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J’ai été réincarné en une Académie de Magie ! – Tome 4

Table des matières

***

Chapitre 40 : Le réveil

Le temps brise l’illusion de la réalité et la raison est née d’un moment d’insouciance. Plus vous vivez longtemps, plus le monde autour de vous semble simple, faux, et peut-être un peu dérangeant. Même la vie de ceux que vous voyez comme précieux ne semble rien de plus que de simples jouets entre les mains des dieux et de la destinée. On peut y croire ou non, mais il n’y a aucune preuve, si ce n’est celle offerte au moment de la mort, et rien ne peut leur montrer la vérité de l’existence.

C’était aussi mon cas...

Né comme un simple humain sur une planète appelée Terre, dans le pays connu sous le nom de Roumanie. Je n’étais pas un génie, mais je n’avais pas non plus de problèmes d’apprentissage. Mon intelligence et mes connaissances n’étaient rien d’autre qu’une illusion. Mon corps était celui qui dictait les limites avec lesquelles j’étais né, mais mon esprit était celui qui pouvait les briser... quelque chose que je n’avais jamais essayé de faire. Après tout, qui étais-je pour tester le monde et moi-même ? Qui étais-je pour espérer être plus que je ne l’étais ? Qu’est-ce ce qui m’aurait fait comprendre que rien au monde n’était hors de ma portée tant que j’avais la détermination de le prendre ? Les lois humaines m’offraient simplement une voie à choisir dans ma société actuelle.

C’est aussi quelque chose que j’avais longtemps nié dans mon cœur. C’est ma petite amie Alina qui me l’avait rappelé. C’était elle qui m’avait tiré de l’obscurité dans laquelle j’avais dormi pendant combien de jours et d’années ?

Une fois mort, je pensais avoir trouvé la liberté, mais on m’avait montré autre chose, une vérité cachée...

Quand on disait que Dieu était Tout-Puissant, on oublie de mentionner QUI est Dieu, et surtout... le fait que par Tout-Puissant, il ne fait pas référence aux idées pathétiques et simples que nous avons à propos de notre monde actuel. Tout-Puissant signifiait le changement et l’acceptation de la possibilité illimitée de l’existence. Dieu pouvait littéralement faire n’importe quoi, y compris la réincarnation. C’est exactement ce rôle, et je ne l’avais jamais compris, mais après ma mort, j’avais réalisé qu’il y avait effectivement quelque chose de plus grand, quelque chose de plus puissant.

Pour moi, la réincarnation avait été simple, c’est arrivé sans que j’aie besoin de comprendre quoi que ce soit, mais elle m’avait offert un calme étrange que je n’aurais jamais cru avoir sur beaucoup de choses.

Par exemple, dans ma vie antérieure, l’idée de tuer un autre homme aurait été accueillie avec répulsion et incrédulité. Je savais que certaines personnes l’avaient fait, mais je ne me voyais jamais capable de faire quelque chose comme ça. Je voyais les guerres comme de drôles de choses, avec les soldats comme de simples marionnettes, et les politiciens comme des seigneurs impitoyables qui suçaient un pays de ses fonds et de ses ressources. C’était partiellement vrai, mais une fois que j’avais fait un pas dans ma nouvelle vie de donjon, tuer était devenu une simple question d’appuyer ou non sur la détente.

Si Dieu existait ou non, ce n’était plus une question pour moi. J’avais vécu la réincarnation de mes propres yeux et j’avais vu et senti qu’une puissance supérieure existait quelque part. Avais-je besoin de m’inquiéter au sujet de cette entité ? Je n’avais jamais vu de raison de le faire. En fait, je n’étais même pas dérangé par cela ou par la possibilité d’une mort subite.

Avec cet étrange calme sur mon destin ou ce qui était au-delà de la mort, j’avais déverrouillé en moi une autre pensée, une autre vision. Au lieu de me demander ce qui se trouvait au-delà de la tombe, mon esprit s’était tourné vers : que puis-je faire dans cette vie, afin de pouvoir la quitter sans regret ?

Une fois que je m’étais posé cette question, j’avais commencé à regarder mes quelques mois en tant que donjon dans ce monde, puis les années qui passaient emprisonné dans les ténèbres, construisant mon corps pour ce qui allait venir.

Ma bataille avec Dankyun m’avait laissé une nouvelle vision du monde, déchirée par les guerres et la haine. Les guerres avaient été menées sur deux fronts distincts, ceux contre les donjons et ceux contre d’autres espèces, tandis que la haine était une raison éternelle de les alimenter et de les démarrer.

Tuberculus, l’ancien directeur de l’Académie de Magie de Fellyore, avait construit mon corps de cristal dans lequel je m’étais réincarné. Son désir était que je sois une Académie de Magie au lieu d’un Donjon. J’avais rempli ce rôle, mais pas au maximum de son potentiel. Je n’étais qu’un simple concierge. Une gouvernante avec une vue semi-omnipotente et un bon sort magique pour nettoyer la poussière sur les bureaux.

Malheureusement, ce qu’il avait créé n’était pas un VRAI donjon, mais une version rapiécée du monstre de Frankenstein formé d’innombrables parties du corps d’autres donjons. Alors que j’avais mon propre esprit, mon nouveau corps contenait aussi les souvenirs des anciens donjons. La plupart d’entre eux n’étaient que des ombres, des morceaux de ce qu’ils étaient autrefois. Aucun d’entre eux n’avait leur personnalité initiale, aucun n’était digne de confiance, et tous se battaient pour la domination de ce corps unique.

Du bon côté des choses, j’étais le seul à avoir une âme, donc, par essence, je devais être l’esprit dominant. J’étais un humain, mais je n’avais aucun désir masochiste d’être asservi ou de finir comme un simple serviteur d’un autre donjon.

Inutile de dire qu’à partir de ma naissance, je n’avais pas non plus le désir de dominer les autres esprits ou de plier leur volonté sous ma volonté, surtout parce que je n’avais aucune idée de la façon de le faire, et deuxièmement parce que je ne savais pas qu’ils existaient jusqu’à cette bataille avec Dankyun.

Bref, j’avais gagné, mais le coût de ma faiblesse dans ce monde, c’est que j’avais perdu ma maison, les élèves que j’étais censé protéger et que j’avais blessé les trois femmes dont je m’occupais le plus au monde : Nanya, Ayuseya, et surtout Shanteya.

Toutes les trois avaient subi d’horribles blessures et étaient au bord de la mort. Malheureusement, parce que j’avais essayé de me battre contre les Ténèbres, beaucoup de mes capacités initiales avaient été perdues. Une chose qui restait, c’était la capacité de préservation de mon esprit intérieur. Cet endroit était comme une dimension infinie qui lui était propre.

Je ne pouvais pas guérir immédiatement les filles à nouveau, alors j’avais fait ce que je pensais être la meilleure chose... J’avais commencé à les guérir cellule par cellule... Comme au moment où je construisais mon corps, je reconstruisais leur corps, mettant leur peau, leurs muscles et leurs os ensemble. Reconstruire leurs canaux magiques brisés avait été la partie la plus difficile. Sans eux, l’énergie magique pourrait devenir instable et entraîner leur destruction de l’intérieur vers l’extérieur. Le cas de Nanya était le pire... Pour autant que je puisse le dire, même si je la guérissais, il y avait de grandes chances qu’elle meure dans quelques années parce que la surcharge qu’elle avait faite avec son sceau avait eu pour résultat que ses canaux magiques avaient été brûlés. En d’autres termes, elle n’aurait même pas été capable de lancer un sort de type Débutant à son réveil.

Après ça, il y avait Ayuseya. Son corps souffrait d’un manque d’énergie magique à cause de sa malédiction. Le résidu de flux magique à l’intérieur de ses canaux était partout. Les nettoyer et assurer un flux régulier était également difficile, mais si elle restait comme ça, même si ses stats montraient des capacités incroyables, elle ne serait jamais capable de les utiliser complètement.

Quant à Shanteya, bien qu’elle n’avait pas eu autant de problèmes que les deux autres, j’avais quand même nettoyé ses canaux magiques et enlevé toute sorte de blessure ou de maladie de son corps. Faire cela les aiderait probablement à recueillir l’énergie magique plus rapidement et à stocker plus d’énergie.

J’avais fait tout ça, mais je ne les avais jamais réveillées. Je les avais laissées dormir et se reposer. Il m’avait fallu environ deux mois pour terminer tout ce travail, mais une fois que j’avais terminé, je pourrais les guérir beaucoup plus rapidement la prochaine fois parce que je comprenais mieux leur anatomie et que je n’avais pas besoin de travailler sur leurs canaux magiques.

Une autre chose que j’avais faite, c’est de renforcer mon armure magique. Après que le Primordial ait rendu mon corps à mon contrôle, il avait changé au niveau de qui j’étais autrefois. J’avais réalisé à travers cela que l’armure magique était principalement déterminée par l’expérience quant au maintien autant de mana en elle. Ainsi, chaque jour, j’avais commencé à la rafistoler et à la renforcer partout où je le pouvais. Il y avait beaucoup de trous et de fissures que je devais remplir, et plus je travaillais dessus, plus je réalisais à quel point il était faible comparé à celui de Dankyun ou même Nanya, mais petit à petit, j’y arrivais.

La dernière chose sur laquelle j’avais concentré mon attention était ce que je pouvais construire avec mes connaissances. J’avais dû apprendre à créer et à contrôler ces pièges et mes sorts. J’avais donc pris la liberté d’assembler et de désassembler la plupart de ceux que j’avais déjà construits. Les cristaux de puissance étaient les parties les plus intrigantes. Il s’agissait de minuscules accumulateurs de mana à circuits intégrés. L’énergie magique coulait simplement à travers un réseau à l’intérieur d’eux, mais peu importe à quel point j’essayais, je n’arrivais pas à comprendre la logique derrière tout cela. Heureusement, j’avais compris comment copier au moins les circuits déjà existants.

À partir de ces connaissances, j’avais commencé à reconstruire mes pièges, à les faire intégrer ces cristaux étranges ainsi qu’à mettre en place différents interrupteurs. La partie la plus difficile était d’essayer de faire une version en cristal magique d’un microcontrôleur. Je n’avais pas pu le faire. Quant à la recréer en tant que composant électrique, c’était encore plus difficile. Je ne savais tout simplement pas comment le faire.

Finalement, j’avais renoncé à comprendre certains détails plus précis sur le fonctionnement de ces cristaux de puissance et je m’étais concentré sur la construction d’objets que je pourrais utiliser dans le monde réel. Chaque piège et chaque machine que j’avais créés par la suite était devenu un plan que j’avais stocké dans ma tête et que j’avais transformé en Compétence sur mon écran de statut.

Tant qu’il y avait de l’espace dans mon Territoire de Donjon, je pouvais invoquer les matériaux de ce dépôt intérieur et ensuite le reconstruire dans le monde réel. L’énergie magique était la façon dont ces atomes avaient été réarrangés.

Il en était de même pour les sorts, mais dans ce cas seulement, ils étaient fortement dépendants de ma source d’énergie magique et du type de sort qu’elle avait. S’il avait besoin de certains matériaux ou s’il pouvait utiliser l’environnement proche, c’était toute la différence. Par exemple, Lance de Glace avait besoin d’eau, qui était refroidie sous cette forme par le mana. Cela s’était fait très vite. La boule de feu allait utiliser de l’oxygène dans l’air et de l’hydrogène comme carburant. Le mana fournissait la chaleur en agitant les atomes, mais elle pouvait agir comme le combustible en lui-même. Ceci avait été fait APRÈS avoir consommé une grande partie du carburant d’origine. Bien sûr, en tant que donjon, j’avais fourni les deux, mais une personne normale aurait dû utiliser beaucoup plus de mana pour une seule boule de feu.

Mais comme prévu, alors qu’un magicien aurait appris à utiliser l’énergie magique en ressentant et en comprenant l’effet dont il avait besoin, il n’était pas familier avec la physique moléculaire, la chimie, la biologie et d’autres choses de ce genre. D’un autre côté, un Donjon avait cette information, ce qui m’avait amené à poser une autre question :

« Comment un donjon peut-il savoir des choses qui ont exigé une civilisation avancée pour comprendre et se développer à travers des expériences et une évolution scientifique constante ? »

Je ne pouvais pas demander aux Ténèbres, puisqu’elles n’avaient plus jamais communiqué avec moi après cette bataille avec Dankyun. On m’avait laissé seul à mes propres pensées, mais j’avais le sentiment que je finirais par trouver la réponse à cette question tôt ou tard.

Cela dit, cela m’avait fait réaliser que je n’avais peut-être pas besoin de chanter quoi que ce soit pour jeter un sort. Je devais juste me concentrer et contrôler l’énergie magique d’une manière qui me permettait de recevoir l’effet désiré. Cela avait abouti à la création d’une nouvelle compétence qui pour se mettre à niveau, nécessitait que je doive mieux comprendre ses effets en profondeur et la développer par la pratique.

Cela, à son tour, avait pris beaucoup de temps à faire.

« Donc, quand les Ténèbres ont dit qu’elle faisait tout, cela signifiait en fait qu’en utilisant des souvenirs éparpillés parmi eux, elle pouvait avancer et mettre à jour mes sorts, alors je n’avais qu’à “sélectionner” la mise à niveau. C’est pourquoi j’étais limité à si peu de compétences. Ceux que j’ai appris dans les livres étaient essentiellement les vieux donjons qui appliquaient le contenu des livres pour moi. Bref, je ne faisais qu’ordonner aux Ténèbres..., » avais-je murmuré en jouant avec une boule de feu, en l’envoyant d’une main à l’autre, en augmentant sa taille et en me concentrant sur les différents effets qu’elle pourrait avoir.

Ce que je n’arrivais pas à comprendre, c’est comment le coût de mana avait été réduit pour certains d’entre eux ? Dans le cas de ma compétence de rang Empereur [Glacier infernal], le coût de mana était d’autant plus faible que la compétence devenait plus puissante. Cela n’avait aucun sens. C’était presque comme si Magie ne suivait pas ses propres règles.

D’après ce que j’avais compris depuis que j’avais été réincarné dans ce monde, l’énergie magique avait de nombreuses façons de changer les lois de la physique, mais en réalité, ce qui semblait être un changement complet et irrationnel n’était en fait qu’un puzzle compliqué de toutes les lois connues et encore inconnues de la magie et de la physique. Ça m’avait fait mal à la tête rien qu’en y pensant, mais je m’étais promis qu’un jour, d’une façon ou d’une autre, je pourrais le déchiffrer. J’étais pratiquement immortel, alors j’avais du temps libre.

Sept mois après mon arrivée dans ce désert, la résidence cubicule que j’avais créée pour moi-même n’avait pas changé, mais j’avais réussi à construire de nombreuses merveilles technologiques que je pourrais utiliser dans de futures batailles ou comme objets ménagers. Malheureusement, un insectifuge n’en faisait pas partie. Je ne voulais même pas me rappeler combien de fois je m’étais réveillé avec un insecte se nichant dans ma bouche ou une araignée dans mon oreille. J’avais crié comme une petite fille chaque fois que cela arrivait et j’avais balancé une boule de feu sur mon visage. Il y avait même un serpent qui avait nidifié sur mes genoux, comme s’il avait fait un oreiller de mes genoux.

Il y avait une autre chose sur laquelle j’étais arrivé à une conclusion, et c’était mon objectif dans la vie, ou plutôt les objectifs :

Tout d’abord, les Ténèbres devaient disparaître. C’était mon objectif principal pour l’instant. Deuxièmement, j’étais curieux de savoir comment le monde fonctionnait, comment les autres espèces interagissent les unes avec les autres et comment la société fonctionne ici en général. Enfin, après m’être débarrassé des Ténèbres, je voudrais m’entraîner pendant un certain temps.

Tout cela dans le but de ressusciter l’Académie de Magie de Fellyore, mais cette fois-ci, ce sera l’Académie de Magie d’Illsyore. Malheureusement, je ne pouvais pas commencer à le construire avant d’être certain de l’emplacement, des professeurs. Je devais aussi être assez puissant pour mettre à terre n’importe quel groupe de Suprêmes. Je devais aussi au moins avoir une classe d’étudiants, et je devais m’assurer de ne pas être en danger d’être contrôlé par quelqu’un d’autre que les appels au lit de mes femmes.

Quant à savoir pourquoi j’avais voulu construire une Académie de Magie. C’était étrange, mais je me sentais un peu lié à cette idée. J’avais également voulu faire quelque chose pour changer les opinions tordues de certaines personnes et de certains royaumes, en particulier en ce qui concernait l’égalité entre les espèces. Je pourrais développer de gros muscles et leur imposer ces changements, ou je pourrais simplement enseigner ma vérité aux jeunes. L’éducation s’accompagnait d’une révolution et d’un changement.

En ouvrant les yeux, j’avais pris une grande inspiration, toussant un peu de toute la poussière et écrasant une autre araignée qui avait transformé mon nez en un pont de soie. En me levant, j’avais étiré les bras et dépoussiéré mon corps. En regardant vers le haut, j’avais appelé de l’intérieur de mon esprit intérieur un mètre cube d’eau et je l’avais gardé suspendu au-dessus de moi avec l’aide de ma magie. En me concentrant sur la partie inférieure, j’avais créé un trou dans le champ et j’avais permis à l’eau de couler sur moi.

C’était une douche improvisée, mais elle avait fait le travail et m’avait débarrassé de la poussière. La température n’avait pas d’importance puisque ce corps avait une fonction qui augmentait ou diminuait sa température avec un peu de magie.

Une fois que j’étais propre comme un sou neuf, j’avais l’intention d’absorber les vêtements sur moi, mais je remarque que je n’en portais pas.

« Oh ouais... J’étais à poil tout ce temps... » avais-je dit. Puis j’avais fermé les yeux.

Quand je jouais avec la technologie, j’avais aussi appris à créer des objets. C’était RIDICULEMENT facile et simple. Fondamentalement, je devais juste connaître les matériaux, les invoquer de mon esprit intérieur et les infuser avec de l’énergie magique. Par la suite, je n’avais eu qu’à le remodeler sous la forme que je désirais. C’était similaire au travail de l’argile.

En utilisant cette méthode, j’avais moi-même créé un pantalon, qui avait fini par avoir une jambe plus grande que l’autre. J’étais un mauvais tailleur... La partie la plus compliquée était de créer le modèle, mais j’avais beaucoup de coton et de lin. J’avais ainsi choisi le premier type.

Une dizaine d’essais plus tard, j’avais réussi à créer un pantalon moderne brun foncé avec une ceinture en cuir teint en noir.

« Super... Maintenant, j’ai besoin de chaussettes, de chaussures, d’une chemise et de tout le reste... Je pense que je vais aussi faire une robe, » avais-je dit en regardant ma nouvelle création.

Sans plus tarder, moi, le donjon Divin, j’avais commencé à tricoter, coudre et teindre. Dix heures plus tard, je portais une longue robe noire avec un sweat à capuche ; une paire de pantalons marron foncé ; une paire de chaussettes en soie ; une paire de bottes en cuir ; un T-shirt en coton noir ; et une veste en cuir marron. En fait, j’avais l’air plutôt bien. Il ne me restait plus qu’à me couper les cheveux, et j’étais prêt !

En sortant de mon abri, j’avais levé les yeux et j’avais vu le ciel clair avec une centaine d’oiseaux volants affamés qui volaient droit sur moi. Quelle beauté... ! Attends, quoi ?

« LA GROTTE ? » avais-je crié pendant que je rentrais chez moi.

« TCA ! CROW ! » crièrent les oiseaux.

« Vous n’êtes pas des corbeaux ! » avais-je rétorqué.

« Meuhh ? »

Qu’est-ce que c’est ? avais-je pensé en plissant les sourcils.

« Chirp ! Chirp ! »

Je commençais à me sentir comme si je venais d’atterrir dans une cabane à oiseaux ou dans un zoo, mais je pouvais jurer que je ne voyais qu’une sorte d’oiseau volant avec des dents aiguisées comme un rasoir en tant que bec. Il n’y avait pas de vaches dans ce groupe...

Prenant une grande inspiration, j’avais étendu mon Territoire de Donjon et m’étais préparé pour la bataille.

« Meuhh ! » la vache avait été à nouveau entendue.

« Franchement, êtes-vous sérieux ? » avais-je dit à voix haute.

Avec l’énergie pulsant au bout de mes doigts, je m’étais précipité à l’extérieur et j’avais pointé ma paume vers tout ce qui se trouvait autour de ma maison.

Il y avait une vingtaine d’oiseaux qui faisaient tous ces trois bruits étranges tout en picorant et en se précipitant dans ma maison temporaire. Leurs longs becs aigus et leurs griffes s’effritaient peu à peu. Deux ou trois minutes auraient été une merveille. Étonnamment, personne n’avait essayé d’utiliser la porte d’entrée pour entrer, mais j’avais douté que quelqu’un puisse y entrer. Chaque oiseau était aussi grand qu’un draconien adulte, et son envergure était de près de dix mètres de long. Ils étaient ÉNORMES !

Pourtant, aucun d’entre eux n’avait l’air amical. Malgré le fait d’être au milieu de la nuit, mes yeux me permettaient de voir normalement. Leurs plumes étaient bleu foncé sur le dessus de leur corps et claires sur leur ventre. Au sommet de leur tête se trouvait une crête faite de longues plumes noires. S’ils n’étaient pas après la chair sur mes os, je les aurais considérés comme étant tout à fait intéressants et peut-être même beaux.

Avant d’utiliser d’autres compétences, j’avais décidé d’essayer mon laser sur eux. Le premier que j’avais visé était celui qui volait dans les airs, qui m’avait vu et avait décidé de faire de moi son dîner.

« Pas aujourd’hui ! » avais-je dit en souriant. Puis j’avais tiré au laser.

Le rayon rouge avait traversé son crâne et il avait atterri à côté de moi, mort.

J’avais entendu le ding de mon niveau, mais je l’avais ignoré. Ensuite, j’avais essayé mon armure magique et permis à l’un d’entre eux de me frapper. L’oiseau m’avait frappé avec son bec aussi fort qu’il le pouvait, mais je n’avais même pas bronché. L’armure magique n’était même pas ébréchée, alors j’avais attrapé le bec de l’oiseau et avec une forte traction, je l’avais envoyé voler vers un autre oiseau. Les deux individus étaient entrés en collision dans l’air, et je crois que j’avais entendu les bruits du craquement des os.

Avec un sourire sur les lèvres, j’avais pointé ma paume vers les deux oiseaux et libéré un faisceau laser, les transperçant d’un seul coup et les réduisant au silence pour de bon. Les autres oiseaux m’avaient regardé pendant une seconde et avaient décidé que je n’en valais pas la peine. Ils s’étaient envolés, mais pas après avoir attrapé les corps des deux derniers que j’avais tués.

« Cannibalisme ? » avais-je dit en les voyant se battre en l’air pour les restes.

Il ne me restait qu’un seul gros oiseau à côté de moi, celui que j’avais vaporisé sa tête. Cette fois, j’avais décidé d’en faire de la nourriture pour plus tard, alors je l’avais absorbée et j’avais marché jusqu’à ma petite maison.

« Je vais le réparer et réveiller les filles..., » m’étais-je dit en souriant et je m’étais mis au travail.

Le sol était un peu dur et froid pour simplement les poser là. Je n’avais pas de feu, et il faisait un peu sombre pour elles, alors j’avais placé un cristal de puissance qui émettait de la lumière sur le plafond et un tas de bois au milieu de la pièce. Avec une minuscule étincelle de feu au bout de mes doigts, j’avais allumé le feu de camp.

J’avais accéléré un peu le processus de chauffage en augmentant par magie la température du mur d’environ 15 degrés Celsius. Pour les garder au chaud, j’avais ajouté une couche de fibre de verre à l’extérieur, qui avait servi d’isolant thermique. Il s’agirait d’une double protection contre ces oiseaux gênants, à moins que le verre fasse partie de leur menu habituel.

Par la suite, j’avais libéré les filles qui étaient à l’intérieur de mon esprit intérieur et je les avais posées l’une à côté de l’autre. Il était très difficile de résister à la tentation de caresser les bazookas de Nanya, mais je m’étais abstenu... étonnamment.

Shanteya fut la première à se réveiller, puis Ayuseya, et la dernière à le faire fut Nanya.

« Arg... Qui êtes-vous ? » demanda l’El’Doraw un peu confuse quand elle me vit.

« Je porte de nombreux noms, mais tu peux m’appeler l’estimé et renommé..., » avant que je puisse finir ma phrase, Nanya l’avait terminée pour moi.

« Voleur de Petites Culottes et Seigneur du Donjon Pervers Illsyore, » avait-elle dit en souriant.

« Argh..., » avais-je gémi.

[Vous avez obtenu un nouveau titre : Voleur de Petites Culottes et Seigneur du Donjon Pervers] Souhaitez-vous l’appliquer ? O/N.

QUI ACTIVERAIT CE TITRE !? avais-je crié dans mon esprit au message ridicule.

« C’est bon de te revoir, Illsy..., » déclara Ayuseya avec un sourire doux.

« Ça veut dire qu’on a survécu ? Et Dankyun ? » demanda Shanteya un peu surprise, mais les larmes commencèrent à couler le long de ses joues. Elle pleurait. « MAÎTRE ! » elle avait sauté sur moi et m’avait serré dans ses bras. « Vous êtes vivant ! Vous êtes vivant ! Vous êtes en sécurité, » dit-elle sans cesse.

Je l’avais prise dans mes bras et lui avais tapoté doucement le dos. Ma mignonne El’Doraw était vraiment inquiète pour moi, bien que je ne m’attendais pas à une réaction aussi étrange. C’était comme si la première question n’avait aucune importance.

« Tout va bien, ma chère. Je vais bien, » avais-je souri, puis j’avais regardé Nanya, qui regardait vers le bas.

« Que s’est-il passé ? » demanda-t-elle.

« Eh bien..., » je m’étais gratté la joue et j’avais commencé à leur expliquer ce qui s’était passé, laissant de côté la petite partie sur les Ténèbres en moi.

Même si j’avais tort de le faire, je ne me sentais pas encore prêt à leur en parler. En fait, je ne savais pas comment le leur dire. Je ne pouvais pas laisser sortir : Hey, saviez-vous que je suis lentement dominé par un Donjon Primordial parce que je n’agis pas comme un méchant psychopathe avec l’intention de vous utiliser comme outils d’élevage ?

Oui... Je devais faire un pas à la fois... Jusqu’à ce que je sente que je perds le contrôle de mes actions et de ma raison, je ne voyais aucune raison d’ouvrir le sujet. Avec un peu de chance, je n’aurais jamais à le faire...

***

Chapitre 41 : Un pas, c’est tout ce qu’il a fallu

Partie 1

C’était très bien de voir les filles vivantes et en bonne santé, mais il y avait un peu d’inquiétude dans leurs yeux. Shanteya ne m’avait pas quitté et s’était constamment collée à moi comme si elle avait peur que je disparaisse d’une seconde à l’autre. Elle était mignonne comme ça, mais j’espérais que la bataille avec Dankyun ne laisserait pas de cicatrices mentales durables.

Ayuseya était restée calme et recueillie, gardant son image de noble élégante, même si j’avais le sentiment que s’asseoir dans une position de crise n’était pas vraiment confortable. Je me demandais aussi si elle voulait retourner à Teslov maintenant ou rester à mes côtés. En tant que membre de la royauté, ses devoirs et ses objectifs étaient très différents des miens. Mais même ainsi, rien ne m’empêchait d’essayer égoïstement de la garder à mes côtés en tant qu’épouse.

Quant à Nanya, elle ne me regardait même pas. Elle s’était retournée et commençait à réparer son armure. En fait, elle avait changé son armure plutôt révélatrice en une version intégrale, gardant ses « biens » cachés de la vue des autres, et malheureusement les miens aussi. Un de ces jours, cependant, j’allais m’assurer de lui enlever tous ses vêtements doucement et lentement.

« À quoi penses-tu, Illsy ? » demanda Shanteya quand elle remarqua mon sourire pervers qui visait le dos de Nanya.

« Hein ? » J’avais cligné des yeux de surprise et j’avais essuyé ma bave.

« Des trucs pervers, comme d’habitude, » Nanya avait regardé vers moi et m’avait montré un sourire.

« Toi, en vérité... eh oui, en quelque sorte..., » avais-je répondu.

Nanya avait rougi et se retourna immédiatement.

« Pervers..., » chuchota-t-elle.

Je t’ai entendue..., pensai-je.

Un autre moment de silence profond s’était abattu sur nous, avec juste moi regardant d’avant en arrière entre elles. Finalement, c’était Ayuseya qui avait brisé la glace.

« Ahem ! » elle avait toussé, attirant notre attention. « Avec Dankyun parti et l’Académie de magie détruite, qu’allons-nous faire maintenant ? »

J’avais cligné des yeux en raison de la surprise.

« S’il y a un désert à l’extérieur, il y a une chance que nous soyons sur le troisième continent Sorone, » avait dit Nanya.

« Sorone ? » avais-je demandé, surpris.

D’après mes souvenirs, trois grands continents avaient été découverts et peuplés par des humains et d’autres espèces. Ils s’appelaient Thorya, Allasn et Sorone. Bien qu’il n’y avait pas eu beaucoup de restrictions en ce qui concerne les voyages entre les grands continents dans le nord, aller sur le troisième continent avait toujours été un peu difficile. Il y avait quelque chose comme une frontière au milieu de l’océan. Elle était constamment patrouillée par divers navires provenant des royaumes du Sorone, de sorte que son passage ne pouvait se faire qu’à travers les quelques points de contrôle situés près des petites îles entre les continents.

La frontière avait été créée il y a quelques milliers d’années, et depuis lors, la marine combinée du Sorone avait continué à la protéger. Bien sûr, des bateaux de Teslov et de Paramanium s’étaient également joints à la patrouille de temps à autre, mais le résultat final était qu’aucun navire non autorisé ne pouvait le traverser. Cette diligence constante avait rendu les flottes navales du troisième continent incroyablement puissantes, à tel point que même Paramanium n’avait pas essayé de les affronter.

« Oui, le premier continent sur lequel j’ai marché... et où j’ai rencontré Dankyun, » déclara Nanya et avait tiré ses genoux contre sa poitrine.

Les souvenirs que cet endroit avait fait naître ne semblaient pas lui plaire, eh bien... il l’avait laissée pour morte dans un donjon et lui avait volé son épée. Je commençais à regretter de l’avoir laissé en vie, mais je ne doutais pas qu’il serait notre égal la prochaine fois. Le draconien n’avait plus que ses sous-vêtements au milieu de cette forêt. Il y avait aussi la menace avec laquelle je l’avais laissé. Le SSPT allait le dévorer vivant ! MUHAHAHAHAHA ! Ahem... Je veux dire... ouais... ouais...

« En parlant de ce que nous allons faire, pourquoi ne pas explorer cette terre tout en nous entraînant un peu ? Peut-être même qu’on pourrait aller contester quelques donjons, participer en tant qu’aventuriers dans une guilde, vous savez ? Des trucs simples pendant qu’on cherche quelque chose de plus important à faire ? » leur avais-je demandé. J’avais aussi l’intention d’utiliser cette excuse pour trouver des moyens de détruire les Ténèbres en moi.

« Ça a l’air intéressant. D’une certaine façon, je suis excusée quant à mes devoirs de membre de la royauté... Apprendre à se mêler parmi les roturiers pourrait être une bonne idée, » avait dit Ayuseya.

« Tant que je suis avec le Maître, je m’en fiche, » déclara Shanteya, faisant connaître ses pensées à tous.

Maintenant, nous étions tous en train de fixer Nanya. La démone avait poussé un soupir.

« Ça ne me dérange pas non plus..., » déclara-t-elle.

« Bien ! » J’avais souri et j’avais regardé dehors. « Euh, il fait encore nuit, et je n’ai aucune idée de l’heure qu’il est..., » leur avais-je dit.

« Veux-tu aller dormir, Maître ? » demanda Shanteya en me regardant.

« Non, mais je me demandais si je devais vous faire des armures et des épées en attendant que le soleil se lève. » leur avais-je demandé.

« Si tu as toujours la dague que j’ai eue de ces deux-là, ce serait suffisant, » déclara Shanteya.

« Ça et une armure pour te protéger. Porter une tenue de bonne n’est plus nécessaire, mais peut-être une armure en cuir ? » lui avait-je demandé, mais pour une raison quelconque, j’avais l’impression de faire quelque chose de vraiment stupide en niant le plaisir d’habiller ma El’doraw comme une jolie bonne.

« Tant que c’est léger et facile de se mouvoir dedans, cela me convient, » m’avait-elle dit.

« Je n’en ai pas besoin... Je peux faire le mien, » Nanya m’avait refusé le plaisir d’en faire une tenue plus révélatrice.

« Ton épée est là-bas, près du mur, » lui avais-je dit et j’avais enlevé le mur de protection que j’avais placé là pour la garder à l’écart d’éventuels pilleurs chanceux.

Clignant des yeux et surprise, elle tourna la tête et vit l’arme infâme utilisée par Dankyun pour provoquer tant de peur et de terreur. C’était la sienne depuis le tout début, donc je ne voyais aucune raison de ne pas l’emporter avec moi. De plus, si elle avait atterri entre de mauvaises mains, elle aurait probablement causé beaucoup d’ennuis à nouveau.

« Tu la lui as prise ? » me demanda-t-elle en se levant et en s’approchant.

« C’était la tienne depuis le début. Il n’avait pas le droit de la garder, » avais-je haussé les épaules.

Nanya semblait un peu réticente à la ramasser. Sa main s’était retirée au début quand elle avait essayé. Finalement, elle avait fait ce que je ne pouvais pas faire et l’avait absorbée. L’arme avait disparu en un clin d’œil.

« Merci... » dit-elle, puis elle s’était dirigée pour retournée s’asseoir, mais avant ça, elle s’était placée face à moi.

« De rien, mais comment as-tu fait ? Elle ne m’a pas laissé l’absorber..., » lui avais-je dit en clignant des yeux en raison de la surprise.

« Oh ! Mon Père l’a fait pour que personne d’autre que moi ne puisse l’absorber, » elle haussa les épaules avant de s’asseoir à côté d’Ayuseya.

« Vraiment ? Je ne savais pas qu’il y avait une telle option. Je me demande si c’était dérivé de l’enchantement [Pas de Vole], » avais-je dit en me frottant le menton.

« Il y a beaucoup d’enchantements que tu ne connais pas encore, Illsy, beaucoup qui ne peuvent être utilisés que par les nôtres..., » expliqua-t-elle en regardant le feu.

« Je vois... Et aussi, comme note de côté, j’aimais mieux l’armure précédente..., » avais-je dit en regardant directement sa poitrine, qui était recouverte d’une grande plaque de métal.

« Cela s’est avéré plutôt inutile..., » avait dit Nanya alors qu’elle couvrait instinctivement sa poitrine.

« D’une certaine façon..., » avais-je haussé les épaules.

« Alors, je suppose que c’est à moi de demander une arme et une armure. Si possible, quelque chose de discret que je peux porter sous ma robe. Une cotte de mailles, peut-être ? Oh, et une épée comme arme, » demanda Ayuseya.

« Hm, je suppose que c’est raisonnable. Semblable à une longue épée humaine ? » lui avais-je demandé.

« Oui, » répondit-elle d’un simple signe de tête.

« Je reviens tout de suite. Si quelque chose arrive, donnez-moi une gifle ou quelque chose comme ça, » déclarai-je.

J’avais fermé les yeux, puis j’étais entré dans mon esprit intérieur. Là, j’avais commencé à jouer avec l’armure et les armes pour les deux filles. La dague n’était plus là, j’avais oublié de la prendre sur le champ de bataille, alors j’avais dû la refaire.

Grâce aux quelques mois passés à jouer avec la technologie, la fabrication d’une cotte de mailles légère pour Ayuseya et Shanteya avait été un jeu d’enfant. J’avais utilisé l’alliage Inconel pour m’assurer qu’elle était à la fois légère et difficile à casser. Ensuite, j’avais fabriqué les pièces d’armure supplémentaire.

Quand j’avais fini, j’avais les articles suivants prêts pour Ayuseya : une paire de leggings en satin, une cotte de mailles, une ceinture en cuir, des gantelets en métal, des bottes en métal et ma propre épée longue spécialement conçue. Pour Shanteya : un ensemble tout nouveau de poignards dentelé que j’avais conçu, une paire de gants en cuir renforcé par du métal avec des poings en métal, une paire de bottes en cuir avec des semelles en métal, une paire de leggings en satin, une cotte de mailles semblable à celle d’Ayuseya, et une robe de combat d’une seule pièce... Je n’avais aucune idée de comment j’avais fini par faire quelque chose comme ça, mais j’avais fait un pouce en l’air et je l’avais fait passer ainsi.

Après, je n’avais plus qu’à les enchanter. Le livre de Tuberculus expliquait les bases de l’enchantement. En théorie, on pourrait infuser de l’énergie magique dans des objets pour leur donner certaines propriétés. L’astuce était que si vous infusiez trop et trop vite, l’article se briserait.

***

Partie 2

Ce que j’avais appris en m’occupant des pièges et en construisant mon corps, c’est que tous les êtres vivants ainsi que les objets enchantés avaient ces choses appelées « Canaux de Magie » ou « Circuits Magiques », quel que soit le nom que l’on souhaite leur donner. Bien qu’ils semblaient similaires, dans le cas des êtres vivants, ces canaux magiques fonctionnaient à la fois comme un stockage et comme une capacité à manipuler l’énergie magique. Dans le cas des objets, ils avaient agi comme des moyens avec lesquels vous pouviez contrôler la façon dont le mana allait réagir à cet objet, en d’autres termes, en le programmant. Malheureusement, je n’avais aucune idée de la façon dont ils fonctionnaient EXACTEMENT, je n’avais qu’une idée et une sorte de plans de divers dessins complexes de canaux magiques. C’est pourquoi je n’avais pas pu créer ce microcontrôleur magique.

En temps voulu, j’étais certain de découvrir comment cela fonctionnait, mais pour l’instant, j’avais au moins une idée de la façon de faire des enchantements appropriés. Tout ce que j’avais à faire était de copier certains schémas de canaux magiques, de les relier entre eux et de les infuser avec de l’énergie magique pour le démarrer. C’est pourquoi il n’y avait aucune raison pour moi de verser aveuglément de l’énergie magique dans l’objet. En effet, cela pouvait forcer la création d’un certain enchantement, mais c’était aussi la raison principale pour laquelle l’objet infusé avait une chance de se briser en morceaux. L’enchantement était essentiellement l’art de créer un circuit d’énergie magique ou une série de canaux à l’intérieur d’un objet. L’autre partie consistait à programmer la façon dont le mana devait réagir en combinaison avec les propriétés de l’objet.

Théoriquement, si celui qui avait construit l’épée de Nanya savait aussi bien ce genre de choses, alors pas étonnant qu’il eût été capable de créer quelque chose comme ça. Ainsi avec une bonne dose de patience et de pratique, cela pourrait aboutir à la création de quelque chose comme ça. Je n’aurais pas été surpris si Nanya n’avait fait qu’effleurer la surface des capacités de cette arme.

Ainsi, j’avais rendu tous ces objets très durables, assez pour survivre à un combat à part entière entre des aventuriers de rang Suprême. Ils étaient également très résistants aux éléments. Les matériaux les rendaient très légers, donc la seule chose que j’avais à faire était d’enlever une partie de la friction autour des articulations, permettant un mouvement plus facile. L’enchantement [Pas de Vol] avait également été ajouté. Pour leur donner un avantage au combat, j’avais fait rajouté à ces objets des choses comme des améliorations de statistiques. En infusant les vêtements avec du mana, ils pourraient augmenter les statistiques du porteur, jusqu’à 500 points dans chaque catégorie. Pour en faire plus, il faudrait une sorte de contenant de mana. En parlant de cela, j’avais dû me rappeler d’ajouter ces enchantements à mes propres vêtements. Sauf pour l’endurance, j’avais oublié d’ajouter quoi que ce soit d’autre, pour qu’ainsi, un voleur assez habile puisse me laisser les fesses nues au milieu de la rue.

Quant aux armes, en plus de certains de ces enchantements, elles avaient toutes les deux la capacité d’ignorer partiellement l’armure magique, ce qu’il avait fait agir comme de l’huile dans un seau d’eau, ce qui voulait dire que tout viendra de la force de l’utilisateur. Les poignards de Shanteya avaient un enchantement supplémentaire, qui réduisait le son autour d’elle en ralentissant les vibrations de l’air devant elle. Pour l’activer, elle devait le vouloir et y insuffler un peu de mana. En plus de partir en mission furtive, cette capacité était pratiquement inutile au combat, mais dans la main de Shanteya, elle pouvait s’avérer assez mortelle.

L’arme d’Ayuseya pouvait faire monter la température autour d’elle au point où elle pouvait faire fondre l’acier. Elle n’allait pas prendre feu, mais ce n’en était pas loin non plus. Cela consommait un peu d’énergie magique, mais ce n’était pas comme si elle avait un tas de sorts sur lesquels elle pouvait l’utiliser en premier lieu.

Une fois que j’étais satisfait de tout cela, j’étais sorti de mon esprit intérieur et je m’étais préparé à les offrir, mais j’avais trouvé Ayuseya reposant sa tête sur mon épaule gauche et dormant paisiblement, Shanteya dormant sur mes genoux et Nanya couchée devant le feu. Tout le monde dormait à poings fermés.

« Combien de temps suis-je resté là-dedans ? » avais-je murmuré, vu que j’avais réussi à oublier le temps à nouveau.

À en juger par la lumière qui se glissait à l’intérieur de cette pièce, le soleil était sur le point de se lever. Les filles étaient probablement fatiguées, ou peut-être que leurs horloges internes essayaient de s’adapter au changement soudain de la position globale et du temps écoulé.

Avec un soupir, j’avais fermé les yeux et je m’étais aussi endormi. Un peu de repos ne sonnait pas si mal, d’ailleurs, tout le reste était déjà préparé. Il ne me restait plus qu’à leur offrir les armures et les armes.

Le matin était venu avec un câlin et un baiser. J’avais ouvert les yeux et j’avais vu Shanteya me prendre par surprise avec ses douces lèvres. L’El’Doraw savait comment travailler avec sa langue, et je l’avais prise dans ma douce étreinte, mais avant d’aller plus loin, j’avais vu une paire d’yeux noirs m’accuser d’un crime odieux dont je n’étais même pas au courant.

« Tu aimes ça, n’est-ce pas ? » Nanya m’avait demandé ça.

« Mmhhmm..., » avais-je répondu en terminant mon baiser avec Shanteya.

« Puhaaaa~ ! » dit l’El’Doraw avec un joli rougissement.

« Euh... Je peux expliquer..., » avais-je dit à Nanya.

Elle n’arrêtait pas de me regarder dans les yeux.

« Illsy ? » demanda Ayuseya.

Tourner ma tête vers elle avait été à la fois une mauvaise et une bonne idée parce qu’elle m’avait aussi offert un baiser. Je venais de me faire agresser par deux charmantes femmes avant même d’avoir eu la chance de me réveiller correctement. En regardant Nanya, je pouvais voir qu’elle ne l’avait pas vu venir.

« Toi aussi ? » demanda-t-elle à la princesse.

« Mmm... Merci, » dit la draconienne avec un doux sourire après s’être retirée.

« Euh... eh... ouais..., » avais-je réussi à dire.

Eh bien, une chose était certaine, la draconienne et l’El’Doraw n’hésitaient plus à m’embrasser. Ayuseya m’avait surpris sur ce point, mais j’étais habitué à Shanteya. Quand même, c’était différent que quand je l’avais fait dans l’esprit intérieur, c’était plus... agréable. La sensation de la réalité offrait cette épice supplémentaire dont on avait besoin pour l’améliorer, ou peut-être que je l’imaginais depuis si longtemps que je ne les avais pas embrassés pour la dernière fois.

« Nanya, ma chère, je ne vois rien de mal à embrasser mon mari, » déclara la princesse draconienne en lui montrant un petit sourire.

« Ce n’est pas mal, mais..., » elle rougissait et regardait ailleurs. « Pourtant, je... » elle voulait dire quelque chose, mais s’était arrêtée et s’était retournée, sa queue fouettait dans les airs « Arg, fais ce que tu veux ! »

Je ne savais pas si elle était juste jalouse ou si quelque chose la dérangeait. Mes tripes me disaient qu’elle avait quelque chose en tête, qu’elle n’était pas encore prête à révéler. Cependant, je ne pouvais que me demander la raison. Avec tout ce qui s’était passé dernièrement, j’avais deviné qu’elles me voyaient toutes avec des yeux différents. Shanteya était plus attachée à moi et Ayuseya plus audacieuse.

Avec un soupir qui s’échappait de mes lèvres, j’avais juste tiré la draconienne et El’Doraw dans une étreinte et je les avais embrassées toutes les deux sur leurs joues. Quant à Nanya, après avoir été libéré de leur emprise, je m’étais rapproché d’elle.

En lui tapotant doucement la tête, je lui avais demandé : « Nanya, es-tu bouleversée par quelque chose ? Nanya, veux-tu une gâterie ? »

« GRR ! » La femme avait grogné et m’avait sauté dessus, me poussant vers le sol et m’épinglant les bras à côté de ma tête.

« Mais tu étais si mignonne, » avais-je tiré la langue vers elle.

« Grrr ! » elle grogna de nouveau avec un rougissement rose sur les joues, tandis que sa queue se balançait à gauche et à droite.

Même avec toute cette armure sur elle, je sentais à peine son poids sur moi.

« Allez, je plaisante ! » avais-je ri.

Le grognement s’était arrêté. Elle avait baissé les yeux un instant et s’était retirée loin de moi. Maintenant, je devenais un peu triste.

« Idiot..., » dit-elle en marchant dehors.

Cela m’avait laissé là pour simplement fixer la porte, pendant que mon cerveau essayait de comprendre ce qui venait de se passer. Même Shanteya semblait un peu confuse à propos de son geste soudain, mais Ayuseya riait tout simplement.

« Je ne comprends pas..., » avais-je dit en levant les bras en l’air.

« Laisse-la faire, » dit Ayuseya.

En soupirant, j’avais décidé d’arrêter d’essayer de comprendre ce qui venait de se passer. Cela ne servait à rien de faire agir mon cerveau sur quelque chose que je n’arrivais pas à comprendre avec les variables données. Je m’étais plutôt concentré sur les objets que j’avais créés pour Ayuseya et Shanteya et je leur avais expliqué ce que chacun des objets pouvait faire. Après, elles les avaient mises... juste devant moi.

Je... erm... l’ermite intérieur approuve ! avais-je pensé que pendant que je faisais un coup de pouce mental.

Après qu’elles aient fini de s’équiper, nous étions sortis.

« Maître, as-tu de la fièvre ? » demanda Shanteya en voyant mes joues rouges.

« Non, c’est juste une réaction naturelle..., » répondis-je en secouant la tête.

Nanya était à l’extérieur, sur la formation de pierre à côté de notre petite maison.

« Vois-tu quelque chose de là-haut ? » avais-je demandé.

« Oui... Je crois que je vois quelque chose au loin. Cela ressemble à une sorte de temple, mais je ne suis pas sûre..., » répondit-elle, tandis qu’elle regardait avec un front plissé ce qui se trouvait plus loin.

« Laisse-moi voir..., » avais-je dit et j’avais sauté à côté d’elle.

En regardant dans cette direction, j’avais vu la formation qu’elle avait mentionnée, mais je pourrais jurer que je n’avais pas vu cette chose quand je m’étais téléporté pour la première fois dans ce désert. Avait-il été formé au cours des sept derniers mois ?

En y pensant, une pensée m’avait soudain frappé.

« Serait-ce un donjon ? » avais-je demandé.

« Peut-être... » répondit Nanya avec un signe de tête.

En retournant au niveau du sol, j’avais dit à Shanteya et Ayuseya « Les filles ! On va contester un Donjon ! »

J’étais excité par cette tournure soudaine des événements, et j’avais un grand sourire heureux sur mon visage.

« N’est-ce pas un peu trop rapide ? Quel niveau es-tu ? » demanda Nanya après être arrivée à côté de moi.

« Bah, qui s’en soucie ? » avais-je haussé les épaules.

Depuis que j’avais eu mon corps, je n’avais pas pris la peine de vérifier mon statut parce que je savais que je n’allais pas gagner plus de points de compétence. Les attributs étaient plus intéressants, mais à moins que j’aie quelque chose à ajouter, il n’y avait aucune raison de le faire maintenant.

« Soupir. Tu as vaincu Dankyun, donc quelques niveaux ne devraient pas faire mal. Peut-être que nous pouvons aussi découvrir où nous sommes, » avait dit Nanya en commençant à étirer ses bras et ses jambes.

« Alors, allons-y ! » avais-je dit avec un sourire quand j’avais pointé du doigt vers l’entrée présumée du donjon.

Nous avions commencé à marcher dans cette direction, avec Nanya en tête et les deux autres filles derrière moi. Après environ cinq minutes d’échauffement, nous avions commencé à courir et grâce à nos incroyables statistiques, nous avions rapidement atteint des vitesses élevées de plus de 100 km/h, bien que j’avais été encore plus surpris par la façon dont Ayuseya pouvait courir avec sa robe. D’un autre côté, la robe de Shanteya lui allait très bien.

Après une dizaine de minutes de course constante, nous avions finalement atteint l’entrée. Il n’avait qu’une seule entrée en pierre, avec de grands piliers décorés ouvrant un chemin sombre vers un labyrinthe inconnu.

« Cool ! » avais-je dit à voix haute.

« La température est bonne..., » déclara Nanya en clignant des yeux de surprise.

J’avais ignoré le commentaire et je m’étais approché de l’entrée.

« Attends ! » avait déclaré la démone.

« Quoi ? » avais-je demandé en la regardant en réaction.

« As-tu une arme ? » m’avait-elle demandé.

En levant la main, je l’avais pointée vers l’extrémité de la formation de pierre d’où nous étions venus et j’avais tiré un seul tir laser de faible puissance. Le faisceau rouge avait traversé l’air et avait frappé la cible en un clin d’œil. Un petit morceau était tombé au sol.

« Ça ira, » déclara Nanya, surprise.

Avec un grand sourire, je m’étais retourné et m’étais dirigé vers l’entrée. Dès que j’avais fait mon premier pas, j’avais reçu les messages suivants :

[Attention ! Vous êtes entré dans un Territoire de Donjon ennemi !]

[Cœur de Donjon Normal Détecté : Niveau 102]

[Le Territoire de Donjon est attaqué] <Le Territoire de Donjon de l’ennemi est plus faible que le vôtre.>

[Le Territoire de Donjon de l’ennemi a été brisé]

[Cœur de Donjon Normal a été détruit]

[Votre niveau a augmenté]

J’avais cligné des yeux et j’avais regardé les messages.

« Quoi ? N’y a-t-il donc pas de donjon ici ? » demanda Nanya, surprise en me dépassant.

« Non... il y en avait un... mais je l’ai détruit... en faisant un pas dans l’entrée, » lui avais-je répondu, en essayant de ne pas pleurer.

Mon grand rêve de contester un donjon s’était envolé.

« La domination des donjons ? Pourquoi as-tu utilisé ça ? Je pensais que tu voulais aller l’explorer ? » demanda Nanya en plissant ses sourcils.

J’avais gémi, puis j’avais soupiré et je m’étais mis à genoux.

« COMMENT ÉTAIS-JE CENSÉ SAVOIR QUE JE PEUX DÉTRUIRE UN DONJON EN FAISANT UN PAS À L’INTÉRIEUR ! » avais-je crié en pleurant.

***

Chapitre 42 : Un goût de melons et de pommes.

Partie 1

Pendant que les filles entraient dans le donjon pour tuer tous les monstres, j’étais resté dehors et j’avais boudé sur le fait que j’avais détruit un donjon si facilement. J’avais littéralement fait un pas à l’intérieur, et le donjon avait disparu. Le problème, c’était que je n’avais aucune idée de ce qui s’était passé... Est-ce que j’étais si fort qu’il avait simplement eu une crise cardiaque ? En premier lieu, est-ce qu’un donjon dans son corps de cristal pouvait même avoir des crises cardiaques ?

Quoi qu’il en soit, je n’étais pas du tout heureux. C’était censé être mon premier affrontement de Donjon avec un groupe comprenant Shanteya, Nanya, Ayuseya et moi. C’était censé être rempli d’actions et de divers moments de combats intenses. Nos sentiments et notre confiance étaient censés s’épanouir au fur et à mesure que nous conquérions étage après étage.

« Soupir... C’est peut-être pour ça que les autres Donjons rendent leurs premiers étages si ridiculement faciles ? Ce n’est pas pour entraîner les aventuriers, mais pour les voir approfondir leurs liens, les voir lutter... C’est leur version du divertissement ! » avais-je poussé un autre soupir alors que je faisais des cercles dans le sable.

« Qu’est-ce que tu fais à bouder ? » demanda Nanya en me tapotant sur la tête.

« Je ne m’attendais pas à détruire le donjon si facilement... », m’étais-je plaint.

« Tu ne sais pas, n’est-ce pas ? » m’avait-elle demandé et elle s’était assise à côté de moi.

En tournant mon regard vers elle, je l’avais vue arranger un peu ses longs cheveux noirs et retirer quelques toiles d’araignée.

« Je sais quoi ? » demandai-je.

« Eh bien..., » elle m’avait regardé après ça et avait incliné sa tête vers la gauche « Quelle est la taille de ton Territoire de Donjon ? »

« Euh... » J’avais pointé ma paume vers un point situé à 1,5 mètre de moi et j’avais tiré sur un court rayon laser. Le sable avait immédiatement fondu et avait formé un petit trou de verre. « Pas si gros que ça. Ça s’arrête là. »

De mon point de vue, c’était une question plutôt étrange à poser, et je n’avais aucune idée de ce que cela avait à voir avec la destruction d’un donjon normal.

« Quelle est la taille de mon Territoire de Donjon ? » me demanda-t-elle en se montrant du doigt.

« Euh ? Je ne peux pas le dire..., » avais-je répondu en secouant la tête.

« Essaie de te concentrer un peu, » m’avait-elle demandé.

N’ayant rien d’autre à faire, j’avais fermé les yeux et scanné la zone à l’intérieur de mon Territoire de Donjon, mais je n’avais pas pu en détecter un autre. C’était étrange parce que d’après ses paroles, elle me disait qu’elle en avait un.

« Je ne peux vraiment pas dire..., » j’avais secoué la tête dans la défaite.

« Ça commence au centre de mon corps et s’étend avec un rayon de deux centimètres autour de lui, » annonça-t-elle en souriant.

« Quoi ? » J’avais plissé les yeux vers elle et j’avais regardé sa poitrine. « Je ne peux pas le voir... », lui avais-je dit.

« Tu ne peux pas. Ton Territoire de Donjon détecte mon corps en premier et en fait une priorité. Mais regarde, je vais élargir un peu mon territoire. Un message devrait apparaître pour toi, » m’avait-elle dit et c’était exactement ce que cela avait fait.

[Territoire de Donjon ami détecté. Propriétaire : Nanya Demonarkiar la 2e].

Le sentiment que j’avais obtenu vis-à-vis d’elle après qu’elle l’ait fait ça était similaire à la détection d’une autre présence à l’intérieur de mon Territoire de Donjon et en même temps, j’avais le fait que cette zone était bloquée et hors de mon influence. Si je devais deviner un peu plus, je ne pourrais pas construire à l’intérieur de son territoire sans sa permission, mais instinctivement, je savais que j’avais deux options pour « reprendre » cette zone. C’était soit en briser son Territoire de Donjon, soit l’absorber dans le mien.

« Qu’est-ce que cela veut dire ? » avais-je demandé en agitant la main à travers son territoire.

« Hehe ! » elle avait ri.

« Veux-tu bien me l’expliquer ? » demandai-je.

« Eh bien, les Donjons ont deux façons de se battre..., » elle avait rétracté son Territoire de Donjon puis elle avait croisé les jambes et avait regardé un nuage qui passait. « La première est l’expansion de leur Territoire de Donjon. Si c’est plus puissant que celui de l’ennemi, alors leur Territoire de Donjon serait brisé, mais si c’est l’inverse, eh bien... tu as vu ce qui s’est passé. C’est très risqué. Pour un donjon humanoïde comme nous, l’éclatement de notre territoire de donjons ne fait que nous neutraliser et nous affaiblir gravement pendant un court instant. C’est similaire au lancement d’un malus paralysant, » expliqua-t-elle.

« Quand Dankyun t’a poignardé avec cette épée... il l’a fait ? » avais-je demandé en regardant le cercle que j’avais dessiné dans le sable.

« Oui, il a brisé mon Territoire de Donjon avec mon épée. Eh bien, pour un cœur de donjon, l’effet est bien pire... Tout leur corps de cristal se brise à la suite de la perte de leur Territoire de Donjon. Contrairement à nous, qui avons une paire de poumons pour respirer, ils ne respirent pas... Le Territoire de Donjon est semblable à certains de leurs organes internes ainsi qu’au stockage et générateur de mana, » avait-elle expliqué, puis elle m’avait regardé.

« Je ne savais pas que... en fait, je savais que c’était un générateur et du stockage, mais je ne savais pas pour les organes internes, » j’avais cligné des yeux, surpris et je m’étais retourné vers elle. « Donc les deux méthodes de combat d’un autre donjon sont soi à travers le Territoire de Donjon, ce qui est le plus dangereux si tu ne connais pas exactement la force du Territoire de Donjon de l’ennemi, et l’autre de le cacher et d’aller à l’intérieur comme un aventurier normal ? » avais-je demandé.

« Exactement !, » elle hocha la tête et sourit.

« Merci, mais c’est quand même frustrant de savoir que j’ai vaincu ce Donjon si facilement, » avais-je dit en riant.

« Ça aurait été une longue et ennuyeuse excursion de donjons. La plupart des étages sont des étages naturels où diverses bêtes et monstres ont créé des nids. Je m’ennuyais après le deuxième étage, alors j’ai donné un coup de poing pour descendre, » expliqua-t-elle.

« Des trésors ? » avais-je demandé en plissant les sourcils.

« Un tas d’objets de mauvaise qualité, mais rien d’autre, » elle secoua la tête.

« Où sont Ayuseya et Shanteya ? » avais-je demandé et j’avais regardé autour de moi.

« Shanteya pensait que ce serait une bonne occasion d’aider Ayuseya à apprendre à affronter des monstres. Elles s’entraînent sur certaines des zones remplies de monstres du 78e étage. J’ai rassemblé la plus grande partie du butin et les restes du cœur de donjon au 96e étage. Elles valent un bon prix, quel que soit l’endroit où nous les vendons, » dit-elle en souriant.

« C’est comme ça que Tuberculus a eu ses morceaux de cœur de donjon ! » avais-je demandé en frappant ma paume avec mon poing.

« Et devine qui a passé des heures et des heures à regarder dans tous les marchés de là où nous allions ? » elle avait croisé les bras sur sa poitrine et avait poussé un petit grognement.

D’après ce que j’avais entendu, ce n’était pas un souvenir très agréable pour elle.

« Toi ? » avais-je demandé en plissant mon front.

« Ouais ! De toute façon, je vais faire un peu de reconnaissance. Pendant ce temps, tu..., » elle m’avait regardé, et nos yeux s’étaient rencontrés. Elle avait dégluti et avait rougi. « Tu fais ce que tu veux, j’irai en éclaireur, » puis elle avait couru plus loin.

Elle agit un peu bizarrement..., avais-je pensé qu’en la voyant s’enfuir ou plutôt sauter par-dessus les dunes de sable d’un seul coup.

Techniquement parlant, elle était vraiment très forte, et cela même sans ses améliorions habituels. En fait, toutes ses statistiques dépassaient les 1000 la dernière fois que j’avais vérifié. Elles étaient folles !

Avec un soupir qui s’échappait de mes lèvres, je m’étais levé et j’avais décidé de jeter un coup d’œil à l’intérieur du donjon que j’avais si facilement vaincu.

« Comment étais-je censé savoir pour Le Territoire de Donjon ? » avais-je un peu grogné quand j’avais mis mes mains dans mes poches et donné un coup de pied dans une pierre à l’entrée.

Grâce à ma force ridicule, le rocher était simplement passé à travers le mur comme une balle tirée d’un fusil antimatériel. J’avais laissé sortir un autre gémissement et j’étais descendu dans les escaliers.

Le premier étage était essentiellement rempli des restes de quelques rats, et c’était à peu près tout. Je ne savais pas si la mousse sur les murs avait quelque chose à voir avec l’écosystème d’ici, alors j’avais continué à marcher plus profondément. L’étage suivant était jonché de restes de rats. Certains étaient plus gros que les autres. Il y avait un squelette humain dans un coin, et j’avais louché des yeux.

Quelqu’un est mort ici ? m’étais-je demandé, puis je m’étais approché.

Les os présentaient des marques de mastication des rats. Ils l’avaient dépouillé de toute sorte de chair. Je n’avais aucune idée de l’odeur, car pour faire bonne mesure, j’avais désactivé mon odorat dès que j’avais vu des corps de rats.

En continuant, les dix étages suivants étaient pour la plupart identiques dans la conception : un chemin droit à travers quelques pièces remplies de divers monstres. L’endroit ressemblait à une grotte naturelle pour la plupart, pas de portes, de pièges, de murs de briques ou d’autres choses de ce genre.

Au onzième étage, les murs étaient devenus plus lisses et les monstres s’étaient transformés en quelques diablotins de bas niveau. L’un d’entre eux avait été enfoncé dans le plafond, ce qui m’amenait à me demander si c’était un acte de Nanya ou d’Ayuseya. À noter que deux individus étaient morts en tenant une botte.

C’est compris ! L’amour des bottes est une caractéristique générale de l’espèce des diablotins..., avais-je pensé en regardant les petits monstres.

***

Partie 2

Avec un soupir qui s’échappa de mes lèvres, je m’étais approché de l’extrémité de cet étage. C’est là que j’avais vu un gros trou dans le sol.

« Hm, le raccourci de Nanya ? » m’étais-je demandé à voix haute et j’avais sauté dedans.

Après avoir jeté un coup d’œil au niveau suivant, j’avais sauté par le trou suivant et ainsi de suite jusqu’à ce que je vois quelque chose de différent.

Au 25e étage, les premiers murs de briques étaient apparus, et un Minotaure de bas niveau avait été coupé en deux. Je parierais deux pépites d’or que c’était Ayuseya qui l’avait fait. Mais il n’y avait rien d’autre intéressant ici, alors j’avais continué mon voyage vers le bas.

Le premier piège que j’avais vu était au 31e étage. C’était un piège à pointes et un piège simple. L’endroit était rempli de diablotins et de corps de loups coupés en morceaux. D’après ce que j’avais vu jusqu’à présent, ce n’était pas étonnant que Nanya et les autres pensaient que mon donjon était un peu dur. Apparemment, la plupart des donjons se concentraient sur les combats avec des monstres, et pas sur les pièges comme je l’avais fait.

Est-ce peut-être pour ça que j’ai perdu contre Dankyun ? m’étais-je demandé en me grattant l’arrière de la tête.

J’avais haussé les épaules et j’avais continué. La prochaine fois que j’irai construire un donjon, j’allais m’assurer d’avoir un nombre égal de pièges et de monstres.

Et une bombe nucléaire... J’ai besoin d’une bombe nucléaire, pensais-je en sautant à l’étage suivant.

La complexité des étages du donjon augmentait plus nous arrivions profondément, mais les matériaux à partir desquels il avait été construit semblaient proportionnels aux matériaux trouvés à cette profondeur. Il ne semblait pas y avoir un riche gisement de fer par ici parce que le piège a pointes au-dessus et les armes des monstres étaient tous faits de cuivre et d’étain. D’autre part, les étages étaient aussi de plus en plus grands, mais même pas aussi grands de ce que j’avais au deuxième étage.

Au 79e étage, j’avais trouvé les filles.

« Vous avez bien agi, Ayuseya, » dit Shanteya, qui se tenait derrière et regardait les attaques de la princesse draconienne contre un Minotaure furieux.

J’avais plissé les sourcils et j’avais eu pitié du pauvre monstre qui essayait de porter un coup à ma femme. Mais avec ses statistiques, cela aurait été plutôt ridicule si cela avait été possible.

« Comment ça se passe ? » leur avais-je demandé en les approchant.

« Maître ! Quelle surprise ! Avez-vous fini de pleurer ? » me demanda Shanteya avec un sourire chaleureux.

Ces mots m’avaient poignardé en plein cœur, et je voulais me plaindre et prouver que je n’étais pas à blâmer, mais cela me mettrait très probablement dans une mauvaise position. Lâchant ma fierté, j’avais décidé de forcer un sourire et de hocher la tête une fois. J’avais admis ma défaite...

« Illsy ? » Ayuseya avait détourné le regard de son combat.

C’était un mouvement très peu inspiré. Le Minotaure l’avait vu comme une ouverture et l’avait attaquée. Il n’avait fallu qu’une fraction de seconde à la draconienne pour se rendre compte du danger, mais ce qu’elle avait fait par la suite était tout à fait ridicule.

« KYA ! » elle avait crié, brisant presque mes tympans.

Soulevant sa main, elle avait libéré une boule de feu d’un mètre de diamètre qui avait simplement nettoyé le couloir de tous les monstres restants. Celui contre lequel elle se battait n’était plus qu’un tas de cendres sur le sol. Quant à la boule de feu elle-même, elle avait atteint l’extrémité du couloir et avait explosé, répandant des flammes sur la moitié de l’étage.

« Joli feu d’artifice. Depuis quand peux-tu faire ça ? » avais-je demandé en plissant les sourcils.

Ayuseya regardait avec surprise le désastre qu’elle avait créé, tandis que je créais un mur devant elle, pour empêcher les vapeurs toxiques de venir et de bloquer notre vue.

« Je ne sais pas... Je n’aurais jamais cru pouvoir jeter ce sort... Euh..., » dit-elle un peu abasourdie.

Je me demande si c’est à cause de mes réparations effectuées sur ces canaux magiques, pensais-je en la regardant.

En lui tapotant la tête, j’avais souri et je lui avais dit. « Ne t’inquiète pas, retournons à la surface pour l’instant. »

« Très bien..., » répondit-elle en regardant sa main alors qu’elle se refermait et ouvrait son poing.

Par curiosité, j’avais jeté un coup d’œil à ses statistiques.

 

[Nom] : Ayuseya Drekar Pleyades

[Espèce] : Hybride de Draconien et Vrai Dragon

[Race] : Or

[Niveau] : 68

[Force] : 405 +1382,5

[Agilité] : 308 +1314,6

[Intelligence] : 416 +1505

[Mana] : 11 605 +11 025

[Régénération de Mana] : 15 +105 points par seconde.

[Lien de Confiance] : <70 %> Changement ? O/N

[Points de statistiques disponibles] : 0

[Compétences] > Énumérer toutes les compétences ? O/N

[Points de compétences disponibles] : 0

[Allégeance] : Omniak Drekar Gladarash, Dieu des anciens dragons.

[Conjoints] : Illsyore

[Esclaves] : Aucun

[Animaux] : Aucun

[Larbin] : Aucun

 

J’avais louché des yeux sur la valeur de Mana et de Régénération de Mana ainsi que sur toutes ces autres statistiques. Elle était probablement aussi forte ou même plus forte que Nanya. Certaines de ces valeurs étaient aussi clairement différentes de ce que j’avais vu à l’époque, quand j’étais encore dans mon corps de cristal. Une chose intéressante à propos des valeurs était le fait qu’elle avait gagné 2000 points de mana et 15 points de régénération de mana suite à la réparation de ses canaux magiques. C’était bien, mais en même temps, cela signifiait que Nanya et Shanteya avaient probablement connu des changements similaires.

Après être sortis du donjon, nous avions trouvé la démone qui nous attendait en mangeant ce qui ressemblait à un fruit rouge. Elle en avait lancé un à chacun de nous. Je l’avais pris dans une main et l’avais reniflé, malheureusement, j’avais oublié de desceller mon odorat.

« Où as-tu eu ça ? » lui avais-je demandé.

« Il y a quelques arbres qui poussent là-bas. J’en ai absorbé quelqu’un parce que j’aime ce fruit. » M'avait-elle répondu « Garupa », puis elle avait pris une autre bouchée du fruit.

Curieux, j’avais décidé d’utiliser mes papilles pour la première fois dans ce monde. J’avais ouvert mon nez et j’en ai pris une bouchée. Le goût était exquis, sucré, et cela me rappelait légèrement des pommes et des melons. Un combo bizarre, mais cela avait un bon goût.

« Une chance de trouver un coin pour loger ? » avais-je demandé.

« Une petite ville là-bas. Un village dans cette direction. Et un camp de bandits là-bas, » Nanya les désigna tous les trois.

« Camp de bandits ? » lui avais-je demandé, en plissant les sourcils.

« Débutant et intermédiaire, pas de quoi s’inquiéter, » elle haussa les épaules.

« Très bien, alors allons en ville. Ce sera la première fois que j’y entrerai, et je suis curieux de savoir ce que je verrai et quel genre de personnes je rencontrerai là-bas, » avais-je dit avec un sourire sur mon visage.

« Ça m’a l’air bien, » avait dit Ayuseya.

« J’irai là où le Maître veut aller, » confirma Shanteya.

« Argh... laissez-moi d’abord faire une bague d’illusion ou quelque chose comme ça, » Nanya se plaignait en regardant son armure toute griffue.

Encore une fois, la démone commençait à agir bizarrement. Je ne voyais pas pourquoi elle avait besoin de cacher son apparence, elle n’était pas répugnante ou quoi que ce soit du genre. Le charme d’adolescente avait été remplacé par le charme adulte. D’un point de vue physique, elle était très sexy et séduisante, du moins à mes yeux. D’une façon ou d’une autre, il se passait quelque chose, et d’une façon ou d’une autre, j’avais l’intention de le découvrir.

Jusque-là, cependant, nous devions atteindre la ville et nous inscrire auprès de la guilde de l’Aventurier ! En parlant de cela, j’avais fait une petite note à moi-même pour en intégrer une dans ma future Académie de Magie.

J’ai besoin de quelques professeurs femmes-chats... et d’une infirmière femmes-renardes. Oui, dans tous les cas, une infirmière renarde ! avais-je pensé en marchant à côté de Nanya et en regardant les fesses oscillantes d’Ayuseya. Après tout, un homme devait mettre de l’ordre dans ses priorités.

***

[Point de vue de Nanya]

Nous nous dirigions vers une petite ville au bord de ce désert. Il y avait une guilde d’aventuriers, mais je n’avais pas vraiment envie de la rejoindre. Il ne restait que de mauvais souvenirs de la dernière fois que j’en faisais partie. Mais encore une fois, il était très douteux qu’ils aient encore mon ancienne carte de membre.

Avec un soupir qui s’échappait de mes lèvres, je levai les yeux vers Illsy. Il souriait comme un idiot à propos de quelque chose. En suivant son regard, je l’avais vu qu’il regardait les fesses d’Ayuseya.

Ma joue droite avait tremblé. Je n’aimais pas ça. Contrairement aux deux autres femmes de notre groupe, j’avais le moins de points positifs avec lui. Mais ce n’était pas le problème... En effet, peu importe comment je la regardais, la princesse draconienne avait l’air digne d’une noble et le corps pour influencer l’esprit de n’importe quel homme, tandis que Shanteya avait... l’expérience... D’un autre côté, j’étais une démone, un donjon, toujours en colère contre lui, toujours en train de faire une farce ou quelque chose du genre... Je doutais que ces choses le dérangeassent, mais elles me dérangeaient.

Argh ! Parfois, j’ai l’impression de me tirer des balles dans le pied ! avais-je pleuré dans mon esprit.

Illsy avait encore les yeux collés sur les fesses d’Ayuseya. Je lui avais jeté un regard noir, mais c’était Shanteya qui m’avait remarquée. Elle avait gloussé et m’avait fait un sourire.

Mes joues s’étaient enflammées et j’avais vite détourné les yeux.

Ce n’est pas ce que tu penses ! Ce n’est pas le cas ! lui avais-je répondu dans ma tête, mais de qui je me moque ?

Cette femme pourrait me lire comme un livre parce que j’avais baissé ma garde.

Illsy, espèce d’idiot ! C’est ta faute ! Ça doit l’être ! m’étais-je plaint dans mon esprit comme une enfant.

Pour me vider la tête, j’avais commencé à faire un petit anneau d’illusions. Mon ancienne forme était assez belle, mais un peu petite, cet enchantement devait me cacher entièrement. Pour l’instant, se débarrasser des dents pointues, de la queue pointue, des griffes, des cheveux foncés et des yeux, tout ce qui laisse même entrevoir la possibilité que je sois une démone. Mais encore une fois, Illsy était le plus étrange avec ses yeux vert émeraude et ses cheveux vert jade, mais il était plutôt mignon et beau...

J’avais rapidement secoué la tête.

Non ! Non ! Non ! Non ! D’abord la bague, ensuite tu pourras penser à quel point Illsy est charmant ! Arg... non, ce n’est pas ce à quoi je veux penser... stupide cerveau ! m’étais-je encore plainte.

C’était devenu un peu incontrôlable... très rapidement.

***

Chapitre 43 : L’attaque surprise de Nanya !

Partie 1

Ce qu’il y avait de bien avec une agilité de plus de 1000, c’est que nous pouvions facilement nous déplacer sans avoir besoin d’utiliser un chariot, un cheval ou une voiture. Cette dernière avait encore besoin d’un peu de bricolage pour être réalisée. Quoi qu’il en soit, nous courions dans le désert à plus ou moins 100 km/h. Nous pouvions aller beaucoup plus vite que cela, mais nous n’étions pas pressés, et je voulais le faire en regardant les fesses d’Ayuseya ! Malheureusement, la cotte de mailles que je lui avais donnée avait la capacité étrange d’empêcher sa poitrine de trop rebondir. En fait, elle l’avait à peine fait, ce qui était le gros problème.

Arg ! Moi et mon attention aux détails inutiles..., avais-je grogné dans mon esprit.

Finalement, nous avions atteint ce qui semblait être le début d’une zone rocheuse, puis nous avions continué pendant quelques kilomètres sur une prairie. Ma connaissance sur la géographie manquait un peu de ce côté-là, mais le désert semblait plutôt petit, ou peut-être que nous avions juste atterri près de son bord. De toute façon, après quelques kilomètres de plus, nous étions finalement entrés dans des bois. Moins de cinq minutes plus tard, la petite ville était apparue.

« C’est assez loin en vérité, comment as-tu pu le trouver si vite ? » avais-je demandé à Nanya.

« Je ne l’ai pas fait. J’ai trouvé un bandit qui pensait que je serais facile à vaincre. Je l’ai un peu frappé, et il a eu la gentillesse de signaler les quelques colonies qu’il connaissait, » expliqua-t-elle en haussant les épaules.

« C’est donc pour ça que tu as parlé du camp de bandits ? J’ai trouvé un peu étrange que tu en aies trouvé un..., » lui avais-je dit, puis j’avais soupiré.

« Ouaip ! » elle avait souri.

« Alors comment connaissais-tu leurs rangs ? » demanda Shanteya en plissant les sourcils.

« Il se vantait qu’ils étaient des intermédiaires et qu’ils m’auraient un jour ou l’autre, » répondit-elle.

« Uh-huh. Y a-t-il une chance qu’on soit bientôt pris en embuscade ? » avais-je demandé.

« As-tu peur d’une bande d’Intermédiaires ? » Elle répondit comme si quelque chose d’impossible était normal.

« Soupir... Eh bien, comment va-t-on alors approcher de cet endroit ? Y va-t-on sans rien faire d’autre ? » avais-je demandé.

« Non, d’abord je vais faire ça ! » déclara Nanya avec un grand sourire en mettant une bague à son doigt griffé.

En fait, la bague avait disparu à l’intérieur de son armure, puisqu’elle la portait par-dessus sa main. Je n’avais pas vraiment eu l’inspiration de déshabiller les filles pour vérifier correctement leurs trois tailles à des fins de recherche et de construction d’armure. Oui ! Armure ! Mais oui... Je ne l’avais pas fait, et je l’avais en quelque sorte regretté par la suite.

La féroce et imposante Nanya s’était transformée en une personne complètement différente. Maintenant avec des cheveux blonds qui s’étendaient jusqu’aux hanches, une armure pas si pointue et encombrante, pas de queue, et le plus important : pas de griffes. La démone était devenue 100 % humaine, du moins à l’extérieur.

« WÔW ! » avais-je dit, surpris.

« De quoi j’ai l’air ? » demanda-t-elle en faisant une pirouette.

« Peut-être que je suis étrange, mais je pense que je préfère la vraie version, » avais-je répondu en inclinant la tête.

Elle avait rougi et elle se retourna.

« C’est juste un déguisement..., » elle avait parlé avec une pointe claire d’embarras dans le ton de sa voix.

« Elle est belle et mignonne aussi ! » Ayuseya l’avait complimentée.

« En effet, » Shanteya était également d’accord et elle le montrait d’un signe de tête.

« Alors, allons-y ! » J’avais souri et j’avais marché devant elles.

Nous avions été accueillis à la porte par deux guerriers humains portant des armures de plaques épaisses. Leurs armes étaient de grosses haches avec des poignées épaisses. Je m’attendais franchement à deux soldats portant une lance, des armures en cuir, pas à ces deux guerriers féroces. Ils étaient en quelque sorte intimidants.

« Bonne journée ! » avais-je amorcé la conversation.

« Bonjour ! Avez-vous travail utile dans ville ? » dit-il soudain.

« Dire quoi maintenant ? » J’avais cligné des yeux quand je l’avais entendu.

En secouant la tête, j’avais regardé vers les filles, mais elles ne semblaient pas être dérangées par le massacre soudain de la langue parlée.

Peut-être qu’il n’y a que moi ? Est-ce que l’obscurité joue avec ce que j’entends ? pensais-je

« Ah, tu ne parles peut-être pas Kalish, non ? » demanda-t-il en plissant son front.

« Euh, peut-être ? » avais-je demandé, en essayant de deviner la réponse.

« Me comprends-tu maintenant ? » demanda l’homme, mais je ne voyais pas la différence, ils parlaient franchement la même langue, mais avec une meilleure grammaire.

« Oui, » avais-je répondu. Puis j’avais essayé de me concentrer un peu sur le genre de mots que j’entendais exactement.

« Ils doivent être des aventuriers. Vous êtes ici pour le nouveau donjon dans le nord ? J’ai entendu dire que c’est un donjon redoutable de près de 100 étages ! » dit l’autre homme en hochant la tête comme pour confirmer ses propres mots.

Effrayant ? Celui que j’ai cassé en marchant dedans ? avais-je pensé en étant un peu surpris.

« Non... nous ne faisons que passer et souhaiterions passer la nuit à l’auberge locale, » lui avais-je dit avec un sourire.

« Ah ! L’auberge est en bas de la rue à droite ! On ne peut pas la rater ! » déclara le premier garde.

« Merci ! » J’avais hoché la tête et souri.

« Passez une bonne journée et évitez les ennuis ! » nous avait-il avertis.

Après être entré dans la ville, j’avais été surpris de voir à quel point elle avait l’air incroyablement banale. Il n’y avait pas d’immeubles de luxe ou de guerriers étranges. Tout le monde était le plus souvent habillé de la même façon et maniait toutes sortes d’épées et de haches, la plupart du temps ces dernières. Quant aux races, il y avait quelques El’Doraws, voire un guérisseur elfe qui aidait un enfant humain qui se frottait les genoux. Les seules espèces que je ne pouvais pas voir étaient les nains et les draconiens, mais la plupart d’entre eux étaient certainement des humains.

« Illsy, as-tu retiré ton Territoire de Donjon ? Nous ne voudrions pas que les pierres de détection de niveau de donjon explosent partout, n’est-ce pas ? » m’avait chuchoté Nanya.

« Oh ! Non... Je vais le faire maintenant, » avais-je répondu, puis j’avais fermé les yeux un instant.

L’ordre de retirer mon Territoire de Donjon devait être fait en ressentant plutôt qu’en sélectionnant simplement quelque chose dans l’écran de statut. J’étais certain que les vieux donjons grincheux à l’intérieur de ma tête ne m’aideraient pas, après tout, cela allait à l’encontre de leurs principes.

« C’est fait ! » déclarais-je en souriant.

Nous avions continué à marcher vers l’auberge indiquée par le guerrier. Je cherchais aussi autour de moi ce qu’on appelait le bâtiment de la guilde, ou peu importe comment on l’appelait ici. Malheureusement, je ne pouvais pas le reconnaître, mais il y a une chose intéressante que j’avais remarquée en marchant. Les langues parlées ici étaient nombreuses, mais surtout ce truc kalish que le garde avait mentionné. Des mots étranges surgissaient de temps en temps, mais ainsi, tout le monde parlait avec une grammaire cassée. C’était un peu ennuyeux de les entendre, mais je commençais à deviner que c’était très probablement le traducteur à l’intérieur de moi qui essayait de compenser les parties inconnues, mais il échouait lamentablement.

Je me demande si je peux acheter demain un livre avec cette langue... Encore plus de ce charabia, et mes oreilles tomberont ! avais-je pleuré dans mon esprit, mais les filles ne semblaient pas être dérangées par cela.

« Pouvez-vous tous comprendre ce qu’ils disent ? » avais-je demandé avec curiosité.

« Oui. J’ai appris le kalish au palais, » répondit Ayuseya.

« J’ai vécu ici une fois, tu t’en souviens ? » répondit Nanya en plissant les sourcils.

« Le kendarien et le kalish ont été les deux premières langues que j’ai apprises quand j’étais encore une El’Doraw libre, » avait dit Shanteya.

« Kendarian ? » avais-je demandé.

« C’est la langue que je parle en ce moment, » m’avait-elle dit en souriant.

« Ça, je peux comprendre, mais Kalish sonne comme du charabia pour moi, » j’avais haussé les épaules.

« Le Kalish n’est pas aussi répandu que le Shorayan, le Panamarium ou le Teslovian. Bien sûr, il y a aussi un tas d’autres langues sur ce continent, je ne vais même pas mentionner les langues inconnues, anciennes ou tribales, » expliqua Nanya avec le ton d’un professeur.

« Ça ressemble à un gros mal de tête pour moi. Y a-t-il un sort qui peut m’aider à tous les apprendre ? » avais-je demandé en plissant mon front.

« Quelque chose comme ça serait inestimable, mais non... Autant que je sache, il n’y a pas de sort de ce genre, » avait répondu Nanya en se grattant la tête.

« Si tu le souhaite, je peux t’aider à l’étudier, » Ayuseya avait offert ses services avec un sourire chaleureux.

« Merci ! J’apprécie ! » avais-je dit avec un grand sourire.

Une fois que nous étions arrivés à l’auberge, nous n’étions pas passés inaperçus. Un groupe de regards curieux nous avait balayé de la tête aux pieds, tandis que des chuchotements avaient été entendus dans nos dos. Nous étions probablement un spectacle intéressant à voir, d’autant plus que nous ne nous habillions pas comme les locaux... ou ne leur ressemblait pas. J’avais les cheveux verts. C’était suffisant pour que je me démarque de la foule. Les filles étaient aussi très belles, plus que la plupart des gens du coin, du moins, à ma connaissance.

***

Partie 2

« Bienvenue à l’Auberge Laiteuse, nya ! » l’aubergiste nous avait accueillis.

Nya ? avais-je pensé. Puis j’avais regardé dans sa direction.

Devant moi se tenait une fille-chatte, mais contrairement aux mangas et aux animes, elle était un félin anthropomorphe de la tête aux pieds. Une fourrure noire lisse couvrait tout son corps, ce qui lui donnait un petit museau. Ses grands yeux de chat me regardaient, et l’oreille gauche se tortillait un peu. Malheureusement, sa poitrine était presque inexistante. Il y avait une piste d’atterrissage dégagée là-bas !

« Bonne journée, » avais-je dit en faisant un petit salut.

« Nya ? » répondit-elle d’un signe de tête.

Est-ce intentionnel ? Je vais sérieusement obtenir une fille-chatte esclave ou un animal de compagnie ! m’étais dit.

« Omph ! » J’avais gémi quand j’avais reçu un coup dans le côté.

« Je ne sais pas pourquoi, mais j’avais envie de te frapper, » Nanya m’avait regardé dans les yeux.

J’avais dégluti.

« Tout va bien, Nya ? » demanda l’aubergiste.

« Oui... il n’y a pas de quoi s’inquiéter, » j’avais frotté mon point sensible et je m’étais approché d’elle. « Je souhaite réserver une chambre pour ce soir. En avez-vous de libre ? » avais-je demandé, mais je n’avais pas pu m’empêcher de fixer sa queue oscillante et ses traits de chat.

Elle m’avait intrigué.

« Est-ce la première fois que vous voyez un nekatar, nya ? » demanda-t-elle en riant.

« Hein ? Ouais..., » j’avais souri bêtement.

« Nous ne sommes pas aussi rares sur Sorone que sur Allasn et Thorya. Vous vous y habituerez vite, nya, » déclara-t-elle en riant.

« Bien sûr..., » répondis-je.

« À propos de la chambre, il nous en reste trois. Tous, nya ? » demanda-t-elle.

« Combien de lits chacun ? » demandai-je.

« On a un lit à une place, nya. Les autres ont des lits à deux places. Combien souhaitez-vous en réserver, nya ? » demanda-t-elle.

« Deux, s’il vous plaît..., » avais-je dit, pensant que deux des filles auraient une chambre et que comme d’habitude je dormirais avec Shanteya.

« Très bien, nya ! Au fait, êtes-vous des aventuriers ? » demanda-t-elle en penchant la tête vers la gauche.

« On prévoit de s’inscrire, pourquoi ? » demandai-je.

« Les aventuriers bénéficient d’une réduction de 10 %. Après votre inscription, montrez-moi la carte et je vous demanderai moins de pièces de monnaie, » m’avait-elle dit.

Cela semblait être une bonne affaire, mais il n’y avait rien que je puisse faire pour le moment. Je voulais m’installer et m’allonger dans un lit pour la première fois depuis toujours.

« Bon à savoir. Combien ça coûte ? » avais-je demandé.

« Pour deux chambres, ce serait six silverettes, » m’avait-elle dit.

« D’accord, euh... Nanya ? » Je l’avais regardée après ça.

« Tiens, » elle m’avait lancé les six pièces.

Il s’agissait en fait de pièces d’argent, mais c’était la première fois que j’en tenais une dans ma main. Je ne savais même pas combien je pouvais acheter avec l’une d’entre elles, mais la devise était également différente de celle de Shoraya. En vérité, je n’avais pas pris la peine d’apprendre ce genre de choses pendant que j’avais encore mon corps de cristal. Eh bien, c’était le bon moment pour commencer à apprendre.

« Par curiosité. Combien cela vaudrait-il ? » lui avais-je demandé, puis je lui avais montré une sphère d’or parfaitement ronde que j’avais créée à ce moment-là.

Ce n’était pas si difficile. J’avais comme qui dirait une petite montagne de la substance.

« Oh ? Brillant, nya ! Euh, environ 10 goldiettes, peut-être 12 si vous faites du troc. Où l’avez-vous trouvé, nya ? » demanda-t-elle avec des yeux pétillants d’excitation.

« Euh... Un Donjon, » j’avais souri.

« Je vois, nya... Brillante, très brillante, » elle était presque en train de baver en ce moment.

Le fait de bouger ma main de gauche à droite semblait attirer son attention. C’était amusant de la voir agir comme ça.

Elle est comme un chaton. Attends... les chats étaient-ils attirés par les sphères brillantes ? m’étais demandé, mais comme je n’avais jamais possédé un chat de compagnie, je n’en avais aucune idée.

« Illsy, » Nanya m’avait frappé dans le dos avec un doigt. « Arrête de jouer, ce n’est pas poli, » m’avait-elle regardé.

« Ah ! Désolé ! » avais-je dit et fermé ma paume, en retirant la sphère de la vue du nekatar et en l’absorbant.

« Nya ? » elle clignait des yeux, surprise comme si elle sortait d’une transe « Eh bien... Hehehehe, j’espère que vous apprécierez votre séjour ici ! Les chambres sont au deuxième étage. Celle-ci est pour la chambre à droite, à côté de l’escalier, et celle-là est pour celle à l’autre bout du couloir, nya, » avait dit la femme en souriant avant de me remettre les deux clés.

Les chambres n’étaient pas à côté l’une de l’autre, mais c’était peut-être un peu trop demander. On avait vérifié la première chambre. Elle était de conception simple et ne sentait pas si mauvais. Avec une nekatare responsable du lieu, je doutais fortement qu’elle ait permis aux mauvaises odeurs de persister. Mais encore une fois, je pourrais toujours fermer mon nez.

« Qui va rester ici ? » demanda Nanya.

« Toi et Ayuseya, » avais-je répondu.

Elle s’était retournée et avait plissé son front.

« Tu prévois d’accaparer Shanteya pour toi seul ? » demanda-t-elle en souriant.

« Oui, je veux dire non... J’ai dormi, pour la plupart du temps, avec elle, et cela fait vraiment un LONG moment pour moi depuis que je l’ai fait, » avais-je haussé les épaules.

« Bien, » Nanya m’avait poussé avec sa main, et j’avais soupiré.

Shanteya et moi étions aussi allés dans l’autre pièce pour vérifier. Il n’y avait rien de déplacé, il s’agissait en fait d’une copie identique à la précédente. J’avais fermé la porte et j’avais absorbé la clé, puisque c’était plus sûr ainsi. Nanya avait probablement fait la même chose, et nous étions tous retournés en bas.

« Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? » leur avais-je demandé.

« Et si on mangeait quelque chose et qu’on allait se coucher ? Franchement, je suis un peu fatiguée..., » suggéra Nanya, en étirant un peu les bras.

« Je suis d’accord. Un bon repas et un repos décent rétabliront nos forces pour le lendemain, » Ayuseya hocha la tête.

« Ce que souhaite le Maître, » Shanteya était indifférente à toutes ces choses.

« Alors on va faire ça... Je pense qu’il faudra un certain temps avant que le soleil ne se couche, alors je vais jouer avec quelques projets dans mon esprit intérieur. Si vous voulez faire le tour de la ville, vous êtes libres de le faire, » leur avais-je dit et nous étions tous allés manger.

Notre cuisinière était une vieille femme qui travaillait pour l’aubergiste de la nekatare. Grâce à elle, nous avions pu goûter à la cuisine locale et surtout à quelques saucisses très savoureuses. Malheureusement, elles étaient loin de ce que ma mère avait l’habitude de faire pendant les fêtes de Noël sur Terre. Alina n’avait jamais eu l’occasion d’essayer la recette parce que nous allions toujours chez mes parents. C’était comme une petite réunion de famille.

La spécialité de la région était une portion de purée de pommes de terre avec un œuf à la coque sur le dessus. La vieille dame ici avait ajouté un peu d’assaisonnement sur l’œuf et quelques morceaux de jambon fumé à côté. Nous avions tous mangé comme des loups affamés parce que c’était délicieux.

Pour moi, cela faisait si longtemps que je n’avais pas mangé un vrai repas, que tout ce que j’avalais avait le goût du paradis selon moi. Cela dit, j’avais mangé comme un porc. Les filles, par contre, étaient un peu plus délicates avec leurs manières. Elles ne s’étaient pas bourrées les joues comme un certain Seigneur de Donjon dans cette pièce.

Une fois le repas terminé, les filles étaient montées dans leurs chambres, tandis que j’avais décidé d’avoir de l’hydromel. Je n’avais jamais essayé de nouveau en Roumanie parce que nous n’avons jamais rien eu de tel. Palincă oui, șpriț oui, țuică oui, vodka oui, whisky oui, vin oui, liqueur oui, bière oui, mais hydromel, je n’aurais jamais su où l’acheter. Je pense qu’elle avait été produite par la fermentation du miel avec de l’eau... ou était-ce autre chose ? Je n’arrivais pas à m’en souvenir. Quoi qu’il en soit, j’en avais deux grosses bouteilles et je les buvais lentement.

Le résultat de mon expérience avait été de découvrir que j’étais complètement immunisé contre l’alcool. Le goût était amer, proche de la bière, mais pas tout à fait comme elle. Quoi qu’il en soit, j’avais réussi à goûter l’hydromel et la dernière chose sur ma liste était le rhum.

J’ai juste besoin de trouver un pirate maintenant... avais-je pensé qu’en ramenant la chope que me tendait l’aubergiste qui n’était nul autre que la nekatare.

Son nom, soit dit en passant, était Neyalin, et elle avait été accouplée. En termes humains, cela signifiait qu’elle avait déjà trouvé sa moitié et qu’elle était mariée. L’heureux élu était un nekatar et un chasseur de profession, qui se trouvait actuellement dans les bois.

N’ayant rien d’autre à faire pendant quelques heures de plus, j’avais fait le tour de la ville et j’avais cherché la Guilde des Aventuriers. Je l’avais trouvée assez vite, mais elle était de l’autre côté de la ville. Nous étions passés devant quand nous étions entrés. Le marché était fermé, mais il y avait là un bûcheron qui faisait des sculptures sur bois. Elles étaient vraiment détaillées et belles. J’avais acheté une chouette et je l’avais payée avec une petite pépite d’argent. Apparemment, elle valait trois fois plus que la petite sculpture que j’avais eue. Mais ça n’avait pas vraiment d’importance pour moi. La montagne d’argent à l’intérieur de mon esprit intérieur était plus grande que celle d’or.

J’étais retourné à l’auberge vers le coucher du soleil. Le ciel était rouge vif et les gens bâillaient partout. C’était contagieux parce que même moi, j’avais fini par bâiller à un moment donné. La journée était terminée, et je pouvais enfin prendre mon premier sommeil dans un lit chaud et confortable.

« Bonsoir, » avais-je dit à Neyalin quand j’étais passé devant elle.

« Bonsoir, Nya ! » me répondit-elle.

En montant les escaliers, j’étais passé devant un grand type, un humain avec un aspect rustre et des yeux injectés de sang, un aventurier très probablement. De retour dans ma chambre, j’avais tendu les mains et je m’étais dirigé vers le lit.

« Shanteya ? » avais-je demandé quand j’avais vu une silhouette debout sur le lit.

« Pas exactement, » celle qui s’était retournée était Nanya.

« Bonsoir, alors... qu’est-ce que tu fais ici ? » avais-je demandé.

« J’ai échangé ma place avec elle... Je..., » son regard était descendu sur le sol. « J’ai quelque chose dont j’aimerais te parler..., » elle me regardait maintenant dans les yeux.

« D’accord, j’écoute, » lui avais-je dit et je m’étais approché d’elle.

À première vue, c’était quelque chose de sérieux.

« Illsy, je ne pense pas pouvoir te remercier assez pour ce que tu as fait avant ça... Tu nous as sauvées de ce fou, » déclara-t-elle.

Je m’étais assis sur le lit à côté d’elle et je l’avais regardée dans les yeux. Les joues de Nanya étaient rouges et elle évitait constamment mon regard.

« Quand tu veux, » avais-je dit.

« Tu n’es vraiment pas comme les autres Donjons..., » dit-elle, puis elle se leva.

« Je t’ai comme femme, donc j’ai déjà un plus, » avais-je.

En me regardant à ce moment-là, elle m’avait montré un sourire timide et avait fait un pas devant moi.

« Illsy..., » m’avait-elle dit.

« Hm ? »

Nanya m’avait regardé dans les yeux et ensuite, la main sur sa poitrine, elle m’avait dit : « Je ne suis pas comme les autres filles... Je suis à moitié donjon, tu le sais, n’est-ce pas ? »

« Oui, à peu près, » répondis-je.

« Je ne suis pas très jolie non plus... mon corps... c’est différent, » elle avait regardé ses mains griffées.

« Tu sais que tu parles à quelqu’un qui peut tirer avec des lasers depuis ses paumes, n’est-ce pas ? » avais-je demandé en plissant les sourcils.

Franchement, je ne pouvais pas dire où elle voulait en venir.

En serrant le poing, elle m’avait regardé, affichant un regard sérieux dans ses yeux.

« Tu as raison. Tu n’es pas comme les autres... tu es différent. C’est pourquoi je ne peux pas me permettre de perdre contre elles ou mes propres peurs..., » avait-elle déclaré.

J’avais cligné des yeux en raison de surprise, mais je ne savais toujours pas ce qu’elle essayait de faire.

Est-ce que j’ai croisé de mauvais fils quand j’ai réparé ses blessures ? m’étais-je demandé en la regardant dans les yeux.

Dans l’instant d’après, Nanya avait fait quelque chose de complètement inattendu, quelque chose d’impensable...

L’armure qu’elle avait créée avec son propre pouvoir avait disparu, absorbée par son corps. Devant moi, elle se tenait presque nue, il ne restait que sa culotte rose. Rien qu’un bon vieux Colly Tos ne puisse réparer. Sa longue queue se balançait derrière elle dans un mouvement agité, tandis que la couleur de ses joues devenait rouge vif. Il y avait une trace d’un instinct pour cacher sa poitrine, mais elle s’était forcée à ne pas le faire.

« Plus de jeux... plus besoin de se cacher... Peux-tu m’accepter, Illsy ? Comme je suis ? Une démone et un donjon ? » me demanda-t-elle avec inquiétude dans ses yeux sombres.

« Aaaa baa... euh... » était tout ce que je pouvais dire.

Chaque fois que j’avais déplacé mon regard, mes yeux ne tombaient que sur les mauvais endroits, surtout sur sa poitrine. Je savais que c’était moi qui avais réparé le trou dans sa cavité thoracique, mais quand même... CES MONTAGNES SACRÉES !

« Illsy ? » demanda-t-elle en inclinant la tête vers la gauche.

« Femme stupide..., » avais-je dit et je l’avais fait venir à moi en l’étreignant.

Comment pourrais-je dire non ou même penser à rejeter ma propre femme même si elle était une démone et un donjon ? Si je le faisais, les dieux me puniraient sévèrement ! Par conséquent, cette nuit-là, Nanya allait être ma première dans ce monde...

***

Chapitre 44 : Les conversations sur l’oreiller et les maux de tête

J’étais allongé dans mon lit, le sourire aux lèvres et un ange dans les bras. Quelle belle soirée ! J’aurais menti si j’avais dit que Nanya ne savait pas bouger ses hanches. Du moins, nous ne nous étions pas endormis même après le lever du soleil. Il était tôt le matin maintenant, peut-être 7 ou 8 heures, mais cela n’avait pas vraiment d’importance.

« Tu es géniale..., » lui avais-je chuchoté à l’oreille.

Nanya m’avait affiché un joli sourire et m’avait enlacé à nouveau, poussant sa poitrine nue sur la mienne, me tirant plus près d’elle. Je lui avais souhaité la bienvenue, et nous avions continué à nous embrasser pendant une minute ou deux.

« Je ne pensais pas que tu tiendrais..., » plaisanta-t-elle.

« Je peux encore faire une autre tournée si tu le souhaites, » lui avais-je souri, mais je ne mentais pas.

Quand j’avais construit ce corps, je m’étais souvenu des nombreuses restrictions et limitations de ma forme humaine. Celui-ci était... assez flexible et avait l’endurance pour rendre Hercule jaloux tellement il était ridicule face à moi.

« Hehe ! » elle avait gloussé et s’était déplacée sur moi. « Alors, allons-y dans ce cas. »

Nanya était une véritable bête... Elle ne m’avait pas laissé partir du tout, me montrant à nouveau combien elle me désirait et combien elle était contente que je ne fuie pas loin d’elle ou que je ne rejette pas son apparence démoniaque.

En fait, c’était sa plus grande inquiétude au début. Elle était hésitante, timide et réticente lorsqu’il s’agissait de le faire pour la première fois, mais après lui avoir montré que je m’en fichais, que peu importe à quel point elle avait l’air étrange, elle était encore ma femme et mon amante. Après ça, elle s’était donnée totalement à moi, alors qu’en même temps, je me donnais totalement à elle.

J’avais lu une fois dans un livre que dans de telles situations, l’homme devait être celui qui prenait les rênes et dirigeait la danse. Dans divers autres romans et jeux, cette situation s’était répétée, mais ce qui m’était arrivé n’avait rien à voir avec cela.

Dans cette danse, dans cette manifestation de notre relation et de notre amour, il n’y avait ni moi ni elle qui prenions les rênes de la domination. Il n’y avait pas de situation de « moi meilleur, toi inférieur ». Il n’y avait pas de désir de conquérir plus gros que celui d’être conquis. En effet, c’était un équilibre, un jonglage d’émotions destinées à nous porter dans les bras de l’acceptation, de la compréhension et de l’amour, ou plutôt de l’amour sauvage et passionné. Nous avions cassé le lit quelques fois, mais je l’avais réparé avec l’aide de ma magie de donjon.

Une fois que nous avions terminé et que nous nous étions calmés, je regardais le plafond et elle avait fait reposer sa tête sur ma poitrine. Mes doigts avaient peigné ses longs cheveux luxuriants. Nous ne parlions pas avec des mots, et nous n’écoutions que la douce mélodie de nos cœurs et de nos respirations.

« Merci, Illsy..., » déclara-t-elle après un moment.

« Pour quoi ? » avais-je demandé, surpris.

« Pour m’avoir acceptée... même si je suis une démone, » avait-elle dit en me regardant

« Démone, mais j’aime cette partie sexy, » lui avais-je dit avec un haussement d’épaules.

Elle avait gloussé et m’avait embrassé sur le menton. « Oui, je suis une démone sexy et tentante, et tu es un donjon pervers qui en sait plus qu’il ne pense sur la façon de plaire à une femme. »

« Toutes mes connaissances ont été acquises à partir de livres et ont été mises à profit pendant une nuit d’études intenses..., » avais-je dit.

« Oui, surtout en ce qui concerne ce point faible à la base de ma queue ? » demanda-t-elle en plissant les sourcils.

« Les gémissements mignons sont un délice que j’apprécierai toujours ! » avais-je déclaré fièrement.

« Hihi, » elle avait gloussé.

« Mais je suis surpris..., » lui avais-je dit en posant ma main sur son dos.

« À propos de quoi ? » demanda-t-elle.

« Sur le fait que tu étais vierge. Je pensais que toi et Dankyun, tu sais..., » avais-je dit.

« Non, il m’a refusée dès qu’il a appris ma vraie identité. Il a toujours trouvé des excuses et s’est enfui loin de mon étreinte. À cette époque, j’étais encore jeune et je refusais obstinément de croire qu’il pourrait avoir un problème avec moi étant ce que je suis..., » déclara-t-elle en dessinant des cercles avec son doigt sur ma poitrine.

« Eh bien, Dankyun était un idiot xénophobe qui n’avait aucune idée de ce qu’il manquait ! Mais je suis content qu’il l’ait fait parce que maintenant tu es MA femme, pas la sienne ! » avais-je déclaré fièrement.

« Hehe. Eh bien, Tuberculus a essayé un moment, mais avec lui..., » elle avait détourné le regard pendant un moment. « Je ne sais pas, ça ne m’a jamais semblé correct. Je ne sentais aucune attirance de sa part. C’était un ami ou peut-être quelque chose comme un petit frère que je n’ai jamais eu. »

Aïe... De la zone des amis à celle de petit frère ! Pauvre Tuberculus, mais... un plus pour moi ! avais-je pensé et puis j’avais tiré Nanya vers moi pour un autre baiser, sa poitrine appuyant contre la mienne.

« Tu es beaucoup plus adorable que je ne le pensais, » dit-elle après notre séparation de nos lèvres.

« Qu’est-ce que tu veux dire par là ? » avais-je plissé les sourcils.

« Tu aimes me tenir dans tes bras. Tu m’embrasses souvent. Tu essaies d’être honnête avec tes sentiments. Tu sembles plus proche d’un rêve qu’un vrai homme de chair et de sang, » déclara-t-elle.

« Je ne suis pas un rêve, je peux aussi te le dire, » avais-je soufflé, boudeur.

« Oui, un rêve n’essaierait pas de trouver tous mes points faibles en une nuit, » sourit-elle.

« Je ne regrette rien ! » avais-je déclaré.

« Moi non plus, » elle avait secoué la tête et m’avait à nouveau embrassé.

« Au fait, tu devrais maintenant vérifier tes statistiques, » lui avais-je dit.

« Pourquoi ? » elle avait plissé son front et m’avait regardé dans les yeux.

« Le [Lien de Confiance] a été activé. Tu as l’équivalent de 70 % de mes propres statistiques, » je lui avais expliqué.

« Hein ? » elle avait cligné des yeux, surprise, puis elle avait jeté un coup d’œil à la fenêtre de statut.

Ce qu’elle avait vu, c’était les valeurs suivantes :

 

[Nom] : Destructrice folle Nanya Demonarkiar la 2e.

[Espèce] : Demi-donjon/demi-démon

[Race] : Divine/Reine Démon

[Niveau] : 372

[Force] : 1764 +1382,5

[Agilité] : 2021 +1314,6

[Intelligence] : 1430 +1505

[Mana] : 15 431 +11 025

[Régénération de mana] : 115 +105 points par seconde.

[Points de statistiques disponibles] : 0

[Compétences] > Énumérer toutes les compétences ? O/N

[Points d’aptitudes disponibles] : 0

[Allégeance] : Aucun

[Conjoints] : Illsyore

[Esclaves] : Aucun

[Animaux] : Aucun

[Larbins] : Aucun

 

En plus du fait qu’elle n’avait pas d’allégeance pour un dieu, elle avait aussi 756 points de mana gagné ou peut-être ajouté après que je l’avais guérie. La différence n’était pas aussi grande que celle d’Ayuseya, mais la différence dans les statistiques était aussi claire que le jour. À ce stade, Nanya était en fait beaucoup plus forte que moi. Ses statistiques avaient presque doublé.

« Illsy, es-tu sûr de cela ? » demanda-t-elle d’un ton inquiet.

« À propos de quoi ? » J’avais plissé les sourcils, sans savoir ce qu’elle voulait dire par là.

« Ce pouvoir n’est-il pas un peu trop pour moi ? » demanda-t-elle.

Je l’avais tirée vers moi pour un autre baiser et je lui avais dit : « Plus les statistiques sont élevées, mieux c’est au lit, et je veux que tu sois géniale ! » puis je lui avais souri.

[Point de vue de Shanteya]

« Ils étaient si bruyants..., » j’avais gémi en me frottant les tempes.

« Je n’arrivais pas du tout à dormir..., » se plaignit Ayuseya.

« Vous n’étiez pas les seules, nya... MIAOUU ! » Neyalin avait ouvert la bouche assez large pour nous montrer toutes ses dents de félin.

Elle nous avait apporté deux tasses de thé chaud à base de plantes et était ensuite allée en servir une autre à un guerrier à l’air endormi. Comme nous, il n’avait pas dormi de la nuit dernière. Heureusement, l’aubergiste avait eu la gentillesse de ne pas défoncer leur porte. J’avais réussi à la convaincre en secouant quelques pièces de monnaie devant ses yeux. Elles faisaient partie du butin que j’avais trouvé dans le donjon, mais même ainsi, apaiser tous les gens ennuyés coûtait cher. Puis nous avions aussi dû parlementer avec les gardes et les voisins... Toutes mes pauvres pièces de monnaie avaient été mangées par ces loups affamés d’argent.

« Oreilles sensibles ? » avais-je demandé en levant la tête.

Elle hocha la tête et secoua l’oreille gauche.

« Si seulement nous n’avions pas promis à Nanya de le lui laisser ce moment..., » avait dit Ayuseya en prenant une petite gorgée dans sa tasse de thé.

« Je suis sûre qu’elle apprécie et fera la même chose quand ce sera votre tour, » je lui avais souri, puis j’avais pris une gorgée de ma propre tasse de thé.

« Euh ! Je ne suis pas pressée..., » avait-elle rougi. Elle avait détourné le regard, mais je savais qu’elle avait hâte de le faire avec le Maître.

Même moi, j’étais... non, ce n’était pas juste. Le maître souhaitait passer ses nuits avec moi au lit, mais il devait d’abord apaiser ses femmes. En effet, j’étais une esclave, mais j’étais certaine que j’obtiendrais aussi mon tour. Tout ce que j’avais souhaité, c’est qu’il ne me traite pas comme les autres hommes.

Mais ai-je le droit de souhaiter une nuit comme celle de Nanya ? Eh bien, pas aussi bruyante, mais aussi passionnée ? avais-je réfléchi en regardant les quelques feuilles qui flottaient dans ma tasse.

Hier, après que nous ayons mangé, le Maître m’avait donné la clé de notre chambre et il était parti en ville. Avant que j’arrive à ouvrir la porte, la démone avait posé sa main sur mon épaule et m’avait dit qu’elle avait quelque chose à nous dire. Ayuseya était juste là, à ses côtés. Pendant un moment, j’avais cru qu’elles allaient m’imposer des règles en tant que femme à moi, qui étais l’esclave, mais ce n’était pas ça.

Nanya s’était inquiétée du fait qu’elle était la seule à ne pas avoir le [Lien de Confiance], ce qu’Ayuseya et moi avions. Ce n’était pas le soudain regain de force qu’elle avait trouvé intéressant dans cette capacité, mais le fait qu’il s’était manifesté par l’expression d’une confiance réciproque avec le Maître. Apparemment, c’était une capacité qu’aucun autre donjon n’avait. Nous avions ensuite expliqué comment nous avions toutes les deux réussi à l’obtenir et en plus d’offrir une confiance mutuelle profonde, il n’y avait rien de spécial que nous faisions.

Ce qui m’avait surprise, c’était quand Nanya m’avait demandé comment on pouvait faire confiance à quelqu’un comme ça. Comment pouvions-nous nous sentir en sécurité dans les bras de quelqu’un que nous venions de rencontrer ?

C’était une question bizarre, mais compréhensible. En tant qu’El’Doraws, draconiens et démons, nous avions vécu assez longtemps, à tel point que les espèces à courte durée de vie nous considéraient comme immortels. C’est pourquoi nous devions toujours faire très attention à qui nous faisions confiance et, surtout, à qui nous aimions. Ce n’était pas facile. Les trahisons et les doutes avaient miné presque toutes nos relations. Je devrais le savoir, j’étais l’une de celles qui avaient été spécialement formés pour provoquer ces terribles fractures entre les gens.

Cependant, la seule réponse que nous pouvions lui donner était une réponse déroutante parce que même nous ne pouvions pas entièrement comprendre comment cette confiance était née.

Vous le saurez une fois qu’il vous tiendra dans ses bras et vous l’enlacerez. D’innombrables fois, j’aurais pu le tuer, d’innombrables fois, il aurait pu me faire du mal, mais tout ce qu’il a fait, c’est d’être gentil avec moi, pensais-je en me souvenant mot par mot de ce que j’avais dit à Nanya.

Cela aurait été un mensonge de dire que je n’étais pas dérangée par le fait qu’elle m’avait volé la première fois du Maître, mais je n’étais pas comme l’une de ces épouses jalouses ou amoureuses jalouses qui s’accrochaient à leurs hommes comme s’il était le seul au monde pour elles. Ces gens étaient les proies les plus faciles que je pouvais détruire. Je pouvais soit séduire la femme, soit la laisser m’attraper avec son homme au lit. Bien sûr, j’avais fait en sorte que cela n’ait pas l’air d’un accident ou d’un malentendu. En fin de compte, les deux s’entretuaient, tandis que je m’occupais du survivant.

En y pensant, j’avais accidentellement commencé à comploter sur des moyens de tuer Nanya et de prendre Illsy pour moi. Quand j’avais réalisé à quoi je pensais, j’avais rapidement secoué la tête et j’avais essayé d’empêcher de telles pensées viles de souiller mon esprit. Le Maître et Nanya avaient été très gentils avec moi. Ils m’avaient traitée avec douceur malgré mon passé. Je ne pouvais pas me permettre de faire quelque chose comme comploter un assassinat sur la femme du Maître.

« Arg..., » j’avais gémi et j’avais pris une grosse gorgée de ma tasse de thé.

« J’admets que je suis un peu jalouse, mais..., » Ayuseya avait regardé vers le bas et avait fait tourner sa tasse entre ses doigts. « Je n’ai pas d’expérience dans ce genre de choses... »

« Ne vous précipitez pas, Princesse..., » lui avais-je dit, puis j’avais soupiré. « Laissez-vous aller naturellement et quand vous en aurez envie, dites-le-lui et le Maître vous accueillera dans ses bras. Vous souhaiterez que ce soit un moment de mémoire, pas de haine..., » lui avais-je dit, puis j’avais regardé ma tasse.

Je ne voulais pas me souvenir de ma première fois. C’était quelque chose que je voulais nier comme si cela ne s’était jamais produit, pour l’oublier complètement. La douleur, la peur, la honte que je ressentais à l’époque étaient terribles. Mais encore une fois, quelle femme ressentirait de la joie quand quelque chose d’aussi horrible que cela lui arrivait, surtout quand il s’agissait d’une forme de sacrifice à un dieu maléfique.

En y pensant, je m’étais souvenue accidentellement de cette scène, c’était horrible, et cela m’avait fait frissonner. Je l’avais détestée, je l’avais vraiment détestée, mais il n’y avait aucun moyen de l’effacer de mon esprit et de mon âme. Tout ce que je pouvais faire, c’était d’essayer de l’oublier et de laisser mon esprit penser qu’avec Illsy autour de moi, de tels abus et douleurs ne me toucheraient plus jamais.

« Ça va ? » me demanda soudain la draconienne.

« Hein ? » avais-je demandé, surprise.

« Vous pleurez..., » m’avait-elle dit avec de la pitié dans les yeux.

J’avais touché mes joues et en effet, elles étaient mouillées.

« Je suis désolée... C’est juste que je me suis souvenue de quelque chose de désagréable..., » lui avais-je dit en essuyant mes larmes.

« Je vois..., » elle avait regardé sa tasse. « J’ai pris ma décision. Je vous écouterai et je ne me précipiterai pas, mais le moment venu, m’aiderez-vous ? Je ferai la même chose pour vous parce que je crois que de nous toutes, Illsy vous aimera peut-être le plus, » m’avait-elle dit avec un doux sourire, mais je pouvais voir qu’il lui avait fallu une grande force pour l’accepter.

« Merci..., » c’était tout ce que je pouvais lui dire en réponse.

J’étais sûre qu’Ayuseya n’aimait pas l’idée de partager un amour, peut-être qu’elle craignait de finir par être rejetée comme une simple maîtresse. Tels étaient les cas dans ce monde où un homme prenait plus d’une femme. En fin de compte, il s’était engagé à leur dévotion à toutes, mais il n’avait montré le véritable amour qu’à une seule. Pour une raison inconnue, je doutais d’être l’élue. Tout au plus, je deviendrais sa maîtresse.

« Laissons de côté ces questions embarrassantes. Que pensez-vous qu’il va nous arriver maintenant ? » demanda-t-elle après avoir pris une grosse gorgée de sa tasse de thé.

Il commençait à faire froid.

« Je suivrai le Maître. Après tout, je suis son esclave, » lui avais-je répondu.

« Vous êtes l’une de ses amoureuses, c’est juste qu’il a oublié de demander votre main en mariage comme il l’a fait avec Nanya et moi. Si vous lui demandez, je suis sûre qu’il le fera..., » et avant qu’elle n’ait eu la chance de terminer ses paroles, j’avais levé la main et je l’avais arrêtée.

« C’est bon, Princesse. Je sais que si je lui demande, il dira probablement “oui”, mais je n’ai pas l’impression de mériter ce bonheur, du moins pour l’instant. Mes mains sont tachées de sang, et mon corps a été souillé par beaucoup... Je veux être certaine que quoi qu’il arrive, je ne laisserai plus jamais un autre homme me toucher. Quand mon cœur sera prêt, je lui demanderai de faire de moi l’une de ses femmes, » lui avais-je dit avec un petit sourire.

Ce que je n’avais pas dit ni à elle ni à personne d’autre, c’était que j’avais partiellement peur de mon ancienne organisation. Après ce que nous avions fait, j’étais certaine que le Maître de la Guilde enverrait ses meilleurs assassins après nous pour se venger. Peut-être qu’il sera celui qui nous traquera personnellement. Si c’était le cas, et que je devenais l’épouse du Maître, il utiliserait certainement notre relation à son avantage. Il ne me tuerait pas, il m’utiliserait pour l’atteindre. C’était une tactique qui avait toujours donné des résultats, et j’avais refusé d’en faire partie.

« Si vous le dites, mais mon offre reste valable. Je vous aiderai si vous voulez être avec Illsy, » avait souri la draconienne, refusant comme un bœuf têtu de reculer.

J’avais soupiré et bu le reste de mon thé en silence avant qu’il ne refroidisse. Jusqu’à ce qu’une telle occasion se présente, beaucoup de temps s’écoulerait, peut-être après que le Maître et ses épouses auraient eu quelques enfants, et qu’il aura besoin de quelqu’un de nouveau avec qui partager son lit.

Mais encore une fois, il n’y avait aucun moyen de connaître l’avenir, et les choses pouvaient toujours changer, peut-être pour le meilleur, peut-être pour le pire. Mon seul souhait était qu’au lieu de Maître, je me permette un jour à l’appeler Illsy...

***

Chapitre 45 : Les nouveaux aventuriers de la Guilde

Partie 1

[Point de vue d’Illsyore]

Nanya et moi regrettions actuellement le fait que nous n’avions pas abusé de mes compétences en construction de donjon et que nous n’avions pas insonorisé notre chambre à l’auberge. Le regard fatigué de Shanteya et Ayuseya m’avait dit qu’elles n’avaient pas pu obtenir un instant de sommeil la nuit dernière. Toute excuse ou tentative de s’en sortir était inutile, absolument inutile. Elles nous regardaient tous les deux, moi et Nanya, qui se cachait derrière moi.

Franchement ? Tu es assez puissante pour réduire toute la ville en miettes de pain, et TU te caches derrière MOI ? pensais-je en forçant les sourires sur mon visage.

« Vous puez tous les deux ! » nous déclara soudainement la nekatare.

« Hein ? » J’avais cligné des yeux en raison de la surprise.

« Vos odeurs sont mélangées... Son odeur est sur vous et la vôtre sur elle. Si vous voulez faire des bébés, taisez-vous, nya ! » Neyalin avait déclaré ça en nous montrant toutes les deux du doigt.

Nanya était rouge comme une tomate et n’osait pas regarder en l’air.

« Stupide Illsy, » avait-elle grogné d’une voix grave.

En quoi est-ce ma faute !? m’étais-je plaint.

Neyalin s’était éloignée de notre table pour servir un aventurier grincheux aux yeux injectés de sang.

« Je suppose que nous ne pouvons résoudre ce problème que d’une seule façon, » avait dit Ayuseya d’une voix calme.

« Sans avoir besoin de m’écorcher vivant ? » avais-je demandé avec un sourire.

« Ça, c’est pour plus tard, mon cher, » elle m’avait montré un sourire froid, et j’avais dégluti. « Pour l’instant, tu dois accepter de ne jamais partager ton lit avec l’une de nous pour une nuit spéciale sans demander la permission des autres, » avait-elle déclaré, et Shanteya avait acquiescé.

J’avais dégluti. « D’accord... »

Ce n’est pas comme si j’avais de toute façon le choix. Attends un peu..., avais-je pensé et puis j’avais regardé Shanteya et Ayuseya. « Est-ce que ça veut dire que vous deux... ? »

Les deux femmes clignèrent des yeux, se mirent à rougir alors qu’elles regardaient ailleurs. Elles se comportaient de façon suspecte.

« Ça ne veut rien dire ! » déclara la draconienne.

« Euh ! Quoi qu’il en soit, cette affaire est close, et nous devrions réfléchir à ce qu’il faut faire aujourd’hui. Oh, et une dernière chose. Nanya, vous êtes-vous protégée ? » demanda Shanteya.

« Hein ? Protection ? Contre quoi ? » demanda-t-elle en inclinant la tête vers la gauche.

J’avais failli me mettre la main sur le visage parce qu’elle ne le savait pas, mais encore une fois, c’était un monde médiéval. Ce n’était pas comme si je pouvais aller à la pharmacie locale et acheter une boîte de préservatifs ou de pilules contraceptives, mais il y avait de la magie, ce qui m’avait fait m’interroger sur les différentes possibilités.

« Illsy ? » demanda Shanteya en me regardant.

L’horreur sur son visage pouvait être lue très clairement.

« Oh ? Euh... Je n’ai aucune idée de ce que c’est, mais après... et bien à un moment précis, on m’a demandé si je voulais féconder Nanya, et j’ai dit “non”, » lui avais-je dit avec le sourire.

« On t’a demandé ? Par qui ? » demanda Ayuseya avec un front plissé.

« C’est un truc de donjon, » avais-je répondu.

« Soupir, espérons qu’on n’aura pas à s’inquiéter d’un Illsy Junior qui court partout en cassant des trucs et en soulevant des jupes..., » déclara Shanteya.

Quel genre de pervers espiègles penses-tu que mes enfants vont être !? avais-je pleuré dans ma tête.

Un silence de mort s’était soudain formé autour de la table, alors qu’aucun de nous ne disait la moindre chose. J’avais regardé autour d’eux, et après que le sujet soudain de la fabrication de bébé ait été mis en avant, elles ne semblaient pas disposées à en débattre davantage. Mais encore une fois, je n’avais pas prévu de devenir père si tôt. Techniquement, je pouvais nous construire une maison, et nos statistiques de base étaient suffisantes pour nous faire gagner un joli montant d’argent, mais ce n’était pas sur ma liste de choses à faire.

« Euh ! Illsy ? Que veux-tu faire aujourd’hui ou à partir de ces prochains jours ? » demanda Ayuseya, qui avait eu le courage de briser le silence.

« Euh... Aujourd’hui, je ne sais pas, mais en général, je veux devenir plus fort, voir le monde, voir des choses, voir d’autres pays et comment fonctionnent leurs académies. J’aimerais aussi voir comment fonctionne ce truc de la Guilde, » avais-je répondu franchement.

« Alors veux-tu reconstruire Fellyore ? » demanda-t-elle, surprise.

« Pas Fellyore, mais la mienne... Je suis en quelque sorte attirée vers cette idée. J’étais une académie avant d’être un donjon, et cette fois, je veux essayer d’enseigner un peu aux étudiants, » leur avais-je expliqué avec le sourire.

« Je vois. Dans ce cas, la première chose à faire est de s’inscrire auprès de la Guilde des Aventuriers. Beaucoup d’entre eux reçoivent un emploi d’enseignant et peuvent bénéficier d’un accès spécial aux académies pour y enseigner aux étudiants. Plus vous êtes célèbre, plus vous avez de chances d’entrer dans une bonne Académie de magie pour enseigner ou recevoir des cours, » expliqua Ayuseya calmement.

« Cela ne me dérangerait pas d’enseigner à nouveau, mais Illsy, tu devrais apprendre ce qu’est un donjon FACILE. Et pas ta version du “facile”, » déclara Nanya en plissant les sourcils.

« Ce n’était pas ma faute. Je ne suis pas né avec un manuel sur ce genre de choses..., » avais-je dit en haussant les épaules.

« Si c’est votre plan, alors le fait d’aller à la Guilde des Aventuriers n’est pas une mauvaise idée. Si nous augmentons nos rangs avec eux, nous pouvons même avoir accès à diverses bibliothèques à travers le continent, ce qui peut vous donner une idée générale du genre de livres qui existe. Il se peut que vous en ayez envie après ça de faire votre propre bibliothèque, » expliqua Shanteya.

« Livres ? Je n’ai jamais vraiment pensé à visiter la bibliothèque de Fellyore, donc je ne sais pas vraiment quel genre de livres sont écrits dans ce monde... ou comment ? » avais-je dit en me grattant l’arrière de la tête. « Pour une raison inconnue, je ressentais un très mauvaise sensation chaque fois que je me rapprochais de cette pièce, » leur avais-je dit.

Nanya et Shanteya se regardèrent l’une et l’autre et gloussaient de rire.

« Quoi ? » avais-je demandé de surprise.

« Rien, » déclara Nanya en regardant ailleurs.

« Alors, allons-nous à la Guilde des Aventuriers ? » demanda Ayuseya.

« Oui ! J’ai aussi besoin de cours pour les langues locales. Tout ce que j’entends, c’est du charabia..., » avais-je conclu et j’avais levé la main comme un enfant en classe.

« Je peux te donner des leçons privées plus tard, » déclara Nanya avec un doux ronronnement, se rapprochant de moi.

L’anneau d’illusion faisait bien de cacher les griffes et la queue parce que je pouvais sentir quelque chose d’invisible autour de ma taille, mais la démone était prudente, et elle n’égratignait ni ne coupait le tissu de mes vêtements.

« NON, VOUS NE POUVEZ PAS, » Shanteya et Ayuseya avaient toutes les deux crié, traînant Nanya loin de moi et me tirant presque aussi, car elle n’avait pas retiré sa queue assez vite, ou plutôt qu’elle ne voulait pas le faire.

« Tch ! » la démone avait fait claqué sa langue et avait croisé les bras sur sa poitrine.

Après avoir quitté l’auberge, nous avions traversé la petite ville, qui s’appelait d’ailleurs Perto, et nous nous étions dirigés directement vers la Guilde des Aventuriers. C’était l’un des plus grands bâtiments qui s’élevait sur deux étages. D’après ce que j’avais pu voir, il était assez spacieux pour contenir toute la population de cette petite ville en cas d’urgence. C’était peut-être le but recherché, après tout. Quoi qu’il en soit, nous étions entrés par la porte d’entrée et nous nous étions trouvés face à face avec certains des aventuriers de ce continent.

Une chose était certaine. Aucun d’entre eux ne portait des tenues fantaisie étincelantes ou n’avait des monstres volants comme animaux de compagnie ou comme monture. Ils portaient des armures en cuir ou en cotte de mailles, et leurs épées étaient en fer ou en acier. Aucun de ces équipements n’avait été enchanté et ils n’avaient même pas démontré la moindre menace envers nous. En les regardant, je commençais à croire que j’avais atterri au milieu de la ville des Noobs. Ces types avaient l’air très faibles.

« Nouveaux visages, hein ? » L’un des aventuriers avait jeté un regard empli d’ennuis dans notre direction.

C’était un homme grand et maigre portant une armure de cuir avec des épaules noires et un petit poignard accroché à sa ceinture. En ce qui concernait son apparence, il n’était pas différent d’un Européen de l’ouest, un caucasien, avec cheveux bruns et yeux bruns. Mais dans l’ensemble, la plupart des habitants de cette ville se ressemblaient.

« Tout à fait. Nous sommes ici pour nous inscrire, » déclara Ayuseya en souriant.

« Oh ? Une jolie dame comme toi qui s’inscrit chez nous, les Aventuriers ? Qu’est-il arrivé au monde si nous devons compter sur les femmes pour nous défendre ? » avait-il dit avec autant de sarcasme qu’il le pouvait, puis il avait éclaté de rire.

Il y en a toujours un comme lui... Mais pourquoi s’en prend-il à Ayuseya ? Je suis le gars aux cheveux verts ! Oh, c’est vrai ! Je porte un sweat à capuche, donc il ne peut pas le voir, avais-je pensé en essayant de ne pas le frapper au visage.

« Ferme-la, Borun ! » Un autre homme, un guerrier portant une armure de plaques et tenant un parchemin dans sa main lui parla.

Comme il portait son casque, je ne pouvais pas voir son visage, mais il semblait plus fort ou du moins d’un rang plus élevé que l’autre.

« Tch ! » il avait fait claquer sa langue et avait détourné le regard.

« Si vous voulez vous inscrire, allez là-bas, mais laissez la démone à l’entrée, nous n’avons pas besoin d’elle par ici, » déclara-t-il en montrant quelqu’un de l’autre côté du bâtiment, mais il n’avait rien à ajouter cette dernière remarque.

« S’il vous plaît, n’insultez pas ma femme, » lui ai-je dit gentiment et en même temps en me retenant de convoquer un Minotaure au milieu de la pièce.

« Peu importe..., » dit-il en haussant les épaules et en détournant le regard.

« Je t’avais dit que ce n’était pas une bonne idée, » déclara Nanya, mais elle semblait aussi se retenir.

« Tout va bien, » lui ai-je dit avec un sourire, puis je lui avais caressé la tête, avant de remarquer qu’elle portait encore son anneau d’illusion.

En apparence, Nanya n’était pas différente d’une femme humaine blonde ordinaire, alors comment cet homme était-il capable de voir à travers son déguisement ? Quoi qu’il en soit, cela nous avait apporté toute une série d’affreux regards, mais nous les avions ignorés et nous étions allés de l’avant.

« C’est probablement un Observateur. C’est comme ça qu’il l’a su, » Nanya me l’avait dit en chuchotant, tout en restant près de moi comme une fille timide, ou plutôt quelqu’un qui essayait très fort de ne pas faire sauter l’endroit.

« Un Observateur ? » avais-je demandé.

« Le casque est enchanté. Quand il regarde quelqu’un, il lui dit de quelle espèce il s’agit, mais il ne peut pas être réglé pour identifier plus de deux espèces différentes, peut-être trois. C’est surtout utilisé contre ceux qui doivent payer les frais d’inscription les plus chers, ou contre ceux qui ne sont pas les bienvenus sur le territoire du royaume..., » m’avait-elle dit.

Si un pays était en guerre ou quelque chose comme ça, il était naturel qu’il se méfie des espions infiltrés, mais d’utiliser quelque chose comme ça pour que les personnes ne trichent pas avec la taxe ? Ça semblait un peu extrême. Mais encore une fois, il pourrait s’agir de quelque chose qui était difficile à faire en raison de décrets royaux. Au moins, j’avais découvert qu’il y avait des objets qui pouvaient voir à travers l’illusion ou le déguisement. Inutile de s’y fier trop souvent si cela pouvait se défaire d’une façon ou d’une autre. Je me fichais qu’ils m’identifient comme un donjon ou pas. J’étais littéralement dans un groupe de Rang Suprême, ce qui signifiait qu’il n’y avait pas beaucoup de personnes qui pouvaient s’opposer à nous. Nanya, par contre, ne semblait pas apprécier l’exposition.

Avant d’aller parler à celui qui s’occuperait de notre inscription à la Guilde, j’avais regardé ma femme de chambre el’doraw.

« Shanteya ? » avais-je demandé.

« Oui, Maître ? » répondit-elle.

« S’il te plaît, range le poison..., » avais-je souri en lui disant ça.

« Ce n’est pas un poison, Maître. C’est un laxatif extrêmement puissant, durable et surtout très rapide, » expliqua-t-elle calmement.

En y pensant, c’était une bonne combinaison. Je doutais fort qu’il puisse enlever cette grosse armure avant l’accident, mais quand même... Je ne voulais pas de problèmes ici.

« Range ça, pour l’instant..., » j’avais soupiré et je m’étais présenté à celui qui s’occupait de l’inscription.

Pourtant, ce qui m’avait surpris, c’était le fait que ces individus parlaient une langue que je comprenais et non pas le kalish ou le kendarien. Peut-être étaient-ils des aventuriers des autres continents ?

***

Partie 2

Quant à la personne chargée de s’occuper de notre inscription, c’était une petite femme de la même taille que Nanya sous forme scellée. Une grosse cicatrice sur son œil droit décorait son visage. Elle avait les cheveux brun foncé attachés dans une petite queue de cheval, des yeux noirs, et elle portait une armure de cuir noir qui cachait probablement une cotte de mailles sous elle.

Quand nous nous étions approchés d’elle, elle avait d’abord regardé Ayuseya, puis Shanteya, et enfin Nanya et moi. Si je devais deviner, elle essayait probablement de déterminer notre force d’un seul regard, mais ce serait un peu difficile à moins que vous ne soyez comme moi, un donjon.

« Alors vous quatre, vous voulez vous inscrire, hein ? » demanda-t-elle, puis s’appuya sur la chaise.

« Oui ! » lui ai-je répondu avec un signe de tête.

« Ça fera 4 silverettes pour toi, 4 pour el’doraw, 9 pour le draconien, et 2 goldiettes pour la démone, » avait annonça la femme au sourire.

« Pourquoi cette différence de prix ? » avais-je demandé en plissant les yeux.

Elle avait alors haussé les épaules.

« Ce sont les règles. Les humains, les elfes et les el’doraws sont 4 silverettes chacun, les nains sont à 6, les draconiens à 9, tous les trucs à fourrure sont entre 12 silverettes ou une goldiette et 2 silverettes, et les démons sont à 2 goldiettes. Si vous n’aimez pas, n’hésitez pas à vous rendre dans un autre royaume ou continent pour des prix différents. J’ai entendu dire qu’au Royaume de Teslov, les humains sont à 2 goldiettes et à 4 pour les draconiens, » expliqua-t-elle.

Cela semblait un peu bizarre, mais cela avait probablement quelque chose à voir avec l’équilibre de la population. En d’autres termes, l’espèce dominante avait les frais d’inscription les moins chers auprès de la guilde. Selon ce raisonnement, il était naturel pour un royaume humain d’avoir un prix élevé pour les espèces minoritaires. À cela s’ajoutaient les relations politiques entre eux. Ainsi, Teslov avait surchargé les humains, et ce royaume avait surchargé les démons. C’était logique. Cela expliquerait aussi le besoin d’un Observateur qui pourrait détecter les démons. Peut-être que l’autre espèce qu’il pouvait détecter était les draconiennes, puisque pour ceux à fourrure, cette femme voulait probablement dire ceux comme Neyalin ou similaires à elle.

« Nous paierons, » lui avais-je dit.

« Bien ! Maintenant, quels sont vos rangs ? » demanda-t-elle.

« Euh..., » je ne savais pas comment répondre à cette question.

Grâce à mon petit bonus, nous étions littéralement au-dessus de la recommandation du Rang Suprême. La seule chose qui manquait, c’était les compétences appropriées pour correspondre au grade. Cependant, je savais au moins que Nanya était une Divine, et je pouvais probablement me considérer comme tel grâce à ma capacité à créer des objets comme un donjon, mais Shanteya n’était auparavant qu’un Rang Avancé, et Ayuseya grattait à peine la surface d’un Rang Débutant.

« Faisons le test de force, » avait suggéré Nanya, et j’avais plissé les yeux vers elle.

Test de force ? Tu veux dire celui avec la petite pierre ? On peut tous passer au travers ! m’étais-je plaint dans mon esprit.

« Bien sûr..., » la femme avait haussé les épaules et s’était levée de sa chaise.

En passant devant nous, elle était allée vers le type en armure brillante et lui avait dit quelques mots, puis elle était revenue vers nous et nous avait montré la porte de derrière.

« Par là. Oh, et mon nom est Serya, » déclara-t-elle.

« Enchanté de vous rencontrer. Mon nom est..., » lui avais-je dit, et avant que je puisse me présenter, elle avait levé une main et m’avait arrêté.

« Pas besoin. Après que je vous aurais testé, vous serez libre de vous présenter à moi, jusque-là vous êtes juste A, B, C, est... est-ce des doubles D ? » demanda-t-elle, avec le dernier regard sur la poitrine d’Ayuseya.

La draconienne avait instinctivement couvert sa poitrine. J’avais plissé les sourcils. La femme haussa les épaules et nous conduisit dehors.

En franchissant cette porte, nous étions sortis du bâtiment et avions atteint l’arrière-cour, qui était en fait une sorte de terrain d’entraînement pour les aventuriers, ou ceux qui aspiraient à le devenir. Cet endroit était divisé comme suit : la zone d’entraînement du champ de tir se trouvait à l’extrême gauche, où l’on utilisait de grands poteaux métalliques au lieu de cibles facilement destructibles ; à l’extrême droite se trouvait le ring de combat ; à côté se trouvait une zone d’entraînement à l’épée avec de grands mannequins de bois comme adversaires ; et entre les deux se trouvait un petit chemin menant à la porte arrière.

« L’un d’entre vous peut-il utiliser la magie à distance ? » demanda Serya en marchant devant nous et en montrant du doigt les poteaux métalliques.

« Nous tous, » avais-je répondu.

« Oh ? Intéressant. Alors vous êtes tous une bande de mages ? » demanda-t-elle en souriant.

« En quelque sorte, » répondit Nanya.

« Et bien, faites exploser l’une de ces cibles d’abord, puis je vous conduirai au prochain test, » elle avait dit ça avec un air suffisant. « Mais un avertissement, ceux-là sont enchantés afin de résister aux sorts de débutant et même d’intermédiaire. »

« Oh ? » Nanya avait plissé son front.

Je pouvais sentir le défi que la femme nous présentait. Serya ne pensait pas qu’on pouvait détruire l’une de ces cibles.

« J’irai en première, » avait dit Shanteya et elle avait marché jusqu’à la ligne d’où tirer.

C’était une distance d’une vingtaine de mètres jusqu’à ces poteaux métalliques.

« Allez-y, » déclara la femme.

Shanteya avait pointé sa main vers l’un des poteaux et avait ensuite commencé à chanter le sort, cependant, grâce aux petites modifications que j’avais apportées à ses canaux d’énergie magique et au coup de pouce supplémentaire qu’elle avait reçu de moi, une [Boule de feu] d’un mètre de diamètre avait été formée devant elle. L’énorme boule de feu avait ensuite été lancée vers le poteau métallique et s’y était écrasée à pleine vitesse, le faisant exploser et même exploser le mur derrière lui.

Lorsque la fumée s’était dissipée, il y avait un petit cratère où se trouvait auparavant ce poteau de métal, et deux autres étaient à moitié fondus à cause de la puissance de l’attaque. Sur une autre note, les enchantements étaient assez puissants pour absorber une partie de l’explosion, sinon elle nous serait parvenue. Une attaque aussi faible ne nous aurait pas fait de mal de toute façon.

« C-C’était..., » Serya avait été stupéfaite par la démonstration de pouvoir.

« Bravo, Shanteya ! » avait dit Nanya en souriant.

« Dois-je ensuite y aller ? » demanda Ayuseya.

« P-Pouvez-vous faire la même chose ? » demanda Serya.

« Tout à fait, » répondit-elle en souriant.

« Pas besoin alors ! Euh... vous pouvez tous faire ça ? » demanda-t-elle en plissant les sourcils.

« Quelque chose d’aussi simple et faible que ça ? Bien sûr, » Nanya avait souri en réponse à la femme.

La bataille avait été gagnée.

Avec un soupir, la femme avait fermé les yeux un moment pour retrouver son sang-froid.

« Alors... on devrait passer à autre chose. Si vous êtes des mages, je suis sûre que vous ne vous en tirerez pas aussi bien en force ! » déclara-t-elle.

« Oh vraiment ? » Nanya lui avait montré un sourire malicieux. « Qu’est-ce que l’ancien moi ferait dans un test de force ? » Elle m’avait regardé avec une inquiétude apparente dans les yeux et avait un peu boudé les lèvres.

Cette petite diablesse..., avais-je pensé en la regardant en réponse.

S’il y avait un monstre ici, c’était Nanya avec sa force brute de plus de 3000. Il lui suffisait d’un coup de poing pour transformer toute cette zone en cratère. Malheureusement, Serya n’avait pas compris son jeu et avec un regard suffisant, elle avait décidé de nous faire faire le test de force.

J’avais simplement soupiré et je l’avais suivie.

Nous avions été emmenés par la porte de derrière, au cœur de la forêt, où un groupe de blocs rocheux avaient été rassemblés. Ils étaient grands, près de 4 à 6 mètres de diamètre, mais comparés aux blocs que j’avais créés pour Nanya dans l’Académie de Magie, ces blocs étaient très petits.

« Tous les rochers sont enchantés, de sorte que même un Rang Maître ne peut pas les briser. Eh bien, tous sauf le grand de dix mètres. Celui-là a été enchanté pour tout ce qui est en dessous du Rang Divin. C’est donc assez fort pour tester les Rangs Empereur. Faites une fissure dans n’importe lequel des six mètres, et vous êtes un Rang Maître. Faites la même chose pour l’un des quatre mètres ou moins, et vous êtes de Rang Avancé, » Serya expliqua et croisa les bras au niveau de sa poitrine.

Elle ne pensait même pas qu’on les égratignerait.

« Dois-je commencer ? » demanda Ayuseya.

« S’il te plaît, » lui avais-je dit.

Avec un sourire, la draconienne s’approcha d’un rocher de six mètres et se prépara à le frapper. Elle avait placé son coude en arrière, avait serré son poing, et s’était ancrée avec ses pieds sur le sol. Quand elle était prête, elle l’avait frappé. Une chose était à mentionner cependant, elle n’était pas encore capable de contrôler sa force, alors quand elle avait frappé le rocher enchanté, il avait été frappé avec une force de plus de 1000 points de force. Le résultat final était une roche pulvérisée. Il avait été brisé en un milliard de morceaux et dispersé devant la draconienne.

« Oh, mon Dieu ! » dit-elle, surprise.

« Je suppose que je suis le prochain, » avais-je dit avec un soupir et je m’étais déplacé devant un autre rocher.

Comme il s’agissait d’un endroit relativement sûr, je m’étais demandé comment une frappe de force 1500 se comparerait à celle d’Ayuseya. Tout comme elle, j’avais placé mon coude vers l’arrière, je l’avais dirigé vers le centre et j’avais déchaîné ma frappe. L’attaque avait touché le centre, et le résultat avait été une explosion qui avait frappé nos oreilles, un rocher qui avait simplement explosé en d’innombrables petits morceaux, et un petit cratère qui s’était formé devant moi.

En fin de compte, j’avais fait plus de dégâts qu’Ayuseya, mais c’était une exagération avec notre force brute incontrôlable.

« Alors c’est mon tour, » déclara Nanya en souriant alors qu’elle se dirigeait tout droit vers le gros rocher de dix mètres.

Elle ne l’avait même pas frappé, elle avait simplement poignardé ses griffes dedans et l’avait soulevé comme un caillou. Bien sûr, pour nous, il semblait qu’elle n’avait placé que sa paume humaine frêle sur la surface de la roche, mais l’apparence des trous soudainement apparus qui s’y trouvaient le rendait clair. Elle l’avait jeté en l’air et avait sauté après ça. Dès qu’elle l’avait atteint, elle s’était déplacée sur le dessus et l’avait poussé de toutes ses forces. Le rocher avait franchi le mur du son et il s’était enfoncé dans le sol à une vitesse incroyable, formant un cratère et se brisant en plus de morceaux qu’on ne pouvait compter.

Par conséquent, cette zone d’entraînement avait tout simplement été pulvérisée par notre force.

« Oh, mon Dieu ! Étais-je censé le frapper ? » demanda Nanya, en nous regardant et en battant des cils.

« Techniquement, le rocher est cassé, alors... on a passé, non ? Ou bien Shanteya devrait-elle aussi essayer ? » avais-je demandé en désignant l’el’doraw.

Serya me regardait avec un œil tremblant et une bouche béante. Elle avait été choquée, stupéfaite par cette démonstration de puissance, et sans aucun doute, elle regrettait le fait qu’elle doutait de notre force.

« Allô ? » avais-je dit en agitant ma main devant ses yeux.

Elle n’avait pas réagi.

« S’est-elle évanouie ? » demanda Ayuseya.

« Probablement..., » avais-je répondu.

« N-Non... je ne l’ai pas fait, mais... je... vous... je... je ne..., » elle avait essayé de parler, mais son cerveau ne lui permettait pas de former une phrase de base.

Ce n’était pas si choquant que ça, n’est-ce pas ? m’étais-je dit en regardant les cratères.

« Vous avez réussi... Mais par curiosité, quels sont vos rangs ? » demanda-t-elle.

« Je suis une Divine, il peut battre un Suprême mais n’a pas de compétence Suprême, la draconienne et el’doraw sont dans une situation similaire, » déclara Nanya avec un simple haussement d’épaules.

« Je vois... Alors, quels rangs devrais-je mettre ici ? » nous avait-elle demandé en se frottant les tempes.

« Je suis une Divine, il est Divin, les deux autres sont des Maîtres, » Nanya répondit brièvement.

« Je comprends... Suivez-moi, nous ferons les dernières procédures dans la Guilde, » déclara Serya, montrant qu’elle était encore un peu secouée par tout cela.

Sans plus attendre, nous nous étions dirigés vers la Guilde des Aventuriers pour terminer notre inscription et entreprendre notre première quête. J’étais assez curieux de savoir comment ces choses fonctionnaient dans ce monde et si je pouvais les mettre en œuvre d’une manière ou d’une autre en combinaison avec les donjons que je pouvais construire. Ce serait probablement intéressant et cela apporterait quelques avantages à ma future académie aux yeux d’éventuels futurs étudiants.

Une chose n’était pas claire cependant, pourquoi avions-nous dû passer ce test alors que Nanya pouvait juger de notre force en fonction du système de classement existant dans la guilde ? C’était suspect, mais si je devais le deviner, alors elle ne l’avait fait que pour rire.

***

Chapitre 46 : Tête de godets

Partie 1

Grâce à Serya, l’inscription n’avait pris que quelques minutes. À notre grande surprise, elle était en fait l’assistante de la Guilde de la ville de Perto. La directrice était actuellement en voyage d’affaires, c’était donc elle qui s’occupait de toute la paperasserie en ce moment. Bien sûr, le surveillant était toujours en train de nous fixer du regard, ou pour être plus précis, Nanya. Il ne la perdait pas de vue, et je commençais à penser que c’était à la fois effrayant et ennuyeux. Quant à elle, elle s’en fichait.

En ce qui concerne l’inscription, on nous avait offert à chacun de nous une carte métallique sur laquelle étaient inscrits notre nom, notre espèce, notre rang d’aventurier et notre rang de guilde. Les mots n’étaient pas magiques ou enchantés, comme je l’avais lu dans ces romans sur Terre, ils n’étaient en vérités que de vieilles plaquettes comme ceux de chien.

Sur le mien, l’information suivante avait été écrite :

[Nom] : Illsyore

[Espèce] : Humain

[Rang d’Aventurier]: Divin

[Rang de Guilde] : Débutant

Apparemment, ils n’avaient pas ajouté le nom de famille à moins que nous spécifiions que nous en ayons un, cependant, nous pourrions l’inscrire comme initiale. C’était génial parce qu’Ayuseya n’avait ajouté qu’un P pour Pleyades, Shanteya un D pour Dowesyl, et Nanya un D pour Demonarkiar.

La seule chose que j’avais trouvée bizarre, c’était qu’ils me voyaient comme un humain. Bien qu’il soit vrai que je n’avais pas d’yeux fendus ou d’appendices bizarres, au lieu d’un sternum, j’avais un gros cristal vert, mais elle ne m’avait pas fait me déshabiller pour prouver que j’étais complètement humain. Si cela s’était produit, j’avais le sentiment que Serya aurait dû faire face à une démone en colère, ainsi qu’une dragonne et une El’Doraw dans le même état en même temps. Par conséquent, j’étais resté entièrement vêtu. D’un point de vue extérieur, sans utiliser de magie ou d’autres moyens pour révéler la vérité sur moi, je ressemblais à n’importe quel autre grand être humain aux cheveux verts.

Une fois le processus d’inscription terminé, on nous avait expliqué les règles d’acceptation des quêtes du Tableau de Quêtes et avions commencé à les analyser.

Le Tableau de Quêtes était essentiellement une planche en bois derrière le comptoir où l’on pouvait commander quelque chose à boire. Le directeur ou l’assistant de la Guilde y épinglait toutes les quêtes de la ville ainsi que celles envoyées par le quartier général depuis la capitale. On ne m’avait pas dit comment ils étaient restés en contact, mais Serya m’avait dit que c’était presque instantané. C’était un fait qui m’avait fait croire qu’ils utilisaient peut-être une sorte d’objet magique capable de transmettre des informations écrites ou verbales sur de longues distances.

Chaque demande de quête avait un titre, qui représentait l’objectif principal, les objectifs secondaires, les détails sur chaque objectif si nécessaire, la récompense pour l’achèvement, la limite de temps s’il y en avait, les rangs d’aventurier recommandés et le rang minimum de guilde.

En d’autres termes, quelque chose comme ça :

Quête locale

Titre : Chassez la meute de gobelins au nord de Perto.

Objectifs : Tuez tous les gobelins de la meute située au nord de Perto. (apporter une dent de chaque gobelin comme preuve)

Délai : Aucun

Récompense : 2 goldiettes

Rang de l’aventurier recommandé : Intermédiaire

Rang minimum de la guilde : Débutant

Oh, et si la quête était régionale ou quelque part au hasard dans le royaume, au lieu de Quête locale, elle aurait dit régional ou royaume. Si la quête exigeait de multiples aventuriers pour affronter un monstre plus gros comme un boss, c’était devenu quelque chose comme ça : Quête de raid local.

Quoi qu’il en soit, c’était un système assez simple, et nous avions déjà choisi une première quête. C’était celle des gobelins.

En ce moment, nous marchions dans la forêt à l’extérieur de la petite ville. Nous avions laissé Nanya servir d’éclaireur devant nous, puisqu’elle était la plus rapide. Shanteya était techniquement la meilleure pisteuse que nous avions, mais elle ne pouvait pas égaler la vitesse de la démone. Elle volait pratiquement à travers la forêt...

« C’est assez excitant ! » déclara Ayuseya en riant.

« En effet, notre première quête ensemble, » avais-je dit avec un sourire en regardant les plaques d’identité de chiens représentant mon admission dans la Guilde des Aventuriers.

« Malheureusement, nous partons du rang de débutant. Je n’ai jamais fait partie de la Guilde des Aventuriers, mais j’ai dû faire semblant d’en faire partie une ou deux fois. Les débutants n’ont pas beaucoup de privilèges. C’est une sorte de rang d’essai jusqu’à ce que vous arriviez à l’Intermédiaire. Une fois que vous atteignez le rang de Maître, les personnes commencent à vous prêter attention, mais avec nos rangs d’aventuriers, cela ne devrait pas être un problème d’avancer rapidement, » expliqua Shanteya.

L’El’Doraw était devant nous, suivant les traces de Nanya.

« Je suis surpris qu’ils ne nous empêchent pas de prendre des quêtes d’une plus grande difficulté, » lui avais-je dit, en me rappelant que dans certains des romans que j’avais lus et même dans les jeux, on ne pouvait généralement pas prendre une quête plus haut que son niveau actuel ou au moins dix niveaux au-dessus. Ici, vous pourriez être un Rang Débutant dans la Guilde, mais tant que vous aviez un rang d’Aventurier élevé et qu’aucune restriction n’était ajoutée à la quête, vous étiez libre de l’accepter.

En parlant de cela, il serait important de mentionner la raison pour laquelle l’option Rang Minimum de Guilde avait été ajoutée à la description d’une quête. C’était parce que certains donneurs de quêtes avaient besoin d’une certaine crédibilité de la part d’un aventurier. Techniquement, n’importe qui pouvait devenir membre du moment qu’il avait assez d’argent, mais pour monter en grade, il fallait qu’une personne puisse accomplir plusieurs quêtes. Plus la difficulté était élevée, mieux c’était, nous avait expliqué Serya. Quant à notre quête actuelle, nous l’avions prise davantage comme un essai pour voir comment le système fonctionnait et parce que la récompense pouvait nous permettre de rester quelques jours à l’auberge. Par la suite, nous avions prévu d’en prendre des plus difficiles afin d’augmenter rapidement nos rangs et de gagner un laissez-passer à la bibliothèque de la capitale ou de n’importe quelle autre ville.

« Je les ai trouvés ! » déclara Nanya en sautant derrière moi et en enveloppant ses bras autour de mon cou.

« Oh ? Où ? » avais-je demandé à ma femme pendant qu’elle frottait sa joue contre la mienne.

Pour une raison inconnue, elle était beaucoup plus affectueuse envers moi maintenant.

« Par là, » elle avait pointé sa queue sans me lâcher.

Shanteya et Ayuseya me regardaient d’un air accusateur.

« D’accord, alors comment on fait ça ? » avais-je demandé en faisant semblant de regarder ailleurs.

« Laissons Ayuseya essayer. J’ai déjà arraché leurs dents pendant que j’étais là-bas, pour qu’elle puisse en finir avec eux, » Nanya suggéra ça tout en sortant un tas de crocs de chien ensanglantés de son propre esprit intérieur.

« Eh bien, Ayuseya ? » avais-je demandé en regardant la draconienne.

« Je ferai de mon mieux, » elle avait fait un petit salut avec sa tête.

« Tu viens aussi, tu dois nous montrer EXACTEMENT où ils sont, » Shanteya avait dit à Nanya de s’éloigner de moi. « Et toi, ici, » elle m’avait lancé l’avis d’une autre quête.

« Quand l’as-tu prise ? » avais-je demandé en étant surpris.

« Secret de fabrication. » Elle m’avait sorti sa langue d’une manière mignonne.

« Tu sais que je peux t’obliger à me le dire, non ? » lui avais-je rappelé, en plissant les sourcils.

« Comme c’est audacieux de ta part, Maître. Mais si tu désires mon corps pour ce soir, alors qu'il en soit ainsi, » déclara-t-elle.

« Hein ? » j’avais cligné des yeux en raison de la surprise.

Avant que je puisse avoir la chance de rejeter son offre, comme je voulais le faire, elle s’était déjà retournée et était partie avec Ayuseya et Nanya.

« Mais euh, gros câlins de seins ce soir. Moi aimer ça, » avais-je haussé les épaules et regardé la demande de quête.

C’était simple. Je devais aller cueillir des champignons.

J’étais un Seigneur de donjon Divin avec plus de 1500 points dans toutes les statistiques qui ramassaient des champignons. Oui, cela m’avait rappelé à l’époque où j’avais un personnage de niveau maximum, avec tout le meilleur équipement que je pouvais avoir, et je faisais une quête quotidienne pour planter des fleurs dans le jardin d’une vieille dame sénile.

Au moment où j’avais terminé ma quête, les filles avaient aussi terminé la leur. J’avais un peu triché et j’avais étendu mon Territoire de Donjon pour mieux les chercher. Quand nous nous étions rencontrés, j’avais vu qu’Ayuseya avait le poing droit trempé de sang et essayant de ne pas tacher sa robe.

« Que s’est-il passé ? » avais-je demandé en tenant le panier rempli de champignons dans mes mains.

« Mou ! Les gobelins sont trop mous ! » La princesse draconienne s’était plainte et m’avait regardé avec des yeux larmoyants.

« Soupir... OK, tiens, » avais-je dit et créé à côté de moi une boîte en pierre ouverte sur le haut qui faisait environ un mètre cube.

Je l’avais rempli d’eau, puis je m’étais éloigné pour la laisser se laver les mains.

« Alors, comment cela s’est passé exactement ? » avais-je demandé et j’avais regardé Nanya, qui ricanait.

« Elle en a frappé un, et il a littéralement explosé en morceaux. L’un d’eux est mort des suites de l’onde de choc, puis les deux autres ont essayé de l’attaquer dans une tentative désespérée, et elle a fait une charge sur eux. L’épée les a traversés. Hehe ! Puis elle a vu une grosse araignée qui se tenait sur le sol, elle a eu peur et a sauté en arrière, fracassant directement un arbre ! » expliqua Nanya, essayant de ne pas éclater de rire.

« BWAHAHAHAHAHA ! »

« Essayer » était le bon mot.

« Vous n’avez pas idée à quel point les araignées peuvent être dangereuses ! » avait dit la draconienne qui regardait la démone.

« Ouais ! C’est trop effrayant ! HAHAHAHA ! » elle ne pouvait pas s’abstenir de rire.

« Hmph ! » Ayuseya n’était pas contente de cela, et je me tenais là avec un front plissé, essayant de comprendre ce qui se passait.

« Maître ! Pour être correcte, l’araignée était de la taille de votre paume et assez mortelle pour les aventuriers débutants ou ceux qui n’ont pas d’armure magique, » Souligna el’Doraw.

« Il y a beaucoup de choses que ceux qui n’ont pas d’armure magique doivent surveiller, » déclara la draconienne.

« Soupir..., » j’avais secoué la tête et je m’étais dirigé vers Nanya. Après l’avoir tapotée sur la tête, elle s’était calmée : « Tu t’es amusée, maintenant laisse-la tranquille, » puis je m’étais dirigé vers la draconienne et je l’avais embrassée sur la joue. « Tu t’es bien débrouillée pour ta première quête, maintenant rentrons et donnons ça à Serya, » lui avais-je dit.

Ayuseya avait rougi à cause de ce que j’avais fait, et nous étions tous assez tranquilles sur le chemin du retour. Avant d’entrer dans la ville, Nanya avait utilisé son anneau enchanté pour cacher son apparence démoniaque aux habitants. C’était un bon moyen d’éviter les ennuis inutiles, bien qu’il y avait encore quelques idiots qui nous regardaient. J’attribuais cela à l’apparence humaine de l’illusion et à la beauté de Shanteya. Ayuseya, par contre, était un peu méprisée, presque comme s’ils avaient quelque chose contre les draconiens. Malheureusement, je ne connaissais pas la langue et je ne pouvais que deviner de quoi ils parlaient dans notre dos.

Une fois que nous étions arrivés dans la guilde, Nanya avait pris sur elle de remplir la paperasse afin de marquer les quêtes comme achevées et de recevoir nos récompenses. Il s’agissait essentiellement d’une déclaration écrite par laquelle nous avions tous témoigné avoir fait ce que le donneur d’ordre nous avait demandé et que nous n’étions pas opposés à une vérification ultérieure si elle était requise ou demandés.

Serya avait été un peu surprise quand elle avait vu que nous en avions déjà fini avec l’assujettissement et le ramassage. À mon avis, je ne voyais aucune raison pour laquelle elle serait surprise de quelque chose comme ça, après tout, sur Terre, il était à la fois efficace et assez commun de prendre toutes les quêtes que l’on pouvait et de s’en aller les compléter. Mais encore une fois, je n’avais pas exactement suivi cette règle non plus, puisque la quête de ramassage avait été prise en secret par Shanteya.

« Qu’est-ce que tu cherches exactement ? » Ayuseya me demanda ça quand elle m’avait vu plisser les yeux devant les gribouillis sur le tableau.

« Je me demande si ma vue est mauvaise ou si je ne sais vraiment pas lire..., » répondis-je.

« C’est du Kalish, donc pas étonnant que tu ne puisses pas le lire, » expliqua-t-elle avec un petit sourire.

« Alors, peux-tu en trouver un qui convienne à nos rangs ? Y a-t-il quelque chose comme subjuguer un monstre puissant, un seigneur de guerre, un dieu, ou quelque chose comme ça sur le tableau ? » Je m’étais renseigné tout en cherchant autour de moi une sorte de caractère ou de marque qui m’étaient familiers à distance, mais pas une telle chance.

En parlant de ça, pourquoi aucun des donjons idiots à l’intérieur de moi n’avait-il appris le Kalish et le Kendarian ? Cela, je voulais vraiment leur demander, mais je n’avais pas l’intention de retourner trop tôt dans mon esprit intérieur, d’ailleurs... il n’y avait aucune garantie qu’ils me répondraient de toute façon. Ils se moqueraient de moi à la place.

« Hm, laisse-moi voir..., » dit-elle en commençant à scruter le tableau de quêtes.

***

Partie 2

Pendant ce temps, j’avais regardé Nanya..., ou pour être plus exact ceux qui la regardaient. Du coin de l’œil, j’avais remarqué un autre imbécile d’aventurier regardant dans cette direction, alors je lui avais jeté un regard froid, puis j’avais pointé mon pouce vers mon cou et j’avais fait un mouvement de coupe. L’homme avait dégluti et avait détourné le regard.

« Qu’est-ce que tu regardes ? » demanda Nanya en plissant les sourcils après avoir réalisé ce que je faisais.

« Hehehe... euh... si je te le dis, tu vas être excitée et les filles vont se fâcher, » lui avais-je expliqué.

« Soupire..., » elle secoua la tête, mais j’étais prêt à parier que sa queue se balançait joyeusement de gauche à droite.

« J’en ai trouvé un ! » annonça Ayuseya en souriant.

« Qu’as-tu trouvé ? » demanda Nanya en marchant vers elle.

« Une quête telle qu’Illsy a demandé. Celle-ci paie beaucoup de goldiettes, et elle vient aussi de la capitale, » avait-elle souligné.

« Quoi ? Qu’est-ce que ça dit ? » avais-je demandé en étant excité tout en regardant les gribouillis indéchiffrables.

« Celle-là ? Êtes-vous sûre ? » demanda Serya en marchant et en regardant ce qu’Ayuseya montrait du doigt.

« Qu’est-ce qui ne va pas ? » demandai-je, devenant un peu impatient puisqu’elles ne me disaient pas de quoi il s’agissait.

« C’est en vérité une mission de sauvetage et d’escorte, mais cela fait quelques jours qu’elle a été mise en place là-bas. Il y a de fortes chances que le donneur ait déjà renoncé, » indiqua Serya en secouant la tête.

« Sauvetage ? De quoi ? Bandits ? » avais-je demandé.

« Non, un donjon. C’est écrit cela : Un groupe de cinq personnes envoyées dans l’ancien donjon de Mehalom. Un clerc, deux guerriers et deux mages. Présumé mort ou gravement blessé. Envoyez de l’aide immédiatement et faites un rapport à Deroak, le marchand d’esclaves de la ville d’Elora. La récompense est de 20 goldiettes pour chaque membre survivant, et de 10 goldiettes pour tout esclave capturé/récupéré vivants. La récompense pour les esclaves peut baisser s’ils sont dans un mauvais état, » Ayuseya avait fini de lire et m’avait regardé en souriant.

« Merci, et je suppose que je sais quelle quête prendre maintenant ! Hehe ! Alors, où est ce donjon ? » avais-je demandé à Serya.

Mes yeux brillaient de l’excitation et de l’envie d’aller explorer le donjon. Il y avait aussi le désir d’écraser et d’oblitérer complètement d’autres donjons, mais c’était plutôt une sorte de sentiment d’autodéfense.

« Oh oh oh oh ! C’est une quête très difficile ! Je pense que vous devriez en prendre un autre, » avait dit l’un des aventuriers qui nous avaient entendus.

« Qu’ils la prennent. Les imbéciles ont besoin d’apprendre très tôt quand il ne faut pas mâcher plus qu’ils ne peuvent supporter, » avait déclaré le Guetteur, mais sa remarque ne s’était pas arrêtée là, avec un chuchotement, il avait commenté. « Si cette maudite démone meurt là, encore mieux... »

« Tu m’énerves sérieusement, Tête de Godet, » avais-je rétorqué.

« T-Tête de Godet ? Ce casque est un honneur pour tout aventurier de cette guilde ! Pas un godet ! » cria le Guetteur.

« Ah ! S’il vous plaît, arrêtez ça, ne détruisez pas mon établissement ! » avait déclaré Serya et elle avait immédiatement sauté par-dessus le comptoir et s’était placée entre nous. « Franchement, ne faites pas ça ! »

« Hmph ! Le nouveau doit apprendre les bonnes manières, mais je lui apprendrai un autre jour, » déclara l’autre.

« Hoho ? Je pourrais t’écraser comme un insecte si je le voulais, Tête de Godet ! Fait donc si tu veux ! » avais-je grogné contre lui.

« Assez, Illsy, » Nanya m’avait dit ça en me donnant une tape au sommet de ma tête.

J’avais transpercé le sol et j’avais atterri dans le sous-sol.

« Euh... Nanya..., » avait dit Ayuseya en couvrant sa bouche.

« Je vais bien ! » avais-je crié d’en bas, puis une planche brisée de bois m’avait frappé à la tête. « Aïe ! » Et là, j’avais pensé que ce genre de choses n’arrivait que dans les films.

« Oopsie ! Hehe ! On va arranger ça ? » déclara la démone avec un sourire maladroit.

« Mon planchée..., » Serya regardait la destruction avec un choc clair sur son visage, mais cette démonstration de puissance était parfaite pour calmer tous les futurs idiots qui auraient voulu nous embêter, puisqu’il semblait que briser ces rochers avant ça n’était pas suffisant.

« Tch ! Je t’ai dit que laisser entrer cette démone n’était pas bon, » déclara la tête de seau.

« Soupir, ouais ouais, j’ai déjà entendu ça, » Nanya lui avait fait signe de partir.

« Ne vous inquiétez pas des dégâts, le Maître les réparera. Quant à ce dilemme, il serait sage de ne pas s’enquérir davantage de notre colère, sinon, des accidents malheureux... pourraient vous arriver, » déclara Shanteya en marchant devant la Tête de Godet, et en lui montrant un sourire gentil, le type qui aurait fait frissonner votre colonne vertébrale quand vous saviez que vous étiez en colère contre la mauvaise personne.

« Est-ce une menace ? » demanda l’homme après qu’il eut dégluti.

« Non, un fait, » avait-elle déclaré.

« Hey maintenant, nous sommes tous camarades ici... plus ou moins. Tu as dit démon, Guetteur, mais tout ce que je vois, c’est une humaine blonde, » déclara l’un des aventuriers mages qui s’étaient levés de sa table et s’était approché pour tenter d’arrêter un éventuel combat.

« Je peux VOIR qu’elle est une démone, » avait-il déclaré.

« Même si elle l’est, elle ne nous a pas causé d’ennuis, eh bien... seulement pour le chaton à l’auberge, » avait-il haussé les épaules et Nanya avait rougi.

Pendant ce temps, j’avais finalement réussi à me sortir de ce trou.

« Hmph ! Je n’accepte toujours pas qu’elle soit ici ! Elle va sûrement nous causer des ennuis ! Qui sait ? Peut-être qu’elle peut même invoquer un donjon au milieu de cette ville paisible ! » déclara le Guetteur.

Elle est déjà un Donjon. Pour quelle raison en invoquer un autre ? Oh, attends ! Je suis aussi un Donjon ! avais-je pensé et puis je lui avais fait front.

« Ne sois pas ridicule, les Donjons ne peuvent pas quitter leur territoire ! D’ailleurs, un jeune donjon apparaissant soudainement ici serait détruit presque immédiatement par nous tous, alors s’il te plaît, Guetteur, calme-toi, » déclara à nouveau le mage.

« Ne vous inquiétez pas, nous n’avions pas prévu de rester ici plus longtemps. Nous prendrons cette soi-disant quête difficile et nous vous laisserons tranquille, » avais-je dit en croisant les bras au niveau de ma poitrine.

« Cela étant dit, Lady Serya, quel serait le coût des dommages causé par Milady Nanya selon vos estimations ? » demanda Shanteya avec un comportement calme.

« Hein ? Je ne sais pas... trois, peut-être quatre goldiettes ? » répondit Serya.

« Maître ? » déclara l’El’Doraw en me regardant.

« Oui, bien sûr..., » je m’étais frotté la nuque et j’avais jeté une petite sphère d’or à mon El’Doraw.

« Voilà, » déclara Shanteya, en l’offrant à la femme.

« Ça... Ça vaut dix fois plus ! Êtes-vous sûr ? » demanda-t-elle, surprise.

« Si le Maître l’a dit, alors oui, » Shanteya acquiesça.

« Euh... Merci, » Serya était ravie du paiement.

La boule brillante n’était rien pour moi, mais apparemment, c’était quelque chose pour les gens du coin. J’avais frotté l’arrière de ma tête et j’avais renoncé à me battre avec la Tête de Godet. Il n’était pas un danger pour moi de toute façon. Je pourrais facilement l’écraser comme un insecte.

« Nous prendrons cette quête et nous partirons, » avais-je dit à Serya, qui avait acquiescé d’un signe de tête.

Plaçant la sphère d’or dans sa poche, la femme s’était rendue au comptoir pour compléter la demande. Mes femmes et mon esclave s’étaient placées entre moi et la Tête de Godet pour éviter un éventuel combat, qui n’aurait pas duré plus d’une seconde ou deux... Pendant que nous attendions, j’avais profité de ce temps pour réfléchir à la question de savoir si oui ou non je devais simplement agrandir mon Territoire de Donjon et construire en secret tout un système de grottes souterraines rempli de diablotins amateurs de bottes, de serpents et peut-être même de Minotaures. L’idée m’avait même fait rire.

« Ne fais pas ça, » déclara simplement Nanya.

« Quoi ? » J’avais cligné des yeux en raison de la surprise. Je n’ai rien dit, n’est-ce pas ? avais-je pensé.

« Je sais à quoi tu penses. De plus, si je perdais mon sang-froid chaque fois que je rencontrais un idiot comme ce Guetteur, j’aurais été morte depuis longtemps, » déclara-t-elle en soupirant.

« Es-tu en train de me dire que tu es habituée à ça ? » lui avais-je demandé en plissant mes sourcils.

« Je te dis d’ignorer les ennuis inutiles. Tu connais le dicton, n’est-ce pas ? Les sorts et les épées peuvent briser mes os, mais les mots des idiots ne feront jamais l’affaire, » déclara-t-elle en souriant et en me tapotant dans le dos.

« Ils peuvent t’attirer des ennuis..., » avais-je commenté.

« Tant qu’il ne fait rien, il n’y a aucune raison d’agir contre lui. Si nous faisions partie d’une délégation politique ou quelque chose du genre, oui, ce genre de comportement serait inacceptable parce que nous devrions affirmer le pouvoir du pays qui nous a envoyés. Dans ce cas, cependant, c’est comme voir un chiot-loup aboyer sur un chef de meute de Dayuk. C’est drôle de voir un faible comme lui agir comme ça envers nous. Hehe..., » déclara Nanya, puis, en enroulant sa queue invisible autour de ma taille, elle m’avait tiré dans ses bras et m’avait embrassé. « Mais merci de m’avoir défendue..., » elle m’avait montré un joli sourire, puis deux mains puissantes s’étaient agrippées à ses deux épaules.

« Nanya ? » déclarèrent Ayuseya et Shanteya en même temps.

« Hehe ! Ne vous inquiétez pas, je ne faisais que lui donner un petit merci, je ne vais pas le monter ici, » déclara la démone en leur tirant la langue et en reculant.

Je ne pense pas que ce soit le problème... Attends, qu’est-ce que tu pensais ? Hein ? avais-je pensé en étant un peu surpris.

Les filles poussèrent un soupir et secouèrent la tête.

« Ça ne me dérange pas que tu embrasses Illsy, mais fais-le d’une manière plus... avec plus de retenue, s’il te plaît..., » demanda Ayuseya. « Au moins quand on est en public ? » elle nous avait affiché un petit sourire.

« Bien sûr, mais ce n’est pas ma faute si j’agis comme ça. C’est comme... instinctif ? » Nanya avait répondu en souriant et en se grattant la joue droite.

« Instinctif ? » avais-je demandé.

« Oui, mon espèce est très très très possessive avec leurs compagnons. Je vois Ayuseya et Shanteya comme une menace pour mon temps au lit avec toi..., » explique-t-elle carrément.

« Ce genre de chose..., » la draconienne avait rougi.

« J’admets que je me sentais un peu jalouse, mais..., » Shanteya avait aussi rougi et avait détourné le regard un instant.

« Eh, les tourtereaux, » déclara Serya en nous donnant le petit document qui nous donnait droit à la quête.

« Merci, en parlant de ça, comment pouvons-nous être sûrs que quelqu’un d’autre n’a pas déjà pris cette quête et a échoué ou réussi avec elle ? » avais-je demandé.

« Chaque directeur de guilde a l’obligation de rapporter tout de suite ce genre de choses. Les quêtes locales ne l’exigent pas, mais toutes les autres l’exigent. Lorsqu’une quête est prise, à moins qu’il ne soit spécifié que d’autres peuvent le faire, elle sera retirée du Tableau de Quête. Si le donneur de quête croit que les aventuriers sont morts en essayant de faire cette quête, la guilde envoie un éclaireur pour vérifier leur statut. Leur travail consiste également à évaluer la difficulté de la quête. Il y a des moments où le donneur de quêtes sous-estime le niveau de danger. Dans la capitale, certaines quêtes ont même des traceurs magiques pour avertir la direction de la guilde de la progression de la quête en temps réel, » Serya m’avait expliqué ça avec un grand sourire sur son visage.

Maintenant qu’elle savait que nous étions pleins aux as, son attitude avait soudainement changé. Pourquoi n’avais-je pas été surpris ? Le modèle de l’avidité dont on avait souvent été témoin sur Terre était également en train de mettre à nu son museau laid sur cette planète.

D’autre part, on aurait dû s’y attendre. Les humains et, fondamentalement, tout être sensible avaient ses propres besoins. Ces besoins avaient été plus que souvent comblés par le miracle qu’était l’argent.

Je lui avais souri et j’avais gardé mes pensées pour moi. Tant que je pouvais régler des situations difficiles avec un peu d’or, ce n’était pas si mal, mais encore une fois, ce n’était pas notre faute au départ. La Tête de Godet était à blâmer pour tout.

Après avoir pris la note de quête, nous avions quitté l’établissement et nous étions allés à l’auberge.

« Partez-vous, Nya ? » demanda Neyalin avec un air triste dès qu’elle entendit la nouvelle.

La façon dont elle tenait ses oreilles aplaties vers l’arrière de sa tête était plutôt mignonne.

« Je suis désolé, nous sommes tombés sur un Godet difficile..., » avais-je dit avec un sourire forcé quand j’avais rendu les deux clés.

« Il parle du Guetteur, » Shanteya avait expliqué.

« Oh ? Nya ! Ce salaud a recommencé ! De temps en temps, de bonnes personnes avec beaucoup d’argent arrivent, et il se bat avec eux pour une raison ou une autre ! Nya ! Ils partent toujours trop tôt... Arg... Je m’excuse, nya, » déclara-t-elle en baissant la tête.

« Pas de soucis, mais... est-ce que ce genre de choses s’est déjà produit ? » avais-je demandé en plissant les sourcils.

« Oui, nya, » elle avait hoché la tête. « L’Observateur à la guilde est connu pour être un bon camarade avec les personnes de la ville ou les aventuriers de la guilde, mais une fois qu’il renifle un étranger, il est obligé de s’attirer des ennuis avec eux pour une raison ou une autre... Finalement, les choses finissent par se calmer après le départ des étrangers, nya. Mais c’est mauvais pour les affaires, Nya ! » déclara Neyalin. Lors de la dernière remarque, elle avait poignardé ses griffes pointues dans le comptoir. « Nya, pas encore..., » elle soupira et les retira avec précaution.

« Voilà pour les ennuis, » lui avais-je dit. Puis je lui avais laissé une petite sphère d’or.

« C’est pour quoi faire, Nya ? » demanda-t-elle en se tortillant les oreilles.

« Pour que les affaires continuent, » avais-je haussé les épaules.

« Merci, Nya ! Vous êtes gentil, Nya ! Mais allez-vous revenir un jour ou l’autre, nya ? Peut-être quand l’idiot de Guetteur n’est pas là ? » demanda-t-elle.

« Peut-être, » avais-je répondu, mais je doutais fortement que nous revenions un jour.

« Prenez soin de vous, Neyalin, et merci pour votre hospitalité, » Shanteya lui avait fait un petit sourire.

« Quand vous voulez ! Nya ! » déclara Neyalin.

Nous avions laissé la chatte avec sa nouvelle boule brillante et nous étions sortis de l’auberge. Quelques minutes plus tard, nous étions à l’extérieur de la ville et nous nous dirigions vers le donjon de la quête.

« Eh bien, c’était un court séjour..., » avais-je grogné.

« Ce n’est pas ta faute, Illsy, » Nanya secoua la tête et me tapota l’épaule.

« D’ailleurs, après avoir entendu l’histoire de Neyalin, j’ai le sentiment que le Guetteur n’est pas seulement en train de commencer des combats au hasard avec tous les étrangers, » avait dit Shanteya en se frottant le menton.

« Qu’est-ce que tu veux dire par là ? Pour moi, il ressemblait à une Tête de Godet ennuyeuse... Oh, attends ! » mon cerveau s’était mis à tourner et les engrenages étaient devenus « Riche + Étranger = Bagarres, puis Départs Prématurés ? » avais-je dit en plissant les yeux.

« Je parie une nuit avec Illsy qu’il va nous tendre une embuscade, » Nanya avait souri alors qu’elle disait ça.

« Vraiment ? » avais-je demandé avec un grand sourire.

« À moins qu’il ne déteste les riches étrangers, cela fait partie d’un plus ample stratagème, » avait lancé Shanteya.

« Qu’il vienne ! Je veux frapper cette Tête de Godet pour avoir insulté Nanya comme ça ! » avais-je dit et puis j’avais pris la démone dans une portée de princesse.

« Qu’est-ce que c’est que ça !? Hé ! Illsy ! Arrête ou... aaaaah, » déclara-t-elle avec un sourire ironique.

« Qu’est-ce qui ne va pas ? » demanda Ayuseya.

« Mon armure est plutôt pointue... Tehe ! » gloussa-t-elle.

« YAOUCH !! » avais-je crié pendant que des pointes métalliques me piquaient la peau.

Un autre point en moins pour moi pour avoir constamment oublié d’entretenir mon armure magique.

***

Chapitre 47 : Une question difficile

Partie 1

« Sommes-nous arrivés ? » avais-je demandé en m’ennuyant vraiment.

Il s’agissait déjà de la sixième fois que je demandais en même pas une heure. Nanya me regardait déjà, et Shanteya avait poussé un soupir. Ayuseya ne m’avait montré qu’un sourire de pitié.

Nous étions actuellement à quelques kilomètres de la ville de Petro et nous nous dirigions vers le Donjon Ancien (difficulté) de Mehalom. Le chemin était dégagé, et nous avions couru constamment à travers les bois pour éviter la route. Nous utilisions plus de 800 points en agilité, et nous ne voulions pas encore montrer toute notre puissance. J’avais essayé de prendre Shanteya et de la porter dans mes bras, car j’étais plus rapide qu’elle, mais Ayuseya s’était retrouvée à rester derrière nous. Elle avait l’agilité, mais elle n’avait pas les réflexes nécessaires pour utiliser pleinement ses statistiques. La princesse-dragonne avait beaucoup à apprendre sur ses capacités actuelles, mais j’étais dans le même cas.

En y pensant, je n’avais pas encore commencé à m’entraîner en utilisant mes capacités. Jusqu’à présent, nous n’avions pour ainsi dire mené qu’une vie normale et tranquille. Il n’y avait pas de défis vraiment difficiles, de batailles difficiles ou d’ennemis à vaincre dans un avenir proche, ce qui rendait la nécessité de s’entraîner un peu inutile. Mon coup de pouce que j’avais offert aux filles était bien trop important pour qu’elles ne puissent déjà le contrôler facilement. Nous pourrions probablement faire tomber Dankyun avec une certaine facilité en ce moment, mais franchement, je ne voulais pas pousser ma chance dans une telle chose. Tous les méchants, ces petits ennemis de Rang Suprême pourraient tout à fait rester dans leurs tanières maléfiques et me laisser m’amuser en paix. Je n’étais certainement pas d’humeur pour des batailles qui altéraient le terrain, et ma priorité était d’aller dans le donjon, de le faire d’un bout à l’autre, de sauver qui nous devions sauver, et pour finir d’aller à la capitale et de piller leurs bibliothèques de tous les livres à disposition. C’était un bon plan, simple et modeste.

« Sommes-nous arrivés ? » avais-je redemandé après un moment.

Nanya avait gémi avant de crier. « NON ! »

J’avais le sentiment bizarre que je devenais ennuyeux.

Non, ça doit être mon imagination ! avais-je pensé et haussé les épaules.

Bien sûr que j’étais ennuyeux, car je m’ennuyais...

Environ une heure et demie plus tard, nous étions finalement arrivés à l’entrée du fameux donjon. Comme Nanya me l’avait demandé auparavant, je m’étais assuré de retirer mon Territoire de Donjon, car je ne voulais pas détruire le noyau aussi facilement que je l’avais fait auparavant.

« Nous sommes enfin là... Arg ! » Nanya avait gémi d’une manière exaspérée.

« Je ne pensais pas qu’Illsy pouvait être pire qu’un petit enfant, » avait rigolé Ayuseya.

« C’est un gosse..., » marmonna Nanya.

« Je m’ennuyais ! » m’étais-je défendu.

Shanteya n’avait fait que pousser un soupir avant de faire face à l’entrée, qui était assez fantastique si je devais moi-même le dire.

Au lieu d’une grotte, nous avions rencontré une arche de pierre de six mètres de haut couvert de lettres sculptées. Malheureusement, c’était dans une autre langue, et je n’avais aucune idée de la façon de lire ou de parler. Derrière l’arche se trouvaient deux statues d’un humain et d’un Minotaure se faisant face l’un à l’autre, prêt à se battre. L’œuvre d’art était impressionnante, mais elle n’était pas extrêmement détaillée. Après cela, nous avions été confrontés à une paire d’énormes portes métalliques recouvertes de diverses illustrations d’hommes tués par des diablotins, des Minotaures et toutes sortes d’autres monstres. C’était un vrai cadeau de bienvenue.

« Impressionnant, » déclara Shanteya.

« Mais euh, je peux faire mieux, » avais-je commenté.

« Je suis sûûûûûûre que tu peux, » Nanya m’avait regardé dans les yeux avec incrédulité.

« Quoi qu’il en soit, cela semble dangereux..., » déclara Ayuseya avec un peu d’inquiétude dans le ton de sa voix.

« Gardez votre armure magique à pleine puissance et laissez-moi diriger le groupe, » déclara Nanya, mais je poussais déjà les portes afin de les ouvrir.

« Vous venez ? » leur avais-je demandé.

« Argh... cela va être une longue journée, » déclara Nanya en secouant la tête.

Une fois à l’intérieur, nous avions rencontré la fameuse... grotte.

« Vous devez vous moquer de moi..., » avais-je dit en regardant les murs rocheux.

« Pour une entrée aussi impressionnante, le premier étage semble manquer un peu de..., » avait dit Ayuseya.

« En vérité, c’est normal. Il n’y a que l’Illsy qui soit différent, » avait souligné Nanya.

« Je ne vois pas l’intérêt de faire une grotte..., » avais-je dit en haussant les épaules.

En entrant, nous nous étions préparés à la première rencontre, quelle qu’elle soit...

« Kiii ! » le rat géant nous avait crié dessus lorsqu’il nous avait vus.

J’avais levé ma main et libéré un faisceau laser de faible puissance. C’était le genre contre lequel je ne broncherais même pas, mais dans le cas du rat de bas niveau, il était passé directement à travers. En fait, c’était un peu ridicule de voir à quel point c’était une mort instantanée. La meilleure façon d’imaginer cela serait de voir un grand barbare avec une hache à deux mains dans chaque main attaquant un petit lapin sans défense.

« Peut-être qu’une gifle aurait suffi ? » m’étais-je demandé à voix haute en plissant les sourcils.

« Une gifle ? Même un simple coup au museau serait surpuissant, » répliqua Nanya. « Comme les monstres sont si faibles, nous pouvons les utiliser pour entraîner Ayuseya, » avait-elle suggéré après un moment de réflexion.

« Je m’excuse pour le dérangement, » déclara la princesse draconienne avec élégance tout en faisant un petit signe de sa tête.

« Pas de soucis ! Nyahahaha ! » Nanya avait ri et lui avait tapoté le dos.

« Au fait, faut-il s’inquiéter quant à une sorte de butin spécifique ? » leur avais-je demandé.

« Pas à ce niveau. Cependant, nous pourrions écorcher et dégriffer les bêtes que nous tuons si elles ne sont pas du type invoqué. Ça ne nous rapportera que quelques Silverettes, donc c’est mieux que rien, » Nanya haussa les épaules.

« On s’embête à le faire ou non ? » avais-je demandé en plissant mon front.

« Après avoir atteint les étages inférieurs, les Minotaures nous donneront un bon butin avec leurs armes et leurs armures. S’il y a des squelettes, nous pouvons aussi prendre leurs armures. En général, c’est la camelote que je vendais auparavant, mais j’ai entendu dire qu’il y a des aventuriers qui recherchent diverses herbes qui ne poussent qu’à l’intérieur des donjons. Tuberculus était l’un de ceux qui ont récupéré tout un mur de mousse avant de continuer l’exploration d’un donjon, » répondit Nanya.

« Ça a l’air très amusant..., » avais-je dit de manière sarcastique.

« Ouais... Alors veux-tu faire la même chose ? » m’avait-elle demandé.

J’avais rapidement secoué la tête, niant l’idée de faire quelque chose d’aussi long que cela. Je n’avais ni la volonté ni la patience de le faire, mais cela m’avait donné des idées sur ce qu’il faudrait essayer à l’avenir. Si je pouvais faire pousser des choses comme ça dans les couloirs de mon donjon, je pourrais aussi donner des leçons d’alchimie, peut-être même engager quelqu’un pour faire les deux et m’aider à faire pousser les ingrédients nécessaires à la classe.

Nous avions laissé Ayuseya tuer les monstres, tandis que Nanya avait donné les règles sur la façon dont elle devait se déplacer. J’avais juste admiré la mousse sur les murs et le balancement des jolis derrières ronds se trouvant devant moi.

Environ une heure et demie plus tard, nous avions finalement rencontré notre premier Minotaure. Il ne portait pas d’équipement, alors nous avions simplement enfoncé avec vigueur son pelage dans une nouvelle fissure du mur et nous avions continué notre exploration. Il ne serait pas exagéré de dire que nous nous étions littéralement promenés à travers des monstres ennuyeux qui s’éloignaient rapidement de nous. Très peu d’entre eux avaient réussi à me rejoindre avant d’aller voir ailleurs. Ayuseya était douée pour garder l’agressivité de ces monstres sur elle, mais une seule frappe suffisait à faire taire définitivement tout monstre qui s’y trouvait.

Après avoir atteint le 35e étage, nous avions rencontré notre premier piège. Il y avait une corde qui passait d’un petit trou dans le mur à l’autre côté. J’avais plissé les yeux et je l’avais brûlée avec mon laser. Lorsque la corde s’était brisée, un rocher attaché à une chaîne métallique était tombé vers l’avant et s’était arrêté en plein dans le poing de Nanya.

« Pathétique..., » avais-je marmonné.

Nous avions poursuivi notre exploration, mais jusqu’à présent il n’y avait aucun signe des aventuriers précédents. Comme il ne s’agissait pas d’une course ou d’une simple exploration comme on pourrait le trouver dans une quête de base, nous avions dû trouver et fouiller toutes les pièces à chaque étage. Nous étions descendus plus bas seulement APRÈS la fin de nos recherches, mais jusqu’à présent, nous n’avions pas eu de chance. Je commençais sérieusement à penser que les aventuriers étaient peut-être morts et avaient été avalés en cours de route.

Mais cela avait changé lorsque nous avions atteint le 54e étage.

« Regardez ! Là-bas ! » cria Nanya en pointant du doigt vers l’autre côté d’une pièce remplie de pointes avec des diablotins en colère dedans.

« Je le vois ! » avais-je déclaré. Puis je m’étais précipité dessus.

« BAAAA ! » cria un diablotin en essayant de m’attaquer.

La pauvre petite chose avait été brutalement piétinée comme un insecte et s’était retrouvée écrasée sous ma semelle. Nanya avait claqué dans le sol tous ceux qui l’attaquaient, tandis que Shanteya et Ayuseya les coupaient avec leurs armes. Quand j’avais atteint l’autre côté de la pièce, j’avais réussi à obtenir l’agressivité de tous ces monstres sur moi, et les trois plus gros diablotins s’étaient placés entre moi et le guerrier humain que nous venions de trouver.

« Bien ! Comme tu l’as demandé, mon petit ! » avais-je dit. Puis je m’étais précipité sur le premier diablotin.

Le monde qui m’entourait avait semblé ralentir à un degré incroyable. J’avais tout vu au ralenti, mais je me déplaçais beaucoup plus vite que l’œil humain ne pouvait voir. C’est grâce à mon corps amélioré que j’étais capable d’une telle chose. Une seule gifle avait suffi pour terminer ces trois-là, et les autres derrière moi avaient été tués lorsque je m’étais retourné et que j’avais émis un faisceau laser vers eux.

En moins d’une minute, tous les diablotins de la pièce avaient été exterminés.

« Il y en avait vraiment beaucoup, » Ayuseya s’étonna de ça en essuyant le sang de son épée.

« C’était probablement une salle piégée, » avais-je fait la remarque.

« En effet, mais je ne vois pas de cercles de convocation, » déclara Shanteya.

« Ils sont élevés, » avait fait remarquer Nanya.

« Je me suis toujours demandé comment les donjons les élevaient, » avais-je dit distraitement en regardant les cadavres.

« Ils attachent les femelles d’autres espèces et permettent aux diablotins de s’accoupler avec elles. D’habitude, une femme humaine produit environ 20 ou 30 diablotins par an, » expliqua Nanya.

« Ça ne sonne pas bien, » avais-je dit en la regardant dans les yeux.

« Malheureusement, il s’agit de la vérité, » elle avait soupiré tout en secouant la tête. « Au moins, c’est le cas pour les diablotins. »

« Les Minotaures et autres espèces se reproduisent simplement entre eux, mais seulement si le donjon peut supporter la période de convocation pour leur gestation et que personne ne les tue. Les diablotins et les gobelins sont la seule exception, » avait ajouté Shanteya.

« Super..., » avais-je dit. Puis j’avais regardé le guerrier se trouvant devant moi.

L’homme était mort depuis quelques jours, mais le donjon ne l’avait pas encore consumé. Je savais avec certitude que si c’était le cas, le corps disparaîtrait, ne laissant derrière lui que l’équipement. Il y avait aussi tous ces diablotins qui n’avaient pas essayé de le découper ou de le manger de quelque façon que ce soit. Cela n’aurait pu se produire que si le donjon leur avait ordonné de ne pas le faire.

Mais pourquoi le ferait-il ? m’étais-je demandé en me levant.

« Il a été tué par une arme contondante à l’arrière de la tête, » déclara Nanya.

« A-t-il été assassiné ? » avais-je demandé.

« Non, je soupçonne les diablotins de l’avoir fait. Ils sont entrés dans cet endroit, puis le groupe a été submergé et l’un d’eux l’a attaqué quand ils ont réussi à briser son armure magique, » expliqua la démone qui avait commencé à fouiller ses poches à la recherche d’une missive de mission ou de quelque chose comme ça.

« Ces choses ? » avais-je demandé en ramassant le corps d’un diablotin mort alors que j’étais surpris par ce qu’elle venait d’expliquer.

« Nous sommes à l’étage 54, Maître. Si c’était le moi d’avant que je devienne vôtre, je peux vous assurer que ce petit bonhomme aurait été assez fort pour me tuer, » Shanteya me l’avait dit avec un doux sourire, mais j’avais eu du mal à le croire.

Soit j’étais si fort que je ne voyais pas la différence, soit ces gars étaient plus faibles qu’elle ne le pensait. Je pariais honnêtement sur ce dernier parce que je n’avais rien vu jusqu’à présent qui valait la peine d’utiliser même 2 % de ma puissance. Mais encore une fois, si la première raison était vraie, je pouvais maintenant comprendre pourquoi Dankyun s’était promené dans mon donjon comme ça, mais surtout, pourquoi tout le monde avait été si choqué par l’étage de mon donjon facile.

Pour eux, ce serait un cauchemar digne des étages inférieurs, et non pas le premier. J’étais le seul donjon qui ne suivait pas les règles de base, et qui, au lieu d’attirer les aventuriers, je leur lançais un défi après l’autre.

Cela me fait me demander quelle serait la puissance d’un donjon de 100 étages si je le construisais avec mes connaissances actuelles. Devrais-je aussi les attirer et lentement détruire ou drainer leurs pouvoirs ? Je pense que je vais en faire un juste pour rire, mais ma priorité quand il s’agit de construire quelque chose de sérieux est une Académie... dès que je comprendrais un peu mieux ce monde, je le ferais. Tout le monde peut construire un bâtiment et dire qu’il s’agit d’une école, mais en fait, nourrir les jeunes esprits sur un certain chemin, ce n’est pas quelque chose que beaucoup peuvent faire, et je veux le faire ! avais-je pensé, mais pendant que j’étais perdu dans mes pensées, les filles m’avaient laissé là.

« Hein ? » J’avais cligné des yeux quand je les avais vues partir. « Hé ! Attendez-moi ! » avais-je crié après elles.

***

Partie 2

Au 58e étage, nous avions trouvé une prison où se trouvait une autre victime de ce donjon. Il s’agissait d’une femme brune et musclée dans la trentaine. Son corps était couvert de cicatrices et elle était nue. Nanya avait regardé ses blessures, mais même moi j’aurais pu dire la raison comment elle était morte. Elle avait une épée empalée dans son cœur. Les quelques diablotins que nous avions trouvés n’avaient pas été tués par nous.

« Son propre groupe a dû faire ça..., » déclara Shanteya.

« Pourquoi dis-tu ça ? » avais-je demandé en plissant mon front.

« Quand les diablotins font d’une femme leur outil de reproduction, ils utilisent une petite aiguille pour percer le cerveau et cela lui neutralise définitivement la conscience. Fondamentalement, son corps reste actif, et ils peuvent la nourrir de force. Cependant, elle ne se débattra pas ou n’essaiera pas de s’échapper pendant qu’ils feront leur chemin avec elle. En général, tous les aventuriers doivent tuer et tueront tous ceux qu’ils trouvent dans cet état, » expliqua Nanya.

« Quoi ? Ces diablotins peuvent faire quelque chose comme ça ? » avais-je demandé en étant surpris.

En regardant ces petits bâtards, je commençais à croire qu’après tout, ils n’étaient pas si stupides.

« Oui, mais... dernièrement, divers nobles ont adopté cette pratique pour s’assurer que certains esclaves achetés au marché noir ne se défendent pas, » avait ajouté Shanteya.

En entendant cela, même Nanya avait été surprise.

« Qu’est-ce que tu veux dire par là ? » demanda-t-elle.

« Fondamentalement, ils engagent d’anciens aventuriers pour kidnapper certaines paysannes qu’ils aimaient pour leur corps, puis demandent que cette opération leur soit faite. Les filles sont offertes à leurs nouveaux maîtres dans un état végétatif, puis ils en font ce qu’ils veulent. Certains sont utilisés pour les plaisirs charnels, d’autres comme expériences pour les mages ou les alchimistes. Le pire que j’ai vu, c’était un homme qui s’en servait pour faire pousser des vers mangeurs de chair. Les victimes sont mortes en étant dévorées depuis l’intérieur..., » avait expliqué l’ancienne assassine.

« Mais je pensais que le collier d’un esclave les rendait incapables de désobéir à leur maître, » demanda Nanya en étant un peu confuse.

« C’est vrai, mais un esclave qui a subi cette opération n’est rien de plus qu’une marionnette vivante. Ils ne crient pas et ne pleurent pas quand on les frappe..., » Shanteya expliqua et baissa le regard.

C’était quelque chose qu’elle avait vu de ses propres yeux. Peut-être que c’était une façon pour le Maître de la Guilde de garder ses assassins loyaux ? Il leur avait montré une « utilisation » alternative pour eux.

« C’est méprisable ! » répliqua Ayuseya.

Jusqu’à présent, la draconienne était restée silencieuse, mais en entendant quelque chose comme ça, elle ne pouvait pas retenir sa colère. Il s’agissait d’un acte atroce, même de mon point de vue, mais nous ne pouvions rien faire pour le moment.

Voyons voir... liste de priorités : obtenir un nekatar comme animal de compagnie, faire des recherches sur les affaires politiques du monde et trouver un endroit approprié pour mon académie, obtenir Shanteya et Ayuseya dans mon lit pour les moments sexy, piller une bibliothèque, réparer la situation politique d’Ayuseya, détruire l’ancienne guilde de Shanteya, et enfin... se débarrasser de l’obscurité à l’intérieur de moi, avais-je pensé en notant plus ou moins tout ce que j’avais en tête.

Techniquement, la partie « construction de l’académie » n’était pas si difficile. Je pouvais le construire avec le claquement de mes doigts. Ce n’était pas les matériaux ou la puissance qui me manquaient, mais un bon emplacement, et de préférence, je voulais quelque chose avec une plage parce que les maillots de bain étaient géniaux. L’autre chose importante qui me manquait, c’était l’information et un allié politique qui m’enverraient des étudiants plutôt que des armées prêtes à me tuer. Il y avait aussi le petit fait de pouvoir me battre contre des Suprêmes. Comme j’étais en ce moment, j’avais encore un long chemin à parcourir, mais ce voyage m’offrait toutes les choses qui me manquaient auparavant, surtout un temps d’intimité avec mes trois femmes.

Nous n’étions pas restés trop longtemps dans cette pièce, mais avant de partir, Ayuseya avait incinéré le corps avec une petite boule de feu. Témoin de l’attaque, je commençais à deviner qu’elle était peut-être capable de lancer n’importe quel sort de type feu sans incantation.

Peut-être un trait de son côté Véritable Dragon ? Mais rien n’est apparu sur son statut..., avais-je pensé pendant que je marchais à côté d’elle.

À l’entrée de l’étage suivant, nous avions trouvé un autre membre du groupe précédent, du moins ce qui restait de lui. Une meute de six Dayuks affamés se régalaient de ses restes et croquaient ses os dans leurs puissantes mâchoires.

« Boule de feu, » avais-je dit. Puis j’avais lancé l’attaque dévastatrice sur eux.

Les Dayuks avaient été instantanément tués dans l’explosion. Ils n’avaient même pas eu la chance d’esquiver ou de gémir de douleur. Les restes de leurs corps avaient été répandus tout autour de nous dans un désordre sanglant de boyaux, de sang et de chair brûlée. C’était tout simplement dégoûtant, mais pire que tout... J’avais en quelque sorte bloqué l’entrée du niveau suivant.

En termes simples, j’avais causé un petit effondrement de la région.

« Bon travail, » déclara Nanya avec sarcasme ainsi que plusieurs soupirs.

« Oups ? » leur avais-je dit en affichant un sourire maladroit.

« Pas de problème, le donjon le réparera en peu de temps, il ne nous reste plus qu’à attendre jusque-là, » la démone avait haussé les épaules et elle avait ensuite montré du doigt une pièce voisine. « Allons camper là-bas. »

« Quel donjon faible... ! » m’étais-je plaint à moi-même en les suivant.

Le camp en soi était fait de quatre chaises, d’un petit feu et de viande sur un bâton à cuisson. Au plafond, au-dessus du feu, Nanya avait placé un petit cristal qui avait absorbé toute la fumée. C’était la première fois que je voyais quelque chose comme ça, mais en y pensant, c’était peut-être un objet nécessaire pour explorer un donjon. Après tout, les étages étaient quelque chose comme des grottes fermées, la fumée devait aller quelque part, sinon, cela tuerait les aventuriers. Une torche ou deux n’était pas si mal, mais lorsque vous les utilisiez, vous étiez constamment en mouvement, alors qu’avec un feu, vous deviez rester assis sans bouger. Dans ce donjon, je n’avais pas vu une seule torche. Les étages étaient soit complètement sombres, soit à peine éclairés par des cristaux fluorescents. Comme nous pouvions tous utiliser des sorts, nous avions surtout utilisé des globes de lumière au lieu de véritables torches. Nanya et Shanteya l’avaient fait, j’étais resté planté là à ne rien faire.

Pourtant, peu importe combien de temps nous avions attendu, le donjon n’avait pas dégagé le chemin. Ça devenait ennuyeux et étrange. Même Nanya et Shanteya le pensaient.

« Ça fait plus d’une heure..., » avais-je dit en regardant le feu.

« En effet, étrange..., » Nanya avait plissé les yeux vers l’entrée de cette pièce.

« Même les corps des aventuriers n’ont pas été absorbés. Peut-être que le Cœur du Donjon est mort ? » demanda Shanteya.

« Non, je l’ai confirmé quand nous sommes entrés. Le Cœur du Donjon est vivant et a un niveau de 94, donc nous ne devrions pas être si loin de la fin, » avait dit Nanya.

« En parlant de ça, as-tu trouvé ce pour quoi ils étaient là et combien ils étaient ? » lui avais-je demandé. Mais la démone avait secoué la tête en réponse.

« Alors cette partie reste un mystère..., » déclara Shanteya.

« Oui, » répondit Nanya.

« Bien ! On va se frayer un chemin ! » avais-je dit en souriant.

Nanya haussa les épaules.

« En effet, ça ne sert à rien de perdre plus de temps ici, » Ayuseya avait confirmé ce fait.

« En plus, c’est un niveau 94, non ? N’est-ce pas plus faible que l’autre ? » avais-je demandé.

« L’autre n’était pas un Ancien, c’était un Normal et à peine un niveau 102. En matière de force, celui-ci est au moins 4 ou 5 fois plus fort, » expliqua Nanya.

« Vraiment ? » J’avais cligné des yeux en raison de la surprise.

« Peut-être que c’est juste une supposition, » la démone haussa les épaules et éteignit le feu en l’éclaboussant avec de l’eau provenant de son esprit intérieur.

La façon d’accéder à l’étage suivant était simple, je n’avais qu’à frapper le sol. Facile, mais avant d’avoir la chance de le faire, j’avais été arrêté par les filles.

« Hein ? Quoi ? » avais-je demandé en clignant des yeux surpris.

« Soupir, laisse-moi-le faire ou tu vas tout écraser sur nous, » déclara Nanya.

« Oh, vas-y donc ! » m’étais-je plaint.

La démone avait frappé le sol, mais pas là où je voulais le faire. Elle l’avait fait près de la sortie. Un grand trou s’était formé, et nous avions sauté dedans. Quelques diablotins avaient été écrasés par des rochers et il semblait que les monstres commençaient déjà à creuser pour s’en sortir parce qu’un groupe s’y était rassemblé. Ils avaient levé les armes contre nous, prêts à attaquer. Shanteya avait commencé par abattre cinq Minotaures, Ayuseya avait coupé en deux dix gobelins et Nanya m’avait littéralement volé toutes mes cibles. J’avais été laissé là avec ma garde levée et pourchassant les monstres pour que je puisse avoir un ou deux morts à mon actif, ce qui évidemment ne s’était pas produit. Eh oui, j’avais oublié le petit fait que je pouvais tirer au laser à partir de mes paumes...

« Oh, franchement ! » m’étais-je plaint.

« Là, là, Illsy ! Tu auras ta chance un jour, » Nanya me l’avait dit ça avec un regard compatissant dans ses yeux.

Cette petite diablesse a tout mis en scène ! m’étais-je plaint.

« Regardez ! » cria Shanteya, attirant notre attention.

« On en reparlera plus tard... au lit, » avais-je dit à Nanya.

« J’ai hâte, chéri ! » m’avait-elle répondu en me faisant un clin d’œil.

Ce que l’El’Doraw avait trouvé était un aventurier blessé. Il avait le bras gauche coupé et le pied gauche cassé. Une grosse corne avait été poignardée dans son torse et un Minotaure était mort non loin de lui. Il n’avait plus beaucoup de temps à vivre, mais c’était plutôt étrange que les monstres ici ne l’aient pas achevé. Le laisser mourir comme ça n’était pas quelque chose de typique des donjons.

« Arg..., » l’homme avait gémi. Puis il avait dit quelque chose en kalish.

Nanya s’agenouilla à côté de lui et parla dans la même langue, alors que je ne pouvais que regarder et deviner de quoi ils parlaient. Les yeux de l’homme étaient sérieux, tandis que les paroles de la démone étaient calmes. Prenant une grande respiration, il l’avait saisi par l’armure et lui dit quelque chose, puis sa force s’était estompée et s’était penchée vers l’arrière.

« Cet homme est mourant, » déclara Shanteya.

« On pourrait le guérir... probablement, » leur avais-je dit. Puis je m’étais gratté l’arrière de ma tête, me demandant si nous pourrions utiliser des herbes médicinales ou un cristal.

« Non, il n’en vaut pas la peine, » déclara Nanya en secouant la tête.

« Si tu le dis, mais qu’est-ce qu’il a dit ? » lui avais-je demandé avec curiosité.

« Quelque chose d’inquiétant..., » la démone le regardait comme si elle se débattait avec la décision de me le dire ou non. « Apparemment, les utilisateurs de magie noire se cachent au fond de ce donjon. Leur groupe pensait qu’il s’agissait d’une simple exploration du donjon jusqu’au noyau et inversement, mais quand ils ont rencontré les mages noirs... les choses ont changé. Ils étaient au moins tous de Rang Divin... Son groupe avait plus de 23 esclaves avec eux, tous destinés à être utilisés pour... diverses choses, » expliqua-t-elle.

« Quoi ? 23 esclaves ? » avais-je demandé en étant surpris. Mais le fait qu’ils aient rencontré des aventuriers du Rang Dieu n’était pas si inquiétant pour moi. En fait, j’espérais un peu de défi, mais je ne voulais rien qui soit trop exagéré. À la fin, j’avais voulu les écraser comme des insectes.

« Oui..., » Nanya avait hoché la tête et m’avait regardé.

« Et dix esclaves n’étaient que des enfants..., » rajouta Shanteya.

La démone l’avait fusillée du regard. Il semblait que c’était un détail qu’elle ne voulait pas me faire connaître, mais, en l’entendant, une étrange colère s’était réveillée et avait secoué les chaînes sombres à l’intérieur de mon âme. Faire devenir des criminels en esclave pour leur permettre de réparer les dommages qu’ils avaient causés était une chose, mais faire d’un enfant un esclave était... dégoûtant.

À genoux à côté de l’homme. Je lui avais montré un sourire.

« Shanteya, s’il te plaît, traduit pour moi. Qu’est-il arrivé aux enfants ? » lui avais-je parlé d’une voix froide.

L’homme répondit et sourit.

« Six sont morts... comme nourriture pour les monstres. Ils les ont utilisés pour les détourner. Les quatre autres ont été capturés par les mages noirs et leurs âmes ont probablement été arrachées de leur corps, » répondit l’El’Doraw.

J’avais soupiré et j’avais fermé les yeux. Des veines rougeoyantes étaient apparues sur mes mains alors que je me tenais là. La colère tourbillonnait dans mon cœur. La fureur s’était déchaînée, et pourtant j’avais gardé mon calme à l’extérieur. Bien sûr, les autres n’avaient aucune idée de ce qui m’arrivait, elles ne pouvaient pas dire qu’à ce moment-là, mon âme avait laissé échapper un peu d’obscurité.

Personne ne m’avait posé de questions sur les veines rouges, mais même moi, je n’en avais pas tenu compte.

« Six sont morts comme nourriture pour les monstres, hein ? Six enfants ? » lui avais-je affiché un sourire calme.

« Et alors ? Ce sont des esclaves. Vous êtes ici pour me sauver, et non pas un tas d’outils, » Shanteya avait traduit.

J’avais secoué la tête et l’avais regardé avec un regard calme.

« Non... Pas vraiment, » lui avais-je dit. Puis j’avais envoyé l’un de mes rayons laser au niveau de sa tête.

Je l’avais tué de sang-froid et pourtant... Je n’avais rien ressenti. Comment pourrais-je le faire alors qu’il considérait la vie des enfants comme un outil ? Comment pourrais-je être clément alors qu’il avait réduit des enfants en esclavage et les avait utilisés comme ça, comme nourriture pour les monstres pour sauver sa propre peau ? La colère à l’intérieur de moi était contrôlée par une furie troublante. C’était comme si un démon tirait les ficelles de mon cœur et le frappait de temps en temps avec un bâton de fer chaud.

« Malheureusement, nous n’avons pas pu le sauver, » avais-je dit froidement.

« Soupir, je m’en fiche de la récompense, » Nanya secoua la tête.

« Quel que soit le souhait du Maître, je suis d’accord, » déclara Shanteya.

En les entendant, mon cœur avait senti un soupçon de douleur. En regardant vers elles, j’avais doucement touché sa joue gauche, ce qui avait fait virer son visage vers du rouge vif.

« La différence, c’est que tu veux me suivre, et avec une seule demande de ta part, je suis prêt à te libérer. Le contrat est esclave et maître, mais le lien entre nous est celui d’amis ou plus..., » avais-je dit puis j’avais fermé les yeux un instant. J’avais ensuite regardé mes deux femmes. « Les filles, si jamais je me détourne de ce train de pensée, arrêtez-moi s’il vous plaît, » je leur avais dit ça avec le sourire, mais j’avais refusé de leur dire pourquoi j’avais peur de changer.

La vérité se trouvait au fond de moi : les ténèbres.

« Ne t’inquiète pas, Illsy, tu ne le feras pas ! » déclara Nanya avec un sourire de confiance.

« Tu auras toujours mon soutien, » Ayuseya me l’avait dit avec sa main sur son cœur.

« Le mien aussi, Maître, » déclara Shanteya.

Je leur avais montré un sourire doux, puis j’étais sorti de la pièce. Mais avant de partir, j’avais regardé l’humain mort.

Pourquoi ne ressens-je rien vis-à-vis de ça ? Pourquoi est-ce que je trouve si normal d’avoir tué quelqu’un comme lui ? avais-je réfléchi, puis je m’étais retourné.

Même quand je m’étais souvenu de ce que j’avais fait à Dankyun, il me semblait que cela ne me dérangeait pas beaucoup, si je le devais dire... d’une certaine façon, j’avais quelques limites. Jusqu’à un certain point, je les battrais à coups de poing. Après ça, je les tuerais. S’ils étaient si mauvais que je ne pouvais pas les voir, les tuer était trop peu, et je voulais les torturer d’une manière ou d’une autre. Je voulais les voir souffrir ou savoir qu’ils étaient dans un enfer tout en restant vivants... C’était mal de ma part de penser de cette façon, mais la torture était pire que la mort à mon avis. Pour certains, la mort était une évasion plutôt qu’une punition. Cela s’appliquait aussi à cette ordure de Dankyun.

Mais encore une fois, une autre question avait été soulevée à l’intérieur de mon cœur : quelqu’un qui pourrait tuer si facilement pourrait-il être autorisé à enseigner aux enfants innocents de ce monde ?

***

Chapitre 48 : La horde de zombies… et de squelettes…

Partie 1

Le diablotin s’était tortillé avant d’essayer de s’enfuir, mais il n’avait pas pu s’échapper. L’autre diablotin était furieux et avait essayé de me blesser, mais je l’avais tout simplement collé sur l’autre. Pendant ce temps, les filles me fixaient d’un regard étrange.

« Quoi ? » leur avais-je demandé en plissant les yeux.

« Pourquoi essayes-tu de faire en sorte que les diablotins s’enlacent ? » demanda Nanya alors qu’elle me regardait avec suspicion.

« Je ne suis pas comme ça... Ce type, c’est Peter, et il essaye de voler les clés de Grog, le gardien de prison, » avais-je répondu avec un ton de voix sérieux.

En m’entendant, Ayuseya avait ri, Shanteya avait soupiré, et Nanya ne savait plus trop quoi dire.

« Es-tu donc un donjon divin qui joue avec des poupées ? » demanda la démone.

« Techniquement, ce ne sont pas des poupées... ce sont... des diablotins, » je l’avais regardée puis j’avais regardé les deux petits diables qui se tortillaient dans mes mains. « Je m’ennuie vraiment. Est-ce que cela se ressent ? » je le savais depuis un moment.

« Tout à fait, » elles avaient toutes acquiescé d’un signe de tête, et même les diablotins avaient acquiescé.

J’avais plissé mes yeux en les regardant tous les deux, puis j’avais poussé un long soupir.

« Comment se passe la recherche de la sortie ? » avais-je alors demandé à Nanya en levant les yeux vers elle.

« C’est entre l’ennui et la folie, » me répondit-elle.

« Je vois... tu n’as qu’à briser les murs dans ce cas, » déclarai-je.

« Brisé les murs. » Elle avait acquiescé d’un signe de tête.

Après le 60e étage, nous avions atterri dans ce qui ne pouvait être décrit que comme un labyrinthe apparemment sans fin. Il n’était pas rempli de pièges ou d’autre chose du genre, mais il y avait des monstres, et c’était vraiment complexe. Le truc, c’était que je voulais vraiment le tester et voir à quel point c’était difficile. C’était la raison pour laquelle Nanya n’avait pas déjà percé les murs ou le sol. Quant aux diablotins... Je m’étais ennuyé à un moment donné.

En utilisant la force brute pure, Nanya avait dévasté le mur voisin, y faisant un trou. Les filles l’avaient alors franchi, et je les avais suivies, mais avant cela, je m’étais assuré de libérer les deux diablotins. Après les tortures que je leur avais infligées, j’avais considéré que leur liberté était une juste récompense.

Les murs s’étaient effondrés sous la puissance de la démone jusqu’à ce que nous trouvions enfin l’escalier menant à l’étage suivant. Cependant, comme prévu, aucun des dommages n’avait été réparé par le noyau, et je commençais à me demander si ce n’était pas mieux pour moi de simplement relâcher mon Territoire de Donjon et d’écraser celui-ci. Cela rendrait les choses mille fois plus faciles, mais le comportement étrange du Donjon m’avait un peu fait hésiter. Je voulais savoir pourquoi il ne réparait pas tout, alors j’avais parié sur la possibilité de communiquer avec lui avant de le détruire ou de le torturer pour avoir ma réponse.

Au fur et à mesure que nous avancions de plus en plus profondément, la difficulté de chaque étage devenait un peu étrange. Certains d’entre eux étaient incroyablement faciles, tandis que d’autres étaient un peu plus difficiles, mais nécessitaient au moins un rang Empereur pour les parcourir. Bien sûr, cela n’était vrai que pour la conception et la complexité de l’étage. Les monstres avaient pris de l’ampleur au fur et à mesure que nous allions plus loin, devenant de plus en plus forts.

Pendant tout ce temps, Ayuseya était notre avant-garde, Shanteya tuait les bêtes errantes, et Nanya perçait des trous dans les murs ou ramassait tout butin digne d’intérêt. Avec toutes les fonctions déjà prises, on peut clairement voir comment j’avais fini par m’ennuyer. Je me promenais, je bâillais et je ramassais des crânes pour essayer de tester mes talents de jongleur. À un moment donné, j’avais même jonglé avec des diablotins. Étonnamment, ils avaient de nombreuses utilisations. Maintenant, si seulement je pouvais les faire s’immobiliser, je pourrais leur faire prendre le rôle de quilles de bowling.

« Devrions-nous laisser Illsy combattre quelque chose ? » demanda Ayuseya après qu’elle ait coupé en deux l’un des Minotaures.

La draconienne n’avait même pas regardé le monstre quand elle l’avait fait.

En entendant cela, je les regardais avec des yeux brillants et un diablotin qui luttait dans mes mains.

« Non ! » déclara Nanya avec un large sourire.

« TU ES UN DÉMON ! » avais-je crié.

« Non, une démone, » elle m’avait corrigé et avait sorti sa langue.

Vaincu, j’avais poussé un long soupir.

« Gabu ! Biii ! » cria le diablotin.

J’avais libéré la créature, l’éclaboussant dans un mur derrière nous.

« Ce n’est pas drôle..., » avais-je grogné à ce moment-là.

« Illsy, avancer dans un donjon n’est pas amusant... C’est dangereux. » Ayuseya avait dit cela et s’était retournée après avoir coupé un Dayuk en deux.

J’avais plissé les yeux vers elle.

« En effet... Avec mon corps immortel, je pourrais attraper un rhume, » avais-je dit alors que j’étais sarcastique.

Sur une autre note, nous avions réussi à trouver les corps de trois autres aventuriers. La tête et le cœur du mage avaient été tranchés à l’aide d’un poignard. C’était clairement le travail des mages noirs. Les deux derniers étaient un guerrier el’doraw et un chasseur nekatar. Nous les avions trouvés après qu’ils aient été utilisés comme nourriture par une bande de diablotins affamés. Ayuseya s’était occupée des détails des funérailles avec une grosse [Boule de feu] qui avait brûlé toute la zone.

Quant aux esclaves, nous n’en avions trouvé que des restes. Les démons n’avaient même pas laissé un seul morceau, ce qui signifiait que la raison pour laquelle la plupart des aventuriers, bien que morts, n’avaient pas encore été mangés était que le monstre avait rempli leur estomac avec la chair d’esclaves. En y pensant, cela signifiait que 23 âmes avaient été utilisées comme appât et nourriture pour ces choses. C’était une façon si cruelle de partir, et cela m’avait simplement fait bouillir mon sang de colère, mais tous les aventuriers étaient maintenant morts. Je n’avais personne à tuer.

Lorsque nous étions arrivés au 73e étage, les choses avaient changé quant à l’aspect du donjon. Les murs n’étaient pas symétriques. Les pièces étaient à moitié remplies de terre ou inclinées à des angles bizarres. Même ivre, je ne construirais pas quelque chose comme ça. C’était tellement merdique que même les monstres n’y vivaient pas. En fait, nous n’en avions trouvé aucune trace, et les pièges étaient trop mauvais pour fonctionner d’une manière ou d’une autre.

« C’est bizarre..., » avais-je dit en tapant sur un mur en bois.

Il n’y avait qu’un tiers de bois, le reste était du granit.

« Oui, » avait dit Ayuseya en regardant autour d’elle, tenant son épée en l’air en cas d’attaque-surprise.

« Qu’est-ce que tu en penses ? » avais-je demandé à Nanya, et je l’avais regardée.

« Quelque chose ne va pas du tout avec le Cœur de Donjon..., » elle avait plissé ses yeux devant une chaise à trois pieds en pierre et collée à mi-chemin dans le mur.

« Allons plus loin, peut-être que nous trouverons quelque chose..., » déclara Shanteya.

« Si ce donjon a la grippe, je me tire d’ici ! » J’avais exprimé mon inquiétude.

« Les Cœurs de Donjons n’attrapent pas de maladies, » Nanya m’avait regardé dans les yeux.

« Je le savais déjà..., » j’avais croisé les bras et regardé ailleurs.

Ils ne peuvent pas ? Mais si cela n’est pas provoqué par une maladie, alors quoi ? m’étais-je demandé en regardant derrière le mur de bois.

Au fur et à mesure que nous avancions, la géométrie des étages devenait plus ou moins chaotique. Il y avait des pièces fusionnées, des couloirs escarpés, des pièces inondées avec de l’eau ou de la lave, des salles sans issues. Tout ressemblait au résultat d’un générateur de niveaux aléatoires un peu foireux.

Alors qu’il n’y avait aucun monstre ou piège fonctionnant réellement, nous n’avions qu’à nous assurer sur quoi nous marchions, au cas où le plancher soit là ou non. J’avais réussi à me coincer dans un piège à sable de cette façon. Heureusement, cela n’arrivait qu’à la taille, ce qui le rendait tout simplement inutile.

« Alors, y est-on déjà ? » avais-je demandé à un moment donné.

« Oui, » déclara Nanya en souriant.

« Hein ? Vraiment ? » J’avais cligné des yeux en raison de la surprise.

« Non, » elle m’avait regardé fixement.

« Méchante..., » lui avais-je dit et quand elle s’était retournée, je lui avais giflé les fesses.

« Hé ! » elle avait crié.

« C’est elle qui l’a fait ! » J’avais montré du doigt le mur qui était en fait un demi-miroir. En plissant les yeux, j’avais dit : « Traître. »

La démone n’avait fait que soupirer après ça

« La prochaine fois qu’on le pourra, on devrait acheter des jouets au Maître, » avait déclaré Shanteya en riant.

« Non, il exagère, c’est tout. D’ailleurs, il m’a giflée un peu plus fort quand on l’a fait à l’auberge, » déclara Nanya.

J’avais refusé de commenter, alors que les filles se contentaient de rire.

Ces étages étaient incroyablement petits par rapport aux autres, mais nous ne savions pas combien il en restait. D’une façon ou d’une autre, puisqu’ils se dégradaient à mesure que nous nous enfoncions dans le donjon, nous ne pouvions que soupçonner que nous n’étions pas si loin du dernier, où nous allions probablement trouver le groupe de mages qui se cachait ici.

Bien qu’il soit clair que le donjon coopérait avec eux, ma seule question était : pourquoi ?

Après une dizaine d’autres étages, nous avions finalement atteint le dernier, mais au moment où nous avions sauté à travers le trou fait par Nanya, nous avions été choqués.

« Par tous les dieux ! » déclara Ayuseya et s’était rapidement couvert la bouche de sa main.

Shanteya avait serré sa main sur la poignée de son poignard, tandis que je serrais les poings.

« Zombies... et squelettes..., » avait déclaré Nanya.

En effet, ce qui nous attendait ici-bas, c’était les restes des innombrables aventuriers malheureux qui s’étaient aventurés dans ce lieu maudit. Ils avaient tous été tués d’une manière ou d’une autre, cependant, voyant le nombre présent, je n’avais pas pu m’empêcher de penser que ce donjon aurait dû avoir un niveau plus élevé, et non pas un petit 94.

***

Partie 2

Cet étage était assez grand par rapport au précédent. Sa hauteur était d’environ cinq ou peut-être six mètres. La zone dans laquelle nous nous trouvions était assez spacieuse et l’entrée de cet étage était scellée par un portail en acier. Il était là pour empêcher ces monstres de s’enfuir vers les étages supérieurs. En même temps, de l’autre côté de cette immense pièce de plus de 100 m2, il y avait une autre porte en acier, mais pour y arriver, nous devions passer par plus de 200 de ces choses.

« Qu’est-ce qu’on fait ? » avais-je demandé en déglutissant.

« GRAAH ! » l’un des zombies s’était rapproché de nous.

Nanya soupira et marcha pour se placer devant le zombie. D’un simple geste, elle l’avait jeté sur ceux se trouvant derrière lui.

« Tu demandas vraiment ça ? Tu es un Donjon Divin avec des statistiques plus élevées qu’un Suprême, et tu as peur de ces choses, » demanda-t-elle en pointant du doigt la horde de zombies.

« Ne sont-ils pas forts ? » avais-je demandé.

Elle avait plissé ses sourcils et avait ensuite expliqué à quel point ces créatures étaient puissantes. « Les zombies en général ont environ 75 % de la force de l’époque où ils étaient vivants, tandis que les squelettes augmentent à un peu plus de 125 %. Ils ne peuvent pas utiliser leurs compétences, ils sont plus bêtes que Dankyun et ont une faible mobilité. Même si c’était une horde de zombies et de squelettes de Rang Suprême, nous n’aurions toujours pas grand-chose à craindre, mais ces gars sont à peine dans des Rangs Maître, » elle avait ensuite marché sur l’un d’eux et en saisissant son pied, elle l’avait écrasé dans le plancher, le brisant pratiquement.

« Alors, ils ne sont pas dangereux, n’est-ce pas ? » avais-je demandé en étant surpris.

« Pour nous ? Bien sûr que non ! » Nanya secoua la tête. « Pour les idiots devant nous, ils sont carrément mortels, » acquiesça-t-elle.

« Que se passerait-il si ces gars atteignaient Petro ? » avais-je demandé. Puis j’avais avancé jusqu’à l’un des squelettes.

La créature secoua ses os en soulevant une épée. Par curiosité, j’avais tapé l’os de son bras avant qu’il n’ait eu l’occasion de me frapper. Le bras avait volé avec l’épée encore dans sa main. J’avais alors cligné des yeux, surpris, puis j’avais donné un coup de doigt à son crâne. Le crâne était allé voler dans la bouche d’un zombie draconien, avant de s’y coincer.

« Ces types sont faibles, » avais-je constaté.

« Même pour moi ? » demanda Ayuseya, un peu effrayée.

« Illsy est plus un danger pour nous que ces zombies, » déclara Nanya en haussant les épaules.

« En quoi le Maître est-il un danger pour nous ? » demanda Shanteya, abasourdie.

« Déshabille-toi, et tu verras le loup hurler ! » répliqua-t-elle en souriant.

« Je ne confirmerai pas ou ne nierait rien tant que je n’aurai pas vu la chose en personne ! » avais-je fièrement déclaré pendant qu’un zombie au sol essayait de me ronger le pied. « Petite chose ennuyeuse, » avais-je dit puis j’avais piétiné sa tête, l’écrasant.

« Si le Maître le souhaite, ça ne me dérange pas. De toute façon, il n’y a rien à cacher au Maître, » Shanteya avait répondu nonchalamment.

« Quoi ? » s’exclama Ayuseya, surprise.

« Comme c’est un pervers... eh bien oui ! » Nanya acquiesça d’un signe de tête affirmatif.

« Vous êtes... arg... OK ! BIEN ! Je suis un pervers ! J’aime les grosses POITRINES ! Voilà ! Je l’ai dit ! » J’avais croisé mes mains au niveau de ma poitrine pendant que d’autres zombies se rassemblaient autour de moi, essayant de me manger.

Ayuseya avait rougi et se tourna sur le côté, essayant de me cacher sa poitrine. Shanteya et Nanya ne gloussaient que pour elles-mêmes. Ce n’était pas un secret pour elles.

« Mais pour être clair, je ne touche à aucune autre femme que vous trois ! » Je les avais pointés du doigt.

« Même moi ? » demanda Ayuseya, surprise.

« Tu es ma femme. Alors, donne-moi une raison de ne pas baver sur toi, nue ? » lui avais-je demandé en plissant les sourcils.

« Pervers..., » elle avait rougi et se détourna encore plus, mais à ce moment-là, je lui avais fait prendre conscience que même si j’avais le corps d’un homme, j’avais aussi des besoins.

« Illsy ? » demanda Nanya.

« Quoi ? Si tu veux que je te masse la poitrine, je connais une bonne technique ! » Je l’avais regardée en souriant.

« Blague à part, tu es couvert de zombies, » avait-elle indiqué.

« Hein ? » J’avais cligné des yeux, surpris, puis j’avais regardé autour de moi.

Je n’avais pas remarqué, mais plus de vingt de ces créatures affamées essayaient de franchir mon armure magique et de manger ma chair. Heureusement pour moi, ils étaient beaucoup trop faibles pour que je puisse ressentir quoi que ce soit de leurs tentatives.

« GYA! » J’avais sauté au plafond comme un gros chat effrayé.

Ma réaction avait été apparemment si comique qu’elle avait fait rire les filles.

J’avais poussé un soupir et j’avais sauté à terre en écrasant quelques têtes. Après avoir marché loin de la pile de zombies et les avoir poussés, causant une chute massive des membres de la horde, j’avais regardé vers les trois femmes qui ricanaient.

« J’admets que je ne m’attendais pas à sauter comme ça, » avais-je dit comme un gentleman en arrachant la mâchoire de la tête d’un zombie avec mon pied.

« Illsy, parfois, tu es vraiment drôle, » déclara Nanya en essuyant une larme.

« Étrange que je ne les ai pas senties..., » avais-je déclaré.

« C’est pour ça qu’ils sont si dangereux. Ils n’émanent d’eux aucune force vitale ou énergie magique, donc tu ne peux pas vraiment dire combien ou où ils sont quand ils attaquent. L’ouïe et la vue sont généralement les meilleurs sens à utiliser pour traquer ces monstres, » expliqua Shanteya.

« Je vois... Puis-je à nouveau les tuer ? » avais-je demandé.

« Retuer ? » demanda Ayuseya un peu confuse.

« Vas-y, » Nanya m’avait fait signe d’y aller.

Avec un sourire, j’avais concentré l’énergie magique dans les cristaux dans mes mains et j’avais pointé mes paumes vers la horde devant moi.

« Restez derrière moi ! » leur avais-je dit.

Après m’être assuré qu’elles étaient hors de la trajectoire, je l’avais laissé se déchaîner.

Deux faisceaux rouge vif avaient coupé à travers la masse devant moi jusqu’à ce qu’ils atteignent le mur de l’autre côté, ce qui l’endommagea également. En gardant les faisceaux à la même intensité, j’avais écarté les bras en formant un arc de cercle. Les faisceaux avaient suivi et avaient coupé en deux n’importe quoi se trouvant sur le chemin. En quelques instants, l’intégralité de la horde avait été affectée, mais maintenant, nous avions une pièce pleine de rampants, et de quelque chose d’autre.

Les seuls qui n’avaient pas été touchés par les rayons étaient les enfants et les nains. Ils étaient trop petits, mais au moins, les plus grands avaient été décapités et leur souffrance avait donc pris fin. Après que j’eus fini, Ayuseya et Nanya avaient marché devant moi. Elles avaient chacune libéré une puissante [Boule de feu], l’envoyant au milieu de la pièce, brûlant leurs cadavres. J’avais utilisé mes lasers pour abattre tous les autres rampants, les nains, les enfants zombies.

Environ cinq minutes plus tard, la horde entière avait vraiment été détruite.

« Empilons-les et brûlons tout cela..., » avais-je dit en m’approchant du corps d’un enfant.

C’était si douloureux de regarder tous ces morts, mais alors que je ne ressentais rien en général pour les adultes, les enfants étaient quelque chose d’autre. Ils étaient innocents, ils n’avaient aucune raison de périr ainsi. Qui savait combien de mères pleuraient après ça et combien elles demandaient aux dieux ci-dessus pourquoi ils n’étaient pas autorisés à les aider dans cette vie...

Qui enverrait des enfants dans un donjon ? pensais-je.

« Je pense que les esclaves sont aussi parmi eux..., » déclara Nanya alors qu’elle soulevait un corps avec un collier d’esclave.

« Alors, le donjon ou les monstres les ont tués. Après ça, ils ont attendu qu’ils se transforment en ces choses ? » avais-je demandé.

« C’est probablement la raison pour laquelle les corps que nous avons vus auparavant n’ont pas été emportés ou absorbés, » se souvient Ayuseya.

« Certains donjons, en effet, préfèrent ces types de monstres aux classiques, mais cela n’explique toujours pas pourquoi les étages précédents semblaient si tordus..., » me dit-elle.

« Je ne sais pas..., » j’avais haussé les épaules.

« Une fois que nous aurons fini ici, tuons ces mages noirs et trouvons le “maître” des enfants esclaves. J’ai envie de détruire l’entreprise de quelqu’un, » leur avais-je dit avec un petit grognement dans le ton de ma voix.

« L’esclavage est une grande affaire, Illsy. Écraser un ou deux esclavagistes ne supprimera ni ses besoins ni ses utilisateurs, » avait dit Shanteya.

« Ouais... Je devrais enseigner génération après génération que l’esclavage est une mauvaise chose, ou du moins lorsqu’il s’applique aux enfants ou en vertu de certaines règles, » j’avais poussé un gros soupir. « Je vais quand même aller casser les affaires de ce type... juste pour me sentir un peu mieux. » J’avais hoché la tête alors que j’avais pris ma décision.

« Ou si tu n’aimes pas cette vision, on pourrait aller dans un pays qui n’a pas d’esclavage, » Nanya haussa les épaules.

En regardant le corps de l’enfant que je portais, je m’étais demandé si c’était la meilleure solution. En y pensant, j’avais oublié comment l’esclavage avait été aboli dans mon monde précédent. Je me souviens de quelque chose à propos d’un Abraham Lycan faisant quelque chose comme mettre fin à une guerre civile... ou était-ce Lincoln ? L’histoire n’avait jamais été mon point fort, mais c’était aux USA, pour l’Europe, elle s’était éteinte avant l’an 1000 et après 300 ou quelque chose comme ça. En fait, je n’étais pas vraiment sûr s’il y avait déjà eu de l’esclavage en Europe ou s’il y en avait, comment il avait été arrêté. Quoi qu’il en soit, il s’agissait d’une question assez compliquée à bien des égards, mais une chose était certaine... l’esclavage des enfants était un « NON » absolu et catégorique contre lequel je me battrais toujours de toutes mes forces.

Mais comment dire et convaincre quelqu’un que quelque chose ne va pas ou n’est pas normal alors qu’il a vécu toute sa vie en croyant que c’est quelque chose de normal et naturel ? avais-je pensé en plaçant le corps sur la pile.

En regardant autour de moi, j’avais vu qu’il y avait beaucoup d’esclaves qui étaient morts dans ce donjon. Probablement, ils n’avaient jamais voulu venir ici, mais ils avaient seulement été forcés par leurs maîtres pour être jetés comme appât pour les monstres. Shoraya n’avait pas d’esclavage, mais il y avait beaucoup d’autres royaumes qui en avaient.

Pourquoi y voit-on un avantage ? m’étais-je demandé, mais ensuite j’avais jeté mon regard sur Shanteya. Elle n’est pas mon esclave, mais le sort fait d’elle mon esclave... Cependant, qu’en est-il de Nanya et Ayuseya, ce contrat de mariage avec moi n’agit-il pas comme un collier d’esclave plus puissant ? J’avais alors secoué la tête.

Cela n’était pas mes esclaves, aucune d’elles... J’avais des femmes. J’avais des amies. J’avais des alliées libres de dire et de faire ce qu’elles voulaient. Ces contrats n’étaient que des façons pour eux de leur offrir une partie de ma puissance, rien d’autre... ou du moins, c’est ce que je pensais.

***

Chapitre 49 : Des larmes et la mort

Partie 1

L’odeur de chair et d’os brûlés était répugnante, mais dans tous les cas, nos armures magiques étaient assez puissantes pour empêcher les toxines et les vapeurs de pénétrer dans nos poumons. Nanya avait utilisé son petit cristal pour en aspirer la plus grande partie, mais nous n’avions pas eu le temps d’attendre que le tas brûle entièrement. Nous avions placé le cristal au plafond et nous nous étions ensuite dirigés vers les portes en acier se trouvant dans l’arrière de la salle.

Aucun enchantement ou sort magique ne pouvait être ressenti autour des portes. Il n’y avait aucun piège qui reliait les poignées, mais elles étaient verrouillées avec une clé. Un seul coup de pouce « doux » avait suffi pour les forcer à s’ouvrir.

En nous déplaçant d’une manière prudente et silencieuse, nous avions franchi la porte et avions fait de notre mieux pour rester silencieux et non détectés.

« ACHOOO ! » Quelqu’un avait éternué.

« Santé, » lui avais-je répondu.

« Merci..., » répondit l’homme qui portait une robe noire se trouvant à côté de moi.

Je l’avais regardé un instant, et il m’avait également regardé.

J’avais ensuite regardé son poignard enchanté et puis je l’avais regardé.

« Alliez-vous me poignarder avec ça ? » lui demandai-je en pointant du doigt le couteau.

« Uhuh. » répondit-il d’un signe de tête, et je lui frappai au niveau du visage.

L’homme était mort sur le coup et sa tête avait littéralement explosé sous la puissance de l’attaque.

« Il n’était pas très intelligent, » avais-je commenté.

« Ou furtif, » avait noté Shanteya.

« Ça devait être le nouveau venu dans leur groupe, » déclara Nanya.

« Le bleu du groupe, peut-être ? » avais-je demandé. Puis j’avais haussé les épaules.

On avait jeté son corps dans la pile de cadavres en feu. Shanteya avait pris les devants pour s’assurer qu’aucun autre « assassin compétent » n’essayait de nous tuer, mais nous n’en avions rencontré aucun.

Cet endroit était rempli d’artefacts de magie noire. Beaucoup d’entre eux pulsaient avec du mana, tandis que d’autres présentaient une attirance étrange. Nanya avait été irritée dès qu’elle les avait vus. La magie noire et les démons n’étaient pas connectés du tout, ces derniers utilisant en fait la Sombre Magie, mais pas la Magie Noire. C’était similaire, mais après tout complètement différent. Dans la Sombre Magie, vous alliez utiliser des sorts et des compétences passives accordés par les Sombres Dieux, alors que dans la Magie Noire, vous avez rejeté TOUS les dieux de ce monde, essayant d’agir avec le mana contre les lois de ce monde. Quoi qu’il en soit, il était clair que nous n’étions pas dans un endroit rempli de membres d’une secte adorant un sorcier lapin mort-vivant.

Les salles avaient été transformées en laboratoires sombres et diaboliques où avaient lieu diverses expériences. Dans l’un d’eux, nous avions vu une bande de zombies démembrés, dans un autre, nous avions trouvé des diablotins disséqués et des Minotaures. La pire salle était celle qui contenait des morceaux de corps humains coupés, cependant, nous n’avions pas trouvé une seule âme vivante jusqu’ici. La question était de savoir si ces monstres avaient encore une âme dans leur corps.

Cela aurait été quelque chose s’ils avaient disséqué des cadavres humains pour faire avancer la connaissance médicale, mais les inscriptions et la magie effrayante provenant de divers cristaux et artefacts m’avaient fait dire que ce n’était pas le cas. L’objet le plus effrayant, cependant, était un éventail fait de peau et d’os humains. Il y avait aussi des inscriptions tracés avec du sang de monstre. Ce qu’il avait fait n’était pas quelque chose que j’avais hâte de découvrir trop tôt.

« Quel genre de cinglés sont ces gens ? » demanda Ayuseya alors qu’elle tenait fermement la poignée de son épée et qu’elle s’approchait de nous.

« Pas le genre qui aime les arcs-en-ciel et les poneys, je peux vous l’assurer, » lui avais-je dit.

« Des poneys ? Vous parlez de ces petits chevaux inutiles ? » demanda Shanteya en louchant des yeux.

« Oui, mais si tu en trouves un violet parlant avec des ailes, une corne et une tiare, dis-le-moi, » avais-je dit en souriant.

« Je ne crois pas qu’un tel monstre diabolique puisse exister, » déclara l’El’Doraw, un peu inquiète.

« Ouais... diabolique... il va nous hennir à mort et nous couvrir de rires et d’une mignonne magie étincelante, » avais-je essayé d’être sarcastique.

« Cela semble vraiment effrayant..., » déclara Nanya.

« Tu es une démone ! » Je m’étais plaint.

« Je ne vois pas où tu veux en venir, » elle m’avait regardé dans les yeux.

« Laissons tomber ça..., » avais-je soupiré.

À chaque pas que nous avions fait dans cet endroit horrible, nous avions l’impression que ces mages noirs n’avaient pas peur de faire quoi que ce soit de mal moralement. C’était plutôt comme s’ils mettaient à l’épreuve ces limites pour voir où exactement l’immoralité et la dépravation humaines pouvaient les mener. Un fou ou un monstre sans scrupules pourrait faire ces choses. Ce qui m’avait aussi étonné, c’était le nombre de victimes qui étaient tombées sous leur emprise diabolique.

Tout à coup, les 23 esclaves et la horde de zombies d’avant semblaient ne représenter qu’une petite partie des morts. C’était absolument horrible. Dans mon monde, les gens devenaient fous si seulement 20 ou 100 personnes mouraient, mais ici, c’était une valeur tout à fait normale pour les pertes QUOTIDIENNES dans des conditions pacifiques.

Dans le passé, les humains désiraient la sécurité et les remèdes, Dieu les a donnés par l’évolution de la médecine et de la technologie, de sorte que même ceux qui ne croyaient pas en Lui les avaient, mais alors les gens ont oublié ces innombrables souhaits et croient maintenant qu’Il est mort... juste parce qu’Il ne les rend pas riches pendant la nuit ou les guérit par miracle, car ils ne veulent pas voir un médecin... En me souvenant de la drôle de relation entre Dieu et l’humanité sur Terre, j’avais réfléchi à la situation.

Ces paroles m’avaient fait me demander si la raison pour laquelle j’avais été appelé ou plutôt envoyé dans ce monde n’était pas réellement de pouvoir élever la conscience de ces gens. Cependant, apporter la technologie n’était pas la solution, faire changer les gens d’avis sur la façon dont ils la perçoivent et s’efforcer d’approfondir leurs connaissances sur l’univers qui les entourait, c’était quelque chose que je pouvais faire.

Tout à coup, le but de mon Académie était passé d’une simple idée à un but avec lequel je pourrais aider ce monde. Malheureusement, cela avait augmenté en difficulté parce qu’avec mes pensées et mes idées morales, je serais pratiquement en train de défier le règne des rois et des tyrans, leurs religions, et le monde même de la magie.

Beurk..., avais-je pensé en mesurant l’immense difficulté de cet objectif dans mon esprit.

Oubliez un seul Suprême qui faisait irruption et détruisait l’endroit, car maintenant je devais tenir en compte toutes sortes de charabia ! La politique, l’économie, la religion, les relations sociales, les relations interespèces, les marchandises nécessaires à chaque espèce et royaume, les relations entre les utilisateurs magiques et non magiques, l’esclavage, le racisme, les vues xénophobes, et bien d’autres choses sont devenues pour moi un DOIT FAIRE OBLIGATOIREMENT. Même l’idée de placer mon académie sur une parcelle de terre quelque part avec la permission d’un roi était devenue une mauvaise chose. Je devais placer l’académie hors de portée politique de tout royaume, mais la rendre accessible à tous.

Si je reste dans un royaume, j’aurai besoin de jouer selon leurs règles, mais aller dehors signifierait jouer selon mes règles, mais pour cela, je dois être plus fort, littéralement intouchable par eux... Et... J’ai besoin d’en savoir plus sur ma propre espèce..., pendant que je réfléchissais à ces choses, mon front était plissé et mon regard fixé sur le sol, ignorant tout le reste.

Mes trois femmes m’avaient parlé de certaines des choses qu’elles avaient vues, mais cela ne s’était pas capté par mon cerveau, car j’étais trop concentré sur cette chose, sur la planification de ce que je devais faire pour mon académie. Après tout, tout était devenu beaucoup plus difficile. Techniquement parlant, je pouvais agir de la manière la plus simple et la moins stressante possible et simplement ignorer toute l’affaire « aider ce monde merdique », mais cela ne me semblait pas juste. Si j’avais les connaissances et le pouvoir de le faire, pourquoi pas ? Si les dieux de ce monde ne voulaient pas que je change quoi que ce soit ici, ils m’auraient tué très tôt ou auraient simplement enlevé ces souvenirs d’une vie meilleure. Parmi tous les êtres sensibles de ce monde, j’étais le seul qui savait qu’il y avait quelque chose de mieux que ce qu’ils avaient.

« Soupir... ça va être un cauchemar..., » avais-je dit alors que je frottais l’arrière de ma tête.

« Qu’est-ce qui va l’être ? » demanda Nanya avec curiosité.

« Je réfléchis à la construction de ma propre académie, » avais-je répondu calmement.

« Ce n’est pas si facile. Même Tuberculus a eu du mal à obtenir les privilèges et les terres. Sans la générosité d’un vieil ami à lui et du roi Shoraya, Fellyore serait restée un rêve, » la démone hocha la tête.

« Construire une école pour plusieurs espèces est un rêve merveilleux, mais peu sont d’accord..., » déclara Ayuseya.

« Beaucoup travaillent activement contre toute communion avec d’autres espèces, » dit Shanteya.

Je commençais à déprimer. Au lieu de m’amuser, j’aurais l’impression d’être confronté à des tâches plutôt ennuyeuses et difficiles à gérer. Cela m’avait fait frissonner en pensant aux demandes impardonnables que les rois et les nobles d’autres pays allaient avoir. J’oubliais à quel point j’étais puissant par rapport à certaines de leurs meilleures troupes.

Une dizaine de minutes plus tard, nous étions finalement arrivés au bout de notre chemin, mais ce que nous avions trouvé là était absolument écœurant. Dix mages portant des robes noires à capuchon étaient actuellement au milieu d’une sorte de rituel. Le corps d’un enfant esclave était sur une sorte d’autel de pierre, mais il était mort, ses organes ayant été découpés. Le sang avait coulé sur l’autel et tout autour, je pouvais voir les restes de corps de toutes sortes d’espèces sensibles. Sur le sol, il y avait un pentagramme dessiné avec du sang noir, d’innombrables petites runes le recouvraient et brillaient d’une énergie rouge foncé. Les murs étaient écrits avec des inscriptions, de la magie noire suintant de tout ce qui s’y trouvait, ce qui me donnait un sentiment étrange dans mes tripes comme si quelque chose se glissait à l’intérieur. C’était troublant et répugnant.

Ces monstres doivent mourir ! avais-je grogné dans ma tête.

« Des intrus ! » cria l’un d’eux quand ils nous détectèrent.

« Prenez-les vivants, nous avons besoin de ce sang frais pour notre prochain rituel, » déclara un autre, mais avec un ton calme.

« Oui, Grand Prêtre ! » répondirent-ils, puis ils nous regardèrent.

Sans chanter, des globes noirs de mana s’étaient formés dans leurs mains. Je n’avais aucune idée de ce que c’était, mais j’avais senti que c’était dangereux. Cela m’avait fait froid dans le dos, mais quand même... J’étais bien plus fort que ces types, alors pourquoi aurais-je peur de leurs attaques ?

« Ne laissez pas cette chose vous toucher ! Certains sorts de Magie Noire passent à travers l’armure magique ! » nous prévient Nanya avec un grognement.

« Pourquoi ai-je le sentiment que la magie noire n’est pas à la hauteur de la magie normale ? » avais-je dit en esquivant les deux premières attaques.

Les orbes sombres traversaient n’importe quel objet, mais quand ils touchaient la chair d’un être, ils explosaient violemment. C’était ce qui était arrivé à certaines parties du corps derrière moi. Voyant cela, j’avais compris pourquoi j’avais cet étrange frisson. Si leurs attaques pouvaient vraiment passer à travers l’armure magique comme Nanya l’avait indiqué, alors ces attaques étaient carrément dangereuses pour tout organisme de chair et de sang.

« De quelle magie s’agit-il ? » demanda Ayuseya, surprise.

Les hommes avaient souri en voyant notre visage surpris.

« De la magie noire de Rang Empereur, » grogna Nanya en se lançant vers le premier.

L’homme pensait qu’il était plus rapide qu’elle, mais grâce à mon coup de pouce, elle l’avait atteint en un clin d’œil et l’avait frappé dans le ventre. Son armure magique s’était brisée et son corps avait été projeté dans le plafond, provoquant une grande fissure. L’homme était mort sur le coup et était tombé sur le sol, mais juste au moment où elle pensait avoir gagné, la magie s’était formée autour de son corps et l’homme s’était levé sous la forme de zombie. C’était arrivé si vite qu’après tout, elle avait du mal à le croire... les zombies prennent habituellement des jours, voire des semaines à se former, mais ce type s’était retrouvé ainsi au moment même où son cœur avait cessé de battre.

« Ce n’est pas possible... Les cellules ne meurent pas si vite ! » avais-je dit.

« Sentez la puissance de notre Seigneur Noir ! » cria le zombie en nous envoyant des éclairs noirs.

« Tch ! » Nanya avait fait claquer la langue et avait sauté en arrière, évitant l’attaque au dernier moment.

« [Boule de feu] ! » s’écria Ayuseya en lançant une attaque sur le groupe.

Trois sorciers avaient sauté vers l’avant et ils avaient tendu les bras, avalant la magie elle-même. À mes yeux, c’était tout simplement un exploit étonnant ! Comment ces hommes pouvaient-ils être si puissants alors que nous étions bien au-delà du niveau d’un Suprême ?

À ce moment-là, l’un d’eux s’était précipité vers moi et avait attaqué avec ses poignards. Je ne l’avais pas laissé me toucher. En faisant un pas de côté, j’avais ensuite utilisé toute ma force pour le frapper dans le dos. Son armure magique n’avait pas pu supporter le choc et s’était immédiatement brisée, mais ma puissance avait été plus grande et au moment où mon poing avait touché son corps, sa chair avait simplement explosé en raison de la puissance pure derrière ma frappe. Mon poing pouvait créer des cratères dans le sol, donc normalement, le corps d’un humain touché par celui-ci sans la protection d’une armure magique éclatait simplement.

Alors qu’ils étaient témoins de la mort subite de leurs amis, leurs attaques avaient toutes été dirigées contre moi. J’avais esquivé et Shanteya s’était précipitée vers eux. Avec son poignard, elle avait poignardé le premier dans le cœur, le suivant au niveau du côté de la tête et le dernier à l’arrière de sa tête. Il s’agissait d’une série d’attaques en trois secondes, dans laquelle elle avait principalement attaqué le premier par l’avant, puis en se retournant, elle avait retiré la lame de sa poitrine et tout en se retournant l’avait poignardée dans la tête du deuxième. Puis se déplaçant derrière sa deuxième victime, elle lui arracha le poignard de la tête et l’empala, avec une attaque fluide, à l’arrière de la tête de la troisième personne. Ainsi, ils étaient morts avant qu’aucun d’entre eux n’ait pu faire quoi que ce soit. Malheureusement, Shanteya n’avait pas pu attaquer les autres parce qu’ils avaient lancé quelques-unes de ces sphères noires, la forçant à battre en retraite.

Normalement, leurs armures magiques auraient dû se briser, mais l’enchantement que j’avais placé sur son arme lui avait permis de passer outre de la plupart des défenses et d’atteindre la chair tendre derrière elle. Mais comme c’était arrivé au premier, ces gars s’étaient aussi réveillés comme des zombies, mais un coup d’épée d’Ayuseya leur avait coupé la tête en deux, puis le second les avait transformés en un tas de morceaux de viande.

Il n’en restait plus que cinq, et nous n’avions ni pertes ni blessures graves de notre côté. En fait, ils n’avaient même pas égratigné nos armures magiques.

« Bande d’imbéciles ! Tuez-les ! » cria le Grand Prêtre alors qu’il commençait à canaliser son mana dans un nouveau sort.

Tous ces gars étaient assez bons, mais à en juger par les effets de ma frappe sur celui que je venais de tuer, ils étaient probablement quelque part entre le rang d’Empereur supérieur, peut-être le rang de Divin moyen. Néanmoins, un groupe d’aventuriers Divins aurait certainement beaucoup souffert face à eux. Une ou deux morts pouvaient être considérés comme acceptables, mais nous n’étions pas un groupe d’aventuriers Divins.

« ARRGH ! » l’un d’eux s’était ouvert les poignets et avait commencé à chanter quelque chose.

« Arrêtez-le ! Arrêtez-le ! » avais-je montré du doigt.

Shanteya avait immédiatement obéi à mes ordres et s’était dirigée vers lui. Son poignard était rapide et ses mouvements plus agiles que les leurs. En un clin d’œil, elle se tenait devant lui, et le poignard avait percé le cœur de l’homme, mais il n’était pas mort.

Avec un large sourire sur le visage, le sort de l’homme avait continué, et Shanteya avait sauté en arrière. Une vague puissante de mana avait jailli de son corps alors qu’il subissait une étrange transformation. Une queue apparut derrière lui, une fourrure poussa sur ses bras et son visage, des griffes longues et pointues se formèrent au bout de ses doigts hypertrophiés, des dents pointues et noires jaillirent de ses mâchoires, ses oreilles devinrent longues et pointues, tandis qu’un feu noir consumait son dos et, une fois le processus terminé, un étrange brouillard noir l’encercla et rongea le mana environnant.

***

Partie 2

[Point de vue d’Illsyore]

« Un diable..., » déclara Nanya.

En serrant les dents, j’avais soulevé une table proche de moi et je l’avais jetée sur lui. Une main griffue l’avait repoussée, et deux yeux féroces et injectés de sang me fixèrent après ça.

« Est-ce un diable ? » demandai-je, surpris.

« Les diables sont des entités spirituelles qui normalement n’entrent pas dans le monde vivant, mais si vous leur offrez un corps et connaissez la bonne façon de les appeler, ils le posséderont. Tant que vous le nourrissez avec du mana, il peut continuer à utiliser le corps, mais une fois que vous arrêtez, le corps et le diable disparaissent, » expliqua Nanya.

« Super... encore plus de sorts bizarres, » avais-je soupiré.

« Je m’en occupe, tu tues les autres mages. » Nanya me l’avait dit ainsi.

« Bien sûr, mais comment vas-tu faire ? » avais-je demandé en plissant les sourcils. Puis j’avais esquivé l’attaque magique de l’un d’eux.

Ces gars n’étaient pas vraiment un défi, car nous étions beaucoup trop forts pour eux.

« Malédictions ! » m’avait-il crié dessus.

« Avec cela..., » déclara-t-elle. Puis elle invoqua son épée noire.

Les runes rouges brillaient avec férocité, mais son énergie était différente de celle de Dankyun. Quand on regardait du côté de ses mains, c’était comme une tempête déchaînée, et chez Nanya, c’était comme une élégante danse de lames, chacune mortelle et précise comme le poignard d’un habile assassin. J’avais dégluti en le voyant, mais j’avais dû admettre que l’allure de Nanya avait aussi changé, et je m’étais immédiatement rappelé comment elle avait gémi dans mes bras cette nuit-là.

Stupide cerveau avec un mauvais minutage... Je suis au milieu d’une bataille entre la Vie et la Mort ! m’étais-je crié dessus.

Malheureusement, mon subconscient m’avait donné cette réponse, mais ses seins... et elle est canon !

Pourtant, ce n’était pas vraiment le moment pour de telles pensées... J’étais entouré de morceaux de corps démembrés et j’avais cinq mages noirs en colère dont je devais m’inquiéter ! Alors pourquoi est-ce que mon esprit n’avait fait qu’enlacer Nanya, Shanteya et Ayuseya, avant d’enfoncer mon visage dans leurs seins ?

Je crois que j’ai foiré quelque chose quand j’ai construit ce corps..., m’étais-je dit en essayant de me concentrer sur la bataille devant moi.

Shanteya et Ayuseya en retenaient deux, Nanya combattait le Diable, et je restais avec le quatrième, tandis que le Grand Prêtre marmonnait quelque chose pour lui-même. La lutte aurait été plutôt équilibrée sans la puissance de mon groupe. Avec une seule frappe, Ayuseya avait coupé cet homme en deux, au niveau de sa tête. Il avait essayé de bloquer la frappe, mais il ne fallait pas sous-estimer la puissance féroce de la princesse draconienne. Quant à Shanteya, elle avait habilement esquivé les attaques de son ennemi, puis avait réduit l’écart entre eux. Une seule attaque avait été nécessaire pour le tuer. La lame froide lui avait transpercé le côté gauche de son corps, lui avait transpercé le cœur, puis un autre coup l’avait décapité.

En raison de sa mort subite, son corps n’avait pas subi le processus de zombification accéléré, et l’ennemi d’Ayuseya non plus. Quant au mien, je l’avais attrapé par le visage, puis j’avais brisé son armure magique et ensuite j’avais écrasé son crâne entre mes doigts. Avant qu’il ne change, je l’avais frappé durement sur le côté et j’avais envoyé son corps vers le diable. En pensant que c’était une attaque, la bête avait découpé le corps avec ses griffes, le transformant en viande hachée.

Nanya avait profité de cette occasion et avait sauté sur l’homme. L’épée qu’elle avait utilisée avait transpercé le cœur du diable, puis elle l’avait rapidement vaincu en le décapitant. Jusque-là, elle se contentait d’esquiver et d’analyser ses pouvoirs, essayant de déterminer ce dont la bête était capable, mais elle ne s’approchait même pas de la force accrue de Nanya. Le Diable n’avait jamais eu une chance dès le début, cependant, même un Suprême inférieur aurait habituellement des problèmes avec quelque chose comme ceci.

Voyant tous ses serviteurs morts, le Grand Prêtre arrêta de chanter et nous regarda avec des yeux sombres remplis de fureur et de haine. J’avais répondu en souriant, mais maintenant il n’avait d’autre choix que d’abandonner ou de nous attaquer lui-même. Le moins qu’on puisse dire, c’est que je n’étais pas prêt à le laisser vivre.

À ce moment, il regarda à sa gauche et concentra le mana dans ses bras. Quel que soit le sort qu’il utilisait, c’était incroyablement puissant comparé à ceux qu’utilisaient ses sous-fifres. C’est alors que j’avais remarqué ce qu’il visait... une enfant nekatar. Elle était inconsciente et couverte de sang, mais elle était toujours en vie.

Pourquoi ne l’ai-je pas vue jusqu’à maintenant ? Il essaie de la tuer ? Non... il va l’utiliser pendant un moment ! avais-je pensé et réagi immédiatement, sautant en avant et me mettant entre les deux au moment même où le Grand Prêtre était prêt à attaquer.

Le sort avait été lancé. Ce n’est qu’alors que j’avais réalisé que j’aurais dû attaquer le grand prêtre au lieu de faire cela. C’était stupide de ma part, une erreur de débutant. Une erreur stupide.

L’attaque m’avait frappé.

« ILLSY ! » cria Nanya.

« NON ! » cria Ayuseya, effrayée par l’attaque.

Le Grand Prêtre avait souri d’un air de défi et déclara. « Ton âme n’est pas aussi bonne, mais c’est mieux que rien ! » dit-il en riant.

Shanteya avait sauté sur l’homme, le poignardant dans le cœur, tandis que la magie noire se déversait dans mon corps.

« Espèce de shikak ! » avait-il crié alors qu’il toussait du sang.

« Illsy ! » Nanya avait sauté à côté de moi.

« Ne t’approche pas ! » l’avais-je prévenue. Et ainsi, elle s’était arrêtée.

Qu’est-ce qui m’arrive ? avais-je pensé. Puis j’avais commencé à me sentir bizarre.

« Maintenant, il n’y a rien que vous puissiez faire, stupides aventuriers ! Son corps va pourrir, et son âme quittera son corps ! Ensuite, le Noyau du Donjon va le piéger et l’envoyer comme nourriture à mon Seigneur Noir avec toutes les âmes que nous y avons stockées ! Il n’y a rien que vous puissiez faire maintenant ! Il sera enfin libéré ! Même si vous me tuez, ma mort n’est qu’un sacrifice à sa grandeur ! » déclara-t-il. Puis il se mit à rire.

Furieuse, Ayuseya l’avait décapité d’une frappe, puis il avait coupé en deux avec une autre, et finalement elle avait projeté son corps dans un mur voisin, le transformant en un tas de sang et de tripes. C’était la première fois que je la voyais si en colère, mais je devais admettre que je ne me sentais pas trop bien...

« Argh..., » avais-je gémi. Puis j’avais attrapé ma poitrine.

Soudain, toutes mes forces m’avaient quitté, et j’avais eu le même sentiment que lorsque j’étais mort. C’était comme être aspiré dans un vide où on ne pouvait même pas lever un seul doigt. Tout ce que vous pouviez faire, c’était descendre lentement de plus en plus profondément dans les ténèbres jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien, jusqu’à ce que les chaînes qui retenaient votre âme à votre corps se brisent et vous vous sentiez soulagé. À ce moment, l’âme se précipitait vers la lumière... J’avais vu cette lumière... et ma conscience s’était estompée...

☆☆☆

[Point de vue de Shanteya]

Toute la bataille n’avait même pas duré cinq minutes. Les mages noirs tombèrent les uns après les autres à la vitesse de l’éclair. Sans même utiliser un sort d’attaque de zone, nous nous étions très bien débrouillés. N’importe quel autre groupe d’aventuriers aurait sûrement subi un grand nombre de pertes. Malheureusement, nous avions dû laisser le Grand Prêtre pour la fin, car aucun d’entre nous ne le voyait comme une menace pour nous avec notre force actuelle, mais apparemment nous avions eu tort. Le mage noir avait eu le temps de finir son sort, et les autres avaient fait tout ce qu’ils avaient pu pour le protéger, se mettant même entre nous et lui, surtout ce Diable. Ils avaient effectué une défense parfaite devant lui, utilisant leur propre corps comme bouclier de chair. Nous les avions fait tomber en quelques instants, mais c’était tout ce dont l’homme avait besoin pour terminer son sort, puis le Maître s’était éloigné de moi et avait été touché par lui.

Nous avions fini par tuer le mage, mais c’était trop tard. Quelque chose de bizarre était arrivé au Maître. Toutes les trois, nous avions regardé le Maître avec un regard empli d’inquiétude. Il regardait le sol, les pupilles dilatées et la main droite tenant sa poitrine. Il avait une haleine rauque. Le mana dans son corps s’écoulait de façon erratique, changeant de vitesse et de direction, provoquant des ondulations et des fissures dans le flux d’énergie qui l’entourait. Je pouvais voir l’obscurité s’infiltrer dans les cristaux sur ses mains. Il était entouré d’une étrange aura qui nous repoussait. Nous faisant sentir une forte pression sur nos épaules, mais nous ne savions pas ce qui lui arrivait ni comment l’aider. Nous ne pouvions que rester là et regarder son moment de torture.

Cela me faisait mal de le voir comme ça... d’être si impuissante... Je détestais ça...

« AAAH !! » Le maître cria soudain à pleins poumons.

Ses yeux étaient devenus noirs, les cristaux sur ses mains rouges, et le mana avait tout repoussé autour de lui. C’était alors que j’avais remarqué l’enfant derrière lui. J’avais couru autour de Maître pour la rejoindre. Quoi qu’il se soit passé, c’était à cause d’elle que le Maître avait encaissé l’attaque du mage noir. De vouloir la sauver et se sacrifier pour un parfait étranger comme lui, qui d’autre que le Maître puisse le faire ? Pourtant, j’aurais préféré qu’il ne le fasse pas... J’étais égoïste parce que je ne voulais pas perdre mon seul et unique Maître.

« Qu’est-ce que c’est ? » avais-je demandé quand j’avais regardé le corps de la petite fille.

Cinq chaînes noires enchantées l’avaient attachée au sol. J’avais essayé de les tirer, mais ils n’avaient pas bougé. C’était plus que ce que mon pouvoir pouvait supporter, mais ils avaient été immédiatement coupés par l’épée de Nanya.

« Sortez-la d’ici ! » m’avait-elle dit.

J’avais hoché la tête et j’avais couru plus loin

En regardant en arrière, j’avais vu le Maître ricaner comme un fou, et le Cœur du Donjon derrière lui s’était fendu. Des monstres avaient crié et tout l’endroit s’était mis à trembler.

A-t-il relâché son Territoire de Donjon ? m’étais-je demandé, surprise.

Je m’étais arrêtée à l’entrée de cette pièce et j’avais regardé le Maître.

En raison de la quantité de mana qui débordait de son corps, les meubles et les morceaux de corps avaient été soulevés dans les airs, tandis que d’étranges éclairs noirs émanant de son corps les frappaient. C’était une scène effrayante à voir. Le pouvoir qui surgissait de lui pourrait facilement renverser tous les Suprêmes dans les royaumes connus. Cela m’avait refroidi la colonne vertébrale, et cela m’avait montré clairement que celui qui se tenait devant moi n’était pas le gentil Maître que je connaissais, mais quelqu’un d’autre... quelque chose d’autre...

À ce moment, il se mit à gémir et le mana s’arrêta brusquement. Une silhouette humanoïde blanche faite entièrement de lumière était sortie de sa poitrine comme un fantôme qui essayait de se libérer du corps qu’il possédait. Un sentiment de peur s’était précipité en moi.

« MAÎTRE ! NE FAITES PAS ÇA ! » avais-je crié à pleins poumons.

Je savais alors que ce que je regardais était le vrai Maître, le vrai Illsyore. Nanya et Ayuseya le savaient aussi certainement. C’était son âme sur le point de quitter son corps, mais il était pur et doux. Il était rempli de lumière et n’avait presque pas d’ombres. Si je n’en savais pas plus, je pourrais jurer que je regarde l’âme d’un saint, pas celle d’un donjon.

« Illsy ! » cria Ayuseya, les larmes aux yeux.

« Non ! Ne pars pas, crétin ! » cria Nanya.

Puis, au moment où son âme semblait sur le point de partir pour de bon, de nous laisser seules dans ce donjon sombre et froid, une ombre dense et sombre s’éleva de sa poitrine et avait saisi l’âme d’un blanc pur. Comme des vrilles, l’ombre s’enroulait autour de ses bras et de ses jambes, l’enchaînant vers le bas et le tirant vers l’arrière, tandis que l’âme blanche luttait pour partir.

En regardant cette scène, je ne savais pas quoi souhaiter... Si le Maître partait, alors... nous, non, je serais seule... Si le Maître était libre, alors il pouvait entrer dans les Hauts Cieux, mais je ne voulais pas... Même si c’était égoïste, je ne voulais pas que le Maître me quitte, qu’il nous quitte. Du moins, je n’avais pas cru les paroles du mage sur son Seigneur Noir.

☆☆☆

[Point de vue de Nanya]

Nous étions toutes les trois des femmes égoïstes... Au lieu de souhaiter sa liberté, j’étais certaine qu’au fond de nos cœurs, nous voulions toutes qu’il reste. Maintenant que je lui avais ouvert mon cœur, maintenant que j’avais versé des larmes et ri avec lui, comment pouvais-je le laisser partir et passer les siècles suivants seule ?

Même si c’était contre le Ciel. Même si j’avais offensé tous les dieux d’en haut, j’avais souhaité qu’Illsy reste avec moi, pour pouvoir me faire l’amour encore une fois comme il l’avait fait cette nuit-là.

J’étais techniquement assez puissante maintenant pour avoir n’importe quel homme que je désirais, mais aucun d’eux n’avait le sourire idiot d’Illsy, ses blagues bizarres, et ses étreintes sensuelles... Je n’avais pas besoin d’un autre homme, j’avais besoin de lui.

« Non ! Ne pars pas, crétin ! » avais-je crié à pleins poumons. Ne me laisse pas seule, Illsy... avais-je pensé.

☆☆☆

[Point de vue d’Ayuseya]

Les larmes n’arrêtaient pas. La douleur dans mon cœur ne cessa jamais. La prise de mon épée me semblait faible, et mes genoux tremblaient. Je l’avais vu changer mon destin, changer mon monde, et conquérir mon cœur... Je ne pouvais pas accepter de le voir partir.

Au début, je pensais que je voyais des choses. Cette entité humanoïde blanche ne pouvait pas être Illsy. Ce ne pouvait pas être mon mari, mais plus je le regardais, plus je sentais la connexion et le lien que nous partagions. C’était faible, mais c’était là. J’avais toujours su que je n’étais pas la préférée d’Illsy, mais je m’en fichais... quand j’avais entendu Nanya faire le premier pas et partager son lit avec lui, j’avais menti sur mes sentiments... Mon cœur s’était figé, et je m’étais sentie trompée par elle. J’avais l’impression que quelqu’un m’avait volé quelque chose, un peu de ma lumière, une chance à mon amour. Je le savais, mais je m’en fichais. Illsy m’avait offert la liberté dont je n’aurais pu rêver qu’une seule fois, et la force que beaucoup ne pouvaient qu’envier.

Malgré tout, mon cœur tremblait et mon corps tremblait quand j’avais vu Illsy face à une fin possible. C’était quelque chose qu’aucun d’entre nous n’aurait pu prévoir, rien qu’aucun d’entre nous n’aurait pu savoir. Si je l’avais fait, j’aurais été la première à me mettre en travers de son chemin. Mieux valait être haï par l’être aimé que de le voir mort sous vos yeux.

C’est drôle comme de tels moments de sincérité ne m’étaient apparus que dans ces moments de douleur et de perte possible...

Pourtant, il y avait de l’espoir... L’ombre d’Illsy ou bien quoi que ce soit d’autre l’avait fait reculer. Le mana qui tourbillonnait autour de lui s’arrêta, et il tomba à genoux. Je me fichais de ce que c’était, mais cela l’avait empêché de partir et surtout, cela avait laissé Illsy en vie pour moi... pour nous.

☆☆☆

[Point de vue d’Illsyore]

Je pouvais à peine respirer et mon corps me faisait mal partout. Mon cœur battait bien trop fort et la peur était nichée dans mon dos. Je ne pouvais même pas me rendre compte à quel point j’avais peur, mais c’était une peur étrange, une peur du moment, pas d’un traumatisme. Je savais que même après ma guérison, je n’aurais pas peur d’affronter à nouveau ces mages noirs, mais la prochaine fois, je les finirai avec mes lasers avant même qu’ils n’aient eu la chance d’ouvrir leur bouche !

Pourtant, il y avait une autre chose qui m’avait profondément ému... En regardant les filles, je les avais vues à genoux, pleurant... pour moi. Je leur avais causé un bref moment de peur et de tristesse.

« Désolé... J’ai un peu foiré, » leur avais-je dit avec un sourire douloureux.

« Espèce d’IDIOT ! » Nanya avait crié et m’avait sauté au cou en me serrant dans ses bras.

« Illsy ! » Ayuseya m’avait aussi sauté dans les bras.

Elles m’écrasaient toutes les deux... J’étais tombé sur le dos avec les deux femmes qui pleuraient dans mes bras.

« Maître... Je suis heureuse de voir que vous êtes en sécurité, » déclara Shanteya avec un doux sourire tout en essuyant rapidement ses larmes.

« Ouais, rappelle-moi de ne plus jamais faire ça. J’avais l’impression d’être mort à nouveau... argh, » avais-je gémi.

« Espèce d’abruti, sois heureux d’être en vie ! Mais c’est incroyable que tu aies survécu à une attaque, » déclara Nanya avec un doux sourire.

« Qu’est-ce que c’est ? » avais-je demandé en plissant le front.

« Une attaque stupide de Magie Noire qui ressemble à la Séparation Spirituelle de la Sombre Magie. Cependant, contrairement à ce dernier, la Déchirure d’âme rompt le lien avec ton corps et cela force ton âme à partir, la laissant enchaînée par le Mage Noire... Pour survivre à quelque chose comme ça, c’est... incroyable. J’ai entendu dire que seul un vrai Maître Spirituel peut faire cela, » déclara Nanya en secouant la tête.

« Peut-être qu’il a utilisé un autre sort ? De toute façon, j’ai atteint le Nirvana au lit avec toi, » avais-je dit en souriant.

« Ouais, il est de retour, » déclara la démone en souriant. Puis elle m’avait fait un baiser sur les lèvres.

« C’est bon de te voir en sécurité, Illsy... Tu m’as fait peur, » déclara Ayuseya, elle était la seule qui pleurait encore.

« Désolé..., » avais-je répondu.

« Nous devrions sortir d’ici. Je ne pense pas que nous ayons besoin d’être ici, et cet enfant a besoin de soins médicaux, » déclara Shanteya, nous rappelant que techniquement, nous étions en train de nous prendre dans les bras et de nous étreindre au milieu d’une salle de sacrifice.

Ce n’était pas le meilleur endroit pour un rendez-vous, c’était certain !

Ainsi, nous avions quitté le sinistre donjon, en direction de la sortie.

Pendant ce temps, je n’avais aucune idée des dangers qui se cachaient en moi...

☆☆☆

[Dans l’esprit intérieur d’Illsy]

Autrefois, nous étions innombrables, une légion..., mais maintenant, nous sommes UN ! Les Ténèbres vont prétendre qu’il se tient au-dessus de ce corps ! Moi, les Ténèbres, je détruirai l’âme de ce mortel... peu à peu... la voix du Primordial résonna en ce lieu.

***

Chapitre 50 : Ici Minou Minou !

Partie 1

Nous avions quitté en toute hâte le donjon de Mehalom. Tous les monstres avaient commencé à agir violemment dès que le Territoire de Donjon avait disparu. Je ne me souvenais plus de la manière dont il avait été détruit, mais vu comment je m’étais réveillé après l’attaque du Grand Prêtre des Mages Noirs, il était fort possible que ce soit entièrement ma faute.

Ce qui m’inquiétait maintenant, c’était la santé de notre petite survivante. Elle respirait à peine, et les blessures infligées par les mages m’avaient laissé un goût amer dans la bouche. J’étais heureux qu’ils aient été effacés de la face de ce monde, mais d’une certaine façon, je me sentais coupable de l’avoir trouvée ainsi.

Si on avait été plus rapides... Si on était parti hier ? m’étais-je demandé ce que j’aurais pu faire exactement pour sauver plus que cette enfant.

Les autres personnes s’étaient transformées en zombies après avoir été sacrifiées à leur Seigneur noir, alors que d’autres n’avaient pas eu cette chance. Ce qu’on m’avait montré aujourd’hui n’était qu’une partie du monde que je n’avais jamais voulu voir. En ces temps médiévaux, il y avait ceux qui prenaient plaisir à quelque chose comme ceci, et d’autres qui avaient des vues tellement tordu du monde qu’un acte de bonté était vu pire que la peste.

En effet, ce n’était pas le vrai visage de ce monde, mais c’était une partie de celui-ci, une partie dégoûtante et misérable qu’il fallait faire disparaître d’une façon ou d’une autre. Je ne pouvais pas parler au nom de tous les royaumes et de toutes les espèces, mais au moins là où j’allais faire mon académie et là où j’allais vivre, je n’allais pas laisser une telle chose arriver.

Pendant que j’y réfléchissais, j’avais commencé à me demander si ce n’était pas la bonne chose à faire que de traquer tous ces soi-disant monstres, ces fléaux de la société. L’idée de les tuer lentement et de faire savoir que ceux qui commettraient de tels actes souffriraient de la même façon me faisait sourire de l’intérieur.

Non ! Ce n’est pas moi..., j’avais secoué la tête et frotté un peu mon front.

« Est-ce que ça va ? » demanda Nanya.

« Oui..., » lui répondis-je en lui montrant un sourire.

J’avais concentré mon esprit sur d’autres choses, mais quelque part au fond de moi, le désir et les pensées de traquer ces personnes s’attardait comme un monstre insatiable suppliant et voulant étancher ma soif de sang. Cela m’avait fait penser que c’était une bonne chose, mais je n’avais pas pu m’empêcher de penser que c’était mal.

« Nous sommes assez loin maintenant... Devrions-nous nous arrêter ? » demanda Ayuseya, me tirant hors de mes pensées profondes et sombres.

J’avais alors dit : « Oui..., » puis j’avais regardé derrière moi.

Nous avions parcouru une bonne distance. C’était peut-être cinq kilomètres voir même plus ?

En regardant l’enfant dans les bras de Shanteya, j’avais su d’un seul regard qu’il ne lui restait plus beaucoup de temps à vivre, mais une fois que j’aurais commencé le traitement, elle récupérerait immédiatement.

« Nanya, je suppose que tu n’as pas une sorte de potion de guérison instantanée ? » avais-je demandé à la démone.

« Non, » elle avait secoué la tête, et j’avais soupiré.

Faire d’elle mon esclave juste pour la guérir aurait été inutile puisque mes compétences ne fonctionnaient pas comme avant, quand les Ténèbres s’occupaient de tout. En ce moment, j’étais responsable de chaque détail de chaque sort. Donc ce que je pouvais à l’intérieur de mon esprit intérieur, je pouvais pour ainsi dire le faire aussi à l’extérieur, moins la partie liée à la fabrication des objets.

« Pose-la là-bas, » avais-je dit à Shanteya en montrant du doigt une zone herbeuse.

L’El’Doraw hocha la tête et le fit avec douceur. En sentant qu’elle était à nouveau seule, la petite enfant avait poussé un doux miaou et avait un peu frissonné.

J’avais étendu mon territoire du donjon et je m’étais assis à côté d’elle. La première chose que j’avais faite avait été d’absorber ses menottes noires, mais je n’avais pas gardé ces choses flippantes en moi, je les avais immédiatement sorties de là. Heureusement, elle n’avait pas d’objet d’enchantement [Pas de Vol] sur elle, mais ces choses étaient assez rares, et seuls ceux qui avaient quelque chose à voler en avaient sur eux.

En utilisant mon mana, j’avais commencé le fastidieux processus pour fermer ses blessures et guérir toutes les autres blessures qu’elle aurait pu avoir. Après avoir créé mon corps, j’avais acquis la capacité de modéliser un corps biologique en utilisant seulement le flux d’énergie magique. C’était délicat mais tant que les autres ne s’opposaient pas à moi de quelque façon que ce soit, je pouvais facilement faire de nombreuses opérations compliquées. En d’autres termes, j’étais devenu un vrai médecin. La seule chose qui me manquait était mon diplôme pour certifier que j’avais passé des centaines d’années à analyser et à apprendre l’anatomie de diverses espèces sensibles.

Avec un toucher habile, les aiguilles de mana créées du bout de mes doigts avaient refermé toutes les plaies ouvertes sur son corps, ne laissant aucune cicatrice. Ce n’était pas difficile tant que vous réalisiez que dès que vous rapprochiez suffisamment les tissus blessés, les cellules se liaient automatiquement les unes aux autres. Bien sûr, leur redonner de l’énergie et leur donner un coup de pouce les aide dans le processus. En général, la seule chose dont je devais m’inquiéter était l’enlèvement de la première couche de cellules mortes autour de la plaie. Mes aiguilles avaient fondamentalement fait tout cela, puis la guérison naturelle du corps se mettait en mouvement. Ce processus était compliqué, mais il consommait beaucoup moins d’énergie que d’essayer de reconstruire toutes les cellules, tissus, et tout ce qui lui manquait.

Une fois que j’en avais fini avec ça, j’avais scanné ses entrailles pour m’assurer qu’il n’y avait pas non plus d’organes blessés. J’avais trouvé trois côtes cassées et un dommage au foie. En voyant ça, j’avais réalisé que cette fille n’avait littéralement plus que quelques heures à vivre. J’avais rapidement guéri le foie, puis j’avais réparé les côtes cassées. Il lui manquait aussi trois dents sur sa mâchoire inférieure. Alors, j’avais déclenché le fait de les faire repoussé à l’intérieur de sa mâchoire et j’avais accéléré tout ça avec un peu de magie. En deux ou trois jours, les dents tombées seraient remplacées par des dents neuves.

Le chaton était complètement guéri, mais elle avait besoin d’un bon bain. Sa fourrure était littéralement trempée de son propre sang, ses vêtements s’accrochaient à elle à cause de la poussière et de la crasse. En voyant cela, j’avais insufflé un peu de mana afin d’accélérer un peu la production de son sang dans ses os. En une heure environ, elle en récupérerait la plus grande partie. Pour l’instant, sa respiration et son rythme cardiaque étaient stables, et il n’y avait aucune autre anomalie dans son corps. Avec un petit soupir qui s’échappait de mes lèvres, je m’étais penché vers l’arrière et j’avais regardé vers ma droite.

Ayuseya n’était pas si loin de moi. Depuis le moment où j’avais commencé l’opération jusqu’à ce que je finisse, la draconienne m’avait regardé avec de grands yeux emplis de curiosité. La douceur avec laquelle je bougeais et le talent dont je faisais preuve pour réparer les corps organiques l’avaient surprise. Pour moi, ce n’était pas grand-chose, mais pour elle, ce n’était probablement pas différent d’un miracle.

« Quelque chose ne va pas ? » lui avais-je demandé après un moment.

« Ah ? Rien..., » elle baissa les yeux timidement.

Qu’est-ce qu’elle a ? m’étais-je demandé en penchant la tête vers ma gauche.

« As-tu fini ? » demanda Nanya.

En me retournant, j’avais vu la démone debout juste derrière moi, tandis que Shanteya n’était nulle part dans mon champ de vision.

« Oui. Je dois dire, je suis surpris que tu aies utilisé ton épée, » lui avais-je dit.

« J’espérais pouvoir la casser, mais pas de chance, » elle soupira et secoua la tête.

« Bref, où est Shanteya ? » avais-je demandé.

« Là-bas, elle cherche de la nourriture, » répondit-elle en montrant la forêt à ma droite.

En regardant dans cette direction, j’avais hoché la tête, puis j’avais regardé la démone.

« Combien de temps s’est-il écoulé depuis notre arrivée ? » lui avais-je demandé.

« Assez longtemps... c’est presque le coucher du soleil. Peux-tu vérifier s’il y a une source à proximité ? Je crois que le chat a besoin d’un bain, » m’avait-elle dit en montrant le chaton du doigt.

J’avais hoché la tête en réponse, puis j’avais fermé les yeux.

En sortant de mon corps, je m’étais envolé dans le ciel et j’en avais cherché une. Devant mes yeux, il y avait une forêt verte sans fin avec de grands arbres, à ma gauche, je pouvais voir les pointes d’une montagne et derrière moi une longue bande de sable doré. C’était là que se trouvait le désert, mais même quand j’essayais de me concentrer dans cette direction, je ne pouvais pas repérer la ville de Petro. Elle était peut-être trop bien cachée derrière les grands arbres.

Cela dit, il n’y avait absolument aucun moyen pour moi de trouver une rivière ou un ruisseau comme celui-ci, alors j’avais soupiré et prolongé mon Territoire de Donjon sur quelques kilomètres. J’étais sûr d’y trouver quelque chose si je cherchais avec diligence. Ma forme actuelle m’avait permis de m’envoler dans le ciel sans m’inquiéter de la résistance au vent. Tant que j’étais dans mon donjon, je pouvais voler sans fin.

Pourtant, la forêt étant si dense, je ne pouvais pas me promener sans but, alors j’avais cherché la route que nous essayions d’éviter depuis que nous avions quitté Petro. Il y avait aussi le truc à propos de l’embuscade de la Tête de Godet, mais jusqu’ici, il n’y avait aucun signe de lui. Il était probablement loin derrière nous ou avait peut-être abandonné complètement l’idée de nous voler ? Quoi qu’il en soit, s’il se montrait, je lui présenterais mon bon vieux laser.

Suivre la route s’était avéré être une bonne idée. Les humains avaient naturellement l’habitude de ne pas s’éloigner trop loin d’une source stable d’eau. Les longues routes avaient généralement des formes étranges parce qu’elles voulaient soit éviter les zones dangereuses, soit être près d’une rivière. J’avais donc réussi à en trouver une source d’eau, mais elle se trouvait à environ 3 km de notre emplacement actuel. Ce n’était pas loin, d’autant plus que nous étions assez rapides avec nos pieds.

Avec un sourire sur les lèvres, j’étais retourné à mon corps et j’avais annoncé la bonne nouvelle à tout le monde. Shanteya avait ramassé l’enfant nekatar, et j’avais ouvert la voie. Bien sûr, je n’avais pas oublié de retirer mon Territoire de Donjon jusqu’à ce que ce ne soit plus qu’une petite tache dans mon corps.

« Bon travail pour trouver ça, Illsy, mais tu sais, tu aurais pu nous faire une source d’eau juste là, à cet endroit, » Nanya me l’avait dit en souriant et en me tapotant doucement l’épaule une fois que nous avions atteint la rive de la rivière.

En la regardant et en laissant mon cerveau sur le mode réflexion pendant quelques secondes, j’avais réalisé qu’elle avait raison. Au lieu de le trouver, j’aurais pu le faire sur place en absorbant quelques mètres carrés et en remplissant le trou d’eau.

C’était juste une option, alors j’avais haussé les épaules avec indifférence.

« Nous allons aller laver la petite, » déclara Shanteya, et Ayuseya l’avait suivie.

J’étais resté sur place avec Nanya.

Pour m’occuper, j’avais trouvé un gros rocher et j’y avais posé mon derrière fatigué. La démone en avait profité pour attraper quelques poissons, mais avec sa vitesse, je ne pouvais que me sentir triste pour les petites créatures. Ils n’avaient aucun moyen de lui échapper.

Pendant que nous étions là, un ours était passé dans le coin et nous avait vus. J’avais plissé mes sourcils vers lui, tandis que la bête se levait sur ses pattes arrières. En le voyant, Nanya lui avait jeté un gros poisson. L’ours l’avait attrapé comme un chien et était retourné dans la forêt.

Environ une demi-heure plus tard, les deux femmes étaient revenues. Elles étaient toutes les deux trempées et la chatte était bien éveillée, complètement trempée et reniflant partout.

« Que s’est-il passé ? » leur avais-je demandé.

Ayuseya soupira en regardant derrière elle le chaton tremblant. « Les nekatars et l’eau ne font pas bon ménage. »

« Au moins, elle est propre maintenant, » j’avais souri et sauté du rocher, atterrissant sur le rivage, juste à côté d’elles.

« Oui, mais..., » Shanteya regarda le chaton avec un regard triste dans ses yeux. « Il y a quelque chose que vous devriez voir..., » m’avait-elle dit.

***

Partie 2

« Quoi ? » lui avais-je demandé en clignant des yeux en raison de la surprise.

« Tamara, viens ici, » demanda l’El’Doraw.

« Miaou ? » le chaton l’avait regardée avec curiosité, puis m’avait regardé.

Elle s’appelle Tamara, mais que veut-elle que je voie ? Est-elle en vérité un « il » ? m’étais-je demandé.

En la regardant de plus près, je n’imaginais pas comment quelqu’un pourrait vouloir faire du mal à quelque chose d’aussi mignon ou l’asservir, mais en la regardant de plus près, j’avais remarqué les dents manquantes, la fourrure brûlée sur son nez, l’oreille gauche coupée, et les cicatrices sur son museau. Sauf pour les dents, il s’agissait de choses que je n’avais pas remarqué avant quand je la soignais parce que c’étaient cachées par une épaisse couche de sang et de sueur.

Qu’est-ce que..., avais-je pensé. Mais Shanteya avait relevé la chemise de Tamara et avait révélé quelque chose de plus effrayant.

Le dos du chaton n’avait même plus une seule trace de fourrure parce qu’il était couvert de cicatrices de fouet. Un bâtard avait pris un grand plaisir à torturer cette enfant et au fond de mon cœur, une autre goutte de dégoût à son égard s’était ajoutée. Outre son dos, son corps était littéralement couvert d’innombrables cicatrices, et le bout de sa queue avait perdu sa fourrure.

« Tamara ne pleure pas. Tamara obéira. Tamara n’a pas besoin d’être punie, » trembla l’enfant en levant les yeux vers Shanteya.

Elle craignait que la raison pour laquelle sa chemise avait été enlevée fût que nous pensions la fouetter. J’avais serré le poing, et la fureur avait grondé dans mon cœur rien qu’en entendant la peur présente dans sa voix.

Comment cette enfant a-t-elle pu penser ça ? Qu’est-ce qu’ils lui ont fait ? m’étais-je demandé avec une colère croissante.

En fermant les yeux, j’avais pris une grande respiration pour me calmer, puis j’avais dit. « Nous n’allons pas te faire de mal... » Je m’étais alors agenouillé et j’avais ouvert les yeux. « Tamara sera guérie maintenant, » lui avais-je dit.

« Non ! Non ! Non ! Tamara est bien ! Tamara ne veut pas être guérie, » cria-t-elle soudain en serrant Shanteya dans ses bras et en essayant de s’échapper loin de ma main.

J’avais été tout simplement choqué par cela. J’avais cligné des yeux en raison de la surprise, et même moi, je ne comprenais pas ce qui venait de se passer. Avait-elle peur d’être guérie ou avait-elle été blessée au point où elle souhaitait avoir ces cicatrices sur le dos ?

Je ne pouvais pas le dire, et voyant ma confusion, Shanteya avait demandé quelque chose au chaton.

« Tamara, que se passe-t-il quand les autres te guérissent ? » demanda Shanteya.

En aplatissant les oreilles et en regardant vers le bas, la nekatare avait alors répondu. « Ils tirent la chemise de Tamara vers le haut. Puis Tamara ressent la douleur... Tamara saigne. Tamara n’aimait pas ça, » elle secoua rapidement la tête.

« Petite, ça ne guérit pas..., » déclara l’El’Doraw d’une voix calme.

« J’en ai entendu parler, » déclara Nanya. Et quand je l’avais regardée, je l’avais vue serrer les poings. « Ils les torturent dès leur plus jeune âge, donc quand ils seront vieux et vendus, ils ne le demanderont pas, même s’ils sont gravement blessés. Cela les fait paraître obéissants... Pas de pleurs signifie qu’ils sont d’accord avec ce qu’on leur fait..., » la démone détourna alors son regard.

Elle n’était pas la seule furieuse. Ayuseya ressentait la même chose. Nous étions tous contrariés. Le marchand qui avait fait ça à la petite Tamara aurait dû souffrir énormément, ou aucun d’entre nous n’en serait satisfait.

Oui... la douleur... la souffrance..., il va mourir, avais-je pensé.

En regardant le dos meurtri, j’avais pris une grande respiration et j’avais étendu mon territoire jusqu’à ce qu’il les couvre toutes.

« Petite, ce qu’ils ont fait ne guérit pas. Ce que je vais faire maintenant s’appelle la guérison. Ce qu’ils t’ont fait s’appelle de la torture, » je l’expliquais d’une voix calme et douce, mais à l’intérieur, je pensais déjà à la façon dont j’allais écorcher vivant ce vil marchand d’esclaves.

Raison numéro un pour faire disparaître cette forme d’esclavage..., avais-je pensé en caressant doucement sa petite tête.

Au début, elle avait tressailli lorsque je l’avais touchée, mais ensuite elle avait réalisé que je n’avais pas l’intention de lui faire du mal.

« Torture ? » demanda-t-elle.

« Oui... la torture. Seuls des hommes très méchants et méprisables font ça, » j’avais alors placé mes mains sur son dos et j’avais invoqué mon énergie magique.

Tamara frissonna quand elle sentit l’énergie couler à travers sa chair. Elle n’avait même pas une couche de base d’armure magique, alors c’était incroyable qu’elle ait pu survivre si longtemps dans ce donjon. Peut-être était-ce le destin pour moi de la trouver là-bas ?

Au lieu d’y penser, je m’étais concentré uniquement sur la guérison de ses blessures. Cicatrice après cicatrice, je les avais fait disparaître en reconstruisant sa peau au niveau cellulaire. Grâce à mon expérience depuis que j’avais construit mon corps, je savais même lire l’ADN, alors j’avais trouvé les gènes qui décrivaient la façon dont sa fourrure devrait se former et quel modèle elle devrait avoir. Tamara avait une fourrure brun foncé et brun clair couvrant son corps. Ce n’était pas difficile pour moi de réparer son dos, mais sa colonne vertébrale et ses muscles avaient aussi souffert des coups de fouet constants. J’avais réparé tout ce que j’avais vu comme endommagé, tout en ne permettant jamais à ses récepteurs de douleur d’envoyer ne serait-ce qu’un seul signal à son cerveau.

Les filles ne disaient rien pendant que je faisais tout cela, et Tamara, par peur et peut-être parce qu’elle n’arrivait pas à comprendre, se tut et resta dans les bras de Shanteya. L’El’Doraw la tenait comme une mère le ferait avec sa propre fille. C’était un beau spectacle à voir d’une certaine façon, si l’on ne tenait pas compte des dommages que l’enfant avait sur son corps.

Tout en utilisant cette technique, j’avais aussi cherché toutes sortes de maladies et d’autres problèmes médicaux. Même si j’étais un peu réticent, j’avais même vérifié si elle n’avait pas été maltraitée d’une autre façon. Heureusement, ces hommes méprisables ne l’avaient pas touchée comme ça. Elle avait peut-être eu de la chance.

« J’en ai fini avec le dos et la queue, » avais-je dit. Puis j’avais commencé à traiter ses bras et ses pieds.

Elle était faible, un peu tremblante, mais il ne lui avait pas fallu longtemps pour comprendre que je ne lui faisais pas de mal. Maintenant qu’elle avait vu sa queue soignée et qu’elle avait senti la fourrure sur son dos, son expression était passée de celle de la peur à celle de l’étonnement. Les cicatrices sur son museau étaient les dernières sur son corps, et je les avais aussi rapidement enlevées.

Au début, je voulais attendre que ses dents repoussent naturellement, mais je ne me sentais pas bien de les laisser manquantes, alors j’avais versé un peu plus de mana et les avais réparées. Elle ne pouvait s’empêcher de les lécher avec sa langue rugueuse et féline en sentant ses dents de retour. Elle n’arrivait presque pas à y croire. La dernière chose que j’avais guérie, c’était ses moustaches brûlées. Je les avais fait repousser et je m’étais assuré qu’aucun de ses autres sens n’était endommagé.

« ACHOOO ! » la petite éternua et secoua la tête.

Les nouvelles moustaches l’avaient chatouillée.

« C’est fait, » avais-je dit avec un sourire. Puis j’avais reculé.

Tamara regarda autour d’elle et bougea un peu. La douleur avait disparu, et ses sens étaient de nouveau là. Sans doute qu’elle se sentait comme une toute nouvelle personne. La dernière chose que je voulais enlever était son collier d’esclave. Cette horrible chose qui traînait autour de son cou et qui la désignait comme la propriété d’un autre être devait disparaître.

« Tamara ne ressent plus la douleur..., » déclara-t-elle, surprise, en sautant et en atterrissant à quatre pattes.

En reniflant l’air, ses moustaches se mirent à trembler, et elle releva rapidement les oreilles. Un petit sourire était apparu sur son visage, réchauffant nos cœurs.

« Tamara, viens ici..., » lui avais-je dit.

Le chaton n’avait pas hésité et s’était approché de moi, debout à quatre pattes devant moi. J’avais caressé doucement sa petite tête et je l’avais gratté entre les oreilles. C’était quelque chose qu’elle semblait vraiment apprécier. À ce moment, je m’étais souvenu de ce vieux chat que mes parents avaient.

« Tamara, veux-tu être libre ? » lui avais-je demandé.

Le chaton m’avait regardé et avait incliné la tête sur le côté. « Qu’est-ce que c’est qu’être libre ? » demanda-t-elle.

J’avais un peu soupiré. « Ça veut dire être débarrassé du collier en cuir autour du cou. Et avoir ta propre volonté, » lui avais-je dit.

« Hm ? Mais on a dit à Tamara que si je l’enlevais, elle ressentirait beaucoup de douleur, » déclara-t-elle en aplatissant ses oreilles sur sa tête.

« C’est peut-être un coupe-circuit de mort, » Nanya l’avait fait remarquer.

« Un quoi ? » demandais-je, surpris.

« Si un esclave devient rebelle ou agit contre les ordres de son maître, cela déclenchera une explosion de mana qui le décapitera ou arrêtera son cœur, » expliqua Shanteya.

« Tamara ne veut pas que sa tête vole, » elle avait exprimé son inquiétude.

« Ne t’inquiète pas, ça n’arrivera pas, » avais-je soupiré.

« Attends ! » Nanya avait dit ça avant que j’arrive à dire un mot de plus. J’avais cligné des yeux, surpris, et je l’avais regardée « Si tu fais ça, notre quête pourrait finir par être un gros zéro. On échouera ou on n’aura que la récompense de l’exploration. Nous pourrions aussi finir par rencontrer le maître de Tamara et s’il revendiquait ses droits sur elle... »

Je comprenais ce que la démone disait. En d’autres termes, la guérison était une bonne chose, mais enlever le collier mènerait certainement à une tonne d’ennuis. On pourrait devenir des criminels ou des voleurs d’esclaves ou avoir encore pire, mais cela ne m’intéressait pas du tout !

J’avais soupiré. « Nanya... Que ferais-tu si je ramenais Tamara à celui qui lui a fait toutes ces choses ? » lui avais-je demandé en plissant mon front.

Le chaton vacilla et regarda avec des yeux inquiets la démone.

« Je ne coucherais pas avec toi pendant dix ans, » répondit-elle sans ménagement.

« Maintenant, tu vois où je veux en venir. Je ne vais pas dormir sur le canapé juste parce que j’ai peur d’un esclavagiste puant ! Je brûlerai ses affaires avant toute chose ! » avais-je souri avec assurance.

« C’est quoi un canapé ? » demanda Nanya, surprise.

« Oublie ça ! Le fait est que je suis aussi d’accord avec toi, et je suis pleinement conscient des conséquences ! Cependant, je pense que la liberté de Tamara est plus importante que les ennuis qu’on va avoir parce que je lui ai offert cette liberté ! » avais-je déclaré fièrement.

Ayuseya et Shanteya m’avaient montré un sourire doux, tandis que Nanya soupirait et secouait la tête. Il n’y avait plus de retour en arrière, alors j’étais passé à la question.

« Illsy, assure-toi de lui poser la bonne question, » Ayuseya m’avait prévenu.

« Je ne vais pas poser cette question ! Je ne suis pas un lolicon, et j’AIME les gros seins ! » avais-je déclaré fièrement.

« Nya ? » Tamara avait simplement incliné la tête sur le côté en raison de la confusion.

« *Soupir*, oublie ce qu’elles ont dit, » je m’étais frotté les tempes et j’avais demandé au chaton « Tamara, veux-tu être mon esclave ? Thor Or Non ! »

« Oui, Nya ! » déclara-t-elle avec un grand sourire.

Le sort [Rendre en esclave] avait immédiatement été activé et avait transformé en cendres le collier de cuir qu’elle portait auparavant autour de son cou. À la place, un anneau noir fait de runes minuscules, presque microscopiques, était apparu. Elle était identique à celle autour du cou de Shanteya. Le sort que le maître des esclaves lui avait jeté ne pouvait être comparé à celui d’un Seigneur de Donjon Divin. En fait, je doutais qu’il y ait un moyen d’enlever ces anneaux noirs entre leurs doigts et leur cou. Tamara s’était ainsi libérée de son ancien maître, et il ne lui restait plus qu’à la libérer complètement de cet esclavage.

« Super ! » avais-je dit avec un sourire, tandis que le chaton touchait méticuleusement son cou, surprise par la disparition soudaine du collier.

Il était temps de passer à la dernière étape. « Tamara, je veux être libéré. Thor Or Non ! » avais-je crié et j’avais pointé ma main vers elle.

« NON ! » cria le chaton et secoua rapidement la tête.

« Quoi ? » J’avais failli trébucher. « Comment ça, “non” ? Je suis sur le point de t’offrir la liberté loin de l’esclavage ! Tu sais ce que ça veut dire ? » avais-je demandé.

Tamara m’avait regardé dans les yeux et m’avait dit quelque chose dans le charabia kalish. Oh oui, elle parlait quelques mots en langue shorayan du continent Allasn, mais sa langue principale était censée être le kalish.

« Elle a dit que maintenant qu’elle a trouvé un maître comme toi, elle ne veut pas être libre. Elle a dit qu’en te servant, elle pourra te remercier d’avoir récupéré sa fourrure. Je pense qu’elle veut dire guérison, » Ayuseya avait traduit.

« Soupir... J’avais le sentiment que cela allait arriver, » Nanya croisa simplement les bras au niveau de sa poitrine et secoua la tête.

« Le Maître est un si bon Maître que n’importe quel esclave voudrait rester à ses côtés, » ricana Shanteya.

« Quoi ? Franchement..., » m’étais-je plaint pendant que le chaton me sautait dessus et me serrait dans ses bras.

« Maître ! Le maître de Tamara ! » déclara-t-elle.

« Je ne m’attendais vraiment pas à ça ! » avais-je crié en réponse.

Le chaton n’avait fait que lever la tête et m’avait regardé avec de grands yeux curieux.

« En parlant de ça, quel âge a Tamara ? » demanda Nanya.

« Tamara a 16 ans ! » déclara-t-elle fièrement.

« Alors, techniquement, c’est une adulte..., » Nanya avait louché des yeux en la regardant.

« Mais elle est si petite..., » avais-je dit, surpris.

« Tous les nekatars ne sont pas aussi grands que Neyalin. Peut-être vient-elle d’une autre tribu ? » demanda Shanteya.

« Pas de tribu. Tamara esclave de naissance, » le chaton secoua la tête.

J’avais poussé un long soupir.

Ainsi, une autre personne bizarre s’était jointe à notre groupe.

***

Chapitre 51 : Un Godet un jour, Godet toujours !

Alors que la nekatar était maintenant dans notre groupe, sautant constamment autour de nous, nous avions continué à nous diriger vers ce que nous espérions être la ville ou le village suivant. Si nous avions une carte, nous aurions pu nous orienter beaucoup mieux. Mais y avait-il quelqu’un là-bas qui nous vendrait ou nous ferait une carte des trois continents ? J’en doutais fortement, d’autant plus que de telles choses pouvaient offrir une importance stratégique à un pays ennemi. En raison dont les choses se passaient habituellement dans ce monde, je m’attendais à ce que les cartes soient même interdites.

« Devrions-nous camper ici ? » leur avais-je demandé.

« Ça a l’air bon ici, » acquiesça Nanya.

« Où vous voulez, Maître, » Shanteya avait fait un salut respectueux.

Ayuseya avait simplement souri. Quand elle voulait dire quelque chose, elle parlait, mais dans toutes les autres situations, elle restait neutre. Quant au chaton, elle nous avait simplement regardés avec ses grands yeux et ses oreilles relevées.

« Alors je vais faire une maison temporaire ici, » j’avais hoché la tête, puis j’avais étendu mon Territoire de Donjon.

« Faire une maison ? » le chaton était confus.

Plus tôt dans la journée, lorsque j’avais guéri Tamara, j’avais utilisé environ 2750 points de mana en une seule fois. C’était une valeur très faible, d’autant plus que je ne me sentais pas fatigué du tout par la suite. Ainsi, j’avais commencé à imaginer à quoi ressemblerait cet endroit jusqu’au moindre détail. Une fois que j’en avais fini avec ça, j’avais jeté le sort.

Une énorme quantité de mana avait été retirée de mon corps, et une grande pièce carrée en métal était apparue devant moi entre deux grands arbres. Il avait une paire de fenêtres épaisses avec des barreaux à l’extérieur. La porte était faite d’acier, la serrure était semblable à celle d’un bunker, avec une grande roue au lieu d’une poignée. En regardant cet énorme cube, ce n’était pas très impressionnant. Elle ressemblait à une cellule de prison, mais l’intérieur était très différent.

« Nya ? » le chat avait été choqué et s’était caché derrière moi.

« Oh, je suis un Seigneur de Donjon. C’est pour ça que je peux faire toutes sortes de sorts fous, » avais-je dit en tapotant le chat sur la tête. Puis je m’étais dirigé vers la porte d’entrée.

Les filles m’avaient suivi sans se plaindre. Elles avaient l’habitude que je fasse des trucs comme ça, mais la nekatare ne s’était pas encore habituée à moi. Doucement, elle s’était approchée de nous et avaient levé les oreilles.

« C’est magique, Nya ? » demanda-t-elle.

« La magie d’un donjon pour être plus précise, » répondit Nanya en haussant les épaules.

L’intérieur de cette petite maison en métal était recouvert de bois poli. Il n’y avait qu’un seul grand lit avec un matelas moelleux et une grande couverture de laine recouverte de draps en coton douillet. Les oreillers étaient faits de plumes et étaient tout aussi confortables.

Normalement, j’aurais dû utiliser plusieurs sorts pour créer toutes ces choses, mais au cours des derniers mois, j’avais appris que construire des choses avec ces sorts était assez facile si je savais déjà quoi et comment je pouvais tout construire. Jusque-là, la plupart de mes sorts fonctionnaient sur quelque chose comme un format par défaut. Mon contrôle sur eux était au mieux minimum. Ceux qui m’avaient permis d’utiliser mon imagination m’avaient donné le plus de liberté, mais même là, j’étais limité. En vérité, tous les sorts étaient basés sur un facteur simple : comprendre, programmer et contrôler le flux de mana une fois hors de mon corps.

C’était plus facile à dire qu’à faire. La concentration dont j’avais besoin n’était pas négligeable. La raison pour laquelle j’avais été capable de le faire, c’était parce que mon corps était très différent de celui de mon prédécesseur, humain ou cristallin.

« Je vais allumer un feu au centre, » avais-je dit. Puis j’avais fermé la porte après que Tamara soit entrée dans la chambre.

La féline s’approcha prudemment d’Ayuseya, qui s’était assise sur le sol en bois à côté du grand lit. D’un doux miaou, elle l’avait accueillie pour qu’elle se blottisse sur ses genoux. Peu de temps après, la princesse draconienne commença à caresser le chaton, et elle répondit par un ronronnement.

Pour finir les choses ici, je m’étais préparé à ignifuger les murs et le sol avec un enchantement, mais ensuite j’avais remarqué qu’il manquait quelque chose.

Cet endroit est hermétique..., avais-je pensé et soupiré.

Avec une autre petite quantité de mana, j’avais créé une grille au plafond, à travers laquelle l’air chaud pouvait s’échapper depuis l’intérieur. Maintenant, j’avais pu enchanter la pièce, et tout ce qui restait à faire était d’accrocher un cristal absorbant la fumée sur le plafond. Nanya s’en était occupée.

Shanteya avait apporté du bois de l’extérieur et l’avait placé au centre de la pièce, dans un cercle en pierre fait spécialement pour ça. Le feu avait été allumé avec mon laser, et nous nous étions tous blottis autour de lui. Quant au dîner, nous avions mangé du poisson sur un bâtonnet grillé sur les flammes.

« Tamara ? Pourquoi n’en prends-tu pas un ? » demanda Shanteya quand elle vit le chaton assis en arrière, nous regardant manger le poisson.

« Tamara mangera les restes. Tamara mangeait toujours les restes, » répliqua-t-elle en souriant.

« Plus maintenant..., Tiens, » lui avais-je dit. J’avais pris l’un des poissons fraîchement cuits et je le lui avais donné.

La nekatare cligna des yeux, surprise. Ses oreilles s’étaient redressées et ses moustaches avaient tremblé plusieurs fois comme si elle n’était pas sûre d’avoir le droit de le prendre ou non.

« Tamara peut-elle vraiment manger ça ? » demanda-t-elle en me regardant avec de grands yeux.

« Ouaip, » j’avais hoché la tête et je l’avais poussée vers elle.

Le chat me l’avait finalement pris de la main. Elle l’avait reniflé plusieurs fois et l’avait mangé avec un grand sourire sur son visage.

J’avais peine à imaginer comment ce serait de vivre une vie comme la sienne remplie de peur, de douleur et d’oppression. Après seize ans à n’être qu’une esclave, je ne pourrais plus sourire comme elle.

Une fois que nous avions fini de manger, nous nous étions tous couchés.

« Pourquoi un seul ? » demanda Nanya en me regardant moi et le lit.

« Parce que je suis un pervers qui veut dormir dans le même lit que vous trois. En plus, on dort ce soir, » j’avais haussé les épaules et j’avais sauté dedans, en plein milieu.

Ayuseya et Shanteya m’avaient regardé et m’avaient demandé « Nue ? »

« Euh..., » j’avais plissé les yeux vers elles. C’était une question piège, j’en étais sûr à 100 %. « Je vais vous donner des chemises de nuit..., » avais-je dit. Puis j’en avais sorti quelques-unes de mon esprit intérieur.

Pour la draconienne, j’avais récupéré l’un de ses coffres et lui avais permis de choisir celle qu’elle voulait. Quant à Nanya, elle en avait déjà un stocker dans son propre esprit intérieur. Ainsi, seule Shanteya en avait choisi une, et j’avais absorbé le reste.

Pendant qu’elles se changeaient, je les avais regardées comme un imbécile souriant. À ce moment-là, aucune d’elles ne se souciait que je regarde leurs corps à moitié nus. Ayuseya avait mis une chemise de nuit sexy, les monticules sur sa poitrine se redressant à travers le tissu fin, lui donnant une allure irrésistible. Ceux de Nanya et Shanteya étaient plutôt simples dans leur conception.

La seule qui ne s’était pas changée, c’était Tamara. Elle s’était dirigée vers un coin de la pièce et s’était mise en boule là. C’était probablement dû au fait qu’elle croyait que c’était déjà assez bien que je l’avais laissée entrer.

« Tamara, tu ne dors pas là. Si tu ne veux pas dormir sous notre couverture, dors au moins sur le lit, » lui avais-je dit. Puis j’avais tapoté dans le coin à côté de mes pieds.

« Puis-je vraiment ? » demanda-t-elle, surprise.

« Oui. Petite, ne te considère jamais comme un esclave en ma présence. Si tu veux quelque chose, dis-le. Si tu as une opinion sur quelque chose, fais-le savoir. Si tu n’approuves pas quelque chose, dis-le-moi, » lui avais-je dit.

Le nekatar me regarda un instant, mais il semblait qu’elle ne comprenait pas ce que je disais.

« C’est l’heure de dormir, le soleil s’est déjà couché, » déclara Nanya en se glissant sous les couvertures du côté droit du lit.

La démone avait bougé ses bras autour de ma poitrine et s’était rapprochée de moi, me faisant des murmures dans le cou. Puis vint Ayuseya, qui était la plus grande, mais elle n’hésita pas à presser sa poitrine sur mon côté gauche. Les monticules mous et les formes délicates de son corps pouvaient être sentis dans leur plus grande beauté, tandis que sa queue s’enroulait autour de mes jambes. Shanteya s’était aussi jointe à nous, mais elle s’était allongée à côté d’Ayuseya. Pour l’instant, je me sentais plutôt heureux de ma situation actuelle.

C’est le paradis ! Une beauté à ma droite, une beauté à ma gauche, et le doux parfum des deux me chatouillent le nez, avais-je pensé en déplaçant mes bras autour de leur taille et en les rapprochant de moi.

« Bonne nuit, tout le monde, » leur déclarai-je.

« Bonne nuit, Illsy, » avait dit Ayuseya et Nanya.

« Bonne nuit, Maître, » déclara Shanteya.

« Bonne nuit, maître, nya ! » déclara Tamara.

Ainsi, je m’étais endormi en flottant sur les ailes du paradis. À ce moment-là, j’étais vraiment une personne bénie. Mais sûrement, beaucoup d’hommes seraient jaloux de moi en ce moment, malheureusement, je n’avais pas imaginé les partager. Ces filles étaient à moi ! À MOI !

Quand je m’étais réveillé, je m’étais retrouvé dans une situation plutôt étrange. Bien que je me sois endormi en tenant Nanya et Ayuseya, leurs positions étaient un peu gênantes maintenant. Nanya tenait ma main droite entre ses jambes et enfonçait son visage dans mon cou. Ayuseya m’avait offert sa généreuse poitrine comme oreiller latéral, mais elle avait aussi ses jambes enroulées autour de ma main gauche. Shanteya dormait sur moi, et le chat utilisait ma jambe droite comme oreiller.

Je ne peux pas bouger..., tout en essayant de comprendre comment elles en étaient arrivées là.

Au moins, je ressentais beaucoup de choses délicieuses de la part de toutes les trois, surtout de la démone et de la draconienne.

Après avoir dégluti, j’avais essayé de libérer ma main gauche, mais j’avais seulement fini par faire gémir Ayuseya.

« Ahn ~ ! »

En essayant de libérer ma main droite, Nanya m’avait dit quelque chose de bizarre et m’avait soudainement embrassé dans son sommeil.

« Mmm ~ ! Un peu plus rude... J’aime bien là-bas... »

De quoi est-ce qu’elle rêve !? avais-je crié dans ma tête.

Mais pour être honnête, j’étais très curieux. Je voulais savoir.

Quant à son baiser, c’était un peu dur, et elle s’était amusée à me mordre la lèvre. Chaud, sexy. Je ne pouvais rien faire d’autre que de me tenir là et de recevoir toute la « punition ».

Au moins, mes bras ne se sont pas endoloris. Je peux tout sentir..., avais-je pensé. Puis j’avais soupiré.

Environ une demi-heure plus tard, Nanya s’était réveillée de son rêve et m’avait vue m’emmêler comme ça. Elle se mit alors à rire et elle fit ce qu’une démone ferait à sa place. Elle avait profité de moi !

« Arrête de frotter ! Hé ! » lui avais-je dit.

« Ahn ~ ! Mais je le veux..., » elle m’avait regardé avec des yeux indiquant qu’elle voulait flirter.

Cette femme jouait totalement avec moi, et j’aimais ça.

« Viens ici. Donne-moi un baiser du matin..., » sourit-elle.

« Mmm..., » Shanteya avait lentement ouvert les yeux et elle vit notre baiser.

Elle avait cligné des yeux une fois, puis elle s’était frotté les yeux.

« Bonjour, Maître..., » déclara-t-elle en bâillant.

Après que Nanya m’avait libéré de son baiser, Shanteya avait volé le suivant.

« Mfmhmhm ! » J’avais essayé de dire quelque chose.

« Puha ~ ! » elle avait expiré après le baiser.

« Vous êtes..., » je n’avais pas pu finir mes paroles vis-à-vis des deux femmes parce que ma tête avait été tournée vers la gauche et maintenant la draconienne avait volé le troisième baiser.

J’abandonne..., avais-je pensé. Puis j’avais attendu calmement jusqu’à ce qu’elles me libèrent de leur emprise.

Quelques rires et étirements plus tard, j’étais enfin libre. Pendant ce temps, la chatte bavait sur mon pied et me parlait de poisson. Je lui avais touché la joue et elle s’était transformée en une boule de poils.

Mignonne, pensai-je, en me levant et en essuyant la bave de mon pied.

Pour notre petit déjeuner, nous avions mangé des fruits et du pain. Par la suite, nous avions remis nos vêtements d’aventurier et nos armures. Puis nous avions éteint le feu et étions sortis. Pendant un moment, j’avais pensé à laisser cette pièce métallique là, mais je l’avais absorbée.

« Je suis une auberge portative, » avais-je plaisanté.

« Et aussi un bon embrasseur, » Nanya avait fait un clin d’œil.

« Qu’est-ce que je peux dire ? J’ai été béni par les dieux, » j’avais haussé les épaules.

« Oui, le dieu des pervers, » avait répliqué la démone en souriant.

En représailles, je voulais la pincer, mais l’armure qu’elle portait était trop épaisse, alors j’avais abandonné.

Tamara pourrait aussi bénéficier d’un bonus de force et de rapidité similaire à celui de Shanteya, mais quand j’avais dit aux filles que j’allais l’appliquer, elles m’avaient dit que pour l’instant, 10 % étaient suffisants. Contrairement à elles, Tamara aurait peut-être plus de mal à s’adapter. Il y avait aussi la question de ses vêtements. Je devais lui en faire d’autres, mais c’était pour plus tard.

Environ trois heures plus tard, Shanteya avait vu quelque chose devant nous. Il y avait sept hommes assis sur le bord de la route. Parmi eux se trouvait la Tête de Godet. C’était un peu surprenant de le voir là, et en même temps, ça ne l’était pas. L’homme était probablement passé devant nous à un moment ou à un autre et avait ensuite décidé de nous y attendre au cas où nous aurions effectivement nettoyé le donjon. Comme il n’y avait aucune raison de retourner à Petro, il était clair que nous allions continuer à avancer vers la prochaine ville. C’était donc sur cette route que la Tête de Godet avait prévu de nous tendre une embuscade. C’était un plan prévisible.

Ainsi, nous avions activé nos armures magiques et avions dit à Tamara de se cacher derrière nous. Pour le moment, je ne voulais pas l’absorber.

« Bien, bien, bien ! C’est sympa de vous rencontrer ici ! » déclara le gêneur en s’avançant vers nous.

Les six autres membres de son groupe s’étaient avancés et avaient dégainé leurs épées. Ces gars n’étaient certainement pas d’humeur à avoir une conversation amicale. En les regardant, ils avaient tous l’air d’aventuriers ou de gardes, mais ce n’était certainement pas de simples bandits.

« C’est donc vrai... Tu es vraiment une Tête de Godet ! » avais-je dit en souriant.

« En fait, je pensais simplement te voler et te laisser partir avec un avertissement, mais il semble que je doive te tuer maintenant, » il m’avait menacé alors qu’il dégainait sa propre épée.

J’avais fait semblant de bâiller.

« Je suis franchement surpris que toi..., » je n’avais pas attendu qu’il finisse et je lui avais sauté dessus.

Un coup de poing avait brisé son armure, l’autre lui avait cassé trois côtes et l’avait envoyé au sol, se tortillant de douleur. Les autres ne savaient pas ce qui s’était passé. Tout s’était passé trop vite pour qu’ils comprennent, mais mes filles le savaient. Elles avaient sauté sur les sept personnes. Avec des coups simples et rapides, elles les avaient terminés.

Tous étaient au sol, inconscient ou tremblant de douleur.

« Toi... comment ? » demanda la Tête de Godet.

À genoux, j’avais enlevé son casque et je l’avais écrasé dans mes mains. L’enchantement avait disparu dès que je l’avais fait.

« Qu’est-ce que tu as fait ? » demanda-t-il, surpris.

J’avoue qu’il avait l’air mieux avec le casque.

« Écoute, Tête de Godet. Nous quatre, ici, nous sommes tous les quatre au moins des Divins. Si tu oses nous poursuivre ou retourner à la ville de Petro, je te traquerai et nous t’arracherons muscle après muscle de tes os putrides pendant que tu seras encore en vie. Suis-je assez clair ? » lui avais-je demandé. Puis j’avais appuyé un doigt sur ses côtes, ce qui lui avait causé une douleur atroce.

« Argh ! Tu ne t’en tireras pas comme ça ! » gémit-il.

« Soupir... Donc tu ne comprends pas, » j’avais secoué la tête, puis je l’avais attrapé par le cou et je l’avais soulevé. « Si tu survis à cela, repense donc à ta position. La prochaine fois, je te couperai en deux, » l’avais-je prévenu. Puis je l’avais jeté dans le ciel à plus d’une vingtaine de mètres.

« NOOOONNNN ! » hurla-t-il en s’envolant.

Comme on disait, tout ce qui monte doit descendre, et la Tête de Godet s’était écrasée comme un rocher jeté d’une falaise. Je m’étais écarté et je l’avais laissé s’écraser sur le sol avec un grand bruit sourd. Son corps avait été bien amoché, et du sang avait commencé à couler de sa bouche. Ses muscles s’étaient crispés sous le choc. Il était encore en vie, mais à peine.

« Oh ! Il a survécu ! » J’avais souri et j’avais regardé les autres. « L’un d’entre vous veut-il aussi faire un tour ? » J’avais demandé ça à ceux qui étaient encore conscients.

« Non ! Pardonnez-nous, s’il vous plaît ! » plaidèrent-ils aussitôt.

« Très bien. Mais la prochaine fois, vous serez tous morts. On ne vole plus les autres, compris ? » leur avais-je montré un petit sourire.

« D’accord ! » ils inclinèrent la tête jusqu’au sol.

« Tu aurais pu les tuer, » déclara Nanya avec un haussement d’épaules.

« Je leur ai donné une chance, et Tête de Godet l’a mérité, » j’avais haussé les épaules et je l’avais regardé sur le sol. « Je pensais simplement lui arracher les mains et le frapper avec, mais il n’aurait pas survécu trop longtemps. »

« Le maître est fort, Nya, » déclara Tamara avec une lueur dans les yeux.

« Je le suis, n’est-ce pas ? » lui avais-je souri. Puis je l’avais grattée entre les oreilles.

« Normalement, ils auraient été tués sur place si un chevalier les avait trouvés, » déclara Ayuseya.

« Je ne suis pas un chevalier, je suis un donjon, » lui avais-je répondu avec le sourire.

« N’as-tu pas peur qu’il te poursuive ? » me demanda-t-elle avec curiosité.

« Pourquoi aurais-je peur d’un faible comme lui ? D’ailleurs, on ne sait jamais comment un acte de bonté ou une seconde chance dans la vie peut améliorer un individu pour le mieux. En vérité, j’espérais qu’il ne survivrait pas à cette chute, » avais-je dit avec un haussement d’épaules.

C’est comme quand j’étais humain... Je pensais à frapper quelqu’un au visage, mais quand j’agis, je le gifle, m’étais-je dit en regardant ma main et en la serrant dans un poing.

« En fin de compte, cela aurait pu être la meilleure décision, » déclara Nanya en se frottant l’arrière de la tête. « C’est toujours un des Observateurs de la guilde. Ils sont censés avoir le dernier mot. Nous le signalerons au prochain hall de guilde et s’ils veulent sa mort, ils le mettront à prix. Sinon, il perdra probablement son emploi à cause de sa cupidité, » elle l’avait regardé une dernière fois et elle m’avait suivi.

« Est-ce que c’est le cas ? Alors, faisons ça, » avais-je dit.

Nous avions quitté la scène des aventuriers vaincus et avions continué à marcher vers la ville suivante. Et après quelques heures, nous étions arrivés aux portes de la capitale. Qui aurait cru que nous étions si près ? D’autant plus que pendant tout le trajet, il n’y avait pas beaucoup de monde sur la route.

***

Chapitre 52 : Les nouveaux acteurs de la ville

Partie 1

Quand nous avions vu la ville au loin, nous avions pensé qu’elle était proche, mais en vérité, elle était encore assez loin. Elle était située dans une petite dépression au cœur de la montagne, et la forêt lui servait de camouflage naturel. Ce n’était que d’en haut que l’on pouvait facilement la repérer. Le sommet du palais ne dépassait pas le sommet des arbres immenses de la forêt. Contrairement à Perto, celui-ci possédait deux murs de protection : l’un autour du palais, l’autre autour des belles maisons des nobles. L’extérieur était laissé à lui-même. Il y avait même un petit colisé à l’extrême droite de la cité.

L’entrée dans la ville se faisait par divers points de contrôle, mais un voleur ou un assassin habile pouvait trouver d’autres moyens d’aller à l’intérieur. Il y avait des moyens beaucoup plus faciles d’entrée, mais les deux murs étaient lourdement gardés par des patrouilles constantes. L’architecture de l’endroit me rappelait les films et les séries télévisées sur l’époque médiévale européenne. Les toits étaient en bois et ils avaient des formes triangulaires. La structure était faite de planches rassemblées avec des clous. Très peu d’entre eux avaient une fondation ou des murs de pierre solides, du moins parmi les maisons extérieures, mais à l’intérieur des murs, il n’y avait même pas une seule maison en bois.

De loin, les rues semblaient étroites, juste assez pour qu’une calèche passe, et en faire passer deux allait probablement être dur. Elles étaient couvertes de petites pierres pour que les citoyens ne marchent pas dans la boue dès qu’ils sortaient de leur maison. Les routes principales, d’autre part, pouvaient accueillir même cinq chariots avec facilité et étaient pavées de tuiles de pierre.

C’était la première fois que j’allais entrer dans une grande ville de ce monde, même si, quand j’étais en Roumanie, j’avais vécu avec Alina dans un petit appartement à Bucarest. Comparée à elle, cette ville était très petite. Si je devais le comparer à Moscou ou à New York, je pense que tout cela correspondrait à 20-25 % de la ville entière, ou peut-être moins ? Pour ce qui était de la vitesse de marche, il faudrait tout au plus une heure et demie pour passer d’une porte à l’autre, et ce, en marchant en ligne droite.

Pour sauver les apparences, j’avais mis mon sweat à capuche sur ma tête, pour cacher les cheveux verts qui poussaient sur ma tête, et Nanya avait porté son anneau d’illusion. Nous voulions être incognito autant que possible.

« Je me demande si on peut avoir une chambre avec un bain..., » avais-je dit en approchant du premier point de contrôle.

« Les baignoires ne sont généralement achetées que par les riches et les nobles. Les paysans et la plupart des roturiers n’utilisent qu’un gros tonneau. Ils chauffent l’eau s’ils le peuvent, mais la plupart du temps, ils se lavent à l’eau froide, » expliqua Nanya.

« Et toi, qu’en penses-tu ? » lui avais-je demandé.

« Quand je voyageais seul ou avec Tuberculus, j’avais l’habitude de prétendre que je n’en avais pas besoin. Ce que j’avais alors fait, c’est louer une chambre bon marché et faire venir la baignoire de mon esprit intérieur. Chauffer de l’eau est facile lorsque tu as certaines compétences de donjon, » répondit-elle en souriant.

« Oh, tu aurais dû me dire que tu pouvais faire ça ! J’ai aussi besoin d’un bain chaud ! » mentionna Ayuseya.

« Dois-je construire une source d’eau chaude pour vous ? Par contre, cela sera un bain mixte, » avais-je dit en souriant. Puis j’avais regardé la grande dragonne à côté de moi.

« Je ne sais pas ce que c’est..., » elle plissa son front.

« Oui, qu’est-ce que c’est ? » demanda Nanya.

« Blasphème ! Ce monde vient de commettre un péché atroce ! Comment n’ont-ils pas encore trouvé la beauté des sources chaudes ? » avais-je dit d’un ton exagéré, pointant mon doigt vers le ciel.

« Hein ? » les deux femmes se regardèrent un peu confuses.

« Eh bien, ce n’est pas comme si j’y étais déjà allé, » avais-je haussé les épaules. « Si nous en trouvons une, je vous le ferai savoir... ou je peux essayer d’en construire une. » Je m’étais gratté l’arrière de la tête, me demandant comment exactement j’étais censé atteindre la température parfaite pour l’eau avec seulement le chauffage géothermique.

« D’ici là, on peut juste essayer les bains communautaires. Chaque ville en a un, » déclara Nanya.

Aucune d’entre elles ne m’avait demandé où j’avais entendu parler d’une source chaude avant. Elles avaient probablement pensé que je l’avais lu quelque part dans un livre.

« Vous ne dites rien ? » leur avais-je demandé avec un sourire.

« Essuie le sourire pervers de ton visage, Illsy. Si je te surprends à regarder d’autres filles, je ferai en sorte que tu souffres ! » la démone m’avait menacé.

Elle avait dit que son genre était un peu possessif quand il s’agissait de copains. Y compris la jalousie ?

« Alors j’utiliserai des œillères et je ne regarderai que vous trois, » avais-je souri.

La démone m’avait regardé dans les yeux, mais elle ne m’avait pas répondu.

Est-ce un oui ? m’étais-je demandé.

☆☆☆

[Point de vue du garde A]

Beaucoup de voyageurs viennent dans cette ville, oui. Beaucoup de riches et de pauvres, mais peu se sont installés ici. Je monte la garde ici depuis trois heures maintenant, et depuis que j’ai commencé il y a huit ans, je n’avais jamais vu un groupe comme celui qui nous approchait actuellement.

L’homme au milieu d’un groupe de quatre femmes avait les yeux et les cheveux verts. Il portait une capuche et un pantalon bizarre. Celui-là était probablement un guide ou un serviteur pour les dames. Celle à sa droite était une jolie El’Doraw avec un gros truc au niveau de sa poitrine. J’aurais aimé l’emmener faire un tour dans mon lit, mais faire venir cette femme chez sa mère pour la nuit serait un peu difficile. Celle-ci portait une tenue de femme de chambre, mais elle était très différente de celle des beautés du palais.

En parlant de femmes de chambre, j’avais entendu dire que le second prince avait habituellement plusieurs beautés et qu’il n’acceptait pas les personnes de plus de 30 ans et seulement si elles avaient un beau corps. Le premier prince, d’autre part, était connu pour ne pas posséder de tels intérêts, mais il était le favori du peuple entre les deux. Dommage que notre cher roi défunt leur ait ordonné de régner sur le royaume.

Celle que j’avais trouvé surprenant de voir parmi eux était la draconienne. Normalement, on ne voit pas les gens de leur espèce par ici. Il y a longtemps, lors des terribles guerres draconiennes, la plupart d’entre eux avaient été chassés de ce continent. J’avais entendu dire que leur espèce déclinait. Tant mieux pour eux ! Malheureusement, notre royaume ne leur en voulait pas. Nous avions été neutres avec eux, et la plupart d’entre nous les traitaient comme des aventuriers normaux. Rien qu’en regardant ses vêtements, je ne pouvais pas vraiment dire si c’était une noble ou juste un type riche qui aimait ces robes chics. À mes yeux, elle n’avait pas l’air d’avoir du sang noble, mais elle dégageait cette étrange aura que vous voyez chez ces dames de la cour. Peut-être que mes yeux se détérioraient-ils ?

Debout à gauche de l’homme aux cheveux verts se trouvait une beauté blonde qui pouvait facilement faire tourner la tête, mais les protège-bras et l’armure qu’elle portait laissaient entendre qu’elle pouvait faire plus que vous gifler. Elle était soit la garde du corps de la draconienne, soit celle du noble que les autres accompagnaient. Quoi qu’il en soit, elle aurait certainement l’argent pour rester à l’auberge la plus chère de la ville.

Le dernier de leur groupe était une petite nekatare. Elle marchait derrière eux et n’avait pas l’air plus âgée qu’un garçon de douze ans, mais ces bêtes puantes avaient toujours trompé mes yeux. Certains étaient des adultes plus âgés que moi et ressemblaient encore à un enfant, mais d’autres n’étaient pas plus âgés que ma fille et ressemblaient à une femme adulte avec de gros seins et des hanches qui se balançaient. Le dieu qui avait fait ces bêtes manquait sûrement d’une vis ou deux, car elles n’étaient pas normales pour moi.

« Oh ! Erkenwald ! Ces gens sentent les ennuis selon toi ? » demanda mon partenaire.

En plissant les sourcils, je l’avais regardé, puis j’avais regardé le groupe qui se dirigeait lentement vers nous.

« Johen, même s’ils le font, je ne pense pas qu’ils aient une chance contre les gardes royaux. Même un Suprême aurait du mal ici. De plus, ce ne sont probablement que des aventuriers. » J’avais haussé les épaules.

« Je ne sais pas, Erkenwald, le type du milieu me semble étrange... effrayant. D’ailleurs, as-tu déjà vu un groupe aussi étrange assemblé : une draconienne, deux humains, une nekatare et une El’Doraw ? » me demanda-t-il, les mains serrées contre la poignée de son épée.

« Oui, Johen. Au pub, tous les jours. Ou au Hall de la Guilde s’ils organisent un groupe. Les aventuriers ne se soucient pas vraiment des espèces tant qu’ils ont la force de les soutenir dans un donjon, » lui avais-je dit.

« Je n’aime toujours pas ça, Erkenwald... Je n’aime vraiment pas ça, » il secoua la tête.

« Ignorez-les, c’est tout, » lui avais-je répondu. Puis j’avais regardé la bande.

Ils m’avaient approché, mais c’était le type avec la capuche qui avait parlé. Il m’avait affiché un sourire et m’avait ensuite demandé quelque chose dans une langue étrange. J’avais plissé les yeux vers lui, puis j’avais regardé ses compagnons.

La femme blonde soupira et lui déclara quelque chose dans la même langue.

Ne connaît-il pas le Kalish ? m’étais-je demandé.

« Excusez, mon idiot de compagnon, il a oublié un instant que nous ne sommes pas à Shoraya, » déclara la blonde.

« Ne vous inquiétez pas. Venez-vous tous de Shoraya ? N’est-ce pas sur le continent Allasn ? » lui avais-je demandé.

C’était vraiment une grande distance qu’ils devaient parcourir. Si tel était le cas, alors ils étaient à la fois riches et forts. Les aventuriers normaux ne pouvaient pas faire un tel voyage avec la puissance d’un Rang Maître.

« Tout à fait. Nous sommes fatigués après notre long voyage, et nous aimerions visiter le Hall de la Guilde locale et peut-être une auberge ? Quelque chose que vous recommanderiez ? » demanda-t-elle.

« Vous pourriez dire que j’en connais quelques-uns, » j’avais souri.

S’il y avait une chose que j’aimais dans la capitale, c’était la nourriture que je pouvais manger dans certaines auberges ici. Chacune avait sa propre spécialité. Le bon côté des choses, c’était que les aubergistes m’offraient un repas pour tous les aventuriers que je leur envoyais, mais seulement s’ils louaient une chambre ou deux. Ce groupe pourrait m’offrir au moins quatre repas gratuits !

« C’est génial ! » Elle avait souri. Et quel joli sourire !

« Vous prenez la route devant vous, » lui avais-je répondu. « Puis à gauche à la cinquième... pas à la sixième intersection. Vous passez devant trois maisons, et sur la gauche vous verrez l’auberge de Tannador. Il est toujours gai et plein d’énergie, il cuisine bien aussi ! Dites-leur qu’Erkenwald vous envoie ! » j’avais souri et hoché la tête.

« C’est d’accord ! Autre chose qu’on devrait savoir sur cet endroit ? Des règles spéciales ou des trucs comme ça ? » demanda la belle dame.

« Gardez vos doigts dans vos poches et n’essayez pas de tuer tous les ivrognes ennuyeux que vous rencontrez. Faites ça, et vous n’aurez pas d’ennuis, » lui avais-je dit.

Il y avait quelques règles et coutumes spéciales comme dans n’importe quelle autre ville, mais ils finiraient par les apprendre chaque jour qu’ils passaient ici, dans la capitale. À moins qu’ils ne soient une bande d’ignorants ou d’imbéciles comme les nobles à la fête du roi, je doutais fort qu’ils ne puissent pas survivre dans cette ville.

« Je vous remercie ! Passez une bonne journée ! » déclara la blonde, et les autres femmes hochèrent poliment la tête.

L’homme les regarda simplement, confus, mais la blonde avait pris sa main et le tira après elle.

« Tu n’as pas du tout été dur avec eux ! » se plaignait Johen.

« Bah ! Ce sont de simples aventuriers, et aussi très polis ! Il n’y a pas de quoi s’inquiéter ! » lui avais-je dit en lui faisant un signe de la main, puis j’avais regardé vers le groupe.

J’avais vu l’homme saisir les fesses de la blonde, mais il avait disparu après ça de ma vue. Les femmes s’étaient déplacées vers la droite et elles avaient disparu de ma vue. Peut-être que je voyais des choses ? L’homme n’avait pas disparu, il avait probablement été se placer derrière la draconienne aux gros seins.

En me frottant les yeux, j’étais retourné à mon poste et j’avais salué le voyageur suivant, un aventurier idiot avec une armure plaquée or, essayant de se distinguer comme une épine dans le dos d’un chameau. Eh bien, avec ce rustre, il n’y avait pas besoin d’être doux.

☆☆☆

[Point de vue d’Illsyore]

J’avais reçu un coup de poing...

Pourquoi, franchement ? J’avais seulement essayé d’avoir une bonne prise ferme sur ses fesses rondes ! Ce n'est pas comme s’il y avait une partie d’elle que je n’avais pas déjà touchée !

« Ça fait mal..., » avais-je grommelé un mensonge.

Mon armure magique m’avait épargné de subir de la douleur que j’aurais dû ressentir, mais j’étais encore couché à l’envers dans un petit poulailler.

« Patooei ! » J’avais craché une plume.

« Gloussement ! Gloussement ! » l’une des cervelles d’oiseau à plumes essaie de percer mon armure.

« Poulet ! Tamara aime le poulet ! » déclara la nekatare en léchant le bout de ses lèvres.

« Ne mange pas le poulet des autres. » Nanya l’avait avertie.

« Oui ! Tamara écoute ! » déclara-t-elle en souriant, la main gauche levée.

« Ça va, Illsy ? » Ayuseya me l’avait demandé.

« Je vais bien... Je crois que j’ai appris l’art de pondre un œuf grâce à ces futures languettes croustillantes, » avais-je dit. Puis j’avais regardé l’oiseau en colère à côté de moi.

Un seul geste le transformerait en pâte de viande, mais elle ne m’appartenait pas, alors j’avais dû m’abstenir de l’acte... sanglant.

Une vieille dame était sortie et avait demandé quelque chose en langue kalish. Nanya lui parla avec un sourire maladroit et me montra du doigt. J’avais plissé les yeux vers elle, puisqu’il était très clair qu’elle m’accusait de tout. Elles avaient parlé un peu plus longtemps, et la démone lui avait offert quelques pièces.

J’avais soupiré et pris une position plus normale. Le poulet en colère gloussait encore et essayait de me picorer la tête, mais je l’avais complètement ignoré. L’oiseau n’était rien de plus qu’un moustique ennuyeux qui bourdonnait.

« Eh bien ? » lui avais-je demandé.

« J’ai payé pour les dégâts que tu as causés. Sors donc de là, » déclara Nanya.

En sortant de cet endroit, je m’étais dépoussiéré les épaules et j’avais jeté un regard noir sur le poulet.

« Le maître a-t-il trouvé un rival ? » demanda Tamara.

« Je ne vais pas être un rival avec un futur ragoût, » avais-je rétorqué.

« Nya ? » elle avait incliné la tête gentiment, et je lui avais pardonné.

« On devrait aller à l’auberge que le garde a mentionnée, » déclara Ayuseya, en changeant de sujet.

« Quelle auberge ? » avais-je demandé en plissant mon front.

Être incapable de lire ou de comprendre la langue était certainement une chose très ennuyeuse, mais l’un de ces jours, j’allais l’apprendre.

Les filles avaient montré le chemin, et j’avais suivi en silence, tout en regardant autour de moi et en observant les personnes d’ici.

Contrairement à la petite ville de Perto, il y avait beaucoup d’aventuriers qui portaient des armures plutôt fantaisistes. Au moment où nous étions retournés dans la rue principale, j’avais vu un type portant une armure plaquée or qui parcourait la rue et qui débordait de fureur. J’avais simplement plissé les sourcils quand il avait posé les yeux sur moi.

***

Partie 2

[Le point de vue du marchand]

Don Diego était furieux.

C’était un homme riche qui achetait les armures et les armes les plus belles qu’il pouvait trouver. Son père était l’un des nobles les plus puissants de cette ville, il lui était donc facile de le faire, mais la force du garçon laissait beaucoup à désirer.

Pourtant, il y avait une chose que tout le monde savait. Quand Don Diego était en colère, nous, les marchands, hochions simplement la tête et souriions. Son père pourrait fermer notre affaire s’il le voulait. Quant à savoir pourquoi il était furieux, eh bien... apparemment, les gardes à l’entrée l’avaient obligé à passer à travers toutes les formalités requises lorsqu’un type suspect se présentait aux portes. Le groupe qui était entré plus tôt avait évité cette étape parce qu’ils ressemblaient tous à de simples aventuriers et avaient parlé poliment avec le garde. Les femmes aussi étaient très belles. La blonde à elle seule pourrait aller chercher au moins 100 goldiettes en tant qu’esclave, peut-être plus ? Malheureusement, leur équipement n’était pas quelque chose que je considérerais comme précieux. Il avait l’air décent, mais aux yeux des nobles ou des aventuriers puissants, il était clair et simple, sans aucune pierre magique et probablement pas plus qu’un enchantement ou deux. Pourtant, il pouvait y avoir beaucoup de diamants cachés parmi des morceaux de charbon de bois.

Quand Don Diego s’était arrêté devant eux, il était clair qu’ils deviendraient sa prochaine victime. Il s’agissait de l’une de ses mauvaises habitudes. Chaque fois qu’il était furieux d’une chose ou d’une autre, il libérait toujours sa colère sur quelqu’un de plus faible que lui. Le simple fait de mentionner le statut de son père avait suffi à faire frissonner de nombreux hommes dans leur pantalon. J’étais certain que ce groupe ne serait pas différent, alors je m’étais tenu à la porte de mon magasin et j’avais regardé la scène.

« Je t’ai vu regarder sur mon chemin, mais tu ne baisses pas la tête ! Ne sais-tu pas qui je suis ? Je peux te faire dépouiller de ton rang et te faire virer de la ville en quelques instants si je le désire ! » le garçon avait prétendu ça, mais le plus gros de ce qu’il avait dit était un mensonge.

À moins que cette personne ne soit considérée comme une menace pour la ville ou sans soutien politique, son père ne pouvait pas le jeter dehors comme ça. Ça aurait l’air mauvais pour lui. La preuve en était le garde à l’entrée. Ils ne pouvaient être dirigés que par le seigneur Zenos, qui était habituellement de l’autre côté de la table vis-à-vis du père de Don Diego.

« Tu m’écoutes, roturier ? » demanda le garçon, mais l’autre ne déclara rien, il plissa simplement ses sourcils vers lui.

« Qui est ce perroquet surdimensionné ? » demanda l’homme à capuche à la blonde à côté de lui en Shorayan.

Ma compétence avec cette langue n’était pas parfaite, mais un bon marchand connaissait de nombreuses langues.

« Je crois que c’est le fils d’un noble, » répliqua la femme en se grattant l’arrière de la tête.

Sans aucun doute, ils n’étaient que de simples aventuriers voyageurs. Ils ne savaient pas à qui ils avaient affaire.

« Je vois... Donc, personne, » l’homme à capuchon haussa les épaules.

Se sentant ignoré, Don Diego avait essayé de l’attraper par le col de ses vêtements, mais ses mains avaient été arrêtées par l’armure magique de l’homme. L’homme avait dû sentir le danger, sinon il n’aurait pas réagi.

« Tu oses, avorton !? » le noble pointa son doigt vers lui.

« C’est agaçant ! » l’homme à capuchon avait fait un pas en avant et l’avait simplement poussé hors du chemin.

Ce qui s’était passé ensuite était difficile à croire. Don Diego avait été envoyé dans le ciel à l’extérieur de la ville. Une telle force redoutable ne pouvait être démontrée que par ceux qui avaient déjà atteint un rang Divin, mais si tel était le cas, alors le pauvre noble n’avait jamais eu une chance dès le tout début. Tout au plus, il était un Rang Maître, mais c’était surtout grâce à son armure et son épée.

« Hein ? Je ne l’ai pas poussé si fort ! » se plaignait l’homme à capuche.

« Laisse tomber, il vivra... du moins, je le pense, » déclara la blonde.

En l’entendant dire ça, j’avais été stupéfait. Quel genre de puissance pouvait-il détenir pour dire que ce qu’il a fait était involontaire. Néanmoins, Don Diego réfléchirait certainement à deux fois avant de se battre avec eux. Son père préférait essayer de recruter ces personnes plutôt que de les mettre à la porte de la ville. Après tout, un aventurier de Rang Divin était un outil puissant à avoir sous votre contrôle.

 

☆☆☆

[Point de vue d’Ayuseya]

Le voyage vers cette ville était rempli de choses étranges. Nous avions pu rencontrer l’Observateur qu’Illsy surnommait Tête de Godet, et avions aussi assisté à sa défaite rapide. Nous avions sauvé la mignonne nekatare, qui avait fini par rejoindre notre groupe en tant que deuxième esclave d’Illsy. Nous avions pu séjourner dans une auberge de fortune créée par un Seigneur du Donjon, mais surtout, j’avais le temps et le loisir de réfléchir à de nombreuses choses.

Tout d’abord, je n’étais pas la même princesse draconienne faible que je l’étais à Fellyore. Le rang social que j’occupais n’avait aucune valeur dans ce groupe. Tout le monde s’appelait sans fioriture et parlait comme les membres d’une famille proche le feraient. Illsy s’était avéré être un grand homme, et quelqu’un comme Dankyun ne pouvait même pas lui arriver à la cheville, mais le plus important, je commençais à réaliser les désirs égoïstes que j’avais dans mon cœur.

Depuis que Nanya avait couché avec Illsy, je m’étais sentie un peu... exclue.

Nanya avait la force, le pouvoir. Shanteya était l’adepte fidèle que tout le monde souhaiterait avoir. Elle possédait également de vastes connaissances dans l’art de l’assassinat et d’autres arts mortels. Tamara était l’adorable animal à fourrure... et moi... J’étais la grande femme qui n’avait apporté aucune contribution à ce groupe.

Ma force n’était pas la mienne, mais celle d’un Donjon. Ma magie restait faible comparée à la sienne ou à celle de Nanya. Je pourrais tenir une épée, mais pas aussi bien que les autres. Ce que j’avais, c’était seulement l’éducation et les informations d’un noble au sujet de la politique, de la manière de diriger un pays, et de diverses choses dont ils n’auraient peut-être jamais besoin ou qu’ils ne trouveraient jamais utiles de quelque façon que ce soit. Une princesse était une gestionnaire de l’état des choses... À quoi servait un tel individu dans un groupe d’aventuriers ?

Malgré tout, ce n’était pas ce qui m’avait déprimée.

Depuis que j’avais pris conscience de mes sentiments pour Illsy, j’avais essayé de trouver un moyen de les lui faire connaître. Je voulais lui parler librement et ouvertement comme Nanya l’avait fait, sans m’inquiéter de savoir si j’avais dit ou non la bonne chose. Pour moi, chaque conversation ressemblait à un casse-tête ennuyeux auquel je devais trouver la bonne solution. Si d’autres l’avaient déjà dit, alors il n’y avait plus de raison pour moi d’exprimer mon opinion.

J’en avais assez, mais je n’y voyais pas non plus de solution.

C’est pourquoi je voulais avoir une conversation privée avec Illsy. S’il y avait quelqu’un ici qui pouvait me comprendre et peut-être m’offrir un peu d’aide, c’était lui. Quant à savoir pourquoi. C’était mon mari, ça faisait partie de son devoir, du moins je voulais le croire.

Peut-être que je réfléchis trop, mais je veux certainement parler et... faire encore plus de câlins à Illsy. Ce n’est pas mal, n’est-ce pas ? m’étais-je demandé en jetant un coup d’œil rapide au Seigneur du Donjon.

Il avait été attiré par mon regard, et mes joues étaient devenues rouges. J’avais donc détourné les yeux.

C’est tellement embarrassant... Hoho ! pensais-je qu’en essayant de calmer mon cœur qui battait vite.

Nanya et Shanteya ne semblaient pas avoir le même problème, mais pourquoi moi ?

☆☆☆

[Point de vue de Tannaor]

Beaucoup de voyageurs courageux avaient franchi mes portes et étaient venus se reposer dans l’une de mes chambres ou manger mes repas. J’avais vu ceux qui étaient forts, mais sans intelligence, ceux qui étaient intelligents, mais sans muscles, et ceux qui n’avaient pas les deux, mais qui prétendaient avoir les deux. J’avais rarement vu ces étranges et rares individus qui les détenaient tous les deux. Ainsi, leurs armures et leurs armes de choix correspondaient à la quantité de matière cérébrale qu’ils avaient entre les oreilles.

Don Diego, par exemple, était un homme qui prétendait être à la fois intelligent et fort, mais c’était un lâche parmi les lâches et même s’il avait un peu de force, seule son armure lui faisait monter dans les rangs.

Ainsi, lorsque mes portes s’étaient ouvertes et qu’une paire de nouveaux visages étaient entrés, je n’avais pas du tout été surpris. Leur groupe était formé de deux humains, une draconienne, une El’Doraw et une chatte. En regardant leurs vêtements, je leur avais à peine donné un rang de Maître, mais la dame blonde était peut-être un Rang Empereur au plus. L’autre humain, c’était un débutant, peut-être ? Après tout, aucun aventurier qui se respectait ne porterait de tels vêtements décontractés. Plus l’armure est épaisse, mieux c’est !

Quant à leur relation, c’était un peu compliqué, mais une chose que je pouvais comprendre, c’était les deux anneaux noirs autour du cou du chat et d’El’Doraw. Quelque chose m’avait dit que c’était une forme d’esclavage et si j’avais raison, celui qui tenait les chaînes était très probablement l’homme. Les filles l’entouraient comme des monstres voulant dévorer un agneau. J’avais pitié de l’homme ou de la femme qui pensait pouvoir les draguer.

Mais encore une fois, seuls mes yeux expérimentés pouvaient dire de telles choses. Il y avait partout des imbéciles qui pensaient tout savoir, mais qui ne pouvaient même pas revêtir leur armure correctement sans trébucher sur leurs propres pieds.

« Bienvenue à l’auberge de Tannaor ! Je m’appelle Tannaor. Que puis-je faire pour vous ? » leur avais-je demandé poliment.

« Argh ! Ne me dis pas que tu ne parles pas non plus le Shorayan ? » l’homme parlait dans une langue étrangère, mais je le comprenais.

« Oui, en fait, je la parle, » j’avais répondu dans sa langue.

« C’est vrai !? Super ! » il leva les mains et sauta.

Quel homme bizarre c’était !

« Alors, que puis-je faire pour vous ? » lui avais-je redemandé.

« Erkenwald, le garde à l’entrée de la ville, nous a envoyés chez vous. Il a dit que vous aviez de bonnes chambres et de la bonne nourriture, » déclara la blonde.

« En effet, c’est vrai ! » j’avais répondu avec un sourire de nain.

C’était un bon investissement de payer le garde avec des repas gratuits pour m’avoir envoyé des clients.

« Bien ! Donnez-moi votre plus grande chambre, » m’avait-il dit.

« Une seule ? » J’avais demandé et j’avais regardé les dames autour de lui.

Ce n’était pas possible qu’il eût l’intention de coucher avec elles toutes, n’est-ce pas ?

« Oui, » il hocha la tête, et les dames ne répondirent pas.

« Très bien... J’ai une chambre pour quatre personnes. Elle dispose de deux lits et d’une baignoire en métal. Les toilettes sont au bout du couloir, » avais-je dit.

« Bien ! On va la prendre ! » avait-il déclaré.

« Très bien, » avais-je dit. Puis j’avais jeté un coup d’œil rapide aux dames pour voir si elles n’étaient pas du tout en désaccord, mais elles n’avaient même pas bronché d’un pouce.

Comment un homme comme lui pourrait-il persuader de telles beautés de coucher avec lui ? m’étais-je demandé.

Bien sûr, la chatte avait été ignorée. Elle n’était qu’un animal de compagnie. Si on lui jetait un poisson, elle serait contente et elle se prosternerait en tant qu’une idiote loyale. Chatouille-la un peu entre les oreilles, et elle s’effondrera sur vos genoux pour en redemander.

Après avoir pris la clé, je lui avais dit le prix.

« Six Silverettes pour une nuit. Pouvez-vous payer ? » demandai-je.

C’était un peu cher, mais nous étions dans la capitale, pas dans une ville délabrée à la frontière du royaume.

« Bien ! Tenez ! » il avait souri et m’avait jeté une Goldiette et deux Silverettes. Je les avais instinctivement attrapés.

J’avais trouvé son comportement un peu grossier, mais tous les autres aventuriers avaient agi exactement de la même façon. Heureusement pour lui, je ne voyais pas la nécessité de me casser la tête pour savoir si son geste était grossier ou non.

« Par ici, » lui avais-je dit. Puis je les avais guidés jusqu’à sa chambre.

« Bien sûr ! » acquiesça-t-il.

Une fois sur place, je lui avais donné la clé et lui avais dit. « Si vous voulez faire du bruit, je vous ferai payer un supplément demain matin, » je lui avais dit ça et jeté un coup d’œil aux dames derrière lui.

« Je comprends, » il acquiesça d’un signe de tête.

Eh bien ! À part lui demander une goldiette supplémentaire, je ne pouvais pas faire grand-chose, mais certains aventuriers avaient trouvé la facture un peu effrayante et avaient refusé de désobéir à la règle. Tant que j’avais la paix et le calme, je me fichais des problèmes de mes clients.

***

Chapitre 53 : Ayuseya fait un pas en avant

Partie 1

Dans l’ensemble, la chambre était bien meilleure que celles que nous avions reçues à l’auberge de Neyalin. Le bain de métal était digne d’un humain, mais pas d’un draconien. En parlant de ça, Ayuseya avait dû se plier un peu pour entrer, et le cadre de la porte était un peu trop bas pour elle. La même chose s’était produite à Perto. Chaque bâtiment n’avait été construit ici que pour des espèces à taille humaine comme les elfes, les El’Doraws, les nekatars et les nains. Les grands draconiens n’étaient pas censés entrer dans ces endroits, et pour le dire franchement, je n’en avais vu aucun dans la rue. On pourrait dire qu’Ayuseya était une rareté ici. Cela ou il n’y en avait tout simplement pas un seul qui errait dans les rues à cette heure-ci et dans cet endroit.

En étirant les bras, je m’étais dirigé vers l’un des lits et j’avais testé sa qualité. Il avait été conclu que le mien était bien meilleur.

« Quand nous irons au lit, rappelez-moi d’absorber ces choses et de les remplacer par ceux dans lesquelles nous avons dormi la nuit dernière, » avais-je dit en me retournant pour regarder les filles.

« Pourquoi ? » demanda Nanya en plissant son front.

« J’aime bien le mien, d’ailleurs... celui-ci est trop petit pour Ayuseya. Elle sera un peu mal à l’aise, » j’avais pointé du doigt le bord du lit.

Il faisait deux mètres. Il en va de même pour l’autre lit dans cette chambre. Si ma femme dormait dans l’un de ces lits, elle serait certainement mal à l’aise. Moi, par contre, je pourrais me débrouiller d’une façon ou d’une autre.

« On n’a rien à déballer. On va manger quelque chose et prendre un bain au sauna du coin ? » demanda Nanya.

« Tamara ne pourra pas entrer avec nous, » avait souligné Shanteya.

« Tamara reste et garde sa culotte ! » cria le chat.

À ce moment-là, elles m’avaient toutes regardé dans les yeux.

« Quoi ? » demandai-je en plissant mon front.

« Ne t’avise pas d’utiliser ce sort ! » prévient Nanya.

« Comment pourrais-je l’utiliser ? Vous n’êtes même pas dans mon Territoire de Donjon ! » m’étais-je plaint.

Leur regard m’avait dit qu’elles ne me croyaient pas.

« Très bien ! Je vais le prouver ! Colly Tos ! » avais-je dit. Et quand rien n’était apparu devant moi, j’avais souri et j’avais pris une pose de la victoire. « Vous voyez ! Il ne s’est rien passé ! »

Nanya, avec ses joues rougissantes, s’était approchée de moi et m’avait pris quelque chose sur le dessus de mon capuchon. J’avais cligné des yeux quand elle avait fait ça et j’avais regardé sa main. Elle tenait une culotte rose avec un petit ruban dessus.

« Eh bien, n’est-elle pas... ? » avais-je dit. Puis j’avais froncé mon front.

« Toi et tes sorts brisés ! » elle grogna et se retourna.

Pendant qu’elle la mettait, j’avais regardé les autres, qui secouaient légèrement la tête en désapprouvant.

« Je le jure devant Dieu, je ne pensais pas que cela marcherait ! » m’étais-je défendu.

« Tout va bien, Illsy. Nous comprenons qu’en tant qu’homme, tu as certains... passe-temps ? » déclara Ayuseya avec un sourire forcé.

« Mon hobby n’est pas de voler des culottes avec Colly Tos ! » Je m’étais plaint, et la culotte rose était apparue une fois de plus au-dessus de moi, flottant lentement dans ma main droite.

« Espèce d’idiot... Je viens de la remettre, » grogna la démone.

« Pardon ? » Je la lui avais remise.

« Vous voyez ? La nature d’un homme se révèle toujours ! » ricana la draconienne.

« Stupide, cassé, compétence inutile..., » m’étais-je plaint à moi-même.

« Cela doit juste signifier que le Maître aime vraiment Nanya, » ricana Shanteya.

Quand elle avait dit cela, Ayuseya avait baissé les yeux un instant.

« Ou ma culotte..., » la démone m’avait regardé dans les yeux après qu’elle ait fini de la remettre.

« Techniquement, le sort qui ne doit pas être nommé est décrit comme n’étant pas un sort ciblé..., » avais-je dit pour ma défense.

« Techniquement, pas dans la pratique, » avait souligné l’El’Doraw.

« Et ce bain, alors ? » demanda Ayuseya après coup, en essayant de changer de sujet.

« Et pour Tamara ? » demanda le chaton.

« Eh bien, alors on va te laver dans cette baignoire ! » déclara Nanya en souriant.

En aplatissant ses oreilles, le nekatar regarda le bain, puis la regarda et secoua rapidement la tête de poils. De toute évidence, elle n’aimait pas l’idée d’un « bain ».

« Relax, Tamara. Ça ne va pas mordre, » j’avais souri et je lui avais caressé la tête.

« Miaou ! Mais l’eau est humide..., » se plaignait-elle.

Est-ce un argument valable ?

« Comme c’est mignon. » Ayuseya gloussa.

« Alors c’est réglé ! Allons voir ce qu’on peut trouver pour se remplir l’estomac ! » avais-je déclaré.

« Toi, une vache, » sourit Nanya et me gifla les fesses.

« Hé ! » Je m’étais plaint, mais les autres avaient juste gloussé et étaient passées devant moi.

En soupirant, j’avais fermé la porte derrière nous. Après l’avoir verrouillée, j’avais rangé la clé et je les avais suivies en bas. Cet endroit ne servait que de l’alcool, donc pour la nourriture, nous étions allés dans un restaurant voisin. Ce n’était pas si loin de nous, mais le serveur à la porte nous avait arrêtés avant que nous puissions entrer.

« Je suis désolé, mais nous ne servons pas..., » il avait dégluti. Puis il leva les yeux vers Ayuseya « les draconiens et les nekatars. »

J’avais plissé les sourcils vers lui.

« Pour quelle raison ? » lui avais-je demandé.

« Le patron ne veut pas qu’on le fasse, » expliqua-t-il.

« Soupir, allons ailleurs. Tu peux dire à ton patron que je ne vais pas recommander cet endroit ! » avais-je dit. Puis je lui avais jeté une pièce d’argent.

« Monsieur ? » le garçon regarda la pièce en étant confus.

Nous n’avions rien dit et nous avions continué à marcher.

Après quelques pas de là, Nanya m’avait demandé. « Pourquoi as-tu donné une pièce pour rien ? »

« Dans une ville comme celle-ci, lancer une pièce sur un inconnu ne peut signifier qu’une seule chose : que tu es riche. Si j’avais jeté une goldiette, j’aurais laissé entendre que nous sommes des nobles, si c’était une cuivrette, alors des gens ordinaires avec des pièces à dépenser. Cependant, une silverette signifie que nous sommes de riches aventuriers. Assez avide pour ne pas donner une goldiette, assez riche pour ne pas se soucier d’une silverette, » avais-je souri.

« Et à quoi cela mènera-t-il ? » demanda Ayuseya un peu confuse.

« Deux choses en gros. Soit le garçon gardera ça secret et la prochaine fois qu’il nous verra, il sera terriblement poli et amical avec nous. Au cas où nous aurions besoin d’informations, il pourrait être prêt à nous les fournir. Après tout, un serveur dans un restaurant chic peut entendre des choses intéressantes de temps en temps. L’autre option est qu’il le montre à son patron et qu’il repense un peu sa stratégie. Après tout, l’instinct d’un commerçant est de faire d’abord de l’argent, puis de se préoccuper de politique. Ainsi, il pourrait être disposé à changer sa politique sur le type de clientèle à servir, » lui avais-je expliqué.

« En d’autres termes, tu as gaspillé une silverette sur un coup de tête, pensant qu’elle servirait à quelque chose à l’avenir, non ? » demanda Nanya en plissant les sourcils.

« Argh... Je ne peux pas être cool et intelligent une minute ? » déclarai-je alors que je la regardais pendant un bref délai dans les yeux.

« Peuttttt-être ? » elle gloussa et embrassa ma joue. « J’aime un Illsy stupide autant qu’un Illsy intelligent. »

J’avais soupiré et j’avais laissé passer la remarque. Je ne me doutais pas que mon « caprice » allait changer quelque chose.

☆☆☆

[Point de vue du serveur]

Il m’avait lancé une pièce. Juste comme ça, sans rien demander ! Je ne savais pas si cet homme était un bâtard arrogant ou juste un homme riche au cœur généreux. Eh bien, je n’étais pas le garçon le plus intelligent de ma famille, mais je savais une chose, c’était de ne jamais prendre la générosité d’un homme en vain !

J’avais caché la pièce dans les poches de mon pantalon et j’avais fait comme si de rien n’était, mais si cet homme passait et me demandait quoi que ce soit, je ne voyais aucune raison de ne pas répondre avec honnêteté.

Hm, peut-être que si un jour j’ouvre ma propre boutique, je laisserai entrer tout le monde ! Ouais, ça a l’air bien ! Je pense que je vais considérer cette pièce d’argent comme une pièce porte-bonheur, avais-je pensé et pour la première fois de ma vie, j’avais envie de faire quelque chose de plus.

***

Partie 2

[Point de vue d’Illsyore]

Nous avions choisi un petit restaurant que nous avions trouvé après avoir marché à une certaine distance de là qui fut à mon goût trop spécifique. J’étais à deux doigts de tout construire à partir de rien, avec de l’or pur et du platine, juste pour ennuyer tous ces ingrats humains.

L’endroit où nous avions dîné n’était pas très chic, c’est sûr, mais il faisait une bonne soupe et un bon steak. Ils avaient même servi du poisson à Tamara, qu’elle avait avalé en quelques secondes.

Il semblait que les draconiens étaient le plus souvent considérés comme des ennemis dans la zone, alors que les nekatars, eux, avaient deux statuts distincts : esclave ou libre. Ce dernier ne leur offrait cependant pas tous les droits. Ils pouvaient être libérés, c’est vrai, mais ils n’étaient pas traités sur un pied d’égalité, ce qui m’avait beaucoup énervé... beaucoup.

L’un d’eux avait même eu le courage de me dire les mots suivants :

« Mais ils ne nous ressemblent pas ? Ce sont des bêtes, nous devons donc leur apprendre leur place. Après tout, l’homme est supérieur à n’importe quelle bête ! »

L’homme l’avait déclaré comme s’il en était fier. Si Ayuseya et Nanya n’avaient pas été là, je l’aurais frappé jusqu’au palais. L’idée qu’un roi puisse diriger un pays avec tant de préjugés et de discrimination m’avait rendu malade.

C’est pourquoi quand j’avais trouvé le petit restaurant qui servait toutes les espèces, j’avais décidé de leur donner un gros pourboire. Le repas était de 3 silverettes et 4 copperettes, mais j’avais payé 4 goldiettes. Le propriétaire m’avait remercié en étant en larmes. Cet argent aurait été suffisant pour l’aider à payer les impôts et à rénover un peu.

La nourriture était bonne aussi, donc je ne m’en étais pas plaint.

Après un bon repas, nous avions fait une promenade dans la ville. Nous avions regardé autour de nous et vérifié tous les magasins que nous trouvions intéressants. C’était une grande ville, mais pas autant que celles de la Terre. Pour être honnête, toutes les choses que j’avais vues ne m’avaient pas plu, et les filles n’avaient rien acheté non plus. Il y avait de jolies dames, mais quand je les avais vues traîner des esclaves derrière elles, qui étaient clairement à peine nourries et même surmenées, tout cela s’était rapidement transformé en dégoût.

Étonnamment, il n’y avait pas de mendiants dans les rues. Quand j’avais posé la question à propos de ça, la réponse avait été donnée par la princesse draconienne.

« Dans les pays qui dépendent de l’esclavage, si tu deviens mendiant, tu es immédiatement pris comme esclave par l’État et vendu sur les marchés publics. Le fait de ne pas posséder une maison ne signifie pas nécessairement que tu es un mendiant. Tant que tu as encore de l’argent pour payer le moins d’impôts possible, tu peux vivre en homme libre. Ici, il devrait s’agir d’une somme à payer chaque mois d’une silverette. Pour nous, qui venons d’arriver dans cette ville, nous ne sommes pas obligés de payer quoi que ce soit avant la fin du mois, ou si un chevalier nous le demande. »

Son explication était longue et déclarée sur un ton digne et adapté à son rang, mais elle révélait l’affreuse façon dont le système traitait les pauvres. Pour être honnête, je savais comment la démocratie et le communisme les traitaient, mais jusqu’à présent, je n’avais pas encore vu un système qui prenait autant parti pour les pauvres que pour les riches. C’était l’une des choses qui m’agaçait. J’avais vu le problème, mais je n’avais aucune idée de la façon de le résoudre... mais le plus important, étais-je la bonne personne pour le régler ?

En fin de compte, tout changement qui s’était produit dans un système, quel qu’il soit, s’était produit avec les individus qui en faisaient partie. En tant qu’étranger, je ne croyais pas que mon opinion comptait vraiment.

Au moment où nous étions arrivés aux bains publics, j’avais vu à quoi ressemblait la capitale, du moins dans cette région. Les rues étaient pour la plupart propres, mais les ruelles étaient remplies d’ordures. On m’avait dit qu’ils ne restaient pas longtemps comme ça parce que les elfes et les El’Doraws locaux avaient le nez sensible. Les humains pourraient plus ou moins vivre avec ça sous le leur.

Il n’y avait pas de mendiants, c’est vrai, mais il y avait beaucoup d’esclaves et de gardes qui patrouillaient dans l’endroit. Le taux de criminalité était probablement faible en raison de cela, mais je doutais fort qu’il n’y ait pas de mafia par ici. Peu importe le monde ou l’endroit, il était très peu probable que l’on ne trouve aucune forme de crime organisé dans l’ombre. La Tête de Godet, par exemple, pourrait être considérée comme le début d’un groupe d’extorsion ou de bandits. Le plan était facile pour lui. À la guilde, il pouvait repérer les cibles potentielles et déterminer leur force approximative, une chose sur laquelle il avait manifestement échoué avec moi, et une fois qu’il les avait forcées à quitter la ville, il était libre de les traquer.

Quant aux nobles et aux riches, ils pouvaient faire à peu près tout ce qu’ils voulaient ici, à condition d’avoir les bonnes connexions pour les soutenir, comme le gars que j’avais « doucement » poussé hors de mon chemin.

Bref, c’était une ville avec beaucoup de problèmes, mais que seuls le roi et les individus d’ici pouvaient régler.

Tandis que je n’arrêtais pas de penser à ce genre de choses, nous étions finalement arrivés aux bains publics. C’était un bâtiment assez grand d’où beaucoup d’hommes et de femmes entraient et sortaient. Quand je l’avais vu, je m’étais tout de suite souvenu du bain public de l’Académie Fellyore dans le dortoir des étudiants, celui où j’avais surpris le vieux Tuberculus qui essayait de jeter un coup d’œil aux charmantes filles à l’intérieur.

« On te laisse ici, Illsy. Se retrouve-t-on à l’auberge ? » demanda Nanya.

J’avais haussé les épaules. « Bien sûr, je vais voir si je peux trouver une carte ou quelque chose... Voici la clé. »

Elle avait absorbé la clé pour être en sécurité.

« Ne t’attire pas d’ennuis, d’accord ? » déclara Nanya.

« D’accord ! » j’avais fait un petit signe de la main et j’étais parti.

En descendant la rue, j’étais passé devant le bain public, et au premier croisement, j’avais tourné à gauche. J’avais continué à marcher, puis j’avais tourné à droite, puis j’avais pris à gauche, et je m’étais essentiellement déplacé en zigzag. À un moment donné, un type en armure de cuir était passé devant moi et avait atterri la tête la première sur le sol.

J’avais cligné des yeux en raison de la surprise.

Il gémissait et il déclarait quelque chose en kalish. Ça aurait pu être un juron ou une malédiction, mais je n’avais pas pu le dire.

Avec une joue meurtrie, il s’était éloigné.

« Qu’est-ce que c’était que ça ? » m’étais-je demandé à voix haute. Puis j’avais regardé à ma gauche.

Sur le panneau, j’avais lu... Je n’avais rien lu parce que je n’avais aucune idée de comment lire ces gribouillis de poulet.

« Une façon de le savoir..., » avais-je dit. Puis j’étais entré dans le magasin.

L’endroit était rempli de cartes de haut en bas, très bien dessinées et remplies de détails. Il s’agissait de cartes de ce continent et même d’une partie d’Allasn et de Thorya. J’avais été très impressionné, alors j’avais jeté un coup d’œil rapide à certains d’entre eux, bien sûr, je n’avais aucune idée de comment les lire.

Soudain, j’avais senti quelqu’un derrière moi et je m’étais retourné. Il y avait un homme d’une trentaine d’années qui me regardait avec des yeux bruns aiguisés et des mains derrière le dos. Il avait une moustache courte et une coupe courte avec des cheveux noirs.

« Allô ? » avais-je dit. Et j’avais forcé un sourire.

Il avait parlé en charabia.

« Désolé, je ne comprends pas... Je vais partir et peut-être revenir avec un traducteur. Je suis intéressé par vos cartes..., » j’avais souri. Puis je m’étais tourné pour partir.

« Attendez, » déclara-t-il soudain en Shorayan.

« Connaissez-vous ma langue ? » lui avais-je demandé, surpris.

« Quel genre de cartographe pensez-vous que je suis ? Je m’appelle Cairen Talcaea ! » déclara-t-il fièrement.

« Je suis Illsyore, enchanté de vous rencontrer, » j’avais hoché la tête et offert ma main.

Il m’avait regardé, puis il avait regardé ma main.

« Je ne vais pas embrasser votre main. Êtes-vous fou ? » déclara-t-il.

« Euh... Désolé, une vieille coutume... Et ce n’est pas un baiser, mais une poignée de mains, » j’avais souri maladroitement.

« Oh ! Je vois. Drôle de coutume. Qu’est-ce que vous faites si l’autre vient de chier ? » demanda-t-il avec curiosité.

« Je prie les Dieux qu’il se lave les mains ? » J’avais souri en disant ça.

« Ha ! Et moi qui croyais être le seul à avoir fais ça ! » il avait souri et m’avait serré la main avant que je me retire.

« Je présume que le lavage à la main n’est pas une coutume dans ces régions ? » demandai-je.

« Malheureusement, non, » il secoua la tête.

« Eh bien, à propos de vos cartes. Puis-je en acheter ? » lui avais-je demandé.

« Certains ? » il m’avait regardé dans les yeux.

« Oui, » j’avais hoché la tête.

« Elles ne sont pas bon marché, » m’avait-il prévenu.

« Je peux payer, » avais-je répondu.

« Très bien alors. De quoi voulez-vous une carte ? Des donjons récemment découverts ? Je peux dessiner un étage entier si vous me le faites traverser une seule fois ! Que diriez-vous de quelques cartes des capitales ? Ou le monde entier ? » Il avait souri, puis il avait montré la plus grande carte, une avec les trois continents, et il m’avait dit qu’il n’y en avait pas d’autres.

« J’aimerais une carte de chaque capitale que vous avez, cette grande carte du monde entier, une carte détaillée de chaque continent, et je pense que c’est à peu près tout, » lui avais-je dit.

« Bien ! Bien ! » Il avait souri et il alla vite chercher les cartes que je lui demandais.

Pendant qu’il faisait cela, j’avais fait un arrêt rapide à la montagne d’or locale, l’emplacement, mon esprit intérieur. De là, j’avais ramassé quelques lingots d’or et je les avais transformés en boules de fantaisie avec des dessins dessus. J’avais déjà le modèle, donc en faire d’autres ne m’avait pas dérangé. Cette fois, j’avais essayé de faire raconter en gros l’histoire d’un vautour qui s’était envolé dans le ciel et était devenu une étoile, puis était retourné à la surface du monde en homme. C’était une façon simple et facile d’augmenter le prix d’une pièce de métal inutile.

Après avoir terminé, j’étais sorti de là et j’avais préparé les sphères comme paiement. Il y en avait trois, mais j’avais aussi fait un disque d’or plat à offrir en premier. J’avais prévu de l’utiliser d’abord pour lui faire savoir que je voulais faire du commerce avec de l’or, ensuite je pourrais marchander avec les sphères. Ces cartes ne peuvent pas être très chères, n’est-ce pas ?

« Voilà ! » Cairen avait dit ça après avoir roulé la dernière carte et l’avoir placée sur une pile de 26 autres.

« Combien ? » lui avais-je demandé.

« Toutes ces choses ? 146 Goldiettes ! » sourit-il.

Je pourrais avoir besoin de plus de sphères..., pensais-je alors avoir placé le disque sur le comptoir.

« Combien cela vaudrait-il ? » lui avais-je demandé.

« Hm ? Vous paierez ça en échange ? Eh bien... Voyons voir... Ça fait environ 12 Goldiettes, peut-être 14 ? » déclara-t-il.

Pour être honnête, c’était beaucoup.

« Et ça ? » J’avais ensuite placé la sphère sur la table.

« Hm ? Oh mon Dieu ! Qu’est-ce que c’est que ça ? Quelles belles inscriptions ! Est-ce une histoire ? Ces détails sont extraordinaires ! Où l’avez-vous eu, si je peux me permettre ? » il m’avait regardé avec des yeux curieux.

« Euh... Je l’ai trouvé dans un donjon, » avais-je dit avec un sourire maladroit.

« Intéressant ! Ça vaudrait environ 60 goldiettes ! » Il acquiesça d’un signe de tête.

« Alors, voici les deux autres. Avons-nous un marché pour les cartes ? » avais-je demandé avec un sourire en les plaçant sur son comptoir.

« Il y en a d’autres ? Mais avec le disque, ce sera plus cher que le prix que j’ai demandé ! Je ne peux pas les prendre..., » déclara-t-il en secouant la tête.

« Prenez-les, ça ne me dérange pas, » j’avais souri et j’avais pris les cartes au comptoir.

Ces morceaux de papier étaient beaucoup plus importants que certaines sphères que j’avais faites en un clin d’œil. D’une certaine façon, j’avais l’impression de tricher, mais c’était lui qui fixait le prix, donc gagnant-gagnant ?

« Très bien, si vous insistez, » il hocha la tête et prit les sphères et le disque sur le comptoir, les rangeant dans un cristal de stockage qu’il portait autour de son cou.

« Au fait, c’était quoi tout ça ? Je parle de l’homme qui a été jeté dehors tout à l’heure ? » lui avais-je demandé.

« Oh, ça ? Il est venu me demander une carte comme vous, mais il s’est moqué de mon nom. Par ici, Talcaea est aussi le nom d’une femme, » déclara-t-il.

« Alors, on a quelque chose en commun, Illsyore est aussi un nom de femme. Quoi qu’il en soit, merci encore pour les cartes. J’espère que nous nous reverrons de temps en temps, monsieur Cairen ! » lui avais-je dit en souriant.

« Bien sûr ! Quand vous voulez ! Pour les bons clients, ma boutique est toujours ouverte ! Et si jamais vous avez besoin de cartographier un donjon, je suis l’homme à appeler ! » déclara-t-il en riant.

« Je m’en souviendrai ! » j’avais ensuite quitté le magasin et j’avais absorbé les cartes.

Je voulais lui demander une chose, mais cela m’avait échappé.

***

Partie 3

Dès que je m’étais tourné vers la gauche, j’étais tombé sur quelqu’un.

« Argh ! Regarde où tu vas, mon garçon ! » m’avait dit le vieil homme.

« Je m’excuse ! » avais-je dit. Puis je l’avais vite relevé.

Il avait plus de 70 ans et portait une longue robe blanche, qui ne se salissait pas du tout, même après être tombé au sol. Pour rendre les choses un peu plus bizarres, il ne parlait pas en Kalish, mais en Shorayan.

« Hm ? Êtes-vous…, » l’homme m’avait regardé fixement un moment « Un chou ? » et inclina sa tête vers la droite.

J’avais tremblé, et avec un sourire forcé, je lui avais répondu. « Non. Est-ce que j’ai l’air d’un chou ? »

« Bon point ! » il claqua des doigts.

Regardant à gauche et à droite pour voir s’il y avait quelqu’un autour de lui, il avait mis sa main autour de mon cou et m’avait demandé : « Veux-tu voir quelque chose de bien, jeune homme ? Hehe, » il avait souri comme un pervers.

« Cela dépend..., » je lui avais jeté un coup d’œil et m’étais demandé si je ne devais pas simplement m’enfuir.

« BON ! » il m’avait giflé le dos. Malgré ma force, j’avais atterri la tête la première dans le sol.

« Argh ! » avais-je gémi.

Un petit vieil homme fort..., pensais-je en me levant.

« Allez, mon gars ! Ne reste pas planté là comme un vieux schnock ! » Il m’avait grondé.

« N’es-tu pas le vieux schnock ? » lui avais-je demandé en m’approchant de lui.

« Pffff ! » il avait craché. « Détails ! » il avait fait un signe.

J’avais plissé les yeux vers lui, mais j’avais décidé de le suivre de toute façon. Quel mal cela pourrait-il faire ?

« Tu me rappelles le bon vieux temps, à l’époque où je pouvais encore charmer une dame et ne pas la faire flipper avec mon sourire ! » déclara-t-il.

« Ne sont-elles pas un peu trop jeunes pour toi ? » lui avais-je demandé en plissant les sourcils.

« Quand on est un humain de 78 ans qui drague une elfe de 348 ans, c’est l’inverse, » sourit-il.

« C’est vrai, mais ton âge compte., » j’avais hoché la tête.

« Bah ! Détails ! Les vraies femmes n’aiment pas les apparences, mais le cœur ! » déclara-t-il en souriant.

« On dirait un conte de fées, » lui avais-je dit.

« Cela dépend, » il s’était arrêté et m’avait regardé. « Peut-être que d’autres t’ont rempli la tête avec l’idée d’un conte de fées quand ils avaient eux-mêmes trop peur de regarder le monde réel. L’orgueil, l’avidité et l’ego peuvent être de fortes barrières lorsqu’on nous dit de nous exprimer. »

« Je ne comprends pas, » déclarai-je.

Ses paroles étaient plutôt déroutantes, je devais l’admettre.

« Il n’y a rien à comprendre, » il secoua la tête. C’est simple. « La façon dont quelqu’un grandit la plupart du temps détermine les contes de fées qu’il a entre ses oreilles. Au lieu de développer leurs propres pensées, ils écoutent les idées des autres et ne voient pas le monde qu’ils peuvent construire par eux-mêmes, » avait-il dit en souriant.

« Tu veux dire des idées préconçues ? Des peurs ? Des trucs comme ça ? » lui avais-je demandé.

Il acquiesça de la tête.

« Il est beaucoup plus facile de vivre dans un monde où l’on connaît déjà les règles que d’essayer de tester le monde pour en écrire de nouvelles... juste pour soi, » sourit-il.

J’avais baissé les yeux un instant en y réfléchissant. Pour être honnête, je pouvais croire ces paroles, mais je n’avais aucune idée pourquoi il me disait tout cela.

« Ne comprends-tu toujours pas ? » me demanda-t-il.

« Non..., » j’avais secoué la tête.

« Ça, garçon ! Ceci ! » déclara-t-il, puis il alla derrière une elfe qui passait à côté de nous et tâtonna ses seins.

« Hé ! Qu’est-ce que vous... Ahn ~ ! » la femme s’effondra par terre, les joues rouges et frissonnantes un peu.

« Des nichons ! » sourit le vieil homme.

Mon train de pensée venait de s’arrêter... il s’était cassé.

« Vous, les jeunes, vous ne connaissez pas les joies des beaux seins ! Si vous le faisiez, vous comprendriez ce que cela signifie de bien de les tâtonner, de les apaiser, de les masser et de les traiter correctement, » il sourit et caressa la tête de la femme.

Elle l’avait regardé fixement et l’avait giflé aussi fort qu’elle le pouvait.

Le vieil homme s’était envolé dans le ciel et avait atterri sur un tas d’ordures pas très loin de moi.

« Hmph ! Pervers ! » la femme s’était enfuie en courant tout en me regardant fixement.

« Qu’est-ce qui vient de se passer ? » avais-je demandé en regardant le vieil homme.

Il riait.

« Oh oui ! Tu ne dois jamais faire ça à quelqu’un d’autre que ta femme ! » indiqua-t-il en pointant vers le ciel.

« Je vais faire comme si de rien n’était. Je ne veux pas aller en prison pour avoir été associé avec toi, » j’avais hoché la tête fermement et je m’étais éloigné.

« Attends ! » Le vieil homme m’avait attrapé la main.

« Quoi ? » lui avais-je demandé en le regardant.

« Fais une faveur à un vieil homme et écoute-moi, tu veux bien ? » sourit-il.

J’avais plissé les yeux vers lui.

« Soupir..., » et c’est ainsi que j’avais abandonné sans me battre.

« Bien ! Maintenant, suis-moi ! » déclara-t-il et se mit à marcher.

Il s’arrêta après quelques pas et sortit un poisson à demi mangé de sa robe. Après l’avoir jeté à la poubelle, il avait continué à marcher calmement. Un peu méfiant, je l’avais suivi, mais j’avais gardé l’œil ouvert pour le surveiller. Qui savait dans quoi ce vieux pervers pouvait me mener ?

À un moment donné, il s’était arrêté et m’avait demandé : « Sais-tu ce qui est le mieux ? »

« Euh... une tarte ? » avais-je répondu.

« C’est délicieux, mais non. Je parle des seins ! Grand ou petit ? Rond ou pâteux ? Plein d’entrain ou tombant ? Autant de variantes ! Autant de belles combinaisons ! » sourit-il.

« Pourquoi me demandes-tu ça ? » l’avais-je demandé en le regardant dans les yeux.

« Qu’est-ce que tu préfères ? » me demanda-t-il.

« Euh... je crois, pas de préférence, » j’avais haussé les épaules.

« Tu mens ! » il m’avait pointé du doigt.

« Comment ça ? » Je l’avais regardé en plissant les sourcils.

« Quoi qu’il arrive, un homme aura TOUJOURS une préférence ! Ce chef-d’œuvre exquis qu’il souhaite tenir entre ses doigts et ensuite le serrer ou jouer avec ! Les gros seins ont leur charme, et on dit que les petits représentent la justice ! » sourit-il.

« Comment peut-on... ? Tu n’as aucune logique, » lui avais-je dit.

En vérité, je n’avais jamais compris pourquoi les gens devenaient fous au détriment de la taille, de la forme et de tout le reste. C’est vrai. Je préférais les gros seins aux petits et d’après les animes et les mangas, je savais qu’il y avait beaucoup de préférences bizarres, mais dire que je m’identifiais à l’une d’elles était un peu exagéré. En plus, j’avais deux femmes et une El’Doraw. Mes trois préférences étaient gravées dans la pierre.

« Oui, tu n’es qu’un imbécile qui ne veut pas le reconnaître ! Au moins, tu n’es pas comme les autres imbéciles qui craignent d’agir..., » il haussa les épaules.

« Tu ne sais rien de moi, » je l’avais regardé dans les yeux.

« Bah, qui en a besoin ? Mais franchement, on n’est plus si loin ! » sourit-il.

J’avais un mauvais pressentiment.

Nous étions arrivés dans une ruelle, où il avait escaladé une grosse pile d’ordures. Mes sens aiguisés avaient détecté beaucoup de personnes derrière le mur, surtout des femmes. J’avais dégluti et suivi, élevant mon armure magique au maximum pour que la saleté ne me touche pas.

« Ici ! Ici ! Mais tais-toi ! » il m’avait pressé de venir.

« Quoi ? » J’avais plissé les yeux vers lui et puis j’avais regardé ce qu’il montrait du doigt.

« C’est le paradis, je te le dis ! Le paradis ! » déclara-t-il.

Ce qu’on regardait, c’était une petite fenêtre des bains publics. Devant moi se dressait une forêt de magnifiques fruits assez mûrs pour être cueillie. Certains étaient gros, d’autres petits, et les pruneaux avaient été immédiatement effacés de ma mémoire. Parmi eux, j’avais vu trois corps voluptueux trempés dans l’eau. Des sourires joyeux étaient sur leurs lèvres, et parmi toutes, elles étaient les plus belles de toutes les fleurs qui s’y trouvaient. Quant à leurs montagnes glorieuses, je ne pouvais que déglutir et être forcé d’admirer leur sérénité et leur divinité.

« Jeter un coup d’œil aux femmes nues est toujours la meilleure des choses ! Hehehehe ! » déclara le vieil homme pervers en essuyant une traînée de sang de son nez.

En effet, nous étions en train de jeter un coup d’œil aux femmes dans les bains publics, et parmi elles se trouvaient Nanya, Shanteya et Ayuseya. Elles étaient toutes belles, charmantes et étonnantes. Mais sur les trois, je n’avais été invité au lit que par Nanya.

« Tu sais, un vrai gentleman ne s’impose jamais à une dame, même si elle est belle. Cependant, si elle le tente, rit à ses touches et l’embrasse quand il ose, seul un imbécile se retirerait d’elle et nierait son plaisir, » déclara le vieil homme.

« Mais seulement si les deux s’aiment..., » avais-je ajouté à ses paroles.

« C’est pour ça qu’elles ont des seins ! Si tu les tripotes doucement, la femme dira ce qu’elle pense, et tu connaîtras aussi tes pensées ! Avant d’aller plus loin, tu sauras si elle a conquis ton cœur ! » m’avait-il dit.

J’avais secoué la tête devant ses bêtises. « Elles ont des seins parce qu’elles en ont besoin pour nourrir leurs bébés. C’est de la biologie de base, » je l’avais regardé en plissant mon front.

« Ils enchantent les yeux, nourrissent les jeunes, tempèrent la bête à l’intérieur de l’homme, et surtout, ils offrent la sensation de divinité à une femme dans son ensemble ! » il souriait et me tapota le dos.

« C’est vrai, mais... C’est du langage de pervers ! Dans certains endroits, ça s’appelle une agression sexuelle ! » J’avais secoué la tête.

« Je reste sur ma position ! Grands ou petits, les seins sont un trésor divin ! » le vieil homme avait ri assez fort.

« Illsy ? » La voix qui m’appelait me semblait étrangement familière.

Quand j’avais tourné la tête, lentement, j’avais vu Nanya debout de l’autre côté de la fenêtre, couvrant sa poitrine. J’avais dégluti.

« Ce n’est pas ce à quoi ça ressemble, » lui avais-je dit.

« Mhm..., » sourit-elle.

« Ouaip... Je suis mort. Je suis vraiment mort, » j’avais hoché la tête, et un seul coup de poing m’avait frappé si fort que je m’étais envolé hors de la ville.

Pour être franc, je n’avais aucune idée de ce qui était arrivé à ce vieil homme, mais j’étais sûr qu’il avait réussi à s’échapper. Les vieux pervers avaient ce genre de talent. [Fossilus Senilus Perviticus Disappearicus]

***

Partie 4

[Point de vue d’Ayuseya]

« Je ne peux pas croire ce qu’a fait cet idiot ! » déclara Nanya.

« Le maître voulait simplement jeter un coup d’œil sur nous, aucun mal n’a été fait, » ricana Shanteya.

« Je ne l’accepterai pas ! Il peut me regarder s’il le veut, mais Ayuseya et les autres femmes sont hors de question ! En plus, il parlait tout seul comme un fou, », Nanya haussa les épaules et retourna dans l’eau.

Les autres femmes autour de nous pouvaient enfin se détendre après la disparition du pervers. Elles n’avaient probablement pas remarqué qui c’était, puisque Nanya avait été la première à l’entendre et elle était tout de suite passée à l’action. Grâce à elle, les autres n’avaient pas vu Illsy là-haut, seul.

« Pourquoi suis-je hors de question ? » avais-je demandé à Nanya avec un peu de tremblement dans ma voix.

« Eh bien... Tu ne veux pas qu’il te regarde comme ça, pas vrai ? » demanda-t-elle.

« Pourquoi ? » lui avais-je demandé en plissant mon front.

Shanteya et Nanya se regardaient.

« Tu as été plus ou moins victime de ce mariage. Oui, Illsy t’a sauvée et c’est un bon gars et un gros pervers, mais on n’a jamais pensé que tu pensais à... eh bien... tu sais, » Nanya avait essayé de former ses mots, mais elle avait bégayé.

« Parce que je suis une princesse ? » leur avais-je demandé.

« Ça et... Nous n’avons jamais pensé que tu t’intéressais à lui en tant qu’homme., » dit-elle.

« Mais c’est le cas..., » j’avais plissé les yeux vers elles.

En effet, je n’étais pas du genre à exprimer correctement mon désir d’être avec lui, mais je pensais avoir clairement fait savoir que j’avais des sentiments pour lui. Mon cœur appartenait à Illsy, et ça ne me dérangerait pas d’être sa seconde femme après Nanya, mais il me semblait que je n’étais pas assez claire.

En regardant en bas, j’avais serré les poings sous l’eau. Je savais ce que je ressentais et je ne voulais pas qu’il me laisse tomber. Pourquoi devrais-je être laissée pour compte ? J’étais l’une de ses femmes, donc j’avais autant le droit qu’elles pour aller de l’avant avec lui.

Shanteya m’avait touché le bras, et avec un sourire, elle m’avait dit. « Tu n’as pas besoin de précipiter ces choses. »

Je l’avais regardée, puis Nanya. Elles pensaient toutes les deux la même chose, que je me précipitais.

« Et si ce n’est pas comme ça ? » avais-je demandé, mais ma voix était faible.

« Tu te souviens quand je t’ai dit que les démons peuvent être très possessifs avec leurs copains ? » demanda Nanya, inclinant la tête vers la gauche.

« Oui ? » lui avais-je demandé en plissant mon front.

« Bien qu’Illsy ait dit clairement qu’il nous aime toutes également, c’est un homme, après tout. Ça ne me dérange pas qu’il aime d’autres femmes, mais quand ces femmes désirent son corps... alors je pourrais devenir un peu... jalouse, » elle m’avait regardée fixement.

C’était une menace. Si je m’approchais trop d’Illsy, Nanya serait prête à m’attaquer pour l’éloigner de moi.

J’avais dégluti et regardé en bas, en évitant son regard.

« C’est ce que je pensais. Tu n’es pas encore prête, petite dragonne. Ne te précipite pas si tu n’es pas prête à te battre pour lui. Contrairement aux El’Doraws ici, nos espèces choisissent des compagnons, que nous revendiquons comme étant les nôtres. Si tu n’es pas prête à faire valoir tes droits sur lui devant les autres, alors tu ferais mieux de t’écarter ou d’attendre d’être assez forte pour le faire, » soupira-t-elle, puis elle se pencha plus près.

Elle avait relevé mon menton et j’avais regardé dans ses yeux noirs.

« Ne pleure pas, Ayuseya. Ce n’est pas ta faute... Ce n’est pas encore le moment, » elle avait souri et m’avait enlacée.

Est-ce que je pleure ? Je ne peux pas dire..., avais-je pensé.

« Quand tu te décideras, ton cœur sera clair comme de l’eau de roche. Quand il n’y aura plus de doute, plus de peur, plus d’inquiétude, ça ne me dérangera plus que tu l’aies pour une nuit ou deux, » elle avait souri. Puis elle était retournée à sa place. « Nous ne sommes pas des enfants. Ce n’est pas un jeu, princesse. Si tu le veux, tu le dis clairement, mais d’abord à toi-même et ensuite à lui. Une fois que ton cœur est clair, tu peux espérer que le sien l’est aussi. Sinon, tu attendras le sien. C’est aussi simple que ça, » avait-elle souri.

J’avais dégluti et j’avais baissé les yeux.

J’étais si indécise ? Non... Suis-je si indécise à ce sujet ? J’aime Illsy, non ? Ou est-ce que je me force à le faire parce que je me sens redevable envers lui... ? Est-ce que je ressens le besoin de lui rendre la pareille d’une façon ou d’une autre ? En regardant mon reflet dans l’eau, j’avais réfléchi.

« Eh bien, une bonne façon de le savoir est de te demander ceci..., » j’avais levé les yeux vers Nanya quand elle avait parlé. « Peux-tu l’imaginer te regardant nue et voulant que son regard affamé savoure ton corps ? Peux-tu t’imaginer être touché par un autre homme que lui ? Es-tu prête à laisser une autre femme, une étrangère, te l’enlever ? Peux-tu te laisser aller à l’abandonner même s’il dit non à ton amour la première fois ? Désires-tu et ne vois-tu aucun problème à porter son enfant ? » elle m’avait fait un petit sourire.

J’avais compris à ce moment-là que pour elle, ces questions avaient déjà reçu une réponse, mais pour moi, elles faisaient l’objet d’un débat et je ne savais pas comment m’en sortir.

Mon regard s’était lentement retourné vers mon reflet dans l’eau. Les paroles de Nanya résonnaient dans mon esprit, mais mon cœur était vide. Je ne pouvais pas faire la différence entre devoir, désir et dette.

Ce n’est pas juste..., avais-je réfléchi. Puis j’avais fermé les yeux un instant.

« Je suis désolée, mais je vais sortir plus tôt..., » avais-je dit aux deux femmes en me levant.

« On est à peine entrées ? » déclara Nanya en plissant les sourcils.

« Je sais que nous avons fait la queue et même attendu qu’ils remplacent l’eau, mais je ne peux pas rester plus longtemps... J’ai besoin de me vider l’esprit, de réfléchir, » lui avais-je dit. Puis je lui avais montré son sourire, mais ma douleur se reflétait dans mes yeux.

« Très bien... Je ne t’arrêterai pas, mais ne te perds pas, » elle se pencha vers l’arrière et ferma les yeux.

« Merci..., » avais-je dit. Puis j’étais sortie de là.

Je voulais me changer et sortir de là rapidement. Quand j’étais sortie du bain public, je m’étais efforcée d’empêcher les larmes de se répandre sur les joues.

☆☆☆

[Point de vue de Nanya]

« Ai-je été trop dure ? » avais-je demandé et poussé un soupir, mais j’avais refusé de tremper ma tête dans l’eau.

« Peut-être, » m’avait répondu Shanteya.

« Je ne lui fais tout simplement pas confiance..., » avais-je avoué. Puis j’avais regardé le plafond.

« Pourquoi ? » demanda Shanteya.

« C’est une princesse... Elle a été élevée différemment de nous, donc je ne peux pas vraiment dire si elle a les meilleures intentions pour Illsy ou non. Contrairement à nous, elle pourrait très bien retourner dans son royaume et y régner en reine. Toi et moi, nous sommes liées à Illsy pour la vie à partir de maintenant. J’en suis consciente et je suis prête à protéger mon mari avec ma vie s’il le faut, mais elle... Je n’ai jamais vu en elle la résolution d’aller aussi loin. Je n’ai jamais vu son désir de le poursuivre, sa conviction de rester à ses côtés et la force dans son cœur de ne laisser personne d’autre l’avoir, » avais-je dit.

« Tu penses qu’elle n’a pas cette résolution et cette conviction dont tu parles ? » me demanda Shanteya d’un ton calme.

« Hm..., » avais-je croisé les bras. « Je vais le dire ainsi. Si tu voyais une sorcière s’approcher de l’Illsy et que tu savais bien qu’elle avait de mauvaises intentions, que lui arriverait-il ? » lui avais-je demandé.

« Disons que je devrais m’excuser auprès d’Illsy pour avoir taché mes vêtements avec du sang étranger, » elle avait souri calmement.

« Eh bien, tu es un ancien assassin... mais oui, et je lui aurais cassé les jambes quelques fois, » avais-je haussé les épaules.

« Les hommes disent souvent que les femmes font peur, » Shanteya gloussa.

« Oui, maman m’a dit un jour que nous, les femmes, on est comme des prédateurs, et les hommes comme des agneaux. Même s’ils sont forts comme un ours, pour nous, ils sont des agneaux, c’est pourquoi tu dois t’assurer d’éliminer tous les autres prédateurs qui visent ta proie, » avais-je dit en riant.

« C’est une façon intéressante de le dire, mais tu n’as rien à craindre de moi, » Shanteya baissa les yeux.

« Pourquoi penses-tu cela ? » lui avais-je demandé.

« Nanya, je ne suis pas une idiote. Je peux le dire, » elle m’avait montré un sourire peiné.

« Qu’est-ce que tu veux dire ? » avais-je plissé mon front.

« Contrairement à toi et Ayuseya, je suis... sale, impure, » déclara-t-elle.

« Illsy s’en fout de ça, » avais-je déclaré.

« À l’extérieur, non... Il dira toujours qu’il s’en fiche, mais à l’intérieur, c’est une autre histoire. Peut-être même qu’il ne s’en rend pas compte, mais le fait qu’il m’ait gardé comme son esclave en est la preuve. Il ne s’agit pas du pouvoir de son bonus, Nanya. C’est à propos de ce qu’il ressent vraiment pour moi. Ayuseya et toi, il vous aime, mais je suis aimée d’une autre façon. Je suis aimée comme une amie... un compagnon, mais pas comme une épouse, une amoureuse, » elle m’avait montré un sourire peiné.

« Ce n’est pas vrai, » avais-je essayé de dire, mais même moi, je doutais de mes propres paroles.

« Une simple question fait toute la différence... et me poser la question s’est avéré être son épreuve la plus difficile. Je ne vais pas être celle qui lui demandera de faire de moi sa femme parce qu’à ses yeux, je ne le suis pas, » elle secoua la tête. « Au fond de lui, il attend que je dise que je veux être libre. Une fois que c’est fait, il n’y a aucune chance pour lui de le regretter. »

« Pourquoi le regretterait-il ? » avais-je demandé en étant un peu confuse.

« Aux yeux de tous, une femme qui a été touchée par un autre homme est une femme sale... c’est une vérité que tous les cœurs déclarent. Personne ne veut que la marchandise soit transmise, » elle baissa les yeux vers son reflet dans l’eau, mais elle ne pleura pas.

« Shanteya... ce n’est pas vrai, » l’avais-je redit, mais cette fois, j’avais enlacé une femme. « C’est juste un idiot qui a besoin d’un peu de temps... et s’il ne le fait pas... demande-lui de te libérer. Si Illsy ne peut pas t’aimer, alors je suis sûre que quelqu’un le fera, » lui avais-je dit.

À ce moment-là, je l’entendis gémir.

« Mais si je veux Illsy, et que je ne veux pas d’un autre homme ? Et si je ne veux que lui ? » elle s’était mise à pleurer.

La femme assassin forte pouvait enfin pleurer, tout cela à cause d’un idiot pervers que nous aimions toutes et dont nous nous souciions profondément. Pourtant, une chose était restée vraie... ce genre de choses avaient leur propre façon de se résoudre, et parfois cela prenait du temps même lorsque vous les leur disiez carrément en face.

☆☆☆

[Point de vue d’Illsyore]

J’avais atterri dans un buisson et effrayé une meute de loups...

Heureusement que j’avais mon armure magique, sinon, j’aurais marché avec un coquard et quelques côtes cassées. D’autre part, je n’avais aucun regret quant au paysage divin que l’on m’avait donné à voir. Malheureusement, ce vieux pervers avait dû aussi le voir.

Pourquoi ma bien-aimée Nanya et Ayuseya, devraient-elles être regardées par un vieil homme qui pouvait à peine tenir le coup ?

C’était inconcevable, mais avant de pouvoir me plaindre davantage, je devais retourner en ville. D’un pas léger, j’avais commencé à courir vers là-bas. Importante avait été la surprise des gardes quand ils m’avaient vu.

Ils m’avaient demandé quelque chose dans leur langue, mais je ne comprenais pas leurs mots.

« Je ne comprends pas ce que vous dites, puis-je passer ? » leur avais-je demandé.

Ils s’étaient regardés l’un l’autre et m’avaient regardé à nouveau. Je ne savais pas s’ils me laissaient passer, alors j’avais tenté ma chance. S’ils me repoussaient, je pouvais toujours sauter dedans. Heureusement, ils ne m’avaient pas arrêté. Mais si j’expliquais aux gardes que j’avais été frappé au visage par ma propre femme pour avoir essayé de jeter un coup d’œil aux femmes nues dans les bains publics, ils essaieraient très probablement de m’arrêter.

Après avoir marché un peu, j’avais été accueilli par quelqu’un.

« Illsy..., » déclara Ayuseya.

« Qu’est-ce que tu fais ici ? » avais-je demandé, surpris.

« J’aimerais..., » elle baissa les yeux, puis elle regarda à sa gauche. « Je..., » elle m’avait regardé après ça et elle s’était arrêtée, regardant le sol à nouveau.

« Franchement, dis-le. Qu’est-ce qui te tracasse ? Tu es ma femme après tout ! » lui avais-je montré un sourire éclatant.

Elle s’était mordu la lèvre inférieure et m’avait regardé dans les yeux. Après avoir dégluti une fois, elle avait finalement trouvé le courage de s’exprimer.

« Je veux te parler... en privé, » déclara-t-elle.

« D’accord... Retourne-t-on à l’auberge ? » lui avais-je demandé.

« Non, » elle secoua la tête et serra les poings, elle s’inclina et demanda. « Peux-tu, s’il te plaît, m’emmener en dehors de la ville et nous y faire une chambre ? »

« Bien sûr..., » avais-je dit en étant un peu décontenancé, car je n’avais aucune idée d’où tout cela venait, mais si elle voulait avoir une discussion honnête avec moi, alors qui étais-je pour lui refuser cela ?

***

Chapitre 54 : L’étreinte d’une princesse

Partie 1

Les deux lunes de ce monde brillaient au-dessus de nous, entourées d’innombrables étoiles scintillantes. Il s’agissait d’une nuit parfaite pour observer les étoiles surtout avec si peu de nuages qui rôdaient au-dessus, et la lumière projetée par les lunes était assez brillante pour éclairer notre chemin à mesure que nous nous éloignions de plus en plus d’Ellora.

Lunaria était la lune toujours présente dans le ciel sombre. Son visage jaune rempli de cratères me rappelait la vieille Lune sur Terre. Beaucoup d’histoires de l’ancien s’étaient concentrées autour d’elle. Bien que j’en connaissais quelques-uns, je n’avais pas encore lu ou entendu les mythes et légendes entourant les belles lunes de ce monde. Lunaria était jaune, mais sa petite sœur, Lunoria, était comme un beau rubis non taillé. L’ombre de la grande lune était projetée sur celle qui se trouvait derrière elle, la cachant partiellement.

Une fois que nous avions atteint une distance raisonnable de la ville, pas trop près de la forêt entourant cette dépression, j’avais étalé mon Territoire de Donjon et recréé la pièce d’hier.

En entrant, j’avais allumé les lumières à l’aide d’un cristal de puissance lumineuse et j’avais allumé un petit feu au milieu. Comme je n’avais pas de cristal de stockage comme Nanya, il me restait à créer une cheminée pour le feu. J’avais aussi ajouté un petit cristal de puissance destiné à contrôler l’air autour de lui. De cette façon, j’avais créé un courant d’air ascendant pour extraire la fumée.

« Fait comme chez toi, » avais-je dit. Puis j’étais entré après Ayuseya.

J’avais fermé la porte derrière nous. Si je me souviens bien, j’avais donné la clé de notre chambre à Nanya à l’auberge, donc il ne devrait y avoir aucun problème avec les autres. Elles me regarderont avec suspicion, sans aucun doute, mais j’avais le sentiment que j’allais survivre.

Ayuseya avait regardé autour d’elle pendant un moment, puis elle s’était assise devant le feu comme elle l’avait fait la nuit précédente. J’avais fait la même chose et j’avais frappé les braises avec un tisonnier, pour remuer un peu les flammes. Il y avait un silence grave entre nous deux, on n’entendait que les crépitements du bois, et par conséquent, je commençais à me sentir plutôt mal à l’aise.

Cette situation... n’est-ce pas un peu gênant ? En regardant Ayuseya.

Ses joues étaient d’un rouge vif, et ses yeux étaient concentrés sur les flammes qui dansaient devant elle. Sa grosse poitrine bougeait lentement, alors qu’elle jouait avec ses doigts sur ses genoux, remuant comme si elle ne savait pas trop quoi faire ou peut-être quoi dire.

Si c’était comme ça, je ne doutais pas que nous ferions quoi que ce soit avant la fin de la nuit, alors j’avais décidé de briser le silence.

« Est-ce que tout va bien ? » avais-je demandé et cherché le moindre changement dans son comportement.

Elle avait bougé et m’avait regardé en retour. Quand elle avait rencontré mes yeux, elle avait vite détourné les yeux.

« Je-Je-Je-Je vais bien, » elle bégayait un peu.

« Hm ? » avais-je plissé les yeux.

Un autre instant de silence s’était emparé de nous, menaçant de noyer notre conversation au plus profond de la nuit.

« De quoi voulais-tu parler ? » lui avais-je demandé. Puis j’avais placé le tisonnier à côté de moi.

« Euh..., » elle avait baissé les yeux, puis m’avait regardé après quelques secondes.

À quoi pense-t-elle ? m’étais-je demandé.

☆☆☆

[Point de vue d’Ayuseya]

Illsy m’avait éloignée d’Ellora, la capitale du royaume d’Aunnar, et avait recréé la petite maison dans laquelle nous avions dormi la veille, mais je sentais mon cœur battre dans ma poitrine à chaque pas que nous faisions, de plus en plus loin de Nanya et des autres. C’était aussi la première fois depuis que j’étais seule avec lui en dehors de son Esprit Intérieur. C’était embarrassant, et je pouvais à peine rester immobile.

Mon esprit était rempli de toutes sortes de pensées sur ce que je devais faire et ce que je devais dire. Plus j’étais seule avec Illsy, plus j’avais l’impression que les paroles de Nanya étaient vraies. Elle avait raison, je n’étais pas prête.

Ayant été élevée comme la princesse du royaume de Teslov, on ne m’avait jamais vraiment appris comment approcher un homme. Mon but était simplement de m’offrir à ses désirs, donc la séduction était l’une de mes compétences les moins appliquées et les moins cultivées, contrairement à Shanteya ou Nanya. Ces deux-là pourraient facilement charmer Illsy, sans parler du fait que la démone pourrait être un vrai renard rusé si elle s’y mettait.

D’un autre côté, j’avais du mal... Le rôle d’une princesse de Teslov était à assumer, pas à prendre. J’étais censée laisser Dankyun m’avoir, pas le fuir. Bien qu’ayant reçu des cours dans beaucoup de choses, le combat et l’amour étaient deux choses que je n’avais jamais abordées. Maintenant, je souffrais des conséquences.

Pourquoi suis-je venue ici ? Quel est le but ? Pourquoi ? J’avais alors imaginé l’une des situations dont Nanya m’avait parlé, celle où je me révélais complètement à Illsy. Je ne peux pas faire quelque chose comme ça ! Je ne peux pas ! J’avais crié dans mon esprit plus embarrassé que tout, puis je m’étais souvenue cette nuit-là, dans l’Esprit Intérieur d’Illsy, quand je m’étais approchée de lui en ne portant rien d’autre qu’un morceau de tissu. J’avais envie de creuser un trou et de m’y cacher. Où ai-je trouvé le courage de faire une chose pareille ? Non ! Non ! J’avais fermé les yeux et serré les mains en poings.

« Ayuseya ? » Illsy m’avait appelée, et je l’avais regardé.

« O-oui ? » J’avais essayé de sourire, mais mon visage s’était tordu maladroitement.

« Pfft ! » Il avait ri.

La réaction inattendue m’avait un peu choquée.

Est-ce si drôle que ça ? m’étais-je demandé. Et j’avais plissé mon front.

« Désolé ! Désolé ! » déclara-t-il en levant la main pour m’empêcher de le gronder pour son rire.

Illsy devient idiot..., pensai-je, puis j’avais regardé les braises.

Grâce à ce moment, une partie de ma tension s’était envolée, et je n’avais pas l’impression que ma tête allait exploser dans une bouffée de fumée.

J’avais pris une grande respiration, puis j’avais expiré.

En prenant une pose plus digne, je m’étais giflé les deux joues. Le son résonnait dans toute la pièce, et j’avais l’impression d’avoir le visage poignardé par des milliers d’aiguilles. J’avais failli crier.

« A-Ayuseya ? » Illsy avait été surpris.

Je dois le faire... Comme Nanya l’a dit... Si je ne peux pas le faire, je ne le saurai même pas par moi-même et je continuerai à m’enfuir..., avais-je pensé, puis j’avais regardé Illsy avec un regard déterminé dans les yeux.

☆☆☆

[Point de vue d’Illsyore]

OK ! Je ne m’attendais pas à cette gifle. Un rougissement, un visage drôle, puis une gifle, et maintenant elle me regardait comme si j’étais une sorte de criminel à la cour.

Ai-je fait quelque chose dont je ne suis pas au courant ? Est-ce parce que nous avons évité d’entrer dans la boutique plus tôt ? Mais rien n’était bon là-bas ! Elle a peur que je m’en prenne à Tamara ? Désolé de la décevoir, mais je ne la touche pas même si elle est techniquement une adulte pour son espèce, à mes yeux ce n’est qu’un chat et une enfant. J’aime les femmes bien développées ! Mais si ce n’est pas ça, alors quoi ? Où ça ? Comment ? Hein ? Alors que je tourmentais mon esprit pour trouver une réponse au comportement bizarre actuel d’Ayuseya, la draconienne avait encore fait quelque chose d’inattendu.

Debout devant moi, elle avait fait un pas en arrière et s’était déshabillée. Je ne pouvais rester là que les grands yeux ouverts en voyant les gantelets de métal tomber sur le sol, puis la ceinture de cuir et son épée, sa paire de bottes. Puis elle avait enlevé sa robe, l’avait laissée tomber un peu plus loin et avait révélé l’armure en cotte de mailles que j’avais conçue pour qu’elle soit utilisée en dessous. Elle l’avait enlevée et l’avait déposée sur la pile. Sa poitrine affichait un peu de soulagement d’avoir été libérée du surplus de poids, mais les montagnes sacrées étaient encore bien couvertes par un autre morceau de vêtement, le soutien-gorge à volants qu’elle portait. Sans s’arrêter, la princesse draconienne avait continué en retirant ses jambières de satin et en les jetant sur la pile. Elle n’avait plus que sa culotte et son soutien-gorge blancs.

J’avais dégluti et avais regardé la femme presque nue devant moi, me demandant s’il était enfin temps pour moi d’agir avec elle.

Est-ce qu’elle le voulait à ce point ? Est-ce que je l’ai négligée ? m’étais-je demandé.

Rougissant fortement, Ayuseya baissa les yeux et bougea un peu avant de continuer à enlever les deux derniers morceaux de tissu qui recouvraient son corps. Avec la queue enroulée devant elle, elle se couvrait la poitrine de la main gauche et la région inférieure de la main droite, le draconien était aussi érotique qu’elle pouvait l’être.

J’avais encore dégluti et j’avais ouvert la bouche comme un loup affamé. C’était probablement la première fois dans sa vie qu’Ayuseya se présentait ainsi devant un homme. Avec encore un morceau de vêtement sur elle, elle se montrait volontiers à moi, et je savais déjà où elle voulait en venir.

« Je..., » murmura-t-elle, puis elle ferma les yeux un instant.

Quand elle les ouvrit, elle avait pris une grande respiration, et retira ses mains et sa queue, se montrant complètement à moi. Il n’y avait rien pour cacher son corps magnifique, mais en même temps, je pouvais voir les détails de ses écailles dorées. Normalement, elle en avait sur le haut des bras, les cuisses, les côtés de sa poitrine, mais pas sur ses seins. Une couple d’écailles, d’aspect lisse et d’une couleur or clair, forment une petite région protectrice autour de ses parties intimes.

Alors, les écailles remplacent les poils pour eux ? avais-je pensé et puis j’avais regardé ses yeux.

☆☆☆

[Point de vue d’Ayuseya]

Je l’avais fait maintenant !

Comme Nanya l’avait dit, plus ou moins, j’avais enlevé tous mes vêtements et je m’étais révélée complètement à Illsy. Je n’aurais pas pu imaginer à l’époque à quel point cela serait honteux, ou plutôt embarrassant... très embarrassant, mais c’était vrai... Je ne voulais pas me cacher de son regard.

En voyant ses yeux bouger sur mon corps, je sentais mon cœur se réchauffer, battre vite et s’il détournait les yeux... Je me sentirais triste.

Pour répondre à la question de Nanya, je voulais qu’il me regarde, qu’il me serre dans ses bras et me mette dans la même situation que ce qu’il avait fait avec la démone, mais je ne savais pas comment... Je ne pouvais même pas bouger.

Puis il y avait eu l’autre chose... La question sur le désir d’avoir une emprise sur Illsy. Plus je pensais à me donner à lui et à l’accepter comme le mien, plus je sentais le besoin de le protéger, d’empêcher les autres d’avoir un morceau de lui. Je ne pouvais pas supporter l’idée qu’une femme vienne ici pour le séduire hors de ma portée, si c’était possible, mais s’il y avait... Je voulais l’éloigner d’Illsy.

***

Partie 2

[Point de vue d’Illsyore] 

La chose la plus stupide que j’aurais pu faire dans ce cas était de lui demander pourquoi elle avait enlevé ses vêtements. C’était clair ce qu’elle voulait, et je pouvais le lire dans son langage corporel, les mouvements, le rougissement, son regard, tout criait à quel point elle était gênée et combien il lui fallait de courage pour faire ça.

Puis, j’avais dû me rappeler qu’elle était une princesse, une personne de la famille royale. Quoi qu’il arrive, la façon dont elle avait été élevée était différente de celle des autres. Peut-être que dormir dans le même lit que moi et les autres filles lui avions offert un peu de courage, mais à la fin... ce qui comptait le plus, c’était la façon dont elle cachait ses propres désirs et peurs.

Jusqu’à présent, je n’y avais jamais pensé trop sérieusement. Nous avions voyagé ensemble, nous nous étions battus ensemble, nous avions dormi et manger ensemble, mais essayer de déterminer quelles mesures je devais prendre pour renforcer ma relation avec Ayuseya n’avait jamais été sur ma liste de choses à faire pour la journée.

Pendant tout ce temps, elle y avait probablement pensé de son côté, se demandant peut-être si elle était assez bien pour moi ou moi pour elle. Le jeu politique était aussi une chose à laquelle elle devait bien réfléchir. J’étais un Seigneur du Donjon et elle était une princesse draconienne. Nous étions plus ou moins comme Roméo et Juliette, sans l’empoisonnement et sans les vieux idiots qui décidaient seuls des choses stupides. Mais si quelqu’un à Teslov avait l’intention de faire de ma vie amoureuse une tragédie, j’étais sûr de lui faire rencontrer un Seigneur du Donjon Divin en colère. Teslov pourrait se passer de sa capitale, non ?

Ainsi, je n’avais pas attendu que les mots quittent mes lèvres ou mes questions pour être posés en vain. J’avais simplement approché la belle déesse devant moi et je lui avais donné un doux baiser. Nos lèvres étaient collées l’une à l’autre pour l’éternité et quand nous nous étions séparés, j’avais regardé son regard fiévreux. D’un simple contact, j’avais déplacé mes doigts sur sa peau nue et quand j’étais arrivé à la base de sa poitrine, je lui avais appliqué une légère pression.

« Ahn ~ ! » était le doux gémissement qui échappait à ses lèvres séduisantes.

Je suppose que ce vieil homme fou avait raison sur une chose, le cœur d’une femme était révélé lorsque l’homme qu’elle aimait touchait son corps.

À partir de ce moment-là, la pièce de théâtre avait fait partie de l’histoire... Je m’étais déshabillé, et nous avions tous les deux utilisé le lit confortable de notre chambre. Parce que nous étions si loin de la ville, il n’y avait même pas besoin d’utiliser une sorte d’enchantement antibruit.

À noter également : utilisez la prochaine fois un enchantement antibruit au lieu de reconstruire la pièce avec des matériaux absorbant le son.

Le lendemain matin, longtemps après le lever du soleil...

Ayuseya avait sa queue enroulée autour de mes jambes comme Nanya le faisait habituellement au réveil. J’avais appris que c’était leur façon de dire qu’elles me considéraient comme leur partenaire. Sur une autre note, la draconienne était étonnamment souple et d’une endurance féroce. Les stats supplémentaires de mon bonus faisaient des merveilles, mais quand nous l’avions fait la première fois, elle avait agi d’une manière terriblement timide de ce côté-là. Je l’avais prise lentement et j’avais apprécié chaque partie de son corps. Le compteur de plaisir avait toujours été réglé au maximum, sans faute.

Malheureusement, il n’était pas question de comparer les deux. Ayuseya avait ses propres atouts, mais Nanya aussi. Elles étaient inexpérimentées, mais elles avaient toutes les deux appris vite. La taille et la différence dans les formes de corps étaient ce qui leur offrait probablement une sensation différente. Quoi qu’il en soit, ce fut une soirée mémorable et des plus agréables.

« C’était... assez surprenant, » avais-je dit en lui caressant le dos.

Étant la plus grande, elle m’enlaçait.

« Oui, je n’ai jamais... Je n’aurais jamais pensé qu’on ferait quelque chose comme ça... C’était..., » elle s’arrêta et continua avec un baiser.

Ayuseya contrairement à Nanya était un peu plus câline.

« Je vais prendre ça pour “incroyable”, » j’avais hoché la tête et je l’avais serrée dans mes bras.

« Ahn ~ ! » elle avait poussé un joli gémissement et m’avait embrassé à nouveau.

Pour une raison inconnue, elle embrassait mieux... ou apprenait très vite.

Une fois que nos lèvres s’étaient séparées, elle m’avait mis la tête dans sa grosse poitrine confortable.

« Tu sais, je ne m’attendais pas à ce qu’on fasse ça ce soir, » dit-elle en riant.

« Tu t’attendais à quoi ? » lui avais-je demandé.

« Une simple conversation... Je voulais du temps seul pour parler de ce qui se passe entre nous. Je me sentais un peu... pas à ma place, mais après ce soir, je sais ce que je voulais..., » elle ronronnait d’une manière séduisante.

« Et c’est ça ? » lui avais-je demandé.

« Toi... Je voulais te faire mien, et maintenant tu l’es, » elle embrassa mon front et enroula sa queue autour de ma taille.

Les écailles étaient lisses, mais elle avait habilement empêché les parties les plus tranchantes de me faire mal.

« Je suis content d’être à toi, mais tu sais que tu dois partager, non ? » lui avais-je dit. Puis je lui avais donné un autre baiser.

« Avec celles qui sont tes femmes, oui, mais avec des femmes viles qui veulent te piéger ou t’éloigner de moi... Je vais leur arracher les tripes ! » Pour la première fois, j’avais senti une intention meurtrière émaner de la belle draconienne.

C’était un peu effrayant, et si j’ajoutais la démone au compte, les choses ne finiraient certainement pas bien pour celles qui oseraient me séduire.

« Et si c’était moi, qui tentait de la séduire ? » avais-je demandé avec un faible sourire.

« Je vais te faire changer d’avis, » elle baissa la tête et me mordit doucement le cou.

« Aïe ! » avais-je dit. Mais cela n’avait pas fait mal.

« Hehe ! Tu es à moi, Illsy ! Je te partagerai avec Nanya et Shanteya parce que je sais que les deux te partageront avec moi, mais je ne te donnerai pas à une autre femme. Si tu oses entrer dans un bordel, je te traquerai et je te sortirais de là. Si ces shikaks osent te toucher, je leur ferai très mal ! » elle me serra dans ses bras.

« J’ai compris, » déclarai-je.

J’avais dû admettre que j’aimais cette partie possessive de Nanya et elle. Tant qu’elles n’avaient pas jusqu’à se disputer pour moi, ça allait être génial de les avoir dans le coin ! Mais je n’avais pas pu m’empêcher de tâtonner encore une fois ma femme draconienne, mais il était hors de question qu’elle recommence à le faire. Nous étions tous les deux courbaturés. Je pouvais me régénérer, mais... parfois, il fallait apprécier le moment tel qu’il était.

« Je voulais te demander quelque chose. Mais qu’est-ce qu’un shikak ? » avais-je demandé avec curiosité.

Je l’avais entendu d’innombrables fois. Je savais qu’il s’agissait d’un mot maudit ou d’une insulte, mais je ne savais pas ce qu’il signifiait vraiment.

« Oh ça... Tu sais ce qu’est une prostituée, non ? » demanda-t-elle.

« Le genre de femme à qui je ne demanderai jamais les services à cause de ma mignonne épouse draconienne ? » avais-je répondu d’une manière que je considérais comme sûre.

« Bonne réponse ! Eh bien, le shikak est un type de femme qui offre un service similaire, mais qui est employée pour l’offrir aux esclaves ou parfois aux animaux domestiques de ceux qui les emploient. C’est un terme très humiliant en comparaison duquel une pute a l’air d’être une femme respectable. Les femmes qui font habituellement ce genre de travail sont considérées comme cassées dans leur tête ou indésirables, même par les plus petits des roturiers. Dans de nombreux royaumes, leurs pratiques sont considérées comme illégales par les groupes religieux locaux, et dans mon royaume, elles sont complètement interdites et même condamnées à mort par décapitation si elles sont reconnues coupables de tels actes. Bien sûr, le mot reste une insulte. M’appeler moi ou un noble shikak t’accorderait au moins 50 ans de torture avant d’être tué. Mais je comprends que certains royaumes ont légalisé ce genre de... pratique, » elle secoua la tête à la dernière partie.

« En d’autres termes... c’est extrêmement insultant, » avais-je dit en la regardant dans les yeux.

« En effet, mais mon cher, ne parlons pas de telles choses maintenant, » dit-elle et me montra un joli sourire.

« Ce n’est pas mon intention, j’étais juste curieux... Mais je suppose que les esclaves n’ont pas le droit de se marier, non ? » Je l’avais regardée.

« Ils le peuvent. C’est le fait de payer quelqu’un pour faire ces choses dégradantes qui dérange les gens. Cependant, les mariages d’esclaves sont très rares et nécessitent généralement l’approbation du maître pour libérer lesdits esclaves. Si un maître tombe amoureux de son esclave, il peut la relâcher, mais les gens ne le regardent pas avec de bons yeux, et sa famille peut s’y opposer. Le mariage est souvent considéré comme un bon moyen d’apporter plus de pouvoir à la famille, » elle m’avait expliqué et m’avait rappelé sa propre situation avant que je ne la libère de cette malédiction.

Fondamentalement, même si elle était une princesse, elle était aussi utilisée par sa famille et son pays pour aligner les intentions d’un Suprême avec celles de la famille royale. Ils auraient été protégés par lui et il lui aurait alors accordé une autorité et un contrôle limités sur la nation. C’était une sorte d’entente gagnant-gagnant, mais les décisions et les opinions des parties concernées n’avaient pas d’importance.

La princesse n’avait qu’à hocher la tête comme une bonne petite marionnette.

J’avais donné un autre baiser à Ayuseya et l’avais laissée chasser ces pensées.

Environ une demi-heure plus tard, nous pensions enfin à nous lever du lit et peut-être à retourner vers les autres. Mon estomac grognait et le sien aussi. Après une telle nuit, nous avions besoin d’énergie et peut-être d’un petit moment de sommeil, mais la dernière partie n’était pas obligatoire.

Au lieu du feu au milieu de la pièce, j’avais fait une baignoire assez grande pour nous deux. L’eau avait été chauffée à la bonne température et on s’était glissé dedans. Nous avions fini par faire un autre tour plutôt que de nous laver correctement, donc pour être juste, j’avais aidé mon mana à se régénérer un peu. Après s’être amusés dans le bain, on s’était changés. Ayuseya m’avait fait convoquer l’une de ses grosses commodes, et elle avait déterré une robe rouge à l’allure sobre, sans fioritures, sans ficelle d’or ou autre chose qui lui avait donné l’air de coûter un bras et une jambe. Elle en avait beaucoup plus jolies, mais si elle les portait, tout le monde saurait qu’elle était d’origine noble.

Je n’avais fait que laver mes vêtements et les sécher rapidement avant de les remettre. Après être sorti, j’avais absorbé toute la bâtisse, et nous étions retournés en ville à pied.

« Ayuseya, je voulais te demander, mais..., » je l’avais regardée, « Est-ce que j’ai eu l’air un peu... étrange dernièrement ? » Je lui avais montré un sourire maladroit.

Elle avait cligné des yeux et incliné la tête. « Non, pourquoi ? Il y a un problème ? »

Je soupirai et levai les yeux vers le ciel.

« Eh bien... récemment, j’ai eu quelque chose en tête..., » avais-je dit, mais je m’étais arrêté et j’avais fermé les yeux.

Est-ce la bonne chose à faire ? Dois-je lui parler à propos des Ténèbres ? Je ne veux pas l’inquiéter inutilement... Je sais déjà qu’elle ne peut rien y faire. Je sais déjà que c’est mon fardeau... c’est mon défi... mais...

Pendant que mes pensées tournaient en rond, quelque chose de chaud me touchait les joues et me relevait le menton. En ouvrant les yeux, j’avais vu Ayuseya me regarder d’un front plissé.

« Quoi ? » demandai-je, surpris.

« Tu peux tout me dire. Je suis ta femme, » m’avait-elle dit.

J’avais cligné des yeux, surpris, puis je lui avais montré un doux sourire.

« Oui... Tu l’es, » j’avais hoché la tête et pris ses mains dans les miennes. « Par où dois-je commencer ? »

« Depuis le début, » me répondit-elle d’un ton doux.

« Je crois que Nanya t’a raconté comment j’ai vu le jour, » demandai-je.

« Oui, tu as été construit par le directeur de l’Académie de Magie de Fellyore, Tuberculus. Que les dieux reposent son âme, » elle avait fait une tête triste pendant un moment.

Ah ! J’avais oublié qu’elle était là quand il a été tué par les hommes de Dankyun, pensais-je, mais je continuais à lui parler de mon secret.

« Eh bien, il m’a fait à partir des différentes parties d’autres donjons. Je ne suis pas né comme un donjon habituel et peut-être grâce à cela, je suis un peu spécial. Cependant, il y avait un problème..., » j’avais poussé un soupir et j’avais regardé en bas.

« Problème ? C’est à propos du vol de la culotte de Nanya ? » me demanda-t-elle.

« NON ! » avais-je rétorqué.

« Alors ? »

« Eh bien, tu sais qu’un Donjon naît avec un Corps ou un Noyau de Cristal. L’esprit dudit donjon est situé dans tout le corps, contrairement à celui d’un être humain dont le cerveau est le centre. Quand un donjon est détruit, le noyau se brise, mais des morceaux de son esprit restent dans chacun de ces cristaux. »

« Ça, je ne le savais pas, » dit-elle.

« Ouais, peu de monde le sait... y compris Tuberculus. Il a reconstitué mon corps de cristal initial et a ensuite utilisé un sort pour... me donner vie, » déclarai-je.

« Tu es donc un mort-vivant ? » demanda-t-elle en clignant des yeux, surprise.

« T’ai-je donné l’impression d’être un mort-vivant hier soir ? » demandai-je.

« Non, tu étais bien vivant et dur ! » elle gloussa et rougit.

« Donc, quand Tuberculus a jeté ce sort, je suis né, mais les souvenirs des anciens donjons n’ont pas été effacés, » déclarai-je.

« Tu dis qu’il y a un autre esprit dans tes pensées ? » demanda-t-elle en plissant son front.

« Non seulement un, mais d’innombrables... Ils forment ce que j’appelle Les Ténèbres. Pour dire les choses simplement, je n’avais pas de meilleur nom pour ce que ces esprits sont devenus, » j’avais haussé les épaules.

« Sont-ils un danger pour toi ? » demanda-t-elle.

« Non, du moins pas maintenant. Malheureusement, je n’ai aucun contrôle sur eux, et ils n’aiment pas l’idée que je sois si gentil et si bon avec toi et les autres. Ils veulent que je commence à construire des donjons mortels, à capturer des aventuriers, tu sais... les choses habituelles des autres donjons, » j’avais soupiré. « Du bon côté des choses, ils ne sont pas non plus capables de me contrôler. »

« Ce n’est pas bon signe..., » déclara-t-elle.

« Non, on dirait que je perds la tête..., » déclarai-je.

« Oui, » elle acquiesça d’un signe de tête.

« J’espère que non... Je ne veux pas..., » j’avais baissé les yeux. « Je ne veux pas finir par te faire du mal, Nanya, Shanteya, ou Tamara..., » j’avais serré les poings. « C’est ma plus grande peur. »

Ses bras doux m’enlaçaient et me rapprochaient d’elle. « Illsy, tu ne vas pas nous blesser ou nous perdre. Je te fais confiance. »

Je souhaite que ce soit vrai, mais cette peur ne disparaîtra pas si facilement..., avais-je pensé.

« Pourquoi m’as-tu dit ça et pas Nanya ou Shanteya ? » me demanda-t-elle.

« De tous, tu es la seule en qui je peux avoir confiance pour un tel secret. Nanya deviendrait folle, Shanteya s’inquiéterait trop... ou essayerait de se faufiler dans sa guilde pour voir s’il y avait un document secret à ce sujet. »

« Mais dans ce cas, pourquoi suis-je si spéciale ? » demanda-t-elle avec curiosité.

« Pour être tout à fait honnête, jusqu’à aujourd’hui, je ne voulais pas te le dire non plus, mais tes talents au lit m’ont fait changer d’avis... D’ailleurs, tu es la seule d’entre elles qui ne réagirait pas de façon excessive à tout ça. J’espère également que tu garderas cette information secrète pour les autres et au moment venu, tu le révéleras si nécessaire. Tu as cette capacité..., » déclarai-je.

« Je pense que Shanteya aurait été mieux, après tout, c’est une ancienne assassine, » déclara-t-elle.

« Oui, mais comme je l’ai dit... elle va dramatiser. Pendant ce temps, même après te l’avoir dit, tu es toujours calme, tu ne paniques pas et tu ne deviens pas paniqué à ce sujet, » j’avais doucement souri.

« Il semble que oui..., » elle baissa la tête et me donna un baiser.

Après notre séparation des lèvres, elle sourit et se retira de mon étreinte.

« Je ne leur dirai pas si c’est ce que tu veux, mais si je te vois empirer, je le ferai. Si nous pouvons faire quoi que ce soit pour t’aider, nous le ferons... quoiqu’il arrive. Après tout, tu es notre mari, » déclara-t-elle.

Avec cette dernière phrase d’elle, nous étions retournés à la ville avant que Nanya ne forme un groupe de chasseurs avec mon nom comme cible. À plus d’un titre, cette nuit avec Ayuseya s’était avérée être une bénédiction.

***

Chapitre 55 : L’Achèvement de la quête

« Eh bien ? » demanda Nanya, les mains croisées sur la poitrine.

Elle était en colère.

« Euh..., » j’avais essayé de lui dire quelque chose, mais que pouvais-je lui dire ?

« Qu’est-ce qui ne va pas, Nanya ? Tu l’as dit toi-même, je dois faire un choix et m’y tenir, et c’est ce que j’ai fait ! » Ayuseya l’avait dit en riant tout en m’enlaçant par-derrière, poussant ses seins fermes sur mon dos.

« Cela et cela, c’est deux choses différentes ! » se plaignait-elle.

« Comment cela se fait-il ? » Ayuseya cligna des yeux avec curiosité.

« Tu aurais dû nous le dire en premier ! En plus, tu n’avais pas besoin d’aller jusqu’au bout du monde juste pour coucher avec Illsy ! » répliqua-t-elle en pointant du doigt la dragonne.

Joueuse, elle s’était fait mordre le doigt.

« Kya ! » la démone sauta en arrière et me regarda avec un regard de colère. « Qu’est-ce que tu lui as fait ? »

« Je..., » j’avais levé le petit doigt, mais je m’étais arrêté avant de dire quoi que ce soit.

Si je lui dis ce que je lui ai EXACTEMENT fait hier soir, elle va me tuer... ou en demander, avais-je pensé.

« Il s’est accouplé avec moi, c’est simple, » la dragonne gloussa en disant ça.

« QUOI !? » Nanya avait écarquillé les yeux.

« Oh mon Dieu ! » Shanteya avait aussi l’air surprise.

« Ayuseya a des œufs maintenant ? » demanda Tamara en penchant la tête vers la gauche.

« Non... ou du moins, je ne le pense pas, » déclara Ayuseya, me montrant un regard troublé dans ses yeux.

« Je ne t’ai pas fécondée, détends-toi... D’ailleurs, je ne pense pas que ce soit vraiment important, c’est ma femme et toi aussi, Nanya. Tôt ou tard, ça serait arrivé ! » avais-je hoché la tête.

« Soupir, je suppose... mais je voulais regarder..., » la démone avait révélé un dangereux penchant, et j’espérais avoir mal entendu.

« Hein ? Qu’est-ce que c’était que ça ? » avais-je demandé juste pour être sûr.

« Rien ! » elle m’avait tiré la langue.

Suis-je censé m’inquiéter maintenant ? m’étais-je demandé alors que je la regardais dans les yeux.

« Quoi qu’il en soit, je suis contente pour toi, Ayuseya ! Tu as finalement pris ta propre décision, bien que, je me demande qui sera la première à porter l’enfant du Maître maintenant ? » Shanteya avait lâché une question dangereuse sur la table, et j’espérais que ce n’était qu’une blague.

« Tamara a faim..., » déclara le chat.

« Je suppose qu’on n’a rien mangé ce matin. Nous attendions toutes que toi et Ayuseya retourniez à l’auberge. On pensait que quelque chose de grave vous était arrivé à tous les deux ! » Nanya m’avait regardé fixement.

Est-elle comme ça parce qu’elle s’inquiétait pour nous ou parce qu’elle a raté ce moment de plaisir ? m’étais-je demandé.

Ce qui ne m’avait pas traversé l’esprit à l’époque, c’était le fait que j’avais enfreint la règle de leur dire d’abord avec qui je voulais passer la nuit et qu’elles soient toutes d’accord avec cela. Ce qu’Ayuseya avait fait, c’était se faufiler dans leur dos. Puis elle m’avait enlevé pour une nuit juste pour elle, laissant Nanya et Shanteya se demander où, au nom de tout ce qui était saint, je m’étais enfui ?

« Désolé…, » avais-je répondu en m’excusant.

« Soupir... Il n’y a plus rien à faire. » Nanya avait abandonné et s’était approchée de moi. « Dis-le-nous la prochaine fois, d’accord ? » elle m’avait montré un doux sourire juste avant de me donner un gros baiser.

J’avais répondu par un autre baiser, et Ayuseya s’était retirée pour laisser ce moment à la démone.

« Ça marche ! » j’avais souri.

Nous étions tous descendus et à notre grande surprise, nous avions trouvé Tannaor en train de cuisiner. L’odeur était délicieuse, cependant, je pensais qu’il ne servait pas de la nourriture, et seulement de l’alcool.

Curieux, je m’étais approché du comptoir et j’avais tapoté dessus pour attirer son attention.

« Oh ? Bonjour ! Que puis-je faire pour vous ? » demanda-t-il joyeusement.

« Je croyais que vous ne serviez pas à manger ici ? » lui avais-je demandé.

« Jamais après que le soleil commence à se coucher ! » répondit-il en secouant la tête.

La dernière fois que nous avions cherché de la nourriture, c’était après midi, alors probablement qu’on parlait du soleil couchant ?

« Donc seulement le petit-déjeuner et le déjeuner ? Pourquoi ? » avais-je demandé avec curiosité.

« Toutes les auberges et tous les restaurants de cette ville ont une règle spéciale comme celle-ci. J’ai pensé en faire une pour moi aussi ! Donc, je sers le petit-déjeuner et le déjeuner, mais jamais le dîner ! Je ne sers que de l’alcool à des heures tardives ! » déclara-t-il d’un signe de tête ferme.

En le regardant de travers, je lui avais demandé : « Ne perdrez-vous pas des clients de cette façon ? On a dû manger ailleurs hier. »

« Au contraire, mes amis ! L’alcool est plus cher et les gens savent que le matin et le jour, ils ne verront pas d’ivrognes chez moi, mais la nuit, ils peuvent venir se rincer le gosier tant qu’ils ont de l’argent dans leurs poches ! » expliqua-t-il en étant très fier de son petit projet.

« Je suppose que c’est aussi une stratégie commerciale... Alors, on peut avoir quelque chose à manger ? » demandais-je en plissant les sourcils.

« Bien sûr ! Je fais du ragoût et de la bouillie de semoule de maïs ! En voulez-vous un peu ? » demanda-t-il.

Quand il avait dit bouillie de semoule de maïs, mon cerveau l’avait immédiatement traduit par mămăligă. Mon visage montrait un grand et large sourire. Après tant de temps, je pourrais enfin manger un plat roumain ou, à tout le moins, semblable à quelque chose de roumain.

« Bien sûr ! Pouvez-vous ajouter des oignons tranchés, du sel et du fromage cottage ? » lui avais-je demandé.

« Bien sûr ! » Il hocha la tête et regarda les filles à côté de moi. « Et les jolies dames ? » demanda-t-il.

« Je prendrai aussi une portion de ragoût, » dit Ayuseya.

« Avez-vous quelque chose de grillé ? » demanda Nanya.

« Pas maintenant, mais je peux vous faire un steak si vous voulez ? » répondit-il.

« Bien ! Apportez-moi ça et ajoutez-y du pain ! » Nanya hocha la tête.

« Bien sûr ! » déclara-t-il.

« Je vais prendre une portion de ragoût, » déclara Shanteya.

« Je veux du lait et du poisson ! » annonça la chatte.

« Je n’ai que du poisson séché, est-ce d’accord ? » demanda-t-il.

« Un poisson est un poisson ! » elle acquiesça d’un signe de tête joyeux.

« Je vous l’apporterai dans une vingtaine de minutes ! Le steak pourrait prendre un peu plus de temps, » nous avait-il dit.

« D’accord, combien ça va coûter ? » lui avais-je demandé.

« Trois silverettes au total ! » répondit-il.

« Tenez, » j’avais posé les pièces sur la table et j’étais allé chercher une table.

Nous en avions trouvé une à l’arrière et en attendant que la nourriture arrive, nous avions parlé de ce que nous allions faire après cela. Nous devions aller à la Guilde des Aventuriers et rapporter le résultat de notre quête, puis nous allions à la bibliothèque pour vérifier certaines choses et voir si je pouvais acheter ou emprunter quelques livres de là. Aucun d’entre nous ne s’intéressait particulièrement à cette ville, surtout Nanya et Ayuseya. Shanteya avait dit qu’elle se fichait d’où on allait aussi longtemps qu’elle pouvait être à mes côtés, ce qui était gentil. Tamara avait dit qu’elle connaissait la ville, mais qu’elle n’aimait pas ça. En voyant comment elle avait passé la majeure partie de sa vie comme esclave pour les individus d’ici, je ne serais pas surpris qu’elle veuille la voir réduite en cendres.

Cela dit, la nourriture était absolument délicieuse ! Il ne manquait pas d’épices, et elle était bien cuite aussi ! Le garde qui nous avait envoyés par ici savait sûrement de quoi il parlait. Peut-être qu’il était secrètement un gourmet ?

Il ne nous avait pas fallu beaucoup de temps pour trouver le hall de la Guilde. C’était un bâtiment en pierre et en bois noirs solide, atteignant jusqu’à deux étages. Beaucoup d’aventuriers entraient et sortaient de l’endroit, ce qui signifie qu’il était très actif dans les environs. Soit ça, soit à Perto, Tête de Godet empêchait tout le monde d’entrer.

« Cet endroit est grand ! » déclara Nanya, surprise.

« Ouais..., » j’avais hoché la tête et puis nous étions tous entrés dans la bâtisse.

Même si Nanya portait son anneau d’illusion, nous savions qu’un Observateur la reconnaîtrait certainement. J’espérais seulement que celui-ci ne serait pas le même que celui de la ville précédente parce que cette fois-ci, je n’allais pas payer pour le sol.

Dès que nous étions entrés, à gauche et à droite, nous en avions rencontré deux. Ils avaient le même type de casques que Tête de Godet et avaient l’air plutôt polis. D’un seul regard, ils savaient que Nanya était une démone, mais ils ne nous avaient pas arrêtés ou chassés.

« Cartes de guilde, s’il vous plaît » déclara celui de droite.

« Hein ? Ah ! bien sûr... ici, » avais-je dit. Puis j’avais sorti la mienne.

Il l’avait regardée une fois et avait hoché la tête, me laissant passer. Il en fut de même pour Nanya et les autres. Ils ne nous avaient pas arrêtés.

Peut-être que seule la Tête de Godet était spéciale ? m’étais-je demandé, en nous éloignant d’eux.

Ils avaient fait la même chose pour tout autre aventurier qui était entré. Certains avaient même sorti leurs cartes à l’avance pour accélérer le processus, tandis que d’autres les cherchaient dans leur 50e poche.

Cet endroit était étonnamment spacieux et propre. Le bar était à l’extrême gauche et de jolies serveuses elfiques servaient les aventuriers fatigués. J’avais jeté un coup d’œil sur elles, mais une draconienne mécontente m’avait soudain fait détourner le visage.

« Fais attention, Illsy. On mord toutes les deux, » Nanya souriait en me disant ça.

J’avais dégluti.

À l’extrême droite, il y avait un entrepôt ou une sorte de banque. J’avais vu des aventuriers s’y rendre et soit laisser des objets, soit les récupérer. Il y en avait qui avaient aussi déposé ou sorti des pièces de monnaie. Nous n’avions pas attendu trop longtemps pour admirer le système bancaire mondial et nous avions continué vers la section suivante du bâtiment, qui était l’accueil des aventuriers.

Cette zone était séparée par des murs et ressemblait beaucoup à un grand bar. La plupart des gens étaient à leur table, bavardaient et buvaient de l’alcool. Une paire de nains portant des armures argentées faisaient un concours de lutte, tandis que non loin d’eux, deux femmes faisaient un concours de boisson. Elles portaient des armures en cuir bouilli et portaient de grandes épées à deux mains. Au bout de cette zone se trouvait un bar avec toutes sortes de bouteilles d’alcool, certaines même avec un crâne dessiné sur elles. Ceux qui servaient l’alcool étaient deux elfes blonds, l’un un homme et l’autre une femme. Ils ressemblaient à des frères et sœurs.

Le babillard à quêtes était à l’extrême gauche, trois fois plus grand que celui de Perto et environ quatre fois plus rempli de demandes. Pour faciliter les choses, quatre femmes d’âges différents faisaient la navette entre les aventuriers et le tableau. Elles notaient dans un grand livre toutes les quêtes prises ou reçues.

« Personne ne nous fixe... C’est une première, » avais-je dit.

« Oui, mais c’est bon signe ! » déclara Nanya en poussant un soupir.

Cela m’avait fait me remémorer comment nous avions été accueillis dans la ville de Perto, où tout le monde avait les yeux rivés sur nous ou sur la poitrine de Nanya. Ici, il y avait quelques yeux qui nous fixaient, mais la plupart d’entre eux nous ignoraient.

Nous nous étions dirigés vers le tableau des quêtes et avions retiré la quête que nous avions reçue à Perto. La lignée avait deux autres aventuriers devant nous, un guerrier nain et un archer humain, tous les deux avaient un rang de guilde supérieur au nôtre, mais je doutais qu’ils puissent rivaliser avec nous en matière de force.

En levant les yeux vers le tableau, je m’étais retrouvé une fois de plus dans l’impossibilité de lire les gribouillis sur les papiers. Il y avait une grande différence entre savoir parler la langue et l’écrire. Jusqu’à présent, j’avais réalisé à quel point mon manque de connaissances était désavantageux.

Heureusement pour moi, Ayuseya était venue à la rescousse et avait présenté la quête pour nous.

☆☆☆

[Point de vue de Clarissa]

Je travaille dans cette salle de guilde depuis presque trois ans maintenant, et je n’avais jamais vu ou entendu parler d’un groupe comme celui-ci. Il y avait un humain, une El’Doraw, une nekatare, une démone et une draconienne. Du moins, c’est ce que disaient leurs cartes de guilde, mais normalement, les deux derniers n’accepteraient jamais d’être dans le même groupe et surtout pas avec un humain dedans.

Eh bien, comme disait grand-mère... Il y a des choses plus étranges au Ciel et sur Terre que nous, mortels, ne saurons jamais ! avais-je pensé avant que la femme draconienne ne se présente devant moi.

« Bonjour ! Puis-je vous être utile ? » avais-je demandé avec un sourire, comme d’habitude.

« Bonne journée ! Nous sommes ici pour donner notre rapport sur la quête suivante, » déclara-t-elle en me remettant la feuille.

J’y lis la chose suivante :

Un groupe de cinq personnes a été envoyé dans l’ancien donjon de Mehalom. Un clerc, deux guerriers et deux mages. Présumé mort ou gravement blessé. Envoyez immédiatement de l’aide puis présentez-vous à Deroak, le marchand d’esclaves de la ville d’Elora. La récompense est de 20 goldiettes pour chaque membre survivant et de 10 goldiettes pour tout esclave capturé/récupéré vivants. La récompense pour les esclaves peut diminuer s’ils sont en mauvais état.

« Hm, d’après ce que je vois, c’est censé être rendu directement au donneur de quêtes, mais vous avez bien fait de passer par ici d’abord. De telles quêtes nous causent souvent beaucoup d’ennuis, » avais-je dit et secoué la tête.

Terminer une quête et la soumettre au donneur de quêtes sans passer d’abord par la guilde était contraire aux règles. Malheureusement, comme il n’y avait pas de punition pour cela, il y avait eu beaucoup d’incidents de ce genre, surtout quand les quêtes étaient faites par les riches ou les nobles. Les aventuriers qui avaient fait cela avaient fini par nous causer beaucoup de problèmes parce que nous ne saurions pas si la quête était terminée ou non, nous laissant incapables de mettre à jour son statut sur le tableau.

« Bien sûr, on ne voudrait pas ça, » déclara poliment la draconienne.

J’avais sorti le document pour le rapport et je lui avais demandé de me dire comment la mission s’était déroulée exactement. J’avais noté chaque détail qu’elle avait mentionné, et j’avais été surprise d’entendre parler des utilisateurs de magie noirs qui avaient envahi le donjon. Cela expliquait pourquoi tant d’aventuriers qui étaient allés au donjon antique de Mehalom pour diverses quêtes avaient fini par mourir. Le fait d’entendre ce qui s’était passé m’avait fait frissonner, mais j’avais été heureuse d’apprendre que son groupe avait réussi à se débarrasser correctement de leurs corps et à tuer les utilisateurs de magie noirs.

« Et les survivants ? » lui avais-je demandé à la fin.

« Quand nous sommes arrivés, il était déjà trop tard pour les sauver. D’après ce que nous avons pu deviner, ils ont été attaqués par les utilisateurs de magie noirs, et dans leur tentative d’évasion ont utilisé TOUS les esclaves comme appâts pour les monstres. Nous avons trouvé leurs restes en divers endroits, » m’avait-elle dit.

« C’est troublant, mais c’est une bonne chose que vous avez réussi à traiter avec ces mages noirs. Malheureusement, je ne peux pas vous récompenser avec des pièces pour cette quête. Il ne s’agissait pas d’un asservissement de donjon, mais d’une opération de recherche et sauvetage, qui s’est soldée par l’absence de survivants. Cependant, je vais envoyer ce rapport à mes supérieurs et étant donné la difficulté réelle de cette quête, vous pourriez tous être récompensés par une augmentation de votre rang dans la guilde, » lui avais-je expliqué.

« Je vous remercie, » répondit-elle en souriant.

Regardez-moi ça !? Un aventurier qui ne se fâche pas après avoir terminé une quête sous-payée ! avais-je pensé.

Pour être honnête, j’avais été un peu surprise par son attitude et en regardant derrière elle, j’avais remarqué qu’aucun des membres de son groupe ne s’en plaignait.

« Très bien..., » avais-je dit. Puis, j’avais rempli les formulaires pour finir la quête.

Ces dossiers allaient être envoyés aux éclaireurs, et c’était à eux de vérifier si cette histoire de magie noire était vraie ou non. Selon eux, le donjon était prêt pour des quêtes de ramassage.

« Eh bien, ça y est ! Apportez ceci à monsieur Deroak au Marché aux Esclaves, et informez-le qu’il ne pourra plus poster de quêtes sans qu’un membre de la guilde analyse correctement le niveau de difficulté de ladite quête, » lui avais-je dit en souriant.

« Je vous remercie beaucoup. Passez une bonne journée ! » déclara-t-elle, puis elle était partie avec son groupe.

Je ne savais pas ce qui se passait avec cette draconienne, mais elle donnait l’impression d’être terriblement forte et trop élégante pour une aventurière ordinaire. Peut-être venait-elle d’une ancienne famille noble ou quelque chose comme ça ?

 

☆☆☆

[Point de vue d’Illsyore]

Une fois la paperasse pour la quête terminée, nous étions sortis de la bâtisse de la Guilde et nous étions allés voir ce type qui avait émis la quête. Je voulais lui parler un peu de l’esclavage des enfants. Malheureusement, si je ne voulais pas faire du pays tout entier mon ennemi et faire que tout le monde ici me tombe sur la tête, il faudrait que je me la joue cool. Le truc, c’est que... ça ne me dérangeait pas de remuer le pays.

« Illsy, essaie de ne pas faire sauter la ville, » Nanya m’avait prévenu.

« Je vais essayer..., » avais-je soupiré.

« Avec le temps, j’ai appris que pour de telles choses, il valait mieux fermer les yeux et simplement oublier tout cela. Seul le dirigeant intérimaire de ce pays peut changer les lois. Si nous essayons de faire quoi que ce soit par nous-mêmes, ce ne serait rien de plus qu’un acte de rébellion, » expliqua Ayuseya.

À Rome, faites comme les Romains, n’est-ce pas ? En d’autres termes, si vous visitez un pays étranger, n’appliquez pas les mêmes lois de votre pays d’origine. Ce serait la même chose qu’un touriste américain ou européen se plaignant de l’injustice en Corée du Nord sur le sol nord-coréen. Même si c’est vrai, tant qu’il n’est qu’un citoyen d’un autre pays, il ne peut pas s’attendre à ce que le pays qu’il visite modifie ses lois simplement parce qu’il ne l’aime pas, avais-je pensé. Puis j’avais poussé un soupir.

***

Chapitre 56 : Le marchand agaçant

Partie 1

Pour atteindre le marché aux esclaves, nous avions dû marcher jusqu’à l’autre côté de la ville, là où se trouvait le Colisée. Il était situé près du mur extérieur et était rempli de petits entrepôts où ils gardaient les esclaves enfermés dans des cages.

Dès notre arrivée, Tamara s’était cachée derrière Shanteya, qui lui caressa doucement sa tête poilue. Quant à moi, j’avais regardé les adultes pendant qu’ils étaient exposés, et je n’avais rien senti, mais ensuite j’avais vu les enfants... et j’avais ressenti de la rage.

Chaque entrepôt disposait d’un petit podium sur lequel les « objets » du moment étaient exposés. Ils avaient été enchaînés et ils avaient reçu l’ordre de rester immobile devant la foule. Je pouvais lire leur honte et leur peur dans leurs yeux. Ils avaient la tête baissée et les doigts serrés contre les quelques morceaux de vêtements qu’ils avaient le droit de porter. Les femmes avaient à peine quelque chose sur elles, tandis que les hommes ne portaient qu’un pagne. Quant aux enfants, ils étaient les seuls à porter un pantalon et une chemise, mais cela dépendait du marchand d’esclaves et de l’espèce. Les enfants des nekatars n’étaient pas aussi privilégiés que les enfants humains ou el’doraw.

Les regarder m’avait fait mal au ventre, et j’aurais aimé briser la tête de ces hommes et de ces femmes qui enchaînaient des enfants sans défense pour gagner leur vie. Pour être honnête à ce sujet, j’y avais pensé, mais cet endroit n’était que l’un des nombreux marchés d’esclaves dans tout le royaume. En marchant ici, j’avais remarqué qu’il y avait beaucoup de personnes qui possédaient au moins un esclave. C’était une main-d’œuvre bon marché, mais en même temps, c’était une propriété.

Pourquoi payer un domestique ou un ouvrier quand on peut engager un esclave ?

C’était la question qui avait permis à ce marché de poursuivre ses activités. Et pour couronner le tout, la famille royale semblait particulièrement intéressée à ce que ce genre de chose fonctionne indéfiniment. Une partie des ventes de chaque esclave allait directement dans les caisses royales.

Pour dire les choses simplement, il faudrait que je détruise tout le royaume pour changer quelque chose, mais j’y avais pensé, et j’avais réalisé que je ne pouvais pas le faire. Quant à savoir pourquoi, il y avait une bonne raison à cela. Une fois le roi mort, les nobles qui soutenaient s’enfuyaient vers les royaumes voisins, qui soutenaient tous l’esclavage. L’anarchie s’installerait, les guerres commenceraient, et les suprêmes de ces royaumes seraient envoyés ici pour me faire tomber. Ce royaume finirait comme un champ de bataille sanglant sans personne en sécurité et sans nulle part où aller.

En utilisant la force pour faire tomber ce royaume, je le détruirais de façon irréversible et j’entraînerais d’innombrables civils innocents dans une guerre sans fin. Je pourrais acheter tous leurs esclaves, mais cela ne leur ferait que me voir comme un moyen de profit, donc, ils essaieraient de m’en capturer encore plus et de m’en vendre davantage. Non... Si ça doit faire changer ça, ça doit venir de l’intérieur, avais-je secoué la tête en y pensant.

Sans issue, j’avais réfréné toute cette haine et j’étais allé chez le marchand d’esclaves qui était autrefois le propriétaire de Tamara. L’enfant avait beaucoup changé, il était donc très peu probable qu’il puisse la reconnaître.

« Excusez-moi ! Êtes-vous ici pour acheter ou pour vendre ? » un marchand maigre et avide s’était déplacé devant nous.

« Quoi ? » demandai-je.

« Je vous donne 45 goldiettes pour la blonde ! » m’avait-il dit.

J’avais plissé les sourcils et j’avais regardé Nanya qui était derrière moi.

« Veux-tu que je te vende ma FEMME ? » lui avais-je demandé. J’avais mis en évidence certains mots pour qu’il soit clair quant à la situation.

« Oh ! Excusez-moi alors ! Et la nekatare ? Elle a l’air en bonne santé et forte, 24 goldiettes ? » demanda-t-il en souriant, tout en regardant Tamara.

D’un air effrayé, elle se cacha derrière Shanteya.

« Écoutez, enfoiré, je ne suis pas là pour vendre ou acheter ! Nous sommes des aventuriers ayant l’envie de terminer une quête. Maintenant, si vous me dérangez encore, je vais vous casser toutes tes dents ! » Je l’avais menacé.

« Ce serait imprudent ! Oh, non non non non non ! Si vous m’attaquez, c’est par décret royal que je peux faire de vous mon esclave ! » avait-il souri.

J’avais plissé les yeux vers lui.

« Les morts n’ont pas d’esclaves, » avais-je grogné.

Il avait dégluti et avait reculé. « C’est vrai. Pardonnez mon... intrusion malsaine, » il avait fait un salut et il s’était mis à courir jusqu’à son magasin.

En poussant un soupir, je m’étais frotté le front avec deux doigts et j’avais essayé de comprendre ce qui n’allait pas chez ces individus. Cependant, l’homme avait indiqué une autre chose de claire... Je n’avais pas le droit d’attaquer ces gens tant que j’étais sur leur territoire.

Après avoir demandé un peu à gauche et à droite et après avoir été agressés par des marchands avides d’argent qui voulaient soit acheter les filles, soit m’en vendre, nous étions finalement arrivés devant le magasin du salaud qui avait fait de Tamara une esclave.

C’était l’un des endroits les plus fantaisistes en soi et le seul avec des portes sculptées. À l’extérieur, sur le podium, deux femmes et un homme étaient enchaînés, mais contrairement aux autres « marchandises », ils étaient maintenus debout à l’aide d’un dispositif de retenue du cou. Même s’ils le voulaient, ils ne pourraient pas se pencher ou s’asseoir. À gauche de son entrée, il y avait une autre exposition, mais cette fois avec des enfants en cage.

Mon sang s’était gelé quand je les avais vus et la colère s’était enflée dans mes veines, menaçant de me transformer en monstre enragé. Je le voulais, je le voulais vraiment, mais cet homme... il n’y avait aucun moyen de l’arrêter avec mes possibilités actuelles.

Quand je construirai mon académie, je rendrai obligatoire pour les enseignants de donner des cours sur les alternatives au système esclavagiste et pourquoi ils ne devraient pas asservir les enfants. Tch ! J’aimerais pouvoir tuer ce satané roi qui a permis ça... pensais-je, mais toute ma colère devait être réfrénée.

« Tout va bien, Maître ? » demanda Shanteya. Puis elle posa sa main sur mon épaule.

J’avais cligné des yeux en raison de la surprise et je l’avais regardée en réponse. Elle portait une expression remplie d’inquiétude pour moi. Il était clair que quelque chose n’allait pas, mais je n’avais aucun moyen de partager la colère et la haine que j’avais dans mon cœur. Peut-être que c’était mieux que je ne l’ai pas fait et que j’avais gardés tout enfouis à l’intérieur de moi. Comme ça, je n’allais déranger personne.

En poussant un soupir, j’avais secoué la tête.

« Je suis dérangé par ce système esclavagiste... Je n’aime pas ça, » avais-je avoué.

C’était bon d’en laisser sortir un petit peu, juste assez pour empêcher le reste de surgir.

« Je comprends, Maître. » Shanteya hocha la tête. « Cependant, tous les pays ne le voient pas de cette façon. »

« En effet. Chaque royaume a sa propre façon de traiter ses esclaves, mais dans l’ensemble, ils sont considérés comme indispensables à toute forme d’économie. Un pays sans esclavage et avec une prospérité économique n’existe tout simplement pas, » Ayuseya expliqua, mais le ton de sa voix me permet de dire qu’elle aussi était troublée par cette situation.

« Et Shoraya ? » lui avais-je demandé.

« Ils ont aboli l’esclavage, mais en conséquence, leur production est en baisse et il y a beaucoup de mendiants dans les rues de la capitale, » elle regarda le palais au centre de cette ville.

« Qu’en est-il de la démocratie ? » lui avais-je demandé.

« Quoi ? » Ayuseya m’avait regardé confuse comme si j’avais dit quelque chose d’étrange.

« Vous savez, un système dans lequel la population d’un pays choisit son propre dirigeant par un vote égal et équitable ? » leur avais-je expliqué.

« Il n’y a rien de tel. Quel est le rôle du roi dans ce système ? » demanda Ayuseya.

« Il n’y a pas de roi, » répondis-je.

« Ça n’a pas l’air possible. On dirait une anarchie. Les rois apprennent dès la naissance à gouverner leur pays, mais un citoyen élu au hasard n’a pas cette connaissance ou cette autorité. Ce serait la même chose que d’avoir un aventurier de rang Débutant qui entreprendrait une quête destinée à un aventurier de rang Empereur, » Ayuseya avait clairement exprimé son point de vue à ce sujet, et je n’avais aucun moyen de leur prouver le contraire.

Si on regarde la Terre, le Royaume-Uni avait survécu comme une monarchie, tandis que dans d’autres pays, des tyrans démocratiquement élus avaient abusé de leur pouvoir de toutes sortes de façons qui avaient finalement conduit à la ruine de leur pays.

Peut-être que le système politique n’a pas autant d’importance que la justice, la gentillesse et la sagesse de leur chef... Devrais-je me concentrer sur l’introduction de la Démocratie avec mon Académie ou plutôt me concentrer sur l’éducation de bons leaders dignes de n’importe quel poste dans l’État ? Euh... Qu’est-ce que j’y connais exactement en politique ? pensais-je, mais la dernière question restait sans réponse.

Tout au plus, comme tout le monde, je ne savais qu’une chose ou deux, pas comment tout le système fonctionnait jusqu’à son plus petit engrenage. Je connaissais le principe, mais finalement, les détails m’échappaient.

En soupirant, j’avais renoncé à l’idée d’agiter le monde comme ça.

« On entre ? » demanda Nanya au bout d’un moment.

Clignant les yeux de surprise, j’avais réalisé que pendant que je pensais à la politique, les filles m’attendaient à l’intérieur.

Avec un signe de tête en réponse, j’avais ouvert la porte et j’étais entré.

Tout comme à l’extérieur, l’intérieur était largement décoré de toutes sortes de peintures et de statues, certaines bonnes, d’autres tout simplement bizarres. Le marchand était un amateur d’art, d’après ce que l’on voit. Vu l’époque et la zone, j’avais l’impression que ces choses n’étaient pas bon marché.

Les premiers à nous saluer étaient deux hommes très bronzés et d’apparence polie. J’avais plissé les sourcils quand je les ai vus. Ils avaient marché jusqu’à venir devant nous et avaient croisé les bras sur leur poitrine. Ils essayaient d’avoir l’air aussi intimidants qu’ils pouvaient l’être, mais pour un aventurier qui sortait tous les jours pour tuer des monstres, ces types n’étaient qu’une plaisanterie. Même Tamara pouvait les vaincre, et elle était assez faible par rapport au reste d’entre nous.

Les seules choses qui leur manquaient, c’étaient des colliers à crampons et des chaînes enroulées autour de leur corps.

« Ayuseya, peux-tu leur dire que nous sommes ici pour parler d’une mission avec monsieur Deroak ? » avais-je dit à la draconienne.

D’un signe de tête, elle avait procédé à la traduction en kalish.

Les deux se regardèrent un moment, puis celui de droite se dirigea vers l’arrière de la bâtisse pour appeler leur patron. Quelques minutes plus tard, un humain d’environ 1,65 mètre de haut avec un gros ventre, des vêtements de soie et un tas d’accessoires en or sur lui, avait fait son apparition devant nous.

Il nous avait jeté un regard sévère et nous avait tous analysé de la tête aux pieds. Au bout d’un moment, il parla en Shorayan.

« Qui est le chef du groupe ? »

« Il s’agit de moi, » j’avais fait un pas en avant.

« Où sont mes esclaves ? Cette enfant est-elle la seule survivante ? » demanda-t-il en montrant Tamara du doigt, qui se cachait instinctivement derrière Shanteya.

« Non, ce n’est pas l’une des vôtres, c’est la mienne, » lui avais-je dit.

« C’est impossible, je connais tous mes esclaves ! » avait-il déclaré.

« Vous parlez d’une nekatare avec des cicatrices dans le dos et le bout de la queue brûlé ? » lui avais-je demandé.

« Oui. » Il m’avait regardé dans les yeux.

« Eh bien, elle est déjà morte. L’enfant là-bas ne lui ressemble qu’un peu et d’après ce que je sais, cela n’est pas la peine de guérir de telles blessures sur l’esclave d’un autre. En plus, elle n’a pas de collier, » avais-je rétorqué.

Je mens comme un pro, mais je vais certainement garder Tamara hors de vos petites mains ! pensais-je avec un sourire intérieur.

« Vraiment ? » l’homme n’avait pas l’air convaincu, et il continuait à regarder entre la Nekatare et les autres personnes du groupe.

« Comme je le disais, la mission s’est avérée plus difficile que ce que vous l’avez décrite. Vous avez oublié de mentionner les utilisateurs de magie noire et les zombies. » J’avais plissé mon front en le disant.

« Vous êtes en vie de ce que je vois, donc la mission n’a pas dû être si difficile ? Vous êtes quoi, un débutant dans la guilde ? » demanda Deroak en souriant.

« Le rang que nous occupons dans la Guilde n’a pas d’importance ! Ce qui compte, c’est que vous avez donné une quête en dessous de son niveau de danger évalué et, par conséquent, de nombreux aventuriers sont morts. » Je l’avais regardé fixement.

« Et en quoi cela m’importerait-il ? » demanda-t-il, puis il haussa les épaules.

***

Partie 2

Ce type est ennuyeux, mais s’il est le même genre d’ordure que je connais de la Terre, alors il ne se souciera sûrement de rien. On peut le dire, il vend des enfants esclaves ! Ça ne peut pas être pire que ça ! Je ferais mieux de partir d’ici et d’essayer de trouver un moyen d’arrêter cette folie... Je vais faire de mon académie l’avant-garde pour lutter contre ce genre de choses. En regardant dans ses yeux indifférents, j’avais pensé ça.

« Ensuite, je vous informerai de ce que la Guilde nous a dit de vous dire, et c’est le fait que vous ne pourrez plus y placer de quêtes sans avoir recours à un aventurier pour évaluer correctement sa difficulté, » avais-je dit froidement.

« Je m’en fiche. » Il haussa les épaules.

« Alors nous n’avons plus rien à nous dire ! Nous allons y aller maintenant, » avais-je annoncé. Puis je m’étais retourné pour partir.

Alors que je posais ma main sur la poignée de la porte, le marchand cria.

« ATTENDEZ ! »

J’avais grincé des dents et je l’avais regardé.

« Quoi ? » avais-je demandé.

« Combien pour la blonde ? » demanda-t-il.

J’étais abasourdi.

« Vous me demandez quoi maintenant ? » demandai-je.

« Combien pour la femme humaine aux cheveux blonds ? Si vous me la vendez, je vous donnerai... 35 goldiettes ! Qu’en dites-vous ? C’est un très bon prix, vous savez ? » sourit-il.

Est-il sérieux ? Ce type est-il sérieux ? m’étais-je demandé.

Mais en ce moment, nous étions tous surpris et simplement choqués par ses paroles. Non seulement il voyait Nanya comme une femme que je pouvais simplement échanger comme un manteau usagé, mais il la voyait aussi comme mon esclave. Je ne savais pas ce qui était pire. Même avec le contrat d’esclave entre Shanteya et moi, je ne pouvais toujours pas la considérer comme mon esclave. Dès qu’elle l’aurait demandé, je la relâcherais, mais cet homme aurait vu sa libération comme un gaspillage de profit.

« Elle n’est pas à vendre, » avais-je répondu.

« 40 goldiettes ! » il avait augmenté le prix.

J’avais essayé de m’empêcher de le frapper.

« Je ne la vends pas... Je ne peux pas en premier lieu..., » avais-je murmuré ces derniers mots, puis j’avais regardé la personne en question.

Elle bouillonnait de colère. Si je ne frappais pas le marchand, elle le ferait, et son coup de poing enverrait littéralement tout l’immeuble dans un vol plané.

« Alors je vous défie à un jeu d’arène ! » avait-il déclaré.

« Un quoi, maintenant ? » je l’avais regardé en plissant mon front.

« L’un de vos esclaves contre l’un des miens, le gagnant garde tout et prend la blonde ! » il souriait avec avidité.

Il n’y avait pas de fin à cet homme. Loi ou pas, je voulais sérieusement le frapper au visage, mais alors quelque chose m’avait traversé l’esprit et c’était encore mieux. La pensée était un peu mauvaise, et je pouvais me sentir sourire à l’intérieur. C’était comme si je n’étais pas celui qui pensait à de telles choses, mais cela ne m’effrayait pas, cela me rendait impatient d’y penser.

« Monsieur, vous pariez trop peu pour trop. Je risque de perdre mon “objet” le plus précieux, et vous ne perdez rien, » dire ce mot m’avait fait souffrir et avait remplit mon cœur de dégoût.

« Je vous entends, et si je vous payais 40 goldiettes si je perdais ? » demanda-t-il.

« 40 goldiettes ? C’est beaucoup d’argent..., » avais-je dit. Puis j’avais frotté mon menton en regardant Nanya, les filles étaient un peu confuses par mes paroles, mais en un seul clin d’œil, je leur avais fait savoir que j’avais un plan.

Nanya souffla et croisa les bras sur sa poitrine, tandis qu’Ayuseya soupirait.

« Mon esclave le plus puissant contre le vôtre, qu’en dites-vous ? » lui avais-je demandé.

« D’accord ! C’est une offre unique dans une vie ! Avec tant d’argent, vous pourriez faire beaucoup de choses ! Voyez ça comme un... investissement, » il m’avait montré le sourire d’un marchand, alors que j’avais l’air indécis.

« Et dans ce cas, si on le rendait plus intéressant ? Vos femmes contre mes esclaves. Gagnez trois fois, et je vous l’accorde. Qu’est-ce que vous en penses ? » demanda Deroak en souriant.

Ah, le vieux truc de me faire lutter contre son plus faible d’abord, puis augmenter lentement la valeur du pari jusqu’à la fin, quand je vais me battre contre son plus fort et être écrasé dans une défaite totale. Eh bien, deux personnes peuvent jouer à ce jeu ! avais-je pensé.

« Je ne sais pas..., » j’avais regardé vers le sol.

« Franchement, monsieur l’aventurier, je vois que ce qui vous a mis en colère tout à l’heure, c’est le fait que je n’ai pas bien évalué le danger de ma quête, mais je ferai en sorte qu’une telle chose ne se reproduise jamais ! Mais maintenant, c’est juste un peu amusant, non ? Un petit pari n’a jamais fait de mal à personne, n’est-ce pas ? » demanda-t-il en se frottant les mains l’une contre l’autre.

Si je n’avais pas vu ce genre de personnage dans d’autres histoires et jeux auparavant, j’aurais pu tomber dans son piège. Au début, il ne semblait vraiment intéressé que par Nanya, mais sous son sourire sournois, son plan était plus susceptible de me laisser sans le sou. Quant à savoir pourquoi, cela pourrait s’expliquer facilement par le fait que j’avais eu le culot de venir ici et de le gronder. C’était un marchand, donc s’il sentait comme si j’avais de l’argent et qu’il remarquait que je n’étais pas prêt à acheter sa « marchandise », alors il essayait par d’autres moyens de me dépouiller de mon or. Même si je perdais, je pourrais quand même reprendre les filles, mais franchement, qui pourrait les battre ?

Je l’avais laissé mijoter un peu, donnant l’impression que je réfléchissais sérieusement à ma situation et à la question de savoir si le jeu en valait la chandelle ou non. Pendant ce temps, les filles se taisaient et attendaient calmement la fin de cette conversation. La plus inquiète d’entre elles semblait être la petite Tamara. J’espérais juste qu’elle ne pensait pas que j’allais la revendre.

« Trois victoires, vous dites ? » lui avais-je demandé.

« Oui ! Vos esclaves n’ont besoin de gagner que trois fois ! » avait-il déclaré.

« Il y a cependant un problème..., » avais-je dit.

« Un problème ? De quelle sorte ? » demanda-t-il en plissant son front.

« Je n’ai qu’une seule esclave, la blonde et la draconienne sont mes compagnons, mais s’il le faut, elles renonceront à leur liberté pour moi. Hm, que faire ? » avais-je agi comme si j’étais un peu coincé.

La raison pour laquelle j’avais dit cela était d’éliminer la situation après qu’il déclarerait le pari invalide parce que j’avais envoyé un non-esclave.

« Je vois ! Monsieur l’aventurier doit tenir compte de sa situation, mais ne vous inquiétez pas. Tant qu’elles sont prêtes à être vendues après, nous pouvons procéder avec notre petite affaire. Donc trois victoires accumulées par l’un de vos... compagnons, et je vous concéderai la victoire, mais si je gagne, j’aurai les trois et votre équipement, » sourit-il en me disant ça.

Ainsi, le vrai visage de ce vaurien s’était manifesté.

« Et qu’est-ce que j’obtiens ? » lui avais-je demandé en plissant les sourcils.

« N’importe lequel de mes trois esclaves, des goldiettes, ou n’importe quoi d’autre de valeur similaire, » sourit-il.

« Combien de goldiettes ? » demanda-t-il.

« 100 ! » Il l’avait déclaré et avait pointé un doigt vers le plafond.

« Trop peu, donnez-m’en plus, » m’étais-je défendu.

« 120, mais même pas une pièce de cuivre de plus ! » déclara-t-il.

« 125, » déclarai-je.

Il avait plissé son front et avait regardé les filles derrière moi.

« 150 et vous ajoutez aussi la nekatare, » sourit-il.

« 120, alors cela sera 120, » je n’étais pas prêt à ajouter Tamara dans le marché.

« Hm, est-ce qu’elle a tant de valeur pour vous ? » demanda Deroak, surpris.

« Oui. Je l’ai eue pour 210 goldiettes, » avais-je menti.

« Deux... Deux cent dix !? » Il avait l’air assez surpris, mais ses yeux brillaient de curiosité et d’avidité.

« Oui, » j’avais hoché la tête. « C’est une sorte spéciale de nekatar qui peut trouver le chemin le plus rapide à travers un labyrinthe jusqu’au cœur du donjon, » j’avais encore menti.

« En effet, avec une telle capacité... le prix l’expliquerait. L’avez-vous trouvée dans une salle des ventes ? » demanda-t-il au bout d’un moment.

« Oui, mais pas dans ce pays, » j’avais répondu en mentant à nouveau.

« Je comprends, on ne peut rien y faire alors... Je suis d’accord pour les 120 goldiettes ! » Il acquiesça d’un signe de tête.

Bien sûr, j’avais ainsi éveillé sa curiosité et son avidité. L’homme essaierait probablement de trouver un moyen de mettre ses petites mains sournoises sur mon chat, mais cela faisait aussi partie de mon plan. Si c’était un marchand terrien, il aurait reniflé l’arnaque ou exigé une sorte de preuve, mais ce type n’y avait même pas pensé.

« Alors, quand vont-ils se battre et quelles sont les conditions pour gagner ? » lui avais-je demandé.

« Ils se battront au Colisée, où nous installerons un ring. Le premier combattant à tomber du ring ou à perdre conscience sera déclaré vaincu. Si l’un de nos combattants tue son adversaire, ce sera notre perte immédiate. » Il acquiesça d’un signe de tête.

« Vous ne voudriez pas perdre votre marchandise, n’est-ce pas ? » avais-je commenté.

« Bien sûr ! À quoi bon se battre comme ça si je perds plus que je n’en gagne ? » il secoua la tête.

En effet, si je perdais un combattant, sa part de victoire serait considérablement réduite. S’il perdait, il devrait abandonner plus qu’il n’avait prévu au départ.

En fait, cela semblait équitable quand on y pense, mais le fait que je pariais mes épouses et amies bien-aimées comme un jeton dans un casino m’avait laissé un goût très amer et désagréable dans la bouche. Pourtant, c’était probablement la seule chance que j’avais de punir ce salaud pour ce qu’il avait fait à Tamara, du moins d’un point de vue légal. Si je devais attraper ce type en dehors de la ville, je le tuerais.

Oui, je le tuerais..., m’étais-je dit en le regardant.

À ce moment-là, mon esprit était calme et détendu comme si prendre la vie d’un autre était censé être une chose normale. En repensant à Dankyun, je ne voulais pas le tuer à l’époque, je ne voulais pas me salir les mains avec son sang, mais maintenant j’avais pensé que ce serait la bonne chose à faire. En fait, si je rencontrais à nouveau ce draconien, je n’aurais aucun mal à le tuer.

Pour être franc, je n’avais même pas réalisé à quel point c’était désordonné et contre nature vis-à-vis de mon être de l’époque... Cet état d’esprit froid et détendu quand on pense à prendre la vie d’un autre n’était pas le mien.

« Illsy ? » Nanya m’avait sorti de mes pensées.

Nous nous tenions devant la boutique du marchand d’esclaves et nous nous préparions à nous diriger vers le Colisée. L’entente avait été conclue et même si elle n’était que verbale, elle était suffisante pour les individus d’ici. Revenir en arrière serait la même chose que de perdre.

« Oui ? » avais-je répondu. Puis j’avais commencé à marcher vers le Colisée.

« Qu’est-ce que c’était que ça ? » Nanya m’avait demandé en plissant ses sourcils.

« Je ne peux pas le tabasser. Je ne peux pas le tuer en ville. Je ne peux pas acheter ses esclaves parce qu’il agirait pour en avoir plus... Ce que je peux faire, c’est l’entraîner dans un piège propice pour sa propre espèce et le vider de son sang que représentent ses goldiettes, » j’avais poussé un soupir.

« En effet, une grande perte de profit entraverait son activité pendant longtemps, voire l’obligerait à réduire les prix de ses esclaves et à vider son stock pour s’en sortir. Bien joué, ce genre de chose pourrait lui faire perdre absolument tout, » Ayuseya avait déclaré ça.

« Eh bien, je n’ai pas pensé si loin, je voulais juste me venger de lui pour ce qu’il a fait à Tamara, » j’avais caressé la tête poilue du Nekatar.

« Le maître ne vendra pas Tamara, n’est-ce pas ? » demanda-t-elle d’un ronronnement et les yeux tournés vers le haut.

« Bien sûr que non ! Mais quand nous serons au Colisée, je ferai semblant de te revendre. C’est un truc pour le forcer à mettre plus de goldiettes sur la table avant que je les prenne toutes, » j’avais souri doucement.

« Le maître est sournois., » gloussa-t-elle en me regardant.

« Oui, et très compétent dans bien des domaines..., » déclara Ayuseya en ronronnant et en embrassant ma joue.

« Quel est le plan ? » Nanya haussa les épaules.

« Ayuseya passe en première. Elle gagne deux batailles puis se fait battre. Fait comme si tu étais de peu capable de gagner contre ton ennemi, » lui avais-je expliqué.

« Je comprends. On doit juste faire semblant d’être faibles, » la princesse draconienne gloussa.

« Je n’aime pas faire semblant d’être faible, » la démone avait plissé ses yeux vers moi.

« Juste cette fois, s’il te plaît ? » lui avais-je demandé.

« Argh... très bien, » elle n’avait pas aimé ça du tout.

« Après la défaite d’Ayuseya, Shanteya sera la prochaine sur le ring. Tu perdras la bataille, mais..., » déclarai-je

« Je dois faire semblant d’être faible et d’y mettre toute ma force contre mon adversaire. Je m’en occupe, » elle acquiesça d’un signe de tête.

« Bien, ce sera au tour de Nanya. Tu vas prendre quelques coups pendant que j’essaie de convaincre le marchand de cracher plus de pièces. Effectue un bon spectacle au cours de cette période et surveille bien Tamara. Si elle se tient devant moi, cela signifie que le spectacle doit continuer, si elle se tient à côté de moi, alors tu dois vaincre ton ennemi sans le tuer. Qu’est-ce que tu en dis ? » J’avais demandé ça en souriant.

« Impossible à le comprendre pour d’autres, » sourit-elle.

« Je ne vous décevrai pas, Maître, » Shanteya avait fait un petit salut.

« Moi non plus, mon mari. » Ayuseya gloussa.

« Parfait ! » J’avais ri.

***

Chapitre 57 : La chute d’un marchand avide

Partie 1

En arrivant au Colisée, nous avions découvert que nous ne pouvions pas entrer avant que Deroak ou quelqu’un le représentant, ne soit arrivé et n’ait dit aux gardes qui nous étions. Si nous voulions payer pour le spectacle, ce n’était que deux Silverettes, mais comme nous voulions nous battre, c’était une autre affaire.

Nous avions attendu à l’entrée jusqu’à ce que Deroak arrive avec à ses côtés ses deux gardes et un homme maigre d’une vingtaine d’années. Les esclaves qu’il avait amenés pour ce combat étaient à l’arrière d’un chariot qui devait arriver peu après. L’homme maigre s’occupait des procédures, alors pendant qu’il faisait cela, je suivais Deroak avec Tamara jusqu’à nos sièges. Nanya, Shanteya et Ayuseya avaient été emmenées par l’un des employeurs du Colisée dans la zone d’attente des combattants.

La première chose qui avait attiré mon attention, c’était la façon dont ce bâtiment avait été construit. Cela me rappelait fortement un stade typique de la Terre avec un toit rétractable. La seule différence résidait dans les matériaux utilisés par ces personnes et dans le fait que le toit était resté ouvert en permanence. Une structure compliquée en bois à nervures l’empêchait de tomber sur nos têtes. Cela ressemblait presque à de l’ingénierie moderne avec un peu de magie en plus.

Il y avait quatre rangées pour la population normale, et la zone de combat au milieu était légèrement elliptique, mais le ring lui-même était un cercle de pierres aplaties à dix centimètres du sol. Les sièges de la noblesse et de la royauté étaient situés de part et d’autre de l’axe principal. Le roi et sa famille avaient un siège spécial que personne d’autre ne pouvait utiliser. Sur l’axe mineur, les riches marchands et les marchands d’esclaves avaient aussi leurs propres zones séparées. La division entre les deux était due au fait que ce dernier apportait le divertissement, du moins m’avait-on dit lorsque je l’avais demandé à l’un des hommes travaillant ici.

D’habitude, il n’y avait pas un jour qui passait sans qu’une ou deux batailles aient lieu ici, mais les grands événements étaient réservés et programmés correctement. Dans notre cas, cela allait être considéré comme un événement mineur qui n’avait pas besoin d’être annoncé.

« J’en déduis que vous avez déjà parlé avec vos combattants pour savoir qui partira en premier. » m’avait demandé Deroak alors qu’il se penchait en arrière sur sa chaise.

J’étais assis à côté de lui et Tamara devant moi, regardant avec curiosité par-dessus bord le grand ring au milieu. Sa queue se balançait lentement de gauche à droite.

« Oui. On peut commencer quand on veut, » j’avais souri.

Le marchand claqua des doigts, et l’un des gardes se précipita hors d’ici, très probablement pour faire savoir aux personnes travaillant dans ce Colisée qu’ils pouvaient commencer le spectacle.

Bien que cet endroit puisse accueillir près de 500 personnes, il n’y en avait qu’une cinquantaine pour assister aux combats de mes filles. Peut-être que c’étaient des habitués ou qu’une bataille plus intéressante était sur le point d’avoir lieu après ça ?

« Mes estimés invités ! » cria quelqu’un au milieu du ring, attirant l’attention de tout le monde.

C’était un homme d’environ 40 ans, avec une longue queue de cheval et vêtu de vêtements blancs de la tête au pied. Il n’y avait pas de marques ou de broderies spéciales dessus, étant aussi simple qu’elles pouvaient l’être.

« Pour le match suivant, nous assisterons à une bataille entre une guerrière draconienne et l’un des esclaves de Deroak ! Le propriétaire de la draconienne et le marchand d’esclaves Deroak ont convenu d’un petit pari, celui qui réussit à accumuler trois victoires au total sera déclaré vainqueur de leur pari amical ! Sans plus attendre, que la bataille commence ! » il leva les bras vers le ciel et les abaissa rapidement.

Deux portes s’ouvrirent et d’un côté, Ayuseya sortit en portant l’épée que je lui avais faite, tandis que de l’autre côté, un homme musclé faisait son apparition, portant un gros marteau et nous montrant un grand sourire. Grâce à ça, je savais qu’il lui manquait quelques dents.

Après le départ du présentateur, les deux guerriers s’étaient avancés, eh bien... la princesse et l’esclave.

« Ce sera intéressant, j’espère que votre femme ne tombera pas trop vite, » Deroak avait souri.

« Je l’espère aussi, c’est la plus forte de toutes ! » lui avais-je montré un sourire confiant.

« La plus forte ? Vous commencez en force, n’est-ce pas ? » déclara-t-il en riant.

« Bien sûr ! Quand dans une bataille, vous ne perdez pas de temps avec de petites attaques, vous frappez votre ennemi rapidement et sans pitié ! » avais-je déclaré. Puis j’avais fléchi mes biceps comme un aventurier classique.

« Oh ? Vraiment ? » le marchand avait l’air satisfait de quelque chose.

Je pouvais deviner pourquoi il souriait. À ses yeux, je prenais l’image d’un idiot musclé avec une avidité aussi grande que la sienne. Cela signifiait que je pouvais être influencé par les pièces de monnaie brillantes qu’il me balançait devant moi. À moins, bien sûr, qu’il n’ait été un maître acteur et une sorte de génie qui avait déjà vu clair dans mon petit plan.

La bataille avait commencé avec l’esclave attaquant Ayuseya. L’homme avait essayé de la frapper d’un coup de son arme, et son arme avait touché Ayuseya. Grâce à mes sens améliorés, je pouvais voir qu’il ne touchait même pas la dragonne. Son armure magique était tout simplement trop épaisse. Il y eut un moment de pause pendant qu’il réfléchissait à ce qui s’était passé, mais la draconienne ne le laissa pas faire et lui donna un coup de pied dans le ventre, malheureusement, elle trébucha sur sa robe et tomba sur son dos.

« Ahahahahaha ! » le marchand riait et il n’était pas le seul.

Arrête de te moquer de ma femme ! Je vais tous vous tuer ! avais-je grogné dans ma tête.

« Hm ? Vous êtes peut-être contrarié par ça, non ? » avait souri le marchand.

« Non, bien sûr que non... cette bataille commence à devenir intéressante ! » J’avais aussi ri maladroitement.

Ayuseya se leva juste à temps pour bloquer l’attaque du guerrier. Elle l’avait repoussé et lui avait donné une gifle sur le visage. C’était si puissant qu’il était sorti du ring et s’était écrasé dans le mur. Il avait été assommé et avait perdu le reste de ses dents.

« Hein ? » Deroak avait été surpris par cette soudaine tournure des événements.

« Et nous avons une gagnante ! La draconienne ! » s’écria le présentateur, me foutant la trouille.

Cet homme a des poumons puissants ! avais-je pensé en essayant de calmer mon cœur qui battait vite. Même Tamara se couvrait les oreilles.

« Celle-là, elle est très forte, » déclara Deroak en se frottant le menton, probablement en faisant une évaluation du prix de vente.

« Comme je l’ai dit, elle est la plus forte de mon équipe, » avais-je souri.

Après que l’esclave avait été sorti de là, le deuxième avait suivi. Cette fois, c’était un homme faible, un peu maigre à mes yeux, mais il semblait plus fort que le dernier. Dès que la bataille avait commencé, ce type avait commencé à jeter des sorts. Il lui avait fallu un peu de temps pour canaliser le mana, mais Ayuseya ne l’avait pas laissé faire. Elle avait sauté vers lui et l’avait frappé avec la poignée de son épée dans l’estomac. Toux, l’homme s’était effondré sur ses genoux et l’avait regardée alors qu’il subissait un coup de poing au visage, et donc ce match avait aussi été réglé. L’esclave, un mage, avait été assommé.

« Et nous avons une gagnante ! La draconienne ! Cette dame peut donner un coup de poing ! » cria-t-il.

« Pas mal, vous ne trouvez pas ? » avais-je souri et jeté un regard du coin de mes yeux sur le marchand.

Deroak n’avait pas l’air très content, mais j’espérais que ce n’était pas ses plus forts. Si Ayuseya perdait face à une mauviette, il se méfierait d’elle.

« Je me demande si la prochaine bataille sera ainsi, » déclara-t-il, puis il me regarda ayant un changement dans les yeux.

Il les a donc classés par ordre croissant en fonction de leurs forces ? Le dernier doit être assez fort... m’étais-je dit en regardant le ring.

Ayuseya me regarda à ce moment-là, et je hochai la tête une fois, lui faisant savoir que c’était bien pour elle de perdre maintenant.

La bataille suivante allait commencer. Le présentateur s’avança au milieu du ring et annonça le prochain combattant, un autre esclave de Deroak, cette fois un homme el’doraw. Il avait à peu près la même taille que Shanteya, mais pas la même masse. Il avait une carrure athlétique et très peu de cicatrices sur son corps, d’après ce que j’avais pu voir. Les armes choisies pour lui étaient deux poignards courbes, mais il était aussi un combattant avec amplification comme Nanya, améliorant ses capacités physiques par la magie.

Quand la bataille avait commencé, il s’était élancé à une vitesse incroyable. Il était au moins dix fois plus rapide que les deux autres, mais beaucoup trop lent par rapport à ma femme. Le premier coup avait touché, mais cela n’avait pas franchi l’armure magique. Ayuseya avait été repoussée de quelques pas, mais elle avait maintenu son équilibre.

« Quoi ? » avais-je dit, en faisant semblant d’être surpris.

Tamara avait relevé les oreilles et m’avait regardé. Même elle ne voyait pas l’homme comme une menace pour la draconienne.

« Hehe ! Mes esclaves sont assez forts, vous savez ? » sourit-il.

En y repensant, j’avais remarqué qu’il n’avait pas du tout peur de perdre ce pari. Au contraire, je pourrais dire qu’il était sur le point de gagner. Pourtant, je n’avais pas à m’inquiéter. À moins qu’il n’ait fait sortir un Suprême, il n’y avait aucun moyen de vaincre Nanya et même là, c’était douteux.

« Peut-être, mais j’ai gagné jusqu’ici, je suis sûr que ma femme gagnera encore, » j’avais souri en montrant que j’avais confiance en ses prouesses.

La bataille devenait de plus en plus intense à chaque instant qui passait. Ayuseya avait fait semblant de ne pas être capable de contre-attaquer ou de suivre sa vitesse. Peu à peu, elle fut repoussée vers le bord du ring. Pendant ce temps, j’avais montré que j’étais ennuyé par la façon dont la situation se développait, tapant du pied et grinçant des dents.

« La draconienne est hors du ring ! L’esclave de Deroak gagne ! » s’écria le présentateur.

La bataille cessa, et Ayuseya s’en alla, la tête baissée.

Ensuite vint Shanteya, mais en même temps, son adversaire, l’esclave el’doraw, fut remplacé par un esclave humain.

« Qu’est-ce que c’est ? Pourquoi l’avoir changé ? » avais-je demandé, surpris.

« Bien sûr que je l’ai fait ! Je n’ai jamais dit que je les garderais après chaque bataille. Quoi ? Avez-vous peur de perdre ? » me demanda-t-il en souriant.

« JAMAIS ! Je parierais même ici tout de suite 10 autres goldiettes que mon esclave va gagner ! » avais-je déclaré et placé les pièces sur la petite table entre nous.

« Très bien ! J’accepte ! » sourit-il.

Je m’étais assis sur ma chaise et j’avais regardé le début de la bataille.

Shanteya sortit son poignard et se précipita vers son ennemi, montrant le même niveau de vitesse qu’un aventurier Avancé. Contrairement à Ayuseya, elle était très habile à contrôler sa force, et son jeu était bien meilleur que le mien. Si bien, en fait, que la bataille qui s’était déroulée devant nous avait semblé terriblement difficile. Shanteya avait de la difficulté à frapper ou à esquiver les coups.

« Elle est très habile..., » déclara Deroak en la regardant se battre.

« Je sais, je l’ai achetée à un entraîneur très habile... argh, mais pourquoi ne peut-elle pas déjà gagner ? » avais-je marmonné les derniers mots d’une voix assez grave pour que le marchand m’entende me plaindre.

« Quand ce sera fini, j’aimerais savoir qui est cet entraîneur. J’aimerais peut-être faire appel à ses services, » m’avait-il dit.

« Hein ? Peut-être..., » avais-je dit. Et j’avais semblé complètement concentré sur la bataille.

« Devrions-nous augmenter le pari à 20 goldiettes ? » me demanda-t-il.

« Hein ? Bien sûr..., » lui avais-je fait signe de partir.

« Très bien, très bien, » il souriait avidement.

La bataille entre Shanteya et l’esclave prenait beaucoup de temps, mais à la fin, elle avait laissé un coup franchir sa défense et cela l’avait fait sortir du ring, garantissant ainsi sa perte. Quand j’avais vu ça, je m’étais assis.

« Commencez-vous à vous inquiéter ? Ne vous inquiétez pas, je vais ajouter ces pièces à la mise finale. Ou bien... voulez-vous parier plus ? » me demanda-t-il.

J’avais froncé les sourcils et je l’avais regardé après ça.

« Non... ça ira..., » avais-je murmuré. Et je m’étais assis.

« Dommage, » il semblait satisfait, mais à l’intérieur, je grinçais de joie.

Mon plan était parfait ! Ce stupide marchand croyait vraiment que j’allais perdre !

« Maintenant ! Pour la bataille finale ! De ce côté, une belle aventurière humaine ! Et de ce côté, Groatak, l’esclave le plus précieux de Dreotak ! » il avait montré du doigt sa droite.

Ce type était assez grand, presque deux mètres de haut, avec beaucoup de cicatrices et des muscles bien formés. Il ressemblait à la brute typique que l’on voit dans le rôle d’un méchant puissant qui pouvait briser un homme en deux.

« Quoi !? Qu’est-ce qu’il veut dire par là ? » l’avais-je montré du doigt. Puis j’avais regardé le marchand.

« Relax mon ami. Comme je l’ai dit, je ne fais que remplacer un esclave blessé par un autre. Ce n’est rien contre les règles de notre pari, n’est-ce pas ? » il m’avait montré un sourire rusé.

Alors c’était ton plan depuis le début, hein ? avais-je pensé qu’en m’asseyant sur la chaise.

***

Partie 2

La bataille avait commencé, mais Nanya avait l’air un peu excitée. J’espérais qu’elle ne gagnerait pas cette bataille avant que j’aie eu la chance de lui donner le signal. Heureusement, mes craintes étaient mal placées. Elle avait reçu le premier coup de poing en premier et avait été projetée jusqu’au bord du ring, mais elle n’en avait pas été éjectée dehors. En souriant, elle avait attaqué la brute et lui avait donné un coup de poing dans le ventre. L’homme toussa et prit du recul. Elle s’était ensuite levée et lui avait donné un coup de pied dans la mâchoire, le faisant tomber par terre.

« Elle est très forte, » déclara Deroak en se frottant le menton.

« Oui..., » avais-je dit, alors que j’avais l’air inquiet sur mon visage, la lèvre inférieure était poussée vers l’avant et les joues s’étaient un peu contractées.

S’il te plaît, ne le tue pas encore ! S’il te plaît, ne le tue pas encore ! Je n’arrêtais pas de le prier dans ma tête.

« Et si on augmentait un peu le pari ? » me demanda-t-il.

« Pardon ? » j’avais plissé les sourcils et je lui avais montré un regard confus.

« Nous augmentons un peu l’enjeu... Une autre... cinquante goldiettes peut-être ? » sourit-il.

« Non... Je ne pense pas..., » j’avais secoué la tête et j’avais regardé le ring.

Nanya avait continué à l’attaquer, puis elle avait fait semblant d’être fatiguée et avait reçu un coup de poing au visage. Sa chute avait été difficile, mais toujours à l’intérieur du ring. Groatak avait couru vers elle et l’avait frappée, l’envoyant près du bord du ring. Nanya avait failli en tomber. Puis elle l’avait remarqué en train de foncer vers elle. Ainsi, elle avait rapidement roulé vers la gauche pour s’échapper loin de là. Elle s’était servie d’un coup de jambe au genou et d’un coup de poing au ventre pour mettre la brute à genoux, mais ce n’était pas suffisant pour l’achever.

Après environ quatre minutes, la bagarre ne progressait pas trop. Pour chaque coup de poing reçu par l’esclave, Nanya avait été contrée avec dix autres.

Je pense qu’il est temps..., avais-je réfléchi. Puis j’avais regardé Deroak.

« Vous parliez d’augmenter le pari ? » lui avais-je demandé.

« Oui, voulez-vous encore parier encore quelques pièces ? » me demanda-t-il.

« Oui. Je pense que j’ai de bonnes chances de gagner, » j’avais hoché la tête.

« Bien ! Je parie 100 goldiettes ! » sourit-il.

« Très bien, je le double ! » avais-je déclaré.

« Oh, mon Dieu, vous êtes très riche, n’est-ce pas ? Serez-vous en mesure de payer, je me le demande ? » demanda-t-il en souriant.

Je m’étais levé et j’avais laissé tomber quelques pierres précieuses sur la table. « Oui. » J’avais souri.

Les joyaux étincelants avaient attiré l’attention de l’homme et en regardant Tamara, j’avais compris comment je pouvais payer pour elle dans l’histoire fictive que je lui racontais. Il avait pris l’un des joyaux et l’avait analysé avec soin.

« Cela vaut au moins 36 goldiettes... Hum... Que diriez-vous de 500 goldiettes ? » me demanda-t-il en souriant.

« Vous poussez le bouchon, n’est-ce pas ? » lui avais-je demandé.

« C’est tout ce que j’ai dans mes coffres en ce moment. Et je crois aussi que j’ai de bonnes chances de gagner, » sourit-il.

« Alors que diriez-vous de 1000 goldiettes, et je place aussi la nekatare ? » avais-je doublé la mise.

Le marchand avide avait dégluti, et pour prouver mes paroles, je lui montrai une autre poignée de joyaux. Ce n’était pas la somme que j’avais promise, mais c’était suffisant pour lui faire croire que j’avais un moyen de payer pour un pari aussi ridicule.

« 1000... c’est plus que ce que je pourrais payer, j’ai peur de ne pas pouvoir accepter..., » il secoua la tête et se retira.

« Alors, et si vous me faisiez une faveur ? » lui avais-je demandé.

« Une faveur ? » il avait plissé ses sourcils.

« Si je gagne, vous me donnez tout l’or de vos coffres et vous me promettez de ne plus jamais faire commerce d’enfants ! Sur votre honneur de commerçant ! » avais-je souri.

« Quelque chose comme ça... Quelque chose comme ça paralyserait mes affaires..., » grogna-t-il.

« De toute façon, qui achète des enfants ? » J’avais haussé les épaules.

« Nobles... même les roturiers, tous ceux qui veulent des camarades de jeu pour leurs enfants ou un des enfants. D’autres les achètent comme appâts pour des monstres dangereux, des animaux de compagnie, ou même pour en faire des esclaves adultes spécialisés dans certains métiers. Seuls les mages les achètent pour des expériences... Si l’on connaît le bon client, on peut tout acheter et tout vendre, » avait-il déclaré.

C’était vrai, cette règle avait été appliquée même sur Terre, mais certaines choses avaient été rendues illégales soit parce qu’elles étaient mauvaises en général, soit parce qu’il y avait des choses qui n’étaient pas censées être négociées d’aucune manière.

« Alors, on est d’accord ? » lui avais-je demandé.

Deroak m’avait regardé, puis il avait regardé les joyaux devant lui.

« C’est un marché. Je ne sais pas pourquoi vous ne voulez plus que je vende des enfants esclaves, mais je vais le faire. Si vous gagnez ce pari, je jure sur mon honneur de commerçant que je ne participerai plus jamais à de tels échanges ! » il hocha la tête et claqua des doigts.

« Va voir l’annonceur et dis-lui que les règles de notre pari ont changé. Si je gagne, j’aurai 1120 goldiettes, les combattants et une nekatare comme esclaves. S’il gagne, il recevra 620 goldiettes et ma promesse de ne plus jamais vendre ou acheter d’enfants esclaves. »

« Oui, maître ! » le serviteur hocha la tête avant de partir en courant.

« C’était pour quoi faire ? » demandais-je en plissant les sourcils.

« Je m’assure juste qu’on respecte tous les deux notre part du marché. On ne voudrait pas que l’un de nous deux... s’enfuit comme ça, n’est-ce pas ? » sourit-il.

« Bien sûr que oui, » avais-je hoché la tête.

Il prévoyait donc d’annoncer le pari lors de la dernière bataille et de me forcer à payer quoiqu’il arrive. Je suppose qu’il a gagné plus d’un pari comme celui-ci... pas étonnant qu’il m’ait approché avec cette offre. En lui jetant un regard froid, j’avais pensé que j’allais m’asseoir.

Lorsque le serviteur arriva en bas et raconta au présentateur les paroles du marchand, le combat s’arrêta un moment. L’homme en blanc s’avança et cria pour que tout le monde l’entende.

« Mes estimés invités ! Il est temps d’annoncer le pari du marchand et de l’aventurier qui a commandité ce beau spectacle aujourd’hui ! Si l’aventurier gagne, il recevra 620 goldiettes et la promesse de Deroak de ne plus jamais s’occuper d’esclavage des enfants ! Si Deroak gagne, il recevra les trois belles combattantes que nous avons vues aujourd’hui et 1120 goldiettes ! Pour que ce soit équitable, il recevra également un quatrième esclave, une nekatare ! Maintenant... Combattants ! Vous pouvez continuer APRÈS que je sois sorti du ring ! »

S’éclaircissant la gorge, le présentateur s’était écarté du chemin de Nanya.

« Tamara, viens par ici, » avais-je dit au chaton.

Lâchant un miaulement, elle marcha à côté de moi et s’assit là, me permettant de la caresser doucement.

Je me demande si l’esclavage dans ce royaume joue aussi le rôle d’un orphelinat ? C’est de la merde..., avais-je grogné dans ma tête.

Nanya m’avait jeté un coup d’œil et quand elle avait vu Tamara, elle avait compris ce qu’elle avait à faire. Il était temps d’arrêter de jouer.

« Cependant, je vous préviens... Groatak était un ancien aventurier Divin qui a également perdu un pari contre moi. Maintenant, il n’est rien d’autre qu’un outil que j’utilise pour gagner quelques goldiettes de plus, » sourit-il.

« Vraiment ? » Je l’avais ignoré et j’avais regardé la bataille.

L’esclave avait aussi fini de jouer. Ainsi, il s’était amplifié avec sa magie et avait chargé Nanya, mais celle auquel il faisait face était une moitié démone et l’autre moitié donjon avec toutes ses statistiques bien au-delà d’un Divin Supérieur. Pour couronner le tout, elle portait tout son équipement, alors qu’il n’avait rien sur lui.

La bataille avait été gagnée au moment où Nanya était montée sur le ring.

Elle s’arrêta et reçut la première attaque de l’esclave. La démone n’avait même pas bronché.

« Est-ce tout ? » sourit-elle.

L’esclave fut surpris et Deroak aussi.

C’était le moment...

Nanya avait saisi sa main et l’avait écrasée dans sa prise, brisant son armure magique et le faisant crier de douleur. Souriante, elle s’éloigna de lui et dépoussiéra ses vêtements. Furieux, l’esclave lui courut après et il essaya de l’attraper par derrière, mais elle avait disparu de sa vue et était réapparut derrière lui. Avant qu’il ne réalise où elle était, il était déjà trop tard. Dès qu’il avait tourné la tête, elle lui avait frappé si fort au visage qu’il s’était fait arracher toutes les dents. Avec un coup de paume sur la poitrine, elle lui avait cassé les côtes et l’avait attrapé par le cou, elle l’avait jeté hors du ring comme si elle jetait un sac poubelle.

C’était une défaite totale de Groatak. Il était inconscient, hors du ring et incapable de se battre même s’il le voulait. La démone était tout simplement impitoyable.

Aïe... ça a dû faire mal. J’avais pitié de ce pauvre homme.

« Alors, un pari est un pari, non ? » J’avais souri et regardé Deroak après ça.

Sa mâchoire était jusqu’au sol, incapable de croire que quelque chose comme ça soit arrivé. C’était absurde. Il savait qu’il gagnerait, mais je l’avais complètement vaincu.

« Vous... vous m’avez piégé, » murmura-t-il.

« Non, j’ai fait un pari avec vous, et vous avez perdu. Si vous ne payez pas, tout le monde en ville saura que vous n’êtes pas digne de confiance. Votre magasin va s’effondrer au niveau de ses ventes, et personne n’achètera jamais rien de vous, ni ne croira un seul mot de ce que vous dites. Alors, qu’est-ce que vous allez faire ? » avais-je demandé avec un grand sourire sur mon visage.

« Vous aurez l’argent d’ici la fin de la journée..., » déclara-t-il en regardant en bas.

« Et à propos de l’autre partie ? » lui avais-je demandé.

« Je vais écrire un document disant que j’en ai fini avec l’esclavage des enfants et je le placerais sur mon mur pour que tout le monde puisse le voir..., » déclara-t-il avec à peine plus de force dans sa voix.

« Merci pour vos affaires, esclavagiste marchand Deroak ! Hahahaha ! » Je l’avais tapoté dans le dos et j’étais sorti avec Tamara après avoir pris sur la table mes joyaux et mes goldiettes.

La sensation de gagner contre quelqu’un comme lui était géniale. Mon plan avait fonctionné et grâce à mes efforts et à mon pouvoir, j’avais réussi à empêcher quelqu’un d’acheter et de vendre des enfants. Dommage que je n’ai pas pu le tuer ou faire une loi pour arrêter cette folie, mais en temps voulu, cela sera fait. J’étais immortel, alors j’avais tout le temps du monde tant que je ne me remémorais pas de l’obscurité en moi qui essayait de faire descendre l’échelle de ma raison.

« Et maintenant, Maître ? » demanda Tamara.

« Maintenant, je vais probablement recevoir un câlin ou une raclée de Nanya, Ayuseya, et Shanteya..., » répondis-je.

« Alors, pourquoi souriez-vous ? » demanda Tamara.

« Je ne sais pas, je suis content d’avoir réussi à punir ce salaud qui t’a blessée comme ça, Tamara, » j’avais tapoté le chaton sur la tête, et elle avait poussé un doux miaou.

« Merci, maître, » déclara Tamara.

☆☆☆

[Le point de vue d’un certain garde royal]

Aujourd’hui, le prince avait décidé d’aller voir une bataille au Colisée. Si personne n’était d’humeur à se battre, nous, les gardes royaux, devions monter sur le ring et l’amuser avec notre sang et nos larmes. J’avais confiance en mon épée, mais j’étais aussi le garde le plus sûr et le plus fort du prince. J’étais certain qu’il n’oserait pas m’y envoyer, mais même mes camarades avaient eu de la chance. Quelqu’un d’autre se battait quand nous étions arrivés.

« Une femme draconienne... elle a l’air... laide, » avait-il déclaré. « J’espère qu’elle perdra, sinon tu iras la tuer, » m’avait-il dit.

J’avais dégluti.

« Oui, Votre Altesse, mais les draconiens ne sont pas nos ennemis en ce moment et..., » il m’avait regardé fixement, et je m’étais arrêté. « Comme vous voulez... »

Mon prince restait mon prince, même s’il était parfois égoïste.

Heureusement pour elle, elle n’avait pas gagné.

« Quel imbécile ! Je savais que les draconiens étaient faibles ! Un El’Doraw l’a vaincue ! HA ! Cela lui va à ravir ! Espèce d’imbécile ! » Il avait souri. Puis il s’était appuyé sur sa chaise.

Un serviteur lui apporta des fruits à manger pendant que nous attendions la bataille suivante.

Cette fois, une femme el’doraw avait affronté un humain.

« Hm ? Elle est forte, Dragnov ? » me demanda-t-il.

« Je ne sais pas, Votre Altesse... Jusqu’à ce que vous croisiez les lames avec votre ennemi, vous ne pouvez jamais dire à quel point ils peuvent être forts, » j’avais hoché la tête.

« Si elle gagne, je te la donnerais pour que tu te maries avec, » déclara-t-il en souriant.

« Votre Altesse, ne plaisantez pas comme ça, » déclarai-je.

« Tch, tu n’es pas drôle, » grogna-t-il.

Cet homme, bien qu’il ait 24 ans cette année, était le deuxième prince de ce pays. Son frère aîné était très différent de lui, mais malheureusement, il était actuellement loin de la capitale. Cela signifiait que le jeune frère avait tout pouvoir de nous dicter notre conduite et que nous ne pouvions rien faire pour l’arrêter.

L’El’Doraw avait perdu, puis une belle blonde était montée sur le ring.

« WÔW ! Elle est magnifique ! » déclara le prince, captivé par elle dès qu’il posa les yeux sur elle.

La bataille avait commencé, mais cela n’avait pas l’air d’aller si bien pour elle. L’homme, un ancien aventurier, avait pris le dessus par pure force.

« Qu’est-ce qui se passe ? » demanda le prince quand le présentateur s’avança et déclara la valeur du pari.

« Si elle perd, va me l’acheter immédiatement ! » m’avait-il ordonné.

« Comme vous voudrez, Votre Altesse, » m’étais-je incliné devant lui.

Notre royaume n’était pas très riche en minéraux, mais nous avions des esclaves. La plupart de notre main-d’œuvre et de notre économie dépendaient des marchands d’esclaves, donc les paris comme celui-ci étaient une très bonne occasion de gagner de l’argent auprès d’aventuriers étrangers. Ou du moins, je croyais que celui qui pariait contre le célèbre Deroak était un étranger. Personne dans la capitale n’oserait faire un marché aussi absurde avec cet homme. Il n’avait jamais perdu un seul pari depuis qu’il avait participé pour la première fois à ce Colisée avec ses esclaves.

Hélas, je m’étais trompé. Deroak avait perdu. Goratak avait été massacré par la beauté blonde, et tout le monde comprenait à peine ce qui s’était passé vu à quelle vitesse la bataille s’était terminée.

Pendant dix longues minutes, le prince ne m’avait pas dit un seul mot.

« Dragnov..., » déclara-t-il.

« Oui, Votre Altesse ! » Je m’étais agenouillé.

« Amène-moi cette femme... Non, l’homme qui a fait le pari contre le marchand la possède, alors... oui. Apporte-moi cette nekatare. Tu peux la brutaliser, mais ne la tue pas. Cela se déroulera peut-être de deux façons, soit il m’amènera la blonde de son plein gré, soit il essaiera de s’enfuir et de la laisser derrière lui. Si c’est le cas, je l’aurai. Parfait ! » dit-il en riant.

« Oui, Votre Altesse, » j’avais baissé la tête et je l’avais escorté hors de là.

Ce plan était absurde, ridicule même. Il pouvait simplement l’acheter auprès de lui ou le piéger de manière à ce qu’il devienne un hors-la-loi. Par conséquent, nous pouvions librement le traquer et lui enlever ses esclaves. Mieux encore, il pourrait simplement lui ordonner de l’offrir. Il était le prince qui avec son frère aîné régnait sur le royaume après la mort de leur défunt père. Ils avaient le droit de faire ce qu’ils voulaient ici. Nous demander d’aller les kidnapper... ce n’était rien de plus qu’un jeu tordu d’un prince gâté et tyrannique, mais si ces pensées me venaient à l’esprit, ma tête tomberait devant les pieds de ma femme.

J’avais déjà de la peine pour la pauvre nekatare... elle n’allait pas survivre à ça.

***

Chapitre 58 : Le donjon caché

Partie 1

[Point de vue de Shanteya]

Après notre séparation avec le Maître, nous avions été guidés vers la zone d’attente pour les combattants. Là, nous avions attendu patiemment notre tour pour entrer sur le ring et nous avions tenu parole sur la façon dont nous devions gagner ou perdre.

Ayuseya avait été la première à y aller et avait perdu contre son troisième adversaire. De notre point de vue, ce n’était pas une bataille équitable. La draconienne était assez forte, et ses adversaires avaient à peine la puissance d’un aventurier de rang Maître. Elle était en fait troublée après sa première victoire parce qu’elle n’avait pas l’intention de gagner si vite, mais l’homme lui avait murmuré quelque chose de sale. La gifle n’était même pas à 5 % de sa pleine puissance, mais c’était plus que suffisant pour l’envoyer dans le mur. Lors de sa victoire suivante, c’était arrivé encore une fois, mais cette fois-ci, c’était juste qu’elle était incapable de contrôler pleinement ses capacités.

Quand il avait été temps de perdre, elle avait fait de son mieux pour ne pas résister à l’attaque de l’ennemi, mais elle se défendait inconsciemment, la rendant pratiquement immunisée contre ses coups. Quant à sa vitesse, cet homme était lent, vraiment très lent.

Puis vint mon tour. Après avoir pratiqué comment contrôler ma puissance sur les monstres ainsi que dans mes routines quotidiennes en tant que femme de chambre dans l’Académie Fellyore, j’étais plutôt habituée à contrôler l’énorme coup de pouce que j’avais reçu du Maître. Je savais comment perdre une bataille sans éveiller les soupçons. Quand j’y avais vu l’opportunité, je m’étais laissée frapper et envoyée hors du ring.

Nanya n’avait aucune intention de perdre. Elle était un peu ennuyée par le marchand, mais la raison principale était probablement sa fierté. Elle ne pouvait pas se permettre de perdre devant un faible comme Groatak. Elle jouait simplement avec lui comme un adulte le ferait un enfant. Au milieu de la bataille, l’ancien aventurier savait déjà qu’il n’affrontait pas quelqu’un qu’il pouvait vaincre. Lorsque le Maître donna le signal, la démone ne montra aucune pitié envers lui, mais elle s’abstint de lui arracher les bras et de le frapper avec eux sans raison.

Le pari avait été gagné, et nous avions quitté le Colisée. Le maître accepta d’aller chercher les esclaves un autre jour, mais pour l’instant, il ne voulait que son argent. Deroak avait vidé tous ses coffres pour lui remettre 458 goldiettes, mais il lui en manquait beaucoup. Il avait avoué avoir fait le pari sans avoir la capacité de payer. Il y avait aussi la question de savoir quoi faire de son stock actuel d’enfants.

En ce qui concerne cette dernière partie, le Maître proposa le marché suivant : il ne lui prendrait que 200 goldiettes, mais dans un document écrit, le marchand promettrait de libérer tous les enfants et de les prendre sous sa garde jusqu’à ce qu’ils soient assez grands pour se débrouiller seuls. Cela pouvait se faire soit à l’âge de 18 ou 20 ans. Il promettait également d’utiliser les 420 goldiettes restants qu’il possédait pour leur offrir tout ce dont ils avaient besoin : vêtements, nourriture, abri et même de l’aide pour leurs futurs emplois. La promesse avait été écrite en deux exemplaires, dont l’un avait été tenu par le Maître lui-même, l’autre était resté avec Deroak.

Ensuite, nous avions quitté le magasin et étions sortis manger, car nous étions dans la dernière heure pendant laquelle Tannaor servait encore de la nourriture. Notre journée s’était terminée par une promenade dans la ville à la recherche de la bibliothèque. Nous l’avions trouvée, mais elle était fermée à cette heure, donc nous n’avions pas d’autre choix que de retourner à notre auberge et de revenir le lendemain.

Cette nuit-là, nous avions dormi tous ensemble dans les bras du Maître. Ses baisers étaient tendres et doux, mais il n’était pas allé plus loin avec Nanya ou Ayuseya. La draconienne était plus affirmée qu’avant, et elle fut la première à sauter dans les bras du Maître.

Pendant que nous dormions, j’avais senti un mouvement soudain et je m’étais réveillée pour voir le Maître se lever du lit. Il faisait encore nuit dehors, et je ne sentais pas la présence d’un ennemi.

« Maître ? Il y a un problème ? » demandai-je en me frottant les yeux.

Ayuseya lâcha un bâillement et se réveilla aussi. Les seules qui dormaient encore étaient Nanya et Tamara, la première utilisant cette dernière comme oreiller corporel.

« Il n’y a rien, je sors juste faire une petite promenade. Vous pouvez retourner vous coucher, » répondit-il d’une voix calme.

Quelque chose ne tournait pas rond chez lui, alors j’avais regardé la draconienne pour voir si elle ressentait la même chose, mais elle avait haussé les épaules et était retournée au lit.

C’est peut-être mon imagination..., avais-je pensé, puis je m’étais allongée.

Le maître quitta la pièce et referma la porte avec son sort de Télékinésie. Il y a longtemps qu’il ne l’avait pas utilisé. En fait, il n’avait presque pas utilisé de sort après être devenu humanoïde.

Pendant les minutes qui avaient suivi, mon esprit n’arrêtait pas d’essayer de trouver quelque chose qui n’allait pas chez lui, mais je n’avais rien trouvé.

Peut-être qu’il y a quelque chose qui ne va pas chez moi ? pensai-je en me recroquevillant sur le côté du lit.

 

☆☆☆

[Point de vue d’Illsyore]

Je m’étais réveillé sur un sol froid en regardant un plafond de marbre gris.

Que se passe-t-il ? C’était la première chose à laquelle j’avais pensé après avoir ouvert les yeux.

Je me souvenais clairement de m’être endormi avec Ayuseya et Nanya et de m’être presque fait étrangler par leur affection. Alors la chose que j’étais censé ressentir en ce moment, c’était les seins réconfortants de mes femmes et non un sol froid, dur et de pierres. Il se passait quelque chose de vraiment étrange par ici, et j’avais l’impression de ne pas rêver.

En levant les mains en l’air, j’avais regardé mes doigts et je les avais fléchis plusieurs fois. Il n’y avait rien qui sortait de l’ordinaire pour autant que je sache, alors je m’étais levé et j’avais commencé à regarder autour de moi. Il s’agissait d’un long couloir sans aucune sorte de lumière du soleil ou de décoration. Cela semblait terriblement familier, tel un donjon, mais cela ne pouvait pas être vrai... Il n’y avait pas de donjons dans la zone proche d’Elora, pour autant que je le sache.

Heureusement, mes yeux étaient bien meilleurs que ceux des humains normaux et les cristaux de mon corps permettaient une lueur verdâtre si je concentrais du mana en eux. Dans n’importe quelle autre situation, la lueur ne serait pas remarquée, car elle n’était pas nécessaire, mais je devais l’utiliser pour voir dans l’obscurité totale. D’une certaine façon, j’étais ma propre lampe de poche.

Au début, j’avais pensé à agrandir mon Territoire de Donjon, mais si j’étais dans un donjon, et qu’il était plus fort que moi, alors je finirais par être immobilisé à la suite du choc d’avoir vu mon territoire brisé. Une situation inverse signifierait que je ne serais pas en mesure d’obtenir des informations sur la façon dont je m’étais retrouvé ici et où exactement se trouvait « ici ».

L’endroit était plutôt propre, il n’y avait pas de poussière là, donc cela avait été construit récemment ou une armée de bonnes avait nettoyé cet endroit régulièrement. Cela pourrait aussi être enchanté.

En pensant à cette dernière option, je m’étais approché du mur et j’avais posé ma main sur sa surface pour voir s’il y avait un flux de magie dedans. Dès que je l’avais fait, j’avais sursauté en état de choc.

Je n’arrivais pas à y croire... cet endroit... ce couloir... ce couloir...

« C’est moi qui l’ai construit ? Mon mana est dans cet endroit ? COMMENT !? » avais-je dit en ressentant de la surprise.

Une chose était certaine, je n’avais pas bu QUE deux chopes d’hydromel. Cette boisson contenait de l’alcool, mais pas au point de me faire oublier que j’avais construit un couloir au milieu de nulle part.

En secouant la tête, j’avais essayé de ressentir à nouveau l’énergie, mais il n’y avait pas eu de changement. Le flux de mana des enchantements placés sur ce mur résonnait parfaitement avec celui à l’intérieur de mon corps. Ceci avait été construit par moi ou avec mon mana.

Peut-être que je devrais étendre un peu mon Territoire de Donjon..., avais-je pensé et avec une déglutition, je l’avais libéré.

Il n’y avait pas d’autre donjon autour de moi, alors j’avais continué à l’étirer petit à petit, lentement, jusqu’à ce qu’il touche soudainement un autre territoire. Je m’étais arrêté et je l’avais retiré par réflexe.

« Il y a un autre Donjon ici ? » avais-je dit. Puis j’avais regardé sur ma gauche, d’où j’avais senti la présence étrangère.

Je n’avais fait qu’effleurer son territoire, donc il n’y avait pas eu de bataille entre nous, mais c’était suffisant pour que je puisse dire qu’il était beaucoup plus faible que moi.

Souhaitant voir jusqu’où ce donjon s’étendait et à quelle profondeur j’étais sous terre, j’avais fermé les yeux et je m’étais envolé hors de mon corps sous ma forme fantomatique. Mon premier objectif était de voir s’il y avait des dangers autour de moi, comme des monstres ou des pièges, dont je devais me débarrasser. Je volais aux deux extrémités du couloir, mais je n’avais rien trouvé, pas même un caillou, et encore moins un dédale ou un monstre, seulement une paire d’escaliers menant à l’étage suivant. Cet endroit était probablement en cours de construction.

De là, j’avais volé en ligne droite, passant directement à travers les étages afin d’atteindre la surface aussi vite que je le pouvais. Le voyage avait pris environ une minute, mais quand j’étais sorti, je m’étais retrouvé au milieu de la forêt autour d’Elora, mais j’étais à une vingtaine de minutes environ en course à vitesse maximum pour en sortir. Pour être franc, la capitale ressemblait à un point à l’horizon. J’étais surpris de l’avoir vu de si loin.

J’étais retourné au donjon et j’avais regardé autour de moi pendant un moment. L’endroit n’avait aucun de mes pièges habituels avec les lasers, les aimants, les décharges électriques, ou d’autres trucs comme ça. Il restait avec des versions à pointes et à ressorts typiques, mais les étages du donjon étaient plutôt complexes et abritaient un grand nombre de monstres puissants. La différence entre les étages que j’avais construits à l’Académie Fellyore et celui-ci était la quantité de monstres puissants. Au 30e étage, j’avais déjà rencontré des monstres au-dessus du niveau 100, portant des armures et des armes enchantées. Dans l’ensemble, c’était un donjon destiné à un groupe de Divins. S’ils avaient ici les pièges que j’avais placés dans mon donjon à Shoraya, alors ce serait automatiquement un donjon destiné aux Suprêmes.

En poursuivant, j’avais remarqué qu’il était assez décent et décoré de toutes sortes de petites statues, de piédestaux, de sculptures murales et d’autres choses du genre. Les monstres se déplaçaient aussi en groupes organisés, mais ils étaient tous convoqués, et il n’y avait pas de nids pour eux. Cela signifiait qu’une fois tuer ou leurs cercles détruits, ils disparaissaient pour de bon.

Ce que j’avais été surprit en le découvrant, c’était qu’à tous les 10 étages, il y avait une pièce spéciale où il n’y avait pas de monstres ou de pièges, et les murs étaient enchantés d’un sort repoussant qui les protégeait des dangers sur cet étage. De tous les points de vue, c’était l’endroit idéal pour les aventuriers, quelque chose que je n’aurais jamais construit en un milliard d’années.

Pourquoi devrais-je le faire ?

Si le but d’un donjon était de pousser les aventuriers à leurs limites et de les consommer, il était normal et naturel de les tuer aussi vite que possible.

Mais s’ils avaient trop peur d’avancer, ils n’atteindraient pas les points où je pourrais les piéger et les vider de leur mana. De temps en temps, les chambres sécurisées étaient donc une bonne chose.

Je n’étais pas resté trop longtemps à regarder la salle sûre. Elle était pratiquement vide, alors j’étais retourné à mon corps et avec mon Territoire de Donjon s’étendant à quelques mètres autour de moi, j’avais commencé à faire mon chemin vers le noyau installé dans cet endroit.

Tout, des pièges aux monstres, n’avait servi à rien contre moi. J’avais bien trop dominé cet endroit, mais je me sentais réticent à le détruire, alors j’avais avancé prudemment, essayant d’éviter de déclencher quoi que ce soit de dangereux sur mon chemin. Il m’avait fallu environ une demi-heure pour que nos territoires se touchent. J’avais immédiatement retiré le mien parce que je ne voulais pas le détruire.

« Eh bien, voyons voir maintenant..., » avais-je dit en regardant autour de moi.

Il me restait encore un peu de temps avant d’atteindre le donjon, alors j’avais procédé avec prudence, surtout parce que je ne voulais pas détruire les pièges et les monstres ici. C’était étrange de marcher comme ça, seul, dans un donjon rempli de mon mana, mais en même temps j’avais l’impression que rien ici n’était assez puissant pour m’égratigner.

Bien sûr, je m’inquiétais du fait que j’avais construit ce donjon d’une façon ou d’une autre, mais il était hors de question de rester là et d’attendre que mes femmes viennent à mon secours. Celui qui pouvait répondre à mes questions n’était autre que le Noyau du Donjon.

Ce qui est certain, c’est que les Ténèbres sont derrière tout ça..., avais-je pensé qu’après avoir pris un tour.

J’avais sauté par-dessus un piège à piques et j’avais continué à marcher lentement, en me collant près du mur. Ma réflexion était revenue à la dernière fois que j’avais parlé avec les esprits piégés à l’intérieur de mon Esprit Intérieur. Au cours des années que j’y avais passées, j’avais appris qu’on ne pouvait faire confiance à aucun d’eux. Leurs souvenirs contenaient des pièces d’un très grand casse-tête, mais leurs connaissances étaient fragmentées. Même le Primordial était identique, mais en même temps, je savais que s’ils le voulaient, ils pourraient affecter mon corps. Le fait que les Ténèbres ne pouvaient pas prendre le contrôle de mon corps était probablement un mensonge, ce qui m’inquiétait le plus. Fondamentalement, je ne pouvais pas me faire confiance pour garder le contrôle de ma forme physique dans un moment de danger. Le fait que j’étais actuellement dans cet étrange donjon était la première et la plus grande preuve que j’avais de cette théorie.

Alors que je suivais le mur, j’avais soudain rencontré en un face-à-face avec un Roi-Minotaure recouvert d’une armure de plaques d’acier. J’avais dégluti, et il m’avait regardé fixement. Pendant un moment, j’avais cru qu’une bataille était inévitable et que je finirais certainement par tuer le monstre, mais quelque chose d’inattendu était arrivé. Le Roi Minotaure était passé devant moi sans se soucier de rien.

Je l’avais regardé pendant un long moment.

Qu’est-ce qui vient de se passer ? Pourquoi n’ai-je pas été attaqué ? avais-je pensé.

Si je devais le deviner, alors je dirais que le monstre m’avait peut-être reconnu comme son invocateur. L’autre option était qu’il comprenait que j’étais beaucoup plus fort que lui. Quoi qu’il en soit, j’étais libre de marcher jusqu’au Noyau du Donjon en paix.

La pièce elle-même était simple à première vue, mais en y regardant de plus près, on pouvait voir d’innombrables runes et symboles gravés sur les murs. Ils représentaient tous des mots d’une langue que je ne connaissais pas. Soit ça, soit un mauvais peintre avait tenté sa chance ici.

Peu importe à quel point je fixais les murs, je n’allais rien apprendre d’eux, alors j’avais tourné ma vue vers le minuscule cristal blanc de la taille d’un poing au milieu de la pièce.

Le noyau du donjon..., avais-je pensé.

« Es-tu mon père ? » murmura la voix d’un enfant.

J’avais été paralysé.

« Peu importe combien j’ai bu hier soir, je suis presque sûr que je n’étais pas ivre à ce point ! » avais-je répondu.

« Ne l’es-tu pas ? » demanda l’enfant.

Il n’était pas nécessaire de chercher un enfant dans cette pièce, celui qui parlait était clairement le noyau en cristal.

« Non, Luke, je suis presque sûr que je ne suis pas ton père, » j’avais hoché la tête.

« Luke ? Je ne m’appelle pas Luke, je... Je n’ai pas de nom. Mais le mana de cet endroit est à toi, n’est-ce pas ? » demanda-t-il d’une voix basse qui montrait son insécurité et sa peur.

« Hein ? Eh bien, je n’ai non plus aucune idée de pourquoi c’est comme ça... Euh, de toute façon, quel âge as-tu ? » lui avais-je demandé.

« Je viens de naître..., » répondit-il.

« Hein ? » Je l’avais regardé dans les yeux.

« Je suis un Donjon Demi-Dieu... La valeur de mon niveau n’est que de 1, » m’avait-il dit.

« Un donjon Demi-Dieu de niveau 1... Eh bien, c’est intéressant. Et tu dis que tu n’as pas de nom, n’est-ce pas ? » avais-je demandé pour confirmer ce fait.

Le fait qu’il venait de naître et qu’il parlait normalement ne me dérangeait pas tant que ça. En fait, juste parce qu’il était un donjon, je m’attendais à ce qu’il puisse communiquer dans au moins une langue. En fait, c’était la partie bizarre de tout ça parce que j’avais la réincarnation comme excuse pour savoir certaines choses, mais qu’en est-il de ce donjon ?

« Oui... Peux-tu me donner un nom ? » demanda-t-il.

Euh... Qu’est-ce que je suis censé faire maintenant ? En me grattant la joue droite et en lui montrant un sourire gênant.

« Ne veux-tu pas le faire ? » sa voix était si triste que cela m’avait brisé le cœur.

« Non ! Non ! Non ! Je réfléchis... Je réfléchis, c’est tout... Donc Luke est hors de question. Certainement pas Tête de Godet. Poltergeist ? Non, Thon ? Qu’est-ce qui ne va pas avec mon choix de noms !? » je m’étais gratté la tête avec les deux mains.

« Thon a l’air sympa..., » déclara l’enfant.

« NONNNN ! Hors de question ! » j’avais immédiatement refusé la proposition.

« ... » il n’avait pas répondu, et j’avais continué à y réfléchir.

Quelques minutes plus tard, après avoir fait des cercles dans la pièce et après avoir épuisé presque toutes les lettres de l’alphabet, je lui avais dit un nom possible.

« Et Deusur ? » lui avais-je demandé.

« Deusur... Deusur... J’aime ça ! » répondit-il.

Si j’avais pu le voir, j’étais sûr qu’il souriait vivement.

***

Partie 2

« Dites-moi, Deusur, sais-tu comment tu es né ? » lui demandai-je.

« Ne le sais-tu pas ? » demanda Deusur.

« Non... cette info est un peu... floue pour moi. Hahaha... ha..., » avais-je ri assez maladroitement.

« Je suis né avec des informations de base copiées de la base de données de mon père, et je sais que les salles de noyaux comme celle-ci, qui sont construites par d’autres donjons, deviennent un berceau pour les donjons nouveau-nés. Lorsque nous sommes complètement formés, nous sommes téléportés du ventre de notre mère dans une de ces pièces et commençons notre nouvelle vie, » explique-t-il.

« Donc... tu me dis que dans chaque endroit où j’ai construit une salle de noyaux qui a été laissé loin de mon Territoire de Donjon, ce qui je présume est la condition, un nouveau Donjon peut naître ? » j’avais été un peu choqué par cette information.

« Oui, » répondit-il.

En d’autres termes, toutes les salles de noyaux que j’avais construites dans le royaume de Shoraya s’étaient peut-être retrouvées avec un nouveau Noyau de Donjon et qu’ils avaient infesté la région de monstres frayés et de dédales. J’avais peut-être involontairement créé un problème majeur pour les humains qui y vivaient, mais en même temps, cela signifiait que la pièce que j’avais construite dans le désert était dans la même situation.

J’avais dégluti.

« Qu’en est-il des donjons dont le noyau a été détruit ? » lui avais-je demandé.

« Si la pièce est toujours là, intacte, dans les deux semaines, un nouveau noyau apparaîtra, qui absorbera les restes de l’ancien donjon ainsi que les monstres morts. Il peut recevoir un petit coup de pouce, mais il lui faudra un certain temps avant d’obtenir le pouvoir de l’ancien résident, » expliqua le petit noyau.

« Argh..., » j’avais baissé la tête.

« Qu’est-ce qu’il y a ? » demanda Deusur avec curiosité.

« Rien ! Je me demandais juste si c’est une bonne ou une mauvaise chose..., » avais-je répondu.

« Pourquoi est-ce mauvais ? Les donjons n’ont-ils pas le droit de naître ? » C’était une assez bonne question, mais en même temps une question déroutante pour moi.

Techniquement parlant, j’étais né comme un humain qui s’était réincarné dans le corps construit par Tuberculus puis reconstruit à l’aide d’un sort farfelu. En d’autres termes, je n’étais pas né naturellement dans ce monde, donc je n’avais aucune idée de la manière dont les donjons étaient nés.

« Bien sûr qu’ils ont le droit de naître, c’est leur attitude envers les autres espèces qui m’inquiète..., » avais-je répondu.

« Attitude ? Qu’est-ce que tu veux dire ? » demanda-t-il innocemment.

« Eh bien... par exemple, comment vois-tu... les humains ? » lui avais-je demandé.

« Je ne sais pas ce que sont les humains, » une réponse inattendue m’était venue.

« OK, et les démons ? » demandai-je.

« Ça ne me dit rien..., » répondit-il.

« Les nains ? El’doraw ? Elfe ? Nekatars ? » demandai-je.

« Je ne les connais pas... Je sais seulement comment je suis né, quelques sorts et ce dont j’ai besoin pour survivre. Je ne connais même pas d’autre langue que la langue des donjons, » m’avait-il dit.

« Je vois... attends, quoi ? Langue des donjons ? » J’avais cligné des yeux, surpris.

« Celui qui est écrit sur les murs et que nous utilisons pour parler en ce moment. » C’était seulement à ce moment-là que j’avais réalisé que je ne parlais pas le Shorayan, l’anglais, le roumain ou toute autre langue dont j’avais entendu parler.

Cependant, c’était étrange. Celui-ci me semblait plus familier et plus facile à comprendre que les précédents. Curieux, mais en même temps un peu choqué, je m’étais dirigé vers le mur de droite. Après avoir regardé les symboles dessus pendant un certain temps, j’avais pointé du doigt un étrange caractère qui ressemblait à une chaise avec une barre traversée par une barre.

« C’est la syllabe “Ne”, non ? » lui avais-je demandé.

« Oui, » répondit-il.

« Et c’est... “Ro” ? » demandai-je.

« Oui, » répondit-il.

« N.S.A.T.T. Ke. » J’avais commencé à les pointer l’un après l’autre.

« Oui, tu as raison à leur sujet. Tu agis un peu bizarrement. C’est comme si c’était la première fois que tu le voyais, » m’avait-il dit.

« C’est..., » avais-je répondu.

« Bizarre... D’après les informations de mon père, je pensais que tous les donjons étaient nés avec les informations de base que je possède..., » m’avait-il dit.

Cette langue était littéralement nouvelle pour moi, mais en même temps, j’avais l’impression que cela faisait partie intégrante de moi, ce qui était bizarre.

Est-ce un effet secondaire d’être un Donjon ? m’étais-je demandé.

« Peut-être pas tous... Sais-tu qui est ton père ? » avais-je demandé. Mais je m’étais souvenu de comment il m’avait salué.

« Non, » déclara-t-il.

« Oui, j’ai oublié... Désolé. Mais tu as dit que tu sais ces choses de ton père, pourquoi es-tu sûr que ça vient de ton père et pas de ta mère ? » demandai-je.

« Je ne sais pas... C’est... Je le sais, c’est tout. C’est de la même façon que je sais que tu es un donjon et non un humain ou quoi que ce soit d’autre..., » répondit-il.

En d’autres termes, c’était une sorte d’instinct, mais ses derniers mots m’avaient fait ressentir une petite douleur intérieure. Je savais que je n’étais plus un être humain, mais me faire dire cela par un cristal flottant me faisait un peu mal.

« Eh bien... Qu’as-tu appris de ton père sur la façon de survivre ? » lui avais-je demandé.

« Quand des êtres en armure et armés d’épées entrent dans mon donjon, je suis censé les tuer et absorber leur mana. C’est la meilleure façon de grandir rapidement, mais en même temps de me protéger, » il m’avait révélé quelque chose de très intéressant.

Si tous les enfants du donjon étaient comme lui, il était possible qu’ils ne soient pas nés méchants, mais plutôt qu’ils le soient devenus après que des aventuriers soient venus les attaquer encore et encore. La peur et le manque de compréhension les amèneraient naturellement à prendre une position haineuse envers tout aventurier.

Les donjons étaient des êtres vivants nés de parents qui avaient été forcés de grandir sans leur amour et leur attention... Cela en soi me faisait pitié, mais ceux qui finissaient par avoir ce genre de comportement violent envers les humains et toute autre espèce intelligente finissaient naturellement par devenir une cible, un ennemi qu’il fallait détruire.

Attends... est-ce que ça veut dire qu’on peut penser que les donjons sont bons ? La relation entre les aventuriers et les donjons peut-elle être pacifique plutôt que violente ? En regardant ce jeune enfant devant moi, j’avais réfléchi.

« Deusur, quelle est la première chose que tu sais que tu dois faire quand tu rencontres un aventurier ? » lui avais-je demandé.

« Je le tue et j’absorbe son mana ou je me fais tuer, » expliqua-t-il calmement.

Typique pour un donjon..., avais-je pensé.

« Et si... Et s’il n’est pas là pour te tuer ? » demandai-je.

J’avais ainsi essayé quelque chose.

« Je ne comprends pas... Ne sont-ils pas tous là pour me tuer ? » demanda-t-il.

« Non..., » j’avais secoué la tête.

« Comment le sais-tu ? » me demanda-t-il.

« C’est dur... très dur à expliquer. Tout comme toi, ils croient que tu veux les tuer, et donc, vous avez tous les deux des émotions, » déclarai-je.

« S’ils sont comme moi, alors... pourquoi veulent-ils me faire du mal ? » demanda-t-il.

« Parce qu’ils ne savent pas... ou qu’ils le savent et sont mauvais, » avais-je répondu.

« Mauvais ? » le mot était probablement un peu étrange pour lui.

« À l’extérieur de ces murs, il y a une ville humaine. À l’intérieur, beaucoup d’humains vivent et certains d’entre eux ne sont pas aussi mauvais que les autres. Par cupidité ou par haine, certains voudront te détruire. Ces individus, tu es libre de vaincre et... de les tuer, mais il y a aussi ceux qui n’ont pas cette intention et qui souhaitent simplement devenir plus forts ici ou ramasser des matériaux pour leur artisanat. » J’avais commencé à m’expliquer du mieux que je le pouvais.

Il y avait peut-être une meilleure façon de dire ces choses, mais pour le moment, c’étaient les seuls mots qui me venaient à l’esprit.

« Comment puis-je les distinguer ? » demanda-t-il.

« Regarde comment ils se comportent, et non pas à quoi ils ressemblent. Euh, alors que tu grandiras et que tu gagneras de l’expérience, tu dois interagir avec eux et plus tu le feras et mieux tu le sauras. Il y aura des moments où ils te poignarderont dans le dos, d’autres moments où tu seras celui qui se trompera à leur sujet, mais si tu as de la patience et que tu continues à croire qu’il y a des individus là-bas avec l’intention d’être amicaux envers toi, pas haineux et craintifs envers toi, ou avec des intentions mauvaises et cupides envers toi, alors tu les trouveras certainement. Tu as juste besoin d’avoir confiance en toi sur le fait que tu finiras par les rencontrer. » Je l’avais expliqué d’une voix calme et douce.

« Je ne crois pas comprendre... Je sais seulement que je dois me protéger d’eux, » répondit-il au bout d’un moment.

Il était certain qu’il pouvait le faire, et comme son père n’avait jamais partagé ce genre d’information avec lui, il était naturel pour lui de ne pas croire immédiatement qu’il pourrait être un peu mal. En y pensant, même moi, je serais sceptique si un étranger me disait toutes ces choses à l’improviste. J’avais peut-être mal abordé cette question ?

« La seule chose que je peux dire, c’est que tu le sauras avec le temps. Tu as juste besoin de vivre ta vie et d’expérimenter de nouvelles choses... La seule chose que je peux faire pour t’aider est de te donner un petit coup de pouce de mana, ça te plairait ? » lui avais-je demandé.

« Oui, » répondit-il.

Avec son approbation, j’avais posé ma main sur son minuscule corps de cristal. À ce moment-là, j’avais réalisé à quel point il était petit et fragile. Si je serrais ma main trop fort, il craquerait et mourrait. Il n’y avait même pas une couche d’armure magique sur lui. Même un caillou jeté par un enfant pourrait lui faire du mal. C’était vraiment difficile pour moi de croire que quelque chose d’aussi petit et fragile que lui puisse un jour devenir une existence puissante capable de menacer les aventuriers expérimentés.

J’avais donc commencé à verser du mana en lui, le laissant couler à un rythme régulier, mais ce n’était pas plus que je ne puisse facilement régénérer. Après les premières secondes, le Corps de Cristal s’était un peu agrandi. Puis, à mesure que j’insufflais plus d’énergie dans son corps, il grandissait en taille et devenait de plus en plus fort à chaque instant qui passait.

Je lui avais probablement donné environ 60 000 points de mana quand j’avais senti qu’il était temps d’arrêter. Son corps était maintenant un gros cristal d’un demi-mètre de rayon. Son territoire s’était étendu au-delà de cette pièce et avait probablement atteint le bord même de ce donjon. Il avait probablement aussi gagné bon nombre de niveaux.

« Je me sens étonnant... Je te remercie, » dit Deusur au bout d’un moment.

En souriant, j’avais caressé son corps de cristal et je lui avais dit : « Fais attention à la façon dont tu utilises cette énergie. »

« Je le ferai ! » répondit-il joyeusement.

« Quant aux aventuriers et à tous ceux qui visitent ton donjon, je ne sais pas... mets-les à l’épreuve ou alors, demande-leur directement ? Tu trouveras un moyen, mais oui... si tu penses qu’ils représentent un danger pour toi, ne les laisses pas s’approcher de cette salle, et protège-toi, d’accord ? » lui avais-je dit.

« Je le ferai ! » déclara-t-il.

« Alors... Je suppose que je devrais aussi y aller..., » déclarai-je.

« Y aller ? » Il avait été surpris par mes paroles.

« Oui, » j’avais hoché la tête.

« Pourquoi ? » Son ton de voix était vraiment triste.

« J’ai des personnes qui m’attendent, mes amies et ma famille. Je suis aussi en voyage, et je n’ai aucune idée d’où cela va me mener... Je ne te reverrai peut-être jamais, ou peut-être que je le ferai. Qui sait ? » J’avais souri avec douceur.

« Je n’aime pas ça..., » déclara-t-il d’une voix basse.

« Je sais, mais même si je suis loin de toi, je serai toujours ton ami. Si tu deviens un bon donjon, je pourrais entendre parler de toi et venir te voir. Peut-être que si tu deviens assez fort pour avoir ton propre corps, tu viendras me voir ? » avais-je ri.

« Comment vais-je te trouver ? » demanda-t-il en étant un peu perplexe.

« Tu chercheras mon académie, une Académie de Magie dirigée par le donjon Divin du nom d’Illsyore. Si je réussis dans ma quête, tu entendras parler de moi, sinon..., » j’avais baissé les yeux en pensant à la possibilité d’être consumé par Les Ténèbres. « Si ce n’est pas le cas, ne me cherche pas et essaye de trouver ton propre bonheur dans la vie, » j’avais souri doucement et je lui avais tapoté à nouveau sur le cristal.

« Et si je ne deviens pas un bon donjon ? » demanda-t-il alors que je me levais et que je m’approchais de la porte.

« Alors, les humains te conquerront... et tu ne me reverras plus jamais. Tu seras comme tous les autres donjons qui ne veulent que détruire plutôt que d’apprendre à aider et à coexister, même si cela peut être difficile pour eux au début, » avais-je répondu avec un sourire amer.

Même moi, je n’en étais pas encore là, alors peut-être que demander ça à un enfant comme Deusur, c’était un peu... trop ?

« Mais tu me promets d’être toujours mon ami ? » me demanda-t-il.

J’avais baissé les yeux un instant, puis j’avais réfléchi à quelque chose. Le laser dans ma paume gauche avait tiré à un endroit vide dans le mur et avait gravé les mots suivants : « Illsyore este prietenul lui Deusur. » Dans la langue qui n’existait pas dans ce monde. En dessous, j’avais écrit la traduction en Shorayan : « Illsyore est l’ami de Deusur ».

« Je l’ai écrit en Shorayan, là où je suis né dans ce monde, les mots suivants : Illsyore est l’ami de Deusur, » je m’étais retourné et je lui avais fait un sourire.

« Merci... mon ami, » à ce moment-là, j’avais senti une réaction étrange dans le mana de son Territoire de Donjon.

Tout sentiment d’hostilité et d’angoisse en était complètement évacué, du moins envers moi. C’était incroyable, et c’était quelque chose que je ne savais pas possible.

« Prends soin de toi, Deusur, mon ami, » avais-je dit et ensuite, j’étais sorti de ce donjon.

Aucun monstre ne m’avait attaqué, et aucun piège n’avait été activé lorsque j’avais appuyé sur leur déclencheur, comme c’était arrivé à Nanya quand elle était entrée pour la première fois dans mon donjon en tant que ma femme. La seule différence était que je n’avais aucun contrôle sur eux, mais je savais simplement que je n’étais pas en danger.

Une fois sorti du donjon, j’avais couru aussi vite que j’avais pu jusqu’à Elora et j’avais prié les Dieux pour que mes femmes ne soient pas d’humeur à me gronder à l’idée de revenir tard dans l’après-midi.

***

Chapitre 59 : La bataille nocturne

Partie 1

[Point de vue de Shanteya]

Nous nous étions réveillées ce matin-là en pensant voir le sourire heureux du Maître et être accueillies par un baiser, mais il n’était pas là. Il n’y avait pas d’étreinte chaleureuse ou de doux toucher pour effleurer nos lèvres. D’une certaine façon, nous nous sentions vides.

« Où est Illsy ? »

La première à demander avait été Ayuseya, puis Nanya s’était réveillée et avait regardé autour d’elle pour constater qu’il n’était pas là. Elles m’avaient regardée et j’avais secoué la tête. Même moi, je ne savais pas où il allait.

« Je rêvais peut-être, mais je crois me souvenir qu’Illsy est sorti... Euh... Je ne me souviens plus de ce qui s’est passé ensuite, » déclara Ayuseya.

« Si je me souviens de la même chose, ce n’était peut-être pas un rêve ? » avais-je répondu en la regardant.

« Ainsi, est-il sorti seul au milieu de la nuit ? Pourquoi ? » demanda-t-elle en penchant la tête vers la gauche.

J’avais baissé les yeux, puisque je n’en avais aucune idée.

« Soupir... Il est peut-être sorti se promener et s’est perdu dans la rue ? » suggéra Nanya avec un grand bâillement.

« Je ne crois pas, non. Il a trouvé son chemin quand on était aux bains, » Ayuseya avait démantelé sa théorie.

« Eh bien ! Dans ce cas, où pourrait-il être ? » demanda la démone en plissant les sourcils.

« Nyaaaa ! Petit-déjeuner ? » La petite Tamara s’était réveillée et s’était gratté l’oreille gauche.

« Pas encore, » déclara Nanya en la tapotant sur la tête.

« Nya ! » elle leva les yeux vers elle et sourit vivement.

« Attendons le Maître. Puis nous partirons à sa recherche s’il ne revient pas, non ? » leur avais-je suggéré.

« Ouais, faisons ça..., » Nanya hocha la tête.

« On se change et on se prépare pour le petit-déjeuner ? Ah ! Illsy a tous nos vêtements ! » la princesse réalisa ce fait.

« J’ai quelques pièces de rechange..., » Nanya haussa les épaules et sortit un coffre de son esprit intérieur. « Ce n’est pas exactement ce qu’on pourrait appeler de la haute classe, mais c’est assez bien pour une journée, » elle avait ri. Puis elle se frotta l’arrière de la tête.

« Ça n’a pas d’importance, ma chère. Tant qu’on ne sentira pas la sueur et la saleté, » Ayuseya répondit avec un sourire.

« Si vous voulez, pendant que vous allez manger, je peux laver nos vêtements ? » avais-je suggéré.

« Et ton repas ? » demanda Nanya.

« Je me débrouillerai sans petit-déjeuner, » avais-je ri.

« Dans ce cas, nous serons à tes petits soins ! » et elle s’était mise à rire.

Il ne nous avait pas fallu longtemps pour préparer tout ce dont j’avais besoin. En fait, ça n’avait pas pris longtemps à Nanya. Tout ce qu’elle avait à faire, c’était de sortir de son esprit intérieur une bassine de métal, du savon, de l’eau chaude et une corde. Les vêtements d’Ayuseya prendraient probablement le plus de temps à laver, tandis que ceux de Nanya en prendraient le moins, vu le fait qu’elle portait surtout des armures. En attachant la corde dans un coin à l’autre de la pièce, j’avais fait une corde à linge pour sécher les vêtements. Au coucher du soleil, tout serait déjà parfaitement sec et prêt-à-porter.

Après avoir fini, j’avais emprunté une robe dans le coffre de Nanya et j’étais aussi descendue chercher quelque chose à manger.

Nous attendions patiemment le Maître dans notre chambre, mais comme les heures passaient et qu’il n’y avait aucun signe de lui, nous commencions toutes à nous inquiéter. Au début, nous pensions que quelqu’un l’avait attaqué. Mais à part un Suprême, il n’y avait personne de capable de lui faire du mal. Nous aurions aussi vu la bataille, vu que la dernière fois, il y avait eu beaucoup de dégâts dans les environs.

Il y avait une chose que je n’arrivais pas à oublier.

Hier soir, quand Maître m’avait réveillée, j’avais eu l’impression qu’il avait quelque chose d’étrange. Je n’avais pas l’impression d’être devant le Maître, mais plutôt devant un étranger. C’était peut-être seulement parce que j’étais à moitié endormie, mais était-ce vraiment lui ou quelqu’un qui se faisait passer pour lui ?

« ARGH ! C’est agaçant ! » Nanya s’était plainte.

« Dois-je aller chercher le Maître ? » lui avais-je demandé.

« Toi, moi et Tamara, quant à Ayuseya, tu devrais rester ici parce que s’il devait revenir pendant notre absence, c’est l’endroit le plus probable où il viendra, » suggéra-t-elle.

J’avais indiqué mon accord avec un signe de tête.

« Revenez dans trois heures même si vous ne le trouvez pas, » Nanya nous avait prévenus.

« Tamara comprend ! Mangerais-je du poisson plus tard ? » demanda-t-elle avec curiosité.

« Oui..., » la démone poussa un soupir et tapota la jeune féline sur la tête.

Une fois le plan mis en œuvre, nous avions choisi les endroits où nous allions chercher et nous étions ensuite sortis de l’auberge.

 

☆☆☆

[Point de vue de Dragnov]

Hier soir, nous avions envoyé un éclaireur après l’homme nommé Illsyore. Il n’était pas encore revenu, et je ne pouvais que craindre qu’il soit découvert et que les autres se chargent de lui. C’était de sa faute s’il était découvert si rapidement, mais s’il avait révélé quelque information que ce soit sur notre plan actuel, alors capturer l’El’Doraw pourrait s’avérer difficile. Il n’y avait aucun mouvement de la part des femmes séjournant à l’auberge, et le prince n’était pas renommé pour sa patience. Quoi qu’il arrive, nous devions agir ce soir.

Comme si les dieux écoutaient mes prières, au coucher du soleil, l’El’Doraw et la nekatare étaient sorties de l’auberge et avaient couru dans des directions différentes. J’avais envoyé mes escadrons de Rang Empereurs après de la féline, et avec mon escadron de Divins, j’avais pourchassé la femme aux cheveux d’argent. S’il s’avérait que nous étions plus faibles qu’elle, j’avais certains des Gardes Royaux en réserve pour nous donner un coup de main. Ces hommes étaient tous entre le Rang Divin et le Rang Suprême. Dans l’ensemble, j’étais probablement le plus fort d’entre eux.

Quoi qu’il en soit, nos ordres étaient clairs : capturer soit l’El’Doraw, soit la nekatare vivante et les ramener au second prince. Eh bien, il m’avait seulement ordonné d’amener la féline, mais j’avais le sentiment qu’attraper l’autre serait plus convaincant pour le propriétaire de la blonde. Après tout, une beauté el’doraw était plus précieuse comme esclave qu’une nekatare.

« Restez en formation et gardez les yeux ouverts pour tout mouvement étrange, » avais-je ordonné.

« Oui, Sire ! » la réponse suivit bientôt.

 

☆☆☆

[Point de vue de Tamara]

Poisson ! Poisson ! Poisson !

Eh bien, mon esprit n’était pas seulement fixé sur la nourriture, mais pour garder l’apparence d’une nekatare mignonne et légèrement idiote, j’avais dû me laisser guider par la viande douce, délicieuse et grasse des poissons... Nyaaaa !

Depuis que le Maître m’avait trouvée, je n’avais pas été capable de parler avec lui de ce qui était présent dans mon cœur. Je ne pouvais parler qu’à ses deux femmes, Nanya et Ayuseya. L’autre esclave à part moi, Shanteya, pouvait aussi me parler. La seule avec qui je devais parler dans un Shorayan médiocre était le Maître.

Mais ce n’était pas ma faute si je n’avais jamais appris plus que quelques mots dans cette langue. Sans Frédéric, l’ancien majordome d’un noble shorayan, je n’aurais même pas pu connaître ces mots. Il ne m’avait jamais dit comment il était devenu esclave. Même moi, je savais que Shoraya n’était pas d’accord avec la traite des esclaves.

Était-ce peut-être le destin ?

Depuis que j’avais rencontré le Maître, j’avais été sauvée d’une mort certaine, j’avais dormi dans un lit douillet, j’avais été caressée, j’avais eu de la bonne nourriture, et bien que je détestais les bains, ce n’était pas si mal après qu’il m’ait guérie. Illsyore était un bon maître, le meilleur !

Maintenant qu’il avait disparu, je voulais le retrouver. Je voulais aider le Maître. Cela ne serait pas arrivé si le Maître n’était pas bon maître. J’aurais traîné tout au long de ma mission, sans même me soucier si je l’avais trouvé ou non.

J’avais toujours craint d’être achetée par un mauvais maître. Quand les idiots de ce groupe d’aventuriers m’avaient acheté ou plutôt prêtée par Deroak, j’avais pensé que ce serait fini pour moi. J’avais cru que j’allais mourir, mais le Maître était arrivé. Il m’avait sauvée, m’avait guérie, m’avait aidée, m’avait fait des câlins, m’avait caressée et avait toujours été gentil avec moi. Un tel maître n’était pas si mal à avoir.

C’est pour ça que je le cherchais de toutes mes forces. J’avais l’intention de ne rien laisser au hasard quand j’aurais fini ici.

« Arrête-toi là, petit avorton ! » un étranger avait sauté devant moi et avait dégainé son épée.

Un frisson de peur m’avait parcouru la colonne vertébrale, mais je n’allais pas me laisser capturer ou tuer par ces types.

« Grrr ! »

« Oh ? L’avorton du Nekatar a du cran. Attrapez-la ! » déclara-t-il en me montrant du doigt.

Quatre autres personnes s’étaient précipitées sur les côtés et avaient essayé de m’attraper, mais j’avais sauté. Le coup de pouce du Maître était formidable ! J’étais tellement plus forte qu’avant.

« Qu’est-ce que... ? »

Ils avaient été surpris, mais je n’allais pas rester là et me battre. J’avais attrapé le rebord du toit et je m’étais hissée sur le toit.

« Nyaaaa... J’ai besoin de fuir, » avais-je dit. Puis je n’avais pas perdu de temps pour mettre mes compétences à l’épreuve.

Je m’étais précipitée vers Shanteya. Elle était la seule à pouvoir m’aider. Nanya était de l’autre côté de la ville.

« Arrêtez-la ! Arrêtez-la ! Ne la laissez pas s’échapper ! » crièrent les hommes derrière moi.

Les gardes m’avaient vu sauter d’un toit à l’autre, mais ils n’avaient pas essayé d’arrêter ceux qui me pourchassaient. Il n’était pas non plus facile de s’en débarrasser, et je commençais à craindre le pire.

Je ne les laisserai pas m’attraper ! Je vais retourner au Maître quoiqu’il arrive ! avais-je pensé. Puis j’avais sauté dans les rues, essayant de les perdre à travers la foule de gens.

« Kya ! » criai-je.

« Arrêtez cet avorton ! » cria un garde

« Qu’est-ce que c’est que ça ? »

« Hé ! »

Tout le monde, hommes et femmes, avait crié quand ils m’avaient vu passer à côté de leurs genoux, tandis que ceux qui étaient derrière moi n’arrêtaient pas de crier pour que quelqu’un me rattrape. J’étais trop rapide et agile pour leurs petites mains. Personne ne pouvait égaler une nekatare quand il s’agissait de la vitesse à laquelle nous pouvions bouger.

« Je t’ai eu ! » Quelqu’un avait dit ça, mais quand je les avais vus, c’était trop tard.

Il m’avait donné un coup de pied dans les côtes, m’envoyant dans un mur proche. Cela m’avait fait mal, mais j’avais appris la technique d’armure magique de la part de Nanya, alors j’avais survécu au coup.

« Nyuuuuu... Qui m’a frappé ? » avais-je demandé en me levant, mais au lieu d’une réponse, j’avais reçu un autre coup de pied.

Je l’avais évité de justesse.

Celui qui m’avait attaquée était le même homme qui avait sauté devant moi.

Quand est-il arrivé ici ? Ils sont de quel rang, ces types ? m’étais-je demandé en essayant d’esquiver le suivant, mais j’avais été trop lente.

Le coup m’avait fait tomber au sol, détruisant mon armure magique. La douleur m’avait traversé le corps quand il m’avait marché sur l’épaule droite, et j’avais entendu un craquement.

« Nyaaaa ! Ça fait mal ! Ça fait mal ! » avais-je crié.

« Ferme-la, esclave ! » il grogna. Puis il m’attrapa par le cou.

J’avais gémi et tremblé devant ce puissant ennemi. Même si j’avais le bonus du Maître, même si je n’étais plus aussi faible qu’avant, j’étais toujours si facilement vaincue et capturée.

« Qui es-tu ? Qu’est-ce que tu veux de moi, Nya ? » lui avais-je demandé.

« Toi ? Tu n’es qu’un appât pour ton maître. Il nous donnera ce qu’on veut, » sourit-il.

« Je ne serai jamais un appât pour toi ! Nya ! Je préfère mourir ! » lui avais-je craché au visage.

« Pourquoi, toi, petite..., » il était en colère et ses doigts étaient serrés autour de ma gorge, serrant le dernier souffle d’air de moi.

J’avais lutté pour me libérer, mais je ne pouvais rien lui faire... Il était trop fort.

« Sois heureux qu’on m’ait ordonné de te ramener vivante... espèce de morceau de viande inutile, » grogna-t-il.

Il s’agissait des derniers mots que j’avais entendus avant que tout devienne noir devant mes yeux, et je m’étais évanouie.

 

☆☆☆

[Point de vue de Nanya]

Stupide Illsy ! Où es-tu ? En sautant sur les toits des immeubles.

Il n’y avait aucun signe de lui nulle part. C’était comme si la terre l’avait englouti entier ou pire, une femme l’avait attiré dans son lit. Si c’était ce dernier cas, Ayuseya et moi ferions en sorte qu’il perde toute son énergie et ses pensées d’aller de nouveau dans les bras d’une autre femme !

Comment pourrait-il même penser à tricher alors qu’il nous a nous !? En fait..., m’étais-je arrêtée. Puis je m’étais un peu gratté la tête. « Illsy est un idiot trop loyal pour nous tromper. Quelque chose d’autre doit se passer... mais quoi ? »

Tandis que je m’arrêtais pour y réfléchir, j’avais senti la présence de quelques personnes qui m’encerclaient.

« Qu’est-ce que c’est ? » avais-je murmuré en les voyant se déplacer dans l’ombre.

Un aventurier humain ordinaire ne les aurait pas senties ou vues, mais j’étais une démone et un donjon avec un haut niveau et des statistiques dont même Dankyun ne pouvait pas rêver. Ces gars étaient à peine au rang Maître inférieur. Ils étaient vraiment pathétiques si je les comparais à moi.

« Sortez de là ! Tous les trois, » j’avais souri et j’avais croisé les bras sur ma poitrine.

« Tu as des yeux assez aiguisés, Mademoiselle. Nous faisons partie du gang Burton. Donne-nous tes pièces, et nous te laisserons partir ! » il avait pointé son poignard vers moi.

Ces hommes portaient tous des robes noires pour bien se cacher dans l’ombre de la nuit. Dommage qu’ils n’aient pas les compétences nécessaires pour utiliser parfaitement leur environnement comme une certaine El’Doraw l’avait.

Je leur avais montré un grand sourire.

« Vous avez le cran de voler un aventurier de rang Divin ! » avais-je dit. Puis j’avais retiré mon capuchon, laissant mes cheveux blonds s’envoler dans le vent.

« Divin ? » l’un d’eux pensait déjà à s’enfuir.

« Oui... Divin, » je m’étais concentrée sur celui qui avait pointé son poignard sur moi et je l’avais attaqué.

Ils n’avaient même pas eu l’occasion de crier. Leurs corps brisés avaient volé dans les airs et étaient tombés sur le sol dans une flaque de sang. Ce soir, j’avais été miséricordieuse et je ne les avais pas tués. Je n’avais brisé que la moitié des os de leur corps et je les avais laissés dans une allée sombre pour qu’ils se débrouillent seuls. S’ils avaient survécu ou non, tout dépendait de leur chance. Je les avais laissés avec un petit avertissement.

« Si jamais vous, idiots, vous pensez encore à voler ou à arnaquer d’autres personnes, je vous trouverai et vous arracherai le cœur, alors je vous ferai les manger ! » déclarai-je.

« Argh... nous... nous ne le ferons plus..., » celui qui avait encore une mâchoire intacte avait réussi à répondre.

Il est temps de retourner chasser cet idiot de donjon divin, avais-je pensé en dépoussiérant ma robe et en sautant sur le toit d’un immeuble proche.

***

Partie 2

[Point de vue d’Ayuseya]

Pendant que les autres étaient à la recherche d’Illsy en pleine nuit, j’étais restée dans l’auberge, l’attendant dans notre chambre. Pour passer le temps, j’avais regardé par la fenêtre et poli l’épée qu’il m’avait faite.

Je ne peux m’empêcher de penser à ce que Shanteya a dit... Hier soir, était-ce vraiment Illsy ou les Ténèbres dont il m’a parlé ? Cette chose a-t-elle pris le contrôle de son corps ? Peut-être qu’il l’a emmené quelque part pour construire un donjon ou pire..., avais-je pensé en essayant de ne pas trop m’inquiéter à ce sujet.

Illsy était un adulte à plus d’un titre, donc il aurait dû être capable de prendre soin de lui sans problème. Que ce soit des bandits ou des Suprêmes, je doutais à peine qu’il y ait quelqu’un dans cette ville capable de l’affronter. La seule menace pour lui était l’obscurité à l’intérieur de lui.

Si ce qu’il avait dit à ce sujet était vrai, alors ce n’était qu’une question de temps avant qu’il ne tombe sous son contrôle ou apprenne à le contrôler. Ce que je ne comprenais pas, c’est pourquoi il ne l’avait pas fait plus tôt ? Pourquoi manquait-il de motivation et de désir pour repousser la seule menace à sa vie avec nous ?

Je ne peux m’empêcher de me demander si, pour une raison ou une autre, Illsy ne peut pas accepter sa vie avec nous... et cette obscurité est en fait un moyen pour lui de fuir si jamais les choses deviennent trop... compliquées. J’avais secoué la tête.

C’était une pensée très étrange, complètement irréaliste et improbable. Pourquoi Illsy aurait-il l’impression de ne pas pouvoir accepter sa vie ? C’était un donjon après tout... Si c’était un paysan maltraité, je pourrais comprendre, mais lui ? Non... ce n’est pas possible.

J’avais arrêté de polir ma lame et j’avais baissé la tête.

En fermant les yeux, j’avais dit. « Soupir... Illsy, où es-tu ? »

 

☆☆☆

[Point de vue de Shanteya]

Peu de temps après avoir quitté l’auberge, j’avais senti la présence de cinq étrangers qui me suivait. Ce n’était pas des assassins. Si c’était le cas, leurs traces auraient été complètement effacées. Sans dévoiler le fait que je savais qu’ils étaient à mes trousses, j’avais continué ma recherche du Maître. Ces personnes pourraient être liées à sa disparition et si c’était le cas, je devais faire attention. Le Maître était un Seigneur Donjon Divin avec des capacités qui surpassaient de loin un Suprême. Le capturer ou même le blesser n’avait pas été un exploit facile pour quelqu’un sous le Rang Suprême.

J’avais pris un virage à droite et m’étais dirigée vers l’un des quartiers les plus sombres de cette ville. Une bataille était imminente, alors je devais au moins choisir un champ de bataille favorable pour moi. Contrairement à avant, j’étais beaucoup plus forte maintenant, et je connaissais même un sort ou deux, mais la plupart de mes compétences étaient encore de Rang Maître ou sous celui-ci. Je n’avais pas encore appris le sort du Rang Empereur.

Pour ce qui était des compétences, Tamara était la plus faible de nous toutes parce qu’elle n’en avait pas, puis elle était suivie par Ayuseya. Quand il s’agissait de force brute et de vitesse au combat, Ayuseya était bien au-dessus de moi. C’était probablement dû à l’augmentation de puissance que nous avions toutes reçue du Maître. En tant qu’esclave, je ne pouvais pas en avoir autant que ses femmes.

Mais même ainsi, je n’avais rien à craindre, même si je devais affronter un aventurier du Rang Divin, peut-être même un aventurier de Rang Suprême inférieur, mais cela était valable tant qu’ils n’utilisaient pas de compétences écrasantes.

« Stop ! » Un homme habillé en noir et portant un capuchon avait sauté devant moi et avait levé la main.

J’avais jeté un coup d’œil sur lui et j’avais dégainé mon poignard. Ça allait finir en bataille, alors j’avais fait le premier pas. Faisant un pas de côté dans l’ombre, je m’étais précipitée vers lui avec l’intention de le faire tomber.

« Tch ! Attaquez ! » avait-il ordonné dès qu’il m’avait vue disparaître.

Apparaissant derrière lui, je l’avais poignardé entre les côtes et je l’avais ensuite jeté au sol.

« Léopol ! » cria l’un d’eux.

Comme à l’époque où j’étais assassin, je me serais retirée dans l’ombre et j’aurais attendu qu’une autre proie se montre. Mon attaque soudaine les avait surpris, et ils avaient tous formé un cercle, dos à dos. La forme de défense la plus typique et la plus efficace. Dans ma jeunesse, j’aurais fui maintenant, mais je n’étais plus la même.

En pointant ma main vers le groupe, je m’étais concentrée sur mon mana, puis j’avais chanté à voix basse l’incantation pour le sort de [Boule de feu]. Quand cela avait été fait, je l’avais laissé se déchaîner. Une boule de feu d’un mètre de diamètre avait volé vers eux et avait fait exploser cet endroit. Ils s’étaient dispersés dans quatre directions pour échapper à l’explosion.

L’explosion avait détruit le toit du bâtiment et probablement blessé les occupants, ce qui avait alarmé tout le monde autour, mais ce chaos me convenait parfaitement. Alors que l’un d’eux ne savait pas quoi faire, je m’étais glissée derrière lui et je l’avais frappé au visage. Son armure magique avait tremblé, mais elle ne s’était pas brisée, alors je l’avais encore frappé.

Avant qu’il n’ait eu la chance de crier à l’aide, je l’avais attrapé par la gorge et l’avais traîné dans une ruelle voisine.

Pressant le bord de mon poignard contre son cou, je l’avais regardé dans les yeux. Et je lui avais demandé. « Qui êtes-vous et pourquoi êtes-vous après moi ? »

« C’était un ordre du prince. Je ne sais pas pourquoi ! S’il vous plaît, épargnez-moi ! » cria-t-il.

Par pitié, je l’avais assommé avec un coup derrière la tête.

« La voilà ! La voilà ! Elle a tué Leroy ! » J’avais regardé à ma gauche et j’avais vu un homme furieux lever son épée.

« Jenkins ! Stop ! » cria un autre, mais l’imbécile n’écouta pas.

Il s’était précipité vers moi en hurlant. J’avais sauté en arrière et je m’étais enfuie, mais à l’intersection suivante, j’avais tourné à gauche et j’avais sauté par une fenêtre au premier étage. Il faisait noir à l’intérieur, mais je pouvais entendre les propriétaires parler derrière la porte de ce qui se passait à l’extérieur.

« Où est cette shikak !? » cria Jenkins.

Dès qu’il était passé en bas, j’avais sauté par la fenêtre et je l’avais suivi en douceur. Avant qu’il ne me remarque, j’avais planté ma dague entre ses plaques d’armure et directement dans son poumon droit. Le poignard du maître ignorait une partie de son armure magique, ce qui en faisait une arme brillante pour un assassin comme moi.

« Toi... shikak... » déclara-t-il avant de tomber par terre, toussant et crachant du sang.

L’homme s’était évanoui en raison du choc, mais il était encore en vie, de peu. Je l’avais tourné sur le côté pour qu’il ne se noie pas dans son propre sang, puis je m’étais enfuie de la scène du crime. Techniquement parlant, le premier homme que j’avais attaqué avait autant de chances de survivre que ce Jenkins.

En regardant son armure, j’avais réalisé qu’ils n’étaient pas des soldats typiques. C’était des chevaliers ou peut-être même des gardes royaux. Quoi qu’il en soit, je ne comprenais pas pourquoi un roi en avait après nos vies. Avais-je tué des membres de sa famille ou des amis lors d’une de mes missions passées ? Non... ce n’est pas possible. J’avais surtout opéré dans l’Empire Paramanium.

Alors ? Peut-être que ça a quelque chose à voir avec Illsy ? A-t-il fait ou dit quelque chose à ce prince pendant son absence ? m’étais-je demandé.

Il s’agissait de la possibilité la plus probable à moins que Nanya ou Ayuseya ne soient responsables de cette attaque-surprise. De toute façon, je n’avais pas l’intention de me laisser capturer. Je devais fuir loin de ces agresseurs. Le fait de me réunir avec Nanya, Ayuseya et Tamara était ma priorité en ce moment. Il se passait quelque chose, et je devais les prévenir tout de suite.

« Écoute, misérable El’Doraw ! Je sais que tu es là ! Si tu ne te rends pas tout de suite, ton amie nekatare aura besoin d’un nouveau bras ! » la voix grondait sur les toits.

Une amie Nekatare ? avais-je réfléchi. Et mes yeux s’étaient écarquillé en réalisant de qui il parlait. Tamara !

Serrant la poignée de mon poignard, je l’avais rengainée et j’avais sauté sur le bâtiment. S’il mentait, j’allais m’enfuir, mais elle était là, et il avait des renforts. Huit autres hommes à capuche l’avaient rejoint.

« Écoute, nous voulons te prendre vivante, mais si tu nous forces, nous ne serons pas tenus responsables de t’avoir amené ici sans un bras ou deux. Est-ce que tu me comprends ? » demanda l’homme qui semblait être leur chef en pointant une épée vers Tamara.

Deux d’entre eux tenaient la nekatare, l’un tirant son bras, l’autre la tenant immobile. Elle était inconsciente, mais respirait encore.

« Je comprends, » avais-je dit. Je m’étais agenouillée avec les mains en l’air.

« Bien, » sourit-il.

Deux de ses hommes s’étaient approchés de moi, m’avaient attrapé les mains et m’avaient menottée.

Des entraves magiques qui réduisent la puissance de moitié..., avais-je pensé qu’en sentant ma force diminuer.

Ces choses n’étaient pas un problème pour moi. Je pouvais encore m’enfuir d’ici et même en tuer deux ou trois, mais j’étais certaine qu’ils tueraient Tamara avant que j’aie eu la chance de la sauver. Si je revenais au Maître sans elle, il serait certainement furieux contre moi. Après tout, c’était mon travail de protéger l’enfant pendant son absence.

« Je ne m’attendais pas à ce que tu sois si forte. Pour tuer deux de mes hommes comme ça, c’était aussi des Divins..., » il secoua la tête.

« Si vous vous dépêchez, vous pouvez peut-être encore les sauver, » avais-je dit, en espérant que ça l’empêcherait de déclencher sa colère sur Tamara.

« Je vois. Vous quatre, allez fouiller les lieux ! Tout de suite ! » il ordonna à quelques hommes derrière lui.

Puis il m’avait regardée. Je l’avais fusillé du regard, lui montrant que je n’avais pas peur de lui.

« Emmenez-les au donjon. Le prince voudra leur parler, » ordonna-t-il.

« Oui, Sire ! » répliquèrent les autres et ils me traînèrent, enchaînée.

***

Chapitre 60 : La rage d’Illsyore

Partie 1

[Point de vue de Shanteya]

Nous avions été emmenées au donjon du palais et enfermées dans une grande cellule destinée aux draconiens. Le sol était fait de pierres solides pour que les prisonniers ne puissent pas y creuser. Les murs et les barreaux étaient enchantés, donc elles ne pouvaient pas les briser. Pour faire bonne mesure, Tamara et moi avions été forcées à porter des menottes qui avaient réduit notre puissance à la moitié de ce qu’elle était, sinon moins. Dix gardes de rang Divin avaient été placés pour veiller sur nous.

Quand nous étions arrivées, j’avais rapidement remarqué les innombrables soldats Divins et Empereurs qui étaient stationnés ici. Certains gardes royaux avaient peut-être même la force de Suprêmes, mais aucun d’entre eux n’avait les compétences nécessaires pour rivaliser. En d’autres termes, il n’y avait aucun moyen pour moi de m’échapper de cet endroit en vie. J’étais forte, mais je n’avais pas les compétences et la force nécessaires pour vaincre d’innombrables adversaires de leur niveau. Pour empirer les choses, je n’aurais pas à m’inquiéter que de moi-même.

« Nya... Qu’avons-nous fait pour être enfermées ici ? » demanda Tamara en kalish.

« Rien, ma petite, rien, » je lui avais tapoté la tête et l’avais serrée dans mes bras.

Depuis qu’elle s’était réveillée, elle tremblait et regardait avec inquiétude les barreaux. Au début, elle pensait que c’était sa faute, mais j’avais réussi à la calmer et à chasser cette idée de son esprit.

Cela faisait presque 12 heures qu’on était enfermées ici, et il n’y avait aucun signe de ce soi-disant prince. Les gardes changeaient de quart toutes les six heures, et tous nous lançaient des regards de dégoût et de supériorité. Nous étions faibles, et ils étaient forts. Nous étions des esclaves, et ils étaient des gardes du palais, il n’y avait absolument aucune autre raison pour eux d’agir ainsi.

« Kukukuku ! »

Ce rire si important venait de la gauche. J’avais lentement levé l’œil et j’avais vu le prince pour la première fois.

C’était un humain avec une peau laiteuse, un peu plus petit que moi en taille, gras comme un porc, et bien qu’il avait l’air royal, son aura était semblable à ces nobles gras et corrompus que j’étais souvent envoyé tuer. D’un seul regard, je pouvais voir qu’il ne nous considérait même pas comme des êtres vivants. Nous étions des « objets », quelque chose qu’il pouvait détruire et jeter sans se soucier ou craindre une répercussion. Pourtant, qui pourrait punir quelqu’un dans sa position ? Le simple fait de lever la main sur lui pourrait vous envoyer à la potence et ensuite sur la plate-forme d’exécution.

À côté du prince se tenait un grand homme vêtu d’une armure en plaques d’acier. Il n’avait pas de casque, alors j’avais pu voir que c’était un humain à la peau bronzée, âgé d’environ 40 ans, avec des cheveux courts, et un regard sévère dans les yeux. D’innombrables années de combat pesaient sur ses épaules, une expérience qu’il offrait maintenant volontiers au prince humain qui se tenait à ses côtés. Comme armes, il portait deux épées courtes, leurs fourreaux suspendus à sa ceinture.

« Tu pensais vraiment être assez forte pour vaincre mes hommes ? » demanda-t-il en souriant.

« Je ne sais pas de quoi vous parlez, » avais-je répondu d’une voix calme.

« Je les ai simplement envoyés pour t’adresser une invitation amicale. Qui aurait cru que tu allais les attaquer ? En raison de ma puissance, je devrais te faire exécuter ! » déclarait-il en levant le petit doigt en l’air.

Ces mots n’étaient que des mensonges crachés par un cochon.

« Je ne le recommande pas, » avais-je rétorqué.

« Hm ? » cligna-t-il des yeux, surpris. « Hahahaha ! Dragnov, elle croit que je ne le ferai pas ! » le prince riait et tapotait l’épaule de l’homme à côté de lui.

« El’doraw, il serait sage de ne pas prendre les paroles de mon maître à la légère, » il m’avait regardée dans les yeux.

« Je ne le suis pas. Je dis juste la vérité, » avais-je répondu.

« Keh ! Penses-tu que ton maître viendra te sauver ? » demanda-t-il.

J’avais baissé les yeux et j’avais regardé Tamara. Elle avait peur et tremblait comme une enfant. En repensant au prince, je m’étais moi-même posé la question. Le Maître avait tout à fait le droit de nous abandonner ici, mais en même temps, après tout ce qu’il avait fait, je ne pouvais pas me résoudre à le considérer comme prêt à le faire.

Le maître peut s’enfuir. Il peut fuir, mais il ne le fera pas. Le maître est un donjon têtu qui nous sauvera. Pensais-je, mais je ne voulais pas que ces pensées soient entendues.

« Je m’en doutais, » dit le type Dragnov, prenant mon silence pour un « non ».

« Pourquoi nous avez-vous capturés ? » lui avais-je demandé.

« N’est-ce pas évident ? » le prince souffla.

« Je m’excuse de mon incapacité à voir les choses comme une affaire comme la vôtre, » avais-je parlé poliment, mais mes paroles n’étaient que des mensonges couverts de miel.

« Avec vous dans mes mains, je peux envoyer un message à votre maître et l’avertir de ce qui se passera s’il n’est pas prêt à me donner cette femme blonde ! » il m’avait montré un sourire victorieux.

« Donc, vous nous avez kidnappées, Tamara et moi, pour atteindre le Maître et Nanya ? » demandais-je en plissant les sourcils.

« Elle s’appelle Nanya ? Mignon ! Eh oui ! Plutôt malin, n’est-ce pas ? » dit-il en riant.

Je clignais des yeux, surprise. J’avais regardé Dragnov, il évitait mon regard.

Donc même ses partisans pensent que c’est une idée stupide, avais-je pensé.

Le plan logique aurait été d’obtenir directement Nanya, pas à travers ce plan compliqué qui avait plus de chances d’échouer que de réussir. Malgré tout, peut-être que le prince n’avait pas choisi ce genre de plan parce qu’il voulait gagner quelque chose d’autre ? Faire ça juste pour mettre la main sur Nanya n’avait aucun sens pour moi.

Qu’est-ce qu’il veut gagner ? Qu’aurait-il à gagner à part une démonstration de pouvoir ? Non, c’est peut-être exactement ce qu’il veut... montrer à tout le monde qui gouverne et qu’il peut faire absolument ce qu’il veut comme il le veut juste parce qu’il est le prince. Je suppose que l’esprit d’un roi peut facilement être compris quand on le regarde de cette façon ? avais-je pensé.

Si c’était comme ça, cet homme était plus dangereux que je ne le craignais. Avec le comportement stupide et trop zélé d’un roi, il ne pouvait en résulter que mort et souffrance. J’avais dégluti quand je m’étais souvenue des horreurs dont des individus comme lui étaient capables s’ils se déchaînaient sur des innocents. Pourtant, même alors, personne n’oserait se plaindre d’eux parce qu’ils étaient nés de sang royal. Par droit du sang, ils étaient différents des autres, plus que nous qui ne faisions pas partie de son royaume. Un roi avait le droit de vie et de mort sur ses sujets. C’était la loi.

« Hm, maintenant voyons voir... Que faut-il prendre ? Ah ! Prends l’oreille de la nekatare ! » ordonna-t-il. Puis il nous désigna.

Un frisson me parcourut la colonne vertébrale alors que je réalisais à quel point il avait l’intention de contraindre le Maître à abandonner Nanya.

« NON ! Je ne vous laisserai pas lui faire du mal ! » J’avais crié et j’avais marché pour me placer devant Tamara.

« Silence ! Retenez-la ! » Dragnov avait sorti son épée et était entré dans notre cellule.

« Si tu ne restes pas assis, je prendrai plus que son oreille, » m’avait-il prévenue.

« Je ne te laisserai pas toucher cette enfant ! » Je l’avais regardée fixement.

« Nyu... Shanteya..., » Tamara s’était cachée derrière moi, tremblante et enroulant sa queue autour de sa taille.

« Donne-moi ça ! » déclara le prince et il prit l’épée de la main de Dragnov. « Retenez-la ! »

L’homme m’avait attrapée par la main et m’avait éloignée.

« NON ! » avais-je crié, luttant pour me libérer de son emprise.

« Viens ici ! » le prince avait tiré Tamara par le cou et l’avait poussée par terre.

La nekatare essaya de se battre et de se frayer un chemin, mais l’armure magique du prince ou peut-être les vêtements enchantés étaient trop forts.

« NYA ! Lâchez-moi ! » elle se débattait et sifflait, mais le prince ne faisait que s’amuser.

« Argh ! Lâchez-moi ! » Je savais que j’étais affaiblie, mais m’en sortir sans ma dague était impossible.

Je dois l’arrêter ! pensais-je au moment où il allait couper Tamara.

« ARRÊTE, ESPÈCE DE SHIKAK AU VISAGE DE COCHON ! » avais-je crié à pleins poumons l’une des insultes les plus terribles que j’avais pu penser à ce moment-là.

L’épée du prince s’était arrêtée avant qu’il ne blesse Tamara, et sa colère était dirigée contre moi.

« Comment m’as-tu appelée ? » il m’avait regardé avec colère.

« Un shikak à visage de cochon, mais ce serait une insulte pour eux, » avais-je souri.

« Tu veux mourir, femme ? » demanda Dragnov.

« J’ai fait face à pire, » avais-je répondu.

Le prince resta silencieux et s’approcha de moi. Il était en colère, furieux.

Suis-je allée trop loin ? m’étais-je demandé.

« Tends-lui la main, » ordonna-t-il calmement.

Dragnov m’avait tiré la main gauche et le prince m’avait regardée.

« Je suis toujours un prince, et je sais quand on se moque de moi. Au début, je ne voulais que prendre un doigt, mais pour ton insulte, je vais prendre ton bras et l’envoyer à ton pathétique maître... à côté de l’oreille de la nekatare, » me déclara-t-il calmement, puis il leva son épée.

L’entaille était grossière. Dans les mains d’un expert, je n’aurais rien senti, mais dans les mains de ce prince, la lame s’était enfoncée dans ma chair comme une scie rouillée et dentelée. J’avais serré la mâchoire et refusé de crier. Ça m’avait fait très mal, très mal, mais ma bouche était fermée hermétiquement.

« Plutôt courageuse pour une femme. » Renifla le prince en marchant vers Tamara après qu’il en eut fini avec moi.

« Vous le regretterez..., » avais-je murmuré en tremblant de douleur.

« Regretter ? Haha ! J’aimerais voir comment ton Maître va me faire regretter ! » dit-il en riant.

Je ne pouvais que sourire.

Maître... En écoutant les cris de Tamara.

 

☆☆☆

[Point de vue d’Illsyore]

« Hm, elles devraient être ici..., » avais-je dit en entrant dans l’auberge.

Après avoir quitté Deusur, il m’avait fallu environ une heure pour arriver ici. Il était environ une heure et demie de l’après-midi, le soleil était encore levé et rien ne semblait sortir de l’ordinaire, d’après ce que j’avais pu voir. L’odeur de la bonne nourriture était dans l’air, et les aventuriers prenaient leurs repas le long d’une grande citerne d’hydromel.

« Illsyore ! Où étiez-vous passé ? » demanda Tannaor dès que j’étais passé devant le bar en allant vers l’escalier.

« Hein ? Oh ? Euh... dans le coin ? » avais-je répondu bêtement.

Je n’allais pas lui dire que je venais d’un donjon que j’avais secrètement construit pendant que tout le monde dormait.

« Vraiment ? Vous êtes parti depuis deux jours maintenant. Vos compagnes étaient toutes inquiètes pour vous, » dit-il en montrant du doigt.

« Je vous remercie, » avais-je hoché la tête.

Deux jours ? Je suis dehors depuis deux jours ? Je pensais qu’il s’agissait plutôt de donner la taille du donjon, ou moins de donner les compétences surpuissantes que j’ai. Les Ténèbres ont fait du bon travail pour finir les choses rapidement. Était-ce à cause du manque de complexité et de pièges simples et peu magiques ? m’étais-je demandé en montant.

Je me demande si elles sont furieuses. Je vais donner à Tamara une bonne caresse et un gros poisson. Je vais enlacer Shanteya et lui donner un baiser, quant aux deux autres, elles pourront choisir laquelle d’entre elles m’aura pour elle toute seule ! avais-je ricané et j’avais ouvert la porte.

« Je suis de retour ! » avais-je dit avec un sourire éclatant.

Au lieu d’être accueilli par quatre personnes, je n’avais été accueilli que par mes épouses. Elles avaient toutes les deux l’air inquiètes, mais dès qu’elles m’avaient vu, elles s’étaient mises à pleurer et avaient sauté dans mes bras.

« Illsy ! Espèce d’idiot ! Où étais-tu ? Où étais-tu ? Où étais-tu ? Où étais-tu ? » Elles n’arrêtaient pas de dire.

« Je suis désolé ! Je suis désolé... Je me suis endormi pour faire un donjon ? » avais-je répondu bêtement.

Elles se blottissaient contre moi et me brisaient presque la colonne vertébrale avec leur force monstrueuse. Je pouvais à peine enrouler mes mains autour d’elles, mais j’avais quand même essayé. Elles étaient vraiment inquiètes pour moi, et leurs larmes étaient sincères. Je sentais au fond de moi à quel point elles étaient heureuses de me revoir, même si je n’étais pas parti depuis si longtemps.

« C’est bon, je suis de retour, » leur avais-je murmuré. Et je les avais tenus dans mes bras.

Quelques instants plus tard, après qu’elles se soient calmées, nous étions à l’intérieur, assis sur le côté du lit.

« Je suis désolé de vous avoir tant inquiété. Au fait, où sont Tamara et Shanteya, » avais-je demandé avec un sourire idiot.

Elles sont probablement en train de me chercher ou d’acheter de la nourriture, m’étais-je dit.

« Tu es parti au milieu de la nuit sans rien nous dire. Si tu voulais construire quelque chose, tu aurais pu nous le dire, » déclara Nanya en serrant les poings et en regardant le sol.

« Je suis désolé... Honnêtement, je ne me souviens pas quand je suis parti, » avais-je dit et posé ma main sur son épaule.

En repensant à Ayuseya, je l’avais vue séparer ses lèvres comme si elle voulait me demander quelque chose, mais aucun son n’en était sorti. La princesse draconienne était la seule qui connaissait les Ténèbres en moi, et sa question avait probablement quelque chose à voir avec cela. Je lui dirais ce qui s’était passé plus tard, quand nous ne serions plus que tous les deux. Pour l’instant, je lui avais montré un sourire et un signe de tête.

Ou peut-être que je devrais leur dire la vérité à toutes ? Non... Je ne veux pas... mais pourquoi ? Oui... tais-toi, avais-je pensé, mais j’avais l’impression qu’il y avait quelque chose d’étrange qui m’empêchait de dire la vérité.

Peut-être qu’il y avait encore des craintes à propos de mon passé ? J’étais un être humain réincarné, pas un dieu parfait sans défauts de pensée ou de comportement. Même moi, j’avais mes peurs, mes soucis, mes pensées cachées que je ne pouvais dire à personne. Cela faisait partie de ma nature humaine, mais était-ce peut-être le problème en soi ?

En poussant un soupir, je leur avais tenu la main et leur avais dit : « Je suis désolé... Je le suis vraiment. »

« Nous savons, Illsy..., » Ayuseya avait parlé doucement et elle m’avait embrassé la joue. « Mais ça veut dire que Tamara et Shanteya ne sont pas avec toi, non ? » demanda-t-elle.

Ses paroles m’avaient fait froncer les sourcils.

« Qu’est-ce que tu veux dire par là ? » avais-je demandé, confus.

« Hier soir, nous sommes partis à ta recherche. Nous pensions que tu avais trop bu et que tu étais tombé dans un fossé quelque part, mais... quand il était temps de retourner dans cette auberge, elles ne se sont jamais revenu. Je pense que ça a quelque chose à voir avec l’explosion près du marché. J’y suis allée pour vérifier dès que c’est arrivé, mais il n’y avait aucun signe d’elles ou de toi... Je suis revenue, on a attendu, mais elles ne sont jamais venues. Je suis allée les chercher ce matin, mais je ne les ai pas trouvés..., » Nanya m’avait tout expliqué.

J’avais dégluti.

« Qu’est-ce que tu veux dire ? Quelqu’un les a attaqués ? » lui avais-je demandé.

Elle avait secoué la tête. « Je ne sais pas, mais il y a de fortes chances que ce soit le cas, » elle poussa un soupir.

« Elles ne sont pas mortes... Au moins, j’en suis certain. Je l’aurais su s’il en avait été autrement, » avais-je dit, puis j’avais enroulé mon bras autour des épaules de Nanya et je l’avais tirée dans mon étreinte.

Ce n’était pas sa faute si elles étaient parties, et je n’allais pas la blâmer, elle ou Ayuseya. Même ainsi, si quelqu’un les attaquait, je n’allais pas leur montrer de pitié.

« Alors où peuvent-elles bien être ? » demanda-t-elle.

« Je ne sais pas, mais on va aller le découvrir. Je sais quelques trucs pour jouer au détective, » avais-je souri. Puis j’avais brossé doucement une mèche de cheveux rebelle de son visage.

« Détective... Qu’est-ce que c’est ? » demanda-t-elle, confuse.

« Euh…, » j’avais levé les yeux en essayant de trouver un bon moyen de l’expliquer. « Euh, quelqu’un engagé par les gardes pour chercher des criminels ? » avais-je souri.

« Veux-tu dire un chasseur de primes ? » elle fronça les sourcils.

« Pas exactement, moins violent, » avais-je souri.

***

Partie 2

Toc ! Toc !

« Monsieur Illsyore, il y a deux soldats qui vous cherchent. Je leur ai dit d’attendre dehors. Je ne veux pas d’ennuis ici, » déclara Tannaor de l’autre côté de la porte.

« Je vous remercie ! J’arrive tout de suite ! » avais-je répondu.

« Je leur ferai savoir, » il s’était éloigné.

Clignotant des yeux de surprise, j’avais regardé Nanya et puis Ayuseya.

« Savez-vous quelque chose à ce sujet ? » lui avais-je demandé.

Elles avaient haussé les épaules.

Avec derrière moi Nanya et Ayuseya, j’étais sorti de l’auberge pour rencontrer ces deux soldats. Ils portaient les armures typiques en cotte de mailles avec un rembourrage en cuir. Leurs têtes étaient protégées par un casque de fer et armées d’une épée courte et d’un bouclier. Rien de dangereux, vu que ces armures et ces armes n’étaient même pas enchantées.

« Oui ? » leur avais-je montré un sourire poli.

« Tu es Illsyore, le propriétaire de Nanya ? » demanda celui qui tenait une grande boîte.

« Je suis Illsyore, mais Nanya est ma femme, pas mon esclave, » avais-je répondu en me sentant un peu offensé par son choix de mots.

« Plus maintenant. Le prince t’envoie un cadeau. Si tu ne veux pas finir comme elles, tu vas nous la livrer, » déclara l’autre avec un air suffisant sur son visage pendant que son camarade me tendait la boîte.

L’odeur du sang venait de l’intérieur.

Après avoir dégluti, j’avais ouvert le couvercle. À l’intérieur, j’avais vu un bras de femme coupé au coude et une oreille poilue.

Je ne pouvais plus respirer.

Ce sont..., avais-je pensé qu’en regardant les parties coupées.

Comment ne pouvais-je pas reconnaître les oreilles qui tremblaient chaque fois que je les caressais ou quand je lui faisais signe avec un petit poisson devant son joli nez ? Comment ne pouvais-je pas reconnaître le bras qui m’enlaçait chaque soir ?

« Illsy ? » demanda Nanya, inquiète.

Elle ne pouvait pas voir ce que je tenais parce qu’elle était derrière moi, mais elle pouvait sentir que quelque chose n’allait pas, car mon Territoire de Donjon tremblait et s’étendait.

« Qu’est-ce que c’est que ça !? » cria l’un des aventuriers à l’intérieur de l’auberge.

« Un donjon ! Un donjon est apparu ! » cria un autre de l’autre côté de la rue en regardant sa pierre de détection de niveau donjon.

« Qu’est-ce qu’il se passe ? » s’était demandé l’un des soldats.

« Illsy ? Qu’est-ce que tu fais ? » demanda encore Nanya.

Elle s’était approchée et avait posé une main sur mon épaule. J’étais encore sous le choc, mais elle avait vu ce que je tenais.

« Par les dieux ! » elle avait mis une main sur sa bouche.

« Comme nous l’avons dit, donne-nous la blonde maintenant, et le prince promet que ta draconienne et toi ne finirez pas de la même façon, » déclara-t-il.

« Quoi ? » répondit Nanya en grognant.

« Recule..., » lui avais-je dit.

J’avais pris une grande respiration et j’avais absorbé les parties coupées.

« Eh bien ? » le soldat arrogant avait persisté avec ses absurdités.

Je l’avais regardé dans les yeux.

À quoi bon ? chuchota la Noirceur.

Les cristaux sur mes bras étaient passés du vert au rouge, de même que sur ma poitrine. Cela représentait ma fureur, ma colère, ma rage.

J’avais attrapé le visage du soldat.

« Hé ! Qu’est-ce que tu crois que tu es... ? » il avait essayé de lutter et de se libérer, mais j’avais libéré un rayon laser de ma paume.

Cela lui avait traversé la tête et avait frappé le sol derrière lui, vaporisant la chair et les os qu’il avait touchés.

Le corps sans vie avait ensuite été dépouillé de tout son mana et transformé en poussière.

Je l’avais tué.

L’autre m’avait regardé avec peur et avait dégainé son épée. Je l’avais attrapé et je l’avais jeté sur le côté, mais comme j’étais incroyablement fort, il s’était écrasé à travers un bâtiment.

« NON ! STOP ! » cria-t-il, mais je l’avais attrapé de la même façon que son ami.

Le regard dans mes yeux était probablement sans émotion ou froid. J’avais agi presque mécaniquement, par instinct, tandis qu’à l’intérieur, j’avais l’impression de déchirer le sol avec rage et fureur.

Comment osent-ils faire ça à Shanteya ? À Tamara ? Comment osent-ils réclamer ce qui m’appartient ? avais-je pensé. Et pendant un moment, j’avais voulu séparer la tête de ce soldat avec mon laser, mais j’avais fait autre chose, bien pire.

« AAARGH ! » l’homme cria de douleur quand j’avais commencé à absorber son mana... et ses souvenirs.

C’était un mystère même pour moi de savoir comment j’avais fait cela, mais cela avait probablement quelque chose à voir avec le fait que je l’avais touché directement et aussi avec le fait de l’avoir dans mon Territoire de Donjon parce que c’était là que l’énergie allait venir. Les cris du soldat avaient été entendus tout autour de nous jusqu’à ce que son corps se transforme en un pruneau ridé et meure. Comme l’autre, il s’était transformé en poussière dès que j’avais absorbé la dernière goutte de son mana.

« Hein ? Je suppose que maintenant je connais le Kalish..., » j’avais parlé, mais ma voix était vide, sans son énergie habituelle.

« Illsy ? » demanda Nanya.

« Protégez-moi, » leur avais-je dit en m’éloignant de l’entrée de l’auberge et en levant la main.

Devant moi, j’avais convoqué une de mes dernières créations. Cela s’inspirait des jeux auxquels j’avais joué un jour et des idées de technologie militaire avancée que j’avais vues sur le NET. En utilisant des Cristaux de Puissance et mes capacités pour façonner la matière comme je le voulais, j’avais créé une arme très dangereuse et puissante.

« Qu’est-ce que c’est ? » demanda Nanya.

« Oh, cela a besoin d’un nom, non ? Voyons voir... Tourelle Laser Gatling. Oui, ça fera l’affaire, » avais-je souri. Puis j’avais sauté dessus.

La « chose » était classée comme un piège, mais il s’agissait essentiellement d’une chaise avec deux grands lasers à gatling fixés sur des supports métalliques rigides, l’un à ma gauche et l’autre à ma droite. Après m’être installé confortablement dans le fauteuil, j’avais élevé le sol sous moi jusqu’à ce que je sois à environ 100 mètres en l’air.

Avec un sourire sur les lèvres, j’avais saisi les commandes, deux joysticks reliés à un réseau de pistons en Cristaux de Puissance, et j’avais dirigé les lasers vers le grand palais au centre de cette ville. Grâce au soldat mort, je savais où se trouvait le donjon. Je savais où ne pas tirer, tout le reste, c’était un jeu. Quant aux autres souvenirs et pensées du soldat que j’avais absorbés, ils avaient été détruits parce que je n’en avais pas besoin.

Pour être honnête, en premier lieu, c’était un grand mystère pour moi de savoir comment j’avais réussi à absorber ses souvenirs en plus de son mana. J’avais l’impression qu’il me manquait une grande partie du puzzle. Était-ce l’influence des Ténèbres ? Ou une capacité que j’avais toujours eue, mais dont on ne m’avait jamais fait prendre conscience ? J’étais déterminé à le découvrir plus tard parce que maintenant j’avais d’autres choses à faire.

« Je ne veux pas tuer, mais je ferai une exception cette fois, » avais-je dit. Et j’avais appuyé sur la détente.

 

☆☆☆

[Point de vue de Shanteya]

Le palais tremblait, le prince n’avait aucune idée de ce qui se passait, personne ne le savait.

« Hahahaha ! » J’avais commencé à rire.

« Qu’est-ce qui se passe ? » demanda le prince.

« Toi ! Sais-tu quelque chose ? » Dragnov m’avait regardée fixement.

Quand ils avaient cautérisé ma blessure avec la lame chauffée d’une épée, ce n’était ni agréable ni joli. Tamara, la pauvre enfant, s’était évanouie après que le prince lui ait coupé l’oreille.

« Moi ? Eh bien... Je pourrais..., » j’étais un peu délirante à cause de la douleur et de la perte de sang. J’avais regardé l’homme en armure et je lui avais montré un sourire. « Vous n’avez aucune idée de qui est mon Maître, n’est-ce pas ? » J’avais ri.

« Je ne m’inquiète pas pour ceux que je considère comme insignifiants ! » cria le prince.

« Vous devriez... parce qu’il vient ici pour vous tuer... Même si vous envoyez un Suprême contre lui, il le vaincra ! Kukaka ! »

J’avais envie de rire quand j’avais réalisé à quel point le Maître devait être furieux quand il avait vu mon bras et l’oreille de Tamara.

Je suppose... qu’il m’aime vraiment ? Ou est-il furieux que quelqu’un ait touché à ses affaires ? Eh bien... Je suis un peu plus endommagée qu’avant... Je suis désolée, Illsy. En levant les yeux vers le plafond.

« Qui est ton maître ? REPONDS-MOI ! » cria Dragnov.

« Illsyore... le seul et unique..., » je l’avais regardé dans les yeux et lui avais montré un sourire. « Le Seigneur de Donjon Divin qui a vaincu le suprême draconien Dankyun. »

« Tu mens, » Dragnov ricanait.

« Alors qu’est-ce qui détruit votre palais en ce moment ? Des merions ? » J’avais incliné ma tête vers la gauche. « Vous savez, je suis techniquement une Suprême si je devais y aller par la force seule, mais Nanya, Ayuseya et le Maître sont au moins trois fois plus puissants que moi. Si vous implorez leur pitié... qui sait ? » J’avais souri et ri une dernière fois avant de sentir l’obscurité m’attirer.

J’étais fatiguée et j’avais mal... Je savais que le Maître arrivait, alors j’avais fermé les yeux et m’étais permis de m’évanouir.

***

Chapitre 61 : Folie et destruction

Partie 1

[Point de vue d’Illsyore]

Lorsque j’avais pris place dans la tourelle laser gatling que j’avais construite, je n’avais ressenti ni joie, ni tristesse, ni peur, ni excitation, ni exaltation, ni douleur de ce que j’allais faire. Mes doigts s’agrippaient aux joysticks qui contrôlaient les terrifiants canons, et d’une simple pression sur une gâchette, de puissants faisceaux de lumière magique et concentrée avaient été tirés sur mes victimes qui ne se doutaient de rien.

Ma cible était le palais devant moi. Des tours magnifiquement décorées s’élèveraient vers le ciel, abritant des archers et des mages vigilants. De solides murs blancs entouraient la cour, où des plaques vertes d’herbe et de belles fleurs donnaient une touche de beauté à l’édifice imposant habituel. Des statues de divers humains étaient éparpillées partout dans la cour, pour une autre touche décorative. Derrière le palais, je pouvais voir des bâtiments plus petits, qui, je suppose, servaient de caserne, d’écurie ou même d’atelier. Le palais lui-même mesurait au moins quatre étages et couvrait une surface de sol d’environ 100 000 mètres carrés, plus ou moins. Il était trois fois plus petit que le Palais du Parlement roumain, mais il avait la ressemblance fondamentale d’un château médiéval. Un puissant portail en acier marquait l’entrée principale. Toutes ces choses étaient à peu près imperceptibles au niveau du sol.

Le premier rayon avait heurté une barrière invisible. C’était un enchantement fait pour empêcher les attaques à distance d’ennemis potentiels. Je ne me sentais pas découragé, en fait, j’étais curieux de voir combien de temps il faudrait pour que tout cela s’effondre.

En injectant du mana dans mon arme, j’avais commencé à lâcher d’innombrables faisceaux laser sur la barrière. La tourelle pouvait tirer environ 150 coups par minute sans surchauffer les cristaux. Si je refroidissais l’air autour d’elle et que j’acceptais d’affecter sa durabilité, je pourrais tirer près de 750 à 800 coups par minute.

En moins d’une minute, la barrière s’était effondrée et le premier faisceau était passé à travers et avait fait un trou dans le sol de la cour. Les frappes suivantes avaient frappé sur les soldats et le mur le plus proche de moi. Je n’avais montré aucune pitié.

Un seul rayon laser était assez puissant pour vaporiser un soldat s’il le frappait. Le palais lui-même, les murs, les tours et les autres bâtiments à l’arrière étaient faits de pierre enchantée pour résister à de puissantes attaques, mais comme je continuais à les marteler, ils avaient commencé à se fendre et à se briser.

Ce faisant, je n’avais rien senti. Dans mes yeux, je jouais à écraser les fourmis et à démolir les tours. J’avais appuyé sur les détentes et autres choses, non... quelqu’un d’autre avait tué les humains, pas moi. J’étais innocent.

C’était peut-être pour ça que je n’avais pas libéré d’intention meurtrière sur mon Territoire de Donjon. Le brouillard noir pourrait être utilisé pour paralyser mes adversaires s’il était utilisé correctement, mais il pourrait aussi me gêner. À ma grande surprise, l’activer était la même chose qu’appuyer sur un interrupteur, mais je préférais ne pas le faire la plupart du temps.

Même maintenant, je n’en avais pas besoin quand j’avais Nanya, Ayuseya et ma petite amie, la tourelle laser gatling.

Environ cinq minutes plus tard, tout le palais était couvert de fissures et de trous, les soldats se cachaient, et beaucoup d’entre eux étaient couchés morts là où je les avais frappés. Au sol, les gardes se rapprochaient pour tenter de m’arrêter, mais Nanya était là. Ils seraient confrontés à une surprise s’ils osaient la défier.

« Il est temps de passer au feu continu, » avais-je souri.

Sur simple pression d’un bouton, le laser gatling à ma gauche et celui à ma droite avaient changé leurs arrangements internes de Cristaux de Puissance afin de concentrer leurs faisceaux de lumière enchantée en un seul point focal. Maintenant, je pouvais tirer deux faisceaux continus, très puissants, mais je ne pouvais maintenir chacun d’eux activé que pendant environ 20 secondes. Par la suite, les parties métalliques commenceraient à fondre ou les cristaux à se fissurer. Dans le pire des cas, tout ça m’exploserait à la figure. Malheureusement, ce ne serait pas la première fois.

Visant les tours du palais, j’avais appuyé sur la gâchette et deux faisceaux rouges s’étaient répandus sur elle. Comme si je contrôlais le pointeur d’un écran tactile, j’avais tracé une ligne horizontale dessus. La tour s’était ensuite effondrée sur ses victimes sans méfiance. Heureusement, ce palais avait beaucoup plus de tours à démolir, à la fois dans sa structure et dans ses murs.

Avec un grand sourire sur mon visage, j’avais commencé à détruire ce bien précieux de la famille royale. Comme un enfant qui brûlait des fourmis avec une loupe, j’avais détruit les soldats et les murs de cet endroit. Rien n’avait échappé à ma colère. Murs, tours, statues, jardins, tous avaient été brûlés par mes lasers. Pour eux, il pleuvait l’enfer, alors que pour moi, c’était un simple jeu.

Quand je m’étais lassé de détruire le palais, j’avais arrêté. Quinze minutes s’étaient écoulées depuis que j’avais commencé mon assaut, et l’endroit en entier était en décombres. Les incendies se répandaient partout, les gens criaient et pleuraient, les corps étaient jonchés tels des détritus sur le sol, et je me tenais triomphant au sommet de la tour dans ma tourelle laser gatling.

J’avais souri...

À l’intérieur, j’étais heureux, mais le vrai moi était sans émotion.

Tu m’as forcé à le faire... Mais c’était bien... Nous avons aimé le faire, avais-je pensé.

Il était temps de redescendre. J’avais absorbé mon arme et j’avais abaissé la terre. Plusieurs gardes de la ville se tenaient à distance de moi, avec Nanya et Ayuseya entre deux. Ils se trouvaient tous dans mon Territoire de Donjon, qui avait été agrandi à environ 40 mètres autour de moi. Je n’avais pas besoin d’une surface plus grande que celle-ci, donc si je voulais lancer ou invoquer quelque chose, je pourrais le faire facilement ici.

« Illsy ! Qu’est-ce que tu as fait ? Pourquoi les as-tu attaqués ? » demanda la draconienne, surprise.

« Ils nous ont envoyé le bras de Shanteya et l’oreille de Tamara, » Nanya avait répondu pour moi.

Elle était horrifiée quand elle avait entendu ça. J’avais fermé les yeux et hoché la tête une fois, confirmant les paroles de la démone.

« Enlève ta bague Nanya. Pas besoin de se retenir maintenant. On tue à vue s’il le faut, » avais-je dit.

« Tu es sûr, Illsy ? Nous allons devenir les ennemis de ce royaume, tu le sais, n’est-ce pas ? » Elle m’avait dit, mais j’avais vu qu’elle était un peu réticente à montrer sa vraie nature à ces humains.

« Je viens de détruire le palais. Je crois qu’on a dépassé ce stade, mon amour, » avais-je répondu avec un sourire.

« Soupir... Tu as raison, j’espérais juste qu’on pourrait encore s’en sortir sans détruire l’armée de ce pays..., » Nanya haussa les épaules. Puis elle regarda son doigt.

Fermant les yeux, elle prit une grande respiration et enleva l’anneau qui lui avait offert l’illusion de la femme blonde. Il ne me restait plus que ma belle et sauvage démone. Son corps, bien que couvert d’une armure divine, était beaucoup plus attirant de cette façon. J’avais trouvé sa vraie forme plus enchanteresse que l’autre.

Tout autour de nous, les individus avaient rencontré son changement soudain avec un souffle de surprise et peut-être un regard de peur. À leurs yeux, les démons, les draconiens et les donjons étaient les ennemis, il était donc naturel qu’ils réagissent de la sorte, mais je m’en fichais. Franchement, je me fichais de la façon dont ils nous voyaient tant qu’ils n’avaient pas l’intention de nous attaquer. Si c’était le cas, je n’hésiterais pas à les enterrer six pieds sous terre.

Nanya poussa un soupir quand elle rencontra leurs yeux.

« Comme prévu..., » dit-elle.

« Tu es plus belle comme ça, » lui avais-je dit.

Elle rougit et détourna le regard.

« Illsy, Tamara et Shanteya... sont-elles... ? » Ayuseya s’approcha de moi et me regarda d’un air inquiet.

« Non, elles sont toujours en vie, » avais-je secoué la tête.

Elle expira en soulagement.

« C’est parti. Allons-y, » avais-je dit.

« A-Arrêtez-vous au nom du prince ! » s’écria l’un des gardes qui, jusqu’à présent, se tenaient à l’écart de nous.

J’avais pointé mon bras vers lui et j’avais tiré un rayon laser droit sur ses pieds.

« Fais un pas de plus, et le prochain passera dans ton cœur, » avais-je prévenu.

L’homme avait dégluti puis il tomba sur ses fesses, tremblant de toutes ses articulations. J’avais pitié de l’imbécile pour avoir suivi un chef qui ne serait bientôt plus que cendres, mais si ce garde essayait de s’opposer à moi d’une manière ou d’une autre, je n’avais pas l’intention de lui montrer la moindre pitié... J’en avais eu assez de tout ça.

Oui... tuer... pensais-je. Ou peut-être que je l’imaginais ?

Sans avoir besoin de me retenir, je m’étais précipité vers le palais détruit. Nanya et Ayuseya couraient derrière moi. Les gardes avaient été laissés derrière, tandis que ceux qui étaient devant n’avaient aucun moyen de nous arrêter. Dès le début, ils avaient réalisé que nous étions beaucoup trop puissants pour qu’ils nous fassent quoi que ce soit. Dans cette ville sans Suprême, nous étions trois existences au-delà de leur imagination.

Malgré tout, il y avait des imbéciles de rang Divin qui avaient essayé de nous arrêter. Ils portaient des armures et des armes enchantées typiques de ceux que j’avais trouvés parmi les hommes que j’avais tués de loin.

« Vous trois ! Arrêtez-vous au nom du prince ! » cria l’un d’eux.

« Je présume que vous êtes de la garde royale, n’est-ce pas ? » avais-je demandé juste pour m’en assurer.

« En effet, nous le sommes ! » répondit-il, fièrement.

« Alors, pourquoi devrions-nous nous arrêter ? » avais-je demandé en inclinant la tête vers la droite.

Il m’avait regardé dans les yeux et avait pointé la pointe de son épée vers moi.

« Vous êtes accusé de conspirer avec des démons et des draconiens contre la famille royale ! C’est vous qui avez attaqué le palais il y a quelques instants, n’est-ce pas ? » demanda-t-il.

« Oui. Et c’était très amusant, » avais-je souri.

« Espèce de salaud ! » il avait l’air contrarié et prêt à attaquer.

« Quoi qu’il en soit, vous, gardes royaux, je vous présente ma femme, la draconienne surpuissante, » avais-je dit. Puis j’avais regardé Ayuseya. « Déchaîne-toi, » lui avais-je dit.

Elle hocha la tête et se précipita vers eux avec son épée non gainée.

« Tuez-les tous ! » cria l’homme en sautant en avant pour l’intercepter.

Bien qu’elle n’avait pas la formation et les compétences que Nanya et Shanteya avaient, sa force brute et sa vitesse pouvaient facilement surpasser les leurs. Grâce à la bagarre au Colisée, ils avaient probablement cru qu’elle n’était qu’un Rang Empereur, mais les stats de cette femme dépassaient les 2000.

La bataille entre elle et les soldats s’était terminée en un clin d’œil. Leurs armures magiques avaient été brisées instantanément. Le premier qu’elle avait rencontré avait essayé de l’attaquer avec une frappe frontale, mais elle s’était écartée loin de la lame et l’avait ensuite coupé en deux avec son épée. Le suivant avait frappé au visage avec le côté plat de sa lame, et son crâne avait été fracturé en de nombreux endroits. Un autre coup de poing l’avait envoyé voler à travers le mur d’une maison voisine. Celui qui nous avait ordonné d’arrêter avait reçu l’extrémité tranchante de son épée et avait été tué comme les autres.

De tous, un seul avait imploré la pitié. Je l’avais laissé partir et il s’était enfui comme un lâche.

Nous avions continué notre route. Ayuseya n’avait rien dit sur ce qu’elle avait fait et Nanya non plus. Pour être franc, je pensais qu’elle hésiterait ou refuserait, mais cette princesse draconienne était beaucoup plus forte qu’on pouvait le croire.

C’est une bonne amie... oui... une idée bizarre avait surgi.

J’avais secoué la tête. Ce n’était pas une amie, c’était ma femme.

Dès que mon Territoire de Donjon avait touché les portes du palais, je m’étais arrêté.

« Il y a un autre Donjon ici..., » avais-je dit.

Mes deux femmes m’avaient regardé avec des sourcils plissés. Cette nouvelle les inquiétait.

« Où est-il ? » demanda Nanya.

« Je pense qu’il est en plein milieu du palais. Si je ne me trompe pas, le palais lui-même est sa construction, » lui avais-je répondu.

« Je n’ai jamais entendu parler d’une famille royale utilisant un donjon comme celui-ci. L’ont-ils apprivoisé ? » se demanda Ayuseya.

« Je ne sais pas, mais je vais retirer mon territoire jusqu’à ce que je découvre à quel point il est puissant. Nanya, assure-toi d’avoir une pierre de détection de niveau de donjon prête, » lui avais-je dit.

« D’accord ! » elle hocha la tête et en sortit une.

Après l’avoir imprégnée de magie, j’avais vu un nombre apparaître sur la pierre, mais j’avais refusé de la regarder. Pour une raison inconnue, je ne voulais pas voir mon propre niveau.

« Tant que ce n’est pas un donjon de Demi-Dieu, cela devrait aller, » expliqua Nanya.

« Tu crois qu’on ne peut pas gérer un demi-dieu ? » lui avais-je demandé.

« Non, ce sera juste un peu plus ennuyeux de battre ces soldats s’ils sont protégés par lui, » elle secoua la tête.

« C’est parti. Allons-y, » avais-je dit après avoir ramené mon Territoire de Donjon jusqu’à mon corps.

***

Partie 2

Quand nous étions arrivés aux portes du palais, nous n’avions pas pris la peine de les ouvrir et nous avions simplement sauté par-dessus. Le soldat nous avait regardés avec surprise, mais une fois à l’intérieur de la cour, j’avais pu voir de près les dommages que j’avais infligés à ces individus.

L’herbe avait été brûlée, les fleurs écrasées par les rochers, les statues détruites. L’endroit tout entier donnait l’impression qu’un bataillon de la Seconde Guerre mondiale avait laissé tomber ses tirs d’artillerie en plein dans cet endroit. Ceux qui pouvaient encore se tenir debout essayaient d’aider les blessés ou d’empiler les morts. On pouvait voir des larmes sur leurs visages et des cris résonnaient autour de l’endroit.

Pourtant, bien que j’avais vu une scène aussi tragique et que je sache très bien que c’était moi qui avais appuyé sur la gâchette, je n’avais rien ressenti pour eux. Il n’y avait même pas un gramme de regret ou de peur dans ma poitrine. Je les ignorai complètement et me dirigeais vers les portes métalliques du palais, maintenant coupées en deux.

« S-Stop ! » avait crié un garde royal.

Ceux qui pouvaient encore se tenir debout s’étaient précipités à côté de lui et avaient dégainé leurs épées.

J’avais soupiré et je leur avais dit d’une voix forte. « Si vous m’attaquez, je peux garantir votre mort ! Regardez cet endroit, et vous saurez à quel point je suis puissant ! » J’avais étendu mes bras vers la cour dévastée.

« Si quelqu’un attaque, tuez-le, » avais-je dit à mes deux femmes, qui hochaient la tête à ma demande.

Seuls quatre soldats avaient eu le courage de le faire, mais ils étaient morts écrasés par les poings de Nanya et coupés par l’épée d’Ayuseya. Les autres s’étaient arrêtés dès qu’ils avaient réalisé que je ne plaisantais pas.

« Illsy, ce Donjon est au niveau 258, » déclara Nanya.

Puis-je briser son Territoire de Donjon... ? me demandai-je en m’approchant des portes en métal.

Je les avais ouvertes et j’étais entré dans le château détruit. L’intérieur était tout autant en désordre que l’extérieur. Le plafond s’écroulait, les murs s’effritaient, soldats et domestiques étaient blessés à droite et à gauche. C’était le chaos total.

« STOP ! » cria quelqu’un dès qu’il nous vit entrer.

Devant nous se tenait un groupe de 20 hommes qui portaient des armures et des épées enchantées. Toutes étaient d’une conception différente comme pour montrer le fait qu’elles avaient été créées par des aventuriers Divins. Si je devais le deviner, alors ces types étaient probablement les soi-disant élites de cet endroit.

« Hm, de la chair à canon, » avais-je dit. Puis j’avais regardé Nanya.

Je lui avais fait un signe de tête, et elle s’était avancée devant nous, frappant ses poings ensemble et leur montrant un sourire.

« Envoies-tu une femme pour nous combattre ? N’as-tu pas honte ? » demanda celui qui m’avait ordonné d’arrêter.

Il ressemblait à un dur à cuir, un barbu aux poils gris, avec cicatrice sur la joue droite, des muscles massifs et une armure imposante. Tout ça ne servirait à rien s’il n’était pas près des statistiques de Nanya.

« Pourquoi devrais-je le faire ? » lui avais-je demandé. Puis j’avais haussé les épaules.

« Les femmes sont faibles ! Les hommes devraient se battre ! » avait-il déclaré.

J’avais plissé les sourcils et j’avais regardé Ayuseya, puis je l’avais regardé.

« Oui... Non, » j’avais secoué la tête.

« Tuez ce voyou tout de suite ! C’est un ordre ! » cria-t-il en s’énervant.

À ce moment précis, Nanya s’était jetée sur lui et avait frappé le type à côté de lui. Il ne restait plus qu’une masse de chair de lui. Le suivant avait reçu un coup de pied dans la mâchoire, l’envoyant en spirale dans l’air et l’écrasant sur les trônes.

« Je suis une femme, donc je serai gentille avec vous, les hommes, parce que je suis... faible, » leur déclara Nanya, leur montrant un petit sourire.

« Ne chancelez pas, mes hommes ! Vous êtes les chevaliers de..., » celui qui avait parlé s’était vite fait taire en se faisant casser la mâchoire par le poing de ma femme.

L’homme avait été envoyé vers l’arrière et s’était écrasé dans le mur. Il avait perdu la plupart de ses dents, et je doutais qu’il puisse manger des aliments solides pendant un certain temps.

Ce sont donc des chevaliers, pas seulement des gardes d’élite, avais-je pensé en gardant les yeux ouverts, je cherchais des pièges et des attaques du donjon inconnu.

Bien sûr, je n’avais pas non plus oublié de mettre du mana dans mon armure magique, car je ne voulais pas finir blessé à cause de quelque chose d’aussi ridicule que ça. Sans lui, nous étions essentiellement des glass cannons (DPS sans défense). Tant que nous n’étions pas touchés, nous pouvions détruire n’importe qui, mais perdre de sa défense pour produire plus de dégâts par seconde dans la vraie vie n’était pas un choix très intelligent à moins d’utiliser certaines tactiques ou d’avoir un char d’assaut renforcé. Malgré tout, je connaissais déjà les conséquences de négliger ma propre armure magique.

Bien que les chevaliers aient essayé d’attaquer ou de jeter un sort à Nanya, la démone était beaucoup trop agile et puissante pour eux. Leurs armes s’étaient simplement brisées quand elles avaient rencontré ses poings, tandis que leurs armures se fissuraient sous sa puissance. C’était comme si leur armure magique et leurs enchanteurs n’avaient même pas d’importance face à elle.

À la fin de la bataille, seul celui qui donnait l’ordre et parlait grossièrement restait. Il soufflait et pointait son épée sur elle, mais pendant tout ce temps, il n’avait pas réussi à la frapper la moindre fois.

Tout autour d’eux reposaient les chevaliers inconscients ou morts de son groupe. Nanya ne leur avait montré aucune pitié quand elle leur avait cassé les membres, avait brisé leurs armures et avait détruit leurs épées. Ils n’avaient jamais eu la moindre chance depuis le début.

« Qu’est-ce que tu es ? C-Comment..., » marmonna le chevalier en regardant Nanya avec des yeux effrayés.

« Si tu veux vivre, aurais-tu la gentillesse de nous montrer les cachots ? Ton stupide prince a pensé que ce serait une bonne idée de m’énerver, » avais-je dit en marchant vers lui.

« Comment oses-tu insulter le... le... le... ? » l’homme avait essayé de crier, mais il avait entendu Nanya faire craquer ses articulations, et il avait arrêté de parler.

« Ton prince est à blâmer pour toutes les destructions et les morts qui se sont produites aujourd’hui. Il a blessé mes proches par cupidité et amusement, alors je vais détruire son royaume en entier, » avais-je dit en me tenant devant lui.

« Mon prince n’est peut-être pas parfait, mais le sang royal de l’ancien roi coule encore dans ses veines ! » avait-il déclaré.

Je l’avais regardé en plissant les yeux. Puis je lui avais demandé. « Et alors ? Ça a l’air de m’intéresser ? Son cœur peut pomper de l’or liquide ou les larmes d’un dieu, mais s’il ose faire du mal à mes amis et à ma famille, je vais le déchiqueter ! » J’avais saisi son épée et je l’avais brisée d’une seule prise forte.

« Même si vous nous battez ici, ce royaume deviendra votre ennemi ! » il essayait toujours de défendre son maître.

C’était un acte admirable, mais stupide.

« Me prends-tu pour un mortel ? » lui avais-je demandé.

« Un aventurier stupide, » répondit-il.

« Je ne suis pas un aventurier ou un humain, » j’avais retiré mon capuchon, révélant mes cheveux verts, puis je lui avais montré les cristaux sur mon bras gauche. « Je suis un Seigneur Donjon Divin. Même les Suprêmes de ton pays ne peuvent m’arrêter. »

Ce n’était que lorsque je lui avais dit cela qu’il avait commencé à trembler et à me regarder avec des yeux horrifiés.

« Si ton... prince n’avait pas osé m’attaquer comme ça, je n’aurais pas pris la peine de troubler la paix dans ton pays. J’aurais agi comme n’importe quel autre aventurier, faisant quelques quêtes ici et là, lisant quelques livres pendant mon temps libre, et ce serait tout. Finalement, j’aurais quitté la capitale. C’est pourquoi je dis que le seul responsable de ce désastre est ton stupide prince, » je l’avais attrapé par l’une des plaques de son armure et je l’avais rapproché de moi. « Maintenant, conduise-moi aux cachots, que je puisse récupérer mes amies, sinon je vous tuerais, toi et tous ceux qui respirent encore dans cet endroit. Ai-je été clair ? » lui avais-je demandé en le regardant fixement.

« Oui, » il hochait la tête en ressentant de la peur.

Après l’avoir relâché, il s’était mis à genoux, tremblant de toutes ses articulations.

« Bouge-toi, » avais-je ordonné.

« Oui ! Par ici. » Il se leva et nous conduisit au donjon.

« Illsy, je suis surprise qu’il y ait si peu de chevaliers et de soldats ici, » déclara Nanya.

« Les casernes et tous les autres bâtiments capables de les abriter ont été détruits par moi avant que nous ne courions jusqu’ici. D’ailleurs, nous avons fait un petit détour en venant ici et évité de nombreuses batailles inutiles, » avais-je répondu.

« Illsy..., » déclara-t-elle. Puis elle baissa les yeux.

Je m’arrêtai et tournai les yeux vers elle.

« Tu crois que j’ai mal agi ? » lui avais-je demandé.

La démone me regarda un instant et secoua la tête.

« Non, je me demande juste si c’est le vrai toi... ou juste un autre côté de toi, » déclara-t-elle.

J’avais fermé les yeux et j’avais réfléchi à ses paroles. Bien que j’aie montré un côté plutôt brutal et vengeur de moi, j’étais encore un humain ou peut-être un donjon-humain agissant sur les émotions plutôt que sur la pensée logique. Il y avait beaucoup d’autres moyens de sortir de cette situation sans détruire le palais. J’aurais pu passer en mode furtif. J’aurais pu attaquer le donjon dans ce palais, en détruire le noyau et libérer mon Territoire de Donjon partout. Tout ce que j’avais à faire, c’était de les appeler avec mon sort [Invocation d’Allié]. J’aurais pu négocier leur libération. J’aurais pu garder toute la ville captive dans un donjon. J’aurais même pu lancer des attaques [Boule de feu] sur toute la ville, réduisant tout en cendres, sauf le palais. Il y avait beaucoup de choses que j’aurais pu faire, certaines plus pacifiques que d’autres, mais en fin de compte, tout se résumait à ce que je voulais faire, pas les Ténèbres ou quelqu’un d’autre.

C’est pourquoi, même si mes femmes voulaient que j’agisse différemment, j’aurais probablement choisi celui que je trouvais le plus approprié pour moi.

Est-ce que cela fait peut-être partie de ma nature humaine égoïste ? m’étais-je demandé.

Je me souvenais que cela avait déjà été le cas lorsque je jouais au MMORPG dans mon monde précédent. Certaines personnes voulaient utiliser la façon la plus efficace et la plus facile de tuer le boss, que ce soit par des exploits ou des rassemblements de groupe et des techniques de spamming, alors que je voulais utiliser l’approche la plus amusante pour moi. J’avais adoré utiliser les tactiques les plus dures ou les plus élémentaires pour combattre les boss, comme l’avaient prévu les développeurs. J’adorais suivre l’histoire ou le chemin typique d’un donjon sans sauter les monstres. Bien sûr, beaucoup détestaient ça, mais je n’étais pas un farmer, j’étais un joueur qui voulait s’amuser.

Peut-être que cette partie de moi s’était aussi attachée à cette vie et s’était manifestée à travers des situations plutôt inhabituelles. Si j’avais regardé en arrière, je savais que j’aurais pu gérer Dankyun d’une autre façon. Le tuer plus vite ou même le piéger était tout à fait possible si j’appliquais la bonne tactique, mais je voulais qu’il reste en vie pour que mes femmes puissent avoir le plaisir de le tuer même si je risquais ainsi la vie des autres.

Même en combattant les Ténèbres... Je peux... non... Je ne peux pas combattre les Ténèbres, je ne peux pas..., avais-je secoué la tête en sentant un mal de tête.

« Argh..., » avais-je gémi.

« Illsy, vas-tu bien ? » demanda Nanya un peu inquiète.

J’avais levé les yeux et je l’avais vue se tenir devant moi. J’avais souri et je l’avais embrassée.

« Nous avons tous un peu d’obscurité en nous... C’est l’ombre avec laquelle nous devons vivre..., » avais-je dit.

« Très bien, promets-moi de ne jamais devenir comme ces donjons typiques, d’accord ? » me dit-elle avec un doux sourire.

« Je te le promets, » je lui avais tapoté la tête et je m’étais retourné.

Quand j’avais dit ces mots, j’avais senti un petit choc dans ma poitrine.

Ça fait mal de mentir..., pensais-je en suivant le chevalier.

Quelques minutes plus tard, nous étions arrivés dans une grande salle. Sa surface était d’environ 50 mètres sur 50. À ma gauche et à ma droite, il y avait de solides murs de briques décorés de chaînes et de petits lits en bois. Le plafond se trouvait à environ 6 mètres au-dessus du sol, sans colonnes de soutien ni cellules d’aucune sorte. Le mana circulait dans l’endroit, montrant qu’il s’agissait d’une pièce très enchantée.

Devant nous, à une vingtaine de mètres, un groupe de 58 chevaliers nous attendait avec leurs épées tirées. Derrière eux, j’avais vu un grand noyau de donjon rouge pâle.

« Je croyais t’avoir dit de nous conduire au cachot, » l’avais-je dit au chevalier devant nous.

« Je-Je l’ai fait... Je ne me souviens plus de ce qui s’est passé..., » déclara-t-il.

Clac !

« C’est un piège ! » avais-je crié.

Le chevalier n’avait pas réagi à temps et avait été empalé par des lances d’acier venant d’en bas. Cela ne m’avait même pas égratigné, ni moi, ni Nanya, ni Ayuseya, mais ce pauvre bâtard n’avait aucune chance. Il était mort sur le coup.

« Les traîtres sont toujours condamnés à mort ! » déclara quelqu’un alors qu’il était soulevé du sol par le donjon derrière lui.

Rien qu’en regardant ses vêtements, j’avais compris qu’il était le prince.

J’avais baissé le menton et serré les poings alors qu’un... sourire maléfique s’était formé sur mes lèvres.

***

Chapitre 62 : La malédiction

Partie 1

Bien que je me tenais devant ce soi-disant prince entouré de ces soi-disant chevaliers, je ne voyais que des marionnettes tirées par les ficelles invisibles de leur propre avidité et de leur propre convoitise. Ses paroles n’avaient aucun sens pour moi, et le donjon derrière lui était un faible que je pouvais briser à tout moment.

« Pourquoi lui obéis-tu ? » avais-je demandé dans la langue des Donjons, la même que celle que j’avais utilisée avec Deusur.

Aucune réponse ne m’était parvenue.

« Je ne sais pas avec quelle magie tu as réussi à détruire mon palais, mais tu me révéleras tous tes secrets et tu te prosterneras immédiatement ! Fais-le, et j’épargnerai peut-être la vie de tes amis ! » demanda le prince.

Il se sentait en sécurité lorsqu’il était entouré de tant de chevaliers et même d’un donjon, mais l’étaient-ils lorsqu’ils étaient confrontés à moi, Nanya, et Ayuseya ? Nos principales cibles étaient Shanteya et Tamara. Nous devions les sauver à tout prix.

Où sont-elles ? m’étais-je demandé. Mais grâce à l’idiot de chevaliers qui m’avait bloqué le passage, je n’avais pas pu le savoir.

« Comment puis-je savoir si elles sont encore en vie ? » avais-je demandé au prince en kalish, en espérant que de cette façon, peut-être que je pourrais les voir.

Il regarda à sa droite et hocha la tête. J’avais senti le mana circuler à travers ce lieu, puis mes deux précieux esclaves avaient été soulevés du sol depuis une plate-forme en pierre, semblable à celle sur laquelle le prince se tenait.

« Tamara… Shanteya…, » déclara Ayuseya quand elle les avait vues.

Elles étaient inconscientes et enchaînées. Le sang tachait leurs vêtements et leurs parties manquantes étaient clairement visibles : une oreille sur la tête poilue du nekatar, et un bras sur l’El’Doraw. Rien qu’en les voyant dans cet état, j’avais senti une rage terrible s’accumuler en moi.

Combien sont-ils ? 58 ? Et ils ont même un donjon de leur côté ? Dois-je le faire ? Qui s’en soucie ? avais-je réfléchi. Puis j’avais fait un pas en avant.

Je n’avais pas de plan ou de tactique à suivre. Tout ce que je savais, c’était que tout le monde autour de moi était un faible et que j’avais plus de pouvoir qu’ils ne pouvaient en rêver. Alors, j’avais foncé à travers les chevaliers en utilisant ma vitesse maximale, les poussant sur le côté, évitant leurs épées, et m’arrêtant seulement quand j’avais atteint mes deux esclaves. C’était arrivé en un clin d’œil.

Dans mon empressement à les atteindre, j’avais enjambé quelques chevaliers et en avais blessé un autre mortellement. Quelques-uns d’entre eux avaient vu leurs armures magiques brisées parce qu’ils m’avaient simplement percuté, tandis que les autres, y compris le prince, n’avaient aucune idée de ce qui venait de se passer.

Il y a un instant, je me tenais devant eux, mais maintenant j’étais à côté de mes esclaves.

« Ma pauvre Shanteya…, » avais-je dit doucement en m’agenouillant sur cette plate-forme.

Elle avait l’air faible, fiévreuse et elle respirait à peine. Tamara n’allait pas mieux non plus, même si elle était inconsciente, elle souffrait toujours de la blessure. J’avais soupiré et absorbé les deux filles dans mon Esprit Intérieur, ne laissant derrière elles que leurs chaînes. Quand j’aurai quitté cet endroit, j’avais prévu de les guérir complètement.

« Prince idiot, quel est ton nom ? » lui avais-je demandé tout en le regardant.

« Rey-Reynolds D. Lagrange ! » avait-il déclaré fièrement.

« Reynolds, hein ? » Pour une raison ou une autre, je m’étais souvenu d’un vieux jeu de stratégie.

« Toi… Qui es-tu ? Pourquoi exerces-tu un tel pouvoir et qu’est-il arrivé à ces esclaves ? » m’avait-il demandé ou plutôt ordonné de répondre.

« Je m’appelle Illsyore…, » puis j’avais regardé le Cœur de Cristal. « Je suis un Seigneur du Donjon Divin, » mes yeux étaient retournés vers le prince Reynolds.

« Divin ? Tu plaisantes, c’est une blague ! Il n’y a pas de telles choses ! » cria-t-il.

J’avais haussé les épaules et sauté vers mes femmes, la force que j’avais appliquée à la plate-forme avait été suffisante pour la briser.

« Nanya, s’il te plaît, sort ton épée, » lui avais-je dit.

« Dois-je le faire ? » demanda-t-elle, et elle me regarda d’un air un peu mécontent.

« Oui, » je lui avais montré un beau sourire.

Nanya avait sorti la redoutable épée noire à deux mains avec des runes rouges inscrites dessus. Contrairement à avant, je n’avais pas senti le froid en sortir. C’était probablement dû au fait que j’étais son mari, mais l’autre donjon n’avait pas eu cette chance. J’espérais que ce serait suffisant pour qu’il ne se mêle pas à cette bataille.

« Maintenant, je vous donne deux choix : abandonnez maintenant ou je vous tue tous. Je vous le dis à tous, chevaliers, pas au prince. Et toi, Donjon, oses défendre ces mortels ou m’attaquer, et je te transformerai en chandelier. Compris ? »

« Oui…, » répondit le donjon d’une voix tremblante.

« Quoi ? » Le prince était confus, il n’avait pas compris ce que j’avais dit dans la dernière partie, aucun d’eux ne l’avait compris.

« Notre devoir est de protéger notre prince ! Nos vies lui ont été offertes sous serment ! » cria l’un des chevaliers.

C’était une bande noble et loyale, je pouvais respecter ça.

En leur montrant un sourire, je leur avais dit calmement. « Nanya, Ayuseya, vous pouvez attaquer n’importe qui sauf le prince. Tuez s’il le faut, mais je préférerais que vous ne brisiez que leurs armures, leurs armes et leurs membres. Je veux qu’ils voient ce que je vais faire à leur précieux… membre de la famille royale. »

« J’ai hâte d’y être, » déclara la démone en souriant, puis elle se précipita vers les chevaliers.

« Comme tu veux, mon amour, » déclara Ayuseya puis elle avait couru après Nanya.

Pendant que les deux forces s’affrontaient au milieu, je marchais calmement vers le prince. Il criait sur le Noyau de Donjon maintenant.

« Qu’est-ce qu’il t’a dit !? Je te le demande ! Je te l’ordonne, sale donjon ! Sans ma famille, tu serais mort ! » le prince n’arrêtait pas de pointer du doigt le noyau de cristal, mais le donjon n’était pas prêt à lui donner une réponse.

De cette conversation à sens unique, je suppose que ce malheureux avait eu la malchance de naître dans une salle située ici, dans ce palais. Une fois que la famille royale l’avait découvert, ils avaient probablement commencé à l’apprivoiser afin qu’il puisse construire des choses et agir comme une sorte de défense. Cela pourrait expliquer pourquoi tout ce palais avait été construit avec des murs enchantés et qu’il était même entouré d’une barrière.

J’ai aussi besoin d’apprendre à faire des barrières…, avais-je pensé.

En regardant à ma gauche, j’avais vu Nanya combattre les chevaliers. La démone sauta avec un grand talent et se déplaça latéralement pour éviter les frappes tranchantes de leurs épées et la puissance destructrice de leurs attaques magiques. Chaque fois qu’elle trouvait une ouverture, elle les attaquait aussi, mais malgré sa puissante épée noire, elle hésitait à s’en servir pour les abattre. La plupart de ses attaques à l’épée avaient fini par être des coups avec le côté plat de la lame, mais même celles-ci étaient plus que ce que les pauvres chevaliers pouvaient supporter.

Un seul coup suffisait pour briser leur armure magique ou briser leurs armes en deux. Un moment assez drôle s’était produit quand un chevalier puissant et imposant en armure brillante était prêt à l’affronter dans un combat en un contre un, mais après sa première attaque, son épée s’était transformée en prenant la forme d’un L maladroit.

Contre ce lot d’individus avec un pouvoir égal ou légèrement supérieur à celui d’un aventurier classé Divin, la démone pourrait facilement dominer les lieux. Pour l’instant, elle jouait simplement avec eux parce que si elle devenait sérieuse, elle utiliserait ses sorts d’attaque en plus d’activer sa compétence [Amplification]. Mais je n’avais jamais compris comment ça fonctionnait exactement.

« Vite, abattez-les ! » cria l’un des chevaliers en ignorant Nanya et Ayuseya et en se précipitant vers moi.

Je lui avais fait un sourire, puis il avait été envoyé dans le mur à ma droite par l’un des coups de pied de la démone.

Ayuseya n’avait eu aucun problème de son côté. Sa capacité à se battre à l’épée à deux mains n’était pas la meilleure au monde, mais grâce à sa force excessive, ses coups étaient mortels. À cause de son manque de contrôle, elle avait eu un peu plus de mal à ne pas les tuer. Des membres et des parties du corps avaient été envoyés dans tous les sens. Les pauvres chevaliers tentèrent d’arrêter ses attaques, mais quand cette épée enchantée venait les écraser avec plus de 1000 points de force, et elle les transperçait comme du beurre.

Si Nanya et Ayuseya avaient des statistiques similaires, la bataille aurait été complètement différente. Au lieu de les écraser d’un seul coup, elles devraient effectué coup après coup jusqu’à ce que l’armure magique de leur adversaire se brise et qu’un coup mortel leur soit porté.

Le nombre de chevaliers était passé d’un nombre impressionnant de 58 à une poignée à peine avant que je n’atteigne le prince. Leur défaite était imminente.

« Qu’as-tu fait à mon Noyau de Donjon ? » demanda-t-il en me regardant fixement.

J’avais souri et j’avais levé les yeux vers le cristal rouge pâle.

« Il sait qu’il vaut mieux ne pas me mettre en colère. Je peux l’écraser en une seconde si je le désire. Tu es le seul dans cette pièce qui ne le pense pas, » avais-je dit.

« Je suis Reynolds D. Lagrange ! Je ne reculerai jamais devant un manant comme toi ! » dit-il en pointant un doigt vers moi.

J’avais incliné ma tête vers la droite, puis j’avais attrapé la main avant qu’il ne puisse la retirer. D’un seul coup, je lui avais cassé le doigt.

« AAA ! » il avait crié de douleur, et je lui avais donné un coup de pied dans l’estomac.

Le pauvre prince avait vomi son dernier repas alors qu’il tomba à genoux.

« Je suis désolé, tu en avais besoin, non ? » lui avais-je demandé, puis je m’étais approché de lui et je l’avais frappé à nouveau en le faisant rouler sur le sol.

« Votre Altesse ! » cria l’un des chevaliers avant d’être réduit au silence par Nanya.

Entre eux et moi se tenaient deux femmes très puissantes. Il n’y avait rien d’autre à faire que de regarder et de se résigner à leur sort d’avoir été vaincu par moi.

« Tu ne t’en tireras pas comme ça ! » cria le prince.

« Hm, non ! J’en suis presque sûr. Si je vous tue, toi et tous tes soldats, il n’y aura plus personne pour me traquer, non ? » lui avais-je souri. Puis je lui avais donné un coup de poing au visage, lui cassant l’une de ses dents.

« Ahhh ! Ah ! Ah ! » avait-il gémi.

Je l’avais frappé encore, encore, et encore, encore et encore.

Bien sûr, je n’avais pas utilisé toute ma force parce que je ne voulais pas le tuer instantanément.

« Tu sais…, » avais-je dit en le prenant par le col de ses vêtements.

Son visage était vraiment horrible.

« Je pense que je vais guérir certaines de tes blessures maintenant, » avais-je dit. Puis j’avais fait ce que j’avais dit.

Ses blessures avaient été guéries, mais ses dents n’avaient pas été réparées.

« C’est l’heure du deuxième round ! » et je l’avais encore frappé.

Après la quatrième série de coups, de guérisons et de nouveaux coups, j’avais finalement fait un pas en avant et je lui avais fait ressentir la même douleur que Shanteya et Tamara. Je lui avais arraché les bras et lui avais coupé les oreilles. Ses cris remplissaient la pièce alors que je le guérissais encore et encore pour lui infliger d’autres blessures.

Ce que j’avais fait n’était rien d’autre que de la torture pure et sadique, et pourtant… Je n’avais rien ressenti en le faisant. Il n’y avait aucune satisfaction à le voir blessé, et il n’y avait aucun remords, pas même le plaisir d’avoir vengé quelqu’un.

Au mieux, je pourrais dire qu’au fond de moi, je n’aimais pas ce genre de comportement, mais dans ce monde, c’était obligatoire. Quand on regarde sur Terre, l’âge médiéval avait été l’une des périodes les plus impitoyables et les plus horribles, alors qui avait dit que ce n’était pas la même chose ici aussi ? Peut-être que j’avais eu de la chance de ne pas m’enfoncer trop profondément dans le côté obscur de ce monde, mais tôt ou tard, j’allais m’y plonger. La vie dans ce monde était cruelle et les gens trouvaient plaisir à se détruire ou à s’entretuer, peu importe leur espèce.

La question est… qu’est-ce que je vais faire à ce sujet ? Cette question m’était venue à l’esprit après que j’aie fini de réarranger le visage du prince.

Derrière moi, la bataille s’était arrêtée. Les chevaliers avaient abandonné et avaient regardé leur maître se faire tabasser par moi.

Comment vais-je agir ? Une autre question avait surgi.

Comment dois-je agir ?

Y a-t-il d’autres choix que de le tuer ?

Puis-je le forcer à se repentir ?

Puis-je aider le peuple de ce royaume d’une manière ou d’une autre ? Pourquoi devrais-je le faire ?

Qui suis-je pour changer l’ordre de ce monde ?

Moi ?... Je m’étais arrêté et j’avais regardé le prince alors qu’il me suppliait d’arrêter de le frapper.

« S’il vous plaît… pas… plus…, » marmonna-t-il.

Je l’avais regardé et j’avais vu son corps brisé couvert de son propre sang. Mon poing était rouge à cause des coups de poing.

Ce n’est pas moi…, avais-je pensé.

***

Partie 2

J’avais fermé les yeux et j’avais essayé de me concentrer. Il y avait quelque chose en moi, quelque chose qui voulait tuer cet humain, mais je me sentais détaché de ça. À mes yeux et dans mon cœur, toutes les choses que j’avais faites jusqu’à maintenant, tous les meurtres et les destructions auraient pu être évités.

Il y avait un conflit en moi. Il y avait un désir d’agir basé sur ce côté sombre en moi, alors que l’autre côté ne le souhaitait pas, mais n’avait pas non plus agi. Le conflit était étrange parce que, quelle que soit la façon dont je regardais les choses, la lutte entre le bien et le mal était clairement là, mais le bien n’avait jamais pris aucune mesure, laissant le mal libérer ses désirs comme il le voulait. En conséquence, le mal avait gagné, tandis que le bien avait été laissé que pour rentrer chez lui et boudé.

Je laissais le mal en moi, le côté obscur de mon humanité prenait le dessus parce que la lumière n’avait jamais voulu agir.

« Argh…, » avais-je gémi. Puis j’avais baissé le poing.

Le pauvre prince n’était qu’un sous-produit de sa propre vie. Son manque de connaissance du fonctionnement du monde était à la base de toutes ses mauvaises décisions, mais on ne pouvait pas persuader un homme comme lui de changer son chemin aussi facilement.

Je pourrais le tuer maintenant, l’étrangler et lui arracher la vie. Mes doigts étaient serrés autour de son cou, et je pouvais le voir me supplier avec ses yeux de ne pas le faire. J’avais juste besoin d’un craquement pour en finir. Une prise plus dure que d’habitude.

Oui… tue…, la douce voix me murmura ça.

« NON ! » J’avais crié et j’avais reculé au moment où j’avais l’impression que j’allais vraiment le faire.

« Illsy ? » demanda Nanya, inquiète.

Je respirais durement et je regardais mes mains ensanglantées. Je tremblais. Le prince mendiait pour sa vie, et tout autour de moi n’était que mort et destruction.

J’ai fait tout cela… C’est de ma faute… J’avais réfléchi à tout cela et j’avais fait un pas en arrière, en cognant contre une main coupée.

En regardant en bas, j’avais vu le sol trempé de sang et les chevaliers lutter pour rester en vie. Ils étaient tous des humains, comme je l’étais autrefois.

Toute cette mort, tout ce carnage n’était pas moi… Je n’avais pas souhaité ça en tant qu’humain. Je n’aimais pas ça.

« Mais je ne peux pas reculer maintenant…, » m’étais-je dit en chuchotant.

En serrant les poings, je m’étais approché du prince et j’avais réfléchi à ce que j’allais faire ensuite.

Je veux qu’il souffre, mais je ne veux pas le tuer… Il doit bien y avoir autre chose. D’une façon ou d’une autre, je peux forcer cet homme à changer ce pays, mais comment ? avais-je pensé.

Au contraire, je voulais en sortir avec la conscience propre, sachant que j’avais essayé tout ce que je pouvais et que je n’avais pas simplement choisi la solution de facilité comme la plupart des gens le feraient. C’est alors qu’une idée m’était venue.

Une malédiction… Est-ce que je sais maudire les autres ? m’étais-je demandé.

Oui… la réponse était venue quand j’avais vu la compétence et la façon de le faire clignoter devant mes yeux.

Je devais simplement écrire un modèle compliqué de circuit magique mélangé dans ses canaux magiques. Ensuite, je devais y verser mon propre mana, créer des barrières et des déclencheurs… C’était assez simple en théorie. Dans le pire des cas, ce sujet mourrait.

Ce ne serait pas grave ? m’étais-je demandé.

En souriant, j’avais regardé le prince et j’avais commencé à le guérir.

« Reynolds, je ne vais pas te tuer, mais je vais te maudire, » lui avais-je dit.

« Quoi ? » il avait été surpris et en même temps effrayé.

Après l’avoir rafistolé, j’avais déchiré ses vêtements jusqu’à ce que je voie sa poitrine nue. Une côte sortait de son côté gauche.

« Oups…, » avais-je dit, puis je l’avais replacée, ce qui lui avait causé beaucoup de douleur. « Maintenant, faisons-le ! » J’avais souri et concentré mon mana dans ma main droite.

Avec l’idée de base en tête et sachant instinctivement comment les malédictions fonctionnaient, j’avais commencé à graver d’étranges symboles sur sa peau. Reynolds criait de douleur, mais il ne pouvait pas s’évanouir ou s’échapper à cause de ma magie. Immobilisé et incapable de se défendre, il ne pouvait que crier.

Une fois que j’avais fini cette étape, j’avais versé des quantités folles de mana dans cette malédiction, en m’assurant qu’elle ne s’enlèverait pas facilement. Toutes les conditions, les exigences et les situations possibles avaient été inscrites dans les symboles de la malédiction écrits sur sa poitrine. Tout ce processus m’avait pris une quinzaine de minutes. Mais après que j’eus terminé, le mana coulait parfaitement, sans aucune irrégularité.

« Voilà ! » avais-je dit, satisfait.

Le prince tremblait et respirait difficilement. Je ne serais pas surpris s’il s’en sortait avec un traumatisme ou deux de toute cette épreuve, mais il était maintenant trop tard pour reculer.

« Je sais que tu peux m’entendre et me comprendre, prince idiot. Si tu ne veux pas que je te fasse encore plus mal, hoche la tête pour “oui”, secoue la tête pour “non”. Compris ? » lui avais-je dit.

Il hocha la tête.

« Bien ! Avant de te dire quel genre de malédiction je t’ai jetée, laisse-moi te dire un petit secret sur toute ta famille, d’accord ? » J’avais souri.

« Quel secret ? » demanda-t-il d’une voix basse.

« Je vais te le dire. Il s’agit de tes origines, et tu peux faire des recherches par toi-même si tu veux le prouver. Il suffit de regarder ton arbre généalogique ou celui d’une autre famille royale. Si tu creuses assez profondément, tu remarqueras que tu étais à l’origine aussi des paysans. Tes arrières arrière arrière arrière arrière arrière grand-père était un paysan qui a décidé un jour d’aller se battre pour son pays. Il a survécu et on lui a donné un petit titre pour ses efforts pendant la guerre. En d’autres termes, il a reçu un petit, et presque insignifiant, rang de noblesse. Son fils a ensuite épousé une belle femme noble, et vos deux maisons ont été fusionnées en une seule. Ainsi, ta famille a gravi les échelons de la noblesse. Quelques générations plus tard, les familles nobles autrefois simples, d’ascendance paysanne, devinrent l’une des grandes familles nobles de ce royaume. Quelque chose est arrivé au roi à ce moment-là, et il est mort. C’était peut-être une rébellion, un coup d’État, ou quelque chose comme ça, qui sait ? Quoiqu’il en soit, ton arrière-arrière arrière-grand-père fut alors nommé roi du royaume d’Aunnar. Des générations plus tard, tu es né, mais souviens-toi que toutes les femmes et tous les hommes mariés dans cette famille, à un moment ou à un autre, avaient un ancêtre paysan, » j’avais souri, puis je l’avais soulevé du sol, lui laissant voir le sol taché de sang de cette pièce.

« Dis-tu que je suis un paysan ? » demanda-t-il. Mais il était clair qu’au fond de lui, il rejetait cette pensée.

« Techniquement, tu es un roi, mais il n’y a pas de différence entre toi, les hommes qui sont morts pour toi aujourd’hui, et le premier paysan que tu rencontreras dans la rue demain. Tu es juste un paysan bien habillé et un peu plus éduqué. C’est tout, » je lui avais ensuite montré mon poing trempé de sang. « Regarde ça. Ton sang est rouge. Le leur aussi. » J’avais montré du doigt les chevaliers morts. « Il n’y a pas de différence. Même odeur, même goût, même couleur, même composition, et tu sais pourquoi ? » lui avais-je demandé.

Reynolds m’avait regardé avec des yeux terrifiés.

« Parce que le soi-disant sang noble ou royal n’existe pas vraiment. C’est juste une… fantaisie créée par des individus comme toi pour se sentir mieux dans leur peau et dans leur poste au pouvoir. » J’avais souri, puis j’avais ri.

« Tu mens… Comment mon sang royal pourrait-il être le même que le leur ? » demanda le prince.

« Si tu t’habilles comme un paysan, tu verras que personne ne peut faire la différence. Si tu mets un collier d’esclave, ce sera pareil. Si tu n’y crois pas, essaye ça et tu le verras par toi-même si je mens. » Je l’avais regardé fixement.

« Est-ce la malédiction ? » me demanda-t-il.

« Non, » j’avais secoué la tête et je m’étais éloigné de lui.

C’est alors que j’avais remarqué comment Ayuseya me regardait. Elle semblait un peu troublée par mes paroles. En tenant compte le fait qu’elle était elle-même une princesse, et en regardant la manière plutôt désagréable du royaume de Teslov de continuer avec sa lignée royale, cela avait probablement été un peu un choc de réaliser que peut-être ses racines n’étaient pas aussi nobles qu’on le croyait au départ.

Eh bien, mes paroles étaient en partie vraies. Les rois et les nobles étaient la façon la plus primitive de l’humanité de protéger les individus dotés de bons gènes pour les générations futures, mais si je devais entrer dans ce genre de détails, toute l’explication deviendrait une vraie douleur dans le dos.

« La malédiction que je t’ai mise possède les conditions et les effets suivants, » avais-je dit en me retournant pour regarder Reynolds droit dans les yeux.

Il avait dégluti.

« D’abord. Si tu n’abolis pas l’esclavage de ce royaume, en particulier l’esclavage des enfants, tu mourras d’une mort horrible. Ce que je t’ai fait n’est même pas un avant-goût de ce qui va se passer si cette malédiction s’active. Bien sûr, tu n’as que deux mois pour le faire. Tu es un prince, tu as une certaine autorité, donc je suis sûr que tu trouveras un moyen de le faire. Bien sûr, la malédiction ne s’active pas si d’autres complotent contre toi. Je l’ai aussi fait pour qu’il puisse détecter si tu te donnes à fond ou non pour résoudre ce problème. Pour ce qui est des faux documents, ne t’embête pas avec ça. Il peut immédiatement identifier les vrais. Par conséquent, déclarer une loi maintenant et la modifier le lendemain ne fonctionnera pas. »

« Es-tu fou !? Il vaudrait mieux me tuer maintenant ! L’abolition de l’esclavage ruinera le royaume d’Aunnar ! » Il m’avait crié dessus.

« Pas vraiment. Il y a beaucoup de royaumes qui s’en sortent très bien sans esclavage. Maintenant, la deuxième partie de la malédiction est encore plus difficile à accomplir. Tu dois travailler activement avec ton personnel afin de faire respecter ces lois. Cela signifie que tu vas prendre quelques chevaliers et aller là-bas pour arrêter ces marchands qui insistent pour continuer à vendre ou acheter des esclaves. »

« C’est grotesque ! Je suis un prince ! Je n’ai qu’à donner des ordres pour ne pas me salir les mains avec les autres ! » cria-t-il.

« Tu trouves que tu es assez en vie vu le nombre de fois où je t’ai cassé les os jusqu’à maintenant. Dois-je en casser d’autres ? Peut-être que ça te calmera ? » avais-je demandé en faisant craquer mes articulations et en lui montrant un sourire.

« S’il te plaît, non ! » il leva les mains dans la peur.

« Maintenant, la prochaine partie de ta malédiction exigera que tu crées des lois appropriées en ce qui concerne la maltraitance des enfants, le travail des enfants, l’esclavage des enfants et les orphelins. Tu dois rendre ces choses illégales dans ce royaume. Tu devras créer des orphelinats, une force spéciale employée par la famille royale, tout ce à quoi tu peux penser pour empêcher ces choses. »

« Pourquoi devrais-je m’occuper d’enfants paysans ou esclaves ? » il avait encore le courage de m’interroger.

« Parce que sinon, tu mourras d’une mort horrible, » avais-je souri.

« Argh…, » il avait gémi puis il avait baissé les yeux.

« Qu’y avait-il d’autre ? Oh, oui ! Pour les années suivantes, tu dois faire tout ce que tu peux pour faire passer le bonheur et le bien-être de ton peuple avant le tien ou celui des nobles de ce royaume. Est-ce que tu comprends ? » lui avais-je demandé.

« Non…, » répondit-il confus.

« Cela signifie que tu feras de ton mieux pour rendre heureux tes paysans, tes roturiers et tes non-nobles en général, » lui avais-je dit.

« C’est si absurde…, » il secoua la tête.

« Tu peux toujours aller mourir dans un fossé si ça ne te plaît pas, » j’avais haussé les épaules.

« Argh… »

« Il y a encore plus dans cette malédiction, » avais-je dit.

« PLUS !? » il était tout simplement abasourdi.

« Oui, n’essaye pas de l’enlever, sinon la malédiction sera activée immédiatement. Pour être claire, la malédiction Sait quand tu vas essayer de tricher pour briser l’accord et elle te tuera. Plus tu es actif sur le terrain, moins tu risqueras de mourir à cause de cela. Et puis, il y a autre chose ! » avais-je dit en souriant.

Il ne m’avait regardé qu’avec une expression peinée.

« La malédiction disparaîtra d’elle-même une fois que ce que je viens de dire deviendra une seconde nature pour toi. Mais la dernière chose à faire pour cette malédiction, c’est d’épouser une esclave, pas une femme noble. Peu importe qu’elle ait été une ancienne noble. En outre, elle doit être au moins une aventurière de Rang Divin, et tes sentiments l’un pour l’autre doivent être sincères, » lui avais-je dit en souriant.

« MOI ? Un prince ? Pour épouser une ESCLAVE !? Es-tu fou !? » cria-t-il cette fois-ci.

« Non, mais si ce que j’ai dit devient une seconde nature pour toi, ça n’aura pas d’importance, » avais-je souri.

« Mais comment puis-je épouser une esclave alors que tu me demandes d’abolir l’esclavage ? » demanda-t-il en élevant le ton vers moi.

« Tu iras dans un autre pays pour… te la procurer. Imagine ça, un prince étranger épousant l’esclave qu’il a rencontré dans un autre royaume ! » avais-je souri.

« Je n’accepterai pas ça ! Ça salirait ma lignée ! Donjon, enlève cette malédiction tout de suite ! » cria le prince sur son propre donjon.

« Je… Je ne peux pas… C’est un Seigneur de Donjon divin. Il est plus puissant que moi, » répliqua le noyau.

« Oui, tu as deux choix : faire ce que je t’ai dit ou faire face à une mort douloureuse et atroce, » avais-je souri.

« Cela ne peut pas être…, » dit-il avec incrédulité.

« Bref, mon temps ici est écoulé. Je n’ai plus le désir de tuer les personnes présentes ici, et je suis certain qu’aucun d’entre vous, messieurs survivants, n’essayera de nous barrer la route lorsque nous quitterons cet endroit et demain ce pays, n’est-ce pas ? » J’avais souri puis j’avais regardé les chevaliers.

Ils secouèrent la tête, tandis que le prince restait silencieux.

« Bien ! N’oublie pas ce que j’ai dit, prince, et vérifie bien trois fois tes ordres si tu ne veux pas avoir de surprises ! » J’avais agité la main en marchant vers la sortie.

Mes femmes m’avaient suivi, tandis que le prince y était laissé pour réfléchir à son destin inéluctable.

« Quand j’en aurai fini avec cette malédiction, je te traquerai, Seigneur du Donjon ! » cria le prince.

« Non, tu ne le feras pas ! Si tu essayes de faire ça, tu mourras. Si tu veux te débarrasser de la malédiction de la bonne façon, alors les expériences et les commentaires de ton propre peuple te forceront à ne pas me traquer. Quoi qu’il arrive, ce sera la dernière fois qu’on se croise, jeune prince ! » avais-je dit en quittant la pièce.

Avec un pas calme et régulier, j’étais sorti du palais détruit avec Nanya et Ayuseya et je ne m’étais pas arrêté jusqu’à ce que nous soyons sortis de la ville et dans la forêt. Il n’y avait aucune raison pour nous de rester dans cette ville, pas même pour faire une descente dans leur bibliothèque. Dans la ville suivante, j’allais m’assurer de rassembler quelques livres appropriés pour ma future Académie de Magie, mais jusque-là, j’avais d’autres choses à faire.

« Illsy, comment as-tu su maudire quelqu’un ? » demanda Nanya à un moment donné.

« Je savais juste le faire…, » j’avais haussé les épaules.

En vérité… comment ai-je su comment le maudire ? Je me souviens l’avoir fait, peut-être en faisant une sorte de sort, mais les détails exacts sont flous… Puis-je le refaire ? Je ne crois pas, et ma tête me fait mal, avais-je pensé. Puis j’avais frotté un peu mon front.

Les migraines n’avaient jamais été jolies. Malheureusement, à l’époque, je ne m’étais jamais demandé comment il était possible pour quelqu’un qui avait mon corps d’avoir une migraine.

***

Chapitre 63 : Je renonce à mon El’Doraw

Partie 1

Un vent faible soufflait à travers les feuillages denses des arbres. Leurs feuilles bruissaient doucement, ajoutant quelques notes au chant de la forêt, tandis que les créatures remplissaient le reste de la partition. Entourés par l’obscurité de la nuit, avec à peine quelques rayons de lune pour nous guider, nous avions parcouru notre chemin vers l’inconnu.

Le terrain était traître, avec des pentes abruptes et glissantes, et des racines jaillissant du sol pour tenter de nous faire trébucher. Les arbres tombés et les rochers recouverts de mousse avaient constitué des obstacles gênants sur notre chemin. Les insectes et les prédateurs qui se cachaient dans la nuit avaient les yeux rivés sur nous, suivant nos mouvements soit par curiosité, soit avec l’intention de nous attaquer.

Derrière moi, Ayuseya et Nanya marchaient prudemment, surveillant chacun de leurs pas. La draconienne avait quelques difficultés à garder son équilibre sur le terrain glissant, mais la démone était là pour lui donner un coup de main quand elle en avait besoin. Elles ne m’avaient rien demandé ni dit un seul mot depuis que nous avions quitté la capitale. Non, c’était faux, vu que Nanya m’avait demandé comment je savais maudire quelqu’un.

À un moment donné, je m’étais demandé si Ayuseya était dérangée par ce que je faisais au prince ou par ce que je disais de la noblesse. Quand j’y avais réfléchi, j’avais réalisé qu’il serait peut-être extrêmement improbable qu’un donjon de ce monde possède des informations aussi sensibles à leur sujet. Dans mon cas, je croyais que c’était quelque chose que tout le monde savait parce que très peu de pays avaient conservé un gouvernement basé sur la monarchie sur Terre. Noble ou pas, cela n’avait pas d’importance dans un pays démocratique.

Malheureusement, il n’y avait pas de démocratie dans ce monde. Était-ce peut-être une bonne chose ?

Je ne pouvais pas le dire… Je manquais tellement d’informations sur ce monde et même sur mon ancien que je serais un véritable hypocrite de dire que je savais comment le rendre meilleur. Je ne connaissais que des idées, des concepts, des pensées… pas des faits. Ce monde avait quelque chose que mon précédent n’avait pas… d’autres espèces humanoïdes intelligentes, et avec cela avaient apporté un autre tas de problèmes.

Si je restais comme ça, faire une Académie de Magie ne serait qu’un rêve idiot. C’est pourquoi je devais en apprendre davantage sur ce monde et sur son fonctionnement en général. Ou peut-être même que c’était une pensée idiote ? Je ne le savais plus.

En soupirant, je m’étais arrêté et j’avais regardé mes femmes.

« Quelque chose ne va pas, Illsy ? » demanda Ayuseya.

« Non… peut-être, » j’avais regardé vers le bas.

« Parle plus fort alors ! » déclara Nanya en souriant.

En la regardant dans les yeux, j’avais poussé un petit soupir et je lui avais dit. « À propos de ce qui s’est passé… Ce que j’ai fait… »

« Ça n’a pas d’importance, Illsy. D’autres auraient fait pire à ta place, » déclara Nanya en secouant lentement la tête.

« En effet, bien que j’aie été un peu surprise de ce que tu as dit sur la noblesse. C’est sorti… un peu comme un choc. Je n’ai même pas pensé une seule fois qu’il pouvait en être ainsi, mais après y avoir repensé, je n’ai pas trouvé cela si improbable. Après tout, le roi a le pouvoir de faire élever le rang d’une famille, de la paysannerie à la noblesse. Ainsi, avec le temps, cette famille pourrait un jour accéder au trône. » Ayuseya avait baissé les yeux quand elle avait dit cela, ce qui signifiait qu’elle n’était toujours pas sûre si accepter cette idée était une bonne ou une mauvaise chose.

« Et la malédiction ? » avais-je demandé après une minute de silence.

« Tu as fait ce que tu pensais être le mieux, Illsy. Ça n’a pas vraiment d’importance maintenant si l’un d’entre nous pense que c’était bon ou mauvais. » Nanya avait dit, mais d’après ses paroles, j’avais compris une chose, elles n’étaient pas d’accord à 100 %.

« Ouais… c’est vrai…, » avais-je dit. Puis j’avais baissé la tête.

Après un autre moment s’écoula, puis j’avais relâché mon Territoire de Donjon et l’avais laissé s’étirer jusqu’à environ 30 mètres de rayon.

« Je vais construire une maison temporaire ici. C’est un bon endroit comme un autre, » déclarai-je.

Nettoyer une parcelle d’arbres et enlever tous les gros rochers autour de nous ne m’avait pas pris plus de deux minutes. Il y avait deux options pour moi maintenant : Je pourrais soit niveler toute la zone complètement, soit créer une plate-forme au-dessus. J’avais choisi cette dernière option. Il s’agissait d’une surface carrée en acier d’un mètre d’épaisseur, avec des piliers de soutien à tous les coins et un au milieu enfoncé dans le sol à environ un mètre de profondeur. Une fois que j’avais fini cette partie, j’avais placé ma maison d’une pièce sur le dessus de la plate-forme.

« Rentrons, » avais-je dit.

Mes deux femmes hochèrent la tête et entrèrent. Je les avais suivies et, par mesure de sécurité, j’avais soulevé la plate-forme d’un mètre environ pour éloigner les monstres ou les animaux curieux. J’avais aussi ajouté un enchantement de solidité à la plate-forme parce que je ne voulais pas sous-estimer la force des créatures d’ici.

Une fois à l’intérieur, Nanya avait sorti du bois coupé de son esprit intérieur et l’utilisa pour allumer un petit feu. Ayuseya s’était approchée du lit et s’était assise sur le bord.

Aujourd’hui… ce que j’ai fait aujourd’hui…, avais-je pensé. Puis j’avais regardé mes mains.

Le sang du prince était partout sur moi, et de nous tous, j’étais le seul à en être souillé. Je me sentais sale et dégoûté par moi-même, et tout était de ma faute en premier lieu parce que je l’avais laissé passer à travers mon armure magique.

Je n’aime pas ça…, avais-je pensé.

« Je vais prendre un bain. Vous voulez vous joindre à moi ? » leur avais-je demandé.

« Ça ne me dérange pas, mais ne devrions-nous pas d’abord nous occuper de Shanteya et Tamara ? » demanda Nanya.

« Bien sûr ! Je voulais dire après les avoir guéris, » je leur avais montré un petit sourire.

Je ne les avais pas juste oubliées, n’est-ce pas ? m’étais-je demandé.

En parlant de ça, j’avais aussi déclaré un petit mensonge au palais. Au lieu de rester à l’auberge de Tannaor, j’avais immédiatement quitté la ville. Cela n’avait pas d’importance de toute façon.

J’avais été me placer au fond de la pièce et j’avais créé une porte. Par la suite, j’avais agrandi la plate-forme et j’avais ajouté deux autres pièces. À ma gauche, il y avait une autre chambre et à ma droite, le bain. Pour simplifier les choses, la baignoire et la toilette avaient des drains dans le même trou profond sous le sol, mais il y avait un autre tuyau d’aération qui s’ouvrait à l’extérieur de la maison parce que l’odeur aurait fini par tous nous tuer. Quant à l’autre chambre, elle avait deux lits, un pour chacune d’elles. Je les avais rendus aussi confortables que possible et j’avais même enchanté les murs pour maintenir la pièce à une température confortable d’environ 22 degrés Celsius. Une seule fenêtre de l’autre côté de la pièce permettait à la lumière extérieure d’entrer, mais des barres métalliques robustes et enchantées empêchaient les monstres d’entrer. Pour la lumière, j’avais utilisé l’un de mes cristaux de puissance, que j’avais fixé au plafond. En l’alimentant avec un peu de mana, juste quelques points, pas plus, cela pouvait produire de la lumière dans cette pièce pendant des jours, voire des semaines à venir.

« Ceci devrait le faire…, » avais-je dit après avoir tout vérifié deux fois.

Pendant que je m’occupais de la guérison et de tout le reste, Nanya et Ayuseya restaient seules dans l’autre pièce. Elles n’avaient pas besoin de rester assises pendant que je faisais ça.

J’avais commencé avec Tamara. Après l’avoir sortie de mon esprit intérieur, j’avais soigneusement placé le chaton sur l’un des lits mous et j’avais regardé sa blessure. C’était méchant, mais pire que tout, ces salauds avaient brûlé la blessure pour l’empêcher de saigner.

J’avais enlevé l’oreille coupée et j’avais commencé l’opération. Nettoyer la plaie et drainer le sang coagulé de l’oreille était la partie la plus facile. Reconnecter et ranimer les tissus morts était un peu plus difficile, mais pas impossible. Techniquement, je pouvais appliquer ce processus pour ressusciter quelqu’un, mais comme j’avais appris de ma propre expérience, le corps n’était qu’une coquille, et sans âme, ce n’était rien de plus qu’un automate biologique.

Une fois que j’avais rattaché son oreille et que j’avais laissé circuler le sang, j’avais restauré sa fourrure, lui donnant l’impression que la blessure ne s’était jamais produite. Le petit chaton pouvait maintenant dormir un peu plus paisiblement, sans ressentir de douleur au niveau du cuir chevelu, mais avant de commencer avec Shanteya, j’avais fait une rapide vérification pour voir si elle avait d’autres blessures à part celle-là.

J’avais découvert trois côtes cassées et un tas de bleus.

Mon pauvre chaton…, avais-je pensé en caressant sa tête poilue et en la guérissant complètement.

Alors que Tamara dormait paisiblement dans le lit, je m’étais occupé de Shanteya. Après l’avoir sortie de mon esprit intérieur, je l’avais couchée sur le lit et j’avais procédé à la fixation de son membre coupé. C’était le même processus que j’avais appliqué à la nekatare, mais contrairement à elle, Shanteya n’avait pas d’autres blessures sur son corps.

Après avoir terminé l’opération, je leur avais laissé un petit mot sur le mur et j’étais entré dans l’autre pièce, où j’avais trouvé mes deux femmes qui m’attendaient.

« Comment vont-elles ? » demanda Ayuseya.

« Je les ai complètement guéries. Maintenant, nous devons juste les laisser se reposer, » avais-je répondu avec un sourire.

« Tu devrais te changer, » déclara Nanya.

J’avais regardé en bas et j’avais remarqué mes vêtements tachés de sang. Ils étaient vraiment horribles à voir. Sans y penser, je m’étais déshabillé et j’avais tout mis en tas dans un coin, comme à l’époque où j’étais à l’université. J’avais aussi sorti le coffre d’Ayuseya si elle voulait se changer.

« Je les laverai après mon bain…, » avais-je dit

« Vas-y ! On te rejoindra après nous être déshabillées, » dit Nanya en souriant.

« Le bain sera prêt d’ici là, » je lui avais fait un sourire, mais avant de partir, j’avais ajouté. « Ce soir, je ne suis pas d’humeur à…, » j’avais regardé en bas.

« Tout va bien, Illsy, » Ayuseya m’avait dit ça avec un sourire.

J’avais hoché la tête et j’étais allé remplir la baignoire. Quand elles m’avaient rejoint, bien que j’étais excité de voir leurs corps nus, nous n’avons rien fait d’autre que nous laver. Je les avais aidées à se laver le dos, elles m’avaient aidé, et puis nous étions sortis de là.

Après avoir vidé le bain, je m’étais changé en pyjama de coton et je m’étais glissé dans le lit avec elles. Ayuseya m’avait enlacé depuis la droite et Nanya depuis la gauche. Elles m’avaient toutes les deux embrassé pour me souhaiter bonne nuit, et c’était ainsi que la journée s’était terminée pour moi.

***

Partie 2

[Point de vue d’Ayuseya]

Quand Illsy était allé guérir Tamara et Shanteya, j’avais fait venir Nanya avec moi et j’étais sortie de la maison.

« Hé !? De quoi s’agit-il ? » demanda-t-elle en plissant son front.

J’avais pris une grande respiration et je lui avais dit. « Nanya, je veux te parler d’Illsy. »

« Qu’est-ce qu’il a ? » demanda-t-elle en plissant ses sourcils.

C’était un peu difficile à dire, surtout que je ne savais pas comment elle réagirait, mais après ce qui s’était passé aujourd’hui, après l’avoir vu comme ça, je savais que je ne pouvais pas lui cacher ça.

« Il t’a paru un peu… étrange, non ? » lui avais-je demandé.

« Étrange ? Hm…, » elle croisa les bras au niveau de sa poitrine et ferma les yeux un instant. « Oui, il l’a fait… Surtout quand il battait le prince Reynolds. Ce sourire sur son visage était un peu effrayant et sadique. Je savais qu’il ne nous ferait pas de mal, mais en le voyant comme ça, j’avais l’impression de regarder une autre personne. Trouvais-tu aussi ce changement chez lui un peu étrange, non ? »

Je hochai la tête en silence.

« Sais-tu quelque chose à ce sujet ? Sais-tu pourquoi il a agi comme ça ? » me demanda-t-elle.

J’avais encore hoché la tête.

Le visage de Nanya était devenu sérieux.

« Dis-le-moi, » demanda Nanya.

J’avais poussé un autre soupir.

« Quand il a étendu son Territoire de Donjon de retour à l’auberge de Tannaor, j’ai senti un étrange changement, un changement violent et maléfique… Au début, je pensais que je ne faisais que l’imaginer, mais ensuite il a tué ces soldats, et j’ai eu l’impression que l’effusion de sang avait réjoui son Territoire de Donjon. Puis je l’ai vu sourire quand on tuait quelqu’un, » je l’avais regardée dans les yeux.

« Moi aussi, j’ai remarqué ce changement dont tu parles, mais était-ce peut-être juste sa colère ? Il était furieux de ce qui est arrivé à Shanteya et Tamara. Quant à son sourire, je suppose que tu l’as vu aussi, n’est-ce pas ? »

« Oui, mais je ne pense pas que sa colère en soit la cause, » j’avais secoué la tête.

« Alors qu’est-ce que ça aurait pu être ? Je ne comprends pas…, » elle avait plissé son front.

« Quand j’ai passé ma première nuit avec Illsy, il m’a dit quelque chose, » j’avais dégluti.

« Qu’est-ce qu’il t’a dit ? » demanda-t-elle.

« Il m’a dit qu’il y avait une obscurité en lui, » répondis-je.

« Une obscurité ? Tu veux dire comme un mauvais côté ? Un côté maléfique ? » demanda-t-elle, confuse.

« Non, je m’excuse, laisse-moi reformuler ça. Je vais commencer par le début. Quand Tuberculus a fait son corps, des parties de l’esprit des anciens Donjons sont restées à l’intérieur de ces morceaux de cristal. Quand il est né, ces pièces sont devenues quelque chose qu’il en est venu à appeler les Ténèbres. C’est comme un autre esprit à l’intérieur de son esprit, mais celui-ci lui dit d’agir comme un donjon, de tuer les aventuriers, de construire des pièges, de ne pas montrer ses émotions envers nous et d’autres choses, » avais-je expliqué du mieux que j’avais pu.

« Je n’ai jamais entendu parler de quelque chose comme ça… Mais encore une fois, je n’ai jamais entendu parler de quelqu’un créant un donjon comme Tuberculus l’a fait. Tu dis donc que ce… Les Ténèbres sont capables de le contrôler d’une façon ou d’une autre ? » demanda-t-elle, mais même elle avait du mal à le croire.

Contrairement à ce à quoi s’attendait Illsy, Nanya semblait plutôt calme, ou du moins pour l’instant.

« Moi non plus, mais c’est vrai… Tu as toi-même vu Illsy, la façon dont il a agi, ce qu’il a fait, ce qu’il a dit… Ça ne lui ressemblait pas. Sans l’influence des Ténèbres, je ne pense pas qu’il aurait tué autant d’innocents, » j’avais secoué la tête, croyant fermement que mon mari n’était pas comme Dankyun, quelqu’un qui aimait prendre la vie des autres.

« Non, je suppose que non, mais…, » elle s’était gratté la tête. « Comment ça peut le contrôler ? »

« Je ne sais pas…, » j’avais secoué la tête. « Peut-être quand il dort ou quand son état mental est faible. Quoi qu’il en soit, nous avons vu clairement aujourd’hui que les Ténèbres essaient de prendre le contrôle. La malédiction a probablement été faite par elles, mais quand Illsy était sur le point de tuer le prince, il s’est arrêté. Il ne voulait pas le faire, il ne voulait pas le tuer, » avais-je dit.

« Oui, si quelqu’un doit le faire, ce devrait être Shanteya ou Tamara, mais je ne sais pas si je pourrais me permettre de laisser la nekatare le tuer, » soupira-t-elle.

« Même là, je ne pense pas que ça aurait été bien. Même les vies que j’ai tuées ou qu’Illsy a tuées avec son arme, peut-être aurions-nous pu trouver un moyen de les contourner… Quand je me souviens des visages de ces hommes. Quand je pense au fait que si j’avais été un peu plus habile, j’aurais pu les assommer, ou… J’aurais pu l’éviter… J’aurais pu…, » je commençais à paniquer.

Mon cœur battait vite, mes mains tremblaient et mes yeux pleuraient. J’avais envie de crier, mais Nanya avait saisi mes mains et m’avait regardée dans les yeux.

« Arrête, Ayuseya ! Ce n’est ni ta faute ni celle d’Illsy ! Tu as fait ce que tu pouvais à l’époque. Certains ont survécu, d’autres n’ont pas eu de chance. Ce n’était pas comme si tu avais le choix. Certes, si tu étais plus habile que tu ne l’es maintenant, tu aurais pu éviter de les tuer…, » elle baissa les yeux. « Mais crois-moi, ce n’est pas drôle de se culpabiliser après l’avoir déjà fait. Les forts auront toujours le choix entre sauver ou tuer… Les faibles tuent habituellement parce qu’ils n’ont pas le choix, mais les forts ne sont pas aussi privilégiés. Ma mère me l’a dit, et au début, je ne l’ai pas crue, mais en grandissant et en devenant plus forte, j’ai compris ce qu’elle voulait dire par là…, » elle poussa un soupir.

« Mais quand même… J’ai tué…, » avais-je dit en tombant à genoux.

« Non, tu t’es défendue, » me déclara-t-elle en secouant la tête.

J’avais envie de pleurer et je tremblais encore.

« Et pour Illsy ? » lui avais-je demandé.

« Illsy a fait son choix en ne tuant pas le prince. Lui montrer, à lui et à tous les autres, qu’il était si puissant qu’il n’avait pas peur qu’ils ripostent. Une autre façon de voir les choses serait de croire qu’Illsy lui a montré qu’il était si puissant qu’il n’était pas prêt à souiller ses mains avec son sang même après ce qu’il a fait à Shanteya et Tamara, » sourit-elle.

J’avais baissé les yeux et essuyé mes larmes.

« Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? » lui avais-je demandé.

« Maintenant, on passe à autre chose et on surveille Illsy. Faisons comme si tu ne me l’avais jamais dit, pour que ni lui ni les Ténèbres ne me surveillent. De cette façon, je pourrai faire un peu de recherche de mon côté, » elle acquiesça d’un signe de tête.

« De la recherche ? » avais-je demandé, un peu confuse.

« Oui, je vais voir s’il y a une mention de deux esprits dans le même corps dans les documents de la prochaine bibliothèque que nous rencontrerons, » sourit-elle.

« Je vois. Je suppose que cette obscurité explique pourquoi son esprit intérieur est comme ça. C’est comme si on se tenait dans un abîme de noirceur, » j’avais poussé un soupir.

« Attends, quoi !? » Nanya m’avait saisi l’épaule et m’avait regardée avec un front plissé.

« Euh… Son Esprit Intérieur est très sombre, mais Illsy lui-même est comme un soleil brillant là-dedans, » je ne voyais pas pourquoi c’était si surprenant pour Nanya.

« Ce n’est pas possible… Chaque donjon dans le monde possède un esprit intérieur lumineux et de couleur claire, peu importe à quel point il est mauvais. Le mien est jaune clair, donc Illsy est censé être vert clair. Pourquoi fait-il nuit noire ? Si c’est vrai… alors les Ténèbres pourraient avoir une plus grande emprise sur lui que nous ne l’avions supposé au départ, mais… Tu as dit qu’il était brillant comme un soleil, n’est-ce pas ? » demanda-t-elle.

« Oui… »

« Alors les Ténèbres ne l’ont pas complètement sous leur emprise. Tant qu’il s’en rendra compte, il aura peut-être encore une chance, mais… si nous lui disons cela directement, alors les Ténèbres pourraient intervenir et empêcher nos paroles de lui parvenir. ARGH ! Je n’arrive pas à comprendre à quel point cette chose est profondément enracinée dans le contrôle de mon mari ! » Nanya s’était gratté la tête, exaspérée.

Elle commençait à me perdre dans ses propos, mais si j’avais bien compris, le fait même que le corps d’Illsy dans son Esprit Intérieur n’était pas sous le contrôle des Ténèbres signifiait qu’il n’était pas encore contrôlé à 100 % par elles. À cause de l’apparence de son Esprit Intérieur, les Ténèbres avaient peut-être eu plus de contrôle sur son corps qu’il ne l’avait imaginé.

« Qu’est-ce qu’on fait alors ? » lui avais-je demandé.

Nanya m’avait regardée et avait poussé un soupir.

« D’abord, on te remet sur pied et on essuie tes larmes. Tu as l’air un peu désordonné là ! » Elle m’avait souri et m’avait tapoté la tête. « Alors, je vais essayer de trouver quelque chose. Quoi qu’il en soit, c’est du jamais vu… du moins pour moi. Mais euh ! Stupide ILLSY ! » s’exclama-t-elle.

Avec la façon dont les choses se déroulaient, je ne pouvais qu’espérer et prier pour que nous trouvions quelque chose pour aider Illsy avant que les Ténèbres ne l’envahissent complètement. En même temps, j’espérais qu’il n’aurait jamais vent de notre petit complot et qu’il ne tenterait jamais de nous enlever Illsy ou de nous faire quelque chose.

« Nanya ? Que se passe-t-il quand un Donjon n’aime pas la femme qu’il a choisie ? » lui avais-je demandé.

« Le Donjon tuera probablement la femme et il en trouvera une autre. Pourquoi ? » demanda Nanya.

J’avais dégluti et j’avais dit. « Eh bien, j’espère que les Ténèbres ne penseront pas à nous remplacer si elles découvrent que nous complotons contre elles…, » j’avais souri un peu maladroitement.

« Espérons-le…, » soupira Nanya.

 

☆☆☆

 

[Point de vue de Shanteya]

Je m’étais réveillée dans un lit confortable dans une chambre chaude. Même si je ne savais pas où j’étais, l’énergie de cet endroit m’était quelque peu familière. Par la petite fenêtre à ma droite, je pouvais voir une forêt infinie et la lumière du soleil qui la traversait.

Tamara était là aussi, dormant profondément dans l’autre lit. Elle était roulée en boule et couverte de sa couverture, ne laissant sortir que son petit nez. En la regardant, j’avais eu un petit sourire sur les lèvres, mais mon cœur était vide.

Je m’étais poussée vers le haut et j’avais pris une position assise. Sur le mur devant moi, il y avait un petit mot écrit en Shorayan. C’était d’Illsy. Il était venu nous sauver.

« Je savais que le Maître ne nous abandonnerait pas…, » avais-je murmuré. Puis j’avais fermé les yeux un instant.

Quand je les avais rouverts, je m’étais retrouvée en train de pleurer. Je ne pouvais m’empêcher de verser des larmes, mais j’avais fait de mon mieux pour garder mes gémissements aussi bas que possible.

Qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi je pleure comme ça ? m’étais-je demandée en essayant d’arrêter, de garder l’apparence d’une femme sans défaut, mais même ma mâchoire tremblait.

J’avais peur de quelque chose, mais je n’avais aucune idée de quoi jusqu’à ce que je jette à nouveau mes yeux sur la note.

Maître… non… Illsy… J’aime Illsy, mais… Je ne suis pas…, pensai-je, mais les mots ne s’étaient pas formés dans mon esprit.

La peur de la vérité m’empêchait de l’accepter. Même maintenant, alors que j’aurais dû lui être reconnaissante de m’avoir sauvée, d’avoir tant fait pour moi, je m’étais retrouvée à vouloir plus de lui.

Je suis dégoûtante…, pensai-je. Puis j’avais serré les draps du lit pendant que mes larmes coulaient sur ma mâchoire tremblante.

C’était difficile de garder mes gémissements sous contrôle, mais j’avais fait de mon mieux.

Après m’être calmée un peu, je regardais le mot et je me demandais ce que je pouvais faire d’autre.

Illsy avait deux femmes, et j’étais là en tant qu’esclave. J’aurais dû me rendre compte que la seule raison pour laquelle je voulais rester son esclave, c’était parce que je l’aimais et que je savais que ma relation avec Illsy ne pouvait pas s’arrêter là. Je voulais plus, plus que ce qu’on me permettait. J’agissais comme une femme sans vergogne qui, après avoir goûté un morceau d’un délicieux gâteau, voulait tout avoir.

Même maintenant, alors que je me tenais dans cette pièce en pleurant toute seule, Illsy était dans l’autre pièce avec ses vraies épouses. Il avait couché avec elles, s’était occupé d’elles. Il était devenu un homme avec elles, mais avec moi, qui dès le début s’était offert à lui… avec moi, il m’avait à peine enlacée et embrassée. Au mieux, j’étais une amie, pas une femme ou même… une amoureuse.

Je suis une imbécile… une imbécile sans vergogne, avais-je pensé en essuyant mes larmes.

Illsy voulait me libérer, mais par peur de le perdre, j’avais continué à refuser cette opportunité. Je ne pouvais pas le lâcher, je ne pouvais pas lâcher la seule chose qui me reliait à lui. Même ce [Lien de Confiance] n’était qu’une décoration, vu la rapidité avec laquelle Tamara l’avait obtenue.

Est-ce que le fait d’avoir été kidnappée par le prince m’avait amenée dans cet état ? Non… C’était en me réveillant seule dans cette pièce, sans lui à mes côtés, que j’avais réalisé la vérité de mon propre égoïsme. Illsy était là avec ses deux femmes, au lieu d’être ici avec moi… Il ne m’avait même pas gardée dans la même pièce que lui.

Pourquoi n’a-t-il pas pu dormir à mes côtés ? S’il l’a fait, alors…, j’avais essayé de ne pas penser à la suite.

J’avais fait empirer les choses, alors je m’étais glissée dans mon lit, retenant du mieux que je pouvais mes larmes et mes pleurs.

***

Partie 3

[Point de vue d’Illsyore]

Il était grand midi quand je m’étais réveillé. Nanya était déjà debout et préparait le petit déjeuner, pendant qu’Ayuseya nettoyait mes vêtements… ou essayait de le faire.

Ah ! Ça me fait penser que j’ai oublié de laver mes vêtements hier soir…, avais-je pensé.

« MAÎTRE ! » Tamara avait crié et m’avait sauté dessus.

« OMF ! » J’avais gémi pendant que la nekatare riait.

« Le maître s’est occupé de Tamara ! Le Maître a réparé l’oreille de Tamara ! » dit-elle en Shorayan.

« Oui, je sais… aussi, c’est bien maintenant de parler en kalish, » lui avais-je dit en la caressant.

« Vraiment ? C’est un soulagement…, » elle avait poussé un soupir et m’avait donné un baiser de chat sur la joue.

« Je vois que tu es très vive. Comment te sens-tu ? » lui avais-je demandé en me levant.

« Je vais bien ! Mon corps ne me fait pas mal, et mon oreille fonctionne bien ! Le prince Reynolds a été si brutal quand il l’a coupé que je me suis évanouie, mais… il a aussi été brutal pour Shanteya…, » déclara-t-elle en baissant les oreilles.

« Je sais, je l’ai aussi guérie. S’est-elle réveillée ? » avais-je demandé à la nekatare, mais je n’avais pas vu l’El’Doraw arriver.

« Ouaip ! Mais elle a dit qu’elle ne sortait pas encore. Je crois qu’elle a pleuré. Quand je lui ai léché la joue, c’était salé, » répondit-elle en frottant sa joue sur ma paume.

« Pleuré ? » avais-je dit.

Cette nouvelle m’avait inquiété.

Pourquoi Shanteya pleurerait-elle ? m’étais-je demandé.

« Je vais aller la voir, » avais-je dit quand j’avais mis Tamara sur le côté et que j’étais sorti du lit.

« Nyu ? » le chaton pencha la tête et me regarda avec curiosité.

En entrant dans la chambre, j’avais trouvé Shanteya assise dans son lit et regardante par la fenêtre. Elle ne me regardait pas comme si elle avait pleuré, mais elle n’avait pas l’air d’être comme d’habitude. Il y avait quelque chose qui n’allait pas chez elle, mais je ne pouvais pas dire quoi.

J’avais fermé la porte derrière moi et je m’étais approché d’elle.

« Bonjour, Shanteya. Comment te sens-tu ? » J’avais demandé avec un sourire en m’asseyant sur le bord du lit.

Elle n’avait pas répondu.

« Shanteya ? » lui avais-je demandé quand elle avait tendu la main et que je l’avais prise dans la mienne.

Je m’inquiète pour toi…, avais-je pensé.

Après quelques secondes, elle m’avait regardé avec des yeux vides.

« Illsyore, puis-je vous demander de me libérer de l’esclavage ? » demanda-t-elle.

« Quoi ? » demandai-je avec un sourire embarrassé.

Ses paroles m’avaient surpris, elles m’avaient même choqué. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle me demande une telle chose. C’était bizarre, et je m’étais retrouvé à court de mots.

Comment pourrais-je expliquer quelle sorte d’émotion j’avais ressentie à ce moment où elle m’avait pour ainsi dire demandé de rompre le lien entre nous ? Je savais qu’elle avait droit à sa liberté, mais sans ce contrat d’esclavage, elle ne pourrait recevoir le bonus offert par le [Lien de Confiance].

Que compte-t-elle faire après ça ? Va-t-elle me quitter ? Pourquoi ? Qu’est-ce que j’ai fait ? m’étais-je demandé alors que j’essayais désespérément de trouver une réponse à ces questions, à cette peur qui ne cessait de grandir dans mon cœur.

Je ne voulais pas la laisser partir. Je ne voulais pas être séparé d’elle, mais si c’était son désir, je n’avais d’autre choix que de le faire.

« Pourquoi ? » avais-je demandé d’une voix tremblante quand j’avais baissé la tête.

« Parce que si je reste à vos côtés, je serai toujours dans l’ombre. Je sais que c’est égoïste de ma part, mais… Je ne veux pas continuer comme ça. Je ne ferai que continuer à souffrir…, » répondit-elle en me caressant doucement la main.

« Qu’est-ce que ça veut dire ? » avais-je demandé parce que je ne comprenais pas.

« Je ne peux pas vous dire…, » déclara-t-elle.

Je l’avais regardée en état de choc et j’avais ressenti une douleur aiguë à la poitrine. Comment a-t-elle pu dire une chose pareille ? Comment a-t-elle pu me laisser comme ça ? Je ne connaissais ni ne comprenais cette situation douloureuse. Tout ce que je savais, c’est que j’allais perdre Shanteya MAINTENANT.

Nos chemins se séparaient, et nous prenions nos propres chemins…

« Illsy, s’il vous plaît, laissez-moi partir…, » avait-elle ajouté.

J’avais baissé les yeux.

Te laisser partir ? Ça veut dire que j’abandonnerai mon esclave ? Quoi ? Quoi ? Attends… non… Ce n’est pas une esclave. Techniquement, oui, mais ce n’est pas une esclave… Elle est… Qu’est-ce qu’elle est ? Une amie ? Peut-être… C’est une amante ? Non, mais c’est une… elle était… la… la… Je n’arrivais pas à penser correctement.

Toutes mes pensées s’embrouillaient et je sentais mes larmes couler le long de mes joues.

« Vraiment ? » lui avais-je demandé.

« Oui…, » répondit-elle.

« Shanteya Dowesyl… Je te libère du contrat d’esclave avec moi. Thor or non…, » avais-je dit d’une voix tremblante, mais j’avais senti mon mana en action.

« J’accepte, » répondit-elle.

[Shanteya Dowesyl a accepté d’être libérée du contrat avec le Seigneur de Donjon Illsyore]

L’anneau d’esclave autour de son cou avait disparu.

« Tu es libre…, » avais-je murmuré.

« Merci…, » déclara-t-elle. Puis elle était sortie du lit. « Je ne vous imposerai plus rien, » elle s’était approchée de la porte.

Est-ce que c’est ça ? Notre voyage s’arrête ici ? Après tout ça ? Qui suis-je à blâmer ? C’est ce stupide prince ? J’aurais dû le tuer ? Sans lui, Shanteya n’aurait pas voulu me quitter… Mais… ce n’était pas quelque chose qu’il pouvait ruiner… Ce… C’est quelque chose que j’ai cassé…, j’avais réfléchi, et pendant que j’étais en pleine réflexion, je l’avais entendue fermer la porte derrière moi.

« Que va-t-il se passer maintenant ? Qu’est-ce que j’ai fait de mal ? » avais-je demandé en regardant par la fenêtre.

Ma voix tremblait, mes larmes coulaient sur mes joues, et je ne pouvais m’empêcher de me demander pourquoi je pleurais si elle n’était qu’une esclave pour moi, une amie. Quelle était la raison de cette douleur dans ma poitrine quand je la voyais comme une simple amie… ou une esclave ?

« Même penser à toi comme une amoureuse est douloureux… Haha… ha, » avais-je dit avec les larmes aux yeux.

J’avais repensé à ce qu’elle m’avait dit et je m’étais souvenu mot pour mot : Parce que si je reste à vos côtés, je serai toujours dans l’ombre. Je sais que c’est égoïste de ma part, mais… Je ne veux pas continuer comme ça. Je ne ferai que continuer à souffrir.

« Qu’est-ce qu’elle veut dire par être laissée dans l’ombre ? Les ombres de qui ? Nanya et Ayuseya ? Tamara ? » j’étais tombé sur le dos et j’avais regardé le plafond.

Ses mots n’arrêtaient pas de me traverser l’esprit. Je les entendais encore et encore comme un fou entend les voix de son imagination. Ce n’était pas comme si ma question avait une réponse ou plutôt qu’il s’agissait d’une réponse si évidente, mais je n’avais pas été capable de la voir, comme un véritable idiot.

Pourquoi souffrirais-tu si on te gardait dans l’ombre ? Quelles ombres ? Qui a osé jeter une ombre sur vous ? Pourquoi es-tu partie, Shanteya ? Qu’est-ce que j’ai fait ou pas ? avais-je alors pensé à tout ce qui s’était passé entre nous, dès le premier instant où je l’avais rencontrée.

Je m’étais souvenu comment je l’avais trouvée dans cette forêt en feu, comment j’avais lutté pour la garder en vie, comment j’avais dormi dans ses bras pour la première fois, notre premier baiser, tout. Toutes nos aventures ensemble avaient continué à s’écouler dans mon esprit, me permettant de les revivre.

En faisant cela, je m’étais retrouvé blessé parce que dans ces moments-là, j’avais vu à quel point j’étais venu à chérir cette femme, à quel point je l’aimais. Puis je m’étais souvenu du moment où j’avais fait de Nanya et Ayuseya mes épouses…

« Ce n’est pas possible… n’est-ce pas ? » me demandais-je à voix haute en essuyant mes larmes de mes yeux.

C’était peu probable. Je pourrais échouer, mais… ce n’était pas comme si j’avais autre chose à perdre.

J’avais couru vers la porte, je l’avais ouverte et je l’avais littéralement arrachée de ses charnières. Juste avant qu’elle ne sorte d’ici, j’étais entré dans la pièce principale.

« SHANTEYA ! » avais-je crié.

Elle s’arrêta et me regarda, surprise. J’ignorais Nanya, qui me fixait comme si elle voulait m’étrangler à mort, et Ayuseya, qui voulait la rejoindre dans son entreprise.

« Qu’est-ce qu’il y a, Illsyore ? » demanda Shanteya, surprise.

J’avais dégluti, mais je n’avais pas reculé. C’était la seule réponse que mon stupide cerveau pouvait trouver. Si ce n’était pas ça, alors je voulais demander une greffe ou quelque chose comme ça !

En m’arrêtant devant elle, j’avais pris sa main dans la mienne et je m’étais agenouillé devant elle.

« Shanteya Dowesyl, veux-tu être ma femme ? Veux-tu m’épouser ? » lui avais-je demandé.

Pour la première fois de ma vie, j’avais posé cette question avec le sérieux requis. Je n’avais jamais eu le courage de demander à Alina. J’avais fait un « ne pas » comme blague avec Nanya et Ayuseya, mais avec Shanteya, j’avais versé mon âme et chaque goutte de mon être dans cette question.

Il y eut un moment de silence, qui me donna l’impression de m’étrangler et de me tuer petit à petit.

« Est-ce ce que tu veux vraiment ? Même si je suis un ancien assassin ? » demanda-t-elle au moment où elle commençait à pleurer.

« Oui. Je veux t’épouser même si tu es un ancien assassin ! » avais-je déclaré.

« Même si j’ai été maltraitée et utilisée par d’autres hommes et femmes ? » demanda-t-elle, les larmes aux yeux.

« Celle que je souhaite épouser est Shanteya Dowesyl, aussi sanglante ou sombre que son passé ait pu être. Je me fiche de savoir combien d’hommes ou de femmes t’ont utilisé et de quelle manière, mais s’ils essaient de te toucher à nouveau, je vais leur faire manger leurs propres membres ! » avais-je déclaré avec véhémence.

« Tu m’accepterais, celle qu’on appelle la poupée cassée de la guilde des assassins de la Rage Fantôme ? » demanda-t-elle alors que des larmes s’écoulaient le long de ses joues, les larmes tombaient les unes après les autres.

« Oui, je te veux comme épouse, Shanteya Dowesyl ! » avais-je déclaré une fois de plus.

Elle ferma les yeux un moment, laissant couler ses larmes, mais sans se replier ni s’enfuir. J’espérais qu’elle n’allait pas faire ça, mais à la fin, tout dépendait d’elle. Si elle s’enfuyait ou pas, c’était son choix, et cette fois… Je n’avais aucun moyen de l’arrêter.

Ce moment de silence, alors que j’attendais sa réponse, m’étouffa plus que Nanya n’aurait jamais pu le faire. J’avais si mal à la poitrine, mais je savais que c’était une douleur que je ne pouvais pas fuir. Des moments comme celui-ci, c’était ce que cela signifiait d’avoir des émotions, d’apprécier et de se sentir à la fois heureux et malheureux. Parfois, je fuyais les mauvais, mais je me réjouissais quand j’étais touché par les bons. C’était un tour de montagnes russes avec des hauts et des bas, et maintenant… J’étais à un point de rupture.

« Oui…, » elle m’avait répondu en chuchotant, mais le message affiché devant moi était fort et clair.

[La poupée cassée Shanteya Dowesyl est maintenant votre épouse !]

Je vais me débarrasser de ce titre un jour…, avais-je murmuré dans mon esprit, mais après.

« Hein ? Oui ? » j’avais cligné des yeux de surprise et je l’avais regardée.

« Oui… Je serai ta femme ! » déclara mon El’Doraw avec un doux sourire sur les lèvres et des rivières de larmes qui s’écoulent sur son beau visage.

La bague noire semblable à celles sur les doigts de Nanya et Ayuseya était apparue sur son doigt, scellant le marché et faisant officiellement d’elle ma troisième épouse. Si j’étais en Roumanie, j’aurais été emprisonné pour cela, mais bon sang, comme si je me souciais de ce monde ! Si je pouvais toutes les aimer de la même façon et avec la même passion, pourquoi pas moi ?

Ainsi, je m’étais levé et je l’avais embrassée tendrement, tandis que nos lèvres se rejoignaient dans un beau baiser.

Pourtant, je n’arrivais pas à croire que j’avais dû abandonner mon esclave el’doraw pour réaliser que je la voulais vraiment comme épouse.

« Nya ! Tout est bon qui finit bon ! » déclara Tamara.

« Veux-tu dire “bien”, n’est-ce pas ? » Nanya l’avait corrigée.

« Qu’est-ce que j’ai dit ? » elle avait incliné la tête vers la gauche, mais je l’avais ignorée.

En prenant Shanteya dans une portée de princesse, je m’étais retourné et j’avais regardé les trois.

« Hmm… Euh…, » j’avais essayé de dire quelque chose avec mes joues rouge vif.

« On s’en occupe. On va aller attraper du poisson ou quelque chose comme ça… Mais ne casse pas l’endroit, » déclara Nanya d’un signe de tête.

« Nya ? » Tamara n’avait pas compris.

« Allez, viens, » déclara Nanya.

Le chaton avait été attrapé par la démone pendant qu’elles passaient devant nous et quittaient notre petite maison.

Ayuseya s’était approchée de moi et, en riant, elle avait dit à Shanteya : « Déchaîne-toi, » et puis elle était partie.

« Illsy ? » demanda Shanteya avec une expression mignonne et timide.

Je l’avais embrassée et j’étais allé au lit avec elle. Je n’avais plus l’intention de me retenir ! Shanteya était maintenant ma femme tout comme Nanya et Ayuseya !

***

Histoire secondaire 1 : Le Prince insensé

Partie 1

[Point de vue du prince Reynolds D. Lagrange]

La malédiction d’un Seigneur du Donjon Divin était quelque chose que même le plus puissant de nos prêtres ne pouvait enlever. Il était lié à ma chair et au mana qui coulait dans mon corps. Peu importe à quel point j’allais me battre ou pour combien de temps, le résultat final serait le même… à moins que je n’en respecte les conditions, j’allais faire face à une mort des plus horribles.

Depuis ce jour fatidique… six mois s’étaient écoulés et beaucoup de choses avaient changé au sein du royaume d’Aunnar. Tout le pouvoir politique était entre les mains de mon frère, alors que j’étais Premier ministre. Pour l’instant, j’y voyais une position digne de moi, mais à l’époque, mes pensées n’étaient pas en tant que telles…

Même maintenant que je me tenais à la fenêtre de ma propre chambre et que je regardais Elora, la capitale de mon royaume, je me sentais encore émerveillé de voir à quel point les choses avaient changé. La quantité de choses que j’avais gagnée et tout le chemin que j’avais fait grâce à Illsyore. Sans lui, j’aurais pu être mort ou passer mon temps comme un prince sans valeur…

Les premiers jours de vie avec cette malédiction gravée sur ma chair avaient été un cauchemar vivant. J’avais eu deux mois pour résoudre le problème des orphelins, du travail des enfants et de l’esclavage dans mon royaume. Deux mois pour faire l’impossible.

J’avais maudit le Seigneur du Donjon qui m’avait fait ça, je ne voulais même pas entendre son nom. L’agonie et la frustration que je ressentais, l’humilité étaient au-delà de ce qu’un prince devrait supporter, du moins je le pensais. Mon esprit s’était retrouvé dans un coin…

En effet… c’était soit un changement complet, soit la mort. Il n’y avait pas de choix du milieu.

J’avais essayé de falsifier des documents, mais cela n’avait pas marché. La malédiction n’avait même pas bronché à leur vue. Aller dans les Temples et ordonner aux gens qui s’y trouvent d’enlever cette malédiction était également inutile.

En seulement une semaine, j’avais failli devenir fou, et j’aurais craqué si je n’avais pas eu ce moment de clarté.

Ce qui s’était passé, c’était que je m’étais retrouvé allongé sur le dos, par terre, au milieu de la bibliothèque, à regarder le plafond sans penser à rien. J’étais au bord du gouffre, comme si le dernier fil de l’espoir avait été brisé par une force maléfique, et qu’on m’avait laissé plonger dans un abîme d’obscurité sans fin.

À ce moment-là, je m’étais souvenu de l’histoire du Seigneur du Donjon à propos de la noblesse. Il disait que finalement, ce qui coulait dans mes veines était le même sang qui coulait dans les veines de tout autre paysan dans le bas monde. La seule différence, c’était que j’étais instruit et pas eux.

« C’est absurde ! Mensonges ! » avais-je crié face au souvenir que moi seul pouvais voir et entendre.

Pourtant, d’une certaine façon, je savais qu’il devait y avoir un grain de vérité dans ses paroles. Je m’étais donc levé, et, voulant prouver au Seigneur du Donjon qu’il mentait, j’avais pris les livres qui racontaient comment ce royaume avait été formé, et j’avais commencé à lire.

En une nuit, j’avais digéré inlassablement chaque histoire de nobles et de seigneurs connus. Ce que j’avais découvert m’avait choqué à un point incroyable. Tous les seigneurs, y compris ma famille estimée, avaient été paysans dans le passé. Les rébellions, les révolutions, les coups d’État politiques et militaires, les prises d’assaut de l’ennemi, les abus d’influence, et bien d’autres raisons avaient été les outils et les moyens qui avaient conduit une famille noble ou une autre à une chute humiliante ou à une ascension glorieuse. En fin de compte, notre rôle dans le siège du gouvernement était aussi stable qu’un château fait de sable. Un seul coup aurait suffi pour nous renverser.

Je m’étais résigné à mon destin, j’avais commencé à voir la vérité derrière ma défaite humiliante. Mais mon esprit était encore trop déformé à l’époque. Je le voyais simplement comme une plaisanterie possible, un monstre qui utilisait des moyens sournois pour changer la vérité des histoires, mais quand je pensais à l’origine de tous les nobles, mon esprit ne parvenait pas à trouver une réponse.

Ce n’est que le lendemain que j’avais commencé à essayer de trouver une solution possible aux problèmes qui m’étaient posés. J’avais appelé mes meilleurs généraux et je leur avais demandé ce qu’ils pensaient de la situation actuelle.

« Je crois que nous devons augmenter les impôts. Les paysans doivent nous payer plus cher ! » déclara l’un d’eux.

Le simple fait d’entendre ces mots avait agité la malédiction.

« Je crois qu’il faut ajouter une taxe pour ceux qui possèdent plus de trois esclaves. S’ils peuvent se permettre d’en payer autant, ils peuvent aussi se permettre de payer la taxe ! » avait-il déclaré.

Ses paroles à l’époque étaient agréables à mes oreilles et si je n’avais pas eu cette malédiction, j’aurais accepté d’utiliser une telle taxe.

« Je suggérerais de défricher des terres afin d’offrir plus d’espace pour les fermes., » déclara un autre.

C’était une opinion qui différait des autres. À cause de ça, je lui avais demandé. « Pourquoi ? »

« C’est pour gagner plus de nourriture, Votre Altesse. Plus de nourriture signifie des personnes en meilleure santé et plus heureuses, ce qui signifierait plus de taxes pour nous, » sourit-il.

Encore une fois avec les impôts…, avais-je pensé.

À ma grande surprise, j’avais alors réalisé que je n’avais aucune compréhension de la façon dont notre royaume se maintenait. Jusqu’à présent, je pensais qu’il était tout à fait naturel que les individus paient des impôts et que nous, les nobles, les dépensions comme bon nous semblait, mais peut-être que le monde ne fonctionnait pas de cette façon ?

C’est ainsi que j’avais commencé mes longues et tumultueuses recherches. À ma grande surprise, j’avais découvert que mon royaume était entièrement dépendant des esclaves jusqu’à un niveau plutôt ridicule. Plus que de simples outils, nous les avions traités comme nos mains et nos pieds. Il y avait même un témoignage d’un noble qui abandonnait tous ses besoins aux esclaves, c’est-à-dire qu’il en avait un pour le nourrir, un autre pour lui torcher le cul, un autre pour parler à sa place, un autre pour faire le travail d’un noble au lieu de lui.

« Ce type n’a besoin que de respirer et de rester en vie ! Il ne fait rien d’autre ! Il est si inutile que ça ! » J’avais crié en étant outragé quand j’avais lu ça pour la première fois.

Plus encore, ce noble était un marquis qui possédait un territoire assez vaste.

J’avais l’impression que si nous étions placés en état de guerre, nous perdrions parce que nous dirions à nos esclaves de se battre pour nous.

J’avais commencé à réaliser à quel point mon frère, Reginald, avait raison lorsqu’il avait parlé de tout ça. Je l’avais ignoré, comme un idiot, mais maintenant j’avais compris qu’il avait raison.

Avant son retour, je devais faire quelque chose, un changement ou un coup d’État de sa part aurait été quelque chose à attendre. En fait, avant que le Seigneur du Donjon ne me maudisse, je n’avais même pas envisagé une telle possibilité.

Se pourrait-il que ce monstre m’ait sauvé la vie ? m’étais-je dit. Mais j’avais abandonné l’idée.

Bien sûr, comme je ne pouvais pas simplement annoncer que ces lois étaient valables pour tout le pays, je devais d’abord voir si elles fonctionnaient dans la capitale. Pourquoi un tel plan ? C’était parce qu’ici, je pouvais à la fois intervenir directement en cas d’imprévu et être le témoin direct des effets qu’elles produisaient. J’avais donc donné l’ordre aux propriétaires d’esclaves résidant dans la capitale de libérer leurs esclaves. Les gardes devaient protéger ces esclaves affranchis de la même manière que les autres. En outre, ils avaient reçu des ordres spéciaux pour protéger et défendre tous les enfants contre la maltraitance et d’autres formes d’abus. J’avais également interdit l’esclavage et le travail des enfants dans la capitale, comme le Seigneur du Donjon me l’avait dit.

C’était plus facile à dire qu’à faire. Cette réforme tumultueuse avait été vue d’un bon œil par le public, mais le nombre de protestations et de plaintes des marchands d’esclaves et des nobles s’accumulait comme des fous sur mon bureau. J’étais inondé d’eux de toutes parts sans aucune chance de m’enfuir.

À l’époque, je pensais sincèrement m’être condamné à un sort pire que la mort, mais c’était juste moi qui me plaignais de tout le dur labeur que je n’avais jamais osé essayer de faire avant.

Puis, alors que j’essayais de résoudre ces questions et de trouver une solution aux nombreux autres problèmes qui étaient apparus à la suite de mon abolition de l’esclavage dans la capitale, mon frère était revenu.

Il avait certainement été surpris par les changements que la capitale avait connus, mais dans le bon sens. Puis, un jour, quand j’étais tombé sur mon frère, je l’avais salué avec les larmes aux yeux et je lui avais parlé de mes problèmes. C’était trop pour moi… Même si j’avais senti que la malédiction s’était un peu affaiblie grâce aux changements que j’avais faits dans la capitale, ce n’était pas suffisant. Malheureusement, j’avais besoin d’aide, et il était le seul à pouvoir le faire.

Si quelqu’un m’avait dit il y a un an que je finirais par pleurer et supplier mon frère de m’aider à abolir l’esclavage dans notre royaume, j’aurais pensé qu’ils faisaient une mauvaise blague et les faisaient tuer immédiatement. Hélas, la vérité était que j’avais vraiment besoin de son aide et, étonnamment, il avait accepté.

Puis, nous nous étions tous les deux réunis pour trouver une solution, au moins temporaire, à tous ces problèmes. C’était incroyablement difficile, mais pas impossible. Trouver des raisons d’abolir l’esclavage n’avait pas été aussi difficile que je l’aurais cru au départ, mais apaiser les nobles et les marchands avait été beaucoup plus difficile. Ces salauds avides ne voulaient pas abandonner leur façon confortable de vivre quoiqu’il arrive.

Plus je luttais pour résoudre ces problèmes, plus je me concentrais sur eux, et plus je réalisais quel genre de personne j’étais avant de rencontrer le Seigneur du Donjon. En vérité, j’étais inconscient de ce fait jusqu’à ce qui arriva beaucoup plus tard. Pendant les premières semaines, j’avais gardé en secret ma vision avide du monde, mais quelque chose s’était produit…

« Frère, pourquoi n’irais-tu pas t’occuper du Marquis Dartolt ? » demanda Reginald en regardant ses papiers.

« Marquis Dartolt ? N’est-il pas le dernier noble qui refuse de libérer ses esclaves dans la capitale ? » lui avais-je demandé.

« Oui. Tous les autres ont soit déplacé leurs esclaves hors de la capitale, soit ils ont eux-mêmes déménagé. Tu étais en bons termes avec lui, alors peut-être qu’il t’écoutera ? » suggéra-t-il.

« De bonnes conditions… Je me demande si on peut appeler ça comme ça. » J’y avais un peu réfléchi. « Très bien, mon frère, j’irai, » avais-je décidé.

« Frère, n’oublie pas d’emmener mes gardes personnelles avec toi, au cas où, » déclara-t-il.

« Mes gardes devraient suffire ! » avais-je déclaré fièrement.

« Rends-moi service, et prends-les, s’il te plaît, » il leva la tête et me sourit.

À l’époque, je me demandais s’il me regardait de haut, mais je ne pouvais pas lui dire « non ». Après avoir rassemblé autour de moi douze gardes, dont six étaient ceux de mon frère, nous nous étions dirigés vers le manoir du marquis Dartolt.

Là, j’avais été accueilli chez lui, et la conversation entre nous s’était bien déroulée jusqu’au point où je lui avais demandé de libérer ses esclaves.

« Non, » fut sa réponse courte.

« Je crois que vous ne comprenez pas. Nous, les princes de ce pays, l’avons déclaré, » lui avais-je dit.

« Votre Altesse…, » sourit-il.

La façon dont il me regardait était la même que celle d’un enfant stupide. À ses yeux, je n’étais rien d’autre qu’un imbécile jouant avec un pouvoir qui n’était pas le sien au départ.

« Votre petit jeu doit prendre fin. Vous avez mis beaucoup de gens en colère. Et en tant que tels… nous avons décidé que vous deux, les “princes”, n’étiez plus nécessaires. » Il claqua des doigts et plusieurs soldats armés entrèrent dans la pièce, m’entourant, moi et mes gardes. « Si vous étiez resté le même vieil imbécile qu’avant, nous vous aurions gouverné comme une marionnette, et ce royaume aurait été le nôtre comme il l’avait toujours été, » déclara-t-il en riant.

« Je l’ai fait à cause de la malédiction ! » m’étais-je immédiatement excusé.

Attends… Quoi ? Ai-je peur de cet homme ? m’étais-je dit quand j’avais vu mes mains tremblantes et que j’avais senti la sueur s’accumuler sur mon front.

En effet, je craignais pour ma propre vie, mais pourquoi étais-je censé ressentir cela, moi qui étais prince, alors que mon droit dès ma naissance était d’être le chef de cet homme ? La réponse à cette question se trouve dans les paroles du Seigneur du Donjon… Les nobles et les paysans ont le même sang, seules les réalisations de nos ancêtres et notre éducation sont ce qui fait la différence.

Parce qu’ils ne voient pas ma valeur comme un prince… ils peuvent facilement décider de me tuer ? Une telle chose… avais-je pensé, puis j’avais regardé les deux servantes esclaves dans la pièce. La différence entre elles et moi… ne réside que dans le collier autour du cou, avais-je pensé.

« Ne vous inquiétez pas, Votre Altesse ! Nous vous protégerons ! » mes gardes avaient déclaré ça.

« Très bien… mais ne mourrez pas. Au pire, l’un d’entre vous doit retourner vivant auprès de mon frère et lui parler de cette conspiration ! » J’avais prononcé les mots que je n’aurais jamais pensé avoir envers quelqu’un comme lui.

L’ancien moi leur aurait ordonné durement de donner leur vie et de me sauver par tous les moyens, pas de leur demander de rester en vie.

En entendant mes paroles, l’homme avait souri. C’était comme si une flamme était allumée dans leur cœur.

« Nous vous protégerons sans faute et nous vous ramènerons à Son Altesse ! » avait-il déclaré.

« Pour Aunnar ! » crièrent-ils tous.

« Sans valeur…, » déclara le marquis en se retirant vers l’arrière.

La bataille avait commencé…

***

Partie 2

Les premières minutes, je frissonnais dans mes bottes avec mon épée dégainée. Même moi, j’avais pris quelques leçons de combat à l’épée, mais je n’étais pas au niveau de mes gardes du corps, même les plus faibles. Les troupes ennemies étaient entraînées contre des monstres et des donjons, ce qui leur donnait un avantage effrayant.

Ils étaient en surnombre, et sans les hommes de mon frère, je serais tombé dans les premières minutes.

Les épées s’entrechoquèrent, et des cris de douleur se firent entendre lorsque les lames coupèrent profondément dans leur chair. Le sang coulait à chaque coupure, rendant la pièce sombre et sinistre. L’odeur du fer me remplit le nez, et je me rappelai une fois de plus les paroles du Seigneur du Donjon.

Si je ne meurs que simplement contre ce groupe, alors comment ai-je pu survivre à une rencontre avec lui... Illsyore… Si je survis à ça, je me souviendrai de ce nom, avais-je pensé. Puis j’avais aussi rejoint la mêlée.

La première attaque que j’avais faite avait été de bloquer l’épée d’un ennemi qui avait attaqué l’un de mes gardes. Ma force était risible, mais elle était suffisante pour l’empêcher de le tuer. Malheureusement, la lame de mon ennemi avait repoussé mon épée jusqu’à l’enfoncé dans mon épaule gauche.

« Votre Altesse ! » hurlèrent les gardes du corps.

« Je ne peux pas tous vous laisser mourir ici…, » avais-je dit en tenant ma blessure et en regardant mon ennemi.

Qui suis-je en train de tromper avec ces mots ? J’ai bien peur… J’ai peur… Je ne peux pas me battre ! pensais-je. Mais malgré les tremblements de mon corps, j’osais encore regarder mon adversaire dans les yeux.

Il s’agissait d’une force que je ne savais pas que j’avais avant, mais comparée à quelqu’un comme Illsyore, ce groupe n’était rien. Je pouvais être fier du fait que j’avais un jour affronté un Seigneur du Donjon Divin et que j’avais survécu pour raconter l’histoire, même si j’étais maudit.

« Mettez-y plus de volonté, » cria l’un des gardes du corps de mon frère.

Nous nous étions battus et avions lutté pour les vaincre, mais ils étaient trop nombreux et trop forts, et donc, nous avions dû reculer.

Lorsque nous avions quitté le manoir et que nous nous étions retirés dans la rue, nous n’étions plus que cinq, moi y compris. Nous étions encerclés.

« Avant de vous tuer, je veux vous demander quelque chose, prince idiot. Il y a quelques mois, vous étiez comme moi et tout le monde, mais maintenant vous êtes un idiot. Pourquoi vous battez-vous ? Qu’espériez-vous gagner dans cette lutte sans valeur ? » demanda le marquis.

Pourquoi je me bats ? me demandais-je plusieurs fois.

Jusqu’à aujourd’hui, ma réponse était simple : Pour me débarrasser de la malédiction et me venger d’Illsyore. Mais maintenant, la réponse avait changé…

« Pour le peuple ! J’espère qu’un jour je les verrai sourire et se sentir fiers de faire partie du Royaume d’Aunnar ! » avais-je crié à pleins poumons.

Ce n’était pas exactement mes mots, mais ceux de mon frère. Je l’avais entendu souvent me le dire, mais ce n’était que maintenant, à ce moment crucial, que j’avais vraiment commencé aussi à croire en eux.

« Que des bêtises ! Vous oubliez, prince, que nous ne sommes pas comme ces insectes sans valeur qui ne vivent que pour nous servir. Nous sommes des individus dont le sang noble coule dans nos veines ! Nous avons été privilégiés de la naissance et bénis par les dieux pour régner ! C’est dommage que vous vous soyez égaré. Vous auriez été une super marionnette, vous savez ? Vivre une vie de débauche et de luxe comme vous le faisiez dès votre naissance, épouser la fille d’un noble, des choses comme ça. Vous n’auriez pas eu besoin de vous occuper des affaires du royaume, vous savez ? Mais un prince stupide sera toujours un prince stupide, » le marquis avait dit exactement les mêmes mots que j’aurais dit il y a quelques semaines si nos situations avaient été inversées.

Le fait de le savoir m’avait fait ressentir une douleur intense dans la poitrine. C’était comme si j’avais enfin réalisé quel genre d’homme horrible j’étais. Cela m’avait rendu malade…

« Tuez-les, » ordonna le Marquis.

Quand j’avais entendu l’ordre, j’avais dégluti. Je ne voulais pas mourir, mais si c’était le cas… au moins, j’aurais une sorte de paix du cœur. J’étais loin d’avoir expié mes propres erreurs et péchés, et d’une certaine manière, j’étais reconnaissant envers ce noble. Sans lui, je n’aurais pas vu le miroir de mon passé, et un jour, j’aurais peut-être repris mes anciennes habitudes.

« Protégez le Prince ! » le cri ne venait pas de mes gardes, mais de derrière les hommes du marquis.

Ceux qui avaient attaqué étaient les gardes de la ville, les gens qui travaillaient comme aventuriers, et même les anciens esclaves. En quelques secondes, la situation s’était inversée, deux armées se faisant face, l’une de mon côté et l’autre de celle du marquis.

Surpris de cela, j’avais alors demandé. « Pourquoi ? »

« Vous avez libéré beaucoup d’entre nous, Votre Altesse, alors ce serait une erreur de notre part de rester à l’écart et de laisser cette ordure vous tuer, » déclara un ancien esclave.

« Quoi ? » J’avais cligné des yeux, surpris.

Je n’aurais jamais cru, dans mes rêves les plus fous, que quelqu’un que j’aurais libéré de l’esclavage essaierait de me défendre. En vérité, il y avait tellement de personnes autour de moi maintenant, beaucoup ne portaient même pas d’armure ou ne portaient pas d’armes appropriées, justes des civils ordinaires. Je ne pouvais pas penser ou me souvenir de ce que j’avais fait pour aider tant de gens, pour gagner leur loyauté jusqu’à ce point.

« Quand vous avez aboli l’esclavage, j’ai pu revoir ma femme et mon enfant en tant qu’homme libre. J’en serais éternellement reconnaissant, » déclara un grand draconien musclé.

« Quand ma femme a été emmenée par des marchands d’esclaves sous prétexte d’une fausse dette, je n’ai pas pu lever le petit doigt sur eux, mais grâce à vous, elle a été libérée…, » cette fois, c’était un El’Doraw qui m’avait raconté son histoire.

« Mais quand… comment ? » lui avais-je demandé.

« Un petit enfant du nom de Tullos passa devant la clôture et il aperçut la bataille dans la cour. Il s’est immédiatement précipité à la Guilde des Aventuriers et nous l’a fait savoir. Il ne nous a fallu que quelques instants pour nous rassembler et venir ici, » expliqua le draconien en souriant tout en repoussant l’un des hommes du marquis.

« Tullos ? » avais-je demandé, surpris.

« Oui, je crois que c’est l’un des enfants de l’orphelinat créé par cet Illsyore, » déclara un garde.

Je m’étais retrouvé complètement perdu dans les mots. Celui qui m’avait maudit et qui avait changé ma vie m’avait indirectement sauvé aujourd’hui par la bonne action qu’il avait faite en libérant ces enfants. C’était le destin en route.

C’est étrange…, avais-je pensé, mais j’avais finalement commencé à réaliser la vérité derrière les mots d’Illsyore.

Une nation ayant un peuple libre sans esclavage était beaucoup plus forte que celle qui l’avait imposée. En même temps, un roi bon et généreux envers son peuple n’aura que des fidèles autour de lui plutôt que des individus comme le Marquis Dartolt, qui était prêt à me trahir s’il le jugeait bon.

De telles choses… J’ai du mal à les suivre… pensais-je, mais un sourire s’était formé sur mes lèvres et des larmes étaient apparues dans mes yeux. Pourquoi ? Pourquoi est-ce que ça me rend heureux ? Pourquoi !? En m’essuyant les yeux.

« Votre Altesse, vos ordres ? » demanda l’un des gardes du corps survivants.

« Oui… Pas des ordres, mais une demande. Aidez-moi à arrêter le Marquis Dartolt une fois pour toutes. Montrons aux autres nobles du même genre que nous ne voulons plus d’eux dans le royaume ! Pour Aunnar ! » avais-je crié à pleins poumons.

« POUR AUNNAR ! » les cris s’étaient levés vers le ciel quand la bataille avait repris.

Inutile de dire que beaucoup plus de personnes s’étaient jointes à nous pour repousser le Marquis.

À la fin de la journée, le noble avait été tué, et je pouvais fièrement déclarer que notre capitale, Elora, avait réussi à abolir tout esclavage dans ses murs. C’était un pas en avant, mais très important.

De retour au château, je m’étais présenté devant mon frère. Je n’avais même pas pris la peine d’aller voir le guérisseur en premier, et je sentais à peine ma main gauche.

« Je souhaite devenir plus fort, » avais-je déclaré.

« Es-tu sûr de toi ? » me demanda-t-il.

« Oui ! » répondis-je.

Il s’agissait d’une réponse remplie de détermination, de fierté et de raisons que j’avais acquise grâce à cette expérience précieuse et qui avait changé ma vie. Je n’étais plus un prince insensé ou un chef despotique. Je n’étais plus un homme qui considérait la vie des autres comme insignifiante en raison de leur naissance et de leur statut social. Je me voyais maintenant comme quelqu’un qui bougeait et agissait pour le bonheur et la liberté de son peuple.

Puis, à la fin de mes deux mois, nous avions tous les deux signé les documents officiels qui avaient permis l’abolition de l’esclavage dans tout le royaume. Parallèlement à ces lois, nous avions interdit toute forme de travail des enfants et créé plusieurs orphelinats avec l’aide des prêtres des Temples et de certains des nobles qui avaient pris notre parti.

La malédiction avait déverrouillé sa première étape… et j’avais été épargné. Illsyore, à travers cette malédiction, m’avait sauvé de plus d’une façon, mais maintenant… il y avait une dernière chose que je devais faire, qui pourrait être la plus difficile.

***

Histoire secondaire 2 : Felicity

Partie 1

[Point de vue du Prince Reynolds]

« Nous sommes attaqués ! Protégez la base ! » s’écrièrent les pathétiques hommes qui étaient censés garder cet établissement.

Je n’avais pas prêté attention à leurs cris quand j’avais foncé à cheval. Mon étalon avait henni en sautant par-dessus la petite barricade, et avec une seule frappe, j’avais mis fin à la vie de l’un d’eux. L’autre avait été fauché par une paire de sabots au visage.

« Hahahaha ! Ne garde pas tout le plaisir pour toi, mon Prince ! » cria Braigun, l’un de mes chevaliers draconiens.

« Mets-toi à l’aise, mon ami, il y a beaucoup de ces misérables ennemis d’où ils viennent ! Malheureusement…, » j’avais secoué la tête à la fin en descendant.

« Bah ! De tels imbéciles avec le nez attiré par l’or et leur estomac qui ont envie de violence seront toujours comme un fléau de nuisible pour leur propre pays ! Même l’Empire Paramanium n’a pas réussi à s’en débarrasser ! » répondit-il en sautant par-dessus la barricade et en pointant sa hallebarde noire sur l’un des mercenaires qui couraient vers nous, l’épée non gainée.

Le pauvre homme n’avait pas pu éviter le coup et avait été coupé en deux à la taille. Une partie avait atterri aux pieds du draconien, tandis que l’autre tombait sur le sol, étalant son contenu sur toute la place. C’était un spectacle horrible.

Trois flèches étaient passées à côté de moi et avaient atterri dans les ventres de trois autres criminels qui avaient essayé de me piéger par-derrière. Les hommes avaient été tués sur place et avaient lâché leur arme sur le sol.

« Vous devriez faire attention à ce qui vous entoure. Je ne veux pas être celui qui ramènera votre corps à Sa Majesté. »

La voix grincheuse appartenait à Ellen, une belle El’Doraw qui se spécialisait dans le tir à l’arc et les missions furtives, mais elle était aussi très douée pour la magie de terre. Il y en avait très peu comme elle, et j’étais content de l’avoir dans mon équipe.

« Avec toi qui gardes nos queues, je n’ai pas à craindre d’ennemis cachés ! » Braigun riait en frappant le sol avec la poignée de sa hallebarde et en bougeant sa queue.

« C’est pour ça que je vous ai amenée, Ellen. Une femme sage avec un œil aiguisé est toujours nécessaire pour nous garder en vie. » J’avais souri et j’avais fait un petit salut vers elle.

« Courtois comme toujours, mon Prince, mais si mon mari vous entendait, il vous poursuivrait avec son épée pendant toute une journée, » elle soupira et secoua la tête.

« Et je devrais courir comme le vent, » j’avais hoché la tête et souri en réponse.

« Ne t’inquiète pas, Ellen, je te protégerai du prince, nya ~ ! » la voix appartenait à une féroce nekatare à fourrure brune qui s’appelait Mayana.

Elle était apparue depuis l’ombre derrière Braigun et était montée sur son épaule. Avec la longue cicatrice en travers de son œil droit, on pourrait penser qu’elle n’était pas faite pour le combat, mais cette femme pouvait faire bien plus qu’Ellen ne pourrait jamais faire, un ancien assassin et un maître dans la furtivité. Elle aimait aussi se faire câliner et caresser pour une raison quelconque.

« Hé ! Je ne suis pas ton grattoir ! » le draconien déclara ça.

« Je le sais, nya ~ tu es mon bouclier de chair, nya ~ ! » elle frotta sa joue poilue contre son visage écailleux, ce qui lui valut un grognement de sa part, mais le grand draconien n’osa pas la frapper ou la repousser.

Même s’il s’était montré mécontent de ses actions, il était en vérité un peu un frère adoptif pour elle.

Ce groupe bizarre était à la fois mes gardes personnels et l’équipe que j’avais rassemblée au cours des deux dernières années. Tous étaient d’anciens esclaves que j’avais sauvés d’une façon ou d’une autre. Le duo dragon et nekatare avait déjà été utilisé par le plus fort des nobles qui s’était opposé à moi et à mon frère dans notre réforme pour abolir l’esclavage. Ce fut notre bataille la plus difficile, mais nous avions réussi à gagner à la fin.

Un an et demi s’était écoulé depuis, et nous avions réussi à éliminer presque tous les marchands d’esclaves et les nobles qui s’opposaient à moi et à mon frère. Deux ans et demi s’étaient écoulés depuis le premier pas d’Illsyore à Elora, la capitale du Royaume d’Aunnar.

La malédiction marquait encore ma chair, mais comme j’avais constamment lutté contre l’oppression et l’esclavage, elle n’avait presque pas de réaction. La dernière chose que j’avais à faire n’était pas encore accomplie. Quant au dit Seigneur du Donjon Divin, aucune information à propos de lui n’était encore parvenue jusqu’à mes oreilles, mais j’ai eu l’étrange sentiment que j’allais le rencontrer de nouveau bientôt. Peut-être cela sera-t-il après que ma malédiction ait été complètement enlevée ?

En parlant de ça, je n’étais pas à Aunnar en ce moment, mais dans le royaume de Serdannya à l’ouest. Par comparaison, c’était à peu près le cinquième du mien, mais il possédait une armée puissante grâce au Donjon Ancestral qu’ils utilisaient pour entraîner leurs soldats. Surtout, cet endroit était connu pour avoir utilisé les esclaves de la manière la plus brutale et la plus infernale qui soit. Pour eux, ils n’étaient rien d’autre que des bouts de viande à utiliser à leur guise.

Quant à savoir pourquoi nous nous trouvions actuellement dans ce royaume ridicule, dans un campement caché et bien défendu au milieu de la forêt, loin de toute civilisation et ville ?

Cet endroit était en vérité le quartier général principal des marchands d’esclaves d’Aunnar, et j’étais ici en mission pour abattre les derniers de leurs représentants ainsi que pour sauver la fille de l’un des nobles les plus respectés de mon royaume. Elle avait été enlevée il y a deux semaines et détenue ici dans le but d’utiliser le pouvoir et l’influence de son père pour changer les réformes à Aunnar.

C’était une tentative insensée parce que la première personne à qui l’homme avait parlé quand il avait appris la nouvelle avait été mon frère, l’actuel roi d’Aunnar. À la suite de ça, j’avais été envoyé ici en mission furtive pour la récupérer. Si par hasard les autorités de Serdannya me découvraient, j’agirais comme un prince insensé et prétendrais que j’étais ici pour visiter ces belles terres et pour m’amuser. Il y avait beaucoup d’excuses dont je pouvais me servir, alors je ne m’inquiétais pas pour ça.

« Où pensez-vous qu’ils soient détenus ici ? » demanda Braigun.

« Je suppose que c’est à l’intérieur ? » J’avais montré du doigt la grotte au fond.

« J’y vais devant, nya ~ ! » dit Mayana en sautant du grand draconien et en disparaissant dans l’ombre.

« Je surveillerai vos arrières, » déclara Ellen. Puis elle prépara son arc.

« Je vous remercie ! » avais-je dit. Puis je m’étais retourné.

Nous nous étions approchés de la grotte d’un pas régulier. Plusieurs humains pouvaient être vus morts sur le sol, le cou ouvert, l’œuvre de Mayana. Braigun s’était approché de moi au cas où un piège ou une flèche volerait dans ma direction. Tous étaient au moins des Rangs Divin, alors que j’étais à peine un Rang Empereur.

Dès que nous étions arrivés à la grotte, nous avions été accueillis avec les cadavres de plusieurs archers. Une fois de plus, Mayana était derrière tout ça. La nekatare était aussi rapide sur ses pattes qu’elle l’était avec son poignard, ce qui m’avait fait me demander si tout ce que nous avions à faire maintenant était de traverser sans crainte des ennemis.

« Cette foutue boule de poils ! Elle garde tout le plaisir pour elle ! » Braigun grogna.

« Tu auras ta part aussi, mon ami, détends-toi. » Je lui avais souri.

En effet, ce trio était très dangereux à avoir comme ennemi.

Le draconien pouvait bien servir d’avant-garde, tandis que la nekatare faisait bon usage des ombres pour frapper nos ennemis d’où ils s’attendaient le moins. Pendant ce temps, Ellen était capable de nous protéger en tant qu’arrière-garde, mais quand c’était nécessaire, elle était plus puissante à distance qu’un bataillon entier de catapultes avec sa magie de terre. Et enfin, il y avait moi… l’épéiste qui connaissait un peu la magie du feu. Eh bien, c’était mieux que rien… et j’avais encore une sorte d’autorité en tant que prince et actuel premier ministre d’Aunnar, alors c’était quelque chose.

« Cet endroit pue le rat mort ! » grogna Braigun.

« En effet… c’est pire que les égouts d’Elora, » avais-je confirmé.

« Es-tu allé dans les égouts ? Pour quelle raison ? » demanda le draconien, surpris.

« Peu de temps avant de te rencontrer, j’ai reçu un tuyau sur un bordel secret d’esclaves quelque part à Elora. Mon enquête m’a mené aux égouts, et comme je n’ai pas pu trouver la porte d’entrée, j’ai dû faire la mienne. Cela m’a amené à ramper à travers la crasse là-dedans… Ce n’est pas la meilleure façon de se débarrasser de ses poils de nez, si je puis le dire, » j’avais gloussé.

« Tu as eu du cran, mon Prince, » déclara Braigun.

« Je devais le faire. Les esclaves qui y travaillaient étaient très maltraités, et je ne pouvais pas permettre qu’une telle chose existe juste sous mes pieds, » avais-je répondu en secouant la tête.

« Mais aurais-tu vraiment dû passer par les égouts ? » demanda-t-il.

« Pas vraiment. Après avoir réussi à sauver les esclaves là-bas, imagine ma surprise quand j’ai découvert qu’il y avait plusieurs entrées à cet endroit. L’un d’eux était juste sous le bain public, » avais-je dit.

« On dirait que les femmes de chambre ont eu du mal après, » ricana-t-il.

« Elles ? Quand nous sommes retournés au palais, tout le monde a gardé une distance de dix mètres. Mon propre frère a refusé de nous voir à cause de l’odeur ! Il nous a donné des ordres depuis le balcon… de l’autre côté du jardin. Quand les femmes de chambre nous ont enfin mis la main dessus, elles nous ont frottées dix fois chacun ! Ma chair a souffert pendant plusieurs jours après ! » J’avais poussé un soupir en frémissant en pensant à ces moments terribles.

« Mais tu as aussi sauvé beaucoup de vies…, » avait-il souligné.

« C’est vrai… et nous avons aussi donné l’ordre de construire un nouveau système d’égouts, » j’avais hoché la tête.

Près d’une demi-heure plus tard, nous étions enfin arrivés dans une grande caverne où des dizaines de mercenaires nous attendaient dans ce qui ne pouvait être décrit que comme une forteresse. Les stalagmites et les stalactites avaient toutes été retirées, et des cristaux magiques avaient remplacé les torches, éliminant le danger de la fumée.

De gauche à droite, elle mesurait au moins 100 mètres de long et plus de 150 mètres de large. Le plafond de la grotte était à près de 50 mètres au-dessus du sol, mais la forteresse elle-même s’était arrêtée à environ 25 mètres de haut. C’était pour que les archers en haut puissent encore tirer leurs flèches sur tout intrus potentiel. Les murs étaient en pierre massive, mais s’ils étaient enchantés ou non, cela restait à voir. Les premiers étaient les plus gênants pour un siège.

« C’est… inattendu, » déclara Braigun.

« En effet. Des suggestions ? » avais-je demandé en regardant de loin la forteresse tout en faisant attention à ne pas être repéré par leurs gardes.

« Mayana pourrait l’infiltrer par le haut et nous ouvrir les portes, mais nous devrions agir rapidement. J’ai le sentiment qu’ils sont déjà en alerte depuis notre arrivée, » suggéra le draconien.

« Après tout, peut-être que charger comme ça n’était pas une si bonne idée ? » leur avais-je affiché un sourire ironique.

« Nya ~ oui ! » déclara la nekatare en riant quand elle apparut derrière moi.

« Eh bien… On ne peut rien y faire maintenant. » J’avais poussé un soupir et m’étais frotté l’arrière de la tête.

« Quand Mayana sera prête à ouvrir les portes, je pourrai offrir un soutien à distance. Construire une forteresse sous terre n’est pas très sage quand on est confronté à un spécialiste de la magie de terre comme moi, » déclara Ellen en rangeant son arc.

« Je me sentirai beaucoup mieux si vous me soutenez, Mlle Ellen, » avais-je dit.

Avant que la nekatare n’ouvre les portes, nous avions aussi fait quelques stratégies sur ce que nous devrions faire une fois à l’intérieur. Nous étions tous d’accord pour que Mayana reste dans l’ombre et essaie de trouver le meneur. Ellen devait éliminer tous les archers sur les murs, puis elle devait se regrouper avec nous ou continuer à bombarder l’endroit, selon ce qu’elle pensait être le mieux. Pendant ce temps, Braigun et moi devions faire le plus de bruit possible pour qu’ils restent concentrés sur nous. Dans tout ce plan, Mayana était la clé du succès. Sans elle, le sauvetage des esclaves aurait été un peu plus difficile, surtout si le noble responsable de cet endroit avait ordonné le suicide.

« Si vous pouvez localiser notre cible, assurez-vous qu’elle soit en sécurité avant de continuer, » je lui avais donné un dernier ordre avant que la nekatare sournoise ne disparaisse.

« Bien sûr, nya ~ ! »

« Allons-y ! » déclara Braigun avec un grand sourire sur les lèvres.

Sans une seconde à perdre, nous avions lancé notre attaque contre la forteresse souterraine.

La nekatare s’était faufilée à travers les défenses sans qu’aucun de ceux à l’intérieur se rende compte qu’ils avaient un intrus. Ellen préparait un dangereux sort de terre, tandis que Braigun et moi nous nous étions précipités avec nos épées non gainées vers les portes de la forteresse.

Dès qu’on nous avait vus, quelqu’un avait crié. « Des intrus ! »

Puis dix guerriers avaient été envoyés dehors. Ils n’étaient tous que de simple Rang Maître et il n’était une menace pour aucun de nous.

« Tuez-les ! »

« Je veux l’épée du grand ! »

« Donne-moi ses bottes ! »

Certains d’entre eux avaient crié.

« Par les dieux ! C’est quoi ce truc avec les bandits et les bottes !? » demanda Braigun, agacé, alors qu’il faisait basculer son épée et coupait le premier homme en deux.

***

Partie 2

Je m’étais précipité sur la gauche et j’avais planté mon épée à travers les côtes de cet homme, droit dans son cœur. Avec une armure magique ou pas, contre des armes enchantées comme les nôtres, une telle chose n’était pas quelque chose sur laquelle on devait compter. C’est mon frère qui m’avait appris ça… Après tout, dans la vie de chaque guerrier, il y a un moment de stupidité où l’on croit que l’armure magique peut tout résoudre.

« Deux de moins…, » avais-je dit.

Braigun en avait tué un autre. « Plus que sept ! » sourit-il.

Entre nous, une petite compétition avait commencé alors que nous fauchions nos ennemis, l’un après l’autre. Comme je l’avais dit, ils étaient faciles à vaincre, et lorsque nous avions atteint la porte, elle s’était ouverte comme si elle nous avait attendus. Il n’y a jamais eu de raison de douter du talent de Mayana. La chambre d’accès de la porte était probablement fermée à clé et couverte par les corps des gardes.

C’était aussi maintenant qu’Ellen avait lancé son attaque.

Sept rochers s’étaient abattus sur la forteresse, frappant les murs et les fenêtres, tuant plus de personnes qu’aucun de nous deux l’avait fait.

Voyant cela, le draconien grogna. « La magie n’est pas juste… »

Eh bien, aucun de nous ne croyait que c’était juste, mais quand on voyait sa puissance effrayante, on ne pouvait s’empêcher de se sentir soulagé qu’elle soit de notre côté. Mais nous pouvions aussi utiliser le mana, donc ce n’était pas comme si nous étions complètement inutiles pour lancer des sorts, c’était juste que nous nous concentrions plus sur les compétences à l’épée que sur les sorts.

Tout en gardant un œil sur les débris qui tombaient, nous avions continué à massacrer nos adversaires. Le sang, les membres et les parties cassés des armures volaient tout autour de nous. Personne n’avait une chance contre nous. Après tout, la différence dans notre puissance était très visible, mais ce que nous avions gardé à l’esprit était la possibilité de rencontrer ces gardes spéciaux avec une puissance de combat redoutable… ou pour être des mercenaires ou des aventuriers d’un Rang Empereur ou plus engagé pour garder ou commander cet endroit.

« Qu’est-ce que c’est ? Les insectes osent attaquer ma forteresse ? » un grand nekatar à fourrure grise, au corps volumineux et aux muscles massifs, apparut à l’entrée de la forteresse.

Ayant une hallebarde comme Braigun, il s’était avancé et nous avait montré un sourire confiant.

« À moi ! À moi ! » déclara le draconien alors qu’il se dépêchait d’aller de l’avant.

« Tout à toi, mon ami. » J’avais fait un salut poli en m’écartant de son chemin.

« Ptew ! Un seul, hein ? L’autre a trop peur de se battre contre un Rang Empereur puissant comme moi ? » Il se mit alors à rire fièrement.

« T’ai-je gâché le plaisir ? » Braigun s’était plaint et avait attaqué l’homme en utilisant une Charge.

Une seule frappe l’envoya vers l’arrière, mais avant que le nekatar puisse tomber au sol, le draconien était à sa gauche et lui donna un coup de pied au foie.

« Nyagh ! » le nekatar avait roulé sur le sol et avait percuté plusieurs de ses hommes.

« Faible…, » Braigun s’était plaint.

Il avait probablement pensé qu’il faisait face à un homme Divin. S’annoncer en tant que Rang Empereur, c’était une très mauvaise décision. Même si l’on détient un Rang élevé, il ne fallait pas inutilement l’annoncer de cette façon. Parfois, le fait d’avoir un rang supérieur ne vous dispensait pas d’être la proie de l’intrigue de l’un des rangs inférieurs.

Encore une fois, c’était quelque chose que j’avais appris de mon frère pendant que nous nous entraînions. Les rangs, en fin de compte, n’étaient qu’un moyen pour les gens de s’organiser par niveaux de pouvoir. En tant que tels, les grades supérieurs ne signifiaient pas en fin de compte que l’individu était plus expérimenté au combat. Même si j’étais aussi un Rang Empereur, je pouvais toujours tenir bon contre Braigun, contrairement au nekatar là-bas qui se faisait battre à mort.

« Dois-je te tuer ? » demanda le draconien en pressant la poignée de sa hallebarde sur son museau.

« S’il te plaît ! Épargne-moi ! » avait-il supplié.

« Pathétique. »

Avec une frappe de son arme, le nekatar de Rang Empéreur avait été décapité. C’était un résultat prévisible. Après tout, le draconien n’était pas du genre à se montrer indulgent envers les marchands d’esclaves ou ceux qui les défendaient. Sa haine pour eux brûlait encore comme une montagne de feu.

« Je prends l’initiative, » déclara Braigun.

« Je te couvrirai, » avais-je répondu.

Pendant ce temps, Ellen continuait à frapper la forteresse avec ses rochers, tuant tous les soldats qui tentaient de s’échapper ou de se diriger vers elle. Compte tenu de la distance à laquelle elle se trouvait, de la vitesse à laquelle elle avait lancé ses attaques et de leur puissance, il y avait fort à parier qu’elle était la personne la plus en sécurité parmi nous tous. Les murs supérieurs étaient pour la plupart débarrassés de leurs ennemis.

Il n’y avait aucun signe de Mayana, mais quelque chose m’avait dit qu’elle était déjà à l’intérieur, se préparant à faire son prochain mouvement.

Cependant, jusqu’à présent, je n’avais encore vu personne porter un collier d’esclave. Cela signifiait qu’ils étaient tous gardés quelque part à l’arrière ou en bas, dans des cellules. J’avais voté pour la dernière option. C’était quelque chose que j’aurais fait si j’avais dirigé cet endroit.

En me souvenant de mon ancien moi, cela m’avait apporté un mauvais goût à la bouche, mais j’étais heureux de ne plus jamais me regarder dans le miroir et de ne plus jamais voir le visage d’un prince détestable. Grâce à Illsyore, j’étais maintenant fier de voir le visage du Premier ministre d’Aunnar, l’homme qui avait aidé à améliorer le royaume.

En regardant autour de moi, j’avais remarqué qu’en dépit du grand nombre d’objets qui était placé à l’extérieur, les objets exposés ici comme décorations étaient quelque chose de plus proche des goûts d’un gentilhomme. Cela m’avait amené à croire qu’il s’agissait peut-être d’une autre personne égarée de mon royaume ou d’une personne d’influence dans le royaume de Serdannya.

Lorsque nous étions arrivés au deuxième étage, nous avions rencontré un autre soldat, un homme d’une quarantaine d’années.

« Je suis le Chuchoteur des Vents ! Sentez la colère de ma… GUHA ! » cria-t-il après s’être fait frapper au visage par Braigun.

« Chacune de ces mauviettes me fait arracher mes écailles ! » grogna-t-il.

« Cherchais-tu vraiment un défi ICI ? » demandais-je en plissant les sourcils.

Le grand draconien était celui qui aimait bien se battre, mais quand il s’agissait d’adversaires beaucoup plus faibles que lui, cela l’ennuyait un peu. Cela dit, d’après l’information que nous avions obtenue au sujet de cet endroit, il n’était pas censé y avoir d’ennemis ayant un rang égal ou supérieur à celui de Divin. Malgré tout, nous avions été sur notre garde au cas où notre informateur aurait manqué quelque chose.

Nous avions ouvert toutes les portes sur l’étage, espérant trouver soit notre cible de sauvetage, soit le chef qui régnait sur cet endroit. Dans la plupart de ces pièces, nous n’avions trouvé que des trésors pillés ou échangés contre des esclaves, de simples chambres à coucher utilisées par les personnes d’en haut, et même pas un seul esclave ou noble.

« C’est la dernière pièce, » déclara Braigun en ouvrant la porte.

« Eh bien ? » lui avais-je demandé.

« La lessive… de la lessive puante. Argh…, » le draconien avait gémi et referma la porte.

En nous retournant, nous avions décidé d’aller dans les étages en contrebas, mais au moment où nous atteignions l’escalier, plusieurs soldats nous avaient accueillis avec leur épée dégainée.

« De la viande fraîche ! » dit Braigun en souriant.

« Hiii! » les soldats avaient crié et avaient quitté les lieux en courant.

« Hmm…, » le draconien était déçu.

Eh bien, ils s’agissaient probablement de mercenaires, et en voyant comment nous avions annihilé une grande partie des leurs, ils avaient probablement considéré qu’il était plus sûr de fuir que de nous affronter. S’ils couraient dehors, Ellen n’aurait pas eu de problème à envoyer plusieurs rochers. Qu’il survive ou non dépendait de leur chance.

Sans que d’autres soldats essayassent de nous arrêter, nous nous étions précipités au sous-sol de la forteresse, où nous espérions trouver les cellules remplies d’esclaves.

« Il aurait mieux valu que l’informateur connaisse aussi la disposition de cet endroit…, » grogna Braigun.

« Il nous en a dit assez pour le montant qu’on lui a versé, » lui avais-je dit.

« Je dis que ce n’était rien d’autre qu’un bâtard avide ! Tu aurais dû m’écouter et me laisser lui mettre ma lame au cou… Cela l’aurait fait parler…, » rétorqua-t-il.

« Doucement, Braigun. Nous pourrions avoir besoin de ses services à l’avenir et se faire des ennemis de personnes disposant d’un grand réseau d’information n’est pas une bonne idée… J’ai appris cela à la dure durant la première année de mon changement, » lui avais-je dit. Et j’avais poussé un soupir.

« Tu veux dire au temps des rébellions ? » demanda-t-il.

« Oui… Si j’avais su mieux planifier, comme mon frère, je ne me serais pas retrouvé dans la situation difficile où j’ai failli diviser Aunnar en deux… Soupir… Heureusement que mon frère était là. Il avait la force qui me manquait à l’époque, » avais-je dit. Puis j’avais secoué la tête.

Depuis le retour de mon frère à Elora, je l’avais vu sous un jour nouveau et j’avais réalisé que l’héritier légitime du trône ne pouvait être personne d’autre que lui. C’est pourquoi j’avais pris la position du Premier ministre, bien que mon frère, un bourreau de travail, ne m’ait laissé que peu ou pas de travail à faire… J’avais récemment commencé à m’inquiéter pour sa santé.

« Là-bas ! » Braigun pointa vers l’avant.

« Comme je m’y attendais, » avais-je dit.

Devant nous se trouvaient d’innombrables cellules remplies d’esclaves. Ils étaient séparés par leur valeur, des moins chers, qui étaient aussi les malades et les blessés, aux plus chers, qui avaient même le droit de porter des vêtements.

En marchant devant leurs cellules, je m’étais rendu compte qu’il y avait aussi des hommes d’âge différents, mais au moins les hommes étaient séparés des femmes. Tous nous regardaient avec des yeux sans la moindre goutte d’espoir, mais certains d’entre eux avaient une haine profonde en eux. Ces derniers avaient probablement été réduits en esclavage récemment et n’avaient pas encore été brisés.

« J’espère que Mayana a tranché la gorge du bâtard qui dirige cet endroit ! » grogna Braigun.

Même moi, j’étais d’accord avec ça.

« STOP ! » Quelqu’un avait crié devant nous.

« Qui êtes-vous ? » demanda Braigun.

« Je suis Ballurad von Vanngar ! » dit-il fièrement en dégainant son épée.

« Oh ? Vous êtes peut-être le noble qui dirige ce taudis ? » demandai-je.

« Je le suis, en effet ! Identifiez-vous, espèce de voyou ! » demanda-t-il.

« Eh bien… Je suis Brute et ce type, c’est Pantalon Futé ! » dit Braigun.

J’avais envie de le frapper.

Comment ça, Pantalon Futé ? rétorquai-je dans mon esprit.

« Des noms de paysans, je vois, » sourit-il. « Vous avez prouvé que vous étiez très fort. Je me ferai un plaisir de vous transformer en esclaves obéissants ! » avait-il déclaré.

« C’est ma victoire ! » dit Braigun.

J’avais regardé le draconien et j’avais sorti une pièce d’or de mon sac.

« Hehe ! Brillant ! » il avait souri en la prenant avant de la placer dans sa poche.

C’était un petit pari qu’on avait fait avant d’attaquer cet endroit. Il avait dit que nous rencontrerions un noble qui voudra faire de nous ses esclaves, et j’avais dit qu’il voudrait simplement nous tuer. Apparemment, j’avais perdu…

« Je gagnerai la prochaine fois, » lui avais-je dit.

« J’ai hâte d’y être ! » sourit-il.

En m’éloignant du draconien, je regardais le noble devant nous, qui n’avait pas encore attaqué.

Étrange… J’avais réfléchi, puis j’avais regardé autour de moi du coin des yeux.

« Braigun… Il n’est pas seul…, » lui avais-je chuchoté.

Ma vue était tombée sur plusieurs cages derrière et devant nous qui ne semblaient pas verrouillées. Les portes de certaines cages étaient légèrement entrouvertes. J’étais trop concentré plus tôt sur les esclaves pour avoir remarqué ce petit détail, mais s’ils étaient ouverts, cela signifiait que les renforts du noble étaient là.

« Comment va notre nekatare ? » demanda Braigun.

« Aucun signe d’elle pour l’instant. Je m’occupe de ceux à l’arrière, tu t’occupes de ceux à l’avant, » avais-je dit. Puis j’avais tourné le dos au draconien.

***

Partie 3

En nous voyant prendre cette position, alors qu’il ne devait y avoir que lui, le noble claqua la langue et appela ses troupes.

« Capturez les vivants ! »

« Prépare-toi ! » avais-je dit.

« C’est moi qui te le dis ! » dit-il.

Les portes avaient été ouvertes et quatre hommes étaient sortis. Devant nous, il y en avait deux autres.

Ces types n’avaient rien dit, ils avaient simplement attaqué. J’avais évité le premier coup, paré le second et donné un coup de pied au premier dans l’estomac. L’armure magique de l’homme avait subi une fissure, mais elle n’avait pas été brisée, alors j’avais essayé de l’attaquer avec mon épée, mais une autre personne avait essayé de m’empaler avec la sienne. En roulant vers la gauche, je l’avais évitée et j’avais ensuite jeté une poignée de terre provenant du sol sur le premier, afin d’avoir une couverture pour ma prochaine attaque.

« [Pic de Glace] ! » J’avais crié tout en pointant ma main vers lui.

Le sort avait été activé et l’homme avait été frappé par une pointe de glace à bout portant. Son armure magique était fissurée, et il avait été repoussé d’un mètre. Comme j’avais utilisé un Cristal Magique pour lancer ce sort, ce n’était pas aussi puissant que si je l’avais chanté, mais pour moi cela aurait pris beaucoup trop de temps pour le faire. Je n’étais pas aussi compétent que les autres.

« Un magicien ? » avait demandé l’un d’entre eux.

Je n’avais pas laissé passer ce moment et je m’étais précipité sur celui que j’avais attaqué, en évitant les épées des autres et en plantant ma lame dans la poitrine de l’homme. Son armure magique m’avait arrêté à quelques millimètres de son armure de cuir, mais j’avais utilisé une [Charge] juste à ce moment-là et je l’avais projeté dans les barreaux de la cellule derrière lui. La force était suffisante pour percer son armure magique, et l’homme cracha du sang. L’épée avait traversé son torse.

J’avais fait tourner la lame et j’avais entendu ses os craquer. L’homme hurla d’agonie en relâchant son dernier souffle d’air. Les autres, ignorant la mort de leur camarade, m’avaient chargé. J’avais sauté sur la poitrine de l’homme que j’avais empalé, puis je m’étais éloigné de lui, sautant en arrière et emportant mon épée avec moi. Alors que je faisais un tour sur moi-même dans les airs, j’avais frappé avec mon épée aussi fort et aussi vite que j’avais pu vers le premier homme que j’avais vu. C’était un coup direct, et sa tête s’était détachée de ses épaules.

Dès que j’avais atterri sur le sol, j’avais utilisé la [Charge] et j’avais empalé l’autre dans son dos avant qu’il ait eu la chance de revenir. En sentant le danger, je m’étais déplacé vers la gauche et j’avais évité l’épée du dernier. Maintenant, il avait l’air furieux.

J’avais lâché mon épée et je m’étais roulé par terre, en évitant une frappe faite sur moi. Quand je m’étais arrêté de rouler, j’avais sorti le poignard de ma botte et je l’avais jeté sur lui. L’homme l’avait bloqué avec son épée, mais la lame lui avait touché son visage. C’était enchanté, après tout.

Profitant de ce moment de confusion, j’avais saisi l’épée du mort devant moi et l’avais utilisée pour poignarder ce dernier dans le cœur. Son armure magique ne s’était pas brisée, mais une fois de plus, j’avais utilisé [Charge] et utilisé les barreaux derrière lui pour pousser l’épée à travers lui. Finalement, cela l’avait transpercé.

« Gah ! » l’homme avait gémi en raison de la douleur et avec une forte torsion de ma lame, je m’assurais de lui briser les os.

J’avais sorti l’épée et lui avais tranché la gorge.

« Im-Impossible ! C’était quand même des Divins ! » cria-t-il.

J’avais cligné des yeux surpris et j’avais regardé vers les quatre hommes morts.

Peut-être des Divins inférieurs… Sinon, je n’aurais pas pu gagner, avais-je pensé qu’en marchant vers le cadavre qui tenait mon épée dans son dos.

Après l’avoir sortie, j’avais regardé Braigun. Il avait déjà tué l’un de ses agresseurs, un mâle el’doraw qui avait été coupé en deux. Le draconien luttait actuellement contre le dernier. Quand j’avais regardé son adversaire, j’avais remarqué que c’était une femme. Son corps était couvert d’une armure de cuir, mais les vallons de sa poitrine et les longs cheveux roux qui coulaient étaient certainement ceux d’une femme. Elle portait une épée géante presque de la même taille que la hallebarde de Braigun.

En luttant contre quelque chose de cette taille et de ce poids, la vitesse était primordiale, mais la femme se déplaçait presque aussi vite que le draconien. Sa lame s’était déplacée aussi vite que j’avais pu le faire avec mon épée courte, mais le poids de ses armes avait pu mettre plus qu’une bosse dans son armure. Braigun avait l’air d’avoir du mal.

« Besoin d’un coup de main ? » lui avais-je demandé.

« Argh ! Non ! » répondit-il après avoir bloqué trois attaques consécutives.

Elle n’avait pas encore utilisé ses compétences, mais il ne semblait pas qu’elle se retenait. En fait, elle le frappait de toutes ses forces. La hallebarde se pliait chaque fois qu’elle était frappée. Si elle n’avait pas été enchantée, elle se serait cassée il y a longtemps.

« De toute façon, c’est fini, » avais-je dit en m’approchant des deux.

« Comment ça, malau…, » le noble essaya de parler, mais il ouvrit en grand les yeux et se tint la gorge.

« C’est ce que je veux dire par là, » j’avais souri.

« Nya ~ ! » la nekatare annonça sa présence alors qu’elle essuyait la lame de son poignard sur les vêtements du noble.

Le noble tomba à genoux alors que son sang était répandu sur le sol et partout sur lui.

Voyant cela, la femme avait aussi arrêté ses attaques.

« Euh !? Êtes-vous fatiguée ? » demanda bêtement Braigun.

« Le maître est… en train de mourir…, » déclara-t-elle en le regardant.

« Maître ? Vous êtes son serviteur ? » demanda Braigun.

Elle secoua la tête, puis abaissa le tissu qui recouvrait son cou. Nous avions tous vu le collier en cuir qui brillait d’une couleur violette. Elle était une esclave, cependant, le fait qu’elle brillait ainsi signifiait que le noble lui ordonnait de mourir si lui aussi devait mourir.

« Ah, grossier ! » avais-je dit et je m’étais précipité vers elle. « N’attaquez pas ! » lui avais-je dit.

« Qu’est-ce que vous êtes… ? » demanda-t-elle en étant un peu choquée en me regardant réagir.

J’avais placé une petite pierre sur son cou et le mana qui avait fait activer le collier avait été absorbé par elle. À ce moment-là, elle n’était plus une esclave…

« Il est mort maintenant, » annonça Mayana en frappant le noble avec son doigt.

« Je… Je suis vivante ? » demanda la femme.

« Oui… et vous n’êtes plus une esclave, mais ne me tuez pas, s’il vous plaît, » lui avais-je dit avec un léger sourire.

« Sans un ordre de mon maître, je ne… Mais je n’ai plus de maître maintenant…, » déclara-t-elle en touchant son collier.

À ce moment-là, je pouvais voir des larmes se former dans les coins de ses yeux et couler sur ses joues sales.

« Suis-je… libre ? » demanda-t-elle.

« Ouaip ! » lui avais-je dit en souriant.

À ce moment-là, elle lâcha son épée et tomba à genoux. La femme qui avait tenu Braigun à distance avec ses attaques pleurait maintenant comme une enfant.

« Braigun, peux-tu t’occuper des esclaves là-bas ? » lui avais-je demandé en lui jetant la pierre.

« Bien sûr que oui. Combien de charges dans ce truc ? » demanda-t-il.

« Vingt-neuf, mais j’en ai deux autres avec moi, et tu devrais aussi avoir les tiens, » lui avais-je dit.

« Ouaip. Néanmoins, je dois admettre que… ton Donjon à Elora a fait un joli objet, » remarqua-t-il.

« En effet. Depuis qu’Illsyore l’a vaincu et que mon frère est revenu, la relation entre nous et lui a… changé. Mais je pense que ça a plus à voir avec ce nouveau Donjon avec lequel il est entré en contact récemment… Je crois qu’il s’appelait Deusur ? » avais-je dit en me grattant la nuque.

« Oh, lui ? J’ai entendu dire que son donjon est assez amical avec les débutants, mais impitoyable avec les vétérans, » remarqua-t-il en marchant vers les cellules.

« Il a une étrange façon de… agir avec les humains. Mais parlons de lui plus tard… pour l’instant, nous devrions finir ici et dire à Ellen d’arrêter de bombarder cet endroit, » avais-je dit en levant les yeux vers le plafond.

Les secousses des rochers qui s’écrasaient sur nous n’avaient pas encore cessé.

« Que fait-on d’elle ? » demanda Mayana.

« Elle est… inoffensive maintenant. Et la fille du noble ? » lui avais-je demandé.

« Je l’ai sauvée il y a longtemps. Je n’arrive pas à croire qu’ils n’aient laissé que deux gardes de Rang Maître avec elle. Nihihihi ! » sourit-elle.

« Où est-elle maintenant ? » lui avais-je demandé.

« Avec Ellen. » Elle acquiesça d’un signe de tête.

« Tu as eu le temps d’entrer et de sortir avec elle ? COMMENT !? » demanda Braigun, perplexe.

« Tu ne sais pas que ce n’est pas poli de demander ses secrets à une dame ? » elle avait sorti sa langue de chat vers lui.

« Argh…, » il avait gémi puis il était retourné à sa tâche.

Avec un soupir, je secouai la tête et m’approchai de la guerrière, qui avait cessé de pleurer maintenant.

« Est-ce que ça va ? » lui avais-je demandé.

« Oui…, » répondit-elle en essuyant ses larmes.

« Quel est ton nom ? » demandai-je.

« Je n’en ai pas, mais on m’appelle Chose. C’est peut-être mon nom ? » répondit-elle.

« Chose ? Ce n’est pas un nom… Et si je t’en donnais un pour célébrer le fait d’être devenue une femme libre ? » lui avais-je dit en souriant.

« Ce serait sympa, mais… pourquoi fais-tu ça ? » demanda-t-elle.

« Faire quoi ? » avais-je cligné des yeux de surprise.

« Nous libérer ? Et tu me donnes un nom ? » Elle m’avait regardé passer devant les autres esclaves qui s’étaient mis à pleurer quand ils s’étaient vus sans collier.

« Parce que j’en ai envie. Je m’appelle Reynolds D. Lagrange et je suis venu ici avec la mission de libérer les esclaves ici et de sauver un otage pris par ce mort là-bas, » avais-je dit et pointé du doigt le noble récemment décédé.

« Libérer les esclaves ? En Serdannya ? N’est-ce pas la peine capitale ? » me demanda-t-elle.

« Peut-être, mais on ne va pas rester à Serdannya. Nous allons à Aunnar, où l’esclavage est aboli et où tous ceux qui étaient autrefois esclaves sont maintenant des individus libres avec les mêmes droits que les autres. » J’avais parlé de mon royaume avec un sourire fier sur mon visage.

« Ça a l’air d’être un endroit merveilleux… Nous y emmènerez-vous tous ? » demanda-t-elle.

« Oui, » j’avais hoché la tête et souri en retour. « Mais d’abord, je vais te donner un nom, si ça ne te dérange pas. Que dirais-tu de… Felicity ? » avais-je suggéré.

« Felicity ? Si tu crois que je mérite un si joli nom… même si je t’ai attaqué… et…, » elle serra les poings.

« C’est vrai, mais tu étais soumise à des ordres, et tu as arrêté dès que tu as vu ton maître mourir. Tu n’as pas essayé de le sauver, et tu n’as pas non plus essayé de m’attaquer après que je t’ai libérée de l’esclavage. Rien que pour ça, j’ai jugé que tu n’étais peut-être pas une mauvaise personne. En outre, une belle femme qui verse des larmes de bonheur après avoir été affranchie n’est généralement pas quelqu’un qui a une mauvaise volonté, » je lui avais dit ça en souriant en m’agenouillant devant elle et en prenant sa main dans la mienne, pour la rassurer.

Pour certains, cet acte soudain d’amitié aurait été perçu comme bizarre, mais ce n’était pas la première fois que je vivais une telle scène. Braigun et Mayana étaient pareils. Ils étaient mes ennemis quand ils étaient sous le contrôle d’un noble, mais dès qu’ils avaient été libérés, ils avaient cessé leurs attaques. Bien sûr, il y en avait aussi d’autres qui ne l’avaient pas fait. Ceux qui continuaient à attaquer restaient des ennemis, et je m’assurais de les mettre à terre.

Ce que j’avais fait maintenant n’était pas seulement quelque chose d’étrange, mais un événement répété dont j’avais été témoin à maintes reprises au cours de ces deux dernières années, depuis que j’avais commencé ma lutte contre l’esclavage. Des ennemis brutaux, lorsqu’ils étaient sous le contrôle de leurs maîtres, se transformèrent en agneaux en pleurs une fois libérés.

« C’est pourquoi je pense qu’un beau nom comme Felicity te va bien, » lui avais-je dit en souriant.

« Merci… Je le chérirai…, » déclara-t-elle en levant la tête et en me regardant dans les yeux.

À ce moment-là, j’avais senti mon cœur bondire.

Qu’est-ce que c’était ? m’étais-je demandé, mais je ne trouverais pas de réponse à cette question avant un certain temps.

Ainsi, notre voyage dans le royaume de Serdannya avait pris fin, et après avoir nettoyé le reste des troupes restées dans la forteresse, nous avions pillé tout l’or que nous pouvions trouver et étions retournés au royaume d’Aunnar.

Quant à Felicity… eh bien… notre histoire allait continuer un peu plus tard, parce que les enfants… c’est ainsi que j’ai rencontré votre mère !

***

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