Infinite Stratos – Tome 1

***

Chapitre 1 : Toutes mes camarades de classe sont des filles

Partie 1

« Je vois, tout le monde est présent. Eh bien. Il est temps de commencer la courte période dans la salle de classe... »

Maya Yamada, notre professeur de classe adjointe, avait souri alors qu’elle se trouvait devant le tableau. Elle était assez petite, à peu près aussi grande qu’une étudiante. Peut-être que ses vêtements étaient trop grands pour elle, car ils étaient vraiment lâches, ce qui la rendait encore plus petite. De plus, ses lunettes noires étaient assez grandes et ne semblaient pas appropriées sur elle. Tout cela semblait anormal, comme un enfant portant les vêtements d’un adulte... J’avais comme l’impression qu’elle essayait de se faire aussi grande que possible, mais c’était peut-être mon imagination.

« OK, tout le monde. Nous comptons sur vous pour cette prochaine année, » déclara-t-elle.

« ... » Il y avait une nervosité presque maladive présente dans la salle de classe, et donc, aucune réponse n’avait été prononcée.

« D-D’accord. Commençons par les présentations. Hmm... Faites-le en suivant la liste de classe, s’il vous plaît, » déclara-t-elle.

Je m’étais senti désolé pour notre professeur de classe adjointe troublée, et j’avais pensé que je devais y répondre d’une manière ou d’une autre, mais hélas, cela aurait été idiot de ma part d’agir ainsi.

Eh bien, la raison était simple : toutes mes camarades de classe étaient des filles.

Il s’agissait du jour de la cérémonie de rentrée. Je commençais une nouvelle vie. C’était génial. Franchement, je le pensais vraiment. Mais dans mon cas, le vrai problème était que je sois le seul homme dans la salle de classe.

Cela... va être plus difficile que je l’imaginais...

Je n’étais nullement en train de me faire des idées là, car tout le monde me regardait vraiment. Le siège qui m’avait été assigné faisait également partie du problème. J’étais assis à l’avant, au milieu de la salle de classe. Que vous le vouliez ou non, vous alliez attirer l’attention à une telle position.

J’avais alors regardé vers la fenêtre.

« ... »

J’avais espéré être sauvé par ce que je verrais dans cette direction, mais mon amie d’enfance sans cœur, Houki Shinonono, regardait à la place par la fenêtre. Quelle fille cruelle ! Est-ce ainsi que quelqu’un devait être traité par son ami d’enfance après s’être retrouvé après six ans ?

Hm... Peut-être qu’elle me détestait maintenant ?

« ... ra. »

« Ichika Orimura. »

« O-Oui !? » m’écriai-je.

J’avais été surpris d’entendre mon nom déclaré avec tant de force. Et d’une manière prévisible, les autres rigolaient face à ça. C’était devenu de plus en plus difficile de se calmer. Je n’étais pas particulièrement mal à l’aise vis-à-vis des filles. Il y avait juste... une limite à tout cela. Même si vous aimiez les ramens, si vous en mangiez trois fois par jour, vous tomberiez vite dégoûté de ça. Ce n’était pas comme si je l’avais déjà essayé. Pour commencer, je n’aimais pas tant les ramens que ça... Quoi qu’il en soit, ce n’était pas ce qui importait.

Le point important était que j’étais le seul homme de la classe. Les 29 autres étudiantes étaient des filles. La professeur de classe adjointe était également une femme. Et la professeur principale était... probablement une femme. Je ne l’avais pas encore vue. Cela ne faisait que soulever la question de savoir ce qu’elle préparait.

« Hmm... Je suis désolée si je vous ai surpris... Ê-Êtes-vous contrarié ? Êtes-vous... Je suis désolée. Vraiment désolée. Mais... Nous avons commencé les présentations des A et nous sommes au O... tout comme Orimura... Alors... Je suis désolée, d’accord ? Pourriez-vous vous présenter ? Ou sinon... N-Non ? » balbutia mon petit professeur.

Maya Yamada, mon professeur de professeur adjointe, s’excusait abondamment. Ses lunettes étrangement grandes bougeaient d’avant en arrière, et j’avais peur qu’elles tombent, il s’agissait de la seule chose sur quoi je pouvais me permettre de porter mon attention. Était-elle vraiment plus âgée que moi ? Je n’aurais pas mis en doute la personne qui me disait qu’elle avait mon âge.

« Oh, euh, tout va bien. Je suis désolé... Je vais me présenter. S’il vous plaît, calmez-vous Mademoiselle Yamada, » déclarai-je.

« V-Vraiment ? Vrai de vrai ? P-Promettez-le moi. Promettez-le-moi ! » s’écria Yamada.

Je pouvais voir l’enthousiasme dans ses yeux alors qu’elle leva les yeux et prit ma main. J’étais à nouveau le centre de l’attention de la classe. Eh bien, une telle chose n’allait pas faire peur à un vrai homme, n’est-ce pas ? Je devais me présenter correctement. De plus, si j’avais fait une mauvaise impression dès le départ, les choses allaient se diriger dans la mauvaise direction. Je ne voulais surtout pas ça.

Je m’étais levé et je m’étais retourné. Tous ces regards que j’avais sentis sur mon dos étaient maintenant carrément dirigés face à moi. Même Houki, cette fille sans cœur, me regardait maintenant, au lieu de diriger son regard ailleurs. Alors que tout le monde me regardait, je ne pouvais pas m’empêcher d’être à bout, même si je n’avais pas de problème avec les filles.

Même si vous aimez vraiment le curry, vous voyez — non, j’en avais déjà parlé...

« Hmm... Je suis Ichika Orimura. J’espère que nous pourrons bien nous entendre, » dis-je en saluant poliment.

Les regards avaient continué. Elles demandaient clairement plus. Je pouvais le voir écrit sur leurs visages qu’elles imploraient pour avoir plus d’infos. Eh bien, il n’y avait pas grand-chose à dire. Bien sûr, j’avais des hobbies, mais je n’étais pas particulièrement motivé pour en parler aux autres, et il me semblait étrange d’en parler à mes camarades de classe alors que je me présentais. Si, lors de cette occasion, une fille avait dit qu’elle aimait cultiver des cactus, je trouverais cela plutôt rebutant (d’ailleurs, mes hobbies n’étaient pas de faire pousser des cactus, juste pour que nous soyons clairs).

« ... »

Je sentais de la sueur couler dans mon dos. Je ne savais pas quoi faire ou dire. Pour commencer, pourquoi étais-je dans cette situation ?

***

Partie 2

« Il fait... un peu froid..., » murmurai-je.

Nous nous trouvions à la mi-février. J’étais au collège, en troisième année, en train d’étudier durement pour les examens d’entrée.

« Pourquoi dois-je voyager sur quatre stations pour passer l’examen d’entrée de mon lycée le plus proche ? Et il fait encore plus froid aujourd’hui... »

Il y avait eu des tricheries l’année précédente, donc toutes les écoles avaient annoncé le lieu de l’examen seulement deux jours avant. C’était assez ridicule, mais il n’y avait rien que je puisse faire à ce sujet en tant que simple étudiant. Il ne me restait plus qu’à grogner sur le chemin de l’examen.

L’école dans laquelle j’essayais d’entrer était l’Académie Aietsu, une école proche de la maison, moyenne au niveau des classements, et qui tenait un festival chaque année. C’était une école privée, mais les frais de scolarité étaient très bas. Exceptionnellement basse en vérité. Pourquoi ? Vous demandez-vous ? Eh bien, 90 % des étudiants diplômés étaient embauchés par des sociétés affiliées. Nous n’étions pas dans une récession profonde ou quelque chose du genre, mais j’étais heureux qu’ils soient prêts à planifier ça pour moi. En outre, les entreprises étaient assez réputées et basées dans la région, donc je n’allais pas être affecté à l’improviste dans un lieu éloigné. C’était vraiment une bonne affaire.

« Je ne peux pas avoir Chifuyu qui prend soin de moi pour toujours... »

Mes parents n’étaient plus là pour s’occuper de moi. Ma sœur aînée avait eu la gentillesse de s’occuper de moi, mais j’avais développé un complexe d’infériorité depuis un certain temps à propos de ça. Heureusement, Chifuyu avait gagné beaucoup d’argent, donc nous n’étions pas pauvres, mais je n’étais toujours pas à l’aise avec ça. À l’origine, je voulais commencer à travailler tout de suite après le collège, mais ma sœur m’avait empêché... physiquement... de le faire et j’avais dû passer les examens. Quoi qu’il en soit, si je réussissais à entrer dans l’Académie Aietsu, ma carrière était aussi assurée que possible, et je pensais que Chifuyu aurait aussi plus de facilité à continuer sa vie. Eh bien, ce n’était pas comme si elle disait qu’elle voulait vivre une vie plus facile — je voulais faire ça pour elle.

« Je pourrais penser au reste quand j’aurais passé. »

J’avais étudié durement pendant un an et obtenu un A lors des tests simulés, donc je n’étais pas particulièrement inquiet. Sauf si quelque chose de débile s’était produit, j’étais sûr de passer. Le vrai examen devait avoir lieu dans une salle polyvalente construite avec l’argent des contribuables. Je la connaissais seulement par son nom. J’avais trouvé que c’était plutôt bizarre qu’une école privée ait accès à un établissement public, mais je m’étais dit qu’ils avaient des liens. Vous savez, les coulisses et d’autres choses du genre.

« Hm... Alors, comment puis-je arriver au deuxième étage ? »

Je m’étais perdu. En toute honnêteté, il s’agissait d’un bâtiment sacrément compliqué. Apparemment, le concepteur provenait de la zone, tout comme les constructeurs. Dans l’ensemble, il s’agissait d’une affaire municipale.

« Pourquoi diable est-ce qu’une disposition intérieure si stupide existe ? Où est le fichu d’escalier ? »

Si quelqu’un m’avait dit que j’avais erré dans un labyrinthe, je l’aurais cru. Je ne pouvais pas comprendre pourquoi le plan d’étage était si difficile à comprendre. Il y avait un immense couloir de verre qui serait impossible à climatiser, un mur couvert de carreaux qui tomberaient sur la tête des gens lors d’un tremblement de terre, et des lumières étranges encastrées dans le plafond qui entraîneraient une énorme facture d’électricité. Comment tout cela peut-il vraiment exister ? Tout cela n’avait aucun sens.

« ... »

Dans ma dernière année du collège, je m’étais finalement perdu. Voilà comment je peux être tant pathétique...

« Bon. Je vais ouvrir la prochaine porte que je verrais. Cette technique fonctionne habituellement très bien. »

Super, une porte. Allons-y...

« Oh, bonjour. Vous devez être ici pour passer le test. Vous pouvez vous changer là-bas. Nous sommes à court de temps, alors s’il vous plaît faites vite. Nous avons seulement le bâtiment jusqu’à quatre heures. Je n’ai aucune idée de ce que la direction pensait faire avec un calendrier si serré. »

Une professeur nerveuse, âgée de 30 ans, m’avait parlé dès que j’étais entré dans la pièce. Peut-être qu’elle était occupée, ou peut-être que son attention était émoussée... Peut-être les deux... Mais elle ne m’avait jamais regardé. Devais-je vraiment me changer pour le test ? Je pensais que cela devait être une contre-mesure contre la triche. Il semblerait que les écoles traversaient une période vraiment difficile.

J’avais écarté le rideau et j’avais trouvé devant moi quelque chose de vraiment magique. Si je devais décrire cette chose, elle ressemblait à une armure médiévale, qui serait stockée dans un château. Cela s’agenouillait devant moi comme un chevalier me jurant fidélité. Strictement parlant, cela ne ressemblait pas exactement à une armure, et d’autres personnes avaient probablement un point de vue différent. Mon point de vue était que cela ressemblait un peu comme ça. C’était à peu près humanoïde, et cela semblait en attente d’être utilisé par son porteur.

Je savais bien ce que c’était. Il s’agissait d’un IS.

Cette abréviation signifiait « Infinite Stratos », une sorte d’exosquelette pouvant se transformer et qui avait été développée en pensant à la zone extra-atmosphérique. Les concepteurs n’avaient pas réussi à réaliser leur souhait, et au lieu d’avoir ça, cette pièce d’ingénierie de haute performance avait été utilisée comme une arme, et finalement, dans les sports. Il s’agissait d’un exosquelette volant et de grande puissance. Malheureusement, la technologie IS avait un défaut critique, ce qui signifiait que je n’y avais aucun intérêt.

« Les hommes ne peuvent pas l’utiliser, hein... »

Tout à fait. Seule une femme pouvait l’utiliser. Les tenues n’avaient réagi jusqu’à maintenant à personne d’autre que des filles. L’armure en face de moi était tout sauf utile pour moi. Je ne pouvais rien faire avec ça. Rien du tout.

Je l’avais alors touchée.

« ... !? »

Immédiatement après ça, un son métallique avait résonné dans mon esprit.

À l’instant suivant, une vague d’informations avait directement inondé mon esprit. Il s’agissait des instructions de base des mouvements de l’IS dont je n’avais même pas entendu parler : guidages, spécifications, capacités, charge actuelle, alimentation restante, rayon d’action, précision des capteurs, détection radar, armure restante, puissance de sortie... Soudain, j’avais tout compris, comme si je m’étais entraîné avec ça pendant de nombreuses années. Ses capteurs étaient liés à mon cortex visuel, transmettant l’information dans mes yeux et représentant le monde autour de moi avec des chiffres et des valeurs.

« C-C’est... »

Elle avait bougé. L’IS avait bel et bien bougé. J’avais l’impression de bouger mes propres mains et mes jambes.

J’avais senti quelque chose se répandre sur moi comme si c’était ma propre peau... La barrière cutanée était ouverte.

Un sentiment d’apesanteur était apparu dans mon corps... Les propulseurs semblaient être opérationnels.

J’avais senti un poids dans ma main droite. La lame pour les combats rapprochés s’était matérialisée dans un flamboiement de lumière.

Ma perception avait été accrue, et rendue encore plus claire... Les hypertenseurs les avaient optimisés.

J’avais immédiatement compris toutes ces informations. Je n’avais jamais rien appris, mais j’avais instinctivement tout compris. Et le monde vu par l’IS m’avait été transmis...

Et le monde relayé par l’IS ressemblait à ça...

***

Partie 3

« ... »

Hmm... Où étais-je encore ?

Il s’agissait du jour de la cérémonie de rentrée, et j’étais maintenant au lycée, en première année. J’étais en train de me présenter devant la classe. En face de moi se trouvaient 29 filles. Et derrière moi se trouvait Mademoiselle Yamada, qui devait probablement être au bord des larmes. En passant, ce nom, « Ya-ma-da-Ma-ya », pouvait être lu d’avant en arrière ou d’arrière en avant en japonais. C’était un bon nom, très facile à se souvenir. Bon, je digresse en ce moment.

Il semblerait que je n’avais toujours pas fini de me présenter. Toutes les filles me regardaient avec des yeux qui indiquaient qu’elles demandaient plus d’informations. Houki ne m’aidera-t-elle pas en tant qu’amie d’enfance ? Non, elle avait encore regardé ailleurs. Je m’étais pris un froid de sa part. Était-ce notre si belle réunion attendue ? Je suppose que ce n’était vraiment pas le cas.

Non, non. Si je ne parle pas maintenant, elles vont me cataloguer comme un mec sombre.

J’avais pris une profonde inspiration. Et encore une autre après ça. Et alors, j’avais ouvert ma bouche. « Et c’est tout. »

Ta-da ! Les filles avaient semblé être déçues. Qu’attendaient-elles ? Quelles filles folles... !

« E-Euh..., » quelqu’un parlait derrière moi, et sa voix était deux fois plus larmoyante qu’avant.

Hein !? Quoi !? N’ai-je pas fait assez ?

*Bam !* quelqu’un m’avait frappé sur la tête.

« Outch... ! » criai-je.

La douleur, ce réflexe spinal, m’avait fait me souvenir de quelque chose. Cette frappe... Cette puissance, cet angle, cette rapidité... Tout dans cette frappe m’avait fait douloureusement me remémorer de quelqu’un que je connaissais très bien.

« ... »

Lentement, je m’étais retourné et j’avais vu une grande femme en costume noir et en jupe. Ses bras étaient croisés, et elle avait un regard très semblable à celui d’un loup.

« Wowww ! C’est Guan Yu ! »

*Bam !* une autre frappe me toucha.

D’ailleurs, cela faisait vraiment mal. Il s’agissait d’un claquement fort et audible, et toutes les filles avaient sauté un peu en arrière en voyant ça.

« Il n’y a pas de héros des trois royaumes ici, idiot, » sa voix était basse. Il y avait un gong imaginaire tonnant dans mon esprit.

Non, attends, attends, attends...

Que faisait Chifuyu ici ? Elle était partie tout le temps travailler sauf peut-être un ou deux jours par mois où elle venait me voir.

« Oh, Madame Orimura. La réunion est-elle déjà terminée ? » demanda Yamada.

« Tout à fait, Yamada. Désolée que vous ayez dû vous occuper de la classe à ma place, » répondit-elle, tendrement.

Wôw, elle n’avait jamais parlé à moi avec tant de gentillesse.

Qu’est-il arrivé au général Guan Yu ? Avait-il chevauché sur le Red Hare jusqu’à Liu Bei ?

« N-Ne vous n’inquiétez pas de ça, je suis le professeur adjointe. Je peux donc tout à fait faire ça ! » Sa voix larmoyante avait disparu, et Maya Yamada regardait chaleureusement le professeur principal. Elle rougissait.

« Tout le monde. Je m’appelle Chifuyu Orimura. Mon travail est de vous transformer en pilotes utiles en un an. Écoutez ce que je dis, et souvenez-vous-en. Si vous ne pouvez pas faire quelque chose, je vous aiderai jusqu’à ce que vous puissiez le faire. Mon travail est de vous former de l’âge de quinze à seize ans. Détestez-moi si c’est ce que vous voulez, mais écoutez ce que je dis. Compris ? »

La situation était devenue beaucoup plus compliquée qu’elle ne l’était avant. Eh oui, c’était sans aucun doute ma sœur, Chifuyu Orimura, qui était là. Je m’attendais à des halètements de peur dans la salle de classe, mais à la place, j’avais pu entendre des cris stridents de bonheur.

« Super ! Chifuyu ! C’est vraiment Chifuyu ! »

« Je suis l’une de vos fans de longue date ! »

« Je me suis inscrite ici en raison de vous ! J’ai fait tout le chemin de Kita-Kyuushuu ! »

Qui se soucie si vous venez même du sud d’Hokkaido ?

« Je suis si contente que vous me donniez des ordres, Chifuyu ! »

« Je mourrai pour vous ! »

« Chaque année, nous avons chaque fois ces imbéciles. C’est vraiment impressionnant. Ou alors, me donnent-ils toutes les idiotes ? » dit Chifuyu, tout en affichant un air ennuyé face aux filles extatiques.

Elle ne simulait nullement. Elle était vraiment mal à l’aise.

Chifuyu, ma sœur... Tu ne peux pas acheter la popularité. Alors, soit plus gentille avec elles.

Mais je me trompais. Encore plus que les personnes qui pensaient que la Terre était plate il y a des siècles — bien qu’elles pensaient qu’il était rond au Moyen Âge. Encore plus que les personnes qui voulaient voler avec des ailes de plumes et de cire — et qui pour le dire franchement, était tout simplement stupide. Encore plus que quelqu’un essayant de traverser l’Atlantique dans un radeau... En vérité, je suppose que quelqu’un avait déjà fait ça. Dans tous les cas...

« Hahh ! Chifuyu ! Qu’elle me sermonne ! Qu’elle abuse de moi ! »

« Mais soyez gentil parfois ! »

« Disciplinez-moi afin que je ne me gâte pas ! »

J’étais content que toutes mes camarades de classe soient si énergiques. Eh bien, j’étais aussi confus par le fait que ma sœur Chifuyu était ma professeur principale... Ou j’aurais été, mais le crissement constant des filles m’avait calmé. C’était tout à fait quelque chose de voir la réaction outrageusement émotionnelle de quelqu’un ce qui nous faisait devenir plus rationnel qu’auparavant, et finalement, j’avais réalisé la vérité de cette première main.

« Alors ? Vas-tu donc te présenter correctement ? » Le tranchant dans sa voix... Tranchant, comme dans le sens de la rigueur. C’était toujours comme ça qu’elle m’avait parlé.

« Mais, Grande Sœur je —, » commençai-je.

Bam ! La troisième frappe de la journée me toucha.

Le savais-tu, Chifuyu ? Environ 5 000 cellules cérébrales meurent lorsque tu frappes quelqu’un sur la tête.

« Mademoiselle Orimura êtes vous..., » commença Yamada.

« Oui..., c’est bien le mien, » déclara ma sœur.

Cet échange verbal n’avait vraiment pas été de bon augure. Maintenant, la classe savait que j’étais son frère.

« Vraiment ? Ce type est son frère ? »

« Pensez-vous que cela a quelque chose à voir avec le fait qu’il soit le seul homme au monde à pouvoir piloter un IS ? »

« Ahh, ça doit être sympa... J’aimerais pouvoir être à sa place... »

Ignorons la dernière fille. Je devais mettre quelque chose au clair. Je me trouvais actuellement dans l’Académie IS, et j’étais le seul homme au monde qui pouvait utiliser un IS.

 

L’Académie IS... est une école chargée d’enseigner à ses étudiants comment piloter l’IS, avec le financement et la gestion fournis par le gouvernement japonais. En raison de toutes les recherches partagées avec tous les pays signataires du traité, le gouvernement japonais devait s’abstenir de maintenir un voile de secret. De plus, toutes les controverses liées doivent être résolues par le gouvernement japonais à la satisfaction des pays signataires. En outre, tous les futurs étudiants d’une nation signataire d’un traité doivent être autorisés à s’inscrire à l’académie, sans condition, et à fournir un logement par le gouvernement japonais. — Traité sur l’utilisation des IS, section : Institution éducative pilote de l’IS (extrait)

 

Voilà le genre d’école que c’était. En gros, c’était fondamentalement : « Le monde est devenu fou à cause de l’IS que vous avez construit, vous, les stupides Japonais, donc vous feriez mieux de faire une école et de former nos habitants là-bas. Oh, en passant, remettez-nous la technologie. La facture est pour voir. Au revoir. » Ce pays qui commence par « A » et qui contient essentiellement de la mafia.

En ce qui concerne le « pourquoi », je m’étais retrouvé à l’Académie IS, c’était que j’avais réussi à contrôler l’unité de test qu’ils utilisaient pour évaluer les futures étudiantes. Mais en premier lieu, la question du « comment » je m’étais même retrouvé là... Eh bien, Aietsu et IS sont assez similaires, non ? Restons-en là.

« ... »

J’avais senti le regard froid de la classe en plein chaos. J’avais alors regardé autour de moi, Houki s’était retournée et regardait par la fenêtre..

Pourquoi est-elle si fâchée après moi ? Qu’est-ce que j’ai fait ?

J’avais décidé que je lui demanderais ça plus tard.

La cloche avait alors sonné.

« D’accord, cette courte session est terminée. Vous devrez apprendre tous les fondamentaux sur les IS dans un demi-mois. Après cela, l’entraînement commencera. Les mouvements de base vous prendront encore deux semaines. Compris ? Annoncez-le si vous le faites, et même si vous ne le faites pas. Je veux vous entendre. »

Wôw, quelle enseignante tyrannique ! Elle était vraiment un démon inséré dans la peau de ma sœur. Non, un démon aurait été plus flexible, après tout, ils ne sont pas humains. L’humaine devant moi était si méchante parce qu’elle avait une idée des limites des êtres humains. Vous voyez, Chifuyu Orimura était l’ancienne pilote de l’IS japonais de première génération. Elle était invaincue dans les compétitions officielles. Un jour, elle avait pris sa retraite et avait disparu — ou plutôt, elle était devenue une enseignante, ce qu’elle avait apparemment caché même à moi, sa famille. Je n’aurais pas dû m’inquiéter pour elle.

« Assis, imbécile. » Cria-t-elle.

OK, l’imbécile va s’asseoir.

***

Partie 4

« Oh... »

Bon sang ! C’est mauvais. C’est franchement mauvais. Je cède.

« ... »

La première période était les « Bases de la théorie sur l’IS », et quand elle s’était terminée, nous avions eu une pause. Cependant, l’atmosphère étrange dans la salle de classe rendait difficile de faire quoi que ce soit. L’Académie IS tenait des cours classiques dès le début afin qu’ils puissent nous faire acquérir des connaissances de base sur l’IS jusqu’à ce que nous ayons presque perdu connaissance.

Avez-vous besoin de savoir où aller ? « Regardez sur la carte, » disait-on.

Je ne savais pas s’il y avait même une solution à ma situation. Encore une fois, les seules personnes présentes étaient des filles et ce n’était pas seulement le cas dans ma classe. Toute l’école était comme ça. Et comme les nouvelles comme quoi j’étais le seul homme qui pouvait piloter un IS faisaient le tour du monde, il n’y avait pas une seule personne présente ici qui ne savait pas qui j’étais. À l’extérieur, le couloir était rempli d’étudiantes de deuxième et de troisième année. Cependant, personne ne m’avait vraiment parlé jusqu’à maintenant. Peut-être qu’elles étaient trop habituées à être seulement entourées de filles ?

Les filles de ma classe étaient dans le même état. Elles voulaient toutes que je leur parle et elles avaient peur que leurs amies me parlent. En passant, il s’agissait de la seule Académie IS au monde. Il y avait beaucoup d’autres écoles qui possédaient des cours pour préparer leurs élèves, mais seulement pour être après ça transférées ici. Et tout le monde dans ces écoles était des femmes. Les filles n’avaient manifestement pas l’habitude de voir un homme, et d’ailleurs, la situation pour les hommes était de toute façon dans un sale état dans le monde.

Cela faisait bientôt 10 ans que l’IS avait été dévoilé à la face du monde. C’était à ce moment-là que tout avait changé. Toutes les autres machines de guerre étaient juste des monceaux d’acier face à un IS. L’IS avait totalement bouleversé l’équilibre militaire bien établi. Depuis qu’un Japonais l’avait inventé, les Japonais avaient alors eu le monopole de la technologie IS. Les nations étrangères, en raison de leur crainte, avaient réalisé le traité d’utilisation des IS, aussi appelé le Pacte de l’Alaska. Cela signifiait la publication de toutes les informations sur les IS, la création d’un organe supranational pour la recherche et la formation, et l’interdiction de tout usage militaire. Donc, maintenant, le nombre de pilotes d’IS d’un pays représentait l’importance de puissance militaire que le pays avait dans les cas d’une défense d’urgence du territoire et ainsi de suite. Et les pilotes étaient toutes des filles... Ainsi, tous les pays avaient immédiatement commencé à accorder un traitement préférentiel envers les filles.

Le concept selon lequel « filles = puissantes » s’était répandues et avait conquis le monde. Maintenant, après 10 ans, les femmes détenaient tout le pouvoir sur les hommes. Si un homme semblait contester cela, eh bien, cela les rendrait curieuses, n’est-ce pas normal ?

Nous en étions arrivés là. Lors que j’avais regardé la fille à côté de moi, elle avait rougi et avait détourné les yeux. Je pouvais dire qu’elle voulait toujours que je lui parle. Quand on y pense, elles regardaient toute ma sœur Chifuyu Orimura, donc c’était sûr que cela rendait aussi plus difficile de venir me parler.

Que quelqu’un vienne me sauver... !!

Je me souvenais d’un vieil ami à moi, Gotanda. Il avait dit qu’il était super jaloux de moi, mais je ne voyais pas la raison. S’il avait pu prendre ma place, ça aurait été parfait.

« Puis-je un peu parler avec toi ? »

« Hm ? » murmurai-je.

Quelqu’un m’avait parlé. Avait-elle gagné le tournoi à élimination directe parmi les filles en ce qui concerne qui pourrait me parler ? Non, il y avait eu de soudains troubles qui se répandaient dans la classe. L’une des filles avait décidé de bouger de son propre chef.

« Houki ? » demandai-je.

« ... »

Mon amie d’enfance que je n’avais pas revue depuis six ans se tenait devant moi, Houki Shinonono. J’avais l’habitude de prendre des leçons au dojo de sa famille. Elle avait une queue de cheval comme quand je l’avais connue avant ça. La queue de cheval était longue, elle passait sous l’épaule et elle l’attachait avec un ruban blanc. Il était probablement blanc parce que son père était prêtre — ils vivaient tous deux à la fois dans un dojo et un sanctuaire.

Elle était de taille moyenne pour une fille, mais à cause des années d’entraînement avec une épée, elle semblait plus grande qu’elle ne l’était vraiment. Elle avait toujours l’air d’être de mauvaise humeur, mais c’était génétique d’après ce qu’on m’avait dit. Même si je pensais que les chances n’étaient pas si bas qu’elle me détestait vraiment maintenant. Et cela se confirmait comme je l’imaginais, car elle m’avait regardé avec un sombre regard quand je l’avais appelée par son prénom. Houki donnait toujours l’impression dans mon esprit de ressembler à une épée, mais il semblerait que les années depuis que je l’avais vue l’avaient seulement rendue plus forte et plus solide.

« Pouvons-nous aller parler dans le couloir ? » demanda-t-elle.

Je suppose qu’elle ne voulait pas parler dans la salle de classe. Néanmoins, j’étais heureux d’avoir une chance de pouvoir m’échapper de là. Que soient bénies les amies d’enfance.

Froide, pas sûr ? Celui qui a dit cela devrait s’excuser. Et bien, c’était moi.

« Allons-y, » dis-je.

« D-D’accord..., » répondit-elle.

Houki s’éloigna vers le couloir. Les filles là-bas avaient ouvert un chemin pour elle, comme Moïse séparant la mer. Nous étions maintenant dans le couloir, mais à environ quatre mètres dans toutes les directions, il y avait des filles. Elles nous écoutaient toutes. Je pouvais le deviner à ma manière dont elles agissaient. Si vous me demandiez, ce n’était guère différent de parler dans la salle de classe.

« Bon, dans ce cas..., » commençai-je.

« Oui ? » demanda-t-elle.

Je me souvenais de quelque chose, et donc j’en avais donc parlé en premier. Houki ne m’avait pas parlé après m’avoir traîné dans le couloir. C’était plutôt sauvage.

« J’ai vu que tu avais gagné le tournoi national de kendo de l’année dernière. Toutes mes félicitations ! » dis-je.

« ... »

Houki était devenue rouge après avoir entendu ce que je disais. Était-elle fâchée ? Pourquoi le serait-elle ? Je l’avais simplement complimentée.

« C-Comment peux-tu savoir ça ? » demanda-t-elle.

« Je l’ai vu dans les journaux..., » répondis-je.

« Mais pourquoi regardais-tu dans les journaux !? » s’exclama Houki.

De quoi parlait Houki ? Je ne l’avais vraiment pas compris. Laisse-moi donc lire ces fichus journaux. Oh, et j’avais presque oublié de le mentionner, mais elle parlait toujours un peu comme un homme, ou un samouraï.

« Oh, et aussi, » commença-t-elle.

« O-Oui !? » m’exclamai-je.

« ... »

« Non, oublie ça..., » dit-elle.

Houki semblait maintenant mal à l’aise. Peut-être qu’elle essayait d’être moins éblouissante ? Mais en même temps, elle avait travaillé dur pour en arriver là. Elle était bizarre.

« Cela fait longtemps. Six ans, n’est-ce pas ? Mais j’ai tout de suite su que c’était toi, Houki, » dis-je.

« Vraiment... ? » demanda-t-elle.

« Tu as toujours les cheveux attachés de la même manière, » dis-je. J’avais touché mes cheveux pour lui montrer ce dont je lui parlais.

Houki avait alors également touché sa queue de cheval. « J-Je suis surprise que tu t’en souviennes. »

« Hé, je n’oublierais jamais mon amie d’enfance, » m’exclamai-je.

« ... »

Oups ! Elle m’avait à nouveau regardé fixement. Avais-je commis un impair ?

*Ding dong !* la cloche de fin de pause avait alors sonné.

La cloche avait sonné afin de signaler le début de la deuxième période de cours. Le cordon de filles autour de moi et Houki s’était rapidement désagrégé. Cela ressemblait à de petites araignées s’éparpillant dans toutes les directions. Les pilotes d’IS avaient été si rapides dans la façon dont elles s’étaient déplacées.

« Retournons-y ! » dis-je.

« J-Je sais déjà que nous devons y aller ! » Houki détourna les yeux et s’éloigna au même rythme soutenu que les autres.

Il semblerait que mon amie d’enfance n’avait pas l’intention de m’attendre. Six ans changent les gens, n’est-ce pas ? C’était peut-être le cas, mais elle avait toujours été comme ça. Elle était emplie d’obstination, et ainsi, elle effectuait des entraînements quotidiens, lui permettant des progrès constants... Ces mots convenaient mieux à Houki que la plupart des garçons, et cela avait fait partie de sa vie depuis l’école primaire. Mais personnellement, j’adorerais qu’elle soit un peu plus spontanée.

« ... »

Elle me fixait de nouveau. Peut-être qu’elle avait lu dans mes pensées ? Houki avait toujours facilement détecté quand les autres l’insultaient. Mais je ne l’insultais même pas. C’était juste l’histoire que j’avais laissé traîner dans ma tête.

Bam !

« Asseyez-vous Orimura ! » cria une voix violente.

« Merci pour vos conseils... Mademoiselle Orimura... »

Et ainsi, 20 000 cellules cérébrales avaient été perdues avant même le déjeuner.

***

Partie 5

« Ainsi, l’utilisation d’une unité IS nécessite l’approbation du pays, et toute violation de cette loi est une infraction pénale, » Yamada était en train de réciter les livres de cours.

Elle m’avait perdu un moment avant ça.

« ... »

Il y avait cinq livres présents sur sa table. Elle feuilletait actuellement celui du haut, utilisant des mots que je ne connaissais pas.

E-Est-ce juste moi ? Personne d’autre n’est dans mon cas ? Est-ce que toutes les filles comprennent ce jargon ? Effet à large zone... Qu’est-ce que tout cela signifie ? Sommes-nous censés nous souvenir de tout cela ?

J’avais alors regardé la fille se trouvant à côté de moi. Elle hochait la tête alors qu’elle prenait des notes. Je suppose qu’elles avaient eu des cours préparatoires avant de venir à l’Académie IS.

Les pilotes de l’IS étaient la ligne principale de la défense nationale, donc notre école formait l’élite de l’élite. Seuls les meilleurs élèves avaient réussi les examens d’entrée. Mais moi, je ne voulais pas faire partie de l’élite... Il n’y avait aucune chance que je veuille ça... Je ne voulais pas devoir tant étudier. Je baissai la tête, me sentant inférieur aux autres alors que les filles prenaient des notes tout autour de moi.

« P-Puis-je vous aider ? » demanda la fille que je regardais. Comme je m’y attendais, elle était nerveuse et surprise. Elle attendait que je lui réponde en souriant.

« Oh, n’y faites pas attention. Ce n’est rien. Désolé, » dis-je.

« D-D’accord..., » répondit-elle.

Elle semblait être déçue et soulagée en même temps, et avait repris sa prise de notes. Je me demandais si j’avais fait quelque chose pour qu’elle ne m’apprécie pas.

« Monsieur Orimura, y a-t-il quelque chose que vous ne comprenez pas ? » apparemment, Yamada avait remarqué que je parlais à la fille à côté de moi.

« Euh..., » j’avais regardé mon manuel alors que je cherchais quoi dire. Oui, je ne comprends rien du tout.

« S’il vous plaît, demandez-moi s’il y a quelque chose que vous ne comprenez pas. Après tout, je suis votre enseignante ! » Yamada avait fièrement proclamé ça, se positionnant d’une manière bien droite.

Eh bien, on dirait que je peux compter sur mon professeur, alors je peux tout aussi bien lui demander.

« Hé, Mademoiselle, » dis-je.

« Oui, Orimura ! » répondit-elle en étant très excitée.

« Je ne comprends rien du tout à la leçon, » avouai-je.

J’avais décidé d’être franc quant à la situation. Habituellement, les gens l’acceptaient plutôt bien.

« Euh... T-Tout ? » demanda-t-elle.

Yamada avait l’air confuse et effrayée. Sa manière d’agir comme une enseignante respectable avait disparu.

« Eu-Euh... Est-ce que quelqu’un d’autre a du mal à comprendre cela en dehors d’Orimura ? » demanda-t-elle.

Un silence se répandit.

Eh bien, c’était bizarre. Personne ne leva la main. Quelle folie ! Si vous n’aviez pas les bases, vous auriez encore plus de problèmes plus tard. N’avaient-elles vraiment aucune idée du fonctionnement de l’école ?

« Orimura, avez-vous lu les manuels que je vous ai donnés avant d’entrer ici ? » demanda ma sœur alors qu’elle se tenait dans un coin de la salle de classe.

Eh bien, pour être honnête...

« Je pensais qu’ils étaient d’anciens annuaires téléphoniques, alors je les ai jetés, » avouai-je.

Bam !

« Je vous ai écrit en disant qu’ils devaient absolument être lus ! » continua-t-elle.

Encore, 5 000 cellules cérébrales avaient été détruites. Les pompes funèbres des cellules de cerveau étaient vraiment occupées ces derniers temps.

« Je vous enverrai de nouveaux exemplaires. Apprenez ce qu’il y a dedans en une semaine. Compris ? » demanda-t-elle.

« Euh, ceux-là étaient horriblement épais. Je ne pourrais jamais tout apprendre en une semaine..., » commençai-je à argumenter.

« Vous pouvez le faire, » répliqua sa sœur.

« OK... je peux le faire, » dis-je.

Elle était pire que le sergent dans Full Metal Jacket. Un être humain en forme de démon, c’était vraiment quelque chose qui la rendait d’autant plus cruelle. Elle connaissait les meilleurs moyens de faire souffrir les autres.

« L’IS éclipse les armes traditionnelles au niveau de la maniabilité et la puissance, » déclara ma sœur. « Utiliser ce genre de pouvoir sans le comprendre invite le désastre à venir, alors il est impératif que vous compreniez ce que vous faites. Rappelez-vous ce que les livres disent, même si vous ne les comprenez pas, alors agissez en conséquence. Voilà comment sont les règles à propos de tout ça. »

Oui, c’est sûr. Juste pour que nous soyons clairs, je n’étais pas dans cette situation parce que je voulais y être. Un jour, des hommes en costume noir s’étaient présentés à la maison et m’avaient laissé un formulaire de demande pour l’Académie IS. Ils avaient parlé de me protéger, mais était-ce que cela voulait vraiment dire de me jeter dans une école remplie de filles ? Je voulais qu’ils me protègent à la place — surtout vis-à-vis de ma sœur, Chifuyu.

« En ce moment, vous pensez que vous n’avez jamais voulu être ici, n’est-ce pas ? » demanda ma sœur.

Eh bien, oui...

« Que nous le voulions ou non, les êtres humains ne peuvent survivre que dans un groupe. Si vous voulez renoncer à cela, essayez d’abord de renoncer à votre humanité, » cracha-t-elle.

Elle était toujours une personne si amère. Je suppose qu’elle me disait de faire face à la réalité. Chifuyu avait toujours été un réaliste et un extrémiste. Cependant, je savais pourquoi.

« ... »

Hmmm, c’est bon...

Je m’étais dit que je devrais au moins m’assurer que ma sœur Chifuyu ne serait pas embarrassée sur son lieu de travail. Je devais le faire pour elle, vu que nos parents n’étaient plus là.

« Euh... Orimura. Je vais vous apprendre les choses que vous ne comprenez pas après l’école, d’accord ? Est-ce que cela vous convient ? » Yamada était venue vers moi en étant sur la défensive. Elle était plus petite que moi, alors elle devait lever la tête.

« D’accord. Je viendrais vous voir après l’école, » répondis-je.

J’avais repris ma place. Chifuyu était également retournée dans le coin de la salle de classe.

« J-Je serais seule avec un étudiant après l’école... Oh, non ! C-C’est mauvais, Orimura. Je me laisse porté par la vie quand je suis sous pression... Et je n’ai jamais été avec un homme avant ça..., » déclara Yamada.

Elle commençait à rougir, alors qu’elle gigotait sur elle-même. Est-ce qu’Yamada allait vraiment bien aller dans une telle situation ? Ne dirait-on pas que les pilotes de l’IS ne pouvaient pas du tout se comporter correctement face à des hommes ? Les regards des autres filles semblaient aussi dans la douleur. Si leur apparence en ce moment pouvait me nuire physiquement, j’aurais été transformé en fromage à trou.

« M-Mais vous êtes aussi le petit frère de Mademoiselle Orimura..., » continua-t-elle.

« Euh... Mademoiselle Yamada, pourriez-vous continuer la leçon ? » déclara une voix féminine depuis un coin de la pièce.

« D-D’accord ! » répondit Yamada.

Finalement, ma sœur avait appelé Yamada afin de la faire sortir de sa rêverie. Yamada se précipita vers l’avant, trébucha et tomba.

« Uhh... Outch, » cria Yamada.

Quelle maladroite inquiète que nous avons en tant qu’enseignantes !

J’avais l’impression que nos classes allaient avoir quelques problèmes avec elle.

« Avez-vous un instant ? » demanda une fille,

« Hein !? » m’exclamai-je.

Je pensais que l’ambiance de la classe allait encore être gênante pendant la pause après la deuxième période, mais à la place, une fille était venue me parler. J’avais réagi de manière nerveuse. La jeune femme était belle, avec des cheveux blonds naturels. Elle me regarda avec des yeux bleus clairs, le genre que seuls les blancs avaient. Ses cheveux étaient frisés et elle dégageait l’impression d’une personne de haute naissance qui avait déjà trouvé sa place dans la société.

En raison de l’IS, les femmes avaient reçu un traitement bien plus important que les hommes dans le monde, donc de dire qu’elles vivaient des vies plus faciles serait un euphémisme. Les femmes avaient tout simplement tout le pouvoir, et les hommes étaient amenés à devoir agir comme des esclaves juste affectés pour les travaux manuels. Il n’était pas rare de voir des hommes en ville se faire faire des choses fort désagréables sans aucune raison par la moindre femme qui désirait le faire pour s’amuser. La fille en face de moi était tout simplement le même genre de femmes qui ferait ça. Elle avait ses mains sur ses hanches, me montrant qui clairement qui était celle qui dominait ici. L’Académie IS devait permettre aux ressortissants étrangers d’entrer inconditionnellement, alors le fait de voir des filles étrangères n’était pas chose rare. Et en y pensant, peut-être que seulement la moitié de ma classe était en fait Japonaise.

« Avez-vous écouté ? Quelle est votre réponse ? » demanda-t-elle.

« Oh, euh... Je vous écoute. Que voulez-vous ? » demandai-je en réponse.

« Oh, mon Dieu ! Quel genre de réponses est-ce ? Ne croyez-vous pas que vous devriez m’adresser d’une manière qui reflète l’honneur que je vous accorde en vous parlant ? » répliqua-t-elle en haussant la voix.

« ... »

Franchement, je déteste ce genre de personne. Elles pourraient bien utiliser un IS, et être la totalité des forces militaires d’un pays, les pilotes d’IS avaient tout pouvoir, et les pilotes d’IS étaient toujours des filles, mais cela ne leur donnait pas le droit de nous dominer ainsi, n’est-ce pas ? C’était essentiellement la violence contre les hommes.

« Désolé, mais votre nom ne me dit rien du tout, » déclarai-je.

Je n’avais aucune idée de quoi elle parlait. Elle s’était probablement présentée à un moment donné, mais je ne m’en souvenais pas. J’avais été trop choqué que Chifuyu soit ma professeur principale pour me soucier du reste. La fille en face de moi avait été choquée par cette phrase. Eh bien, peut-être qu’elle aurait dû me dire son stupide nom.

Elle plissa les yeux et continua de me rabaisser. « Ne me connaissez-vous pas ? Moi, Cécilia Alcott ? Je suis la Cadette nationale britannique et celle qui a pris la première place aux examens d’entrée ! »

Oh, alors elle s’appelait Cécilia. Intéressant.

« Hé, puis-je poser une question ? » demandai-je.

« Hmpfff. Éclairer la racaille fait partie des devoirs de la noblesse. Alors, allez-y, » déclara-t-elle avec dédain.

« C’est quoi une Cadette nationale ? » demandai-je.

Dadum. Certaines des filles de la classe qui écoutaient étaient maintenant devenues agitées.

« Eu... Eu... Eu..., » balbutia-t-elle.

« Ah !? » demandai-je.

« Avez-vous sérieusement posé cette question !? » s’exclama Cécilia.

Elle me regarda d’un air menaçant. Dans un manga, l’artiste aurait dessiné ses veines de rage sur son front.

« Oui. Je n’ai aucune idée de ce que c’est que ça, » répondis-je.

Ma curiosité était vraiment présente. La vanité n’était bonne pour personne.

« ... »

La rage de Cécilia s’était finalement calmée.

Elle avait placé un doigt sur sa tempe et avait commencé à marmonner. « Incroyable. Absolument incroyable... Les nations insulaires de l’Extrême-Orient ressemblent vraiment à une terre de sauvages. C’est une connaissance commune, bas peuple. N’avez-vous pas de télévision ? »

Excusez-moi, mais j’ai bien une télévision. Mais je ne la regarde jamais.

« Disons que je n’en ai pas. Alors, qu’est-ce que c’est qu’une Cadette nationale ? » demandai-je à nouveau.

« Une étudiante d’élite choisie comme étant une pilote d’IS de leur pays. Vous devriez être capable de comprendre autant du mot à la suite, non ? » demanda-t-elle méchamment.

« Je suppose que oui, » répondis-je.

Je suppose qu’il était facile de se moquer de moi pour avoir fait une erreur idiote.

« Oui ! C’est l’élite ! »

Retour aux affaires avec elle. Mademoiselle l’élite des Cadettes nationales.

Elle avait pointé son doigt vers moi. Il était si proche qu’il avait presque touché mon nez.

« Ordinairement, ce serait un miracle si quelqu’un d’exceptionnel, comme moi, partageait une classe avec un truc comme vous. Savourez votre chance. Je recommande d’être un peu plus conscient de votre bonheur, » déclara-t-elle.

« Vraiment ? Je suis donc chanceux, hein !? » dis-je sur un ton neutre.

« Êtes-vous en train de vous moquer de moi ? » s’écria-t-elle.

Vous êtes celle qui avait en premier lieu parlé de la chance que j’avais.

« Je suis stupéfaite que vous ayez pu entrer dans cette école en dépit de ne rien savoir sur l’IS, » continua-t-elle. « J’ai entendu dire que vous étiez le seul homme capable de piloter l’IS, alors je m’attendais à un peu plus de connaissances de votre part. Mais je suis franchement déçue de constater la vérité. »

« Il vaut mieux ne rien attendre de moi, » dis-je franchement.

« Hmph. D’un autre côté, je suis une personne très magnanime. Je vais vous traiter correctement, » déclara-t-elle.

Comme c’est vraiment magnanime de votre part... Je n’ai jamais rencontré quelqu’un d’aussi bon depuis mes 15 ans de présence sur cette Terre.

« Si vous ne comprenez pas quelque chose sur l’IS, eh bien... Suppliez-moi lorsque vous avez besoin d’aide. Et il se pourrait que je puisse simplement vous aider. Après tout, je suis l’élite de l’élite qui a réussi à battre une enseignante lors de l’examen d’entrée. Je suis la seule à l’avoir fait, » annonça-t-elle en bombant fièrement sa poitrine.

La seule... ? Attendez un peu...

« À l’examen d’entrée ? Parlez-vous de celui où vous déplacez l’IS et combattez lors d’un test ? » demandai-je.

« À quoi pensez-vous d’autre que celui-là ? » demanda-t-elle.

« Hm... Eh bien ! Dans ce cas, j’ai aussi battu le professeur, » annonça-t-il.

« Vous avez quoi !? » s’écria Cécilia.

Je l’avais vraiment fait. Eh bien, elle était venue en courant vers moi, je l’avais évitée, et elle s’était assommée en volant dans un mur. Rien de plus. Pourtant, ce que j’avais dit était apparemment un choc pour Cécilia. Ses yeux s’écarquillèrent sous le choc.

« O-On m’a dit que j’étais la seule..., » déclara-t-elle.

« Oui, c’est bien vrai. Vous êtes la seule fille à l’avoir fait. Il y a une petite distinction, » déclarai-je.

Je t’ai eu ! *Crack !*

Je pourrais jurer avoir entendu quelque chose... de bizarre. Cela ressemblait à des glaçons qui se brisaient.

« A-Alors... je ne suis pas la seule ? » demanda Cécilia.

« On dirait que non, » dis-je.

« Vous ? Avez-vous vraiment vaincu la prof !? » Cécilia m’interrogeait.

« On dirait bien, » dis-je.

« On dirait bien !? Qu’est-ce que ça veut dire !? » protesta-t-elle.

« Hé, vous devriez vous calmer. D’accord ? » demandai-je.

« C-Comment pourrais-je me calmer..., » s’écria Cécilia.

Ding-dong.

Le début de la troisième période avait interrompu notre discussion. Franchement, c’était une bénédiction que cela survienne à ce moment-là.

« Je reviendrais ! Ne fuyez pas loin de moi ! Compris !? » s’écria Cécilia.

Non...

Mais je ne l’avais pas dit à haute voix parce que je ne voulais pas qu’elle soit en colère contre moi.

***

Partie 6

« Je vais maintenant vous expliquer les différents aspects de l’équipement que vous utiliserez à l’entraînement, »

Contrairement à la première et deuxième période, Chifuyu avait dirigé la classe à la place d’Yamada. Mais Yamada était toujours là, portant un cahier.

« Oh, mais d’abord nous devons choisir une représentante pour le match de la ligue des classes qui se déroulera la semaine prochaine, » dit Chifuyu d’un air désinvolte.

Match de ligue des classes ? Représentante ?

« Le représentant de classe ne fait pas uniquement ça. Ils ne vont pas seulement participer au match de la ligue, mais aussi au Conseil des Étudiants, ainsi qu’aux réunions du comité. Ils font office de présidents de la classe. Le match de ligue des classes détermine les différents niveaux de compétence entre les différentes classes. À l’heure actuelle, il n’y aura pas beaucoup de différence, mais la concurrence engendre des améliorations. Cela ne va avoir lieu qu’une seule fois, puis le classement sera fixé. »

Les filles avaient commencé à parler entre elles. Je n’avais aucune idée de ce qui se passait, et je restais assis là. Je pensais que nous parlions, ostensiblement, d’élire un représentant de classe. C’était probablement quelque chose de vraiment gênant. Bénis celui qui avait fini par devoir se coltiner cette corvée.

« Eh bien, je suggère Orimura., » déclara l’une des filles.

Hmm ? Ma classe a-t-elle un Orimura en plus de moi ? Comme c’est amusant.

« Oui, je suis également d’accord, » déclara une autre fille.

Wôw ! Je me fiche de qui devient le représentant de classe, tant que ce n’est pas moi.

« Alors, le premier candidat sera Ichika Orimura. Quelqu’un d’autre ? Pas de personne qui se propose d’elle-même ? » demanda Chifuyu.

Oh, wôw ! Il y avait apparemment un autre mec appelé Ichika Orimura...

« M-Moi !? » Je m’étais levé quand j’avais réalisé la vérité. Tout le monde me regardait sûrement. Je savais sans me retourner que tout le monde me regardait, espérant que je résoudrais tous leurs problèmes.

« Orimura, asseyez-vous ! Ne perturbez pas la classe ! Personne d’autre ? Sinon, nous n’avons même pas besoin de voter sur ça, » déclara Chifuyu.

« A-Attendez un peu ! Je ne veux pas faire —, » commençai-je.

« Aucune proposition d’autre personne. Elles vous recommandent, vous ne pouvez pas le refuser. Préparez-vous à faire votre travail, » déclara ma sœur.

« N-Non, je —, » commençai-je.

J’essayais de discuter contre ce développement quand j’avais été comme frappé par une voix aiguë. « Attendez un peu ! Je ne peux pas accepter ça ! »

Cécilia avait frappé sa table avant de se lever. Bénis soit ma popularité. S’entendre avec les autres était important.

« Quelle est cette farce d’élection ? Voulez-vous déshonorer cette classe en ayant un représentant masculin ? Moi, Cécilia Alcott, je ne supporterai pas cette humiliation pendant toute une année ! » cria Cécilia.

Tout à fait, dites-leur à quel point elles se trompent. Hein !?

« Si les capacités sont ce qui compte le plus pour le représentant de classe, alors je devrais être le choix naturel, » annonça Cécilia. « Je ne vais pas accepter ce singe de l’Extrême-Orient comme mon représentant juste parce qu’il s’agit d’une rareté. Je suis venue dans cette nation insulaire pour étudier l’IS et m’entraîner, et non pas pour participer à un simulacre de cirque ! »

Wôw, je n’étais même plus humain selon elle. Et d’ailleurs, la Grande-Bretagne n’était-elle pas aussi une île ? Ce n’était pas si différent du Japon.

« Le combattant le plus capable devrait être le représentant de classe, et c’est clairement moi ! » déclara Cécilia.

Sa rage ne s’était pas calmée, et au contraire, elle devenait de plus en plus agitée. Je ne voulais pas être le représentant, mais ça commençait à me faire chier de la voir me sortir tout ça.

« De plus, avoir à vivre dans ce pays prémoderne est déjà très offensant pour moi, et —, » continua Cécilia.

Quel enfer !?

« Et de quoi êtes-vous si fier en Grande-Bretagne ? Vous avez quand même eu la pire nourriture du monde pendant des années, » m’écriai-je.

« Quoi... !? » s’écria Cécilia à son tour.

Cela m’avait échappé indépendamment de ma volonté. J’avais ensuite regardé en arrière avec hésitation, et j’avais alors vu Cécilia rougir de rage. Wôw ! Je l’avais fait.

« V-Vous ! Comment osez-vous insulter ma patrie !? » s’écria Cécilia.

Tant pis. Il était trop tard pour faire des prisonniers. Pas besoin de pleurer sur le lait renversé. Le rocher roulait déjà sur la colline.

« Je vous défie lors d’un duel ! » cria Cécilia tout en frappant sa table avec une main.

Je me demandais si elle allait également me jeter un gant au visage. Elle n’en portait pas. De toute façon, je pense que c’était italien.

« Bien. C’est parfait. Cela clôt à coup sûr la discussion, » déclarai-je.

« Juste pour que vous le sachiez, si vous perdez exprès, je ferai de vous mon serviteur... non, mon esclave, » déclara Cécilia.

« Oh, vous verrez bien. Je n’irais pas de main morte avec vous, » annonçai-je.

« Alors, c’est bon. C’est même parfait. Ce sera votre chance d’assister à une démonstration des capacités de la Cadette nationale britannique, Cécilia Alcott ! » déclara-t-elle.

J’avais suivi le fil des événements et maintenant je devais apparemment me battre contre elle. Bien qu’en tant qu’homme, je ne pensais pas qu’il était tout à fait juste pour moi d’utiliser toutes mes forces contre une fille.

« Quel genre de handicap pensez-vous qu’il soit correct d’avoir ? » demandai-je.

« Oh, êtes-vous déjà en train de mendier ? » demanda Cécilia.

« Non, je voulais juste savoir quel handicap vous vouliez que j’aie, » dis-je.

Soudainement, la classe s’était mise à rire.

« O-Orimura, êtes-vous sérieux ? » demanda Yamada.

« Les hommes ne sont plus ceux plus forts que les femmes. Cette époque est révolue. »

« Orimura, peut-être que vous pouvez utiliser un IS, mais vous vivez dans le passé, » déclara ma sœur.

Elles riaient toutes. Eh bien, je suppose qu’elles avaient raison, les hommes étaient bien plus faibles que les femmes. La force physique était devenue inutile. Peut-être que toutes les filles ne pouvaient pas piloter un IS, mais les seules qui avaient potentiellement des pilotes était des filles. Les hommes ne pouvaient pas les piloter. Si une guerre avait éclaté selon une guerre des sexes, alors l’armée masculine ne durerait pas trois jours. Peut-être même pas trois heures. L’IS avait surclassé toutes les formes d’armement conventionnel.

« D’accord, alors pas de handicap, » dis-je.

« Oui, oui. Bien sûr. Si on parle d’une telle chose, alors pourquoi ne devrais-je pas être celle qui subit un handicap ? Fufu. Un homme plus fort qu’une femme ? Les hommes japonais ont un sens de l’humour vraiment risible ! » elle avait répondu d’un air suffisant, et sa rage avait totalement disparu.

« Hé, Orimura. Il n’est pas trop tard. Vous pouvez toujours demander à Cécilia de subir un handicap, » déclara une voix amicale féminine depuis derrière moi.

Cependant, je pouvais voir qu’elle refrénait un sourire méprisable. Elle jouait avec moi, ce qui avait aggravé mon agacement.

« Non, j’ai bien suggéré ceci, mais je n’ai pas besoin d’un avantage, » dis-je.

« Vous ne prenez pas assez au sérieux une Cadette nationale... Ou peut-être, vous ne savez pas la vérité, » déclara Cécilia.

« ... »

Eh bien, je n’avais jamais vu une bataille IS en personne. Tout ce que j’avais vu, c’était une vieille vidéo de quand ma sœur Chifuyu avait combattu.

« On dirait que nous avons une conclusion, » déclara ma sœur. « La bataille se déroulera lundi prochain. Dans la troisième arène, après l’école. Orimura, Alcott : faites vos préparatifs jusque-là. Nous allons maintenant commencer la leçon. » Chifuyu avait frappé dans ses mains une fois pour mettre fin à la discussion.

Je n’avais rien dit et je m’étais simplement assis. Je ne savais pas quoi penser de la situation. Je pourrais maîtriser les bases en une semaine, donc de toute façon, ce ne serait pas si difficile. Il s’était tout de suite déplacé pendant l’examen d’entrée. Ce n’était pas sorcier. D’un autre côté, si je gagnais, je serais le représentant de classe. Je ne voulais vraiment pas ça, mais c’était comme ça que les cartes avaient été posées. Ne pouvait pas remettre le lait dans la mamelle après l’avoir tirée.

OK, je devrais écouter les cours.

J’avais alors ouvert le manuel se trouvant devant moi.

***

Partie 7

« Argh..., » je m’étais écrasé sur mon bureau après l’école. « Je-Je ne comprends pas... Pourquoi y a-t-il tant de trucs stupides... ? »

Le premier problème était dans le jargon utilisé. Vous deviez avoir un dictionnaire pour suivre, mais il n’y avait pas de dictionnaire sur l’IS, donc je n’avais rien compris de toute la journée. En parlant de cela, la situation générale avec les filles n’avait pas changé après l’école. Elles étaient même venues en provenant d’autres classes, et avaient parlé entre elles à voix basse.

Laissez-moi un peu tranquille...

Ça avait déjà été un enfer pendant la pause déjeuner. Toute une foule de filles m’avait suivi à la cafétéria, comme la suite d’un roi, et bien sûr dans la cafétéria, personne n’avait voulu s’asseoir à côté de moi. — J’étais comme Gulliver. J’étais comme un animal étrange que les Japonais n’avaient jamais vu. J’avais entendu une fois que les axolotls étaient populaires comme animaux exotiques d’outre-mer, mais je ne savais pas à quoi ils ressemblaient.

« Oh, Orimura. Vous êtes toujours dans la salle de classe. Bien, » déclara une voix féminine provenant d’un peu plus loin.

« Hein !? »

J’avais levé les yeux et j’avais vu mon enseignante adjointe, Yamada, avec un manuel en main. Ce n’était guère important, mais elle avait vraiment l’air petite. En réalité, elle était probablement de taille moyenne.

« Euh... Nous avons maintenant une chambre pour vous dans les dortoirs, » déclara-t-elle, en me tendant un morceau de papier avec mon numéro de chambre inscrit dessus et une clé.

Tous les étudiants de l’Académie IS devaient vivre dans les dortoirs. C’était plus par obligation que toute autre chose. Soi-disant, la raison était d’être plus rapide s’il fallait protéger les futurs pilotes IS. Ce que je voulais dire par là, c’était que la défense nationale était en jeu. D’autres pays essayeraient probablement de recruter des étudiants loin de l’académie. En fait, je savais que nous restions là tout le temps.

« Je pensais que vous n’en aviez aucune pour moi, non ? Ils m’ont dit que je devrais retourner à la maison pendant au moins une semaine, » dis-je.

« Eh bien, les choses ont changé. Nous avons pris certaines dispositions avec les affections de chambres pour rendre cela possible, » puis elle se pencha près de mon oreille et murmura. « Orimura, est-ce que le gouvernement vous l’a dit ? »

Bien sûr, le gouvernement dont elle parlait était le gouvernement japonais. Après tout, j’étais le seul pilote d’IS masculin, alors ils voulaient me garder en sécurité et sous surveillance en tout temps. À un moment donné, mon nom était partout dans les nouvelles. Les médias, les ambassadeurs, et même les instituts de recherche en génétique, s’étaient présentés à ma porte voulant que je serve de sujet de recherches ou des choses du genre. Comme si j’aurais accepté cela dans des circonstances normales.

« Après tout ce chaos, ils voulaient vous faire emménager dans le dortoir aussi vite que possible. Dans un mois ou deux, vous aurez votre propre chambre, mais pour le moment, vous devrez en partager une, » annonça Yamada.

« Euh, Yamada... Vous soufflez dans mon oreille, » dis-je.

De toute façon, pourquoi murmurait-elle encore ? Tout le monde dans la classe nous observait avec des regards curieux.

« Oh, je... euh... Je ne l’ai pas fait exprès ! » S’exclama-t-elle.

« Je sais ça, mais... quoi qu’il en soit, puisque je ne rentrerai plus à la maison, puis-je partir tôt et rassembler mes affaires pour pouvoir venir emménager ici ? » demandai-je.

« Oh, ça ne sera pas —, » commença Yamada.

« Je me suis déjà occupée de ça. Remercie-moi plus tard, » Chifuyu s’était insérée dans la discussion.

Le thème musical de Dark Vador raisonnait dans ma tête quand elle était apparue. Et parfois, le thème de Terminator était joué à la place.

« Me-Merci beaucoup..., » murmurai-je.

« Je ne t’ai pris que le strict nécessaire pour la vie : quelques vêtements de rechange et ton chargeur de téléphone, » déclara Chifuyu.

Wôw, c’était vraiment le minimum vital. C’était nécessaire des choses vitales, mais l’homme pourrait aussi être heureux d’avoir un peu de luxe.

« Il est inscrit sur le papier quand tu peux y aller. Le dîner est de six à sept heures dans la cafétéria des premières années. Chaque chambre a une douche, mais nous avons aussi un grand bain. Les différentes années scolaires ont des périodes différentes pour le bain. Mais Orimura, tu ne peux pas l’utiliser pour le moment, » annonça froidement ma sœur.

« Pourquoi ne puis-je pas ? Qui n’aime pas un bon bain ? » demandai-je.

« Es-tu donc toujours aussi stupide !? Ou alors, veux-tu te baigner avec des filles de ton âge ? » s’écria ma sœur.

« Oh... »

C’est vrai. Il n’y avait que des filles à part moi...

« V-Voulez-vous aller dans le bain avec des filles ? N-Non ! Cela ne peut pas se faire ! » cria Yamada.

« J-Je n’ai jamais dit que je voulais ça..., » commençai-je.

Qui sait ce qu’elles me feraient ? Éthiquement parlant, ce n’était non plus pas une bonne idée.

« Quoi !? N’êtes-vous pas intéressé par les filles ? Ce-Ce n’est non plus pas bon..., » s’écria Yamada.

Franchement, cette femme n’écoute jamais vraiment les gens, n’est-ce pas ?

Pendant qu’Yamada et moi étions engagés dans le jeu du téléphone arabe, les filles du couloir avaient commencé à chuchoter et à répandre des rumeurs.

« Peut-être qu’Orimura n’aime que les hommes ? »

« C’est... ça pourrait être sympa. »

« Découvrons les personnes qu’il connaissait au collège ! Je veux que tous ses amis soient connus d’ici après demain ! »

Pourquoi tout cela se passe-t-il ainsi ?

« Euhh... nous avons une réunion maintenant, donc... Orimura, vous devriez aller aux dortoirs après ça. Et ne pas flâner sur le chemin, » déclara Yamada.

Nous nous trouvions à 50 mètres des dortoirs. Il n’y avait aucune chance de flâner sur un trajet aussi court. Ce que je savais aussi, c’était qu’il y avait des salles de club, l’arène pour les IS, des installations d’entretien des IS, des installations de développement et d’autres bâtiments sur le campus, mais cela n’avait rien à voir avec moi pour le moment. Finalement, je devrais vérifier tout cela, mais je voulais juste me reposer, et être éloigné des filles qui me regardaient tout le temps.

« Hmm... »

Chifuyu était occupée avec Yamada alors qu’elles quittaient toutes deux la pièce l’une derrière l’autre.

Quelle journée ! Il y avait encore beaucoup de discussions en cours dans la salle de classe, mais j’avais décidé que c’était assez pour moi et j’étais allé trouver ma chambre dans le dortoir. Tout serait mieux que de rester ici.

***

Partie 8

« Hmm... Cela doit être ici. La chambre 1025, » murmurai-je.

J’avais vérifié le numéro de la chambre sur mon papier puis j’avais utilisé la clef. Elle n’était pas fermée à clef.

*Clack*

La première chose que j’avais vue était un grand lit. En fait, il y en avait deux. Ils avaient l’air plutôt confortables, certainement beaucoup mieux que certains hôtels. Je pouvais déjà ressentir la douceur juste en les regardant. C’était bien mieux que tout ce que j’avais l’habitude d’avoir — bénissons l’argent des impôts. J’avais posé mes affaires et j’avais sauté sur le lit, et j’avais constaté que c’était vraiment moelleux. Un grand lit, rempli de duvet.

« Est-ce qu’il y a quelqu’un ? » J’avais entendu une voix provenant d’une autre pièce.

Je m’étais dit qu’il devait y avoir une porte entre nous. La voix était un peu indistincte. Je m’étais alors souvenu qu’elles m’avaient dit qu’il y avait une douche dans le logement.

« Oh, vous devez aussi vivre ici avec moi. Entendons-nous bien, d’accord ? » continua la voix.

Un mauvais présentement avait soudainement parcouru ma colonne vertébrale.

« Désolée d’apparaître ainsi. J’étais sous la douche. Je m’appelle Houki... Shinonono..., » continua-t-elle.

Celle qui venait de sortir de la douche était mon amie d’enfance, Houki, que je venais depuis peu de revoir. Elle avait utilisé la douche, installée directement à côté des lits, et elle en sortait. Houki avait apparemment pensé que sa colocataire serait une fille, donc elle portait seulement une simple serviette de bain. Oh... Et elle n’avait pas sa queue de cheval.

La taille de la serviette blanche était assez réduite, et donc, je pouvais parfaitement voir la plus grande partie de ses belles cuisses. Des gouttes d’eau coulaient encore sur ses jambes, ce qui prouvait qu’elle venait d’utiliser la douche. Sa peau était nette et blanche. Même avec la serviette, je pouvais dire que le haut de son corps mince était bien entraîné, mais pas dans le mauvais sens. L’entraînement ne faisait que souligner ses courbes féminines. Sa main pressait la serviette contre ses seins de tailles respectables. La dernière fois que j’avais vu son corps, c’était pendant la natation en quatrième année. Bien sûr, cela ne m’avait laissé aucune impression à l’époque. Houki avait dans tous les cas des seins bien plus gros que ce qu’elle laissait apparaître lorsqu’elle était dans son uniforme. Tout cela m’avait traversé l’esprit en 0,3 seconde.

« ... »

Elle m’avait regardé avec étonnement. Je l’avais également regardée en pleine perplexité. Dans la grande bataille de l’étonnement, un seul de nous allait gagner.

« I-I-Ichika ? »

« S-Salut..., » acquérais-je alors qu’Houki devenait vraiment très rose.

Je ne pouvais pas la blâmer. Elle sortait de la douche pour se trouver nez à nez avec un homme se trouant dans sa chambre. Je ne savais pas non plus comment réagir.

« Quo... !? Ne-Ne me regarde pas comme ça ! » cria-t-elle.

« J-Je suis désolé ! » m’exclamai-je.

J’avais immédiatement détourné les yeux. D’un coup d’œil, j’avais pu voir que Houki pressait la serviette contre elle, essayant désespérément de cacher ou de protéger son corps. Cela avait accentué la taille de ses seins, et mon cœur avait commencé à battre plus vite.

« Pou-Pou-Pou-Pourquoi es-tu ici ? » bégaya Houki, mal à l’aise.

« Elles m’ont aussi mis dans cette chambre, » répondis-je.

Après ça, tout était arrivé en un instant. À la vitesse de l’éclair. Elle était vraiment rapide comme attendu de la championne nationale de kendo. Houki attrapa une épée de bois posé contre le mur et l’éleva au-dessus de sa tête pour me frapper. Puis elle avait rapidement réduit la distance entre nous.

Je vais mourir !

« Wôw ! » m’écriai-je.

J’avais sauté du lit et j’avais couru vers la porte. *Vooom !* j’avais réussi de justesse à sortir à l’extérieur en vie. J’avais alors claqué la porte avec mon dos et enfin, j’avais senti la protection rassurante de la porte bloquée par mon dos.

« Je suis en sécuri..., » commençai-je.

*Wlam !*

La pointe de l’épée de bois avait percé la porte avant de légèrement saillir de là. Et c’était une porte en bois, alors le fait de la percer avec une épée de bois était tout simplement incroyable.

*Zzzp.*

Le bout de l’épée de bois se replia dans la pièce. Elle avait apparemment abandonné.

*Bam !*

« Hé, essayes-tu de me tuer ? Si je rate une fois une esquive, je deviendrais un tas de viande morte ! » criai-je en direction de la porte.

La pointe était à l’endroit où ma tête avait été quelques instants auparavant.

« Que se passe-t-il ? »

« Oh, c’est Orimura. »

« Ah, ça doit être votre chambre, Orimura ! Super information ! »

Des filles avaient émergé des différentes chambres présentes autour de moi. Toutes portaient des vêtements décontractés, pyjama, qui n’était absolument pas conçu pour être vu par les hommes. De plus, certaines ne portaient que de longs chandails sans jupe ni pantalon. Un triangle blanc pourrait être furtivement vu en dessous de ça. D’autres portaient une chemise mince avec rien d’autre en plus. Les filles légèrement vêtues étaient venues vers moi depuis toutes les directions.

Est-ce que les filles enlèvent vraiment leurs sous-vêtements à chaque occasion ?

Cela semblait être un peu risqué pour moi de rester ici.

« Hey, Houki ! Houki ! Laisse-moi entrer ! Allez ! C’est une urgence. Je suis désolé, d’accord ? S’il te plaît, allez, s’il te plaît laisse-moi entrer..., » dis-je en étant prostré sur le sol devant la porte.

Ouvre la porte, ô, mon sauveur.

« ... »

Il n’y avait que du silence à l’intérieur de la chambre. Au moins, la pointe de l’épée avait disparu. J’avais prié pour qu’il n’y ait pas une troisième tentative de frappe à l’épée.

Dadum.

Il y avait eu une longue pause. Peut-être deux ou trois minutes, mais de mon point de vue, cela m’avait donné l’impression que c’était deux ou trois heures, voir même bien plus...

Creeeak.

« Rentre ! » dit-elle finalement.

« D-D’accord..., » dis-je.

Houki avait ouvert la porte alors qu’elle portait ses vêtements de kendo. Cela devait avoir été ce qu’elle pouvait enfiler le plus rapidement. La ceinture avait été liée négligemment. Elle avait dû être pressée. Dans tous les cas, j’étais rentré dans la chambre à toute vitesse.

Attends un peu. Quelque chose est hors de propos ici.

« Quoi !? » s’écria-t-elle.

*Déglutition* elle n’arrêtait pas de me fixer du regard.

Désolé, il n’y a rien d’étrange ici !

Houki s’était alors assise sur le lit.

« ... »

Elle fronça les sourcils et attacha ses cheveux mouillés en une queue de cheval. Maintenant, elle ressemblait à nouveau à elle-même. Du moins, seulement en termes de coiffure.

« Es-tu vraiment mon colocataire ? » demanda-t-elle.

« O-Oui. On dirait bien, » répondis-je.

Elle me regardait à nouveau fixement. Je n’aurais pas été surpris si son regard pouvait couper du bambou.

« Que signifie tout ça ? » s’écria-t-elle.

« Hein !? » m’exclamai-je.

« J’ai dit, que signifie tout ça !? Les filles et les garçons ne partagent pas une chambre à coucher après sept ans ! C’est le bon sens que tout ça ! » cria-t-elle.

Au Moyen Âge, bien sûr. Mais là encore, je pensais aussi que les jeunes de 15 ans du sexe opposé ne devraient pas vivre ensemble... Nous laisser partager une chambre...

« A-A-As-t..., » balbutia-t-elle.

« Ahh ? » demandai-je.

« As-tu demandé ça ? Je parle du fait d’être dans ma chambre ? » demanda-t-elle.

« Ne sois pas ridicule ! » m’exclamai-je.

J’avais toujours semblé choisir l’option dangereuse. Cependant, je ne pensais pas que j’avais fait. Ma réponse l’avait déçue, sinon l’épée en bois ne serait pas venue voler vers moi.

« A -Attentions ! » criai-je.

Proche, bien trop proche. J’avais à peine réussi à attraper l’épée entre mes mains, ce qui avait fait vraiment mal, car c’était quand même fait de bois. Cependant, l’impact n’allait pas me tuer.

« Ridicule ? Ridicule !? Blasphème ! » cria-t-elle.

Wôw, elle avait l’air vraiment effrayante, terrifiant même. Peut-être qu’« amie d’enfance » était en fait le nom de code d’une sorte d’assassin dans une organisation secrète, non ? Houki faisait toujours pression sur l’épée prise entre mes mains, et la situation était vraiment mauvaise. Ce n’était pas une vraie épée, donc ça ne me coupait pas vraiment, mais ça pouvait quand même me blesser gravement. Peut-être que ça pourrait même me briser le crâne ? Ou probablement pas...

« ... »

Non, je reprends ce que j’ai dit. J’avais regardé le démon me faisant face et je savais que, même avec une épée en bois, elle pourrait me couper en deux. Houki se pencha de plus en plus, ce qui augmenta la pression sur son épée jusqu’à ce qu’elle s’effondre, et elle fut soudainement sur moi.

« Wôw, Shinonono... Si audacieuse... »

« Ne nous frappe pas à coup de poing... »

« Nous pourrions partager Orimura. »

Partager ? Partager quoi ? Au moins cinq filles jetaient un coup d’œil par la porte ouverte, mais il y en avait probablement plus dans le couloir.

« Qu-Quoi... !? » s’écria Houki. Houki s’était immédiatement relevée loin de moi. Que soient bénies mes sauveuses.

« Oh ? Avez-vous déjà terminé ? »

« Cela avait l’air vraiment torride. »

Wôw. Les lycéennes regardaient ces jours-ci la scène d’une tentative de meurtre en pensant qu’elle « avait l’air torride ». Je devais me souvenir de ça. J’avais décidé d’envoyer un texto à Gotanda plus tard.

« ... ! »

Houki avait chassé les filles sans rien dire et avait verrouillé la porte. Je me doutais que la scène d’une tentative de meurtre allait perdre la partie « tentative ». Elle devait empêcher les autres d’interférer, mais qu’en est-il de son alibi ? Attendez ! Peut-être que j’étais trop bête pour comprendre son plan directeur ? Elle pourrait en avoir un très bon. Horrible. C’est ainsi que les hommes étaient tués. Le monde était vraiment dans un tel état déplorable...

« Ichika..., » déclara Houki.

« Oui ? » demandai-je.

J’étais libre de tous les attachements terrestres. Mon âme était libre, libre comme un oiseau.

« Pourquoi es-tu comme ça ? » demanda-t-elle.

« Euh ? » demandai-je.

Je ne faisais pas de visage particulier.

« Peu importe. Nous devons parler de cette situation, » continua Houki.

Oh, elle discutait de la meilleure façon de se débarrasser de moi.

Écoute, Houki. Cela ne se termine pas après avoir tué quelqu’un. Il y a encore beaucoup à faire après. Un cadavre contient 50 kilogrammes ou plus des protéines et du gras, sans parler de plus de cinq litres de sang. Et n’oublions pas les os. Les os commencent à pourrir à une vitesse alarmante. Tout le monde l’oublie, n’est-ce pas ? Mais c’est plutôt difficile ça. Il faut beaucoup trop de temps pour disposer des os individuellement après avoir démembré quelqu’un. C’est là que le réfrigérateur entre en scène. Dans le frigo, tu...

« Ichika, est-ce que tu m’écoutes ? » demanda-t-elle.

« Qu-Quoi !? Non, je ne t’ai pas écoutée ! » répondis-je honnêtement.

« Tu admets même ça, idiot ? » Houki poussa un soupir.

Avais-je à nouveau fait une erreur ? Je me sentais vraiment coupable maintenant. Tout cela me rendait mal à l’aise. Pourtant, un homme ne doit pas s’enfuir.

« D-Désolé. Pourrais-tu répéter tout ça ? » demandai-je.

Je m’étais incliné afin de m’excuser. Il s’agissait d’une manière appropriée dans ce monde. Même si vous n’étiez pas désolé, si l’autre personne était en colère, vous deviez vous excuser. Cela règle généralement le problème.

« C-Comme je le disais. Nous avons besoin de règles si nous vivons ensemble ici. Hmm... D-Des lignes qui ne peuvent être franchies, d’accord ? » Houki murmura ça d’une manière quasi inaudible.

De toute façon, pourquoi avait-elle l’air si mal à l’aise ? Ses joues étaient si roses. Était-elle malade ?

« N-Nous devons d’abord parler de la douche. J’ai besoin de la douche de sept à huit heures. Tu peux l’avoir de huit à neuf, » annonça-t-elle.

« Hein !? Mais si je veux y aller en premier ? » demandai-je.

« E-Est-ce que tu me dis de rester en sueur pendant une heure après mon club ? » demanda-t-elle.

« Club ? Parles-tu du club de kendo ? » demandai-je.

« O-Oui, » répondit Houki.

« N’ont-ils pas des douches là-bas ? » demandai-je.

« J-J’ai besoin de ma propre douche ou çà me fait flipper ! » répondit-elle.

Eh bien, c’est bon. Je suppose que toute personne saine préfère sa propre salle de bain vis-à-vis de celle de l’école.

« Attends un peu. Nous n’avons pas nos propres toilettes, n’est-ce pas ? » demandai-je.

« Nous n’en avons pas, mais il y en a deux à chaque étage aux extrémités des couloirs, » répondit-elle.

« Est-ce... des toilettes aussi utilisé par moi ? » demandai-je.

J’avais ressenti une vague d’inquiétude à ce moment-là. Comme, l’Académie IS avait toujours eu seulement des filles présentes, alors pourquoi auraient-ils eu besoin de toilettes pour les hommes ?

« ... »

« Euh, Hmm... Alors qu’est-ce que je fais maintenant ? » demandai-je.

« C-Comment est-ce que je le saurais !? Demande ça aux profs ! » cria-t-elle.

« Donc, si cela devient trop urgent, dois-je utiliser les toilettes des filles ? » demandai-je.

J’avais alors senti son regard meurtrier, et j’avais reculé. Houki attrapa à nouveau l’épée de bois et la pointa sur ma gorge. Je savais à ce moment-là que les démons marchaient parmi nous.

« Tu-Tu as développé des goûts de pervers pendant que nous étions séparés ! Je suis déçue ! » s’écria Houki.

« Quoi ? Pourquoi ça, Houki !? » demandai-je.

« Parce que tu veux aller dans les toilettes des filles ! Je devrais te punir ici et maintenant ! » répliqua-t-elle.

« Pourquoi agis-tu d’une manière si excessive !? » m’écriai-je.

J’avais vu une épée de bambou parmi les bagages dans un coin, c’était probablement Houki, qui sortait ses affaires de son sac de voyage.

Houki, tout le monde te dit toujours de bien ranger ce genre de chose...

Elle allait probablement se briser si je l’utilisais pour bloquer une épée en bois, mais cela valait mieux que de ne rien avoir. J’avais attrapé l’épée de bambou et l’avais tirée hors de son sac.

Il est resté coincé à cause de quelque chose. Allons-y avec force.

*Zzzmm.*

« Nonnnn ! » cria-t-elle.

J’avais totalement sorti l’épée de bambou, je l’avais déplacée pour faire face à l’autre épée et je m’étais positionné dans une position défensive, face à Houki.

« Hein ? » murmurai-je.

La bouche de Houki se contractait sans bouger ni parler. Elle avait l’air d’avoir vu un fantôme.

« Hein !? Qu’est-ce qu’il y a ? » demandai-je.

Il y avait quelque chose qui pendait de l’épée de bambou. Cela ressemblait à deux triangles reliés aux coins.

« R-Redonne moi ça ! » cria-t-elle.

Elle l’avait arraché. L’épée de bois était maintenant abandonnée sur le lit. Encore plus de choses étaient accrochées à l’épée de bambou, et Houki l’avait aussi arraché, et l’avait caché.

« ... »

Elle me regardait avec son visage rouge betterave. Probablement un rhume ? Oh ! Je venais de compléter le tableau. Je savais maintenant ce que c’était. Oui, j’étais sûr de moi...

« Houki. »

« Qu-Quoi !? » s’écria-t-elle.

Houki utilisait ses deux mains pour cacher ces choses hors de ma vue, incapable d’attaquer. Elle était à une distance de sécurité d’avec moi. J’avais regardé ses mains et j’avais vu du blanc, du rose et du bleu clair entre ses doigts.

« Oh, donc tu portes un soutien-gorge maintenant, » déclarai-je.

« Nnnngh!! »

*Boom !*

Ma tête avait resonné de douleur.

***

Chapitre 2 : La bataille pour le représentant de classe !

Partie 1

« Hé..., » dis-je.

« ... » Elle ne me répondit rien.

« Hé, es-tu toujours en colère contre moi ? »

« Je ne suis pas en colère, » répondit sèchement Houki.

« Eh bien, tu as l’air en colère contre moi, » dis-je.

« J’ai toujours une telle apparence, » répliqua-t-elle.

Nous nous trouvions le deuxième jour de l’école, à huit heures du matin. Nous mangions le petit-déjeuner à la cafétéria pendant la période des premières années et des filles m’entouraient dans toutes les directions. Cela m’avait fait peur que même toutes les employées soient des femmes, mais je n’aurais pas dû être surpris de ce fait. Je prenais mon petit-déjeuner avec Houki dans le but de maintenir des relations positives avec ma colocataire, mais nous n’avions pas été capables de parler correctement depuis la veille. J’avais pris un petit-déjeuner japonais, et d’ailleurs, il y avait du riz, du natto, du saumon tranché, de la soupe miso, et aussi des légumes comme plat d’accompagnement. Je mangeais essentiellement avec l’argent des impôts, et c’était plutôt bien. Bénis le pouvoir de l’État. Houki mangeait la même chose. Les Japonais mangeaient du riz pour le petit-déjeuner. Ce n’était pas que le pain était mauvais, mais... le saumon était juste trop bon pour laisser passer cette possibilité. Il avait une faible trace de sel, mais agréable, et le riz était doux et chaud. C’était l’excellence pure ! Les cuiseurs de riz électriques génériques n’avaient aucun problème à réaliser ça.

« Houki, c’est vraiment bon, » dis-je.

« ... »

Elle m’ignorait. Pourtant, elle avait pris une bouchée du saumon, comme si elle confirmait ce que je lui disais.

J’avais toujours vécu avec ma sœur Chifuyu, donc ce n’était pas comme si vivre seul avec une fille m’avait fait devenir fou. En fait, j’avais lavé les vêtements de Chifuyu pendant longtemps, donc je n’allais pas paniquer sur certaines culottes, bien que ce ne soit que ma version de l’histoire. Mon amie d’enfance de l’autre côté de la table ne voyait probablement pas les choses comme ça. Peut-être qu’elle détestait voir sa culotte alors que ce n’était pas un gros problème pour moi ? Je n’avais aucune idée de ce qui se passait dans son esprit.

« Je t’ai dit que je ne suis pas en colère, » elle avait lâché ça par elle-même.

Elle ne me regardait presque jamais, et si nos yeux se rencontraient par hasard, elle détournerait le regard. Eh bien, si ce n’était pas en colère contre moi, alors il y avait encore de l’espoir pour la paix mondiale.

« Hé, c’est le garçon dont tout le monde parle. »

« Et il est aussi le frère de Chifuyu ! »

« Wôw ! Le frère et la sœur sont-ils tous deux des pilotes de l’IS ? Pensez-vous qu’il est aussi bon ? »

Tout se déroulait comme la veille. Les filles autour de moi gardaient leur distance, mais ne prêtaient clairement attention qu’à moi, contenant à peine leur curiosité. C’était irritant. Si cela avait été une opération de pêche, cela aurait été une bonne prise. C’était une jolie métaphore si vous me le demandiez, mais bon — .

« Alors, Houki..., » commençai-je.

« N-N’utilise pas mon prénom, » répliqua Houki.

« Shinonono ? » demandai-je.

« ... »

J’avais essayé de l’appeler par son nom de famille, mais cela ne semblait pas non plus la rendre heureuse. Apparemment, Houki n’avait toujours pas commencé à aimer son nom de famille. Eh bien, il y avait toute une histoire derrière ça.

« O-Orimura, pouvons-nous nous asseoir ici ? »

« Hm ? »

J’avais levé les yeux et j’avais vu trois filles qui portaient des plateaux avec leur petit-déjeuner dessus, qui attendaient ma réponse.

« Oui, bien sûr, » répondis-je.

La fille qui m’avait demandé avait soupiré de soulagement et les autres avaient effectué une pose victorieuse. J’avais entendu des murmures parmi la foule autour de nous.

« Oh, non... J’aurais dû aller lui parler. »

« C’est... C’est juste le second jour... Il n’y a pas d’urgence. Ne t’inquiète pas... »

« J’ai entendu dire qu’on a vu une fille assise sur lui hier. »

« Quoi !? »

Oh oui. La veille, 8 filles en première année, 15 en deuxième année et 21 en troisième année étaient venues se présenter. J’avais eu du mal à me souvenir de leurs noms. Si l’une d’elles était venue me voir par la suite et m’avait demandé si je me souvenais de son nom, les chances auraient été d’environs 50-50. Que pourriez-vous attendre de plus ?

C’était la première chose le matin, et je devais me souvenir de trois autres choses qui s’étaient produites. Apparemment, ce groupe de filles avait déjà conclu un accord en ce qui concerne qui pourrait s’asseoir où, et elles avaient pris leurs positions sans difficulté. Il s’agissait d’une table pour 6 personnes. Houki et moi étions assis près de la fenêtre. Elles avaient donc pris trois autres places. Il en restait une et je voulais qu’elle reste vide.

« Wôw, vous pouvez manger autant de choses le matin, Orimura. »

« Oui, les garçons peuvent tellement manger... »

« Je ne mange pas beaucoup pour le dîner, alors je mange bien plus le matin, » répondis-je.

C’était en fait la vérité. J’avais expérimenté pendant un certain nombre d’années, mais finalement cela s’était avéré être la meilleure manière pour moi. Eh bien... en vérité, je ne faisais qu’imiter Chifuyu.

« Est-ce que les filles sont en forme en manger si peu le matin ? » demandai-je.

Les trois filles qui nous avaient rejoints avaient des repas différents, mais partageaient largement les mêmes choses : une tranche de pain, un verre de jus et un plat d’accompagnement. C’était vraiment un petit repas.

« E-Eh bien... »

« Euh... Correct ? »

Comment était l’énergie que cela leur apportait ? Peut-être que c’était la raison pour laquelle seules les filles pouvaient piloter l’IS ?

« Nous mangeons beaucoup de sucreries... »

Vous pourriez devenir grosse à cause de ça.

Ce n’était probablement pas sain d’agir ainsi. Les gens devaient prendre soin de leur corps pendant leur adolescence. J’avais lu une fois que vous commenciez à vieillir plus vite dès 22 ans.

« Orimura, j’y vais déjà, » déclara Houki.

« Hm ? Oh. On se voit plus tard, » répondis-je.

Houki avait terminé sa nourriture et avait quitté les lieux. Tout ce que Houki avait mangé était de la nourriture japonaise du buffet, la nourriture du Japon ancien, tout comme un vrai samouraï. Elle était l’image de la femme idéale du moyen-âge. Ou peut-être pas, je ne sais pas.

Je ne m’attendais pas à ce que ma colocataire soit Houki. Je suppose que c’était vraiment mieux que de vivre avec une fille que je ne connaissais pas. Houki et moi nous nous connaissions alors que nous étions enfants au moment de l’école primaire, Chifuyu m’avait emmené au kendo, et j’étais dans la même classe avec Houki jusqu’à ce que nous ayons eu 10 ans.

Ses parents nous avaient souvent invités à dîner, car les nôtres n’étaient plus là. Nous étions assez pauvres, donc cela nous avait beaucoup aidés. Bien que ce ne soit pas comme si Houki et moi avions toujours été amis. Au début, nous ne nous entendions pas du tout, mais comme nous pratiquions le kendo ensemble, notre relation avait fini par s’améliorer petit à petit. Du moins, je le pensais. — Tout était devenu bien plus indécis maintenant. J’étais sûr que je n’étais pas le seul à ne pas m’en souvenir ? Peu importe. Après tout, le passé reste le passé. Il n’y a pas d’autre instant que le présent.

« Orimura, est-ce que vous vous entendez bien avec Shinonono ? »

« J-J’ai entendu dire que vous partagiez la même chambre ? »

« Eh oui. Nous sommes amis d’enfances, » répondis-je.

Cela ne signifiait pas vraiment grand-chose pour moi, mais ça avait fait un bruit autour de moi. Un faible « Quoi ? » pourrait être entendu au loin.

« A-Alors, euh... »

Ah, la fille à côté de moi nommée... Tanimoto ? Oui, c’est ça. Elle essayait de me demander quelque chose, mais un claquement retentit dans la cafétéria.

« Combien de temps allez-vous rester ici et manger ? Terminez votre nourriture avec efficacité. Si vous êtes en retard pour le cours, je vais vous faire courir dix tours, » ma sœur était apparue. Tout le monde dans la cafétéria s’était concentré sur le fait manger sa nourriture.

Un tour du campus de l’IS était long de cinq kilomètres. Devoir courir tout ça n’était pas une rigolade. J’avais donc fini ma nourriture aussi vite que possible.

Apparemment, Chifuyu était aussi la surveillante du dortoir. Je voulais vraiment savoir si elle dormait quand même. Mais en vue qui c’était, je pensais qu’elle allait probablement bien. S’il y avait quelqu’un de capable de supporter une fatigue prolongée, c’était bien elle.

Pendant ce temps, je ne peux même pas me concentrer sur toutes ces choses, même avec une bonne nuit de repos.

Ma bataille avec Cécilia était prévue pour la semaine prochaine. Je devais être en mesure de piloter le SI avec un certain degré de compétence d’ici là.

Ça va marcher, je suis sûr.

***

Partie 2

En fin de compte, ce n’était pas le cas.

La deuxième période était terminée et j’étais déjà groggy. J’avais un peu étudié le vocabulaire, et je me débrouillais bien, mais beaucoup de choses n’avaient pas de sens sur le plan fondamental.

C’était comme un problème de mathématique que vous ne pouviez pas résoudre, le genre dont vous avez besoin de connaître une formule, mais vous ne vous en souvenez plus.

« Je... Quoi ? »

En un sens, cela m’avait encore plus embrouillé. Quand j’avais touché pour la première fois l’IS, c’était très naturel, comme si je le savais depuis de nombreuses années. Mais quand j’avais lu les manuels, les choses me semblaient si peu sensées que j’avais commencé à douter que j’avais en premier lieu déjà réussi à déplacer l’unité. J’avais croisé les bras et j’avais regardé le livre. Cela semblait me faire prendre du recul pendant que le cours continuait autour de moi, pendant lesquels Yamada nous enseignait régulièrement à nous, les étudiants, les bases des IS.

« Donc, puisque l’IS a été conçu en pensant à l’espace, le pilote est complètement enveloppé d’une barrière énergétique. L’IS soutient également les fonctions vitales du corps et les stabilise à tout moment, y compris le pouls, la pression artérielle, la respiration, la transpiration et la production d’endorphines, » déclara Yamada.

« Mademoiselle Yamada, est-ce vraiment bien ça ? On dirait que cela se connecte avec mon corps et alors je ne veux pas ça..., » demanda l’une de mes camarades de classe, l’air un peu troublé.

Je pouvais parfaitement comprendre que ce sentiment d’unité que j’avais ressenti lorsque je m’étais connecté à l’IS pouvait effrayer quelqu’un.

« Vous y pensez trop. Voyons voir... Vous portez toutes un soutien-gorge, n’est-ce pas ? Il soutient votre corps et n’a aucun effet négatif. Bien sûr, si vous n’achetez pas un soutien-gorge qui vous va, ça ne marche pas, mais..., » répondit Yamada.

Ses yeux et les miens s’étaient alors rencontrés. Et bien sûr, Yamada s’était alors tue un moment. Puis, quelques secondes s’étaient écoulées, et elle était devenue rouge en un instant.

« Je... Euh... Eh bien... O-Orimura, vous ne portez probablement pas un, donc cela peut ne pas avoir beaucoup de sens pour vous... Haha... Hahahahaha..., » Yamada avait essayé de rire, mais l’atmosphère dans la salle de classe était devenue étrange et tendue.

J’avais vu des filles croiser les bras comme pour protéger leurs seins, elles semblaient beaucoup plus perturbées que je ne l’étais. J’avais ressenti la même chose que j’avais eue avec Houki la veille. — Je n’allais pas faire d’histoires à propos des sous-vêtements des filles. En vérité, c’était leur comportement qui m’avait mis mal à l’aise... Cette contradiction entre vouloir regarder leurs seins et ne pas le vouloir. Ce silence inconfortable avait duré pendant ce qui avait semblé être 10 ou 20 minutes.

« Hmm... Mademoiselle Yamada ! S’il vous plaît, continuez la leçon, » déclara Chifuyu.

« D-D’accord ! » balbutia Yamada.

Une toux forte et audible avait dissipé le malaise. Encouragée par Chifuyu, Yamada regarda le manuel et revint sur le sujet.

« U-Un autre aspect important est que l’IS a quelque chose comme un esprit propre et il e-essaie de vous parler, hm... je veux dire que... comprenez-vous et... euh... faites référence à vos expériences de pilotage passées pour essayer de mieux vous adapter, » balbutia Yamada.

Bon, cette leçon allait quand même servir !

« Le fait est que vous devez essayer de vous comprendre tous les deux, et en faisant cela, vous pouvez faire ressortir votre plein potentiel. L’IS n’est pas un outil, mais un partenaire, » déclara-t-elle.

Chaque fille avait alors levé une main.

L’une d’elles posa une question. « Mademoiselle, ça veut dire que c’est comme un petit ami qui est avec nous ? »

« Euh... Je suppose... je n’en ai jamais eu, alors je ne sais pas..., » répondit Yamada.

Je suspectais qu’elle faisait référence à « je n’ai pas eu de petit ami ». Yamada regardait au loin avec le visage encore plus rouge qu’avant. Les filles de la classe lui jetèrent un regard méprisant et commencèrent à parler des hommes.

Franchement, c’est l’essence de toutes les filles de cette école.

Teneur en sucre de l’air : 10 %. Ce n’était pas seulement ma classe, toute l’école était à l’eau de rose. Non, ça ne me semblait pas juste, il y avait un air de douceur ici. Toute l’école sentait le doux parfum particulier aux filles. La veille avait déjà été suffisante pour moi, et la seconde journée commençait à me rendre malade.

« Mmm..., » commença Yamada.

« Qu-Qu’est-ce qu’il y a, Mademoiselle Yamada ? » demandai-je.

« O-Oh... C-Ce n’est rien. Oubliez ça, » déclara Yamada.

Yamada fit un geste et essaya d’esquiver la question. J’aurais juré qu’elle m’avait regardé, mais là encore, tout le monde me regardait presque toujours.

*Ding dong.*

« Ah, oui. Dans la prochaine période de cours, nous allons traiter des bases du mouvement aérien dans un IS, » déclara Yamada.

Dans l’Académie IS, le professeur principal enseignait toutes les classes sauf l’éducation physique et les matières spéciales. Cela m’avait fait encore plus apprécier le travail acharné de mes anciens professeurs, qui avaient dû aller et venir entre les salles de classe pendant les pauses.

« Hé, hé Orimura ! »

« Par ici ! J’ai une question ! »

« Avez-vous du temps pendant l’heure du repas ? Et du temps après l’école ? Et aussi du temps ce soir ? »

La période d’observation à distance de la bête rare que je représentais n’était apparemment plus nécessaire. Dès qu’Yamada et Chifuyu avaient quitté la salle de classe, environ la moitié, des filles avaient directement couru vers moi. J’aurais pu jurer avoir entendu une certaine personne s’exclamer qu’« une dame britannique ne serait certainement pas la dernière ».

« Ne me le demandez pas toutes en même temps..., » dis-je.

Je ne savais pas quoi faire face à une telle situation. Je voulais aller à la pause, mais ensuite, j’avais vu que la fille tenait un billet numéroté, et cela lui avait sûrement coûté de l’argent. J’avais sûrement été tiré au sort ou quelque chose du genre...

« ... » Houki, mon amie d’enfance, se tenait sur le côté et regardait ce spectacle. Comme toujours, elle avait l’air fâchée, mais j’avais décidé que cela ne voulait pas dire grand-chose. La vie était une expérience enrichissante.

Bon, et maintenant ?

Je voulais aller demander à Houki de m’apprendre quelque chose sur l’IS, mais à ce rythme je devrais me contenter de le lui demander ce soir. J’avais à peine eu le temps de penser cela avant que les regards des filles autour de moi ne commencent à piquer à vif, elles voulaient obtenir des réponses.

« Comment est Mademoiselle Chifuyu à la maison ? »

« Hmm... Cet endroit est un gros gâchis à cause des ho — . »

*Bam !*

« La pause est finie. Retournez à vos sièges. »

Quand est-ce qu’elle était venue derrière moi, et quel était ce choix du moment ? Était-elle en train d’essayer de m’empêcher de divulguer des informations personnelles ? Quoi qu’il en soit, je voulais prévenir ma sœur que si elle continuait à me frapper, elle serait cataloguée comme le personnage secondaire violente et comique — je ne pouvais pas imaginer que quelqu’un voudrait ça.

« Au fait, Monsieur Orimura, il faudra un certain temps avant que votre unité IS soit prête, » déclara ma sœur, toujours sur son ton formel.

« Hein !? » m’exclamai-je.

« Nous n’avons pas d’unités de rechange, donc vous devrez attendre un peu. L’académie vous en fournira un exemplaire pour votre usage personnel, » continua-t-elle.

« ... ?! » J’étais resté sans voix pendant que toute la classe avait commencé à parler.

« U-Une unité exclusive !? Pour une première année ? Il en aura une bientôt ? »

« C’est seulement possible avec le soutien du gouvernement... »

« Oh, wôw... Je suis si jalouse... je voudrais moi aussi avoir ma propre unité... »

Je n’ai rien compris. Pourquoi étaient-elles si jalouses ?

J’avais regardé ma sœur avec un regard vide. Elle avait soupiré et m’avait chuchoté quelque chose. « Manuel scolaire, page six. Lis donc ça. »

« Hmm... “À l’heure actuelle, la technologie des IS est partagée avec un large éventail de pays et d’entreprises, mais la technique de fabrication de son noyau n’a pas été divulguée. Il existe 467 unités IS dans le monde. Tous leurs noyaux ont été créés par Professeur Shinonono, et leur fonction est un mystère complet. — seul le Professeur est capable de les fabriquer. Cependant, elle refuse de fabriquer plus d’un certain nombre de noyaux. Ceux-ci sont ensuite distribués aux pays, sociétés et organisations à utiliser dans la recherche, le développement et la formation. Transférer des cœurs à d’autres entités est en violation de l’article sept du Pacte de l’Alaska et interdit en toutes circonstances.”, » avais-je lu à haute voix.

« Comme vous l’avez lu, vous devriez normalement être affilié avec le gouvernement d’un pays ou une société pour avoir votre propre unité IS. Vous êtes un cas particulier, alors vous aurez votre propre unité pour permettre une collecte de données. Compris ? » déclara ma sœur à nouveau à voix haute.

« E-En quelque sorte..., » répondis-je.

Revenons à ça :

  1. Il n’y avait que 467 unités IS dans le monde.

  2. Seule la Professeur Shinonono peut les fabriquer, mais elle ne les fait plus.

  3. Je reçois un traitement spécial bien que cela soit dans un cas expérimental.

C’était quelque chose comme ça. Cela me paraissait parfaitement logique. En parlant de l’IS, la Professeur Shinonono était...

« Euh, Mademoiselle. Houki Shinonono est-elle liée à la Professeur Shinonono ? » demanda une fille à Chifuyu.

Eh bien, Shinonono était un nom de famille rare, alors cela n’allait pas être un secret pour toujours.

Tabane Shinonono : un prodige de l’âge moderne, et la seule développeuse de l’IS. Elle avait été dans la même classe que Chifuyu, et était aussi la sœur de Houki. Je l’avais déjà rencontrée un certain nombre de fois — elle était un génie à tort et à travers.

« Oui. La Professeur Shinonono est sa sœur, » déclara Chifuyu.

Hé, Prof... pourrais-tu garder les informations personnelles pour toi !?

Par ailleurs, Tabane était recherchée sur la base du droit supranational. Elle n’avait pas exactement commis un crime, mais les nations et les organisations étaient mal à l’aise que la seule personne qui comprenait le système complet de l’IS eût disparu. Bien que je doute qu’elle se soucie de cela. Je me rappelais encore comment elle avait l’air d’être sur le point de « manger » quelqu’un, vraiment, un loup en habits de brebis. Pendant ce temps, ma sœur Chifuyu était juste un véritable loup. Wôw, j’étais impressionné par moi-même. Quelle métaphore parfaite !

« Wôw ! C-C’est fantastique ! Deux personnes dans notre classe ont des proches célèbres ! »

« Hé, qu’est-ce que la Professeur Shinonono aime ? N’est-elle pas un génie ? »

« Shinonono, êtes-vous aussi un génie ? Parlez-moi de l’IS ! »

La classe avait déjà commencé, mais les filles commençaient à se rassembler autour de Houki. C’était très amusant de voir ça. De toute évidence, personne n’allait l’aider.

Hmm, en parlant de ça, est-ce que Houki a déjà utilisé un IS ?

Je ne l’avais jamais vu en piloter un, et ce n’était pas comme si Houki et Tabane avaient eu une...

« Elle n’est rien à mes yeux ! » cria Houki.

J’avais cligné des yeux, alors que ma rêverie s’avorta.

J’avais regardé Houki, les filles autour d’elle étaient tout aussi choquées et confuses.

« Je suis désolée à propos de ça... Mais je ne suis pas elle. Je ne peux rien vous apprendre sur ça, » déclara Houki.

Houki tourna la tête vers la fenêtre et regarda dehors. Les filles semblaient un peu choquées et retournaient à leurs sièges. Houki détesta-t-elle toujours Tabane ? Je ne me souvenais pas d’une fois où je les avais vues ensemble, et j’étais à peu près sûr que la conversation s’était toujours terminée abruptement quand nous avions parlé d’elle.

« D’accord. Il est temps pour votre cours. Yamada, c’est à vous, » déclara ma sœur.

« D-D’accord ! » déclara Yamada.

Yamada semblait aussi inquiète à propos de Houki, mais elle était une professionnelle et la classe commença après ça.

Je suppose que je vais demander à Houki plus tard...

J’avais ouvert mon manuel.

***

Partie 3

« Je suis soulagée. J’espérais que vous n’essaieriez pas de me battre dans une unité d’entraînement, » déclara Cécilia.

Fascinante, cette Cécilia.

Pendant la pause, elle était venue me parler, les mains sur les hanches. Elle devait vraiment aimer cette pose. Ce n’était pas que je me souciais vraiment.

« Eh bien, c’est déjà un peu mieux, mais ce n’est toujours pas correct, » continua Cécilia.

« Pourquoi ? » demandai-je.

« Oh, vous, le mouton ignorant. Très bien, je vais l’enseigner au bas peuple : moi, Cécilia Alcott, je suis la cadette nationale de Grande-Bretagne. À présent, j’ai déjà ma propre unité et cela depuis longtemps ! »

« Euh-Hmm. »

« Êtes-vous en train de vous moquer de moi !? » s’écria Cécilia.

« Non. Je sais que c’est incroyable. C’est juste que je n’ai pas la bonne échelle des valeurs pour ce qui est vraiment incroyable, » déclarai-je.

« C’est exactement pour ça que je dis que vous vous moquez de moi ! » cria-t-elle.

*Bam !* elle avait fait cogner ses mains sur ma table, faisant glisser mes notes.

« Bon — pour réitérer notre leçon de tout à l’heure : il y a 467 unités IS dans le monde. Les quelques personnes qui ont leurs propres unités sont l’élite de l’élite parmi les six milliards d’humains vivants, » déclara-t-elle.

« V-Vraiment... ? » demandai-je.

« Oui, » répondit Cécilia.

« Y a-t-il vraiment six milliards de personnes dans le monde ? » demandai-je.

« Ce n’est pas la partie importante de l’histoire ! » cria-t-elle à nouveau.

*Bam ! * Cette stupide fille avait à nouveau frappé, faisant tomber mon manuel.

« C’est assez ! Arrêtez de vous moquer de moi ! » cria-t-elle.

« Mais je ne le fais pas, » répondis-je.

« Alors pourquoi votre voix semble si inexpressive ? » demanda-t-elle.

Mon Dieu. Pourquoi, en effet ?

« Qu’en penses-tu, Houki ? » demandai-je.

Elle m’avait jeté un coup d’œil. Il lui avait fallu 0,8 seconde pour me communiquer qu’elle ne voulait rien avoir à faire avec moi.

« En parlant de ça, vous êtes la sœur du Professeur Shinonono, n’est-ce pas ? » demanda Cécilia.

Houki regarda Cécilia, qui avait changé le poids de son attaque vers elle.

« Et si c’est bien le cas ? » demanda Houki.

Ne sois pas trop hostile, Houki.

Son regard était si menaçant que Cécilia ne put s’empêcher de reculer. Franchement, Houki serait parfaite pour un gangster.

« Hmm... Je veux que vous vous rappeliez que c’est moi, Cécilia Alcott, qui est la plus capable d’être la représentante de classe ! » déclara Cécilia.

Cécilia replaça ses cheveux par-dessus son épaule, puis se retourna gracieusement, et quitta les lieux. Ses gestes semblaient toujours très impressionnants. Peut-être qu’elle avait un top modèle pendant un moment ?

***

« Houki, » dis-je.

« ... »

« Shinonono, allons déjeuner, » dis-je en changeant ma manière de m’adresser à elle.

Il était important de remonter le moral de tes amis. Houki avait l’air un peu bizarre depuis ce qui s’était passé plus tôt, et je ne pouvais pas oublier ce fait.

« Quelqu’un d’autre veut venir avec nous ? » demandai-je. J’avais lancé l’appât dans l’océan.

« Moi, moi, moi ! »

« Je viendrai ! Attendez-moi ! »

« J’ai fait une boîte à lunch, mais je viendrai aussi ! »

Beaucoup de poissons semblaient avoir mordu. Je voulais que nous nous entendions bien dans la classe. Houki devait probablement ressentir la même chose.

« C’est bon, » déclara Houki, avec désinvolture.

« Viens. Ne sois pas comme ça. Allons déjeuner, y allons-nous ? » déclarai-je.

« Hé-Hé ! J’ai dit que je n’irais pas... Ne lie pas ton bras avec le mien ! » déclara Houki.

Hahaha. Elle était aussi prévisible que toujours. Houki était le type de personne que vous deviez forcer à faire quelque chose qu’elles avaient déjà voulu faire.

« Quoi ? Ne veux-tu pas marcher ? Veux-tu que je te porte ? » demandai-je.

« Qu... ! »

Houki était devenue rouge. Excellent ! Maintenant, elle allait venir avec nous qu’elle le veuille ou non.

« A-Allons-y ! » balbutia-t-elle.

« Une fois que nous serons à la cafétéria, d’accord, » dis-je.

« L-Libère maintenant mon bras ! Nnah! » demanda-t-elle.

Houki se tortilla, et soudain mon bras fut plié au niveau de mon coude. Il y avait une douleur aiguë, et l’instant d’après, je m’étais retrouvé étendu de tout mon long sur le sol.

« ... »

Outch ! Il y avait une douleur concentrée dans mon dos, et les filles autour de nous regardaient ça sous le choc.

« Tu t’es bien amélioré ! » dis-je.

« Hmph. Je dirais plutôt que tu t’es affaiblie. — J’ai appris ça à mes heures perdues, » déclara Houki.

Elle était probablement la seule fille dans tout le Japon qui avait appris les arts martiaux avancés « à mes heures perdues ».

« Eu-Euh... »

« Nous devrions... »

« Je-Je pense que je vais rester ici et manger. »

Les filles que j’avais rassemblées autour de nous se dispersaient comme des bébés-araignées.

Restez ici, idiotes. En premier lieu, je vous ai amené pour le bien de Houki.

« ... »

J’avais dit au revoir au sol et j’avais tapoté la poussière de mes vêtements. Houki s’était tournée dans l’autre sens, comme pour me dire que ce n’était pas sa faute.

« Houki, » dis-je.

« N-N’utilises pas mon prénom. Je t’ai dit ce m..., » déclara Houki.

« Allons manger notre repas, » déclarai-je.

Je l’avais prise par la main et l’avais traînée jusqu’à la cafétéria.

« H-Hé ! Arrête ça ! » déclara Houki.

« Tu n’as qu’à te taire et à venir avec moi, » dis-je.

« Ngh..., » gémit Houki

Houki n’avait pas encore répondu, et à la place, elle m’avait suivi. J’aurais aimé qu’elle le fasse depuis le début. Bon sang.

***

Partie 4

Nous étions finalement arrivés dans la cafétéria. C’était très congestionné, mais nous avions réussi à trouver un endroit où nous pouvions manger.

« Houki, tu vas manger n’importe quoi, non ? Peu importe ce qui est sur la table ? » demandai-je.

« N-Ne parle pas de moi comme un chien ou un chat. J’aime certaines choses plus que d’autres, » répondit Houki.

« Hmm, je nous ai acheté deux spéciaux du jour dans la machine à tickets. Est-ce bon ? Regarde, il y a même du saumon grillé, » dis-je.

« Est-ce que tu m’écoutes !? » s’écria Houki.

« Pas du tout. Sais-tu toutes les difficultés que j’ai dû traverser plus tôt pour réussir ça ? Et tu as tout gâchée, » m’écriai-je. « Et maintenant, qu’est-ce qu’il y a ? Ne veux-tu pas avoir des amies au lycée ? »

« J-Je suis bien ainsi... Je ne t’ai pas demandé de faire ça ! » s’écria Houki.

« Je ne dis pas que tu avais fait..., » commençai-je.

Je m’étais interrompu, car j’étais finalement le suivant au comptoir.

« Ah, excusez-moi. Je voudrais avoir deux plats du jour, s’il vous plaît, » avais-je dit ça à la dame des repas. « Et je vous donne ça en retour, non ? »

J’avais maladroitement remis les jetons de plastique au comptoir avec ma main libre, alors que mon autre cherchait à retenir Houki pour l’empêcher de fuir. Sa compétence d’évasion était au moins aussi élevée que celui d’un Cactuar [1].

« Écoute, d’habitude je ne ferais pas ça même si quelqu’un me demandait ça. Je le fais uniquement, car c’est toi, Houki. »

« Que veux-tu dire... ? » demanda-t-elle.

« C’est évident, non ? Ta famille a pris soin de nous et nous sommes allés ensemble à l’école. Nous étions amis. Laisse-moi faire ça pour toi, » dis-je.

« ... »

Houki fronça les sourcils et regarda le plafond. Elle était devenue un peu rebelle après avoir déménagé avec sa famille. En fait, elle avait toujours été comme ça, Houki s’était peu à peu éloignée des autres quand tu ne la poussais pas vers les autres.

« Euh-Euh... Merci bea..., » commença Houki.

« Voilà, cela arrive ! Deux spéciaux du jour ! » proclama la femme des repas.

« Merci beaucoup. Wôw, ça a l’air vraiment bon ! » répliquai-je.

« Ce n’est pas seulement bon, c’est génial ! » rugit la femme, avec un sourire illuminant son visage.

« Houki, vois-tu une table vide ? » demandai-je.

« ... »

« Houki ? » redemandai-je.

Je l’avais regardée puisqu’elle n’avait pas répondu. Elle semblait encore plus en colère que d’habitude.

« Là bas, » elle avait haussé les épaules, avait pris son repas et était partie. Pourquoi était-elle à nouveau si fâchée ? J’avais suivi Houki et nous nous étions assis à une table.

« En passant..., » dis-je.

« Oui ? » Houki mangeait sa soupe alors qu’elle répondait.

Je regardais en ce moment mon saumon.

« Peux-tu m’apprendre quelque chose sur l’IS ? À ce rythme, j’ai peur de perdre la semaine prochaine, » avouai-je.

« Imbécile ! C’est de ta propre faute si tu as accepté ce défi ridicule, » répliqua Houki.

Je suppose que c’est vrai, mais...

« S’il te plaît, je t’en supplie..., » implorai-je en faisant un geste de prière avec des baguettes toujours en main.

Un homme ne pouvait pas reprendre de ce qu’il avait dit qu’il ferait. Et s’il avait dit qu’il allait gagner, alors il gagnerait.

« ... »

Un silence. Elle m’ignorait et mangeait des épinards cuits dans de la sauce soja. C’était redoutable !

« Hé, Houki, je..., » commençai-je.

« Hé, êtes-vous celui dont tout le monde parle ? » demanda une fille qui était à côté de moi.

Je l’avais regardée. Sur la base de la couleur de son ruban, elle avait l’air d’avoir environ deux années de plus : la première année était bleue, la deuxième jaune, la troisième rouge. Ses cheveux étaient un peu bouclés et faciles à se souvenir. Elle avait l’air très sympathique, un peu comme un écureuil. Le contraste avec mon amie d’enfance réticente était saisissant, et je n’étais pas trop content de ça. Je m’étais dit que deux ans ne l’auraient pas fait paraître plus mature.

Tu vois, Houki ? C’est le genre de sociabilité dont tu as besoin.

« Oui, probablement, » dis-je.

Avec des mouvements naturels et sans effort, elle était venue s’asseoir à côté de moi et avait continué la conversation. « Allez-vous vraiment affronter une cadette nationale ? »

« Oui, c’est bien quelque chose comme ça, » répondis-je.

Franchement, les rumeurs se propageaient rapidement. S’il y avait deux choses que les filles aimaient, c’était les potins et les bonnes affaires.

« Vous êtes encore nouveau dans tout ça, n’est-ce pas ? Combien de temps avez-vous été dans un IS ? » demanda-t-elle.

« Euhh... Probablement pas plus de trente minutes, » répondis-je.

« C’est loin d’être suffisant, » répondit la fille. « Le temps d’utilisation est vraiment important, vous savez ? Et votre adversaire est-elle bien une cadette nationale ? Elle a probablement au moins trois cents heures d’utilisation. »

Je n’avais aucune idée du fait que le temps de pilotage était quelque chose bonne ou mauvaise, donc ça ne signifiait rien pour moi. De toute façon, il était clair que j’allais perdre à Cécilia si je ne faisais pas quelque chose.

« Dites, voulez-vous que je vous apprenne à utiliser l’IS ? Hmm ? » demanda-t-elle.

Elle se rapprochait de plus en plus de moi, mais je ne savais toujours pas son nom. Wôw. Quelle personne agréable elle était ! Certainement beaucoup mieux qu’une certaine amie d’enfance que j’ai eue. Ou, comme le dit le dicton : quand une porte est fermée, vous entrez par la fenêtre.

« Bien sûr, je serai..., » commençai-je.

Je voulais dire que je serais heureux d’accepter, mais j’avais été interrompu.

« Tout est déjà bon ici. Je vais le lui enseigner, » Houki mangeait toujours, mais elle s’était mise à parler. Et, apparemment, elle allait maintenant m’apprendre à utiliser l’IS.

« N’êtes-vous pas aussi une première année ? On dirait que je suis plus expérimentée que vous, » déclara la fille de troisième année.

« Ma sœur est Tabane Shinonono, » déclara Houki, à contrecœur.

Il semblait qu’elle était déterminée à me l’apprendre.

« Shinonono... Quoi !? » L’autre fille avait été complètement abasourdie.

Eh bien, la sœur de la femme qui avait inventé l’IS était assise devant elle. Il était donc impossible de la blâmer pour ça.

« Comme vous pouvez le voir, tout ira bien, » déclara Houki.

« J-Je vois... C’est dommage..., » déclara la fille.

Sa sœur... n’était rien de moins un génie de classe mondiale. La plupart des personnes allaient reculer à la simple mention de son nom. La très belle fille plus âgée était partie, un peu déçue, bien que son geste avait été très apprécié de ma part.

« Quoi ? » demanda Houki.

« Euh... Vas-tu vraiment m’apprendre ? » demandai-je.

« C’est ce que je viens de dire, » répondit Houki.

Les choses se seraient mieux passées si elle l’avait dit dès le départ. De toute façon, j’avais quelqu’un qui allait m’apprendre à piloter un IS. Tout ce qu’il restait à faire était d’y arriver.

« Aujourd’hui, après l’école, » annonça-t-elle sans fioriture.

« Hein !? »

« Viens à la salle de kendo. Je vais vérifier à ce moment-là si tes compétences se sont émoussées, » déclara-t-elle.

« Hé, je pensais que tu allais m’apprendre ce qu’il fallait pour..., » commençai-je.

« Je vais vérifier tes compétences, » déclara-t-elle.

« Bien, bien..., » acceptai-je finalement.

Pourquoi toutes les filles que je connaissais étaient-elles si têtues ? C’était peut-être en raison du genre d’étoile sous laquelle je suis né... Bonté divine !!

 

◇◇◇

 

« Qu’est-ce que c’est que ça ? »

« Je suis... moi-même pas trop sûr. »

Après l’école, nous étions ensemble à la salle de kendo. Il y avait une tonne de spectateurs et Houki était naturellement contrariée. Nous avions à peine combattu pendant 10 minutes, et j’avais perdu haut la main. Houki avait enlevé son casque et m’avait fixé du regard.

« Pourquoi es-tu devenu si faible !? » s’écria-t-elle.

« J’étudiais pour les examens d’entrée d’une tout autre école, » répondis-je.

« Dans quel club étais-tu au collège ? » demanda Houki.

« Le club “Rentrer à la maison” dans lequel tu vas directement à la maison après l’école. J’ai remporté tous les tournois pendant trois ans, » répondis-je.

En vérité, j’avais dû faire ça, car je devais faire un emploi à mi-temps pour avoir assez d’argent pour soutenir le foyer. Mais je ne voulais surtout pas l’avouer.

« Je vais corriger ça..., » déclara Houki.

« Tu vas faire quoi ? » demandai-je.

« Je vais t’entraîner ! C’est un problème plus fondamental que l’IS en lui-même ! Nous allons nous entraîner pendant trois heures tous les soirs ! » annonça Houki.

« Euh. Cela ressemble quelque peu... et à ce propos, qu’en est-il de l’IS ? » demandai-je.

« Comme je l’ai déjà dit, c’est un problème plus fondamental, » répondit Houki.

Franchement, elle était maintenant tellement en colère contre moi. Je ne savais plus trop quoi dire.

« C’est triste. Tu as perdu au kendo face à une fille... N’es-tu pas désappointé, Ichika !? On n’en est même pas encore à l’IS, et regarde comment tu es ! » déclara Houki.

« Je ne sais pas, je suppose que je n’ai pas fait bonne figure, hein ? » dis-je.

« “Pas fait bonne figure” !? Tu n’es pas en mesure de t’en préoccuper ! Ou est-ce que tu... Aimes-tu être cerné de toutes ces filles ? » demanda-t-elle.

*Crac* assez, c’était assez ! Il y avait des limites, et Houki était finalement allée trop loin.

« Comme si c’était le cas ! Elles me traitent toutes comme un animal rare ! Et cette école stupide me fait même vivre avec une fille ! Je ne sais pas ce que j’ai fait pour..., » commençai-je à crier.

« V-Veux-tu dire que tu as un problème vis-à-vis du fait de m’avoir comme ta colocataire !? » s’écria Houki.

*Bam !* j’avais à peine réussi à bloquer son épée de bambou avec le mien.

Lâche l’affaire, idiote !

Nous ne portions même plus nos casques de kendo. Le niveau de danger était dès lors bien réel.

« C-Calme-toi, Houki. Je ne veux pas mourir, et je suis sûr que tu ne veux pas être une meurtrière, » criai-je. « Tu as encore toute ta vie devant toi, non ? »

Houki forçait avec les deux bras sur son épée pendant que je la bloquais avec un seul. Ma main droite tremblait en la repoussant, tandis que ma gauche enfonçait le casque dans ma poitrine.

« Houki, s’il te plaît. Je vais t’acheter le souper, d’accord ? » demandai-je.

« Hmph... Faiblard ! » déclara-t-elle.

Houki laissa tomber sa position, jeta un regard méprisant et disparut vers le vestiaire. J’étais soulagé d’avoir encore survécu. Je me sentais comme si ma vie était une montagne russe.

Bonté divine...

Houki était devenue vraiment forte. Quand nous étions jeunes, j’avais toujours gagné assez facilement. Ma main commençait à faire mal là où l’épée de Houki m’avait frappé, et cela allait sûrement enfler.

« Avez-vous vu Orimura ? »

« N’est-il pas vraiment très faible, hein ? »

« Peut-il vraiment contrôler un IS ? »

Je pouvais entendre des marmonnements de déceptions parmi les spectateurs.

Merde...

Il n’y avait rien de plus pitoyable qu’un homme perdant face à une femme. Mais surtout, j’étais en colère contre moi-même. — Dans l’état où j’étais, je n’allais protéger personne, encore moins gagner. Je ressentais une sorte de choc et de déception que je ressentais rarement.

« Je suppose que je vais devoir à nouveau m’entraîner, » murmurai-je.

Quand tu es au plus bas de tes capacités, il n’y a nulle part où aller, et j’étais aussi bas que possible.

D’accord, faisons cela. Je refuse de perdre.

Notes

  • 1 Cactuar : Un monstre récurrent dans la série Final Fantasy.

***

Partie 5

Peut-être que j’y suis allée un peu trop fort ?

Je ne pouvais pas enlever ces pensées de mon esprit. Je venais de pouvoir retrouver mon ami d’enfance que je n’avais pas vu depuis six ans. Quand je l’avais regardé, une partie de lui semblait être identique de quand il était un enfant, et une autre partie avait changé avec l’âge. Et dès que je l’avais revu, il avait fait battre mon cœur si vite.

N-Non, ce que j’ai dit était correct. Il s’est laissé aller. Il est clair qu’il n’a pas tenu une épée depuis plus d’un an, sinon je ne l’aurais pas vaincu si facilement.

« ... »

Ichika avait été très fort il y a six ans, et il était toujours aussi sympa.

Je veux dire par là, eh bien... Il avait l’air cool quand il l’a fait...

Ichika avait beaucoup mûri depuis lors. En tant qu’enfant, il était plutôt sale gosse, mais maintenant il semblait beaucoup plus... viril. Et pourtant, il s’était laissé aller. Il devrait avoir honte de perdre si facilement ! Bon sang ! La simple pensée de cette bataille était bouleversante.

Que lui était-il arrivé ? Il était super fort dans le kendo avant ça. Avait-il simplement abandonné ? Ce n’est pas ce qu’un vrai homme devait faire ! On disait que si vous arrêtez de pratiquer pendant trois jours, vous perdiez une semaine d’entraînement — ce qui décrivait parfaitement Ichika. Ce n’était pas seulement une mauvaise technique, son exécution et sa conscience de la situation s’étaient détériorées. Ce retour à la normale allait prendre du temps. Après tout, tout cela était venu à la suite de nombreuses heures de formation. En plus, c’était difficile à gagner et facile à perdre.

Mais il a aussi...

J’avais retiré la serviette entourant mes cheveux et je les avais touchés. Mes cheveux étaient si longs maintenant qu’ils atteignaient presque ma taille même quand ils étaient attachés. J’étais étonnée qu’il m’ait quand même reconnue.

Six ans...

À cette époque, nous n’avions que neuf ans. Nos corps et nos visages avaient changé et grandi, mais j’étais sûre qu’il m’avait reconnue avant même que nous nous soyons présentés.

« Hehe... »

D’une certaine manière, cela m’avait rendue très heureuse. J’avais seulement pu reconnaître Ichika parce que je voyais son nom dans les nouvelles avec sa photo à côté, car sans cela, pour le dire franchement, je n’aurais pas pu dire que c’était lui. Il était devenu si viril !

En fait, on pouvait parfaitement dire qu’il semblait... être un bel homme, maintenant.

J’avais presque laissé tomber ma tasse de thé en raison de la stupeur quand je l’avais vu pour la première fois dans les nouvelles. Ichika avait dit qu’il avait lu que j’avais gagné le tournoi national de kendo dans les journaux, mais il n’y avait probablement pas de photo dans ce genre de rubrique. Pourtant, il avait dit qu’il m’avait immédiatement reconnue. Cela m’avait fait aussi plaisir.

C’est une bonne chose que je n’ai pas changée ma coiffure...

Je l’avais gardée tout ce temps avec l’espoir qu’un jour, il me verrait et le reconnaîtrait.

Mais maintenant, c’est si inconfortable par rapport à l’époque où nous étions des enfants. À notre âge, les garçons et les filles commenceraient à...

« Ahhh... !? »

Je ne pouvais pas vraiment mettre le doigt dessus, mais mon reflet semblait beaucoup plus brillant que la normale, presque comme une personne différente.

« ... »

Mais tout cela n’avait pas de sens. J’étais toujours la même, mais finalement, on ne dirait pas. Peu importe. Ce n’était pas le moment de s’inquiéter de telles choses, quand il y avait des problèmes plus importants à portée de main. Le temps était compté.

Je je dois l’entraîner à partir de demain après l’école. J’ai besoin qu’il soit au moins avec un niveau moyen en maîtrise à l’épée.

Tout le reste aurait été une disgrâce. Cela serait vraiment inacceptable ! J’avais croisé les bras et j’avais incliné la tête vers mon reflet.

En outre... en faisant ça, Ichika et moi serions seuls ensemble et...

« Non ! C-Ce n’est pas ce dont il s’agit ! »

C’est vrai. Il n’y a absolument aucune arrière-pensée, absolument aucune. Je suis pure. Je ne fais que déplorer le manque de compétences d’un camarade de classe. Et parce qu’il est mon camarade, je dois m’occuper de lui. Il n’y a rien d’étrange à ce sujet !

« Tout cela est légitime ! LÉ-GI-TI-ME ! »

***

Partie 6

Il s’agissait maintenant du lundi suivant : le jour de ma bataille avec Cécilia était arrivé.

« Hé, Houki, » dis-je.

« Oui, Ichika ? »

Après une semaine de vie commune, Houki et moi étions retournés à l’utilisation du prénom de l’autre. Peut-être que les six années pendant lesquelles nous n’avions pas vécu ensemble n’avaient pas beaucoup d’importance ? Les situations étaient bonnes.

« N’oublions-nous pas quelque chose ? » demandai-je.

« Je ne pense pas. Ça doit être ton imagination, » répondit-elle.

Eh non. Un problème était resté présent.

« Qu’est-il arrivé au fait de m’apprendre tout sur l’IS ? » demandai-je.

« ... » Elle n’avait rien répondu.

« Ne... m’ignore... pas... maintenant..., » dis-je.

Une semaine s’était écoulée pendant laquelle Houki avait pratiqué le kendo très diligemment avec moi. Le problème était que nous n’avions rien fait d’autre.

« Il-Il n’y avait rien que nous puissions faire à ce sujet. Ton unité IS n’est pas encore arrivée, » répondit Houki.

« Je suppose que... non ! Tu aurais pu au moins m’apprendre les connaissances de base ou quelque chose comme ça ! » m’écriai-je.

« ... »

« Je t’ai dit... de ne pas... m’ignorer..., » recommençai-je à lui parler.

C’était vrai. Apparemment, quelque chose s’était mal passé avec mon unité IS et elle n’était pas encore arrivée. Eh oui, elle n’était toujours pas arrivée. Qu’est-ce qu’ils m’avaient caché ?

« ... »

« ... »

Nous étions tous deux devenus silencieux !

« O-Orimura ! Orimura ! Orimura ! » Yamada n’avait pas vraiment besoin de m’appeler trois fois.

Yamada se précipitait vers nous dans la troisième arène, fosse A. Elle avait toujours l’air d’être sur le point de s’écraser sur le sol avec sa course instable. Cela m’avait rendu très nerveux en voyant ça. Mais cette fois-ci, elle était encore moins stable sur ses pieds.

« Mademoiselle Yamada, pourriez-vous vous calmer ? Et reprenez votre souffle, » déclarai-je.

« O-Oui... Nnahhh... Nnahhh... »

« Et maintenant, arrêtez, » continuai-je.

« Mmn — »

Je l’avais dit sur un coup de tête. Yamada avait cessé de respirer. Son visage commençait à devenir rouge en raison du manque d’oxygène. Elle ne comprenait vraiment pas quand les autres blaguaient.

« ... »

« Pfffouuu! Dois-je retenir mon souffle plus longtemps ? » demanda Yamada.

Oups, j’ai juste oublié de lui dire d’arrêter de respirer.

« Ne plaisante pas avec tes professeurs, crétin. »

*Bam !*

Je me sentais comme si quelque chose avait à nouveau fait disparaître une partie de mon cerveau. La douleur n’était pas une grosse affaire, peut-être autant que l’effervescence d’une boisson gazeuse, mais les dommages à mes cellules cérébrales n’étaient pas une blague. Comme attendu de la représentante du Japon !

« Chifuyu... »

*Wlam !!*

« Je te l’ai dit, c’est Mademoiselle Orimura. Quand vas-tu apprendre ? Si tu n’apprends pas, alors meurs ! »

J’espérais que quelqu’un avait entendu ça. Aucun professeur ne devrait parler comme ça. C’était exactement la raison pour laquelle elle n’avait pas de petit ami, malgré une belle apparence.

« Hmph. Je pourrais me marier dans une semaine si je n’avais pas à prendre soin de mon idiot petit frère, » continua Chifuyu.

Était-elle télépathique ou quelque chose de similaire ? Je ne faisais pas le poids face à Chifuyu, à plus d’un titre.

« D-D-Dans tous les cas, elle est arrivée ! Votre unité IS est ici ! » déclara Yamada.

Elle est ici ?

« Orimura, en costume ! Nous n’avons pas l’arène pour toujours, alors je te veux immédiatement sur le terrain, » déclara Yamada.

Excusez-moi !?

« Ichika, montre-moi que les véritables hommes peuvent surmonter des obstacles aussi triviaux que ça, » déclara Houki.

Attends un peu.

« Euh... Hmm... Ahh..., » balbutia Yamada.

« Vas-y maintenant, » déclara Chifuyu.

Yamada, Chifuyu et Houki m’encourageaient toutes. Les femmes autour de moi étaient comme ça, entre autres choses...

Produisant un son métallique aigu, la baie de stockage de la fosse s’était ouverte. Les portes anti-explosion s’étaient ouverte en diagonale, et au fur et à mesure qu’elles se séparaient, la zone au-delà apparaissait lentement : c’était... blanc. Blanc éclatant, aussi loin que l’œil pouvait voir. L’unité IS était si simple qu’elle était presque aveuglante. Et elle se tenait là, les plaques protectrices ouvertes, en attendant un pilote.

« C’est..., » commençai-je.

« Oui ! Il s’agit de votre unité IS personnelle, Byakushiki ! » répondit Yamada.

Mon IS. C’était un robot inorganique, et pourtant il semblait m’attendre. J’attendais... depuis toujours... pour... cet... instant... J’attendais... depuis... si... longtemps...

« Dépêche-toi ! Va dans ce fichu robot ! Nous n’avons pas toute la journée, tu peux l’initialiser et faire les ajustements pendant la bataille. Sinon, tu perdras. Compris ? » cria Chifuyu.

Alors que j’étais poussé par ma sœur, j’avais touché l’IS d’un blanc pur.

« Hein !? »

Je n’avais pas reçu le genre de choc que j’avais ressenti quand j’avais touché l’unité IS de test. J’avais juste eu l’impression de me fusionner avec lui. J’avais compris, ce que c’était, ce qu’il pouvait faire. J’avais tout compris.

« Donne-toi à fond. Oui, comme ça ! Comme si tu étais assis. Le système déterminera le meilleur ajustement, » j’avais fait comme ma sœur avait dit et je m’étais penché dans mon IS, Byakushiki.

Il m’avait attrapé et avait enveloppé mon corps dans ses plaques protectrices. Il y avait eu un grésillement quand l’air fut expulsé. J’avais ressenti comme si l’unité avait toujours fait partie de moi. J’étais connecté à Byakushiki... C’était comme si ça avait été fait seulement pour moi, et moi seul. J’avais perçu le monde autour de moi plus clairement, comme si la résolution avait été augmentée d’un coup. Tous les capteurs de l’unité s’interconnectaient directement dans mon champ de vision, et j’avais compris intuitivement ce qu’ils signifiaient.

« Oh... »

[UNITÉ ENNEMIE DÉTECTÉE. PILOTE : CÉCILIA ALCOTT. NOM DE L’IS : LARMES BLEUES. SPÉCIALISATION AU COMBAT : TIR À MOYENNE DISTANCE. ÉQUIPEMENT SPÉCIAL DÉTECTÉ]

« Il semble que les hypersenseurs de l’IS fonctionnent correctement. Est-ce que tu te sens bien, Ichika ? » Chifuyu m’avait regardé comme toujours, mais j’avais détecté de légers tremblements dans sa voix et même sa manière de parler était différente. Elle était inquiète pour moi.

« Je vais bien, Chifuyu. Je peux le faire, » répondis-je.

« Je vois, » répondit-elle. Elle était soulagée.

Le changement dans sa voix était si faible que je ne l’aurais pas détecté sans les hypersenseurs de l’IS.

Je ne l’ai probablement pas imaginé. En plus, elle a utilisé mon prénom cette fois-ci.

J’avais tourné mon attention vers Houki. Cependant, je n’avais pas eu à la regarder directement. Tout autour de moi était visible à travers l’IS.

« ... »

Elle avait l’air de vouloir dire quelque chose, mais je ne savais pas trop ce que c’était. Dans des circonstances normales, une sagacité à ce niveau serait impossible.

« Houki. »

« O-Oui ? »

« Je reviendrai, » dis-je.

« D-D’accord. Soit sûr de gagner, » répondit-elle.

J’avais hoché la tête et étais allé vers la porte de la fosse. Byakushiki avait obéi même au plus faible de mes mouvements, et j’avais dérivé vers la porte.

*Sssssss.*

Mes pensées étaient claires, mais dans les profondeurs de mon esprit, Byakushiki traitait une grande quantité d’informations. Je pouvais le sentir essayer de déterminer l’ajustement optimal pour mon corps, et également initialiser le formatage des données utilisateurs. À chaque seconde qui s’écoulait, les couches d’armures avaient changé et s’étaient décalées — il avait réécrit son propre logiciel, et réarrangé les composants de l’IS. Les compteurs affichaient des ordres d’ampleur que je n’avais jamais vue auparavant. Malheureusement, je n’avais pas eu le temps de prêter attention aux processus se trouvant à l’arrière-plan. La porte allait s’ouvrir en 2. 05718422 secondes, et la vraie bataille commencerait.

« Oh, je vois. Vous n’avez pas essayé de fuir, » ricana Cécilia.

Elle avait de nouveau ses bras sur ses hanches. Ça avait l’air plutôt bien, mais cela ne me concernait pas. Ce n’était pas ce que les hypersenseurs m’aient transmis.

***

Partie 7

Son unité IS bleu clair avait été nommée Larmes Bleues. Il possédait quatre ailettes blindées visuellement tape-à-l’œil sur le dos. En tant qu’unité, elle semblait noble, semblable à un chevalier royal. Elle portait un seul fusil de plus de deux mètres : un fusil laser de calibre 67 appelé Starlight Mk. III. À l’origine, l’IS était conçu en pensant à l’espace, donc la lévitation faisait partie de sa conception. Et en raison de la lévitation, l’utilisation de grandes armes difficiles à manier n’était pas rare.

L’arène avait un diamètre de 200 mètres. L’unité avait estimé qu’un tir me frapperait 0,4 seconde après le tir. La cloche signalant le début de la bataille avait déjà sonné, donc elle aurait pu tirer à tout moment.

« Je vais vous donner une dernière chance, » déclara Cécilia.

Elle avait une main sur la hanche, l’autre pointait sur moi. L’arme était dans sa main gauche et elle était toujours pointée vers le sol.

« Dernière chance pour quoi ? » demandai-je.

« Cette bataille est courue d’avance. Si vous ne voulez pas ramper dans la poussière à la fin, je vais vous laisser partir si vous vous excusez ! » déclara-t-elle, affichant le plus large sourire possible.

[AVERTISSEMENT : L’ENNEMI A DÉSENGAGÉ LA SÉCURITÉ DES ARMES. VERROUILLAGE YEUX GAUCHE DÉTECTÉ.]

Je pouvais instantanément traiter l’information que l’IS me donnait, mais tellement de choses s’étaient immédiatement répandues dans mon cerveau que c’en était presque écrasant.

« N’agissez pas comme s’il y avait même un choix possible ! » criai-je.

« Vraiment ? Quel dommage ! Eh bien, dans ce cas..., » commença Cécilia.

[AVERTISSEMENT : L’ENNEMI A ENGAGÉ LE MODE TIR. DÉCLENCHEUR ACTIVÉ ET CHARGE D’ÉNERGIE DÉTECTÉE.]

« Adieu ! »

*Wa—shiiing !*

Le son de son tir perçant dans les airs se fit entendre. Immédiatement après ça, un éclair brillant avait parcouru la distance jusqu’à moi.

« WÔW ! »

La défense automatique de Byakushiki m’avait apparemment protégé. J’avais été capable d’éviter un tir direct, mais le coup de feu avait arraché une partie de mon armure d’épaule gauche qui était encore en train d’être recalculée. Le bourdonnement sonore retardé avait fait claquer mon bras gauche et l’unité IS m’avait transmis un éclair de douleur. Le système de contrôle automatique de l’altitude de l’IS avait envoyé tant de forces G que cela m’avait fait étourdi, mais elles m’avaient empêché de m’évanouir. Cette secousse constante m’avait retourné l’estomac.

[BARRIÈRE PÉNÉTRÉE : 46 POINTS. ÉNERGIE BOUCLIER RESTANTE : 521. DÉGÂTS AU CADRE : MINIMAL.]

Merde, je ne suis pas en harmonie avec Byakushiki.

Généralement, les batailles d’IS étaient terminées une fois que l’énergie du bouclier d’un côté avait été drainée jusqu’à zéro. Cependant, si une attaque avait pénétré la barrière de bouclier, elle pourrait endommager la charpente même. Ce n’était pas lié à la charge de boucliers restants, mais les dégâts physiques infligés à la structure affectaient généralement le combat d’une manière ou d’une autre.

En passant, toutes les unités IS étaient équipées d’un système de « défense absolue » qui empêchait la mort du pilote. Même en prenant des quantités extrêmes de dégâts, cela allait seulement vider le bouclier, du moins, c’était ce que le manuel disait, mais je ne savais pas si c’était vrai. Mon armure d’épaule avait été arrachée parce que l’IS avait décidé que ce n’était pas essentiel à ma survie, et donc le système de défense absolue n’avait pas été activé.

« Maintenant, dansez ! Dansez une valse avec moi, Cécilia Alcott, et Larme Bleu ! » déclara-t-elle.

Un autre tir, puis un autre, et encore un autre. Ils étaient tombés sur moi telle une pluie. Tous les tirs étaient un travail de précision, et le simple fait de tenir face à ça ne durerait que si longtemps. Byakushiki m’avait bombardé de bips, m’avertissant du fait que mon bouclier était en train d’être réduit en charpie.

« N’ai-je pas une arme !? » avais-je crié.

Byakushiki avait immédiatement affiché la liste de mon équipement actuellement installé sur l’unité.

Une liste ? Non, c’est...

« Il n’y a qu’une seule chose ? » murmurai-je.

Tout ce que l’unité m’avait affiché était une « lame de combat rapproché ».

Mon Dieu ! Es-tu sérieux !?

« Peu importe, je vais la prendre ! » murmurai-je.

Alors que je pensais que c’était mieux que de combattre les mains vides, j’avais demandé à ce que la « lame de combat rapproché » apparaisse dans mes mains.

[NOM RÉEL NON CONFIGURÉ.]

*T—ching !*

« Combattre une unité de portée moyenne comme la mienne avec des armes de combat rapproché est le comble de la folie ! » déclara Cécilia, puis elle attaqua immédiatement après ça.

J’avais été capable d’esquiver son tir, mais réduire l’écart de 27 mètres entre nous était une tout autre histoire. Je pourrais aussi bien avoir été de l’autre côté de la planète que cela ne changerait pas grand-chose. Mais...

« Je dois essayer... ! »

Je ne pouvais pas me permettre de me retirer maintenant, la bataille ne faisait que commencer.

 

◇◇◇

 

« 27 minutes. Je suis étonné que vous ayez tenu si longtemps. C’est impressionnant en soi, » déclara Cécilia.

« M... merci..., » répondis-je.

Mon bouclier était à 67, et la structure avait pris des dégâts considérables. Je pouvais encore me battre et utiliser mon épée, mais c’était vraiment réduit.

« Vous êtes le premier qui avez réussi à tenir si longtemps dans leur rencontre initiale avec mes “Larmes Bleus”, » déclara Cécilia.

Cécilia tapota les quatre armes autonomes qui flottaient autour d’elle, comme si quelqu’un tapotait un chien ramenant un frisbee. Les quatre ailettes sur son dos pouvaient se séparer et tirer un laser BT à courte portée, et étaient apparemment aussi à l’origine du nom de « Larmes Bleues ». Plus précisément, les canons flottants avaient été appelés « Larmes Bleues », et donc la structure de l’IS qui les portait au combat avait aussi pris ce nom. Cécilia en avait beaucoup parlé au cours des 27 dernières minutes, même quand personne n’écoutait (merci pour la conférence !)

« Eh bien, que le rideau se lève sur la finale ! » Cécilia se moqua en moi tendant le bras droit.

Les « Larmes Bleues », ou« trucs » comme je les appelais, s’étaient immédiatement éloignés et m’avaient encerclé, ayant reçu leur ordre.

« Ngh...! »

Les différentes larmes au-dessus et en dessous de moi avaient commencé à briller et avaient tiré leurs lasers. En même temps que cela se faisait, Cécilia avait tiré sur moi et j’avais esquivé ou bloqué les tirs de justesse. C’était comme ça que ça se passait depuis un moment.

« Je vais vous tirer sur la jambe gauche ! » annonça-t-elle.

Non ! J’avais déjà perdu mon armure là-bas, un coup de plus allait déclencher le système de Défense Absolue.

L’utilisation de cette énergie aurait consommé toute ma charge de bouclier, ce qui signifiait que je perdrais automatiquement. D’accord, il était temps pour prendre des mesures désespérées.

« HAAAAAAAAAH! »

Avec un fort rugissement et un éclair aigu, j’avais poussé l’unité IS à sa limite et j’avais frappé vers la tête de Cécilia. L’impact lui avait fait perdre son objectif et elle avait fait manquer son tir final.

« Quoi... !? Beau mouvement, mais tout cela n’aura été que vain ! » répliqua Cécilia.

Cécilia recula et elle déplaça sa main gauche. Les larmes qui flottaient avaient immédiatement commencé à voler vers moi.

Je vois, c’est comme ça qu’ils fonctionnent.

J’avais volé à travers le barrage de lasers et frappé l’une d’elles. Mon épée avait traversé le métal dur, une sensation de résistance fut transmise à ma main. Un éclair bleu s’était arqué autour de la coupure, et après un moment, la larme avait explosé.

« Quoi !? » s’écria Cécilia.

J’avais frappé avec mon épée vers une Cécilia choquée.

« Tch...! »

Cécilia s’éloigna de mon coup et déplaça à nouveau son bras. La Larme No. 2 et No. 3 était venue vers moi en volant.

« Vos armes ne bougent pas à moins que vous ne donniez chaque fois des ordres ! Et qui plus est..., » commençai-je.

J’avais prédit les mouvements des larmes et j’avais tranché le propulseur de la larme No. 2.

« Pendant que vous donnez des ordres, vous ne pouvez pas attaquer ! Il faut toute votre attention pour les contrôler, n’est-ce pas !? » demandai-je.

« ... ! »

Les yeux de Cécilia tremblaient. Dans le mille !

Il ne restait plus que deux larmes. Je pouvais facilement prédire leurs mouvements. Elles s’étaient toujours positionnées de telle sorte que mes réactions seraient retardées. L’IS et sa capacité visuelle à grande échelle étaient parfaits. Cependant, j’étais encore un humain, et je ne pouvais pas traiter les choses en dehors de mon champ de vision physique comme étant intuitif. Il m’avait donc fallu quelques millisecondes de plus pour comprendre l’information que l’IS fournissait directement à mon cerveau.

Cécilia comptait là-dessus.

D’un autre côté, cela signifiait que je pouvais forcer mon attention dans des endroits spécifiques. La logique était simple : abuser du fait que les larmes bougeraient selon mes propres mouvements. Dans cet esprit, je serais un pas vers l’avant, au lieu d’un pas vers l’arrière.

Je peux le faire. Je dois juste me concentrer.

Je serrai ma main droite autour de la poignée de mon épée, mon temps passé à m’entraîner avec Houki envahissant mon esprit. La concentration était à la fois l’art et la base du combat à l’épée. Ma capacité en tant que combattant avait peut-être émoussé, mais elle n’avait pas encore totalement disparut. J’avais l’impression que les mouvements de mon IS devenaient plus légers, plus rapides. Je m’attendais à ce que mon unité perde de sa manœuvrabilité en raison de dommages à sa structure, mais la réactivité était en réalité bien meilleure qu’elle ne l’avait été auparavant.

J’ai juste besoin de trouver de moyen de réduire à zéro la distance, et tout sera fini.

L’unité de Cécilia était, comme elle l’avait décrit elle-même, une unité de moyenne portée. Son gros fusil ne serait pas très utile en combat rapproché, et en un coup d’œil, il ne semblait pas qu’elle disposait d’un équipement approprié pour le corps à corps. Peut-être que tout son équipement de combat rapproché était en attente, mais elle devait encore passer du temps pour le sortir. Le chemin de la victoire avait été mis à nu.

***

Partie 8

« Wôw... Monsieur Orimura est vraiment bon..., » Maya Yamada soupira alors qu’elle regardait les moniteurs dans la fosse.

Ichika était bien meilleur que ce que l’on pouvait attendre de quelqu’un qui n’utilisait un IS que pour la deuxième fois. En revanche, Chifuyu regardait les moniteurs en étant de mauvaise humeur.

« Ce crétin. Il devient arrogant, » répliqua Chifuyu.

« Comment le savez-vous ? » demanda Yamada.

« Il serre son poing gauche. Il le fait toujours juste avant qu’il ne commette une erreur stupide, » répondit Chifuyu.

« Hehehe... Les frères et sœurs se connaissent si bien. Vous voyez les moindres détails sur lui, » Yamada disait cela autant à elle-même qu’à Chifuyu, mais cela l’avait déconcertée.

« E-Eh bien... euh... Il est ce genre de frère..., » murmura Chifuyu.

« Oh, devenez-vous toute rouge ? Vous devenez toute rouge ! » s’exclama Yamada.

« ... »

Krrrkk. Chifuyu l’avait prise dans un étau.

« Aieeeee..., » gémit Yamada.

« Je déteste qu’on se moque de moi, » déclara Chifuyu.

« D-D’accord ! D’accord ! J’ai compris ! Relâchez-moi... Ahhh ! » cria Yamada.

Houki ne faisait nullement attention à Yamada et regarda simplement les moniteurs. Son expression était très sérieuse.

« ... »

Elle n’avait pas placé ses mains ensemble et n’avait pas prié. Elle n’était pas ce genre d’individus. C’était en quelque sorte la raison pour laquelle son expression était si complexe.

« Ichika..., » Houki se mordit la lèvre alors que la bataille était à un tournant.

 

◇◇◇

 

J’ai réussi à le faire !

J’avais réduit la distance à Cécilia avant de détruire la larme no. 3. Puis, avec le système anti-gravité de l’IS, j’avais fait un coup de pied circulaire pour frapper la larme no. 4. Cécilia n’allait pas être capable de braquer son arme sur moi à temps. J’étais sûr que je pourrais avoir une occasion de la frapper une fois.

« Je vous ai eu ! » Cécilia souriait.

Merde !

Mon instinct me criait qu’un danger était là. J’avais immédiatement essayé de prendre de la distance entre nous, mais c’était trop tard.

*Whirrr !*

Les plaques d’armure en forme de jupe s’étaient retirées de la taille de Cécilia, et deux objets se’étaient déplacés de dessous ça.

« Je suis désolée, mais il y a six “Larmes bleues !”, » annonça-t-elle.

Je n’allais pas pouvoir les esquiver. Elles n’étaient pas comme les larmes qui avaient tiré des lasers. De leurs côtés, c’était des missiles qu’elles envoyaient.

*KA-BOOM !* j’étais enveloppé dans les flammes rouges et blanches générées par l’explosion.

 

◇◇◇

« Ichika ! » Houki cria face à l’écran.

Chifuyu et Maya avaient également oublié leur combat et regardaient le feu et la fumée sur les moniteurs.

« Hmph. »

Quand la fumée s’était dissipée, Chifuyu avait reniflé. Pourtant, elle avait l’air soulagée. « Cet idiot a été sauvé par son unité ! »

Les derniers nuages de fumée qui dérivent sur l’écran s’étaient dissipés. Et au centre de l’écran se trouvait l’unité d’un blanc pur — sa véritable forme avait finalement été révélée.

 

◇◇◇

 

[FORMATAGE ET AJUSTEMENT COMPLET. S’IL VOUS PLAÎT, PRESSEZ POUR CONFIRMER.]

Q-Quoi !?

Des données étaient diffusées dans ma conscience. Une fenêtre apparut devant mes yeux, au centre de laquelle se trouvait un bouton qui disait simplement « Confirmer ». Je l’avais pressé, ne comprenant pas vraiment ce que cela ferait, et un autre flot de données était alors entré dans mon cerveau. Ou, plus strictement parlant, s’étaient réarrangé en moi. Je l’avais intuitivement compris, et les changements avaient été immédiats.

*Shiiiiiing.*

Il y avait un bruit métallique à haute fréquence. Cela semblait doux, presque apaisant. En l’espace d’un instant, l’IS qui m’enveloppait — non, l’IS était une partie de moi — s’était dissous dans des particules de lumière et se réforma.

« C’est... »

Quand il avait repris forme, les plaques d’armure brillaient faiblement. Tous les dégâts que j’avais subis avaient disparu. Et plus encore, l’IS semblait maintenant beaucoup plus perfectionné et raffiné.

« I-Impossible ! Était-ce la Première Forme ? Ne me dites pas qu’il s’est battu contre moi avec les paramètres par défaut !? » s’écria Cécilia.

La fenêtre plus tôt m’avait dit que le formatage et l’ajustement étaient complets. Donc, c’était ce que cela signifiait. Avec ça, l’unité était enfin, vraiment, mienne. J’avais encore regardé l’IS. Toutes les finitions industrielles rugueuses avaient disparu, remplacée par des surfaces lisses et des lignes tranchantes qui me rappelaient une armure médiévale.

Ce qui avait le plus changé était mon arme.

Mon épée s’appelait maintenant : Yukihira Nigata.

Sa forme m’avait fait penser à un katana, mais elle était plus fortement courbée, et avait une lame plus épaisse. Il y avait un creux plus profond dans le dos à travers lequel la lumière pulsait comme un souffle humain, et d’une certaine manière, elle semblait étonnamment mécanique. Tout spectateur savait exactement qu’elle avait été faite sur mesure pour un IS.

— Yukihira...

Cela avait été le nom de l’épée de ma sœur qu’elle avait utilisé avec son propre IS, et maintenant j’avais le même nom pour la mienne.

Yukihira Nigata.

Est-ce une version améliorée de l’arme de ma sœur ? Mon Dieu ! Tout ne cesse de me faire penser à elle !

« J’ai la meilleure sœur du monde ! » dis-je.

Cela avait été le cas 3 ans avant cela, 6 ans avant cela, et probablement aussi le cas au cours de mes 15 années d’existence. Ma sœur était la meilleure. Pourtant, je ne voulais pas qu’elle me soutienne pour toujours. Il était temps que je me tienne debout par moi-même.

« Je vais prendre désormais soin de ma famille, » déclarai-je avec force.

« Quoi !? Qu’est-ce que vous racontez là ? » demanda Cécilia.

« Et pour commencer, je vais m’assurer que le nom de Chifuyu soit bien connu ! » déclarai-je.

J’étais le frère de l’ancienne représentante nationale. Si j’échouais, cela allait mal se refléter sur elle. Elle avait toujours l’air incroyable dans tout ce qu’elle faisait. Je devais m’assurer que cela reste ainsi. Ma résolution avait ainsi été définie.

« C’est assez drôle, n’est-ce pas ? »

« De quoi parlez-vous ? Argh, finissons-en maintenant ! »

Cécilia avait envoyé les larmes à missiles qu’elle m’avait déjà révélées plus tôt. Ils s’étaient dispersés pour à nouveau m’entourer. Leur vitesse était beaucoup plus importante que les larmes lasers, mais pas assez rapide.

Je peux les voir !

J’avais serré mon poing droit. Je pouvais sentir le poids de Yukihira, et entendre le son de ses mécanismes. Je savais comment l’utiliser. J’avais vu ma sœur l’utiliser d’innombrables fois, même si elle ne m’avait pas voulu. Ses mouvements avaient été gravés dans ma mémoire.

*Bzzzm !*

Une frappe horizontale. Une larme avait été coupée en deux, rapidement dépassée par mon IS, et avait explosé derrière moi. Avant que l’onde de choc ne m’atteigne, je m’éloignais déjà dans la direction de Cécilia. L’accélération de l’unité et la résolution du capteur étaient meilleures que précédemment. Il était aussi beaucoup plus facile de contrôler.

« RAAAAHH! »

Je pouvais sentir que la densité d’énergie dans ma main avait augmenté. Les particules incandescentes enduites Yukihira comme une gaine, sa puissance était maintenant bien plus élevée qu’avant.

Je peux le faire !

J’avais déplacé mon épée vers le haut dans une attaque décisive, visant directement l’abdomen de Cécilia. Mais avant que l’épée ne la touche, une sonnerie avait retenti.

« Bataille terminée. Vainqueur : Cécilia Alcott. »

Hein !?

« Quoi... !? » m’écriai-je.

Je n’étais pas sûr de ce qui était arrivé. Cécilia était directement devant moi, et sa bouche était grande ouverte. Elle était aussi confuse que moi.

La même chose était arrivée au public dans la troisième arène, ainsi que pour Houki, et pour Yamada dans la salle de contrôle.

La seule qui n’avait pas été surprise était Chifuyu.

La bataille s’était achevée et j’avais perdu.

***

Partie 9

« Joli discours avant ça. Tout ce discours, et après, cela finit-il toujours comme ça ? Vous n’êtes qu’un énorme idiot ! »

La bataille était finie. Ma sœur avait mis à jour mon statut d’idiot à énorme idiot, et ce n’était pas une promotion dont j’étais heureux. Pas comme si ma sœur ne m’aurait jamais rétrogradé sur l’échelle de l’idiotie.

« C’est arrivé parce que vous avez utilisé votre arme sans savoir ce qu’elle faisait, » continua Chifuyu. « Maintenant, vous savez comment cela se passe. À partir de demain, vous devrez vous entraîner correctement. Pilotez votre IS quand vous avez du temps. Compris ? »

« D’accord..., » répondis-je. Tout ce que je pouvais faire était un signe de tête. C’était assez déplorable de ma part de perdre après un discours aussi dramatique.

« Maintenant, l’unité IS est en attente, mais nous pouvons vous le donner quand vous le demandez. Pourtant, les règles sont des règles, vous devrez donc lire ceci. Tenez ! » déclara-t-elle.

*Clac !*

Il semblait générer son propre champ gravitationnel. La couverture du livre dit « Livre de règles de l’IS », mais il aurait fait honte à un annuaire téléphonique. C’était incroyablement gros, et les pages étaient fragiles et minces.

« C’est tout pour aujourd’hui. Rentrez dans votre chambre et allez vous reposer ! » déclara Chifuyu.

Il n’y avait pas de douceur dans ses ordres. J’espérais vraiment qu’elle apprendrait que le bâton n’avait pas de sens sans une carotte. D’ailleurs, y avait-il une raison pour moi d’essayer de prendre soin d’elle ?

« J’y vais, » dis-je.

Oh, elle était là. La deuxième victime du déficit clinique d’amour. Elle s’appelait Houki, mon amie d’enfance.

Alors que nous avions commencé à marcher dans la direction des dortoirs, la fatigue avait commencé à se faire ressentir.

« ... »

« Qu-Quoi !? » demandai-je.

Nous marchions côte à côte et Houki me regardait depuis un moment, comme si j’étais une sorte de monstre rare.

« Raté ! »

Arg. Fous-moi la paix, Houki.

Elle était comme une prêtresse qui ressuscitait des aventuriers avec un point de vie au prix d’une fortune, et qui les envoyait dans le donjon sans équipement. Ne disent-ils pas que les humains sont les véritables démons ? Eh bien, vous pourriez dire que je connaissais moi-même un démon.

Vous savez ce qu’ils font dans les chapitres où la situation tournait mal. Votre vieil ennemi revenait en tant que votre allié, votre vieil allié s’avérait être le cerveau diabolique, et le destin du monde reposait sur vos épaules.

« TROUVEZ QUELQU’UN D’AUTRE ! » criai-je.

« Quoi !? » s’écria Houki.

« Rien, » dis-je finalement.

Je l’avais dit à haute voix parce que c’était si important, mais si j’avais su que Houki me regardait fixement, je ne l’aurais pas fait. Toutes les choses vraiment importantes dans la vie ne pouvaient être vues — un écrivain mort avait dit quelque chose comme ça.

« Aujourd’hui, 9 avril, Houki m’a regardé fixement, alors que ce jour est désormais connu sous le nom de “Journée d’Houki”, » déclarai-je.

« En ce moment, te moques-tu de moi ? » demanda Houki.

« Pas du touuut, » répondis-je.

« Cela sonnait sarcastique, » répondit Houki.

« Passs du touuuut. Tu vois, cela semble normal. Ils disent toujours comme ça en Amérique du Sud, » dis-je.

« Hmph... »

Houki avait sorti son épée de bambou. Quoi !? Voulait-elle s’exercer sur les terrains du campus ? Quelle personne diligente ! Le repos était également important si tu veux t’entraîner, Houki. Le fait de s’entraîner tout le temps n’est pas vraiment une bonne chose !

*Bam !*

« Hé ! Qu’est-ce que j’ai fait pour subir ça !? » criai-je.

« Il y avait un crétin qui avait besoin d’être frappé, » répliqua-t-elle.

Elle avait dit cela comme comme quelqu’un qui dirait. « Il pleuvait, alors j’ai utilisé un parapluie ». La violence se glissait dans notre vie quotidienne. Où était le gouvernement quand nous en avions besoin ?

« Es-tu, comme, l’horreur en ville ? Notre prochain tyran ? » demandai-je.

« Une autre frappe ? » me demanda-t-elle.

« Non, je suis désolé. Je me tais, » dis-je.

Houki hocha la tête et rangea son épée de bambou. Elle était plus effrayante que le mont Destin [1]. Là encore, je suppose que le mont Destin lui-même n’était pas très effrayant.

« ... »

« ... »

Houki et moi avions marché en silence pendant un moment. Ce n’était pas comme si nous n’avions rien à dire, mais j’étais toujours en colère contre moi-même pour avoir perdu et ne pouvais pas me résoudre à lui parler.

Dans ces moments-là, je voulais juste prendre un bain. À un moment donné, j’avais dit à Gotanda que m’étendre dans une baignoire était super cool et que vous pouviez tout oublier, mais il m’avait répliqué que c’était quelque chose que seuls les vieillards faisaient. Ce mec n’avait aucun goût pour les bonnes choses de la vie.

Ah, mais la fille à côté de moi est essentiellement l’incarnation des choses les plus raffinées de la vie...

Houki comprendrait probablement ce que je voulais dire. Si vous disiez aux étrangers qu’elle était une voyageuse de l’époque d’Edo, 6 sur 10 la croiraient. — Ma source : Une enquête personnelle.

« Ichika. »

« Hm ? Quoi ? »

Whoa, elle avait entamé une conversation de son propre chef. Était-ce la légendaire télépathie ? C’était utile. Beaucoup mieux qu’un téléphone portable, et il n’y avait pas de frais mensuels. Vraiment génial.

« Euh, es-tu... fâché d’avoir perdu ? » demanda-t-elle.

« Oui, bien sûr. Pourquoi ne serais-je pas fâché d’avoir perdu ? » demandai-je en retour.

« D-D’accord... Alors tout est bon..., » déclara-t-elle.

De quoi parlait-elle ? Que tout allait bien que j’avais perdu ? Wôw, elle était vraiment une fille cruelle !

« N-Nous commencerons demain. Oui. Nous devrons nous entraîner avec l’IS, » Houki continua, et semblait étrangement distante, non, peut-être pas distante, mais agitée.

« Alors, vas-tu m’apprendre comment piloter ? Correctement ? » demandai-je.

« J-Je ne vais pas te forcer. Peut-être que tu devrais plutôt demander à ta sœur, » répondit Houki.

« Non, je ne veux pas que Chifuyu m’apprenne ça. D’ailleurs, cela ressemblerait à du favoritisme, n’est-ce pas ? » demandai-je.

« T-Tu pourrais aussi demander à une des filles de troisième année de t’apprendre. L’expérience est importante, » répondit-elle.

Pour quelqu’un qui avait esquivé ce sujet plus tôt, Houki semblait beaucoup se débattre maintenant. Et pourquoi me regardait-elle tout le temps, comme si elle attendait quelque chose de ma part ?

« D’accord, si tu ne veux pas le faire, je peux demander..., » commençai-je.

« Je-je ne dis pas que je ne veux pas ! » s’exclama Houki.

Apparemment, elle avait réalisé à quel point elle était agressive, et avait changé sa manière d’agir.

« J-Je, euh... Veux-tu que je te l’apprenne, Ichika ? » demanda-t-elle.

« Oui, j’aimerais bien, » répondis-je.

Ce serait certainement mieux que de choisir une autre fille pour me l’apprendre. J’avais également pensé qu’elle en savait beaucoup sur l’IS puisqu’elle était la sœur de Tabane.

« D-D’accord... Je vois. Je vois. Tout est bon. Hehe. C’est bien, » déclara-t-elle comme si elle était soudainement heureuse.

Est-ce à cause de quelque chose que j’ai dit ?

Elle était si heureuse qu’elle passait ses doigts à travers sa longue queue de cheval.

« D’accord. Alors je t’apprendrai ça, à titre d’exception, » déclara Houki. Elle avait accentué la dernière partie.

Eh bien, j’étais reconnaissant de ce qu’elle faisait. Si je perdais encore contre une fille, cela aurait tué ma fierté d’homme, même si elle était déjà à moitié morte de la bataille précédente. Je serais un zombie en un rien de temps.

« D’accord. Assure-toi d’avoir du temps après l’école demain. Compris ? » demanda Houki.

« Compris, » répondis-je.

De toute façon, je n’allais pas rejoindre un club parce qu’il n’y avait pas d’homme dedans, alors ça me convenait. J’avais embarrassé ma sœur Chifuyu et ça, cela m’énervait plus que tout. Je devais devenir plus fort.

« Au fait, Houki, » commençai-je.

« Hm ? Oui ? » demanda-t-elle.

Oh, elle était de bonne humeur. J’avais décidé de poser tout de suite la question que je voulais lui poser.

« As-tu dû aller à la salle de bain un peu plus tôt ? » demandai-je.

*Bam !* l’épée de bambou m’avait frappé entre les deux yeux.

Notes

  • 1 Mont Destin : Le mont Destin (en sindarin Orodruin ou Amon Amarth, en anglais Mount Doom), appelée montagne du Destin dans l’ancienne traduction de référence, est un volcan de fiction appartenant au légendaire de l’écrivain britannique J. R. R. Tolkien. Il est un lieu central dans l’intrigue du livre Le Seigneur des anneaux.
    C’est un mont situé en Mordor, une région du nord-ouest de la Terre du Milieu (c’est-à-dire au sud-est de la partie de la Terre du Milieu représentée sur les cartes). C’est grâce à son feu que Sauron forge les Anneaux de pouvoir dont l’Anneau unique.

***

Partie 10

*Fssshh.*

La pomme de douche répandait de l’eau chaude sur son corps, des gouttelettes se brisèrent sur sa peau et glissèrent lentement le long de son corps.

Cécilia avait toujours été fière de la beauté élégante dans les proportions bien équilibrées que son corps présentait. Ses jambes étaient longues, séduisantes et bien formées, facilement capables de concurrencer les mannequins, et plus belles que la plupart d’entre elles.

Ses seins étaient un peu modestes comparés à ceux des autres filles blanches de son âge, mais puisqu’ils accentuaient aussi les courbes de son corps, elle pouvait les accepter ainsi. D’un autre côté, comparés à une fille japonaise, ses seins étaient assez grands.

L’eau coula sur sa poitrine alors qu’elle restait immobile, perdue dans ses pensées.

Cette bataille...

Elle ne savait toujours pas pourquoi l’énergie du bouclier d’Ichika avait soudainement atteint zéro. Qui sait ce qui se serait passé si cette attaque finale avait été réalisée ? Cécilia était toujours confiante dans ses capacités et voulait améliorer ses compétences, mais l’incertitude sur ce qui s’était passé la rendait très malheureuse.

J’ai gagné, mais...

Elle ne l’avait pas compris. Il n’y avait pas de plaisir à avoir gagné.

Orimura... Ichika...

Elle repensa à cet homme... Les flammes de la détermination étaient présentes dans ses yeux. Un refus d’abandonner, le désir ardent de réussir. Cécilia s’était soudainement rappelée de son père, comme un contraste frappant.

Mon père attendait toujours que ma mère lui dise quoi faire...

Il s’était marié dans une famille importante et devait se sentir largement inférieur à sa mère. Depuis sa plus tendre enfance, quand Cécilia regardait comment agissait son père, elle était déterminée à ne pas épouser un homme faible comme lui. Et après l’invention de l’IS, son père était devenu encore plus servile. Cela avait commencé à frustrer sa mère, et elle avait pris l’habitude de refuser de lui parler.

« ... »

Sa mère avait été une femme forte. Celle qui avait réussi dans la société, avant même que les femmes aient commencé à dominer complètement les hommes, et avait sa propre compagnie. Elle avait été stricte et austère. Cécilia l’avait toujours considérée comme un idéal.

Oui — c’était le passé. Ses parents n’étaient plus. Ils étaient morts dans un accident trois ans auparavant.

À cette époque, ils vivaient déjà séparés. Cécilia ne savait pas pourquoi ils étaient ensemble ce jour-là. Il y avait eu de nombreuses théories conspirationnistes autour de leur mort, mais elles ne correspondaient pas aux circonstances : un train avait déraillé. C’était une énorme tragédie, et plus d’une centaine de personnes avaient été tuées ou blessées. Et juste comme ça, ses parents avaient disparu. Le temps s’était écoulé rapidement après ça.

Ses parents lui avaient laissé un très important héritage. Elle avait passé beaucoup de temps à apprendre comment elle pouvait le protéger des vautours. Dans le cadre de ses efforts, elle avait reçu un A+ sur le test d’aptitude IS. Le gouvernement avait offert des privilèges étendus pour l’inciter à garder sa nationalité, et elle avait immédiatement accepté. Cela avait été le moyen le plus simple pour elle de protéger son héritage. Elle avait été choisie comme pilote d’essai de première version de l’IS de troisième génération, Larmes Bleues. Afin d’acquérir de l’expérience de combat et obtenir des données, elle était venue au Japon.

Et ici... Elle l’avait rencontré, Ichika Orimura. Cet homme fort dont elle avait toujours rêvé.

« Ichika Orimura... » Elle avait essayé de le dire. Elle pouvait sentir sa poitrine se resserrer lorsqu’elle prononçait ce nom. Son cœur battait la chamade alors qu’elle faisait courir ses doigts sur ses belles lèvres, sur lesquelles reposaient des gouttelettes d’eau. Ses lèvres semblaient vouloir être touchées, et cela l’excitait.

« ... »

Il s’agissait d’une sensation douce et chaleureuse, pleine de bonheur et d’envie. Sa curiosité avait été éveillée. Quel était ce torrent d’émotions qui lui emplissait la poitrine au moment où elle était attentive à ça ? Elle voulait en savoir plus : qu’est-ce que c’était, et à quoi est-ce que cela conduisait ? Elle voulait en savoir plus... à propos d’Ichika.

« ... »

Elle était restée sous l’eau de sa douche pendant un petit moment après ça.

 

◇◇◇

Le lendemain matin, il y a eu une courte période dans la salle de classe, et l’impossible était arrivé.

« Eh bien, le représentant de la classe 1-A sera Ichika Orimura. Ah, c’est bien, on a réglé ça, » annonça Yamada, tout heureuse.

Les filles de la classe semblaient également être très heureuses de cette décision. J’étais le seul dans toute la classe qui faisait un visage sombre. Le seul !

« Enseignante, j’ai une question, » dis-je après avoir levé la main. C’était la bonne façon de le faire.

« Oui, Monsieur Orimura ? » demanda Yamada.

« J’ai perdu la bataille hier, mais maintenant, je suis quand même le représentant de la classe. Comment est-ce possible ? » demandai-je.

« Eh bien..., » commença Yamada.

« Je suis donc hors course ! » déclara une voix féminine provenant de l’arrière.

Cécilia s’était levée et avait mis ses mains sur ses hanches. Elle avait une belle apparence ainsi — OK, peu importe. Pourquoi s’était-elle retirée ? Et elle avait l’air un peu excitée, ce qui n’avait pas vraiment de sens pour moi. Elle avait été tellement en colère jusque-là, et maintenant elle avait l’air vraiment heureuse ? C’était étrange.

« Eh bien, vous avez perdu la bataille, mais c’était tout à fait normal que cela arrive. Après tout, votre adversaire était moi, Cécilia Alcott ! On ne pouvait pas s’attendre à un autre dénouement ! » déclara-t-elle.

Je n’avais pas de mots à dire face à ça. Après tout, j’avais perdu.

« Vous voyez, je regrette d’avoir été dans une colère enfantine, » déclara-t-elle.

Vous, quoi ?

Cécilia avait continué à parler après avoir réfléchi un peu. « J’ai décidé de vous laisser être le représentant... Ichika. L’expérience au combat entraîne un pilote d’IS bien plus que toute autre chose. Il me semble que vous ayez plus besoin de cette expérience plus que moi. »

Quelle bénédiction était-ce ?

A-t-elle vraiment utilisé mon prénom ? Non, cela ne peut pas être le cas...

« Vous comprenez vraiment tout, Cécilia ! » Quelqu’un l’avait applaudie.

« Exactement ! Nous avons le seul homme au monde qui peut piloter. Nous devons le soutenir ! »

« Nous allons apprendre beaucoup de bonnes choses, et nous pouvons vendre les informations aux autres classes. Orimura est le cadeau qui nous rapportera beaucoup ! »

Hé, je ne me souviens pas d’avoir accepté de devenir une marchandise.

« Hélas ! » Cécilia s’éclaircit la gorge et plaça une main sur son menton. Il s’agissait d’une pose différente d’avant. Je me demandais bien ce que cela voulait indiqué ? Cela signifiait probablement quelque chose, mais je n’étais pas sûr de sa signification.

« Comme vous pouvez le voir, je suis supérieure, élégante, belle — non, un être humain parfait. Si je vous enseigne les voies de l’IS, alors le succès sera au coin de la rue... »

*Wham!*

Houki avait fait claquer sa main sur la table et s’était levée.

« Malheureusement, la position d’entraîneur d’Ichika est prise. Il a demandé à moi de le faire de son propre chef, » déclara-t-elle.

Il y avait une quantité d’accentuation étrange sur le mot « moi ». Houki avait foudroyé du regard avec un rare niveau d’hostilité envers Cécilia.

Tu vas lui faire peur si tu la regardes comme ça...

Il y a une semaine, Cécilia s’était retiré de l’affrontement, mais pas aujourd’hui.

Elle avait répondu au regard de Houki en restant naturel. Si je devais dire quelque chose, elle avait même l’air un peu orgueilleuse. « Oh, n’êtes-vous pas la fille Shinonono de Rang C ? Y a-t-il quelque chose que vous avez à dire à une Rang A comme moi ? »

« L-Le rang n’entre pas en ligne de compte. Il me l’a demandé à moi ! I-Ichika a dit qu’il avait besoin de moi ! » déclara-t-elle.

C’était un mensonge.

« Attends, Houki, es-tu de Rang C ? » demandai-je.

« Le rang n’a aucune importance là ! » s’écria Houki.

Elle devenait vraiment furieuse. J’étais apparemment de Rang B. Cependant, le rang était basé sur l’unité d’entraînement, et Chifuyu m’avait dit de ne pas trop en tenir compte.

« Asseyez-vous, bande d’idiotes ! » s’écria Chifuyu.

Chifuyu se dirigea vers Cécilia et Houki et elle les frappa toutes deux sur la tête. Bien sûr, l’ancienne représentante du Japon et la première championne du monde n’avaient peur de rien. Les deux s’étaient assises, attristées face à ça.

Vous pourriez dire, bien fait ! Hahaha !

*Wham!*

« Quant à vous, effacez ce sourire de votre visage, imbécile, » cria Chifuyu sur moi.

D’ailleurs, elle nous frappait avec le registre de présence. J’étais sûr que ma sœur Chifuyu ne le savait pas, mais la tranche du registre était assez dure. Si ma sœur ne le savait pas, moi je le savais très certainement.

« Vos rangs ne valent rien. De la façon dont je le vois, vous êtes toutes de la bleusaille. Comme des poussins à l’intérieur des œufs, en essayant de percer, mais essayant encore de venir au monde, » continua Chifuyu.

Je pouvais voir que Cécilia voulait dire quelque chose à Chifuyu, mais elle ne l’avait pas fait.

« Je vous affirme que toutes les cadettes nationales ont besoin d’étudier comme tout le monde, » continua Chifuyu. « Les personnes disent que les adolescentes doivent être autorisées à effectuer leurs combats immatures, mais je suis la responsable ici, et je n’accepterais pas cette idiotie. »

Je n’avais jamais su que Chifuyu était une personne si stricte au travail. Cela m’avait étonné. Je l’avais seulement connue comme la personne qui grognait quand il y avait trop de sel dans la soupe. Maintenant que je vivais dans les dortoirs, comment se débrouillait ma sœur ?

Je devrais lui rendre visite ce week-end.

Son appartement était-il encombré ? Est-ce qu’elle faisait sa lessive correctement ? J’étais toujours responsable de le faire pour elle. Si seulement elle mettait au moins ses sous-vêtements dans les sacs à linge — ils finissaient toujours par être endommagés quand ils se frayaient un chemin dans la buanderie principale, ce qui bouleversait habituellement Chifuyu.

Tu devrais au moins faire le strict minimum, Mademoiselle, la Membre respectable de la société.

*Wlam !*

« Vous pensiez à quelque chose de grossier, n’est-ce pas ? » demanda Chifuyu.

« J-Je n’ai aucune idée de quoi vous parlez ! » m’écriai-je.

« Hm-Hmm, » Chifuyu était pensive.

*Wlam !* *Bam !*

« Je suis désolé ! » dis-je.

« C’est bien, » déclara Chifuyu.

Un citoyen vertueux, soumis à des abus sans fin... dans quel monde cruel vivais-je... ?

« Le représentant de la classe sera Ichika Orimura. Je crois qu’il n’y a pas d’objections, non ? » demanda Chifuyu.

Toute la classe avait crié avec enthousiasme leur accord. Les besoins du plus grand nombre l’emportaient toujours sur les besoins du petit nombre, mais j’aurais juste souhaité qu’on prenne mon parti pour une fois.

***

Chapitre 3 : L’étudiante transférée est une deuxième amie d’enfance

Partie 1

« Eh bien. Orimura, Alcott, effectuez un peu de vol. Montrez-moi quelques manœuvres de base du vol en IS, » déclara Yamada.

Nous étions maintenant dans la dernière semaine d’avril. Les dernières fleurs de cerisier étaient tombées. Ma sœur Chifuyu était encore un démon en classe, mais je faisais de mon mieux.

« Dépêchez-vous. Un pilote IS entraîné n’a besoin que d’une seconde pour générer son unité, » déclara Chifuyu.

J’avais concentré mon esprit alors qu’elle m’avait encouragé à sa manière. Une fois l’IS installé sur le pilote, il le transportait sur lui comme un accessoire. Dans le cas de Cécilia, il s’agissait de sa boucle d’oreille gauche. Dans mon cas, il s’agissait d’un gant pour ma main droite. Normalement, c’était censé être une sorte d’objet simple, donc je ne savais pas pourquoi le mien était un gant blindé entre toutes les autres possibilités.

« Concentration. »

Mon destin imminent — une autre frappe de Chifuyu — était vraiment imminent. J’avais tendu mon bras droit et j’avais saisi le gant avec ma gauche. J’avais testé avec un tas de méthodes différentes, et c’était celle qui me permettait de mieux concentrer mon esprit. La vision de mon IS en expansion avait rempli mes pensées.

Viens à moi, Byakushiki !

Immédiatement après ça, je pouvais sentir un film s’étaler sur moi depuis mon poignet droit. Il avait fallu 0,7 seconde pour m’entourer. Des particules lumineuses avaient inondé mon corps, puis elles avaient semblé se durcir autour de moi afin de produire l’unité IS.

Mon corps avait grandi. Les capteurs IS s’étaient reliés à ma conscience, et ma perception du monde était devenue beaucoup plus nette. Byakushiki s’était matérialisé en un clin d’œil, et maintenant nous étions en train de flotter à dix centimètres du sol. Cécilia et les Larmes Bleues lévitaient également. Les larmes que j’avais détruites dans notre bataille avaient repoussé.

« D’accord. Maintenant, volez ! » déclara Yamada.

Cécilia avait immédiatement agi. Elle avait tourné dans le ciel et s’était arrêtée, presque hors de vue, au-dessus de nous. J’avais suivi, mais mon taux de montée était significativement plus lent que le sien.

« Qu’est-ce que vous faites ? Byakushiki devrait être beaucoup plus rapide d’après les spécifications, » déclara Cécilia.

On me faisait des remontrances sur le système de communication. La veille, nous avions appris à monter et à descendre à haute vitesse. « Imaginez un triangle pointant vers le haut » était ce qu’ils nous avaient dit, mais c’était difficile à mettre en pratique.

« Ichika, avoir une bonne image mentale solide est un long chemin à parcourir. Cela pourrait être plus constructif de penser à une méthode qui fonctionne mieux pour toi, » déclara Cécilia.

« Peut-être... Mais je suis loin d’être habitué à voler encore maintenant. De toute façon, comment l’unité parvient-elle à léviter ? » demandai-je.

Byakushiki avait deux excroissances profilées en forme d’aile sur le dos, mais peu importe comment je les regardais, elles ne semblaient pas capables de faire voler la tenue. En outre, peu importe, où elles étaient pointées, l’unité pouvait voler n’importe comment, donc tout était assez mystérieux.

« Cela ne me dérange pas de te l’expliquer, mais ce n’est pas une courte explication. Il utilise des ailes anti-gravité et des interférences d’ondes de flux, » déclara Cécilia.

« Flux... Quoi ? Bien, ne me l’explique pas, » dis-je.

J’avais immédiatement annulé ma demande. De toute façon, je n’allais pas le comprendre.

« Je vois. Dommage. Hehe, » répondit Cécilia.

Cécilia souriait avec une joie visible. C’était un sourire honnête et simple, et non ironique ou de dérision.

Après notre bataille, Cécilia m’avait enseigné et donné des conseils quand elle le pouvait. Bien sûr, j’étais vraiment reconnaissant pour cela, et Cécilia était vraiment compétente — comme on peut s’y attendre d’une Cadette nationale. Mais je m’étais demandé une chose. Qu’est-ce qui avait provoqué ce changement d’attitude ? Je ne pouvais pas croire en voyant à quel point elle avait été différente au début.

« Ichika, je te donnerais des cours après l’école si tu veux. Alors nous pourrons être seuls et —, » déclara Cécilia.

« Ichika ! Combien de temps vas-tu rester là !? Calme-toi ! » un hurlement était arrivé via le système de communication.

J’avais regardé au sol et j’avais vu que Houki avait pris la radio d’une Yamada choquée. Les hypersenseurs de l’IS incorporaient des viseurs télescopiques longue distance et d’autres améliorations de la vision, je pouvais distinguer les cils de Houki à environ 200 mètres.

Il serait certainement possible d’utiliser cela pour toutes sortes de buts maléfiques...

« Je dois ajouter que la vision est, techniquement parlant, limitée à une certaine distance. Mais l’IS a été conçu pour une utilisation dans l’espace, où il est nécessaire de déterminer ta position basée sur des étoiles à des centaines de milliers de kilomètres, donc ces distances si courtes sont négligeables, » déclara Cécilia.

Merci à l’étudiante modèle. Elle savait vraiment beaucoup de choses.

Contrairement à cela, les explications de Houki étaient plutôt comme : « Ça va, euh... Ça va dadum, et puis bazoom ! »

Pas très utile. Je n’étais même pas sûr que Houki puisse piloter un IS. Nous n’avions encore eu aucune formation pratique en tant que groupe, donc je n’avais aucune idée de la façon dont Houki pouvait voler. Cécilia avait toujours fait irruption pendant les explications étranges de Houki, et les deux filles avaient fini par beaucoup se disputer. Alors que Cécilia était devenue plus amicale avec moi, elle était devenue moins amicale avec Houki. C’était plutôt étrange de voir comment cela s’était déroulé.

« Orimura, Alcott, effectuez une descente rapide, puis désactivez vos unités. L’altitude cible est de dix centimètres, » déclara Yamada.

« Roger. À bientôt, Ichika, » déclara Cécilia.

Cécilia avait chuté du ciel telle une pierre. J’avais regardé son unité en train de disparaître et j’avais été légèrement impressionné.

« Elle est bonne..., » murmurai-je.

Elle avait déjà désactivé son unité sans aucun problème.

D’accord, il est temps de la suivre.

J’avais alors concentré mon esprit et imaginai une flamme rugissante éjectée par les objets en forme d’ailes se trouvant sur mon dos, suivie par les flammes qui me projetaient vers le sol.

*Vrrooom !*

J’étais ainsi arrivé au sol — ou plutôt, je m’étais écrasé dedans. L’unité m’avait protégé des forces g et de l’impact initial, mais les rires de mes camarades de classe m’avaient fait encore mal.

Pourquoi l’IS n’a-t-il pas aussi protégé mon âme ?

« Imbécile. Est-ce que je vous ai dit de vous enterrer dans le sol ? Essayez-vous de creuser un terrier de renard ? » s’écria Chifuyu.

« Je suis désolé, » dis-je.

J’avais utilisé le système de contrôle d’altitude pour léviter hors du sol. En raison de la barrière produite par le bouclier de l’IS, il n’y avait pas un grain de poussière sur Byakushiki.

« Ichika, pathétique. Ne te l’ai-je pas appris l’autre jour ? » demanda Houki, les bras croisés et les yeux plissés.

Me l’a enseigné ? Si tu pouvais appeler cela tous ces effets sonores étranges que tu avais faits lors de ce soi-disant cours, alors c’était bien le cas.

Houki était maintenant capable de faire des blagues. Comme les temps avaient changé !

« Ne penses-tu pas à quelque chose de grossier en ce moment ? » demanda Houki.

Est-ce que mes pensées s’échappent d’une manière inconnue hors de ma tête ?

« D’ailleurs, Ichika. Tu es le genre de gars qui a toujours —, » Houki commençait à parler de mes échecs, mais elle avait été interrompue.

« Ichika, est-ce que tu vas bien ? Es-tu blessé ? » demanda Cécilia.

« N-Non... je vais bien, » répondis-je.

« Super. C’est vraiment super, » répondit Cécilia en souriant.

Quel était le poète qui avait dit que les caprices des filles étaient comme le ciel d’automne ? Je voulais le frapper. Pour moi, les filles étaient beaucoup plus difficiles à prévoir que le temps.

« Il est impossible qu’il se blesse quand il utilise l’IS, » protesta Houki.

« Oh, Shinonono. S’inquiéter les uns des autres est la chose la plus naturelle au monde. Cela vaut aussi pour les pilotes d’IS. C’est ce qu’on appelle de la “simple politesse”, » déclara Cécilia.

« Que dites-vous ? Vous essayez vraiment durement d’avoir l’air gentille et innocente, » répliqua Houki.

« C’est mieux que d’essayer de ressembler à un monstre, » répliqua Cécilia.

*BzZzzZz.*

Je pouvais voir les étincelles qui volaient entre elles. Bien sûr, je ne parlais pas d’étincelles physiques. Mais cela ressemblait un peu à ça... Peut-être que les hypersenseurs de l’IS étaient capables de voir aussi ça ? C’était plutôt génial, mais également inutile. Quoi qu’il en soit, ces deux filles devenaient de plus en plus hostiles entre elles plus la journée s’écoulait.

« Hey, idiotes. Vous êtes dans le chemin. Faites ceci dans un coin plus loin d’ici, » Chifuyu était venue vers moi, repoussant Houki et Cécilia dans le même mouvement.

« Orimura, faites uniquement sortir votre arme. Vous pouvez le faire par vous-même, n’est-ce pas ? » demanda Chifuyu.

« O-Ouais..., » répondis-je.

« La bonne réponse à cela est “oui”, » répliqua-t-elle.

« O-Oui, » répondis-je alors.

« Bien. Faites-le, » ordonna-t-elle.

Je m’étais placé sur le côté. Je devais m’assurer que personne ne se tenait devant moi, puis je tendis de nouveau ma main droite et la saisis avec ma main gauche.

J’avais imaginé une lame. Une lame tranchant et solide. Une arme puissante...

Viens à moi !

Ma main gauche avait resserré son emprise sur mon poignet droit. Quand ma concentration avait atteint son apogée, la lumière s’était rassemblée dans ma paume, s’était figée, puis avait pris forme. Quand la lumière s’était éteinte, ma main droite tenait le Yukihira Nigata.

Bien ! Je peux maintenant la faire sortir quand je veux.

Au début, c’était assez difficile de le faire à coup sûr. Ce n’était pas comme s’ils t’avaient appris comment matérialiser une épée dans ta main à l’école.

« Trop lent ! Vous devez le faire en moins de 500 millisecondes, » déclara Chifuyu.

Argh. Elle trouvait des fautes dans tout ce que je faisais. Je n’avais jamais eu d’éloges. J’avais travaillé pendant une semaine d’affilée pour obtenir ce résultat et j’en étais plutôt fier.

« Cécilia, faites sortir votre arme, » ordonna Chifuyu.

« Roger, » répondit Cécilia.

Cécilia leva la main au niveau des épaules et la tint sur le côté. Il y avait alors eu un éclair de lumière, beaucoup plus rapide que le tourbillon que j’avais produit. Et après ça, elle tenait son fusil à la main : le Starlight Mk. III. J’étais loin d’être aussi rapide qu’elle. De plus, il y avait déjà un chargeur dans le fusil, et Cécilia pouvait retirer la sécurité en y jetant juste un coup d’œil dessus. Il lui aurait peut-être fallu une seconde pour sortir l’arme et être prêt à faire feu.

« Bon travail, Cadette nationale, mais arrêtez d’utiliser cette pose. Votre fusil est positionné latéralement lorsque vous le faites sortir alors vous pourriez frapper quelqu’un avec. Apprenez à le faire ressortir devant vous, » déclara Chifuyu.

« M-Mais pour mon image, j’ai besoin de —, » commença Cécilia.

« Changez ça ! Compris ? » demanda Chifuyu.

« Oui..., » répondit Cécilia.

Cécilia avait l’air de vouloir lui répondre, mais Chifuyu lui lança un regard furieux et la discussion fut ainsi terminée. Elle ferait un bon soldat dans le futur.

« Cécilia, faites sortir votre arme de combat au corps à corps, » ordonna Chifuyu.

« Euh... Oh, R-Roger ! » répondit-elle.

Cécilia avait probablement grogné dans son esprit, et cela devait l’avoir effrayée que la conversation puisse continuer. Son arme s’était à nouveau dissoute dans une lumière, et à la place, elle avait sorti son arme de combat rapproché. Ou plutôt, elle était censée le faire. La lumière tourbillonnait un peu, puis stagnait dans l’air.

« Ngh... »

« Encore combien de temps ? » grogna Chifuyu.

« B-Bientôt. Bonté divine ! “Intercepteur !”, » elle avait crié le nom avec une certaine frustration.

Et enfin, la lumière avait pris forme comme une arme. Cependant, nous étions censés sortir nos armes sans utiliser cette méthode de débutant. Le fait d’avoir échoué avait été très humiliant pour Cécilia, la Cadette nationale.

« Cela a pris plusieurs secondes. Votre ennemi au combat va-t-il attendre aussi longtemps ? » demanda Chifuyu.

« Je ne les laisserais pas se rapprocher dans une véritable bataille ! » répliqua Cécilia. « Alors, ce n’est pas un problème. »

« Vraiment ? Vous dites ça alors même qu’Orimura a réussi à se rapprocher de vous, alors qu’il est un débutant total, » déclara Chifuyu.

« C-C’est parce que..., » commença Cécilia.

Cécilia n’avait plus rien à ajouter. Elle était clairement frustrée. J’avais regardé tout cela sans aucune mauvaise volonté quand soudainement, elle m’avait fixé du regard. Soudain, je l’avais entendue sur un canal de communication privée et cryptée. « C’est de ta faute ! »

Pourquoi ? Qu’est-ce que j’ai fait ?

« T-Tu as volé jusqu’à être au corps à corps ! » envoya-t-elle toujours par ce canal.

Ouais, eh bien, j’ai un IS pouvant uniquement faire du combat au corps à corps.

« T-Tu vas devoir prendre tes responsabilités quant à cela ! » elle continua.

Quel genre de responsabilité... ?

Je n’avais jamais vraiment répondu à ce qu’elle me disait. C’était une communication purement unidirectionnelle. De toute façon, je n’avais pas vraiment compris comment produire la bonne image mentale pour le canal de communication privée. On nous avait dit qu’il fallait imaginer comme si on parlait avec le côté droit de notre cerveau, ce qui n’avait aucun sens pour moi.

« Le temps est écoulé. C’est la fin de la leçon pour aujourd’hui. Orimura, nettoyez le terrain, » déclara Chifuyu.

Elle voulait probablement que je remplisse le trou que j’avais causé avant ça. Comment dois-je faire ça pour remettre la terre ?

J’avais alors regardé dans la direction d’Houki. Elle avait détourné les yeux et avait fait la moue, elle n’allait pas m’aider. Et Cécilia était... déjà partie.

Bien. De toute façon, je ne voulais pas d’aide.

D’ailleurs, c’était le genre de choses que les hommes devaient faire. Faire travailler les filles aurait été plutôt honteux de ma part. De plus, pour commencer, le trou était de ma faute. La maîtrise de l’IS allait clairement prendre un peu plus de temps de prévu.

***

Partie 2

« Hmph. On dirait que c’est cet endroit. »

C’était la nuit. Une fille au corps mince se tenait devant la porte de l’Académie IS, portant un sac de voyage presque drôle. Ses cheveux étaient attachés en deux queues de cheval, gauche et droite, qui voltigeaient dans la douce brise d’avril. Les queues de cheval étaient d’un noir brillant. Elles étaient attachées avec de beaux fermoirs en or, et tombaient jusqu’à ses épaules.

« Alors, où est la réception ? »

Elle avait sorti un morceau de papier de sa poche. Le papier était complètement froissé, il correspondait parfaitement sa personnalité apparemment désordonnée et joyeuse.

« Bâtiment scolaire, premier étage, réception générale... Alors, où diable est-ce ? »

Le morceau de papier n’avait malheureusement pas répondu à ses plaintes. La fille grimaça et enfouit de nouveau le papier dans sa veste. Il avait fait un craquement audible, car il était froissé à l’intérieur.

« Bien, je vais chercher par moi-même. Apparemment, je ne peux compter sur personne ! » Grommelant, elle s’éloigna, il valait mieux agir que penser. Elle était ce genre de fille. Un observateur bien intentionné l’aurait appelée pratique. Un observateur dérisoire l’aurait appelée irréfléchi.

Franchement ? Pas même une seule personne à dire bonjour ? Je ne peux pas croire qu’ils ne me balancent ici avec rien d’autre que ça !

La fille avait l’air un peu japonaise, mais à y regarder de plus près, elle n’était clairement pas. Ses yeux étaient aussi inclinés que les leurs, mais en quelque sorte plus élégants et majestueux. La fille était évidemment chinoise. Le Japon était comme une deuxième maison pour elle. Elle avait vécu longtemps dans le pays et y avait beaucoup d’amis. Comme ils disent : l’histoire concerne les personnes, pas les lieux.

Il n’y a vraiment personne ici, hein ? Pas d’étudiants, pas d’enseignants, ou personne pour me guider...

Elle avait erré autour des bâtiments, à la recherche d’une silhouette. Il était huit heures passées et tous les bâtiments des cours et de l’administration étaient sombres. Tous les étudiants étaient dans leurs dortoirs.

Oh, mon dieu, ça me fait chier... Peut-être que je devrais voler et regarder la zone depuis là ?

« À la réflexion... Peut-être que ce n’est pas une bonne idée... La dernière chose dont j’ai besoin est un groupe de personnes en costume qui se fâchent à nouveau contre moi. Les personnes chez moi pensaient aussi beaucoup comme ça, les imbéciles pathétiques. »

— Hmph. Eh bien, je suis trop importante, n’est-ce pas ? Je dois faire attention.

Elle avait beaucoup aimé quand des personnes ayant plusieurs fois de son âge étaient venues l’implorer de faire quelque chose. Elle avait toujours détesté les personnes âgées qui pensaient mériter le respect juste parce qu’elles étaient plus âgées. Pour autant qu’elle le voyait, le monde était en pleine forme.

« Les mâles musclés ne sont plus pertinents ! L’IS d’une fille est la justice ! »

Elle se sentait bien. Quand elle était une petite fille, elle détestait les garçons qui pensaient avoir le droit de décider juste parce qu’ils étaient des garçons. Il y avait juste un gars qui avait été différent, elle se souvenait plutôt bien de lui. Ses souvenirs de ce garçon étaient la principale raison pour laquelle elle voulait retourner au Japon.

Je me demande comment il va maintenant... Probablement assez bien, haha.

« C’est... dit..., » était venue d’une voix mystérieuse.

Elle avait regardé autour d’elle. La voix semblait provenir d’un bâtiment d’entraînement pour les IS. Dans tous les pays, les bâtiments liés aux IS étaient similaires, et elle l’avait immédiatement reconnu.

Parfait, je peux leur demander où je suis censée aller !

Elle avait couru vers l’entrée de l’arène.

« Comme je l’ai dit, je ne sais pas comment l’imaginer, » déclara une voix masculine.

La voix masculine l’avait pris par surprise et elle s’arrêta net, effrayée.

Est-ce que c’est lui ? Non, ça ne peut pas être... Est-ce vraiment lui ? Que fait-il ici !?

Les yeux de la jeune fille s’élargirent avec curiosité et anticipation.

Et s’il ne me reconnaît pas ? N-Non, attends. Je suis sûre qu’il le fera. Il doit le faire ! S-Si ce n’est pas le cas, c’est seulement parce que je suis devenue si magnifique !

Après une courte pause, la fille avait continué à marcher vers le bâtiment.

« Ichi—, » chuchota-t-elle.

Oh, non ! Qu’est-ce qui se passe avec ma voix ? Allez, dis-le normalement !

« Ichika, quand vas-tu réussir à maîtriser la technique de l’image mentale ? Nous avons été coincés sur le même problème pendant une semaine, » déclara la voix féminine.

« Franchement, tes explications sont vraiment très confuses. Qu’est-ce que c’est que “djoom ?”, » demanda Ichika.

« C’est... Djoom, » répondit la fille.

« Je ne sais même pas ce que ça veut dire ! Attends ! Où vas-tu, Houki !? » demanda Ichika.

L’homme avait couru après la fille inconnue, qui avait ensuite accéléré son pas.

Qui donc est cette personne ? Et pourquoi ont-ils l’air si copains-copains ?

◇◇◇

Son excitation avait disparu, emportée par le vent. Elle sentit une colère cuisante qui soufflait sur son âme comme une tempête de neige.

Peu de temps après, elle avait trouvé la réception générale. Ce bâtiment de l’école était juste derrière l’arène. Certaines lumières étaient toujours allumées.

« Je pense que cela devrait être toute la paperasserie. Bienvenue à l’Académie IS, Huang Lingyin. »

La réceptionniste était amicale, mais ses paroles avaient à peine atteint la fille. La fille — c’est-à-dire Lingyin — était visiblement de mauvaise humeur quand elle parlait.

« Dans quelle classe est Ichika Orimura ? » demanda Lingyin.

« Oh, le garçon dont tout le monde parle ? Classe A. Huang, vous êtes en classe B, mais vos chambres sont juste à côté de l’autre. À ce propos, j’ai entendu dire qu’elles ont même fait de lui le représentant de leur classe. Je suppose qu’il tient bien de sa sœur. »

Toutes les femmes aimaient les potins. Lingyin considéra froidement la réceptionniste, qui était la preuve vivante de ces ragots, et continua. « La classe B a-t-elle déjà une représentante ? »

« Oui, elle en a déjà une, » répondit la femme.

« Quel est son nom ? » demanda Lingyin.

« Euh... Hmm... Pourquoi avez-vous besoin de ça ? » demanda-t-elle.

Peut-être que le réceptionniste avait senti que quelque chose dans le comportement de Lingyin était étrange, et elle hésitait à répondre.

« Je voulais leur demander gentiment de me donner le poste, » répondit Lingyin.

Lingyin avait souri de la manière la plus menaçante possible.

***

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