers jours à mourir de faim dans la rue ou à être exploités par des adultes sans scrupules.

Si je devais dire lequel était le meilleur, j’approuverais aussi l’esclavage. C’était mieux que de les tuer. Heureusement, Illsy songeait activement à une troisième option… Les enfants seraient envoyés dans des orphelinats. Les petits criminels seraient emprisonnés et rééduqués. Quant à ceux qui avaient commis des crimes graves et odieux, ils seraient réduits en esclavage et utilisés comme main-d’œuvre brute par le gouvernement. De cette façon, au moins, ils servaient à un meilleur usage que l’engrais pour le sol.

En commençant par les enfants, Illsy avait ensuite écouté attentivement comment ils avaient fini par porter ces colliers d’esclaves. Tous ceux qui avaient violé, tué ou commis quelque chose d’immoral ou de terrible avaient été rejetés sans une seconde réflexion, peu importe qui ils étaient.

J’étais d’accord sur ce jugement, et j’avais trouvé surprenant que l’un des enfants, qui avait l’air assez timide et innocent à première vue, ait été réduit en esclavage parce qu’il avait dépecé ses propres frères et sœurs vivants et qu’il avait mangé leurs organes internes… car il les trouvait bons.

Ma surprise était venue du fait qu’il n’avait pas été tué, mais apparemment ses parents étaient des nobles et ne pouvaient pas supporter de le voir mourir ainsi…

Pourtant, pourquoi aurait-il même pensé à faire quelque chose d’aussi atroce ? Comment était-il possible qu’il en vînt à cette conclusion terrifiante que ses frères et sœurs méritaient d’être écorchés vifs et que leurs entrailles soient mangées crues ?

J’avais frissonné à l’idée même d’y penser.

Pourtant, je comprenais maintenant pourquoi Illsy demandait pourquoi ils devenaient esclaves. Si on ne le savait pas et qu’on relâchait un jeune monstre comme lui dans le monde, on finissait tôt ou tard par tuer quelqu’un.

En fin de compte, seuls les esclaves endettés ou ceux dont les circonstances semblaient être liées par des abus nobles avaient été acceptés. Par exemple, le cas des frères et sœurs métis était le résultat de l’utilisation par un noble de son autorité pour faire ce qu’il voulait de ceux qui lui étaient inférieurs. À notre grande surprise, le nom de ce noble était d’Andaros. Quant à savoir pourquoi le marchand avait accepté de révéler cette petite information, eh bien, les affaires étaient des affaires, et Illsy venait de promettre d’acheter plusieurs de ses esclaves.

En fin de compte, sur les 38 esclaves, seuls 12 avaient été autorisés à rester. Les autres avaient été renvoyés. Mais avant notre départ, Illsy avait demandé à voir ceux qui étaient considérés comme malades, trop gravement blessés, ou considérés comme n’étant utilisés que comme appâts pour les monstres.

Le marchand d’esclaves avait fait une expression compliquée quand il avait entendu cela, mais il avait accepté de les montrer quand même. Ils n’étaient pas aussi nombreux que les autres, mais Illsy en avait choisi 6, dont trois n’avaient plus que quelques jours à vivre, et les trois autres étaient malades, mais pas contagieux selon le commerçant.

Une fois cela terminé, Illsy avait rempli tous les formulaires et signé les contrats, tandis que je jetais un coup d’œil à chaque esclave que nous avions acheté pour voir s’il y avait des « surprises » indésirables comme un sceau maudit ou un sort de pistage lancé sur eux. Le marchand avait trouvé étrange que je le fasse, mais même lui ne pouvait pas tout savoir sur ses esclaves.

Pendant qu’Illsy payait l’homme, il avait eu le culot de demander quelque chose d’assez grossier à mon sujet.

« En parlant de ça, celle que vous avez est assez impressionnante, combien pour elle ? » demanda le marchand.

Illsy lui montra un simple sourire et lui répondit. « Même si vous étiez l’Empereur lui-même en m’offrant l’Empire du Paramanium, je ne l’aurais quand même pas abandonnée. »

Ses paroles m’avaient fait rougir, mais c’était la vérité.

« N’est-ce pas un peu excessif ? C’est juste une esclave draconienne, non ? » demanda-t-il.

« Pardon ? » J’avais exprimé mon mécontentement pour la façon dont il m’avait appelée.

Illsy saisit l’homme par le cou et le serra à tel point qu’il ne pouvait plus respirer. C’était si rapide qu’il n’avait même pas eu le temps de faire un seul son.

« Si vous osez traiter à nouveau ma femme d’esclave ou lui faire des remarques grossières, je vous tuerai. Compris ? » Illsy l’avait prévenu et l’avait lâché.

« Buha ! » le marchand d’esclaves toussa et se frotta le cou.

« Compris ? » lui dit-il en le regardant fixement.

« Oui ! Oui ! Je vous demande pardon ! » plaida-t-il.

« Tch ! Vos paroles me mettent de mauvaise humeur maintenant. Je vais prendre congé et ne jamais revenir ! » avait-il déclaré.

« S’il vous plaît… vous ne pouvez pas dire…, » le commerçant voyait dans ses paroles le signe de la perte d’un éventuel client très important et très riche.

Ce fut un coup dur pour lui, même si, de notre point de vue, Illsy n’avait fait qu’affirmer l’évidence.

Le marchand s’était excusé de ses paroles et nous avait suppliés de revenir, nous promettant même de réduire certains prix, mais nous n’en aurions pas tenu compte. Nous étions partis avec nos esclaves et n’avions jamais regardé en arrière. Pour cet homme, cela allait devenir l’une des plus grosses bévues de sa carrière.

Ce n’était pas comme si ça comptait pour nous, en tout cas.

Sur le chemin du retour vers l’endroit où Illsy avait garé son étrange véhicule, nous avions été accueillis avec beaucoup de regards curieux. C’était uniquement à cause du nombre d’esclaves qui marchaient derrière nous. Ceux qui étaient trop blessés et trop malades étaient portés par les hommes du groupe. Les humains marchaient devant les autres espèces parce qu’ils croyaient que c’était la norme ici. Ça ne nous importait vraiment pas.

Quant à nos poursuivants, ils avaient gardé leurs distances. Une fois arrivés au camp, ils s’étaient précipités vers la ville, n’en laissant qu’un seul individu pour s’assurer qu’ils ne perdraient pas notre piste.

Au camp, nous avions vu Wolf parler avec les autres enfants. Il avait l’air de s’amuser. Tout le monde nous avait accueillis avec le sourire aux lèvres, et les esclaves achetés l’autre jour n’avaient plus l’air aussi effrayés par Illsy qu’avant. Cependant, il y avait un autre lot qui allait s’évanouir à la suite de la découverte de qui nous étions et de ce que nous étions.

Heureusement, cette fois-ci, nous avions prévu d’envoyer Illsy voir les feuilles tomber pendant que nous leur expliquions la situation. Il valait mieux que nous, les plus normaux, le fassions, surtout Zoreya, qui était apôtre d’un dieu que certains adoraient réellement.

Mais avant d’en arriver là, Illsy et moi devions d’abord guérir et traiter ces pauvres esclaves. Zoreya s’était également jointe à eux, tandis que Tamara leur préparait un repas chaud, et Shanteya leur préparait des vêtements décents. En parlant de ça, la démone et l’ancien assassin d’El’doraw avaient aussi remarqué notre spectateur solitaire, et on m’avait dit que les deux autres avaient aussi un poursuivant à leur retour. Tamara ne s’en souciait pas parce qu’ils étaient aussi faibles que des mouches pour elle. Pour l’instant, nous avions tous décidé de les laisser faire et de voir ce qu’ils allaient faire, surtout parce que cela avait l’air intéressant et que cela pourrait nous aider à réduire un peu notre ennui.

Parce qu’il n’y avait personne parmi eux qui souffraient d’une maladie grave nécessitant la guérison d’Illsy, nous avions terminé ce processus avant qu’il ne fasse nuit. Ils avaient tous reçu un bain chaud et une nouvelle paire de vêtements. Après, nous les avions laissé manger un repas décent. Avec cela, nous espérions qu’ils gagneraient un peu de confiance en nous et qu’ils accepteraient nos paroles mieux qu’ils ne l’auraient fait à jeun.

Malheureusement, juste avant de commencer à expliquer, nous avions tous senti un groupe d’hommes armés venir vers nous. Nous avions dit aux esclaves de rester assis et de se taire pendant que nous nous occupions de ça. Zoreya se plaça devant les esclaves et sortit son bouclier. Une barrière très fine et invisible s’était formée autour d’elle et d’eux, qui était assez forte pour repousser toute attaque d’un niveau de Rang Divin.

Pendant ce temps, j’avais pris une posture plus élégante. Shanteya s’approcha de Zoreya et se tint près d’elle, tandis que Tamara et Nanya se déplaçaient sur les côtés, préparant leurs griffes pour attaquer.

Je doutais honnêtement qu’il faille que nous agissions tous contre ce groupe, mais nous devions nous présenter comme étant prêts pour leur arrivée, pas comme une bande de jeunes aventuriers amateurs prit par surprise.

Quelques instants plus tard, un groupe de soldats armés s’était approché de nous depuis la direction de la ville. Ils escortaient un homme de taille moyenne, portant une longue robe marron foncé et rouge, avec une moustache parée et une barbe épaisse. Il avait un look moyen ou inférieur à la moyenne pour un humain, ce qui faisait que certains soldats de son groupe qui ne s’étaient pas lavés depuis quelques jours avaient l’air très agréables à voir. C’était peut-être juste la disposition naturelle de l’humain, mais pour moi, il n’avait pas l’air attirant du tout.

Bien sûr, cette escorte indiquait le fait qu’il était quelqu’un d’une grande importance, comme un noble ou même le Seigneur de Krestan. Mais je doutais fort que ce soit le dernier cas.

Derrière le groupe de soldats, un groupe d’aventuriers bien équipés était également apparu. Ils étaient tous humains, mais ils avaient essayé de paraître intimidants devant nous. Le regard fixe et le dégoût dans leurs yeux, surtout lorsqu’ils regardaient des non-humains, étaient très clairs. Si c’était voulu ou naturel, il restait à le voir. D’autre part, le nombre d’escortes que ce noble humain avait apportées n’était manifestement pas destiné à une simple visite.

Ils ont l’intention de nous intimider ou de nous attaquer, avais-je pensé.

***

Partie 2

« Le Marquis d’Andaros…, » Wolf avait chuchoté quand il l’avait vu.

Nous l’avions tous entendu, mais leur groupe ne l’avait probablement pas entendu.

« Salutations ! » dit le noble en souriant.

« Bonsoir. C’est un nombre impressionnant de personnes juste pour saluer, » commenta Illsy.

« Une exigence mineure pour voyager tard le soir. Après tout, vous ne savez pas quelles sortes de canailles vous pourriez rencontrer le long de ces routes, » répondit-il avec un air suffisant.

Ses yeux s’étaient ensuite placés sur le reste d’entre nous, plus particulièrement sur Shanteya et Zoreya.

« Permettez-moi de me présenter. Je suis le Marquis Oppreizvich d’Andaros. Et vous êtes…, » demanda-t-il en attendant une présentation.

« Illsyore Deus, » répondit Illsy.

« Hm, je n’ai jamais entendu parler de vous. D’où venez-vous, voyageur ? » demanda le marquis.

« Une ville qui n’est pas dans vos villes où vous faites des affaires, » répondit Illsy en souriant.

« Hm, quel nom étrange, » le noble plissa ses yeux.

« Qu’est-ce que vous voulez ? » s’enquit Illsy.

« Surveillez votre ton, aventurier. Par ici, offenser un noble est une affaire grave ! » avait prévenu le noble.

« Je vais en prendre note, » Illsy hocha la tête, faisant semblant de s’en soucier.

« Pouvons-nous vous demander pour quelle raison vous vous êtes donné la peine de communiquer avec notre groupe à une heure aussi tardive ? Si ce n’était rien d’important, je ne crois pas que quelqu’un d’une présence aussi distinguée que la vôtre se serait donné la peine de se montrer en personne, » j’avais parlé d’une manière plus souvent utilisée par les nobles, et avec laquelle un marquis se sentirait plus à l’aise.

« L’un de vous semble savoir parler correctement, intéressant, » il s’était moqué de nous, mais il m’avait ignorée. « Mes affaires ici, c’est avec le garçon à l’arrière, Kent Wolf. Aussi bien qu’avec vous, Illsyore Deus, » continua-t-il.

Illsy avait plissé ses yeux, mais n’avait pas dit un mot.

« Donnez-moi l’enfant, et je ne le considérerai pas comme une insulte à mon autorité, » avait déclaré le noble.

Face à la montée du ton dans sa voix, son escorte s’avança, dégaina leurs épées et prit une posture plus prête au combat.

« Illsy ? » demanda Nanya.

Il ne lui avait pas répondu, il avait juste regardé l’homme.

« Vous n’avez pas entendu ? » demanda le marquis alors qu’il plissait son front dans l’ennui.

« C’est ce que j’ai fait. Mais je crois que j’ai une idée de la raison pour laquelle tu veux ce garçon, mais qu’en est-il de moi ? De quoi veux-tu me parler ? » demanda Illsy en changeant de ton.

« Une simple offre, vraiment. Vous livrerez les deux femmes là-bas, et j’épargnerai vos vies. Un simple échange, n’est-ce pas ? » demanda-t-il.

Quand nous avions entendu cela, nous avions tous poussé un petit soupir et secoué la tête. C’était plutôt étrange pour nous tous de faire cela en même temps. Mais en considérant le fait qu’il désignait Shanteya et Zoreya, il était clair que le but de cet homme allait arriver bientôt. S’il n’était venu que pour Kent Wolf, Illsy l’aurait peut-être épargné, mais maintenant… J’en doutais fortement.

« Vous quoi ? BWAHAHAHAHAHA !! » demanda Illsy, puis il éclata en un grand rire.

« Est-ce que vous m’insultez ? » le marquis continua, comme s’il tenait toujours le dessus.

Par souci pour ma propre sécurité, je m’étais retiré.

« Nya ~ j’ai pitié de vous, » Tamara avait dit cela et avait pris une posture plus détendue en reculant elle aussi.

« En effet, » Zoreya hocha la tête.

« Imbécile d’humains, » Nanya soupira, laissant sortir ses griffes et se dirigea vers nous.

Seul Illsy se tenait devant lui, riant comme un fou.

C’était une scène assez particulière, mais ensuite… l’air autour de nous avait changé. La pression et le miasme sombre que l’on trouve habituellement au fond des donjons étaient apparus tout autour des soldats qui se trouvaient devant nous.

« Qu’est-ce qui se passe ? » demanda l’un d’eux.

« I-Impossible ! » l’un des aventuriers les plus avertis avait reconnu ce que c’était et avait pris une position défensive.

Illsy n’avait pas vraiment besoin de libérer son miasme, son brouillard noir, il consommait du mana et rendait l’intention d’un Donjon claire comme le jour, mais cette fois… il l’utilisait dans le seul but de leur induire la peur.

« Marquis d’Andaros, nous devrions battre en retraite… Ce n’est pas sûr ici, » déclara l’un des aventuriers en prenant un peu de recul.

« De quoi parlez-vous, bande d’idiots ? » demanda le noble dans sa propre folie.

Puis, avant qu’ils ne puissent battre en retraite, des murs géants de roches enchantées avaient été soulevés du sol derrière eux et à nos côtés, ce qui avait réduit leurs chances de s’échapper. En voyant cela, naturellement, les esclaves frissonnèrent de peur.

Pour les calmer, Shanteya s’approcha d’eux et leur parla d’une voix douce.

« Ne vous inquiétez pas, vous êtes en sécurité avec nous. Vous voyez, le brouillard n’est pas près de nous, juste autour de ces idiots là-bas. » Elle désigna alors le groupe du Marquis.

Après que son rire se soit calmé, Illsy avait demandé. « Alors, si je comprends bien, vous essayez de me faire remettre un enfant à VOUS, dont vous avez tué les parents, ainsi qu’à ma femme enceinte et à ma femme apôtre, que j’ai promis d’aimer, respecter et protéger devant le Dieu de la guerre ? Hm… ET vous essayez de le faire en me menaçant avec… euh… une poignée de soldats humains ? » il plissa les sourcils.

« Quoi ? » Le marquis était confus.

« Qu’est-ce que vous êtes !? » demanda l’un des aventuriers.

« Sortez votre pierre de détection de donjon et faites-moi savoir ce que vous lisez dessus, » demanda Illsy en souriant et en croisant les bras au niveau de la poitrine.

D’un coup, l’un d’eux avait sorti la pierre et la chargea de mana.

« I-Impossible… Un-un-un-un niveau 3348… D-D-D-Donjon ? » et il s’était évanoui net.

En regardant en arrière, j’avais vu que les esclaves regardaient Illsy avec de grands yeux, les nouveaux étaient particulièrement effrayés, tandis que les autres, comme ils ne s’y étaient pas habitués, étaient dans une situation similaire. Le voir se pavaner comme ça n’aidait pas non plus. Si nous n’étions pas restés calmement entre eux et lui, ils se seraient peut-être même souillés de peur ou se seraient évanouis eux aussi.

Vraiment, depuis quand ai-je cessé d’être affectée par le bon sens de ce monde ? m’étais-je demandé et j’avais poussé un soupir.

Ma formation et mon éducation passées en tant que princesse royale du royaume de Teslov ne devaient pas être prises à la légère, car on m’avait aussi parlé des dangers des puissants donjons. On disait qu’au plus profond des plus anciens des trois continents, on ne pouvait qu’espérer avancer avec un groupe de Suprêmes expérimentés.

À l’heure actuelle, cependant, j’étais plus qu’assez puissante pour traverser ces étages sans trop me soucier de ma propre sécurité. Atteindre le Cœur du Donjon aurait été un jeu d’enfant pour chacun d’entre nous, mais quand même… Je suppose que je n’aurais jamais pu atteindre ce type de force mentale si je n’avais pas été soumise à l’influence d’Illsy pendant tant d’années.

En regardant les esclaves, j’avais réalisé que j’aurais agi de la même manière si j’avais rencontré l’actuel Illsy à l’Académie Fellyore. Au contraire, la façon dont nous agissions actuellement en restant calmes autour de lui était perçue par eux comme étant… contre nature, étrange même.

« Ta pierre doit être cassée ! » cria le marquis.

Pendant un moment, j’avais perdu la trace des actions qui se passait devant moi.

Comme c’est bête de ma part de m’inquiéter de telles choses, m’étais-je dit et j’avais poussé un soupir.

« Si vous le tuez, nous pourrions devenir des fugitifs recherchés dans l’Empire du Paramanium. Politiquement parlant, il serait impératif de faire appel aux nobles plutôt que de les contrarier, » lui avais-je dit.

« Donc, tu suggères que je lui livre Shanteya et Zoreya ? » demanda-t-il en plissant les sourcils.

« Bien sûr que non ! Ne sois pas ridicule. Ce que je suggère, c’est que tant que tu ne laisses pas de témoins ici, nous aurons largement assez temps avant que les choses ne deviennent un peu “chaudes” autour de nous. Une fois que nous serons étiquetés comme des criminels par l’Empire, des choses comme le commerce, l’utilisation de la guilde, ou même l’entrée dans les colonies seront… gênantes, » lui avais-je dit.

« Hm… Je vois… Pas de témoins, c’est ça ? » dit-il, puis il sourit en regardant le groupe.

Une chose qu’il avait peut-être remarquée lui-même ou non, c’est que depuis qu’il avait fusionné avec Les Ténèbres et qu’il avait acquis tous ses avantages positifs, sa personnalité avait aussi un peu changé. Cette partie de lui était plus évidente chaque fois qu’il s’engageait dans des actions ou des combats spécifiques au donjon.

Le vieil Illsy, celui d’avant la fusion, aurait pensé une fois, deux fois, voire trois fois avant d’envisager la possibilité de les tuer tous comme une solution. Si c’était pour le mieux ou pas, cela restait à voir, mais il y avait une règle importante que beaucoup d’individus, surtout les jeunes aventuriers, ne prenaient pas tout le temps en considération : quand on sortait son épée, ils déclaraient ouvertement qu’ils avaient accepté la possibilité d’être tués dans la bataille suivante. S’ils finissaient morts ou non ne dépendaient pas uniquement de leur adversaire.

Dans ce cas, Illsy n’avait pas l’intention d’épargner ceux qui nous visaient, nous, ses épouses, ou qui avaient un comportement cruel envers les enfants.

« Vous ! Vous ! Vous voulez vraiment contrarier l’Empire Paramanium ? » cria le Marquis en pointant du doigt Illsy.

« Tu sais, maintenant que tu l’as dit, ça n’a pas l’air d’être une si mauvaise idée, » sourit-il.

Ils sont déjà morts, avais-je pensé.

« Ce que je n’arrive pas à comprendre, c’est comment te tuer... Je pourrais t’embrocher…, » dit-il et lança immédiatement une [Lance de glace] sur l’un des soldats.

La vitesse et la netteté de la pointe étaient à un niveau qui dépassait de loin ce que l’on pouvait habituellement lancer avec ce simple sort intermédiaire. Cela avait traversé la poitrine du pauvre homme, laissant un trou béant à cet endroit et lui coupant même la capacité de crier de douleur. Ce qu’il pouvait faire, c’était de saigner et de tomber mort au sol.

« Je pourrais t’écraser…, » il l’avait dit, puis il avait utilisé le sort [Tombeau de Terre], qui avait fait surgir deux grandes dalles de terre et s’entrechoquer l’une dans l’autre comme un piège à ours.

Trois soldats avaient été la proie de cette attaque. Leur vie s’était terminée en un éclair, mais c’était aussi un simple sort intermédiaire. Rien de trop complexe et la plupart des mages l’utilisaient pour ralentir ou piéger temporairement des monstres puissants. Les tuer avec était hors de question, mais pas quand il s’agissait d’Illsy.

« Je pourrais te transformer en charbon de bois, » dit-il, puis il jeta une boule de feu bleuâtre compacte.

Contrairement au sort Intermédiaire habituel, celui-ci était une version modifiée qui compressait la boule de feu rouge habituellement gigantesque en une petite boule de feu d’une couleur différente. Nous pouvions tous le faire, et selon Illsy, ce que nous avions fait, c’est simplement offrir à la boule de feu plus de carburant avec du mana et permettre à sa température d’augmenter. La température extrêmement élevée avait effectué un changement de couleur.

L’homme frappé par cette attaque s’était enflammé et avait crié pendant que sa chair était brûlée en quelques secondes. Ses restes étaient tombés sur le sol devant ses camarades encore vivants. Maintenant, ils avaient tous vraiment peur. Non seulement Illsy était un donjon de très haut niveau, mais les attaques qu’il venait de montrer n’étaient pas du type qu’ils pouvaient facilement reconnaître, d’autant plus qu’elles avaient été lancées sans changement.

« Je suppose que je vais essayer un sort expérimental ? [Pulsion de foudre] est le nom du sort… Il s’agit essentiellement d’une boule d’électrons chargée qui, au contact, envoie cinq impulsions d’électricité dans tout votre corps, chacune d’entre elles étant l’équivalent d’une frappe de foudre. Fondamentalement, il peut griller vos nerfs dès la première impulsion. Au cinquième, vos corps se transformeront déjà en charbon de bois. Bien que, pour être honnête, je n’ai aucune idée si vous êtes encore conscient d’ici là ou pas, » déclara Illsy en souriant, puis pointa la paume de sa main vers eux.

Une fois de plus, sans chanter, il lâcha trois sphères d’éclairs l’une après l’autre. Dès qu’elle avait frappé l’une des victimes, elle s’était déchaînée et avait provoqué une attaque électrique qui s’était propagée dans tout son corps et dans celui de toute autre personne malchanceuse qui l’avait touché à ce moment-là. Le sort semblait trop compliqué et facile à esquiver pour ceux de notre Rang, mais pas pour nos ennemis actuels.

Sans leur donner le temps de respirer, Illsy continua à lancer [Pulsion de foudre] et les abattit l’un après l’autre jusqu’à ce qu’il ne reste plus que le Marquis debout. Ce n’est pas comme s’ils n’avaient pas essayé de les esquiver ou de faire apparaître leur armure magique pour se défendre, mais ce sort était tout simplement trop puissant pour leur niveau actuel. Si je devais deviner, je dirais que c’était quelque part entre le rang d’empereur et le rang divin, bien que, avec la quantité de mana Illsy l’infusait, c’était probablement proche du rang suprême ?

De toute façon, ils n’avaient aucune chance. C’était un massacre complet.

« Espèce de monstre ! » dit le marquis.

« Non, je ne suis qu’un donjon. Tu es le monstre pour ce que tu as fait en abusant de ton autorité. Maintenant, sois un bon parasite et meurs ! » Illsy lui avait dit et en pointant sa paume vers lui, il avait lâché une dernière fois une [Pulsion de foudre].

Le résultat fut le Marquis d’Andaros criant de douleur alors que son corps cédait et que sa chair était grillée. Sa mort n’avait pas été rapide, elle n’était survenue qu’à la dernière pulsion, ce qui signifie qu’Illsy avait ajusté ce dernier sort afin de le faire souffrir davantage.

C’était fini…

***

Chapitre 102 : Le village abandonné de tous

Partie 1

[Point de vue d’Illsyore]

Notre rencontre avec l’idiot stéréotypé de noble s’était terminée avec lui et ses troupes face à l’extermination complète de ma main. J’aurais pratiquement pu les tuer d’innombrables façons différentes. Si j’avais vraiment voulu être cruel, j’aurais pu geler leurs pieds, puis m’approcher d’eux et peler la peau et les muscles loin de leur squelette. La douleur, l’horreur et la souffrance qui en aurait résulté auraient certainement été suffisantes pour donner à quiconque un cauchemar permanent. Cependant, faire peur à mes esclaves à moitié morts n’était pas quelque chose que je voulais faire.

Avec un soupir qui s’échappait de mes lèvres, je regardais le corps fumant de l’aristocrate fou.

Un faible humain… qui a pris une action insensée contre moi. Au moins, je connais maintenant un autre cours que je dois ajouter à mon programme d’études à l’Académie : Égalité de vie, avais-je pensé.

« Il est peut-être noble, mais s’il ne comprend pas ce que cela signifie, il vaut mieux qu’il soit mort, » avais-je dit et puis j’avais regardé en arrière les esclaves.

Tous tremblaient, l’un d’eux s’était même évanoui quand nos yeux s’étaient croisés. Plusieurs d’entre eux s’étaient déjà souillés malgré tous les efforts de mes épouses pour les calmer. La peur des donjons était quelque chose d’ancré dans leur culture et dicté comme ne s’améliorant jamais.

D’un autre côté, avec des humains comme le noble que je venais de tuer, détenant le pouvoir sur la façon dont les donjons nouvellement trouvés devraient être traités, ces hommes n’auraient certainement pas d’autre choix que de devenir comme ces rumeurs justes pour qu’ils puissent rester vivants.

Une autre chose que je dois changer…, avais-je pensé.

Parce que je venais de tuer des êtres humains, j’avais un peu froid. Mon regard était probablement un peu effrayant, alors j’avais profité de ce moment pour dire ce que je pensais à ces esclaves.

« Vous avez peur ? » leur avais-je demandé d’une voix basse.

Les mots avaient à peine roulé du bout de ma langue. C’était… comme si j’essayais de séduire quelqu’un.

Ils hochèrent la tête.

J’avais fermé les yeux et j’avais regardé le feuillage vert des arbres, couvrant le ciel au-dessus de moi. Une brise légère avait fait bouger les feuilles. J’avais poussé un soupir, puis j’avais lentement baissé le regard vers eux.

La peur… Le désespoir… Manque d’espoir… C’était les émotions que je pouvais lire sur leurs visages.

Moi ? J’étais à moitié intoxiqué… Tout bougeait au ralenti pour moi.

« Illsy ? » Ayuseya m’avait appelé.

« Je vais bien, » j’avais répondu en fermant les yeux.

Avec cela, j’avais libéré le brouillard noir qui couvrait mon Territoire de Donjon. Je ne l’avais pas étendu au-delà du bord du mur le plus éloigné que j’avais appelé pour piéger ces hommes. En parlant de cela, j’en avais profité pour le réabsorber et transformer les corps des défunts en mana pur. Une fois que j’avais terminé, il ne restait plus que leurs vêtements, leurs armures et leurs armes. J’avais absorbé tout cela et je m’étais ensuite dirigé vers l’endroit où mes esclaves étaient rassemblés.

Quand ils m’avaient vu les approcher, j’avais réalisé que plusieurs d’entre eux étaient sur le point de commencer à implorer leur pardon. Je n’étais pas d’humeur à écouter leurs cris pathétiques et à supplier pour quelque chose… sans rapport.

« Vous allez tous la fermer pour l’instant. Vous parlerez quand j’aurai fini de parler, » leur avais-je ordonné. Prenant une grande inspiration, j’avais laissé mes nerfs se calmer puis j’avais parlé. « Mon nom est Illsyore Deus. Je suis un Seigneur du Donjon Divin. Si vous me croyez ou pas, je m’en fiche. Je vais juste vous dire ceci. Je vous ai acheté parce que je voulais vous offrir la chance de devenir meilleure… Plus encore, la chance d’espérer un jour en votre propre avenir. Je ne vais pas vous tuer, mais ceux qui menacent ma famille, mes étudiants ou mes biens seront confrontés à ma colère. »

Ils se regardaient confus. Plusieurs d’entre eux avaient avalé leur salive, mais la peur semblait s’être apaisée. Nul doute qu’ils pensaient que puisqu’ils étaient des « possessions », ils étaient en sécurité.

« Maintenant, que ce soit clair. Je vous ai acheté, c’est vrai, mais dans mon livre, vous n’êtes pas des possessions. Vous n’êtes pas mes affaires et mes jouets pour jouer avec. Vous êtes tous des individus avec un avenir brillant et la chance de devenir quelque chose dans ce monde. Vous êtes tous mes étudiants à l’Académie que je vais construire. Maintenant, si vous choisissez de rester et de saisir cette occasion unique, je vous permettrai d’assister aux cours là-bas. MAIS, si vous arrivez à la conclusion que vous NE VOULEZ PAS y devenir étudiants, j’enlèverai ces colliers d’esclaves et vous accorderai votre liberté avant mon départ de ce continent. C’est tout. Mes femmes ici présentes vous expliqueront le reste, » leur avais-je dit. Je m’étais retourné.

« Monsieur Illsyore ? » Wolf m’avait appelé à ce moment-là.

Je m’étais arrêté et je les avais regardés en réponse.

Pour être honnête, j’avais été surpris qu’il n’ait pas été aussi paralysé par la peur que les autres.

« Oui ? » avais-je répondu.

« Je vous remercie ! » il avait fait un salut devant moi.

Son front touchait le sol.

« Pour quelle raison ? » J’avais demandé en clignant des yeux.

« Pour avoir tué ce noble. Grâce à vous… mes parents peuvent dormir en paix maintenant, » m’avait-il dit.

« Je vois… N’oubliez pas que tous ceux qui agissent comme lui se feront TOUJOURS tuer d’une façon ou d’une autre, » avais-je souri.

« Oui… Suis-je aussi considéré comme un étudiant ? » me demanda-t-il.

« Veux-tu l’être ? » J’avais incliné ma tête vers la gauche.

« Euh…, » il baissa les yeux.

« Comme je l’ai dit, vous êtes tous libres de choisir de profiter ou non de l’occasion que je vous offre ou de vous battre seuls dans ce monde, » avais-je dit.

« Mais je ne suis pas l’un de vos esclaves. Ai-je besoin d’en devenir un ? » demanda-t-il.

Clignant des yeux de surprise, je regardais l’enfant.

« Est-ce ce que je dois faire ? » demanda-t-il à nouveau en tremblant légèrement dans le ton de sa voix.

« Non ! Non ! » avais-je dit en secouant la tête. « J’ai prévu de libérer ces esclaves, alors à quoi bon faire de toi un esclave ? En premier lieu je n’aime pas l’esclavage  ! Si tu veux devenir étudiant à mon Académie, dis-le et je te laisserai faire. Il n’y a rien d’aussi ridicule que de te transformer en esclave ! » avais-je rétorqué.

« Est-ce… est-ce vrai ? Alors… Je veux devenir un étudiant dans votre académie ! » déclara Wolf avec un sourire éclatant sur son visage.

« Oui… Bien sûr, » je m’étais gratté la joue gauche.

Son sourire était rafraîchissant. Voir seulement la peur, la haine ou l’horreur sur le visage de ceux qui me regardaient devenait fatigant. J’avais hâte de détruire toutes ces croyances ridicules sur les Donjons.

L’affaire du noble étant réglée, j’avais convoqué un grand bain extérieur pour les esclaves. Un grand mur en bois avait été appelé au milieu pour séparer la zone garçon de la zone pour les filles. J’avais aussi arrangé une paire de vêtements neufs et frais pour qu’ils les portent après leur sortie. Cependant, avant qu’ils n’entrent, j’avais continué et guéri toutes leurs blessures comme je l’avais fait avec le premier lot. Zoreya et Ayuseya m’avaient aidé, tandis que Tamara et Nanya avaient préparé le repas. Shanteya avait le rôle de répondre à toutes leurs questions concernant ce que je venais de dire et ce qui allait leur arriver.

D’une manière ou d’une autre, quand ces nouveaux esclaves avaient appris qu’ils allaient être guéris, lavés, habillés et nourris, non seulement ils avaient été surpris, mais ils ne l’avaient carrément pas cru.

La journée s’était terminée par un bon repas et une bonne nuit dans un lit douillet.

Quand on s’était réveillés, j’avais fait un appel pour les esclaves. Une fois que j’avais vu qu’ils étaient tous là, je leur avais expliqué une fois de plus qui j’étais et ce que j’étais, puis ce qui allait leur arriver en essayant de leur faire comprendre autant que possible qu’ils avaient à la fois le droit et la liberté de choisir entre partir seul ou rester avec moi pour apprendre dans mon Académie.

Après notre petit déjeuner, nous étions entrés dans le MCV, qui avait gagné un nouvel accessoire à l’arrière. Maintenant, on aurait dit un train avec deux voitures. Notre prochaine destination allait être le Village Ils, situé dans les montagnes. À la vitesse à laquelle nous roulions, nous devions l’atteindre dans les six heures qui suivirent. Les routes étaient un peu délicates dans cette zone, remontant en serpentin et présentant beaucoup de trous et de bosses.

Après environ trois heures de route, la voiture était restée coincée…

« Attendez ici, je dois le sortir de ce trou de boue, » avais-je grogné en sortant.

Sur Terre, j’aurais été obligé d’appeler une dépanneuse… ou un char. Cette route était si mauvaise que même un monster truck aurait eu des problèmes. Hm, j’avais le sentiment que Truck-kun n’aurait pas eu autant de problèmes s’il y avait eu une âme malheureuse prête à être envoyée dans l’au-delà.

Heureusement pour moi, j’avais assez d’adhérence et de force dans ces bras pour déchirer un vrai tank en deux, alors sortir ce MCV de la boue n’était pas si difficile.

« Si cette route est si mauvaise, je ne peux m’empêcher de me demander comment les villageois d’Ils reçoivent leurs vivres, s’ils en reçoivent…, » dit Ayuseya d’un ton inquiet.

« Oui, nous avons de la chance de voyager avec ce MCV, qui est conçu pour une route cahoteuse, mais je ne vois pas comment un chariot pourrait aller bien, » avais-je dit en secouant la tête.

« Une telle route découragerait tout commerçant, » avait souligné Nanya.

« Selon mes estimations, il faudrait au moins une semaine pour qu’une calèche normale atteigne leur village, » dit Zoreya.

« Toute une semaine ? » avais-je demandé, surpris.

« Oui, » elle acquiesça d’un signe de tête.

« À ce rythme, il serait plus sage de faire un détour par Aura, la capitale du Paramanium, plutôt que de passer par Ils, » déclara Ayuseya.

« Pour quoi faire ? » avais-je demandé un peu curieux.

« Kantor est la ville où nous allons après avoir traversé le village d’Ils, mais au nord se trouve Aura, la capitale. En tant que commerçant, je préfère faire le détour par la capitale pour atteindre Kantor plutôt que de me faire attaquer par des bandits en route vers Ils, » expliqua-t-elle.

« Cela semble assez logique, mais cela ne signifierait-il pas que les gens d’Ils vont avoir des problèmes avec leurs provisions ? » lui avais-je demandé.

« Nya ~ ils ont déjà des problèmes. On m’a dit au marché que le dernier marchand à avoir atteint le Village Ils était l’an dernier, » déclara Tamara en levant les yeux des genoux de Shanteya.

L’El’Doraw la caressait doucement.

« Alors je suppose qu’ils seront surpris…, » avais-je dit en me grattant la joue droite.

« Oui, » Ayuseya hocha la tête.

Jusqu’à présent, nous étions dans les temps. J’avais prévu d’arriver à la cité portuaire d’Ilia la semaine suivante. Sur le chemin, les seuls arrêts que nous allions faire étaient Kantor, Polis et Nasat. Cela signifiait que je finirais par acheter un total d’environ 50 à 60 esclaves avant que nous n’embarquions pour l’emplacement de l’Académie.

Bien sûr, ce n’était pas un chemin gravé dans le marbre, mais de mon point de vue, c’était le chemin idéal. Si nous voulions vraiment y arriver rapidement, la meilleure option aurait été sur le dos d’Ayuseya ou en… courant. Nous étions Super Suprêmes, il n’était pas sage de sous-estimer notre vitesse.

Pourtant, toute cette histoire avec Ils m’avait un peu inquiété. Si les gens souffraient ou étaient déjà morts, était-il préférable de simplement contourner le problème et de l’éviter complètement ? Ou était-il plus sage de s’arrêter là et d’offrir un coup de main ? En valaient-ils la peine ?

De telles pensées m’avaient traversé l’esprit, car mon côté humain et le côté donjon étaient un peu en désaccord l’un avec l’autre quand il s’agissait de ce que je devais faire. En fin de compte, j’avais décidé qu’il était plus sage d’attendre et de voir plutôt que de faire des plans pour un cas hypothétique dont je ne connaissais pas toutes les variables.

Pour le déjeuner, nous nous étions arrêtés au bord d’une falaise, que j’avais renforcée avec ma compétence de construction de donjon et transformée en un bon endroit pour camper avec une belle vue sur les montagnes et la forêt en bas. À l’avenir, ce serait un endroit touristique impressionnant. C’est pourquoi j’avais gravé mon nom sur un gros rocher : la Falaise Illsyore.

Pour une raison quelconque, mes femmes avaient soupiré quand j’avais fait ça.

Tamara nous avait préparé un bon steak de cerf chassé par Nanya dans la forêt voisine. Voyant la viande savoureuse, les esclaves avaient d’abord cru qu’ils n’avaient le droit que de savourer l’odeur et de nous regarder manger. Leur joie lorsqu’on leur avait dit de s’asseoir à table et de manger était rafraîchissante, surtout les grands sourires sur les visages des enfants. Les petits étaient les plus heureux de tous.

***

Partie 2

Comme nous étions en montagne, nous leur avions offert à tous un manteau pour se tenir au chaud, et j’avais aussi allumé le chauffage dans la voiture. Je n’avais aucun moyen de répandre la chaleur du moteur jusqu’à l’arrière de la voiture. Il n’avait même pas produit grand-chose parce qu’il n’était pas basé sur la combustion interne, alors ce que j’avais utilisé à la place, c’est un cristal de puissance thermique qui avait fait monter la température autour de lui.

Pour les empêcher de s’ennuyer pendant le voyage, Shanteya leur avait donné plusieurs jeux de cartes à jouer et ceux qui savaient lire avaient reçu un livre d’histoires d’Ayuseya. Seuls deux d’entre eux le savaient, ce qui avait soulevé la question de l’alphabétisation.

Sur Terre, le fait de ne pas savoir lire ou écrire était quelque chose que l’on voyait rarement et que l’on regardait souvent de haut. C’était surtout parce que la majorité d’entre eux n’avaient tout simplement jamais appris en raison de leur propre entêtement. Ce n’était pas comme si c’était impossible pour la plupart d’entre eux, même les aveugles savaient lire et écrire. Ils ne voulaient tout simplement pas ou ne demandaient pas l’aide de ceux qui pouvaient leur donner un coup de main.

Pour le bien de mon Académie de Magie, je devais aussi me débarrasser de ce problème. C’est pourquoi je songeais à faire un donjon interactif à travers lequel tous ceux qui ne savaient ni lire ni écrire pourraient apprendre ces deux compétences de base. Il allait s’adresser aux enfants et le coût serait tout simplement un tout petit peu du mana de leurs parents. S’ils n’en avaient pas, alors ils pourraient fournir le leur ou ils pourraient écrire un « Je te dois » pour quand ils seront assez vieux et pourraient me rembourser d’une autre manière.

Au début, je voulais le faire gratuitement, mais la mise sous tension des pseudo-pièges transformés en matériel d’apprentissage ainsi que les cristaux de puissance lumineuse et d’autres choses nécessiteraient un approvisionnement constant en mana. Courir en arrière pour l’allumer m’avait semblé être un vrai casse-pieds, sans parler du fait que beaucoup l’utiliseraient probablement au début. Peut-être qu’une fois que j’aurais construit une colonie là-bas aussi, cela allait devenir automatique et gratuit.

J’avais beaucoup de projets pour mon Académie de Magie. Il y avait beaucoup de choses sur lesquelles je devais me concentrer, et j’étais certain à 100 % que beaucoup de mes plans soi-disant à l’épreuve des défaillances allaient avoir besoin de quelques ajustements supplémentaires afin de prendre en compte de nombreuses nouvelles variables.

La sécurité de l’Académie était une autre de mes préoccupations, mais j’avais prévu d’utiliser des monstres et des pièges mortels pour cela. En gros, si quelqu’un tuait une autre personne sur mon territoire, je le saurais immédiatement. Après avoir déterminé qui c’était, je n’avais plus qu’à transformer son statut d’Allié ou de Neutre en celui d’Ennemi. Toute l’Académie de Magie allait devenir un véritable donjon, donc les nombreux pièges cachés et les monstres errants allaient immédiatement sauter sur eux.

Rien que d’imaginer un noble grossier du niveau 200 se faire pourchasser par un diablotin de niveau 1000 m’avait fait frémir.

Il était environ six heures du soir quand nous avions enfin vu les traînées de fumée qui montaient des cheminées du village. J’étais curieux de savoir quel genre d’accueil nous allions recevoir et dans quel état nous allions trouver ce village.

Il n’y avait pas de gardes à l’entrée du village, alors j’avais avancé le MCV jusqu’à ce que nous atteignions ce qui semblait être le puits principal. Je m’étais arrêté et j’étais sorti de la voiture.

Personne n’était sorti pour nous saluer, malgré le fait que nous étions un spectacle plutôt curieux à voir.

« C’est très étrange…, » dit Ayuseya après sa sortie.

J’avais marché jusqu’au puits et j’avais regardé en bas.

« Il n’y a même pas une seule goutte d’eau ici…, » avais-je fait remarquer.

« C’est une mauvaise nouvelle. Un village comme celui-ci peut facilement atteindre sa fin sans puits, » dit-elle.

J’avais hoché la tête.

En regardant autour de moi, j’avais remarqué qu’il y avait plusieurs maisons avec de la fumée qui sortait de leur cheminée. Je m’étais approché de l’un d’eux et j’avais frappé à la porte.

Personne n’avait répondu.

C’est troublant…, avais-je pensé.

Sans plus attendre, j’avais agrandi mon Territoire de Donjon à la taille de ce village, puis j’avais commencé à chercher des signes de vie. Il y avait environ 48 villageois encore en vie ici, mais ils se cachaient tous dans leurs maisons.

Ont-ils peur de nous ? Je ne pense pas qu’ils savent qui nous sommes, mais… AH ! Le MCV ! Ils ont dû penser qu’on était une sorte de monstre ! avais-je pensé et je m’étais souvenu qu’un véhicule comme le mien était quelque chose qui sortait de l’ordinaire pour les gens de ce monde. Même dans le Krestan, les gens regardaient le MCV avec des yeux curieux et un peu intimidé par sa taille et les sons qu’il émettait. Bien qu’il n’ait pas eu le bourdonnement d’un moteur diesel moderne, il avait émis un ronronnement au contact entre les engrenages intérieurs.

« Bonjour ? Je sais que vous êtes à l’intérieur ! Nous venons en paix ! Nous ne sommes que des voyageurs de passage ! » J’avais crié à l’entrée principale.

Si les gens à l’intérieur de cette maison ne répondaient pas, d’autres personnes du village m’auraient entendu. Il était plutôt improbable qu’aucun d’entre eux n’allait faire un geste ou encore penser que nous étions une sorte de monstres déguisés. Encore une fois, il y avait une autre possibilité… une que Nanya avait mentionnée.

Les villageois auraient pu mourir il y a longtemps et ceux que nous allions rencontrer seraient des hors-la-loi et des bandits qui avaient choisi cet endroit comme refuge. C’était un bon endroit pour ça. Le village n’était pas si loin de Krestan, surtout s’ils connaissaient bien les bois et voyageaient en groupe. Le seul problème était qu’il leur serait difficile de trouver une proie convenable.

J’avais encore frappé à la porte, mais cette fois, j’avais senti quelqu’un s’approcher.

Avec un grincement fort et un mouvement lent, la porte avait été ouverte juste assez pour que la personne à l’intérieur puisse jeter un coup d’œil à l’extérieur.

« V-Vous… Qui... Qui êtes-vous ? » demanda-t-il d’un ton tremblant.

C’était un vieil homme aux cheveux blancs grisonnants et au visage couvert de rides.

« Bonsoir ! Je m’appelle Illsyore, un aventurier voyageur. Mon groupe et moi étions en route pour Kantor, et nous avons décidé de nous arrêter dans ce village, » avais-je répondu avec un sourire.

« Un aventurier ? Ici ? Dans Ils ? Ça a dû vous prendre un sacré bout de temps pour venir ici, » répondit-il.

Il bégayait un peu, mais l’écart entre la porte et son cadre augmentait.

« Euh, on peut dire ça. » Je lui avais montré un sourire ironique et jeté un coup d’œil au MCV. « Quoi qu’il en soit, qu’est-ce qui arrive à ce village ? » lui avais-je demandé.

Le vieil homme baissa les yeux et ouvrit la porte. Je pensais qu’il allait m’inviter à entrer, mais c’est lui qui était sorti.

« La vie dans notre petit village avait toujours été simple. L-l’année dernière, cependant, le puits s’est asséché. Ce n’était pas un si gros problème, a-au début, m-mais ensuite p-peu importe où nous avons creusé… nous n’avons pas pu trouver une-une autre source d’eau potable. » Il commença son histoire par un petit bégaiement qui, combiné à son ton de voix grave, donnait l’impression qu’il parlait par peur. « Les marchands ont arrêté de venir ici. Sans eux, nous n’avons pas pu acheter ou vendre nos marchandises. Vous voyez, nous sommes surtout des chasseurs de d-des mangeurs de viande, des tanneurs. Nos récoltes sont… petites, » dit-il en regardant un espace dégagé de l’autre côté du village.

En utilisant mon Territoire du Donjon, j’avais vu qu’ils avaient en effet essayé d’y faire pousser quelque chose, mais en vain. Le sol n’était pas très fertile ou il faisait trop froid pour cultiver quoi que ce soit. Les ravageurs et les maladies auraient également pu arrêter la croissance des plantes.

« Au moins, le percepteur de l’impôt n’est pas venu non plus, » dit-il.

« Je vois. C’est dommage, mais pourquoi vous cachez-vous tous à l’intérieur ? » lui avais-je demandé.

Le vieil homme m’avait montré un sourire ironique et avait regardé derrière moi, le MCV.

« Comme je l’ai dit… ce n’est pas un monstre, » J’avais hoché la tête.

« Vous ne pouvez pas nous en vouloir. Nous sommes des gens simples ici… On n’a jamais vu quelque chose d’aussi fantaisiste que ça, » répondit-il.

« Pouvez-vous dire aux autres que c’est bon ? Si vous avez des marchandises à vendre, montrez-les à mes femmes. Peut-être qu’elles seront intéressées par quelque chose. En attendant, vous pouvez me montrer un endroit où je peux installer mon campement ? » lui avais-je demandé.

« Vous pouvez utiliser les champs de B-Barren. Ou la maison du fermier un peu plus loin. Il est mort il y a deux mois, » il poussa un soupir.

« La vieillesse ? » lui avais-je demandé.

« N-Non…, » il secoua la tête. « Il était jeune… Il a glissé et est tombé quand il était dehors, en train de ramasser du bois. Le pauvre type s’est cogné la tête sur le seul rocher de la zone. Ce n’est pas de chance, » il acquiesça d’un signe de tête.

« Les accidents arrivent…, » j’avais hoché la tête et lui avais montré un sourire sympathique.

« Je vais aller dire aux autres… Vous pouvez aller installer votre campement, » dit-il.

« Très bien, très bien, » j’avais hoché la tête et j’étais retourné au MCV.

Après avoir dit à mes femmes ce que le vieil homme m’avait dit, j’avais démarré le moteur et j’avais voyagé sur la petite route menant aux champs stériles. Je m’étais garé juste devant la maison du fermier. Pendant que Nanya entrait pour voir s’il y avait quelque chose d’intéressant, j’avais fait venir le bâtiment où nous allions passer la nuit et j’avais fait un feu pour que Tamara nous fasse à manger. Comme ce village semblait manquer un peu de ressources, j’avais pensé à être généreux et je lui avais demandé de faire quelque chose pour eux aussi.

Cette fois, c’était Ayuseya qui était allée chasser dans la forêt. Utilisant sa vitesse de Super Suprême, elle s’était précipitée vers une zone qui aurait été hors de portée des villageois d’ici. Nous ne voulions pas chasser les proies potentielles des chasseurs ici.

Pendant qu’elle s’en occupait, j’avais aussi décidé de créer un petit temple pour que Zoreya puisse prier Melkuth. Plutôt qu’un temple, il valait mieux l’appeler simplement un sanctuaire.

Quand Nanya était sortie de la maison, elle avait secoué la tête et avait dit. « Il n’y avait rien d’intéressant à l’intérieur. Les villageois ont dû fouiller l’endroit et pris tout objet utile. »

« Vu leur situation actuelle, je ne serais pas surpris, » j’avais hoché la tête.

Au bout d’une demi-heure environ, Ayuseya était revenue en ramenant plusieurs cerfs morts et un gros sanglier sauvage. Je pense que c’était un monstre ou quelque chose comme ça parce qu’il y avait des pointes qui dépassaient de son dos.

« Oh mon Dieu ! Que s’est-il passé ici ? » J’avais soudain entendu la voix d’une femme qui venait de derrière moi.

Quand je m’étais retourné, j’avais vu les villageois qui s’étaient rassemblés pour nous saluer. Certains d’entre eux apportaient leurs marchandises, y compris des sculptures et autres.

« Juste un peu de magie, » lui avais-je dit en montrant un sourire ironique.

« Vous avez de la magie qui peut invoquer des bâtiments ? » demanda-t-elle, surprise.

« Euh… oui ? » avais-je répondu.

Techniquement parlant, c’est ce que je faisais. Pratiquement, je sortais des trucs préfabriqués de mon esprit intérieur.

Quand j’avais regardé de plus près le groupe de villageois et leurs marchandises, j’avais remarqué non seulement la rareté des articles, mais aussi à quel point ils étaient pauvres. Comparé aux nouveaux vêtements de mes esclaves et à l’armure que nous portions, il semblait que nous venions de deux mondes différents, l’un des riches et l’autre des pauvres.

« Nous avons peu de choses, mais… s’il vous plaît, jetez un œil, » dit le vieil homme grizzli.

Nanya avait été la première à regarder leurs objets.

« Ça ne nous dérange pas d’échanger contre de la nourriture… ou des outils, » l’un de ces hommes m’avait fait remarquer cela pendant qu’elle regardait les objets.

« En parlant de nourriture, si ça ne vous dérange pas, ma femme a cuisiné un petit extra, pour que vous puissiez tous vous joindre à nous pour le dîner. Il y en a pour tout le monde au village, » leur avais-je dit.

Quand ils avaient entendu cela, ils me regardaient tous avec une bouche béante. C’était difficile pour eux de croire la générosité d’un étranger comme moi, mais si la nourriture était gratuite, je doutais qu’ils la refusent.

« Vous en êtes sûre ? » Le vieil homme grizzli de tout à l’heure m’avait demandé cela.

« Oui, » j’avais hoché la tête et lui avais montré un sourire. « Mais un avertissement à vous tous, je mangerai à la même table avec mes femmes et mes esclaves, qui sont d’espèces différentes. J’aimerais que vous avertissiez ceux que vous connaissez pour qui cela pourrait poser un problème afin de ne pas faire de remarques grossières. Je ne voudrais pas croire que ma générosité était déplacée. » Lui avais-je dit avec une subtile allusion.

« Bien sûr, bien sûr, » le vieil homme hocha la tête.

« La plupart d’entre nous n’auront pas de problème avec ça… Nous sommes des gens simples, mais nous savons très bien ce que cela signifie de vendre un membre de votre famille comme esclave parce que vous ne pouvez pas payer les taxes ou acheter de la nourriture pour l’hiver, » déclara l’un des hommes en regardant en bas.

Les villages d’un pays qui valorisait le système esclavagiste comme Paramanium avaient connu des moments difficiles. Maintenant, quand même les percepteurs d’impôts les avaient abandonnés, ils avaient eu ce qu’il y avait de pire à première vue. S’ils ne pouvaient pas faire un retour miraculeux, ils étaient destinés à finir morts de faim ou dans les chaînes d’un esclavagiste errant. Il était également possible de recourir au vol et de devenir des bandits.

Tandis que je les voyais expliquer leurs marchandises à Nanya, une pensée folle m’avait traversé l’esprit : dois-je essayer d’aider ce village à survivre ? Je n’y gagnerai rien, mais une bonne action de temps en temps ne fait pas de mal.

***

Chapitre 103 : Là-haut dans les montagnes

[Point de vue d’Illsyore]

Les villageois étaient très certainement satisfaits de la qualité de la nourriture préparée par Tamara. Il ne serait pas faux de dire qu’il ressemblait aux repas de certains nobles prospères, ce qu’une famille de roturiers ne pouvait que rêver goûter dans ce monde. Pour nous, cependant, c’était de la nourriture normale, de tous les jours. Mais bien que pas spéciale, Tamara cuisinait toujours avec tout son cœur et appréciait chaque moment du processus. C’était peut-être la principale raison pour laquelle il était si bon.

Après que tout le monde se soit rassasié, les villageois nous avaient remercié les larmes aux yeux et étaient ensuite rentrés chez eux. C’était un moment émouvant qui nous avait fait sourire doucement. Je commençais à aimer l’idée de permettre à ceux qui vivaient sur mon Territoire de Donjon d’avoir beaucoup à manger et un endroit sûr pour passer la nuit. De cette façon, ils pouvaient se concentrer pendant la journée sur leur travail individuel et améliorer la qualité de leurs propres compétences.

C’était quelque chose qui ne pouvait arriver qu’après que les gens se soient habitués à l’idée de mon Académie de Magie et aient commencé à accepter l’idée d’y déménager afin de mener une vie meilleure. Bien sûr, je devrais trouver un moyen d’accommoder des centaines sinon des milliers d’âmes. Je ne pouvais pas laisser Tamara cuisiner pour tous, mais peut-être qu’elle pourrait commencer un cours de cuisine par lequel elle transmettrait ses compétences.

En ce qui concerne le repas que nous avions pris avec les villageois, j’avais été heureux de voir qu’aucun d’entre eux n’avait l’air mécontent de mes esclaves ou de mes femmes, surtout Ayuseya et Nanya qui avaient leur propre apparence humanoïde unique. Le fait d’être appauvris et de compter les jours jusqu’à ce qu’ils meurent de faim ou de maladie pouvait avoir tenu en laisse n’importe quel suprémaciste humain. Ils n’auraient pas voulu me mettre en colère, après tout.

Eh bien, avec tout le monde se couchant pour la nuit, nous étions aussi allés nous coucher, pour pouvoir nous reposer dans un lit confortable et rencontrer le nouveau jour avec un sourire sur les lèvres. Ou… c’est ce que je pensais.

Quand il était environ 1 h 30 du matin, Ayuseya s’était levée et m’avait aussi réveillé.

« Sssh ! Je ne veux pas les réveiller, » me dit-elle en baillant et en me frottant les yeux.

« Qu’est-ce qu’il y a ? » lui avais-je demandé.

« Je veux te parler de quelque chose… C’est à propos de Teslov…, » dit-elle en regardant en bas.

Je n’avais aucune idée de ce qu’elle voulait me dire, mais je hochai la tête et me levai prudemment. Le problème était la chatte baveuse qui s’accrochait à mon bras droit et la queue de la démone qui était enroulée autour de ma taille. Elles dormaient toutes les deux à moitié, et l’une d’elles rêvait certainement de poisson.

Avec précaution, j’avais déballé la queue de Nanya et j’avais lentement sorti mon bras du serrage de Tamara. Une fois libre, je m’étais levé du lit et m’étais changé. Au cas où elles se réveilleraient et se demanderaient où j’étais, je leur avais laissé un message écrit sur la table de nuit pour les empêcher de s’inquiéter.

« Allons-y, » avais-je dit à Ayuseya, qui m’avait fait un signe de tête.

Nous avions quitté la maison et nous avions commencé à marcher vers la forêt. Nous portions tous les deux des vêtements qui nous garderaient au chaud par une journée normale de printemps, pas par une froide nuit d’hiver : un pantalon de coton et une chemise à manches longues, une veste en cuir, des chaussures en cuir minces et un manteau de cuir. Normalement, nous aurions dû frissonner, mais tous ces articles avaient des enchantements de régulation thermique réglés sur un minimum de 22 degrés et un maximum de 30 degrés Celsius. C’est pour cette raison qu’aucun de nous n’avait ressenti d’inconfort en marchant à l’extérieur.

Si nous le voulions, nous pourrions aussi régler notre armure magique pour réguler notre température.

« Nous devons atteindre ce sommet là-bas, » m’avait dit Ayuseya, en montrant du doigt une montagne dans le lointain.

« Qu’est-ce qu’il y a là ? » lui avais-je demandé.

« Rien, mais de là, on peut voir Teslov, » répondit-elle.

« D’accord, montre-moi le chemin, » lui avais-je dit.

Elle avait hoché la tête et avait disparu de ma vue, eh bien… pas vraiment, elle avait bondi. Je l’avais suivie. À l’aide d’un sort de vent sans échauffement, elle s’était poussée vers l’avant jusqu’à la pointe d’un pin devant elle et l’avait utilisée comme prise de pied, se poussant vers l’avant. Et ainsi, elle avait commencé à courir sur les arbres comme un personnage d’un film d’arts martiaux chinois. La grande différence était que ces personnages avaient un pas léger, tandis que le sien pulvérisait complètement la pointe de l’arbre après avoir sauté. C’était la même chose pour moi.

Nous avions couru ainsi pendant une vingtaine de minutes jusqu’à ce que nous atteignions l’arête rocheuse de la montagne. Ici, nous n’avions plus d’arbres pour sauter, alors nous avions continué sur le sol. La force intimidante que nous avions dégagée en courant simplement comme ça avait effrayé tous les monstres sur notre chemin. Lorsque nous avions touché le sol, les rochers s’étaient brisés et la poussière s’était élevée vers le ciel, mais chaque pas nous avait propulsés jusqu’à 30 mètres en avant.

Pendant que je courais comme ça, je me sentais honnêtement comme un personnage d’un manga shounen. C’était génial.

Des falaises déchiquetées, des fissures géantes dans le sol et des tas de monstres sur notre chemin qui, normalement, auraient poussé de nombreux aventuriers à faire demi-tour ou à lutter pour traverser ne signifient rien pour nous. Nous avions grimpé les falaises en poussant simplement notre corps vers le haut sur les rochers que nous étions comme un astronaute se déplaçant sur le côté de sa station spatiale, mais à une vitesse plus rapide. Quand nous avions rencontré les fissures géantes dans le sol, nous avions simplement sauté par-dessus et comme si ce n’était pas assez, nous avions utilisé un souffle de vent pour nous jeter plus loin. Quant aux monstres, c’était eux qui avaient fui et étaient restés à l’écart de notre chemin. Les bêtes pouvaient sentir notre force et n’osaient pas nous affronter. Dommage que certaines personnes n’aient pas ressenti la même chose plus tôt cette semaine.

Ici, le paysage était magnifique. Les terres étaient couvertes de forêts verdoyantes et luxuriantes, tandis que les sommets des montagnes étaient d’un blanc pur grâce à une épaisse couche de neige. Les sports d’hiver n’existaient pas, donc il était très peu probable que nous rencontrions des touristes, mais cet endroit serait certainement un endroit merveilleux pour faire du ski et du snowboard.

Hm. Note à moi-même : présenter les Jeux Olympiques une fois que l’Académie de Magie sera installée. En jetant un coup d’œil à l’une des pentes enneigées de la montagne, je m’étais dit cela.

Ayuseya avait continué à courir devant moi, mais je n’étais pas loin derrière. Je n’avais pas besoin de passer ou de maintenir la même vitesse qu’elle. Ce n’était pas une course, et de cette hauteur, nous pouvions jouir d’une vue magnifique.

Très loin, notre regard avait aperçu plusieurs villes et villages éparpillés sur les collines et les plaines en contrebas. Ils étaient comme de minuscules taches de lumière clignotant ici et là, peu nombreuse, mais ils avaient mis en perspective l’isolement du village Ils par rapport à eux.

Quelque chose m’avait dit que les autorités avaient abandonné ce village juste parce qu’il était difficile à atteindre. L’isolement le pousserait à mourir lentement et à disparaître au fil des ans. Ce fut un triste sort, mais rencontré par de nombreuses colonies sur les trois continents.

Quand Ayuseya atteignit le sommet de la montagne, elle s’arrêta juste au sommet et regarda vers l’autre côté. Après mon dernier saut, je m’étais posé à côté d’elle et j’avais regardé le même paysage qu’elle. Les terres du royaume de Teslov s’étendaient de part et d’autre à gauche et à droite, jusqu’au bout de l’horizon.

D’ici, nous pouvions voir plusieurs colonies de peuplement, très probablement de grandes villes. La forêt de ce côté était épaisse et remplie d’arbres, mais elle avait été coupée à la base de la montagne. À notre droite se trouvait une autre chaîne de montagnes qui séparait le pays en deux, mais ce n’était pas comme si nous pouvions voir la totalité du royaume. Il aurait été absurde de le penser. La planète était ronde, donc l’horizon cachait plus de la moitié de cette terre.

« Teslov était autrefois un empire prospère, mais les draconiens devinrent avides et, tout comme cela semble être arrivé à Paramanium au cours des dernières décennies, un certain type de mentalité est apparu, » déclara Ayuseya en regardant sa patrie.

« Des suprémacistes ? » lui avais-je demandé.

La draconienne hocha lentement la tête, puis serra le poing sur sa poitrine.

« En ce moment, je suis entre Paramanium et Teslov. Ce pic s’appelle le pic Marron. C’est l’une des plus hautes de cette chaîne de montagnes et elle sert de repère naturel pour la frontière entre les deux pays. » Elle avait ensuite fait un petit saut en avant, atterrissant à quelques mètres devant moi. « Juste avec ça, je suis de retour dans mon pays, mais… Je n’en suis pas du tout satisfaite…, » dit-elle en secouant la tête.

Je m’approchai d’elle et l’enlaçais doucement par-derrière. Elle avait enroulé sa queue autour de ma taille et s’était penchée dans mes bras. La différence de hauteur donnait l’impression que je tenais la tour de Pise, mais ce n’était qu’un détail mineur.

« Avec mon pouvoir actuel, je pourrais courir jusqu’à la capitale et voir mes frères et sœurs… ou réclamer le trône, » dit-elle.

« Pourquoi ne le fais-tu pas ? C’est juste là-bas, » j’avais montré du doigt les lumières clignotantes au loin.

« J’y ai pensé… plus d’une fois, mais… ça voudrait dire te quitter. Je ne veux pas de ça, » elle secoua la tête.

« Est-ce vraiment la raison ? » lui avais-je demandé et j’avais planté un petit baiser sur sa nuque.

« Tes lèvres sont froides, » elle m’avait fait un petit sourire.

« Blâme le temps, » avais-je souri.

Elle poussa un doux soupir et leva les yeux vers le ciel étoilé.

« C’est une partie de la raison, mais… pendant que nous étions sur cette île et même maintenant après avoir atteint le continent Thorya, j’ai pensé sérieusement à la politique. J’ai pensé à ce que je ferais si j’avais la chance de retourner un jour à Teslov ou si j’y étais nommée reine. Toutes les lois que je pouvais changer, tout ce que je pouvais améliorer, mais alors…, » elle se retourna, et je vis la tristesse déchirante dans ses yeux. « Je sais que dans un tel royaume, tu ne serais pas là avec moi. Je serais seule… Je ne t’échangerai pas, toi et mes amies, contre la totalité de Teslov, » elle secoua la tête.

« Quels sont tes sentiments honnêtes au sujet de ce royaume ? » lui avais-je demandé.

Elle avait fermé les yeux et s’était éloignée de moi. Je l’avais laissée glisser de mes bras et je l’avais regardée marcher jusqu’au bord de la falaise. Après s’y être arrêtée, elle avait regardé vers la terre qui avait été sa patrie pendant tant d’années. Où elle avait été élevée et avait appris tout ce qu’elle savait. Ce n’était pas quelque chose qu’elle pouvait tout simplement jeter, alors il ne faisait aucun doute que ses sentiments à ce sujet étaient complexes.

Sans la déranger, je m’étais approché d’elle et j’avais regardé la même scène qu’elle. Ce soir, nous avions eu de la chance, car il y avait peu ou pas de nuages dans le ciel. Les étoiles brillaient intensément au-dessus et l’air froid était aussi un délice. Heureusement, nous n’étions pas à une hauteur où le manque d’oxygène deviendrait un problème.

En ce moment de méditation, je me demandais aussi ce que je ferais si jamais Ayuseya voulait retourner dans son royaume. Il y a quelque temps, je lui aurais dit d’aller faire ce qu’elle voulait, mais maintenant il y avait une partie de moi qui ne voulait pas qu’elle me quitte.

J’aimais Ayuseya, et je voulais qu’elle soit heureuse et qu’elle se sente libre, mais dans le royaume de Teslov il n’y avait rien à me permettre de pensée qu’elle en viendrait à avoir un tel destin. Elle avait été vendue par son propre pays à Dankyun et plus encore par sa propre famille. Poursuivre la lignée était devenu une affaire désespérée pour la famille royale et à cause de cela, ils avaient perdu une grande quantité d’influence, au point où Paramanium pouvait faire tout ce qui lui plaisait avec eux.

Aux yeux des dirigeants d’un tel pays, il était fort probable qu’ils en viendraient à la considérer comme un simple outil qu’ils pourraient utiliser à leur guise. À de telles personnes, qu’il s’agisse ou non de sa propre famille, je ne remettrais jamais ma bien-aimée.

Pourtant, au fond de moi, j’avais un peu peur qu’elle veuille revenir et essayer de les aider d’une certaine façon… même si je savais qu’elle n’avait aucune raison. C’était une question de morale, de sentiments et de ses propres désirs.

« Tu m’as demandé quels sont mes sentiments honnêtes au sujet du royaume de Teslov…, » dit-elle après presque dix minutes de silence « Je déteste ça. Je déteste la façon dont ils m’ont utilisée et traitée. Je déteste la façon dont ils me voyaient et se comportaient avec moi. Je déteste la façon dont ma propre famille a pensé à moi… Mais quand même, je ne déteste pas les draconiens qui luttent pour vivre sur ces terres, qui essaient de vivre une vie meilleure, peu importe ce que font ou déclarent leurs supérieurs. Je ne peux pas les détester… mais si je pouvais… Je détruirais le Palais Royal moi-même d’ici, » dit-elle en levant la paume de sa main, la dirigeant vers la lumière la plus brillante de l’horizon. Le mana se rassembla au milieu de sa paume, et une sphère de feu se forma.

Ceux qui n’avaient pas d’yeux entraînés en viendraient à croire que ce n’était qu’une simple [Boule de feu], mais ils n’auraient pas pu se tromper davantage à ce sujet. Ce qu’Ayuseya tenait dans sa main n’était rien de plus qu’une étoile miniature. Si elle l’avait lâché, elle aurait voyagé jusqu’à cette lumière clignotante au loin et l’aurait complètement détruit. Tout ce qui se trouvait à moins de 200 km du point d’impact zéro aurait été balayé par une onde de choc et fondu par une chaleur extrême. Le rayonnement suivrait bientôt, mais cela aussi aurait été contrôlé par magie, en ne visant que certaines formes organiques, en les éradiquant et en ne laissant aucune trace, tout en épargnant les autres.

Une fois l’attaque terminée, toutes les radiations auraient été envoyées vers le ciel et dans l’espace, tandis que le mana restant se serait dissipé dans l’air autour du point zéro.

Quelqu’un comme moi pouvait survivre à un coup direct de ce sort, mais les dragonniens de cette ville auraient subi un sort terrible, d’autant plus qu’aucun d’entre eux n’aurait soupçonné l’attaque. Au moins, ils seraient morts dans leur sommeil et n’auraient pas souffert pendant leur sommeil.

Ayuseya n’avait quand même pas déclenché cette attaque impitoyable de Super Suprême. Elle avait réabsorbé le mana en elle et avait annulé le sort.

Abaissant le bras, elle poussa un soupir et dit. « Eux, je pourrais les tuer… peut-être, mais les innocents qui vivent dans la ville ? Les femmes de chambre qui ne travaillent là que pour gagner leur vie ? Les professeurs engagés par l’Académie de Magie à la suite d’un ordre royal donné ? Ma sœur… Non, je ne pense pas que je le ferais, » elle secoua la tête.

« Je suis content de ton choix, mon amour, » avais-je dit.

« Je sais…, » elle ferma les yeux et poussa un autre soupir.

« Alors… pourquoi es-tu venue jusqu’ici ? » lui avais-je demandé.

Ouvrant les yeux, elle m’avait regardé et puis elle était retournée chez Teslov.

« Je voulais leur dire adieu… et je voulais que tu sois mon témoin, car aujourd’hui, j’ai officiellement coupé TOUS mes liens avec ce royaume ! Je ne suis plus une Pleyades ! Je suis juste Ayuseya Drekar DEUS ! » Elle prit une grande respiration et poussa un cri puissant. « Je ne suis plus une Pleyades ! JE SUIS UNE DEUS ! JE SUIS AYUSEYA DREKAR DEUS ! VOUS M’AVEZ ENTENDU, GENS DE TESLOV ! JE NE SUIS PLUS UNE PRINCESSE ! JE SUIS AYUSEYA DREKAR DEUS ! » elle souffla à la fin en reprenant son souffle.

Ici, à ce sommet des montagnes, sur le plus haut sommet qui séparait Paramanium de Teslov, Ayuseya fit ses adieux au royaume qui l’avait élevée et donna le nom de sa famille. N’étant plus princesse, elle n’était plus que mon épouse draconienne bien-aimée.

Pour cet acte, pour cette bravoure, je l’admirais.

Alors que pour d’autres, renoncer au pouvoir et à l’autorité que l’on pouvait avoir au sein d’un royaume comme Teslov était impensable, pour elle, c’était devenu un choix qu’elle voulait faire. Le nom de Pleyades avait même disparu de son écran de statut.

« Rentrons, Madame Deus. On pourrait encore dormir quelques heures si on se dépêche, » avais-je dit en offrant ma main.

Avec un doux sourire, elle m’avait pris la main et avait hoché la tête.

Ayuseya avait regardé Teslov une dernière fois avant de sauter avec moi. Nous avions couru vers les autres, mais aucun de nous n’avait rien dit en chemin.

Une fois arrivés, nous avions repris nos vêtements pour dormir et nous nous étions endormis sous les couvertures, elle m’avait embrassé et s’était endormie rapidement pendant que Nanya et Tamara se rattachaient à moi, probablement parce qu’elles avaient senti que leur oreiller d’étreinte était revenu.

« Nya ~ le poisson est de retour…, » grogna la chatte en me frottant la joue contre sa main.

Je ne veux même pas savoir de quoi tu rêves…, avais-je pensé en m’endormant.

***

Chapitre 104 : Le nouveau village Ils

Partie 1

[Point de vue d’Illsyore]

Le lendemain, je m’étais réveillé rafraîchi et débordant d’énergie. Le petit jogging que j’avais fait pendant la nuit froide avait fait des merveilles pour moi. Contrairement à moi, Ayuseya avait laissé la douce étreinte du sommeil durer plus longtemps. Elle était aussi un peu léthargique à cause du froid, mais les autres n’avaient aucun problème à se lever et à se préparer pour le nouveau jour.

Je n’avais pas l’intention de passer une autre nuit ici, au Village Ils, alors le plan était de partir aujourd’hui et d’atteindre Kantor avant la nuit tombée. Cependant, j’étais bien conscient du fait que ces villageois n’allaient recevoir aucune aide du gouvernement. Ils avaient été laissés ici pour mourir. Aucun commerçant n’allait se donner la peine de voyager jusqu’ici dans les montagnes juste pour leur vendre quelques articles pour quelques pièces de monnaie. Ça n’en valait pas la peine.

Sachant cela, j’avais jeté un coup d’œil autour de leur petite colonie et noté ce qui leur manquait. Je voulais les aider sur le long terme, pas simplement leur donner de la nourriture et ensuite partir.

La première chose que j’avais remarquée, c’est que leur petit puits ne fonctionnait plus. Ensuite, il y avait la question des outils. Tout ce qu’ils avaient sur eux en ce moment était cassé et réparé jusqu’au point où cela ne durerait plus très longtemps. Ils n’avaient pas non plus de forgeron capable de reforger les outils cassés.

En d’autres termes, la situation était catastrophique. Si nous partions sans aucune aide, ils seraient forcés de quitter le village et de chercher refuge dans un autre village pour survivre ou de rester ici et de mourir un par un.

Quand j’avais présenté la situation à mes femmes, elles m’avaient dit les choses suivantes :

« Nya ~ ! Si tu veux les aider, mon pote, dis-le-moi ! Je vais préparer un bon repas pour leur remplir le ventre et m’assurer de ne pas te déranger ! » dit Tamara avec un sourire carnassier tandis que sa queue se balançait de gauche à droite.

« Plus je réfléchis à ce qu’il adviendra d’eux, plus je souhaite les aider, mais nous ne savons pas grand-chose sur ces gens. Il peut s’agir de loups vêtus de moutons, faisant semblant d’être vulnérables alors qu’en fait, seules les circonstances le laissent croire, » déclara Shanteya.

« Normalement, c’est le travail du seigneur de la terre, mais tout indique qu’il ne se soucie pas de ces villageois. Ils mourraient certainement s’ils étaient laissés seuls, mais je ne crois pas non plus que nous puissions rendre ce village indépendant du reste du pays. Si nous les aidons, alors ils doivent aussi être prêts à essayer de reconnecter le village au monde d’une manière ou d’une autre… d’une autre manière, sinon, je crains que le seigneur puisse facilement prétendre que le village s’est rebellé contre la couronne et les soumettre ensuite, » dit Ayuseya avec un regard médusé dans les yeux.

« Je me fiche de ce que tu en fais. Ce sont des humains et des citoyens de l’Empire de Paramanium. Il est très peu probable que nous nous croisions à nouveau. Je dis que nous devons jouer la carte de l’ignorance et les laisser à leur sort, » dit Nanya d’une voix froide.

« Ce n’est ni un village visé par des bandits ni un village opprimé par un dirigeant injuste. Les circonstances font qu’il est très difficile de parvenir à un accord, donc, ce qui se passe ici ne viole pas les lois des dieux. Cependant, je me sens mal à leur sujet… Ils ne ressemblent pas à de mauvaises personnes, » dit Zoreya.

Tamara était d’accord avec ce que j’avais choisi. Shanteya se méfiait un peu d’eux parce qu’ils étaient humains et c’était l’Empire de Paramanium. Jusqu’à présent, cela ne nous avait pas laissé la meilleure impression en ce qui concerne l’égalité entre les espèces. Nanya semblait complètement contre l’idée de leur offrir un coup de main, tandis que Zoreya regardait ça du point de vue d’un apôtre. Les laisser en l’état pouvait aussi être considéré comme le destin en jeu, mais j’avais le pouvoir de faire quelque chose. La question était de savoir si je voulais le faire ou non…

En fin de compte, tout se résume à ma propre volonté…, avais-je pensé.

J’étais tenté d’écouter Nanya et de les laisser simplement être, de laisser le destin décider ce qu’il voulait, mais quand j’avais commencé à penser à mon Académie de Magie, j’avais réalisé quelque chose…

Ce village était au milieu de nulle part, seul, isolé, sans les ressources nécessaires pour subvenir à ses besoins. D’une certaine façon, il y avait les conditions auxquelles j’allais être confronté lorsque je viendrai construire mon Académie.

En d’autres termes, je pouvais utiliser ce village pour tester une version rudimentaire du système que j’avais développé et voir comment ces simples humains y réagissaient. La question était de savoir s’ils allaient être faciles à utiliser ou non et s’ils étaient efficaces.

C’était l’excuse que je m’étais donnée, mais sous ce prétexte se cachait une autre raison…

« Soupir… Illsy, fais-le si tu veux, » dit Nanya en posant sa main sur mon épaule.

« Hein ? » J’avais répondu comme un imbécile confus.

« Illsy, même si tu nous as demandé si tu pouvais les sauver ou non, tu n’aurais pas pris la peine de vérifier ce qu’il manquait si tu avais l’intention de gaspiller ça. Il est clair que tu veux les aider d’une façon ou d’une autre. Tu as probablement déjà un plan, n’est-ce pas ? Alors, vas-y, fais-le. Si nous pouvons t’aider, n’hésite pas à nous le faire savoir. Nous te donnerons un coup de main en tout temps ! » la démone m’avait fait un sourire.

« Ne penses-tu pas que ce serait mal d’utiliser mes pouvoirs de Donjon pour le faire ? » lui avais-je demandé.

« Pourquoi cela serait-il ainsi ? Nous sommes tous au-dessus des Suprêmes. Si nous l’avions voulu, nous aurions pu prendre le contrôle de ce pays par la force. La seule raison pour laquelle nous ne le faisons pas, c’est parce que nous ne le voulons pas, » dit-elle avec un haussement d’épaules.

Cela m’avait rappelé la conversation que j’avais eue avec Ayuseya. Elle pouvait aussi reprendre Teslov quand elle le voulait, mais elle n’en avait pas l’intention. Hier soir, elle avait renoncé à son nom Pleyades, donc si elle voulait VRAIMENT le faire, elle aurait pu utiliser son nom, déclencher une rébellion, et ça aurait été tout. En fait, si elle s’y était rendue et qu’elle s’était placée comme chef intérimaire, personne n’aurait été en mesure de s’opposer à elle. Je ne doute pas non plus du fait qu’elle aurait probablement pensé à de bien meilleurs plans que ceux que je venais de mentionner.

En fait, nous en étions à un point où tout ce qui comptait, c’était de savoir si nous voulions le faire ou non. Compte tenu de la situation, il était également fort probable que ce serait l’une des décisions les plus faciles que j’aurais à prendre. Ayuseya m’avait prévenu que mon projet ne serait pas aimé par la majorité de la noblesse et de la royauté. Lorsqu’ils exprimeraient leur plainte, je devrais faire un choix et déclarer fermement ma position.

« Hm, j’étais redevenu une mauviette, n’est-ce pas ? » avais-je demandé avec un sourire forcé.

« Pas du tout, juste indécis, » Nanya secoua la tête.

« Tu n’as pas peur d’agir, Illsy. Tu n’es pas certain du choix qui serait le meilleur pour nous tous. Mais tu sais, parfois tu ne peux pas vraiment dire lequel est lequel à moins d’agir, » dit Zoreya.

« Je suppose que vous avez raison, » j’avais poussé un soupir.

« Alors qu’est-ce que tu vas faire ? » demanda Shanteya avec un doux sourire sur les lèvres.

« Je m’occuperai de cet endroit, puis je partirai pour Kantor. Je leur donnerai un coup de main, mais le reste dépendra d’eux, » avais-je répondu.

« En effet, c’est le cas. Tu devrais aider si tu le veux, mais cela ne sert à rien de te sentir coupable si tu ne le veux pas, » dit Zoreya.

« Nya ~ Ou trouver des excuses sur les raisons pour lesquelles tu as besoin de faire quelque chose que tu devrais faire simplement parce que tu le veux, » ajouta Tamara.

Grâce à cette petite conversation que j’avais eue avec mes femmes, tous les doutes sur ce que je voulais faire s’étaient envolés. J’avais trop réfléchi comme d’habitude, ce qui m’avait amené à un point où je n’avais aucune idée de la façon d’agir parce que j’avais peur de faire quelque chose de mal ou de finir par me sentir coupable après que quelque chose de mal soit arrivé alors que j’avais le pouvoir de prévenir cela.

J’avais demandé à Tamara de faire un bon repas pour tout le village, et j’avais expliqué rapidement que je voulais utiliser ma magie pour les aider. Ils avaient accepté avec gratitude et ne s’étaient pas opposés à mon désir de rénover cet endroit. C’est ainsi que j’avais commencé.

La première chose que j’avais faite avait été d’étendre mon Territoire du Donjon jusqu’à ce qu’il contienne le village entier. Puis, j’avais trouvé une place près du puits et je m’étais assis avec les jambes croisées. J’avais fermé les yeux et je m’étais envolé hors de mon corps.

Du ciel, j’avais une meilleure vue sur toute la région et je pouvais planifier soigneusement ma stratégie. Il y avait quelques maisons dont le toit s’était effondré, mais qui, du rez-de-chaussée, on ne pouvait pas le voir. Le puits était également dans un état désastreux. Il faudrait creuser assez profondément pour trouver la moindre goutte d’eau, et sans quelqu’un capable d’utiliser la magie de terre, cela allait être assez difficile, d’autant plus qu’ils n’avaient pas les outils nécessaires pour ce travail.

La première chose que j’avais réparée, c’était le puits. J’avais creusé un trou profond de deux mètres de diamètre, j’avais changé les parois avec de la roche solide et l’avais renforcée avec de la magie. Au fond, j’avais creusé plusieurs trous à un angle de 20 degrés de la surface, qui menaient dans différentes directions. De cette façon, le fond du puits était devenu un lieu de rassemblement de toute l’eau qui s’écoulait depuis les trous latéraux. Cela avait fonctionné, et en un rien de temps, il y avait assez d’eau pour tout le monde dans le village.

En m’envolant hors du puits, j’en avais enlevé le dessus et l’avais remplacé par une construction de ma propre conception. Je l’avais recouvert d’un couvercle qui empêchait que quelqu’un ou quelque chose ne tombe accidentellement à l’intérieur. Personne n’aimait avoir une mouche dans sa soupe, encore moins un cadavre dans le puits.

Le seau relié à une corde qui passait par une poulie autrefois utilisé par les villageois avait été jeté et remplacé par un rouleau à chaîne tourné par une grande roue. À côté, j’avais aussi fabriqué une pompe à eau manuelle, mais c’était seulement parce que j’étais curieux de voir si je l’avais construite correctement. Le premier essai avait été un gâchis et n’avait pas fait grand-chose parce que j’avais oublié de le couvrir et j’avais rendu le piston trop lourd. Après l’avoir remodelé plusieurs fois, j’avais finalement pu le faire et sauvegarder le plan avant de l’oublier. Maintenant, les villages avaient deux façons différentes de collecter l’eau.

J’avais fini par faire un petit bâtiment autour, qui offrait une protection supplémentaire au puits. J’avais ensuite été dans leurs maisons, que j’avais réparées et restaurées pour les remettre dans leur meilleur état. J’avais le sentiment qu’ils n’allaient pas m’en vouloir si je faisais quelques changements supplémentaires, alors j’avais ajouté quelques lampadaires, qui n’étaient qu’un poteau en métal avec un cristal de lumière au sommet. Un fil magique le reliait au cristal collecteur de magie au fond, que les villageois devaient charger eux-mêmes. De cette façon, ils n’auraient pas à s’inquiéter de l’obscurité imminente de la nuit.

Me sentant un peu généreux, j’avais ajouté des cristaux de chaleur et des cristaux de lumière à l’intérieur de leurs maisons. Le cristal collecteur de magie allait être près de l’entrée, et j’avais marqué le chemin du fil magique avec un fil de cuivre pour qu’ils ne finissent pas par le casser par accident. Une fois que j’en avais fini avec ça, j’avais ajouté des interrupteurs pour tous les cristaux de la maison, pour qu’ils ne restent pas allumés tout le temps. J’avais ensuite fait la même chose pour les lampadaires parce que j’avais oublié de le faire quand je les avais construits.

Enfin, je leur avais fabriqué plusieurs outils qu’ils pouvaient utiliser pour recommencer leur vie dans ce village. Ils avaient tout, des pelles aux pioches et aux pinces.

Tout cela avait duré quelques heures, et il était déjà plus de 15 heures quand j’avais terminé. Après être retourné à mon corps, j’étais allé vérifier les lampadaires pour voir s’ils fonctionnaient. L’interrupteur ON/OFF n’était qu’un petit levier à côté du cristal.

« Ça devrait le faire ! » déclarai-je en étant très fier de moi quand je regardais tout le village d’une bonne hauteur.

Il n’y avait rien d’autre que je voulais changer en particulier. Tous les bâtiments avaient été rénovés et enchantés de magie pour résister même en cas d’attaques de monstres. Le puits fonctionnait maintenant et avait très peu de chance de se dessécher à nouveau. Ce n’était pas impossible, mais improbable. Le village avait maintenant un système d’éclairage semblable à celui d’un village moderne, et je m’assurais de l’ajouter à chaque maison de ce village également.

« Autre chose que je pourrais ajouter ? » avais-je pensé à voix haute et puis cela m’avait frappé. « Un mur ! Je dois construire un mur gigantesque ! » avais-je dit en souriant.

Le village lui-même n’avait aucun moyen de protection contre les attaques de monstres. Quel que soit le mur de bois qu’ils avaient construit avant, il avait disparu maintenant. En utilisant de la pierre de granit et du ciment, j’avais conçu un mur de trois mètres de haut et d’un mètre d’épaisseur. Au lieu de le construire autour du village, je m’étais assuré que les villageois aient assez d’espace pour cultiver quelques potagers, élever quelques animaux domestiques et construire de nouvelles maisons si la population augmentait. Une fois la conception terminée, j’avais passé en revue les détails, comme les échelles pour atteindre le haut du mur, les petites tours en bois pour les belvédères et les deux portes d’entrée opposées dans le village. J’avais aussi ajouté un petit enchantement pour plus de sécurité. Ce n’est qu’alors que j’avais versé mon Mana dans le sort de construction et que je l’avais jeté.

« Je crois que j’ai fini maintenant, » avais-je dit d’un signe de tête.

Après avoir redescendu sur mon corps, je m’étais levé du sol, j’avais dépoussiéré mes vêtements et j’étais retourné à la vue du camp. Là, j’avais trouvé les villageois regardant leur village avec les bouches ouvertes comme des poissons échoués sur le rivage. Nanya se frottait le front avec deux doigts comme si elle avait mal à la tête. Tamara riait. Ayuseya secoua la tête. Shanteya poussa un soupir, et Zoreya mangeait du maïs frit sur un bâton.

« Quoi ? » avais-je demandé en plissant mon front.

« Notre v-village… quoi… quoi… comment ? » demanda l’un des villageois en le montrant du doigt.

« Nihihihi ! Illsy ne pouvait pas s’abstenir ! Il fallait qu’il construise quelque chose ! » dit Tamara.

« Euh, oui, oui. J’ai reconstruit tout le village, réparé le puits, leurs maisons, j’ai ajouté un système d’éclairage, et je leur ai aussi construit un mur pour se protéger des monstres. Ce n’est pas grand-chose, tu sais ? » avais-je dit en comptant ce que je faisais sur mes doigts.

« Il dit que ce n’est pas grand-chose ! » Nanya s’était palpé le visage.

« Quoi ? » demandais-je, confus.

« C-Comment ? Je n’ai entendu parler d’aucun de ces sorts qui peuvent reconstruire tout un village en moins d’un jour, non, en quelques heures seulement ? » déclara l’une des grand-mères villageoises en s’approchant du mur de pierre et en frappant dessus. « Est-ce… est-ce enchanté ? » demanda-t-elle, surprise.

« Ouais… J’ajoute un enchantement qui empêche les monstres de s’en approcher trop près. Je ne sais pas combien de temps ça va durer. Vous pouvez le recharger si vous y versez votre mana, » j’avais haussé les épaules comme si ce n’était rien.

« Un enchantement, dit-il ! » Nanya leva les mains vers le ciel.

« Illsy sera Illsy, » dit Ayuseya en soupirant.

« Sérieusement, qu’est-ce que j’ai fait de mal ? J’ai d’abord demandé la permission de le reconstruire, non ? » répondis-je en les regardant en arrière.

« Pas exactement, tu as dit “réparer”. Ce que tu as fait s’appelle reconstruire à partir de zéro, améliorer et ajouter de nouvelles choses. D’ailleurs, tu as aussi dit que tu le ferais avec ta magie, ce qui dans leur sens commun signifie la Magie de Terre simple ou la Magie de Construction, ce que je voudrais souligner que ce n’est pas une tâche facile à accomplir même pour une équipe de Divin pour le simple fait qu’ils exigent en premier lieu tous des matériaux de construction. Ce que tu as fait, c’est d’utiliser une multitude de sorts de ce genre et en un temps record, rien de moins, tout en ayant toutes tes constructions qui sortent tout simplement de nulle part. » Ayuseya m’avait expliqué d’une voix calme.

« En gros, ce qu’elle vient de dire, » Nanya désigna la dragonne.

« Eh bien… euh… oups ? » leur avais-je montré un sourire ironique.

J’ai peut-être un peu exagéré avec le mur ? me demandais-je.

« M-M-Monsieur I-I-I-Il-Illsyore, h-h-Comment c-c-c-c-pouvons-nous v-v-v-v-vous re-re-remercier p-p-pour t-t-t-out c-c-c-c-cela ? » demanda le vieil homme bégayant alors qu’il s’approchait de moi.

Il avait les larmes aux yeux.

En regardant les villageois, j’entendais certains d’entre eux se demander à voix haute s’ils pouvaient vraiment vivre dans un endroit aussi luxueux, alors qu’un enfant demandait à sa mère s’ils n’avaient plus de maison maintenant.

J’avais trouvé la façon dont ils voyaient les choses plutôt bizarres. C’était presque comme si j’avais littéralement volé leur village et que je ne l’avais pas simplement transformé en quelque chose de mieux. J’avais trouvé leurs soucis bizarres, et je n’étais pas le seul. Ayuseya et Shanteya plissaient aussi leurs sourcils quand elles avaient entendu les villageois, d’autant plus qu’elles étaient là quand les villageois avaient convenu avec moi de « réparer » leurs maisons. Peut-être qu’ils avaient mal compris quelque chose ?

En allant vers les villageois qui se demandaient où ils allaient dormir ce soir, je leur avais demandé. « Pourquoi avez-vous besoin de vous inquiéter pour quelque chose comme ça ? Même si je l’ai un peu amélioré… »

« Un peu, dit-il…, » Nanya s’était moquée.

« Hmm ! Même si je l’ai un peu amélioré, cela ne veut pas dire que je vous mets à la porte ou qu’il est à moi maintenant. Ce village est toujours votre maison, juste un peu mieux qu’avant, » avais-je dit et je leur avais montré un sourire honnête.

« Quel est le prix ? » demanda un homme à l’arrière.

« Hein ? Prix ? » J’avais incliné la tête sur le côté dans la confusion.

***

Partie 2

« Ça ne peut pas être gratuit…, » commenta la femme à côté de lui.

« C’est gratuit, » avais-je dit.

« Un village ne peut pas être reconstruit comme ça… cela ne peut pas être réel, » dit une autre femme.

« Peut-être qu’il disparaîtra comme les pièces de cet homme…, » déclara un jeune homme d’une vingtaine d’années.

« Attendez ? Quel homme ? Quelles pièces ? Que s’est-il passé ? » avais-je demandé en plissant mon front.

« En effet, votre réaction à ce changement, bien que compréhensible pour la plupart, n’explique pas pourquoi vous penseriez que nous vous ferions payer pour cela, d’autant plus qu’Illsy a offert par bonté de cœur pervers de vous aider, » demanda Ayuseya.

« Hé ! » J’avais plissé les yeux vers la draconienne.

« Mademoiselle, il y a quelques années, un homme est venu dans notre village. Il s’est fait passer pour un riche marchand ambulant et a acheté tout ce que nous avions à des prix ridiculement élevés. Nous pensions faire fortune avec lui, alors nous avons vendu autant que possible… nos meilleurs outils, nos épées, nos poignards, nos couteaux, quelqu’un a même vendu les meubles de sa maison. Il nous restait des sacs de pièces d’or, plus que nous n’en avions vu de toute notre vie ! » il avait fait un geste pour dire à quel point le tas d’or était grand.

« Ce n’est pas normal… Que s’est-il passé ensuite ? » lui avais-je demandé.

« Deux jours après le départ de l’homme avec nos biens… chaque pièce de monnaie dans le village s’est transformée en pierre. » Il baissa les yeux, serrant le poing et la mâchoire.

« N’aviez-vous plus d’argent ? » avais-je demandé, surpris.

Ils secouèrent la tête.

« Il nous a même convaincus d’échanger le peu d’argent que nous avions contre ses fausses pièces… pour l’équilibrer, disait-il, » dit une femme et cracha par terre.

« Nous n’avions pas de marchandises à échanger dans la ville. Nous n’avions pas d’outils pour fabriquer de nouvelles marchandises. Nous n’avions pas d’argent pour acheter de nouveaux outils… Puis le percepteur d’impôts est arrivé… nous avons été forcés d’obliger certains d’entre nous à se vendre volontairement comme esclaves pour que le reste d’entre nous puisse avoir une chance, mais les choses ne se sont pas améliorées. Puis les commerçants ont cessé de venir ici parce qu’ils ont entendu dire que nous n’avions plus d’argent…, » un autre homme poursuivit l’explication.

« Je vois… Et tout ça parce que quelqu’un vous a piégé avec de fausses pièces, » j’avais hoché la tête.

En y réfléchissant, j’avais un moyen d’éviter que cette situation ne se répète.

En fermant les yeux, je m’étais glissé dans mon Esprit Intérieur pendant quelques secondes. J’avais pris un petit disque de fer, j’avais inséré un petit cristal de collecte de mana sur un côté, puis j’avais enchanté le disque avec le sort de [Dissipation des illusions]. J’avais relié l’enchantement au cristal, pour que ce dernier puisse agir comme une batterie.

J’ouvris les yeux et invoquai le disque dans ma paume droite.

« Voici, » l’avais-je dit au jeune homme quand je lui avais donné.

« Qu’est-ce que c’est ? » demanda-t-il en le regardant un peu confus.

« Vous verrez, » déclarai-je. J’avais chanté et activé le sort qui avait créé une copie de moi-même à côté de moi.

« Quoi ? » Le villageois avait reculé, surpris.

« Versez votre Mana dans le Cristal et rapprochez-le de mon clone, » avais-je dit en souriant.

L’homme avait dégluti et hocha la tête. Quand il avait fait ce que je lui avais demandé, l’illusion de mon clone avait commencé à montrer un effet de distorsion et peu de temps après, cela avait complètement disparu.

« Quoi ? » l’homme regarda le disque dans sa main puis à l’endroit où se tenait mon clone. Il agita la main en l’air, mais il ne restait plus rien d’autre. « Il est… parti ? » demanda-t-il.

« Oui. Ce disque est quelque chose que je viens de faire. Il crée autour de lui un petit champ dissipateur qui contrecarre tout sort d’illusion. Comme vous l’avez vu vous-même, ça marche. Vous pouvez l’utiliser pour vérifier n’importe quel article ou pièce dans le futur, » leur avais-je dit avec un sourire.

« Pourquoi feriez-vous ça pour nous ? » demanda-t-il, confus.

J’avais haussé les épaules. « Parce que je le peux, et je le voulais aussi, » avais-je répondu.

« G-G-G-Gratuitement ? » demanda le vieil homme bégayant.

« Oui, » j’avais hoché la tête.

« Ne voulez-vous vraiment rien ? » demanda une femme.

« Vous pouvez toujours me vénérer comme votre nouveau dieu, » avais-je dit en souriant.

Ils avaient commencé à parler entre eux.

« Je plaisante ! Je plaisante ! Si Melkuth apprend que je vous ai fait me vénérer, il me tuera ! » m’étais-je plaint.

« Melkuth ? Le Dieu de la guerre ? » demanda l’un d’eux, surpris.

« Oui, la dame en armure complète là-bas, c’est son apôtre et aussi ma femme. En fait, c’est Melkuth qui m’a donné le nom de Deus ! » J’avais ri et frotté l’arrière de ma tête.

« Pardon ? » L’un d’eux avait parlé, mais il était clair que leur bon sens commençait à se briser comme un verre bon marché brisé par une pierre.

« Oubliez ce que j’ai dit. » J’avais détourné le regard.

« Donc vous ne voulez vraiment rien en retour ? » demanda l’homme qui tenait le disque dissipateur.

« Oui. Passez à autre chose, mais si je devais dire quelque chose de précis, vous pourriez me rendre service et essayer d’éviter à tout prix de vous vendre en esclavage à l’avenir. Oh, et ne faites pas de discrimination contre les esclaves et les autres espèces. Je veux dire, ne commencez pas et ne croyez pas à l’idée idiote et illogique que les humains sont hauts et qu’ils peuvent et doivent dominer tout le monde. Si vous pouvez le faire, alors cela me convient, » avais-je dit avec un sourire et un pouce levé.

« Oui… oui, on peut le faire, » l’homme hocha la tête et sourit.

« Bien ! Alors pendant que vous irez vérifier vos nouvelles maisons, j’irai faire mes valises ! Oh, et chaque appareil dans vos nouvelles maisons est alimenté par un de ces cristaux similaires à celui du disque. Chargez-le avec votre Mana et utilisez les interrupteurs à côté pour activer ou désactiver tout ce qu’il contient. Je vous laisse explorer et tester les choses ! Cela devrait être relativement sûr…, » avais-je dit avec un sourire en lui tapotant l’épaule.

« Euh… d’accord, » il acquiesça d’un signe de tête un peu confus.

Alors qu’ils se dirigeaient vers leurs nouvelles maisons et regardaient autour d’eux leur village reconstruit, j’étais retourné vers mes femmes et j’avais commencé à faire nos valises. J’avais absorbé le bâtiment que j’avais engendré et j’avais dit aux esclaves de monter à l’arrière des compartiments du MCV.

J’avais pris le volant et j’avais sorti la carte.

« Nous sommes ici, à Ils, donc… nous devons atteindre cet endroit… Kantor. Ça devrait être à six heures de route, je crois. On n’oublie rien derrière, hein ? » avais-je demandé à mes femmes.

« Le bon sens ? » demanda Nanya.

« On l’a perdu dès qu’on a couché ensemble, » avais-je souri.

« En parlant de ça…, » dit-elle, mais avant de finir, Zoreya l’interrompit.

« Illsy, je pense qu’il vaudrait mieux leur laisser un lieu de prière. J’y ai pensé, et je n’ai pas vu de temple ou de sanctuaire. Peux-tu restaurer celui que tu as absorbé il y a un instant ? » demanda le Grand Apôtre.

Nanya la regardait fixement.

« Euh… bien sûr, » j’avais hoché la tête et fermé les yeux.

Une fois sorti de mon corps, j’avais engendré un petit temple dédié à aucun dieu en particulier. Je n’avais aucune idée de qui ils adoraient ici.

« Voilà ! Tout va bien ? » lui avais-je demandé après mon retour.

« Oui. Je te remercie, » elle hocha la tête et embrassa ma joue.

« D’accord ! Allez, on bouge ! » avais-je dit en démarrant le moteur et en allant à la porte ouest du village.

Là, plusieurs villageois nous attendaient, dont le vieil homme bégayant. J’avais arrêté la voiture et j’avais baissé la vitre.

« Nous allons y aller maintenant. Prenez soin de vous, et je vous souhaite bonne chance ! » avais-je dit en souriant.

« N-Nous ne pouvons pas vous remerciez assez pour tout cela, » dit-il les larmes aux yeux, puis ils baissèrent tous la tête.

« Pas de problème ! Ah, avant que je parte, voilà ! » avais-je dit et puis j’avais fait surgir des ingrédients alimentaires et je les avais placés juste à côté d’eux. « De la nourriture et des graines qui survivront par ce temps. Bonne chance ! » avais-je dit en souriant.

Après avoir remonté la vitre, j’avais conduit la voiture hors du village.

« Voilà pour leur bon sens, » dit Nanya en secouant la tête.

« Tu as bien fait, mon amour, » dit Shanteya avec un doux sourire sur les lèvres.

« Je suis moi aussi d’accord avec cela, » dit Ayuseya d’un signe de tête.

« Et ils n’ont jamais su que j’étais un Donjon ! » avais-je dit en souriant.

« C’est vrai, » déclara Nanya.

« Nya ? Mais j’ai dit au vieux que tu en étais un, c’est pour ça que tu peux faire toutes ces choses magiques bizarres, » déclara Tamara.

J’avais failli nous conduire dans un arbre quand elle avait dit ça.

« Tu as fait quoi !? Quand !? » avais-je demandé, surpris.

« Nya… hier soir, je crois ? Il a demandé si tu étais humain. Je lui ai dit que tu étais un Donjon aimé des Dieux ! » gloussa-t-elle.

« Soupir… Espérons qu’il n’y réfléchira pas trop, » avais-je dit avec un sourire ironique.

« Cette nekatare nous fait des ennuis ! » Nanya grogna en se touchant la joue.

« Nya ? » Tamara nous avait regardés en réponse avec une expression sur son visage qui indiquait qu’elle n’avait aucune idée de ce qu’elle avait fait.

« Hehe ! » Ayuseya avait juste fait un petit rire.

Eh bien, comme ils n’avaient plus rien à voir avec nous, nous avions continué à rouler vers Kantor. Je me demandais en chemin quelles aventures nous y attendraient, d’autant plus que c’était une ville réputée pour ses marchands d’esclaves venus de tous les coins du Paramanium pour exposer leurs marchandises.

[Trois jours après le départ d’Illsyore d’Ils Village. Troisième point de vue]

Grâce à l’aide du Seigneur du Donjon, les villageois du village d’Ils avaient rapidement réussi à reconstruire leur petite vie. La nourriture qu’on leur offrait avant son départ était plus que suffisante pour leur permettre de passer l’hiver, surtout s’ils la rationnaient soigneusement avec les produits de la chasse qu’ils se procuraient dans la forêt. Pendant ce temps, ils avaient planté les graines et utilisé leurs nouveaux outils pour produire diverses marchandises qu’ils pouvaient vendre dans la ville.

À l’heure actuelle, ils s’étaient retrouvés à un nouveau point de départ où ils avaient tout ce dont ils pouvaient avoir besoin, et même plus, pour payer leurs impôts et éviter de devenir esclaves. Plus que tout, ils avaient l’impression que toutes ces prières de fin de soirée avaient enfin été entendues.

Pour ces gens simples, c’était comme si les dieux eux-mêmes descendaient des hauts cieux et leur tendaient une main secourable.

Maintenant, ils étaient tous rassemblés au sanctuaire à l’entrée du village. C’était simple, avec seulement une statue de bois sur l’autel, mais ce qui était étrange, c’était que c’était une représentation de leur sauveur, Illsyore.

« Ce soir, nous offrons la première de nos nombreuses prières à notre dieu, Illsyore, pour nous avoir sauvés, pour nous avoir guidés, pour nous avoir donné de l’espoir ! » dit le jeune homme qui avait reçu de lui le disque dissipateur.

L’objet en question était maintenant devenu le trésor du village, mais les paroles de ce jeune homme étaient peut-être la chose la plus étrange de toutes. Il parlait avec une telle piété et une telle croyance qu’il pourrait même rendre jaloux le Grand Prêtre d’un autre dieu.

« Nous offrons nos prières et vous remercions, notre dieu, Illsyore ! » ils parlaient tous dans un cœur.

« Oh, Seigneur du Donjon béni par les dieux ! Oh, Seigneur du Donjon, ami des mortels ! Oh, Seigneur du Donjon, Illsyore, notre dieu ! Nous vous offrons nos prières, car notre souhait est que nos paroles vous atteignent et que vos bénédictions tombent sur nous tous, » ils parlaient tous en même temps.

Dans la sainteté de la nuit, sous les lunes du ciel, ce village renaissant avait maintenant trouvé un nouveau dieu… un dieu avec lequel ils étaient tous d’accord de l’adorer. Après tout, à leurs yeux, Illsyore ne pouvait pas être un simple Donjon, il devait aussi être un dieu… Qui d’autre serait si gentil avec eux ? Et d’ailleurs, il y avait tant de choses qui indiquaient ce fait, que dans leur croyance il fallait être aveugle pour ne pas les voir : un temple dédié à aucun dieu spécifique, la plus grande aide offerte en leur temps de besoin, le fait que Melkuth lui-même avait donné un nom à Illsyore, et surtout, le fait que ce donjon était marié à une apôtre de ce même dieu.

Aux yeux des villageois, Illsyore avait le pouvoir d’un dieu, des relations avec eux, et le bon cœur aussi… Pourtant, il leur avait quand même fallu trois jours pour surmonter le choc d’avoir été en présence d’un « dieu » et accepter le fait qu’il était bien un Seigneur du Donjon…

De haut dans le ciel, Melkuth regardait la scène des prières et n’avait qu’une seule chose à dire.

« Je sens le Divin dans leurs prières… »

***

Chapitre 105 : La vente aux enchères à Kantor

Partie 1

[Point de vue d’Illsyore]

Avant notre arrivée à Kantor, Nanya, Ayuseya et Shanteya m’avaient suggéré de ne pas laisser sortir nos esclaves lorsque nous étions dans la ville. Leur nombre et le fait que nous ne semblions pas avoir assez de gardes inciteraient beaucoup de voleurs, de canailles et de nobles avides à essayer de nous les voler ou de les revendiquer comme les leurs. J’avais argumenté contre l’idée, mais elles m’avaient bien fait comprendre que même s’ils étaient des Super Suprêmes, nous n’avions toujours pas d’indication visuelle de notre puissance vis-à-vis de la taille de notre convoi.

Dans ces circonstances, j’avais eu l’idée d’habiller les esclaves masculins en gardes et de les faire se tenir debout devant les portes et les fenêtres. Ils étaient d’accord et avaient admis que cela leur faciliterait la vie.

Ce n’était pas comme si nous n’avions pas la puissance de feu pour niveler la ville jusqu’au sol, nous ne voulions simplement pas attirer autant d’attention sur nous. Si un village disparaissait soudainement, cela pourrait faire sourciller, mais si une ville ou une cité disparaissait, la nation entière se transformerait en tumulte. Ce genre de chose était problématique et rendait l’accès à l’information beaucoup plus difficile. Sans parler du fait que cela provoquerait la haine et la colère de tous ceux qui, jusqu’à présent, nous avaient montré un sourire gentil.

Pourtant, il y avait une autre raison, plus sérieuse, pour laquelle je ne voulais pas que nous allions partout dans le feu et le sang. J’allais créer une Académie, un lieu d’étude, d’apprentissage et de compréhension. Un lieu où la conversation et la logique allaient persévérer au-dessus de la force brute. Par conséquent, quel genre de message envoyais-je à mes futurs étudiants désireux de poursuivre cette voie intellectuelle si je me mettais à faire faire sauter tous les mulets qui m’agaçaient ?

Une mauvaise… Une très mauvaise manière…

L’académie que je m’efforçais de créer dans l’espoir de changer ce monde pourri finirait par devenir un échec. L’autodéfense était une chose, un massacre sadique et anarchique en était une autre.

Cela dit… il m’avait fallu une demi-heure pour expliquer aux idiots qui gardaient la porte est de la ville de Kantor que ce que je conduisais n’était pas une sorte de monstre inconnu, mais bien un appareil magique. Je ne voulais pas expliquer comment ça fonctionnait, alors j’avais juste dit que c’était la création d’un donjon puissant. Eh bien, au moins, je ne mentais pas.

Pourtant, nous avions attiré l’attention, et pendant que je me disputais avec les crétins que je m'empêchais de tuer et d’absorber leur corps comme une réserve de mana, mes femmes s’occupaient des esclaves dans les voitures arrière.

Comme elles l’avaient prévu, il y avait déjà beaucoup de regards sur eux, mais une fois qu’ils avaient vu les esclaves portant des armures de soldats et regardant vers eux, la plupart d’entre eux avaient détourné les yeux.

Une fois qu’on nous avait permis de passer les portes, un tout autre monde s’était ouvert à nous… un monde pas si beau. Toute la ville était remplie de magasins d’esclaves éparpillés à droite et à gauche. Ceux qui avaient été mis à l’avant portaient peu ou pas de vêtements tout en montrant qu’ils étaient en bonne santé, jeunes et forts. Il y avait beaucoup de gens qui les observaient aussi, mais ce que j’avais trouvé intéressant, c’est le fait qu’il y avait plus d’esclaves humains que d’autres espèces. C’était un taux de 9 contre 1, ce qui le rendait un peu ridicule quand je me rappelais comment le Paramanium préconisait des idées de suprématie humaine.

D’un autre côté, peut-être pensent-ils que les esclaves humains sont meilleurs que ceux des autres espèces ? m’étais-je dit en conduisant lentement sur la rue principale, en suivant une calèche avec une cargaison de laitue et de tomates.

Cet endroit était… rance, vieux, stagnant, triste. Je ne pensais pas qu’il n’y ait pas de meilleure façon de le décrire. L’air lui-même vous avait donné envie de partir parce qu’il n’y avait pas de système d’égout approprié. J’avais vu quelqu’un jeter un seau à déchets et j’avais failli tomber sur la tête d’un pauvre bâtard. Mes femmes, à l’exception de Zoreya, se tenaient toutes le nez en l’air et s’efforçaient de ne pas penser d’où venait la puanteur.

L’architecture le rendait d’autant plus gênant que les rues étaient tordues, avec des motifs compliqués, semblables à des labyrinthes. C’était presque comme si les constructeurs n’avaient aucune idée de comment faire un chemin droit. Quant à leur style, ils me rappellent fortement les représentations cinématographiques du XVIIIe siècle londonien, avec leurs grands immeubles de deux étages, leurs routes pavées de pierre et leurs innombrables cheminées qui laissent échapper leur fumée noire dans l’air. Sur les ardoises de couleur sombre, je pouvais voir les jeunes et les vieux ramoneurs couverts de suie de la tête aux pieds. Ils portaient de grosses brosses pour frotter l’intérieur des cheminées.

Si je baissais les yeux vers la route devant moi, je pouvais voir plusieurs personnes ramasser le fumier dans la rue. Ils le ramassaient dans un chariot et s’en débarrassaient probablement d’une manière ou d’une autre ou s’en servaient pour faire pousser des récoltes.

« Cet endroit est troublant…, » fit remarquer Ayuseya.

« La puanteur te dérange tant que ça ? » lui avais-je demandé.

« Oui, mais ce n’est pas la raison pour laquelle je trouve ça troublant, » répondit-elle en secouant lentement la tête.

« Alors ? » lui avais-je demandé.

« Le nombre d’esclaves ici est… incroyable, » répliqua-t-elle en regardant par la fenêtre.

C’est vrai. Alors qu’à Port Rico et à Krestan nous étions à peine tombés sur un ou deux magasins d’esclaves, depuis que nous étions arrivés à Kantor, nous n’avions vu que des magasins d’esclaves. Je commençais à douter du fait qu’il y avait des maisons ou des magasins normaux.

« Cet endroit est le repaire d’innombrables marchands d’esclaves. Ils vendent la vie des espèces intelligentes comme on vend des pommes de terre sur un marché. C’est dégoûtant, » Nanya avait poussé un grognement quand elle avait dit ces mots.

« Veux-tu en libérer, Illsy ? » demanda Shanteya.

J’avais hoché la tête.

« Soupir, je savais que tu le voudrais, mais on peut ne pas s’arrêter ici pour la nuit. J’ai l’impression que je vais faire un cauchemar si je dors à côté de ces gens, » déclara Ayuseya d’un ton moqueur.

« Moi aussi ! Je ne veux pas dormir ici ! Mon nez va tomber ! » dit Tamara en se couvrant le nez des deux mains et en aplatissant ses oreilles duveteuses sur la tête.

« D’accord, on ne dormira pas en ville, » leur avais-je dit avec un sourire.

Ayuseya m’avait montré un sourire de soulagement.

« Alors, où vas-tu acheter ces esclaves ? Si tu vérifies tous les magasins ici, on va rester à Kantor pendant un an, » déclara Nanya avec les sourcils plissés.

« Hm… Zoreya ? Qu’est-ce que t’en penses ? » lui avais-je demandé.

« Je veux coucher avec toi ce soir…, » répondit-elle.

Directement à l’essentiel, hein ? avais-je pensé et rougi.

« Euh. À part ça, » lui avais-je dit.

« Ah… Euh… Que dirais-tu d’une maison de vente aux enchères ? Ces endroits sont voués à la vente des meilleurs esclaves, » elle hocha la tête et sourit.

« Une maison de ventes aux enchères ? On n’est pas dans un roman chinois, tu sais ? » j’avais plissé les sourcils.

« Un quoi ? » elle inclina la tête vers la gauche.

« Oublie ça, mais tu crois vraiment qu’on va en trouver un ici ? » lui avais-je demandé.

« Je ne sais pas. Mais tu peux toujours demander, » déclara Zoreya et haussa les épaules.

« D’accord, » j’avais hoché la tête. « Euh, à propos de cette première chose…, » avais-je dit en levant le petit doigt.

« Je t’ai réclamé en première, alors c’est mon tour, bien sûr ! » elle acquiesça d’un signe de tête.

« Je n’étais pas d’accord ! » répliqua Nanya.

« Eh bien, il m’a semblé que tu avais sauté ton tour, » dit-elle.

« JE NE L’AI PAS FAIT ! IL S’EST PASSÉ DES CHOSES ! » répondit-elle en criant.

« Pierre, papier, ciseaux, poinçon magique, bloc magique ? » demanda Zoreya en souriant.

« Je vais te pulvériser ! » grogna Nanya.

Un peu confus, je m’étais retourné vers Ayuseya, qui ne faisait que rire en réponse. Shanteya m’avait montré un sourire à travers lequel je devais comprendre qu’elle ne me le dirait pas.

En poussant un soupir, j’avais arrêté la voiture et j’étais sorti avant que le coup de poing magique ne me tombe sur le coin de la figure.

Pendant que ces deux-là organisaient un concours à l’intérieur, j’avais demandé aux gens de ce côté-ci de la ville s’il y avait une vente aux enchères de quelque sorte ici. Au lieu de parler avec les voyous, j’avais parlé avec les gardes et les gars plus respectables.

Ils m’avaient dit qu’il y avait trois types d’enchères dans cette ville. L’une d’elles, la plus grande, avait été organisée par le seigneur de la ville et avait 10 pièces d’or de droit d’entrée. Celle-ci avait lieu ce soir. La seconde s’adressait aux riches aventuriers et aurait lieu de nouveau dans deux semaines. J’étais en retard de deux jours. La dernière s’adressait aux aventuriers pas si riches, mais pas si légaux, essentiellement des mercenaires, des voleurs, des assassins, des individus de ces secteurs d’activité. C’était difficile d’y entrer et personne ne savait où et quand cela se produirait, mais tout le monde était sûr à 100 % que c’était le cas.

Avec les nouvelles informations obtenues, j’étais retourné à la voiture. Là, j’avais trouvé Ayuseya qui riait et Nanya boudait sur son siège en dessinant des cercles sur la fenêtre. Zoreya avait un regard triomphant sur son visage, et Tamara se faisait caresser par Shanteya.

« Que s’est-il passé ici ? » leur avais-je demandé.

« J’ai gagné ! » déclara Zoreya.

« OK…, » dis-je en haussant les épaules.

Quand j’étais rentré, j’avais dit à mes femmes ce que j’avais découvert.

« Va-t-on faire une descente au manoir du seigneur de la ville ? » demanda Nanya en plissant les sourcils.

« Non. Je vais y aller et participer comme un client normal et voir ce que je peux trouver. Je pense aussi au reste de notre personnel…, » avais-je répondu.

« En effet, une Académie de Magie, si petite soit-elle, peut être facilement gérée par nous, mais une Académie de la taille de Fellyore ou plus grande nécessitera des enseignants et des gardes supplémentaires, » déclara Nanya qui avait repensé à l’époque où elle y travaillait comme enseignante.

« Oui, c’est exactement ce à quoi je pensais, » j’avais hoché la tête.

« Dans ce cas, pourquoi ne viendrais-je pas avec toi ? J’ai une certaine expérience en tant qu’enseignante, et je serai certainement en mesure de repérer les pierres précieuses rares que tu ne verras pas, » elle ricana.

« Bien sûr, pourquoi pas ? Alors, tout le monde est d’accord ? » leur avais-je demandé.

Elles m’avaient répondu d’un signe de tête, et j’avais démarré le moteur de la voiture. Nous avions conduit jusqu’au manoir du seigneur de la ville, bien que j’aie dû admettre que j’avais pris quelques mauvais virages et que j’avais débattu à quelques reprises de la question de savoir si je devais ou non simplement visiter les maisons elles-mêmes et les reconstruire par la suite.

Quand nous étions finalement arrivés aux portes, j’avais garé la voiture dans une allée et j’avais sorti un tas d’objets en or pour montrer ma richesse. Je portais une cape tissée avec du fil d’or et d’argent, qui pesait autant qu’une personne. J’avais une paire de bottes plaquées en or, avec pantalon assorti et ceinture. Une paire de protège-poignets en or pur et incrusté de plusieurs pierres précieuses.

À côté de moi se trouvait Nanya, qui avait pris l’apparence d’une noble beauté aux yeux verts. Elle portait une robe d’allure chère et était couverte de la tête aux pieds de bijoux coûteux. Si je ne la connaissais pas mieux, je dirais que je regardais une femme qui vivait un style élevé et ne s’occupait que de ceux de la haute société. Sous l’illusion, la démone portait son armure prête au combat.

« Tu as l’air ridicule, » m’avait-elle dit.

« Et tu es ravissante, » avais-je répondu avec un sourire.

« Allons donc de l’avant, d’accord, mon chéri ? » dit-elle d’un ton courtois et d’un petit salut.

« Bien sûr, ma chère, » avais-je dit en lui prenant la main et en faisant une inclination gracieuse.

Les leçons que j’avais reçues d’Ayuseya en matière de manières et de discours s’étaient avérées très utiles pour un tel événement. J’étais plus intéressé par ce que nous devions faire après, mais je m’étais souvenu de tout ce qu’elle m’avait appris, jusqu’à la dernière lettre… et la récompense.

Quand nous étions arrivés aux portes, les gardes s’étaient raidis et un homme en costume de majordome s’était approché de nous.

« Bonsoir. Vous êtes ici sur invitation, sur recommandation, ou c’est votre première participation à la vente aux enchères du marquis Garanteux ? » demanda-t-il d’un ton plutôt poli.

« Bonsoir. Je m’appelle Illsyore Deus et cette charmante dame est ma femme, Nanya Deus. Il se trouve que nous étions de passage dans cette ville, et je me suis souvenu que certaines de mes connaissances ont fait l’éloge du marquis Garanteux lors d’une vente aux enchères. Nous avons décidé qu’il serait sage de passer à cette vente aux enchères et même de repartir avec un objet ou deux, afin que je puisse me vanter auprès d’eux. » J’avais parlé comme un noble coincé qui n’avait rien de mieux à faire que de gaspiller de l’argent.

« Je comprends, alors je considérerai cela comme si vous vouliez participer à la vente aux enchères et pas seulement un humble spectateur, n’est-ce pas ? » demanda-t-il en sortant un parchemin.

« Certainement ! » avais-je répondu.

« Dans ce cas, vous devrez fournir des frais de participation de 100 pièces d’or, et puisque c’est votre première fois, vous aurez également besoin d’un article d’une certaine sorte qui sera mis aux enchères pour ce soir. Si vous n’en avez pas sur vous, je suggérerais n’importe lequel des beaux bijoux que porte madame, » répondit-il.

« Hm, ce n’est pas exactement ce que j’avais entendu. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi nous devons payer ces frais et même ajouter un article à la liste ? Pendant ce temps, je vais compter les 100 pièces… On peut aller à l’intérieur ? » lui avais-je demandé.

« Bien sûr, par ici, » répliqua le majordome et nous guida jusqu’à la salle des gardes de l’autre côté du mur.

Parce qu’elle était destinée à accueillir d’éventuels nouveaux participants, la salle ne dégageait pas la sueur et la puanteur nauséabonde que l’on pouvait trouver dans une telle salle. Au lieu de cela, elle avait été aérée et plusieurs gardes s’étaient tenus à l’entrée au cas où ils auraient besoin d’escorter un faux participant à l’extérieur. Il n’y avait pas de lits ou de sacs de vêtements sales ici, mais il y avait plusieurs coffres alignés près du mur et très probablement remplis à ras bord de pièces d’entrée. Au milieu de la pièce se trouvait une table entourée de plusieurs chaises.

Nous nous étions assis et j’avais sorti de ma poche l’objet que je voulais vendre aux enchères. C’était un globe d’or enchanté avec plusieurs gemmes incrustées à l’intérieur. L’enchantement était [Fraîcheur] et ce qu’il avait fait, c’est de faire baisser la température de l’air autour de lui à une valeur prédéfinie, qui était actuellement à 22 degrés Celsius. Vers le milieu, une inscription écrite en langue shorayenne. « Que la fraîcheur de l’automne et du printemps apporte la prospérité à vos chaudes journées d’été ».

« C’est un objet assez intéressant. À quoi sert-il ? » demanda-t-il.

« En plus d’être une décoration ? Il abaisse la température pour rendre ces journées d’été plus supportables. Malheureusement, je ne sais pas dans quelle langue l’inscription du milieu est écrite, mais j’en ai plusieurs. Un parent les a amenés du continent Allasn, » lui avait-je répondu par un mensonge éhonté et je lui avais montré une expression suffisante.

« Le Marquis décidera de l’enchère minimale. Si vous enchérissez sur quoi que ce soit, le prix en sera déduit, » acquiesça le majordome tout en continuant à l’inspecter.

« Et si vous me disiez maintenant pourquoi les frais et l’objet sont si importants ? » avais-je demandé en sortant mon porte-monnaie et j’avais commencé à compter.

« Certainement. C’est une garantie de bonne volonté envers le marquis lui-même, » explique-t-il.

« Rien de plus ? Pas de stratégie économique ou marketing ? » lui avais-je demandé.

« Non, » répondit-il.

« Intéressant, » avais-je dit et une fois que j’avais fini de compter, je lui avais offert l’argent.

« Très bien. Je vais vérifier le montant maintenant, » dit-il, puis il commença à les compter lui-même.

Il avait fini plus vite que moi et après avoir rassemblé toutes les pièces, il les avait placées dans l’un des coffres alignés contre le mur.

« Monsieur et Madame Deus, veuillez me suivre au salon des participants. Vous y recevrez un numéro, après quoi vous serez informés sur les règles de la vente aux enchères. Notez que vous devez enchérir judicieusement, car chaque enchérisseur n’a le droit de prendre que 8 articles, » expliqua-t-il.

Le majordome laissa la sphère enchantée entre les mains d’un autre majordome qui vint au son d’une cloche. Après une brève explication, il était parti avec mon objet, et nous avions été guidés vers le manoir. Là, nous avions été accueillis dans une grande salle de bal remplie de toutes sortes d’individus qui ne faisaient que bavarder entre eux. Pour moi, cela ressemblait plus à un opéra sans les sièges au milieu et plusieurs balcons à gauche et à droite, d’où l’on pouvait librement observer les enchérisseurs et les objets qui y étaient déposés.

Dès que nous étions entrés, on nous avait expliqué toutes les règles, y compris comment enchérir et comment réclamer une enchère gagnée. En même temps, il nous avait avertis qu’une fois que nous aurions gagné notre dernier objet, nous serions escortés jusqu’aux balcons des observateurs. Il avait également déclaré qu’une fois cette vente aux enchères terminée et que nous ayons gagnée au moins un article, la prochaine fois que nous participerions, nous n’aurions pas à payer les frais ou à offrir un article pour être mis aux enchères. Bien sûr, aucun comportement grossier n’était permis dans cette pièce, surtout envers le marquis lui-même.

***

Partie 2

Avant que le majordome ne nous laisse tranquilles, il nous avait donné notre numéro, qui était une plaque d’argent incrustée de pierres précieuses noires reliée à une poignée en or. C’était plutôt luxueux, mais de l’avis de Nanya, c’était juste un moyen de chatouiller l’ego de tous ceux qui avaient participé à cette vente.

Nous n’avions pas participé à ce bavardage, mais nous avions gardé les oreilles ouvertes. Il y avait plusieurs individus notables, tels qu’un duc et un vicomte. L’un d’eux, je crois, je l’avais entendu se présenter à de riches marchands en tant que général de l’Empire de Paramanium.

Puis la vente aux enchères avait commencé. Il se composait de trois parties. La première s’adressait aux collectionneurs de peintures et d’œuvres d’art rares. La seconde s’adressait aux collectionneurs d’objets étranges et uniques, comme ma sphère, qui avait été mise aux enchères pour 2850 pièces d’or. C’était le général qui l’avait gagnée. Le dernier événement s’adressait à ceux qui cherchaient un nouvel esclave. C’était la partie dans laquelle j’étais le plus actif, et les conseils de Nanya étaient très utiles.

Parce que l’une des règles stipulait que nous devions réduire le bruit au minimum, nous ne nous parlions pas beaucoup, mais chaque fois que quelqu’un de prometteur montait sur scène, Nanya me donnait un coup de coude dans les côtes… Ce n’était pas le signe le plus agréable. Si j’avais le moindre doute, elle m’expliquerait à voix basse pourquoi nous devrions acquérir cet individu.

J’avais déjà remporté sept ventes aux enchères et je m’étais abstenu d’enchérir sur de nombreux esclaves figurant sur le podium. Beaucoup d’entre eux avaient été érigés là pour leur apparence ou leur pouvoir de combat, quelques-uns pour les connaissances qu’ils possédaient, montrant que les gens ne savaient pas vraiment comment apprécier la sagesse. D’autre part, il était fort possible que ces gens craignaient l’idée d’avoir un esclave plus intelligent et mieux informé qu’ils ne l’étaient.

En ce qui concerne les esclaves que j’avais acquis, tous étaient des adultes de plus de 20 ans et ayant une formation dans divers métiers. Deux d’entre eux étaient des forgerons jumeaux, garçons et filles, formés par l’un des meilleurs de Paramanium. Leur maître les avait achetés dès leur plus jeune âge avec l’intention de les vendre pour de l’argent. Ils n’étaient pas les seuls à avoir été élevés de cette façon, il semblerait que ce soit une pratique assez courante parmi ceux qui en avaient les moyens.

J’avais aussi deux fermiers, tous deux d’apparence robuste et aux compétences variées, dont l’élevage d’animaux. Il ne m’était jamais venu à l’esprit que je pourrais en avoir besoin, mais maintenant que je les avais, non seulement je pouvais leur demander d’enseigner leurs compétences aux autres, mais aussi de les faire travailler et de fournir à l’Académie des aliments nourrissants.

Les trois autres avaient été acquis en raison de leurs connaissances dans divers domaines, mais l’une d’entre elles, une femme d’origine asiatique, était l’ancienne chef d’un restaurant renommé de la capitale jusqu’à ce qu’elle perde une compétition et doive abandonner sa liberté. Son ancien propriétaire lui avait coupé les mains au poignet parce qu’il n’aimait pas qu’elle soit meilleure que lui en cuisine, mais il avait insisté sur le fait qu’elle pouvait encore enseigner à quelqu’un comment bien cuisiner. Le regard sur son visage était celui de quelqu’un qui avait perdu sa volonté de vivre, si bien que peu d’entre eux étaient impatients d’enchérir pour elle. Je l’avais trouvé très peu cher.

Les deux autres étaient d’origine africaine. L’un d’eux était un alchimiste renommé qui avait dépensé tout son argent en ingrédients pour la recherche d’un nouveau type de potions de guérison. Il avait réussi, mais quand il avait dit qu’il voulait aussi le rendre disponible pour les aventuriers normaux, le baron local l’avait piégé en révélant où il avait caché la recette de la potion et puis l’avait fait jeter en prison pour ne pas payer ses impôts. Bien que le baron ait été attrapé plus tard, la liberté de l’homme n’avait pas été rétablie.

Il avait le même regard dans les yeux que le cuisinier. L’autre était une femme aux longs cheveux noirs. Elle était l’une des meilleures danseuses d’une troupe itinérante. Après qu’ils aient été cambriolés par des bandits, elle s’était vendue à un marchand d’esclaves afin de gagner assez d’argent pour les aider à rentrer chez eux. Il s’est avéré qu’elle avait été piégée et qu’elle avait été la raison pour laquelle on l’avait amenée à former la troupe. Avec son talent et un peu de notoriété, elle allait sûrement monter en prix. Beaucoup de monde m’avait observé au moment où je l’avais achetée.

C’était la seule qui, après avoir entendu l’annonceur raconter son histoire, avait éclaté en sanglots. Contrairement aux autres, il y avait beaucoup de nobles qui essayaient de l’acheter, augmentant de plus en plus son prix. Leur intention était claire comme de l’eau de roche, d’autant plus qu’elle était très belle. Je l’avais achetée parce que je voulais vraiment la voir danser et aussi parce que je n’aimais pas une telle trahison éhontée de ses soi-disant amis. Nanya, d’autre part, avait fait remarquer qu’elle pourrait aussi devenir professeur de danse à l’Académie, car ces compétences étaient très appréciées dans certains milieux.

En ce qui concerne le coût de chaque personne, les prix avaient été comme ceci :

Frère forgeron : 12 560 Pièces d’or

Sœur forgeronne : 36 750 Pièces d’or

Premier fermier : 7800 pièces d’or

Deuxième agriculteur : 8200 pièces d’or

Cuisinière asiatique : 2460 pièces d’or

Alchimiste africain : 45 800 Pièces d’or

Danseuse africaine : 145 820 pièces d’or

Total : 259 390 pièces d’or.

C’était assez d’argent pour entretenir toute la ville pendant un an, mais ce n’était pas grand-chose pour moi. J’avais réussi à récolter pas mal de choses dans les coffres du Roi des Pirates. Ce n’était rien d’autre qu’une goutte d’eau dans la mer pour moi.

Cependant, ce que j’avais trouvé intéressant, c’est à quel point les personnes d’origine asiatique et africaine étaient rares. Nanya m’avait offert un peu de perspicacité à ce sujet. Apparemment, la plupart des variantes humaines noires, comme elle les appelait, se trouvaient dans la moitié ouest du continent Sorone, et il y en avait aussi beaucoup à Shoraya et au nord du continent Allasn. Paramanium avait surtout la variante blanche.

Apparemment, les Noirs avaient aussi une rumeur étrange autour d’eux. Ils détestaient instinctivement l’esclavage, mais seulement lorsqu’il s’agissait d’asservir ceux qui avaient la même couleur de peau qu’eux. Dans leurs royaumes, la variante humaine blanche était celle qui avait le plus de chances de finir en esclave. Il y avait aussi un dicton qui disait que le fait de garder un Noir comme esclave porterait malheur, alors que le fait de le libérer lui porterait chance. Une rumeur qui avait pris la vie parce que les ambassadeurs noirs avaient tendance à exiger la liberté des gens à la peau noire ou même à faire le commerce de leurs propres esclaves blancs. C’est pourquoi de nombreux nobles superstitieux avaient refusé d’asservir les Noirs et même d’essayer de les acheter pour les libérer parce qu’ils pensaient que cela leur porterait chance.

Quant à la femme asiatique, sa variante de l’espèce était extrêmement rare. Par extrêmement, Nanya voulait dire à peine quelques villages ici et là, une minorité ridiculement petite par rapport aux autres. Nanya avait dit qu’elle avait entendu parler d’un continent entier rempli uniquement de « cultivateurs », mais qu’elle n’avait jamais pu savoir quelles sortes de plantes ils cultivaient ou pourquoi ils avaient une telle inclination pour l’agriculture.

Après avoir acheté la danseuse noire, je n’avais rien vu d’intéressant qui ait attiré mon attention. Ainsi, nous arrivions enfin à la fin de la vente aux enchères.

« Notre dernier et plus beau spécimen qui vous sera présenté aujourd’hui est une esclave qui a vécu au milieu de la royauté jusqu’à récemment ! » s’écria l’annonceur.

Nous avions tous écouté et avions regardé vers la scène. Une femme d’environ 28 ans s’était avancée et était montée sur scène. Des chaînes d’or la maintenaient enchaînée et de puissants enchantements la maintenaient dans un état végétatif. Un collier d’esclave en or avait été placé autour de son cou et plusieurs tatouages enchantés sur sa main gauche et droite avaient maintenu son mana à des valeurs presque nulles. J’avais été certainement surpris du nombre de contentions qu’elle avait sur elle.

« Savannah Azura était autrefois un éminent professeur et garde du corps des princes et princesses de la famille impériale de Paramanium. Elle a étudié tout, de la littérature étrangère à l’histoire, en passant par les mathématiques et l’astrologie. Je vous assure, messieurs, qu’il y a très peu de choses qu’elle ne sait pas ! En ce qui concerne la magie, elle est une puissante sorcière du Rang Suprême. Ou devrais-je dire, elle l’était… Les tatouages sur son corps sont une malédiction mise sur son corps à la suite de l’ordre de l’Empereur. En ce moment, elle n’est pas plus forte qu’un Maître. MAIS bien que sa force ait diminué, ses connaissances sont restées. On peut encore lui ordonner d’enseigner à quelqu’un ses propres compétences de Suprême. Elle peut aussi enseigner à n’importe qui presque n’importe quoi ! » déclara le commissaire-priseur, la décrivant d’une manière qui avait probablement été légèrement exagérée afin de faire en sorte que les gens enchérissent davantage.

Ce qui m’intrigue, c’est comment elle est devenue esclave, avais-je pensé.

« J’ai dit qu’elle a déjà été une éminente professeur et garde du corps de la famille impériale de Paramanium, mais beaucoup d’entre vous se demandent probablement pourquoi elle est enchaînée à ce moment-là ? Il y a une raison simple à cela, j’en ai peur. Alors qu’elle est puissante et sage, l’Empereur craignait qu’elle utilise un jour sa puissance pour l’usurper. Pour s’assurer qu’une telle chose n’arriverait pas et qu’aucun autre n’essaierait à l’avenir, il brandit l’un des nombreux tatouages interdits sur son corps, qui draine et épuise constamment son mana, la forçant à être incapable de jeter ses sorts les plus puissants. Le collier autour de son cou garantit également qu’elle ne quittera jamais Paramanium, de sorte que ceux d’entre vous qui souhaitent voyager en navires ne peuvent l’emmener. Gardez ce détail important à l’esprit, nobles bien-aimés et riches messieurs ! Ceux qui veulent lui soutirer un secret sur la famille impériale ne peuvent pas non plus le faire, car le collier autour de son cou est enchanté afin de la faire taire sur de tels sujets. Mais si tous ces détails peuvent paraître désagréables pour la plupart d’entre vous, je tiens à vous rappeler que Savannah Azura demeure une beauté sans pareille, une enseignante sage avec des connaissances dans tous les domaines, et surtout, une femme en santé qui n’a jamais connu le contact d’un homme ! » avait-il déclaré.

Quand il avait dit cette dernière phrase, beaucoup de nobles avaient commencé à exprimer leur intérêt. Nanya avait émis un grognement bas en réponse, mais personne ne semblait l’avoir entendu. Je pouvais dire, cependant, qu’elle était sur le point de me donner un coup de coude à l’autre bout de la ville, alors je lui avais fait savoir par un signe de tête que je vais enchérir pour elle.

La compétition avait donc commencé, et au fur et à mesure, comme le proverbe le disait, le premier numéro m’avait fait cracher du sang.

« 120 000 pièces d’or, voici l’enchère de départ ! » s’écria le commissaire priseur.

« 140 000 ! » quelqu’un avait appelé et avait levé sa pancarte.

« 145 000 ! » Un autre avait levé sa pancarte.

« 145 500 ! »

Et cela avait continué ainsi jusqu’à ce que la valeur atteigne 567 500 pièces d’or, avec beaucoup de nobles déglutissant au simple son du montant ridicule de l’argent. En termes plus simples, cela suffisait pour maintenir la capitale de Paramanium pendant plusieurs mois et il en restait encore assez pour préparer un grand festival pour le peuple.

« 600 000 ! » avais-je crié. J’avais levé ma pancarte.

« Par les dieux ! » dit l’un d’eux, et je crois qu’une femme s’était évanouie quelque part sur le balcon d’observation.

J’avais trouvé leurs réactions un peu… ridicules sinon peut-être intentionnellement exagérées pour attirer l’attention du spectateur ?

« Êtes-vous sûr de vouloir rivaliser avec moi, monsieur… ? » déclara le duc en souriant sur ses lèvres.

« Illsyore Deus, à votre service, » j’avais fait un arc poli devant la haute noblesse.

« Je n’ai jamais entendu parler de vous. Je m’appelle le duc Harbrind Vanova, souvenez-vous-en. Et j’ai tendance à croire que votre décision audacieuse pourrait être amusante. 650 000 ! » il avait placé la barre plus haut.

« 700 000 ! » Je l’avais élevé plus haut.

« Avec autant d’argent, je pourrais acheter une montagne de tartes ! » L’un des nobles avait fait un commentaire étrange, mais tout à fait agréable et délicieux.

« 705 000 ! » ajouta-t-il un peu plus.

« Vous ne voulez pas dépenser autant d’argent pour une femme qui a gagné la haine de l’Empereur, non ? Surtout dans votre position, » j’avais souri puis j’avais crié « 750 000 ! »

Le duc Harbrind avait tressailli.

« Elle est la seule raison pour laquelle je suis ici à cette vente aux enchères. Pendant qu’elle était la tutrice des enfants de Sa Majesté, je ne pouvais pas la toucher, mais son attitude arrogante rendait très difficile de ne pas essayer. Hélas, je suis un duc fidèle à la couronne, donc je n’oserais pas entraver son travail, mais maintenant… c’est différent. Je vais prendre cette femme…, » dit-il.

« 750 000 une fois ! » cria l’annonceur.

« … Et en faire mon jouet personnel. Elle est toujours aussi belle après tout… pour l’instant, » ricana-t-il.

« 750 000 deux fois ! » s’exclama de nouveau l’annonceur.

« 765 000 ! » s’écria le duc.

« Vraiment ? C’est comme ça que vous voulez jouer, hein ? » avais-je dit et j’avais laissé tomber ma façade un moment.

Un sourire maléfique était probablement apparu sur mes lèvres parce que personne ne riait autour de moi.

« Trois millions, » avais-je dit et levé ma pancarte.

« Quoi ? » Le duc Harbrind m’avait regardé avec de grands yeux et une bouche ouverte comme un poisson couché sur le rivage de la mer.

« T-T-Trois MILLIONS ! J’y vais une fois ! » s’écria l’annonceur.

« Eh bien ? » J’avais ri du duc.

« Deux fois ! »

L’homme avait dégluti et levé sa pancarte. Tout le monde le regardait, curieux de voir combien il allait demander pour cette femme.

« Est-ce que le monsieur au numéro 105 veut enchérir plus ? » demanda l’annonceur.

Le duc serra la mâchoire et, d’un regard éblouissant, il abaissa sa pancarte.

« Non, elle n’en vaut pas la peine, » cracha-t-il.

J’avais poussé un soupir de soulagement.

« Tu es un idiot, » soupira Nanya et secoua la tête.

« Quoi ? Pourquoi ? » lui avais-je demandé.

« Tu aurais pu continuer à augmenter la valeur jusqu’à ce qu’il abandonne. Ce que tu as fait était inutile, » expliqua-t-elle en plissant les sourcils.

« Je sais, mais je voulais frimer, » j’avais haussé les épaules.

« En offrant plus d’argent aux gens qui l’utiliseront pour asservir plus de gens ? » me demanda-t-elle.

« Euh… Maintenant que tu le dis, je n’y avais pas pensé de cette façon, » je lui avais montré un sourire ironique.

« Soupir… On ne peut rien y faire maintenant. Allons chercher nos esclaves et partons d’ici. Tous ces gros nobles me rappellent que je n’ai pas aiguisé mes griffes aujourd’hui, » elle haussa les épaules.

J’avais hoché la tête.

Il était temps de prendre nos esclaves, de retourner à la voiture et de partir aussi vite que possible de cet endroit. Mais j’avais envie de faire quelque chose de très… donjon à tous ces nobles arrogants.

Dois-je le faire ? Peut-être que je ne devrais pas ? Je devrais peut-être… Quittons d’abord la ville, pensais-je en marchant vers la salle où l’échange allait avoir lieu.

***

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