Almadianos Eiyuuden – Tome 1

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Chapitre 1

Sur la terre stérile qui avait été détruite au point où il n’y avait même plus de gravats se tenait un garçon jeune et mince aux yeux froids et sans émotion, regardant le Roi des Démons dont le corps était blessé de partout.

«---- Grand-malheur. »

Sans même chanter, le garçon murmura directement un mot comme s’il le crachait.

Au même moment, un vide total et sombre, qui pouvait même absorber la lumière apparut de la main droite du garçon.

Cette énorme énergie pourrait engloutir tout le continent, sans parler du Roi des Démons qui était tombé et qui sentait la mort approcher de lui pour la première fois de sa vie.

Cependant, il n’y avait pas d’émotion profonde dans les yeux du garçon qui lui faisait face.

Même s’il était encore très jeune et était seulement dans la première moitié de son adolescence, son expression faciale était celle d’un sage qui avait atteint une sorte d’illumination après avoir vieilli.

Cette expression donnait l’impression de tout connaître, même le résultat de ce combat, et mettait en évidence l’énorme différence de pouvoir entre lui et son adversaire.

Même le mot irrationnel semblait faible pour décrire ce garçon qui avait enragé le Roi des Démons.

« Enfoiré ! Comment oses-tu ! Tu penses que tu peux me tuer ?! Tu penses que tu peux tuer Melchior, le Roi des Démons, le souverain suprême de ce monde ?! »

« ... Quelle blague ! Ta magie pourrait aussi bien être qu’un simple tour de passe-passe. »

L’énergie sombre était si petite qu’elle pouvait tenir dans la paume du garçon.

Cependant, même le Roi des Démons lui-même savait que, bien qu’il avait la possibilité d’utiliser une barrière de défense magique capable de repousser les armées du monde, elle serait aussi efficace qu’une feuille de papier contre l’attaque de ce garçon.

Le Roi des Démons Melchior ne pouvait s’empêcher de réaliser qu’il n’y avait plus d’utilité à résister.

Le pouvoir du garçon était simplement irrationnel et irrésistible.

« Pourquoi ? Pourquoi un être humain a-t-il autant de pouvoir ? »

Melchior, qui avait réussi à devenir le Roi des Démons le plus fort de l’histoire et qui avait finalement amené l’humanité au bord de l’extinction, allait-il être tué si facilement ?

Pourquoi ? Pourquoi un enfant humain aussi insignifiant avait-il autant de mana, et pourquoi sa magie était-elle encore plus avancée que celle du Roi des Démons ?

Melchior n’avait plus la place pour être en colère ou effrayer, tout ce qui restait en lui était la confusion, le désarroi de cette situation qu’il ne pouvait pas comprendre.

Mais le garçon n’avait même pas offert un seul mot en réponse à la question du Roi des Démons.

Le vide sombre tomba instantanément sur le Roi des Démons et l’engloutit, le transformant en atomes sans laisser de poussière.

– Personne n’avait jamais été capable de vaincre ce Roi des Démons, il était censé conquérir le monde à la fin.

Que ce soit le célèbre héros, le noble chevalier ou même le mercenaire devenu le légendaire roi de l’épée, tous avaient été battus et piétinés par Melchior, il était le Roi des Démons le plus fort. Et pourtant, ce garçon avait annihilé ce même Roi des Démons en jetant un sort de manière désinvolte avec un simple mouvement de la main.

Au-delà de la friche rouge qui s’étendait à perte de vue, les seules traces laissées par le Roi des Démons le plus fort étaient la terre qu’il avait détruite et les montagnes qu’il avait écrasées.

Personne d’autre n’avait pu intervenir dans ce combat entre ces deux personnes, pas même les subordonnés du Roi des Démons qui se tenaient à distance, ni les mages de la cour royale du royaume, qui avaient utilisé l’art de la clairvoyance pour regarder le combat.

« Est-ce un rêve... ? »

En raison de la différence de pouvoir excessive, toutes les personnes qui avaient assisté à la bataille contestaient leur propre santé mentale.

À l’instant, le monde avait été poussé dans une nouvelle ère, une ère sans Roi des Démons.

***

– * clack *.

« ... Hum, quelle perte de temps ! »

Alors qu’il le disait d’une voix rauque, le vieil homme, qui jouait avec sa longue barbe qui atteignait sa poitrine, fit disparaître le jeune garçon, son propre alter ego, comme s’il brisait une marionnette inachevée.

Cette fois-ci, il ne lui avait fallu que trois jours pour exterminer les démons et le Roi des Démons. Il avait pu le faire sans même avoir à faire d’effort. Cela avait été loin d’être un dur combat.

L’ennemi avait été trop faible pour affecter l’esprit du vieil homme.

La bataille avait été complètement insignifiante, comme si tout ceci n’avait été qu’un simple scénario, préétabli, déjà gravé dans la pierre.

Le vieil homme ne pouvait plus faire appel à son train-train quotidien, consistant à soumettre les autres à son pouvoir supérieur.

– Cela faisait peut-être cent ans qu’il avait commencé à faire ce genre de jeu.

 

 

Le vieil homme, qui ne pouvait plus trouver de stimulation dans son propre monde, le cherchait dans d’autres mondes.

L’obtention d’un corps immortel avait maudit le vieil homme alors qu’il possédait un pouvoir écrasant qui s’accompagnait d’un ennui insupportable.

Cet homme était une partie des éléments du monde, il était égal à un dieu, et son nom était George Bernst Von Almadianos.

Ayant atteint le sommet de la magie, il était le plus puissant dirigeant du monde des Dormondes.

Le jeu qu’il avait inventé consistait à envoyer ses propres alter ego dans différents mondes et à les contrôler.

Ce vieil homme, était devenu une énorme existence dans son propre monde, transmigra vers d’autres mondes pour assouvir son ennui.

À certains moments, il devenait un Roi des Démons qui régnait sur le monde, d’autres fois, il devenait un héros qui vainquait le Roi des Démons.

Afin de s’amuser dans ces différents mondes, il limiterait son pouvoir au millième ou moins du pouvoir qu’il possédait dans le monde des Dormondes.

Réduire fortement son pouvoir lui permettrait d’accomplir son devoir dans ces autres mondes avec plus de difficulté, mais le vieil homme croyait que cela lui donnerait au contraire le frisson qu’il n’avait pas ressenti depuis longtemps.

« ... Cependant, le problème est que je suis trop fort. »

Même s’il l’avait nettement diminué, le pouvoir de Bernst était toujours hors-norme.

Alors que Bernst était appelé le mage élémentaire, et le roi magique, il était aussi le champion du monde quand il s’agissait d’utiliser ses pouvoirs. Il était sans égal pour faire ce genre de spectacle.

Et très rapidement, même le stimulus d’aller dans un autre monde n’était plus suffisant pour émouvoir son cœur.

Bernst se souvenait très bien de sa jeunesse, il y a des milliers d’années, lorsqu’il aspirait à devenir un mage et qu’il avait juré de se faire un jour un nom dans l’histoire du continent.

Il voulait encore goûter l’excitation de ces jours.

Cependant, en raison de la façon dont les choses étaient dans son monde, cela n’était plus possible. À la fin de sa quête de pouvoir, Bernst avait en partie fusionné son âme avec une étoile.

Au fil des années, il avait acquis un pouvoir beaucoup plus puissant que tout ce qu’il aurait pu espérer.

Révérence, foi, adoration et aspiration... Il recevait toute forme d’adoration, et il détenait le pouvoir de faire et de contrôler tout ce qu’il voulait, cependant, il y avait une chose qu’il ne pouvait pas encore contrôler complètement : ses propres émotions.

« Peut-être que je ne serai bientôt plus capable de penser comme un être humain... »

Un millier d’années s’étaient écoulées depuis qu’il avait perdu les sens de son corps et avait commencé à perdre son corps physique.

Depuis lors, il n’avait jamais ri à haute voix, pas même une fois.

Il avait déjà accepté depuis longtemps que le but de sa quête de pouvoir soit de fusionner complètement à une étoile, ou, en d’autres termes, de perdre son sens du soi.

Au contraire, le fait qu’il avait pu garder son individualité comme l’homme nommé Bernst jusqu’à présent était déjà proche d’un miracle, même s’il avait perdu ses sens et était maintenant un être de conscience seulement. S’il avait continué à être un humain normal après cela, il serait devenu fou il y a longtemps.

À cause de tout cela, il voulait goûter une dernière fois les ambitions et les rêves qu’il avait à l’époque où il avait soif de puissance.

Il voulait goûter l’amour maniaque de ces jours, si doux et pourtant si douloureux qu’il déchirait son cœur.

– Et surtout, il débordait de l’espoir d’un avenir qui n’était pas transparent, un avenir qu’il ne pouvait prédire.

Cependant, à mesure qu’il se rapprochait de devenir une divinité, ses espoirs devenaient de plus en plus lointains, au point de ressembler à de vieilles chimères.

Mais Bernst avait soudain trouvé le moyen de réaliser ce souhait.

« Mhm. Si je ne peux pas expérimenter personnellement ces choses, alors peut-être que je peux partager les sentiments d’un autre et les éprouver à travers lui... »

En dernier recours, Bernst décida de renoncer à vivre des vies temporaires à travers des alter ego.

Il avait envisagé d’abaisser encore plus le pouvoir de l’alter ego, cependant, en tant que plus haut dirigeant du monde de Dormondes, il refusait de s’affaiblir au point où il serait forcé de se soumettre aux autres.

Sa fierté ne pouvait pas se le permettre.

Mais si ce n’était pas Bernst lui-même qui devait aller dans l’autre monde ?

S’il donnait la vie dans un monde différent à un alter ego qui aurait une grande affinité avec lui-même, dans un monde différent, et s’il lui donnait alors une personnalité artificielle — alors, cet alter ego serait sûrement capable de développer divers sentiments que Bernst lui-même ne pouvait plus avoir.

Et puisque la personnalité de cet alter ego serait différente de celle de Bernst, même si sa situation devait être quelque peu honteuse, Bernst n’aurait aucun problème à fermer les yeux là-dessus.

Dans ce cas, il était essentiel d’ajuster la personnalité virtuelle de l’alter ego pour qu’il reste actif et indépendant même s’il était possédé par Bernst.

Parce que si Bernst lui-même prenait possession du corps, à la fin, il ne ferait que rester le même et resterait dans le cycle des futurs prévisibles. Pour obtenir une sorte de retour d’informations sur le partage des émotions de l’alter ego, il était essentiel que la personnalité virtuelle soit parfaitement maîtrisée.

« C’est un pari. »

Malgré tout, Bernst était toujours très anxieux de ne pas pouvoir contrôler son alter ego.

Comme il avait obtenu un pouvoir quasi ultime, il éprouvait un fort sentiment de crise en pensant à une situation où il ne pourrait pas utiliser ces pouvoirs comme il le souhaitait.

Cependant, il ne restait pas beaucoup de temps pour réfléchir à ce sujet.

« Je ne peux pas m’asseoir comme ça et attendre ma fusion inévitable avec l’étoile... »

Pour Bernst, qui avait vécu une éternité, la tentation de vivre une dernière aventure en tant qu’être humain était trop douce pour l’abandonner.

Bien que connaissant les risques, Bernst se résolut à essayer sa dernière cartouche.

Afin de ne pas réduire sa capacité de partage avec lui-même, Bernst s’était posé comme le fondement de la personnalité virtuelle de l’alter ego.

Même ainsi, si ses conditions d’éducation et de vie étaient différentes, il n’y avait aucun doute que l’alter ego développerait un caractère assez différent de Bernst. Les êtres humains sont des créatures qui s’adaptent à leur environnement.

À cause de tout cela, il était très probable qu’il vivrait une nouvelle expérience.

Quant à la puissance de l’alter ego... Puisque le pouvoir de Bernst était trop extraordinaire, il lui en donna deux millièmes.

« J’espère que tu répondras à toutes mes attentes, mon double ! »

Alors qu’il se demandait si cette idée allait réussir ou non, Bernst était comme un homme affamé, avide de nourriture, il ne pouvait pas supprimer son désir pour les sentiments forts et intenses qui accompagnaient la vie.

***

Chapitre 2

« Il est ici ! L’ours aux yeux rouges est ici ! »

En réponse à la voix de son compagnon, Kurats avait commencé à courir sur la route de montagne qu’il connaissait bien.

C’est ici !

Il avait un corps énorme et mesurait environ cinq mètres.

À l’origine, pour les villageois des régions éloignées, c’était un monstre brutal face à qui ils ne pouvaient que fuir.

Ce serait bien si les troupes du seigneur féodal étaient envoyées combattre contre ce monstre, mais étant donné sa mauvaise situation financière, le seigneur féodal choisissait de tout laisser en l’état à moins qu’elle ne causât de sérieux dommages. C’était pour vous dire à quel point cet ours aux yeux rouges était brutal et redoutable.

Malgré cela, Kurats serrait son poing avec un sourire sur son visage.

Les villageois qui l’avaient accompagné surveillaient Kurats avec leurs yeux pleins d’attentes.

Kurats Hans Almadianos.

Le jeune homme n’avait eu que 18 ans cette année. Pourtant il avait déjà atteint plus de deux mètres et pesait plus de 100 kilos. Cependant, malgré sa grande taille, il avait sauté en avant sans bruit, comme un félin sauvage.

Aucun soupçon de peur n’était présent dans ses yeux, ils étaient seulement remplis de la joie de la chasse.

En regardant Kurats approcher, l’ours aux yeux rouges pensa qu’une proie lui était venue expressément pour sa pause déjeuner, et la bête s’avança tout en bavant.

En tant qu’être humain, Kurats avait une assez grande taille, cependant, il était aussi petit qu’un enfant par rapport à l’ours aux yeux rouges.

Cependant, la vitesse et la force de Kurats étaient complètement hors de la compréhension de l’ours.

« ... Guh ! »

Après avoir accéléré et bondi sur la poitrine du monstre, Kurats avait poussé son poing vers lui.

Un lourd choc traversa l’abdomen de l’ours aux yeux rouges.

Et, l’instant d’après, le corps de la bête, qui pesait plusieurs tonnes, volait en l’air comme si la gravité n’avait aucun pouvoir sur elle.

De plus, Kurats poursuivit l’ours volant et utilisa son talon pour le faire tomber à terre. Les organes internes de l’ours aux yeux rouges avaient été brisés, et avec un léger retard, il ressentait une douleur à travers tout son corps.

Même si la bête n’était pas capable de comprendre ce qui s’était passé, ses instincts lui permettaient naturellement de deviner que sa vie était en danger. Il s’était rendu compte que ce n’était pas une proie qui l’avait approchée, mais c’était en fait un monstre en forme humaine, qui était venu le chasser et lui ôter la vie.

« Guooo ! »

Le rugissement de la bête, qui faisait habituellement frissonner ses proies, était devenu un cri impuissant, il semblait un peu implorer pour sa vie. Sous le commandement de son propre instinct de survie, l’ours aux yeux rouges utilisa toute sa puissance pour dévaler la montagne sans se retourner.

« Hey hey, tu atteindras la base de la montagne si tu vas dans cette direction ! »

« Il est normal que les monstres forts réagissent raisonnablement contre un adversaire puissant, mais ils ne sont généralement pas si honnêtes à ce sujet, » ajouta Kurats avec un ricanement. L’ours ne ressemblait plus du tout à un puissant prédateur.

Mais la crainte de l’ours aux yeux rouges, il ne s’arrêtait pas là, car il désespérait encore plus quand Kurats était venu lui barrer la route, la bête ne savait même pas quand il l’avait rattrapée.

« D’accord, il est temps de t’arrêter ! »

Les petites paumes des mains de l’homme avaient alors étroitement agrippé les pattes avant de la bête.

L’énorme énergie cinétique née de l’accélération du corps de l’énorme bête pesant plusieurs tonnes avait été arrêtée très facilement par les bras du jeune homme.

Comme si elle était attirée par une puissante force magnétique, le corps de la bête cessa de bouger et se contracta sur place.

« Guooooooo ! »

Croyant que quelque chose de si incroyable était complètement impossible, l’ours aux yeux rouges lutta.

La bête était si lourde que le sol croulait sous elle quand elle marchait, mais, peu importe la puissance qu’elle utilisait, même lorsqu’elle concentrait toute la force de son corps sur ses pieds et essayait de se débattre pour sortir des bras qui la retenaient, le jeune homme ne bougeait toujours pas.

« Tu es assez fort. Cela fait un moment que je n’avais pas utilisé 30 % de ma force comme aujourd’hui. »

« Kuuuh »

L’ours aux yeux rouges laissa échapper un son nasal qui semblait convenir à un pitoyable chiot.

Et puis, pour ne pas blesser ses précieux organes internes, Kurats conduisit prudemment deux de ses doigts à l’intérieur du front de la bête.

Sans aucune résistance, ses doigts atteignirent le cerveau de l’ours aux yeux rouges, comme deux pieux de bois pénétrant dans le sol.

Et ainsi, le roi de la forêt était directement passé de son rôle de chasseur à celui de proie. Il poussa un léger cri, étouffé dans le fond de sa gorge, avant de tomber à terre, faisant trembler le sol sous son énorme corps.

« Il est incroyable, comme toujours... »

« Je ne peux pas croire qu’il ait même vaincu un ours aux yeux rouges... »

« Mettons les soldats du seigneur féodal de côté, quelque chose comme ça serait impossible même pour les chevaliers de la capitale royale. »

« Maintenant, il ne reste plus rien dans cette forêt qui puisse vaincre Kurats. »

Les jeunes villageois qui avaient assisté au combat admiraient le pouvoir hors normes de cet homme qui avait subjugué le roi de la forêt. C’était une nouvelle réalisation a rajoutée à son histoire héroïque.

Personne ne savait comment il était arrivé à posséder un tel pouvoir malgré le fait qu’il n’avait que 18 ans. Cependant, quand il était allé chasser avec son père pour la première fois à l’âge de sept ans, il était déjà au-dessus du chasseur moyen.

« Ce sera un bon souvenir pour le village. », dit Kurats avec un sourire en soulevant la peau de l’ours aux yeux rouges.

La fourrure était de très bonne qualité, il croyait que cela pourrait faire un beau tapis pour sa maison.

Étant donné que la récolte de blé de l’année n’avait pas été très bonne dans le village de Gaura, la chair et les organes de l’ours aux yeux rouges étaient susceptibles d’être une source supplémentaire très appréciable de revenus.

Ainsi, leur village ayant obtenu des gains inattendus, les jeunes, qui s’étaient cachés pour regarder le combat, criaient de joie et se rassemblaient autour de l’ours aux yeux rouges.

Ensuite, ils avaient extrait habilement le sang du monstre et avaient séparé la chair et les organes. La chair et les organes de l’ours aux yeux rouges, en particulier son foie et son cœur, pourraient être utilisés comme ingrédients pour fabriquer des médicaments. Ces matériaux généreraient des profits élevés s’ils étaient vendus aux colporteurs qui se rendraient parfois dans le village.

« Nous passerons l’hiver à nouveau en toute sécurité cette année ! »

Après cela, Kurats et les autres étaient revenus triomphalement au village, mais ce qui les attendait, c’était les visages sombres des adultes du village, qui avaient la tête honteuse.

« Chef du village ! Regarde s’il te plaît ! Juste avec cet ours aux yeux rouges, nous aurons un hiver paisible à coup sûr ! »

Les jeunes du village n’avaient aucun doute qu’ils recevraient des mots de gratitude en réponse.

L’argent gagné par la vente de l’ours serait considérable même après avoir été partagé entre tous les habitants du village, il semblait naturel que les villageois puissent être un peu extravagants en hiver.

Mais, malgré les bonnes nouvelles, les adultes avaient une expression grave sur le visage.

« Tout le monde, qu’est-ce qui se passe... ? »

Pendant que Kurats lui demandait, l’Ordreik, le chef du village dont le dos commençait à devenir tortueux au fil des ans, s’avança soudainement devant lui.

« Je suis désolé, Kurats. Nous devons livrer Cornelia au seigneur féodal. »

C’était venu comme un coup de tonnerre. Le corps entier de Kurats commença à trembler alors qu’il sentait une colère brûlante d’âme jaillir en lui.

Il était généralement doux, il était donc rare de le voir révéler sa colère comme ça, mais personne ne pensait qu’il y avait quelque chose d’étrange à cela. Parce que, clairement, sa colère était complètement justifiée.

« ... Et alors ? Est-ce que tu me dis d’abandonner tranquillement ma sœur à lui ? Est-ce que c’est de ça dont il est question ? »

Kurats se mordit la lèvre de la colère, au point où une ligne de sang coula le long de son menton et tomba au sol.

Si cet homme énorme devenait fou, personne dans le village ne pourrait l’arrêter.

Les adultes qui étaient rassemblés là-bas ne pouvaient que s’excuser avec leur tête pour essayer de lui faire baisser sa rage.

« Nous ne voudrions jamais faire une telle chose... S’il te plaît, dis-nous si tu as une autre solution, mais si non, alors nous n’avons pas d’autre choix. »

En disant cela, l’Ordreik s’agenouilla et baissa la tête.

L’Ordreik était déjà très vieux et il était connu pour son caractère juste et honnête. Depuis qu’il avait dit qu’il n’y avait pas d’autre moyen, alors cela devrait sûrement le cas.

Après tout, celui qui en était responsable était le fils du comte Hazel, et il était connu pour être tyrannique. La belle et adorable sœur aînée de Kurats, Cornelia, avait malheureusement attiré l’attention du fils prodigue du comte quand il passa devant le village.

Peut-être que je devrais fuir avec elle ?

Pour Kurats, Cornelia était la seule famille qu’il lui restait dans ce monde.

Même si elle n’avait qu’un an de plus que lui, elle avait la tolérance d’une mère envers lui, mais en même temps, Kurats ressentait aussi le besoin de la protéger, comme si elle était plus jeune que lui. Et l’imaginer simplement être déshonorée par les caprices de certains aristocrates était suffisant pour le pousser dans une colère insondable.

Confiant dans son succès, Kurats était déterminé à s’échapper tout de suite, mais il fut empêché de ne le faire par nul autre que Cornelia elle-même.

« Donner mon corps n’est pas un prix pas cher à payer pour toi et la sécurité du village, frère. »

Ses yeux purs créaient une atmosphère claire autour d’elle. De plus, elle avait des traits finement ciselés et nobles qui faisaient instinctivement envie de la révérer.

Cornelia se tenait dignement en se tenant la tête haute.

Il n’y avait pas d’hésitation à ses mots, ils étaient remplis de détermination, ce qui au contraire rendait les villageois encore plus coupables. Le frère et la sœur avaient perdu leurs parents étant enfants, mais ils s’étaient collé l’un avec l’autre et ils avaient grandi si bien, mais à la fin pourquoi devaient-ils subir un tel sort ?

La sœur de Kurats — Cornelia, était devenue une femme d’une telle beauté que n’importe qui envierait. Cette période n’était-elle pas censée être le moment pour elle de trouver le bonheur ?

L’Ordreik maudit le destin lui-même.

Cornélia était comme une fille de l’Ordre, il ne voulait absolument pas la donner à quelque noble qui ferait d’elle sa concubine.

« ... Ne dis pas ça si facilement, ma sœur... Il n’y avait aucune chance que je sois heureux si je dois te sacrifier pour ça, » dit Kurats tout en empêchant désespérément sa voix de devenir larmoyante.

« Kurats, pense aux gens du village qui ont pris soin de nous deux...! »

Après la mort de leurs parents, le frère et la sœur avaient commencé à vivre frénétiquement, et la seule raison pour laquelle ils avaient pu grandir en toute sécurité était que tout le monde, à commencer par le chef du village, les aidait dans les coulisses.

En premier lieu, un enfant ne serait pas capable de vivre dans un village éloigné si ce n’est grâce à l’aide de la communauté. Depuis qu’il avait compris cela, Kurats ferma la bouche et baissa les yeux.

Le village de Gaura n’avait jamais été riche. Il serait facilement ruiné si le seigneur féodal devait en avoir une rancune en augmentant les impôts.

Ni Kurats ni Cornelia ne seraient capables de poursuivre leur propre bonheur si le village devait être détruit dans le processus.

Kurats ne s’était jamais senti aussi désemparé qu’il se sentait actuellement, c’était une torture pour lui. Il avait entraîné son corps plus que quiconque afin de devenir aussi fort que possible juste pour protéger sa sœur.

D’autres l’appelaient aussi le « Puissant Kurats », et, encore moins que les villageois, il était convaincu qu’il serait capable de vaincre même les chevaliers du royaume.

Non, dans un combat en tête-à-tête, il était sûr que pas une seule personne au monde ne serait capable de le vaincre.

Cependant, malgré sa valeur individuelle, il était encore impuissant face à l’autorité des nobles.

Même s’il prenait la main de sa sœur et fuyait le village, ils n’avaient ni argent ni famille. Les Kurats ne pouvaient imaginer un avenir où ils seraient capables de bien vivre dans ces circonstances.

Le désespoir entraînait l’esprit de Kurats au fond de l’abîme.

« Mhm... N’abandonnez pas encore... »

Soudainement, une voix, qui ne semblait pas vraiment être là, résonna dans la tête de Kurats, à son propre étonnement.

Kurats pensait que son impuissance avait fini par le rendre fou.

« Non, tu n’es pas devenu fou — sérieusement, c’est... Comment peux-tu être aussi lâche en ayant mon sang! Je ne vais pas permettre ça ! »

Pour Bernst, qui avait toujours régné comme l’être le plus grand et le plus fort, la faiblesse de Kurats était assez irritante.

Il était angoissé par les nobles de certaines régions éloignées ! Il avait les mêmes gènes que Bernst, était-ce parce qu’il avait été élevé dans un environnement différent qu’il était si différent en tant que personne ?

« Eh bien, c’est entendu. Maintenant, sois obéissant et écoute-moi... si tu veux sauver ta sœur, alors fait ce que je te dis. »

En dépit de sa confusion, Kurats hocha encore la tête à cette voix silencieuse.

***

Chapitre 3

Une fois réveillé, Bernst commença à scanner les souvenirs de Kurats pour recueillir des informations sur son monde.

Le continent Laistra était composé de nombreux petits pays mélangés, centrés autour de cinq grands pays.

Gaura n’était qu’un pauvre village situé sur le territoire du comte Hazel dans le royaume de Jormugand, qui était l’un de ces cinq grands pays.

Ce monde semblait avoir un niveau de civilisation inférieur à celui attendu par Bernst. La raison pour laquelle Kurats n’était pas capable d’utiliser des sortilèges malgré le fait que Bernst avait obtenu les connaissances de base en magie était que, en premier lieu, il n’y avait personne qui soit capable d’utiliser la magie dans cette région isolée.

Donc, même s’il était l’alter ego de Bernst, il ne pouvait pas savoir comment faire quelque chose qu’on ne lui avait jamais enseigné.

Je n’aurais jamais pensé qu’il n’aurait jamais vraiment vu de magie, j’ai dû faire une erreur dans mes calculs !

Cependant, cela ne signifiait pas qu’il n’y avait pas de magie dans ce monde puisqu’il semblait y avoir des mages de cour dans la capitale royale.

Il était juste arrivé que Kurats fût né dans le mauvais endroit. Bernst ne pouvait que réprimer son abattement à ce sujet.

Même un enseignement de mage de troisième ordre aurait été bon. Si seulement Kurats avait eu de la chance, son talent se serait immédiatement manifesté.

En outre, Bernst n’aimait pas le fait que son propre alter ego soit si faible : « Sérieusement, pour qu’il soit réellement troublé par une affaire triviale comme celle-ci ! »

Comme il avait étendu sa conscience sur toutes les différentes parties de ce monde, Bernst était en colère. Si Kurats voulait protéger sa belle sœur, alors il aurait dû le faire. On lui avait donné assez de force pour ça.

Au contraire, il aurait dû être assez fort pour riposter au point de faire regretter à ce noble le jour de sa propre naissance.

S’il ne pouvait pas faire cela, c’était parce que cela menacerait la sécurité de ses compagnons dans le village, alors il aurait dû abandonner sa sœur dès le départ. Et si ce n’était pas une option non plus, tout ce qu’il avait à faire était d’obtenir le pouvoir de protéger tout le village.

N’était-ce pas une résolution convenable pour un jeune homme ?

En tout cas, ce que disait Bernst, c’était que les actions de Kurats étaient des demi-mesures qui n’étaient pas assez décisives.

Néanmoins, le fait que Bernst avait pu ressentir une telle indignation était probablement la preuve que les sentiments de Kurats étaient en effet partagés avec les siens.

Puisque Bernst, l’immortel, pouvait anéantir quiconque lui faisant du mal, il lui était normalement impossible de ressentir ce genre d’irritation et de frustration.

 ... Mhm, pour l’instant, vu qu’il me fait rappeler certains de mes anciens sentiments humains, c’est d’une certaine manière un succès.

Comme prévu, puisque cet alter ego avait les mêmes gènes que lui, Bernst avait un grand sens de l’empathie envers lui. Cela signifiait que le partage des sentiments de Kurats n’était pas loin de lui procurer de réelles émotions.

Cependant, pourquoi ces émotions devaient-elles être si insupportablement désagréables ?

Bernst n’était pas venu dans ce nouveau monde juste pour goûter à ce genre de sentiments désagréables.

La grande joie de vivre ! Le grand soulèvement qui venait quand on devait combattre un adversaire digne tout en le faisant pour la vie des uns et des autres, vous incitant instinctivement à crier et à rugir à pleins poumons !

Ce sentiment de laisser vos désirs charnels vagabonder en faisant resplendir votre beauté ! C’était ce que Bernst voulait vraiment goûter à nouveau !

Il est vrai que certains disent que plus l’obstacle sur votre chemin est grand, plus le sentiment d’accomplissement est grand une fois que vous l’avez traversé...

L’homme nommé Bernst était l’égal des dieux. Des mots comme le contrôle de soi, la soumission et le renoncement lui étaient complètement étrangers.

Dire que Kurats était simplement un homme gentil pouvait sembler agréable, mais la vérité était qu’il était simplement faible. Il allait être difficile pour Bernst de résister à la tentation d’utiliser ses propres pouvoirs et de rester patient tout en coexistant avec Kurats.

Cependant, s’il prenait la personnalité virtuelle de Kurats, alors son but initial de ressentir des émotions inexpérimentées finirait bien par être un échec.

Donc, bien qu’il fût très irrité, Bernst n’avait pas d’autre choix que d’aider Kurats sans intervenir directement pour le moment.

... Continuez à me divertir, mon double ! Vous êtes l’homme le plus fort ! Vous êtes le successeur de l’esprit d’Almadianos !

***

À l’origine, Kurats et Cornelia n’étaient pas nés dans ce village.

Quand leur père, Kemp, était jeune, il était apparemment un mercenaire avec une bonne réputation. Quant à leur mère, elle s’appelait Frigg, elle était la fille unique d’un certain mercenaire qui la confiait à Kemp, qui se trouvait être un vieux camarade d’armes.

Après la mort de ce mercenaire, Kemp finit par avoir une relation avec cette fille, peut-être à cause des conseils du destin.

« Après ma mort, Rick va probablement me tuer pour ça dans ma prochaine vie. »

Le père de la fratrie avait l’habitude de rire et de le dire quand il était encore en vie. Cependant, il n’était pas difficile de comprendre pourquoi leur père avait été incapable de se contrôler et avait pris Frigg comme sa femme.

Après tout, Frigg possédait une beauté que n’importe qui aurait enviée. Pourtant, elle avait aussi une personnalité rusée et bornée. En fait, c’était elle qui avait séduit Kemp, et pas l’inverse.

Et la sœur de Kurats, Cornelia, avait hérité de la beauté de sa mère.

Elle avait les mêmes membres gracieux avec les mêmes courbes lisses.

Elle avait les mêmes cheveux noirs qui pétillaient avec charme chaque fois qu’il pleuvait.

Elle avait les mêmes yeux fascinants en amande que les hommes ne pouvaient s’empêcher d’admirer.

Dans l’ensemble, même si elle ne la dépassait pas, elle n’était pas inférieure à sa mère, Frigg, qui avait été d’une beauté incomparable.

– Une seule exception notable, le tour de poitrine de Cornelia, qui était petit, mais il valait mieux ne pas le mentionner à haute voix.

Et le point le plus important était que Kemp et Frigg n’étaient pas les véritables parents de Kurats.

Quand il n’était qu’un bébé, Kurats avait été confié à Kemp sur un champ de bataille par une étrange jeune femme qui était sur le point de mourir.

Normalement, Kemp n’aurait pas pris un tel bébé, seulement on lui avait donné beaucoup d’argent pour cela, il ressentait ce mystérieux sentiment qu’il ne devrait pas l’abandonner.

De plus, Frigg avait apparemment été captivé par le rire sain du bébé.

Ainsi, par une coïncidence miraculeuse, Kurats fut accueilli par sa famille, devint le frère cadet de Cornelia et hérita du nom de famille « Almadianos ». C’était certainement le principe de la causalité au travail.

Depuis qu’il avait entendu parler de ces faits à l’âge de 12 ans, Kurats avait eu une angoisse qui montait jour après jour.

Il ne voulait pas donner sa sœur à un autre homme.

Il voulait vivre pour toujours paisiblement avec sa belle sœur, en tant que frère et sœur.

Bien qu’il soit pleinement conscient que ce n’était pas un désir naturel, Kurats ne pouvait s’empêcher de ressentir cela.

Heureusement, en raison de sa personnalité, sa sœur n’avait jamais manifesté d’intérêt pour aucun homme, donc la paix du frère et de la sœur n’avait jamais été troublée. Il n’aurait jamais pensé que la pire des personnes tomberait amoureuse d’elle au premier regard.

« Cela signifie que ma sœur va... »

Kurats réprimait désespérément les sentiments tabous qu’il avait réussi à garder cachés en lui pendant si longtemps.

« Quand il s’agit de ces types d’adversaires, tout ce que tu as à faire est de les tuer. Pourquoi es-tu si hésitant ? », dit Bernst d’un ton neutre, car il savait combien de pouvoir était présent en lui.

« Je ne peux pas faire ça ! Et même si je le pouvais, tu sais combien d’ennuis cela apporterait à tout le monde dans le village...? »

« Tu as grandi d’une manière très gênante. Était-ce parce que j’avais trop confiance en mes gènes ou parce que je me foutais de l’influence que ton environnement aurait sur toi ? ... De toute façon, je ne peux pas permettre cela ! »

« Pourquoi diable me possèdes-tu ? Es-tu un fantôme ? Un démon ? »

Bernst répondit en boudant, avec une voix qui donnait l’impression d’être vraiment offensé.

« Je vais être dérangé si tu commences à me comparer à ces sortes de choses chétives. Je suis le roi magique du monde de Dolmond, je suis un autre toi d’un autre monde. »

Bien évidemment, Bernst n’avait aucune intention de dire toute la vérité. Même si Bernst avait dit à Kurats qu’il était juste un partenaire pour son jeu, il était tout à fait possible qu’il ne le croie pas. Même s’il le croyait, Bernst serait troublé au cas où Kurats finirait par se tuer à cause de ça.

« ... Cela ressemble à quelque chose qui est sorti tout droit d’un rêve, mais pour une raison quelconque, je peux te croire quand vous dites que tu es un autre moi... »

Kurats n’avait pas reconnu ce fait par raison ou par les mots de Bernst, mais plutôt par le sentiment unique qui venait de partager la même âme avec lui.

Tout comme Bernst partageait les émotions humaines de Kurats, Kurats sentait aussi les pensées de Bernst, qui avaient atteint un équilibre humain.

Mais, comme on pouvait s’y attendre, il lui était impossible de lire ces pensées en détail... C’était très chanceux pour Bernst, qui pensait avoir du mal à convaincre Kurats.

« Comme je l’ai dit, dans cet autre monde, je suis le roi magique, l’égal d’un dieu... Honnêtement, avec une seule main, je pourrais disperser toutes les forces du comte d’une zone rurale comme celle-ci. Tu devrais être capable de le faire aussi, si tu t'y mets réellement. »

Kurats était l’alter ego de Bernst. Tant qu’il avait un espoir, il ne faisait aucun doute qu’il deviendrait l’un des meilleurs mages de l’âge actuel, sans avoir besoin d’un entraînement spécial.

Si Bernst était dans la position de Kurats, il aurait été capable de supprimer tous les obstacles sur son chemin, que ce soit directement ou indirectement, en utilisant simplement le pouvoir actuel de Kurats.

« ... C’est un discours de fou. Même si je suis capable de repousser les forces du comte, le royaume ne restera pas silencieux, et ils peuvent ruiner le village juste en bloquant la route principale qui y mène. »

Kurats savait trop bien à quel point les gens qui vivaient dans son village reculé étaient pauvres.

S’il avait été le seul concerné par la situation, Kurats n’aurait pas été si troublé. Comme dit précédemment, Kurats était convaincu qu’il était suffisamment capable d’affronter n’importe qui dans le monde.

Il n’aurait donc pas été impossible pour lui de prendre sa sœur et de franchir les frontières du pays.

La vérité était qu’il avait été déterminé à le faire pendant une courte période, et il l’aurait probablement fait, si sa sœur ne s’y était pas opposée.

« ... Mais protéger tous ces villageois et tout le reste ne te sert à rien si cela signifie que tu ne peux pas sauver ton importante sœur, n’est-ce pas ? »

Les mots cyniques de Bernst transpercèrent les organes vitaux de Kurats.

Il avait raison.

Bien que Kurats était pleinement conscient que c’était une manière de pensée ignoble, le sort du village n’avait vraiment aucune valeur à ses yeux comparés au sauvetage de sa sœur.

Le problème était que sa sœur, avec sa personnalité unique, ne lui permettrait jamais de les ignorer.

« Je vais tout simplement supporter ma honte et te demander... Y a-t-il une méthode pour sauver ma sœur et le village ? »

***

Chapitre 4

Kurats n’était jamais le genre d’homme qui avait un plan.

Sa nature était de briser ses problèmes de manière frontale, en utilisant seulement sa force et son endurance.

La même chose s’appliquait à Bernst depuis qu’il avait obtenu un pouvoir semblable à un dieu, cependant, à l’époque où il était encore un aventurier, il avait connu beaucoup de situations qu’il n’était pas capable de résoudre en utilisant la force brute.

À l’époque où Bernst apprenait encore et s’entraînait, il y avait des gens qui avaient usé de leur autorité et de leur influence pour faire pression sur lui.

« Puisque tu ne peux pas le combattre d’emblée, alors tu n’as pas d’autres choix que de faire appel à quelqu’un qui est encore plus influent que le comte. Il ne devrait pas y avoir de pénurie de personnes qui feront n’importe quoi pour partager un pouvoir hors norme comme le mien. »

« Eh bien, il y a des aristocrates qui cherchent le pouvoir dans tous les coins du pays, mais... »

Le problème était qu’il n’y avait pas de temps.

Même s’il devait trouver quelqu’un avec qui collaborer, il serait possible que sa sœur soit déjà enlevée d’ici là. Il n’avait pas eu le temps de se présenter à quelques nobles et de construire tranquillement une connexion avec eux.

« Par exemple, tu pourrais participer à un concours de gladiateurs... ou peut-être sauver une jeune femme noble isolée dans sa chambre en raison d’une maladie incurable. De plus, tu n’as pas à considérer le temps que tu perdras sur la route, nous pouvons nous déplacer instantanément en utilisant ma technique de transport. »

En entendant les mots de Bernst, Kurats avait eu un éclair de perspicacité.

La première chose qu’il se rappela fut le tournoi du mois du raisin, gagner cette compétition était aussi important que de devenir un chevalier du royaume.

Cependant, il devrait attendre une demi-année avant le début du tournoi.

C’était en fait la deuxième suggestion de Bernst, celle de la maladie incurable, qui semblait la plus réalisable.

La deuxième princesse du royaume de Jormugand, Lunaria Heinz Von Jormugand, était actuellement malade au lit à cause d’une maladie d’origine inconnue. Elle était malade depuis près d’un an et demi, sans espoir de rétablissement.

Kurats s'était rappelé que, dans sa colère, le roi avait déclaré que quiconque pourrait obtenir la guérison complète de la princesse recevrait la récompense qu’ils souhaitent.

« Je vois, c’est pratique. Comme elle est une vraie princesse, la sauver sera plus que suffisant. »

« Nous allons nous transférer dans la capitale royale ! Prépare-toi, » dit Bernst avec désinvolture à Kurats.

« La sauver ? C-comment suis-je censé faire ça ?! Attends, plutôt, que veux-tu dire par “transfert” ? »

Dès le départ, Kurats ne connaissait même pas le concept de l’utilisation de la magie.

Dans ce village pauvre et isolé, il n’y avait aucune possibilité de voir la magie en action, Kurats n’avait entendu que des rumeurs sur la magie de ses parents, qui étaient des mercenaires.

« Pouah ! Je ne permettrai pas à celui portant le sang d’un roi magique comme moi d’être aussi ignorant ! Quoi qu’il en soit, cette technique n’est pas si difficile. D’abord, tu dois imaginer des lumières qui se rassemblent autour de ton front. »

En réponse aux mots contrariés de Bernst, Kurats ferma docilement ses yeux brun roux et concentra sa conscience sur son front.

Cette méthode de concentration n’était pas exclusive aux sorts magiques, c’était aussi une technique très basique qui était souvent utilisée lors de l’entraînement à l’escrime.

Ainsi, même Kurats, qui n’avait jamais été entraîné à la magie, et qui n’avait formé que sa force physique depuis sa jeunesse, connaissait bien la technique de concentration décrite par Bernst.

La lumière blanche avait l’impression de refléter son âme et de submerger son corps dans l’eau... Kurats la sentit devenir de plus en plus claire au centre de son front.

« Je vois, comme prévu, tu apprends vite... Maintenant, continue à te concentrer et pense à un paysage que tu connais dans la capitale royale. Et puis, imagine-toi debout là-bas. »

Voyant le mana tranquille et puissant qui ne semblait pas provenir de quelqu’un qui n’avait jamais utilisé la magie auparavant, Bernst hocha la tête avec satisfaction.

C’est vrai, c’est comme ça que ça doit être. Ceux qui portent le nom Almadianos ne peuvent pas être faibles... Pourtant, c’est assez frustrant que je ne puisse pas utiliser mes propres techniques moi-même, pensa Bernst avec un sourire ironique tout en se sentant plus irrité de la situation qu’il ne l’avait prévu.

Alors que Bernst pensait à de telles choses, le pouvoir magique de Kurats, qui s’était accumulé, atteignait la saturation.

« ... Bon, imagine ton pouvoir magique exploser comme une bulle !! Maintenant, saute en avant et répète après moi ! »

En provenance de Bernst, une énorme quantité de connaissances et d’images avait coulé dans le cerveau des Kurats.

Cette connaissance fantastique aurait dû causer un énorme fardeau sur le cerveau de Kurats, cependant, il était réellement calme, au point même de se surprendre lui-même, alors qu’il commençait le chant d’un sortilège.

« Port ! »

Port !

Instantanément, il y avait eu un éclair blanc qui semblait couvrir le monde devant les yeux de Kurats, et avant qu’il s’en rende compte, il marchait sur le pavé de pierre familier de la capitale royale.

Cette magie a été faite par mon corps ?!

Cet effet instantané n’avait rien à voir avec ce dont il avait entendu parler de la part de ses parents, Kurats ne put réprimer son étonnement alors qu’il sentait un froid dans son dos.

Même les mages de cour, qui étaient les meilleurs mages du royaume, auraient du mal à utiliser une technique aussi avancée.

De plus, celui qui avait utilisé ce sort n’était autre que Kurats lui-même, ce qui rendait l’affaire encore plus étonnante pour lui.

Il n’était pas fier de cela, mais il était totalement désemparé quand il s’agissait de magie, et pourtant, en suivant simplement le conseil de Bernst, Kurats était maintenant capable de sentir directement le mana circuler dans son corps.

À partir de maintenant, il serait capable d’utiliser le sort sans l’aide de Bernst.

« As-tu vraiment le temps d’être coincé dans un état comme celui-ci ? »

Grâce aux paroles ridicules de Bernst, Kurats revint à la raison et se précipita immédiatement vers la guilde, qui aurait dû être située autour de l’entrée du château royal.

Il restait probablement moins de trois jours avant que sa sœur ne soit emmenée. Il n’y avait pas une seconde à perdre. Kurats devait acquérir le pouvoir de s’opposer au comte Hazel dès que possible.

« Si je me souviens bien, la réception devrait être ici... »

Cela faisait environ trois ans que Kurats était venu ici la dernière fois.

Il n’avait pas oublié l’excitation qu’il ressentait la première fois qu’il voyait la capitale lorsqu’il était venu avec son père, mais il semblait que les rues avaient légèrement changé ces dernières années.

D’une certaine manière, c’était comme si les gens avaient un air plus dur, ce qui était peut-être dû au fait que la princesse de leur royaume avait attrapé une maladie de cause inconnue.

Bien qu’il se guidait avec ses vieux souvenirs, Kurats avait quand même trouvé son chemin sans se perdre, et avait repéré l’impressionnant toit rouge des quartiers de la vieille guilde.

Le guichet de la guilde était calme depuis un bon moment aujourd’hui.

C’était probablement parce qu’il n’y avait que peu d’aventuriers à la recherche de demandes puisque c’était déjà l’après-midi.

Malgré tout, il y avait environ une douzaine d’aventuriers armés vérifiant soigneusement le tableau d’affichage où les demandes étaient affichées.

N’étant d’aucune utilité pour ce tableau d’affichage, Kurats se dirigeait directement vers la réceptionniste de la guilde, qui était assise avec un sourire de femme d’affaires sur son visage.

« ... Désolé, est-il encore possible de prendre la demande pour traiter la maladie de la princesse ? »

« Hein !? »

La réceptionniste, Hilda, dont le sourire mignon était célèbre parmi les aventuriers, laissa involontairement sa confusion s’échapper de sa bouche en raison des mots du jeune homme qui ne correspondaient pas du tout à sa stature.

Cependant, c’était compréhensible.

Bien qu’il était un « jeune homme », il mesurait plus de deux mètres (6'7). Il avait un corps incroyablement imposant, avec un poids de pas moins de 100 kg (220 lbs).

Ses muscles saillants étaient magnifiquement construits, comme s’il était un guerrier expérimenté.

Hilda n’avait pas reconnu le jeune homme, mais quand elle l’avait vu, elle avait été convaincue qu’il était un aventurier qui était là pour faire une demande de soumission.

« M-mes excuses. Ce que je voulais dire, c’est de savoir si la demande pour traiter la maladie de Son Altesse la princesse avait elle déjà été retirée. »

Hilda réussit à peine à répondre à cette question, mais elle ne comprenait toujours pas pourquoi un jeune homme, manifestement plus apte au travail manuel, se mettait lui-même à la tâche avec une telle demande.

Même s’il le faisait comme une blague, la cible de la demande était la princesse du pays.

Elle n’était pas quelqu’un avec qui il pouvait tenter sa chance ni ne pouvait la nourrir d’absurdités sur l’utilisation de la volonté ou autre pour se guérir.

S’il devait quelque peu aggraver l’état de la princesse en la traitant, il était fort possible qu’il soit décapité sur place.

Et ce n’était pas une simple conjecture, car c’était en réalité arrivé à l’un des médecins du palais royal, qui n’avait pas réussi à guérir la princesse malgré le fait qu’il se vantait de ses compétences à l’avance.

Après cet incident, le nombre de personnes essayant de guérir la princesse avait considérablement diminué.

« Alors, je voudrais relayer d’urgence ce que je vais vous dire au palais royal. Mon nom est Kurats · Hans · Almadianos... et je suis un mage. »

« Quoi ?! »

En tant que réceptionniste de la guilde, Hilda n’était presque jamais agitée, cependant, les mots de Kurats la poussèrent involontairement à crier.

Était-ce une situation où l’on ne devait pas juger les gens par leur apparence ?

Hilda était à court de mots alors qu’elle regardait une fois de plus le corps stupéfiant de Kurats et ses traits faciaux jeunes et gracieux.

Hilda pensait que cela pouvait être son propre préjugé, mais d’après son expérience, la plupart des mages étaient minces et avaient des traits sombres. Cependant, c’était en effet un préjugé, car il y avait bien quelques mages bien musclés dans ce monde.

Et techniquement, ce genre de bon sens ne s’appliquait pas ici puisque la magie de Kurats n’était pas du même type que la magie communément connue, mais Hilda n’en savait rien du tout.

En tout cas, ces questions étaient hors de portée d’une réceptionniste comme elle.

« S’il vous plaît, attendez un moment... Je vais aller chercher la confirmation du château. »

Comme il n’y avait pas de guérisseurs ou de médecins qui se présentaient pour prendre la demande, la guilde subissait des pressions de la part du palais royal pour trouver rapidement quelqu’un qualifié pour cela.

Donc la vérité était que la guilde apprécierait vraiment si la demande était prise par Kurats.

C’est-à-dire, à condition qu’il ne fasse pas une erreur trop importante.

Alors qu’il se demandait si un roturier sans antécédents comme lui pouvait vraiment entrer dans le palais royal, Kurats devenait de plus en plus anxieux dans son esprit, bien qu’il ne laissa rien paraître sur son visage.

Tout ce plan était basé sur le principe que la magie avancée de Bernst soit capable de sauver la princesse de sa maladie en toute sécurité. Cependant, si cette condition préalable n’était pas remplie, le plan serait impossible à exécuter.

« Ne sois pas si effrayé... N’as-tu pas vu le visage de cette femme ? Elle était clairement soulagée, n’est-ce pas ? ... Je suppose que tout le monde a déjà renoncé à cette demande, et cela fait probablement un moment que quelqu’un ne s’était pas présenté pour la prendre. »

Le raisonnement de Bernst avait mis dans le mille.

« Hé, regarde, je vais le dire pour toi, tu devrais abandonner. Tu es encore jeune, tu ne veux pas perdre inutilement ta vie, non ? »

L’un des aventuriers, qui avait entendu la conversation entre Hilda et Kurats, se leva et vint me parler.

Cet homme connaissait un autre aventurier qui n’avait pas répondu à la demande et fut banni du royaume.

Et, dans les yeux de cet homme, Kurats ne semblait absolument pas plus compétent que cet aventurier vétéran.

« Merci de vous inquiéter. Mais, même si je ne le laisse pas paraître, j’ai mes chances de réussir. »

En regardant les yeux de Kurats, qui avait un sourire naturel sur son visage, l’aventurier changea son évaluation de lui.

Il pouvait dire que Kurats ne se vantait ni ne bluffait.

Alors, ce jeune homme était-il grandement trompé, ou était-il vraiment suffisamment capable de mettre ses mots en pratique ?

« Eh bien, si tu le dis, alors je ne t’arrêterai pas. Aussi, tu n’as pas à le faire, mais si cela ne te dérange pas, peux-tu me montrer une partie de ta magie ? »

« Eh bien, je suppose que je peux... et à propos de ça ? »

Au moment où Kurats avait dit cela, son corps était apparu derrière l’aventurier.

Téléportation — ce n’était pas un type de magie qui pouvait être utilisé par hasard sans emprunter le pouvoir d’une formation magique.

Si Kurats était aussi compétent dans le corps-à-corps, cela signifierait qu’il aurait certainement été capable de gagner le combat contre l’aventurier tout à l’heure.

Avec une sueur froide, l’homme avala sa salive, car il était maintenant convaincu que Kurats n’était pas un mage moyen.

« ... je suis Martin Harding. J’ai un peu d’influence dans la guilde, alors n’hésite pas à venir me voir si tu rencontres des problèmes. »

Martin le héros avait reconnu un nouveau venu, toute la guilde devint bruyante au fur et à mesure que cette étonnante information se répandait.

Plusieurs aventuriers, qui connaissaient l’excellent œil de Martin, se levèrent pour faire connaissance avec Kurats, mais à ce moment...

« Seigneur Kurats Hans Almadianos ! Je suis désolé de vous avoir fait attendre ! »

Ayant contacté le château, Hilda avait corrigé son attitude et s’était respectueusement inclinée vers Kurats. Bien que Kurats avait été perplexe par son changement soudain d’attitude, Bernst n’était pas perturbé, car il avait compris la raison de ce changement.

C’était probablement parce que, comme le pays était sur le point de renoncer à sauver la princesse, un magicien complètement inconnu était apparu de nulle part pour sauver sa vie, alors, dans leur désespoir, les gens du château saisissaient ce dernier espoir, et ils avaient donc demandé à Hilda d’être prudente et courtoise envers lui.

Il semblerait que la princesse soit dans un état critique. Même ainsi, plus cela était dangereux, plus Kurats recevrait de gratitude en retour pour la sauver.

« On m’a dit de vous prévenir d’aller rapidement au château. Quelqu’un viendra vous guider immédiatement. »

***

Chapitre 5

Peu de temps après, un homme bien habillé au sommet d’un cheval était venu galoper vers Kurats. Il était probablement l’un des chevaliers du palais royal.

« Il est énorme..., » dit le chevalier avec un claquement de sa langue en voyant le grand corps de Kurats.

Il projetait de faire monter Kurats à l’arrière du cheval et de retourner au château, mais il réalisait maintenant que s’il faisait cela, le cheval finirait sûrement par être écrasé et blessé sous le poids de Kurats. Il n’y avait pas de chevalier qui ne se souciait pas de son cheval personnel. De plus, si son cheval devenait inutile à cause d’une blessure, il n’aurait d’autre choix que de le tuer.

« Si cela ne vous dérange pas, je voudrais suivre après vous... »

« Alors je vais vous prendre au mot, nous devons aller au château le plus vite possible ! »

Kurats se préparait, car il semblait qu’il allait être présenté à une personne de haut rang.

« J’accepte, bien sûr. Mais je préfère courir plutôt que d’aller à cheval, ça va être plus rapide de cette façon. »

... Qu’est-ce qu’il vient de dire ? Ce sont les mots exacts qui avaient traversé l’esprit du chevalier.

Cependant, Kurats n’avait pas le temps de prendre en considération les sentiments de l’homme. C’était inutile de commencer à discuter avec lui.

« Dépêchons-nous. N’allez-vous pas irriter vos supérieurs si vous prenez trop de temps ? »

« S-Sache juste que si tu mens sur tes capacités, tu ne t’en tireras pas ! »

Bien qu’il soit toujours à moitié dans le doute, le chevalier avait sauté sur son cheval.

Il avait ensuite commencé à galoper à un rythme soutenu, mais alors qu’il avait regardé en arrière, Kurats était derrière lui, poursuivant le cheval avec une expression nonchalante sur son visage.

« C’est bon. Allez aussi vite que vous le pouvez. Vous n’avez pas besoin de retenir votre cheval pour moi. »

« Je sais ! »

Le chevalier se dépêcha, allant encore plus vite, mais même ainsi, Kurats continuait de sprinter juste derrière lui, sans changer d’expression. Témoin de cette scène surréaliste, le héros Martin, resté dans les quartiers de la guilde, marmonna d’étonnement.

« Les mages peuvent-ils courir plus vite que les chevaux de nos jours... ? »

Il semble que, jusqu’à aujourd’hui, il a utilisé de la magie de renforcement du corps sur lui-même sans le remarquer.

Bernst avait analysé avec précision l’endurance anormale de Kurats.

Kurats utilisait probablement inconsciemment la magie de renforcement corporel pendant l’entraînement de son corps pendant de nombreuses années, s’octroyant ainsi des capacités physiques qui étaient bien au-delà des humains normaux.

Peut-être que le grand talent de Kurats pour la magie avait réagi à ses désirs et avait affecté son corps, mais pas parfaitement.

Franchement. Et pourtant, il est si mauvais avec les autres types de magie. Eh bien, ces types de capacités physiques ne sont pas sans valeur, mais ils ne correspondent pas à un style de roi magique, ou plutôt, ils ne sont pas assez élégants, pensa Bernst mécontent.

Sans se rendre compte de ce que pensait Bernst, Kurats continuait agréablement à courir au même rythme que le cheval qui allait à toute allure.

Pendant longtemps, après ces événements, il y eut dans la capitale royale des rumeurs sur l’observation d’un fantôme courant à la même vitesse qu’un cheval.

***

Une fois les deux hommes arrivés à la porte du château, Kurats fut confié à un autre chevalier, qui le guida directement vers le centre du palais royal, sans lui laisser le temps de se reposer.

« ... Sa Majesté le roi est celui qui vous interrogera. Vous devez faire attention à vos paroles. »

« Je vais garder cela à l’esprit. »

Kurats n’aurait jamais pensé que le roi lui-même l’attendrait, mais il aurait dû le rencontrer de toute façon pour accomplir son propre objectif.

Kurats prit une profonde inspiration et ouvrit l’immense porte devant lui.

« Moi, Kurats Hans Almadianos, je suis honoré d’être en présence de Sa Majesté, et encore plus honoré d’avoir été appelé par lui. »

« Bien, sois le bienvenu. »

Le roi Christopher Heinz Von Jormungan avait regardé Kurats avec une profonde ride dans son front.

« Vous êtes le mage qui êtes là pour soigner Lunaria ? »

Comme il regardait Kurats pour l’évaluer, les yeux du roi étaient pleins d’une amertume qui ne convenait pas au chef d’un pays.

Il aurait pu être le roi, mais quand il s’agissait de sa fille, il n’était rien de plus qu’un père.

L’expression du roi était également divisée entre l’espoir et l’angoisse profonde, et après qu’il eut fixé ses yeux sur Kurats pendant un petit moment, sa déception et son désespoir avaient semblé prendre légèrement le dessus.

« Quel âge avez-vous ? »

« J’ai 18 ans cette année »

« Dans quelle école avez-vous étudié ? »

« Ma mère m’a tout appris... »

« Quel est le nom de votre mère ? »

« C’est Frigg Hans Almadianos, Votre Majesté. »

«... Je n’ai jamais entendu parler d’elle. »

Cette semaine, l’état de Lunaria s’est rapidement détérioré.

Le médecin de la cour du palais royal avait amèrement diagnostiqué qu’elle ne survivrait pas plus d’un mois.

Néanmoins, le roi se demandait encore, était-ce vraiment bien de confier sa fille à un garçon inconnu de 18 ans ?

« Êtes-vous prêt à faire face aux conséquences dans le cas où Lunaria meurt sous vos mains ? »

Il se trompe profondément s’il pense qu’il pourra revenir sans être blâmé si quelque chose se produit. Peu importe la méthode d’exécution, je ne le laisserai pas sortir d’ici vivant, pensa le roi.

Bien que Christopher savait que c’était déraisonnable de sa part, il était toujours déterminé à le faire.

C’était parfaitement bien d’être déraisonnable pour ceux qui avaient le pouvoir. Telles étaient les règles régissant ce monde méchant.

« Naturellement, Votre Majesté... Cependant, si je réussis à la guérir, alors je vais avoir une certaine demande, si je peux être si audacieux. »

Le roi donna à peine la note de passage aux paroles de Kurats, qui se révéla plus digne et confiant qu’il ne l’avait cru.

Il ne semblait pas que ses paroles étaient sans fondement ou qu’il le disait juste pour le spectacle.

Devrais-je miser sur cet homme...? se demanda le roi.

« J’accepte, j’écouterai votre demande. Cependant, nous en parlerons seulement après que vous ayez fini de guérir Lunaria, si vous parvenez à le faire. »

« ... Je vous en suis très reconnaissant. »

« ... Bien que je suis venu ici et que j’ai dit cela, es-tu sûr que cela ira ? » demanda-t-il à Bernst.

La vérité était que Kurats n’était pas aussi calme qu’il en avait l’air.

Bien qu’il avait répondu avec un ton poli parce que Bernst lui avait dit de le faire, Kurats sentit des frissons en pensant simplement à ce qui se serait passé s’il avait affronté le roi seul.

Et bien que Kurats avait d’une façon ou d’une autre demandé au roi de le laisser examiner la princesse, allait-il vraiment pouvoir traiter sa maladie ?

D’après l’apparence des choses, il semblerait que le roi avait laissé entendre qu’il ordonnait immédiatement la peine de mort si la princesse devait mourir, ce qui rendait Kurats très anxieux.

Bernst serait capable de transformer un royaume comme celui-ci en une terre vacante avec une seule main, mais Kurats était juste un jeune homme ordinaire qui avait hérité des acquis les plus basiques de Bernst en magie.

La magie de Kurats était plus d’un million de fois plus faibles que celle de Bernst. En plus de cela, il ne pouvait utiliser que ses capacités physiques, et il n’avait même pas de techniques d’escrime établies.

« S’il n’y avait rien qui puisse être fait au sujet de sa situation, alors nous pouvons simplement nous échapper en transférant notre corps d’ici, mais quand même... comment oses-tu douter des capacités d’un roi magique ?! Inacceptable ! »

Bernst n’appréciait pas que les capacités d’un roi magique comme lui soient prises à la légère.

« Crois-tu sérieusement que je ne peux même pas guérir une simple maladie ? Je suis Bernst George Von Almadianos, un être semblable à un dieu qui a même transcendé la mort elle-même ! »

***

Bien qu’une demi-année se soit écoulée depuis que la deuxième princesse Lunaria était tombée malade, le visage immobile et sublime qu’elle avait hérité de sa mère était à peine affecté.

C’est pourquoi sa maladie était considérée comme étrange.

À première vue, il ne semblait pas qu’il y avait quelque chose de mauvais dans l’état de son corps, mais elle souffrait d’une fièvre légère continue et des comas répétés, avec sa force vitale diminuant progressivement avec le temps.

Au début, elle avait été examinée pour voir si elle était maudite par quelqu’un, mais aucune anomalie magique n’avait été perçue autour de son corps.

Cependant, récemment, la princesse passait la plupart de son temps dans un état comateux, et sa force vitale avait atteint des niveaux dangereux.

« ... Ça va être amusant. »

Murmura Bernst avec intérêt, après un seul coup d’œil à Lunaria.

« Vous avez déjà compris cela ? »

« Même les mages de ce pays n’ont-ils pas vraiment pu voir à travers cela ? Inacceptable ! », dit Bernst avec un ricanement alors qu’il réalisait la véritable nature de la grave maladie de la princesse.

Mais il pouvait voir comment, en effet, ce n’était pas quelque chose qu’un simple médecin, qui n’était pas un mage, pouvait guérir.

La princesse avait une peau tendre et blanche, des lèvres charnues, de longs cils, et ses cheveux ressemblaient à un flot d’or, mais alors qu’il regardait son unique et belle apparence, Bernst n’avait qu’un sourire complaisant sur son visage.

« Il me semble qu’il y avait plus à ce sujet que prévu. »

Bernst ressentait quelque chose qu’il n’avait pas ressenti depuis longtemps et il était incapable de réprimer sa joie.

Cette affaire était entourée d’une odeur très douce et épaisse, l’odeur de la conspiration.

C’est un grand développement ! Les sortes d’écume qu’il produisait sont extrêmement satisfaisantes à écraser !, alors que Bernst pensait cela, Kurats s’impatientait et lui demandait.

« ... Donc... Bernst... De quoi la princesse souffre-t-elle à la fin ? »

Pour Kurats, ne pas pouvoir la guérir signifierait perdre sa propre vie. Il était donc naturel qu’il s’inquiétait.

Ayant été coupé dans sa bonne humeur, Bernst se sentit très mécontent et il répondit à Kurats avec un reniflement.

« Quelle honte ! Tu ne peux pas percevoir qu’il y a quelque chose d’étrange dans son mana ? »

« Ouais, et comment je suis censé savoir ce qui cause ça ? »

« Si tu ne peux même pas voir à travers quelque chose de ce niveau, je ne veux même pas penser à comment tu vas t’en sortir dans le futur. »

Peut-être était-il logique que les mages de ce monde eussent du mal à remarquer l’anomalie magique puisqu’elle avait été assez bien camouflé.

Cependant, pour Bernst, un camouflage de ce niveau n’était rien d’autre qu’un jeu d’enfant, il remarqua facilement qu’il y avait une forme de vie organique à l’intérieur du ventre de la princesse.

Le problème était que Kurats était trop inexpérimenté pour arriver à cette conclusion.

« Je... Dans son utérus ?! »

Lorsque Bernst lui avait carrément parlé de la situation, Kurats avait spontanément rougi, comme un adolescent à sa puberté. Il avait l’impression que ce mot était trop cru et vulgaire pour l’utiliser quand il parlait de la princesse.

« Naturellement, je ne veux pas dire que la princesse est enceinte. C’est juste qu’il y a un monstre en elle. »

« -- Un monstre ? »

Les monstres étaient les ennemis naturels de l’humanité.

L’ours aux yeux rouges que Kurats avait combattu n’était qu’un type de créature de ce genre, mais dans les zones qui échappaient à la domination de l’humanité, les monstres étaient en réalité ceux qui contrôlaient.

Cependant, même dans le village de Kurats, il n’y avait pas plus d’une victime de monstres toutes les deux ou trois années.

Mais, en tout cas, cela ne concernait que les habitants des régions reculées où les monstres n’étaient pas pris en charge par le pays, quant à la princesse, elle ne quittait presque jamais la capitale royale, et pourtant un monstre avait réussi à entrer dans son corps., ce qui signifiait...

« Y a-t-il quelqu’un qui veut mettre un terme à la vie de la princesse ? »

« C’est cela. Sinon, comment un monstre si faible pourrait-il s’en prendre à elle ? »

La capacité de ce monstre parasite à se cacher dans son hôte était de première classe, mais dans son état d’origine, il était si faible que même un enfant pouvait le tuer. Il n’y avait aucun doute que quelqu’un l’avait apporté à la princesse d’ailleurs.

Même les médecins de la cour royale auraient peur d’examiner les parties génitales de la princesse non mariée sans trouver aucune preuve positive à l’avance. C’était probablement l’une des raisons pour lesquelles ils n’avaient pas réussi à découvrir la cause de sa maladie.

Ce parasite était le type même de la créature maléfique.

« Eh bien, nous y reviendrons plus tard. Pour l’instant, tu dois sauver cette fille. »

***

Chapitre 6

Comme il s’agissait d’une conspiration, cela signifiait probablement que certaines personnes causeraient des problèmes si la princesse était sauvée, mais ce fut aussi un succès.

Bernst n’avait pas l’intention de mettre fin aux choses après avoir simplement pris soin du seigneur féodal d’un village reculé.

Indépendamment des intentions personnelles de Kurats, Bernst était déterminé à l’envoyer dans une vie de frisson et d’excitation.

« Tu pourrais juste tuer le monstre tel quel, mais je veux que tu le gardes comme preuve. Je suppose que tu pourrais le faire dormir et ensuite utiliser un sort de transfert... »

« Attends. Je peux me transférer, mais il n’y a aucun moyen de transférer un autre être vivant. »

« Quoi ?! Dans ce cas, peut-être peux-tu changer la structure moléculaire du parasite et l’enlever directement ? »

« Tu m’as donné seulement la théorie sur la façon de le faire, il n’y a aucun moyen que je puisse mettre cela en pratique ! »

« Cela signifie donc que tu ne peux même pas utiliser une pensée multicouche et des techniques de haut niveau ?! Inacceptable ! »

« Ne me demande pas l’impossible, aujourd’hui, c'était ma première fois en tant qu’utilisateur de magie, souviens-toi ? »

« Penser que les muscles du cerveau de mon alter ego ont été entachés à ce point... Tu es complètement inutile ! »

Puisque la conscience de Kurats était maintenant alignée avec celle de Bernst, il ne faisait aucun doute qu’il avait hérité de la connaissance des sorts magiques les plus puissants.

Cependant, même s’il avait cette connaissance et s’il l’avait assimilé, s’il pouvait la mettre en pratique ou non, c’était naturellement une tout autre histoire.

En premier lieu, il était indispensable de pouvoir utiliser une pensée multicouche pour pouvoir utiliser plusieurs sorts à la fois, mais Kurats ne pouvait même pas faire cela.

Puisque Bernst pouvait tout faire sans avoir à y penser deux fois, il avait oublié ce genre de choses évidentes.

« C’est problématique... »

À l’heure actuelle, il semblait que l’utilisation de deux sorts de débutants en même temps était la limite de Kurats.

Puisqu’il ne peut pas calquer mes pensées, je pense que je devrais penser à une meilleure façon d’agir, Pensa Bernst.

Cependant, étant donné les circonstances, à quel point Bernst souhaitait-il que Kurats utilise une magie de haut niveau ?

« Tu vas faire un entraînement intensif ! Tu m’entends ? Entraînement intensif ! »

Comme Bernst avait crié à la manière d’une sorte de coach sportif démoniaque, Kurats s’essuya le front en raison du choc.

« D’accord, je comprends... mais prenons soin de la princesse d’abord... »

« À ce propos, il n’y a rien à craindre de ma part, ça ira tant que tu ne te trompes pas ! »

Contrairement à la magie d’attaque, qui pouvait être propagée et éparpillée, la magie de la guérison devait être contrôlée délicatement.

Même si Bernst pouvait le faire intuitivement, il pensait que ce serait trop difficile pour Kurats de faire la même chose ici, donc ce n’était pas une option.

Pourquoi mon propre alter ego n’est-il même pas capable de contrôler ses techniques ? pensa Bernst avec un sentiment déraisonnable de colère.

« Puisque tu ne peux pas l'arrêter en le transférant... Je suppose que tu devras d’abord utiliser un sort de perception de clairvoyance pour le trouver. Après ça, tu pourras faire une incision physique et utiliser un sort pour réparer son état, comme pour la guérir... Attends, tu n’as pas apporté les outils pour faire une incision alors... »

« Pourquoi as-tu besoin d’outils pour faire une incision ? »

« Huh? Tu veux dire que tu es confiant dans l’utilisation de la technique du Couteau Aquatique pour faire une opération chirurgicale ? »

Si Kurats avait vraiment un tel contrôle sur son pouvoir, alors cela signifiait qu’il serait capable d’utiliser d’autres types de techniques.

Cependant, la réponse de Kurats allait complètement à l’encontre des attentes de Bernst.

« Hein ? N’utiliserais-tu pas normalement ta main comme une épée pour couper à travers la chair ? »

« Normalement ? Comment est-ce normal ?! »

Est-ce que Kurats avait autant de douleurs musculaires ?

Il avait calmement déclaré qu’il pouvait trancher à travers la peau humaine et les tissus musculaires en utilisant seulement sa main.

Dans le monde Dolmond de Bernst, les artistes martiaux de première classe pouvaient en effet couper leurs adversaires à mains nues en faisant circuler leur force vitale à travers eux.

Cependant, personne ne pouvait utiliser ce talent avec suffisamment d’attention pour pouvoir l’utiliser comme substitut au scalpel.

Cet exploit n’avait été possible que grâce à la magie débordante de Kurats qui avait été consacrée au renforcement de son corps pendant longtemps.

« ... Je ne peux pas croire que ton pouls magique ait fusionné avec tes muscles... »

Bernst avait de nouveau réalisé à quel point Kurats était anormal.

Après des années d’entraînement, son corps, le chemin de son mana, son pouls magique avait finalement pénétré chaque coin de ses muscles.

C’était extraordinaire, mais en tant que roi magique, Bernst ne pouvait s’empêcher de penser que ce n’était pas assez bon, parce que ce n’était pas beau.

« D’accord, nous n’avons pas d’autre choix donc, d’abord, utilise ta clairvoyance pour trouver le monstre, et utilise un choc électrique pour le neutraliser. »

« Compris. »

Kurats avait utilisé son sort de perception et avait de nouveau regardé Lunaria.

Effectivement, dans le ventre de Lunaria, il y avait un certain endroit où son mana disparaissait mystérieusement.

C’était probablement en absorbant son mana comme ça que le monstre avait réussi à échapper au sort de clairvoyance des mages royaux.

La raison pour laquelle Kurats avait pu le découvrir était grâce à la grande précision de la technique d’un autre monde que Bernst avait fièrement partagé avec lui.

« Paralysie »

Kurats avait envoyé un choc électrique au parasite, tout en veillant à ne pas le tuer, et la créature avait plié la tête en arrière quand elle avait cessé de bouger.

« Eh bien, maintenant vient la vraie chose... »

Kurats se concentrait de nouveau devant l’abdomen de Lunaria.

C’était absolument magnifique. Elle avait une peau jeune qui était pleine de vitalité.

Peut-être était-ce parce que Kurats était au sommet de sa jeunesse, mais quand il regardait sa peau rayonnante et fascinante, il n’arrivait pas à s’imaginer qu’il y avait un monstre absorbant son mana au point de la mettre au bord de la mort.

Kurats se souvint soudain du corps blanc de Cornelia qu’il avait vu quand il était plus jeune, mais il secoua la tête pour se débarrasser de cette pensée.

« Vas-tu enfin te concentrer ?! »

« Ma faute. »

Kurats concentra son esprit sur le bout de son doigt. Pour Kurats, c’était une technique ordinaire qu’il utilisait quotidiennement.

Un peu de sang cramoisi commença à sortir de la peau blanche de Lunaria, comme si elle avait été tranchée par un couteau tranchant.

« Tu dois utiliser un sort de soin sur elle ou elle va mourir due au saignement. »

« Je le sais ! “Soins” ! »

Son expérience de démantèlement de ses dépouilles de chasse sur place en courant sur la montagne venait d’être utilisée ici.

Bien que ce soit la première fois que Kurats voyait des organes humains, cela ne l’affectait pas et ne les endommageait pas lorsqu’il essayait d’attraper le parasite dans l’utérus de Lunaria.

« Et... c’est ici. Penser qu’un monstre pourrait ressembler à un si petit insecte... »

Kurats avait pris le monstre prudemment pour ne pas le tuer. Il avait la forme d’un petit insecte d’environ cinq centimètres (2 pouces).

Pour le moment, Kurats l’avait jeté dans un pot à eau à proximité et il avait de nouveau concentré son esprit.

« Guérison complète ! »

Alors qu’il utilisait le sortilège, l’horrible coupure sur l’abdomen de Lunaria passait par une rapide régénération cellulaire comme si le temps se rembobinait.

Pour provoquer une telle régénération cellulaire, un mage de la cour aurait eu besoin de plus de dix assistants pour lui fournir leur mana, mais grâce à l’extraordinaire réserve de mana de Kurats, l’utilisation du sort ne pesait pas lourdement sur son corps.

Mais, bien sûr, il avait aussi l’aide de Bernst, qui le conseillait.

En seulement quelques minutes, le corps de Lunaria avait retrouvé sa beauté parfaite.

« ... C’est mauvais. »

« Que se passe-t-il ? »

Confus, Kurats pencha la tête en réponse aux paroles de Bernst qui semblait assez sérieuse.

Kurats lui-même était très étonné de constater à quel point les résultats étaient satisfaisants, ce qui ne faisait que rendre les paroles de Bernst encore plus déroutantes pour lui.

« Elle semble avoir épuisé plus de vitalité que prévu... Comme les choses sont, elle ne survivra pas plus de cinq minutes. »

« Q-Q-Qu’est-ce qu’on va faire ? »

« Tout ce que tu as à faire est de reconstituer sa vitalité ! Cesse de t’énerver sur des choses comme ça ! »

Bernst gronda rudement Kurats, qui paniquait.

Bien que Bernst savait qu’il n’y avait pas moyen de le contourner, il ne pouvait s’empêcher d’être irrité par l’inexpérience de Kurats.

« C-Comment puis-je la réapprovisionner ? »

« Eh bien, la meilleure méthode serait probablement de le faire par contact avec la membrane muqueuse... Mais ça ne marchera pas, car cela reviendrait à abuser d’elle. Donc, tu dois verser ta vitalité en elle grâce à un contact avec les lèvres ! »

« L-Les lèvres ? »

En tant que jeune homme inexpérimenté qui n’avait jamais embrassé personne, Kurats était déconcerté.

Et comme il envisageait de suivre le conseil de Bernst, pour une raison inconnue, Kurats pouvait clairement voir sa sœur le regarder avec mépris comme si elle regardait un ver.

« Si tu ne te dépêches pas, elle va probablement mourir. »

« J’ai compris ! Je le fais sinon je serais foutu ! »

 

 

La conscience de Lunaria était sur le point d’être avalée par une obscurité semblable à un marécage sans fond.

Sa conscience était instinctivement capable de deviner que cette obscurité était la mort elle-même.

Par conséquent, au moment où elle serait engloutie par les ténèbres, cela marquerait la fin de sa vie.

Alors qu’elle était exposée à la froideur glaciale émanant de ce vide, elle se serra instinctivement dans ses bras.

« Je ne veux pas mourir... »

La princesse ne pouvait s’empêcher de penser que c’était injuste pour elle de mourir en tant que jeune fille qui n’avait jamais connu l’amour.

Mais elle chérissait encore les jours qu’elle avait passés à consacrer son temps à apprendre et à s’entraîner pour devenir une artiste martiale, aussi improbable qu’un objectif qui aurait pu être envisagé pour une femme.

Elle pensait que c’était trop regrettable de simplement céder à une maladie, même si elle n’avait même pas encore atteint le niveau de son professeur.

« Que quelqu’un... que quelqu’un me sauve... »

Je ne peux pas traverser cette situation désespérée grâce à mon propre pouvoir, pensant ainsi, Lunaria tendit son bras droit vers l’espace vide devant elle, cherchant l’aide de quelqu’un, n’importe qui.

– Et à ce moment...

Une grande main rugueuse, qui semblait appartenir à l’un des titans dont parlaient les légendes, enveloppa doucement les doigts souples et fins de Lunaria.

Je suis sauvée !

Une sensation de chaleur fut transmise à la princesse par cette large main tandis qu’elle s’accrochait à elle dans sa stupéfaction. Elle lui donnait un sentiment de sécurité, comme si cela pouvait la protéger de toutes les difficultés.

Alors qu’elle se servait de ses deux bras pour s’accrocher à la main et l’embrasser de tout son corps, le visage d’une jeune personne lui apparut, mais elle ne pouvait pas bien la distinguer parce qu’elle était enveloppée par la lumière.

Lunaria se sentait soulagé du fond de son cœur, car cette personne lui faisait ressentir un sentiment inconditionnel de sécurité. Il lui donnait l’impression que tout ce dont elle avait besoin pour être sauvée de sa situation était de s’abandonner à lui.

C’est cette personne ! Cette personne est mon...

À ce moment, Lunaria avait été soudainement envahi par un sentiment insupportable de désir, et elle avait donné ses lèvres à ce jeune étranger.

– Il fait si chaud.

Elle avait inconsciemment avalé une partie du pouvoir magique chaud qui lui arrivait par les lèvres, comme si elle buvait le meilleur des nectars.

Cette petite quantité seule suffisait à lui réchauffer la poitrine et à lui donner l’impression que son esprit était en train de fondre.

Voulant encore plus de ce pouvoir magique, Lunaria avait commencé à étirer sa langue pour atteindre le nectar chaud.

Elle était capable de sentir à quel point la personne devant elle était agitée et désorientée lorsqu’elle entrelaça sa langue avec la sienne. Et en même temps, ses pensées confuses devenaient progressivement de plus en plus claires.

Ce fort sentiment de sécurité que je ressens doit venir d’un homme. Mais, dans ce cas, alors qui est-il... et pourquoi diable suis-je en train d’entrelacer ma langue avec la sienne ?

***

Chapitre 7

Les grands yeux de Lunaria étaient grands ouverts.

Le visage de l’homme était si proche d’elle qu’il couvrait entièrement son champ de vision. De plus, leurs langues étaient encore enlacées et brûlantes.

« N-Noooooon ! »

Lunaria utilisait toute la puissance de son corps pour pousser la poitrine de l’homme, mais ses bras minces ne pouvaient pas bouger son grand corps.

« Êtes-vous revenu à la raison, Votre Altesse ? »

En disant cela, l’homme se sépara lentement de Lunaria, lui montrant un sourire de pur soulagement.

« Plus besoin de s’inquiéter, princesse Lunaria. Comment allez-vous ? »

« Hein !? »

Ce n’était qu’après que Kurats eut dit ces paroles que Lunaria remarqua que ce sentiment de délaissement qui la hantait, et ce sentiment de désespoir qui venait de prendre sa force vitale avaient complètement disparu.

Elle se demandait, cela fait depuis combien de temps que je ne m’étais pas sentie aussi bien ?

« ... M’avez-vous guéri ? »

Oubliant le baiser d’avant, Lunaria regarda l’homme avec un grand plaisir.

Son corps extraordinairement grand était rafraîchissant à regarder, comme voir un grand arbre solitaire dans une prairie vide.

Et tandis qu’il ne pouvait pas être considéré comme un canon de beauté, il avait encore de bonnes caractéristiques, et ses yeux étaient remplis d’une tranquillité qui avait captivé Lunaria au premier regard

Lunaria était consciente que cet homme était la véritable source du sentiment de sécurité qu’elle avait ressenti avant de se réveiller.

« Bien que j’ai fait ce que j’ai fait plus tôt parce que votre vitalité manquait dangereusement, c’était toujours à cause de mon manque de capacité. Je m’excuse profondément. »

« Plus tôt... Ah ! »

En entendant ce mot, Lunaria finit par comprendre la raison pour laquelle elle avait été embrassée il y a peu de temps.

Le visage de Lunaria devint rouge et elle se rappela la sensation de mettre sa langue chaude à travers ces lèvres pour atteindre cette salive mystérieuse et douce.

De plus, elle se souvenait que, depuis son enfance, elle souhaitait avoir son premier baiser avec son mari après le mariage.

Donc, cela signifie que cette personne... Non, attendez ! Dans le monde, je pense ?!

« ... I-il n’y a pas de problème puisque vous l’avez fait pour me guérir. Donc quel est votre nom ? J’aimerais savoir comment je devrais m’adresser à mon sauveur. »

« Je suis Kurats Hans Almadianos. De plus, vous n’avez pas besoin de vous soucier des effets secondaires, alors allons montrer au roi à quel point vous êtes de nouveau en bonne santé, si cela ne vous dérange pas. »

« Excellent ! Alors, Kurats, ouvre le chemin ! Et à partir de maintenant, c’est bien que tu m’appelles Luna quand nous sommes seuls. »

Lunaria se leva avec un rire joyeux.

Cette personnalité joyeuse et brillante était le charme de Lunaria, c’était le trait qui soutenait sa popularité.

Découvrant un charme féminin différent de celui de Cornelia, Kurats réussit à peine à empêcher son expression faciale de s’effondrer.

Comme il avait l’initiative, il ne pouvait pas se laisser désavantager psychologiquement.

« Alors, s’il vous plaît prenez ma main, Votre Altesse Luna. »

Bien sûr, Kurats ne serait pas capable de parler aussi spontanément à une femme comme ça. La vérité était que les mots de Kurats n’étaient même pas les siens, il répétait simplement les mots que Bernst écrivait pour lui.

Cependant, il ne se contentait pas de répéter ces mots dans un ton monotone, au contraire, il semblait qu’il pourrait être étonnamment talentueux en tant qu’acteur, mais quand même...

Cela va être terrible, n’est-ce pas...

Bernst soupira profondément alors qu’il s’inquiétait de l’avenir de son alter ego.

***

« ... Père ! »

En voyant sa fille avec un bon teint et une apparence saine pour la première fois depuis longtemps, Christopher s’était levé avec un sentiment de grand soulagement.

« Ooh! Lunaria ! Tu peux déjà te tenir debout ? »

Lunaria était l’un des deux seuls enfants de Christopher.

Alors que Lunaria était populaire en raison de sa personnalité innocente et gaie, elle avait aussi une sœur aînée moins populaire, Felbel, qui était plus réservée.

Mais Christopher les adorait toutes les deux, et elles étaient les prunelles de ses yeux.

Par conséquent, on ne pouvait que deviner à quel point il avait été profondément chagriné de voir sa fille perdre sa vitalité jour après jour pour des raisons inconnues.

Son cœur était lentement écrasé alors qu’il se résignait au fait qu’il pourrait ne jamais être capable de la revoir dans un tel état.

Mais maintenant, alors qu’il regardait le visage de Lunaria en l’étreignant, tous ces soucis étaient complètement effacés.

« Dieu merci, Dieu merci, tu as réussi à récupérer en toute sécurité, Lunaria »

« Non, mon père... Cela n’aurait pas été possible sans le traitement de monsieur Kurats. »

Quand Lunaria l’avait dit, Christopher avait finalement remarqué Kurats, qui se tenait à trois pas derrière, tout en regardant agréablement sur la scène.

Il semblait qu’il faisait preuve de prévenance pour ne pas interrompre le père et la fille qui s’embrassaient.

« Tu as fait un travail magnifique. En tant que père, je te remercie du fond de mon cœur. »

« C’est un plaisir d’avoir pu vous être utile. »

Kurats était sous la menace d’être décapités en cas d’échec, mais il valait mieux ne rien dire.

Cependant, même si tout n’était pas réglé, Christopher commençait à avoir l’impression que quelque chose clochait alors qu’il regardait Kurats qui ne semblait pas trop fier ni trop humble de son succès.

Même les médecins et les mages du royaume n’avaient pas été en mesure de trouver la cause derrière la condition de Lunaria, malgré tout ce qui était en leur pouvoir pour apporter des résultats.

Pouvoir la récupérer complètement en un instant n’était pas un acte banal.

Le roi se demandait, comment un jeune garçon de 18 ans était-il devenu aussi doué ?

« Tu as dit que ta mère t’avait enseigné ? »

« Oui, Votre Majesté. »

« As-tu déjà entendu chez qui ta mère a étudié ? »

Même si Christopher n’avait pas entendu parler du nom de la mère de Kurats, Friggs, il se dit que peut-être il connaîtrait le nom de son professeur.

Après tout, il était impossible qu’un mage ordinaire puisse soudainement acquérir une puissance qui surpasse celle de tout le pays.

« J’ai entendu de ma mère qu’elle avait été enseigner par mon grand-père. Ma famille est une famille de sages qui transmettent leurs techniques de génération en génération. »

« Sages ? »

« Oui, j’ai entendu que notre magie vient d’une lignée complètement différente de la magie qui est communément connue dans la société. »

Le système de magie qui était actuellement utilisé sur le continent Liastra était le système de magie appelé la Sorcellerie Arthurius.

La simple existence d’un autre système serait déjà stupéfiante, mais si les techniques de ce système dépassaient les compétences d’Arthurius, cela changerait le monde.

« ... Tu as dit qu’il y avait quelque chose que tu souhaites, non ? Eh bien, il est maintenant temps de prendre ta récompense. Tu es libre de demander quoi que ce soit. »

« Dans ce cas, Votre Majesté, je voudrais obtenir un titre et l’autorité de régner sur le village de Gaura. »

« Le village de Gaura ? »

Christopher avait trituré son cerveau alors qu’il cherchait dans ses souvenirs.

Mais, comme on pouvait s’y attendre, même le roi du pays ne se souviendrait pas du nom d’un petit village isolé.

« C’est un petit village d’une centaine de personnes seulement, et il est régi par le comte Hazel. »

« Pourquoi veux-tu ce petit village ? »

Christopher était curieux de savoir pourquoi il voulait ça alors que ce vœu lui semblait si trivial.

Avec les pouvoirs qu’il avait, Kurats serait destiné à une carrière réussie s’il venait travailler pour le gouvernement dans la capitale royale, sans avoir à se soucier de n’importe quel village ou quoi que ce soit.

« Le credo de notre maison nous oblige à cacher la magie qui est transmise dans la famille, et c’est pourquoi je suis un peu lié. »

Alors, Kurats avait informé le roi que le fils du comte Hazel, Joshua, avait pris sa sœur Cornelia comme un prétexte tout en visant réellement la magie de la famille.

« Notre famille a longtemps protégé ses doctrines, mais cela ne vaut pas la peine de sacrifier la pureté de ma sœur. Elle est ma seule parente vivante. Par conséquent, je voudrais vous demander, s’il vous plaît, accordez-moi votre considération honorable, Votre Majesté. »

« Cet homme ne pense-t-il pas à la pureté d’une jeune fille ?! Même si le roi va lui pardonner, je ne le ferai pas ! »

Lunaria, qui avait aussi entendu la conversation, cria de rage.

Christopher avait un sourire abasourdi et ironique sur son visage. Même si, tout comme elle, il avait jugé que cette histoire était scandaleuse, sa fille lui avait partagé sa colère.

« Alors, accepte cette récompense. Je te nomme le Seigneur Féodal du village de Gaura, et en tant que tel, baron du royaume. »

Indépendamment des circonstances réelles derrière l’affaire, ce n’était pas une option pour Christopher de se dissocier de Kurats.

Ce système de magie inconnu que Kurats utilisait était simple et fascinant.

Cela étant, il était nécessaire de le récompenser, et par la même occasion, de l’attacher au royaume de Jormungand.

« Merci, Votre Majesté, je ne suis pas digne d’une telle récompense. »

Bien que Bernst avait pensé que ce serait bien si Kurats avait été fait chevalier, il semblerait que Christopher avait une opinion encore plus élevée de Kurats que prévu.

Il n’y avait aucun doute que c’était à cause de la magie de Bernst.

C’est un bon présage.

« Eh bien, je vais revenir immédiatement pour prendre soin de ce complot, cependant, puis-je avoir une sorte de preuve pour montrer mon statut ? »

Il faudrait être fou pour croire directement un roturier comme Kurats qu’il leur disait qu’il venait de devenir un Seigneur Féodal en ce jour.

Afin de faire taire la famille du comte Hazel et de l’empêcher de soulever des objections, Kurats avait besoin d’une preuve qu’ils reconnaîtraient au premier coup d’œil.

Christopher ressentit quelque chose qui ressemblait à un sentiment de soulagement en voyant Kurats montrer enfin une sorte d’impatience qui convenait à un jeune homme comme lui.

Ayant ressenti le charisme et la patience d’un ancien monarque de Kurats plus tôt, le roi sourit ironiquement en se demandant si cela avait été dû à une manipulation par une technique inconnue ou si cela n’avait été qu’une illusion.

« Prends cet insigne. C’est la preuve que tu agis sous les ordres directs du roi. Si quelqu’un va contre cette preuve, tu peux le punir en mon nom. »

Le roi avait présenté à Kurats un insigne qu’il pouvait donner à un réserviste qui servait directement sous ses ordres, pour l’exécuter en urgence.

Le roi avait fait cela parce qu’il croyait que cela prendrait trop de temps maintenant pour passer par le processus d’envoi d’un fonctionnaire du gouvernement avec une notification pour informer le comte sur la situation.

« Vous avez mes sincères remerciements pour m’avoir fait confiance. »

Kurats inclina la tête tout en poussant ses deux mains vers l’avant pour recevoir l’insigne.

« Eh bien, pardonnez mon manque de courtoisie, mais je dois partir maintenant. Cela ne devrait pas prendre beaucoup de temps. Je reviendrai pour demander à votre altesse sur la manière dont votre recherche de ce criminel se fera à partir de maintenant. »

« Hey, qu’est-ce que tu... »

Christopher avait appelé Kurats, mais ses mots étaient revenus à l’arrière de sa gorge avant qu’il puisse finir sa phrase.

C’était parce que le corps de Kurats avait disparu en un instant.

« Impossible ! »

Cela aurait dû être impossible.

Il y avait une forte barrière de prévention magique installée autour de la cour royale.

Si les gens étaient vraiment autorisés à se téléporter vers et depuis le palais si facilement, la famille royale ne saurait jamais quand ils pourraient être attaqués par des assassins et ils seraient toujours à l’affût.

Il semblait que Kurats parlait d’un système magique différent de Sorcellerie.

« ... Et aussi, un criminel ? De quoi parlait cet homme, Lunaria ? »

Il n’était plus possible à Christopher de balayer les mots de Kurats comme étant un non-sens d’un roturier.

Christopher ne doutait pas que cet homme n’avait pas dit ces mots s’il n’avait pas eu confiance et qu’il avait raisonné pour les soutenir.

« C’est comme il l’a dit. Il y a quelqu’un qui a mis un monstre en moi, visant ma vie. Et il semble qu’il a l’intention de trouver cette personne. »

Comme Lunaria avait dit cela, son visage rougissait magnifiquement, comme une jeune femme aspirant à un chevalier en armure étincelante.

 

 

***

Chapitre 8

Bien que Kurats ne fut transféré que depuis une demi-journée dans la capitale royale, l’atmosphère sombre qui régnait autour du village avait clairement changé, devenant triste à la place. Alors que Kurats commençait à se sentir mal à l’aise, son ami d’enfance, Roy, se précipita vers lui avec un visage pâle et horrible.

« Kurats, où diable étais-tu ?! Cornelia a été enlevée ! »

Roy baissa les yeux amèrement. Une veine était apparue sur le front de Kurats. Il semblait avoir complètement perdu son sang-froid, ne s’étant pas attendu à ce que sa sœur finisse par être prise ce jour-là.

« ... Je vais la ramener maintenant. »

« Hey ! As-tu l’intention de détruire les bonnes intentions de Cornelia ? »

Roy pensait que si Kurats pouvait vraiment le faire, il aurait déjà pris la fuite avec Cornelia. Parce que personne dans le village n’aurait pu l’arrêter.

« Ne t’inquiète pas. C’est probablement difficile à croire, mais je suis devenu aujourd’hui le seigneur féodal du village. Je ne vais pas laisser Earl Hazel faire ce qu’il veut. »

« De quoi parles-tu... ? »

Roy avait commencé à se demander si son ami d’enfance avait été poussé à la folie par le choc de la situation. Cependant, actuellement, Kurats n’avait ni le temps ni la volonté de continuer sa conversation avec Roy.

La seule chose dans son esprit était qu’il devait sauver sa sœur le plus tôt possible. Roy était sur le point de marmonner quelque chose, mais avant qu’il ne puisse le faire, Kurats avait disparu comme un coup de vent.

Kurats était dans une crise de colère quand il était instantanément apparu sur une colline légèrement élevée, à environ deux kilomètres du château du comte Hazel.

À l’heure actuelle, il avait l’impression de pouvoir faire n’importe quoi, sans se soucier du fait qu’il ne pouvait pas utiliser le contrôle de puissance multicouche que Bernst avait mentionné auparavant.

{Ne sois pas stupide. La colère pourrait augmenter ton pouvoir, mais cela ne va pas augmenter ton contrôle sur eux ! Ces types d’hypothèses absurdes sont inacceptables !}

Bernst réprimanda calmement Kurats.

Si Kurats ne contrôlait pas son pouvoir près de la résidence du comte, il pourrait accidentellement réduire le petit château en cendre, avec sa sœur, Cornelia.

« ... Dans ce cas, je vais y aller à pied et la ramener. »

En disant cela très calmement, Kurats commença à marcher vers la porte du château d’Earl Earl.

« Arrêtez ! De quel village viens-tu, paysan ? Les gens comme toi ne sont pas les bienvenus ici ! »

Voyant le grand corps de Kurats, le portier tressaillit une seconde puis prépara sa lance dans une fausse démonstration de pouvoir, comme pour cacher son moment de faiblesse.

« Sort du chemin si tu ne veux pas mourir. Blâme ta malchance, mais je suis dans une humeur terrible en ce moment, je ne serai pas capable de me retenir contre vous. »

« Heu, tu résistes ?! Reste à ta place, toi le roturier ! »

Sans donner un coup d’œil au soldat, Kurats était sur le point de continuer à avancer. Mais malgré le fait d’avoir été mentalement maîtrisé, le soldat réussit à peine à pousser sa lance pour bloquer la route.

Cependant, Kurats ne fit que lui lancer un regard furieux et leva le poing.

« ... Qu’est ce que tu crois faire ? »

Le soldat inclina la tête sur le côté, confus, tandis que Kurats se préparait à balancer le poing sur la porte du château, qui avait un cadre de fer et était faite de chêne épais.

Le soldat se demandait à quoi cela pouvait servir, car le seul résultat qu’il pouvait imaginer était que Kurats endommagerait sa propre main.

Bam !

Ce n’était pas le son d’une collision ou d’un éclatement. Au contraire, ce que le soldat avait entendu était le son clair d’un objet écrasé par une force impossible.

« Aaaaaaaaaah! »

Tombant sur ses fesses sous le choc, le soldat laissa échapper un cri inintelligible en pointant du doigt la porte du château qui avait été forcée sans merci et détruite.

Juste combien de force cela avait-il demandée ?

Le pied droit de Kurats avait été enterré à son jarret dans le pavé de pierre sous lui. Quant à la porte du château, sa moitié inférieure avait complètement disparu, comme si elle avait été arrachée par la main d’un géant.

Comme elle était située au premier rang de la frontière du territoire, la porte du château Hazel avait été construite de telle sorte qu’elle pouvait tenir assez longtemps pour que les renforts puissent arriver, elle était censée pouvoir résister pendant un certain temps même sous les coups d’un bélier, et il n’y avait absolument aucune chance qu’un homme la détruise à mains nues.

« T-toi, monstre...! »

Faisant tout son possible pour s’échapper par peur de ce qui venait de se passer sous ses yeux, le soldat utilisa ses deux bras pour ramper désespérément sur le sol, avec une substance humide et chaude autour de sa région inférieure.

Si le poing de Kurats l’avait frappé, le corps du soldat, qui était beaucoup plus fragile que la porte du château, n’aurait pas eu l’ombre d’une chance.

« ... Que se passe-t-il ? »

« La porte du château est cassée... l’ennemi attaque-t-il ? »

Face aux soldats qui étaient venus les uns après les autres, Kurats posa une question avec indifférence.

« Où est ma sœur ? »

Malgré la grande taille des Kurats, les soldats ne pouvaient absolument pas écouter les paroles d’un homme qui ressemblait à un roturier.

« Qui diable êtes-vous ? »

« Il y a quelqu’un de suspect ici ! Toi, rends-toi maintenant ! »

Personne n’avait réalisé comment la porte du château avait été détruite. Ils ne pouvaient pas imaginer qu’un seul jeune homme non armé avait réduit la porte à son état actuel d’un coup.

« Si vous ne me répondez pas, je vais juste obtenir vos corps pour répondre à votre place, pas de rancune, d’accord ? »

 

☆☆☆

 

 

 

Dans le même château, un peu plus tôt. Joshua Patrick Hazel, le troisième fils du comte Hazel, observait Cornelia avec un sourire vulgaire sur le visage.

Cornelia était une femme vraiment belle. Elle avait des cheveux noirs magnifiques, étincelants, ressemblants à de l’obsidienne, qui ne se trouveraient probablement nulle part, même dans la capitale royale. Joshua avait également beaucoup aimé le pont magnifiquement formé entre son nez et ses yeux d’amande attrayants.

Cependant, il y avait une chose qu’il jugeait insupportable à son sujet, c’était la forte détermination qui irradiait dans ses yeux.

« Change tes vêtements avec ceux qui sont là-bas. Bien sûr, je vais regarder. »

« Compris. »

Même après que Joshua avait jeté des vêtements de danseuse très exposés devant Cornelia, elle n’avait montré aucun soupçon d’agitation. Bien que Joshua avait été friand de femmes, ce qu’il aimait encore plus, c’était quand les gens imploraient sa merci.

Peut-être était-ce l’influence du nuage qui le suivait depuis sa naissance, car, en tant que troisième fils, il n’avait aucun droit de devenir le chef de famille.

Cornelia, qui ne portait que des sous-vêtements, commença rapidement, mais dignement, à porter le costume séduisant qu’elle avait reçu.

« Merde, comment est-elle si calme, ce n’est pas séduisant du tout »

Joshua craqua ses doigts d’irritation en regardant Cornelia qui ressemblait maintenant à une danseuse dans un bordel.

« Venez ici. »

« Oui. »

Comme on lui avait demandé, Cornelia avait marché devant Joshua. Il n’y avait ni peur ni timidité dans ses yeux, son visage était complètement sans expression, comme si elle était une poupée.

Je veux la souiller. Pensa Joshua avec empressement. Il voulait être témoin du moment où cette fille pure et neuve céderait et se noierait dans l’humiliation et le plaisir.

« Laissez-moi voir votre poitrine. »

« Compris. »

Cornelia n’avait pas perdu son attitude ferme et avait exposé sa poitrine sans aucune hésitation.

Mis à nu devant les yeux de Joshua, c’était une poitrine d’un blanc pur qui était plein d’appels et de douceur en dépit d’être tout petit. Devant cette vue, il se servait de ses dents pour mordre les pics de cerisier au sommet de la poitrine blanche.

Cela aurait dû être pénible au point de faire hurler Cornelia. Cependant, elle ne fronça que légèrement les sourcils alors qu’elle endurait la douleur.

Comme Joshua le craignait, Cornelia était prête à faire n’importe quoi, elle avait une telle détermination qu’elle serait probablement même prête à abandonner sa propre vie si les circonstances l’exigeaient.

En l’état actuel des choses, elle endurerait probablement toute cette douleur et toute cette humiliation jusqu’à la mort.

{Il n’y a aucune chance que je laisse mourir une telle proie de premier ordre avec sa fierté intacte} Pensant ainsi, Joshua avait retrouvé sa détermination.

Mais le problème était que, avec sa résolution excessivement ferme, même s’il lui demandait de s’exhiber sans vêtements, elle se plierait toujours calmement à coup sûr. Cornelia n’avait-elle pas vraiment de points faibles qui pourraient être utilisés pour l’agiter... ?

« En y réfléchissant, tu as un frère plus jeune, n’est-ce pas ? »

En levant les yeux, Joshua ne put s’empêcher de ricaner en voyant Cornelia prise de court. Pour la première fois, il y avait une fissure dans la défense de la forteresse indestructible appelée Cornelia.

Joshua n’était pas assez généreux pour ignorer le point faible qu’il avait enfin trouvé.

« Oh... Tu t’inquiètes pour ton frère, n’est-ce pas ? Alors, ne devrais-tu pas répondre à mes attentes pour lui ?! »

« ... Comme vous le souhaitez. »

Après cela, Cornelia avait rapidement récupéré ses esprits.

Pour commencer, ce n’était que pour son précieux frère cadet que Cornelia soumettait son propre corps.

Elle perdrait de vue son but réel si elle ne parvenait pas à jouer son rôle correctement, prenant le risque d’encourir le mécontentement du fils du comte et de voir son frère condamné pour cela.

***

Chapitre 9

D’accord, que dois-je faire maintenant ? pensa Joshua.

Même si je faisais venir son frère cadet et le tourmentais devant elle, cela ne l’amènera pas à céder mentalement à moi.

Ou peut-être...

« Peut-être que je devrais faire en sorte que ce petit frère embrasse sa propre sœur aînée. »

« Hein !? »

Ces mots avaient apporté un changement intense dans Cornelia. Son visage sans expression devint instantanément rouge, et ses pupilles brillèrent et commencèrent à errer comme si elle regardait au loin.

Même Joshua ne pouvait rien faire d’autre que d’être déconcerté par cette réaction.

« ... Se pourrait-il que tu aies déjà eu ce genre de relation immorale avec lui !? »

« C-Ce n’est pas vrai ! Kurats et moi avons une relation fraternelle pure et normale ! »

Joshua ne savait pas exactement ce que devait être une relation fraternelle pure et normale, mais il était clair pour lui que cette sœur aînée était complètement hors de son état normal.

« Alors, ça te dérangerait d’être nue devant lui ? »

« Qu’est-ce que vous dites ? Ce serait tellement embarrassant ! »

« Et pourtant, ça ne te dérange pas de montrer ta poitrine devant moi ? »

« Pourquoi devrais-je me soucier d’être vu par un étranger ? »

« Ne serait-il pas normalement le contraire ? »

« Mais c’est quelque chose comme, cela ne dérangeait pas ma mère d’être nue en nageant avec ses amies, mais elle était vraiment timide devant mon père, voyez-vous ce que je veux dire ? »

« De quoi parles-tu !? Quoi qu’il en soit, ta logique est complètement fausse ! »

La mère de Cornelia, Frigg, était une mercenaire habile par nature. Comme être mercenaire était une profession principalement masculine, elle était devenue une femme avec peu ou pas de pudeur.

Cependant, devant Kemp, qui était son père adoptif ainsi que son mari, elle devint très timide et douce comme un agneau. Cornelia croyait depuis longtemps que c’était ainsi que les couples mariés étaient normalement.

« P-Peu importe, c’est bon. Je vais t’apprendre et te montrer comment les vrais frères et sœurs devraient être. Ensuite, il comprendra que sa sœur aînée était toujours destinée à être emmenée par d’autres hommes. »

Après quelques secondes, il continua. « Quelqu’un va m’apporter le frère de cette fille de ce village et... »

Quand Joshua avait commencé à parler, sa voix avait été submergée par un rugissement assourdissant et tonitruant.

***

« Arrêtez ! Je vous ai dit d’arrêter ! »

Kurats avançait comme s’il n’y avait personne autour, comme si les soldats du château n’étaient jamais apparus dans ses yeux.

Bouillant de rage, les soldats qui l’entouraient avaient essayé de le percer avec leurs lances. Bien que le fait de tuer une personne non armée était normalement considéré comme honteux, il s’agissait de la ligne de front de la frontière du territoire, et il y avait beaucoup de soldats au sang chaud ici.

Kurats avait esquivé les lances venant de sa gauche et de sa droite en se contentant de tordre sa taille, et il avait poussé son poing vers une lance qui était dirigée vers sa poitrine.

« Que diable pense-t-il qu’il va accomplir en frappant la pointe de la lance ? »

Alors que le soldat devant lui se moquait du comportement insensé de Kurats, il pouvait déjà le voir mourir après que son corps et son poing auraient été percés ensemble.

Mais le son qui avait suivi était celui qui n’aurait pas dû être.

On aurait dit que la fine lance avait été écrasée par la masse fracassante d’un énorme morceau de fer.

Le soldat sentit une douleur qui lui engourdissait la main, alors que la pointe de sa lance était impitoyablement brisée et que son manche perça le mur derrière lui.

« Si vous ne voulez pas mourir, que diriez-vous de rester docile jusqu’à ce que je ramène ma sœur ? »

En le disant, Kurats avait retiré les restes de la lance qui était plantée dans le mur.

« Qui es-tu donc... ? »

Avant que le soldat puisse terminer sa question, Kurats avait balancé la lance à une vitesse incroyable. Elle allait plus vite que l’œil ne pouvait la voir, la lance qu’il tenait produisait un cri aigu.

Alors, Kurats projeta la lance de toutes ses forces, et elle brisa le mur devant lui avec un son explosif douloureux pour les oreilles. Du trou qui apparaissait dans le mur, il pouvait voir le ciel qui commençait à devenir rouge.

Même la partie la plus mince des murs épais du château mesurait 30 centimètres (11 pouces) de large, ils étaient censés être capables de résister aux attaques des mages et des catapultes.

Passer à travers eux avec uniquement la force physique d’un humain n’aurait jamais dû être possible.

« Monstre ! »

Comme si ce bruit de tonnerre était un signal, les soldats environnants s’échappèrent immédiatement dans toutes les directions, fuyant ce monstre qui dépassait les limites de leur compréhension.

C’est tellement décevant...

Bernst aurait facilement gelé des soldats de ce niveau, ou les aurait brûlés. Ou, il aurait utilisé un coup de foudre pour détruire les murs du château, ce qui aurait été encore plus efficace pour menacer l’ennemi.

Alors pourquoi cela a-t-il dû être réglé par la force physique, avec ces méthodes issues d’un cerveau uniquement composé de muscles ? Se demanda Bernst.

« Sœur ! »

Sans écouter la plainte de Bernst, Kurats utilisa la magie de perception qu’il avait apprise dans les connaissances que Bernst lui avait transmises, et il commença alors à courir vers la chambre de Joshua, où se trouvait actuellement Cornelia.

« ... C’est là-bas ! »

Kurats avait utilisé toutes ses forces pour ouvrir la porte de la pièce.

Peut-être parce qu’il n’avait pas réussi à mesurer correctement sa propre force, sans parler de casser la porte, il l’avait même fait sauter de son cadre, générant une onde de choc qui créait des fissures sur le mur tout autour.

Mais, heureusement, personne ne se tenait devant la porte. Ce que vit Kurats dans l’instant suivant fut sa propre sœur, qui portait une tenue suggestive avec sa poitrine exposée, et Joshua, qui était immobile, choqué par cet événement soudain.

« ... C’est... un paysan !? »

« Kurats, pourquoi es-tu ici ? »

En regardant Kurats qui bouillait de rage, Cornelia était stupéfaite. Pourquoi devait-il apparaître juste après avoir été ciblé par le mauvais plan de Joshua ?

Au même moment, Cornelia avait crié et tout son corps était devenu rouge en se rappelant qu’elle était à moitié nue.

« Aaaaaaaah! Ne me regarde pas de cette façon, Kurats ! »

Voyant Cornelia sur le point de pleurer, plaçant ses bras autour de son corps pour cacher sa peau exposée, Joshua avait oublié la situation actuelle et avait crié sadiquement.

« Hahaha ! Être si gênée d’être vue par son frère ! Une femme si tordue ! De penser qu’envers ton propre frère, tu te sentirais... »

« Yaaaaaaaaah! »

Joshua crut entendre le son d’une veine qui éclatait sur le front de Cornelia avant que son genou souple et déplié d’un coup frappa sa mâchoire inférieure.

Une fissure apparut instantanément sur le sol sous le pied qu’elle avait gardé posé au sol. La technique martiale qu’elle avait utilisée était celle qui transférait la puissance du sol lui-même à son genou.

« Wôw... Ça fait si longtemps que je n’avais pas vu le coup du genou volant de ma sœur... »

Même si elle avait l’air raffinée et innocente, Cornelia avait hérité de toutes les techniques de mise à mort de sa mère, et elle était, en fait, la deuxième plus forte de son village, juste derrière Kurats.

« Gu... Aah ! »

Avec sa mâchoire brisée, Joshua n’était pas capable de prononcer un seul mot, tout ce qu’il pouvait faire était de se tordre de douleur tout en laissant échapper des gémissements de ressentiment.

« Comment oserais-tu faire une chose pareille à un noble comme moi ? Tout ton village paiera pour cela ! »

C’est ce que Joshua avait essayé de dire, mais en vain. Ses dents étaient cassées et sa bouche était pleine de sang.

« ... Comment pourrais-je faire une telle chose ? »

Enfin, Cornelia avait réalisé ce qu’elle avait fait. La vérité était que, contrairement à son apparence douce, elle était bien connue pour se précipiter dans la violence physique chaque fois qu’elle était paniquée.

« L’intrus est là ! »

À ce moment, le comte Hazel et les vétérans chevaliers chargés de protéger le territoire se précipitèrent dans la pièce, prêts à se battre.

Le comte Hazel Antos était perplexe.

Au début, il pensait que le château était attaqué par un monstre.

C’était parce qu’il ne pouvait pas se résoudre à imaginer qu’un homme, à lui seul, pouvait détruire les murs du château et vaincre ses soldats à mains nues.

Il croyait qu’il y avait même une possibilité qu’un monstre très intelligent et de haut rang soit apparu.

Suivant cette manière de pensée, il rassembla des chevaliers talentueux et se précipita vers la pièce où se trouvait le monstre... Mais ce que le comte y vit, c’était son propre fils avec une mâchoire brisée, ainsi qu’une jeune femme qui se couvrait la poitrine à la fois avec ses bras comme si elle avait été agressée, et un homme avec un grand corps qui la protégeait en la plaçant derrière son dos.

Il était naturel qu’Anton, qui était prêt pour la bataille, eût eu du mal à croire ses propres yeux.

« Tout le monde, ne bougez pas... Alan, va guérir mon fils stupide. »

« Compris. »

Alan, le seul mage de la troupe de chevaliers, avait utilisé la magie de soins sur Joshua.

Il s’agissait de la frontière du territoire, et il y avait rarement plus que quelques mages ici.

Comme il était spécialisé dans l’attaque, Alan ne pouvait utiliser que des sorts de soins de niveau inférieur, mais il réussissait à peine à faire en sorte que Joshua puisse se rétablir suffisamment pour pouvoir parler.

« Par ici ! Tuez ces roturiers ! Torturez-les à mort ! »

« À ce propos, pourquoi est-ce qu’un roturier est dans votre chambre ? »

« A-Aucune raison, c’est juste... »

En entendant le ton dangereux dans la voix de son père, Joshua se retrouva à court de mots. Comme on pouvait s’y attendre, il ne pouvait pas simplement dire que c’était une femme qu’il avait kidnappée dans un village après qu’elle ait attiré son attention.

« Mis à part ça, ce voyou a non seulement pénétré dans le château, mais il a même levé la main contre moi. S’il vous plaît, capturez-le ! »

Voyant que son fils essayait de changer de sujet, le comte put se faire une idée approximative de la situation, mais il ne pouvait toujours pas se permettre d’ignorer l’homme qui avait attaqué ses soldats et détruit son château.

Anton ne savait pas comment cet homme l’avait fait, mais c’était toujours une personne qui avait détruit un solide mur de pierre. Il n’y avait aucun doute qu’il était une menace.

« Êtes-vous prêt à payer pour le crime d’intrusion dans mon château ? »

Ayant décidé de punir son fils plus tard, Anton encercla soigneusement Kurats avec sa troupe.

« ... Le seul qui est accusé d’un crime ici est votre fils. Si vous ne voulez pas devenir rebelles, vous feriez mieux de déposer rapidement vos armes. »

« Que viens-tu de dire ? »

En entendant le ton digne de Kurats qui était clairement différent de celui d’un roturier, Anton n’était pas capable de dissimuler sa confusion grandissante.

« Après avoir accompli l’acte méritoire de guérir Son Altesse Lunaria, il m’a été accordé le rang de baron par Sa Majesté le roi. Ne croyez pas que vous serez en mesure d’échapper aux accusations qui sont portées contre vous quant à avoir agressé la sœur de quelqu’un de mon rang. »

***

Chapitre 10

« Après avoir accompli l’acte méritoire de guérir Son Altesse Lunaria, j’ai été honoré du rang de baron par Sa Majesté le roi. Ne croyez pas que vous serez en mesure d’échapper à la question pour avoir joué avec la sœur de quelqu’un ayant ma position, » déclara Kurats.

Joshua regarda Kurats avec fureur.

« Arrête de mentir ! Comme si un roturier comme toi aurait réussi à rencontrer la princesse ! » cria Joshua.

Peut-être parce que ses blessures lui faisaient encore mal, Joshua fronçait les sourcils quand il parlait. Pourtant, il hurlait avec puissance, comme s’il allait sauter à la gorge de Kurats. La raison pour laquelle il s’était abstenu de lui sauter dessus était simple, c’était parce qu’il avait peur de l’énorme corps de Kurats.

« Je suis aussi le seigneur garant du village de Gaura, un messager viendra de la capitale royale pour vous en parler dans quelques jours, comte Hazel. Vous recevrez un autre territoire en échange, » expliqua Kurats.

« C’est ce qu’on verra ! Après ce que tu m’as fait, mon esprit ne reposera pas tant que tu seras encore en vie ! » s’écria Joshua.

Kurats avait choisi de ne pas prendre en compte les paroles houleuses de Joshua.

« Et quel genre d’autorité êtes-vous censé avoir ? Qu’est-ce qui vous fait penser que vous pouvez dire ces choses ? » demanda Kurats.

« Quel genre ? Je te ferais savoir que je suis le Comte Hazel..., » répondit Joshua.

« Je ne me souviens pas de t’avoir donné l’autorité de blesser les gens de mon domaine, » déclara Anton.

Anton interrompit froidement l’objection de Joshua, le rendant visiblement choqué.

Après tout, il empruntait l’influence de son père, mais si même son père lui tournait le dos, alors Joshua ne serait plus qu’un jeune impuissant.

Anton se retourna puis se mit à regarder Kurats, puis il lui demanda. « Eh bien, à propos de vous, pourquoi devrais-je réellement vous croire ? »

« Parce que d’après ce que le roi m’a dit en me remettant ça, si vous vous opposez à moi, je peux exercer des représailles au nom du roi, » déclara Kurats.

« C-C’est !? » s’écria Anton.

Anton était dans l’étonnement en voyant l’insigne de Kurats.

L’insigne qu’avait montré Kurats était celui de la famille royale du pays. Autrefois, on disait que cet insigne était initialement donné aux bourreaux pour leur permettre d’enlever la tête des rebelles sous ordre du roi.

Il fallait d’abord avoir la volonté de se rebeller contre tout le royaume pour pouvoir désobéir au porteur de cet emblème. Ce n’était pas une blague qu’on pouvait prendre à la légère.

« Que penses-tu obtenir en me montrant ce dérisoire insigne ? » demanda Joshua.

Ne comprenant pas le sens de tout cela, Joshua rit avec mépris devant l’insigne qui ne lui semblait pas avoir beaucoup de valeur.

Cependant, Anton frappa soudainement l’épaule de son fils et le poussa au sol, le faisant respectueusement se prosterner avec lui, comme s’il faisait face au roi lui-même.

L’humiliation consumait Joshua tandis que son front frottait le sol. « Père, qu’est-ce que tu fais ?! »

« Toute personne qui détient cet insigne est le représentant du roi. Ce n’est pas quelqu’un qu’un seigneur féodal local comme moi peut affronter directement, » répondit Anton.

Joshua secoua la tête autant qu’il le pouvait, il était dans le déni. Il ne voulait pas le comprendre. Il ne voulait pas accepter la vérité. Parce que s’il l’acceptait, cela signifierait admettre à lui-même que la seule chose qui l’attendait dans l’avenir était le désespoir.

« I-Il aurait pu facilement faire une contrefaçon d’un insigne comme celle-ci ! Sinon, il n’y a aucune chance qu’un roturier comme lui puisse l’avoir ! » cria Joshua.

« Imbécile ! L’insigne a été rempli du mana de Sa Majesté le roi, il est impossible de la contrefaire. Donc, c’est sans aucun doute possible le symbole de la procuration du roi ! » répondit Anton.

Puis, après ça, il cria. « À toutes les personnes ! Posez vos lances et prosternez-vous ! Cette personne est un représentant de Sa Majesté le roi ! »

Se trouvant en face d’un représentant du roi pour la première fois dans leur vie, les chevaliers environnants avaient précipitamment laissé tomber leurs armes.

« Bon sang ! Qui es-tu ?! Qui diable es-tu ?! » cria Joshua.

En réalisant que personne ne l’aiderait maintenant, la seule chose que Joshua pouvait faire était de faire une crise de colère comme un jeune enfant.

« S’il vous plaît, monsieur le baron, veuillez me pardonner et permettez-moi de le déshériter et de l’expulser du territoire pour lui faire payer pour ses crimes commis contre vous, » déclara Anton.

« J’apprécie votre considération, Comte Anton, » répondit Kurats.

« N-Non ! Père ! Vas-tu abandonner ton propre fils ? Tu peux juste éliminer un gars comme lui ici même, il n’est rien, il n’y aura aucun moyen de prouver que tu l’as fait ! » cria Joshua.

« C’est précisément parce que tu es mon fils que je veux y mettre fin sans avoir à te tuer. Arrête de parler en vain, » répliqua Anton.

Se sentant rejeté par ces mots qu’il ne pouvait pas réfuter, Joshua avait commencé à pleurer sans honte et sans se soucier de sa réputation.

« Comment cet homme est-il plus important que ton propre fils ?! Je promets que je serai plus obéissant ! Je promets de travailler plus sérieusement pour la famille ! Père, s’il te plaît ! » implora Joshua.

Alors qu’il regardait son fils demander pardon, Anton se sentit triste, pensant « En fin de compte, il ne comprend vraiment rien ».

Anton pensait que c’était sans doute le résultat de ses propres erreurs, car il avait négligé Joshua et avait plutôt préféré son fils aîné, simplement parce qu’il était son héritier.

« Mettez-le dehors, » déclara Anton.

« Bon sang ! Je n’aurais pas dû prendre cette femme ! Cette putain de folle qui aime son propre f — ..., » cria Joshua.

« Yaaaaaaah! » cria Cornelia.

« Oh, cet idiot dépasse les bornes ! » déclara Kurats

De la mousse avait commencé à venir de la bouche de Joshua, dont l’entrejambe avait été impitoyablement écrasé, et il s’était évanoui sur place.

En tant qu’homme, Kurats ne pouvait s’empêcher de ressentir de la pitié pour le fils du comte.

« S’il vous plaît, acceptez mes excuses, je vais prendre la responsabilité de le punir pour son impertinence, » demanda Anton.

« Très bien. Eh bien, nous prendrons notre congé, » annonça Kurats.

Agissant comme s’il n’avait pas vu la violente attaque de sa sœur, Kurats quitta le château du comte Hazel avec Cornelia.

Tellement décevant. Cela ne valait même pas la peine d’être appelé ça une comédie, pensa Bernst en se sentant véritablement frustré. Cependant, en même temps, il sentait un frisson parcourir sa colonne vertébrale, dont la source était Cornelia.

Cela était probablement dû au fait de partager le sentiment inconscient de peur que Kurats avait eu envers sa sœur depuis sa plus tendre enfance.

En se basant uniquement sur les arts martiaux qu’elle avait affichés, Bernst estimait que Cornelia était à coup sûr d’une supériorité écrasante face à Kurats avant qu’il grandisse.

Et elle a mentalement apprivoisé son frère dès lors. Cette femme, pourrait-elle être une personne de type stratège ? Se demanda Bernst.

Ignorant les doutes de Bernst, Kurats prit la main de Cornelia avec réserve et retourna au village de Gaura.

 

***

 

« Oooh! Kurats ! Cornelia est en sécurité ? Vous n’avez pas attaqué le comte, n’est-ce pas ? » demanda Ordreik, le chef du village.

Ordreik fut soulagé de voir Kurats et Cornelia sains et saufs, mais son teint changea radicalement alors qu’il se demandait si le frère et la sœur ne s’étaient pas fait des ennemis du côté du comte.

Cela n’avait peut-être pas été le cas pour les villages proches de la capitale royale, mais dans un village reculé comme le village de Gaura, le seigneur féodal avait essentiellement le droit de vie et de mort sur les villageois.

Les villageois étaient très importants pour la fourniture de nourriture au territoire, mais il y avait beaucoup de seigneurs féodaux qui ne comprenaient pas cela et les traitaient comme du bétail. Par conséquent, à l’exclusion de Kurats, si un villageois normal s’opposait aux plus hauts gradés du pays, il n’aurait pas d’autres destins que d’être tué par les soldats du territoire.

« ... Quoi ? Est-ce que le Roi ne vous l’a pas dit ? » demanda-t-il.

À l’inverse, ce qui dérangeait Kurats était le comportement paniqué du chef.

Était-il toujours aussi faible ? se demanda-t-il.

Au village, personne n’était plus sûr que le chef, mais il était encore complètement impuissant face au pouvoir des nobles.

En un seul jour, la relation entre Kurats et l’Autorité avait considérablement changé.

C’était parce que Kurats avait déjà obtenu le pouvoir de traiter facilement avec les nobles de tout territoire lointain.

« De toute façon, un fonctionnaire sera envoyé de la capitale royale pour t’en parler plus tard, mais aujourd’hui je suis devenu le seigneur féodal de ce village. Il n’y a maintenant plus besoin d’avoir peur de ce noble. »

« Moi, on ne m’a pas parlé d’une histoire aussi ridicule ! » s’écria Ordreik.

Il y avait en effet des précédents de roturiers promus en grade après avoir réalisé quelques exploits dans la guerre, mais le chef de village ne pouvait croire qu’un roturier était soudainement devenu un seigneur féodal en une seule journée, ce qui lui semblait un simple délire.

C’est énervant. Montre-le-leur juste, pensa Bernst.

Bien ! répondit Kurats.

« “Flamme dansante” ! » déclara Kurats.

Une boule de feu d’environ deux mètres s’était manifestée dans le ciel et s’était ensuite divisée en plusieurs petites boules qui tombaient comme des pétales tout en dansant sauvagement dans l’air. Tous les villageois étaient fascinés par la scène.

De plus, malgré la distance qui les séparait des flammes, ils pouvaient sentir que chacune de ces petites et belles boules de feu avait assez de puissance pour tuer un être humain.

« T-Tu es un mage...? » demanda Ordreik.

« Pensais-tu que je puisse tuer un ours aux yeux rouges à mains nues sans utiliser de magie ? Je prévoyais de continuer à le cacher, mais ce n’était plus une option, alors j’ai guéri la princesse du royaume de sa maladie et on m’a accordé le rang de Baron, » déclara Kurats.

« Euhh ?! Un baron ?! » s’écria Ordreik.

À la différence des nobles de rang inférieur tels que les clercs ou les chevaliers et leurs familles, un baron était un noble à part entière.

Ordreik était conscient de l’importance de parler directement à quelqu’un d’aussi haut placé.

« Tu as pris soin de moi depuis longtemps et je t’en suis reconnaissant pour cela, mais garde mon nouveau statut à l’esprit, » déclara Kurats.

« B-Bien sûr ! Oui, je ferais n’importe quoi pour vous, monsieur le nouveau seigneur féodal ! » déclara Ordreik.

Kurats n’avait pas l’intention d’être autoritaire comme les autres nobles. Au contraire, il avait l’intention d’accorder au village un traitement préférentiel en ce qui concerne leurs impôts et leur dur labeur.

Dans ce village résidaient ses amis qui avaient grandi avec lui et les adultes qui l’avaient élevé. Il devait, dans tous les cas, retourner leur gentillesse.

Cependant, à travers les événements de cette époque, l’impuissance et la soumission des bourgeois étaient devenues évidentes pour lui, et Kurats n’avait aucune intention de prendre part à ces faiblesses.

Mais s’il ne voulait pas être injustement contrarié, il n’avait d’autre choix que de devenir encore plus puissant.

Et il y avait aussi une chose de plus dans son esprit.

Avec ceci, ma sœur est une aristocrate maintenant, et personne dans le village ne sera digne de mettre la main sur elle ! pensa Kurats.

... Tu es un homme tordu, répondit Bernst.

Ayant obtenu un prétexte pour protéger sa sœur des regards brûlants qu’elle recevait habituellement des hommes célibataires du village, Kurats prit cette décision en prenant une pose héroïque dans son esprit.

 

***

 

Kurats était à court de mots quand lui et sa sœur étaient revenus à leur maison, l’intérieur était dans un désordre complet.

« Ce bâtard a dû recourir à la violence et a enlevé Cornelia par la force parce qu’elle a résisté en attendant que je revienne, » constata Kurats.

Peut-être que j’aurais dû le punir un peu plus, pensa Kurats, tout en se sentant honteux d’avoir éprouvé de la pitié pour Joshua après que son entrejambe avait été écrasé.

« ... Quand cet homme m’a emmené, je pensais que je ne pourrais jamais plus te voir, » déclara Cornelia.

Cornélia confia le poids de son corps au dos de Kurats et poussa son front contre lui. Elle devait encore lâcher sa main droite.

Sentant la chaleur venant de la main de Kurats et de son dos large et fort, la poitrine de Cornelia devint chaude quand elle réalisa de nouveau qu’il lui avait sauvé la vie.

 

 

***

Chapitre 11

Elle ne savait pas quand cela avait commencé, mais Cornelia en était venue à ressentir une sensation d’oppression dans sa poitrine chaque fois qu’elle voyait le corps trempé de Kurats et ses expressions faciales paresseuses.

Quand elle était jeune, elle le considérait comme son charmant petit frère.

Cependant, ce charmant frère l’avait dépassée en un clin d’œil, et avait maintenant obtenu un corps massif et fort.

Elle avait l’habitude d’être plus forte que lui jusqu’à l’âge de huit ans, mais maintenant, elle ne pourrait même pas être son adversaire s’il la combattait sérieusement.

Le frère et la sœur vivaient ensemble depuis la mort de leurs parents, et Cornelia ne pouvait s’empêcher de souhaiter que cette relation se poursuive pour toujours.

« Merci de m’avoir sauvé... tu étais plutôt cool là-bas. »

« Quoi ? », demanda Kurats d’un ton douteux, puisque la voix de Cornelia s’était interrompue quand elle prononça sa dernière phrase.

« J’ai dit que tu es devenu plus fort ! »

Consciente du fait qu’elle commençait à rougir, Cornelia se retourna et se précipita vers la cuisine.

« Je vais bien te traiter afin de te remercier pour aujourd’hui ! »

Cornelia souriait joyeusement en parlant fort afin de cacher son embarras.

Cela semblait incroyable que tout à l’heure, elle se soit résignée à devenir la maîtresse de cet homme et à laisser son corps être sali par lui.

Et bien qu’elle ne sache pas combien de temps cela allait durer, Cornelia jura de protéger cette vie ordinaire qu’elle chérissait.

Parce que dans ce monde, le frère et la sœur n’avaient jamais rien fait l’un sans l’autre.

Après ça, une montagne de plats préférés de Kurats était apparue sur sa table. Inutile de dire qu’il avait commencé à avoir un sourire béat tout en claquant ses lèvres.

« Aah... J’ai tellement mangé ! Je vais dormir comme un bébé aujourd’hui ! »

{Que viens-tu de dire là !? As-tu sérieusement l’intention d’aller dormir, par hasard ? Inacceptable !}

Bernst intervint avec toute sa puissance alors qu’il voyait Kurats se diriger vers son lit avec un air satisfait sur son visage.

« Oui, la journée d’aujourd’hui m’a épuisée, alors je vais me dépêcher et aller au lit. »

{Qu’est-ce que tu es bête ! Qu’as-tu fait dans tout cela exactement ? Est-ce que j’ai manqué quelque chose ? N’y a-t-il pas autre chose que tu devrais faire ?}

Et dire que ce bon à rien est mon propre alter ego, pensa Bernst, se sentant honteux au point de presque tout détruire.

« Eh bien, j’ai déjà réussi à sauver ma sœur, alors je ne devrais pas avoir autre chose à faire, non ? ... »

{Es-tu d’accord pour simplement l’aider ? Est-ce que c’est vraiment tout ce que tu souhaites ?}

Quand il y pensait, Kurats ne pouvait pas prétendre que c’était la seule chose qu’il voulait.

Les sentiments que Kurats éprouvait envers sa sœur étaient plus ceux d’un amour romantique que ce que devait ressentir un frère pour sa sœur.

Tout en pensant cela, Kurats se rappela immédiatement la splendide peau nue de Cornelia qu’il avait aperçue dans le château, et il laissa involontairement ses convoitises lui rougir ses joues.

{Ou plutôt, tu ne comprends rien aux femmes, hein ? Peu importe comment tu la regardes, elle t’a clairement donné son consentement, tu comprends ?}

« Son consentement ? »

{C’est la manière qu’une femme utilise quand elle veut montrer à un homme qu’elle l’accepte ! Comment veux-tu séduire quelqu’un sans savoir ce genre de choses ?}

« Oh, et dis-moi comment étais-je supposé savoir cela ? De même, et si tu avais tort ? »

{Peu importe les moyens, tu dois faire tout ce qui est en ton pouvoir pour faire tienne cette femme, voilà ce que c’est que d’être un vrai homme !}

Pourquoi fait-il beaucoup de bruits pour si peu ? C’est la raison pour laquelle il est encore vierge ! pensa Bernst.

L’extrême faiblesse de Kurats fit que Bernst se sentit indigné du fond de son cœur.

À l’époque où il régnait en tant que roi de la magie, Bernst avait formé un harem d’innombrables femmes, même si c’était il y a longtemps.

Mais même sans cela, il ne faisait aucun doute qu’il aurait été facile pour quiconque ayant un peu d’expérience de voir à travers l’affection de Cornelia envers Kurats.

{Tout homme digne de ce nom devrait être capable de comprendre les signes silencieux d’une femme et de lui donner le dernier coup de pouce dont elle a besoin. Tu devrais juste aller voir cette femme et lui dire à voix basse ton amour, et elle tombera dans tes bras en un rien de temps.}

« Tu veux dire que je dois faire ça même si c’est ma sœur... ? »

Kurats avait avalé sa salive en une gorgée.

Maintenant qu’il en avait été informé, il se souvenait que lorsqu’il avait vu la peau de Cornelia, même si elle avait l’air d’être sur le point de pleurer, elle avait également rougi.

Alors qu’il s’imaginait enlacer le corps mince de Cornelia, Kurats ne pouvait empêcher son sang de se précipiter vers sa moitié inférieure.

Cependant, peut-être parce qu’il était faible en ce qui concerne l’amour, ou peut-être parce qu’il avait subi un lavage de cerveau dès son plus jeune âge, il semblait avoir rejeté instinctivement l’idée d’être plus résolu avec sa sœur.

« M-Mais, ma sœur n’a rien dit à ce sujet... »

{Ne peux-tu pas enlacer une femme à moins qu’elle ne te dise explicitement de le faire ?}

De sa propre expérience, Bernst savait qu’il était rare pour une femme de confesser son amour dès le départ.

Après être devenu le dirigeant suprême de son monde, les femmes s’étaient rassemblées autour de lui sans qu’il ait à dire un seul mot, mais avant cela, quand il était encore un aventurier à la recherche de connaissances, il avait du mal à séduire.

Il y a des milliers d’années, il fut un temps où même Bernst était aussi inexpérimenté et passif que Kurats.

C’était pourquoi il était si agacé et irrité par le comportement de Kurats, parce que, pour Bernst, c’était comme se voir lui-même quand il était encore inexpérimenté.

Mais même si cela n’avait pas été le cas, il partageait actuellement les sentiments de Kurats.

Donc, même s’il ne ressentait pas les choses aussi clairement que s’il l’avait lui-même ressenti, l’amour profond de Kurats pour Cornelia était toujours transmis à Bernst.

La colère de Kurats envers Joshua et cette passion bouillante qu’il avait ressentie en voyant la peau nue de Cornelia avait également stimulé les souvenirs oubliés de Bernst.

{Être influencé par des hommes forts fait partie des instincts de survie d’une femme ! N’est-ce pas le fait de mettre la main sur ta sœur qui est la principale raison pour laquelle tu as cherché la puissance !?}

La puissance n’était pas la seule chose que Bernst cherchait dans sa jeunesse.

À cette époque, quand il n’était encore personne, Bernst voulait aussi avoir la force de protéger sa femme.

« Mais si tu ne comprends pas ses intentions, ça va être vraiment embarrassant... ma sœur est très effrayante quand elle se fâche. »

{Tu es toujours naïf, Kurats ! Tu le regretteras à coup sûr une fois que tu deviendras un homme !}

« Eh bien, je suppose que je vais réfléchir à ce sujet une fois que je deviendrais un homme. »

Tout en se sentant un peu dépité, Kurats cacha tout son corps sous son futon et ferma les yeux.

Plutôt que de ses désirs charnels, sa priorité était le bonheur de sa sœur.

Et il ne pouvait pas dire s’il entrerait dans ce bonheur.

{Moi, j’ai besoin de passer ma frustration sur quelque chose, là, à cet instant !}

Pendant que Bernst se tortillait d’irritation, Cornelia rentrait dans son lit avec des joues rougissantes.

« L’a-t-il vu ? Je sais qu’il l’a vu. »

Elle buvait son lait matinal tous les jours, elle mangeait régulièrement de la viande de poulet parce qu’elle avait entendu dire que c’était bon pour la croissance des seins, et elle n’avait jamais fait preuve de négligence quand il s’agissait de faire ses exercices de croissance de la poitrine.

Alors, se demanda-t-elle, pourquoi sa poitrine n’avait-elle pas augmenté d’un millimètre malgré sa persistance ?

Les gènes de sa mère avaient fait des merveilles pour l’apparence, la stature et les capacités athlétiques de Cornelia, mais en ce qui concernait sa poitrine, il semblait que ces mêmes gènes avaient refusé de faire leur travail.

« Rien qu’à penser qu’il a pu voir mes petits seins... D’accord, ce soir, je ferais trois séries d’exercices ! »

Avec cette résolution ferme, Cornelia commença silencieusement à faire ses exercices de croissance de la poitrine en se demandant : « Mes efforts vont-ils payer un jour ? »

Si sa mère Friggs avait été ici, sa réponse aurait probablement été : « Je suis désolée, mais tu devrais tout simplement abandonner. »

☆☆☆

Il y avait quelques troubles domestiques dans le royaume de Jormungand.

Ils étaient dus au fait que le roi n’avait jamais pu avoir un fils, ses deux seules successeures étaient les deux princesses du royaume, donc il y avait quelques soucis que l’influence du pays s’affaiblirait dans le futur.

Mais il y avait une question encore plus critique à court terme, c’était le fait que deux factions distinctes s’étaient formées autour des deux princesses. Ces factions avaient commencé à se battre pour conduire la princesse qu’elle soutenait respectivement vers le trône.

Les nobles importants du pays avaient principalement soutenu la première princesse, Felbelle.

C’était une femme calme et belle qui ressemblait à une poupée avec ses cheveux argentés et ses yeux violets. Même si elle semblait fragile, elle avait un charme captivant qui était incomparable.

Dans la haute société, il y avait beaucoup d’hommes qui affluaient vers elle dans le passé, essayant par tous les moyens possibles de la séduire.

Mais celui qui avait finalement obtenu sa faveur était le marquis de Strasbourg, Albert.

Il était beau, il avait une grande influence dans la haute société du pays, et il était très estimé pour être un bon politicien malgré son jeune âge, et en se mariant à Felbelle, il était soudainement devenu l’une des forces politiques les plus importantes du royaume.

On pourrait dire que c’est grâce au pouvoir d’Albert que la faction de la première princesse dominait encore la cour royale, même si elle était mariée maintenant.

Contrairement à Felbelle, sa sœur Lunaria n’était pas très populaire parmi les nobles de la cour, mais elle était très populaire parmi les gens du pays et les personnalités importantes de l’armée.

C’était en grande partie dû au fait que Bayard Cellvis, le ministre de la guerre, était son tuteur.

Par conséquent, en dehors de la cour royale, la popularité de Lunaria, qui était facile à vivre et physiquement compétente, avait accablé Felbelle.

Chacune des sœurs avait ses mérites et ses démérites, et le roi Christopher était incapable de choisir entre les deux.

C’était à ce moment que la princesse Lunaria tomba dans une maladie étrange et mystérieuse.

***

Chapitre 12

« Votre Altesse, est-il vrai que Son Altesse Lunaria est guérie !? » demanda Cellvis.

Cellvis courait dans le château, haletant, la sueur coulant sur son front. Et dès qu’il avait vu Lunaria avec son sourire sur un visage en santé, les larmes avaient commencé à déborder de ses yeux.

« Waaaa ! Votre Altesse ! » déclara Cellvis.

« Je vais bien ! S-S’il te plaît, ne pleure pas autant, oncle Cell ! » déclara Cornelia.

Voyant le vieux Cellvis pleurer ouvertement et étant si différent de son attitude habituelle, Lunaria l’avait gentiment étreint avec un sourire embarrassé.

« Votre Altesse ! Dieu merci, vous avez récupéré... ! » déclara Rosberg.

« Merci, Rosberg, » déclara-t-elle.

Juste derrière Cellvis se tenait le chef des chevaliers royaux, Rosberg. Rosberg était l’homme qui avait enseigné la voie de l’épée à Lunaria. Il s’agissait d’un homme dans la force de l’âge, dans la mi-trentaine, dont le nom était connu à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

Ces deux membres importants des forces armées du pays avaient toujours aimé une certaine fille comme si c’était leur propre enfant. Cette fille était la deuxième princesse du royaume, Lunaria.

« Vous deux... vous êtes toujours les mêmes. Alors, laissez-moi vous rappeler encore une fois, au cas où vous auriez oublié : Lunaria est ma fille, pas la vôtre, » déclara Christopher, avec un visage visiblement agacé, alors qu’il regardait ses deux subordonnés de confiance.

D’une façon ou d’une autre, pour lui, c’était comme si sa précieuse fille était ternie par la proximité de ces deux guerriers trop virils et malodorants. Le roi ne pouvait pas s’habituer à cette vue devenue maintenant routinière, peu importe combien de fois il y avait assisté.

« J’ai entendu dire qu’un mage avait guéri la princesse en un clin d’œil, mais... qui cela peut-il être ? » demanda Cellvis.

Le roi avait tout essayé, invitant même des médecins réputés d’autres pays, mais ils n’avaient pas réussi à trouver l’origine de la maladie de la princesse.

Même Cellvis avait utilisé tous ses liens personnels pour cela, et pourtant la maladie de la princesse n’avait cessé de s’aggraver. Il avait grandement honte de lui à cause de cela.

Il n’aurait donc jamais imaginé que la princesse aurait été complètement guérie de sa maladie en moins d’une journée.

Et puisque les mages de la cour n’avaient pas réussi à apporter de résultats jusqu’à présent, même s’ils étaient responsables du traitement de la princesse, il ne semblait pas probable à Cellvis qu’ils eurent soudainement réussi à la guérir à ce point.

« Apparemment, il existerait une sorte de mage méconnu. Eh bien ! Vous n’auriez jamais pu le deviner vu son apparence, » alors qu’elle l’avait dit, Lunaria se souvint du corps grand et fort de Kurats et gloussa en elle-même.

À ce moment-là, les deux « parents » de Lunaria sentirent un léger sentiment d’affection venant d’elle, qu’elle n’avait même pas remarqué.

« Mais, bien, est-il vraiment digne de confiance ? »

« Il semblerait que nous allons avoir besoin de le rencontrer et avoir une conversation avec lui. »

Ne connaissant pas les pensées intérieures de Rosberg et de Cellvis, qui avaient incliné leurs têtes l’un l’autre, Lunaria avait commencé à se demander à quel point Kurats serait capable de devenir le rival de Rosberg.

Le corps de Kurats n’était pas seulement grand, il l’avait entraîné jusqu’à sa limite extrême, jusqu’à ce qu’il devienne solide comme de l’acier. Pourtant dans un combat réel, il était aussi agile qu’un chat.

Si Kurats se battait sérieusement, il serait probablement à égalité avec Rosberg. Cependant, cela ne serait le cas que si Rosberg s’abstenait d’utiliser son atout.

« Je suis ravi de voir que vous avez bien récupéré, Votre Altesse Lunaria. »

« Oui, désolé de vous avoir inquiéter tout ce temps ! »

La prochaine personne à apparaître dans la pièce était le Premier ministre du Royaume, Eustache Wingard.

Bien qu’il fût âgé de plus de soixante ans, c’était encore un homme vigoureux, avec un dos droit plein de dignité, qui convenait au Premier ministre d’un royaume.

Comme tout bon politicien habile, il avait déjà commencé une manœuvre politique qui était basée sur l’hypothèse que Lunaria allait bientôt mourir, mais il semblait sincère lorsqu’il l’avait félicitée pour son rétablissement.

Bon sang, je suppose que les choses vont redevenir rudes. Peut-être que nous aurions pu éviter des conflits inutiles si elle avait succombé à sa maladie, pensa Eustache.

Par la suite, le ministre des Affaires intérieures, le ministre de l’Industrie, le ministre des Finances et toutes les autres autorités impliquées dans la politique du pays étaient venus dans la salle les uns après les autres pour offrir leurs salutations.

La sœur aînée de Lunaria, Felbelle, et son mari, Albert Strasbourg, étaient parmi les dernières personnes à se présenter.

« Je suis contente que tu sois encore en bonne santé, Lunaria. »

« Merci, sœur aînée. »

Bien qu’elle avait montré un doux sourire sur son visage, Felbelle avait des yeux sans vie.

D’autres trouvèrent que ses yeux ne faisaient que rehausser le visage froid et beau de Felbelle, mais Lunaria les détestait.

« J’attendais avec impatience le jour de ton rétablissement. »

« Désolée de t’avoir inquiété autant, beau-frère. »

Même si vous pensez probablement le contraire à l’intérieur…, pensa-t-elle.

Albert avait un visage vraiment stéréotypé, avec des cheveux blonds et des yeux bleus, et un corps grand et bien équilibré.

Il était très célèbre en tant que seigneur féodal et, en tant que politicien, il était pratiquement certain qu’il allait devenir le Premier ministre dans la génération suivante. Et depuis que la sœur aînée de Lunaria avait été mariée à cet homme, elle était devenue complètement dépendante de lui.

Pour cela, Lunaria détestait Albert plus que quiconque au monde.

Même si les deux sœurs étaient réunies après une longue période, elles n’avaient échangé que de faux sourires.

Alors que Cellvis lui adressait un regard méfiant, Albert serra calmement les épaules tremblantes de sa femme.

« Dieu merci, vous serez en mesure de dormir paisiblement à partir de ce soir. »

« Tu as raison, chérie. »

Ayant la vision chaleureuse d’un couple agissant comme de nouveaux mariés, le cœur de Lunaria se refroidit.

Si c’était moi, je ne ferais jamais…, au moment où Lunaria le pensait, elle se rappela le visage de Kurats, et elle cacha son visage rougissant.

Après avoir soudainement eu une prédiction inquiétante qui dépassait déjà l’instinct d’un parent éternel et qui entrait dans le domaine des capacités psychiques, Cellvis et Rosberg vérifièrent de près l’état actuel de Lunaria.

Quant à Albert, il recula d’un pas et commença à observer les conversations entre l’homme d’État venu en même temps que lui rendre visite à la princesse.

Comme je le pensais, tout le monde ici était déconcerté par ce qui s’était passé. Si elle était tout simplement morte, alors les choses se seraient bien déroulées, mais…, pensa Albert.

Si Lunaria était morte, alors il aurait été décidé que Felbelle serait la prochaine souveraine du royaume.

Albert avait entendu que de nombreuses factions neutres allèrent bientôt changer de camp, mais maintenant, la bataille pour le trône était de retour à son point initial.

Même ainsi, le vent devrait encore souffler sur mon chemin, mais il y a un problème…, pensa Albert, avant que ses réflexions ne soient interrompues par la voix aiguë d’un homme.

« Alors, Votre Majesté, puis-je demander qui est celui qui a guéri Son Altesse et quel genre de technique a-t-il utilisé ? » demanda un homme maigre avec des yeux sombres et minces. Cet homme sans expression, qui ressemblait un peu à un reptile, était le chef des mages de la cour royale, Mordred.

La situation actuelle avait fait honte à tous les mages de la cour royale.

Malgré l’utilisation de médicaments outrageusement coûteux et malgré le fait d’avoir attribué la tâche de guérir la princesse à plusieurs mages, ils n’avaient jamais été capables d’identifier l’origine de sa maladie, alors il ne serait pas étrange que le royaume commence à chercher d’où provenait ce manque de résultat.

Avec la mort du vieux mage Doran, qui avait été responsable des mages du royaume, Mordred avait enfin réussi à prendre sa place et il était déjà dans la cinquantaine.

D’où la raison pour laquelle il essayait désespérément de cacher son impatience afin de pouvoir conserver sa position actuelle.

« Son nom est Kurats Hans Almadianos, il dit qu’il est un sage qui vit dans le village de Gaura, qui est régi par le comte Hazel, » répondit le roi.

« Alors, ce n’est qu’un roturier ? » demanda le mage.

Le domaine de la magie était tout à fait secret. Ce n’était pas si simple pour n’importe qui de s’initier aux compétences magiques par ouï-dire et par la méditation.

Dans près de 100 % des cas, la seule façon pour une personne d’obtenir des compétences magiques était d’avoir des parents mages ou d’apprendre la magie dans un établissement d’enseignement légitime.

C’était la raison pour laquelle le nombre de mages était si limité, non seulement dans le royaume de Jormungand, mais aussi dans le monde entier. Par conséquent, il n’y avait aucun moyen d’apprendre une magie décente dans une région aussi éloignée que celle du territoire du comte Hazel.

« N’est-il pas suspect ? Il vit à la frontière de notre pays, ce qui nous mène alors au royaume de Bifuregast. Est-ce qu’il n’est pas un espion envoyé par ce pays ? »

« Cet homme m’a sauvé la vie, je voudrais que vous vous absteniez de faire de telles affirmations irréfléchies. De plus, est-ce que vous êtes en train de dire que notre magie est inférieure à celle du royaume de Bifuregast ? »

Mordred ne revenait pas de la réplique de Lunaria.

Il avait simplement essayé de lancer une accusation sur un étranger, mais il n’y avait vraiment aucune arrière-pensée derrière ses mots.

« D’ailleurs, j’ai donné à Kurats le titre de baron du royaume, vous ne devrez pas vous plaindre s’il finit par vous défier en duel pour avoir mal parlé de lui. »

Les paroles du roi causèrent un grand choc non seulement pour Mordred, mais aussi pour tous les autres nobles de la pièce.

Donner à Kurats le titre de baron semblait être une trop grande récompense pour avoir simplement guéri la princesse.

« Votre Majesté — c’est la première fois que j’entends parler de ça, » déclara le Premier ministre Eustache, tout en lançant un regard noir à Christopher, qui répondit avec un rire cordial.

« Hahahaha, mes excuses, c’est juste que je n’avais jamais vu un homme aussi intéressant que lui, il reviendra probablement demain, je suis sûr que tu verras ce que je veux dire une fois que tu l’auras rencontré, Eustache. »

« S’il vous plaît, essayez de rester modérée en vous amusant ainsi, Votre Majesté. »

Un baron était un noble à part entière, et cette position n’était pas inférieure à la position de Mordred en tant que chef des mages de la cour royale.

Sûrement, le roi ne pouvait pas songer à nommer cet étranger inconnu comme mage de la cour royale, n’est-ce pas ? Lorsque Mordred se posa cette question, son visage troublé devint complètement pâle.

« En plus de cela, le mage a également affirmé que les symptômes de Lunaria n’étaient pas causés par une maladie, mais par un facteur externe et j’ai hâte de découvrir quelle était la véritable cause de sa maladie. »

Bien qu’il ne le montrait pas, Eustache était très troublé par les paroles du roi.

Il pensait que cet inconnu aurait pu se tromper, mais Eustache pouvait facilement imaginer que la dispute pour le trône se transformerait en chaos total si on finissait par révéler que quelqu’un avait visé la vie de la princesse. Et si c’était ainsi que les choses allaient se dérouler, la mort de la princesse Lunaria aurait été bien meilleure.

C’était les convictions profondes d’Eustache, dissimulé derrière les expressions qu’il montrait sur son visage.

Regardant le roi Christopher, qui riait de toutes ses forces, les yeux d’Albert devinrent froids comme de la glace.

Sérieusement, cet homme impulsif n’est absolument pas digne d’être le roi. Plus tôt il mourra, et meilleur cela sera ! pensa Albert.

Tout en réprimant la colère qu’il cachait dans son estomac, Albert travaillait dans son esprit sur son prochain plan d’action.

***

Chapitre 13

Il s’agissait de l’après-midi du lendemain où Kurats revint rendre visite au château royal.

Bien qu’il avait eu l’intention de venir plus tôt, il avait été retardé par Cornelia qui avait commencé à lui faire des remontrances alors qu’il était sur le point de partir.

« Me sauver était plus que suffisant. Toute cette histoire à propos de devenir un noble entre autres choses ne te ressemble pas, ne te force pas trop, » avait-elle déclaré.

Cornélia avait toujours vécu avec Kurats, alors elle avait peur d’aller dans des endroits inaccessibles.

Cependant, Kurats ne pouvait pas se permettre de rester confiné dans le village de Gaura. Le criminel qui avait mis le parasite en Lunaria était toujours en fuite, et bien que Kurats soit maintenant un noble, on ne pouvait pas dire qu’il était réellement en sécurité.

Il y avait beaucoup de tensions qui étaient arrivées avec le fait qu’il soit devenu un noble.

Quand Kurats y avait réfléchi, il savait qu’il y aurait de sérieux obstacles sur son chemin pour épouser sa sœur s’il devait y avoir un noble de rang plus élevé qui souhaitait aussi que Cornelia devienne sa femme.

 Par conséquent, à l’avenir, Kurats devait avoir plus de pouvoir, plus de force, et surtout plus de détermination, de sorte qu’il n’y aurait pas de plaintes même s’il devait lui-même épouser Cornelia.

{Veux-tu vraiment finir tes jours dans une telle décharge ?}

Il était inutile de souligner que Bernst avait un conseil faussé et légèrement hypocrite à offrir concernant le processus de pensée de Kurats.

Mais finalement, Kurats avait réussi à convaincre Cornelia, et s’était téléporté à la capitale royale, où il avait été accueilli par un homme maigre et un peu vieux.

« Vous... êtes-vous “ce” mage ? Vous venez juste de vous téléporter alors que vous n’avez reçu aucune formation en magie... Comment ? Comme je le pensais, vous travaillez pour le royaume de Bifuregast, n’est-ce pas ? » déclara l’homme maigre.

« Pourquoi devrais-je répondre ? Qui es-tu censé être ? » demanda Kurats.

Peut-être parce que sa fierté avait été blessée par la question de Kurats, une veine était apparue sur le front de l’homme alors qu’il criait.

« Mon nom est Mordred Beauvoir, et je suis le chef des mages de la cour royale ! Vous allez répondre à ma question dès maintenant  ! »

Le roi avait dit que Kurats se montrerait aujourd’hui, alors Mordred l’attendait depuis le matin.

D’une certaine manière, on pouvait penser qu’il perdait son temps à ne rien faire, mais Mordred ne faisait qu’être très assidu.

Parce qu’il avait traversé beaucoup d’épreuves pour obtenir sa position dans le royaume, et l’homme devant lui était quelqu’un qui pouvait lui arracher ça.

« Heureux de faire ta connaissance, je suis le baron des Kurdes Hans Almadianos de Gaura, j’ai reçu l’ordre de rapporter quelque chose au palais, alors je te prie de bien vouloir garder tes questions pour plus tard. »

« Tu n’étais qu’un simple roturier il y a seulement quelques jours ! Reste à ta place ! » cria Mordred en changeant même sa manière de parler.

Ayant été rejeté de cette manière, Mordred avait à peine réussi à s’empêcher d’utiliser la magie.

Bien qu’il fût à la tête des mages de la cour royale, il n’échapperait pas à la punition s’il utilisait la magie pour tuer ou blesser quelqu’un devant le palais royal.

« J’ai un rapport pour Sa Majesté le roi, chef des mages de la cour royale, si tu as des affaires avec moi, je vais devoir te demander pour le moment de les reporter pour une autre occasion. Si tu veux bien pardonner ma grossièreté, je vais devoir te laisser, » déclara Kurats.

Alors que Kurats commençait à avancer comme s’il ne pensait plus à l’homme devant lui, la dernière retenue de Mordred venait d’être réduite en poussière.

« Tu dois sûrement plaisanter ! Tu n’iras nulle part sans répondre à mes questions ! » cria Mordred.

Mordred pensait que s’il menaçait simplement Kurats sans lui causer de blessures, il serait probablement capable d’expliquer la situation. En ce moment, il ne pouvait pas laisser tomber cet homme impoli.

À la suite de ce raisonnement, Mordred commença à rassembler son mana, mais à ce moment-là, Kurats prit la parole.

« On m’a dit d’utiliser la force pour éliminer toute personne qui interférait avec mes fonctions. Alors, laisse-moi te le demander qu’une seule fois. As-tu vraiment la volonté de te mettre sur mon chemin ? » demanda Kurats.

Mordred avait inconsciemment reculé de trois pas alors qu’il sentait que le corps de Kurats atteignait deux fois sa largeur.

Il sentait une épaisse aura de mort, comme s’il faisait face à un énorme ours.

 

 

Mordred avait l’impression d’être tué avec le cou brisé par le simple fait de toucher Kurats.

Il avait dégluti en réalisant finalement à quel point Kurats était anormal.

Au même moment, il renforçait sa propre détermination, car il était maintenant encore plus convaincu que cet homme était une menace pour sa position et qu’il devrait se débarrasser de lui.

« Humph, je ne peux pas laisser un homme impoli comme vous errez seul dans le palais, je vais vous conduire devant Sa Majesté, » déclara Mordred.

« Comme tu le souhaites, » répondit Kurats.

 

☆☆☆

 

« Oooh! Est-ce que monsieur Kurats est enfin arrivé !? » demanda Rosberg.

Contrairement à Lunaria, qui affichait un large et brillant sourire, Rosberg affichait son grognement avec un froncement de sourcils.

« Je comprends que cet homme a guéri Son Altesse, mais ne lui fait-elle pas trop confiance ? »

Pour ce jour, Lunaria s’était maquillée et portait une robe large et extravagante qui ne ressemblait en rien à sa tenue habituelle d’entraînement légère.

En plus de cela, elle portait d’une manière inhabituelle du parfum d’osmanthus.

Compte tenu de ces faits, il était naturel que le tuteur autoproclamé de Lunaria, Rosberg, ait du mal à garder son calme.

D’ailleurs, ne vas-tu pas me demander de t’entraîner aujourd’hui pour la première fois après tout ce qui s’est passé ?!

Rosberg était le professeur d’arts martiaux de Lunaria, et il avait été charmé par son talent au combat et son caractère fort quand elle était encore très jeune. Par conséquent, il lui semblait étrange qu’elle ne soit pas revenue à l’épée juste après que son état physique soit revenu à la normale.

Se demandait-il si ses talents à l’épée s’étaient ternis pendant qu’elle était dans le coma ? Et, en premier lieu, Lunaria se demanderait-elle si c’était le cas ? Ne retournerait-elle pas à l’entraînement malgré tout ?

Dans un certain sens, cette réaction aurait été plus étrange pour une femme dans cette société, mais Rosberg était trop un « parent » poule pour être capable de penser à cela.

Après avoir vu à quel point Lunaria s’était réjouie en attendant, Rosberg avait endurci sa résolution de voir le vrai visage de Kurats.

Il lui était impossible de confier Lunaria à un homme médiocre.

Dans tous les cas, cet homme devrait d’abord traverser le mur qu’était l’épéiste magique Rosberg.

Mais bien sûr, je suis l’épée du royaume, je ne serais pas un obstacle facile à franchir !

Tout en réfléchissant, Rosberg, l’épéiste le plus remarquable du royaume, tenait le manche de son épée préférée, qui pendait à sa taille, attendant d’être tirée.

Ces deux-là n’étaient pas les seuls à attendre Kurats.

Dans une autre pièce, les élites du pays s’étaient rassemblées. Sans parler du roi, même le Premier ministre et Albert, le marquis de Strasbourg, étaient venus. C’était tout un spectacle à voir.

Mais face à ces poids lourds qui portaient le royaume sur leurs épaules, le calme de Kurats n’était pas affecté.

« Grâce à la bonté de Sa Majesté, j’ai pu protéger ma sœur. Jamais dans ma vie je n’oublierais cette faveur, » déclara Kurats.

« C’est bon, mais ne vous inquiétez pas à ce sujet, baron Kurats. Après tout, je n’ai fait que rattraper les erreurs de mon propre serviteur, » répondit le roi.

Mhmm, on dirait qu’il était vraiment allé au village de Gaura et qu’il était revenu à la capitale royale en un seul jour…

Le roi savait déjà que Kurats avait utilisé la magie de la téléportation, mais la puissance de ce sort était tout simplement trop choquante.

Les mages normaux pouvaient se téléporter sur quelques kilomètres au maximum. Même les meilleurs mages ne pouvaient se téléporter que dans un rayon de vingt kilomètres au maximum.

Donc, comme on pouvait s’y attendre, la capacité de Kurats à se téléporter sur des centaines de kilomètres n’avait pas déçu les attentes du roi.

« Eh bien, hier, vous avez parlé d’un sujet assez préoccupant, » continua le roi.

« Voulez-vous parler de ce monstre qui a causé la maladie de Lunaria ? » demanda Kurats.

Face à ces mots, un petit éclat sombre était apparu dans les yeux du Premier ministre.

C’était parce que les mots de Kurats pouvaient très bien annoncer la mort de nombreux aristocrates.

« S’il vous plaît, attendez. J’ai laissé le monstre sous la garde de Son Altesse Lunaria, » déclara Kurats.

« Quoi ? Va-t-elle bien ? » s’écria le roi.

Le roi n’aurait jamais pu s’attendre à ce que Lunaria elle-même soit la seule gardienne du parasite qui l’avait rendu malade. Et si ce monstre avait fini par la blesser à nouveau ?

« Je m’excuse, père, Kurats m’a dit de garder le secret, » déclara Lunaria.

Comme si elle attendait les mots de Kurats, Lunaria apparut dans la pièce avec un large sourire clairement visible sur le visage.

« Tu es trop capricieuse ! C’est une chance que rien de mal ne te soit arrivé. Mais au cas où cela aurait été le cas, crois-moi quand je te dis que je lui aurais tranché la tête immédiatement ! » s’écria le roi.

Cette pensée était très pénible pour le roi, surtout après qu’il se fût laissé ravir, pensant que sa fille avait enfin été guérie pour de bon.

Avec l’expression ludique d’un enfant fier de son méfait, Lunaria se tourna vers Kurats.

« Vous m’avez confié cela et maintenant je vous le rends, monsieur Kurats, » déclara Lunaria.

« Merci beaucoup, je me suis assuré de sceller le parasite avec soin, donc il n’y avait pas du tout de danger, » déclara Kurats.

« J’en étais sûr, » déclara Lunaria.

Il semblerait qu’ils ont tous les deux des personnalités assez gênantes, en pensant à cela, le roi Christopher avait parlé d’une manière déconcertée.

« Je suis content que tu sois devenue si énergique, Lunaria... Mais je voudrais que tu corriges tes manières de garçon manqué juste un tout petit peu. »

« Oh ! Mais je crois que j’ai réellement grandi pour devenir assez “distinguée”, » répondit-elle.

« Et moi je crois que tu devrais rechercher ce mot dans un dictionnaire, » répliqua Christopher avec un rire et un léger signe de la main. Et cela avait marqué la fin de la conversation entre le père et la fille.

Juste après cela, Christopher avait plissé les yeux.

« Maintenant, donnez-moi les détails de la situation, baron, » demanda le roi.

« Comme vous le souhaitez, » Kurats s’inclina très respectueusement devant le roi.

Malgré son corps inhabituellement grand, son action bien entraînée était toujours légère et digne.

« Le monstre que j’ai enfermé à l’intérieur de ce bidon d’eau est un parasite qui peut imiter le mana de son hôte et l’absorber jusqu’à la mort de son hôte. Basé sur son apparence, je suppose que c’est un monstre aquatique, » expliqua Kurats.

« Je vois, ça peut imiter le mana de la personne, alors c’est pourquoi ça n’a pas été détecté par les analyses de mana des mages, » déclara le roi.

« S-Si c’est bien ça, alors comment avez-vous réussi à le détecter ! » demanda Mordred.

Si Mordred était resté silencieux, cela aurait été la même chose que de reconnaître que les mages de la cour royale étaient inutiles.

La vérité était que Kurats — ou plutôt, Bernst, avait laissé entendre que l’incapacité des mages de la cour en était la cause.

{Hmph, c’est tout simplement parce qu’ils sont devenus si arrogants à propos de leurs techniques enfantines.}

Mais il était tout simplement impossible à Mordred d’approuver une telle réclamation.

« J’ai réussi à le remarquer parce que je suis pour ainsi dire spécial, » répondit Kurats.

« C-C’est un non-sens ! » s’écria Mordred.

« Vous deux, un peu de tenue, vous êtes en présence du roi, » avec une expression aigre, le Premier ministre Eustache avait arrêté Mordred qui commençait à perdre toute retenue.

Et tandis que Mordred agissait de manière assez immature, Eustache croyait que Kurats était aussi à blâmer pour l’avoir provoqué.

« Je suis profondément désolé pour vous avoir offensé, j’en ai déjà parlé à Sa Majesté, mais les sorts que j’utilise n’appartiennent pas au même système que celui qui est actuellement connu dans le monde, » déclara Kurats.

***

Chapitre 14

« Y a-t-il un système autre que celui de la sainte magie d’Arturius dans notre monde !? » demanda Mordred.

Bien que Mordred se soit calmé après avoir été réprimandé par le Premier ministre, les paroles de Kurats l’avaient encore poussé à crier sur place.

La magie ne différait guère des trucs qu’une diseuse de bonne aventure faisait, cela ne pouvait même pas être appelé un art, et Magus Arturius était le génie qui avait réussi à systématiser cela et à en faire une discipline académique de premier ordre.

Après cela, non seulement la magie était devenue rapidement plus puissante, mais elle devint aussi utilisable par beaucoup de personnes après l’avoir étudié. Et c’était ainsi que la magie était devenue un domaine indispensable pour tous les continents.

Maintenant, le nombre de mages dans les armées d’un pays était ce qui déterminait leur puissance militaire.

À cause de cela, le système de la sainte magie était considéré comme sacré par tous les mages du monde, il n’y avait aucun moyen pour l’un d’entre eux de reconnaître l’existence d’un autre système magique.

« Alors, laissez-moi vous demander. Est-ce que la magie n’existait pas avant que le système de la sainte magie apparaisse ? » demanda Kurats.

« Elle existait, mais elle était primitive et inutile ! » répondit Mordred.

« Peut-être, mais mon argument est qu’il y avait déjà de la magie à ce moment-là. Le système la sainte magie ne faisait que la sublimer en permettant à tout le monde de l’étudier et de l’apprendre d’une manière différente ? » demanda Kurats.

C’était l’accessibilité du système Arturius qui lui permettait de conquérir le monde, parce que, après tout, n’importe qui pouvait apprendre à l’utiliser tant qu’il avait du mana.

Quant aux anciennes formes de magie, trop difficiles à enseigner à ceux qui n’avaient pas de talent particulier, elles avaient fini par disparaître.

« Dans ma maison, nous appelions notre forme de magie les lois de la sagesse, et la dissimuler au monde de cette magie était considéré comme notre devoir. Avec le système de notre famille, les parents transfèrent leurs compétences directement et entièrement à leurs enfants, de génération en génération, il est donc naturel qu’elle ne se répande jamais dans le monde, n’est-ce pas ? » demanda Kurats.

« Mais que se passe-t-il si les parents ou les enfants meurent avant que leurs capacités puissent être transmises ? » demanda Christopher.

Devant les doutes de Christopher qui ne pouvaient être que naturels, Kurats répondit avec un sourire ironique et un haussement d’épaules. « Sans parler des enfants, si les parents devaient mourir avant de transmettre leurs capacités, ce serait la fin de notre lignée. »

« Primitif ! Ce système de magie est beaucoup trop primitif ! » Mordred avait montré un mépris triomphant en criant ça.

Certes, Kurats avait dû admettre que ces conditions d’héritage étaient trop sévères.

« Mais c’est grâce à cela que nos lois de la sagesse deviennent plus fortes après chaque génération, » déclara Kurats.

Quand Kurats laissa échapper cette remarque, les yeux de Mordred s’ouvrirent d’un choc.

Cela faisait près de mille ans que le système du magicien était devenu actif.

Et donc, Mordred se demandait dans la peur, si ce système de lois de la sagesse avait accumulé du pouvoir depuis cette période de temps, de la même manière que l’homme se tenant debout devant lui était fort.

Quant à Kurats, il prenait soin de ne pas modifier son expression faciale en posant une question à Bernst. « Cette manière de dire est-elle vraiment correcte ? »

{Si tu ne disais pas ça, il serait probablement trop anormal pour eux que tu puisses utiliser une magie aussi puissante à ton âge. Et de toute façon, ces gens n’ont pas les moyens de vérifier tes propos.}

Mordred ne pouvait absolument pas se permettre d’accepter que Kurats fût beaucoup plus capable que lui.

En repensant à la façon dont il avait eu peur de Kurats un instant plus tôt, Mordred commença à se sentir si honteux que son visage prit une nuance de rouge.

Mais, après avoir secoué la tête d’un côté à l’autre, il revint tout droit à sa dispute. « B-Bien, disons que vous avez des pouvoirs un peu spéciaux, ça ne serait pas aussi problématique... À cause de la magie de défense de haut niveau qui entoure le château, il n’y a personne qui aurait pu attacher ce monstre à Son Altesse, exact ? »

« Insinuez-vous que j’étais celui qui l’a fait pour que je puisse la guérir plus tard ? » demanda Kurats.

Mordred ricana fièrement. « Vous niez ! N’est-il pas vrai que vous pouvez vous téléporter à travers la barrière magique du palais royal sans en être affecté ? »

« Vos soupçons sont aussi sans fondement qu’ils sont superficiels, » déclara Kurats.

« C-Comment osez-vous ! » Cria Mordred. Il était un homme qui n’avait aucune résistance face à l’adversité.

Il devenait de plus en plus irrité parce que ses nouvelles menaces n’avaient pratiquement aucun effet sur Kurats.

« Surveillez vos propos, Mordred, j’ai une haute opinion de cette personne, il m’a sauvé la vie, » Lunaria donna un avertissement à Mordred tout en gardant sa voix basse afin de cacher sa colère.

Ne s’étant pas attendu à l’objection de la princesse, Mordred fronça les sourcils amèrement et écarta les bras d’une manière exagérée en parlant de nouveau. « Pensez à qui a le plus à gagner de cet incident. Un homme qui était un simple roturier d’une région éloignée a maintenant rejoint les rangs supérieurs des nobles. Comment tout cela pourrait-il être une coïncidence ? »

Normalement, ce qui aurait dû être considéré était ceci : qui aurait profité de la mort de la princesse, et non pas de sa survie, mais Mordred avait osé ignorer cela.

De plus, en regardant les résultats finaux de la situation, c’était un fait indéniable que Kurats en avait beaucoup profité.

Toutefois :

« Non, c’était vraiment une coïncidence ! » déclara le roi. « Cet homme voulait une seule chose en échange de la survie de Lunaria, et c’était seulement de pouvoir gouverner le petit village de Gaura. »

« Euh...? » s’exclama Mordred.

La déclaration cruciale du roi fit s’effondrer sur place les spéculations de Mordred.

« Alors, comment est-il devenu un baron ? », demanda Mordred, tout en cherchant une lueur d’espoir.

« Je l’ai fait afin que je puisse évaluer la puissance de cet homme dont les pouvoirs diffèrent de la magie telle que nous la connaissons. Eh bien, j’admets que ma décision était en partie motivée par l’un de mes caprices, » déclara le roi.

En somme, c’était grâce à ses talents inhabituels que Kurats avait acquis sa position actuelle.

Même si le cas de la princesse n’avait pas eu lieu, avec ses pouvoirs, Kurats aurait probablement pu se faire remarquer quand il le voulait.

Dans tous les cas, il n’aurait pas eu besoin de viser la princesse pour montrer sa valeur.

La sueur commençait à apparaître sur le front de Mordred, il commençait à avoir du mal à suivre la conversation. « M-Mais, n’est-ce pas trop commode qu’un magicien qui s’était caché soudain apparût juste au moment où Son Altesse atteignit un état critique ? »

Il a ciblé ce moment précis, il n’y a aucune chance de ne pas le faire, le monde n’est pas si commode, ce n’est pas un conte populaire, c’est la même raison pour laquelle je traverse une période difficile en ce moment, pensa Mordred.

« Bien que les chances que ces spéculations soient vraies sont certainement faibles, le fait est que nous n’avons aucune preuve pour nier complètement les doutes du chef des mages de la cour royale, » à ce moment, le marquis de Strasbourg, resté silencieux pendant un moment, intervint pour aider Mordred.

En tant que mari de la première princesse, il ressentait le besoin d’intervenir pour que le roi ne puisse pas faire entièrement confiance à Kurats.

« Je vois, alors je n’ai pas d’autre choix que de trouver le criminel responsable de l’ensemble de l’incident afin de dissiper tous vos doutes, » déclara Kurats.

Kurats avait souri impudemment, comme si la forte pression venant du marquis de Strasbourg n’avait aucun effet sur lui.

« Pouvez-vous vraiment le faire ? » demanda le roi.

Christopher était évidemment heureux. Il pensait que ce serait très intéressant si cela finissait par révéler à quel point les capacités de Kurats étaient importantes.

« En premier lieu, les monstres n’apparaissent pas de nulle part. Je pourrais avoir un plan valable, mais il me faudra la coopération de Son Altesse Lunaria, si ça ne la dérange pas, » déclara Kurats.

Ces mots rendirent Lunaria visiblement joyeuse, car elle avait immédiatement affiché un sourire.

« Alors, allons droit au but ! Suivez-moi ! » déclara Lunaria.

 

☆☆☆

 

Regardant dans le dos de Lunaria alors qu’elle souriait joyeusement, Rosberg se sentait toujours grincheux.

Votre Altesse, comment un homme si suspect peut-il te faire…, pensa Rosberg.

Rosberg ne pouvait s’empêcher de se sentir ainsi alors que Lunaria, son élève préférée à qui il avait enseigné l’art de l’épée en utilisant toute son expertise et ses soins, était maintenant devenue comme les jeunes filles de la capitale.

« Alors, Kurats, qu’est-ce que tu en penses ? Est-ce que la personne qui a mis le monstre en moi est quelqu’un qui voulait voir ma sœur aînée prendre le trône ? » demanda Lunaria.

« Bon sang, comment suis-je censé le savoir ? Je ne suis pas omniscient, tu sais, » répondit Kurats.

E-Elle s’adresse à lui par son prénom... sans honorifique... et d’une manière si familière ? pensa Rosberg

Même Rosberg lui-même avait dû consacrer beaucoup de temps et d’efforts avant que la princesse ne commence à l’appeler « Rosberg ».

Quant à Kurats, même s’il parlait à une princesse, son expression faciale était tout à fait naturelle, comme s’il n’était pas le moins du monde nerveux, ce qui rendit Rosberg vraiment en colère.

« Je vois, tu as raison, alors, même si je pourrais te déranger parce que je ne suis pas en forme, vas-tu me permettre de te suivre dans ton enquête ? » demanda Lunaria.

« Princesse, s’il vous plaît ne faites pas de telles blagues inquiétantes ! » Comme on pouvait s’y attendre, les mots de Lunaria étaient inacceptables pour Rosberg.

Elle était encore en convalescence. Mais plus important encore, Rosberg ne pouvait pas la laisser ainsi avec un homme aussi suspect sans rien faire.

Ou plutôt, comment Rosberg pourrait-il laisser sa précieuse altesse aux soins de ce jeune homme qui riait frivolement et parlait sans être intimidé dès leur première rencontre ?

« Votre Altesse, je ne crois pas que cet homme est digne de vous approcher ! » déclara Rosberg.

« Ai-je besoin de votre permission pour me rapprocher des autres maintenant, Rosberg ? » Bien que Lunaria ait maintenu le volume de sa voix à un bas niveau, la volonté que ses paroles portaient était aussi tranchante qu’un couteau.

Si elle n’avait pas parlé à un homme dur comme Rosberg, son seul esprit enflammé aurait probablement suffi à lui faire perdre son sang-froid, se terrer et s’excuser.

« Je ne me retiendrais jamais quand votre sécurité est en jeu, Votre Altesse, » déclara Rosberg.

« Si têtu…, » murmura Lunaria.

Tous deux se regardèrent pendant un moment, mais Lunaria finit par être la première à détourner le regard, ayant perdu contre l’insistance de Rosberg.

Rosberg était-il un simple soldat comme les autres ? Combien de fois avait-il sauvé Lunaria qui mettait toujours sa vie en danger ?

Lunaria connaissait mieux que quiconque les réponses à cette question.

« Pensez-y, monsieur Rosberg, n’êtes-vous pas le meilleur épéiste du royaume ? » demanda Kurats.

Rosberg commença instinctivement à douter de la santé mentale de Kurats. Il le complimentait comme s’il ne pouvait pas lire l’atmosphère du tout.

« Ils m’appellent l’épée du royaume, donc vous pourriez dire que je ne suis pas pire que la moyenne, » répondit Rosberg.

« Je vois, » déclara simplement Kurats.

Les choses n’allèrent pas comme Rosberg l’attendait.

La vérité était que Rosberg n’avait pas provoqué Lunaria pendant tout ce temps, il avait provoqué Kurats.

Si Kurats utilisait Lunaria pour ses ambitions, il aurait quelque peu protesté contre le comportement de Rosberg.

Face au sentiment appelé colère, il était trop difficile pour les gens de cacher leur vraie nature.

Au cas où la vraie nature de Kurats s’avérerait mauvaise, Rosberg avait l’intention d’utiliser la confusion de leur altercation pour se débarrasser de lui, mais les choses ne se passèrent pas comme il le voulait.

Alors que Rosberg se sentait découragé et déçu que sa provocation ait échoué, Kurats avait continué à parler. « Alors, disons, que diriez-vous de laisser tomber les mots et laisser nos épées parler à la place ? »

« ... Oh, je suis l’épée du royaume, Rosberg Conrad Von Blankenheim, vous le savez déjà et pourtant vous voulez encore me battre, hein, » déclara Rosberg.

C’était complètement au-delà des espérances de Rosberg, il était défié en duel par un jeune qui n’avait probablement pas passé son adolescence, et qui, en plus de cela, n’était pas un chevalier, mais un mage. Cela avait enflammé l’esprit combatif de Rosberg.

Environ trente ans s’étaient écoulés depuis les derniers jours où il était encore jeune et venait frapper à la porte de l’école de chevalerie du royaume.

Il avait vieilli, mais même maintenant, quand il se tenait sur la première ligne d’une bataille avec son armure couvrant ses muscles lancinants, il n’avait pas l’impression que le temps qui passait l’avait affaibli le moins du monde.

Au contraire, son exquise maîtrise de l’épée était devenue encore plus aiguë avec l’âge, et pour ne rien dire de la lutte d’un mage contre un épéiste, on disait que Rosberg serait en mesure de faire face à un mage accompagné d’une armée de mille soldats.

***

Chapitre 15

L’homme nommé Rosberg était le soldat le plus fort du royaume, à la fois par le nom et par les actes.

« Mon père était un mercenaire... Pendant que j’apprenais la magie de ma mère, mon père m’a appris l’épée. Malgré les apparences, je suis encore assez confiant dans mes compétences d’épée. Donc, si vous le voulez bien, monsieur Rosberg, je voudrais offrir mes salutations à travers un duel à l’épée, » expliqua Kurats.

Il avait été dit que seul un épéiste pouvait vraiment comprendre un épéiste. La personnalité, les habitudes et la discipline d’une personne étaient toutes reflétées par son épée.

Pour Rosberg, il semblait que le fait de faire un duel à l’épée serait le seul moyen pour lui de vraiment connaître Kurats.

« Est-ce que ça va vraiment ? Êtes-vous conscient que, dans un duel à l’épée, je ne serai pas capable d’aller doucement sur vous même si je le veux ? » demanda Rosberg.

En réalité, il serait juste de dire que Kurats était un épéiste au-dessus de la moyenne.

Mais de toute façon, si Rosberg le voulait, il serait facilement capable de tuer Kurats pendant leur combat et de prétendre que c’était un accident.

Il demandait à Kurats s’il avait toujours la volonté de se battre malgré les risques.

Rosberg savait ce qu’était le maniement d’une épée

Si Kurats pensait résoudre les choses d’une manière diplomatique ou par la négociation, alors Rosberg ne le laisserait pas partir vivant.

« Bien sûr ! En vérité, je suis meilleur combattant à main nue que magicien, » déclara Kurats.

{C’est juste déplorable.}

Kurats avait largement souri sans tenir compte de l’angoisse sincère de Bernst. Aussi longtemps qu’il s’en souvienne, il n’avait jamais perdu un seul combat contre quelqu’un dans son village.

Et depuis qu’il avait battu son père, Hayate Kemp, à l’âge de dix ans, Kurats n’avait jamais lutté dans un combat, et cela même contre les monstres.

« Même parmi les chevaliers du royaume, il n’y a probablement personne qui peut te faire face, » avait déclaré son père à l’époque. Kurats se demandait si les paroles que son père lui avait offertes en riant étaient vraiment vraies.

Et la situation actuelle n’était-elle pas l’occasion de le confirmer ?

La perspective de combattre un adversaire digne comme Rosberg avait mis en lumière un feu brûlant dans le corps de Kurats.

{Humph, tu as vraiment des muscles pour cerveaux.}

« D’accord, je vais laisser votre épée me dire à quel point vous êtes vraiment fiable, » déclara Rosberg.

En raison de sa lourde expérience, Rosberg savait instinctivement que le jeune mage devant lui ne l’avait pas défié sur un coup de tête ou pour se mettre en valeur.

Les épéistes de haut niveau pouvaient sentir la véritable force de leurs adversaires.

Depuis le début, l’intuition de Rosberg avait fait sonner continuellement des sonnettes d’alarme, l’avertissant que Kurats représentait un danger de premier ordre.

... Intéressant, pensa Rosberg.

Kurats était un mage dont les capacités étaient si remarquables qu’il pouvait se moquer des mages de la cour royale, mais si ses capacités d’épéiste étaient suffisantes pour susciter un sentiment de crise chez Rosberg, alors pour lui, cela signifiait qu’il valait la peine de considérer comment il allait le traiter à l’avenir, peu importe à quel point il était dangereux.

Ou plutôt, le vrai danger serait de contrarier un tel homme.

Il ne peut pas penser que je suis une personne normale juste parce que je ne manie pas une épée magique, non ? pensa Rosberg.

Alors que Rosberg sentait venir, après si longtemps, une bataille passionnante, ses lèvres s’incurvèrent en un léger sourire sans qu’il s’en rende compte.

☆☆☆

Les terrains d’entraînement des chevaliers couvraient une surface d’environ cinquante mètres carrés, mais pour une raison inconnue, il n’y avait pas un seul chevalier présent.

D’ailleurs, c’est un peu trop petit pour l’entraînement des chevaliers, n’est-ce pas ? pensa Kurats, tout en penchant la tête avec perplexité.

« Cet endroit est assez spécial, même si vous utilise ici de la magie de haute qualité, les alentours ne subiront aucun dégât, » expliqua Rosberg.

« Je vois, je pensais que c’était des terrains d’entraînement, mais cela ressemblait plus à des terrains de duel, hein, » répondit Kurats.

Même si c’était des terrains d’entraînement, ils étaient principalement utilisés pour des combats en duel.

De plus, Kurats était conscient qu’il y avait là une barrière magique qui ne bougerait pas d’un pouce même s’il utilisait la magie de siège contre elle.

« Vous avez ma gratitude pour avoir sauvé Son Altesse Lunaria, mais en tant que gardien de Son Altesse, je dois éliminer toute personne malfaisante qui vient à ses côtés, » déclara Rosberg.

« Vous êtes un sujet loyal exemplaire, n’est-ce pas ? » demanda Kurats.

« Les mots n’ont aucune valeur à ce stade, nous laisserons nos épées parler maintenant ! » déclara Rosberg.

« Alors moi, Kurats vans Almadianos, je serais votre adversaire ! » déclara Kurats.

Soudainement, les esprits combatifs des deux hommes commencèrent à se déplacer comme des tourbillons, faisant que Lunaria avalait sa salive sous le choc.

À quel point sont-ils forts !? pensa Lunaria.

C’était comme si des lames invisibles flottaient dans le vent.

C’était la première fois que Lunaria voyait de tels esprits combatifs, ils dégageaient une sorte de pression si étrange.

Ce qui signifiait qu’elle n’avait jamais vu Rosberg être vraiment sérieux dans un combat.

S’est-il retenu jusqu’à aujourd’hui ? pensa Lunaria.

Lunaria était surprise, mais elle se sentait irrationnellement fâchée du fait que Rosberg ne l’avait pas combattue sérieusement pendant l’entraînement.

Quant à Rosberg, il repensait son évaluation de Kurats, qui n’avait pas encore affiché une once d’agitation.

Oh... Même un chevalier à part entière aurait du mal à supporter cet esprit combatif, et pourtant..., pensa Rosberg.

Si un homme avec peu de résistance comme Mordred était exposé à l’esprit combatif de Rosberg, cela suffirait probablement à le faire défaillir.

C’était parce que l’instinct de survie humaine apportait un sentiment de terreur face à une différence de pouvoir excessif.

« On dirait qu’après tout, votre confiance en vos capacités n’était pas du bluff, » immédiatement après avoir fini de parler, Rosberg avait attaqué Kurats.

Sa puissance explosive et le contrôle qu’il avait sur ses mouvements étaient incroyables — c’était presque comme s’il s’était téléporté.

Beaucoup d’épéistes auraient été renversés par cette attaque, ne réalisant pas ce qui leur était arrivé.

Mais Kurats avait calmement paré le coup.

« Pourtant, vous ne devriez pas devenir vaniteux avec ce niveau de compétence ! » déclara Rosberg.

Rosberg se rendit compte que Kurats avait de bons yeux et de la force, il reconsidéra son opinion sur lui, mais l’épéiste du royaume n’était pas assez gentil pour s’en contenter.

Rosberg n’arrêtait pas d’attaquer encore et encore, ne donnant pas le temps à Kurats de reprendre son souffle.

« Quel est le problème ? Vous ne gagnerez jamais si vous continuez à vous défendre, vous savez ? » déclara Rosberg.

Ceux qui avaient des capacités inférieures finissaient toujours par perdre l’initiative dans un combat, alors la seule chose qui les empêchait de perdre était la ténacité qu’ils pouvaient avoir tout en étant progressivement mis dans un coin.

Peut-être à cause de l’influence de son père, qui était un mercenaire, l’art de l’épée de Kurats était orienté vers de vrais combats, mais même ainsi, il avait toujours tout appris tout seul.

Et Rosberg ne perdrait jamais contre ce genre d’adversaire dans ce genre de duel.

Néanmoins, Rosberg avait plutôt apprécié l’autoapprentissage de Kurats, même si elle n’était pas faite pour les duels, mais plutôt pour de vraies batailles.

« ... Cependant, sachez qu’il y a des murs que vous ne pourrez pas traverser par vous-même ! » déclara Rosberg.

Rosberg utilisa une légère feinte tout en faisant tourner son épée, faisant tourner l’épée de Kurats avec elle pour la faire tomber.

Ou plutôt, il avait essayé de le faire tomber.

Les articulations humaines avaient un degré de mouvement limité. Cette caractéristique avait été à la base de nombreuses techniques d’autodéfense consistant à verrouiller les articulations de l’adversaire. La technique de rotation et de désarmement de Rosberg utilisait également cette même caractéristique.

Même les enfants pouvaient facilement renverser un adulte après avoir verrouillé ses articulations.

Et pourtant, Kurats avait résisté à la technique de rotation et de désarmement, bien qu’il se trouvait dans un état où ses articulations étaient bloquées et qu’il ne pouvait pas utiliser pleinement sa puissance. Cette force incroyable semblait être un mensonge, comme une simple blague.

Même si la technique pouvait être renversée, Rosberg ne se souvenait pas que cela se soit déjà fait par pure force.

Rosberg réalisa une fois de plus à quel point la force de Kurats était anormale.

« Comme je le pensais, mon niveau d’épée n’est pas comparable au vôtre, » Kurats haussa les épaules avec un sourire ironique.

Comme prévu, c’est la limite des compétences des autodidactes, pensa Kurats.

Il avait réussi à garder son épée à la main, mais de toute façon, si l’ancienne technique de Rosberg avait réussi, il aurait été difficile pour Kurats de faire face aux attaques qui auraient suivi.

Si possible, Kurats avait voulu surpasser Rosberg en utilisant les mouvements d’épée que son père lui avait enseignés, mais la réalité n’avait jamais été aussi douce.

À son regret, sa capacité à l’épée était seulement moyenne.

Kurats prit une respiration avant de ranger son épée et de poser une question à Rosberg. « Puis-je changer d’arme ? »

« Choisissez ce que vous voulez, une lance, une hache, ce n’est pas grave, » répondit Rosberg

Tant qu’il se battait en duel, Rosberg était sûr qu’il serait capable d’écraser n’importe quelle arme.

« Alors, je vais choisir ça, » annonça Kurats.

« Quoi... !? Salaud, me prenez-vous de haut ? » cria Rosberg.

Regardant l’arme que Kurats avait ramassée, Rosberg ouvrit grand ses yeux indignés.

Cette réaction était prévisible, car Kurats tenait actuellement un bélier : une arme lourde qui servait à détruire les portes du château.

Parmi les chevaliers du royaume, il y avait un certain homme géant dont l’orgueil l’avait trompé sur sa propre force et qui en utilisant toute la puissance de son corps avait à peine pu soulever le bélier, mais même ainsi il ne pouvait balancer le bélier vers le bas. La seule valeur de cette arme était son poids.

Il pesait plus de 200 kilos. Quoi qu’il en soit, il serait impossible d’utiliser une telle arme dans un duel à deux, car ce genre de combat exigeait que l’on se déplace librement et rapidement.

« Oui, c’est parfait, » déclara Kurats.

« Que se passe-t-il !? » s’écria Rosberg.

La scène surréaliste qui se déroulait devant les yeux de Rosberg le rendait muet, sa bouche était grande ouverte par le choc. C’était la première fois de son vivant que Rosberg avait montré un comportement aussi honteux.

Actuellement, Kurats maniait facilement un énorme bélier, aussi épais que son torse, comme si cela n’était qu’une simple brindille.

{Ce crétin sanguinaire !}

Bernst ne pouvait tolérer cette méthode de combat.

Ces sortes de combats physiques non civilisés étaient un embarras pour un mage. Cependant, Bernst était également conscient qu’il était impossible pour Kurats d’utiliser des sorts avancés pour le moment.

{Tu pourrais au moins essayer de ne pas avoir l’air si barbare !}

Ouais ouais, si tu le dis, oh, grand roi magique, dit-il à son alter ego.

Avec un bruit fort, le bélier attaqua Rosberg.

Il lui était impossible de l’intercepter avec une épée à cause de la trop grande différence de masse et d’énergie cinétique.

En outre, en raison de la vaste zone couverte par le bélier, même lorsque Rosberg esquivait, il avait besoin de se déplacer à une distance considérable.

Malgré toute l’expérience acquise par Rosberg au fil des années, il n’avait aucune expérience de la lutte contre une telle arme massive.

« Vous... Quel genre de corps est-ce !? » demanda Rosberg.

Évidemment, brandir un bélier de plus de 200 kilos et le déplacer plus vite qu’une épée était tout à fait anormal, c’était le moins que l’on puisse dire.

La raison pour laquelle Kurats avait eu du mal à utiliser la puissance de son épée plus tôt était due au fait qu’elle était trop légère ; qui dans le monde croirait une telle chose ?

Chaque fois que le bélier frappait le sol, le pavé de pierre cédait, tandis qu’un bruit lourd et fort retentissait.

Rosberg essaya de profiter des ouvertures laissées par Kurats chaque fois que le bélier manquait sa cible, mais le problème était que, en raison de son volume, l’énorme arme pouvait aussi agir comme un énorme bouclier.

« C’est tellement ennuyeux... ! » s’écria Rosberg.

***

Chapitre 16

En quoi consistait le combat avec une épée ? En général, cela consistait essentiellement à se heurter à l’arme ennemie à l’aide d’un style d’épée et à faire des trous dans son armure. Même si l’adversaire avait un grand bouclier ou une armure, il n’était nullement nécessaire à un épéiste de frapper directement là.

Si Rosberg utilisait son atout, l’épée magique Gerlach, il serait facilement capable de brûler n’importe quel bouclier ou arme similaire en un seul coup, mais il pensait que cela ne compterait pas comme une victoire.

L’épée magique du feu Gerlach avait été transmise de génération en génération dans la famille de Rosberg.

En utilisant cette épée magique, il était devenu un dieu féroce de l’épée, mais même s’il ne l’utilisait pas, son titre d’« épée du Royaume » n’était pas du tout exagéré.

« Je n’en attendais pas moins de toi, alors, et si j’en utilisais deux ? » demanda Kurats

« Huuuh ? »

Cette fois, Kurats avait pris deux béliers, un dans chaque main, et il avait commencé à les balancer dans un déploiement fou de double maniement.

Témoin de cette scène où le non-sens accompagnait l’absurdité, Rosberg ne pouvait que rire. « C’est amusant ! Plutôt qu’un duel, à ce stade, il me semble que je suis venu subjuguer un dragon ! »

Les deux énormes poutres de fer qui pouvaient prendre une vie en un seul coup venaient de toutes les directions, soulevant des étincelles alors qu’elles se frappaient puissamment l’une l’autre, mais Rosberg continuait à esquiver tout en riant.

Cependant, cela ne signifiait pas qu’il y avait de la place pour lui de faire une pause. La preuve en était la sueur qui coulait dans son dos, mouillant lentement ses vêtements de chevalier.

Les béliers venaient alors de la gauche et de la droite en même temps, comme pour applaudir les efforts de Rosberg en le frappant au milieu, mais il esquiva en baissant sa posture en chantant un sortilège.

« “Impact” »

Bien que le sort de vent n’était pas spectaculaire, il était très dur à s’en défendre. Cependant, avec les béliers utilisés comme boucliers, le sortilège de vent utilisé par Rosberg était inutile et avait fini par créer un son métallique sec.

« ... Bon, cela valait le coup d’essayer, » murmura Rosberg.

Seule la magie avancée serait capable de percer la masse énorme d’un bélier.

Dès le départ, étant donné que Kurats était un mage, Rosberg ne croyait pas que sa propre magie serait très utile, mais s’il ne pouvait même pas l’utiliser comme une diversion, il allait être extrêmement difficile pour lui de se battre.

Si c’est comme ça, alors je vais forcer mon chemin avec mon épée !

Comme le pensait Rosberg, il y avait un léger changement dans son centre de gravité, ce qui n’échappa pas à la perception de Kurats.

Je me demande ce qu’il va me montrer maintenant..., pensait Kurats.

Kurats croyait que, étant donné le statut de Rosberg comme l’épéiste qui avait reçu le titre d’épée du royaume, il n’y avait aucun moyen qu’il serait seulement limité à ce niveau-là. De plus, Kurats savait que quand il s’agissait d’épée, peu importe à quel point il essayait, il n’avait aucune chance contre Rosberg.

Pour cette raison, Rosberg était haut dans l’estime de Kurats.

« Tu ne vas pas mourir avec ce qui se prépare, n’est-ce pas ? » déclara Rosberg.

« Je ne le sens pas comme ça, alors je vais devoir dire non, » répondit Kurats

« Alors, prépare-toi, je vais te montrer un petit peu ce à quoi cela ressemble quand je suis sérieux…, » déclara Rosberg.

Après que Rosberg avait murmuré cela, son épée avait été balancée avec un « shiing » clair.

Un moment après, il y eut un fort bruit métallique tandis qu’un gros morceau de métal glissa sur le sol.

Il y avait une compétence qui permettait à des épéistes exceptionnels de couper de l’acier même avec une épée en bois ou émoussée.

Cela s’appelait Zantetsu. En utilisant cette technique, l’épée de Rosberg arrêta le bélier qui venait à sa rencontre en le coupant en deux.

Ainsi tu montres finalement ta vraie force.

« La puissance totale du bélier réside dans sa masse et son épaisseur, je n’aurais jamais imaginé que tu aurais réussi à le couper en deux moitiés égales..., » déclara Kurats.

Kurats ne put s’empêcher de sourire avec ironie tandis qu’il regardait le bélier qui avait été coupé en deux.

Pour penser qu’il serait capable d’utiliser Zantetsu avec une épée d’entraînement émoussée, c’est incroyable.

Kurats n’était pas du genre à parler, mais il admirait sincèrement les talents extraordinaires de Rosberg.

« Même sans l’épée magique de Gerlach, tu es toujours l’épée du royaume, je suis très impressionné, » déclara Kurats.

« Ce n’est pas en me faisant des compliments que je vais y aller plus doucement avec toi, » répliqua Rosberg.

« Le duel n’est pas fini, non ? » demanda Lunaria.

Les deux hommes, qui se reconnaissaient mutuellement, trouvèrent un grand plaisir à battre un rival contre lequel ils pourraient utiliser tout leur pouvoir.

Il était rare pour ceux qui atteignaient le niveau de Kurats et Rosberg de trouver un partenaire d’entraînement approprié.

Les deux sourirent farouchement l’un à l’autre, ayant complètement oublié la question de Lunaria.

« ... J’arrive, » déclara Kurats.

« Vas-y, » répliqua Rosberg.

Kurats avait brandi à nouveau ses béliers et s’approcha de Rosberg.

 Bien que l’une des poutres de fer avait été coupée en deux, elle était encore extraordinairement lourde.

 Si un poids aussi lourd frappait directement un être humain à grande vitesse comme une pierre qui tombait, il pourrait facilement le réduire en morceaux.

 Mais Rosberg vit à travers la direction que l’attaque meurtrière de Kurats prenait et esquivait à la toute dernière seconde avant de se rapprocher de Kurats.

Les béliers se déplaçaient à une vitesse incroyable tout en ayant une grande portée d’attaque, mais quand Rosberg se rapprocha suffisamment, il put voir que, comme il s’y attendait, les deux armes étaient assez fragiles.

« Hum ! »

Avec un éclair, ce qui restait du premier bélier fut coupé en deux à partir de sa base.

 Et lorsque l’épée de Rosberg revint, elle trancha aussi le second bélier de Kurats.

 Kurats n’avait plus de boucliers massifs le protégeant, et tout ce qui restait devant Rosberg était un homme désarmé.

« Je te tiens ! » cria Rosberg.

Avec cette conviction en tête, Rosberg se prépara à pousser son épée vers la gorge de Kurats, prêt à déclarer sa propre victoire.

Mais, plus vite que l’œil ne put le voir, Kurats frappa la lame de l’épée et se rapprocha de Rosberg avant de lui donner un coup de coude sur son abdomen non gardé.

 

 

Kurats avait suffisamment retenu son coup, mais le coup avait encore projeté Rosberg dix mètres plus loin.

« Oh, j’ai oublié de te dire une chose... Quand j’ai dit que j’étais meilleur au combat au corps à corps, je voulais dire à mains nues, sans armes, » déclara Kurats.

Le corps exceptionnel de Kurats lui accordait des capacités physiques incroyables, le rendant si puissant qu’il pouvait facilement écraser le lit en morceaux avec ses mains.

Même s’il n’utilisait aucune arme, son corps entier était un moyen d’attaque puissant en soi.

Les béliers et autres armes n’étaient que des outils qui lui permettaient de montrer cette force physique.

« ... Je suppose qu’il m’a eu, hein, » déclara Rosberg.

Rosberg se leva en tenant son abdomen où il y avait encore une douleur sourde qui circulait.

Si Kurats avait été sérieux, le haut et le bas du corps de Rosberg se seraient certainement séparés.

Mais étrangement, Rosberg ne se sentait ni vexé ni en colère.

Au contraire, il pensait qu’il aimerait avoir un combat sérieux contre Kurats un jour, un combat où il pourrait utiliser son épée magique, Gerlach.

De plus, la force de Kurats était clairement suffisante pour protéger Lunaria.

« J’ai échoué, donc je suppose que je dois lui permettre de se tenir à vos côtés, Votre Altesse, » déclara Rosberg.

Bien que Kurats manque d’expérience en tant qu’épéiste, son talent d’escrimeur n’est nullement mauvais.

Dans tous les cas, il n’aurait jamais enlevé ou assassiné Lunaria.

Mais ça ne veut pas dire que je crois qu’il mérite d’être le mari de Son Altesse, pensa-t-il.

Bien que Lunaria ne semblait pas l’avoir remarqué encore, Rosberg avait senti de faibles traces d’un amour naissant dans les réactions de la princesse.

Cependant, en tant que gardien de la princesse, il ne pouvait absolument pas croire qu’un simple mage lui conviendrait.

 S’il voulait l’approbation de Rosberg, Kurats devrait, au minimum, accumuler une série de réalisations qui le rendraient digne d’être salué comme un héros.

« Je vois ! Donc, il a même gagné ton approbation ? Je ne m’attendais pas à moins de Kurats ! » déclara la princesse.

En regardant le sourire ravi et large de Lunaria, Rosberg fit de nouveau un vœu à lui-même.

S’il a le moindre mauvais désir envers cette belle princesse, je lui ferais goûter la lame de Gerlach sur le champ.

 

☆☆☆

 

« ... Les endroits où je me suis immergée dans l’eau ? Comment savoir que ceci pourrait faire avancer l’enquête... ? » Demanda Lunaria.

« Le parasite était aquatique. Donc il s’est à tous les coups attaché à vous sous l’eau, Votre Altesse, » déclara Kurats.

Kurats avait pensé que le parasite avait probablement pris Lunaria comme hôte dans une situation où elle était nue ou proche de la nudité.

Le monstre était gênant à cause de ses traits parasites, mais comme un insecte, il n’avait pas de force de combat à proprement parler.

En temps normal, un si petit monstre n’aurait jamais pu entrer dans le corps de Lunaria, elle n’était pas si faible, elle avait été après tout entraînée par Rosberg.

« J’essaie de te poser des questions sur les endroits où tu as pris des bains ou autres, j’ai du mal à croire qu’un monstre puisse entrer dans les bains du palais royal, mais quand même, » déclara Kurats.

« Bien qu’il y ait beaucoup de nobles influents dans la faction de la première princesse, le palais royal tombe lui-même sous la direction stricte de Sa Majesté le roi, sinon il serait impossible de protéger la famille royale. Dans un premier temps, n’importe qui ne pourrait pas apporter un monstre à l’intérieur du palais, et encore moins à l’intérieur des bains, » déclara Rosberg.

« ... Je suppose que vous avez raison, » déclara Kurats.

La barrière de défense et le filet de sécurité protégeant le château étaient assez avancés, bien qu’elle soit inutile contre Bernst.

Même pour Kurats, il serait difficile de passer à travers ces protections en raison de son manque actuel d’expérience avec la magie.

« Alors, Votre Altesse, n’y a-t-il pas eu une occasion où ça s’est passé ailleurs, à l’extérieur du château ? Par exemple, tu es peut-être allé à la rivière pour pratiquer la natation ou quelque chose comme ça, » demanda Kurats.

Si elle avait pratiqué de la natation avec le groupe de chevaliers dans la rivière à l’est de la capitale royale, alors peut-être que le parasite aurait pu s’attacher à elle à ce moment-là.

« Vous pensez que Son Altesse exposerait sa peau délicate à ces bêtes incultes !? Sale idiot ! » s’écria Rosberg.

Peut-être parce qu’il avait imaginé la scène dans sa tête, les joues de Rosberg étaient devenues rouges alors quand il avait montré son indignation.

Pendant la pratique de la natation, les chevaliers étaient restés dans leurs sous-vêtements, essentiellement à moitié nus. Quoi qu’il en soit, il était impossible qu’une jeune femme célibataire de la famille royale participe à un tel rassemblement.

Et ce, indépendamment du fait que Lunaria elle-même était très désireuse de participer à la pratique de la natation.

« As-tu visité un autre pays en tant qu’émissaire diplomatique ? » demanda Kurats.

« Je suis allée au royaume Schwartzvald, mais c’était plus d’un an avant que je tombe malade, » répondit-elle.

Entre le moment où le monstre parasite s’était attaché à la princesse et le moment où les symptômes de l’épuisement du mana étaient apparus, il y avait probablement eu un écart d’environ un demi-mois.

Il n’aurait pas été possible que le parasite reste caché pendant plus d’un an sans rien faire.

« Alors, est-ce que tu es sortie du château à n’importe quel moment dans le mois précédant le moment où tu as été alitée ? » demanda Kurats.

« O-Oui... Eh bien, je suis sortie du château plusieurs fois à l’époque, mais je ne me souviens pas d’être submergée dans l’eau dans ce laps de temps..., » répondit-elle.

Comme elle le disait, Lunaria baissa la tête de honte tandis que Rosberg la regardait fixement. Elle avait probablement quitté le château furtivement, sans l’en informer.

« Mhm », déclara Kurats, en croisant les bras et en regardant par terre comme s’il considérait les informations qu’il venait de recueillir.

Mais naturellement, Kurats ne se faisait vraiment aucune réflexion.

Il faisait simplement semblant d’être perdu dans ses pensées tout en simulant une expression faciale sérieuse.

Qu’est-ce que tu penses ?

S’il s’avère que le crime s’est passé à l’intérieur du palais royal, cela signifierait que le palais entier est déjà sous le contrôle de l’ennemi.

Comme mentionné précédemment, le palais royal était l’endroit le plus sûr du royaume puisque c’était la résidence du roi.

Si quelqu’un avait le pouvoir d’amener un monstre dans ce genre d’endroit, il ne serait pas exagéré de dire que cette personne pourrait à tout moment assassiner Lunaria.

{Mais c’est peu probable compte tenu du fait que, même si elle est tombée dans le coma, la princesse était toujours en vie. Il est plus sûr de supposer que la princesse ne se souvient pas de l’occasion où le parasite aurait pu s’attacher à elle.}

Je vois, tu as raison, répondit Kurats.

{Dois-je faire toute la réflexion pour ces muscles que tu appelles cerveau !? Inacceptable !}

M-Mon cerveau n’est pas fait de muscles, d’accord ? ... Je pense…, répliqua Kurats.

Kurats avait l’air très peu fiable dans ses pensées, mais à la surface, il n’y avait aucun changement à son expression faciale grave.

Lunaria était très impressionnée en regardant Kurats ; sa magie était unique dans tout le royaume, il était assez fort pour vaincre Rosberg, et en plus de cela, il donnait l’impression qu’il rayonnait d’intelligence.

Elle avait l’impression que si elle suivait ses mots, elle n’aurait rien à craindre.

***

Chapitre 17

« Oui, je ne peux pas imaginer que le crime se soit passé dans le château royal. Pour le moment, allons à l’extérieur pour chercher la scène du crime sur la base de ce que nous savons des souvenirs de Son Altesse, » déclara Kurats.

Bien que Kurats avait l’intention d’aller enquêter par lui-même, Lunaria n’était pas du même avis.

Avec un éclat joyeux dans ses yeux, elle avait pris la main de Kurats. Puis elle avait déclaré. « Oui, si tu m’escortes, je serai capable de marcher à l’aise à coup sûr ! »

« Hein ? »

Même Bernst, avec sa haute intelligence, n’avait pas pu s’apercevoir que Lunaria avait l’intention d’aller personnellement sur les lieux du crime dont elle était la cible. Il avait complètement échoué à réaliser exactement à quel point cette princesse était un garçon manqué.

Lunaria avait un sourire ensorcelant sur son visage, mais Kurats ne pouvait pas répondre tout de suite à cause de sa bouche toujours ouverte d’étonnement.

« Quel est le problème ? Tu as dit à Sa Majesté le roi que tu as besoin de ma coopération, non ? » demanda-t-elle.

« Je suppose que c’est vrai, mais... Votre Altesse, ne t’amuses-tu pas trop en ce moment ? » demanda Kurats.

Lunaria avait sorti la langue avec désinvolture, comme si elle admettait qu’elle avait été découverte.

 Elle avait toujours le comportement digne d’un membre de la royauté, mais la douceur d’une jeune fille s’était ajoutée à cela, ce qui rendait l’expression du visage de Kurats plus détendu sans qu’il s’en aperçoive.

Inutile de dire que Rosberg était encore plus affecté, la princesse avait pour elle un charme diabolique.

« V-Votre Altesse ! Vous ne pouvez pas vous exposer à de tels risques ! » s’exclama Rosberg.

« Je ne suis qu’une triste princesse dont la vie est ciblée dans l’ombre. Comment pourrais-je être punie pour vouloir m’amuser un peu ? » demanda-t-elle.

« Votre Altesse, vous dites toujours ce genre de choses quand vous sortez furtivement du château, mais je ne serais plus dupe ! » s’écria Rosberg.

« C’est incroyable, tu as déjà mis à l’épreuve les capacités de Kurats, et pourtant tu ne peux toujours pas te fier à lui ? » demanda la princesse.

« C’est... Ce n’est pas que je n’ai pas confiance en lui..., » répondit-il.

Bien qu’ils avaient tous les deux caché leurs atouts, ils avaient tous les deux reconnu les capacités de chacun.

 Et Rosberg savait que quand Kurats se battait sérieusement, même toute une troupe des chevaliers du royaume ne pouvait pas lui poser un doigt dessus.

« De toute façon, si ma vie est ciblée, je pourrais aussi bien en profiter ! » déclara-t-elle.

« Pfft ! » Les mots bien cordiaux de Lunaria avaient rendu Kurats incapable de réprimer son rire.

Pour lui, l’éclat de la jeune fille insouciante était assez amusant.

« Oh, on dirait que Kurats peut aussi faire ce genre de visage, hein, » déclara-t-elle.

Remarquant l’expression rieuse qui apparut spontanément sur le visage de Kurats, Lunaria avait l’impression de voir quelqu’un qui avait l’air plus jeune que son âge. Il était difficile d’imaginer que c’était le même homme qui avait combattu avec sa vie en jeu contre Rosberg.

« Alors, ça va si je compte sur toi ? » demanda-t-elle.

Alors qu’il voyait le regard mignon de Lunaria qui ne laissait aucune place aux objections, Kurats leva les deux mains comme s’il se rendait. « Ouais, ne t’inquiète pas, je te protégerai au péril de ma vie. »

 

☆☆☆

 

Sans tarder, Lunaria et Kurats étaient partis ensemble vers la périphérie du château.

Bien que l’expression faciale mécontente sur le visage de Rosberg n’avait toujours pas changé jusqu’à la fin, il avait fini par être chassé contre sa volonté par les explications de Lunaria, qui avait continué à prétendre que tout cela n’était que pour l’enquête.

Kurats sympathisait sincèrement avec l’anxiété de Rosberg.

« Que ce soit pendant les périodes où je m’entraînais dans le château royal, ou quand mes professeurs m’enseignaient une leçon, je sortais furtivement du château chaque fois que je pouvais trouver une opportunité, sauf quand je devais prendre soin de mes fonctions, » déclara Lunaria.

« En catimini, hein, » répondit-il.

Bien que la princesse portait des vêtements d’entraînement de chevalier afin de ne pas se démarquer, elle ne pouvait pas cacher sa dignité emplie de noblesse et son beau visage qui faisait tourner la tête de tout le monde.

Ainsi, alors qu’elle avait sincèrement l’intention de se cacher, tout spectateur pouvait immédiatement dire qu’elle était la princesse.

 La popularité de Lunaria parmi les habitants de la nation avait certainement à voir avec le fait que, chaque fois qu’elle sortait secrètement du château, ils pouvaient dire que c’était elle.

« Au fait, as-tu des pièces de monnaie sur toi, Kurats ? » demanda-t-elle.

Les grands yeux de Lunaria étaient remplis de curiosité et brillaient d’anticipation alors qu’elle regardait Kurats.

« Je ne pense pas avoir assez d’argent pour pouvoir te satisfaire, Votre Altesse, » déclara-t-il.

Lunaria n’avait jamais porté d’argent sur elle.

En tant que princesse, tout ce qu’elle avait à faire était de demander et ce qu’elle voulait était acheté pour elle, mais c’était en fait le ministère de l’Économie qui s’occupait de payer.

Donc, quand elle voyageait incognito, il lui était impossible de faire des achats, cependant, c’était une tout autre histoire maintenant que Kurats était là. Le cœur de Lunaria vibrait d’excitation.

Ne pas avoir répondu à de telles attentes aurait été assez grossier de la part de Kurats.

Alors que Lunaria lui jeta un regard noir avec des joues gonflées, Kurats afficha un sourire ironique et corrigea sa déclaration précédente.

« Très bien, laisse-moi t’inviter, Votre Altesse Lunaria, mais seulement un peu, d’accord ? » déclara-t-il.

« D’accord ! » répondit-elle.

{ ... As-tu remarqué ?}

Comment pourrais-je ne pas remarquer une telle intention meurtrière flagrante ? pensa Kurats.

Dès que Kurats et Lunaria avaient quitté le château, de multiples sources d’intention meurtrière les avaient entourés.

Même s’il n’utilisait pas la magie, Kurats était par nature un chasseur. Bien que l’autre parti ne sache pas qu’ils soient eux-mêmes chassés, pour Kurats, ils n’étaient rien de plus que des proies faciles.

À présent, il avait déjà pris la décision spontanée de trouver une occasion pour les écraser tous ensemble.

{ ... La plupart d’entre eux ne sont que du petit fretin, mais il y a quelques gars plus forts que les autres.}

Ce sont des mages, n’est-ce pas ? Ils pourraient penser qu’ils se cachent plutôt bien, mais je peux le dire…, pensa Kurats.

Bernst était surpris que Kurats eût réussi à remarquer la présence des mages sans avoir à utiliser de magie.

{Est-ce une technique de dissimulation de ce monde ? Cela a certainement pour effet d’isoler la présence de l’utilisateur et pourtant, pourquoi... ?}

Oh, de quoi parles-tu ? Existe-t-il vraiment une telle capacité de se cacher non naturelle ? demanda-t-il à Bernst.

À l’âge de dix ans, Kurats chassait déjà les bêtes sauvages et les monstres qui se cachaient dans les montagnes de Gaura. Dans certains cas, les animaux sauvages pouvaient cacher leur présence encore mieux que les mages.

Du point de vue de Kurats, comparativement aux bêtes de la montagne contre lesquelles il combattait pour sa vie, les mages, qui pouvaient se déplacer en toute tranquillité grâce à la confiance qu’ils mettaient dans leurs techniques de dissimulation, semblaient seulement cacher leurs têtes sans se rendre compte que leurs dos étaient complètement exposés.

{Humph, ce gamin sauvage est tout simplement excessif !}

Bernst croyait que Kurats était assez fiable dans son talent pour détecter ses ennemis à coup sûr, mais d’un autre côté, il était mécontent du fait que la source de cette capacité n’était pas magique, mais seulement un sixième sens développé par l’accumulation d’années d’expérience.

Bernst croyait que de telles méthodes étaient trop grossières et inélégantes pour l’alter ego du roi des mages.

Sans un seul indice sur le conflit qui se passait dans l’esprit de Bernst, Lunaria avait pris la main de Kurats et elle s’était mise à courir.

« Une femme de chambre a dit qu’il y a une diseuse de bonne aventure célèbre dans la place là-bas ! » déclara-t-elle.

« Il est parfaitement bien d’être de bonne humeur, mais s’il te plaît, essaye de ne pas trop te démarquer, » déclara-t-il.

En dépit d’être proche d’atteindre l’âge du mariage, Lunaria prenait la main d’un homme sans un seul souci ou soin. Kurats ne pouvait s’empêcher de sourire avec ironie.

Les pieds de Lunaria s’immobilisèrent dans une rue bordée d’étals, afin d’acheter des sucreries qu’elle se mit à jeter rapidement dans sa bouche, comme un petit animal engloutissant une friandise.

« Ooh ! Ce genre de nourriture peut aussi être délicieuse ! » s’exclama-t-elle.

Bien qu’il soit différent des desserts raffinés qu’elle avait mangés dans le palais royal, la douceur malsaine de cette malbouffe était assez rafraîchissante pour Lunaria.

« On dirait que vous aimez vraiment ces bonbons, mademoiselle ! Vous devriez essayer un peu de ce gâteau kuzumochi ! » déclara le vendeur.

Après avoir vu le gâteau de riz qui avait été fortement recommandé par le commerçant au visage carré et arriviste, Lunaria avait affiché un regard plein d’expectatives vers Kurats.

Bien sûr, Kurats ne pouvait absolument pas résister à ce regard.

C’était parce que Lunaria avait une disposition qui faisait que les hommes plus âgés voulaient la protéger. C’est probablement grâce à cette disposition enchanteresse qu’elle pouvait prendre au piège Rosberg et les autres.

« Mmm ! Celui-ci a une douceur raffinée, mais assez particulière ! » déclara la princesse.

Le gâteau contenait un substitut de sucre obtenu en faisant bouillir un type de lierre appelé kudzu doux, qui avait un goût aimé par les masses depuis les temps anciens. Selon la façon dont il avait été bouilli, il pourrait être aussi doux que le miel ou encore plus sucré, et il y avait aussi une acidité rafraîchissante.

Ce n’était pas inférieur aux pâtisseries faites par les ouvriers du palais royal.

Après avoir mangé avec brio le gâteau de kuzumochi, Lunaria se dirigea à nouveau vers la diseuse de bonne aventure dont elle avait entendu parler : Zawari.

Kurats avait senti une sensation de tortillement alors que l’air autour de lui se densifiait.

Il y avait une présence que le sixième sens de Kurats et la magie de Bernst n’avait pas réussi à percevoir plus tôt.

Si cela avait été un assassin, même Kurats aurait inévitablement lutté contre lui. Ou du moins, la présence devant lui était assez puissante pour le lui faire penser.

« Oooh! Là-bas, nous avons de la chance, il semblerait qu’il n’y a personne d’autre là-bas, » déclara la princesse.

Ça n’a probablement rien à voir avec la chance, j’ai l’impression que ça a été fait complètement à dessein, pensa Kurats, mais il était conscient que le dire à voix haute devant la diseuse de bonne aventure aurait été maladroit de sa part.

En premier lieu, il ne savait même pas si cette présence était hostile ou non.

« Puis-je vous demander de lire ma bonne fortune ? » demanda Lunaria.

Alors qu’elle s’asseyait devant la diseuse de bonne aventure dont les traits faciaux étaient cachés par un capuchon, Lunaria avait souri avec excitation.

C’était un sourire aimable et contagieux.

Même la diseuse de bonne aventure, qui était une femme à en juger par les cheveux blonds qui lorgnaient dans son capuchon, laissa un coin de ses lèvres semblables à du sang se courber en un sourire.

« Oh, vous êtes née sous une étoile très puissante, jeune femme, » déclara la diseuse de bonne aventure.

« Vraiment ? Je ne sais rien à ce sujet, » répondit Lunaria.

« Oui, je peux voir l’éclat de l’étoile qui vous protège, une telle étincelle n’accompagnerait jamais une personne ordinaire, » déclara la diseuse.

Lunaria était à court de mots.

En tant que princesse du pays, elle était certainement destinée à être protégée par de nombreux partisans et serviteurs.

Mais le fait que cette diseuse de bonne aventure avait pu le sentir en un instant montrait qu’elle était loin d’être simple ; la seule autre explication serait qu’elle savait déjà que Lunaria était la princesse.

« Vous ne devriez pas faire ce genre d’expression, jeune fille, vous allez gâcher votre joli visage. Maintenant, qu’est-ce que vous voulez me demander aujourd’hui ? » demanda la diseuse.

« E-Eh bien... je suis juste une jeune fille dans sa jeunesse, mais... et pourtant, je voudrais connaître ma vie amoureuse ! » demanda Lunaria.

Bien qu’elle agissait d’une manière évasive au début, Lunaria s’était ressaisie et elle avait adressé sa requête à la diseuse de bonne aventure avec un ferme hochement de tête.

« Mais, l’homme derrière vous, n’est-ce pas votre amant ? » demanda la diseuse.

« Aaah ! » Lunaria avait laissé échapper un cri ridicule sortant malgré elle de sa bouche. « Ce n’est pas comme ça ! Kurats et moi... n’avons pas ce genre de relation. »

À en juger par le retard pris par Lunaria pour terminer sa phrase, la diseuse de bonne aventure avait compris les sentiments confus dans le cœur de la jeune fille. Elle pouvait dire que Lunaria n’avait pas encore remarqué qui était le candidat de son amour, ou même remarquer son propre amour émergeant.

« Alors, comme vous le souhaitez, je prédirai la direction que va prendre votre vie amoureuse. Laissez-moi jeter un coup d’œil à votre avenir, » déclara la diseuse.

***

Chapitre 18

***Point de vue de Kurats.***

Sans toucher quoi que ce soit, la femme avait fait en sorte que les cartes de bonnes aventures tournent comme un tourbillon jusqu’à ce que plusieurs de ces cartes s’alignent devant Lunaria.

C’était sans aucun doute une technique qui utilisait de la magie. Cette femme est beaucoup plus qualifiée que ces agaçants mages de la cour royale, pensait Bernst en lui-même.

Quant à Lunaria, son cœur sautait d’excitation.

Ou peut-être que ce sentiment était instinctif, il lui disait que la diseuse de bonne aventure n’était pas aussi inoffensive qu’elle le semblait.

« La carte du soleil — cela montre votre ambition d’atteindre le futur que vous cherchez, il montre aussi que vous devrez faire face à une confrontation difficile dans un proche avenir, et que votre avenir dépendra de la force de votre détermination. Si vous vous trouvez dans une impasse, s’il vous plaît ne croyez pas que vous n’avez pas le pouvoir de percer. »

{Intéressant... Est-ce que les Arcanas existent aussi dans ce monde ?} pensa Bernst.

Bernst s’était remémoré d’une serveuse de bar qui avait l’habitude de faire ce genre de voyance pour passer le temps. Des souvenirs nostalgiques refaisaient surface dans son esprit.

C’était la première fois depuis des centaines d’années qu’il se rappelait de tels souvenirs.

{Les Arcanas sont-ils populaires ?} demanda Kurats

{N’y avait-il pas de diseurs de bonnes aventures dans ton village reculé ? C’était une pratique assez répandue dans le monde de Dolmand. Je n’étais pas sûr qu’il y en ait dans ce monde, mais il semblerait que sûr cet aspect, c’est similaire,} répondit Bernst.

« ... la force de ma détermination, hein…, » murmura la princesse.

Les mots de la diseuse de bonne aventure semblaient avoir déclenché de forts sentiments chez Lunaria.

« Selon les circonstances, je crois que vous serez obligé de prendre une décision difficile qui devra mettre sur la touche un proche, » déclara la diseuse.

« Mais tant que je suis assez déterminée, j’aurais le pouvoir de surmonter cette épreuve, non ? » demanda Lunaria.

« Oui, c’est sûr, » répondit la femme.

« Bien, » la réaction de Lunaria était, comme à son habitude, claire et directe.

Elle avait la ferme intention de prendre la pleine responsabilité de la décision qu’elle allait prendre.

En tant que membre de la famille royale, c’était son devoir, mais c’était aussi sa fierté, une fierté qu’elle ne pouvait tout simplement pas perdre.

« Vous avez maintenant une belle expression dans vos yeux, la deuxième carte... est la carte de l’amant — mais elle suit le soleil Arcana ? » déclara la diseuse.

« Cela signifie-t-il quelque chose de mauvais ? » demanda Lunaria en se penchant en avant, ayant remarqué l’hésitation dans la voix de la diseuse de bonne aventure.

« Cela n’a pas de mauvais sens pour votre vie amoureuse, » répondit la diseuse. « Tant que vous mettez de la passion dans vos actions, je crois que les résultats suivront. C’est simplement que, puisque la carte des amoureux et la carte du soleil sont connectées, cela pourrait signifier que votre partenaire s’associera avec plus d’une femme. »

« Voulez-vous dire par là qu’il va avoir une concubine ? » demanda Lunaria.

« Eh bien, je ne sais pas exactement s’il s’agit d’une concubine, plus probablement une maîtresse, ou juste une femme avec qui il va se retrouver dans un bordel, » répondit la diseuse.

« Tant que je suis sa femme légitime, ce ne sera pas un problème, » répliqua Lunaria.

Même si la diseuse de bonne aventure avait rarement montré une expression faciale jusqu’à présent, sa mâchoire tomba face aux paroles de Lunaria qui ne contenaient presque aucune hésitation.

Elle ne s’était pas attendue à ce genre de réponse d’une jeune femme amoureuse.

Est-ce que les filles sont si tolérantes ces temps-ci qu’elles ne voient pas d’inconvénient à partager leur homme avec une maîtresse ?, pensa la diseuse de bonne aventure. Mais la vérité était qu’elle n’était pas beaucoup plus âgée que Lunaria.

Pendant ce temps, Bernst ricanait secrètement à lui-même.

Pour le bien des ambitions de Bernst, il était très important de savoir si Lunaria pouvait tolérer ou non une concubine.

« La dernière carte est... le mage, » déclara la diseuse.

La diseuse de bonne aventure regarda après ça Kurats comme si elle l’examinait.

Elle ne pouvait pas le percevoir uniquement à partir de son apparence, mais à partir des mouvements de la puissance magique présente dans l’énorme corps du jeune homme, elle pouvait percevoir qu’il était en fait un mage.

« Que signifie celle-ci ? » demanda Lunaria.

« Tant que vous clarifiez vos intentions, celui qui est dans votre cœur vous permettra de combler votre amour, peu importe les obstacles. Il s’agit d’un mage qui contrôle votre amour, et rien n’est impossible avec son pouvoir, » répondit la diseuse.

« Ohh... En d’autres termes, vous dites que mon amant atteindra mon propre statut par lui-même ? » demanda Lunaria.

« Oui, je dois admettre que même moi je suis surprise par ces choix... à quel point le destin doit-il vous aimer pour pouvoir obtenir autant de cartes fortes en une seule session ? » demanda la diseuse.

La diseuse de bonne aventure ne pouvait pas s’empêcher de se sentir comme extrêmement chanceuse, car des choix aussi puissants ne pouvaient pas arriver par une simple question de probabilité, elle avait l’impression qu’une puissance supérieure était en jeu.

Elle avait le pressentiment que la jeune fille devant ses yeux et son futur amant apporteraient sans aucun doute un grand chaos et une grande gloire au pays.

« C’était une session merveilleuse. Madame la diseuse de bonne aventure, combien de temps allez-vous rester dans la capitale royale ? Je voudrais que vous lisiez à nouveau ma fortune si une occasion se présente, » demanda Lunaria.

« Je suis une prêtresse qui sert Gnochiss, la déesse du destin et du jugement. La raison pour laquelle je fais ce travail de divination est pour obtenir du matériel d’étude pour l’église, et pour vous dire la vérité, je pensais retourner à la maison demain, » répondit la diseuse.

« Je vois, c’est dommage, mais vous avez ma gratitude pour avoir aujourd’hui lu mon avenir, » déclara Lunaria.

« Que la Déesse nous permette de nous revoir, » déclara la femme.

La diseuse de bonne aventure inclina profondément la tête, et Lunaria lui montra un sourire rafraîchissant avant de se tourner vers Kurats avec une expression faciale suppliante.

« Regarde, la voyance était vraiment géniale alors je me suis juste..., désolée..., » déclara Lunaria.

« Je comprends, je comprends, je suis d’accord pour être ton porte-monnaie pour aujourd’hui, ça me va, Luna, » déclara Kurats.

« Aaaah! » s’exclama-t-elle en réaction.

La seule raison pour laquelle Kurats appelait Lunaria sous ce petit nom était pour éviter de révéler son identité devant la diseuse de bonne aventure. Il ne s’attendait pas à ce que Lunaria soit aussi ébranlée par ça.

Voyant Lunaria devenir agitée tout en ayant sur son visage de nombreuses nuances de rouge, la diseuse de bonne aventure avait souri malicieusement avant d’ajouter du combustible au feu.

« L’avenir de ce monsieur et son pouvoir magique sont très loin de l’ordinaire, vous devez le garder fermement près de vous. Ne le laissez pas partir, » déclara-t-elle.

« Hiiii !? »

De la vapeur semblait sortir de la tête de Lunaria alors qu’elle continuait à murmurer des bêtises telles que. « Ça, ça... Je ne prévois pas de... C’est... M,-mais, je... » et d’autres choses similaires. Ça allait prendre du temps pour qu’elle parvienne à retrouver ses sens.

« Bon sang..., » murmura Kurats.

Kurats haussa les épaules et puis il conduisit Lunaria jusqu’à l’ombre des arbres d’un parc. Quant à la diseuse de bonne aventure, elle regardait de loin son dos avec des yeux sérieux, son expression ayant complètement changé par rapport à celle qu’elle avait précédemment.

« Quel homme intéressant... ! Peut-être que cela signifie que Jormungand n’est pas encore condamné ? Si possible, s’il vous plaît, n’échouez pas dans ce moment si crucial, » murmura-t-elle.

Puis, la diseuse de bonne aventure tourna les yeux vers les ombres noires qui commençaient à entourer Kurats et Lunaria, avec un regard de dédain et de mépris.

 

***Point de vue de Lunaria.***

S’accrocher à Kurats ? Même si elle l’avait affirmé, je n’ai jamais été enseignée sur de telles pratiques... Non, j’ai cependant entendu parler de cela par les servantes... Je serais gênée à mort si je faisais ça ! M-Mais si cela devient nécessaire alors... Non, non, non, je réfléchis beaucoup trop en avance ! pensa Lunaria.

Du point de vue de Lunaria, Kurats était un homme dont les bras la rassureraient, un homme flexible qui la laisserait s’amuser, contrairement à son mentor, Rosberg.

Et peut-être, dans les profondeurs de son subconscient, elle l’avait considéré comme un membre du sexe opposé.

À cause de cela, les paroles de la diseuse de bonne aventure avaient touché un point essentiel, rendant Lunaria extrêmement énervée.

Attends un peu. Techniquement, j’ai toujours le droit d’hériter du trône et hier encore, il est devenu baron... Un rang de comte aurait suffi, alors maintenant... Alors, s’il réalise un exploit au bon moment, il y a une possibilité que…, pensa Lunaria.

Avant qu’elle s’en apercevait, Lunaria commença à considérer les conditions préalables qui seraient nécessaires pour qu’elle épouse Kurats. Quand elle avait pris conscience de ses propres pensées, elle était redevenue très troublée.

Que se passe-t-il pour que je mette à penser de cette façon dernièrement ? C’est comme si je suis vraiment…, pensa-t-elle.

« ... Luna »

Le cœur de Lunaria avait sauté dans sa poitrine.

Même Lunaria, qui n’avait aucune expérience de l’amour, connaissait instantanément la signification de cet état et du soulèvement suffocant qu’elle avait subitement ressenti.

Quand ai-je…, pensa-t-elle.

Alors qu’elle s’était plongée dans ses rêveries aigres-douces, son épaule avait été tenue par Kurats qui l’avait ensuite traînée vers lui. Le cœur de Lunaria était palpitant et son visage était rouge vif.

Cependant, l’expression du visage de Kurats n’avait montré aucun signe de douceur.

« Nous avons de la compagnie, alors reste près de moi, » déclara Kurats.

Observant les deux personnes en se tenant à une centaine de mètres, Mordred resta caché en ricanant. C’était parce que les assassins entourant Kurats et Lunaria avaient commencé à bouger.

Tout ce que tu as à faire est de souffrir d’une mort disgracieuse qui t’ira si bien, alors je viendrai pour sauver la vie de Son Altesse Lunaria !, pensa Mordred.

Ayant une confiance absolue dans sa dissimulation, Mordred n’avait jamais pris la peine d’envisager la possibilité qu’il ait été découvert.

Pour commencer, la quantité de mana et ses compétences magiques n’auraient jamais pu permettre à Mordred d’atteindre le sommet, c’était grâce à ses techniques de dissimulation, qui lui avaient donné un grand avantage dans la collecte de renseignements, que Mordred avait réussi à devenir chef des mages de la cour royale.

Il comptait aussi sur ses collaborateurs talentueux, qui étaient cachés dans le noir et prêts à une attaque sournoise. Dans une autre vie, Mordred aurait pu très facilement devenir un assassin exceptionnel.

Pendant ce temps, Kurats et Lunaria étaient au coin d’un parc, se reposant sur un banc à l’ombre de quelques arbres.

Cet endroit était très pratique, car il était difficile pour l’œil humain de bien voir au sein d’un groupe dense d’arbres.

Ayant continuellement suivi les deux cibles depuis leur sortie du château, les assassins ne pouvaient manquer cette opportunité.

Bien sûr, la vérité était que Kurats les incitait intentionnellement à venir à lui.

« ... »

Silencieusement, trois assassins avaient attaqué le dos de Kurats ensemble. Kurats pensait qu’ils voulaient le neutraliser avant d’attaquer leur cible, Lunaria.

« Allez demander aux loups noirs de la forêt de vous apprendre avant d’essayer de vous faufiler jusqu’à moi ! » déclara Kurats.

Bien que son dos soit attaqué, Kurats ne jeta pas un seul coup d’œil derrière lui, il balança simplement son bras gauche.

Le coup avait l’air décontracté, mais contrairement à son apparence, sa puissance était extraordinaire.

Les armes toujours en main, les corps des assassins étaient pliés et avaient été envoyés volés à des dizaines de mètres. Une fois qu’ils atteignirent le sol, ils se crispèrent un peu avant de devenir complètement silencieux et de cesser de bouger.

L’attaque des trois hommes était une simple diversion, mais comme Kurats ne bougea jamais son regard, il pouvait voir un autre assassin, qui venait l’attaquer du front.

Alors qu’il avait probablement été ébranlé par cela, il n’y avait aucun changement dans l’expression de l’assassin. Il se précipita vers lui en mettant en évidence une lame qui avait reçu une lueur pourpre en raison du poison qui avait été appliqué dessus à l’avance.

« Désolé, mais ma peau est faite de muscles. Ce genre de lame ne peut pas me blesser, » déclara Kurats.

{Ta peau est faite de muscles ? Tu sais que cela n’a aucun sens, n’est-ce pas !?} Bernst réfléchissait instinctivement à tout, et on ne pouvait pas le blâmer pour cela.

Kurats avait poussé son poing en avant plus vite que l’œil pouvait le voir.

Le pouvoir destructeur du coup de poing était évident compte tenu de l’état actuel des trois hommes qui avaient attaqué Kurats par-derrière.

Mais l’assassin n’avait pas évité le poing, au lieu de cela, il avait déplacé son épée vers l’intérieur du bras maintenant sans défense de Kurats. Ou plutôt, il avait essayé de lui planter sa lame dans le bras.

« Impossible ! » Malgré l’entraînement très long et difficile qu’il avait probablement accompli pour atteindre son niveau actuel, l’assassin ne pouvait pas s’empêcher de crier par erreur.

La peau de Kurats ne semblait avoir aucune protection, et pourtant elle avait fini par repousser la lame avec une solidité semblable à celle d’une armure d’acier.

L’assassin était désespéré, cela n’avait laissé aucune coupure, aucune égratignure ou même aucune rougeur sur le bras de l’ennemi, mais ses pensées furent bientôt interrompues par le poing qui l’atteignit finalement et le rejeta comme ses associés.

« Aargh! »

Kurats avait estimé qu’il s’était assez retenu, mais finalement, ce coup direct dans l’abdomen lui avait garanti que son attaque avait fait une rupture des organes internes de l’ennemi.

Peut-être que si Kurats ne s’était pas arrêté, le coup aurait brisé la totalité du corps de l’ennemi et qu’il aurait en conséquence moins souffert.

***

Chapitre 19

Dès qu’il était devenu clair que l’attaque en tenaille avait échoué, plusieurs flèches étaient venues de la gauche et de la droite de Kurats.

Puis, un homme dont la présence était clairement différente des autres assaillants avait commencé à courir vers Lunaria en maniant une épée à deux mains. Il était probablement le commandant des assassins.

Peut-être avait-il jugé qu’il ne pouvait plus se permettre de neutraliser Kurats.

« Hey, franchement, tu ne peux pas changer d’adversaire au milieu d’un combat, c’est tout simplement impoli, » déclara Kurats.

Les flèches normales sans aucun mana n’étaient absolument pas une menace pour Kurats. Cependant, l’épée à deux mains de l’homme qui semblait être le commandant rayonnait de mana.

Bien qu’on ne sache pas quel genre d’effet avait été ajouté à l’épée par le mana, il s’agissait sans doute du dernier atout de l’ennemi.

{Si tu le peux, essaies de l’attraper vivant, et utilise-le après pour obtenir des informations. S’il y a quelqu’un parmi les assassins qui a communiqué avec son employeur, ce doit être cet homme.} Déclara Bernst.

{D’accord, d’accord... Hmm ?} répondit Kurats.

À ce moment, une puissance étrange se tordait autour du pied de Kurats.

C’est l’heure !, pensa Mordred, qui serrait les dents en regardant la progression du combat.

Même si Kurats était un mage, il semblait être encore plus fort que les chevaliers en combat physique. Dans le cas de Mordred, la première attaque-surprise suffirait à le terrasser.

Comme il en était bien conscient, l’irritation et la jalousie de Mordred à l’égard de Kurats grandissaient de plus en plus.

Et vu la façon dont les choses se passaient, il semblait que la bataille pouvait se terminer sans que Mordred ait le temps d’intervenir.

Mais la crise intérieure de Mordred n’avait duré que quelques instants, avant de voir le leader des assassins se précipiter vers Lunaria.

Pendant un bref instant, il hésita.

Dois-je vaincre l’assassin maintenant et sauver la princesse ? pensa Mordred.

Cependant, dès que Kurats avait déplacé Lunaria vers son dos afin de la protéger, Mordred avait pris sa décision.

Il est venu au palais de nulle part et a soudainement obtenu le rang de baron, c’est un simple roturier et pourtant il a fini par devenir un proche du roi, comme moi... tant qu’il est vivant, cette frustration et cette haine qui semble vouloir sortir de ma poitrine ne disparaîtront jamais ! pensa-t-il.

« Lier » avec une voix basse, Mordred murmura l’incantation d’un sortilège.

Bien qu’il soit stupide, Mordred était le chef des mages de la cour royale, et son sortilège de « liaison » était si puissant qu’il pouvait même lier un chevalier de premier ordre.

Je ne l’ai jamais essayé, mais je suis sûr que même le chef des chevaliers, Rosberg, ne serait jamais capable de se débarrasser de mon sortilège de liaison sans utiliser son épée magique Gerlach, pensa Mordred.

Toutefois...

« Et je la coupe, » déclara Kurats.

Kurats ne devait utiliser qu’un peu de force supplémentaire pour se débarrasser du filet magique qui liait la moitié inférieure de son corps.

Pour Kurats, qui n’avait pas utilisé plus de 10 % de ses forces depuis le début du combat, les liens magiques de Mordred n’étaient pas un problème.

Après cela, Kurats attrapa l’épée de l’assassin avec son pouce et son index, puis il avait effectué un coup de pied impitoyable vers la jambe inférieure de l’assassin.

Le coup de pied était si incroyablement puissant qu’au moment de l’impact, la jambe de l’homme ne s’était pas simplement brisée, elle avait été arrachée et envoyée en l’air.

« Woops, désolé, je ne me suis pas retenu correctement parce qu’un certain camarade a fait quelque chose d’inutile et m’a distrait, » déclara Kurats.

Kurats avait souri ironiquement à l’homme qui ressentait une douleur intense et qui était tombé au sol après avoir perdu une jambe et son équilibre.

{La tête du chef des mages de la cour royale est pathétique. Un sortilège de liens restrictif est-il la seule chose qu’il peut utiliser dans une distance maximale de quelques centaines de kilomètres ?} déclara Kurats.

{Non, je pense que ce serait probablement suffisant pour une personne normale} répondit Bernst.

Kurats réprima son désir de se moquer de Mordred, qui était probablement très confus par ce résultat qui différait complètement de ses attentes, et il se tourna plutôt vers l’assassin à terre, qui le regardait avec une expression d’angoisse.

« Pouah ! »

Avec sa seule jambe à gauche, il était impossible pour l’assassin de s’échapper.

Néanmoins, ses yeux ne montraient aucune volonté d’abandonner le combat, il était prêt à attaquer à nouveau.

« Regarde, même les aiguilles ne peuvent pas passer à travers ma peau. Alors comment une épée normale pourrait me blesser ? » demanda Kurats.

« Tu... tu es un monstre de la nature ! » répliqua l’assassin.

Réalisant que sa dernière méthode de contre-attaque avait été percée à jour, l’assassin avait lancé des injures à Kurats avec beaucoup de colère dans sa voix.

En même temps, il avait complètement changé sa besogne. Son but n’était plus d’assassiner la princesse, mais de détruire la preuve à la place.

« Oui, désolé, je ne peux pas te laisser te tuer, » déclara Kurats.

Alors que l’homme se prépara à mordre le poison caché dans sa dent arrière, Kurats attrapa sa tête avec sa main gauche et la secoua lourdement.

Le cerveau de l’homme était secoué à la vitesse de l’éclair, et avant qu’il ne puisse s’en rendre compte, sa conscience avait disparu.

« Kurats ! Vas-tu bien ? » demanda Lunaria.

Quand Lunaria avait finalement compris la situation, tout était déjà fini.

Elle pouvait encore sentir le contact de la main rude de Kurats sur son épaule droite, même s’il l’avait déjà lâchée.

Son cœur continuait de battre très vite, l’informant que ce qu’elle venait d’observer n’était pas une illusion.

Il n’y avait pas de mots pour décrire à quel point la force écrasante de Kurats était vraiment incroyable.

Elle était sûre que personne ne pouvait dire que Kurats était le Mage après avoir vu ce combat. C’était une armée à lui tout seul.

Cette diseuse de bonne aventure avait dit qu’il pouvait atteindre mon statut par lui-même, pensa Lunaria.

Dans son esprit, Lunaria avait soudainement commencé à avoir des idées délirantes de Kurats vêtu d’une tenue formelle et d’elle-même portant une robe de mariée tout en étant porté par lui à la manière des princesses.

* Pouf ! *

Une fois de plus, il semblerait que de la vapeur sortait de sa tête.

À quoi suis-je en train de penser ? Se demanda Lunaria.

« Finalement, personne n’a été blessé, mais encore — je suppose que je dois aller donner mes salutations. »

◆ ◆ ◆

Pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi ?! pensa Mordred.

Mordred n’avait aucun doute qu’il avait utilisé sa magie de liaison.

Cela avait été rendu clair par le changement d’expression de Kurats au moment où le sort avait été utilisé.

Et pourtant Kurats avait ensuite tué l’assassin comme s’il n’avait pas été affecté du tout.

Ma magie avait-elle été annulée ? se demanda Mordred

Mais il croyait que ce n’était pas le cas puisque Kurats n’aurait pas été capable de contre-attaquer s’il avait utilisé une technique d’annulation à ce moment-là.

Si oui, alors comment diable était-il encore vivant et capable de marcher calmement dans la direction de Mordred avec une expression si calme sur son visage ?

A-Attend, il marche vers moi ?! pensa Mordred.

Cette fois-ci, un terrible froid parcourut le dos de Mordred, comme s’il avait été couvert de glaçons. Il avait très peur.

Il n’aurait peut-être pas réussi à voir à travers ma technique de dissimulation, n’est-ce pas ?! Si c’est le cas, cela signifie-t-il qu’il a remarqué que je suis celui qui a utilisé le sortilège de liaison sur lui ? pensa Mordred.

Mordred avait regardé en toute hâte vers sa gauche et sa droite pour vérifier, et personne parmi les passants ne remarquait son existence.

Il ne faisait aucun doute qu’il avait correctement utilisé sa technique de dissimulation et que cela fonctionnait normalement.

C’était censé être la technique de dissimulation la plus avancée dans tout le royaume de Jormungand.

« Je ne m’attendais pas à rencontrer la tête du chef des mages de la cour royale dans un tel endroit, quelle coïncidence ! » déclara Kurats.

Mordred se demandait quelle était la véritable identité de cet homme qui l’appelait sans hésitation malgré sa dissimulation.

« V-Vous m’avez vu... ? », répondit Mordred d’une voix rauque.

Il lui avait fallu tout ce qu’il avait en courage pour laisser sortir ces mots. C’était la première fois que quelqu’un voyait la dissimulation de Mordred.

« Je dois dire que j’étais assez curieux, car vous nous suiviez depuis que nous étions sortis du château... Au fait, quelqu’un a utilisé un sort de liaison sur moi un peu plus tôt, mais..., » déclara Kurats.

« Vous méfiez-vous de moi ? Faites attention à vos paroles, il y aura des conséquences ! » s’écria Mordred.

Mordred était furieux en surface, mais dans son esprit, il était terrifié.

Kurats n’était pas le seul présent, Lunaria était avec lui.

Étant donné la situation, si le fait qu’il avait utilisé le sort de liaison sur Kurats avait été révélé, alors il y avait la possibilité que Mordred soit exécuté, indépendamment de son statut de chef des mages de la cour.

En raison de sa confiance absolue dans sa dissimulation, Mordred n’avait pas préparé de contre-mesures au cas où il finirait par être découvert.

« Non ! Comment pourrais-je me méfier de vous... ? Le sort de liaison avait la force d’un enfant tirant sur ma manche, il n’y a aucune chance que ce soit le fait du chef des mages de la cour royale, » répliqua Kurats.

Pendant un instant, Mordred voulut tout jeter et lancer un sort d’attaque à Kurats pour avoir insulté sa technique.

« J’aimerais bien voir le visage de la personne qui a essayé d’utiliser un sort si moche sur moi, mais je suppose que ça ne sert à rien de vous en parler. Bon, je ne fais que bavarder, alors ne me dérangez pas, » déclara Kurats.

Mordred serra les dents et se mordit la lèvre si fort qu’elle en perdit sa couleur et devint violet clair, mais même alors, il continua à le supporter.

Je vais te tuer ! Peu importe le prix, peu importe les moyens, même si je dois vendre mon âme, un jour, sans faute, je te ferai supplier pour ta vie misérable. Ton honneur, ta position, tout ton être, je te ferai désespérer, je te ferai souffrir autant que cela est humainement possible, et puis, je te laisserai mourir d’une mort horrible, mais, pour l’instant, je dois résister, pensa Mordred.

Cependant, la détermination et la haine de Mordred n’avaient aucune importance pour Kurats. Pourquoi un lion se méfierait-il des intentions meurtrières d’un rat ?

« De toute façon, essayez de ne plus jouer à cache-cache, monsieur, les gens pourraient avoir de fausses idées, » déclara Kurats.

« Je n’oublierai pas la façon irrespectueuse dont vous m’avez parlé aujourd’hui, » cracha Mordred.

Kurats ricana en regardant Mordred.

{La fierté de cet homme est son atout, mais au moins, avec ça, il n’essaiera probablement pas de m’attaquer comme ce fut le cas aujourd’hui.} Pensa Kurats.

{Il t’entravera toujours de différentes manières dans ton dos,} répondit Bernst.

Même si Kurats n’était pas familier avec les rouages ​​de la nature humaine, il était toujours conscient que Mordred ne deviendrait jamais son allié, peu importe les circonstances.

Jusqu’au moment de sa mort, Mordred allait certainement être l’ennemi de Kurats.

{Mais il ne vaut pas la peine de tuer. Si son hostilité se transforme à nouveau en actions, tu devras juste l’écraser ici et là.} déclara Bernst.

Kurats fit un petit signe de tête à Bernst après avoir vu Mordred faire demi-tour.

***

Chapitre 20

« Aaaaaaaaaaaaaaaah! » s’écria Lunaria.

« Q-Quel est le problème ? » demanda Kurats.

Kurats se retourna avec confusion vers Lunaria, qui cria sans raison apparente. Il se demandait si un assassin était apparu dans le court intervalle où il était parti, lorsqu’il avait détourné les yeux.

« Gnochiss ! »

Lunaria était de bonne humeur, gonflée de fierté, ce qui rendit la réaction de Kurats complexe.

« ... J’écoute, » demanda Kurats.

En massant ses tempes, Kurats réussit à peine à le lui demander.

« La raison pour laquelle nous sommes sortis du château aujourd’hui était de me replacer dans mes souvenirs et de trouver un endroit où j’aurais pu être en contact avec de l’eau, permettant au parasite de s’attacher à moi. N’est-ce pas ? » demanda-t-elle.

« Niehehehe ». Lunaria rit fièrement.

Ce rire arrogant doit être une habitude récurrente de sa part, hein, pensa Kurats, à qui Lunaria semblait maintenant tout à fait immature.

« C’est arrivé quand les chevaliers et moi-même revenions à la capitale après l’entraînement. Le festival de Gnochiss venait juste de commencer et j’étais invité à servir de miko, et donc à me purifier en me baignant. On pense qu’en tant que dirigeant du destin, Gnochiss apporte de bons partenaires maritaux aux mikos qui la servent. »

Ce désir était tout à fait digne d’une jeune femme ordinaire, ce qui avait fait que Kurats laissait involontairement un sourire lui échapper.

Voyant cela, Lunaria secoua ses mains en signe de protestation, comme un petit animal.

« Ce n’est pas ce que tu penses ! Je n’ai servi qu’à contrecœur comme une miko parce que j’étais invitée à le faire... mais ça n’avait rien à voir avec le fait que je voulais un bon partenaire ! Ce n’était pas pour pouvoir avoir un homme ou autre chose dans le genre ! »

En réponse à Lunaria, qui devenait rouge et se justifiait avec des yeux larmoyants, Kurats hocha la tête et se retint de rire.

« Bien sûr, ce n’est pas le cas, » déclara Kurats.

« Mhm, non ! Tant que c’est clair, tout va bien ! » déclara Lunaria.

Avec une expression sur son visage montrant son soulagement, Lunaria continua de parler. « Mis à part le palais royal, c’était le seul cas où je me suis baignée dans l’eau au cours des six derniers mois. »

« Et où était-ce exactement ? » demanda Kurats.

« C’était dans une auberge appelée Barbena, à deux heures de la capitale royale à cheval. Faut-il y aller ? » demanda-t-elle.

« Bien sûr, » répondit Kurats.

 

☆☆☆

 

Barbena avait connu une croissance remarquable ces dernières années grâce à sa proximité avec la capitale royale et à son rôle de réservoir de main-d’œuvre.

La ville emplie d’auberges était également réputée pour son quartier chaud, où les commerçants se reposaient dans les montagnes Cowen pour se rendre dans la capitale royale.

L’organisation ayant le plus grand pouvoir dans toute la ville était le temple pour la déesse du destin et du jugement, Gnochiss.

Avec le dieu du droit et de la justice, Horus, et le dieu de la vie et de la bonne récolte, Kukulcan, ils avaient été appelés les trois grands dieux, qui étaient le centre de la foi des gens, surtout dans l’ouest du royaume où il y avait beaucoup de croyants.

Et il y avait une certaine tendance à souhaiter le mariage d’Horus et de l’amour de Gnochiss.

À l’entrée du temple de Barbena se trouvait une porte luxueuse qui semblait toute neuve, sans histoire particulière.

Quand elle était arrivée devant elle, Lunaria avait parlé fort. « Est-ce que monsieur le pasteur est là ? »

« P-Princesse Lunaria ! Votre visite est un grand honneur pour nous et nous vous en sommes extrêmement reconnaissants. Mais puis-je vous demander la raison de votre venue dans ce temple, Votre Altesse ? »

Le prêtre qui avait reçu Lunaria ne lui était pas inconnu, elle l’avait déjà vu auparavant.

Bien qu’elle ne se souvienne pas de son nom, c’était l’homme qui lui avait donné les vêtements et lui avait indiqué les manières d’agir en tant que Miko le jour où elle était invitée à en faire partie.

« Je suis désolée pour cette visite soudaine, mais j’aimerais rencontrer le pasteur, » déclara-t-elle.

« O-Oui ! Je vais l’emmener tout de suite, Votre Altesse ! »

Tandis que, paniqué par la visite soudaine d’un membre de la famille royale, le prêtre s’était précipité à l’intérieur du temple.

« Il est comme un singe. On dirait qu’un voleur habitant ici pourrait s’y faufiler facilement, » murmura Bernst, d’une manière choquée.

En recevant un membre de la royauté, le prêtre avait certainement amélioré sa surveillance dans une certaine mesure, mais il n’y avait aucun doute que c’était simplement l’acte d’un novice prétendant qu’il savait ce qu’il faisait.

N’y a-t-il pas ici une personne un peu plus compétente ? Si j’utilise ce prêtre comme référence, ce temple entier est assez pitoyable. J’espère qu’il y a plus que ça, pensa Kurats.

« Bienvenue et merci d’être venu. J’étais triste quand j’ai entendu parler de votre maladie, mais je suis très sincèrement heureux de voir que vous avez complètement récupéré, Votre Altesse, » déclara le pasteur.

Cependant, le pasteur qui était apparu n’avait pas complètement répondu aux attentes de Kurats.

Il ne pouvait pas sentir une lueur de majesté ou de pouvoir magique de la part du pasteur, dont le visage rond affichait un sourire régulier sans arrière-pensée.

Les individus peuvent-ils devenir pasteurs sans avoir aucun pouvoir... ? pensa Kurats.

« En fait, il y a un petit quelque chose qui m’a préoccupé. Lors du festival précédent, ma présence dans cette ville n’était qu’une coïncidence, alors j’ai l’impression que vous avez réussi à me reconnaître et à m’encourager à servir comme une miko pour ce jour, » déclara la princesse.

En effet, ce jour-là, la raison pour laquelle Lunaria et les chevaliers avaient fait escale dans Barbena était due au fait qu’un chevalier avait été grièvement blessé dans un accident lors de leur entraînement, ce qui était totalement inattendu.

La princesse n’avait pas fait attention à cela sur le champ parce que l’ambiance festive de la fête de ce jour avait pris le dessus sur son état d’esprit, mais maintenant qu’elle y repensait, la situation semblait étrange.

Peu importe la situation dans la capitale royale, le nombre de personnes qui connaissaient le visage de Lunaria à Barbena aurait dû être très limité.

« Par simple coïncidence ? Vraiment ? J’ai entendu le baron Isengard dire que vous passiez par là, alors j’ai pensé que votre visite était programmée à l’avance, » déclara le pasteur.

« J’aurais peut-être simplement mal compris la situation. Pardonnez-moi de vous avoir importunée avec une question si insignifiante, » déclara Lunaria.

Maintenant que cela avait été mentionné, Lunaria s’était rappelé que l’homme blessé ce jour-là avait en réalité un lien avec le baron Isengard. Il semblerait qu’elle avait besoin d’enquêter à son retour.

Lunaria avait ensuite parlé de manière évasive, avec un sourire peu clair sur son visage.

« De toute façon, devenir une miko en valait la peine. Je vais prier la grande déesse Gnochiss en remerciement, » déclara-t-elle.

Les paroles de Lunaria avaient fait en sorte qu’une expression joyeuse apparut sur le visage du pasteur, qui avait avancé pour guider la princesse à la chapelle. Puis, tout en marchant à trois pas devant elle, il exprima une certaine hypothèse.

« Il semble que le royaume va avoir de bonnes nouvelles bientôt, sur la façon dont la princesse a trouvé son bon partenaire, » déclara le pasteur.

Lunaria était devenue rouge cramoisi, et cela de son visage jusqu’à son cou.

« Vous êtes en train de tirer des conclusions ! C-C-C’est seulement une possibilité, une possibilité très éloignée ! » déclara Lunaria.

« Je sais. Je comprends, » déclara le pasteur.

« Votre secret est en sécurité avec moi — », ajouta le pasteur, qui sous-entendait clairement que ses suppositions étaient vraies, ce qui fit que Lunaria secouait la tête d’un côté à l’autre, comme un enfant qui piquait une crise.

« Vous ne comprenez rien ! Vous n’avez pas compris un seul mot que j’ai dit ! » déclara Lunaria.

Inutile de dire que finalement, peu importe comment Lunaria avait essayé de résoudre le malentendu, ses paroles n’avaient pas été transmises au pasteur.

 

☆☆☆

 

« Alors, c’était Isengard, hein..., » déclara Lunaria.

Après son retour de Barbena et une fois arrivé au palais royal, Lunaria se décida pour un confortable vêtement d’intérieur en soie et après l’avoir mis, elle alla s’asseoir sur une chaise.

« Était-ce inattendu de sa part ? » demanda Kurats.

« Eh bien, il est comme chien et chat avec Bessendorf, un seigneur féodal voisin. Puisque Bessendorf fait partie de la faction de ma sœur aînée, je ne pensais pas qu’Isengard me serait hostile, » déclara-t-elle.

« Tu sais, la loyauté d’un aristocrate est uniquement motivée par le profit, alors ça peut toujours changer. Isengard jurerait probablement de son allégeance à la princesse Felbell s’il entendait des rumeurs qu’elle le traiterait encore mieux que Bessendorf, non ? » demanda Kurats.

« C’est certainement vrai. J’ai pensé à cela de manière trop optimiste. Pourtant, Kurats, étais-tu vraiment juste un roturier jusqu’à l’autre jour ? » demanda la princesse.

Kurats parlait comme s’il était un aristocrate qui avait des années d’expérience à la cour royale et, même si Lunaria était impressionnée, elle ne pouvait s’empêcher de ressentir des doutes.

« Peu importe le statut social, les hommes seront toujours des hommes, leurs esprits fonctionnent de la même manière. C’est comme ça que je le sais, » déclara Kurats.

Bien sûr, c’était un mensonge. Bernst était le responsable de ce raisonnement intelligent, il n’y avait aucune chance pour qu’un paysan et un chasseur comme Kurats comprenne ces choses par lui-même.

{Elle réside à la cour royale et elle ne peut pas deviner quelque chose d’aussi simple !? C’est inacceptable !} pensa Bernst.

{D’accord, mais qu’est-ce qu’une cour royale est censée être ?} demanda Kurats.

{Eh bien, en termes clairs, c’est un repaire pour les monstres et les démons, hanté par les personnes les plus inhumaines.} Répondit Bernst.

{Je vois. C’est le genre de lieu où règne la loi du plus fort, n’est-ce pas ? Le genre d’endroit où vous pouvez frapper les choses quand vous ne les aimez pas, hein.} Déclara Kurats.

{Arrête de croire que la force brute est la solution à tout ! Sale barbare !} déclara Bernst.

Cela fait du bien d’utiliser la force pour écraser une conspiration ingénieuse et bien construite, Pensa Bernst avec un sourire intrépide.

Mais c’était complètement différent du choix de Kurats, de ne pas réfléchir du tout et de se précipiter.

Est-ce que Kurats sera capable de comprendre ce sentiment plus élégant et raffiné de joie suprême que seuls quelques élus peuvent apprécier ? En pensant à cela, Bernst avait envie de pleurer.

Pendant que Bernst demeurait sur ces choses, Lunaria répondit.

« Mhm, peut-être as-tu raison. Alors, le problème est de savoir comment je vais prouver qu’il l’a fait..., » demanda Lunaria.

« Quelle est la personnalité d’Isengard ? » demanda Kurats.

« Disons qu’il n’est pas exactement du type réservé. Mais il est juste une grenouille dans un puits, un lâche agissant comme le roi de son petit monde, » répondit Lunaria.

Je vois, ce type de personnalité est facile à utiliser, c’est parfait, pensa Kurats.

« On dirait qu’il détesterait ça si quelqu’un venait à enquêter sur son territoire. Et si quelqu’un avait l’habitude d’être un roturier... je me demande ce qui arriverait, » demanda Kurats.

« Ta personnalité est pire que ce que je pensais, Kurats…, » déclara Lunaria.

Lunaria devina que Kurats voulait s’utiliser lui-même comme un leurre et entrer à la portée du baron Isengard.

Il était confiant dans son propre pouvoir au point où il semblait impudent.

Aucun humain normal ne songerait à se précipiter seul sur le territoire de l’auteur d’un assassinat.

Le fait que Kurats avait fait ce choix montrait clairement qu’il était convaincu de pouvoir affronter tous les soldats d’Isengard, le cas échéant.

« Princesse Lunaria, s’il te plaît, dit à Rosberg et aux autres de m’attendre et de ne pas venir, car ils pourraient finir par créer des problèmes plutôt que d’aider s’ils commettent une erreur, » demanda Kurats.

« Bon sang, je suppose que je le ferai, bien qu’il semble stupide de s’inquiéter de ces choses en sachant que c’est de cela que nous parlons, » répondit-elle.

Dans une tentative de cacher son sourire ironique, Lunaria se couvrit la bouche avec sa main, mais Kurats l’enlaça de force, qui commença à mettre ses lèvres sur la main.

En sentant le contact des lèvres chaudes de Kurats sur le dos de sa main, Lunaria devint étourdie alors que son visage tout entier prenait les couleurs d’une pomme bien rouge jusqu’à ses oreilles.

Bien qu’elle en ait sûrement déjà fait l’expérience à plusieurs reprises, la seule main de Kurats suffisait à saturer instantanément son esprit.

« Q-Qu-Qu’est-ce que tu... ! » balbutia la princesse.

« Votre Altesse, peu importe qui ils sont, je frapperai tous vos ennemis quand ils viendront. Croyez-moi, » déclara-t-il sur un ton sérieux et d’une manière formelle.

C’est trop gênant ! Dire ce genre de choses est bien trop gênant ! pensa Kurats.

{Tu penses que tu seras capable de convaincre ta sœur sans même pouvoir dire une phrase comme celle-ci avec dignité !? Ton comportement est inacceptable !}

La vérité était que le cerveau de Kurats avait été submergé, tout comme celui de Lunaria, mais, heureusement, aucun d’eux ne s’en était rendu compte.

***

Chapitre 21

« N’est-elle pas morte ? La princesse Lunaria est-elle toujours en vie ? »

Ayant reçu un rapport de la capitale royale, Ross, le baron d’Isengard, avait commencé à crier avec colère alors que son teint pâlissait.

« Cette écume sans valeur ne peut-elle pas tout simplement mourir ? Et juste au moment où j’allais enfin régler mon compte avec Bessendorf, tout cela arrive ! » s’écria-t-il.

Pendant de nombreuses années, les familles de Bessendorf et d’Isengard étaient en concurrence pour acquérir des terres.

La parcelle de terrain n’était pas particulièrement grande, mais il s’agissait de l’emplacement du lac Kajik, qui était une source d’eau, de sorte que les deux parties n’étaient absolument pas disposées à y renoncer.

Le chef de la faction à laquelle appartenait Bessendorf était le marquis de Strasbourg, Albert, et plus d’un an et demi auparavant, il avait exprimé son intention de donner ce terrain à la famille Isengard en échange de quelque chose.

En raison de leur hostilité à l’égard de Bessendorf, la famille Isengard avait pris parti pour la première fois auprès de la princesse Lunaria, mais Ross ne se souciait pas de la faction à laquelle il appartenait tant qu’il pouvait se procurer le lac Kajik.

Donc, la décision de Ross de changer de camp et de rejoindre le marquis de Strasbourg avait été rapide.

Et, maintenant, la vie de la princesse Lunaria était supposée avoir été prise par un certain monstre qui ne vivait que dans le territoire d’Isengard.

« N’y a-t-il aucune chance que je sois soupçonné ? » demanda-t-il.

Si, par hasard, toute cette affaire était exposée, ce serait la fin de la maison d’Isengard.

Il n’y avait aucun doute que Ross serait pendu, son territoire serait saisi, et même sa famille et ses partisans seraient amenés à souffrir, en étant bannis ou en mise en prison.

« Non, parmi les histoires concernant la célébration du rétablissement de la princesse, il n’y avait pas une seule rumeur concernant un criminel qui pourrait avoir été impliqué..., » déclara le chevalier Casper en s’agenouillant sur un genou. Il descendait d’une longue file de serviteurs.

« C-C’est vrai ! Il n’y a aucun moyen de le découvrir, oui, absolument aucun moyen... ! » déclara Ross.

Ross laissa échapper un soupir de soulagement et essuya la sueur sur son front.

Il était prêt à utiliser un monstre qui prenait beaucoup de temps avant de tuer sa victime, car il ne voulait absolument pas être découvert.

Le monstre avait été amené des bois vers le nord du territoire d’Isengard, où il y avait une zone marécageuse d’environ 2 km² qui abritait de nombreux monstres encore inconnus dans le monde.

« Mais peu importe, tu m’as dit qu’il n’y avait pas de remède, Oliveira ! »

Ross renifla et regarda un mage qui se tenait à l’arrière de la pièce.

« Je suis extrêmement désolé. Je n’aurais jamais pensé que quiconque soit capable de trouver un remède à un monstre inconnu comme celui-là, » répondit Oliveira.

Bien qu’il s’inclina profondément, l’expression faciale d’Oliveira ne changea pas et il ne semblait pas se sentir concerné ou intimidé.

Mais il était vraiment très surpris qu’un mage capable de soigner Lunaria soit apparu.

Et c’était ainsi, car il n’avait pas lui-même encore trouvé de remède contre le monstre.

« Je suppose que nous allons utiliser après ça un monstre qui tue instantanément. En fait, j’ai un échantillon d’un très bon spécimen, » déclara Oliveira avec un rire étouffé, apparemment amusé par la situation.

Peu après que Ross eut pris la tête de la maison Isengard, il tomba sur Oliveira, qui visitait le territoire alors qu’il faisait des recherches sur les monstres de la région. Depuis lors, Ross avait changé.

Bien qu’il fût par nature autoritaire et hautain, il était assez ouvert d’esprit pour écouter ses serviteurs, mais maintenant, il n’était pas du tout prêt à écouter et il était terriblement rapide à agir.

Casper était convaincu que tout cela était à cause d’Oliveira.

« C’est trop dangereux ! Nous ne savons toujours rien du mage inconnu qui a guéri la princesse. Il pourrait aussi détecter ce nouveau monstre ! » déclara Casper.

En outre, tenter d’entrer en contact directement avec la princesse serait suicidaire.

Par conséquent, Casper demandait à Ross de ne pas agir avec témérité.

Si possible, je souhaite aussi qu’il scelle ses ambitions irréalistes pour son bien, pensait Casper.

« ... Malgré tout, je dois la tuer ! » déclara Ross.

Malheureusement, la sincérité de son sujet loyal n’avait pas atteint Ross.

Il n’y avait qu’une seule condition pour laquelle le marquis de Strasbourg accorderait un traitement préférentiel à Isengard plutôt qu’à Bessendorf, ce serait le cas si la famille Isengard s’occupait de l’assassinat de la princesse.

Comme Isengard n’avait plus le soutien de la faction de Lunaria, renoncer à l’assassinat de la princesse reviendrait à reconnaître sa défaite dans le différend territorial contre Bessendorf.

« Obtenir le lac Kajik était le vœu le plus cher de mon prédécesseur, je dois le faire. Tu veux que j’embrasse maintenant le cul de Bessendorf !? », cria Ross, prit dans un sentiment qui pourrait être appelé une obsession.

La pensée folle d’Isengard fit que Casper comprit clairement la crise dans laquelle se trouvait la famille Isengard.

« Je vous implore d’y réfléchir ! Maintenant, nous devrions tuer ce mage et effacer toutes les preuves ! Pensez d’abord à la survie de la famille ! » déclara Casper.

C’était la première fois que Casper protestait envers son supérieur, mais cela ne laissait aucune impression à Ross.

« Reste à ta place ! Pourquoi ne pouvais-tu pas penser à un moyen de tuer la princesse et d’entretenir la maison ? Tout est lié à toi, c’est de ta faute si je ne peux pas laisser partir, Oliveira ! » déclara Ross.

Par rapport à Casper, Oliveira était beaucoup plus utile comme outil pour satisfaire les désirs de Ross.

Cependant, il était beaucoup plus dangereux, ce qui faisait de lui une arme à double tranchant.

« Comme je l’ai dit, j’ai mis la main sur un nouveau monstre. Je vais donc l’expérimenter maintenant, » déclara Oliveira.

Le coin de la bouche d’Oliveira devint un large sourire.

Ses yeux montraient qu’il était convaincu qu’il ne serait pas tué par Ross.

En effet, les grandes ambitions de Ross le rendaient facile à manipuler, et c’était précisément pour cela qu’Oliveira était d’accord pour qu’il soit son hôte.

« Cette vermine est l’ennemi de la famille Isengard ! » Casper avait trouvé la détermination de dégainer son épée.

Peut-être aurait-il dû le faire dès le début.

Il était responsable d’avoir laissé la situation s’aggraver à ce point en essayant d’être attentif aux sentiments de son maître.

N’ayant plus aucune considération pour sa propre vie, Casper avait décidé d’exécuter Oliveira.

« Ne le fais pas, n’ose pas le faire, Casper ! Je ne te pardonnerai pas si tu tues Oliveira ! » déclara Ross.

« Je vais abandonner ma vie pour me racheter ! Je suis désolé ! » déclara Casper.

En tant que chevalier qui servait la famille d’un baron, les capacités de Casper ne devaient absolument pas être méprisées. On pourrait plutôt dire que sa force était extraordinaire pour un chevalier qui servait la maison d’un baron de la campagne.

« Je ne ferais pas ça si j’étais toi. Franchement, quel genre de chevalier va à l’encontre des ordres de son maître ? » déclara Oliveira.

« Vous n’êtes pas en position de parler ! » cria Casper.

Un combat à longue distance était le contexte le plus approprié pour qu’un mage affiche son point fort. Par conséquent, Casper avait pensé que s’il pouvait s’approcher d’Oliveira, il serait capable de le vaincre, même s’il subissait lui-même de lourdes blessures.

« MEURS ! » cria Casper.

Tout en jetant un coup d’œil à son maître qui se déplaçait à gauche et à droite dans la confusion, Casper pointa son épée vers Oliveira.

Et, mystérieusement, Oliveira ne l’avait pas interceptée.

Casper avait pu venir devant Oliveira sans être blessé le moins du monde.

Je peux le tuer, pensa Casper.

Même si Oliveira utilisait maintenant un sortilège au cours d’un combat si rapproché, Casper serait toujours en mesure de le tuer puisqu’il avait déjà la détermination de porter un coup pour que sa propre attaque porte.

De plus, à cette distance, son attaque serait plus rapide que le temps nécessaire pour lancer un sort.

Malgré tout, Casper ne pouvait pas du tout utiliser la magie et il n’avait aucun artefact magique, donc faire face à un mage qualifié comme son adversaire était trop pour lui.

Au moment où il se persuada qu’il réussirait, son corps se raidit sur place et il arrêta de bouger.

« Q-Quoi ― ? » s’écria Casper.

Oliveira regarda avec un sourire amusé Casper qui restait stupéfait.

C’était différent des sourires sans expression qu’Oliveira avait montrés jusqu’ici. Cette fois, il était clairement ravi.

« C’est un monstre que je garde de côté depuis longtemps. Il peut entrer dans ton ombre pour limiter tes mouvements. Mais l’effet ne dure pas très longtemps. »

Alors qu’il l’avait dit, Oliveira avait sorti un insecte de sa poche.

« Maintenant, c’est autre chose. C’est une nouvelle espèce que j’ai découverte récemment. Elle peut se glisser dans le cerveau et provoquer un puissant effet hypnotique. C’est un monstre parasite qui peut s’attaquer à son hôte lorsqu’il dort et qu’il est sans pouvoir, » expliqua Oliveira.

« ... Arrêtez…, » cria Casper.

Casper acceptait bien d’être tué au combat.

Mais il ne pouvait jamais accepter de mourir à cause d’un insecte dégoûtant.

Casper utilisait chaque once de force qu’il possédait, mais il ne pouvait pas bouger. Son corps était engourdi de ses pieds jusqu’au bout des doigts.

« Restez à l’écart ! N’apportez pas ce sale insecte devant moi ! » cria Casper.

« C’est la première fois que je l’utilise sur un corps humain. Tu devras te sentir honoré, » déclara Oliveira.

« Stoooooooooooooooop ! » cria Casper.

Casper se débattait en entendant le bruit de quelque chose qui rampait à l’intérieur de son oreille.

La sensation du corps segmenté de l’insecte qui se frottait contre sa peau rendit Casper conscient que son cerveau allait être détruit petit à petit.

En regardant cette expression d’agonie, Oliveira ressentit une joie extrême.

Mais à ce moment, les doigts de Casper réagissaient.

Après avoir réalisé que le sortilège qui le liait à travers son ombre commençait à disparaître, il plaça autant de force dans son corps que possible.

Juste un peu plus ! pensa Casper.

Plus vite ! Plus vite ! Avant que le monstre n’atteigne mon cerveau !

Puis, il entendit un son puissant et dégoûtant qui secoua péniblement son tympan.

L’insecte détruit mon tympan !

Tout en ressentant la chair de poule sur tout son corps, Casper réussit à se libérer du sortilège qui le liait à travers son ombre.

Après avoir finalement réussi à bouger sa main, il la poussa vers son oreille, voulant désespérément faire sortir le monstre.

Ses franges étaient pleines de sueur alors qu’il cherchait frénétiquement à l’intérieur de son oreille.

« H Hein ? Ce n’est pas ici ? » s’écria Casper.

C’est impossible, pensa-t-il.

Même maintenant, il pouvait encore le sentir se frotter contre sa peau.

Pourquoi n’était-ce pas là ? Et d’ailleurs, pourquoi son cerveau devenait-il rapidement plus flou au point où il ne pouvait plus rien penser ?

« Je suis désolé, mais tout ce que tu as ressenti après la destruction de ton tympan était une illusion. Il est déjà trop tard, » déclara Oliveira.

L’expression faciale d’Oliveira changea alors que ses lèvres affichaient un sourire détendu.

C’est donc la vraie nature de cet homme, hein, pensa Casper.

Il s’agissait de la dernière pensée de Casper avant que sa conscience ne tombe dans les ténèbres.

***

Chapitre 22

Cornelia avait l’impression que quelque chose avait changée en elle depuis le jour où Kurats l’avait sauvée du fils du comte.

« Je suis de retour, ma sœur, » déclara Kurats.

« Kyaaaah! » en entendant les salutations de Kurats qui était apparu de nulle part grâce à son sort de téléportation, Cornelia poussa un cri étrange.

« Je suis désolé, t’ai-je surprise ? » demanda Kurats.

« Ç-Ça va. De toute façon, le dîner est prêt, » déclara-t-elle.

Comme Cornelia s’y attendait, elle n’était toujours pas elle-même.

Elle ne pouvait pas regarder le visage de Kurats.

Et Cornelia n’était pas assez innocente pour ne pas savoir ce que cela voulait dire.

Non, je ne peux pas penser comme ça. Je suis sa sœur aînée ―, pensa-t-elle.

Mais elle savait aussi que de tels sentiments étaient faux.

Oublie rapidement ça. Kurats est ton précieux petit frère, pensa-t-elle.

Cette pensée était bien établie dans son esprit.

Après s’être rapprochée, Cornelia s’assit à la table à manger avec Kurats.

« Le dîner d’aujourd’hui est chic, ça a l’air délicieux, » déclara Kurats.

« T-Tu le crois vraiment ? Depuis que tu es devenu baron, j’ai reçu beaucoup d’ingrédients différents, c’est probablement la raison..., » répondit-elle.

En effet, les villageois avaient présenté des ingrédients de haute qualité à Cornelia.

Pour eux, c’était un moyen abordable de gagner la faveur du seigneur féodal qui avait considérablement réduit leurs impôts.

Mais ce n’était pas la seule raison pour laquelle le dîner était magnifique.

C’était comme un instinct pour une jeune fille amoureuse de faire un repas pour l’homme que son cœur chérissait.

Kurats ne pouvait s’empêcher de sourire devant ses plats préférés, le ragoût de poulet et la viande de lapin hachée. Ce spectacle fit ressentir à Cornelia une chaleur au fond de son cœur.

« Kurats, franchement, tu n’as pas à manger si vite, la nourriture ne va pas disparaître, tu sais ? » déclara-t-elle.

« Je suis désolé, c’est trop bon pour arrêter ! » déclara Kurats.

Cornelia se demandait si c’était ce que les personnes appelaient le bonheur d’une femme.

Comme Kurats démontrait son fort appétit, le sourire de Cornelia s’approfondissait de plus en plus.

Jusqu’à ce que Kurats parle à nouveau.

« Au fait, Son Altesse la princesse m’a ordonné de partir chercher son agresseur à partir de demain, alors ne t’inquiète pas s’il y a des jours où je ne reviendrai pas, » déclara Kurats.

« Haaaaaaaah? » s’écria-t-elle.

Que diable ? Je n’en avais pas entendu parler ! pensa-t-elle.

« P-P-P-Pourquoi dois-tu te mettre en danger, Kurats ? Après tout ce que tu as vécu pour devenir un baron ! » s’écria Cornelia.

« En devenant un baron, il semble que je sois également devenu membre de la faction de la princesse Lunaria. Et ce que je voulais dire, c’est que même aujourd’hui, elle a été attaquée par des assassins en se promenant près du château royal, » répondit Kurats.

Cornelia était trop étonnée par les mots de Kurats pour les ignorer.

« Étais-tu dans la ville fortifiée avec la princesse ? » demanda Cornelia.

Cornelia était consciente qu’il y avait une fissure dans sa voix.

Elle était incapable de réprimer les sentiments persistants et sombres qui venaient du fond de son cœur, en sachant que ses sentiments étaient déraisonnables.

Pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi ? pensa Cornelia.

« Même si elle est une princesse, elle est en fait une fille très exigeante. Donc, l’accompagner est en fait assez difficile, » déclara Kurats.

« Oh, une fille, hein…, » murmura Cornelia.

Kurats n’avait pas remarqué qu’il y avait un certain type de grand danger dans la voix de Cornelia.

« Elle a beaucoup mangé, » déclara Kurats. « Elle a semblé aimer les petits accessoires, et son attention a été très rapidement attrapée par de nouvelles choses, je suis sûr que personne ne pourra dire qu’elle est une princesse en la regardant simplement en action. »

« On dit qu’elle est assez canon. Mais il y avait probablement quelqu’un qui vous accompagnait, alors ça va, » déclara Cornelia.

« Non, en fait il n’y avait que moi, » répondit Kurats.

*Claquement*

Cornelia avait clairement entendu ce son dans sa tête, c’était comme si le son du caoutchouc s’étirait au-delà de sa limite, au point que la tension le déchirait.

« En y repensant, elle est aussi allée chez une diseuse de bonne aventure pour lui poser des questions sur sa future vie amoureuse. Elle était de très bonne humeur après coup, les résultats étaient donc probablement excellents, » déclara Kurats.

« O-oh ~, faire du shopping et raconter des histoires, même si c’est la princesse, elle est toujours une fille, hein..., » déclara Cornelia.

Bref, Kurats et la princesse étaient tous seuls, s’amusant à acheter de la nourriture à l’extérieur.

Normalement, cela ne pourrait être appelé un rendez-vous amoureux.

Alors que Cornelia était angoissée par ses sentiments, Kurats s’était amusé à prendre un rendez-vous avec la princesse.

En ce moment, Cornelia réprimait un rire de pure colère coincée dans sa gorge.

Kurats n’était pas personnellement responsable de cela, cependant, le résultat était le même, il allait devoir payer le plein prix pour jouer avec les sentiments d’une fille.

« La princesse devait être vraiment ravie d’avoir laissé cela arriver, » déclara Cornelia.

« C’est probablement parce qu’elle n’est pas obligée de se retenir devant moi car je suis un roturier, » répondit Kurats.

Ce n’est pas comme ça que ça marche ! Quoi qu’il en soit, elle est toujours une princesse, elle est censée se retenir devant tout le monde ! pensa Cornelia.

Cornelia parvint à peine à garder ses mots pour elle-même.

Pour une femme, sortir seule avec un homme était un événement spécial.

Surtout que sa vie avait été ciblée quelques jours auparavant. Compte tenu de ses circonstances, le fait qu’elle soit sortie toute seule avec Kurats et qu’elle ait fini par honnêtement l’apprécier montrait que sa confiance envers lui était extraordinaire.

Même moi, je pouvais le deviner. Alors pourquoi cet imbécile ne pouvait-il pas en faire autant même s’il était avec elle ? pensa Cornelia.

Sans le savoir, Cornelia avait fini par sympathiser avec la princesse même si elle aurait dû la considérer comme sa rivale.

C’est de ta faute, Kurats ! pensa Cornelia.

Cette pensée était motivée par les sentiments complexes de Cornelia en tant que femme, alors, à quel point pouvait-elle être jalouse ?

« Puisque la princesse t’aime tellement, tu devras bientôt devenir adulte, non ? » demanda Cornelia.

Enfin, Kurats avait remarqué que sa sœur était différente de la normale.

Bien que son visage riait, ses yeux ne le faisaient pas.

En raison de son expérience, Kurats savait que cette expression signifiait que Cornelia était furieuse au fond de son cœur.

« Q-Quel est le problème, ma sœur ? ... Tu es un peu effrayante en ce moment..., » déclara Kurats.

« Ce que je veux dire, c’est que tu es un noble qui sert maintenant la princesse. Avec ton statut, je ne pense pas que ce serait bien si tu continuais à garder les sous-vêtements de la grande soeur Dorothea et des autres pour toujours, » déclara Cornelia.

« Waaaaaaaaaaaaaaah ! » s’écria Kurats.

Dorothea était une femme sensuelle et belle qui vivait à proximité du village et qui avait fini par se marier, ce qui avait fait pleurer Kurats.

Une fois, il avait trouvé un sous-vêtement qui avait été emporté par le vent, et il le traitait comme un trésor depuis, mais il n’aurait jamais pensé que Cornelia était au courant de cela.

Q-Quoi ? Quel est ce sentiment de vouloir à la fois mourir et tout détruire ? Se demanda Bernst.

Comme il partageait les sentiments de Kurats, Bernst était étonné.

Il n’y avait aucun moyen pour un être semblable à un dieu tel que le roi magique Bernst de connaître le désespoir lié à la révélation de son sombre passé.

Mais bien sûr, celui qui avait eu le plus grand impact était Kurats lui-même.

Il n’y avait rien à faire contre Cornelia quand elle était sérieusement en colère.

Kurats le savait mieux que quiconque en raison du temps passé avec elle depuis son enfance.

Une fois, il avait cassé son jouet favori. Par conséquent, non seulement elle l’avait sévèrement grondé et l’avait suspendu à un arbre, mais elle avait également collée une sangsue entre ses jambes afin de lui sucer le sang.

Parfois, il la regardait pendant qu’elle se changeait et à son tour, elle le couvrait de vernis, lui demandant si son but était de lui faire développer une éruption cutanée et de mourir.

Sérieusement, comment diable ai-je aimé quelqu’un comme elle ? Se demanda Kurats.

Malgré lui, Kurats remettait en cause l’amour qu’il avait envers Cornelia.

« Mais je me souviens de quelque chose. Quand la grande soeur Merga s’est mariée, tu les avais épiés pendant que le mari rendait ses devoirs à sa femme. Ce n’était pas ce jour-là la première fois que tu prenais soin de toi ? J’avais très peur que tu deviennes une sorte de criminel, tu sais ? »

« Tue-moi ! Tue-moi maintenant ! Je ne pouvais pas m’en empêcher, d’accord ! C’est juste la triste nature des hommes ! » cria Kurats.

{Pourquoi diable sait-elle mes secrets !? Est-ce qu’elle me traquait ou quelque chose du genre !? Il n’y a pas un seul homme qui n’ait pas expérimenté cela, et tout le monde fait des erreurs dans sa jeunesse !} pensa Kurats.

{Je veux frapper quelque chose ! Je veux casser quelque chose ! Quel est ce sentiment !?} continue Bernst.

{Ferme ta gueule ! Comme si tu comprenais ce que ça fait de se faire remémorer ton sombre passé !} répliqua son homologue.

C’était la première fois que Bernst regrettait de partager les sentiments de Kurats.

Ce sentiment irritant et douloureux, si frustrant qu’il voulait en mourir, Bernst souhaitait ne jamais avoir à le ressentir de toute sa vie.

« ... Mais au moment où tu l’as fait avec mes shorts, je t’ai déjà pardonné, alors ça va, » déclara Cornelia.

« C’est fini ! Ma vie est finiiiie ! » cria Kurats.

Les manières de Cornelia étaient terrifiantes.

{Ugggggh ! Qu’est-ce qui se passe ? Je ressens un désespoir irréparable, cela va bien au-delà de la simple irritation et de la gêne, même le suicide commence à sembler une option ! Qui aurait pensé que de si terribles sentiments existaient dans ce monde !} cria Bernst.

{C’est terminé ! Maintenant, je vais être considéré comme un pervers avec une attirance pour ma sœur, et tout ce que j’aurais pour le reste de ma vie sera le contact de mes propres doigts !} s’écria Kurats.

{Penser que son sombre passé pouvait avoir ce genre d’effet... !} déclara Bernst.

Bernst avait perdu patience.

Bernst était loin d’être un homme patient. Il ne pouvait donc pas rester silencieux en goûtant à ce sentiment de désespoir sans fond, ce sentiment ressemblant à tout avoir perdu dans sa vie.

En ce moment, Bernst avait oublié que son but était de partager les sentiments de Kurats afin de ressentir à nouveau les émotions humaines.

Peut-être était-ce la preuve qu’il laissait la colère lui faire perdre de vue ses objectifs, ou peut-être que cela prouvait seulement qu’il retrouvait ses sentiments humains.

En tant que roi magique, il pouvait facilement prendre le contrôle du corps de son propre alter ego, Kurats, s’il le souhaitait. Et il l’avait fait.

« Tu t’es vraiment laissé emporter. Mais tu peux mettre cela de côté maintenant, » déclara Kurats.

« Hein ? » s’exclama Cornelia.

Croyant qu’elle avait totalement humilié Kurats, Cornelia était déconcertée quand il lui répondit avec des mots remplis de colère froide.

C’était la première fois qu’elle l’entendait utiliser un ton de voix aussi brutal et froid.

« Kurats a déjà 18 ans. Vouloir avoir des relations sexuelles à cet âge n’est que naturel. Et franchement, même se marier à cet âge ne serait pas étrange, » déclara Kurats.

« Hein ? Quoi ? Hein ? » s’exclama Cornelia.

Cornelia était confondue par les mots et l’attitude brusque de Kurats, il y avait quelque chose d’étrange chez lui.

Elle ne connaissait pas ce Kurats.

Mon Kurats ne me regarderait pas avec des yeux si effrayants.

Mon Kurats n’a pas un regard si froid et vide.

Mon — .

« D’ailleurs, es-tu sûre que tu es qualifié pour dire de mauvaises choses à propos d’autres personnes, mademoiselle la sœur aînée ? Penses-tu que je n’ai pas remarqué la façon dont tu regardes ton propre petit frère ? » demanda Kurats.

La remarque de Kurats fit virer le visage de Cornelia au rouge cramoisi en un éclair, mais en même temps, elle réalisa ce qui était étrange chez lui.

« Qui es-tu ? » Cornelia parlait évidemment à quelqu’un d’autre que Kurats.

L’homme devant elle ressemblait sans doute à Kurats, mais son ton, sa présence et son expression faciale ne ressemblaient en rien à son frère.

Cornelia sentit des frissons le long de sa colonne vertébrale.

Elle avait l’impression que son Kurats bien-aimé était parti quelque part au loin.

La vérité était que l’âme extrêmement puissante de Bernst avait détourné la conscience de Kurats, qui était maintenant enfermée dans une prison obscure, mais Cornelia n’avait aucun moyen de le savoir.

« Tu penses que je ne sais pas ce qui se passe ? Tu es jalouse, n’est-ce pas ? Tu ne veux pas que la princesse emmène ton petit frère loin de toi, non ? » demanda Kurats.

« Arrête ! Ne dis plus rien ! » s’écria Cornelia.

Si ses sentiments étaient mis au jour et expliqués, Cornelia n’était pas sûre de pouvoir les retenir plus longtemps.

Par conséquent, elle avait couvert ses deux oreilles et avait crié.

Cependant, après l’humiliation qu’il venait de subir, Kurats — ou plutôt Bernst n’avait pas l’intention de la laisser partir.

« Est-ce que tu t’es sentie excitée quand tu as vu ton propre petit frère prendre soin de lui ? La vérité est que tu as perdu ton calme plus que lui, n’est-ce pas ? » demanda Kurats.

« Non, ce n’est pas vrai ! » cria Cornelia.

Alors que Cornelia essayait de le frapper, Bernst attrapa son bras mince et posa facilement son corps dans ses bras.

Comme Bernst n’avait pas pris la peine de réduire sa force contrairement à Kurats, son action fit comprendre à Cornelia pour la première fois la différence insondable qui existait entre elle et son frère.

Habituellement, Kurats était gentil avec elle, mais la vérité était qu’il y avait déjà un énorme fossé entre leurs forces.

« Lâche-moi ! Réveille-toi maintenant, Kurats ! » cria Cornelia.

Cornelia ne pouvait pas bouger du tout, c’était comme si elle était coincée entre les mâchoires d’un étau, la seule méthode qui lui restait était de mordre les bras qui tenaient son corps.

Cependant, les bras ne bougeaient pas du tout.

Ce n’était que naturel, parce que...

« Je ne m’appelle pas Kurats. Je suis Bernst George Von Almadianos. Je suis un homme qui est sur le point de devenir une divinité, » déclara Bernst.

... Parce que l’homme qui se tenait devant les yeux de Cornelia était un vrai monstre, celui qui pourrait faire céder le monde entier avec son pouvoir.

***

Chapitre 23

Ce qui avait rendu Bernst fou, ce n’était pas seulement l’impact du sombre passé de Kurats.

Bien sûr, cela avait été un choc sans précédent pour lui, cependant, il y avait autre chose qui faisait vibrer le cœur de Bernst de manière incontrôlable.

C’était l’amour que Kurats éprouvait pour Cornelia.

Bernst n’avait ressenti un tel amour qu’une fois dans sa vie.

En raison de l’amour tenace, mais inexpérimenté de Kurats, Bernst s’était rappelé de quelque chose auquel il n’avait pas pensé depuis des centaines d’années.

C’était une certaine femme forte d’esprit et naïve. Elle était la seule chose dans la vie de Bernst qui avait jamais pris le pas sur son objectif de devenir le roi des mages.

Elle s’appelait Elvira.

C’était une guerrière qui avait obtenu le titre de « la plus forte », elle était l’unique partenaire de Bernst, mais aussi sa rivale.

Ils étaient tous les deux les humains les plus forts et, en tant que tels, ils avaient subjugué un ancien dragon, mais Elvira avait subi une grave blessure au cours de la bataille et avait fini par mourir dans les bras de Bernst.

Bien que son corps n’avait pas été aussi délicat que celui de Cornelia, le regard résolu qu’elle avait dans leurs yeux était le même.

Ou peut-être que Bernst n’y pensait-il qu’en raison du partage des sentiments de Kurats.

Cependant, Bernst n’avait pas ressenti une émotion aussi intense depuis très longtemps, il lui était impossible de la contrôler avec logique et raison.

« ... Je suppose que je vais devoir te punir, » déclara Bernst.

Après qu’il l’eut dit, il avait enfoui son visage dans le cou de Cornelia, laissant le parfum pur de forêt venir lui chatouiller le nez.

Il avait sans aucun doute le corps de Kurats, mais pas sa personnalité, donc Cornelia était confuse quant à savoir si elle était censée se sentir timide ou terrifiée.

Elle connaissait très bien l’odeur corporelle de Kurats.

La pensée qu’elle était prise dans ses bras par Kurats semblait rendre tout son corps brûlant de timidité.

« Tu sens vraiment bon, » déclara Bernst.

Cependant, quand il lui murmura avec une intonation qui ne convenait manifestement pas à Kurats, Cornelia réalisa que ce qu’elle ressentait était la chair de poule.

Ce n’est pas lui ! Ce n’est pas Kurats, je dois partir ! pensa-t-elle.

« Lâche... ! Lâche-moi ! » cria Cornelia.

Cornelia utilisa toutes ses forces pour essayer de s’éloigner de l’étreinte de Bernst, mais elle ne pouvait pas s’éloigner d’un pouce de sa poitrine.

C’était naturel, c’était le corps de Kurats, un homme qui avait détruit les murs du château à mains nues.

Et plus Cornelia résistait, plus il était difficile pour Bernst de réprimer ses désirs charnels.

Je veux cette femme ―, pensa Bernst.

C’était la première fois qu’il ressentait la convoitise depuis plus de mille ans.

{Je vois, c’est vraiment magnifique. Ce sentiment, est-ce l’une de ces émotions humaines incompréhensibles qui étaient communes à moi par le passé ?} déclara Bernst à Kurats. {Je dois te remercier, mon alter ego. Merci de me rappeler ce sentiment !}

Quand Bernst avait repris le corps de Kurats, il avait cessé de partager ses sentiments avec lui.

En d’autres termes, la passion que Bernst ressentait n’était pas simplement une flamme, mais un brasier.

Cependant, Bernst était trop excité pour se soucier de telles choses.

« Je vais t’apprendre qui est le maître ici. Tu devrais te réjouir. C’est ta chance de devenir la femme du roi de la magie, Bernst ! » déclara Bernst.

« Nooooon! » cria Cornelia.

Après avoir facilement soulevé le petit corps de Cornelia, Bernst se dirigea vers sa chambre.

En imaginant ce qui allait lui arriver après cela, Cornelia cria tout en essayant de s’enfuir.

« Kurats ! Réveille-toi ! Aide-moi ! » cria Cornelia.

« C’est inutile. Son pouvoir ne représente qu’un millième du mien, » déclara Bernst.

En réalité, la différence était encore plus grande que cela.

Cela était dû en partie à la nature de Kurats, mais aussi à son manque de connaissances et d’expérience en matière de magie.

« En ce moment, il est mis en quarantaine au fond de son inconscient, mais je pourrais aussi bien le rappeler pour que je puisse lui montrer ce qui va se passer, » déclara Bernst.

« Ça... tout sauf ça ! » déclara Cornelia.

« Eh bien, ça me va. L’exhibitionnisme n’est pas mon passe-temps, » répondit Bernst.

Alors que Bernst arrivait dans la chambre, il jeta Cornelia sur son lit.

Quand elle avait atterri sur le lit, ses longues jambes avaient été exposées, ce qui avait réveillé encore plus la convoitise de Bernst.

Il ne lui était plus possible de se contrôler.

« Tu devrais aussi aimer ça. Après tout, ce corps est celui de ton jeune frère bien-aimé, » déclara Bernst.

La main énorme de Bernst, qui semblait aussi grosse que la tête de Cornelia, alla saisir la poitrine de Cornelia.

« ... Oh, tu n’as pas de seins ? Qui aurait cru que tu ressemblais autant à un homme…, » déclara Bernst.

« Yaaaaaaaah! » cria Cornelia.

Avec rage et fureur, Cornelia utilisa toutes ses forces pour frapper l’entrejambe de Bernst avec son genou. Ce qui l’avait mise en colère était probablement le fait qu’il avait parlé de l’endroit où elle était la plus mal à l’aise avec la voix de l’homme qu’elle aimait.

« Aaaaaaaaaagh! »

Bernst ressentit une douleur peu claire, mais aiguë qui envoya un choc destructeur dans sa colonne vertébrale, le genre de choc que seul un homme pouvait comprendre.

Si cela avait été son propre corps, cela ne serait jamais arrivé.

Il y avait plusieurs barrières magiques autour de lui et, en premier lieu, il s’était déjà séparé de son corps physique dans le passé.

Peut-être cela représentait-il les inconvénients du retour d’un corps physique et de ces émotions.

Lorsque Bernst souffrait au point de s’évanouir presque, il reçut un autre coup puissant.

« Argh ! »

La nausée se mêlait à la douleur intense et Bernst vomit en se tordant de douleur.

{Tu ne poseras jamais la main sur ma sœur !} déclara Kurats.

{Ne me dis pas que tu... As-tu utilisé le choc à ton avantage pour reprendre le contrôle du corps ?} demanda Bernst.

La partie de Bernst qui avait été touchée cette fois était son foie.

Le simple fait de respirer lui donnait l’impression que quelque chose d’acide allait sortir de son estomac.

Ce sentiment brutal de douleur, que Bernst n’avait pas ressenti depuis plus de mille ans, le fit crier en s’agitant.

{Si pathétique, un homme proche d’être un dieu ne peut même pas supporter une douleur de ce niveau ?} déclara Kurats.

{Ne te moque pas de moi ! Si je veux, je peux facilement te remettre... Aaaaaaaagh!} déclara Bernst.

Les pensées de Bernst avaient été interrompues à nouveau par un coup de poing puissant qui avait frappé son plexus solaire.

Il était absolument impossible pour lui de sceller la conscience de Kurats dans cet état.

Un sentiment d’engourdissement circulait à travers tout son corps comme un choc, rendant sa peau tellement sensible qu’il sentait de la douleur au moindre contact.

{Comment ? Tu devrais aussi ressentir cette douleur !} déclara Bernst.

{Aucun homme ne ressentirait une telle douleur des mains de la femme qu’il aime !} déclara Kurats.

Entre un homme qui entraînait son corps et ressentait régulièrement de la douleur et un homme qui atteignait des hauteurs beaucoup plus grandes et n’avait aucun rapport avec la douleur et la souffrance, il était stupide de se demander lequel était le plus endurant. C’était la vraie raison.

{Prépare-toi... Cette fois, ça va être très intense.} déclara Kurats.

{A-Arrête ! J’ai compris ! Je te redonnerais le corps, juste…} déclara Bernst.

L’instant suivant, Bernst ressentit une terrible douleur d’un tout autre niveau que la douleur indirecte qu’il ressentit quand il fut touché à l’entrejambe avant.

Cette douleur s’apparentait à celle de quelqu’un qui se coupait la peau jusqu’à ce que ses nerfs soient exposés et qu’on s’amusait ensuite avec ses nerfs.

C’était parce que le lieu où Cornelia avait frappé cette fois était un point seiketsu, l’un des dix de points d’acupuncture qui géraient la douleur.

Sous l’effet de cette douleur qui était à la limite de ce qu’un être humain pouvait réellement ressentir, Bernst n’était plus capable de rester conscient.

Sa conscience tomba dans l’obscurité, comme si elle avait été coupée par une lame tranchante.

Et Bernst se confia à cette obscurité, soulagé d’avoir finalement été libéré de la douleur.

Simultanément, Kurats reprit le contrôle de son corps et fronça les sourcils instinctivement à cause de la douleur qu’il ressentait.

« ... Kurats ? » demanda Cornelia.

« Oui, sœur, c’est moi, » répondit Kurats.

Ayant confirmé que l’homme en face d’elle était celui qu’elle aimait et non Bernst, Cornelia lui sauta dessus et le serra dans ses bras.

« J’ai eu si peur... ! » déclara Cornelia.

« Pardon, » déclara Kurats.

Quand il vit les petites épaules de Cornelia trembler faiblement, Kurats s’excusa auprès d’elle tout en lui caressant doucement les cheveux.

Dieu merci... C’est le Kurats habituel, doux et gentil, pensa Cornelia.

Sentant la chaleureuse main de Kurats, Cornelia poussa un soupir de soulagement.

« Qui était cet homme appelé Bernst plus tôt ? » demanda Cornelia.

« Je suis désolé de ne pas t’avoir parlé de lui. C’est une sorte de fantôme qui se colle à moi depuis l’autre jour, » déclara Kurats.

Kurats fit alors un vœu à Cornelia. « Je ne le laisserais plus jamais te faire quelque chose. »

Cornelia hocha calmement la tête en réponse.

Cependant, la tension la quittant, elle se souvint de quelque chose de très troublant.

C’était le fait que Bernst lui avait exposé ses sentiments cachés.

Même si elle avait été extrêmement pâle avant, elle devint instantanément complètement rouge et posa timidement une question.

« ... Au fait, as-tu entendu la conversation que j’ai eue avec ce Bernst ? » demanda Cornelia.

Kurats se souvint de la conversation qu’il avait légèrement entendue alors qu’il était coincé dans l’obscurité.

Alors que le visage de Kurats devint rouge, Cornelia devina que la réponse était oui. Affolée, elle avait lutté pour échapper à son étreinte.

Elle était trop gênée pour lui faire face.

« Écoute, je t’aime. Non seulement en tant que ma sœur aînée, mais aussi en tant que femme, » déclara Kurats.

Cornelia avait senti des frissons dans le dos.

« H-Hein ? » s’exclama Cornelia.

« Je ne le cacherai plus. Je t’aime en tant que femme, » déclara Kurats.

Le regard de Cornelia fut arraché, comme absorbé par la forte volonté des yeux de Kurats.

La simple vue de ces yeux suffisait à dire à Cornelia à quel point Kurats était sérieux à propos de ses sentiments pour elle.

Ensuite, Kurats avait essayé de s’approcher de ses lèvres, mais Cornelia avait paniqué et l’avait repoussé.

Bien qu’il soit finalement conscient de son amour pour lui, Kurats était toujours son précieux petit frère. Cela rendait difficile pour Cornelia de vouloir changer le statu quo.

En voyant l’expression faciale de Kurats qui donnait l’impression que ses sentiments avaient été blessés, Cornelia lui répondit en lui indiquant qu’elle était désolée, mais aussi légèrement condescendante.

« ... Donne-moi un peu de temps. J’ai des sentiments pour toi, mais tu es mon petit frère que je connais depuis que tu es bébé, je ne peux pas simplement t’accepter sur le champ, » déclara Cornelia.

Pour que Cornelia puisse considérer Kurats non comme un jeune frère, mais comme un amoureux ou même un mari, cela prendrait plus de temps et exigerait plus de conditions pour être rempli.

Maintenant, Kurats était un membre de la haute société des aristocrates et il avait gagné la faveur et la confiance de la princesse.

À l’avenir, il y avait une possibilité qui s’apparenterait à un bon parti ou qu’il devrait utiliser le mariage comme stratégie politique.

Par conséquent, Cornelia n’avait pas pu trouver le courage de prendre une décision basée sur une impulsion.

« Mais... »

Elle ne savait pas ce que l’avenir apporterait.

D’après ce que Cornelia avait entendu à propos du comportement de la princesse, il était fort probable qu’elle soit attirée par Kurats.

De plus, la princesse n’allait probablement pas être la seule rivale, il y en aurait sûrement d’autres qui se rassembleraient autour de Kurats comme des insectes.

Et, actuellement, Cornelia ne savait pas si elle allait se replier ou se battre quand ce moment viendrait.

« Pourtant, c’est franchement ce que je ressens maintenant..., » déclara Cornelia.

Pour la première fois de sa vie, Cornelia offrit ses lèvres à Kurats.

Accablée par la sensation de chaleur de ses lèvres et par les phéromones qui en résultèrent, Cornelia se dépêcha de le faire alors elle se sentait un peu étourdie.

« B-Bonne nuit ! » déclara Cornelia.

***

Chapitre 24

Alors que son cou commençait à rougir, Cornelia s’était enfuie sans se retourner. Le bruit de ses pas enchantait les oreilles de Kurats.

Tandis que l’odeur de Cornelia dérivait dans l’air, il fallut quelques secondes à Kurats pour prendre conscience du sentiment qui restait encore sur ses lèvres.

« ... Je l’ai fait ! »

{Tu n’as rien fait de vilain ! Peu importe comment tu le regardes, c’était ta chance de lui donner un coup de pouce.}

« Oh, tu es déjà de retour ? »

En entendant le son familier de la voix de Bernst, Kurats haussa les épaules.

« Veux-tu te battre à nouveau ? »

{Non, quelque chose n’allait pas avec moi. Mais de toute façon, je ne me souviens pas d’avoir été aussi humilié au cours des mille dernières années.}

Même si Bernst était proche de la divinité, il ne pouvait même pas supporter le terrible sentiment de dévoiler son triste passé.

« Penses-tu à nouveau à poser ta main sur ma sœur ? »

{Sois tranquille. Je suis déjà habitué à ce sentiment, je ne perdrais pas à nouveau le contrôle.}

En effet, Bernst était finalement devenu un peu habitué à ses émotions incontrôlables.

Dans un passé très lointain, alors qu’il était encore un être humain normal, il possédait une grande variété d’émotions dont il pouvait profiter.

Mais maintenant qu’il s’était séparé de sa vie normale, il ne pouvait pas résister à ces sentiments qu’il aimait.

Il ne croyait pas que les jours où il avait passé son temps à se battre et à ne chercher que le pouvoir et la force soient une erreur.

Cependant, Bernst était finalement en train de prendre conscience de toutes les choses précieuses qu’il avait abandonnées pour atteindre ses objectifs.

De ce fait, il ne lui était pas possible de se séparer du dernier plaisir de sa vie consciente ici-bas.

Et reprendre complètement le corps de Kurats à ce moment-là aurait mis fin au jeu de Bernst.

{Pas encore. Je veux savourer cette excitation qui fait trembler mon âme. Je ne veux pas tout finir si vite. C’est comme une drogue.}

Une fois de plus, Bernst ressentait les mêmes ambitions que lorsqu’il était humain et qu’il envisageait l’avenir. Bien que ce sentiment avait été emprunté à Kurats, cela lui revenait encore.

La vie de Kurats ne faisait que commencer, et elle devait être pleine de hauts, de bas et d’excitation.

{Non, même si ce n’était pas censé être comme ça, j’allais le forcer à l’être.}, dit Glamed Bernst à lui-même.

☆☆☆

Le territoire d’Isengard était situé à environ 100 kilomètres au nord-est de la capitale royale.

Sa position de point de contrôle entre la capitale et la route du nord permettait au territoire de prospérer en tant que ville étape et de se développer économiquement, mais c’était encore une ville rurale qui n’avait pas grand-chose à montrer.

De plus, son économie ne se portait pas non plus très bien.

Un regard sur les visages fatigués des gens ordinaires qui marchaient dans la ville suffisait à dire qu’ils ne vivaient qu’au jour le jour.

« Donnez-moi de la bière. »

Après avoir joué avec deux pièces de cuivre avec son doigt, Kurats s’assit au comptoir d’un bar.

Choqué de voir quelqu’un de la taille de Kurats, ce qui était rare dans ce genre de zone rurale, le propriétaire du bar avait parlé d’une voix tremblante.

« Monsieur... D’où venez-vous ? »

« Oh, je suis de la capitale royale. J’ai quelque chose à faire au marais du nord. »

« Quoi ? »

Le propriétaire du bar fronça les sourcils, comme s’il avait entendu quelque chose de très mauvais.

Il plaça une bière légèrement tiède devant Kurats et lui parla tout en cachant sa voix.

« Je ne veux pas vous offenser, mais vous devriez abandonner. C’est un endroit où même les morts ne peuvent pas passer, et il est infesté de monstres. Cependant, ce n’est pas tout. Un étrange soldat erre dans cette zone. »

« Oho… Ne pensez-vous pas que ça pourrait être un soldat envoyé par le seigneur féodal pour chasser les monstres ? »

« Si nous avions un seigneur si admirable, la ville ne traverserait pas tant de difficultés ! »

Voyant l’expression de pure animosité sur le visage de l’homme, Kurats montra un sourire amer.

Apparemment, la critique de la princesse contre Dross était justifiée. Il ne semblait pas être le type de seigneur féodal qui était gentil avec ses sujets.

« Alors, qui est ce soldat errant autour du marais ? C’est assez bizarre pour un soldat autre que ceux du seigneur féodal d’être à l’intérieur du territoire, n’est-ce pas ? »

« Je ne peux pas parler à haute voix... »

L’homme avait examiné les environs pour voir si quelqu’un d’autre pouvait l’entendre, il ne voulait pas se démarquer.

La seule personne au comptoir était Kurats.

Il y avait quelques clients assis aux tables du bar, mais c’étaient juste des amis qui buvaient ensemble et se parlaient avec des voix joyeuses, et leur attention n’était pas dirigée vers le comptoir.

« C’est ma tournée. »

Kurats avait encore une fois sorti deux pièces de cuivre et le propriétaire du bar avait rempli la pinte de bière sur le comptoir avant de la boire en une gorgée.

« Il y a cinq ou peut-être six ans... Le seigneur féodal avait amené avec lui un mage suspect. »

Après avoir pris sa résolution, l’homme commença à parler.

« Il y avait quelque chose de très étrange chez ce mage. Il errait toujours près de ce marais. C’était plutôt étrange, pourquoi le seigneur féodal avait-il pris un tel excentrique sous ses ordres ? »

Il avait un regard étrange qui faisait qu’il était difficile de savoir où il regardait, il était également chauve et il n’avait rien d’autre que la peau sur les os.

S’il n’avait pas été un mage servant le seigneur féodal, un tel homme suspect aurait été expulsé du territoire.

« Peu de temps après, un enfant qui jouait près du marais a contracté une fièvre de cause inconnue. Un pauvre garçon a été brûlé vif. »

Kurats remarqua que les yeux noirs du propriétaire du bar tremblaient de colère.

« Après cela, chaque année, il y avait quelques personnes qui mourraient de fièvre, bien que ce ne soit pas très fréquent. Les anciens de la ville avaient dit qu’à l’époque, cela se passait plus ou moins une fois tous les dix années, mais c’était la première fois que cela se produisait tous les ans. »

« Et ça a commencé à arriver après que ce type ait commencé à errer dans le marais ? »

« Ouais, eh bien, bien qu’il ait semblé louche, ce n’était pas suffisant pour le rendre coupable. Mais il y a environ deux ans, quelque chose s’est passé. Cette fois, des gens ont disparu. »

Kurats vit les yeux du propriétaire du bar trembler de colère.

« Les avez-vous connus ? »

« Ouais, c’était ma sœur, qui était beaucoup plus jeune que moi et celui qu’elle aimait. Certains ont dit qu’ils avaient fui, mais c’est impossible. Il n’y avait rien qu’elle attendait avec plus d’impatience que de montrer sa robe de mariée à nos parents... »

Avec une expression sombre, le propriétaire du bar se servit une autre tasse de bière et le but.

Bien que Kurats était sur le point d’extraire d’autres pièces de cuivre, l’homme l’avait arrêté avec un signe de la main.

« Après tout cela, la ville avait complètement perdu sa vivacité. Maintenant, les enfants doivent rentrer chez eux alors qu’il fait encore jour dehors et les parents ne peuvent pas les laisser jouer seuls. Pourtant, chaque année, des personnes disparaissent... »

Si des personnes disparaissaient à cause des actions d’un homme, cela ne s’arrêterait pas.

Comment devait-il se sentir impuissant après avoir perdu sa vraie petite sœur ? Si Cornelia disparaissait comme ça, j’allais probablement devenir complètement fou, pensa Kurats.

« Pourquoi penses-tu que ce mage louche en est la cause ? »

Il n’y avait aucun doute que le propriétaire du bar savait quelque chose.

C’était la seule explication à la haine qui émanait de lui.

Après avoir abaissé le volume de sa voix, le propriétaire du bar avait continué à parler.

« J’en ai entendu parler par un gars qui a participé à un comité de vigilance chargé de prendre en charge les disparitions. Il a dit avoir vu le mage utiliser des techniques étranges pour transporter des personnes disparues par la suite. »

« As-tu parlé de ça à quelqu’un d’autre ? »

Le propriétaire du bar avait secoué la tête.

« Celui qui m’avait dit cela était allé en parler personnellement au seigneur féodal et il a disparu depuis. Si je devais le dire à d’autres personnes, je serais à coup sûr tué. »

Le propriétaire du bar connaissait également quelques autres personnes décédées ou portées disparues après avoir fourré leurs nez dans cette situation.

« Mais vous êtes de la capitale royale. Alors peut-être seriez-vous prêt à nous aider à raconter cette histoire aux responsables gouvernementaux de la capitale royale ? Il n’y a rien que les locaux puissent faire à ce stade. »

Comme le seigneur féodal lui-même était l’ennemi, la population ne pouvait rien faire d’autre que se soulever contre lui.

Cependant, comme il n’y avait pas beaucoup de disparitions, il n’y avait personne qui était prêt à donner sa vie pour commencer une rébellion.

S’appuyer sur un étranger comme Kurats était la seule méthode et l’espoir du propriétaire du bar.

« Je comprends... »

Avec un léger signe de tête au propriétaire du bar, Kurats créa un tentacule magique invisible qui s’étirait de sa position.

Iiih !

Un étrange cri inhumain venait de l’ombre d’un gros tonneau placé dans le coin droit du bar.

« Hmm ? Qu’est-ce que tu as dit ? »

« Moi ? Rien. »

Kurats avait commandé une autre pinte de bière avec un léger sourire sur son visage.

{Tu penses qu’il nous a entendus ?}

{Probablement. On ne peut rien y faire, il faut se dépêcher.}

L’ennemi était allé jusqu’à ordonner à un familier de faire une collecte d’informations dans un bar comme celui-ci, il semblait très prudent.

{ ... On dirait que je parie sur le bon cheval.}

Plus un méchant était méchant, mieux c’était de l’exposer et de le piétiner.

Peut-être parce que Kurats était l’alter ego de Bernst, ils partagèrent tous deux la même opinion à cet égard.

☆☆☆

« Mon familier a-t-il été détruit ? »

Oliveira fut surpris quand le circuit de mana qui le reliait à l’un de ses familiers fut rompu.

Devenu obsédé par l’étude des monstres et les façons de les utiliser, il utilisait une douzaine de monstres pour recueillir des informations en tout temps.

Parmi eux, il y en avait un qui était particulièrement excellent, c’était un monstre fantôme qui avait la capacité de se cacher dans l’ombre. Il était aussi assez intelligent pour comprendre les humains et il possédait une compétence particulière qui lui permettait de paralyser une personne dans l’ombre.

Dans une région isolée comme celle-ci, il y avait très peu de personnes qui pouvaient remarquer la présence du monstre.

Inutile de dire que le nombre de personnes capables de tuer le monstre était encore plus réduit et, à la connaissance d’Oliveira, il n’y en avait que trois ou quatre sur l’ensemble du territoire.

« Étudier cette terre est très bien, mais... »

Oliveira était convaincu que la tentative d’assassinat de la princesse avait fait l’objet d’une enquête suffisamment approfondie pour la relier à cette zone.

Le fait que son magnifique familier soit mort sans offrir de résistance suffisait.

La famille royale avait probablement envoyé un individu très compétent.

Cependant, cela n’avait pas d’importance pour Oliveira.

Il n’avait aucune intention de rester sur le territoire d’Isengard juste parce qu’il était arrivé à trouver des monstres intéressants ici.

S’il y avait un réel danger, il lui suffisait de déplacer sa base de recherche ailleurs.

Jusqu’à présent, Oliveira avait toujours été comme un oiseau migrateur, cherchant un aristocrate facile à manipuler et à vivre sous son patronage.

« Mais bien sûr, avant cela, quelqu’un devra payer pour avoir tué mon gentil familier. »

Oliveira se mit à rire d’un ton aigu.

Avant de partir loin d’ici, il devait payer la personne qui avait tué son précieux monstre.

Pendant que j’y suis, je suppose que je devrais faire quelques expériences sur lui.

Les habitants de cette région étaient désespérément normaux. Ils se brisaient trop facilement et ils mouraient si vite qu’Oliveira n’avait pu mener aucune expérience décente sur eux.

Quel genre de monstre devrais-je utiliser ? se demanda-t-il. Dois-je utiliser le parasite mental ?

Oliveira avait également récemment trouvé un monstre de type suceur de sang qui pouvait générer une quantité de douleur incroyable en utilisant le propre sang de la cible, et il envisageait de l’expérimenter.

« Hehehehehe! Ça va être amusant ! »

Cela était arrivé juste au bon moment, car il était à court de cobayes pour ses expérimentations.

Oliveira continua de rire comme s’il était devenu fou.

« Heheheh! Je lui apprendrai que ses sorts ne sont que des tours de passe-passe comparés aux familiers d’un maître monstre comme moi ! »

Oliveira regarda un endroit vide et visualisa son ennemi qu’il n’avait pas encore vu, alors que ses yeux s’illuminaient d’une joie sombre.

***

Chapitre 25

Après avoir quitté le bar, Kurats s’était dirigé vers le marais.

Le propriétaire du bar lui avait dit à maintes reprises de ne pas s’approcher de cet endroit, mais, bien sûr, Kurats n’avait pas écouté.

C’était inévitable puisque le marécage était très probablement l’endroit où se trouvait le monstre parasite qui avait attaqué Lunaria.

La grande forêt au nord du territoire d’Isengard était infestée de monstres, et elle était située dans une zone apatride entre les territoires humains et démoniaques.

Elle faisait partie d’une forêt inexplorée appelée la mer des arbres et, avec les montagnes inexplorées appelées les hauts sommets, elles représentaient toutes les deux 50 % du continent.

Ceux qui régnaient au sommet de ces écosystèmes étaient des monstres dotés de nombreuses capacités spéciales.

La plupart des monstres n’étaient pas des êtres très intelligents, mais on disait que plus ils vivaient près du centre des hauts sommets, plus ils l’étaient.

La légende raconte que les hauts sommets étaient gouvernés par le roi des monstres et ses quatre ducs.

Bernst s’était dit qu’il devait absolument visiter cet endroit un jour.

« Hmm ? »

Après que Kurats ait marché pendant environ une heure à travers un sentier étroit à l’intérieur de la forêt, les rayons du soleil étaient finalement revenus quand les arbres avaient cédé la place à un marécage considérablement grands.

Même s’il était assez grand pour qu’on puisse l’appeler un lac, l’eau n’était pas profonde et il y avait des arbres flétris qui en sortaient comme des pierres tombales, faisant déborder la zone avec un sentiment de désolation.

Le rivage était boueux et avait l’air de traîner au fond du marais tous ceux qui y mettaient le pied par imprudence.

Dans ce paysage sombre, il y avait un élément qui se détachait.

« Il est... en train de pêcher ? »

Même s’il faisait beau ici, c’était quand même très étrange de voir un homme d’âge moyen pêcher avec un chapeau de paille et une chemise en lin dans cet endroit boueux.

Kurats se frotta les yeux par réflexe à la vue de cette étrange scène.

« ... Pouvez-vous pêcher ici ? »

« Ouais, ce n’est pas si facile, mais pour ceux qui sont au courant, les poissons de ce marais sont des ingrédients de haute qualité. »

« O-oh, qui l’aurait cru ! »

En premier lieu, on pouvait se demander si une personne lambda pouvait vivre dans ce marais de la mort, mais en y réfléchissant bien, il y avait des monstres qui y vivaient, ce qui signifiait probablement que le marais avait déjà un écosystème approprié.

« Venez-vous souvent ici ? »

Kurats posa des questions d’une manière décontractée.

Kurats avait pensé que si cet homme vivait ici, il connaîtrait peut-être des rumeurs concernant les marais de la forêt.

Cependant, la réponse de l’homme n’avait pas été à la hauteur de l’espoir de Kurats.

« Non, je ne suis venu qu’hier en fait. Et si je ne rentre pas bientôt avec du poisson, ma femme ne sera pas heureuse, c’est sûr, Hahahahahahaha ! »

L’homme riait d’une voix confortable, comme s’il n’était pas pressé du tout.

Ce type n’était pas un amateur.

{Suppose que tu as raison. Il a l’air d’un homme d’âge moyen normal que l’on peut trouver n’importe où, son jeu d’acteur est impeccable.}

Kurats et Bernst avaient vu clair dans le calme de cet homme.

La question était de savoir s’il s’agissait d’un subordonné du mage dont le propriétaire du bar avait parlé, ou simplement de quelqu’un qui était venu enquêter sur la situation tout comme Kurats.

« Est-ce que ça va ? J’ai entendu dire que cet endroit est célèbre pour avoir été le théâtre de beaucoup de disparitions. »

Kurats n’ignorait pas la faible lueur qui apparut dans les yeux de l’homme.

« C’est la première fois que j’entends parler de ça. Si vous êtes d’accord, pouvez-vous m’en parler ? »

« Eh bien, je ne connais pas les détails, mais... »

Kurats avait résumé ce qu’il avait entendu du propriétaire du bar.

« Je vois, je n’aurais jamais imaginé tout ça... »

L’homme avait commencé à réfléchir, la main sur le menton, comme s’il se rendait compte qu’il avait fait une erreur.

Cet homme était bien trop négligent.

Même sans que les gens disparaissent, cette forêt serait déjà assez dangereuse.

Kurats ne s’était jamais rendu dans un endroit où il pouvait sentir la présence d’une population aussi dense de monstres, bien qu’il ne sache pas si la forêt était à l’origine ainsi ou si c’était grâce au travail de ce mage.

« Vous en avez attrapé un. »

Tout en se retenant à rire, Kurats désigna la canne à pêche de l’homme.

Bien qu’il ait été difficile de le deviner vu qu’il était recouvert de boue, le flotteur attaché à la ligne de pêche s’était déplacé. L’instant d’après, il s’était instantanément enfoncé dans l’eau.

« Oh ! C’est un grand o — ... Aaaaaaaaaaaaaaaah ! »

Quand l’homme avait levé sa canne à pêche, un monstre aquatique était apparu.

Il avait une énorme bouche avec des crocs nombreux et épais. On aurait dit un poisson des grands fonds.

L’ouverture de sa bouche était d’environ 40 centimètres.

L’homme était tombé, mais s’il était resté debout, le monstre lui aurait arraché la moitié du visage.

« Garde donc ton visage nauséabond là-dessous ! »

Kurats avait ramassé un caillou à proximité et l’avait jeté.

Le caillou avait frappé le côté de la tête du monstre qui s’était déchirée comme si elle avait explosé de l’intérieur. Son sang et ses entrailles se répandirent sur l’homme qui venait de tomber sur son dos.

« Hiiiiii... ! »

Peut-être à cause de la malchance de l’homme, la bouche diabolique du monstre aquatique s’était accrochée à son visage en raison du fonctionnement des lois de l’inertie.

« Argh ! »

Après avoir poussé un cri ambigu, l’homme s’était évanoui sur place, mais c’était tout naturel.

« Hé, si vous voulez vous endormir dans ce genre d’endroit, vous ne pouvez pas vous plaindre si vous finissez par disparaître comme les autres. »

On aurait dit que cet homme et Kurats étaient la cible des monstres de la forêt.

Avec le bruit des éclaboussures d’eau, plusieurs monstres étaient apparus du marais tandis que quelques grands singes tueurs de deux mètres venaient des profondeurs de la forêt.

À en juger par l’épaisse soif de sang dans l’air, il était évident pour Kurats que le mage qu’il cherchait était déjà au courant que le familier qu’il avait laissé dans le bar avait été tué.

« Ça n’a pas d’importance, ça veut juste dire que je vais devoir tous les écraser. »

Après l’avoir dit, Kurats avait serré les poings avec un rire féroce.

« Yaaaaaaaaaaaa ! »

Quand l’un des monstres était sorti du marais pour essayer de l’attaquer, Kurats avait donné un coup de pied derrière lui sans regarder en arrière.

Plutôt que « coup de pied », il était peut-être plus juste de dire qu’il avait tranché le monstre avec son pied, le coupant en deux moitiés parfaites qui étaient ensuite retombées dans le marais.

Au même moment, l’un des singes tueurs avait profité de ses longs bras pour attaquer Kurats, en sautant d’arbre en arbre au-dessus de lui.

Même un chasseur forestier professionnel ne combattrait pas seul un tel monstre, mais il ne faisait pas le poids contre Kurats.

Aussi agile soit-il, il n’y avait aucune chance qu’il surpasse Kurats.

Avant qu’il n’atteigne son cou, Kurats avait attrapé le bras du singe tueur et avait brisé ses os en morceaux.

« Gyeeeeeeeeeee ! »

Sans prêter attention aux cris de douleur de son compagnon, un autre singe tueur était venu attaquer la poitrine de Kurats, pour tenter de lui infliger une blessure mortelle.

La force du singe tueur et la solidité de ses griffes suffisaient pour traverser le tronc d’un arbre, mais Kurats avait utilisé sa main comme une lame pour couper la main du monstre au niveau de son poignet et avait ensuite commencé à poignarder sa poitrine à l’instant suivant.

« Des griffes si faibles ne passeraient jamais à travers mes muscles, mais tu as fait des trous dans mes vêtements et ce n’est pas bien. »

L’autre singe tueur, qui souffrait encore de la douleur de son bras cassé, avait poussé un cri en essayant de s’échapper.

« Crève, c’est tout. »

Cependant, Kurats n’était pas assez gentil pour laisser le monstre partir silencieusement après l’avoir attaqué avec l’intention de le tuer.

Kurats avait ramassé la griffe qu’il avait tranchée plus tôt et l’avait ensuite jetée à l’arrière de la tête du singe tueur qui tentait de s’échapper en se cachant dans les arbres de la forêt.

La griffe était alors sortie du front du singe tueur, donnant l’impression que le monstre s’était fait pousser une corne, avant qu’il ne s’effondre sur place.

« Incroyable... Vous êtes incroyable. Je n’ai jamais vu un aventurier tuer d’une façon aussi brillante. »

Apparemment, avant même de s’en rendre compte, l’homme d’âge moyen s’était réveillé et avait commencé à applaudir les performances de Kurats.

Cependant, la lumière dans ses yeux montrait qu’il était très vigilant et qu’il essayait activement de voir à travers la véritable identité de Kurats.

« Ne devriez-vous pas vous dépêcher de vous enfuir, vieil homme ? »

Cet homme était probablement un espion envoyé pour enquêter sur Isengard.

Quelqu’un qui s’était vraiment évanoui juste parce qu’un monstre lui avait sauté dessus ne pouvait pas être un subordonné du ravisseur.

Tout comme l’homme l’observait, Kurats, ou plutôt Bernst, inspectait chacun de ses mouvements.

S’il était un espion, alors le laisser revenir vivant allait être pratique pour Kurats.

« ... Reste-t-il des monstres ? »

Kurats haussa les épaules et souriait comme s’il s’amusait.

« Celui qui manipulait ces monstres va sortir maintenant. Un mage sait quand un familier sous leur contrôle meurt. Je parie qu’il se précipite vers nous en ce moment même. »

En effet, lorsqu’Oliveira s’était rendu compte que son lien avec ses familiers était coupé, il s’était précipité vers le marais.

Il avait laissé la plupart de ses familiers en liberté à l’intérieur de la forêt afin de les cacher pour ne pas éveiller l’attention du public.

Pour lui, c’était donc une aubaine que l’homme qu’il cherchait se trouvait à l’intérieur du marais, où il pouvait facilement faire attaquer les monstres.

« Bon sang, vous n’allez pas mourir, n’est-ce pas ? Ça me ferait de la peine d’abandonner le gars qui m’a sauvé la vie. »

Malgré ses paroles, l’homme d’âge moyen s’était levé avec une expression détachée et s’était dépoussiéré le pantalon.

Il semblait être conscient qu’il serait un obstacle que s’il ne partait pas.

« Je m’appelle Kurats Hans Almadianos. Et vous, vieil homme ? »

« Vieil homme ? Vous êtes affreux. Franchement, j’ai juste 30 ans. Je suis Argus Becker. La prochaine fois qu’on se verra, appelez-moi grand frère. »

Argus avait baissé les épaules comme s’il était gravement blessé.

Devenir raisonnable à l’approche de la trentaine était un sentiment qui ne pouvait être compris que par ceux qui en avaient fait l’expérience.

Bien sûr, Kurats, qui n’avait que 18 ans, ne pouvait pas comprendre.

« Quoi qu’il en soit, en mettant de côté cette histoire de grand frère, selon la situation, je pourrais avoir besoin que vous soyez témoin pour moi, vieil homme. »

« Si vous voulez que je sois votre témoin, laissez tomber ça et appelez-moi grand frère. »

Alors qu’il discutait avec Argus, Kurats sentit quelque chose de très puissant s’approcher des profondeurs de la forêt.

« Quoi qu’il en soit, vous manquez de temps. Vous feriez mieux de vous dépêcher et de partir. »

« Woops, désolé ! Si vous voulez bien m’excuser, je m’en vais. »

Argus avait joint ses mains ensemble en signe de remerciement, puis avait quitté précipitamment le marais.

Cet homme était très sympathique, à tel point que Kurats voulait douter qu’il soit vraiment un espion, malgré son meilleur jugement.

« Eh bien, il devrait bientôt apparaître. »

Au fur et à mesure que la forte présence venant du château d’Isengard arrivait, Kurats s’était rendu compte que le nombre de monstres s’approchant de la forêt était considérablement plus élevé qu’il ne le pensait.

***

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5 commentaires

  1. Ligne de départ étrange. Il faudra voir comment cela évolue.

  2. Merci pour ce chapitre

  3. Ce bâtard mérite d'être torturé

  4. Ah oui effectivement y a plein de nouvelles images ! Merci !

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