Gakusen Toshi Asterisk – Tome 2

***

Chapitre 1 : Le Sommet du Jardin de Rikka

Partie 1

Dans le quartier central d’Asterisk, à la jonction des zones commerciales et administratives, s’élevait le super gratte-ciel de l’hôtel Elnath.

Cet hôtel de luxe, fréquenté par des VIP et des célébrités du monde entier, était surtout réputé pour les jardins suspendus en forme de dôme à son dernier étage. Seules quelques personnes avaient mis les pieds dans ce jardin, où les ruisseaux et les fleurs de toutes les saisons étaient toujours en pleine floraison. Même les personnes d’une classe capable de séjourner dans cet hôtel — y compris les cadres d’une fondation d’entreprise intégrée — ne pouvaient pas entrer sans autorisation.

Cet espace était un sanctuaire créé spécialement pour qu’un groupe très sélectif de personnes puisse se réunir ici une fois par mois. Seules six personnes dans le monde avaient le pouvoir d’ouvrir ses portes : les présidents des conseils des étudiants des six écoles d’Asterisk.

« Bonjour, tout le monde, » déclara une voix élégante. « Vous avez l’air de tout bien aller. »

Au centre du jardin, au sommet d’une petite colline juste assez haute pour offrir une vue sur les environs, se dressait un pavillon de style européen. Il était meublé d’une table hexagonale qui ressemblait à une version réduite d’Asterisk. Quatre des six sièges étaient occupés.

Après un salut poli, Claudia avait pris place à la cinquième chaise, arborant son doux sourire habituel.

« C’est gentil de vous joindre à nous, Mademoiselle Enfield. Vous êtes très ponctuelle, comme toujours. » Le jeune homme à l’allure de prince assis à la gauche de Claudia l’avait accueillie avec un sourire cordial. Il s’agissait d’un beau jeune homme : Il arborait des traits bien marqués et des cheveux blonds clairs et soyeux, une attitude sereine et raffinée était présente dans chacun de ses mouvements. Même les zones blanches et impeccables de l’uniforme de l’Académie Sainte de Gallardworth lui convenaient comme s’il était fait sur mesure pour lui.

Au premier coup d’œil, le léger sourire qu’il arborait paraissait amical, mais il ressemblait à celui du visage de Claudia : Il était impossible de dire quelles pensées pourraient se cacher derrière.

« Eh bien. Maintenant que nous sommes tous ici, devrions-nous commencer ? Après tout, aucun de nous n’a beaucoup de temps à perdre, » le jeune homme aux cheveux d’or avait ouvert une fenêtre dans les airs, et c’est ainsi que la réunion commença.

Cette assemblée régulière des six présidents des conseils des étudiants était connue de manière informelle sous le nom de Sommet des Jardins de Rikka, du nom de l’endroit où elle se tenait.

Apparemment, le but de ces réunions était de maintenir des relations amicales entre les six écoles et d’échanger des opinions pour la prospérité de chaque école et le bon fonctionnement de la Festa. Cependant, en réalité, c’était l’étape d’un jeu de pouvoir politique dans lequel chaque joueur essayait de discerner ce que les autres complotaient.

La réunion était animée par le représentant de l’école qui avait obtenu le rang le plus élevé au cours de la saison précédente.

« Oh, mais..., » Claudia avait tourné les yeux vers le siège encore vacant à sa droite, destinée à la présidente du Conseil des Étudiants de l’Académie pour Jeunes Dames de Queenvale.

« Je crois qu’elle est en pleine tournée européenne. Comme d’habitude, elle m’a envoyé les documents transférant son autorité en tant que représentant, » déclara le jeune homme.

« Bien sûr, bien sûr. Le fait d’être une chanteuse de renommée mondiale doit la tenir très occupée, » déclara Claudia.

« Haha. Qu’est-ce que ça change si cette petite fille est là ou pas ? » se moqua le jeune homme qui était assis directement en face du blond.

Il avait les cheveux ternes et rouillés et un corps court et trapu, et ses yeux exceptionnellement grands brillaient d’hostilité. Il s’était penché en arrière sur sa chaise, les bras croisés et le visage tordu dans un méchant ricanement. Il s’agissait de son comportement habituel — du moins, selon Claudia. Elle ne l’avait jamais vu sourire.

L’uniforme scolaire de Le Wolfe avait un effet intimidant en soi, mais l’air sinistre de ce jeune homme ne faisait que l’améliorer.

« Mon cher représentant des Épées Croisées, je vous serais reconnaissant que vous vous absteniez d’insulter les délégués des autres écoles, » avec un sourire légèrement contrarié, le jeune blond réprimandait le roux.

« Insulte ? Je ne fais qu’énoncer les faits, tout le monde le sait. Ces salopes de Queenvale ne pourraient pas diriger une école même si leurs vies étaient en jeu. Combien de réunions du conseil cette petite fille a-t-elle ratées depuis qu’ils l’ont élue présidente ? Elle ne fait que dalle, » répliqua le roux.

Le président de Gallardworth soupira. « Quel beau vocabulaire que vous avez là ! Vous avez fait valoir votre point de vue, alors si vous pouviez vous arrêter là, s’il vous plaît ? »

Mais le président de Le Wolfe avait continué, toujours penché en arrière sur son siège. « Eh bien, elle a été choisie pour représenter ces idiotes en se basant sur son apparence, donc je suppose qu’on ne devrait pas s’attendre à grand-chose de sa part — . »

Il s’était interrompu quand une lame d’un blanc pur avait touché sa gorge.

« Je crois que je vous ai demandé d’arrêter, » le blond tenait l’épée d’une main sans perdre son sourire léger.

Claudia n’avait pas pu s’empêcher de s’étonner.

Dans un mouvement fluide, le représentant de Gallardworth avait dégainé son Lux de son étui, l’avait activé et l’avait fait pivoter — d’une manière assez fluide pour inspirer une nouvelle appréciation de la beauté.

Et c’était effroyablement rapide, ni plus ni moins.

« Ooh, maintenant on s’amuse. Vous voulez essayer, Sire Paladin ? Allez-y, ce sera fini de Gallardworth, » le président de Le Wolfe avait continué, le provoquant sans le moindre changement d’expression.

En effet, toute effusion de sang au Sommet des Jardins de Rikka aurait de graves répercussions non seulement pour le jeune homme, mais aussi pour son école.

« Vous n’avez pas tort, » avec une expression chaleureuse, le président Gallardworth avait poussé la pointe de son épée dans la gorge de l’autre jeune sans hésitation.

La lame blanche et légèrement rougeoyante s’était enfoncée — mais les choses n’étaient pas ce qu’elles semblaient être.

« Pffff. Des tours comme ça, c’est pour les bébés, » déclara le président de Le Wolfe, qui s’ennuyait même avec la lame enfoncée dans sa gorge.

Pas une seule goutte de sang n’avait coulé de là où l’épée était entrée dans sa chair.

« Vous n’en avez jamais assez l’un de l’autre. Quelle blague de vous voir jouer comme ça à chaque réunion sans se lasser, » cette remarque venait de la jeune femme juchée sur le siège à gauche du président de Gallardworth.

Ou plutôt, il serait plus juste de la décrire comme une petite fille. Elle avait un sourire innocent sur son adorable visage, ses cheveux noirs en boucle comme les ailes d’un papillon. Mais il y avait une sérénité mûre dans la façon dont elle se comportait. Sur sa poitrine brillait le Dragon Jaune, l’écusson de l’école du Septième Institut Jie Long.

« Mais les gars, c’est assez de sport pour l’instant, » dit-elle vivement. « Sinon, j’aurai l’idée de me joindre à vous. »

Le jeune blond soupire à nouveau et retire son épée — l’Orga Lux Lei-Glems, fierté de l’Académie Saint de Gallardworth — et le président de Le Wolfe fit claquer sa langue puis il resta silencieux.

« Quand Son Altesse Impériale intervient, nous ne pouvons qu’obéir, » Claudia avait ri en plaçant sa main à sa bouche pendant que le président de Gallardworth haussait les épaules.

Pendant ce temps, le président de Le Wolfe jetait des regards noirs alors qu’il était vautré sur la table.

« Au passant, Claudia, j’ai eu vent d’une rumeur très intéressante, » le regard qu’il avait fixé sur elle avait toute l’agressivité aveugle d’un chien fou. « Seidoukan et Allekant ont convenu de coopérer dans le développement d’un nouveau type de Lux, c’est du moins ce que j’ai entendu. Souhaitez-vous nous en dire plus ? »

« Oh ? » s’exclama Claudia

« Hmm, vraiment ? »

Les présidents de Gallardworth et Jie Long s’étaient tous les deux tournés vers Claudia, le visage plein d’intérêt.

« Impressionnant ! Mais je suppose que je ne devrais pas être surprise, » déclara Claudia. « Les nouvelles vous parviennent rapidement. »

« Ouais, et alors ? Est-ce que c’est vrai ? » demanda le roux.

« En auriez-vous parlé au sommet si vous n’en étiez pas déjà certain ? » Les yeux de Claudia se rétrécissaient en raison du rire alors qu’elle ramena de nouveau sa main à sa bouche.

Le président roux de Le Wolfe était le plus perspicace parmi ceux qui s’asseyaient à la table.

S’ils devaient se rencontrer dans un combat, les représentants de Gallardworth et de Jie Long seraient beaucoup plus redoutables. Mais dans un tel contexte, le garçon trapu était sans aucun doute le plus gênant.

Il avait été, après tout, le premier étudiant non Genestella à atteindre le rang de président du Conseil des Étudiants dans l’Institut Noir de Le Wolfe.

Son intelligence machiavélique était son arme. Il manquait de force ou de charisme, de fiabilité ou de popularité, ou tout autre attribut qui le rendrait apte au leadership. Ce qu’il avait, c’était un talent singulièrement diabolique pour utiliser et manipuler les individus.

Il avait aussi une profonde aversion pour tout ce qui existe, peut-être même lui-même. Il était l’incarnation même de la haine.

« Cependant, c’est strictement une affaire entre Seidoukan et Allekant, » avait dit Claudia. « Je ne crois pas que ça vous concerne. »

« Pas si vite, espèce de vipère sournoise. Les accords secrets entre écoles sont contre la Stella Carta. Quoi !? Pensez-vous que les autres écoles vont s’asseoir bien sagement et vous regardez pendant que vous nous tombez dessus ? » Il avait jeté un coup d’œil autour de la table.

« Eh bien, ça semble un peu étrange, » le président de Gallardworth hocha la tête sèchement sans briser son mince sourire. « Je ne peux pas vraiment le dire sans connaître les détails, mais je pense qu’Allekant a très peu à gagner d’un tel accord. »

En ce qui concerne la technologie Lux, Allekant n’était pas seulement une tête au-dessus du reste, mais elle était vraiment à des années-lumière d’eux. Cela n’avait guère de sens pour eux de chercher l’aide d’une autre école.

« Tout d’abord, » commença la fille semblable à un dragon de l’académie Jie Long, « Allekant est la seule école avec ses propres installations de recherche pour le développement de Lux, n’est-ce pas ? Toutes les autres écoles, dont la mienne, utilisent tout simplement ce qui nous est fourni par les FIEs. »

« Oui, et dans le cadre de notre accord, nos spécialistes se rendront à Allekant pour participer à des recherches communes, » avait ajouté Claudia.

Tous les autres à la table avaient plissé leurs sourcils.

***

Partie 2

« Hé, en quoi est-ce de la recherche conjointe ? C’est juste un transfert unilatéral. »

« Il y a peut-être une meilleure façon de le dire, mais cela ressemble à une invitation à voler leur technologie. »

« Franchement, la générosité d’Allekant ne connaît pas de limites. »

Le sourire de Claudia n’avait jamais vacillé.

« Ouais, j’adorerais entendre ce que l’autre partie concernée a à dire à ce sujet, » s’était moqué le président de Le Wolfe. « Vous, les gars d’Allekant, êtes-vous d’accord avec ça ? »

Tous les yeux se tournèrent vers l’élève assis directement en face de Claudia.

Il était resté silencieux pendant tout ce temps, assis là, les épaules courbées, affichant de l’anxiété. Il secoua la tête, confus. « Euh, on ne m’a rien dit à ce sujet, — c’est-à-dire, euh, que j’ai seulement signé, et... Je n’ai pas plus de détails... »

Avec sa corpulence et sa taille moyenne, ses petits yeux et ses cheveux noirs, rien en lui n’avait fait bonne impression. Ses sourcils courbés lui donnaient un regard timide. Dans l’ensemble, il était une personne facilement négligeable. Mais sur sa poitrine, il arborait le Hibou Noir, l’écusson de l’école d’Allekant, symbole de la sagesse.

« On ne vous l’a pas dit... ? », demanda le garçon de Le Wolfe. « Êtes-vous sérieux ? »

« Euh, ouais..., » embarrassé, il s’était gratté la tête.

« Même chez Allekant, ils se moquent de votre position de président du Conseil des Étudiants, » s’exclama le président Jie Long. « Et vous acceptez ça ? »

Les six écoles avaient chacune leur propre culture de campus, mais Allekant avait plusieurs aspects inhabituels dans son organisation interne. Les étudiants étaient répartis entre la classe de recherche qui était spécialisée dans la recherche et le développement de Lux, et la classe pratique, qui appliquait les fruits de ce travail dans des combats. D’un point de vue hiérarchique, le premier groupe avait une position supérieure.

La classe de recherche elle-même était divisée en factions basées sur la spécialité, et ces groupes étaient en compétition constante les uns avec les autres. La lutte pour le pouvoir était fortement influencée par les performances des étudiants de la classe pratique, qui s’étaient battus dans la Festa avec les produits développés par les factions qu’ils soutenaient.

Le chef de la faction la plus forte détenait donc tout le pouvoir à Allekant. La fonction du président du Conseil des Étudiants n’était guère plus qu’une fonction réglementaire, coordonnant la concurrence entre les factions — en d’autres termes, une figure de proue.

« Eh bien, euh..., » la figure de proue d’Allekant avait hésité.

Incapable de supporter son inconfort, Claudia avait parlé avec douceur à sa place. « J’ai peur que vous ayez tous mal compris quelque chose. Ce n’est pas un pacte secret ou quoi que ce soit du genre. Il s’agit plutôt d’un partenariat officiel entre l’Académie de Seidoukan et l’Académie d’Allekant. Nous annoncerons publiquement les détails en temps voulu. »

Le président d’Allekant soupira avec un soulagement visible.

« Donc vous vous en tenez à votre histoire que c’est un marché équitable ? »

« Cela l’est. En échange de l’utilisation des installations d’Allekant, nous serons responsables de soixante-dix pour cent des coûts de recherche et de développement, » déclara Claudia.

« En parlant de Seidoukan, j’ai eu vent d’une dispute entre certains de vos étudiants — et ce n’est pas une mince affaire, » s’interposa nonchalamment la petite présidente de Jie Long. « On dit que vous êtes allé jusqu’à mobiliser l’Étoile de l’Ombre. Cela n’aurait-il rien à voir avec votre arrangement avec Allekant ? »

« Je ne vois vraiment pas de quoi vous parler, » répondit Claudia, parfaitement placide.

Bien sûr, ces deux événements avaient tout à voir l’un avec l’autre.

En termes simples, l’entente de recherche conjointe était une indemnisation pour l’infraction flagrante du Silas Norman. Le fait d’employer un élève d’une autre école pour attaquer ses camarades de classe était une violation flagrante de la Stella Carta. Si cela avait été rendu public, Allekant aurait certainement été punie et aurait aussi souffert d’une atteinte à sa réputation.

Mais le simple fait de dénoncer Allekant n’aurait eu aucun bénéfice pour Seidoukan. Claudia avait donc proposé qu’Allekant partage son expertise technologique en échange du silence de Seidoukan.

« Un Cœur Noir et une menteuse éhontée, » répliqua le président de Le Wolf. Avec cela, il s’était détourné de Claudia, déclarant la fin de son intérêt quant à cette affaire.

Les services de renseignement de Le Wolfe étaient célèbres, bien connectés avec les recoins sombres d’Asterisk et c’était la meilleure des six écoles. Dans l’affaire Silas, il était raisonnable de supposer qu’ils avaient une bonne compréhension de ce qui s’était passé. Après tout, la conclusion de l’affaire avait eu lieu dans la zone de réaménagement, pratiquement leur arrière-cour.

Est-ce que le président du Conseil des Étudiants de Le Wolfe avait laissé tomber le sujet si facilement parce qu’il voulait le garder pour des négociations ultérieures ou parce qu’il avait d’autres projets en tête... ?

Ce n’était pas quelqu’un à prendre à la légère. Mais Claudia n’avait pas envie de pousser le nid de frelons ici.

« Alors, cela conclut cette discussion ? » Claudia avait mis fin à la conversation avec un sourire radieux.

« Hmm. Je suppose que nous pourrions tout aussi bien y revenir après avoir vu l’annonce. Donc, l’ordre du jour d’aujourd’hui —, » le président de Gallardworth avait tenté de ramener la réunion à l’ordre, mais il y avait eu une autre interruption.

« Hum, excusez-moi. Puis-je dire quelque chose ? »

« Oh, cette fois, c’est vous. Qu’est-ce qu’il y a ? » demanda le président de Gallardworth.

Celui qui avait levé la main avec un air penaud était le garçon indescriptible d’Allekant.

« Donc, euh, le truc c’est que... C’est un peu soudain, mais il y a quelque chose que j’aimerais ajouter à l’ordre du jour, si nous pouvions..., » commença celui d’Allekant.

« Eh bien, alors. Qu’est-ce que c’est ? » il s’agissait de la fille au symbole de dragon qui s’était écrié devant l’attitude de celui d’Allekant.

Le représentant d’Allekant, semblant rétrécir légèrement à mesure que les autres tournaient leur regard vers lui, regarda un peu autour de la table avant qu’il ne commence à parler. « Euh — je voudrais proposer que nous discutions... de l’utilisation de l’intelligence artificielle dans Asterisk, y compris la question des droits. »

« Intelligence artificielle ? » Le président de Le Wolfe s’était renfrogné avec suspicion.

« Oui. C’est exact. Avec les progrès récents de l’ingénierie météorique, il y a eu d’énormes progrès dans ce domaine. Il ne faudra pas longtemps avant de voir une IA qui possède quelque chose de proche de la sensibilité humaine — cela ne fait aucun doute. Toutefois, il est peu probable qu’un pays soit en mesure d’aborder le sujet par voie législative en temps opportun. Nous n’avons qu’à regarder l’histoire de notre propre espèce, par exemple pour les Genestellas. Et c’est pourquoi je propose que, puisque nous sommes relativement libres, nous agissions avec l’IA comme une sorte de modèle pour le reste du monde..., » expliqua le président d’Allekant.

« Vous parlez d’accueillir des machines sensibles comme nos camarades de classe à Asterisk ? Et leur accorder les mêmes droits que les humains ? » demanda le président de Gallardworth avec un léger étonnement.

« Oui. Et si possible, les faire participer à la Festa..., » répondit celui d’Allekant.

« Espèce d’abruti. C’est de la folie, » le président de Le Wolfe l’avait froidement écrasé. « Je n’en ai rien à foutre si vous voulez mettre des machines en uniforme scolaire. Mais si vous dites qu’ils devraient se battre dans la Festa, alors c’est une tout autre histoire. »

« Je suis d’accord, » avait dit Claudia. « Cette proposition semble terriblement farfelue. Il y a tellement de problèmes qui me viennent facilement à l’esprit. Par exemple, les conditions d’âge pour la Festa. Si nous appliquons littéralement l’exigence des treize à vingt-deux, ne seront-ils pas obsolètes au moment où ils pourront participer ? »

« Et comment déterminerez-vous s’ils possèdent la sensibilité ? » demanda celui de Gallardworth. « Je pense que vous devrez commencer par établir des normes pour cela. Eh bien, j’imagine qu’une sorte de réglementation sera nécessaire à l’avenir. »

« Vous êtes tous contre l’idée ? Comme c’est ennuyeux, » gonflant ses joues comme si elle boudait, la petite fille croisa les bras et regarda tous ceux autour de la table.

« Quoi !? L’école Jie Long est-elle en faveur de cette merde ? » demanda celui de Le Wolf.

« Mais bien sûr. Je pense que cela rendra les choses plus intéressantes, » répondit la jeune fille.

La fille du dragon avait toujours agi uniquement sur des caprices personnels. En dépit de ses fonctions de représentante, elle avait donné la priorité à sa propre volonté, et elle pensait bien après aux intérêts de l’école. Elle semblait même s’amuser quand les choses prenaient un tournant pour le plus chaotique.

La raison pour laquelle une personne comme elle pouvait rester présidente du Conseil des Étudiants, disait-on, était ses prouesses écrasantes au combat.

Chaque école avait sa propre méthode de sélection des membres du Conseil des Étudiants. Seidoukan, par exemple, avait tenu des élections, chez Le Wolfe, l’étudiant le mieux classé avait le droit de nommer le président du Conseil des Étudiants. Et chez Jie Long, le processus de sélection était un simple tournoi. Le plus fort des candidats désignés devenait le président du Conseil des Étudiants.

Tout cela signifiait qu’à Jie Long, la plus grande école des six, il n’y avait pas un seul élève qui pouvait l’arrêter.

Quoi qu’il en soit, Seidoukan, Gallardworth et Le Wolfe avaient voté non. Même avec Jie Long, il n’y a eu que deux votes en faveur, y compris Allekant, qui avait proposé l’idée.

« Les documents de transfert d’autorité de Queenvale indiquent qu’ils votent avec la majorité, » avait déclaré le président de Gallardworth. « Ça fait donc quatre votes contre. La proposition est refusée. »

« Je vois... Dommage, » les épaules du président d’Allekant s’étaient affaissées, bien que ce résultat avait été parfaitement évident.

Allekant, bien sûr, avait le plus à gagner de sa propre proposition. Cela n’aurait jamais pu être adopté sans discussion préalable. Mais dans tous les cas, le Sommet des Jardins de Rikka n’avait pas le dernier mot sur cette décision.

Au-dessus des présidents des conseils des étudiants réunis, il y avait un comité administratif dont les membres étaient choisis parmi les fondations d’entreprises intégrées soutenant les six écoles. Même si une mesure était adoptée ici, elle serait reprise par le comité administratif, où la volonté du conseil des jardins de Rikka avait un certain poids, mais n’était pas absolue. Cette proposition y aurait certainement été rejetée.

Mais le président d’Allekant n’avait pas fini...

« Alors, serait-il acceptable pour vous que de telles machines soient utilisées uniquement comme armes, qu’elles soient sensibles ou non ? » Il marmonnait, la tête encore pendante, et l’atmosphère autour de la table s’était tendue.

« Que voulez-vous dire exactement ? » demanda Claudia.

« Eh bien, pensez-y avec soins. Ils ne se verront pas accorder des droits en tant qu’étudiants, et ils doivent être traités comme des machines, quelle que soit leur sensibilité. N’est-ce pas ce que vous venez de dire ? Même si elles ont l’air humaines, les machines sont des machines — juste des outils. Et dans la Stella Carta, il n’y a pas de termes limitant l’utilisation des outils, c’est-à-dire des armes. »

« Voulez-vous utiliser des marionnettes automatisées comme armes ? » demanda Claudia.

« Hmm. En effet, il n’y a pas de clause dans la Stella Carta pour interdire cela, » répondit celui d’Allekant.

Il n’y avait jamais eu de raison de l’interdire. Une marionnette de combat contrôlée par une personne était une chose, mais une marionnette automatisée qui ne pouvait exécuter que des tâches simples ne serait pas adaptée à un Genestella sur un champ de bataille. Vous auriez un tas de ferraille en un clin d’œil.

Mais... et si une marionnette était programmée pour avoir le même niveau de capacité cognitive qu’un être humain ?

« Je vois. C’est donc ce que vous aviez vraiment à l’esprit, » déclara Claudia, alors qu’un rire semblait présent dans ses yeux.

Cette première proposition était vouée à être rejetée. C’était le plan du président d’Allekant depuis le début pour mener la conversation jusqu’à ce stade.

Après tout, ce jeune homme n’était pas une simple figure de proue.

« Eh bien... D’accord. Je suppose qu’il faut en discuter plus sérieusement, » avait déclaré le président de Le Wolfe, soupirant pour la troisième fois cette réunion.

Le président d’Allekant avait incliné la tête avec courtoisie. « Merci beaucoup. Merci beaucoup. Maintenant, je vais pouvoir vous donner de bonnes nouvelles. »

***

Partie 3

Le soleil de juillet tapait sur sa peau, implacable même en fin d’après-midi.

Alors qu’il transpirait légèrement, Ayato courait à travers la cour, essayant de se faufiler à l’ombre des arbres.

« Oh la vache, » il haletait en ce moment. « Je ne pense pas que je vais y arriver à temps. »

Il pouvait déjà imaginer le visage renfrogné de Julis, qui était particulièrement sévère en matière de ponctualité.

Il y avait une raison à son retard : leur professeur principal, Kyouko, lui avait donné toutes les corvées de classe. Il espérait que Julis comprendrait s’il l’expliquait.

Cela faisait deux semaines qu’Ayato avait accepté de devenir le partenaire de Julis et s’était ainsi officiellement inscrit au Phoenix. Ils se plongeaient dans l’entraînement tous les jours possibles. Après tout, il n’avait jamais combattu dans un match en duo avant aujourd’hui, et il ne connaissait encore presque rien des règles de la Festa en elle-même. Il avait une montagne de choses à apprendre avant le jour fatidique.

Julis ne semblait pas non plus avoir d’expérience en matière d’appariement nécessaire pour un tel duo, de sorte que les deux étudiants étaient en train de comprendre les choses au fur et à mesure qu’elles arrivaient face à eux. Mais ils n’avaient pas eu le luxe du temps. Il ne restait plus qu’un mois avant le début de la compétition du Phœnix.

« Au minimum, nous devons apprendre à nous battre ensemble à bout portant, sinon elle pourrait finir par me faire rôtir en même temps que nos adversaires..., » murmura Ayato.

Il avait finalement quitté la cour, et juste au moment où il était sur le point de traverser le passage reliant les bâtiments du lycée et du collège, Ayato avait soudain senti la présence de quelqu’un d’autre.

Une fille émergea soudainement de derrière un pilier. Il avait ralenti dans un mouvement de panique, mais il était trop tard.

La fille l’avait remarqué un instant après et elle l’avait regardé avec surprise. Une collision semblait inévitable.

Face à l’absence d’autre option, Ayato avait plutôt essayé avec force de changer de direction. Une manœuvre au-delà de sa capacité avait envoyé des vagues de lumière jaillissant comme des étincelles de métal, et une douleur semblable à une décharge électrique l’avait secoué à travers tout son corps, mais il avait quand même accompli son arrêt.

Son soulagement, cependant, n’avait été que de courte durée. D’une manière ou d’une autre, dans sa nouvelle trajectoire d’évasion se trouvait le visage de la jeune fille.

« Hein ? »

« Eek — ! »

Cette fois, il n’y avait vraiment aucun moyen de l’éviter. Ayato et la fille s’étaient ainsi percutés d’une manière spectaculaire.

Heureusement pour eux, Ayato avait réussi à ralentir considérablement avant la collision et donc les répercussions n’étaient pas si graves que ça. Pourtant, il venait de tomber sur une fille de tout son poids. Il avait amorti au maximum sa chute puis il s’était immédiatement levé pour constater que la jeune fille était maintenant assise par terre. « Hé, allez-vous bien ? Ne vous êtes-vous pas blessée ? »

« Oh oui... Je vais... bien, » répondit la fille d’une voix minuscule et elle leva les yeux vers Ayato avec un sourire timide.

« Je suis vraiment désolé ! » Ayato s’inclina fortement afin de s’excuser et la regarda à nouveau. Voyant qu’elle n’avait pas de blessures évidentes, il avait poussé un soupir de soulagement avec sa main sur sa poitrine.

Au même moment, il s’était rendu compte qu’il en voyait trop et avait immédiatement détourné son regard.

La fille avait un genou levé et sa jupe s’était complètement remontée. La vue dégagée de ses sous-vêtements et ses motifs mignons avait été gravée dans les yeux d’Ayato. Son visage était spontanément devenu rouge.

Après avoir remarqué le problème avec un sursaut, la fille s’était empressée de replacer sa jupe et s’était serrée dans ses bras, essayant de se mettre en boule. Son comportement timide et larmoyant lui évoquait un petit animal. Elle ne semblait pas savoir que cela avait pour effet d’accentuer ses seins déjà largement surdimensionnés.

 

 

Encore une fois, Ayato ne savait pas où regarder.

Elle portait un uniforme du collège, alors Ayato avait déduit qu’elle était plus jeune que lui. Ses grands yeux ronds et son petit nez effilé faisaient une combinaison ravissante. Alors que tout son corps respirait la timidité, elle était une très jolie fille.

Elle arborait ses cheveux argentés attachés en deux tresses sur les côtés tandis que le reste se répandait le long de son dos. Des couleurs de cheveux inhabituelles — il pensait à Saya — n’étaient pas rares chez les Genestellas. Il avait deviné que la fille en était une.

La forme de son corps était évidente à travers son uniforme, et elle portait un fourreau à la taille qui semblait contenir une véritable lame.

« Euh... Bon, je suis désolé. J’étais pressé, mais j’aurais dû être plus prudent, » déclara Ayato.

Ayato lui tendit la main, tout en détournant encore son regard. La jeune fille avait regardé sa main avec indécision pendant quelques instants, puis l’avait prise avec hésitation.

Maintenant sur ses pieds, la jeune fille avait balayé la saleté de son uniforme comme pour dissimuler sa gêne et s’était inclinée sèchement. « N-Non, je suis également désolée. Je n’arrive pas à me débarrasser de mon habitude de marcher sans faire de bruit, et cela même si mon oncle me gronde toujours... »

En entendant cela, Ayato avait soudainement retenu son souffle quand il réalisa enfin ce qui s’était réellement produit.

C’était vrai qu’il était pressé et qu’il aurait pu être plus prudent. Mais c’était la première fois qu’il n’avait pas remarqué quelqu’un jusqu’à ce qu’ils soient venus si près de lui.

Mais c’était encore plus que ça. Ils étaient entrés en collision précisément parce qu’ils s’étaient tous deux déplacés dans la même direction pour tenter d’esquiver l’autre. Mais si elle pouvait se mouvoir comme ça...

« Euh, quelque chose ne va pas ? » La jeune fille pencha la tête avec curiosité quand Ayato devint soudain silencieux.

« Oh, euh, ce n’est rien... attendez un peu. Il y a quelque chose dans vos cheveux, » déclara Ayato.

Un petit morceau de bois sec, de la taille d’un petit doigt, était emmêlé dans ses jolies mèches argentées.

« Je ne... ? O-Où ça ? » Elle s’était agrippée à ses cheveux, mais elle ne voyait pas le petit bout de bois. Elle n’arrêtait pas de le chercher aux mauvais endroits.

Cette fille troublée était étrangement adorable, et une partie de lui voulait la regarder un peu plus longtemps — mais il ne pouvait pas se permettre de le faire.

« Attendez, ne bougez pas, » souriant maladroitement, Ayato tendit la main et enleva doucement le morceau de bois, en prenant soin de ne pas tirer sur ses cheveux.

« J-Je vous remercie, » son visage était si rouge qu’il pensait qu’il pourrait commencer à fumer à tout moment. Elle baissa la tête, incapable d’en dire plus.

Puis elle jeta un coup d’œil à Ayato avant d’immédiatement regarder vers le sol dès que leurs yeux s’étaient croisés.

« Hum, donc..., » tandis qu’il se demandait ce qui allait suivre, une voix s’était fait entendre depuis la direction du bâtiment du collège.

« Kirin ! Qu’est-ce que tu fais là-bas !? » déclara cette voix d’homme.

« Oh ! Je suis désolée, mon oncle ! J’arrive tout de suite ! » La jeune fille se crispa, puis elle fit un petit salut hâtif à Ayato. « A-A plus tard... ! »

« Euh, d’accord, » Ayato avait jeté un coup d’œil pour voir un homme dans la cinquantaine debout à l’entrée du collège. La fille avait couru vers lui.

Alors que l’homme possédait une carrure robuste, il ne semblait pas être Genestella, car Ayato ne pouvait sentir aucun prana venant de lui. La jeune fille l’avait appelé « Oncle », mais ce n’était pas facile pour les personnes non affiliées, même les membres de la famille, d’avoir accès au campus. Il avait peut-être un lien avec l’école.

Ayato avait l’esprit ailleurs — jusqu’à ce qu’il se souvienne de ce qu’il faisait ici et qu’il vérifie l’heure.

Comme il le craignait, il était maintenant bien au-delà de la période où il avait promis de la retrouver.

Il avait alors senti une sueur froide couler le long de son dos. Juste au moment où il avait commencé à s’élancer dans une course rapide, il avait reçu un appel sur l’appareil mobile se trouvant dans sa poche.

Avec une prémonition inquiétante — ou plutôt une quasi-certitude —, il avait ouvert une fenêtre de communication pour découvrir le visage irrité de nul autre que Julis-Alexia Von Riessfeld qui le fixait d’un regard irrité.

***

Chapitre 2 : Les Plans Secrets de la Chouette

Partie 1

« Explosion Fleurale — Marguerite ! »

Alors que sa voix impérieuse résonnait dans la salle d’entraînement, des pans de flammes éclatèrent dans l’air autour de Julis.

Ils tournoyaient comme des tornades et s’unissaient en disques — plus d’une dizaine d’exemplaires. Les projectiles étaient des chakrams de chaleur intenses, alors que leurs lames ardentes tournoyaient.

« Allez ! »

Faisant des étincelles, les disques se précipitèrent chez Ayato, qui attendait l’attaque avec son épée prête.

Presque trop rapidement pour voir, l’épée géante à un seul tranchant avec des marques noir de jais sur sa lame avait sectionné la première vague de chakrams en deux, et ils s’étaient dissipés comme des flammes de bougies soufflées.

Entre-temps, cependant, d’autres avaient bougé pour l’attaquer de la gauche et de la droite. Il s’était émerveillé de leur parfaite coordination alors qu’il avait fait un saut vers l’arrière pour esquiver les lames tourbillonnantes.

Comme s’ils avaient anticipé cette manœuvre, d’autres disques mortels lui tombèrent dessus à une vitesse fulgurante. Et il y en avait trois autres qui se précipitaient vers lui depuis l’avant, avec un autre trio juste derrière. Une attaque en cascade avec un rythme variable.

C’était un exploit exceptionnel de contrôler plus d’une douzaine d’objets se déplaçant en trois dimensions. Le fait que Julis puisse les manipuler avec une telle précision témoignait de son savoir-faire, sans parler d’une sensibilité spatiale exceptionnelle.

Ayato s’était tordu pour esquiver les attaques d’en haut, puis s’était retourné et avait canalisé son élan pour se déplacer vers les chakrams qui volaient vers lui depuis le front. Mais au lieu de couper à travers les projectiles, il frappa avec le côté de sa lame, les repoussant.

Ils s’entrechoquaient en plein vol, modifiant leurs trajectoires. Les chakrams l’avaient frôlé, coupant son habit d’entraînement avec une légère odeur de brûlé — mais rien de plus.

« Wofff..., » Ayato expira et réajusta sa position avec sa grande épée, le Ser Veresta.

« C’est incroyable. Tu fais toujours les figures les plus ridicules comme si ce n’était rien du tout, » Julis le regarda d’un air exaspéré. « Maintenant, je suis très intéressée par la façon dont tu éviteras le prochain round. »

Et pendant qu’elle parlait, une douzaine d’autres chakrams de feu tournoyaient autour d’elle.

« Je ne suis pas sûr qu’il me reste des tours qui vont t’impressionner, Julis, » déclara-t-il.

« Non ? Alors que feras-tu ? » Elle avait minutieusement étalé ses chakrams sur les trois axes pour se préparer à sa prochaine attaque. Alors qu’elle était en train d’organiser une formation de combat complexe, il y avait dans cette scène une beauté qui évoquait un jardin de fleurs.

« Eh bien... Que dirais-tu d’un truc comme ça ? » Dès que les mots avaient quitté sa bouche, Ayato s’était lancé dans un sprint massif vers la jeune femme. Tout en gardant son corps bas, il se précipita avec férocité dans le jardin de feu.

« Quoi — !? » Prise au dépourvu, sa réaction avait été momentanément retardée. Elle s’était empressée de déplacer sa formation d’attaque, mais il était évident qu’elle ne pouvait pas le concurrencer en matière de vitesse.

Ayato se frayait un chemin à travers les flammes et se rapprochait rapidement de sa distance d’attaque quand il l’avait remarqué — le sourire joyeux sur son visage.

« Tu es tombé dans le panneau ! Fleuraison, Gloriosa ! »

Soudain, des cercles magiques apparurent aux pieds d’Ayato, et des piliers de flamme surgirent pour bloquer son chemin. Cinq piliers l’entouraient, comme s’il était pris dans la main griffée d’un énorme monstre. Une capacité conditionnelle !?

Les Stregas et les Dantes disposaient souvent de certains pouvoirs qui ne pouvaient être activés que lorsque des conditions spécifiques étaient remplies. De telles capacités, disait-on, étaient souvent utilisées comme des pièges. Un exemple concret : celui-ci.

« Heh. Finalement, je gagne, » déclara une voix féminine, celle de son adversaire.

Il entendit sa voix triomphante de l’au-delà des flammes, mais ne pouvait pas voir son visage. Les piliers s’étaient tournés vers l’intérieur en direction d’Ayato, pointés vers lui des serres, et s’étaient rapprochés pour l’écraser dans leur prise.

Mais même alors, Ayato contrôla calmement sa respiration en un instant. « Technique Médium du Style Shinmei Amagiri — Chardon aux Dix Épines ! »

Changeant sa prise pour tenir la grande épée dans sa main droite, il s’était considérablement tordu et avait fait un mouvement de rotation. Puis, après avoir pivoté avec sa main droite, il avait transféré l’épée à sa main gauche et avait de nouveau tourné dans un coup de revers.

Deux séries de stries traversaient les piliers qui l’entouraient et, à l’instant suivants, les cinq piliers s’étaient éteints.

Sans tenir compte des flammes résiduelles qui grésillent contre sa peau, Ayato avait rapidement refermé la distance entre eux.

Tandis que Julis se tenait abasourdie, il poussa son épée contre sa poitrine — et au même moment, une alarme retentit dans la salle d’entraînement.

***

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

Laisser un commentaire