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J’ai été réincarné en une Académie de Magie ! – Tome 3

Table des matières

***

Chapitre 22 : Deux anneaux pour m’enfermer en enfer…. ou au paradis ?

Il y avait un silence de tombeau dans ma pièce alors que tout le monde regardait les tatouages noirs en forme de bague qui décoraient maintenant les doigts de Nanya et Ayuseya. Il n’avait pas fallu être un génie pour réaliser ce qu’ils symbolisaient et même les petits engrenages dans ma caboche avaient du mal à se remettre en fonction pour tenter de traiter l’information.

Tandis que sur Terre, je n’avais même pas eu le courage de poser la question à Alina, dans celui-ci, j’avais pu demander à deux femmes d’âges, de nationalités et d’espèces différentes de m’épouser. J’avais réalisé l’impossible ! J’avais atteint l’impensable ! J’avais réalisé en même temps le cauchemar et le rêve de chaque homme ! Malheureusement, cela ne s’était pas produit parce que j’étais follement amoureux des deux femmes, c’était à cause d’une simple blague, d’une erreur folle et sincère.

« Alors…, » avais-je dit afin d’essayer de briser le silence.

Nanya m’avait regardé. En me montrant le tatouage autour de son doigt, elle m’avait demandé « Illsy ? Qu’est-ce que c’est ? »

« Euh... une main ? » avais-je répondu, et elle m’avait regardé fixement.

Oh, elle est en colère ! pensais-je.

« Je crois... que c’est un contrat de mariage ? » demanda Ayuseya.

« Mariage ? Je suis trop jeune pour être mariée », se plaignit Nanya, mais ses paroles ne m’avaient fait que plisser mes yeux vers elle.

Tu as plus de 100 ans ! avais-je crié dans mon esprit.

« Mais... il a demandé de ne pas l’épouser, n’est-ce pas ? » avait demandé Ayuseya.

« Techniquement parlant... non, » avais-je répondu.

« Nous as-tu demandé de t’épouser ? Es-tu fou ? » demanda Nanya.

« Est-ce une question piège ? » avais-je demandé.

« Illsy ! » elle fronça les sourcils.

« Je ne nie pas une banane ! » Je lui avais dit et en conséquence, elles avaient toutes cligné des yeux en raison de la surprise. J’avais l’impression que le numéro de folie ne marchait plus.

« Soupir... Peux-tu s’il te plaît enlever ça ? La dernière chose que je veux, c’est d’être mariée à un cristal fou, grand et flottant, » avait dit Nanya en croisant les mains sur sa poitrine.

« De mon côté, cela ne me dérange pas, » déclara Ayuseya.

Alors que l’opinion de Nanya était compréhensible, celle d’Ayuseya m’avait pris par surprise. Qui aurait cru qu’une princesse draconienne dirait une telle chose ? Plus sérieusement, quelqu’un dans sa situation politique, malgré les petits détails sur son fiancé fou... ex-fiancé, devrait y réfléchir à deux fois avant d’accepter de se marier comme ça, et en aucun cas je ne devais être blâmé pour avoir posé la question ! Pourtant, la blague était terminée, et cela avait rempli son objectif initial de les faire cesser de se disputer, même si une boule de feu de 2000 pts aurait peut-être suffi, non ?

« D’accord, je vais l’enlever maintenant... ou essayer, » avais-je dit avec un soupir.

« Bien ! » déclara Nanya avec un grand sourire.

« Gmm…, » Ayuseya avait l’air déprimée.

J’avais regardé ces anneaux et j’avais bien réfléchi à ce que j’étais censé dire pour les enlever, mais en y pensant logiquement, je n’avais pas jeté un sort ou toute autre compétence. J’avais demandé quelque chose comme une blague. Cela étant dit, je me demandais comment exactement je pouvais enlever ces bagues.

« Voyons voir... Euh... Voulez-vous divorcer ? » avais-je demandé.

« Oui, » dirent-elles en même temps, mais il ne s’était rien passé.

« Hm... Est-ce que, Nanya, souhaites-tu divorcer ? » avais-je redemandé.

« Oui ! » répondit-elle à voix haute.

Nous avions attendu, mais il ne s’était rien produit.

« Veux-tu, Nanya, me démarier ? » avais-je demandé.

« Je ne pense pas que ce mot existe, mais oui, » m’avait-elle dit. Mais rien ne s’était produit.

J’avais ouvert mon menu de statut et regardé autour de mes compétences pour trouver un indice concernant ce que j’étais censé faire avec ce mariage. Malheureusement il n’y avait rien là et peu importe combien de commandes vocales j’avais essayées, combien de questions que j’avais posées, il n’y avait pas de réactions à leurs anneaux. Ils étaient là pour de bon.

« Je... Je ne pense pas pouvoir les enlever, » avais-je dit après plus d’une heure d’essais et d’erreurs.

« J’imagine que je vais finir jeune veuve ! » déclara Nanya avec un sourire ennuyé en frappant sa paume de la main avec son poing.

« Attends, ne fais rien que tu pourrais regretter ! Je suis après tout le père de tes futurs enfants ! » avais-je dit d’une voix digne alors qu’à l’intérieur, j’avais prié toutes les divinités pour l’empêcher de me briser en mille morceaux.

« Franchement Illsy... Comment peux-tu dire quelque chose comme ça tout en utilisant ma culotte comme chapeau ? » demanda Nanya.

« Hein ? Quelle culotte ? » avais-je demandé en étant un peu confus.

En sortant de mon corps, j’avais jeté un coup d’œil autour de moi et juste là, sur le dessus de ma tête, se trouvait le tissu blanc à froufrous que Nanya portait habituellement. Je l’avais immédiatement reconnu, mais j’avais dû me demander pourquoi il était là au départ.

« Franchement, ce sort est plus que brisé…, » murmurai-je en louchant des yeux.

En utilisant ma [Télékinésie], je l’avais ramassée et j’avais rendu le tissu sacré à son propriétaire légitime. Nanya me l’avait arraché de la main et m’avait jeté un regard furieux.

« Mais je crois que ça règle le problème. Illsyore est maintenant notre mari, que nous le voulions ou non, » avait dit Ayuseya en regardant Nanya.

« Et dites-moi, qu’est-ce qu’il y a de mal à être veuve ? » demanda-t-elle en haussant un sourcil.

« Peut-être rien, peut-être tout, mais désirez-vous vraiment le devenir sans d’abord donner une chance à Illsyore ? Qu’est-ce qu’il y a de mal à être sa femme ? » demanda Ayuseya calmement et en étant plutôt détendue.

« Oui, oui ! Vilaine veuve ! La chance d’un mariage est intéressante ! » avais-je dit rapidement comme un gars qui avait oublié comment utiliser les verbes.

Nanya avait jeté un autre coup d’œil à sa bague et m’avait regardé après ça. Elle avait l’impression qu’il lui faudrait un certain temps pour s’adapter à la situation actuelle, mais elle ne semblait pas non plus s’y opposer totalement. Le fait que j’étais encore en vie en était une preuve évidente. D’un autre côté, Ayuseya était tout le contraire. Quant à Shanteya, elle était restée silencieuse et n’avait pas dit un seul mot, mais elle ne m’avait pas non plus regardé. Elle était ma femme de ménage de confiance, mais j’avais dû être très obtus pour ne pas la voir se trémousser sur le fait qu’elle avait également raté l’occasion de dire oui.

Je n’aurais jamais pensé que j’aurais CETTE popularité !, avais-je pensé à moi-même. Cependant, le problème était resté, il n’y avait aucun moyen d’enlever les anneaux sur leurs doigts. Contrairement aux tatouages du sort pour les esclaves, ceux-là semblaient être permanents.

« Euh, peut-être que Tuberculus ou les autres savent quelque chose à ce sujet ? Ou peut-être qu’on a besoin d’un prêtre ? » avais-je demandé.

Secouant la tête, Nanya avait refusé les deux options.

« Nous ne devons pas en parler à Tuberculus. Ayuseya est une invitée politique importante... Il serait plus facile de te détruire, Illsy, plutôt que d’annuler le sort, » avait-elle souligné.

J’avais dégluti.

« Je ne les laisserai pas faire, rassurez-vous, » Ayuseya avait pris ma défense.

« Peut-être, mais qu’en est-il des autres pays ? Les plus hautes instances comme on dit ? Nous ne commandons pas d’armées et nous n’avons pas de Suprêmes qui nous ont juré de leur fidélité…, » expliqua Nanya en soupirant.

« Hein ? » avais-je dit.

« Comme Nanya l’a dit, je suis une invitée politique. Mon séjour ici ne peut être d’une durée indéterminée. Mon mariage avec vous soulèverait beaucoup de problèmes dans ce pays et dans le mien. Il y a beaucoup de nobles qui ont hâte de pointer du doigt l’un d'eux pour les faire tomber. Pour éviter ces situations gênantes et ces ennuis inutiles, nous pouvons utiliser les services d’une armée ou d’aventuriers du Rang Suprême. Avoir une armée nous aiderait à déclarer l’indépendance de ce territoire. Avoir les vœux de protection de deux ou plusieurs Suprêmes garantit notre sécurité. Pour l’instant, nous n’en avons pas encore, mais il y a la troisième option. Si je suis cachée du regard de Dankyun, et qu’il quitte cette académie seul, alors Illsyore peut se concentrer sur la construction d’un donjon et étendre son territoire. En même temps, nous pouvons faire des alliés de tous les enfants nobles de cette académie. Avec leur aide ainsi qu’un donjon puissant, nous pouvons gagner la faveur de la noblesse supérieure Shoraya ou même celle de la famille royale elle-même. Une fois qu’ils auront découvert que je suis mariée à Illsyore, nous pouvons invoquer cette faveur et demander leur protection. Je suis sûre qu’ils seraient plus que disposés à accepter un donjon amical sur leur territoire si nous offrons certains services en retour, » avait expliqué Ayuseya.

« En effet, un tas de bêtises politiques, mais c’est une possibilité et probablement la meilleure à ce jour... mais... » Nanya avait dit ça, et d’un regard aiguisé sur la princesse draconienne « Tout cela n’est bon que si Dankyun ne vous découvre pas, et cela nous ramène à notre sujet d’origine. »

J’avais dégluti et j’avais demandé « Mais maintenant, il y a une bonne raison pour moi de la cacher, n’est-ce pas ? Si je ne le fais pas, ce Dankyun me tuera probablement pour libérer Ayuseya du contrat de mariage et j’aimerais bien garder ma peau de cristal intacte, merci ! »

Nanya ne regardait qu’Ayuseya et semblait m’avoir ignoré. Il y avait un véritable orage entre les deux, et je n’avais aucun moyen de l’arrêter sans utiliser la force brute, ce que je préférais ne pas faire.

Au bout d’une minute ou deux, Nanya avait poussé un long soupir et avait fermé les yeux.

« Eh bien ? » avais-je demandé.

Quelques instants plus tard, elle ouvrit les yeux et regarda mon corps de cristal. D’une voix calme, elle avait commencé à donner des instructions sur ce que je devais faire à partir de maintenant.

« Très bien, mais Illsy, tu dois construire plus de niveaux à ton donjon dans les semaines suivantes, » déclara Nanya. « Fais en sorte qu’il y ait au moins cinquante niveaux. Rends-les plus difficiles que ceux qui existent actuellement. Nous devons aussi t’apprendre à enchanter les murs et tout le reste. Je crois que j’avais quelques livres là-dessus. Il faut aussi construire plusieurs autres donjons plus faibles et plus petits partout. Cela augmentera ta valeur aux yeux du roi. Nous ne devons absolument pas en parler à ces idiots d’enseignants. Ils sont déjà fâchés à ton sujet pour tes étages de donjon dit “Facile”. Quant à ton noyau, tu dois commencer à utiliser l’Armure magique, étendre ton territoire pour doubler, non, tripler sa taille actuelle. Tu dois aussi faire quelque chose pour cette pièce. Protège-toi avec quelque chose, mais garde ton cœur ici. Personne ne se plaindra de sa protection, mais s’il est camouflé, ils douteront de ta loyauté envers nous. »

Quand elle m’avait suggéré de rendre mon donjon un peu plus dur et avec plus d’étages, je n’avais pas pu m’empêcher de laisser un sourire sur mes lèvres. Diverses idées sournoises se formaient déjà dans mon esprit. Je ne savais pas ce que c’était, mais l’idée de construire quelque chose d’incroyablement complexe, mortel et follement ennuyeux m’avait fait sourire de joie. Je m’étais demandé ce qu’elle voulait dire par murs enchanteurs, mais ce qui avait retenu mon attention était autre chose.

« Armure magique ? Je pense que je me souviens que tu as mentionné quelque chose à ce sujet... Eh bien, dans ce cas, j’aurai juste besoin de tes conseils sur la façon de le faire, Sensei Nanya ! » avais-je dit avec un sourire.

« Attendez ! N’est-ce pas un peu trop même pour lui ? D’autres donjons prennent d’innombrables années à fabriquer ne serait-ce qu’un seul donjon. Pour qu’il en fasse plus d’un et en si peu de temps…, » demanda Ayuseya en plissant son front et en nous regardant tous les deux en étant un peu confuse.

« Nyahahaha. Hahahaha ! Pas besoin de s’inquiéter à ce sujet, Illsy est un Donjon Divin, et pas un Héroïque ! » déclara la petite fille avec un grand sourire présent sur son visage.

« D-D-Divin !? » cria le draconien.

« Sssh ! Pas si fort ! » déclara Nanya en mettant sa main sur la bouche de la femme.

« Cela expliquerait la quantité folle de mana consommé ainsi que la raison pour laquelle il a pu me guérir, mais je pensais qu’il était un Ancestral ou peut-être un Demi-dieu, certainement pas Divin, » avait dit Ayuseya, qui avait été assez choqué par la vérité.

« Soupir. Quoi qu’il en soit, ne dites rien à ce sujet, et je ferai en sorte que les professeurs se taisent, mais écoutez, Ayuseya. Si vous faites ou prévoyez de faire quoi que ce soit à Illsy qui mènera à sa destruction ou qui lui fera mal, je vous traquerai et vous écorcherai vivante ! Vous avez ma promesse en tant qu’aventurière de Rang Divin, » l’avait-elle menacée. Même moi, je pouvais sentir l’intention meurtrière qui émanait d’elle.

« Il en va de même pour vous aussi, Nanya, » répliqua la princesse sans même broncher devant elle.

« Quelque chose me dit que revenir tard le soir d’un cocktail avec les gars sera dix fois plus difficile à expliquer maintenant…, » avais-je fortement soupiré.

À partir de ce moment-là, je devrais me concentrer davantage sur la construction de mon donjon principal, la création de nouveaux donjons et le développement de nouvelles façons de diriger les pauvres gens qui s’y aventuraient au bord de la folie. Malheureusement, à l’époque, je n’avais aucune idée du danger qui se dirigeait vers moi...

[Point de vue de Dankyun]

« Maître Alttoros, nous devrions atteindre Therion d’ici la fin de la journée », répondit Fellian, l’un de mes quatre commandants du Rang Empereur.

Je n’avais pas répondu à ses paroles, j’avais simplement regardé de loin. Était-il nécessaire de répondre à l’un d’entre eux ? Un Rang Empereur n’était rien d’autre qu’un asticot par rapport à moi, et pour les 40 soldats du rang Maître derrière moi, ils étaient encore plus bas que cela.

Pourquoi en était-il ainsi ? Était-ce même une question qu’il fallait poser ?

J’étais un draconien de rang Suprême fiancé à la princesse royale, Ayuseya Pleyades, donc bien sûr ils n’étaient rien d’autre que des asticots comparés à moi !

Dans ce monde, le pouvoir était ce qui régnait sur les faibles. Votre rang d’aventurier pourrait décider à la fois de votre statut social et du nombre de personnes que vous pourriez écraser sous votre botte. En tant que tel, un Suprême devait rester dans la position le plus élevé. C’est pourquoi la famille royale Pleyades n’avait épousé que ce Rang. Ils représentaient le pouvoir et l’autorité que leur lignée des rois ne pourrait jamais espérer atteindre. Mais alors que j’étais un symbole de leur force, Ayuseya n’était rien d’autre qu’un tremplin pour moi pour acquérir un pouvoir que même un Suprême n’avait pas tenu et pourtant avait été offert nonchalamment à quelqu’un de plus faible qu’un aventurier de rang débutant. C’était le pouvoir d’un roi ! Le pouvoir de commander légitimement des armées et d’avoir accès à des montagnes d’or sans se soucier des asticots qui aboient sur vous ou d’autres Suprêmes qui tentaient de vous défier dans une bataille. Pour moi, Ayuseya était le ticket pour obtenir légalement et politiquement ce pouvoir.

En y pensant, il fallait se demander : quel genre de but ces 44 hommes qui m’accompagnaient pouvaient avoir pour un homme comme moi. J’étais plus fort, plus rapide et plus intelligent que tous réunis. Naturellement, je pouvais les décimer en quelques instants, mais même les asticots valaient quelque chose lorsqu’ils étaient utilisés correctement.

Mon désir actuel était simple : c’était de récupérer ma marionnette, la pathétique petite femme qui venait de la lignée des rois. Je savais pertinemment qu’elle ne pouvait pas m’échapper. La raison en était la petite plaque dorée autour de mon cou. C’était un cadeau des grands prêtres de Teslov, qui avaient béni nos fiançailles et avaient placé un sort spécial dedans. Cela m’avait permis de toujours savoir où elle se trouvait exactement. La plaque en était la preuve, et rien ne pouvait briser le sort, sauf pour un autre Grand Prêtre. Cependant, comment pouvait-elle parler à quelqu’un alors que sa gorge était également maudite ? L’écriture était une possibilité, mais un grand prêtre ou n’importe qui d’un rang élevé ne la considérerait que comme une insulte et la congédierait rapidement avant qu’elle n’ait eu l’occasion de raconter son histoire.

J’avais fermé les yeux et je m’étais souvenu du moment où je lui avais versé dans la gorge la potion faite à partir des restes de 1000 vers mangeurs de chair. Elle luttait et criait de douleur à cause de la brûlure, mais même maintenant, tout ce que je voyais en elle n’était qu’un être inférieur qui n’était béni qu’avec le sang dans ses veines. Tout le reste valait la peine d’être jeté à la poubelle ! À quoi sert une princesse qui ne pouvait ni parler ni se battre ? Elle était une honte pour toute notre espèce, une honte que j’étais prêt à rectifier.

Hm ? Qui pourrait même oser m’arrêter, moi, un Suprême ? avais-je pensé alors qu’un sourire s’était formé sur mes lèvres.

Ouvrant les yeux, j’avais levé les yeux vers le ciel, mais l’odeur de quelque chose qui brûlait atteignit mon nez. Clignotant des yeux en raison de la surprise, j’avais regardé en bas et j’avais vu la plaque d’or qui fumait.

« Qu’est-ce que c’est ? » avais-je demandé alors que j’observais ça.

La fumée s’était intensifiée et avait recouvert toute la plaque. J’avais arrêté mon cheval et j’avais regardé avec horreur le symbole de mes fiançailles avec Ayuseya ainsi que mon seul moyen de la traquer s’était transformé en un tas de cendres.

Comment est-ce possible ? Quelqu’un a rompu le sort ? NON ! Ça ne peut pas être le cas. Il n’y a aucune chance qu’un Grand Prêtre soit ici ! avais-je crié dans mon esprit.

La vue de la fumée me mettait en colère.

« Maître ? » demanda Fellian.

J’avais dégainé mon épée et je l’avais coupée en deux avec son cheval. Son armure magique était la deuxième plus haute parmi tous les rangs Empereur qui me suivaient, mais contre ma puissance, un seul coup était suffisant pour la briser. Quelle impudence de me déranger ! Néanmoins, sa mort m’avait bien servi pour éteindre une partie de ma colère. Les autres l’avaient vu, mais aucun n’avait osé bouger ou commenter. Ils savaient trop bien ce qui leur arriverait s’ils le faisaient.

« Je veux que le meilleur éclaireur de vous tous aille à cette Académie de Magie de Fellyore ! Découvrez ce que vous pouvez sur la Princesse Ayuseya et tout ce qui mérite d’être mentionné, » avais-je ordonné avec force.

Un homme s’était approché de moi, mais il avait gardé une bonne distance, hors de portée de ma lame. Le cadavre de son ancien commandant était un avertissement suffisant pour lui.

« Compris, Maître ! » déclara-t-il. Puis il se donna un coup de poing sur la poitrine.

« Vous devez revenir avant que je désire quitter Therion, » avais-je déclaré.

« Oui, Maître ! » répondit-il et il frappa son cheval avec ses éperons. La bête avait henni une fois et il s’était mis à galoper devant moi.

Alors que je le regardais partir, une seule pensée m’avait traversé l’esprit, je me demande quelle sorte d’homme a osé faire de moi son ennemi.

***

Chapitre 23 : Turbulences intérieures

Partie 1

Après que Nanya et Ayuseya soient sorties de ma pièce, j’avais été laissé seul avec Shanteya afin que je puisse réfléchir à ce que je venais de faire. J’avais épousé une princesse étrangère et quelqu’un avec le titre de Destructrice Folle. Cela dit, j’avais le sentiment de pouvoir choisir mon propre titre, malheureusement, je n’avais pas encore découvert où se trouvait exactement la liste avec tous ces titres. Peut-être que le titre était apparu en fonction du nombre de personnes au courant de ce titre spécifique ? Quoi qu’il en soit, ce n’était pas ce qui me dérangeait en ce moment, c’était l’histoire du fiancé Dankyun.

Peu importe la façon dont je la regardais, ma tombe avait été creusée et j’y étais à moitié enterré. Mon intention n’était pas de faire de moi une cible de trois royaumes avec des Suprêmes sous leur domination, mais je n’étais pas non plus prêt à laisser Ayuseya finir morte ou maltraitée.

« Soupir..., » avais-je regardé à l’extérieur de la fenêtre. Puis j’avais réfléchi à ce que j’avais fait et dit.

À mi-chemin, j’avais l’impression d’avoir réussi à m’embrouiller dans tout ça, mais l’idée avait fonctionné : faire semblant d’être fou pour les amener à chercher une autre solution possible. Il y avait aussi le petit facteur de leur volonté.

Ce mariage aurait-il pu fonctionner s’il n’y avait pas eu une véritable intention de notre part à tous les deux ? Mais encore une fois, comment un donjon peut-il se marier ? Arg... ou plutôt, pourquoi ? avais-je pensé en regardant le soleil se coucher lentement.

« Maître, y a-t-il quelque chose qui vous dérange ? » demanda Shanteya.

« Hm ? Je me demande juste si j’ai fait le bon choix ou si j’ai juste été confus et me suis enfoncé dans un chaos plus profond..., » avais-je répondu.

« Je crois qu’il est trop tôt pour donner une réponse à une telle question, mais en fin de compte, regrettez-vous votre choix ? » me demanda-t-elle.

Regret ? Hm... non, je ne pense pas. Peu importe à quel point j’y pense, il n’y a aucun signe de regret dans mon cœur, en ce qui concerne la décision. Peut-être qu’il serait juste de dire que je me sentais... troublé, n’est-ce pas ? Est-ce que je veux vraiment être marié avec elles ? Euh, non... attends... ce n’est pas vrai. Peut-être que le regret réel vient de ma vie antérieure..., avais-je réfléchi à mes propres sentiments et pensées pendant quelques minutes.

« Je pense... Je crois que je craignais de les perdre si je ne faisais rien. Pourtant, elles ne sont pas mes amoureuses, pourquoi aurais-je des pensées si possessives à leur égard ? Est-ce que je croyais que je pouvais changer la situation en une meilleure, peut-être..., » avais-je dit en examinant mes pensées et mes décisions une dernière fois.

« Si vous craigniez de les perdre, alors peut-être que le Maître a des sentiments pour elles, même si le Maître n’en a pas encore conscience, » demanda-t-elle.

« Sentiments ? Mais... Je connais à peine ces deux-là. Je ne suis pas non plus exactement de leur espèce. En plus, nous n’avons pas eu de rendez-vous ! Quand j’ai posé cette question idiote, je n’y ai vu qu’une blague et peut-être une chose temporaire pour enlever Dankyun du dos d’Ayuseya et de sa culotte, mais... n’est-ce pas un peu trop ? Et si elles aimaient quelqu’un d’autre ? Et si..., » avais-je dit quand j’avais commencé à me rendre compte que j’avais peut-être mis leur vie entière à l’envers.

« Maître ! » déclara Shanteya d’une voix forte.

J’avais cligné des yeux alors que j’étais surpris et je l’avais regardée. Je commençais à paniquer, et elle m’avait sorti de là.

« Maître, parfois ce n’est pas notre esprit qui prend la décision. Ce n’est pas notre cœur qui a son mot à dire dans cette affaire. Je ne sais pas si le Maître en a entendu parler, mais on dit que nos âmes ont la capacité d’écouter la voix des dieux, c’est pourquoi quand nous faisons quelque chose que ni nos esprits ni nos cœurs n’ont voulu, c’est la décision de notre âme après avoir écouté les conseils d’un dieu. C’est peut-être ce qui est arrivé au Maître ? Peut-être, qu’en réfléchissant, vous n’auriez jamais pris de décisions ! Peut-être en écoutant votre cœur, cela aurait pris trop de temps pour que vous réalisiez ce que vous deviez faire. C’est pourquoi votre âme a pris une décision pour vous..., » elle m’avait parlé d’une voix douce, ce qui avait calmé la panique présente dans mon cœur.

J’avais écouté ses paroles, mais une partie de celles-ci ressemblait à quelque chose qui était sorti d’un livre de prédication. Je ne comprenais pas comment mon âme pouvait s’emparer de mon cœur et de mon esprit ou même pourquoi il le ferait en premier lieu. Peut-être que ce dont elle parlait était l’intuition ? Cela s’était déjà produit dans mon autre monde, et pas seulement pour moi, mais aussi pour beaucoup d’autres. Lorsque nos pensées n’avaient pas de sens et que nos cœurs étaient distraits, nous avions simplement jeté les deux dans la poubelle et nous étions allés de l’avant avec notre intuition. C’était comme ça que j’avais fini avec Alina, mais quand même... les épouser d’un seul coup ? N’était-ce pas un peu trop exagéré ?

J’avais poussé un soupir alors que j’admettais ma défaite « Peut-être... »

« Si le Maître ne regrette pas ce qu’il a fait ou croit que ce qu’il a fait était mal, alors le Maître a fait la bonne chose. Du moins, c’est ce que je pense, » m’avait-elle dit en affichant un petit sourire.

« Je suppose que oui... Restons-en là pour l’instant. Hm, mais tu voulais aussi dire oui, n’est-ce pas ? » avais-je demandé.

« Oui..., » elle avait rougi et elle avait baissé les yeux.

Avec ses oreilles devenues rouges et un regard timide dans ses yeux, elle m’avait montré un peu de son côté mignon.

« Merci, Shanteya. Même si je sais qu’avec le [Lien de Confiance] je peux augmenter énormément ta force dans le cas d’une bataille à venir, il semble que ce mariage n’est pas quelque chose à prendre à la légère. Je ne voudrais pas t’entraîner là-dedans alors qu’on n’est pas sûrs à 100 %. Cependant, je te promets que si jamais j’en arrive au point de te vouloir à mes côtés pour toujours comme épouse, alors je m’assurerai de te le demander correctement, et non de le transformer en plaisanterie comme cela s’est produit avec Nanya et Ayuseya. Franchement, je suis un petit peu content que tu n’aies pas répondu... au moins maintenant, si notre relation se développe jusqu’à ce point, je pourrai te le demander d’une manière que tu mérites. Sinon, tu seras libre de chercher l’homme avec qui tu veux vraiment passer ta vie, » lui avais-je dit.

En levant les yeux, elle avait cligné des yeux, surprise. Ses joues étaient déjà rouges à cause de l’embarras qu’elle avait, et avec ses lèvres roses partiellement écartées, l’El’Doraw était assez mignonne comme ça.

« Je comprends, Maître. Alors, si vous êtes d’accord, Maître, quand ce moment viendra, je vous appellerai par votre prénom..., » déclara-t-elle avec un doux sourire.

« Tu peux m’appeler même maintenant si tu le veux, mais..., » j’avais poussé un gros soupir. « Si tu penses que c’est mieux comme ça, alors bien sûr, » avais-je répondu avec un sourire invisible.

Après notre petite conversation, nous étions allés nous coucher, et j’avais essayé d’oublier mes pensées sur la façon dont j’avais pu tout gâcher ce jour-là. J’avais dormi comme un bébé jusqu’au lendemain matin. Shanteya s’était réveillée tôt, mais n’avait pas perturbé mon sommeil paisible, elle m’avait laissé profiter de mes rêves dans le confort de sa poitrine et avait attendu patiemment jusqu’à ce que j’ouvre les yeux.

Une fois réveillé, j’avais augmenté le bonus à ses statistiques qu’elle avait reçu de mon [Lien de Confiance]

À 50 %, le maximum autorisé pour un esclave. Je lui avais dit de commencer à s’entraîner à s’habituer au changement soudain, mais de préférence pas sous les yeux de tout le monde.

La première chose que j’avais faite ce jour-là avait été d’essayer d’ajouter du mana à mon corps de cristal pour augmenter mon armure magique. Ça avait parfaitement fonctionné du premier coup. Comme Nanya et Ayuseya l’avaient dit, c’était quelque chose qui m’était venu naturellement. En fait, je me sentais beaucoup mieux lorsqu’elle m’entourait. Je n’avais aucune idée de ce que j’avais à ajouter, alors j’avais placé 2000 points de mana et j’en avais ajouté 2000 de plus à mon territoire. Après ça, je m’étais envolé pour mon donjon. Il était temps de construire le troisième étage. Pendant que j’y volais, j’avais continué d’ajouter du mana à mon territoire, l’étendant constamment.

En ce qui concerne ce que je voulais faire avec cet étage, c’était assez facile. Tout d’abord, j’avais détruit l’escalier menant à l’extérieur du donjon et j’avais construit un autre point de chute, mais au lieu de l’eau, j’avais utilisé du poison. Mes choix, malheureusement, n’étaient pas très variés. J’avais dû choisir entre l’eau infusée d’Aconitum et l’eau infusée au plomb. Si je devais deviner, c’est parce que je ne connaissais que ces deux choses de ma vie passée. L’empoisonnement et les méthodes de tuer des humains ne faisait pas partie de mes principaux sujets de recherche à l’université de Bucarest. Ce qui était bizarre, c’est que j’avais des pièges à gaz toxiques, mais c’était peut-être parce que j’avais lu un livre sur les pièges simples et toxiques.

« Peut-être devrais-je demander à Nanya un livre sur les poisons de ce monde ou peut-être que Shanteya pourrait m’apprendre ? Après tout, c’était une ancienne assassine, » avais-je murmuré en regardant autour de moi avant de commencer à construire une grande et profonde pièce remplie de lave.

J’avais dû travailler en couches. D’abord, en utilisant les douves, j’avais fait le sol de la pièce. C’était au moins trois mètres de profondeur, juste assez pour s’assurer que même les draconiens avaient du mal à s’en sortir. Après cela, j’avais élevé la pièce à une hauteur décente, presque six mètres au-dessus de la lave, afin de rendre le saut assez difficile. Il fallait aussi qu’il soit assez spacieux, énorme en fait. Au milieu, j’avais ajouté deux barres proches l’une de l’autre. Chacune avait un diamètre d’un mètre. L’une allait être déclenchée par un levier, et l’autre allait rester là. Les deux poteaux avaient une pointe métallique avec des lames d’acier tranchantes autour. Il était difficile de s’y accrocher et encore plus difficile d’y atterrir ou d’en sauter.

Techniquement parlant, la lave avait atteint des températures de plus de 1000 °C même 2000 °C, j’avais dû faire les pointes capables de résister à ces températures élevées avec facilité. C’est pourquoi je les avais entourés d’une couche de tungstène, qui pourrait survivre presque au double de ces températures. Bien sûr, c’était seulement à la base. À l’intérieur, je m’étais assuré d’ajouter quatre tuyaux de cuivre capables d’amener les températures intérieures jusqu’au sol ou jusqu’au plafond. Toute la pièce était recouverte de radiateurs en cuivre sur le mur extérieur afin de s’assurer qu’elle dissipe la chaleur recueillie à l’intérieur. D’un côté, la lave du premier étage commençait à durcir, et les murs présentaient des signes de détérioration. En utilisant mes compétences en réparation, cela avait restauré les murs, mais n’avait pas réchauffé la lave. J’avais dû l’ajouter de nouveau avec la compétence de construction de douves.

Dans la première moitié de la pièce, j’avais créé des plates-formes chronométrées comme celles du premier étage, mais ici, j’en avais ajouté quelques-unes au plafond. Il y avait beaucoup de sauts qui nécessitaient un peu de force pour passer, mais l’aventurier pouvait aussi choisir de saisir l’une des plates-formes coulissantes du plafond. Elles étaient équipées d’une barre de métal sur laquelle il était possible de s’agripper. S’ils visaient cela et ne chronométraient pas bien leur saut, ils descendaient directement dans les douves de lave.

À la fin de ce puzzle, il y avait un petit levier caché derrière une pièce remplie de gaz toxiques et de pièges à flèches. Une fois tiré, le deuxième poteau se serait soulevé du sol et pouvait être utilisé comme deuxième plate-forme de saut.

Sur l’autre moitié de la pièce, j’avais ajouté deux grands poteaux faits comme les deux autres, mais la différence était qu’ils avaient des plates-formes sur le dessus, quatre pour être exact. Chacune de ces plates-formes était fixée à un ressort. Une fois que l’aventurier sautait dessus, il était catapulté dans des murs de métal ou sur une autre catapulte. J’en avais fait deux qui l’avaient simplement fait rebondir à gauche et à droite comme une balle de ping-pong. La seule façon pour l’aventurier de traverser en toute sécurité était de saisir le bord et de ne pas déclencher les pièges, ce qui était très difficile à faire.

Le dernier poteau, placé au milieu, sur la même ligne que les deux premiers poteaux, avait une seule plate-forme à ressort, et elle avait été conçue pour jeter l’aventurier dans la dernière partie de la pièce, qui était un tube en spirale avec des lames tranchantes et des lasers créant un filet de mort et de malheur. C’était absolument merveilleux ! Cela ne pouvait être décrit que comme un générateur de viande hachée d’aventuriers !

Quand j’en avais fini avec ça, j’étais très fatigué de toute cette tâche consommant mon mana, mais juste à ce moment-là, j’avais senti quelqu’un entrer dans mon donjon. Surpris et inquiet en même temps, je m’étais précipité vers cette personne. Parce que j’étais fatigué, je ne me concentrais pas sur la reconnaissance du possesseur de cette énergie, alors j’avais volé là-bas, pensant que c’était un étudiant qui s’était perdu.

***

Partie 2

« Hein ? Nanya ? Qu’est-ce que tu fais ici ? » avais-je demandé quand elle était entrée dans mon champ de vision.

Elle se tenait au milieu du labyrinthe de plates-formes dans la deuxième pièce, mais les harpies ne l’attaquaient pas et aucun des pièges ne s’était déclenché. C’était comme si elle n’était pas là du tout.

« Oh ? Illsy ! Je suis venue pour voir comment tu allais et aussi pour te donner des livres. J’ai convaincu les vieux schnocks de m’en donner, mais ils sont assez rares, alors il faut faire attention à la façon dont tu les manipules, » m’avait-elle dit en tapotant le sac de cuir sur le côté.

« Je vais bien, merci. Des livres ? Mais attends un peu, pourquoi mes harpies ne t’attaquent pas ou les pièges ne s’activent pas ? » avais-je demandé.

S’est-il passé quelque chose quand je les ai réparés ? m’étais-je demandé quand j’avais regardé les connexions avec des [Fils magique] aux cristaux de pouvoir, mais il n’y avait rien de cassé chez eux.

« Je ne sais pas. Dès que je suis entrée, les pièges et les portes se sont simplement activés ou désactivés dès que je le voulais. Par exemple..., » elle avait pointé sa main vers l’un des pièges de feu, et il avait immédiatement craché un jet de flammes. « Tu vois ? Ça doit être à cause de ta bague. Peut-être que le donjon me reconnaît comme alliée de son maître, » elle avait émis l’hypothèse.

« Je pense plus comme la femme du maître, sinon, elle aurait dû réagir de la même façon quand tu t’es aventurée dans ce donjon, » avais-je dit en regardant le piège à feu chronométré, puis je m’étais retourné vers elle.

« C’est bon de savoir que je n’ai pas besoin de m’inquiéter de tes pièges en venant ici. Quoi qu’il en soit, voici les livres. Tous les trois sont sur le thème de l’enchantement, » déclara-t-elle en ouvrant son sac. « Il s’agit de divers enchantements de pièces trouvées dans un vieux donjon Demi-Dieu. Le donjon n’existe plus, mais l’un des aventuriers suprêmes qui s’est aventuré à l’intérieur a écrit à ce sujet en détail, » avait-elle dit en prenant le livre et me l’avait offert. Je l’avais absorbé. « Il s’agit d’enchantements de pièges. Il utilise des sorts similaires à ceux que nous utilisons sur les armes, même les aventuriers de rang Maître peuvent l’imiter, mais ils ont moins d’utilisations que ceux trouvés dans un donjon, » m’avait-elle dit et elle avait sorti un autre livre. « Celui-ci a été écrit par Tuberculus. Il s’agit de l’enchantement des objets. En utilisant les sorts écrits ici, tu peux donner différentes propriétés à une arme. Elle ne dure qu’une seule fois, contrairement aux articles fabriqués par un Divin ou à ceux fabriqués dans des donjons », explique-t-elle.

« Je vois..., » avais-je dit alors que j’avais absorbé celui-là aussi. « Je dois retourner à mon noyau de cristal pour les apprendre. »

« Bien ! Retournons là-bas, » m’avait-elle dit en souriant. « Pourtant, j’ai du mal à croire à quel point il était simple d’atteindre cet endroit lorsque tous les pièges ont été désactivés..., » déclara-t-elle en regardant l’une des harpies voler tranquillement autour de nous sans même afficher le moindre désir de l’attaquer.

Avant de rentrer, j’avais vérifié une dernière fois dans le donjon pour m’assurer qu’il n’y avait personne d’autre qui se faufilait à l’intérieur, et une fois Nanya sortie, j’avais scellé l’entrée pour empêcher les intrus d’entrer.

« Nanya, tu as parlé des objets fabriqués par un Divin avant ça. Que voulais-tu dire par là ? » avais-je demandé.

« Ne le sais-tu pas ? » Elle m’avait demandé avec un regard stupéfait sur son visage.

« Euh... non ? » avais-je répondu.

« Soupir... C’est de toi qu’on parle. Je ne devrais pas être surpris. Quoi qu’il en soit..., » elle soupira de nouveau et se gratta l’arrière de la tête. « Les sorts de rang Débutant représentent habituellement les compétences de base que n’importe qui peut faire. Compétences Intermédiaires... euh, prenons [Boule de feu] et [Lance de glace] par exemple. Chez Intermédiaire, tu as la version de base, puis les sorts deviennent de plus en plus complexes et puissants jusqu’à ce qu’ils atteignent le rang Maître. Au Rang Empereur, tu as ce que nous appelons des fusions de compétences. Fondamentalement, il s’agit d’une combinaison de deux sorts. Un Rang Empereur [Boule de feu] avec la fusion de [Lance de glace] est fondamentalement une grosse boule de feu avec une boule de glace en pointe au milieu, ou qui tire des lances de glace au hasard. L’inverse, c’est-à-dire une [Lance de glace] avec la fusion de [Boule de feu] est en fait une lance de glace couverte d’un feu normal ou d’un feu liquide, selon le sort. Chez le rang Dieu, tu entres dans une autre catégorie de compétences, les compétences de création. Une compétence Divine est une compétence utile qui permet de créer un objet permanent et non pas un objet invoqué. En général, il suffit d’avoir les bons matériaux pour le faire, mais si tu as réussi un peu à améliorer le sort, alors tu n’as pas besoin de t’inquiéter des matériaux, car tout ce que tu peux saisir est transmuté en ce que tu désires. Ces compétences sont aussi appelées compétences volées parce qu’elles ressemblent à la capacité d’un donjon à créer des objets ou des pièces. Ceci est quelque chose que j’ai fait, » elle m’avait expliqué ça et m’avait montré ses gants d’acier. Étant donné qu’il s’agit d’objets créés grâce à sa capacité Divine, ils étaient très puissants par rapport à leur version standard.

« Mais je ne peux pas créer des objets..., » lui avais-je dit, et à ce moment-là, elle s’était arrêtée sur ses pas.

« Quoi ? Ce n’est pas possible ! Ce n’est absolument pas possible, Illsy ! C’est une compétence de base..., » m’avait-elle dit en étant un peu choquée par ce que je lui avais dit.

« Non, non, je ne l’ai pas, » avais-je dit en regardant à nouveau ma liste de compétences.

« C’est un peu mauvais... Un donjon est généralement valorisé en raison de cette compétence. Si tu ne peux pas faire d’objet... Argh, je ne veux pas penser à ça. Illsy, promets-moi que tu ne le diras à personne d’autre, d’accord ? » elle m’avait affiché un regard plutôt sérieux.

« OK..., » avais-je répondu.

« Je les ferai pour toi quand on en aura besoin, mais ce serait mieux si tu apprenais toi-même... Peut-être que ton niveau n’est pas assez élevé ? Nous devrions aller chasser plus pour toi... Je te donnerai même un peu de mon mana, mais nous devons t’obtenir cette compétence, » déclara-t-elle avec beaucoup de sérieux et d’inquiétude.

« Je comprends. Je ferai de mon mieux, » je lui avais dit.

« Bien..., » elle avait poussé un soupir et avait continué à marcher.

« Et les compétences Suprêmes ? » avais-je demandé.

« Ce sont des compétences en matière de destruction massive. Il s’agit principalement d’une combinaison de plusieurs compétences de rang inférieur, mais avec un effet de zone plus dévastateur, » expliqua-t-elle.

J’avais dégluti : « Quelle est la compétence principale de Dankyun ? »

« C’est probablement la [Tempête de boules de feu]. Aussi loin que je me souvienne, elle avait une portée d’un kilomètre de rayon et pouvait lancer des boules de feu de un mètre à trois mètres de diamètre. Elles vont aussi exploser à l’impact, donc c’est un sort assez dangereux..., » m’avait-elle dit, mais rien qu’en écoutant la description de ce sort m’avait fait réaliser quel genre de monstres étaient les Suprêmes.

Une seule attaque de ce genre pourrait décimer toute l’académie. Il pourrait littéralement effacer la carte de toute la région. Quant à la capacité d’un donjon de survivre à cela, je suppose que cela ne pourrait être possible que s’il avait plusieurs niveaux sous lesquels se cacher. Cela dit, n’étais-je pas en danger en restant au-dessus du sol ?

« Mais ce n’est pas le plus puissant. Je suppose que c’est catégorisé comme faible, » et avec ça, elle avait lâché la bombe juste au-dessus de moi.

« Tu me dis qu’il y a des aventuriers classés Suprêmes avec une compétence de destruction de zone classée comme forte ou incroyablement puissante ? » avais-je demandé, un peu choqué.

« Oui. Mais comme je l’ai dit, ce sont des sorts de zone. La raison pour laquelle on l’appelle faible est que ces boules de feu peuvent vaincre les rangs Maître, peut-être même certains rangs Empereur, mais c’est à peu près tout. Si on le jette dans un donjon, on peut tuer instantanément tous les monstres qui s’y trouvent et peut-être détruire tous les pièges, mais seulement pour un étage, » expliqua-t-elle, et je pouvais respirer à nouveau.

Même ainsi, c’était une puissance terrifiante. Ils pouvaient tout simplement détruire un étage, attendre que leur mana se recharge et refaire le tout, mais il semblerait que les humanoïdes se régénéraient plus lentement que moi.

Curieux à ce sujet, j’avais demandé à Nanya « Combien de fois peuvent-ils jeter ce sort ? »

« Hm, ça dépend de leur fatigue mentale. Alors que le mana peut se régénérer rapidement, et même si l’individu n’a pas le besoin de concentration pour cela, dans tous les cas, il sera difficile d’incanter à la chaîne. La seule exception à cela semble être toi..., » elle avait haussé les sourcils et m’avait regardé. J’avais volé à sa gauche, et ses yeux m’avaient suivi.

« Soupir, je vois... hm ? Peux-tu par hasard maintenant me voir ? » avais-je demandé.

« Oui…, » répondit-elle.

Elle avait tourné son regard vers le chemin qui l’attendait.

« Est-ce à cause de la bague ? » demandai-je.

« Mhm. Tu ressembles à un globe de lumière flottant. Alors, c’est difficile de ne pas te repérer. Je n’ai même pas besoin de demander si c’est toi ou pas, je le sens... Si je demande dans mon esprit, la réponse me revient : C’est mon mari », m’avait-elle dit.

« Hm. C’est intéressant. Alors, es-tu contrariée que je fasse de toi ma femme ? » demandai-je.

Le fait de poser cette question ressemblait à devoir traverser une corde raide au-dessus d’un marais rempli de crocs affamés.

Nanya secoua la tête « Non. Je suppose que c’est le destin, ou peut-être ? Franchement, j’aurais préféré quelque chose de romantique, peut-être après quelques années de rencontre et de connaissance de l’autre. Une blague “ne pas” était un peu dure. Hehe ! » déclara-t-elle en riant un peu.

Sa réponse avait été plutôt rapide, montrant qu’elle y avait peut-être réfléchi, ce qu’elles avaient probablement fait toutes les deux. Ce fut un changement majeur dans leur vie, un changement qui leur avait été imposé par hasard. Plutôt que le destin, je pense que c’était moi qu’il fallait blâmer. Qui aurait cru qu’une simple question suffisait pour conclure l’affaire ? Si Ayuseya voulait vraiment aller avec ce plan, je m’attendais à un peu plus de planification, de réflexion, éventuellement un moyen de tromper Dankyun et de la libérer, pas une bague de tatouage magique.

« Je suis désolé..., » ma voix était grave et pleine d’excuses, même si, au fond de moi, je me souvenais encore des paroles de Shanteya sur le fait que je faisais ce qu’il fallait, même si ça n’en avait pas l’air.

« Je ne le nierai pas, Illsy. J’ai un peu peur de cet avenir... Je suis peut-être une Divine, mais avant cela, je suis une femme qui est maintenant mariée avec quelqu’un avec qui elle ne partage pas un amour mutuel. Qui sait ? Peut-être que je suis juste maudite quand il s’agit d’amour ? » déclara-t-elle d’un ton de voix plutôt triste.

Ces mots m’avaient blessé et avaient creusé profondément dans mon cœur, en me montrant ce que j’avais fait. Je me connaissais moi-même, je n’étais pas du genre à causer délibérément du mal à une femme comme ça, mais à la fin... c’était ce que j’avais fait.

Un amour mutuel, hein ? Je suppose que... J’ai peut-être fait une erreur..., avais-je pensé à moi-même en la suivant silencieusement à travers la forêt.

Ce qui m’avait réveillé de cet état, c’était l’air calme d’un violon. En levant les yeux et me concentrant sur mes oreilles, j’avais reconnu la chanson. C’était l’une de celle qu’Ayuseya jouait le plus souvent.

Ah ! En parlant de ça, qu’en est-il d’elle ? Chassée de chez elle, pourchassée par son fiancé, maudite, menacée, et maintenant victime de ma stupide blague... Peut-être qu’elle ne le montre pas, mais il se pourrait qu’elle me déteste maintenant ? Et si la tradition draconienne demande au mari d’être loyal ? Est-ce qu’elle considère que me partager est infidèle ? Attends, avant ça... Comment voit-elle ce mariage ? Je reviens à l’autre question... Est-ce qu’elle me déteste pour l’avoir forcée à se marier ? m’étais-je demandé en suivant le son de son violon.

Je m’étais arrêté avant d’entrer dans son champ de vision et j’avais regardé Nanya.

« Peux-tu me faire une faveur, s’il te plaît ? » lui avais-je demandé.

« Ça dépend. Mais un avertissement, je ne te donnerai pas ma culotte, » répondit-elle en inclinant un peu la tête vers la gauche.

« Je te jette un sort si je le veux, mais ce n’est pas ça... Peux-tu... peux-tu aller là-bas et demander à Ayuseya ce qu’elle pense de sa situation actuelle... non, ce qu’elle pense de moi et de ce mariage ? Je serai hors de vue..., » avais-je demandé, mais je ne pouvais pas cacher l’inquiétude cachée dans le ton de ma voix.

« Bien sûr, » elle avait hoché la tête et m’avait fait un doux sourire.

Nanya était passée devant moi, et j’étais resté aussi loin d’elles que possible. J’avais essayé de me cacher de la vue d’Ayuseya, mais en même temps en étant assez proche pour l’entendre.

Depuis qu’il commençait à faire nuit, les lucioles mâles montraient leurs lumières et volaient dans le coin. Baignée par la lumière des lunes montantes, entourée de petits insectes volants et portant une robe blanche délicate, mais simple, Ayuseya jouait calmement pour la forêt. C’était un air doux, lent et paisible. Cela m’avait rappelé une sérénade dédiée uniquement aux étoiles se trouvant loin dans le ciel.

Sans déranger cette belle scène, Nanya s’approcha de la princesse draconienne et attendit patiemment la fin de la chanson. Une fois la dernière note jouée, elle s’était approchée d’elle.

« Comme je m’y attendais d’une princesse royale. C’était magnifique ! » déclara ma femme adolescente.

« C’est une chanson simple, et mon talent n’est qu’une étoile parmi tant d’autres. Je ne m’évanouirais que si j’étais placé sur la même scène, » déclara l’autre femme, qui s’inclina devant Nanya.

« Peut-être, qui sait ? Comment s’appelle la chanson ? » demanda Nanya en haussant les épaules.

« Les Larmes de Minuit, de Lorence Astunov, » répondit-elle en souriant.

« Charmant, mais un peu triste. Est-ce à cause du mariage avec une boule de cristal perverse ? » demanda Nanya sans détour.

Je ne suis pas une boule, je suis un polyèdre... Je pense que je suis peut-être un peu pervers, mais je ne l’admettrai pas ! avais-je murmuré dans mon esprit.

« Non..., » répondit-elle en secouant la tête et en levant les yeux vers les lunes, « C’est juste une petite chanson pour déplorer les innombrables malheurs que j’ai connue tout au long de ma vie. »

Je suppose que se marier avec moi compte comme le plus gros ? m’étais-je demandé.

« Vous avez été chassée de votre pays, transformée en princesse marionnette, forcée de se marier avec un homme que vous n’aimiez pas, maudite, ciblée par des assassins... et maintenant mariée à un cœur de donjon perverti, » avait déclaré Nanya, énumérant seulement les quelques événements que nous connaissions jusqu’ici.

« Hm, il y a d’autres choses qui me sont arrivées aussi dans mon pays, » répondit-elle en souriant.

« Pourquoi ne vous êtes-vous pas défendue ? » demanda Nanya.

« La malédiction de la famille Pleyades n’est pas un sujet de plaisanterie. Cela nous rendait incroyablement faibles... Je pense que l’une des dix choses les plus horribles que j’ai vécues a été d’être empoisonnée. À cette époque, c’est le garçon el’doraw avec qui vous vous êtes battue l’autre jour qui m’a sauvée, » avait-elle dit en plaçant son violon dans son étui, avec précaution afin de ne pas l’endommager par accident.

« Et Illsy ? » Nanya avait posé la question.

J’avais dégluti et avais redressé mes oreilles, en écoutant la réponse d’Ayuseya.

La femme draconienne n’avait pas tout de suite répondu, elle avait continué à regarder son violon posé plus bas et avait doucement déplacé son doigt posé sur le bord du violon.

« Illsyore..., » dit-elle en regardant Nanya. La princesse draconienne lui avait montré un sourire doux. « Au moins, il m’a demandé... même si c’était une blague “ne pas”..., » elle avait à nouveau regardé vers le bas « Avec Dankyun, je n’avais pas voix au chapitre, j’étais à lui au moment où Paramanium l’a décidé ainsi... Je devais juste hocher la tête et agir comme une bonne fille. Avec Illsyore... avec lui, j’ai pu faire l’expérience de la beauté d’avoir une telle question qui m’était adressée. Si j’ai dit oui, c’est en partie parce que j’avais envie d’un mariage normal, avec un partenaire qui pourrait m’aimer et qui ne se souciait pas de la malédiction que j’ai..., » se confessa-t-elle.

« Alors, au fond de vous, vous vouliez un mariage normal, hein ? Je suppose que c’est aussi la même chose pour moi, bien que des brutes comme moi aient rarement l’amour idiot, » avait dit Nanya en secouant la tête.

« Hehe ! Peut-être qu’Illsyore s’avérera être le bon ? » demanda la princesse.

« Nyahahah, haha ! Il a le rôle de l’idiot, mais il lui manque l’autre ! Je suppose que nous avons toutes les deux eu de la chance, » déclara Nanya et elle secoua la tête.

Ça fait mal, tu sais ? pensais-je, mais je ne pouvais pas nier ces mots. Je sais déjà, Nanya, que contrairement à Shanteya, tu ne me vois pas comme autre chose qu’un... attend, comment tu me vois, exactement ? m’étais-je demandé.

« Ne vous inquiétez pas pour moi si vous voulez lui donner une chance. Je ne vais pas me mettre en travers de votre chemin. Pour moi, il suffit de savoir que je peux parler librement et que mes malédictions ont été levées. Demander de l’amour, ce serait trop, » déclara Ayuseya en secouant la tête.

« Renoncez-vous à lui ? » demanda Nanya.

« Non, je renonce à moi. Je suis trop brisée pour ressentir un amour passionné pour un autre... D’ailleurs, je comprends qu’il ait posé la question par pitié pour ma situation. Si je peux survivre à cette épreuve, c’est suffisant pour moi, mais si par hasard il..., » elle s’arrêta et regarda son violon pendant un moment de silence « Non, même mariée, je ne m’attends pas à être aimée par lui..., » elle secoua la tête et afficha à Nanya un sourire triste.

Je les regardais s’éloigner pendant qu’elles continuaient à parler de choses moins déprimantes. Pendant ce temps, je restais dans cette petite clairière, regardant les lucioles danser autour de moi.

« Je suis un idiot..., » avais-je dit, et puis j’avais poussé un soupir. « Elles cachent leur douleur derrière un sourire, et j’ai juste ajouté de la douleur en les mariant à quelqu’un qu’elles n’aiment pas..., » j’avais levé les yeux vers la lune et je n’avais pas bougé pendant une autre demi-heure avant de retourner à l’académie.

***

Chapitre 24 : De nouvelles compétences, de nouveaux donjons et un sandwich !

Partie 1

Malgré les pensées troublantes qui flottaient dans mon esprit lorsque je m’étais couché, j’avais réussi à bien dormir. Si je devais supposer la raison, c’était probablement grâce à la poitrine souple et rebondissante de Shanteya. Son étreinte était douce, et ses lèvres étaient délicieuses tous les matins lorsque je me réveillais à ses côtés et tous les soirs lorsque je dormais avec elle. Bien que je sois marié à Nanya et Ayuseya, j’avais l’impression que mon cœur désirait plus l’esclave el’doraw qu’elles. Mais c’était peut-être simplement parce qu’elle passait plus de temps avec moi, que je lui faisais confiance et, surtout, qu’elle m’était totalement loyale.

Après l’avoir laissée sortir, je m’étais préparé à apprendre les trois livres que Nanya m’avait prêtés l’autre jour. Je n’avais pas oublié de demander à Shanteya de m’enseigner les poisons, mais comme ma façon d’acquérir les données pour l’instant était soit par une étude fastidieuse, soit par des livres, elle avait décidé d’aller à la bibliothèque et de chercher des manuels appropriés que j’aurais autrement manqués ou considérés comme inutiles. Demander à Zertan du matériel de recherche était également une possibilité, mais c’était plutôt gênant compte tenu du fait qu’il était habituellement grincheux.

Cependant, une chose était certaine, l’apprentissage de l’enchantement n’aurait pas été possible si j’étais un donjon plus faible. La quantité de mana dont j’avais besoin pour chacun d’eux atteignait des sommets ! 4550 points pour l’[Enchantement de Pièce], 3750 points pour l’[Enchantement de Piège] et 6640 points pour l’[Enchantement d’Objet]. J’avais envie de m’évanouir après avoir appris le dernier. Considérant ce que Nanya avait dit à propos de l’apparition de pièges enchantés dans certains donjons, je ne pouvais que soupçonner que c’était ma faiblesse qui était en jeux pour le coût élevé de mana quant à l’apprentissage des livres. La dernière, j’avais attribué ça à l’écriture horrible de Tuberculus.

Pendant que j’y étais, j’avais décidé de jeter un coup d’œil à mes statistiques et de changer certaines de mes compétences, en particulier ces trois nouvelles.

[Niveau] : 59

[Force] : 189 + 1000

[Agilité] : 150 + 1000

[Intelligence] : 201 + 1000

[Mana] : 8000

[Régénération de mana] : 30 points de mana par seconde.

[Points de statistiques disponibles] : 60

[Points d’aptitudes disponibles] : 260

Comme je l’avais initialement souhaité, j’avais ajouté 11 points de [Force] et l’avais transformé en un chiffre rond de 200. Je savais que c’était probablement une mauvaise idée, vu que je n’avais pas encore de corps, mais ça m’avait irrité quand j’avais vu le nombre impair. C’est ainsi que certains joueurs étaient. Même si ce n’était pas une bonne idée, nous avions essayé de faire en sorte que nos statistiques soient agréables à regarder. Aucun nombre impair n’était permis ! La sensation d’un 999 ou 1000 dans les statistiques était tout simplement impressionnante pour une raison ou une autre. Comme pour le reste des points, j’avais ajouté 24 points dans l’[Intelligence] et j’en avais gardé 25 pour [Régénération du mana], mais je ne les avais pas ajoutés tout de suite, si je le faisais, je ne gagnerais qu’un point de mana par seconde. Cela avait conduit mes dernières statistiques à ressembler à ceci :

[Niveau] : 59

[Force] : 200 +1000

[Agilité] : 150 +1000

[Intelligence] : 225 +1000

[Mana] : 8120

[Régénération de mana] : 30 points de mana par seconde.

[Points de statistiques disponibles] : 25

[Points d’aptitudes disponibles] : 260

Maintenant, il fallait que je regarde mes compétences. Bien sûr, j’ai d’abord cherché des enchantements. Les premiers rangs offraient des enchantements aléatoires, et je n’aimais pas ça.

[Enchantement de Pièce] > [Enchantement de Pièce avec <Type> Enchantement]

[Enchantement de Piège] > [Enchantement de Piège avec <Type> Enchantement]

[Enchantement d’Objet] > [Enchantement d’Objet avec <Type> Enchantement]

Ces derniers avaient été achetés pour le total de 30 points de compétence !

Bien sûr, j’avais hâte de leur offrir un autre niveau, mais j’avais gardé mes désirs sous contrôle. Je voulais faire autre chose avant ça. Ce que Nanya m’avait dit au sujet des compétences m’avait fait me demander si je pouvais réaliser quelque chose comme ça, alors j’avais ouvert le menu des compétences et j’étais allé directement à [Boule de feu].

J’avais regardé le niveau en dessus qui était la [Boule de feu guidé], c’était la compétence du Rang Avancé ainsi que la première mise à jour de la [Boule de feu] régulière. Avec un grognement et un peu de réticence, j’avais amélioré le niveau suivant. 20 points avaient disparu, et je l’avais poussé dans le rang de Maître. Avec cela, j’avais acquis la [Boule de feu guidé X 3], une compétence qui m’avait permis de tirer trois boules de feu qui allait suivi le chemin que je désirais. Le coût du mana n’était différent que de 10 points de mana pour le coût initial.

Excité, j’avais choisi l’option pour le mettre à niveau à nouveau.

<Impossible de mettre à jour. Exigences non satisfaites >.

<[Boule de feu guidé X3] ne peut pas être mis à niveau tant qu’il n’a pas été amélioré 5 fois.

<[Boule de feu guidé X3] ne peut pas être mis à niveau sans une compétence équivalente de même rang d’amélioration.

J’avais cligné des yeux quand j’avais vu les messages. Si je n’avais pas mal lu, cela me disait d’améliorer une autre compétence au même rang et au même niveau d’amélioration. C’était tout à fait logique si j’y pensais. Si je voulais fusionner deux compétences, il fallait qu’elles soient de rang égal. J’espérais juste ne pas avoir à faire une sorte de danse bizarre pour ça.

Cela étant dit, j’étais passé de [Lance à glace] à [Lance à glace dentelée], puis à [Lance à glace dentelée explosive]. Cela m’avait coûté 30 points de compétence, ce qui me laissait un total de 180.

Tout ce que j’avais à faire, c’était de les améliorer. Mais c’était un peu étrange. À en juger par ce que Nanya m’avait dit, je pourrais fusionner les deux, une [Boule de feu] normale et [Lance de glace]. En parlant de cela la [Lance à glace dentelée] avait permit de créer une lance avec une pointe dentelée qui s’étendait à l’intérieur de la cible au moment de l’empalement. La version de Rang Maître allait faire exploser la pointe à l’intérieur de la victime, envoyant de petites pointes de glace transperçant le corps de la victime de l’intérieur vers l’extérieur.

L’amélioration m’avait coûté 10 points de compétence pour chaque niveau, et cela avait changé les sorts de la manière suivante :

[Boule de Feu guidée X3] > [Boule de Feu guidée X6] > [Boule de Feu guidée X9] > [Boule de Feu guidée X12] > [Boule de Feu guidée X15] > [Boule de Feu guidée X18]

[Lance à glace dentelée explosive] > [Lance à glace dentelée explosive] avec une réduction de 25 % du coût en mana pour chaque sort > [Lance à glace dentelée explosive] avec une réduction de 50 % du coût en mana pour chaque sort > [Lance à glace dentelée explosive X2] > [Lance à glace dentelée explosive X4] > [Lance à glace dentelée explosive X4] avec une force explosive doublée.

Cela signifiait que la version améliorée de la [Lance à glace dentelée explosive] pouvait lancer quatre lances en même temps, à la moitié du coût et avec le double de la force explosive de la pointe. Il surclasse totalement la version non améliorée, ce qui m’avait amené à me demander ce que je pourrais faire si j’améliorais les autres compétences, en particulier celles pour la construction.

Quoi qu’il en soit, il me restait maintenant 80 points d’aptitudes, mais cela en valait la peine.

« C’est l’heure ! » m’étais-je dit.

J’étais très excité parce qu’avec ce nouveau sort, je pouvais entrer dans le royaume des rangs Empereur.

« Améliorez [Boule de feu guidé X18] ! » avais-je ordonné.

<Points de compétence insuffisants. Le sort coûte 150 points de compétence.>

« ... »

« Pourquoi ? » Avais-je envie de pleurer.

Chaque fois que j’étais dans un jeu, ce genre de choses m’arrivait toujours. Juste au moment où j’avais reçu un objet ou un sort cool, il me manquait juste quelques points pour pouvoir l’utiliser.

« Soupir..., » j’avais fermé l’écran et quitté mon corps de cristal.

Au moins, j’avais réussi à apprendre que je pouvais améliorer mes compétences, et cela en valait la peine. En fait, avec assez d’améliorations pour la [Boule de Feu guidée], je pourrais probablement atteindre un effet similaire à celui que Nanya avait mentionné hier, la [Tempête de boules de feu].

En parlant de cela, je devais la rencontrer vers midi, donc sans plus attendre, j’étais allé faire mon travail habituel de réparation de toute l’académie, vu qu’hier j’avais oublié de le faire. Heureusement pour moi, seules trois classes avaient été complètement détruites, y compris le laboratoire de Zertan. Honnêtement, j’avais senti quelque chose exploser, mais j’avais pensé que c’était Nanya qui devenait folle. Je ne m’attendais pas à ce que Tuberculus soit celui qui avait détruit l’une des salles de classe lorsque l’un de ses élèves avait essayé de compresser une boule de feu. C’était un peu drôle parce qu’autour et derrière le bureau du professeur il y avait cette tache noire qui apparaissait habituellement quand quelque chose explosait juste devant eux. Je pouvais voir la zone intacte derrière elle qui prenait la forme du vieux schnock.

Après avoir réparé la salle de classe, j’avais rencontré Nanya qui se dirigeait vers ma pièce et l’avait saluée comme d’habitude.

« Bonjour ma femme ! » avais-je dit avec un rire.

« Bonjour, Illsy, » elle m’avait dit ça en me jetant un regard noir et en me montrant sa bague.

Pour la masquer des yeux non désirables, elle portait deux simples anneaux de bronze sur sa main gauche et trois sur sa main droite.

« Je ne peux pas m’en vouloir d’être heureux d’avoir deux charmantes femmes ! » Je plaisantais, mais c’était vrai.

Elle avait poussé un soupir, mais ne m’avait pas dévisagé. Je devais continuer avec les compliments et continuer à flirter avec elle, sinon, ce mariage irait directement à Hadès en réponse.

« Je vais tester ton armure magique aujourd’hui, alors fais-moi savoir quand j’en aurais trop épuisé, d’accord ? » m’avait-elle annoncé.

« Bien sûr. Mais souviens-toi, si ça casse, tu l’achètes ! » avais-je dit avec un sourire.

« Hein ? » elle m’avait regardé en étant confuse.

Apparemment, la blague du marchand n’avait pas marché sur elle.

« Peu importe. Alors, comment as-tu dormi ? Tu as fait de bons rêves ? Des rêves érotiques ? Des rêves d’horreur ? » avais-je demandé.

« Oui, j’ai fait un rêve d’horreur... J’ai rêvé que nous étions mariés, et Tuberculus était notre petit chiot et qu’il était heureux, » avait-elle répondu.

« En quoi est-ce un rêve d’horreur ? » avais-je demandé en haussant les sourcils.

« Nous étions mariés. Malheureusement, je dors encore, » grogna-t-elle.

« Oh, franchement ! » avais-je dit. Puis j’avais volé devant elle. « J’essayais d’être gentil... »

« Soupir, je sais. Contrairement à d’autres, j’ai besoin de temps pour... m’adapter à cette situation. Tu comprends ? » me demanda-t-elle avec un doux sourire. « Et aussi, j’ai plaisanté, je n’ai pas rêvé de toi. Mon rêve était que je te volais Shanteya et Ayuseya et que je me retrouvais au coucher du soleil, » m’avait-elle dit en me montrant un sourire malicieux.

J’avais cligné des yeux, surpris. Je ne m’attendais pas à ça !

« Quoi ? » m’étais-je exclamé.

Nanya avait gloussé.

Il m’avait fallu un moment ou deux pour traiter l’information avant de commencer à me demander si c’était une autre blague ou non.

« Attends, es-tu en train de me dire que tu aimes aussi les filles ? » avais-je demandé.

« Disons que j’ai eu ma part de rencontres avec les deux sexes. J’ai peut-être l’air mignonne et câline, Illsy, mais je suis une fille vraiment sauvage à l’intérieur, » m’avait-elle dit en faisant un clin d’œil.

« Tu me taquines..., » avais-je dit en volant après elle.

« Peut-être ? Qui sait ? Je suis peut-être encore vierge ? Peut-être que je m’enfuis une fois par semaine vers la ville voisine pour quelques heures de plaisir ? Peut-être que j’invite quelques étudiants dans mon bureau de temps en temps ? Il y a beaucoup de peut-être, Illsy, mais voici la question... Laquelle préfères-tu ? » demanda-t-elle en se retournant et en me montrant un sourire rusé.

C’était un test. Je pourrais parier mon cristal brillant derrière que c’était en fait un test !

Je l’avais regardée un instant, puis j’avais donné ma réponse.

« Hm... toi en chemise de nuit dans mon lit quand j’aurais un corps. Je me fiche que tu sois bi ou non, vierge ou non, sauvage ou timide. Pour moi, Nanya est Nanya. Tu es ma femme, et c’est tout ce qui compte. Pour l’instant, tout ce que je veux, c’est apprendre à te déclarer avec sincérité : Je t’aime. »

J’avais essayé d’être aussi honnête que possible avec mes mots, mais l’idée de Nanya se faufilant dehors pour visiter d’étranges bordels ou inviter des hommes dans sa chambre juste pour s’amuser ne me convenait pas. Si jamais j’étais témoin d’une telle chose, j’avais l’impression que je pourrais accidentellement lancer une [Boule de feu guidé X18] infusée de 4000 points de mana sur des hommes totalement aléatoires. Ou une [Lance de glace dentelée explosive X4], ouais, ça sonnait mieux : explosion après empalement !

Laissant de côté mes projets de vengeance, il me semblait que mes paroles avaient un peu touché Nanya. Elle avait rougi et elle clignait des yeux alors qu’elle était surprise. Peut-être qu’elle ne s’attendait pas à ce que je dise de tels mots.

« Ne me fais pas attendre trop longtemps..., » me déclara-t-elle avec un doux sourire. Puis elle se retourna.

Elle avait marché plus vite jusqu’à ma chambre, mais je pouvais voir clairement qu’elle rougissait et souriait comme une idiote.

Un point pour moi, je suppose ? pensais-je.

Une fois que nous étions tous les deux à l’intérieur, je m’étais assuré que mon armure magique était prête et je lui avais donné le feu vert. Ce que Nanya avait fait était très simple. En utilisant des frappes modérées, elle avait attaqué coup après coup mon corps physique en cristal. Elle s’arrêtait après chacune d’elles et attendait que je mesure la quantité de mana épuisée. Chaque coup devenait de plus en plus fort jusqu’à ce qu’elle soit capable de briser complètement mon armure magique avec un seul coup. Quand c’était arrivé, elle avait arrêté le test.

« Alors, comment étais-je ? » avais-je demandé.

« Hm, » elle avait croisé les bras au niveau de la poitrine et avait fermé les yeux. « En matière de force, c’est en dessous d’un rang Maître moyen, mais en matière de quantité, cela surpasse le Divin. Je peux dire que ce n’est pas un faux. Tu n’as ajouté du mana qu’une ou deux fois, non ? » me demanda-t-elle.

« Oui, » avais-je répondu.

« À partir de maintenant, essaye d’ajouter la même quantité ou plus de mana chaque jour. Cela forge l’armure magique et la rend plus mince, mais beaucoup plus dense. Cela aidera aussi à la renforcer et à l’empêcher de se dissiper trop rapidement. En ce moment, tu excelles en quantité, mais tu es d’une qualité épouvantable, » avait-elle dit en secouant la tête.

« Je vois... J’essayerai de travailler plus sur la qualité, » avais-je annoncé.

« Illsy, quand tu fais ça, ne verse pas seulement du mana comme s’il n’y avait pas de lendemain. Concentre-toi dessus. Va-t-il devenir plus fort ? Laisse-le se rassembler tout seul. Je veux qu’elle soit TOUJOURS activée. Ce faisant, tu vas la polir et la rendre de plus en plus forte à chaque jour qui passe, » elle m’avait expliqué calmement en levant les yeux vers moi.

« Je comprends... Je dois me concentrer sur la qualité, pas sur la quantité, » avais-je dit d’un signe de tête.

« Tout à fait, » elle hocha la tête.

***

Partie 2

Une fois la séance d’entraînement terminée, nous avions attendu patiemment qu’Ayuseya se présente. Environ dix minutes plus tard, on frappait à la porte, et celle qui avait répondu était Nanya. Elle avait tourné la poignée de porte et l’avait ouverte.

« Bonjour, Nanya, » déclara la princesse draconienne en entrant.

« Bonjour... euh... qu’est-ce que c’est ? » Demanda-t-elle en plissant son front pendant que quatre étudiants masculins arrivaient dans ma pièce les bras chargés de sacs.

Je les regardais, stupéfait, lorsqu’ils les placèrent à côté de mon corps de cristal, respirant lourdement à cause de l’effort qu’ils faisaient. Une fois qu’ils étaient partis, deux autres étaient entrés en poussant une commode blanche à travers la porte.

« C’est quoi tout ça... ? » avais-je demandé en regardant les pauvres hommes presser leur épaule contre le lourd meuble.

« Ayuseya, qu’est-ce que c’est que tout ça ? » demanda Nanya en montrant les sacs lourds.

« Mes vêtements du matin et du midi ainsi que quelques nécessités de tous les jours, » expliqua-t-elle calmement.

« Nécessités ? C’est vrai..., » avais-je dit qu’en me dirigeant vers l’un de ses sacs et en utilisant [Télékinésie], j’avais ouvert l’un des sacs au hasard.

« Ah ! Pas celui-là ! » cria-t-elle, mais il était déjà trop tard « Mes soutiens-gorge et culottes sont là-dedans..., » déclara-t-elle en rougissant.

Ouais ! Il y avait toute une montagne de trésors là-dedans. Toutes sortes de couleurs et de modèles, des moins froufrous aux plus froufrous, il y avait même une paire partiellement transparente.

« Soupir ! Illsy est capable de trouver le seul sac rempli de culottes dans tout le tas de sacs. Et aussi, du premier coup..., » déclara Nanya en secouant la tête.

« C’est un talent inné chez moi, » avais-je dit en soulevant l’un des soutiens-gorge, et c’était ÉNORME ! « Quelle taille faisiez-vous déjà ? » avais-je demandé.

« S’il vous plaît, ne les soulevez pas comme ça ! C’est embarrassant, » avait déclaré Ayuseya en se précipitant, en saisissant le tissu rose à froufrous et en le replaçant dans ses sacs.

« Ah ! Je m’excuse, » avais-je dit, mais je n’avais rien regretté !

« Alors, combien de sacs vous reste-t-il encore ? » demanda Nanya en haussant les sourcils alors qu’elle sortait de ma pièce.

« Juste quelques babioles, » répondit-elle avec un rougissement dans les joues.

Comme c’est mignon ! Elle était gênée parce que j’avais jeté un coup d’œil à ses sous-vêtements. Cela devait arriver de toute façon, mais j’étais plus intéressé par la version sans rien. Mes fantasmes étaient déjà devenus fous.

« Haha... Illsy, combien de tonnes peux-tu stocker dans ton corps de cristal ? » demanda Nanya.

« Hein ? » avais-je cligné des yeux en raison de la surprise. Puis je m’étais dirigé vers elle.

En regardant à l’autre bout du couloir, j’avais vu dix autres hommes avec des bras remplis de sacs qui venaient dans ma pièce, quatre autres essayaient de faire venir deux autres commodes. Curieux, j’avais regardé dehors et j’en avais vu d’autres venir du dortoir. Au total, il y avait trois commodes empilées pleines et une quarantaine de sacs.

« Je n’en ai aucune idée, mais je suppose que je vais le découvrir..., », avais-je dit en regardant un homme plutôt maigrichon portant le double de son poids dans des sacs.

« Est-ce qu’ils le font gratuitement ? » demanda Nanya.

« Bien sûr que non ! Je les ai payés grassement avec des pièces d’or et d’argent, » répondit la draconienne en les guidant vers l’endroit où placer les sacs.

« Mais franchement, combien de magasins avez-vous vidés en venant ici ? Vous avez voyagé dans une caravane ou quoi ? » avais-je demandé, car je n’arrêtais pas de compter les sacs.

« Bien sûr que je l’ai fait, personne n’en a moins que ça de nos jours. Je n’ai apporté que l’essentiel et quelques livres, » dit la princesse.

« Livres ? » avais-je demandé en étant un peu surpris.

« Oui, j’ai demandé aux hommes d’apporter ma bibliothèque personnelle et de la laisser à l’extérieur, » répondit la princesse.

Nanya et moi, nous l’avions regardé avec les sourcils plissés et la bouche ouverte. Ces montagnes de sacs n’étaient que l’essentiel et il y en avait d’autres à venir ? En fait, je n’avais rien à dire, j’étais trop étonné par la quantité de sacs pour une seule dame draconienne. C’était tout simplement trop étonnant.

« J’aurais aimé pouvoir apporter mes sacs de loisirs, mais ça devrait faire l’affaire pendant une semaine, » déclara Ayuseya en soupirant.

Encore une fois, tout ce que nous pouvions faire, c’était simplement la regarder avec les sourcils plissés et se demander ce qu’elle comprenait par « ce petit ». De mon point de vue et probablement aussi celui de Nanya, il semblait qu’elle était prête à se déplacer à l’intérieur de mon esprit intérieur pour toujours et à amener toute sa famille et ses serviteurs.

« Peut-être que je devrais aussi apporter un ou deux de mes sacs de loisirs ? » demanda-t-elle.

« NON ! », Nanya et moi avions répondu en même temps.

« Très bien, vous n’avez pas à hausser la voix comme ça. Mais de toute façon, je ne crois pas que j’en ai apporté tant que ça, » avait-elle dit avant de retourner compter les sacs.

« Est-ce que vous en avez aussi beaucoup sur toi ? » avais-je demandé à Nanya.

« J’ai à peine deux robes, Illsy... Je peux parfaitement mettre tout ce que j’ai dans un sac à dos. Je crois que nous avons juste sous-estimé les origines royales d’Ayuseya. C’est après tout une princesse..., » répondit Nanya.

Une fois que tout était à l’intérieur de ma pièce, les deux femmes n’avaient presque plus d’espace pour se déplacer. Un faux pas et une montagne de sacs menaçaient de vous écraser. Je ne vais même pas mentionner la « petite » bibliothèque qu’elle avait apportée. Cette chose avait été laissée dehors dans le couloir. Mais à vrai dire, j’étais plutôt curieux de lire de la littérature de ce monde.

« Ma chambre est pratiquement vide en ce moment, alors j’ai l’impression que j’ai fait mes bagages et que j’ai filé en toute hâte. Je n’ai parlé à aucun de mes serviteurs de l’endroit où j’allais, et ces hommes ne savent rien non plus, » avait dit Ayuseya après qu’on nous ait laissés seuls.

« J’irai dire à vos serviteurs que vous êtes parties et que vous leur avez ordonné de rester ou de retourner dans leur pays. Je suis certaine que certains d’entre eux n’accepteront pas l’idée que vous vous enfuyez sans eux, alors ils pourraient essayer de vous suivre. Hm..., » Nanya avait dit ça quand elle avait commencé à réfléchir sur le genre d’excuses à inventer pour compléter les mensonges mis en mouvement par la princesse. Il y avait aussi la question des bagages, mais je crois que c’est moi qui devais m’en occuper d’une façon ou d’une autre.

« Je ferais mieux de commencer..., » avais-je dit. Puis j’avais commencé à absorber tous les sacs qui s’y trouvaient.

Je ne savais pas si je pouvais tous les ranger à l’intérieur, mais il me semblait que je n’avais pas le choix. Si nous sommes partis avec le truc, « Ayuseya est partie, et nous n’avons aucune idée de l’endroit où elle est allée », alors il aurait été étrange si tout cela avait été laissé dans sa chambre. N’aurions-nous pas pu enterrer tous ces sacs dans la cour arrière et les laisser pourrir ? Je doutais que Dankyun ait un lien de parenté avec un limier et qu’il puisse sentir où nous avions jeté ses affaires...

Une demi-heure me fut nécessaire pour finir d’absorber chacun de ces sacs, y compris les commodes et l’immense bibliothèque dans le couloir, il était temps d’absorber Ayuseya. Elle était restée immobile et avait fermé les yeux même si elle en avait déjà fait l’expérience auparavant. Une fois à l’intérieur, j’avais poussé un long soupir.

« Je vais aller voir comment elle s’installe..., » déclarai-je.

Nanya avait gloussé et avait dit : « Je t’attendrai ici. Après, nous allons aller construire d’autres donjons accueillants pour les étudiants. »

« D’accord, je vais essayer de faire vite. En fait, tu peux déjà aller choisir l’emplacement pour l’un d’entre eux. On se retrouve là-bas, » avais-je dit.

D’un simple signe de tête, elle avait accepté ma suggestion et avait quitté ma chambre.

« Maintenant, il est temps d’aller voir la princesse..., » murmurai-je avant d’entrer dans mon esprit intérieur.

La retrouver était aussi facile qu’avant. Tout ce que j’avais à faire était de penser à elle et l’obscurité me tirait dans sa direction. Comme avant, elle flottait calmement, attendant mon arrivée. Comme d’habitude, une lumière rougeoyante autour de son corps m’avait permis de la distinguer facilement de l’obscurité qui nous entourait tous les deux.

« Comment ça va, princesse ? » avais-je demandé quand je me suis approché.

« Illsyore ? » demanda-t-elle en me regardant.

« Oui, c’est moi. Avez-vous déjà oublié ? » avais-je demandé avec un sourire sur mes lèvres, croisant mes bras jusqu’à ma poitrine.

« Non, » elle avait secoué la tête « C’est juste que je trouve assez curieux de voir à quel point votre apparence est différente de celle que vous avez ici. »

« Bien sûr, la belle version n’est conservée que pour les filles spéciales ! » lui avais-je dit en souriant. Puis je lui avais fait un clin d’œil.

Elle avait ri d’une manière mignonne, se couvrant la bouche du bout des doigts.

« On devrait vous installer. Hm, tous vos sacs devraient être..., » avais-je regardé autour de moi dans l’obscurité jusqu’à ce que je vois un tas de lumières qui volaient rapidement vers nous. « Juste là ! » Je les avais montrés du doigt.

Tous les sacs, y compris les trois commodes et la bibliothèque, avaient volé jusqu’à nous et s’étaient arrêtés juste à côté de moi. En une seule pensée, je leur avais ordonné de former un cercle autour de nous et j’avais ensuite laissé Ayuseya libre de déplacer ses sacs et d’en retirer tout ce dont elle avait besoin.

« Vous devriez avoir un peu plus de liberté maintenant. Vous avez juste besoin de le faire comme vous le feriez à l’extérieur. Essayez-le, » lui avais-je dit. Puis j’avais un peu reculé.

Avec un signe de tête, la princesse draconienne avait commencé à tester son nouvel environnement. Elle s’était arrêtée à l’un des sacs et avait sorti une simple robe. Pendant un moment, j’avais cru qu’elle allait se changer, mais elle ne l’avait pas fait, elle l’avait remise dans le sac et s’était ensuite envolée vers la bibliothèque. Prenant un livre, elle l’ouvrit au marque-page qu’elle y avait placé au préalable et fit un signe de tête.

« Je crois que je comprends, bien que je trouve ça un peu... bizarre. Merci, » elle m’avait fait un petit salut, et je lui avais répondu avec un sourire.

« Ne vous inquiétez pas, vous vous y habituerez bientôt ! Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n’hésitez pas à demander. Bien que je ne pense pas que les besoins en matière d’alimentation et de salle de bains fonctionnent de la même façon ici qu’à l’extérieur. Shanteya ne passe jamais plus d’une nuit ici, » avais-je dit avec un haussement d’épaules.

« Shanteya, la femme de chambre ? Elle dort ici ? » demanda-t-elle un peu surprise.

« Oui, elle est mon esclave et une personne très précieuse pour moi, alors je l’ai laissée m’accompagner au lit, même si, n’ayez crainte, nous n’avons pas d’activités sexuelles... malheureusement, » lui avais-je expliqué.

« Je vois..., » avait-elle dit, bien que je me demandais à quel point exactement elle comprenait ce que je venais de dire.

« Alors, des questions ? Si ce n’est pas le cas, j’irai rencontrer Nanya pour travailler sur de nouveaux donjons, » avais-je dit.

« Non. Il n’y a rien que je souhaite demander pour l’instant, bien que, si nécessaire, comment puis-je vous appeler ici ? » demanda-t-elle.

« Oh ça ? Appelez-moi par mon nom. Je vous entendrai dans ma tête et je vous répondrai. Vous entendrez ma voix résonner. En d’autres termes, je suis constamment partout et à tout moment ici. Je ne vois pas tout, donc vous ne devriez pas vous inquiéter que je fasse irruption dans vos moments intimes, » lui avais-je dit. Puis j’avais haussé les épaules.

« Je comprends. Je vais en prendre note. Illsyore, encore une fois... merci, » elle avait fait un autre salut.

« Pas de problème ! Vous êtes ma femme après tout ! Un mari devrait chérir et aider sa femme chaque fois qu’elle en a besoin ! » j’avais donné une réponse plutôt cliché, mais c’était la meilleure que j’eusse en ce moment.

Ayuseya m’avait affiché un sourire doux et puis j’avais quitté mon esprit intérieur.

De retour dans le monde extérieur, j’avais rapidement cherché le signe de vie de Nanya et j’avais volé là-bas. Je n’avais pas oublié d’ajouter 2000 points de mana à mon armure magique avant de partir, mais j’ai aussi commencé à me demander si je devais le faire avec plus, comme 5000 ou 6000 points de mana. Si 2000 étaient suffisants pour atteindre le rang Divin ou même le surpasser, alors sûrement 5000 étaient suffisants pour un Rang Suprême. Je pensais sérieusement à commencer à le faire, d’autant plus que Dankyun était en route pour venir ici. Bien que sa compétence suprême semblait assez effrayante, j’avais la certitude que mes compétences améliorées et perfectionnées étaient suffisantes pour l’égaler.

« Je t’ai trouvée ! » avais-je dit dès que j’avais vu Nanya.

Elle m’attendait au sommet d’un gros rocher, dessinant quelque chose sur le sol avec un long bâton.

« Bien ! Alors, la princesse s’est-elle installée ? » demanda-t-elle.

« Oui. Elle est là-dedans avec TOUS ses sacs... Je m’attendais sincèrement à ce qu’elle apporte un sac ou deux, pas assez pour me faire me demander si elle a vidé tous les magasins de la capitale, » avais-je répondu en me rapprochant d’elle.

« Hehehehehe ! C’est une princesse ! Et n’oubliez pas, elle voyageait léger ! » me rappelait-elle.

« Argh..., » avais-je gémi.

En regardant le sol, j’avais vu quelques plans dessinés là. Il s’agissait de plans d’étage pour divers donjons, mais extrêmement simpliste, contrairement à tout ce que j’avais construit jusqu’à présent. L’un des donjons n’avait qu’un groupe de pièces reliées les unes aux autres sans pièges ni cercles d’invocation. Le labyrinthe était si simple que je pouvais le finir les yeux fermés. En d’autres termes, il s’agissait de donjons dont je ne voyais pas la nécessité ou le désir de construire.

« C’est quoi..., » avais-je demandé en regardant entre le dessin au sol et Nanya.

« Ce que tu vas construire : de vrais étages de donjon, » m’avait-elle répondu.

« Hein ? Où est la lave ? Je ne vois pas de lames très tranchantes ou de pièges à pointes... Et mes lasers ? Ne sont-elles pas trop petites pour y placer mes Minotaures ? » avais-je demandé.

Nanya m’avait regardé dans les yeux et avait gardé le silence un moment.

« Quoi ? Ce sont des choses faciles. Je n’ai rien dit sur les pièges à poison ou les rampes de lancement dans les bassins de lave ! Sans parler des pièges enchantés et des cercles d’invocation de monstres..., » déclarai-je.

Elle n’arrêtait pas de me regarder comme ça.

« Est-ce trop ? » avais-je demandé bêtement.

« Qu’en penses-tu ? » demanda-t-elle en souriant.

« Euh... pas de salles avec des pièges à pointes ou des labyrinthes miroirs, hein ? » avais-je demandé.

« Non, » elle avait secoué la tête.

« Mais ils sont si faciles que même un diablotin peut les traverser ! » m’étais-je plaint.

« C’est tout l’intérêt, espèce de bloc de cristal idiot ! Veux-tu faire un pâté de viande de mes élèves ? » me criait-elle en essayant de me frapper avec le bâton. Pour une raison quelconque, je l’avais esquivé.

« Mais... mais... mes lasers..., » avais-je demandé.

« Pas de mais ! Des étages faciles, même un diablotin peut finir ! Pas de Minotaures ! Pas de pièges spéciaux ! Pas de poisons ! Rien qui ne figure pas sur ces plans ! Pigé ? » me cria-t-elle en me regardant fixement.

« Oui..., » répondis-je d’une voix faible.

Avec un soupir, j’avais commencé à construire les nouveaux donjons sur la base de ces plans. Bien sûr, ils devaient avoir l’air naturels, donc pas de murs parfaitement droits comme ceux de mon donjon. Ils devaient être simples et donner l’impression de grottes. Ils devaient également être capables d’attirer diverses espèces sauvages pour commencer à former des habitats intérieurs.

Pendant qu’elle expliquait tout cela, je construisais pièce après pièce. C’était si facile à faire que j’avais fini par bâiller. C’était peut-être parce que j’étais un donjon divin et, par définition, incroyablement puissant par rapport à d’autres donjons, donc, ce qui me paraissait extrêmement facile, sinon bien trop facile pour moi. Pourtant, c’était assez difficile pour un donjon Normal d’un niveau identique au mien. Tous ces donjons Faciles représentaient les différents étages des différents donjons que Nanya avait visités. Leur difficulté maximale allait au Rang Avancé, et cela pour un seul étage. Quant à la difficulté pour le donjon Régulier, il semblait passer du niveau 1 au niveau 50 d’après ce qu’elle me disait. À la fin, elle m’avait laissé créer quelques cercles d’invocation, mais ils n’avaient maintenu qu’un maximum de trois diablotins et cinq rats. Je n’avais pas le droit d’ajouter des harpies et certainement pas des Minotaures. Même si l’un d’entre eux était une représentation du 50e étage d’un donjon Normal, aucun n’avait de pièce du boss. Au lieu d’eux, on m’avait fait construire une grande salle qui jouerait le rôle d’une arène. Un petit cristal de quartz dans le fond allait représenter le cœur de donjon. Quant au boss, ce sera le rôle joué par l’enseignant responsable de l’expédition.

« Maintenant, tout ce que nous avons à faire est d’attendre qu’un petit écosystème se développe à l’intérieur, », déclara Nanya avec un sourire satisfait sur son visage.

« Est-ce vraiment comme ça que les donjons ordinaires font et grandissent ? » avais-je demandé en plissant des yeux devant le donjon trop simple que j’avais construit.

« Oui, en fait, le dernier étage que tu as construit ne peut pas être fait par un cœur de donjon Normal de niveau 50, tu as besoin au moins d’un cœur de donjon Difficile. En ce qui concerne les Faciles, je pense qu’un niveau 80 ou 90 pourrait probablement le construire », expliqua la professeur qui a l’air d’adolescente.

« Je vois..., » avais-je dit. Puis j’avais soupiré.

« Qu’est-ce qui ne va pas ? » me demanda-t-elle en me regardant.

« Je trouve juste triste d’avoir construit des étages de donjon si faibles et si simples..., » lui répondis-je.

« Tu t’en remettras, » déclara-t-elle.

Après une dernière vérification, nous étions retournés à l’académie. Par curiosité, j’avais vérifié mon niveau, mais comme je m’en doutais, ils étaient beaucoup trop simples et à cause de cela, je n’avais même pas gagné un seul niveau.

En parlant de cela, à part Tuberculus, je n’avais pas réussi à parler avec les autres professeurs depuis qu’ils étaient descendus dans mon VRAI donjon.

J’espère qu’ils ne me détestent pas..., pensais-je en entrant dans ma chambre.

***

Partie 3

[Point de vue d’Illsyore]

Comme d’habitude, Shanteya attendait mon retour. Elle se tenait patiemment à côté de mon corps de cristal. Plus tôt ce jour-là, elle était dans la forêt, essayant ses nouvelles capacités. Apparemment, la force qu’elle possédait était assez puissante pour endommager ses vêtements. Ils s’accrochaient à peine à son corps bien courbé, ce qui m’offrait une vue très séduisante.

« Bonsoir, Shanteya. Dure journée ? » avais-je demandé.

« Bonsoir, Maître ! Un peu », répondit-elle en regardant ses vêtements déchirés.

« Que s’est-il passé ? Tiens. Nanya m’a demandé de garder un double au cas où. On s’occupera de ça demain. » Je lui avais dit ça lorsque j’avais fait apparaître la tenue de femme de chambre supplémentaire que je gardais à l’intérieur de mon esprit intérieur.

« Merci, Maître ! J’ai fini comme ça parce que mon armure magique était trop faible et elle s’est brisée quand j’ai essayé une technique difficile. J’ai fini par m’entraîner nue la plupart du temps, donc je n’ai pas complètement déchiré mes vêtements », expliqua-t-elle en se changeant.

Seuls sa robe et son tablier étaient abîmés, ses sous-vêtements étaient parfaits..., malheureusement.

« Nue ? » avais-je demandé en clignant des yeux emplis de surprise.

Est-ce que je viens d’échanger un spectacle de nichons remuants sur une El’Doraw sexy et nue contre des étages de donjon pathétiquement faibles ? avais-je pensé pendant que je regardais sa poitrine et j’essayais d’imaginer le spectacle.

« Oui, Maître. Mais je me suis assurée qu’il n’y avait personne. Je ne voulais pas être vue par quelqu’un d’autre que le Maître ! De plus, les livres que j’ai trouvés portaient sur les antidotes, les antivenins et les moyens d’identifier les poisons, mais je crois qu’ils contiennent des informations que le Maître pourrait trouver intéressantes », répondit-elle avec un sourire.

Oublions les livres ! Les dieux doivent me haïr... ils doivent vraiment me haïr... pour avoir raté un tel spectacle ! NON ! avais-je crié dans ma tête.

« Le Maître apprécie tes efforts, mais le Maître déteste actuellement le fait qu’il ait manqué une telle occasion en or... soupir. Absorption de Shanteya avec tous les objets sur elle, » avais-je dit. Et ainsi, le pouvoir s’était déclenché.

En effet, je pouvais la forcer à répéter la formation, mais à quoi servait-elle maintenant ? Ce ne serait pas la même chose... Le moment de repérer le Jardin Rebondissant du Paradis était un bonheur que l’on ne pouvait pas expérimenter de temps en temps.

Me retirant à l’intérieur de mon esprit, je m’étais envolé vers Shanteya, mais à ma grande surprise, je ne l’avais pas trouvée seule. Elle était avec Ayuseya.

« Bonsoir, princesse. Tout va bien ? » avais-je demandé.

« Oui... J’ai vu quelqu’un ici, et j’ai cru que c’était vous, » m’avait-elle répondu.

« J’ai aussi été surprise de la voir ici, car j’avais oublié qu’à partir de ce jour, elle allait être ici, dans le monde du Maître, » déclara Shanteya en croisant les mains sur sa poitrine.

« Oui, au moins jusqu’au départ de Dankyun, » m’avait-elle expliqué avec un sourire.

« Si nous sommes ici, pourquoi ne pas aller dormir et garder la conversation pour demain matin ? » avais-je demandé. Puis j’avais un peu tendu les bras.

J’étais fatigué de tout le travail dur que j’avais dû faire ce jour-là, surtout quand j’avais construit les étages pour Nanya. Pendant ces moments, j’avais dû faire très attention à ne pas y placer accidentellement des pièges cachés. J’avais essayé quelques fois, mais Nanya les avait réduits en pièces.

« Je comprends, alors je vais continuer..., » déclara Ayuseya en s’envolant.

« Soupir... Où pensez-vous aller ? » lui avais-je demandé quand je m’étais précipité vers elle puis que je lui avais attrapé la main.

Devenant surprise par mon acte, elle avait froncé les sourcils et m’avait regardé après ça.

« Pardon ? » demanda-t-elle.

« Vous, Shanteya et moi, nous allons tous dormir ensemble. Maintenant, venez ici, » avais-je dit et je l’avais traînée chez ma jolie esclave.

« Pardon ? Mais je suis une princesse ! Demander une telle chose de moi et... et... et... Je sais que vous ne faites que m’aider, mais..., » elle marmonnait et essayait de s’éloigner loin de moi.

J’avais haussé les sourcils en la regardant. J’étais trop fatigué pour continuer ainsi.

« Oh pour le..., » avais-je, puis je l’avais tirée vers moi afin de l’étreindre et j’avais fermé ses lèvres avec un baiser.

J’étais peut-être un bloc de cristal à l’extérieur, mais s’il y avait une chose que j’avais apprise d’Alina, c’était la méthode pour fermer la bouche d’une femme. Fondamentalement, vous aviez deux façons : un baiser ou du chocolat. Habituellement, l’un des deux fonctionnait, sinon, il y avait l’option trois : écouter le sermon et prier Dieu pour que votre cerveau ne saigne pas.

En effet, j’aurais pu être plus subtile, j’aurais pu être plus délicat, mais Ayuseya était ma femme maintenant, c’était un fait qui resterait inchangé pour qui sait combien de temps ? Même si elle était une princesse, cela ne voulait pas dire que je devais la traiter comme un meuble ou une décoration précieuse. De plus, elle était très belle même si elle était plus grande que moi de 30 cm, et elle était un peu plus écailleuse qu’une femme humaine.

Ce qui était intéressant, c’était que sa langue était un peu plus rugueuse que celle de Shanteya. Ayuseya embrassait aussi encore un peu mal, mais à quoi s’attendre de quelqu’un qui n’avait jamais embrassé un homme ? Je doutais vraiment que Dankyun lui ait fait quoi que ce soit, mais même si c’était le cas, cela n’avait pas d’importance, elle était à moi maintenant. J’avais donc le temps de l’entraîner à l’art du baiser.

Quand nous avions séparé nos lèvres, elle était embarrassée et rouge comme une tomate. La méthode fonctionnait aussi bien, elle ne parlait plus.

« Écoutez, Ayuseya. Je ne vais pas vous mentir. À partir de maintenant, je vais essayer de vous considérer comme une femme, ma femme. Vous êtes maintenant ma femme, même si tout cela a commencé comme une blague “ne pas”. Je vais prendre mes responsabilités et finalement gagner votre cœur. Vous ne me faites peut-être pas encore confiance, et probablement que je ne vous fais pas entièrement confiance non plus en ce moment, mais ce baiser que je viens de vous voler est le pacte indiquant que je ferai de mon mieux pour éventuellement vous voler votre cœur ! » lui avais-je dit d’une voix ferme.

Tirant Shanteya plus proche de moi, j’avais étreint les deux femmes et j’avais reposé ma tête sur leur oreiller de poitrine. Les filles se regardaient un peu confuses, mais la première à céder était, bien sûr, ma jolie esclave el’doraw. Elle m’avait étreint et m’avait fait un baiser de son propre chef.

« Bonne nuit, Maître, » déclara-t-elle.

Quant à la princesse draconienne, elle était restée sans voix et terriblement embarrassée. Elle n’avait rien à dire et elle n’avait pas fait le moindre commentaire sur ce qui venait de se passer. Que pouvait-elle faire de toute façon, surtout quand elle savait que j’essayais d’offrir quelque chose qu’elle souhaitait : un mariage où l’amour mutuel existait.

Finalement, elle s’était détendue dans mon étreinte et avait laissé sa grosse poitrine agir comme oreiller. J’étais pris en sandwich entre deux femmes magnifiques. Qu’est-ce qu’un homme pourrait souhaiter de plus ? Bien sûr, d’être pris en sandwich entre trois femmes magnifiques !

 

☆☆☆

[Point de vue de Dankyun]

La meilleure auberge dans la ville de Therion n’était rien d’autre qu’un dépotoir. Les émoluments de l’aubergiste étaient aussi ridicules ! Il en demandait trop à quelqu’un comme moi, mais hélas, l’homme s’était effondré quand mes hommes avaient pointé leurs épées sur son cou. C’était une très bonne méthode de négociation pour une petite vermine pathétique comme lui. Ce soir-là, j’avais décidé de m’amuser un peu et j’avais appelé sa fille aînée dans ma chambre. Elle était fiancée à un type de la ville, mais cela n’avait pas d’importance. Ce que j’aimais le plus chez elle, c’était qu’elle était un être humain pur avec une poitrine plate. Je l’avais utilisée afin de satisfaire tous mes besoins jusqu’à ce qu’elle s’évanouisse dans mes bras. La récompense pour ses efforts avait été un poignard en plein dans le cœur. C’était un marché équitable, elle m’avait offert du plaisir, et j’avais fait en sorte qu’elle ne conçoive pas accidentellement mon enfant. Simple, n’est-ce pas ?

En lavant le sang, j’avais entendu frapper à la fenêtre. Deux femmes à capuche se tenaient là, attendant que j’aie fini.

« Entrez, » leur avais-je dit, et elles l’avaient fait.

« Dankyun, notre Seigneur, nous sommes arrivées à votre demande. Le Maître envoie ses meilleures salutations dans votre effort, et une fois de plus, il s’excuse pour l’erreur... qui a eu lieu il y a quelques semaines. Ma sœur et moi sommes là pour vous aider d’une manière ou d’une autre à atteindre vos objectifs, bien sûr, à la condition que vous ne nous tuiez pas ou que vous ne nous endommagiez pas. Le Maître souhaite notre retour en un seul morceau », expliqua l’une d’elles.

« J’ai du mal à croire que tant d’assassins aient été tués en une seule nuit, » avais-je dit en m’approchant d’elles. « Toi, nettoie ce bordel, et toi... déshabille-toi. Je souhaite voir à quel point une El’Doraw comme toi sait plaire à un sang pur draconien comme moi ! » avais-je déclaré.

« Bien sûr ! Nous nous réjouissons, Maître ! Quant aux assassins d’avant, ils étaient tous de Rang Maître inférieur. Nous sommes tous les deux de Rang Empereurs supérieur avec une force surpassant même les Divins inférieurs, » expliqua celle à qui j’avais dit de se déshabiller.

Toutes deux avaient obéi à mes ordres et avaient fait ce que j’avais demandé. La sœur qui s’était déshabillée m’avait montré son beau corps avec de gros seins ronds et des fesses d’une rondeur parfaite. Comme toutes celles de son espèce, sa peau avait une teinte grise qui changeait de couleur en fonction de ses émotions, et pour l’instant, je ne voyais aucun changement en elle. Cette femme était froide comme de la glace. Pendant ce temps, l’autre s’était débarrassée du cadavre de la fille de l’aubergiste en l’absorbant dans un petit cristal. Elle avait ensuite commencé à nettoyer la pièce.

« Nous nous réjouissons de vous servir et ne vous inquiétez pas, toutes les femmes assassines sont stériles », avait-elle dit en montrant du doigt deux petites cicatrices autour de sa région inférieure.

Elle n’avait pas besoin d’expliquer davantage, ce qu’elle me disait était clair : sa capacité à se reproduire lui avait été retirée.

« Je vois. Avez-vous quelque chose à me dire au sujet de cette Académie ? » avais-je demandé en plissant mon front.

« Bien sûr. Tous les enseignants sont des Rangs Empereur entre Moyen et Supérieur. L’un d’entre eux est un Rang Divin. Celle qu’ils appellent la destructrice folle Nanya. »

« Quoi ? » j’avais été paralysé par le choc. « Nanya est là ? » avais-je demandé.

« Oui. »

C’est mieux que ce à quoi je m’attendais ! avais-je pensé. Puis j’avais éclaté de rire.

Le destin me souriait sûrement ! Depuis que je l’avais laissée mourir dans ce donjon, je ne l’avais jamais revue, mais comme prévu, elle n’avait jamais dépassé le Rang Divin. Bien qu’elle soit probablement plus forte qu’une normale ou même supérieure, sans compétence Suprême, elle n’était restée qu’un échec.

« Quelque chose ne va pas ? » demanda la sœur nue alors qu’elle commençait son devoir de me faire plaisir.

« Non, je me souvenais du moment où j’ai piégé cette fille. Hm, peut-être que cette fois je vais finir le travail et la tuer ? Peut-être ? Ou bien devrais-je lui couper la queue et la laisser souffrir ? » avais-je commencé à réfléchir à la meilleure méthode pour lui montrer à quel point j’étais plus puissant et meilleur qu’elle.

S’il y avait quelque chose que j’aimais vraiment dans ce monde, c’était de montrer à tous ceux qui étaient inférieurs à moi à quel point la différence entre nous était grande. Quel noble qui se respecte n’aurait-il pas profité des plaisirs de torturer de temps en temps quelqu’un d’une classe inférieure à la sienne ? C’était naturel, c’était... instinctif.

« Autre chose ? » avais-je demandé.

« Ils ont réussi à apprivoiser un puissant Seigneur du Donjon. Nous ne connaissons pas sa race, nous n’avons pas pu estimer sa force, mais son Territoire de Donjon est énorme », expliqua-t-elle.

« Je vois..., » avais-je dit avec un sourire.

Mon plan était déjà gravé dans la pierre. Si je n’avais pas trouvé cette princesse royale inutile, j’allais juste détruire ce Seigneur du Donjon, m’amuser avec Nanya, et détruire totalement cette académie juste pour voir l’horreur sur son visage. Ça fait si longtemps qu’elle ne m’avait pas vu tuer ses amis, n’est-ce pas ? Ma seule question était de savoir si je devais prendre mon temps pour le faire ou si je devais foncer dans le tas. Après tout, je n’avais pas à craindre les militaires de Shoraya. Je pourrais toujours blâmer Nanya et dire qu’elle m’avait attaqué en premier. Hm, oui... c’était comme ça que ça allait être.

« Aucun signe d’Ayuseya Pleyades ? » avais-je demandé.

« Non, mais dès qu’elle quittera l’Académie, nous le saurons. Nos hommes sont postés partout dans les terres environnantes. »

Ses paroles avaient confirmé une information très importante : Ayuseya était encore dans l’Académie de Magie de Fellyore, mais d’une manière ou d’une autre, elle se cachait de moi.

« Alors, je vais y rester un peu plus longtemps et profiter de ce temps-là. »

***

Chapitre 25 : Le dernier jour de paix…

Partie 1

Je m’étais réveillé le lendemain matin en compagnie de deux charmantes femmes ; l’une était une princesse draconienne et l’autre était un ancien assassin el’doraw. Leurs seins doux m’avaient fait avoir un sourire de bonheur, me rappelant une fois de plus à quel point j’aimais les gros seins. C’était peut-être pour ça que j’avais fini avec une allégeance à ce genre de dieu. S’il était là-haut, alors il était sûrement en train de me bénir à ce moment précis.

« Bonjour, Maître..., » chuchota Shanteya.

Ouvrant les yeux, je l’avais regardée, puis j’avais amené ses lèvres afin de faire un doux baiser. C’était aussi agréable que d’habitude. Puis c’était au tour d’Ayuseya, mais elle dormait encore. J’avais décidé de ne pas la déranger, mais je ne voulais pas non plus qu’elle se réveille sans moi dans ses bras. Actuellement, nos jambes étaient entrelacées, et sa queue était enroulée autour de ma taille comme si elle essayait de proclamer sa revendication sur mon corps. Shanteya ne s’y était pas opposée et s’était retirée de notre étreinte.

« Ayuseya..., » avais-je chuchoté à la femme draconienne, mais elle n’avait pas ouvert les yeux.

En déplaçant mes mains autour de sa taille, j’avais commencé à rechercher la forme de son corps. En plus d’être très grande, elle avait une bonne silhouette. Sa grande poitrine contenait une souplesse divine, et la façon dont ses courbes se déplaçaient autour de ses hanches m’avait fait croire qu’elle avait une silhouette de sablier plutôt qu’une silhouette mince ou grande. D’après mon analyse, sa queue était connectée non pas comme une continuation du coccyx, mais plutôt comme un prolongement de la colonne vertébrale au-dessus du bassin. Malheureusement, la robe qu’elle portait ne m’avait pas permis de lui faire un tâtonnement ferme de ses fesses pour « tester » son élasticité. Du bon côté des choses, parce que sa queue était enroulée autour de moi, cela avait soulevé sa robe juste assez pour que je puisse apercevoir ses cuisses, et j’avais profité de cette occasion donnée par Dieu pour effectuer un doux toucher.

« Aimez-vous ce que vous ressentez ? » me demanda-t-elle soudainement.

J’avais dégluti et j’avais levé les yeux. Ayuseya était réveillée.

J’avais souri et retiré ma main, la plaçant au-dessus de sa taille. En me penchant de plus près, j’avais voulu capturer ses lèvres dans un baiser, mais elle s’était retirée, sa queue s’était aussi retirée.

« Est-ce... est-ce nécessaire ? » demanda-t-elle avec un peu de rougeurs au niveau de ses joues.

« Cela vous déplaît-il ? » lui avais-je demandé en réponse.

Elle avait détourné le regard, mais ne m’avait pas véritablement répondu.

« Alors, j’apprécierai ce baiser, » lui avais-je dit en lui touchant doucement le menton et en lui tournant la tête.

Puisqu’elle n’avait ni nié ce que je disais ni repoussé, j’avais accueilli ses lèvres afin de mouler avec les miennes dans un doux baiser. Une fois de plus, j’avais senti son goût et sa langue rugueuse. Elle ne s’était pas améliorée en matière de baiser pendant la nuit, mais ce n’était que sa deuxième fois jusqu’à présent. C’est pourquoi, lorsque nous avions séparé nos lèvres, ses joues et le bout de ses oreilles étaient d’un rouge vif. Elle avait aussi un regard fébrile dans ses yeux. La douceur était terminée, et elle avait maintenant le droit de se séparer de moi.

« Merci, Ayuseya..., » lui avais-je dit en quittant son étreinte.

Il était temps de libérer Shanteya, et une fois qu’elle était sortie, je lui avais donné les instructions pour aujourd’hui.

« Je veux que tu ailles dans la forêt et que tu pourchasses autant de monstres que possible. Tout ce que tu tueras sera compté comme mes morts, et ça m’aidera à monter en niveau. Rassemble leurs restes, et toutes les deux ou trois heures, je passerai te voir et les ramasserais. Et aussi, laisse-moi essayer d’enchanter ta robe, » avais-je dit.

« Je comprends, Maître. Je ferai ce que vous me demandez. Mais si possible, pourriez-vous me rendre mon ancienne armure de cuir ? Je pourrai me battre beaucoup mieux dans cette tenue que dans cette robe, » m’avait-elle dit en souriant.

« Bien sûr, je pense que Nanya l’a encore. Tu peux aller la chercher chez elle, mais d’abord, je vais voir si je peux enchanter ta robe. Je suis vraiment curieux de cette nouvelle capacité qui est la mienne ! » avais-je dit avec un sourire.

« Bien sûr ! Comme vous le souhaitez, Maître ! » répondit-elle avec une petite inclinaison de la tête.

Cela étant dit, j’avais ouvert mon panneau de compétence et j’avais regardé autour de moi à la recherche de ma compétence d’enchantement d’objet. Contrairement aux deux autres qui étaient placés dans la catégorie [Construction] et [Pièges], celle-ci avait été classée comme une [Compétence unique].

[Enchanter l’objet avec un Enchantement <Sélectionnez le type>] <Ajoute une propriété magique sélectionnée à un objet sélectionné. Le nombre de points de mana infusés dans l’objet peut influencer la force et le rang de l’enchantement ainsi que la chance d’échouer. Le coût dépend du type d’enchantement choisi avec un coût d’activation de base de 100 points de mana. Commande vocale : Eel Eel Lark >

Une autre commande vocale bizarre..., avais-je pensé tout en louchant des yeux sur cette compétence.

L’objet ciblé était la robe de Shanteya sans le tablier, les chaussures et les sous-vêtements. Le système avait tout pris comme un élément séparé. En découvrant cela, mon instinct de joueur m’avait incité à faire un set d’objets, mais il y avait autre chose que je voulais faire, quelque chose que je ne pouvais pas m’empêcher de faire.

« Mettre à jour [Enchanter l’objet avec Enchantement <Select Type>] », avais-je dit, et le système s’était conformé à mon ordre.

Pour le coût de 30 points, j’avais reçu : [Enchanter l’objet avec un Enchantement de type <Imaginé>]. J’étais débordant de joie quand je l’avais vu, à tel point que je ne me souciais pas des 10 points supplémentaires que j’avais à dépenser pour cela par rapport à d’autres compétences. C’était peut-être parce qu’il s’agissait d’une compétence unique, mais je me demandais si les deux autres compétences d’enchantement me coûteraient le même prix pour les améliorer.

« Oh ! Génial ! Vraiment génial ! Allons-y ! » avais-je dit avec un grand sourire invisible et lumineux.

« Maître ? » demanda Shanteya, clignant des yeux et plissant son front.

En choisissant à nouveau sa robe, j’avais appliqué l’Enchantement, j’y avais versé environ 3000 de mana et j’avais imaginé l’enchantement que je pouvais faire. Bien sûr, le système s’était occupé de la plupart des choses ennuyeuses, mais je pouvais voir dans le coin de mon esprit la possibilité d’échouer sous la forme d’un pourcentage, le changement de statistiques qu’il offrait, et quelques capacités spéciales parmi lesquelles je pouvais choisir.

Il y avait actuellement 0 % de chance d’échouer, mais au moment où j’avais choisi d’ajouter 1000 points pour chacune de ses statistiques, la chance était passée à 100 % de chance d’échouer. Même si j’y avais versé 1000 points de mana de plus, cela n’avait pas fonctionné. J’étais un peu déçu, mais j’avais continué à jouer avec les réglages.

La raison pour laquelle cela n’avait pas fonctionné pouvait avoir quelque chose à voir avec mon niveau actuel ainsi qu’avec le niveau d’amélioration de la compétence. Fondamentalement, je n’avais pas le droit d’enchanter des objets avec des capacités capables de tuer un Suprême, mais un joueur pouvait quand même rêver.

Ajouter des capacités avait également augmenté mes chances d’échouer, alors j’avais lutté un peu pour faire un enchantement capable d’offrir à Shanteya des améliorations en statistiques et des capacités décentes sans augmenter les chances d’échouer d’une manière trop élevée.

Le résultat final avait été cet objet :

[Nom de l’objet] : Robe de femme de ménage <changer le nom> O/N

[Statistiques ajoutées] : Tous +135, +1 % Régénération de mana

[Capacités] : Endurance élevée <Permet à l’élément de survivre à des impacts puissants ou à des mouvements extrêmes. Limite d’agilité : 1200. Limite de force : 1200.> +Traque <Permet à l’utilisateur de suivre les formes de vie voisines. Zone limite : 20 mètres> +Réduction de Damage 20 % <Empêche l’utilisateur de recevoir 20 % de dommages de l’attaque totale.> +Lien [Illsyore] <Permet à une personne sélectionnée de connaître à tout moment l’emplacement et l’état de santé du porteur.>

[Possibilité d’échouer] : 67 %.

Je n’aimais pas les 67 %, alors j’ai ajouté 2000 points de mana, ce qui en fait un enchantement de 6000 points de mana.

[Probabilité d’échouer] : 48 %.

« Trop haut ! » Je voulais crier, mais j’avais réalisé que c’était peut-être quelque chose dans les options que j’avais choisies qui maintenait les chances d’échouer si élevées, alors j’avais commencé à expérimenter un peu plus. J’avais retiré certaines des capacités, mais cela ne l’avait réduit qu’à 40 %. Je les avais rajoutées et je m’étais concentré sur les statistiques. J’avais enlevé la régénération de mana, et la chance était tombée à 18 %. Par curiosité, j’avais réduit les statistiques à 50 au lieu de 135. Le risque avait chuté à 1 %.

Donc, ajouter des statistiques a augmenté énormément les chances d’échouer, hein ? avais-je pensé, et par curiosité, j’avais réduit encore plus les statistiques. Cela n’avait pas changé de 1 % à 0 % jusqu’à avoir complètement enlevé les statistiques.

En d’autres termes, les statistiques avaient ajouté une probabilité automatique d’échec de 1 %.

Cela avait atteint 3 % alors que j’avais 60 points en tout. En retirant les points d’Intelligence, je pourrais augmenter 30 en Force et 30 à l’Agilité. Comme ils étaient plus importants, je les avais laissés là.

Avec 3 % de chance d’échouer, c’était une victoire garantie, alors j’avais appliqué l’enchantement 6000 points de mana sur la robe de femme de ménage de Shanteya. Au moment où j’avais fait cela, il y avait une lumière vive et puis... quelque chose d’inattendu s’était produit, ce qui était à la fois bon et mauvais en même temps.

« Maître ? » demanda l’El’Doraw surprise après qu’on l’ait laissée debout devant moi avec sa robe de femme de chambre en morceaux.

« Eh bien... un tablier nu, c’est une chose, tu sais ? » avais-je dit.

« Nue ? Mais je porte toujours mon soutien-gorge et ma culotte.... » déclara la jeune femme.

« Je peux arranger ça, tu sais ? » demandai-je.

Elle avait rougi et elle baissa les yeux.

L’enchantement avait échoué à 3 %, et cela faisait rage à l’intérieur de moi.

« Comment pourrait-il échouer à 3 % ? Franchement... comment ? Sérieusement ? ARGH ! » avais-je crié.

Il m’avait fallu quelques instants pour me calmer, mais quand je l’avais fait, j’avais décidé de ne plus jamais tenter d’élever les statistiques par enchantement jusqu’à ce que j’aie amélioré le sort au point où cela n’aurait plus échoué aussi ridiculement.

« Je n’ai pas de vêtement de rechange... Je vais chercher ton armure en cuir, » avais-je grogné.

« S’il vous plaît, maître. Je ne peux pas me battre comme ça », m’avait-elle dit. Puis elle m’avait montré du doigt les restes de sa robe.

Ses joues étaient rouges et ses oreilles étaient un peu plus basses à cause de l’embarras.

Tu t’es entraînée nue, Shanteya, ne te plaint pas des combats de tabliers à moitié nus, avais-je réfléchi, mais j’avais décidé de ne pas dire ces mots à voix haute. Cela aurait pu être un peu grossier de ma part.

J’avais trouvé Nanya dans sa chambre. Bien sûr, avant d’entrer, j’avais frappé en premier et au cas où il y aurait quelqu’un, j’étais prêt à le tuer accidentellement avec une simple [Boule de feu].

« Eh bien ! Enchanter un objet pour pouvoir recueillir du mana ou augmenter sa force n’est pas si facile et la plupart du temps, personne ne l’essaie vraiment, » m’avait-elle dit après m’avoir expliqué pourquoi j’étais là si tôt et avoir demandé un ensemble de vêtements de rechange pour Shanteya. « Pourtant, je suis encore plus surprise par le fait que tu peux y ajouter quatre capacités ! Bref, je t’apporterai l’armure de Shanteya, mais ne la déchire pas. Les enchantements peuvent être remplacés si nécessaire, donc, jusqu’à ce que tu t’en sortes mieux, il suffit de répartir les capacités sur différents objets. Au fait, elles ne s’empilent pas. La version plus forte est prioritaire », m’avait-elle prévenu.

« Voilà pour mon idée de set surpuissant, » avais-je répondu.

« Quels sont tes projets pour aujourd’hui ? » m’avait-elle demandé alors qu’elle s’était retournée.

Nanya était rentrée pour prendre l’armure de Shanteya et une robe de femme de chambre de rechange. Pendant ce temps, j’attendais dans le couloir.

« Je vais construire le cinquième étage du donjon, enchanter quelques pièges. Des trucs comme ça... Et toi ? » avais-je demandé.

« Je vais aller vérifier les donjons que tu as faits hier et ajouter des appâts à l’intérieur pour les faire fonctionner. Tu as dit que tu voulais que Shanteya aille chasser ? Est-ce que cela veut dire que si je chasse aussi, tu peux monter en niveau plus rapidement ? » demanda-t-elle de l’autre côté de la pièce.

« Oui, » avais-je répondu.

« Hm ! Je vois... Alors, comment Shanteya est-elle devenue si forte tout d’un coup ? » me demanda-t-elle curieusement.

« Il s’agit de l’une de mes capacités passives. Ça s’appelle le [Lien de Confiance]. Tant que tu me fais confiance, et que je te fais entièrement confiance, la capacité apparaît et me permet d’augmenter ta force de façon considérable, » avais-je expliqué calmement, sans entrer dans les détails.

Même si Nanya et Ayuseya étaient maintenant mes épouses, je n’avais pas l’impression de pouvoir leur faire entièrement confiance, ou qu’elles me faisaient confiance. C’était peut-être la raison pour laquelle ça n’avait pas marché. Forcer cette capacité ne me mènerait nulle part, elle devait venir naturellement comme cela avait été le cas avec Shanteya et moi. Je me sentais en sécurité et protégée avec elle, alors qu’elle se ressentait la même chose envers moi.

« Hm, intéressant, malheureusement, je pense qu’il ne s’activera jamais pour moi, » m’avait-elle dit en revenant avec les vêtements de mon esclave.

Après les avoir absorbés, je lui avais demandé « Pourquoi ? »

« Je ne peux plus faire confiance en quelqu’un, » elle avait haussé les épaules comme s’il n’y avait rien à craindre. « Mais, ne t’inquiète pas. Ce n’est pas seulement toi en qui je n’ai plus confiance..., » elle avait regardé le sol pendant un moment. « Même si mes sentiments pour toi se transforment en amour pur... cela ne me permettra jamais de te faire entièrement confiance, et tu ne devrais pas non plus me faire confiance... » elle avait levé les yeux et m’avait affiché un petit sourire, mais un sourire triste.

« Nanya..., » avais-je dit en pensant à ce que je devais lui répondre. Mais que devrais-je faire quand je ne savais pas comment elle avait fini comme ça ?

Franchement, je n’aurais jamais deviné que l’énergique, amicale, sauvage et bavarde Nanya avait du mal à faire confiance aux autres. Elle avait interagi correctement avec les élèves de l’académie et même avec les autres enseignants. Néanmoins, vu le type de monde que c’était et son passé avec Dankyun, ce n’était pas non plus une chose impossible. L’époque médiévale n’était pas non plus très agréable ou gentille sur Terre. Plutôt que de romance, de chevaliers et d’honneur, c’était plus comme la terreur, l’obscurité, l’angoisse et la mort. Mais je voulais quand même lui dire quelque chose pour l’aider.

« Tu devrais y aller maintenant. Rappelle-toi ce que je t’ai dit à propos de l’enchantement. Et aussi, maintenant que j’y pense, pour ton donjon, je crois qu’il vaut mieux que tu ne construises pas un étage entier aujourd’hui et que tu te concentres plutôt sur les défenses de ta pièce ici, à l’académie. Ce ne serait pas mal pendant que tu y es, si tu trouves un endroit pour transporter ton noyau dans ton donjon, juste au cas où, » m’avait-elle conseillé.

J’avais l’intention de le faire de toute façon, mais la partie sur une façon secrète d’amener mon noyau au donjon avait été laissée quelque part dans les coins de mon esprit. En d’autres termes, je n’en étais pas si sûr. Peut-être qu’avec Dankyun venant dans cette direction, un tel plan d’urgence n’était après tout pas une si mauvaise idée.

« Nanya, avant de partir, j’ai quelque chose à te dire, » avais-je dit.

« Qu’est-ce que c’est, Illsy ? » me demanda-t-elle.

« Je ne pense pas que l’amour puisse exister sans confiance mutuelle... Quand on aime quelqu’un, on lui fait automatiquement confiance. Je ne sais pas ce qui t’a rendue incapable de faire confiance aux autres, tu as l’air d’aller parfaitement bien avec les professeurs et les élèves, mais réfléchis un instant à ce que j’ai dit... En fait, je veux dire ce que je t’ai dit hier. Je ne vais pas revenir sur mes paroles simplement parce que tu as dit que tu ne me feras jamais confiance. Si je veux tomber amoureux de toi, qu’il en soit ainsi, alors je m’occuperais bien de toi, » avais-je déclaré d’une voix ferme, pour lui montrer que je pensais chaque mot que j’ai dit avant et maintenant.

En vérité, je n’avais aucune idée de la façon dont les choses finiraient entre nous dans quelques mois ou années, mais si je ne faisais pas de mon mieux pour gagner son cœur et celui d’Ayuseya, je savais que je finirais par le regretter. Pour ce que j’en savais, je devais au moins essayer. Cela, je le savais avec certitude parce que c’était quelque chose qu’Alina m’avait appris.

Quand je me sentais déprimé à cause du chômage, quand j’avais des difficultés avec mes amis, quand je ne savais même pas si ça valait la peine de vivre ou non, elle était là pour m’aider à me remettre sur pied. Elle aurait pu m’abandonner, elle aurait pu rester là et ne rien faire, mais elle ne l’avait pas fait. Il fut même un temps où je pensais qu’elle me trompait avec l’un de ses collègues, mais tout cela s’était révélé faux. Eh bien, ce n’était pas seulement elle qui m’avait aidé à surmonter ça, quelques bons dessins animés et quelques lignes d’un livre m’avaient aidé à réaliser ce qui était mal dans ma façon de penser.

C’était en fait logique. Si une personne aimait, comment pouvait-elle prétendre qu’elle ne pouvait pas lui faire confiance ? Après tout, pour autant que je sache, l’amour signifiait se donner complètement à celui que vous aimiez et ne rien demander en retour. Cela signifiait aussi le fait d’accepter votre partenaire sans se plaindre et l’accepter tels qu’il était et croire et avoir confiance qu’il ferait la même chose pour vous.

Ce n’était pas une croyance avec laquelle j’étais né, mais une croyance que j’avais atteinte après avoir souffert en faisant exactement le contraire, mais je ne savais pas si mes mots avaient la force d’atteindre Nanya. Pour l’instant, elle n’aurait pu les voir que comme de simples mots vides.

« J’y réfléchirai, Illsy, » répondit-elle avant de fermer la porte.

J’avais soupiré et j’étais retourné dans ma chambre. Pour l’instant, je ne pouvais qu’attendre.

Une fois rentré auprès de Shanteya, j’avais décidé d’enchanter son armure avant qu’elle ne la mette. Je n’avais pas essayé d’ajouter des statistiques cette fois-ci, mais au lieu de cela, j’avais utilisé les enchanteurs Haute Endurance et Atténuateur de Dommage à 20 % comme enchanteurs principaux. Sur sa poitrine, j’avais aussi ajouté le troisième, qui était le Lien [Illsyore]. La seule autre partie de son armure à recevoir un enchantement supplémentaire était sa tête, sur laquelle j’avais placé Traceur. Pourtant, j’avais été assez surpris d’apprendre que son armure d’assassin n’avait pas d’enchantements initiaux adaptés à son travail précédent, mais encore une fois, elle était juste un rang Maître ou peut-être Intermédiaire. C’était peut-être la raison.

Après avoir expliqué quelles sortes d’enchantements j’avais ajoutés, la première question qu’elle m’avait posée était « Combien de temps dureront-ils ? »

C’était assez intéressant parce que je n’avais vu aucune sorte de minuterie sur eux quand je les avais faits.

« Je ne sais pas, laisse-moi absorber un morceau et voir..., » lui avais-je dit, et elle m’avait tendu le masque.

En entrant dans mon esprit intérieur, je ne m’étais pas arrêté pour visiter Ayuseya et j’étais allé directement à l’endroit à l’intérieur de mon obscurité où les objets étaient gardés. Après avoir trouvé le couvre-chef, j’avais regardé ses informations, mais encore une fois, rien d’inhabituel n’était apparu dans le menu.

« Affichage de la durée de l’enchantement, » avais-je ordonné.

<Enchantement permanent.>

Voilà la réponse que j’avais reçue. J’avais haussé les épaules et quitté mon esprit intérieur.

« P-Permanent ? » avait demandé Shanteya quand je le lui avais dit.

« Oui, » avais-je répondu calmement.

« C’est incroyable..., » dit-elle en regardant ses gants.

« Je m’en doutais, » lui avais-je dit.

« Comment ça, Maître ? » Elle avait incliné la tête vers la droite et avait froncé un peu son front.

« Je suis un Seigneur du Donjon en tant qu’espèce et d’après ce que Nanya m’a dit, tous les donjons peuvent à la fois créer et enchanter des objets. Les gens ont fait des recherches sur les sorts d’enchantement en se basant sur ce qu’ils ont rencontré dans les donjons. Leurs versions sont temporaires et pas aussi fortes que les miennes, alors j’ai cru qu’il devrait être naturel pour moi d’apprendre des enchantements permanents plutôt que des enchantements temporaires, même s’ils sont mentionnés comme temporaires dans les livres, » lui avais-je expliqué.

D’une certaine manière, je m’attendais à ce que quelque chose de semblable se produise lorsque je trouvais un livre ou un parchemin avec une compétence de Rang Divine. C’était à moins que j’aie réussi à débloquer cette compétence moi-même. Il était tout à fait possible qu’il m’ait demandé d’avoir plusieurs compétences de rang Empereur pour le faire.

Bien sûr, il y avait une chance que j’avais complètement tort, et que je m’étais retrouvé avec un enchantement permanent basé sur la chance ou le fait que je n’avais tout simplement pas spécifié le temps que je voulais qu’il dure. La compétence avait l’option de : <Imaginez le type>.

« Alors, Maître, je vais y aller. Je vais chasser autant de monstres que possible pour vous, » avait dit Shanteya avec un sourire éclatant avant de mettre son masque.

« Prends soin de toi ! » lui avais-je dit.

À ce moment-là, elle était redevenue l’assassin que j’avais rencontré lors de ma première journée en tant que Seigneur du Donjon. Cela m’avait fait me souvenir de l’époque où j’avais massacré ces 24 assassins sans même montrer le moindre signe de remords. Même maintenant, je ne ressentais rien pour eux parce que je savais qu’ils voulaient causer du mal à ma Shanteya bien-aimée. En y pensant, le fait qu’un donjon de niveau 1 fasse quelque chose comme ça était incroyable, et même absurde, mais je pensais que c’était quelque chose de basique, quelque chose que n’importe qui pouvait faire.

Je n’aurais pas pu me tromper davantage.

***

Partie 2

De toute façon, après le départ de Shanteya, je m’étais dirigé vers mon donjon, mais pendant que je faisais cela, j’avais commencé à regarder les types d’enchantements que j’avais là, et plus spécifiquement pour l’enchantement de « voir à travers » et « améliorer la libido ». À ma grande surprise, il y en avait eu quelques-uns, mais aucun n’avait été mis comme un effet négatif. Si je devais dire ce que je pensais, ceux-là seraient entrés dans la catégorie malédiction plutôt que dans celle de l’enchantement.

Ces enchantements me donnent une bonne idée de ce qu’il faut essayer sur leurs soutiens-gorge et culottes..., avais-je pensé, mais j’avais rapidement décidé de ne pas m’engager sur cette voie.

Si je pouvais l’empêcher, je voulais éviter que mes femmes et mes esclaves ne gagnent une certaine sorte d’excitation alors que mon seul corps était celui d’un cristal flottant.

Pendant deux heures et demie, tout ce que j’avais fait dans mon donjon avait été d’enchanter chaque piège que j’y avais trouvé avec l’enchantement : Ignorer les armures magiques <jusqu’au Rang Maître y compris>. Après cela, j’avais enchanté les pièces contenant de la lave avec l’enchantement de basses températures, de sorte qu’il faisait très froid pour tout aventurier qui y entrait. Je voulais leur faire croire que la lave n’était peut-être pas réelle, et je voulais faire qu’ils aillent accidentellement s’y baigner en pensant ça. Bien sûr, je n’avais pas oublié d’enchanter la lave avec Corrosion des armures magiques et Hautes Températures. Les murs avaient reçu un enchantement de Haute Résistance, pour les rendre très difficiles à détruire ou à faire fondre. Les sections du donjon formant des labyrinthes indépendants avaient reçu des enchantements aléatoires à haute et basse température. Ceux d’Illusion et de Haute Résistance étaient appliqués sur tous les murs. J’espérais obtenir quelque chose comme un enchantement fantôme pour les murs ou des sections spéciales du labyrinthe, mais il n’y avait rien de tel dans ma liste. Tout ce que je pouvais faire, c’était de donner à certains d’entre eux un troisième enchantement : Bruit de grognement. C’était le même que celui utilisé dans les alarmes domestique et qui imitait le grognement d’un chien.

La dernière chose que j’avais faite dans le donjon avait été d’ajouter des notes griffonnées écrites sur des murs de cul-de-sac. C’était juste des railleries que j’avais imaginées un peu au gré de mon imagination :

– Pensiez-vous qu’il s’agissait de la sortie ?

– Et... êtes-vous perdu ?

– Je déteste être le porteur de mauvaises nouvelles, mais pour atteindre la sortie, il aurait fallu prendre l’AUTRE gauche !

– Note à soi-même : N’oublie pas d’ajouter une sortie de ce labyrinthe.

– Note à soi-même : Je n’arrive pas à trouver l’autre note que j’avais faite...

– Si vous voyez ce message... prenez vos jambes à votre cou !

– Le message qui vous a dit de courir était tout simplement une blague.

– Êtes-vous chauve ?

– Quelque part dans ce donjon, j’ai caché une salle remplie d’or !

– Félicitations ! Vous êtes perdus !

– Si vous lisez ce message, vous êtes vraiment perdus.

– Non, sérieusement, où ai-je mis la sortie, car je ne la retrouve pas moi-même ?

De mon point de vue, j’avais eu beaucoup de plaisir à les écrire, mais je devais être bref. Faire trop ne ferait que gâcher l’effet.

Je songeais maintenant à construire le quatrième étage, mais j’avais décidé de ne pas le faire. Je voulais m’assurer que ma salle de cristal fut en sécurité et que j’avais un moyen de m’échapper dans les profondeurs de mon donjon. Les plans pour fabriquer toutes sortes de pièges et de mécanismes de défense m’avaient traversé l’esprit pendant que je sortais de mon donjon.

« Hm ? » Je m’étais arrêté en plein vol quand j’avais senti une présence étrange s’approcher à travers la forêt. C’était un homme tout seul.

Curieux, je l’avais approché et je l’avais analysé de loin. Il portait un long manteau avec un capuchon noir pour se couvrir la tête. Il tenait quelque chose dans sa main, un petit cristal noir qui brillait et montrait le chiffre 64. Pendant un moment, j’avais cru que c’était juste un bandit quelconque, mais je m’étais rendu compte qu’il tenait le même type d’objet que Nanya m’avait montré une fois. Cet homme était un aventurier à la recherche de mon donjon.

Pauvre homme, avais-je pensé quand je l’avais imaginé entrant dans mon premier étage amélioré.

J’avais décidé de lui donner un coup de main, alors j’avais construit un piège à ressort devant lui. L’homme n’avait même pas réalisé qu’il était là avant qu’il ne soit trop tard. Dès qu’il avait marché dessus, le piège s’était déclenché et il avait été projeté dans les airs à une vitesse incroyable.

« AAA ! » criait-il en volant comme un oiseau, ou plutôt un rocher qui était sur le point de s’écraser sur le sol.

J’ai peut-être rendu ce ressort un peu trop puissant..., avais-je pensé.

Heureusement pour lui, il avait une puissante armure magique qui avait réussi à amortir la plupart des dégâts qu’il avait subis lors de sa chute, mais il s’était quand même beaucoup blessé. Je m’étais assuré qu’il ne soit pas mort et je lui avais laissé un petit message sur l’arbre voisin : [Si vous osez aller plus loin, je vais <insérer votre pire cauchemar ici> et puis je vais <insérer votre pire peur ici>, et enfin, je vais <imaginer comment votre belle-mère réagira après qu’elle eut découvert que vous avez trompé sa fille, votre femme, avec cinq autres jeunes filles>. Oh, et je pourrais aussi vous tuer en passant.]

Dès qu’il avait lu le message, il était revenu sur ses pas en boitant.

Avec un haussement d’épaules, j’étais allé voir Shanteya. Voyant qu’elle m’avait fait monter de niveau plusieurs fois aujourd’hui, j’étais sûr de trouver quelque chose d’intéressant, et je l’avais constaté. Elle traquait des Dayuks, des Orkarins, des loups normaux, quelques gobelins, et même un Urkin.

« Tu as fait du bon travail, Shanteya ! » Je lui avais dit ça avec un sourire avant de commencer à absorber les corps.

« Merci, Maître ! Vos enchantements et vos bonus sont incroyables ! Je n’aurais jamais pensé que je pourrais les éliminer si facilement, » déclara-t-elle en souriant.

« Comme on pouvait s’y attendre de toi ! Continue ce bon travail, je retourne à l’académie et je reviendrai vers toi dans trois heures, d’accord ? » demandai-je.

« Bien sûr, Maître ! Je vais aller vers le nord à partir d’ici pour chasser un peu plus », dit-elle, excitée.

Je suppose qu’elle est emplie par le frisson de la chasse ? Ou est-ce l’excitation d’être surpuissante ? me demandais-je en la regardant s’enfuir dans la forêt.

De retour à l’académie, j’avais commencé à travailler sur mon grand projet de « modernisation » de ma salle. Les premières choses que j’avais changées, c’était les murs. À partir de la pierre et du ciment, je les avais transformés en alliage d’Inconel. C’était un superalliage fait de nickel, chrome, fer, molybdène, niobium, cobalt, manganèse, cuivre, aluminium, titane, silicium, carbone, soufre, phosphore et de bore. Cette chose était utilisée pour les aubes des turbines dans les moteurs à réaction et des applications pour des réacteurs nucléaires. Il était résistant à la corrosion, à la chaleur, aux chocs et, espérons-le, au Suprême. Pour le rendre encore meilleur, je l’avais fait en des couches de 10 cm d’épaisseur. La première, la plus proche de moi, avait un enchantement de Haute Résistance à 40 %, ce qui m’avait presque vidé de tout mon mana. La seconde avait la Haute Résistance à 20 %, de Basse Température, et d’Illusion appliquées pour montrer d’importantes fissures destinées à inciter l’attaquant à utiliser une attaque plus faible pour essayer de finir de la briser. La troisième était semblable à la deuxième. Ainsi, j’avais une boîte scellée avec des murs de 30 cm d’épaisseur qui était vraiment très difficile à percer.

Je doutais fortement qu’un Suprême puisse passer à travers cette chose, mais il valait mieux ne pas tester le destin et à cause de cela, j’avais réorganisé la construction de ma pièce. Elle avait malheureusement été placée au deuxième étage. Au moment où j’avais réalisé que j’avais déjà fini de créer les premiers murs, je m’étais rendu compte que je devais continuer et que je ne pouvais pas la déplacer. Maintenant, je devais trouver un moyen de créer une voie d’évacuation pour mon corps de cristal en cas d’urgence. La seule chose que j’avais réalisée jusqu’à présent, c’était que plus votre armure magique était forte, plus les chances de survivre à une chute étaient élevées. L’autre chose était le fait que je flottais au-dessus du sol grâce aux runes gravées au sol et au plafond. Elles avaient créé un champ de force autour de mon corps, ce qui lui avait permis de se tenir droit. En d’autres termes, je ne flottais pas parce que je le pouvais, mais parce que j’y étais forcé par une sorte d’enchantement. Cependant, en regardant dans ma liste, je n’avais pas pu le trouver.

La première chose qui m’était venue à l’esprit lorsque j’avais été confronté à ce dilemme avait été d’essayer de copier les runes exactement comme elles avaient été dessinées et de les imprégner de magie. Il fallait que ce soit un processus de ce genre, n’est-ce pas ? Mais encore une fois, c’était probablement mieux de simplement demander à ce sujet à ma femme, Nanya.

Juste au cas où, j’étais passé sous l’école et j’avais créé un puits à chute libre d’environ dix mètres de haut. Cela arrivait dans un plan d’eau. Ensuite, un piston me poussait hors de l’eau et un autre dans la pièce suivante, qui allait être un toboggan jusqu’à mon donjon. Malheureusement, je savais assez bien que le simple fait de faire glisser mon corps en cristal n’allait pas fonctionner comme dans les dessins animés. Un autre problème était le fait que je devais le transporter assez loin de là. J’avais la possibilité d’utiliser la [Télékinésie], mais cela me gênait un peu de me traîner dans un tunnel, surtout lorsque j’avais besoin de me concentrer sur la fermeture du chemin se trouvant derrière moi. La solution temporaire que j’avais trouvée était une glissière faite de cylindres de bois parfaitement ronds recouverts d’huile épaisse. Le seul problème qui restait alors était de savoir comment obtenir l’huile. Pour cela, j’avais pensé au processus compliqué de création de douves d’huile et de collecte.

Cependant, comme je venais de le découvrir, je ne pouvais pas régénérer l’huile ou tout autre liquide une fois qu’il était épuisé des douves. Si j’avais pu réchauffer la lave à l’époque, c’était parce que le liquide était encore là. En d’autres termes, j’avais dû transformer la terre en n’importe quel liquide que je voulais.

Si tel est le cas, je me demande si les donjons qui construisent vers le haut sous la forme d’une tour exigent que le cœur de donjon exploite une mine souterraine pour toutes sortes de matériaux dont il a besoin... Hm, est-ce possible ? avais-je réfléchi. Après ça, j’étais entré dans mon esprit intérieur pendant un moment.

Là, je m’étais concentré un moment et j’avais demandé à être transporté dans la zone où l’on pouvait trouver les matériaux de base. L’obscurité avait répondu, et j’avais été amené dans une vaste zone. Ce que j’y avais trouvé était au-delà de mon imagination.

Des milliers et des milliers de tonnes de terre avaient été rassemblées sous la forme d’une sphère flottante. Non loin de là, j’avais vu du granit rassemblé en forme de cubes géants, et juste à côté, divers métaux de la plus grande pureté avaient été conservés sous forme de très grandes sphères flottantes en état de fusion. De l’autre côté, des gaz de toutes sortes étaient rassemblés sous forme de nuages. Sous la sphère de terre, j’avais vu toutes sortes de matières radioactives sous forme de cubes. Toute la table de Mendeleiev était devant moi sous la forme de sphères géantes flottantes ou de cubes. Les composants, la terre, la lave, les alliages et d’autres choses comme ça étaient aussi là, mais il semblait que la terre était la pièce centrale de tout cela.

En regardant autour de moi, j’avais réalisé que chaque fois que je créais quelque chose, je ne le faisais pas à partir de rien. J’avais tout le matériel stocké juste là, à l’intérieur de moi.

« Qui a rassemblé tout cela ? » avais-je demandé, mais bien que je n’espérais pas recevoir une réponse, j’en avais obtenu une.

<Ces matériaux ont été rassemblés par tous les cœurs de donjons et seigneurs qui forment votre corps. Ces matériaux ne représentent pas le total de ce qu’ils ont recueilli tout au long de leur vie, mais c’est ce qu’il leur restait à leur mort. S’ils n’avaient pas été réclamés au cours de ses 1000 prochaines années, ces matériaux auraient été répartis également entre tous les donjons existants en dessous de la race divine. Propriétaire actuel : Seigneur Donjon Illsyore>

En d’autres termes, je ne peux pas construire des donjons sans fin... J’ai des ressources limitées à moins que je ne les reconstitue. C’est peut-être pour cela que je peux absorber des matières et des liquides..., avais-je pensé en regardant autour de moi tous ces matériaux.

Je n’avais pas seulement eu de la chance d’avoir reçu la race divine, mais aussi parce que j’avais reçu un coup de pouce en matériel de base que je pouvais utiliser. Cependant, cela signifiait qu’à un moment donné, tout cela avait été consommé et absorbé pour la création de donjons. En d’autres termes, j’aurais aussi besoin de créer une ou plusieurs mines. Cela explique aussi pourquoi d’autres donjons avaient commencé par d’humbles systèmes de grottes et se développaient lentement au fur et à mesure qu’ils creusaient. Plus ils avaient creusé, plus ils avaient absorbé des matériaux et plus ils avaient finalement de ressources. Après mille ans après leur mort, tous ces matériaux allaient être donnés à des donjons nouveau-nés. Les Divins avaient déjà un coup de pouce impressionnant à partir du niveau un, car ils pouvaient miner plus vite et mieux que n’importe quel autre donjon, c’est pourquoi ils n’avaient pas reçu une partie du butin supplémentaire.

Dois-je me voir comme étant chanceux ? avais-je pensé en quittant mon esprit intérieur.

Avec tant de matériel à ma disposition, je pourrais même construire une île entière à partir du fond de la mer et entièrement faite de salles de donjon.

« Hein ? » avais-je cligné des yeux quand j’avais senti quelque chose entrer dans mon Territoire de Donjon.

À ce moment-là, mon sens de donjon fourmillait, et je savais que quelque chose de dangereux et de beaucoup plus fort que moi se dirigeait vers l’académie.

« Quoi... ? Qu’est-ce que c’est ? » avais-je dit à haute voix en regardant dans sa direction.

Plus de quarante signes de vie se dirigeaient vers moi. Deux s’étaient séparés du groupe et étaient allés dans les bois, mais parmi eux, il y avait un signe de vie plutôt puissant. C’était plus fort que n’importe lequel de ceux présents sur mon Territoire de Donjon, et cela m’avait même effrayé. Pourtant, c’était un peu étrange parce qu’ils étaient tous à plus de 15 km de moi. C’était la première fois que je sentais quelque chose d’aussi détaillé et à une telle distance.

« Quelque chose arrive..., » avais-je dit d’une voix tremblante.

Au début, j’avais pensé à commencer à construire des murs et à construire des pièges pour les empêcher de se rapprocher, mais je n’avais pas le temps pour tout cela, et je doutais fortement qu’ils puissent réellement les arrêter. Je regrettais de ne pas l’avoir fait depuis le début.

En retournant dans ma pièce, j’avais créé et installé six lasers pointant vers la porte, la seule entrée possible. L’air s’écoulait à l’intérieur de la pièce par quelques petits trous dans le coin supérieur gauche, mais je pouvais toujours les boucher et utiliser l’air stocké à l’intérieur de moi. Je n’avais qu’à absorber le dioxyde de carbone et laisser sortir l’oxygène pour la rendre respirable. Aussi drôle que cela puisse paraître, mon corps de cristal avait besoin d’oxygène pour respirer. Je n’avais aucune idée de la façon dont cela fonctionnait exactement, mais je savais instinctivement que j’étoufferais si j’étais enfermé dans une pièce sûre sans pouvoir rafraîchir l’air autour de moi.

Il y avait encore beaucoup de choses que je voulais préparer, et je pouvais voir qu’ils se dirigeaient vers nous assez vite, aussi vite qu’un cheval pouvait couvrir une distance de 16 km. Il y avait aussi la question de Shanteya et Nanya.

Non, Shanteya devrait y rester et continuer à gagner des niveaux pour moi. J’ai besoin de devenir plus fort... puis Nanya ? Oui ! Je dois aller la chercher ! avais-je pensé. J’avais immédiatement volé vers elle.

Il y avait toujours la sécurité des élèves à laquelle je devais penser. Dès mon retour avec Nanya, j’allais devoir rassembler les élèves, prévenir Tuberculus et avertir les autres enseignants du danger qui arrivait.

Tellement de choses... Argh ! Je dois me dépêcher ! avais-je crié dans mon esprit alors que je me précipitais dans la forêt, me dirigeant droit vers l’enseignante adolescente.

Je l’avais trouvée en train de chasser un sanglier pour servir d’appât à l’un des simples donjons. Il allait probablement être utilisé pour attirer les loups normaux, et non pas des loups à cornes. L’animal n’était même pas conscient de sa présence, mais elle n’avait pas eu le temps de sauter dessus, j’avais utilisé ma [Télékinésie] et je l’avais saisie par la taille, la soulevant dans le ciel avec moi.

« Hé ! Que se passe-t-il !? Illsy !? » cria-t-elle en me regardant en réaction à mon acte brutal.

Le sanglier avait été surpris par le bruit et s’était précipité dans les buissons avoisinants.

« Quelque chose de puissant se dirige vers nous ! Quelque chose de dangereux ! Quelque chose de plus fort que moi ! Plus de quarante humanoïdes chevauchant des chevaux se dirigent par la route principale vers l’académie. Deux se sont séparés et essaient de trouver mes donjons. Il faut se dépêcher de revenir ! Nous devons..., » avais-je dit aussi vite alors que j’avais volé aussi vite que possible pour retourner à l’académie.

« Quoi ? Illsy ! Calme-toi ! Quel danger ? De quoi parles-tu ? » demanda-t-elle un peu confuse.

« Je crois que c’est Dankyun..., » avais-je répondu sur un ton tremblant.

Une expression sérieuse avait remplacé sa confusion en un instant. Serrant les mâchoires et les poings, elle m’avait regardé.

« Es-tu sûr ? » demanda-t-elle.

« Oui... Je pense... Qui cela pourrait-il être ? Pourtant, je ne sais pas, mais depuis qu’il est entré dans mon Territoire de Donjon, j’ai peur... J’ai vraiment peur, Nanya ! » lui avais-je avoué.

Si j’avais un corps, toutes les articulations s’entrechoqueraient et tous mes muscles trembleraient de peur. Mon souffle était difficile, mon cœur battait si vite qu’il allait presque éclater de ma poitrine. Je ne pourrais pas me concentrer, et je ne pourrais pas réagir correctement. Mon seul salut était le fait que je ne possédais pas de telles réactions physiques, mais même à ce moment-là, il était difficile de rester concentré.

Peut-être qu’elle avait remarqué comment je réagissais parce que j’avais vu son regard s’adoucir, puis elle m’avait parlé d’une voix douce et gentille « Illsy... calme-toi, mon chéri... »

Ses mots m’avaient fait sortir de cette transe comme une gifle sur ma joue. Cela m’avait fait ralentir un peu et la regarder avec surprise. Mon souffle, si j’en avais un, revenait lentement à son rythme normal.

« Nanya ? Quoi ? » avais-je demandé en étant un peu confus.

« Ce n’est pas ta faute, Illsy. Tu n’as pas peur de lui, mais de son arme, la Tueuse de Donjons. C’est une arme créée avec de puissants enchantements destinés à provoquer chez les noyaux de donjon et les seigneurs un état de panique. Après tout, tu la crains instinctivement au moment où l’épée entre dans ton Territoire de Donjon, ne te souviens-tu pas ? On ressent à peine quelque chose à plus de 10 km d’ici. Si c’est le cas, comment peux-tu ressentir une peur aussi puissante alors qu’il vient d’entrer sur ton territoire ? N’est-ce pas ? » me déclara-t-elle avec un doux sourire.

Je clignais des yeux surpris et je regardais son regard doux. Elle m’avait détendu, elle m’avait calmé, et ses paroles avaient caressé mon cœur tremblant, le laissant reprendre un pouls normal. C’était un miracle...

« Cette épée est-elle si puissante ? » avais-je demandé.

« Oui... C’est l’arme que Dankyun m’a volée. Une arme destinée à tuer les donjons, mais cet enchantement qui te fait tant peur n’est pas son pouvoir le plus dangereux, » expliqua-t-elle en secouant la tête.

« Lequel est alors ? » lui avais-je demandé. Je me remémorais comment Nanya m’avait parlé un jour de ce type.

C’est lui qui l’avait laissée mourir dans un donjon et aussi celui qui lui avait volé le parchemin de compétence suprême. Pourtant, au lieu de ressentir de la colère envers lui, j’avais ressenti de la peur...

« L’enchantement de Faucheuse..., » répondit-elle.

« Ça a l’air effrayant, mais ça fait quoi ? » avais-je demandé avant de déglutir.

« Cet enchantement accorde à une arme à lame ou contondante, la capacité d’ignorer l’armure magique de l’ennemi », avait-elle expliqué et fermé les yeux.

J’avais encore dégluti.

« Ça ne veut pas dire que..., » avais-je commencé à parler.

« Dans les mains d’un Rang Maître, c’est une arme très dangereuse, mais dans les mains d’un Suprême, c’est imparable, » elle avait ouvert les yeux et me regarda.

« Je ne peux pas le vaincre, n’est-ce pas ? » avais-je demandé.

Elle secoua la tête.

« Pas maintenant... à moins que tu ne possèdes un bouclier créé par une compétence Divine ou une armure magique beaucoup plus forte que la tienne, » expliqua-t-elle.

« À quoi servirait une armure magique plus forte et ne peux-tu pas faire un tel bouclier ? » avais-je demandé.

« Les compétences de création d’objets divins sont séparées en niveaux et types. Je suis spécialisé dans les armes tranchantes et les armes contondantes. Je sais à peine faire des armures en cuir... Mes gantelets sont reconnus comme des armes contondantes. Donc non, je ne peux pas faire un bouclier divin, mais une puissante armure magique peut au moins ralentir la lame assez longtemps pour que tu puisses essayer de l’esquiver ou de la contrer avec une autre arme, » elle avait poussé un soupir. « Il faut s’assurer qu’il quitte paisiblement l’académie, » elle m’avait ensuite regardé en l’air : « Illsy, il faut à tout prix ne pas l’engager dans une bataille ! Car qu’en est-il de Tuberculus, Rufus, Paladinus, Zertan, Angius, les autres enseignants qui viennent de la ville une fois par semaine ou les élèves ? Il y a plus de 400 âmes ici, Illsy, qui ne pourront pas fuir la colère de Dankyun s’il nous attaque, surtout s’il le fait avec sa compétence Suprême..., » m’avait-elle suppliée.

Malgré sa colère contre ce draconien, malgré combien elle aurait voulu le vaincre et l’enterrer sous une tonne de terre, malgré combien je voulais la protéger, ainsi qu’Ayuseya et Shanteya, Nanya avait pensé à quelque chose qui ne m’avait même pas traversé l’esprit à ce moment-là. Pendant que je commençais à tracer et à tisser des stratégies que je pouvais utiliser contre cette épée ou même comment créer une sorte de bouclier temporaire contre elle en utilisant mes connaissances modernes, elle pensait à la sécurité des étudiants et de tous les innocents qui seraient entraînés dans cette bataille pour la simple raison d’être au mauvais endroit au mauvais moment. Si j’attaquais de toutes mes forces, je pourrais vaporiser son armée, mais pourrais-je protéger toutes les vies dans l’académie contre son attaque effectuée par sa compétence suprême ? Pourrais-je oser m’enfuir de l’académie et le laisser prendre les étudiants en otages ? Je n’étais pas un idiot, c’était un monde de type médiéval, donc rien ne l'aurait empêché de massacrer les étudiants et de me blâmer. Un noyau de donjon serait devenu sauvage, et il aurait réussi à le vaincre plus tard. La tragédie de Fellyore serait un chapitre de l’histoire, et Dankyun deviendrait le héros courageux qui avait essayé d’empêcher cette journée tragique.

« Je ne le ferai pas..., » lui avais-je dit, mais ça ne semblait pas bien, non, ça ne semblait pas bien du tout.

Quant à laisser un tel bâtard vivant, que puis-je faire ? Avais-je pensé alors que je luttais contre mon trouble intérieur. C’était une bataille entre la peur, un cri pour la justice et l’idée d’être trop faible pour l’instant.

J’étais resté silencieux, mais en chemin, j’avais continué à réfléchir à la façon dont je pouvais devenir plus fort et à ce que je pouvais faire pour aider Nanya et Ayuseya. C’était un casse-tête difficile à résoudre, mais au fur et à mesure que je me rapprochais de mon cœur, un sentiment étrange m’avait dit que je pouvais l’affronter et que je ne devais pas reculer.

Je ne suis pas un personnage de manga ou d’anime. J’aimerais avoir la capacité d’extraire simplement cette énergie mythique du fond de ma poitrine et de me transformer en un être super puissant. De crier avec la pleine puissance de mes poumons que je défendrais les faibles, de faire face à l’injustice, d’étirer mes mains et de provoquer l’enfer sur mon ennemi, mais il s’agit du monde réel... Je ne suis pas un extraterrestre super machin. Je ne suis pas un pirate avec un chapeau de paille et un puissant nakama. Je ne suis pas un fier ninja qui aime les ramens. Je ne suis pas un shinigami. Je ne suis pas un héros comme eux... Je suis juste un gars normal coincé dans le corps cristallin d’un cœur de donjon..., m’étais-je dit en voyant l’Académie dans mon champ de vision, mais à mesure que je me rapprochais, j’avais commencé à sentir la pression d’être responsable de la vie d’un autre.

Dankyun devait quitter cet endroit paisiblement, sans nous engager dans une bataille. Si c’était le cas, je ne pourrais pas le battre à mon niveau actuel. Nanya le croyait, et je le croyais aussi.

***

Chapitre 26 : L’arrivée de Dankyun dans l’Académie de Magie de Fellyore

Partie 1

[Point de vue de Dankyun]

J’attendais patiemment à la frontière du territoire du donjon. Il y a un instant, l’un des soldats y était brièvement entré et y avait mesuré son niveau. Il était actuellement de niveau 64. Un niveau assez faible pour un donjon ayant un territoire de cette taille. Je doutais que l’académie eût vraiment besoin de tant de choses, mais surtout je ne pouvais pas voir Nanya sacrifier son propre mana pour aider un donjon, et cela, peu importe la raison. Depuis que je la connaissais, cette femme détestait les donjons jusqu’au tréfonds de son être. On pourrait dire que c’était la raison pour laquelle je m’étais rapproché d’elle. Elle aimait simplement détruire les noyaux de tous les donjons que nous rencontrions.

L’arme qu’elle avait utilisée, la Tueuse de Donjons, était une arme puissante comme je n’en avais jamais vu auparavant, et cela avait fait des merveilles contre eux. Bien sûr, une si belle épée ne convenait pas à quelqu’un comme elle, d’autant plus qu’elle refusait de l’utiliser trop souvent, alors j’avais fermé les yeux sur ma propre haine pendant un certain temps et je m’étais rapproché d’elle. Quand le moment était enfin venu, j’avais volé l’épée, tué le donjon et activé les pièges les plus mortels qui s’y trouvaient. L’idiote pensait que j’en avais après la compétence suprême. En vérité, ce n’était qu’un bonus, la belle épée qu’elle portait était mon vrai prix ! Après tout, de tels enchantements étaient difficiles à trouver, en fait, ils étaient impossibles à trouver, et de toute ma vie, je n’avais jamais rien vu ou entendu de tel, un véritable trésor parmi les trésors !

« Maître... danger... dans la forêt..., » quelque chose avait parlé à côté de moi.

J’avais tourné la tête et j’avais vu ce pathétique petit avorton qui était apparu de derrière un arbre. Sa main gauche était cassée, sa jambe droite était fendue, et il avait l’air d’avoir eu une altercation avec un ogre. Tout en plissant les sourcils, j’avais dégainé mon épée et l’avais pointée sur lui.

« Parle ! » avais-je ordonné.

« Des pièges dans la forêt, Maître... Je n’en ai pas vu un seul, mais... alors... j’ai volé dans le ciel. Cela a brisé mon armure magique…, » répondit-il après s’être agenouillé devant moi.

Rien de ce qu’il avait dit ne m’intéressait le moins du monde.

« Tu es sur le territoire d’un donjon, n’est-ce pas normal ? » avais-je demandé.

« Oui, mais... mais... il n’y avait pas de bâtiment là-bas ! C’était un piège placé au milieu de la forêt comme s’il avait été convoqué spécialement pour moi, » m’avait-il répondu, mais je pouvais dire que quelque chose d’autre lui faisait peur.

Néanmoins, il était clair qu’il avait échoué lamentablement dans sa mission. D’après ce qu’il m’avait dit, il n’avait même pas été capable de traverser la forêt, encore moins de se faufiler à l’intérieur des bâtiments de l’académie et de trouver des informations sur la princesse Ayuseya. Il avait failli misérablement à sa mission, et pour cela, je ne voyais aucune raison de le laisser continuer à respirer le même air que moi.

« Tu en as fait bien assez, » avais-je dit, puis un petit sourire était apparu sur son visage alors qu’il croyait qu’il avait été épargné. « La mutilation par les chevaux est la récompense appropriée pour ton échec ! » avais-je annoncé.

« Quoi ? Monseigneur ! Ayez pitié ! » plaida-t-il, mais je l’avais tout simplement ignoré.

Quatre de mes soldats s’étaient approchés de lui et l’avaient traîné un peu plus loin. L’un d’eux l’avait bâillonné pour garder ses cris et ses pleurs silencieux. C’était mieux ainsi. Il y avait beaucoup de nobles qui préféraient écouter la berceuse chantée par des personnes torturées, mais je préférais leur silence.

Pendant qu’il était attaché à quatre chevaux, je m’étais rapproché de la limite du territoire du donjon et j’avais attendu que mes troupes aient terminé avec ce qu’elles faisaient. Assez rapidement, il s’était fait déchiqueter. C’était quand même des chevaux de trait, les plus forts quand il s’agissait de la puissance de leurs pattes, et aussi les seuls capables de transporter des soldats draconiens. Les chevaux humains étaient si petits par rapport à ceux de Teslov ou du continent Sorone.

« C’est fait, monseigneur ! » déclara l’un des commandants du Rang Empereur.

« Bien ! Nous avançons maintenant, » avais-je ordonné.

« Y a-t-il des ordres spéciaux pour nous ? » avait demandé l’assassin El’Doraw en s’approchant de moi.

« Oui. Je souhaite que vous continuiez la mission de ce pathétique tas de viande. Trouvez-moi l’emplacement du donjon et de son noyau. Trouvez aussi où se cache la princesse Ayuseya. Trouvez ce que vous pouvez sur Nanya la Destructrice Folle, » avais-je calmement commandé en entrant dans le Territoire de Donjon.

Mon épée tremblait un peu quand l’enchantement de la peur avait été activé. Cela ferait trembler le noyau du donjon devant moi et peut-être même que cela le forcera à commettre des erreurs. S’il m’attaquait, alors j’avais l’excuse parfaite pour détruire cet endroit où Nanya avait trouvé refuge. Bien sûr, je pourrais toujours lancer une attaque même si rien n’était fait de son côté. En tout cas, j’avais prévu de rendre mon séjour long et douloureux pour elle jusqu’à ce que je découvre exactement où se cachait mon animal de compagnie.

 

☆☆☆

[Point de vue de Nanya]

Le fait de voir Illsy montrer tant de peur envers Dankyun m’avait fait me rappeler à quel point mon épée volée était puissante. Beaucoup l’avaient vu comme un véritable trésor quand on en était arrivé là, mais pour moi, ce n’était rien d’autre qu’un rappel de la souffrance que j’avais endurée à cause de mon passé. J’avais souvent voulu simplement la jeter dans la rivière la plus proche, mais elle était trop puissante pour la laisser tomber entre les mains de qui que ce soit.

À l’époque, quand Dankyun me l’avait volée, il m’avait dit que seul un imbécile penserait à abandonner une arme aussi puissante. Seul un fou penserait à s’affaiblir dans un monde où le fort domine le faible. C’était peut-être vrai. J’étais une femme folle qui voulait se débarrasser de ses crocs parce qu’il s’agissait de crocs qui m’étaient imposés et non pas gagnés par un dur labeur. Pour le recevoir, tout ce que j’avais à faire était de naître, et rien d’autre.

Quel genre de père créerait et offrirait une telle chose à sa propre fille ? Une arme qui ne sert qu’à verser le sang de ses indignes... compagnons, pensais-je en regardant vers la Cité de Therion.

Quand Dankyun m’avait trahie, j’avais cru que je ne le reverrais jamais. J’avais cru que je m’en débarrassais enfin, mais comme un boomerang, la chose maudite me revenait maintenant.

Là-bas, l’homme qui m’avait trahie, qui avait tué mon groupe, m’avait volée et m’avait laissée pour morte dans un donjon, se dirigeait vers mon petit sanctuaire, ici, dans l’Empire Shoraya. Si j’avais pu choisir, j’aurais souhaité que cette réunion maudite ne se produise jamais. J’avais lutté entre deux pensées : récupérer mon épée et tuer Dankyun. Je n’avais jamais souhaité la première, mais j’avais souhaité la seconde.

Si c’était l’ancien moi, celle qu’il avait été laissé pour morte dans ce donjon, je n’aurais pas eu à me débattre avec ce dilemme. J’aurais sauté hors de la portée d’Illsy et j’aurais couru vers lui en rugissant comme une maniaque. J’aurais tout donné pour le tuer sans me soucier de qui aurait été blessé... Mais la vieille Nanya était morte dans ce donjon.

En fermant les yeux, je m’étais souvenue du moment... Il faisait noir, il faisait froid et je saignais abondamment. Mes amis étaient morts, et l’un des monstres qui restaient dans le donjon se régalait des entrailles de Zero. La puanteur avait même retourné mon estomac, et je savais que j’allais être la prochaine. Je ne pouvais pas quitter cet endroit, j’étais piégée. Seconde après seconde, minute après minute, le temps passait et m’envoyait lentement vers ma fin. Mon esprit refusait d’espérer une issue, refusait d’accepter la possibilité d’une évasion... J’attendais simplement... d’être tuée.

C’est alors qu’il était venu me sauver. Un jeune magicien avec un sourire éclatant était arrivé, Tuberculus. Il avait tué le monstre, enfin... de peu. Après m’avoir libérée de l’attente de la mort, il m’avait donné une potion de guérison et m’avait transportée dehors. J’étais dans une confusion totale, mais sans lui, je n’aurais pas survécu. Bien sûr, aussi jeune qu’il fût, il avait continué à me courtiser pendant un certain temps jusqu’à ce qu’il se rende compte que je n’avais aucun désir d’être aimée ou d’en aimer un autre. La dernière fois que j’avais essayé, j’avais été trahie, volée et presque tuée. L’amour n’était qu’un outil que les gens stupides utilisaient pour exploiter les autres, et je n’étais qu’une autre personne malchanceuse en ça.

Dire que je ne faisais confiance à personne n’était pas un mensonge. Bien que Tuberculus ait essayé d’innombrables fois de montrer qu’il était mon ami, mon cœur ne l’avait jamais cru. Avec le temps, j’avais appris à lui faire partiellement confiance, mais jamais complètement. Même lorsque le danger nous entourait de tous les côtés et que nous nous battions côte à côte, j’étais toujours prête à me faire poignarder dans le dos au milieu de la bataille. Ne jamais faire confiance à personne, ne jamais montrer son cœur à personne, ne plus jamais aimer... c’était ce que Dankyun m’avait appris. C’était la dure et froide vérité de la vie que tout le monde fuyait.

Je m’étais permis de lui faire confiance une fois. Je m’étais permis de l’accepter. Je m’étais permis de croire que c’était possible de l’aimer et puis, au moment où j’avais le plus besoin de lui, il m’avait laissée pour morte, il m’avait abandonnée pour son propre profit, il m’avait volé mes biens les plus précieux et m’avait laissée pour morte.

Tuberculus n’était pas le premier à avoir essayé de conquérir mon cœur après Dankyun, il y en avait d’autres aussi, mais chaque fois que j’entendais les mots « amour » et « confiance », je me souvenais de ce moment où ce bâtard m’avait laissée pour morte... Je me souvenais aussi qu’hier soir nous étions ensemble, comment me tenait-il dans ses bras, comment me murmurait-il constamment ces mots à l’oreille juste pour me faire baisser la garde, comment m’avait-il promis que nous serions toujours ensemble ? J’avais été prise dans son piège, j’avais perdu tout bon sens et je n’avais ainsi pas pu voir les signes de ses mensonges.

J’aurais dû savoir que quelque chose était en place au moment où il…, avais-je secoué la tête en me souvenant de ce moment.

Cette nuit-là, j’étais entrée dans sa tente... Je lui avais montré ma forme non scellée et j’avais souhaité qu’il me prenne... Non ! Je ne devrais pas m’en souvenir. Cela ne fera que me faire ressentir encore plus la terrible douleur de la trahison.

Bien que j’aie changé depuis, je voulais toujours tuer ce bâtard, Dankyun, mais avant de le faire, je devais m’assurer que personne ne souffrirait dans la bataille qui s’ensuivrait.

Peut-être qu’après son départ, je le poursuivrai et le tuerai…, avais-je pensé en voyant l’Académie de magie de Fellyore apparaître.

Personne ne soupçonnait quoi que ce soit. Ils étaient calmes et s’occupaient de leurs propres jours d’école comme d’habitude, croyant qu’ils étaient en sécurité en présence des enseignants du Rang Empereur et de moi, un Rang Divin. Ils n’avaient aucune idée qu’un Suprême et son armée s’approchaient d’eux en ce moment même.

Malgré tout cela, il y avait toujours une pensée amusante qui m’avait traversé l’esprit : Les paroles d’Illsy.

Entendre un Seigneur du Donjon comme lui parler d’amour et de confiance était à la fois drôle et étrange. J’avais compris qu’il était un Donjon bizarre et inhabituel, mais j’avais du mal à croire qu’il voulait vraiment prononcer ces mots. Peu importe ce que m’avait dit Illsy, ou à quel point il s’était rapproché de moi, je m’attendais à ce qu’il me sacrifie, ainsi que Shanteya et Ayuseya au moment où les choses se seraient avérées trop dangereuses pour lui. Après tout, je n’avais jamais douté de la possibilité qu’il simule ses émotions envers nous juste pour obtenir ce qu’il désirait, c’est-à-dire un compagnon puissant, mais quand même, quelque part au fond de moi, j’avais souhaité que ce soient les mensonges et que ses émotions soient la vérité absolue. J’avais souhaité qu’au moment venu, il ne m’abandonne pas, qu’il ne me trahisse pas, qu’il me donne tout, qu’il me prouve que j’avais tort et que l’amour pouvait exister, mais quand même... ce n’était qu’un rêve, non ? Un donjon ne pouvait pas aimer.

Quand l’Illsy me trahira-t-il, je me le demande ? pensais-je.

[Point de vue d’Ayuseya]

Si quelqu’un m’avait dit il y a une semaine que je deviendrais la femme d’un Seigneur du Donjon et encore plus de la Race Divine, j’aurais pensé qu’ils étaient fous, ou peut-être qu’ils voulaient se moquer de moi. Pourtant, j’étais là, portant la preuve que j’appartenais à l’un d’eux, l’anneau noir à mon doigt. Au lieu d’une pierre d’or et d’argent avec une pierre magique ressemblant à la couleur de mes écailles, j’avais reçu un tatouage magique.

Depuis mon plus jeune âge, on me rappelait constamment le comportement d’un individu de sang royal appartenant à la famille Pleyades. Je devais toujours rester raffinée, élégante, d’une beauté sans faille et d’une sagesse sans pareille. Je devais être un exemple, mais en même temps, je devais posséder tous les attributs nécessaires pour charmer un Suprême. Mon rôle au sein de la famille était simple : charmer quelqu’un de puissant et porter ses enfants, continuant ainsi la lignée royale.

Pour cette seule mission, j’avais dû étudier les arts, la littérature, la politique, l’économie, la magie, tout ce que je pouvais utiliser pour charmer quelqu’un et leur prouver que je n’étais pas comme toutes les autres femmes folles du royaume. L’échec n’était pas une option. L’échec signifiait participer à un « bal ».

Bien que beaucoup croyaient que j’étais l’aînée de la famille, ce n’était pas tout à fait vrai, j’étais l’aînée encore vivante. Il y a de nombreuses années, j’avais une sœur qui était plus âgée que moi de quatre ans. Son heure était venue un peu trop tôt à cause de la malédiction, et elle avait été forcée dès son jeune âge à se trouver un mari, mais elle avait échoué. Ne voulant pas voir sa vie être ainsi gâchée, elle avait accepté de se joindre à un bal. Là-bas, elle avait couché avec autant d’hommes qu’elle le pouvait afin d’avoir plus de chances de tomber enceinte.

Depuis l’extérieur, le « bal » n’était qu’une autre fête élégante, mais une fois que l’horloge avait sonné minuit, cela se transformait en orgie. Divers draconiens du Rang Empereur, issus de lignées nobles ainsi que de simples aventuriers de la région avaient été invités à cette fête. Là, ils avaient été forcés de porter un masque magique spécialement enchanté afin de garder secrète leur identité. Jusqu’à minuit, ils avaient le droit de manger, de boire et de danser comme bon leur semble, mais par la suite, le véritable but du « bal » était révélé. Ne portant rien d’autre qu’un masque, des femmes de différentes lignées étaient arrivées pour divertir les invités. Les hommes avaient alors le droit de contempler et toucher à ça, passant le long de courbes de la plus belle draconiennes comme une bonne bouteille de vin qu’on observait.

Tout au long de l’histoire draconienne, de tels événements étaient souvent organisés lorsque les draconiens ne voulaient pas savoir qui était le père ou la mère de leur éventuel enfant. N’importe qui pouvait s’y joindre aussi longtemps qu’il avait atteint l’âge adulte. Bien sûr, pour les gens ordinaires, le rang d’aventurier n’avait pas d’importance.

Un mois plus tard, ma sœur avait appris qu’elle était enceinte, malheureusement, elle n’avait jamais pu l’élever. Elle était morte un mois après avoir accouché.

Si je n’avais pas réussi à trouver un mari de Rang Suprême au cours des cinq années suivantes, j’aurais subi le même sort. Je devrais participer à un « bal » et prier pour finir avec un enfant en moi, sinon, je mourrais comme un échec pour la famille.

Ma sœur avait toujours regretté jusqu’à son dernier souffle le fait qu’elle était maudite d’une telle vie, de vivre et de mourir seulement pour donner naissance à un enfant afin de préserver la lignée sanguine. C’était ridicule, mais elle ne pouvait rien faire pour ça. La malédiction était là et cela la maintenait enchaînée comme un animal, même si elle était née dans la famille royale draconienne.

J’avais peur d’un tel destin et, honnêtement, j’étais heureuse d’apprendre que j’allais devenir l’épouse de Dankyun. Servir un seul homme me semblait être une bénédiction, mais il ne m’avait pas fallu longtemps pour réaliser que ce n’était qu’une autre partie de ma malédiction. Ni dans les mains d’un homme ni dans celles de beaucoup d’autres, je n’avais vu une raison de mener une vie dans un tel but. C’était pour cette raison que je m’étais enfuie, mais ce faisant, j’avais fait honte à ma famille.

En poussant un soupir, j’avais volé jusqu’à ma bibliothèque. Dans cette obscurité qui était appelée l’esprit intérieur d’un Seigneur du Donjon, je n’avais pas vu d’évasion non plus. C’était peut-être juste une prison temporaire. Néanmoins, il y avait une grande différence entre le fait d’être craint par tous les hommes et les femmes, peu importe leur âge et leur force, et le fait d’être acclamé comme un héros et un puissant aventurier du Rang Suprême. Là où l’un m’avait guérie de mes malédictions et m’avait libérée, l’autre avait ajouté une autre malédiction et avait menacé de me tuer si je n’obéissais pas.

J’avais pris un vieux livre et je l’avais ouvert jusqu’au milieu. Il n’y avait qu’une seule lettre. Le papier de l’enveloppe était usé, mais le sceau était toujours intact, preuve qu’il n’avait jamais été ouvert.

Peut-être qu’il est temps ? pensais-je en sentant doucement le papier vieilli.

C’était une lettre écrite par ma mère juste avant sa mort, un dernier conseil qu’elle n’avait jamais pu me donner. Cela m’avait fait me demander quel genre de mots je pouvais trouver caché à l’intérieur. En tant que jeune fille, cela avait toujours stimulé mon imagination et cela m’avait fascinée comme un trésor caché à l’intérieur d’un donjon serait pour un groupe d’aventuriers courageux.

J’avais pris une grande respiration et j’avais brisé le sceau. Je retenais l’air dans mes poumons pendant que je l’ouvrais lentement et sortais la lettre cachée à l’intérieur de l’enveloppe. En expirant, j’avais commencé à lire les premières lignes.

Ma chère fille, je suis désolée... Tu es née au sein d’une famille maudite, une famille que l’on croyait sans avenir ni espoir. J’ai laissé cette lettre en sachant que tu la liras après t’être mariée à un Suprême et j’espère que tu n’as pas assisté à un bal. Tu as probablement remarqué que ton nom est un peu différent de celui du premier prince. Le nom Drekar passe inaperçu à beaucoup d’oreilles, mais ce n’est pas moi qui te l’ai donné, mais ton père. C’est son nom, et c’était un véritable dragon.

Quand le moment viendra, ma fille, sache qu’après la naissance de ton premier enfant, tu seras sacrifiée à nos dieux et avec ta vie, la malédiction sur la famille sera réduite de moitié.

J’écris ces mots pour t’avertir, mais je prie et j’espère que tu ne feras pas la folie de fuir cette grande responsabilité ! Ton enfant portera le sang d’un Vrai Dragon et comme toi, il sera sacrifié quand le moment sera venu. De cette façon, tes arrière-petits-enfants pourront nous libérer de cette terrible malédiction, et ils monteront sur le trône en tant que dirigeants légitimes comme ils devraient l’être ! Ayuseya Drekar Pleyades, on t’a accordé un grand honneur, mon enfant ! Alors, ne crains pas ta mort et accepte-la ! Porte un enfant ou plus et sache que par leur mort, ils honoreront grandement notre lignée royale !

Ma fille, c’est avec une grande tristesse que j’écris les prochains mots pour toi, et je prie pour que cela ne soit jamais le cas !

Si tu fuyais cette responsabilité... que les dieux te maudissent de leur colère éternelle ! Pour avoir ruiné cette chance pour nous, pour avoir détruit le seul espoir que cette famille avait, j’espère que tu souffriras la douleur d’un millier de morts !

Mes mains avaient tremblé, et j’avais fait tomber la lettre. Les larmes coulaient sur mes joues comme des rivières lors d’une inondation. Je ne pouvais pas les retenir, je ne pouvais pas retenir la douleur dans ma poitrine et la peur dans mon cœur. Partout où je m’étais retournée, la vie semblait vouloir me rejeter, mais je ne m’attendais jamais à quelque chose comme ça, venant de ma propre mère...

Pour être utilisée comme un sacrifice aux dieux. D’être forcée d’offrir ma vie pour affaiblir la malédiction jetée sur ma famille juste parce que mon père était un véritable Dragon. Comment pourrais-je, comment quelqu’un pourrait-il accepter quelque chose comme ça ?

Je gémissais et pleurais seule dans cette obscurité, dans le lieu où je me cachais de celui qui devait me ramener dans mon royaume et pour qui je devais donner naissance à un enfant seulement pour pouvoir offrir ma propre vie à un dieu.

Je n’arrivais pas à croire que le sourire gentil et chaleureux de ma mère me réservait un destin si funeste. Était-ce la raison pour laquelle Dankyun voulait tellement que je sois sa femme ? Peut-être souhaitait-il que la famille royale se rétablisse ? Non... même si c’était vrai, il y avait beaucoup d’autres façons de me garder à ses côtés. Il aurait pu me mentir et me murmurer de douces paroles d’amour, me tromper pour me faire devenir fidèle qu’à lui. Ce qu’il m’avait fait, c’était par haine, sinon, pourquoi me maudire comme ça ? Il voulait l’or dans nos coffres et la puissance de nos armées, et non pas l’avenir de notre royaume.

Mais pourquoi les grands nobles et les prêtres n’avaient-ils pas agi différemment envers moi pendant que j’étais là ? Ne le savaient-ils pas ? C’était peut-être cela, mais que se passerait-il s’ils le faisaient et ne souhaitaient pas que la famille royale se rétablisse ?

J’avais fermé les yeux et j’avais essayé de penser à autre chose. La politique de mon pays d’origine, la tromperie de ma propre espèce était trop grande pour être supportée. Ça faisait mal, ça faisait vraiment mal... mais j’étais seule. Toute ma vie, il semblerait que j’étais seule. Même ma propre mère ne voyait en moi que l’outil nécessaire pour restaurer le royaume...

Seule…, avais-je chuchoté à travers mes gémissements.

Puis, à ce moment-là, comme si l’obscurité elle-même ressentait ma souffrance et savait comment soulager la douleur dans mon cœur, elle m’avait fait entendre l’écho des paroles d’Illsyore d’hier, quand il m’avait volé mon premier baiser.

Écoutez, Ayuseya... Je ne vais pas vous mentir... À partir de maintenant, je vais essayer... de vous considérer comme une femme, ma femme. Vous êtes ma femme maintenant... même si tout cela a commencé comme une blague « ne pas »... Je vais prendre la responsabilité... et finalement gagner votre cœur... Vous ne me faites peut-être pas encore confiance... et probablement je ne vous fais pas entièrement confiance non plus maintenant, mais ce baiser que je viens de vous voler... est le pacte scellé... que je vais faire de mon mieux... pour finalement voler votre cœur !

Les mots avaient été coupés ici et là, mais c’était certainement la voix d’Illsyore. Je me souvenais d’eux, mais je n’y croyais pas. Dans mon esprit, l’idée qu’il avait en lui une sorte d’arrière-pensée faisait écho dans mes oreilles et me fais rester sur mes gardes. Je ne faisais pas confiance à un donjon, je ne pouvais pas, mais quand j’étais venue avec la suggestion de faire de moi son esclave une fois de plus et de me cacher dans ce lieu, je savais que je pouvais très bien risquer ma liberté, bien qu’il semblerait que je n’avais pas grand-chose au départ. C’était peut-être son intention depuis le début, surtout quand j’avais pensé à ce mariage ridicule, mais encore une fois...

« Même si toutes ces paroles étaient toutes des mensonges, il est le seul qui m’ait dit de telles paroles…, » avais-je dit à haute voix alors que j’étendais ma main vers l’obscurité comme si je voulais la saisir et la tirer vers moi, pour m’aider à traverser cet horrible moment.

« Vous savez, j’avais peur quand vous m’avez embrassée... J’avais encore plus peur quand je me suis réveillée et que j’ai senti votre main sur ma cuisse, » avais-je dit. Puis j’avais fait vers cette obscurité un sourire trempé de mes larmes. « Ce mariage... est ridicule, mais en tant que mari, vous avez le droit de me toucher. Je savais que je n’avais pas le droit de me défendre, de vous repousser même si j’avais peur. Mais pourquoi ? Pourquoi votre baiser était-il si doux ? Pourquoi votre contact était-il si gentil ? Pourquoi ne vous êtes-vous pas servi de moi ? Pourquoi ne m’avez-vous pas forcé à le faire ? Répondez-moi, Illsyore ! Pourquoi ? Quand j’avais peur, quand j’étais à votre merci, pourquoi n’avez-vous pas profité de moi comme n’importe quel autre homme aurait fait ? Pourquoi n’avez-vous pas arraché mes vêtements et fait ce que vous vouliez ? Pourquoi n’avez-vous rien exigé pour ma malédiction ? Pour vous avoir mis en danger, vous et cette école ? POURQUOI !? » avais-je crié dans l’obscurité pendant que mes larmes coulaient sans s’arrêter sur mes joues et flottaient sur le bout de mon menton.

Je ne criais qu’à un écho... à l’obscurité... Il n’y avait rien là, et donc je pleurais, je pleurais toute seule.

« Je suis désolé, Ayuseya…, » il avait répondu à mes paroles, et j’avais levé les yeux en étant surprise. Il n’était pas là, mais le son de sa voix résonnait tout autour de moi. C’était triste et doux, presque comme s’il souffrait alors qu’il déclare ces mots. « Je ne pensais pas que... je... J’aimais simplement la façon dont vous jouiez, les douces mélodies que vous créiez, et je voulais vous aider d’une façon ou d’une autre. Le paiement quant à la guérison de votre malédiction ne m’a jamais traversé l’esprit... Comme pour l’autre... Ayuseya, je suis désolé. Je ne voulais pas vous faire peur. Je ne voulais pas vous faire vous sentir mal. Je voulais seulement vous montrer que je faisais de mon mieux pour être à vos côtés, pour devenir votre mari... Je... non... Ayuseya, si désormais vous voulez dormir seule, loin de moi, je comprendrais parfaitement. C’était de ma faute pour m’être trop approché de vous sans penser à vos sentiments. Je vous ai fait peur, et c’était exactement le contraire de ce que je voulais faire. Je voulais juste vous dire que même si je suis un donjon, je n’essaierai pas de vous traiter différemment en raison de votre statut ou de votre espèce. Je voulais vous montrer que je pouvais essayer de tomber amoureux de vous et de me sentir en sécurité dans votre étreinte comme j’aurais aimé que vous vous sentiez en sécurité dans la mienne. Je suis désolé…, » ses mots doux se s’étaient terminés, et avec eux, l’obscurité autour de moi était tombée dans le silence une fois de plus.

J’avais été laissée sans voix.

Un donjon s’était excusé auprès de moi. Un donjon s’était excusé pour son erreur. Un donjon... ne m’avait jamais fait de mal, non, Illsyore ne m’avait jamais fait de tort. Si ses paroles étaient vraies, c’était moi qui étais l’imbécile.

Illsy…, avais-je dit d’une voix douce. Quant à moi, j’avais simplement fermé ma bouche et tiré mes genoux jusqu’à ma poitrine. Mon cœur et mon esprit étaient en lambeaux. Qu’est-ce que je devais croire maintenant ?

***

Partie 2

[Point de vue d’Illsyore]

Je ne m’attendais pas à entendre Ayuseya crier comme ça. Le fait d’entendre ses sanglots et la voir libérer de telles larmes griffait le fond de mon esprit et me transperçaient le cœur dans un écho tremblant. Ses paroles étaient dures, mais compréhensibles. J’étais l’imbécile qui avait agi stupidement et qui croyait qu’il pouvait s’en tirer impunément.

J’avais peut-être fait une terrible erreur et au lieu de conduire Ayuseya vers une situation où elle me ferait confiance, je l’avais repoussée. Si cette méthode avait marché avec Shanteya, cela ne signifiait pas que ça marcherait avec la princesse draconienne ou l’enseignante adolescente. J’étais peut-être un imbécile, mais c’était seulement maintenant que je me souvenais de ce qu’Alina m’avait dit un jour : « Le cœur d’une femme est plein de mystères, et ce qu’elle ne montre pas se cache bien. »

La peur et l’inquiétude avaient fait partie de ces mystères, et Ayuseya venait de me montrer que même si elle était une femme solide qui pouvait endurer beaucoup de choses, il y avait une limite même pour elle. Mon baiser était peut-être cette limite, mais en pensant que cela la bouleverserait au point qu’elle verse des larmes à cause de mon acte, je ne pouvais que ressentir de la honte et de la tristesse face à mon comportement. Mais au fond de moi, mon stupide cœur ne voyait aucune raison d’être désolé. Je me sentais toujours ravi d’avoir pu dormir sur sa grosse poitrine, de l’avoir serré dans mes bras, de l’avoir embrassé et d’être avec elle comme je l’étais avec Shanteya. Cela aurait pu être mes véritables et francs sentiments, ou peut-être que tout cela n’était qu’une représentation de mes pensées perverties.

Quoi qu’il en soit, l’espoir de créer un [Lien de Confiance] avec Ayuseya s’était peut-être envolé. Une seule erreur, c’était tout ce qu’il fallait pour ça, une seule !

J’avais poussé un gros soupir et j’avais regardé l’Académie. Les étudiants avaient tous été évacués à l’arrière de la zone, à l’exception des domestiques d’Ayuseya, qui étaient au total six : deux servantes, deux majordomes, et deux gardes du corps. Ils n’arrêtaient pas de harceler Nanya au sujet de l’emplacement de la princesse, mais ses mensonges avaient tenu bon jusqu’à maintenant. Cette femme savait comment tisser les mots de telle sorte que même un détecteur de mensonges moderne aurait eu des problèmes avec elle.

« Illsy ! À quelle distance sont-ils ? » me demanda-t-elle.

Tout en déglutissant, j’avais regardé dans la direction de leur arrivée et dès que j’avais senti leur force vitale, cette terrible épée avait réagi et la peur s’était précipitée dans mon corps. C’était un enchantement désagréable, mais grâce à Nanya, je commençais à comprendre comment l’ignorer. Je devais juste penser un peu plus logiquement et me rappeler constamment que ce que je ressentais n’était rien d’autre qu’un mensonge induit par la magie.

« Ils devraient arriver à portée de vue dans une minute ou deux ! » avais-je répondu.

En se frottant le menton, Nanya avait réfléchi à quelque chose pendant un moment, puis elle s’était tournée vers Tuberculus. Elle avait pointé du doigt l’académie et lui avait dit quelque chose, mais j’étais trop loin pour l’entendre. J’étais aux aguets vers le chemin.

Quoi qu’elle ait dit, le principal était d’accord. Alors qu’il se dirigeait vers les serviteurs d’Ayuseya, elle courut vers la forêt et se cacha dans des buissons se trouvant là. Nanya avait alors jeté une certaine sorte de sort parce que j’avais perdu sa trace, et bien presque, car je pouvais encore la sentir. Ce n’était qu’une simple pensée qui m’avait dit : « Ma femme, Nanya, est par là. Elle est en sécurité. »

Voyant la scène, j’avais décidé d’utiliser ce temps et de changer quelques trucs à l’académie. J’avais ajouté deux lasers derrière les fenêtres des combles. J’espérais avoir un bon angle de tir à partir de là, mais j’espérais aussi ne pas avoir besoin de les utiliser. J’avais pensé à également ajouter des pièges au niveau du sol, mais ils auraient été facilement remarqués. Eh bien ! S’il se passait quelque chose, je pourrais toujours créer un trou en dessous d’eux et ensuite tirer quelques boules de feu à l’intérieur.

Ainsi, nous avions attendu. Je flottais au-dessus d’eux, Tuberculus était assis devant les jeunes étudiants, prêt à rencontrer le redoutable Dankyun. Pendant ce temps, je devais seulement me rappeler que tant que nous disions et prouvions qu’Ayuseya n’était pas là, il s’éloignerait et nous laissait le temps de partir ou de nous préparer pour sa prochaine visite. En parlant de ça, Shanteya chassait encore. J’avais déjà atteint le niveau 66, mais on se rapprochait du moment où j’aurais dû aller ramasser les corps empilés des monstres qu’elle avait massacrés.

« J’espère que ça ne sera pas long... Arg, s’il vous plaît, Dankyun ! Déclare maintenant “J’ai mal à l’estomac, j’ai la diarrhée” ou quelque chose comme ça pour me faire plaisir ! Il suffit que tu repartes d’ici et que tu trébuches sur un quelconque objet avant de mourir ! S’il te plaît, peux-tu faire ça pour moi ? » avais-je dit à voix basse en le regardant s’approcher de plus en plus près de l’académie.

En fin de compte, mes souhaits avaient été ignorés par les dieux du malheur, et il était arrivé sain et sauf devant l’Académie de magie de Fellyore. Il menait son groupe et d’un seul coup d’œil, je pouvais voir la différence ridicule entre lui et les autres.

Dankyun était un grand draconien de plus de 2,5 mètres. Les écailles sur ses joues et sa queue étaient d’un brun foncé, et ses yeux étaient d’un vert foncé. Il générait une présence imposante et possédait aussi une armure ridicule. La chose pesait énormément si mon estimation était correcte. Il s’agissait d’une armure de plaques décorée de runes d’or et d’argent, mais le matériau de base ressemblait à un alliage. À ma grande surprise, il ne portait pas de casque, mais je pouvais encore en voir un pendre sur le côté gauche de son cheval. C’était une simple preuve de confiance. C’était sa façon de nous dire qu’il n’en avait pas besoin pour protéger sa tête. Attends, c’était non protégé ? Je frapperai quand j’en aurai l’occasion... avec un marteau de dix tonnes.

« Qui va là !? Il s’agit d’une académie paisible approuvée par le roi de Shoraya ! Énoncez vos intentions, étranger ! » cria Tuberculus en frappant le sol avec son bâton.

Il avait fait une pose imposante en se tenant en face de Dankyun, mais Dankyun n’avait pas semblé impressionné. En fait, il l’avait ignoré et avait balayé ses yeux sur l’académie.

Quand son regard avait atteint la pièce dans laquelle mon corps de cristal était caché, il avait plissé les yeux, et il avait alors affiché un petit sourire confiant. Il se moquait de moi, je le sentais !

« Il s’agit du très estimé Seigneur Dankyun Alttoros ! Le fiancé de la princesse Ayuseya Drekar Pleyades ! Il exige que vous la remettiez pour son pays qui attend son retour, » avait déclaré sur un ton ferme et imposant l’un de ses sbires.

La plupart des soldats derrière lui portaient une armure en cotte de mailles avec des casques d’acier, mais il y en avait trois qui se détachaient d’eux. Ils portaient des armures de plaques d’acier comme Dankyun, mais les leurs n’étaient pas aussi lourds ou aussi bien décorés.

« Alors, c’est un invité d’honneur venant d’un pays étranger ! Mais j’ai peur que la princesse ne soit pas là. Elle est partie il y a quelques jours sans en parler à personne. Une caravane l’a emmenée ! » répondit Tuberculus.

Le soldat avait levé les yeux vers son commandant, et je m’étais demandé s’il avait gobé le mensonge.

« Tu me dis que la princesse est partie, et qu’elle n’a pas pris ses... animaux de compagnie avec elle, » avait demandé Dankyun après avoir plissé son front.

Lorsqu’il les avait appelés des animaux de compagnie, les six personnes à côté de Tuberculus avaient plissé les yeux devant le draconien Suprême.

« Hm, comme la dernière fois que je vous ai tous vus toujours fougueux et irrespectueux. *Soupir*, ma fiancée n’a jamais eu bon goût pour les domestiques, » il avait dit ça et il avait ensuite montré du doigt Keltaru, l’El’Doraw qui s’était battu avec Nanya et s’était fait presque battre à mort. Il était maintenant guéri. « Dis-moi tout de suite où elle est. » Il avait ordonné ça.

Keltaru avait fait un pas en avant et il regarda Dankyun droit dans les yeux, sans hésiter ni montrer le moindre signe de peur.

« Je n’ai aucune idée où est la princesse en ce moment, mais même si c’était le cas, je ne vous le dirais jamais ! Ma loyauté n’est qu’envers ma princesse, » avait-il déclaré avec fermeté.

Et là, j’ai pensé qu’il allait céder et lui dire immédiatement tout ce qu’il sait. Je suppose que Nanya lui a vraiment donné un peu de bon sens ! pensais-je avec un sourire.

« Hmph ! » Dankyun n’était pas impressionné. Il leva la main et déclara : « Vieil homme, ce garçon appartient à mon pays. Si tu interviens, cela sera perçu comme un acte contre ma nation, » déclara-t-il. Puis, sans attendre la réponse de Tuberculus et en regardant simplement ses soldats. « Vous deux ! Allez-y et donnez-lui une bonne raclée, » avait-il dit en pointant du doigt ceux qu’il désirait pour exécuter ses ordres.

Les deux hommes hochèrent la tête une fois et descendirent immédiatement de leurs chevaux. Ils avaient dégainé leurs épées et s’étaient approchés de Keltaru, le garçon qui avait osé parler contre Dankyun.

« Maintenant, toi ! », le draconien avait cette fois pointé du doigt l’une des servantes. « Contrairement à lui, tu es une draconienne de sang pur. Parle ! »

La servante avait fait un pas en avant et elle avait regardé après ça Keltaru, qui se concentrait actuellement sur les deux ennemis devant lui. Il était clair que l’homme n’avait aucun moyen de gagner, et c’était peut-être ce qu’elle pensait aussi.

« Nous..., » le bruit des épées qui s’affrontaient avait été entendu à sa gauche, mais elle n’avait pas tourné la tête. « Nous ne savons vraiment pas où elle est, Monseigneur. La princesse a disparu de notre vue hier matin, mais beaucoup d’hommes ici à l’académie m’ont dit qu’ils l’avaient vue pour la dernière fois en train de porter ses sacs au deuxième étage pour être emmenés ailleurs par le Seigneur du Donjon, » répondit-elle en inclinant la tête.

Il devait bien y avoir un mouchard ! Il y en a toujours eu un ! Étonnamment, ce n’était pas Keltaru, et en parlant de cela, il ne se débrouillait pas très bien contre les deux soldats.

Dès le moment où ils avaient marché pour se placer devant lui avec des épées non gainées, il était conscient que cela n’allait pas bien se terminer pour lui. Leurs expressions prétentieuses, leur regard confiant dans leurs yeux et leur attaque, tout cela avait averti l’El’Doraw du danger imminent. Tout comme eux, il avait aussi dégainé ses propres épées et s’était éloigné du reste des serviteurs pour avoir assez d’espace pour utiliser correctement ses compétences contre les deux soldats, sans se soucier de pouvoir toucher accidentellement ses alliés. J’étais également prêt à les attaquer et à lui donner un coup de main, mais je ne le ferais pas à moins que je ne croie qu’ils étaient sur le point de porter le coup fatal.

Après que la servante ait commencé à parler, les trois épées s’étaient heurtées et malgré la différence de rang, Keltaru tenait très bien ses propres épées. Cependant, pour l’œil exercé, il était clair que les deux soldats jouaient simplement avec lui, le laissant tomber dans le piège en lui faisant penser qu’il avait l’avantage. Heureusement, Keltaru n’abaissait pas sa garde face à eux. Les coups de Nanya l’avaient aidé à réaliser à quel point il était faible contre les rangs supérieurs, et c’était surtout le cas lorsqu’elle avait présenté le test du cube de granit à la fin de leur duel. Atteindre une compétence d’un certain rang ne signifiait pas que vous étiez assuré d’accéder à ce rang. Sur le papier, c’était possible, mais parmi les aventuriers, ils n’étaient reconnus qu’après avoir prouvé leur force par un tel test.

Cela dit, Keltaru n’avait aucun moyen de gagner, et les deux soldats le disaient clairement lorsqu’ils avançaient vers lui. Bien qu’il ait rassemblé toute sa force chaque fois qu’il effectuait un coup, ils avaient soit esquivé ou dévié la frappe. Cette danse de lames avait continué lentement alors que Keltaru était de plus en plus fatigué après chaque tentative.

Pendant que cela se produisait, personne n’était intervenu, Tuberculus restait sur place, mais sa prise sur son bâton était si serrée que le bois semblait prêt à se fendre. Les autres serviteurs qui se tenaient à ses côtés avaient gardé la tête baissée devant Dankyun et ignoraient le combat qui se déroulait non loin de lui.

« Assez joué. Alors, c’est la fin de l’amusement, » déclara Dankyun calmement au bout d’un moment.

« Oui, Monseigneur ! » dirent en même temps les deux soldats.

Avec un sourire maléfique, ils attaquèrent le garçon, levant leur épée et montrant enfin leur vraie puissance. L’un avait alors brisé l’armure magique d’un seul coup, tandis que l’autre avait attaqué son corps non défendu avec la poignée de son épée. La frappe avait touché le côté droit de ses côtes. L’armure de l’El’Doraw l’avait à peine protégé, et le bruit de côtes cassées avait été entendu.

« Arg ! » gémit-il en se faisant envoyer à quelques mètres dans les airs.

L’attaque du soldat n’était rien en comparaison avec celle de Nanya, mais elle avait quand même réussi à lui causer beaucoup de douleur et de dommages. Keltaru avait atterri sur ses pieds, mais avant qu’il ne puisse lever sa garde, le soldat qui l’avait attaqué s’était déjà précipité vers lui et l’avait frappé au visage, lui cassant des dents et lui coupant la lèvre supérieure.

« Omph ! » Keltaru était tombé sur le dos.

Les deux soldats s’étaient déplacés respectivement vers sa gauche et sa droite, se préparant à l’utiliser comme un sac de chair et d’os. C’était alors que j’avais eu l’intention d’interférer en utilisant une simple [Boule de feu] pour les frapper tous les deux et les envoyer en vol plané, mais avant que j’en aie eu l’occasion, Nanya avait agi.

L’enseignante, qui avait l’air d’une adolescente, avait sauté hors des buissons dans lesquels elle se cachait, avait saisi les deux soldats par la tête et les avait ensuite écrasés l’un contre l’autre. La force qu’elle avait appliquée était suffisante pour briser leurs armures et plier leurs casques. Ils avaient été instantanément assommés.

Ses actions m’avaient surpris. Je pensais qu’elle allait rester en dehors de ça et attendre que Dankyun soit parti, mais elle ne supportait pas de voir Keltaru se faire battre comme ça devant l’école. Quand elle l’avait elle-même fait, elle avait gagné un duel officiel et elle s’était assurée de lui apprendre une ou deux choses sur sa vraie force, mais maintenant, ce n’était rien d’autre que de l’intimidation, une raclée insensée.

« Oh ? Regardez qui nous avons là ! » déclara Dankyun avec un grand sourire.

Nanya lui avait lancé un regard noir, puis elle avait ensuite regardé Keltaru.

« Ça va, mon garçon ? » lui demanda-t-elle puis elle l’aida à se relever.

« Arg, je ne pense pas..., » il avait répondu et avait craché un peu de sang.

« Va voir Tuberculus afin qu’il t’inspecte, » lui déclara-t-elle.

« Nanya..., ma chère Nanya, que penses-tu faire à mon sujet ? » demanda Dankyun en la regardant agir.

« Je ne suis pas votre sujet... Arg, je suis celui d’Ayuseya, » déclara Keltaru. Et ainsi, il affirma une fois de plus sa loyauté.

« Hm ? » Dankyun leva la main et sans même chanter, il lui lança une [Boule de feu].

Nanya avait sauté devant l’attaque et l’avait frappée. Le sort avait explosé, mais cela n’avait même pas entamé son armure magique, et encore moins ses gantelets d’acier.

« Vas-y, » avait-elle alors dit à Keltaru.

« Merci..., » répondit-il d’un signe de tête.

Pendant ce temps, les autres soi-disant serviteurs n’avaient même pas levé la tête pour regarder la scène. Leur loyauté était claire, et ce n’était pas envers leur princesse.

« Nanya, si tu te places devant mon attaque une fois de plus, je vais arrêter de jouer gentiment avec vous tous, » déclara-t-il calmement en gardant la paume de sa main dirigée vers elle.

Le sourire sur son visage montrait la représentation parfaite d’un méchant calme suffisamment confiant pour qu’il puisse facilement vaincre le héros. Tous ceux qui se trouvaient derrière lui dans l’armée de sous-fifres affichaient un sourire maléfique similaire. Ils appréciaient la scène et attendaient que leur ennemi tombe sous la puissance de leur maître.

Si ça continue... Dankyun attaquera Nanya, avais-je pensé et j’avais essayé désespérément de trouver un moyen de l’empêcher de faire quelque chose de dangereux, mais il avait ensuite pointé sa main vers la pièce où mon noyau était placé.

« Tu ne reculeras pas si facilement, mais je me demande si je dois d’abord détruire ce donjon. Cela semble être un commerce assez équitable pour ton... ingérence, » avait-il dit, et j’avais dégluti en entendant ça.

S’il allait attaquer ma pièce avec une boule de feu similaire, je n’avais pas à m’inquiéter. Ces murs en superalliage pourraient facilement faire l’objet d’une telle attaque, même sans enchantement. Et s’il venait à attaquer avec autre chose, quelque chose de plus puissant, que se passerait-il ? Il était quand même un Suprême, et cela signifiait qu’il pouvait utiliser les sorts du Rang Empereur. Une boule de feu suralimentée avec des pointes de glace n’était probablement pas suffisante pour faire fondre ma pièce, mais cela pourrait gravement endommager et peut-être même blesser les étudiants qui se cachaient à l’intérieur du bâtiment.

« Essaie, mais je t’arracherai la main avant que tu puisses attaquer, » lui avait-elle calmement déclaré.

« Oh, mon Dieu ! Comme c’est effrayant ! Puhahahah ! » déclara-t-il en riant avec force et en baissant la main.

Nanya l’avait regardé, mais elle n’avait rien dit.

« Je suis assez surpris que quelqu’un comme TOI ait laissé un donjon vivant ! Hahaha ! Combien en as-tu tué ? Était-ce 200 ou 240 ? Rappelle-moi ça, car j’ai l’impression d’avoir oublié, mais finalement, cela n’a pas d’importance, » avait-il dit en haussant les épaules. « Mais ce qui me surprend et fait que je me pose des questions. Pourquoi as-tu arrêté de les tuer et de laisser vivre celui-ci ? Hm ? Alors ? » demanda-t-il, mais franchement, je n’avais vu aucun lien entre ce qu’il venait de dire et ce qu’il avait fait il y a un instant.

***

Partie 3

Pendant un moment, j’avais cru qu’il voulait faire payer l’académie pour l’insolence de Keltaru ou ce qu’il percevait comme tel, mais quelque chose ne tournait pas rond. Dankyun n’avait pas jeté un coup d’œil ni à l’El’Doraw, ni à Tuberculus, ni à la servante qui lui avait fait le rapport, mais quand Nanya était apparue, ses actions avaient complètement changé. Au lieu d’ordonner une attaque de ses soldats, il avait agi de lui-même.

« Je n’ai pas besoin de répondre à un sale traître et un voleur comme toi ! », elle avait craché à ses pieds.

« Oh ? Parles-tu de ça ? », demanda-t-il en dégainant son épée et en la pointant vers elle.

Est-ce que c’est à Nanya... ? avais-je pensé en le regardant.

La conception était celle d’une claymore de la Terre du 15e siècle, une longue épée à deux mains, mais la lame était noire et gravée de runes rouge foncé qui brillaient légèrement. La poignée était recouverte de cuir noir et le garde était légèrement recourbé vers l’intérieur. En regardant son fourreau, j’avais remarqué qu’il correspondait au motif doré et argenté de son armure. Cette étrange combinaison de couleurs avait fait ressortir complètement l’épée lorsqu’il l’a maniée.

J’avais dégluti.

L’aura de ténèbres et de danger qui l’entourait me faisait frissonner. J’avais fermé les yeux un instant et j’avais repensé à ce que Nanya m’avait dit. Il n’y a rien à craindre ! Il n’y a rien à craindre de ça ! C’est le résultat d’un enchantement puissant, c’est tout ! C’est juste un enchantement..., malheureusement, au moment où j’avais ouvert les yeux, c’était toujours aussi effrayant qu’avant.

J’avais encore dégluti et j’avais regardé Nanya. Elle la regardait fixement et serrait les poings. L’enseignante, qui avait l’air d’une adolescente et qui était habituellement calme, ne s’empêchait que de peu de l’attaquer.

« Hm ? C’est assez impressionnant ! Je ne m’attendais pas à ce que tu aies une telle... une telle réaction quand on se retrouve ! Je pensais sincèrement que tu allais courir vers moi, grogner et me maudire, puis que je te poignarderais dans le cœur, te décapiterai et laisserai ton corps être mangé par les rats ! Hahaha ! » déclara-t-il en riant alors qu’il semblait amusé par la tournure des événements.

« Je ne suis plus la même gamine que tu connaissais, » répondit-elle, mais elle parlait en grinçant des dents.

« Je vois ! Je vois ! Et si je..., voyons... je vais tout de suite incanter ma compétence suprême, ici même, et je l’enverrais au sommet de cette académie, » avait-il dit avec un sourire en levant la main libre.

« Dankyun..., » Nanya avait grogné et avait fait un pas en avant.

L’air entre eux était tendu. Devant nous, le draconien et la jeune fille avaient disparu et avaient été remplacés par deux monstres effrayants. Leurs motivations pour s’affronter à l’épée et sauter sur l’autre semblaient comme un mystère si l’on ne savait pas ce qu’ils avaient vécu auparavant. Parmi ceux de l’académie, certains enseignants et moi-même étions probablement les seuls à pouvoir deviner la véritable raison de la colère de Nanya et de l’empressement de Dankyun à l’engager dans une bataille.

Malgré cet événement et la façon dont les choses semblaient aller de mal en pis, il n’y avait qu’une seule pensée qui m’inquiétait. Si ce draconien attaquait avec sa compétence suprême, alors toute cette académie, moins ma chambre, finirait probablement par être détruite. Les enseignants survivraient très probablement grâce à leurs armures magiques, mais les élèves seraient massacrés sous la pluie de boules de feu. Une fois que cela se produirait, rien n’empêcherait Nanya de se faire tuer.

Et Shanteya ? avais-je pensé. Puis j’avais cherché son signal de vie.

Bien que loin de nous, elle se trouvait encore dans la zone d’attaque de la compétence Suprême ayant un kilomètre de diamètre. Avec cette seule attaque, Dankyun pourrait me voler ma maison, mon esclave, mes amis et ceux que je devais protéger.

Puis-je rapidement construire quelque chose pour eux ? pensais-je alors, mais je ne pouvais pas le faire. Je n’étais pas encore si fort. Mon mana serait épuisé lorsque j’aurais terminé le deuxième étage, et ce serait aussi sans enchantements.

J’avais dégluti.

Il n’y avait qu’un seul moyen de s’en sortir. Je devais tuer Dankyun. Je devais le détruire...

Si je le tue avant qu’il ne lance cette attaque, alors... Si je le tue maintenant alors qu’il est concentré sur Nanya, je peux sauver les étudiants. Nanya peut alors s’occuper de ses soldats, les enseignants aussi. Mais puis-je faire du mal à ce Suprême ? Peut-être... que je dois lancer une attaque très puissante. J’ai besoin de concentrer mes lasers sur lui et de les activer tout en l’attaquant avec une [Boule de feu guidée X 18] de 7000 ou 8000 points de mana. Oui... il doit mourir... mais puis-je le tuer ? Oui ! Non... Je dois... Oui, je dois..., avais-je pensé, alors que je luttais contre l’horrible décision qui se trouvait devant moi qui allais prendre une vie.

La raison de mon hésitation était probablement ma peur causée par son épée, elle m’avait fait chercher le chemin le plus sûr, elle m’avait fait douter de mon intention et de ma force. En fin de compte, ce qui m’avait décidé, c’était de me souvenir du fait que j’avais déjà tué dans ce monde. Ce n’était pas la Terre. Je n’allais pas finir avec la police à ma porte. Je pouvais tuer librement tant que j’avais une bonne raison de le faire et personne ne me jugerait pour cela. Ce monde n’avait pas les mêmes valeurs morales que mon précédent, donc...

Tuer... Je dois tuer Dankyun... Je dois le tuer afin de protéger Nanya, Shanteya et toute l’académie.

Mes pensées résonnaient dans mon corps de cristal et envoyaient un frisson dans tout mon Territoire de Donjon. Comme pour tout autre donjon, un brouillard sombre s’était levé du sol jusqu’à environ un mètre de hauteur, mais c’était le plus dense autour de Dankyun et plus mince autour de Nanya et de l’académie. Cela montrait clairement mes désirs et mon intention de massacrer ce draconien.

« Hm ? Qu’est-ce que c’est ? Le donjon va-t-il enfin se joindre à notre petit combat ? » demanda Dankyun en regardant autour de lui.

« Pourquoi es-tu étonné ? » demanda froidement Nanya.

« Je ne le suis pas. Je suis curieux de savoir pourquoi le donjon a manifesté son intention de tuer que maintenant. » Il haussa les épaules.

« N’est-ce pas évident ? » demanda-t-elle en haussant les sourcils.

« Éclaire-moi ! Si ta réponse m’amuse, je ne détruirai pas cet endroit », répondit-il avec un sourire arrogant en regardant Nanya.

« Si tu tentes une telle folie, nous n’hésiterons pas à t’attaquer avec tout ce que nous avons ! Celui-ci n’a jamais manifesté son intention meurtrière jusqu’à ce que tu viennes ici et que tu menaces de détruire l’académie et de tuer tous les étudiants innocents qui se trouvent à l’intérieur ! Même si tu es un Suprême, sache qu’un tel massacre ne restera pas caché ! Les enfants de nobles assez puissants sont là-dedans, et certains ont des moyens de communiquer avec leurs parents se trouvant chez eux. Même si tu les tues avant qu’ils n’envoient un message, tu ne pourras pas effacer les preuves laissées par ton horrible acte ! Combien penses-tu qu’il y en aura qui seront prêts à partir calmement dans l’au-delà ? Leurs fantômes erreront dans cet endroit, et une fois qu’un voyant sera amené ici, il sera capable de communiquer avec eux. La vérité se fera connaître, et tu seras pourchassé dans tous les royaumes comme le vermisseau que tu es », lui cracha-t-elle.

Malgré les insultes qui lui avaient été lancées, Dankyun ne lui avait affiché qu’un sourire rempli de suffisance. Il s’amusait avec la façon dont il avait fait agir Nanya tel un jeu. Sa colère et sa haine envers lui l’alimentaient comme du bois séché et l’essence alimentait un feu. Quant à moi, je m’étais verrouillé sur lui, prêt à jeter mon sort.

« Ce n’était qu’une blague, Nanya, ma chère ! Je ne voudrais pas faire de mal aux étudiants innocents se trouvant ici », déclara-t-il soudain en baissant la main et en haussant les épaules comme si ce n’était pas une grosse affaire.

L’obscurité autour de lui ne s’était pas estompée. Je ne l’avais pas cru. Je n’allais pas baisser ma garde ainsi.

« Ce que le garçon t’a dit est la vérité ! La princesse Ayuseya est partie sans nous informer de l’endroit où elle allait. Je suppose qu’elle savait déjà que ses serviteurs n’étaient pas vraiment loyaux envers elle, et c’est pourquoi elle ne leur a rien révélé de ces plans. Attaquer cette académie ne te causera que des ennuis et si tu ne me crois pas, tu es libre de vérifier autant que tu le veux. En te connaissant, tu as probablement déjà jeté un sort de pistage sur elle. Pourquoi ne pas l’utiliser ? » demanda Nanya après avoir croisé les mains au niveau de sa poitrine.

« C’est vrai, j’ai un tel sort, mais c’est étrange, tu sais ? Il n’arrête pas de me dire qu’elle est ici, pourtant tu nies une telle chose. Comme c’est étrange, en effet », déclara-t-il en se frottant lentement le menton.

« Ce n’est pas possible. » Nanya secoua la tête. « Si nous le savions, je te l’aurais déjà remise personnellement pour que je ne revoie plus ta sale gueule, » elle secoua la tête.

« Ou bien tu pourrais la garder loin de moi juste pour me contrarier ? » avait-il commenté.

« Je ne suis pas assez folle pour risquer la sécurité de mes élèves et interférer dans les affaires politiques de ce niveau, » nia-t-elle, mais comme je connaissais la vérité, je pouvais voir à quel point elle était bonne menteuse. Si elle avait vécu dans les temps modernes de la Terre, elle aurait fait une excellente actrice.

Dankyun l’avait regardée pendant une longue minute, pendant que je priais pour qu’il quitte cet endroit et qu’il n’essaye pas de se battre contre nous. Mon intention meurtrière ne s’était pas dissipée, mais je savais que si je l’attaquais maintenant, il y avait une chance que Nanya se mette en travers de mon attaque, ou que ce soit moi qui endommage l’académie. Si j’attaquais en premier, il aurait une raison politique suffisante pour détruire cet endroit. Je n’avais pas été stupide, et j’avais déjà vu à travers cette tactique. Même dans les palais de justice modernes, votre cause n’avait aucun espoir de gagner si vous étiez le premier à lancer une attaque. La tactique était simple : attendre qu’il fasse le premier pas sans se moquer de lui et ensuite, tu étais libre d’aller le tuer. C’était un cas de défense légitime, mais je doutais que ce fût ce que Dankyun craignait. Il avait juste besoin d’une excuse pour se jeter sur les milieux politiques. Avec moi ou Nanya qui l’attaquerait en premier, il pourrait même prétendre qu’il s’agit d’un possible assassinat d’un dignitaire étranger.

Attendre... puis tuer... attendre, puis tuer... ou juste tuer ? Si je le tue d’abord, puis je me débarrasse du danger... avais-je continué à réfléchir en regardant l’homme draconien menaçant de détruire la paix et la tranquillité de cet endroit.

« Disons que je te crois, mais je ne te crois pas, » déclara-t-il au bout d’un moment, alors qu’il rengainait son épée.

L’effet de l’enchantement de la peur avait diminué.

« ... » Nanya tourna ses yeux sur lui.

« Je vais rester ici pour quelques jours, et tu laisseras mes hommes fouiller en profondeur cette zone et tous les coins et recoins de cette académie, y compris tous les donjons que ton pathétique cœur de donjon a pu construire. Tu n’as pas à t’inquiéter de devoir me les montrer, mes éclaireurs en ont déjà trouvé la plupart d’entre eux. Si je ne trouve rien, je partirai sans faire de bruit. Que dis-tu de ce... marché ? » demanda-t-il en souriant.

Cela semblait vraiment bien, mais quelque part au fond de moi, j’entendais un certain personnage d’un film de science-fiction qui me criait dessus : « It’s a trap! »

Pourtant, avons-nous eu d’autres options qu’une bataille acharnée avec les étudiants comme victimes possibles de tirs croisés ?

Si je l’attire dans mon donjon, puis-je le tuer ? Ses hommes mourraient certainement, mais qu’en est-il de lui ? m’étais-je demandé en pesant dans mon esprit les différentes possibilités.

C’était une bonne idée, mais en me rappelant les dégâts que Nanya et les professeurs de Rang Empereur avaient faits sur mes deux premiers étages, je n’avais pas pu m’empêcher de penser que je sous-estimais grandement mon adversaire. Le donjon était censé être ma dernière ligne de défense.

« Oh ! Et si vous osez déplacer son noyau de là, je le prendrai comme une déclaration de guerre et j’attaquerai, » avait-il dit en pointant du doigt ma pièce.

J’avais dégluti.

Même l’idée de déplacer mon noyau dans mon donjon pouvait maintenant déclencher une bataille, mais tout allait bien. Tant que nous n’avions pas fait le premier pas, j’étais en sécurité, et je pouvais toujours déplacer mon noyau avant qu’il ne puisse passer à travers les murs d’Inconel.

« Très bien. Nous accepterons cet accord, et tu constateras par toi-même que ta princesse n’est pas là ! Le noyau du donjon restera à sa place, de plus, nous ne l’avons jamais déplacé. Son seul rôle ici est de réparer l’académie et de nous avertir des dangers. Les donjons que tu trouveras sont uniquement des donjons simples. Il n’a rien construit d’autre, » elle lui avait encore menti nonchalamment.

« Qu’il en soit ainsi ! », il leva la main, et ses soldats descendirent de leur cheval. « Maintenant, à propos de ce brouillard noir... » dit-il en essayant de le repousser comme s’il s’agissait d’une bouffée de fumée, mais mon brouillard d’intention meurtrière était très tenace.

« Bien sûr, je vais aller dire au donjon de te traiter toi et tes hommes comme des alliés. Il est un peu bête, donc c’est naturel qu’il ait réagi instinctivement à... MON épée ». Nanya avait menti et avait jeté un coup d’œil vers moi.

« Pardon, mais tu veux dire MON épée. C’est vrai qu’elle t’a appartenu à un moment donné, mais une bonne épée choisit toujours son maître et dans ce cas, elle a bien choisi, » dit-il en souriant et en tapotant le fourreau.

Nanya ne pouvait que grogner contre lui alors qu’elle se retournait et se dirigeait vers l’académie. J’avais rapidement volé vers elle, mais je n’avais pas encore relâché mon intention meurtrière.

« Que dois-je faire ? » lui avais-je demandé.

« Tu as fait apparaître tes intentions meurtrières. Si c’était une affaire entre nous et lui, je t’aurais grondé parce que tu n’as pas encore attaqué, mais tu as bien fait. Nous sommes forts, mais je ne pense pas que nous puissions en même temps protéger les étudiants de ses attaques. Heureusement, il nous a donné assez de temps pour commencer les préparatifs. Je doute qu’il parte comme il l’a dit. C’est un draconien malhonnête, une ordure, un bâtard, une racaille ! Grrr ! » elle avait asséné un coup avec force dans le mur en y faisant une grosse fissure. Je l’avais réparé et je l’avais à nouveau rapidement poursuivie. Elle se dirigeait vers ma pièce. « Nous ferons semblant de continuer nos affaires comme d’habitude, mais en attendant, fais tout ce que tu peux pour construire quelque chose pour éloigner les étudiants d’ici ! Fais-le sans le dire à personne d’autre que moi. Oh, et cache l’entrée de ton grand donjon, » expliqua-t-elle.

« Je l’ai déjà fait, mais je n’ai pas encore fait de tunnel de fuite pour les étudiants. Je travaillerai là-dessus ce soir. Mais... peut-on gagner contre lui ? » avais-je demandé.

« Ça dépend, Illsy. Son armure n’est pas normale. C’est probablement un objet divin, » m’avait-elle dit en entrant dans ma pièce.

« Alors, je peux utiliser ce que tu sais, ce sort ? Je vais le déshabiller et il sera beaucoup plus facile de le battre, » je lui avais dit ça en souriant.

« Non, ça ne marchera pas à moins de pouvoir ignorer un enchantement [Aucun Vol]. Si l’un de ses objets a cette chose sur lui, alors il saura immédiatement que tu as essayé de le faire, et il le prendra comme une offense directe et n’hésitera pas à nous attaquer, » expliqua-t-elle en poussant un soupir.

« [Aucun vol] ? Y a-t-il quelque chose comme ça ? » avais-je demandé.

« Comment crois-tu que les nobles et les membres de la famille royale peuvent sortir sans se soucier de quelqu’un qui les vole ? Ils portent tous cette chose, » expliqua-t-elle.

« Même toi ? » lui avais-je demandé.

« Le sort a fonctionné sur moi, n’est-ce pas ? » m’avait-elle rappelé en plissant les sourcils.

« Oh, c’est vrai ! » avais-je dit.

« Illsy, tu peux annuler tes intentions meurtrières, » m’avait-elle dit.

« D’accord... » avais-je hoché la tête. Puis j’avais fait ce qu’elle m’avait dit.

Le brouillard noir avait disparu et Tuberculus s’était approché de Dankyun. Il était très probablement sur le point d’organiser une sorte de séjour pour eux, soit dans le bâtiment principal de l’académie, soit dans le dortoir. Comme j’étais à l’intérieur, je n’entendais pas de quoi ils parlaient.

« Puis-je écraser les enchantements ? » avais-je demandé à Nanya.

« J’ai essayé plusieurs fois, mais cette épée n’est pas normale... D’ailleurs, tu aurais besoin du sort [Désenchantement] et la dernière fois que je me souviens, tu n’avais que [Enchantement]. »

« Je vois... »

[Point de vue de Dankyun]

Le fait de voir Nanya sous sa forme scellée après tant d’années avait été si excitant que je n’avais pas pu m’abstenir de me moquer d’elle pour qu’elle commence un combat. En fait, j’espérais qu’elle allait tout de suite me sauter dessus, mais il semblait qu’elle avait vraiment changé. Néanmoins, cela n’avait fait que rendre le jeu encore plus intéressant. J’allais prendre plaisir à briser le calme de Nanya et la forcer à m’attaquer. Une fois qu’elle l’aurait fait, je serais libre de commencer... à la torturer.

Mais comment dois-je m’y prendre ? Hm... peut-être que je devrais faire quelque chose à ses chers étudiants ? Si j’avais accidentellement blessé ou touché un ou deux élèves de lignées paysannes, je suis sûr que je vais l’énerver ! avais-je pensé alors que j’étais conduit par le vieux directeur humain vers ma chambre temporaire se trouvant dans les dortoirs.

***

Chapitre 27 : Ma première compétence de Rang Empereur !

Partie 1

Peu de temps après que Dankyun ait été guidé à l’intérieur du dortoir par Tuberculus, sa petite armée de soldats loyaux avait commencé à installer leur campement temporaire. Ils avaient pris l’initiative de confisquer le petit jardin derrière le bâtiment principal et avaient fait tout ce qu’il fallait afin d’empêcher les étudiants curieux de les gêner. Deux groupes avaient déjà été formés avec pour seule mission de retrouver toute trace de la princesse royale à l’intérieur du campus de l’académie. On m’avait dit de les laisser entrer dans n’importe quelle pièce, mais je n’avais pas l’intention de les laisser entrer dans la mienne. J’avais donc enlevé la porte d’entrée et dressé un mur d’Inconel à sa place. C’était gênant pour inviter des personnes, mais jusqu’à ce que je fasse une porte sécurisée, il fallait faire ainsi.

Pendant que les soldats s’installaient, les autres enseignants avaient pris l’initiative d’informer les élèves curieux et inquiets de ce qui se passait. Nanya faisait partie du groupe qui veillait sur les soldats. Il n’y avait qu’elle et Paladinus, mais c’était plus qu’assez pour s’occuper du peloton. Je doutais fortement que l’un d’eux puisse causer des ennuis au duo d’explorateurs de donjon expérimentés et d’aventuriers de haut rang.

Quant à moi, j’avais réalisé que j’avais peut-être laissé Shanteya en chasse depuis trop longtemps. Je m’étais immédiatement précipité là-bas dès que Nanya m’avait assuré qu’elle surveillerait de près mon corps de cristal. En survolant l’extrémité des arbres de la forêt, je m’étais demandé si le fait de garder Shanteya cachée était une bonne chose. Avec elle qui se trouvait tout le temps dans la forêt, à la recherche de monstres dangereux pour m’aider à monter de niveau et à empiler les parties décentes des monstres, aucun des soldats et probablement Dankyun lui-même ne l’avaient pas remarquée. Cela signifiait aussi qu’elle pouvait être considérée comme notre atout. Après tout, mon [Lien de Confiance] lui avait offert des statistiques décentes, plus élevées que celles d’un aventurier de Rang Maître.

Si Shanteya continuait à chasser comme ça pour moi, nos niveaux pourraient croître régulièrement et atteindre un sommet approprié où je pourrais acquérir la puissance de combat dont j’avais besoin pour peut-être pouvoir tenir tête à Dankyun et sa bande de brutes. Cependant, j’avais le sentiment qu’elle pourrait finir par exterminer toutes les espèces de monstres dans un rayon de 30 km avant que nous ayons atteint ce point. C’était seulement parce que la montée de niveau était extrêmement lente ainsi, et c’était devenu encore plus difficile avec le suivant. C’était exactement comme dans un jeu : passer de 1 à 60 était un jeu d’enfant, mais une fois passé ce cap, les choses s’étaient compliquées. Ou peut-être que tout dépendait du genre de monstres que j’avais traqués et des actions que j’avais accomplies. C’était certainement quelque chose qui valait la peine d’être étudié à l’avenir.

Quand j’avais rencontré mon adorable esclave el’doraw, elle était en plein dans une bataille avec un Urkin, la bête ne l’attaquait pas, mais la fuyait. La servante aux gros seins et aux longues oreilles le rattrapait rapidement par-derrière. D’un seul saut et d’un coup de poing puissant, elle avait fait taire la bête pour de bon en brisant sa colonne vertébrale. Il s’était écroulé sur le sol et s’était retourné deux fois avant de s’immobiliser définitivement.

Shanteya avait alors poussé un soupir de soulagement et elle s’approcha du corps. Je m’étais approché d’elle et j’avais annoncé ma présence par un simple : « Bonjour ! »

« Ah ! Bonsoir, Maître ! » répondit-elle avec un doux sourire, réagissant en se tournant vers ma direction générale.

« Je suis désolé d’être en retard. Tu sembles te débrouiller plutôt bien..., » lui avais-je dit.

« Merci, Maître », elle avait fait une faible inclinaison avec sa tête. « J’ai chassé toutes les bêtes que j’ai pu trouver selon les instructions, mais..., » elle s’était arrêtée et m’avait regardé avec un peu d’inquiétude dans les yeux. « Tout va bien, Maître ? J’ai senti le brouillard sombre se répandre dans toute la forêt... C’est le signe que vous avez libéré vos intentions meurtrières, n’est-ce pas ? » Et elle avait alors regardé vers le sol, au niveau de ses pieds.

J’avais cligné des yeux quand je l’avais entendue dire ça. Je ne pensais pas que cela s’était propagé jusqu’ici, mais encore une fois, tout ce territoire faisait littéralement partie de moi. Le fait que le brouillard noir se soit également manifesté ici n’aurait pas dû être inattendu.

En poussant un soupir, j’avais hoché la tête une fois, même si elle ne pouvait pas me voir.

« Oui, c’est vrai. Dankyun, le Suprême, est arrivé à l’académie, » lui avais-je expliqué.

« Forcer l’habituel gentil et doux Maître à libérer son intention meurtrière signifie que quelque chose de mauvais a dû se produire, n’est-ce pas ? » demanda-t-elle sans faire disparaître son inquiétude de ses yeux.

« Oui, il a essayé d’être un peu violent, mais Nanya l’a calmé. Je ne sais pas, mais il y a quelque chose qui cloche chez cet homme, » avais-je répondu.

« Cloche ? »Elle avait incliné la tête vers la gauche quand elle avait demandé ça.

« Oui... C’est comme... comment dire ça, il n’est pas bon, il est maléfique, » avais-je essayé de m’expliquer, mais c’était difficile de mettre le doigt sur ce que je ressentais exactement, vu que son épée forçait certaines émotions négatives plutôt exagérées à son égard.

« Dois-je le tuer ? » demanda Shanteya sans ménagement.

« Oui... Non, je veux dire non ! Cela ne ferait que causer plus d’ennuis, mais peux-tu même le tuer ? Je veux dire, c’est après tout un Suprême, » avais-je demandé en étant un peu curieux.

« Je ne sais pas si ça marcherait, mais si j’arrive à me glisser dans son armure magique, je peux l’empoisonner ou même le tuer, » avait-elle expliqué.

« Comment comptes-tu faire ça ? » lui avais-je demandé en louchant des yeux.

« J’utiliserais mon corps pour l’attirer dans un lit et pendant qu’il..., » commença-t-elle.

Il n’était pas nécessaire d’entendre le reste.

« NON ! C’est un non définitif ! Je ne laisserai pas cet homme dégoûtant te toucher et ne pense même pas à faire quelque chose comme ça derrière mon dos ! Savoir que tu te laisses toucher par cette ordure, même si c’était pour moi, c’est trop ! NON ! Je ne le permettrai pas ! » avais-je dit en secouant la tête.

Shanteya m’avait simplement présenté un sourire doux et elle avait hoché la tête vers moi.

« Alors je ne le ferai pas, Maître, » annonça-t-elle.

« Bien... Je ne veux même pas penser à utiliser ton corps ou celui de Nanya pour l’atteindre ! Quoi qu’il en soit, j’ai remarqué qu’il a envoyé deux scouts loin de son groupe principal. Je les ai perdus de vue à un moment donné, mais garde un œil sur eux. Ne te laisse pas voir par eux, » l’avais-je prévenue.

« Je le ferai, Maître. Ces deux-là peuvent être des voleurs ou des assassins. La compétence qu’ils ont utilisée s’appelle l’[Angle mort du donjon]. Elle fait en sorte qu’un donjon perd la trace d’eux ou de leur groupe pendant qu’ils se trouvent sur son territoire. Cependant, il ne fait que créer un angle mort dans le sens de la détection de la vie du territoire. Cela ne les rend pas invisibles, » expliqua-t-elle.

« Je ne pensais pas qu’il y avait une telle compétence. Ça devrait être pratique pour les aventuriers, n’est-ce pas ? » avais-je demandé.

« En effet. Beaucoup emploient les services d’une personne qui peut s’en servir pour se faufiler à l’intérieur des donjons ou passer les premiers niveaux. Si le donjon ne les détecte pas, les pièges ne s’activent généralement pas », expliqua-t-elle.

« Hein ? Mais j’ai fait les miens pour réagir quand un aventurier appuie sur un bouton, tire un levier, ou marche sur un piège à détente et je n’ai jamais utilisé la détection du territoire, » déclarai-je.

« Comme on peut s’y attendre du Maître », elle m’avait affiché un sourire fier « La plupart des pièges sont déclenchés directement par le noyau du donjon parce que cela leur permet de prendre les aventuriers par surprise, mais ils sont généralement identifiés par l’épaisseur du brouillard noir se trouvant dans la région. Ceux qui sont déclenchés peuvent être un peu plus mortels parce que vous ne vous rendez pas compte quand vous en avez trouvé un avant qu’il ne soit trop tard, mais un spécialiste très compétent peut habituellement les désactiver, » expliqua-t-elle.

« Si c’est le cas, pourquoi n’as-tu pas utilisé cette compétence à l’époque, quand tu es arrivée à l’académie ? » avais-je demandé en plissant les sourcils. Cela m’aurait semblé logique.

« Ceux qui étaient censés nous cacher de vous ont été tués en venant ici. D’ailleurs, nous ne nous attendions pas à ce que vous soyez aussi fort, surtout vu que votre niveau était de 1, » répondit-elle.

« J’ai eu de la chance et j’ai appris quelque chose de nouveau. En parlant de cela, quelque chose me dérange... En fait, je n’ai jamais eu envie de créer une pièce fermée à clé pour mon noyau. Je ressens toujours le besoin de faire une sorte de chemin menant à moi. En attendant, n’hésite pas à me montrer le chemin vers ta pile de monstres, » avais-je dit.

« Bien sûr, Maître, » elle avait fait un petit salut, et après avoir absorbé l’Urkin, je l’avais suivie à travers la forêt. « Malheureusement, je ne sais pas pourquoi vous ressentez cela, Maître. Ce que je sais, c’est que tous les donjons, sans exception, ont un chemin menant à leur noyau. Bien que le cristal de donjon soit assez précieux pour certaines personnes, en général, il est inutile pour la plupart des applications pratiques. La seule raison pour laquelle les aventuriers détruisent le noyau est s’il se développe au point où il est trop dangereux. Une fois que cela se produit, les restes du noyau sont jetés et le donjon est dépouillé de tout ce qui a de la valeur ou qui vaut la peine d’être transporté, comme les métaux ou le marbre », expliqua-t-elle.

« En d’autres termes, les murs métalliques signifient un donjon rentable, n’est-ce pas ? » avais-je demandé.

« En effet, » elle hocha la tête.

« Je suppose que je me suis transformé de moi-même en une cible..., » avais-je gémi.

« Vous n’avez pas à vous inquiéter, Maître. Je vous protégerai ! En outre, les murs métalliques signifient aussi un donjon très dangereux. Peu oseront s’y aventurer, » déclara-t-elle en souriant.

J’étais content de sa déclaration, mais je ne voulais vraiment pas me protéger derrière Shanteya quand je devais affronter Dankyun.

Une fois que nous avions atteint la pile des monstres, j’avais tout absorbé et j’avais quitté Shanteya pour qu’elle continue à chasser jusqu’à ce que le soleil se couche.

« Si tu as besoin de quoi que ce soit, tu as, euh... va vers l’académie ? » lui avais-je dit.

« J’ai compris, » elle avait souri et s’était mise à courir dans la forêt.

Après mon retour à l’école, j’avais commencé à remodeler la structure souterraine. J’avais commencé par créer un tunnel menant jusqu’à la limite de mon territoire. Il m’avait fallu beaucoup de temps et d’énergie pour absorber tous les matériaux sur une distance de 16 km, mais malgré mes efforts, je n’avais pas réussi à le terminer, et une partie s’était même effondrée parce que j’avais oublié de renforcer les murs. L’enchantement n’avait pas fonctionné si je n’avais pas vraiment créé ces murs.

Distance totale que j’avais atteinte lorsque le soleil s’était couché : 2,6 km. Longueur du tunnel reconstruit : 1,8 km.

Un être humain normal aurait pu avoir besoin de quelques mois, voire des années pour y parvenir.

Une fois que j’avais récupéré Shanteya dans la forêt, je m’étais retiré vers mon corps de cristal, dans la sécurité de mon esprit intérieur et je m’étais endormi. Je n’avais pas appelé Ayuseya cette fois-ci à cause de ce qui s’était passé plus tôt ce jour-là. J’avais pensé qu’elle avait peut-être besoin de temps pour réfléchir à ce que j’avais dit.

***

Partie 2

Le lendemain, j’avais libéré Shanteya à 6 h du matin, et elle s’était immédiatement faufilée dans la forêt. J’avais dû faire un petit trou temporaire dans le mur pour la laisser passer, puis j’avais restauré mon mur. Aussi gênant que cela puisse paraître, je devais rester sur mes gardes à propos de beaucoup de choses, y compris d’éventuels assassins envoyés par Dankyun, mais j’avais le sentiment que mes Auras divines en feraient un travail rapide.

Pendant que Shanteya chassait, j’avais fait une liste rapide des choses que je voulais faire ce jour-là : 1) continuer le tunnel d’évasion pour les étudiants ; 2) améliorer les défenses de ma salle de cristal ; 3) construire un autre étage dans mon donjon où mon tunnel d’évasion allait mener ; 4) dépenser quelques points de compétence à la fin de la journée.

La première chose était le travail le plus facile à faire. Je n’avais qu’à faire un copier-coller d’une section de ce tunnel. J’avais absorbé le sol en un carré parfait, puis j’avais remplacé les murs avec [faire une pièce]. Après ça, j’avais enchanté les murs avec l’enchantement de Haute Résistance. Je l’avais fait jusqu’à midi. Après cela, j’étais monté dans ma chambre et j’avais commencé à planifier ce que je voulais ajouter ou changer.

J’avais fabriqué une porte de coffre-fort avec un mécanisme de verrouillage qui ne pouvait être activé que de l’intérieur. Juste au cas où, j’avais aussi fait en sorte que cela ne fonctionne que lorsque j’avais ajouté une certaine vitesse à l’intérieur de l’ensemble du mécanisme de verrouillage. C’était censé être une clé temporaire au cas où quelqu’un d’autre aurait la [Télékinésie]. J’avais appliqué à la porte les enchantements les plus puissants à disposition afin d’augmenter sa résistance et je l’avais masqué avec un simple mur tout à fait normal de 1 cm d’épaisseur. De cette façon, tout ce que j’avais à faire était de déverrouiller la porte du coffre-fort et de détruire le petit mur, ce qui signifiait moins de mana à dépenser.

Après cela, j’avais ajouté des cristaux de puissance électrique afin d’alimenter le sol et les murs. Après tout, le superalliage d’Inconel avait une conductibilité électrique plutôt élevée. Ce petit piège ainsi que les lasers garantissaient une très faible chance que quoi que ce soit s’approche de ma chambre et survive, mais cela me donnait l’impression que ce n’était pas assez, mais encore une fois, j’avais un espace plutôt limité pour faire mon système.

Malheureusement, il n’y avait aucun moyen pour moi de tout tester, mais j’avais prié pour ne jamais avoir besoin de le faire. Si Dankyun décidait tout simplement de quitter le terrain de l’Académie comme si ce n’était rien, cela aurait été génial ! Malheureusement, la vraie vie avait tendance à me donner une gifle chaque fois que je pensais que tout allait bien pour moi.

Un petit incident s’était produit avant que je me dirige vers mon donjon pour construire le quatrième étage. Alors que je volais au-dessus des arbres, j’avais vu quatre soldats entourant une femme humaine de vingt ans et ils se trouvaient tous à l’orée de la forêt. Elle était une noble portant une longue robe à froufrous marron, avec de longs cheveux bruns et des yeux verts. Tenant un grand livre avec une couverture en cuir usé, elle avait essayé d’avoir l’air courageuse et de s’opposer aux quatre soldats. Pourtant, je n’avais pas besoin d’explications supplémentaires pour faire comprendre le grave danger dans lequel elle se trouvait.

« S’il vous plaît, écartez-vous et laissez-moi partir ! Si les enseignants entendent parler de votre comportement impoli envers moi, ils..., » elle avait essayé de s’y opposer.

« Ils vont faire quoi ? » demanda l’un d’eux avec un grand sourire sur les lèvres.

J’ai l’impression de voir une fille dans une scène clichée qui se fait agresser par des brutes, avais-je pensé alors que je parcourais la liste de mes pièges non létaux.

« Mon père est un homme très puissant ! H-He…, » elle avait dégluti et raffermit sa prise sur le livre.

« Il fera quoi ? Notre maître est Dankyun, un Suprême ! » L’un d’eux avait parlé, mais contrairement aux autres, son accent était vraiment mauvais, ce qui montrait clairement qu’il ne connaissait pas très bien la langue humaine.

« En effet, le père de la fille pourrait ne pas le faire, mais rien ne m’arrêtera, » avais-je dit. Puis j’avais utilisé ma capacité d’absorption pour faire un grand trou carré de quatre mètres de profondeur, juste sous leurs pieds. J’avais ensuite placé un piège à gaz à l’intérieur et j’avais recouvert le haut du trou d’une trappe métallique.

« Hein ? » les hommes n’avaient même pas eu le temps de réagir. Ils étaient tous tombés comme des pierres au fond du trou.

Le piège à gaz s’était immédiatement activé, et ils s’étaient tous endormis en quelques secondes. Le gaz soporifique était extrêmement puissant, et j’avais eu de la chance que leur armure magique ne soit pas assez forte pour repousser le gaz.

« Va retrouver Nanya ! Tout de suite, » avais-je dit à la fille.

Elle avait hoché la tête une fois et s’était précipitée pour aller chercher son professeur.

Quand j’avais ouvert la trappe. Les quatre soldats dormaient profondément. En utilisant la [Télékinésie], je les avais sortis et les avais suspendus par leurs ceintures dans un arbre voisin. Le trou et le piège que j’avais faits avaient disparu comme s’ils n’avaient jamais été là pour commencer.

Voyant Nanya arrivée au loin, je m’étais fait discret et je l’avais laissée s’occuper des ordures suspendues. Je savais qu’il était mauvais de jeter des déchets sans en disposer écologiquement, mais j’avais dû faire une exception cette fois-ci. Avant de partir pour mon donjon, j’avais regardé dans tout le périmètre de l’académie pour m’assurer qu’il n’y avait pas d’autres incidents malheureux de ce genre. La plupart des soldats se reposaient dans leurs camps et Dankyun prenait le thé dans sa chambre. Deux autres groupes de soldats regardaient dans les environs, essayant de trouver un indice sur le refuge d’Ayuseya.

« Cela à l’air bon..., » avais-je murmuré pour moi tout en regardant du haut du ciel toute l’académie.

Satisfait, je m’étais envolé pour mon donjon. J’étais déterminé à créer le quatrième étage. En ce qui concerne la façon dont j’allais le faire. Je pensais utiliser beaucoup de pièges, mais aussi installer des lasers que je pouvais contrôler à distance. Si Nanya ou moi pouvions les activer à distance juste avec notre volonté, alors nous avions le moyen parfait pour tirer dans le dos les aventuriers au moment où ils s’attendaient le moins à être attaqués. Bien sûr, je voulais m’épargner un travail inutile, alors j’avais l’habitude de créer quelque chose d’automatique, mais jusqu’à ce que je découvre comment le construire, le contrôle manuel devait suffire.

Cet étage n’était pas censé être très complexe, mais très mortel. Ce que j’avais en tête pour cet étage étaient des pièges à lave, des chutes dans des puits avec des pointes au fond, des murs mobiles afin d’écraser les enquiquineurs, des sphères métalliques à pointes roulantes sur les curieux, des pièges électriques, des pièges à poison, des lasers, des plates-formes chronométrées. Bien entendu, j’allais tout enchanter pour les rendre encore plus dangereux.

Sans tourner autour du pot, j’ai voulu faire de ce sol de donjon ma carte maîtresse, au cas où je devrais me battre contre Dankyun. Avec elle, j’avais voulu affaiblir son armure magique et peut-être même réussir à la briser complètement. Si je pouvais faire quelque chose comme ça, alors le vaincre n’était qu’une question de le désarmer et de le blesser jusqu’au point où il abandonne.

L’idée me paraissait bonne dans ma tête, mais je savais qu’il y avait de fortes chances que je me trompais sur les capacités de mon donjon et sur ma propre force. J’avais dû penser au pire des scénarios : qu’il atteindrait la chambre de mon noyau ! Par conséquent, si c’était l’arène finale de notre bataille, elle devait être TRÈS mortelle. J’avais dû construire des lasers encore plus puissants. J’avais également tout électrifié. Je devrais rapidement trouver des moyens de me protéger plus efficacement et me laisser la liberté de lui lancer mes sorts les plus puissants.

J’avais du pain sur la planche, et c’était insensé tout ce qu’il me restait à faire. Avec un lourd soupir, j’étais descendu jusqu’à la dernière partie du troisième étage puis j’étais allé dans le puits utilisé pour la sortie. Comme toujours, j’avais créé la gigantesque pièce vide de l’étage où tous les murs et les pièges devaient être disposés dans un ordre parfait.

Plus facile à dire qu’à faire. Pour des raisons de sécurité, j’avais également ajouté quelques poutres de soutien au plan. En regardant le deuxième étage, celui-ci était un peu plus grand et se terminait par une grande salle circulaire d’un diamètre de 50 mètres. C’était vraiment énorme, mais tout cet espace allait être utilisé pour faire un labyrinthe compliqué de pièges et de toutes sortes de choses mortelles. Malheureusement, il n’y avait pas de place pour les monstres. Même ainsi, je n’avais pas été capable de créer des monstres plus forts que ce qu’un Maître pouvait gérer seul. Mon adversaire serait probablement un Suprême, de sorte que les diablotins qui étaient tombés amoureux des bottes ne pouvaient pas lui faire grand-chose.

J’avais passé quelques heures dans le donjon et j’avais réussi à en finir environ 25 %, à quelques encablures près. La partie la plus chronophage était de dessiner la carte pour l’ensemble de l’étage, puis les innombrables pièges que j’avais posés partout.

Une fois que j’avais terminé, il était temps pour moi de retourner à l’académie. Je devais le terminer après m’être reposé un peu. Il y avait aussi les choses qui avaient été cassées par les étudiants et peut-être que les soldats avaient aussi rajouté de l’ouvrage à la liste au cours de la journée. Je devais donc aussi aller tout remettre en ordre.

« Argh... J’espère que personne n’a décidé de refaire un trou dans le mur…, » avais-je gémi en murmurant ça.

Après une vérification rapide, j’avais soupiré de soulagement et fait l’éloge de ma chance que personne n’avait décidé de faire un chaos dans les lieux.

C’est alors que je m’étais souvenu que j’avais laissé Shanteya dans les bois, et j’avais oublié d’aller chercher les nombreuses proies qu’elle chassait tout au long de la journée.

« Mince…, » avais-je dit. Puis j’avais immédiatement volé vers elle.

Assez rapidement, je m’étais retrouvé devant une grosse pile de monstres. Il n’en restait presque plus dans la région. Elle chassait tellement que j’avais peur qu’elle les ait tous exterminés. Quant à la charmante femme de ménage, elle chassait encore quelques Dayuks en ce moment. J’avais absorbé les corps stockés et je l’avais poursuivie.

Après qu’elle eut fini de les tuer, je m’étais approché d’elle et lui avais dit : « Salut ! J’espère que tu n’es pas contrariée que je ne sois pas revenu plus tôt ? » avais-je demandé avec un sourire maladroit.

« Oh ! Maître ! Bonsoir ! Pourquoi serais-je contrariée ? J’ai fait ce que vous m’avez dit de faire, j’ai chassé tous les monstres que j’ai pu trouver et je les ai empilés tout au long de la journée, depuis l’aube jusqu’à maintenant, » avait-elle répondu avec un sourire tout en essuyant le sang se trouvant sur ses mains.

« Mhm... ouais. Encore une fois, désolé ! J’absorberai ces monstres et ensuite toi, cela te va ? » j’avais plutôt posé une question au lieu de répondre à sa question.

Elle avait répondu avec un petit signe de tête.

J’avais fait ce que j’avais dit et j’étais retourné à l’académie. En chemin, j’avais regardé mon niveau actuel.

[Niveau] : 72

[Force] : 200 +1000

[Agilité] : 150 +1000

[Intelligence] : 225 +1000

[Mana] : 8120

[Régénération de mana] : 30 points de mana par seconde.

[Points disponibles] : 155

[Points d’aptitudes disponibles] : 180

Eh bien, c’est génial ! M’étais-je dit. Puis j’étais retourné dans mon menu de compétence que je n’étais pas capable d’améliorer avant ça.

Après une simple commande, j’avais décidé de mettre à niveau [Boule de Feu guidé X 18], et le message suivant était apparu devant moi :

<sélectionner les compétences pour fusionner : [Compétence 1] & [Compétence 2]>

C’est alors que j’avais réalisé que pour créer une compétence de rang Empereur, je devais avoir N’IMPORTE quelle compétence au niveau d’amélioration 5 et une compétence Maître avec le 5e niveau d’amélioration.

Maintenant, je trouve ça logique que Nanya ait décrit une compétence de rang Empereur qui ressemble à une combinaison de [Boule de feu] et [Lance de glace], avais-je pensé en regardant le message.

Je m’en doutais dès le moment où j’avais vu le message concernant les exigences pour la prochaine mise à niveau. La compétence améliorée de [Boule de feu] au rang Maître et ce que Nanya avait décrit ne correspondaient pas du tout. En d’autres termes, je pouvais faire une quantité incroyable de compétences de Rang Empereur en les fusionnant, mais gaspiller autant de points de compétences ne m’avait pas semblé si excitant.

J’avais choisi les deux seules compétences que j’avais au niveau d’amélioration 5 : [Lance de Glace Barbelée Explosive X 4] et [Boule de Feu guidée X 18]. Le résultat m’avait coûté 150 points et la compétence que j’avais obtenue était la suivante :

[Glacier infernal X 10] <Permet de créer 10 lances de glace avec une pointe dentelée et couverte de feu liquide. Le noyau de la lance est à 100 degrés sous le point de congélation de l’eau. Le feu liquide est à plus de 3000 degrés au-dessus du point de congélation de l’eau. Au moment de l’impact, le feu liquide se propage et adhère à la cible, tandis que la pointe dentelée de la lance de glace explose à l’intérieur de la cible. Coût : 200 points de mana>

J’avais dégluti quand j’avais lu la description. Cela semblait assez dangereux et franchement parlant, j’avais hâte de le tester.

Alors que j’étais curieux d’un détail, j’avais choisi l’option de mettre à jour pour ce sort, juste pour voir quelles étaient les exigences.

<[Glacier Infernal X 10] ne peut pas être mis à niveau sous forme de noyau de cristal.>

Hein ? Alors... et si je demandais…, avais-je pensé, j’avais regardé la dernière partie du message.

« Mettre à jour la forme du noyau de cristal, » avais-je dit.

Il ne s’était rien passé.

« Amélioration de la forme du noyau de cristal, » j’avais réessayé avec une autre formulation, mais j’avais eu le même résultat.

« Création d’un nouveau corps, » demandai-je.

<Erreur 404>

FRANCHEMENT !? avais-je crié dans ma tête.

J’avais poussé un long soupir et j’avais décidé de me détendre et de profiter du fait que j’avais acquis une compétence de rang Empereur. Demain, c’était le moment de tester cette compétence.

Cette nuit-là, je m’étais endormi avec un sourire de bonheur sur les lèvres. Quant à savoir si c’était à cause de la poitrine de Shanteya ou de la nouvelle compétence que j’avais obtenue, je ne le savais pas, mais le lendemain, je prévoyais de continuer à gagner des niveaux et peut-être de débattre avec Nanya et Tuberculus sur la façon dont je pourrais gagner un nouveau corps.

***

Chapitre 28 : Les farces de Nanya

Partie 1

Cette nuit-là, j’avais fait un rêve vraiment bizarre.

J’étais de retour dans mon ancien monde, dans l’appartement de mes parents en Roumanie. Alina était là aussi, mais je ne voyais pas très bien son visage. Je la voyais comme ceux de maman ou de papa, qui étaient tous flous, mais j’avais quand même reconnu l’endroit. Les photos de l’ancien moi étaient là-haut sur l’étagère, commémorant les différents moments de ma vie.

Suzi, leur chat bâillait sur le sol, l’air aussi ennuyeux que d’habitude. Il avait une fourrure blanche avec une petite tache noire sur le dos. Pour une raison bizarre, il n’arrêtait pas de me fixer avec ses yeux marron fendus.

Mes parents discutaient avec moi, et Alina essayait aussi de dire quelque chose, mais aucun mot ne sortait de leur bouche. C’était comme si j’étais sourd. Dans ma main, je tenais un vieux téléphone, mais il y avait une photo de moi avec Nanya, Ayuseya et Shanteya sur la plage. J’étais en plein milieu d’elles, souriant avec bonheur, et elles étaient plutôt alléchantes et belles dans ces maillots de bain.

« Tu m’as abandonnée..., » c’était ce qu’Alina avait dit à un moment donné et m’avait montré une photo d’elle en robe de mariée.

Elle se tenait devant un autel orthodoxe typique, laissant le voile blanc couvrir son visage. Je ne pouvais pas le voir, mais d’une façon ou d’une autre, je savais qu’elle versait des larmes de tristesse. Au début, je n’avais rien remarqué de choquant avec l’image, et je pensais que c’était une image de cosplay, mais ce n’était pas le cas. Elle se tenait debout dans une vraie église, et le détail le plus troublant à ce sujet était la croix de marbre blanc placée juste à côté d’elle. Dessus était écrit un nom flou, mon nom. C’était ma croix.

« Comme tu m’as quitté, tu vas aussi les quitter..., » dit-elle, puis elle m’avait montré la photo de moi et des filles sur la plage.

Un frisson avait coulé le long de ma colonne vertébrale, et c’était à ce moment-là qu’une étrange obscurité s’était emparée de moi et m’avait entièrement englouti. J’avais été laissé flottant à l’intérieur de mon esprit intérieur, criant et essayant de m’en libérer. J’avais paniqué et j’avais essayé de repousser l’obscurité, mais elle n’avait pas bougé... Je n’étais pas assez fort.

« Je vais te tuer toi et elles aussi..., » j’avais alors entendu la voix de Dankyun.

« Je ne te laisserai pas faire ! » Je lui avais crié dessus, mais je ne pouvais pas l’atteindre.

J’avais été laissé en train de flotter dans l’obscurité, écoutant les rires de Dankyun et entendant les cris de Shanteya, Nanya et Ayuseya. Tout mon corps frissonnait, et je craignais vis-à-vis de leur terrible destin. En plus d’elles, j’avais aussi entendu les cris des professeurs de l’académie et les cris des élèves comme s’ils étaient dans une guerre. En parlant de ça, je n’avais pas beaucoup interagi avec eux, n’est-ce pas ? Je ne pourrais même pas en nommer un ou deux...

Quand je m’étais réveillé, je frissonnais et je respirais difficilement. Le fait de me voir entouré par l’obscurité de mon esprit intérieur m’avait rendu confus, et pendant un moment, j’avais cru que j’étais encore dans ce terrible cauchemar.

Finalement, il s’agissait de l’étreinte chaleureuse de Shanteya qui m’avait calmé.

En soupirant, je l’avais regardée. Elle dormait encore, m’affichant une expression douce et paisible. J’avais l’impression que rien ne pourrait jamais lui faire du mal, mais je m’étais souvenu des terribles cris de mon rêve, et la peur de la perdre avait refait surface. Je l’avais serrée dans mes bras et j’avais poussé mon visage dans sa poitrine, prenant sa chaleur et écoutant les doux battements de son cœur.

« Je ne veux perdre aucune de vous deux..., » avais-je dit en chuchotant.

Bien que je sentais le besoin de fermer les yeux et de me rendormir, j’avais résisté à la tentation parce que je ne voulais pas risquer de retourner dans ce terrible cauchemar.

[Point de vue d’Ayuseya]

Ces deux derniers jours, j’étais restée loin d’Illsyore. Il ne m’avait jamais appelée pour dormir avec lui non plus. La seule compagnie que j’avais à cette époque était mes larmes et mes livres.

Après avoir lâché la lettre de ma mère, je n’avais pas essayé de la relire. Je n’en ressentais pas le besoin, je ne pouvais pas non plus me résoudre à le faire.

D’une certaine manière, j’attendais tout ce temps qu’Illsyore revienne et me jette dans les griffes de Dankyun. C’était tout ce qu’il fallait faire pour se débarrasser de moi. Quant à ce mariage... C’était étrange, mais dans ce monde, l’anneau noir n’existait pas.

Pendant un certain temps, je me demandais si ce n’était pas simplement une illusion affectant mon esprit, un simple sort destiné à m’asservir à sa volonté. Mais si c’était le cas, pourquoi n’avait-il pas agi comme tel ?

Je n’avais pas envie de retourner vers lui, mais m’enfuir me semblait encore plus difficile. Mon avenir était incertain ou plutôt prédisposé à la douleur et à l’obscurité.

La seule chose à laquelle je n’avais jamais pensé était le suicide... Même si la vie me traitait si mal, le suicide était quelque chose que je n’avais jamais considéré comme une possibilité ou un moyen d’échapper à ce tourment. Quel en aurait été l’usage de toute façon ?

En poussant un soupir, j’étendis les bras et levai les yeux vers le haut, ou là où je pensais être le haut.

« C’est la faute d’Illsy..., » avais-je dit.

Je voulais vraiment faire confiance à ce Seigneur du Donjon. Je voulais vraiment penser que ce mariage pourrait être la chose dont j’avais toujours rêvé, mais je n’avais pas de preuve irréfutable qu’il en était ainsi.

Comment puis-je le tester ? J’avais réfléchi et j’avais regardé ma collection de livres.

Il y avait beaucoup d’histoires dans lesquelles je pouvais trouver une source d’inspiration, mais beaucoup d’entre elles exigeaient que je sois à l’extérieur de cet endroit. Ce n’était pas comme s’il n’y avait pas de moyen, mais la seule question qui me traversait l’esprit était : Quelle est la première étape à franchir ?

[Point de vue de Dankyun]

Le petit déjeuner, comme toujours, était comestible, mais plutôt pathétique pour une personne de mon rang. L’idée de tuer le cuisinier m’avait traversé l’esprit, mais hélas, il était difficile d’en trouver un bon par ici. Du bon côté des choses, le thé avait été fait par moi, et c’était délicieux même si les assortiments étaient plutôt limités.

Il n’y avait aucun doute sur le fait que cette académie était l’endroit le plus ennuyeux où je pouvais passer mon temps. L’académie n’était remplie que de pathétiques faibles de toutes sortes et de toutes les espèces. Il ne manquait que les hommes-bêtes d’ici, mais il leur était interdit de quitter leur continent. Nanya était la seule que je pouvais voir comme une menace possible, le reste pouvait être annihilé avec un seul coup de poing.

Pourtant, alors que j’avais l’air de ne rien faire, j’étais en train de charger ma compétence Suprême. Une fois que j’aurais quitté ce dépotoir, un petit « accident » allait se produire, et tout d’un coup, l’académie allait disparaître. Les bêtises bureaucratiques et politiques gênantes allaient être traitées par la suite. J’avais beaucoup de pions à utiliser comme bouc émissaire si le blâme pour toute cette affaire laissait entendre que cela allait dans ma direction.

Pendant ce temps, mes deux assassins El’doraws me tenaient au courant de ce qui s’était passé à l’extérieur du territoire du donjon. Jusqu’à présent, il n’y avait aucune preuve réelle à l’appui de l’une ou l’autre théorie. En d’autres termes, Ayuseya avait quitté cet endroit, mais en même temps elle ne l’avait pas quitté. Les donjons étaient trop petits et trop faibles pour offrir un abri possible, mais jusqu’à ce que ces deux-là aient fini de fouiller chaque petit recoin de ce territoire, je n’avais pas l’intention de faire le premier pas. Mes soldats avaient déjà reçu des instructions sur ce qu’il fallait faire. Quant aux étudiants draconiens inscrits ici, j’avais prévu de les attirer à mes côtés. Ils n’avaient pas besoin d’étudier dans un tel endroit. Cela ne ferait que faire honte au nom de notre espèce. Bien sûr, s’ils refusaient, la punition viendrait plus tard.

Quand j’étais jeune, un aventurier draconien me l’avait dit un jour : « Nous sommes l’espèce la plus puissante et la plus parfaite de toutes ! Nous sommes les descendants de dieux et de demi-dieux ! Nous sommes les premiers à conquérir un donjon ! Nous sommes les plus vieux et les plus sages ! Voir une espèce comme les humains ou toute autre espèce détenir plus de pouvoir que nous est une honte qu’un vrai draconien doit essayer de rectifier à tout prix ! »

J’avais gardé ces paroles fidèlement dans mon cœur depuis lors, et on m’avait constamment montré, preuve après preuve, que mon espèce était plus forte que toute autre. En même temps, j’avais remarqué que j’étais meilleur que mes compagnons draconiens, j’étais plus fort, plus rapide et plus intelligent ! Obtenir le rang de Suprême n’était qu’une formalité qu’il me fallait accomplir pour obtenir un plus grand pouvoir. Mais maintenant, je méritais mieux !

Ayuseya allait être un bon tremplin pour moi pour y parvenir. Par la suite, il serait assez facile de se débarrasser de cette famille royale pathétiquement faible qui ne cessait de compter sur les autres pour être sa force. Ils ne méritent pas le sang royal qui coulait dans leurs veines, et j’avais l’intention d’en retirer jusqu’à la dernière goutte ! Quant à ma future épouse, avec ou sans elle, il y a plusieurs façons d’obtenir le trône.

En y pensant logiquement, je n’avais pas besoin d’épuiser autant d’énergie uniquement sur celle-ci. Si j’attendais encore 10 ou 20 ans, j’étais sûr qu’une autre femme allait naître dans la famille royale, et je pouvais la prendre. Cependant, cette fois, j’allais m’assurer qu’elle n’essayait rien de stupide.

Même moi, j’avais dû admettre que le tour qu’elle avait utilisé pour se débarrasser de nos fiançailles était complètement inattendu, mais même ainsi, c’était simplement un petit contretemps pour une personne comme moi. On ne m’appelait pas Suprême pour rien.

Les seuls qui pouvaient réellement essayer d’arrêter mes plans étaient les autres Suprêmes dans ce pays, mais aucun d’entre eux n’avait la force ou la volonté de le faire. Ensemble, disons qu’ils le pourraient, mais à la fin, je sortirais certainement victorieux. En plus de mon épée, j’avais aussi mon armure. C’était... un objet très utile pour toutes sortes de situations. Ensuite, j’avais mes bagues, mon amulette et des cristaux de sorts comme celui que j’utilisais maintenant pour charger ma compétence suprême. Quand le moment serait venu, je pourrais les activer et les utiliser sans dépenser une seule goutte de mon propre mana.

Ces cristaux de sorts étaient des artefacts plutôt intéressants. Bien qu’utilisables une seule fois avant que le mana à l’intérieur d’eux ne soit épuisé, ils pourraient devenir un véritable facteur modifiant le résultat d’un combat, en fonction de la compétence qui y était infusée. Ils avaient leurs propres limites de capacité, et ils étaient plutôt difficiles à charger. Peu d’entre eux avaient eu la patience de passer par le processus laborieux de l’approvisionnement en mana. Pour une compétence suprême, cela peut même prendre jusqu’à quelques jours pour la charger, ce qui faisait qu’attendre qu’Ayuseya sorte de son trou de refuge n’était pas une perte de temps. Je me demandais de temps en temps si Nanya en avait, mais c’était plutôt douteux. Ces choses étaient chères à la fois à faire et à acheter. Il y avait aussi une autre raison pour laquelle elle n’en avait pas. Cette femme refuserait sûrement d’utiliser quelque chose qui faisait autrefois partie du noyau d’un donjon.

Ainsi, pendant que personne ne regardait, je rechargeais mon cristal de sort. J’en avais d’autres de prêt, dont un avec [Vol] et un autre avec [Invisibilité]. Bien que je n’avais pas ces compétences personnellement, payer un aventurier du rang Divin ou Empereur pour les charger n’était pas du tout considéré comme un gaspillage. Bien sûr, j’avais payé pour ça, surtout lorsqu’ils avaient fait du bon travail. La seule condition que j’avais était qu’ils soient draconiens.

En fin de compte, mon emploi du temps à cette Académie de Magie de Fellyore était assez simple : Je me réveillais le matin, je prenais mon petit déjeuner, puis je chargeais mon cristal jusqu’à midi. Après cela, j’écoutais les rapports de mes hommes et ceux des assassins. Je déjeunais, puis je continuais avec une autre séance de charge de mon cristal. Pendant ce temps, je convoquais des étudiants draconiens et je les persuadais de se joindre à ma cause et de quitter cet endroit pathétique.

« Hm, je suppose que je pourrai finir ça d’ici demain soir ? » avais-je dit en prenant une gorgée de mon thé. Ce n’était pas mal, mais la prochaine fois je pensais ajouter une feuille de Ratgrey.

[Point de vue d’Illsyore]

Le cauchemar m’avait empêché de dormir pendant quelques heures avant que Shanteya ne se réveille. J’avais essayé de me rendormir, mais je n’y arrivais tout simplement pas. J’avais gardé les yeux fermés et j’avais écouté le battement de cœur de mon El’Doraw. Les battements doux étaient comme une tendre mélodie, et son souffle calme me rappelait que j’étais en sécurité, dans ses bras, et que je n’affrontais pas Dankyun dans une bataille de vie et de mort.

En toute honnêteté, j’espérais qu’il partirait calmement, mais quelque chose m’avait dit que ce ne serait pas le cas. Si les clichés de mon monde fonctionnaient ici aussi, alors sans aucun doute, on s’attendait à ce qu’il fasse quelque chose pour semer le trouble. D’une façon ou d’une autre, il allait nous faire nous battre.

Peut-être que c’est dans ma tête..., avais-je parfois pensé pendant que je réfléchissais aux nombreuses possibilités.

Au moins, j’avais réussi à me calmer suffisamment pour saluer Shanteya le matin avec le sourire.

Après notre baiser du matin, je l’avais libérée de mon esprit intérieur et lui avais permis de se faufiler dans la forêt, où elle reprenait son massacre de la faune locale pour obtenir l’amélioration constante de mon niveau. Je n’avais aucune idée de la façon dont cela affecterait Nanya et Shanteya, mais jusqu’à ce qu’elles me permettent de vérifier leurs statuts, je ne pouvais rien y faire. Techniquement parlant, je n’avais pas besoin d’approbation, mais je voulais être poli.

Je m’étais un peu forcé, mais j’avais réussi à terminer le tunnel de fuite pour les étudiants. Personne n’avait la moindre idée de l’endroit et de la durée pour faire une telle chose. Les murs enchantés le gardaient éclairé et à l’abri de tout ce qui allait se passer au-dessus. Bref, les préparatifs de guerre se déroulaient sans heurt.

Cela avait pris environ cinq heures et demie, plus ou moins dix minutes. J’avais travaillé sans arrêt et je l’avais fait aussi vite que possible, en veillant toujours à ne jamais exagérer avec ma consommation de mana et en même temps utiliser autant que possible.

De retour à l’académie, il était déjà midi. Avec un bâillement sur mes lèvres et en attendant que mon mana se renouvelle, j’avais cherché autour de moi tout ce que je devais réparer. Le fait de trouver Nanya ou Tuberculus était un bonus supplémentaire.

« Rien ne semble déplacé... et aucun soldat ne se conduit mal, » avais-je dit alors j’étais en train de flotter.

Quand j’avais vu Dankyun, je m’étais arrêté et je l’avais lentement approché. Tuberculus était là aussi. D’après ce que j’avais pu voir, ils discutaient calmement de quelque chose. Ce n’était pas poli d’écouter, mais j’étais invisible, donc ça n’avait pas d’importance.

« Absolument pas ! » déclara le vieux directeur.

« Ce n’est pas une question qui doit être débattue, les étudiants draconiens eux-mêmes sont d’accord avec cela après que j’ai eu une belle conversation avec eux hier. » Dankyun expliqua sans même regarder le vieil homme.

Avec sa poitrine gonflée comme ça et ses mains derrière son dos, j’avais l’impression de regarder un noble avec une attitude prétentieuse, mais peut-être que je n’étais pas si loin de la vérité. Il ne voulait même pas montrer le moindre signe de respect envers ceux qui l’entouraient.

« Même ainsi, j’ai la responsabilité de respecter les décisions de leurs parents ! Même s’ils sont draconiens, les enrôler soudainement dans vos troupes, c’est... c’est..., » déclara Tuberculus.

« C’est un honneur. Pour quelqu’un qui est inférieur à Rang Maître de participer à des séances de combat et d’entraînement avec ceux de Rang Maître et plus haut est un véritable honneur ! Aussi, souviens-toi que je suis un draconien Suprême qui est fiancé à leur princesse. Je ne crois pas qu’ils trébucheraient sur une telle opportunité trop tôt ou pas du tout », expliquait-il, mais comme avant, il n’avait pas regardé Tuberculus.

« Ces étudiants ne sont pas prêts ! Ils sont trop faibles et trop jeunes », le vieil homme essayait encore de le faire changer d’avis, mais Dankyun ne voulait même pas en entendre parler.

Je les avais écoutés un peu plus longtemps, mais le draconien était déterminé à ne pas changer sa décision, ou plutôt il ne voyait aucune raison d’écouter l’opinion de Tuberculus. Il ne s’agissait pas tant d’avoir raison que de ne pas être de la même espèce que lui.

Si on regarde en Roumanie, un tel regard chez un homme était peu de choses. En général, les Roumains ne se souciaient tout simplement pas de la couleur de peau et du pays, mais il y avait aussi des exceptions. J’avais vu ces yeux dans les gens souvent étiquetés comme xénophobes ou racistes dans les films ou aux actualités. Ces gens voyaient les autres comme des « choses » en dessous d’eux ou de simples ennemis pour le simple fait qu’ils existaient.

Si j’y réfléchissais attentivement, il y avait de fortes chances que le racisme soit plus courant et considéré comme normal dans ce monde qui ressemble à l’époque médiévale de la Terre. Les droits de l’homme, les droits des Draconiens, les droits des Elfes, les droits des El’Doraws, et ceux de toute autre espèce sensible donnaient l’impression qu’il y avait un côté manquant. Cela n’aurait pas été étrange si j’avais été le seul à héberger une telle morale sur l’égalité.

Devrais-je simplement ignorer ce genre de comportement ? m’étais-je demandé en m’envolant loin de Dankyun.

Quand j’avais regardé autour de moi, j’avais vu des élèves de différentes espèces qui riaient ensemble.

Il était intéressant de constater que le rire était une chose commune à toutes les espèces, de même que les pleurs, la douleur, l’amour et toute autre émotion. Cela m’avait fait me souvenir de quelque chose que quelqu’un m’avait dit un jour.

***

Partie 2

Je crois que cela s’est passé comme ça : Nous parlons d’intelligence artificielle sensible et de vie extraterrestre sensible en dehors de la Terre comme s’il s’agissait d’ennemis que nous devrions détester du simple fait qu’ils ne sont pas humains. Mais qu’est-ce qui fait de nous des humains ? Est-ce les os et la chair de notre corps ou est-ce notre esprit et notre âme ? Je crois que c’est cette dernière, car une fois que nous parlons de chair, il y a beaucoup de différences au sein même de notre espèce pour nous faire nous haïr les uns les autres jusqu’à la fin. De cela, nous voyons des preuves dans le racisme et le comportement xénophobe que beaucoup manifestent sans autre raison que le simple fait que d’autres personnes a l’air différent. Par conséquent, je crois que pour percevoir sans préjugés ceux qui sont différents de nous quant à leur forme physique de base, nous devons nous rappeler que si nous avons la même âme, les mêmes émotions et les mêmes schémas de pensée, alors nous sommes à peu près les mêmes, pensais-je, mais j’avais l’impression que ce n’étaient pas ses paroles exactes.

De toute façon, il avait raison.

Mon expérience dans ce monde pourrait facilement confirmer ces mots. Malgré le fait que Shanteya, Ayuseya, Nanya, Tuberculus, moi et les nombreuses autres personnes dans cette académie étant différents du point de vue de notre espèce jusqu’au lieu de nos naissances, nous pouvions encore vivre ensemble sur la même parcelle de terre sans nous sauter à la gorge. Pour le dire franchement, je n’avais pas encore été témoin de bagarres entre étudiants, où l’un d’entre eux crachait des remarques désobligeantes sur un autre. En dehors d’eux, j’étais un cas plutôt curieux parce que, pour autant que je le sache, les donjons étaient des horreurs en général.

Je sais avec certitude que la façon dont tu es né n’a pas d’importance. J’étais un être humain avant, donc détester ou discriminer quelqu’un simplement parce qu’il n’a pas un corps comme le mien est mal. Nos âmes sont plus ou moins les mêmes... Ce n’est certainement pas juste... Le point de vue de Dankyun est faux, j’en suis certain ! avais-je pensé en secouant la tête.

S’il considérait les draconiens comme supérieurs aux humains ou à d’autres espèces, c’était une erreur. Peut-être que c’était biologiquement correct, mais moralement, ce n’était pas le cas. Malheureusement, je n’avais rien pu faire à ce moment-là. C’étaient des choses qui étaient fortement ancrées dans la société. Pour pouvoir changer n’importe lequel d’entre eux, je devais devenir un être très puissant, quelqu’un face à qui personne n’aurait les moyens de contester.

Est-ce que cela signifie que je veux enseigner ?

 

Cette soudaine pensée m’était venue à l’esprit, et j’avais cligné des yeux en raison de la surprise. L’idée ne me dérangeait pas, mais y avait-il un moyen de faire quelque chose comme ça ? Je pouvais leur parler des choses que je savais de mon monde précédent, mais je n’étais un expert dans aucun de ces domaines, et je n’avais aucune idée s’il y avait des exemples similaires dans ce monde auxquels les élèves pouvaient s’identifier.

J’avais laissé aller mes pensées et je m’étais envolé à la recherche de Nanya. L’enseignante qui avait l’air d’une adolescente s’occupait de ses propres affaires en protégeant les élèves des soldats. Je n’avais aucune idée de ce qui était arrivé à ceux que j’avais punis auparavant, mais elle l’avait probablement traité avec soin, puisqu’il n’y avait pas eu d’histoires à ce sujet par la suite.

« Nanya, t’ennuies-tu encore ? » demandais-je en m’approchant d’elle.

Grâce au petit avantage d’être ma femme, elle m’avait tout de suite repéré et avait haussé les sourcils en réponse.

« Est-ce si mal, hein ? » demandai-je.

« Les choses sont un peu trop calmes à mon goût. Dankyun se comporte aussi..., » avait-elle exprimé son inquiétude à ce sujet en regardant vers le campement temporaire mis en place par les soldats.

« Tuberculus discutait avec lui il y a un instant. C’était quelque chose à propos de lui qui attire les étudiants draconiens de son côté ? » l’avais-je informée.

« Hm..., » elle avait regardé vers le bas et s’était frotté le menton.

« Crois-tu qu’il prépare quelque chose de mal ? » demandai-je

« C’est un peu difficile à dire, » répondit-elle. « Le Dankyun que je connais était un faux qu’il avait créé juste pour voler mon épée. Le vrai est toujours un mystère, mais une chose dont je suis certaine, c’est qu’il considère les draconiens comme la meilleure espèce parmi toutes. Il serait beaucoup plus enclin à écouter l’un des siens qu’un humain ou un elfe. Après cela, je sais qu’il n’aime pas ceux qui sont plus faibles que lui et montre un peu de respect envers ceux qui sont plus puissants que lui. »

« Fondamentalement, si tu es humain et plus faible que lui, tu es complètement ignoré. Si tu es plus faible et draconien, tu as une chance d’être écouté, mais plus tu es faible, plus il est probable qu’il te regardera de haut ? » avais-je demandé.

« En quelque sorte, mais pour ajouter à tes mots, si tu es plus faible que lui, tu es méprisé, peu importe l’espèce, » elle secoua la tête et soupira : « Je ne peux pas croire qu’un homme comme lui soit un Suprême ».

« Les autres ne sont-ils pas pires que lui ? » avais-je demandé.

« Oui, les Suprêmes Draconiens de Paramanium sont les pires, mais ils ne bougeront pas sans ordre. Mais ce ne sont peut-être que des rumeurs. Je n’ai encore rencontré aucun d’entre eux. Les seuls Suprêmes que je connais sont ceux de Shoraya, Dreziurne et Pendaros, qui sont des Suprêmes inférieurs. Ils sont très gentils envers les autres. Je sais aussi que le troisième continent a beaucoup plus de Suprêmes, mais je n’en ai jamais rencontré personnellement », dit-elle en poussant un autre soupir et en levant les yeux vers moi. Avec un sourire sur les lèvres, elle m’avait dit : « Faisons des plaisanteries aux soldats de Dankyun !! »

« Hein ? Es-tu sûre de ça ? Ne vont-ils pas s’énerver ? » avais-je demandé.

« Qu’ils le fassent, mais tant qu’ils ne sauront pas qui a fait les farces, tout ira bien ! », dit-elle en levant le pouce.

« Très bien, » déclarai-je.

Entre nous deux, elle devait être celle qui devait devenir plus furtive. J’étais déjà invisible et presque indétectable tant que je n’ouvrais pas la bouche. Nanya s’était faufilée à l’intérieur de leur camp et s’était cachée dans l’un des buissons. Les soldats occupaient la plus grande partie du jardin arrière, faisant un gâchis de tous les buissons et de toutes les parcelles de fleurs. 17 tentes avaient été dressées un peu partout, et des tâches avaient été assignées à chacun d’eux. Pendant qu’une partie d’eux dormait, les autres surveillaient. De cette façon, ils n’avaient pas à s’inquiéter des attaques-surprises. Ils avaient un cuisinier, quelques-uns qui nettoyaient les armures sales, d’autres qui manipulaient les armes et les aiguisaient, tandis que les trois commandants sous Dankyun s’occupaient de l’entraînement des plus faibles des leurs. Si je ne savais pas la situation, je dirais que je regardais un camp militaire au milieu d’une zone de guerre. Ils étaient sur le terrain d’une Académie de Magie, ils n’auraient pas dû agir avec autant de rigueur et de prudence. L’air autour du camp était vraiment tendu. Même moi, je pouvais sentir la pression à laquelle ces soldats devaient faire face, mais ils pouvaient tous être des ennemis potentiels, donc il était hors de question de ressentir de la pitié pour les farces que nous allions leurs jouer.

La première que Nanya avait prévu de faire était ce que j’appellerais un classique. La cible était le cuisinier, qui était en train de préparer une grande quantité de soupe.

« Le poivre super-mega-extraépicé de la Langue Boursouflée, » déclara-t-elle avec un sourire en le sortant de sa poche.

J’avais plissé les yeux sur les petits grains de poivre noir. Ça n’avait pas l’air si dangereux, mais connaissant Nanya, il y avait de fortes chances que j’eus tort.

« Qu’est-ce que tu veux en faire ? » avais-je demandé.

« Pas moi, toi ! » elle avait souri et m’avait offert la chose.

« Hein ? » J’ai cligné des yeux.

« Mets-le dans le pot et écrase les graines. C’est très fort ! Puis, laisse tomber le reste dans le baril d’eau là-bas, » elle m’avait indiqué le pot, puis un gros baril non loin de là.

En parlant de ça, où avaient-ils trouvé tout ça ? Je ne me souvenais pas qu’ils transportaient d’énormes barils et des pots de cette taille.

« D’accord, » avais-je dit. Puis, en utilisant la [Télékinésie], j’avais pris le poivre noir et je l’avais placé dans les différents endroits.

La mission avait été accomplie rapidement et ensuite j’étais retourné à Nanya. Elle riait sur ce que je venais de faire.

« Combien de temps devrons-nous attendre ? » avais-je demandé.

« Nous allons entendre parler des résultats assez rapidement, » elle avait souri et s’était éloignée de là.

La cible suivante était un garde qui n’arrêtait pas de se vanter de la beauté de sa femme se trouvant encore à la maison. Même moi, je commençais à m’intéresser à elle quand je l’avais entendu.

« Elle est douce comme un rayon de lune, belle comme un lys et souple comme une noble jeune fille ! Ah ! Ma bien-aimée m’attend, et j’ai hâte de me blottir dans ses bras ! T’en ai-je déjà parlé tout à l’heure..., » déclara-t-il. Face à ça, l’autre garde avait plissé ses yeux.

« OUI ! Plus de cent fois déjà ! Même les rochers s’ennuient ! Et je jure devant le Dieu de la guerre, si tu oses raconter comment tu l’as rencontrée pour la première fois, je vais t’attraper par la queue et te jeter dans la première meute de Dayuk que je vois ! » répliqua l’autre garde, tout en essayant de son mieux de ne pas dégainer son épée et de frapper le cou de l’autre garde.

« Ah, je pensais que tu aimais ça ! » déclara le premier en regardant un peu vers le bas.

Le draconien lui avait jeté un coup d’œil et avait détourné le regard, essayant de se concentrer sur son travail.

Pendant ce temps, pas si loin de l’endroit où se trouvaient ces deux-là, Nanya et moi écoutions le tout en nous couchant derrière un buisson dense.

« Alors... qu’est-ce qu’on va leur faire exactement ? » lui avais-je chuchoté.

« Chut ! Je réfléchis..., » dit-elle en plissant des yeux et en fronçant son front.

Nanya essayait de se concentrer. D’un autre côté, je ne pouvais penser qu’aux pelures de bananes et à certaines choses que j’avais vues à la télévision ou sur le NET. En pensant à eux, j’avais réalisé qu’ils n’étaient pas si drôles. Certains étaient plutôt effrayants et méchants, tandis que d’autres auraient été assez horribles si ceux qui faisaient l’objet de la farce avaient une sorte d’arme sur eux.

« Dois-je essayer d’enlever les pantalons avec Colly Tos ? » avais-je demandé en m’ennuyant un peu.

« Illsssssssy... » Nanya m’avait regardé d’un regard glacial, tandis qu’une culotte rose flottait d’en haut.

« Oups, désolé, » avais-je dit. Puis elle l’avait attrapée dans les airs.

« Hm, » elle avait plissé les yeux vers moi. « Cible le maigrichon et essaie d’utiliser ce sort sur lui, mais cette fois-ci, CONCENTRE-TOI ! » Elle m’avait fixé du regard et avait croisé les mains sur sa poitrine.

« D’accord..., » avais-je dit en regardant ma nouvelle cible.

Je m’étais concentré sur le vol de son pantalon et de rien d’autre. S’il n’avait pas un enchantement de [Pas de Vol] sur lui, alors ça marcherait.

« Colly Tos ! » avais-je dit qu’après m’être concentré très fortement sur ça.

Quelque chose était apparu devant moi et était tombé par terre. C’était blanc et ce n’était certainement pas un pantalon. En regardant Nanya, j’avais vu qu’elle était encore habillée et que sa culotte était dans sa main droite, donc ce n’était certainement pas la sienne. Je savais ce que Shanteya portait, alors elle n’était plus sur la liste.

« Qu’est-ce que c’est ? » avais-je demandé alors que j’avais utilisé [Télékinésie] afin de ramasser le morceau de tissu et le soulever dans les airs.

C’était énorme, et c’était même encore plus grand que Nanya elle-même. Je me demandais si c’était une couverture ou quelque chose du genre.

« Qu’est-ce que c’est que cette chose ? » demanda la jeune fille tout aussi surprise.

« Un drapeau ? Un couvre-lit ? » avais-je demandé alors que j’avais soulevé la chose par l’autre extrémité.

Cela avait en effet plus de 2,5 mètres de long, mais ce n’était pas possible... cela se pourrait-il ?

« AH ! La culotte de ma femme a disparu ! C’était mon porte-bonheur ! L’ai-je fait tomber ? » J’avais entendu le draconien maigre dire en cherchant dans toutes ses poches le morceau de tissu géant que je tenais dans mes mains télékinétiques.

« Oh pour l’amour de... Je vais là-bas, et ne t’approche pas de moi ! » déclara l’autre garde agacé au-delà de ses limites.

Nanya essayait de ne pas rire.

« Hehe ! Je sais que les femmes draconiennes sont énormes, mais c’est ridicule ! » m’exclamai-je.

Je ne riais pas. J’étais paralysé à la fois par la terreur et le choc. Je tenais dans mes mains une culotte géante. Elle n’était même pas du genre mignon, c’était simple, vraiment basique.

En prenant une grande respiration, j’avais replié la culotte en boule et je l’avais ensuite jetée au garde tout maigre. Elle avait été frappée directement au niveau de la tête, ce qui avait fait que Nanya avait eu du mal à contenir son rire.

« Mon porte-bonheur ! Hein ? D’où vient-il ? C’est un dieu qui me l’a envoyée ? Oh, que le ciel soit béni ! » déclara l’homme draconien en étreignant le sous-vêtement géant.

Le soldat n’avait pas pris la peine d’essayer de savoir d’où elle venait, alors dès qu’il était hors de notre vue, Nanya avait éclaté de rire.

« Ce n’est pas drôle ! » avais-je gémi.

« HahahHHaha ! Mais Illsy ! Je ne peux pas m’arrêter ! BUHAHAHAHHHaha ! C’est un sort cassé ! Même lorsque tu te concentrais sur un seul objet, tu réussissais à obtenir la seule chose qui a un lien avec une femme, une culotte géante ! BUHAHAHAHHHaha ! Je suppose que la taille n’a pas d’importance ! » déclara-t-elle en riant sur le sol.

« Je n’y peux rien ! Le sort est brisé ! En outre, j’ai une limite de poids..., » m’étais-je plaint.

« Hooo ? Et si Ayuseya atteint cette taille ? » demanda-t-elle avec un grand sourire.

« J’inventerai le tapis roulant, » avais-je rapidement répondu.

« Tap... Lant ? Qu’est-ce que c’est ? » demanda-t-elle en clignant des yeux, surprise et en inclinant la tête vers la gauche.

« Un appareil magique qui t’aide à perdre du poids, » j’avais plissé les yeux vers elle.

« Hahahaha ! Qu’est-ce que c’est que ça ? Il suffit d’acheter une potion amaigrissante ! Et aussi, tu ne sais pas ?  Être gros, c’est être riche. Certains nobles font même des compétitions pour voir qui a le plus gros ventre ! J’ai vu un noble un jour qui était plus gros que sa femme enceinte, qui était au 9e mois ! Buhahahaha ! » continua-t-elle à dire en riant.

Potion amaigrissante ? Je ferais mieux d’apprendre à les faire avant qu’ils n’inventent la restauration rapide. Je vais faire un massacre ! Je vendrais de la nourriture à une extrémité du donjon et la potion amaigrissante à l’autre extrémité. Parfait ! Et vraiment... des compétitions de taille de ventre ? avais-je pensé en regardant l’enseignante adolescente qui gloussait de rire.

« D’accord, épouse, quelle est la prochaine farce qu’on va faire ? » avais-je demandé en essayant de changer de sujet.

« Oh, c’est vrai ! Nous allons mettre de l’huile sur les poignées de leurs épées ! », avait-elle dit en souriant.

« N’est-ce pas dangereux ? » avais-je demandé.

« Qui s’en soucie ? » elle avait haussé les épaules et était partie à sa prochaine destination. « Pfft, une culotte géante... »

Avec un soupir, je l’avais suivie jusqu’à l’autre côté du camp de soldats. Nous nous étions cachés derrière l’une des tentes et en utilisant mon sort [Télékinésie], j’avais réussi à verser l’huile visqueuse et glissante sur les pointes des épées placées dans un tonneau. Mais je pouvais encore les attraper sans problème. La dernière chose que nous avions faite avant de partir avait été de verser de la poudre qui démangeait sur les terrains d’entraînement et de la mélanger avec la boue qui s’y trouvait. Chaque chute que les soldats feraient finirait par les envoyer dans une frénésie de démangeaisons.

Une fois que nous avions terminé, nous nous étions assis et nous avions apprécié le spectacle...

« AARGH ! Trop piquant ! » cria la première victime qui osa goûter l’effet du poivre.

Nanya riait déjà en voyant ça, la victime s’était alors dirigée droit vers le baril d’eau.

« C’EST FORT ! » cria-t-il en courant à gauche et à droite, essayant d’éteindre les flammes dans sa gorge.

Sa seule solution avait été d’utiliser la magie. En utilisant un sort qui avait invoqué une boule d’eau, il l’avait tirée en l’air et s’était tenu juste en dessous quand elle était tombée. Cela n’éteindrait pas les flammes dans sa gorge, mais c’était bon pour un soulagement temporaire.

« Attention ! » avait crié l’un des soldats qui avaient utilisé l’épée avec la poignée glissante.

La lame avait volé dans les airs et avait poignardé le sol entre les pieds de l’un d’eux. L’homme était à deux doigts de se retrouver incapable d’engendrer des enfants. En voyant cela, il s’était évanoui un instant plus tard, provoquant une grande explosion de rires chez Nanya. Les autres soldats riaient aussi, tant du malheureux que de ceux qui essayaient de saisir les poignées des épées.

Sur les terrains d’entraînement, deux draconiens à l’air sérieux essayaient de mesurer leurs forces l’un par rapport à l’autre. Il s’agissait d’une compétition de lutte, la chose parfaite pour les salir et les couvrir de boue qui démangeait. Même moi, j’attendais de voir un résultat amusant.

Après quelques chutes, les hommes avaient commencé à se gratter comme des fous. Ils étaient sortis du ring et avaient sauté directement dans l’étang devant le belvédère. La poussière qui démangeait était assez forte, mais l’eau avait affaibli l’effet.

Bien sûr, personne ne nous soupçonnait tous les deux d’être les vrais farceurs, et au lieu de cela, les soldats draconiens se blâmaient les uns les autres. Cela s’était même terminé par une bataille entre quelques soldats, que leurs commandants avaient interrompue peu de temps après. Ce n’étaient pas les seules victimes de nos farces, mais le résultat final était plus ou moins le même, les draconiens se grattant partout, criant « FORT », et les mâles adultes étaient à peine capables de tenir une épée dans leurs mains.

« Eh bien, c’était amusant ! Nihihihi ! » déclara Nanya en souriant.

« Je suppose, » avais-je répondu.

Nous marchions dans la forêt, faisant le tour du camp pour retourner à l’académie.

« Et toi, avec cette culotte géante ! C’était vraiment drôle », déclara-t-elle en riant.

« Ne me rappelle pas ça, sinon j’aurai des cauchemars... En parlant de ça, qui a de toute façon inventé la culotte ? » avais-je demandé.

« Qui sait ? » elle haussa les épaules « Peut-être le Dieu de la culotte ? » elle ricana.

C’était une blague, je le savais, mais il y avait quelque chose comme le Dieu des gros seins, alors peut-être...

Non ! C’est impossible ! J’avais secoué la tête et nié fermement l’existence d’un tel dieu.

***

Partie 3

[Point de vue d’Illsyore]

« Penses-tu qu’ils découvriront que c’était nous derrière ces farces ? Je suis surpris que personne ne t’ait entendu rire ainsi, » avais-je demandé en la regardant.

« Oh ça ? J’ai utilisé un sort qui a réduit au silence tous les sons autour de moi. Ce n’est pas un sort de furtivité parfaite, mais pour quelque chose comme cela, c’était suffisant. Tant qu’ils n’ont pas entendu ou senti notre présence, nous n’avons rien à craindre. D’ailleurs, que vont-ils faire ? Nous pointer du doigt et se plaindre ? », haussa-t-elle les épaules comme si ce n’était rien.

Certes, s’ils avaient essayé quoi que ce soit, Nanya à elle seule était assez puissante pour tous les achever. Dans mon cas, il s’agissait simplement de lancer un sort de 5000 points de mana de n’importe lequel de ceux que j’avais à ma disposition et cela sera fini. Pourtant, tous les soldats n’étaient pas là. Je savais que certains cherchaient dans mes autres donjons, et personne n’avait encore réussi à trouver mon donjon secret, mais ils avaient détruit tous les cercles d’invocation magique et les pièges qu’ils avaient trouvés.

Ils essayaient de m’affaiblir. C’est ce que j’avais ressenti. Pour un donjon, les pièges et les monstres étaient leurs armes.

« Qu’est-ce que tu vas faire maintenant ? » avais-je demandé à Nanya quand nous étions arrivés à l’académie.

« Je vais y retourner et prétendre que rien ne s’est passé. Qu’en est-il de toi ? Comment va cette chose dont nous avons parlé  ? » demanda-t-elle.

« Ça va bien, une partie est finie, le reste est presque fini. “Tu sais qui” m’aide à monter de niveaux, » avais-je répondu.

« Bien ! Bien ! Avec un peu de chance, peut-être que ce salaud s’en ira sans faire trop d’histoires ! Nihihihi ! Et aussi, tu n’as pas oublié de renforcer ton armure magique, n’est-ce pas ? » me demanda-t-elle en plissant les sourcils.

Je m’étais arrêté sur mon trajet et j’avais dégluti. Je savais qu’il y avait quelque chose d’important que j’oubliais sans cesse, mais je n’arrivais pas à mettre le doigt dessus.

« Oopsie…, » avais-je dit.

« Ne me fais pas marcher ! Va la renforcer ! Maintenant ! » déclara-t-elle en me regardant fixement.

« Oui ! Oh, et Nanya ? » avais-je dit quand j’avais atteint l’entrée.

« Quoi ? » demanda-t-elle en haussant les sourcils.

« Colly Tos ! » J’avais souri, et sa culotte était apparue au-dessus de moi. « Bye bye ! » avais-je dit et puis je m’étais rapidement envolé de là.

« ILLSY ! » elle avait crié sur moi en reprenant sa culotte.

Elle n’avait pas couru après moi, elle avait juste soupiré et l’avait remise en place. Les soldats n’étaient pas les seuls à s’être fait piéger.

Une fois dans ma salle, j’avais renforcé mon corps de cristal, y infusant autant de mana que je le pouvais sans m’évanouir. Nanya m’avait dit de ne pas charger bêtement mon armure, mais j’avais le sentiment que plus mon armure était forte et grande, mieux c’était. C’était toujours le cas pour les héros dans manga et anime. Plus ils mettaient d’énergie dans quelque chose, plus ça devenait fort, cependant, j’avais fait de mon mieux pour le renforcer et le concentrer.

Cela fait, j’avais rejoint Shanteya. À ce moment de la journée, elle avait réussi à stocker un grand nombre de monstres. J’avais absorbé la montagne de cadavres et lui avais fait un rapide « Bonjour », après cela, je m’étais dirigé vers mon donjon. Il n’y avait pas le temps ou le besoin de bavarder, elle était occupée à tuer toute une tribu de Gobelins.

La construction de mon donjon s’était bien déroulée après ça. J’avais réussi à terminer à environ 70 % ce jour-là, mais si l’on considérait l’ensemble, ce niveau était beaucoup plus mortel que les précédents. La partie la plus difficile était les pièges à lave. Fondamentalement, il s’agissait d’un couloir de pièges à pression qui faisait tomber de la lave brûlante en provenance du haut. Il s’agissait d’un type de piège à usage unique, que j’allais devoir réarmer d’une manière très gênante. Une fois la lave durcie, ce passage était bloqué, et ils allaient devoir repasser par un autre couloir rempli de pièges pour atteindre la section suivante du labyrinthe.

La culotte géante m’avait donné une idée intéressante. J’avais construit un tapis roulant primitif, qui était essentiellement une combinaison de rouleaux recouverts d’une courroie en cuir. Le problème venait du fait qu’on essayait de les faire tourner rapidement. J’avais dû faire un lot d’huile et l’enchanter pour qu’elle ne salisse pas la zone et qu’elle ne se répande pas sur ce qui avait été frotté dessus.

Une fois l’installation terminée, je m’étais rendu compte que je pouvais simplement enchanter les rouleaux et la bande pour aller très vite sans l’huile. J’avais lâché un gémissement agacé quand j’avais réalisé cela. Néanmoins, j’avais fini le piège en ajoutant des éléments métalliques pointus à chaque extrémité du tapis roulant et quelques pistons allaient déclencher des haches géantes tranchantes. Toute personne passant par là aurait besoin d’être très agile ou d’avoir une puissante armure magique, sinon, ils finiraient en morceaux ou en brochette.

Une autre chose que j’avais décidé d’ajouter à chaque section de ce labyrinthe était un piège à gaz. L’air était toxique pour toutes ces pièces, mais j’aurais trois voies d’approvisionnement différentes. Fondamentalement, j’avais fait des tuyaux traversant le sol et surgissant le long de divers chemins de tuyauteries ou à l’intérieur de piliers creux. De cette façon, ils étaient très difficiles à trouver et à désactiver. Il y avait de multiples chemins menant à ma chambre, mais tous étaient extrêmement dangereux. Malheureusement, je n’avais aucun moyen de m’échapper de là. Si Dankyun ou n’importe quel autre ennemi m’atteignait, cela allait finir comme une bataille jusqu’à la mort de l’un de nous.

Franchement, je n’avais aucune idée à quel point ce donjon allait être puissant et dangereux. Je voulais être plus créatif avec lui, et bien que mon esprit se soit déplacé dans la direction de la physique quantique et de la mécanique avancée, je n’avais absolument aucune idée comment faire des trous noirs ou des contrôleurs de gravité. Je ne pourrais même pas faire une voiture si je le voulais.

En y réfléchissant, j’ai peut-être eu beaucoup de chance avec le super-alliage Inconel. Si je n’avais pas eu besoin de faire des recherches pour obtenir mon baccalauréat à l’Université polytechnique, j’aurais pu me retrouver avec des murs d’acier ou de fer. Mais encore une fois, est-ce que je l’ai fait ou est-il déjà stocké à l’intérieur de moi par les donjons précédents ? Si oui... comment ces donjons pourraient-ils savoir faire un superalliage découvert seulement à l’époque moderne de la Terre ? J’ai réfléchi à ce sujet en attendant que mon mana se recharge.

La fatigue mentale était évidente vers la fin de la journée lorsque j’avais accidentellement construit un mur incliné au lieu d’un mur normal. J’étais fatigué et il ne me restait plus aucune goutte de désir de construire quoi que ce soit. J’étais devenu léthargique que j’étais devenu si lent dans la construire des choses et que je n’avais aucun moyen de construire proprement quand j’étais ainsi. L’idée d’une méthode copier-coller sonnait bien, mais contrairement au cas du tunnel, je devais me concentrer sur des détails mineurs pour celui-ci.

Épuisé, j’avais quitté le donjon quand il commençait à faire nuit dehors. J’avais volé directement à Shanteya, je l’avais récupérée, j’avais absorbé la pile de monstres et j’étais retourné à l’académie. S’il restait quelque chose à réparer, ce serait pour le lendemain. Je voulais seulement me glisser à nouveau dans le confort de mon esprit intérieur et m’endormir.

« Je suis tellllllement fatigué…, » avais-je gémi en volant dans les bras de Shanteya.

« Alors s’il vous plaît, reposez-vous bien, Maître, » déclara-t-elle alors qu’elle me laissait lui faire des câlins.

« Euh... Illsyore ? » J’avais entendu la voix d’Ayuseya venant de derrière moi.

[Point de vue de Dankyun]

« Mademoiselle Zoraya Del'argo, je présume ? » avais-je demandé en regardant la jeune femme qui était entrée dans ma chambre.

Il faisait déjà sombre dehors, mais même dans la faible lumière des bougies de ma chambre, je pouvais encore voir ses écailles vertes et lustrées qui recouvraient sa queue et ses joues. Elle était un peu plus petite que moi et plutôt mince au niveau de la taille et de la poitrine. Ses yeux verts étaient comme une paire d’émeraudes parfaitement sculptées.

Malheureusement, elle était d’une origine peu noble. Vous pourriez dire que j’avais vu cela comme une merveille le fait qu’elle avait réussi à atteindre l’Académie de Magie de Fellyore. Malgré tout, cet endroit était assez loin de chez elle dans le royaume de Teslov.

« Oui, Milord, » répondit-elle avec un salut poli.

Au moins, elle connaît un peu les bonnes manières, avais-je pensé en la regardant.

« Sais-tu pourquoi tu as été appelée ici ? » lui avais-je demandé en la regardant droit dans les yeux.

Elle avait dégluti, mais n’avait pas fui mon regard. Je lui faisais peur.

« Non, Milord. » Elle secoua la tête.

J’avais incliné un peu ma tête vers la gauche et j’avais agité ma queue de haut en bas à côté de moi. Ses yeux étaient tombés sur mes écailles brun foncé et elle avait ensuite détourné le regard, pensant que je n’avais pas remarqué son regard effrayé.

« Je t’ai appelée ici pour t’offrir la possibilité de rejoindre mes troupes. Tu seras entraînée par mes commandants de rang Empereur et de rang Maître. Tu recevras tout l’équipement dont tu auras besoin pour fonctionner en tant que soldat dans mon unité, mais si tu désires un travail plus “loin du champ de bataille”, je peux te garantir quelque chose en retour à l’Académie Impériale dans l’Empire Paramanium ou la possibilité de travailler sous la direction de l’un de mes proches collaborateurs dans la capitale du Royaume de Teslov, dans le palais ou bien à l’extérieur de celui-ci, selon ton choix, » je lui avais expliqué le marché avec un ton aussi calme que possible.

« C’est très généreux de votre part, Milord…, » déclara-t-elle en clignant des yeux, surprise.

« En effet, ça l’est. Tout ce que je te demande, c’est de renoncer à ta loyauté envers la princesse Ayuseya Pleyades et la famille royale. Jure-moi de me servir et seulement moi, et je m’assurerai de transformer ton avenir en un avenir brillant. Qu’en dis-tu ? » avais-je demandé en souriant.

Aucun draconien sain d’esprit ne refuserait de travailler sous mes ordres. Ces imbéciles malavisés étaient de ma propre espèce, et j’avais le droit de m’assurer qu’ils ne s’éloignaient pas du droit chemin. La promesse de pouvoir et de richesse était généralement l’un des meilleurs moyens de motiver un changement dans leur loyauté.

Même ainsi, il y avait ces quelques imbéciles qui croyaient que l’alternative était meilleure...

« Mais Milord, je ne peux pas trahir la famille royale... Ils sont…, » elle avait commencé à parler, mais le reste de ses mots avait été simplement coupé par moi.

« Assez, » lui avais-je dit en levant la main. Et elle avait fermé la bouche.

J’avais fermé les yeux et frotté mes tempes dans la vaine tentative de chasser les maux de tête que ces idiots me causaient. Pourquoi n’ont-ils pas vu à quel point la famille royale était pathétique ? Pourquoi ont-ils conservé leur loyauté envers une cause mourante ? Je n’arrivais tout simplement pas à comprendre. Je ne pouvais pas comprendre cette chose grotesque !

Berk ! Soit ils sont tous des idiots, soit la princesse leur a dit quelque chose pour les retourner contre moi, avais-je pensé en regardant la jeune femme qui attendait que je parle à nouveau.

« Sais-tu ce qu’est une malédiction de génération ? » lui avais-je demandé alors que j’avais éloigné ma main de ma tempe gauche et que je la regardais d’un œil.

« N-Non, Milord, » répondit-elle.

Elle a peur de moi. C’est bien !

« Alors, laisse-moi te l’apprendre. Une malédiction de génération ou malédiction suprême, comme d’autres l’appellent, est une malédiction qui affecte l’ensemble de ta lignée, de ta génération à la génération suivante. C’est essentiellement... » J’avais relâché l’autre tempe et je m’étais appuyé sur ma chaise. « Si je te maudis, alors toi et tes enfants et leurs enfants recevrez instantanément cette malédiction. Peux-tu suivre ce que j’explique ? » lui avais-je demandé.

« Oui, Milord, mais je…, » elle avait essayé de parler à nouveau, mais je l’avais réduite au silence en levant la main.

« Tu n’as pas besoin de dire un mot, écoutes. » J’avais pris une grande respiration et j’avais regardé dans ses yeux. « Plus une malédiction suprême est forte et plus elle peut engloutir des générations. Par exemple, celle de la Princesse Ayuseya, c’est pour 1000 générations », cligna-t-elle des yeux en raison de la surprise. Bien sûr, peu de gens connaissaient tous les détails derrière la malédiction de la famille royale. « Cependant, la partie intéressante consiste dans les effets spécifiques de cette malédiction de génération. Celle de la famille Pleyades les force à mourir à un âge extrêmement jeune et les rend extrêmement faibles. Ils sont si faibles que même un paysan humain pourrait les tuer. Tu comprends ? » avais-je demandé.

« Oui, Milord, » répondit-elle, mais je la voyais déjà frissonner.

« Maintenant, désires-tu encore servir une princesse qui va mourir dans quelques années ? » lui avais-je demandé. Puis j’avais pointé mon doigt vers elle.

« Je-Je... Je... », elle trembla et baissa les yeux un instant.

Sois une fille intelligente et choisis bien. Je pensais.

« Oui, mais je refuse, » répondit-elle.

« Vraiment ? » Je m’étais penché en arrière dans ma chaise et j’avais regardé le plafond. « Jusqu’à présent, je n’ai réussi à convaincre que trois étudiants de me rejoindre. Ils ont déjà été envoyés pour être entraînés par mes soldats. Quand je pense que parmi eux, seuls trois ont choisi correctement... Soupir ! Décevant... si décevant. » Je l’avais dit à haute voix, mais ça n’avait pas vraiment d’importance si elle m’entendait maintenant.

« Mi-Milord ? » elle parlait d’une voix tremblante.

« J’en ai marre de ce jeu. Si tu ne veux pas que je te tue tout de suite, déshabille-toi. Si tu refuses, je te tue, toi et toute ta famille et tes amis, » lui avais-je ordonné.

Si elle ne voulait pas se joindre à moi, elle pourrait au moins me faire plaisir pour une nuit. À mes yeux, elle n’était rien d’autre qu’une traîtresse...

***

Chapitre 29 : Et c’est ainsi que ça commence….

Soulevant la tête depuis la poitrine de mon El’Doraw, j’avais regardé vers la princesse draconienne. Mes paupières étaient lourdes, mais je n’étais pas fatigué au point de ne pas remarquer la belle vue exposée devant moi.

Ayuseya portait une chemise de nuit rose partiellement transparente qui couvrait à peine sa poitrine. Son corps habituellement dissimulé était maintenant exposé, ce qui me permettait d’en savourer chaque zone, à l’exception de sa région inférieure, où elle portait une culotte. Ses écailles dorées étaient visibles à travers le tissu, me faisant savoir leur présence sur son ventre, ses hanches, la partie inférieure de sa poitrine, juste au-dessus des dernières côtes, sous ses genoux, ses tibias, ses bras et sa clavicule. Avec sa queue enroulée devant, un regard un peu timide pointé vers le bas, et une mèche de ses longs cheveux roux qui tombaient sur sa joue droite, Ayuseya était un joli spectacle à contempler.

Ma bouche s’était ouverte involontairement, et Shanteya l’avait fermée pour moi.

« Que se passe-t-il ? » demandais-je, déconcerté par cette agréable surprise.

« Je…, » elle avait été surprise par ma question et m’avait regardé avec ses yeux rouges de draconienne.

« Hm ? » J’avais incliné ma tête vers la gauche et j’avais essayé désespérément d’enlever toutes les mauvaises pensées dans ma tête.

« Je... j’ai entendu..., eh bien, vous voyez... euh... » elle avait regardé autour d’elle, essayant d’éviter mon regard.

Sachant ce qui s’était passé avant, la façon dont elle avait pleuré, et sa situation compliquée en général, la seule raison valable à laquelle j’avais pu penser pour qu’elle se présente ainsi habillée était pour se réconcilier avec moi en utilisant son corps. Parce qu’elle m’avait crié dessus et avait pleuré après ce qui s’était passé avant ça, alors peut-être qu’elle pensait que j’étais contrarié ou en colère contre elle. Tout cela n’était que pour m’apaiser, mais cela me donnait l’impression d’être un méchant qui profiterait d’une fille innocente.

En poussant un soupir, je m’étais gratté l’arrière de la tête et j’avais réfléchi un peu à la façon d’interagir avec elle. Il était clair qu’Ayuseya n’était pas comme Shanteya, sinon la compétence [Lien de Confiance] serait apparue après cette nuit ensemble.

« Écoutez-moi, Ayuseya. Je ne suis pas contrarié ou en colère contre vous. Comme je l’ai dit, j’ai peut-être fait quelque chose de mal à l’époque, et je m’en excuse, » avais-je dit. Puis j’avais incliné la tête devant elle. « Il n’y a pas besoin de vous forcer à m’apaiser si vous ne le voulez pas. Je ne vais pas vous toucher d’une manière inappropriée. Je n’ai même pas encore touché Shanteya de cette façon. Nanya est hors de question parce qu’elle n’est jamais entrée dans mon esprit intérieur, » j’avais continué à parler avec la tête baissée devant elle.

En tant que personne née et élevée en Roumanie, je ne voyais pas la nécessité de rester dans une telle posture, mais j’avais lu quelque part que lorsque vous vous excusiez et montriez votre côté soumis à la femme que vous auriez pu bouleverser, en tant qu’homme, vous auriez une mince chance d’être pardonné instantanément. Bien sûr, j’avais lu cela sur un forum, donc la crédibilité du conseil était faible.

« Alors... qu’est-ce que vous souhaitez de moi ? » demanda-t-elle d’un ton tremblant.

J’avais dégluti et je l’avais regardée. Mes yeux avaient rapidement bougé pour se verrouiller avec les siens, mais il était difficile de ne pas remarquer l’allure tentante de son corps à peine caché.

« Pour me sentir à l’aise et en sécurité avec vous, et pas menacée... Je ne vous souhaite pas de mal. Euh, je suppose que malgré le fait d’être mari et femme selon cet anneau, nous ne pouvons pas sauter directement à être des amoureux. Je suis désolé, j’ai fait une erreur ! Alors, et si pour l’instant, nous étions tout simplement des amis ? En toute honnêteté, le premier signe de confiance que je vous ai offert est de vous amener ici, dans mon esprit intérieur. Y a-t-il autre chose que je puisse faire ? » lui avais-je demandé. Je lui avais fait un sourire ironique.

[Point de vue d’Ayuseya]

Quand j’avais mis cette chemise de nuit, je savais que je m’exposais beaucoup trop. Je ne m’étais jamais sentie aussi embarrassée de toute ma vie. L’une de mes servantes m’avait suggéré de l’utiliser sur Dankyun, car il s’agissait d’une forme populaire de séduction. Les nobles draconiennes avaient l’habitude d’attirer l’attention de leurs maris après une longue période de négligence de leur part. Je n’avais jamais eu l’intention de l’utiliser pour cet homme, car cette tenue révélait beaucoup trop de choses, cependant, je n’essayais pas de me cacher du regard d’Illsyore. Je savais que s’il y avait une faible chance de succès pour mon plan, alors je devais le faire.

Si l’ancien moi me voyait maintenant, comparaissant devant un Seigneur du Donjon en ne portant rien d’autre que cette pauvre tenue de nuit, j’aurais certainement refusé d’accepter une telle chose. Un cri de colère aurait été la première chose à échapper à mes lèvres, cependant, sans Illsyore, je n’aurais jamais pu crier à nouveau.

Alors, qu’est-ce qui m’avait traversé l’esprit quand j’avais décidé de l’approcher comme ça ? Quelles sortes de pensées folles m’avaient poussée à m’exposer à lui comme une femme dans le District Rouge ?

En regardant mon statut actuel, je n’avais aucun pouvoir et aucun allié d’une force significative. Celui qui m’avait poursuivie jusqu’ici était un Suprême, et j’avais accidentellement épousé un Seigneur du Donjon Divin. Je n’avais pas besoin d’une explication pour comprendre à quel point Illsyore pouvait devenir puissant alors qu’il démontrait déjà des capacités et une puissance qui surpassait de loin les plus anciens donjons de ce continent. La question était de savoir s’il avait le temps de devenir assez fort pour combattre Dankyun et sa petite armée sur un pied d’égalité.

Malheureusement, à ce stade, le seul qui pouvait m’offrir un coup de main était Illsyore. Vu le danger, vu la menace, il aurait dû choisir de se débarrasser de moi plutôt que d’essayer de se battre dans une bataille qui n’avait au départ aucun lien avec lui.

Malgré cela, malgré le fait que j’aurais dû le supplier et lui demander à genoux de m’aider, j’étais là, debout devant lui avec l’intention de le tester. Mon esprit parlait de raison, de me débarrasser de ma fierté, mais mon cœur en tant que femme voulait voir à quel genre d’homme mon destin était lié.

J’avais encore du mal à croire qu’en tant que donjon, il voulait m’aider. Je n’arrivais pas à croire qu’en tant qu’homme, il ne me toucherait pas et ne profiterait pas de moi. Il avait déjà défié les règles et la logique de la plupart des hommes dans ce monde.

Et si... Et si Illsyore a les mêmes plans que Dankyun et souhaite m’utiliser pour son propre bénéfice ? Était la question qui me tourmentait.

C’était étrange, mais je voulais vraiment voir, je voulais vraiment croire que peut-être... peut-être que je pouvais lui faire confiance.

Je savais que c’était une façon stupide d’essayer de voir cela, mais c’est ainsi que je voulais le tester. C’était ce que mes instincts et mes sentiments me disaient de faire : place le steak devant le loup et tu verras s’il peut s’abstenir ou non.

Même ainsi... cela s’était terminé ainsi.

Illsyore se tenait devant moi, inclinant la tête et ne m’ordonnant pas ou n’essayant pas de me faire chanter pour me soumettre. Il ne m’avait pas crié dessus parce que j’en demandais trop. Il n’avait pas examiné mes idées et mes pensées, non... il s’était simplement excusé pour quelque chose qu’il n’avait pas besoin de s’excuser en premier lieu.

J’étais la seule à blâmer... J’étais l’égoïste, mais c’était lui qui disait « désolé ».

« Actuellement, comprenez-vous au moins votre position ? » demandais-je doucement.

Il baissa les yeux un instant, plissant son front et réfléchissant longuement.

« Euh... Peut-être ? » répondit-il avec un sourire forcé.

« Vous pouvez m’ordonner de faire tout ce que vous voulez. Vous pourriez ordonner à Shanteya de me maîtriser. Vous pouvez nous faire tout ce que vous voulez, mais…, » je m’étais arrêtée à mi-chemin et j’avais regardé en bas.

Était-ce une bonne idée de lui dire de telles choses ?

« Je ne ferais jamais une telle chose, », répliqua-t-il catégoriquement en secouant la tête. J’avais cligné des yeux en raison de la surprise et j’avais déplacé mon regard entre lui et Shanteya.

« Le Maître dit la vérité... ici, dans son esprit intérieur, nous sommes libérés des chaînes de ces sorts, » déclara Shanteya en pointant du doigt son cou.

J’avais cligné des yeux une fois de plus de surprise, car je n’avais vu aucun tatouage noir autour de son cou.

Le symbole de son esclavage avait disparu, mais comment est-ce possible ?

« Avez-vous été libérée ? » avais-je demandé.

« Non. Regardez bien ! Vous n’avez pas de bague non plus, n’est-ce pas ? », m’avait-elle fait remarquer, et je m’étais souvenu que c’était bien le cas.

« En d’autres termes, vous êtes libre de suivre votre propre volonté. Je ne peux pas m’en mêler. Je ne peux pas vous ordonner de faire quoi que ce soit, et je suis plus vulnérable ici, à côté de vous deux que dehors, » avait-il avoué.

Ces paroles ressemblaient à un mensonge grotesque.

« Ça ne peut pas être vrai ! Personne ne se mettrait en si grand danger devant quelqu’un qu’il veut contrôler ! S’il l’avait fait…, » j’avais arrêté de parler et je m’étais couvert la bouche.

Ce n’est qu’à ce moment-là que j’avais compris ce que cela signifiait.

Les actions d’Illsyore étaient un miroir de ses propres pensées et sentiments. J’avais d’abord cru que cet endroit était quelque chose de semblable à une prison qu’il avait fait, un endroit secret où il pouvait librement nous contrôler comme il le désirait, mais si c’était en vérité l’endroit où il était le plus vulnérable, alors en me montrant ce côté de lui, il s’était mis dans un danger plus grand qu’aucun Seigneur du Donjon n’oserait se trouver. Je n’étais pas quelqu’un qui lui faisait confiance, mais il osait me faire confiance, croire que je n’allais pas lui faire du mal, que je n’allais pas lui faire du tort.

Des larmes s’étaient accumulées aux coins de mes yeux, mais je les avais essuyées avant qu’elles n’aient eu la chance de couler le long de mes joues.

Avec un sourire sur les lèvres, je l’avais regardé et j’avais hoché la tête.

« Être amis, c’est bien. J’aime ça... On peut être amis, » lui avais-je dit.

« C’est génial ! » déclara-t-il avec un sourire joyeux.

« Prévoyez-vous de dormir avec nous ce soir ? » demanda Shanteya.

Je m’étais souvenue de ma tenue embarrassante et de la raison pour laquelle j’étais venue ici. Ça m’avait fait rire.

« Je ne veux pas donner de fausses idées à Illsyore, alors je m’excuse pour ce soir, » lui avais-je dit d’un signe de tête.

« Dommage, » il avait l’air un peu déçu.

« Faisons les choses pas à pas, d’accord ? » lui avais-je dit, et il avait hoché la tête en réponse.

Je l’avais laissé seul avec Shanteya. Pour moi, c’était trop tôt pour penser à dormir en compagnie d’un homme même si cela s’était déjà produit. Mais à cet autre moment, je croyais en autre chose, maintenant je savais qu’Illsyore pouvait être mon ami, et il ne voulait pas me faire de mal.

Ce n’était pas grand-chose, mais c’était un premier pas vers l’établissement d’une confiance mutuelle. Je pourrais commencer à lui faire confiance petit à petit, et avec le temps, notre relation changerait peut-être.

[Point de vue d’Illsyore]

Bien qu’Ayuseya ne me fasse pas encore assez confiance pour activer le [Lien de Confiance], c’était quand même une amélioration et une grande différence par rapport à la haine. Je craignais que mon comportement imprudent ait pu finir par la contrarier à mon égard. Finalement, ma peur était inutile, elle avait accepté de commencer en tant qu’amie. C’était la façon normale de commencer une relation si je devais le dire moi-même. Ce qui s’était passé avec Shanteya était en effet soudain, mais ses circonstances et son histoire avaient permis ce genre de changement soudain. Elle avait été élevée en tant qu’assassin dans une guilde qui avait très fortement discriminé les femmes. Ses malédictions et ses douleurs avaient toutes été enlevées par moi, et sans une seconde pensée, je l’avais accueillie dans mes bras. Je l’avais réduite en esclavage, mais j’avais voulu la libérer.

Tout ce que j’avais fait était ce que je pensais qu’il aurait été normal de faire en Roumanie ou dans tout autre pays civilisé moderne, mais dans ce monde, une telle liberté et une telle volonté d’aider les autres étaient rarement rencontrées. Peut-être qu’ils étaient habitués à ce que les gens en profitent, ou peut-être que c’était la première intention que tout le monde croyait avoir. Quoi qu’il en soit, j’étais une bizarrerie selon ce point de vue, mais je n’avais pas l’intention de me changer.

En essayant de m’endormir dans les bras de Shanteya, j’avais repensé à la façon dont les gens avaient pu agir à l’époque médiévale sur Terre. Beaucoup de films et d’histoires dépeignaient l’époque d’une manière plutôt romantique et aventureuse, mais je me souvenais qu’il y en avait d’autres qui montraient la cruauté de l’époque. Les nobles étaient au-dessus des paysans. Le fait d’être né dans la bonne famille était important si l’on voulait gravir les échelons de la société. Dans les temps modernes, vous pourriez même devenir le président du pays si vous choisissez la bonne voie, mais à l’époque médiévale, d’autres l’avaient choisie pour vous. Si les gens étaient habitués à de telles lois et à la cruauté que l’on croyait inacceptable, déraisonnable et impensable au XXIe siècle, alors j’étais certainement perçu comme quelqu’un d’étrange, avec des morales et des principes erronés, mais était-ce vraiment comme ça ?

Peu importe la façon dont je le regardais, ma façon de penser était meilleure. Mon esprit et peut-être même ma personnalité avaient été le produit de centaines d’années de débats moraux, de guerres innombrables, de millions de sacrifices et de l’évolution constante de la société et de la science.

Y a-t-il un moyen d’offrir ce que je sais à ce monde ? m’étais-je demandé avant de m’endormir.

Le lendemain, les choses s’étaient déroulées comme d’habitude. Je m’étais réveillé vers 6 heures du matin, j’avais relâché Shanteya et je l’avais envoyée tuer des monstres. Pendant les deux premières heures, je m’étais concentré sur l’augmentation de la taille de mon Territoire de Donjon et la vérification du tunnel de fuite que j’avais construit la veille. J’avais réussi à ajouter 1,4 km à mon territoire. Cette fois, cependant, je n’avais pas oublié de renforcer mon armure avant de partir. C’était une routine avec laquelle je devais m’habituer, mais c’était quand même assez ennuyeux. J’avais trouvé plus intéressant de construire des trucs.

S’il y avait bien une chose dont je n’avais pas pu parler avec Nanya et Tuberculus la veille, c’était la façon dont je pouvais construire mon corps. Cela m’avait échappé hier, peut-être parce que j’étais très occupé avec le donjon et le tunnel, ou parce que cela pouvait être à cause de toute la séance de farces. En parlant de cela, une fois que j’avais fini de vérifier le tunnel, j’avais vu Nanya se lever et se promener devant l’académie.

J’avais survolé la zone et je m’étais approché d’elle.

« Bonjour, Nanya, » avais-je dit.

« Ah ! Bonjour Illsy ! En fait, je te cherchais ! » dit-elle en souriant.

« Hein ? OK ? » avais-je dit en haussant les sourcils.

« Quand je me suis couchée hier soir, je me suis souvenue que j’avais des bombes puantes dans l’une de mes commodes », elle m’avait montré une petite boule verte enveloppée dans des feuilles vertes séchées.

« Qu’est-ce que c’est ? » avais-je demandé.

« Une bombe puante ! Jette-la par terre, et elle enflammera le nez de tous ceux qui l’entourent ! Nyahahha ! » répondit-elle en riant.

« Laisse-moi deviner, c’est moi qui vais devoir les lancer ? » avais-je demandé.

« Bien sûr ! », acquiesça-t-elle.

« D’accord, je suis partant. » J’avais haussé les épaules. Quel mal y a-t-il à cela ? Je pensais.

« Super ! Allons-y ! » J’avais souri et je l’avais suivie, mais à ce moment-là, j’avais senti quelque chose de terrifiant et un message était apparu devant mes yeux.

<Une forme de vie biologique désignée comme alliée est décédée.>

« Hein ? » avais-je dit, choqué.

Ma première réaction avait été de vérifier Shanteya, mais elle était en sécurité, je pouvais encore sentir son signe de vie quelque part dans la forêt. Cela signifiait qu’il y avait quelqu’un d’autre ici qui était mort, mais ce qui m’inquiétait, c’étaient les mots : désigné comme allié.

« Qu’est-ce qui ne va pas ? » demanda Nanya en inclinant la tête vers la droite.

« Quelqu’un... quelqu’un vient de mourir…, » avais-je dit.

« Quoi ? Qui ? Qui est mort, Illsy ? » demanda-t-elle.

Elle m’avait regardé avec de grands yeux et avait serré les poings quand elle avait entendu la nouvelle choquante.

Tout en déglutissant, j’avais essayé d’identifier qui était cette forme de vie désignée.

« Montre-moi les données sur l’allié désigné. Affichage du dernier emplacement connu. Montre-moi n’importe quoi…, » avais-je dit que j’avais choisi les mots dans ce message.

<Zoraya Del'argo. Étudiante à l’Académie de Magie de Fellyore. Espèce : Draconien. La mort : Il y a moins d’une minute. Dernier emplacement connu : <Afficher une flèche directionnelle O/N. >>

J’avais choisi l’option et une flèche verte transparente m’avait dirigé dans sa direction.

« Zoraya Del'argo…, » avais-je dit à Nanya.

Elle m’avait suivi dans l’académie jusqu’au dortoir, tandis que je suivais la flèche. La direction qu’il nous avait prise n’était autre que la chambre de Dankyun. Une fois que je m’étais arrêté devant, Nanya n’avait pas attendu, elle avait enfoncé la porte et avait posé ses yeux sur le criminel.

« Ah ! Nanya, quelle surprise ! J’en avais fini avec cette... traîtresse, » déclara-t-il calmement en utilisant un morceau de tissu pour essuyer de ses mains le sang de sa victime.

L’homme draconien était vêtu de son armure habituelle, mais les seules parties manquantes étaient les gantelets, qui étaient laissés sur le côté du grand lit à sa gauche. Il s’agissait d’une salle réservée aux personnes de haut rang.

Bien qu’à peine décorée, puisqu’elle était généralement laissée au goût des étudiants, il y avait un détail dans cette pièce qui la distinguait des autres, un nouvel élément décoratif. Le sol avait été peint avec le sang versé par l’étudiante draconienne. Les murs, la table et les rideaux à proximité étaient également tachés par l’épais liquide rouge. Aux pieds de Dankyun se trouvait le détail troublant : le corps de l’étudiant Zoraya Del'argo.

Il n’y avait aucun doute quant à l’identité du tueur. Quant à la façon dont elle était morte, je pouvais le dire par un simple regard sur sa dépouille. Elle était nue, avec des marques rouges de fouet sur son corps. Ses bras avaient été arrachés de son corps et jetés sur le côté. La fine queue couverte d’écailles vertes avait été coupée en deux, et il y avait un trou béant dans sa poitrine. Ce genre de dommage n’avait pas été fait par magie ou par un outil, mais par les mains nues du Suprême se tenant debout à côté d’elle avec un sourire nonchalant sur son visage. Le monstre n’avait pas été découragé du tout par l’acte horrible qu’il avait commis.

La fille draconienne avait subi un sort terrible, une mort qu’elle ne méritait pas, et une fois de plus, j’avais été confronté à la cruauté de ce monde et à la folie de cet homme.

J’avais entendu parler de ce type de personnes dans mon monde, les psychiatres les appelaient des psychopathes, mais j’avais le sentiment que Dankyun souffrait aussi de mégalomanie. Bien que je ne sache pas s’il souffrait d’autres problèmes mentaux, ces deux-là étaient clairs jusqu’à présent. Le pire, c’était que cet individu qui trouvait du plaisir à tuer était un Suprême.

« Nanya, ça…, » avais-je dit, mais quand je l’avais regardée, j’avais vu sa colère.

Ses poings et ses mâchoires étaient serrés, et tout son corps était tendu, elle pouvait à peine s’empêcher de sauter vers l’avant et de l’attaquer. En fait, cela aurait pu être son intention parce que j’avais vu une aura noire semblable à mon brouillard noir, se formant autour d’elle, c’était la première fois que je la voyais ainsi, et elle était effrayante.

« Oh ? La petite Nanya est bouleversée ? Hm... Tiens, » Dankyun s’était penché vers le bas et avait attrapé la tête de la fille morte. En marchant sur sa poitrine, il l’avait décapitée d’une forte traction. « Attrape ! », et il nous avait jeté la tête.

J’avais utilisé la [Télékinésie] et je l’avais attrapée à la place de Nanya.

« Vous êtes un monstre…, » déclarai-je en regardant l’expression d’horreur laissée sur le visage de la jeune fille.

Le brouillard sombre était maintenant également libéré sur mon territoire. Cet homme, ce monstre, je ne pouvais pas le pardonner... Je ne pouvais pas le laisser vivre. Nanya m’arrêterait-elle si je l’attaquais ?

Non... elle avait été la première à l’attaquer.

« DANKYUN ! » elle grogna et sauta vers lui.

***

Chapitre 30 : Les cris de mes sorts

Partie 1

Avec une vitesse plus rapide que ce que l’œil humain ne pouvait voir, elle s’était précipitée vers Dankyun, qui avait remarqué le danger imminent et avait levé sa main pour bloquer la première frappe. Il n’avait même pas bronché quand il avait reçu le coup. L’onde de choc était si puissante qu’elle avait brisé la fenêtre derrière lui en une centaine de morceaux, puis l’impulsion l’avait fait passer à travers. Le cadre avait été défoncé et le mur s’était fissuré à cause de sa taille.

Même après un coup aussi puissant, il n’avait pas été blessé et avait atterri simplement sur ses pieds à la fin de son vol. Nanya s’était dirigée vers le trou dans le mur et avait sauté vers lui. Pendant ce temps, je me retrouvais avec la tête de la pauvre fille qui était morte à cause de lui.

Après avoir regardé vers le bas ce qui m’avait fait voir son expression déformée de peur et de douleur, j’avais plissé et fermé les yeux pendant un moment.

Elle ne méritait pas ça..., avais-je pensé. Puis je m’étais dirigé vers son corps déchiré.

Après avoir placé la tête au sol à côté du torse, j’étais allé à l’extérieur, où se déroulait une véritable bataille entre le Suprême draconien et l’enseignante Divine ressemblant à une adolescente. Les échos sonores de leurs chocs avaient fait résonner sur les murs du dortoir et du bâtiment académique voisin, alertant à la fois les soldats et les enseignants de la bataille en cours.

J’avais volé au-dessus d’eux et j’avais vu Nanya essayer de s’approcher assez près pour frapper avec ses gantelets d’acier sur ses points vitaux, mais l’épée de Dankyun était trop rapide et avait bloqué chacune de ses frappes. Derrière lui, je pouvais voir les effets de sa force. Les ondes de choc avaient fait trembler l’herbe et effrayé tout petit animal ou insecte qui se cachait dans la région. Les étudiants du dortoir essayaient déjà de sortir de là, se dirigeant vers le bâtiment de l’académie où les autres enseignants les attendaient.

Être observateur dans cette bataille n’était pas à mon goût, et je m’étais préparé à engager Dankyun. Je n’avais pas l’intention de voler le meurtre de Nanya, mais je voulais l’aider autant que possible.

« Shellur Sou Yar ! » J’avais chanté et j’en avais jeté quatre [Lance de Glace Barbelée Explosive X4].

Seize lances de glace dentelées s’étaient formées autour de moi et s’étaient envolées vers Dankyun. Il avait sauté en arrière et avait tailladé les cinq plus proche de lui. Deux avaient raté, frappant le sol à ses pieds. Deux autres avaient réussi à le toucher directement, mais elles n’avaient même pas réussi à l’égratigner. Quant au reste des lances, elles avaient continué à le poursuivre jusqu’à ce qu’il les engloutisse dans une tornade de vent, mais comme avant ça, je ne l’avais pas entendu lancer le sort. J’avais trouvé incroyablement étrange qu’il puisse faire une telle chose, mais je savais que ce n’était pas techniquement impossible. Tant que quelqu’un avait trouvé comment contrôler correctement le flux de magie dans son esprit et s’était concentré sur les paroles de l’incantation, il n’y avait aucun problème à utiliser n’importe quel sort. Malheureusement, j’étais loin de pouvoir utiliser une telle compétence.

Dès qu’il avait fini de lancer la tornade de vent, j’avais vu Nanya sauter vers lui. Elle avait utilisé la commande vocale pour [Boule de feu] et un autre sort que je ne pouvais décrire que comme un éclair directionnel. Dankyun avait réduit son premier sort en deux, l’annulant, mais il n’avait pas remarqué le second et avait reçu la totalité du coup. Cependant, son armure n’avait pas été endommagée. C’est à ce moment-là que Nanya l’avait de nouveau attaqué, essayant de le frapper avec ses poings.

Pendant qu’elle l’occupait, je n’avais pas hésité à charger 500 points de mana dans une [Boule de feu]. Les élèves étaient trop loin d’une zone d’impact possible, mais les dégâts seraient certainement considérables. J’espérais juste que Nanya esquive à temps.

« Ashur Nav Es ! » j’avais crié, et mon sort avait été lancé chez Dankyun.

« Hmph ! Pathétique ! » déclara le draconien, qui donna un coup de pied à Nanya dans la poitrine, l’envoyant s’écraser dans le mur du dortoir.

Avant que mon sort ne frappe, il s’était retourné et l’avait coupé en deux, provoquant une instabilité du mana. Bien que le sort n’ait pas explosé, la masse de feu s’était répandue sur le sol autour de lui comme l’eau sortirait d’un ballon éclaté. Les flammes avaient brûlé le sol, ne laissant que des cendres.

J’avais été stupéfait de voir à quel point il était facile pour Dankyun de détruire l’attaque qui avait coûté la vie à 24 assassins. Une fois de plus, j’avais réalisé la différence réelle de compétences et de pouvoir entre les rangs. Je ne pouvais pas comparer Dankyun, un Suprême, avec ces assassins, qui étaient tout au plus des Rangs Maître.

Nanya avait toussé et s’était levée. Le mur derrière elle s’était effondré, laissant derrière elle un trou.

Le regardant, elle leva la main et cria « Erater Elf Es ! »

À ce moment-là, quinze lances à glace dentelées s’étaient formées autour d’elle et avaient ensuite volé vers le draconien suffisant. Il avait sauté hors du chemin, laissant deux projectiles percer le sol, tandis qu’il utilisait son épée pour dévier et détruire les autres. Un seul avait réussi à percer sa garde, mais il avait été dévié avec aisance par son armure. Je n’avais aucune idée de comment elle était faite, mais cela avait produit la même chose pour mes Lances de Glace Barbelées Explosives. Ils avaient été déviés et n’avaient même pas explosé à l’impact. Pendant un moment, j’avais même cru que j’avais échoué dans mon sort.

« Il semble que ce n’est pas ce que j’appellerais un combat loyal. Il y a un partenaire invisible qui t’aide, n’est-ce pas ? » demanda Dankyun avec un sourire confiant.

« Pourquoi ? Pourquoi l’as-tu tuée, Dankyun !? » cria Nanya à l’homme.

« Hm ? Oh ? Cette petite idiote ? C’est simple. Je l’ai considérée comme une traîtresse envers moi et le genre draconien. Nous n’avons pas besoin d’une femme comme elle », haussa-t-il les épaules alors qu’il répondait ça.

« Quoi ? Une traîtresse ? Comment Zoraya pourrait-elle être une traîtresse ? Tu mens, tas de merde ! C’était une fille simple qui voulait devenir guérisseuse et retourner dans son village ! Elle n’a jamais eu l’intention de s’engager dans l’armée ! Grrr ! » cria Nanya, laissant sortir un grognement à la fin. Cela semblait un peu animal, mais cela prouvait à quel point l’enseignante était en colère.

« Oh, quels mots dégoûtants ! Hélas, je ne peux pas m’attendre à mieux de la part de personnes comme toi. Quant à cette draconienne, je peux te garantir qu’elle a bien trahi son royaume et son espèce ! Après tout, je lui ai demandé si elle savait où se trouve Ayuseya, et elle a osé répondre que même si elle savait, elle ne me le dirait jamais ! Je me suis senti insulté ! D’ailleurs, il est dans l’intérêt du Royaume Teslov que je la trouve aussi vite que possible. Dieu m’en garde si quelque chose lui arrivait dans ce royaume parce qu’elle m’a caché des informations précieuses ! C’est pour ça que je l’ai déclarée traîtresse. Au moins, je lui ai offert la caresse d’un homme avant de la tuer. Ne t’inquiète pas, je dirai à sa famille qu’elle a trahie. Ils perdront certainement leur rang de noblesse à cause de cela, mais je crois que c’est une punition plutôt appropriée pour des gens comme eux, n’est-ce pas », avait-il demandé en regardant le bout de son épée.

« Vous êtes un fou ! » avais-je déclaré avant que Nanya ne puisse ouvrir sa bouche, tandis que le brouillard noir provenant de mon intention meurtrière s’intensifiait sur tout mon territoire et présentait la zone la plus sombre autour de Dankyun.

Peu importe ce qu’il avait dit, Nanya et moi connaissions déjà la vérité, et cette fille n’avait rien fait pour mériter un destin aussi cruel. Dankyun n’avait fait cela que pour satisfaire sa soif tordue de sang, une soif qui se répandrait sur mes amis et sur ceux que j’aime dans ce monde si nous ne l’arrêtions pas.

« Moi ? Un fou ? C’est un peu absurde ! Je m’inquiète juste pour le bien-être de mon espèce ! Les draconiens sont beaucoup plus avancés et puissants que les humains, les elfes, ou le pathétique homme-bête sur le troisième continent ! Pourtant, nous nous dégradons constamment en travaillant avec eux et même en les aidant... Arg ! C’est pourquoi j’ai simplement offert à tous ces élèves draconiens mal avisés la possibilité de devenir mes subalternes et d’apprendre ce qu’il faut faire ! Au lieu de voir l’offre généreuse que je leur ai faite, ils ont osé refuser et dans le cas de cette fille, elle a même désobéi à mes ordres en tant que Suprême et futur membre de la famille royale ! C’est la définition même de la trahison », avait-il déclaré en regardant Nanya, puisqu’il n’avait pas pu me voir.

« Dankyun, tu es la définition même du méprisable et du fou ! » répliqua Nanya.

Je ne pourrais pas discuter avec ça.

« Dommage ! De toute façon, je ne t’ai jamais demandé ton opinion », dit-il en souriant et en l’accusant.

Nanya avait sauté en arrière, mais elle était trop lente. La main de Dankyun s’était déplacée plus vite que les yeux ne pouvaient voir, et l’avait tailladée avec son épée. Cette attaque était passée directement à travers son armure magique et cela s’était enfoncé dans son armure physique. Des étincelles volaient dans toutes les directions et Nanya se dirigeait vers le dortoir en « volant ».

Je n’avais même pas eu le temps de réagir. Un instant, je l’avais vu sauter en arrière et, l’instant d’après, j’avais vu Dankyun juste devant elle. Les fenêtres de toute cette aile gauche avaient été brisées en petits morceaux, et tout le bâtiment avait tremblé. Le côté du dortoir entre le premier et le deuxième étage avait été fortement endommagé par l’impact de son corps dans le plancher entre eux. Heureusement, la structure n’était pas faite de béton, alors elle avait été fissurée et brisée avec facilité, ce qui avait atténué une partie de l’impact. Malheureusement, cela avait fait que tout ce côté de la structure était en danger de s’effondrer.

La plupart des dommages s’étaient produits là où Nanya avait frappé le bâtiment, laissant la pièce du haut et celle du bas partiellement visible. À l’intérieur, il y avait un désordre total, avec des morceaux de murs qui s’étaient écrasés sur les meubles et les vitres des fenêtres brisées éparpillées dans tout l’endroit. Quant à Nanya, elle s’était arrêtée près de la dernière pièce, tombant sur le sol avec un « obrrrrr ». Le mur à peine suspendu s’était effondré sur elle, la recouvrant partiellement de décombres. D’après ce que j’avais pu voir, elle était encore en vie, mais après un coup aussi puissant, j’avais soupçonné qu’elle avait au moins une ou deux côtes cassées.

« Nanya ! » J’avais crié instinctivement, mais au lieu de m’y précipiter, j’avais ciblé Dankyun et avais créé un barrage de [Boule de Feu guidée X18]. « Zir Navian Esy ! »

L’une après l’autre, de grosses boules de feu d’au moins un demi-mètre de diamètre le poursuivaient. Le draconien avait vu l’attaque qui arrivait et avait immédiatement essayé de les esquiver et de les bloquer, mais je contrôlais chacune d’elles. Après que les deux premières aient été coupées en deux par son épée, j’avais commencé à profiter de leur effet explosif et je l’avais utilisé comme un Effet de Zone. J’avais ordonné aux boules de feu d’exploser dès qu’elles touchaient son armure magique ou à quelques centimètres du bord de son épée.

Les premières fois l’avaient pris par surprise, l’envoyant en arrière d’un mètre environ. Les suivants, il avait essayé de les couper, mais l’effet avait été le même. Cependant, c’était encore loin de lui causer des dommages. En fait, je ne pouvais même pas voir une seule égratignure sur son armure, mais la bataille était loin d’être terminée. Ma réserve de mana était loin d’être épuisée, et je n’avais pas encore utilisé ma compétence de rang Empereur. Mon seul souci était s’il utilisait sa compétence suprême.

« Quelles attaques pathétiques ! Mais je dirai que cela m’amuse un peu ! Je suppose que c’est toi qui m’attaqué, Seigneur du Donjon ? » demanda-t-il en souriant, tout en évitant ou en encaissant les explosions de mes boules de feu.

Je n’avais pas répondu. Je m’étais concentré sur la bataille, espérant qu’elle offrirait à Nanya suffisamment de temps pour récupérer.

« Nya Nya Niku ! » J’avais crié la commande vocale pour créer un piège.

Sous les pieds de Dankyun, un piège à pointes s’était formé, mais comme il n’avait pas l’enchantement pour ignorer une partie de l’armure magique, cela l’avait simplement frappé quand cela s’était déclenché.

« Des pièges à pointes ? Contre moi ? Vraiment ? » déclara-t-il en riant.

« Eshun Naer Es ! Jend Ashur Elf Es ! Zir Navian Esy ! » J’avais crié les commandes vocales pour la [Faux de Vent], la [Lance de Glace Barbelée Explosive], et la [Boule de Feu guidée X18].

La première avait coupé l’air et l’avait frappé, envoyant le draconien voler vers l’académie, et la lance de glace déchiquetée avait volé dans l’air et avait visé son dos. Il s’était retourné en plein vol et l’avait coupée en deux, mais je l’avais fait exploser et de minuscules pointes de glace avaient pilonné son armure magique. J’avais fini par le bombarder avec des boules de feu chercheuses selon un schéma aléatoire. Il s’était défendu contre quelques-unes, mais pour le reste il était presque impossible de le faire.

« Serus Kar ! » J’avais chanté la commande vocale de la [Télékinésie] et j’avais ciblé Dankyun.

J’avais essayé de l’entourer de ce sort, mais je n’arrivais pas à bien l’agripper parce que son armure magique était trop dense. Mettre plus de mana dans ce sort n’avait pas non plus fonctionné. Il essayait encore de savoir où j’étais, ignorant complètement mes attaques sur lui, mais j’étais invisible pour tout le monde sauf Nanya et Ayuseya.

Sans autre alternative, j’avais essayé de l’entourer de mon sort. Ça avait marché, et j’avais ralenti sa chute.

« Qu’est-ce que c’est ? » demanda-t-il, surpris.

Il n’avait pas l’air d’avoir reconnu le sort. En me retournant, j’avais fait semblant d’être un joueur de baseball et j’avais utilisé Dankyun comme une balle. Je l’avais jeté aussi fort que possible vers la forêt de l’autre côté de l’académie. Son corps avait volé dans les airs à une vitesse incroyable, franchissant le mur du son et créant un bang sonique. L’onde de choc s’était répandue, et la chose suivante que j’avais vue était les effets de l’écrasement de son corps dans les arbres. Il était passé directement à travers plusieurs arbres, écrasant leurs écorces en petits morceaux et en brisant la moitié des autres.

Mon intention initiale était de le survoler pour évaluer les dommages et donner le coup de grâce, mais j’avais entendu l’un de ses soldats.

« Tuez-les tous ! » cria-t-il.

En regardant en bas, j’avais vu les élèves et les enseignants se battre contre l’armée de Dankyun. Les trois commandants retenaient les enseignants pendant que les soldats tentaient de s’introduire dans l’école. En me concentrant sur le groupe d’hommes draconiens qui se conduisaient mal, j’avais créé un trou sous eux, puis j’avais invoqué de la lave sur le dessus. Ce n’était pas grand-chose, juste assez pour bloquer l’entrée de l’académie. Je n’allais pas les laisser tuer les étudiants.

« AAARGH ! Ça brûle ! » cria l’un d’eux.

« Reculez ! C’est le Seigneur du Donjon ! » cria un autre en sautant hors du trou.

J’avais probablement tué certains des soldats, mais les autres avaient reculé. Juste pour être sûr, j’avais créé quelques pièges à flèches supplémentaires à côté des fenêtres de l’académie, les laissant déclencher au moment où ils se seraient trop rapprochés. Créer des enchantements aurait été trop dur pour moi à ce moment-là, alors j’espérais que les enseignants et les élèves seraient capables de s’occuper maintenant des soldats. Une alternative était d’utiliser les lasers sur le toit, mais les déplacés l’un après l’autre auraient pris trop de temps. Je devais aller tuer Dankyun.

Maudits soient mon manque de mana et mon manque de pièges sûrs ! avais-je pensé en vérifiant combien il me restait. Je ne m’étais même pas concentré sur le nombre de niveaux que Shanteya avait gagné pour moi jusqu’à maintenant.

Après avoir fermé ma fenêtre de statut, j’avais regardé Dankyun. Il y a un instant, il était là, mais il avait disparu. Il se dirigeait rapidement vers Nanya, qui n’avait réussi qu’à sortir des décombres. La blessure qui lui avait été infligée n’était pas si dangereuse d’après ce que j’avais pu voir, mais elle saignait un peu et tenait sa poitrine d’une main. Le pire scénario était que sa blessure soit interne.

« Attention ! Il arrive ! » Je lui avais crié dessus quand je l’avais survolée.

J’avais essayé de créer des pièges collants entre elle et lui, mais il avait simplement sauté par-dessus.

« HA ! » Nanya avait essayé de le frapper, mais il avait évité le coup et avait saisi sa main.

En se retournant, il avait écrasé Nanya dans le sol et lui avait donné un coup de poing dans l’estomac. Je lui avais tiré dessus, mais dès qu’il l’avait vue, il avait déplacé Nanya sur le chemin, et j’avais dû dévier mon attaque vers le dortoir. L’aile droite du bâtiment était maintenant engloutie par les flammes.

« Lâche... Prends ça ! » elle avait essayé de le frapper à l’estomac avec son genou, mais ça n’avait pas traversé son armure magique.

En la soulevant d’une main, Dankyun avait ri.

« Si pathétique ! Je n’arrive pas à croire que tu sois si pathétique, Nanya ! Hahaha ! Et ce Seigneur du Donjon est encore plus ridicule ! Croit-il vraiment qu’un Suprême comme moi peut être blessé par ses attaques pathétiques ? Hahaha ! » dit-il en riant et en frappant Nanya dans l’estomac, lui faisant cracher du sang.

Le brouillard noir sur mon territoire montrait à quel point mon intention meurtrière était terrifiante à ce moment-là, mais il n’y avait rien d’autre à faire que de tenter d’alimenter ma compétence de rang Empereur avec tout mon mana et de risquer de m’évanouir à cause de l’utilisation.

« Nanya..., » avais-je dit.

J’avais fermé les yeux un instant.

Dankyun va tuer Nanya à ce rythme... Il va la tuer, puis moi... puis Ayuseya, puis Shanteya..., avais-je pensé. J’avais laissé la princesse draconienne à l’intérieur de moi aussi entendre mes pensées.

***

Partie 2

[Point de vue d’Ayuseya]

Quand j’avais entendu sa voix, un frisson de peur était descendu le long de ma colonne vertébrale et s’était terminé au bout de ma queue. J’avais levé les yeux et j’avais vu une étrange peinture en mouvement entourée d’un cadre d’éclairage rouge. J’avais vu Dankyun tenir la jeune enseignante qui était aussi la première épouse d’Illsy.

J’avais alors dégluti et j’avais tenu un poing serré contre ma poitrine.

Ça ne finira pas bien..., avais-je alors pensé.

En regardant vers le bas, j’avais remarqué que j’étais encore en chemise de nuit. Après mon réveil, je n’avais pas vraiment pris la peine de me changer, je n’en ressentais pas le besoin, mais je ne voulais pas non plus que Dankyun me voie comme ça. Illsy le pouvait, car c’était mon ami et mon mari, mais pas ce bâtard draconien.

*Soupir*. Pourquoi ne suis-je pas restée avec Illsy hier soir ? Moi et ma fierté royale... Arg ! Je me demande si... c’était ma dernière chance de sentir son étreinte. Pensais-je en m’envolant vers ma commode.

Quant à savoir pourquoi j’avais pensé qu’Illsy allait me livrer à lui. C’était simple... Pour sauver sa vie. Pour sauver Nanya. Pour sauver Shanteya et cette école, c’était le seul choix logique possible, le seul moyen d’apaiser Dankyun.

Mais s’il ne veut pas le faire, que va-t-il se passer ? pensais-je. Puis je m’étais arrêtée de bouger, regardant vers le bas la robe blanche que je voulais porter. C’était simple et clair.

Est-ce que je veux qu’Illsy se sacrifie pour moi ? m’étais-je demandé.

En secouant la tête, j’avais refusé une telle pensée et j’avais retiré la robe de ma commode.

Je ne peux pas en arriver là ! Je ne peux pas faire tuer Illsy à cause de moi ! S’il me laisse partir, il faudra un certain temps avant que Dankyun ne réalise la connexion entre nous. Illsy pourra utiliser ce temps pour fuir d’ici... Oui, c’est comme ça que ça va être..., m’étais-je dit, en essayant de me débarrasser de toute peur que j’avais de mon avenir tragique.

[Point de vue de Nanya]

Je ne pouvais même pas réagir quand Dankyun m’avait attaquée...

La douleur que j’avais ressentie était terrible. La meilleure façon de le décrire était le sentiment d’être empalé par des milliers d’aiguilles dans l’intestin. La lame de l’épée avait été arrêtée par la couche de cotte de mailles cachée dans mon armure. Bien qu’à l’extérieur, elle ressemblait à une vieille armure de cuir ordinaire, toutes ses couches présentaient de puissants enchantements qui réduisaient les dégâts. Ma ceinture contenait un enchantement de guérison, donc je me rétablissais plus vite que d’habitude, mais je devais quand même infuser une bonne quantité de mana dans mon corps pour arrêter mon hémorragie interne.

Quand j’étais sortie du tas de débris, j’étais au courant de la bataille qui se déroulait à l’académie. Tuberculus et Paladinus étaient très probablement sur les lignes de front, essayant de retenir ces soldats. Les trois commandants étaient le plus gros problème, mais à eux seuls, ils pouvaient tous être traités avec aisance.

Quant à moi, mon problème était Dankyun. Je ne m’attendais pas à ce qu’il soit si puissant. Non, il n’était pas puissant, mais son armure et son épée sortaient de l’ordinaire. Elles avaient considérablement renforcé ses capacités et offraient un facteur de protection accru. Avec certitude, elles lui avaient permis de dépasser les 1200 points de force. Je soupçonnais qu’il avait encore plus d’agilité, mais pas tant d’intelligence. Si seulement ces points reflétaient à quel point on était intelligent et non à quel point ses attaques magiques pouvaient être puissantes. Une chose dont j’étais sûre était que mon épée seule pouvait augmenter la force de base de l’utilisateur de 500 points supplémentaires. Si son armure pouvait faire quelque chose de similaire, alors il n’y avait aucun moyen de gagner contre lui, mais je doutais fortement qu’il fût capable d’activer pleinement cette capacité. Il y avait des chances qu’il ne puisse utiliser l’épée qu’à 25 % de son véritable potentiel, mais même à ce moment-là, elle était incroyablement dangereuse.

Franchement, cela avait l’air très mauvais. Je pouvais à peine me tenir debout en raison de ses coups. Mon armure était à peine présente sur moi. Mes gantelets étaient cassés. Trois côtes avaient été fêlées et un poumon avait été écrasé, d’après ce que j’avais pu voir. Je guérissais, mais ça s’était arrêté après qu’il m’ait frappée à l’estomac.

Bref, j’en avais fini pour...

J’ai été une idiote de le charger comme ça... Je n’arrive pas à croire que je me sois laissée gouverner par les émotions. Si seulement j’avais essayé de libérer mon sceau et de l’attaquer. Alors j’aurais pu avoir une chance de me battre..., avais-je pensé qu’en sentant les griffes de Dankyun se serrer autour de ma gorge, coupant mon alimentation en air.

Je suis désolée, Illsy..., avais-je pensé en fermant les yeux.

[Point de vue d’Illsyore]

Nanya était en train de mourir...

J’avais 4865 points de mana.

Je n’avais qu’une seule cible.

C’était maintenant ou jamais...

« Neru Am Ur, » avais-je chuchoté la commande pour le sort.

Le mana s’était déversé dans le sort, et je ne m’étais pas arrêté jusqu’à ce que cela se coupe automatiquement. C’était à 465 points de mana. J’avais ensuite relâché le sort dans la direction de Dankyun. Autour de moi, 220 lances de glacier infernal s’étaient formées, chacune d’entre elles était beaucoup plus forte que la version originale, mais ce que cela signifiait exactement, je ne le savais pas. Je voulais seulement tuer Dankyun.

Je les avais toutes relâchées avec lui en tant que cible principale, et elles avaient toutes volé aussi vite qu’elles le pouvaient dans sa direction.

Remarquant le danger imminent, il avait libéré Nanya de son emprise et avait sauté en arrière, elles l’avaient suivi avec des angles parfaits contrairement à la [Boule de Feu guidée] et à la [Lance de glace dentelée]. Les [lances de glacier infernal] avaient suivi mes directions exactes : gauche, droite, haut, haut, bas, gauche, gauche, gauche, droite, droite, partout où je les dirigeais et où j’avais pensé qu’elles devaient volés.

« Petites choses ennuyeuses ! » déclara Dankyun avant d’essayer d’en couper une.

La lance avait explosé à l’impact, l’éclaboussant d’un feu liquide. Je ne pouvais pas dire si cela avait fait de sérieux dégâts sur son armure magique, mais il avait essayé de s’en débarrasser rapidement. Cela l’avait distrait pendant un moment, et une autre avait réussi à le frapper. Après cela, il avait été bombardé par bon nombre d’entre elles, martelant son armure physique et son armure magique.

Je n’avais aucune idée des dommages qu’il avait subis, mais je pouvais voir des fissures dans son armure physique, et j’étais certain qu’il versait aussi beaucoup de mana dans sa magie.

Puis-je gagner avec ça ? m’étais-je demandé.

78 de ces lances de glacier infernal l’avaient frappé, et il en restait 142.

Il avait sauté à gauche et quatre de ces flèches avaient heurté le sol, laissant un énorme cratère. D’autres lances avaient réussi à toucher le toit du dortoir et avaient explosé, en arrachant une bonne partie. Maintenant, le tout était à moitié en flammes et dangereusement près de s’effondrer. Une autre de ces lances avait frappé un arbre, et cela l’avait simplement coupé avant de s’empaler à la racine de l’arbre derrière lui. La lance avait explosé, et le feu liquide avait englouti la zone, l’enflammant.

Ces ratés n’étaient pas à cause du sort lui-même. C’est à cause de mon manque de concentration et de mon incapacité à garder le contrôle de tous ces éléments en même temps. Je restais à peine éveillé. Chacune de mes paupières avait l’impression d’être tirée vers le bas par le poids d’un tank. Toute ma perception me semblait léthargique et j’avais beaucoup de difficulté à me concentrer.

Cela m’avait rappelé l’époque où, à l’université, j’avais dû passer un examen de génie mécanique et je n’avais pas dormi pendant plus de deux jours d’affilée à essayer de faire mon rapport et mes devoirs à temps. Ma note dépendait surtout de ces deux-là, alors j’avais dû les terminer. Grâce à ces nuits blanches, je m’étais senti comme un zombie pendant tout l’examen. Je voulais juste en finir et dormir dans mon lit.

En y pensant, on pourrait dire que j’avais reçu une formation décente de mes années d’études en ce qui concerne le fait de garder les yeux ouverts pendant si longtemps. Même ainsi, dans ces conditions infernales, je gardais le contrôle de 130 Lances du Glacier Infernal qui volaient à grande vitesse dans les airs.

« Seigneur du Donjon, tu es un petit bâtard persistant ! » déclara Dankyun après avoir été jeté sur un côté par l’explosion induite par l’une de ces lances.

Un incendie se propageait dangereusement déjà à travers la forêt, menaçant de la brûler jusqu’au sol, mais je m’en fichais. Je me concentrais seulement à me débarrasser de Dankyun. Je n’avais besoin que d’une seule de ces lances pour toucher directement sa chair, et cela aurait été suffisant pour le tuer.

Quatre autres étaient passés à travers les arbres et avaient visé ses pieds. Il ne pouvait pas les éviter. Deux autres fissures étaient apparues sur son armure. Huit autres avaient explosé derrière lui, au-dessus de sa taille, tandis que deux devant lui, à ses pieds. Cela l’avait fait tomber. Une autre fissure était apparue sur son armure.

Je n’en pouvais plus.

« AAARGH ! » J’avais gémi et crié, lui envoyant les 100 lances restantes.

Avec chaque goutte de ma concentration et de mon énergie, je les avais toutes dirigées vers sa tête et sa poitrine. Si seulement une seule d’entre elles pouvait le toucher directement, ce serait ma victoire !

« ARGH ! » cria Dankyun alors qu’il essayait de se défendre contre l’avalanche soudaine d’attaques.

Les explosions avaient rapidement suivi, répandant du feu liquide partout, se propageant sur les arbres, la terre et les rochers. Des flammes infernales se dispersaient partout, brûlant tout ce qu’elles touchaient. Les roches avaient fondu, la terre avait été brûlée, tout autour de Dankyun brûlait.

Tout... sauf Dankyun.

« Non... », déclarai-je d’une voix tremblante quand je le voyais encore debout au milieu de toutes ces flammes.

Il respirait durement, son armure était en lambeaux, des morceaux tombaient sur le sol, mais il n’avait qu’une petite coupure sur la joue gauche. Rien d’autre, il n’était pas mort...

« Comment oses-tu… ? » déclara-t-il. J’avais cligné des yeux en raison de la surprise « Comment oses-tu me blesser ? »

« Quoi ? » Je n’arrivais pas à y croire.

Il peut encore se battre…, pensais-je.

***

Partie 3

« Je vais te tuer ! » hurla-t-il. Puis il avait pris un petit cristal violet dans sa poche gauche. « Réparation, » déclara-t-il simplement, et le cristal était passé du violet au transparent.

Sous mon regard étonné, j’avais vu son armure réparée par la magie de ce cristal. Elle était revenue à son état initial et elle semblait comme neuve. Il n’y avait même plus une seule égratignure dessus. C’était comme si mon attaque n’avait même pas eu lieu.

« Non ! Tu ne peux pas faire ça ! C’est de la triche ! » avais-je crié.

« Tricher ? Haha ! N’importe quel aventurier Suprême et Divin qui se respecte utilise ces choses. Eh bien, tout le monde sauf cette STUPIDE Nanya ! Elle n’a jamais voulu toucher le cristal d’un donjon, même après qu’il ait été transformé en ce cristal », avait-il crié avec un sourire puis il avait sorti un autre cristal, cette fois de couleur marron. « Régénération ! »

Le sort du cristal avait disparu, et sa couleur était passée du marron à la transparence. Après ça, les blessures de Dankyun avaient toutes été guéries en un clin d’œil. Il était naturel de penser qu’un aventurier respectable ait toujours une potion à portée de main pour guérir leurs blessures et restaurer leur énergie, mais même moi je savais que leur réaction n’était pas instantanée.

Non, ça doit être un sort... Peut-être qu’il peut stocker des sorts à l’intérieur de ces cristaux, avais-je pensé en le regardant avec horreur.

Y avait-il autre chose que je pouvais faire à ce moment-là ? Je pouvais à peine garder les yeux ouverts à cause de ma fatigue, et je ne pouvais pas jeter un autre sort assez vite. J’avais besoin d’au moins une demi-heure pour récupérer complètement, mais si je fermais les yeux maintenant, il était certain que je ne me réveillerais pas avant plus d’une heure ou deux. Quoi que je fasse, je devais rester éveillé et retourner à mon corps de cristal. Avant tout, je devais l’envoyer à l’intérieur de mon donjon, où il pouvait être protégé. C’était ma seule chance, mon seul moyen de survie.

Je détestais ça, mais il n’y avait pas d’autre moyen.

« Réapprovisionnement en mana, » déclara Dankyun derrière moi.

Ces satanés cristaux l’avaient guéri et lui avaient redonné toute sa force. Je ne savais même pas que de telles choses existaient et encore moins qu’il en avait tant. Je détestais mon manque de connaissance de ce monde, mais ce n’était pas le moment de me plaindre.

Bien que j’avais volé aussi vite que possible vers mon corps de cristal, Dankyun avait été le premier à y arriver. Il avait pointé son épée sur le mur d’inconel, et pendant un moment, j’avais cru qu’il allait le briser en une seule frappe, mais la lame s’était arrêtée dans la première couche. L’onde de choc avait fissuré et brisé les murs extérieurs, révélant l’éclat métallique de ma défense.

Je dois me dépêcher ! pensai-je en me précipitant à l’intérieur pour préparer ma défense laser.

« Intéressant. Un métal qui peut résister à ma frappe ? » déclara-t-il quand j’étais passé à côté de lui.

« Serus Kar » j’avais donné l’ordre pour la [Télékinésie].

Les lasers de ma chambre se déplaçaient et le visaient, tandis que le cristal de puissance électrique était activé. J’avais attendu patiemment et regardé Dankyun alors qu’il préparait une deuxième frappe. Il voulait couper directement à travers les murs de métal, mais ils étaient beaucoup plus solides qu’il ne le croyait au départ.

Dans tous les cas, j’avais découvert qu’un superalliage était assez fort pour arrêter les super-psychopathes, au moins pour un certain temps.

La lame était tombée contre mon mur en inconel et avait traversé les deux premières couches, mais pas la troisième. Comme il n’y avait pas d’isolation électrique entre eux, l’énergie électrique de mon cristal de puissance avait été déchargée par son épée et directement dans son corps. Il avait crié une fois et avait sauté en arrière.

« Ça fait mal ! », se plaignait-il.

La charge électrique n’était pas assez puissante pour lui faire du mal, mais elle l’avait arrêté assez longtemps pour que je puisse appliquer la compétence [Réparation de Pièce]. Les coupures dans les murs de métal en inconel avaient été réparées en un clin d’œil, mais cette utilisation constante de mon mana ne m’aidait pas du tout avec mon épuisement.

Je... J’ai besoin de tenir bon..., pensais-je.

Illsy, si vous voulez l’arrêter, vous devez m’offrir à lui... C’est la seule chance que nous avons de lui faire arrêter cette folie ! déclara Ayuseya du fond de mon esprit intérieur, mais je ne voulais pas la laisser faire, j’avais nié de telles pensées.

Non... jamais..., lui avais-je dit.

J’étais si fatigué que je pouvais à peine parler ou penser correctement.

Je dois... Je dois rester éveillé..., avais-je pensé et j’avais fermé les yeux un moment pour être réveillé par un autre bruit fort.

Dankyun avait encore essayé de couper à travers mes murs, mais la charge électrique et l’épaisseur de l’alliage d’inconel enchanté l’avait tenu à distance. Il avait presté et avait frappé de nouveau les murs. Le cube en entier dans lequel j’étais tremblait en raison de ses frappes.

Que... qu’est-ce que j’essayais de faire ici ? pensais-je.

La fatigue était si grande que j’avais même oublié la raison pour laquelle j’étais retourné à mon corps de cristal.

Oh, oui... fuite..., je m’étais souvenu et j’avais regardé en bas.

Paladinus et dix autres étudiants se tenaient juste en dessous de moi. Je ne pouvais pas laisser tomber mon corps, sinon je risquais de les écraser ou de me faire attaquer accidentellement par le professeur. Je devais penser à autre chose ou leur dire de s’éloigner, mais envoyer ma voix m’avait semblé si dur.

« Tu commences vraiment à m’énerver, Seigneur du Donjon ! » cria Dankyun, et je le sentais s’éloigner.

Qu’est-ce qu’il fait maintenant ? avais-je pensé en le regardant de loin.

Un instant plus tard, toute ma pièce avait tremblé et les élèves avaient crié en raison de la peur. J’avais cligné des yeux emplis de surprise. Pendant un moment, j’avais cru qu’il avait relâché son attaque Suprême, mais la seule zone touchée était ma pièce en inconel.

En me concentrant un peu, j’avais réalisé pourquoi c’était ainsi. Les faux murs qui le recouvrent avaient été détruits par la puissante boule de feu que Dankyun m’avait envoyé. Le métal avait survécu aux températures élevées, mais cela n’avait fait qu’énerver encore plus le Suprême.

Le draconien était venu me charger, tailladant ma pièce avec son épée aussi fort et aussi vite qu’il le pouvait. Quelques morceaux s’étaient envolés et étaient réapparus quand je l’avais réparé, mais je n’arrivais pas à suivre ses dégâts. Frappe après frappe, il avait pilonné le superalliage jusqu’à ce qu’il cède et permette à Dankyun de s’y glisser.

« Enfin... » déclara-t-il avec un soupir.

Il était à l’intérieur.

Dankyun était passé devant mon mur en inconel et s’était tenu à quelques mètres de moi.

Je l’avais maudit dans mon esprit et j’avais allumé les lasers autour de moi. Six faisceaux de lumière concentrée et amplifiée avaient frappé le draconien, rongeant son armure magique. Si un rang Maître ou un rang Empereur s’étaient tenus à cet endroit, je doutais qu’ils aient pu résister à plus de quelques secondes de cette attaque continue.

« Qu’est-ce que c’est ? » demanda Dankyun en regardant les étranges rayons.

Il avait sauté à gauche dès qu’il s’était rendu compte de la vitesse à laquelle ils épuisaient son armure magique. Mes rayons le suivaient partout où il sautait, mais il était difficile de le coincer. Le laser s’était déplacé trop lentement pour le rattraper, une grave erreur de calcul de mon côté.

Je m’étais encore maudit dans mon esprit et j’avais essayé de le coincer, mais il s’était mis à rire de mes tentatives. Le plancher électrifié ne semblait même pas le déranger.

« Et ça ? », avait-il demandé, et il avait pointé sa main vers moi.

Instinctivement, j’avais créé un mur en inconel devant moi avec la compétence [Faire une pièce]. Cela avait bloqué mes rayons, mais j’avais entendu quelque chose exploser de l’autre côté, et une puissante flamme avait englouti toute la pièce. Mon armure magique avait résisté à la chaleur jusqu’à ce qu’elle disparaisse, mais le mur s’était plié vers moi comme si une boule de démolition géante qui l’avait frappé de l’autre côté.

Dankyun avait ri.

Alors que j’essayais de préparer mes lasers, j’avais vu le mur coupé en morceaux par son épée. Il se tenait à un pas de moi.

Relâchez-moi, Illsy ! cria Ayuseya.

Non ! lui avais-je dit.

« Eshun Naer Zer Zer ! » j’avais chanté, et une puissante rafale avait repoussé Dankyun.

J’avais encore pointé mes lasers sur lui. Les rayons n’avaient été gardés sur lui qu’une seconde avant qu’il ne saute hors de leur trajectoire.

Relâchez-moi ! C’est le seul moyen ! S’il vous plaît…, déclara Ayuseya.

Elle me suppliait maintenant, mais j’avais trouvé ça bizarre. Ne voulait-elle pas s’enfuir et se libérer de Dankyun ?

Non... Je ne peux pas…, avais-je dit.

L’utilisation constante de mes sorts épuisait mon mana assez rapidement. L’un des lasers avait perdu de la puissance, et les faisceaux des autres s’affaiblissaient.

« Hm ? Est-ce déjà fini ? » demanda Dankyun avec un regard suffisant sur son visage.

Il avait sauté en avant et avait entaillé jusqu’à la moitié l’un de mes lasers. Les morceaux étaient éparpillés sur le sol. J’avais essayé de focaliser les rayons sur lui, mais le draconien s’était écarté.

Mes mouvements et mes pensées étaient léthargiques. Je pouvais à peine garder les yeux ouverts. Ça commençait à faire mal, mais je savais que je ne pouvais pas me permettre de m’endormir ou de m’évanouir.

Il devait y avoir quelque chose que je pouvais faire, quelque chose que je n’avais pas remarqué, quelque chose à laquelle je n’avais pas pensé jusque-là.

Illsy, s’il vous plaît... Si vous me voyez vraiment comme une amie, alors s’il vous plaît... abandonnez-moi. Avait déclaré Ayuseya.

Je ne peux pas... vous êtes mon amie... Dankyun vous fera du mal, avais-je répondu en le voyant couper un autre laser. Ce salaud s’amusait à me dépouiller de mes derniers éléments de défense. Je n’avais même pas remarqué quand il avait détruit le cristal de puissance électrique.

Illsy, vous avez fait tout ce que vous pouviez, mais Dankyun vous tuera à ce rythme. Il tuera Nanya et tous les autres ici... Si vous me libérez maintenant, peut-être que je pourrai le convaincre de ne pas le faire. Peut-être que je pourrais au moins essayer de vous sauver... Tout cela était de ma faute au départ. Je pensais que Dankyun partirait en paix, qu’il partirait une fois qu’il aurait vu que je n’étais plus là... J’avais tort. Je suis désolée... C’est pourquoi, s’il vous plaît, libérez-moi ! Une fois que je suis prise par lui, vous pouvez fuir et devenir plus fort, ou vous pouvez reconstruire et peut-être, un jour, venir à mon secours, mais maintenant... vous êtes trop faible Illsy... Vous êtes trop faible pour faire face à quelqu’un comme Dankyun…, avait déclaré Ayuseya, mais je ne pouvais même pas comprendre la moitié de ce qu’elle avait dit, ses mots avaient été confondus avec mes propres pensées et la fatigue.

Dankyun avait détruit mon dernier laser. Les restes de ma défense étaient éparpillés. Il n’y avait rien que je pouvais faire pour l’empêcher de me détruire. Il ne restait rien d’autre que de libérer Ayuseya, mais comment pourrais-je faire cela alors que cela signifierait certainement sa perte ?

Malheureusement, je n’arrivais pas à comprendre à quel point j’étais fatigué.

Je ne pouvais plus résister.

Mon mana était à peine dans les centaines maintenant. C’était difficile de garder les yeux ouverts, et il était difficile de penser à quoi que ce soit. Même Dankyun disait quelque chose, mais je ne comprenais pas un mot de ce qu’il disait.

Ayu... se... ya... Je... Je... la pensée avait été à peine formée.

Illsy, c’est le seul moyen... Vous en avez fait assez. Vous avez fait de votre mieux…, elle avait dit quelque chose d’autre que ces mots, mais je n’avais pas pu les entendre.

C’était difficile de se concentrer.

Devant moi, Dankyun avait levé son épée et était prêt à lancer la frappe finale, le coup fatal sur moi.

Ayuseya... Je vous libère...

C’était mes dernières paroles avant que tout devienne noir, et que je ne perde connaissance...

***

Chapitre 31 : Je fais ce que je veux, car je suis comme Divin !

Partie 1

[Point de vue d’Ayuseya]

La voix d’Illsy était si faible. Il faisait tout ce qu’il pouvait pour survivre à l’assaut de Dankyun, se poussant au-delà de ses limites au point de se briser et de s’évanouir.

De toute ma vie, je n’avais jamais vu un autre homme essayer aussi fortement pour moi, mais le voir dans la douleur, le voir souffrir comme ça m’avait fait l’effet comme si mon cœur était serré et transpercé par des aiguilles de douleur.

« Comment puis-je vous laisser souffrir comme ça, Illsy ? » avais-je dit. Cependant, il n’avait pas répondu.

Je l’avais supplié de me relâcher. C’était le seul moyen de gagner contre ce monstre ou plutôt... de le faire reculer. Dankyun était un fou, un monstre au pouvoir déraisonnable. Personne ne pouvait gagner contre lui.

Des larmes coulaient sur mes joues sans que je m’en rende compte. C’était des larmes de peur pour ce que pouvait devenir le doux Seigneur du Donjon qui m’avait aidée quand la plupart des autres auraient fui. Mon cœur me faisait mal parce que je l’avais vu souffrir, parce que je l’avais vu souffrir alors qu’il n’avait aucune raison de... Ou peut-être... peut-être que je n’avais pas vu sa raison.

« Illsy, c’est le seul moyen d’arrêter ce fou. S’il vous plaît ! Vous en avez fait assez. Vous avez fait de votre mieux, mais ceci…, » je lui avais dit ça et avais secoué la tête. « Je ne veux pas que vous mouriez à cause de moi, Illsy... Je ne veux pas cela. Je ne veux pas voir Dankyun tuer mon..., » j’avais arrêté. Qu’est-ce que c’était déjà pour moi ? Un gardien ? Une aide ? Un serviteur ? Un ami ? Ou plus ? La réponse à cette question avait été murmurée par mon cœur, et il s’agissait de mots que je n’aurais jamais cru que je dirais vers un donjon. « Illsy, je ne veux pas voir Dankyun tuer celui que je pourrais un jour... Je pourrais un jour venir à aimer. » Je l’avais regardé, et c’était alors que j’avais entendu ses dernières paroles.

« Ayuseya... Je vous libère…, » une voix si faible murmura ces mots que je ne les entendis presque pas.

Mon corps avait été enveloppé d’une lumière vive, et j’avais fermé les yeux. Ensuite, j’avais ressenti une piqûre sur la joue gauche et la sensation du sol sous mes pieds. J’étais de retour dehors.

« Ayuseya ? » demanda Dankyun, confus.

En ouvrant les yeux, j’avais vu le tranchant de son épée noire. Les runes rougeoyantes la recouvraient et répandaient une aura malveillante tout autour d’elle. Ce que j’avais senti sur ma joue était la coupure de son arme. Heureusement, Dankyun avait un assez bon contrôle pour arrêter sa main avant de m’arracher la tête.

Même si je saignais, je l’avais regardé dans les yeux. Il y avait encore des larmes dans les miens.

« Qu’est-ce que c’est ? » demanda-t-il. Puis il retira son épée. « Seigneur du Donjon ! Réponds-moi ! » cria-t-il, mais aucune réponse ne vint d’Illsy.

En regardant derrière moi, j’avais vu le cristal vert flotter sans qu’une seule réponse vienne de lui. Illsy dormait probablement, épuisé d’avoir dépensé tant de mana. Il s’était battu courageusement, et pour un si jeune donjon, c’était un exploit incroyable de blesser un draconien de rang Suprême comme Dankyun.

Si je peux lui faire gagner du temps, il deviendra plus fort que lui…, avais-je pensé en touchant sa surface de cristal plate. J’avais ouvert la bouche pour parler, mais je m’étais souvenue que Dankyun ne savait pas que je pouvais parler à nouveau. Pour l’instant, cela devait rester secret. Je dois lui faire croire qu’il détient toujours ce pouvoir sur moi…, j’avais serré le poing et je l’avais regardé après ça.

« Pourquoi ne réponds-tu pas ! » déclara-t-il en levant son épée. Cependant, je m’étais interposée entre eux.

« Qu’est-ce que c’est ? » demanda-t-il en fronçant son front.

J’avais secoué la tête, puis j’avais fait semblant d’écrire quelque chose dans ma paume, pour lui faire savoir que je n’avais pas mon tableau noir avec moi.

« Qu’est-ce que tu essaies de dire, femme ? » demanda-t-il froidement.

La façon dont il avait parlé m’avait fait comprendre à quel point j’étais insignifiant pour lui, mais je n’avais pas laissé ça me déranger. J’avais refait le signe, en espérant qu’il comprendrait.

« Tu veux dire quelque chose, mais tu as besoin de quelque chose sur quoi écrire ? » demanda-t-il en levant un sourcil.

J’avais hoché la tête.

« Bien. Tiens ! » déclara-t-il. Puis il avait sorti un cristal de stockage.

Cela ressemblait à un petit pendentif en quartz, mais c’était l’un des objets dans ce monde capable de stocker une quantité impressionnante de butin à l’intérieur. Les aventuriers de haut rang et les commandants militaires les trouvaient indispensables dans leurs missions.

De l’intérieur, il avait sorti un petit tableau noir et un morceau de craie semblable au mien. Il me l’avait remis, mais il avait gardé son épée pointée vers le cristal derrière moi.

{Le Seigneur du Donjon est endormi. Il n’y a plus de magie. Je lui ai demandé de m’aider.} J’avais vite écrit cela.

« Quoi ? Alors c’est la raison pour laquelle il ne répond plus ? Attends, mais qu’est-ce que tu veux dire par là que tu lui as demandé de t’aider ? » demanda-t-il.

{J’ai peur de vous. Je ne veux pas être avec vous.} J’avais écrit.

« Hm ? Je ne pense pas que tu aies le choix, petite princesse. Si tu ne deviens pas mienne, ton corps sera offert au bal dans un an, n’est-ce pas ? » demanda-t-il. « Nous devons préserver la lignée, non ? » me fit-il en souriant.

Un frisson avait couru le long de ma colonne vertébrale, et mon corps avait un peu tremblé.

{Je ne veux pas ça.} Avais-je écrit.

« L’autre choix, c’est moi. Dans tous les cas, je peux garantir que notre enfant sera fort et beau ! » répondit-il avec une confiance écrasante. Cependant, l’idée d’avoir à coucher avec cet homme m’avait dégoûtée.

{Vous ne me ferez plus de mal ?} avais-je demandé même si je connaissais la vérité.

« Bien sûr que non ! », il avait menti de toutes ses dents.

{Alors je deviendrai vôtre. J’ai juste peur de la douleur.} Je lui avais montré le message et je l’avais effacé. {Tout le monde ici a agi selon mes ordres. Pardonnez-leur, s’il vous plaît.}

« Est-ce que c’est vrai ? Cela expliquerait certaines choses, en particulier ces étudiants draconiens, » déclara-t-il. « Très bien, je vais arrêter l’attaque, mais tu viens avec moi tout de suite. Dès que nous atteindrons Teslov, nous nous marierons, » il s’était mis à genoux et avait pris ma main dans la sienne. « Je te donnerai une nuit que tu n’oublieras jamais. » Il avait embrassé le dos de ma main et m’avait montré un sourire malicieux.

Des frissons étaient descendus dans ma colonne vertébrale en raison de la haine et de la peur, mais j’étais restée stoïque. Je ne voulais pas que Dankyun soit mon premier homme, mais il n’y avait pas d’autre choix maintenant. Illsy devait survivre...

J’avais hoché la tête et j’avais souri en réponse.

Mon cœur me faisait si mal à ce moment-là. C’était horrible. Derrière moi se trouvait le Seigneur du Donjon qui me traitait avec douceur et amour, et devant moi se trouvait le monstre qui m’éloignait de lui.

Pourquoi était-il si difficile de croire Illsy ? Si seulement j’arrêtais de penser à la façon dont les autres donjons pensent et se comportent... Si seulement j’arrêtais de les comparer tous les deux…, avais-je pensé en me levant, aidée par l’homme qui devait m’emmener loin d’Illsy.

« Oh ! s’ils ont agi sous tes ordres, alors ce Seigneur du Donjon suit les ordres de Nanya ou du directeur, » déclara-t-il

J’avais cligné des yeux en raison de la surprise. Illsy n’avait pas suivi les ordres de qui que ce soit, du moins pas comme Dankyun le croyait. Il avait simplement suivi leurs suggestions et leurs demandes. Je ne croyais pas avoir entendu quelqu’un dire : « Je t’ordonne ça » à lui. Il était possible que je ne sois pas là lorsque cela s’était produit, mais j’étais presque certaine qu’il agissait de façon indépendante.

J’avais écrit « Tuberculus » sur le tableau noir.

« Je vois. Pour nous assurer que nous n’aurons pas de surprises étranges sur le chemin, nous l’emmènerons, » déclara Dankyun. « Hm, ils doivent être en dessous de nous », avait-il dit, puis il avait regardé en bas.

Prenant ma main, il m’avait tirée vers le trou dans le mur. Je devais m’assurer de l’endroit où je marchais pour éviter les fragments tranchants de métal et de cristal cassé éparpillés partout. Après que nous étions sortis de la pièce d’Illsy, Dankyun s’était arrêté au milieu du couloir et avait frappé avec force sur le sol. Le coup l’avait fait craquer et former un trou à cet endroit. Il avait saisi ma main et avait sauté vers le bas, me traînant avec lui. J’avais failli crier, mais je m’étais arrêtée juste à temps.

« Qu’est-ce que c’est ? D-Dankyun ? » déclara Paladinus, qui pointait son épée vers nous.

« Cesse de te battre, j’ai trouvé ce que je cherchais, et je vais quitter cet endroit paisiblement. Cependant, si tu insistes pour me combattre. Je vais t’affronter et mettre fin à ta vie pathétique. » Il avait déclaré cela sans même le moindre signe de remords.

« Comment pouvons-nous être certains que vous ne nous attaquerez pas ? » demanda-t-il d’une voix tremblante.

« Tu es encore en vie, n’est-ce pas ? » répondit-il en plissant les sourcils.

Pendant ce temps, j’avais regardé derrière eux et j’avais remarqué que les autres étudiants qui me regardaient avaient l’air surpris. Bien sûr, personne ne savait où j’étais, et tous croyaient que je m’étais enfuie ou cachée à l’extérieur de l’académie. Maintenant que j’étais ici, leurs regards s’étaient rapidement transformés de surprise en accusation pour les ennuis que je leur avais causés.

J’avais regardé vers le sol, j’en avais honte, mais c’était une vérité que je ne pouvais pas fuir. Dankyun était venu dans cette académie à cause de moi. Celle qui avait perturbé leur tranquillité, c’était moi. J’avais fait venir cette tempête.

Paladinus avait rangé son épée et il avait laissé passer le draconien Suprême. Au moment où l’un des soldats qui avaient essayé d’entrer l’avait vu, il avait fait passer le mot aux autres, et la bataille s’était arrêtée à l’extérieur.

Les étudiants avaient formé un passage pour nous, et nous avions marché à travers ça, subissant le poids de tous leurs regards de peur et de haine qu’ils nous avaient jetés sur nous. Entre nous deux, Dankyun était le seul à avoir l’air d’apprécier le remue-ménage qu’il avait causé.

« Qu’est-ce que ça veut dire ? » demanda Tuberculus, qui s’avançait.

« C’est toi qui contrôles cette académie et le Seigneur du Donjon à l’étage ? » demanda-t-il.

« ... » l’ancien directeur m’avait d’abord regardée et m’avait dit : « Oui. Je pensais que je l’avais déjà dit clairement. »

« Je vérifiais, c’est tout. Je suis ici pour t’informer que cette visite paisible a pris fin. Je pars aujourd’hui avec Ayuseya. Tu viendras avec nous pour nous assurer que nous atteindrons la prochaine ville en toute sécurité. Est-ce que j’ai été clair ? » demanda Dankyun.

« Oui... » répondit Tuberculus en serrant son bâton et en baissant les yeux.

C’était leur défaite totale. Même s’il le voulait, il savait qu’il ne pouvait pas aller à l’encontre des paroles de Dankyun.

« Très bien ! Je le ferai aussi savoir à mes soldats, » déclara Dankyun. « Nous partirons dans environ une heure. Oh ! Et ta forêt est en flammes. Je l’éteindrais si j’étais toi. Quant à Nanya, elle est quelque part dans un tas de décombres près du dortoir », déclara-t-il comme si ce n’était pas important, mais avec cela, il avait pratiquement déclaré que si quelqu’un osait aller contre lui, ils ne sortiraient pas indemnes.

« Nous comprenons…, » déclara Tuberculus.

« Bien ! » déclara Dankyn.

Cela étant dit, nous nous étions dirigés vers la sortie, qui était bloquée par des piles de meubles. Dankyun n’avait pas pris la peine de tenter de trouver un autre passage. Il avait dégainé son épée et s’était dirigé vers la pièce voisine. Avec quatre frappes rapides et puissantes, il avait percé un grand trou dans le mur. Nous avions été accueillis par ses soldats.

Il semblerait que certains d’entre eux aient été blessés, mais ils n’avaient pas subi de pertes importantes. Ils étaient encore en assez grand nombre à mon avis, mais aucun d’entre eux ne m’avait saluée ou ne s’était incliné devant moi en tant que princesse. Leur loyauté n’était qu’envers Dankyun, mais il fallait s’y attendre.

Dès qu’il leur avait donné les ordres, les soldats avaient défait le camp et préparé les chevaux. Ils avaient fini de faire leurs bagages environ une heure après qu’il leur ait ordonné de le faire, comme il l’avait dit. Pendant ce temps, je me tenais aux côtés de Dankyun. Il ne m’avait pas quittée des yeux, ne serait-ce qu’un instant. Comme toutes mes affaires étaient encore dans Illsy, je n’avais rien à emporter.

« Il est temps d’y aller, Princesse Ayuseya, » il m’avait déclaré cela et m’avait offert une place sur son cheval.

J’avais hoché la tête et souri comme une bonne petite femme servant de trophée.

J’espère que Nanya et Illsy iront bien…, avais-je pensé en repensant à l’académie.

« Je vais prendre ça. Tu n’en auras pas besoin pour l’instant, » m’avait-il dit. Puis il m’avait pris le tableau noir.

Encore une fois, je lui avais souri et lui avais hoché la tête, le laissant faire ce qu’il voulait.

Le directeur nous avait rejoints peu de temps après ça. Il était peu encombré, juste assez pour un aller-retour en ville. Dankyun l’avait placé entre ses commandants, et nous étions partis comme ça, sans dire au revoir ni même regarder en arrière. Le voyage allait être lent. C’était un rythme qui ferait que cela prendrait au moins huit ou même dix heures avant d’atteindre la ville de Therion.

La plupart du temps, j’avais essayé d’ignorer tout le monde. D’ignorer leur présence parce que je sentais les bras de Dankyun autour de ma taille. Ils étaient forts et m’avaient gardée immobile comme s’il avait peur que je m’enfuie à la première occasion que j’aurais eue.

Ça m’avait rappelé cette nuit avec Illsy, quand il m’avait tirée dans son étreinte. Ses bras n’étaient pas forts, mais ils n’étaient pas faibles non plus. Illsy était doux et ne s’inquiétait pas que je m’enfuirais. Comme je me sentais bien, alors je l’avais laissé faire. Mais si je voulais me retirer, je pouvais le faire.

Son baiser était si tendre, ses lèvres si douces... Illsy me serrait de près parce qu’il me faisait confiance. Illsy était attentionné et n’avait pas forcé son sourire... Soupir. J’ai fait une erreur, n’est-ce pas ? avais-je réfléchi, puis j’avais regardé les branches au-dessus de nous.

Chaque pas que nous faisions nous éloignait de plus en plus du seul homme qui m’était fidèle, mais j’avais été trop bête pour reconnaître sa valeur.

Non... J’avais peur de lui, avais-je secoué la tête. J’avais peur de son honnêteté. N’est-ce pas stupide ? J’avais regardé la main de Dankyun autour de ma taille. C’était si différent du sien, mais mon cœur savait clairement lequel il désirait.

J’avais fermé les yeux et laissé voler mes pensées aux moments où j’avais parlé avec Illsy, à ses paroles, à son toucher, à son regard, à sa douce présence. En parlant de ça, il n’avait jamais fait apparaître son brouillard d’obscurité jusqu’à ce que Dankyun arrive ici. C’était un donjon qui ne voulait pas tuer.

Mon stupide mari Seigneur du Donjon... m’étais-je dit.

Ces mots simples m’avaient fait sourire.

Je me demandais ce que j’aurais pu gagner si je n’avais pas agi aussi bêtement. Je me demandais ce que cela aurait pu être si Dankyun n’existait pas. Je n’aurais peut-être pas rencontré Illsy.

Je suppose que c’est la seule chose pour laquelle je peux remercier Dankyun... Il m’a fait fuir Teslov et cela m’a permis de rencontrer Illsy, mais maintenant…, j’avais pensé à mon avenir avec ce monstre. Il allait être le premier à me toucher la nuit, celui à côté duquel je me réveillais, celui dont je portais les enfants.

Mes poings s’étaient serrés autour des rênes. Je ne voulais pas que ce soit mon avenir. Je détestais ça...

Nous nous étions arrêtés après trois heures pour laisser les chevaux se reposer et manger quelque chose. Les commandants de Dankyun avaient donné à chacun d’eux une potion d’endurance diluée dans de l’eau et du foin. Pendant ce temps, nous avions pris le temps de manger quelque chose, mais on ne m’avait pas donné la même nourriture que les soldats. J’avais reçu de la viande de lièvre séchée et des fruits.

Ce petit arrêt n’avait duré que vingt minutes, puis nous étions montés à nouveau sur les chevaux. Nous avions agi rapidement parce que Dankyun voulait quitter le territoire d’Illsy avant qu’il ne se réveille. Même s’il le faisait, avec moi et Tuberculus comme otages, il ne les attaquerait pas. D’ailleurs, je lui avais dit de ne pas le faire jusqu’à ce qu’il devienne plus fort.

***

Partie 2

Trois autres heures s’étaient écoulées. Rien n’avait changé, et nous étions presque au bord du territoire d’Illsy. Quant à la façon dont je le savais, c’était plutôt étrange, mais je le sentais tout simplement. C’était le même sentiment qu’on ressentait quand on se préparait à quitter sa propre maison. Je ne savais pas combien de temps il nous restait jusqu’à ce que nous le dépassions, je savais juste que ça se rapprochait.

Dans un effort pour essayer d’oublier Illsy et d’accepter ma nouvelle vie, j’avais essayé de fermer les yeux et d’arrêter de penser à lui.

Des flashs de lui me souriant, me serrant dans ses bras, m’embrassant, l’instant de notre étreinte..., ils me revenaient tous avec une obstination accrue chaque fois que j’essayais de les repousser. J’avais pu me vider l’esprit pendant un moment, mais ensuite, j’avais repensé à lui et mon cœur avait commencé à battre plus vite. Mon estomac m’avait fait ressentir une drôle de sensation. Je n’arrivais pas à sortir Illsy de mon esprit.

M’a-t-il maudite ? avais-je pensé, mais j’avais poussé un soupir. Je savais ce que c’était. Je suis la seule à pouvoir avoir la « chance » de tomber amoureuse d’un homme après l’avoir quitté, mais je pense... Je crois que c’est un homme dont il vaut la peine de tomber amoureux, surtout quand on regarde l’alternative, Dankyun. Soupir... S’il y a un dieu en haut, s’il vous plaît, écoutez ma prière et assurez-vous que l’Illsy et les autres soient en sécurité. S’il vous plaît..., avais-je pensé en regardant le ciel.

« Nous ne sommes maintenant pas si loin que ça, princesse, » déclara Dankyun, croyant que je m’ennuyais juste avec le voyage.

Bien sûr, cet homme ne connaissait que l’Ayuseya calme et facile à intimider. Illsy connaissait mieux le vrai moi et s’en souciait davantage.

Rien à faire maintenant... rien d’autre qu’attendre et... avais-je pensé, mais quelque chose m’avait frappé et m’avait fait tomber du cheval.

Dankyun avait sauté vers l’arrière et m’avait attrapée avant que je ne touche le sol. Tous les soldats s’étaient arrêtés.

« Que s’est-il passé ? » demanda-t-il, surpris, mais il me serrait trop fort. Ça faisait mal.

J’avais secoué la tête.

« On aurait dit qu’elle a été frappée par quelque chose, » déclara Tuberculus qui avait rapproché son cheval.

« Frappé par quelque chose ? » Dankyun plissa son front et il regardait les arbres autour de nous.

Sa première réaction avait été de parcourir les environs à la recherche d’un ennemi caché. Il avait même fait un signe à deux de ses soldats de vérifier. Ils avaient fait ce qu’on leur avait ordonné et avaient sauté de leurs chevaux. Pendant qu’ils cherchaient, les autres soldats avaient formé un mur autour de nous.

Même moi, j’étais confuse par ce qui se passait.

« Je ne crois pas que ce soit quelqu’un de mon académie, » déclara Tuberculus, en s’assurant qu’il n’avait pas encore enflammé la colère de Dankyun.

« J’espère que non, » déclara Dankyun.

J’avais dégluti et j’avais attendu patiemment à genoux que quelque chose se produise, mais la forêt était silencieuse. Une deuxième attaque n’était jamais venue, mais tout le monde était resté sur ses gardes, car ils ne pouvaient pas m’expliquer ce qui m’était arrivé. Même moi, je ne savais pas.

« Il n’y a personne dans la forêt, Maître, » déclara l’un des soldats après leur retour, mais c’est seulement à ce moment-là que j’avais remarqué ce qu’ils étaient.

Les deux soldates étaient en fait deux très belles femmes el’doraw. Leur peau sombre qui changeait avec leurs émotions, leurs cheveux foncés et leurs longues oreilles pointues comme celles de Shanteya définissaient leur espèce, mais elles portaient une armure similaire à celle des soldats réguliers. Ce fut une surprise de voir qu’il avait des adeptes d’une autre espèce.

« Soit ils sont partis, soit le Seigneur du Donjon est venu après nous. Je doute que ce soit le cas, mais je l’ai vu utiliser un sort capable de s’emparer de quelqu’un, et cela, quelle que soit la puissance de son armure magique, » nous avait-il dit en me tirant vers le haut et en regardant sur la route que nous venions de parcourir.

Je ne pense pas qu’Illsy soit ici..., avais-je pensé en cherchant un signe, mais il n’y avait rien là-haut entre les branches des arbres ou dans le ciel.

« Bougez avec prudence, » avait ordonné Dankyun et m’avait tiré vers le haut.

Ça fait mal…, pensais-je, mais je ne pouvais que grimacer et le suivre.

J’avais fait deux pas et je m’étais cognée contre un mur invisible. Il n’avait été appliqué que sur moi, les autres n’avaient pas été affectés par cette force.

« Qu’est-ce que c’est ? » demanda Dankyun, surpris.

J’avais secoué la tête. Moi non plus, je n’en avais aucune idée.

Il avait agité la main, mais il n’y avait rien, mais quand il m’avait tirée vers lui, j’avais heurté une surface plane. Il y avait quelque chose, mais aucun d’entre nous ne savait ce que ça pouvait être.

« Comme c’est étrange, » déclara Tuberculus en se frottant le menton.

« Que signifie ce vieil homme ? » demanda Dankyun alors qu’il dégainait son épée et la pointait vers lui.

« Il n’y a pas besoin d’être violent, je n’en ai non plus aucune idée. C’est la première fois que je vois une barrière aussi particulière, » avait-il répondu calmement.

« Tsk ! Avez-vous déjà vu ou entendu parler de quelque chose comme ça avant ? » il avait regardé les deux femmes el’doraw.

Elles se regardèrent un instant, puis le regardèrent et secouèrent la tête. Je commençais à avoir l’impression qu’il s’agissait d’un autre des mystérieux pouvoirs d’Illsy. S’il pouvait dissiper mes malédictions, qui savaient ce qu’il pouvait faire d’autre.

Pas bon ! Je pense encore à lui ! avais-je fermé les yeux et j’avais essayé de le sortir de mon esprit.

« Princesse Ayuseya ? Te sens-tu bien ? » demanda Dankyun.

Il m’avait fait sursauter et j’avais rapidement ouvert les yeux. Ma réponse avait été un sourire forcé et un signe de tête. Après cela, j’avais regardé autour de moi et j’avais touché la barrière, essayant de voir où elle pourrait commencer ou se terminer, mais elle était allée du sol jusqu’au ciel. Le fait d’aller à gauche ou à droite n’avait pas résolu le problème. C’était comme un mur invisible géant.

« Hm, je me demande... » déclara Dankyun en sortant une pierre de détection du niveau d’un donjon.

Là où il se tenait, la pierre n’avait pas réagi, mais dès qu’il s’était approché de moi, la pierre s’était activée et avait montré le chiffre 86. Illsy n’avait pas pu monter aussi rapidement de niveau, alors comment cela pourrait-il être possible ?

« Ce maudit Seigneur du Donjon ! Il t’a liée d’une façon ou d’une autre à son Territoire de Donjon ! AAARGH ! » Dankyun avait crié et avait frappé un arbre.

Le tronc ne pouvait pas supporter une telle force et il s’était fissuré au milieu. Le sol avait tremblé, et il avait été déraciné. Après un autre moment, l’arbre entier était tombé à cause du cratère laissé à la base. Les deux femmes el’doraws avaient sauté vers le haut et avaient donné un coup de pied à l’arbre en même temps, changeant sa chute vers l’autre côté.

J’avais été surprise de les voir abattre à mains nues un arbre de plus de 20 mètres de haut et avec un tronc épais de plus d’un mètre de diamètre. C’était incroyable, mais en même temps effrayant. Dans toute ma vie, j’avais eu du mal à casser une branche en deux et encore moins à faire tomber un arbre de cette taille en un seul coup.

J’avais dégluti et je l’avais regardé.

« Qu’est-ce qu’il a fait ? » m’avait-il demandé alors qu’il me regardait.

Faire ? Qu’est-ce qu’il..., avais-je pensé, et j’avais regardé vers le sol.

L’anneau de tatouage noir était venu dans mon champ de vision, me rappelant que j’étais l’une des femmes d’Illsyore. J’étais l’épouse d’un Seigneur du Donjon Divin.

Est-ce... Est-ce la raison ? avais-je réfléchi et j’avais regardé Dankyun.

Il avait remarqué la bague.

« Qu’est-ce que c’est que ça ? QU’EST-CE QUE C’EST QUE ÇA ? » hurla-t-il. Puis il avait saisi ma main si fort qu’il me faisait mal.

« Arrêtez ça. S’il vous plaît, vous faites du mal à la pauvre fille, » Tuberculus avait essayé de m’aider.

« Reste en dehors de ça, vieil homme... En fait..., » il l’avait regardé et avait vu qu’il était hors du territoire du donjon.

Avec un sourire sur les lèvres, Dankyun avait claqué des doigts et l’une des El’Doraws était apparue derrière lui. Tuberculus n’avait pas eu le temps de réagir, et la femme l’avait poignardé dans le dos avec un couteau. Elle l’avait sorti et lui avait donné un coup de pied dans la plaie, l’envoyant s’envoler du cheval, vers le sol, loin de nous.

Tuberculus avait gémi et avait essayé de se lever, mais la femme s’était rapidement déplacée et l’avait durement frappé au milieu de sa poitrine, brisant l’armure qu’il avait mise en place et l’envoyant voler dans un arbre voisin. Son sang rouge avait taché le tronc et le sol en dessous.

En regardant mon visage surpris, Dankyun m’avait dit : « Quoi ? Je n’ai jamais eu l’intention de le laisser vivre. Il allait mourir, soit maintenant, soit dans une demi-heure environ, » puis il avait regardé les deux femmes et avait parlé calmement. « Poignardez-le encore une fois et jetez-le quelque part par là. Oh, mais pas dans le Territoire de Donjon. Je veux qu’il souffre. Si l’hémorragie ne va pas tuer, le poison le fera, » avait-il ordonné, et l’El’Doraw avait fait ce qu’on lui avait dit.

J’avais vu avec horreur comment la femme passait devant Dankyun, et sans aucun remords avait poignardé Tuberculus avec le même poignard dans l’estomac et l’avait ensuite traîné par les cheveux, tandis qu’il se tortillait d’agonie.

Il n’y avait aucun doute à ce sujet, le directeur, le vieil homme qui m’avait gentiment accueillie dans son académie, allait mourir maintenant. Je me sentais mal pour lui et j’aurais aimé qu’il y ait un moyen de l’aider, mais devant Dankyun et son armée, que même Illsy ne pouvait pas vaincre, que devais-je faire ?

Mon corps tremblait de peur rien qu’en y pensant. J’avais essayé de me calmer, de paraître inébranlable et digne devant eux, mais quand Dankyun s’était accroupi devant moi, mon cœur s’était contracté. Il m’avait regardée dans les yeux et avait ensuite touché la joue qu’il avait coupée plus tôt, maintenant guérie de toute blessure. Ma peur de ce monstre était aussi claire que le jour pour tous ceux qui me regardaient.

« Maintenant, je vais te donner ta planche et ta craie, et tu vas me dire ce que le Seigneur du Donjon t’a exactement fait et comment je peux le défaire ? » sourit-il.

J’avais eu un frisson dans la colonne vertébrale.

Comment puis-je lui mentir maintenant ? Ça ne faisait pas partie de mon plan... Ça..., avais-je pensé en le regardant avec peur.

« Tiens, » il m’avait offert le tableau noir.

« Je n’en ai pas besoin, » j’avais dit et je l’avais regardé en réponse.

De toute façon, c’est fini…, pensais-je.

« Q-Quoi ? » déclara-t-il, surpris.

Même les soldats m’avaient regardée avec surprise. Tout le monde savait que j’étais muette, y compris Dankyun, qui était celui qui m’avait maudite au départ. Il était évident que ce n’était pas quelque chose qu’il s’attendait à ce que cela se produise. Une chose était d’enlever l’engagement entre nous et une autre était d’enlever la malédiction qui faisait que je ne pouvais même pas parler.

J’avais souri.

« Il y a quelqu’un avec un plus grand pouvoir que le tien, Dankyun..., » lui avais-je dit.

Même s’il avait vaincu Illsy une fois, je considérais toujours le donjon comme beaucoup plus fort que le monstre devant moi pour la simple raison qu’à mes yeux, Illsy avait tout ce qui manquait à Dankyun : la bonté, la compassion, la modestie, et surtout... l’amour. C’était peut-être idiot de le croire, mais sincèrement, je m’en fichais.

« Princesse, je suis content que tu puisses parler, mais comment ? » demanda-t-il avec un sourire forcé, mais son trouble était à son comble.

Il avait été ébranlé par cela, il avait même ignoré mes paroles, mais peut-être que je pourrais utiliser son moment de confusion à mon avantage ? C’était difficile, mais je devais essayer.

Si cela fonctionne, il devrait commencer à craindre ce « quelqu’un » qui peut facilement enlever de telles malédictions extrêmes parce qu’elles pourraient le surpasser en tant que Suprême. Si ce n’est pas le cas, je suis morte de toute façon. Je ne peux pas quitter le territoire d’Illsy. Et maintenant que je suis débarrassée de mes malédictions... il n’y a aucune raison pour que mon pays souhaite me marier à lui maintenant, et il le sait, avais-je pensé.

Puis, après avoir dégluti, je lui avais dit les mots suivants : « Oui. La malédiction que tu m’as mise sur moi a été enlevée en quelques secondes. »

« S-Secondes !? » il avait bégayé.

« Tout comme la malédiction de ma famille, » avais-je ajouté. Et j’avais regardé fixement ses yeux.

Tous les soldats autour de moi avaient commencé à chuchoter entre eux quand ils avaient entendu cela. Même les deux femmes el’doraw qui étaient revenues d’aller déposer Tuberculus quelque part dans la forêt avaient eu une réaction similaire. On savait déjà que même les meilleurs guérisseurs des trois continents ne pouvaient rien faire pour éliminer cette malédiction, mais ici, je proclamais qu’elle avait disparu. La preuve en était le fait que je pouvais parler, prouvant que mon autre malédiction avait été enlevée. Pourtant, je m’étais demandé combien de personnes autour de moi savaient que j’avais deux malédictions au lieu d’une seule. Pour Dankyun, c’était clair, mais les autres ne faisaient que suivre les ordres.

« BUHAHAHHaha ! » il avait éclaté de rire, faisant taire toutes les voix autour de lui.

J’avais cligné des yeux de surprise et je m’étais éloignée de lui. Il riait comme un fou.

« Toi... Haha ! Tu dis que tu t’es débarrassée de tes malédictions ? » avait-il demandé après qu’il se soit arrêté de rire.

« Oui, » avais-je répondu.

« Alors... si tu revenais, le royaume serait sauvé comme on dit, n’est-ce pas ? Je veux dire que tu serais capable de renforcer à nouveau la famille royale. Soupir ! C’est une bonne journée ! Une bonne journée en effet ! » déclara-t-il en souriant en regardant le ciel.

Pendant un moment, j’avais cru que mon plan avait réussi. Si à ses yeux, j’arrêtais d’être une disgrâce et devenais plutôt une princesse draconienne, peut-être qu’il arrêterait son comportement fou et essaierait de travailler avec moi pour restaurer Teslov jusqu’à sa gloire d’autant. Malheureusement, j’avais oublié que Dankyun avait peut-être des plans différents quant à la façon dont il pourrait restaurer le pouvoir sur le trône.

« Je vois, alors... Tu as été guérie de tes malédictions... Je vois, alors... Je dois juste te tuer et prendre une autre princesse pour épouse, » déclara-t-il.

Ces mots prononcés avec un calme effrayant avaient fait frissonner ma colonne vertébrale jusqu’au bout de ma queue. J’avais fait un pas en arrière, je voulais fuir, mais les soldats avaient formé un mur derrière moi.

« Qu’est-ce que c’est ? Trahissez-vous votre princesse ? » avais-je demandé.

« Ils n’ont jamais été les vôtres, Princesse Ayuseya, » déclara Dankyun en s’approchant de moi.

« Pourquoi ferais-tu ça, Dankyun ? Pourquoi ? » avais-je demandé en serrant ma robe.

Mes mains tremblaient, et mon cœur battait plus vite que jamais. Je regardais la mort dans les yeux, et il n’y avait aucun moyen pour moi d’échapper à ses terribles griffes.

« Je déteste simplement la famille royale actuelle et je veux le trône », avait-il dit en haussant les épaules. Puis il avait pointé son épée noire vers moi. « J’ai juste une dernière question. Que veux-tu que soient tes dernières paroles ? » demanda-t-il en souriant.

Mes dernières paroles ? Comme c’est cruel..., avais-je pensé. Puis j’avais fermé les yeux un instant. Oui. Quels seraient les mots qui seraient bien pour être mes dernières paroles... ? J’avais ouvert les yeux et en lui souriant, j’avais dit : « Je n’ai que deux choses à te dire. Dankyun, tu es un idiot, et l’homme que j’aime est Illsyore. »

« Comme c’est idiot. » Il avait secoué la tête et s’était préparé à m’attaquer.

J’avais fermé les yeux. C’était ça... Peu importe à quel point j’essayais de m’éloigner de lui, peu importe à quelle vitesse j’allais, peu importe, où j’allais, et qui essayait de me protéger, Dankyun réussissait toujours à me rattraper. C’était peut-être mon destin ? Au moins, je mourrais en sachant que j’avais dit ces mots qui avaient libéré mon cœur de toute douleur et de ses lourdes chaînes...

« Ayuseya ? » J’avais entendu sa voix. Cependant, je n’arrivais pas à y croire.

« Ayuseya ? Est-ce que ça va ? » Je l’avais encore entendu.

C’était sans doute la voix d’Illsy. J’avais ouvert les yeux, mais au lieu de la forêt, j’avais vu la pièce métallique où se trouvait son corps de cristal. Shanteya et Nanya étaient là aussi, mais ce qui était important, c’est qu’Illsy était là !

« Je... » ma voix ne voulait pas sortir. Mes yeux s’étaient remplis de larmes, et sans me soucier de qui m’avait vue, j’avais sauté vers l’avant et j’avais pris dans mes bras ce grand cristal vert. « Illsy ! » Puis j’avais pleuré.

« Oui ! Je suis là... Je suis... Ne vous inquiétez pas. Vous êtes en sécurité, Ayuseya, » m’avait-il parlé d’une voix gentille et douce.

[Point de vue d’Illsyore]

Une heure environ avant de convoquer Ayuseya à l’académie, je m’étais réveillé de mon sommeil.

« NON ! Ayuseya ! » j’avais crié et je lui avais tendu la main, mais elle n’était plus là.

Partout où je regardais, tout ce que je pouvais voir, c’était l’obscurité de mon esprit intérieur, mais Shanteya n’était pas là pour me saluer comme d’habitude, ce qui m’avait rendu confus et effrayé pendant un moment.

Est-ce juste un cauchemar ? Je me demandais ça alors que j’essayais de calmer mon souffle et mon cœur qui battait vite.

C’était trop réel pour être un rêve, même si la dernière partie était incroyablement brumeuse. La seule façon d’en être certain était de chercher Ayuseya à l’intérieur de l’obscurité de mon esprit intérieur. Ma peur et mon inquiétude étaient venues de la dernière chose que j’avais dite avant de m’évanouir. Ces mots que j’avais prononcés avaient été fortement gravés dans ma mémoire.

« Ayuseya ? Êtes-vous là ? » J’avais crié, mais aucune réponse n’avait été retournée.

La lumière au loin qui apparaissait normalement lorsque je vérifiais où elle se trouvait n’apparaissait pas.

Ayuseya n’était pas dans mon esprit intérieur...

« Non ! Non ! C’est impossible ! » avais-je dit en secouant la tête.

***

Partie 3

Comme j’avais essayé de nier le fait que j’avais échoué et que maintenant Dankyun l’avait emmenée, j’étais sorti dans le monde réel.

En effet, ce n’était pas un rêve.

Ma pièce était en piteux état. Les signes de ma lutte et de ma bataille avec Dankyun étaient visibles partout. Les restes des lasers que j’avais utilisés comme dernier moyen de défense avaient été dispersés sur le sol, des éclats de cristal de puissance avaient été mélangés avec des morceaux de boîtiers en acier et des parois en Inconel découpées. Ne portez pas de bottes et vous seriez obligé de devoir en retirer de votre pied.

En regardant vers le haut, j’avais vu le grand trou dans le mur à travers lequel le Suprême draconien s’était frayé un chemin à l’intérieur, laissant la lumière du soleil inonder ma pièce. J’avais réfléchi sur tous les éclats éparpillés sur le sol.

Malgré toutes ces destructions, malgré le souvenir de ce dernier moment avant de m’évanouir quand Dankyun était sur le point de me tuer, j’étais encore en vie et sans une seule égratignure sur mon corps de cristal.

Ayuseya l’a arrêté..., avais-je pensé, mais le fait de le savoir m’avait mis en colère.

Finalement, je n’avais pas pu tenir ma promesse. J’avais donné Ayuseya à ce monstre et même si je devais attribuer ça à la fatigue et au manque de concentration, ce n’était rien d’autre qu’une excuse simple et pathétique. C’était moi qui l’avais relâchée à la fin, juste devant la mâchoire du lion.

Et si je mourais ? m’étais-je demandé.

J’avais secoué la tête. Je ne voulais même pas penser à cette possibilité.

En ouvrant ma fenêtre d’état, j’avais regardé ma réserve de mana. Elle était pleine, mais il restait encore des traces de fatigue mentale, même si ce n’était pas aussi grave qu’avant. Il y avait une autre chose que j’avais remarquée : mes auras divines.

Pourquoi n’ont-elles pas affecté Dankyun ? m’étais-je demandé.

[Protection Divine] <en tant qu’entité divine, vous êtes protégé par la plupart des attaques magiques et physiques. Les attaques primaires infligent 95 % moins de dégâts. Les attaques intermédiaires infligent 90 % de dégâts en moins. Les attaques avancées infligent 80 % de moins de dégâts. Les attaques des maîtres infligent 70 % de moins de dégâts. Les attaques héroïques infligent 60 % de moins de dégâts. Les attaques divines et les armes infligent 50 % moins de dégâts>.

Que signifient les attaques héroïques et divines ? Empereur et Divin ? avais-je pensé et puis j’avais regardé l’autre.

[Aura Divin] < vous êtes enveloppé dans une aura de guérison divine avec un rayon de dix mètres autour de votre corps pour tous ceux que vous percevez comme un Allié ou Neutre. Vous êtes enveloppé d’une aura de Dommage Divin avec un rayon de cinq mètres autour de votre corps pour toute personne que vous percevez comme un ennemi. Les dommages induits sont déterminés par la quantité de mana déversée dans l’Aura et le désir de l’entité divine ou le dieu. >

Quand Dankyun était entré, j’étais plus concentré sur ma défense que sur l’infusion de mana dans [Aura Divine]... C’était probablement si faible qu’il ne l’a même pas sentie, avais-je pensé en essayant de me souvenir de toute la bataille, mais il n’y avait que des bribes. Ma mémoire était floue, et seul le dernier moment avant que je m’évanouisse était clair comme le jour.

Avec si peu de mana, il n’y avait aucun moyen pour moi d’espérer que cette capacité lui causerait des dommages significatifs. J’avais probablement fait une terrible erreur en le combattant ici, mais il nous avait pris au dépourvu, Nanya et moi. Je suppose que cela avait démontré la différence entre la vie réelle et les innombrables jeux auxquels j’avais joué, où le héros avait toujours réussi à trouver un moyen de gagner.

C’est à ce moment-là que je m’étais souvenu à quel point cette enseignante adolescente aurait pu être blessée, et je me plaignais d’être une mauvaise excuse pour un héros et de perdre mon premier combat.

« Et alors ? Je vais gagner le prochain ! » avais-je dit en m’envolant.

Même s’il était vraiment difficile de croire en ces mots, j’avais essayé de me souvenir d’un bon conseil que mes parents m’avaient donné : « Chaque fois que tu fais face à un problème dans ta vie, qu’il soit grand ou petit, aborde-le toujours avec la mentalité que tu seras capable de le résoudre ou de le surmonter à la fin. Croire le contraire ne fera que t’alourdir et t’éloigner encore plus du succès. »

En d’autres termes, il était plus efficace de penser que l’on gagnerait à la fin que de s’inquiéter de perdre avant même que la bataille ne commence. C’est ainsi que je devais penser et continuer à me dire, mais c’était plus facile à dire qu’à faire. Les peurs intérieures étaient difficiles à surmonter, même lorsque vous aviez le pouvoir d’un donjon divin.

Pendant que je volais à travers l’académie vers l’endroit où j’avais senti la force vitale de Nanya, je n’avais même pas prêté attention à l’état dans lequel se trouvaient les élèves et les enseignants. Peut-être que je n’avais pas envie d’être témoin des conséquences de la bataille. Ainsi j’avais tout simplement survolé, ignorant tout, sauf le faible pouls que je savais provenir de ma femme.

« Nanya ! » J’avais crié en entrant dans la salle de classe.

Cet endroit avait aussi été détruit. Les fenêtres avaient été barricadées avec des bureaux et des chaises, afin d’éloigner les soldats. Il n’y avait aucun signe de bris, ce qui signifiait qu’ils n’avaient pas essayé d’entrer par ici. La salle de classe se trouvait de l’autre côté de l’académie, en face de l’entrée arrière où les soldats avaient essayé d’entrer de force.

Dans tout cet endroit, il n’y avait qu’un seul bureau comme avant, le bureau du professeur, et à côté se trouvait la femme de rang Divin.

« Illsy ? » demanda-t-elle, surprise et elle se retourna rapidement.

Son armure avait l’air horrible, et son sang l’avait taché là où elle avait été blessée par ce bâtard, Dankyun. Cela ressemblait à une vilaine coupure, mais elle ne semblait pas saigner, mais j’avais dû vérifier. J’étais inquiet.

« Nanya ! Tu es vivante ! Je suis si content ! Est-ce que ça va ? Tu saignes ? Quelque chose de cassé ? As-tu toujours ta culotte ? » avais-je demandé en étant inquiet et en volant autour d’elle comme une luciole agaçante.

Elle m’avait affiché un doux sourire et m’avait dit. « Hehe ! Je ne pense pas que cette dernière question était nécessaire, mais je vais bien, Illsy. Tuberculus m’a laissé un cristal de guérison, et je suis revenu à 100 %. Malheureusement, j’ai pris une sacrée raclée..., » avait-elle dit. Puis elle avait poussé un soupir.

« Tuberculus ? » je m’étais arrêté devant elle.

« Oui. Hm ? Tu viens de te réveiller, n’est-ce pas ? » demanda-t-elle en me regardant et en inclinant un peu la tête vers la gauche.

« Oui, » répondis-je.

« Je vois..., » ses yeux regardaient le sol en ayant un peu de tristesse en eux. « Alors tu ne sais pas, n’est-ce pas ? »

« Je ne sais pas quoi ? » avais-je demandé en étant surpris. Puis un frisson avait parcouru le long de ma colonne vertébrale.

Oh non ! Il est arrivé quelque chose à Ayuseya ? Dankyun l’a tuée ? avais-je pensé.

« Dankyun et son armée de crétins ont pris Ayuseya et sont partis une heure ou deux après la fin de la bataille avec toi. Pour une raison inconnue, il pensait que tu avais reçu des ordres directs de Tuberculus, que tu es sous son contrôle ou quelque chose comme ça. Alors il l’a pris avec lui pour s’assurer que nous n’allons rien tenter de stupide. Après qu’ils soient arrivés à la cité de Therion, il va le laisser retourner à l’académie... », me regarda-t-elle. « Je ne pense pas qu’Ayuseya reviendra... un jour. »

Entendre cela avait été un peu choquant. J’étais content de savoir que Dankyun était parti, mais entendre qu’il avait pris Tuberculus et Ayuseya avec lui était un peu trop. Je voulais récupérer ma femme draconienne, et je pouvais facilement le faire en l’absorbant, mais ils tueraient le vieil homme.

« Je ne peux rien faire, n’est-ce pas ? » avais-je demandé.

« Non..., » elle secoua la tête et regarda le bureau.

Il y avait deux cristaux, l’un blanc et l’autre brun. Ils étaient les mêmes que ceux que Dankyun utilisait pour récupérer sa force lors de notre bataille. Sans ces cristaux, j’aurais pu gagner.

« Qu’est-ce que c’est ? » avais-je demandé.

« Il y a beaucoup de noms... Les Cristaux Magiques, les Cristaux de Sort et les Conteneurs de Sorts sont les plus couramment utilisés, » avait-elle dit en prenant le marron. « Tuberculus les a laissés ici pour moi. Apparemment, j’ai besoin de les utiliser au cas où quelque chose arriverait..., » m’avait-elle dit.

« Qu’est-ce que tu veux dire ? » avais-je demandé, mais j’avais le sentiment que je n’allais pas aimer la réponse.

« Il m’a laissé une note disant qu’au cas où Dankyun changerait d’avis quant au fait de le laisser partir, il me rend ces deux-là. L’un contient Régénération et l’autre Téléportation, mais il y a trop peu de mana, et je ne sais pas où cela peut nous mener, » avait-elle expliqué.

« Alors, s’il meurt... » avais-je dit.

« Ça pourrait être la façon de Dankyun de “nous remercier” pour son séjour ici. Peut-être qu’il croit que s’il le tue, tu vas devenir fou et qu’il pourra ainsi nous tuer », avait-elle dit. Puis elle avait ramassé les cristaux et elle les avait mis dans ses poches.

« Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? » avais-je demandé.

« Retournons dans ta pièce... Où est Shanteya ? » me demanda-t-elle.

En me concentrant sur sa force vitale, j’avais découvert qu’elle était à l’intérieur de l’académie, debout devant la porte menant à ma pièce. Paladinus, Angius et Rufus étaient là aussi.

« Elle est déjà là..., » avais-je dit puis j’avais suivi Nanya.

Est-ce que je suis passé à côté d’elle sans m’en rendre compte ? m’étais-je demandé.

Alors que nous y retournions, nous avions vu la dévastation laissée par les soldats de Dankyun. De nombreux élèves présentaient des signes de blessure et de saignement. Ceux qui pouvaient se tenir debout essayaient de réparer l’académie au mieux de leurs capacités, essentiellement en déplaçant les décombres et en dégageant les blocs de meubles.

Certains des enseignants réguliers avaient également été blessés. Ils étaient à peine des aventuriers du rang Maître. L’un d’eux était un débutant, mais ils avaient tous un rôle dans l’académie. Les plus faibles étaient les cuisiniers. Il y en avait deux. C’était difficile à admettre, mais pendant ma bataille avec Dankyun, quelques autres étudiants étaient morts aussi, tués par les soldats qui avaient réussi à se faufiler ou par des tirs errants. Les commandants de Dankyun étaient probablement beaucoup plus forts qu’on ne le croyait au départ et avaient pris les vieux aventuriers par surprise.

La vraie vie n’était pas comme un anime où les forts pouvaient facilement sauter devant une balle et l’arrêter avec leurs dents. Il était possible que les étudiants aient été tout simplement malchanceux. Même un tir ami était une possibilité, mais je n’avais aucun doute que les enseignants faisaient de leur mieux pour assurer la sécurité des 420 élèves.

« Nanya ! Enfin ! Dis à cette folle de dégager le passage, ou bien je la ferai ! » avait avertit Angius alors qu’il pointait son épée vers Shanteya, mais elle ne bronchait même pas.

« Tu ne pourras même pas la toucher. Je te le garantis », dit Nanya en soupirant.

« Comment le sais-tu ? » avais-je demandé par curiosité.

« Tu m’en as donné la raison », répondit-elle calmement, sans donner aucune information sur ma compétence [Lien de Confiance].

« Oh ! »

« J’en doute ! Cette fille est à peine un Rang Maître ! C’est toi qui l’as testée ! » cria Angius.

« Tu devrais peut-être te calmer un peu ? » demanda Paladinus.

« Me calmer ? L’académie est un désastre ! L’un de mes élèves est mort, et c’est la FAUTE du Seigneur du Donjon ! » cria-t-il.

« Le maître n’est pas à blâmer pour la destruction de votre académie. Il l’a défendue. » Shanteya avait déclaré ça.

« Non ! Il a accueilli cette princesse draconienne et nous a tous mis en danger ! Depuis que toi et tes potes avez essayé de l’assassiner, tout a mal tourné ! Je le savais ! Je savais simplement que nous n’aurions pas dû suivre l’idée de Tuberculus ! Maintenant, regardez-nous ! » cria Angius.

« Je suis d’accord. Rien de tout cela ne serait arrivé si le Seigneur du Donjon n’était pas là », dit Rufus.

« Toi aussi, hein ? » déclara Nanya en le fixant du regard.

« Il n’y a aucun doute là-dessus ! Le Seigneur du Donjon est à blâmer pour ce gâchis. C’est pourquoi... euh... c’est pourquoi..., » Paladinus essayait de dire quelque chose, mais il hésitait.

« C’est pourquoi, quoi ? » demanda Nanya en levant un sourcil.

« C’est pourquoi nous avons décidé de détruire son noyau ! » cria Angius, mais dès qu’il avait dit cela, Shanteya avait bougé.

Avec un coup de pied plus rapide que ce à quoi il pouvait réagir, elle l’avait envoyé voler dans mon mur d’Inconel. Il avait toussé, mais elle s’était approchée et lui avait donné un coup de poing dans la poitrine, brisant son armure magique. Avant qu’il ait eu la chance de se rétablir, Angius avait un couteau au niveau du cou.

« Je vous défie de le dire à nouveau », déclara Shanteya calmement, mais son intention de tuer était si forte que je pouvais pratiquement la sentir, et Angius aussi.

« Calme-toi, Shanteya, il ne va pas le faire, » déclara Nanya.

L’El’Doraw n’avait pas battu en retraite.

« En effet, » avais-je dit. « Un suprême peut à peine couper à travers mes murs, et s’ils le voulaient, ils auraient pu utiliser la porte de derrière. Je veux dire qu’il y a un grand trou dans le mur juste là ! » avais-je dit, mais j’avais oublié que j’étais invisible.

« Nyahahahaha C’est vrai ! » Nanya semblait amusée par cela.

***

Partie 4

« Même ainsi... nous ne voulons pas que le Seigneur du Donjon fasse partie de notre académie. Ce n’est pas bien. Après tout, c’est un donjon. Nanya, toi plus que tout le monde devrais comprendre cela, » avait dit Paladinus.

« Je comprends, d’accord... Je comprends que Dankyun vous a tellement effrayé que vous vous enfuyez tous avec votre queue entre les jambes ! Illsy n’a rien fait de mal ! Il nous a tous protégés dès le premier jour de sa naissance ! Il ne nous a pas attaqués et n’a pas montré la moindre intention de nous tuer ! Même maintenant que vous parlez comme des imbéciles que vous voulez vous débarrasser de lui, il n’a pas encore fait apparaître son brouillard noir ! Il a sauvé deux pauvres filles d’un destin plus horrible que la mort, et au lieu de reconnaître tous ses efforts et sa gentillesse, vous pensez à le tuer ? J’ai une question. Pourquoi, au nom de tous vos dieux PATHÉTIQUES, pourriez-vous penser que je VOUS LAISSERAIS faire du tort à Illsy ? », leur avait-elle répondu en criant que même si je ne soulevais pas mon intention de tuer, elle n’avait aucun problème à l’afficher.

Shanteya ne s’était pas non plus éloignée de sa cible, et les enseignants s’étaient regardés un instant. Rufus semblait avoir honte de ce qu’ils essayaient de faire, mais il avait toujours l’impression que c’était ma faute. Angius se retournait vers Shanteya, et Paladinus serrait les poings.

« Même ainsi, je ne crois toujours pas qu’il soit juste qu’un donjon de n’importe quel genre fasse partie d’une Académie de magie ! Ce n’est pas naturel ! Ce n’est pas normal... c’est un Donjon, Nanya, tu dois comprendre ça. Il n’est pas comme nous..., » il avait essayé de la convaincre.

« Alors, sortez d’ici avant que je ne vous tranche la gorge et que je fasse couler votre sang de lâche ! » avait-elle grogné en réponse.

« Nanya, tu ne peux pas..., » Rufus avait essayé de parler.

« SORTEZ DE LÀ ! », avait-elle crié.

« Nanya..., » avais-je dit en marchant devant elle. « Calme-toi, s’il te plaît. » Et j’avais souri.

Elle avait cligné des yeux en étant un peu surprise, puis elle avait gémi et s’était frotté le front avec deux doigts.

« Illsy, ils agissent comme des crétins sans raison, » avait-elle dit.

« Je sais, mais ce genre de choses ne disparaît pas du jour au lendemain, » avais-je dit, en parlant de ce que je savais de la façon dont les humains sur Terre voyaient d’autres personnes différentes d’eux.

« Toujours..., » elle secoua la tête et abandonna.

« Maintenant, messieurs, si vous voulez vivre sur mon Territoire de Donjon, je n’ai aucun scrupule à vous laisser le faire, et je vous promets que je vous aiderai de mon mieux. Cependant, si vous désirez me faire du mal ou faire du mal à mes amis, je vais vous faire frire dans la lave et vous envoyer sur Mars avec un coup de pied dans le derrière. Je n’ai peut-être pas été capable de battre Dankyun maintenant, mais vous trois n’êtes pas une menace pour moi, » avais-je dit avec un sourire.

« Quoi ? Vous plaisantez avec nous, Seigneur du Donjon ? Qu’est-ce qui vous fait penser que nous vous écouterons ? » demanda Paladinus.

« Mars ? » demanda Nanya un peu surprise, mais je n’avais pas pris la peine d’expliquer maintenant. Si elle voulait en parler plus tard, je ne voyais aucune raison de ne pas le lui dire.

« Parce que je suis un Seigneur du Donjon Divin et que vous trois n’êtes que des aventuriers du Rang Empereur qui n’étaient même pas assez forts pour protéger les étudiants pendant que je me battais avec l’aventurier du Rang Suprême Dankyun. Parce que jusqu’à présent, j’ai accédé à vos caprices en raison de Nanya, Shanteya, Ayuseya, et un peu également grâce à Tuberculus. Parce que je vous ai montré que je n’ai aucune intention malveillante envers vous tous et quand je vous ai laissé entrer dans mon donjon, j’aurais pu vous tuer avec une extrême facilité si je l’avais voulu, mais je ne l’ai pas fait, » lui avais-je dit calmement.

« Divin ? » demanda Rufus d’une voix tremblante.

« Oui. Il est bien Divin, » confirma Nanya.

« Je n’y crois pas ! » cria Angius encore sous le poignard de Shanteya.

« Dommage, mais c’est la vérité. Si vous voulez quitter cet endroit, il y a un tunnel d’évacuation sous ce bâtiment. Il vous emmènera à la limite de mon territoire, qui s’étend sur un rayon de plus de 17 km autour de mon noyau de cristal. Vous avez deux options. Prenez ce chemin et rejoignez une ville voisine ou faites face à nouveau Dankyun. Qu’est-ce que ce sera ? » avais-je demandé.

Les enseignants s’étaient regardés un instant et avaient répondu.

« Est-ce sûr ? » demanda Rufus.

« Je te le garantis, » déclara Nanya en levant la main.

« Alors, nous prendrons le tunnel de fuite, et nous emmènerons les étudiants. Ce n’est plus une Académie de magie... c’est un donjon, » dit Paladinus en serrant les poings.

« Très bien. Je vais vous ouvrir la voie, » avais-je dit avec un sourire.

Shanteya avait laissé partir Angius, mais elle ne les avait pas perdus de vue. Alors que les deux filles défendaient mon noyau contre eux, j’avais volé jusqu’au niveau inférieur et j’avais créé un passage vers le tunnel de fuite. Certains des élèves avaient été surpris par la rampe qui était soudainement apparue au milieu du couloir, mais Paladinus, Rufus et Angius avaient calmé les esprits et les avaient tous conduits par là.

Le processus de déplacement avait duré environ une demi-heure. Étonnamment, Zertan les suivait aussi, mais il n’avait pas sa dryade avec lui. Quand j’avais demandé à propos de ça, il m’avait dit ceci :

« Illsyore, malgré ce que mes amis ont dit, ils ne te veulent pas de mal. Ils ont juste peur. Pour ma part, je n’ai aucun problème avec toi. Tu m’as beaucoup aidé avec le matériel que tu as collecté. Tu as aidé pour mes cours, et tu n’as jamais montré de mauvaises intentions envers moi ou mon... amie. Après avoir vu Dankyun, je l’ai renvoyée au cas où quelque chose comme ça arriverait. Elle devrait maintenant être hors de ton territoire, elle m’a aussi demandé de te dire qu’elle te remercie pour ton aide. Si par hasard tu penses à reconstruire cet endroit, j’adorerais revenir et enseigner ici. D’ici là, à bientôt, Seigneur Donjon Illsyore. »

« De même. Prends soin d’elle et de toi, Zertan, » lui avais-je dit.

C’était un adieu qui ne me donnait pas l’impression d’être debout sur un tas d’aiguilles. Maintenant que le bâtiment de l’académie était vide, j’étais retourné dans ma pièce, où Nanya et Shanteya m’attendaient.

« Soupir ! C’est mauvais ! ARGH ! Quand il reviendra, Tuberculus va devenir fou, » déclara Nanya.

« Je dis bon débarras ! » Shanteya parlait calmement, mais elle se tenait toujours sur ses gardes.

« Ils disent que les humains ne montreront leur vraie nature qu’en temps de crise... Ils ont simplement montré les leurs..., » avais-je dit avec un soupir à la fin.

« Et je n’aime pas ça ! » Nanya avait levé les mains en signe de protestation.

« On ne peut plus rien y faire..., » déclarai-je.

J’avais ensuite repensé à Ayuseya. Je me sentais si mal de l’avoir perdue. Bien que j’avais été soulagé de voir ces enseignants et élèves quitter mon territoire, le fait de savoir qu’elle était sur le point d’être partie avait également fait souffrir mon cœur. C’était un peu bizarre, mais que faire d’autre maintenant ?

En ouvrant ma liste de compétences, j’avais regardé autour de moi et j’avais vu ce petit :

[Invocation d’un Allié] : Les aventuriers qui ont formé un contrat avec le Seigneur du Donjon peuvent être convoqués à la discrétion du Seigneur tant qu’ils se trouvent à l’intérieur du donjon ou dans un rayon de 1 km de la sortie du donjon. Le coût en mana est de 250 points. Contrats actuels : 3. Commande vocale : Azer Nef Yer>

Je me demande..., pensai-je.

« Hé, Nanya ? » demandai-je.

« Quoi ? » me demanda-t-elle en me regardant de nouveau.

« J’ai peut-être encore actuellement un moyen de voler Ayuseya des griffes de Dankyun, mais... mais..., » balbutiai-je la fin.

« Mais quoi ? » elle avait plissé les sourcils en me demandant ça.

« Je ne peux pas amener Tuberculus..., » lui avais-je dit.

Un moment de silence avait suivi pendant que Nanya y réfléchissait, alors que je me sentais nerveux. Je voulais utiliser le sort. Je voulais appeler Ayuseya. Je devais le faire !

Il y avait quelque chose en moi qui me disais de déjà le faire, d’ouvrir la bouche et de prononcer ces mots. Puis d’insuffler de ma magie dans le sort et appeler celle que j’avais perdue, mais qu’en était-il de Dankyun ? Et Tuberculus ?

« Si tu fais ça, alors Dankyun..., » déclara Nanya. Puis elle avait souri. « Tu sais quoi ? Je n’ai pas pu le combattre avec ma puissance au maximum. Il n’a pas pu rencontrer Shanteya, et il n’a pas non plus goûté à ton donjon ! Je suis sûr que Tuberculus trouvera quelque chose pour survivre, c’est un vieil homme très sournois ! Faisons-le ! », dit-elle en riant.

« Es-tu sûr de cela, Maître ? » demanda Shanteya.

« Franchement, Dankyun me fait peur, mais perdre l’une de vous trois me fait encore plus peur, » avais-je avoué.

« Si les dieux veulent que nous vivions, nous vivrons, sinon, c’est tout ! Nyahahahaha ! » déclara Nanya en riant.

« Tu sembles impatiente d’une autre rencontre ? » demandai-je.

« Bien sûr ! Je l’ai fui trop longtemps et je me fais confiance quand je dis ceci, Illsy, mais ce n’est pas agréable du tout ! Si nous fuyons, ce bâtard nous pourchassera et continuera à nous torturer jusqu’à ce que nous renoncions, » déclara-t-elle en serrant les poings.

« Avons-nous une chance ? » avais-je demandé.

« Hm, peut-être avec ton donjon. Cela détruira certainement son armée, mais dis-moi une chose..., que veux-tu faire maintenant ? » demanda-t-elle avec un grand sourire clairement visible sur son visage.

J’avais fermé les yeux un instant et j’avais réfléchi à ce que je voulais vraiment faire. Ayuseya valait-elle le risque ? Est-ce que c’était bien de faire quelque chose comme ça ?

Mais la première chose qui m’était venue à l’esprit, c’étaient les scènes d’un vieux dessin animé sur un pirate avec un chapeau de paille qui n’avait jamais abandonné et qui, comme un ouragan chamboulant tout, avait traversé les mers, arrêtant tout ce qu’il jugeait mauvais et injuste, même si les chances de gagner étaient minces ou nulles.

Hehe... C’est si drôle de se souvenir de quelque chose comme ça maintenant. Eh bien, elle a raison. Je suppose que ce que je veux vraiment, c’est voir Ayuseya sourire et être en sécurité. Je veux voir Nanya en sécurité aussi, et Shanteya aussi... Je veux aussi protéger mon nakama, mais si je le fais, je mets toutes nos vies en danger... Devrais-je le faire ? avais-je pensé. Puis j’avais ouvert les yeux.

J’avais vu Nanya attendre ma réponse avec un regard enthousiaste, et Shanteya, debout, calme, mais serrant le manche de ses poignards. Elle était prête à me suivre partout. Donc à la fin, j’allais être celui qui allait décider.

Un autre choix fou ? Non, cette fois je me bats avec elles, et je vais attirer Dankyun dans mon donjon ! J’avais pris une grande inspiration. Si nous mourons, j’espère que Dieu nous réincarne tous dans un environnement plus paisible, ou du moins j’espère qu’il me donnera la force d’affronter Dankyun et de gagner ! avais-je pensé. Puis j’avais dit « Azer Nef Yer ! »

250 points magiques avaient été dépensés, et le sort avait été jeté.

Une dernière bataille..., avais-je pensé. J’avais ensuite regardé la forme lumineuse qui se formait devant nous.

[Un des points de vue des soldats de Dankyun]

Monseigneur était sur le point de faire tomber sa colère sur la princesse insensée. Aucun d’entre nous n’était loyal envers la famille royale. Ils étaient faibles et pathétiques. Ils ne méritaient pas notre loyauté, mais Dankyun était fort, et j’avais au moins vu en lui les vraies valeurs d’un mâle draconien !

Cependant, juste à ce moment-là, il y avait cette lumière brillante venant de la princesse, et elle avait complètement disparu ! Je n’avais jamais rien vu de tel de toute ma vie ! La misérable putain avait fait quelque chose et elle avait disparu avant que Monseigneur ne puisse faire sa frappe mortelle sur elle !

« AYUUSEYAAA ! » avait alors crié le Seigneur Dankyun avant de sortir un étrange cristal rouge.

Il l’avait regardé un instant et l’avait ensuite dirigé vers l’académie de magie humaine. Monseigneur avait chanté quelque chose pendant quelques secondes, puis un rayon de lumière rouge s’était envolé vers le ciel. Le cristal était devenu transparent et le ciel s’était assombri.

En levant les yeux, nous avions vu de grosses boules de feu tomber du ciel. Un large sourire était apparu sur mon visage, car je savais ce que cela signifiait. Monseigneur Dankyun avait utilisé sa compétence de rang Suprême pour écraser l’académie humaine.

« Regardez bien, les gars ! C’est la raison pour laquelle nous suivons Monseigneur ! Gloire à Monseigneur Dankyun ! » avais-je applaudi, et les autres avaient fait de même.

***

Chapitre 32 : Feu, du Sang et de la Confiance

Partie 1

[Point de vue d’Illsyore]

De voir Ayuseya vivante et en bonne santé m’avait presque fait fondre en larmes, et j’aurais pleuré aussi si j’avais eu des yeux. Bien qu’elle pleurait et étreignait mon corps de cristal, je ne pouvais même pas lui rendre son étreinte chaleureuse. J’étais froid et immobile comme un meuble, mais à l’intérieur, j’effectuais une vraie fête emplie de joie. Pendant un moment, j’avais même oublié le fait qu’un aventurier de Rang Suprême très en colère et ennuyeux s’approchait de moi à la vitesse de l’éclair.

« Je suis si content de voir que tu vas bien, Ayuseya ! » lui avais-je dit.

« Illsy ! Illsy ! Uhu ! » me criait-elle en pleurant.

C’était plutôt embarrassant de voir la femme draconienne adulte pleurer comme ça tout en étreignant mon corps de cristal froid, mais je n’étais pas non plus prêt à l’arrêter trop tôt. J’étais content qu’elle soit ici avec moi, j’étais content que mon sort ait fonctionné et maintenant elle était en sécurité.

Celle qui nous avait ramenés à la réalité à partir de ce moment de joie n’était autre que Nanya.

« Euh... Illsy ? » dit-elle et quand je l’avais regardée, je l’avais vue debout devant le trou ouvert de mon mur d’Inconel, regardant le ciel.

« Qu’est-ce que c’est ? » avais-je demandé.

« Dankyun vient d’utiliser sa compétence Suprême », avait-elle souligné, « Nous devons augmenter nos armures magiques et nous cacher ! Vite ! » déclara-t-elle avec un regard alarmé sur son visage.

« Quoi ? »

J’étais sorti de la pièce et j’avais regardé le ciel. C’est avec horreur que j’avais remarqué les boules de feu qui jaillissent de la stratosphère et qui venaient vers nous. J’avais dégluti et j’avais regardé autour de moi. Nous étions en plein milieu de la zone d’impact, et tout ce qui nous entourait était sûr d’être effacé de la surface du monde par la puissante attaque. Ce qui restait de l’académie et du dortoir allait être recouvert d’une mer de flammes. Une partie de la forêt était déjà brûlée à cause de mes propres attaques plus tôt, mais heureusement, les enseignants avaient réussi à l’éteindre avant que cela ne s’étende. Malheureusement, tout cela n’avait servi à rien.

Puis-je le faire ? m’étais-je demandé, mais j’avais secoué la tête.

C’était impossible de faire quelque chose comme ça. Si j’avais pu, je l’aurais fait dès le début et je n’aurais pas perdu mon temps avec la structure en Inconel, mais encore une fois, elle s’était avérée plutôt utile quand j’en avais eu besoin. Retenir l’attaque d’un Suprême n’était pas chose facile.

En me retournant, je m’étais concentré sur les signes de vie actuels et j’avais remarqué que les enseignants et les élèves étaient déjà sortis de la zone d’impact. Contrairement à la route empruntée par Dankyun, mon tunnel était un chemin rectiligne et nivelé. C’était comme une promenade dans une ville moderne. Une distance d’un kilomètre n’était pas si importante, surtout si vous connaissiez un bon chauffeur de taxi.

Mon donjon était également hors de la zone d’impact, ce qui signifiait que nous étions les seuls ici. En regardant les boules de feu et en revenant à l’académie, je savais que je ne pouvais rien faire pour la sauver. Le bâtiment et tout ce qui se trouvait dans un rayon de 1 km allaient être détruits par cette attaque impitoyable.

J’avais dégluti et j’avais volé vers le bas. Il n’y avait plus de temps pour le débat, nous devions agir.

« Ayuseya ! Shanteya ! Nanya ! Je vais toutes vous absorber et emmener mon corps dans mon donjon ! » Les avais-je appelées ainsi.

« Illsy, je suis désolée, mais tu ne m’absorbes pas ! Je vais rester dehors et m’assurer que tu ne te coinces nulle part », dit Nanya, en frappant sa paume avec son poing et en me montrant un large sourire.

« Je comprends, » avais-je hoché la tête. Puis j’avais regardé les deux autres.

« Je n’ai rien contre ça, » répondit Shanteya.

« Moi non plus, » déclara Ayuseya tout en secouant la tête.

Après avoir absorbé les deux femmes, j’avais volé vers le bas et j’avais ouvert le chemin pour ma chute dans le plan d’eau en dessous. Le mur d’Inconel en dessous de moi était la dernière partie à enlever, mais avant cela, j’avais volé jusqu’au tunnel de fuite et je l’avais rapidement recouvert. Je n’avais pas eu le temps de concevoir soigneusement le masquage, je l’avais juste bouchée avec un amoncellement de pierres et j’espérais qu’elle durerait. Je ne voulais pas que le tunnel soit englouti par les flammes, même s’il n’avait qu’une faible chance d’atteindre les élèves et les enseignants.

« Es-tu prête ? » avais-je demandé à Nanya après mon retour dans ma pièce.

« Oui ! Maintenant, vite ! » déclara-t-elle, et je hochai la tête.

Le mur d’Inconel en dessous de moi avait disparu, et mon corps était tombé comme un rocher dans l’eau. Cela avait stoppé la chute, mais dès que j’avais été submergé sous elle, je sentais que j’avais besoin d’air. Il était clair que j’avais besoin d’air pour respirer. J’avais poussé mon corps vers le haut avec les pistons, puis je l’avais poussé de nouveau sur mon mécanisme d’échappement rudimentaire utilisant des rouleaux de bois. En levant les yeux, j’avais vu Nanya sauter dans l’eau.

« Puha ! C’est profond », déclara-t-elle, puis elle était allée sur le bord.

« Allons-y ! » avais-je dit. Puis j’avais bouché le haut du tunnel avec un tas de pierres.

Heureusement, mon corps de cristal émanait constamment de la lumière, sinon, cela aurait été complètement sombre à l’intérieur. Sans plus attendre, j’avais utilisé la [Télékinésie] pour pousser mon corps de cristal sur les rouleaux de bois. La vitesse était bonne, mais je devais être plus rapide.

Un moment plus tard, le sol avait tremblé et une forte explosion avait pu être entendue au-dessus de nous ou plutôt de derrière nous. J’avais rapidement bougé, mais juste au cas où, j’avais fait un autre bouchon de pierre derrière moi. Malheureusement, la vitesse était beaucoup plus lente que ce que j’avais prévu au départ. J’allais à la vitesse d’un escargot.

« Pourquoi n’as-tu pas construit un chariot au lieu de ça ? » demanda Nanya un peu frustrée.

« J’ai eu un moment de lag, » avais-je répondu avec un grognement avant de couvrir une autre section du tunnel derrière nous.

« Tellement d’explosions..., » déclara Nanya avec un peu d’inquiétude, vu que pendant presque une minute entière, le sol avait grondé et les murs avaient tremblé tout autour de nous.

C’était une véritable horreur pour les nerfs, et plus nous allions loin, plus je sentais le besoin de creuser et de m’échapper à la surface. Pendant un moment, j’avais cru que c’était à cause du petit tunnel, mais ça n’aurait pas dû être comme ça. Je n’avais jamais été claustrophobe, mais j’étais sur le point de trembler.

Qu’est-ce que c’est ? J’avais réfléchi pendant un moment, alors qu’il devenait de plus en plus difficile de se concentrer sur mon sort.

Les explosions s’étaient finalement arrêtées au bout d’une minute ou deux, mais je ne me sentais pas mieux. J’étais sur le point de commencer à gratter les murs. Ce que je voyais, c’était des lignes parfaitement droites qui commençaient à se tordre et à tourner. La peur s’était précipitée à travers mon corps de cristal et cela m’avait fait perdre ma concentration, ce qui avait entraîné l’échec de mon sort.

« ILLSY ! » cria Nanya quand elle vit mon corps se retourner de façon incontrôlable, alors que je vacillais dans les airs.

« Je... Je ne sais pas ce qui se passe... J’ai besoin d’air... J’ai besoin qu’il existe... J’ai besoin d’ouvrir un chemin... pour revenir en haut, » avais-je dit en essayant de me concentrer, mais tout était flou et confus.

Il y a quelques instants, il n’y avait rien qui clochait chez moi, mais maintenant je me sentais comme un rat en cage qui mordait les barres de métal pour tenter de s’échapper. Ma cage, cependant, était bizarre. Je savais que je n’avais aucune raison de craindre mes conditions actuelles parce que les murs ne s’étaient pas effondrés et qu’il y avait de l’air à respirer.

« Illsy ! » cria Nanya encore une fois.

Je l’avais regardée et j’avais failli m’étaler sur le sol. J’essayais de savoir où se trouvaient les hauts et les bas.

« Illsy ! Va ouvrir ton donjon ! C’est la raison pour laquelle tu te sens comme ça ! Il n’y a pas d’entrée dans ton donjon ! » cria Nanya, mais j’avais eu l’impression qu’elle m’avait criée dessus plus d’une fois.

J’avais hoché la tête ou secoué la tête, enfin l’un des deux.

En volant vers le haut, je me dirigeais instinctivement vers l’entrée. C’était comme une goutte de lumière brillante qui m’appelait.

Il m’appelait... Il était là...

Un rayon de lumière... Le soleil de ma planète... L’appel de mon royaume... Il était là... Lumière...

Et puis c’était arrivé. Je me tenais devant l’entrée de mon donjon, déjà ouvert et bien conçu pour inviter les aventuriers à leur perte. En regardant autour de moi, j’avais reconnu la forêt et l’emplacement. J’étais là où j’avais d’abord placé l’entrée de mon donjon. L’arbre avec une seule racine arquée sortant du sol était à gauche, un rocher avec deuxième rocher plus petit à côté de lui était à droite. Derrière moi, j’avais vu le petit chemin que Nanya avait pris pour arriver ici quand elle était venue tester les deux premiers niveaux.

J’avais cligné des yeux, surpris et j’avais réalisé que je n’avais aucun souvenir d’être venu ici. Tout ce dont je me souvenais, c’était une lumière brillante et éclatante qui m’appelait. Il y avait de l’engourdissement et le sentiment d’être pris au piège, mais c’était tout. Je n’avais pas ressenti de douleur et j’étais certain de ne pas avoir jeté de sort.

« Menu du Statut, » avais-je appelé. J’avais regardé directement ma réserve de mana.

C’était en train de se régénérer, ce qui voulait dire que j’en avais utilisé une partie.

Étrange... Je ne m’en souviens pas. Oh ouais ! La compétence de Rang Suprême de Dankyun et Nanya ! J’étais ainsi revenu sur la question la plus urgente.

En me concentrant sur sa force vitale, je l’avais sentie se déplacer lentement dans mon tunnel, poussant probablement mon énorme corps vers la dernière pièce de mon donjon.

Je me demande quels sont les dommages causés à l’académie, m’étais-je demandé en volant dans le ciel et vers l’académie.

Je n’avais pas besoin de voler jusqu’ici. Je pouvais voir le résultat très bien d’où se trouvait mon donjon.

S’il y avait un mot pour le décrire parfaitement, c’était « enfer ».

La forêt brûlait dans un grand cercle de près de 3 km de diamètre, ce qui signifiait que le sort de Dankyun était plus grand que Nanya ne l’avait prévu. C’était 1,5 km de rayon, pas 1 km. La destruction était plus que ce qu’elle avait décrit parce que chacune de ces boules de feu qui étaient tombées du ciel était l’équivalent d’une [Boule de feu] ou peut-être plus. Il y avait des cratères positionné sur d’autres cratères éparpillés dans tout l’endroit et cela carbonisait le sol au point que plus rien n’y pousserait. Quant aux bâtiments eux-mêmes, aucun d’entre eux n’était resté debout. La seule chose qui avait à peine survécu, c’était mon carré d’Inconel, si la boîte noire que je voyais, c’était bien elle. La solidité et les enchantements à température réduite avaient fonctionné comme un charme, mais sans aucun doute, il faisait probablement plus de 100 degrés à l’intérieur. Ma pièce était devenue un four chauffé par les sorts de feu destructeurs.

En étendant mes sens, j’avais détecté les signes de vie indiquant la sécurité et la survie des élèves et des enseignants. Ils étaient encore en vie, ce qui était bien, mais ils n’allaient certainement jamais retourner à l’académie parce qu’il n’y avait plus d’académie où ils pouvaient retourner.

J’étais un peu triste d’en être témoin, mais mon lieu de naissance, ma maison, mon lieu d’origine dans ce nouveau monde n’était maintenant réduit à rien d’autre qu’un champ de cendres fumantes, de roches fondues et de cratères noirs. Le jardin où les étudiants passaient leur temps libre n’était plus là. L’endroit où j’avais rencontré Ayuseya et où je l’avais entendue jouer du violon pour la première fois avait également disparu. Le dortoir avait disparu, détruit par ma bataille avec Dankyun et sa compétence Suprême. Le bâtiment de l’académie avait été réduit à un tas de décombres après avoir été impitoyablement frappé par l’attaque. Maintenant, il ne restait plus qu’une grosse boîte noire : ma salle en Inconel. La forêt entourant l’académie était en flammes. Les créatures et les monstres avaient fui de la région.

« Il a disparu... Tout a disparu..., » avais-je dit en regardant le désastre causé par le sort d’un Suprême.

Bien que j’aurais aimé pouvoir verser une larme pour la dévastation devant moi, je savais que ce n’était pas encore le moment pour une telle chose. Je devais retourner à mon corps et me préparer à l’attaque impitoyable de Dankyun. Maintenant, il n’avait absolument aucune raison de se retenir, et il était sûr de m’attaquer sans pitié.

Je dois amener mon corps et Nanya à l’intérieur de la dernière pièce, et je dois relâcher Shanteya et Nanya... Puis-je ajouter d’autres pièges, je me demande quoi faire d’autre ? m’étais-je demandé en volant vers la force vitale de Nanya.

[Point de vue d’Elovier]

Notre maître temporaire, Dankyun, était rempli de rage et de haine pour celle qui s’appelait Ayuseya. Elle l’avait berné de la pire façon possible en s’enfuyant de lui et en lui refusant le trône, mais à mon avis, je n’avais jamais vu ce draconien comme un dirigeant ou un chef de quelque sorte que ce soit. D’autre part, le Maître de notre guilde assassin la Rage du Fantôme était une autre affaire. Cet homme était au niveau d’un dieu par sa force et sa sagesse. Pendant plus de deux cents ans, il avait échappé aux autorités et avait réussi à maintenir une organisation mourante comme la plus forte qui ait jamais existé.

Il était notre maître ultime, pas ce piètre déchet de draconien, Dankyun. Quoi qu’il en soit, nous étions employées par lui, et notre seul désir était de le servir comme notre Maître, du moins jusqu’à l’expiration du contrat.

La moitié du paiement avait déjà été reçue, la partie couvrant la valeur de nos vies et la formation. Le reste serait payé après que nous ayons accompli la mission d’escorte, de protection et de renseignement pour Dankyun Alttoros jusqu’à ce que nous atteignions la frontière du Royaume de Teslov. Une fois là-bas, notre contrat était terminé, et nous pourrions disparaître.

Cependant, une chose était à mentionner. C’était que nous avions toutes les deux menti à Dankyun quant à notre puissance réelle. Au niveau de la force, nous avions déjà atteint le niveau Divin et nous approchant du Suprême. Nous étions parmi les plus fortes de la guilde, mais ce n’était rien par rapport aux Ombres Noires.

« Ma sœur, qu’est-il arrivé à la femme de chambre ? » demanda Shenner, ma sœur.

En regardant à ma gauche, je lui avais affiché un sourire, puis je lui avais dit : « Elle est morte ou elle le sera bientôt. »

« Le maître ne sait pas encore, n’est-ce pas ? » demanda-t-elle, et je secouai la tête.

Bien sûr, Dankyun ne savait pas que notre autre mission ici était celle qui nous avait été donnée par le maître de la guilde lui-même : Rechercher et assassiner l’albinos el’doraw.

« Ça me rend curieuse de savoir comment elle a réussi à le faire, » Shenner avait dit ça avec un rire.

« Chut, ma sœur ! Si nous devons trouver le moyen, nous devons le détruire ou le rapporter au maître ! On ne veut pas être les prochains sur la liste des cibles, n’est-ce pas ? » avais-je dit en la regardant fixement.

Ma sœur était parfois assez idiote et ne savait pas à quel point elle était proche des paroles de trahison qui pouvaient activer notre malédiction. Nous devions être très prudents parce que nous étions assez loin du Maître.

« Oui, oui ! » elle avait fait un signe de la main, et j’avais plissé les yeux vers elle. « Tu sais, il y a une chose qui me dérange..., » déclara-t-elle.

« Quoi ? » avais-je demandé en haussant les sourcils.

« Tu te souviens du groupe de morts-vivants qu’on a combattu il y a deux jours ? » demanda-t-elle.

J’avais hoché la tête.

« Ils étaient à moitié dévorés par les asticots, et la plupart d’entre eux n’étaient rien d’autre qu’un tas d’os noirs brûlés, mais..., » elle s’arrêta et regarda en bas « Ils étaient les assassins envoyés ici avant, n’est-ce pas ? »

« Oui, » avais-je dit.

Serrant les rênes, elle avait l’air d’être sur le point de tuer quelqu’un.

« Penses-tu que cela dérangera le Maître si nous tuons celui qui leur a fait ça ? » demanda-t-elle avec un regard fou dans les yeux.

Elle s’était empressée de passer d’une émotion à l’autre comme toujours, mais cette fois, c’était différent. Sa couleur de peau avait presque entièrement changé à un bleu foncé, presque noir pour exprimer sa colère, sa haine et son désir de tuer. Quant à savoir pourquoi elle était comme ça, alors que d’habitude elle ne montrait presque rien du tout. Parmi ces assassins morts, nous avions aussi trouvé son fils. Quand nous nous étions battus avec eux, c’était moi qui avais donné le coup fatal parce qu’elle avait refusé de le faire, elle s’était simplement tenue là, en état de choc.

En général, le Maître ne nous envoyait pas après les membres de notre famille parce qu’il craint que nous hésitions. Cela s’était produit une fois, et cela pourrait se reproduire, mais cette fois, nos espions avaient confirmé leur mort. Les découvrir sous la forme de morts-vivants était une rencontre inattendue. Pour nous, la mission de « chercher et détruire » avait été transformée en une mission de vengeance.

« Ne t’inquiète pas, ma sœur. Après avoir tué celle qui s’appelle Shanteya Dowesyl, nous traquerons celui qui lui a fait ça, et nous le tuerons aussi. » Je lui avais dit ça d’une voix calme.

« Oui ! Allons-y ! Et assurons-nous de prendre le temps d’éplucher la peau de leur chair et de la manger devant eux », avait-elle dit en souriant.

Contrairement à moi, Shenner avait une ou deux vis desserrées...

***

Partie 2

Après que Dankyun ait lancé sa compétence suprême, le ciel était rempli de boules de feu prêtes à pilonner le sol vers l’oubli. Elles visaient toutes l’Académie de Magie où se trouvait le noyau du donjon. En une seule frappe, il avait l’intention d’anéantir toute forme de résistance contre lui.

Excitée de voir cette compétence en action, j’avais grimpé jusqu’à un grand arbre et j’avais regardé la scène du haut. Lorsque les premières boules de feu avaient touché le sol, on avait entendu une série d’explosions retentissantes. Le vent soufflait fort de cette direction, apportant une vague de chaleur. Le sol tremblait, et toute la forêt tremblait devant la puissance du draconien. J’avais souri et j’avais vu la zone éclairée par l’attaque.

En un peu plus d’une minute, tout avait été réduit en cendres dans cette zone. La forêt était en feu et à cause des flammes, je ne pouvais pas vraiment voir la totalité des dégâts qu’il avait causés, mais sûrement rien n’aurait pu survivre à une telle attaque. Le noyau du donjon et la princesse pleurnicheuse avaient certainement péri brûlés vifs par ces flammes.

J’avais sauté en bas et j’avais sorti une pierre de détection de niveau de donjon. Il n’y avait aucun doute que le donjon avait disparu, et je m’attendais à ne voir aucune réaction de sa part, mais au lieu de cela, j’avais vu le nombre 86 apparaissant dans une lumière dorée.

« Impossible..., » avais-je dit.

« Qu’est-ce qui ne va pas, ma sœur ? » demanda Shenner.

« Le donjon... il a survécu à l’attaque, » j’avais dit ça et après avoir dégluti, j’avais regardé Dankyun.

Il souriait, non, il courbait ses lèvres comme un dément et regardait directement ma pierre. Il était tout à fait possible qu’il ne s’attende pas à ce que son attaque détruise le noyau du donjon, mais il voulait simplement anéantir toute la zone. J’avais encore dégluti.

« Vos ordres, Maître ? » lui avais-je demandé.

« Cherchez le noyau du donjon. IMMÉDIATEMENT ! » nous avait-il crié dessus.

J’avais hoché la tête et avec ma sœur, nous nous étions mises à courir. Pour trouver le noyau, nous devions utiliser un détecteur de noyaux de donjon ou un sort. Mais une fois utilisé, le donjon s’en rendrait compte. Si nous voulions l’attaquer, nous ne pourrions pas l’utiliser furtivement.

Mais où a-t-il caché son dernier donjon ? m’étais-je demandé. Je suis sûre que nous avons vérifié partout dans cet endroit... Non, attendez ! Nous n’avons pas pu trouver beaucoup de monstres dans cette zone, et il y avait des signes de combats partout, mais nous n’avons jamais trouvé celui qui a affronté ces monstres. Qui que ce soit, il est fort, avais-je pensé en traversant la forêt juste derrière Shenner, qui avait ouvert la voie.

« Là-bas ! » elle avait crié, et j’avais regardé dans la direction qu’elle montrait.

Nous nous étions arrêtées devant ce qui ressemblait à l’entrée d’un donjon.

« Il ne semblerait pas y avoir plus de quatre, peut-être, cinq niveaux..., » déclara-t-elle.

« Je vais faire connaître ce lieu à Dankyun, » j’avais levé ma main et relâché un sort de [Boule de Feu guidée], et je l’avais laissée exploser au-dessus de nous pour lui servir de signal.

« On l’attend ou on entre ? » demanda Shenner.

« Rentrons, » avais-je dit. Puis j’étais entrée à l’intérieur du donjon, en descendant prudemment la volée d’escaliers.

C’était une longue descente, mais elle était soigneusement éclairée, du moins, à l’entrée. L’utilisation d’une compétence ou d’une potion qui nous permettait d’avoir une vision nocturne nous permettrait de nous déplacer sans avoir besoin d’une torche. Ces choses étaient plutôt gênantes parce qu’elles limitaient votre champ de vision à la zone environnante.

Une fois au premier niveau, nous avions rencontré deux chemins. L’un était à gauche et l’autre à droite. Nous étions sur le point de nous diriger dans l’une des deux directions quand soudain le mur avait glissé vers la gauche, révélant un troisième couloir.

« Que s’est-il passé ? » demanda Shenner.

« Le donjon nous invite à entrer..., » avais-je répondu.

C’était inattendu, mais ça avait marché pour nous. Il y avait beaucoup d’adversaires qui étaient assez stupides pour nous sous-estimer. Cependant, une fois que nous étions passés par là, le mur nous avait à nouveau bloqués. Mais ça n’avait pas d’importance.

« De la lave ? Au premier étage ? » déclara ma sœur.

Quoi ? C’est impossible ! avais-je dit dans mon esprit en allant vers Shenner, mais elle n’avait pas menti.

Devant nous se trouvait un couloir de lave, et la seule façon de traverser était de sauter sur certaines plates-formes. Je pouvais voir la porte ouverte de l’autre côté. C’était un exploit facile que de sauter par-dessus ou d’utiliser les plates-formes.

« Sœur, regarde ! » Shenner avait montré ma gauche.

En regardant ce qu’elle montrait du doigt, j’avais remarqué avec une grande surprise le message suivant :

{Les faibles d’abord. Allez tout droit. Quelqu’un vous attend dans le labyrinthe. Prenez le chemin de droite si vous voulez mourir ou celui de gauche si vous voulez la rencontrer.}

« Qu’est-ce que c’est ? Le donjon se moque-t-il de nous ? Nous ne sommes pas des faibles ! » cria Shenner en tapant le message. Le mur s’était fissuré en raison de la force de son poing, mais il avait été immédiatement réparé.

« Faisons ce qu’il dit. Ce quelqu’un doit être Shanteya. Elle sait qu’on en a après elle, » je lui avais dit ça et j’avais sauté sur la première plate-forme.

Elle a l’air assez solide. Est-ce que c’est un piège ? m’étais-je demandé en me rendant jusqu’au bout du couloir.

Une fois que nous étions passés par la sortie, un autre mur avait surgi derrière nous. Maintenant, c’était clair. Le donjon avait désactivé ses pièges pour nous conduire à la zone de confrontation avec Shanteya. Il nous forçait à nous battre.

Pense-t-il vraiment que l’assassin de rang Avancé peut faire quoi que ce soit contre nous ? Elle est à peine un Maître inférieur, au mieux ! avais-je pensé en suivant le chemin à travers une pièce de forme bizarre. Il ne semblait pas y avoir quoi que ce soit, ce qui m’amenait à me demander si ce donjon était au départ sain d’esprit.

« Je pense qu’il y a des pointes en bas, » déclara Shenner.

« Quel idiot tombe sur un chemin comme celui-ci ? » avais-je dit en un murmure.

« Il y a peut-être des pièges inactifs ? » m’avait-elle demandé.

« Peut-être..., » répondis-je

Lorsque nous avions atteint la fin, nous avions découvert que pour atteindre l’étage suivant, nous devions sauter dans une fosse remplie d’eau. Bien sûr, nous n’avions pas sauté comme ça. Il y avait de fortes chances que le noyau du donjon ait placé des pointes au fond pour nous briser les pieds ou nous tuer.

Nous avions deux options pour atteindre le fond en toute sécurité. L’une d’elles consistait à fixer une corde au bord, puis à descendre lentement. L’autre option était un peu plus délicate et dépendait fortement de notre agilité. En gros, nous devions sauter d’un mur à l’autre. Shenner ne m’avait pas attendue pour voir s’il y avait un moyen d’attacher une corde ici, et elle avait sauté dedans, utilisant le mur à l’avant comme prise de pied pour sauter à l’opposé.

« Allez, la lente ! » cria Shenner depuis le bas.

« Argh..., » j’avais gémi et j’avais essayé de me rappeler de la punir plus tard pour avoir crié comme ça lors d’une mission de reconnaissance.

Et puis, dernièrement, elle semble apprécier mes punitions..., avais-je pensé et sauté en avant, en utilisant le même chemin qu’elle pour atteindre le fond.

Une fois là-bas, nous avions été confrontés à un dédale assez étrange et particulier. Les murs étaient faits de métal et présentaient de petites bosses comme des vagues de mer. Ils étaient partiellement réfléchissants aussi, mais pour quelle raison le donjon ferait des murs si compliqués, je n’arrivais pas à comprendre. Une chose était certaine cependant, étant donné leur aspect compliqué, le dédale ne pouvait pas être trop grand. Il avait probablement fallu quelques mois au donjon pour faire ces murs.

« Tch ! » avais-je fait claqué ma langue et j’avais sorti mon poignard.

« On y va, chère sœur ? » demanda Shenner.

« Attention aux pièges, » lui avais-je dit.

Ainsi, nous étions entrés dans ce labyrinthe bizarre avec un seul but en tête : trouver et tuer Shanteya Dowesyl, la traîtresse qui avait fui notre Maître.

[Point de vue de Rodérique]

Je crois que j’avais été parmi les premiers à voir le signal des deux éclaireurs envoyés par notre seigneur Dankyun. L’explosion de leur sort avait suivi peu de temps après, et nous avions dirigé nos chevaux dans cette direction. Il avait renâclé, mais le Seigneur Dankyun s’en fichait, il n’avait même pas rengainé son épée après la disparition de la princesse Ayuseya sous nos yeux. Il était fou furieux. Nous l’avions tous vu lancer sa compétence suprême pour détruire l’académie.

Honnêtement, je ne voyais pas la nécessité de détruire l’académie de cette façon, mais si c’était la volonté de notre supérieur, nous, ses soldats, devions rester silencieux et le suivre partout où il nous conduisait. Du moins, on pouvait dire qu’aucun des étudiants n’aurait pu survivre à une attaque aussi terrifiante. Même les enseignants du rang Empereur avaient probablement subi de lourds dommages, mais il était étrange de constater que le noyau du donjon n’était plus là. Il semblait avoir changé de position si les éclaireurs l’avaient vraiment trouvé.

Le pire qui puisse arriver maintenant serait que nous traversions un donjon. Selon le nombre d’étages, il se peut que nous ayons besoin de faire une route d’approvisionnement avec la surface. Les éclaireurs peuvent probablement s’en charger. Pourtant, il y a une chance que nous n’en ayons pas besoin, vu la furie du Seigneur Dankyun..., avais-je pensé en regardant le draconien portant une armure de plaques et tenant une épée noire avec des runes rouges gravées dessus.

Nous avions atteint l’entrée du donjon presque une heure après avoir vu le signal dans le ciel. Après cela, nous n’avions rien vu d’autre, mais le problème était la difficulté du terrain. Nous avions même trouvé un piège placé au hasard ici. Bien sûr, le Seigneur Dankyun l’avait écrasé d’un seul coup, mais les chevaux ne pouvaient plus bouger. Nous devions les laisser derrière nous, mais de cette façon, nous pouvions nous déplacer plus rapidement dans la forêt.

La plupart de nos soldats se situaient entre le rang de Maître et celui d’Empereur. J’étais dans de rang Empereur supérieur, et très proche du rang Divin, mais la différence de force et de vitesse était considérable. Cela dit, nous pouvions tous nous déplacer aussi vite ou même plus vite qu’un cheval en temps normal.

Mon frère m’avait dit un jour que beaucoup d’aventuriers de haut rang préféraient le rythme lent d’un cheval parce que cela les aidait à conserver leur mana, mais s’ils le désiraient, ils pourraient courir plus vite qu’un cheval.

Une fois que nous avions atteint l’entrée du donjon, quatre de mes soldats étaient partis en éclaireur. Le Seigneur Dankyun était à la fin, conservant son énergie pour la bataille finale, alors que nous étions censés nous occuper des défenses et des monstres du donjon.

Le premier piège que nous avions rencontré était un escalier qui nous avait conduits profondément à l’intérieur du donjon. Les marches étaient toutes couvertes d’huile glissante, ce qui avait fait que le premier avait marché dessus était tombé avant de descendre comme un tonneau en bas d’une pente jusqu’à ce qu’ils atteignent le fond. Afin d’éviter que cela n’arrive au reste d’entre nous, nous avions commencé à ramasser de la terre et à la répandre sur les marches. Avec l’aide du cristal de stockage, cela avait été fait rapidement avant que le Seigneur Dankyun ne se mette en colère contre nous.

Lorsque nous avions atteint le fond, nous nous étions retrouvés avec le type de piège suivant, une pièce remplie d’air empoisonné. Normalement, nous n’aurions pas pris la peine de faire quelque chose contre ça grâce à nos armures magiques, mais au moment où nous nous étions approchés de la sortie, le plafond nous avait fait pleuvoir des flèches. Elles étaient toutes passées directement à travers la plupart des armures magiques de Rang Maître, blessant deux d’entre nous et en tuant même un. Les flèches l’avaient frappé droit dans les yeux, et aucun d’entre nous n’avait pu faire quoi que ce soit pour le sauver.

Nous n’avions pas d’autre choix que de détruire les pièges au plafond et les pièges à poisons dans les murs. Pourtant, les hommes commençaient à s’inquiéter. Nous avions tous de l’expérience dans l’exploration de donjons, mais aucun d’entre nous n’avait entendu ou vu un donjon capable de tuer un aventurier de Rang Maître dans la toute première salle. Malheureusement, nous ne pouvions pas reculer. Le Seigneur Dankyun nous aurait tués sans même montrer une goutte de pitié.

Avec soin, et avec nos boucliers levés, nous étions allés plus profondément dans le donjon. Le corridor nous avait faits ressentis de la sécurité au début, mais ceux d’entre nous qui pouvaient détecter les pièges avaient trouvé les pièges à pointes cachés. Nous les avions détruits et nous étions arrivés au bout du couloir.

Deux chemins nous attendaient, et tous les deux étaient couverts d’huile embrasée et brûlant tout ce qui osait passer. Pourtant, tant que nous avions de la magie de l’eau, nous pouvions l’éteindre, et c’est ce que nous avions fait. Par conséquent, nous avions fini par utiliser un souffle de vent afin de pousser la fumée et la vapeur chaude hors du donjon.

Je me tenais à l’arrière et je dirigeais les soldats, mais il était clair pour Dankyun et moi que nous n’étions pas face à un donjon normal. Ceci n’avait pas été construit dans l’intention d’attirer les aventuriers et de saper leur mana. Non ! C’était quelque chose conçu afin de tuer et de torturer ceux qui osaient mettre un pied dedans. C’était un avertissement, une déclaration impudente qu’il pouvait nous détruire, cependant, nous étions un groupe de plus de 30 soldats de Rang Maître, trois commandants de Rang Empereur et un chef de Rang Suprême. Il n’y avait aucune chance que ce jeune noyau de donjon puisse survivre à notre attaque.

« Les feux sont éteints... GACK ! » déclara l’un de mes hommes, mais avant qu’il n’ait fini ses paroles, un pic avait traversé sa poitrine depuis le côté gauche.

L’homme était tombé par terre, mort. Le pic mesurait deux mètres de long, il avait une pointe métallique et avait environ 10 cm d’épaisseur.

Tout le monde s’était éloigné du corridor lorsque nous avions réalisé que nous venions de rencontrer un autre piège, l’un placé à l’autre extrémité du corridor. La peur avait commencé à se répandre à travers mes hommes, mais le regard de Monseigneur les avait tenus à distance.

« Enlevez cette mauviette de ma vue et dépêchez-vous ! » grogna le Seigneur Dankyun.

« Oui, Monseigneur ! » avions-nous répondu avec obéissance.

Le corps avait été déplacé et deux groupes de quatre personnes s’étaient déplacés vers la gauche et vers la droite. Nous avions attendu patiemment leur retour.

« GAAH ! » Un cri avait été entendu.

« AARGH ! » Un gémissement avait été entendu de l’autre côté.

J’avais fermé les yeux et j’avais attendu. Un autre cri avait été entendu et finalement, nous avions entendu un clic. Le mur devant nous s’était ouvert, et un autre pic était sorti directement sur Monseigneur. Il l’avait attrapée à mains nues et l’avait écrasée.

Après l’avoir jetée, j’avais ordonné à deux soldats d’avancer. Le premier avait glissé sur quelque chose et ne s’était pas arrêté jusqu’à ce qu’il atteigne l’autre côté. Le plancher était recouvert d’huile glissante et un peu incliné vers l’autre extrémité. C’était une petite rampe.

« AAA ! Ça brûle ! AAA ! » L’homme avait crié de douleur avant que tout ne se calme.

L’autre soldat avait dégluti puis il avait avancé, utilisant son épée pour stabiliser sa prise au niveau de ses pieds. Pour chaque pas qu’il faisait, il poignardait l’épée dans le sol puis en utilisait une autre après ça (merci au stockage magique). De cette façon, il était arrivé à la fin et avait pu effectuer son rapport.

« Sire ! Il y a de la lave ici ! » cria-t-il.

« Tu dois te tromper. La lave n’apparaît jamais avant le 100e étage ! » déclara Dankyun un peu fâché.

C’était compréhensible. Rencontrer de tels pièges au premier étage était absurde. Cela nous faisait seulement nous inquiéter de ce que nous allions rencontrer plus loin sur notre chemin. Ce donjon était anormal, contre nature, étrange et incroyablement mortel.

« Trouvez un moyen de traverser ! » avais-je ordonné.

« Sire Rodérique, nous ne trouvons pas d’indices sur l’emplacement des deux éclaireurs, » avait dit l’un de mes soldats.

J’avais hoché la tête et regardé Monseigneur Dankyun. Il n’avait rien dit et je n’avais pas fait pression sur lui à ce sujet. En voyant un donjon si étrange, il n’était pas improbable qu’elles soient déjà mortes ou qu’elles aient pu s’enfuir avant notre arrivée.

Même moi, je commençais à m’inquiéter et je ressentais les picotements de la peur qui me mettait à l’épreuve. Il était absurde après tout de croire qu’un Seigneur du Donjon qui gère une pathétique Académie de Magie humaine pouvait construire quelque chose d’aussi absurde que ce donjon.

J’avais secoué la tête. Non ! Ça doit être une sorte de piège ! avais-je pensé. Puis j’avais saisi la poignée de mon épée.

« Faites quelque chose pour l’huile et la rampe ! » avais-je ordonné.

« Oui, chef ! » m’avait répondu mes soldats.

En utilisant plus de terre, ils l’avaient recouverte et l’avaient rendue sans danger. Nous pouvions marcher dessus. Sans la graisse, la rampe n’était pas si importante. Nous étions allés dans le couloir, mais mes soldats ne s’étaient pas déplacés plus loin que le bord de la rampe. La raison en était simple. Il n’y avait nulle part où aller.

Bien qu’il y avait eu des plates-formes devant nous, elles s’étaient déplacées très rapidement, quittant la zone et sortant des murs en un clin d’œil. Il n’y avait même pas de porte visible à la fin, ce qui me faisait penser qu’il ne pouvait s’agir que d’une sorte de puzzle ou d’un levier caché.

« Monseigneur, que pensez-vous de ça ? » lui avais-je demandé.

« Détruis le mur », nous avait-il ordonné.

J’avais fait une révérence, puis je m’étais approché du bord de la rampe. Tenant ma main en l’air, j’avais visé le mur de l’autre côté, puis j’avais chanté la courte incantation pour le sort de [Boule de feu]. Je n’y avais ajouté qu’un peu de mon mana, mais l’effet aurait dû être celui désiré. Une fois le chant terminé, l’orbe de feu s’était formé devant ma paume. Elle s’était dirigée vers le mur et avait explosé à l’impact. Ce fut un succès ! Le mur avait été détruit, réduit en pièces.

En souriant, j’avais ordonné à deux de mes hommes d’utiliser les plates-formes et d’atteindre l’autre côté.

Cela s’est avéré être un obstacle assez facile à franchir, avais-je pensé dans mon esprit en les regardant sauter habilement d’une plate-forme à l’autre, mais au moment où ils avaient atteint le dernier saut, quelque chose s’était produit. Le mur avait été couvert d’une lumière brillante et le premier soldat à sauter avait fait une rencontre avec le mur entièrement réparé.

« Non ! Non, non ! » cria-t-il en essayant d’attraper quelque chose, mais il plongea dans la lave chaude et il s’était engouffré dedans. « YEARGH ! » hurla-t-il alors que son armure magique était brisée par la chaleur, et son corps avait rapidement pris feu.

L’autre avait connu le même sort lorsque la plate-forme avait été retirée de sous ses pieds.

« NOOOO ! » il avait crié de la même manière et il était tombé.

J’avais ainsi vu deux autres de mes soldats se faire dévorer par ce donjon.

« Qu’est-ce qui se passe avec ce donjon ? » avais-je dit à travers mes mâchoires serrées et j’avais regardé le mur de l’autre côté.

« Qu’est-ce que tu fais ? Ouvre le chemin ! » ordonna Monseigneur.

Ce n’était clairement pas ma faute si ce donjon maudit avait autant de pièges, mais l’échec de mes soldats était quand même tombé sur mes épaules. Aux yeux de Monseigneur, c’était de ma faute. Leur mort n’était qu’un témoignage de mon échec en tant que commandant.

Je ne laisserai pas un donjon me ridiculiser ! pensais-je.

***

Partie 3

Il devait y avoir un moyen de passer ce champ de lave, mais s’il y avait un mur de ce côté, il y avait sûrement un levier pour passer de l’autre côté. Chaque donjon en avait un. Chaque étage avait une logique, un labyrinthe avec une seule entrée et sortie, mais avec de multiples chemins d’un point à l’autre. C’était une règle à laquelle aucun donjon ne s’est éloigné, ce qui signifie qu’il devait y avoir un moyen de s’en sortir, un moyen d’ouvrir le chemin pour Monseigneur...

Mais quoi ? avais-je grincé des dents. Puis j’avais essayé d’analyser à nouveau la pièce. Où est-il ? J’avais regardé vers le haut, mais il n’y avait rien de spécial avec le plafond. Où l’avez-vous caché ? Il n’y avait rien sur les murs non plus. Où ? Derrière nous se trouvait un chemin dégagé. Cela signifie que... J’avais regardé à l’autre extrémité du couloir. Les plates-formes étaient identiques. Les murs étaient les mêmes, mais il devait y avoir quelque chose de désactivé, quelque chose de différent.

« Il doit y avoir un levier ou un bouton caché quelque part derrière ces murs. Commencez à chercher ! » avais-je ordonné.

Les soldats avaient fouillé tout autour de moi, tandis qu’un autre commandant s’était approché de moi et m’avait tapoté sur l’épaule.

« Détends-toi ou tu vas avoir des rides ! » déclara-t-il en souriant.

« Pas le temps de se détendre ou de faire grandir les rides ! Nous devons trouver où ce levier est caché, » avais-je dit en serrant la poignée de mon épée.

Hochement de tête, il m’avait tapoté sur l’épaule.

« Dois-je essayer d’en trouver un sur ces murs ? » me demanda-t-il en montrant du doigt les quais.

« Oui, » lui avais-je répondu.

Avec un sourire sur les lèvres, il s’était éloigné et avait fait le premier saut. Il avait atterri sur la première plate-forme et avait poinçonné le mur avec son épée. Il s’était fissuré, mais aucun compartiment caché ne pouvait y être vu. Sur chaque plate-forme, il avait répété le processus jusqu’à ce qu’il atteigne la dernière. Là, le morceau de mur cachant l’interrupteur était tombé, mais il ne s’était pas arrêté pour l’appuyer. Rien ne garantissait que les plates-formes resteraient à leur place s’il le faisait. Il avait sauté sur le mur à l’extrémité et il était remonté sur la plate-forme après qu’elle se soit de nouveau étendue. Après avoir tiré le levier, il avait sauté sur les plates-formes jusqu’à ce qu’il m’atteigne. Le mur au bout s’était ouvert.

« Bien ! Était-ce vraiment si difficile ? » Demanda Monseigneur en passant à côté de nous. Puis d’un saut, il avait atteint l’autre côté.

« Non, Monseigneur ! » avais-je répondu en inclinant la tête.

J’ai déjà sacrifié trois hommes, et nous n’avons même pas dépassé le premier étage ! pensais-je. Mais je ne pouvais pas dire des choses aussi traîtres à haute voix... Si c’était le cas, ma tête aurait été la prochaine à rouler.

Après avoir franchi la fosse de lave, nous avions atteint la prochaine partie ridicule du labyrinthe. C’était quelque chose de scandaleux, quelque chose que je n’avais jamais vu ou dont je n’avais jamais entendu parler auparavant. Le chemin que nous devions prendre pour atteindre l’autre côté était un labyrinthe de plaques sur lequel marcher. Sous nous, seule une fosse remplie de pointes mortelles nous attendait. Il y avait aussi des monstres ici. C’était des harpies qui volaient et qui nous criaient dessus.

Deux monstres avaient attaqué notre Seigneur, mais il les avait attrapées par le cou et les avait écrasés dans ses mains. Elles n’avaient aucune chance contre lui, mais mes soldats avaient du mal à se défendre contre ces choses.

« Tuez ces choses avec des attaques à distance ! Formez de petits groupes ! Répartissez-vous sur les plaques ! Attention aux pièges ! » avais-je ordonné et les hommes s’étaient dispersés.

« Il y a trois chemins ici, » dit Theyon.

« Prends celui de droite. Je vais à gauche, et Zarus peut prendre celui du centre. Si nous trouvons la sortie, sortez et faites-le savoir à Monseigneur. Nous prendrons chacun un groupe de cinq soldats. Les autres resteront ici avec Monseigneur, » avais-je ordonné.

Zarus et Theyon hochèrent la tête, et chacun d’eux avait choisi ses cinq soldats. J’avais fait la même chose et l’un après l’autre, nous avions marché sur les plaques. Dès que nous avions fait notre premier pas, l’une des harpies avait attaqué mon groupe et avait poussé l’un de mes hommes. Le garçon était tombé en criant. Ses paroles avaient été coupées dès qu’il avait atteint le fond. Son corps avait été écrasé par la chute ainsi que percé par les pointes.

« Ne reculez pas et continuez de pousser ! » leur avais-je ordonné.

« Oui, monsieur ! », ils avaient répondu derrière leurs boucliers.

J’avais entendu un autre cri, mais je n’avais pas regardé quel groupe avait été confronté à cette perte malheureuse.

Quand je m’étais approché assez près du lieu d’invocation des harpies, je l’avais visée avec une [Boule de Feu guidée] en plein sur l’ouverture et je l’avais laissée exploser à l’intérieur. C’était fini avec les harpies. Nous n’avions qu’à tuer le reste, et nous étions en sécurité.

« GYAAH ! » avait crié un autre soldat derrière moi.

En regardant en arrière, j’avais vu l’homme cracher du sang et tomber du rebord. Son dos était percé de flèches enchantées qui ignoraient notre Armure Magique.

Ce donjon est terrifiant..., avais-je pensé en regardant le cadavre en dessous de moi. Il n’y avait rien que je puisse faire pour lui, alors j’avais continué à avancer. Nous avions aussi veillé à protéger nos arrières face à ce genre de pièges.

« NON ! » cria un autre soldat, et je ne pouvais que grincer des dents.

Celui-ci ne faisait pas partie de mon groupe, mais quand même...

Jusqu’à ce que nous atteignions cette satanée Académie de magie, nous n’avons même pas perdu un seul soldat sur l’ensemble de notre voyage jusqu’ici ! Nous avons combattu des bandits, des monstres, navigué sur les mers et volé à travers les cieux. Et pas même un seul de nos soldats n’est tombé en proie à ces dangers..., m’étais-je dit en me souvenant avec quelle facilité nous avions traversé un continent entier pour être frappés par une simple Académie de Magie humaine.

C’était honteux.

« C’est la fin ! » avais-je dit aux soldats derrière moi.

Nous nous étions hâtés et avions atteint la porte en toute sécurité.

D’une simple pression, nous l’avions ouverte et nous étions entrés. Ce que nous avions vu n’était pas une sortie. C’était une salle de Boss. Les harpies et les diablotins nous regardaient fixement, tandis que le Minotaure, au milieu, se levait et soulevait ses armes.

Vous devez vous moquer de moi..., m’étais-je dit. Mais au moins, c’était un adversaire que nous pouvions gérer.

« Tuez-les tous, » avais-je ordonné. Puis j’avais pointé mon épée vers les bêtes.

La bataille avait commencé. Mes soldats s’étaient éloignés et avaient attaqué les harpies et les diablotins. Les monstres étaient acceptables pour les premiers étages, mais toujours impossibles à trouver sur le premier étage d’un donjon.

Pendant que mes hommes s’occupaient du menu fretin, j’avais sauté sur le boss. Renforçant mon corps avec un Buff, j’avais utilisé Charge et j’avais plongé mon épée dans le ventre de la bête. La coupure était là, mais la créature n’avait pas abandonné. C’était que la première frappe. Le Minotaure avait reculé et avait essayé de bloquer avec ses armes, mais il n’avait aucune chance de réussir. Les cercles qui appelaient les bêtes avaient été brisés et en utilisant la Charge Éclair, j’avais glissé à travers ses défenses et j’avais atterri à côté de lui pour lui faire un coup en plein cœur.

La bête avait finalement été tuée.

Il s’agissait de notre victoire complète.

« Bon travail ! » avais-je dit en souriant en essuyant l’épée du sang du Minotaure.

« Monsieur ! Je crois qu’il y a quelque chose ici ! » déclara l’un de mes soldats.

« Faites attention où vous marchez là bas, » lui avais-je dit. Mais c’était la dernière fois que j’avais pu lui parler.

À son premier pas, d’innombrables petites flèches l’avaient frappé, perçant son armure magique comme si ce n’était rien et s’arrêtant à l’intérieur de sa chair. Elles avaient traversé les fissures de son armure et l’avaient tué. L’homme était tombé par terre sans même crier.

J’avais grincé des dents à l’idée de perdre un autre soldat.

« Laissez-le là. Nous reviendrons vers Monseigneur Dankyun et lui dirons que c’est une impasse, » je leur avais donné l’ordre de sortir de la pièce, le bouclier levé et préparé à une éventuelle attaque-surprise.

À notre retour, les autres groupes avaient aussi terminé. Le deuxième groupe avait perdu tous ses soldats, tandis que Zarus n’en avait perdu qu’un seul. C’était un retour pathétique, pas digne des commandants draconiens sous les ordres d’un draconien suprême.

« Je n’ai rien trouvé sur le chemin de gauche, Monseigneur, » j’avais fait mon rapport en m’agenouillant devant lui.

« Le bon chemin doit être celui du groupe de Zarus, » Theyon avait également effectué son rapport.

« Le chemin du centre mène à l’étage suivant, » annonça finalement Zarus.

« En avant, dans ce cas, » Dankyun hocha la tête et pointa sa main vers la sortie.

« Comme vous l’ordonnez, Monseigneur ! » avais-je dit.

Tout le groupe le suivait maintenant, tandis que les soldats blessés essayaient de panser leurs blessures du mieux qu’ils le pouvaient. Ceux qui avaient des compétences en matière de guérison s’étaient avérés utiles en ce moment.

Lorsque nous avions atteint la fosse menant à l’étage suivant, j’avais vu comment ils avaient perdu le reste de ses soldats. Ils avaient tous fini écrasés sous un rocher géant, maintenant fendu en deux par un puissant coup de poing. Je me demandais si nos hommes étaient vraiment pathétiques ou si ce donjon était vraiment si dangereux.

Nous avons perdu tant de choses et nous avons à peine commencé à explorer cet endroit..., avais-je pensé en regardant dans la fosse, où l’on pouvait voir une flaque d’eau tachée par le sang d’un draconien.

« Je vais installer une corde, » avait dit un soldat avant de prendre une corde de son cristal de stockage.

À l’aide de deux gros clous métalliques et de son propre poing, il l’avait fixé au sol et l’avait laissé s’étaler jusqu’en bas. C’était un peu plus long, alors cela avait atterri dans l’eau. Cinq soldats l’avaient d’abord utilisé pour s’assurer qu’il n’y avait pas de danger, puis Theyon avait suivi. Après ça, cinq autres soldats. Ils étaient tous descendus en toute sécurité et avaient aussi évité de tomber dans la fosse d’eau.

Quand c’était arrivé au tour de Dankyun, il n’avait pas besoin d’utiliser l’échelle de corde. Monseigneur avait sauté d’un mur à l’autre jusqu’à ce qu’il atteigne le fond, nous démontrant une fois de plus la différence de force et de vitesse. J’étais le dernier à sauter, m’assurant qu’aucun monstre ou piège n’était déclenché après nous.

Ce qui nous attendait, c’était un étrange labyrinthe tordu, et à l’entrée même, il y avait une scène digne de retourner l’estomac d’un guerrier ?

« Seigneur du Donjon ! Je vais TE TUER ! TU M’ENTENDS !? JE TE DÉTRUIRAIS POUR CELA ! » cria Monseigneur Dankyun.

« Hein ? Désolé ! Tu as dit quelque chose ? Je ne faisais pas attention. Quoi qu’il en soit, amuse-toi bien dans mon donjon ! » La voix du Seigneur du Donjon avait été entendue venant de derrière nous.

Nous nous étions tous retournés, mais nous n’avions rien vu là-bas. Cependant, notre échelle de corde avait disparu et de l’huile glissante s’était déversée sur les murs depuis le haut, ce qui avait rendu le voyage vers l’arrière très difficile. Il voulait nous piéger ici, nous tuer.

Par les dieux... dans quel genre de donjon sommes-nous arrivés ? m’étais-je demandé en ressentant un frisson de peur qui parcourrait tout mon corps.

En effet, pour la première fois depuis que j’avais pénétré dans ce donjon, j’avais eu peur...

[Point de vue d’Illsyore]

Cela s’était passé quelque temps avant que les deux assassins n’entrent dans mon donjon.

J’avais trouvé Nanya debout sur le dessus de mon corps en cristal vert et nous poussant tous les deux à travers le tunnel sur ces rouleaux de bois. Grâce à sa force inhumaine, l’exploit était beaucoup plus facile à accomplir qu’il ne l’aurait été autrement. Quoi qu’il en soit, il était clair qu’elle avait besoin de mon aide.

« Désolé d’être en retard ! » lui avais-je dit. Puis j’avais rapidement utilisé ma [Télékinésie] pour pousser mon corps et le guider sur le bon chemin.

« Bienvenue, Illsy ! J’étais à ça de briser ton corps inutile en morceaux ! Tu n’aurais pas pu construire un chariot de mine ou quelque chose comme ça ? » me demanda-t-elle en me regardant fixement.

« J’ai eu un moment de latence quand j’ai construit ça..., » avais-je avoué.

En effet, un chariot de mine aurait rendu les choses beaucoup plus faciles et plus simples, mais en toute honnêteté, je n’avais aucune idée de la façon dont je pouvais le construire. Mon esprit n’avait fait que contourner l’idée d’utiliser [Créer une pièce] pour créer chaque pièce individuelle et ensuite l’assembler. Cela semblait très gênant, mais pas impossible.

« Bref, j’ai ouvert le donjon, il ne me reste plus qu’à m’installer..., » lui déclarai-je.

« Je vais aussi défaire mon sceau. Cela va prendre un certain temps, malheureusement... », avait-elle dit en secouant la tête et en croisant les mains au niveau de la poitrine.

« Combien de temps ? » lui avais-je demandé.

« Je ne sais pas. Cela fait un certain temps que je ne l’aie pas fait la dernière fois, et plus on se scelle longtemps, plus il est difficile de se desceller soi-même », avait-elle incliné la tête vers la gauche, plissé son front et soupiré.

« Qui t’a scellée ? » demandai-je.

« Je l’ai fait... Je n’aime pas vraiment ma vraie forme..., » elle secoua la tête et baissa les yeux.

« Je vois..., » dis-je.

Il n’était pas nécessaire de pousser la question plus loin, il était clair que c’était quelque chose dont elle ne voulait pas parler, mais cela m’avait rendu curieux au sujet de sa forme réelle. Mon imagination était déjà en ébullition avec différentes versions d’elle, la plupart inspirées d’anime et de manga, mais je doutais fortement qu’aucune d’entre elles ne s’approche de la réalité.

Dix minutes plus tard, nous étions arrivés dans ma pièce. Nanya avait sauté et avait jeté un coup d’œil autour de nous. C’était une grande salle circulaire, assez spacieuse et avec mon corps positionné à l’arrière. De nombreux lasers étaient répartis dans la pièce, capables de viser n’importe quel point de la pièce. Ils étaient beaucoup plus puissants que ce que j’avais à l’académie. Une seule de ces choses était assez puissante pour déchiqueter l’armure magique d’un rang Maître en un seul coup. J’en avais probablement besoin de deux pour un Empereur. Ils étaient légèrement plus forts que les autres placés à l’intérieur du donjon dans le but d’abaisser l’armure de Dankyun. Une fois qu’il aura atteint le labyrinthe, j’avais prévu d’utiliser de petits sorts pour le forcer à attaquer et à utiliser son mana. Je n’avais aucune idée du nombre de cristaux qu’il avait sur lui, donc il valait mieux que je fasse tout ce que je pouvais pour l’affaiblir.

Après avoir placé mon corps à l’endroit désigné, j’avais revérifié toutes les défenses et les mécanismes d’attaque que j’avais conçus pour cette pièce. En plus des lasers, j’avais aussi des boucliers en Inconel enchanté qui surgissaient du sol devant mon corps. Un cristal de puissance électrique y avait été placé dans le seul but d’électrifier le sol.

Tout le reste dépendait de mes sorts. Cette fois, j’étais prêt à rencontrer Dankyun avec mes auras complètement chargées et des sorts prêts à exploser sur lui. Malheureusement, le labyrinthe de ce donjon n’était pas encore terminé. Je n’avais pas le temps de le faire, donc je devais faire quelque chose.

« Je vais augmenter la taille de la salle et créer un tas de cercles d’invocation avec [Créer un cercle d’invocation de base pour <Type> <Nombre> Monstres], mais d’abord, je vais améliorer cette compétence. Statut, » avais-je dit. Puis l’écran était apparu devant moi.

[Niveau] : 86

[Force] : 200 +1000

[Agilité] : 150 +1000

[Intelligence] : 225 +1000

[Mana] : 8120

[Régénération de mana] : 30 points de mana par seconde.

[Points disponibles] : 295

[Points de compétence disponibles] : 180

Sans délai, j’avais utilisé 250 points dans ma Régénération de Mana. Comme 25 points signifiaient 1 point par seconde, ce qui avait porté ma Régénération de Mana à 40 points par seconde. Tout le reste avait été ajouté à Intelligence, un total de 45 points, m’accordant 225 autres points de mana à ma réserve totale.

La dernière chose que j’avais faite, c’était d’utiliser mes points de compétence.

J’avais choisi [Glacier Infernal X10] pour l’améliorer.

Le prix était de 25 points de compétence pour chaque niveau.

[Glacier infernal X10] >[Glacier infernal X20] >[Glacier infernal X30] >[Glacier infernal X30] >[Glacier infernal X30] <Coût réduit de 25 % et Puissance augmentée de 10 %> >[Glacier infernal X50].

Ces quatre niveaux avaient épuisé 100 points de compétence, mais il m’en restait encore 80.

J’avais choisi de l’améliorer à nouveau, mais cette mise à niveau nécessitait 50 points de compétences.

J’avais accepté et j’avais reçu :

[Glacier infernal X60] <Dommages doublés. Surface d’éclaboussures de feu liquide doublée. Coûts réduits de 50 %>

Un large sourire était apparu sur mon visage au moment où j’avais vu cela. Je n’avais plus que 5 points de compétence, mais cela valait TOTALEMENT la peine.

Maintenant, la compétence m’avait dit la chose suivante dans la description :

[Glacier infernal X60] <Permet de créer 60 lances de glace avec une pointe dentelée et couverte de feu liquide. Le noyau de la lance est à 150 degrés sous le point de congélation de l’eau. Le feu liquide est à plus de 4500 degrés au-dessus du point de congélation de l’eau. Au moment de l’impact, le feu liquide se propage et adhère à la cible, tandis que la pointe dentelée de la lance de glace explose à l’intérieur. Capacité d’amélioration : Les dommages causés par chaque lance de glacier infernal sont doublés. Le Feu liquide se propage deux fois plus loin lors de la détonation. Coût : 100 points de mana>

L’un de ses sorts était l’équivalent de 6 invocations de [Glacier infernal X10] et deux fois moins cher.

Ainsi, je m’étais retrouvé avec les statistiques suivantes :

[Niveau] : 86

[Force] : 200 +1000

[Agilité] : 150 +1000

[Intelligence] : 270 +1000

[Mana] : 8345

[Régénération de mana] : 40 points de mana par seconde.

[Points disponibles] : 0

[Points de compétence disponibles] : 5

Ça en vaut la peine ! pensais-je avec un sourire.

***

Partie 4

« Eh bien ? » demanda Nanya en plissant les sourcils.

« J’en ai fini avec mes améliorations... Je vais aller rapidement améliorer ce niveau et me diriger vers l’intérieur pour parler avec Ayuseya et Shanteya au sujet de la bataille à venir. Qu’est-ce que tu vas faire ? » lui avais-je demandé.

« Je vais m’asseoir ici et méditer, car je veux neutraliser ce sceau avant de faire face à Dankyun », avait-elle dit avec un haussement d’épaules et c’était ce qu’elle avait fait ensuite.

Nanya s’était assise là où elle se tenait, croisant les jambes et entrant dans la position du lotus. J’avais cligné des yeux un peu surpris quand je l’avais vue agir ainsi, mais j’avais haussé les épaules et j’étais parti pour réparer ce niveau.

Comme je ne pouvais pas finir tous les murs et les pièges que j’avais initialement prévus, il ne restait plus qu’à balancer en masse les pièges et les monstres. Tout d’abord, j’avais augmenté la taille de la pièce en y ajoutant six mètres supplémentaires. Dans la zone située entre la zone optimale du laser et le mur, j’avais placé autant de cercles d’invocation que possible, versant au moins 2000 points de mana dans chacun d’entre eux. J’avais aussi fait en sorte que les cercles soient placés pour engendrer deux monstres d’une valeur de 1000 points chacun.

Sur le mur extérieur, j’avais relié les autres murs du labyrinthe et j’y avais rapidement ajouté quelques pièges. Avec l’augmentation de ma régénération de mana, cette action s’était déroulée beaucoup plus vite que je ne l’avais prévu au départ. C’était pratiquement le double par rapport au premier jour où j’étais venu au monde.

De mon point de vue, il était clair que j’avais précipité les choses ici, mais je doutais que quelqu’un comme Dankyun ou ses soldats puisse le remarquer. Au mieux, ils croiraient seulement qu’ils avaient atteint une partie beaucoup plus facile de mon donjon.

J’étais retourné à mon esprit intérieur et je m’étais dirigé directement vers Shanteya et Ayuseya. Elles étaient ensemble et parlaient de quelque chose.

« Maître ! Est-ce que ça va ? » demanda Shanteya inquiète dès qu’elle m’avait vu arriver.

« Je vais très bien. Nous avons réussi à fuir en toute sécurité, et nous sommes maintenant à l’intérieur de mon donjon, » leur avais-je dit avec le sourire.

« Je comprends. Maître, je..., » Shanteya s’était arrêtée quant à ce qu’elle allait me dire et elle avait regardé Ayuseya. « Non, il vaut mieux que vous lui parliez d’abord. Mon affaire peut attendre..., » la belle El’Doraw avait hoché la tête et s’était éloignée de moi.

Tout en clignotant des yeux en raison de la surprise, j’avais regardé Ayuseya et je m’étais approché d’elle.

« Désolé, je n’ai pas tenu parole..., » lui avais-je dit. Puis j’avais regardé vers le sol.

« Illsy..., » elle avait dit ça et quelque chose d’incroyable s’était produit.

Ayuseya s’était envolée vers moi, elle avait soulevé mon menton et m’avait embrassé. Elle était un peu maladroite avec son baiser, mais c’était un vrai baiser sincère, sans entraves, et sans chaînes pour la retenir. Elle m’avait enveloppé de ses bras et m’avait tiré plus près d’elle alors que nous partagions notre deuxième baiser, mais cette fois, c’était moi qui menais.

L’ambiance était si agréable et relaxante que j’avais complètement oublié Dankyun et sa bande de rats, mais ce n’était pas une mauvaise chose. J’avais découvert que j’aimais embrasser Ayuseya autant que Shanteya. La tenir dans mes bras et sentir sa grosse poitrine appuyée sur la mienne m’avait apporté un sentiment de confort. La draconienne était douce dans son étreinte, mais moi aussi.

Je m’étais ensuite souvenu de mon rêve où Alina m’avait montré cette photo avec elle, puis avec Ayuseya, Shanteya et Nanya. Je suppose que j’avais fait mon choix. J’aimais Alina, mais notre voyage ensemble était terminé. Elle était dans son monde, sur Terre, et j’avais trois charmantes femmes qui m’attendaient ici. Ce n’était pas difficile de choisir entre ces deux choix, c’était juste qu’au fond de moi, je maintenais toujours ma relation avec Alina, et cela ne m’avait pas permis de me consacrer complètement au nouvel amour que j’avais trouvé ici. En effet, cela n’avait pas mis des années à se former. Il y avait des circonstances très étranges et uniques, mais à la fin, ce qui comptait, c’était les sentiments purs et intacts entre nous.

Ce qui compte, c’est ce que tu as ressenti quand tu lui as ouvert les chakras du ton cœur... C’est ce que mon amie avait l’habitude de dire, bien que je n’ai jamais compris le sens de ces mots, avais-je pensé. Puis j’avais ouvert les yeux.

[Épouse : Ayuseya Drekar Pleyades — Admissibilité au [Lien de Confiance] confirmée.]

Souhaitez-vous appliquer [Lien de Confiance] sur Épouse : Ayuseya Drekar Pleyades ? O/N.

Oui..., avais-je pensé. Le message avait disparu.

En regardant maintenant dans les yeux d’Ayuseya, j’avais remarqué quelque chose d’étrange. Son expression mignonne avec un sourire doux sur ses lèvres était charmante et attirante.

« As-tu toujours été aussi belle ? » lui avais-je demandé ça quand j’avais bougé mes doigts dans ses cheveux roux.

C’était étrange que je n’aie jamais remarqué quelque chose comme ça jusqu’à maintenant.

« Peut-être, mais je suppose que ça le confirme..., » elle avait dit ça et regardé en bas.

« Quoi ? » avais-je demandé.

« Tu m’as demandé si je peux te faire confiance..., si je peux vraiment te faire confiance... Ce que tu as fait pour moi aujourd’hui. Ce que tu as fait pour moi depuis mon arrivée dans cette académie : me sauver des assassins, me guérir de mes malédictions et me protéger de Dankyun... Ce sont des choses que personne d’autre n’aurait osé faire même s’ils savaient qu’ils le pouvaient... », dit-elle en souriant doucement et en tenant mes joues dans ses paumes. « Illsy, je sais que je ne suis pas digne, mais je pense que je t'aime, et je souhaite devenir ta femme », elle avait secoué la tête. « Non, tu es le seul que je puisse accepter comme mari... Le seul à qui je souhaite me consacrer pleinement. Si cela signifie te confier tout mon être, alors qu’il en est ainsi », déclara-t-elle avec un doux sourire, et les larmes coulant sur ses joues.

Quand on se confesse comme elle, comment pourrais-je dire non ? J’avais hoché la tête et je l’avais embrassée à nouveau.

Un instant plus tard, nos lèvres se séparèrent, et je lui avais dit : « Alors je ferai tout ce que je peux pour accepter ton amour et y répondre avec le mien. »

En fin de compte, l’amour était de ressentir cette étrange attirance au fond de votre poitrine envers une autre. Le sentiment était comme un ouragan d’énergies positives, tourbillonnant et coupant constamment votre souffle. Vous vouliez être à côté de cette autre personne, et vous vous sentiez complètement ouvert envers elle. Une confiance et une compréhension mutuelle se sont épanouies à partir de cette énergie. La connexion avait été établie lorsque l’autre avait répondu.

Dans mon cas, Ayuseya l’avait commencé, et je lui avais répondu en le laissant apparaître aussi dans mon âme. J’avais ressenti la même chose pour Shanteya et peut-être même pour Nanya. Là où cela nous mènerait, cela restait à voir, mais pour l’instant, j’avais d’autres choses à régler.

« Ayuseya, je ne vais pas te rendre à Dankyun. Après ça, je n’y penserai même plus. Toi, Shanteya et Nanya..., » j’avais fermé les yeux un instant et pris une grande respiration alors que je me préparais à cette déclaration. « Vous êtes toutes mes femmes, les femmes que j’aime, mes amies, et je veux être avec vous toutes et ne pas laisser un autre homme vous toucher ! C’est peut-être égoïste de ma part de désirer une telle chose, mais si vous avez été amenés devant moi par le destin, alors les dieux approuvent sûrement mon amour envers vous trois ! Alors oui, je vous veux toutes ! »

« Cela me rendrait très heureuse », répondit Ayuseya.

« Moi aussi, Maître ! » déclara Shanteya.

Il ne restait plus que Nanya, mais je n’avais pas encore trouvé le moyen de la convaincre de me faire confiance ou plutôt du faire disparaître cette peur de moi.

« Maintenant que c’est réglé. Vous avez toutes les deux [Lien de Confiance] activé et réglé au maximum, ce qui signifie que Shanteya reçoit 50 % de mes statistiques, et Ayuseya 70 %. Cela signifie qu’Ayuseya a la même force et la même vitesse qu’un Suprême, et Shanteya un Suprême inférieur, » leur avais-je expliqué.

« Suprême ? Mais comment est-ce possible ? » demanda une Ayuseya confuse.

« C’est ma capacité. Mes épouses que j’aime et en qui j’ai confiance, et qui m’aiment naturellement et avec désintéressement et me font confiance en retour reçoivent l’équivalent de 70 % de ma puissance, » avais-je expliqué avec un sourire.

« Pour me confier un tel pouvoir..., » Ayuseya secoua la tête, « je ne sais pas si je suis digne... » dit-elle.

« Je ne vois aucune raison pour laquelle je devrais avoir peur ou refuser ça, » avais-je dit. Puis je l’avais prise dans mes bras. J’avais même tiré Shanteya dans une étreinte commune. « Vous êtes toutes les deux mes jolies femmes, en qui j’ai confiance avec ma vie et mon pouvoir ! Seul le temps nous dira si vous le serez, mais jusqu’à présent, je crois que vous convenez et j’espère que cela ne changera jamais ! »

« Merci..., » dit Ayuseya.

« Moi aussi..., » rougit Shanteya.

« En parlant de ça, qu’est-ce que tu voulais demander ? » j’avais regardé mon adorable esclave el’doraw.

« Maître, les deux sœurs el’doraw qui sont venues ici avec Dankyun... Je veux croiser les poignards avec elles. Elles sont après moi. Je suis leurs missions, et je tiens à préciser que je n’ai aucun désir de quitter vos côtés et de retourner à cet endroit », avait-elle déclaré avec la main sur son cœur.

« Je vois..., » j’avais baissé les yeux un instant, mais je savais que si elle voulait vraiment le faire, je n’avais pas le droit de lui dire « non ». En outre, j’avais confiance qu’elle avait à la fois la force et la capacité de vaincre ces deux-là. « Très bien ! Je le permettrai ! Mais si les choses tournent mal, appelle-moi. D’accord ? » lui avais-je dit.

Elle avait hoché la tête et embrassé ma joue.

« Illsy, je veux aussi me battre. » Ayuseya avait dit ça tout d’un coup.

« Euh, je ne pense pas que tu puisses vaincre Dankyun..., » lui avais-je répondu.

La dragonne secoua la tête.

« Pas Dankyun, mais ses commandants du rang Empereur. Ils n’ont aucune loyauté envers la famille royale Pleyades, et je crois qu’ils ont l’intention de nous détrôner. Si je le peux, je ne permettrai pas qu’une telle chose se produise, » avait-elle déclaré en serrant le poing.

« Je vois, mais il y a une grande différence entre vous deux. Au moins, Shanteya s’est entraînée pour bien contrôler sa soudaine augmentation de force, mais tu as été scellée toute ta vie..., » je l’avais prévenue ainsi.

« Oui, je sais. C’est pourquoi je ne demanderai pas d’y aller seul, mais que tu m’accompagnes aussi... Je veux prouver que je ne suis pas la même petite princesse faible... ou du moins essayer, » déclara-t-elle.

Franchement, je ne savais pas quoi lui dire. Si je disais oui, Ayuseya pourrait se retrouver dans un plus gros problème par le simple fait qu’elle ne pouvait pas contrôler sa force. Mais celle qui était venue à mon secours, c’était Shanteya.

« Princesse, avec tout le respect que je vous dois, je ne crois pas que vous puissiez le faire. Votre armure magique est bien plus faible que celle d’un rang Intermédiaire. Ces commandants ont à la fois la force et l’expérience militaires pour vous vaincre. Je parle par expérience parce que je sais aussi ce que cela signifie de recevoir le coup de pouce d’Illsy en force et en vitesse. Vous n’êtes pas encore prête, Ayuseya, » déclara Shanteya.

La princesse draconienne avait l’air un peu déçue, mais elle avait accepté son sort et avait hoché la tête. Ce n’était pas encore son heure. C’est tout ce que...

« Je comprends, j’étais peut-être un peu trop excitée à cause de la force dont tu m’as parlé... », m’avait-elle affiché un petit sourire.

« Quand tout ça sera fini, je prendrai mon temps et je vous formerai correctement, Princesse, » déclara Shanteya.

« Qu’il en soit ainsi ! », acquiesça-t-elle.

« Il est encore temps avant qu’ils arrivent ici. Je peux te laisser sortir et enchanter ta robe pour qu’elle ne se casse pas si tu t’en sers à fond, » lui avais-je dit.

« Très bien. Mais juste pour que tu saches, cela ne me dérange pas d’être vue nue par toi, mais je n’aimerais pas être regardée par d’autres hommes, » répondit-elle en riant.

Cela dit, j’avais libéré les deux femmes et j’avais enchanté les vêtements d’Ayuseya pour survivre à son soudain regain de force. Nanya n’avait même pas ouvert les yeux pour nous regarder, elle avait continué à méditer et à se concentrer sur la libération de son sceau.

« Quelqu’un s’approche de mon donjon..., » leur avais-je dit quand les deux assassins el’doraws avaient découvert l’entrée.

« Maître ? » demanda Shanteya avec un peu d’inquiétude dans les yeux.

« Je vais te préparer le terrain... Prépare-toi, » déclarai-je.

« Oui, Maître ! » répondit Shanteya.

Et ainsi, la bataille allait commencer... avec comme statistiques. C’est ce que j’ai vu dans leurs deux fenêtres d’état :

**********************************************

[Nom] : Ayuseya Drekar Pleyades

[Espèce] : Hybride de Draconien et Vrai Dragon

[Race] : Or

[Niveau] : 48

[Force] : 224 +840

[Agilité] : 200 +805

[Intelligence] : 216 +889

[Mana] : 5525 +5841,5

[Régénération de mana] : 0,33 +28 points par seconde.

[Lien de Confiance] <70 %> Changer ? O/N

[Points disponibles] : 0

[Compétences] > Énumérer toutes les compétences ? O/N

[Points d’aptitudes disponibles] : 0

[Allégeance] : Omniak Drekar Gladarash, Dieu des anciens dragons.

[Conjoints] : Illsyore

[Esclaves] : Aucun

[Animaux] : Aucun

[Larbin] : Aucun

*********************************************

[Nom] : Shanteya Dowesyl <Nom d’esclave non sélectionné> esclave de [Illsyore].

[Espèce] : El’doraw

[Race] : Albinos <Rare>

[Niveau] : 78

[Force] : 246 +600

[Agilité] : 321 +575

[Intelligence] : 144 +635

[mana] : 3895 +4172,5

[Régénération d’mana] : 1,5 +20 points par seconde.

[Lien de Confiance] <50 %> Changer ? O/N

[Points disponibles] : 0

[Compétences] > Énumérer toutes les compétences ? O/N

[Points de compétence disponibles] : 0

[Allégeance] : Brasil, Dieu des ombres ; Illsyore, Seigneur donjon divin.

[Conjoints] : Aucun

[Esclaves] : Aucun

[Animaux] : Aucun

[Minions] : Aucun

*********************************************

***

Chapitre 33 : Des circonstances imprévues…

Pendant que Nanya se préparait en descellant son pouvoir, j’avais conduit Shanteya à travers le labyrinthe du quatrième étage, l’avais portée pour franchir la lave du troisième étage, puis l’avais guidée à travers le labyrinthe du deuxième étage. Ce que j’avais remarqué maintenant, c’était comme cela s’était déroulé avec Nanya, les monstres et les pièges n’avaient pas réagi à elle. Ils avaient reconnu l’El’Doraw comme l’une des miennes, mais les monstres nés sauvages n’étaient pas dans le même cas. Ceux-ci étaient hors de mon contrôle et de celui de n’importe qui d’autre d’ailleurs. Heureusement, je n’avais pas de telles bêtes dans mon donjon. Ce dont je ne me souvenais pas, c’était si c’était un changement récent, peut-être grâce au [Lien de Confiance], ou si cela avait toujours été comme ça.

En parlant de cela, Shanteya semblait plutôt surprise par les nombreux pièges que j’avais préparés ainsi que par les nombreux monstres engendrés. Tout comme les autres enseignants et même Nanya elle-même, l’El’Doraw avait du mal à croire que ce qu’elle voyait n’était que le quatrième, le troisième et le deuxième étage du donjon. Considérant le fait que j’avais déjà construit de plus petits donjons destinés à représenter les cinquante premiers étages d’un donjon réel, j’avais trouvé que sa réaction était prévisible.

L’espèce de donjon avait été classée dans les races suivantes : Facile, Normal, Difficile, Ancien, Légendaire, Héroïque, Démoniaque, Ancestral, Demi-dieu, et Divin. Ils représentaient également le type de difficulté que les aventuriers devaient rencontrer à l’intérieur des labyrinthes et labyrinthes construits par chacun d’entre eux, où un Facile était le type de donjon le plus faible et le plus simple possible et le plus répandu, et Divin était considéré comme le plus dur possible. D’après mes estimations, mon premier étage était l’équivalent d’un donjon Normal avec au moins 100 étages, et peut-être un donjon Demi-Dieu avec 25 étages. En général, le premier était le plus facile dans tous les cas, mais j’étais un peu spécial.

Non seulement j’étais un cœur de donjon avec une âme réincarnée, mais j’avais aussi une quantité incroyable de mana ainsi qu’une régénération de mana très importante. De mon point de vue, la difficulté du premier niveau pouvait être considérée comme raisonnable, donc j’avais décidé qu’une fois que j’aurais laissé Shanteya dans le labyrinthe du deuxième étage, j’allais suivre les deux El’Doraws et faciliter encore plus leur rencontre. Une fois qu’elles seraient passées devant certains endroits, j’avais l’intention de couper leur retraite et d’augmenter la difficulté de la zone.

« Cet endroit te conviendra-t-il ? » avais-je demandé à Shanteya. Puis je l’avais posée sur le sol.

« Ceci fera l’affaire, Maître. J’ai juste besoin de comprendre la disposition de la zone, c’est tout », m’avait-elle dit.

« Très bien ! Si tu as besoin de quoi que ce soit, fais-le-moi savoir, » je lui avais dit ça avec un sourire, bien qu’elle ne puisse pas me voir. Pourquoi les esclaves ne pouvaient-ils pas me voir ?

« Merci, Maître ! J’aurai seulement besoin que vous me disiez quand elles sont près de moi, » déclara Shanteya.

« D’accord ! » avais-je dit. Puis je m’étais envolé, tandis que Shanteya se préparait pour la rencontre à venir.

En volant à l’extérieur, j’avais trouvé les deux sœurs qui descendaient les escaliers. Il n’y avait pas de pièges, et la majeure partie de l’endroit était relativement propre et intacte. La première chose que j’avais faite avait été d’aller dans la salle de lave et d’empêcher les plates-formes d’entrer et de sortir toutes les secondes environ. Puis j’avais ouvert la porte de l’autre côté et j’avais ordonné aux harpies de se cacher dans leur pièce. J’y avais désactivé tous les pièges, puis j’avais fermé les portes des passages gauche et droit, ne laissant ouverte que la porte centrale. Après cela, j’étais retourné à l’endroit où se trouvaient les deux El’Doraws.

Les femmes semblaient avoir atteint la première porte et se préparaient à se séparer sur le chemin de droite et de gauche. Pour les en empêcher, j’avais immédiatement ouvert la porte secrète et je les avais laissées passer sans avoir besoin d’actionner les leviers. Une fois à l’intérieur, j’avais rapidement fermé le passage derrière elles et pour être sûr qu’elles allaient prendre le bon chemin, j’avais gravé un petit message dans le mur. Elles n’avaient pas besoin d’errer en essayant de trouver Shanteya. Je devais les mener directement à elle.

Maintenant, pour modifier un peu cet endroit..., avais-je pensé. Puis je m’étais envolé. Si j’ai tous ces liquides et métaux à l’intérieur, peut-être que je peux en expulser un peu ? Mais comment ? Je ne veux pas faire du bazar autour de mon corps de cristal..., avais-je pensé et ensuite décidé d’essayer d’utiliser la compétence [Créer une pièce].

Je m’étais concentré sur la fabrication d’un cube d’huile avec de minces parois d’air autour. Cela avait vraiment fonctionné, et environ un mètre cube d’huile de cuisson avait été renversé sur l’escalier de l’entrée, mais j’avais évité les quatre premières marches. Le problème, c’était que j’avais l’impression de ne pas en avoir beaucoup. Très probablement parce qu’il était considéré comme un luxe dans ce monde plutôt qu’un article ménager commun.

Il y avait aussi une épaisse huile noire, probablement du pétrole, mais celle-ci était en plus grande quantité. J’avais décidé d’en utiliser une partie et de l’étaler sur les murs des couloirs menant aux leviers cachés. Ajouter quelques pièges à gaz toxiques et quelques pièges à flèches enchantées sur les plafonds n’avait pas l’air d’une mauvaise idée. Par mesure de sécurité, j’avais ajouté quelques pièges supplémentaires dans les deux couloirs, des pièges qui allaient projeter de grosses pointes au lieu de petites flèches.

Ensuite, il y avait la fosse de lave. J’avais utilisé [Créer une pièce] pour créer une petite rampe, puis j’avais ajouté de l’huile dessus, mais je m’étais assuré qu’elle s’arrêtait avant d’atteindre la lave. J’avais aussi pensé à en ajouter une certaine quantité sur les plaques, mais elle aurait été retirée lorsque la dalle serait entrée dans le mur. Par conséquent, j’avais réduit d’une demi-seconde le temps que les dalles restaient à l’extérieur.

Maintenant, tout ce que j’avais à faire était d’ajouter quelques pièges supplémentaires dans la pièce voisine ainsi que de verser environ 3000 points de mana dans le cercle d’invocation des harpies. J’avais augmenté la force de chaque monstre invoqué de 200 autres points de mana et j’avais ensuite procédé de la même chose pour les autres cercles d’invocation ici.

Si avant, ce niveau était l’équivalent du 50e étage d’un donjon Ancestral ou Héroïque, maintenant c’est le 70e ou même le 80e. Les Aventuriers de Rang Maître n’auront aucune chance ici. J’avais réfléchi à cela avant de vérifier les alentours pour voir s’il y avait des signes de vie.

Le groupe de Dankyun était au maximum à une demi-heure de route, peut-être même plus s’ils n’utilisaient pas leurs chevaux.

Pendant un moment, j’avais pensé à m’envoler et à lui tirer dessus avec 8000 points de mana placés dans [Glacier Infernal X60]. Je doutais fortement qu’il puisse y survivre même avec tous ses cristaux, mais si c’était le cas, et que j’étais forcé de battre en retraite ou même de m’évanouir à cause de mon épuisement, alors Dankyun serait libre d’entrer et de détruire mon donjon. Cependant, j’avais augmenté la puissance du sort, donc une attaque avec 4000 points de mana me permettrait de lancer ce sort 40 fois, ce qui signifiait plus de quatre fois plus de dégâts pour chaque pointe qu’une seule pointe non améliorée. Cela aurait signifié non pas 400 pointes, mais 2400 pointes, chacune beaucoup plus forte et dangereuse que l’originale. Non seulement cela, mais si 240 étaient suffisants pour épuiser son armure magique une fois, alors... 2400 l’aurait vaporisé. De plus, je pouvais récupérer mon mana après 1 minute et 40 secondes.

Je suis aussi invisible, donc il ne peut pas me trouver. Atteindre mon cœur nécessiterait plus de 2 minutes même s’il pouvait voler à travers les murs. Cela signifie que je peux continuer à l’attaquer avec 2400 pointes de [Glacier Infernal] dans des zones étroites toutes les minutes environ. Si je vais l’attaquer maintenant, je vais le tu..., juste au moment où je pensais à mettre ce plan en action, il s’était passé quelque chose d’étrange.

Bien que je sois invisible et essentiellement une entité flottante sans forme, j’avais senti un froid étrange m’entourer, et tout d’un coup, je m’étais retrouvé dans mon corps.

« QUOI ? QUE SE PASSE-T-IL !? » avais-je crié. Mais ma voix ne s’était pas étendue vers le monde qui m’entourait, elle était restée présente que dans mon esprit.

La peur m’avait traversé, mais elle ne venait pas de l’épée de Dankyun. Celui-là, j’avais réussi à la surmonté. Non, cette peur venait de l’intérieur de mon corps de cristal, et je pouvais rien faire pour l’empêcher de me tirer à l’intérieur. Je ne pouvais pas crier à l’aide, et je ne pouvais pas arrêter cette force puissante. C’était effrayant...

En quelques instants, j’étais retourné vers mon esprit intérieur, flottant impuissant à l’intérieur de l’obscurité sans fin qui s’y trouvait.

J’avais froid...

Je frissonnais...

Et je ne pouvais pas bouger, mais une chose était certaine. Le seul ou la chose responsable de cette condition particulière était l’obscurité. Ce qui m’entourait m’avait aussi gardé captif comme un poussin sans défense dans la main impitoyable d’un humain.

« Qu’est-ce qui se passe ? » avais-je demandé.

[Toutes les compétences de rang Empereur ont été verrouillées pour une période indéterminée.]

« Quoi ? » j’avais regardé ce message avec horreur.

« Ça ne peut pas être..., » avais-je dit et j’avais secoué la tête. « Tous ces points... tu es sérieux ? Tu plaisantes avec moi ? Hé ! Qu’est-ce qui se passe !? » avais-je crié à pleins poumons.

Rien ou plutôt personne n’avait répondu, et j’étais resté immobile dans cette obscurité.

« Je sais que tu es là ! Montre-toi ! » J’avais crié de colère.

« Mon Dieu, mon Dieu ! Le petit est rempli d’énergie, n’est-ce pas ? » la voix d’un homme inconnu avait été entendue et puis, des profondeurs de cette obscurité, une forme humanoïde était apparue devant moi.

C’était un draconien nu et mince, mais il n’y avait pas de couleur sur lui, pas même sur ses écailles. Il était comme on le verrait dans un vieux film en noir et blanc. Malgré sa race, il n’était pas ce que je qualifierais de beau. Son gros nez et sa dent manquante à l’avant lui avaient donné une aura plutôt désagréable.

« Qui... Qui es-tu ? » avais-je demandé.

« Hm ? Personne... Continue ! » déclara-t-il en souriant et en agitant la main avant de se replier dans l’obscurité.

« Oh, franchement ! Ne soyez pas si méchant avec notre invité ! Après tout, il est l’esprit primaire de ce dépotoir », avait dit une autre voix qui était apparue depuis l’obscurité.

Il avait l’air d’un homme d’une quarantaine d’années. Contrairement à l’autre, celui-ci était habillé exactement comme un noble britannique de l’an 2000 : un costume élégant à rayures, des cheveux noirs bien coiffés, une moustache bien entretenue, une cravate avec une épingle bien faite, des chaussures neuves et brillantes et une aura qui démontrait qu’il était de haute classe. Tout ce qui manquait était une montre de fantaisie et un majordome, mais même à ce moment-là, il n’apparaissait devant moi qu’en tons de gris.

J’avais dégluti.

« Permettez-moi de me présenter, je suis Sénégoir, » il avait fait un salut poli.

« OK ? Je suis..., » il avait levé la main droite pour me faire arrêter.

« Pas besoin. Nous savons déjà qui vous êtes et ce que vous êtes, » expliqua-t-il calmement.

« Alors pourquoi faites-vous ça ? » avais-je demandé.

« Eh bien, il nous est venu à l’esprit que vous ne vous comportez pas comme un donjon. Vous vous souciez de ces morceaux de chair qui marchent. Le système de la femme n’a été fait que pour nous aider, nous les donjons, à nous reproduire. Quoi qu’il en soit, avec l’apparition de cet homme impoli, nous avons décidé qu’il était temps que nous intervenions et nous pensions que vous deviez avoir des manières appropriées d’un donjon », avait-il souri et hoché la tête.

« Mais je peux le tuer avec ce sort, alors pourquoi devrais-je le leurrer dans mon donjon ? Et puis, qu’est-ce que vous êtes exactement, et comment êtes-vous entré ici ? » Je lui avais demandé ça en louchant des yeux.

« Vous posez des questions sans importance, mais je suppose qu’une réponse est nécessaire... Nous sommes les restes des donjons utilisés pour vous construire. Cette obscurité n’est rien de plus que le conglomérat de nos connaissances, souvenirs, compétences et personnalités restantes. Nous sommes votre subconscient à proprement parler, si vous préférez ce terme. » Sénégoir avait agité la main comme si ce n’était pas quelque chose d’important, mais pour moi, cela l’était.

De penser que pendant tout ce temps, cette obscurité ne faisait pas partie de moi, ou plutôt pas la mienne au départ, mais les restes des Seigneurs du Donjon et des noyaux qui avaient été utilisés pour me faire. Tout à coup, j’avais eu l’impression d’être le monstre de Frankenstein. Un être vivant fait de parties d’anciens êtres vivants.

J’avais dégluti en silence et j’avais regardé autour de moi, me rappelant les nombreuses choses que j’avais dites et faites pendant que j’étais entouré par cette obscurité. Sachant qu’à toutes ces périodes, j’avais été observé et analysé par les anciens donjons, qu’Ayuseya et Shanteya avaient également été observées, cela m’avait fait sentir un peu dégoûté par eux ainsi qu’effrayé par leur pouvoir possible sur moi.

« Que voulez-vous ? » avais-je demandé avec soin.

« Oh ! Ça ? C’est très simple, mon garçon ! Nous sommes là pour vous aider à comprendre ce qu’est un donjon ! Ne vous inquiétez pas, vous êtes assez fort pour vaincre cet homme draconien, même sans ce sort puissant. Votre donjon est tout à fait étonnant et puissant ! Il annihilera sûrement toute son armée et le réduira en poussière ! » Sénégoir avait revendiqué ça et avait fait apparaître le schéma de mon donjon entre nous.

C’était un hologramme qui montrait parfaitement tous les passages, les pièges, les déclencheurs, les cristaux de puissance et les connexions [fil magique] établies entre eux. Quand on me montrait de cette façon, je pouvais aussi bien comprendre que mon donjon était plutôt complexe et difficile à surmonter selon plusieurs normes, mais ce n’était probablement pas le meilleur que j’ai pu trouver.

« Vous voulez que j’attire Dankyun et que je le tue avec mon donjon ? » lui avais-je demandé.

« Exactement, mon garçon ! Défaites votre tout premier aventurier avec ce donjon remarquable ! C’est la bonne façon pour un donjon de se comporter ! Attirez-les, drainez leur mana et tuez-les sans pitié », avait-il déclaré fièrement.

« Et si je veux utiliser ce sort surpuissant à la place ? C’est le meilleur choix évident de tous, n’est-ce pas ? » avais-je demandé.

« Alors, c’est simple. Vous ne pouvez pas. Nous ne voulons pas que vous gagniez aussi facilement. Bien que nous ne puissions pas contrôler vos paroles et vos actions en dehors de cet endroit, nous pouvons verrouiller certaines de vos capacités, par exemple : vos compétences de rang Empereur. Nous comprenons que ce n’est pas joli, ou une chose très... polie à faire, mais nous avons simplement besoin de vous enseigner ce que signifie vraiment être un donjon », déclara-t-il en secouant la tête, me désapprouvant pour une raison quelconque.

« Mais je ne suis pas né comme un donjon ! Je suis un humain réincarné ! » avais-je rétorqué alors que j’étais un peu frustré, bien que, je doutais fortement que cela valait la peine d’essayer de garder cela comme un secret pour eux.

« Nous le savions déjà ! » Il leva les mains en l’air et la réplique du donjon avait disparu, dispersée comme de la poussière dans le vent. « C’est exactement pour ça que nous voulons que vous fassiez ça ! Vous devez découvrir et voir par vous-même la joie de tuer quelqu’un avec vos pièges et vos monstres ! Si seulement un donjon pouvait se reproduire avec un autre donjon, il n’en aurait pas besoin de tout ça... », soupira-t-il à nouveau et me regarda.

C’était un peu choquant de voir quelqu’un parler ainsi d’un être sensible, mais il s’agissait de donjons réels auxquels je parlais, de restes de ces êtres craints par les aventuriers, les ennemis de toutes les formes de vie sensibles humanoïdes dans ce monde.

Même ainsi, je ne croyais pas que leurs paroles soient justes. Il y avait quelque chose qui n’allait pas. En fait, il y avait quelque chose qui clochait dans toute cette situation. Au lieu de me préparer à une bataille avec Dankyun, je me tenais ici, incapable de bouger et de parler avec ces étranges apparitions à l’intérieur de mon propre esprit.

« Est-ce que je deviens fou ? » me demandais-je.

« Non, c’est très réel, » déclara Sénégoir en secouant la tête.

« Que se passe-t-il si mon donjon n’est pas assez fort pour vaincre Dankyun ? » avais-je demandé.

« Alors nous vous rendrons votre sort surpuissant, même si... il n’est surpuissant qu’à l’encontre de quelqu’un comme lui. Vous n’avez pas encore rencontré le..., » ses paroles avaient alors été coupées, mais ses lèvres bougeaient encore.

C’était comme si j’étais devenu sourd pendant un moment.

« Que comptez-vous faire après ? » avais-je demandé.

« Vraiment rien. Nous vous observerons et vous donnerons les conseils appropriés lorsque vous en aurez besoin. Avec le temps, vous deviendrez capable de penser et d’agir comme nous. C’est inévitable. Une fois que cela se produira, nous vous donnerons toutes nos connaissances et compétences », avait-il haussé les épaules.

« Et si je ne veux pas devenir comme vous ? » demandai-je.

« Vous le ferez. Comme je l’ai dit, c’est inévitable. Le désir de construire des donjons, d’attirer des aventuriers, de les tuer, c’est comme une drogue. Il vous tient en laisse et si vous refusez d’obéir à ses ordres, il vous entraînera de force. C’est arrivé à moi, à eux, et ça vous arrivera à vous aussi. D’ailleurs, » il s’était arrêté ici et m’avait regardé dans les yeux. « Je ne pense pas que vous compreniez le simple fait que vous n’êtes plus un humain. Vous êtes un donjon. Nos instincts et nos désirs naturels finiront par faire surface. Vous verrez par vous-même, en temps voulu, que nous sommes supérieurs, plus forts, plus intelligents, meilleurs que n’importe lequel de ces mortels », avait-il alors regardé en arrière comme si quelqu’un l’avait appelé.

Mon corps avait été libéré à cet instant, et j’avais pu bouger à nouveau.

« Il est temps pour nous de retourner dans les ténèbres. On se reverra, Illsyore, » déclara Sénégoir avec un salut poli.

« Attendez ! » avais-je crié.

« Hm ? » il avait simplement haussé les sourcils.

« Êtes-vous amis ou ennemis ? » avais-je demandé.

« Ni l’un ni l’autre. Nous sommes vous, » puis il était parti comme il était venu.

Je ne pouvais pas sentir ou voir de forme distincte dans l’obscurité noire de mon esprit intérieur. Il n’avait répondu à aucun de mes appels non plus. Ces apparitions avaient disparu. Cependant, la preuve de leur existence subsistait, vu que mon [Glacier infernal X60] qui était toujours verrouillé. C’était grisé dans ma liste de compétences.

Un frisson de peur avait traversé mon corps, lorsque j’avais réalisé que je venais de perdre ce qui aurait pu être ma meilleure arme contre Dankyun, surtout après l’avoir tellement amélioré et y avoir dépensé tant de points de compétence.

« Eh bien, ça va être amusant..., » avais-je soupiré. Puis j’avais quitté mon esprit intérieur.

Un changement de stratégie s’imposait. Même si je n’avais pas mon sort le plus puissant, j’avais toujours les autres. Je pourrais l’attaquer avec d’innombrables [Boule de Feu guidée X18] et [Lance de Glace Barbelée Explosive X4]. La bataille n’était pas perdue, mais je n’avais pas l’impression de pouvoir gagner tout de suite...

***

Chapitre 34 : La bataille de Shanteya

[Point de vue de Shenner]

Non ! Non ! Non ! La structure de ce donjon était complètement erronée ! Il n’avait même pas de miroir décent ! Tous ces murs étaient ondulés et reflétaient nos images, me rendant étourdie et confuse à chaque pas que nous faisions. Il y avait aussi les pièges et les monstres qui rôdaient dans ce lieu dont nous devions nous inquiéter. Ce donjon avait construit trop de pièges à pointes et de lance-flammes dans ses couloirs ! C’était pénible de tous les franchir !

« Grrr ! » le grognement effrayant était venu de derrière nous.

J’avais sorti mon poignard et je l’avais jeté dans cette direction. Ma sœur Elovier était sur le trajet, mais elle avait réussi à esquiver à temps avant que ma jolie lame ne lui fasse une belle coupure sur la joue. Elle m’avait regardée, mais je m’en fichais, elle m’avait toujours pardonné, d’autant plus qu’aujourd’hui nous étions à la chasse au bâtard qui avait tué mon adorable enfant !

« Attention ! » me gronda-t-elle.

« Je déteste ce grognement ! Je déteste tellement ça ! » avais-je soufflé. Puis j’étais passée devant elle pour récupérer mon poignard.

La petite lame avait réussi à se coincer dans le mur réfléchissant.

« Quoi qu’il en soit, nous devrions essayer d’aller à gauche... Cet endroit me donne le vertige..., » dit Elovier en se frottant le front avec deux doigts.

« Frappe ta tête sur les murs, ma douce sœur ! Ça va aider ! » avais-je suggéré avec un rire.

Elle m’avait regardée en me disant : « Tu es vraiment en colère, n’est-ce pas ? »

« Peut-être ? » J’avais répondu par un rire en inclinant ma tête vers la gauche.

J’allais prendre plaisir à écorcher vif le bâtard qui avait tué ma propre chair et mon sang. Shanteya, cette truie, et ce petit diablotin allaient aussi payer, mais d’une manière différente !

Après avoir récupéré mon poignard, j’avais suivi Elovier dans ce labyrinthe ridicule, et nous avions tourné à gauche, à droite, à droite, à nouveau, puis nous avions rencontré ce qui ne pouvait être décrit que comme un message destiné à nous ennuyer.

« Félicitations ! Vous êtes perdues ! » avais-je crié après avoir lu le message.

« Le donjon se moque de nous, » grogna ma douce sœur.

Mais j’avais dû admettre que ce Seigneur du Donjon avait l’intention de nous ennuyer au point où nous criions de rage. Je l’avais déjà fait quelques fois, mais c’était déjà le troisième message que nous avions rencontré. Je commençais à m’habituer à les voir.

Les autres l’étaient : « Ettttt... tu es perdu, n’est-ce pas ? » et « Es-tu chauve ? »

Comment ce donjon osait-il suggérer qu’une belle El’Doraw comme moi deviendrait chauve ! Quel donjon impoli ! J’allais graver mon nom sur son cadavre de cristal et le jeter dans une fosse de lave !

« Essayons cette voie..., » dit Elovier avec un soupir, et j’étais juste derrière elle, en pensant à toutes les délicieuses façons dont j’allais faire souffrir Shanteya et ce Seigneur du Donjon... lentement... et douloureusement.

« Hihi ! »

 

***

[Point de vue de Shanteya]

Alors que je me tenais dans ces couloirs sombres et froids, affûtant mes poignards et vérifiant soigneusement le poison que j’avais prévu d’utiliser sur mes cibles, je m’étais rendu compte que je n’avais assassiné personne depuis un certain temps déjà. Aurais-je oublié comment affiner mon intention meurtrière ou ma lame s’était-elle simplement émoussée ?

Fermant les yeux un instant, j’avais laissé mes pensées s’envoler à l’époque où le Maître m’avait placée en lui pour la première fois. J’avais peur, je ne savais pas ce qui allait m’arriver... Puis je me souvenais comment il avait enlevé toute ma douleur, comment il m’avait souri si doucement, comment il m’avait étreinte affectueusement dans ses bras. Ses baisers étaient toujours doux et tendres, purs et parfaits. Le maître ne s’était jamais imposé à moi et même quand j’avais décidé de me laisser utiliser par lui comme avec les autres hommes, il avait refusé. Il s’était arrêté, il voulait que notre étreinte soit une étreinte d’amour plutôt que de convoitises et de plaisirs charnels.

Étrange, mais quel homme sain d’esprit refuserait de coucher avec une femme consentante ? pensais-je, mais la réponse à ma question était plutôt évidente.

Ce monde était rempli d’hommes qui trompaient volontiers leur femme avec la première femme qui les taquinait un peu. Je devrais le savoir, car j’étais l’une de ces femmes. Mon devoir... ou plutôt ma mission était d’éloigner les hommes, de leur faire baisser la garde et de les poignarder dans le cœur. Grâce à leurs convoitises et à leurs désirs charnels, ce fut un travail très facile pour moi.

Ces hommes avaient toujours voulu que je me déshabille et que mes jambes soient écartées devant eux. Ils m’avaient toujours sautée dessus sans se soucier de ce que je ressentais ou de la façon dont je voyais leur acte dégoûtant... Même les cicatrices sur mon corps leur importaient peu tant que je pouvais leur offrir la libération qu’ils désiraient ardemment. Ainsi, il était facile de les attirer dans mes bras. Une fois qu’ils avaient abaissé leur armure magique, mon poignard glissait entre leurs côtes jusqu’à leur cœur. Avec une seule torsion, ils avaient fait leur dernier souffle, et mon travail était terminé.

Le maître était le seul qui refusait de se comporter comme eux.

Le maître était le seul homme qui ne m’avait pas pris dans ses bras avec le seul désir de chercher le plaisir de ma nudité.

Le Maître était le seul qui me traitait comme une égale et se souciait de mes sentiments, de mes pensées, de mes opinions même quand il n’avait aucune raison de le faire. J’étais son esclave, il était mon maître, mais le Maître ne voyait pas un tel lien. Il me voyait comme une amie et quelqu’un qu’il voulait aimer. Il me voyait comme quelqu’un qui méritait son étreinte douce et aimante, même si je croyais que j’étais sale et souillée.

Chaque fois, chaque nuit, chaque matin, chaque moment passé aux côtés du Maître, j’avais été témoin de la prudence, de l’attention, de l’amour et de la générosité qu’il pouvait avoir. Les enseignants voyaient sa gentillesse et sa bienveillance comme une stupidité ou peut-être une faiblesse. C’est pourquoi quand ils avaient parlé de faire du mal au Maître, je n’avais pas hésité à menacer leur vie. Avant qu’ils ne puissent nuire au Maître, ils devraient d’abord passer par moi. Je me battrais jusqu’à la mort. J’escaladerais une montagne d’aiguilles empoisonnées s’il le fallait. Quoi qu’il en coûte, je défendrais et protégerais le Maître de n’importe qui et de n’importe quoi.

Pourquoi ? Parce que... J’aime le Maître... J’aime Illsyore..., avais-je pensé et j’avais ouvert les yeux.

Ma détermination avait été renforcée à son maximum et mes objectifs avaient été choisis.

Les deux femmes el’doraws qui étaient venues me tuer finiraient par être à la place chassées à leur tour.

Ma lame était prête. Mon poison avait été étalé sur mes poignards. Mon armure magique était en place. Le regain de force que j’avais reçu de la part de [Lien de Confiance] était là aussi. Cette compétence me conférait une puissance dont je n’aurais jamais pu rêver auparavant, mais il était destiné à être utilisé pour le bien du Maître.

« Je suis prête ! » avais-je déclaré.

Le maître n’était pas là, mais j’étais certaine qu’il était quelque part à proximité, me regardant d’en haut alors que j’étais sur le point de danser une fois de plus sur le chant de la mort.

Alors que je marchais dans les couloirs sombres, j’avais utilisé les vêtements que le Maître avait enchantés pour moi, et j’avais cherché avec précaution les deux assassins. Les pièges et les monstres dans ce labyrinthe n’avaient même pas réagi à moi. Les diablotins et les loups étaient passés à côté de moi comme si je n’étais même pas là. Les pièges n’avaient pas fonctionné non plus quand j’avais marché dessus. C’était comme si tout le labyrinthe me reconnaissait comme étant le Maître. C’était un avantage pour moi. Je n’avais pas à m’inquiéter des pièges et des monstres. Par contre, mes ennemis n’avaient pas eu autant de chance.

Quinze minutes après le début de la chasse, je les avais enfin trouvées. Elles se battaient contre une bande de diablotins qui utilisaient des loups terribles comme montures. Ils n’étaient pas une si grande menace pour elles, mais un rang Maître les trouverait certainement dangereux et gênants, c’était le moins qu’on puisse dire. Un trop grand nombre de duos pourrait même submerger un rang Empereur. Le Maître ne s’était certainement pas retenu sur la difficulté de ce labyrinthe.

Pendant encore dix minutes, je les avais suivies attentivement et j’avais analysé leurs attaques. La première utilisait des poignards doubles, tandis que l’autre utilisait un poignard et une épée. D’après ce qu’elles disaient, l’une s’appelait Shenner et l’autre Elovier.

Je m’étais souvenue des rumeurs à leur sujet. Elles étaient parmi les meilleurs assassins de la guilde. Elles étaient nées d’un assassin inférieur dans la guilde, mais elles avaient été entraînées avec quelques autres par le Maître de la Guilde lui-même. Une fois adultes, elles avaient été données personnellement en tant que femmes à un assassin appartenant aux Ombres Noires. Elles étaient les assassins les plus fortes et les gardes personnelles du Maître de la Guilde. Devenir leur femme ou faire partie de leur groupe était le seul moyen d’empêcher les autres assassins de vous utiliser pour leur propre plaisir.

D’aussi loin que je me souvienne, elles étaient au moins du Rang Empereur, mais cela n’avait pas d’importance pour moi. Avec la force du Maître, ce labyrinthe et ma propre détermination, j’étais déjà un Rang Suprême inférieur. Je pourrais les vaincre.

Je vais les tuer..., avais-je pensé. Puis j’avais commencé à les attaquer.

De cette meute de diablotins et de loups terribles, il ne restait que trois diablotins, qui avaient attaqué celle qui s’appelait Elovier. Elle avait tué le premier avec un coup rapide au niveau de la poitrine. À ce moment-là, je lui avais sauté dessus, avec le poignard pointé vers son dos. Ma vitesse était beaucoup plus grande que ce que j’avais avant, mais je pouvais la contrôler avec aisance après toutes les chasses que j’avais faites dans la forêt.

« Hein ? » elle m’avait remarquée, mais c’était trop tard.

La lame avait touché son armure magique. C’était plus résistant que je ne l’avais prévu, et mon attaque avait franchi une partie de son armure en cotte de mailles. Mon attaque avait échoué alors j’avais sauté vers l’avant et j’avais atterri derrière les deux autres diablotins. Elle avait déplacé son épée vers moi, mais un diablotin avait sauté sur la trajectoire. La lame de l’épée coupa le diablotin en deux et elle s’en était pris à l’autre qui avait essayé de l’attaquer par le côté. Le diablotin avait été décapité d’un seul coup et à ce moment-là, celle qui s’appelait Shenner avait essayé de me poignarder par-derrière. J’avais sauté à gauche et j’avais évité le dangereux poignard. J’avais reculé de deux pas en arrière, toujours en gardant mon poignard en l’air et en me préparant à une autre attaque.

« Eh bien, bien... Regardez qui nous avons ici ! Shanteya la pute ! » déclara Shenner en se retournant et en me souriant.

J’avais ignoré son insulte mesquine et j’avais gardé mon attention sur les deux femmes.

« Cela nous facilitera la tâche, mais ta vitesse est un peu surprenante. As-tu utilisé une compétence d’Amélioration ? » demanda Elovier en pointant son épée vers moi.

Je n’avais pas répondu et j’avais maintenu ma défense présente. Derrière moi, il y avait un piège à feu et un piège à pointes. Devant moi se trouvaient les deux El’Doraws. Les murs autour de moi étaient dégagés et le plafond était débarrassé de ses pièges. Les deux femmes les avaient tous détruits pour faciliter leur combat avec les diablotins.

« Tu ne réponds pas ? Keh ! Sais-tu au moins qui nous sommes ? Hein ? Vraiment ? » Shenner m’avait demandé en pointant son poignard sur moi.

« Des déchets, » avais-je répondu calmement.

Elle s’était tortillée face à mon insulte.

« Je vais t’écorcher vif ! » Elle m’avait menacée.

« Shanteya, le Maître a une question pour toi, » déclara celle qui s’appelait Elovier.

« Ce n’est plus mon maître, » j’avais répondu en plissant les yeux vers elle.

« C’est une très mauvaise blague, tu sais ? Personne ne quitte la guilde ! » m’avait-elle menacée.

« Ma loyauté envers mon Maître actuel sera présente jusqu’à mon dernier souffle, » j’avais déclaré cela.

« Keh ! Tuons-la, maintenant ! » Shenner pressa sa sœur et haussa les épaules.

« Pas encore. Patience, ma sœur ! » Elovier la regarda et me regarda « Shanteya, le Maître veut savoir comment tu es encore en vie », me demanda-t-elle.

Normalement, j’aurais déjà dû être morte, mais je suis toujours en vie après tout ce temps. La malédiction n’a pas marché, et elles veulent savoir pourquoi, pensais-je en la regardant, puis en regardant sa sœur impatiente.

« Réponds-moi, » m’ordonna-t-elle.

J’avais souri.

« Parce que ton maître est un petit homme pathétique, impuissant et minable et le mien ne l’est pas, » je les avais narguées ainsi.

« ESPÈCE DE SHIKAK ! » cria Shenner et sauta vers moi.

Nos poignards s’étaient affrontés, mais pour moi, le sien était comme au ralenti vis-à-vis du mien. J’avais incliné ma lame et j’avais poussé son arme mortelle loin de moi. Pendant ce temps, j’avais remarqué quelques runes particulières gravées sur le milieu de la lame. C’était une arme enchantée.

C’est soit un Enchantement de Neutralisation de l’Armure Magique, soit un Enchantement d’Ignorer l’Armure Magique, avais-je pensé qu’en marchant sur le côté.

D’un geste rapide, je l’avais saisie par le poignet, je l’avais tirée vers moi et j’avais enfoncé mon autre poing dans son visage. Le mouvement s’était fait en une fraction de seconde, et les coups s’étaient enchaînés. Son armure magique avait subi de lourds dommages, mais elle n’était pas encore brisée.

L’autre sœur, Elovier, m’avait attaquée à ce moment-là. J’avais sauté en arrière pour éviter un coup de pied à l’estomac, puis j’avais utilisé mon poignard pour bloquer un couteau qui visait mon estomac. Quand j’avais atterri sur le sol, j’avais vu les sœurs el’doraw se précipiter vers moi ; l’une à gauche et l’autre à droite. Elles se déplaçaient lentement (du moins, selon moi), mais il était déjà clair pour moi que j’avais besoin de mettre un peu plus de force dans mes attaques.

Serrant la poignée de mon poignard, je m’étais précipitée vers elles. Utilisant la vitesse à mon avantage, j’avais dévié le poignard enchanté de Shenner et incliné mon corps sur le côté pour éviter celui d’Elovier. Saisissant la main de cette dernière, je l’avais tirée vers sa sœur et j’avais reculé. Les deux sœurs s’étaient heurtées l’une contre l’autre, mais elles avaient réussi à rétablir leur équilibre avant de tomber au sol. Je leur avais sauté dessus et avec un coup de pied haut, j’avais frappé Elovier au visage. Elle s’y était opposée en levant son protège-main vers le haut. Mon coup de pied était assez puissant pour repousser l’El’Doraw d’environ deux mètres.

Les deux sœurs étaient séparées, alors j’avais pris mon poignard et je l’avais dirigé vers Shenner. Elle avait aussi essayé de me poignarder, mais pendant que j’esquivais le sien, le mien avait percé. Son armure s’était brisée, et la lame lui avait percé les tripes.

Elle avait grimacé, et j’avais sorti le poignard, puis je m’étais retournée et j’avais visé sa gorge, mais j’avais dû sauter en arrière. Du coin de mes yeux, j’avais vu trois couteaux jetés sur moi par sa sœur. Je ne savais pas s’ils étaient empoisonnés ou enchantés, alors je m’étais écartée de leur trajet.

« Khak ! Cette shikak ! » m’avait maudit Shenner en crachant du sang.

« Sœur ! Recule ! Quelque chose..., » je ne l’avais pas laissée finir, je m’étais précipitée vers elle, forçant Elovier à prendre position.

Nos poignards s’étaient rencontrés, repoussant le mien loin de sa poitrine, mais il était encore assez près pour égratigner son armure magique. J’avais essayé de la frapper, mais elle avait levé la main, bloquant mon attaque.

À ce moment-là, j’avais entendu l’autre chanter un sort. Avant qu’elle n’ait eu la chance de finir, j’avais attrapé Elovier par la main et je l’avais jetée vers Shenner. Les El’Doraws étaient tombées par terre et le chant avait été interrompu.

Je n’avais aucune idée du sort qu’elle allait utiliser, mais je ne pouvais prendre aucun risque. Le seul sort que je connaissais était [Boule de feu], mais dans une situation de combat sans avant-garde, il fallait trop de temps pour lancer.

Elles sont bonnes..., pensais-je.

Shenner avait essayé d’arrêter le saignement, mais mon poison était un agent à action rapide qui engourdissait la zone locale et empêchait le sang de coaguler. La seule façon de l’arrêter était d’utiliser un antidote spécialement conçu à cet effet. Je n’avais pas douté du fait que ces personnes pourraient en avoir un, cependant, je n’avais pas l’intention de les laisser l’utiliser, alors j’avais couru vers elles avec mon poignard levé et ma volonté de tuer concentrée sur elles.

« Shenner ! » cria Elovier en essayant de m’empêcher d’atteindre sa sœur.

La femme avait essayé de me percer la poitrine avec son épée, mais je l’avais laissée passer devant moi. Je m’étais retournée et je l’avais frappée avec mon coude sur le côté gauche. Son armure magique avait absorbé la plus grande partie de l’impact, mais elle avait quand même été projetée sur le côté. Je ne l’avais pas fait tomber, mais elle n’avait pas pu m’arrêter.

Levant son poignard en affichant une expression pleine de rage, Shenner avait essayé de m’attaquer, mais je l’avais esquivée. Je m’étais déplacée vers la gauche, ignorant son poignard, car il m’avait manqué, passant loin de mon armure magique comme si elle n’était même pas là pour commencer. Avant qu’elle ne puisse sauter loin de moi, j’avais percé son torse avec mon poignard, le laissant glisser à travers ses côtes et dans son poumon, ce qui l’empêcherait de lancer des sorts.

« NON ! » avait crié Elovier quand elle m’avait vue aller derrière sa sœur et retirer la lame de sa poitrine.

Pas de pitié..., avais-je pensé en déplaçant mon poignard vers son cou et en l’enfonçant dans sa gorge.

C’était un coup de couteau court et rapide qui avait ouvert une plaie et tranché sa veine jugulaire. Son sang rouge et chaud jaillissait, se répandant sur ses vêtements et sur le sol. C’était une blessure mortelle dont même les meilleurs guérisseurs n’auraient pas pu la sauver, eh bien... sauf pour mon Maître. Il était le seul à proximité à pouvoir guérir une blessure aussi terrible.

Même ainsi, je n’avais pas encore fini. Sous les yeux terrifiés de sa sœur, j’avais jeté la Shenner mourante dans le piège à pointes à côté de nous. Sans son armure magique, elle n’avait aucun moyen de se défendre contre un empalement mortel.

En regardant à ma gauche, j’avais vu Elovier, qui s’était précipitée vers moi.

« TOI SHIKAK ! COMMENT OSES-TU ! » Elle m’avait crié dessus. Cependant, je n’avais rien ressenti en la voyant souffrir.

L’El’Doraw était forte. Elle avait utilisé toute sa puissance ou plutôt une amélioration de ses statistiques.

Avait-elle un cristal d’Amélioration sur elle ? m’étais-je demandée, alors que nous roulions sur le sol, en essayant de mon mieux de garder son poignard loin de moi.

Elle était furieuse. Elle était enragée. Comme un démon ou une bête folle, elle avait essayé de me tuer et de mettre fin à ma vie comme j’avais mis fin à celle de sa sœur, mais même à ce moment-là, je n’avais rien ressenti. J’étais calme. J’étais concentrée. Je savais que mon maître me soutenait à l’aide de ses pièges et peut-être même par sa présence.

« Je vais te tuer ! Je vais te déchiqueter ! » Elovier continuait à me menacer pendant qu’elle luttait pour pousser la pointe de son poignard plus près de moi, mais je n’avais pas cédé.

J’ai l’impression de jouer avec elle..., avais-je pensé en la regardant s’enrager.

C’était étrange, mais je n’utilisais pas encore toute ma force. Il y avait encore plus de choses que je pouvais faire dans la bataille, et je n’avais pas encore déclenché une attaque sérieuse contre elle. C’était la première fois que je me battais dans un combat sérieux contre une autre personne sensible après avoir reçu le coup de pouce d’Illsy, et je m’attendais à rencontrer un peu d’ennuis, mais pour une raison inconnue, j’avais l’impression de me battre contre des enfants.

Il est temps de mettre fin à tout ça, pensais-je.

Avec une puissance augmentée, je l’avais jetée par-dessus mon épaule. C’était assez fort pour qu’elle s’écrase contre le plafond et tombe par terre. Je m’étais levée en même temps qu’elle.

Elovier avait préparé son poignard et avait craché par terre. Me regardant fixement, elle m’avait dit : « Je vais te tuer et ensuite je vais détruire le stupide Seigneur du Donjon qui a osé... »

Je ne l’avais pas laissée finir.

Pour la première fois depuis que j’avais commencé cette bataille, j’avais aussi ressenti un peu de colère. En un clin d’œil, j’étais juste à côté d’elle et je l’avais poussée de toutes mes forces. Le coup avait touché sa mâchoire, brisant son armure magique et l’envoyant voler dans le plafond. On avait entendu un fort boum, et un cratère s’était formé au-dessus de moi.

Crachant du sang, Elovier était tombée par terre, mais avant qu’elle ne touche le sol, je l’avais frappée à l’estomac aussi fort que je pouvais le faire. Ce coup s’était également produit, et elle avait été envoyée de l’autre côté du couloir. Le mur de métal l’avait empêchée de continuer sa progression, mais il s’était plié et sa chair et ses os avaient subi de terribles dommages.

Mon dernier geste avait été de ramasser la dague enchantée de sa sœur sur le sol et de la jeter sur elle. La lame avait traversé son front, l’épinglant sur le mur et la réduisant au silence pour de bon.

Je l’avais observée un instant, pour m’assurer qu’elle était morte, mais il était très douteux que quelqu’un puisse survivre à quelque chose comme ça. Mon équipement enchanté m’avait aussi dit qu’il n’y avait plus de signe de vie autour de moi.

Assise bien droite, j’avais dépoussiéré mes vêtements et soigneusement rengainé mon poignard. Le combat était terminé. La Poupée Brisée de la guilde des assassins de la Rage du Fantôme avait gagné... Non, je n’étais plus la Poupée Brisée, j’étais l’esclave et la femme de chambre d’Illsyore. Celle qui avait gagné était Shanteya Dowesyl, acolyte du Seigneur du Donjon Divin Illsyore.

« Félicitations, Shanteya. » Sa douce voix avait retenti derrière moi.

Il était de retour ou avait toujours été là, prêt à m’aider si jamais j’en avais eu besoin.

J’avais souri et je m’étais retournée.

« Merci, Maître ! »

 

***

[Point de vue d’Illsyore]

La bataille de Shanteya avait été intense, mais bien différente de ce à quoi je m’attendais. Il n’y avait pas de plan soigneusement établi ou de sorts avancés utilisés, c’était un combat franc et sans subtilité. Avec ces vitesses, il était un peu difficile d’utiliser quoi que ce soit d’autre, mais encore une fois, il était logique de ne pas utiliser de longs sorts incantés lorsque l’ennemi pouvait soit esquiver, soit se rapprocher en un clin d’œil. Cependant, pour quelqu’un comme Nanya et Dankyun, les choses étaient un peu différentes. Ces deux-là pourraient utiliser un chant court ou des sorts sans chant, ce qui rendrait leurs stratégies de combat un peu plus diversifiées et complexes.

Pourtant, il y avait eu quelques moments où j’avais cru que Shanteya pourrait perdre. J’étais prêt à sauter dans le combat et à l’absorber avant qu’elles ne lui infligent un coup critique. Après l’avoir guérie, elle aurait pu réessayer ou changer de stratégie. Avec ma régénération de mana actuelle, c’était en fait une assez bonne stratégie. Heureusement, nous n’avions pas eu besoin de l’utiliser. Shanteya avait gagné, et cela, d’une manière plutôt tape-à-l’œil.

C’était... incroyable ! Je pensais.

« Maître, qu’allez-vous faire maintenant ? » me demanda-t-elle.

« Oh ! Tout d’abord, j’aimerais que tu restes ici un peu plus longtemps. Je vais réparer tout ce que ces deux filles ont cassé, et une fois que Dankyun et ses compagnons seront entrés dans ce labyrinthe, tu devrais essayer de tuer tous ceux qui viennent vers toi. Tu es libre de tous les tuer comme bon te semble. Je surveillerai Dankyun et m’assurerai qu’il ne vienne pas vers toi. » Je lui avais expliqué mon plan, mais j’avais omis la partie sur moi qui utiliserait constamment des sorts pour l’attaquer depuis le coin de la rue.

« Comme vous voulez, Maître ! » elle avait incliné la tête respectueusement vers moi.

Après avoir regardé le labyrinthe, j’avais remarqué qu’il n’y avait pas grand-chose à réparer. Les El’Doraws avaient pratiquement évité la plupart des pièges et tuées tous les monstres qu’elles rencontraient. Mes compétences en réparation avaient bien fait le travail, et j’avais décidé de laisser un cadeau à Dankyun à l’entrée de ce niveau. J’avais ramassé leurs cadavres et j’avais absorbé leurs armes et leurs bourses. C’était mon butin pour cette bataille. Ensuite, je m’étais dirigé vers l’entrée et les avais placées au milieu du premier couloir menant au labyrinthe.

J’avais aussi ajouté une petite pancarte sur le mur qui disait ceci : « Malheureusement, Dankyun, tu es si laid que tu as réussi à les tuer à distance. Franchement, où as-tu acheté ton visage ? Un dépotoir ? »

C’était un peu méchant et probablement aussi boiteux, mais je m’en fichais. Je voulais qu’il se fâche et qu’il sache que je n’étais pas prêt à épargner ses sujets lors qu’il s’agirait de protéger ceux qui m’étaient proches. Il était temps que j’agisse comme un donjon divin et que je fasse ce que je voulais.

Hein ? Agir comme un être divin ? J’avais réfléchi pendant un moment en réalisant quelle sorte de pensées coulaient dans mon esprit à ce moment-là.

C’étaient des pensées de conquête et d’abus de pouvoir. Elles étaient égoïstes et tyranniques, ressemblant à l’obscurité cachée en moi.

C’est mal... tu ne peux pas utiliser le pouvoir comme ça..., avais-je pensé et secoué la tête.

C’était probablement juste un autre cas bizarre de syndrome de l’instinct de donjon, mais je devais faire attention de ne pas agir sur de telles pensées, sinon je pourrais finir par blesser ceux que j’aimais dans le processus. C’était la loi fondamentale de cause à effet dans tous les films que j’avais vus.

Cela dit, j’avais décidé de donner un autre avertissement à Dankyun, au cas où je ne sois pas assez clair.

« Ceux qui avancent sont prêts à perdre leur propre vie, » puis, juste en dessous, j’avais écrit un autre « Soldats draconiens ! Suivre un leader incompétent comme Dankyun ne vaut pas vos vies ! Soyez malin et quittez cet endroit ! »

Avec un signe d’approbation, j’avais vérifié la situation de Shanteya, puis j’étais sorti du donjon pour vérifier où tout le monde se trouvait. Ils n’étaient pas si loin de moi. Encore un peu, et ils atteindraient l’entrée de mon donjon.

Comme j’aurais aimé avoir mon sort de [Glacier infernal X60] en ce moment même. Je veux dire qu’il est juste là ! Je pourrais le charger avec 4000 points de mana et finir son armée en une seule fois ! Il ne resterait plus que lui... Arg ! Rends-moi mon sort ! avais-je gémi. Puis j’avais fait naître un piège simple et aléatoire devant eux juste pour les ennuyer.

Une fois tout cela terminé, j’avais prévu d’avoir une longue conversation avec l’obscurité à l’intérieur de moi et de voir ce qui se passait.

Il y avait la crainte qu’il soit capable d’entendre mes pensées, mais ses actions et ses paroles m’avaient fait m’interroger à ce sujet. S’il était capable de lire mes pensées, pourquoi n’était-il pas apparu plus tôt ?

Il y a quelque chose que ce type étrange ne m’a pas dit..., avais-je pensé en regardant la troupe de Dankyun qui s’approchait de l’entrée de mon donjon.

***

Chapitre 35 : Le ‘monstre’ caché dans l’ombre de mon donjon

[Point de vue de Rodérique]

J’ai réussi en quelque sorte à survivre...

Je m’étais retourné et j’avais vu les diablotins morts dont les corps étaient sur le sol. Il ne restait que des morceaux après que je les ai attaqués. La bataille avait été rude, mais elle n’était pas encore terminée. Sans soldats pour me soutenir et torturé par la complexité de ce donjon infernal rempli de pièges et de monstres, j’étais maintenant confronté à un danger encore plus grand. Quelque part dans les ténèbres et les ombres devant moi, un monstre terrifiant se cachait, attendant le moment opportun pour sauter et m’égorger !

« Montrez-vous ! » avais-je crié sur les murs d’acier.

C’était comme si mes propres réflexions se moquaient de moi, me montrant mon échec avec ces yeux accusateurs. Cela m’avait rendu malade, mais j’avais fait de mon mieux pour les ignorer, pour détourner le regard.

« Grrr ! » le grognement terrifiant n’arrêtait pas de surgir ici et là, maintenant c’était derrière moi.

Je m’étais retourné pour regarder, mais il n’y avait rien, seulement les diablotins morts.

Comment ai-je fini dans cette situation ? J’avais secoué la tête. Puis j’avais essayé de me calmer.

Que s’est-il passé ? M'étais-je demandé en m’appuyant sur le mur froid et en levant les yeux vers le plafond. Avec mes doigts serrés autour de la poignée de mon épée, j’avais essayé de me souvenir de ce qui s’était produit au cours de cette dernière heure.

Après avoir descendu l’échelle de corde, elle avait disparu comme ça. Le seigneur Dankyun n’était pas inquiet à ce sujet, mais il y avait quelque chose qui l’avait rendu fou, quelque chose qui l’avait fait crier. Qu’est-ce que c’était ? Ah, oui ! Les corps des deux éclaireurs el’doraws qu’il avait envoyés pour trouver ce donjon maudit. Elles avaient été placées à l’entrée comme un cadeau de bienvenue macabre. Un corps avait été embroché et brûlé, l’autre avait été transpercé au niveau de la tête et ses os avaient été écrasés. Je pense que le message moqueur sur le mur était aussi à blâmer. Le Seigneur était resté à l’entrée pour s’assurer qu’aucun de nos soldats n’ose faire demi-tour et s’enfuit. Cela nous comprenait, ses commandants loyaux. Quant à ces deux femmes, ce qui les avait tuées était encore à l’intérieur de ce labyrinthe, j’en étais certain.

J’avais poussé un soupir et j’avais regardé à ma gauche puis à ma droite.

« AAA ! » Le cri d’un soldat avait été entendu quelque part, perdu entre les murs réfléchissants de ce labyrinthe sans fin.

En déglutissant, je m’étais forcé à ne pas aller dans cette direction. Plus de la moitié de notre force avait déjà été dévorée par la folie de ce labyrinthe. Les diablotins, les loups, les rats, les sangliers, les harpies, les pièges, les illusions et ce monstre qui se cachait dans l’obscurité se trouvaient partout.

Cela n’a aucun sens, oui, absolument aucun sens ! Un jeune donjon n’est pas censé être aussi difficile ! avais-je crié dans mon esprit.

« Soupir... »

En regardant le sol, je m’étais souvenu des ordres du Seigneur Dankyun : « Trouvez la sortie de ce labyrinthe. MAINTENANT ! »

Après cela, nous nous étions divisés en trois groupes. Nous trois, les commandants du Rang Empereur, avions pris un chemin différent à travers le labyrinthe et tué tout ce qui se trouvait sur notre chemin. Pendant ce temps, Dankyun restait à l’entrée et attendait notre retour triomphal.

J’avais souri.

« Triomphant... hehe ! » J’avais ri.

Six soldats avaient avancé avec moi, mais même la moitié d’entre eux n’avaient pas survécu après la première salle de puzzle. L’un d’eux avait été tué par des diablotins qui l’avaient attaqué par-derrière. Un autre était mort dans un piège à pointes. Deux autres étaient morts dans une bataille avec des diablotins après avoir été poussés dans des pièges à flèches et à feu. Les autres étaient restés à mes côtés, mais il y avait quelque chose qui se cachait dans l’obscurité. Avant que je réalise que nous étions chassés, les deux autres soldats avaient eu la gorge tranchée. J’étais le dernier debout, et je n’avais aucune idée de l’endroit où se trouvait la sortie ou même comment retourner à l’entrée.

« Je ne vais pas mourir ici..., » je m’étais dit ça et j’avais grincé des dents.

Quand je m’étais levé et que j’avais regardé à ma droite, elle était là, debout sur mon chemin.

Avec des cheveux argentés scintillants et un habit en cuir noir, une belle femme el’doraw me regardait dans les yeux. Elle était charmante, captivante, mais aussi dangereuse. Je sentais dans la moelle de mes os qu’elle était plus mortelle que ma femme après qu’elle ait découvert que je la trompais.

Mais ce n’était pas un sujet de rire... Cette El’Doraw n’était là que pour une chose... pour me tuer.

« Qu’il en soit ainsi ! Je vais t’affronter, démon ! » avais-je crié. Puis j’avais pris position.

En levant mon épée, j’étais prêt à l’attaquer. Si je gagnais ou non, cela restait à voir...

***

[Point de vue d’Illsyore]

J’avais conduit Shanteya à travers les chemins tortueux de mon labyrinthe jusqu’à ce que nous rencontrions le premier groupe de soldats. L’un des commandants était avec eux. En vérité, après cette insulte et l’attaque directe à la fierté de Dankyun, je m’attendais à ce qu’il m’engage avec son épée dégainée et qu’il coure droit dans mes pièges sans crier une seule fois et qu’il envoie ses chiens après moi. Je suppose que j’avais tort...

Quoiqu’il en soit, il m’avait donné sur un plateau d’argent l’occasion parfaite de terminer sa petite armée un soldat à la fois. Bien sûr, la personne qui devait le faire n’allait pas être moi, mais celle qui avait le plus d’expérience pour prendre la vie d’un autre être sensible : Shanteya. Et elle était bonne à ça, vraiment bonne !

Au moment où ma bien-aimée el’doraw se déplaçait à travers le silence de l’obscurité dans le labyrinthe, toutes traces d’elle semblaient disparaître. Avant que quiconque ait eu la chance de réaliser où elle se trouvait, Shanteya avait déjà fait taire l’un d’eux avec un rapide poignard enfoncé dans la gorge.

Au début, nous n’avions trouvé que trois soldats errants. Le premier était mort d’une manière si silencieuse que les autres n’avaient même pas remarqué qu’il était mort. Le deuxième avait réussi à crier une fois, mais Shanteya n’avait pas attendu que l’autre frappe en premier. Un coup rapide de poignard au cœur, juste entre ses plaques d’armure, l’avait achevé. Le mouvement m’avait surpris, et j’avais pensé qu’il était parfait, mais elle m’avait fait savoir que ce n’était pas le cas. Elle avait dû forcer un peu la lame afin de pousser à travers ça, en cassant l’une de ses côtes dans le processus. Pourtant, ce n’était pas quelque chose que je pouvais accomplir ou même que je souhaitais faire.

Une fois que nous avions atteint le plus grand groupe, j’avais utilisé des diablotins pour faire diversion. Franchement, je ne m’attendais pas à ce qu’ils tuent l’un des soldats. Les petites bestioles lui avaient simplement sauté dessus et l’avaient achevé en un tournemain ! Les autres s’étaient retirés, mais n’avaient pas essayé de sauver leur ami.

Quoi qu’il en soit, un par un, les soldats avaient été tués jusqu’à ce que seule Shanteya reste avec le commandant. Maintenant, c’était l’heure de leur grande bataille, bien que je n’en attendais pas grand-chose. Après tout, il n’était qu’un Rang Empereur, alors que Shanteya avait assez de points de stats pour être considérée comme un Rang Suprême inférieur même si elle n’avait pas les compétences requises.

J’étais assez curieux de voir comment cette bataille allait se terminer, alors je les avais observés attentivement.

Shanteya l’avait d’abord analysé, elle avait regardé son armure, son arme et ses yeux. D’après ce que je pouvais dire, elle essayait de découvrir sa faiblesse ou s’il avait quelque chose de spécial stocké juste au cas où une menace contre elle apparaîtrait. C’était une sage décision si je devais le dire moi-même.

Quand la bataille avait commencé, le commandant avait été le premier à attaquer. Shanteya avait sauté à gauche et avait évité la première frappe. Puis, à l’aide du mur, elle s’était projetée sur lui. Pensant que c’était une occasion rêvée, le draconien avait essayé de couper en deux mon esclave el’doraw alors qu’elle était encore en l’air, mais sa lame avait été déviée par son poignard. Touchant le sol, elle s’était arrêtée et avait donné un coup de pied à l’homme du côté gauche. La puissance était digne de rang Divin, et l’armure magique de l’homme s’était fissurée. En raison de la force pure, il avait été projeté dans un mur voisin.

« Gah ! » il avait grimacé et s'était levé, mais Shanteya était déjà à côté de lui.

Le coup suivant fut un coup rapide avec la dague enchantée directement dans son cœur. Il avait ignoré son armure magique, avait glissé à travers les plaques de métal et avait ensuite percé sa chair. Le commandant draconien était mort avant d’avoir eu la chance de jeter un sort ou de faire de réels dégâts à Shanteya. Quant à la façon dont elle avait réussi cet exploit malgré son armure magique, eh bien... elle avait utilisé le poignard d’un de ces assassins el’doraw, celui utilisé pour tuer Elovier. C’était la seule arme que je n’avais pas absorbée, et il s’était avéré qu’elle était enchantée par un sort similaire que j’avais sur mes pointes.

« En route pour le prochain ! » avais-je déclaré. Puis nous avions laissé le corps de l’homme pour y pourrir.

Pour l’instant, je n’avais pas besoin d’absorber leurs corps ou de les déplacer ailleurs. Une fois cette bataille terminée, le nettoyage commencerait, mais jusque-là, je les avais laissés là où ils étaient morts.

« Très bien, Maître, » déclara-t-elle avec un salut.

En le regardant une dernière fois, elle avait remarqué son pendentif et l’avait enlevé.

« Souvenir ? » avais-je demandé pour plaisanter.

« Non, c’est un cristal de sort capable de stocker des objets. Cela pourrait s’avérer utile à l’avenir, » m’avait-elle fait la remarque.

« Je vois. Bien pensé ! » Je l’avais complimentée et elle m’avait fait un sourire en retour.

À partir de là, nous avions poursuivi notre chasse de tous les soldats et commandants draconiens qui s’étaient placés sur notre chemin. Avec Dankyun le puissant Grincheux restant à l’entrée et attendant que ses fidèles serviteurs reviennent avec la clé de la sortie, nous n’avions pas à nous inquiéter de surprises soudaines de sa part. J’étais resté près de Shanteya au cas où il déciderait de jeter sa compétence suprême à l’intérieur de cet étage, mais j’avais fortement douté qu’une telle chose se produise pour la simple raison qu’il ne me voyait pas assez digne pour cela, ce qui était une bonne chose. En fait, j’avais retiré quelque chose de ma liste de choses dont je devais m’inquiéter.

Cependant, cela ne voulait pas dire que je n’avais pas l’intention de commencer mon attaque contre lui. Pour chaque pas que nous avions fait à travers le donjon, j’avais réinitialisé les pièges et rechargé les cercles d’invocation, rendant tout cela encore plus dangereux pour les soldats s’ils voulaient faire demi-tour. En vérité, certains d’entre eux qui s’étaient perdus avaient essayé de le faire et n’avaient pas réalisé que les pièges avaient été réactivés. Le résultat final avait été une mort douloureuse et longue pour eux. Mais je n’étais pas resté pour regarder.

Shanteya et moi étions sur les traces du second commandant. C’était un draconien musclé, qui était beaucoup plus grand que tous ses soldats. C’était une bonne chose que j’avais des murs de trois mètres de haut, ou bien était-ce vraiment le cas ? Des plafonds plus bas auraient signifié plus d’ennuis pour les grands draconiens, mais aussi pour mon esclave et mes femmes. J’avais dû admettre que le commandant avait l’air plutôt intimidant, mais ma mignonne El’doraw ne le pensait pas. Sans hésiter, elle s’était déplacée derrière le dernier soldat, lui avait tranché la gorge et avait tiré son corps vers l’arrière.

Regarder cela m’avait fait me rappeler d’un jeu de furtivité auquel j’avais l’habitude de jouer. J’avais toujours ramené les corps dans un coin où même la Mort elle-même ne pouvait pas les trouver. Le draconien n’avait même pas eu l’occasion d’agiter les mains ou de crier. Lorsque le commandant draconien s’était rendu compte qu’il avait perdu certains de ses soldats, il était trop tard et nous l’avions coincé.

« Commandant Theyon ! Que faisons-nous ? » demanda l’un des soldats.

« Tu te bats ! » répondit-il. Puis il se précipita sur Shanteya.

Celui-ci portait une armure de plaques et maniait une grosse hache à deux mains. D’un seul coup rapide, il pourrait facilement abattre un diablotin ou peut-être même un Minotaure. Cependant, l’El’Doraw était trop rapide pour lui, et le premier coup avait atterri en plein dans le sol, laissant un trou béant. Ensuite, il y avait eu le soldat qui avait parlé tout à l’heure. Avec son épée levée, il avait essayé d’attaquer Shanteya en utilisant une compétence de [Charge] comme l’avait fait le commandant, mais le résultat avait été le même. Elle avait esquivé, et il avait manqué, ce qui lui avait permis d’utiliser son poignard, puis de couper à travers son armure magique et de percer sa poitrine.

« Gah ! » il avait craché du sang et était tombé sur un genou. Cependant, il n’était pas encore mort.

Après avoir retiré sa lame, Shanteya avait sauté en arrière et avait évité l’attaque de Theyon venant de derrière lui. C’était une frappe évitée de justesse, mais même s’il avait touché, cela ne l’aurait pas blessée. Après tout, son arme n’était pas enchantée.

« Ne bouge pas, putain ! » lui cria-t-il. Mais elle n’avait pas l’intention de l’écouter.

Lorsque le commandant avait soulevé sa hache, elle était déjà à côté de lui et l’avait frappé au visage. J’avais été surpris par cela aussi, mais au lieu d’utiliser son poignard, elle avait utilisé son poing. La force présente dans ce coup était si puissante qu’elle avait envoyé le commandant en vol plané, hache et tout compris, dans le mur de l’autre côté du corridor, tout comme elle l’avait fait avec Elovier. Les soldats restants ne pouvaient que s’étonner en regardant son incroyable exploit.

« Argh... toi..., » le commandant avait essayé de dire quelque chose en se levant du sol.

Son armure magique avait été brisée, son armure de plaque avait été fissurée et pliée par l’impact, et son nez saignait comme de l’eau du robinet, mais il n’avait pas perdu la trace de sa cible. Comme un vrai guerrier, il s’était levé et s’était préparé à une autre attaque de sa part. Malheureusement pour lui, quelqu’un d’autre l’avait attaqué à ce moment-là. De sa droite, un loup s’avança et enfonça ses crocs dans sa gorge. Le diablotin chevauchant le loup utilisa son gourdin et frappa Theyon à la mâchoire, le disloquant.

« Uga gi gi gi ! » cria le diablotin fier de sa victoire.

« Ugyan ga gi ! » il avait ensuite montré du doigt les bottes en métal de Theyon et avait prononcé d’autres mots bizarres.

À l’instant suivants, trois autres diablotins étaient apparus de nulle part, avaient retiré les bottes de Theyon et ils s’étaient tous enfuis. Shanteya et moi étions restés là alors que nous avions regardé avec stupéfaction ce qu’ils avaient fait de concert.

Qu’est-ce qui ne va pas avec ces diablotins ? me demandais-je. Mais j’espérais simplement qu’ils cherchaient des trophées et des butins de guerre au lieu d’un objet à culbuter comme l’individu dont je me souvenais d’avoir dû l’oblitérer.

Theyon était mort un moment plus tard d’une hémorragie abondante. Les crocs pointus du loup avaient réussi à ouvrir ses veines jugulaires.

J’avais entendu le ding d’un nouveau niveau, mais je n’avais pas vérifié mon statut. J’avais probablement gagné plus de dix niveaux depuis la dernière fois que j’avais vérifié. Ce qui m’avait empêché de le vérifier, c’était l’idée de n’avoir rien à améliorer puisque l’obscurité idiote en moi avait scellé ma seule compétence de rang Empereur.

« S-S’il vous plaît ! Épargne-nous ! » supplia le reste des soldats.

Celui qui avait été attaqué par Shanteya était maintenant mort, et les derniers étaient à genoux, baissant la tête devant elle. Ils n’étaient pas une menace, et avec la mort de leur commandant, ils n’avaient pratiquement aucune chance de gagner contre elle.

« Laisse-les vivre, » avais-je ordonné à Shanteya.

« Comme vous le voulez, Maître, » répondit-elle.

« Merci ! Merci ! » disaient-ils en même temps.

Nous les avions laissés seuls et nous nous étions éloignés de la scène de crime.

Trouver le dernier des commandants s’était avéré un peu plus difficile puisqu’il se trouvait un peu plus profondément dans le labyrinthe, contrairement aux deux autres. À mon avis, il était probablement à côté de la salle de reproduction des diablotins lorsque les autres avaient terminé leurs énigmes. En parlant de ça, j’avais été plutôt surpris de voir à quelle vitesse ils avaient fini le leur. Pendant un moment, j’avais pensé qu’il était vraiment intelligent, mais il y avait de fortes chances qu’il ait vraiment eu de la chance.

Lorsque nous étions entrés dans la salle de reproduction, nous avions vu la scène d’un massacre. Les corps des diablotins étaient éparpillés partout, coupés en morceaux ou écrasés par une force puissante. Les cercles avaient été détruits, mais il n’y avait aucun signe de soldats draconiens morts. Cet ennemi était beaucoup plus puissant que les deux autres.

En avançant prudemment, nous avions été plus profondément dans le labyrinthe jusqu’à ce que nous rencontrions les restes d’une autre scène de bataille, mais celle-ci était aussi un peu étrange. Nous avions vu les corps de trois soldats draconiens, mais aucune trace de pièges ou de monstres à blâmer quant à leur mort. Il s’agissait d’un corridor dit propre où il n’y avait pas de danger, mais ces soldats avaient été abattus par quelque chose ou quelqu’un.

« Ils ont été poignardés et tailladés par des épées, » avait expliqué Shanteya en s’agenouillant à côté de l’un d’eux et en vérifiant ses blessures.

« Il y a trois draconiens devant nous. Ce sont probablement les survivants, » lui avais-je dit après avoir fait une vérification rapide.

Cette fois, acquiesçant d’un signe de tête, elle s’était éloignée des corps et avait couru dans la direction que je lui avais indiquée. Après quelques virages, nous avions finalement rencontré le groupe de trois soldats. Au milieu, il y avait un grand draconien portant un grand bouclier et une longue épée. À sa gauche et à sa droite se trouvaient deux soldats avec leurs boucliers levés, formant un mur autour de lui.

« Peux-tu te mettre derrière lui ? » avais-je demandé à Shanteya.

« Non, » répondit-elle.

Eh bien, je pourrais leur lancer une boule de feu et les séparer, ce qui donnerait à Shanteya l’occasion parfaite de les engager un par un, mais quelque chose s’était fait sentir dans ce groupe. Les trois draconiens d’avant avaient été tués non pas par des pièges ou des diablotins, mais par ces hommes. S’ils voulaient fuir, ils auraient pu être tués pour trahison, mais alors pourquoi s’arrêter au milieu du couloir comme ils l’avaient fait ?

Ce groupe semble avoir été le plus efficace pour naviguer dans mon donjon. Ils ont même survécu à la salle de reproduction des diablotins, alors pourquoi essayer de fuir ? Ça n’a pas de sens... Hm ? Est-ce qu’ils attendent quelqu’un par hasard ? Dankyun ? m’étais-je demandé. Puis j’avais regardé après ça pour vérifier l’emplacement du Suprême. Ça n’avait pas changé.

« Essayons quelque chose... Révèle-toi à eux, Shanteya, mais reste sur tes gardes et sois prête à battre en retraite dès que tu sens des ennuis, » lui avais-je chuchoté.

Elle hocha la tête et était sortie de l’ombre.

« Je ne veux pas faire de mal ! » déclara le grand draconien dès qu’il l’aperçut.

L’El’Doraw s’était arrêtée.

Eh bien... c’est nouveau ! avais-je pensé et ordonné « Expliquez-vous ».

« J’aimerais savoir si ce que la princesse Ayuseya a dit était vrai ou non », répondit-il en essayant de savoir d’où venait exactement ma voix.

Je m’étais déplacé devant eux et j’avais demandé « À propos de quoi ? »

« Sa malédiction. Celle qui prend la vie des membres de la famille royale ! Est-il vrai qu’elle a été levée ? » demanda-t-elle.

« Sur elle, oui. » J’avais répondu ainsi.

Inopinément, il poussa un soupir de soulagement, et les deux soldats se souriaient l’un à l’autre.

« Alors... alors, il y a une chance pour notre royaume…, » déclara-t-il.

« Hein ? » J’étais un peu confus.

« Je m’appelle Zarus Dennekar. Je suis le fils de Joviar Dennekar, le général de rang Divin qui a épousé la plus jeune fille du roi Pleyades d’il y a sept générations royales. Ma mère était la servante de la princesse à l’époque et par le sang, je suis l’arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière grand-oncle de l’arrère-arrière-arrière-arrirère-arrière-arrière-arrière grand-père de la princesse Ayuseya Pleyades par le côté de son père, » avait-il déclaré fièrement.

C’est beaucoup d’arrière..., avais-je pensé.

« Donc vous êtes parents... et ? » lui avais-je demandé en plissant des yeux.

« Depuis deux siècles, mon père cherche un remède pour la famille royale. Quand il est parti en expédition avec Dankyun, il n’est jamais revenu, et j’ai longtemps soupçonné le Suprême de lui avoir fait quelque chose. La seule raison pour laquelle je l’ai rejoint était de découvrir la vérité, mais même si je l’ai fait, je crains d’être encore trop faible pour lui faire quoi que ce soit. Même ainsi, je ne souhaite pas que ce draconien épouse ou tue la princesse Ayuseya ! Il y en a encore beaucoup qui sont fidèles à la maison royale malgré sa faiblesse actuelle. Je suis l’un d’entre eux. C’est pourquoi je crois que le fait de me battre contre vous et d’aider Dankyun à trouver la princesse Ayuseya n’apporterait qu’un désastre à notre royaume. Si possible, je vous demande de vaincre Dankyun ou au moins de fuir avec la princesse. L’avenir de notre royaume peut très bien dépendre des résultats de cette bataille à venir, d’autant plus qu’elle est maintenant libérée de cette malédiction divine », avait-il déclaré d’un ton solennel, inébranlable et ne montrant même pas le moindre regret dans sa décision de trahir Dankyun.

Ses paroles semblaient vraies, mais j’avais des doutes. Cela ressemblait à un très bon complot pour me faire baisser la garde ou demander à Ayuseya et Shanteya de baisser la leur pour qu’il puisse s’approcher et nous tuer. Quand je regardais jusqu’à quel point Dankyun était un manipulateur, j’avais parié sur la possibilité que tout cela était un piège.

Il suffit de le tuer, et c’est la fin du problème... Une pensée soudaine m’était venue à l’esprit.

En effet, le tuer aurait résolu le problème. Si c’était un jeu, j’aurais pu aller en ligne pour chercher une marche à suivre, ou sauvegarder le jeu ici, faire un choix et voir à quoi cela allait mener. Habituellement, sauver et faire confiance aux gens vous apportait de bons points, les tuer se traduisait par des points négatifs. De toute façon, ce n’était pas un jeu, c’était la vraie vie. Un tel choix pourrait éventuellement permettre de sauver ou de perdre une ou plusieurs vies humaines.

Je devais faire attention...

Tuez-le... la pensée avait refait surface, et j’avais secoué la tête.

« Qu’avez-vous l’intention de faire si je vous laisse partir ? » avais-je demandé.

« Je souhaite retourner à Teslov et rapporter cette merveilleuse nouvelle au premier prince, mais je suggérerais si possible de ne pas laisser la princesse Ayuseya revenir sans l’escorte d’un Suprême. Il y a beaucoup d’espions et de nobles qui verraient l’élimination de la malédiction comme une menace plutôt qu’un espoir pour notre royaume », avait-il expliqué calmement.

Eh bien... ça résout mon problème, pensais-je.

« Vous ne voulez pas rester pour la bataille ? » avais-je demandé.

« Je suis un rang Empereur, tout au plus un Rang Divin inférieur. Je n’ai aucun moyen de vous aider, Seigneur du Donjon. Cependant, en retournant au royaume, je peux les avertir de la trahison de Dankyun et m’assurer qu’il n’aura pas de seconde chance, quel que soit le résultat de cette bataille. En même temps, je peux apporter des nouvelles qu’il existe un moyen d’éliminer la malédiction, » avait-il expliqué.

« Cela ne vous fera-t-il pas devenir une cible ? » demandai-je.

« Sans doute, mais c’est un risque que je dois prendre ! » répondit-il en se frappant la poitrine.

« Pourquoi n’avez-vous pas agi plus tôt ? » Je l’avais interrogé.

« Dankyun a utilisé son autorité pour faire passer pour des traîtres quiconque s’opposait à lui et les a ensuite tués avant qu’ils n’aient eu la chance d’expliquer leurs actions à quelqu’un qui les écouterait. Une fois que cela a été clair pour moi, j’ai fait de mon mieux pour ne pas me mettre en travers de son chemin. Ma propre faiblesse est ma malédiction à porter », expliqua-t-il en serrant le poing et en regardant le sol.

« Pourquoi maintenant ? » demandai-je.

« Je crois que c’est le meilleur moment pour agir. Seuls quelques-uns de ses soldats étaient avec moi, et si cette négociation échouait, nous mourrions soit de vos mains, soit des siennes. Votre donjon surpasse de loin les capacités d’un Rang Maître ou d’un Rang Empereur », expliqua-t-il calmement.

En d’autres termes, c’était le seul moment où les chiens de Dankyun ne pointaient pas leurs oreilles vers lui.

« Très bien... Je vous laisserai partir, » lui avais-je dit.

Je me demande si je peux faire en sorte que mon donjon les considère comme des alliés, pensai-je.

 

< Souhaitez-vous définir les personnes sélectionnées comme étant amicales ? O/N

Et « Oui » avait été ma réponse.

Ces pop-up n’avaient jamais manqué de me surprendre ou de m’ennuyer, il fallait toujours que ce soit l’un des deux.

« Je pense que les monstres et les pièges ne réagiront plus à vous, mais si je vous vois aller plus loin dans les profondeurs, je réinitialiserai votre statut à Ennemi, et ils vous attaqueront, » les avais-je prévenus.

« Bien sûr, c’est juste que... pourriez-vous nous guider ou nous indiquer le bon chemin. Nous sommes un peu perdus... » Zarus avait dit cela après avoir regardé à gauche et à droite.

« Soupir... » Je m’étais retourné vers Shanteya, puis vers lui. Il semblait n’y avoir qu’un seul moyen de s’en sortir.

J’étais retourné jusqu’à ma mignonne El’doraw et je l’avais absorbée. Après cela, j’engagerai Dankyun, alors la garder dans les parages ne ferait que la mettre en danger inutilement. J’étais retourné dans le groupe des trois draconiens et je leur avais dit de suivre ma voix. Sans tarder, ils avaient fait ce que je leur avais dit, et quand je leur avais posé des questions sur les autres draconiens morts.

« Ils n’ont été loyaux qu’envers Dankyun et nous ont attaqués quand ils ont entendu ce que j’avais l’intention de faire, c’est-à-dire de parler avec vous, » répondit-il.

Il avait fallu un certain temps pour les ramener, mais au lieu de les envoyer directement dans les mâchoires de Dankyun, je les avais conduits sur un chemin qui les rapprochait le plus du Suprême. Là, je les avais enfermés dans une pièce pour couper l’accès non désiré.

En utilisant la compétence [Créer une pièce], j’avais tracé un chemin à travers les murs, menant au premier étage, dans la mini salle des patrons. C’était un chemin escarpé, mais ils ne s’en étaient pas plaints. Une fois qu’ils étaient sortis, j’avais recouvert l’entrée et je les avais ramenés à l’extérieur.

« C’est donc bon ainsi, » je leur avais dit après avoir traversé les douves de lave.

« Merci, Seigneur du Donjon. Juste un conseil. Il est très probable que Dankyun ait beaucoup de cristaux de sort sur lui. Tout au long de notre voyage de Teslov jusqu’ici, je l’ai toujours vu les charger de son mana », m’avait-il averti.

« Compris. Merci, » lui avais-je dit. Ils étaient partis tous les trois.

Il était logique que le Suprême ait encore plus de ces choses ennuyeuses. C’était comme des potions dans un jeu. Il avait toujours été sage d’apporter avec vous à une bataille plus de consommables que vous n’en utiliseriez normalement pour la simple raison que vous ne saviez jamais quand vous pourriez en avoir besoin. La différence était que dans ce genre de jeux, je me retrouvais toujours avec 999 potions de toutes sortes, et pendant le dernier combat de boss, j’en utilisais à peine trois ou quatre, et peut-être dix si j’étais dans une difficulté importante.

***

Chapitre 36 : Le Dankyunator 3000

Partie 1

De retour au deuxième étage, j’avais trouvé Dankyun debout devant le labyrinthe et attendant patiemment le retour de ses commandants, morts ou s’éloignant de mon donjon. Il n’avait pas bougé d’un pouce depuis le moment où il avait ordonné à tout le monde de se disperser et de trouver la sortie. Ce qui restait de sa force était soit ici avec lui, soit mort, soit perdu parmi les pièges et les diablotins.

Si je devais considérer les paroles de Zarus, alors aucun de ces soldats n’était loyal envers Ayuseya ou n’avait même envisagé la possibilité de changer leur loyauté envers elle. Mon esprit me disait qu’il était possible qu’ils cachent leur vraie loyauté. C’était mince, mais là, je n’avais ni le temps ni les moyens de les sélectionner et de les interroger. Il n’y avait pas de compétence de détection de mensonges dans ma liste.

Cela étant dit, ma seule question maintenant était de savoir ce que je pouvais utiliser pour forcer Dankyun à épuiser ses cristaux de sorts ? Le plus beau, c’est que j’avais l’occasion de lancer une attaque-surprise contre lui. À moins que je ne fasse un bruit fort, il ne pouvait pas me détecter. En volant un peu partout, j’avais essayé de penser à de bonnes stratégies contre lui, mais je ne pouvais pas faire l’erreur de le sous-estimer. Les commandants du Rang Empereur pouvaient être considérés comme incroyablement faibles par rapport à lui. Même Nanya, qui était de Rang Divine sous forme scellée, ne pouvait rien faire contre lui.

L’idée de créer un puissant laser pour le pointer directement vers lui m’avait traversé l’esprit, mais j’avais dû faire attention à la façon dont je l’aurais installé, car il n’y avait aucune garantie qu’il ne se contenterait pas de valser dans le labyrinthe pendant que je le construisais. Se moquer de lui était une possibilité, mais j’avais l’avantage d’une attaque-surprise. Le gâcher sur quelque chose comme une attaque trollesque aurait été un grand gaspillage.

Après un rapide débat intérieur, j’avais décidé d’essayer et de voir si je pouvais frapper Dankyun dans le dos avec un laser. J’avais survolé l’autre côté du couloir et en utilisant le pouvoir de [Créer une pièce], j’avais fait un compartiment caché d’environ trois mètres de long, avec un mètre de hauteur. Les murs entre cette pièce et le couloir avaient été conservés intacts. J’avais volé à l’intérieur et j’avais ensuite invoqué les cristaux de puissance nécessaires à sa construction. Il m’avait fallu environ un quart d’heure pour le terminer, mais ni Dankyun ni ses soldats n’avaient remarqué que quelque chose se passait derrière le mur. Je m’étais assuré d’être un petit lapin très discret.

Quand cela avait été fait, je l’avais chargé et je l’avais dirigé vers le draconien. Tout ce que j’avais à faire maintenant était d’attendre que mon mana soit de retour à son plein potentiel et de l’activer, mais avant cela, vu que cela allait être une bataille prolongée à cause de ses stupides cristaux, j’étais retourné à mon corps pour faire quelques préparatifs supplémentaires.

Tout d’abord, j’étais retourné pour me placer devant mon corps de cristal. Là, j’avais vu Ayuseya faire quelques exercices d’étirement de base. La façon dont elle avait déplacé sa poitrine était plutôt attirante, mais je n’étais pas là pour la reluquer. Quant à la mignonne Nanya, elle était assise dans une position de lotus pas très loin de mon corps. Ses yeux étaient fermés et une teinte pourpre l’entourait comme une aura. La longue queue pointue, noire et écaillée, reposait sur ses genoux, tandis que le ruban rouge dégageait une dangereuse aura noire.

J’avais compris à ce moment-là qu’elle travaillait encore à se libérer de son vrai être. Sans plus attendre, j’avais libéré Shanteya de mon esprit intérieur.

« Shanteya ! Vous êtes de retour ! » déclara Ayuseya surprise dès qu’elle avait vu l’El’Doraw apparaître à côté de mon corps de cristal.

« Oui. C’était une bonne chasse, » répondit-elle avec un sourire et un signe de tête.

« La plupart des forces de Dankyun ont été anéanties, il ne reste plus qu’à s’occuper de ce grincheux de Suprême, » avais-je dit.

« C’est donc la bataille finale ? » demanda la princesse draconienne en serrant le tissu de sa robe au niveau de sa poitrine.

« Oui. As-tu peur ? » avais-je demandé.

« Un peu, mais j’espère que tu feras tout ce que tu peux pour le vaincre », m’avait-elle dit avec un sourire.

« Oui ! » J’avais hoché la tête et lui avais fait un sourire.

« Maître, quels sont vos plans maintenant ? » demanda Shanteya.

« Je chargerai mes auras et je partirai pour l’attaque. Souhaitez-moi bonne chance ! » leur avais-je dit.

« Que les dieux soient avec vous, » Shanteya avait baissé la tête devant moi.

« Bonne chance, Illsy. » Ayuseya m’avait fait un petit sourire.

J’avais chargé mon armure magique avec 4000 points de mana pour cette petite protection supplémentaire, juste au cas où cela serait nécessaire. Après m’être régénéré, j’avais versé la même quantité dans mon [Aura divine]. Cela n’avait affecté que l’Aura Divine de Damage, qui s’était répandu sur un rayon de cinq mètres autour de moi. Bien que la zone soit petite, c’était ma dernière forme de défense. Avec tous ces lasers dans ma chambre, Nanya, et mes sorts, je doutais fortement qu’il atteigne mon cœur, mais quelque chose m’avait dit que je devais me préparer au pire. Je l’avais fait environ quatre fois avant de retourner auprès de Dankyun.

Étonnamment, il n’avait pas bougé d’un pouce de sa place. Tenant son épée et regardant le labyrinthe, je ne pouvais que me demander comment il ne s’ennuyait pas jusqu’à maintenant. Il croyait peut-être encore que ses commandants étaient vivants. Techniquement, aucun des soldats qui l’auraient fui n’oserait croiser son chemin. Ceux que j’avais épargnés ne se cachaient pas très loin, attendant le moment où leur commandant serait entré dans le labyrinthe. En regardant l’huile glissante sur les murs de la fosse menant à ce niveau, je m’étais demandé comment exactement ils avaient l’intention de monter là-haut. Eh bien, ce n’était pas mon problème, alors je m’étais concentré sur l’affaire en cours : tuer Dankyun.

C’est ça..., avais-je pensé en volant vers le mur du fond. Puis j’avais enlevé une petite partie du mur entre mon Laser et lui.

« Qu’est-ce que c’est ? » avait dit l’un des soldats quand ils avaient remarqué le mur disparu.

Je n’avais pas attendu que Dankyun se retourne et je lui avais tiré dessus. Un puissant faisceau de lumière l’avait frappé dans le dos, épuisant rapidement le mana de son armure magique. Il avait sauté à gauche, et j’avais dirigé le laser vers lui, mais le draconien avait pris l’un de ses soldats par le cou et l’avait jeté vers moi.

« AAH ! » cria l’homme en rencontrant le faisceau de lumière focalisé.

Cela avait brisé son armure magique en un clin d’œil, puis brûlé son corps et son armure le transperçant comme si ce n’était rien. Le soldat de Rang Maître n’avait aucune chance contre mon puissant laser. Cependant, Dankyun pouvait apparemment encaisser plus d’un tir.

Le draconien s’était précipité vers moi et avec un seul coup d’épée, il avait coupé le laser en deux, le détruisant.

« Pathétique ! C’est tout ce que tu peux faire, Seigneur du Donjon ? » demanda-t-il avec un sourire arrogant.

Je n’avais pas répondu, faisant semblant de ne pas être là ou d’avoir fui, mais je me tenais juste à côté de lui, regardant dans ses yeux, qui ne pouvaient pas me voir. Comme un fantôme, j’avais volé à travers le puits menant au premier étage, puis je m’étais concentré sur le sort.

En mettant Dankyun comme seule cible, j’avais infusé une [Boule de Feu guidée X18] avec 3000 points de mana et ensuite avec une voix basse, j’avais chuchoté : « Zir Navian Esy. »

Le sort avait libéré 18 boules de feu qui poursuivait le draconien comme des loups affamés poursuivant un agneau blessé. Étonnamment, elles étaient beaucoup plus petites et plus rapides que ce que j’avais prévu au départ. Elles avaient aussi atteint des températures plus élevées. Quant à la raison pour laquelle il en était ainsi, je n’en avais aucune idée, mais ma première supposition était le changement de l’environnement. Peut-être que le système de donjon bizarre avait identifié l’endroit où j’étais sur le point de combattre et avait immédiatement ajusté les sorts pour répondre à mes besoins.

La première boule de feu avait pris Dankyun par surprise et avait explosé dans son dos, l’envoyant voler vers l’avant dans le labyrinthe. Il était tombé droit dans un piège, qui avait fait surgir ses pointes et l’avait relevé. Son armure magique était ridiculement forte, mais heureusement, il n’avait pas eu le temps de récupérer avant qu’une autre boule de feu ne le frappe, explosant à quelques centimètres de son visage.

« Argh ! » gémit-il, alors que cela l’envoyait en arrière et qu’il volait droit dans un mur.

Le mur s’était courbé vers l’extérieur et les deux boules de feu suivantes l’avaient frappé. Il avait suffoqué, mais il était encore en vie. Une autre boule de feu était sur le point de le frapper, mais il avait roulé vers la gauche et avait évité l’impact. Un piège à flèches s’était déclenché, envoyant ses dangereux projectiles sur lui, mais cela n’avait pas réussi à briser son armure.

Nanya avait raison... La différence d’armure magique entre le Suprême et l’Empereur est ridicule ! avais-je pensé en le voyant sortir son épée et couper en deux la prochaine boule de feu qui était sur le point de frapper.

Il avait esquivé la suivante et le mur qu’elle avait heurté avait fini par fondre à moitié. Les 12 autres avaient suivi, mais comme il n’avait pas beaucoup d’espace pour des mouvements, trois attaques avaient été coupées, et les autres avaient manqué, endommageant les murs de mon labyrinthe.

La fumée était aussi assez épaisse, ce qui rendait difficile à voir et probablement aussi à respirer vu la manière dont derrière moi, les soldats de Rang Maître qui restaient avec lui toussaient à pleins poumons.

« Réapprovisionnement du mana, » déclara Dankyun, et j’avais vu une lumière bleue clignoter dans l’épaisse fumée.

« Alors ? Comment ça va, haleine de chacal ? » avais-je demandé en ricanant.

« Hmph ! Les insultes mesquines ne m’affectent en rien, lâche Seigneur du Donjon ! » répliqua-t-il en pointant son épée dans la direction de ma voix, mais je volais vers la droite, dans l’autre couloir.

« Mauvaise route, gros malin ! Shellur Sou Yar ! » lui avais-je dit, puis j’avais lancé [Lance de Glace Barbelée Explosive X4] infusée de 500 points de mana, envoyant 40 lances à glace de ce genre.

Au moment où il s’était retourné, deux des projectiles étaient assez proches pour exploser, embrochant son armure magique avec des aiguilles de glace, mais aucune d’entre elles n’avait pu passer à travers. Les autres, il avait essayé d’esquiver, mais dans de si petits couloirs pour lui, c’était difficile. Il avait failli toucher le plafond et, en reculant, il était tombé dans un autre piège à pointe. J’avais eu de la chance avec celui-là, car cela lui avait fait perdre son équilibre et dix de mes lances avaient pu le frapper et exploser à proximité, mais aucun gémissement de sa part signifiait qu’elles étaient plutôt inefficaces. Son armure magique était encore présente.

Avec son épée, il avait bloqué deux attaques et avait ensuite esquivé les autres avec un saut vers la gauche. Un diablotin avait essayé de l’attaquer, mais Dankyun l’avait ignoré et avait simplement marché sur le monstre. L’une de mes lances avait tué le diablotin par accident, et six autres avaient heurté les murs et le sol avoisinants.

Pendant ce temps, j’avais volé devant lui et j’avais placé quelques pièges sur son chemin. L’un d’eux était un piège à feu qui avait bloqué sa vision pendant un moment, ce qui m’avait permis de faire apparaître un mur devant lui. Il était tombé dedans et cela avait permis à dix autres lances de le frapper. Quant aux autres, il avait réussi à les éviter en les jetant [Poussée de Vent] et en les envoyant dans les murs voisins.

« Agaçant comme un diablotin ». Il avait grogné et avait ensuite tailladé le mur que j’avais fait.

« Pas aussi ennuyeux que toi, face de merde, » avais-je répliqué. Cependant, j’avais l’impression que mes insultes étaient vraiment nulles.

« Pourquoi t’embêter à résister, Seigneur du Donjon ? » demanda-t-il en marchant calmement dans le labyrinthe, tailladant mes pièges et mes monstres avec aisance.

« Parce que les beignets ! » lui avais-je répondu.

OK ! Je l’admets. C’était stupide..., avais-je pensé et soupiré.

« Quoi ? » demanda-t-il en plissant les sourcils.

Je suppose qu’il n’a jamais entendu parler des beignets, pensai-je.

Je l’avais suivi à travers le donjon, en me reposant et en ajoutant d’autres pièges devant lui pendant que j’attendais que mon mana soit restauré. Je comptais les secondes dans ma tête. Dès que j’étais prêt, j’avais relâché un autre torrent de boules de feu et de pointes de glace sur lui. Cela ne l’avait pas tué, mais cela l’avait mis en colère, le forçant à grogner et à taillader les murs et le sol.

Je soupçonnais qu’il n’utilisait pas ses sorts parce qu’il n’avait pas de cible à viser. Les monstres étaient trop faibles pour ses statistiques, alors ils avaient été tués d’un seul coup d’épée ou d’un coup de poing au visage. Le problème, c’était son armure magique folle. Elle n’avait jamais atteint le point de rupture. Au lieu de finir rapidement, cela avait fini par être une bataille d’attrition, dans laquelle mon objectif principal était d’essayer de le forcer à utiliser ses cartes d’atout et ses cristaux de sorts avant qu’il n’atteigne mon cœur.

En le regardant attentivement, j’avais réalisé qu’un sort de [Boule de Feu guidée X18] avec 3000 points de mana était suffisante pour abaisser considérablement son armure magique, peut-être même la briser, mais je n’avais jamais réussi à le frapper avec les 18 boules de feu. Tout au plus, je pouvais le frapper avec huit attaques. C’était suffisant pour l’entraver et l’obliger à utiliser un cristal de mana.

En repensant à la bataille au dortoir, quand je l’avais attaqué, je n’avais jamais utilisé une version aussi puissante du sort [Boule de Feu guidée X18] auparavant, mais seulement des versions plus faibles qu’il était capable de dévier ou de détruire avec une grande facilité. Leur taille actuelle ainsi que les obstacles constants sur son chemin m’avaient permis d’obtenir plus facilement une frappe sur lui, contrairement à ce qui se passait avant quand il pouvait se déplacer autant qu’il le voulait.

« N’en as-tu pas encore marre ? » Dankyun m’avait demandé ça après qu’il ait tailladé l’un de mes messages humoristiques placés sur un mur, qui n’était pas très efficace sur lui.

« Pas vraiment, » avais-je répondu. Puis j’avais jeté un autre sort sur lui.

Pendant la plupart du temps, il ne me voyait que comme une nuisance. Cependant, j’avais quand même réussi à lui faire utiliser ses cristaux de sorts, ce qui était la partie importante. Après tout, s’il pouvait facilement régénérer son mana et guérir ses blessures avec ces choses, alors je devais m’assurer qu’il n’en aurait pas trop ou pas du tout avant qu’il n’entre dans ma partie la plus dangereuse du donjon, c’est-à-dire les étages trois et quatre. Quant à cet étage, je ne voyais aucune raison d’épargner les murs ou d’essayer de le rendre fou en le laissant s’égarer alors qu’il pouvait facilement se frayer un chemin à travers les obstacles qui l’attendaient.

En fait, c’était exactement ce qu’il faisait chaque fois qu’il se retrouvait à tourner en rond. Il avait levé son épée devant un mur et l’avait coupée. Je lui avais fait quelques farces quand il avait fait ça. Une fois, j’avais ajouté de la lave chaude et fondue derrière le mur juste au moment où il avait effectué la coupe finale, ce qui avait fait que tout s’était déversé sur lui. Cela l’avait forcé à sauter en arrière avant que son armure magique ne subisse trop de dégâts. C’est aussi à ce moment précis que je l’avais attaqué avec une autre attaque [Boule de Feu guidée X18].

Une fois, j’avais failli la faire éclater, mais il l’avait réapprovisionné au tout dernier moment. En toute honnêteté, j’avais l’impression d’aller à l’encontre d’un personnage qui trichait. Mais encore une fois, j’en étais un moi-même. Étant donné mon âge et mon expérience dans ce monde, j’étais un peu trop jeune pour me battre contre des gens comme lui. Je n’avais même pas un an !

Si seulement j’avais [Glacier infernal X60] ! pensais-je après ma dernière attaque, j’avais encore échoué.

Une chose que j’avais remarquée, c’est que les maths ne s’additionnent pas quand il s’agissait de son armure magique.

En faisant une analogie simple, si une boule de feu faisait 10 points de dégâts, et que son armure magique était de 200 points, cela signifie-t-il qu’une lance produite par [Glacier infernal] n’aurait fait que 2 points de dégâts ? Cependant, la boule de feu était de Rang Maître et bien que la valeur du mana dans chacun d’entre eux soit différente, les températures qu’ils atteignaient étaient également différentes. Le feu liquide était à la fois collant et atteignait des températures élevées, tandis que les boules de feu explosaient. En y pensant, l’explosion aurait pu avoir un effet assez important sur son armure, mais le feu liquide aurait dû avoir un impact encore plus grand en étant un effet de dégâts sur le temps. Elle était semblable à la lave, endommageant constamment l’armure magique plus elle y restait longtemps.

Il est très difficile de quantifier les dégâts causés par chaque sort quand ma seule référence est la force de son armure magique... J’aurais tant aimé voir les points de dégâts..., avais-je grogné dans mon esprit.

Malheureusement, aucune fenêtre pop-up ne m’avait fait savoir qu’une telle option existait.

Le fait qu’il avait dû trouver trois leviers différents juste pour que la porte d’à côté s’ouvre l’agaçait un peu, mais après que Dankyun ait atteint la salle de boss avec le Minotaure, tout l’étage était en ruines. Ce que Nanya avait fait quand elle l’avait exploré avec les autres enseignants... eh bien d’anciens enseignants, n’avait même pas été comparé aux dommages que Dankyun lui avait infligés. Et puis, j’étais aussi en partie responsable des murs fondus éparpillés un peu partout.

« Je dois dire que je suis impressionné par la complexité de ton étage, Seigneur du Donjon. Peut-être qu’une fois que j’en aurai fini avec ces misérables femmes, je verrai si je peux te mettre une laisse autour du cou », déclara-t-il en souriant, après qu’il était arrivé dans la dernière salle du boss.

« Ouais, bonne chance avec ça, » avais-je dit et pointé tous les lasers sur lui.

Je les contrôlais manuellement pendant que le Minotaure avançait vers lui.

Dankyun avait essayé d’esquiver et, pointant sa main vers le Boss Minotaure, il avait jeté un seul sort de [Boule de feu]. Le monstre avait été repoussé, mais cela ne l’avait pas tué. Ce qu’il avait fait ensuite, c’était de sauter vers l’un des lasers. Malgré les dégâts qu’il avait subis, ceux-ci étaient assez faibles et n’avaient pas permis d’abaisser son armure très vite. Quand il l’avait frappé ainsi, il l’avait coupé en deux avec son épée et s’était ensuite dirigé vers le suivant. Pendant ce temps, le Minotaure n’avait aucun moyen de l’atteindre.

« Bien que je trouve ton petit spectacle de lumières amusant, c’est plutôt pathétique quand il s’agit de moi, » déclara-t-il.

J’avais serré la mâchoire et j’avais ignoré son rire moqueur.

***

Partie 2

Dankyun avait assez bien évité mes lasers jusqu’à ce que le dernier soit détruit. D’un seul saut, il s’était jeté du haut du mur en direction du Minotaure. Avec une torsion du haut de son corps, il avait déplacé le tranchant de sa lame et l’avait dirigée vers la tête de la bête. Le métal avait traversé la peau, le muscle et l’os de la mâchoire gauche jusqu’à la mâchoire droite, sortant de l’autre côté sans s’arrêter. Le sang avait jailli comme une fontaine, et le corps décapité était tombé vers l’arrière avec un fort bruit sourd.

Le draconien avait atterri sur le sol avant d’essuyer le sang de son épée sur la fourrure du Minotaure. Une fois terminé, il s’était calmement dirigé vers le passage ouvert dans le sol. Au fond, la fosse était remplie de poison. Comme son armure magique était de Rang Suprême, je doutais que cela lui fasse quoi que ce soit, mais comme avant, il avait sauté de mur en mur pour atterrir prudemment sur le sol et non dans la mare de poison.

À ce moment-là, j’avais chargé une autre [Boule de Feu guidée X18] avec 3000 pts de Mana et je les avais laissé avancer vers lui. J’avais ordonné à l’une de ces boules de feu de tomber dans la flaque de poison pour la transformer partiellement en nuage. Si son armure magique s’affaiblissait suffisamment, le poison pourrait peut-être s’infiltrer.

Il y avait une autre raison pour laquelle je l’avais lancé maintenant. Dankyun ne le savait pas, mais l’étage suivant était la zone de lave, et cela allait commencer par un chemin de pièges à pointes enchantées. Avec un peu de chance, ces boules de feu le pousseraient dans la lave quand son armure serait affaiblie et que cela pourrait briser son armure. Cela aurait été le meilleur résultat possible.

« Arg ! » il avait gémi quand il avait été projeté par la première boule de feu et avait atterri juste au-dessus d’un piège à pointes.

Trois autres boules l’avaient frappé, explosant et détruisant le piège sous lui. La détonation qui en avait résulté l’avait jeté dans le piège suivant. Deux autres avaient explosé en le frappant et un explosa dans le mur gauche. Cela l’avait envoyé plus loin. Un autre piège à pointes s’était activé, et finalement... il était arrivé comme je l’avais prédit. La dernière explosion était tout simplement en face de lui, le jetant hors du couloir avant d’aller directement dans la lave.

« Réapprovisionnement du mana ! Vol ! » cria-t-il.

« Quoi ? NON ! » J’étais sorti du couloir et j’avais vu Dankyun flotter au-dessus de la lave en fusion alors qu’il riait.

« C’est ce que tu as de mieux, Seigneur du Donjon ? » demanda-t-il en souriant.

« J’ai encore des boules de feu ! » j’avais déclaré ça et j’avais forcé les autres projectiles à se diriger vers lui.

Dankyun avait levé son épée et avait utilisé une technique d’art martial de frappes rapides consécutif. Toutes les boules de feu avaient été neutralisées dès qu’elles étaient arrivées dans sa zone de frappe.

Je l’avais maudit et j’avais essayé de lancer une [Lance de Glace Barbelée Explosive X4] en provoquant des explosions de proximité. J’avais mis 1000 points de mana dans ce sort, m’occasionnant un peu d’épuisement, mais j’étais loin d’être un simulacre de donjon.

« Qu’est-ce que c’est ? Ne me dis pas que tu ne connais que deux attaques », avait-il demandé en riant avec force.

Plus ou moins, oui…, avais-je pensé en volant de l’autre côté. Puis j’avais utilisé la [Faux de Vent] pour le frapper par derrière. J’y avais mis 500 points.

Dankyun avait volé dans la zone, coupant les pointes de glace. Il n’avait pas suspecté l’autre attaque. Il avait été frappé violemment par ça et il avait été jeté dans le mur. J’avais rapidement utilisé [Télékinésie] et l’avais poussé dans la lave, espérant le noyer là-dedans.

« Quel agaçant petit... !? Gak ! » déclara-t-il en tombant la tête la première dans la roche en fusion.

Il avait fait une grande éclaboussure, mais cette stratégie avait semblé fonctionner jusqu’à présent. Sans aucun doute, son mana s’épuisait rapidement grâce à ces attaques. Je savais que ce n’était qu’une question de temps avant qu’elle ne se brise et qu’il meure.

« Clisk Ohs Es ! » J’avais crié mon prochain sort et ma compétence de [Créer une salle] s’était activée, créant un bloc de plomb juste au-dessus de lui.

Son volume était de 3x3x3, donc 27 mètres cubes, ce qui signifiait qu’il pesait environ 306,23 tonnes. Cela s’était écrasé sur Dankyun en produisant une grosse éclaboussure. La lave s’éloignait en faisant de la place pour le plomb, la faisant rapidement fondre et formant autour de lui un cercueil de plomb. Le métal bouillant avait pris sa forme, et j’avais continué à presser avec ma main télékinétique sur lui, le mana s’épuisant rapidement, mais grâce à ma régénération, ce n’était plus aussi grave qu’avant.

Oui ! Je peux le tuer ! Je peux le tuer ! Oui ! J’avais dit ça dans mon esprit, ne réalisant même pas à quel point mes pensées étaient sadiques et effrayantes.

D’après ce que j’avais vu, Dankyun n’avait aucun moyen d’échapper à cet enfer en fusion. La lave et le plomb se déversaient sur lui pendant que ma prise télékinétique le maintenait sous les liquides. Il n’y avait aucun moyen de s’échapper. C’était ce que je pensais, c’était ce que je croyais, et quelque part en moi un rire maléfique avait chatouillé l’idée d’un « premier meurtre ». Techniquement, cela n’aurait pas été mon premier, mais simplement le premier que je voulais tuer et détruire.

Ainsi, le brouillard noir s’était levé sur mon territoire et cela s’était concentré autour du cercueil de plomb de Dankyun. Jusque-là, il n’était apparu que quelques secondes après que je jetais mes sorts, mais il avait disparu assez rapidement. Tuer avec des pièges était considéré par moi comme un meurtre indirect et cela n’avait pas provoqué la montée du brouillard noir. Cela étant dit, j’avais vu les meurtres de Shanteya comme n’étant rien d’autre que des meurtres indirects. Ce n’était pas moi qui avais appuyé sur la gâchette. Ce n’était pas moi qui les avais poussés dans les pièges. À cause de cette manière de pensée, je me voyais encore avec mes mains non tachées de sang. Même les assassins que j’avais tués quand j’étais venu au monde pour la première fois, c’était la même chose... un résultat malheureux effectuer pour ma légitime défense.

Oui... tuer tuer tuer tuer TUER ! cette pensée n’était pas la mienne, c’était celle de l’obscurité à l’intérieur de moi.

Soudain, le plomb fondu avait commencé à gonfler, des bulles éclatant ici et là. Ma prise télékinétique avait été coupée et quelque chose avait explosé. Il y avait eu une forte lumière, et par réflexe, j’avais détourné le regard.

Qu’est-ce que c’est ? avais-je pensé. Puis j’avais vu Dankyun respirer avec force dans un cratère de plomb fondu et de lave.

Du coin droit de sa bouche, une petite traînée de sang coulait lentement le long de son menton. Le regard dans ses yeux m’avait dit qu’il n’était pas du tout satisfait de ce qui venait de se passer, et que son armure était vraiment démolie. La plaque recouvrant sa poitrine était fissurée à de multiples endroits et elle était à peine suspendue sur ses attaches en cuir. La main droite avait souffert de brûlures au troisième degré jusqu’au coude. C’était probablement la première partie à avoir souffert lorsque son armure magique s’était brisée. Cependant, l’armure de l’autre main avait été détruite et avait disparu jusqu’à l’épaule, mais la chair n’avait pas été brûlée. Je pouvais voir ses écailles brun foncé scintiller dans la lumière pâle de la pièce.

Bien que je n’y avais jamais prêté attention, sa queue était maintenant bien visible, et la pointe était brûlée. L’armure supérieure la recouvrant avait été fissurée. Cela avait probablement fait très mal à première vue, mais même après cette attaque, Dankyun était toujours en vie.

Ce type est pire qu’un cafard ! avais-je crié dans mon esprit en le regardant.

« Arg ! Comment peut-il... » dit-il. Il avait essayé de se lever, mais il s’affaissa sur un genou. Il avait été blessé ou simplement très affaibli. « Comment un Seigneur du Donjon comme toi peut-il avoir autant de pouvoir ? » demanda-t-il. Puis il avait sorti un autre cristal.

« Non ! Shellur Sou Yar ! » J’avais crié l’incantation pour la [Lance de Glace Barbelée Explosive X4].

Douze lances s’étaient formées autour de moi et elles s’étaient précipitées vers leur cible : Dankyun. Il les avait vues et avait sauté vers l’arrière en poignardant le mur avec son épée et en se poussant vers le haut. Deux pointes avaient explosé sur le sol, et j’avais vu l’une des lances percer son épaule gauche. Elle n’était pas protégée par son armure magique. J’avais encore une chance, ou du moins je le pensais...

« Restauration complète du mana ! » cria-t-il, et son corps avait été enveloppé d’une aura blanche.

C’est à ce moment-là que j’avais su qu’il avait repris des forces, mais au lieu de rester ici, il s’était précipité vers l’autre bout du donjon, sautant sur les murs et les pylônes. Pendant ce temps, je ne pouvais que frissonner et espérer qu’il atterrisse sur l’un de mes pièges qui l’auraient renvoyé ailleurs. Je voulais lui faire plus de dégâts avant qu’il n’atteigne ma pièce, pour le tuer, mais mes sorts étaient trop faibles et l’utilisation de plus de mana pourrait me faire m’endormir avant d’être incapable de me réveiller pendant quelques heures.

Si vous m’entendez, rendez-moi mon sort de Rang Empereur ! Je ne peux pas gagner comme ça ! avais-je crié dans mon esprit aux Ténèbres alors que je passais devant Dankyun et que je me préparais à lancer un [Souffle de Vent].

Ma réserve de mana se situait probablement aux alentours de 5000, en hausse de 40 points par seconde. Techniquement, en une minute environ, elle finissait de se recharger, mais je ne voulais pas laisser Dankyun se promener dans mon donjon comme ça.

Quand il était apparu à l’entrée du tunnel en spirale menant au quatrième et dernier niveau de mon donjon, j’avais crié « Eshun Zer ! »

Le vent s’était rassemblé devant moi et avait ensuite soufflé sur le visage de Dankyun à une vitesse maximale. Il avait été repoussé et était tombé dans la lave, mais il n’y était pas resté longtemps. Sautant vers le haut, il avait saisi le côté du mur et avait utilisé son épée pour se pousser vers l’entrée. J’avais utilisé un autre [Souffle de vent] sur lui, essayant de le faire tomber à nouveau, mais il avait utilisé son épée pour rester stable pendant qu’il avançait vers moi jusqu’à ce qu’il soit passé devant moi.

« Seigneur du Donjon, ce sera un plaisir de te tuer », déclara Dankyun en souriant en sortant un autre cristal.

« Je ne te laisserai pas faire ! » lui avais-je dit.

« Hmph ! Réparation », ordonna-t-il, et son armure abîmée fut complètement restaurée.

Ces cristaux commençaient à être ennuyeux, mais au moins, j’étais content de l’avoir attaqué très tôt. Ce faisant, j’avais pu lui en faire utiliser un grand nombre, mais à la fin, si je n’avais pas l’espace confiné de mon donjon, il aurait facilement esquivé beaucoup de mes attaques. Même l’attaque de lave avait été un peu chanceuse de mon point de vue.

Le tunnel avec des lames tranchantes et de l’huile sur les côtés ne l’impressionnait pas. Il avait utilisé son épée pour descendre prudemment.

Je ne peux pas gagner comme ça... J’ai besoin de mon sort de Rang Empereur…, j’avais continué à penser en attendant que mon mana se recharge.

Au moins, mes appels n’avaient pas été entendus par Shanteya et les autres, mais j’étais certain que les Ténèbres pouvaient les entendre. C’est ce que je voulais.

Il y avait un sort que je n’avais pas essayé jusqu’à présent : le sort élémentaire qui me permettait de contrôler librement l’air dans une zone sélectionnée [Contrôle du flux des gaz]. C’était un simple sort, mais s’il était utilisé correctement, cela pourrait avoir des effets dévastateurs sur un être vivant. Cela signifiait que l’utiliser pour extraire l’oxygène de l’environnement le ferait suffoquer.

Malheureusement, le sort ne pouvait fonctionner qu’avec un seul gaz à la fois. La dernière fois que je l’avais utilisé, c’était quand j’avais sauvé Shanteya, ce qui était probablement la meilleure décision que j’aie jamais prise quant à ce que j’aurais pu faire à ce moment-là, surtout quand on sait à quoi cela m’avait mené. Pourtant, ce n’était que maintenant que j’avais réalisé une erreur critique de l’époque.

Peut-être que je ne faisais pas attention ou peut-être que je paniquais, mais je me souvenais d’avoir utilisé [Contrôle du débit de gaz] une seule fois, mais le sort disait qu’il ne fonctionnait qu’avec un seul gaz spécifique à la fois, ce qui signifiait que tout ce que je faisais à l’époque était de verser de l’oxygène dans une zone saturée d’oxygène.

Mince... Cela signifie que je dois utiliser ce sort pour TOUS les gaz dans cette zone... Je ne peux pas faire un vide ! avais-je pensé. J’avais maudit mon manque d’attention aux détails.

Malgré tout, j’avais quand même décidé de l’utiliser.

« Ayu Nan Ork. » J’avais chanté ça et je m’étais concentré sur le fait d’éloigner tout l’oxygène de Dankyun.

Cela avait fonctionné et le mana avait constamment été absorbé tant que je continuais à la concentrer autour de lui. Néanmoins, un seul gaz avait été retiré. Pour les autres, j’avais dû le lancer à nouveau, ce qui avait encore augmenté mon coût de mana. Un seul n’était pas un problème, mais s’ils étaient trop nombreux, cela allait dépasser ma capacité de régénération du mana.

Quand Dankyun était arrivé au quatrième étage, il n’avait montré aucun signe de suffocation. En fait, il m’avait l’air d’aller bien.

Soudain, il s’était arrêté et il avait regardé autour de lui en souriant.

« Seigneur du Donjon, je ne croyais pas vraiment que tu ferais quelque chose comme retirer l’air respirable autour de moi. Tu es vraiment un idiot, n’est-ce pas ? » dit-il en riant.

« Pourquoi ça ne marche pas ? » lui avais-je demandé en étant un peu agacé.

« Ce petit sort n’est utilisé que par les donjons de rang inférieur. » Il secoua la tête. « Mais puisque tu es un homme ennuyeux, je ne vais pas te dire comment exactement je me protège de cela. Après tout, ce ne serait pas sage ! » déclara-t-il en riant de nouveau et en continuant à marcher.

« Grrr ! » J’avais grogné en étant impuissant face à lui et j’avais arrêté le sort.

Je n’en avais plus besoin maintenant que je savais que c’était totalement inutile contre lui. Peut-être, que si je l’utilisais contre un Rang Maître ou même un Rang Empereur, ça marchait, mais ce type était préparé pour la plupart des choses que je pouvais lui lancer. Son expérience en tant qu’explorateur de donjon était aussi réelle que possible. Toute cette situation devenait ridicule ! Non, c’était plutôt qu’il pouvait se défendre avec une relative aisance contre toutes les compétences de Maîtres et inférieures.

Si je survis à cela, je vais devoir repenser mes stratégies contre les Suprêmes…, avais-je pensé. Puis je m’étais éloigné de lui.

***

Partie 3

Pendant que je régénérais mon mana, je le regardais se déplacer dans le labyrinthe, ignorant certains pièges, tout en en détruisant les autres. À un moment donné, il avait déclenché ou plutôt j’avais activé l’un de mes lasers les plus puissants. Pour y accéder, il avait dû marcher à travers une rangée de pièges à pointes et de pièges à feu. À eux seuls, ils n’étaient pas mortels, mais combinés, ils avaient réussi à s’attaquer à son armure magique assez rapidement.

C’était plutôt étonnant de voir ce que ce draconien pouvait endurer. Pas étonnant qu’il se considérait si grand et qu’il considérait tous les autres comme plus bas que lui. Même moi, je me sentirais un peu en conflit s’il pouvait prendre une bombe nucléaire au visage et en sortir en souriant. Malheureusement, je ne savais pas comment construire une bombe nucléaire pour la tester sur Dankyun et même à ce moment-là, serais-je à l’abri de ma propre explosion ? Je craignais que ce soit une théorie que je ne voulusse pas tester.

Alors qu’il avançait, il tenait sa main gauche pour bloquer le faisceau du laser et détruisait les pièges avec son épée puissante. Dankyun avança et se rapprocha de la machine. Profitant de cette opportunité, je m’étais déplacé derrière lui et j’avais concentré mon mana dans une [Boule de Feu guidée X18] avec lui comme cible verrouillée. La quantité de mana que je pouvais utiliser était d’environ 2000. Je pouvais aller jusqu’à 3000, mais je ne voulais pas consommer plus de 4000 et risquer de me fatiguer ou de perdre ma concentration tout d’un coup.

« Zir Navian Esy ! » j’avais déclaré la commande vocale et j’avais laissé les boules de feu voler vers lui.

« Ha ! Tu n’es jamais fatigué, n’est-ce pas ? » demanda Dankyun alors qu’il regardait les projectiles venant vers lui.

Avec une main bloquant le laser et l’autre tenant son épée, il n’avait que deux choix à mon avis. L’un était de rester là, espérant encaisser la plupart des boules de feu qui s’approchaient de lui. La deuxième était d’ignorer le faisceau et de l’esquive comme il le faisait auparavant. Heureusement, il ne savait pas que ces boules de feu étaient un peu plus faibles que les précédentes.

Ce qu’il avait fait, il avait ignoré le faisceau du laser et avait sauté par-dessus les deux premiers pièges. Il avait encaissé un bon coup, mais il était toujours debout. La première boule de feu avait explosé sur le piège par-dessus lequel il avait sauté. Les trois autres avaient explosé près de lui et l’avaient poussé vers l’avant, mais il avait réussi à éviter d’être touché par la dernière série de pièges.

D’un coup rapide, il avait frappé le laser et l’avait détruit. De derrière lui, quatre autres boules de feu avaient explosé au contact de son armure magique, l’écrasant dans le mur. Il avait gémi et il s’était poussé sur le côté afin d’éviter les trois suivantes. Elles avaient explosé en frappant la surface métallique. Il restait sept boules de feu, et je les avais toutes dirigées vers Dankyun, mais au lieu de s’inquiéter, il montrait un sourire.

En un clin d’œil, le draconien avait utilisé l’épée noire pour couper la moitié des projectiles.

Je l’avais regardé, impuissant, alors qu’il en avait fini avec mon attaque. Puis il avait continué calmement sur son chemin. Cela m’avait mis en colère de voir à quel point j’étais faible, mais c’était seulement parce que ces donjons idiots avaient décidé de bloquer mon attaque la plus puissante. Si j’avais eu cela, je n’aurais pas utilisé seulement 18 boules de feu, mais 60 missiles à pleine puissance, chacun capable d’abaisser son armure bien plus efficacement. En un clin d’œil, elle aurait été détruite, réduite en cendres. Malheureusement, j’avais dû me battre avec un sort de Rang Maître qu’il pouvait partiellement neutraliser.

Alors que j’attendais que mon mana se rétablisse, j’avais continué à crier dans mon esprit aux Ténèbres dans l’espoir qu’ils réaliseraient que ce n’était pas une question sur quoi plaisanter, et j’avais besoin de ce sort. Dankyun n’était pas une force avec laquelle je pouvais jouer. Il était un aventurier de Rang Suprême à part entière avec des bonus du genre triche comme ses cristaux, son épée et même son armure. S’il n’en avait pas eu, j’aurais certainement pu le vaincre plus d’une fois, mais il s’était préparé à une longue bataille ou peut-être à la guerre.

J’avais espéré qu’il prendrait le couloir avec le piège à lave, mais il l’avait évité à la dernière seconde. Les autres chemins ne contenaient pas de pièges aussi dangereux, mais des lasers étaient partout. J’avais volé près de lui et j’avais attendu le moment où je pouvais déclencher mon attaque à chaque fois. Mon attaque de boule de feu volerait vers lui au moment où je voyais que j’avais assez de mana pour l’utiliser contre lui. Voyant à quel point il s’approchait de mon corps de cristal, je commençais à avoir peur et j’avais agi un peu imprudemment en infusant mon sort avec plus de mana.

Mon attaque la plus forte avait été quand il avait atteint le dernier couloir menant à ma chambre. J’avais utilisé 5000 points de mana dans une [Boule de Feu guidée X18] et j’avais rapidement reconstruit la zone pour l’éloigner.

« Arg, » il avait gémi lorsqu’il avait été touché par les quatre premières boules de feu, ce qui signifiait qu’elles avaient une force plus importante que les autres.

Réalisant cela, Dankyun avait essayé d’esquiver et de détruire autant de projectiles qu’il le pouvait. Sur les 18 boules de feu, seulement 7 avaient réussi à le frapper, mais elles étaient suffisantes pour presque briser son armure magique.

« Réapprovisionnement du mana, » dit-il calmement et avait utilisé le cristal.

Son corps avait été couvert de cette teinte bleue, puis il avait remis le cristal vide dans son cristal de stockage.

Combien de ces choses a-t-il ? 99 ? Au moment où j’y avais pensé, dans beaucoup de RPG typique, on pouvait habituellement stocker 99 potions dans un seul emplacement, mais je doutais fortement que cela fonctionne de cette façon.

« C’est moi ou tu deviens de plus en plus ennuyeux à chaque minute qui passe ? » demanda Dankyun en prenant un virage à gauche dans le labyrinthe.

Mon plan avait fonctionné, et j’avais réussi à l’éloigner du dernier couloir.

« Non, tu deviens paresseux, » j’avais essayé de me moquer de lui, mais je ne pouvais pas cacher le stress dans ma voix.

Il avait souri en m’entendant.

« Tu dois être à ta limite, Seigneur du Donjon ! Pourquoi n’abandonnes-tu pas tout de suite ? » demanda-t-il en tailladant en deux un piège à pointes.

« Je te l’ai dit. Je veux d’abord que tu deviennes chauve, » avais-je répondu.

« Les draconiens en général ne deviennent pas chauves. Nous conservons notre apparence pendant un certain temps, des siècles en vérité, » avait-il répondu en haussant les épaules.

Super... Quelques siècles de Dankyun sont exactement ce dont ce monde a besoin…, avais-je pensé de façon sarcastique.

Franchement, ça ne servait à rien de traîner avec lui. J’étais retourné dans ma pièce et j’avais activé tous les cercles d’invocations présents. Des Minotaures, des diablotins, des harpies et des loups redoutables étaient apparus, tous plus puissants que ceux des étages précédents. Je leur avais ordonné de se précipiter dans le labyrinthe et d’attaquer Dankyun.

En regardant derrière moi, j’avais vu que Nanya se concentrait toujours sur la libération de son sceau. Les énergies autour d’elle étaient un peu plus violentes maintenant et même le sol sous elle avait ces lignes bizarres comme si quelqu’un avait pris une lame tranchante et avait éraflé le sol. Tout l’endroit était fait de l’Inconel enchanté, donc c’était plutôt surprenant qu’elle ait pu le faire.

Shanteya vérifiait le poignard qu’elle avait pris comme butin à la sœur el’doraw, et Ayuseya faisait quelques mouvements de base pour tester l’étendue de sa force et de sa vitesse, mais sans déchiqueter sa robe.

« Je n’ai pas pu l’arrêter…, » leur avais-je dit d’une voix triste.

En me regardant, Shanteya et Ayuseya avaient immédiatement compris le sens de mes mots. La bataille finale allait avoir lieu ici, et il était fort probable qu’elles seraient entraînées dans cette bataille.

« Tout va bien, Illsy, » déclara Ayuseya avec un doux sourire.

« Nous savons que vous avez fait tout ce que vous pouviez, Maître, tout va bien, » déclara Shanteya.

En entendant ces mots, j’avais eu une douleur au cœur.

Je n’ai pas essayé tout ce que je pouvais... Je n’ai pas…, avais-je pensé. Puis j’avais regardé au sol.

Nanya n’avait pas dit un mot, elle n’avait pas laissé mes paroles la déranger et avait continué à défaire son sceau. J’espérais que sans cela, elle serait capable de faire quelque chose au sujet de Dankyun, de faire un miracle.

Bon sang ! Je ne peux même pas battre un seul Suprême... Eh bien, je le pourrais si j’avais accès à mon sort de Rang Empereur. Vous ne voyez pas que je ne suis pas assez fort pour le vaincre sans lui ? avais-je pensé. Puis j’avais espéré que ces ombres au fond de mon esprit m’entendraient et qu’ils déferaient tout ce qu’ils faisaient pour verrouiller mes compétences, mais j’avais l’impression de parler à un mur.

Avec un soupir, je m’étais positionné à côté de l’entrée de ma pièce et j’avais préparé les lasers. Cela allait être ma dernière bataille, et je ferais mieux de gagner, sinon, c’était parti pour la prochaine vie.

« Il arrive, » avait prévenu Shanteya.

Nanya avait ouvert les yeux et elle s’était assise, mais le ruban était toujours là.

« Comme c’est malheureux…, » dit-elle en serrant les poings.

« Qu’est-ce qu’il y a ? » avais-je demandé.

« Mon sceau... J’avais besoin d’au moins une demi-heure de plus pour le défaire, » m’avait-elle dit.

« Ne pouvez-vous pas le défaire partiellement ? » demanda Shanteya.

« Je dois l’enlever complètement. Je peux le forcer, mais cela me fera mal et cela réduira considérablement mon potentiel de combat. Nous n’avons pas le choix, alors je le fais maintenant... J’ai juste besoin d’une minute pour le faire », expliqua-t-elle.

« Soupir... Pourquoi n’ai-je pas obtenu le Dieu de la chance pour mon allégeance ? » m’étais-je demandé à voix haute en regardant vers l’entrée.

Dès que Dankyun avait fait le premier pas dans la pièce, j’avais activé tous mes lasers concentrés sur ce point. Je n’avais même pas perdu un seul instant pour le faire. Ceux-ci étaient beaucoup plus puissants et plus grands que ceux du donjon ou dans l’académie. Le résultat final avait été que Dankyun avait sauté en réaction et qu’il avait rapidement dû utiliser un cristal pour reconstituer son mana épuisé.

Si seulement je pouvais le tenir à distance comme ça... Mais pourquoi sa fatigue mentale ne diminue-t-elle pas ? m’étais-je demandé. Après tout, tout au long de son voyage à l’intérieur de mon donjon, il n’avait montré aucun signe de fatigue.

C’était comme s’il était une machine, le Dankyunator 3000.

« Ton spectacle de lumière pathétique est très ennuyeux, Seigneur du Donjon, » déclara-t-il depuis l’endroit où il avait sauté.

« Ça fait l’affaire, n’est-ce pas ? » avais-je répondu.

« Hm. » Dankyun avait pris trois cristaux dans sa main gauche.

J’avais plissé les yeux vers eux, mais je pouvais en reconnaître que deux. L’un était le cristal reconstituant de mana, tandis que l’autre était blanc avec des bandes jaunes dessus.

Qu’est-ce qu’il prépare maintenant ? m’étais-je demandé.

Dankyun avait souri et il avait utilisé une sorte de compétence semblable à la Charge, mais il se déplaçait beaucoup plus vite que n’importe quel commandant ou soldat. En un clin d’œil, il avait franchi l’entrée et m’avait foncé droit vers moi. J’avais réagi en activant ma [Télékinésie] et je l’avais simplement giflé.

Le draconien avait été envoyé s’écraser dans le mur gauche, et mes lasers s’étaient immédiatement positionné pour lui tirer dessus. Son armure magique avait très certainement reçu une énorme quantité de dommages, mais ses cristaux emmerdants étaient entrés immédiatement en jeu.

Après avoir sauté loin de la trajectoire des faisceaux, il avait atterri sur le sol, et avec un sourire sur les lèvres, je l’avais vu pointer le cristal blanc vers moi.

« Déplacement. » Et puis il avait disparu...

« Quoi ? » avais-je dit en étant confus.

Ce n’était pas seulement lui qui avait disparu, mais Nanya, Shanteya, Ayuseya et mon propre corps aussi. Ils étaient tous partis. Non, ils n’étaient pas partis... mais il n’était plus ici.

« Ce n’est pas possible ! Où... Où sont-ils ? » m’étais-je demandé en regardant autour de moi et en volant dans toute ma pièce.

Elles n’étaient pas dans mon donjon. Je ne pouvais pas sentir leur force vitale, mais je savais qu’ils étaient au moins vivants. Il n’y avait aucun avertissement ou message pour me faire savoir qu’elles étaient mortes, ce qui signifie qu’elles étaient quelque part sur le territoire de mon donjon, probablement... J’espérais.

Non ! Que s’est-il passé ? Où sont-elles ? m’étais-je demandé en volant tout droit vers la surface.

« Recherche de Nanya ! Recherche de Shanteya ! Recherche d’Ayuseya ! » avais-je crié en espérant que le système de jeu bizarre me montrerait le chemin et me révélerait leur emplacement.

Une force vitale avait été détectée. Puis plusieurs. C’était les leurs, mais en vérifiant où elles étaient, j’avais découvert qu’elles n’étaient pas près de moi, mais de retour dans l’académie.

« Quoi ? » J’avais regardé avec des yeux grands ouverts la direction de ces signaux. « C’est impossible... Comment sont-ils arrivés jusqu’ici ? » m’étais-je demandé à voix haute, mais nous n’avions pas le temps de débattre. J’avais serré les dents et j’avais volé aussi vite que j’avais pu dans cette direction.

***

Chapitre 37 : Briser les limites

Partie 1

[Point de vue de Nanya]

Quand Dankyun s’était présenté devant nous dans la pièce d’Illsy, j’avais su que je n’avais plus le temps. Mon sceau était toujours là, gardant mon véritable pouvoir et mes capacités derrière une porte d’acier. Il n’y avait pas de place à l’hésitation, il n’y avait pas besoin de réfléchir aux conséquences, je devais être débarrassée de ce sceau, ou nous allions tous finir par être tués par ce monstre. Nous étions dans la bataille ultime, notre dernière chance, alors j’avais poussé mon corps, mon esprit et mon âme jusqu’à leurs limites en essayant de briser ce stupide sceau. Des éclairs magiques crépitaient autour de moi, léchant le sol et s’approchant à mon goût trop près du corps d’Illsy. Mes muscles, mes os et mes organes internes commençaient à souffrir en raison du torrent de mana qui les traversait. Néanmoins, j’étais bien consciente que défaire ce sceau n’était pas censé se faire avec autant d’efforts et de douleur. Ce n’était que le résultat de mon entêtement. Une fois que j’avais tout le mana dont j’avais besoin à l’intérieur de mon corps, tout ce que j’avais à faire était de retirer le ruban de ma queue et d’espérer que cela ne me tuerait pas.

Si je n’avais pas nié ma vraie nature et mon pouvoir pendant tant d’années, alors peut-être que le processus de descellement n’aurait duré que quelques minutes tout au plus, et non pas des heures. Tout ce que je pouvais dire, c’est que j’étais une idiote... Une idiote qui continuait à croire que je finirais par être haïe à cause de ce que j’étais. De nombreux aventuriers l’avaient déjà prouvé dans le passé.

En toute honnêteté, j’en avais encore peur aujourd’hui. Mais pourquoi ? Pourquoi avais-je eu peur des autres ? Pourquoi étais-je terrifiée par la façon dont ils m’auraient perçue ?

La réponse était la solitude que cela entraînait...

J’avais peur de finir seule, ou pire, d’être chassée par ceux que je considérais comme mes amis avant ça.

Les individus ordinaires vivant sur ces terres ne tenaient jamais de telles peurs cachées dans leur cœur, mais je l’avais fait pour ma part, et cela m’avait constamment fait me rappeler que les amis que j’aimais maintenant pouvaient toujours me tourner le dos, tout comme Dankyun l’avait fait dans le passé... passant d’amant à meurtrier.

Est-ce qu’Illsy sera pareil ? C’était ce que je pensais dans ces moments de bataille intense.

La seule chose qui m’empêchait de perdre le contrôle de mon esprit était la croyance qu’Illsy n’était pas comme les autres Seigneurs du Donjon ou même comme les autres hommes que j’avais rencontrés jusqu’à aujourd’hui. Il avait constamment montré et prouvé qu’il pensait différemment, qu’il était attentionné, gentil et doux jusqu’à la stupidité.

Illsy n’est pas Dankyun... Il ne l’a jamais été..., me l’étais-je rappelé.

Hm, c’est peut-être pour cela que j’avais laissé Rufus partir malgré sa trahison... Je n’avais pas pu faire en sorte que Paladinus et Angius se retournent contre lui simplement parce qu’il ne voulait pas prendre mon parti. C’est peut-être la peur qui l’avait poussé dans un recoin et l’avait fait prétendre qu’il ne connaissait pas la vraie race d’Illsy. En effet, Rufus m’avait montré à travers ce geste de sa part très simple, mais en même temps très douloureux ce que cela signifiait le fait d’être contrôlé par ses peurs. Cela m’avait fait voir Illsy comme les autres personnes, alors qu’il ne faisait que se mettre constamment en danger pour nous depuis le début.

Même si j’avais quitté l’académie dès que j’aurais entendu parler de la venue de Dankyun ici, était-ce le bon choix ? Le fait de vivre dans la clandestinité et la peur pourrait-il être même vu comme étant le fait de « vivre » ?

Non...

Eh bien, s’il y avait un moment pour surmonter tous ces doutes et ces craintes, c’était maintenant ! Avec Dankyun qui nous montrait ses crocs, et sa soif de sang qui se répandait autour de lui comme une mer de sang, je devais tout lâcher et peut-être tout simplement espérer un changement, un miracle.

La bataille avait été intense dès le début. Les puissants faisceaux de lumière d’Illsy avaient essayé de le maintenir cloué au sol. Pour un donjon si jeune, c’était plus qu’incroyable et étonnant ce qu’il savait faire. Si Illsy avait eu la chance de construire 20 ou 30 étages de plus, cela aurait été suffisant pour arrêter même un groupe entier de Suprêmes. Mais encore une fois, il comptait un peu trop sur ses pièges et pas assez sur ses monstres. Habituellement, plus le niveau de l’étage allait dans les profondeurs, plus les monstres sont forts. C’était la règle, et ils étaient la plus grande menace. Mais même ainsi, ceux qu’il avait engendrés étaient beaucoup plus puissants que ceux trouvés habituellement au quatrième étage de n’importe quel donjon. C’était peut-être approprié pour un 70 étages, mais certainement pas un niveau quatre, mais même là, ils étaient beaucoup trop faibles contre quelqu’un comme Dankyun.

Est-il vraiment devenu si fort au cours des dernières décennies ? m’étais-je demandé en le regardant combattre Illsy.

Malheureusement, le combat avait été trop court. Il avait fait quelque chose lorsqu’il avait utilisé un cristal de sort bizarre, et avant qu’on puisse s’en aperçoive, le donjon avait disparu. Tout ce que j’avais vu, c’était Dankyun debout au milieu d’un terrain calciné et riant comme un fou. Il semblait amusé par ce qui s’était passé.

Où sommes-nous ? Où est Illsy ? m’étais-je demandé alors que j’avais tourné la tête vers la gauche.

Du coin de mes yeux, j’avais vu l’éclat de son corps de cristal vert. Il avait été posé sur le sol, incliné vers la gauche. Juste à côté de lui se trouvaient Shanteya et Ayuseya, qui étaient toutes deux plutôt surprises de l’endroit où elles se trouvaient.

Comment est-ce possible ? Où sommes-nous ? M’étais-je demandée. Puis, quand j’avais regardé à droite, j’avais vu la cage métallique noircie d’Illsy.

Nous étions de retour à l’académie, ou ce qu’il en restait après l’attaque Suprême de Dankyun. On ne voyait autour de nous que des décombres et des cendres. Ce n’était pas une illusion, et j’étais sûre qu’Illsy ne nous éloignerait pas de là où nous étions, je l’aurais senti. Ce que j’avais vu, c’était le monde extérieur, et nous n’étions ici que parce que Dankyun avait utilisé une sorte de sort de déplacement.

Après un balayage attentif de la zone autour de nous, pendant que Dankyun riait, j’avais vu un petit cristal transparent. C’était la preuve dont j’avais besoin pour confirmer le sort qu’il avait utilisé. Il était extrêmement rare et même Tuberculus n’en avait utilisé qu’un seul dans toute sa vie.

Le sort de déplacement était un sort très troublant que peu de mages avaient pris la peine d’apprendre, mais s’il était appliqué aux bons endroits au bon moment, il pourrait sauver d’innombrables vies. Il était principalement utilisé pour infuser des cristaux de sorts vides et les faire passer à quelqu’un d’assez fort pour les charger. Un minimum de rang Empereur était nécessaire pour ce sort. Il était long à charger et ne pouvait être utilisé qu’une seule fois, ce qui le rendait peu pratique pour de nombreux aventuriers.

Cependant, le sort de déplacement avait un avantage très significatif et important. Dans un groupe de Suprême, une fois qu’ils avaient atteint le cœur de donjon et qu’ils voulaient le détruire, mais qu’il était fortement protégé et très puissant, alors en utilisant ce sort, ils pouvaient retirer le noyau de cette pièce vers une pièce vide.

Trois conditions devaient cependant être remplies...

Tout d’abord, il devait y avoir deux cristaux de déplacement identiques, l’un dans la salle du cœur de donjon et l’autre dans la salle où le groupe souhaitait transporter le cœur. Deuxièmement, les cristaux devaient être infusés avec suffisamment de mana pour supporter le transport. En général, plus la distance était longue, plus il fallait de l’énergie à l’intérieur. Pour atteindre une telle distance, la quantité de mana nécessaire était au-delà du ridicule, mais il ne l’aurait pas utilisée s’il n’avait pas considéré la possibilité qu’il perdrait. Ou il l’avait fait juste pour le plaisir.

Mais même ainsi, cela signifiait que la seule façon dont Illsy pouvait se défendre était avec son armure magique, mais c’était loin d’être suffisant contre quelqu’un comme Dankyun. Nous avions sous-estimé sa force et sa vitesse. Je n’avais même pas pensé à la possibilité qu’il utilise un tel cristal de sort. Je pensais qu’il se pavanerait et tenterait de frapper Illsy de toutes ses forces pour lui prouver sa supériorité... Cette situation... C’était de ma faute...

« Ah ! C’était si drôle ! Quel pathétique Seigneur du Donjon ! Kukukuku ! » s’exclama le cinglé.

Ma queue avait fouetté l’air en colère. Je l’avais regardé dans les yeux et avec une seule traction, j’avais défait le cadeau de ma mère, le Ruban de Sceaux.

Ainsi, mon vrai moi, ma vraie nature, mon vrai pouvoir allait être révélé, mais moyennant un prix...

J’avais senti l’énergie surgir en moi, crépitant dans l’air sous la forme d’un éclair noir, brisant les pierres qu’il touchait. L’aura était épaisse et sombre, révélant mon désir de tuer, un désir insatiable et inarrêtable de massacrer et d’assassiner mes ennemis remplissait le cœur même de mon âme. Mon corps avait aussi changé, la chair se déchirant et se réformant au fur et à mesure que je grandissais. Des griffes, des dents pointues, des pointes, des écailles et des ailes noires se formaient à partir de la chair de mon corps. Ma queue avait grandi et s’était terminée par une pointe remplie de venin corrosif. Malheureusement, mes seins et mes fesses avaient aussi augmenté en taille. Mon armure aurait été déchirée par ma croissance si je n’avais pas immédiatement utilisé ma compétence de création Divine pour la remplacer par mon ancienne armure : La Garde de Nuit. Des plaques à pointes faites d’un métal noir enchanté recouvraient ma poitrine, mes bras et mes jambes. Bien que je montrais beaucoup de peau et mon décolleté, cette armure avait été conçue pour attirer l’esprit des mortels et les conduire à leur tombe. Mes mains, mes jambes et ma queue étaient l’armure et les armes dont j’avais besoin. Des lames tranchantes et courbes s’étendaient de mes doigts, les transformant en griffes mortelles.

Nanya l’enseignante avait disparu, et maintenant seule la destructrice folle Nanya Demonarkiar la 2e était restée. Un tueur au sang froid, un harceleur dans l’obscurité, une beauté sans égal, un chasseur parfait, voilà ce que j’étais et qui j’étais maintenant, un être démoniaque... ou plutôt la moitié.

Je m’étais levée sur mes pieds griffés, laissant échapper un sifflement tout en le faisant. Mes yeux noirs et démoniaques regardaient l’obscurité devant moi, celui qui s’appelait Dankyun, la proie que je voulais déchiqueter et éviscérer. Celui qui avait essayé de me déshonorer. Celui qui m’avait trompée. Celui qui m’avait volée. Celui... celui qui avait osé faire du mal à mon mari...

« DANKYUN ! » avais-je crié avec un grognement.

« Hm ? Tu t’es enfin descellée, Nanya ! Maintenant, tu ressembles au monstre laid dont je me souviens ! La destructrice folle qui est pitoyable, une démone avec du sang noir ! Alors, qu’est-ce que tu..., arg ! » Déclara-t-il, mais ses mots n’avaient pas été saisie par mes pensées.

Pour moi, ils n’étaient que du bruit de fond.

Je ne l’avais pas laissé finir et je lui avais sauté dessus. Le sol sous mes pieds s’était brisé et s’était fissuré en de longues lignes lorsque plus de 1000 points de force avaient montré leur vraie signification.

Statut... Je pensais.

 

[Nom] : Destructrice folle Nanya Demonarkiar la 2e

[Espèce] : Demi-Donjon/Demi-Démon

[Race] : Divin/Reine Démon

[Niveau] : 369

[Force] : 1178

[Agilité] : 1223

[Intelligence] : 978

[mana] : 5890

[Régénération de mana] : 45 points par seconde.

 

Quel gâchis... ! Des statistiques si basses à cause de ce sceau idiot…, avais-je pensé en regardant ces valeurs.

La quantité de mana que j’avais était extrêmement faible. La régénération avait aussi perdu quelques points, et j’avais eu l’impression d’avoir perdu au moins 74 niveaux. Cette dernière partie était peut-être plus due à mon inactivité qu’au sceau, mais je n’avais pas non plus nié cette possibilité.

Eh oui, j’avais peut-être un peu menti quand j’avais dit à Illsy que je n’avais aucune idée de ce dont il parlait quand il parlait de points de mana. Malheureusement, me cacher sous le déguisement de l’enseignante Divine Nanya était plus important que d’être correct et vraiment utile pour lui. Mais c’était un bon choix parce que j’avais appris sa vraie nature et le genre d’homme qu’il était. Je savais immédiatement quand il aurait essayé de me mentir, mais ce qui était étrange, c’est qu’il ne l’avait jamais fait.

Avec la fenêtre d’état dans le coin de mon esprit, j’avais frappé le draconien Suprême avec mes griffes. Leur tranchant était censé couper à travers n’importe quoi, mais mon ancienne épée l’empêchait d’encaisser des dommages quand il l’avait utilisé afin de bloquer mon attaque. J’avais grogné et je l’avais frappé du côté droit. La frappe le toucha et l’envoya voler dans les airs, à une dizaine de mètres de moi. Je ne m’y étais pas arrêtée et dès que mes pieds avaient touché le sol, je m’étais précipitée vers lui.

Mon désir, mon but, ma proie, ils étaient tous axés sur lui.

Je voulais le tuer...

« GRAAH ! » Je m’étais lancée sur Dankyun.

Il avait levé son épée. Je l’avais attrapé dans mes griffes et je l’avais frappé avec mon pied gauche. Il l’avait bloqué avec son bras droit. En utilisant le bout de ma queue, j’avais essayé de percer son estomac, mais son armure magique s’était avérée trop épaisse et son armure physique trop solide. Je n’avais réussi qu’à m’en débarrasser d’une petite couche. Si les pointes et les lames attachées à mon armure n’étaient pas enchantées afin d’ignorer une partie de l’armure magique d’un ennemi, je n’aurais peut-être même pas été capable de le faire. J’aurais été forcée d’égratigner son armure magique jusqu’à ce qu’elle soit brisée.

« Dégage de là ! », avait-il crié. Puis il m’avait lancé une boule de feu.

J’avais sauté en arrière à la toute dernière seconde et dès que j’avais atterri, j’avais commencé à lancer un sort de vent infusé de 500 points de mana.

« Crève ! » J’avais grogné. Puis je la lui avais lancé.

Les deux spirales de vent s’étaient formées dans les paumes de mes mains. C’était arrivé sur lui, mais il avait bloqué l’attaque avec son épée. Bien que la plupart des dégâts aient été annulés, la force était encore assez forte pour le repousser un peu plus loin du noyau d’Illsy. Un brouillard de poussière noire s’était levé entre nous.

Dès que mon attaque avait été terminée, j’avais concentré 1500 points de mana dans mon corps et j’avais utilisé le Renforcement du Corps, augmentant ma Force et mon Agilité de 500 points supplémentaires. Le Renforcement de l’armure magique avait également été activé et infusé avec 500 points de mana. Mes compétences de Réflexes Rapides et Prévision des Attaques avaient également été utilisées, abaissant encore plus ma réserve de mana. Je descendais dangereusement bas en mana, et j’étais dans une situation où j’avais seulement une régénération de mana de 20 points restants après avoir utilisé ce qu’il fallait pour garder actifs mes sorts. Tout ce que j’arrivais à obtenir en surplus, je l’utilisais afin de recharger constamment mon armure magique. Ces buffs m’avaient beaucoup fatiguée. Il y avait une chance que je ne puisse même pas bouger pendant quelques jours à cause de la douleur et de la lenteur de la guérison, mais je m’en fichais, je voulais tuer ce bâtard. Mon propre brouillard noir s’était formé autour de moi pour rendre cette intention claire, ajoutant un bonus à toutes mes attaques. Je n’en avais jamais tenu compte auparavant parce que c’était une valeur instable.

Ma vitesse avait presque doublé et la puissance de chacune de mes frappes avait été considérablement augmentée. J’étais comme quelque chose de flou et je frappais ma cible comme un météore frappant le sol. Dankyun n’avait même pas eu le temps de réagir à la première attaque, que j’avais réussi à faire sur le côté gauche de son armure.

J’avais entendu une fissure. L’armure physique avait été endommagée.

Un autre coup lui était allé en plein dans l’estomac, l’envoyant s’enfoncer dans le sol. Il haleta et leva son épée en l’air. C’était trop léthargique pour moi en ce moment, et mon coup de poing était passé tout droit devant sa défense jusqu’à arriver en plein dans sa poitrine. Son armure magique était une fois de plus incapable d’arrêter mon coup de poing, et sa plaque thoracique avait été en conséquence un peu enfoncé.

Il avait suffoqué, et je l’avais encore frappé.

Sept coups de poing étaient arrivés sur lui l’un après l’autre. Aucun d’entre eux n’avait été bloqué. J’avais sauté en arrière puis je l’avais attrapé par la jambe gauche. Je l’avais soulevé et l’avais utilisé comme une massue en le fracassant dans le sol. Je l’avais encore écrasé de mon poids et je l’avais percé avec ma queue. Cette fois, la fissure s’était répandue et l’armure s’était brisée. La pointe empoisonnée l’avait transpercé, le poignardant dans le ventre. Dès que j’avais senti la chaleur de sa chair et de son sang, j’avais libéré mon venin corrosif en lui, endommageant ses entrailles.

« AARGH ! SALE SHIKAK ! » cria-t-il. Et il me saisit par les cheveux.

Tirant fort, il m’avait jetée loin de lui, mais j’avais atterri sur mes pieds.

« HISSS ! » Je n’avais pas hésité et j’avais couru vers lui, prête à dévaster son armure.

Je pensais avoir l’avantage à ce moment-là, je pensais que j’allais finir ma vengeance, mais j’avais tort... Ce salaud avait sorti quelque chose de sa poche et l’avait pointé vers moi. Quand j’avais réalisé que c’était un cristal de sort, il était trop tard. Une puissante lumière purificatrice me visait, m’aveuglait et me faisait trébucher sur mes propres pieds, tombant devant lui.

L’effet de debuff avait réduit toutes mes statistiques à la moitié en un instant. Dankyun n’avait même pas besoin de dire ce qu’était cette attaque, je savais ce que c’était. Chaque être avec du sang démoniaque dans les veines savait ce que c’était.

***

Partie 2

Ce sort était quelque chose que seuls les plus grands prêtres du continent savaient utiliser. Il produisait une puissante attaque de lumière visant ce que les mortels percevaient comme de l’obscurité ou plutôt comme de la magie démoniaque. Alors qu’il fallait la permission d’un dieu pour l’apprendre, en vérité, il ne s’agissait en fait que d’une magie de type amélioration de rang Empereur avec une tendance sur la lumière plutôt que sur l’ombre. Comme mon corps était sensible au premier et très résistant au second, cela signifiait que je pouvais être fortement affaiblie par lui.

Si je n’étais pas un demi-donjon ou une reine démoniaque, je n’aurais peut-être même pas pu bouger après ça. Il pourrait même arrêter le cœur d’un démon inférieur. Ce genre de chose n’était utilisé que contre des armées démoniaques ou des hordes de morts-vivants. L’utiliser sur un seul démon était considéré à la fois comme un gaspillage et illogique. C’était une mort certaine sur quelqu’un d’inférieur, mais contre des démons puissants comme moi, cela n’avait fait baisser nos forces que pour une courte période de temps. Dankyun devenait désespéré s’il utilisait ça.

« Arg ! » J’avais gémi quand une forte douleur m’avait traversé la poitrine.

En regardant en bas, j’avais vu ma propre épée percée entre mes seins et passant directement à travers ma poitrine.

« Je t’avais dit que je te tuerais, Nanya..., » déclara-t-il en souriant et en tordant son épée.

« AAAH ! » J’avais crié en raison de la douleur en sentant ma cage thoracique se déchirer alors que mon sang rouge jaillissait de la blessure béante.

« N’aie pas peur, putain démoniaque ! Ta mort sera considérée comme une bénédiction sur ces terres, » déclara-t-il.

Nous saignions tous les deux en raison des blessures que nous nous infligions l’un à l’autre, mais j’étais dans la pire condition physique. Au moins, il ne m’avait pas poignardée en plein cœur, mais le tranchant de la lame n’en était pas loin non plus.

« Tu viendras avec moi..., » lui avais-je dit en essayant d’attraper sa gorge avec ma main griffée.

« Non, » il m’avait giflé la main et avait sorti son épée de ma poitrine.

Je toussais, et le sang coulait des coins de ma bouche. À la suite du coup de pied puissant effectué sur le côté gauche, cela m’avait fait tomber sur le sol en direction du corps cristallin d’Illsy. J’avais tellement mal que je voulais mourir, mais avec le peu de force que j’avais, j’avais utilisé mes griffes pour gratter le sol et m’arrêter avant de le frapper. Mes pointes et mes griffes pourraient traverser son armure et l’endommager accidentellement.

Je m’étais arrêtée à environ six mètres de lui, mais ça fait mal. Ça fait si mal...

J’avais essayé de me lever ou du moins de lancer une amélioration pour me soigner.

Mes statistiques n’étaient pas non plus bonnes. La fenêtre d’état montrait exactement à quel point j’étais dans une mauvaise situation.

 

[Niveau] : 369

[Force] : 74

[Agilité] : 25

[Intelligence] : 978

[mana] : 924

[Régénération de mana] : 22,5 points par seconde.

 

Et les points de force et d’agilité étaient toujours très faibles. Mon mana allait encore assez bien, mais mon état de demi-donjon m’avait forcée à le consommer au moment où il avait détecté que je souffrais d’une blessure. C’était la même chose pour mon être en tant que demi-démon. Cependant, cette blessure béante dans ma poitrine ne pouvait pas être guérie avec mon mana actuel.

L’[Divine Aura] d’Illsy était aussi trop faible pour soigner mes blessures, mais ce n’était pas comme s’il n’y avait plus d’espoir. Si Dankyun avait disparu de cet endroit, j’avais une chance de survivre, mais c’était très improbable.

Malédiction ! C’est ainsi que ça fini ? pensais-je en regardant à travers les yeux à peine ouverts le corps de cristal vert d’Illsy.

C’est drôle, mais je ne peux pas te voir responsable de ça... Tu as fait de ton mieux pour l’arrêter, n’est-ce pas, Illsy ? J’avais réfléchi à ça et j’avais entendu un pas à côté de lui.

« C’est l’heure de mourir, » dit-il.

« NON ! » cria Ayuseya.

Bien qu’on lui ait dit qu’elle était faible, bien qu’elle ne détenait aucune possibilité contre quelqu’un comme Dankyun, la femme draconienne avait quand même essayé de l’attaquer. J’avais pensé qu’elle serait assommée en un moment, mais son coup de poing avait en fait déclenché une frappe si puissante que cela avait envoyé Dankyun voler à quelques mètres de distance.

« Arg ! » gémit-il, et la princesse s’agenouilla à côté de moi.

« Nanya ! Cette blessure et tout ce sang ! Qu’est-ce que je fais ? Qu’est-ce que je fais ? », commença-t-elle à paniquer.

Il n’y a rien à faire, idiote..., pensais-je, mais j’étais trop faible pour parler.

Elle m’avait fait tourner le visage avec précaution vers le haut, et j’avais vu les larmes qui s’étaient accumulées dans les coins de ses yeux.

« Si seulement j’avais pris ces cours de magie curative ! » elle fronça les sourcils et commença à chercher un endroit où elle pourrait m’allonger.

Elle avait remarqué le petit morceau de mur émietté à quelques pas de nous et m’y avait emmenée.

Oh ouais ! Est-ce que j’ai toujours ce cristal avec la [Régénération] dedans ? M’étais-je demandée. Mais la seule chose qui restait dans la poche attachée à ma jambe gauche était la blanche. Il avait dû tomber quelque part sur le sol pendant ma bataille.

« Assez parlé entre filles ? » demanda Dankyun, attirant notre attention.

Avant de lui faire face, Ayuseya m’avait allongée avec précaution, le dos appuyé contre le mur.

Nous avions tous les deux regardé le draconien qui marchait calmement vers nous. Je n’avais vu qu’une égratignure sur sa joue gauche. Les blessures que je lui avais causées n’étaient plus là non plus. À en juger par son apparence, j’avais immédiatement compris qu’il avait utilisé un cristal de sorts de guérison juste avant d’être attaqué par la princesse. Ayuseya avait le pouvoir d’égratigner un Suprême ? Depuis quand ?

« Dankyun, tu es un monstre ! » déclara la princesse.

« Oh, mon Dieu, ne sois pas si grossière, princesse, » il soupira et secoua la tête.

« Arg... si seulement..., » j’avais essayé de rester debout, mais la blessure était terrible.

« Si seulement tu avais ton pouvoir entièrement descellé. Oui ! Oui ! Bla-bla-bla ! Cela n’aurait pas fait de différence, tu sais ? » m’avait-il interrompue en souriant.

« Ne crois pas que tu ne paieras pas pour ce que tu as fait ici..., » déclara Ayuseya, mais avant qu’elle ait pu finir ses mots, Dankyun s’était précipité vers nous.

À cause de mes statistiques plus basses, je n’avais pas pu voir son attaque, mais ce n’était pas moi qu’il visait. J’avais cligné des yeux, et il était tout simplement à côté de moi. L’épée du monstre, mon épée, avait été poignardée dans l’estomac d’Ayuseya. Du sang chaud coulait de cette blessure, tachant ses vêtements avant qu’elle ne tombe sur le sol.

« Princesse, pour la dernière fois, je n’en ai rien à faire ! Ta vie, toute ton existence est inutile et l’a toujours été ! Tu n’es pas digne de ton titre, tu n’es pas digne de ton peuple ! Tu es une ordure ! La seule raison pour laquelle je voulais que tu fasses partie de la famille royale. C’est ça ! Tu es encore plus bas qu’une shikak », lui déclara-t-il, puis il avait arraché la lame de son corps.

« Non... arg... » elle avait essayé de parler, mais elle avait craché du sang. « Tu as tort... » Elle l’avait regardé et il y avait encore une étincelle de feu dans ses yeux.

« Quelle princesse pathétique et délirante... ! Non, salope draconienne ! » déclara-t-il en riant.

« Tes mots ne signifient rien pour moi..., » déclara la princesse.

Bien qu’elle tenait sa blessure et se tenait à peine debout, elle n’avait pas abandonné le combat.

« Keh ! Tu m’ennuies. » Dankyun avait déclaré ça puis il l’avait attaquée avec une frappe puissante et rapide, il avait coupé le bras droit d’Ayuseya juste au niveau de l’épaule.

Elle avait serré les dents, mais n’avait pas crié en raison de la douleur.

« Il suffit de mourir maintenant ! » cria le draconien agacé, puis il se précipita et lui donna un coup de poing dans l’estomac, la blessant encore plus, mais avec cette dernière frappe, elle s’était évanouie.

« Maintenant, il est temps pour toi. Hm, non... attends un peu, je te laisse comme la dernière fois. Je t’ai après tout promis une mort lente ! » dit-il en riant. « Pour commencer, ce noyau du donjon ! », puis il avait regardé vers le cristal vert.

« Ne..., » avais-je dit, mais j’avais serré la mâchoire. Supplier ce monstre ne lui donnerait que du plaisir.

Il n’y a rien à faire..., avais-je pensé que les derniers morceaux d’espoir m’avaient quittée.

« GAAAH ! » avait crié Dankyun dès qu’il s’était approché à moins de cinq mètres du noyau d’Illsy.

L’armure du draconien avait été brisée en un clin d’œil.

« Qu’est-ce qui se passe ? », grogna-t-il. « Quelle sorte de sorcellerie est-ce !? » déclara-t-il en étant agacé.

Assis, il avait sorti un autre cristal et il avait réapprovisionné une nouvelle fois son armure magique, mais cette fois, il en avait deux autres prêts à l’emploi au cas où.

« Ça n’aura plus aucune importance dans un instant, » déclara-t-il en souriant sur ses lèvres.

Il se précipita vers le noyau, et l’aura le frappa immédiatement à nouveau, cependant, à sa vitesse, il allait poignarder Illsy avant que cela ne puisse le tuer.

Non... Non ! Je pensais et « N-Non... » J’avais toussé, et craché du sang.

« MEURS ! » cria Dankyun.

« NON ! » cette fois, c’était Shanteya.

Elle avait marché pour se placer devant l’épée et elle l’avait bloqué avec ses deux mains. La pointe avait percé son armure et s’était enfoncée dans ses entrailles, mais la lame ne l’avait pas traversé.

« Non ! NON ! NOOOO ! DANKYUN », cria Illsy de loin dans le ciel.

C’est trop tard..., pensais-je.

***

[Point de vue d’Illsyore]

La vitesse était essentielle dans cette lutte, mais j’étais toujours limité à 40 km/h environ. Je les atteindrais en une dizaine de minutes à cette vitesse, mais je savais que je devais voler plus vite.

« ALLEZZZZZ ! » J’avais crié et poussé ma forme invisible vers ces signes de vie vacillants, mais je ne savais pas comment le faire.

Je ne pouvais pas le faire, mais je devais voler plus vite.

« ALLEZ ! PLUS VITE ! PLUS VITE ! » avais-je crié.

Je ne savais pas si cela avait fonctionné ou bien si ma perception avait été un peu déformée, mais ces dix minutes s’étaient transformées en quelque chose qui m’avait semblé plus court. J’avais atteint la lisière de la forêt en feu et j’étais entré dans le champ de cendres et de fumée où la compétence Suprême de Dankyun avait heurté le sol.

En volant aussi vite que possible, j’avais finalement eu un aperçu de ce qui s’était passé alors que je n’étais pas là, et ce que j’avais vu m’avait choqué et m’avait horrifié en même temps.

« Qu’est-ce que c’est ? » avais-je dit sur un ton de voix tremblant.

Nanya avait changé et avait une blessure béante en plein dans la poitrine. Ayuseya était sur le sol, saignant et avec un bras coupé. Et Dankyun... Dankyun se précipitait vers mon corps.

Non…, pensais-je.

Pendant un moment, j’avais eu l’impression que c’était fini... Que c’était le moment de ma mort, mais Shanteya était venue de derrière mon corps et avait arrêté l’épée au moment où elle était sur le point de m’empaler. C’était arrivé si vite, je ne l’avais même pas remarquée. Malheureusement, j’avais aussi vu le sang tacher ses vêtements et se répandre sur le sol calciné sous elle. Elle avait été blessée... Nanya, Ayuseya, et maintenant Shanteya... Les trois femmes que j’avais essayé de protéger et de sauver m’avaient été enlevées.

« Non ! NON ! NOOOO ! DANKYUN ! » J’avais crié.

Ce monstre m’a TOUT pris ! avais-je crié à l’obscurité.

La colère avait bouilli à l’intérieur de moi. Le brouillard noir s’était répandu sur tout mon territoire, et Dankyun avait continué d’être attaqué par mon [Aura Divine]. J’avais même entendu son armure se briser une fois, mais elle s’était vite rétablie.

« NERU AM UR ! » avais-je crié.

<Alerte ! Compétence verrouillée !>

Je m’en fichais. J’avais regardé le message et j’avais voulu que le sort apparaisse. Ma colère se déversait aussi sur le système.

Ne vous moquez pas de moi ! avais-je crié dans mon esprit.

<AV-VERTIS-SEMENT ! NE FAITES PAS ÇA ! Compétence Bloblobloquée>

Les signes bourdonnaient comme l’écran d’une vieille télévision.

Mon corps s’était fêlé. Des veines rouges étaient apparues dessus, transformant la lumière que j’émanais d’un vert pur en un vert mélangé de rouge et de vert.

« Qu’est-ce qui se passe ? » demanda Dankyun, surpris.

Son armure s’était encore brisée.

« Réapprovisionnement du Mana ! » il avait consommé un autre cristal « Crois-tu vraiment pouvoir arrêter cette épée ? » demanda Dankyun un peu en colère.

« NERU AM UR ! » J’avais encore crié et je ne me souciais pas de ce que le message disait, j’avais juste versé mon Mana et tout le reste, dans ce qui m’avait attaqué.

<NON !! Nous ne vous laisserons pas faire !>

<NON !>

<AVER-TISSEMENT>

<NE-NE-NE FAITES PAS ÇA>

JE M’EN FOUS DE VOUS, avais-je crié au sommet de mes poumons à l’intérieur de mon esprit, brisant les fenêtres de message devant moi. Je pouvais le sentir, le sort était à nouveau déverrouillé et se formait autour de moi, choisissant Dankyun comme la seule et unique cible que les pics de glace infernale étaient censés tuer.

« MEURS ! » avais-je crié.

« Meurs, » déclara Dankyun en utilisant une autre Charge vers Shanteya.

La lame avait percé son corps et était entrée dans mon corps. À ce moment-là, mon sort avait disparu, mes auras avaient également disparu, et j’avais été attiré dans mon corps de cristal.

<MISE EN GARDE ! AVERTISSEMENT ! AVERTISSEMENT ! BLESSURES MORTELLES DÉTECTÉES ! AVERTISSEMENT ! INCAPABLE DE GUÉRIR ! INCAPABLE DE GUÉRIR !>

Les messages s’étaient déversés sous mes yeux pendant que ma vision devenait floue et rouge à cause du sang de Shanteya.

« Je suis désolée... Illsy. J’ai échoué…, » déclara-t-elle. C’était la dernière chose que j’avais entendue.

Non ! Non ! Non ! Non ! J’avais crié en essayant de lui tendre la main, mais tout était devenu sombre autour de moi.

Tout avait disparu...

Toute la colère, toute la fureur que j’avais... elles avaient disparu toutes les deux. Il n’y avait que des ténèbres devant moi, mais comme avant, j’étais le seul élément de lumière, une âme flottant dans un océan de néant...

C’est fini... Elles sont mortes…, avais-je pensé. Les larmes avaient alors coulé sur mes joues.

Il n’y avait plus qu’une seule certitude. J’étais mort, et elles aussi... Il n’y avait plus rien que je puisse faire... rien.

J’avais perdu...

Vraiment ? Une voix étrange avait été entendue venant de l’obscurité.

***

Chapitre 38 : L’accord avec les Ténèbres

Partie 1

« Qu’est-ce que vous voulez dire par là ? » avais-je demandé à la voix.

En regardant autour de moi, je ne pouvais pas la voir ou la détecter. En fait, je me sentais plutôt bizarre et léthargique. Était-ce parce que j’étais ici ou parce que j’étais mort ?

La voix étrange ne m’avait pas répondu. J’attendais en silence, entouré de cette obscurité pendant un nombre d’heures qui m’était inconnu ? Je ne pensais qu’à la façon dont j’avais quitté Nanya, Shanteya et Ayuseya pour mourir comme ça. Je n’avais rien fait pour elles, absolument rien...

« C’est ma faute... C’est ma faute... » J’avais continué à me le dire à voix haute en pleurant.

Je savais que je n’étais pas celui qui les découpées, qui les poignardait, qui les blessait, mais je croyais que, pour une raison ou une autre, j’étais le seul responsable. Il y avait quelque chose qui m’empêchait de faire de mon mieux. Ou peut-être était-ce parce que je n’avais pas essayé d’utiliser les autres technologies dans mon monde. Pendant un moment, même l’utilisation de bombes thermonucléaires m’avait semblé être une bonne idée. Après tout, qui cela dérangerait si j’avais détruit toute la région et l’aurait rendue inhabitable pour qui pour une période de plusieurs dizaines d’années ? Ça n’avait pas vraiment d’importance si les filles et moi avions pu survivre après ça. Ce n’était que des détails.

Il m’avait fallu un certain temps pour oublier cette pensée. Cela semblait si tentant, mais le coût aurait été trop élevé. Je n’étais pas un dieu pour ainsi rejeter son jugement sur cette terre, et il n’y avait rien pour garantir ma propre survie si je lançais quelque chose comme ça sur la tête de Dankyun. Si l’onde de choc ou la chaleur ne m’avait pas tué, alors les radiations l’auraient sûrement fait.

Peut-être que mon erreur avait été de ne pas prier un Dieu. Après tout, je savais que la réincarnation était réelle et qu’une entité étrange était descendue du ciel pour récupérer mon âme de mon monde précédent. Cependant, qui pourrait me dire que je priais le bon Dieu ? Peut-être que chaque univers avait son propre Dieu et qu’il y en avait un plus grand encore qui gouvernait une multitude d’univers ?

Ces pensées semblaient bizarres, mais la seule chose qui apaisait mon esprit par rapport à ces pensées n’était qu’une idée simple : était-il possible que les dieux et déesses vénérés par les mortels de ce monde soient en fait quelque chose qui ressemblait à une espèce divine travaillant sous l’ordre du grand Dieu de l’univers dans le seul but de les faire évoluer ? C’était une bonne idée de croire en quelque chose que je pouvais imaginer comme bon.

En toute honnêteté, pendant les dernières heures que j’avais passées dans l’obscurité, j’avais pensé à tant de choses que je les avais perdues de vue. En fin de compte, cela ne m’avait pas aidé à oublier ma mort et celle d’Ayuseya, Shanteya et Nanya.

En pensant au fait que je ne pourrais jamais les étreindre, que je ne pourrais jamais entendre leur voix et les voir à côté de moi, j’avais senti mon cœur se faire poignarder par des lances imbibées de venin. Ça fait mal... Cela m’avait vraiment fait très mal, et il n’y avait rien que je puisse faire ou que d’autres personnes puissent faire.

« Est-ce que c’est ma malédiction ? » m’étais-je demandé.

Le temps s’était écoulé une fois de plus...

Heures... Jours... Des semaines ? J’avais perdu de vue la durée du temps écoulé.

« AH ! FINALEMENT ! » Quelqu’un avait crié derrière moi.

J’avais cligné des yeux en raison de la surprise et je m’étais retourné. Un individu étrange était apparu devant moi. Il était un peu plus grand que moi, avec des yeux noirs et des cheveux gris courts. Les vêtements qu’il portait semblaient être une paire de pantalons de lin gris foncé avec des coussinets de cuir noir aux genoux et une veste de cuir noir avec une chemise de soie blanche en dessous. Il portait des bottes de métal comme celles d’un chevalier, et une paire de protège-bras métalliques. Quant à l’âge, il avait environ 40 ans en termes humains, mais il ressemblait aux autres manifestations de l’obscurité, ce qui voulait dire qu’il n’y avait même pas la moindre couleur sur lui, un découpage d’un film en noir et blanc.

« Qui... Qui êtes-vous ? » lui avais-je demandé.

« Moi ? J’ai oublié mon nom, mais ça n’a pas d’importance. Vous avez vraiment énervé ces types là-bas. Il m’a fallu du temps pour les subjuguer et les empêcher de vous attaquer. Bien qu’ils étaient tous une bande d’idiots, alors peut-être que cela allait de toute façon se produire, » soupira-t-il en me regardant et en pointant du doigt vers l’arrière.

« Quoi ? De qui parlez-vous ? Que voulez-vous dire par “subjuguer” ? » lui avais-je demandé.

« Oui... Vous êtes confus. Dois-je commencer à partir du moment où vous avez été ramené ici ? » m’avait-il demandé.

« Ne voulez-vous pas plutôt dire quand je suis mort ? » demandais-je en plissant les sourcils.

« Gravement blessé, oui... Mort ? Pas tant que ça, » il croisa les bras et secoua la tête.

« Quoi ? Attendez... alors ? Qu’est-ce qui m’est arrivé ? Que se passe-t-il dehors ? » avais-je demandé en le regardant et en serrant les poings.

« Oh ? Là-bas ? Une sorte d’arrêt du temps ou plutôt de ralentissement ? » Il haussa les épaules.

« Ralentissement du temps ? » avais-je demandé d’un air interrogateur.

« Hm, peut-être que je me suis mal exprimé. Eh bien, je vais juste vous expliquer ça. Techniquement parlant, à l’intérieur de cet endroit, nous pouvons penser et parler à une vitesse incroyable. Tout ce qui vous est arrivé depuis le moment où vous pensiez être mort jusqu’à aujourd’hui s’est produit en exactement 0,002348 seconde de temps extérieur, » expliqua-t-il, mais cela semblait absurde.

« Vous voulez dire que le temps passe beaucoup plus lentement pour moi... pour nous que pour tout le monde à l’extérieur ? Puis…, » je m’étais arrêté et j’avais regardé vers le sol.

« Oui, techniquement parlant, Shanteya, Nanya, Ayuseya, et vous êtes toujours en vie, mais pas pour longtemps. Nous avons probablement environ 2594 ans à passer ici avant que nous soyons tous complètement morts. Alors, pas de précipitation ! » me répondit-il en souriant.

« 2594 ans ? » avais-je dit en le regardant avec des yeux grands ouverts.

Je ne voulais certainement pas passer autant de temps ici et attendre notre mort. Je devais sortir et d’une façon ou d’une autre, tuer Dankyun et sauver les filles. Mais était-ce possible ? Quelle que soit la stratégie à laquelle j’avais pensé avant, rien ne semblait fonctionner contre ce monstre. C’était frustrant et ennuyeux, mais je croyais toujours que ce n’était pas impossible. Peut-être que je n’étais pas assez intelligent.

« Parlez dans ce cas…, » lui avais-je dit. Pour le moment, j’avais décidé d’écouter ce que ce type avait à dire.

S’il mentait ou non sur ce nombre d’années de folie, il n’y avait qu’une seule façon de le vérifier, mais ne rien faire et laisser passer le temps comme ça n’était pas mon style de jeu.

« Dans ce cas, je vais commencer par expliquer notre état. Tout d’abord ! Vous savez déjà que le temps pour nous court beaucoup plus vite que pour le monde extérieur. Pour être plus précis, 2594 ans dans notre perception du temps sont l’équivalent de 172 secondes de temps extérieur. Ce qui veut dire qu’en 2 minutes et 52 secondes, nous et les filles serons morts. Bien sûr, si Dankyun ne donne pas le coup de grâce dans les prochaines secondes. Cependant, à cause de cette différence, nous avons en fait 2594 ans pour parler de choses. »

« OK, jusqu’à présent, je peux vous suivre. Et d’une façon ou d’une autre... » lui avais-je dit.

« Bien ! C’est pour ça que je vous apprécie ! Aucun des donjons idiots nouvellement nés dans ce monde ne comprend le concept de perception différente en ce qui concerne le temps linéaire ! » déclara-t-il en riant.

« Qu’entendez-vous par nouveau-né ? » avais-je demandé.

« Laissez-moi finir ce que j’ai commencé et je vous le dirai. » Il m’avait montré sa paume.

« Désolé…, » je m’étais excusé.

« Maintenant... Poursuivons là où je me suis arrêté, cet état est atteint grâce à beaucoup d’efforts. Nous concentrons toute la puissance de traitement dans la capacité cognitive de ce corps. En d’autres termes, vous perdez toutes les fonctions sur tout ce qui se trouve à l’extérieur de ce corps, y compris la respiration et vos différents sens, juste pour avoir ce moment d’extrême concentration. S’il est prolongé, cet état conduit finalement à la mort ou à de grandes quantités de souffrance. Mais nous sommes loin de cela, » il avait agité la main devant lui. « Cet état n’a pas de nom, mais il n’est pas volontairement atteint. La seule raison pour laquelle vous pouviez le faire, c’est parce que je l’ai rendu possible. Cela nous a coûté la mort de certains d’esprits inférieurs se trouvant à l’intérieur de l’obscurité, mais leur sacrifice en valait la peine. Quoi qu’il en soit, je suis... Eh bien, j’ai oublié mon nom, mais je sais que je suis ce que les plus vieux donjons de cette planète appellent un Donjon Primordial. Aussi connu comme l’un des premiers donjons. Bref, la deuxième génération de donjons nés sur cette planète comprenait des donjons Divins ainsi que d’autres types de donjons. En toute honnêteté, je ne crois pas qu’il reste des Donjons Primordiaux vivants en ce moment, » il s’était gratté l’arrière de la tête.

« Est-ce que cela signifie que je peux maintenant changer ma race de Divin à Primordial ? » lui avais-je demandé.

« Non. D’un certain point de vue, les Divins sont un peu mieux que nous. D’ailleurs, lorsque vous avez choisi votre race, il a été décidé qu’elle resterait ainsi aussi longtemps que vous vivrez, même si vous n’êtes pas encore... un VRAI Divin, » déclara-t-il en souriant.

« Un Vrai Divin ? » avais-je demandé en étant un peu surpris.

« Malheureusement, je ne peux pas révéler plus d’informations à ce sujet. » Il haussa les épaules.

« Pourquoi ? » demandai-je.

« Je ne veux pas, mais je vais vous donner un indice. Tous les donjons vivant sur cette planète sont nés et non pas fabriqués, » déclara-t-il en clignant de l’œil.

D’après ce qu’il venait de dire, je ne pouvais que croire ou présumer que, par Vrai Divin, il aurait pu faire référence à un donjon né. J’étais plus ou moins la version d’un donjon du Monstre de Frankenstein.

« Tuberculus m’a dit qu’il a fait mon corps à partir de beaucoup d’autres donjons plus petits. Est-ce que c’est vrai ? » lui avais-je demandé.

« Oui, mais pas plus petit ou plus faible, mais qui ne vit plus. J’étais la base autour de laquelle il vous a créé. Mon ancien corps, ou plutôt ce qu’il en restait était la pièce centrale et la plus grande partie de tout ça. Autour de lui, il ajouta des parties de donjon Divin et continua ainsi jusqu’à ce qu’il atteigne les donjons Normal et Facile. C’est pourquoi vous êtes plutôt mou là, cependant, mon noyau et ceux qui m’entourent sont très difficiles à percer ou à briser. Même l’épée de Dankyun s’était arrêtée dans mon cœur, même si, à cause de cela, certains d’entre nous ont été complètement effacés de la surface de ce monde. »

***

Partie 2

« Quand vous dites effacé, voulez-vous parler de leur esprit ? Et comment Tuberculus a pu mettre la main sur votre noyau ? » lui avais-je demandé.

« C’est probablement un accident et de la pure chance. D’après ce qu’on sait, il ne connaît même pas notre existence. » Il haussa les épaules. « Quant à l’autre question, oui, leur esprit, ou plutôt ce qu’il en reste. Je suis le seul donjon dans cette obscurité dont la majeure partie de l’esprit est restée intacte. Beaucoup des plus petits n’ont que des fragments d’être de quand ils étaient vivants. Si la dernière pièce restante du noyau de l’un de nous à l’intérieur de cette obscurité est détruite, alors ses souvenirs ainsi que toutes ses compétences et capacités disparaissent également. Dans mon cas, cette petite égratignure que Dankyun a causée sur mon corps m’a fait oublier mon nom, une langue que j’avais l’habitude d’utiliser, et quelques compétences, mais elles ne m’étaient pas très utiles de toute façon. Quant à mon nom... Meh, je peux vivre sans, » il haussa les épaules comme si ce n’était pas si important.

« Et moi, alors ? Pourquoi n’ai-je pas l’impression d’avoir oublié quelque chose ? » lui avais-je demandé.

« Vous... vous êtes un peu différent de nous, et pour parler franchement, cela n’a pas de sens pourquoi vous n’avez pas été affecté par son attaque. Il est possible que parmi ces souvenirs que j’ai perdus à ma mort, il y eût aussi la réponse à cette question, » répondit-il.

« Attendez ! Qu’entendez-vous par spécial ? » demandai-je.

« C’est assez évident rien qu’en nous regardant tous les deux. Vous êtes entouré d’une lumière étrange, d’une sorte d’aura, alors que je suis... eh bien... comme ceci, » il s’était pointé du doigt.

« Qu’est-ce que ça veut dire ? » J’avais plissé les sourcils.

« En termes simples, vous avez une âme et nous avons perdu la nôtre quand nous sommes morts. Oui, cela signifie que vous êtes le seul vivant dans cet endroit. Comme je l’ai dit, nous ne sommes que des résidus mentaux de l’époque où nous étions encore en vie. Oui, certains d’entre nous peuvent encore former une pensée ou deux et avoir une volonté propre, mais la plupart du temps nous continuons à répéter les mêmes actes. Nous ne pouvons pas gagner de nouveaux souvenirs, nous agissons simplement sur la base de nos anciens souvenirs, » expliqua-t-il.

« Est-ce que ce que nous faisons maintenant ne s’appelle pas se faire un souvenir ? » lui avais-je demandé.

« Oui, en quelque sorte…, » répondit-il.

« Alors, ce que vous venez de dire n’a aucun sens. Si vous ne pouvez pas gagner de nouveaux souvenirs, alors chaque fois que vous me rencontrez, nous serions dans une répétition. En fait, vous ne pourriez pas fonctionner ainsi, » je lui avais dit ça en me grattant l’arrière de la tête.

Tout, des machines aux êtres vivants, avait une sorte de mémoire. C’était la façon dont n’importe quelle entité pouvait se déplacer à travers le monde. Même ceux qui souffraient d’une perte périodique de mémoire à court terme pouvaient encore acquérir de nouveaux souvenirs et les conserver pendant un certain temps. Ce que ce Donjon Primordial disait était absurde. Il n’aurait littéralement pas pu converser avec moi en ce moment parce que chaque seconde qui passait aurait été oubliée par lui ou n’aurait pas du tout été saisi par son esprit.

« Ce que vous dites est vrai en effet, mais ces souvenirs que nous gagnons…, » il s’était arrêté et avait regardé ses mains. « Ils ne nous semblent pas réels. C’est comme s’ils étaient là, mais ne le sont pas, comme si nous savions que nous avons vécu cet événement, mais que nous n’avons pas l’impression de l’avoir vécu. C’est... C’est un peu difficile d’expliquer quelque chose que seuls ceux qui sont dans notre situation peuvent vivre... » Il ferma les yeux un instant et prit une grande respiration avant d’expirer lentement. Ouvrant les yeux, il m’avait regardé après ça et avait continué à parler. « Dans les deux cas, il suffit de savoir et de comprendre que ce que nous considérons comme de nouveaux souvenirs est très différent de ce que vous faites. Pour nous aider, nous lisons aussi certains de vos souvenirs et pensées en temps réel, » avait-il expliqué.

« Ouais... c’est difficile pour moi d’imaginer ce que vous voulez dire en regardant un faux souvenir ou un vrai souvenir. Pourriez-vous même faire la différence entre eux ? Hé ! Attendez une seconde ! Si vous pouvez vous connecter à mes souvenirs, cela signifie-t-il que vous pouvez également voir ma vie passée ? » lui avais-je demandé et pendant un moment, j’avais réalisé que cette situation pouvait être très dangereuse pour moi.

« Non, » sa réponse avait immédiatement mis un terme à ce train de pensées.

« Non ? Mais ce type d’avant n’a pas dit que vous étiez au courant de ma vie passée ? » lui avais-je demandé.

« Vous en parlez constamment dans votre esprit. Nous pouvons entendre certaines de ces pensées, mais nous n’avons accès qu’aux souvenirs de votre vie actuelle. Nous n’avons pas accès à ceux de la précédente, c’est pourquoi nous trouvons votre comportement et vos décisions assez bizarres, illogiques mêmes de notre point de vue, » j’avais levé la main pour l’arrêter afin de pouvoir lui poser une question.

« Comment ça, illogique ? » demandai-je.

« Illogique. Par exemple, lorsque vous avez sauvé Shanteya, tous les faits suggéraient que vous auriez dû la tuer immédiatement, pas la sauver et même vous mettre en danger par la suite. Je ne l’aurais jamais guérie et je l’aurais maintenu en vie jusqu’à ce que j’en retire toutes les informations. Il en va de même pour Ayuseya. Toutes les informations que vous avez recueillies ont montré que votre réaction à sa situation aurait dû être différente. Vous auriez dû la laisser mourir et ignorer sa demande. En fait, au départ, vous n’étiez pas censé essayer de la guérir ! La musique n’est pas un moyen d’apaiser un donjon. Une autre décision illogique a été d’écouter Nanya au lieu de lui imposer votre propre volonté. C’est quelque chose qu’aucun d’entre nous ne pouvait comprendre. Sans compter que lorsque vous avez construit votre donjon, vous n’avez pas suivi les règles de base et les lois d’un donjon. Où étaient les leurres ? Où étaient les larbins et les monstres ? Un donjon est censé affaiblir les aventuriers et les forcer à gaspiller autant de mana que possible. Ensuite, il faut les tuer lentement, les faire bouillir et les déchirer ! Mais vous n’avez rien fait de tout ça. Votre donjon était littéralement un piège mortel pour tout ce qui est Divin et en dessous. Soupir... eh bien ! Il y a beaucoup d’autres choses aussi. Par exemple, comment avez-vous permis à ces humains insignifiants de vous parler comme ça ? Vous êtes un Divin ! Ce sont eux qui sont censés VOUS écouter ! » Il m’avait expliqué en déclarant tout ce que j’avais fait de mal.

Inutile de dire qu’aucune de ces choses dont il m’avait parlé n’était illogique de mon point de vue. En fait, ce qu’il suggérait était un peu bizarre. Quant aux enseignants, je ne les écoutais que parce que j’étais curieux de ce monde et que je ne voulais pas trop me démarquer. D’ailleurs, ce n’était pas parce que j’étais un Divin que j’étais le meilleur ici. Même Nanya avait dit qu’elle aurait pu me détruire facilement parce que je n’avais pas d’armure magique. Est-ce que ce Primordial avait vraiment oublié ce petit détail ?

Je n’avais pas voulu répondre à ses paroles parce que c’étaient les choses que lui et les autres donjons de ce monde croyaient être justes. Peut-être que pour certains, c’était la vérité, mais pour moi, faire du mal aux autres et ne construire des choses qu’avec l’intention de les tuer ou de les torturer n’était pas une bonne chose. Mon donjon était strictement là à des fins d’autodéfense, bien que je me sois un peu écarté de cette idée. En y pensant bien, même quand je réparais l’Académie de Magie, je ne me sentais pas mal à l’idée d’accepter leurs demandes, ni de les refuser, c’était juste que je me sentais un peu aliéné par rapport à tout le monde là-bas, comme si je n’étais qu’un personnage d’arrière-plan.

« La plupart de vos décisions semblent être basées sur des expériences passées et des souvenirs dont nous ne savons rien, » déclara-t-il. « Du bon côté des choses, il ne semble pas que vous en sachiez beaucoup sur les technologies avancées. Eh bien, y compris moi... je semble être capable de comprendre et de me rappeler partiellement que les Donjons Primordiaux en savaient autrefois beaucoup plus sur la technologie que n’importe lequel des mortels vivant sur cette planète. Comment s’appelait-il déjà ? Eldora ? Non, c’est le géant gazier de ce système solaire. Terniach ? C’est la deuxième planète de cette étoile. P-P... quelque chose avec P. Meh, ça n’a pas d’importance, » il avait secoué la tête et avait renoncé à essayer, mais jusqu’à présent, je le regardais avec la bouche ouverte. « Qu’est-ce qu’il y a ? » demanda-t-il.

« Non, je suis juste surpris que vous ayez connaissance de telles choses. Je pensais que la technologie sur cette planète était primitive ou dépendait de la magie pour la plupart du temps, » lui avais-je dit en me frottant le front.

« Comme je l’ai dit, je suis un Primordial. Les autres n’ont probablement aucune idée de ce dont je parle ou leur ont donné d’autres noms, » il haussa les épaules.

« Alors, comment fonctionne toute cette histoire d’obscurité ? Quel est votre rôle ? » lui avais-je demandé.

« Nous nous occupons essentiellement de tous les petits détails à votre place, tels que respirer, parler, invoquer la magie, la contrôler, mesurer soigneusement chaque quantité de mana que vous avez besoin de mettre dans vos sorts. Vous savez que le mana est compté avec quelque chose comme des points, mais vous n’avez aucune idée de la manière dont chaque point est quantifiable. Quel est l’équivalent d’un point de mana en énergie électrique, le nombre d’électrons, ou les règles d’interaction entre lui et les autres particules élémentaires ? Vous ne savez pas, mais nous le savons, et nous devons faire tous les changements en fonction de ces connaissances. Vous avez même présumé avoir acquis un truc comme un traducteur automatique ? Non ! C’est nous qui faisons tout cela, y compris nous casser le cul en essayant de comprendre ce que, au nom de tous les dieux connus, vous voulez dire la moitié du temps ! Vous pensez en trois langues différentes en même temps ! Un donjon normal commence une phrase dans une langue et se termine dans la même langue. Par exemple : Doko este la sortit ? Avez-vous une idée à quel point il est frustrant et énergivore de le faire en temps réel ? Tout ce que vous faites, c’est de parler, de vous déplacer dans votre forme de vol et de nous ordonner d’activer les compétences que vous voulez activer ensuite. Mais chaque petit processus de microgestion est fait par nous ! Vous n’avez littéralement aucune idée de la façon de contrôler TOUTES les fonctions de cette forme cristalline !, » expliqua-t-il, puis il poussa un long soupir.

« Pourquoi n’avez-vous pas essayé de prendre le contrôle de mon esprit et de gouverner le corps à ma place ? » lui avais-je demandé en plissant les yeux.

Il était resté silencieux un moment, peut-être en se demandant s’il devait me le dire ou non.

« Ne pensez-vous pas qu’on a déjà essayé ça ? » demanda-t-il. « Et plus d’une fois en plus ! Quand Tuberculus nous a créés, nous n’étions pas pleinement conscients de ce qui se passait à l’extérieur, alors nous l’avons immédiatement détecté, lui et son groupe, en tant qu’aventuriers faisant une intrusion sur notre Territoire de Donjon. Nous ne savions même pas que la barrière devait nous enfermer à l’intérieur de notre salle. Par conséquent, nous avons tous réagi de la manière qui nous semblait la meilleure. Certains d’entre nous ont même envoyé leurs serviteurs pour les attaquer. Ils ont été tués, et en toute honnêteté, je suis un peu surpris que les sous-fifres aient survécu dans ces cristaux morts pendant si longtemps, surtout ce kraken ! En vérité, j’étais le seul à ne pas les attaquer immédiatement. Ce que j’ai fait, c’est de prendre le contrôle de chacun des esprits des donjons inférieurs qui agissaient selon leur instinct et leurs réflexes plutôt que selon leur pensée logique. Après les avoir tous conquis et m’être placé comme esprit dominant, j’ai arrêté l’attaque pour voir ce qu’ils allaient faire. »

« Que s’est-il passé ensuite ? » lui avais-je demandé.

« Tuberculus a jeté un sort sur notre corps. Il lui a donné vie et nous a tout réuni. Au lieu d’être l’esprit dominant et d’avoir tous des corps différents, nous nous sommes soudainement retrouvés rassemblés et ne formant qu’une seule entité : les Ténèbres, comme vous nous appelez. Au début, c’était déroutant pour nous tous et même mes propres pensées étaient un peu floues, mais ensuite je vous ai remarqué. Bien que faible et fragile, vous étiez le seul esprit en dehors de l’obscurité. J’ai essayé de vous contrôler, de vous appeler, de vous piéger, mais vous avez tout ignoré. En fait, on ne pouvait même pas vous toucher, même maintenant je ne peux pas. Puis, quelque chose d’étrange s’est produit, votre volonté et votre désir d’aller vers le monde extérieur ont augmenté de façon exponentielle. Cela a littéralement explosé, et cela nous a tous repoussés. Vous n’aviez pas l’air de le faire volontairement, mais inconsciemment. Je commence à croire que si Tuberculus n’avait pas jeté ce dernier sort sur mon corps, moi et les autres donjons divins n’aurions pas été repoussés par vous si rapidement, » il s’était arrêté et m’avait fait un sourire.

J’avais dégluti.

Quand on m’avait dit quelque chose comme ça, j’avais réalisé que ce type, ce Donjon Primordial n’était pas un ami, c’était mon ennemi depuis le début, le chef des Ténèbres. Il m’avait été assez facile de présumer que c’était lui qui avait ordonné le scellement de ma capacité. C’est lui qui m’avait ramené dans mon corps à ces moments-là.

Un peu de colère s’était déclenchée dans mon âme, mais j’avais essayé de rester calme et concentré. Avant de l’étrangler à mort, j’avais encore des informations à extraire de lui, d’ailleurs, il ne semblait pas non plus avoir l’intention de mourir. Il ne se serait pas montré à moi s’il n’avait pas su qu’il y avait un moyen de réparer tout ça.

***

Partie 3

« Donc, vous ne pouvez pas m’obliger à vous écouter, et vous ne pouvez pas non plus me contrôler ? Qu’est-ce que vous comptez faire maintenant ? » lui avais-je demandé.

« Hm…, » il avait levé les yeux et croisé les bras vers sa poitrine. « Je veux prendre le contrôle de votre corps, mais je ne sais pas encore comment passer votre stupide barrière. Il m’a fallu tout ce temps pour pouvoir communiquer avec vous. Les autres que vous avez rencontrés plus tôt aujourd’hui étaient des idiots qui avaient eu la chance de pouvoir vous contacter. J’ai eu une belle conversation avec eux avant de vous rencontrer maintenant, alors je sais ce qu’ils ont fait et ce qu’ils vous ont dit, » m’avait-il dit en me regardant dans les yeux.

« Alors vous ne leur avez pas dit de m’apprendre l’instinct d’un donjon ? » lui avais-je demandé.

« L’instinct du donjon ? Il n’y a pas de façon de l’enseigner, c’est pourquoi on l’appelle instinct, » avait-il haussé les épaules.

« Je m’en doutais quand ils n’ont pas déverrouillé ma compétence de Rang Empereur dans le donjon. Ils ont agi comme s’ils voulaient que je meure. En parlant de ça, pourquoi n’êtes-vous pas intervenu à ce moment-là ? » lui avais-je demandé en fronçant les sourcils.

« Parce que je ne pensais pas qu’on perdrait contre quelqu’un d’aussi faible que Dankyun ! Je veux dire que c’est aberrant ! Avez-vous vraiment perdu contre un Suprême avec moins de 2000 points en force ? Franchement ? » déclara-t-il comme si battre quelqu’un comme lui était une chose facile à réaliser.

Quand il avait dit ça, cela m’avait fait me souvenir des mots qu’il avait dits il y a un instant. Lui et le reste des Ténèbres n’étaient rien d’autre que des fragments de leur passé, des faisceaux de souvenirs qui agissaient comme des robots. En fait, c’était une bonne comparaison. Ce Primordial et les autres esprits cachés dans les Ténèbres n’étaient rien de plus que des programmes et des IA sensibles me répondant automatiquement sur la base de leurs expériences passées.

D’une certaine façon, je parlais avec de simples ombres d’êtres vivants du passé. Malheureusement, ils avaient le pouvoir de se manifester dans le monde réel à travers mes capacités et toutes sortes de barrières qu’ils produisaient devant moi afin d’essayer de me contrôler ou de me transformer en l’un d’entre eux.

C’est peut-être pour cela qu’ils voyaient Dankyun comme un faible, alors qu’en fait, il était très fort. Cette obscurité ne voyait le monde réel que comme il le désirait, comme un cheval qui ne pouvait que regarder vers l’avant, ne changeant jamais de direction jusqu’à ce que celui qui l’avait guidé le tire avec assez de force pour le faire.

Il y a une autre chose qui avait attiré mon attention. Bien qu’il ait dit qu’il avait subjugué ces autres esprits, il était clair qu’ils n’avaient pas tous agi selon ses ordres, sinon, il serait intervenu et aurait débloqué mon sort de Rang Empereur avant qu’il ne soit trop tard, ne m’obligeant pas à briser leur sceau. Peut-être que certains avaient échappé à sa traque ou peut-être qu’ils n’avaient pas pu être vaincus dès le départ. La dernière option était la plus effrayante de toutes : ce Primordial me mentait et me forçait à danser dans sa paume.

« Alors, vous ne leur avez pas ordonné de verrouiller mon sort ? » lui avais-je demandé.

« Bien sûr que non ! Malheureusement, lorsque j’ai réalisé ce qu’ils avaient fait, c’était trop tard, » avait-il secoué la tête.

« Ça n’a aucun sens... Vous auriez dû le savoir avant tout le monde, » avais-je rétorqué.

« Pas nécessairement. Si j’ordonne quelque chose aux autres esprits, ils obéissent, mais si je ne le fais pas, ils peuvent faire ce qu’ils veulent, y compris le fait de me tenir à l’écart pendant un certain temps. Cette capacité est aussi quelque chose de nouveau pour moi, puisque je ne l’ai appris que lorsque vous avez cassé le système d’interface et activé votre compétence de Rang Empereur, » avait-il haussé les épaules, mais je me sentais réticent à lui accorder le bénéfice du doute. « Après ça, il y a eu les autres choses qu’ils ont dites, bien que je sois plus surpris par la quantité de choses que vous avez réussi à réaliser tout seul, » déclara-t-il en souriant.

« Comme quoi ? Je pensais que j’étais un idiot dont la seule capacité était de rester hors de votre contrôle ? » avais-je rétorqué en plissant mon front.

« La plus évidente des choses serait probablement votre capacité à lancer des sorts à l’extérieur de votre corps. Normalement, les donjons d’une race supérieure peuvent au moins s’envoler de leur corps et mieux évaluer la situation, mais je n’ai jamais vu ni entendu parler de quelqu’un comme vous qui peut lancer des sorts en dehors de leur Cœur de Cristal ! C’est ridicule ! » avait-il levé les bras en l’air.

« C’est ce qu’on m’a dit…, » je l’avais regardé alors que je disais ça.

« Pourtant, vous ne le trouvez pas si étrange ou important, » il m’avait regardé dans les yeux.

« En effet, je ne le considère pas ainsi, » avais-je secoué la tête. « Je pensais que c’était quelque chose que n’importe quel donjon pouvait faire. Nanya m’a parlé d’un sort avec un effet similaire et d’autres donjons capables de contrôler des choses en dehors de leur corps comme je le faisais, » avais-je dit.

« En effet, il y a un sort qui peut vous aider à projeter votre voix, mais ce sort a certaines conditions à remplir avant d’être jeté. Ceci étant dit, votre capacité à voler hors de votre corps et à lancer des sorts est hors de l’ordinaire, même pour les donjons Divins. Peu peuvent le faire. Cependant, une autre différence intéressante que vous possédez est représentée par votre Territoire de Donjon. La plupart des donjons acquièrent la zone des pièces qu’ils créent et non une zone entière comme vous l’avez fait. Mais ce n’est pas aussi pertinent, ce n’est peut-être qu’un sous-produit de l’esprit humain, puisque seuls les donjons humanoïdes possèdent habituellement de tels territoires de donjon, » avait-il dit en haussant les épaules.

« N’est-il pas possible que toutes mes capacités “étranges” soient en fait un sous-produit de mon esprit humain ainsi que des expériences de ma vie passée ? » lui avais-je demandé.

« Je ne serais pas surpris. Votre bon sens est plutôt... différent du nôtre. Même le truc d’allégeance. Je n’ai jamais entendu parler du Dieu des gros seins, » secoua-t-il la tête. « Je ne sais même pas si un tel dieu existe. »

« Je n’adore pas les seins…, » lui avais-je dit pour ma défense.

« Je ne dis pas ça. Bien que, si j’y pense, Nanya, Shanteya et Ayuseya possèdent de gros seins, » se frotta-t-il le menton.

« La forme non scellée de Nanya, peut-être…, » lui avais-je rappelé.

« Il y a aussi une autre chose qui est différente de nous. Vous n’avez jamais remarqué, mais au début de votre existence dans ce monde, vous avez souvent échangé les mots “compétence” et “sort”. Même pour un jeune donjon Facile, une telle chose est impossible ! Et ne parlons pas de votre compétence de Rang Empereur, » déclara-t-il en riant.

J’avais plissé les sourcils et croisé les mains sur ma poitrine. « Et alors ? Vous l’avez verrouillée, n’est-ce pas ? » lui avais-je dit.

« Nous avons essayé, mais votre entêtement, ou plutôt votre ignorance ont réussi à briser nos sceaux ! » déclara l’autre. « Ne vous en souvenez-vous pas ? Ce sort n’était pas censé être mis à jour sous la forme du Corps de Cristal. Mais même pas un jour après l’avoir vu, vous avez déjà oublié ce message d’avertissement et vous l’avez mise à jour. Votre subconscient était si fort qu’il a complètement ignoré tous les messages que nous vous avons envoyés. Après ça, on a décidé de vous enfermer à l’intérieur et la verrouiller. À notre grande surprise, la seule façon pour le sceau peut fonctionner, c’est que vous devez vous-même le croire ! Hahaha ! »

Il s’était moqué de moi. Je l’avais seulement regardé en étant confus et stupéfait par ce que je venais d’entendre. C’était un peu difficile d’imaginer qu’ils avaient si peu de contrôle sur moi après tout ce qu’il avait dit, mais encore une fois, je n’étais pas un jeune esprit de donjon né, j’avais l’esprit d’un adulte humain qui vivait en adulte dans mon monde, un adulte humain.

Il y avait aussi une autre chose qui rendait ça bizarre. Il y a un instant, il disait qu’il ne savait pas ce que faisaient les autres donjons, mais maintenant il parlait comme s’il était là depuis le début. Cela faisait-il partie de sa nature brisée ou essayait-il de me mentir ?

Franchement, cela ne m’importait pas maintenant, je savais que si j’essayais assez fort, je pourrais briser toutes les limitations et les lois qu’ils essayaient de m’imposer. En fait, j’étais certain qu’ils n’essaieraient pas une deuxième fois, mais je n’aurais pas encore parié sur ça.

« Mais oui, vous avez brisé ces limitations. Vous avez amélioré la compétence comme si ce n’était rien, puis vous avez franchi toutes les barrières que nous avons essayé d’ériger pour l’éloigner de vous, » déclara-t-il en me regardant.

« Donc ces messages brisés à la fin étaient en fait votre tentative de garder le sort non accessible ? » lui avais-je demandé.

« Compétence, mais oui, et pas la mienne, la leur, » acquiesça-t-il.

« Quelle est la différence entre ces deux mots ? » lui avais-je demandé.

« Compétence signifie tout ce qui figure dans votre fenêtre de compétences. Un sort signifie l’effet de l’activation d’une compétence. En d’autres termes, vous utilisez une COMPÉTENCE, mais lancez un SORT. Pas si dur que ça ! Souvenez-vous ! » me déclara-t-il un peu frustré.

« Autre chose que j’ai cassé ? » demandai-je.

« Oui... Le [Lien de Confiance] est une compétence inexistante. En fait, il n’a jamais existé et n’a jamais été mentionné nulle part sur cette planète avant votre apparition ! Comment cela fonctionne exactement et pourquoi, je n’en ai moi-même aucune idée, mais c’est quelque chose qui est contrôlé par votre subconscient. Le flux de mana, les équations, tout est contrôlé par votre subconscient. Nous avons essayé de verrouiller celui-là aussi, mais nous n’avons pas pu le faire parce que ce n’était pas l’un des nôtres, » avait-il dit en haussant les épaules. « Une autre chose que vous avez brisée, c’est le brouillard noir de l’intention meurtrière ainsi que vos propres statistiques et compétences. »

« Je pense que c’est une bonne chose que d’acquérir le [Lien de Confiance], mais que voulez-vous dire par là, j’ai brisé mes propres statistiques ? Expliquez-vous, s’il vous plaît. De toute manière, il n’y a rien d’autre à faire pour l’instant... » lui avais-je dit, et avec cette remarque, j’espérais lui faire savoir que je voulais sauter à la partie sur la façon d’aller et de sauver les filles et moi-même du Dankyunator 3000.

« Nous voyons cette compétence comme n’étant rien d’autre qu’un problème. Les donjons ne peuvent pas faire confiance aux humanoïdes ! Ça a toujours été comme ça, et ce sera toujours comme ça ! Quant à vos propres statistiques, oui... techniquement, vous n’avez pas les statistiques d’un donjon Divin. Le boost que vous avez reçu en points a été sévèrement limité par votre subconscient parce que vous avez peur d’avoir trop de puissance... Ce qui est stupide..., » avait-il dit. Puis il avait fait claquer sa langue.

« Que pouvez-vous alors faire ? » lui avais-je demandé.

« Comment le saurais-je ? Les donjons n’ont rien de semblable à un esprit subconscient... Franchement, comment les mortels survivent-ils même avec quelque chose comme ça ? C’est ridicule ! Qui est la version dominante ? Qui est le chef et qui est le suiveur », se frotta-t-il les tempes comme s’il essayait de se débarrasser d’une migraine.

« Je ne pense pas que c’est comme ça que ça marche... je pense que l’esprit conscient et l’esprit subconscient travaillent en équipe, » lui avais-je dit.

« Je n’y crois pas. Mais, passons à la prochaine des choses illogiques, votre brouillard noir provenant de vos intentions meurtrières est aussi brisé parce que vous ne montrez pas constamment vos intentions meurtrières, » déclara-t-il.

« Pourquoi devrais-je le faire ? » lui avais-je demandé en plissant les sourcils.

« À moins que vous ne montriez votre intention meurtrière, comment vos ennemis sauront-ils que vous êtes prêts à les tuer ? Comment leur direz-vous de rester en dehors de votre chemin ? Sans parler de vos esclaves, il faut constamment leur rappeler que vous êtes au-dessus d’eux comme un dieu au-dessus d’un mortel, et il ne faut pas dormir avec eux comme ça. Si vous voulez vous accoupler avec une femme, déchirez ses vêtements et faites-le ! Pourquoi demander la permission ? Après tout, vous êtes un donjon ! Mais c’est peut-être aussi pour ça que vos compétences sont brisées. Au lieu d’acquérir toutes les compétences de base, vous n’avez presque rien obtenu, sans parler du fait que vous avez dû apprendre vos propres compétences dans des livres ? Franchement ? Quand un donjon avait-il lu quelque chose pour la dernière fois ? » ses explications s’étaient plutôt tournées vers une réprimande, alors qu’il essayait d’expliquer pourquoi j’avais fait des erreurs qui pour moi étaient naturelles.

« Parce que j’ai de la compassion, et pas vous. Parce que je les respecte et les considère comme mes égaux, et non comme des objets que je dois utiliser et détruire. Parce que je veux faire l’amour avec une femme qui m’aime, pas la baiser comme un diablotin sur une botte ! » avais-je rétorqué. J’avais haussé un peu la voix sur la dernière remarque.

« Vous êtes idiot d’y croire ! Ce n’est pas normal ! Ce n’est pas naturel ! » déclara-t-il en me regardant dans les yeux.

Je commençais à détester cet homme impoli qui m’avait dit de me comporter avec ma Shanteya bien-aimée comme je le ferais avec un robot, ou avec Ayuseya et Nanya comme le ferait un violeur. Comment peut-on considérer de telles actions et croyances comme vraies et justes ? Cela n’avait aucun sens pour moi, et en tant que tel, je refusais complètement de croire tout ce qu’il disait sur le fait que ces actions étaient mauvaises parce que j’étais un donjon.

« Si vous êtes ici pour m’ennuyer ou m’insulter, vous êtes libre de partir, » lui avais-je dit.

« Eh ben, non. Je suis ici pour expliquer certaines choses de base, pour vous faire savoir qui dirige les choses en arrière-plan et vous dire qu’il n’y a qu’une seule façon d’échapper à tout ce désordre, » m’avait-il regardé dans les yeux.

« Ne puis-je pas vous supprimer ? » avais-je demandé en souriant.

« Vous ne pouvez pas, car vous mourrez sûrement. Avez-vous une idée de ce qu’il faut faire pour respirer avec votre corps de cristal ? Savez-vous comment contrôler le flux de magie à l’intérieur de votre corps ? » demanda-t-il en souriant.

Je n’avais pas pu lui répondre. C’est tout ce que l’obscurité avait fait à l’arrière-plan.

« En d’autres termes... Je peux vous renvoyer, mais ce faisant, je me condamne à mort, » déclarai-je.

« Ainsi que les filles, parce que je suis le seul à savoir comment vous sortir de cette... situation difficile, » répondit-il.

« Comment ? » avais-je plissé les yeux vers lui.

« Promets-nous que vous ne nous détruirez pas, et nous vous laisserons tranquille. Plus de barrières, plus de compétences verrouillées, plus d’apparitions soudaines de notre part, » déclara-t-il en souriant.

« Bien, je vous le promets, » lui avais-je dit, bien que j’avais le sentiment qu’il prévoyait quelque chose avec cette coupure soudaine de connexion, mais ce que c’était, je n’en avais aucune idée.

« Très bien ! Et comme promis, je vous dirai comment échapper à cette situation, bien que vous l’ayez partiellement deviné peu après votre naissance. Vous devrez vous construire un nouveau corps à partir de zéro. » Cependant, il avait levé le doigt et m’avait regardé dans les yeux pendant un instant : « Vous n’en aurez pas le contrôle au départ pour la durée du combat contre notre ennemi. C’est moi qui le ferai ! » me déclara-t-il.

« Pourquoi ? » lui avais-je demandé en croisant les bras au niveau de ma poitrine.

« Avez-vous des compétences en arts martiaux ? Comment lever instantanément votre amure magique ? Savez-vous comment absorber la matière et guérir une blessure ? Savez-vous comment lancer des sorts sans chant ? Savez-vous au moins utiliser une épée ou combattre à grande vitesse ? » m’avait-il bombardé d’innombrables questions auxquelles il connaissait déjà la réponse.

« Non, » avais-je répondu.

« Eh bien, c’est ce que vous devrez faire et savoir pour votre première bataille, sinon Dankyun vous tuera avant même que vous ne puissiez lever le petit doigt sur lui, » répondit-il.

« Ne pouvez-vous pas m’apprendre toutes ces choses pendant que nous sommes dans cet état ? » lui avais-je demandé en levant les bras et en levant les yeux.

« Je peux, mais je ne le ferai pas. Après cette bataille, les choses vont changer. Vous changerez, et nous aussi…, » répondit-il.

Le regard dans ses yeux m’avait dit que ce n’était que le début. Il était également logique qu’il ne me donne pas ces compétences et capacités. Il avait besoin d’un levier ; quelque chose qu’il pouvait faire, et je ne pouvais pas ; une raison de le garder en vie quand les choses devenaient difficiles pour moi.

« Comment saurai-je que vous ne ferez pas de mal à mes femmes et à mon esclave ? » lui avais-je demandé.

« Tant qu’elles ont un contrat avec nous, ce serait à notre détriment de les tuer ou de leur faire du mal. Alors vous pouvez vous détendre, Illsyore. Quant à Dankyun, il a été marqué comme notre cible, mais j’aimerais bien jouer un peu avec lui, » il m’avait affiché un sourire malicieux lorsqu’il avait mentionné cette dernière partie.

« D’accord... par où commençons-nous ? » lui avais-je demandé, et avec ça, j’avais accepté son marché.

Il n’y avait pas d’autre moyen de s’en sortir. Il avait des connaissances et des informations qui me manquaient, et je manquais de temps.

« Très bien ! Nous commencerons par vous faire construire votre corps. Il y a des restes des corps utilisés par tous les Seigneurs du Donjon qui ont atteint l’état humanoïde. Vous pouvez apprendre d’eux quant à comment construire votre corps. Un peu d’anatomie et de biologie avancée seront nécessaires pour ce processus, mais je suis sûr que vous n’aurez pas de problème avec ces connaissances. Alors, laissez libre cours à votre imagination. Oh, et ne soyez pas gêné de travailler aussi sur vos parties génitales. Vous devez vous assurer que votre corps soit parfait dans les moindres détails, sinon vous le regretterez plus tard ! » déclara-t-il.

J’avais encore dégluti.

Cela ressemblait à une terrible quantité de maux de tête et de choses à apprendre, mais si je voulais me sauver ainsi que Nanya, Shanteya et Ayuseya, je devais passer par tout cela. J’avais besoin d’un corps pour vaincre Dankyun, bien que je n’aimais pas le fait que ce Primordial allait être le premier à le contrôler. Je ne lui faisais pas confiance, je ne pouvais pas, et j’avais des doutes quant au fait que je le ferais un jour. Malheureusement, l’alternative était de pourrir dans cet endroit pendant plus de 5000 ans jusqu’à ce que je meure ou que cette obscurité me détruise.

***

Chapitre 39 : Ma sorte de vengeance !

Partie 1

[Point de vue de Shanteya]

L’épée de Dankyun m’avait transpercé les entrailles et était sortie par l’autre côté. Je sentais la lame froide qui coupait profondément mon corps, me blessant, me faisant saigner, me faisant frissonner. La peur avait saisi mon cœur dans ses griffes mortelles, me rappelant ma faiblesse et mon inutilité. Cette fois, c’était différent. Cette faiblesse démontrée devant Dankyun était une preuve de mon incapacité à protéger mon Maître, mon manque de force et de compétence, mon manque de détermination à obtenir la puissance dont j’avais besoin et que je désirais afin de rembourser mon Maître pour toute la gentillesse qu’il m’avait offerte depuis cette nuit fatale.

Pourtant, malgré ces sentiments et ces émotions, il y avait un autre type de peur qui tourbillonnait au fond de mon cœur et me faisait frissonner comme une petite enfant sans défense. De toute ma vie, je n’avais jamais vécu l’étreinte d’un amoureux ou même, me permettre de ressentir le toucher d’un amoureux. J’étais la Poupée Brisée envers qui personne ne désirait être, et encore moins aider ou protéger. Personne sauf le Seigneur du Donjon qui m’avait libérée, qui m’avait guérie de mes blessures et de mes malédictions, qui m’avait étreinte et embrassée sans crainte ou dégoût de qui j’étais et de ce que d’autres hommes avaient fait de moi.

À cause de cette peur de perdre celui que j’aimais, mes derniers mots envers mon Maître furent : « Je suis désolée... Illsy. J’ai échoué... »

Des larmes s’étaient accumulées dans les coins de mes yeux lorsque du sang s’était répandu autour de mes lèvres et de ma plaie ouverte. J’étais en train de mourir avec lui. Au lieu de pouvoir le sauver, j’avais permis qu’il soit tué par ce draconien, et ça fait mal, ça fait tellement mal de savoir que je n’avais pas pu empêcher celui que j’aimais d’être blessé par son ennemi. Cette douleur était beaucoup plus grande que la douleur physique causée par l’épée empalée dans mon abdomen.

« Stupide shikak ! » maudit Dankyun en tirant sa lame.

« Arg... » j’avais gémi et j’étais tombée à genoux.

Mon corps était faible et tremblait de douleur et de peur, mais même ainsi, je le regardais encore fixement. Je ne voulais pas offrir à ce monstre la joie de nous avoir vaincus, de nous avoir frappés avec une telle facilité. Ceux qui, comme lui, savouraient les moments où leurs ennemis mendiaient pour leur vie ou criaient de douleur, je ne connaissais que trop bien son espèce, et la seule chose qu’ils détestaient tous, c’était de voir leurs victimes continuer à se battre alors que l’espoir avait disparu depuis longtemps de leur bataille.

« Quelle petite femme persévérante ! » Il avait craché et m’avait attrapée par le cou.

Avec une grande facilité, il m’avait soulevée du sol et m’avait affiché son sourire victorieux. J’avais essayé de lutter face à sa prise, de me libérer de son emprise, mais la blessure dans mon intestin avait sapé ma force, la réduisant à presque rien.

« Peut-être que je devrais te torturer avant de te tuer ? Te violer jusqu’à ce que tu n’arrives plus à réfléchir ? » m’avait-il menacée.

« Désolée, mais je préfère les hommes au lit, et non pas les femmes vierges..., » j’avais souri face à lui.

Il avait perdu la tête et m’avait jetée sur le côté. J’avais atterri sur le sol, cassant mon bras gauche et roulant plusieurs fois jusqu’à ce que je m’arrête non loin de l’endroit où Nanya s’appuyait avec son dos sur un morceau de mur émietté. J’avais craché du sang et toussé. Je ne pouvais pas bouger, et ça faisait mal partout.

Est-ce que c’est ça ? m’étais-je demandé avant que ma vision ne s’estompe. Puis j’avais perdu conscience...

[Point de vue de Nanya]

Les choses ne se présentaient pas très bien pour nous. Illsy venait d’être poignardé par Dankyun et était probablement mort à la suite de cette attaque. Shanteya avait été blessée et jetée comme un chiffon inutile. Ayuseya était inconsciente et perdait rapidement du sang. Est-ce qu’il lui restait encore une minute ? J’en doutais. Quant au monstre qui nous avait mis à genoux ainsi, le monstre draconien qui jouait avec nous comme si nous n’étions rien d’autre qu’une existence inutile pour lui, il se tenait là, riant et profitant de la vue de cette destruction présente autour de nous.

Quant à moi, mon corps était engourdi, rempli de douleur, et je n’avais plus beaucoup de sang dans mes veines afin d’éloigner le froid. Il s’était déjà étendu à mes membres inférieurs et à ma queue. Ma mâchoire et mes paupières avaient l’impression d’être tirées vers le bas par des montagnes. Je ne pouvais pas les garder ouverts. J’arrivais à peine à penser, et c’était si difficile de se concentrer. En toute honnêteté, je n’avais même pas remarqué quand Shanteya s’était retrouvée à mes pieds.

C’est ça... Eh bien, je pourrais utiliser ce cristal [Téléportation], mais à quoi cela sert-il ? Sans l’aide d’un guérisseur, je vais mourir de toute façon. Dankyun l’a finalement fait... il nous a tous tués et a gagné la bataille. En le regardant, j’avais réfléchi.

Un dernier coup était tout ce dont il avait besoin pour nous tuer. Un seul coup de poing au bon endroit ou un coup de poignard direct au cœur et cela seraient finis. La décapitation était également une option, car aucun d’entre nous n’avait la force de s’opposer à lui. Pourtant, j’avais le sentiment qu’il n’allait rien faire de tout cela. Dankyun allait nous laisser nous vider de notre sang tout en se vantant de sa puissance en tant que Suprême.

Rien que de penser au fait que j’aurais utilisé un truc si pathétique pour sauver ma vie m’avait rendu malade. Si seulement j’étais plus forte...

Quant à Illsy, ce pauvre Seigneur du Donjon n’était en vie que depuis quelques semaines. Mourir ainsi surtout quand il avait montré une telle différence entre lui et les autres donjons était une honte.

Je suppose que je ne saurai jamais s’il nous aimait vraiment ou pas..., avais-je pensé et au fond de moi, je m’étais retrouvée à le regretter un peu.

« Ah ! Quelle belle journée ! » déclara Dankyun en riant. Mais il s’était passé quelque chose d’étrange.

Une vague de force avait repoussé la poussière loin du corps d’Illsy, tandis que des étincelles d’énergie apparaissaient autour de lui.

« Que se passe-t-il ? » s’interrogea Dankyun en prenant du recul et en regardant les choses étranges qui étaient arrivées au noyau de cristal vert.

BADUMP !

Un fort battement de cœur avait été entendu en provenance de celui-ci, envoyant une onde de choc autour de lui.

BADUMP !

Un autre avait été entendu.

En regardant la façon dont la terre et la poussière étaient éloignées de lui, et en voyant comment les ondes de choc de pression étaient libérées à chaque battement de cœur, j’avais l’impression d’être sur le point d’assister au réveil d’un monstre. Un frisson était descendu le long de mon dos alors que les crépitements d’éclairs de son corps s’intensifiaient, frappant les pierres et le sol autour de lui. La pression était intense.

Dankyun avait aussi regardé à ce moment-là, mais il n’avait pas envie d’attendre la fin de ce qui arrivait à Illsy. Serrant la poignée de son épée, il la souleva et se précipita vers lui avec l’intention claire de le détruire.

« N-Non..., » j’avais réussi à dire ça avec une voix rude et essoufflée.

Je ne pouvais plus faire de bruit.

Je ne pouvais que regarder avec impuissance le draconien utiliser l’épée que mon père avait construite pour me protéger, avant de frapper celui que je voulais protéger. J’avais tenté d’étouffer les vrilles d’inquiétude et de peur qui avaient resserré leur prise autour de mon cœur et affectant mon souffle pendant que je regardais la lame noire retomber sur le corps de cristal. Il n’y avait aucun moyen de le protéger ou même de me déplacer pour me placer devant l’épée comme Shanteya l’avait fait. Je pouvais à peine respirer et garder les yeux ouverts, sans parler de marcher ou de courir jusqu’à cet endroit.

Illsy..., avais-je dit dans mon esprit en attendant d’entendre les bruits de son corps. Mais cela n’était jamais arrivé.

Comme Dankyun avait le dos tourné vers moi, je ne voyais pas ce qui était arrivé au noyau de cristal.

Illsy a fait quelque chose ? m’étais-je demandé.

BADUMP ! un autre battement de cœur fort avait été entendu.

« GAH ! » le draconien avait été renvoyé dans un vol plané, s’écrasant sur les décombres du bâtiment de l’école qui se trouvait ici.

Il avait été repoussé par l’onde de choc provenant du corps du donjon. D’une manière ou d’une autre, Illsy s’était défendu contre la frappe du Suprême, mais était-ce lui qui l’avait fait ou quelque chose de mauvais arrivait-il à son corps ? Je ne pouvais pas le dire, et j’avais l’impression que j’allais aussi m’évanouir.

« Espèce de salaud ! » cria Dankyun alors qu’il sortait des décombres.

BADUMP !

Un autre battement de cœur avait été entendu, et une autre onde de choc avait été envoyée à partir de celui-ci.

À l’instant suivant, quelque chose d’étrange se produisit. Le Territoire de Donjon d’Illsy avait donné l’impression qu’il était soudainement arraché à mes pieds, se retirant dans son corps de cristal. La sensation ne semblait pas avoir été remarquée du tout par Dankyun, alors peut-être que seuls ceux d’entre nous, qui étaient liés au Seigneur du Donjon d’une manière ou d’une autre, étaient capables de ressentir cela.

Après cela, toute la lumière autour du gros cristal vert s’était concentrée à l’intérieur, et la foudre avait cessé de se former. Le pouls et les ondes de choc s’étaient arrêtés, mais il ne semblerait pas qu’Illsy soit mort. Je le voyais comme s’il était prêt à exploser en raison d’une incroyable quantité d’énergie, comme une puissante [Boule de feu] prête à exploser.

J’avais dégluti et j’avais attendu pour voir ce qui allait se passer ensuite.

Quelques secondes s’étaient écoulées sans que le corps de cristal dévoile le moindre changement.

Est-ce fini ? m’étais-je demandé.

Dankyun ne laissait certainement pas sa garde ouverte.

« Arg. » J’avais gémi et j’avais regardé en bas.

Le sang séché avait taché mon armure et mes membres, mais je ne sentais pas son odeur métallique. Mes jambes et mes bras étaient également engourdis. Même si j’essayais de faire un poing ou de bouger un doigt, je ne pourrais plus. L’ordre pour qu’il bouge ne passait pas, ou plutôt les muscles ne répondaient pas à mes ordres.

Je ne serai plus en vie très longtemps..., avais-je pensé en essayant d’arrêter toute sorte de peur et d’horreur d’accélérer le rythme de mon cœur.

Si je n’avais pas fait cela, j’aurais perdu encore plus de sang, mais si on me regardait de l’extérieur, je dirais que j’avais l’air d’un monstre sans émotion qui ne se souciait pas de ce qui allait se passer ensuite. La vérité, c’était que j’avais très peur et je ne voulais pas encore mourir, mais toute mon expérience et mes connaissances m’avaient dit de rester immobile et calme. C’était ma seule chance. J’étais suspendue à un fil mince au-dessus des mâchoires affamées de la mort.

Soudain, le cristal d’Illsy avait craqué comme si quelqu’un l’avait frappé avec un énorme marteau.

J’avais dégluti.

Une présence stupéfiante émanait du corps de cristal craquelé. C’était sorti comme une onde de choc, repoussant toute personne trop près de lui. Le sol autour du cristal avait commencé à trembler, les roches et la poussière avaient été soulevées dans l’air pendant que les éclairs zappaient tout ce qui était proche. Une quantité incroyable de mana pouvait être ressentie autour d’elle.

BADUMP !

Le battement du cœur avait été entendu à nouveau.

BADUMP ! BADUMP ! BADUMP !

L’impulsion s’était intensifiée à mesure que plus d’éclairs crépitaient dans l’air.

La lumière émanant du corps avait commencé à briller avec plus de mana à l’intérieur. Puis, soudainement, une impulsion de lumière forte avait été libérée avec l’onde de choc la plus forte d’entre toutes. J’avais fermé les yeux, mais je pouvais entendre le sol gronder comme un monstre enragé. La poussière, la terre et les petits cailloux avaient été repoussés, certains m’avaient même frappée, mais tout s’était arrêté.

J’avais lutté pour rouvrir les yeux, bien que la pensée agréable de céder et de laisser aller mon dernier souffle m’avait tentée. Le désir de savoir ce qui était arrivé à Illsy était plus fort, alors j’avais poussé et forcé ces minuscules muscles à tirer mes paupières vers le haut pour que je puisse le voir.

Il y avait un cratère parfaitement rond où se trouvait avant ça son corps de cristal vert, et au milieu de celui-ci se trouvait un homme. Le cœur de donjon avait complètement disparu, et ce qui avait pris sa place était un humanoïde se tenant avec ces 194 cm de haut, avec une peau d’un blanc pâle et un grand cristal vert au milieu de sa poitrine. À en juger par les parties inférieures sous sa ceinture, cette entité était un homme. Il avait des cheveux courts de couleur jade-vert, des yeux d’un vert émeraude profond, un beau visage et un corps en forme affichant un peu de muscles. En plus du gros cristal au milieu de sa poitrine, il y en avait cinq plus petits sur chaque bras et jambe. Ils avaient tous la même taille et la même forme et brillaient d’une douce tonalité verte. De mon point de vue, il était plutôt attirant.

De toute ma vie, je n’avais jamais vu ou entendu parler d’un être comme lui, mais ce que je savais avec certitude, c’est qu’il n’était autre qu’Illsyore, mon mari. D’une manière ou d’une autre, il avait gagné un corps humanoïde, mais allait-il être assez puissant pour vaincre Dankyun ?

Illsy..., avais-je pensé et prié pour qu’il gagne.

[Point de vue d’Illsyore]

271 ans avaient été passés dans cette obscurité, travaillant constamment sur mon corps avec peu ou pas de temps pour quoi que ce soit d’autre. D’autres donjons en plus du Primordial s’étaient révélés à moi au fil du temps. C’était un travail difficile de construire mon corps tout en les écoutant constamment, toujours en fouillant dans mes souvenirs et en se moquant de moi. Le Primordial avait essayé à maintes reprises d’expliquer pourquoi on ne devrait pas faire confiance aux organiques humanoïdes et comment les donjons leur étaient supérieurs de quelque manière que ce soit.

Ces voix chantaient des chœurs pour les sourds et des cieux peints pour les aveugles parce que tout ce qui m’importait et ce à quoi je pensais étaient de rendre mon corps aussi fort que possible afin de sauver Nanya, Shanteya et Ayuseya.

Il y avait beaucoup de choses que je devais changer, beaucoup de choses que je devais ajouter. J’avais échoué à maintes reprises. J’avais sincèrement perdu le compte du nombre d’échecs que j’avais accumulés.

Pour commencer, mon premier corps avait été terminé après seulement 6 ans de conception et de planification minutieuse. C’était un succès record, mais comme il ne durerait pas, le Primordial avait décliné son existence, m’expliquant douloureusement comment il serait vaincu par Dankyun. Il avait raison. Cette chose... n’était pas différente d’un corps humain normal. Il lui manquait même la capacité de stocker le mana.

Après avoir échoué pendant encore une vingtaine d’années, le Primordial m’avait finalement expliqué un peu comment fonctionnait le mana. Dans l’idée, c’était un effet macroscopique généré par les interactions de particules élémentaires que je connaissais déjà comme les bosons et les fermions avec un autre type de particules appelées particules MT ou particules de type magique. Elles interagissaient avec la matière et la matière noire par le biais d’ondes et de champs capables de changer littéralement les lois de l’interaction entre les bosons et les fermions et, par conséquent, les structures microscopiques et macroscopiques. Bien sûr, on ne m’a pas donné l’explication complète et tous les détails à ce sujet puisque le Primordial les avait aussi oubliés, mais on m’avait offert assez pour que je commence à le comprendre et à sentir lentement le flux de la magie. En fait, je n’avais aucune idée de la façon dont les bosons et les fermions agissaient ensemble, mais j’avais compris que grâce à mana, j’avais un certain contrôle sur les lois de la physique et de la matière elle-même.

En toute honnêteté, c’était un gros mal de tête, et il était difficile de tirer l’information en provenance du Primordial, d’autant plus qu’il y avait des moments où il... oubliait de quoi nous parlions il y a des mois ou des années.

Quant à l’utilisation des nouvelles connaissances que j’avais acquises, cela s’était avéré encore plus difficile que ce à quoi je m’attendais. Si j’avais été physicien des particules ou du moins médecin dans ma vie antérieure, j’aurais peut-être eu un peu d’aide pour comprendre ce que je faisais dans le monde. Il y avait eu des mois ou même des années où j’avais envie de devenir fou parce que je cherchais quelque chose que je ne trouvais pas. En effet, j’avais manqué de beaucoup d’informations sur la façon dont une forme de vie biologique était censée fonctionner. C’est pourquoi le Primordial avait rejeté les autres corps que j’avais fabriqués par la suite. Ils étaient littéralement rapiécés et copiés des versions des corps des autres donjons.

Essai après essai, échec après échec, le corps sur lequel je travaillais progressait et avançait. Ce n’était pas facile de réaliser ce que je voulais : quelque chose d’assez puissant pour détruire Dankyun.

Le plus difficile avait été de trouver comment transformer les points de force, d’agilité et d’intelligence en interactions réelles au niveau élémentaire. Ils ne m’avaient jamais dit comment ça fonctionnait exactement. L’obscurité voulait que j’abandonne l’idée de le découvrir par moi-même et que je l’utilise à la place. Il voulait que je crée un lien de dépendance, mais je ne voulais rien de tout cela.

Ainsi, j’avais lutté et bataillé, devinant et essayant beaucoup de choses au fil des années.

Ce qui m’avait aidé à apprendre plus rapidement, c’était les restes des corps de tous les Seigneurs du Donjon qui avaient atteint la forme humanoïde ou semi-humanoïde. Inutile de dire que la forme du corps sur lequel je travaillais allait être très différente de mon corps humain. Il devait être puissant, solide, rapide et beau.

Une chose était de faire une belle femme, je connaissais les paramètres, mais faire un homme, c’était... et bien, c’était pour le moins difficile à dire. Du bon côté des choses, la façon dont je travaillais était similaire au moulage de l’argile. Il m’avait fallu environ 67 ans pour développer et apprendre cette capacité, mais c’était loin d’être parfait. C’était la même chose avec les objets de construction, je devais juste comprendre comment contrôler le flux de magie afin de lui faire changer les propriétés et la forme d’une substance.

***

Partie 2

À un moment donné, je m’étais un peu écarté des modifications et j’avais fini par avoir un corps qui semblait un peu différent par rapport aux êtres de cette planète, en particulier la queue et les griffes. Les principales parties sur lesquelles je m’étais concentré étaient les quatre bras et les six jambes. Je voulais vraiment que le corps ait des implants, alors j’avais choisi des cristaux de sorts et des lasers. Les mains, jusqu’au coude, avaient été implantées avec des cristaux de puissance reliés par des tissus biologiques et avaient permis le même effet que le laser. Les autres allaient être des cristaux de stockage d’énergie magique semblable à ceux utilisés par Dankyun.

Je devais dire que j’avais l’air différent. Mon corps mesurait six mètres de haut, avec quatre mâchoires, des dents et des griffes acérées comme des rasoirs. Je pouvais faire des crachats acides, j’avais quatre bras, six jambes et toutes sortes d’autres accessoires cool. C’était un monstre grandeur nature, peu importe la façon dont vous le regardiez.

Quand j’en avais fini avec celui-ci, le Primordial avait complimenté mon ingéniosité, mais ce n’était pas encore assez. Il avait pris la liberté de m’expliquer le fait que chaque partie de mon corps allait être une difficile à bien contrôler et à utiliser à cause de la façon dont notre esprit fonctionnait. Nous n’avions pas le temps d’apprendre à contrôler les membres et organes supplémentaires que je considérais comme « cool ».

Puis il m’avait expliqué les principaux aspects sur lesquels il voulait que je me concentre...

Comment cela peut-il être vrai... ? Après plus de 150 ans de travail, il avait finalement pensé que ce serait une bonne idée de dire ce dont il avait BESOIN pour que le corps fonctionne ! Cela m’avait tellement ennuyé ce jour-là que j’avais commencé à me battre avec lui. Bien sûr, j’avais perdu... et quelques souvenirs de Donjons Faciles avaient été détruits au cours du processus. En fin de compte, j’avais compris que peu importe qui piloterait le corps que je fabriquais, il leur faudrait des décennies pour apprendre à le faire efficacement.

Le dernier corps sur lequel j’avais travaillé était censé être le dernier. Apparemment, comprendre le fonctionnement du corps et le construire moi-même m’avait permis de contrôler ses capacités de guérison beaucoup plus facilement. Pas même une décapitation ou un coup de couteau dans le cœur aurait suffi pour me tuer maintenant. C’était l’un des aspects que le stupide Primordial avait oublié de mentionner. Comme prévu, trois ans plus tard, il avait complètement oublié notre bataille, bien que j’étais encore en train de grogner comme un raton laveur affamé.

En effet, c’était la même chose que de ne parler qu’aux ombres de leur passé. À maintes reprises, cela avait été clairement établi que dans cette obscurité, j’étais le seul esprit vivant et actif avec une fonctionnalité à 100 %, tous les autres étaient comme un fantôme avec au moins un cerveau à moitié mort. Je me sentais parfois un peu seul.

Il y avait eu très peu de moments où j’avais voulu faire une pause, mais quand je l’avais fait, j’avais pensé au monde dans lequel j’étais, aux personnes, à ce que j’avais appris et à ce que je voulais faire après que Dankyun ait été mis au rebut, emballé et posté vers Teslov sur la boite à lettre express « destination finale ».

Ce monde était différent du mien, trop différent. J’avais même appris qu’il y avait plus que ces trois continents. Apparemment, il y avait même quelque chose comme un Continent aux Donjons, mais aucune des ombres ici ne savait où il était ou de quoi il s’agissait. Ils se souvenaient seulement qu’il existait. Quant au Primordial, il ne le savait pas non plus. Apparemment, il y avait aussi de gros trous de mémoire. Il ne pouvait même pas se rappeler où il est né, et quand c’était la dernière fois qu’il était vivant. Les donjons les plus faibles étaient dans un pire état, mais ils ne fonctionnaient que sur une poignée de souvenirs qu’ils revivaient constamment. Certains étaient bons, d’autres mauvais.

J’avais décidé que je voulais en apprendre davantage sur ce monde après avoir vaincu Dankyun. Il y avait beaucoup plus de continents à découvrir, beaucoup de gens à rencontrer, et je n’avais pas encore vu de chat. Selon certains de leurs souvenirs, ils existaient. L’un des donjons se souvenait d’avoir nourri des esclaves nekatars afin d’être utilisé comme terrain d’entraînement pour les chevaliers humains. Une autre se souvient d’en avoir eu un comme mari. Eh oui, il y avait des mâles et des femelles dans les donjons par ici.

Par conséquent, un élément très important avait été ajouté à ma liste de choses à faire : trouver une fille nekatar et voir si un laser de pointage allait fonctionner sur elle.

Les autres objectifs étaient plutôt simples : goûter à la nourriture ; nager dans l’océan ; apprendre à voler si je le peux ; des choses simples que je n’avais jamais appréciées ou chéries dans mon monde précédent. Construire un ordinateur allait devoir attendre, car je n’avais aucune idée de la façon de faire de l’électronique ou même de les programmer.

Il y avait une chose dont je n’étais pas trop certain : mon but premier dans la vie, le but de mon existence. Qu’est-ce que je voulais vraiment faire ? J’avais reporté ce débat intérieur à plus tard, à après que j’en aurais fini avec Dankyun, juste au cas où j’aurais accidentellement dû levé un drapeau de la mort face à lui. Mais bon, est-ce que cela sera vraiment un drapeau de la mort ou non ?

C’est ainsi que j’avais passé mon temps dans cette obscurité, et quand il était enfin temps de révéler mon corps, tout ce que j’avais à dire, c’était que j’avais conçu une nouvelle espèce. C’était une entité qui n’existait tout simplement pas jusque-là. Mes capacités étaient vastes. Mais plus important encore, mon corps allait être assez fort pour détruire Dankyun.

« C’est l’heure, » dit le Primordial en souriant.

« Oui, » lui avais-je dit en regardant mon futur corps humanoïde avec des yeux vert-émeraude et des cheveux vert jade.

En un instant, le Primordial avait libéré cet état de ralentissement du temps dans lequel nous étions, et mon corps de cristal avait commencé à changer. Comme on me l’avait déjà expliqué, j’avais dû accepter certaines conditions avant que le changement ne commence.

Tout d’abord, mon niveau avait été remis à 1. En le disant d’une manière pratique, c’était un nouveau corps, donc mon expérience dans ce corps était de 0 selon le fonctionnement interne du système de donjon. Même maintenant, je n’arrivais pas à comprendre comment cette foutue chose fonctionnait. En général, tout changement important survenu dans l’entité donjon à la suite de l’évolution allait être suivi d’une réinitialisation complète du niveau. La réinitialisation du niveau libérerait fondamentalement tout le mana stocké à l’intérieur du corps sous la forme d’un niveau. D’une manière ou d’une autre, les liens entre les particules avaient été renforcés par ce mana, tout comme un vieux donjon était naturellement beaucoup plus solide qu’un donjon neuf. À la suite de ce message que j’avais accepté, j’avais reçu une grande quantité de mana nécessaire à la construction du prochain corps.

Deuxièmement, j’avais dû consommer les corps de tous les monstres en moi ainsi que ceux des soldats morts sur mon territoire, car chacun d’eux était essentiellement un stockage de mana. Faire cela à Dankyun n’aurait pas fonctionné parce qu’il était vivant, ce qui signifie qu’il pouvait inconsciemment ou consciemment contrôler son propre flux de mana. Théoriquement, je pourrais l’absorber, mais j’aurais besoin d’une énorme quantité de mana pour simplement contrer et convertir son énergie, me laissant sans corps et les filles mortes à coup sûr.

Troisièmement, tout mon Territoire de Donjon devait être réduit à seulement 10 cm autour de mon corps, car j’avais besoin de tout le mana qui y était stocké. C’était ce que j’avais compris. Un donjon allait étendre son territoire comme un moyen d’étendre ses sens ainsi qu’un moyen de stocker le mana pour le moment où ils en auraient le plus besoin. Les effets secondaires étaient que tous les bâtiments libérés du territoire finiraient par être neutres. Il en allait de même pour les monstres convoqués. Apparemment, il y avait un autre effet secondaire, mais le Primordial avait refusé de m’en parler.

Quatrièmement, les compétences que j’avais acquises en tant que cœur de donjon allaient devenir partiellement inutiles pour moi parce que des corps différents signifiaient des flux de mana différents ainsi qu’une compréhension différente de la façon de lancer mes sorts. Eh bien, toutes les compétences à l’exception des compétences de construction de donjon et [Lien de Confiance] en raison de leurs conditions inhérentes : Territoire de Donjon pour le premier et la confiance réciproque pour le second. Les attributs divins et les compétences que j’avais acquises en tant que trait racial passif étaient restés intacts. Néanmoins, avec le temps et une meilleure compréhension de la façon de contrôler mon corps, ces compétences redeviendraient disponibles.

Sans plus tarder, le Primordial avait commencé le processus de création de mon corps. Il avait d’abord réinitialisé mon niveau à 1, m’accordant ainsi une quantité incroyable de mana, puis il avait aspiré le mana de tous les corps à l’intérieur de mon esprit intérieur et sur mon Territoire de Donjon. En conséquence, ils s’étaient transformés en momies ou en poussière. Puis, il avait absorbé le Territoire de Donjon lui-même, gagnant un autre bonus en mana.

« Bien ! Nous avons 276 844 points de mana prêt à être utilisé. Je dois dire que vous avez eu de la chance d’avoir déjà dépassé le niveau 100. Si vous ne l’étiez pas, cela aurait été un peu plus difficile », m’avait dit le Primordial en utilisant le mana et en l’appliquant ensuite au corps cristallin.

Les changements commenceraient et se termineraient en quelques secondes.

« Est-ce la raison qui a fait qu’on m’a dit que j’avais besoin d’au moins 100 niveaux pour devenir un Seigneur Donjon ? » avais-je demandé.

« C’est le strict minimum requis pour un corps, quel qu’il soit. Quoi qu’il en soit, il est temps de partir maintenant ! » dit-il en souriant lorsque le processus de création de mon nouveau corps fut achevé.

Nous avions tous les deux quitté l’Esprit Intérieur en même temps. Il avait pris le contrôle de ma forme physique, et j’étais resté comme une présence de fond présent dans ma tête. Bien que nous ayons pratiquement vu et ressenti les mêmes choses, ce n’est pas moi qui dirigeais le corps.

« C’est nouveau, » déclara le Primordial en ouvrant les yeux et en regardant ses mains.

« Respire, crétin, » lui avais-je rappelé.

« Oh oui ! Je l’ai oublié pendant une seconde, mais pas besoin d’être impoli », m’avait-il dit.

En regardant autour de lui, il avait vu Dankyun nous regarder avec un regard un peu perplexe. Il ne s’attendait certainement pas à ce que je revienne sous cette nouvelle forme, mais grâce à notre vision améliorée, j’avais tout de suite remarqué Nanya et Shanteya. C’était bien de les revoir, mais je détestais le fait qu’il fallait que ce soit quand la Mort frappait à leurs portes.

« Laissez les présentations pour plus tard. Allez absorber Shanteya, Ayuseya et Nanya, » l’avais-je ainsi pressé.

« C’était mon plan, » il avait souri et frotté ses paumes ensemble.

« Qu’est-ce que c’est ? » demanda Dankyun, surpris.

Le Primordial l’ignorait et se dirigeait simplement vers Shanteya. La distance de plusieurs mètres avait été franchie en un clin d’œil. C’était comme s’il s’y téléportait.

« Absorption, » dit-il en pointant sa main vers eux. Le corps de l’El’Doraw mourante avait disparu dans une lumière blanche vraiment éclatante.

« Dans l’Esprit Intérieur, son saignement devrait s’arrêter. Prochaine Nanya, » lui avais-je dit.

La femme que j’avais connue en tant qu’enseignante adolescente était vraiment horrible à voir. Je ne pouvais même pas imaginer la douleur et la peur qu’elle ressentait avec cette blessure béante au milieu de sa poitrine. Elle avait l’air pâle et faible, comme la flamme d’une bougie sur le point de s’éteindre, comme une fleur fanée par le froid de l’hiver. Cela me faisait mal au cœur de la regarder, et je voulais faire tout ce que je pouvais pour l’aider, pour la sauver. Perdre Nanya n’était pas une option.

« Illsy... je... » elle m’avait regardé.

Ses lèvres tremblaient, mais il y avait des larmes de bonheur dans ses yeux.

« Je suis vivant, Nanya, ma douce. Ne t’inquiète pas, » déclaras le Primordial.

Hé ! l’avais-je regardé fixement.

Relax, ce n’est pas comme si elle pouvait faire la différence, déclara le donjon ennuyeux.

« Ne m’ignore pas ! » cria Dankyun en nous attaquant.

Le Primordial l’avait vu du coin de ses yeux, et avec un mouvement rapide et sa main nue, il avait attrapé la dangereuse épée noire. Elle n’avait pas traversé l’armure magique de ce corps, et encore moins coupé sa peau.

« Quel joli jouet ! Va jouer là-bas, cerveau empli de terre, » déclara le Primordial en jetant le Suprême draconien sur le côté comme un pathétique petit chiffon.

Qu’est-ce que c’est ? Statut ! avais-je dit rapidement après avoir vu l’incroyable exploit.

 

[Nom] : Illsyore (Surnom : Illsy)

[Espèce] : Seigneur Donjon

[Race] : Divin

[Niveau] : 1

[Force] : 475 +1500

[Agilité] : 378 +1500

[Intelligence] : 650 +1500

[Mana] : 15 750

[Régénération de mana] : 150 points de mana par seconde.

[Croyance] : Dieu sacré des gros seins !

[Conjoints] : Ayuseya Drekar Pleyades, Destructrice folle Nanya Demonarkiar la 2e

[Esclaves] : Shanteya Dowesyl

[Animaux] : Aucun

[Minions] : Aucun

 

C’étaient des statistiques importantes, et elles avaient des valeurs incroyables par rapport à celles de mon corps en cristal, mais j’avais l’impression qu’elles étaient un peu plus faibles que ce pour quoi j’avais conçu le corps. Je m’attendais à au moins 2000 points dans chaque statistique. Je n’arrivais pas à savoir si c’était comme ça parce que j’avais fait une erreur quelque part ou si c’était un effet secondaire de la transformation de mon corps de Cristal à Humanoïde. De toute façon, ils avaient largement surpassé les statistiques de base de Dankyun.

D’après ce que j’avais vu, gagner un corps humanoïde avait automatiquement changé le bonus du trait racial Divin, mais cela n’était dû qu’aux nombreux ajustements que j’y avais ajoutés. Normalement, si j’avais accepté d’avoir un corps beaucoup plus simple et classique, j’aurais gagné seulement les 1000 en plus de la base. Cependant, de cette façon, j’avais gagné 1500 points dans chaque statistique, 5000 dans mon stock de mana, et 100 en régénération de mana.

Je ne peux qu’imaginer ce que ferait une quantité de 12 000 points placés dans [Glacier infernal], avais-je dit avec un soupir.

Ce serait l’équivalent de ce que les humains considèrent comme une compétence de Rang Suprême. Le Primordial avait répondu en s’approchant de Nanya.

Devrions-nous l’utiliser ? lui avais-je demandé.

Et tuer Dankyun aussi vite ? Êtes-vous fou ? répondit-il.

Très bien, mais laissez-moi lui parler. Lui avais-je demandé.

Bien sûr. Ça ne me dérange pas. Il avait dit ça et après, il m’avait permis de ne contrôler que sa bouche.

« Pourquoi toi..., » le draconien nous avait foncés dessus, mais le Primordial avait rapidement pivoté et lui avait donné un coup de pied dans la poitrine.

L’armure magique du draconien avait été brisée en morceaux et il avait été envoyé dans les airs à plus de 50 mètres de nous.

J’aurai tant de plaisir à détruire cet homme, dit le Primordial.

En regardant Nanya, nous nous étions agenouillés devant elle, et j’avais regardé dans ses yeux.

« Illsy... est-ce que c’est toi ? » demanda-t-elle plus pour confirmer ce qu’elle voyait.

Ma femme avait tellement changé que je l’avais à peine reconnue. C’était surprenant qu’elle soit vivante. Combien de douleur et de souffrance avait-elle dû endurer pour finir ainsi ? Shanteya et Ayuseya aussi, elles s’accrochaient à peine à la vie par un fil mince. Elles vivaient leurs dernières respirations, leurs derniers moments de vie.

« Je suis désolé... » lui avais-je dit, et des coins de mes yeux, deux larmes s’étaient accumulées et avaient coulé sur mes joues.

Ses lèvres se courbent en un petit sourire. Me pardonnait-elle ma faiblesse ?

« Je vais t’absorber maintenant, mon amour..., » lui avais-je dit, et elle avait secoué la tête. « Quoi ? » J’avais cligné des yeux en raison de la surprise. « Pourquoi ? »

En la regardant après ça, j’avais vu qu’elle bougeait la main, ou du moins essaya de le faire, elle se tortilla un peu.

La poche sur sa jambe. Le Primordial me l’avait dit et m’avait fait tendre la main pour l’attraper.

À l’intérieur, il y avait un cristal blanc pur, palpitant de magie, mais je n’avais pas reconnu le sort.

« Fuis..., » m’avait-elle dit.

Le cristal devait être utilisé pour nous permettre de fuir Dankyun, ou du moins c’était ce qu’elle nous avait demandé.

« Pas encore, je suis plus fort que lui. Alors, s’il te plaît, Nanya, laisse-moi t’absorber, pour que je puisse te guérir, » lui avais-je dit, mais elle avait toujours l’air réticente, son regard tombant sur ses mains griffées.

Un sentiment de déjà-vu m’avait frappé.

Où ai-je vu cette scène avant ? m’étais-je demandé en cherchant dans les souvenirs de mon passé.

Rien n’était apparu, mais il y avait un sentiment, une sensation perdue dans le tourbillon des connaissances de ma vie antérieure. Était-ce à partir d’un film, ou peut-être d’un livre ? C’était difficile à cerner, mais j’avais décidé d’agir parce que je sentais que c’était la bonne chose à faire.

Donne-moi un peu de contrôle sur le corps, avais-je demandé au Primordial. Il s’y était conformé.

Prenant sa main griffue, je l’avais embrassé et je lui avais ensuite montré un sourire.

« Je n’ai pas peur de toi. À mes yeux, tu es toujours la même, et je t’aime, » déclarai-je.

Quand j’avais dit ces paroles honnêtes, ses lèvres se courbaient en un sourire, tandis que des larmes coulaient le long de ses joues. Elle était heureuse d’entendre mes paroles. Sans aucun doute, j’avais dit ce que j’étais censé faire, et avec cela, Nanya, ma femme, avait finalement donné son accord pour me laisser l’absorber.

« On se voit bientôt, » lui avais-je dit.

<MISE EN GARDE ! Vous êtes sur le point d’absorber un DONJON ! Les conflits de Mental et de Personnalité peuvent arriver... BZZZT !>.

J’avais fermé ce stupide message.

Vraiment ennuyeux, avais-je dit au Primordial en lui cédant à nouveau le contrôle.

« Nanya est l’enfant d’un donjon. Intéressant, » déclara-t-il.

Pourquoi est-ce intéressant et qu’est-ce que c’était avec ce message ? lui avais-je demandé pendant qu’il se dirigeait vers Ayuseya.

« HA ! » Dankyun avait crié et nous avait lancé une énorme [Boule de feu].

Le Primordial leva la main et libéra une [Boule de feu] encore plus grande, créant une puissante explosion entre nous et le draconien Suprême. Profitant de ce moment, il s’était placé à côté d’Ayuseya et il l’avait également absorbée.

C’est intéressant, parce que je ne m’attendais pas à en rencontrer un ici, me déclara le Primordial.

Voilà le bras d’Ayuseya ! Récupère-le et va tuer Dankyun ! lui avais-je dit.

De toute façon, j’espère qu’elle n’essaiera pas de s’emparer de ce corps. On l’écrasera si elle le fait. Il m’avait prévenu.

J’en doute et je m’assurerais qu’aucune partie de l’obscurité ne touche ne serait-ce qu’un seul cheveu sur son corps ! Ou celui d’Ayuseya ! Ou de Shanteya ! l’avais-je aussi averti.

« Bien sûr. » Il soupira et absorba le membre coupé.

Avec mes connaissances acquises lors de la création de ce corps, je savais comment les réparer. L’Esprit Intérieur était aussi un lieu qui les préservait de n’importe quel état tant que la personne restait à l’intérieur. Le fonctionnement de cet endroit était aussi un peu déroutant pour le moment, mais sa capacité de préservation était garantie.

« Comment oses-tu m’ignorer ! » grogna Dankyun en s’approchant de nous.

« Oh, regarde ! L’organique inférieur peut parler ! L’évolution n’est-elle pas géniale », grogna le Primordial. Il lui afficha un sourire.

« Je vais te tuer ! » avait-il crié. Puis il s’était précipité vers nous.

Est-ce tout ce qu’il peut dire ? m’étais-je demandé.

Je m’attendais à ce qu’il disparaisse comme il l’avait fait auparavant, mais à la place, je l’avais vu bouger à un rythme très ralenti. Mon corps avait bougé, esquivant la pointe de l’épée noire, puis il avait giflé le draconien en l’enfonçant dans le sol. La terre s’était fissurée lors de l’impact, et un petit cratère s’était formé. Son armure magique s’était brisée, et il avait gémi en raison de la douleur.

« Restauration complète du mana. Soins. Réparation. » Il gémissait et se poussait vers le haut à mesure que trois autres cristaux s’épuisaient.

« Pathétique, » déclara le Primordial en marchant sur son corps, réduisant de moitié son armure magique d’un seul coup.

« Comment ? » demanda-t-il.

« Voudrais-tu vraiment le savoir ? » lui avait-il dit avant de lui donner un coup de pied dans la mâchoire.

Cette frappe avait de nouveau brisé l’armure de Dankyun et l’avait envoyé voler à travers les restes carbonisés de l’Académie. Les rochers et la terre avaient été soulevés dans les airs chaque fois qu’il s’écrasait sur le sol. Après quelques chutes, il s’était finalement arrêté.

Il avait toussé et s’était retourné. En utilisant l’épée, il s’était relevé seulement pour voir le poing du Primordial qui lui avait claqué le visage, l’envoyant voler à 100 mètres dans les airs.

Avant l’atterrissage, il avait utilisé un autre de ces cristaux, sinon il serait mort à l’impact. C’était une autre de ses récupérations chanceuses, mais combien en restait-il encore ? Peu importe, le Primordial avait l’intention de terminer, mais en le faisant très lentement.

***

Partie 3

« Soit il est TRÈS faible, soit ce corps que vous avez construit est une triche ! » dit-il.

T’en plains-tu ? lui avais-je demandé en plissant les sourcils.

« Non... Je me demandais tout simplement, » il s’était ensuite dirigé vers l’endroit où se trouvait Dankyun.

Ah ! Il s’est à nouveau restauré, avais-je fait la remarque quand j’avais vu le flash bleu de lumière.

« Oui, je le sais, » répondit-il en souriant.

Une centaine de boules de feu s’étaient élevées vers le ciel puis elles s’étaient dirigées vers nous. Chacune d’entre elles mesurait au moins un mètre de diamètre.

« Nous allons tester la durabilité de ce corps, d’accord ? » dit-il en souriant, les mains derrière le dos, alors qu’il était immobile.

Es-tu sérieux ? Hé, ne casse pas mon corps ! m’étais-je plaint.

« Détendez-vous et ayez la foi. Vous devez voir comment un donjon humanoïde se bat, » m’avait-il dit.

Je pense que tu confonds encore une fois tes définitions ! Être un sac de sable n’a rien à voir avec le fait de bien se battre ! m’étais-je plaint.

« Je me pose des questions à ce sujet, » déclara-t-il.

À mon avis, les idées et les principes d’un donjon sur la façon de se comporter étaient complètement erronés à bien des égards. Je n’avais tout simplement pas eu d’atomes crochus avec l’un d’entre eux. Bien que, assez étrangement, je me souvenais qu’il y avait des moments où je ressentais aussi le besoin et le désir d’agir comme eux. Au vu de mes dernières découvertes, je commençais à croire qu’il s’agissait en fait d’émotions et de pensées poussées sur moi par les Ténèbres.

La première boule de feu nous avait frappés et avait explosé. Le feu s’était propagé, mais nous n’avions pas bougé. Puis la suivante arriva. Comme une cascade de feu, elles s’étaient mises à pleuvoir sur nous et avaient essayé de nous enfoncer dans le sol, emportant la terre et les pierres. Un cratère s’était formé autour de nous, mais nous n’avions pas bougé, et l’armure magique avait été à peine entamée.

« Comme je l’ai dit. Pathétique, » déclara le Primordial, mais Dankyun sauta de la fumée et poussa l’épée vers mon cœur.

La lame tranchante avait été arrêtée par ma main qui venait de l’attraper.

« Tu pensais vraiment que ce jouet allait me faire du mal ? » demanda le Primordial, puis il ricana.

« Impossible ! » avait grogné Dankyun.

« En effet. Il est impossible pour toi d’accepter la réalité de ta pathétique faiblesse. Après tout, tu n’es qu’un draconien inférieur, » déclara le Primordial en se moquant de lui.

« Je te tuerai, Seigneur du Donjon, même si c’est la dernière chose que je ferais ! » grogna-t-il et sortit un autre cristal, cette fois-ci un cristal aigue-marine. « Amélioration ! » cria-t-il, et une aura de la même couleur que le cristal l’enveloppa après ça.

Soudain, il avait été capable de nous repousser avec force et rapidité. Tandis que le Primordial essayait de le repousser, cela avait fait enfoncer mes pieds dans le sol. La pointe de son épée noire s’approchait de plus en plus près de mon cœur, glissant de sa prise. C’était incroyable de voir ce donjon en train de se battre contre lui et à en juger par la vitesse à laquelle notre mana descendait, je pouvais en quelque sorte deviner la quantité folle de pouvoir que le draconien exerçait contre nous.

Que s’est-il passé ? avais-je demandé en étant un peu surpris.

Ce bâtard a utilisé une amélioration afin d’augmenter sa force et son agilité ! dit le Primordial.

Avec une forte poussée sur le côté, nous avions réussi à envoyer son épée loin de notre poitrine, et Dankyun nous avait dépassés. Il s’était arrêté à environ quatre mètres de distance, où il avait touché le sol et avait ensuite sauté vers nous en utilisant un mouvement d’arts martiaux de coups consécutifs. Tout à coup, nous avions vu cinq épées de plus qu’elles ne l’étaient en réalité.

Te fous-tu de moi ? avais-je dit.

L’attaque avait touché, mais elle n’avait pas réussi à passer l’armure magique du Primordial. Mais c’était tout de même très serré.

Alors qu’il était encore à portée, nous avions sauté vers l’avant et avions essayé de le frapper, mais notre poing n’avait touché que de l’air. Il avait disparu de devant nous et il était apparu à notre gauche. Nous avions essayé de le frapper à nouveau, mais Dankyun avait esquivé. Il était plus rapide que nous, et voyant que nous avions plus de 1800 pts d’Agilité, cela disait quelque chose. Ce niveau était déjà 1000 points au-dessus du minimum requis pour un Suprême. S’il pouvait encore plus l’augmenter, cette bataille finirait par devenir très dangereuse pour nous.

Dans le pire des cas, nous avons aussi ce cristal..., avais-je pensé.

Nous n’allons pas perdre, avait dit le Primordial, bien qu’il soit évident qu’il luttait pour attraper et effectuer une frappe sur Dankyun.

Un coup puissant sur nos côtes gauches nous avait fait voler dans les airs. Avant de retomber au sol, Dankyun était déjà à côté de nous et nous avait frappés au visage, nous envoyant à des vitesses dangereuses vers la forêt située à plus d’un demi-kilomètre de distance.

Nous avions atterri dans les arbres, en cassant plusieurs exemplaires avant de nous arrêter, mais Dankyun était de nouveau là. Il nous avait attaqués avec une autre série de frappes rapides, détruisant notre armure magique, qui diminuait rapidement.

Le combat était ridicule, pas différent de ce que j’avais l’habitude de voir dans les films d’anime et de superhéros. Un coup de poing nous avait fait voler quelques mètres dans un arbre voisin, l’autre nous avait envoyés dans le sol, formant un cratère où nous avions atterri. Les forces derrière ces frappes étaient folles, et c’était seulement maintenant que j’avais réalisé ce que le Primordial avait dit en contrôlant le corps. Je pouvais à peine suivre les mouvements de Dankyun, et encore moins me concentrer sur le rechargement de mon armure magique et la formulation d’un plan de contre-attaque en même temps. Un contrôle de ce niveau exigeait une expérience de la vie réelle et non des simulations dans l’Esprit Intérieur.

On ne peut pas ralentir le temps pour nous ? avais-je demandé.

Non. Faire ainsi peut conduire à une consommation rapide de mana et à des fluctuations dans notre armure magique, me l’avait-il dit en bloquant un autre coup, mais la force était trop grande. Nous avions donc été envoyer voler dans un autre arbre.

« MEURS MAINTENANT ! » cria Dankyun, plutôt ennuyé de ne pas pouvoir nous vaincre.

En parlant de cela, notre mana était en baisse avec des valeurs entre 5 et 50 points par seconde, selon que nous recevions une frappe ou non. En d’autres termes, le Primordial avait été capable de calculer le montant exact nécessaire pour restaurer notre armure magique après chaque coup, ce que je n’étais certainement pas en mesure de faire pour le moment.

Pendant les années que j’avais passées dans l’obscurité, à travailler sur mon corps, je n’avais jamais appris ce genre de contrôle. Apparemment, je le gagnerais avec du temps et de la pratique, comme Nanya l’avait dit.

« N’en as-tu pas déjà assez ? » demanda le Primordial avec un sourire sur les lèvres lorsqu’il attrapa son épée entre ses paumes.

« Seigneur du Donjon, je jure devant tous les dieux connus que je vais te tuer et te déchirer, » m’avait-il menacé.

« Je suis désolé. As-tu dit quelque chose ? Je ne faisais pas attention, » lui avait-il dit.

Apparemment, les donjons étaient des trolls naturels.

« Je vais te tuer ! » grogna-t-il en poussant avec force sur la poignée.

« Arg. » Avec un gémissement et un peu d’effort, il avait repoussé l’épée, évitant une frappe, mais au rythme où les choses allaient, nous n’allions pas gagner.

« Pauvre Dankyun, il pense vraiment qu’il va gagner ce combat ! » avait dit le Primordial avant de se moquer de lui.

« Qu’est-ce que tu veux dire ? Je suis plus fort, plus rapide et meilleur que toi ! » Il nous avait menacés en nous montrant du doigt l’épée noire tranchante.

« Mais je suis toujours debout, » il s’était pointé du doigt : « Tu sais, gamin, mentir, c’est mal, surtout quand un draconien inférieur, pas plus fort qu’un mendiant humain, le fait. »

Outch, avais-je pensé. Je savais que ça devait toucher un nerf. Le Suprême était bien connu pour posséder un ego surgonflé plus grand que le soleil lui-même.

Avec la fureur dans les yeux et le visage rouges de colère, il s’était précipité vers nous avec son épée levée haut et prête à nous frapper.

« Pathétique, » avait dit le Primordial avant d’utiliser une compétence d’Amélioration.

Je n’avais aucune idée de ce qu’il faisait ou comment, mais la fenêtre d’état montrait des valeurs ridicules.

 

[Force] : 475 +1500 +1500 +2000

[Agilité] : 378 +1500 +1500 +2000

[Intelligence] : 650 +1500

[mana] : 11 920

 

À ce moment-là, le monde avait ralenti pour nous, et le Primordial avait pu saisir l’épée noire avec une grande facilité. Il l’avait ensuite poussé sur le côté, mais Dankyun était resté accroché alors le Primordial avait frappé Dankyun au visage.

Le résultat fut le vol plané du draconien à travers plusieurs arbres jusqu’à ce qu’il s’arrête de nouveau dans la zone carbonisée. L’épée n’était plus dans sa main maintenant, et avec elle, il avait perdu sa meilleure arme contre nous, mais maintenant nous devions aussi nous débarrasser de ses cristaux.

« Absorption, » déclara le Primordial en le tenant par la lame.

<Impossible à absorber. Enchantement contre l’absorption de donjon de n’importe quelle sorte détectée. >

« Intéressant. Dire que quelqu’un a trouvé comment faire quelque chose comme ça ! Je ferais mieux de le détruire, » déclara le Primordial.

Arrête ! Ne fais pas ça ! avais-je crié.

« Pourquoi ? » demanda-t-il en étant confus.

C’est l’épée de Nanya ! Je ne sais pas quel genre de passé est présent, mais nous devrions la laisser décider quoi en faire, lui avais-je répondu.

« Je n’aime pas ça, mais très bien..., » dit-il, puis il la retourna pour la tenir par la poignée.

Merci. Pourtant, je ne comprends pas pourquoi Dankyun ne s’est pas déjà évanoui après avoir utilisé tant de ces cristaux..., demandai-je.

« C’est une question assez simple pour laquelle je suis surpris que vous n’ayez pas encore trouvé la réponse, » répondit-il.

Fais-moi plaisir..., avais-je grogné.

« Eh bien, Dankyun a un enchantement sur son armure ou utilise une certaine compétence de la catégorie Amélioration, » avait-il répondu en haussant les épaules.

Une compétence ? Quelque chose comme ça existe vraiment ? avais-je demandé, surpris.

« Mais bien sûr ! Bien que, il a quelques effets secondaires désagréables si vous perdez soudainement l’objet enchanté ou annulez la compétence, » il avait tapoté son menton et avait ensuite commencé à marcher dans la direction dans laquelle il avait envoyé voler le draconien.

Quel genre d’effets secondaires ? demandai-je.

« Saignement interne, douleur intense, nausées, incapacité à concentrer le flux de votre mana et toutes sortes d’autres choses désagréables. Plus vous utilisez des cristaux de sorts restaurateurs, plus ils deviennent dangereux. En d’autres termes, c’est une épée à double tranchant. Néanmoins, avec une formation sérieuse, n’importe qui peut gérer l’utilisation de 5 à 10 cristaux de sorts restaurateurs. Avec cette compétence spécifique, peut-être 40 ou même 100, selon l’espèce et divers autres facteurs, » il haussa les épaules et se lança dans la forêt.

Au moins, je savais maintenant que Dankyun ne pouvait pas utiliser une quantité infinie de cristaux de sorts, mais 100 était quand même une quantité assez impressionnante. Si cela s’était avéré être une bataille d’attrition, le Primordial allait gagner sans aucun doute, mais quelque chose m’avait dit que sans l’épée de Nanya, le Suprême était pratiquement terminé.

Au moment où nous l’avions atteint, il avait déjà restauré son mana et sortit une autre épée de son cristal de stockage. Cette fois, il s’agissait d’une bataille à l’épée, du moins le pensais-je, mais le Primordial était en plein sur le draconien en un clin d’œil. Avec une seule frappe, l’épée qu’il tenait avait été coupée en deux. Avant qu’il ne réalise ce qui s’était passé, l’épée noire avait traversé l’estomac du draconien et était sortie de l’autre côté.

« ARGH ! » gémit-il en sentant l’acier froid à l’intérieur de lui.

« Oh, ne t’inquiète pas, ce n’est qu’une égratignure, » déclara le Primordial avant de retirer la lame et de le frapper au visage.

« GAH ! » le draconien avait volé, mais il l’avait poursuivi.

Saisissant sa jambe gauche en plein vol, nous nous étions arrêtés et l’avions ensuite projeté dans le sol. Le sang avait jailli de sa blessure béante. En lâchant prise, il avait été relevé puis il avait ensuite écrasé sa jambe droite. Les os de Dankyun s’étaient brisés et l’armure physique avait été brisée.

« AAA ! » il avait crié en raison de la douleur.

« Comme c’est pathétique, » déclara le Primordial alors qu’il commençait à déchirer son armure à main nue.

« Non ! Arrête ! » cria Dankyun, mais qui voudrait écouter ?

Le draconien avait été dépouillé de tout jusqu’à ce qu’il ne reste que dans son pagne. C’était un bien piètre spectacle à voir, mais d’une certaine manière, cela m’avait rendu heureux et satisfait de savoir qu’il n’était rien d’autre qu’un homme nu au milieu d’un champ de destruction, et nous n’avions même pas besoin d’utiliser des attaques magiques fantaisistes.

« Ne pense pas que c’est fini..., » il avait réussi à marmonner juste avant que le Primordial ne le gifle si fort qu’il s’était disloqué la mâchoire.

« Oui, pas fini, je suis d’accord, » et après avoir dit ça, il avait piétiné sa jambe gauche, écrasant ses os et ses muscles.

« Dankyun et la Souffrance sont assis dans un arbre. Et que font-ils, ils S’EMBRASSENT ! » déclara-t-il. Puis il avait tenu son visage d’une main « Je pourrais t’écraser si facilement maintenant, » avait souri le Primordial.

« Je suis un SUPRÊME ! Un simple donjon comme toi pour... GAH ! » le draconien n’avait pas pu terminer ses paroles parce qu’il avait été envoyé face contre terre, se cassant le nez.

« Arg... toi... bâtard, » il nous avait regardé avant de recevoir un autre coup de poing sur les côtes.

J’avais clairement entendu les os craquer, mais le draconien criait encore.

« Oh, mon Dieu, tu es si facile à tuer maintenant ! HAHAHAHA ! Et je n’ai même pas utilisé mes attaques puissantes, » déclara le Primordial en riant et en tenant face à lui, il avait décidé d’essayer le laser intégré dans ma main.

Un seul coup était tout ce dont il avait besoin pour tuer Dankyun. Une simple pression sur la gâchette et le monstre que j’avais vu devant moi disparaîtrait de l’existence.

Mais méritait-il de mourir ? Oui.

Pourrais-je le tuer ? Oui.

Mais pourquoi avais-je eu l’impression que quelque chose n’allait pas ? C’était comme si cette mort que nous offrions à Dankyun serait plus comme une bénédiction ou un cadeau pour lui ?

Ne le fais pas, lui avais-je dit avant qu’il n’appuie sur la détente.

Le Primordial avait lâché Dankyun.

« Quoi ? Êtes-vous fou ? » demanda le donjon.

Peut-être, mais j’ai quelque chose à dire à cette ordure. Donne-moi le contrôle de mon corps, lui avais-je dit.

« Tch ! Très bien ! » s’exclama-t-il, étonnamment.

Pendant une minute, j’avais cru que je devais lui reprendre le contrôle.

Avec mon corps enfin sous mon contrôle, j’avais saisi le draconien par le cou et je l’avais regardé dans les yeux. La colère s’enflammait dans les miens, et le brouillard noir de mes intentions meurtrières nous entourait tous les deux.

« Arg..., » il avait gémi. Il me regarda, sachant très bien que sa vie était entre mes mains maintenant.

« Dankyun, petite ordure pathétique. Réjouis-toi, je ne vais pas te tuer maintenant. Oh, non non non non non non. » J’ai secoué la tête. « Ce que je vais faire est bien pire que ce que tu peux imaginer. Je vais te laisser partir, et je vais te traquer comme la pourriture que tu es ! Tu l’as vu toi-même, j’ai simplement joué avec maintenant ! Je peux te tuer n’importe quand et n’importe où ! Tu n’es rien d’autre qu’une mauviette comparée à moi. Un faible ! » J’avais plissé les yeux. « C’est pour ça que je vais te laisser partir. Mais tu n’es pas libre. Je vais te traquer comme une petite vermine pathétique que tu es juste parce que je le peux et que je sais qu’il n’y a absolument rien que tu puisses faire pour m’arrêter ou me fuir. Alors, sache, petit draconien, qu’à partir d’aujourd’hui, où que tu regardes, où que tu tournes la tête, je serai là, à te regarder ! Un paysan marchant près de toi, ou le noble avec qui tu parleras, je serai lui ou elle, déguisé ou caché juste là, à la vue de tous ou dans la clandestinité des ombres derrière les ombres ! Parfois, je te laisserai me voir, me sentir et savoir que je suis toujours là à te regarder, te suivre et te chasser ! Il n’y a plus moyen de m’échapper, Dankyun, tu devais juste me foutre en rogne ! Maintenant, voici la meilleure partie. Je ne vais pas être celui qui va te tuer. Non. Non. Non. » J’avais dit ça en secouant lentement la tête : « Je vais offrir ce plaisir à Nanya, Ayuseya et Shanteya. La prochaine fois que tu les verras, ce seront elles qui te tueront. Ne pense même pas que je te fais une blague, espèce de petit draconien pathétique ! Je suis un donjon divin. Je suis plus puissant maintenant que tu ne peux l’imaginer ! Avec un seul claquement de doigts, je peux te tuer TOI et toute ta famille ! Tu l’as vu aussi, n’est-ce pas ? Je n’ai même pas utilisé un sort autre qu’une boule de feu minable parce que je n’avais pas envie de passer à travers ton attaque pathétique. Je n’ai même pas bronché quand tu m’as jeté toutes ces boules de feu. AUCUNE de tes attaques n’a même pu briser mon armure magique UNE FOIS et encore moins m’égratigner ! C’est pourquoi je vais utiliser TOUT ce pouvoir divin pour te traquer, pour te regarder de l’ombre et te frapper dès que tu baisses ta garde. Quand tu entendras quelqu’un rire, ce sera moi ! Quand tu penseras que tu as vu une ombre bouger, ce sera moi ! Quand le vent bruisse, c’est moi qui vais te rappeler encore et encore que je suis là, que je profite de ma chasse et que je me prépare à te tuer ! »

Alors que je lui avais dit ces choses, pour la première fois depuis que je l’avais vu, Dankyun tremblait de peur. En fait, c’était pire que ça. Le draconien Suprême avait uriné sur lui-même comme un enfant. Il était si effrayé par moi maintenant, mais je ne pouvais pas lui en vouloir. N’importe qui le ferait, surtout après avoir vu la différence de force entre lui et le Primordial.

« Suis-je assez clair ? » lui avais-je demandé.

Il hocha la tête en réponse, car sa mâchoire était cassée et saignait.

« Bien. Maintenant, déguerpis de là ! La chasse commence maintenant ! » lui avais-je dit. Puis je l’avais ensuite jeté en l’air aussi fort que possible, sans me soucier de savoir s’il allait survivre ou non à l’atterrissage.

Je ne visais pas un endroit précis, mais toute cette force a été mise à la disposition de Dankyun. Même moi, j’avais été surpris de voir jusqu’où j’aurais pu le jeter. D’après mes seules estimations, j’avais deviné qu’il atterrirait quelque part à quelques kilomètres d’ici. Je doutais sincèrement qu’il survive dans son état : gravement blessé, sans aucun de ses cristaux, sans armure et sans son épée.

Très bien ! J’aime bien, mais êtes-vous sûr que c’était une bonne chose à faire ? demanda le Primordial.

« Oui. La mort aurait été trop douce pour lui. De cette façon, peu importe où il va ou ce qu’il fait, il me verra dans chaque ombre et chaque étranger qui passent à côté de lui. Il deviendra paranoïaque et vivra entouré de peur et de monstres imaginaires, » lui avais-je dit, puis j’avais poussé un soupir.

Et s’il ne vous croyait pas et qu’il vient vous attaquer ? demanda-t-il.

« Alors je serai prêt et je le tuerai. Mais je n’ai pas menti sur une chose... la prochaine fois qu’il viendra après moi, je demanderai aux filles de le tuer. En fait, je l’espère. Si moi, un Seigneur du Donjon Divin le tue, cela peut même être considéré comme un honneur par certains, mais si Shanteya, Nanya ou Ayuseya le tuent, alors c’est autre chose, » lui avais-je dit en ramassant le cristal de stockage de Dankyun.

Je l’avais absorbé et j’avais ensuite retiré le cristal que Nanya m’avait donné. Il avait la capacité de stocker beaucoup de mana à l’intérieur.

Allez-vous vous en servir ? me demanda-t-il.

« Oui, » avais-je répondu. Puis j’avais commencé à infuser le cristal avec mon mana.

Je ne peux m’empêcher de me demander si les années passées à construire ce corps ne vous ont pas rendu... doux ? Se demanda le Primordial.

« Bizarrement, après tout ce temps, je ne vois plus Dankyun comme une telle menace. En fait, je me sens très satisfait de ce que je lui ai fait aujourd’hui, mais d’une certaine manière, je lui ai offert quelque chose de beaucoup plus cruel que la mort elle-même parce que, peu importe à quel point il va s’entraîner ou essayer, il ne vaincra jamais Nanya, Ayuseya ou Shanteya quand elles auront mon [Lien de Confiance] et les statistiques que j’ai au niveau 1. Sans parler du fait que je n’ai pas encore montré la tonne de tours que j’avais en réserve, » avais-je dit et ensuite pointé ma main droite vers un gros rocher noir à environ 14 mètres de moi.

Alors que je contrôlais la façon dont le mana coulait dans mon corps, j’avais chargé les cristaux de puissance entre les muscles et les os, réglé l’amplificateur à 20 % et ensuite appuyé sur la détente. Un puissant rayon rouge était sorti de ma paume et avait frappé la roche, la faisant fondre avant de passer directement au travers elle et frappant le sol de l’autre côté. Ce laser était beaucoup plus puissant que tout ce que j’avais installé dans mon donjon précédent.

Je n’aurais pas été surpris si cette arme seule était capable de détruire l’armure de Dankyun en une seule fois. Hélas, l’occasion de le tester sur sa peau ne s’était jamais présentée. La force brute et la vitesse seules étaient tout ce dont nous avions besoin pour le vaincre. Il y avait aussi la possibilité que si je l’avais attaqué avec ça, je lui aurais offerte une mort trop rapide.

Non, Dankyun méritait d’être hanté par mes fantômes ! Il méritait de voir des monstres partout où il tournait la tête et n’avoir rien d’autre que de la peur envers ceux qu’il considérait autrefois comme inférieurs, ceux qu’il avait humiliés de toutes les manières qu’il considérait comme étant vraiment amusantes ! Le tuer n’apaiserait pas non plus les âmes des morts...

Si j’avais raison, il allait beaucoup souffrir après cela. Il allait tout perdre et transformer d’anciens alliés en ennemis. Il allait lentement sombrer dans la folie et voir son esprit détruit par la paranoïa.

En effet, il y avait une chance qu’il vienne après moi, qu’il se transforme du chasser en chasseur, mais si et quand cela allait arriver, je serais prêt pour lui, et la mort viendrait instantanément à lui. C’était ma promesse envers lui et moi-même.

Quoi qu’il en soit, comme on s’était mis d’accord tout à l’heure quand vous faisiez une de vos petites crises, puisque cette bataille est terminée, je vais vous laisser avoir le contrôle, avait dit le Primordial.

« Et ? » j’avais plissé les sourcils et j’avais regardé un nuage qui passait.

Et à partir de maintenant, vous êtes le seul à avoir le contrôle. Aucun des donjons ou moi ne vous dérangerons encore une fois dans votre esprit intérieur, mais sachez que cela ne durera pas. Vous finirez par revenir vers moi. Vous me supplierez pour mon pouvoir. Vous mendierez pour NOTRE puissance, mais alors... alors vous deviendrez l’un des nôtres ! déclara-t-il.

La dernière chose que j’avais entendue du Primordial, c’était son grand rire. Il était si certain que j’échouerais et que je reviendrais vers lui, suppliant pour son aide et son pouvoir que cela me rendait malade et me retournait l’estomac à l’envers.

J’étais déterminé à lui prouver qu’il avait tort. Même si je me retrouvais dans une situation de vie ou de mort, j’allais trouver un autre moyen de persévérer et peut-être... avec le temps, je trouverais un moyen d’enlever cette obscurité pesante de mon esprit, ces restes de donjons morts depuis longtemps. Je doutais qu’ils n’aillent pas agir une fois qu’ils m’avaient vu réussir, mais pour l’instant, cependant, je considérais que j’étais un peu à l’abri de leur influence.

« Je suppose que je devrais me concentrer sur la charge, » avais-je dit en ajoutant 5000 points de mana dans le sort que Nanya m’avait donné.

J’avais répété ce processus quelques fois jusqu’à ce que je sois certain qu’il contenait tout le mana qu’il pouvait contenir. La quantité recueillie dans cette petite chose était stupéfiante et incroyable. Si j’avais tout infusé en un seul sort, cela aurait certainement eu des effets dévastateurs.

« Voilà ! Faisons-le maintenant ! » avais-je dit avec un sourire, puis je l’avais activé.

Une lumière blanche puissante et aveuglante s’échappait du cristal, me forçant à fermer les yeux. Je m’étais accroché à l’épée de Nanya et j’avais essayé de comprendre et de sentir ce qui se passait autour de moi. La façon dont le mana s’écoulait du cristal était étrange et presque chaotique à certains endroits. Cela s’était tordu et s’était retourné, m’enveloppant dans une sorte de cocon. Après un moment, j’avais soudainement senti le sol disparaître sous mes pieds et l’air se déplaçant rapidement autour de moi, mais ce n’était pas sur les côtés, c’était juste sous moi.

« Qu’est-ce que c’est ? » avais-je dit. Puis j’avais ouvert les yeux.

Ce que j’avais vu était quelque chose de complètement différent. Il n’y avait plus de montagnes, de forêts ou la zone carbonisée que Dankyun avait créée avec sa compétence Suprême. Ils avaient tous été remplacés par un désert apparemment sans fin. Le sable de couleur doré s’était répandu partout, formant des dunes sur des dunes comme des vagues au sommet de la mer. D’une certaine façon, c’était magnifique. Malheureusement, je n’avais pas pu apprécier le paysage, vu que je tombais d’une grande hauteur dans le ciel.

« Tu te fous de moi ! » J’avais grogné en regardant en bas.

Mon corps avait été conçu pour survivre à une telle chute, donc je ne m’en inquiétais pas. Le problème était de savoir où atterrir. En regardant autour de moi, je n’avais vu aucun signe d’une ville ou d’un établissement d’aucune sorte. Il n’y en avait pas eu en premier lieu. Utilisant ma paume et l’épée de Nanya comme surfaces de contact aérodynamiques, j’avais guidé ma trajectoire de vol vers l’avant et j’avais essayé d’atteindre ce qui semblait être une grosse formation rocheuse.

« J’espère ne pas me casser les jambes..., » déclarai-je en voyant le sol se rapprocher dangereusement de moi.

En changeant rapidement de position en plein vol, j’avais atterri sur mes pieds. L’impact était puissant, mais cela n’avait même pas causé une bosse dans mon armure magique. En regardant de plus près, je n’avais rien remarqué comme dégât à mon corps, même pas une égratignure.

« Bien. Maintenant, il me faut trouver un bon endroit pour me reposer et commencer à guérir les filles..., » déclarai-je quand j’avais commencé à marcher vers le seul point de repère qui se trouvait dans la zone, la grande formation rocheuse.

Elle mesurait environ 20 à 30 mètres de haut, avec des bords tranchants et de nombreuses fissures proches des pointes. Au fond, il y avait ce qui semblait être une petite grotte. J’espérais y trouver un abri, mais quand je l’avais atteint, j’avais vu qu’il était trop petit et rempli de serpents.

Après avoir étendu mon Territoire de Donjon autour de mon corps, j’avais utilisé la compétence [Créer une pièce] et j’avais fait une petite pièce à côté de la formation rocheuse. Je l’avais recouvert de sable pour la camoufler un peu et j’avais utilisé un gros rocher comme entrée de fortune. Une fois terminé, j’étais allé à l’intérieur. Après avoir placé l’épée de Nanya contre le mur du fond et l’avoir recouverte d’un faux mur, juste au cas où j’aurais un visiteur inattendu qui aurait repéré le brillant, je m’étais assis les jambes croisées au centre de la pièce.

Ce n’était pas un hôtel 5 étoiles, mais c’était mieux que rien. J’étais prêt, alors j’avais fermé les yeux et j’étais entré dans mon esprit intérieur.

***

Histoire Parallèle : Dans les bras d’un ange

Partie 1

Avant de commencer à vous raconter mon histoire, je suppose qu’une sorte d’introduction est à portée de main.

Je m’appelle Tuberculus Firerage. Je suis ce qu’on peut m’appeler... un haut mage. À noter que je suis différent d’un Archimage. Ce dernier est une version beaucoup plus puissante d’un Mage qui peut faire ce qu’un Haut Mage peut faire, mais dans chaque spécialisation magique...

Oui, je me suis peut-être un peu éloigné de mon histoire, mais je vous promets que tout cela en valait la peine !

Quoi ? Passer à l’action ? Soupir... Les gens d’aujourd’hui n’ont aucun respect pour les personnes âgées...

***

[Point de vue de Tuberculus]

« Reste en dehors de ça, vieil homme... En fait... » m’avait dit Dankyun avec un sourire sur les lèvres avant qu’il ne claque ses doigts.

Tout ce qui s’était passé après était comme un flou. Tout ce que j’avais ressenti, c’était une douleur aiguë dans le dos, puis un coup de pied en plein sur cette blessure. Je pense que j’étais tombé ou peut-être que j’avais été jeté en bas de mon cheval. De toute façon, j’avais atterri sur le sol à quelques pas de là. L’animal avait été effrayé et était parti loin de moi.

Avec ma vision floue et la douleur traversant mes muscles, j’avais essayé de me lever, mais avant de pouvoir le faire, celui qui m’avait attaqué avait frappé avec force dans ma poitrine. J’avais perdu connaissance pendant un moment, mais quand j’avais ouvert les yeux, tout ce que je pouvais voir, c’était le sang qui coulait autour du poignard empalé dans mon estomac.

Ai-je été poignardé ? m’étais-je demandé.

Mon corps était à deux doigts d’entrer en état de choc. Et peut-être parce que tout s’était passé si vite, je n’avais pas eu le temps de réagir ou de comprendre ce qui venait de m’arriver. Avant d’en avoir la chance, j’avais été traîné plus loin par mes agresseurs. Je gémissais et me tortillais un peu dans la douleur, mais j’avais à peine la force de me lever, sans parler de me battre contre ceux qui pouvaient si facilement me vaincre.

Est-ce que c’est ça ? m’étais-je demandé alors que ma vision s’estompait.

La blessure n’était pas si grave, mais je soupçonnais que le poignard était empoisonné.

Quant à celui qui m’avait attaqué, ce n’était certainement pas un draconien. Ils me tenaient par les mains, mais j’étais trop près du sol. Les draconiens étaient par nature beaucoup plus grands que les humains, les elfes ou les El’Doraws. Ils étaient assez grands et forts pour me hisser facilement par-dessus leur épaule s’ils le voulaient, bien que je me souvenais vaguement d’avoir été traîné par les cheveux en premier. Cela avait dû être gênant de continuer comme ça, c’est pour ça qu’ils étaient passés à me porter par les mains. Au moins, ils avaient eu la gentillesse d’apporter mon chapeau de mage. C’était là-haut, gardant mon cuir chevelu bien au chaud, mais pourquoi feraient-ils cela à moins de se moquer de moi ou pour se débarrasser des preuves qui traînaient au milieu de la route ? Comme si mon sang s’était répandu sur le sol à partir de mes blessures n’était pas suffisant pour faire allusion à mon malheureux destin.

Je n’arrivais pas à comprendre ce que ces deux-là pensaient, mais une chose était certaine : ils n’étaient pas draconiens, donc l’autre option devait être el’Doraw.

Sans aucun doute, j’en avais vu deux exemplaires vêtus d’une armure de soldat ou peut-être déguisés en ça, marchant près de Dankyun. Contrairement aux draconiens, qui étaient de grands lézards avec une queue et des yeux reptiliens, les El’Doraws ressemblaient beaucoup aux elfes, avec de longues oreilles pointues, des corps minces et agiles, et un don pour la magie. La seule différence était dans leur peau, qui changeait de couleur en fonction de leurs émotions, passant du ton clair quand ils étaient heureux à des tons plus foncés quand ils étaient en colère ou fâchés.

Mais même ainsi, être capable d’exécuter une attaque-surprise comme celle-là sur moi ne pouvait que signifier qu’ils étaient de Rang Divin ou Suprême. J’étais un Rang Empereur, et je pouvais au moins me défendre contre la première attaque de quelqu’un de puissance similaire ou inférieure à la mienne. Malgré mon âge, j’avais passé la plupart de mes années à ramper dans des donjons et à combattre des monstres terribles. Je doutais qu’il y eût quelqu’un d’autre que moi qui avait plus de connaissances dans le domaine de l’enchantement ou de comment un donjon fonctionnait réellement.

C’était d’ailleurs la raison principale pour laquelle j’avais commencé mon académie. Je voulais développer mon propre Cœur de Donjon et prouver au monde par mes recherches qu’ils avaient été créés par quelque chose ou quelqu’un, pas seulement apparaître par magie... Sans l’Académie de Magie de Fellyore, aucun royaume ne m’aurait permis de mener mes recherches. De cette façon, cela s’était transformé en un projet dont les étudiants pourraient bénéficier. Ils pouvaient ainsi apprendre à agir dans un donjon et tout cela, sans mettre leur vie en danger. Si Dankyun n’était pas arrivé, nous aurions pu obtenir plus de fonds et nous élargir...

Ai-je eu tort d’accepter la candidature de la Princesse Ayuseya ? Elle était la seule raison pour laquelle ce Suprême avait voyagé jusqu’au Royaume de Shoraya depuis le Royaume de Teslov ? Non...

Personne n’aurait pu deviner quelle sorte de monstre ce draconien s’avérerait...

D’une certaine façon, je me sentais content de mourir maintenant. Mes recherches s’étaient avérées être un succès avec la naissance de Seigneur de Donjon Illsyore, et j’étais certain que l’Académie de Magie de Fellyore continuerait d’exister avec l’aide de Nanya et de mes amis : Paladinus, Angius, Zertan et Rufus. Tout bien considéré, il s’agissait d’un groupe composé d’un Rang Divin et de quatre Rangs Empereur. Peu d’académies avaient des enseignants aussi puissants et expérimentés.

Pendant ce temps, je devenais vieux, approchant mes soixante-dix ans. Un vieux grand-père tremblant que j’étais, et même sans une famille...

Quoi qu’il en soit, avec tout ce qui m’était arrivé et mon académie, je ne pouvais que soupçonner que les dieux avaient une dent contre moi. De sombres nuages semblaient planer autour de mon avenir, appelant à ma mort, pressant les prêtres de préparer ma tombe et de m’envoyer dans les bras des Harpies des Enfers.

J’avais ouvert les yeux et j’avais vu le sol bouger sous moi. Il y avait beaucoup de forêts autour de l’Académie de Magie. Mes poumons arrivaient à peine à aspirer de l’air pour les remplir, mais l’odeur de sang me rappelait ma mort imminente.

Y a-t-il au moins une raison de continuer à se battre ? m’étais-je demandé.

Quelques instants plus tard, nous nous étions arrêtés. L’un des El’Doraws m’avait lâché la main et s’était déplacé vers l’avant, s’arrêtant sur le bord d’une pente raide. Nous avions l’impression d’être sur une colline ou près d’une dépression, je ne me souvenais pas s’il y en avait une à proximité. L’exploration de la forêt n’était pas vraiment mon affaire, c’était pour Nanya et Angius.

Qu’est-ce qu’ils font ? m’étais-je demandé.

Une douleur aiguë avait traversé mon corps lorsque j’avais accidentellement contracté mes muscles.

Je suis trop vieux pour cela..., j’avais grogné dans mon esprit pendant que je m’abstenais de gémir.

« On devrait le tuer ici et retourner à Dankyun. Une meute de Dayuks est devant nous, et je ne veux pas perdre mon temps à les combattre, » déclara l’El’Doraw en revenant vers nous.

Le monstre dont elle avait parlé et qui se trouvait tout autour était un loup à cornes. Il était de la même taille qu’un loup, mais dix fois plus féroces et pouvait déchirer un Rang Débutant en un clin d’œil, et même un Rang Maître avait des problèmes avec eux.

« Non, ma sœur. J’ai une bien meilleure idée ! Hehe ! » dit l’autre femme el’Doraw, qui me tenait dans ses bras.

Ça ne sonne pas très bien..., avais-je pensé.

« Parle, ma sœur. Nous n’avons pas de temps à perdre, » déclara l’autre.

« Bien sûr ! » elle avait gloussé et m’avait attrapé par le cou, elle m’avait soulevé avec aisance.

Elle est forte... Argh..., avais-je gémi.

« Tu as dit qu’il y avait une meute de Dayuk pas si loin d’ici, n’est-ce pas ? » avait-elle demandé.

« Tout à fait, » répondit l’autre.

« Pourquoi ne le laissons-nous pas pour eux ? Même les chiens ont besoin d’une gâterie de temps en temps, n’est-ce pas ? » avait-elle incliné la tête vers la gauche tout en me montrant un sourire sadique ?

Dans mon état actuel, je pouvais à peine me battre contre un Dayuk, et encore moins contre une meute entière.

« *Soupir*. Fais ce que tu veux, » sa sœur ne s’était pas opposée.

Elles n’avaient pas débattu plus longtemps sur la question, scellant mon destin avec ses derniers mots.

L’El’Doraw qui me tenait par le cou m’avait emmené à côté du bord de la pente raide et m’avait jeté par-dessus bord. Dès que j’avais touché le sol, tout mon corps avait hurlé de douleur, engourdissant mes sens en descendant la pente. Il n’y avait aucun moyen pour moi de contrôler ma chute, et j’avais fini par frapper toutes les pierres et les branches éparpillées sur la descente. Si ce n’était pas pour mon armure magique, aussi faible soit-elle, j’aurais certainement fini couvert d’égratignures et de bleus.

J’avais essayé de m’arrêter, mais jusqu’à ce que j’atteigne le fond, il était littéralement impossible de le faire dans mon état affaibli.

« Argh..., » avais-je gémi quand je m’étais arrêté. « Ça fait mal..., » avais-je murmuré tout en essayant de respirer.

L’odeur de mon sang était tout autour de moi, laissant savoir à toute bête dangereuse ou amicale voisine que j’étais blessé et mourant.

Je n’aurais jamais pensé que je finirais par frapper à la porte de la mort comme ça, faible et incapable même de se lever. Cependant, bizarrement, je me sentais quelque peu apaisé par ma disparition actuelle. Il n’y avait rien qui valait la peine de se battre, du moins de mon point de vue. Peut-être que si je fermais les yeux, je m’éloignerais dans la douce étreinte de la mort.

En fait, ça n’a pas l’air si mal... Je suis fatigué. Pourquoi se battre ? Je n’ai pas besoin de richesses ou de châteaux. Il n’y a rien à chercher, rien pour éveiller ma curiosité. Mon académie est entre de bonnes mains avec mes amis... tellement égoïste que je dois accepter ma mort comme ça..., avais-je pensé en laissant mon souffle s’arrêter un moment et j’avais fermé les yeux.

La douleur s’était calmée et mes muscles s’étaient détendus. C’était ça... la mort...

« Un jour, tu trouveras la bonne... C’est juste que je ne suis pas elle. Tuberculus, ne gaspille pas ton beau cœur avec quelqu’un comme moi... Je n’en vaux pas la peine... »

J’avais soudainement ouvert les yeux et j’avais pris une grande inspiration. Mon cœur battait vite, et la douleur était revenue, me réveillant de cette rêverie qui me semblait si réelle comme si je revivais ce moment.

C’est juste pour montrer que je suis un vieil imbécile têtu..., avais-je pensé en prenant une autre respiration, en remplissant mes poumons avec l’oxygène dont j’avais tant besoin.

Je m’étais demandé pendant combien de temps j’étais dans cet état, rêvant de Nanya, entendant à nouveau sa douce voix. J’avais peut-être été un imbécile qui était tombé amoureux de la mauvaise femme, mais je ne l’avais été que parce que j’avais choisi...

Depuis ce jour de fidélité depuis que j’avais rencontré pour la première fois la fille fougueuse, Nanya n’avait jamais changé d’un iota. Elle était restée aussi jeune et énergique que d’habitude. D’un autre côté, le temps avait été impitoyable avec moi. Pendant qu’elle gardait sa beauté : de longs cheveux noirs ; des lèvres roses toujours souriantes même quand elle ne ressentait pas de joie ; et une petite poitrine rebondissante ; je m’étais retrouvé dans le miroir en train de regarder un vieil homme vieillissant constamment. Les rides et les cheveux gris n’étaient que les premiers signes parmi tant d’autres pour montrer à quel point nous étions éloignés l’un de l’autre.

Bien que ma magie se renforçait et atteignait même le Rang Empereur, mon esprit et ma capacité de concentration s’affaiblissent d’année en année. Je me fatiguais même beaucoup plus vite et les maladies étaient apparues l’une après l’autre. Si je n’avais pas mes connaissances de guérison et mes enchantements, je n’aurais peut-être même pas atteint mon âge actuel.

Les seules choses qui n’étaient pas changées entre nous, c’étaient nos vêtements. Eh bien, notre façon de s’habiller, pas vraiment nos vêtements. Bien qu’il puisse sembler que j’aimais porter la même vieille robe tous les jours, j’en avais en fait une commode entière remplie, sinon, j’aurais senti pire que l’aisselle d’un ornak après une semaine de combat... et cela pourrait même être utilisé comme une arme mortelle.

Nanya avait toujours préféré porter de longues robes pour le combat, avec des pantalons en cuir et une cotte de mailles enchantée cachée sous tout cela, juste pour les situations délicates où un coup était inévitable. Elle n’avait jamais aimé les robes chères et les bijoux. La fonctionnalité et la praticité étaient sa croyance, elle était encore plus une femme magnifique une fois qu’elle avait mis une longue robe d’une seule pièce. Cette femme, bien qu’elle ressemblait à une adolescente, était très intelligente et terriblement puissante.

C’est peut-être la raison pour laquelle j’étais tombé amoureux d’elle ? Une belle beauté aux cheveux noirs, avec des yeux charmants et un sourire captivant. Donnez-lui une chance, et elle pourrait voler le cœur de n’importe quel homme.

Hélas, elle était l’amour de ma vie, mais à cause d’elle, j’avais refusé obstinément de chercher une autre femme. C’était peut-être ma plus grosse erreur. Mais vu la manière dont les choses se présentaient maintenant, avec moi mourant comme ça, si j’avais trouvé une petite amie à embrasser, aurait-elle fini veuve ?

Nanya... ai-je eu tort de garder le feu dans mon cœur brûlant juste pour toi ? m’étais-je demandé en me poussant vers le haut et en traînant mon corps affaibli jusqu’à l’arbre voisin.

***

Partie 2

En me plaquant le dos contre le sol, j’avais pu ainsi diminuer la douleur et j’avais levé les yeux vers le ciel. Si la perte de sang ne m’avait pas eu assez tôt, alors les Dayuks s’approcheraient. Il y avait aussi le poison dont je devais m’inquiéter, je n’avais aucune idée de ce que c’était, mais il agissait lentement, m’affaiblissant. Mon armure magique et mon énergie magique étaient faibles, peut-être même pas aussi puissantes qu’un rang Débutant. Je pouvais à peine le régénérer et à chaque seconde qui passait, j’avais l’impression que je serais bientôt incapable de le faire.

Eh bien... il y a encore une chance pour moi..., avais-je pensé qu’en retirant le cristal de stockage que je gardais autour de mon cou.

Il avait été fait par moi et avait été protégé par deux enchantements très distincts et utiles.. : [Pas de Vol] et [Ignorer]. Le premier l’avait protégé de toute personne utilisant un sort capable d’emporter n’importe quel objet en ma possession. Le dernier était quelque chose de spécial que j’avais conçu il y a quelques années. C’était une forme d’illusion qui n’altérait pas l’aspect physique de l’objet, mais le rendait simplement « indétectable » quant à sa perception, ce qui faisait que tout le monde l’avait inconsciemment ignoré.

J’avais dû faire attention avec lui, car même moi, je pouvais le perdre accidentellement. Maintenant que j’y pense, je l’avais fait... Quand j’avais fait la chose pour la première fois, je l’avais laissée sur mon bureau et j’avais passé presque un mois entier à la chercher jusqu’à ce que je la trouve enfin.

Grâce à ces deux enchantements intéressants, ni Dankyun ni les El’Doraws ne me l’avaient pris. S’ils l’avaient vu ou même aperçu, ils l’auraient certainement volé.

Avec un soupir qui s’échappait de mes lèvres, j’en avais retiré un cristal blanc de la taille de ma paume. Si j’avais eu un cristal de régénération ou tout autre cristal de guérison, je l’aurais utilisé, mais c’était la seule chose sur laquelle je n’avais pas de réserve. J’avais laissé mon dernier avec Nanya, croyant qu’il lui serait plus utile qu’un vieil homme comme moi. C’était une décision que je n’avais pas regrettée même maintenant.

En le regardant, je m’étais souvenu comment j’avais trouvé ce cristal bizarre il y a douze ans. C’était lors d’un tour dans un donjon avec Nanya et Paladinus. Nous étions au 8e étage... Après quelques pièges, nous avions trouvé les restes de quelques aventuriers morts. Parmi eux, un mage avait ce cristal de charme dans l’une de ses poches. Il était blanc et sans un soupçon d’énergie magique chargée en lui. Plus tard, j’avais découvert qu’il avait [Téléportation], mais la nature du sort était incertaine et instable. Personne ne savait exactement ce qu’il faisait, et personne n’osait l’essayer. Même moi, je n’arrivais pas à le comprendre, mais au lieu de le vendre, je l’avais gardé et l’avais chargé de mon mana comme une sorte de passe-temps.

Je n’ai jamais pensé que je pourrais utiliser ça..., avais-je pensé en replaçant mon cristal de stockage et j’avais regardé le cristal parfaitement formé dans ma main.

C’était l’œuvre d’un brillant mage, j’en étais certain.

Un espoir ou peut-être ma fin..., avais-je soupiré.

Mais même ainsi, ce n’était pas le premier du genre que j’avais trouvé. Celui que j’avais donné à Nanya était celui que j’avais acheté d’un vieux vendeur de cristaux de sort. Je lui avais donné deux pièces d’or pour ça... Malheureusement, je ne l’avais pas chargé complètement, et celui-là était un peu plus délicat que l’inconnu que je tenais dans ma main. Il allait simplement téléporté l’utilisateur dans une direction : sud-est, mais au moins, vous saviez où vous étiez envoyé. Pour celui-ci, il n’y avait aucune information.

« Grrr ! »

Le grognement venait de devant moi. En levant les yeux, j’avais vu deux Dayuks sortir de derrière les arbres. Ils m’avaient approché avec précaution, car ils pouvaient sentir mon armure magique. Même si j’étais au mieux de mes forces, j’aurais quand même eu un peu de mal avec ces bêtes. Normalement, on n’oserait pas les affronter seul parce qu’ils pourraient facilement m’entourer et me dominer.

Théoriquement, pour construire mon Académie de Magie, j’aurais dû utiliser une zone beaucoup plus sûre au lieu de cette forêt infestée de monstres. Malheureusement, c’était parfait pour mon expérience de donjon. Un autre avantage, c’était que cela m’avait permis d’offrir à mes étudiants des expériences rapides et directes dans la lutte contre les monstres dangereux.

Je suppose que c’est tout..., avais-je pensé en voyant un autre Dayuk sortir des buissons à ma gauche. D’autres s’approchaient.

Si je devais choisir où je voulais être téléporté, j’aurais choisi une prairie paisible ou des plaines remplies de belles fleurs. Cela ressemblait à l’endroit parfait où je pouvais effectuer mon dernier souffle dans ce monde. Quant au fait d’être sauvé... maintenant, ça sonnait un peu comme une blague. Je ne pouvais pas me téléporter assez près d’un guérisseur capable à la fois de me guérir du poison et de guérir mes blessures. Les dieux me haïssaient tout simplement trop pour que quelque chose comme ça arrive, comme le prouve ma situation... actuellement... si difficile.

J’avais donc fermé les yeux et serré le cristal du sort dans ma main.

« Téléportation, » avais-je dit.

À ce moment-là, j’avais senti le flux d’énergie se déchaîner de l’intérieur du cristal du sort et m’entourer complètement. Il y avait assez de puissance là-dedans pour lancer plus de deux sorts de rang Suprême en même temps, assez pour anéantir toute cette zone de n’importe quelle forme de vie. Une quantité d’énergie vraiment terrifiante était présente, et toute cette énergie était actuellement utilisée pour me téléporter quelque part, avec un peu de chance, pas plus près des mâchoires de ces Dayuks ou d’un autre monstre.

J’attendais patiemment que le sort soit terminé, et quand cela avait été le cas, la terre avait disparu sous mes pieds. Cela avait été remplacé par quelque chose de dur, de plat et de froid. L’air était devenu humide et sentait comme l’intérieur d’une cellule. Les sons avaient également changé, réduisant au silence les grognements des monstres ainsi que le chant de la forêt.

Quand j’avais ouvert les yeux, le paysage était différent. Au lieu de la forêt luxuriante avec de grands arbres verts, j’avais vu un couloir froid, sombre et humide fait de briques de pierre comme je le voyais souvent dans les temples ou les donjons. Le plafond avait atteint plus de trois mètres de haut, peut-être un peu plus si mes estimations n’étaient pas fausses. En regardant à gauche ou à droite, je n’avais vu aucune distinction dans le couloir, aucune porte ou décoration, pas même une fenêtre ou une torche. Cependant, il y avait un peu de lumière ici, faible, mais certainement là.

Pendant un moment, j’avais cru avoir réussi à me sauver, à m’éloigner des monstres et des dangers qui me guettent dans cette forêt, mais je l’avais entendu...

Cela respirait avec force et cela traînait une chaîne de crânes blancs dans une main, tout en portant un bouclier dans l’autre. Avec de longues cornes pointues, et portant une armure de plaques, un Minotaure était apparu à l’extrémité gauche du couloir. La bête rentrait à peine à l’intérieur du couloir étroit, mais elle n’avait probablement pas besoin de beaucoup d’espace de toute façon. Le bouclier qu’il portait était rempli de pointes acérées destinées à tous ceux qui se tenaient sur son chemin.

En déglutissant une fois, j’avais essayé de me retirer, de fuir ce monstre, mais je n’avais même pas assez de force pour me tenir debout, sans parler du fait de courir.

Qu’est-ce qu’un Minotaure fait ici ? m’étais-je demandé alors que, pour une raison quelconque, j’espérais toujours que je n’étais pas là où je pensais être.

En sortant mon cristal de stockage, j’en avais retiré une pierre de détection de niveau de donjon et j’avais utilisé un peu d’énergie magique. Pendant ce temps, mon esprit essayait de nier le fait, de trouver toutes sortes de raisons pour lesquelles un Minotaure se trouvait à l’intérieur de ce couloir. J’avais prié pour qu’il n’en soit pas ainsi, mais quand la pierre avait émis une lueur jaune, affichant un chiffre, j’avais réalisé l’horreur de mon destin.

Ça ne peut pas être vrai..., avais-je pensé en regardant le nombre d’or affiché sur la pierre noire.

Ma pire peur avait été confirmée. Je n’étais pas dans un temple ou un château sûr, j’étais dans un donjon, et pour empirer les choses, c’était un donjon de niveau 1126.

C’était un niveau de folie jamais vu auparavant sur aucun des trois continents. Aucune archive ou aucun document historique n’avait même mentionné quelque chose d’aussi ridiculement puissant que ce que l’on me montrait. C’était un donjon monstrueux sans opposant possible, quelque chose que même un groupe formé de tous les Suprêmes connus n’aurait pas réussi à vaincre.

La Dame Chance doit vraiment me détester si je me suis téléporté à l’intérieur de ce monstre..., je pensais que c’était impossible. Dieux ! Qu’est-ce que j’ai fait pour vous contrarier tous ? m’étais-je demandé en regardant le Minotaure se rapprocher de plus en plus près de moi.

Il ne courait même pas vers moi. J’étais un blessé et un faible, je n’étais même pas un Mérion, et encore moins un Minotaure.

« GRAO ! » cria la bête, me surprenant.

Il avait frappé son armure de poitrine à quelques reprises et s’était préparé à me charger.

Non... Ce n’est pas possible ! Il faut que je m’en aille ! avais-je pensé en paniquant et en cherchant un moyen de s’échapper.

Mon esprit s’était dirigé vers le cristal de téléportation dans ma main, mais ce que j’avais vu à la place, c’était un tas de poudre blanche. Le cristal avait disparu.

Non..., pensais-je en sentant ma dernière lueur d’espoir s’évanouir.

Incapable de courir, incapable de se cacher, incapable de lancer une seule attaque contre ce monstre... mon destin était scellé. Je devrais mourir écrasé par le bouclier d’un Minotaure dans un donjon ridiculement puissant.

« Stop ! » la voix d’une jeune femme résonna sur les murs du couloir.

En clignotant mes yeux en raison de la surprise, j’avais regardé autour de moi, mais je ne pouvais pas voir où elle était.

Qui ? avais-je pensé et essayé bêtement de me lever, mais mon esprit m’avait rappelé mes blessures.

La douleur avait traversé mes muscles et mes os, m’épinglant sur les murs, me forçant à haleter.

Le Minotaure avait écouté la voix de la femme et s’était retourné, revenant par le même chemin par lequel il était venu. J’étais soulagé de voir cela, mais qui aurait pu avoir un tel pouvoir sur cette bête ?

« Toi ! Mortel ! » la voix s’adressait à moi de quelque part, mais je pouvais la voir. « Qu’est-ce que tu es ? » avait été sa première question.

J’avais cligné des yeux en raison de la surprise.

C’est peut-être la voix du donjon ? Communique-t-elle comme Illsyore l’a fait ? avais-je pensé en regardant le mur devant moi.

S’il y avait une chose que j’avais toujours trouvée à la fois surprenante et fascinante, c’était la capacité d’Illsyore à parler avec tous ceux qu’il désirait, où qu’ils se trouvent sur son Territoire de Donjon. Cela vous avait fait prendre conscience qu’il était toujours quelque part, qu’il veillait sur nous tous, qu’il nous protégeait.

« Ne m’as-tu pas entendu ? J’ai demandé quelle sorte de créature es-tu ? » se répéta la voix sur un ton autoritaire pendant que j’étais perdu dans mes pensées.

Encore une fois, sa question m’avait troublé. J’avais regardé ma main couverte de mon propre sang séché, puis j’avais regardé le mur.

« Je suis un humain..., » avais-je répondu.

« Hu... Humain ? Je n’ai jamais vu ou entendu parler des tiens. Tu ressembles à un elfe, eh bien... mais... la beauté en moins..., » elle parlait d’une voix plutôt excitée, comme un enfant qui venait de trouver un nouveau jouet.

Le premier de mon espèce ? C’est impossible... Les humains sont répandus sur les trois continents... sauf si je ne suis pas sur l’un d’entre eux, avais-je pensé en arrivant à une conclusion plutôt effrayante.

« Sommes... Sommes-nous si rares par ici ? » avais-je demandé un peu à contrecœur, en essayant de former un sourire sur mon vieux visage ridé.

« Oui ! Très ! Comme je l’ai dit, tu es le tout premier que j’ai vu au cours des deux derniers siècles, » répondit-elle, tandis que sa voix me rappelait celle d’une jeune fille qui criait à la vue de son gâteau d’anniversaire parfaitement préparé.

« Malheureusement, je ne pourrai pas vous tenir compagnie pendant longtemps..., » lui avais-je affiché un sourire amer et j’avais regardé mes blessures.

C’était un miracle que j’aie déjà réussi à survivre jusqu’à maintenant, mais je sentais que la fin approchait. Peut-être, même ces quelques instants que j’avais passés à parler à ce donjon s’infiltraient plus vite que je ne le pensais. Mon cœur et mon souffle pourraient s’arrêter à tout moment.

« Quoi ? Pourquoi ? » demanda-t-elle comme si ce n’était pas assez évident.

« Vous voyez..., » j’avais levé les yeux et gardé mon sourire idiot « Je suis un vieil homme... un idiot avec peu ou pas de chance, d’après ce qu’il me semble. Je suis blessé... et je me meurs..., » lui avais-je dit, puis je lui avais montré ma paume trempée de sang.

J’avais dit ces mots un peu à bout de souffle. Ma force s’estompait rapidement et ma vision était floue.

« Mourir ? Mais tu viens juste d’arriver ! » se plaignait-elle comme une enfant.

Cependant, le son de sa voix m’avait fait sourire. Au moins, elle semblait gentille et douce comme Illsyore, et non pas l’un de ces donjons monstrueux que j’avais l’habitude de traverser et d’aller y chercher des trésors.

« Peut-être... Peut-être que certains d’entre vous, donjons, ne sont pas aussi mauvais que d’autres le prétendent..., » avais-je dit et j’avais fermé les yeux.

Je suis fatigué..., pensai-je.

« Non... Non !... Re... Réveille-toi... Tu... dois... ne peux... pas... ne le permettra pas..., » c’était tout ce que j’avais pu entendre.

La faiblesse m’avait pris rapidement, ma respiration s’arrêtait lentement, et sa voix n’était rien d’autre qu’un écho dans le fond. J’avais envie de dormir, de fermer les yeux et de dériver dans cette mer sans fin.

Est-ce que je rêvais ?

Le donjon essayait de me dire quelque chose, de me réveiller, mais je ne pouvais pas répondre, je ne pouvais même pas l’entendre correctement. Je glissais trop vite et trop profondément dans cette obscurité chaude et confortable, dans l’étreinte froide de la mort.

J’avais clairement sous-estimé le temps qu’il me restait dans cette vie... En effet, un vieil homme stupide que j’étais, un homme qui n’avait même pas réussi à réaliser son amour... Peut-être que si j’avais une autre chance, non... c’était impossible.

« Hé ! » le cri m’avait forcé à ouvrir les yeux, et un jet d’eau froide m’avait subitement submergé.

Bien que j’avais froid, je ne pouvais même pas frissonner...

« C’est important, alors écoute-moi ! Réponds-moi “Oui” et je pourrai te sauver, » m’avait dit le donjon féminin.

Je voulais lui sourire et lui dire qu’elle ne pouvait pas sauver un vieux fou sénile et mourant de son destin.

« Veux-tu m’épouser ? » demanda-t-elle soudainement, mais j’avais peut-être mal entendu.

Qui, sain d’esprit, demanderait à un vieil homme mourant de l’épouser ?

J’avais fermé les yeux un instant, mais avec mon dernier souffle, j’avais décidé de jouer son jeu. Ce n’était pas comme si quelque chose allait changer. Ce n’était pas comme si le destin pouvait être combattu... La Dame Chance m’avait abandonné il y a longtemps. Elle avait abandonné ce vieux fou sénile.

<Acceptez-vous ? > O/N

Quel message ridicule ! pensais-je.

Mes lèvres chuchotèrent un « oui » mourant.

Croyez-le ou non, mais ce tout dernier effort de mon côté, ce dernier mot que j’avais dit était devenu le dernier de ma vie en tant que Tuberculus Firerage, le Directeur d’Académie de Magie de Fellyore, et le premier en tant que Tuberculus Firerage, le mari de Yandrea, le Donjon Divin...

Maintenant, mes amis, beaucoup d’aventures nous attendaient tous les deux... beaucoup d’histoires à raconter et beaucoup de chansons à répandre, à la fois emplies d’héroïsme et de méchanceté...

Voudriez-vous en écouter davantage ?

***

Histoire Parallèle 2 : Entre la raison et la folie

Partie 1

[Point de vue de Dankyun]

Quand j’étais arrivé au sol, j’étais au milieu de la forêt, quelque part loin de l’Académie de Magie, ou du moins ce qu’il en restait après ma bataille avec ce maudit Seigneur du Donjon.

Mon corps était froid, et je sentais de la douleur partout. C’était difficile de bouger le petit doigt, sans parler d’un bras ou d’une jambe. Ma vision était floue et je pouvais à peine respirer. Pour empirer les choses, je ne portais rien d’autre que le pagne qui couvrait ma honte.

Le mana était difficile à rassembler aussi bien qu’avant, mais peu à peu, j’avais pu le faire. Malheureusement, je n’avais plus de cristaux sur moi pour accélérer ma guérison, alors j’avais dû me fier à un sort à la place. Une situation très malheureuse, mais tant que je pouvais obtenir une respiration avec mes poumons, j’avais encore une chance de survie.

Des minutes, peut-être des heures s’étaient écoulées, avec seulement moi regardant le ciel nuageux et ne pensant à rien. Mon esprit était vide, vide de toute pensée. La bataille m’avait vidé de tout mon pouvoir et, à la fin, j’étais sorti perdant. C’était frustrant, mais je n’avais plus d’énergie pour me sentir frustré, en colère, ou même peur de ce terrible monstre que j’avais affronté...

J’avais fermé les yeux et une autre heure, peut-être plus, s’était écoulée. Quand j’avais rouvert les yeux, c’était la nuit. Avec beaucoup d’efforts, je m’étais concentré sur un Soin de Rang Intermédiaire et je l’avais jeté sur moi-même. Une lumière brillante couvrait mon corps et je sentais mes muscles et mes os se réparer d’eux-mêmes. Cela me faisait si mal que je voulais crier à haute voix dans la douleur, mais quel genre de draconien serais-je pour faire un geste aussi lâche ? J’avais grincé des dents et j’avais regardé le ciel étoilé au-dessus de moi comme s’il pouvait répondre à ma colère et me défendre, comme s’il était responsable de ma douleur.

Quel grand draconien ? J’ai échoué..., pensais-je après la guérison de mon corps.

Avec un gémissement, je m’étais levé et j’avais regardé autour de moi. J’étais au milieu d’un petit cratère, et pas si loin de moi se trouvait un arbre avec quelques branches cassées. C’était sûrement celui qui avait ralenti un peu ma chute. Pourtant, je n’avais aucune idée d’où j’étais exactement.

Sans une carte, un guide, ou même la moindre idée de l’endroit où aller à partir de là, j’étais perdu.

Je dois trouver un moyen de sortir de cet endroit..., avais-je pensé que lorsque j’avais commencé à me déplacer.

Au moins, il n’y avait pas de monstres autour de moi. C’était une situation chanceuse, mais alors... je m’en étais souvenu.

« Dankyun, petite ordure pathétique. Réjouis-toi ! Je ne vais pas te tuer maintenant. Oh, non, non, non, non, » le monstre secoua la tête, me regardant droit dans les yeux, me regardant fixement, liant mon âme et scellant mon destin. « Ce que je vais faire est bien pire que ce que tu peux imaginer. Je vais te laisser partir, et je vais te traquer comme l’ordure que tu es ! » me dit-il en souriant.

Ces paroles m’avaient fait frissonner toute la colonne vertébrale, forçant la peur à s’emparer de moi. Et son obscurité, cette obscurité qui l’entourait était faite d’une pure intention meurtrière. Je n’avais jamais rien vu de tel dans un donjon, c’était presque comme si je regardais droit dans les yeux de la Mort. C’était effrayant et dégoûtant.

Mon estomac s’était contracté d’une manière douloureuse. J’avais envie de vomir, et je l’avais fait, mais les seules choses qui en étaient sorties étaient les jus de mon estomac. Ça sentait mauvais, me forçant à prendre du recul et à trébucher sur le sol.

Je suis pathétique..., avais-je pensé et serré les poings.

Ce Seigneur du Donjon avait réussi à m’effrayer. Je ne voulais pas l’admettre, mais j’avais peur, j’avais peur de ce monstre, mais tant que j’étais en vie, je pouvais me défendre. Je pourrais me lever, puis le traquer et le tuer.

En y réfléchissant, j’avais eu un autre flash-back.

Me tenant par la gorge, me laissant à peine respirer, le monstre avait dit : « Ce que je vais te faire est bien pire que ce que tu ne peux même pas imaginer. Je vais te laisser partir, et je vais te traquer comme le déchet que tu es ! Tu l’as toi-même vu, j’ai simplement joué avec toi jusqu’à maintenant ! Je peux te tuer n’importe quand et n’importe où, si je le veux ! Tu n’es rien d’autre qu’un faible comparé à moi. Un faible ! »

Ces mots avaient fait frissonner ma colonne vertébrale. Comme il l’avait dit, j’avais été témoin de première main du monstre effrayant qu’il était. Même après avoir libéré tout mon pouvoir sur lui, je n’étais toujours pas capable de le vaincre. Même avec mon Amélioration, avec mon armure et mon épée divine, et même avec mes cristaux de sort, je n’avais pas été capable de le vaincre.

Pas étonnant que j’étais encore considéré comme un Suprême Inférieur... J’avais une force incroyable, mais mes compétences étaient faibles et à peine entraînées par rapport à d’autres de mon rang. Je pourrais les vaincre, peut-être, si j’étais chanceux et que j’utilisais soigneusement mes cristaux de sorts, mais face à un Seigneur du Donjon Divin sous forme humanoïde, ceux-ci s’étaient révélés complètement inutiles.

Si j’avais lancé une autre attaque suprême à l’intérieur de son dernier étage, j’aurais peut-être pu me débarrasser de certains de ces pièges, mais... J’aurais fini par être trop faible pour me défendre contre ses attaques monstrueuses, avais-je pensé alors que la frustration et la colère pouvaient être lues sur mon visage.

Je détestais ma situation. Je détestais qu’on me compare à lui. Ce que je détestais le plus, cependant, c’était la façon dont un donjon m’avait ridiculisé en me dépouillant de mon armure et de mon arme ! MOI ! Le Draconien Suprême en voie de devenir le chef de TOUS les draconiens !

Je détestais ça ! Je détestais ce Seigneur du Donjon ! Je détestais cette pathétique princesse ! Je détestais Nanya ! Ce n’était que de leur faute !

« Arg.. Je vais les tuer... Je vais tous les tuer ! » avais-je grogné en me levant et en regardant devant moi.

Dans la forêt, j’avais vu une ombre. Elle était de forme humanoïde, mais la peur qu’elle invoquait à l’intérieur de mon cœur m’avait fait m’effondrer sur mes pieds. Là-bas, caché parmi les arbres, j’avais vu le Seigneur du Donjon. J’avais vu ce monstre qui m’avait vaincu si facilement.

« N-Non, » avais-je dit avec un ton de voix tremblant.

Il avait souri, et je pourrais jurer que je l’avais entendu répéter ces paroles : « Tu l’as toi-même vu, j’ai simplement joué avec toi ! Je peux te tuer n’importe quand et n’importe où ! Tu n’es rien d’autre qu’un faible comparé à moi. Un faible ! » me regarda-t-il en plissant les yeux et en riant.

« NON ! » J’avais crié et en ramassant la pierre la plus proche, je l’avais jetée sur lui.

L’ombre s’était dispersée dans la nuit, et j’étais resté là, respirant durement et tremblant.

Qu’est-ce que ce monstre m’a fait ? m’étais-je demandé en regardant mes mains.

Jamais de ma vie je n’avais été confronté à une telle situation auparavant. J’avais peur pour ma vie, des ombres qui m’entouraient, de ce monstre qui me sautait dessus et m’achevait. Après tout, c’était ce qu’il m’avait dit, ce qu’il m’avait murmuré à la dernière minute avant de me jeter en l’air.

« C’est pour ça que je vais te laisser partir. Mais ne crois pas que tu es libre. Je vais te traquer comme une petite vermine pathétique que tu es simplement parce que je peux et que je sais qu’il n’y a absolument rien que tu puisses faire pour m’arrêter ou te cacher de moi. »

Le simple fait de me souvenir de ces paroles m’avait fait grincer des dents et serrer les poings. J’avais été vaincu et traqué comme un animal, une bête ou un monstre, rien de moins. La honte et la colère qui bouillonnait en moi m’avaient donné envie de crier, et c’est ce que j’avais fait...

« MAUDIT SOIS-TU, SEIGNEUR DU DONJON !! »

J’avais crié encore et encore jusqu’à ce que je m’effondre sur le sol à cause de l’épuisement.

Il n’y avait aucune chance d’accepter ma situation actuelle. J’étais l’animal traqué, et il était le monstre qui essayait de m’attraper, mais je n’allais pas le laisser faire. Non, j’allais rester hors de sa vue, me cacher parmi les gens et ne pas laisser ressentir un seul détail de mon pouvoir. J’allais m’entraîner en secret. M’entraîner comme je ne l’avais jamais fait auparavant, et pas comme d’habitude, j’allais me pousser jusqu’aux limites, afin de pouvoir apprendre les choses que, jusqu’à présent, je voyais comme inutiles... J’allais remettre en branles toutes mes compétences. C’était mon plan, c’était ma détermination, mais jusqu’à ce que je le mette en pratique, je devais sortir de cette forêt. Je devais trouver un moyen de revenir en sécurité, à la civilisation et de retourner à Teslov ou Paramanium.

Non... y retourner ne ferait de moi qu’une plus grande cible. Je n’ai même pas réussi à ramener Ayuseya et perdu mes soldats dans le processus... S’ils envoient quelqu’un à l’Académie de Magie de Fellyore pour découvrir ce qui s’est passé, ils vont trouver le donjon, ils vont découvrir ce que j’ai fait et le rendre public... Malédictions ! avais-je grincé des dents. Puis j’avais rampé avant de me lever.

Avec une démarche chancelante, je m’étais enfoncé plus profondément dans la forêt. Ma seule chance était de quitter ces deux continents : Allasn et Thorya. Je devais aller à Sorone, le troisième continent. Là-bas, je pourrais être en sécurité. Mon seul souci serait de rencontrer certains de mes anciens ennemis ou ma sœur... Si cette misérable femme était encore en vie, elle s’en prendrait à moi en un clin d’œil. Néanmoins, elle aurait déjà cent ans... une vieille sorcière. Je n’avais rien à craindre d’elle, d’une humaine.

Oui... Sorone. Il ne me trouvera pas là-bas... Il ne peut pas... avais-je pensé en me frayant un chemin à travers la forêt sombre.

« Alors, sache, petit draconien, qu’à partir de maintenant, où que tu regardes, où que tu tournes la tête, je serai là, à te regarder ! » J’avais encore entendu sa voix.

« TAIS-TOI !! » avais-je crié. Puis j’avais donné un coup de poing à un arbre qui s’était transformé pendant un instant en son ombre.

Qu’est-ce qui m’arrive ? m’étais-je demandé en regardant ma main qui saignait.

J’avais même oublié d’activer mon armure magique. Quoi que le Seigneur du Donjon m’ait fait, il avait raison... Il me traquait, et je le voyais dans chaque ombre et à chaque tournant que je prenais. Pendant les deux heures qui avaient suivi, j’avais simplement frappé tous les arbres à portée de vue, attaquant les ombres qui se moquaient de moi, mais après un certain temps, j’avais appris à ne pas sauter sur eux.

Ma situation actuelle m’avait mis en colère. Cela avait enfoncé la peur qui étirait ses vrilles pesantes à travers mon cœur, l’arrachant et me faisant savoir constamment que je n’étais rien d’autre qu’un faible comparé à lui.

Y avait-il un moyen pour moi de me battre contre ça ? Pour retrouver ma force et ma capacité à lutter contre une ombre obsédante ?

« Je serai partout... un paysan marchant près de toi, ou le noble avec qui tu parles, je serai lui ou elle, déguisé ou caché juste là, ou alors à la vue de tous ou sous le couvert des ombres derrière les ombres ! Parfois, je te laisserai me voir, me sentir et savoir que je suis toujours là à te regarder, te suivre et te chasser ! Il n’y a plus aucun moyen de m’échapper, Dankyun ! »

Ces paroles qu’il n’arrêtait pas de me hanter. Quand je fermais les yeux, j’avais l’impression qu’il était là. Quand une feuille était tombée sur mon épaule, j’avais cru que c’était lui et je m’étais enfui en criant de peur. J’étais si pathétique, mais comment pourrais-je lutter contre quelque chose comme ça ?

Il était là, dans l’ombre...

Quand j’avais fermé les yeux, il était juste devant moi. Je sentais son souffle, je sentais qu’il me regardait et me souriait comme un monstre, mais quand j’ouvrais à nouveau les yeux, il était parti.

Comment lui échapper ? m’étais-je demandé, mais je commençais à croire que même entrer dans un village était une mauvaise idée.

Et s’il était là ? Et s’il payait un garde ou un autre villageois pour m’espionner ? J’étais un draconien avec des écailles brunes, ce qui n’était pas si rare, mais certainement quelque chose de facilement repérable.

Je dois rester loin des gens... Je dois rester ici jusqu’à ce que je retrouve mes forces..., avais-je pensé...

À un moment donné, l’idée de voyager dans une ville ou de rencontrer quelqu’un s’était heurtée à un frisson dans ma colonne vertébrale. L’idée qu’il apparaisse sous l’apparence de quelqu’un d’autre m’avait fait ressentir une peur incroyable.

Ce jour-là, je ne pouvais pas supporter l’idée de manger quoi que ce soit. Je commençais à penser qu’il pourrait tout à fait décider d’empoisonner les bêtes autour de moi. Par chance, j’avais réussi à trouver une petite grotte où je pouvais m’endormir, mais mes rêves s’étaient rapidement transformés en cauchemars. J’avais revécu ce combat, ma défaite, ma douleur, mon angoisse. J’avais vu mes soldats se moquer de moi, et je n’avais même pas pu tuer le plus faible d’entre eux. Même Ayuseya se moquait de moi, disant que même avec sa malédiction, elle pouvait m’abattre comme un animal enragé.

Ma fierté avait été brisée en morceaux. Le draconien Suprême, autrefois dominant et puissant, n’était réduit à rien d’autre qu’une risée, un homme pathétique incapable de gifler même une femme. Je m’étais maudit ainsi que ceux qui s’étaient moqués de moi dans ce cauchemar.

La nuit s’était terminée par des frissons et des sueurs. J’avais dormi en périodes de quelques heures seulement. Même fermer les yeux était difficile, et j’avais l’impression qu’il m’attaquerait soudainement au moment où je l’aurais fait.

Le lendemain, j’avais décidé de chasser. J’avais trop mal à l’estomac et si je ne mangeais rien, je mourrais de faim. Le peu de fierté qu’il me restait ne pouvait pas me permettre de tomber d’une manière aussi honteuse.

Si je mourais tué par un Donjon Divin et que la nouvelle se répandait au sujet de ma bataille, j’aurais au moins une excuse pour être vaincu comme ça. D’ailleurs, je compterais comme le tout premier Draconien Suprême qui s’était battu depuis qui sait combien de centaines ou de milliers d’années maintenant ? Certains pourraient même considérer ma mort comme une mort honorable, mais ainsi... J’étais juste un perdant. Le draconien pathétique qui s’était enfui ou qui avait été laissé en vie par ce donjon parce qu’il était trop faible.

« Voici la meilleure partie. Je ne vais pas être celui qui va te tuer. Non. Non. Non, » je me souvenais de lui disant ces mots, secouant lentement la tête tout en gardant ses griffes serrées autour de mon cou « Je vais offrir ce plaisir à Nanya, Ayuseya et Shanteya. La prochaine fois que tu les verras, elles seront celles qui te tueront, » c’était sa menace la plus haineuse.

Penser que ces shikaks avaient même assez de puissance pour se battre contre moi était blasphématoire, mais il semblait en être certain. Eh bien, le coup de poing d’Ayuseya était surprenant et certainement pas quelque chose qu’une femme sans formation ou expérience aurait pu faire. Sans parler de la force derrière le coup de poing qui était en vérité assez importante pour casser mon armure magique, ce qui lui avait permis de m’égratigner. C’était ridicule !

Il ne mentait pas... elle a vraiment cette puissance. Il le leur a donné d’une façon ou d’une autre..., avais-je pensé en me préparant à attaquer un lapin.

L’animal à fourrure n’avait aucune chance contre moi, et je l’avais mangé sur place. Je n’avais même pas pris la peine de le cuisiner, j’avais tellement faim...

***

Partie 2

Le Seigneur du Donjon avait aussi menacé de tuer ma famille, mais je n’avais pas de parents... J’étais un orphelin sur le continent Sorone. Techniquement parlant, mes tuteurs auraient été mes parents, et les autres orphelins, mes frères et sœurs, mais ils n’étaient pas draconiens. C’est pourquoi je les avais tous tués... Eh bien, tout le monde sauf cette fille humaine. Je ne pouvais même pas comprendre comment elle avait survécu parce que je me souvenais clairement de l’incendie de tout l’orphelinat.

Hehe... de bons moments, avais-je pensé avec le sourire en essuyant le sang de ma bouche.

Ma chasse s’était poursuivie jusqu’à ce que mon estomac soit plein. J’avais essayé d’utiliser leur fourrure pour me faire des vêtements, mais sécher le cuir et le préparer correctement était un peu plus difficile que je ne le pensais au départ. Ainsi, j’avais fini par tout gâcher avec mes griffes surdimensionnées. Pour que ça marche, j’aurais dû chasser quelque chose de plus gros, alors j’étais allé à la recherche d’un Dayuk ou d’un autre monstre.

En trouver un était assez facile, mais quand j’avais essayé d’utiliser une attaque magique pour le tuer, j’avais de nouveau entendu sa voix... Elle résonnait dans mes oreilles aussi fort que possible.

« Ne pense même pas que je te fais marcher, espèce de petit draconien pathétique ! Je suis un donjon Divin ! Je suis plus puissant que tu ne peux l’imaginer ! » J’avais couvert mes oreilles, essayant de le faire disparaître.

« Tais-toi..., » avais-je grogné et j’avais fermé les yeux.

« Pourquoi devrais-je le faire ? » répondit-il. « En un seul claquement de doigts, je peux TE tuer, toi et toute ta famille ! Tu l’as vu aussi, n’est-ce pas ? Je n’ai même pas utilisé un sort autre qu’une boule de feu minable, et c’était seulement parce que je n’avais pas envie de percer à travers tes attaques pathétiques à ce moment-là, » déclara-t-il en riant.

« TAIS-TOI ! » avais-je crié.

Le Dayuk m’avait remarqué et avait grogné de façon menaçante.

« Je n’ai même pas bronché quand tu m’as jeté toutes ces boules de feu. AUCUNE de tes attaques n’a même pu briser mon armure magique UNE SEULE FOIS, sans parler de m’égratigner ! » je l’avais vu dans l’ombre autour de moi, me racontant toutes ces choses et me riant en pleine face.

Quand j’avais regardé le monstre se préparant à m’attaquer, j’avais vu le Seigneur du Donjon à la place.

« Toi... comment ? » avais-je dit de surprise.

« Tu es pathétique, Dankyun ! Toi et tout ce que tu fais et pense étaient inutiles contre moi ! Inutile ! » déclara-t-il en riant, et dans un accès de colère, j’avais lancé une [Boule de feu] au Dayuk.

Le monstre avait été entouré par les flammes, tué d’un seul coup, mais le rire du Seigneur du Donjon ne s’était pas arrêté.

« ARGH ! TAIS-TOI ! TAIS-TOI ! » J’avais crié à pleins poumons, tandis que ses paroles se répétaient tout autour de moi, riant de moi, se moquant de moi.

« Pathétique ! Faible ! Tu as perdu contre moi ! Tu perdras contre Ayuseya et Nanya ! Tu vas mourir ! Je vais te chasser ! Je vais te hanter ! Meurs ! Cours ! Faible ! » Je l’avais entendu dire ces choses de partout autour de moi.

Il était caché derrière les arbres et les rochers, loin de ma vue, mais d’une manière ou d’une autre encore là, dans les recoins de mes yeux.

Ses paroles m’avaient mis en colère, elles avaient alimenté ma rage et ma peur. J’avais donné des coups de poing à gauche et à droite jusqu’à ce que je saigne de mes articulations et que je respire avec difficulté, mais je ne combattais que des fantômes et des ombres.

Le Seigneur du Donjon n’était pas là... Comment s’appelait-il déjà ? Je ne savais pas, je ne me souvenais pas...

Après cet événement, une chose était devenue claire pour moi. Il était là, quelque part, à me traquer et à me chasser comme il l’avait dit. Il utilisait une sorte de sort d’illusion pour me faire voir ses apparitions, mais quand j’avais dormi, et quand j’essayais de chasser, il était là... d’une manière ou d’une autre, me gardant au bord de la raison et de la folie.

Le temps m’avait échappé au fur et à mesure que les jours passaient avec seulement une répétition de la précédente journée. Je tournais en rond dans cette forêt. Quand j’avais pensé que j’atteignais une sorte de village, j’avais vu son visage sur les gardes et les gens qui marchaient sur la route. Au lieu de le confronter là-bas, j’avais couru dans la forêt. Je m’étais enfui de ce village parce que chacun d’eux pourrait être le Seigneur du Donjon. Il pourrait me tuer n’importe quand et n’importe où...

Mes heures de sommeil étaient très peu nombreuses. Une heure, peut-être deux quand j’en avais l’occasion et que j’avais l’impression qu’il n’était pas là, me traquant comme un animal. Je ne pouvais même pas m’entraîner correctement, mais chaque jour, j’avais poussé plus de mana dans mon armure magique, en essayant de la rendre plus puissante et plus dense qu’avant. Si je devais combattre ce monstre à nouveau, il y avait des chances que je meure d’un seul coup de poing.

Je ne pouvais pas laisser cela se produire...

Il y avait beaucoup de monstres autour d’ici et plus je m’enfonçais dans les montagnes, plus ils devenaient forts.

C’était peut-être un mois ou deux après avoir trouvé ce village, mais j’étais tombé sur l’océan... J’avais atteint le bord du continent et, à l’horizon, je l’avais vu rire de moi. Le Soleil s’était transformé en son visage. J’avais concentré tout mon mana en une seule grosse [Boule de feu] et je l’avais jetée dessus.

Je n’avais aucune idée de l’endroit où elle avait atterri, mais certainement pas le soleil... Le bâtard se moquait encore de moi, me pointant du doigt et me rappelant combien j’étais faible et impuissant contre lui, combien il était facile pour lui de me vaincre quand j’étais à mon plus fort...

« C’est pourquoi je vais utiliser TOUT ce pouvoir Divin pour te traquer, te regarder depuis l’ombre, et te frapper au moment où tu baisseras ta garde. Quand tu entendras quelqu’un rire, ce sera moi ! Quand tu penseras que tu as vu une ombre bouger, ce sera moi ! Quand tu entendras le bruissement du vent, ce sera moi qui te rappellerai encore et encore que je suis là, que j’apprécie ma chasse et que je me prépare à te tuer, » tels étaient les paroles que j’entendais sans cesse ce qui me faisait me souvenir qu’il était là, quelque part, qu’il se moquait de moi, qu’il s’amusait de sa chasse tout en faisant en quelque sorte qu’Ayuseya et Nanya soient plus fortes qu’avant.

Cela m’avait irrité de savoir que ces deux shikaks pouvaient me battre au combat, mais... et si c’était vrai ?

Je ne pouvais pas prendre le risque de le découvrir, alors j’avais couru de nouveau dans la forêt, en essayant de me cacher de ses rires, de ses ombres.

Les arbres pourraient me cacher. Les grottes pouvaient me couvrir, et les monstres me nourrissaient de leur chair.

D’une certaine façon, je pouvais survivre, mais quand était-ce, je me le demande... Quand est-ce que de telles pensées étaient devenues logiques et normales pour moi ?

Je ne me souvenais pas...

Des mois ou peut-être des années s’étaient écoulés, depuis que je m’étais battu contre lui, mais qui s’en souciait ? J’étais encore en vie et je donnais des coups de pied ! Je pourrais le fuir. Je pouvais fuir ses ombres, mais un jour... il s’était passé quelque chose de différent.

Alors que je me préparais à chasser un Mauller sauvage, un énorme gorille à trois mâchoires, plus grand que moi de près d’un mètre, quelqu’un m’avait frappé par-derrière. Mon corps avait été engourdi et j’étais tombé à genoux.

Pendant un moment, j’avais pensé qu’un monstre m’avait peut-être attaqué par-derrière, mais j’avais encore de la force dans mes membres et il n’y avait pas d’odeur de sang frais. En regardant en arrière, j’avais vu deux humains. L’un portait une longue robe à motifs dorés et foncés, tandis que l’autre portait une grande épée rouge. Il était couvert d’une armure de plaques épaisses de la tête aux pieds, semblable à mon armure précédente.

« Qui aurait cru que tu serais si facile à capturer, Dankyun. As-tu perdu la main ? » demanda le guerrier.

« Qui êtes-vous ? Le Seigneur du Donjon vous a-t-il envoyé ? » demandais-je d’une voix tremblante, en regardant derrière eux. Je crois l’avoir vu ricaner à côté d’un des arbres. « TAIS-TOI ! JE SAIS QUE TU ES LÀ ! » Je lui avais crié dessus.

L’ombre avait disparu, mais les deux humains avaient l’air surpris. Bien sûr qu’ils l’étaient. Ils ne pouvaient pas voir le monstre. C’était seulement moi qui pouvais... il était là... juste là !

« Oui... non. Nous sommes ici parce que tu es recherché pour des crimes contre les royaumes Teslov, Paramanium et Shoraya. Regarde, c’est ton visage, non ? » dit-il, montrant une affiche de ma personne.

« Quoi ? Pourquoi ? Je n’ai jamais trahi le royaume de Teslov ou le royaume de Paramanium ! » avais-je rétorqué.

« Tu sais que menacer et tenter de tuer un membre de la famille royale Pleyades est considéré comme un crime, n’est-ce pas ? » demanda celui qui portait une robe de mage.

« Quoi ? Mais c’était une mauviette ! Elle ne méritait que d’être élevée et tuée ! » avais-je répliqué, déclarant ma juste cause.

« Quoi ? » le guerrier m’avait regardé avec colère et avait levé son épée.

« Arrête-toi, Dreziurne. Il est clair qu’il n’est pas sain d’esprit, et nous devons le ramener vivant, » avait dit l’autre.

« Dreziurne ? » avais-je dit en le regardant dans les yeux.

Ce nom m’était familier.

« Oui, je suis Dreziurne, le Suprême du Royaume Shoraya. Et voici Pendaros, l’autre Suprême qui est plus faible que moi... aux échecs, » déclara-t-il, mais qui se souciait de savoir qui était meilleur qu’un autre dans un jeu stupide ?

« Tu gagneras un jour, mon ami. Pour l’instant, plaçons les Inhibiteurs de Magie sur lui et allons-nous-en avec lui..., » lui avait-il dit.

« Bien sûr, mais tu le fais. Il sent comme s’il ne s’était pas lavé depuis un an. Arg, » commenta le guerrier en agitant la main devant son visage.

Bien sûr que non. Et si le Seigneur du Donjon était venu de sous l’eau et qu’il m’avait noyé ? Ou si l’eau de pluie s’était soudainement transformée en acide ? pensais-je en m’excusant de ce qui était une réponse légitime dans mon esprit.

« De quels autres crimes suis-je accusé ? Le Royaume Shoraya ne devrait pas être dérangé si une ou deux princesses étrangères meurent, » leur avais-je dit.

« Oh, ça ? Eh bien, tu vois... les jeux politiques changent en un an, alors maintenant nous sommes en quelque sorte des alliés de Paramanium et par extension Teslov. Cela étant dit, tes crimes sont des crimes ici. Cependant, tu as détruit une Académie de Magie royale approuvée dans le Royaume de Shoraya et tué un certain nombre de nos citoyens, dont certains étaient des parents de certains nobles, » Dreziurne m’avait expliqué ça, mais je ne me souvenais pas avoir tué quelqu’un d’important.

« Je ne pense même pas qu’il sait qu’il a tué..., » déclara Pendaros.

« Je suis innocent, » avais-je essayé de rétorquer.

« Mais bien sûr, mon pote. L’un de tes propres commandants s’est en vérité porté garant contre toi et a dévoilé tes crimes et tes intentions envers le Royaume de Teslov et le Royaume de Shoraya. Comment s’appelait-il ? Oh oui, Zarus Dennekar, un Commandant Divin, » déclara Dreziurne en souriant.

« Zarus ? Zarus n’est pas un Rang Divin ! C’est un Rang Empereur ! Et comment ose-t-il me trahir ? Je vais le tuer ! » avais-je grogné.

« Bien sûr que si. De plus, il ÉTAIT un Rang Empereur, mais maintenant il est Divin. Sois sage et ne me force pas à te paralyser à nouveau. Pourtant, je dois dire que je suis surpris que tu puisses encore bouger et parler après une telle frappe, » m’avait-il dit.

« Quoi, ce petit truc ? Et comment as-tu franchi mon armure magique ? » lui avais-je demandé en le regardant fixement.

Il n’était pas possible de passer aussi facilement. Après tout, je l’avais renforcée tout ce temps. Étais-je vraiment si faible que ça ?

« Facile. J’ai utilisé une flèche magique enchantée avec [ignorer l’armure magique]. Pendaros l’a tirée et je l’ai frappé avec ma paume. La flèche est passée directement à travers et est entrée dans ta chair, » avait-il souri.

« Tu mens, je ne sens pas de sang couler, » avais-je grogné contre lui.

« Un enchantement de [Scellage instantané de Blessures] a été ajouté, » Pendaros ajouta ça.

« Quoi ? » J’avais essayé de regarder mon dos, et c’était vrai, la flèche était à l’intérieur de mon corps, mais il n’y avait aucun signe de blessure autour d’elle, pas même une goutte de sang.

« En fait, tu n’as pas besoin de le paralyser à nouveau, la flèche maintiendra son effet tant qu’elle est à l’intérieur de lui. Ne t’inquiète pas, on a raté exprès des points vitaux, » Pendaros expliqua de nouveau tandis que Dreziurne approuvait de la tête.

Je détestais ça, mais c’était vrai... Néanmoins, ce n’était pas quelque chose que n’importe qui pouvait faire. Seul un Suprême était capable de faire quelque chose comme ça. Mais penser qu’il en fallait deux pour poignarder cette flèche en moi, c’était incroyable, et cela ne pouvait que signifier que mon armure magique était beaucoup plus forte qu’avant. Si je devais deviner, peut-être deux ou trois fois plus fort que lorsque j’avais combattu le Seigneur Donjon ?

En y pensant, j’avais commencé à rire.

Avec ça... J’ai une chance... J’ai juste besoin de temps..., avais-je pensé. Puis j’avais ri, ignorant tout ce que les deux avaient dit pendant qu’ils me liaient les mains avec des menottes en métal lourd, enchanté avec un sort capable de disperser tout mana que j’avais essayé de former autour de mon corps, et même dans mon armure magique.

[Point de vue de Pendaros]

Dankyun Alttoros, le Draconien Suprême avait perdu la tête. Sur le chemin du retour à la civilisation, il ne murmurait que des paroles de vengeance contre un soi-disant Seigneur du Donjon. Au début, nous ne l’avions pas cru. On ne pouvait pas le croire. Il n’était qu’un fou chassé par les ombres et les fantômes, qui tuait impitoyablement les innocents et tentait d’usurper le trône de la famille Pleyades.

Néanmoins, quelque chose ou quelqu’un l’avait combattu et l’avait vaincu au point où il avait perdu toutes ses armes et armures... Il n’avait pas l’air différent d’un bandit, mais avec un seul coup de poing, il était assez puissant pour transformer un Aventurier de Rang Maître en poussière. Eh bien, ce n’était pas notre travail de le juger, mais compte tenu de ses crimes, il y avait de fortes chances qu’il soit confronté à la mort ou à l’incarcération à vie dans la pire des forteresses de détention criminelle.

Honnêtement, je m’en fichais, mais je ne voulais pas le traquer à nouveau. Il nous avait fallu toute une année pour le retrouver... S’il n’avait pas attaqué comme un idiot le bateau d’un marchand avec une boule de feu surdimensionnée, je ne l’aurais peut-être jamais trouvé. Eh bien... seuls les dieux pouvaient dire son destin maintenant. J’espérais simplement qu’il obtiendrait vraiment la punition qu’il méritait pour avoir détruit une Académie de Magie et tué ces personnes.

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Un commentaire

  1. Merci pour ce tome

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