J’ai été réincarné en une Académie de Magie ! – Tome 3

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Chapitre 22 : Deux anneaux pour m’enfermer en enfer…. ou au paradis ?

Il y avait un silence de tombeau dans ma pièce alors que tout le monde regardait les tatouages noirs en forme de bague qui décoraient maintenant les doigts de Nanya et Ayuseya. Il n’avait pas fallu être un génie pour réaliser ce qu’ils symbolisaient et même les petits engrenages dans ma caboche avaient du mal à se remettre en fonction pour tenter de traiter l’information.

Tandis que sur Terre, je n’avais même pas eu le courage de poser la question à Alina, dans celui-ci, j’avais pu demander à deux femmes d’âges, de nationalités et d’espèces différentes de m’épouser. J’avais réalisé l’impossible ! J’avais atteint l’impensable ! J’avais réalisé en même temps le cauchemar et le rêve de chaque homme ! Malheureusement, cela ne s’était pas produit parce que j’étais follement amoureux des deux femmes, c’était à cause d’une simple blague, d’une erreur folle et sincère.

« Alors…, » avais-je dit afin d’essayer de briser le silence.

Nanya m’avait regardé. En me montrant le tatouage autour de son doigt, elle m’avait demandé « Illsy ? Qu’est-ce que c’est ? »

« Euh... une main ? » avais-je répondu, et elle m’avait regardé fixement.

Oh, elle est en colère ! pensais-je.

« Je crois... que c’est un contrat de mariage ? » demanda Ayuseya.

« Mariage ? Je suis trop jeune pour être mariée », se plaignit Nanya, mais ses paroles ne m’avaient fait que plisser mes yeux vers elle.

Tu as plus de 100 ans ! avais-je crié dans mon esprit.

« Mais... il a demandé de ne pas l’épouser, n’est-ce pas ? » avait demandé Ayuseya.

« Techniquement parlant... non, » avais-je répondu.

« Nous as-tu demandé de t’épouser ? Es-tu fou ? » demanda Nanya.

« Est-ce une question piège ? » avais-je demandé.

« Illsy ! » elle fronça les sourcils.

« Je ne nie pas une banane ! » Je lui avais dit et en conséquence, elles avaient toutes cligné des yeux en raison de la surprise. J’avais l’impression que le numéro de folie ne marchait plus.

« Soupir... Peux-tu s’il te plaît enlever ça ? La dernière chose que je veux, c’est d’être mariée à un cristal fou, grand et flottant, » avait dit Nanya en croisant les mains sur sa poitrine.

« De mon côté, cela ne me dérange pas, » déclara Ayuseya.

Alors que l’opinion de Nanya était compréhensible, celle d’Ayuseya m’avait pris par surprise. Qui aurait cru qu’une princesse draconienne dirait une telle chose ? Plus sérieusement, quelqu’un dans sa situation politique, malgré les petits détails sur son fiancé fou... ex-fiancé, devrait y réfléchir à deux fois avant d’accepter de se marier comme ça, et en aucun cas je ne devais être blâmé pour avoir posé la question ! Pourtant, la blague était terminée, et cela avait rempli son objectif initial de les faire cesser de se disputer, même si une boule de feu de 2000 pts aurait peut-être suffi, non ?

« D’accord, je vais l’enlever maintenant... ou essayer, » avais-je dit avec un soupir.

« Bien ! » déclara Nanya avec un grand sourire.

« Gmm…, » Ayuseya avait l’air déprimée.

J’avais regardé ces anneaux et j’avais bien réfléchi à ce que j’étais censé dire pour les enlever, mais en y pensant logiquement, je n’avais pas jeté un sort ou toute autre compétence. J’avais demandé quelque chose comme une blague. Cela étant dit, je me demandais comment exactement je pouvais enlever ces bagues.

« Voyons voir... Euh... Voulez-vous divorcer ? » avais-je demandé.

« Oui, » dirent-elles en même temps, mais il ne s’était rien passé.

« Hm... Est-ce que, Nanya, souhaites-tu divorcer ? » avais-je redemandé.

« Oui ! » répondit-elle à voix haute.

Nous avions attendu, mais il ne s’était rien produit.

« Veux-tu, Nanya, me démarier ? » avais-je demandé.

« Je ne pense pas que ce mot existe, mais oui, » m’avait-elle dit. Mais rien ne s’était produit.

J’avais ouvert mon menu de statut et regardé autour de mes compétences pour trouver un indice concernant ce que j’étais censé faire avec ce mariage. Malheureusement il n’y avait rien là et peu importe combien de commandes vocales j’avais essayées, combien de questions que j’avais posées, il n’y avait pas de réactions à leurs anneaux. Ils étaient là pour de bon.

« Je... Je ne pense pas pouvoir les enlever, » avais-je dit après plus d’une heure d’essais et d’erreurs.

« J’imagine que je vais finir jeune veuve ! » déclara Nanya avec un sourire ennuyé en frappant sa paume de la main avec son poing.

« Attends, ne fais rien que tu pourrais regretter ! Je suis après tout le père de tes futurs enfants ! » avais-je dit d’une voix digne alors qu’à l’intérieur, j’avais prié toutes les divinités pour l’empêcher de me briser en mille morceaux.

« Franchement Illsy... Comment peux-tu dire quelque chose comme ça tout en utilisant ma culotte comme chapeau ? » demanda Nanya.

« Hein ? Quelle culotte ? » avais-je demandé en étant un peu confus.

En sortant de mon corps, j’avais jeté un coup d’œil autour de moi et juste là, sur le dessus de ma tête, se trouvait le tissu blanc à froufrous que Nanya portait habituellement. Je l’avais immédiatement reconnu, mais j’avais dû me demander pourquoi il était là au départ.

« Franchement, ce sort est plus que brisé…, » murmurai-je en louchant des yeux.

En utilisant ma [Télékinésie], je l’avais ramassée et j’avais rendu le tissu sacré à son propriétaire légitime. Nanya me l’avait arraché de la main et m’avait jeté un regard furieux.

« Mais je crois que ça règle le problème. Illsyore est maintenant notre mari, que nous le voulions ou non, » avait dit Ayuseya en regardant Nanya.

« Et dites-moi, qu’est-ce qu’il y a de mal à être veuve ? » demanda-t-elle en haussant un sourcil.

« Peut-être rien, peut-être tout, mais désirez-vous vraiment le devenir sans d’abord donner une chance à Illsyore ? Qu’est-ce qu’il y a de mal à être sa femme ? » demanda Ayuseya calmement et en étant plutôt détendue.

« Oui, oui ! Vilaine veuve ! La chance d’un mariage est intéressante ! » avais-je dit rapidement comme un gars qui avait oublié comment utiliser les verbes.

Nanya avait jeté un autre coup d’œil à sa bague et m’avait regardé après ça. Elle avait l’impression qu’il lui faudrait un certain temps pour s’adapter à la situation actuelle, mais elle ne semblait pas non plus s’y opposer totalement. Le fait que j’étais encore en vie en était une preuve évidente. D’un autre côté, Ayuseya était tout le contraire. Quant à Shanteya, elle était restée silencieuse et n’avait pas dit un seul mot, mais elle ne m’avait pas non plus regardé. Elle était ma femme de ménage de confiance, mais j’avais dû être très obtus pour ne pas la voir se trémousser sur le fait qu’elle avait également raté l’occasion de dire oui.

Je n’aurais jamais pensé que j’aurais CETTE popularité !, avais-je pensé à moi-même. Cependant, le problème était resté, il n’y avait aucun moyen d’enlever les anneaux sur leurs doigts. Contrairement aux tatouages du sort pour les esclaves, ceux-là semblaient être permanents.

« Euh, peut-être que Tuberculus ou les autres savent quelque chose à ce sujet ? Ou peut-être qu’on a besoin d’un prêtre ? » avais-je demandé.

Secouant la tête, Nanya avait refusé les deux options.

« Nous ne devons pas en parler à Tuberculus. Ayuseya est une invitée politique importante... Il serait plus facile de te détruire, Illsy, plutôt que d’annuler le sort, » avait-elle souligné.

J’avais dégluti.

« Je ne les laisserai pas faire, rassurez-vous, » Ayuseya avait pris ma défense.

« Peut-être, mais qu’en est-il des autres pays ? Les plus hautes instances comme on dit ? Nous ne commandons pas d’armées et nous n’avons pas de Suprêmes qui nous ont juré de leur fidélité…, » expliqua Nanya en soupirant.

« Hein ? » avais-je dit.

« Comme Nanya l’a dit, je suis une invitée politique. Mon séjour ici ne peut être d’une durée indéterminée. Mon mariage avec vous soulèverait beaucoup de problèmes dans ce pays et dans le mien. Il y a beaucoup de nobles qui ont hâte de pointer du doigt l’un d'eux pour les faire tomber. Pour éviter ces situations gênantes et ces ennuis inutiles, nous pouvons utiliser les services d’une armée ou d’aventuriers du Rang Suprême. Avoir une armée nous aiderait à déclarer l’indépendance de ce territoire. Avoir les vœux de protection de deux ou plusieurs Suprêmes garantit notre sécurité. Pour l’instant, nous n’en avons pas encore, mais il y a la troisième option. Si je suis cachée du regard de Dankyun, et qu’il quitte cette académie seul, alors Illsyore peut se concentrer sur la construction d’un donjon et étendre son territoire. En même temps, nous pouvons faire des alliés de tous les enfants nobles de cette académie. Avec leur aide ainsi qu’un donjon puissant, nous pouvons gagner la faveur de la noblesse supérieure Shoraya ou même celle de la famille royale elle-même. Une fois qu’ils auront découvert que je suis mariée à Illsyore, nous pouvons invoquer cette faveur et demander leur protection. Je suis sûre qu’ils seraient plus que disposés à accepter un donjon amical sur leur territoire si nous offrons certains services en retour, » avait expliqué Ayuseya.

« En effet, un tas de bêtises politiques, mais c’est une possibilité et probablement la meilleure à ce jour... mais... » Nanya avait dit ça, et d’un regard aiguisé sur la princesse draconienne « Tout cela n’est bon que si Dankyun ne vous découvre pas, et cela nous ramène à notre sujet d’origine. »

J’avais dégluti et j’avais demandé « Mais maintenant, il y a une bonne raison pour moi de la cacher, n’est-ce pas ? Si je ne le fais pas, ce Dankyun me tuera probablement pour libérer Ayuseya du contrat de mariage et j’aimerais bien garder ma peau de cristal intacte, merci ! »

Nanya ne regardait qu’Ayuseya et semblait m’avoir ignoré. Il y avait un véritable orage entre les deux, et je n’avais aucun moyen de l’arrêter sans utiliser la force brute, ce que je préférais ne pas faire.

Au bout d’une minute ou deux, Nanya avait poussé un long soupir et avait fermé les yeux.

« Eh bien ? » avais-je demandé.

Quelques instants plus tard, elle ouvrit les yeux et regarda mon corps de cristal. D’une voix calme, elle avait commencé à donner des instructions sur ce que je devais faire à partir de maintenant.

« Très bien, mais Illsy, tu dois construire plus de niveaux à ton donjon dans les semaines suivantes, » déclara Nanya. « Fais en sorte qu’il y ait au moins cinquante niveaux. Rends-les plus difficiles que ceux qui existent actuellement. Nous devons aussi t’apprendre à enchanter les murs et tout le reste. Je crois que j’avais quelques livres là-dessus. Il faut aussi construire plusieurs autres donjons plus faibles et plus petits partout. Cela augmentera ta valeur aux yeux du roi. Nous ne devons absolument pas en parler à ces idiots d’enseignants. Ils sont déjà fâchés à ton sujet pour tes étages de donjon dit “Facile”. Quant à ton noyau, tu dois commencer à utiliser l’Armure magique, étendre ton territoire pour doubler, non, tripler sa taille actuelle. Tu dois aussi faire quelque chose pour cette pièce. Protège-toi avec quelque chose, mais garde ton cœur ici. Personne ne se plaindra de sa protection, mais s’il est camouflé, ils douteront de ta loyauté envers nous. »

Quand elle m’avait suggéré de rendre mon donjon un peu plus dur et avec plus d’étages, je n’avais pas pu m’empêcher de laisser un sourire sur mes lèvres. Diverses idées sournoises se formaient déjà dans mon esprit. Je ne savais pas ce que c’était, mais l’idée de construire quelque chose d’incroyablement complexe, mortel et follement ennuyeux m’avait fait sourire de joie. Je m’étais demandé ce qu’elle voulait dire par murs enchanteurs, mais ce qui avait retenu mon attention était autre chose.

« Armure magique ? Je pense que je me souviens que tu as mentionné quelque chose à ce sujet... Eh bien, dans ce cas, j’aurai juste besoin de tes conseils sur la façon de le faire, Sensei Nanya ! » avais-je dit avec un sourire.

« Attendez ! N’est-ce pas un peu trop même pour lui ? D’autres donjons prennent d’innombrables années à fabriquer ne serait-ce qu’un seul donjon. Pour qu’il en fasse plus d’un et en si peu de temps…, » demanda Ayuseya en plissant son front et en nous regardant tous les deux en étant un peu confuse.

« Nyahahaha. Hahahaha ! Pas besoin de s’inquiéter à ce sujet, Illsy est un Donjon Divin, et pas un Héroïque ! » déclara la petite fille avec un grand sourire présent sur son visage.

« D-D-Divin !? » cria le draconien.

« Sssh ! Pas si fort ! » déclara Nanya en mettant sa main sur la bouche de la femme.

« Cela expliquerait la quantité folle de mana consommé ainsi que la raison pour laquelle il a pu me guérir, mais je pensais qu’il était un Ancestral ou peut-être un Demi-dieu, certainement pas Divin, » avait dit Ayuseya, qui avait été assez choqué par la vérité.

« Soupir. Quoi qu’il en soit, ne dites rien à ce sujet, et je ferai en sorte que les professeurs se taisent, mais écoutez, Ayuseya. Si vous faites ou prévoyez de faire quoi que ce soit à Illsy qui mènera à sa destruction ou qui lui fera mal, je vous traquerai et vous écorcherai vivante ! Vous avez ma promesse en tant qu’aventurière de Rang Divin, » l’avait-elle menacée. Même moi, je pouvais sentir l’intention meurtrière qui émanait d’elle.

« Il en va de même pour vous aussi, Nanya, » répliqua la princesse sans même broncher devant elle.

« Quelque chose me dit que revenir tard le soir d’un cocktail avec les gars sera dix fois plus difficile à expliquer maintenant…, » avais-je fortement soupiré.

À partir de ce moment-là, je devrais me concentrer davantage sur la construction de mon donjon principal, la création de nouveaux donjons et le développement de nouvelles façons de diriger les pauvres gens qui s’y aventuraient au bord de la folie. Malheureusement, à l’époque, je n’avais aucune idée du danger qui se dirigeait vers moi...

[Point de vue de Dankyun]

« Maître Alttoros, nous devrions atteindre Therion d’ici la fin de la journée », répondit Fellian, l’un de mes quatre commandants du Rang Empereur.

Je n’avais pas répondu à ses paroles, j’avais simplement regardé de loin. Était-il nécessaire de répondre à l’un d’entre eux ? Un Rang Empereur n’était rien d’autre qu’un asticot par rapport à moi, et pour les 40 soldats du rang Maître derrière moi, ils étaient encore plus bas que cela.

Pourquoi en était-il ainsi ? Était-ce même une question qu’il fallait poser ?

J’étais un draconien de rang Suprême fiancé à la princesse royale, Ayuseya Pleyades, donc bien sûr ils n’étaient rien d’autre que des asticots comparés à moi !

Dans ce monde, le pouvoir était ce qui régnait sur les faibles. Votre rang d’aventurier pourrait décider à la fois de votre statut social et du nombre de personnes que vous pourriez écraser sous votre botte. En tant que tel, un Suprême devait rester dans la position le plus élevé. C’est pourquoi la famille royale Pleyades n’avait épousé que ce Rang. Ils représentaient le pouvoir et l’autorité que leur lignée des rois ne pourrait jamais espérer atteindre. Mais alors que j’étais un symbole de leur force, Ayuseya n’était rien d’autre qu’un tremplin pour moi pour acquérir un pouvoir que même un Suprême n’avait pas tenu et pourtant avait été offert nonchalamment à quelqu’un de plus faible qu’un aventurier de rang débutant. C’était le pouvoir d’un roi ! Le pouvoir de commander légitimement des armées et d’avoir accès à des montagnes d’or sans se soucier des asticots qui aboient sur vous ou d’autres Suprêmes qui tentaient de vous défier dans une bataille. Pour moi, Ayuseya était le ticket pour obtenir légalement et politiquement ce pouvoir.

En y pensant, il fallait se demander : quel genre de but ces 44 hommes qui m’accompagnaient pouvaient avoir pour un homme comme moi. J’étais plus fort, plus rapide et plus intelligent que tous réunis. Naturellement, je pouvais les décimer en quelques instants, mais même les asticots valaient quelque chose lorsqu’ils étaient utilisés correctement.

Mon désir actuel était simple : c’était de récupérer ma marionnette, la pathétique petite femme qui venait de la lignée des rois. Je savais pertinemment qu’elle ne pouvait pas m’échapper. La raison en était la petite plaque dorée autour de mon cou. C’était un cadeau des grands prêtres de Teslov, qui avaient béni nos fiançailles et avaient placé un sort spécial dedans. Cela m’avait permis de toujours savoir où elle se trouvait exactement. La plaque en était la preuve, et rien ne pouvait briser le sort, sauf pour un autre Grand Prêtre. Cependant, comment pouvait-elle parler à quelqu’un alors que sa gorge était également maudite ? L’écriture était une possibilité, mais un grand prêtre ou n’importe qui d’un rang élevé ne la considérerait que comme une insulte et la congédierait rapidement avant qu’elle n’ait eu l’occasion de raconter son histoire.

J’avais fermé les yeux et je m’étais souvenu du moment où je lui avais versé dans la gorge la potion faite à partir des restes de 1000 vers mangeurs de chair. Elle luttait et criait de douleur à cause de la brûlure, mais même maintenant, tout ce que je voyais en elle n’était qu’un être inférieur qui n’était béni qu’avec le sang dans ses veines. Tout le reste valait la peine d’être jeté à la poubelle ! À quoi sert une princesse qui ne pouvait ni parler ni se battre ? Elle était une honte pour toute notre espèce, une honte que j’étais prêt à rectifier.

Hm ? Qui pourrait même oser m’arrêter, moi, un Suprême ? avais-je pensé alors qu’un sourire s’était formé sur mes lèvres.

Ouvrant les yeux, j’avais levé les yeux vers le ciel, mais l’odeur de quelque chose qui brûlait atteignit mon nez. Clignotant des yeux en raison de la surprise, j’avais regardé en bas et j’avais vu la plaque d’or qui fumait.

« Qu’est-ce que c’est ? » avais-je demandé alors que j’observais ça.

La fumée s’était intensifiée et avait recouvert toute la plaque. J’avais arrêté mon cheval et j’avais regardé avec horreur le symbole de mes fiançailles avec Ayuseya ainsi que mon seul moyen de la traquer s’était transformé en un tas de cendres.

Comment est-ce possible ? Quelqu’un a rompu le sort ? NON ! Ça ne peut pas être le cas. Il n’y a aucune chance qu’un Grand Prêtre soit ici ! avais-je crié dans mon esprit.

La vue de la fumée me mettait en colère.

« Maître ? » demanda Fellian.

J’avais dégainé mon épée et je l’avais coupée en deux avec son cheval. Son armure magique était la deuxième plus haute parmi tous les rangs Empereur qui me suivaient, mais contre ma puissance, un seul coup était suffisant pour la briser. Quelle impudence de me déranger ! Néanmoins, sa mort m’avait bien servi pour éteindre une partie de ma colère. Les autres l’avaient vu, mais aucun n’avait osé bouger ou commenter. Ils savaient trop bien ce qui leur arriverait s’ils le faisaient.

« Je veux que le meilleur éclaireur de vous tous aille à cette Académie de Magie de Fellyore ! Découvrez ce que vous pouvez sur la Princesse Ayuseya et tout ce qui mérite d’être mentionné, » avais-je ordonné avec force.

Un homme s’était approché de moi, mais il avait gardé une bonne distance, hors de portée de ma lame. Le cadavre de son ancien commandant était un avertissement suffisant pour lui.

« Compris, Maître ! » déclara-t-il. Puis il se donna un coup de poing sur la poitrine.

« Vous devez revenir avant que je désire quitter Therion, » avais-je déclaré.

« Oui, Maître ! » répondit-il et il frappa son cheval avec ses éperons. La bête avait henni une fois et il s’était mis à galoper devant moi.

Alors que je le regardais partir, une seule pensée m’avait traversé l’esprit, je me demande quelle sorte d’homme a osé faire de moi son ennemi.

***

Chapitre 23 : Turbulences intérieures

Partie 1

Après que Nanya et Ayuseya soient sorties de ma pièce, j’avais été laissé seul avec Shanteya afin que je puisse réfléchir à ce que je venais de faire. J’avais épousé une princesse étrangère et quelqu’un avec le titre de Destructrice Folle. Cela dit, j’avais le sentiment de pouvoir choisir mon propre titre, malheureusement, je n’avais pas encore découvert où se trouvait exactement la liste avec tous ces titres. Peut-être que le titre était apparu en fonction du nombre de personnes au courant de ce titre spécifique ? Quoi qu’il en soit, ce n’était pas ce qui me dérangeait en ce moment, c’était l’histoire du fiancé Dankyun.

Peu importe la façon dont je la regardais, ma tombe avait été creusée et j’y étais à moitié enterré. Mon intention n’était pas de faire de moi une cible de trois royaumes avec des Suprêmes sous leur domination, mais je n’étais pas non plus prêt à laisser Ayuseya finir morte ou maltraitée.

« Soupir..., » avais-je regardé à l’extérieur de la fenêtre. Puis j’avais réfléchi à ce que j’avais fait et dit.

À mi-chemin, j’avais l’impression d’avoir réussi à m’embrouiller dans tout ça, mais l’idée avait fonctionné : faire semblant d’être fou pour les amener à chercher une autre solution possible. Il y avait aussi le petit facteur de leur volonté.

Ce mariage aurait-il pu fonctionner s’il n’y avait pas eu une véritable intention de notre part à tous les deux ? Mais encore une fois, comment un donjon peut-il se marier ? Arg... ou plutôt, pourquoi ? avais-je pensé en regardant le soleil se coucher lentement.

« Maître, y a-t-il quelque chose qui vous dérange ? » demanda Shanteya.

« Hm ? Je me demande juste si j’ai fait le bon choix ou si j’ai juste été confus et me suis enfoncé dans un chaos plus profond..., » avais-je répondu.

« Je crois qu’il est trop tôt pour donner une réponse à une telle question, mais en fin de compte, regrettez-vous votre choix ? » me demanda-t-elle.

Regret ? Hm... non, je ne pense pas. Peu importe à quel point j’y pense, il n’y a aucun signe de regret dans mon cœur, en ce qui concerne la décision. Peut-être qu’il serait juste de dire que je me sentais... troublé, n’est-ce pas ? Est-ce que je veux vraiment être marié avec elles ? Euh, non... attends... ce n’est pas vrai. Peut-être que le regret réel vient de ma vie antérieure..., avais-je réfléchi à mes propres sentiments et pensées pendant quelques minutes.

« Je pense... Je crois que je craignais de les perdre si je ne faisais rien. Pourtant, elles ne sont pas mes amoureuses, pourquoi aurais-je des pensées si possessives à leur égard ? Est-ce que je croyais que je pouvais changer la situation en une meilleure, peut-être..., » avais-je dit en examinant mes pensées et mes décisions une dernière fois.

« Si vous craigniez de les perdre, alors peut-être que le Maître a des sentiments pour elles, même si le Maître n’en a pas encore conscience, » demanda-t-elle.

« Sentiments ? Mais... Je connais à peine ces deux-là. Je ne suis pas non plus exactement de leur espèce. En plus, nous n’avons pas eu de rendez-vous ! Quand j’ai posé cette question idiote, je n’y ai vu qu’une blague et peut-être une chose temporaire pour enlever Dankyun du dos d’Ayuseya et de sa culotte, mais... n’est-ce pas un peu trop ? Et si elles aimaient quelqu’un d’autre ? Et si..., » avais-je dit quand j’avais commencé à me rendre compte que j’avais peut-être mis leur vie entière à l’envers.

« Maître ! » déclara Shanteya d’une voix forte.

J’avais cligné des yeux alors que j’étais surpris et je l’avais regardée. Je commençais à paniquer, et elle m’avait sorti de là.

« Maître, parfois ce n’est pas notre esprit qui prend la décision. Ce n’est pas notre cœur qui a son mot à dire dans cette affaire. Je ne sais pas si le Maître en a entendu parler, mais on dit que nos âmes ont la capacité d’écouter la voix des dieux, c’est pourquoi quand nous faisons quelque chose que ni nos esprits ni nos cœurs n’ont voulu, c’est la décision de notre âme après avoir écouté les conseils d’un dieu. C’est peut-être ce qui est arrivé au Maître ? Peut-être, qu’en réfléchissant, vous n’auriez jamais pris de décisions ! Peut-être en écoutant votre cœur, cela aurait pris trop de temps pour que vous réalisiez ce que vous deviez faire. C’est pourquoi votre âme a pris une décision pour vous..., » elle m’avait parlé d’une voix douce, ce qui avait calmé la panique présente dans mon cœur.

J’avais écouté ses paroles, mais une partie de celles-ci ressemblait à quelque chose qui était sorti d’un livre de prédication. Je ne comprenais pas comment mon âme pouvait s’emparer de mon cœur et de mon esprit ou même pourquoi il le ferait en premier lieu. Peut-être que ce dont elle parlait était l’intuition ? Cela s’était déjà produit dans mon autre monde, et pas seulement pour moi, mais aussi pour beaucoup d’autres. Lorsque nos pensées n’avaient pas de sens et que nos cœurs étaient distraits, nous avions simplement jeté les deux dans la poubelle et nous étions allés de l’avant avec notre intuition. C’était comme ça que j’avais fini avec Alina, mais quand même... les épouser d’un seul coup ? N’était-ce pas un peu trop exagéré ?

J’avais poussé un soupir alors que j’admettais ma défaite « Peut-être... »

« Si le Maître ne regrette pas ce qu’il a fait ou croit que ce qu’il a fait était mal, alors le Maître a fait la bonne chose. Du moins, c’est ce que je pense, » m’avait-elle dit en affichant un petit sourire.

« Je suppose que oui... Restons-en là pour l’instant. Hm, mais tu voulais aussi dire oui, n’est-ce pas ? » avais-je demandé.

« Oui..., » elle avait rougi et elle avait baissé les yeux.

Avec ses oreilles devenues rouges et un regard timide dans ses yeux, elle m’avait montré un peu de son côté mignon.

« Merci, Shanteya. Même si je sais qu’avec le [Lien de Confiance] je peux augmenter énormément ta force dans le cas d’une bataille à venir, il semble que ce mariage n’est pas quelque chose à prendre à la légère. Je ne voudrais pas t’entraîner là-dedans alors qu’on n’est pas sûrs à 100 %. Cependant, je te promets que si jamais j’en arrive au point de te vouloir à mes côtés pour toujours comme épouse, alors je m’assurerai de te le demander correctement, et non de le transformer en plaisanterie comme cela s’est produit avec Nanya et Ayuseya. Franchement, je suis un petit peu content que tu n’aies pas répondu... au moins maintenant, si notre relation se développe jusqu’à ce point, je pourrai te le demander d’une manière que tu mérites. Sinon, tu seras libre de chercher l’homme avec qui tu veux vraiment passer ta vie, » lui avais-je dit.

En levant les yeux, elle avait cligné des yeux, surprise. Ses joues étaient déjà rouges à cause de l’embarras qu’elle avait, et avec ses lèvres roses partiellement écartées, l’El’Doraw était assez mignonne comme ça.

« Je comprends, Maître. Alors, si vous êtes d’accord, Maître, quand ce moment viendra, je vous appellerai par votre prénom..., » déclara-t-elle avec un doux sourire.

« Tu peux m’appeler même maintenant si tu le veux, mais..., » j’avais poussé un gros soupir. « Si tu penses que c’est mieux comme ça, alors bien sûr, » avais-je répondu avec un sourire invisible.

Après notre petite conversation, nous étions allés nous coucher, et j’avais essayé d’oublier mes pensées sur la façon dont j’avais pu tout gâcher ce jour-là. J’avais dormi comme un bébé jusqu’au lendemain matin. Shanteya s’était réveillée tôt, mais n’avait pas perturbé mon sommeil paisible, elle m’avait laissé profiter de mes rêves dans le confort de sa poitrine et avait attendu patiemment jusqu’à ce que j’ouvre les yeux.

Une fois réveillé, j’avais augmenté le bonus à ses statistiques qu’elle avait reçu de mon [Lien de Confiance]

À 50 %, le maximum autorisé pour un esclave. Je lui avais dit de commencer à s’entraîner à s’habituer au changement soudain, mais de préférence pas sous les yeux de tout le monde.

La première chose que j’avais faite ce jour-là avait été d’essayer d’ajouter du mana à mon corps de cristal pour augmenter mon armure magique. Ça avait parfaitement fonctionné du premier coup. Comme Nanya et Ayuseya l’avaient dit, c’était quelque chose qui m’était venu naturellement. En fait, je me sentais beaucoup mieux lorsqu’elle m’entourait. Je n’avais aucune idée de ce que j’avais à ajouter, alors j’avais placé 2000 points de mana et j’en avais ajouté 2000 de plus à mon territoire. Après ça, je m’étais envolé pour mon donjon. Il était temps de construire le troisième étage. Pendant que j’y volais, j’avais continué d’ajouter du mana à mon territoire, l’étendant constamment.

En ce qui concerne ce que je voulais faire avec cet étage, c’était assez facile. Tout d’abord, j’avais détruit l’escalier menant à l’extérieur du donjon et j’avais construit un autre point de chute, mais au lieu de l’eau, j’avais utilisé du poison. Mes choix, malheureusement, n’étaient pas très variés. J’avais dû choisir entre l’eau infusée d’Aconitum et l’eau infusée au plomb. Si je devais deviner, c’est parce que je ne connaissais que ces deux choses de ma vie passée. L’empoisonnement et les méthodes de tuer des humains ne faisait pas partie de mes principaux sujets de recherche à l’université de Bucarest. Ce qui était bizarre, c’est que j’avais des pièges à gaz toxiques, mais c’était peut-être parce que j’avais lu un livre sur les pièges simples et toxiques.

« Peut-être devrais-je demander à Nanya un livre sur les poisons de ce monde ou peut-être que Shanteya pourrait m’apprendre ? Après tout, c’était une ancienne assassine, » avais-je murmuré en regardant autour de moi avant de commencer à construire une grande et profonde pièce remplie de lave.

J’avais dû travailler en couches. D’abord, en utilisant les douves, j’avais fait le sol de la pièce. C’était au moins trois mètres de profondeur, juste assez pour s’assurer que même les draconiens avaient du mal à s’en sortir. Après cela, j’avais élevé la pièce à une hauteur décente, presque six mètres au-dessus de la lave, afin de rendre le saut assez difficile. Il fallait aussi qu’il soit assez spacieux, énorme en fait. Au milieu, j’avais ajouté deux barres proches l’une de l’autre. Chacune avait un diamètre d’un mètre. L’une allait être déclenchée par un levier, et l’autre allait rester là. Les deux poteaux avaient une pointe métallique avec des lames d’acier tranchantes autour. Il était difficile de s’y accrocher et encore plus difficile d’y atterrir ou d’en sauter.

Techniquement parlant, la lave avait atteint des températures de plus de 1000 °C même 2000 °C, j’avais dû faire les pointes capables de résister à ces températures élevées avec facilité. C’est pourquoi je les avais entourés d’une couche de tungstène, qui pourrait survivre presque au double de ces températures. Bien sûr, c’était seulement à la base. À l’intérieur, je m’étais assuré d’ajouter quatre tuyaux de cuivre capables d’amener les températures intérieures jusqu’au sol ou jusqu’au plafond. Toute la pièce était recouverte de radiateurs en cuivre sur le mur extérieur afin de s’assurer qu’elle dissipe la chaleur recueillie à l’intérieur. D’un côté, la lave du premier étage commençait à durcir, et les murs présentaient des signes de détérioration. En utilisant mes compétences en réparation, cela avait restauré les murs, mais n’avait pas réchauffé la lave. J’avais dû l’ajouter de nouveau avec la compétence de construction de douves.

Dans la première moitié de la pièce, j’avais créé des plates-formes chronométrées comme celles du premier étage, mais ici, j’en avais ajouté quelques-unes au plafond. Il y avait beaucoup de sauts qui nécessitaient un peu de force pour passer, mais l’aventurier pouvait aussi choisir de saisir l’une des plates-formes coulissantes du plafond. Elles étaient équipées d’une barre de métal sur laquelle il était possible de s’agripper. S’ils visaient cela et ne chronométraient pas bien leur saut, ils descendaient directement dans les douves de lave.

À la fin de ce puzzle, il y avait un petit levier caché derrière une pièce remplie de gaz toxiques et de pièges à flèches. Une fois tiré, le deuxième poteau se serait soulevé du sol et pouvait être utilisé comme deuxième plate-forme de saut.

Sur l’autre moitié de la pièce, j’avais ajouté deux grands poteaux faits comme les deux autres, mais la différence était qu’ils avaient des plates-formes sur le dessus, quatre pour être exact. Chacune de ces plates-formes était fixée à un ressort. Une fois que l’aventurier sautait dessus, il était catapulté dans des murs de métal ou sur une autre catapulte. J’en avais fait deux qui l’avaient simplement fait rebondir à gauche et à droite comme une balle de ping-pong. La seule façon pour l’aventurier de traverser en toute sécurité était de saisir le bord et de ne pas déclencher les pièges, ce qui était très difficile à faire.

Le dernier poteau, placé au milieu, sur la même ligne que les deux premiers poteaux, avait une seule plate-forme à ressort, et elle avait été conçue pour jeter l’aventurier dans la dernière partie de la pièce, qui était un tube en spirale avec des lames tranchantes et des lasers créant un filet de mort et de malheur. C’était absolument merveilleux ! Cela ne pouvait être décrit que comme un générateur de viande hachée d’aventuriers !

Quand j’en avais fini avec ça, j’étais très fatigué de toute cette tâche consommant mon mana, mais juste à ce moment-là, j’avais senti quelqu’un entrer dans mon donjon. Surpris et inquiet en même temps, je m’étais précipité vers cette personne. Parce que j’étais fatigué, je ne me concentrais pas sur la reconnaissance du possesseur de cette énergie, alors j’avais volé là-bas, pensant que c’était un étudiant qui s’était perdu.

***

Partie 2

« Hein ? Nanya ? Qu’est-ce que tu fais ici ? » avais-je demandé quand elle était entrée dans mon champ de vision.

Elle se tenait au milieu du labyrinthe de plates-formes dans la deuxième pièce, mais les harpies ne l’attaquaient pas et aucun des pièges ne s’était déclenché. C’était comme si elle n’était pas là du tout.

« Oh ? Illsy ! Je suis venue pour voir comment tu allais et aussi pour te donner des livres. J’ai convaincu les vieux schnocks de m’en donner, mais ils sont assez rares, alors il faut faire attention à la façon dont tu les manipules, » m’avait-elle dit en tapotant le sac de cuir sur le côté.

« Je vais bien, merci. Des livres ? Mais attends un peu, pourquoi mes harpies ne t’attaquent pas ou les pièges ne s’activent pas ? » avais-je demandé.

S’est-il passé quelque chose quand je les ai réparés ? m’étais-je demandé quand j’avais regardé les connexions avec des [Fils magique] aux cristaux de pouvoir, mais il n’y avait rien de cassé chez eux.

« Je ne sais pas. Dès que je suis entrée, les pièges et les portes se sont simplement activés ou désactivés dès que je le voulais. Par exemple..., » elle avait pointé sa main vers l’un des pièges de feu, et il avait immédiatement craché un jet de flammes. « Tu vois ? Ça doit être à cause de ta bague. Peut-être que le donjon me reconnaît comme alliée de son maître, » elle avait émis l’hypothèse.

« Je pense plus comme la femme du maître, sinon, elle aurait dû réagir de la même façon quand tu t’es aventurée dans ce donjon, » avais-je dit en regardant le piège à feu chronométré, puis je m’étais retourné vers elle.

« C’est bon de savoir que je n’ai pas besoin de m’inquiéter de tes pièges en venant ici. Quoi qu’il en soit, voici les livres. Tous les trois sont sur le thème de l’enchantement, » déclara-t-elle en ouvrant son sac. « Il s’agit de divers enchantements de pièces trouvées dans un vieux donjon Demi-Dieu. Le donjon n’existe plus, mais l’un des aventuriers suprêmes qui s’est aventuré à l’intérieur a écrit à ce sujet en détail, » avait-elle dit en prenant le livre et me l’avait offert. Je l’avais absorbé. « Il s’agit d’enchantements de pièges. Il utilise des sorts similaires à ceux que nous utilisons sur les armes, même les aventuriers de rang Maître peuvent l’imiter, mais ils ont moins d’utilisations que ceux trouvés dans un donjon, » m’avait-elle dit et elle avait sorti un autre livre. « Celui-ci a été écrit par Tuberculus. Il s’agit de l’enchantement des objets. En utilisant les sorts écrits ici, tu peux donner différentes propriétés à une arme. Elle ne dure qu’une seule fois, contrairement aux articles fabriqués par un Divin ou à ceux fabriqués dans des donjons », explique-t-elle.

« Je vois..., » avais-je dit alors que j’avais absorbé celui-là aussi. « Je dois retourner à mon noyau de cristal pour les apprendre. »

« Bien ! Retournons là-bas, » m’avait-elle dit en souriant. « Pourtant, j’ai du mal à croire à quel point il était simple d’atteindre cet endroit lorsque tous les pièges ont été désactivés..., » déclara-t-elle en regardant l’une des harpies voler tranquillement autour de nous sans même afficher le moindre désir de l’attaquer.

Avant de rentrer, j’avais vérifié une dernière fois dans le donjon pour m’assurer qu’il n’y avait personne d’autre qui se faufilait à l’intérieur, et une fois Nanya sortie, j’avais scellé l’entrée pour empêcher les intrus d’entrer.

« Nanya, tu as parlé des objets fabriqués par un Divin avant ça. Que voulais-tu dire par là ? » avais-je demandé.

« Ne le sais-tu pas ? » Elle m’avait demandé avec un regard stupéfait sur son visage.

« Euh... non ? » avais-je répondu.

« Soupir... C’est de toi qu’on parle. Je ne devrais pas être surpris. Quoi qu’il en soit..., » elle soupira de nouveau et se gratta l’arrière de la tête. « Les sorts de rang Débutant représentent habituellement les compétences de base que n’importe qui peut faire. Compétences Intermédiaires... euh, prenons [Boule de feu] et [Lance de glace] par exemple. Chez Intermédiaire, tu as la version de base, puis les sorts deviennent de plus en plus complexes et puissants jusqu’à ce qu’ils atteignent le rang Maître. Au Rang Empereur, tu as ce que nous appelons des fusions de compétences. Fondamentalement, il s’agit d’une combinaison de deux sorts. Un Rang Empereur [Boule de feu] avec la fusion de [Lance de glace] est fondamentalement une grosse boule de feu avec une boule de glace en pointe au milieu, ou qui tire des lances de glace au hasard. L’inverse, c’est-à-dire une [Lance de glace] avec la fusion de [Boule de feu] est en fait une lance de glace couverte d’un feu normal ou d’un feu liquide, selon le sort. Chez le rang Dieu, tu entres dans une autre catégorie de compétences, les compétences de création. Une compétence Divine est une compétence utile qui permet de créer un objet permanent et non pas un objet invoqué. En général, il suffit d’avoir les bons matériaux pour le faire, mais si tu as réussi un peu à améliorer le sort, alors tu n’as pas besoin de t’inquiéter des matériaux, car tout ce que tu peux saisir est transmuté en ce que tu désires. Ces compétences sont aussi appelées compétences volées parce qu’elles ressemblent à la capacité d’un donjon à créer des objets ou des pièces. Ceci est quelque chose que j’ai fait, » elle m’avait expliqué ça et m’avait montré ses gants d’acier. Étant donné qu’il s’agit d’objets créés grâce à sa capacité Divine, ils étaient très puissants par rapport à leur version standard.

« Mais je ne peux pas créer des objets..., » lui avais-je dit, et à ce moment-là, elle s’était arrêtée sur ses pas.

« Quoi ? Ce n’est pas possible ! Ce n’est absolument pas possible, Illsy ! C’est une compétence de base..., » m’avait-elle dit en étant un peu choquée par ce que je lui avais dit.

« Non, non, je ne l’ai pas, » avais-je dit en regardant à nouveau ma liste de compétences.

« C’est un peu mauvais... Un donjon est généralement valorisé en raison de cette compétence. Si tu ne peux pas faire d’objet... Argh, je ne veux pas penser à ça. Illsy, promets-moi que tu ne le diras à personne d’autre, d’accord ? » elle m’avait affiché un regard plutôt sérieux.

« OK..., » avais-je répondu.

« Je les ferai pour toi quand on en aura besoin, mais ce serait mieux si tu apprenais toi-même... Peut-être que ton niveau n’est pas assez élevé ? Nous devrions aller chasser plus pour toi... Je te donnerai même un peu de mon mana, mais nous devons t’obtenir cette compétence, » déclara-t-elle avec beaucoup de sérieux et d’inquiétude.

« Je comprends. Je ferai de mon mieux, » je lui avais dit.

« Bien..., » elle avait poussé un soupir et avait continué à marcher.

« Et les compétences Suprêmes ? » avais-je demandé.

« Ce sont des compétences en matière de destruction massive. Il s’agit principalement d’une combinaison de plusieurs compétences de rang inférieur, mais avec un effet de zone plus dévastateur, » expliqua-t-elle.

J’avais dégluti : « Quelle est la compétence principale de Dankyun ? »

« C’est probablement la [Tempête de boules de feu]. Aussi loin que je me souvienne, elle avait une portée d’un kilomètre de rayon et pouvait lancer des boules de feu de un mètre à trois mètres de diamètre. Elles vont aussi exploser à l’impact, donc c’est un sort assez dangereux..., » m’avait-elle dit, mais rien qu’en écoutant la description de ce sort m’avait fait réaliser quel genre de monstres étaient les Suprêmes.

Une seule attaque de ce genre pourrait décimer toute l’académie. Il pourrait littéralement effacer la carte de toute la région. Quant à la capacité d’un donjon de survivre à cela, je suppose que cela ne pourrait être possible que s’il avait plusieurs niveaux sous lesquels se cacher. Cela dit, n’étais-je pas en danger en restant au-dessus du sol ?

« Mais ce n’est pas le plus puissant. Je suppose que c’est catégorisé comme faible, » et avec ça, elle avait lâché la bombe juste au-dessus de moi.

« Tu me dis qu’il y a des aventuriers classés Suprêmes avec une compétence de destruction de zone classée comme forte ou incroyablement puissante ? » avais-je demandé, un peu choqué.

« Oui. Mais comme je l’ai dit, ce sont des sorts de zone. La raison pour laquelle on l’appelle faible est que ces boules de feu peuvent vaincre les rangs Maître, peut-être même certains rangs Empereur, mais c’est à peu près tout. Si on le jette dans un donjon, on peut tuer instantanément tous les monstres qui s’y trouvent et peut-être détruire tous les pièges, mais seulement pour un étage, » expliqua-t-elle, et je pouvais respirer à nouveau.

Même ainsi, c’était une puissance terrifiante. Ils pouvaient tout simplement détruire un étage, attendre que leur mana se recharge et refaire le tout, mais il semblerait que les humanoïdes se régénéraient plus lentement que moi.

Curieux à ce sujet, j’avais demandé à Nanya « Combien de fois peuvent-ils jeter ce sort ? »

« Hm, ça dépend de leur fatigue mentale. Alors que le mana peut se régénérer rapidement, et même si l’individu n’a pas le besoin de concentration pour cela, dans tous les cas, il sera difficile d’incanter à la chaîne. La seule exception à cela semble être toi..., » elle avait haussé les sourcils et m’avait regardé. J’avais volé à sa gauche, et ses yeux m’avaient suivi.

« Soupir, je vois... hm ? Peux-tu par hasard maintenant me voir ? » avais-je demandé.

« Oui…, » répondit-elle.

Elle avait tourné son regard vers le chemin qui l’attendait.

« Est-ce à cause de la bague ? » demandai-je.

« Mhm. Tu ressembles à un globe de lumière flottant. Alors, c’est difficile de ne pas te repérer. Je n’ai même pas besoin de demander si c’est toi ou pas, je le sens... Si je demande dans mon esprit, la réponse me revient : C’est mon mari », m’avait-elle dit.

« Hm. C’est intéressant. Alors, es-tu contrariée que je fasse de toi ma femme ? » demandai-je.

Le fait de poser cette question ressemblait à devoir traverser une corde raide au-dessus d’un marais rempli de crocs affamés.

Nanya secoua la tête « Non. Je suppose que c’est le destin, ou peut-être ? Franchement, j’aurais préféré quelque chose de romantique, peut-être après quelques années de rencontre et de connaissance de l’autre. Une blague “ne pas” était un peu dure. Hehe ! » déclara-t-elle en riant un peu.

Sa réponse avait été plutôt rapide, montrant qu’elle y avait peut-être réfléchi, ce qu’elles avaient probablement fait toutes les deux. Ce fut un changement majeur dans leur vie, un changement qui leur avait été imposé par hasard. Plutôt que le destin, je pense que c’était moi qu’il fallait blâmer. Qui aurait cru qu’une simple question suffisait pour conclure l’affaire ? Si Ayuseya voulait vraiment aller avec ce plan, je m’attendais à un peu plus de planification, de réflexion, éventuellement un moyen de tromper Dankyun et de la libérer, pas une bague de tatouage magique.

« Je suis désolé..., » ma voix était grave et pleine d’excuses, même si, au fond de moi, je me souvenais encore des paroles de Shanteya sur le fait que je faisais ce qu’il fallait, même si ça n’en avait pas l’air.

« Je ne le nierai pas, Illsy. J’ai un peu peur de cet avenir... Je suis peut-être une Divine, mais avant cela, je suis une femme qui est maintenant mariée avec quelqu’un avec qui elle ne partage pas un amour mutuel. Qui sait ? Peut-être que je suis juste maudite quand il s’agit d’amour ? » déclara-t-elle d’un ton de voix plutôt triste.

Ces mots m’avaient blessé et avaient creusé profondément dans mon cœur, en me montrant ce que j’avais fait. Je me connaissais moi-même, je n’étais pas du genre à causer délibérément du mal à une femme comme ça, mais à la fin... c’était ce que j’avais fait.

Un amour mutuel, hein ? Je suppose que... J’ai peut-être fait une erreur..., avais-je pensé à moi-même en la suivant silencieusement à travers la forêt.

Ce qui m’avait réveillé de cet état, c’était l’air calme d’un violon. En levant les yeux et me concentrant sur mes oreilles, j’avais reconnu la chanson. C’était l’une de celle qu’Ayuseya jouait le plus souvent.

Ah ! En parlant de ça, qu’en est-il d’elle ? Chassée de chez elle, pourchassée par son fiancé, maudite, menacée, et maintenant victime de ma stupide blague... Peut-être qu’elle ne le montre pas, mais il se pourrait qu’elle me déteste maintenant ? Et si la tradition draconienne demande au mari d’être loyal ? Est-ce qu’elle considère que me partager est infidèle ? Attends, avant ça... Comment voit-elle ce mariage ? Je reviens à l’autre question... Est-ce qu’elle me déteste pour l’avoir forcée à se marier ? m’étais-je demandé en suivant le son de son violon.

Je m’étais arrêté avant d’entrer dans son champ de vision et j’avais regardé Nanya.

« Peux-tu me faire une faveur, s’il te plaît ? » lui avais-je demandé.

« Ça dépend. Mais un avertissement, je ne te donnerai pas ma culotte, » répondit-elle en inclinant un peu la tête vers la gauche.

« Je te jette un sort si je le veux, mais ce n’est pas ça... Peux-tu... peux-tu aller là-bas et demander à Ayuseya ce qu’elle pense de sa situation actuelle... non, ce qu’elle pense de moi et de ce mariage ? Je serai hors de vue..., » avais-je demandé, mais je ne pouvais pas cacher l’inquiétude cachée dans le ton de ma voix.

« Bien sûr, » elle avait hoché la tête et m’avait fait un doux sourire.

Nanya était passée devant moi, et j’étais resté aussi loin d’elles que possible. J’avais essayé de me cacher de la vue d’Ayuseya, mais en même temps en étant assez proche pour l’entendre.

Depuis qu’il commençait à faire nuit, les lucioles mâles montraient leurs lumières et volaient dans le coin. Baignée par la lumière des lunes montantes, entourée de petits insectes volants et portant une robe blanche délicate, mais simple, Ayuseya jouait calmement pour la forêt. C’était un air doux, lent et paisible. Cela m’avait rappelé une sérénade dédiée uniquement aux étoiles se trouvant loin dans le ciel.

Sans déranger cette belle scène, Nanya s’approcha de la princesse draconienne et attendit patiemment la fin de la chanson. Une fois la dernière note jouée, elle s’était approchée d’elle.

« Comme je m’y attendais d’une princesse royale. C’était magnifique ! » déclara ma femme adolescente.

« C’est une chanson simple, et mon talent n’est qu’une étoile parmi tant d’autres. Je ne m’évanouirais que si j’étais placé sur la même scène, » déclara l’autre femme, qui s’inclina devant Nanya.

« Peut-être, qui sait ? Comment s’appelle la chanson ? » demanda Nanya en haussant les épaules.

« Les Larmes de Minuit, de Lorence Astunov, » répondit-elle en souriant.

« Charmant, mais un peu triste. Est-ce à cause du mariage avec une boule de cristal perverse ? » demanda Nanya sans détour.

Je ne suis pas une boule, je suis un polyèdre... Je pense que je suis peut-être un peu pervers, mais je ne l’admettrai pas ! avais-je murmuré dans mon esprit.

« Non..., » répondit-elle en secouant la tête et en levant les yeux vers les lunes, « C’est juste une petite chanson pour déplorer les innombrables malheurs que j’ai connue tout au long de ma vie. »

Je suppose que se marier avec moi compte comme le plus gros ? m’étais-je demandé.

« Vous avez été chassée de votre pays, transformée en princesse marionnette, forcée de se marier avec un homme que vous n’aimiez pas, maudite, ciblée par des assassins... et maintenant mariée à un cœur de donjon perverti, » avait déclaré Nanya, énumérant seulement les quelques événements que nous connaissions jusqu’ici.

« Hm, il y a d’autres choses qui me sont arrivées aussi dans mon pays, » répondit-elle en souriant.

« Pourquoi ne vous êtes-vous pas défendue ? » demanda Nanya.

« La malédiction de la famille Pleyades n’est pas un sujet de plaisanterie. Cela nous rendait incroyablement faibles... Je pense que l’une des dix choses les plus horribles que j’ai vécues a été d’être empoisonnée. À cette époque, c’est le garçon el’doraw avec qui vous vous êtes battue l’autre jour qui m’a sauvée, » avait-elle dit en plaçant son violon dans son étui, avec précaution afin de ne pas l’endommager par accident.

« Et Illsy ? » Nanya avait posé la question.

J’avais dégluti et avais redressé mes oreilles, en écoutant la réponse d’Ayuseya.

La femme draconienne n’avait pas tout de suite répondu, elle avait continué à regarder son violon posé plus bas et avait doucement déplacé son doigt posé sur le bord du violon.

« Illsyore..., » dit-elle en regardant Nanya. La princesse draconienne lui avait montré un sourire doux. « Au moins, il m’a demandé... même si c’était une blague “ne pas”..., » elle avait à nouveau regardé vers le bas « Avec Dankyun, je n’avais pas voix au chapitre, j’étais à lui au moment où Paramanium l’a décidé ainsi... Je devais juste hocher la tête et agir comme une bonne fille. Avec Illsyore... avec lui, j’ai pu faire l’expérience de la beauté d’avoir une telle question qui m’était adressée. Si j’ai dit oui, c’est en partie parce que j’avais envie d’un mariage normal, avec un partenaire qui pourrait m’aimer et qui ne se souciait pas de la malédiction que j’ai..., » se confessa-t-elle.

« Alors, au fond de vous, vous vouliez un mariage normal, hein ? Je suppose que c’est aussi la même chose pour moi, bien que des brutes comme moi aient rarement l’amour idiot, » avait dit Nanya en secouant la tête.

« Hehe ! Peut-être qu’Illsyore s’avérera être le bon ? » demanda la princesse.

« Nyahahah, haha ! Il a le rôle de l’idiot, mais il lui manque l’autre ! Je suppose que nous avons toutes les deux eu de la chance, » déclara Nanya et elle secoua la tête.

Ça fait mal, tu sais ? pensais-je, mais je ne pouvais pas nier ces mots. Je sais déjà, Nanya, que contrairement à Shanteya, tu ne me vois pas comme autre chose qu’un... attend, comment tu me vois, exactement ? m’étais-je demandé.

« Ne vous inquiétez pas pour moi si vous voulez lui donner une chance. Je ne vais pas me mettre en travers de votre chemin. Pour moi, il suffit de savoir que je peux parler librement et que mes malédictions ont été levées. Demander de l’amour, ce serait trop, » déclara Ayuseya en secouant la tête.

« Renoncez-vous à lui ? » demanda Nanya.

« Non, je renonce à moi. Je suis trop brisée pour ressentir un amour passionné pour un autre... D’ailleurs, je comprends qu’il ait posé la question par pitié pour ma situation. Si je peux survivre à cette épreuve, c’est suffisant pour moi, mais si par hasard il..., » elle s’arrêta et regarda son violon pendant un moment de silence « Non, même mariée, je ne m’attends pas à être aimée par lui..., » elle secoua la tête et afficha à Nanya un sourire triste.

Je les regardais s’éloigner pendant qu’elles continuaient à parler de choses moins déprimantes. Pendant ce temps, je restais dans cette petite clairière, regardant les lucioles danser autour de moi.

« Je suis un idiot..., » avais-je dit, et puis j’avais poussé un soupir. « Elles cachent leur douleur derrière un sourire, et j’ai juste ajouté de la douleur en les mariant à quelqu’un qu’elles n’aiment pas..., » j’avais levé les yeux vers la lune et je n’avais pas bougé pendant une autre demi-heure avant de retourner à l’académie.

***

Chapitre 24 : De nouvelles compétences, de nouveaux donjons et un sandwich !

Partie 1

Malgré les pensées troublantes qui flottaient dans mon esprit lorsque je m’étais couché, j’avais réussi à bien dormir. Si je devais supposer la raison, c’était probablement grâce à la poitrine souple et rebondissante de Shanteya. Son étreinte était douce, et ses lèvres étaient délicieuses tous les matins lorsque je me réveillais à ses côtés et tous les soirs lorsque je dormais avec elle. Bien que je sois marié à Nanya et Ayuseya, j’avais l’impression que mon cœur désirait plus l’esclave el’doraw qu’elles. Mais c’était peut-être simplement parce qu’elle passait plus de temps avec moi, que je lui faisais confiance et, surtout, qu’elle m’était totalement loyale.

Après l’avoir laissée sortir, je m’étais préparé à apprendre les trois livres que Nanya m’avait prêtés l’autre jour. Je n’avais pas oublié de demander à Shanteya de m’enseigner les poisons, mais comme ma façon d’acquérir les données pour l’instant était soit par une étude fastidieuse, soit par des livres, elle avait décidé d’aller à la bibliothèque et de chercher des manuels appropriés que j’aurais autrement manqués ou considérés comme inutiles. Demander à Zertan du matériel de recherche était également une possibilité, mais c’était plutôt gênant compte tenu du fait qu’il était habituellement grincheux.

Cependant, une chose était certaine, l’apprentissage de l’enchantement n’aurait pas été possible si j’étais un donjon plus faible. La quantité de mana dont j’avais besoin pour chacun d’eux atteignait des sommets ! 4550 points pour l’[Enchantement de Pièce], 3750 points pour l’[Enchantement de Piège] et 6640 points pour l’[Enchantement d’Objet]. J’avais envie de m’évanouir après avoir appris le dernier. Considérant ce que Nanya avait dit à propos de l’apparition de pièges enchantés dans certains donjons, je ne pouvais que soupçonner que c’était ma faiblesse qui était en jeux pour le coût élevé de mana quant à l’apprentissage des livres. La dernière, j’avais attribué ça à l’écriture horrible de Tuberculus.

Pendant que j’y étais, j’avais décidé de jeter un coup d’œil à mes statistiques et de changer certaines de mes compétences, en particulier ces trois nouvelles.

[Niveau] : 59

[Force] : 189 + 1000

[Agilité] : 150 + 1000

[Intelligence] : 201 + 1000

[Mana] : 8000

[Régénération de mana] : 30 points de mana par seconde.

[Points de statistiques disponibles] : 60

[Points d’aptitudes disponibles] : 260

Comme je l’avais initialement souhaité, j’avais ajouté 11 points de [Force] et l’avais transformé en un chiffre rond de 200. Je savais que c’était probablement une mauvaise idée, vu que je n’avais pas encore de corps, mais ça m’avait irrité quand j’avais vu le nombre impair. C’est ainsi que certains joueurs étaient. Même si ce n’était pas une bonne idée, nous avions essayé de faire en sorte que nos statistiques soient agréables à regarder. Aucun nombre impair n’était permis ! La sensation d’un 999 ou 1000 dans les statistiques était tout simplement impressionnante pour une raison ou une autre. Comme pour le reste des points, j’avais ajouté 24 points dans l’[Intelligence] et j’en avais gardé 25 pour [Régénération du mana], mais je ne les avais pas ajoutés tout de suite, si je le faisais, je ne gagnerais qu’un point de mana par seconde. Cela avait conduit mes dernières statistiques à ressembler à ceci :

[Niveau] : 59

[Force] : 200 +1000

[Agilité] : 150 +1000

[Intelligence] : 225 +1000

[Mana] : 8120

[Régénération de mana] : 30 points de mana par seconde.

[Points de statistiques disponibles] : 25

[Points d’aptitudes disponibles] : 260

Maintenant, il fallait que je regarde mes compétences. Bien sûr, j’ai d’abord cherché des enchantements. Les premiers rangs offraient des enchantements aléatoires, et je n’aimais pas ça.

[Enchantement de Pièce] > [Enchantement de Pièce avec <Type> Enchantement]

[Enchantement de Piège] > [Enchantement de Piège avec <Type> Enchantement]

[Enchantement d’Objet] > [Enchantement d’Objet avec <Type> Enchantement]

Ces derniers avaient été achetés pour le total de 30 points de compétence !

Bien sûr, j’avais hâte de leur offrir un autre niveau, mais j’avais gardé mes désirs sous contrôle. Je voulais faire autre chose avant ça. Ce que Nanya m’avait dit au sujet des compétences m’avait fait me demander si je pouvais réaliser quelque chose comme ça, alors j’avais ouvert le menu des compétences et j’étais allé directement à [Boule de feu].

J’avais regardé le niveau en dessus qui était la [Boule de feu guidé], c’était la compétence du Rang Avancé ainsi que la première mise à jour de la [Boule de feu] régulière. Avec un grognement et un peu de réticence, j’avais amélioré le niveau suivant. 20 points avaient disparu, et je l’avais poussé dans le rang de Maître. Avec cela, j’avais acquis la [Boule de feu guidé X 3], une compétence qui m’avait permis de tirer trois boules de feu qui allait suivi le chemin que je désirais. Le coût du mana n’était différent que de 10 points de mana pour le coût initial.

Excité, j’avais choisi l’option pour le mettre à niveau à nouveau.

<Impossible de mettre à jour. Exigences non satisfaites >.

<[Boule de feu guidé X3] ne peut pas être mis à niveau tant qu’il n’a pas été amélioré 5 fois.

<[Boule de feu guidé X3] ne peut pas être mis à niveau sans une compétence équivalente de même rang d’amélioration.

J’avais cligné des yeux quand j’avais vu les messages. Si je n’avais pas mal lu, cela me disait d’améliorer une autre compétence au même rang et au même niveau d’amélioration. C’était tout à fait logique si j’y pensais. Si je voulais fusionner deux compétences, il fallait qu’elles soient de rang égal. J’espérais juste ne pas avoir à faire une sorte de danse bizarre pour ça.

Cela étant dit, j’étais passé de [Lance à glace] à [Lance à glace dentelée], puis à [Lance à glace dentelée explosive]. Cela m’avait coûté 30 points de compétence, ce qui me laissait un total de 180.

Tout ce que j’avais à faire, c’était de les améliorer. Mais c’était un peu étrange. À en juger par ce que Nanya m’avait dit, je pourrais fusionner les deux, une [Boule de feu] normale et [Lance de glace]. En parlant de cela la [Lance à glace dentelée] avait permit de créer une lance avec une pointe dentelée qui s’étendait à l’intérieur de la cible au moment de l’empalement. La version de Rang Maître allait faire exploser la pointe à l’intérieur de la victime, envoyant de petites pointes de glace transperçant le corps de la victime de l’intérieur vers l’extérieur.

L’amélioration m’avait coûté 10 points de compétence pour chaque niveau, et cela avait changé les sorts de la manière suivante :

[Boule de Feu guidée X3] > [Boule de Feu guidée X6] > [Boule de Feu guidée X9] > [Boule de Feu guidée X12] > [Boule de Feu guidée X15] > [Boule de Feu guidée X18]

[Lance à glace dentelée explosive] > [Lance à glace dentelée explosive] avec une réduction de 25 % du coût en mana pour chaque sort > [Lance à glace dentelée explosive] avec une réduction de 50 % du coût en mana pour chaque sort > [Lance à glace dentelée explosive X2] > [Lance à glace dentelée explosive X4] > [Lance à glace dentelée explosive X4] avec une force explosive doublée.

Cela signifiait que la version améliorée de la [Lance à glace dentelée explosive] pouvait lancer quatre lances en même temps, à la moitié du coût et avec le double de la force explosive de la pointe. Il surclasse totalement la version non améliorée, ce qui m’avait amené à me demander ce que je pourrais faire si j’améliorais les autres compétences, en particulier celles pour la construction.

Quoi qu’il en soit, il me restait maintenant 80 points d’aptitudes, mais cela en valait la peine.

« C’est l’heure ! » m’étais-je dit.

J’étais très excité parce qu’avec ce nouveau sort, je pouvais entrer dans le royaume des rangs Empereur.

« Améliorez [Boule de feu guidé X18] ! » avais-je ordonné.

<Points de compétence insuffisants. Le sort coûte 150 points de compétence.>

« ... »

« Pourquoi ? » Avais-je envie de pleurer.

Chaque fois que j’étais dans un jeu, ce genre de choses m’arrivait toujours. Juste au moment où j’avais reçu un objet ou un sort cool, il me manquait juste quelques points pour pouvoir l’utiliser.

« Soupir..., » j’avais fermé l’écran et quitté mon corps de cristal.

Au moins, j’avais réussi à apprendre que je pouvais améliorer mes compétences, et cela en valait la peine. En fait, avec assez d’améliorations pour la [Boule de Feu guidée], je pourrais probablement atteindre un effet similaire à celui que Nanya avait mentionné hier, la [Tempête de boules de feu].

En parlant de cela, je devais la rencontrer vers midi, donc sans plus attendre, j’étais allé faire mon travail habituel de réparation de toute l’académie, vu qu’hier j’avais oublié de le faire. Heureusement pour moi, seules trois classes avaient été complètement détruites, y compris le laboratoire de Zertan. Honnêtement, j’avais senti quelque chose exploser, mais j’avais pensé que c’était Nanya qui devenait folle. Je ne m’attendais pas à ce que Tuberculus soit celui qui avait détruit l’une des salles de classe lorsque l’un de ses élèves avait essayé de compresser une boule de feu. C’était un peu drôle parce qu’autour et derrière le bureau du professeur il y avait cette tache noire qui apparaissait habituellement quand quelque chose explosait juste devant eux. Je pouvais voir la zone intacte derrière elle qui prenait la forme du vieux schnock.

Après avoir réparé la salle de classe, j’avais rencontré Nanya qui se dirigeait vers ma pièce et l’avait saluée comme d’habitude.

« Bonjour ma femme ! » avais-je dit avec un rire.

« Bonjour, Illsy, » elle m’avait dit ça en me jetant un regard noir et en me montrant sa bague.

Pour la masquer des yeux non désirables, elle portait deux simples anneaux de bronze sur sa main gauche et trois sur sa main droite.

« Je ne peux pas m’en vouloir d’être heureux d’avoir deux charmantes femmes ! » Je plaisantais, mais c’était vrai.

Elle avait poussé un soupir, mais ne m’avait pas dévisagé. Je devais continuer avec les compliments et continuer à flirter avec elle, sinon, ce mariage irait directement à Hadès en réponse.

« Je vais tester ton armure magique aujourd’hui, alors fais-moi savoir quand j’en aurais trop épuisé, d’accord ? » m’avait-elle annoncé.

« Bien sûr. Mais souviens-toi, si ça casse, tu l’achètes ! » avais-je dit avec un sourire.

« Hein ? » elle m’avait regardé en étant confuse.

Apparemment, la blague du marchand n’avait pas marché sur elle.

« Peu importe. Alors, comment as-tu dormi ? Tu as fait de bons rêves ? Des rêves érotiques ? Des rêves d’horreur ? » avais-je demandé.

« Oui, j’ai fait un rêve d’horreur... J’ai rêvé que nous étions mariés, et Tuberculus était notre petit chiot et qu’il était heureux, » avait-elle répondu.

« En quoi est-ce un rêve d’horreur ? » avais-je demandé en haussant les sourcils.

« Nous étions mariés. Malheureusement, je dors encore, » grogna-t-elle.

« Oh, franchement ! » avais-je dit. Puis j’avais volé devant elle. « J’essayais d’être gentil... »

« Soupir, je sais. Contrairement à d’autres, j’ai besoin de temps pour... m’adapter à cette situation. Tu comprends ? » me demanda-t-elle avec un doux sourire. « Et aussi, j’ai plaisanté, je n’ai pas rêvé de toi. Mon rêve était que je te volais Shanteya et Ayuseya et que je me retrouvais au coucher du soleil, » m’avait-elle dit en me montrant un sourire malicieux.

J’avais cligné des yeux, surpris. Je ne m’attendais pas à ça !

« Quoi ? » m’étais-je exclamé.

Nanya avait gloussé.

Il m’avait fallu un moment ou deux pour traiter l’information avant de commencer à me demander si c’était une autre blague ou non.

« Attends, es-tu en train de me dire que tu aimes aussi les filles ? » avais-je demandé.

« Disons que j’ai eu ma part de rencontres avec les deux sexes. J’ai peut-être l’air mignonne et câline, Illsy, mais je suis une fille vraiment sauvage à l’intérieur, » m’avait-elle dit en faisant un clin d’œil.

« Tu me taquines..., » avais-je dit en volant après elle.

« Peut-être ? Qui sait ? Je suis peut-être encore vierge ? Peut-être que je m’enfuis une fois par semaine vers la ville voisine pour quelques heures de plaisir ? Peut-être que j’invite quelques étudiants dans mon bureau de temps en temps ? Il y a beaucoup de peut-être, Illsy, mais voici la question... Laquelle préfères-tu ? » demanda-t-elle en se retournant et en me montrant un sourire rusé.

C’était un test. Je pourrais parier mon cristal brillant derrière que c’était en fait un test !

Je l’avais regardée un instant, puis j’avais donné ma réponse.

« Hm... toi en chemise de nuit dans mon lit quand j’aurais un corps. Je me fiche que tu sois bi ou non, vierge ou non, sauvage ou timide. Pour moi, Nanya est Nanya. Tu es ma femme, et c’est tout ce qui compte. Pour l’instant, tout ce que je veux, c’est apprendre à te déclarer avec sincérité : Je t’aime. »

J’avais essayé d’être aussi honnête que possible avec mes mots, mais l’idée de Nanya se faufilant dehors pour visiter d’étranges bordels ou inviter des hommes dans sa chambre juste pour s’amuser ne me convenait pas. Si jamais j’étais témoin d’une telle chose, j’avais l’impression que je pourrais accidentellement lancer une [Boule de feu guidé X18] infusée de 4000 points de mana sur des hommes totalement aléatoires. Ou une [Lance de glace dentelée explosive X4], ouais, ça sonnait mieux : explosion après empalement !

Laissant de côté mes projets de vengeance, il me semblait que mes paroles avaient un peu touché Nanya. Elle avait rougi et elle clignait des yeux alors qu’elle était surprise. Peut-être qu’elle ne s’attendait pas à ce que je dise de tels mots.

« Ne me fais pas attendre trop longtemps..., » me déclara-t-elle avec un doux sourire. Puis elle se retourna.

Elle avait marché plus vite jusqu’à ma chambre, mais je pouvais voir clairement qu’elle rougissait et souriait comme une idiote.

Un point pour moi, je suppose ? pensais-je.

Une fois que nous étions tous les deux à l’intérieur, je m’étais assuré que mon armure magique était prête et je lui avais donné le feu vert. Ce que Nanya avait fait était très simple. En utilisant des frappes modérées, elle avait attaqué coup après coup mon corps physique en cristal. Elle s’arrêtait après chacune d’elles et attendait que je mesure la quantité de mana épuisée. Chaque coup devenait de plus en plus fort jusqu’à ce qu’elle soit capable de briser complètement mon armure magique avec un seul coup. Quand c’était arrivé, elle avait arrêté le test.

« Alors, comment étais-je ? » avais-je demandé.

« Hm, » elle avait croisé les bras au niveau de la poitrine et avait fermé les yeux. « En matière de force, c’est en dessous d’un rang Maître moyen, mais en matière de quantité, cela surpasse le Divin. Je peux dire que ce n’est pas un faux. Tu n’as ajouté du mana qu’une ou deux fois, non ? » me demanda-t-elle.

« Oui, » avais-je répondu.

« À partir de maintenant, essaye d’ajouter la même quantité ou plus de mana chaque jour. Cela forge l’armure magique et la rend plus mince, mais beaucoup plus dense. Cela aidera aussi à la renforcer et à l’empêcher de se dissiper trop rapidement. En ce moment, tu excelles en quantité, mais tu es d’une qualité épouvantable, » avait-elle dit en secouant la tête.

« Je vois... J’essayerai de travailler plus sur la qualité, » avais-je annoncé.

« Illsy, quand tu fais ça, ne verse pas seulement du mana comme s’il n’y avait pas de lendemain. Concentre-toi dessus. Va-t-il devenir plus fort ? Laisse-le se rassembler tout seul. Je veux qu’elle soit TOUJOURS activée. Ce faisant, tu vas la polir et la rendre de plus en plus forte à chaque jour qui passe, » elle m’avait expliqué calmement en levant les yeux vers moi.

« Je comprends... Je dois me concentrer sur la qualité, pas sur la quantité, » avais-je dit d’un signe de tête.

« Tout à fait, » elle hocha la tête.

***

Partie 2

Une fois la séance d’entraînement terminée, nous avions attendu patiemment qu’Ayuseya se présente. Environ dix minutes plus tard, on frappait à la porte, et celle qui avait répondu était Nanya. Elle avait tourné la poignée de porte et l’avait ouverte.

« Bonjour, Nanya, » déclara la princesse draconienne en entrant.

« Bonjour... euh... qu’est-ce que c’est ? » Demanda-t-elle en plissant son front pendant que quatre étudiants masculins arrivaient dans ma pièce les bras chargés de sacs.

Je les regardais, stupéfait, lorsqu’ils les placèrent à côté de mon corps de cristal, respirant lourdement à cause de l’effort qu’ils faisaient. Une fois qu’ils étaient partis, deux autres étaient entrés en poussant une commode blanche à travers la porte.

« C’est quoi tout ça... ? » avais-je demandé en regardant les pauvres hommes presser leur épaule contre le lourd meuble.

« Ayuseya, qu’est-ce que c’est que tout ça ? » demanda Nanya en montrant les sacs lourds.

« Mes vêtements du matin et du midi ainsi que quelques nécessités de tous les jours, » expliqua-t-elle calmement.

« Nécessités ? C’est vrai..., » avais-je dit qu’en me dirigeant vers l’un de ses sacs et en utilisant [Télékinésie], j’avais ouvert l’un des sacs au hasard.

« Ah ! Pas celui-là ! » cria-t-elle, mais il était déjà trop tard « Mes soutiens-gorge et culottes sont là-dedans..., » déclara-t-elle en rougissant.

Ouais ! Il y avait toute une montagne de trésors là-dedans. Toutes sortes de couleurs et de modèles, des moins froufrous aux plus froufrous, il y avait même une paire partiellement transparente.

« Soupir ! Illsy est capable de trouver le seul sac rempli de culottes dans tout le tas de sacs. Et aussi, du premier coup..., » déclara Nanya en secouant la tête.

« C’est un talent inné chez moi, » avais-je dit en soulevant l’un des soutiens-gorge, et c’était ÉNORME ! « Quelle taille faisiez-vous déjà ? » avais-je demandé.

« S’il vous plaît, ne les soulevez pas comme ça ! C’est embarrassant, » avait déclaré Ayuseya en se précipitant, en saisissant le tissu rose à froufrous et en le replaçant dans ses sacs.

« Ah ! Je m’excuse, » avais-je dit, mais je n’avais rien regretté !

« Alors, combien de sacs vous reste-t-il encore ? » demanda Nanya en haussant les sourcils alors qu’elle sortait de ma pièce.

« Juste quelques babioles, » répondit-elle avec un rougissement dans les joues.

Comme c’est mignon ! Elle était gênée parce que j’avais jeté un coup d’œil à ses sous-vêtements. Cela devait arriver de toute façon, mais j’étais plus intéressé par la version sans rien. Mes fantasmes étaient déjà devenus fous.

« Haha... Illsy, combien de tonnes peux-tu stocker dans ton corps de cristal ? » demanda Nanya.

« Hein ? » avais-je cligné des yeux en raison de la surprise. Puis je m’étais dirigé vers elle.

En regardant à l’autre bout du couloir, j’avais vu dix autres hommes avec des bras remplis de sacs qui venaient dans ma pièce, quatre autres essayaient de faire venir deux autres commodes. Curieux, j’avais regardé dehors et j’en avais vu d’autres venir du dortoir. Au total, il y avait trois commodes empilées pleines et une quarantaine de sacs.

« Je n’en ai aucune idée, mais je suppose que je vais le découvrir..., », avais-je dit en regardant un homme plutôt maigrichon portant le double de son poids dans des sacs.

« Est-ce qu’ils le font gratuitement ? » demanda Nanya.

« Bien sûr que non ! Je les ai payés grassement avec des pièces d’or et d’argent, » répondit la draconienne en les guidant vers l’endroit où placer les sacs.

« Mais franchement, combien de magasins avez-vous vidés en venant ici ? Vous avez voyagé dans une caravane ou quoi ? » avais-je demandé, car je n’arrêtais pas de compter les sacs.

« Bien sûr que je l’ai fait, personne n’en a moins que ça de nos jours. Je n’ai apporté que l’essentiel et quelques livres, » dit la princesse.

« Livres ? » avais-je demandé en étant un peu surpris.

« Oui, j’ai demandé aux hommes d’apporter ma bibliothèque personnelle et de la laisser à l’extérieur, » répondit la princesse.

Nanya et moi, nous l’avions regardé avec les sourcils plissés et la bouche ouverte. Ces montagnes de sacs n’étaient que l’essentiel et il y en avait d’autres à venir ? En fait, je n’avais rien à dire, j’étais trop étonné par la quantité de sacs pour une seule dame draconienne. C’était tout simplement trop étonnant.

« J’aurais aimé pouvoir apporter mes sacs de loisirs, mais ça devrait faire l’affaire pendant une semaine, » déclara Ayuseya en soupirant.

Encore une fois, tout ce que nous pouvions faire, c’était simplement la regarder avec les sourcils plissés et se demander ce qu’elle comprenait par « ce petit ». De mon point de vue et probablement aussi celui de Nanya, il semblait qu’elle était prête à se déplacer à l’intérieur de mon esprit intérieur pour toujours et à amener toute sa famille et ses serviteurs.

« Peut-être que je devrais aussi apporter un ou deux de mes sacs de loisirs ? » demanda-t-elle.

« NON ! », Nanya et moi avions répondu en même temps.

« Très bien, vous n’avez pas à hausser la voix comme ça. Mais de toute façon, je ne crois pas que j’en ai apporté tant que ça, » avait-elle dit avant de retourner compter les sacs.

« Est-ce que vous en avez aussi beaucoup sur toi ? » avais-je demandé à Nanya.

« J’ai à peine deux robes, Illsy... Je peux parfaitement mettre tout ce que j’ai dans un sac à dos. Je crois que nous avons juste sous-estimé les origines royales d’Ayuseya. C’est après tout une princesse..., » répondit Nanya.

Une fois que tout était à l’intérieur de ma pièce, les deux femmes n’avaient presque plus d’espace pour se déplacer. Un faux pas et une montagne de sacs menaçaient de vous écraser. Je ne vais même pas mentionner la « petite » bibliothèque qu’elle avait apportée. Cette chose avait été laissée dehors dans le couloir. Mais à vrai dire, j’étais plutôt curieux de lire de la littérature de ce monde.

« Ma chambre est pratiquement vide en ce moment, alors j’ai l’impression que j’ai fait mes bagages et que j’ai filé en toute hâte. Je n’ai parlé à aucun de mes serviteurs de l’endroit où j’allais, et ces hommes ne savent rien non plus, » avait dit Ayuseya après qu’on nous ait laissés seuls.

« J’irai dire à vos serviteurs que vous êtes parties et que vous leur avez ordonné de rester ou de retourner dans leur pays. Je suis certaine que certains d’entre eux n’accepteront pas l’idée que vous vous enfuyez sans eux, alors ils pourraient essayer de vous suivre. Hm..., » Nanya avait dit ça quand elle avait commencé à réfléchir sur le genre d’excuses à inventer pour compléter les mensonges mis en mouvement par la princesse. Il y avait aussi la question des bagages, mais je crois que c’est moi qui devais m’en occuper d’une façon ou d’une autre.

« Je ferais mieux de commencer..., » avais-je dit. Puis j’avais commencé à absorber tous les sacs qui s’y trouvaient.

Je ne savais pas si je pouvais tous les ranger à l’intérieur, mais il me semblait que je n’avais pas le choix. Si nous sommes partis avec le truc, « Ayuseya est partie, et nous n’avons aucune idée de l’endroit où elle est allée », alors il aurait été étrange si tout cela avait été laissé dans sa chambre. N’aurions-nous pas pu enterrer tous ces sacs dans la cour arrière et les laisser pourrir ? Je doutais que Dankyun ait un lien de parenté avec un limier et qu’il puisse sentir où nous avions jeté ses affaires...

Une demi-heure me fut nécessaire pour finir d’absorber chacun de ces sacs, y compris les commodes et l’immense bibliothèque dans le couloir, il était temps d’absorber Ayuseya. Elle était restée immobile et avait fermé les yeux même si elle en avait déjà fait l’expérience auparavant. Une fois à l’intérieur, j’avais poussé un long soupir.

« Je vais aller voir comment elle s’installe..., » déclarai-je.

Nanya avait gloussé et avait dit : « Je t’attendrai ici. Après, nous allons aller construire d’autres donjons accueillants pour les étudiants. »

« D’accord, je vais essayer de faire vite. En fait, tu peux déjà aller choisir l’emplacement pour l’un d’entre eux. On se retrouve là-bas, » avais-je dit.

D’un simple signe de tête, elle avait accepté ma suggestion et avait quitté ma chambre.

« Maintenant, il est temps d’aller voir la princesse..., » murmurai-je avant d’entrer dans mon esprit intérieur.

La retrouver était aussi facile qu’avant. Tout ce que j’avais à faire était de penser à elle et l’obscurité me tirait dans sa direction. Comme avant, elle flottait calmement, attendant mon arrivée. Comme d’habitude, une lumière rougeoyante autour de son corps m’avait permis de la distinguer facilement de l’obscurité qui nous entourait tous les deux.

« Comment ça va, princesse ? » avais-je demandé quand je me suis approché.

« Illsyore ? » demanda-t-elle en me regardant.

« Oui, c’est moi. Avez-vous déjà oublié ? » avais-je demandé avec un sourire sur mes lèvres, croisant mes bras jusqu’à ma poitrine.

« Non, » elle avait secoué la tête « C’est juste que je trouve assez curieux de voir à quel point votre apparence est différente de celle que vous avez ici. »

« Bien sûr, la belle version n’est conservée que pour les filles spéciales ! » lui avais-je dit en souriant. Puis je lui avais fait un clin d’œil.

Elle avait ri d’une manière mignonne, se couvrant la bouche du bout des doigts.

« On devrait vous installer. Hm, tous vos sacs devraient être..., » avais-je regardé autour de moi dans l’obscurité jusqu’à ce que je vois un tas de lumières qui volaient rapidement vers nous. « Juste là ! » Je les avais montrés du doigt.

Tous les sacs, y compris les trois commodes et la bibliothèque, avaient volé jusqu’à nous et s’étaient arrêtés juste à côté de moi. En une seule pensée, je leur avais ordonné de former un cercle autour de nous et j’avais ensuite laissé Ayuseya libre de déplacer ses sacs et d’en retirer tout ce dont elle avait besoin.

« Vous devriez avoir un peu plus de liberté maintenant. Vous avez juste besoin de le faire comme vous le feriez à l’extérieur. Essayez-le, » lui avais-je dit. Puis j’avais un peu reculé.

Avec un signe de tête, la princesse draconienne avait commencé à tester son nouvel environnement. Elle s’était arrêtée à l’un des sacs et avait sorti une simple robe. Pendant un moment, j’avais cru qu’elle allait se changer, mais elle ne l’avait pas fait, elle l’avait remise dans le sac et s’était ensuite envolée vers la bibliothèque. Prenant un livre, elle l’ouvrit au marque-page qu’elle y avait placé au préalable et fit un signe de tête.

« Je crois que je comprends, bien que je trouve ça un peu... bizarre. Merci, » elle m’avait fait un petit salut, et je lui avais répondu avec un sourire.

« Ne vous inquiétez pas, vous vous y habituerez bientôt ! Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n’hésitez pas à demander. Bien que je ne pense pas que les besoins en matière d’alimentation et de salle de bains fonctionnent de la même façon ici qu’à l’extérieur. Shanteya ne passe jamais plus d’une nuit ici, » avais-je dit avec un haussement d’épaules.

« Shanteya, la femme de chambre ? Elle dort ici ? » demanda-t-elle un peu surprise.

« Oui, elle est mon esclave et une personne très précieuse pour moi, alors je l’ai laissée m’accompagner au lit, même si, n’ayez crainte, nous n’avons pas d’activités sexuelles... malheureusement, » lui avais-je expliqué.

« Je vois..., » avait-elle dit, bien que je me demandais à quel point exactement elle comprenait ce que je venais de dire.

« Alors, des questions ? Si ce n’est pas le cas, j’irai rencontrer Nanya pour travailler sur de nouveaux donjons, » avais-je dit.

« Non. Il n’y a rien que je souhaite demander pour l’instant, bien que, si nécessaire, comment puis-je vous appeler ici ? » demanda-t-elle.

« Oh ça ? Appelez-moi par mon nom. Je vous entendrai dans ma tête et je vous répondrai. Vous entendrez ma voix résonner. En d’autres termes, je suis constamment partout et à tout moment ici. Je ne vois pas tout, donc vous ne devriez pas vous inquiéter que je fasse irruption dans vos moments intimes, » lui avais-je dit. Puis j’avais haussé les épaules.

« Je comprends. Je vais en prendre note. Illsyore, encore une fois... merci, » elle avait fait un autre salut.

« Pas de problème ! Vous êtes ma femme après tout ! Un mari devrait chérir et aider sa femme chaque fois qu’elle en a besoin ! » j’avais donné une réponse plutôt cliché, mais c’était la meilleure que j’eusse en ce moment.

Ayuseya m’avait affiché un sourire doux et puis j’avais quitté mon esprit intérieur.

De retour dans le monde extérieur, j’avais rapidement cherché le signe de vie de Nanya et j’avais volé là-bas. Je n’avais pas oublié d’ajouter 2000 points de mana à mon armure magique avant de partir, mais j’ai aussi commencé à me demander si je devais le faire avec plus, comme 5000 ou 6000 points de mana. Si 2000 étaient suffisants pour atteindre le rang Divin ou même le surpasser, alors sûrement 5000 étaient suffisants pour un Rang Suprême. Je pensais sérieusement à commencer à le faire, d’autant plus que Dankyun était en route pour venir ici. Bien que sa compétence suprême semblait assez effrayante, j’avais la certitude que mes compétences améliorées et perfectionnées étaient suffisantes pour l’égaler.

« Je t’ai trouvée ! » avais-je dit dès que j’avais vu Nanya.

Elle m’attendait au sommet d’un gros rocher, dessinant quelque chose sur le sol avec un long bâton.

« Bien ! Alors, la princesse s’est-elle installée ? » demanda-t-elle.

« Oui. Elle est là-dedans avec TOUS ses sacs... Je m’attendais sincèrement à ce qu’elle apporte un sac ou deux, pas assez pour me faire me demander si elle a vidé tous les magasins de la capitale, » avais-je répondu en me rapprochant d’elle.

« Hehehehehe ! C’est une princesse ! Et n’oubliez pas, elle voyageait léger ! » me rappelait-elle.

« Argh..., » avais-je gémi.

En regardant le sol, j’avais vu quelques plans dessinés là. Il s’agissait de plans d’étage pour divers donjons, mais extrêmement simpliste, contrairement à tout ce que j’avais construit jusqu’à présent. L’un des donjons n’avait qu’un groupe de pièces reliées les unes aux autres sans pièges ni cercles d’invocation. Le labyrinthe était si simple que je pouvais le finir les yeux fermés. En d’autres termes, il s’agissait de donjons dont je ne voyais pas la nécessité ou le désir de construire.

« C’est quoi..., » avais-je demandé en regardant entre le dessin au sol et Nanya.

« Ce que tu vas construire : de vrais étages de donjon, » m’avait-elle répondu.

« Hein ? Où est la lave ? Je ne vois pas de lames très tranchantes ou de pièges à pointes... Et mes lasers ? Ne sont-elles pas trop petites pour y placer mes Minotaures ? » avais-je demandé.

Nanya m’avait regardé dans les yeux et avait gardé le silence un moment.

« Quoi ? Ce sont des choses faciles. Je n’ai rien dit sur les pièges à poison ou les rampes de lancement dans les bassins de lave ! Sans parler des pièges enchantés et des cercles d’invocation de monstres..., » déclarai-je.

Elle n’arrêtait pas de me regarder comme ça.

« Est-ce trop ? » avais-je demandé bêtement.

« Qu’en penses-tu ? » demanda-t-elle en souriant.

« Euh... pas de salles avec des pièges à pointes ou des labyrinthes miroirs, hein ? » avais-je demandé.

« Non, » elle avait secoué la tête.

« Mais ils sont si faciles que même un diablotin peut les traverser ! » m’étais-je plaint.

« C’est tout l’intérêt, espèce de bloc de cristal idiot ! Veux-tu faire une pâte de viande de mes élèves ? » me criait-elle en essayant de me frapper avec le bâton. Pour une raison quelconque, je l’avais esquivé.

« Mais... mais... mes lasers..., » avais-je demandé.

« Pas de mais ! Des étages faciles, même un diablotin peut finir ! Pas de Minotaures ! Pas de pièges spéciaux ! Pas de poisons ! Rien qui ne figure pas sur ces plans ! Pigé ? » me cria-t-elle en me regardant fixement.

« Oui..., » répondis-je d’une voix faible.

Avec un soupir, j’avais commencé à construire les nouveaux donjons sur la base de ces plans. Bien sûr, ils devaient avoir l’air naturels, donc pas de murs parfaitement droits comme ceux de mon donjon. Ils devaient être simples et donner l’impression de grottes. Ils devaient également être capables d’attirer diverses espèces sauvages pour commencer à former des habitats intérieurs.

Pendant qu’elle expliquait tout cela, je construisais pièce après pièce. C’était si facile à faire que j’avais fini par bâiller. C’était peut-être parce que j’étais un donjon divin et, par définition, incroyablement puissant par rapport à d’autres donjons, donc, ce qui me paraissait extrêmement facile, sinon bien trop facile pour moi. Pourtant, c’était assez difficile pour un donjon Normal d’un niveau identique au mien. Tous ces donjons Faciles représentaient les différents étages des différents donjons que Nanya avait visités. Leur difficulté maximale allait au Rang Avancé, et cela pour un seul étage. Quant à la difficulté pour le donjon Régulier, il semblait passer du niveau 1 au niveau 50 d’après ce qu’elle me disait. À la fin, elle m’avait laissé créer quelques cercles d’invocation, mais ils n’avaient maintenu qu’un maximum de trois diablotins et cinq rats. Je n’avais pas le droit d’ajouter des harpies et certainement pas des Minotaures. Même si l’un d’entre eux était une représentation du 50e étage d’un donjon Normal, aucun n’avait de pièce du boss. Au lieu d’eux, on m’avait fait construire une grande salle qui jouerait le rôle d’une arène. Un petit cristal de quartz dans le fond allait représenter le cœur de donjon. Quant au boss, ce sera le rôle joué par l’enseignant responsable de l’expédition.

« Maintenant, tout ce que nous avons à faire est d’attendre qu’un petit écosystème se développe à l’intérieur, », déclara Nanya avec un sourire satisfait sur son visage.

« Est-ce vraiment comme ça que les donjons ordinaires font et grandissent ? » avais-je demandé en plissant des yeux devant le donjon trop simple que j’avais construit.

« Oui, en fait, le dernier étage que tu as construit ne peut pas être fait par un cœur de donjon Normal de niveau 50, tu as besoin au moins d’un cœur de donjon Difficile. En ce qui concerne les Faciles, je pense qu’un niveau 80 ou 90 pourrait probablement le construire », expliqua la professeur qui a l’air d’adolescente.

« Je vois..., » avais-je dit. Puis j’avais soupiré.

« Qu’est-ce qui ne va pas ? » me demanda-t-elle en me regardant.

« Je trouve juste triste d’avoir construit des étages de donjon si faibles et si simples..., » lui répondis-je.

« Tu t’en remettras, » déclara-t-elle.

Après une dernière vérification, nous étions retournés à l’académie. Par curiosité, j’avais vérifié mon niveau, mais comme je m’en doutais, ils étaient beaucoup trop simples et à cause de cela, je n’avais même pas gagné un seul niveau.

En parlant de cela, à part Tuberculus, je n’avais pas réussi à parler avec les autres professeurs depuis qu’ils étaient descendus dans mon VRAI donjon.

J’espère qu’ils ne me détestent pas..., pensais-je en entrant dans ma chambre.

***

Partie 3

[Point de vue d’Illsyore]

Comme d’habitude, Shanteya attendait mon retour. Elle se tenait patiemment à côté de mon corps de cristal. Plus tôt ce jour-là, elle était dans la forêt, essayant ses nouvelles capacités. Apparemment, la force qu’elle possédait était assez puissante pour endommager ses vêtements. Ils s’accrochaient à peine à son corps bien courbé, ce qui m’offrait une vue très séduisante.

« Bonsoir, Shanteya. Dure journée ? » avais-je demandé.

« Bonsoir, Maître ! Un peu », répondit-elle en regardant ses vêtements déchirés.

« Que s’est-il passé ? Tiens. Nanya m’a demandé de garder un double au cas où. On s’occupera de ça demain. » Je lui avais dit ça lorsque j’avais fait apparaître la tenue de femme de chambre supplémentaire que je gardais à l’intérieur de mon esprit intérieur.

« Merci, Maître ! J’ai fini comme ça parce que mon armure magique était trop faible et elle s’est brisée quand j’ai essayé une technique difficile. J’ai fini par m’entraîner nue la plupart du temps, donc je n’ai pas complètement déchiré mes vêtements », expliqua-t-elle en se changeant.

Seuls sa robe et son tablier étaient abîmés, ses sous-vêtements étaient parfaits..., malheureusement.

« Nue ? » avais-je demandé en clignant des yeux emplis de surprise.

Est-ce que je viens d’échanger un spectacle de nichons remuants sur une El’Doraw sexy et nue contre des étages de donjon pathétiquement faibles ? avais-je pensé pendant que je regardais sa poitrine et j’essayais d’imaginer le spectacle.

« Oui, Maître. Mais je me suis assurée qu’il n’y avait personne. Je ne voulais pas être vue par quelqu’un d’autre que le Maître ! De plus, les livres que j’ai trouvés portaient sur les antidotes, les antivenins et les moyens d’identifier les poisons, mais je crois qu’ils contiennent des informations que le Maître pourrait trouver intéressantes », répondit-elle avec un sourire.

Oublions les livres ! Les dieux doivent me haïr... ils doivent vraiment me haïr... pour avoir raté un tel spectacle ! NON ! avais-je crié dans ma tête.

« Le Maître apprécie tes efforts, mais le Maître déteste actuellement le fait qu’il ait manqué une telle occasion en or... soupir. Absorption de Shanteya avec tous les objets sur elle, » avais-je dit. Et ainsi, le pouvoir s’était déclenché.

En effet, je pouvais la forcer à répéter la formation, mais à quoi servait-elle maintenant ? Ce ne serait pas la même chose... Le moment de repérer le Jardin Rebondissant du Paradis était un bonheur que l’on ne pouvait pas expérimenter de temps en temps.

Me retirant à l’intérieur de mon esprit, je m’étais envolé vers Shanteya, mais à ma grande surprise, je ne l’avais pas trouvée seule. Elle était avec Ayuseya.

« Bonsoir, princesse. Tout va bien ? » avais-je demandé.

« Oui... J’ai vu quelqu’un ici, et j’ai cru que c’était vous, » m’avait-elle répondu.

« J’ai aussi été surprise de la voir ici, car j’avais oublié qu’à partir de ce jour, elle allait être ici, dans le monde du Maître, » déclara Shanteya en croisant les mains sur sa poitrine.

« Oui, au moins jusqu’au départ de Dankyun, » m’avait-elle expliqué avec un sourire.

« Si nous sommes ici, pourquoi ne pas aller dormir et garder la conversation pour demain matin ? » avais-je demandé. Puis j’avais un peu tendu les bras.

J’étais fatigué de tout le travail dur que j’avais dû faire ce jour-là, surtout quand j’avais construit les étages pour Nanya. Pendant ces moments, j’avais dû faire très attention à ne pas y placer accidentellement des pièges cachés. J’avais essayé quelques fois, mais Nanya les avait réduits en pièces.

« Je comprends, alors je vais continuer..., » déclara Ayuseya en s’envolant.

« Soupir... Où pensez-vous aller ? » lui avais-je demandé quand je m’étais précipité vers elle puis que je lui avais attrapé la main.

Devenant surprise par mon acte, elle avait froncé les sourcils et m’avait regardé après ça.

« Pardon ? » demanda-t-elle.

« Vous, Shanteya et moi, nous allons tous dormir ensemble. Maintenant, venez ici, » avais-je dit et je l’avais traînée chez ma jolie esclave.

« Pardon ? Mais je suis une princesse ! Demander une telle chose de moi et... et... et... Je sais que vous ne faites que m’aider, mais..., » elle marmonnait et essayait de s’éloigner loin de moi.

J’avais haussé les sourcils en la regardant. J’étais trop fatigué pour continuer ainsi.

« Oh pour le..., » avais-je, puis je l’avais tirée vers moi afin de l’étreindre et j’avais fermé ses lèvres avec un baiser.

J’étais peut-être un bloc de cristal à l’extérieur, mais s’il y avait une chose que j’avais apprise d’Alina, c’était la méthode pour fermer la bouche d’une femme. Fondamentalement, vous aviez deux façons : un baiser ou du chocolat. Habituellement, l’un des deux fonctionnait, sinon, il y avait l’option trois : écouter le sermon et prier Dieu pour que votre cerveau ne saigne pas.

En effet, j’aurais pu être plus subtile, j’aurais pu être plus délicat, mais Ayuseya était ma femme maintenant, c’était un fait qui resterait inchangé pour qui sait combien de temps ? Même si elle était une princesse, cela ne voulait pas dire que je devais la traiter comme un meuble ou une décoration précieuse. De plus, elle était très belle même si elle était plus grande que moi de 30 cm, et elle était un peu plus écailleuse qu’une femme humaine.

Ce qui était intéressant, c’était que sa langue était un peu plus rugueuse que celle de Shanteya. Ayuseya embrassait aussi encore un peu mal, mais à quoi s’attendre de quelqu’un qui n’avait jamais embrassé un homme ? Je doutais vraiment que Dankyun lui ait fait quoi que ce soit, mais même si c’était le cas, cela n’avait pas d’importance, elle était à moi maintenant. J’avais donc le temps de l’entraîner à l’art du baiser.

Quand nous avions séparé nos lèvres, elle était embarrassée et rouge comme une tomate. La méthode fonctionnait aussi bien, elle ne parlait plus.

« Écoutez, Ayuseya. Je ne vais pas vous mentir. À partir de maintenant, je vais essayer de vous considérer comme une femme, ma femme. Vous êtes maintenant ma femme, même si tout cela a commencé comme une blague “ne pas”. Je vais prendre mes responsabilités et finalement gagner votre cœur. Vous ne me faites peut-être pas encore confiance, et probablement que je ne vous fais pas entièrement confiance non plus en ce moment, mais ce baiser que je viens de vous voler est le pacte indiquant que je ferai de mon mieux pour éventuellement vous voler votre cœur ! » lui avais-je dit d’une voix ferme.

Tirant Shanteya plus proche de moi, j’avais étreint les deux femmes et j’avais reposé ma tête sur leur oreiller de poitrine. Les filles se regardaient un peu confuses, mais la première à céder était, bien sûr, ma jolie esclave el’doraw. Elle m’avait étreint et m’avait fait un baiser de son propre chef.

« Bonne nuit, Maître, » déclara-t-elle.

Quant à la princesse draconienne, elle était restée sans voix et terriblement embarrassée. Elle n’avait rien à dire et elle n’avait pas fait le moindre commentaire sur ce qui venait de se passer. Que pouvait-elle faire de toute façon, surtout quand elle savait que j’essayais d’offrir quelque chose qu’elle souhaitait : un mariage où l’amour mutuel existait.

Finalement, elle s’était détendue dans mon étreinte et avait laissé sa grosse poitrine agir comme oreiller. J’étais pris en sandwich entre deux femmes magnifiques. Qu’est-ce qu’un homme pourrait souhaiter de plus ? Bien sûr, d’être pris en sandwich entre trois femmes magnifiques !

 

☆☆☆

[Point de vue de Dankyun]

La meilleure auberge dans la ville de Therion n’était rien d’autre qu’un dépotoir. Les émoluments de l’aubergiste étaient aussi ridicules ! Il en demandait trop à quelqu’un comme moi, mais hélas, l’homme s’était effondré quand mes hommes avaient pointé leurs épées sur son cou. C’était une très bonne méthode de négociation pour une petite vermine pathétique comme lui. Ce soir-là, j’avais décidé de m’amuser un peu et j’avais appelé sa fille aînée dans ma chambre. Elle était fiancée à un type de la ville, mais cela n’avait pas d’importance. Ce que j’aimais le plus chez elle, c’était qu’elle était un être humain pur avec une poitrine plate. Je l’avais utilisée afin de satisfaire tous mes besoins jusqu’à ce qu’elle s’évanouisse dans mes bras. La récompense pour ses efforts avait été un poignard en plein dans le cœur. C’était un marché équitable, elle m’avait offert du plaisir, et j’avais fait en sorte qu’elle ne conçoive pas accidentellement mon enfant. Simple, n’est-ce pas ?

En lavant le sang, j’avais entendu frapper à la fenêtre. Deux femmes à capuche se tenaient là, attendant que j’aie fini.

« Entrez, » leur avais-je dit, et elles l’avaient fait.

« Dankyun, notre Seigneur, nous sommes arrivées à votre demande. Le Maître envoie ses meilleures salutations dans votre effort, et une fois de plus, il s’excuse pour l’erreur... qui a eu lieu il y a quelques semaines. Ma sœur et moi sommes là pour vous aider d’une manière ou d’une autre à atteindre vos objectifs, bien sûr, à la condition que vous ne nous tuiez pas ou que vous ne nous endommagiez pas. Le Maître souhaite notre retour en un seul morceau », expliqua l’une d’elles.

« J’ai du mal à croire que tant d’assassins aient été tués en une seule nuit, » avais-je dit en m’approchant d’elles. « Toi, nettoie ce bordel, et toi... déshabille-toi. Je souhaite voir à quel point une El’Doraw comme toi sait plaire à un sang pur draconien comme moi ! » avais-je déclaré.

« Bien sûr ! Nous nous réjouissons, Maître ! Quant aux assassins d’avant, ils étaient tous de Rang Maître inférieur. Nous sommes tous les deux de Rang Empereurs supérieur avec une force surpassant même les Divins inférieurs, » expliqua celle à qui j’avais dit de se déshabiller.

Toutes deux avaient obéi à mes ordres et avaient fait ce que j’avais demandé. La sœur qui s’était déshabillée m’avait montré son beau corps avec de gros seins ronds et des fesses d’une rondeur parfaite. Comme toutes celles de son espèce, sa peau avait une teinte grise qui changeait de couleur en fonction de ses émotions, et pour l’instant, je ne voyais aucun changement en elle. Cette femme était froide comme de la glace. Pendant ce temps, l’autre s’était débarrassée du cadavre de la fille de l’aubergiste en l’absorbant dans un petit cristal. Elle avait ensuite commencé à nettoyer la pièce.

« Nous nous réjouissons de vous servir et ne vous inquiétez pas, toutes les femmes assassines sont stériles », avait-elle dit en montrant du doigt deux petites cicatrices autour de sa région inférieure.

Elle n’avait pas besoin d’expliquer davantage, ce qu’elle me disait était clair : sa capacité à se reproduire lui avait été retirée.

« Je vois. Avez-vous quelque chose à me dire au sujet de cette Académie ? » avais-je demandé en plissant mon front.

« Bien sûr. Tous les enseignants sont des Rangs Empereur entre Moyen et Supérieur. L’un d’entre eux est un Rang Divin. Celle qu’ils appellent la destructrice folle Nanya. »

« Quoi ? » j’avais été paralysé par le choc. « Nanya est là ? » avais-je demandé.

« Oui. »

C’est mieux que ce à quoi je m’attendais ! avais-je pensé. Puis j’avais éclaté de rire.

Le destin me souriait sûrement ! Depuis que je l’avais laissée mourir dans ce donjon, je ne l’avais jamais revue, mais comme prévu, elle n’avait jamais dépassé le Rang Divin. Bien qu’elle soit probablement plus forte qu’une normale ou même supérieure, sans compétence Suprême, elle n’était restée qu’un échec.

« Quelque chose ne va pas ? » demanda la sœur nue alors qu’elle commençait son devoir de me faire plaisir.

« Non, je me souvenais du moment où j’ai piégé cette fille. Hm, peut-être que cette fois je vais finir le travail et la tuer ? Peut-être ? Ou bien devrais-je lui couper la queue et la laisser souffrir ? » avais-je commencé à réfléchir à la meilleure méthode pour lui montrer à quel point j’étais plus puissant et meilleur qu’elle.

S’il y avait quelque chose que j’aimais vraiment dans ce monde, c’était de montrer à tous ceux qui étaient inférieurs à moi à quel point la différence entre nous était grande. Quel noble qui se respecte n’aurait-il pas profité des plaisirs de torturer de temps en temps quelqu’un d’une classe inférieure à la sienne ? C’était naturel, c’était... instinctif.

« Autre chose ? » avais-je demandé.

« Ils ont réussi à apprivoiser un puissant Seigneur du Donjon. Nous ne connaissons pas sa race, nous n’avons pas pu estimer sa force, mais son Territoire de Donjon est énorme », expliqua-t-elle.

« Je vois..., » avais-je dit avec un sourire.

Mon plan était déjà gravé dans la pierre. Si je n’avais pas trouvé cette princesse royale inutile, j’allais juste détruire ce Seigneur du Donjon, m’amuser avec Nanya, et détruire totalement cette académie juste pour voir l’horreur sur son visage. Ça fait si longtemps qu’elle ne m’avait pas vu tuer ses amis, n’est-ce pas ? Ma seule question était de savoir si je devais prendre mon temps pour le faire ou si je devais foncer dans le tas. Après tout, je n’avais pas à craindre les militaires de Shoraya. Je pourrais toujours blâmer Nanya et dire qu’elle m’avait attaqué en premier. Hm, oui... c’était comme ça que ça allait être.

« Aucun signe d’Ayuseya Pleyades ? » avais-je demandé.

« Non, mais dès qu’elle quittera l’Académie, nous le saurons. Nos hommes sont postés partout dans les terres environnantes. »

Ses paroles avaient confirmé une information très importante : Ayuseya était encore dans l’Académie de Magie de Fellyore, mais d’une manière ou d’une autre, elle se cachait de moi.

« Alors, je vais y rester un peu plus longtemps et profiter de ce temps-là. »

***

Chapitre 25 : Le dernier jour de paix…

Partie 1

Je m’étais réveillé le lendemain matin en compagnie de deux charmantes femmes ; l’une était une princesse draconienne et l’autre était un ancien assassin el’doraw. Leurs seins doux m’avaient fait avoir un sourire de bonheur, me rappelant une fois de plus à quel point j’aimais les gros seins. C’était peut-être pour ça que j’avais fini avec une allégeance à ce genre de dieu. S’il était là-haut, alors il était sûrement en train de me bénir à ce moment précis.

« Bonjour, Maître..., » chuchota Shanteya.

Ouvrant les yeux, je l’avais regardée, puis j’avais amené ses lèvres afin de faire un doux baiser. C’était aussi agréable que d’habitude. Puis c’était au tour d’Ayuseya, mais elle dormait encore. J’avais décidé de ne pas la déranger, mais je ne voulais pas non plus qu’elle se réveille sans moi dans ses bras. Actuellement, nos jambes étaient entrelacées, et sa queue était enroulée autour de ma taille comme si elle essayait de proclamer sa revendication sur mon corps. Shanteya ne s’y était pas opposée et s’était retirée de notre étreinte.

« Ayuseya..., » avais-je chuchoté à la femme draconienne, mais elle n’avait pas ouvert les yeux.

En déplaçant mes mains autour de sa taille, j’avais commencé à rechercher la forme de son corps. En plus d’être très grande, elle avait une bonne silhouette. Sa grande poitrine contenait une souplesse divine, et la façon dont ses courbes se déplaçaient autour de ses hanches m’avait fait croire qu’elle avait une silhouette de sablier plutôt qu’une silhouette mince ou grande. D’après mon analyse, sa queue était connectée non pas comme une continuation du coccyx, mais plutôt comme un prolongement de la colonne vertébrale au-dessus du bassin. Malheureusement, la robe qu’elle portait ne m’avait pas permis de lui faire un tâtonnement ferme de ses fesses pour « tester » son élasticité. Du bon côté des choses, parce que sa queue était enroulée autour de moi, cela avait soulevé sa robe juste assez pour que je puisse apercevoir ses cuisses, et j’avais profité de cette occasion donnée par Dieu pour effectuer un doux toucher.

« Aimez-vous ce que vous ressentez ? » me demanda-t-elle soudainement.

J’avais dégluti et j’avais levé les yeux. Ayuseya était réveillée.

J’avais souri et retiré ma main, la plaçant au-dessus de sa taille. En me penchant de plus près, j’avais voulu capturer ses lèvres dans un baiser, mais elle s’était retirée, sa queue s’était aussi retirée.

« Est-ce... est-ce nécessaire ? » demanda-t-elle avec un peu de rougeurs au niveau de ses joues.

« Cela vous déplaît-il ? » lui avais-je demandé en réponse.

Elle avait détourné le regard, mais ne m’avait pas véritablement répondu.

« Alors, j’apprécierai ce baiser, » lui avais-je dit en lui touchant doucement le menton et en lui tournant la tête.

Puisqu’elle n’avait ni nié ce que je disais ni repoussé, j’avais accueilli ses lèvres afin de mouler avec les miennes dans un doux baiser. Une fois de plus, j’avais senti son goût et sa langue rugueuse. Elle ne s’était pas améliorée en matière de baiser pendant la nuit, mais ce n’était que sa deuxième fois jusqu’à présent. C’est pourquoi, lorsque nous avions séparé nos lèvres, ses joues et le bout de ses oreilles étaient d’un rouge vif. Elle avait aussi un regard fébrile dans ses yeux. La douceur était terminée, et elle avait maintenant le droit de se séparer de moi.

« Merci, Ayuseya..., » lui avais-je dit en quittant son étreinte.

Il était temps de libérer Shanteya, et une fois qu’elle était sortie, je lui avais donné les instructions pour aujourd’hui.

« Je veux que tu ailles dans la forêt et que tu pourchasses autant de monstres que possible. Tout ce que tu tueras sera compté comme mes morts, et ça m’aidera à monter en niveau. Rassemble leurs restes, et toutes les deux ou trois heures, je passerai te voir et les ramasserais. Et aussi, laisse-moi essayer d’enchanter ta robe, » avais-je dit.

« Je comprends, Maître. Je ferai ce que vous me demandez. Mais si possible, pourriez-vous me rendre mon ancienne armure de cuir ? Je pourrai me battre beaucoup mieux dans cette tenue que dans cette robe, » m’avait-elle dit en souriant.

« Bien sûr, je pense que Nanya l’a encore. Tu peux aller la chercher chez elle, mais d’abord, je vais voir si je peux enchanter ta robe. Je suis vraiment curieux de cette nouvelle capacité qui est la mienne ! » avais-je dit avec un sourire.

« Bien sûr ! Comme vous le souhaitez, Maître ! » répondit-elle avec une petite inclinaison de la tête.

Cela étant dit, j’avais ouvert mon panneau de compétence et j’avais regardé autour de moi à la recherche de ma compétence d’enchantement d’objet. Contrairement aux deux autres qui étaient placés dans la catégorie [Construction] et [Pièges], celle-ci avait été classée comme une [Compétence unique].

[Enchanter l’objet avec un Enchantement <Sélectionnez le type>] <Ajoute une propriété magique sélectionnée à un objet sélectionné. Le nombre de points de mana infusés dans l’objet peut influencer la force et le rang de l’enchantement ainsi que la chance d’échouer. Le coût dépend du type d’enchantement choisi avec un coût d’activation de base de 100 points de mana. Commande vocale : Eel Eel Lark >

Une autre commande vocale bizarre..., avais-je pensé tout en louchant des yeux sur cette compétence.

L’objet ciblé était la robe de Shanteya sans le tablier, les chaussures et les sous-vêtements. Le système avait tout pris comme un élément séparé. En découvrant cela, mon instinct de joueur m’avait incité à faire un set d’objets, mais il y avait autre chose que je voulais faire, quelque chose que je ne pouvais pas m’empêcher de faire.

« Mettre à jour [Enchanter l’objet avec Enchantement <Select Type>] », avais-je dit, et le système s’était conformé à mon ordre.

Pour le coût de 30 points, j’avais reçu : [Enchanter l’objet avec un Enchantement de type <Imaginé>]. J’étais débordant de joie quand je l’avais vu, à tel point que je ne me souciais pas des 10 points supplémentaires que j’avais à dépenser pour cela par rapport à d’autres compétences. C’était peut-être parce qu’il s’agissait d’une compétence unique, mais je me demandais si les deux autres compétences d’enchantement me coûteraient le même prix pour les améliorer.

« Oh ! Génial ! Vraiment génial ! Allons-y ! » avais-je dit avec un grand sourire invisible et lumineux.

« Maître ? » demanda Shanteya, clignant des yeux et plissant son front.

En choisissant à nouveau sa robe, j’avais appliqué l’Enchantement, j’y avais versé environ 3000 de mana et j’avais imaginé l’enchantement que je pouvais faire. Bien sûr, le système s’était occupé de la plupart des choses ennuyeuses, mais je pouvais voir dans le coin de mon esprit la possibilité d’échouer sous la forme d’un pourcentage, le changement de statistiques qu’il offrait, et quelques capacités spéciales parmi lesquelles je pouvais choisir.

Il y avait actuellement 0 % de chance d’échouer, mais au moment où j’avais choisi d’ajouter 1000 points pour chacune de ses statistiques, la chance était passée à 100 % de chance d’échouer. Même si j’y avais versé 1000 points de mana de plus, cela n’avait pas fonctionné. J’étais un peu déçu, mais j’avais continué à jouer avec les réglages.

La raison pour laquelle cela n’avait pas fonctionné pouvait avoir quelque chose à voir avec mon niveau actuel ainsi qu’avec le niveau d’amélioration de la compétence. Fondamentalement, je n’avais pas le droit d’enchanter des objets avec des capacités capables de tuer un Suprême, mais un joueur pouvait quand même rêver.

Ajouter des capacités avait également augmenté mes chances d’échouer, alors j’avais lutté un peu pour faire un enchantement capable d’offrir à Shanteya des améliorations en statistiques et des capacités décentes sans augmenter les chances d’échouer d’une manière trop élevée.

Le résultat final avait été cet objet :

[Nom de l’objet] : Robe de femme de ménage <changer le nom> O/N

[Statistiques ajoutées] : Tous +135, +1 % Régénération de mana

[Capacités] : Endurance élevée <Permet à l’élément de survivre à des impacts puissants ou à des mouvements extrêmes. Limite d’agilité : 1200. Limite de force : 1200.> +Traque <Permet à l’utilisateur de suivre les formes de vie voisines. Zone limite : 20 mètres> +Réduction de Damage 20 % <Empêche l’utilisateur de recevoir 20 % de dommages de l’attaque totale.> +Lien [Illsyore] <Permet à une personne sélectionnée de connaître à tout moment l’emplacement et l’état de santé du porteur.>

[Possibilité d’échouer] : 67 %.

Je n’aimais pas les 67 %, alors j’ai ajouté 2000 points de mana, ce qui en fait un enchantement de 6000 points de mana.

[Probabilité d’échouer] : 48 %.

« Trop haut ! » Je voulais crier, mais j’avais réalisé que c’était peut-être quelque chose dans les options que j’avais choisies qui maintenait les chances d’échouer si élevées, alors j’avais commencé à expérimenter un peu plus. J’avais retiré certaines des capacités, mais cela ne l’avait réduit qu’à 40 %. Je les avais rajoutées et je m’étais concentré sur les statistiques. J’avais enlevé la régénération de mana, et la chance était tombée à 18 %. Par curiosité, j’avais réduit les statistiques à 50 au lieu de 135. Le risque avait chuté à 1 %.

Donc, ajouter des statistiques a augmenté énormément les chances d’échouer, hein ? avais-je pensé, et par curiosité, j’avais réduit encore plus les statistiques. Cela n’avait pas changé de 1 % à 0 % jusqu’à avoir complètement enlevé les statistiques.

En d’autres termes, les statistiques avaient ajouté une probabilité automatique d’échec de 1 %.

Cela avait atteint 3 % alors que j’avais 60 points en tout. En retirant les points d’Intelligence, je pourrais augmenter 30 en Force et 30 à l’Agilité. Comme ils étaient plus importants, je les avais laissés là.

Avec 3 % de chance d’échouer, c’était une victoire garantie, alors j’avais appliqué l’enchantement 6000 points de mana sur la robe de femme de ménage de Shanteya. Au moment où j’avais fait cela, il y avait une lumière vive et puis... quelque chose d’inattendu s’était produit, ce qui était à la fois bon et mauvais en même temps.

« Maître ? » demanda l’El’Doraw surprise après qu’on l’ait laissée debout devant moi avec sa robe de femme de chambre en morceaux.

« Eh bien... un tablier nu, c’est une chose, tu sais ? » avais-je dit.

« Nue ? Mais je porte toujours mon soutien-gorge et ma culotte.... » déclara la jeune femme.

« Je peux arranger ça, tu sais ? » demandai-je.

Elle avait rougi et elle baissa les yeux.

L’enchantement avait échoué à 3 %, et cela faisait rage à l’intérieur de moi.

« Comment pourrait-il échouer à 3 % ? Franchement... comment ? Sérieusement ? ARGH ! » avais-je crié.

Il m’avait fallu quelques instants pour me calmer, mais quand je l’avais fait, j’avais décidé de ne plus jamais tenter d’élever les statistiques par enchantement jusqu’à ce que j’aie amélioré le sort au point où cela n’aurait plus échoué aussi ridiculement.

« Je n’ai pas de vêtement de rechange... Je vais chercher ton armure en cuir, » avais-je grogné.

« S’il vous plaît, maître. Je ne peux pas me battre comme ça », m’avait-elle dit. Puis elle m’avait montré du doigt les restes de sa robe.

Ses joues étaient rouges et ses oreilles étaient un peu plus basses à cause de l’embarras.

Tu t’es entraînée nue, Shanteya, ne te plaint pas des combats de tabliers à moitié nus, avais-je réfléchi, mais j’avais décidé de ne pas dire ces mots à voix haute. Cela aurait pu être un peu grossier de ma part.

J’avais trouvé Nanya dans sa chambre. Bien sûr, avant d’entrer, j’avais frappé en premier et au cas où il y aurait quelqu’un, j’étais prêt à le tuer accidentellement avec une simple [Boule de feu].

« Eh bien ! Enchanter un objet pour pouvoir recueillir du mana ou augmenter sa force n’est pas si facile et la plupart du temps, personne ne l’essaie vraiment, » m’avait-elle dit après m’avoir expliqué pourquoi j’étais là si tôt et avoir demandé un ensemble de vêtements de rechange pour Shanteya. « Pourtant, je suis encore plus surprise par le fait que tu peux y ajouter quatre capacités ! Bref, je t’apporterai l’armure de Shanteya, mais ne la déchire pas. Les enchantements peuvent être remplacés si nécessaire, donc, jusqu’à ce que tu t’en sortes mieux, il suffit de répartir les capacités sur différents objets. Au fait, elles ne s’empilent pas. La version plus forte est prioritaire », m’avait-elle prévenu.

« Voilà pour mon idée de set surpuissant, » avais-je répondu.

« Quels sont tes projets pour aujourd’hui ? » m’avait-elle demandé alors qu’elle s’était retournée.

Nanya était rentrée pour prendre l’armure de Shanteya et une robe de femme de chambre de rechange. Pendant ce temps, j’attendais dans le couloir.

« Je vais construire le cinquième étage du donjon, enchanter quelques pièges. Des trucs comme ça... Et toi ? » avais-je demandé.

« Je vais aller vérifier les donjons que tu as faits hier et ajouter des appâts à l’intérieur pour les faire fonctionner. Tu as dit que tu voulais que Shanteya aille chasser ? Est-ce que cela veut dire que si je chasse aussi, tu peux monter en niveau plus rapidement ? » demanda-t-elle de l’autre côté de la pièce.

« Oui, » avais-je répondu.

« Hm ! Je vois... Alors, comment Shanteya est-elle devenue si forte tout d’un coup ? » me demanda-t-elle curieusement.

« Il s’agit de l’une de mes capacités passives. Ça s’appelle le [Lien de Confiance]. Tant que tu me fais confiance, et que je te fais entièrement confiance, la capacité apparaît et me permet d’augmenter ta force de façon considérable, » avais-je expliqué calmement, sans entrer dans les détails.

Même si Nanya et Ayuseya étaient maintenant mes épouses, je n’avais pas l’impression de pouvoir leur faire entièrement confiance, ou qu’elles me faisaient confiance. C’était peut-être la raison pour laquelle ça n’avait pas marché. Forcer cette capacité ne me mènerait nulle part, elle devait venir naturellement comme cela avait été le cas avec Shanteya et moi. Je me sentais en sécurité et protégée avec elle, alors qu’elle se ressentait la même chose envers moi.

« Hm, intéressant, malheureusement, je pense qu’il ne s’activera jamais pour moi, » m’avait-elle dit en revenant avec les vêtements de mon esclave.

Après les avoir absorbés, je lui avais demandé « Pourquoi ? »

« Je ne peux plus faire confiance en quelqu’un, » elle avait haussé les épaules comme s’il n’y avait rien à craindre. « Mais, ne t’inquiète pas. Ce n’est pas seulement toi en qui je n’ai plus confiance..., » elle avait regardé le sol pendant un moment. « Même si mes sentiments pour toi se transforment en amour pur... cela ne me permettra jamais de te faire entièrement confiance, et tu ne devrais pas non plus me faire confiance... » elle avait levé les yeux et m’avait affiché un petit sourire, mais un sourire triste.

« Nanya..., » avais-je dit en pensant à ce que je devais lui répondre. Mais que devrais-je faire quand je ne savais pas comment elle avait fini comme ça ?

Franchement, je n’aurais jamais deviné que l’énergique, amicale, sauvage et bavarde Nanya avait du mal à faire confiance aux autres. Elle avait interagi correctement avec les élèves de l’académie et même avec les autres enseignants. Néanmoins, vu le type de monde que c’était et son passé avec Dankyun, ce n’était pas non plus une chose impossible. L’époque médiévale n’était pas non plus très agréable ou gentille sur Terre. Plutôt que de romance, de chevaliers et d’honneur, c’était plus comme la terreur, l’obscurité, l’angoisse et la mort. Mais je voulais quand même lui dire quelque chose pour l’aider.

« Tu devrais y aller maintenant. Rappelle-toi ce que je t’ai dit à propos de l’enchantement. Et aussi, maintenant que j’y pense, pour ton donjon, je crois qu’il vaut mieux que tu ne construises pas un étage entier aujourd’hui et que tu te concentres plutôt sur les défenses de ta pièce ici, à l’académie. Ce ne serait pas mal pendant que tu y es, si tu trouves un endroit pour transporter ton noyau dans ton donjon, juste au cas où, » m’avait-elle conseillé.

J’avais l’intention de le faire de toute façon, mais la partie sur une façon secrète d’amener mon noyau au donjon avait été laissée quelque part dans les coins de mon esprit. En d’autres termes, je n’en étais pas si sûr. Peut-être qu’avec Dankyun venant dans cette direction, un tel plan d’urgence n’était après tout pas une si mauvaise idée.

« Nanya, avant de partir, j’ai quelque chose à te dire, » avais-je dit.

« Qu’est-ce que c’est, Illsy ? » me demanda-t-elle.

« Je ne pense pas que l’amour puisse exister sans confiance mutuelle... Quand on aime quelqu’un, on lui fait automatiquement confiance. Je ne sais pas ce qui t’a rendue incapable de faire confiance aux autres, tu as l’air d’aller parfaitement bien avec les professeurs et les élèves, mais réfléchis un instant à ce que j’ai dit... En fait, je veux dire ce que je t’ai dit hier. Je ne vais pas revenir sur mes paroles simplement parce que tu as dit que tu ne me feras jamais confiance. Si je veux tomber amoureux de toi, qu’il en soit ainsi, alors je m’occuperais bien de toi, » avais-je déclaré d’une voix ferme, pour lui montrer que je pensais chaque mot que j’ai dit avant et maintenant.

En vérité, je n’avais aucune idée de la façon dont les choses finiraient entre nous dans quelques mois ou années, mais si je ne faisais pas de mon mieux pour gagner son cœur et celui d’Ayuseya, je savais que je finirais par le regretter. Pour ce que j’en savais, je devais au moins essayer. Cela, je le savais avec certitude parce que c’était quelque chose qu’Alina m’avait appris.

Quand je me sentais déprimé à cause du chômage, quand j’avais des difficultés avec mes amis, quand je ne savais même pas si ça valait la peine de vivre ou non, elle était là pour m’aider à me remettre sur pied. Elle aurait pu m’abandonner, elle aurait pu rester là et ne rien faire, mais elle ne l’avait pas fait. Il fut même un temps où je pensais qu’elle me trompait avec l’un de ses collègues, mais tout cela s’était révélé faux. Eh bien, ce n’était pas seulement elle qui m’avait aidé à surmonter ça, quelques bons dessins animés et quelques lignes d’un livre m’avaient aidé à réaliser ce qui était mal dans ma façon de penser.

C’était en fait logique. Si une personne aimait, comment pouvait-elle prétendre qu’elle ne pouvait pas lui faire confiance ? Après tout, pour autant que je sache, l’amour signifiait se donner complètement à celui que vous aimiez et ne rien demander en retour. Cela signifiait aussi le fait d’accepter votre partenaire sans se plaindre et l’accepter tels qu’il était et croire et avoir confiance qu’il ferait la même chose pour vous.

Ce n’était pas une croyance avec laquelle j’étais né, mais une croyance que j’avais atteinte après avoir souffert en faisant exactement le contraire, mais je ne savais pas si mes mots avaient la force d’atteindre Nanya. Pour l’instant, elle n’aurait pu les voir que comme de simples mots vides.

« J’y réfléchirai, Illsy, » répondit-elle avant de fermer la porte.

J’avais soupiré et j’étais retourné dans ma chambre. Pour l’instant, je ne pouvais qu’attendre.

Une fois rentré auprès de Shanteya, j’avais décidé d’enchanter son armure avant qu’elle ne la mette. Je n’avais pas essayé d’ajouter des statistiques cette fois-ci, mais au lieu de cela, j’avais utilisé les enchanteurs Haute Endurance et Atténuateur de Dommage à 20 % comme enchanteurs principaux. Sur sa poitrine, j’avais aussi ajouté le troisième, qui était le Lien [Illsyore]. La seule autre partie de son armure à recevoir un enchantement supplémentaire était sa tête, sur laquelle j’avais placé Traceur. Pourtant, j’avais été assez surpris d’apprendre que son armure d’assassin n’avait pas d’enchantements initiaux adaptés à son travail précédent, mais encore une fois, elle était juste un rang Maître ou peut-être Intermédiaire. C’était peut-être la raison.

Après avoir expliqué quelles sortes d’enchantements j’avais ajoutés, la première question qu’elle m’avait posée était « Combien de temps dureront-ils ? »

C’était assez intéressant parce que je n’avais vu aucune sorte de minuterie sur eux quand je les avais faits.

« Je ne sais pas, laisse-moi absorber un morceau et voir..., » lui avais-je dit, et elle m’avait tendu le masque.

En entrant dans mon esprit intérieur, je ne m’étais pas arrêté pour visiter Ayuseya et j’étais allé directement à l’endroit à l’intérieur de mon obscurité où les objets étaient gardés. Après avoir trouvé le couvre-chef, j’avais regardé ses informations, mais encore une fois, rien d’inhabituel n’était apparu dans le menu.

« Affichage de la durée de l’enchantement, » avais-je ordonné.

<Enchantement permanent.>

Voilà la réponse que j’avais reçue. J’avais haussé les épaules et quitté mon esprit intérieur.

« P-Permanent ? » avait demandé Shanteya quand je le lui avais dit.

« Oui, » avais-je répondu calmement.

« C’est incroyable..., » dit-elle en regardant ses gants.

« Je m’en doutais, » lui avais-je dit.

« Comment ça, Maître ? » Elle avait incliné la tête vers la droite et avait froncé un peu son front.

« Je suis un Seigneur du Donjon en tant qu’espèce et d’après ce que Nanya m’a dit, tous les donjons peuvent à la fois créer et enchanter des objets. Les gens ont fait des recherches sur les sorts d’enchantement en se basant sur ce qu’ils ont rencontré dans les donjons. Leurs versions sont temporaires et pas aussi fortes que les miennes, alors j’ai cru qu’il devrait être naturel pour moi d’apprendre des enchantements permanents plutôt que des enchantements temporaires, même s’ils sont mentionnés comme temporaires dans les livres, » lui avais-je expliqué.

D’une certaine manière, je m’attendais à ce que quelque chose de semblable se produise lorsque je trouvais un livre ou un parchemin avec une compétence de Rang Divine. C’était à moins que j’aie réussi à débloquer cette compétence moi-même. Il était tout à fait possible qu’il m’ait demandé d’avoir plusieurs compétences de rang Empereur pour le faire.

Bien sûr, il y avait une chance que j’avais complètement tort, et que je m’étais retrouvé avec un enchantement permanent basé sur la chance ou le fait que je n’avais tout simplement pas spécifié le temps que je voulais qu’il dure. La compétence avait l’option de : <Imaginez le type>.

« Alors, Maître, je vais y aller. Je vais chasser autant de monstres que possible pour vous, » avait dit Shanteya avec un sourire éclatant avant de mettre son masque.

« Prends soin de toi ! » lui avais-je dit.

À ce moment-là, elle était redevenue l’assassin que j’avais rencontré lors de ma première journée en tant que Seigneur du Donjon. Cela m’avait fait me souvenir de l’époque où j’avais massacré ces 24 assassins sans même montrer le moindre signe de remords. Même maintenant, je ne ressentais rien pour eux parce que je savais qu’ils voulaient causer du mal à ma Shanteya bien-aimée. En y pensant, le fait qu’un donjon de niveau 1 fasse quelque chose comme ça était incroyable, et même absurde, mais je pensais que c’était quelque chose de basique, quelque chose que n’importe qui pouvait faire.

Je n’aurais pas pu me tromper davantage.

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