Bienvenue dans une guilde de monstres – Tome 1

***

Chapitre 1 : Des monstres dans le froid

« Bon sang ! Nous n’avons pas de travail. »

Raiz, le dompteur admiré par tout le monde comme étant le plus fort dompteur jamais vu, était en grande difficulté.

Tout cela était dû à la fin de la longue guerre qui avait fait rage entre le Royaume de Tend et le Royaume de Serga.

« Qu’adviendra-t-il de nous quand nous perdrons notre travail... ? »

Après avoir apprivoisé et recruté toute sorte de puissantes bêtes dans les rangs de l’armée de Tend, le cours de la guerre avait radicalement changé.

Compte tenu de sa puissance, les personnes avaient commencé à s’adresser à leur chef comme étant le « Seigneur aux mille bêtes ».

Mais les monstres étaient des créatures vivantes, ils avaient donc besoin d’argent pour continuer à vivre.

Car après tout, il y avait les frais alimentaires.

L’armée de Raiz était forte, mais certains de ses membres avaient d’énormes corps.

La quantité de nourriture qu’ils devaient consommer était donc monstrueuse.

En outre, le Royaume de Tend avait été appauvri après la fin de la guerre. Et ainsi, ils ne pouvaient qu’utiliser leur argent pour le réinjecter dans leur économie. En gros, ils avaient dû réduire leurs dépenses de ce genre.

« Je dois faire quelque chose ! »

Raiz avait mis sa tête entre les mains.

Mais que pouvait-il faire pour gagner autant d’argent ?

« Je pensais rejoindre l’armée, puis devenir un héros afin de gagner l’admiration de tout le monde ce qui m’aurait permis de me rendre riche... »

À la place, les fonds alloués dans l’armée avaient été réduits.

« Et depuis la fin de la guerre, nous ne pouvons même pas travailler comme mercenaires. Tuer des bandits ne nous apportera pas de fortune substantielle. Pourrions-nous chasser les bêtes dans les montagnes ? Non, non, ça ne marchera pas... »

« Excusez-moi, Seigneur Raiz... »

Se tournant vers cette voix cristalline, il vit ses subalternes.

Ils le regardaient avec des expressions emplies d’inquiétude.

« Ah, désolé, désolé. Je sais, la nourriture est importante, » déclara Raiz.

Raiz visait à réussir, mais il se souciait vraiment de ses compagnons.

Il caressa la lamia qui était l’une de ses subordonnées.

On disait qu’elle séduisait les hommes et les rendait fous, mais cela n’était en vérité que de douces et sensibles créatures.

« Non, ce n’est pas ça... je veux dire par là que nous voulons aussi vous être utiles. » Elle avait attrapé sa main et l’avait levée jusqu’à sa poitrine tout en plaidant.

Le cœur de Raiz avait crié pour garder ses doigts à distance.

Derrière eux, d’autres créatures avaient exprimé leur consentement à voix haute.

« Je comprends que vous veuillez aider, mais pas une seule boutique ne nous embaucherait, puisque nous ne sommes utiles que dans les temps de guerre..., » répondit-il. Raiz était découragé.

Les monstres n’étaient pas acceptés dans la société, ils étaient utilisés seulement pour une raison bien précise. Ils avaient réussi à travailler et à vivre jusqu’à maintenant seulement, car ils étaient avec leur dompteur.

Le fait de penser pouvoir trouver une occupation normale était inconcevable.

« Alors, pourquoi ne pas commencer à démarrer notre propre entreprise ? » Cette idée avait été suggérée par une licorne, l’un des autres de ses subordonnés (c’est un mâle).

« Démarrer notre propre entreprise ? » demanda-t-il.

La licorne hocha la tête. « Exactement. Si tu es le manager, nous pouvons accepter des tâches qui ne sont pas limitées à de simples combats. Par exemple, nous pourrions utiliser ma corne. »

Raiz avait été éclairé par ses mots. « C’est vrai. La magie curative ! »

La licorne acquiesça à nouveau.

Il semble que leur corne était une panacée capable de même purifier de l’eau.

D’ailleurs, les licornes étaient des prodiges quand il s’agissait d’utiliser la magie curative.

« Alors, est-ce correct d’utiliser nos puissances en dehors de la guerre !? » demanda Lamia. « Nous pourrions gagner notre vie alors que Seigneur Raiz gère le magasin, n’est-ce pas ? »

« Affirmatif, » déclara Licorne.

« Je comprends. Si nous utilisons nos capacités, nous pouvons quand même trouver un emploi ! » déclara Raiz.

Raiz regarda ses compagnons qui le regardaient.

Quand il n’y aura plus de bandits, nous finirons par mourir de faim, alors pourquoi ne pas essayer ça ? pensa-t-il. Nous pourrions faire un énorme profit !

« Alors, commençons une affaire avec tout ce qu’il nous reste ! » déclara-t-il.

« Oui ! » crièrent ses subordonnés.

Voilà comment le dompteur le plus fort avait commencé une entreprise (guilde) comme homme à tout faire.

***

Chapitre 2 : Vers la cité

« Les monstres attaquent ! » La voix de la vigie fit écho depuis les murs de Dekuch.

Les soldats s’étaient précipités vers les murs, avaient immédiatement fermé les portes et avaient préparé leurs arcs.

« Où sont-ils ? »

Peu importe où ils avaient regardé, pas un seul monstre n’avait pu être trouvé.

« Là-haut ! Dans le ciel ! »

Puis, une énorme ombre avait noirci le ciel.

Un nuage qui passait par là ? pensèrent-ils.

Mais quand ils avaient regardé le ciel, leurs espoirs avaient été brutalement trahis.

La silhouette d’un énorme reptile ailé et cornu bloquait la lumière du soleil.

Dans ses yeux étincelait la lueur vive de l’intelligence.

« U-Un dragon... » Chaque soldat avait commencé à murmurer le même mot.

C’était en effet la forme d’un dragon, la bête la plus puissante et la plus redoutée du monde entier.

Le prédateur imparable qui répandait la peur dans le cœur de ses proies.

Faire face à l’un d’eux signifiait qu’il était impossible d’éviter la mort, même s’ils essayaient de fuir.

Les soldats, se préparant à leur mort, avaient inconsciemment été envoyés sur leurs fesses.

« Excusez-moi ! Pourriez-vous nous laisser entrer dans la ville ? » Cette voix était si claire qu’elle était totalement hors de propos.

Mais c’était le salut pour ces soldats.

Ils avaient immédiatement commencé à chercher la source de la voix. Mais peu importe à quel point ils avaient essayé, cela venait de nulle part qu’ils pouvaient voir.

« Je suis ici ! » Cette voix mystérieuse était venue du ciel.

Il semblerait que la quintessence absolue de la mort, qui faisait trembler tout le monde de peur, leur parlait.

Les soldats avaient gardé leurs yeux écarquillés.

« Salut ! Pouvez-vous nous laisser entrer ? »

Ensuite, ils avaient vu quelqu’un sur le dos du dragon.

« Le chevauche-t-il ? »

Les soldats avaient été horriblement choqués en constatant ça.

***

« Je-je vois, donc vous êtes un dompteur..., » demanda l’un des gardes.

À côté de lui, il y avait un cheval blanc avec une corne qui poussait sur son front.

Les soldats qui escortaient Raiz restèrent à distance de lui, et les habitants envoyaient occasionnellement des regards curieux sur le couple particulier.

Raiz avait demandé aux gardes s’ils pouvaient lui montrer le chemin de la maison du maire de la ville.

« Tout à fait, » répondit Raiz. « Nous n’avons pas pu trouver d’emploi depuis la fin de la guerre, nous avons décidé d’ouvrir un magasin... Voilà pourquoi nous sommes venus ici. »

« Un magasin... ? Pour le dragon ? » demanda le garde.

Les soldats n’avaient aucune idée du genre de boutique qu’un dompteur de dragons allait ouvrir, alors ils avaient commencé à imaginer la bête en train de vendre des marchandises comme un vendeur.

Non, cela ne pouvait pas être ainsi.

« Nous voulons principalement une maison, » déclara Raiz.

« J-Je vois... B-Bon, nous sommes arrivés, » déclara le soldat. Le soldat avait alors pointé du doigt une maison qui ressortait légèrement plus que d’autres.

« Merci de nous avoir escortés ici, » déclara Raiz.

« V-Vous êtes les bienvenus... Nous retournons maintenant à nos positions. »

Ils avaient semblé fuir en retournant aux murs.

« Bon sang, est-ce qu’ils nous ont vraiment laissés seuls comme ça ? » La licorne étonnée soupira en les regardant.

« Eh bien, ce ne sont que de simples soldats, des individus dont le devoir est de protéger leurs positions, » répliqua Raiz. Les mots de Raiz étaient trempés dans le cynisme alors qu’il frappait à la porte du maire.

***

« Bonjour, je suis le maire de cette ville. Je m’appelle Dapta, » se présenta Dapta.

Il avait été amené dans une grande pièce, probablement faite spécialement pour recevoir des invités.

Raiz s’était assis sur une chaise placée de l’autre côté de la table qui le séparait du maire, un homme assez potelé.

« Bonjour, je suis Raiz Dompteur, » répondit Raiz.

« Alors, Seigneur Raiz, qu’est-ce qui vous amène dans ma ville ? Apporter un dragon..., » déclara Dapta.

Alors qu’il était terrifié par la bête que l’on pouvait voir par la fenêtre, le maire avait tenté de sonder les intentions de Raiz.

« Eh bien..., » commença Raiz.

Raiz avait jeté un coup d’œil oblique à l’homme robuste près du maire avant de commencer à négocier.

« Oh, c’est vrai ! Cet aventurier est Trow, le maître de guilde de cette ville. Il collabore également pour maintenir l’ordre public ! » Le maire avait essayé de changer de sujet.

« N’hésitez pas à m’appeler Trow, noble Raiz, » déclara Trow.

Trow pensait que Raiz était un noble, puisqu’il s’était présenté en utilisant son nom complet, et avait décidé de le signaler.

« Non, mon nom de famille est juste un titre qui m’a été donné pendant la guerre, » répondit Raiz. « Je suis le premier de ma génération. »

Dans ce monde, les titres relatifs aux mérites de bataille étaient rares. Ils étaient principalement présents pour l’honneur.

Les individus qui s’étaient eux-mêmes surmenés avaient été récompensés par des titres plutôt qu’avec de l’argent.

C’était la raison pour laquelle une partie des salaires de l’armée étaient si bas.

Ce n’était pas vrai à long terme, mais c’était un autre sujet.

« Alors pourquoi êtes-vous là ? » demanda Trow.

Trow avait repris la discussion, mais Raiz avait maintenu son calme et avait poursuivi les négociations.

« Vous pouvez deviner avec ce dragon que je suis un dompteur, » déclara Raiz.

« Un dompteur !? » S’écria Dapta.

Les dompteurs n’étaient rien d’inhabituel, mais quelqu’un qui apprivoisait un dragon était d’un rang complètement différent du commun des mortels.

C’était parce que pour dompter une bête de ce niveau, il faudrait un esprit inflexible et un incroyable talent.

Pourquoi quelqu’un de si incroyable est-il ici ? pensait Dapta.

Trow avait aussi commencé à devenir tendu.

Il a apprivoisé un dragon et a même acquis un titre... Si ma conjoncture est bonne, il est sûrement... ! pensa Trow.

« En fait, j’aimerais savoir si vous avez un bâtiment dans la ville pour moi et mes monstres, » annonça Raiz.

« ... Quoi !? » s’écria Dapta.

La demande était si inattendue que les deux hommes furent complètement abasourdis.

***

Chapitre 3 : Vivons dans cette ville !

« En fait, je suis venu demander un endroit inoccupé que je peux avoir pour moi et mes monstres, » déclara Raiz.

« Un endroit... dites-vous ? » Honnêtement, Trow semblait sceptique quant à ce que Raiz prévoyait de faire avec ses monstres.

C’était évident que cela serait ainsi vu que Raiz était venu en ville avec un dragon.

« Comme vous le savez, la guerre avec le pays voisin est terminée, » Raiz avait calmement commencé à expliquer la situation, afin d’apaiser leurs soupçons. « J’ai travaillé pour l’armée en tant que dompteur, mais maintenant que la guerre est finie ni moi ni mes subordonnés ne leur sommes utiles, alors nous avons été abandonnés. »

« Vous, quoi !? » Trow avait crié alors qu’il était choqué.

« Abandonner un dompteur qui a domestiqué un dragon !? Mais c’est impossible ! » Le visage du maire se déforma dû à la colère, mais il ne pouvait pas être blâmé pour ça.

Un dompteur aussi fort ferait peur à n’importe quel pays.

Le fait de provoquer une hésitation chez l’ennemi était déjà un excellent résultat et même s’il était vrai que garder des monstres était assez cher, il en était de même pour n’importe quelle armée.

Après tout, tuer un dragon nécessiterait beaucoup de troupes.

Un dragon pouvait voler, il pouvait atteindre sa destination plus rapidement que les unités terrestres, il pouvait cracher du feu et ses écailles étaient aussi dures que l’acier.

Une armée humaine aurait subi d’importantes pertes face à lui.

Dans ce cas, si le coût était le même, il était clair quant au genre d’avantages apporté par le fait d’en avoir un de son côté.

Imaginer le fait de retirer une telle unité de l’armée était inconcevable.

« Eh bien, c’est la vérité. N’hésitez pas à effectuer vous-même des recherches à ce sujet, » Raiz n’avait rien à cacher.

« Nobl... je veux dire, Raiz, » Trow affichait une expression sérieuse. « Je serai franc. Nous ne pouvons pas laisser un dragon en ville, même s’il est totalement obéissant. »

Eh bien, c’est attendu, pensa Raiz.

Trow voulait préserver l’ordre public, alors c’était le moins qu’il puisse demander. Aucune personne armée qui entrait dans un magasin n’était bien intentionnée.

« Bien sûr, je ne demanderais pas une telle chose, » déclara Raiz. « En dehors des murs... alors, qu’en est-il de nous installer sur un terrain à proximité de la Forêt des Monstres ? De cette façon, nous ne vous dérangerons pas. »

« La Forêt des Monstres... ? » demanda Trow.

Sur ce continent, il y avait beaucoup de zones dangereuses où il y avait de fortes chances que des monstres apparaissent. Tout le monde reconnaîtrait ces lieux, car ils avaient généralement le mot « monstre » dans leur nom. Bien sûr, cette forêt était l’un de ces lieux.

Les murs de Dekuch étaient nécessaires pour protéger la ville contre ces monstres, mais ils étaient clairement inutiles contre les créatures volantes tels que les dragons.

Raiz avait pour ainsi dire offert de défendre la ville en échange d’être en mesure de s’y installer.

N’y a-t-il vraiment aucune raison particulière de choisir cette ville... ? Trow, qui l’aurait généralement accueillie à bras ouverts, ne pouvait s’empêcher de se demander ça.

Cette forêt avait vu sa population de monstres exploser et personne ne pouvait dire que les soldats de Dekuch étaient de grands guerriers.

La plupart d’entre eux avaient dû se joindre à la guerre, mais même si elle était finie, ils devaient encore y rester parce qu’ils devaient maîtriser les quelques rébellions qui éclataient et attendre la permission pour pouvoir retourner à la maison.

Grâce aux murailles, la ville avait réussi à être toujours en un seul morceau, mais si un monstre de haut niveau devait les détruire, la ville serait finie en un rien de temps.

C’était pourquoi la proposition de Raiz ne pouvait pas être refusée, étant donné sa force.

« Votre proposition est tentante, » Trow avait senti la bonne volonté et avait veillé à ce que les négociations continuent.

Pourtant, dans la mesure où il voulait accepter, la décision définitive était à la discrétion du maire.

En outre, Raiz avait dit qu’il voulait vivre à l’extérieur des murs de la ville, donc il n’y avait pas vraiment besoin de demander sa permission.

Il était venu seulement pour négocier pacifiquement.

« Monsieur le Maire, Raiz serait vraiment utile pour la défense de notre ville, » déclara Trow. « La saison de la reproduction dans la forêt se rapproche, alors accepter sa proposition serait vraiment pratique. »

« Si vous dites ça, je comprends..., » il avait été persuadé par les paroles du maître de guilde.

Après tout, Raiz demandait en vérité qu’a emprunté un terrain et Trow voulait utiliser sa force.

Si quelque chose devait se produire, alors le blâme tomberait sur Raiz. De toute évidence, le dompteur et Trow le savaient, et seul le maire ne l’avait pas encore compris.

Je vais essayer d’insister un peu, juste pour être sûr, pensa Raiz.

« Maintenant que j’y pense, je voulais vous présenter l’un de mes subordonnés, » déclara Raiz. « Il s’agit d’une licorne et sa magie curative peut guérir les blessures et les maladies. »

« Une licorne !? L’une de ces bêtes légendaires !? » Trow ne pouvait pas cacher son excitation.

« Exactement, » répondit Raiz.

Ce n’est pas comme si c’était la seule au monde. Et vous savez, ils peuvent aussi se reproduire..., pensa Raiz. Il soupira dans son cœur.

Seules de belles jeunes filles pouvaient monter des licornes et avec leur corne, elles étaient non seulement capables de guérir des blessures et des maladies, mais aussi de purifier l’eau contaminée.

Même si elles étaient définies comme des bêtes saintes avec une fourrure blanche comme neige, elles n’étaient que des lolicons.

Elles ne laisseraient pas les rois les chevaucher, mais elles accepteraient n’importe quelle jeune fille et comme elles étaient obstinées, les mamies pouvaient oublier quant à les chevaucher.

« Où est-elle maintenant ? » demanda Trow.

« Je lui ai demandé d’attendre dehors, » déclara Raiz.

« Oooh! » Trow, qui avait été calme depuis un moment, était maintenant excité. Pourtant, son intérêt était compréhensible.

Les aventuriers aspiraient à la connaissance, aux trésors et à la renommée.

Il n’y avait pas beaucoup de chances d’obtenir une rencontre avec une licorne, une bête mythique et sacrée.

Les voix des personnes venues juste pour la voir pouvaient être entendues depuis la fenêtre.

Trow avait commencé à gigoter comme s’il voulait les rejoindre.

« La licorne n’est pas la seule aide que je peux vous prêter, » déclara Raiz. « J’ai un tréant qui peut fertiliser le terrain et grâce à mes subalternes volants, nous pouvons atteindre des endroits dangereux où certaines herbes médicinales poussent. Si vous nous donnez la permission de rester ici, nous promettons d’aider cette ville du mieux que nous pouvons. »

« Je vois... » Après avoir déclaré ces mots, le maire laissa tomber ses épaules alors que Trow regardait par la fenêtre.

Peu importe, il était clair pour tout le monde que Raiz était un vrai dompteur.

« Eh bien ! Vous êtes prêt à aider et protéger la ville avec les capacités de vos subalternes..., » le maire jeta de nouveau un coup d’œil au maître de guilde, puis soupira en pensant qu’il était impossible de lui demander de surveiller Raiz.

Il se demandait s’il devrait le faire à l’avenir.

« Désolé, mais aimeriez-vous voir la licorne ? » demanda Raiz.

Vous pouvez comprendre si un monstre est dangereux juste en le regardant, avait voulu dire Trow, mais il l’avait gardé pour lui.

« Eh bien... qu’en dites-vous, Monsieur le Maire ? » demanda Trow.

« O-Oui, cela me va, » déclara le maire.

Le report de la décision les avait tous les deux fait se sentir mieux.

***

Quand ils sortirent du bâtiment, ils virent alors une jeune fille serrant la corne de la licorne, qui brillait avec une lumière chaude.

On dirait qu’elle avait meurtri ses mains et que la lumière guérissait ses blessures.

« ... Wooow ! Je vais mieux maintenant ! » Elle s’était exclamée tout en montrant ses paumes sans blessures. « Oh, mon dieu, il n’y a même pas de cicatrices ! »

« La magie curative est incroyable ! »

La licorne avait souri d’un air suffisant, « je guérirais toutes les blessures d’une merveilleuse femme telle que vous, » il se vantait après qu’elle l’eut remercié.

Arrête avec ton numéro, pfff, pensa Raiz.

Au début, la bête semblait humble, mais Raiz savait bien qu’elle voulait seulement qu’elle le touche.

« Pendant que nous y sommes, avez-vous une blessure ? » Raiz avait demandé ça au maire, en l’encourageant à essayer les capacités de son subordonné sur eux-mêmes.

« Eh bien... je dois dire que ces dernières années, j’ai eu mal au dos. Pouvez-vous faire quelque chose pour cela ? » demanda le maire.

« Laissez-moi me charger de ça. Licorne, peux-tu le soigner ? » demanda Raiz.

« Patron, as-tu déjà fini la négociation... ? Pfff, » répliqua la licorne.

Dès que l’équidé avait regardé le maire, il avait fait claquer sa langue.

« Le maire a des problèmes avec son dos, alors j’aimerais que tu le guérisses, » déclara Raiz. « Peux-tu me faire cette faveur ? »

« ... Bien sûr, » répondit la licorne.

Cela ressemblait à une conversation normale, mais maintenant que Licorne pouvait être caressée par une jeune fille, il devait toucher un vieil homme tout moite.

Il avait alors réfréné un cri de son cœur.

« Je vais m’en occuper dans un instant, » déclara Licorne, puis il s’était rapproché d’une manière bruyante du dos du maire et avait pressé sa corne dessus.

« Outch ! » Touché par la corne, le maire avait un peu crié en raison de la douleur.

« Un homme devrait supporter cela, » déclara Licorne. Son attitude était complètement différente par rapport à quelques instants auparavant avec la fille. Sa corne avait commencé à briller avec une lumière chaleureuse et le dos du maire avait également commencé à briller.

« Bonté divine... ! Ça ne fait plus mal ! C’est fantastique ! » Il caressa son dos avec enthousiasme.

« Alors, la magie de ce cheval guérit même le mal de dos ? C’est bon à savoir. »

« Je suis une licorne, pas un cheval ! » Il avait méchamment fait une remarque face à un tel affront.

Il semblait que la licorne n’aimait pas être confondue avec un cheval commun.

« Oh, désolé, êtes-vous une licorne ? Pouvez-vous aussi soigner mon dos ? »

« Le mien aussi, s’il vous plaît. »

En un instant, une file de personnes âgées s’était formée.

« Q-Quoi ?! » Avait demandé la licorne, confuse.

Dans son cœur, il se demandait pourquoi il devait s’occuper de tant de vieux quand il voulait juste être ami avec de mignonnes petites filles.

« Pendant que tu y es, je compte sur toi, » déclara Raiz.

« Maître, s’il te plaît ! » cria Licorne.

« S’il vous plaît, s’il vous plaît ! » avaient plaidé les personnes âgées.

« A-Arrêtez ça ! Bon, je vais le faire, alors arrêtez de me supplier ! » Après avoir crié, il commença à les guérir.

« Qu’est-ce que vous en pensez !? Il est fiable, vous ne le pensez pas ? » Pendant que la bête guérissait les habitants, Raiz avait demandé ça au maire.

Trow ne pouvait détacher ses yeux de la licorne, il était donc impossible de lui parler, mais quand il sortit de cet état, il fit apparaître un calepin et commença à dessiner un croquis de la bête.

« Je le pense aussi. Il y a longtemps que je ne me sentais pas si bien, » déclara le maire. Guérir le maire était un bon point pour conclure la négociation en faveur de Raiz.

Mais qu’en est-il du dragon... ?

Bien sûr, c’était l’argument le plus délicat, mais Raiz murmura à l’oreille du maire. « En passant, j’ai aussi de superbes sirènes et lamias en tant que subordonnées. Bien sûr, elles ne feraient jamais de mal à qui que ce soit, mais si vous voulez venir voir comment les choses se passent, je ferai en sorte qu’elles vous accueillent chaleureusement. »

« Je vois. En y pensant, votre proposition est vraiment attrayante pour la ville, donc je suis d’accord, » déclara le maire. « Je vous permets d’ouvrir votre activité et de vivre en dehors de la ville ! »

Les monstres pouvaient être effrayants, mais parmi eux il y en a qui avaient l’air mi-humain et mi-monstre et habituellement la première partie était très belle.

Les lamias et les sirènes faisaient partie de cette catégorie avec leurs magnifiques visages et le maire, en entendant qu’elles l’accueilleraient chaleureusement, avait tout de suite accepté la proposition de Raiz.

La capacité d’un dompteur était son contrôle sur les monstres, donc il n’y avait aucune chance que la ville soit attaquée par eux.

Cet homme potelé avait une énorme responsabilité sur ses épaules, mais sa faiblesse pour le sexe opposé l’avait trahi.

« Merci beaucoup ! » Voilà comment Raiz avait obtenu l’approbation du maire pour ouvrir sa propre guilde.

***

« Parfait, c’est fait ! » s’exclama Raiz.

En dehors des murs de Dekuch, Raiz avait construit une cabane.

Elle deviendrait le bureau où il gérerait tout.

C’était le bâtiment le plus gros que leur budget actuel pouvait offrir, mais c’était déjà positif.

Ils pourraient construire quelque chose de mieux avec leurs gains futurs.

Derrière ça, une clôture recouverte d’un tissu traçait le périmètre du ranch, où les monstres se détendaient.

« Seigneur Raiz, nous allons commencer..., » pendant que Lamia lui tendait un papier, elle se tenait si près de Raiz qu’elle était sur le point de le toucher.

Puisque physiquement parlant elle était le monstre le plus proche des humains, elle avait décidé d’aider son maître avec la paperasserie.

« Super, la guilde La Livraison de Monstres commence aujourd’hui ! » s’exclama Raiz.

« Super !! » Les voix des monstres retentirent après l’annonce du Seigneur aux mille bêtes.

***

Chapitre 4 : Commençons

« Quel ennui ! » s’exclama Raiz.

Cela faisait déjà une semaine depuis l’ouverture officielle de leur guilde.

Raiz avait continué à attendre que les clients se présentent, mais personne n’était venu.

« Pourquoi !? J’ai fait une très bonne promotion de cet endroit ! J’ai même démontré que les lamias et les licornes sont toutes deux inoffensives ! » dit Raiz.

Il avait pris avec lui les plus beaux et gentils monstres qu’il avait, mais il y avait un problème. Un seul, mais énorme problème qu’il ne connaissait pas.

« Excusez-moi, Seigneur Raiz... » Il avait été appelé par Lamia qui se tenait debout devant lui.

« Oui ? » La moitié inférieure de son corps ressemblait à celui d’un serpent et celle du haut ressemblait à celui d’une belle humaine.

C’est pourquoi elle s’était portée volontaire pour aider avec la paperasserie.

« Se pourrait-il que les citoyens soient perdus quant au type de demandes que nous acceptons ? » demanda-t-elle.

« Que veux-tu dire par là ? » demanda Raiz. Il pencha la tête, perplexe.

« Eh bien, nous pouvons tout faire, mais ils ne savent pas ce que nous pouvons faire, » répondit Lamia. « Habituellement, les habitants ne quittent pas la ville, donc ils ne savent pas grand-chose sur les capacités des monstres. »

« V-Vraiment !? » Raiz leva les yeux vers le plafond. Maintenant, tout était clair pour lui.

Comme il était toujours proche de ses monstres, il savait parfaitement ce qu’ils pouvaient ou ne pouvait pas faire. C’est pourquoi il n’avait pas pensé à ça.

L’argument de Lamia avait donc du sens.

« Qu’est-ce que... ! Nous devrions retourner en ville ! Nous devons promouvoir notre guilde ! » Il s’était immédiatement levé après avoir dit ça.

« Non, je ne pense pas que ça va être assez..., miaou ! » Il s’était arrêté après avoir entendu une voix enfantine.

« Ah, c’est toi, Cat Sith, » déclara-t-il.

Un chat se tenait à l’entrée sur ses pattes de derrière. On disait que les Cat Sith étaient des fées.

« J’apporte un peu de connaissance sur la ville, Maitremiaou, » déclara Cat Sith.

Cat Sith pouvait rassembler des informations en prétendant être un chat tout à fait commun.

« Fantastique, super boulot ! » s’exclama Raiz.

« Miaou ! » Le chat avait fièrement miaulé en entendant les louanges de Raiz.

« Qu’as-tu trouvé ? » Lui avait demandé Lamia qui était désireuse de l’entendre.

« Eh bien, les gens ont des doutes, Maitremiaou, » déclara le Cat Sith.

« Ils doutent de moi... ? » demanda Raiz.

« Seigneur Raiz, ne t’inquiète pas ! Nous savons tous que tu es généreux ! » Elle avait essayé de le réconforter comme si elle s’attendait qu’il devienne déprimé.

« Cat Sith ! As-tu trouvé quelque chose d’utile ? » demanda-t-il.

Il hocha la tête après avoir frotté son visage avec sa patte.

« Bien sûr. Il y a beaucoup de personnes qui ont des problèmes, mais ils préfèrent les résoudre par eux-mêmes, » la tâche de Cat Sith était de rapporter à Raiz les rumeurs qu’il avait entendues dans la ville.

Il était inutile au combat, mais grâce à ses capacités d’espionnage, il sauva plusieurs fois la vie de son maître.

Il n’était pas le seul monstre qui pouvait recueillir des informations, mais ses rapports étaient particulièrement détaillés, même parmi ses subordonnés.

« Je vois... ils pourraient ainsi résoudre tout ce dont les personnes ont besoin de résoudre, » Raiz avait commencé à choisir quels monstres il devait apporter avec lui dans l’immédiat.

« Oh ! Et les personnes âgées ont vraiment apprécié le remède de Licorne. Alors, amène-le avec toi, Maitremiaou, » déclara le Cat Sith.

« Oui, bien sûr ! » déclara-t-il. Puis Raiz était immédiatement allé informer la licorne et lui dire qu’il devrait bien se comporter et aider à nouveau les personnes âgées. Après quelques instants, les lamentations de l’équidé se répercutèrent partout dans la guilde.

***

Les personnes parlaient bruyamment. C’était normal, puisque les monstres défilaient devant eux avec Raiz à leurs côtés.

Les habitants savaient qu’ils étaient inoffensifs, mais même ainsi, les voir marcher dans les rues leur semblait si bizarre, alors ils gardaient leurs distances.

« Bonjour à tous ! Nous sommes de “la Livraison de Monstres” ! Vous avez déjà rencontré certains d’entre nous ! » déclara Raiz. « Y a-t-il quelqu’un prêt pour une démonstration des capacités de ces monstres ? De baby-sitting jusqu’au labourage de vos champs ! La lamia peut atteindre des endroits élevés comme la cime des arbres ou des toits ! La licorne, comme vous le savez déjà, peut guérir n’importe quelles maladie et blessure ! Le tréant est la bonne solution pour soigner les plantes mourantes et améliorer votre récolte ! Et enfin, le sahuagin est un prodige de la pêche ! »

Suivant la suggestion de Lamia et de Cat Sith, Raiz expliquait exactement ce que les monstres étaient capables de faire.

Il avait choisi les monstres les plus utiles pour capter leur attention et satisfaire les besoins des citoyens.

« Notre guilde est tout simplement en dehors de la ville et vous êtes invités à venir nous voir pour toute requête ! » déclara Raiz. « Comme offre pour notre grande ouverture, ce mois-ci, nous allons les accepter pour la moitié du prix ! »

En entendant cela, les personnes étaient devenues plus bruyantes.

« À moitié prix ? »

« Tant que c’est à moitié prix, je pourrais y penser... »

« Peut-être que je vais essayer de demander ça... »

Et après tout, tout le monde aime les réductions.

« Nous vous suggérons fortement de venir nous voir ! » déclara Raiz. « Laissez toutes vos missions à la guilde, La Livraison de Monstres ! »

Raiz avait réussi à attirer l’attention de la foule de personnes.

Un petit peu plus et la présentation pourrait vraiment être considérée comme un succès.

« Aujourd’hui, la licorne est avec nous, donc il y aura un prix spécial pour les personnes malades ou âgées ! » déclara Raiz.

En entendant la dernière partie, un rire de joie pouvait clairement être entendu dans la foule.

« Je devrais alors saisir cette occasion. Dernièrement, ma jambe me fait mal. » Tout en boitillant, une vieille femme s’avança avec une main levée.

« Merci d’être volontaire ! Avez-vous eu un accident ? » demanda Raiz.

« Oui. Je suis tombée d’un arbre et ma jambe continue à me faire mal depuis ce jour-là, » en disant ça, elle leur avait montré une cicatrice sur la cheville.

« La plaie est déjà fermée, donc une récupération complète est impossible... Mais si vous laissez cette tâche à notre licorne, vous passerez une semaine entière sans douleur, » déclara Raiz.

La licorne ne pouvait pas fermer les blessures mortelles, et elle ne pourrait pas guérir les séquelles de blessures qui s’étaient déjà complètement refermées. C’était parce que ses capacités allaient uniquement améliorer la régénération naturelle des êtres vivants pendant un certain temps.

« Oh, une semaine sans douleur serait vraiment géniale, » déclara la mamie. « Je suis maintenant vieille et j’aimerais vivre correctement le temps qu’il me reste. »

« Je vois. Licorne, s’il te plaît, » déclara Raiz.

« ... D’accord, » répondit la Licorne.

La licorne s’approcha d’elle avec la tête baissée alors qu’il se demandait s’il allait devoir passer toute la journée à aider les vieilles personnes.

Sa corne se mit alors à briller ainsi que la jambe de la femme.

« Aaah, quel sentiment vraiment agréable ! Merci beaucoup, mon cher cheval, » déclara la vieille femme.

« Je ne suis pas un cheval ! Je suis une licorne ! » s’exclama Licorne.

Il s’était retrouvé agacé par le même affront que la dernière fois.

« Oh, mon Dieu, je suis désolée. Merci beaucoup, ma chère licorne, » déclara la vieille femme.

« P-Pas besoin de le mentionner... ! » Il avait timidement répondu après avoir vu que la vieille femme était vraiment désolée.

Quelle Tsundere ? pensa Raiz.

« Regardez ce qu’a fait la licorne. Pouvons-nous être le prochain ? »

« Argg... » En voyant la ligne de personnes âgées, le visage de l’équidé avait été peint en bleu par le dégoût.

« Bien sûr, approchez ! Puisque les monstres qui viendront ici ne seront pas toujours les mêmes au cours de ce mois, chaque traitement pour votre santé ne sera que pour deux pièces de cuivres ! » déclara Raiz.

« Ce n’est pas cher ! Pour de vrai !? » Cria la vieille femme toujours proche d’eux.

« Oui. C’est parce que nous avons ouvert nos affaires ce mois-ci, donc je voulais que ce soit bon marché, » répondit Raiz. « Tout d’abord, j’aimerais vous montrer les capacités des monstres. »

« Si c’est si bon marché, je veux aussi essayer. Je me suis blessée au travail, » déclara une autre vieille femme.

« Moi aussi, s’il vous plaît. J’ai ruiné mes mains en travaillant avec de l’eau. »

Les jeunes et les moins jeunes faisaient la queue et attendaient leur tour.

« ... S-Si je recule maintenant, c’est la fin... ! Très bien, je vais tous vous guérir ! Patron, fais préparer ma carotte ! » Avec le cri d’un taureau désespéré, la licorne se mit au travail.

Ce n’était pas une coïncidence qu’il y avait tellement de personnes réunies à cet endroit.

Grâce aux informations de Cat Sith, Raiz savait où les personnes se rassemblaient pendant l’heure de pointe.

Voilà pourquoi il avait choisi cet endroit. Il voulait d’abord attirer les personnes âgées.

Il aurait été étrange que les personnes dans le besoin soient dégoûtées par une licorne, ou soient contre son aide.

Et aussi, de cette façon, même les personnes non intéressées pourraient s’habituer à voir des monstres.

Ce n’était pas une approche directe, mais c’était une tactique rapide et efficace.

« Ah ! Un cheval ! Puis-je monter sur son dos ? » Une jeune fille s’approcha de la licorne.

« Hahaha ! Bien sûr que vous le pouvez, jeune demoiselle ! » s’exclama la licorne.

Raiz se figea. Ses efforts pourraient partir en fumée si la licorne ne se retenait pas.

S’il te plaît, ne montre pas ton vrai toi aux autres ! pensa-t-il.

À ce propos, la licorne était de la faction « oui pour les lolitas, mais pas touche », donc tout allait bien.

Après tout, il était un gentleman comme tous les membres de cette même faction.

« Salut mec ! As-tu une minute ? » un homme de très grande taille parla avec Raiz.

« Oui, comment puis-je vous servir ? » demanda Raiz.

« Eh bien, j’ai une requête..., » dit-il.

Raiz ne s’attendait pas à ce que cela arrive.

« Allez-y ! Ce sera à moitié prix ! » déclara Raiz.

« Merci, ce n’est pas grand-chose. Je suis charpentier, mais l’échelle que j’utilise pour le travail a cassé, » déclara l’homme. « J’ai demandé à quelqu’un de la réparer, mais comme je fais un travail urgent et que je ne peux pas attendre, est-ce que l’un de tes monstres pourrait m’aider à monter sur le toit ? »

« Bien sûr, » répondit Raiz. « J’ai le monstre le plus adapté pour cette tâche ici avec moi. »

« Super, merci. Le plus tôt sera le mieux, » répondit le charpentier.

Le charpentier avait souri et avait fait un geste invitant Raiz à le suivre.

***

Ils avaient alors atteint leur destination.

« Quand il pleut, l’eau coule à travers le toit de cette maison, je ne vois pas de nuages ​​noirs à l’horizon, mais je voudrais tout de suite le réparer, » déclara le charpentier.

« Je comprends. Lamia, occupe-toi de ça, » déclara Raiz.

« D’accord. Compte sur moi pour finir cette tâche, » déclara Lamia.

Elle s’était avancée après que Raiz l’ait appelée.

« Préparez-vous, je vais vous amener là-haut, » déclara-t-elle.

« Oh non ! Attends un peu, » le charpentier la regarda avec scepticisme. « Veux-tu m’emmener là-haut ? Avec tout le respect que je te dois, je ne pense pas que ce soit possible pour toi, » commenta-t-il.

Bien que sa moitié inférieure ressemble à celle d’un serpent, sa moitié supérieure ressemblait à une jeune demoiselle délicate.

Et aussi, peut-être en tant que coutume raciale, elle n’avait pas beaucoup de vêtements cachant sa moitié inférieure.

Il va sans dire que les yeux du charpentier étaient fixés sur sa généreuse poitrine.

« S’il vous plaît, faites-nous confiance. Lamia, vas-y, » déclara Raiz.

« D’accord ! Veuillez m’excuser, » elle se rapprocha de l’homme et l’étreignit par-derrière.

« Oooh! » En sentant ces montagnes de joie presser son dos, le menuisier avait laissé sortir une voix heureuse.

« Allons-y ! » Sans attendre plus longtemps, elle avait commencé à se prolonger perpendiculairement sur sa queue de serpent.

« Quoiiiiii !? » Il avait crié alors qu’il montait dans le ciel à une vitesse incroyable.

« Nous y voilà ! » annonça Lamia.

« M-Mh... je ne m’attendais pas à ce que tu sois aussi forte, ma petite, » déclara le charpentier.

« Eh bien, je suis une lamia ! » répondit la Lamia.

Les lamias étaient bien plus fortes qu’elles ne le laissaient paraître.

Les corps des serpents étaient presque entièrement faits de muscles, il était donc normal qu’une lamia ait une force impressionnante.

« Comment était-ce ? Elle était très utile. Ne le trouvez-vous pas ? » demanda Raiz.

« Oui, absolument ! Je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit si douce et forte ! » répondit le charpentier.

« Hahaha~ ! » riait Raiz.

Les personnes présentes avaient prétendu n’avoir jamais entendu la première partie.

« Je t’appellerai quand j’aurai fini, d’accord, ma petite ? » demanda le charpentier.

« D’accord, » répondit la Lamia.

« Chef ! Laissez-nous aussi vous aider ! » déclarèrent les disciples du charpentier tout en regardant la lamia.

« Vous venez juste maintenant pour faire votre boulot, bande de mollassons ! » rugit le charpentier.

Raiz sentait qu’il allait assister à une discussion insipide.

Les charpentiers avaient continué à demander à Lamia de les aider de temps en temps, et cela même après avoir eu leur échelle réparée, mais ceci était une tout autre histoire.

***

Chapitre 5 : Les devoirs du matin

« Cocorico ! » le chant d’une cockatrice à l’aube réveilla les autres monstres du ranch.

Certains s’étaient immédiatement levés et avaient commencé leur routine quotidienne tout de suite après ça, tandis que d’autres avaient lentement ouvert les yeux et étaient restés à moitié endormis jusqu’à ce que le soleil les réveille.

Chaque monstre avait ses propres habitudes.

Mais même parmi eux, l’un d’eux était particulièrement matinal.

« Et aujourd’hui aussi, je vais réveiller le Seigneur Raiz ~ ♪, » une harpie de bonne humeur avait déposé ses ailes sur la porte de la chambre de Raiz.

Les harpies étaient des prédatrices ailées qui répandaient la peur auprès des proies rampantes et elles ressemblaient généralement à de jeunes filles.

Puisque la harpie était un oiseau, se lever le matin était une tâche facile pour elle.

Elle était vraiment excitée de réveiller son maître et d’être la première à le saluer, alors elle avait quitté sa propre chambre en toute hâte.

Mais elle n’était pas la seule.

« Arrête-toi là ! C’est à mon tour de réveiller le Seigneur Raiz ! » Des vignes vertes attrapèrent les ailes de Harpie.

« Outch ! » En levant ses sourcils parfaits, elle tourna la tête pour voir qui l’avait attrapée. « Dryade, ça fait mal ! »

En face d’elle se tenait une belle fille portant une jupe qui était rouge comme des roses.

Ou plutôt, plus que « rouge comme des roses », elle était vraiment des roses.

La jeune fille était une dryade, un esprit des plantes, et aussi une autre des subordonnés de Raiz.

« Et alors ? De toute façon, tu l’auras oubliée dès que tu auras fait trois pas, » répliqua Dryade.

« Ce n’est pas vrai, c’est juste une légende ! Tu sais, ce n’est pas comme si tous les monstres de type oiseau avaient des cervelles d’oiseau ! » déclara Harpie.

Les monstres de type oiseau n’étaient pas très intelligents, mais ils n’étaient pas aussi stupides qu’on le croyait généralement, même s’ils n’avaient rien de spécial de ce côté-là.

« Oh vraiment ? » demanda Dryade. « De toute façon, je pense que tu devrais t’éloigner de là. »

« Hein !? » s’exclama Harpie.

Un instant plus tard...

*Blam*

La porte s’était soudainement ouverte et avait frappé la harpie, l’emportant au loin.

« Tu vois ? Je t’avais prévenue, » déclara Dryade.

Pendant qu’elle gardait la harpie occupée, elle avait fait descendre du lierre depuis sa jupe et l’avait fait se déplacer autour de Harpie afin d’atteindre la porte.

« Uhuh, j’ai gagné pour aujourd’hui. Maîtttree ~ reveille-t..., » déclara Dryade.

« Hé, bon matin, » en entendant cette voix, Dryade se figea sur le pas de la porte.

Ce n’était pas parce qu’elle ne pouvait pas elle-même le réveiller...

Mais parce qu’une lamia était allongée à côté de lui dans son lit.

« Oh, franchement. Pourquoi es-tu venue même ici si tu ne peux pas supporter le froid du matin ? »

« C’est parce que je me suis levée tard dans la nuit. J’avais de la paperasse à faire, mais j’ai eu quelques problèmes, alors je n’ai pas pu résister toute la nuit. » Alors qu’elle baillait, elle répondit triomphante sans contrôler son zézaiement.

« Je ne peux pas croire que tu as pu trouver un tel plan ! Tu ne peux pas avoir compris mon point faible ! » s’exclama Dryade.

« Eheh~ » l’habituelle grâce de Lamia était introuvable.

La somnolence pouvait changer les personnes.

« Je jure que ce soir je verrouillerai la porte de l’intérieur avec mon lierre. Tu verras ! » Alors que la dryade pensait à un plan pour gagner sa prochaine bataille, Harpie s’abattit sur elle et attaqua l’esprit avec un puissant coup de pied.

Ses jambes étaient identiques à celles d’un oiseau... griffes incluses.

Le fait d’être frappé comme ça aurait facilement creusé une profonde entaille dans la chair de toute créature commune.

« As-tu perdu la raison !? Si je ne m’en méfiais pas, je serais maintenant défigurée ! Bon Dieu, apprend un peu de la décence de base ! » Dryade crachait sa colère.

C’était en effet pas passé loin.

« As-tu fait de ton mieux là !? » s’exclama Dryade.

« Au moins, je le fais chaque fois ! » répliqua Harpie.

Les deux filles avaient commencé à se quereller.

Eh oui, ces gentils monstres essayaient toujours de voler le tour de l’autre pour réveiller leur patron.

Les hommes ne voulaient pas se mêler de cette guerre.

***

« Alors, aujourd’hui aussi, je compte sur toi. Lamia, tu t’occuperas de transporter les personnes sur les toits. Quant à toi, Licorne, pour l’habituel..., » déclara Raiz.

« Non, je veux guérir les jeunes filles, s’il te plaît ! Cela ne me dérange pas même d’être un baby-sitter ! » s’exclama Licorne.

Tout en ignorant ses plaintes, Raiz avait continué à lire l’horaire quotidien. « Les autres n’ont toujours rien à faire. Eh bien, je ne peux même pas imaginer ce qu’ils pourraient demander à Dragon... Tréant et Dryade, voulez-vous aller aider les agriculteurs avec leurs champs ? »

« Oui. Quand nous sommes allés vérifier les conditions des plantes et des légumes, un fermier nous a demandé de l’aider pour son champ, » répondit Dryade.

« Eh bien, je suppose que c’est une bonne chose, » déclara Raiz. « Mais puisque c’est votre premier boulot, je viendrai avec vous. »

Raiz devait être là quand il faisait interagir de nouveaux monstres avec des humains.

Même si certains d’entre eux pouvaient parler, qui sait ce qui pourrait arriver sans qu’il soit présent ?

« Si vous êtes prêt, allons-y, » déclara Raiz.

« Tréant, le Seigneur Raiz a dit que nous pouvons y aller ! » déclara Dryade en faisant face à la porte. Dehors, un arbre bougeait en bruissant.

« D’accordddddddd ! » déclara l’arbre puis il remonta lentement ses racines et déplaça ses branches comme des bras d’humains.

Oui, ce n’était pas un arbre commun, mais un monstre arboricole. Un tréant.

« Si quelque chose se produit, appelez-moi. Nous serons aux champs, » déclara Raiz.

« Compris, » répondit Lamia.

Après s’être assuré que Lamia connaissait leur position, au cas où des problèmes surgiraient, ils partirent pour leur destination.

***

Chapitre 6 : La Dryade et le champ de blé

« L’agriculture est-elle la principale source de nourriture de la ville ? » demanda Raiz.

Un champ de blé s’étendait devant Raiz et ses subordonnés.

« Pourquoi ont-ils planté toutes ses plantes si près des autres ? Ils devraient laisser plus d’espace entre elles, » Dryade, qui n’avait aucune notion d’agriculture, pencha la tête en demandant ça.

« Ouiiiii, tu as raiiiiissonn, » Tréant avait également regardé d’une manière déconcertée ce qui était devant lui.

« Salut ! peut-être, êtes-vous ceux de cette nouvelle guilde ? » une voix d’homme se fit entendre à côté d’eux.

Quand ils tournèrent leurs visages, ils virent un jeune homme s’approcher d’eux.

« Bonjour, je m’appelle Raiz. Je viens de la guilde “La Livraison de Monstres !”, » répondit Raiz.

« Salut, je suis John. Je gère les champs ici, » déclara John.

« Enchanté de vous rencontrer, John, » répondit Raiz en serrant la main de John.

« Raiz, arrêtons là avec formalités, » déclara John.

« D’accord. Dryade et Tréant seront mes assistants pour aujourd’hui, » déclara Raiz.

« Je m’appelle Dryade, c’est un plaisir de faire votre connaissance, » déclara Dryade. « J’espère que nous pourrons résoudre vos problèmes. »

Avec son attitude élégante et sa belle jupe florale, la fille ressemblait à la fille d’une noble famille. Après sa salutation, elle sourit avec douceur à l’homme.

« Ah, h-heureux de vous rencontrer, Dryade. Je m’appelle John ! » répondit John.

Avec des joues rougies, il se présenta à nouveau, ébloui à la fois par le beau visage et le sourire de la jeune fille.

Il avait été complètement captivé par la jeune fille de la forêt, alors il avait fini par bégayer.

« Je suis tréaaaaaannnnnttt ! » Tréant se présenta, déplaçant ses branches alors que les feuilles bruissaient.

« W-Wow ! Qu’est-ce que... O-Oh, est-ce un autre monstre... ? » demanda John.

John ne s’attendait pas à ce qu’il soit un monstre, mais comme la belle fille le regardait toujours, il essaya de cacher son malaise.

Après tout, il était facile de confondre un tréant pour un arbre.

« Avez-vous demandé notre aide ? » Raiz se souvint qu’un vieil homme avait fait la demande.

« Eh bien... c’était mon père, mais il s’est blessé au dos, alors il est allé en ville pour être guéri par ce cheval médecin, » répondit John. « Je le remplace donc ici. »

Le jeune homme avait expliqué qu’il agissait en tant que remplaçant. « Ah ! Mais je sais quel est le problème. Suivez-moi, s’il vous plaît. »

« Ha oui ! Dryade, regardez où vous marchez. Le sol est inégal et il est difficile de marcher dans la zone, » déclara John.

« Comme c’est gentil de votre part, John. » Elle l’avait remercié en gloussant.

« P-Pas de problème, je voulais juste vous le faire savoir... » Le jeune homme avait à nouveau rougi. C’était comme s’il ne la voyait pas comme un monstre.

***

« Vous prenez vraiment bien soin de ces plantes, n’est-ce pas ? » Dryade avait déclaré ça avec gentillesse.

Comme elle était un monstre arboricole, voir que les plantes étaient en bonne santé la rendait heureuse.

« O-Oui, je l’ai fait, mais c’est surtout le travail de mon père, » répondit John. « Dernièrement, il m’a demandé de prendre sa place à cause de son mal de dos ! » Il avait répondu avec un peu de modestie.

La Dryade se souciait de la santé des plantes, pas de qui s’occupait d’eux, mais Raiz n’était pas si grossier et avait décidé de ne pas le mentionner.

« Wôw, êtes-vous sérieux ? Prendre soin de champs aussi grands est remarquable, » s’exclama Dryade.

« V-Vraiment !? » s’exclama John. « Entendre cela d’une beauté comme vous me rend vraiment heureux ! »

Mais même s’il était de bonne humeur, juste après ça, il pencha la tête et laissa échapper un soupir.

« Quel est le problème, John ? » demanda Raiz.

« Papa m’a confié ses champs, mais je n’ai aucune idée de ce qui arrive aux plantes, » répondit John. « C’est décourageant. »

C’était dommage qu’une telle malchance soit tombée sur lui. Comme il ne connaissait pas la cause, il ne pouvait pas lui-même résoudre la situation.

Ils avaient marché pendant un autre moment avant de finalement s’arrêter.

« Regardez là. Le blé présent ici est flétri, et je crains que cela soit dû à une maladie, puisque le reste du champ a l’air en bonne santé, » déclara John.

Raiz avait regardé autour de lui et avait facilement pu confirmer ce que l’homme venait de dire.

 

« Savez-vous ce qui aurait pu se passer ici ? » demanda John.

« Aucune idée pour le moment. Dryade, Tréant, qu’en pensez-vous ? » Raiz se retourna pour les regarder et remarqua que la dryade examinait minutieusement les plantes.

« Dryade ? » demanda-t-il.

Elle ne répondit pas au début, et commença à s’éloigner d’eux pour vérifier si l’état des champs proches était bon. Après qu’elle eut terminé son inspection, elle revint vers Raiz pour lui faire un rapport.

« As-tu trouvée quelque chose ? » demanda Raiz.

Elle hocha lentement la tête. « Le blé se flétrit à cause d’une maladie. »

« Une maladie ? » demanda Raiz.

« Tout à fait, » répondit Dryade. « Et si la maladie se propage, elle infectera tous les champs. Ceux qui sont à proximité semblent peut-être bien portants, mais ils l’ont déjà contracté. »

« Oh mon Dieu... je n’ai jamais vu quelque chose comme ça, » John soupira quand Dryade confirma ses craintes.

« Que pouvons-nous faire pour guérir le blé ? » demanda John.

Les grains étaient-ils comestibles bien que la tige se soit fanée ? Ou était-il nécessaire d’agir le plus tôt possible ?

Raiz attendait silencieusement l’opinion de la dryade.

« S’il continue à s’étendre, tout le champ se fanera, » déclara Dryade.

« Oh, non ! Si nous perdons notre récolte, tout sera fini pour nous ! » s’exclama John.

« Le blé dit qu’il se sent maaaaaallll, » le tréant avait agi comme un intermédiaire pour le blé. Les monstres arboricoles pouvaient comprendre ce que les plantes ressentaient.

« Effectivement. Il dit que si cette personne revenait, il se sentirait encore pire, » déclara Dryade.

« Cette personne... ? Ah ! » s’exclama John en criant presque.

« Vous êtes-vous souvenu de quelque chose ? » demanda Raiz.

« Oui, » répondit John. « Il y a quelque temps, un marchand ambulant est venu me supplier de lui vendre une partie de mon blé. Il a dit que même le plus vieux blé que j’avais en stock serait acceptable. Comme il allait me payer pour un bon prix, j’ai donc accepté. »

« Il transporte probablement du blé malade, et d’une certaine manière, votre champ était infecté, » après que la fille ait déclaré ça, John se serra sa tête.

« Enfer ! Il aurait mieux valu que je ne lui vende rien ! » déclara John. « Mais le fait de vendre quand c’est pratique est la première règle du monde des affaires... »

Raiz voulait vraiment dire « bien fait pour vous », mais il s’était mordu la langue et avait avalé ses mots comme un vrai gentleman.

« Y a-t-il un moyen de les guérir ? » demanda Raiz.

« Hé bien oui. Il y a, mais..., » commença Dryade.

« Vraiment !? Alors, utilisez-le tout de suite, s’il vous plaît ! » s’exclama John. « Si nous avons une mauvaise récolte, il n’y aura pas assez de nourriture pour tenir toute l’hiver ! Et cela affectera aussi les autres, puisque nous ne sommes pas les seuls à gérer ces champs ! »

John regarda Raiz et ses subordonnés avec des yeux de chiot larmoyant.

« Dryade, s’il y a un moyen, pourrais-tu l’utiliser ? » demanda Raiz.

« ... D’accord, je m’en occupe, » elle avait accepté sans délai. « Habituellement, quand les plantes tombent malades, les humains les déracinent et les brûlent pour éviter que les champs voisins ne soient infectés. Cela se passe ainsi, car les médicaments pouvant guérir les plantes n’existent pas. D’un autre côté, les humains ont des médicaments pour se soigner. »

La dryade fronça ses sourcils en raison de sa déception.

« Est-ce que la magie curative pourrait fonctionner ? » demanda Raiz.

« C-C’est vrai ! Demandons à la licorne s’il peut nous aider ! » déclara John qui croyait avoir trouvé la solution, mais la fille secoua la tête afin de rejeter cette proposition.

« Ça ne marchera pas, » déclara-t-elle. « Les soins produits par Licorne ne fonctionnent que sur une seule cible à la fois. Mais combien de plantes y a-t-il dans ce champ, plusieurs centaines ? Des milliers ? En outre, même si elles étaient guéries, dans le pire des cas, les plantes pourraient à nouveau être infectées. »

La Magie curative devait nommer une seule cible chaque fois qu’elle était utilisée, tandis que la Magie offensive pouvait affecter une large zone en une seule utilisation.

« M-Mais, il y a quelque chose que nous pouvons faire, n’est-ce pas !? » demanda John.

Tout en s’accrochant à une lueur d’espoir, John regarda fixement Dryade.

« Oui, vous avez raison. J’allais vous l’expliquer, » déclara Dryade.

En la regardant ainsi, John ne pouvait plus se contrôler et il se mit encore plus à rougir.

« Il est possible d’utiliser une solution de remplacement aux médicaments, » continua-t-elle.

« Quelle solution de remplacement ? » demanda John.

Après une courte pause, elle avait répondu. « Nous pouvons utiliser la sève ou le nectar d’un monstre arboricole. »

***

Chapitre 7 : La sève de Tréant

« Nous avons besoin de la sève ou du nectar d’un monstre arboricole pour résoudre ce problème, » déclara la dryade.

« La sève ou le nectar ? » demanda John.

« Les monstres arboricoles sont plus résistants que les plantes normales. Cette résistance peut être utilisée pour combattre les maladies, » déclara Dryade.

« Je suis résistaannnnnnt, » déclara fièrement Tréant.

« Pouvez-vous m’en donner un peu ? » demanda John.

Le tréant hocha la tête en réponse.

« Nous pouvons fournir au blé malade cette résistance, » déclara Dryade. « Ce serait comme utiliser des médicaments pour les plantes. »

« Alors, fais-le tout de suite, je vous en supplie ! » Après que John avait réalisé que la solution était en face de lui, il avait exhorté les personnes présentes à se dépêcher d’agir.

« Pensez-vous que cela soit aussi simple !? » demanda Dryade. « Le fait de prendre de la sève d’une plante, c’est comme prendre le sang d’un humain ! Qui sait ce qui pourrait arriver à Tréant si nous en prenons assez pour tout le champ ! »

Elle avait brisé les espoirs du fermier.

Si l’on prenait une telle quantité, Tréant serait à coup sûr devenu tout sec.

Évidemment, s’ils devaient répéter l’opération sur Dryade, elle rencontrait le même sort vu sa taille.

« J-Je suis désolé, » déclara le fermier.

« Vous auriez dû faire plus d’attention ! » déclara Dryade. « Comprenez-vous que si vous vous étiez plus soucié du blé, vous n’auriez pas à faire face à tout cela ? C’est votre faute si le blé est si malade, parce que vous n’avez pensé qu’à l’argent et que vous avez négligé d’en prendre soin ! De plus, les champs à proximité seront également infectés ! »

« Je sais... je suis désolé..., » John avait reculé face aux paroles de la belle jeune fille.

En le voyant agir ainsi, elle avait continué à parler. « En tout cas, au moins cette partie du champ s’est bien développée. Cela signifie que vous l’avez soignée avec amour. »

« Hein !? » John avait été déconcerté par les soudains éloges de la dryade.

« Les plantes sont des êtres vivants délicats et immobiles. Les humains doivent prendre soin d’eux pour pouvoir manger, » déclara Dryade.

« T-Tout à fait..., » répondit John.

« Le blé dans ce champ est toujours heureux malgré sa maladie, parce que vous l’avez correctement soigné, » déclara Dryade.

Raiz ne comprenait pas ce que la dryade avait en tête, mais il lui faisait confiance et gardait le silence.

« C’est pourquoi je veux l’aider à se sentir mieux. Alors, soyez reconnaissant ! » continua la dryade.

« M-Merci ! » dit John.

Elle est tout simplement une tsundere, pensa Raiz.

« Nous avons besoin de grands seaux remplis d’eau et autant de louche avant de prendre la sève de Tréant, » déclara Dryade.

« Compris ! » le fermier était immédiatement allé chercher ce qui lui avait été demandé avec un sourire de joie sur son visage.

On n’était pas certain si cela avait été seulement causé par le rétablissement imminent du blé ou s’il y avait une autre raison.

« Hé, qu’arrivera-t-il à Tréant si tu en prends trop ? » demanda Raiz.

En fin de compte, ils n’avaient toujours pas discuté du danger que le tréant allait traverser, donc Raiz avait demandé ça.

« Nous n’en prendrons pas beaucoup, alors il ira bien. Mais nous devons diluer sa sève dans l’eau, sinon nous allons tuer le blé, » déclara-t-elle en souriant.

« Dans l’eau ? Pourquoi donc ? » demanda Raiz.

« C’est parce que nous parlons du fluide d’un monstre arboricole, donc il devrait fonctionner encore mieux comme ça, » répondit la Dryade. « Sinon, cela pourrait être trop fort pour les plantes normales. »

« Je comprends. C’est pourquoi tu as demandé de l’eau, » déclara Raiz.

Si un médicament était trop fort, il finissait par avoir les mêmes effets que du poison.

Dans ce cas, diluer la substance serait la meilleure solution.

« Je devais faire réfléchir ce fermier, » déclara la Dryade. « Il a besoin de comprendre que choisir la façon la plus simple sans réfléchir pourrait avoir des conséquences graves, puisqu’il sera désormais celui qui s’occupera de ce champ. »

On dirait qu’elle avait été sèche intentionnellement pour aider John à réaliser cela.

Ce n’était pas entièrement sa faute, mais elle devait l’encourager à faire plus attention.

« Cette maladie ne provient pas non plus d’ici. D’après les informations que j’ai, ça vient du sud, » déclara la Dryade.

 

Les monstres arboricoles de haut rang pouvaient partager des informations avec leurs pairs malgré la distance. La raison est inconnue, mais les chercheurs spécialistes en monstres avaient émis l’hypothèse que cette capacité avait été développée en raison de l’incapacité de la plante à parler et à se mouvoir.

« Le sud ? Le marchand revenait-il de là ? » demanda Raiz.

« Qui sait. Peut-être que du blé malade s’est tout simplement retrouvé dans son stock, » répondit la Dryade.

Ils avaient tous deux essayé de comprendre comment cela aurait pu arriver.

« J’ai apporté des seaux et des louches ! » John avait porté un grand chariot à deux roues avec les articles nécessaires, et les avait mis sur le sol pendant qu’il respirait lourdement.

« Maître, commence à prendre la sève de Tréant, s’il te plaît, » demanda la Dryade.

Raiz sortit un poignard de sa ceinture et se plaça devant le Tréant.

« Je suis désolé, Tréant, mais je vais prendre un peu de ta sève, » déclara Raiz.

« C’est cooooooreccttt, » Tréant abaissa ses branches, et Raiz coupa l’une d’elles. Après quelques instants, la sève commença à couler. « Tréant, peux-tu laisser couler la sève dans ce seau ? »

« Laisse-moi me charger de çaaaaaaa, » Tréant s’approcha lentement du seau en bougeant ses racines.

« Oh mon... Dieu..., » l’esprit de John était redevenu blanc en voyant un arbre qui bougeait ainsi.

Le Tréant avait placé le bout de la branche coupée dans le seau.

« S’il te plaît, va remplir un autre seau. C’est assez pour celui-ci, » après avoir compté jusqu’à dix, la dryade lui indiqua de passer à la prochaine.

« D’accrorrrrddddd, » répondit Tréant.

L’opération avait ainsi été répétée pour chaque seau.

« C’est assez, » déclara la Dryade. « Après avoir mélangé la sève avec l’eau, nous allons arroser le blé avec, et le traitement sera terminé. »

« V-Vraiment !? » s’exclama John. « M-Merci beaucoup ! »

Étant donné qu’il était facile de résoudre le problème, John avait crié de joie.

« Maintenant, arrosons-les tout de suite, d’accord ? » Sans attendre de réponse, depuis la jupe florale de la dryade, assez de vignes s’étendirent pour soulever chacun des seaux.

« Qu’est-ce que c’est !? » remarquant enfin que la Dryade était vraiment un monstre, John avait crié.

« Je vais maintenant commencer, » annonça la Dryade.

Les vignes de la dryade avaient arrosé les champs voisins les uns après les autres. En un clin d’œil, le blé fané avait commencé à revenir en pleine forme.

« ... » Alors qu’il était le témoin de cette scène provenant d’un autre monde, John regarda la dryade en étant choqué.

Voir quelque chose d’impossible pour les humains est vraiment effrayant..., cette pensée avait fait que Raiz se sentit seul.

Après que Dryade ait fini d’arroser le blé, elle rétracta ses vignes.

« Le traitement est terminé, mais la maladie pourrait à nouveau infecter les plantes voisines, » déclara-t-elle. « Si vous voyez les mêmes symptômes quelque part, appelez-nous dès que possible. Surveillez attentivement les champs afin qu’ils ne tombent pas à nouveau malades. Promettez-moi que vous le ferez. »

« J-Je le ferais ! » John, qui se tenait près de la Dryade jusqu’à maintenant, avait fait quelques pas en arrière sans réfléchir. « ... »

Sa réaction avait fait que son visage s’était un peu embrumé

« Super, alors on a fini ici. Retournons chez nous, » jugeant qu’il n’y avait plus rien à dire, Raiz ferma la discussion.

La dryade hocha la tête et fit à nouveau face à John en essayant de ne pas lui faire peur avant de suivre son dompteur.

« Bonne journée. Puissions-nous nous revoir si quelque chose de similaire se présente, » déclara Dryade.

John hocha la tête à plusieurs reprises.

Alors que Raiz et ses deux monstres avaient commencé à s’éloigner, le fermier s’était exprimé. « E-Excusez-moi ! »

Ils s’étaient tous arrêtés.

« Quoi !? » demanda Raiz.

John avait essayé de dire quelque chose... mais ne pouvait pas.

Il poussa un profond soupir puis il essaya à nouveau. « M-Merci beaucoup ! »

Il avait finalement réussi à les remercier.

« Je n’aurais pas été capable de régler ça tout seul ! Tout ceci est grâce à vous ! » continua-t-il. Il avait dirigé ces paroles vers la dryade et le tréant.

Peut-être qu’il était un peu maladroit, mais John était vraiment reconnaissant.

« ... Je vous en prie, » répondit Dryade.

« De riennnnnn, » répondit Tréant.

La dryade et le tréant avaient ainsi tous deux répondu à ses sentiments.

En ce moment, leurs sentiments étaient à coup sûr connectés, surmontant même les différences entre eux.

« E-Et si je finis par nuire à nouveau au blé..., » continua John. « J’aimerais que vous me fouettiez, Dryade ! »

« Hein !? » Avec une expression perplexe, Dryade se demanda si elle avait bien entendu.

« Vos vignes ! En pensant simplement à être sauvagement fouetté par elles je ne peux pas... l’oublier...! » Avec une expression extatique, John regarda les vignes de la dryade.

On dirait qu’il était l’un de ces pervers.

« Que me dites-vous là ? » demanda Dryade alors que la colère montait en elle.

« Oh oui, ce visage ! Merci de m’avoir aussi montré votre expression en colère envers moi ! » cria le fermier.

« M-Maître ! Tréant ! Dites-lui quelque chose, pour l’amour de Mère Nature ! » cria Dryade.

« Tout le monde devrait pouvoir exprimer librement son amour, » déclara Raiz.

« Faites de votre mieuuuuuuxx, » rajouta Tréant.

On dirait qu’ils n’étaient pas sur la même longueur d’onde à ce moment-là.

Après tout, peut-être qu’il est possible de vivre ensemble..., tout en regardant John s’accrochant à la jupe de la dryade dans un élan de passion et d’être violemment fouetté par elle, Raiz pensait que les monstres et les humains pouvaient après tout se comprendre.

***

« Un marchand ambulant, hein..., » Raiz chuchota ça sur le chemin du retour.

« À quoi penses-tu ? » demanda Dryade avec une expression fatiguée après ce qui venait de se passer avec John.

« Quoiiiiii ? » demanda le Tréant.

« Je réfléchissais juste... le marchand a dit que même le vieux blé était acceptable et qu’il était prêt à payer au-dessus du prix normal pour cela, » Répondit Raiz avec la même expression.

« Qu’est-ce qui ne va pas avec ça ? » demanda Dryade.

Les deux monstres perplexes avaient regardé Raiz.

« Rien ! Mais peut-être qu’il ne voulait pas simplement l’acheter. Cela aurait pu être une couverture pour infecter les champs de cette ville, » déclara Raiz.

« Veux-tu dire par là que quelqu’un voulait contaminer le blé ? » s’exclama Dryade alors qu’elle écarquilla les yeux.

Elle ne pouvait pas croire qu’il pourrait y avoir quelqu’un qui voulait nuire à des plantes innocentes comme ça.

« Calme-toi ! C’est juste une conjecture, » déclara Raiz. « Une simple hypothèse possible quant au comportement de cet homme. » Il l’avait admonestée.

Raiz, qui avait pris part à la guerre, avait pensé que les actes de l’homme étaient étranges. Il avait appris à se méfier de tout le monde afin de rester en vie.

Il avait souri avec ironie, réalisant qu’il analysait les actes d’un marchand qui n’avait peut-être rien fait de mal.

« Je ne m’attendais pas à ça, » dit Dryade.

« Je ne pensais pas que tu serais aussi surprise, » déclara Raiz

« Y a-t-il des gens qui sont si méchanttttttttt ? » demanda le Tréant.

Même Tréant avait l’air vraiment en colère.

« Les gars, c’est juste une supposition, » dit Raiz afin de les apaiser.

« Je comprennnnnddsss, » répondit Tréant.

Raiz sourit amèrement face à la courte réponse de Tréant.

Les Tréants vivaient plus longtemps que les humains, et étaient généralement insouciants et silencieux.

En pensant que des cas similaires pourraient apparaître, Raiz se demanda si ses camarades allaient bien aller.

« Écoute-moi Dryade, » déclara Raiz.

« Qu’est-ce qu’il y a, Maître ? » demanda Dryade.

« Peux-tu être infecté par des maladies ? » demanda Raiz. « Avant, tu disais que ton corps est fort et qu’il est difficile pour toi de tomber malade, mais ce n’est pas impossible non ? »

Compte tenu de son inquiétude, il ne pouvait pas éviter de lui demander ça.

« Effectivement. Il n’y a presque pas de maladie qui puisse nous infecter, mais nous pouvons aussi en contracter, » répondit la dryade.

« Je vois, » Raiz était déprimé en entendant cela.

« Pourtant, avant de contracter une maladie mortelle, toutes les autres plantes affectées dans le monde seraient déjà mortes, » rajouta Dryade.

Elle avait rigolé face aux soucis de Raiz. « C’est donc inutile de penser à ça. »

« C-C’est génial d’entendre ça, » répondit Raiz. « Je pensais préparer une sorte de contre-plan pour ce scénario. »

S’il n’y avait pas de médicaments pour les plantes, il n’y en avait pas non plus pour Alraune ou tout autre monstre arboricole.

Raiz avait peur qu’une maladie inconnue ait pu lui enlever ses camarades tant aimés.

« C’est vrai. Pour éviter une situation inattendue, nous devrions rechercher un moyen de créer des médicaments efficaces pour les monstres arboricoles comme Alraune ! » déclara Raiz comme s’il avait eu une bonne idée.

« Oh, mon Dieu, c’est merveilleux ! Comme attendu de mon maître ! » la dryade s’était réjoui d’entendre des paroles emplies de gentillesse.

« Peut-être vaudrait-il mieux demander aux tréants si nous pouvons prendre une partie de leur sève pour faire de la recherche, » déclara Raiz.

« En y incluant des plantes médicinales, cela serait encore mieux, » déclara la dryade.

« Nous avons beaucoup à faire avec tout ça, » déclara Raiz.

Puis, en pensant à quelque chose, il sourit amèrement à nouveau.

« Au fait..., » dit Raiz.

« Oui ? » demanda la Dryade.

« Cette fois-ci, nous avons utilisé la sève de Tréant comme médicament, mais tu as mentionné que le nectar peut aussi être utilisé, n’est-ce pas ? L’as-tu dit ? » demanda Raiz.

« ... Oui, je peux le faire, » déclara Dryade.

Raiz se demanda pourquoi ses joues rougissaient.

« Comment le produis-tu ? Car tu ne fais pas de fleurs, non ? » demanda Raiz.

En pensant à sa question, Dryade se pencha coquettement contre lui.

« Si c’est ça, je te laisse le découvrir quand tu veux, » elle chuchota ça dans son oreille avec beaucoup de charme. « ... Quand le temps viendra, je compterai sur toi. »

Raiz avait l’impression qu’il aurait mieux valu rester dans le noir concernant ce fait.

***

Chapitre 8 : Dragon, le monstre le plus puissant

La journée avait commencé tôt pour Raiz, le dirigeant de la guilde, La Livraison de Monstres, et quelques-uns de ses subordonnés.

Certaines s’étaient battues pour avoir le privilège de réveiller leur maître, d’autres ne pouvaient pas supporter le froid et attendait que leur corps soit suffisamment chaud. Et certains monstres avaient pondu un œuf.

Entre ces monstres, un en particulier volait afin d’obtenir sa nourriture.

Une ombre projetée d’en haut couvrait les proies rampantes dans la Forêt des Monstres à l’est de Dekuch.

Sentant son arrivée, ils s’étaient tous figés en regardant le ciel qui aurait dû être clair, et ils avaient alors essayé de se cacher.

Il était évident que leur tentative afin de survivre était futile.

Avec des yeux plus aiguisés qu’un faucon, le monstre volant les observait du ciel, réfléchissant auquel deviendrait son repas. Il regardait leur acte futile. C’était comme regarder des ingrédients sur une assiette demandant à se faire manger.

Il avait alors décidé, et l’énorme ombre s’était abattue sur son prochain repas.

L’élu était toujours inconscient d’être la cible jusqu’à ce que le monstre volant remplisse totalement son champ de vision.

Il était déjà trop tard pour fuir. Peut-être que si elle s’échappait à pleine vitesse, elle aurait vécu quelques secondes de plus.

Pourtant, son destin était déjà scellé au moment où le prédateur avait posé ses yeux dessus.

Parce que tel était le destin des proies d’un dragon.

Après avoir enveloppé la proie avec ses crocs, le dragon s’envola haut dans le ciel, ne laissant derrière lui que les souvenirs de son repas.

***

« Bon matin ! » Une voix aiguë d’une fille fit écho dans la cabane de la guilde « La Livraison de Monstres », qui servait également de bureau et de résidence aux membres de la guilde.

Non, plus que la voix d’une fille, c’était la voix d’une femme à part entière.

Sa propriétaire avait l’air d’une petite fille avec de grandes ailes remplaçant ses bras, des jambes d’aigle tombant de ses genoux, et une queue emplumée jaillissant de la partie inférieure de son dos.

Elle était une harpie, un oiseau-monstre.

Les harpies pouvaient voler grâce à leur corps extrêmement léger. De plus, leur silhouette petite et plate les rend aérodynamiques. Leur comportement et leur voix étaient généralement puérils, et c’était peut-être parce que leur corps était non développé que cela affectait même leur esprit.

« Salut, bon matin, » en l’écoutant s’approcher, Raiz frotta ses yeux endormis et se leva lentement.

Ses oreilles sonnaient légèrement, mais il pensait que ça allait bientôt cesser.

*Bâillement...*

Alors qu’il laissa échapper un gros bâillement, il avait changé de vêtements.

Lamia les avait lavés la veille.

Kelpie, le cheval aquatique, remplissait la baignoire d’eau cristalline, et Lamia utilisait sa queue comme une planche à laver pour les nettoyer.

Salamandre utilisait alors les écailles de Dragon pour repasser les vêtements, et pour ne pas les abîmer, l’une des feuilles de Tréant fut placée sur les vêtements.

Après que tous les vêtements eurent été repassés, l’odeur de Tréant, qui ressemblait à du bois de santal, restait sur eux.

Ainsi, nous pouvions affirmer que Raiz portait des vêtements traités avec des outils de premier ordre.

Grâce à cette odeur parfumée, le risque d’être ciblé par les monstres vivant dans les forêts diminuait, et en même temps, les tréants étaient plus enclins à aider ceux qui sentaient comme eux.

« Allons-nous demander à Cockatrice un de ses œufs pour le petit-déjeuner ? » demanda Dryade.

Lamia, l’aide de Raiz, l’avait aidé avec les tâches ménagères, mais comme elle avait des traits de reptile, le froid du matin était sa plus grande faiblesse.

Pour préparer le petit-déjeuner, Dryade avait pris sa place et avait préparé l’une des meilleures et des plus saines boissons au monde, extraites de la plus pure des rosées du matin.

Quand Raiz était sorti hors du bâtiment, le sol avait tremblé comme si un tremblement de terre mettait la terre en mouvement.

Il était resté calme puisqu’il connaissait bien cette situation.

« Je suis de retour, Maître. » C’était Dragon qui venait de rentrer.

Chaque matin, il s’envola vers la forêt voisine, et après avoir cherché son petit-déjeuner, il s’assurait de toujours revenir avec de la viande pour les autres monstres.

Ses grands efforts avaient joué un rôle important dans le réapprovisionnement du stock alimentaire de la guilde, et les matières premières collectées par ses proies avaient pu être vendues aux citoyens de Dekuch, prouvant ainsi que la guilde réduisait également le nombre de monstres présent dans la forêt.

Il s’agissait de la principale source de revenus de la guilde, La Livraison de Monstres.

« Maître, la progéniture des monstres est en train de grandir dans la forêt, » déclara Dragon. « Je pense qu’ils pourraient bientôt sortir à la recherche de nourriture. »

Dragon devait réduire le nombre de monstres, mais il ne ferait pas quelque chose d’aussi inutile que de chasser les plus jeunes, simplement parce que c’était un énorme ennui pour lui.

Après tout, les humains ne prendraient pas la peine de ramasser chaque grain de riz tombé sur le sol.

« D’accord ! Je vais le signaler au maître de la guilde de la ville, » déclara Raiz.

« Hmm, » sans dire un mot de plus, il retourna sur la colline voisine où il restait habituellement le restant de la journée.

Les plus jeunes monstres le regardaient avec des yeux pétillants. Dragon était un héros pour eux.

***

« Ah..., », mais ce héros laissa échapper un soupir alors qu’il affichait une expression mélancolique. « Je veux aussi aider la guilde... »

Son angoisse était aussi grande que sa force et sa taille.

***

Chapitre 9 : L’angoisse de Dragon

Dragon soupira profondément.

Il n’avait toujours pas reçu le moindre emploi. Mais en tant que monstre le plus fort, il ne pouvait exprimer sa détresse sur quelque chose d’aussi banal.

Car après tout, les dragons étaient d’orgueilleuses bêtes.

« Salut, Dragon ! » Alors, quelqu’un l’appela.

« Maître. Comment puis-je t’être utile ? » demanda Dragon.

Il fit face à Raiz alors qu’il masquait son anxiété.

« Dernièrement, tu n’as pas l’air de bien aller. Y a-t-il quelque chose qui ne va pas ? » demanda Raiz.

Mais le dompteur avait vu à travers sa façade, et la surprise fit que la bouche de Dragon s’ouvrit et qu’il souffla quelques flammes hors de sa bouche.

« Woaw ! Regarde où tu souffles ! » s’écria Raiz.

Après que Raiz avait esquivé les flammes, Dragon ferma la bouche avec sa patte avant.

« Mes excuses, Maître. Mais qu’est-ce qui te fait penser que quelque chose ne va pas ? » demanda Dragon.

Bien que son dompteur eut déjà découvert le pot aux roses, le puissant se devait de bluffer avec force en raison de sa fierté.

Il ne pouvait laisser personne connaître ses sentiments, et en particulier Raiz.

« Eh bien, tu soupires beaucoup. C’est donc assez évident, » répondit Raiz.

« ... »

Raiz devina que la bête rougissait, même si son visage ne le montrait pas.

Zut ! Comment pourrais-je oublier ma taille ? pensa Dragon.

Étant donné la taille de Dragon par rapport aux autres monstres, tout le monde l’avait souvent vu soupirer dans le ranch de la guilde.

« Tout le monde s’inquiète pour toi, » déclara Raiz. « S’il y a quelque chose qui cloche, parlons-en ensemble. Après tout, je suis ton maître. »

Il aurait été facile pour Dragon d’esquiver le sujet, mais il savait comment Raiz était.

Bien qu’il soit un dragon orgueilleux, l’homme têtu qui l’avait apprivoisé n’abandonnerait jamais après un quelconque refus. Il continuerait à demander encore et encore jusqu’à ce que la situation soit résolue.

Alors, plutôt que de laisser tout le monde observer une telle scène, Dragon avait pensé que parler à cœur ouvert serait la meilleure des choses.

« Ce n’est rien de bien sérieux..., » déclara Dragon.

Et il commença à expliquer.

***

« Je comprends. Tu veux donc être utile tout comme les autres, n’est-ce pas ? » demanda Raiz.

« Exactement, » répondit Dragon.

« Mais tu es déjà en train de réduire le nombre de gros monstres dans la forêt, et la viande et les matériaux que nous recueillons grâce à toi sont essentiels à l’approvisionnement de notre guilde, » déclara Raiz. « Ne penses-tu pas que tu en fais déjà bien assez ? »

Dragon secoua négativement la tête. « Broyer des mouches pour les humains ne peut pas être considéré comme du travail. »

Raiz devina que ce n’était pas assez pour lui.

« Alors, veux-tu faire quelque chose que même un dragon peut faire ? » demanda Raiz.

« Non. Je veux faire quelque chose que je suis le seul à pouvoir faire, » répondit Dragon.

Raiz pencha la tête en réfléchissant à ça.

Le problème de Dragon était assez complexe.

Son regard était terrifiant pour les monstres faibles ainsi que les forts. Et ses monstrueuses dimensions avaient fait que tout le monde remarque son malaise.

Avoir peur des gros monstres était normal pour les roturiers, mais Dragon était à un niveau totalement différent. Il avait d’énormes griffes et des crocs, il pouvait réduire la distance avec quelqu’un en un clin d’œil, et il pourrait écraser n’importe qui avec la plus légère des frappes.

Voilà comment les personnes l’avaient vu.

Quand Raiz était venu pour la première fois à Dekuch avec lui, les gardes pensaient que leur vie était finie au moment où ils avaient vu la bête volante.

Pourtant, il voulait mettre de leur côté sa puissance raciale.

C’était essentiellement une question de confiance. Le fait de demander de l’aide aux autres monstres leur avait fait gagner de la confiance, et les citadins avaient compris à quel point ils étaient inoffensifs. Pourtant, les habitants de la ville ne jugeaient Dragon que par son apparence...

Le dompteur et la bête soupirèrent tous deux en pensant au problème se trouvant devant eux.

Malgré l’apparence effrayante des dragons, chacun d’eux avait une personnalité comme l’aurait eu un humain.

En vérité, il était plutôt loyal.

« J’ai parfaitement compris ta situation, » déclara Raiz. « Mais en attendant, j’ai besoin que tu continues à faire ce que tu peux pour que les habitants nous acceptent et nous fassent confiance. »

Dragon fut frappé par l’amertume de ces mots, mais il comprenait ce que son maître disait.

Bien qu’il soit impossible de saisir les émotions d’une race différente, ils avaient tous deux deviné les sentiments de l’autre grâce à leur lien.

« Pardonne-moi d’être si égoïste. Je vais retourner dans la forêt et voir comment la situation a évolué, » déclara Dragon.

« Bien sûr, fais de ton mieux, » déclara Raiz.

Dragon se leva après ça. « Je vais aller m’occuper d’autres monstres. »

Il était alors parti une fois de plus afin d’aider le Maître qu’il avait choisi de servir, et non pas les habitants.

Alors qu’il était en train de voler dans le ciel, de sombres nuages se profilaient au-dessus de la forêt.

« Une tempête viendra-t-elle par ici ? » se demanda Dragon.

Les monstres de la forêt retournaient tous dans leurs nids afin d’échapper à la tempête.

C’était comme si le ciel sombre représentait un mauvais présage.

***

Chapitre 10 : Dragon est de retour

De sombres nuages couvraient le ciel de Dekuch.

Et avant que la pluie n’arrive, les habitants rentrèrent chez eux d’un pas empressé.

« Il va pleuvoir, » chuchota Raiz, alors que Licorne était en train de guérir le mal de dos des anciens de la ville.

« Tu as raison. Ce soir pourrait devenir orageux, » commenta son subordonné, tandis que les personnes qu’il guérissait regardaient le ciel, s’inquiétant de la météo changeante plutôt que penser à obtenir leur traitement.

« Ce serait mauvais si cela arrivait, » Raiz affichait une expression aussi sombre que le ciel.

« Hmm ? Qu’est-ce qui serait mauvais ? » demanda Licorne.

« Eh bien ! puisque notre guilde est tout simplement une cabane construite avec peu d’argent, une tempête pourrait la détruire, » répondit Raiz.

Cela n’était nullement une blague ou une exagération.

Raiz avait acheté un terrain en dehors de Dekuch, mais étant donné la taille du dragon, le fait d’acheter assez de terrain s’était révélé très coûteux.

Puisque le dompteur était le premier à porter son nom de famille, il ne voulait pas vivre dans la terre de quelqu’un d’autre tel un roturier. Il voulait posséder la terre dans laquelle il vivait.

Évidemment, même s’il était techniquement un noble, l’acquisition ou la vente d’un terrain n’était pas une chose si facile à réaliser. L’argent et des connexions étaient nécessaires, mais Raiz n’avait aucun des deux, alors il avait simplement acheté les droits de location des terres où il s’était installé.

Raiz avait dû suivre les mêmes règles que les nobles ruraux qui déménageaient depuis la capitale afin de construire leur domaine.

Il avait dû payer une sorte de taxe au seigneur féodal du coin, ce qui pourrait être inutile avec les bonnes connexions. Il s’agissait de la raison pour laquelle Raiz manquait d’argent.

« À cette période de l’année, les tempêtes comme celle-ci sont fréquentes, c’est pourquoi les bâtiments ici sont assez solides, » déclara une vieille femme. « Le menuisier ne vous a-t-il rien dit à ce sujet lorsqu’il a demandé de l’aide à votre guilde ? »

En pensant à cela, Raiz se souvint que l’homme lui avait dit quelque chose comme ça.

Mais il ne s’attendait pas à ce que ce genre de météo violente arrive si tôt. Voilà pourquoi la cabane n’était pas vraiment solide.

« Je... me souviens de quelque chose comme ça..., » déclara Raiz.

« Oh mon Dieu ! Vous devriez tout de suite aller demander pour un nouveau bâtiment ! » déclara la vieille femme. « Ce n’est pas comme si ces tempêtes étaient rares ! Le fils du charpentier est maintenant marié, et bientôt sa femme donnera naissance à leur enfant. Je suis sûr qu’il va prioriser votre demande. Car après tout, il a besoin d’argent pour sa famille. »

« Je vois, » déclara Raiz.

Alors le fils du charpentier suivait les pas de son père...

Raiz avait demandé aux personnes âgées combien cela coûterait pour une nouvelle maison.

« Merci, cheval. Je ne sentirai plus maintenant les douleurs saisonnières. »

« Je vous ai dit d’arrêter de m’appeler comme ça ! » s’écria Licorne, bouleversé face à ça.

C’était déjà devenu un échange fréquent de paroles.

« Quand il pleut, ma vieille cicatrice me fait mal, mais maintenant, grâce à Sire Lico, tout ceci n’est juste qu’un lointain souvenir ! » déclara un vieil homme.

« Ne m’appelez pas avec un nom si étrange !? » s’écria Licorne.

Après avoir eu une remarque faite par la licorne, le vieil homme éclata de rire.

L’équidé acquérait beaucoup trop de stress en faisant ça. Et puis, sa sauveuse était apparue.

« Mamie ~, » une fillette avait couru dans leur direction.

« Qu’est-ce qui ne va pas, Mei ? » demanda la vieille femme avec une douce voix.

« Il va bientôt pleuvoir, alors maman m’a envoyé pour t’appeler, » répondit Mei.

« Oh, merci ma chérie, » répondit la vieille dame.

Après le traitement de Licorne, elle se leva et prit la main de sa petite-fille.

« Voici l’argent pour les soins. À bientôt, cheval, » déclara la vieille dame.

« Je vais..., » commença Licorne.

« Au revoir, cheval ! » déclara la jeune fille.

« Au revoir, passez me voir quand vous voulez ! » Au lieu de crier sur la vieille femme, Licorne avait répondu avec un ton joyeux.

Tout allait bien quand de petites filles étaient autour de lui.

« Nous devrions également retourner à la maison, » déclara une autre vieille dame.

L’un après l’autre, les aînés avaient commencé à marcher vers leur maison respective.

« Alors, nous en avons terminé pour aujourd’hui, » déclara Raiz.

« Oui, » répondit Licorne.

Raiz et ses subordonnés avaient fait de même.

« Bientôt, nous aurons assez d’argent pour construire une nouvelle maison, » déclara Raiz.

« J’espère que notre hutte ne sera pas emportée, » commenta Licorne en riant dans sa barbe.

« E-Elle ne le sera pas, » répondit Raiz.

***

« C’est mauvais ! » soupira un Raiz anxieux.

L’averse avait commencé dès qu’ils étaient revenus, et il s’était élancé comme une flèche dans le bureau de la guilde.

À l’intérieur, il y avait Lamia, Harpie et ces monstres qui, comme Salamandre, ne pouvaient pas supporter la pluie.

Alors que le temps s’écoulait, et que la pluie devenait de plus en plus forte, le vent se transforma en bourrasque et la cabane commença à bruyamment grincer.

Depuis les fissures qui s’étaient formées dans le toit, l’eau avait commencé à fuir, et des seaux avaient été utilisés pour le contenir.

On ne savait pas quand le vent aurait soufflé au loin le toit, mais soudainement, les craquements de la hutte s’étaient tus.

« Attends ! Est-ce déjà fini ? » demanda Raiz.

Raiz pensait que ce n’était pas naturel que la tempête finisse comme ça et il essaya d’ouvrir la porte.

Il se retrouva face à un mur.

« Qu’est-ce que..., » commença-t-il.

Il s’agissait d’une énorme agrégation d’écailles qui pulsait légèrement.

« Oh, Dragon ! » s’exclama Raiz.

La bête colossale se tenait devant lui.

« Les bruits de la hutte étaient bien trop agaçants, » déclara Dragon.

Il utilisait son corps et ses ailes en tant que bouclier contre le vent et la pluie.

Ce n’était que grâce à lui que la hutte ne s’était pas effondrée.

« Désolé pour le dérangement, » déclara Raiz.

« Aucun problème. Ce n’est pas comme si je pouvais être utile à autre chose, » répondit Dragon.

Raiz s’était mis après ça à réfléchir à ces paroles.

Le complexe de Dragon était assez profond.

« En fait, tu l’es. Merci beaucoup, » le dompteur avait sincèrement déclaré sa gratitude afin d’encourager la bête.

« Je t’en prie, » répondit Dragon.

En voyant ce sourire ironique, Raiz pensait qu’il devait lui trouver une occupation dès que possible.

Il avait continué à y réfléchir après qu’il avait fermé la porte et qu’il était retourné à l’intérieur.

C’était à ce moment-là que cela s’était produit.

La porte résonna comme si elle avait été frappée par quelque chose.

Au début, Raiz pensait que le vent et la pluie avaient changé de direction, mais comme Dragon ne bougeait pas, il ne pouvait pas s’agir du mauvais temps.

« Salut ! » Lorsque Raiz avait ouvert la porte, le fils du charpentier se tenait là, trempé.

« N’êtes-vous pas le fils du charpentier ? Qu’est-ce qui ne va pas ? » demanda Raiz.

La ville n’était pas vraiment loin, mais marcher dans cette tempête était extrêmement dangereux.

Des morceaux de bâtiments ou bien des cailloux pourraient être projetés par le vent, et il y avait le risque de tomber sur de dangereux monstres. 

Et il y avait le fait d’être tout simplement trempé.

« Je vous en supplie ! Prêtez-moi votre cheval ! » L’homme s’accrocha au dompteur et le supplia en pleine panique.

« Monsieur, calmez-vous, » Raiz avait été surpris par ses actions, mais il lui avait dit de se ressaisir.

Il s’agissait de la meilleure façon de surmonter les difficultés et de survivre, et cela même sur les champs de bataille.

Le dompteur envoya un signal à ses subordonnés avec un geste de la main se trouvant derrière son dos.

Lamia avait commencé à tout mettre en place pour la nuit, Kelpie avait préparé de l’eau et Salamandre avait allumé la cuisinière.

Dans sa précipitation, l’homme avait demandé un cheval, donc il faisait probablement référence à Licorne.

Harpie avait été appelé Dryade, qui avait lu l’ambiance et avait libéré un doux arôme afin d’apaiser l’homme.

« Tenez, » Lamia lui avait offert une tasse d’eau chaude. Leur guilde n’avait toujours pas le luxe de posséder du thé.

« Ah... merci. C’est chaud ! » s’exclama l’homme.

Il s’était brûlé au moment où il avait essayé de boire à sa tasse. Ainsi, il avait commencé à souffler dessus et l’avait lentement bue.

« Aaah...! »

Grâce à ça, son corps froid était redevenu chaud.

Cela l’avait aidé à un peu plus se calmer.

« Quelque chose est-il arrivé ? » demanda à nouveau Raiz.

L’homme avait rapidement parlé, mais cette fois, il était plus calme qu’auparavant. « Ma femme va bientôt accoucher. Il est bien trop tôt pour ça, mais quelque chose a traversé un mur de notre maison à cause du vent, et le choc a fait commencer les contractions ! »

« Où est la sage-femme de la ville ? » Face à l’homme paniqué, Raiz avait calmement essayé de lui trouver une solution.

« Elle est déjà dans une ville voisine afin d’aider quelqu’un d’autre ! Elle a dit qu’elle reviendrait à temps pour nous aider, mais maintenant c’est impossible..., » répondit-il.

Son expérience lui avait fait prédire le jour où la femme de cet homme allait donner naissance à leur enfant. C’est pourquoi elle avait décidé d’aller là-bas. Il était normal qu’elle aide les villes ou les villages voisins quand il y avait beaucoup de femmes dans le besoin.

« S’il vous plaît ! Prêtez-moi votre cheval pour qu’il l’aide ! » demanda l’homme.

Alors qu’il s’accrochait de nouveau à Raiz, le dompteur secoua la tête tout en s’excusant. « La magie de Licorne peut aider pour les blessures et les maladies, pas pour les accouchements. »

« Oh non... ! » L’homme avait étreint sa tête et était tombé à genoux.

« Qu’en est-il de lui prêter un monstre rapide pour récupérer la sage-femme ? » Lamia proposa cette solution.

Certains monstres pouvaient résister face à un tel vent sans grands efforts, mais cette fois le menuisier hocha négativement la tête. « Impossible. Il faudrait deux jours pour l’atteindre à l’aide d’un cheval. Peu importe le monstre, dans cette tempête, ils ne le feront pas à temps. »

Il avait raison puisqu’il fallait aussi tenir compte du temps pour revenir. Le pire des cas serait le décès de sa femme et de son enfant.

« Si ça pouvait voler... non, ce n’est rien. » Elle avait essayé de dire quelque chose, mais avait immédiatement arrêté dès qu’elle avait un peu plus réfléchi sur ce sujet.

« Voler ? C’est vrai ! Il y a des monstres qui peuvent voler ! » L’homme s’accrochait à ce fin espoir.

« Eh bien non..., » commença Lamia.

« Monsieur le Charpentier, il y a une tempête à l’extérieur. C’est bien trop pour la plupart des monstres volants, » Raiz était entré dans la conversation.

Il était vrai qu’un monstre qui ignorerait les conditions du terrain serait généralement plus rapide, mais avec cette météo, même ceux qui volaient auront d’énormes difficultés à atteindre leur destination, et ce serait extrêmement dangereux pour eux.

« N’y a-t-il... aucun moyen... ? » Le visage du charpentier était encore taché de désespoir.

« Passer à travers cette tempête est un jeu d’enfant pour moi ! » Une forte voix avait résonné dans le bâtiment.

« Dragon ! »

Il s’agissait de la voix de la bête qui protégeait la cabane.

« J’ai tout entendu. Je peux rapidement atteindre cette ville. Alors, confie-moi cette mission, Maître. » Ses mots débordaient de confiance.

Ce n’était pas impossible pour le plus fort des monstres.

« Dragon, peux-tu nous emmener sur ton dos afin d’aller récupérer la sage-femme pour le charpentier ? » demanda Raiz.

« Laisse-moi me charger de ça ! » répondit Dragon.

La voix de Dragon résonna dans la poitrine de l’homme, et lui avait permis de rassembler le courage de se remettre sur ses pieds.

« Dryade, viens avec moi et protège-nous. Lamia, va chez le client et explique-leur la situation avant notre retour, » ordonna Raiz.

« Comme tu le souhaites ! » répondit Lamia.

« En route ! » s’écria Dryade.

« Bien, allons-y ! » déclara Raiz.

Le menuisier, Lamia, Dryade et Raiz avaient tout de suite quitté la hutte.

« Nous sommes entre tes mains, Dragon, » déclara Raiz.

« Je ne te laisserai pas tomber, » répondit Dragon. Puis il baissa son corps et attendit qu’ils montent tous sur son dos.

« Allez, grimpez sur lui. » Raiz avait exhorté l’homme qui se hissait péniblement sur le dos de Dragon.

« Oui ! » répondit le charpentier.

Comme il avait imité le dompteur avec une grande nervosité dans son cœur, son pied avait glissé probablement à cause de la pluie et il était tombé.

« Faites attention ! » Mais Dryade, qui le surveillait en arrière, l’attrapa en plein air avec ses vignes et le plaça sur le dos de Dragon.

« M-Merci beaucoup, » déclara-t-il.

« Je vous en prie, » répondit Dryade.

Une fois que les trois personnes furent prêtes, et Dryade entrelaça ses vignes afin de former un dôme semi-circulaire qui les enfermait.

Après son achèvement, elle avait ouvert quelques brèches pour leur permettre de voir à l’extérieur.

Dragon vérifia si tout était prêt, puis il déploya ses ailes et s’envola vers les cieux.

« Q-Quoi ?! » cria le charpentier, probablement parce que c’était sa première expérience de vol.

« Dites à Dragon où il doit aller, » demanda Raiz.

« D-D’accord ! La ville est au pied de cette montagne ! » répondit le charpentier.

***

« La voilà ! C’est celle-là ! » s’écria le charpentier.

Trente minutes plus tard, ils étaient sur le point d’atteindre leur destination.

« Super, atterrissez ici ! Je vais aller chercher la sage-femme ! » déclara le charpentier.

Dragon plongea là où on le lui avait demandé. Après ça, le charpentier avait sauté du dos de la bête et s’était précipité vers la ville.

« On dirait que nous allons le faire à temps, » déclara Raiz.

« Oui, tout ça grâce à Dragon. Tu es vraiment le plus fort, » répondit Dryade.

« C’est vraiment facile pour moi, » répondit froidement Dragon, mais la fierté résonna dans ses mots.

« Facile, hein... ? » Raiz était venu avec quelque chose. « Je vais essayer de leur demander quelque chose quand nous serons de retour à la maison. »

« Maître, tout va bien ? » demanda Dragon.

« Oui, j’ai juste eu une idée, » déclara Raiz.

Quand le charpentier eut amené la sage-femme, elle avait été tellement choquée de voir un dragon qu’elle s’était presque évanouie, mais à la fin, ils étaient tous revenus à Dekuch et tout s’était arrangé pour le mieux.

***

« Nous sommes sur le point de commencer notre voyage ! » Dragon annonça ça avec une voix joyeuse. « Notre destination est Lestay. Nous nous arrêterons à Hamitra et à Pishien. Veillez à ne rien perdre en route. »

Les personnes sur son dos avaient étroitement serré leurs bagages.

« Et c’est parti ! » s’exclama Dragon.

Dragon se dirigea vers Hamitra en battant ses puissantes ailes.

Raiz le regarda d’un air amusé depuis le sol. « On dirait que notre Dragon Express est très apprécié. »

Après que l’affaire concernant l’accouchement avait été résolue, Raiz avait demandé une réunion avec le chef de la ville et les commerçants afin de leur proposer Dragon comme un service de transport.

Il était plus rapide que les chevaux, il était impossible pour les monstres de l’attaquer et il pouvait transporter une énorme quantité de bagages.

Les personnes avaient été surprises par cette proposition, mais en même temps, elles avaient également été captivées.

Le Dragon Express était terriblement cher si on le comparait à un chariot tiré par des chevaux. Mais il permettait de gagner beaucoup de temps, et il n’y avait aucune nécessité d’embaucher des mercenaires afin de le protéger.

Il était extrêmement tentant pour les marchands qui vendaient des objets qui étaient la tendance du moment et pour les vendeurs d’accessoires coûteux.

Après avoir accepté quelques suggestions, Raiz avait créé un système qui permettait aux personnes si elles le voulaient, de descendre avant le dernier arrêt et cela à un prix réduit.

Contrairement à une diligence, le Dragon Express n’avait pas une seule destination, et grâce à cela, le prix du trajet était divisé entre chaque personne qui l’utilisait.

La nouvelle de ce système particulier de transport s’était répandue, de sorte que même les nobles et les marchands d’autres villes avaient commencé à utiliser ce service.

« Je suis content que maintenant même Dragon ait un travail, » Raiz sourit face à l’image pleine de vie de Dragon qui volait au loin.

Sa joie était aussi nourrie par le lourd sac de pièces d’or qu’il tenait dans ses griffes.

« Le Dragon Express est assurément rentable ! Nous pourrions presque maintenir notre guilde avec seulement ça ! » déclara Raiz.

Mais il ne prit pas en compte à ce moment-là la facture pour les énormes selles se trouvant sur le dos de Dragon qui avait à la fois un porte-bagages et des sièges pour les personnes.

Le jour où il avait décroché le jackpot n’était pas encore arrivé.

***

Chapitre 11 : Une nouvelle maison

« Au revoir, ma chère maison. Je n’oublierai pas les jours passés ensemble ! » Raiz avait poussé un cri de douleur après avoir regardé les morceaux de bois sec que composait sa maison. « Même si c’était bref. Hahaha ! »

« C’était tellement animé et maintenant c’est tellement vide ! » Licorne était le seul qui était heureux de cette disparition.

En face d’eux se trouvait la cabane où ils vivaient jusqu’à tout récemment.

Quand ils étaient allés chercher la sage-femme, le vent provoqué par la tempête était devenu trop important pour le bâtiment.

Tréant avait essayé de la protéger, mais sa taille n’était pas du tout à la même échelle que celle de Dragon, donc rien n’avait pu être fait.

Quand Raiz dut forcer la porte pour y entrer, il réalisa qu’il ne pouvait plus y vivre.

Afin d’essayer d’échapper à la réalité, il célébrait un enterrement pour sa maison détruite.

« Maître, il vaudrait mieux en finir une bonne fois pour toutes, » Dragon était choqué par le comportement de son maître.

« Oui, je sais, c’est maintenant fini. Nous devons reconstruire notre chez-nous, » déclara Raiz.

Les choses brisées ne pouvaient pas retourner à leur forme originale.

Il avait raison, et Raiz le savait déjà.

Sa maison était maintenant partie, et il n’y avait rien qu’il puisse faire.

Construire un nouveau bâtiment était la meilleure solution.

Pourtant, il ne pouvait pas se résoudre à avancer et il regarda Dragon avec ses nouvelles selles sur le dos.

C’étaient des objets faits sur mesure.

Au total, une quinzaine de personnes pouvaient monter la bête, et leur porte-bagages et leurs sièges avaient été conçus pour résister au vent.

Mais les matériaux nécessaires étaient de grande classe et difficiles à trouver. Ils étaient si chers que seuls les riches pouvaient se les permettre.

Raiz pensait au début que c’était un investissement nécessaire, mais c’était au contraire un piège tendu par les artisans et les marchands pour tromper un novice comme lui.

Il voulait créer un service de transport pour les habitants du coin, mais il était inconscient de certaines choses, alors il avait fini par acheter des choses inutiles et le coût avait augmenté de façon inattendue.

Les marchands lui avaient dit qu’ils lui donneraient un rabais puisque c’était son premier achat, et que c’était apparemment une vraie affaire, mais il était quand même naïf.

Ils avaient prêté attention à l’affaire de Raiz pendant un certain temps, et ils avaient déjà prédit qu’il gagnerait beaucoup d’argent, alors ils voulaient être sûrs que ça ne se fermerait pas.

Leur première escroquerie avait été les coûts insensés pour les produits, profitant de la négligence de Raiz.

Il voulait seulement acheter les bons articles pour offrir son aide aux personnes, mais un vrai marchand savait ce que voulait le client et lui vendrait le meilleur article.

Voilà pourquoi l’argent de Raiz avait été épuisé.

« Que devrions-nous faire maintenant que j’ai perdu ma maison et le bureau de notre guilde... ? » demanda Raiz.

Tombé sur ses genoux, il avait l’air désespéré, comme s’il s’abandonnait au destin.

Pour être franc, il avait mal géré son argent.

« Pourquoi ne pas aller chez le charpentier et passer un contrat avec lui ? Je suis sûre que les actes de Dragon couvriront largement les frais de notre nouvelle maison, » proposa Lamia.

« Oui... tu as raison, » Raiz accepta la proposition réaliste de Lamia et il s’était levé après ça.

***

« Chose sûre ! N’hésitez pas à me payer quand vous avez assez d’argent ! Je vais commencer les préparatifs dès que possible ! » annonça le charpentier.

« Quoi !? Êtes-vous sérieux !? » Raiz avait été surpris par la bonne volonté du charpentier.

« Pas besoin d’être aussi surpris, mon petit, » répondit le charpentier. « Même nous savons combien vous ont coûté les selles de votre dragon. Et aussi, ce n’est que grâce à vous si la femme de mon fils a pu donner naissance à mon petit-fils. Laissez-moi vous remercier à ma manière ! »

Il n’avait pas fait cette décision par pitié. Il voulait simplement rendre la pareille et avait rassuré Raiz sur le fait qu’il n’était pas pressé d’être payé pour le travail.

Il avait confiance que le dompteur tiendrait sa parole.

« Je vais tracer les plans, alors dis-moi ce que vous voulez dans votre nouvelle maison ! » déclara le charpentier.

***

Alors que Raiz arrangeait tout quant à la construction de sa nouvelle maison, un nouveau problème approchait Dekuch.

« Nous vous avons trouvé, Dragon Express. »

« Il est le seul à pouvoir utiliser un dragon comme ça. »

Les cagoules cachaient le visage de ce qui semblait être un homme et une femme.

« Raiz Dompteur, le Seigneur des mille bêtes est là ! »

Une nouvelle tempête était sur le point d’engloutir le dompteur.

***

Chapitre 12 : Construisons une maison

Bam, bam, bam !

Le bruit de marteau résonna dans l’air.

Raiz et ses camarades travaillaient sur le chantier de construction de la nouvelle base pour la guilde La Livraison de Monstres. Depuis que leur ancien bureau avait été détruit par la tempête, ils avaient besoin d’un nouveau foyer.

Le charpentier lui avait fait une faveur concernant le temps de paiement, mais Raiz était à la fois reconnaissant et désolé.

Étant donné les circonstances, il avait périodiquement essayé d’aider son sauveur, essayant de couvrir au moins les dépenses de base. Il avait également offert le salaire de Lamia, mais son salaire n’était pas vraiment important, donc les gains de Dragon étaient devenus fondamentaux pour lui.

Nous devons payer les charpentiers dès que possible. Nous devrons essayer de ne pas les déranger, pensa Raiz.

Ils savaient tous que la vie des travailleurs était très stressante, alors Raiz se creusait la tête pour trouver plus de moyens de gagner de l’argent et pour pouvoir rapidement régler ses dettes. Mais les travailleurs en question semblaient satisfaits de la situation.

« Lamia, je dois descendre, peux-tu m’aider ? »

« D’accord, » répondit Lamia.

L’un des travailleurs sur le chantier l’avait appelée depuis le deuxième étage, et ainsi, Lamia prolongea sa queue avant d’aller le serrer par-derrière afin de s’assurer qu’il ne glisserait pas et ne tomberait pas.

« Mmmh ! »

L’homme avait semblé être en pleine extase dès le moment où les bras de Lamia l’avaient enlacé jusqu’au moment où il avait été libéré de cette étreinte.

Et ainsi, aucun d’entre eux ne se souciait du retard de paiement.

« Les garsss !! Pourquoi ne prenez-vous pas une pause ~ ? J’ai apporté des fruits que Tréant a récoltés dans la forêt ~ ! » La dryade leur suggéra cela, leur montrant par la même occasion un tonneau rempli d’eau qu’elle avait fait en emmêlant ses vignes.

« Bien sûr ! Hé, vous tous ! Prenons une pause ! »

« Super !! »

Après avoir entendu l’ordre du maître charpentier, les ouvriers avaient commencé à quitter le bâtiment en construction et s’étaient dirigés vers la fille afin d’obtenir des rafraîchissements.

« Franchement, votre eau est si bonne, Dryade ! »

« C’est juste de l’eau, » répondit-elle.

« Non, mais c’est pour de vrai ! Ce n’est pas comme de l’eau bouillie ! »

Ils essayaient seulement de la flatter, mais ils avaient raison. L’eau qu’elle avait apportée n’était pas tout à fait normale. Il s’agissait de la rosée du matin renforcée avec son pouvoir magique, et cela aidait à la récupération de la fatigue et avait également reconstitué l’énergie magique.

Ils n’étaient pas conscients que s’il achetait ça dans un magasin d’objets magiques, une seule tasse aurait valu une pièce d’argent.

« Monsieur, combien cela prendra-t-il pour compléter la maison ? » demanda Raiz au maître charpentier.

« Laissez-moi voir ça. Compte tenu de la taille, cela prendrait environ une demi-année, mais si vous et vos monstres continuez à nous aider, nous pourrions finir deux ou trois mois plus tôt, » répondit-il.

Les monstres s’étaient portés volontaires pour aider, et ils faisaient un travail merveilleux.

Par exemple, aller dans la forêt pour abattre des arbres était dangereux parce que les monstres attaquaient les personnes, donc les subordonnés de Raiz avaient pris leur place.

En outre, ils auraient dû attendre que le bois sèche à l’intérieur, car Dekuch était situé dans la partie orientale du royaume de Tend, où la saison des pluies était une grosse affaire. Le séchage du bois était un processus qui prenait du temps et de l’argent. Grâce aux monstres de Raiz, ce processus avait été très accéléré.

Les arbres avaient été apportés à une hutte où la salamandre avait allumé un feu, et Harpie envoyait l’air chaud sur le bois pour le faire sécher plus rapidement.

De cette façon, le temps d’attente avait été considérablement réduit.

En outre, grâce à la force des tréants et des minotaures, plus de matériel pouvait être transporté en même temps, et de petits monstres comme les kobolds aidaient avec des tâches simples selon les instructions des charpentiers, laissant les travailleurs se concentrer sur le travail de précision.

« Dites-nous si vous avez besoin d’aide. C’est après tout notre travail, » déclara l’un des minotaures.

Le maître charpentier déclara joyeusement aux minotaures qui travaillent. « Ne devrions-nous pas alléger votre charge de travail ? »

« Stupide ! Nous vous avons engagé pour nous aider, pas pour vous laisser nous voler notre travail ! » répliqua l’un des minotaures.

Il a raison, pensa Raiz.

Un expert comptait beaucoup sur son sixième sens, et sa façon de faire était très différente de celle d’un apprenti.

Apprendre comment le faire correctement avait pris du temps et aiguiser ses compétences était un processus fonctionnant selon le principe d’essais et d’erreurs.

Rassembler de nombreux artisans expérimentés était généralement la meilleure façon de créer quelque chose d’incroyable.

« Cela ne nous dérange pas de recevoir de l’aide de solides bénévoles. »

« Laisse-moi me charger de ça ! » Dis le maître charpentier alors qu’il commençait à choisir les hommes les mieux adaptés à la tâche.

Si nous en apprenons suffisamment d’eux, nous pourrions être en mesure de réparer notre nouvelle maison si elle s’endommageait. Dans ce cas, les frais de réparation ne seraient pas très élevés.

Raiz avait accepté ce que le menuisier lui avait dit sans objecter.

« Ça va prendre un peu plus de temps, hein... Nous devrions donner notre meilleur, » déclara Raiz.

Il laissa échapper un profond soupir et regarda ce qui allait devenir sa nouvelle maison. Le toit était entièrement en bois, dont une partie était recyclée de l’ancienne maison.

Comme il était encore en construction et n’avait pas de murs, ils prévoyaient de laisser passer le vent à travers le bâtiment pour atténuer les dégâts.

« Alors, c’est donc ça, hein. »

Raiz avait entendu une voix et s’était retourné pour voir qui venait de parler.

Deux silhouettes marchaient vers la maison avec leurs visages cachés par des capuchons.

« C’est donc ça la ferme des monstres. »

« Ou plutôt, ça devrait être... »

On aurait dit qu’ils cherchaient la maison de Raiz, mais comme elle avait été détruite, et que les ouvriers la construisaient à nouveau, il n’était donc pas facile de comprendre ce qui se passait.

« Il devrait y avoir beaucoup de maisons, mais il n’y a au mieux que des clôtures. Et ce qui est avec ce toit... est-ce même attaché ? »

« Pourquoi me demandes-tu ça !? Quoi qu’il en soit, il devrait vivre par ici... Ah ! Il y a quelqu’un là-bas ! Dieu merci, allons-y afin de le lui demander ! Excusez-moi ! » La voix d’une femme atteignit le dompteur. « Excusez-moi, savez-vous où se trouve Raiz Dompteur... »

Mais elle s’était arrêtée après avoir dit ça.

« Euh... comment puis-je vous servir ? » demanda Raiz alors qu’il était perplexe.

Elle avait des affaires à voir avec lui, mais elle se tut tout à coup.

« Qui... pourriez-vous être, madame ? » demanda Raiz.

« Hé ! Attends-moi un peu... ! Oh, mais c’est toi, Raiz ? » L’autre personne se rapprocha et demanda ça d’une voix masculine.

« Es-tu... Merck ? » demanda Raiz.

« Oui, c’est bien moi. Cela fait un moment, » répondit Merck. L’homme avait enlevé sa capuche, révélant un beau visage.

« Si tu es là, alors..., » commença Raiz. Le regard de Raiz se posa sur l’autre silhouette, qui semblait au début surprise, puis elle prit son courage à deux mains et elle révéla son visage.

« Ça fait longtemps, Lety, » déclara Raiz.

Ses yeux confiants avaient été trahis par son regard embarrassé.

***

Chapitre 13 : Appelez depuis un ancien endroit

« C-Cela fait un moment, Raiz, » le visage de la fille vira au rouge alors qu’elle disait ça.

« Salut, tout à fait, » répondit Raiz.

Elle gigotait maladroitement, alors il l’avait saluée avec un ton amical.

« Hé, Monsieur, connaissez-vous ces deux demoiselles ? » demanda le charpentier qui voulait en savoir plus sur la relation des nouveaux arrivants.

« Mesdemoiselles !? » s’exclama Merck.

Merck avait été choqué d’être pris pour une fille, mais ce n’était pas la première fois, compte tenu des traits délicats de son visage.

Le dompteur sourit ironiquement face à tout ça. « Oui. Ce sont mes anciens camarades. »

« Vraiment ? Elles sont assez sérieuses si elles sont venues si loin seulement afin de vous rencontrer, » le maître-charpentier remarqua que Raiz ne voulait pas parler de son passé.

Il pensait qu’il valait mieux ne rien demander et les laisser seuls. « Les gars, la pause est terminée ! Retournons tous au travail ! »

« D’accord ! » Les travailleurs avaient répondu d’une voix enjouée et étaient immédiatement retournés à leur poste de travail.

Raiz était vraiment reconnaissant pour sa considération. Après qu’ils soient tous partis, il avait de nouveau fait face à ses anciens camarades. « Pourquoi me cherchez-vous ? Comment vont les choses dans l’armée ? » demanda-t-il finalement.

Lety redressa son dos alors qu’elle le regardait. « C’est exactement pourquoi nous sommes ici ! Reviens avec nous ! »

« Jamais, » il avait refusé son offre sans ménagement.

« P-Pourquoi !? » Elle avait bégayé due à la surprise.

« Parce que je ne veux pas revenir après qu’ils m’aient ainsi viré de là. Comment peux-tu penser que je ferais ça ? » demanda Raiz.

Il avait déclaré la dernière partie avec nonchalance.

L’armée le virait froidement, mais maintenant, elle implorait son pardon.

Il aurait parié qu’ils lui demandaient cela seulement parce que le Dragon Express était très rentable.

« J-J’ai entendu parler de ça, mais c’est un ordre du général Mard ! » déclara Lety.

« Le général Mard ? » demanda Raiz. Il fronça les sourcils quand il entendit ce nom. « N’a-t-il pas pris sa retraite ? »

Il se souvenait qu’il avait pris sa retraite en raison de son âge après la fin de la guerre. Celui qui lui avait succédé était un officier incompétent, et c’était celui-là même qui avait renvoyé Raiz.

Il ne pouvait pas être blâmé d’avoir ce genre de réaction.

« Mard a entendu que tu as été chassé et as grondé durement son successeur, lui disant qu’il ne connaissait même pas le sens du terme “dissuasion”, » Merck avait essayé d’expliquer pourquoi le général voulait le retour de Raiz. « C’est pourquoi nous sommes venus ici personnellement pour te demander de nous rejoindre. »

« Je vois, », mais Raiz n’avait pas semblé être intéressé par la question.

« Qu’est-ce qui t’arrive !? Tu vas enfin retourner à l’armée ! Réjouis-toi ! » Lety bouda, affichant clairement son mécontentement.

« Raiz, tout le monde dans l’armée pense que ce qui t’est arrivé est injuste. En fait, chacun des guerriers qui se sont battus à tes côtés souhaite t’avoir à nouveau avec nous, » déclara Merck. Il avait essayé de le persuader tout en essayant de calmer Lety. « Je suis sûr que beaucoup de personnes qui ne pouvaient pas imaginer leur avenir ont pensé à toi comme un obstacle, étant donné le nombre de subordonnés que tu as à tes côtés. Mais Sa Majesté le Roi à lui-même permit ta réintégration, alors tu ne dois pas t’inquiéter de ce que pensent les nobles ou les soldats. »

« Le Roi, hein !? » Raiz était un roturier, donc il n’était pas devenu émotif quand le roi avait été nommé.

Après tout, il avait rejoint l’armée seulement pour obtenir la gloire et la richesse et aussi pour combler les dépenses alimentaires de ses monstres.

Les dompteurs et les soldats étaient traités totalement différemment.

Même en montrant le meilleur qu’il pouvait faire, il n’avait jamais été récompensé correctement pour ces actes.

Certains avaient peut-être reconnu sa valeur, mais personne n’avait parlé de ses efforts ou de ses actions, même pendant les cérémonies importantes dans lesquelles il avait été impliqué en raison de ses victoires.

Les chevaliers descendants de la noblesse et le nouveau général ne pensaient qu’à la place que les monstres de Raiz prirent dans ce conflit, et le méprisaient au point que le Seigneur des Mille Bêtes devint rapidement la risée de toute l’armée.

C’était aussi ainsi que les personnes normales avaient commencé à voir les Dompteurs comme étant des entités bizarres qu’il fallait éviter.

De plus, les chefs de l’armée avaient délibérément manipulé certaines informations pour utiliser pleinement le potentiel de Raiz à leur avantage.

« Désolé, mais je suis satisfait de ma nouvelle vie. Je n’ai pas l’intention de revenir avec toi, » répondit Raiz.

Il semblait que Raiz ne pensait pas à tout ça.

Et pendant que Merck souriait ironiquement et que Lety essayait de contrôler sa colère bouillonnante, quelqu’un arriva auprès d’eux.

« Monsieur Merck, Mademoiselle Lety, voulez-vous un peu d’eau ? » Dryade leur avait offert de l’eau, et la tension s’était ainsi relâchée.

« O-Oh ! Salut Dryade. Ça fait un moment. Comment ça va ? » demanda Merck.

« Je vais bien, merci. Je suis désolée de vous offrir seulement cela, mais nous n’avons pas de thé, » répondit Dryade.

« Ne t’inquiète pas de ça, nous sommes venus ici en une marche forcée, donc c’est plus que suffisant, » Merck la remercia alors qu’il portait le verre à ses lèvres. « Ah, ton eau est vraiment spéciale. »

« Merci beaucoup, » répondit Dryade.

Il lui rendit le verre et regarda les monstres qui se reposaient tranquillement au ranch.

« J’ai entendu parler du Dragon Express. C’est un grand succès, n’est-ce pas ? » demanda Merck.

Raiz avait essayé de répondre le plus vaguement possible. Il savait que Lety exprimerait sa colère s’il lui donnait la chance de frapper. « Cela ne va pas si mal que ça, je suppose. »

« Tu dois être prudent, » Merck avait déplacé son regard sur lui en affichant un visage sérieux. « Raiz, quelqu’un te poursuit. »

« Mon Seigneur ~ ! » La voix d’une jeune fille leur parvint, et quand ils se retournèrent, Arachnéa s’approcha d’eux en portant une grosse boule blanche avec elle.

La partie supérieure de son corps était celle d’une humaine, et sa moitié inférieure était une araignée. « Ces types suspects ont des armes, donc je les ai attrapés ~ ! »

« ... »

Une étrange ambiance était tombée sur les personnes présentes en ce lieu.

« Hein !? On dirait que tu t’en es déjà occupé, » Merck baissa légèrement la tête, embarrassé d’avoir été inquiet quelques instants auparavant quant à ce problème.

***

Chapitre 14 : Deux options

« Raiz, quelqu’un te poursuit, » déclara Merck, son ancien camarade. À l’instant suivant, Arachnéa lui amena les personnes suspectes qu’elle venait de capturer.

« Ils ressemblent à des civils, mais ils ont des callosités sur les mains. Ils ont probablement une expérience martiale, » avait ajouté Merck après avoir examiné les hommes.

Ils avaient décidé de déplacer les corps au-delà de la colline pour que les charpentiers ne puissent pas les voir.

« Ne pourraient-ils pas être des fermiers ou des aventuriers ? » demanda Lety.

« Non, leurs muscles ne correspondent pas ce qu’ont des fermiers ayant travaillé dans des champs. Ils seraient plus crédibles comme aventuriers, mais leur équipement est quelque chose qu’un assassin porterait, » déclara Raiz.

Il avait alors pris un poignard noir et une petite bouteille remplie d’un liquide laiteux en provenance de leurs vêtements.

« Les couteaux noirs sont utilisés pour éviter le reflet de la lumière sur la lame, et c’est sans aucun doute un poison, » déclara Merck. « Ils ne traînaient pas dans votre ranch pour aller s’occuper d’un villageois ou d’un marchand. »

La tension avait commencé à s’accumuler après qu’il eut déclaré ça.

« Raiz ! Reviens tout simplement avec nous ! Nous ne saurons pas quand il pourrait être trop tard ! » Lety avait désespérément essayé de le persuader, alors que son visage était déjà pâle.

Sa réaction n’était pas attendue en provenance d’une simple ancienne collègue.

« ... Je dois y réfléchir, » déclara Raiz. « J’ai encore des choses dont je dois m’occuper. »

« Qui se soucie d’eux ! Ils essaient de te tuer ! » Elle insista fermement, mais il ferma simplement les yeux et l’ignora.

« Lety, ne le force pas. Il a besoin de temps afin de réfléchir, » déclara Merck.

« Mais... ! » répondit Lety.

« Je veux aussi qu’il rejoigne l’armée, mais le forcer n’est pas une bonne chose, » déclara Merck.

« ... D’accord, » déclara Lety.

Même si elle était si opposée jusqu’à ce moment-là, Merck avait réussi à la calmer.

« Raiz, nous amènerons ces individus avec nous dans la ville, » déclara Merck. « Nous nous installerons dans une auberge pendant un petit moment, donc si tu changes d’avis quant à notre proposition, n’hésite pas à venir. Bien sûr, nous allons aussi vérifier comment les choses se passent ici. »

« Nous viendront ici tous les jours ! » Lety était décidée à convaincre Raiz, mais elle n’avait pas d’autre choix que d’abandonner pour aujourd’hui.

Après avoir salué le dompteur, ils avaient finalement quitté le ranch.

« Seigneur Raiz, que vas-tu faire ? » Lamia regarda son maître avec une expression ampliée d’anxiété.

Les monstres ne faisaient pas confiance à l’armée qui les avait rejetés, et certains étaient même hostiles.

« Eh bien, voyons... Je ne veux pas revenir pour l’instant, » déclara Raiz.

Les monstres présents lâchèrent tous un soupir de soulagement.

« De toute façon, d’où viennent-ils ? » Il se le demanda à haute voix alors qu’il y réfléchissait.

« Peut-être que quelqu’un les a envoyés depuis le Royaume de Serga, » déclara Lamia.

Raiz hocha la tête face à la suggestion de Lamia.

Pourtant, il ne semblait pas être satisfait de cette proposition.

« Cela pourrait être possible, » déclara-t-il.

« Y a-t-il quelque chose qui ne va pas dans cette possibilité ? » demanda Lamia.

« Non, je pensais juste à leur proposition. Est-ce que l’armée veut vraiment que je revienne ? » demanda Raiz.

« Je ne comprends pas les guerres humaines, mais je comprends qu’ils chercheraient de puissants alliés, » répondit Lamia.

Lamia était un monstre, mais grâce à son côté à moitié humain, elle avait l’intelligence et la flexibilité lui permettant de comprendre les humains.

« Ce serait génial si les gens agissaient et se déplaçaient seulement selon de véritables raisons..., » déclara-t-il.

Pourtant, il y avait certaines parties de ce qu’ils avaient dit qui lui semblait suspects.

Il ne voulait pas inquiéter davantage ses subordonnés, alors il avait gardé cette pensée pour lui-même.

Les monstres présents le regardèrent tous, mais même Lamia ne semblait rien remarquer.

« Eh bien, je ne veux pas retourner dans l’armée, » déclara Raiz. « Nous avons même commencé une affaire sérieuse ici ! De plus, je ne peux pas quitter cet endroit avant que l’équipement de Dragon ne soit entièrement payé ! »

En entendant les monstres rire, Raiz se détendit.

Maintenant que la guerre avait pris fin, il ne voulait pas que ses chers subordonnés se battent à nouveau.

« Tu as raison. Oh ! Et maintenant que les charpentiers nous construisent une nouvelle maison, il serait dommage de la laisser vide ! » déclara Lamia.

« Très certainement, » répondit Raiz.

◆◆◆

Alors qu’il était réchauffé par les flammes d’un feu de camp, Raiz leva les yeux vers le ciel. Il s’agissait d’une belle soirée sans nuages.

Un miaou avait alors atteint ses oreilles.

« Es-tu de retour ? » demanda-t-il.

Il se tourna pour faire face à un joli chat recouvert d’une douce fourrure.

« Les Cat Sith sont connus pour leur sens du devoir, miaou, » déclara le chat.

Le chat se dressa sur ses pattes de derrière et grimpa sur les genoux de Raiz.

« As-tu découvert quelque chose ? » demanda Raiz.

Le monstre avait fait face à Raiz et avait étendu ses pattes sans prononcer un mot. « ... »

Le dompteur avait déplacé sa main sans réfléchir et avait appuyé sur la patte spongieuse du chat.

« Purr~! Oh oui, un massage... ! Non, je veux dire, ouiiiii ! » Il avait levé ses oreilles et sa queue tout en ronronnant.

« Désolé, je plaisantais, » déclara le chat.

Raiz avait ensuite pris de la viande séchée dans un sac en cuir et le lui avait donné.

« Merci beaucoup, Maitremiaou, » répondit-il.

Cat Sith était différent des autres monstres.

Il avait accepté de communiquer périodiquement des informations utiles en échange d’un paiement.

Il n’y avait pas beaucoup de monstres qui agissaient comme ça, et les dompteurs comme Raiz étaient plus enclins à utiliser de gros monstres.

« Alors, as-tu des informations pour moi ? » Raiz avait encore demandé alors que le monstre avait mordu dans sa récompense.

Cat Sith avait lentement levé sa patte.

« Bien sûr, » répondit Cat Sith. « J’ai découvert quelque chose d’incroyable, Maitremiaou. ».

Ce fut ainsi une longue nuit pour le dompteur.

***

Chapitre 15 : Besoin d’un héros ?

Cela s’était produit il y a environ un mois.

Un tapis coûteux était étalé sur le sol, et des armures en métal, des épées et des boucliers étaient fixés sur les murs. De l’autre côté, d’immenses peintures et des décorations variées coloriaient la pièce.

Des dizaines de sacs de pièces d’or n’auraient pas suffi à acheter tout ça.

Celui qui possédait tout cela était assis sur une chaise, regardant les autres depuis la hauteur fournie par son trône.

Quelqu’un avait alors toqué à la porte.

« Entrez, » déclara-t-il alors qu’il était assis à côté d’une table ouvrage.

« Le Chevalier Merck Zeit, à votre service, » se présenta l’homme après être entré dans la pièce.

« Bienvenue, futur vicomte, » répondit l’autre.

« Ne me nommez pas ainsi, Général Frida, » répondit Merck.

Merck regarda l’homme qui s’appuyait sur son trône.

« Pourquoi ça ? Un beau jour, vous en deviendrez un. De toute façon, j’ai une faveur à vous demander, » déclara-t-il.

« Qu’est-ce que cela pourrait-il être ? » demanda Merck.

Frida se leva et s’approcha du chevalier.

« Mard, l’ancien général, a demandé à Sa Majesté de faire que Raiz Dompteur rejoigne à nouveau l’armée, » il avait prononcé le mot « ancien » avec beaucoup d’emphase.

« Vraiment !? » s’exclama Merck.

« Il a même dit. “Son armée de monstres avait toujours effrayé les autres pays, agissant ainsi comme un répulsif. Le renvoyer fut un geste stupide” » déclara Frida.

Frida avait l’air ennuyée. C’était en effet une situation assez stupide.

Merck partageait le même avis que Mard et l’homme devant lui n’avait aucune expérience de combat. En tant que fils d’un noble influent, il était devenu un chevalier royal sans entrer une seule fois dans un vrai champ de bataille.

Comme son nom l’indiquait, un chevalier royal était la dernière ligne de défense de la capitale. Cela aurait dû s’agir du rôle le plus important, rempli des guerriers les plus forts.

Mais une capitale était le dernier endroit à attaquer lors d’une guerre et donc, habituellement, les soldats les plus forts avaient déjà été déplacés afin d’aider les lignes de front.

À cause de cela, les chevaliers royaux étaient devenus de ridicules ersatz de véritables chevaliers. C’était ainsi devenu une unité remplie d’individus totalement incompétents.

Oui, « incompétent » était le seul mot qui venait à l’esprit de Merck pour définir l’homme qui se trouvait devant lui.

« Notre glorieuse armée n’a nullement besoin de ce type ! » s’exclama Frida. « En outre, quel chevalier compterait sur ces sales monstres ? »

S’il n’avait pas été présent avant ça, alors ce pays aurait été conquis il y a longtemps, pensa Merck, mais comme il se tenait devant son supérieur, il laissa la conversation se poursuivre.

« Vous êtes un observateur attentif, général, » il avait menti afin de répondre à ses attentes.

Ne jamais aller à l’encontre de son supérieur était la clé du succès et de la longévité.

« Je savais que vous pouviez me comprendre ! Je ne pouvais pas attendre moins du fils du vicomte Zeit ! » déclara Frida.

Les sourcils de Merck se contractèrent imperceptiblement, et l’homme devant lui, qui était inconscient de cette réaction, continua à parler. « Je veux que vous vous joigniez le chevalier envoyé par Mard et que vous empêchiez Raiz de rejoindre à nouveau l’armée ! »

« Oui, Sire ! » répondit Merck.

Il détestait ça. Je ne veux pas entraver le devoir d’un ami et le retour de Raiz..., pensant cela, il avait commencé à comprendre le sentiment de trahir un ami.

Pourtant, le travail c’est du travail.

***

« C’est tout, Maitremiaou. J’ai acquis cette information d’un Cat Sith qui vit dans la capitale, donc ça ne peut pas être faux, » déclara Cat Sith.

Les Cat Sith avaient des capacités martiales quasi inexistantes. Après tout, ils n’étaient principalement que des chats parlants.

Pourtant, même s’ils ressemblaient à des créatures inutiles, ils avaient toujours réussi à cacher une capacité incroyable.

Ils pouvaient partager leurs consciences entre eux. Ils pouvaient entrer en contact et échanger des informations entre eux même sur une grande distance.

Raiz avait essayé de demander à Cat Sith comment cela fonctionnait, mais il lui avait répondu que c’était la clé de voûte de leur commerce, alors il ne pouvait pas simplement le lui expliquer.

« Je vois. On dirait que l’armée est en train de s’effondrer, » déclara Raiz.

Un conflit politique juste après une guerre ? Quelle bande d’idiots !

« De plus, les hommes qu’Arachnéa a attrapés sont des espions du royaume voisin. Ils devaient garder un œil sur toi, Maitremiaou, » déclara Cat Sith.

« Juste des éclaireurs, et non pas des assassins ? » demanda Raiz.

« Exactement, » répondit-il.

Raiz laissa échapper un profond soupir.

Tout en grattant le menton du chat avec ses doigts, il avait commencé à réfléchir à son prochain mouvement.

« Occupons-nous d’abord de ces fauteurs de troubles louches, » déclara Raiz.

« *Ronron*... ? Es-tu sérieux ? » Cat Sith avait souri à Raiz tout en ronronnant.

« Tout à fait. Il est temps que je mobilise l’unité d’ombre. Cela fait un certain temps depuis la dernière fois que je l'ai utilisée, » déclara-t-il.

Le temps de sa contre-attaque était venu.

***

Chapitre 16 : Ceux qui se cachent dans la forêt

Raiz avait deux types de subordonnés.

Le premier était composé de monstres avec la force pure comme caractéristique principale. Dragon, Lamia, Tréant et Dryade appartenaient à ce groupe, ainsi que beaucoup d’autres monstres. Leurs capacités leur permettaient de briller sur les champs de bataille, et ils avaient été reconnus comme une précieuse force de combat.

Mais qu’en était-il des autres ?

Eh bien, il s’agissait d’un type de subordonnés qui agissaient dans l’ombre.

Par exemple, Cat Sith pouvait recueillir une quantité effrayante d’informations malgré son inutilité sur les champs de bataille, et Arachnéa possédait des compétences de capture de premier ordre. Dans ce groupe, il y avait beaucoup de monstres qui pouvaient utiliser leurs capacités tout en se cachant.

Parmi eux, les plus compétents faisaient partie de l’unité de l’ombre. Certains n’étaient connus que de quelques membres de l’armée, tandis que d’autres monstres n’étaient connus que de leur dompteur.

Raiz leur avait ordonné de se déplacer, et ils avaient levé le rideau sur leur scène, l’ombre.

***

Pendant ce temps, dans la Forêt des Monstres, le domaine des créatures qui n’aimaient pas la présence des humains...

« Sam a été capturé, » déclara une silhouette entièrement vêtue de noirs.

Ses camarades, vêtus de la même manière, frissonnèrent. Probablement à cause d’une certaine sorte d’altération, il était difficile de savoir si cette voix appartenait à un homme ou une femme.

« Ses monstres ont réussi à le capturer, » déclara l’une des silhouettes.

« Comme prévu d’un homme si talentueux. Je suppose qu’il a pu sentir notre présence et a déplacé ses pièces en conséquence grâce à son entraînement militaire, » déclara celui qui semblait être le chef.

« Capitaine, que devrions-nous faire avec Sam ? » demanda une autre ombre.

« Tuez-le. Ce serait mauvais si les citoyens de Tend venaient à apprendre que nous sommes impliqués, » le capitaine avait ordonné à ses camardes de disposer de Sam sans avoir eu la moindre hésitation.

« Il a été placé en garde à vue par les chevaliers de Tend. Il est probable qu’ils remarqueraient quelque chose si nous le tuions, » déclara l’autre.

« Alors, tuez-les tous. Des hommes morts ne peuvent plus parler, » répondit le capitaine. « Si nous pouvons ramener notre vraie cible chez nous, personne ne saura la vérité. »

Cinq silhouettes vêtues de noir avaient commencé à se diriger vers la ville.

Ces hommes suspects, les forces spéciales de Serga, étaient maintenant chargés de trouver Raiz.

Leur mission consistait à persuader le dompteur de rejoindre leurs rangs, et s’il refusait, ils devaient en disposer sans que personne le sache.

« Je me demande s’il acceptera vraiment. Il ne faut quand même pas oublier que nous étions ennemis lors de la guerre, » déclara une ombre.

« Qui sait. Pourtant, même s’il s’est battu pour ce pays, il a été renvoyé par un général incompétent sans même être reconnu comme un héros. Il est censé garder des rancunes contre eux, donc je ne pense pas qu’il sera loyal envers cette armée, » déclara un autre.

Le licenciement soudain de Raiz n’avait jamais été rendu public sur les terres de Tend, mais grâce à leurs compétences d’espionnage, les soldats de Serga le savaient.

« Pourtant, afin de garder un œil sur la raison principale de notre défaite, c’est..., » un autre avait exprimé son mécontentement.

« Les soldats ne vivent que pour exécuter les ordres de leurs supérieurs. Ils peuvent même rejoindre les forces ennemies si nécessaire, » déclara une autre ombre.

« Mais à quoi bon rejoindre les rangs d’un royaume à genoux ? En y réfléchissant rationnellement, il n’y a rien à gagner de faire ça. Notre armée est au bout du rouleau, et si j’étais lui, je ne changerais d’avis que pour une grosse somme d’argent... »

« Ceci, c’est le travail de notre supérieur. Nous n’avons qu’à remplir notre mission, et rien de plus... ».

Ces mots étaient comme un signal pour eux. Après ça, ils étaient restés silencieux, mais l’un d’eux avait remarqué que quelque chose était hors de propos.

« ... »

La silhouette avait essayé de demander à ses compagnons s’ils ressentaient la même chose, mais...

« ... !? »

Il essayait de parler, mais rien ne sortait de sa bouche. Alors qu’ils sentaient eux-mêmes que quelque chose d’étrange se déroulait, les autres avaient également essayé de faire la même chose, mais personne ne pouvait produire le moindre son.

Le monde autour d’eux semblait être dépourvu de sons. Même le bruit des insectes, les cris des bêtes, et le bruissement des feuilles ne pouvaient être entendus ici. Le silence régnait sur tout.

Dans une telle situation, les soldats s’étaient rapprochés les uns des autres et avaient formé un cercle pour se défendre de tout ennemi se rapprochant d’eux depuis l’extérieur.

Alors qu’ils scrutaient les ombres, leur chef se tenait sur ses gardes au centre de la formation. Habituellement, ils suivaient ses instructions, mais à cause de la situation, ils continuaient à scruter leur environnement.

Après quelques minutes écoulées, ils avaient tous été choqués par un autre fait.

Le croissant de lune éclairait vaguement leur environnement, alors ils pensaient que c’était l’occasion de voir ce qui se passait autour d’eux. Pourtant, c’était comme s’ils avaient les yeux bandés.

« ... ?! »

Alors qu’ils étaient aveuglés et sourds, ils avaient commencé à trembler. Même s’ils étaient très entraînés, cette situation était totalement hors de leurs attentes. Comme ils ne pouvaient plus observer leur environnement, et qu’ils étaient confus quant à ce qui se déroulait, ils se demandaient ce qui se passait et comment se comportaient leurs camarades.

En s’appuyant sur leurs sens restants, ils avaient quand même essayé de ressentir si un changement se produisait à cotés d’eux.

Un doux parfum remplissait l’air. Ils avaient alors essayé de se rappeler s’ils l’avaient senti auparavant, mais leurs jambes avaient cessé de les supporter, et ils tombèrent par terre.

La panique s’empara de leurs cœurs. L’un d’eux pensait que certains poisons pouvaient être derrière tout cela, mais quand il essayait de le dire aux autres, sa voix silencieuse n’atteignit personne. Il avait essayé de prendre un antidote, mais ses bras ne pouvaient pas bouger.

Quelques instants plus tard, leurs corps furent totalement paralysés et ils avaient finalement perdu conscience.

***

L’obscurité s’était dispersée, et les monstres avaient quitté la forêt.

« Mission achevée. »

« Bon travail ~ »

« Ça s’est bien passé ! »

« Woof ! »

Ils avaient commencé à se féliciter mutuellement.

Un champignon gigantesque avec des membres, un monstre mi-humain, mi-araignée, une minuscule créature ailée en forme d’homme, et une bête si noire qu’elle semblait couverte d’encre.

Voici qui étaient les membres de l’unité d’ombre de Raiz.

« Qu’allons-nous faire avec eux ? » demanda Pixie en emmaillotant l’une des têtes humaines effondrées avec le fil d’Arachnéa.

Les pixies étaient connus pour être des fées espiègles, mais elles étaient aussi des utilisatrices du vent vraiment talentueuses.

Dans le cas présent, Pixie avait empêché la propagation du son, provoquant ce silence surréaliste.

« Puis-je faire pousser des champignons sur eux ? » demanda Matango. Il s’agissait d’un monstre ayant littéralement l’apparence d’un énorme champignon. Il ne pouvait pas bouger rapidement, mais il pouvait produire des spores à partir de son chapeau qui paralysent d’autres créatures.

« Woof ! » La créature noire d’encre avait demandé à Matango d’arrêter.

« Uwah ! D’accord, j’ai compris. Je vais juste suivre les ordres du chef, » déclara Matango.

Le chien noir était un grand monstre effrayant qui apparaît habituellement dans les cimetières. Il avait fait perdre la vue aux humains en remplissant leur vision d’ombres.

« Je vais porter ces gars. Vous pouvez porter ceux que nous avons saisis auparavant et les apporter jusqu’à notre Maître, » déclara Arachnéa.

« Je vais te les laisser ~ ! Je ne peux pas faire une telle chose, alors je vais juste rentrer chez nous, » déclara Pixie en confiant cette tâche à ses camarades et s’envolant dans le ciel.

« Bon, laissez-nous nous charger du travail, » déclara Matango.

« Woof. »

Alors que Matango avait accepté son destin, le chien noir aboya.

« Oh, tu veux m’aider un peu ? » demanda Matango.

Le chien hocha la tête et étendit son ombre sous les humains, qui sombrèrent lentement dans la noirceur.

« Okay, allons-y alors~ ! » déclara Arachnéa.

Ils avaient commencé à rentrer chez eux après avoir reçu l’ordre d’Arachnéa.

Ils attendaient tous avec impatience les louanges de leur maître.

***

Chapitre 17 : Le travail de Raiz, la gestion du ranch

« Aujourd’hui, Raiz, tu reviendras avec nous ! » s’exclama Lety.

« Salut, Lety, Merck, » déclara Raiz.

Le lendemain de la capture des forces spéciales de Serga par l’unité de l’ombre, les anciens camarades du dompteur étaient réapparus.

« Vous êtes les bienvenues, Dame Lety, Monsieur Merck, » Lamia les avait salués poliment,

Et l’homme l’avait saluée en retour. « Bon matin. »

« Raiz ! Tu as fait partie de notre armée, alors tu devrais comprendre ton rôle, non !? Ce pays a besoin d’un soldat compétent comme toi afin d’éviter une autre guerre ! » déclara Lety avec force.

Il l’écoutait tranquillement, mais il savait déjà ce qu’elle allait dire. Après tout, il avait demandé à Cat Sith de continuer à les observer.

Ils allaient essayer de le convaincre de retourner dans l’armée en disant qu’il serait récompensé adéquatement pour ses mérites.

« Désolé, mais je suis occupé ce matin. Mais j’apprécie vos efforts. Voulez-vous venir me voir au travail ? » demanda Raiz.

« Si tu reviens avec nous, il n’y aurait pas besoin... ! », commença Lety.

« Lety, on ne doit pas gêner son travail. Tout le monde doit travailler, alors nous ne ferions que causer des problèmes à d’autres personnes, » Merck avait réprimandé avec tact la femme exubérante.

« C’est vrai. Si je ne vais pas au travail, je serai poursuivi pour rupture de contrat, et je devrai payer une énorme somme d’argent. Si l’armée doit payer pour moi, je réfléchirai sérieusement à votre proposition. Gardez à l’esprit que, pour regagner la confiance perdue, la somme réelle augmentera de plusieurs fois le montant original, » annonça Raiz.

« Plusieurs fois !? » Le corps de Lety s’était raidi en essayant d’imaginer combien cela pourrait être.

« Je dois y aller maintenant. N’hésitez pas à venir avec moi, si vous le voulez, » déclara Raiz.

Sans attendre leur réponse, Raiz avait quitté la maison.

« Hé, attends ! Nous n’avons pas..., » recommença Lety.

« Pourquoi n’irions-nous pas voir ce qu’il fait ? Même s’il ne veut pas revenir, il est au moins occupé avec quelque chose, » déclara Merck.

« ... Très bien, » peut-être qu’elle avait déjà compris la situation, car elle avait tranquillement écouté son compagnon.

***

« Une cockatrice !? » s’écria Lety.

Devant eux, le monstre effrayant qui pouvait pétrifier de son regard était couché dans son nid.

Ceux qui avaient une résistance élevée à la magie n’avaient rien à craindre, mais cela représentait une menace réelle pour n’importe qui d’autre.

Lety et Merck n’avaient pas pu s’empêcher de se cacher dans la panique.

« Ne vous inquiétez pas, ses yeux sont à moitié fermés, » déclara Raiz.

« « Et alors !? » » Les deux autres avaient répondu d’un ton choqué.

« Les cockatrices peuvent affaiblir leur pouvoir en fermant à moitié les yeux. Ça ne peut pétrifier personne, pas même vous, » déclara Raiz.

Les deux soldats inclinèrent la tête, stupéfaits.

Le monstre avait vraiment les yeux à moitié fermés, comme s’il les regardait fixement.

« Je ne savais pas qu’elles pouvaient faire ça, » déclara Merck.

« Moi non plus. Quelle surprise ! » s’écria Lety.

« D’habitude, ce n’est pas intentionnel, » déclara Raiz.

Raiz avait les deux soldats derrière lui et s’était approché de Cockatrice, puis il s’était glissé sous son ventre couvert de plumes.

« Qu’est-ce que tu fais ? » demanda une Lety surprise.

« Je suis sûr que c’est confortable là-dessous, » blagua Merck.

« Le plumage de Cockatrice vous garde au chaud au cours des jours froids, » Lamia avait répondu avec sérieux à la blague de Merck.

« En y pensant, un matelas farci de ses plumes doit donner une très agréable sensation, » et alors, elle avait imaginé un nouveau débouché pour l’entreprise.

« N’en auriez-vous pas besoin d’une grande quantité ? » demanda Lety après avoir vu l’une des plumes éparpillées.

« Mais pourquoi Raiz est en dessous d’elle en ce moment ? » demanda Merck à Lamia qui montrait du doigt le monstre devant eux.

« Regardez attentivement. Il n’y a qu’une seule raison, » répondit Lamia.

Ils avaient de nouveau fait face à cette direction pour voir Raiz transportant un énorme œuf avec lui.

« Je vois, tu ne voulais que son œuf, » déclara Lety.

« Oui, mais la partie cruciale commence maintenant, » répondit Raiz.

« La partie cruciale ? » demanda Merck.

Ils avaient demandé cela tout en affichant un sourire narquois, puis, tout d’un coup, un rugissement bruyant et étrange leur avait percé les oreilles.

« Quoi ? Quoi !? Que se passe-t-il !? » s’écria Lety.

Raiz s’était éloigné de là et les avait dépassés à toute vitesse.

« Courrez ! Cockatrice devient dingue ! »

Quand Lamia les avait prévenus, elle était déjà loin.

« Eh... ? Qu’est-ce qui se passe !? » cria Lety.

« Ahhhh ! » Le monstre déclencha un autre rugissement tonitruant.

« Waaaah ! » Les deux soldats avaient commencé à courir afin de sauver leur vie.

Derrière eux, Cockatrice déployait ses ailes et les poursuivait.

« E-Elle peut voler ! Elle va nous tomber dessus ! » s’écria Lety.

« Non, elle ne vole pas, elle glisse ! Les cockatrices sont comme des poulets, elles ne peuvent pas voler ! » répondit Raiz tel un professeur.

« Qui se soucie de ce détail !? » cria Merck.

Derrière eux, un fort bruit de battement d’ailes précédait chaque attaque du monstre.

Les deux soldats avaient été traumatisés par cette expérience.

***

« Ne vous inquiétez pas, Cockatrice n’est pas très intelligente. Elle va se déplacer pendant un certain temps, puis elle oubliera tout ce qui s’est passé et retournera à son nid, » annonça Raiz alors qu’il lavait soigneusement leur butin dans la hutte. « Merci, les gars. Vous avez été de super leurres. La prise d’aujourd’hui s’est déroulée sans accrocs. »

« Des... leurres... ? » balbutia Merck.

« Habituellement, nous devons demander l’aide de monstres rapides, mais vous êtes tous deux bien entraînés, » Lamia les avait félicités en affichant de la joie.

« ... Khhaaaa ! » Lety voulait frapper Raiz de toutes ses forces, mais elle n’avait plus d’énergie après avoir tant couru.

« On va vendre ces œufs en ville. Êtes-vous trop fatigué, ou voulez-vous venir avec nous ? » demanda Raiz, alors qu’il chargeait l’œuf dans un chariot.

Lety avait immédiatement retrouvé son énergie et s’était levée. « Bien sûr qu’on arrive ! »

« Je vais faire une pause pour l’instant. On se retrouve plus tard. » D’un autre côté, Merck ne pouvait pas bouger et était étendu sur le sol.

« D’accord, alors, allons-y, » déclara Raiz.

***

Chapitre 18 : Le travail de Raiz, la ville

« Bonjour~ ! J’ai apporté les œufs de cockatrice ! » Raiz avait frappé à la porte arrière d’une auberge située dans la rue principale de Dekuch.

Après quelques bruits de cliquetis, une femme potelée l’ouvrit.

« Je vous attendais ! Aujourd’hui, il y a beaucoup de commandes pour eux. Si vous étiez en retard, je serais allé en chercher moi-même, » répondit-elle.

« Désolé, j’ai toujours du mal quand je les récupère, mais je suis content d’avoir pu arriver à temps. De combien en avez-vous besoin ? » demanda Raiz.

« Hmm... Trois, s’il vous plaît. L’endroit est assez bondé, » répondit-elle.

« Tenez, merci ! » dit-il.

Raiz avait déchargé les œufs du chariot et les avait remis à la tenancière.

À première vue, il ressemblait à un livreur d’un élevage, la seule différence étant que ces œufs étaient dix fois plus gros que ceux d’un poulet.

« Tu es venu ici pour les vendre... Je ne m’attendais pas à ce qu’une auberge les achète, » déclara Lety.

« Eh oui, cette auberge a la meilleure cuisine quand il s’agit de plats à base d’œufs de cockatrice. La propriétaire de cet endroit, qui est aussi un grand chef cuisinier, était plutôt intéressée, alors elle a essayé d’en acheter et cela a attiré un certain nombre de clients, alors maintenant elle est une habituée, » répondit Raiz.

« Vous savez, c’est assez rare de trouver quelqu’un qui les cuisine. Les gens sont curieux de savoir quel goût ils ont ! » déclara la tenancière, puis elle apporta les articles dans le magasin avec nonchalance, avant de revenir et de remettre un sac en cuir. « Tiens. Assurez-vous qu’il y a tout. »

Il l’avait pris et avait commencé à compter l’argent.

Raiz déclara après avoir finir. « Une pièce d’argent et cinquante pièces de cuivre. Il ne manque rien. »

Puis il empocha son paiement et rendit le sac en cuir à la femme qui jeta un coup d’œil à Lety.

« Au fait, qui est cette fille ? Elle est jolie et bien habillée ! Ne me dis pas qu’elle est..., » elle avait levé son petit doigt pour faire allusion à quelque chose.

« ? » La soldate avait incliné la tête sans comprendre ce qu’elle voulait dire.

« C’est juste une ancienne collègue, » répondit Raiz.

« Comme c’est problématique ! Un homme ne devrait pas être indécis ! » La femme avait commencé à le gifler sur le dos avec sa main.

« Parlons-en quand ça arrivera, » répondit Raiz.

« Qu’est-ce que vous dites ?! La jeunesse se termine avant que vous ne le sachiez ! C’est maintenant ou jamais ! » s’exclama la tenancière.

« Hahahaha, je le ferai tôt ou tard, » répondit Raiz.

« Franchement..., » prise au dépourvu par sa réponse, elle laissa retomber sa main sur son côté.

« Alors, on s’en va, » annonça Raiz.

« Je vous rappellerai quand nous n’aurons plus d’œufs ! » déclara la femme.

Raiz avait continué à agiter la main tout en retournant au chariot. Quand il avait regardé le visage de Lety, elle le regardait avec colère.

« Qu’est-ce qu’il y a ? » demanda Raiz.

« Un œuf de cockatrice pour cinquante pièces de cuivre ? » demanda Lety.

Normalement, dix œufs de poule valaient dix pièces de cuivre.

Les œufs de Cockatrice étaient dix fois plus gros qu’eux, donc leur prix aurait dû augmenter en conséquence, mais Raiz les vendait en fait à cinq fois leur prix hypothétique.

Pourtant, en pensant à quel point il était dangereux de les collectionner, cinquante pièces de cuivre étaient ridiculement peu chères.

Après tout, celle qui les avait placés dans son nid pouvait transformer les gens en pierre.

Sans parler de la taille et de l’ampleur de ses griffes et de ses attaques.

Courir pour votre vie afin de gagner cinquante pièces de cuivre, c’était de la folie.

« Eh bien, Cockatrice n’est pas trop agressive, et je sais comment ramasser ses œufs, alors ce n’est pas si difficile pour moi. »

« Mais elle t’attaque quand même ! Si tu fais un mauvais geste, tu risques d’être grièvement blessé ! » Les souvenirs de ce qui s’est passé avant envoyèrent des frissons dans sa colonne vertébrale.

« Je veux renforcer mes relations dans la ville, » répondit Raiz.

« Qu’est-ce que tu veux dire... ? » demanda-t-elle, surprise.

« N’as-tu pas entendu la propriétaire de l’auberge ? Maintenant, les œufs de cockatrice sont une spécialité de cette ville, et les personnes aiment ce genre de choses. Une fois que ce restaurant se sera fait un nom, les marchands et les aventuriers pourraient commencer à venir ici seulement pour les goûter. Le dernier arrêt du Dragon Express est ici à Dekuch, alors ne penses-tu pas que les personnes pourraient l’utiliser pour goûter à cette rareté ? Et la marque, petit à petit, pourrait s’étendre à d’autres magasins de la ville. » Raiz avait expliqué avec soin pourquoi il les a si bon marché.

« Alors, tu essayes de devenir quelqu’un de nécessaire pour cette ville ? » demanda Lety.

Il hocha la tête fermement.

« Tu plaisantes ?! Pourquoi perds-tu ton temps ?!! Ce n’est pas mieux que de retourner dans l’armée des milliers de fois ?! Si c’est une question d’argent, nous pouvons en discuter ! » s’écria Lety.

Raiz avait compris qu’elle voulait vraiment qu’il revienne avec eux.

Il savait, grâce aux informations de Cat Sith, qu’elle ne voulait que le meilleur pour lui.

Pourtant, l’entendre de quelqu’un d’autre et de la personne en question était totalement différent pour lui.

Les seuls qui ne m’ont pas traité différemment étaient Lety et Merck...

Il se souvenait bien quand ils s’étaient rencontrés pour la première fois.

Personne ne se souciait du type intimidant qui utilisait des monstres comme armes.

Il y en avait d’autres comme lui, mais, grâce à ses bêtes puissantes, il était un étage au-dessus d’eux.

Raiz savait très bien qu’être trop puissant avait ses inconvénients, mais ces deux-là étaient des exceptions. Ils ne se souciaient pas de sa réputation et s’étaient quand même rapprochés de lui.

Lety voulait se battre en duel avec son dragon, et Merck avait reconnu la valeur stratégique de ses monstres.

Ils avaient fini par être des camarades très importants pour lui.

« Tant qu’on est là, veux-tu voir mes monstres au travail ? » demanda Raiz.

« Hein ? » s’exclama Lety.

Puis, il leur avait montré du doigt. Lety regarda dans cette direction en se demandant de quoi il parlait.

Puis, elle avait vu un oiseau humanoïde habillé, un kikimora.

« Est-ce un autre de tes monstres ? » demanda Lety.

« Oui, c’est une grande tisserande. Elle est vraiment bonne avec ses mains, » répondit Raiz.

« Un tisserand ? Mais n’est-ce pas un monstre ? » demanda Lety. Elle était perplexe.

Habituellement, les monstres étaient horribles, c’est pourquoi les dompteurs avaient essayé d’apprivoiser ceux qui possédaient de puissantes capacités de combat.

« Oui, mais elle n’a jamais participé à une bataille. Quand elle est allée aider un vieux tisserand, la femme était tellement satisfaite de ses compétences qu’elle lui a demandé de continuer à travailler dans son atelier, » répondit Raiz.

« C’est formidable, » Lety n’avait pas pu s’empêcher de hocher la tête face à ses mots.

« Eh bien, on dit que même les autres ont été vraiment impressionnés par ses compétences, et elle est en train de recréer des modèles, des vêtements et des techniques de broderie de différents pays. Cependant, je ne suis pas un expert dans ce domaine, » expliqua Raiz.

« C’est incroyable ! » Elle était si enthousiaste qu’elle avait commencé à le tirer pour aller dans sa direction.

Elle est impatiente. Les filles aiment-elles ce genre de choses ?

« Pourquoi ne pas lui demander un échantillon ? » demanda Raiz.

« Vraiment !? » s’exclama Lety.

Puisqu’elle était si heureuse, Raiz pensait qu’en la laissant voir à quel point ses monstres travaillaient dur, elle améliorerait encore plus son humeur.

« Allons voir ce que font mes autres subordonnés, » déclara Raiz.

« D’accord ! » répondit-elle.

 

☆☆☆

 

Une fois qu’ils avaient fini de vérifier comment tout le monde allait, la nature ardente de Lety s’était repliée.

Pendant qu’ils marchaient, elle avait essayé d’entamer une conversation. « On dirait qu’ils s’amusent bien. »

« Oui, et les citoyens n’ont plus peur d’eux, » répondit Raiz.

« Je n’ai pas pu me contenir quand j’ai vu Licorne si populaire auprès des mamies, » déclara Lety.

Lorsqu’elle avait été témoin de son désespoir lorsqu’il était entouré de vieilles femmes, elle n’avait pas pu réprimer son rire.

« Ils avaient tous l’air si heureux..., » elle la chuchotait en affichant une expression complexe et en portant une main à sa poitrine.

Elle avait reçu l’ordre de le ramener pour le bien du pays.

Elle savait que c’était la bonne chose à faire.

Mais ils étaient heureux ici, et les citoyens aussi...

Elle avait été étonnée par cela.

Elle ne voyait les monstres que sur les champs de bataille, là où ils étaient des bêtes impitoyables.

Seigneurs du ciel, destructeurs de la terre, maîtres de l’eau.

Ils avaient démontré leur pouvoir destructeur aux alliés comme aux ennemis.

Elle n’arrivait pas à croire qu’ils pouvaient passer du temps aussi paisiblement avec des citoyens ordinaires.

Je pensais que se battre était la seule chose qu’ils pouvaient faire... mais les monstres de Raiz sont différents. Pourquoi suis-je ici, alors ? Pour les ramener sur les champs de bataille et leur voler leurs sourires ?

Un choix qui s’offrait à elle : écouter son cœur et faire rejoindre Raiz dans l’armée, ou partir et laisser ces monstres vivre en paix.

Elle ne savait pas quoi faire.

« Hé, as-tu faim ? Veux-tu manger quelque chose ? » demanda Raiz.

« Hein ? » Sa question soudaine l’avait ramenée à la réalité.

« Puisque tu es venu de si loin, tu devrais goûter quelque chose que tu ne peux manger qu’ici ! » déclara-t-il.

Elle se souviendrait de ce repas pour toujours.

***

Chapitre 19 : La saveur du bonheur

« Raiz, pourquoi ici... ? » demanda Lety.

Il avait choisi une auberge que Lety avait déjà vue ou plutôt, il serait mieux de dire qu’elle avait vu sa porte arrière.

Raiz avait alors répondu. « Parce que la cuisine de monstre la plus populaire de la ville est servie ici. »

Au moment où ils étaient entrés, l’odeur forte présente dans l’air leur avait mis l’eau à la bouche.

« Bienvenue ! Oh, c’est vous ! Super, vous avez même amené votre copine !? » Un homme d’une trentaine d’années était sorti de la cuisine.

« ... » Lety avait frappé le côté de Raiz avec son coude.

« Aïe ! Qu’est-ce que c’était que ça ? » demanda Raiz.

« Rien, » elle avait l’air gêné par la situation.

« Je ne comprends rien, mais passons. Monsieur, deux omelettes de cockatrice, s’il vous plaît ! » déclara Raiz.

« Tout de suite ! » L’homme leur avait montré une table et il avait déplacé la chaise pour Lety. « Voilà, madame. »

« Merci... Merci. Raiz, manges-tu toujours ici ? » demanda Lety.

« Non, pas tous les jours, mais je viens souvent ici, » répondit Raiz.

« Je vois…, » après avoir dit ça, elle n’avait plus rien dit.

« Voilà les omelettes de votre cockatrice ! » annonça l’homme.

« C’était rapide ! » s’exclama Lety.

Un aliment de forme elliptique et jaune remplissait l’assiette qui était placée devant elle.

« Comment avez-vous fait ça en moins de cinq minutes ? » demanda-t-elle en raison de sa surprise.

« Eh bien, c’est le plat le plus demandé, donc nous en préparons ! » Cette fois, la réponse était venue de la femme qui avait déjà accepté des œufs de cockatrice.

« Ah ! » s’exclama Lety.

« Rebonjour, mademoiselle. Mes omelettes sont les meilleures au monde. Alors, prenez votre temps et appréciez-les, » sans plus attendre, elle était retournée dans la cuisine.

« C’est la femme du père du propriétaire. Elle n’aide pas seulement dans la cuisine, mais elle travaille aussi comme serveuse quand ils ont besoin d’aide, » expliqua Raiz.

« Je vois, » répondit Lety.

« Mangeons avant que cela ne soit froid, » déclara Raiz en lui donnant une fourchette et une cuillère.

« D-D’accord, » répondit-elle puis elle avait pris la cuillère et avait essayé de couper l’omelette. Elle était si onctueuse qu’elle l’avait coupée sans problème.

Elle dégageait une odeur forte et délicieuse.

« J’espère que ça te plaira, » déclara Raiz.

Avec un sentiment de méfiance, elle avait placé une cuillerée de cette omelette apparemment normale dans sa bouche.

« ! ? » Au début, une sensation de sirop d’érable avait rempli sa bouche.

Cela a l’air ferme de l’extérieur, mais elle est en vérité encore à moitié cuite à l’intérieur !

À cause de cela, une saveur sucrée s’était répandue sur sa langue, et quand elle avait essayé de la mâcher, une nouvelle vague de douceur s’était abattue sur sa bouche.

Il y a des légumes hachés dedans... Carotte, oignon, chou ! C’est vraiment agréable à mâcher, et même quelqu’un qui les déteste trouverait ce plat délicieux !

Lety avait commencé à se sentir reconnaissante envers le propriétaire amical de l’auberge.

Je me demande quel est le goût de cette partie...

Elle avait pris une cuillerée au milieu de l’omelette.

« Hmm... ! Mh !? » Son corps s’était raffermi face à cette saveur inattendue.

Est-ce que c’est... de la viande !?

La partie interne du plat cachait du bœuf haché.

Après une saveur de l’œuf et des légumes, c’est ici que réside le dernier boss ?

Le visage de Lety s’était détendu en goûtant ça.

C’est quoi cette viande ? Ce n’est pas celui d’une vache, d’un cochon ou même d’un poisson... J’ai goûté le serpent et la grenouille dans l’armée, mais ce n’est aucune d’entre elles non plus... !

« Raiz, c’est quoi cette viande ? » Elle n’avait pas trouvé de réponse et lui avait demandé tout de suite.

« C’est du lapin décapiteur, » répondit Raiz.

« Vraiment !? » Elle était étonnée.

Comme son nom l’indiquait, ce monstre utilisait ses longues dents pointues pour décapiter ses proies.

Ils étaient petits, rapides et visaient généralement des points vitaux. Ils n’étaient pas très forts, mais comme c’étaient des lapins, ils avaient tendance à se déplacer en groupes.

Si une bataille durait trop longtemps, ils appelaient leurs compagnons qui sauteraient simultanément au cou de leur proie. Ils faisaient partie des cinq premières causes de décès des nouveaux aventuriers.

« Je ne savais pas qu’ils avaient aussi bon goût, » déclara Lety.

Ce terrible monstre était maintenant un lapin commun et délicieux.

« Ils sont assaisonnés à l’avance. Ils sont mijotés puis mélangés avec les légumes pour obtenir cette saveur unique, » expliqua Raiz.

« Les mélanger est vraiment brillant, car ils s’équilibrent et la viande devient plus tendre. Mais comme cela prend beaucoup de temps, ils en font de grandes quantités, n’est-ce pas ? » demanda Lety.

Lety était heureuse du fond du cœur.

Le régime alimentaire d’un chevalier était basé sur des aliments simples et, à la guerre, elle ne savait jamais ce qu’elle allait manger.

L’armée préférait généralement les aliments à haut niveau nutritionnel, donc la saveur n’était pas vraiment importante pour eux.

« Ah, » s’exclama-t-elle.

Avant même de s’en rendre compte, elle avait vidé son assiette.

Raiz avait regardé son regard triste avant de demander. « Veux-tu en commander un autre ? »

« Hein ? Vraiment !? Oui, s’il te plaît ! » répondit Lety.

Comme ce n’était pas la cantine de l’armée, Lety avait immédiatement appelé la serveuse et avait commandé une autre omelette.

« Seront-ils rapides comme avant ? » demanda-t-elle en jouant avec sa cuillère. « Hé, Raiz. »

« Mh ? »

« Es-tu heureux de travailler avec tes monstres dans cette ville ? » demanda Lety.

Elle voulait entendre sa réponse, mais elle en avait un peu peur.

Je suis sûre que c’est le bon moment pour demander. Si c’est le cas, je devrai trouver le courage de l’accepter.

Elle avait demandé ça sur un coup de tête, mais il fallait qu’elle comprenne ses véritables intentions.

« Oui, je suis heureux. Je profite au maximum de cette opportunité, et les gens commencent à s’ouvrir avec nous, » répondit Raiz.

« ... Je vois, » répondit Lety.

Il avait répondu sans hésitation, et ses attentes s’effritèrent si facilement que cela lui laissa un goût aigre dans la bouche.

« D’accord, » déclara Lety.

Elle avait regardé la nouvelle omelette qui avait été placée devant elle et avait commencé à la manger.

« C’est délicieux, » déclara Lety.

« Oui, ça l’est vraiment, » répondit Raiz.

« C’est si bon... Je suis triste, » déclara Lety.

Le temps qu’elle avait apprécié, son repas avec son ami, s’était terminé en un clin d’œil.

***

Chapitre 20 : Marché conclu

« Je suis à la maison ! »

Après avoir mangé avec Lety, Raiz était retourné dans sa guilde.

« Bon retour parmi nous ! » Merck l’avait accueilli avec joie. « Attends, où est Lety ? »

Puisqu’ils étaient sortis ensemble, l’homme avait trouvé étrange qu’elle ne soit pas avec lui.

« Elle a dit qu’elle retournerait à l’auberge, » répondit Raiz.

« Ohh... Je vois, » il n’avait pas l’air surpris quand il avait répondu ça.

« Est-ce que c’est correct ainsi ? N’étais-tu pas censé me ramener avec toi ? » demanda Raiz.

« Oui, mais on ne peut pas vraiment te forcer à le faire, » répondit Merck.

L’homme semblait respecter profondément le choix de son ami.

« Est-il vrai que le général actuel t’a dit de ne plus me laisser m’enrôler dans l’armée ? » demanda Raiz.

Même si Merck agissait ainsi, Raiz savait quelle était sa véritable mission.

« Qui t’a dit ça ? Lety ? » demanda Merck alors que le ton dans sa voix avait légèrement augmenté.

Personne ne l’aurait remarqué, mais Raiz, qui était un expert quand il s’agissait de lire l’expression et le comportement des monstres, ne pouvait pas le rater.

« Un ami. Il a dit qu’il y a des personnes qui ne veulent pas que je revienne, » répondit Raiz.

« Oh, y a-t-il quelqu’un qui pense autant à toi ? » demanda Merck. L’homme avait essayé d’agir de manière cool, mais au fond de lui, il était dans la tourmente.

Donc, un espion de Mard se cachait dans la faction du Général Frida... ? C’est mauvais... Qu’est-ce que je fais maintenant ?

Il était déconcerté. Si l’armée savait ce qu’on lui avait ordonné de faire, à son retour, il serait probablement harcelé par les anciens combattants, même si le dompteur ne voulait pas revenir.

Pour causer des problèmes avec Raiz, certains gars ont même mis beaucoup de grenouilles dans sa chambre une fois...

Mais le dompteur l’avait rassuré.

« Ne t’inquiète pas, Merck. Je ne reviendrai pas dans l’armée. Je vivrai ici à partir de maintenant, » déclara Raiz.

« ... V-Vraiment !? C’est bon à entendre ! » déclara l’autre sans réfléchir.

« Au fait, l’espion que nous avons saisi l’autre jour était de Serga, n’est-ce pas ? » demanda Raiz.

« Oui. Je l’ai fait taire et je l’ai dénoncé. Pourquoi cette question ? » demanda Merck.

Il savait ce que Raiz allait dire, alors il avait commencé à pâlir.

« Le poison que tu lui as pris ressemblait à celui que tu as créé, » déclara Raiz.

« Qu’est-ce que tu dis !? » s’écria Merck.

Il avait raison. Cela aurait été mauvais s’il l’avait confirmé, alors Merck s’était creusé la tête pour trouver un moyen de se couvrir, mais Raiz n’avait pas arrêté de parler.

« Aussi, pourquoi un pays n’enverrait-il qu’un seul espion ? » demanda Raiz.

« Hein ? » s’exclama Merck.

C’était parfait. Il n’y avait pas pensé. Après tout, Merck n’était qu’un chevalier, et non un tacticien ou un membre d’une unité spéciale. Il était également jeune, de sorte que ce détail lui avait totalement échappé de l’esprit.

« Dès que j’ai saisi les autres, ils ont tous décidé de parler. Pourquoi apporteraient-ils du poison dans leur barda s’ils venaient me recruter ? » demanda Raiz.

« Tu ne penses pas que c’est négligent de les croire comme ça !? Ils étaient nos ennemis, Raiz ! » s’exclama Merck.

Il croyait franchement en ses propres mots. Faire confiance à quelqu’un avec qui vous avez été en guerre pendant dix ans était au-delà de la naïveté.

Puis, Raiz avait pris une fiole dans sa poche de poitrine. « Qu’est-ce que tu crois que c’est ? »

« Le poison que j’ai pris à cet espion ? L’as-tu pris dans la chambre de mon auberge !? » demanda Merck.

Merck avait commencé à perdre son sang-froid en levant les sourcils en état de choc.

« Calme-toi, je n’ai rien fait de tel, » déclara Raiz.

« Hein ? »

Le dompteur avait claqué des doigts et un important bruit était venu de l’extérieur de la structure... ou plutôt, puisque le bâtiment n’avait pas de murs, il n’était pas possible de dire que le son venait de l’extérieur...

Merck avait tourné la tête et avait vu des personnes en vêtements noirs empilés sur le sol. Aucun d’entre eux ne bougeait un doigt, ils étaient probablement inconscients. Pourtant, les vêtements noirs qu’ils portaient étaient différents de ceux saisis par l’unité de l’ombre.

« Qui sont ces types ? » demanda Merck.

Il se demandait s’ils venaient du pays voisin.

« Ils font partie de l’unité spéciale de ce pays. Ils sont venus t’observer, » déclara Raiz.

« Eh !? » s’exclama Merck.

Au début, il n’avait pas compris ce que Raiz avait dit vu qu’il avait été tant choqué par ça.

« Je suppose qu’ils sont venus voir si tu fais ton travail correctement. L’un d’eux avait ceci sur lui, » déclara Raiz.

Grâce au réseau d’information de Cat Sith, aux fils d’Arachne et aux observations sporadiques de Dragon quand il était allé voir des monstres dans la forêt, Raiz avait compris qu’ils venaient de son propre pays.

Il avait décidé de les ignorer au début, mais après que la situation ait dégénéré, il avait demandé à ses monstres de les saisir.

« Le général Frida ne me faisait pas confiance... ? » s’interrogea Merck.

Son supérieur était incompétent, et il ne lui faisait même pas confiance. Merck n’arrivait pas à suivre la situation et se retrouvait dans un coin.

En tant que noble et chevalier, je pensais que je devais obéir à mes supérieurs pour vivre en paix dans l’armée... mais si Raiz revenait, il ne trouverait pas un accueil chaleureux. Bien sûr, il n’aimerait pas ça.

Il était inutile d’y penser maintenant. Il devait encore suivre les ordres de son général.

Raiz avait rompu le silence en premier. « Merck, veux-tu passer un marché ? »

« Hein ? »

De quoi parlait-il ?

« Je te donnerai ces gars, et dans ton rapport, tu diras que tu les as capturés pendant qu’ils essayaient de négocier avec moi, » déclara Raiz.

« E-E-Eeeh !? Qu’est-ce que tu veux dire par là !? » S’écria Merck.

Merck était déconcerté. Il était le seul à pouvoir en bénéficier.

« Je ne veux pas retourner dans l’armée, et ils ne veulent pas non plus que je revienne. Cela signifie que nous partageons le même point de vue sur la question, » répondit Raiz.

« O-Oui…, » balbutia Merck.

« Pourtant, ces espions m’ont dit de rejoindre les leurs. C’est mauvais pour toi, non ? » demanda Raiz.

« Oui, plutôt mauvais, » répondit Merck.

L’ancien général Mard était particulièrement inquiet concernant ça.

« Alors, l’armée devrait me défendre pour que je ne puisse pas être pris pour cible par d’autres pays, » annonça Raiz.

« Eh ? » Il avait fixé son ami avec étonnement.

« Et j’oublierai le poison. De plus, puisque l’armée ne veut pas de moi et que je ne veux pas rejoindre un autre pays, tu ne peux que me protéger, n’est-ce pas ? » déclara Raiz.

« Ça ne marchera pas ! Le général Frida n’acceptera pas une telle chose ! » répliqua Merck.

Si Raiz avait été licencié à cause des coûts d’entretien, pourquoi le général utiliserait-il encore plus d’argent et de main-d’œuvre pour lui ?

Si Merck offrait une telle proposition à son supérieur, il serait certainement dégradé.

« J’ai déjà terni la réputation de notre unité spéciale. Cela signifie qu’à la fin, personne ne peut m’assassiner. Vois-tu ce que je veux dire ? » demanda Raiz.

« ... Ah ! » Finalement, Merck avait compris ce qu’il disait.

Même si le général Frida envoie plus d’espions, ils seront détruits. Cela signifierait aussi que Raiz pourrait se déplacer dans un autre pays et devenir notre ennemi. De plus, le Général va à l’encontre des ordres du Roi et de l’ancien Général, de sorte qu’il serait viré et ruiné si c’était découvert. Est-ce que c’est ce à quoi visait Raiz en fournissant des informations  ?

Le dompteur pourrait préparer son départ en moins de vingt-quatre heures. Il lui suffisait de rassembler ses monstres, de les mettre sur le dos de Dragon et d’attendre la nuit pour partir.

Atteindre quelqu’un qui pouvait voler était impossible, même pour des assassins hautement qualifiés ou des unités spéciales. Si les choses avaient pris cette direction, le général actuel aurait été remplacé et même le pays pourrait en souffrir.

Je dois aussi décider de mon avenir...

« D’accord. J’accepte ta proposition. Je te soutiendrai autant que possible, » déclara Merck.

Il pourrait utiliser cette information pour faire chanter le général et devenir son proche assistant.

Ces espions sont la preuve qu’il y a quelqu’un qui a divulgué des informations. Je leur dirai que leur vie a été épargnée grâce à mes actions et qu’ils ne dérangeront plus Raiz. Ce sera un énorme profit pour moi, et si je deviens vice-général, il est probable que je deviendrai général après que Frida prenne sa retraite ! Raiz profitera également de cette situation !

Merck n’avait pas d’idéaux, il ne pensait qu’à vivre en paix.

C’était pourquoi il s’était rapproché de Raiz, qui était une source de profit, et avait accepté de suivre les ordres de son général inepte.

C’était un opportuniste jusqu’au fond.

« Portons un toast pour commémorer cet accord ! C’est ma tournée ! » déclara Merck.

« Non merci, je viens de déjeuner et je n’en ai nullement envie, » Raiz avait froidement et immédiatement refusé l’invitation de Merck.

***

Chapitre 21 : Leur retour

L’aube suivante, Lety et Merck avaient fait leurs bagages afin de pouvoir partir.

« Je vais amener les bandits et raconter au général ce dont nous avons discuté hier, » déclara Merck avec un sourire empli de joie.

Il allait lui dire qu’à partir de maintenant, Raiz ne voulait pas retourner dans l’armée, et qu’il était nécessaire de le protéger.

« Soyez prudent sur le chemin du retour, » déclara Raiz.

« Ne t’inquiète pas. Ces gars ne seront pas un problème pour nous, » le chevalier avait désigné l’unité spéciale derrière lui alors qu’il disait ça.

Non seulement ils se sentaient déprimés à cause de leur échec, mais ils se sentaient redevables à ceux qui les avaient arrêtés.

« OK, c’est l’heure d’y aller, » Lety, qui semblait vraiment déprimée, s’approcha de leur chariot après avoir dit ça.

Elle était déterminée à ramener Raiz avec eux, mais en voyant ses monstres s’amuser à travailler, elle s’était sentie mal à l’aise d’insister sur leur mission.

Il ne veut pas qu’ils se battent à nouveau, hein…, pensa-t-elle.

Elle avait toujours été amicale avec eux puisqu’elle ne se souciait pas de qui ou de ce que ses camarades étaient tant qu’ils se battaient ensemble. Et après avoir vu leurs incroyables capacités, il était normal de penser qu’ils étaient nécessaires pour la guerre.

Mais en pensant qu’un jour ils reviendraient sur les champs de bataille et qu’ils laisseraient ce bonheur derrière eux, elle se sentait dégoûtante d’avoir voulu faire ça.

Ils ont rejoint l’armée pour arrêter la guerre, et maintenant que c’est fini, il n’y a aucune raison pour eux de participer à d’autres batailles…, pensa-t-elle. Elle avait donc abandonné sa mission.

Elle avait décidé que s’ils devaient se battre, ce devrait être de leur propre chef.

« Ah, Lety, peux-tu rester ici ? Je ferais le rapport moi-même au Général Frida, » déclara Merck.

« Hein ? Pourquoi ? » demanda-t-elle en retour.

Pourquoi devrait-elle rester après avoir décidé d’abandonner sa mission ?

Sa demande lui était incompréhensible.

« Eh bien ! Il semble que des espions du pays voisin s’en prennent à lui, alors quelqu’un doit rester ici pour surveiller la situation, » expliqua Merck.

« Quoi !? Vraiment !? » s’exclama Lety.

Lety n’était pas au courant de son accord avec Raiz, alors elle avait été sincèrement surprise par ce que Merck venait d’annoncer.

« Oui. Je vais demander au général d’envoyer des chevaliers pour le défendre, donc j’ai besoin que tu restes ici au moins jusqu’à leur arrivée, » déclara Merck.

« Mais mon séjour est quelque chose que le général lui-même devrait décider…, » déclara Lety.

Lety était dans la tourmente. Au fond d’elle-même, elle était heureuse de cette tournure des événements, mais elle n’était pas si égoïste pour pouvoir l’accepter tout de suite.

« Laisse-moi faire ce qu’il faut auprès du général ! Je pense que Raiz se sentirait plus à l’aise si un ami était près de lui. Tu sais à quel point il est important, alors je suis sûr que tu feras de ton mieux, n’est-ce pas ? Qu’en dis-tu ? » insista Merck.

Elle avait commencé à y réfléchir. Puis-je vraiment rester ici... ?

« Je suis sûr qu’il préférerait t’avoir, n’est-ce pas ? » demanda Merck à Raiz.

« Hein ? » Le choix s’était soudain porté sur le dompteur, qui avait l’air déconcerté.

« ... »

Son regard se tourna vers Merck, et son étonnement ne fit que s’approfondir.

« Je suppose que oui... ouais, je te préférerais à un type au hasard, » finalement, Raiz avait répondu à la question.

« Tu vois ? » Merck lui avait fait un clin d’œil alors qu’il lui disait ça.

« Très bien, je vais le faire ! » Même si elle avait du mal à l’intérieur à tout mettre en ordre, elle avait fini par le faire. « Je ferai de mon mieux, Raiz ! »

« D’accord, » déclara Raiz.

Elle avait tendu la main et, quand Raiz l’avait attrapée, elle avait commencé à le secouer joyeusement.

« Alors, il est temps de partir. Prenez soin de vous, les gars, » déclara Merck.

« Toi aussi, Merck, » répondis Raiz.

« Prends soin de toi ! » déclara Lety.

C’est ainsi que Lety, l’ancienne camarade de Raiz, était restée là et avait commencé à vivre à Dekuch.

☆☆☆

Un mois plus tard, dans un certain manoir de la capitale, un homme criait. « En tant que garddddeee !? »

« S’il vous plaît, calmez-vous, général Frida, » la voix calme était évidemment celle de Merck.

« Je devrais envoyer des chevaliers pour le protéger !? Comment ose-t-il menacer l’armée ? Je devrais l’arrêter pour trahison ! » cria Frida.

« Dans ce cas, l’ancien général Mard saura ce qui s’est passé et Sa Majesté interviendra également avec sévérité contre vous, » déclara Frida.

« Kh... ! »

Merck avait raison. Même le roi avait approuvé le retour de Raiz.

En rejetant le plus fort parmi les dompteurs, Frida se trouvait dans une position très délicate.

« J’ai aussi eu la confirmation que des espions se sont cachés dans notre faction et lui ont divulgué des informations confidentielles, » déclara Merck.

« Des espions !? » s’écria Frida.

Ce n’était pas vraiment la vérité, mais Merck n’était pas au courant de l’existence de Cat Sith.

« Oui. Par conséquent, nous devons d’abord améliorer notre situation. Raiz a accepté de ne pas poser le doigt sur notre unité spéciale, mais je pense que notre priorité absolue devrait être de trouver les espions, » déclara Merck.

« Tch, on ne peut pas faire autrement que comme ça, » déclara Frida.

Ils devaient être prudents. Frida ne pouvait que croire les spéculations de Merck, ou plutôt, dans ce que Raiz avait fait croire à Merck.

Le général Frida avait réussi sa mission, mais il avait aussi dû faire ce que le dompteur voulait et envoyer des gardes pour le protéger des ombres. De plus, il devait maintenant être au courant de l’existence d’espions.

« Maudit sois-tu, Raiz Dompteur... ! Un jour, je te battrai jusqu’à ta mort ! » cria Frida.

On aurait dit la phrase d’un vilain dans un anime.

Je ne pense pas que cela arrivera un jour… avait pensé Merck en regardant quelqu’un qui n’avait pas appris sa leçon.

***

Chapitre 22 : Arrivée de problèmes

« Aah ! »

« Gwaaaahhhh ! »

Le soldat enveloppé dans une armure de cuir avait fait baisser sa hache de combat, coupant la tête du monstre en deux.

« Sphère de glace ! »

Considérant l’environnement, le magicien avait décidé de jeter un sort de glace.

« Gyah ! »

Les arbres et les buissons environnants avaient gelé, coupant le chemin de retraite des monstres et gelant la partie inférieure de ceux qui se frayaient déjà un chemin à travers la végétation.

« Prends ça ! »

Le guerrier avait commencé à tous les abattre impitoyablement, l’un après l’autre.

Après avoir terminé, ils n’avaient pas pu s’empêcher de soupirer. Ils étaient habitués à cela, mais les monstres se trouvaient être en très grands nombres.

« On en a beaucoup. Prenons les matières premières et retournons en ville. »

« D’accord. »

Il s’agissait d’aventuriers, des individus qui voyageaient de ville en ville tout en entreprenant des tâches dangereuses tous les jours.

Pour eux, la mort pouvait attendre derrière chaque coin de rue, mais il y avait des moments où leur travail ne mettait pas vraiment leur vie en danger.

Dernièrement, le nombre de jeunes qui voulaient s’engager dans cette voie avait diminué.

« Il y a vraiment beaucoup de monstres dans cette forêt. N’est-ce pas le dragon du dompteur qui est censé diminuer leur nombre ? » avait gémi le guerrier tout en récoltant leur butin.

« La saison des amours va bientôt commencer, tu sais ? »

« Donc nous allons avoir plus de travail, hein ? »

Le guerrier avait regardé vers la forêt des monstres en pensant à ce qu’ils allaient vivre cette année.

☆☆☆

« Cela dit, je suis une chevalière officiellement affectée à ce rôle, alors je vais continuer à vivre ici, » avait dit Lety. Un mois s’était déjà écoulé depuis le retour de Merck.

« Je suppose que les Félicitations sont de rigueur ? » déclara Raiz

« Oui, merci, » avait répondit Lety.

Ils ne la rétrogradent pas plutôt avec ce poste ? pensa Raiz. Mais il ne pouvait pas le dire après qu’il l’ait vue si heureuse.

« Alors, quel sera ton travail ? Il y a déjà des gardes, donc tu ne peux pas voler leurs travaux, » demanda Raiz.

Il savait déjà ce qu’elle devait faire, mais il lui demanda quand même afin d’éviter les malentendus.

« Apparemment, je ferai partie de la garnison chargée de protéger les citoyens face aux créatures de la Forêt des Monstres, mais la vérité est que je serai ton garde du corps. Tu as beaucoup de monstres forts, mais ils ne sont pas toujours là parce que quelqu’un leur demande de l’aide. Dans ces cas-là, j’utiliserai mon autorité pour te protéger ! » répondit Lety.

Elle avait beaucoup insisté sur la dernière partie, mais son devoir n’était pas différent de ce dont Raiz et Merck avaient convenu.

Essentiellement, elle n’est pas une garde, mais possède l’autorité de l’être ? Je ne pense pas avoir à m’inquiéter, car j’ai déjà neutralisé une unité spéciale, mais...

« Et... où sont tes camarades ? » demanda Raiz.

S’il y en avait, ils auraient au moins dû montrer leur visage à l’homme qu’ils allaient protéger.

« Nulle part. Je suis le seul chevalier de Dekuch ! » répondit Lety.

En y pensant rationnellement, son travail était vraiment absurde, mais cela facilitait les choses pour Raiz, qui n’avait pas été plus loin dans cette affaire.

Eh bien, l’envoyer seule, c’est réduire au strict minimum les coûts de ma protection, mais il y a encore des individus qui me surveillent. Il semble que certains d’entre eux se préparent à quelque chose, mais jusqu’à présent, personne n’a remarqué que chaque chat de la ville est le sous-fifre de Cat Sith.

Les Cat Sith étaient aussi appelés les « Rois des chats ».

Ils pouvaient non seulement partager l’information à longue distance, mais aussi prendre le contrôle de n’importe quel chat normal.

Cette capacité était une autre raison pour laquelle Raiz était un soldat exemplaire, puisqu’il pouvait recueillir beaucoup d’informations. Cela lui avait même fait connaître la crise de Dekuch.

« Désolée, Raiz est-il là !? » Une voix forte et féminine avait retenti de l’extérieur de la hutte.

« Oui, j’arrive ! » déclara Raiz.

Il avait dû couper court à la conversation avec Lety et avait commencé à marcher jusqu’à ce qui allait bientôt devenir une entrée à part entière, puisque quelqu’un attendait probablement à l’extérieur.

Sa supposition s’était vite révélée exacte lorsque, atteignant la « porte provisoire » de la hutte, il avait vu une jeune fille d’une vingtaine d’années, à l’air sérieux.

« Raiz Dompteur, c’est ça ? Je m’appelle Ino, du syndicat des aventuriers, » elle s’inclina légèrement devant lui en guise de salut.

Elle a l’air si rigide...

« Je suis ici pour une demande, » déclara Ino.

« Qu’est-ce que c’est ? » demanda Raiz.

Elle le regardait droit dans les yeux. Son regard ferme démontrait sa détermination.

Il devait s’agir d’une demande importante.

« Pouvez-vous nous aider avec la Forêt des Monstres ? La saison de reproduction a commencé, » déclara Ino.

***

Chapitre 23 : La Forêt de Monstres

« Nous voulons vous demander d’éliminer les gros monstres qui sortiront de la forêt, » Ino avait l’air tendue en disant cela.

« Est-ce lié à la saison de reproduction ? » demanda Raiz.

« Oui, tout à fait, » répondit-elle.

« Mais n’est-ce pas un événement annuel ? Comment vous en occupiez-vous avant ça ? » Raiz avait demandé tout en devinant qu’il y avait plus qu’un simple manque de main-d’œuvre.

« Nous avions l’habitude de les traquer tout en coopérant avec les guildes d’aventuriers des villes voisines, » répondit-elle. « Puisque vous avez promis d’aider à réduire leur nombre et que le rythme de suppression cette année est plus rapide que d’habitude, nous pensions que la chasse serait relativement sûre cette année. Néanmoins, le ratio monstres par aventurier sera assez élevé. »

« Je vois..., » répondit-il.

Même Dragon l’a fait remarquer...

« On ne doute pas de vous, Raiz. Nous pouvons voir votre dragon voler vers la forêt tous les jours depuis les murs de Dekuch. Il est devenu assez célèbre parmi les voyageurs et les résidents, » déclara Ino.

Oh, est-ce que c’est le cas ?

Elle avait voulu le clarifier tout de suite, pour éviter tout malentendu. À en juger par le visage de Raiz alors qu’il réfléchissait, il était probable qu’elle avait deviné qu’il pensait qu’il ne tenait pas sa parole.

Il avait l’air encore plus surpris que son dragon soit devenu une sorte d’attraction touristique.

Est-ce que cela signifie que les gens ont commencé à l’accepter ?

« De plus, nous avons la preuve que vous vendez chaque jour des matières premières provenant de monstres. Je voulais presque vous dire de ralentir votre rythme, » déclara Ino.

« Dragon est le responsable. Sinon, il faudrait qu’un petit monstre fasse le travail pour lui. Lui, il attaque tout ce qui lui arrive dessus. Je suppose qu’il choisit aussi ceux qui ont meilleur goût, » déclara Raiz.

« Oh, je comprends mieux. Pas étonnant qu’il y ait autant de matières premières provenant de certains monstres tels que les monstres-ours, » déclara Ino.

Après que son doute fut dissipé, Ino avait relâché ses lèvres en un petit sourire.

Le dragon de Raiz aime les monstres-ours, hein.

En vérité, elle n’avait pas la moindre idée qu’il les aimait seulement pour leur grand corps.

« Cela dit, nous aurions besoin d’un monstre avec des capacités de guérison et un combattant fort. Si possible, ce dernier devrait être capable d’attaquer à distance. Vous pouvez parler au maître de la guilde pour plus de détails, alors pouvez-vous venir à la Guilde des Aventuriers aujourd’hui ou demain après-midi ? » demanda-t-elle.

« Oui. Je vais essayer d’organiser l’emploi du temps de mes monstres, » déclara Raiz.

« Merci. Si la chasse se chevauche sur les demandes des citoyens, n’hésitez pas à dire à vos clients que vous avez acceptés une mission urgente provenant directement de la guilde. Ne vous inquiétez pas, nous prendrons nos responsabilités, » déclara Ino.

Après avoir dit ça, Ino avait commencé à retourner à la Guilde des Aventuriers.

Raiz avait essayé de lui offrir de l’eau, mais elle avait simplement refusé et s’en était allée rapidement.

« Je ne peux pas comprendre si elle est inamicale ou si elle est comme ça, » murmura Raiz.

« Peut-être les deux ? » Lety rumina sa réponse incertaine, puis elle se mit à nouveau à parler. « Alors, accepteras-tu leur demande ? »

« Je suppose que oui. C’est une grande chance de faire une bonne impression aux habitants, n’est-ce pas ? Que vas-tu faire ? » demanda Raiz.

« Je me joindrai à toi. Un chevalier doit défendre les citoyens contre les monstres dangereux... Oh, mais les tiens sont inoffensifs ! » s’exclama Lety avec force.

Pour une raison inconnue, elle avait alors rougi après avoir réalisé ce qu’elle avait dit et Raiz avait pensé qu’elle était plutôt mignonne comme ça.

« Alors, commençons notre chasse ! » déclara Raiz

À l’époque, Raiz n’avait aucune idée qu’il était lié à l’absurde épidémie de monstres, et Lety non plus.

***

Chapitre 24 : Rencontre d’affaires pour la chasse

« Merci d’être venu. »

Trow les avait accueillis alors qu’ils entraient dans sa pièce.

Quand ils étaient arrivés à la Guilde des Aventuriers, ils avaient été accueillis par la jeune fille au comptoir auquel ils s’étaient habitués lorsqu’ils vendaient des matières premières. Elle les avait ensuite guidés jusqu’au bureau du Maître de la Guilde.

« Bonjour. Nous vous remercions sincèrement d’être venus pour notre demande d’aide, » déclara Trow.

Raiz salua le Maître de la Guilde, qui le pressa d’arrêter de secouer sa main, avec un ton de gestionnaire.

« Abandonnons les formalités. Nous n’avons pas le temps de parler avec autant d’élégance, » déclara Trow.

« D’accord. Alors, passe-t-on aux affaires ? » demanda Raiz.

« Bien sûr, mais Mademoiselle la Chevalière nous rejoindra-t-elle aussi ? » demanda Trow.

Il avait dirigé son regard vers la jeune femme se trouvant derrière le dompteur.

« Oui. J’aimerais aussi protéger les personnes en tant que chevalier. Je ne suis pas un sergent, mais j’ai de l’expérience sur les champs de bataille ainsi qu’en tant qu’officier, » répondit Lety.

« Lety a travaillé en première ligne avec moi. Elle est assez habituée à ces situations, bien plus que le chevalier typique, » déclara Raiz.

« Super. Alors, je suis content de l’avoir avec nous. Ce sera une bataille sans pitié, donc j’ai besoin de commandants expérimentés, » déclara Trow.

« C’est bon à entendre... De toute façon, je ne savais pas que vous étiez des connaissances, » commenta Raiz qui avait deviné qu’ils se connaissaient de vue.

« Je suis un chevalier envoyé officiellement ici, c’est donc tout naturellement que je me sois présentée à toutes les personnes influentes de la ville ! » dit-elle en gonflant sa poitrine avec fierté.

« C’est logique, » déclara Raiz.

« On peut reprendre les affaires ? J’aimerais commencer notre discussion, » déclara Trow.

Trow les invita à s’asseoir sur le canapé, puis il avait étalé une énorme carte sur la table qui se trouvait devant eux.

Elle montrait la ville et ses environs.

« Où avez-vous eu cette carte ? L’avez-vous achetée à quelqu’un ? » Le visage de Lety s’était raidi dès qu’elle l’avait vue.

Oh, c’est vrai. Les cartes sont généralement des secrets militaires... Elle est toujours en service, donc je suppose que c’est bizarre d’en voir un ici pour elle.

Dans ce monde, les demandes de cartes étaient rares.

Les habitants quittaient à peine leur ville, et s’il le fallait, ils n’allaient presque jamais plus loin que les voisins. Les voyageurs avaient créé leurs propres cartes au fur et à mesure qu’ils recueillaient des informations et calculaient le temps estimé pour atteindre leurs destinations. Mais étant donné que les villes étaient reliées par des routes, il n’y avait pas de réelle raison de s’en éloigner.

Strictement parlant, les cartes n’étaient pas utilisées dans la vie de tous les jours.

L’armée, qui était la puissance entité du pays, ainsi que les unités spéciales de nobles puissants et peut-être les criminels les utilisaient.

Le pire scénario possible du point de vue de Lety était qu’un espion d’un autre pays la vole.

Avec une carte, ils pouvaient déplacer les soldats précisément pour combattre et effectuer n’importe quelle action hostile. En outre, plus il y avait de détails sur les villes, les mines et ainsi de suite, plus elle était utile.

Alors pourquoi le Maître de la Guilde en avait-il une ?

« Nous l’avons créé nous-mêmes. Nous en avions besoin pour contrecarrer la saison de reproduction, » répondit Trow.

« Qu’est-ce que vous voulez dire par là ? » demanda-t-elle.

Elle n’était pas convaincue par sa réponse, alors elle avait essayé d’approfondir la question avec une expression emplie de doute.

« Les murs autour de cette ville servent à défendre les citoyens contre les monstres. Lorsqu’ils sont plus nombreux que ce que les ressources de la forêt peuvent nourrir, ils la quittent à la recherche de nourriture. Et comme nous sommes la ville la plus proche, nous sommes toujours leur première cible, » répondit-il.

Il avait déplacé son index sur la carte de la Forêt des Monstres à Dekuch.

« Mais le pays ne nous a jamais aidés jusqu’à présent, et l’armée était occupée par la guerre, alors nous avons dû agir par nous-mêmes, » continua-t-il.

Lety comprenait ce qu’il voulait dire, et son expression troublée montrait ses sentiments à ce sujet.

Le Royaume de Tend s’était battu avec Serga pendant plusieurs années.

Pour éviter un scénario catastrophique, ils contournaient fréquemment les villes, et surtout quand la guerre avait commencé à se terminer, les champs de bataille se déplaçaient de plus en plus vers les frontières.

C’est pourquoi, peu importe les problèmes auxquels une ville serait confrontée, l’armée ne pourrait fournir aucun soutien.

« Cela ne sert qu’à nous défendre. En regardant la typographie, nous pouvons deviner où les monstres se déplaceront, de sorte que nous pouvons réfléchir à l’endroit où placer les pièges et où les combattre de front, » déclara Trow.

Son ton sérieux rendait même Raiz agité alors même qu’il ne faisait plus partie de l’armée.

« Je suis... vraiment désolée pour mon impolitesse, » déclara Lety.

« S’il vous plaît, ne le soyez pas. Les soldats ont beaucoup de devoirs, et vous essayiez seulement de faire votre travail correctement, » déclara Trow.

Il avait accepté nonchalamment ses excuses.

Wouah, c’était mature de sa part... ou est-ce juste une autre de ses tactiques ?

« Alors, commençons. Y a-t-il un autre monstre qui peut utiliser la magie de guérison à part la licorne ? » demanda Trow.

« Il est à peu près le seul à pouvoir le faire, mais il y a quelqu’un qui peut créer des potions, alors nous pourrions les utiliser, » répondit Raiz.

« Super. Je vous achèterai les ingrédients nécessaires. Et ceux qui savent se battre ? Peut-on emprunter quelqu’un qui tire à distance et qui peut analyser les mouvements des monstres ? » demanda Trow.

« Il y en a beaucoup qui ont ces caractéristiques. Dois-je expliquer leurs capacités ? » demanda Raiz.

« Je vais le faire. Les monstres de Raiz ont aidé à la construction, même dans l’armée, alors je vais vous dire comment les utiliser au maximum, » Lety avait rejoint la conversation quand il s’agissait des capacités des monstres.

On aurait dit qu’elle était revenue à son état normal.

« Bien sûr, allez-y, » déclara Trow.

« D’abord…, » commença Lety.

Ainsi, ils avaient commencé à discuter à propos de quels monstres de Raiz allait s’occuper de l’invasion de la Forêt des Monstres.

***

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