J’ai été réincarné en une Académie de Magie ! – Tome 4

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Chapitre 40 : Le réveil

Le temps brise l’illusion de la réalité et la raison est née d’un moment d’insouciance. Plus vous vivez longtemps, plus le monde autour de vous semble simple, faux, et peut-être un peu dérangeant. Même la vie de ceux que vous voyez comme précieux ne semble rien de plus que de simples jouets entre les mains des dieux et de la destinée. On peut y croire ou non, mais il n’y a aucune preuve, si ce n’est celle offerte au moment de la mort, et rien ne peut leur montrer la vérité de l’existence.

C’était aussi mon cas...

Né comme un simple humain sur une planète appelée Terre, dans le pays connu sous le nom de Roumanie. Je n’étais pas un génie, mais je n’avais pas non plus de problèmes d’apprentissage. Mon intelligence et mes connaissances n’étaient rien d’autre qu’une illusion. Mon corps était celui qui dictait les limites avec lesquelles j’étais né, mais mon esprit était celui qui pouvait les briser... quelque chose que je n’avais jamais essayé de faire. Après tout, qui étais-je pour tester le monde et moi-même ? Qui étais-je pour espérer être plus que je ne l’étais ? Qu’est-ce ce qui m’aurait fait comprendre que rien au monde n’était hors de ma portée tant que j’avais la détermination de le prendre ? Les lois humaines m’offraient simplement une voie à choisir dans ma société actuelle.

C’est aussi quelque chose que j’avais longtemps nié dans mon cœur. C’est ma petite amie Alina qui me l’avait rappelé. C’était elle qui m’avait tiré de l’obscurité dans laquelle j’avais dormi pendant combien de jours et d’années ?

Une fois mort, je pensais avoir trouvé la liberté, mais on m’avait montré autre chose, une vérité cachée...

Quand on disait que Dieu était Tout-Puissant, on oublie de mentionner QUI est Dieu, et surtout... le fait que par Tout-Puissant, il ne fait pas référence aux idées pathétiques et simples que nous avons à propos de notre monde actuel. Tout-Puissant signifiait le changement et l’acceptation de la possibilité illimitée de l’existence. Dieu pouvait littéralement faire n’importe quoi, y compris la réincarnation. C’est exactement ce rôle, et je ne l’avais jamais compris, mais après ma mort, j’avais réalisé qu’il y avait effectivement quelque chose de plus grand, quelque chose de plus puissant.

Pour moi, la réincarnation avait été simple, c’est arrivé sans que j’aie besoin de comprendre quoi que ce soit, mais elle m’avait offert un calme étrange que je n’aurais jamais cru avoir sur beaucoup de choses.

Par exemple, dans ma vie antérieure, l’idée de tuer un autre homme aurait été accueillie avec répulsion et incrédulité. Je savais que certaines personnes l’avaient fait, mais je ne me voyais jamais capable de faire quelque chose comme ça. Je voyais les guerres comme de drôles de choses, avec les soldats comme de simples marionnettes, et les politiciens comme des seigneurs impitoyables qui suçaient un pays de ses fonds et de ses ressources. C’était partiellement vrai, mais une fois que j’avais fait un pas dans ma nouvelle vie de donjon, tuer était devenu une simple question d’appuyer ou non sur la détente.

Si Dieu existait ou non, ce n’était plus une question pour moi. J’avais vécu la réincarnation de mes propres yeux et j’avais vu et senti qu’une puissance supérieure existait quelque part. Avais-je besoin de m’inquiéter au sujet de cette entité ? Je n’avais jamais vu de raison de le faire. En fait, je n’étais même pas dérangé par cela ou par la possibilité d’une mort subite.

Avec cet étrange calme sur mon destin ou ce qui était au-delà de la mort, j’avais déverrouillé en moi une autre pensée, une autre vision. Au lieu de me demander ce qui se trouvait au-delà de la tombe, mon esprit s’était tourné vers : que puis-je faire dans cette vie, afin de pouvoir la quitter sans regret ?

Une fois que je m’étais posé cette question, j’avais commencé à regarder mes quelques mois en tant que donjon dans ce monde, puis les années qui passaient emprisonné dans les ténèbres, construisant mon corps pour ce qui allait venir.

Ma bataille avec Dankyun m’avait laissé une nouvelle vision du monde, déchirée par les guerres et la haine. Les guerres avaient été menées sur deux fronts distincts, ceux contre les donjons et ceux contre d’autres espèces, tandis que la haine était une raison éternelle de les alimenter et de les démarrer.

Tuberculus, l’ancien directeur de l’Académie de Magie de Fellyore, avait construit mon corps de cristal dans lequel je m’étais réincarné. Son désir était que je sois une Académie de Magie au lieu d’un Donjon. J’avais rempli ce rôle, mais pas au maximum de son potentiel. Je n’étais qu’un simple concierge. Une gouvernante avec une vue semi-omnipotente et un bon sort magique pour nettoyer la poussière sur les bureaux.

Malheureusement, ce qu’il avait créé n’était pas un VRAI donjon, mais une version rapiécée du monstre de Frankenstein formé d’innombrables parties du corps d’autres donjons. Alors que j’avais mon propre esprit, mon nouveau corps contenait aussi les souvenirs des anciens donjons. La plupart d’entre eux n’étaient que des ombres, des morceaux de ce qu’ils étaient autrefois. Aucun d’entre eux n’avait leur personnalité initiale, aucun n’était digne de confiance, et tous se battaient pour la domination de ce corps unique.

Du bon côté des choses, j’étais le seul à avoir une âme, donc, par essence, je devais être l’esprit dominant. J’étais un humain, mais je n’avais aucun désir masochiste d’être asservi ou de finir comme un simple serviteur d’un autre donjon.

Inutile de dire qu’à partir de ma naissance, je n’avais pas non plus le désir de dominer les autres esprits ou de plier leur volonté sous ma volonté, surtout parce que je n’avais aucune idée de la façon de le faire, et deuxièmement parce que je ne savais pas qu’ils existaient jusqu’à cette bataille avec Dankyun.

Bref, j’avais gagné, mais le coût de ma faiblesse dans ce monde, c’est que j’avais perdu ma maison, les élèves que j’étais censé protéger et que j’avais blessé les trois femmes dont je m’occupais le plus au monde : Nanya, Ayuseya, et surtout Shanteya.

Toutes les trois avaient subi d’horribles blessures et étaient au bord de la mort. Malheureusement, parce que j’avais essayé de me battre contre les Ténèbres, beaucoup de mes capacités initiales avaient été perdues. Une chose qui restait, c’était la capacité de préservation de mon esprit intérieur. Cet endroit était comme une dimension infinie qui lui était propre.

Je ne pouvais pas guérir immédiatement les filles à nouveau, alors j’avais fait ce que je pensais être la meilleure chose... J’avais commencé à les guérir cellule par cellule... Comme au moment où je construisais mon corps, je reconstruisais leur corps, mettant leur peau, leurs muscles et leurs os ensemble. Reconstruire leurs canaux magiques brisés avait été la partie la plus difficile. Sans eux, l’énergie magique pourrait devenir instable et entraîner leur destruction de l’intérieur vers l’extérieur. Le cas de Nanya était le pire... Pour autant que je puisse le dire, même si je la guérissais, il y avait de grandes chances qu’elle meure dans quelques années parce que la surcharge qu’elle avait faite avec son sceau avait eu pour résultat que ses canaux magiques avaient été brûlés. En d’autres termes, elle n’aurait même pas été capable de lancer un sort de type Débutant à son réveil.

Après ça, il y avait Ayuseya. Son corps souffrait d’un manque d’énergie magique à cause de sa malédiction. Le résidu de flux magique à l’intérieur de ses canaux était partout. Les nettoyer et assurer un flux régulier était également difficile, mais si elle restait comme ça, même si ses stats montraient des capacités incroyables, elle ne serait jamais capable de les utiliser complètement.

Quant à Shanteya, bien qu’elle n’avait pas eu autant de problèmes que les deux autres, j’avais quand même nettoyé ses canaux magiques et enlevé toute sorte de blessure ou de maladie de son corps. Faire cela les aiderait probablement à recueillir l’énergie magique plus rapidement et à stocker plus d’énergie.

J’avais fait tout ça, mais je ne les avais jamais réveillées. Je les avais laissées dormir et se reposer. Il m’avait fallu environ deux mois pour terminer tout ce travail, mais une fois que j’avais terminé, je pourrais les guérir beaucoup plus rapidement la prochaine fois parce que je comprenais mieux leur anatomie et que je n’avais pas besoin de travailler sur leurs canaux magiques.

Une autre chose que j’avais faite, c’est de renforcer mon armure magique. Après que le Primordial ait rendu mon corps à mon contrôle, il avait changé au niveau de qui j’étais autrefois. J’avais réalisé à travers cela que l’armure magique était principalement déterminée par l’expérience quant au maintien autant de mana en elle. Ainsi, chaque jour, j’avais commencé à la rafistoler et à la renforcer partout où je le pouvais. Il y avait beaucoup de trous et de fissures que je devais remplir, et plus je travaillais dessus, plus je réalisais à quel point il était faible comparé à celui de Dankyun ou même Nanya, mais petit à petit, j’y arrivais.

La dernière chose sur laquelle j’avais concentré mon attention était ce que je pouvais construire avec mes connaissances. J’avais dû apprendre à créer et à contrôler ces pièges et mes sorts. J’avais donc pris la liberté d’assembler et de désassembler la plupart de ceux que j’avais déjà construits. Les cristaux de puissance étaient les parties les plus intrigantes. Il s’agissait de minuscules accumulateurs de mana à circuits intégrés. L’énergie magique coulait simplement à travers un réseau à l’intérieur d’eux, mais peu importe à quel point j’essayais, je n’arrivais pas à comprendre la logique derrière tout cela. Heureusement, j’avais compris comment copier au moins les circuits déjà existants.

À partir de ces connaissances, j’avais commencé à reconstruire mes pièges, à les faire intégrer ces cristaux étranges ainsi qu’à mettre en place différents interrupteurs. La partie la plus difficile était d’essayer de faire une version en cristal magique d’un microcontrôleur. Je n’avais pas pu le faire. Quant à la recréer en tant que composant électrique, c’était encore plus difficile. Je ne savais tout simplement pas comment le faire.

Finalement, j’avais renoncé à comprendre certains détails plus précis sur le fonctionnement de ces cristaux de puissance et je m’étais concentré sur la construction d’objets que je pourrais utiliser dans le monde réel. Chaque piège et chaque machine que j’avais créés par la suite était devenu un plan que j’avais stocké dans ma tête et que j’avais transformé en Compétence sur mon écran de statut.

Tant qu’il y avait de l’espace dans mon Territoire de Donjon, je pouvais invoquer les matériaux de ce dépôt intérieur et ensuite le reconstruire dans le monde réel. L’énergie magique était la façon dont ces atomes avaient été réarrangés.

Il en était de même pour les sorts, mais dans ce cas seulement, ils étaient fortement dépendants de ma source d’énergie magique et du type de sort qu’elle avait. S’il avait besoin de certains matériaux ou s’il pouvait utiliser l’environnement proche, c’était toute la différence. Par exemple, Lance de Glace avait besoin d’eau, qui était refroidie sous cette forme par le mana. Cela s’était fait très vite. La boule de feu allait utiliser de l’oxygène dans l’air et de l’hydrogène comme carburant. Le mana fournissait la chaleur en agitant les atomes, mais elle pouvait agir comme le combustible en lui-même. Ceci avait été fait APRÈS avoir consommé une grande partie du carburant d’origine. Bien sûr, en tant que donjon, j’avais fourni les deux, mais une personne normale aurait dû utiliser beaucoup plus de mana pour une seule boule de feu.

Mais comme prévu, alors qu’un magicien aurait appris à utiliser l’énergie magique en ressentant et en comprenant l’effet dont il avait besoin, il n’était pas familier avec la physique moléculaire, la chimie, la biologie et d’autres choses de ce genre. D’un autre côté, un Donjon avait cette information, ce qui m’avait amené à poser une autre question :

« Comment un donjon peut-il savoir des choses qui ont exigé une civilisation avancée pour comprendre et se développer à travers des expériences et une évolution scientifique constante ? »

Je ne pouvais pas demander aux Ténèbres, puisqu’elles n’avaient plus jamais communiqué avec moi après cette bataille avec Dankyun. On m’avait laissé seul à mes propres pensées, mais j’avais le sentiment que je finirais par trouver la réponse à cette question tôt ou tard.

Cela dit, cela m’avait fait réaliser que je n’avais peut-être pas besoin de chanter quoi que ce soit pour jeter un sort. Je devais juste me concentrer et contrôler l’énergie magique d’une manière qui me permettait de recevoir l’effet désiré. Cela avait abouti à la création d’une nouvelle compétence qui pour se mettre à niveau, nécessitait que je doive mieux comprendre ses effets en profondeur et la développer par la pratique.

Cela, à son tour, avait pris beaucoup de temps à faire.

« Donc, quand les Ténèbres ont dit qu’elle faisait tout, cela signifiait en fait qu’en utilisant des souvenirs éparpillés parmi eux, elle pouvait avancer et mettre à jour mes sorts, alors je n’avais qu’à “sélectionner” la mise à niveau. C’est pourquoi j’étais limité à si peu de compétences. Ceux que j’ai appris dans les livres étaient essentiellement les vieux donjons qui appliquaient le contenu des livres pour moi. Bref, je ne faisais qu’ordonner aux Ténèbres..., » avais-je murmuré en jouant avec une boule de feu, en l’envoyant d’une main à l’autre, en augmentant sa taille et en me concentrant sur les différents effets qu’elle pourrait avoir.

Ce que je n’arrivais pas à comprendre, c’est comment le coût de mana avait été réduit pour certains d’entre eux ? Dans le cas de ma compétence de rang Empereur [Glacier infernal], le coût de mana était d’autant plus faible que la compétence devenait plus puissante. Cela n’avait aucun sens. C’était presque comme si Magie ne suivait pas ses propres règles.

D’après ce que j’avais compris depuis que j’avais été réincarné dans ce monde, l’énergie magique avait de nombreuses façons de changer les lois de la physique, mais en réalité, ce qui semblait être un changement complet et irrationnel n’était en fait qu’un puzzle compliqué de toutes les lois connues et encore inconnues de la magie et de la physique. Ça m’avait fait mal à la tête rien qu’en y pensant, mais je m’étais promis qu’un jour, d’une façon ou d’une autre, je pourrais le déchiffrer. J’étais pratiquement immortel, alors j’avais du temps libre.

Sept mois après mon arrivée dans ce désert, la résidence cubicule que j’avais créée pour moi-même n’avait pas changé, mais j’avais réussi à construire de nombreuses merveilles technologiques que je pourrais utiliser dans de futures batailles ou comme objets ménagers. Malheureusement, un insectifuge n’en faisait pas partie. Je ne voulais même pas me rappeler combien de fois je m’étais réveillé avec un insecte se nichant dans ma bouche ou une araignée dans mon oreille. J’avais crié comme une petite fille chaque fois que cela arrivait et j’avais balancé une boule de feu sur mon visage. Il y avait même un serpent qui avait nidifié sur mes genoux, comme s’il avait fait un oreiller de mes genoux.

Il y avait une autre chose sur laquelle j’étais arrivé à une conclusion, et c’était mon objectif dans la vie, ou plutôt les objectifs :

Tout d’abord, les Ténèbres devaient disparaître. C’était mon objectif principal pour l’instant. Deuxièmement, j’étais curieux de savoir comment le monde fonctionnait, comment les autres espèces interagissent les unes avec les autres et comment la société fonctionne ici en général. Enfin, après m’être débarrassé des Ténèbres, je voudrais m’entraîner pendant un certain temps.

Tout cela dans le but de ressusciter l’Académie de Magie de Fellyore, mais cette fois-ci, ce sera l’Académie de Magie d’Illsyore. Malheureusement, je ne pouvais pas commencer à le construire avant d’être certain de l’emplacement, des professeurs. Je devais aussi être assez puissant pour mettre à terre n’importe quel groupe de Suprêmes. Je devais aussi au moins avoir une classe d’étudiants, et je devais m’assurer de ne pas être en danger d’être contrôlé par quelqu’un d’autre que les appels au lit de mes femmes.

Quant à savoir pourquoi j’avais voulu construire une Académie de Magie. C’était étrange, mais je me sentais un peu lié à cette idée. J’avais également voulu faire quelque chose pour changer les opinions tordues de certaines personnes et de certains royaumes, en particulier en ce qui concernait l’égalité entre les espèces. Je pourrais développer de gros muscles et leur imposer ces changements, ou je pourrais simplement enseigner ma vérité aux jeunes. L’éducation s’accompagnait d’une révolution et d’un changement.

En ouvrant les yeux, j’avais pris une grande inspiration, toussant un peu de toute la poussière et écrasant une autre araignée qui avait transformé mon nez en un pont de soie. En me levant, j’avais étiré les bras et dépoussiéré mon corps. En regardant vers le haut, j’avais appelé de l’intérieur de mon esprit intérieur un mètre cube d’eau et je l’avais gardé suspendu au-dessus de moi avec l’aide de ma magie. En me concentrant sur la partie inférieure, j’avais créé un trou dans le champ et j’avais permis à l’eau de couler sur moi.

C’était une douche improvisée, mais elle avait fait le travail et m’avait débarrassé de la poussière. La température n’avait pas d’importance puisque ce corps avait une fonction qui augmentait ou diminuait sa température avec un peu de magie.

Une fois que j’étais propre comme un sou neuf, j’avais l’intention d’absorber les vêtements sur moi, mais je remarque que je n’en portais pas.

« Oh ouais... J’étais à poil tout ce temps... » avais-je dit. Puis j’avais fermé les yeux.

Quand je jouais avec la technologie, j’avais aussi appris à créer des objets. C’était RIDICULEMENT facile et simple. Fondamentalement, je devais juste connaître les matériaux, les invoquer de mon esprit intérieur et les infuser avec de l’énergie magique. Par la suite, je n’avais eu qu’à le remodeler sous la forme que je désirais. C’était similaire au travail de l’argile.

En utilisant cette méthode, j’avais moi-même créé un pantalon, qui avait fini par avoir une jambe plus grande que l’autre. J’étais un mauvais tailleur... La partie la plus compliquée était de créer le modèle, mais j’avais beaucoup de coton et de lin. J’avais ainsi choisi le premier type.

Une dizaine d’essais plus tard, j’avais réussi à créer un pantalon moderne brun foncé avec une ceinture en cuir teint en noir.

« Super... Maintenant, j’ai besoin de chaussettes, de chaussures, d’une chemise et de tout le reste... Je pense que je vais aussi faire une robe, » avais-je dit en regardant ma nouvelle création.

Sans plus tarder, moi, le donjon Divin, j’avais commencé à tricoter, coudre et teindre. Dix heures plus tard, je portais une longue robe noire avec un sweat à capuche ; une paire de pantalons marron foncé ; une paire de chaussettes en soie ; une paire de bottes en cuir ; un T-shirt en coton noir ; et une veste en cuir marron. En fait, j’avais l’air plutôt bien. Il ne me restait plus qu’à me couper les cheveux, et j’étais prêt !

En sortant de mon abri, j’avais levé les yeux et j’avais vu le ciel clair avec une centaine d’oiseaux volants affamés qui volaient droit sur moi. Quelle beauté... ! Attends, quoi ?

« LA GROTTE ? » avais-je crié pendant que je rentrais chez moi.

« TCA ! CROW ! » crièrent les oiseaux.

« Vous n’êtes pas des corbeaux ! » avais-je rétorqué.

« Meuhh ? »

Qu’est-ce que c’est ? avais-je pensé en plissant les sourcils.

« Chirp ! Chirp ! »

Je commençais à me sentir comme si je venais d’atterrir dans une cabane à oiseaux ou dans un zoo, mais je pouvais jurer que je ne voyais qu’une sorte d’oiseau volant avec des dents aiguisées comme un rasoir en tant que bec. Il n’y avait pas de vaches dans ce groupe...

Prenant une grande inspiration, j’avais étendu mon Territoire de Donjon et m’étais préparé pour la bataille.

« Meuhh ! » la vache avait été à nouveau entendue.

« Franchement, êtes-vous sérieux ? » avais-je dit à voix haute.

Avec l’énergie pulsant au bout de mes doigts, je m’étais précipité à l’extérieur et j’avais pointé ma paume vers tout ce qui se trouvait autour de ma maison.

Il y avait une vingtaine d’oiseaux qui faisaient tous ces trois bruits étranges tout en picorant et en se précipitant dans ma maison temporaire. Leurs longs becs aigus et leurs griffes s’effritaient peu à peu. Deux ou trois minutes auraient été une merveille. Étonnamment, personne n’avait essayé d’utiliser la porte d’entrée pour entrer, mais j’avais douté que quelqu’un puisse y entrer. Chaque oiseau était aussi grand qu’un draconien adulte, et son envergure était de près de dix mètres de long. Ils étaient ÉNORMES !

Pourtant, aucun d’entre eux n’avait l’air amical. Malgré le fait d’être au milieu de la nuit, mes yeux me permettaient de voir normalement. Leurs plumes étaient bleu foncé sur le dessus de leur corps et claires sur leur ventre. Au sommet de leur tête se trouvait une crête faite de longues plumes noires. S’ils n’étaient pas après la chair sur mes os, je les aurais considérés comme étant tout à fait intéressants et peut-être même beaux.

Avant d’utiliser d’autres compétences, j’avais décidé d’essayer mon laser sur eux. Le premier que j’avais visé était celui qui volait dans les airs, qui m’avait vu et avait décidé de faire de moi son dîner.

« Pas aujourd’hui ! » avais-je dit en souriant. Puis j’avais tiré au laser.

Le rayon rouge avait traversé son crâne et il avait atterri à côté de moi, mort.

J’avais entendu le ding de mon niveau, mais je l’avais ignoré. Ensuite, j’avais essayé mon armure magique et permis à l’un d’entre eux de me frapper. L’oiseau m’avait frappé avec son bec aussi fort qu’il le pouvait, mais je n’avais même pas bronché. L’armure magique n’était même pas ébréchée, alors j’avais attrapé le bec de l’oiseau et avec une forte traction, je l’avais envoyé voler vers un autre oiseau. Les deux individus étaient entrés en collision dans l’air, et je crois que j’avais entendu les bruits du craquement des os.

Avec un sourire sur les lèvres, j’avais pointé ma paume vers les deux oiseaux et libéré un faisceau laser, les transperçant d’un seul coup et les réduisant au silence pour de bon. Les autres oiseaux m’avaient regardé pendant une seconde et avaient décidé que je n’en valais pas la peine. Ils s’étaient envolés, mais pas après avoir attrapé les corps des deux derniers que j’avais tués.

« Cannibalisme ? » avais-je dit en les voyant se battre en l’air pour les restes.

Il ne me restait qu’un seul gros oiseau à côté de moi, celui que j’avais vaporisé sa tête. Cette fois, j’avais décidé d’en faire de la nourriture pour plus tard, alors je l’avais absorbée et j’avais marché jusqu’à ma petite maison.

« Je vais le réparer et réveiller les filles..., » m’étais-je dit en souriant et je m’étais mis au travail.

Le sol était un peu dur et froid pour simplement les poser là. Je n’avais pas de feu, et il faisait un peu sombre pour elles, alors j’avais placé un cristal de puissance qui émettait de la lumière sur le plafond et un tas de bois au milieu de la pièce. Avec une minuscule étincelle de feu au bout de mes doigts, j’avais allumé le feu de camp.

J’avais accéléré un peu le processus de chauffage en augmentant par magie la température du mur d’environ 15 degrés Celsius. Pour les garder au chaud, j’avais ajouté une couche de fibre de verre à l’extérieur, qui avait servi d’isolant thermique. Il s’agirait d’une double protection contre ces oiseaux gênants, à moins que le verre fasse partie de leur menu habituel.

Par la suite, j’avais libéré les filles qui étaient à l’intérieur de mon esprit intérieur et je les avais posées l’une à côté de l’autre. Il était très difficile de résister à la tentation de caresser les bazookas de Nanya, mais je m’étais abstenu... étonnamment.

Shanteya fut la première à se réveiller, puis Ayuseya, et la dernière à le faire fut Nanya.

« Arg... Qui êtes-vous ? » demanda l’El’Doraw un peu confuse quand elle me vit.

« Je porte de nombreux noms, mais tu peux m’appeler l’estimé et renommé..., » avant que je puisse finir ma phrase, Nanya l’avait terminée pour moi.

« Voleur de Petites Culottes et Seigneur du Donjon Pervers Illsyore, » avait-elle dit en souriant.

« Argh..., » avais-je gémi.

[Vous avez obtenu un nouveau titre : Voleur de Petites Culottes et Seigneur du Donjon Pervers] Souhaitez-vous l’appliquer ? O/N.

QUI ACTIVERAIT CE TITRE !? avais-je crié dans mon esprit au message ridicule.

« C’est bon de te revoir, Illsy..., » déclara Ayuseya avec un sourire doux.

« Ça veut dire qu’on a survécu ? Et Dankyun ? » demanda Shanteya un peu surprise, mais les larmes commencèrent à couler le long de ses joues. Elle pleurait. « MAÎTRE ! » elle avait sauté sur moi et m’avait serré dans ses bras. « Vous êtes vivant ! Vous êtes vivant ! Vous êtes en sécurité, » dit-elle sans cesse.

Je l’avais prise dans mes bras et lui avais tapoté doucement le dos. Ma mignonne El’Doraw était vraiment inquiète pour moi, bien que je ne m’attendais pas à une réaction aussi étrange. C’était comme si la première question n’avait aucune importance.

« Tout va bien, ma chère. Je vais bien, » avais-je souri, puis j’avais regardé Nanya, qui regardait vers le bas.

« Que s’est-il passé ? » demanda-t-elle.

« Eh bien..., » je m’étais gratté la joue et j’avais commencé à leur expliquer ce qui s’était passé, laissant de côté la petite partie sur les Ténèbres en moi.

Même si j’avais tort de le faire, je ne me sentais pas encore prêt à leur en parler. En fait, je ne savais pas comment le leur dire. Je ne pouvais pas laisser sortir : Hey, saviez-vous que je suis lentement dominé par un Donjon Primordial parce que je n’agis pas comme un méchant psychopathe avec l’intention de vous utiliser comme outils d’élevage ?

Oui... Je devais faire un pas à la fois... Jusqu’à ce que je sente que je perds le contrôle de mes actions et de ma raison, je ne voyais aucune raison d’ouvrir le sujet. Avec un peu de chance, je n’aurais jamais à le faire...

***

Chapitre 41 : Un pas, c’est tout ce qu’il a fallu

Partie 1

C’était très bien de voir les filles vivantes et en bonne santé, mais il y avait un peu d’inquiétude dans leurs yeux. Shanteya ne m’avait pas quitté et s’était constamment collée à moi comme si elle avait peur que je disparaisse d’une seconde à l’autre. Elle était mignonne comme ça, mais j’espérais que la bataille avec Dankyun ne laisserait pas de cicatrices mentales durables.

Ayuseya était restée calme et recueillie, gardant son image de noble élégante, même si j’avais le sentiment que s’asseoir dans une position de crise n’était pas vraiment confortable. Je me demandais aussi si elle voulait retourner à Teslov maintenant ou rester à mes côtés. En tant que membre de la royauté, ses devoirs et ses objectifs étaient très différents des miens. Mais même ainsi, rien ne m’empêchait d’essayer égoïstement de la garder à mes côtés en tant qu’épouse.

Quant à Nanya, elle ne me regardait même pas. Elle s’était retournée et commençait à réparer son armure. En fait, elle avait changé son armure plutôt révélatrice en une version intégrale, gardant ses « biens » cachés de la vue des autres, et malheureusement les miens aussi. Un de ces jours, cependant, j’allais m’assurer de lui enlever tous ses vêtements doucement et lentement.

« À quoi penses-tu, Illsy ? » demanda Shanteya quand elle remarqua mon sourire pervers qui visait le dos de Nanya.

« Hein ? » J’avais cligné des yeux de surprise et j’avais essuyé ma bave.

« Des trucs pervers, comme d’habitude, » Nanya avait regardé vers moi et m’avait montré un sourire.

« Toi, en vérité... eh oui, en quelque sorte..., » avais-je répondu.

Nanya avait rougi et se retourna immédiatement.

« Pervers..., » chuchota-t-elle.

Je t’ai entendue..., pensai-je.

Un autre moment de silence profond s’était abattu sur nous, avec juste moi regardant d’avant en arrière entre elles. Finalement, c’était Ayuseya qui avait brisé la glace.

« Ahem ! » elle avait toussé, attirant notre attention. « Avec Dankyun parti et l’Académie de magie détruite, qu’allons-nous faire maintenant ? »

J’avais cligné des yeux en raison de la surprise.

« S’il y a un désert à l’extérieur, il y a une chance que nous soyons sur le troisième continent Sorone, » avait dit Nanya.

« Sorone ? » avais-je demandé, surpris.

D’après mes souvenirs, trois grands continents avaient été découverts et peuplés par des humains et d’autres espèces. Ils s’appelaient Thorya, Allasn et Sorone. Bien qu’il n’y avait pas eu beaucoup de restrictions en ce qui concerne les voyages entre les grands continents dans le nord, aller sur le troisième continent avait toujours été un peu difficile. Il y avait quelque chose comme une frontière au milieu de l’océan. Elle était constamment patrouillée par divers navires provenant des royaumes du Sorone, de sorte que son passage ne pouvait se faire qu’à travers les quelques points de contrôle situés près des petites îles entre les continents.

La frontière avait été créée il y a quelques milliers d’années, et depuis lors, la marine combinée du Sorone avait continué à la protéger. Bien sûr, des bateaux de Teslov et de Paramanium s’étaient également joints à la patrouille de temps à autre, mais le résultat final était qu’aucun navire non autorisé ne pouvait le traverser. Cette diligence constante avait rendu les flottes navales du troisième continent incroyablement puissantes, à tel point que même Paramanium n’avait pas essayé de les affronter.

« Oui, le premier continent sur lequel j’ai marché... et où j’ai rencontré Dankyun, » déclara Nanya et avait tiré ses genoux contre sa poitrine.

Les souvenirs que cet endroit avait fait naître ne semblaient pas lui plaire, eh bien... il l’avait laissée pour morte dans un donjon et lui avait volé son épée. Je commençais à regretter de l’avoir laissé en vie, mais je ne doutais pas qu’il serait notre égal la prochaine fois. Le draconien n’avait plus que ses sous-vêtements au milieu de cette forêt. Il y avait aussi la menace avec laquelle je l’avais laissé. Le SSPT allait le dévorer vivant ! MUHAHAHAHAHA ! Ahem... Je veux dire... ouais... ouais...

« En parlant de ce que nous allons faire, pourquoi ne pas explorer cette terre tout en nous entraînant un peu ? Peut-être même qu’on pourrait aller contester quelques donjons, participer en tant qu’aventuriers dans une guilde, vous savez ? Des trucs simples pendant qu’on cherche quelque chose de plus important à faire ? » leur avais-je demandé. J’avais aussi l’intention d’utiliser cette excuse pour trouver des moyens de détruire les Ténèbres en moi.

« Ça a l’air intéressant. D’une certaine façon, je suis excusée quant à mes devoirs de membre de la royauté... Apprendre à se mêler parmi les roturiers pourrait être une bonne idée, » avait dit Ayuseya.

« Tant que je suis avec le Maître, je m’en fiche, » déclara Shanteya, faisant connaître ses pensées à tous.

Maintenant, nous étions tous en train de fixer Nanya. La démone avait poussé un soupir.

« Ça ne me dérange pas non plus..., » déclara-t-elle.

« Bien ! » J’avais souri et j’avais regardé dehors. « Euh, il fait encore nuit, et je n’ai aucune idée de l’heure qu’il est..., » leur avais-je dit.

« Veux-tu aller dormir, Maître ? » demanda Shanteya en me regardant.

« Non, mais je me demandais si je devais vous faire des armures et des épées en attendant que le soleil se lève. » leur avais-je demandé.

« Si tu as toujours la dague que j’ai eue de ces deux-là, ce serait suffisant, » déclara Shanteya.

« Ça et une armure pour te protéger. Porter une tenue de bonne n’est plus nécessaire, mais peut-être une armure en cuir ? » lui avait-je demandé, mais pour une raison quelconque, j’avais l’impression de faire quelque chose de vraiment stupide en niant le plaisir d’habiller ma El’doraw comme une jolie bonne.

« Tant que c’est léger et facile de se mouvoir dedans, cela me convient, » m’avait-elle dit.

« Je n’en ai pas besoin... Je peux faire le mien, » Nanya m’avait refusé le plaisir d’en faire une tenue plus révélatrice.

« Ton épée est là-bas, près du mur, » lui avais-je dit et j’avais enlevé le mur de protection que j’avais placé là pour la garder à l’écart d’éventuels pilleurs chanceux.

Clignant des yeux et surprise, elle tourna la tête et vit l’arme infâme utilisée par Dankyun pour provoquer tant de peur et de terreur. C’était la sienne depuis le tout début, donc je ne voyais aucune raison de ne pas l’emporter avec moi. De plus, si elle avait atterri entre de mauvaises mains, elle aurait probablement causé beaucoup d’ennuis à nouveau.

« Tu la lui as prise ? » me demanda-t-elle en se levant et en s’approchant.

« C’était la tienne depuis le début. Il n’avait pas le droit de la garder, » avais-je haussé les épaules.

Nanya semblait un peu réticente à la ramasser. Sa main s’était retirée au début quand elle avait essayé. Finalement, elle avait fait ce que je ne pouvais pas faire et l’avait absorbée. L’arme avait disparu en un clin d’œil.

« Merci... » dit-elle, puis elle s’était dirigée pour retournée s’asseoir, mais avant ça, elle s’était placée face à moi.

« De rien, mais comment as-tu fait ? Elle ne m’a pas laissé l’absorber..., » lui avais-je dit en clignant des yeux en raison de la surprise.

« Oh ! Mon Père l’a fait pour que personne d’autre que moi ne puisse l’absorber, » elle haussa les épaules avant de s’asseoir à côté d’Ayuseya.

« Vraiment ? Je ne savais pas qu’il y avait une telle option. Je me demande si c’était dérivé de l’enchantement [Pas de Vole], » avais-je dit en me frottant le menton.

« Il y a beaucoup d’enchantements que tu ne connais pas encore, Illsy, beaucoup qui ne peuvent être utilisés que par les nôtres..., » expliqua-t-elle en regardant le feu.

« Je vois... Et aussi, comme note de côté, j’aimais mieux l’armure précédente..., » avais-je dit en regardant directement sa poitrine, qui était recouverte d’une grande plaque de métal.

« Cela s’est avéré plutôt inutile..., » avait dit Nanya alors qu’elle couvrait instinctivement sa poitrine.

« D’une certaine façon..., » avais-je haussé les épaules.

« Alors, je suppose que c’est à moi de demander une arme et une armure. Si possible, quelque chose de discret que je peux porter sous ma robe. Une cotte de mailles, peut-être ? Oh, et une épée comme arme, » demanda Ayuseya.

« Hm, je suppose que c’est raisonnable. Semblable à une longue épée humaine ? » lui avais-je demandé.

« Oui, » répondit-elle d’un simple signe de tête.

« Je reviens tout de suite. Si quelque chose arrive, donnez-moi une gifle ou quelque chose comme ça, » déclarai-je.

J’avais fermé les yeux, puis j’étais entré dans mon esprit intérieur. Là, j’avais commencé à jouer avec l’armure et les armes pour les deux filles. La dague n’était plus là, j’avais oublié de la prendre sur le champ de bataille, alors j’avais dû la refaire.

Grâce aux quelques mois passés à jouer avec la technologie, la fabrication d’une cotte de mailles légère pour Ayuseya et Shanteya avait été un jeu d’enfant. J’avais utilisé l’alliage Inconel pour m’assurer qu’elle était à la fois légère et difficile à casser. Ensuite, j’avais fabriqué les pièces d’armure supplémentaire.

Quand j’avais fini, j’avais les articles suivants prêts pour Ayuseya : une paire de leggings en satin, une cotte de mailles, une ceinture en cuir, des gantelets en métal, des bottes en métal et ma propre épée longue spécialement conçue. Pour Shanteya : un ensemble tout nouveau de poignards dentelé que j’avais conçu, une paire de gants en cuir renforcé par du métal avec des poings en métal, une paire de bottes en cuir avec des semelles en métal, une paire de leggings en satin, une cotte de mailles semblable à celle d’Ayuseya, et une robe de combat d’une seule pièce... Je n’avais aucune idée de comment j’avais fini par faire quelque chose comme ça, mais j’avais fait un pouce en l’air et je l’avais fait passer ainsi.

Après, je n’avais plus qu’à les enchanter. Le livre de Tuberculus expliquait les bases de l’enchantement. En théorie, on pourrait infuser de l’énergie magique dans des objets pour leur donner certaines propriétés. L’astuce était que si vous infusiez trop et trop vite, l’article se briserait.

***

Partie 2

Ce que j’avais appris en m’occupant des pièges et en construisant mon corps, c’est que tous les êtres vivants ainsi que les objets enchantés avaient ces choses appelées « Canaux de Magie » ou « Circuits Magiques », quel que soit le nom que l’on souhaite leur donner. Bien qu’ils semblaient similaires, dans le cas des êtres vivants, ces canaux magiques fonctionnaient à la fois comme un stockage et comme une capacité à manipuler l’énergie magique. Dans le cas des objets, ils avaient agi comme des moyens avec lesquels vous pouviez contrôler la façon dont le mana allait réagir à cet objet, en d’autres termes, en le programmant. Malheureusement, je n’avais aucune idée de la façon dont ils fonctionnaient EXACTEMENT, je n’avais qu’une idée et une sorte de plans de divers dessins complexes de canaux magiques. C’est pourquoi je n’avais pas pu créer ce microcontrôleur magique.

En temps voulu, j’étais certain de découvrir comment cela fonctionnait, mais pour l’instant, j’avais au moins une idée de la façon de faire des enchantements appropriés. Tout ce que j’avais à faire était de copier certains schémas de canaux magiques, de les relier entre eux et de les infuser avec de l’énergie magique pour le démarrer. C’est pourquoi il n’y avait aucune raison pour moi de verser aveuglément de l’énergie magique dans l’objet. En effet, cela pouvait forcer la création d’un certain enchantement, mais c’était aussi la raison principale pour laquelle l’objet infusé avait une chance de se briser en morceaux. L’enchantement était essentiellement l’art de créer un circuit d’énergie magique ou une série de canaux à l’intérieur d’un objet. L’autre partie consistait à programmer la façon dont le mana devait réagir en combinaison avec les propriétés de l’objet.

Théoriquement, si celui qui avait construit l’épée de Nanya savait aussi bien ce genre de choses, alors pas étonnant qu’il eût été capable de créer quelque chose comme ça. Ainsi avec une bonne dose de patience et de pratique, cela pourrait aboutir à la création de quelque chose comme ça. Je n’aurais pas été surpris si Nanya n’avait fait qu’effleurer la surface des capacités de cette arme.

Ainsi, j’avais rendu tous ces objets très durables, assez pour survivre à un combat à part entière entre des aventuriers de rang Suprême. Ils étaient également très résistants aux éléments. Les matériaux les rendaient très légers, donc la seule chose que j’avais à faire était d’enlever une partie de la friction autour des articulations, permettant un mouvement plus facile. L’enchantement [Pas de Vol] avait également été ajouté. Pour leur donner un avantage au combat, j’avais fait rajouté à ces objets des choses comme des améliorations de statistiques. En infusant les vêtements avec du mana, ils pourraient augmenter les statistiques du porteur, jusqu’à 500 points dans chaque catégorie. Pour en faire plus, il faudrait une sorte de contenant de mana. En parlant de cela, j’avais dû me rappeler d’ajouter ces enchantements à mes propres vêtements. Sauf pour l’endurance, j’avais oublié d’ajouter quoi que ce soit d’autre, pour qu’ainsi, un voleur assez habile puisse me laisser les fesses nues au milieu de la rue.

Quant aux armes, en plus de certains de ces enchantements, elles avaient toutes les deux la capacité d’ignorer partiellement l’armure magique, ce qu’il avait fait agir comme de l’huile dans un seau d’eau, ce qui voulait dire que tout viendra de la force de l’utilisateur. Les poignards de Shanteya avaient un enchantement supplémentaire, qui réduisait le son autour d’elle en ralentissant les vibrations de l’air devant elle. Pour l’activer, elle devait le vouloir et y insuffler un peu de mana. En plus de partir en mission furtive, cette capacité était pratiquement inutile au combat, mais dans la main de Shanteya, elle pouvait s’avérer assez mortelle.

L’arme d’Ayuseya pouvait faire monter la température autour d’elle au point où elle pouvait faire fondre l’acier. Elle n’allait pas prendre feu, mais ce n’en était pas loin non plus. Cela consommait un peu d’énergie magique, mais ce n’était pas comme si elle avait un tas de sorts sur lesquels elle pouvait l’utiliser en premier lieu.

Une fois que j’étais satisfait de tout cela, j’étais sorti de mon esprit intérieur et je m’étais préparé à les offrir, mais j’avais trouvé Ayuseya reposant sa tête sur mon épaule gauche et dormant paisiblement, Shanteya dormant sur mes genoux et Nanya couchée devant le feu. Tout le monde dormait à poings fermés.

« Combien de temps suis-je resté là-dedans ? » avais-je murmuré, vu que j’avais réussi à oublier le temps à nouveau.

À en juger par la lumière qui se glissait à l’intérieur de cette pièce, le soleil était sur le point de se lever. Les filles étaient probablement fatiguées, ou peut-être que leurs horloges internes essayaient de s’adapter au changement soudain de la position globale et du temps écoulé.

Avec un soupir, j’avais fermé les yeux et je m’étais aussi endormi. Un peu de repos ne sonnait pas si mal, d’ailleurs, tout le reste était déjà préparé. Il ne me restait plus qu’à leur offrir les armures et les armes.

Le matin était venu avec un câlin et un baiser. J’avais ouvert les yeux et j’avais vu Shanteya me prendre par surprise avec ses douces lèvres. L’El’Doraw savait comment travailler avec sa langue, et je l’avais prise dans ma douce étreinte, mais avant d’aller plus loin, j’avais vu une paire d’yeux noirs m’accuser d’un crime odieux dont je n’étais même pas au courant.

« Tu aimes ça, n’est-ce pas ? » Nanya m’avait demandé ça.

« Mmhhmm..., » avais-je répondu en terminant mon baiser avec Shanteya.

« Puhaaaa~ ! » dit l’El’Doraw avec un joli rougissement.

« Euh... Je peux expliquer..., » avais-je dit à Nanya.

Elle n’arrêtait pas de me regarder dans les yeux.

« Illsy ? » demanda Ayuseya.

Tourner ma tête vers elle avait été à la fois une mauvaise et une bonne idée parce qu’elle m’avait aussi offert un baiser. Je venais de me faire agresser par deux charmantes femmes avant même d’avoir eu la chance de me réveiller correctement. En regardant Nanya, je pouvais voir qu’elle ne l’avait pas vu venir.

« Toi aussi ? » demanda-t-elle à la princesse.

« Mmm... Merci, » dit la draconienne avec un doux sourire après s’être retirée.

« Euh... eh... ouais..., » avais-je réussi à dire.

Eh bien, une chose était certaine, la draconienne et l’El’Doraw n’hésitaient plus à m’embrasser. Ayuseya m’avait surpris sur ce point, mais j’étais habitué à Shanteya. Quand même, c’était différent que quand je l’avais fait dans l’esprit intérieur, c’était plus... agréable. La sensation de la réalité offrait cette épice supplémentaire dont on avait besoin pour l’améliorer, ou peut-être que je l’imaginais depuis si longtemps que je ne les avais pas embrassés pour la dernière fois.

« Nanya, ma chère, je ne vois rien de mal à embrasser mon mari, » déclara la princesse draconienne en lui montrant un petit sourire.

« Ce n’est pas mal, mais..., » elle rougissait et regardait ailleurs. « Pourtant, je... » elle voulait dire quelque chose, mais s’était arrêtée et s’était retournée, sa queue fouettait dans les airs « Arg, fais ce que tu veux ! »

Je ne savais pas si elle était juste jalouse ou si quelque chose la dérangeait. Mes tripes me disaient qu’elle avait quelque chose en tête, qu’elle n’était pas encore prête à révéler. Cependant, je ne pouvais que me demander la raison. Avec tout ce qui s’était passé dernièrement, j’avais deviné qu’elles me voyaient toutes avec des yeux différents. Shanteya était plus attachée à moi et Ayuseya plus audacieuse.

Avec un soupir qui s’échappait de mes lèvres, j’avais juste tiré la draconienne et El’Doraw dans une étreinte et je les avais embrassées toutes les deux sur leurs joues. Quant à Nanya, après avoir été libéré de leur emprise, je m’étais rapproché d’elle.

En lui tapotant doucement la tête, je lui avais demandé : « Nanya, es-tu bouleversée par quelque chose ? Nanya, veux-tu une gâterie ? »

« GRR ! » La femme avait grogné et m’avait sauté dessus, me poussant vers le sol et m’épinglant les bras à côté de ma tête.

« Mais tu étais si mignonne, » avais-je tiré la langue vers elle.

« Grrr ! » elle grogna de nouveau avec un rougissement rose sur les joues, tandis que sa queue se balançait à gauche et à droite.

Même avec toute cette armure sur elle, je sentais à peine son poids sur moi.

« Allez, je plaisante ! » avais-je ri.

Le grognement s’était arrêté. Elle avait baissé les yeux un instant et s’était retirée loin de moi. Maintenant, je devenais un peu triste.

« Idiot..., » dit-elle en marchant dehors.

Cela m’avait laissé là pour simplement fixer la porte, pendant que mon cerveau essayait de comprendre ce qui venait de se passer. Même Shanteya semblait un peu confuse à propos de son geste soudain, mais Ayuseya riait tout simplement.

« Je ne comprends pas..., » avais-je dit en levant les bras en l’air.

« Laisse-la faire, » dit Ayuseya.

En soupirant, j’avais décidé d’arrêter d’essayer de comprendre ce qui venait de se passer. Cela ne servait à rien de faire agir mon cerveau sur quelque chose que je n’arrivais pas à comprendre avec les variables données. Je m’étais plutôt concentré sur les objets que j’avais créés pour Ayuseya et Shanteya et je leur avais expliqué ce que chacun des objets pouvait faire. Après, elles les avaient mises... juste devant moi.

Je... erm... l’ermite intérieur approuve ! avais-je pensé que pendant que je faisais un coup de pouce mental.

Après qu’elles aient fini de s’équiper, nous étions sortis.

« Maître, as-tu de la fièvre ? » demanda Shanteya en voyant mes joues rouges.

« Non, c’est juste une réaction naturelle..., » répondis-je en secouant la tête.

Nanya était à l’extérieur, sur la formation de pierre à côté de notre petite maison.

« Vois-tu quelque chose de là-haut ? » avais-je demandé.

« Oui... Je crois que je vois quelque chose au loin. Cela ressemble à une sorte de temple, mais je ne suis pas sûre..., » répondit-elle, tandis qu’elle regardait avec un front plissé ce qui se trouvait plus loin.

« Laisse-moi voir..., » avais-je dit et j’avais sauté à côté d’elle.

En regardant dans cette direction, j’avais vu la formation qu’elle avait mentionnée, mais je pourrais jurer que je n’avais pas vu cette chose quand je m’étais téléporté pour la première fois dans ce désert. Avait-il été formé au cours des sept derniers mois ?

En y pensant, une pensée m’avait soudain frappé.

« Serait-ce un donjon ? » avais-je demandé.

« Peut-être... » répondit Nanya avec un signe de tête.

En retournant au niveau du sol, j’avais dit à Shanteya et Ayuseya « Les filles ! On va contester un Donjon ! »

J’étais excité par cette tournure soudaine des événements, et j’avais un grand sourire heureux sur mon visage.

« N’est-ce pas un peu trop rapide ? Quel niveau es-tu ? » demanda Nanya après être arrivée à côté de moi.

« Bah, qui s’en soucie ? » avais-je haussé les épaules.

Depuis que j’avais eu mon corps, je n’avais pas pris la peine de vérifier mon statut parce que je savais que je n’allais pas gagner plus de points de compétence. Les attributs étaient plus intéressants, mais à moins que j’aie quelque chose à ajouter, il n’y avait aucune raison de le faire maintenant.

« Soupir. Tu as vaincu Dankyun, donc quelques niveaux ne devraient pas faire mal. Peut-être que nous pouvons aussi découvrir où nous sommes, » avait dit Nanya en commençant à étirer ses bras et ses jambes.

« Alors, allons-y ! » avais-je dit avec un sourire quand j’avais pointé du doigt vers l’entrée présumée du donjon.

Nous avions commencé à marcher dans cette direction, avec Nanya en tête et les deux autres filles derrière moi. Après environ cinq minutes d’échauffement, nous avions commencé à courir et grâce à nos incroyables statistiques, nous avions rapidement atteint des vitesses élevées de plus de 100 km/h, bien que j’avais été encore plus surpris par la façon dont Ayuseya pouvait courir avec sa robe. D’un autre côté, la robe de Shanteya lui allait très bien.

Après une dizaine de minutes de course constante, nous avions finalement atteint l’entrée. Il n’avait qu’une seule entrée en pierre, avec de grands piliers décorés ouvrant un chemin sombre vers un labyrinthe inconnu.

« Cool ! » avais-je dit à voix haute.

« La température est bonne..., » déclara Nanya en clignant des yeux de surprise.

J’avais ignoré le commentaire et je m’étais approché de l’entrée.

« Attends ! » avait déclaré la démone.

« Quoi ? » avais-je demandé en la regardant en réaction.

« As-tu une arme ? » m’avait-elle demandé.

En levant la main, je l’avais pointée vers l’extrémité de la formation de pierre d’où nous étions venus et j’avais tiré un seul tir laser de faible puissance. Le faisceau rouge avait traversé l’air et avait frappé la cible en un clin d’œil. Un petit morceau était tombé au sol.

« Ça ira, » déclara Nanya, surprise.

Avec un grand sourire, je m’étais retourné et m’étais dirigé vers l’entrée. Dès que j’avais fait mon premier pas, j’avais reçu les messages suivants :

[Attention ! Vous êtes entré dans un Territoire de Donjon ennemi !]

[Cœur de Donjon Normal Détecté : Niveau 102]

[Le Territoire de Donjon est attaqué] <Le Territoire de Donjon de l’ennemi est plus faible que le vôtre.>

[Le Territoire de Donjon de l’ennemi a été brisé]

[Cœur de Donjon Normal a été détruit]

[Votre niveau a augmenté]

J’avais cligné des yeux et j’avais regardé les messages.

« Quoi ? N’y a-t-il donc pas de donjon ici ? » demanda Nanya, surprise en me dépassant.

« Non... il y en avait un... mais je l’ai détruit... en faisant un pas dans l’entrée, » lui avais-je répondu, en essayant de ne pas pleurer.

Mon grand rêve de contester un donjon s’était envolé.

« La domination des donjons ? Pourquoi as-tu utilisé ça ? Je pensais que tu voulais aller l’explorer ? » demanda Nanya en plissant ses sourcils.

J’avais gémi, puis j’avais soupiré et je m’étais mis à genoux.

« COMMENT ÉTAIS-JE CENSÉ SAVOIR QUE JE PEUX DÉTRUIRE UN DONJON EN FAISANT UN PAS À L’INTÉRIEUR ! » avais-je crié en pleurant.

***

Chapitre 42 : Un goût de melons et de pommes.

Partie 1

Pendant que les filles entraient dans le donjon pour tuer tous les monstres, j’étais resté dehors et j’avais boudé sur le fait que j’avais détruit un donjon si facilement. J’avais littéralement fait un pas à l’intérieur, et le donjon avait disparu. Le problème, c’était que je n’avais aucune idée de ce qui s’était passé... Est-ce que j’étais si fort qu’il avait simplement eu une crise cardiaque ? En premier lieu, est-ce qu’un donjon dans son corps de cristal pouvait même avoir des crises cardiaques ?

Quoi qu’il en soit, je n’étais pas du tout heureux. C’était censé être mon premier affrontement de Donjon avec un groupe comprenant Shanteya, Nanya, Ayuseya et moi. C’était censé être rempli d’actions et de divers moments de combats intenses. Nos sentiments et notre confiance étaient censés s’épanouir au fur et à mesure que nous conquérions étage après étage.

« Soupir... C’est peut-être pour ça que les autres Donjons rendent leurs premiers étages si ridiculement faciles ? Ce n’est pas pour entraîner les aventuriers, mais pour les voir approfondir leurs liens, les voir lutter... C’est leur version du divertissement ! » avais-je poussé un autre soupir alors que je faisais des cercles dans le sable.

« Qu’est-ce que tu fais à bouder ? » demanda Nanya en me tapotant sur la tête.

« Je ne m’attendais pas à détruire le donjon si facilement... », m’étais-je plaint.

« Tu ne sais pas, n’est-ce pas ? » m’avait-elle demandé et elle s’était assise à côté de moi.

En tournant mon regard vers elle, je l’avais vue arranger un peu ses longs cheveux noirs et retirer quelques toiles d’araignée.

« Je sais quoi ? » demandai-je.

« Eh bien..., » elle m’avait regardé après ça et avait incliné sa tête vers la gauche « Quelle est la taille de ton Territoire de Donjon ? »

« Euh... » J’avais pointé ma paume vers un point situé à 1,5 mètre de moi et j’avais tiré sur un court rayon laser. Le sable avait immédiatement fondu et avait formé un petit trou de verre. « Pas si gros que ça. Ça s’arrête là. »

De mon point de vue, c’était une question plutôt étrange à poser, et je n’avais aucune idée de ce que cela avait à voir avec la destruction d’un donjon normal.

« Quelle est la taille de mon Territoire de Donjon ? » me demanda-t-elle en se montrant du doigt.

« Euh ? Je ne peux pas le dire..., » avais-je répondu en secouant la tête.

« Essaie de te concentrer un peu, » m’avait-elle demandé.

N’ayant rien d’autre à faire, j’avais fermé les yeux et scanné la zone à l’intérieur de mon Territoire de Donjon, mais je n’avais pas pu en détecter un autre. C’était étrange parce que d’après ses paroles, elle me disait qu’elle en avait un.

« Je ne peux vraiment pas dire..., » j’avais secoué la tête dans la défaite.

« Ça commence au centre de mon corps et s’étend avec un rayon de deux centimètres autour de lui, » annonça-t-elle en souriant.

« Quoi ? » J’avais plissé les yeux vers elle et j’avais regardé sa poitrine. « Je ne peux pas le voir... », lui avais-je dit.

« Tu ne peux pas. Ton Territoire de Donjon détecte mon corps en premier et en fait une priorité. Mais regarde, je vais élargir un peu mon territoire. Un message devrait apparaître pour toi, » m’avait-elle dit et c’était exactement ce que cela avait fait.

[Territoire de Donjon ami détecté. Propriétaire : Nanya Demonarkiar la 2e].

Le sentiment que j’avais obtenu vis-à-vis d’elle après qu’elle l’ait fait ça était similaire à la détection d’une autre présence à l’intérieur de mon Territoire de Donjon et en même temps, j’avais le fait que cette zone était bloquée et hors de mon influence. Si je devais deviner un peu plus, je ne pourrais pas construire à l’intérieur de son territoire sans sa permission, mais instinctivement, je savais que j’avais deux options pour « reprendre » cette zone. C’était soit en briser son Territoire de Donjon, soit l’absorber dans le mien.

« Qu’est-ce que cela veut dire ? » avais-je demandé en agitant la main à travers son territoire.

« Hehe ! » elle avait ri.

« Veux-tu bien me l’expliquer ? » demandai-je.

« Eh bien, les Donjons ont deux façons de se battre..., » elle avait rétracté son Territoire de Donjon puis elle avait croisé les jambes et avait regardé un nuage qui passait. « La première est l’expansion de leur Territoire de Donjon. Si c’est plus puissant que celui de l’ennemi, alors leur Territoire de Donjon serait brisé, mais si c’est l’inverse, eh bien... tu as vu ce qui s’est passé. C’est très risqué. Pour un donjon humanoïde comme nous, l’éclatement de notre territoire de donjons ne fait que nous neutraliser et nous affaiblir gravement pendant un court instant. C’est similaire au lancement d’un malus paralysant, » expliqua-t-elle.

« Quand Dankyun t’a poignardé avec cette épée... il l’a fait ? » avais-je demandé en regardant le cercle que j’avais dessiné dans le sable.

« Oui, il a brisé mon Territoire de Donjon avec mon épée. Eh bien, pour un cœur de donjon, l’effet est bien pire... Tout leur corps de cristal se brise à la suite de la perte de leur Territoire de Donjon. Contrairement à nous, qui avons une paire de poumons pour respirer, ils ne respirent pas... Le Territoire de Donjon est semblable à certains de leurs organes internes ainsi qu’au stockage et générateur de mana, » avait-elle expliqué, puis elle m’avait regardé.

« Je ne savais pas que... en fait, je savais que c’était un générateur et du stockage, mais je ne savais pas pour les organes internes, » j’avais cligné des yeux, surpris et je m’étais retourné vers elle. « Donc les deux méthodes de combat d’un autre donjon sont soi à travers le Territoire de Donjon, ce qui est le plus dangereux si tu ne connais pas exactement la force du Territoire de Donjon de l’ennemi, et l’autre de le cacher et d’aller à l’intérieur comme un aventurier normal ? » avais-je demandé.

« Exactement !, » elle hocha la tête et sourit.

« Merci, mais c’est quand même frustrant de savoir que j’ai vaincu ce Donjon si facilement, » avais-je dit en riant.

« Ça aurait été une longue et ennuyeuse excursion de donjons. La plupart des étages sont des étages naturels où diverses bêtes et monstres ont créé des nids. Je m’ennuyais après le deuxième étage, alors j’ai donné un coup de poing pour descendre, » expliqua-t-elle.

« Des trésors ? » avais-je demandé en plissant les sourcils.

« Un tas d’objets de mauvaise qualité, mais rien d’autre, » elle secoua la tête.

« Où sont Ayuseya et Shanteya ? » avais-je demandé et j’avais regardé autour de moi.

« Shanteya pensait que ce serait une bonne occasion d’aider Ayuseya à apprendre à affronter des monstres. Elles s’entraînent sur certaines des zones remplies de monstres du 78e étage. J’ai rassemblé la plus grande partie du butin et les restes du cœur de donjon au 96e étage. Elles valent un bon prix, quel que soit l’endroit où nous les vendons, » dit-elle en souriant.

« C’est comme ça que Tuberculus a eu ses morceaux de cœur de donjon ! » avais-je demandé en frappant ma paume avec mon poing.

« Et devine qui a passé des heures et des heures à regarder dans tous les marchés de là où nous allions ? » elle avait croisé les bras sur sa poitrine et avait poussé un petit grognement.

D’après ce que j’avais entendu, ce n’était pas un souvenir très agréable pour elle.

« Toi ? » avais-je demandé en plissant mon front.

« Ouais ! De toute façon, je vais faire un peu de reconnaissance. Pendant ce temps, tu..., » elle m’avait regardé, et nos yeux s’étaient rencontrés. Elle avait dégluti et avait rougi. « Tu fais ce que tu veux, j’irai en éclaireur, » puis elle avait couru plus loin.

Elle agit un peu bizarrement..., avais-je pensé qu’en la voyant s’enfuir ou plutôt sauter par-dessus les dunes de sable d’un seul coup.

Techniquement parlant, elle était vraiment très forte, et cela même sans ses améliorions habituels. En fait, toutes ses statistiques dépassaient les 1000 la dernière fois que j’avais vérifié. Elles étaient folles !

Avec un soupir qui s’échappait de mes lèvres, je m’étais levé et j’avais décidé de jeter un coup d’œil à l’intérieur du donjon que j’avais si facilement vaincu.

« Comment étais-je censé savoir pour Le Territoire de Donjon ? » avais-je un peu grogné quand j’avais mis mes mains dans mes poches et donné un coup de pied dans une pierre à l’entrée.

Grâce à ma force ridicule, le rocher était simplement passé à travers le mur comme une balle tirée d’un fusil antimatériel. J’avais laissé sortir un autre gémissement et j’étais descendu dans les escaliers.

Le premier étage était essentiellement rempli des restes de quelques rats, et c’était à peu près tout. Je ne savais pas si la mousse sur les murs avait quelque chose à voir avec l’écosystème d’ici, alors j’avais continué à marcher plus profondément. L’étage suivant était jonché de restes de rats. Certains étaient plus gros que les autres. Il y avait un squelette humain dans un coin, et j’avais louché des yeux.

Quelqu’un est mort ici ? m’étais-je demandé, puis je m’étais approché.

Les os présentaient des marques de mastication des rats. Ils l’avaient dépouillé de toute sorte de chair. Je n’avais aucune idée de l’odeur, car pour faire bonne mesure, j’avais désactivé mon odorat dès que j’avais vu des corps de rats.

En continuant, les dix étages suivants étaient pour la plupart identiques dans la conception : un chemin droit à travers quelques pièces remplies de divers monstres. L’endroit ressemblait à une grotte naturelle pour la plupart, pas de portes, de pièges, de murs de briques ou d’autres choses de ce genre.

Au onzième étage, les murs étaient devenus plus lisses et les monstres s’étaient transformés en quelques diablotins de bas niveau. L’un d’entre eux avait été enfoncé dans le plafond, ce qui m’amenait à me demander si c’était un acte de Nanya ou d’Ayuseya. À noter que deux individus étaient morts en tenant une botte.

C’est compris ! L’amour des bottes est une caractéristique générale de l’espèce des diablotins..., avais-je pensé en regardant les petits monstres.

***

Partie 2

Avec un soupir qui s’échappa de mes lèvres, je m’étais approché de l’extrémité de cet étage. C’est là que j’avais vu un gros trou dans le sol.

« Hm, le raccourci de Nanya ? » m’étais-je demandé à voix haute et j’avais sauté dedans. 

Après avoir jeté un coup d’œil au niveau suivant, j’avais sauté par le trou suivant et ainsi de suite jusqu’à ce que je vois quelque chose de différent.

Au 25e étage, les premiers murs de briques étaient apparus, et un Minotaure de bas niveau avait été coupé en deux. Je parierais deux pépites d’or que c’était Ayuseya qui l’avait fait. Mais il n’y avait rien d’autre intéressant ici, alors j’avais continué mon voyage vers le bas.

Le premier piège que j’avais vu était au 31e étage. C’était un piège à pointes et un piège simple. L’endroit était rempli de diablotins et de corps de loups coupés en morceaux. D’après ce que j’avais vu jusqu’à présent, ce n’était pas étonnant que Nanya et les autres pensaient que mon donjon était un peu dur. Apparemment, la plupart des donjons se concentraient sur les combats avec des monstres, et pas sur les pièges comme je l’avais fait.

Est-ce peut-être pour ça que j’ai perdu contre Dankyun ? m’étais-je demandé en me grattant l’arrière de la tête.

J’avais haussé les épaules et j’avais continué. La prochaine fois que j’irai construire un donjon, j’allais m’assurer d’avoir un nombre égal de pièges et de monstres.

Et une bombe nucléaire... J’ai besoin d’une bombe nucléaire, pensais-je en sautant à l’étage suivant.

La complexité des étages du donjon augmentait plus nous arrivions profondément, mais les matériaux à partir desquels il avait été construit semblaient proportionnels aux matériaux trouvés à cette profondeur. Il ne semblait pas y avoir un riche gisement de fer par ici parce que le piège a pointes au-dessus et les armes des monstres étaient tous faits de cuivre et d’étain. D’autre part, les étages étaient aussi de plus en plus grands, mais même pas aussi grands de ce que j’avais au deuxième étage.

Au 79e étage, j’avais trouvé les filles.

« Vous avez bien agi, Ayuseya, » dit Shanteya, qui se tenait derrière et regardait les attaques de la princesse draconienne contre un Minotaure furieux.

J’avais plissé les sourcils et j’avais eu pitié du pauvre monstre qui essayait de porter un coup à ma femme. Mais avec ses statistiques, cela aurait été plutôt ridicule si cela avait été possible.

« Comment ça se passe ? » leur avais-je demandé en les approchant.

« Maître ! Quelle surprise ! Avez-vous fini de pleurer ? » me demanda Shanteya avec un sourire chaleureux.

Ces mots m’avaient poignardé en plein cœur, et je voulais me plaindre et prouver que je n’étais pas à blâmer, mais cela me mettrait très probablement dans une mauvaise position. Lâchant ma fierté, j’avais décidé de forcer un sourire et de hocher la tête une fois. J’avais admis ma défaite...

« Illsy ? » Ayuseya avait détourné le regard de son combat.

C’était un mouvement très peu inspiré. Le Minotaure l’avait vu comme une ouverture et l’avait attaquée. Il n’avait fallu qu’une fraction de seconde à la draconienne pour se rendre compte du danger, mais ce qu’elle avait fait par la suite était tout à fait ridicule.

« KYA ! » elle avait crié, brisant presque mes tympans.

Soulevant sa main, elle avait libéré une boule de feu d’un mètre de diamètre qui avait simplement nettoyé le couloir de tous les monstres restants. Celui contre lequel elle se battait n’était plus qu’un tas de cendres sur le sol. Quant à la boule de feu elle-même, elle avait atteint l’extrémité du couloir et avait explosé, répandant des flammes sur la moitié de l’étage.

« Joli feu d’artifice. Depuis quand peux-tu faire ça ? » avais-je demandé en plissant les sourcils.

Ayuseya regardait avec surprise le désastre qu’elle avait créé, tandis que je créais un mur devant elle, pour empêcher les vapeurs toxiques de venir et de bloquer notre vue.

« Je ne sais pas... Je n’aurais jamais cru pouvoir jeter ce sort... Euh..., » dit-elle un peu abasourdie.

Je me demande si c’est à cause de mes réparations effectuées sur ces canaux magiques, pensais-je en la regardant.

En lui tapotant la tête, j’avais souri et je lui avais dit. « Ne t’inquiète pas, retournons à la surface pour l’instant. »

« Très bien..., » répondit-elle en regardant sa main alors qu’elle se refermait et ouvrait son poing.

Par curiosité, j’avais jeté un coup d’œil à ses statistiques.

 

[Nom] : Ayuseya Drekar Pleyades

[Espèce] : Hybride de Draconien et Vrai Dragon

[Race] : Or

[Niveau] : 68

[Force] : 405 +1382,5

[Agilité] : 308 +1314,6

[Intelligence] : 416 +1505

[Mana] : 11 605 +11 025

[Régénération de Mana] : 15 +105 points par seconde.

[Lien de Confiance] : <70 %> Changement ? O/N

[Points de statistiques disponibles] : 0

[Compétences] > Énumérer toutes les compétences ? O/N

[Points de compétences disponibles] : 0

[Allégeance] : Omniak Drekar Gladarash, Dieu des anciens dragons.

[Conjoints] : Illsyore

[Esclaves] : Aucun

[Animaux] : Aucun

[Larbin] : Aucun

 

J’avais louché des yeux sur la valeur de Mana et de Régénération de Mana ainsi que sur toutes ces autres statistiques. Elle était probablement aussi forte ou même plus forte que Nanya. Certaines de ces valeurs étaient aussi clairement différentes de ce que j’avais vu à l’époque, quand j’étais encore dans mon corps de cristal. Une chose intéressante à propos des valeurs était le fait qu’elle avait gagné 2000 points de mana et 15 points de régénération de mana suite à la réparation de ses canaux magiques. C’était bien, mais en même temps, cela signifiait que Nanya et Shanteya avaient probablement connu des changements similaires.

Après être sortis du donjon, nous avions trouvé la démone qui nous attendait en mangeant ce qui ressemblait à un fruit rouge. Elle en avait lancé un à chacun de nous. Je l’avais pris dans une main et l’avais reniflé, malheureusement, j’avais oublié de desceller mon odorat.

« Où as-tu eu ça ? » lui avais-je demandé.

« Il y a quelques arbres qui poussent là-bas. J’en ai absorbé quelqu’un parce que j’aime ce fruit. » M'avait-elle répondu « Garupa », puis elle avait pris une autre bouchée du fruit.

Curieux, j’avais décidé d’utiliser mes papilles pour la première fois dans ce monde. J’avais ouvert mon nez et j’en ai pris une bouchée. Le goût était exquis, sucré, et cela me rappelait légèrement des pommes et des melons. Un combo bizarre, mais cela avait un bon goût.

« Une chance de trouver un coin pour loger ? » avais-je demandé.

« Une petite ville là-bas. Un village dans cette direction. Et un camp de bandits là-bas, » Nanya les désigna tous les trois.

« Camp de bandits ? » lui avais-je demandé, en plissant les sourcils.

« Débutant et intermédiaire, pas de quoi s’inquiéter, » elle haussa les épaules.

« Très bien, alors allons en ville. Ce sera la première fois que j’y entrerai, et je suis curieux de savoir ce que je verrai et quel genre de personnes je rencontrerai là-bas, » avais-je dit avec un sourire sur mon visage.

« Ça m’a l’air bien, » avait dit Ayuseya.

« J’irai là où le Maître veut aller, » confirma Shanteya.

« Argh... laissez-moi d’abord faire une bague d’illusion ou quelque chose comme ça, » Nanya se plaignait en regardant son armure toute griffue.

Encore une fois, la démone commençait à agir bizarrement. Je ne voyais pas pourquoi elle avait besoin de cacher son apparence, elle n’était pas répugnante ou quoi que ce soit du genre. Le charme d’adolescente avait été remplacé par le charme adulte. D’un point de vue physique, elle était très sexy et séduisante, du moins à mes yeux. D’une façon ou d’une autre, il se passait quelque chose, et d’une façon ou d’une autre, j’avais l’intention de le découvrir.

Jusque-là, cependant, nous devions atteindre la ville et nous inscrire auprès de la guilde de l’Aventurier ! En parlant de cela, j’avais fait une petite note à moi-même pour en intégrer une dans ma future Académie de Magie.

J’ai besoin de quelques professeurs femmes-chats... et d’une infirmière femmes-renardes. Oui, dans tous les cas, une infirmière renarde ! avais-je pensé en marchant à côté de Nanya et en regardant les fesses oscillantes d’Ayuseya. Après tout, un homme devait mettre de l’ordre dans ses priorités.

***

[Point de vue de Nanya]

Nous nous dirigions vers une petite ville au bord de ce désert. Il y avait une guilde d’aventuriers, mais je n’avais pas vraiment envie de la rejoindre. Il ne restait que de mauvais souvenirs de la dernière fois que j’en faisais partie. Mais encore une fois, il était très douteux qu’ils aient encore mon ancienne carte de membre.

Avec un soupir qui s’échappait de mes lèvres, je levai les yeux vers Illsy. Il souriait comme un idiot à propos de quelque chose. En suivant son regard, je l’avais vu qu’il regardait les fesses d’Ayuseya.

Ma joue droite avait tremblé. Je n’aimais pas ça. Contrairement aux deux autres femmes de notre groupe, j’avais le moins de points positifs avec lui. Mais ce n’était pas le problème... En effet, peu importe comment je la regardais, la princesse draconienne avait l’air digne d’une noble et le corps pour influencer l’esprit de n’importe quel homme, tandis que Shanteya avait... l’expérience... D’un autre côté, j’étais une démone, un donjon, toujours en colère contre lui, toujours en train de faire une farce ou quelque chose du genre... Je doutais que ces choses le dérangeassent, mais elles me dérangeaient.

Argh ! Parfois, j’ai l’impression de me tirer des balles dans le pied ! avais-je pleuré dans mon esprit.

Illsy avait encore les yeux collés sur les fesses d’Ayuseya. Je lui avais jeté un regard noir, mais c’était Shanteya qui m’avait remarquée. Elle avait gloussé et m’avait fait un sourire.

Mes joues s’étaient enflammées et j’avais vite détourné les yeux.

Ce n’est pas ce que tu penses ! Ce n’est pas le cas ! lui avais-je répondu dans ma tête, mais de qui je me moque ?

Cette femme pourrait me lire comme un livre parce que j’avais baissé ma garde.

Illsy, espèce d’idiot ! C’est ta faute ! Ça doit l’être ! m’étais-je plaint dans mon esprit comme une enfant.

Pour me vider la tête, j’avais commencé à faire un petit anneau d’illusions. Mon ancienne forme était assez belle, mais un peu petite, cet enchantement devait me cacher entièrement. Pour l’instant, se débarrasser des dents pointues, de la queue pointue, des griffes, des cheveux foncés et des yeux, tout ce qui laisse même entrevoir la possibilité que je sois une démone. Mais encore une fois, Illsy était le plus étrange avec ses yeux vert émeraude et ses cheveux vert jade, mais il était plutôt mignon et beau...

J’avais rapidement secoué la tête.

Non ! Non ! Non ! Non ! D’abord la bague, ensuite tu pourras penser à quel point Illsy est charmant ! Arg... non, ce n’est pas ce à quoi je veux penser... stupide cerveau ! m’étais-je encore plainte.

C’était devenu un peu incontrôlable... très rapidement.

***

Chapitre 43 : L’attaque surprise de Nanya !

Partie 1

Ce qu’il y avait de bien avec une agilité de plus de 1000, c’est que nous pouvions facilement nous déplacer sans avoir besoin d’utiliser un chariot, un cheval ou une voiture. Cette dernière avait encore besoin d’un peu de bricolage pour être réalisée. Quoi qu’il en soit, nous courions dans le désert à plus ou moins 100 km/h. Nous pouvions aller beaucoup plus vite que cela, mais nous n’étions pas pressés, et je voulais le faire en regardant les fesses d’Ayuseya ! Malheureusement, la cotte de mailles que je lui avais donnée avait la capacité étrange d’empêcher sa poitrine de trop rebondir. En fait, elle l’avait à peine fait, ce qui était le gros problème.

Arg ! Moi et mon attention aux détails inutiles..., avais-je grogné dans mon esprit.

Finalement, nous avions atteint ce qui semblait être le début d’une zone rocheuse, puis nous avions continué pendant quelques kilomètres sur une prairie. Ma connaissance sur la géographie manquait un peu de ce côté-là, mais le désert semblait plutôt petit, ou peut-être que nous avions juste atterri près de son bord. De toute façon, après quelques kilomètres de plus, nous étions finalement entrés dans des bois. Moins de cinq minutes plus tard, la petite ville était apparue.

« C’est assez loin en vérité, comment as-tu pu le trouver si vite ? » avais-je demandé à Nanya.

« Je ne l’ai pas fait. J’ai trouvé un bandit qui pensait que je serais facile à vaincre. Je l’ai un peu frappé, et il a eu la gentillesse de signaler les quelques colonies qu’il connaissait, » expliqua-t-elle en haussant les épaules.

« C’est donc pour ça que tu as parlé du camp de bandits ? J’ai trouvé un peu étrange que tu en aies trouvé un..., » lui avais-je dit, puis j’avais soupiré.

« Ouaip ! » elle avait souri.

« Alors comment connaissais-tu leurs rangs ? » demanda Shanteya en plissant les sourcils.

« Il se vantait qu’ils étaient des intermédiaires et qu’ils m’auraient un jour ou l’autre, » répondit-elle.

« Uh-huh. Y a-t-il une chance qu’on soit bientôt pris en embuscade ? » avais-je demandé.

« As-tu peur d’une bande d’Intermédiaires ? » Elle répondit comme si quelque chose d’impossible était normal.

« Soupir... Eh bien, comment va-t-on alors approcher de cet endroit ? Y va-t-on sans rien faire d’autre ? » avais-je demandé.

« Non, d’abord je vais faire ça ! » déclara Nanya avec un grand sourire en mettant une bague à son doigt griffé.

En fait, la bague avait disparu à l’intérieur de son armure, puisqu’elle la portait par-dessus sa main. Je n’avais pas vraiment eu l’inspiration de déshabiller les filles pour vérifier correctement leurs trois tailles à des fins de recherche et de construction d’armure. Oui ! Armure ! Mais oui... Je ne l’avais pas fait, et je l’avais en quelque sorte regretté par la suite.

La féroce et imposante Nanya s’était transformée en une personne complètement différente. Maintenant avec des cheveux blonds qui s’étendaient jusqu’aux hanches, une armure pas si pointue et encombrante, pas de queue, et le plus important : pas de griffes. La démone était devenue 100 % humaine, du moins à l’extérieur.

« WÔW ! » avais-je dit, surpris.

« De quoi j’ai l’air ? » demanda-t-elle en faisant une pirouette.

« Peut-être que je suis étrange, mais je pense que je préfère la vraie version, » avais-je répondu en inclinant la tête.

Elle avait rougi et elle se retourna.

« C’est juste un déguisement..., » elle avait parlé avec une pointe claire d’embarras dans le ton de sa voix.

« Elle est belle et mignonne aussi ! » Ayuseya l’avait complimentée.

« En effet, » Shanteya était également d’accord et elle le montrait d’un signe de tête.

« Alors, allons-y ! » J’avais souri et j’avais marché devant elles.

Nous avions été accueillis à la porte par deux guerriers humains portant des armures de plaques épaisses. Leurs armes étaient de grosses haches avec des poignées épaisses. Je m’attendais franchement à deux soldats portant une lance, des armures en cuir, pas à ces deux guerriers féroces. Ils étaient en quelque sorte intimidants.

« Bonne journée ! » avais-je amorcé la conversation.

« Bonjour ! Avez-vous travail utile dans ville ? » dit-il soudain.

« Dire quoi maintenant ? » J’avais cligné des yeux quand je l’avais entendu.

En secouant la tête, j’avais regardé vers les filles, mais elles ne semblaient pas être dérangées par le massacre soudain de la langue parlée.

Peut-être qu’il n’y a que moi ? Est-ce que l’obscurité joue avec ce que j’entends ? pensais-je

« Ah, tu ne parles peut-être pas Kalish, non ? » demanda-t-il en plissant son front.

« Euh, peut-être ? » avais-je demandé, en essayant de deviner la réponse.

« Me comprends-tu maintenant ? » demanda l’homme, mais je ne voyais pas la différence, ils parlaient franchement la même langue, mais avec une meilleure grammaire.

« Oui, » avais-je répondu. Puis j’avais essayé de me concentrer un peu sur le genre de mots que j’entendais exactement.

« Ils doivent être des aventuriers. Vous êtes ici pour le nouveau donjon dans le nord ? J’ai entendu dire que c’est un donjon redoutable de près de 100 étages ! » dit l’autre homme en hochant la tête comme pour confirmer ses propres mots.

Effrayant ? Celui que j’ai cassé en marchant dedans ? avais-je pensé en étant un peu surpris.

« Non... nous ne faisons que passer et souhaiterions passer la nuit à l’auberge locale, » lui avais-je dit avec un sourire.

« Ah ! L’auberge est en bas de la rue à droite ! On ne peut pas la rater ! » déclara le premier garde.

« Merci ! » J’avais hoché la tête et souri.

« Passez une bonne journée et évitez les ennuis ! » nous avait-il avertis.

Après être entré dans la ville, j’avais été surpris de voir à quel point elle avait l’air incroyablement banale. Il n’y avait pas d’immeubles de luxe ou de guerriers étranges. Tout le monde était le plus souvent habillé de la même façon et maniait toutes sortes d’épées et de haches, la plupart du temps ces dernières. Quant aux races, il y avait quelques El’Doraws, voire un guérisseur elfe qui aidait un enfant humain qui se frottait les genoux. Les seules espèces que je ne pouvais pas voir étaient les nains et les draconiens, mais la plupart d’entre eux étaient certainement des humains.

« Illsy, as-tu retiré ton Territoire de Donjon ? Nous ne voudrions pas que les pierres de détection de niveau de donjon explosent partout, n’est-ce pas ? » m’avait chuchoté Nanya.

« Oh ! Non... Je vais le faire maintenant, » avais-je répondu, puis j’avais fermé les yeux un instant.

L’ordre de retirer mon Territoire de Donjon devait être fait en ressentant plutôt qu’en sélectionnant simplement quelque chose dans l’écran de statut. J’étais certain que les vieux donjons grincheux à l’intérieur de ma tête ne m’aideraient pas, après tout, cela allait à l’encontre de leurs principes.

« C’est fait ! » déclarais-je en souriant.

Nous avions continué à marcher vers l’auberge indiquée par le guerrier. Je cherchais aussi autour de moi ce qu’on appelait le bâtiment de la guilde, ou peu importe comment on l’appelait ici. Malheureusement, je ne pouvais pas le reconnaître, mais il y a une chose intéressante que j’avais remarquée en marchant. Les langues parlées ici étaient nombreuses, mais surtout ce truc kalish que le garde avait mentionné. Des mots étranges surgissaient de temps en temps, mais ainsi, tout le monde parlait avec une grammaire cassée. C’était un peu ennuyeux de les entendre, mais je commençais à deviner que c’était très probablement le traducteur à l’intérieur de moi qui essayait de compenser les parties inconnues, mais il échouait lamentablement.

Je me demande si je peux acheter demain un livre avec cette langue... Encore plus de ce charabia, et mes oreilles tomberont ! avais-je pleuré dans mon esprit, mais les filles ne semblaient pas être dérangées par cela.

« Pouvez-vous tous comprendre ce qu’ils disent ? » avais-je demandé avec curiosité.

« Oui. J’ai appris le kalish au palais, » répondit Ayuseya.

« J’ai vécu ici une fois, tu t’en souviens ? » répondit Nanya en plissant les sourcils.

« Le kendarien et le kalish ont été les deux premières langues que j’ai apprises quand j’étais encore une El’Doraw libre, » avait dit Shanteya.

« Kendarian ? » avais-je demandé.

« C’est la langue que je parle en ce moment, » m’avait-elle dit en souriant.

« Ça, je peux comprendre, mais Kalish sonne comme du charabia pour moi, » j’avais haussé les épaules.

« Le Kalish n’est pas aussi répandu que le Shorayan, le Panamarium ou le Teslovian. Bien sûr, il y a aussi un tas d’autres langues sur ce continent, je ne vais même pas mentionner les langues inconnues, anciennes ou tribales, » expliqua Nanya avec le ton d’un professeur.

« Ça ressemble à un gros mal de tête pour moi. Y a-t-il un sort qui peut m’aider à tous les apprendre ? » avais-je demandé en plissant mon front.

« Quelque chose comme ça serait inestimable, mais non... Autant que je sache, il n’y a pas de sort de ce genre, » avait répondu Nanya en se grattant la tête.

« Si te le souhaite, je peux t’aider à l’étudier, » Ayuseya avait offert ses services avec un sourire chaleureux.

« Merci ! J’apprécie ! » avais-je dit avec un grand sourire.

Une fois que nous étions arrivés à l’auberge, nous n’étions pas passés inaperçus. Un groupe de regards curieux nous avait balayé de la tête aux pieds, tandis que des chuchotements avaient été entendus dans nos dos. Nous étions probablement un spectacle intéressant à voir, d’autant plus que nous ne nous habillions pas comme les locaux... ou ne leur ressemblait pas. J’avais les cheveux verts. C’était suffisant pour que je me démarque de la foule. Les filles étaient aussi très belles, plus que la plupart des gens du coin, du moins, à ma connaissance.

***

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