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100 en Chance et une Compétence en Domptage de Dragons – Tome 1

Table des matières

***

Chapitre 1 : Le message de mauvais augure

Entendez-moi, mortels de ce monde ! Dans trente ans, une espèce belliciste entourera votre planète et détruira votre civilisation.

Quand chaque humain sur terre avait entendu ce message inquiétant résonner dans leur esprit, plusieurs réactions étaient apparues. Certains avaient cru que c’était une blague de leur imagination débordante, d’autres comme un cauchemar, et très peu avaient pris cela au sérieux, mais ceux l’ayant pris au sérieux avaient vite compris que tout cela était réel.

Quand je l’avais entendu, j’étais en train de jouer à Dragon Hunt. Ce message bizarre m’avait fait perdre ma concentration pendant une seconde. Je n’avais pas pu esquiver à temps et j’avais servi de collation au boss final du second donjon le plus difficile du jeu. Et ainsi, près de trois heures d’efforts avaient été détruites. Ce n’aurait pas été un problème si je jouais en groupe, mais je jouais à ce moment-là en solo.

Le choc était tel que j’étais resté à bout de souffle devant mon écran pendant cinq minutes jusqu’à ce que l’avertissement AFK apparaisse au milieu de mon écran.

J’avais soupiré et l’avais fermé. Après quelques cliques aléatoires autour de mon personnage, j’avais fait savoir au système que j’étais toujours présent.

« Marius, as-tu sorti les poubelles comme je te l’ai demandé ? » avait crié ma mère depuis la cuisine.

En grognant derrière ma chaise, cela m’avait ennuyé qu’elle me demande ça. Immédiatement, mes os et mes muscles douloureux m’avaient averti que j’étais resté assis trop longtemps. Je m’étais un peu étiré, essayant de me débarrasser de la douleur. Une fois remis, j’étais sorti de ma chambre et étais allé vers la cuisine. En regardant le sac poubelle sous l’évier, j’avais réalisé que j’avais oublié de faire comme elle me l’avait demandé. Là encore, je ne pouvais me souvenir de quand ma mère m’avait demandé de faire cela en premier lieu.

En frottant l’arrière de ma tête, j’avais répondu, « J’ai oublié... »

Ma mère se trouvant devant les plaques de cuisson abaissa la flamme sous la marmite. Après un long soupire, elle me lança un regard noir.

« Désolé. J’ai été distrait. » Dis-je en haussant les épaules.

« Va le sortir maintenant. » Me dit-elle d’une voix calme, mais au fond, je pouvais sentir la pression écrasante et je savais instinctivement que ce n’était pas une requête, mais un ordre.

J’étais retourné dans ma chambre, avais cliqué sur l’écran quelquefois de plus pour réinitialiser le minuteur d’AFK, puis avais sorti la poubelle.

Ma famille vivait dans un appartement de trois pièces dans un immeuble de quatre étages au milieu de Bucarest, la capitale de la Roumanie. Je me sentais chanceux d’avoir un ascenseur dans le bâtiment parce que monter cinq étages n’était pas un plaisir, pour ne pas dire que j’aurai été incapable de remonter avant de repasser en AFK, peu importe la vitesse à laquelle je montais les escaliers.

Les bennes à déchets se trouvaient derrière le bâtiment. Après m’être débarrassé de la poubelle, je m’étais précipité à la maison, espérant que le compte à rebours de l’AFK ne me forcerait pas à quitter les donjons. Si j’étais dans un groupe, cela ne poserait pas problème. Habituellement, j’allais dans les donjons en compagnie de quelques amis en ligne ainsi que des membres de guilde, et il ne fallait pas plus d’une demi-heure pour atteindre le boss, mais le faire en solo était un vrai cauchemar.

« Je suis rentré ! » Ai-je dit en ouvrant la porte.

« Marius, as-tu entendu une voix étrange il y a un moment ? Le journaliste a dit que beaucoup de personnes l’ont entendu, » avait demandé ma mère en me regardant l’air inquiet.

J’avais levé un sourcil.

« Euh ! Quelle voix ? » Demandai-je en me posant la question si c’était cette voix qui m’avait fait échouer.

« Cette voix a dit quelque chose comme quoi une espèce belliciste va attaquer la planète dans trente ans. » A-t-elle dit.

Maintenant que j’y pense, j’avais entendu quelque chose comme ça, mais est-ce que ça disait vraiment quelque chose de si absurde ?

J’avais répondu d’un petit signe de tête, ne m’en souciant pas trop, mais cela me fit me demander si ce n’était pas une sorte de blague ? Avec toute la technologie que nous avions à la maison, il n’aurait pas été surprenant que quelqu’un ait simplement piraté notre réseau et ait envoyé ce message inquiétant par tous les haut-parleurs.

Ma mère fit une expression troublée après que j’eus répondu. Les nouvelles télévisées ne facilitaient pas non plus les choses, car la confirmation du même message venait du monde entier. Les chaînes d’informations et réseaux sociaux avaient explosé.

« Peut-être que c’est une grande blague ? » Lui dis-je avec un sourire ironique, espérant que ça la calmerait.

« Je ne pense pas que ce soit une blague... » Dit-elle en s’asseyant devant la télé.

J’avais soupiré en secouant la tête.

Donnez-lui un peu de temps. Le coupable de cette farce sera révélé, les choses vont se calmer d’un coup et tout le monde rira en se souvenant de ces moments. C’était ce que je pensais à ce moment.

« La marmite est en train de déborder ! » Ai-je crié en me précipitant afin de remuer la soupe avec la cuillère en bois.

« Merci, Marius ! Je m’en occupe à partir d’ici. » A-t-elle dit.

J’avais soupiré de soulagement et étais retourné dans ma chambre.

« Oh, merde ! Le compteur ! » Je venais de le réaliser en courant vers mon clavier. « Pfiou... à la dernière seconde... » Dis-je en m’asseyant.

Il était temps de commencer une seconde fois le boss final.

***

Chapitre 2 : Kidnappé

Trois jours étaient passés depuis que le monde avait reçu le message inquiétant concernant notre destin, mais personne n’avait encore découvert l’envoyeur. Les fanatiques religieux prenaient cela comme une manière de faire progresser leurs religions à quiconque voulait bien écouter ou non. Même à l’école, les gens agissaient bizarrement. L’un des professeurs ne s’était pas présenté en classe, et certains de mes camarades étaient restés chez eux. Tout le monde s’en fichait ou croyait que cela n’avait rien à voir avec eux. Je faisais partie de ceux qui s’en fichaient.

Étonnamment, les mathématiques restaient un facteur d’ennui. Ce n’était pas comme si j’étais faible en maths ou que je détestais le sujet, c’était plutôt à cause de notre professeur. Il s’agissait d’un homme de 60 ans qui parlait à peine et gribouillait constamment des chiffres et des équations sur la table. C’était le véritable : « cœur de la fête ».

Après la fin des cours, j’avais décidé de me rendre au parc avec certains de mes camarades de classe. J’avais rangé mes affaires, et nous étions sur le point de quitter le campus quand tout à coup, il y avait eu ce flash lumineux. J’avais rapidement fermé les yeux et arrêté d’avancer.

Qu’est-ce que c’est ? pensai-je.

Je n’avais aucune idée de ce qui venait de se passer, mais quand je m’étais réveillé, je n’étais pas au Kansas ni en Roumanie d’ailleurs...

Tout ce que je pouvais voir, c’était des centaines si ce n’était des milliers d’autres personnes autour de moi. Ils avaient tous entre 16 et 30 ans, je pouvais le supposer d’après leur apparence. Il y avait ici des hommes et des femmes, même une fille ressemblant à une lycéenne typique.

Est-elle cosplayeuse ? Me demandai-je.

J’avais essayé de bouger et de parler, mais pas un seul muscle ne m’avait obéi. Je ne pouvais que déplacer les yeux et la tête, mais il ne fallut pas longtemps avant que je commence à paniquer.

Oh mon Dieu ! Qu’est-ce qui m’arrive ? Pourquoi ne puis-je pas bouger ? Où suis-je ? Qui sont ces gens ? Qu’est-il arrivé ? Pensais-je alors que la panique m’envahissait.

D’après ce que je pouvais voir, les autres étaient dans le même état que moi, ils ne pouvaient pas bouger. Tout le monde cherchait désespérément une réponse, mais certains étaient simplement en train de regarder vers le ciel. Je n’avais aucune idée de ce qui était si intéressant dans le ciel ou vers le plafond, alors j’avais aussi levé les yeux.

Qu’est-ce que... ça ne peut pas être vrai... pensai-je.

Abasourdi, je regardais ce qui était affiché au-dessus de moi, mais ce n’était pas le plafond d’un entrepôt rempli de néons, mais ce n'était pas non plus le ciel bleu habituel, non, ce que je voyais était un monde. Nous regardions une planète inconnue, un monde mystérieux avec de nombreuses îles avec un océan sans fin. Je n’avais aucune idée de sa taille, mais à en juger par les nuages blancs et les tâches vertes occasionnelles, je pensais que ça ressemblait à la terre.

Un monde étranger ? Un hologramme ? Qu’est-ce ? pensai-je, mais j’avais l’impression de répondre à mes propres questions.

« Test ! Test ! Est-ce que cette chose fonctionne ? Eh bien, ce n’est pas comme si j’utilisais un micro ou quelque chose comme ça ! » La même voix que nous avions tous entendue il y a trois jours avait attiré notre attention.

Tout le monde avait regardé en direction de la voix. Nous avions vu un nuage blanc flottant et un être fait de pure lumière se tenant dessus. Cette entité étant en réalité un géant d’au moins 10 fois la taille d’une personne. Il n’avait pas de visage, de vêtement ou d’autres caractéristiques particulières. Il s’agissait juste d’un mélange de lumière jaune et d’éclairs sous la forme d’un être humanoïde.

« Très bien alors ! Je suis sûr que vous pouvez tous m’entendre ! Pour commencer, je suis un être semblable à un Dieu. Aux fanatiques religieux parmi vous, pas un Dieu, pas Dieu, mais un être semblable ! Ce qui signifie que je suis très puissant, je sais beaucoup de choses, et pour vous, simples mortels, je pourrai être votre soi-disant Dieu. Quoi qu’il en soit, en continuant les présentations, je suis sûr que la plupart d’entre vous ne sont pas intéressés par mon histoire, mais plutôt par la raison de votre présence ici et de ce qui va vous arriver à partir de maintenant ! » avait dit l’entité, puis avait créé une sorte d’écran géant holographique dans le ciel. Là-dessus, la Terre était affichée vue depuis l’espace. « Vous avez tous reconnu cette belle perle bleue, non ? Pour ceux d’entre vous qui n’ont aucune idée de ce qu’ils regardent, voici la Terre, la planète sur laquelle vous viviez jusqu’à maintenant. Donc, la dernière fois, je vous ai dit qu’une espèce extraterrestre puissante s’approchait de la Terre et la conquérait bientôt. Eh bien, comme les choses sont, beaucoup d’espèces avancées ont estimé que vous, singes glabres, méritiez une chance d’évoluer ! » L’image changea en une carte politique de la Terre actuellement. « Vous êtes assez désordonné, malheureusement. Dooonc beaucoup d’états... Bordel ! Quoi qu’il en soit, le Conseil Galactique a demandé mon aide afin de résoudre votre petit problème ! Et j’ai dit, pourquoi pas ?! » Il avait ensuite ri, et la carte se changea en une version de la carte politique dans le futur jusqu’à l’année 0AD. « Alors je suis retourné dans le passé et ai donné à l’humanité d’innombrables épreuves ! Ils étaient plusieurs à découvrir de nouvelles technologies, à conquérir, à trouver de différents saints et prophètes, etc. ! » Quand il l’avait dit, la carte changea pour montrer diverses figures importantes du passé ainsi que leurs influences sur la carte. De puissants dirigeants et personnalités religieuses importantes avaient été affichés. Il semblerait que cette entité avait joué dans d’innombrables moments décisifs de notre histoire.

Alors qu’il parlait des nombreuses épreuves qu’il avait imposées aux humains et à quel point nous nous détruisions lors de la Seconde Guerre mondiale et même après la première utilisation de l’arme atomique. J’avais regardé autour de moi afin de voir comment les autres réagissaient. Pour ma part, j’étais plutôt calme et détendu alors que je devrais paniquer comme un poulet en face d’un renard. C’était étrange, mais c’était peut-être grâce à l’aura apaisante de cette entité. Peu importe où je regardais, personne ne tournait la tête pour chercher une issue ou un sauveur. Ils étaient tous calmes et détendus.

« Maintenant que j’en ai fini avec la leçon d’histoire, je crois qu’il est temps pour moi d’expliquer votre rôle dans tout ça ! » annonça-t-il.

Mon instinct me disait que je n’allais pas apprécier ce que j’allais entendre.

« Vous allez tous être sacrifiés à un dragon mangeur d’homme afin de sauver 10 % de la population de la Terre ! » Avait-il annoncé.

Que vient-il de dire ? Me suis-je demandé en le regardant horrifier. Nous devions être quoi ? Nononon ! Cela doit être une sorte d’erreur ! Que veut-il dire par sacrifier ? Serons-nous jetés dans un volcan ? Mangé ? Tué sur un autel ?

Les pensées de notre destin imminent avaient surgi dans mon esprit et la panique s’était à nouveau installée en moi. Je ne pouvais bouger, je ne pouvais fuir, seulement déplacé ma tête et mes yeux. Tout le monde se regardait avec de la peur dans les yeux, essayant désespérément de s’enfuir. Pendant ce temps, celui qui se proclamait une entité semblable à Dieu nous regardait comme de petits moutons sans défense envoyés à la boucherie.

« Je plaisante ! Je plaisante ! Haaa ~ ! J’ai toujours voulu faire ça ! » Dit-il alors qu’il se mit à rire très fortement depuis son nuage.

Une blague ? Qui blague sur cela ?! Je voulais crier, mais mes lèvres restaient scellées, et je ne pouvais que lui jeter un regard noir.

« Eh bien ! Il est temps pour s’occuper de la véritable affaire ! » Il avait dit cela, puis avait changé l’écran en une vision de la Terre. « Alors que vous êtes tous ici, vos amis à la maison vont essayer de réparer les choses à leur manière. Cela signifie soit qu’un pays conquiert plus de 70 % de la planète. La deuxième solution est de créer un gouvernement mondial dans lequel plus de 120 pays doivent être représentés de la même manière, » avait déclaré l’entité.

Alors, pourquoi sommes-nous ici ? Voulais-je demander.

« Oh ? Je peux déjà sentir que certains d’entre vous réalisent que cette tâche est impossible ! Actuellement, certains de vos pays se sont déjà déclaré la guerre et ont commencé à attaquer, mais bon ! Pas comme si je m’en inquiétais ! » Dit-il en haussant les épaules nonchalamment.

Je n’avais pas besoin d’être un génie en politique pour comprendre ce qu’une guerre pouvait signifier sur Terre, surtout avec l’arsenal nucléaire à leur disposition. Je ne pouvais qu’espérer la sécurité de ma famille...

« Pour vous tous... Eh bien, vous êtes environ 10 millions et tous ont été triés sur le volet par moi ! Vous allez me divertir ainsi que les Dieux du monde que vous voyez là-bas en agissant comme des héros ou des méchants, selon ce que vous choisirez de devenir ! Pour le dire franchement, chacun de vous deviendra le personnage de sa propre histoire ! Si au moment où le dernier d’entre vous mourra, ce monde est devenu meilleur grâce à votre influence, alors la Terre sera épargnée par l’invasion. Sinon, eh bien... j’espère que vos amis et votre famille ont acheté le guide : “Vivre sous le joug d’envahisseur pour les Nuls”, » il avait expliqué cela et nous avait ensuite montré le livre comme s’il en faisait la publicité. « Je l’ai moi-même écrit ! Il y a même des images drôles, quelques pages en couleurs, des graphiques, vous savez... Les bases. »

Il a réellement écrit un tel livre ?! Est-ce qu’il s’attend à ce que nous échouions ? Eh bien, techniquement parlant, il pouvait voir l’avenir alors... pensai-je en baissant les yeux, puis je réalisais quelque chose. Le restant de nos vies ? Alors, nous allons vivre... et mourir là-bas ?

« La partie ennuyeuse est finie, maintenant la partie amusante ! COMPÉTENCES ! POINTS DE STATS ! ETTTTTT NIVEAUX ! » Cria-t-il au point que mes oreilles sonnèrent.

Niveau ? Me demandai-je en regardant confusément l’entité.

***

Chapitre 3 : Une erreur pour un joueur

Je n’étais pas le seul à être confus face aux paroles de l’entité, j’en étais certain. Cependant, la raison pour laquelle je croyais cela était que je me considérais comme un humain normal. En tant que tel, on serait confus et apeuré dans une situation aussi absurde. Compte tenu de ce que l’entité avait dit plus tôt, il y avait une grande chance pour que des personnes ne connaissant pas internet soient ici parmi ces 10 millions de personnes. Ils étaient probablement les plus confus d’entre nous tous.

Si ce que l’entité avait dit était vrai, alors peut-être que le petit nombre d’entre nous jouant avait un avantage spécial dans cette situation.

« Alors, la moitié d’entre vous ne comprend pas de quoi je parle... En tout cas, je vais vous aider un peu avec ça ! Menu de statut ! » Cria-t-il et immédiatement après ça, un écran de statut typique était apparu devant moi et chacun d’entre nous.

Cela ressemblait à une sorte d’interface holographique complète avec des boutons, des icônes et toutes sortes de choses écrites. Voir quelque chose comme cela m’avait surpris, mais ce qui était le plus surprenant, c’était mes statistiques niveau 1 :

Nom : Inconnu

Espèce : Humain

Niveau : 1

Force : 9

Vitesse : 8

Dextérité : 11

Magie : 10

Chance : 2

Excellence magique : 1 %

Compétences : Aucunes

Points de compétences : 1

Points de statut : 100

Chance 2 ? Eh bien... cela explique BEAUCOUP de choses... Pensai-je en réfléchissant aux événements malheureux s’étant passé dans ma vie, cependant, j’avais supplié que cela soit différent dans un jeu. Pour une raison quelconque, j’étais plutôt chanceux là-bas, ou peut-être que ma compréhension de chanceux était imparfaite dès le départ.

En arrêtant de regarder mon statut pour regarder les autres à côté de moi, j’avais vu quelques personnes regarder cela bizarrement.

Ils ne sont pas habitués à cela, n’est-ce pas ? Me suis-je demandé. J’avais ensuite regardé vers le seul point de compétence.

« Tout le monde comprend ? » Demande l’entité semblable à Dieu.

Personne n’avait répondu. Nous ne pouvions pas bouger nos lèvres, mais certains avaient probablement essayé de crier.

« Bien ! Bien ! Maintenant, je vais vous accorder votre première compétence ! Héros ! » Déclara-t-il.

Immédiatement, un message avait surgi devant mes yeux avec les détails de la compétence.

Héros : Compétence passive permettant à l’utilisateur de gagner 10 points de statut et 1 point de compétence à chaque niveau, ce qui permet la montée de puissance et l’avancement physique de la personne sans avoir besoin de s’entraîner.

10 ? Mais j’en ai 100... M’étais-je demandé, mais l’entité avait répondu peu après à mon interrogation.

« Monter de niveau est assez facile dans ce monde ! Fondamentalement, tout ce que vous avez à faire est de tuer des choses seul ou en groupe. Bien sûr, comme cela arrive sur Terre, en utilisant constamment une compétence ou en vous entraînant avec diligence, vous pourrez l’aiguiser, en d’autres termes, l’améliorer. Ceci est possible UNIQUEMENT pour certaines compétences ! Avec le temps, vous comprendrez. Oh, et des choses comme les niveaux ne sont pas disponibles que pour vous. Le reste des habitants de ce monde l’ont aussi, mais ils ne le voient pas. Eh bien, je ne vais pas entrer dans les détails, vous verrez de quoi je parle une fois là-bas ! Maintenant, commençons ! » Avait-il déclaré après avoir expliqué quelque chose d’incroyablement absurde.

Donc, comme il l’a dit... C’est comme un jeu, un VRMMORPG en quelque sorte... Pensai-je en jetant un autre coup d’œil à mon statut. Les statistiques incroyablement basses me faisaient un peu peur. Si c’est comme un jeu, alors... je suis probablement trop faible, même pour me battre contre des monstres de niveau 1...

« Comme vous l’avez probablement remarqué, vous avez 100 points de statut au lieu de 10. C’est mon second cadeau ! Vous pouvez utiliser les points maintenant, mais faites attention ! Si vous ne le faites pas avant que je ne compte jusqu’à 10, ils vont disparaître ! Pour les utiliser, il suffit de penser à quelque chose sur telle ligne, comme ajouter tant de points dans telle statistique. Par exemple : ajouter 2 points dans la vitesse ! » Expliqua-t-il et pendant qu’il disait cela deux points étaient ajoutés à ma vitesse, maintenant j’en avais 10. « Bon ! Maintenant, placer le reste ! Prêt ? Go ! » Cria-t-il.

J’ai besoin de réfléchir vite ! Voyons... Voyons voir... La force ? Non... L’agilité ? Non... Pensai-je en regardant mes statistiques principales.

« Le temps passe » nous pressa l’entité.

Je sais ! Avais-je envie de crier. Ajouter... heu... heu...

Mon esprit bloquait. En tant que joueur, je ne pouvais pas prendre une décision aussi imprudente. Je ne savais pas quel type d’équipement j’allais recevoir au début. Si j’avais une arme de mage et que j’avais beaucoup de force, mes dégâts seraient inutiles. Ajouter en magie aurait le même effet. Les mages étaient puissants dans tous les RPG, mais ils étaient peu résistants, et je ne voulais pas devenir de la nourriture pour des gobelins ou des slimes.

« 5 ! » Annonça l’entité.

Bordel ! Ajouter 98 points à... à...

« 4 ! »

« 3 »

Ajouter 98 points à la chance ! criai-je dans mon esprit.

« 2... 1 ! »

J’avais entendu un ding puis j’avais eu le message suivant : la chance maximale a été atteinte.

Super... J’ai fait l’erreur, la pire possible ! 100 Chances ? Sérieusement !? Je gémissais et criais dans mon esprit. J’aurais dû mettre 50 points en force et 48 en vitesse, ou mettre la chance à 10 quelque chose comme ça, qui était la valeur par défaut habituelle, puis ajouter le reste à magie ou quelque chose comme ça.

15 chances, 30 magies, 10 excellences magiques, 30 forces, 30 vitesses et 26 en dextérité. Cela semble vraiment équilibré... Pourquoi je n’ai pas fait ça ? Pourquoi ? Stupide cerveau ! Pourquoi ? Me demandai-je en regardant ma fenêtre de statut ridicule :

Nom : Inconnu

Espèce : Humain

Niveau : 1

Force : 9

Vitesse : 10

Dextérité : 11

Magie : 10

Chance : 100

Excellence magique : 1 %

Compétences : Aucunes

Points de compétences : 1

Points de statut : 0

Je vais mourir au premier monstre... Je peux le sentir. Me dis-je.

« Bien ! » Cria l’entité.

Pas bien du tout ! ai-je crié dans mon esprit, mais j’ai immédiatement réalisé qu’il ne me parlait pas.

« Vous avez tous choisi des statistiques plutôt équilibrées, laissez-moi maintenant vous parler de la beauté de votre point de compétence unique ! Dans votre fenêtre de compétence, vous avez un tas de compétence puissante ! Unique en leur genre ! Choisissez-en une et gardez-là ! » Nous avait-il dit.

Peut-être que je ne vais pas foirer celui-là ? M’étais-je demandé en ouvrant la fenêtre. Et bordel, il y a beaucoup de compétences là.

L’utilisation de la fenêtre était simple, je devais juste dire dans mon esprit « vers le haut » ou « vers le bas » et la fenêtre bougeait. Pendant que je faisais défiler les compétences, l’une d’elles attira mon attention, Dompteur de Dragon.

Un moment plus tôt, j’étais en train de jouer avec des dragons, mais je devais les tuer, pas les apprivoiser. Cela m’avait rendu un peu curieux. L’entité avait déclaré que ces compétences étaient uniques dans leur genre. Ainsi, croyant que je n’avais rien à perdre, j’avais ouvert les détails de cette compétence.

Choisir Dompteur de Dragon. Montre-moi les détails de cette compétence. Avais-je pensé, et la fenêtre avait montré les détails de cette compétence :

Dompteur de Dragon : Compétence passive de type buff. Lorsqu’un héros développe une relation amicale ou intime avec un dragon, cette compétence permettra la création d’un lien spécial entre les deux. Le lien est indestructible par toutes autres compétences à moins que le héros ne souhaite que le lien soit détruit. Le héros gagne 25 % des statistiques du dragon, et le dragon gagne la capacité de monte 2 fois plus rapidement de niveau en présence du héros.

Cela semble intéressant, mais ce n’est pas une compétence que je choisirai pour commencer. Voyons voir ce qu’il y a d’autre... Pensai-je en revenant à la fenêtre précédente, j’y avais seulement vu la compétence de Dompteur de Dragon qui y était affiché. J’avais pâli.

« Tout le monde a choisi sa compétence ! C’est parfait ! Au fait, ne vous plaignez pas de votre compétence. C’est votre destin qui vous a conduit à cette compétence, alors faites face ! » Déclara l’entité égoïste.

Je voulais juste regarder les détails, pas la choisir ! Je voulais crier, mais je ne pouvais le faire.

Les choses devenaient sérieuses. Non seulement j’avais gaspillé mon seul point de compétence, mais j’avais aussi gaspillé tous mes points de statistiques. J’étais fichu ! J’allais finir par me faire tuer par un slime et me faire ressusciter en diablotin ! J’en étais certain.

« Vous avez votre première compétence, vous avez vos statistiques, et avec cela, je vous souhaite de vous amuser et que vos choix sauvent ou condamnent la planète Terre ! Au fait, j’ai fait en sorte que vous puissiez arriver dans une zone amicale de niveau parfait pour vos statistiques et compétences choisies ! Donc, ne vous inquiétez pas de l’atterrissage dans le Royaume des Dragons ou quelque chose comme ça. Oh, et restez loin d’Albeyater ! Au revoir, héros de la Terre ! Hahaha ! » Rit l’entité alors que tout autour de moi les personnes commençaient à disparaître dans une lumière blanche.

Cruel... pensai-je.

Un peu plus tard, je m’étais retrouvé sur quelque chose de sombre et poilu. Je pouvais bouger, et je pouvais enfin parler. Je n’étais pas sur terre, mais sur la planète que j’avais vue plus tôt.

« Statut. » Avais-je dit, et le menu était apparu devant moi.

C’est réellement arrivé... Arg... J’avais gémi et, agacé, j’avais frappé la chose poilue aussi forte que possible.

Attends... poilu ? Je clignais des yeux surpris.

« Grrr ! » J’entendis un grognement, et son propriétaire ne semblait pas très heureux.

En déglutissant, je m’étais retourné et avais vu ce petit chien, pas grand, mesurant à peine 6 m de hauteur avec une gueule munie de dents acérées comme des rasoirs.

100 de chances, mon cul ! avais-je grogné dans mon esprit.

***

Chapitre 4 : Seryanna

J’entendis un grondement sourd et bruyant derrière moi. Une paire de dents acérées essayait de mordre ma chair succulente au moment où je me baissais sous un arbre. Il n’en restait que des éclats tandis que je continuais à courir à travers la forêt dense.

Qu’est-ce que je faisais exactement ?

Je courrais pour ma vie aussi vite que mes jambes me le permettaient.

Apparemment, j’étais tellement chanceux que j’avais fini par tomber sur le dos d’un énorme chien à quatre têtes qui pouvait faire des souffles de feu, d’eau, d’éclair et envoyer de puissantes attaques de vent. Sa fourrure noire, ses dents acérées et ses grands yeux rouges le rendaient féroce et incroyablement dangereux. Des branches et de vieux arbres abattus étaient pulvérisés sous ses puissantes pattes ornées de dangereuses griffes noires. Quant à moi, je ne savais pas comment j’étais encore en vie, mais tant que mes jambes étaient intactes et que je pouvais courir, je ferai de mon mieux pour m’éloigner de cette chose.

Honnêtement parlant, je me sentais comme un personnage de niveau 1 face au boss de fin de jeu. Normalement, je devrais déjà être mort, mais ma chance me tenait probablement en vie parce que l’énorme chien qui grognait derrière moi continuait à manquer ses attaques. Dans un jeu, cela avait du sens si vous possédiez une forte esquive, mais en réalité, vous esquivez une fois, deux fois, mais ensuite cela devient ridicule, surtout quand votre adversaire est un faible petit humain.

« Quelqu’un, sauvez-moi ! » Criai-je désespérément en sautant par dessus un tronc d’arbre.

Lors de l’atterrissage, mon pied avait glissé et tout mon corps était tombé de l’autre côté.

« Hein ? »

J’étais tombé et avais roulé sur une pente raide. Comme il y avait des branches basses et des buissons devant moi, j’avais réussi à diriger mon corps. Même en essayant de m’arrêter en attrapant une branche ou tout autre objet sur mon chemin, je n’étais pas capable de le faire. Dans tous les cas, je ne m’étais pas cogné la tête sur l’un des innombrables rochers répartis sur la pente. La même chose s’appliquait également aux arbres autour de moi.

Quand j’avais fini de tomber, je m’étais finalement arrêté, mais je l’avais fait en tombant sur quelqu’un.

« KYA! » cria l’autre personne.

Outch... J’avais gémi et avais senti le monde entier trembler et tourbillonner autour de moi.

Ma tête me faisait mal et tout mon corps était douloureux. Je n’avais que quelques coupures et ecchymoses désagréables, mais il n’y avait rien exigeant de voir un docteur. Cependant, si je continuais à tomber sur des monstres comme ça, il y avait de fortes chances pour que je meure avant la fin de la journée.

Même si c’était dur et douloureux, j’avais essayé de me lever et de m’éclaircir l’esprit. Cet énorme monstre était toujours là, peut-être juste derrière moi. Je devais fuir, mais quand j’avais ouvert les yeux, j’avais réalisé que je n’étais pas seul.

Elle avait de beaux yeux bruns foncés captivants et charmants. De longs cheveux roux et noirs se trouvaient derrière elle, qui s’étalaient parce qu’elle était couchée sur le sol. Ses traits étaient au niveau d’une actrice populaire ou peut-être un modèle, et de toute façon, ils étaient très attrayants. En dépit de son apparence, elle portait une cotte de mailles grise, mais contrairement à celles que j’avais vues dans beaucoup de jeux et d’animés, celle-ci était de type pratique. Tout son corps était protégé, et la partie au niveau de la poitrine ne laissait pas de place aux fantasmes.

Elle est... magnifique... pensai-je alors que j’étais hypnotisé par ses yeux.

« Éloigne-toi de moi. » Dit-elle calmement, mais son poing serré m’indiquait une attaque si je ne faisais pas comme elle le disait.

« Pardon ! Je... Euh... eurgg ! » mon estomac avait finalement révélé sa vraie et laide forme.

Tous ces mouvements en descendant la pente avaient confondu mon oreille interne ainsi que mon estomac. Je m’étais précipité à gauche à quatre pattes et avais lâché la délicieuse soupe au poulet que j’avais mangé ce matin-là. C’était inesthétique, mais pas comme si je pouvais y faire quelque chose.

C’est... Honteux. Pensai-je en m’essuyant avec la main afin d’enlever mon propre vomi.

« Est-ce que ça va ? » Me demanda-t-elle après qu’elle se soit levée et ait dépoussiéré son armure.

Elle était calme, et ne semblait pas dérangée par mon apparence disgracieuse.

« Je pense... Il y avait un énorme chien noir à quatre têtes. J’ai couru, puis suis tombé et ai roulé sur cette pente... Euh, je pense que je l’ai semé. » Ai-je dit, puis en baissant les yeux, j’ai ajouté : « Je suis désolé, je ne voulais pas vous tomber dessus. »

Son expression n’avait pas changé quand j’avais expliqué ma situation. Bien sûr, je voulais laisser de côté la question de savoir comment j’avais réussi à arriver ici.

« Excuses acceptées. Mais s’il te plaît, couvre ton vomi de terre, sinon, cela attirera des monstres. Passe une bonne journée. » Dit-elle avant de s’éloigner.

Attends, quoi ? Pensai-je en la regardant partir si calmement.

Je voulais lui courir après, mais j’avais le sentiment que ce n’était pas une bonne idée de ne pas suivre ses conseils, alors j’avais rapidement couvert les restes de mon repas.

« Attendez ! » Ai-je crié après elle.

Elle ne marchait pas trop vite, mais le moment où je m’étais trop approchée d’elle, elle dégaina son épée et la pointa vers mon cou. Je m’étais arrêté et avais levé les mains comme un criminel face à la police.

« Pourquoi me suis-tu ? » Demanda-t-elle avec un air sérieux.

« Hein ? Non, je suis... vous voyez, je ne sais pas comment je suis arrivé dans cette forêt ! Je ne suis qu’un pathétique humain ! J’ai besoin d’aide, et vous avez mentionné plus tôt quelque chose à propos des monstres. S’il y a plusieurs de ces chiens de plus de six mètres de haut, je ne veux pas finir comme leur déjeuner ! » M’étais-je expliqué en prenant un ton humble.

J’avais appris à un moment donné qu’il valait mieux faire preuve d’humilité et de modestie envers quelqu’un qui pourrait être plus fort ou un allié possible. Être amical, serviable et gentil permettait ensuite d’approfondir la relation, et il était hautement improbable que cette personne ne vous aide pas. La même chose s’appliquait encore mieux lorsque vous étiez fort, mais ensuite, vous deviez vous assurer de ne pas en profiter.

« Humain ? Non, ça ne peut... » Dit-elle en secouant la tête.

« Euh, pourquoi ? » ai-je demandé.

« Nous sommes actuellement dans la forêt Séculiar sur le continent-dragon, au milieu du Royaume Dragon d’Albeyater ! Il n’y a pas d’humains ici ! Et il est impossible pour une espèce si faible de survivre ici ! » Expliqua-t-elle.

« Quoi ? Mais n’êtes-vous pas humaine ? » Demandai-je un peu confus.

Autant que je puisse le voir, elle n’avait pas de queue, pas d’ailes, de seins gigantesques, d’yeux fendus ou de langues fourchues. Elle ressemblait à un chevalier humain ou a une guerrière.

En fronçant les sourcils, elle avait approché le bout de son épée vers mon cou, me faisant tressaillir.

« Ne m’insulte pas ! Je suis une fière dragonne, pas une humaine ! » Déclara-t-elle avec colère.

S’il vous plaît, ne me tuez pas. Ai-je dit dans mon esprit.

Elle ferma les yeux et prit une profonde inspiration. Après s’être calmée, elle retira son épée et la rangea dans son fourreau.

« Disons que je te crois. Disons que tu es... humain. Pourquoi es-tu ici ? Comment es-tu arrivé ici ? » Demanda-t-elle en me regardant droit dans les yeux.

À ce moment, j’avais dégluti et je savais qu’au moindre mensonge, je finirais par être jeté ou directement envoyé vers ce chien. Elle était aussi sur ses gardes, sa main sur la poignée de son épée, elle était prête à la dégainé au moindre danger.

« Une entité puissante m’a kidnappé de chez moi et m’a laissé au milieu de cette forêt. Je n’ai rien pu y faire, et je ne sais vraiment pas comment retourner chez moi... » Lui ai-je dit, même si j’avais évité les passages importants, techniquement, je ne mentais pas.

La dragonne me regarda un long moment, réfléchissant si je mentais ou non. Les chances étaient qu’elle méditait sur comment elle allait m’embrocher. Dans les deux cas, je tremblais, et j’étais littéralement en train de suer en ayant peur pour ma vie. C’était la première fois que quelqu’un me menaçait ainsi, les Européens n’étaient pas célèbres pour porter des épées, effrayant les personnes comme ça.

Sur tous les endroits où atterrir, il a fallu que j’arrive dans l’endroit le plus dangereux qu’on m’avait conseillé de ne pas m’approcher ! pensai-je en déglutissant.

« Bien, tu peux me suivre, mais attention, je me dirige plus profondément dans la forêt ! Si nous sommes attaqués par un grand groupe de monstres, je ne serai pas responsable de ta mort. En outre, je suis actuellement à la recherche d’un certain champignon avec une tête rouge foncé qui ne pousse que proche d’un nid de griffon. C’est ce qu’on appelle un champignon sanglant, donc, si tu en vois, fais-le-moi savoir immédiatement. Cela étant dit, humain, veux-tu toujours me suivre ? » Demanda-t-elle sérieusement.

J’avais dégluti.

Voyons voir... ne pas la suivre, et je finis comme un jouet pour chien. La suivre et je pourrai devenir un jouet pour chien. D’un autre côté, elle est une dragonne ou prétend en être une. Le fait qu’elle soit seule dans cette effrayante forêt signifie qu’elle est assez confiante dans sa force pour y entrer et sortir sans perdre un membre ? Hmm... pensai-je en pesant le pour et le contre.

Cependant, en y pensant, la réponse m’était claire. J’étais plus en sécurité avec elle que de rester seul dans l’une des forêts les plus dangereuses du continent.

« Je vais vous suivre ! Je garderai les yeux ouverts pour un champignon à tête rouge ! » Lui répondis-je d’un hochement de tête.

« Hmm, bien ! Je m’appelle Seryanna Draketerus, une chevalière récemment promue ! » Déclara-t-elle en posant la main sur sa poitrine comme un soldat.

« Un plaisir de vous rencontrer, euh... Sir Seryanna, je m’appelle Alkelios Yatagai. » Dis-je avec un sourire.

Hein ? Qu’est-ce que je viens de dire ? Mon nom n’est pas Alkelios Yatagai, c’est... qu’est-ce que c’était encore ? Euh... Je l’ai oublié ? Est-ce une autre condition afin de venir dans ce monde ? Tout oublier des technologies et tout ? Non... Je me souviens encore d’autre chose comme la technologie et l’histoire... Alors pourquoi ? J’y avais réfléchi jusqu’à ce que je me souvienne de ce qu’il y avait d’écrit sur ma fenêtre à côté de mon nom ! Cette stupide entité semblable à Dieu a même changé mon nom ! J’ai crié frustré dans mon esprit.

Eh bien, cela ne change plus rien maintenant. Mon prochain objectif était de sortir de cette forêt en toute sécurité. Si je pouvais contacter les autres de mon monde, et peut-être faire un groupe avec eux, je m’étais dit que cela m’aiderait beaucoup, mais pourrais-je leur faire confiance ?

Pour l’instant, mon seul membre de groupe était la dragonne devant moi... qui n’était plus là.

« Ah, attendez ! » avais-je crié en me dépêchant de la suivre.

Ainsi, j’avais commencé mon aventure en tant que héros de niveau 1 à travers la forêt la plus dangereuse.

***

Chapitre 5 : Trop faible, pour le moment ?

La personne marchant devant moi, la dragonne guerrière du nom de Seryanna Draketerus, était vraiment effrayante ! Il y avait autour d’elle cette étrange et puissante aura, le type qui nous disait de rester à l’écart, ou bien vous finiriez comme de la viande hachée prête à être servie à un redoutable monstre. Cela m’avait fait peur et m’avait fait dresser mes cheveux. Si je pouvais la comparer avec quelque chose, c’était peut-être comme si j’étais au milieu d’une cage avec de la lave alors que des centaines d’assassins étaient prêts à me sauter dessus. Leurs lames étaient sûres de tailler votre chair fragile, mais toutes sortes de poisons et toxines vous garderaient en vie assez longtemps pour éprouver toute la douleur atroce de leur torture à vous offrir. Bien sûr, vous seriez au courant de tout cela avant même que cela n’arrive. Eh bien, ce genre de peur et de sentiment de danger était ce que je ressentais en ce moment. Quant à savoir pourquoi j’étais dans ce genre de situation, c’était assez simple.

Afin que nous ne soyons pas attaqués par des bêtes dangereuses plus faibles qu’elle, Seryanna relâchait une puissante aura menaçante autour d’elle. Cela faisait le travail, mais malheureusement, cela effrayait même les petites créatures qui pourraient devenir notre dîner, comme les lapins.

Quand j’avais ressenti pour la première fois cette aura redoutable, j’avais tremblé comme une souris prise au piège dans une salle remplie de chats affamés, mais au fil du temps, je m’y étais habitué. Finalement, mon corps et mon esprit avaient commencé en quelque sorte à ignorer cette pression, mais me focaliser sur le fait de m’y habituer pourrait avoir un rapport avec mon adaptation à sa présence.

« Encore combien de temps avant que nous n’atteignions cet endroit ? » Ai-je demandé à un moment tout en tenant mon estomac pour l’empêcher de grogner.

Cela faisait quelques heures que nous nous étions rencontrés. Mon estomac était vide et mes pieds me faisaient mal. Je ne portais pas mes vêtements modernes et confortables, mais des vêtements typiques du niveau 1. J’avais une veste de cuir, une paire de chaussures en cuir, une chemise en lin et un pantalon simple tenu par une corde, ce qui faisait que le voyage était un vrai cauchemar. Dans tous les cas, je ne m’en plaignais pas tant. Quant à savoir pourquoi je portais de tels vêtements, eh bien, ils étaient les éléments de bases avec lesquelles j’étais arrivé dans ce monde.

En ce qui concernait mes compétences, les 100 de chances m’avaient permis d’éviter les rochers pointus juste à temps. Avec ces types de chaussures, marcher dessus risquait de faire mal !

« Demain. Pour le moment, garde tes yeux ouverts pour toutes plantes étranges. Je m’occuperai de n’importe quel monstre nous attaquant. » Répondit-elle avec une expression stoïque sur le visage.

« Je vais essayer... » Dis-je, mais j’étais plus inquiet de l’endroit ou je marchais que des monstres qui voudraient me sauter dessus pour me faire un câlin avec ses griffes acérées et mortelles.

En parlant de plantes, j’avais pu en voir quelques-unes de spéciales. Elles avaient toutes sortes de feuilles et de pétales tordus, d’étrange forme, et la plupart ressemblaient à des plantes d’un écrivain fantastique. Bien sûr, je n’en reconnaissais aucune, et Seryanna passait devant elles sans le moindre souci. Je ne pouvais que supposer qu’elles soient communes, ou plutôt, qu’elles ne l’intéressaient pas.

Les détails qu’elle avait mentionnés au sujet du champignon me rappelaient un poison souvent utilisé dans les jeux, je pense que son nom était amanite. Mais cette chose avait des taches blanches sur la tête. Celui que cherchait Seryanna était entièrement rouge.

Quand nous avions atteint une petite rivière, j’étais sur le point de m’approcher pour boire de cette eau cristalline, mais elle m’avait arrêté. Ramassant un petit caillou, elle le jeta dans l’eau et un énorme serpent à la peau parfaitement camouflée s’éloigna. Je m’étais presque sali en voyant cette créature rampante.

« Comment allons-nous... hein ? » Lui demandai-je, mais elle m’avait offert la réponse en se dirigeant vers un arbre qui faisait office de pont.

Malheureusement, il n’était pas proche de nous. Cette chose était à une demi-heure de marche. Nous pouvions le voir de loin, car il était énorme, presque six mètres de diamètre et assez longs pour s’étendre sur les deux rives de la rivière.

Pour monter dessus, Seryanna n’avait besoin de faire qu’un saut, mais j’étais un humain. Il n’y avait aucun moyen de sauter aussi haut, je ne pouvais même pas faire un dunk. Voyant cela, elle avait claqué la langue et m’avait aidé en me saisissant littéralement par le cou et en me jetant là-haut comme un sac de pommes de terre. Je devais admettre que cette femme avait une sacrée force.

« Si tu vois des yeux à la surface, esquive. » Me dit-elle en traversant.

Je prêtais attention à mon environnement, mais je souhaitais qu’aucun de ces monstres ne vienne.

« Dites, quelle est la force des monstres ici ? » Avais-je demandé après avoir traversé la rivière en toute sécurité.

« C’est bizarre... Je n’ai jamais traversé cette rivière sans avoir au moins été attaqué une fois... » dit-elle en regardant derrière, ignorant ma question.

« Peut-être sommes-nous juste chanceux ? » Ai-je dit, mais ensuite, je m’étais souvenu de mes 100 de chances. Est-ce que ça pourrait être cela ? Me demandai-je.

Si c’était un RPG classique, et que la chance influait les chances d’être attaqué sur le pont sous forme d’événement, peu importe la chance qu’il fallait pour l’éviter, je ne serai pas abattu par des serpents géants, et d’autres monstres.

Seryanna ne réfléchit pas trop longtemps sur la rivière, car elle était visiblement en retard, et ne voulait pas que nous campions proche de celle-ci.

Combien d’heures y a-t-il dans un jour dans ce monde ? M’étais-je demandé en levant les yeux vers le ciel.

Pour autant que je le sache, la durée d’un jour dépendait strictement de la vitesse de la rotation d’une planète autour de son axe. Compte tenu de la probabilité que ce monde soit semblable à la terre, mais avec une surface plus grande, il y avait une forte probabilité qu’un jour soit plus long que ce à quoi j’étais habitué.

Quand nous nous étions arrêtés à l’endroit où nous devions faire notre camp, j’avais décidé de lui poser la question.

« Sir Seryanna, c’est peut-être une étrange question, mais combien d’heures y a-t-il par jour ? »

Mes options étaient simples : demander, et obtenir une réponse ; ne rien demander, et rester dans le noir. Il y avait aussi la troisième option, commencer à compter les secondes, ce que je préférerais ne pas faire.

« Question étrange... 32 heures. » Répondit-elle.

« Draconique ou humaine ? » Lui avais-je demandé avec scepticisme après avoir entendu la réponse.

Elle avait plissé les yeux en me regardant. Était-ce un avertissement ?

« Les heures sont des heures, elles ne sont ni draconiques ni humaines. »

« Donc, 1 heure dure 60 minutes, et 1 minute dure 60 secondes ? » Ai-je encore demandé, en testant un peu ma chance.

« Oui. Cela a toujours été comme cela depuis que Chronos a offert le temps à notre monde. » A-t-elle expliqué.

« Chronos ? Comme le père de Zeus ? » Demandai-je, en me demandant si la mythologie grecque s’étendait en quelque sorte à ce monde.

« Quoi ? » demanda-t-elle en plissant les yeux et en fronçant les sourcils.

« Est-ce faux ? » Avais-je demandé.

Elle hocha la tête. « Chronos est le dieu primordial du temps. Zeus est le dieu de la foudre et de la virilité. Cronos est le père de Zeus. Mais en effet, certains groupes primitifs croient toujours Chronos, le dieu est le même que Cronos, le titan, pour ne pas mentionner le fait que Cronos est un monstre barbare qui a mangé ses propres enfants. Mais assez avec cela. Nous allons faire le camp ici, et continuer notre voyage demain. Le soleil ne sera pas levé avant 12 heures, donc tu peux te reposer en premier. » M’avait-elle dit cela ainsi, puis elle avait commencé à installer le camp.

« D’accord. Désolé d’avoir demandé quelque chose de stupide... » Lui dis-je.

« Ce n’est pas important. Les humains ne sont pas connus pour leur intelligence ou leur gentillesse envers ceux qui leur sont différents. » Avait-elle durement déclaré.

D’une certaine manière, j’avais l’impression que ma mission ici ne sera pas très facile, surtout si les humains étaient en effets tels qu’elle les décrivait. D’un autre côté, je sais maintenant que cette planète est bien plus grande que la terre, et qu’elle partage des parties de notre mythologie. Est-ce à cause de cet être semblable à Dieu qui nous avait envoyés ici ou est-ce que ces dieux ont réellement existé ? Je réfléchis en m’écartant et la regardant rassembler des pierres pour un petit foyer.

En parlant de cela, je n’avais pas vu Seryanna porter de sac à dos. Autant que je m’en souvienne, pendant la période médiévale, les gens ne parcouraient pas une forêt sans rien. Quelque chose pour faire un feu était une nécessité, de même qu’une couverture pour de longues nuits froides. En y réfléchissant attentivement, cette planète avait des nuits et des jours plus longs que sur Terre, il était donc très peu probable que les gens voyagent sans préparations.

« Au lieu de rester là comme un roc, peux-tu aller chercher du bois pour le feu ? » Me dit-elle.

« Oh ? Oui, bien sûr... juste des branches sèches et des bâtons, n’est-ce pas ? » Demandai-je.

Levant un sourcil, elle me jeta un regard étrange. J’avais peut-être dit quelque chose d’étrange, mais elle n’ajouta rien, elle avait juste secoué la tête et était retournée ramasser des pierres.

Avec un soupir, j’avais commencé à regarder autour. La première chose que j’avais faite était de prendre un bâton et de commencer à fouiner. La dernière chose que je voulais s’était d’être mordue par un serpent dans un monde où un anti-venin serait compliqué à trouver.

Eh bien, j’ai 100 de chances, peut-être que rien ne m’arrivera ? Oh, comme je souhaite que ça en soit ainsi ! ai-je pensé en commençant à ramasser des bâtons et des branches cassées.

En regardant autour, j’avais repéré une plante intéressant. Elle avait la forme d’une dionée attrape-mouche bleue, mais elle ne paraissait pas dangereuse. Au début, j’avais pensé à la ramasser, mais mon instinct m’avertit d’un piège possible. Je m’étais arrêté et l’avais simplement regardé de loin. En levant mon bâton, je l’avais poussé, mais aucun gaz n’en était sortie ou autre joyeuseté. Il n’y avait pas de vignes mouvantes, et la feuille supérieure de la plante ne bougeait pas non plus. La curiosité me piquait d’aller le récupérer, mais mon instinct de joueur me hurlait : c’est un PIÈGE !

Je vais la laisser là et en parler à Seryanna... Pensai-je en continuant de chercher du bois.

Quand j’étais retourné au camp avec du bois plein les bras, j’avais été confronté à une scène surprenante. La chevalière se tenait à côté du feu, mais son armure était posée à côté d’elle. Elle portait quelque chose de semblable à une épaisse chemise de soie en dessous, et je devais dire que ces gros ballons n’étaient pas là quand je l’avais vue pour la première fois. L’armure cachait bien son potentiel érotique. Comme une note, elle était assise sur une chaise et derrière elle, je pouvais voir deux tentes de camping pour dormir. À côté de celles-ci se trouvait un simple bâton avec un cristal bleu. Pour ce qu’elle faisait, elle découpait la viande de ce qui semblait être une araignée géante.

« Erm... Est-ce ça ? Et tout ça ? » Demandai-je en restant aussi loin de la chose morte que possible.

« Oh ? Tu es de retour ? Tu n’as pas rencontré d’araignées, n’est-ce pas ? On m’a attaqué dès ton départ, je l’ai tué et ai réussi à repousser le reste. » Dit-elle en levant la tête et essuyant la sueur de son front. De petites perles coulaient autour de son cou et dans son décolleté légèrement exposé, tandis que ses longs cheveux roux étaient attachés en une queue de cheval.

J’avais dégluti.

« Oui... j’ai ramassé du bois, et que voulez-vous dire par araignées ? » demandai-je en inclinant la tête vers la gauche.

« Cette partie de la forêt est infestée par ces araignées géantes. Je suis surprise que tu aies eu le courage d’aller si profondément dans la forêt. » Expliqua-t-elle en montrant la carcasse à côté d’elle.

« Heu... Infestée ? » Demandai-je, surpris.

Je n’avais même pas vu un insecte là-bas, encore moins une araignée géante.

« Oui, mais si tu as un cristal de protection comme celui-là ou une fleur de Cupula à portée de main, ça devrait aller. » Me dit-elle.

« Je n’en avais pas... Attends, vous me dites que je me suis aventuré dans une forêt remplie d’araignées géantes ? Pourquoi ne m’avez-vous pas averti ? » Lui avais-je demandé alors que je plaçais le bois à côté d’elle, essayant de mon mieux d’éviter les pattes velues de l’araignée.

« J’étais occupée. D’ailleurs, je ne t’ai pas dit d’aller ainsi dans la forêt. Si tu avais cherché autour du camp, ça aurait suffi, mais je pensais que si tu rencontrais une araignée, tu finirais par courir et crier. » Me dit-elle calmement.

« Heu.. Mais.. pff... » J’avais essayé de dire quelque chose, mais je ne trouvai aucun contre-argument.

Elle avait en quelque sorte raison, et elle n’avait pas besoin de porter mon poids, d’autant plus que je n’étais d’aucune utilité au combat.

En parlant de fleurs... pensai-je en me souvenant de l’étrange dionée attrape-mouche bleu.

« Heu, est-ce que la fleur Cupula ressemble à quelque chose comme ça, mais en bleue ? » Demandai-je en faisant un simple dessin sur le sol.

« Hm ? Oui. Comment sais-tu à quoi ça ressemble ? » demanda-t-elle en haussant un sourcil.

« Il y en a une là-bas. Peut-être est-ce la raison pour laquelle je n’ai pas été attaqué ? » Demandai-je.

« Absolument. Tu as vraiment de la chance. Demain matin, je vais aller la chercher. » Me dit-elle avant de recommencer à découper la viande d’araignée.

Je m’assis de l’autre côté et j’essayai d’éviter que mes yeux ne restent fixés sur sa poitrine en mouvement tandis qu’elle utilisait le couteau pour découper le monstre. Au début, je me demandais ce qu’elle allait en faire, mais une fois qu’elle avait allumé le feu, j’avais compris que c’était pour notre repas. Cela avait un peu le goût du poulet, la viande n’était pas trop dure, mais j’avais besoin de plus mâcher que d’habitude.

Alors que je profitais de mon repas, de la viande d’araignée sur un bâton, j’avais remarqué quelque chose de particulier. Seryanna ne portait pas de sac, mais la quantité d’objets m’entourant, allant du sceptre étrange aux tentes, me semblaient un peu étranges.

Où a-t-elle caché tout ça ? Me demandai-je avant que mes yeux ne se dirigent vers son décolleté.

En secouant ma tête, je me débarrassai des pensées perverses et décidai de simplement le lui demander.

« Heu, je viens de remarquer, mais d’où viennent toutes ces choses ? »

« Hm ? De mon sac à main. » Répondit-elle calmement en attisant le feu.

« Sac à main ? » Avais-je demandé, et à ce moment, je m’étais souvenu d’un vieil adage : Le sac à main d’une femme est comme un abîme sans fin rempli de plus de choses que vous ne pussiez compter ou porter.

Bien sûr, cela était toujours utilisé comme blague, parce que les hommes ne pouvaient rien trouver à l’intérieur même si leur vie en dépendait. Il y avait deux choses que les hommes de la Terre craignaient le plus : perdre les clés de sa voiture dans le sac à main de leur femme et la perte de la télécommande de la télévision lorsqu’un jeu allait commencer. En tant que joueur, ce que je craignais le plus était une perte de connexion internet ou une panne de courant. Encore une fois, j’avais 18 ans et dans ma dernière année de lycée. Les clés de la voiture dans le sac à main de ma femme étaient le cadet de mes soucis. J’avais des examens à préparer pour mon avenir, malheureusement, je ne passerai aucun de ceux-ci après avoir été jeté dans un monde fantastique.

« Ceci. » Elle avait soulevé un petit anneau avec une pierre rouge attachée.

« C’est un sac à main ? » Ai-je demandé en levant un sourcil.

« Quoi ? Non, c’est juste une bague. Le sort “Sac à main” est lancé dessus. » Expliqua-t-elle.

« Sac à main ? Pourquoi pas Boîte à objet ? » avais-je demandé en pensant aux inventaires de jeux.

« Parce que le sort est sur un anneau et non une boîte. » Expliqua-t-elle comme si c’était quelque chose de normal.

J’avais renoncé à essayer de comprendre le pourquoi du sort et avais décidé de simplement l’accepter comme ce qu’il était : un moyen pratique de transporter des objets.

Alors que le ciel s’assombrissait et que la lumière de notre feu devenait forte, je commençai à repenser à ma famille. Je me demandais ce qu’ils faisaient en ce moment et à comment ils avaient réagi face à ma soudaine disparition. Avec un long soupir, je levai les yeux vers les branches d’arbres, pensant pouvoir regarder le ciel, mais je ne pouvais rien y voir du tout. Tout était caché derrière d’innombrables couches de feuilles et de branches. C’était normal, j’étais au milieu d’une forêt.

« Sir Seryanna... » Ai-je dit.

« Quoi ? » Demanda-t-elle de l’autre côté du feu.

« Pensez-vous que je puisse survivre dans ce monde ? » Lui ai-je demandé.

Elle était restée silencieuse un long moment.

« Tu es trop faible... » Répondit-elle.

C’était une réponse décourageante, surtout quand elle venait de quelqu’un comme elle, mais je n’allais pas laisser tomber. Tant que j’aurai cette compétence de Dompteur de Dragon et mes 100 de chances, il y avait peut-être de l’espoir pour moi. Et c’était ainsi que s’était terminé mon premier jour dans ce monde étrange.

***

Chapitre 6 : Champignons sanglants

En ouvrant lentement les yeux, je m’étais étiré et avais forcé mon corps à se réveiller. Mon esprit était un peu confus quant à l’endroit où j’étais, mais les souvenirs des jours précédents revinrent lentement, et je me souvenais que je n’étais plus sur terre.

Avec un lourd soupir, je me levai et grattai l’arrière de ma tête. Je bâillai un peu et remarquai qu’il faisait encore nuit dehors.

Oh ouais... longues nuits. Je m’étais souvenu de ce que Seryanna m’avait dit concernant la durée des jours et des nuits de ce monde.

Une chose était sûre cependant, même si le lit n’était pas si confortable, j’avais assez bien dormi. Honnêtement parlant, je m’attendais à me réveiller au milieu de la nuit au son d’une certaine dragonne rousse combattant des araignées noires géantes. Seryanna ne mentionna rien au sujet de se réveiller après quelques heures pour que je fasse mon tour de garde, probablement parce que j’étais trop faible en ce moment pour pouvoir l’aider. Si quelque chose nous attaquait, je finirais probablement par mourir avant d’atteindre sa tente pour la réveiller.

Alors que je sortais, j’avais trouvé la dragonne qui regardait le feu en tenant son épée. La façon dont ses seins étaient en ce moment visible lui donnait un air tentant, et cela chatouillait mon imagination, cependant, si je disais un seul mot, et qu’elle découvrait que j’avais de telles pensées envers elle, j’étais sûr de mourir.

« Bonjour, Seryanna, » avais-je dit avec un sourire.

Elle m’avait immédiatement fixé du regard.

Ai-je dit quelque chose de mal ? M’étais-je demandé.

« C’est Sire Seryanna. » M’avait-elle corrigé.

« Oh ! Désolé ! Mes excuses, milady, » avais-je dit en m’inclinant un peu.

« Tes excuses sont acceptées, mais ne laisse pas cela se reproduire. Je ne suis ni ton amie ni ton amante pour être ainsi appelée par mon nom, » rétorqua-t-elle.

Achaaaa ! C’est comme avec les Japonais, non ? Si vous êtes un étranger, en particulier d’un autre pays, vous devez toujours utiliser les honorifiques pour vous adresser aux autres. Je pense que le « san » est pour le général « chan » et « kun » pour les amis féminins ou masculins, et « sama » pour quelqu’un que l’on tient en haute estime, comme un patron. L’utilisation d’aucun honorifique signifie qu’une relation étroite entre les deux existe du genre amis proches ou intimes, et cela ne peut être fait que si l’autre y consent. Il me semble qu’il y avait aussi une règle concernant les prénoms et les noms de famille. Un ami peut aussi utiliser le prénom, mais le nom de famille suivi d’un honorifique est le standard entre collègues de travail ou pour une personne récemment rencontrée. Peut-être devrais-je lui demander au cas où ? pensais-je en prenant place sur la chaise placée de l’autre côté du feu.

« Sire Seryanna, est-ce que je peux vous appeler par votre prénom, ou devrais-je vous appeler Sire Draketerus ? Je ne sais pas quelle est la manière appropriée et respectueuse de le faire, » demandai-je d’un ton humble.

Elle me regarda un moment puis baissa les yeux vers le feu.

« Sire Seryanna va bien. Draketerus est mon nom de famille, mais si tu y ajoutes le Sire, alors cela peut être vu comme une offense à moins d’être prononcé par un membre de la royauté, » expliqua-t-elle calmement.

« Merci. Je garderai cela à l’esprit, » avais-je dit avant de rester silencieux.

Nous avions ainsi attendu le lever du jour. Une autre heure passa, pour autant que je le sache, c’était une folie absolue de traverser la forêt de nuit avec un petit groupe comme le nôtre, cependant, jusqu’à présent, aucun monstre ne semblait nous avoir attaqués. Le cristal de protection était soit très bon, soit ma chance était derrière cela.

Finalement, quand le soleil paresseux apparut, elle avait tout rangé, me montrant à quel point elle pouvait tout ranger facilement dans son sac à main. Tout ce qu’elle avait à faire était de pointer la bague vers l’objet désiré puis de chanter rapidement quelque chose. À la fin du chant, elle disait le nom de l’objet qu’elle voulait placer dans son sac. Malheureusement, je n’étais pas capable de me souvenir du chant, peu importe le nombre de fois qu’elle l’utilisait. Pour moi, cela semblait plutôt compliqué, mais quand je lui avais posé la question, elle avait nié une telle chose, déclarant que même les enfants pouvaient l’utiliser. Cela m’avait seulement amené à la conclusion que la compétence héros avait peut-être quelque chose à voir avec ça ou que c’était lié à cette interface de jeu que j’utilisais.

« Nous devrions être capables d’atteindre la région du griffon aujourd’hui, » avait-elle annoncé une heure après notre départ du campement.

« Je vois. Sery... Sire Seryanna, faites-vous souvent ce voyage ? » lui avais-je demandé, vu qu’elle semblait plutôt familière avec la forêt et le chemin vers le nid du griffon.

« Oui. Une fois par semaine, » me répondit-elle.

Après avoir réussi à franchir un arbre assez grand qu’elle passa avec aise, je lui avais demandé : « Pourquoi ces champignons sont-ils si importants ? »

Elle s’arrêta net et me regarda.

Après un moment, elle m’avait dit d’une voix calme, mais grave. « Ils sont un ingrédient nécessaire pour le traitement de mon grand-père. »

« Oh... Mais ne devriez-vous pas pouvoir en acheter à une pharmacie ? » demandai-je bêtement.

Fronçant les sourcils, elle m’avait regardé et avait demandé. « Pharmacie, qu’est-ce que c’est ? »

« Euh... euh... Drug store ? Herboriste ? Vendeur de potions ? Quelque chose comme une combinaison de ces trois-là ? » avais-je répondu en essayant de me souvenir de quelques anciens noms utilisés pour la boutique moderne où vous pourriez obtenir la plupart des traitements dont vous auriez besoin.

« Non... » Elle secoua la tête. « Mon grand-père vit dans une petite ville qui est loin de villes ayant de vendeurs de plantes ou de la capitale. Si je le pouvais, je l’aurai directement acheté là-bas, » m’avait-elle répondu.

« Donc, chaque semaine, vous passez quatre à cinq jours juste pour chercher ce champignon ? » demandai-je.

« Oui... Je n’en ai jamais trouvé plus d’un ou deux exemplaires. Comme je l’ai dit, c’est assez rare d’en trouver, » elle baissa la tête et ferma les yeux un instant. « Nous devrions continuer..., » déclara-t-elle en rouvrant les yeux.

« D’accord, » j’avais hoché la tête et avais essayé de rester près d’elle, car elle marchait vite.

Je me demande si ce produit est quelque chose comme une panacée que je voyais souvent dans les jeux... Soupire, ce serait bien de la trouver, alors elle n’aurait pas besoin de faire ce long voyage chaque semaine. Pourtant, je dois admettre... Je suis impressionné. Entre quatre et cinq jours par semaine, elle voyage dans une forêt dangereuse dans le seul but de trouver un champignon pouvant aider son grand-père malade. J’espère que nous allons en trouver plus de deux... Ce serait bien, mais quelles sont les chances que cela se produise ? pensais-je en essayant de la suivre.

Peu de temps après ça, je m’étais retrouvé devant un gros rocher. Bien sûr, elle sauta directement, mais je n’avais pas le choix de grimper ou le contourner. J’avais choisi ce dernier. En marchant prudemment, j’avais choisi le chemin de gauche.

« Je fais le tour ! » lui avais-je dit, espérant qu’elle ne me laisse pas derrière.

« Les humains sont trop faibles... Tu devrais être capable de sauter par-dessus quelque chose d’aussi petit, » fut sa réponse avec un claquement de langue.

Hey, cela fait presque trois mètres de haut ! Que suis-je ? Un kangourou ? Voulais-je rétorquer. Mais j’avais simplement laissé échapper un soupir et acceptais simplement le fait qu’elle soit une dragonne et que j’étais un petit humain.

Après avoir passé le rocher, j’avais remarqué quelque chose derrière l’arbre juste à côté de Seryanna. C’était une belle fleur jaune captivante avec une lueur étrange. Les pétales supérieurs formaient de petites cloches à l’envers, et celles en dessous avaient une forme de spirale avec une ligne blanche au milieu. C’était si beau, que l’on pourrait le regarder pendant des heures sans s’ennuyer, mais d’où Seryanna se tenait, elle lui était complètement invisible. En fait, j’irai jusqu’à dire qu’à moins de prendre le même chemin que moi il était impossible de la trouver.

Étrange... pensai-je en m’approchant pour mieux la voir.

Seryanna m’avait regardé m’éloigner du chemin et en fronçant les sourcils s’approchèrent de moi.

« Un problème ? » Demanda-t-elle.

« Regardez ! » avais-je dit en pointant la fleur.

Tournant la tête, elle plissa les yeux et chercha. Quand elle avait repéré la plante, elle avait été surprise et avait hoqueté. À partir de cette seule réaction, je pouvais dire que c’était une plante précieuse.

« C’est une plante très rare... Je ne connais pas son nom, mais je l’ai vu une fois en herboristerie... elle coûtait environ 20 pièces d’or. » M’avait-elle dit.

« Alors, c’est précieux ? » Demandai-je, feignant de ne pas savoir.

« Oui, tout à fait, » répondit-elle en faisant un petit signe de tête.

Hm, Cha-Ching ? C’est un Cha-Ching, n’est-ce pas ? Oui ! Cha-Ching ! Je souriais intérieurement. Avec cette seule fleur, je peux avoir un bon départ dans ce monde, mais la pensée suivante m’avait frappé. Riche et faible équivalent à être une proie facile pour les voleurs et bandits. Je ferais mieux de ne pas devenir trop gourmand sinon je finirai comme nourriture pour les dragons. Pensai-je en avalant ma salive.

« Devrions-nous la prendre ? » demandai-je.

« Si tu le souhaites, » me déclara-t-elle.

« Hein ? Si je le souhaite ? » avais-je demandé en clignant des yeux, surpris.

« Tu es celui l’ayant trouvée. Elle est à toi, » elle se redressa et hocha une fois la tête pour réaffirmer qu’elle avait pris une sage décision.

« Mais... vous êtes celle me traînant, moi, un fardeau dans cette forêt dangereuse, » dis-je rapidement.

« En effet, tu es faible, et je pourrais dire que cette fleur est mienne, mais ce qui t’appartient t’appartient. Je suis une dragonne honorable, pas une humaine ! » affirma-t-elle.

Ça fait mal... pensai-je en sentant sa haine.

« Très bien... Mais, s’il s’avère que vous avez besoin de cette plante, je vous la donnerai comme paiement pour avoir pris soin de moi, d’accord ? » avais-je demandé.

« Très bien. Je ne vais pas refuser. » m’avait-elle dit.

Avec un sourire, l’affaire avait été réglée et tout ce qu’il restait à faire était de récupérer la fleur. C’était elle qui s’en était occupée, mais elle m’avait laissé la porter. Au lieu de la couper à la racine, nous avions aussi récupéré celle-ci pour nous assurer qu’elle ne flétrirait pas avant notre retour.

Ainsi, j’avais gagné mon premier objet, une fleur valant au moins 20 pièces d’or draconiennes. Le caillou entre mes orteils ne comptait pas...

Je me sentais un peu bizarre en portant un pot dans mes mains, mais Seryanna avait résolu le problème en me prêtant un sac à dos. Au début, j’avais demandé à utiliser son sac à main, mais elle avait refusé, disant que les plantes magiques ne devaient jamais être transportées dans des anneaux ordinaires. Pour transporter des plantes, je devais avoir un anneau spécial avec le sort Sac de l’herboriste. La différence entre les deux était que ce dernier ne pouvait transporter que des plantes et des graines. Il avait également la propriété particulière de garder les plantes en sécurité et en bonne santé en permettant à l’utilisateur d’utiliser sa propre magie pour les nourrir.

Nous avions poursuivi notre voyage pendant encore trois heures, mais à ce moment-là, Seryanna avait dû faire un arrêt-toilette, alors elle m’avait fait attendre au milieu de nulle part jusqu’à ce qu’elle eut fini. J’étais un peu plus grossier et avais utilisé le premier buisson que j’avais trouvé. J’avais instantanément senti le manque de papier toilette doux à ma disposition. Les grandes feuilles rugueuses n’étaient pas très agréables à utiliser.

Pendant que j’attendais, j’avais commencé à penser à ma famille et à ce qu’ils pouvaient faire. Cela n’avait pas duré une journée, et ma maison me manquait déjà, mon lit moelleux, même les cris de ma mère. Mon père devait probablement appeler tous les postes de police du pays à moins que l’entité n’ait pas oublié de les prévenir. C’était un peu difficile d’accepter de ne plus jamais pouvoir les revoir. Je me demandais s’il y avait peut-être un sort spécial que je pourrai utiliser à un moment donné. Pourtant, si je me faisais des amis et que je trouvais quelqu’un que j’aimais ici, est-ce que j’essaierais de revenir ? C’était une question qui ne cessait de me déranger et qui le ferait encore longtemps.

Je dois arrêter de penser à ça pour le moment... Pensai-je en poussant un soupir. Ce serait mauvais si quelque chose venait à m’attaquer alors que j’étais distrait... hm, ce serait mauvais, mais je me demande à quel point je suis fort par rapport à ces monstres... mêmes les plus faibles d’entre eux. J’aimerais aussi savoir si les attaques de Seryanna me rapportent de l’expérience, mais jusqu’ici, nous n’avons pas encore rencontré de petites créatures. Peut-être était-ce grâce à la présence menaçante de Seryanna ? Je peux à peine la ressentir maintenant. Peut-être que je m’y suis habitué. En parlant de cela, sommes-nous considérés comme un groupe ? Ah ! Je ferai mieux d’arrêter tout de suite ce genre de pensées inutiles et de garder mes yeux et oreilles grandes ouvertes afin que rien ne me saute dessus ! Je secouai la tête et me redressai légèrement.

Seryanna revint quand elle eut fini et continua à marcher devant moi sans dire un mot. Je ne croyais pas que cela aurait été un bon moment pour faire la moindre chose, alors avec le pot dans mon sac et ma bouche fermée, je l’avais suivie.

Pendant une heure, le paysage n’avait pas beaucoup changé. Le même type de roches, le même type de grands arbres et le même type de mousse que ceux trouvé dans la forêt amazonienne, mais environ dix fois plus robuste. Cependant, il n’y avait aucun signe de vie sauvage, et pas même ces énormes araignées qui infestaient la forêt selon Seryanna. Je commençais à me demander si l’infestée qu’elle voulait dire était une araignée pour dix kilomètres carrés.

« Grrr ! » Un grondement venant de derrière moi put être entendu.

J’avais dégluti puis m’étais lentement retourné.

« Euh... Ser... Seryanna ? » avais-je appelé.

En face de moi se tenait un loup noir de trois mètres de haut avec des dents noires tranchantes et menaçantes. Des yeux rouges perçants m’avertissant que je ne pourrais jamais fuir son regard. De forts muscles et de puissantes pattes se terminant par des griffes noires me faisant comprendre que je ne pouvais gagner. Sa fourrure noire était faite de fins fils métalliques brillants et cela m’annonçait que j’étais complètement incapable de le vaincre.

« GRRR ! » La bête haussa le son de son grondement.

J’étais tombé sur mes fesses. J’étais figé de peur, et mon corps ne réagissait pas à l’envie de fuir de mon cerveau. Un seul mouvement, un seul bond était tout ce qu’il lui fallait pour me réduire en pièces.

« Ser. Seryanna... Aidez-moi..., » réussis-je à hurler. Mais j’avais l’impression que je pouvais à peine parler et que la seule chose que je faisais était de chuchoter.

M’a-t-elle entendu ? Et si elle ne m’avait pas entendu ? Seryanna ! AIDEZ-MOI ! Criai-je dans ma tête, mais mes lèvres bougeaient à peine.

« GRRRRR ! »

La bête ouvrit ses mâchoires, me montrant ses dents noires et sa langue rouge vif.

« HYA ! » cria Seryanna en coupant l’air devant le monstre.

Le loup sauta en arrière et laissa échapper un grondement menaçant, mais la dragonne ne tressaillit pas. Elle lança un regard noir à la bête puis se précipita vers elle. Le loup ouvrit ses mâchoires et lança quelque chose vers elle, mais l’attaque manqua sa cible. Les plantes touchées par cette substance présentèrent immédiatement des signes de corrosion et de flétrissement. Chantant quelque chose rapidement, elle pointa sa main vers le loup et une boule de feu d’un diamètre de 5 cm se forma au centre de sa paume. Elle l’avait directement envoyé vers le loup, mais il avait esquivé cette attaque en allant vers la gauche. La boule de feu explosa et, pour éviter la lumière aveuglante, le loup ferma un instant les yeux. Seryanna attendait ce moment précis, et d’un seul coup d’épée, elle coupa le loup en deux à l’endroit où se trouvait son cœur. Il ne put même pas hurler. Les deux moitiés tombèrent sur le sol et se tordirent quelques secondes de plus avant de s’immobiliser dans une mare de sang noir.

« Est-ce que ça va ? » m’avait-elle demandé une fois, mais je n’avais pas répondu. C’était seulement quand elle l’avait fait une seconde fois que j’avais réalisé qu’elle me parlait, et qu’elle était sur le point de me gifler.

« Je vais bien ! S’il vous plaît, ne me frappez pas ! » déclarai-je en levant les mains.

« Hmph ! Il semble donc... je ne m’attendais pas à ce que le regard du loup t’affecte autant. Tu es faible, » m’avait-elle dit en s’éloignant.

Ça faisait mal d’être traité de faible, mais que pouvais-je y faire ? Ma compétence de dompteur de dragon ne me servait à rien tant que je n’avais pas un dragon en tant qu’ami. Jusqu’ici, il semblerait que je me fasse beaucoup d’ennemis, surtout si Seryanna était un modèle de comportement draconien typique quant à son attitude envers les humains.

« Qu-quoi à propos du corps ? Est-ce que nous n’allons pas la récupérer ou quelque chose du genre ? » demandai-je en la suivant.

« C’est un loup pointu corrompu. Sa fourrure est faite d’aiguilles de métal, sa chair est vénéneuse, mais ses griffes et ses dents valent environ deux pièces d’argent chacune, » m’avait-elle dit, mais en regardant derrière, j’avais vu qu’elle avait laissé la bête intacte.

« Alors, est-ce que c’est bon de laisser ça ainsi ? » demandai-je à nouveau.

« Celui-là était un éclaireur faible. Une fois que la meute sentira qu’il a disparu, ils suivront l’odeur. Quand ils le découvriront, ils se régaleront des restes du loup. Si, à notre retour, nous trouvons les dents et les griffes intactes, je les arracherai, » expliqua-t-elle avant de me pousser à marcher un peu plus vite.

Avec un hochement de tête silencieux, je l’avais suivi, mais en y repensant, cela avait du sens. Dans un jeu, vous pouviez immédiatement récupérer le cadavre, mais en réalité, c’était un processus plutôt long et laborieux, et cela n’était pas n’importe qui qui pouvait le faire. En y pensant, peut-être que Seryanna ne savait pas comment récupérer la peau du loup ou acquérir d’autres parties.

En général, les compétences de collecte sont plutôt bien pour gagner quelques pièces en plus. Le combat est habituellement la chose principale, alors peut-être... hm... peut-être que la première chose que j’ai besoin d’apprendre est quelque chose lié à la collecte de matériaux ? L’exploitation minière, la récupération de peau et l’herboristerie devraient être les compétences de bases. Non, je ne peux être confiant dans les noms de la liste, je vais devoir être prudent cette fois-ci. Pour autant que je le sache, cet idiot semblable à un dieu aurait pu le nommer Salade de pommes de terre... Pensai-je en suivant Seryanna sur le chemin vers les mystérieux champignons sanglants.

Par curiosité, j’avais regardé mes statistiques pour voir si le fait d’être proche du loup quand il était mort m’avait donné de l’expérience. Malheureusement, j’étais encore au niveau 1. Rien n’avait évolué.

Pendant une heure ou deux, j’avais continué à prier pour trouver ces champignons plus rapidement, pour qu’ils soient assez nombreux pour satisfaire la dragonne grincheuse, et surtout, qu’aucun monstre ne vienne nous attaquer. Devenir un repas n’était pas sur ma liste des choses à faire dans ce monde. Je voulais sortir de la forêt aussi vite que possible, trouver une ville de bas niveau et puis monter lentement mon niveau.

Hm, si Seryanna devenait mon amie, alors elle pourrait bien vouloir m’aider à monter de niveau. Non ! Je suis sûr que si je lui demande, elle pointera l’épée tranchante sur moi puis s’en ira... Pensai-je en poussant un soupir.

Dix minutes plus tard, je m’étais arrêté dans mes pensées et je lui avais alors demandé. « Hey, Sire Seryanna ? Combien de champignons avez-vous dit que vous trouviez habituellement ? » lui avais-je demandé.

« Un ou deux. Pourquoi ? » me demanda-t-elle alors qu’elle s’arrêtait et me regardait. Je ne la regardais pas, mais une petite clairière teinte en rouge-sang était dans mon champ de vision.

« Je pense en avoir trouvé quelques-uns..., » déclarai-je en désignant la clairière.

De l’autre côté, au pied des grands arbres, des centaines de champignons attendaient qu’on les ramasse. Ils étaient entourés d’os blancs déposés par les griffons depuis leurs nids dans les arbres. Il y en avait beaucoup entourant la petite ouverture, mais il n’y avait aucun signe de bêtes réellement dans notre environnement immédiat. La zone était vide.

« Tu... Tu les as trouvés..., » déclara Seryanna.

En la regardant, j’étais sur le point de dire quelque chose, mais son expression me prit au dépourvu. Des larmes s’étaient formées dans le coin de ses yeux. Son regard s’était adouci, et un sourire apparut enfin sur ses lèvres. La Seryanna en face de moi avait l’air douce, pure, tout à fait différente de la chevalière endurcie par la guerre qu’elle représentait jusqu’à présent. Si j’ose dire, elle m’avait montré un côté plutôt humain.

Badaboum !

Mon cœur avait raté un battement, et j’avais dégluti.

« Tellement... Alkelios, tu en as tellement trouvé... Avec ça, mon grand-père pourra être guéri..., » me déclara-t-elle à travers ses larmes, mais elle ne prit pas la peine de les essuyer. Elle les laissa couler sur ses douces joues et autour de son gentil sourire.

« Oui, mais je n’ai pas fait grand-chose... » déclarai-je. Mais je pouvais sentir mes joues et le bout de mes oreilles rougir à force de la regarder si longtemps.

En détournant les yeux, je secouai la tête et fermai les yeux un instant.

Récupérons-les ensemble, Alkelios ! Ne tombe pas amoureux ! Ne tombe pas amoureux d’elle ! me disais-je.

Sauter aux conclusions et laisser mon cœur se laisser influencer par son charmant sourire et son côté plutôt doux n’était pas quelque chose que je voulais finir par faire. Je devais me rappeler qu’elle était une dragonne qui détestait les humains. Elle avait peut-être accepté ma présence pour l’instant, mais on ne savait pas comment elle se comporterait une fois que nous serions revenus à la civilisation. Je devais garder la tête froide et le cœur déchaîné de ses charmes.

J’avais laissé échapper un soupir puis me retournai. Elle n’était plus là. Elle était déjà partie.

Clignant des yeux de surprise, j’avais d’abord regardé à gauche puis à droite. Je l’avais repérée là-bas, au milieu de la clairière. Avec un air sérieux dans les yeux, elle s’approcha des champignons. La dragonne avait retrouvé son sang-froid.

« Ah ! Attendez ! » avais-je crié en allant après elle.

Nous avions trouvé les champignons. Tout ce qu’il restait à faire à présent était de les ramasser et de retourner dans la ville, vers la civilisation.

***

Chapitre 7 : Amitié

Le champignon sanglant n’était pas classé comme plante magique, donc Seryanna était capable de ramasser et de stocker autant qu’elle en voulait dans son sac à main, cependant, elle n’en prit pas plus de vingt. Beaucoup avaient donc été laissés derrière, mais d’après ce qu’elle m’avait expliqué, cela suffirait pour guérir son grand-père. La maladie dont il souffrait était guérissable, mais si elle était non traitée, elle pouvait être fatale.

J’avais également pris deux de ces champignons dans mon sac, juste au cas où quelque chose arriverait à l’anneau. Bien que Seryanna doutait d’une telle chose, cela s’était déjà produit avant, alors elle ne voulait pas voir une telle expérience se répéter. Quand je lui avais demandé l’histoire complète, elle m’avait simplement regardé en silence. Cela avait dû être plutôt embarrassant pour autant que je puisse le deviner.

Une fois que nous avions fini de ramasser ces champignons, nous avions entendu les griffons annonçant leur retour dans leurs nids. Nous nous étions dépêchés de partir parce que s’ils nous voyaient fouiner dans la zone, ils nous auraient attaqués. Seryanna était confiante dans sa force et ne doutait pas qu’elle puisse les vaincre, mais elle avait besoin que ceux-ci restent en vie afin de lui permettre de se procurer à nouveau de ces champignons.

Environ une heure après avoir quitté la clairière, nous avions pris une petite pause et vérifié l’état des champignons. En voyant, tant d’exemplaires de champignons en sa possession, cela avait fait apparaître un sourire sur les lèvres de la dragonne.

« Sur le chemin du retour... euh... Devrais-je essayer de chercher d’autres plantes que nous pourrions vendre ou utiliser ? » lui avais-je demandé.

Elle fronça les sourcils en y réfléchissant un moment.

« Oui, nous devrions probablement. Hmm, regard pour... » Elle s’arrêta et regarda comme si elle se souvenait de quelque chose d’important. « J’ai oublié de récolter la fleur de Cupula... Rappelle-moi de la récupérer lorsque nous y repasserons, » me déclara-t-elle.

« D’accord. Alors, que dois-je chercher ? » lui avais-je demandé.

« Hm, si tu vois quelque chose d’intéressant, s’il te plaît fais-le-moi savoir. Je ne reconnaîtrais peut-être pas toutes les plantes, mais j’en connaîtrais sûrement une partie. Nous pourrons amener les autres à l’herboristerie de la ville, » elle m’avait expliqué cela.

« Très bien ! » répondis-je avec un sourire.

Une fois la pause terminée, nous avions continué notre voyage à travers la forêt, mais cette fois-ci, c’était pour retourner à la civilisation. Les plantes rassemblées sur le chemin étaient censées être un bonus. Bien sûr, à moins que nous ne réussissions qu’à en ramasser des vénéneuses et inutiles.

En marchant, je m’étais demandé si nous pouvions effectivement trouver de rares plantes en espérant qu’elles ne valent pas autant que la dorée se trouvant dans mon sac. Si je devais choisir, j’aurais voulu trouver quelque chose qui pouvait être facilement vendu pour quelques pièces d’argent ou afin de créer quelques potions. Je n’avais aucune idée du type de potion, mais à en juger par le cristal bleu utilisé par Seryanna afin de repousser les araignées, je devinais que certaines d’entre elles étaient utilisées pour infuser des pierres semi-précieuses et leur offrir des propriétés magiques.

« Je pense avoir trouvé quelque chose ! » avais-je dit à un moment donné quand j’avais vu une fougère vert foncé.

La différence entre elle et les autres fougères était que sa couleur était plus foncée.

« Quoi ? » demanda la dragonne.

« Ça ! » avais-je montré.

Après un coup d’œil rapide, elle l’avait ramassé et l’avait placé dans mon sac à dos.

« Que pensez-vous que ça soit ? » demandai-je.

« Je ne sais pas, mais c’est différent, et tu l’as trouvé, » m’avait-elle dit.

Au moment où nous étions prêts à installer le camp, j’avais trouvé quelques types de champignons, d’autres plantes, y compris une fleur de Cupula et une Rosette. Cette dernière était une minuscule fleur en forme de cloche rouge qui servait pour les potions de soins de haute qualité. C’était intéressant de voir autant de types de plantes avec autant d’utilisations possibles. Honnêtement parlant, je me demandais si l’une d’elles pouvait guérir le cancer ou si les potions pouvaient déjà le faire. Si parmi les 10 millions de personnes un médecin était présent, alors peut-être que cela permettrait de faire des avancées dans la médecine.

Une chose que j’avais trouvé intéressante était le fait que je pouvais rester debout pendant plus de 20 heures sans me sentir fatigué. C’était étrange, mais ce temps-là me donnait l’équivalent de 14 ou 15 heures sur terre, mais en y réfléchissant logiquement, j’avais voyagé assez loin sans me sentir fatigué.

Peut-être est-ce dû à ce semblant de Dieu ? Me demandai-je en aidant Seryanna à installer le campement.

« Est-il normal pour un humain de rester éveillés pendant plus de 20 heures ? » avais-je demandé à la dragonne après que nous nous soyons assis devant le feu.

Elle m’avait regardé pendant un moment et avait ensuite haussé les épaules.

« Je ne sais pas comment les humains fonctionnent. Puisque tu le peux, peut-être ? » m’avait-elle dit avant de sortir de la viande d’araignée pour la cuisiner sur le feu.

« Est-ce vrai... Je suppose que vous n’avez pas croisé beaucoup d’humains à part moi... » dis-je en serrant mes genoux et en regardant les braises à l’intérieur des flammes.

« Tu es le premier, mais j’ai assez souvent entendu parler de ton espèce. Vos chevaliers ne tiennent jamais parole. Vos rois ne pensent pas à leur peuple. Vos nobles asservissent les autres. Vos paysans n’osent jamais agir afin d’améliorer leurs conditions. Vous avez des pirates dans les mers et même des couples infidèles. Vos armées pillent et violent partout où elles passent, » expliqua-t-elle durement en me regardant les yeux plissés.

« Me détestez-vous aussi ? » lui avais-je directement demandé.

Elle n’avait pas répondu, mais je pouvais dire qu’elle réfléchissait à cette question. Je ne correspondais pas exactement à la définition d’un humain.

C’est couler ou nager maintenant, n’est-ce pas ? pensais-je en décidant de faire le premier pas. Je me levai, contournai le feu et m’était assis à côté d’elle.

« Quoi ? » demanda-t-elle en fronçant les sourcils.

Je l’avais regardé droit dans les yeux et avais affiché une expression sérieuse.

« En plus de respirer, ai-je fait quelque chose pour attiser votre haine ? » demandai-je.

Elle cligna des yeux de surprise.

« N-non..., » me répondit-elle en bégayant un peu.

« Alors, vous ne me détestez pas, non ? »

« N-non, mais je ne t’aime pas non plus, » déclara-t telle.

« C’est normal. On se connaît uniquement depuis quelques jours... Je ne suis pas un idiot pour penser que vous tomberiez pour quelqu’un comme moi ! » secouai-je la tête tout en disant ça.

« Q-quoi ? De quoi parles-tu ? Un dragon ne tombera jamais amoureux d’un humain comme toi ! » déclara-t telle, mais ses joues devenaient un peu rouges.

Est-elle gênée ? pensai-je.

« Pourquoi ? Juste parce que je suis humain ? » avais-je demandé en plissant les yeux vers elle.

« OUI ! » cria-t-elle.

Ça me faisait un peu mal, mais la haine envers mon espèce était normale, surtout si elle agissait comme une bande malhonnête et xénophobe. Même sur terre, les humains se détestaient habituellement pour de simples différences. Cela pouvait être quelque chose comme la couleur de votre peau, où vous travailliez, quelle console vous aimiez, quel Dieu vous priiez, à la fin, une seule différence était nécessaire pour pousser vers une haine totale. Quiconque était plus faible que ce groupe n’oserait s’y opposer par peur d’être visé par la haine ou de paraître mauvais aux yeux des autres.

Si je devais donner un exemple, peut-être était-ce la façon dont les intimidateurs agissaient ? Je n’avais jamais été victime d’intimidation à l’école, mais il y en avait quelques-uns qui me jetaient des regards froids, car je n’aimais pas certains artistes ayant le nom d’un apéritif. Ce n’était pas de ma faute de préférer le heavy métal et le rap.

Eh bien ! Pour revenir à l’histoire, j’étais confronté à un dilemme. Si elle détestait vraiment l’espèce humaine, et la façon dont elle les caractériserait d’un point de vue général, alors je n’avais aucune chance de me faire des amis à moins que je ne prouve que je n’étais pas comme ça.

Mais comment ? pensai-je en regardant ses charmants yeux bruns foncer. Mon cœur avait raté un battement, et j’avais serré les poings.

« Je ne le crois pas, » lui avais-je alors dit.

« Quoi ? » demanda-t-elle en fronçant les sourcils.

« Si j’étais un tel parasite, un tel insecte destructeur à vos yeux, si je ne vaux pas la peine de respirer, si je suis ce que vous croyez que je suis, alors..., » je m’étais agenouillé devant elle. « Levez votre épée et tuez-moi ! » criai-je.

Elle tressaillit.

Je vais finir par mourir ! Cerveau stupide ! Tu as regardé trop d’animés ! criai-je dans ma tête, mais j’avais peur de la possibilité de mourir ainsi.

« Te tuer ? Es-tu fou ? » me demanda-t-elle, agacée par l’idée de le faire.

« Peut-être, qui sait ? » j’avais haussé les épaules.

« Je ne vais pas te tuer, sois rassuré ! » avait-elle déclaré en tournant les yeux.

« Alors, vous ne me détestez pas ! » déclarai-je avec un air joyeux présent sur le visage.

« Q-quoi ? Je suppose que oui..., » déclara-t-elle en clignant des yeux en pleine confusion.

« Cela signifie que j’ai encore une chance ! » avais-je dit en faisant un grand sourire.

« Quoi ? Comprends-tu au moins ce que tu dis ? Je suis une dragonne ! Je suis une chevalière ! » déclara-t-elle en saisissant le col de mes vêtements et me lançant un regard noir.

« Et vous êtes également magnifique. Pensez-vous que je me soucie du fait que vous soyez une dragonne ? » lui avais-je demandé en la regardant avec défiance dans les yeux.

Oh, mon Dieu ! S’il te plaît, ne me tue pas ! S’il te plaît, ne me tue pas ! À la réflexion, Dieu, empêche-moi de me salir ! pleurnichais-je dans mon esprit.

Si elle ne me tirait vers le haut et me forçait à rester debout, je serais probablement à genoux à cause de l’aura meurtrière qu’elle émettait. Je me sentais comme un homme à un congrès de beauté qui avait justement dit à toutes les filles présentes qu’elles avaient l’air un peu potelées, ou comme mon père, qui avait un jour commenté la soupe de ma grand-mère alors qu’elle était justement derrière lui.

« GRRRR ! » Elle grognait sérieusement.

« Vous savez, vous avez peut-être raison de dire que la plupart des humains sont ainsi, mais est-ce que quelqu’un sans statut, argent ou pouvoir, un faible comme moi, oserait dire de tels mots à quelqu’un comme vous ? Je n’ai aucun moyen de me battre contre vous et même si je le pouvais, je ne le ferais pas ! Même si j’avais le pouvoir de conquérir des continents, je ne le ferais pas ! Même si nos rôles étaient inversés, je ne me forcerai pas à vous ! Je ne suis pas comme ces humains ! » déclarai-je avec le poing fermé, les yeux rivés droit dans les siens, mais les jambes tremblantes comme s’il n’y avait pas de lendemain.

« GRRR ! » avait-elle grogné à nouveau.

Ha ? Suis-je mort ? Je suis mort... Je suis certain à propos de cela... Pensai-je en pensant à quelque chose d’autre à dire.

« Une relation entre nous n’est pas impossible ! » criai-je en fermant les yeux.

J’avais attendu pour ma fin imminente, mais rien n’était venu.

Suis-je mort ? Me demandai-je.

En ouvrant un œil, j’avais vu Seryanna rougir et baisser les yeux.

Est-elle embarrassée ? pensai-je.

« Toi..., » déclara-t-elle en levant les yeux vers moi. « As-tu une idée de ce que tu dis ? Les humains et les dragons sont des ennemis mortels... je n’ai même jamais entendu parler d’un humain aimant autre chose qu’un elfe, un nain ou peut-être un homme-bête. Mais même ainsi, leurs royaumes et leurs semblables l’interdisent ! » m’avait-elle dit.

« Eh bien, je suis sûr qu’ils sont juste jaloux, » plaisantais-je.

« Grrr ! » elle avait grogné puis m’avait laissé partir.

« Écoutez ! Je ne suis pas un idiot, et je sais qu’une relation amoureuse serait que précipiter les choses..., et d’ailleurs, je ne sais même pas si vous aimez déjà quelqu’un ou non, » avais-je dit en soupirant. Je m’étais gratté la tête et avais continué de parler. « Mon point de vue est que je vous apprécie, je vous trouve attrayante, mais pas encore de manière romantique. J’ai du respect pour vous à cause de votre force, de votre dévouement et de votre honneur. Cela étant dit, je ne pense pas que cela soit mauvais que nous soyons amis, non ? En entendant ce que vous venez de dire à propos des humains, je commence à me demander si cela ne serait pas un meilleur choix de ne pas essayer d’y retourner et de rester ici, vous savez ? Même si c’est le cas, je ne peux pas le faire seul, j’ai besoin de personnes pour m’aider, parce que je suis un idiot par rapport à beaucoup de choses. J’ai besoin d’amis. »

Seryanna m’écouta attentivement et me regarda dans les yeux pour voir si je lui mentais. Elle avait un regard sérieux, mais jusqu’ici, elle n’était pas disposée à bouger son épée. Un seul coup aurait été plus que suffisant pour me couper la tête ou me blesser et me laisser à la merci des monstres de cette forêt.

« Es-tu idiot ? » demanda-t-elle. Puis son expression s’était un peu adoucie. « Peut-être que j’en suis une également, » soupira-t-elle. « Pendant un moment, j’ai pensé que tu allais te confesser..., » elle avait l’air soulagée.

« Ouais, trop tôt pour ça. J’espère toujours que ce soit vous qui vous confessiez, » plaisantais-je en lui faisant un petit sourire.

« Ça n’arrivera jamais ! » Rigola-t-elle.

« Pourtant, je suis content que vous ne soyez plus en colère contre moi ou en train de penser à me tuer. »

En levant un sourcil vers moi, elle demanda : « Fou, je suis un peu comme toi en ayant penser à tuer la personne m’ayant aidé à trouver le champignon pour mon grand-père. »

« Oh ! J’ai complètement oublié ça... Je pense que vous les auriez de toute façon trouvés, » lui avais-je dit.

Elle secoua la tête et fit un petit sourire. « Je pense que je suis passée par cet endroit plus de fois que je ne puisse compter, mais je n’ai jamais pensé à chercher là-bas. Tu en as même trouvé tant d’autres herbes. Je ne nie pas le fait que sans toi, je n’aurais pas pu rentrer si vite ! »

« Impossible ! Je suis sûr que c’est juste de la chance que je..., » m’arrêtai-je en clignant des yeux en raison de la surprise.

Est-ce que ça pourrait être... ? réfléchis-je un moment.

« Chance ou pas, ça n’a pas d’importance. Tu étais là, et tu m’as aidé. C’est ce qui compte pour moi. Pour ce qui est de l’autre chose, je n’ai jamais entendu parler d’une faction amicale envers les autres espèces comme toi. Peut-être que ces histoires n’étaient pas arrivées jusqu’à mes oreilles, mais je trouve cela plutôt étrange que tu ne sois pas non plus menaçant. Tu es plus faible qu’un lapin, » rigola-t-elle.

Dans mon esprit, je pensais à un film avec un mignon petit lapin flou avec 20 points de forces qui me vainquait. J’avais le sentiment que c’était tout à fait probable. Et dans ce cas, si un lapin avait en fait le nom d’un vicieux monstre mangeur d’humains ?

« Alors êtes-vous prête à protéger ce petit humain stupide contre le lapin féroce, Sire Seryanna ? » avais-je demandé en m’inclinant un peu.

« Peut-être ? Mais si tu avais l’air d’être un de ces humains stupides dont j’ai entendu parler, je serais celle te pourchassant ! » répondit-elle en souriant.

« Je comprends. Est-ce que ça veut dire que nous pouvons être amis ? » demandai-je en souriant.

« Je ne sais pas, peut-être ? » rigola-t-elle.

Je m’étais levé et m’étais à moitié incliné devant elle, imitant un vrai gentilhomme.

« Sire Seryanna, voulez-vous devenir mon amie ? » demandai-je.

Elle avait souri et avait hoché la tête.

« Oui. »

[DING]

[Vous vous êtes fait un nouvel ami : Seryanna Draketerus]

« Qu-qu’est-ce que c’est ? » demanda-t-elle, surprise.

« De quoi parlez-vous ? » lui demandai-je.

« Ne peux-tu le voir ? » demanda-t-elle en me montrant quelque chose d’invisible devant ses yeux.

Qu’est-ce que ça peut être ? me demandai-je.

« Un message flottant... » m’avait-elle répondu.

« Que dit-il ? » lui avais-je demandé.

« Ah ! Il a disparu, » elle cligna des yeux surpris. « Est-ce une sorte de sort ? » demanda-t-elle.

« Euh ! C’est probablement ma compétence..., » lui répondis-je.

« Je n’ai jamais entendu parler d’une telle compétence, mais cela a dit quelque chose de bizarre. Que je suis ton amie, et que je vais devenir plus forte deux fois plus rapidement. Comment cela peut-il être possible ? » demanda-t-elle, surprise.

« Eh bien ! Ma compétence permet d’aider mes amis à devenir plus forts plus rapidement. Je ne pense pas que cela fonctionne si nous ne nous considérions pas comme telles. Tu peux appeler cela un bonus en raison de notre relation, » lui avais-je dit avec un sourire.

« C’est une capacité très puissante que tu as là..., » dit-elle avec un hochement de tête.

« Oui ! » souriais-je en acquiesçant.

« Alors, cherchais-tu après cela ? » demanda-t-elle en haussant les sourcils.

« En partie ! Mais être ton ami après tout ce que nous avons vécu ne semble pas mauvais ? »

« Tu as une étrange façon de te faire des amis. Un simple “veux-tu devenir mon ami ?” Aurait suffi. La prochaine fois, ne leur demande pas de devenir ta compagne, demande-leur juste ça, » soupira-t-elle.

« Noté ! Mais oui, j’ai juste un peu paniqué... désolé ! » m’étais-je excusé.

« Ce n’est pas nécessaire. J’ai trouvé cela marrant ! Habituellement, les mâles viennent vers moi avec de tels mots seulement quand c’est la saison. Ensuite, ils m’oublient complètement, » me déclara-t-elle en haussant les épaules.

« Je suis un humain, par conséquent, je suis en chaleur toute l’année ! » plaisantai-je.

Elle plissa les yeux et s’éloigna de moi.

« Ne t’inquiète pas, Seryanna, je ne vais pas t’attaquer, mais ne me déteste pas si je tombe amoureux de toi, » avais-je dit en souriant.

Elle avait alors rougi.

« Stupide..., » elle détourna et cligna des yeux de surpris. « Ah ! La viande ! Je l’ai oubliée ! » dit-elle en se précipitant pour sortir la viande du feu.

Après que nous ayons mangé, j’étais allé au lit, mais pas avant de vérifier mes statistiques. Je m’étais souvenu que je devrais avoir gagné 25 % des statistiques de mon amie dragon.

Nom : Alkelios Yatagai

Espèce : Humain

Niveau : 1

Force : 11 +313,5

Vitesse : 10 +247

Dextérité : 11 +251

Magie : 12 +188,5

Chance : 100

Excellence magique : 1 % +6,75 %

Compétences : Montrer O/N

Points de compétences : 0

Points de statistiques : 0

Ma première réaction quand j’avais vu la fenêtre était :

Regardez, j’avais gagné deux points en force et en magie ! Youpi !

Mes statistiques de bases ressemblaient à une blague en comparaison du bonus obtenu de Seryanna, malheureusement, je ne pouvais pas encore voir ses statistiques, mais d’après ce que je pouvais deviner, elles étaient probablement aux valeurs suivantes :

Nom : Seryanna Draketerus

Espèce : Dragon

Niveau : ???

Force : 1254

Vitesse : 988

Dextérité : 1004

Magie : 754

Chance : ???

Excellence magique : 27 %

***

Chapitre 8 : Le chat sorti du sac

Une fois de plus, le matin m’avait accueilli avec un ciel sombre à l’extérieur, mais pour la première fois en deux jours, j’avais ressenti une terrible douleur dans mon corps. Ce n’était pas comme si j’avais été blessé, mais plutôt ce que je pouvais ressentir après une séance à la salle de gym. Mes muscles se réjouissaient quand je bougeais, mais en même temps, ils me maudissaient pour avoir osé bouger. La bonne vieille fièvre musculaire était une sensation paradoxale, qui était plutôt confortable.

Je me levai de mon simple lit, une couverture étalée sur une parcelle d’herbe, puis je rampai hors de la tente et étirais un peu mes bras et jambes. Un sentiment rafraîchissant s’était immédiatement précipité sur moi et avait ensuite été suivi par de la douleur. J’avais alors un peu gémi puis j’avais secoué mes mains et mes jambes, espérant m’en débarrasser, mais cela ne cessa pas.

Ce n’était pas au point où je pouvais me plaindre, mais c’était un peu ennuyeux. Cela avait peut-être quelque chose à voir avec mon augmentation de statistiques ou le fait d’avoir tant marché. Cependant, il n’y avait aucune blessure sur mes pieds, pas de cicatrices ou de cloques comme on pouvait s’y attendre, ce qui rendait cette douleur encore plus étrange.

J’avais décidé d’en parler à Seryanna. Mais rapidement, j’avais remarqué que j’étais seul dans le camp. Il n’y avait aucun signe de la belle dragonne.

En regardant autour de moi, j’avais cligné des yeux surpris en me demandant où elle pouvait être. Un besoin ? Je haussai les épaules et me dirigeai vers le feu. En utilisant un bâton, je l’avais un peu attisé et avais patiemment attendu son retour.

Cinq autres minutes passèrent, et il n’y avait toujours aucun signe d’elle. La pensée qu’elle m’avait abandonnée ici me traversa l’esprit, cependant, son armure, ses gants en cuir, ses protèges bras et ses protègent tibia étaient toujours là. Si elle était partie, il n’y avait aucune raison pour qu’elle laisse son armure ainsi. Ce que j’avais ensuite pensé, c’était que quelque chose pouvait lui être arrivé. Un froid parcourut ma colonne vertébrale pendant que j’y pensais.

Pas possible ! Ça ne peut ! pensai-je en regardant autour et avais appelé. « SERYANNA. »

J’avais attendu... et attendu, mais aucune réponse n’était venue.

En déglutissant, j’avais serré les poings tout en écoutant la zone. J’avais ensuite prié n’importe quel Dieu afin qu’il m’écoute. Je lui demandais de m’aider à la trouver et qu’elle soit saine et sauve. Sans penser une seconde à avoir peur pour ma vie, je m’étais précipité dans la forêt.

« SERYANNA ?! » criai-je à nouveau.

Il n’y avait aucun signe d’elle dans cette direction, alors j’étais allé à gauche. Je ne pouvais pas courir trop loin du cristal, sinon les monstres m’attaqueraient. D’ici là, j’avais oublié la douleur de mes jambes, je voulais juste la trouver saine et sauve.

« SERYANNA ?! » criai-je à nouveau en sautant au-dessus d’une bûche.

Mon pouls continuait à monter tout comme mes peurs. Mes pensées allèrent rapidement dans le côté obscur de mon imagination en pensant à ce qui pouvait lui arriver, et à ce qui pourrait m’arriver si elle était morte ou blessée. Le coup de pouce que j’avais obtenu en devenant son ami pouvait être génial, mais ne représentait que 25 % de ses statistiques. Je n’étais pas idiot, je m’étais rendu compte que pour un niveau 1 c’était quelque chose d’incroyable et probablement aucun humain de la terre ne pouvait atteindre ce genre de valeurs sans une autre capacité de triche. Malgré tout, était-ce suffisant pour affronter les monstres se cachant dans cette forêt ? J’en doutais. J’en doutais fort.

« SERYAN... omph! » avais-je crié, en me cognant sur quelque chose.

J’étais tombé et avais atterri sur le sol. Mes mains me faisaient mal pour une raison inconnue, mais il faisait trop sombre pour comprendre ce qu’il se passait. Si je frappais quelque chose de pointu, c’était une bonne chose de courir avec mes mains vers le haut afin de protéger mon visage du danger, mais ma poitrine faisait un peu mal.

« Aïe ! » dis-je en déplaçant ma main sur mon bras.

La couleur avait quitté mes joues en réalisant que j’avais quelque chose de coincé en moi. Quoi que ce soit, cela faisait mal et piquait, j’avais quelque chose de pointu comme une aiguille ou une épine dans ma chair. Le sang coulait de mes plaies fraîches et la prise de conscience que j’avais reçue me traversa l’esprit. J’étais effrayé, terrifié.

« HISS! »

Le son me fit froid dans le dos et me força à lever les yeux. Ce que j’avais vu n’était pas un serpent ou une créature rampante, mais une ombre à huit pattes. Il faisait assez sombre, mais même avec le peu de lumière qu’il y avait, je pouvais dire que c’était une araignée.

C’est une blague ! Je cherchais une belle dragonne et non un monstre à huit pattes d’apparence bizarre ! Hm ? Attends une seconde... ça ne peut pas être ça, non ? pensai-je en déglutissant, j’avais demandé « Seryanna ? Est-ce toi ? »

Le monstre leva les pattes avant. C’était le signe qu’il allait attaquer. Je m’en étais souvenu d’un documentaire que j’avais regardé une fois sur un site de streaming. C’était le premier avertissement que l’araignée donnait. Certains soulevaient même leur corps sur leurs pattes arrière pour paraître plus grands face à un ennemi potentiel.

« HISS! »

« Je suis mort..., » murmurai-je. Et à ce moment précis, je vis une autre ombre qui sautait sur l’araignée, et l’une de ses gigantesques pattes tomba.

L’araignée siffla et attaqua l’autre ombre. J’avais essayé de la suivre, mais elle se déplaçait trop vite. Même avec mes statistiques augmentées ce n’était pas possible, car je n’étais pas encore habitué à contrôler ma nouvelle puissance. Il y avait des moments où j’avais l’impression de reconnaître celui se battant, mais il y avait d’autres moments où je ne voyais rien d’autre qu’un flou. À la fin, la bataille avait été gagnée dans l’obscurité, et c’était seulement plus tard que l’ombre était sortie victorieuse. À ce moment-là, je me tenais là comme un statue, n’osant ni bouger ni crier au secours.

« Vas-tu bien ? » demanda Seryanna de l’ombre.

J’avais cligné des yeux en réalisant que c’était elle. La belle dragonne m’avait encore sauvé.

« Seryanna, merci les cieux ! » avais-je pleuré en sautant vers elle afin de l’étreindre. « Tu es vivante ! Tu es en vie ! J’ai vu que tu étais partie et puis... Je pensais que tu étais morte et cette chose... a sauté..., » dis-je en pressant mon visage contre sa poitrine.

« Alkelios ! Je vais bien, maintenant s’il te plaît... laisse-moi partir ! C’est embarrassant..., » dit-elle en détournant les yeux.

J’avais cligné des yeux de surprise et levais les yeux vers elle.

« Un problème ? » demandai-je.

« Es-tu aveugle ? Je suis..., » essaya-t-elle de dire, mais sa voix était étrange.

Cette obscurité m’empêchait de voir, cependant, je réalisais par le toucher seul ce qu’elle voulait dire. Mes joues ne touchaient pas de tissus, mais la peau. Je n’enlaçais pas une femme légèrement vêtue, mais une femme à moitié nue. Seryanna ne portait pas de haut et avait les cheveux mouillés.

« Hein ? » dis-je en étant surpris, mais je n’avais pas immédiatement reculé.

« Je prenais une douche, puis je t’ai entendu crier comme une petite fille effrayée et je me suis précipitée à ton aide. J’ai vu l’araignée blanche qui en voulait à ta vie, et je l’ai tuée... Maintenant, s’il te plaît... peux-tu me lâcher ? Si tu ne le fais pas, je te frapperai ! » me prévint-elle.

« Ah ! Désolé, c’était un peu trop beau pour t’enlacer comme ça, » dis-je carrément.

« Stupide..., » elle rougit et détourna les yeux. Ou du moins, je pensais qu’elle l’avait fait.

« Ne t’inquiète pas, je peux à peine voir quoi que ce soit ! Et maintenant, je me souviens que je me suis fait planter des aiguilles... Outch ! » avais-je crié quand mon cerveau commença à se rendre compte de la douleur des aiguilles surtout quand je serrai Seryanna.

« Soupir... Laisse-moi finir, et je vais les enlever pour toi. En attendant, va dans cette direction. Tu trouveras le camp, » me dit-elle en me poussant dans la bonne direction.

« Merci..., » dis-je en regardant derrière ?

Elle ne couvrait pas son corps, mais grâce à la lumière et aux ombres, je pouvais à peine voir la beauté de ces trésors. Même ainsi, ça aurait été mauvais si je restais là comme ça, mais je devais admettre qu’elle m’avait vraiment fait peur. Son départ m’avait fait plus peur que cette araignée, mais si je devais deviner pourquoi, c’était probablement parce que j’avais l’impression que nous étions plus proches après avoir été amis. Même si j’étais le plus faible, je m’inquiétais pour elle.

Après mon retour au camp, j’avais réalisé l’horreur de mon état actuel. J’avais des aiguilles blanches, chitineuses, pointues qui sortaient de moi comme les pointes d’un porc-épic. Certains étaient profondément enfoncés dans ma chair. Je craignais la possibilité d’une hémorragie interne, mais il était surprenant que cela fasse si peu mal.

En déglutissant, j’avais attrapé une des aiguilles empalées dans mon côté droit et avais tiré. La douleur aiguë grimpait le long de mes nerfs et bombardait mon cerveau. Je grimaçai et grinçai de dents, mais la lutte n’était pas finie. Il y en avait plus, et je devais toutes les sortir une par une.

Quand tout était fini, mon corps était douloureux à cause de la douleur de mes blessures et de ma fièvre musculaire. Le saignement n’était pas si grave, mais avant que j’aie l’occasion de chercher quelque chose à utiliser comme pansement temporaire, j’avais entendu un bruissement derrière moi.

Me retournant, je vis Seryanna sortir de la sombre forêt, portant derrière elle ce qui ne pouvait qu’être décrit comme une tarentule blanche et géante. Elle était morte, et une substance blanche suintait de ses blessures. Quant à la belle dragonne, avec un seul coup d’œil, elle m’avait fait déglutir. Ses longs cheveux roux étaient trempés. Son corps était humide, ce qui permettait à sa fine tenue de coller à sa peau, traçant parfaitement le contour de sa poitrine. Au lieu d’un soutien-gorge, elle portait un morceau de tissu étroitement enroulé autour de ses seins, les serrant un peu, mais en même temps cachant sa beauté naturelle. Une chose était certaine, je pouvais toujours me souvenir de la douce et agréable sensation de sa peau nue quand je l’avais enlacée. À ce moment-là, il n’y avait pas de tissu pour les cacher, et mon imagination ne pouvait que s’emballer. Je l’avais probablement surprise en train de se baigner

« Tu regardes trop, » me dit-elle en plissant les yeux et couvrant sa poitrine de la main avec laquelle elle tenait son épée.

Je bavais un peu aussi, mais ce n’était que l’instinct naturel de l’homme, je n’y étais pour rien !

« Désolé... Tu es juste... Tu es très belle, » dis-je en me retournant pour cacher mon rougissement.

« Merci..., » dit-elle doucement. Puis elle fit glisser la carcasse de l’araignée près du feu.

Je restais immobile et attendais qu’elle finisse de se couvrir un peu plus, mais ce qu’elle avait fait, c’était de marcher vers moi. Prenant ma main, elle avait commencé à regarder mes blessures et avait jeté un coup d’œil aux aiguilles sur le sol. Pendant ce temps, j’essayais de me concentrer sur autre chose que sa poitrine. Pour quelqu’un de mon âge, j’avais un peu de retenue, mais la seule chose qui m’avait probablement empêché d’agir comme un imbécile était la pensée suivante que je me répétais : ne regarde pas, n’essaie pas. Elle déteste les humains, souviens-toi de ça ! Ne sois pas stupide ! Ne sois pas idiot ! Ne fais pas quelque chose te faisant perdre son amitié ! Si elle part, tu meurs. Si elle te déteste et que l’amitié disparaît, tu perdras les statistiques ! Rappelle-toi : tu es un ami ! Juste dans la zone ami !

« Bois ça, » me dit-elle d’un coup.

En la regardant de nouveau, je la vis tenant une petite bouteille ouverte avec une substance rouge à l’intérieur. Il n’y avait aucun doute à ce sujet, c’était une potion de soin bien connue comme dans un jeu.

Avec un peu d’hésitation, j’avais porté le liquide rouge à mes lèvres et l’avais bue d’un trait. C’était amer ! Les jeux avaient tort ! Les potions n’avaient pas bon goût, elles avaient tellement mauvais goût que j’aurai préféré ne pas avoir de langue !

« Arg... Le goût..., » grognai-je en lui remettant la bouteille.

Les blessures infligées par les aiguilles commencèrent à guérir rapidement. La douleur aussi avait disparu, et par l’apparence des choses, j’allais me sentir mieux dans quelques minutes.

« Bien sûr, ça a mauvais goût, c’est fait avec de l’urine de vache sanglante, » dit-elle.

« Hein ? » je clignais des yeux surpris.

De quoi maintenant ? pensai-je.

« URINE ? » demandai-je en levant un peu le ton de ma voix.

Fronçant les sourcils, elle m’avait regardé comme si je ne comprenais pas ce qui n’allait pas.

« M’as-tu fait boire de l’urine de vache ? » demandai-je, déconcertée. Et je m’étais immédiatement senti mal.

« Oui..., » elle plissa les yeux vers moi. « Attends, pas d’urine, mais pois, » expliqua-t-elle.

« Hein ? » je n’avais pas compris.

Laissant échapper un soupir, elle ouvrit son sac à main et sortit quelque chose de là, c’était une petite graine rouge. Je l’avais curieusement regardée.

« C’est un pois de vache sanglante, » m’avait-elle dit.

« Hein ? Oh ! Pois ! » avais-je dit, puis j’avais ri.

Elle rigolait également et elle avait placé la graine dans son sac à main.

« Tu es drôle. Pourquoi croirais-tu quand même que je te laisserais boire quelque chose d’aussi dégoûtant ? » m’avait-elle demandé en s’asseyant à côté du feu.

Je m’étais assis à côté d’elle, croisant mes jambes et jetant un caillou gênant.

« Les deux semblent semblables à l’oreille, c’est une erreur possible ! » M’étais-je ainsi défendu, mais j’avais dû me demander pourquoi c’était vraiment le cas ? Je pensais en roumain et parlais en roumain, mais la langue qu’elle parait était différente. Techniquement parlant, je n’étais pas censé faire une telle erreur, les deux mots sonnaient complètement différents.

J’avais trouvé ça un peu drôle que j’avais remarqué cela que maintenant.

« Hey, Seryanna, quelle langue parlons-nous ? » lui ai-je demandé.

« Du draconique de l’est, pourquoi ? » répondit-elle en plissant les yeux en me regardant.

« Vraiment ? » avais-je demandé.

« Oui, et je dois dire, que je suis surprise qu’un humain comme toi puisse le parler si bien, c’est pourquoi je ne croyais pas au début que tu sois humain, » expliqua-t-elle.

« Oh, vrai, vrai. Au début, tu n’as pas cru que j’étais humain, » dis-je, alors que je me souvenais de l’incident.

« Effectivement. Tu parles parfaitement le draconien, et ce n’est pas si inhabituel de rencontrer d’autres dragons qui, sous leur forme scellée, ou quand ils sont jeunes dragons ressemblent exactement à des humains. » Expliqua-t-elle.

« Donc, la plupart des dragons ressemblent à des humains ? Comment peux-tu les différencier ? » demandai-je ?

« Hm, avant de répondre à ça, dis-moi pourquoi un humain comme toi peut si bien parler cette langue. De plus, je commence à douter que tu sois venu ici par un accident de téléportation. Ta capacité et ta compréhension à parler cette langue ne sont pas quelque chose que l’on peut obtenir comme cela, ça n’a pas de sens ! » expliqua-t-elle en secouant la tête.

« Je vois... le chat est sorti du sac. Eh bien, tu devais le savoir tôt ou tard. Tu es ma première amie dans ce monde, après tout. Je dois dire cependant que tu es une très belle et très puissante première amie ! » J’avais souri et avais fait un compliment juste pour qu’elle se sente mieux et ne décide pas de me couper en morceau pour avoir menti.

« Merci, mais s’il te plaît... la vérité, » me demanda-t-elle. Mais j’avais remarqué le petit rougissement de ses joues. Mon compliment avait fait mouche.

« Eh bien ! Je suis en effet un humain, mais je ne suis pas de ce monde. J’ai été amené ici par une entité semblable à un Dieu. Ne me demande pas son nom parce que je ne le connais pas... Eh bien, dix millions d’entre nous ont été amenés ici pour être précis, » commençais-je à expliquer.

« D-Dix millions ? C’est une invasion ! Le roi doit savoir cela ! » dit-elle en se levant.

« Attends une seconde ! Attends ! Je suis probablement le seul idiot qui a atterri ici ! La plupart d’entre eux sont probablement au plus profond du continent humain et combattent de faibles monstres, » lui dis-je.

« Que veux-tu dire ? » demanda-t-elle en fronçant les sourcils.

« L’entité semblable à dieu nous a offert des capacités uniques, mais chacun en a une différente. Je n’ai aucune idée de leurs capacités ou s’il y a des individus plus fort que moi ou non. Honnêtement parlant, je pense que j’ai eu un gros coup de pouce de ta part. De plus, toi seule serais probablement capable de les vaincre avant même qu’ils puissent utiliser un seul sort, » expliquai-je en haussant les épaules.

« Je vois... Alors ils sont un tas de faiblards, » dit-elle en se rasseyant à côté de moi.

« Par rapport à toi, tout à fait. Le Dieu nous a cependant avertis de ne pas aller vers le continent Dragon. Je suppose que c’est à cause de cette guerre entre nos espèces. »

« Cela pourrait être le cas. La relation entre les royaumes humains et dragons est assez tendue en ce moment. Bien que nous soyons sous un cessez-le-feu, une guerre pourrait éclater à tout moment, » avait-elle expliqué.

« Oui, donc... mes capacités, si je peux les appeler ainsi... sont ma statistique de chance au maximum et une compétence appelée Dompteur de Dragon, » lui avais dis-je. Et elle plissa les yeux vers moi.

« Qu’est-ce qu’une statistique ? » m’avait-elle demandé.

En clignant des yeux de surprise, je lui avais dit. « Euh, des points de statuts ? Gagner en montant de niveau ? Tu sais quand tu tues quelque chose, tu gagnes de l’expérience, des points de statistiques et des points de compétences, » lui avais-je dit.

« Je ne comprends pas, » elle secoua la tête une fois. « Quand nous tuons quelque chose, leur force de vie et une partie de leur énergie magique sont absorbées par nous, mais l’expérience est quelque chose, gagnez lors de bataille. Nous grandissons en combattant. La force de vie nous rend plus puissantes et plus nous en absorbons, plus nous devenons puissant. Je n’ai jamais entendu parler de quelqu’un ayant ces niveaux et des points de compétences, » avait-elle expliqué.

« Quoi ? » Je la regardai d’un air confus puis repensai à ce que ce « Dieu » nous avait dit. Je ne me souvenais pas qu’il ait mentionné quoi que ce soit au sujet des habitants de ce monde comme quoi il n’avait pas de points ou de niveaux de compétences. « Hm ? » C’est alors que je m’étais souvenu de ça. Le Dieu avait dit rapidement quelque chose à ce sujet.

Pas étonnant que je ne m’en sois pas souvenue tout de suite... Cet imbécile de Dieu ! pensai-je en soupirant.

« Je pense que c’est quelque chose d’uniquement disponible pour nous, puisque nous n’avons pas cette force de vie et cette énergie magique, ou peut-être que nous n’en somme juste pas conscients. *Soupire*, eh bien... je devine que c’est quelque chose comme cette force de vie que tu as mentionné. Mais comment devraient expliquer les points... euh... Disons simplement qu’un point est une très petite quantité de force vitale, peut-être ? » j’avais essayé d’expliquer, mais il était assez difficile de parler de la mécanique d’un jeu vidéo à quelqu’un qui ne connaissait pas les jeux vidéo.

« Alors, supposons simplement que ce que tu appelles monter de niveaux est-ce que j’appelle devenir plus fort. Qu’est-ce que signifie avoir une chance maximum ? Et aussi quels sont les détails de cette compétence, Dompteur de Dragon ? Ça n’a pas l’air très... honorable, » me déclara-t-elle en me jetant un regard soupçonneux.

En y pensant, le « dompteur » semblait un peu louche.

« Avoir la chance maximum signifie que j’ai le plus de chance possible. Je suppose que c’est la raison pour laquelle nous n’avons pas rencontré de monstres dangereux et avons trouvé ces champignons. Au fond de moi, j’ai prié et ai souhaité que nous en trouvions beaucoup pour que tu n’aies pas besoin de refaire le voyage chaque semaine. La même chose vaut pour les autres plantes, c’est pourquoi mon sac est presque plein maintenant. En ce qui concerne la compétence de Dompteur de Dragon, cela semble vague, mais il faut en fait que j’aie une relation amicale avec un dragon. Ce n’est pas vraiment le fait de l’apprivoiser comme un animal de compagnie. Si tu deviens mon ennemi, le bonus en puissance que je reçois et les bonus que tu obtiens de moi disparaîtront aussi. En d’autres termes, grâce à cette compétence, je suis assuré d’être de ton côté à partir de ce jour ! » lui avais-je expliqué du mieux que je pouvais avec ce que j’avais découvert.

Elle m’avait regardé un moment, sans répondre tout de suite. Ce que je venais de lui dire était peut-être un choc pour elle, mais j’espérais qu’elle avait l’impression que grâce à mon honnêteté naïve et aux détails de cette compétence, je n’avais pas l’intention de devenir son ennemi, jamais.

« En d’autres termes, si un dragon devient ton ami et rejoint ton groupe, alors ils n’auraient que des avantages à gagner..., » avait-elle demandé à un moment donné.

« Oui, mais ça peut aussi être dangereux pour moi. Si je ne savais pas que tu étais une gentille dragonne, j’aurais hésité à dire toutes ces choses. Je ne suis pas un imbécile naïf, mais je crois qu’en tant qu’ami, l’une des choses les plus importantes que nous devons avoir est la confiance. Si je ne peux pas te faire confiance avec quelque chose comme ça, je n’ai pas vraiment le droit de dire que je suis ton ami, n’est-ce pas ? » expliquai-je avec un sourire.

Une fois de plus, Seryanna resta silencieuse et me regarda droit dans les yeux, essayant de repérer la vérité. Cependant, j’avais été honnête avec elle, pour plus que ce que j’avais mentionné. Tout d’abord, elle était une chevalière. Si cette partie était vraie, elle tenait l’honnêteté, la justice et la loyauté en grande estime. Mentir ou essayer d’être malhonnête ne ferait que me mener à l’extrémité pointue de son épée. En même temps, c’était un terrible pari. Dire tout cela révélait également ma faiblesse. Sans dragons, je n’avais aucun moyen de devenir plus fort. Sans devenir plus fort, je ne pouvais pas me défendre ou aller sur le chemin pour vaincre le Roi Démon ou toute autre créature maléfique afin d’essayer de faire de ce monde un meilleur endroit. Je devais devenir plus fort, et Seryanna était une opportunité parfaite et mon ticket pour cela, en plus elle était belle en forme de sablier.

« Je te crois, » dit-elle finalement, et je laissai échapper un soupir. « C’est pourquoi je jure sur mon honneur de chevalier que, à moins que tu ne le veuilles ou que le roi me le demande, je ne laisserai pas un seul mot sur tes capacités s’échapper de mes lèvres ! Néanmoins, il serait sage que tu ne répandes pas l’effet de ta compétence au hasard. Tu as vraiment de la chance de m’avoir rencontré et non pas un bandit ou quelque chose de semblable, sinon, il y aurait eu un autre résultat à cette conversation, » dit-elle d’un ton ferme et sérieux.

« Je comprends. Alors, je ne révélerai cette information à personne d’autre à moins que tu ne l’acceptes ! » lui dis-je avec un sourire.

Oui ! Je l’ai fait ! Ma ligne de survie est assurée ! Banzai ! pensai-je à ce moment.

« Mais dis-moi, pourquoi avez-vous été envoyé ici ? » Me demanda-t-elle.

« Le dieu nous a dit que c’était un test pour sauver notre monde d’une invasion, » avais-je dit en haussant les épaules. « Eh bien, c’était aussi pour faire de ce monde un endroit meilleur, d’une façon ou d’une autre. Si au moment où nous mourons dans ce monde, nous avons fait quelque chose pour améliorer celui-ci, alors nous aurons contribué à faire pencher la balance un peu en faveur de notre monde d’origine. Sinon, eh bien, c’est juste mauvais pour les personnes étant restées là-bas. » Je haussai les épaules une fois de plus.

« Cela ressemble à un travail de héros. Tu ne ressembles pas à un héros. »

J’avais haussé les épaules. « Nous faisons ce que nous pouvons. D’ailleurs, qui sait ce que l’avenir me réserve ? » J’avais souri.

Laissant échapper un soupir, elle dit : « C’est vrai... Je suppose que je devrais te dire maintenant comment nous sommes capables de distinguer nos semblables. En général, nous avons des ailes ou des yeux de dragons. Certains ont même une queue, mais ce n’est présent que chez ceux ayant éveillé leur flamme. En dépit d’être un chevalier, je n’ai pas encore éveillé la mienne et je ressemble toujours à une humaine, mais comme j’ai vécu autour de la forêt Séculiar, je suis beaucoup plus forte que même des dragons éveillés. La seule différence entre moi et toi est une rangée d’écaille sur mon dos et sur le côté de mes cuisses..., » elle avait alors un peu rougi.

« Écailles ? Hm, plus tôt, je n’ai pas... euh... ce que je veux dire, c’est... euh... désolé, » dis-je en baissant les yeux.

« C’est bon. Je n’ai pas honte de mon corps, et c’était trop sombre pour qu’un humain puisse voir, bien que, je préférerais que tu ne m’aies pas enlacé ainsi... c’était un peu embarrassant, » dit-elle en détournant les yeux en rougissant.

« Désolé, j’ai paniqué. J’ai vraiment pensé un moment que quelque chose de vraiment grave t’était arrivé et même si je suis plutôt faible comparé à toi, je voulais au moins essayer de t’aider..., » lui ais-je avoué en baissant les yeux vers le feu.

Je me sentais un peu mal à l’idée d’avoir agi stupidement, mais aussi parce que j’avais négligé sa propre force en pensant que je pouvais faire quelque chose pour l’aider.

« C’est bon, merci de penser à moi. Même parmi les dragons, il n’y en a pas beaucoup qui se risqueraient à s’aventurer dans cette forêt la nuit, surtout s’ils sont beaucoup plus faibles que moi. Ils préfèrent attendre et tenter leur chance une fois le soleil levé, » m’avait-elle dit en faisant un doux sourire.

Ses mots m’avaient fait me sentir mieux.

« Alors, tu as vraiment des écailles sur ton dos ? » demandai-je après un moment.

« Oui, mais je ne vais pas te les montrer, » m’avait-elle dit en me jetant un regard tranchant.

« Bien sûr, je ne te le demandais pas, » m’étais-je rapidement défendu en faisant un sourire idiot.

***

Chapitre 9 : Niveaux, ainsi que des compétences surpuissantes

Partie 1

Pour une raison inconnue, cette nuit j’avais eu un rêve très CHAUD. Quand je dis chaud, je ne veux pas dire que j’étais allé piller des tombes un fouet à la main en sautant sur des plates-formes coulissantes sur une piscine de lave, mais dans le sens où j’avais rêvé de Seryanna. Chemise de nuit blanche, regard sensuel, les mouvements d’une renarde, et le reste étaient à peu près dans le genre. Quand je m’étais réveillé, j’étais en train d’enlacer et d’embrasser un ami imaginaire. Mon cerveau avait pris quelques minutes avant de pouvoir traiter ce qu’il se passait. La couleur de mes joues allait du rose au rouge, et je m’étais même giflé une fois.

Quel rêve... Pensai-je en me rappelant chaque détail à son sujet.

La grande différence entre la beauté de mon rêve et celle de la vie réelle était leur anatomie extérieure. La version de mon rêve était une humaine sans partie de dragon, sans écailles, queue et yeux de dragons. J’étais aussi sûr à 100 % que c’était un effet secondaire de ce qui m’était arrivé dans la forêt et de la douce sensation de sa peau, son odeur unique de femme, la souplesse de ses seins, et le son de sa voix. L’araignée géante, effrayante, poilue et blanche dans le dos ne m’avait même pas fait réagir à moins que je ne me concentre dessus. Ce n’était qu’un élément de décor.

Habituellement, je sortais de la tente juste après mon réveil, mais voyant que ce matin j’étais un peu plus excité que d’habitude, j’avais décidé d’attendre de me calmer. En récitant la table de multiplication, en me rappelant de choses effrayantes, en essayant de comprendre quel politicien était chauve et qui ne l’était pas, et faire quelques étirements de base pour aider le drapeau à se baisser.

En sortant, je m’étais retrouvé face à face avec Seryanna. Elle se tenait à un demi-mètre à peine. Heureusement, cette fois, elle était habillée.

« Heu... Bonjour ? » Dis-je en faisant un sourire forcé.

« Bonjour à toi aussi, Alkelios. J’étais sur le point de te réveiller, » dit-elle en soulevant un seau d’eau froide.

« Heu..., » j’avais plissé les yeux en voyant l’outil couramment utilisé pour tirer pacifiquement les gens de leurs rêves.

« Tu as dormi pendant plus de huit heures. Le soleil se lèvera bientôt, » dit-elle en se retournant.

Mes yeux s’étaient directement dirigés sur son derrière. Je déglutis en secouant la tête.

Moi et mes hormones..., grognai-je dans mon esprit.

La seconde chose que j’avais remarquée après être sorti de ma tente était la carcasse de l’araignée. Seryanna avait bien décarcassé celle-ci en récupérant sa chair et ses poils acérés. Cependant, ce que j’avais remarqué était qu’elle avait laissé quelques organes sécher au-dessus du feu.

« Tu prépares le petit-déjeuner ? » demandai-je en les pointant du doigt.

« Quoi ? Oh ! Non, ceux-ci sont toxiques, mais bien préparés, ils peuvent être vendus comme ingrédient d’alchimie. La seule bonne partie de cette araignée est sa viande blanche. Si ce n’est pas blanc, c’est toxique. Certaines araignées libèrent leur venin dans leur propre corps juste avant leur mort. C’est un mécanisme de vengeance, » expliqua-t-elle en se dirigeant vers la carcasse afin de l’examiner.

« Mécanisme de vengeance ? Les animaux n’ont-ils pas habituellement un mécanisme de défense ? » demandai-je en m’interrogeant.

« Oui, ils en ont, mais certains monstres ont aussi un mécanisme de vengeance. Le plus commun est l’auto-empoisonnement. Les démons ingèrent habituellement des cristaux explosifs qui les font exploser à leur mort. J’ai entendu dire que des monstres géants créent parfois une bombe d’énergie magique. Ils sont assez communs sur le continent Dragon, mais je comprends qu’ils soient rares sur le continent humain, » expliqua-t-elle en se déplaçant, vérifiant les parties du monstre pour tout problème visible.

« Une chose très gênante..., » dis-je.

« Effectivement ! La plupart des chasseurs sont entraînés à agir rapidement et à tuer le monstre avant qu’il ne puisse activer ce mécanisme, afin que le butin ne soit pas gaspillé, » elle plaça deux morceaux de viande blanche sur le feu près des organes séchants.

« Cependant, quelque chose me dérange... »

« Quoi ? » A-t-elle demandé.

« Cette araignée est assez différente de la dernière que tu as tuée. Elle est également entrée dans la zone du cristal. Cette chose ne devait pas garder ces choses effrayantes à distance ? » demandai-je en pointant cela.

« Oui, mais il s’agit d’une araignée Syllian, une race rare qui normalement ne se trouve pas ici. Leurs chélicères et aiguilles sont précieuses pour un forgeron, tandis que les alchimistes ont besoin des organes. Ce qui est intéressant, c’est que j’avais l’intention d’aller en chasser une après avoir ramené le champignon. Pour le traitement, j’ai besoin du sac de venin d’une de ces araignées ainsi que du tissu sous leur carapace, donc en rencontrer une est une chose fortuite. Peut-être que ça vient de ta chance ? » avait-elle expliqué.

« Comment ça pourrait être grâce à ma chance ? » demandai-je, confus.

« Eh bien..., » elle fronça les sourcils et regarda le feu pendant un moment. « Peut-être parce que tu voulais m’aider dans ma quête, tu l’as activée ? Nous aurions pu rencontrer d’autres espèces, mais nous avons rencontré celle-ci, dont j’avais besoin. N’est-ce pas grâce à ta chance ? » demanda-t-elle en tournant son regard vers moi.

« Hm, alors... Tu dis que c’est quelque chose comme une compétence passive ainsi qu’une capacité active ? » dis-je en levant un sourcil.

« Peut-être..., » dit-elle en haussant les épaules, montrant que même elle n’en était pas sûre.

« Alors, si je souhaite quelque chose, je l’aurai, mais cela peut dépendre du temps, de l’emplacement, et probablement de choses comme ça ? Et si je ne souhaite rien, cela me met simplement dans une situation chanceuse en fonction de ma situation actuelle et des gens m’entourant ? » demandai-je.

« Eh bien, j’ai entendu des rumeurs de temps en temps d’aventuriers ayant plus de rencontres et trouvant plus de choses avec certains membres dans leurs groupes. Il y a aussi un temple pour le Dieu de la chance où l’on peut faire diverses offrandes pour augmenter sa chance, mais ils disent qu’après un certain temps, vous perdez cette bénédiction et doivent faire à nouveau une offrande. Je n’ai jamais pensé que ces rumeurs soient vraies. »

« Je vois, eh bien... quand nous serons dans un endroit plus sûr, ça te dérangerait de m’aider à comprendre en voyant si je peux faire en sorte que nous rencontrions certains monstres ou d’autres choses comme ça ? Tu sais. Faire un groupe avec moi ou quelque chose comme ça ? » lui ai-je demandé en souriant alors que je faisais ma proposition.

« Ça ne me dérange pas. Tu m’as beaucoup aidé, mais ne sommes-nous pas déjà un groupe ? » demanda-t-elle en inclinant légèrement la tête vers la gauche.

« Heu, n’avons-nous pas besoin d’utiliser un sort ou quelque chose dans le genre ? »

Elle avait rigolé en entendant cela.

« Non, idiot ! Tu as seulement besoin de penser à moi comme faisant partie de ton groupe. Lorsque tu m’as rencontré pour la première fois, et que j’ai accepté, nous étions déjà un groupe. N’as-tu pas ressenti la sensation de picotement autour de ton poignet gauche ? » m’avait-elle demandé en souriant.

« Heu, non... hm, attends. C’est peut-être à cause de mon étrange système. » J’avais levé un doigt et avait dit : « Laisse-moi essayer quelque chose. »

« D’accord, » elle hocha la tête.

« Créer un groupe avec Seryanna Draketerus ! » dis-je à haute voix.

Un message apparu dans mon esprit.

{Groupe créé. Membre actuel : Seryanna Draketerus, Alkelios Yatagai>

Il y avait aussi un petit point jaune à côté de mon nom, comme tu le verrais dans certains MMO pour désigner le chef d’escouade.

« Je n’ai jamais reçu de message comme celui-ci avant, » dit-elle, surprise.

« Hm, je me demande ? Statut de Seryanna, » avais-je dit, et la fenêtre suivante est apparue devant moi.

Nom : Seryanna Draketerus

Espèce : Dragon supérieur de la Haute flamme

Statut d’éveil : 2/4 conditions validées

Niveau : 273

Force : 1254

Vitesse : 988

Dextérité : 1004

Magie : 754

Chance : 12

Excellence magique : 27 %

Bonus actuel : Dompteur de Dragon <multiplie par 2 l’absorption de force et énergie magique et la vitesse d’apprentissage>

Malus actuel : Non-éveillé : < -60 % pour toutes les statistiques, -1000 d’énergie magique, attaque élémentaire 20 % plus efficace, forme de dragons scellée, forme de demi-dragon scellée, 40 % moins attirant pour le sexe opposé>

Malchanceux < -50 % de chances>

« Qu’est-ce qu’il y a ? » m’avait-elle demandé après m’avoir vu fixer un moment la fenêtre que seul moi voyais.

« Je... je regarde tes statistiques... Tu as deux malus. L’un s’appelle Non-éveillé et l’autre Malchanceux. Le premier baisse ta chance de 60 %, et le second la baisse de 50 %, cela n’a aucun sens. Si tu les additionnes, tu obtiens plus de 100 % de diminution de chance, mais ta chance est de 12, donc le dernier doit supprimer 50 % des statistiques restantes pas les initiales, donc... si j’ai raison, ta chance est de 60, pas de 12. Tu es aussi 60 % plus faible que ce que tu devrais l’être... et 40 % moins at — ... belle. Bien que j’ai le sentiment que ce dernier n’est pas vrai. Je ne vois pas comment ça fonctionne, tu es déjà magnifique à mes yeux, » expliquai-je en secouant la tête.

Elle rougit légèrement, mais ne fit aucune remarque à mon compliment.

« Soupir... j’étais au courant pour le premier, mais je ne savais pas pour le second. Habituellement, lorsque tu t’éveilles, tu deviens plus fort, plus rapide, mais tu deviens aussi plus attrayant pour les autres dragons. C’est le signe de la maturité, de l’âge adulte, » avait-elle expliqué.

« Mais il est dit ici que tu dois accomplir les 4 conditions pour t’éveiller, mais tu n’en as accompli que deux pour le moment. » avais-je dit en pointant l’écran de statistiques, mais bien sûr, elle ne pouvait pas le voir.

« Ça le dit ? » demanda-t-elle en clignant des yeux de surprise.

« Heu, tu ne savais rien de cela ? » demanda-t-elle en faisant un pas vers moi.

« N-non... qu'est-ce que ça dit d'autre ? » avait-elle demandé en faisant un pas de plus vers moi.

« Eh bien, ton niveau est 273, ce qui explique pourquoi tu peux vaincre ces araignées, et tu es une dragonne supérieure de la haute flamme. Le reste est tes statistiques. Oh, et tu as mon bonus, mais ce que je trouve étrange, c’est qu’il n’est pas dit multiplie par deux l’expérience, mais multiplie par deux l’absorption de force et énergie magique et la vitesse d’apprentissage... Je suppose que c’est la traduction dans tes termes, » dis-je en me grattant l’arrière de la tête, avant de fermer la fenêtre.

« Je vois... Il n’est pas dit quelles conditions sont nécessaires, n’est-ce pas ? » demanda-t-elle.

« Non, » secouai-je la tête.

« Eh bien... C’est suffisant. C’est mieux que rien..., » elle laissa échapper un autre soupir.

Après notre repas, nous avions tout emballé et avions traversé la rivière. Pendant que nous le faisions, je continuais à prier qu’aucun des monstres ne vient nous attaquer, et aucun ne l’avait fait. Je commençais à maîtriser cette capacité, donc avec les permissions de Seryanna, j’avais commencé à faire des tests, souhaitant que divers monstres apparaissent devant nous. Ils étaient tous plus faibles que la belle dragonne, mais tous apparurent devant nous à un moment ou à un autre, certains rapidement, d’autre moins.

Une chose que j’avais essayée était de prier pour trouver une arme appropriée pour moi.

« Je me demande ce que je vais obtenir ? Peut-être Excalibur ? » dis-je avec un sourire confiant en suivant Seryanna.

« Je doute qu’une épée démoniaque soit ce que tu souhaites, » rigola-t-elle.

« Quoi ? Excalibur est une épée démoniaque ? » demandai-je, un peu surpris.

« Oui. Je suppose que tu ne veux pas cela, mais une épée divine ou sainte, n’est-ce pas ? » elle avait sauté par dessus un gros tronc.

« Oui..., » répondis-je en étant un peu déçu. J’avais sauté après elle.

« Hm ? Je pense que j’ai trouvé ton épée, héhé, » dit-elle avec un rire nerveux en ramassant quelque chose.

« Montre-là moi ! Montre-là moi ! » avais-je dit excité et désireux d’acquérir ma première arme dans ce monde fantastique.

Je me demande à quel point elle est puissante ? Peut-être que c’est une sorte d’arme secrète, ou une épée méca ! Ou une épée à plasma ! Ce serait génial ! avais-je crié dans mon esprit.

Quand Seryanna s’était retournée, elle m’avait offert le résultat de ma prière. C’était une épée en bois à moitié cassée, habituellement utilisée pour l’entraînement. Il n’y avait pas de runes ou de signe de puissance. Au fond, c’était juste un morceau de bois inoffensif.

« Tiens, ô brave guerrier ! » elle me l’offrit comme une vraie épée, mais je pouvais l’entendre ricaner.

« Très drôle..., » avais-je dit en la prenant.

Rien ne se passa quand je l’avais ramassé, alors je l’avais jeté dans un buisson à proximité.

Je dois avoir utilisé la mauvaise formulation pour cela..., pensai-je en marchant après la dragonne riant.

***

Partie 2

Environ une demi-heure plus tard, espérant ne pas avoir une épée brisée en bois, j’avais finalement réussi à trouver une véritable épée en acier. Malheureusement, un dragon la maniait déjà.

Tu sais ce qu’ils disent : faire attention à ce que l’on souhaite. Pensai-je en regardant l’homme nous regarder avec de grands yeux.

Bien qu’armé d’une simple épée et portant une armure de cuir de base sur un pantalon et une chemise en lin, il avait des yeux de lézard brun foncé, une longue queue hérissée et une paire d’ailes. Tous ces signes étaient ceux d’un éveillé. Pendant un moment, j’avais pensé qu’il pourrait représenter un danger pour nous, mais je m’étais rapidement rappelé que je n’étais pas avec n’importe quel dragon, mais une vraie chevalière.

Seryanna dégaina son épée et se plaça devant moi, ne montrant pas un seul signe de peur.

« Reste derrière moi. » Me dit-elle avec un ton calme.

J’avais dégluti en hochant la tête.

Voilà un bon souhait. Je veux que ce gars soit rapidement battu par Seryanna ! Me répétais-je intérieurement.

« Oho! Et là, je pensais que je serais perdu pendant des jours dans cette forêt ! Qui aurait pensé que je trouverais une fille avec de si gros seins ici ? Garçon, donne-moi la fille, et je ne serai pas dur avec toi ! » M’avait-il menacé en voyant Seryanna comme une simple femme.

Je ne pouvais que cligner des yeux surpris.

Il blague ? Peut-être ne la voit-elle pas comme un danger potentiel parce qu’elle n’a pas les signes d’un dragon éveillé ? pensai-je.

« Heu... Toi ? Je vais vous donner un indice. Des vêtements simples sur moi, une cotte de mailles sur elle. Sac sur mon dos, épée dans sa main. » Lui avais-je dit en levant un sourcil.

« Hein ? » Au moment où il réalisa que Seryanna était la dragonne dangereuse, il était déjà trop tard.

La dragonne bougea, et d’un seul coup, elle l’avait désarmé. L’épée avait volé hors de sa main vers un arbre à proximité. Réalisant qu’il venait juste de se faire désarmer, il tenta de lancer un sort de magie, mais le coup de poing de Seryanna alla droit dans son nez. Les 1254 points de force étaient bien visibles quand il avait été jeté vers l’arbre derrière lui, brisant en petits éclats la moitié du tronc.

« Arg... » gémit-il, puis il tomba sur l’herbe, inconscient.

« Hmph ! Faible ! » Renifla-t-elle en le laissant sur place, s’éloignant tout en rengainant son épée.

« Ah ! Attends ! Ne devrions-nous pas faire quelque chose à ce sujet ? » Demandai-je rapidement alors que j’allais chercher l’épée dans l’arbre.

Je l’avais sorti avec facilité du tronc à ma grande surprise.

« Je ne peux pas. J’ai conclu un accord de paix avec son groupe. » Dit-elle en montrant la marque cousue sur son épaule gauche.

« Heu... un autre monde, tu te souviens ? » demandai-je en me montrant du doigt.

« Oh oui. Heu... Comment dire cela ? Parfois, les chevaliers et les gardes de la ville font des affaires avec les grands groupes de bandits qu’ils ne peuvent contrôler pour les tenir à l’écart des petites villes et des villages. Tant qu’ils ne se comportent pas mal à l’intérieur des murs, ils n’agiront pas contre eux. Cela empêche les autres organisations de bandits d’apparaître et aide à réduire le taux de criminalité dans la ville. C’est une situation gagnant-gagnant à moins qu’ils ne nous attaquent directement. Les sorts de sac à main de cette capacité sont compliqués à trouver. Les magasins ordinaires ne les ont pas, seuls les bandits en ont. J’ai fait un marché avec eux. Je ne les tue pas, et j’utilise l’anneau aussi longtemps que je le désire. Mais cela ne m’empêche pas de les battre quand je les croise. » Elle haussa les épaules.

« Je vois, eh bien... Puis-je prendre son épée ? » Demandai-je.

« N’hésite pas. C’en est probablement une volée, mais à moins qu’elle n’appartienne à un commerçant. Si elle ne porte aucun signe spécifique, elle ne sera pas récupérée. Si c’est le cas, tu seras obligé de la rendre ou de demander au propriétaire de te l’acheter, » Avait-elle expliqué.

« Pas de marque signifie que la personne l’ayant trouvé la garde et le perdant pleure, non ? »

« En effet. Du moins ici, dans la forêt. La ville possède des gardes, et un voleur est généralement pris assez rapidement. » Elle se retourna et continua à marcher.

« Vraiment ? Et ici, je pensais que tu les tuais tous d’habitude. »

« En tant que chevalière, j’ai le droit de faire un jugement à leur égard, afin que je puisse les tuer si je le juge nécessaire ou si la situation l’exige. »

« Heu, alors les chevaliers sont une sorte de juge et jury à la fois ? » Demandai-je.

« Qu’est-ce qu’un juge ? » Elle s’arrêta et me regarda avec un sourcil levé en fronçant les sourcils.

« Le type avec le marteau qui tape sur la table quand le criminel est... » Elle pencha un peu la tête, montrant qu’elle ne comprenait pas ce que je disais, alors je m’arrêtai et réfléchis à la façon de lui permettre de comprendre. « Heu, dans mon monde, le criminel est généralement amené devant le juge. Après avoir analysé les preuves contre lui, le juge peut déclarer sa condamnation, coupable ou innocent s’il était faussement accusé. Je pense qu’aux États-Unis, il y a aussi un jury, mais je n’ai aucune idée de la raison de leur présence... » En secouant ma tête et haussant les épaules. « Mais en d’autres termes, le juge est quelqu’un qui juge les criminels après avoir analysé toutes les preuves du crime. »

Il était difficile d’expliquer le système juridique complexe de la terre, en fait, je doutais de pouvoir le faire. La plupart des choses que je connaissais à ce sujet étaient en regardant les nouvelles de temps à autre. Si l’on me demandait de faire un rapport détaillé sur la façon dont le tout fonctionnait, j’aurais probablement horriblement échoué.

« Votre juge ressemble à quelque chose que le roi ou le seigneur de la terre a l’habitude de faire, » avait-elle dit, et nous en sommes restés là.

Pour le reste de la journée, nous avons recueilli diverses plantes intéressantes que nous avons trouvées le long du chemin ainsi que tué de faibles monstres que je faisais apparaître avec ma chance. Seryanna les achevait assez rapidement et ensuite nous récupérions les parties utiles. Elle avait essayé de m’apprendre comment faire, mais il était clair que je ne manipulais pas très bien le couteau. J’avais juste besoin de m’entraîner et de m’habituer au gore. Pour l’instant, j’étais juste content de n’avoir jamais été faible face au sang même sur terre.

Avec tant de combats et de récupération à faire, j’avais complètement oublié de lui poser des questions sur les diverses règles dans ce monde ainsi que sur la distance qui séparait les royaumes humains de celui-ci. Se rappeler à quoi ressemblait la planète de haut n’aidait pas beaucoup. De tout ce que je savais, cela aurait pu être une grande île ou un véritable continent de la taille de l’Asie.

C’est ainsi qu’un autre jour arriva, et je me retrouvai allongé dans ma tente, regardant la couverture et écoutant le crépitement des braises du feu. Alors que je me tenais comme ça, j’avais réalisé que je n’avais pas regardé mes propres statistiques. Après avoir tué tant de monstres, je savais que j’étais monté de niveau quelques fois, mais je ne savais pas à quel point.

« Montrer mon statut... » Dis-je.

Nom : Alkelios Yatagai

Espèce : Humain

Niveau : 63

Force : 16 +313,5

Vitesse : 14 +247

Dextérité : 20 +251

Magie : 16 +188,5

Chance : 100

Excellence magique : 1 % +6,75 %

Compétences : Montrer O/N

Points de compétences : 62

Points de statistiques : 620

Hein ? pensai-je en regardant mon niveau.

En quelques jours, je suis passé de niveau 1 à niveau 63. C’était une augmentation de 62 niveaux. Nous n’avions pas tué tant de monstres, mais vu que c’était la plus dangereuse forêt, je trouvais cela tout à fait normal. Là encore, je souhaitais seulement que les monstres les plus faibles apparaissent devant nous. J’étais certain qu’il y en avait que même Seryanna voudrait éviter, par exemple, le chien à quatre têtes que j’avais eu le plaisir de rencontrer la première fois en arrivant dans ce monde.

La première chose à laquelle j’avais pensé était d’assigner mes points de statistiques. Bien que la magie sonne bien, je ne savais pas encore le plus petit sort : Boule de Feu, cependant, je savais qu’ignorer ces statistiques n’était pas une bonne idée. Il y avait probablement une grande différence entre mes statistiques augmentées et celles de base. Peut-être qu’il y avait aussi des exigences pour certaines compétences.

La dernière question qui m’était venue à l’esprit était la suivante : mes statistiques semblent se développer normalement jusqu’à maintenant, et ma force avait beaucoup augmenté. Devrais-je mettre des points dans mes statistiques maintenant ou attendre qu’il devienne difficile de les augmenter ?

J’avais décidé de laisser à l’écart mes points de statistiques pour le moment et de me concentrer sur mes points de compétences. Dès que je sélectionnai ces points, un message apparut devant moi :

{Pour garder les choses équitables pour tout le monde, j’ai décidé de vous laisser ajouter des compétences à travers votre statut seulement tous les 10 niveaux. N’est-ce pas génial ? Je suis une entité semblable à Dieu si bienveillant ! Aussi, pour vous donner un bonus, vous pouvez améliorer seulement une compétence et uniquement tous les 5 niveaux. Bonne chance et choisissez judicieusement !}

Ce... ce Dieu flippant ! Grognais-je dans mon esprit, mais au lieu de crier comme un enfant de 12 ans agacé, je décidais de prendre une profonde inspiration et de me détendre.

Au lieu de me plaindre d’un système impossible à changer, j’avais dû réfléchir à un moyen de mieux utiliser celui-ci.

Voyons voir... Cela signifie que je peux avoir 6 compétences de plus et apporter 12 améliorations, non ?

En ouvrant la fenêtre de compétences, on m’avait montré mes compétences actuelles.

Héros (passif)

Dompteur de Dragons (passif)

Savoir-faire végétarien (passif) (34 % appris attribuer 1 point de compétence pour atteindre 100 %)

Skinnathron (passif) (2 % appris attribuer 1 point de compétence pour atteindre 100 %)

Grabby Grabber (passif) (15 % appris attribuer 1 point de compétence pour atteindre 100 %)

Doux parleur (passif) (1,5 % appris attribuer 1 point de compétence pour atteindre 100 %)

J’ai cligné des yeux de surprise en voyant tous ces noms bizarres.

Skinnathron ? Qu’est-ce que c’est ? Cela ressemble plus à une sorte de machine ou à une capacité que l’on possède dans un jeu post-apocalyptique. Quoi ? Est-ce que dépouiller est déjà apprise ? Qu’en est-il de Grabby Grabber ? Et savoir-faire végétarien ? Sérieusement ? J’avais soupiré et fermé les yeux un moment.

C’était probablement le jeu de Dieu, bien que, par ses tentatives de dénominations, il ne pouvait que nous embrouiller. Je ne serais pas surpris si un pauvre garçon finissait par obtenir une compétence inutile par erreur parce qu’il trouvait le nom sympa.

Là encore, je faisais probablement partie de ce groupe, cependant, je commençais à douter du fait que la compétence de Dompteur de Dragon était inutile.

En poussant un soupir, j’avais regardé les détails de chaque compétence. Le savoir-faire végétarien était la capacité d’identifier les herbes et les plantes utilisées pour l’alchimie. Une fois apprise, je serais capable d’identifier facilement ce genre de plantes. Skinnathron était une compétence de dépouillage des monstres souvent trouvés dans les jeux, mais avec un nom fantaisiste. Cette compétence me permettait de dépouiller la plupart des monstres à l’exception des boss et de certains monstres légendaires. Je pourrai techniquement le faire, mais il y aurait de fortes chances que je ruinerais le produit. Grabby Grabber faisait référence à la capacité de collecter des plantes et des matériaux de toutes sortes. En langage normal, Récolter. Quant à la dernière, Doux parleur, c’était une compétence rendant mes compliments 50 % plus efficaces.

J’avais décidé de ne pas gaspiller mes points de compétences avec l’un de ceux-ci, vu que je pouvais facilement les obtenir en continuant à effectuer leurs tâches respectives.

En ce qui concerne les compétences que je pouvais choisir dans la liste, j’étais certain qu’elles étaient toutes uniques d’une façon ou d’une autre. Mon intuition me disait que choisir une compétence pour dix niveaux n’était pas supposé être gaspillée. Par conséquent, j’avais décidé d’ajouter ma chance dans l’équation et avais essayé d’influencer ce que j’allais prendre.

« Voyons voir... » Dis-je en fermant les yeux. Je souhaite trouver une bonne compétence de collecte, une bonne compétence de détection, une bonne compétence d’évaluation d’objet, une compétence d’attaquer et peut-être une pour voyager rapidement. Oh et quelque chose en rapport avec l’alchimie ou la fabrication de potions ? pensai-je en répétant plusieurs fois ce que je souhaite avant d’ouvrir le menu.

En parcourant les kilomètres de liste, j’étais allé par instinct et par chance pour choisir la première compétence. Il avait déjà été prouvé que la logique de dénomination des compétences par ce Dieu n’allait pas m’aider. Si je pouvais voir les détails des compétences SANS choisir celle-ci, cela aurait été génial, mais le système ne permettait pas de choses si pratiques. Du bon côté des choses, toutes ces compétences étaient uniques et si ce que Dieu disait était vrai à propos des 10 millions d’entre nous partageant la même liste alors obtenir une compétence surpuissante était baser sur la chance.

Dans la liste géante de noms bizarre, qui n’était pas dans l’ordre alphabétique, j’avais choisi ceux que je trouvais OK. J’en avais choisi six pour un total de 45 points. En ce qui concerne la taille de la liste, disons simplement que j’aurais brisé quelques roulettes de souris en essayant de faire défiler celle-ci vers le bas. C’était un défilement infini et au-delà !

De toute façon, voilà les compétences choisies :

Yeux de chaton : Change les yeux du héros en ceux d’un félin quand cette capacité est active. Permets de voir n’importe quoi dans un rayon de dix mètres autour du héros. Coût : 50 points d’énergie magique.

Identificus Processus Juridicus : Cette compétence permet au héros d’évaluer n’importe quoi. Coût : 10 points d’énergie magique.

I R Roboticus ! : permet au héros d’extraire n’importe quoi. Permets au héros de rassembler n’importe quel type d’herbe. Permets au héros de récolter n’importe quoi. Compétence passive.

Barman : permets au héros de créer tous les types de potions du rang de base jusqu’au rang avancé. Nécessite un laboratoire d’alchimie. Nécessite les bonnes quantités et les types d’ingrédients avant d’avoir intuitivement la formule de la potion. Nécessite, un objet ou une compétence de type stockage. Coût : Dépends de la potion.

Speedy Rooster : Invoque un Gragh’jaggar, la monture, un poulet géant blindé de niveau héros, statistiques du héros -100 sauf chance. Peut transporter jusqu’à 5 personnes. Coût : 250 points d’énergie magique.

Poulet éclair ! : invoque un Phoenix de foudre de niveau minimum= 999, niveau maximum du héros. Coût : 585 points d’énergie magique. Durée initiale de 1 minute. Après ça, 100 points d’énergies magiques par minute.

Ces noms... étaient tout ce que je pouvais penser après avoir choisi les compétences et vu les descriptions. Ils correspondaient à peine, en particulier le dernier. Malheureusement, je ne pouvais pas utiliser les dernières à cause du coût en énergie magique. J’avais des compétences puissantes, mais les exigences étaient ridicules !

J’avais essayé la première compétence : yeux de chaton. La façon dont elle fonctionne était assez simple : je devais juste penser au nom de la compétence et dire : activer. Mon énergie magique avait diminué et cette même énergie était symbolisée dans ma fenêtre de statistiques par la valeur de Magie.

Tout était parfaitement visible dans les moindres détails même s’il faisait nuit. Malheureusement, je ne pouvais pas voir à l’intérieur de la tente de Seryanna ou sous la terre, seulement là où je serai normalement capable de regarder. Le sort semblait ignorer l’endroit où je me trouvais, mais je me demandais si je pouvais sortir de la pièce ou si cela n’avait pas d’importance.

La première chose que j’avais faite avec ma nouvelle capacité était de vérifier la présence de monstres à proximité. Il n’y en avait pas autant que je puisse voir. Après cela, j’avais regardé la belle dragonne assise près du feu. Elle écrivait dans une sorte de journal, mais même si je pouvais parfaitement voir les lettres, je n’avais aucune idée de la signification de celles-ci. Peut-être que ma capacité linguistique ne comprenait pas l’écriture aussi ?

Après avoir regardé autant que je le veuille son décolleté et son derrière, j’avais décidé d’essayer l’amélioration de compétences qu’avait mentionnée Dieu.

Avec mes récents achats, il ne me restait que 17 points de compétences, et je ne pouvais améliorer mes compétences que 6 fois.

Je devais choisir avec soin.

J’étais d’abord allé améliorer Dompteur de Dragons qui était ma compétence principale. Deux points étaient allés dans l’amélioration de la fonction de base, mais cela avait seulement augmenté de X2 à X3. C’était bon aussi, je voulais aussi améliorer le gain de statistiques.

Encore une chose qui me faisait réfléchir. Le Dieu a dit : améliorer, pas avancer, augmenter ou quelque chose comme ça.

Pourquoi améliorer ? pensai-je.

Il était clair qu’il avait un très mauvais sens de la dénomination, bien qu’il y ait de fortes chances que ce soit intentionnel pour nous empêcher de tous choisir des compétences surpuissantes comme le Poulet Éclair.

« Augmentation du Dompteur de Dragons, » avais-je dit, mais rien ne se passa. « Hmm, améliorer du Dompteur de Dragons, » avais-je essayé, et cette fois-ci, ça avait marché.

Dompteur de Dragons niveau 2 : Compétence passive de type bonus. Lorsqu’un héros développe une relation amicale ou intime avec quelqu’un d’origine draconique, cette compétence permettra la création d’un lien spécial entre les deux. CE lien est indestructible par toute autre compétence sauf si le héros le veuille. Le héros gagne 25 % des statistiques du dragon, et le dragon gagne la capacité de monter de niveau 3X plus vite en présence du héros.

Avancement 1 : le héros peut sentir la direction dans laquelle se trouve son ami dragon sélectionné. Nombre de dragons pouvant être sélectionné en même temps : 1.

C’était vraiment bien. J’avais quelque chose comme un radar maintenant. Je l’avais testé sur Seryanna, et une petite flèche blanche transparente pointait vers elle.

« Bien ! » Dis-je avec un petit sourire, et je ne pus m’empêcher de faire avancer à nouveau cette compétence.

Ce que j’avais obtenu maintenant, était un autre avancement intéressant : tous les dragons gagnent 10 points de statistiques à chaque niveau et tous les dix niveaux gagnés en présence du héros permettent aux dragons d’améliorer leurs compétences. Le héros peut choisir où ajouter les points de statistiques. Si le lien est rompu avant de les appliquer, ils seront automatiquement ajoutés à la statistique ayant la valeur la plus élevée.

Tout cela m’a coûté 6 points de compétences, me laissant 10 points à ajouter pour faire trois améliorations supplémentaires. J’avais décidé de monter de niveau et d’améliorer la compétence Yeux de chaton une fois. L’amélioration au niveau 2 m’avait coûté 4 points et l’avancement m’avait coûté 5 points de compétence, me laissant 1 point, cependant, maintenant je pouvais tout voir dans un rayon de 25 m autour de moi, et je pouvais également détecter les choses invisibles. Cette capacité pourrait devenir utile.

J’étais excité par mes nouvelles compétences, mais au lieu de sauter partout et d’en parler à Seryanna, j’avais décidé de la jouer cool et d’aller au lit pour la nuit. Je n’avais aucune raison de me précipiter.

Quand j’atteindrai le niveau 65, j’essaierai d’améliorer Dompteur de Dragon encore une fois... Plus elle montera de niveaux, plus je gagnerai de points ! pensai-je en fermant les yeux et lentement je m’endormis.

***

Chapitre 10 : Faire attention à ce que l’on souhaite !

Partie 1

Le matin arriva comme un rocher ou plutôt un seau d’eau froide.

« Woah ! C’est froid ! Hein ? Quoi ? » Criais-je en me levant trempé et frissonnant comme un chiot dans la saison froide.

En regardant autour de moi, j’avais pensé un instant qu’il pleuvait et que ma tente avait un trou, ou que nous étions inondés par la rivière, mais nous étions trop loin. Malheureusement, la seule chose humide était un maigre humain frissonnant, ce qui signifiait moi.

« Bien ! Maintenant, va et lave-toi avec cette eau, puis change-toi. Nous allons accélérer aujourd’hui. Plus de chasse au monstre pour aujourd’hui, juste courir, » déclara la dragonne.

À côté de Seryanna, il y avait un autre seau rempli à ras bord et dans sa main il y en avait un vide. Elle portait déjà son armure habituelle et elle semblait prête à partir, ce qui signifie que j’avais trop dormi ou qu’elle s’était levée tôt. Avant que je n’aie eu l’occasion de me plaindre, je m’étais retrouvé seul dans ma tente, trempé et frissonnant de toutes mes articulations.

J’avais cligné des yeux plusieurs fois jusqu’à ce que mon cerveau comprenne toutes les informations, et par curiosité, j’avais soulevé mon bras gauche et avais reniflé.

« Oh, bordel ! Cette odeur pourrait tuer un dragon ! » dis-je d’une voix forte.

« C’est pourquoi je veux que tu ailles te laver avant de provoquer un génocide dans la ville. La tombe est déjà trop pleine. Hehe ! » plaisanta Seryanna.

« Même moi je ne suis pas si chanceux. » Avais-je souri en pensant à l’augmentation d’expérience que je pourrai avoir. Puis je m’étais levé de mon lit humide.

Prenant le seau et les vêtements de rechange, j’étais sorti et étais allé derrière l’un des plus gros buissons.

Va-t-elle vraiment essayer de jeter un coup d’œil ? pensai-je en me déshabillant, mais je doutais fortement qu’elle le fasse.

L’eau était aussi froide que possible. J’avais frissonné de toutes mes articulations en essayant de garder mon corps chaud. Considérant le fait que je n’avais ni savon, ni shampooing, ni eau chaude, j’avais fait de mon mieux pour me débarrasser rapidement de l’odeur de transpiration. D’un côté, j’étais heureux de ne pas avoir été forcé de plonger dans la rivière infestée de monstres. J’étais en quelque sorte en train d’imaginer Seryanna m’attrapant par la nuque comme un chaton égaré pour me jeter dans la rivière en se tenant le nez. Au moment où j’arriverais à nager pour ma vie, je serais déjà propre, et elle serait là aussi, m’attendant avec un sourire et une serviette propre.

Eh bien, c’était une bonne chose que nous étions loin de la rivière.

Après avoir fini, j’avais mis les vêtements qu’elle m’offrait et j’étais sortie du buisson.

« Tu peux les brûler, » m’avait-elle dit en montrant le feu.

Je plissai les yeux.

Je n’étais pas SI malodorant ! pensai-je.

« Je suis sérieuse. Il n’y a aucune raison de laver ces vêtements. Nous allons t’en obtenir des nouveaux en ville. Aussi, là ! » Elle me lança une sorte de racine. « Mâche ça pour enlever les taches de tes dents. Cependant, ne l’avale pas, » me dit-elle.

« D’accord ? » dis-je en m’approchant du feu.

Les flammes avaient dévoré mes vieux vêtements comme un monstre affamé. Au moins, quelqu’un ici ne se souciait pas de mon odeur. Encore une fois, il n’était pas très poli d’être autour d’une femme et de sentir plus fortement que les chaussettes sales de votre grand-père.

J’avais soupiré et mettais la racine dans ma bouche. C’était amer et avait un goût de saleté, mais cela ne m’avait pas fait vomir. Je pouvais le supporter, mais ne pas m’y habituer. Grâce à cette expérience, je savais déjà quel type de compétence je voulais obtenir, quelque chose pouvant m’aider à me nettoyer.

Pendant que je mâchais la racine, j’avais décidé d’utiliser Identificus Processus Juridicus dessus. Je l’avais fait comme la nuit précédente. J’avais pensé à la compétence et avais ensuite dit activer.

Racine de Jurian : racine typique utilisée par la plupart des espèces pour nettoyer leurs dents. Elle contient une forte concentration de vitamine C et de fluor. Barman : racine pouvant être utilisée dans les faibles potions de soin, pour du dentifrice (tous les grades) et pour les bleus.

Intéressant, je peux donc faire du dentifrice. Je me demande quels sont les ingrédients. Pensai-je en choisissant cette combinaison dans la liste pour voir les ingrédients.

Le plus bas rang de dentifrice nécessitait un mortier et un pilon, de l’eau purifiée bouillie et de la poudre d’os. Je m’attendais en quelque sorte aux deux premiers, mais pas le troisième. Apparemment, le dentifrice à l’ancienne nécessitait une sorte d’abrasif dans sa composition, mais la poudre d’os était-elle vraiment assez bonne ?

En vérifiant les détails sur la poudre d’os, j’avais découvert que c’était en fait fabriqué à partir d’os de vache ou de mouton broyés en une fine poudre. Un mortier et un pilon étaient également nécessaires pour ce processus.

En d’autres termes, je devais voir de quoi chaque potion était faite, puis affiner correctement tous les composants avant de les mélanger. Une fois cela fait, j’avais besoin des bons outils pour les mélanger tous en conséquence. Bien, je pourrais toujours obtenir les matériaux dont j’avais besoin pour faire mes tests, mais si ma mémoire ne me jouait pas de tours, il y avait beaucoup de substances et de potions qui pourraient s’avérer potentiellement dangereuses si elles étaient manipulées de façon inappropriée.

Mais oui, je doute que je fasse de la nitroglycérine ou de l’acide sulfurique à tout moment si rapidement. Pensai-je en laissant échapper un soupir.

À présent, Seryanna avait déjà fini de tout ranger. Je devais admettre que cette bague avec le sort sac à main était incroyable ! Si je n’avais pas tort, il était possible d’y ranger une voiture entière.

En parlant de cela, je me demande si le niveau technologique dépend de chaque espèce ou s’il évolue à la même vitesse partout ? Me demandais-je en suivant la belle dragonne.

« Nous allons courir plus vite maintenant. Si tu as un quart de mes statistiques, tu devrais être capable de me suivre. Concentre toi simplement à mettre plus de force dans tes jambes. Tu as compris, Alkelios ? » Me demanda-t-elle.

J’avais dégluti et avais acquiescé. Ce n’était pas comme si j’avais d’autres choix que d’essayer.

Simplement me concentrer et me rappeler que je peux aller au-delà de mes limites, non ? Je m’étais dit ça en la voyant avancer devant.

Bien que j’avais hésité un peu au début, je l’avais suivie. Ma vitesse était en effet plus élevé que celle d’un coureur olympique, mais loin en dessous de la sienne. Dans ses mouvements, elle était aussi gracieuse qu’une gazelle et aussi rapide qu’un guépard. En regardant comment je me déplaçais, je savais qu’il me manquait quelque chose, mais j’avais déjà du mal à la suivre, et j’avais peur de la possibilité de mettre trop de force et de me retrouver à me frapper contre un arbre.

Peut-être que c’est exactement ça ? J’ai peur, et pas elle, n’est-ce pas ? pensais-je, en décidant de tester cela.

Prenant une profonde inspiration, j’avais placé toute ma force dans mes jambes et avais sauté aussi haut que possible. J’étais allé deux fois plus haut, presque dix sinon quinze mètres en l’air. Quand j’étais descendu, j’avais attrapé une branche et je m’étais accroché à elle. Ma chute avait été stoppée puis je m’étais avancée en me jetant d’une hauteur de près de sept mètres, mais j’avais atterri en toute sécurité sans me briser un os.

Incroyable ! pensai-je. Et j’avais inconsciemment souri.

J’étais comme un surhumain, mais Seryanna était quatre fois plus forte que cela.

« Comment est-ce ? » m’avait-elle crié d’en haut d’une branche quelque part devant moi.

« Je pense que je prends le coup de main, » avais-je crié en retour.

Elle souriait probablement, je ne pouvais pas le dire à cette distance.

Après cette petite expérience, il était plus facile pour moi de la suivre, mais son expérience dans l’utilisation de cette force et de cette vitesse se manifestait par les mouvements délicats qu’elle faisait en passant par les arbres, tandis que je bougeais comme un gorille en colère, brisant les branches et soulevant la poussière à chaque pas. La seule chose qu’il me manquait à faire était les « Uki! Uki! » tout le temps.

Cependant, je devais admettre que nous couvrions pas mal de terrain à cette vitesse.

« Hey, Seryanna ? » avais-je appelé.

« Qu’est-ce qu’il y a ? » avait-elle demandé en s’approchant de moi.

« Pourquoi ne nous déplaçons-nous pas comme ça dès que tu as su que j’avais la force de le faire ? »

« C’est une partie beaucoup plus sûre de la forêt parce qu’elle est plus proche de la ville. À l’époque, nous ne pouvions pas nous déplacer ainsi même en le voulant. Les araignées étendent leurs toiles à travers la forêt. Il est généralement compliqué de les voir depuis le sol, mais elles sont là-haut, crois-moi, » avait-elle expliqué.

« Tu as appris ça à la dure ? » avais-je demandé en haussant un sourcil.

« Oui. La première fois que j’ai traversé cette partie de la forêt, j’ai sauté directement dans une toile d’araignée. Si je n’avais pas utilisé un sort de feu pour me frayer un chemin, je serais peut-être devenue un déjeuner, » elle laissa échapper un soupir.

« Cela à l’air d’avoir été dure, mais qu’est-ce que ces araignées mangent habituellement ? » demandai-je avec curiosité.

« Des sauterelles géantes qui vivent au sommet des arbres et les différents monstres de la zone. Elles préfèrent cependant la viande de dragon. C’est pourquoi les aventuriers courent un terrible danger s’ils n’ont pas de cristal de protection, » avait-elle expliqué.

« Ou 100 points de chances, » ajoutai-je en souriant.

« Ou ça. » Elle sourit et s’éloigna de moi.

Nous avions continué à ce rythme pendant environ deux heures jusqu’à ce que je commence à me sentir vraiment fatigué. Seryanna n’avait même pas une goutte de sueur, mais j’avais été surpris d’avoir réussi à courir pendant deux heures d’affilée, sans parler du fait que je sautais comme un héros.

Je pensais que nous allions nous arrêter et faire une pause, voyant que je souffrais comme un fou, mais Seryanna s’approcha de moi et me tendit une étrange fiole verte.

Identificus Processus Juridicus : activé.

Faible potion d’endurance : Une potion de faible rang principalement utilisé pour restaurer la fatigue après un effort. Si utilisé plus de trois fois en un jour, peu causé des effets secondaires tels que : vomissements, somnolences, douleurs musculaires, diarrhée, maux de tête. Barmar : potion de qualité inférieure à base : d’herbe Synger, tomates, eau bouillie et guano. Outils nécessaires : un simple laboratoire d’alchimie.

Je plissai les yeux sur la fiole, puis sur Seryanna.

« Tu veux que je boive cette déjection de chauve-souris ? » avais-je demandé.

« C’est une potion d’endurance. Ça a mauvais goût, mais ça va te permettre de récupérer, » expliqua-t-elle.

Avec un gémissement, je l’avais pris de sa main et l’avais avalé d’une traite. Le goût était simplement horrible, et je devinais que les tomates étaient utilisées pour humidifier la potion, mais je ne pouvais dire si c’était efficace ou non.

« Quand même, guano ? Bleah ! » avais-je dit en sortant ma langue.

« Guano ou déjection de chauve-souris comme on l’appelle est sain lorsqu’il est bien préparé et aussi longtemps que ça ne vient pas d’une chauve-souris vampire, » expliqua-t-elle avant de stocker la fiole vide dans son anneau.

« Je vois... Toujours aussi dégoûtant ! »

« Hehe ! Pas tant que ça. Tu t’y habitueras. Au fait, comment as-tu trouvé les ingrédients ? » m’avait-elle demandé avec curiosité.

« Une nouvelle compétence appelée Barman. Cela me permet de faire n’importe quelle sorte de potion et de reconnaître ce qui est utilisé pour faire une potion. Jusqu’ici, je ne peux que faire des potions de qualité inférieure ou du moins, c’est ce qui est dit. » j’avais parlé en essayant de m’enlever ce mauvais goût.

« Intéressant. Tu pourrais gagner de l’argent si tu entraînes cette capacité, » me déclara-t-elle avant de recommencer à courir dans la forêt.

J’avais soupiré et l’avais suivie. Après deux longs sauts, je l’avais rattrapée.

Au bout d’une heure ou deux, nous atteindrons finalement ce qui semble être la civilisation, une route. Il n’y avait pas d’asphalte, c’était un chemin de terre, mais comme il n’y avait pas d’herbe, je pouvais dire que celle-ci était souvent utilisée. Des traces de calèches et quelques traces d’armures lourdes semblables à celle de Seryanna pouvaient être vues.

« De là, nous n’avons plus besoin de sauter. Nous devrions atteindre la ville aujourd’hui, » m’avait-elle dit.

« En fait, quel est le nom de la ville ? » demandai-je.

« Andromède, » m’avait-elle répondu.

« Je vois... attends quoi ? Andromède ? Es-tu sûre ? » J’étais confus par le nom parce que pour moi c’était le nom d’une galaxie.

« Oui, » elle fronça les sourcils vers moi.

« Ton grand-père ne vit pas dans une ville ? » demandai-je en essayant d’éviter toute question concernant les raisons pour lesquelles je trouvais le nom de la ville étrange.

« Oui, la ville de Tomeron est à une heure d’Andromède. Nous devons y faire un arrêt pour louer un Khosinni, » avait-elle expliqué en commençant à se diriger vers la ville.

Je l’avais suivie et lui avais posé des questions sur la ville ainsi que ce que je devais et ne devais pas faire. Apparemment, tant que je ne mentionnais pas le fait que j’étais d’un autre monde, tout allait bien se passer. Pour l’instant, nous allions utiliser l’excuse que j’étais engagé pour ma capacité à identifier les plantes. Une fois à l’intérieur de la ville, Seryanna avait décidé de ne pas perdre de temps et d’aller directement à la maison de son grand-père dans la ville de Tomeron. Je comptais la suivre parce qu’elle était ma bouée de sauvetage pour survivre dans ce monde et certainement pas parce que j’avais des vues sur elle.

La ville d’Andromède était une ville d’aventurier avec un petit donjon, tandis que Tomeron était une ville agricole produisant des légumes de base ainsi que des fruits. Cette ville survivait principalement avec le commerce avec Andromède et les villes proches. Comme les dragons n’utilisaient pas d’esclaves, ils comptaient surtout sur le travail loué, ce qui pouvait même être fait par des aventuriers errants. L’art était vendu à un prix élevé, et c’était considéré comme du luxe, et c’était à peu près tout ce que Seryanna pouvait expliquer sur le fonctionnement interne des deux.

Une autre chose que j’avais découverte était qu’un Khosinni était un cheval à six pattes capable de courir à la même vitesse que nous, mais pendant une plus longue durée. Je voulais vraiment en voir un maintenant. Ils me rappelaient les montures du jeu auquel je jouais, Dragon Hunter.

Une heure plus tard, nous avions ralenti le rythme et avions marché normalement afin de pouvoir reprendre mon souffle. La différence de force et d’endurance était évidente vu que Seryanna n’était pas essoufflée ni ne montrait de signes de fatigue.

« Donc, c’est tout ce à quoi je devrais faire attention ? » demandai-je après quelques minutes.

« Le serpent dans les buissons là. Son venin est très agaçant même pour un dragon, mais je comprends que ce soit mortel pour les humains, » répliqua-t-elle en pointant dans sa direction.

La créature était là en effet, un serpent d’un mètre de long avec trois cornes au sommet de sa tête avec des écailles noires comme du charbon. Cela ne nous avait pas dérangés et pour autant que je puisse le dire, il nous évaluait comme une proie potentielle.

En plissant mes yeux, j’ai dit. « Merci, mais ce n’est pas ce dont je parlais. »

« Alors quoi ? » demanda-t-elle en fronçant les sourcils et me regardant à nouveau.

« Je parlais de problèmes possibles que je pourrai rencontrer dans la ville. Tu ne m’as rien dit à propos de trucs comme ça. Ai-je besoin de faire attention aux voleurs, à certaines personnes étranges, ou à quelqu’un ayant une crête ? Des trucs comme ça ? » demandai-je en levant un sourcil.

« Oh ! » Elle cligna des yeux. « Juste des voleurs. J’ai dit que j’ai été volé plusieurs fois, n’est-ce pas ? Il y en a beaucoup dans Andromède, mais moins dans Tomeron. Depuis que j’ai coupé la main d’un voleur quand je l’ai attrapé, il y a eu moins de tentatives de vol sur moi, » avait-elle expliqué en souriant.

« Je comprends. Ça semble raisonnable. Attend quoi ? Tu lui as coupé la main ? » avais-je demandé pour confirmer.

« Oui. » Elle hocha la tête.

J’avais dégluti et me rappelai qu’elle était chevalière dans un monde médiéval. Son devoir exigeait qu’elle soit à la fois juge et partie pour ceux qu’elle prenait en flagrant délit.

« Je me demande ce que tu ferais si tu attrapais quelqu’un qui essayez de te toucher les seins ou les fesses ? » avais-je demandé à voix haute alors que j’aurais dû juste me le demander intérieurement.

« Pas grand-chose. Tant que je ne suis pas la femme d’un autre dragon, je suis considérée comme une possible candidate à l’accouplement. Cela est arrivé une ou deux fois, mais comme je ne suis pas encore éveillée, je ne suis pas aussi belle que je le serais à leurs yeux. D’ailleurs, je ne les ai jamais laissés avoir plus d’un contact avant que je ne menace de casser leur corps en deux, » expliqua-t-elle en haussant les épaules.

« Ces hommes doivent avoir les yeux pourris ! Tu es déjà incroyablement belle ! » avais-je déclaré en levant le doigt, tout en essayant d’ignorer le danger possible si je ne me comportais pas comme un gentleman envers Seryanna.

« Hehe ! Merci, mais je crois que ce n’est que l’effet secondaire de tes capacités, ou tu ne demandes pas grand-chose chez une femme, » répondit-elle en souriant.

« Non non non ! Crois-moi quand je dis cela, mais même une star de cinéma se sentirait menacée par ta beauté ! Tu es forte, gentille, juste et attentionnée aussi ! Je veux dire, tu as sérieusement de très importants points charmants en ce moment, » affirmais-je en marchant vers elle puis en reculant.

Elle cligna des yeux de surprise quand elle m’entendit et rougit un peu. Je pense que je commençais à gagner quelques points avec elle, peut-être que j’avais même levé un drapeau ? Bien, je l’aimais, même si l’amour était un mot un peu trop grand. Tomber amoureux d’elle en moins d’une semaine après être arrivé dans ce monde était un peu bizarre, peut-être ? D’ailleurs, papa m’avait toujours dit de complimenter une fille le plus souvent possible, mais jamais un compliment vide de sens. Elles avaient un radar intégré pour ce genre de choses appelé l’intuition féminine.

« Merci, je suppose, mais tu devrais... » Avant qu’elle ne finisse sa phrase, j’avais trébuché sur quelque chose.

Ça ne m’avait pas fait mal, mais j’étais sur le dos, avec les pieds en l’air.

« BAAAA! » fit le mouton en s’éloignant.

« Qu... » dis-je, un peu confus.

« Tiens. » Elle m’avait offert sa main et m’avait aidé à me relever. « Vas-tu bien ? » demanda-t-elle un peu inquiète.

« Je vais bien, merci... Le mouton doit être un vagabond ou quelque chose comme ça. Y a-t-il un troupeau à proximité, je me le demande, » répondis-je en époussetant mes vêtements.

« Non, ce n’est pas un mouton apprivoisé. C’est un mouton farceur qui vit dans la nature. Bien qu’il puisse manger de la viande, ils n’attaquent rien d’autre que les loups errants, » avait-elle expliqué.

***

Partie 2

« Dans ce monde, les moutons attaquent les loups, pas l’inverse ? » Demandai-je.

« Oui. Un loup peut abattre un mouton, mais seulement en meute. »

« D’accord, mais pourquoi est-ce qu’on l’appelle mouton farceur ? » Demandai-je en levant un sourcil.

« Ils ont l’habitude de s’approcher des aventuriers et de leur faire des farces. Ils sont inoffensifs la plupart du temps et fuient avant que quelqu’un puisse les attraper. »

« Alors, si les loups font partie du régime alimentaire d’un mouton, qu’est-ce qu’ils mangent ici ? »

Nous avons recommencé à marcher.

« Des racines, champignons, parfois des moutons, des aventuriers, des lapins et des coléoptères. »

« Des racines et des coléoptères ? »

« Oui. Les coléoptères sont plutôt gros, presque trois mètres, mais très lents. » Elle secoua la tête.

« Je vois... »

Ce monde est très étrange. Je n’ai jamais entendu parler de mouton chassant des loups sur Terre. En fait, c’est impossible ! Ce sont des herbivores fragiles ! Me suis-je dit.

Avec mes connaissances sur la chaîne alimentaire naturelle brisée par ce que je venais d’apprendre, j’avais continué à débattre sur ce que je devais entreprendre dans la ville et plus tard. La première chose qui me vint à l’esprit fut le danger potentiel de ces voleurs mentionnés par Seryanna, mais je priai simplement pour qu’ils ne nous voient ou ne nous prennent pas pour cible comme aujourd’hui. Il aurait été vraiment dommage de perdre toutes ces herbes rares que nous avions récupérées, en particulier les champignons.

Après une demi-heure, nous avions recommencé à courir, mais avant que nous n’entrions en ville, je voulais lui proposer quelque chose.

« Seryanna ? » avais-je demandé.

« Oui ? » Elle me regarda.

« Penses-tu qu’il serait plus sûr de me donner la bague ? Avec ma chance, je suis sûr de ne pas me faire voler, mais tu as dit que cela t’était arrivé plusieurs fois déjà. »

Elle m’avait regardé un moment puis l’anneau. C’était un mouvement plutôt risqué de sa part vu qu’elle ne me connaissait que depuis quelques jours, mais elle était mon amie et elle connaissait aussi mes capacités. Sans elle, j’étais comme un navire échoué au fond de l’eau.

« Très bien, tiens ! » Elle l’avait enlevée et me l’avait donnée.

Je l’avais placée dans ma poche et y avait ajouté quelques feuilles d’épices dessus que nous avions trouvées dans la forêt. De cette façon, l’anneau était quelque peu protégé. Il ne me restait plus qu’à souhaiter que je ne me fasse pas voler et que notre voyage à travers la ville se termine en toute sécurité. De cette façon, mes 100 de chances avaient été activées au lieu des 12 de chances de Seryanna.

Quelque temps plus tard, environ deux heures, nous étions finalement arrivés devant les portes de la ville d’Andromède. J’étais en train de transpirer comme un cheval, mais tout allait bien, vu que nous l’avions atteint à temps.

« Nous sommes enfin là, » avait déclaré Seryanna, qui ne transpirait pas du tout malgré le fait de porter plus de vêtements que moi.

« Comment... Huff! Huff! Comment se fait-il que tu ne sois pas fatiguée ? » Demandai-je en me reposant.

« C’était juste un léger jogging pour moi. » Répondit-elle comme si c’était du bon sens, et je restais là avec une expression interrogative sur mon visage.

La ville elle-même n’avait pas beaucoup de grands immeubles. Pour une raison ou une autre, je m’attendais à ce qu’il y ait d’énormes bâtiments pouvant accueillir des dragons, mais je pouvais voir plutôt des bâtiments en pierre ayant deux étages maximum. L’architecture était étonnamment familière et semblable à celle de l’Europe médiévale, du moins autant que je puisse dire à partir des toits surgissant derrière le grand mur de pierre.

La porte de la ville elle-même était une porte coulissante en bois derrière le mur. Elle n’était pas faite de métal ou quoi que ce soit, mais les gardes à l’avant semblaient plutôt forts. Soit ça, soit ils étaient tous deux grincheux et aimaient regarder les gens. En ce qui concerne leurs regards, ils étaient à peu près des personnages anthropomorphes typiques que je voyais souvent dans les jeux : demi-dragon. Ils avaient une paire d’ailes sur le dos, de grandes têtes de dragons, et ils faisaient facilement deux mètres de haut. La couleur de leurs écailles était respectivement verte et bleue. En ce qui concerne les armes, ils utilisaient la combinaison épée et bouclier classique.

« Tu vois ces deux-là ? » Demanda Seryanna.

« Difficile de les rater, mais oui, » avais-je répondu.

« Ils sont dans leur forme demi-dragon. C’est une exigence pour tous les gardes de pouvoir au minimum utiliser cette forme. Cependant, ils sont beaucoup plus faibles que moi, » expliqua-t-elle, et je levai un sourcil vers elle.

Si ces deux dragons sont plus faibles que toi, quelle est exactement la norme ? Je suis confus... pensai-je, mais je me forçais à ne pas poser la question. Je devais me rappeler que j’étais en présence d’une chevalière et non d’un garde.

« Belle journée, Sire Seryanna ! Que les étoiles brillent au-dessus de vous ! » déclara le dragon bleu.

« Belle journée, Bob. Nous venons de rentrer de la forêt. Pouvons-nous passer ? » demanda-t-elle poliment.

Bob ? BOB ? Sérieusement ? pensai-je en plissant les yeux vers le dragon.

Il ne ressemblait en rien à un Bob, plus à un Schneider.

« Bien sûr, euh ! Qui est-il ? » demanda-t-il.

« C’est quelqu’un que j’ai embauché pour m’aider à chercher des herbes. Je vais prendre la responsabilité de tout ce qu’il brise à l’intérieur, » avait-elle expliqué.

« Est-ce vrai ? Quel est son nom ? » demanda-t-il.

« Le nom de ce garçon est Alkelios, » avait-elle répondu.

« Très bien, je me souviendrai de son visage et de son nom juste au cas où il se perdrait à l’intérieur. »

« Je vous remercie. Passez une bonne journée Bob et Marley ! » déclara Seryanna en passant à côté d’eux.

Marley? J’avais levé un sourcil à nouveau.

« Vous aussi, Sire Seryanna ! » déclara l’homme aux écailles vertes.

Il me fallait tout mon contrôle pour ne pas éclater de rire en entendant sa voix haute percher. C’était très aigu, presque comme si quelqu’un l’avait frappé dans l’entre jambe, mais peut-être était-ce juste moi. Ils étaient des dragons après tout. Pour les autres, leurs voix paraissaient normales.

Nous avions marché devant les gardes et étions entrés dans la ville dragon d’Andromède. Je me sentais excité, mais en même temps un peu craintif. Bien qu’ils aient l’air humains, aucun d’eux ne l’était. Les écailles, les cornes, les ailes, et les puissantes magies étaient poussées hors de mes pensées.

Dans les jeux fantasy, j’avais l’habitude de voir un simple village rural ou une ville remplie de gens simples. Un gros marchand essayant de me vendre un couvercle de tonneau comme bouclier, un fermier chargeant du foin dans une charrette, un garde patrouillant dans une simple armure de cuivre, quelques enfants courant partout, jouant ; ainsi que d’autres choses comme ça.

Ce que j’avais à la place, c’était une belle dragonne me conduisant à travers une ville remplie de dragons maniant de puissantes magies. La première chose que j’avais vue n’était pas un enfant qui jouait normalement avec un autre, ils jouaient avec une boule de feu en riant. Quand l’un d’eux échouait à l’attraper, la chose explosait, laissant un trou dans le sol, mais ils réparaient ensuite celui-ci. J’avais presque eu une crise cardiaque en voyant cette scène. De l’autre côté, je pouvais voir un marchand qui vendait des armes et des armures, des plus simples aux plus ridicules qui bougeaient et parlaient. En pensant à ma simple épée en acier, je m’étais senti honteux.

« Venez ! Nous avons des armures et des armes de toutes sortes ! Ceci est une lance de rang Empereur avec des enchantements augmentant votre force et votre vitesse ! Ou cette bague de vie ! Quand deux personnes la portent, ils pourront partager leur force de vie ! De plus, elle augmente la récupération et l’absorption magique de votre corps ! Si vous n’aimez pas ça, nous avons ces bottes qui peuvent vous aider à voler ! Bon marché aussi, juste 120 pièces d’or ! » Était la phrase de vente du vendeur.

Que quoi ? Étaient tout ce que je pouvais penser en regardant ces choses.

« Allons-y, Alkelios, » déclara Seryanna quand elle remarqua que je m’étais arrêté pour regarder le magasin.

« Ces choses... Elles sont..., » j’essayai de dire incroyable, génial, mais ensuite elle m’avait dit quelque chose me faisant lever un sourcil.

« Ces choses bon marché ? Si tu veux une armure et une épée, je te présenterais à un ami. Il peut faire des choses vraiment décentes pour un bon prix. Les choses que tu vois là-bas sont pour les débutants, » expliqua-t-elle calmement.

Que... ? Débutants ? CE SONT DES CHOSES DE DÉBUTANTS ? pensai-je.

« Je vois, de même que ton armure, n’est-ce pas ? » demandai-je.

« Ne l’as-tu pas encore évaluée ? » m’avait-elle demandé.

« Non, » répondis-je en secouant la tête.

« Fais-le, » déclara-t-elle en souriant.

J’avais dégluti.

En me concentrant sur l’armure qu’elle portait, j’avais activé la compétence Identificus Processus Juridicus.

Armure de grand chevalier dragon : armure de dragon ayant été faite par un forgeron légendaire. Ne peut être porté que par les Chevaliers de la famille Royale du Royaume d’Albeyater. Statistiques spéciales : Augmentation de toutes les statistiques par 50 %, immunité aux hautes et basses températures, immunité au sort de contrôle d’esprit, augmentation de la régénération magique de 25 %. Capacité spéciale : Réduction du poids de 35 %, augmentation des dégâts d’attaque de charge, absorption magique des attaques magiques par 10 %, buff de protection (absorbe les dégâts de 10 %), télépathie avec les membres de la famille royale pour laquelle le porteur a juré fidélité.

« C’est de la triche..., » déclarai-je en voyant la liste interminable de statistiques et de capacités ajoutées.

Il n’y avait pas d’effets négatifs, seulement des bonus et assez ridicules en plus. En y pensant, cela aurait pu expliquer pourquoi elle pouvait courir pendant si longtemps sans montrer le moindre signe de fatigue. Là encore, elle allait probablement plus lentement qu’elle ne le faisait habituellement à cause de moi. Cela me faisait plaisir, mais en même temps, je me sentais mal de la ralentir autant.

Hm, je suppose que ce que j’ai vu dans sa fenêtre de statistiques est ses statistiques sans l’effet de l’armure. Pensais en soupirant, je baissais la tête et avais dit. « Je suis désolé ! »

Elle cligna des yeux, confuse. « Pourquoi ? »

« Eh bien, en regardant tes statistiques et celle de ton armure, j’ai réalisé que je t’ai probablement beaucoup ralenti. Tu m’as aidée alors que tu aurais pu me laisser là-bas. Une fois de plus, merci, et je suis désolé pour mon manque de pouvoir, » avais-je dit du fond du cœur.

« Tout va bien, Alkelios. » Elle me fit un sourire et me tapota l’épaule. « Je sais bien ce que signifie d’être faible. Mais cela ne signifie pas que tu resteras toujours à ce niveau. Avec mon aide, tu deviendras sûrement un grand et puissant guerrier ! »

« Et à ce moment, sortiras-tu avec moi ? » demandai-je en plaisantant.

« Ne sommes-nous pas dehors ? » demanda-t-elle en inclinant la tête et en fronçant les sourcils.

« Je veux dire comme un rendez-vous, devenir un couple, » avais-je expliqué, mais la blague avait déjà disparu.

« Oh ! Hehe ! On verra. Peut-être que si la princesse t’approuve, je te donnerai une chance, » rigola-t-elle.

Il y avait une chance que ce soit une blague, mais ça ne m’aurait pas dérangé que ça ne le soit pas. L’idée d’avoir une petite amie me rendait vraiment nerveux pour une raison étrange, mais pour l’instant, j’étais juste son ami.

« Je m’en souviendrai ! » déclarai-je en lui faisant un sourire avant de poursuivre notre promenade dans la ville.

Une autre chose qui m’avait surpris était la quantité d’aventuriers et les différentes armures de chacun. Bien que certains semblaient assez étranges, ils pouvaient les utiliser en combat de ce que j’en voyais. Les femmes ne portaient aucune armure fine ou de bikini métallique. Les hommes ne portaient pas d’armures encombrantes ni avec des effets étincelant autour d’eux. Au contraire, elles semblaient être enchantées pour permettre de se camoufler. Quant aux armes, elles semblaient étranges et incroyables en même temps.

L’arme la plus étrange que j’ai vue était probablement une épée avec une poignée en métal, et une lame faite de roches rouges flottantes maintenues ensemble par une brume rouge. Deux cristaux verts flottaient autour d’elle, probablement comme une décoration ou un bout de l’arme elle-même. Pendant un moment, je pensais que c’était juste une arme fantaisiste ne pouvant pas faire de mal à une fleur, mais l’aventurier la brandissant avait démontré son tranchant. Il l’avait fait traverser un lingot de fer comme si de rien n’était.

« C’est une épée Clayer. C’est très efficace et à la capacité unique de passer d’une arme de coupe à une arme contondante si tu utilises les bons mots, » avait expliqué Seryanna.

« Incroyable..., » marmonnai-je.

« Si tu veux, la prochaine fois que nous reviendrons dans cette ville, je t’expliquerai tout ce que tu veux, mais nous devrions nous dépêcher maintenant si nous voulons atteindre Tomeron. » A-t-elle dit.

« Ce serait génial, eh bien..., à moins que cela ne soit trop gênant pour toi ? » répondis-je

« Ce ne le sera pas, surtout si j’ai le temps, » répondit-elle en souriant.

Je continuais de regarder autour de moi, mais partout où je me tournais, je ne pouvais m’empêcher de me sentir surpris par tout ce que je voyais. Chaque fois que je fixais trop quelque chose, Seryanna me donnait une brève explication. J’avais fini par m’excuser chaque fois d’être captivé par des choses comme ça. Cela ne la dérangeait pas, et c’est ainsi que j’avais appris que les dragons aimaient les animaux de compagnie, particulièrement les monstres difficiles à apprivoiser. Apparemment, cela était fait via un sort de télépathie. Le maître parlait avec le monstre jusqu’à ce que celui-ci accepte de signer le contrat.

« En as-tu un ? Un animal de compagnie, je veux dire, » avais-je demandé.

« Tu es assez drôle. Peux-tu être considéré comme un ? » plaisanta-t-elle.

« Cela dépend du traitement, » répondis-je en lui tirant la langue.

« Hehe, j’en ai un, c’est un écureuil. »

« Mignon, » avais-je dit. Mais je m’étais souvenu que dans ce monde, les moutons chassaient les loups. « Euh... à quoi ressemble-t-il ? » demandai-je juste pour être sûr.

« Hm, et eh bien, il est doux. Il a une grande queue, des dents pointues et fait environ 60 centimètres. Oh, et il aime chasser des rongeurs, » avait-elle expliqué.

« Hein ? » J’avais levé les sourcils, et c’était tout ce que je pouvais faire à ce sujet.

Je me demande si c’est le continent dragon ou quelque chose de général dans ce monde ?

« Quand nous atteindrons la ville, je peux t’emmener dans une animalerie et tu pourras en obtenir un. Qu’en penses-tu ? » Suggéra-t-elle.

« Cela semble bien... » Répondis-je.

Note à soi : Le continent dragon est la version de ce monde de l’Australie. En fait, comparée à elle, l’Australie semble inoffensive... Pensais-je.

En continuant de marcher, nous nous approchions de l’autre côté de la ville, où nous devions louer deux Khosinni. Bien sûr, j’avais déjà eu la chance d’en voir un, et cela semblait intimidant. La seule chose que Seryanna ne mentionnait pas à leur propos était leur taille et leurs paires d’yeux supplémentaires au-dessus de ceux d’un cheval typique. Ils avaient l’air forts, mais j’étais petit comparé à eux.

Je ne peux attendre d’en monter un ! Me dis-je excité.

En fait, qui ne serait pas excité d’avoir à monter un cheval géant à six pattes et quatre-yeux ? Il avait l’air incroyable et cool.

Une autre pensée me traversa l’esprit. Quelque chose que je voulais essayer depuis que je savais que nous allions atteindre la ville. C’était quelque chose sur laquelle ma chance pourrait être testée. Bien sûr, c’était une chose ridicule, mais j’étais curieux, très curieux à ce sujet.

Devrais-je ? Pensais-je en déglutissant.

Qu’y avait-il à perdre ?

« Seryanna ? » avais-je appelé.

Elle s’arrêta et me regarda.

« Je veux essayer quelque chose avec ma chance, quelque chose qui peut être drôle ou stupide..., » l’avais-je prévenue.

« Est-ce dangereux ? » demanda-t-elle en fronçant les sourcils.

« Uniquement si tu étais ma femme, » plaisantais-je

« Alors je suppose qu’il est sûr d’aller de l’avant aussi longtemps que cela ne met pas moi ou quelqu’un d’autre en danger, » déclara-t-elle en haussant les épaules.

« D’accord, alors commençons..., » répondis-je en fermant les yeux et en pensant à une jolie fille tombant du ciel dans mes bras, maintenant ! J’avais répété plusieurs fois cette demande puis avais ouvert les yeux.

C’était un beau ciel bleu clair. Pas même un nuage en vue.

« Eh bien ? » Demanda Seryanna.

« Je pense que j’ai échoué... »

« Alors, nous devrions y aller. » Elle hocha la tête et se retourna.

Juste à ce moment, j’avais entendu quelque chose derrière moi.

« Attention en bas ! » C’était la voix d’une fille.

Avec un sourire, je m’étais retourné et avais levé les yeux. J’espérais voir une jolie fille dans une robe tomber du ciel. Ensuite, je devais juste l’attraper comme un vrai chevalier en armure brillante à moins que Seryanna ne prenne la vedette. Malheureusement, de ce que je pouvais en voir, c’était l’armure d’un grand et gros dragon noir.

« Oh merde..., » soupirai-je.

« BOUCLIER ! » avait crié Seryanna, en jetant un sort sur moi.

La chose suivante dont je me souviens était d’être plaqué sur le sol par ce dragon. En ouvrant lentement les yeux, je vis un tas d’écailles noires qui me couvraient, et la seule chose qui me séparait du poids était une fine couche de magie.

« Je vais bien ! » criai-je. Mais ensuite, cela avait craqué.

« Oh, oh... »

Le bouclier s’était brisé et le poids du dragon noir était arrivé sur moi avec un bruit sourd. J’avais entendu quelque chose craquer, et une douleur terrible était apparue dans ma main gauche.

« Je ne vais pas bien ! Je ne vais pas bien ! Oh, mon Dieu ! Ça fait mal, » gémis-je en dessous.

« Ah ! Pardon ! Désolée ! » s’excusa la dragonne au-dessus de moi.

***

Chapitre 11 : Ma lutte avec le Khosinni

Tout ce que je pouvais dire, c’est que chaque os de mon corps me faisait mal comme si un dragon m’avait marché dessus. Eh bien, techniquement parlant, elle était tombée sur moi après que j’avais fait le mauvais souhait dans ma tête. Ces 100 de chances n’étaient pas du tout fiables quand on en avait le plus besoin. Pourquoi une jolie fille-chatte à gros seins ne pouvait-elle pas tomber à la place ? Je voulais crier cela à haute voix, mais une certaine dragonne me lançait un étrange regard menaçant.

« Pour une raison quelconque, je veux maintenant te frapper, » avait déclaré Seryanna.

« L’intuition d’une femme est effrayante, » avais-je dit à voix basse. « Aie ! Ça fait mal ! » m’étais-je plaint à l’autre dragonne, qui se tenait à ma droite.

« Je suis désolée ! Je ferais de mon mieux ici, mais la magie de guérison n’est pas mon fort ! » se plaignit-elle.

La fille en question était l’image même de la lolita gothique : de cheveux noirs, longs et bouclés, robe noire à froufrous, maquillage épais, bottes noires à talons hauts, et pour couronner le tout, elle avait aussi de longues canines pointues et des yeux de dragons noirs. Sa queue était couverte d’écailles noires d’un bout à l’autre, ou du moins, le pensai-je, puisque je ne voyais que le bout de sa queue qui sortait de sa robe.

Quant à savoir qui elle était... cette fille à l’allure d’adolescente n’était autre que la dragonne qui m’était tombée dessus. Et bien, techniquement parlant, le souhait s’était réalisé, mais les détails étaient plutôt sommaires. Je veux dire, pourquoi sous forme de dragon ? Pourquoi tombait-elle en premier lieu ? Les dragons n’étaient-ils pas capables de voler naturellement ?

De telles questions se frayaient un chemin dans mon esprit, bloquant ma logique. Bien sûr, je m’inquiétais aussi de l’avoir involontairement blessée en faisant ce vœu, et c’est peut-être pour cela que Seryanna me regardait fixement en premier lieu.

« Mais mon garçon, quelle chance dois-tu avoir pour que j’atterrisse sur toi... ? » déclara la fille en continuant de se concentrer sur la lumière verte émanant de ses paumes et entourant ma blessure.

« Oui, quelle chance doit-il avoir ? » déclara Seryanna en plissant les yeux vers moi.

« Techniquement parlant..., » répondis-je en levant un doigt, mais en regardant entre la fille gothique et le chevalier, j’avais l’impression que je finirais mieux si je gardais ma bouche fermée.

« Hm ? » La jeune fille cligna des yeux de surprise puis nous regarda tous les deux.

Un seul moment passa avant qu’un sourire espiègle n’apparaisse sur son visage.

« Douce sœur, puis-je te demander qui est ce monsieur ? Fufufu ! »

Seryanna croisa les mains sur sa poitrine et détourna les yeux. « Juste... un ami. »

« Oh ? Vraiment ? » demanda-t-elle en faisant un sourire jusqu’à ses oreilles.

« Attends... sœur ? » avais-je demandé une fois que mon cerveau avait réalisé la signification de ce mot.

« Oui ! Oui ! Je m’appelle Thraherkleyoseya Draketerus ! Je suis la petite sœur de Seryanna Draketerus ! » déclara-t-elle fièrement. « Mais tu peux m’appeler Kléo ! Alors..., » elle se rapprocha de moi et me regarda dans les yeux. J’avais rougi. « Quelle sorte de culotte penses-tu qu’elle porte en ce moment ? » demanda-t-elle soudainement.

« Blanche, peut-être ? » j’avais immédiatement couvert ma bouche avec ma main et quand je l’avais regardé, j’avais vu la chevalière me regarder avec une contraction de l’œil.

J’avais dégluti.

« Oho? Blanche, hum ? » Elle faisait craquer ses jointures.

« Eh bien, il a raison ! Je sais avec certitude que la plupart de tes culottes sont blanches, » Kléo déclara soudainement ça avec un haussement d’épaules comme si ce n’était pas grave de révéler des détails intimes sur quelqu’un au milieu de la rue.

Cette phrase lui avait valu un coup de poing sur la tête.

« Oh ! Pourquoi moi aussi ?! » me plaignis-je en frottant ma tête.

« Tehe! » Kléo sortit sa langue.

Pourtant, quelque chose était très faux ou étrange. La chevalière fière et respectueuse avait une sœur pervertie qui s’habillait de manière gothique et qui était aussi une dragonne noire.

Mais... Mais comment une telle chose est-elle possible ? C’est comme une scène prise directement d’un animé ! pensai-je en regardant les deux filles.

« Bon sang ! Grande Sœur, tu es toujours si méchante et grincheuse ! Je t’ai dit que tu avais besoin d’un homme pour t’aider à te détendre de temps en temps, » elle me fit alors un clin d’œil après avoir dit ça.

Attends ! Est-ce qu’elle me dit ce que je pense qu’elle vient de me dire ? pensais-je en clignant des yeux, tandis que Seryanna rougissait.

« Kléo..., » déclara la dragonne en s’abstenant de la frapper à nouveau.

« Peu importe ce que tu dis, je suis éveillée, Grande Sœur ! » La fille gothique déclara fièrement et gonfla sa poitrine. « Ou plutôt devrais-je être celle qui t’appelle petite sœur ? Hmm ? Fufufu ! » Elle sourit malicieusement. « Alors, je peux faire ça et ça... Hehehe..., » gloussa-t-elle avec un regard pervers.

« Kléo. » Seryanna était prête à exploser de fureur.

J’avais dégluti et pris du recul.

« Eh bien ! Ne t’inquiète pas, avec mon expertise, tu vas certainement atteindre ton premier point culminant (orgasme, mais bon) ! » déclara-t-elle avec un regard de sympathie dans les yeux.

Un des gardes à l’extérieur qui passait nous entendit et, après avoir jeté un coup d’œil à l’expression de colère de Seryanna, s’arrêta et recula soigneusement.

« Kléo l’a à nouveau fait ! » déclara une autre personne quelque part derrière.

Pour une raison quelconque, les gens s’éloignaient du duo. Par réflexe, je reculai aussi. Quelque chose me disait que j’allais voir des feux d’artifice, et cela n’avait rien à voir avec une certaine chanson.

« Hm ? Qu’est-ce qui ne va pas Grande Sœur ? Pourquoi es-tu si rouge ? Peut-être que tu es excitée ? Eh ? » demanda Kléo juste avant que Seryanna ne prenne la jeune fille par le cou et la regarde dans les yeux. « Euh..., » déglutit-elle. « Grande Sœur ? Gentille sœur ? Tu veux un festin ? » L’œil de Seryanna se contracta à nouveau, elle était prête à exploser. « Si tu veux une paire de culottes différentes, je connais quelqu’un qui peut en faire une transparente ! » déclara Kléo en souriant.

Ce qui arriva ensuite fut de voir une chevalière dragonne en colère claquer une dragonne éveillée au sol une fois, deux fois, trois fois puis l’envoyer dans les airs, juste avant de lui lancer six boules de feu successives. Un cratère était apparu là où Kléo avait été claquée sur le sol, et rien d’autre que de la fumée ne pouvait être vu d’elle après qu’elle ait été touchée par l’attaque magique.

La pauvre dragonne était partie entourée de flammes puis était tombée sur le sol comme un aliment trop cuit. Cependant, étonnamment, elle était à peu près indemne, et sa robe n’était que légèrement brûlée, en sachant ce qu’une de ces boules de feu pouvait faire à un loup noir de la forêt Séculiar. Cela seul me permettait d’apprendre quelque chose d’important : Kléo avait soit une endurance plutôt élevée face aux attaques, soit ses vêtements étaient très résistants au feu.

Pourtant, cela n’empêchait pas la pauvre fille perverse de se faire assommer avant même qu’elle ait eu la chance de lancer un sort ou de se transformer en dragon. En y pensant, mes bras et mes côtes me faisaient encore mal. La guérison était probablement à moitié finie, ou elle était une mauvaise guérisseuse pour commencer. En tout cas, je devrais demander une autre potion à Seryanna, si elle n’était pas aussi fâchée contre moi, mais j’étais juste une victime des singeries de sa sœur, non ?

Après avoir dégluti, je m’étais prudemment approché.

« Euh..., » avais-je dit.

« Qu’as-tu souhaité ? » m’avait-elle directement demandé.

« Euh... Ma vie sera-t-elle en danger si je réponds ? » demandai-je.

« Ta vie est déjà en danger, » m’avait-elle rappelé en me montrant son poing fermé.

« Eh bien... » Je m’étais mis à réfléchir. « J’ai souhaité qu’une jolie fille tombe du ciel dans mes bras ? » répondis-je finalement.

Elle m’avait regardé pendant un moment avant de dire « Tu es un humain bizarre. » Elle avait mis l’accent sur le mot bizarre.

« Techniquement parlant, elle est plutôt mignonne, » lui avais-je alors dit.

« Il me reste encore du pouvoir magique, » avait-elle souligné.

« Cette fille devrait maintenant se taire. »

« C’est bien pour elle. Maintenant, aide-moi à attacher cette sœur pervertie. Et si tu penses en seconde fois à la mauvaise chose..., » elle me regarda fixement.

J’avais rapidement secoué la tête de gauche à droite, tandis qu’à l’intérieur, je hochais la tête. Avant que mon esprit ne décide d’errer et de repenser à ce que Kléo partageait avec tout le monde dans la rue, j’avais aidé Seryanna à attacher la dragonne gothique et à lui mettre un bâillon, juste pour m’assurer qu’elle ne dise pas plus de choses étranges une fois réveillées.

« Belle prise, Sire Seryanna ! Allez-vous la renvoyer dans la nature ? » un dragon passa, puis il déclara ça en plaisantant quand il la vit.

« Je crains que cela puisse se reproduire, » était sa réponse.

« Normalement, ne devrais-tu pas la protéger ou essayer d’empêcher les hommes de la regarder ? » demandai-je par curiosité.

« Aucun dragon ne souhaite se marier avec elle, » répondit-elle calmement, mais elle avait un regard empli de tristesse dans les yeux en disant cela.

J’aurais voulu demander la raison, mais je craignais que ce ne soit ni le lieu ni le moment pour une telle conversation. De plus en plus de personnes se rassemblaient, cependant, une femme avait dit quelques mots.

« Une chevalière non éveillée et un fléau noir. Quand partiront-elles ? »

Pendant un moment, j’avais pensé que j’avais peut-être mal entendu. Il était impossible que quelqu’un dise des mots aussi haineux envers un chevalier et sa sœur même si elle était perverse, n’est-ce pas ? En regardant en arrière, je ne pouvais identifier celle ayant dit cela, mais si je devais juger par ces mots, alors Seryanna et Kléo ne seraient pas bien vues par les habitants de cette ville.

Discrimination ? Ça ne peut... pensai-je, mais je secouai la tête dans le déni.

Une fois que Kléo s’était transformée en un paquet bien attaché avec un ruban sur le dos, Seryanna l’avait soulevée et l’avait hissé par-dessus son épaule. Nous nous étions tous deux éloignés de la zone de conflits, laissant un petit cratère derrière nous pour que les autres puissent le réparer. Eh bien, rien qu’un peu de magie de dragon ne puisse résoudre, n’est-ce pas ?

Ma curiosité pour les mystères de la ville d’Andromède s’était un peu dissipée, mais j’étais sûr que ça allait revenir une fois dans la ville de Tomeron. Jusque là, nous devions aller louer deux khosinnis. Ces chevaux à six pattes étaient intéressants comme monture, mais je me demandais s’il existait d’autres montures attendant d’être trouvées. Mon imagination m’avait poussé vers une certaine bête spéciale qui était incroyablement dure à trouver et aussi était très dangereuse. Là encore, j’avais aussi ma compétence Coq Rapide, mais je n’allais pas monter un poulet géant, peu importe sa vitesse. C’était dégradant, peu importe la façon de le voir.

Nous étions arrivés au loueur de khosinnis après environ dix minutes de marche. Certains dragons nous regardaient avec curiosité, principalement Kléo, tandis que d’autres soupiraient ou secouaient la tête. J’avais l’impression que des scènes semblables à celle-ci ou plutôt impliquant les deux sœurs étaient assez communes.

Jusqu’à présent, Seryanna m’était apparue comme ce type de femme forte, fière, loyale, juste, et surtout pas perverse. C’est pourquoi je croyais que sa famille serait similaire et se comporterait un peu de la même manière pour qu’elle ait obtenu le titre de chevalier sans être encore éveillée. Je n’aurai jamais cru qu’elle puisse avoir une sœur comme Kléo. En fait, je n’avais jamais pensé qu’elle aurait un frère ou une sœur.

« Alors, lequel désirez-vous, Sire Seryanna ? » demanda le locataire de Khosinni.

L’homme était un peu plus petit qu’elle, et portait des vêtements épais pour cacher ses écailles brunes. Il était du type anthropomorphe, c’est-à-dire qu’il ressemblait plus à un lézard qu’à un humain.

Les bêtes exposées dans les écuries à côté de lui semblaient assez fortes pour détruire le bâtiment. Elles étaient grandes et couvertes de muscles puissants, hennissant et piétinant le sol constamment. Au moment où j’avais croisé les yeux de l’un d’eux, j’avais dégluti et détourné le regard. La bête renifla victorieuse.

Je viens de perdre face à un cheval... Pensai-je en soupirant.

« Celui-là et celui-là. » Elle pointa deux animaux se trouvant au fond de l’écurie.

Un Khosinni était blanc avec quelques taches brunes, tandis que l’autre avait un pelage tacheté noir et brun. Ils ne semblaient pas très énergiques, mais ils étaient les seuls ne m’ayant pas regardé comme s’ils voulaient me mordre une fois libérer.

« Ah ! Leo et Lichel ! Bon choix ! Ce sera six pièces d’argent ! » Il sourit et se frotta les mains.

« Six ? » Seryanna plissa les yeux en entendant le prix.

Quelque chose n’allait pas.

« Oui, qu’y a-t-il ? » demanda-t-il comme s’il n’avait aucune idée du problème.

« Oui ! C’est six fois le montant que vous m’avez facturé pour la dernière fois que je les ai loués, et ce n’était même pas il y a une semaine, » avait-elle souligné.

« Eh bien ! Mes excuses ! Mais les circonstances demandent un... prix plus élevé. Vous êtes libre, bien sûr, de partir à pied. Pour une dragonne comme vous, je suis sûr qu’un voyage comme celui-ci sera fait en un clin d’œil, » répondit-il en souriant.

En effet, quelque chose paraissait louche. Il nous poussait vers l’idée de ne pas louer chez lui. Un prix élevé en soulignant le fait qu’elle pourrait faire cette distance, vraiment, ça n’avait pas de sens. Un marchand devrait sauter sur l’occasion pour de la monnaie supplémentaire, pas faire comme lui...

À moins qu’il ait plus à perdre qu’à gagner dans cette affaire, mais qu’est-ce que cela pourrait être ? Me suis-je demandé en regardant derrière.

Presque tous les chevaux étaient dans leurs écuries, certains d’entre eux semblaient très agacés et tiraient sur leurs rênes. C’était presque comme s’ils voulaient sortir de là, tandis que d’autres n’avaient rien contre le fait de rester un peu plus longtemps.

« Six pièces d’argent... voilà, » déclara Seryanna en payant à contrecœur.

Considérant tout ce que nous avions ramassé au retour, sans les restes de ce loup noir, nous en avions plus qu’assez pour épargner un peu, mais ce qui me dérangeait le plus était la raison de l’augmentation du prix. Là encore, il y avait de fortes chances que je ne fasse que trop penser. Peut-être que les taxes avaient augmenté, et qu’il était forcé de le faire afin de faire du profit.

Quand même... six pièces d’argent ? Je n’aimais pas cela, mais Seryanna avait déjà payé.

Alors qu’elle se débrouillait avec beaucoup de facilité pour monter son Khosinni et à poser Kléo dessus, je regardais fixement la grande selle, me demandant comment exactement cela fonctionnait. Pour être honnête, je n’avais jamais fait de cheval. Quand je jouais à dragon hunter, le fait de monter se faisait automatiquement grâce à la touche « action », c’est à dire en appuyant sur E. bien que je l’aie vu dans quelques films, le voir en direct était quelque chose de différent.

« Dépêche-toi, » déclara Seryanna en étant déjà sur sa monture.

« Euh... comment ? » demandai-je en inclinant ma tête en la regardant.

La dragonne leva un sourcil comme si je disais quelque chose d’incroyablement ridicule. Il y avait de fortes chances que je l’avais fait. Comme la plupart des gens de ce monde étaient nés et utilisaient des montures, ils y étaient habitués, ou à tout le moins, à monter. Pour eux, c’était naturel et encore plus pour les dragons ayant une autre forme.

« Je n’ai même pas le permis. Alors sans parler de celui pour monter un Khosinni, » me plaignis-je.

« Je n’ai aucune idée de ce dont tu parles, Alkelios. Attrapez simplement le pommeau de la selle, mets ton pied dans l’étrier et hisse-toi. C’est simple. »

C’est ce qu’elle m’avait dit, et j’ai dit : « Attrape quoi puis quoi ? » répondis-je tout en regardant la selle en étant un peu perplexe.

« Pommeau, » déclara-t-elle en tapotant la partie avant de la selle. « L’étrier. » Elle désignait l’anneau métallique autour de sa botte. « Compris ? » demanda-t-elle en levant un sourcil.

« Peut-être... voyons voir... pommeau... eeeet étrier... » Quand je m’étais relevé, j’avais utilisé toute ma force et m’étais jeté sur le cheval, mais grâce à l’étrier, j’ai fini par m’écraser au sol, le visage le premier et les pieds pendant.

Le Khosinni avait rit en me voyant et un garde avait été témoin de ce moment.

« Est-ce que ça va ? » me demanda Seryanna.

« Mon corps oui, mais ma fierté pas tellement..., » répondis-je.

« Tu as une fierté ? » demanda-t-elle un peu surprise.

« Arg..., » avais-je gémi en luttant pour me sortir de cette situation.

Trois tentatives plus tard, j’avais réussi à monter.

« Je l’ai fait ! » avais-je dit victorieux.

« Partiellement... » répondit Seryanna en montrant quelque chose devant moi.

La bête m’avait fouettée avec sa queue et s’était moquée de moi en hennissant. J’étais sur la selle, mais j’avais réussi à faire l’impossible en m’installant dans le mauvais sens.

Au dernier essai, j’étais correctement assis. Monter sur une bête était différent dans un jeu et dans la vraie vie. Le bouton « Action » me manquait déjà.

« Je vais diriger le Khosinni. Je crains que si je te laisse faire, tu tombes, » déclara la dragonne en attrapant les rênes.

« Très probablement..., » avais-je hoché la tête. Et je lui avais laissé prendre le contrôle de l’animal.

Maintenant, tout ce qui restait était le voyage vers la ville de Tomeron. Avec un peu de chance, nous y arriverons avant le coucher de soleil.

***

Chapitre 12 : En cas de doute, blâmer la chance

Partie 1

En regardant le ciel, je ne pouvais dire l’heure qu’il était. En pensant à cela, ce monde avant plus d’heures que la Terre, alors penser en termes terrestres était un peu faux pour commencer. En regardant derrière, la route était presque vide. Nous n’avions vu qu’une paire de bûcherons grincheux. Je devais le dire, ces deux haches qu’ils portaient étaient assez grandes pour couper un Khosinni en deux. Un arbre n’aurait aucune chance face à un coup direct de l’une de ces choses.

Pendant ce temps, la lolita gothique était encore assommée. Seryanna n’a rien dit à propos de Kléo pendant que nous sortions de la ville, pas même la plus simple explication sur la façon dont elle s’est retrouvée avec une sœur si étrange. Là encore, c’était peut-être une affaire de famille dans laquelle des étrangers comme moi n’étaient pas censés s’immiscer. Techniquement parlant, j’étais son ami et au fur et à mesure que les choses évoluaient, il était fort probable que je finirais par dormir chez elle, et non avec son écureuil carnivore de compagnie.

Après un quart d’heure de voyage sur la route sans rencontrer personne, j’étais impatient de lui poser quelques questions sur Kléo, alors j’ai prié pour qu’il n’y ait pas de problèmes dès que je commencerai à parler.

« Peux-tu souhaiter que nous ne tombions pas dans une embuscade sur le chemin vers la ville ? » Demanda-t-elle soudainement en se retournant, alors que j’avais la bouche ouverte.

« Euh... bien sûr. » Ai-je répondu en pensant ne pas vouloir rencontrer un voleur, un criminel ou un monstre sur le chemin vers la ville de Tomeron ou même dans la ville.

Soudain, une branche était tombée quelque part derrière nous. Je l’avais entendue tomber quelque part dans les buissons et avais tourné la tête par réflexe, mais je n’avais pu déterminer d’où cela venait.

« Tu devrais te souvenir de faire de tels souhaits plus souvent, » gloussa-t-elle.

« Hein ? » Je la regardai, fronçant les sourcils et inclinant légèrement la tête vers la gauche.

À ce moment, je n’avais aucune idée que ce que j’avais entendu plus tôt était une branche étant tombée sur la tête d’un dragon éclaireur. Si ce dragon avait réussi à atteindre son groupe, nous étions sûrs de tomber dans une embuscade. De cette façon, cependant, l’homme était endormi avec une bosse sur la tête, ce qui nous permettait d’éviter une situation dangereuse.

Quelques minutes plus tard, j’avais réussi à retrouver mon courage et je lui avais demandé ça. « Alors, quel est le problème avec Kléo ? »

« Que veux-tu dire ? » Demanda-t-elle en haussant un sourcil et me regardant.

« Son... euh... côté pervers. Est-ce normal ? » avais-je demandé.

« Non. » Elle secoua la tête. « Mais depuis qu’elle s’est éveillée comme une dragonne noire, les choses entre elle et les autres ont été un peu... limites. » Me dit-elle toute en baissant les yeux sur ses rênes et en serrant ses mains sur elle.

Je pouvais dire à l’expression de son visage que c’était une chose très dure à aborder. Cela n’expliquait pas vraiment pourquoi elle agissait comme une perverse, mais mon instinct me disait que les dragons noirs étaient une race spéciale, et peut-être même une race peu appréciée par les autres. Le joueur en moi me disait que j’étais sur le point de soulever quelque chose.

« Tu vois, ma sœur est aussi une nécromancienne..., » dit-elle en me regardant.

Plissant les yeux vers elle, la seule chose à laquelle je pouvais penser était celle-ci : une nécromancienne gothique perverse ? Sérieusement ? Sérieusement ?!

Le combo de coïncidence était très élevé. Soit l’entité semblable à Dieu était en train de jouer avec moi, ou j’avais atterri dans une situation très clichée. Là encore, il y avait des chances que tous ces éléments ne soient que des apparences, des coïncidences à leur meilleur.

« Cool, » répondis-je.

« Cool ? La température me semble correcte. As-tu besoin d’une couverture ? » Demanda-t-elle.

« Hein ? »

Cette fois, j’étais celui étant confus. Il m’avait fallu un moment pour comprendre ce qu’elle voulait dire par ces mots. Mon cerveau avait eu besoin d’un peu de temps pour réagir.

Secouant la tête, je lui ai dit. « Non, c’est une figure de style. Cool comme intéressant. »

Mon explication était un peu vague, puisque je n’avais aucune idée de comment expliquer correctement une expression venant de la Terre. Malheureusement, il ne semblait pas qu’elle comprenne ce que je voulais dire. Eh bien, certaines de ces expressions étaient en effet un peu bizarres, surtout pour quelqu’un n’y étant pas habitué. Ceci, cependant, m’avait fait me demander comment les soi-disant gangsters et les surfeurs faisaient avec leur façon unique de communiquer dans ce monde rempli de gens médiévaux.

Note à soit, ne jamais utiliser d’expression moderne. La population indigène les prendrait au mot près. Pensai-je en essayant de me souvenir d’autres expressions auxquelles je devrais faire attention.

Le voyage sur la route sans personne jusqu’à la ville de Tomeron s’était déroulé sans encombre. Le paysage était magnifique, me permettait de profiter des agréables senteurs de la forêt et de l’équitation. La sœur de Seryanna ne s’était pas réveillée du tout, et nous n’avons rencontré personne de suspect.

Je dois cependant dire, les arbres et plantes autour de cet endroit m’avaient rappelé ceux de chez nous, en Roumanie. Les feuilles étaient semblables à du chêne, mais avaient en même temps des aiguilles de pin, ce que je trouvais plutôt étrange. L’herbe était au moins la même, grandissant comme des pointes vertes sortant du sol.

D’une certaine manière, c’était magnifique et relaxant de voyager comme cela. Ça permettait à mon esprit de se détendre et de réfléchir à d’autres choses que de se demander si je pourrais vivre jusqu’au lendemain. L’une des nombreuses choses que je m'étais demandé au cours de ces deux dernières heures de voyage jusqu’à la ville de Tomeron était le sort de mes compagnons venu de Terre.

D’après l’apparence des choses, j’avais peut-être été le seul envoyé dans cet endroit. Je n’avais pas atterri dans un village de bas niveau ou un endroit sûr, j’avais atterri sur le dos d’un gros boss. Comme si cela ne suffisait pas, il pouvait utiliser la magie élémentaire. Ensuite, il y avait la chose que Dieu nous avait dite avant de nous envoyer dans ce monde. C’était presque comme s’il était sûr que la plupart d’entre nous se retrouveraient dans des endroits relativement sûrs. Ceci signifiait des zones humaines de bas niveau comme des villages ou de petites villes éloignées ou encore dans un endroit éloigné où de grands monstres n’avaient jamais vu le jour.

Alors que je pensais à la raison pour laquelle je m'étais retrouvé dans la forêt Seculiar, je ne pouvais que blâmer ma chance et la compétence Dompteur de Dragon. Bien que cette compétence ait un nom plutôt inapproprié, pour la plupart des situations, elle aurait été inutile. Cette compétence ne fonctionnait que s’il y avait un dragon à proximité pour se lier d’amitié. Considérant ce que Seryanna m’avait dit, les dragons étaient en guerre avec les humains, ce qui signifie que les chances d’en rencontrer un dans un royaume humain étaient proches d’être impossibles.

C’était probablement ma chance qui avait permis de me faire arriver ici. Le second facteur était le danger. Dans ce monde, j’aurai fini par devenir la nourriture d’un monstre si je ne pouvais rencontrer accidentellement une certaine chevalière-dragonne. Son expérience en tant que dragon non éveillé m’avait beaucoup aidé, après tout. Elle comprenait bien ce que c’était d’être perçu comme faible par ceux ayant plus de pouvoir que le sien. Et encore une fois, cela lui avait aussi permis de développer un côté voulant aider les autres. Il y avait une autre chose dont je devais être reconnaissant : sa propre chance et le fait qu’elle ne soit pas considérée comme une beauté par ceux de son espèce. Honnêtement, ces hommes ne voyaient rien s’ils ne pouvaient voir sa généreuse poitrine, son beau visage, ses longs cheveux roux, son magnifique derrière, et surtout sa détermination à obtenir le titre de chevalier sans être éveillée. Eh bien, à propos de la dernière partie, j’en étais plutôt heureux, moins de rivaux desquels s’inquiéter.

En considérant tous ces facteurs, quelles auraient été mes chances de rencontrer une telle beauté et survivre dans ce monde dangereux où les moutons traquent et mangent les loups ? Voilà, où étaient efficaces mes 100 de chances.

Les autres terriens avaient encore probablement du mal à monter de niveau 10, alors que j’étais déjà au niveau 63. C’était littéralement ce que les joueurs appelaient du power-leveling. Étape 1 : rejoindre un groupe puissant. Étape 2 : rester proche d’eux pendant qu’ils tuent des monstres pour soi. Étape 3 : se réjouir de la montée rapide de niveaux.

Mon groupe puissant était Seryanna... et en parlant d’elle, je m'étais rendu compte que je la regardais souvent. Cette femme commençait à avoir un impact sur mon jeune cœur. Eh bien, techniquement parlant j’avais l’âge légal, donc ce ne serait pas un problème... Du moins en Roumanie. Mais oui, mon esprit vagabondait un peu. Il y avait le désir de la voir en chemise de nuit et qu’elle m’embrasse de manière sexy.

Je souhaite vraiment pouvoir voir cela... Pensai-je sans y réfléchir.

Pour me maintenir concentré, j'étais retourné voir mes compétences.

Même si je me sentais un peu inquiet à l’idée de les utiliser, je devais admettre qu’il y avait des choses surpuissantes pour un niveau bas tel que moi.

Yeux de chaton était basiquement la meilleure compétence de surveillance qui pourrait me permettre de devenir espion ou informateur.

Identificus Processus Juridicus était une compétence divine de compétence d’identification.

I R Roboticus ! Était une capacité de triche concernant les minerais.

Barman était une capacité rendant l’alchimie inutile.

Le Coq Rapide était une monture que je pouvais invoquer à souhait, et qui éliminait la nécessité de se préoccuper constamment de payer des frais ridiculement élevés aux locataires de Khosinni, d’un autre côté, invoquer soudainement un poulet géant dans la ville serait un PEU suspect. En plus d’être ridicule, je serai harcelé de questions sur comment, où et quand je l’ai eu.

Quant à la dernière, les détails le rendaient trop ridicule pour même envisager de l’utiliser à moins qu’une situation désespérée le nécessite. Poulet éclair ! Me permettait d’invoquer un phœnix niveau 999 ! Sérieusement un phœnix ? C’était comme une compétence suprême ou peut-être ultime dans un jeu ! Là encore, cela m’avait appris quelque chose d’intéressant sur le système de montée de niveau.

Dans ce monde, le niveau 1000 n’était apparemment pas le niveau maximum. Les héros, les démons et peut-être même les gens ordinaires de ce monde pouvaient atteindre des niveaux au-delà de 1000. J’avais cette certitude, mais les autres terriens ne le réaliseraient probablement pas s’ils étaient envoyés dans une zone bas niveau. C’était marrant de les imaginer en train d’atteindre le niveau 100 et ensuite invoquer devant eux un monstre de niveau 999.

En fin de compte, je pouvais me considérer chanceux d’avoir ces capacités absurdes, mais mon niveau et mon expérience au combat ne correspondaient pas. Je croyais que c’était à cause des réalisations de Seryanna. Elle avait prouvé que la force, les compétences et le niveau global ne signifiaient pas que l’on était puissant. Ils n’étaient que des as dans la manche, des atouts, cependant, quelqu’un avec une seule compétence, mais beaucoup d’expérience de combat et d’esprit pourrait peut-être permettre de vaincre quelqu’un de bien plus puissant qu’eux.

En d’autres termes, je ne pouvais pas tout faire grâce à ces compétences, du moins, pas encore. Ce monde était différent de celui des jeux où vous aviez la certitude d’aboutir à une bonne fin si vous suiviez un certain chemin. C’était la réalité, rien de ce que nous connaissions et croyions ne pouvait garantir notre avenir, et tout pouvait tourner à 180 ° en un clin d’œil.

Pendant que je pensais à ces sujets déprimants, nous étions arrivés dans la ville de Tomeron. Contrairement à la ville précédente, celle-ci était située entre deux montagnes. Il y avait un champ de 200 mètres entre le bord de la forêt et les murs de pierre de la ville, mais il était beaucoup plus petit que celui de la ville d’Andromède.

***

Partie 2

Une grande tour au milieu était la seule structure dépassant les trois étages, elle atteignait jusqu’à vingt ou trente mètres de haut. Tout autour, il y avait beaucoup d’autres bâtiments plus petits, mais seulement un grand manoir dans la partie extrême nord de la ville. C’était imposant et magnifiquement conçu semblable aux vieilles demeures européennes que j’avais vues sur de vieilles photos ou servant de maisons de mecs riche dans un jeu. C’était impressionnant.

Les champs autour de Tomeron n’étaient pas stériles, la moitié d’entre eux étaient recouverts de grains mûrs et l’autre moitié était couverte d’herbes. C’était un petit pâturage pour nourrir les animaux. C’était assez intéressant de voir ce genre de structure au milieu de la montagne. Il était tout à fait étonnant qu’ils puissent aussi récolter du grain.

Comme nous nous étions rapprochés des champs, j’avais réalisé quelque chose de particulier sur les pointes de grain. Sur leurs pointes, il y avait une perle rouge, me faisant penser que je n’avais pas affaire à des céréales connues de la terre.

Curieux à ce sujet, j’avais utilisé ma compétence d’identification sur ces graines et avais reçu ce message en retour.

(Grianus) : Un type d’herbe médicinale souvent utilisée comme épice pour les aliments. Très commun dans les terres draconiques, mais très rare sur tout autre continent. Composant pour (Potion de soin moyenne).

J’avais cligné les yeux en raison de la surprise. Une fois de plus, j’avais été trompé par les apparences de ce monde. Les anciennes céréales à grains utilisées sur terre étaient en fait d’épices sur ce continent. Cela m’avait fait pousser un soupir surpris, mais en même temps, j’étais curieux de savoir le goût de cela.

« Tu vois ce manoir là-bas ? » Demanda Seryanna en montrant le grand bâtiment de l’autre côté.

« Oui, » avais-je répondu.

« C’est là où vit mon grand-père, » m’avait-elle dit.

« Oh ? Je pensais que ce manoir appartenait au Seigneur de la ville ou à un riche marchand. »

« Grand-père est le Seigneur de la région, » expliqua-t-elle.

« Alors je ne comprends pas pourquoi ce locataire de Khosinni t’a surtaxée ainsi, » dis-je en levant un sourcil.

« Chaque ville dans le Royaume dragon est gouverné par un Seigneur différent. En tant que tels, ils se voient offrir une grande part de responsabilité, mais aussi de nombreux avantages, comme la possibilité de fixer le prix minimum pour tout article vendu sur leurs terres, » avait-elle expliqué.

« Je vois..., » lui dis-je, mais je n’avais pas demandé plus de détails sur leur système politique.

Quelque chose en moi me disait que je m’ennuierais à mourir si Seryanna commençait à les expliquer, bien que cela puisse avoir à voir avec mes mauvaises expériences en cours d’histoire.

Ce qui était surprenant de voir, c’est que les gardes avaient chaleureusement souri en voyant Seryanna. Ils étaient tous les deux sous leurs formes de demi-dragons, portant des armures en cuir dur et de longues lances sportives aux pointes dentelées. L’un avait des écailles brunes et l’autre des écailles vertes.

« Regardez ! La petite Seryanna est de retour ! » déclara celui à gauche avec un grand sourire sur son visage écaillé.

« Bonsoir, Terrok, » répondit-elle avec un sourire chaleureux.

« Oh ! L’ancien général sera heureux de vous voir ! » déclara l’autre dragon, qui était assis sur un tabouret.

« Merci, Brastal. Je vais y aller alors, » elle avait tiré les rênes du Khosinni, et nous étions entrés dans la ville.

J’avais simplement souri en passant devant les deux dragons, qui m’avaient lancé un regard curieux. Impossible de les blâmer. La princesse de la ville était soudainement revenue en traînant un homme avec elle et une petite sœur inconsciente.

Nous avions fait notre chemin à la maison en dehors de la ville plutôt rapidement. Les rues n’étaient pas aussi animées que je le pensais au départ, et les gens accueillaient Seryanna en souriant, mais au bout d’un moment, je commençais à voir des regards sympathiques, presque comme s’ils la plaignaient. C’étaient probablement les gens qui ne croyaient pas en son pouvoir ou voyaient le fait qu’elle ne soit pas éveillée comme quelque chose de malchanceux.

Pour autant que je sache, il n’y avait pas de raison réelle pour laquelle elle devait être regardée avec pitié. Je savais que c’était leur société et la manière dont ils avaient grandi, mais de mon point de vue... ces choses étaient fausse.

La ville n’était pas aussi animée qu’Andromède, mais en partie à cause de la vitesse à laquelle le soleil se couchait au loin. La nuit arrivait, et je croyais même avoir aperçu un petit bâillement s’échapper de la bouche de la belle rousse. C’était contagieux puisqu’au même moment j’avais également bâillé.

Pour ce qui était de voir des marchands et toutes sortes de personnes, je ne peux dire que je l’avais fait, ou peut-être que je ne pouvais les reconnaître. Toutes les maisons étaient à peu près les mêmes : grandes, deux étages à partir du sol, toits pointus dans un style anglais médiéval. Ils avaient l’air paisibles pour la plupart, je sentais le parfum séduisant de la nourriture cuite partout. Ça devait être l’heure du dîner.

Une fois sortis de la ville, nous nous étions approchés de la grande maison de trois étages. Deux domestiques étaient dans la cour, s’occupant d’un petit jardin de fleurs. Un autre tirait deux khosinnis vers une écurie. Il y avait quelques gardes qui patrouillaient.

Dès que nous étions arrivés, nous avions été accueillis avec un profond salut par tout le monde. Un des domestiques avait même proposé de prendre la Kléo endormie.

« Le maître est dans sa salle d’étude. Dois-je aller lui dire que vous êtes de retour ? » demanda une jeune dragonne.

Voyons voir... robe de chambre, yeux bleus, écailles bleues, longue queue avec un ruban au bout, regard mignon, longs cheveux bruns, poitrine généreuse, et un peu petite... Je commence à aimer les coïncidences. Pensais-je, et inconsciemment, je m’étais à sourire. Mon expression m’avait valu un coup de coude dans les côtes d’une certaine rousse.

« Arg..., » gémis-je en frottant l’endroit douloureux.

« Ahem... S’il vous plaît, faites, » dit-elle à la domestique avant de me jeter un regard noir. « Dois-je m’inquiéter du fait que tu attaques les domestiques ici ? » m’avait-elle demandé.

« Je n’attaquerai que celle ayant des cheveux roux et le titre de chevalier... aussi, aïe ! » plaisantai-je.

Je pense qu’elle avait rougi, mais Seryanna n’avait pas répondu à ma blague et avait simplement regardé ailleurs.

« En parlant de ça, pourquoi n’avons-nous pas rendu ces khosinnis au locataire ? » lui avais-je demandé en étant curieux après qu’un homme soit venu les emmener.

« Ce servant le fera pour nous. D’ailleurs, j’aimerais bien garder cette affaire de surtaxe secrète pour l’instant, » me dit-elle.

« Garder quoi secret ? » demanda quelqu’un en arrivant.

J’avais regardé dans cette direction et avais vu un grand dragon avec une longue queue rouge, des écailles rouges sur ses joues, ses bras, et deux cornes jaillissant de son front et recourber en arrière. En ce qui concerne son âge, il ressemblait à un humain dans la quarantaine, mais sa moustache et ses cheveux gardaient leur couleur vive rouge comme les cheveux de Seryanna. La couleur devait être une chose de famille, car je n’avais pas vu d’autre dragon ayant cette couleur dans Andromède ou Tomeron. Il portait un costume de grande classe et une épée particulière à la taille.

« Bonsoir, grand-père ! » déclara rapidement Seryanna en faisant un petit salut.

« Pas besoin de toutes ces formalités ! Tu es ma petite-fille ! Viens donner un câlin à ce vieil homme ! » lui avait-il dit avec un grand sourire.

« Grand-père. » Seryanna lui fit un doux sourire et obéit à sa demande.

« Bienvenue, ma chérie ! » Dit-il en l’enlaçant fermement.

Pendant ce temps, je restais à la porte, je restais calme en me demandant comment j’allais me présenter à cet imposant gentleman. Si ma mémoire ne me jouait pas de tour, le garde à l’entrée l’avait appelé « général » ?

« Qui est-ce ? » demanda-t-il en plissant les yeux vers moi.

« Salut ? » dis-je en faisant un sourire stupide et levant la main comme si je disais « bonjour » à quelqu’un de mon monde.

« Ceci... » Seryanna leva les yeux vers son grand-père, puis dit « C’est mon ami. »

« Quoi ? TU as un ami ? » déclara-t-il surpris en la tenant dans ses bras.

Aie ! Ne dis pas ça à propos de ta propre petite-fille ! Une fois qu’elle sera éveillée, elle sera une beauté ! commentai-je intérieurement, mais je m’étais abstenu de le dire à haute voix.

« Grand-père ! Pose-moi ! Je ne suis pas une enfant ! » répondit-elle en se tortillant dans ses bras.

« Bien sûr ! » Il l’avait libérée, et la dragonne retomba sur ses pieds.

Le vieil homme m’avait regardé et s’était approché, en faisant un grand sourire qui avait fait monter les coins de sa moustache.

M’offrant une poignée de main, il m’avait dit « Bienvenue chez moi, mon garçon ! Mon nom est Brakkar Draketerus ! »

Je n’avais pas refusé son geste gentil, surtout parce que je ne voulais pas être mal vu de sa part, mais j’avais essayé de lui serrer la main autant que possible. Un jour, mon père m’avait dit qu’une poignée de main lugubre montrait un manque de respect envers l’autre, et je ne voulais certainement pas offenser cet imposant dragon.

« Un plaisir de vous rencontrer, je m’appelle Alkelios Yatagai. » Me suis-je présenté.

« Hm ? » Il inclina la tête vers la gauche. « As-tu vécu chez les Ornaks ? » me demanda-t-il.

« Hein ? » Je l’avais regardé en fronçant les sourcils.

« À en juger par ton expression, je suppose que tu ne sais même pas ce qu’est un ornak ! Hahaha ! » rit-il. Puis, tout en tapotant l’épaule, il continua. « Ce sont des créatures brutales en combat, mais assez fidèles à leurs chefs. Quoi qu’il en soit, la raison pour laquelle j’ai demandé cela était parce qu’Alkelios en ornak signifie Chanceux. Quant à Yatagai cela me rappelle le dicton des elfes Ey ata gaius, qui est grossièrement traduit par béni des dieux. Un bon nom si je devais le dire moi-même. Hahaha ! » Il avait ri.

Ses paroles m’avaient un peu choqué. J’avais été surpris d’entendre quelque chose comme ça, d’autant plus que j’avais été nommé par ce Dieu idiot avec un très mauvais sens de la dénomination ! De ce qu’il en avait dit, mon nom montrait clairement que mon point fort était ma chance.

« Il est effectivement chanceux, » déclara Seryanna en rigolant un peu.

« Pour avoir comme ami quelqu’un de la famille Draketerus ? Bien ! Mais comme on dit, n’importe quel ami de ma fille est mon ami ! » Rit l’homme.

Y a-t-il un dicton comme ça ? me étais-je demandé, mais honnêtement, cela ne me dérangeait pas d’être ami avec un autre dragon.

« Qu’est-ce que c’est ? » Demanda-t-il soudain en regardant l’air vide devant lui.

« Pas possible... » Pensai-je.

« Oui ? » Dit-il, puis j’ai entendu quelque chose dans ma tête.

[Vous avez un nouvel ami : Brekkar Draketerus]

J’avais regardé vers le vieux dragon qui me regardait lui aussi, intrigué par la tournure des événements.

« Je n’ai jamais vu ou entendu quelque chose comme ça ! » confessa-t-il.

100 de chances pff... ça me met toujours dans des situations à problème ! Maintenant comment je vais pouvoir m’expliquer ? criai-je dans mon esprit.

***

Chapitre 13 : Surprise de minuit

Partie 1

Je regardais le lion dans les yeux, ou plutôt le dragon..., il était en plus de cela un général.

« Hm..., » dit-il en plissant les yeux et en se frottant le menton.

Seryanna ne disait pas un mot. Debout dans le fond de la pièce, à côté de la cheminée allumée, elle avait les bras croisés sur la poitrine et les yeux fermés.

Après que le vieil homme avait reçu la confirmation d’amitié, nous entrâmes dans la salle de réception à proximité. C’était grand et luxueux. Un grand tapis tissé de façon complexe était étalé sur tout le sol, un énorme lustre en cristal était suspendu au plafond, des peintures du vieil homme et d’une dragonne inconnue, probablement sa femme, remplissaient les murs. Les rideaux étaient faits de satin rouge avec des ornements en or. Une cheminée était au milieu du mur à côté de la porte. C’était une pièce proche de celle que l’on pouvait voir dans les films où les nobles se rassemblaient ou lors d’un bal.

Comme le soleil était sur le point de se coucher, les lumières étaient allumées. Au lieu de lampes à huile, il y avait une pierre magique qui émettait une faible lumière jaune. Dans cette pièce, il n’y avait personne d’autre que moi, le vieil homme et Seryanna. Les domestiques étaient à l’extérieur, s’occupant de leurs affaires et préparant probablement le dîner.

« Alors... es-tu vraiment l’ami de ma fille ? » m’avait-il demandé.

J’avais dégluti et avais répondu « Oui ? »

« Hm... » Il plissa les yeux vers moi à nouveau.

« Y a-t-il un problème ? Quelque chose qui ne va pas ? » lui avais-je demandé.

« Non, » il secoua la tête. « N’est-elle pas une belle dragonne ? »

« Oui !? » répondis-je en regardant Seryanna, elle ne montrait aucune émotion.

« L’aimes-tu ? » m’avait-il alors demandé.

« Oui, » répondis-je franchement, mais mon esprit s’était arrêté en réalisant ce que je venais de dire. « Euh... comme amie ! Oui, comme amie ! » Rajoutai-je immédiatement.

« Ohh ? » il se mit à sourire.

C’est trop tôt pour ce genre d’émotions, je vous le dis ! D’ailleurs, je ne sais pas vraiment ce qu’est d’être amoureux ! Voulais-je lui rétorquer.

En repensant à ladite dragonne, elle me regardait fixement. J’avais peut-être marché sur une mine.

« Réalises-tu que tu es humain ? » demanda-t-il en haussant un sourcil.

J’avais dégluti et avais levé les yeux vers lui.

« Pouvez-vous donc le voir si facilement ? »

« J’ai été général pendant 50 ans. J’ai mené de nombreuses batailles contre ton espèce. J’ai massacré de nombreux soldats humains et éventrés beaucoup de soi-disant chevaliers, » il plissa les yeux vers moi.

« Donc, vous connaissez bien l’anatomie humaine ? » répondis-je.

Le dragon cligna des yeux surpris et se frotta le menton.

« Tu ne crains pas mon genre ? » m’avait-il demandé.

J’avais levé un sourcil et avais désigné Seryanna. « Serais-je son ami si j’avais peur de vous ? »

« Bon point ! Après tout, ma fille a un œil aiguisé quand il s’agit de bonnes personnes ! » Il hocha la tête en étant satisfait.

« Il est... différent des autres, » déclara la dragonne depuis le fond de la pièce.

« Je le sais déjà. Dès que j’ai accepté d’être son ami, sa magie et son aura ont augmenté ! » dit-il en souriant.

« Tout à fait, j’ai toutes sortes de talent..., » détournai-je les yeux.

« Je présume, mais ce que je ne peux comprendre, c’est COMMENT ou plutôt pourquoi tu ne te comportes pas comme les autres humains stupides et ignorants que j’ai rencontrés jusqu’à maintenant ? » M’avait-il demandé, en secouant la tête.

« Parce que je ne suis pas stupide et ignorant ? » m’étais-je défendu ainsi avec un sourcil levé.

« Hm, vraisemblablement, » dit-il en hochant de la tête.

« J’ai le sentiment qu’il y a quelque chose que vous vouliez me demander, mais que vous ne voulez pas me demander parce que vous ne savez pas comment je vais réagir, » dis-je carrément.

Pour moi, c’était une chose plutôt évidente à attendre de lui. Après tout, c’était un général qui avait combattu dans les guerres dragons contre les humains et autres, et j’étais là, un homme accompagnant sa petite-fille dans une dangereuse forêt, ayant une capacité mystérieuse, et ne montrant pas les réactions typiques de haine contre eux. Même moi, j’aurais une ou deux questions. Par exemple, comment étais-je arrivé ici ? Qui m’avait amené ? Où étais-je né ? Comment avais-je obtenu ce pouvoir ? Comment fonctionnait-il ? Et tout un tas d’autres questions.

« En effet, il y a quelque chose que je souhaite demander, » déclara-t-il.

J’avais regardé Seryanna une fois et puis ce dragon avait dégluti.

Là voilà ! ai-je pensé.

« As-tu déjà tué un dragon auparavant ? »

La question était sérieuse.

« Euh... Non ? » avais-je répondu en fronçant les sourcils.

« As-tu déjà tué un humain avant ? »

« Est-ce que les imaginaires comptent ? » Demandai-je.

« Non, ils doivent être faits de chair et de sang, pas un produit de ton imagination ou de magie, » déclara-t-il clairement, mais il était sérieux.

« Jamais, monsieur, » avais-je répondu.

« Hm... As-tu tué N’IMPORTE qu’elle espèce sensible avant ? » m’avait-il encore demandé.

« J’ai tué des insectes, principalement des cafards, mais je n’ai pas tué quoi que ce soit qui soit sensible..., » avais-je dit en y réfléchissant. Peut-être en leur lâchant dessus une ou deux bombes nucléaires et en les envoyant sur Mars, sinon je ne crois pas.

« C’est dur pour moi de te croire. Mais pour venir ici sans tuer quoi que ce soit, tu dois être un homme très chanceux, ou il y a plus que ce que l’œil peut voir, » m’avait-il dit.

Ou les deux... Très probablement les deux. Ai-je commenté dans mon esprit.

« Grand-père, il est digne de confiance, » Seryanna avait parlé pour moi.

Merci, ma déesse rousse ! En levant un pouce mentalement pour elle.

« Si ma petite-fille le dit, je la croirai, » il haussa les épaules.

Alors, faites-le depuis le début ! Qu’est-ce qu’il y a avec cet interrogatoire alors ? ai-je pensé.

« Eh bien, préparons-nous pour le dîner ! Oh ! Avant que je n’oublie, mon garçon, tu ferais mieux de ne pas penser à attraper la queue de ma petite-fille. Elle ferait honte à notre famille si elle choisissait un humain comme partenaire, et surtout, ce n’est pas possible, » il me regardait avec des yeux sévères, et je pouvais sentir le vieux général derrière ce regard.

Ses mots étaient plutôt durs, même si je n’étais pas sûr de ce que l’avenir m’apporterait. Il me disait tout de suite que Seryanna était hors de portée juste parce que cela serait gênant. Là encore, c’était une autre société, dans laquelle les humains étaient considérés comme des ennemis, et je faisais partie de ces ennemis. Si je n’avais pas la présence de la rousse, j’aurais pu finir comme nourriture pour dragon au moment où je m’étais présenté à ces deux gardes aux portes de la ville d’Andromède.

D’après ce que je savais et voyais jusqu’ici, c’était la principale raison pour laquelle il ne voudrait pas que je sois après la queue de Seryanna comme il le disait, bien qu’elle n’en ait pas pour commencer. Ce n’était pas possible du point de vue de leur société et du fait qu’il était autrefois un général dans les guerres entre humains et dragons. Sa maladie était probablement la raison pour laquelle il s’était retiré, sinon, il ne ressemblait pas au type d’homme qui s’asseyait et gardait une ville au milieu de la montagne toute la journée.

Là encore, ne prenait-il pas les choses un peu trop sérieusement ? Quel genre d’homme pourrait même penser que chaque homme que sa fille ou sa petite fille rencontre est en fait un grand pervers qui voudrait coucher avec elle ?

Pratiquement tout homme sain d’esprit, et même moi, mais ce n’était pas la question...

« Je vais te montrer ta chambre, » déclara Seryanna qui s’approcha de moi après le départ du vieil homme.

« D’accord..., » dis-je en hochant la tête et en suivant la dragonne.

Nous avions marché jusqu’à l’aile gauche du manoir, puis nous avions passé quelques portes et nous nous étions arrêtés à l’avant-dernière porte. Elle l’avait alors ouvert avec une petite clé métallique et entra. Une chose à mentionner au sujet des maisons draconiennes, elles étaient en général conçues de manière à ce que le dragon sous sa forme anthropomorphe puisse se sentir à l’aise, ce qui signifie qu’elles étaient assez grandes avec de grandes portes robustes.

La pièce où je devais dormir était spacieuse, peut-être aussi grande que mon salon dans l’appartement de mes parents en Roumanie. Le lit était de très grande taille, et même assez grand pour convenir à un dragon adulte. Les oreillers et les couvertures étaient décorés de fioritures jaunes cousues sous forme de feuilles et de fleurs. Il y avait un bureau brun foncé à gauche, et une petite table avec deux chaises à côté de la fenêtre. À ma gauche, il y avait un miroir placé dans un cadre de bois orné. Tout semblait beau et prêt à accepter un noble, pas un sale humain ou un paysan.

« Wôw ! » avais-je dit, surpris.

« Ce n’est pas grand-chose, mais cela devra faire l’affaire, » déclara Seryanna en soupirant.

« Est-ce qu’un câlin de toi vient avec ? » demandai-je en souriant.

Elle avait simplement soupiré et secoué la tête.

« Où est la bague ? » m’avait-elle demandé.

« Ici. En parfait état ! » lui avais-je dit en la sortant de ma poche et en la lui tendant.

« Bien ! Avec cela, peut-être que grand-père sera guéri. » A-t-elle dit.

J’avais enlevé le sac à dos que je portais et l’avais placé à côté du lit.

« Qu’allons-nous faire avec le reste des herbes ? » Lui avais-je demandé.

« Nous allons les emmener demain chez l’herboriste de la ville. Quant aux autres, je vais les donner au guérisseur de grand-père, et il préparera tous les médicaments nécessaires pour lui. Grâce à ces champignons que tu as trouvés, je peux rendre cette bague et ne pas m’inquiéter de devoir ignorer les bandits et les voleurs la prochaine fois que je les verrai, » déclara-t-elle avec un air soulagé dans les yeux.

« Ton grand-père va aller mieux, ne t’inquiète pas Seryanna ! Je souhaite qu’il se remette aussi ! » Lui dis-je avec un sourire.

« Merci. » Répondit-elle avec un petit sourire.

« Je vais demander à l’une des servantes de te donner des vêtements temporaires, alors tu es invité à nous rejoindre pour le dîner, » dit-elle, puis elle se retourna pour partir.

« Merci, Seryanna... Tu m’as beaucoup aidé, » lui dis-je avant de partir.

La dragonne n’avait pas répondu, mais je savais qu’elle m’avait entendu.

Avec elle de parti, j’avais fait ce que toute autre personne normale ferait dans mon cas et regardé mes statistiques. Ma mâchoire était presque tombée au sol en voyant les valeurs.

Nom : Alkelios Yatagai

Espèce : Humain

Niveau : 63

Force : 16 +313,5 +607,5

Vitesse : 14 +247 +452,2

Dextérité : 20 +251 +527

Magie : 16 +188,5 +251

Chance : 100

Excellence magique : 1 % +6,75 % +8,5 %

Compétences : Montrer oui/non ?

Points de compétences : 2

Points de statut : 620

Pourquoi les avantages ? Pensais-je après un moment, mais en faisant un calcul rapide, mes statistiques étaient :

Force : 937

Vitesse : 713,5

Dextérité : 798

Magie : 455,5

Chance : 100

Excellence magique : 16,25 %

Elles étaient impressionnantes, je devais l’admettre, mais compte tenu du fait que le vieil homme était un ancien général, ses statistiques me paraissaient un peu basses. Avec cela, sa force était de 2430, alors que sa magie atteignait à peine les 1004. Seryanna avait la moitié de ses statistiques, mais tout de même, sans être éveillée.

Je ne sais pas, mais je m’attendais à quelque chose de plus... de la part d’un ancien général de l’armée des dragons. Serait-il possible que ses statistiques soient réduites à cause de sa maladie ? Théoriquement, c’était possible.

Même ainsi, j’avais gagné un bonus assez conséquent et aussi longtemps qu’il me considérait comme son ami et moi le sien, mes statistiques ajoutées ne diminueraient pas. À ce rythme-là, j’étais sûr de dépasser les statistiques de Seryanna avec un ami de plus.

***

Partie 2

En y réfléchissant, peut-être y avait-il un moyen d’accélérer ce processus ?

« Hm... peut-être ? » Pensai-je alors qu’un sourire malicieux apparaissait sur mes lèvres.

Je souhaite pouvoir trouver de bons amis qui augmenteront mes statistiques de plus de 1000 points dans chaque catégorie ? Devenir ami avec Kléo est aussi une idée intéressante. Pensai-je en étirant mon dos.

Avec un tel souhait, j’étais vraiment curieux de voir quel genre d’individus allaient apparaître sur mon chemin. Peut-être une fille chaude aux gros seins ? Non, tant que Seryanna sera là, je ne vois aucune raison de changer de cible.

« Que faire maintenant ? » M’étais-je demandé en regardant le lit et le sac en face de moi.

Ça ne servait à rien de sortir toutes ces plantes maintenant, donc il valait mieux attendre que je sois à l’herboriste le lendemain. J’étais un peu sale et en sueur, alors peut-être qu’un bain serait une bonne idée, cependant, je ne suis pas sûr de savoir comment en prendre un ici. Avaient-ils un vrai bain dans cette maison, ou tout le monde avait son propre petit seau ?

Pendant que j’y réfléchissais, j’avais décidé de m’asseoir et d’essayer de regarder autour de moi avec ma compétence.

« Yeux de chatons, » avais-je dit, et immédiatement, la compétence s’était activée.

Ma perception avait augmenté, et j’avais pu absolument tout voir autour de moi. Comme d’habitude, il s’agissait d’une sensation étrange, mais c’était tellement bien, je ne pouvais m’empêcher de jeter un coup d’œil autour du manoir. Je pouvais pratiquement tout voir.

Voyons voir si je peux trouver la chambre de Seryanna... pensai-je, alors que je commençais à regarder autour.

Comme je ne pouvais pas regarder à l’intérieur du manoir à l’extérieur de ma chambre, je devais regarder à travers les fenêtres. Les premières chambres que j’avais vérifiées étaient celles à côté de la mienne. Elles étaient vides, mais possédaient des meubles luxueux similaires. Le vieil homme n’y était pas, alors j’avais commencé à regarder le second étage. La première était vide aussi, mais le second était le bon.

La première chose que je vis fut Seryanna se regardant dans un miroir. Elle ne portait pas son armure, et je pouvais parfaitement voir les écailles rouges sur son dos, au niveau de sa colonne vertébrale, comme un flèche pointant vers son derrière. Je déglutis et m’approchai de la fenêtre. Cette fois, c’était le jour, donc je pouvais parfaitement voir l’image de la déesse nue devant moi.

Soudain, elle se retourna et regarda sa fenêtre. J’avais reculé. Des perles de sueurs se formaient sur mon front, pensant que peut-être elle m’avait vue, mais comment cela était-il possible ? J’étais invisible. De toute façon, ne voulant pas tester si elle pouvait ou non me voir, j’avais annulé le sort.

De retour dans ma chambre, je clignai des yeux surpris et déglutis.

« Wôw... » Pensai-je en réalisant ensuite que mon drapeau était levé.

J’avais vraiment un faible pour cette dragonne... C’était presque comme si le destin nous liait, ou peut-être, était-ce juste mes pensées perverses d’adolescent.

Un coup à la porte m’avait réveillé de ma transe, et je m’étais levé.

« J’arrive ! » Dis-je en m’approchant.

« Vos vêtements, monsieur, » déclara la petite dragonne, mais quand elle baissa les yeux, ses joues devinrent rouges, ses yeux grandirent, et elle s’en alla immédiatement.

« Hein ? » Clignai-je des yeux surpris en baissant les yeux.

Arg ! J’avais oublié !

« Oups... » avais-je dit en fermant lentement la porte.

Maintenant, j’étais gêné.

Les vêtements que j’avais reçus étaient un pantalon en soie, une chemise, une paire de chaussures et une veste en satin. Ils semblaient délicats et assez chers, je les posais sur le lit et regardais mes propres vêtements.

« J’ai vraiment besoin d’une douche..., » déclarai-je en soupirant.

Après que le drapeau se soit baissé, j’étais sorti de ma chambre et j’avais cherché quelqu’un pour me montrer où la salle de bain se trouvait. Un vieux serviteur m’avait montré le chemin. Après avoir pris mes nouveaux vêtements, j’y étais allé, mais pas avant de faire un vœu, ne pas trouver une fille nue dans la douche. J’avais déjà eu assez de coïncidence dans la journée.

Le bain était un peu froid, mais j’avais été surpris de voir qu’ils avaient une version rudimentaire d’une douche. Je devais juste verser quelques seaux sur un collecteur, et je pouvais me laver.

Environ une demi-heure plus tard, j’étais sorti en tenant mes vêtements sales, qui avaient été arrachés par l’une des servantes, en disant qu’elle allait les brûler.

Je n’ai pas été attaqué par une moufette, tu sais ! avais-je crié intérieurement, mais j’avais seulement fait un sourire forcé en retour.

« Le maître vous attend dans la salle à manger, » me déclara-t-elle avant de m’éloigner rapidement.

Guidé par une autre servante, j’étais arrivé en toute sécurité à la salle à manger, où on m’avait amené à mon siège. Le vieux général était là aussi, attendant patiemment que sa petite-fille nous rejoigne. Nous n’échangions aucune plaisanterie, et je ne savais pas quelles étaient les choses polies à faire ou à dire dans cette situation, selon leur coutume.

Même après que Seryanna nous ait rejointes, nous avions simplement mangé tranquillement. Personne n’avait posé de questions, et personne n’avait parlé.

Le menu se composait de ragoût de canard, une sorte de steak, et un œuf à la coque comme dessert. Je n’avais aucune idée de la raison pourquoi quelque chose comme ça était le dessert, mais après avoir pris une bouchée, mes papilles explosèrent sous cette douceur. Ce n’était pas un mensonge de dire que j’avais versé des larmes à cause de cela.

Quoi qu’il en soit, après notre dîner, le vieil homme avait reçu une étrange concoction rouge, puis s’était retiré pour la nuit.

J’avais été laissé avec Seryanna dans la pièce, mais ensuite elle s’était aussi excusée.

Elle doit être fatiguée ? pensai-je en retournant dans ma chambre.

En toute honnêteté, je m’attendais à beaucoup plus de questions sur mes capacités. Soit j’avais dit quelque chose de mal en arrivant ici, soit ils étaient tous fatigués. J’espérais que ce soit ce dernier, car je n’avais aucune idée de ce que j’avais pu faire pour les offenser.

Laissant échapper un soupir, j’avais décidé d’aller me coucher.

Quinze minutes plus tard, je regardais toujours la pierre magique qui émettait une lumière jaune.

« Comment fonctionne cette chose ? » m’étais-je demandé.

Il n’y avait pas d’interrupteur dans la salle, même pas un manuel d’instruction écrit, rien. Avec un soupir, j’ouvris ma porte et allai chercher une des servantes. La réponse m’avait été fournie d’une manière polie.

Quand j’étais revenu, j’avais suivi les instructions, ce qui était très simple : il suffisait d’absorber l’énergie magique dans les pierres. Ce n’était pas si dur, et j’avais réussi du premier coup, bien que, la servante avait rigolé quand elle avait entendu que je ne savais pas comment éteindre les lumières. Je pense que je lui avais peut-être donné une mauvaise idée sur l’intelligence des humains en général. Bien sûr, je n’étais pas le plus brillant, mais certains d’entre nous sur terre pouvaient construire des choses incroyables comme des intelligences artificielles, des robots, des vaisseaux spatiaux, des ordinateurs et surtout... Inventer de nouveaux assortiments de nourriture.

Je me sentais fatigué, alors j’avais fermé les yeux et avais laissé mon esprit se glisser doucement dans le pays des rêves. Ce fut une journée chargée de toutes sortes de nouvelles choses à voir et à expérimenter, de personnes à rencontrer, de choses à apprendre, de choses à manger.

S’endormir était facile, et j’avais rêvé... honnêtement, je ne me souvenais pas de quoi j’avais rêvé, mais à mi-chemin, quelque chose m’avait réveillé. C’était une chaleur agréable au niveau de ma poitrine. Je me sentais plutôt bien, comme si quelqu’un m’enlaçait, mais cela ne pouvait pas être le cas parce que je dormais seul, n’est-ce pas ?

En ouvrant les yeux, j’avais vu qu’il faisait encore nuit dehors. Le soleil avait encore beaucoup d’heures avant de se lever, mais quelque chose était définitivement anormal... Mes mains étaient autour de quelque chose ou plutôt de quelqu’un. Elle était chaude et il y avait deux... coussins, qui se pressaient contre ma poitrine.

Qu’est-ce que ? Est-ce que je rêve ? pensai-je en bougeant un peu mes doigts.

Traçant son dos, le long d’un déshabillé de soie, j’avais atteint une zone bosselée. Mon cerveau ne pouvait comprendre ce que c’était alors j’avais essayé d’en avoir une meilleure idée.

« Ahn~ ! » La voix mignonne de Seryanna put être entendue, et je m’étais immédiatement gelé.

Quoi ? Quoi ? Quoi ? Seryanna ? Elle est là ? Dans mon lit ? Celle que je tiens est... et ce que j’ai touché étaient-ce ses écailles ? pensai-je en rougissant comme un idiot.

« Ça chatouille..., » déclara-t-elle en dormant.

« Hein ? » avais-je réussi à dire avant de déplacer à nouveau mes doigts.

« Ahm~ ! » Gémit-elle à nouveau, et mes mains s’étais à nouveau arrêtées.

Est-ce son point sensible ?! M’étais-je dit en baissant lentement les yeux.

La dragonne dormait et n’avait pas l’air de vouloir se réveiller tout de suite.

J’avais dégluti et avais décidé de prendre le meilleur parti de cela, tout en priant pour que je n’en fasse pas les frais demain matin. Tout en la tenant doucement dans mes bras, je m’étais rapproché la dragonne. Elle s’était blottie contre moi, et je pensais même l’avoir vu sourire. Et c’est ainsi que ses jambes m’avaient bloqué, et je m’étais retrouvé avec comme seul choix de me rendormir, en espérant que mon drapeau ne soit pas levé... eh bien trop tard pour cela.

« Bonne nuit, Seryanna..., » lui murmurai-je.

Donc, c’est comme ça de s’endormir avec une femme dans ses bras ? C’est agréable... pensai-je en m’endormant.

***

Chapitre 14 : Je crois que je peux voler

Partie 1

Quand j’avais ouvert mes yeux le matin, la première chose que je vis fut les yeux brun sombre de Seryanna. Elle affichait un regard accusateur comme si j’avais fait quelque chose de mal. Je n’avais aucune idée de ce qu’il s’agissait. Mais encore une fois, elle me tenait toujours dans ses bras. C’était agréable, et je n’avais rien contre le fait d’avoir sa grosse poitrine se pressant contre moi.

« Euh... Bonjour ? » dis-je avec un sourire forcer.

La dragonne n’avait pas répondu, elle avait continué à me regarder.

D’ACCORD ? Que se passe-t-il ? Je suis sûr que c’est ELLE qui est venue dans mon lit, pas l’inverse ! M’étais-je défendu dans mon esprit.

« C’est ta chambre, n’est-ce pas ? » Me demanda-t-elle.

« Oui ? » avais-je répondu.

« C’est ton lit, n’est-ce pas ? » Me demanda-t-elle à nouveau comme si les deux questions n’étaient pas liées.

« Oui ? »

« Alors, qu’est-ce que je fais dans ton lit ? » M’avait-elle demandé en levant un sourcil.

Comment suis-je supposé savoir ? avais-je crié dans mon esprit, mais je ne lui avais pas répondu. À la place, j’avais préparé mes propres funérailles en faisant quelque chose d’idiot.

Ma main gauche avait frotté les écailles sur son dos alors que ma main droite pressait légèrement le bas. Elle avait rougi et laissa échapper à contrecœur un doux gémissement.

« Ahn~ ! »

J’avais souri victorieux, mais ensuite j’avais vu son expression.

Je suis mort, mais ça valait vraiment le coup ! pensai-je.

« Alkelios... toi, IDIOT ! » me gronda-t-elle en me serrant plus fortement.

« ARGH ! » gémis-je de douleur.

Autant j’aimais sentir sa poitrine contre la mienne, mais une compression mortelle n’était pas exactement le genre de plaisir que j’avais en tête. Ça faisait un mal d’ENFER, mais je ne pouvais pas nier le fait que c’était bon de l’entendre gémir comme ça. C’était une opportunité que je ne voulais pas manquer. Dans tous les cas, mes statistiques n’étaient pas si faibles pour dire qu’elle pourrait me casser en deux comme une brindille. C’était douloureux, mais rien de cassé dans ce que je pouvais voir.

Quand l’anaconda me libéra de son emprise, j’avais quand même eu du mal à prendre une bouffée d’air. En regardant du côté du lit, j’avais vu Seryanna pousser un soupir en se levant. Elle me regarda et me lança un autre regard noir.

« Tu vivras, arrêtes d’exagérer, » me déclara-t-elle.

Malheureusement, mes yeux n’étaient pas sur son visage, mais sur sa poitrine. Elle portait une tenue de nuit rose transparente, laissant peu de place à l’imagination autour de sa poitrine et de ses hanches, bien qu’elle portait également une culotte blanche.

J’avais dégluti, et elle remarqua que je la regardais comme ça, mais je ne pouvais pas m’en empêcher.

L’ai-je étreinte pendant qu’elle était habillée ainsi ? M’étais-je demandé en étant abasourdi.

« Je peux seulement soupçonner que tu as utilisé ta chance pour me faire venir ici cette nuit, » déclara-t-elle en grognant, m’avertissant de ne pas regarder.

« Non ! Je ne l’ai pas utilisée ! » réfutai-je catégoriquement.

Techniquement, je l’avais fait à un moment donné, mais entre la voir à peine réveillée et la regarder, j’avais oublié ce souhait accidentel. À ce moment-là, je croyais honnêtement que je ne l’avais pas fait, mais est-ce que mes 100 de chances pouvaient vraiment mettre en place une telle situation ?

« Je ne te crois pas, mais je vais m’en tenir à ça..., » dit-elle avant de se retourner, mes yeux tombant avec une précision chirurgicale sur ses fesses.

Quand elle ouvrit la porte, le grand-père put être vu alors qu’il était penché en ayant une oreille collée à la porte.

« Hein ? » Brekkar remarqua la porte ouverte et leva les yeux vers une dragonne en colère.

« Grrr ! Vous êtes tous les deux des idiots ! » Elle frappa alors le vieil homme et retourna dans sa chambre.

Comment était-ce MA faute ? m’étais-je demandé, en brûlant dans ma mémoire la vue de Seryanna dans cette chemise de nuit rose.

Soit je me réveillais en tant que pervers, soit j’étais totalement frappé par sa beauté. Ma conjecture était cette dernière, mais je ne pouvais toujours pas accepter le fait que je puisse l’aimer. Bien que je l’aime, mais l’amour était peut-être un peu lâche... peut-être ?

Regardant vers la porte, j’avais vu le vieil homme avec le nez qui saignait. Quand il m’avait remarqué, il avait essayé de se comporter comme si rien ne s’était produit.

« Bonjour, Alkelios. Le petit-déjeuner sera servi sous peu. » Il s’éloigna alors.

« D’aaaaaccord..., » répondis-je en laissant échapper un long soupir.

« Hihi! Je savais que ce sort de marche nocturne était une bonne acquisition, mais je n’aurais jamais pensé que j’aurai l’occasion de voir quelque chose d’aussi drôle que ça ! » déclara une certaine dragonne à écailles noires.

« Hein ? » clignai-je des yeux surpris en bougeant de l’autre côté du lit.

Kléo était sous mon lit, la moitié de son corps dépassant et souriant comme une imbécile.

Quand est-elle arrivée là ? criai-je dans mon esprit. C’était avant qu’une tempête de questions ne commence à torturer mon pauvre cerveau. Avais-je un sommeil trop profond au point de ne pas l’avoir entendu entrer ? Et aussi, pourquoi s’est-elle faufilée sous mon lit ? Que fait-elle là ? Marche nocturne ? Quelque chose comme ça existe ? S’il vous plaît, que quelqu’un m’explique ce qu’il se passe ? Je ne comprends pas du tout !

« Donc, aimes-tu ma sœur ? » demanda-t-elle en souriant.

« Oui. Tu as un problème avec ça ? Maintenant, sors de là ainsi que de ma chambre ! » Dis-je en montrant la porte.

« Plus tard, pour l’instant, dis-moi si tu as eu un bon ressenti de ses atouts..., » demanda-t-elle en écartant ma demande.

« Peut-être, peut-être pas. En quoi cela te concerne ? » dis-je en levant un sourcil vers elle.

« Bah ! Tu es ennuyeux ! Devrais-je la faire venir nue la prochaine fois ? » demanda-t-elle en y pensant sérieusement.

« Hey ! Ne traumatise pas ta sœur ! Et me tuer en résultat..., » L’ai-je prévenue.

« Détends-toi, elle ira bien ! Aucun autre dragon mâle ne la choisira de toute façon. Elle est une chevalière non éveillée, as-tu oublié cette partie ? » Elle avait ri.

« Que veux-tu dire ? » plissai-je les yeux vers elle.

« Elle ne te l’a pas dit ? » demanda-t-elle en levant un sourcil.

Je viens d’arriver dans ce monde. Je ne sais même pas où se trouve la salle de bain, encore moins quelles habitudes sociales ont les dragons ! M’étais-je plaint dans mon esprit.

« Non. »

« Eh bien, c’est simple. Ce qu’elle a achevé par elle-même est impossible à atteindre pour de nombreux dragons. L’idée de base est que l’on croit que les non éveillés sont les plus faibles parmi nous, tandis que le titre de chevalier n’est donné qu’aux plus forts. C’est pourquoi beaucoup méprisent ma sœur. Ils croient qu’elle a triché d’une façon ou d’une autre pour entrer dans les rangs des chevaliers, » expliqua-t-elle.

« Que veux-tu dire par triche ? » Demandai-je en haussant un sourcil.

Mon esprit dérivait déjà vers certaines choses inappropriées, mais je refusais de croire que ma rousse dragonne puisse faire cela.

« Comme utiliser l’autorité de notre grand-père pour tirer les ficelles. Mais... Tu ne savais vraiment rien de tout cela, n’est-ce pas ? » demanda-t-elle en haussant un sourcil.

« Non, je n’en savais rien. Et veux-tu bien sortir de sous mon lit, s’il te plaît ? » lui avais-je demandé.

« Bien sûr, mais d’abord, laisse-moi devenir ton amie ! » Dit-elle avec un sourire et la main tendue.

« Non ! » avais-je carrément refusé.

Qui se souciait des statistiques ? Avec elle en tant qu’ami, je n’aurais peut-être jamais besoin d’ennemies et pire, je finirai par faire que Seryanna me déteste !

« Quoi ? Pourquoi pas ? » avait-elle fait la moue.

« À cause de la manière dont tu agis avec ta sœur et moi ! » lui avais-je répondu.

« Ça ne la dérange pas, et ça ne te dérange pas non plus ! D’ailleurs, tu as même fait de grand-père ton ami ! Ce n’est pas juste ! Ce n’est pas juste ! » Se plaignit-elle en agitant la main et en donnant des coups de pieds sous le lit.

« Hey ! Arrête ! » Dis-je en m’accrochant pour ma chère vie.

Même si elle était plus faible que Seryanna, il y avait une grande différence entre 10 points de forces et 100.

« Fais de moi ton ami, et je m’arrêterai ! » Elle me fixa du regard alors qu’elle attrapait les côtés du lit et commençait à le secouer violemment faisant grincer toutes les parties du lit.

« Tu vas finir par le casser ! » M’étais-je plaint.

En ce moment, j’essayais de comparer les avantages et les inconvénients de l’avoir comme amie ou non. J’aurais un gain de force, c’est vrai, mais qu’est-ce que je perdais ? J’essayais sérieusement de trouver une sorte d’inconvénient pour refuser sa demande, mais je ne pouvais trouver que des avantages. Il semblait que peu importe à quel point j’essayais, il n’y avait aucune raison de refuser sa demande. Là encore, la seule raison pour laquelle je voulais refuser était qu’elle essayait de rendre Seryanna encore plus fâchée contre moi et c’était la chose que je voulais éviter à tout prix.

Attends ! La compétence dompteur de dragon permet de détecter l’emplacement d’un ami ! Ou sa direction en général, j’ai oublié lequel, mais de toute façon... C’est un plus. Je pourrai avoir une longueur d’avance sur elle et savoir quand elle va nous faire une farce ! Ou savoir quand elle se faufile dans ma chambre..., me souris-je à moi-même, avant d’acquiescer.

« D’accord, je serai ton ami. » Lui dis-je.

« Youpis ! J’ai maintenant un ami ! » Dit-elle avec un grand sourire.

[Vous avez un nouvel ami : Thraherkleyoseya Draketerus]

J’avais certainement eu une augmentation de statistiques. Maintenant, j’étais plus fort que la dragonne noire ou peut-être que la plupart des dragons éveillés. À part, si tous les dragons étaient des monstres en termes de statistiques. De toute façon, j’arrivais lentement au point où je n’aurais plus besoin de m’inquiéter de mourir au moindre coup.

« Donc, vas-tu maintenant sortir de ma chambre ? » demandai-je à Kléo.

« Oui ! Je vais aller voir ma sœur ! Je lui dirai que tu as fait ça et ça pour me faire gémir et... et... ça va être marrant ! » Elle sourit et se précipita hors de la pièce avant que j’aie l’occasion de l’empêcher d’aller mentir à Seryanna et de me causer d’autres problèmes.

« Attends ! N’ose même pas lui dire de choses comme ça ! » avais-je crié, mais je n’avais réussi qu’à trébucher et à tomber du lit.

J’avais grogné et avais senti des fourmis dans mes jambes, une réaction bien connue lorsque les membres étaient endormis. Bien sûr, si j’avais voulu l’attraper avant qu’elle ne s’enfuie, je n’aurais peut-être pas du tout été dans cette situation, ou peut-être qu’elle aurait trébuché sur quelque chose à sa sortie.

Ça me donne une idée ! J’avais souri et alors j’avais souhaité qu’elle trébuche et tombe, mais sans mourir et se causer de blessure grave.

Compte tenu de la façon dont mes souhaits fonctionnaient, quelques conditions supplémentaires et l’élimination des pires scénarios étaient un détail nécessaire. Maintenant, tout ce que j’avais à faire était d’attendre et écouter.

« KYA! » Elle avait crié et puis j’avais entendu un bruit fort de quelqu’un tombant au sol, quelques choses tombant au sol, et beaucoup de collision.

« Maîtresse Kléo ! Que faites-vous ? » Le cri de colère de la servante venait de l’autre côté du couloir.

« Super ! » avais-je dit avec un sourire victorieux.

***

Partie 2

Après que mes pieds soient remis et que les fourmis soient parties de mes jambes, je m’étais levé et m’étais lavé le visage dans le petit bol que m’avait offert une femme de ménage. J’avais aussi pensé à changer de vêtements, mais je ne sentais pas la moufette morte, alors j’avais haussé les épaules et étais sorti comme ça.

Une femme de chambre m’avait conduit à la salle à manger, où nous avions pris un petit-déjeuner tranquille comme le dîner précédent. Cette fois-ci, Kléo nous avait également rejoints. Brekkar avait déjà guéri son nez cassé, mais Seryanna ne me regardait même pas, elle regardait fixement le vieil homme et sa petite-sœur comme une mère grondant ses enfants. Pendant ce temps, je regardais par la fenêtre et admirais le temps sans oser dire quoi que ce soit sur ce qui s’était passé.

Avec la dernière bouchée de prise, Seryanna se leva de son siège et se dirigea vers moi.

« Nous allons à l’herboriste, » dit-elle.

« D’accord ? »

Je m’étais levé et l’avais suivie hors de la pièce. Les deux autres nous suivaient du regard, et je pouvais confirmer que la compétence de suivi du Dompteur de dragon fonctionnait, je pouvais sentir que Kléo était encore dans la pièce et ne s’était pas levée pour nous suivre. Elle devait avoir été grondée par les servantes, tandis que le vieil homme avait dû se faire gronder par Seryanna.

Nous étions retournés vers ma chambre et j’avais ramassé le sac d’herbes. Ensuite, nous étions sortis de la maison. Dès que nous étions sortis, Seryanna laissa échapper un soupir.

« J’ai besoin de m’excuser. »

« Pourquoi ? » avais-je demandé en étant un peu surpris.

« Ce matin... » Elle détourna les yeux.

« Pourquoi ? » avais-je demandé à nouveau en levant un sourcil.

« J’ai fait quelque chose d’impropre en tant que chevalière ainsi qu’en tant que bienfaitrice, » déclara-t-elle en levant le menton.

Depuis quand dormir dans mes bras est une mauvaise chose ? me demandai-je.

« C’est pourquoi... » Elle baissa la tête et détourna le regard. « J’espère que tu ne le prendras pas dans le mauvais sens... Par ça, je veux parler ce qu’il s’est passé. »

« Non, je n’aurais pas de mauvais souvenirs de toi dans une petite lingerie de nuit dormant dans mon lit et me serrant, pour le reste de ma vie ! » avais-je déclaré.

« Quoi ? Pourquoi ? » demanda-t-elle en rougissant.

Je l’avais regardé. « Parce que je t’aime. » Lui répondis-je.

Ce n’était pas un mensonge, je l’aimais bien, mais pas tout à fait comme un amoureux... Y avait-il encore une différence entre les deux ?

« J... toi ! Ne sais-tu pas que je suis une dragonne et toi un humain ? » déclara-t-elle en se pointant puis me pointant.

« Oui, mais tes seins sont doux, et tu gémis joliment quand je touche les écailles de ton dos, » avais-je dit avec un grand sourire.

CLAQUE !

Ce jour, l’étoile nommée Alkelios était née...

Eh bien, je n’étais pas mort, mais j’en étais proche. Cette gifle m’avait littéralement envoyé voler. Ne jamais sous-estimer la pleine puissance d’une gifle d’une dragonne avec plus de 1000 en force. C’était l’un de ces moments de comédie où l’on pouvait chanter « I believe I can fly ? » puis de rentrée en collision avec un mur.

Pour moi, c’était un arbre, cependant, je n’avais pas l’inspiration de chanter. Pendant un instant, j’étais en face de Seryanna l’instant d’après, je volais dans le ciel. En conséquence, ma joue droite me faisait mal comme si mille aiguilles s’y trouvaient et pour empirer les choses, de petites étoiles dansaient devant mes yeux.

Quand j’étais revenu à moi, j’avais remarqué que si j’étais allé un peu plus loin que cet arbre, j’aurais frappé un gros rocher. Ma chance m’avait à nouveau sauvé, mais la dragonne était furieuse.

Je devrais apprendre une compétence de sens commun ou de tact... Aïe... gémis-je intérieurement dans mon esprit en frottant ma joue.

« Descends de là et viens avec moi, » grogna-t-elle en piétinant au loin.

En disant cela, je pense que j’avais vu son derrière se balançant sur les côtés plus que d’habitude, mais peut-être que je voyais juste des choses.

Avec un soupir, je descendis et suivis le chemin vers Tomeron.

« Tu n’avais pas à me gifler..., » lui avais-je dit.

« Si j’avais su que tu deviendrais comme ça, je t’aurais laissé pourrir dans cette forêt..., » grogna-t-elle d’une voix faible.

Je l’ai entendu, et c’est effrayant de penser que tu puisses le faire ! Pardonne-moi, Seryanna ! pensai-je, mais mon esprit me trahissait et retourna à ce doux moment quand elle gémissait dans mes bras et se rapprochait de moi.

À mi-chemin de la ville, j’avais regardé à nouveau mes statistiques encore une fois, avec Seryanna, Brekkar, et le bonus de Kléo, je devais maintenant atteindre une valeur décente, peut-être assez pour garantir ma survie dans ce monde ?

Nom : Alkelios Yatagai

Espèce : Humain

Niveau : 63

Force : 16 +313,5 +607,5 +122

Vitesse : 14 +247 +452,2 +169,25

Dextérité : 20 +251 +527 +62

Magie : 16 +188,5 +251 +722,5

Chance : 100

Excellence magique : 1 % +6,75 % +8,5 % +11,25 %

Compétences : Montrer oui/non ?

Points de compétences : 2

Points de statut : 620

Kléo était littéralement faibles dans tout SAUF la magie et l’excellence magique. J’en avais acquis tellement d’elle que maintenant je pouvais utiliser toutes mes compétences à la fois ! J’avais un total de 1178 en magie et 27,5 % d’excellence magique, qui même maintenant, je ne savais pas à quoi servait.

D’un autre côté, ma force avait dépassé les 1000 points, ce qui était absolument génial et expliquait pourquoi j’avais pu survivre à la « douce » gifle de Seryanna. Même ma vitesse et ma dextérité avaient un peu augmenté, ce qui signifie que j’étais proche des statistiques de Seryanna. En fait, j’avais encore 620 points à utiliser dans quelque chose. Si j’augmentais ma force, je pouvais la dépasser, mais tout le reste serait en dessous de ses statistiques. Il y avait aussi le détail en ce qui concerne l’utilisation de ces statistiques. Seryanna semblait être un maître, malgré le fait de rester plus faible que son grand-père malade.

En parlant de cela, je n’avais pas encore vérifié quelle est sa maladie exactement, peut-être que je pourrai obtenir des détails avec mes compétences ? Pensai-je en décidant de vérifier une fois rentrer.

Étant donné que le vieil homme était maintenant mon ami, ce serait bon de l’aider quand il a besoin d’aide. Peut-être que je marquerai quelques points avec Seryanna ?

Quoi qu’il en soit, mon esprit a décidé de les aider. Ça allait devenir ma première quête personnelle, et honnêtement parlant, ce n’était pas comme si j’avais d’autres choix. En pensant à cela, j’étais le seul à avoir été amené sur le continent des dragons. Tout le monde passait probablement leur temps à tuer des slimes dans une zone de bas niveau.

Je ne sais pas ce qui est pire..., pensai-je.

Il y avait aussi la quête principale : sauver la terre en améliorant ce monde. J’étais loin de pouvoir le faire, même très loin, après tout, j’étais le seul ici. Est-ce que je pouvais faire quoi que ce soit pour cela ? Je n’étais pas le personnage principal de cette histoire, j’étais juste un gars ayant été enlevé de son domicile, et qui était tombé dans les terres des dragons...

« Alkelios. » Seryanna avait dit cela, me tirant de mes pensées, et j’étais littéralement tombé sur elle.

J’avais levé les yeux vers sa poitrine généreuse et avais dégluti.

« Que fais-tu ? » demanda-t-elle en plissant les yeux vers moi.

« J’admire la vue ? » avais-je répondu.

Prenant un peu de recul, elle secoua la tête et avait ensuite sorti un sac de son anneau de stockage. Il était empli de plantes non magiques réunies dans la forêt Séculière.

« Je vais redonner cette bague et mettre fin à mon contrat avec les bandits. J’en ai assez de ces compromis et ai suffisamment détourné les yeux. Mon sang bouillit à l’idée de les couper..., » elle gronda et puis elle prit une profonde inspiration pour se calmer.

Elle est mignonne quand elle est en colère. Pensai-je.

« De toute façon, pendant que je vais terminer cela, tu iras chez l’herboriste vendre tes plantes. Avant que tu entres, veille à souhaiter qu’il n’ose pas te mentir ou te tromper d’une manière quelconque. Mentionner mon nom ou celui de mon grand-père devrait permettre qu’il n’essaie rien de louche. Il n’est pas mauvais, mais chaque dragon est influencé par les choses brillantes, » avait-elle expliqué.

Choses brillantes ? Influencé ? Dragons ? Seryanna peut-elle... et mon esprit avait commencé à divaguer.

« Comprends-tu ? » demanda-t-elle en levant un sourcil.

Je secouai la tête et essuyai la bave de ma bouche.

« Oui ! » avais-je répondu en faisant un clin d’œil.

« Bien. Sa maison est celle là-bas. Sa boutique est juste à côté. Tu ne peux la manquer, » avait-elle expliqué en se dirigeant vers une grande maison.

Nous devions encore entrer en ville, mais nous pouvions voir un tas de maisons et de dragons gérant leur propre entreprise. Pendant un moment, j’avais trouvé ça un peu effrayant d’y aller sans la dragonne pour me protéger, mais là encore, j’avais quelques amis intéressants et avais gagné un tas de statistiques grâce à eux.

« Cela ne devrait pas être difficile..., » avais-je dit en déglutissant.

« En effet. Bonne chance, » m’avait-elle dit avant de partir, en entrant dans la première rue à gauche.

Je souhaite que tu aies de la chance en traitant avec les bandits, Seryanna ! pensai-je en allant voir cet herboriste, qu’elle avait mentionné.

***

Chapitre 15 : Danger imprévu

Partie 1

De toutes les blagues que Kléo avait pu me faire, me réveiller dans le lit d’Alkelios était bien la pire blague ! Je ne nie pas le fait que c’était bon d’être enlacée par lui et que c’était confortable, mais pourquoi ne pouvait-il pas garder ses mains pour lui ? Toucher mes écailles et toucher mon derrière était franchir la ligne ! Un gentleman-dragon n’oserait jamais se comporter d’une manière si inappropriée, en particulier envers une jeune fille célibataire comme moi !

Oh oui ! Ce n’est pas un gentleman respectable, c’est un humain... Comment pouvais-je oublier ce détail ? M’étais-je demandé en marchant dans la rue.

Kléo avait été sévèrement réprimandée pour ce qu’elle avait fait, et grand-père lui avait fait promettre de ne plus jamais utiliser ce sort sur l’un de nous. Elle n’avait pas respecté cela la première ou la deuxième fois, mais couper son budget de voyage vers la capitale l’avait convaincue de s’y tenir.

Quant à Alkelios, même s’il était innocent, il avait osé me toucher comme ça, alors je devais m’assurer de lui apprendre quelques trucs sur le bon sens des dragons dans les jours qui suivent. Nos deux espèces étaient trop différentes pour être ensemble comme il le souhaitait. Même s’il venait d’un autre monde, ce n’était pas une excuse.

Les dragons et les humains pouvaient tout au plus être des amis, peut-être des alliés précieux, mais devenir amoureux était hors de question. J’avais déjà du mal à m’occuper de ceux de mon espèce parce que je n’étais pas encore éveillé, mais si j’apportais un compagnon humain, je pourrais être étiqueté comme une traîtresse de mon espèce et à mon royaume. Peut-être que c’était une manière un peu extrême de voir les choses, mais ça n’aurait certainement pas été bon pour mon maître.

Être méprisé par les autres nobles en raison du fait d’être une chevalière non éveillée était assez dur, mais si je devais avoir Alkelios comme amant, je pourrais finir par être forcée de quitter ses côtés. Quelque chose comme ça... je ne peux pas laisser cela lui arriver, je ne peux pas abandonner la Princesse comme ça, pas après tout ce qu’elle a fait pour moi..., réfléchis-je en laissant échapper un long soupir.

Il n’y avait pas besoin de débattre à ce sujet, ma loyauté envers la princesse était plus importante que ma vie amoureuse. En outre, les humains étaient connus pour avoir une durée de vie très courte. Si je me souvenais bien, à l’âge de 40 ans, ils allaient s’installer et avoir des enfants, puis vingt ou trente ans plus tard, ils mourraient. En d’autres termes, le temps que j’avais avec Alkelios n’était que de quelques décennies, un simple moment pour un dragon, et ce n’était que s’il ne s’ennuyait pas de moi.

En m’arrêtant sur mon chemin, j’avais regardé le ciel pendant un moment. Trois dragons, sous leurs formes éveillées, effectuaient des vols d’essai ou étiraient simplement leurs ailes. J’aspirais aussi au moment où je pourrai voir la terre d’en haut et sentir les vents caresser mes écailles. L’autre jour, quand Kléo avait écrasé Alkelios, elle s’entraînait à voler. Parce qu’elle n’avait pas correctement étiré son corps avant de s’envoler, elle avait fini avec une terrible crampe musculaire en plein air.

Les chances qu’elle tombe réellement avec précision sur Alkelios étaient incroyablement basses. Elle avait toujours un certain contrôle sur la direction, alors au mieux, elle aurait dû atterrir dans des arbres à proximité ou au milieu de la route à l’extérieur de la ville.

Je suppose que sa chance fonctionne de façon mystérieuse... Hmm, a-t-il par hasard souhaité que lui et moi soyez ensemble ? Me demandai-je, en me souvenant de son étreinte chaleureuse alors que nous étions allongés ensemble dans son lit.

Rougissant fortement, je secouai la tête et giflai mes joues.

Non ! Ne pense pas à ça ! C’était une chose unique ! Cela NE se reproduira pas ! Je ne laisserai pas cela se reproduire ! Me suis-je intérieurement dite une fois calmée, j’ai pris une profonde inspiration et ai expiré lentement.

Quelques autres dragons me jetaient un regard douteux, mais je les ignorais. J’étais vraiment content que personne ne me considère comme compagnon appropriée, ou que je puisse souhaiter à un moment donné avoir un compagnon. Entendre les femmes ricaner et rire de moi était la dernière chose que je souhaitais.

Parfois, je souhaitais juste avoir l’autorité de les battre en une bouillie sanglante, mais tant que j’étais la chevalière de la princesse, je devais me retenir et ne rien faire de stupide pouvant nuire à sa réputation. Néanmoins, si ces lâches avaient déjà tenté quoi que ce soit contre moi, j’étais libre de leur ouvrir la tête. Bien que j’avais dû me demander si par hasard être ami avec Alkelios, un humain, était en soi une situation risquée pour la princesse. En fin de compte, si elle m’ordonnait de rompre les liens avec lui, je le ferais sans poser de questions.

En ce moment, je me dirigeais vers le dragon qui avait un lien avec le groupe de bandits auquel j’avais emprunté la bague. C’était un marchand d’armures usées et d’épées près de l’auberge des deux esprits. Grâce à l’aide d’Alkelios, il était temps pour moi de terminer ce chapitre désagréable de ma vie.

La façon dont cette affaire avait fonctionné avait révélé que ces bandits étaient très intelligents et rusés. Je ne pouvais pas les tuer, mais je pouvais les arrêter ou les brouiller un peu si je les attrapais sur le fait. J’avais aussi dû les laisser partir avec un avertissement de ne plus jamais faire ça. D’un autre point de vue, il n’y avait rien de mal dans cette affaire. Je n’étais pas en train d’enfreindre la loi parce que les tuer ou les arrêter n’était qu’à mon propre jugement. La pire chose qui pouvait m’arriver était d’avoir la réputation d’un chevalier miséricordieux ou clément.

Bien sûr, tout cet accord ne s’appliquait qu’à ce groupe particulier de bandits à qui j’avais emprunté la bague, et ils étaient tous très gênant pour la ville. Les Dagues jumelles étaient leur nom, et j’avais entendu des rumeurs selon lesquelles leur chef serait plus fort que mon grand-père.

Debout devant l’entrée de la boutique d’article d’occasion, j’avais prit une profonde inspiration avant de rentrer.

« Bienvenue ! Bienvenue ! À la boutique des merveilles de Tellios ! » déclara le dragon à écailles brunes au moment où il me vit.

Il était plus grand que moi de deux paumes et la majeure partie de son visage était couvert d’écailles, et une paire d’yeux bruns fendus me regardaient. Bien que vendant des armures plutôt douteuses, il portait une longue robe rouge avec des broderies d’argent, pas d’armes ni de bijoux.

« Je suis ici à propos des Dagues jumelles. » Lui dis-je d’un ton sévère.

« Oh, vous êtes ce chevalier, euh... Sire Seryanna ? » Demanda-t-il après s’être gratté l’arrière de la tête avec une griffe.

Il était plutôt étonnant que quelqu’un vivant dans cette ville ne me connaisse pas déjà.

« Oui. »

« Suivez-moi. » Dit-il calmement.

Le marchand s’éloigna du comptoir et se dirigea vers l’arrière du magasin. Là, il sortit une clé de sa poche gauche et avait ouvert une vieille porte en bois. Un escalier à peine éclairé nous avait conduits au sous-sol, où un dragon à écailles vertes nous attendait. Il était plus grand que le marchand, avec des muscles bien formés et des cicatrices pour prouver sa force. Le bout de sa queue était coupé, et son arme semblait être ses poings.

En dépit de son regard effrayant, je pouvais facilement dire qu’il était plus faible que moi et même lui le savait.

« Écarte-toi, la dragonne est ici pour affaire. » À déclarer le marchand.

« Hmph ! » Il renifla et se déplaça vers la gauche.

J’avais ignoré son regard et étais entré dans la pièce.

Il y avait deux dragons, tous deux portaient de longues robes noires avec des cagoules, couvrant leur visage pour m’empêcher de les identifier. L’un était assis et l’autre était debout à côté de lui. Ils regardaient quelques rouleaux empilés sur la table, mais ils les rangèrent en me voyant.

« La chevalière ? Que peut-on faire pour vous ? » Demanda celui assis.

« Je suis ici pour rendre cela. » Dis-je en posant la bague sur la table.

« Qu’est-ce ? » Demanda l’homme en levant un sourcil.

« Mes affaires avec vous sont maintenant terminées. Je n’ai plus besoin de cette chose. » Leur dis-je fermement.

« J’ai soif. Alors, soit gentil et apporte-nous quelque chose à boire. Un peu de thé peut-être ? » Demanda l’homme assis en levant les yeux vers celui se tenant à côté de lui.

Le dragon était immédiatement allé à la pièce à l’arrière. Je plissai les yeux sur lui quand il fit cela, en pensant qu’ils ne me laisseraient pas me sortir de cette affaire si facilement. Peu importe. Pour moi, ils étaient tous des faibles qui devraient être tués ou envoyés en prison pour les crimes qu’ils avaient commis.

« Ne vous inquiétez pas, il part seulement chercher quelque chose à boire, non pas appeler de l’aide, » déclara celui qui était assis en me voyant atteindre la garde de mon épée.

« Espérons-le. » Lui dis-je en plissant les yeux vers lui.

« Comme je l’ai dit, vous n’avez rien à craindre. Mais dites-moi, êtes-vous certaine que nous ne pouvons atteindre une sorte de... Compromis ? Vos services sont plutôt inestimables, et nous apprécierions si nous pouvions continuer ce petit “commerce” qu’est le nôtre. »

« Heureusement, il n’est pas nécessaire que notre accord ne dure plus longtemps. Mon affaire avec la bague est terminée, et je ne souhaite pas avoir d’autres affaires de ce genre avec votre groupe, » dis-je en mettant au clair mon esprit.

« Je dois cependant dire que je suis plutôt surpris de cette tournure soudaine des événements. N’aviez-vous pas besoin de cette bague pour une autre demi-année ? Elles sont assez rares et personne ne voulait vous en vendre dans mes souvenirs ? » Demanda-t-il, essayant d’obtenir un peu plus d’informations sur les raisons pour lesquelles je devais couper court à cette affaire.

Mon raisonnement était assez simple. J’avais obtenu tous les champignons dont j’avais besoin grâce à Alkelios, et la vie de mon grand-père serait hors de danger pour le moment. Pourquoi devrais-je continuer à traiter avec ces enflures alors que je ne pouvais qu’y perdre.

Bien sûr, je ne voulais pas les laisser entendre mes réflexions sur le sujet et me suis simplement abstenu de répondre à ses questions. Il faudra plus que cela pour me tirer des informations.

« Je n’ai pas besoin de m’expliquer. » Le coupai-je brusquement.

« Malheureux... vraiment malheureux. » Dit-il en secouant la tête.

L’autre dragon était revenu avec deux tasses de thé en porcelaine et en avait placé une devant moi.

« S’il vous plaît, prenez-en. C’est notre façon de conclure ce genre de... “commerce”. Un geste gentil de notre part ? Le meilleur thé de la capitale ! Rossenrhode, » déclara l’homme en prenant une gorgée de sa tasse pour montrer qu’il n’y avait aucun problème avec la boisson.

Hm, j’ai un peu soif, et l’arôme est agréable, mais je suis chez l’ennemi... Je ne devrais pas... Pensai-je, mais le thé sentait très bon et il submergeait mes sens.

Avant que je ne puisse débattre plus loin intérieurement, ma main avait déjà atteint la tasse.

Une gorgée ne fera pas de mal, non ? pensai-je, mais alors quelque chose d’étrange s’était produit.

Moi, qui étais fière d’avoir une dextérité incroyable à l’épée, qui avait appris l’art de l’épée de mon grand-père, un général vétéran. Moi, la chevalière de la troisième princesse du royaume dragon... avais mal jugé la distance et avais accidentellement heurté la tasse, renversant le thé sur la table.

Ma main se figea sur place, et je regardais surprise ce qui venait de se dérouler. Les chances que quelqu’un comme moi fasse cela étaient incroyablement basses, presque impossibles. Même ivre au point de pouvoir à peine tenir debout, je pouvais encore attraper une tasse de thé... Alors comment ? Comment avais-je pu renverser la tasse ?

« C-Ce n’est... pas grave, on va vous apporter une nouvelle tasse, » déclara le dragon qui se tenait debout.

L’autre était aussi choqué par cela, mais j’avais trouvé bizarre que cela soit ainsi.

Quelque chose ne va pas... pensai-je en retirant ma main.

« Il semble que je ne me sente pas bien... d’une façon ou d’une autre, je vous ai rendu votre bague, donc nous n’avons plus besoin de continuer notre commerce. La prochaine fois que j’attraperai l’un de vos hommes en train de piller volés, ils seront jugés de manière appropriés sur place, » avais-je déclaré en me retournant pour partir.

La brute à la porte regarda d’abord son patron.

« Laisse-la passer... » Dis l’homme encapuchonné.

Le dragon s’était écarté, et j’avais fait mon chemin hors du sous-sol du magasin.

Une fois dehors, j’avais pris une profonde inspiration et avais expiré lentement. En regardant ma main, je ne pouvais m’empêcher de me rappeler ce qui s’était passé là-bas et à quel point c’était étrange.

Pour moi de faire ça... Comment ? Si c’était empoisonné, alors... Est-ce que c’est Alkelios ? me suis-je demandé, mais malgré la gravité de la situation, je devrais juste me souvenir de la façon dont il avait touché mes écailles et m’avait fait gémir, ou comment il avait attrapé mon derrière.

J’avais rougi en serrant mon poing.

« Pour ça, je vais te laisser partir... » Me suis-je dit en partant.

L’humain était probablement toujours à l’herboriste, demandant des informations sur les différentes plantes que nous avons découvertes dans la forêt. Voyant que j’avais fini mon affaire, j’ai décidé de me rendre là-bas afin de le rencontrer.

***

Partie 2

***Point de vue du dragon assis encapuchonné.***

Quand j’avais vu cette non éveillée renverser le thé sur la table, j’avais pensé que quelque chose n’allait pas avec mes yeux. Mon cœur s’était arrêté et tout mon corps s’était raidi. La plus grande peur que j’avais en ce moment était que, d’une façon ou d’une autre, elle avait compris que quelque chose n’allait pas avec la tasse. Heureusement, elle ne nous avait pas interrogés et était partie paisiblement.

Avec un soupir de soulagement, j’avais regardé mon collègue et lui avais demandé « Était-ce la tasse ? »

« Oui, c’est celle enchantée. J’y ai mis assez de somnifères pour assommer tout un troupeau de moutons, mais de penser qu’elle le renverserait, quelle malchance... » déclara-t-il en secouant la tête.

En effet. Si elle avait bu ce thé, elle serait tombée inconsciente et serait restée ainsi pendant plus d’une journée. Nous aurions pu lui voler son armure et son arme, les vendre à un forgeron au marché noir et en récupérer un sac d’or décent. Pour l’empêcher d’en parler, nous l’aurions marqué avec le symbole de notre groupe et ensuite nous nous serions amusés avec elle. Comme elle n’était pas éveillée, il n’y avait pas besoin de s’inquiéter d’une ponte. La honte et l’humiliation qui en résulterait l’auraient sûrement empêchée d’en parler. Nous n’aurions pas eu besoin de cette bague à nouveau pour poursuivre notre commerce.

« Elle doit avoir la chance des dieux..., » déclara mon collègue alors qu’il nettoyait le désordre qu’elle avait provoqué.

« Ou elle est aussi malchanceuse qu’un démon... envoie un message au patron, elle voudra en entendre parler. Nous ne pouvons pas avoir un grand chevalier comme elle qui s’immisce dans nos affaires. Son grand-père ne s’occupera pas de nous tant que nous resterons en dehors de la ville. Il n’enverra pas les gardes après nous, mais elle, c’est une autre histoire, » avais-je ordonné.

« Alors, tu nettoies cela, et je vais chercher le patron. Elle est dans la grotte nord, n’est-ce pas ? » demanda-t-il.

« Oui. Vas-y rapidement, » lui dis-je en attrapant le chiffon.

Il avait couru en partant.

***Point de vue d’Alkelios***

Une demi-heure...

Voilà le temps qu’il avait fallu au dragon pour analyser toutes les plantes que j’avais récoltées et pour qu’il puisse estimer un prix relatif pour elles ici et dans la capitale. Au moment où j’étais entré dans le magasin, il avait plissé les yeux vers moi et avait immédiatement demandé qui m’avait envoyé ici. Quand j’avais mentionné le nom de Seryanna, il avait demandé quel genre d’herbes j’avais ramené de la forêt, mais une fois qu’il avait aperçu les plantes rares trouvées, sa mâchoire semblait être tombée jusqu’au sol.

Les estimations de Seryanna à propos de la première plante étrange que j’avais trouvée étaient un peu fausses. Elle ne valait pas 20 pièces d’or, mais 35 ici et 70 dans la capitale. Il s’agissait d’un type de plante pouvant guérir beaucoup de maladies dont beaucoup de médicaments avaient besoin. Il voulait me l’acheter, mais je ne pouvais la laisser partir. Je me devais de la garder. Cependant, les autres, ce n’était pas trop le cas. J’avais fini par vendre environ la moitié des plantes, me faisant gagner 47 pièces d’or, 38 d’argent, et 24 de cuivre.

Honnêtement, il y avait quelques pièces de monnaie là-dedans, et il me restait encore un tas d’herbes dans le sac, mais elles étaient toutes bonnes pour une chose ou une autre d’après la compétence Barman. J’étais curieux de les essayer, mais il y avait d’autres plantes pour lesquelles je me sentais réticent à abandonner. Ma première conjecture était que ma chance y était pour quelque chose, mais je ne pouvais comprendre pourquoi cette compétence faisait ça.

Laissant échapper un soupir, je m’éloignai de quelques pas de l’entrée du magasin et m’assis près d’un mur. Je n’avais aucune idée de l’endroit où se trouvait Seryanna, et je ne me rappelais pas si je lui avais dit où nous devions nous rejoindre après avoir fini nos affaires. Bien sûr, je n’avais pas peur des voleurs ou quoi que ce soit de ce genre puisque je faisais confiance à ma chance. Un souhait me rendait invisible à leurs yeux, mais là encore, je pouvais me défendre avec mes statistiques actuelles.

Soupir... Ce n’est pas un jeu vidéo. Maintenant que j’y pense, même si je suis ridiculement fort comparé au passé, le fait que je n’ai aucune idée de comment utiliser mes capacités actuelles signifie que je suis tout à fait inutile lors d’un combat. Je suis comme l’un des boss de premiers niveaux dans un jeu. Beaucoup de points de vie, une grande force, mais qui n’attaque que comme un idiot et n’a aucune compétence spéciale. Tout ce que vous avez à faire pour le vaincre est de courir autour de lui et de frapper dans ses côtes avec votre cure-dent. Peut-être que je devrais demander à Seryanna quelques leçons de combats ? Ouais, je pense que je vais juste faire cela ! pensai-je en regardant le ciel sans trop y penser.

« Alkelios, comment s’est passée la vente ? » demanda la dragonne.

Clignant des yeux de surprise, j’avais regardé à ma gauche en la voyant.

« Un peu plus de 47 pièces d’or. Est-ce que tu as aussi fini ? » lui avais-je demandé.

« Oui. » Elle hocha la tête et me sourit. « Avec cet argent, nous pourrions commencer à t’obtenir un équipement de départ. Rester habiller comme cela n’est pas bon pour l’aventure, » m’avait-elle dit.

« Oh ? Vraiment ? Cela à l’air excitant ! Que devrais-je obtenir en premier ? Une épée de feu, peut-être ? Ou une armure plaquée de diamants ? » demandai-je en sautant d’excitation.

« Rien de si ridicule ! D’ailleurs, tu ne saurais même pas les utiliser correctement pour le moment, » m’avait-elle répondu.

« Ah..., » je fis un visage triste exagéré et levai les yeux vers elle avec des yeux de chiots.

« Ne me regarde pas comme ça... Je suis sérieuse, une armure plaquée de diamants n’existe même pas, » déclara-t-elle rapidement, en me tapant sur le front.

« Aie ! Au moins, l’épée de feu est réelle..., » grognai-je en me frottant le front.

« Oui, les humains idiots l’utilisent souvent en pensant que ce serait une puissante épée, » elle tapota alors la poignée de sa lame. « Les enchantements sont ce qui fait la différence dans une arme. Certains sont puissants d’autres faibles, mais utilisés correctement, il est possible de transformer une épée en cuivre en une arme ridicule, » avait-elle expliqué.

« Comment le sais-tu ? » Demandai-je.

« Je t’ai déjà dit que je connais un bon forgeron, n’est-ce pas ? »

« Je pense que je m’en souviens vaguement. Tu m’as aussi dit que tu avais un animal de compagnie et que tu m’embrasserais une fois arrivé dans cette ville. Mais je n’en ai encore rien vu, » lui déclarai-je en croisant les bras et en secouant la tête.

« Je n’ai jamais dit cette dernière partie. Quant à Tulip, elle chasse actuellement dans la forêt. Elle reviendra probablement dans un jour ou deux. Tu pourras la rencontrer alors... Hm, ça me donne une bonne idée ! Pourquoi n’allons-nous pas te chercher un animal de compagnie ? » me demanda-t-elle en hochant la tête.

« Et l’alimentation ? » lui avais-je demandé en haussant un sourcil.

« Es-tu plus fort que Kléo ? » m’avait-elle demandé.

« En force oui. Mais je doute être plus fort qu’elle en magie. »

« Peu de personnes peuvent la battre en magie, mais si tu es plus fort qu’elle, nous pouvons aller à Andromède pour t’inscrire à la Guilde des Aventuriers. » Expliqua-t-elle.

« C’est un nom plutôt générique, mais quelque chose comme ça existe vraiment ? Aussi, pourquoi ne pouvons-nous pas tout simplement nous inscrire ici ? » lui avais-je demandé en montrant le sol.

« Pourquoi la guilde construirait-elle une succursale ici ? Ce n’est pas une grande ville, il n’y a pas de donjon, et la plupart des problèmes sont réglés soit par les gardes, soit par mon grand-père, » avait-elle expliqué.

Honnêtement, j’étais surpris de l’entendre dire cela. Dans mon monde, dans les jeux les guildes posaient un hall partout où elles le pouvaient tant que ce n’était pas un village. Tomeron étant une ville, je pensais qu’il y aurait un hall. Elle disait qu’ils n’en construisent que lorsqu’il y avait suffisamment d’activités et de demandes dans la région pour satisfaire les aventuriers avides.

« Logique..., » dis-je.

« Alors, allons-y et achetons des équipements de base. On peut aller demain vers Andromède pour t’enregistrer comme aventurier et t’acheter un animal de compagnie, » Seryanna me tapota l’épaule et sourit.

« D’accord, mais être humain ne posera pas de problèmes, n’est-ce pas ? » lui avais-je demandé.

Considérant le fait que mon espèce se batte en continu contre la sienne, je m’inquiétais du fait de la mettre dans une position désagréable.

« Comme je l’ai déjà dit, tant que tu as la recommandation d’un chevalier, tu seras en sécurité. Grand-père t’en écrira sûrement une, » m’avait-elle rassuré.

« Alors, je suppose que c’est bon. Où devrions-nous acheter une armure, » demandai-je.

Avec un sourire, Seryanna m’entraîna dans quelques boutiques marchandes de cette ville. Les gens étaient heureux de faire un marché avec la petite-fille de Brekkar. Certains d’entre eux avaient même sorti les meilleures armures qu’ils avaient. En d’autres termes, ils savaient qu’elle avait de l’argent, et essayaient donc de le lui faire dépenser. Grâce à ma compétence Identificus Processus Juridicus, j’étais capable de repérer les mauvaises armes et armures, mais étonnamment, ce que les marchands lui recommandaient était en fait de haute qualité. Ils n’essayaient pas de la tromper, peu importe la manière.

Quelque temps plus tard, après avoir essayé toutes sortes d’armes et d’armures, nous avions fini par acheter des choses de base. J’avais une cotte de mailles en acier, une armure en cuir dur avec des bottes et un casque, une épée courte en acier et un sac à dos. Après cela, nous étions allés vers l’enchanteur et nous étions assurés que mon armure ne se briserait pas si je me déplaçais à pleine vitesse. La manière de faire cela était d’y insuffler périodiquement de la magie, sinon elle s’userait. La partie étrange était que cela n’apparaissait pas sur la liste de mon identification.

En ce qui concerne les conversations, c’était surtout dans le sens de : nous voulons ça ; porte ça ; fais ceci ; combien est-ce ? Pendant ce temps, j’étais la poupée habillée par la dragonne rousse.

Il y avait beaucoup d’armes et armures destinées à être utilisées par les dragons anthropomorphes. Les versions non éveillées étaient plutôt rares, donc nous n’avions pas trop le choix, c’était pourquoi nous vérifions tout.

« Voilà, tu es maintenant équipé, » avait déclaré Seryanna une fois que nous avions quitté l’enchanteur.

« Je n’arrive toujours pas à croire qu’il n’y ait pas de sort pour augmenter la résistance de l’armure, » lui dis-je en regardant mes gants.

Pour être honnête, je m’attendais à ce que l’enchanteur en ait un, mais maintenant que j’y pense, aucun objet sur lequel j’avais utilisé ma compétence d’identification n’avait montré sa résistance et son endurance. Si c’était cassé, c’était simplement marqué cassé. Si c’était ébréché, je pouvais voir où. Si c’était utilisable, alors c’était dit.

Cela m’avait fait réaliser que je ne pouvais juger une armure par ses enchantements et son apparence dans ce monde. Je suppose ce que Seryanna avait dit à propos de l’épée de cuivre pouvant devenir incroyablement puissante, était vrai, mais le prix serait élevé. Pourtant, cela serait une énorme perte de ressource, la dragonne ne m’avait pas menti, c’était possible.

« Les enchantements d’absorptions de dégâts magiques et physiques sont les moins chers et les plus communs sur les armures. Je pense que tu en as eu pour un prix décent, » m’avait-elle dit.

« C’est seulement 10 %. Cela ne se rapproche pas de ce que tu as, » avais-je souligné.

« C’est vrai, mais cette armure est un peu spéciale. Personne ne peut l’avoir. Plus la compétence de l’artisan est grande, plus la chance de le trouver dans la capitale ou dans une grande ville de commerce, où il aura le plus de clients, sera grande, » avait-elle expliqué.

Cela ne changeait pas beaucoup d’un jeu. La différence dans la rareté des objets et les niveaux était toujours évidente lorsque l’on comparait les marchands de la ville de départ et ceux d’une grande ville.

« Hm ? » avais-je remarqué quelque chose au loin. C’était une traînée de fumée noire. « Qu’est-ce que c’est ? » Demandai-je à la dragonne en la lui montrant.

« Quoi ? » Demanda-t-elle en fronçant les sourcils.

Je pensais que quelqu’un avait peut-être commencé un barbecue quelque part, mais quand Seryanna vit la fumée, son visage était devenu sérieux et elle avait serré son épée, j’avais su que quelque chose n’allait pas.

« Le feu... et il vient du manoir de grand-père..., » annonça-t-elle.

« Quoi ? » Demandai-je, mais elle ne perdit pas plus de temps à me répondre et se précipita dans cette direction.

« Ah ! Attends-moi ! » avais-je crié en lui courant après, tout en essayant de ne pas faire tomber mon sac.

Y a-t-il eu un feu accidentel ? Arson, peut-être ? Mais qui oserait attaquer quelqu’un comme Brekkar et Seryanna ? J’espère que le vieil homme est en sécurité, comme d’ailleurs tous les autres là-bas..., pensai-je en essayant de suivre la redoutable dragonne.

***

Chapitre 16 : Le secret de Brekkar

Le feu engloutissait tout le manoir alors que tous les serviteurs et quelques dragons de la ville essayaient de l’éteindre. Ils invoquaient des sphères d’eau, puis les envoyaient, ou les versaient sur les flammes.

Même de loin, je pouvais voir l’effort qu’ils faisaient pour essayer d’éteindre le feu. Les rares qui n’avaient pas de sorts d’eau utilisaient des seaux d’eau du puits local ou ils aidaient ceux ayant été touchés par les flammes. Normalement à cette époque, un incendie ne pouvait être contrôlé qu’en démolissant les bâtiments voisins et en laissant le feu s’éteindre, mais avec l’aide des sorts d’eau, ils avaient une chance de sauver le manoir.

Pendant ce temps, je courrais après Seryanna aussi vite que possible, mais elle ressemblait à un guépard en train de courir et m’avait semé depuis longtemps dans la poussière. Une fois qu’elle était réapparue à mes yeux, je l’avais vu debout à côté de son grand-père. Je pensais que je l’avais finalement rattrapée, mais juste quand j’étais à environ dix mètres d’elle, elle se retourna.

Pendant un moment, j’avais vu une expression douloureuse sur son visage. Je m’arrêtai et restai immobile un moment, fronçant les sourcils et me demandant la raison d’un tel regard. Avant que j’aie eu l’occasion de l’appeler, la dragonne rousse tourna la tête et courut aussi vite qu’elle le pouvait dans cette direction.

« Seryanna ! » Avais-je appelé, mais en vain, elle était déjà partie.

Qu’est-ce qui vient de se passer ? M’étais-je demandé en allant parler à la seule personne pouvant m’éclairer.

« Alkelios... » avait déclaré Brekkar.

Le vieil homme était soutenu par une servante. Il était blessé et son armure était fissurée à divers endroits. Sans aucun doute, il venait de traverser une dure bataille, mais qui oserait l’attaquer ? Il n’était pas quelqu’un que n’importe qui pouvait combattre, après tout, sa force dépassait les 2000.

« Que s’est-il passé ? » lui avais-je demandé.

L’homme regarda sa maison en feu. Le feu se défendait contre les sorts des dragons, mais petit à petit, il était en train de s’éteindre. Pourtant, les dégâts étaient immenses. Tant de choses avaient été détruites, je ne pouvais imaginer comme il allait se remettre de cette perte. Pourtant, c’était juste un bâtiment, c’était une bonne chose que lui et ses domestiques avaient eu le temps de sortir.

Puis j’avais remarqué que Kléo n’était pas là. Je clignai des yeux surpris et regardais autour de moi. Cette farceuse était probablement quelque part dans le coin se plaignant de sa robe, du désordre et de tout le reste. Un frisson parcourut ma colonne vertébrale alors que je pensais à une autre alternative, mais… ça ne pouvait pas être ça, non ?

« Où est Kléo ? » lui avais-je demandé.

« Elle est... » Brekkar me regarda, il serra le poing et baissa les yeux. « Je n’ai pas pu la protéger..., » déclara-t-il.

« Quoi ? » J’étais surpris de l’entendre dire ces mots. Les yeux écarquillés, je m’étais retourné vers l’enfer enragé qui luttait pour rester allumé en dévorant le manoir. « Tu me dis qu’elle est toujours là-dedans ? » demandai-je en serrant le poing.

Je n’ai pas de sort à base d’eau, mais si je prends une couverture humide sur moi… Si j’ai de potions de soin et que je me précipite, alors peut-être que je pourrais la sauver. Je suis fort maintenant, je peux le faire, pensais-je en me préparant à courir vers elle, oubliant un instant ma compétence de Dompteur de Dragon qui me permettait de la suivre.

« Non ! Elle n’est pas là ! » déclara Brekkar avant que je n’y entre.

J’étais revenu vers lui.

« Quoi ? Alors où est-elle ? Que s’est-il passé ici ? » L’avais-je interrogé.

« Bandits… Ils se sont appelés les Dagues Jumelles. Les salauds ont parlé d’une dette et ont mis le feu au manoir. Pendant ce chaos, l’un d’eux a saisi ma petite-fille et s’est enfui. Je l’ai poursuivi, mais leur chef… elle m’a arrêté. Je n’ai jamais pensé que quelqu’un de si puissant soit ici. Si seulement j’avais ma force normale, alors tout cela aurait été un jeu d’enfant pour moi, mais maintenant… Je suis trop faible. Elle m’a vaincu avec facilité et a pris Kléo comme “compensation”. Ces salauds ont même brûlé le stock de Champignon Sanglant que j’avais... Ils ont mis le stockage entier en feu..., » déclara-t-il en serrant les poings.

« Dagues Jumelles ? Quoi ? Il y a quelqu’un de suffisamment puissant pour même te vaincre ? » demandai-je, surpris.

« Oui... C’est une femme avec des écailles argentées. Sa force est grande. Je peux dire qu’elle ne faisait que jouer avec moi, mais elle n’avait aucune intention de me tuer, moi ou mes serviteurs. SI elle le voulait, elle aurait facilement pu le faire… Franchement, je ne comprends pas pourquoi elle m’a laissée la vie sauve. C’est comme si elle n’avait pas peur de la vengeance..., » Brekkar parla et baissa les yeux.

Le regard qu’il avait et le ton de sa voix m’indiquèrent que ce n’était pas seulement l’opinion d’un vieil homme vaincu, mais l’expérience d’un vétéran. Il pouvait facilement dire ceux qui voulaient le tuer et ceux ne le souhaitant pas, mais la façon dont il en parlait donnait l’impression que cette dragonne était la seule à penser ainsi.

De toute façon, elle était capable de vaincre facilement Brekkar. Cela signifiait qu’elle n’était pas un adversaire facile, même pour Seryanna. En fait, il était hautement probable qu’elle finirait dans un état pire que celui du vieux dragon.

Un frisson parcourut ma colonne vertébrale alors que je comparais nos forces dans mon esprit. Pas la peine d’espérer la vaincre, je ne pouvais même pas rattraper Seryanna, et elle n’était pas au niveau de Brekkar, mais ce bandit l’avait facilement vaincu.

J’avais dégluti et me souvins de l’air peiné dans les yeux de la dragonne rousse.

En repensant à Brekkar, j’avais immédiatement deviné ce qu’elle avait en tête.

Seryanna est allée après eux… Pensai-je.

« Qu’est-ce qui va arriver à Kléo ? » lui avais-je demandé.

Le vieil homme avait baissé les yeux et avait serré les dents.

« Elle sera vendue à un noble ou envoyée dans un autre royaume pour devenir une esclave, » il frappa alors le sol du poing, du sang jaillit de ses blessures et un petit cratère se forma à l’endroit de l’impact. « Je ne peux pas croire que je les laisse l’emmener ! Ils vont payer pour ça ! » rugit-il furieusement.

Alors que l’énergie magique se rassemblait autour de lui. Il eut soudain une quinte de toux, et cracha du sang. Ses mains tremblaient et ses yeux rougissaient. C’était comme si le fait de rassembler de l’énergie magique lui faisait mal.

« Statut de Brekkar, » avais-je dit et le menu était apparu sous mes yeux.

Nom : Brekkar Draketerus

Espèce : Dragon

Statut d’éveil : 2/2 conditions accomplies

Niveau : 824

Force : 2430 (-1250 blessures)

Vitesse : 1810 (-1220 blessures)

Dextérité : 2108 (-1400 blessures)

Magie : 1004

Chance : 24

Excellence magique : 34 %

Buff actuel : Dompteur de Dragon augmente de trois fois la quantité d’énergie de vie et magique absorbée.

Debuff actuel : affecté par une Diminution des statistiques due à une blessure. Les points sont diminués en fonction de l’emplacement et la sévérité de la blessure.

Debuff du Berserk : Toutes les statistiques diminuées de 2000 points. Énergie magique diminuée de 1000 points. Niveau lors de l’apparition de cette compétence -1000. Si l’individu est sous le niveau 1000, cela entraînera la mort immédiate ou une paralysie complète selon la chance. Statistiques irrécupérables même une fois soignées.

Maladie : Explosion Berserker : Quand un individu de niveau 200 ou supérieure force sur ses canaux d’énergies à la limite, ils peuvent éclater et provoquer ce que l’on appelle des vortex magiques de la mort. Ceux-ci absorbent l’énergie magique et la condensent constamment, ce qui fait que l’individu est incapable d’utiliser sa propre magie. Au fil du temps, l’individu perdra sa force et sa capacité à utiliser l’énergie magique. Une fois ce stade atteint, les vortex magiques de la mort atteignent un point critique menant à la destruction de l’individu à travers ce qui est connu sous le nom d’Explosion de Magie Interne. Le rayon d’explosion dépend de l’individu. État actuel d’énergie 84 %. Rayon 23km. Heure estimée avant la mort : 2 semaines, 3 jours, 23 heures, 34 minutes et 16 secondes. Remède : Potion de brize de nuit d’un million de morts.

J’avais dégluti et avais sélectionné la potion pour le traitement. La réponse que j’avais eue.

Niveau insuffisant barman pour brasser cette potion, niveau 3 requis.

Potion de brize de nuit d’un million de morts : nécessite le rang de Grand-Maître Alchimiste. Nécessite un laboratoire d’alchimie. Nécessite 2000 Points de magie et 30 % d’excellence magique.
Requiers les herbes normales et magiques suivantes : Herbe Illusoire, Herbe Requin de la Tempête, Nocturne, sept pétales d’Arc-en-Ciel, un Cauchemar Pourpre, Olgan, Rosiette, Larme du Dragon d’Or, Herbe d’Ogre.
Requiers aussi du miel d’abeille, et de l'Eau de Myriade.

La liste d’ingrédients était incroyable, mais il n’y avait pas le Champignon Sanglant dedans.

Si c’est le remède, qu’est-ce Brekkar prenait jusqu’à maintenant ? M’étais-je demandé et avais vérifié pour voir si je ne l’avais pas manqué.

Après avoir vu qu’il n’était pas dans la liste, j’avais regardé dans les yeux du dragon et lui avais directement demandé. « Tu as la maladie de l’Explosion Berserker ? »

Il avait serré les dents et avait regardé le sol.

« D’ici deux semaines, tu vas mourir, Seryanna et Kléo le savent-elles ? » lui avais-je demandé.

« Maître ? » Les domestiques et majordomes étaient tous surpris en m’entendant.

« Non, elles ne le savent pas… J’allais le garder secret et… quand je sentirai mon heure arriver, j’allais fuir vers la forêt Séculière. » Il ferma les yeux et le serviteur à côté de lui haleta de surprise.

« Champignon Sanglant… pourquoi les as-tu utilisés ? » L’avais-je interrogé.

« S’il est utilisé avec d’autres plantes, il peut alléger un peu la douleur et absorber mon énergie magique, me permettant de survivre un peu plus longtemps... » Il me regarda ensuite et me demanda. « Vas-tu leur dire ? »

J’avais fermé les yeux et je m’étais frotté le front à deux doigts.

Pour sauver ce vieil homme, je devais améliorer ma compétence Barman et mettre un tas de points dans la magie et l’excellence magique. Pour acquérir ces points, j’étais forcé de gagner quelques niveaux, et tout cela seulement si je survivais à cette expérience en premier.

Je soupirai.

Moi et ma chance maudite…, grognai-je en plaçant le sac devant lui.

« Vieux fou, pourquoi n’es-tu pas allé chercher un Grand-Maître Alchimiste pour te préparer le traitement ? » lui avais-je demandé.

« Quel traitement ? Cet état est incurable ! » avait-il grogné.

« Qui a dit ça ? » avais-je demandé en levant un sourcil.

« Tout le monde ! » Avait-il crié.

« Mais pas moi, » avais-je dit en haussant les épaules.

Il plissa les yeux et me demanda. « Toi… tu connais la méthode de traitement ? » Demanda-t-il.

À ce moment, j’avais réalisé que j’avais un atout précieux dans ma main. C’était quelque chose que même Brekkar avait abandonné. Plus encore, il était un vieux général avec beaucoup d’influence et de pouvoir, sans compter que si je le guérissais, la guerre contre les humains pourrait changer.

Cette situation… C’est assez dangereux, n’est-ce pas ? me suis-je demandé, mais ensuite, je m’étais souvenu de l’expression de tristesse de Seryanna.

Elle avait presque abandonné sa propre position, elle avait travaillé dur pour juste aller chercher ces Champignons Sanglants inutiles, elle m’avait sauvé, ce vieil homme m’avait accepté chez lui sans se demander si j’étais un danger pour sa famille. J’étais humain, alors logiquement, il n’aurait dû avoir que de la haine et de la colère à mon égard, pourtant il n’en avait pas ou ne l’avait pas montré.

Ma décision pourrait finir par influencer toute la guerre et rapprocher les dragons de la victoire. Un seul mot pouvait provoquer la mort d’innombrables humains et même de terriens ayant rejoint ce combat.

C’était naturel pour moi d’y penser et peut-être demander une sorte de récompense. Je pourrai même le forcer à me donner Seryanna, peut-être... Mais encore une fois… je n’étais pas un salaud.

100 chances, le pied…, grognais-je intérieurement, voyant toutes ces choses m’arrivant à la suite à cause de cette statistique.

À genoux à côté du vieux dragon, je posai ma main sur son épaule et le regardai droit dans les yeux.

« Je suis ton ami et tu es mon ami, n’est-ce pas ? » lui avais-je demandé.

Brekkar me regarda dans les yeux un peu confus et répondit. « Oui. » Il n’y avait pas de honte ou de regret dans sa voix.

« Alors, ne t’inquiète pas, je vais créer le remède pour toi si ta petite-fille m’aide un peu à gagner en force. Dans ce sac, tu as une partie du remède. La potion s’appelle Potion de brize de nuit d’un million de morts. Seul un grand Maître-Alchimiste avec la même quantité de magie et d’excellence magique que Kléo pourra la faire. Tu auras également besoin d’une table d’alchimiste, un laboratoire, le tout ainsi que les herbes suivantes : Herbe Illusoire, Herbe Requin de la Tempête, Nocturne, Sept Pétales Arc-en-ciel, un Cauchemar Pourpre, Olgan, Rosiette, Larme du Dragon d’Or, Herbe d’Ogre. Ensuite, tu auras besoin de miel d’abeille et d’Eau de Myriade. Tu as la moitié de tout ça dans ce sac. » Je lui avais tout dit.

« Pour-Pourquoi, me dis-tu quelque chose d’aussi important ? Si ce que tu dis est vrai, alors cette potion pourrait sauver d’innombrables dragons souffrant de cette condition, et si je retourne sur les champs de bataille, les dragons deviendraient plus forts… N’es-tu pas inquiet pour tous les humains que je pourrai tuer grâce à cela ? Si tu me laisses ainsi, je suis juste un inutile dragon blessé, mais avec ton remède… Pourquoi ? » Me demanda-t-il.

Brekkar n’était pas un imbécile apparemment, il réalisa en un instant les implications de cette potion sur la bataille entre humains et dragons, mais en même temps, j’étais humain. Mes actions n’avaient aucun sens pour lui. Il me connaissait à peine, je le connaissais à peine. Je n’avais pas besoin d’offrir un secret si important, bien que je ne le voyais pas comme tel, honnêtement parlant.

« Brekkar, penses-tu vraiment que j’ai besoin d’une raison pour sauver la vie d’un ami ? D’ailleurs, je dois trop de choses à Seryanna, et je l’aime. Si tu meurs, elle serait triste, et si elle découvrait que j’avais le remède à cela depuis le début, elle ne me parlerait plus jamais pour le reste de ma vie, » dis-je en laissant échapper un soupir, montrant que c’était une situation que je souhaitais éviter.

« BWAHAHAHAHA! » Le vieux dragon éclata de rire. « Penser qu’il y ait un humain si honorable ! Même si tu n’es pas un dragon, je ne pense pas que ça soit mauvais pour ma petite-fille de te tenir compagnie quelques décennies de plus ! » dit-il en parlant d’une voix forte. « Moi, Brekkar Draketerus déclare que tu es un ami à vie ! Si jamais tu as besoin de quoi que ce soit, ceux de la famille Draketerus t’aideront volontiers ! » Il acquiesça ensuite la tête d’un air satisfait.

« Merci..., » lui avais-je dit en espérant ne pas condamner toute l’espèce humaine… Eh bien, juste au cas où… je souhaite que la guerre entre humains et dragons finisse par s’arrêter d’une façon ou d’une autre, de préférence sans la destruction complète des deux côtés. J’avais ensuite regardé dans la direction qu’avait prise Seryanna.

« Va, mon ami. Je vais m’occuper des choses ici, mais reviens vivant, » déclara Brekkar d’un air sérieux.

J’avais hoché la tête et avais ensuite couru aussi vite que je le pouvais après la dragonne rousse.

Quoi qu’il arrive, je souhaite que Seryanna, Kléo et moi revenions en vie de cela… Maintenant, je sais qu’il y a un Dieu là-bas, alors je souhaite que cette nuit ne devienne pas une tragédie ! pensai-je en entrant dans la forêt.

Une fois de plus, j’avais oublié d’utiliser ma compétence pour retrouver Kléo… j’étais pressé...

***

Chapitre 17 : Par le sang et l’épée

Partie 1

« Bordel, elle est loin ! » Je m’étais arrêté afin de reprendre mon souffle.

En me penchant une main sur un tronc, j’avais ouvert mon menu de compétence et avais regardé le Coq Rapide, mais quelque chose me disait que je devrais le remettre à plus tard. La forêt était dense, et j’aurais franchement fini par être perdu si je n’avais ma compétence Dompteur de Dragon.

Peu de temps après mon départ de chez Brekkar, j’avais pensé à utiliser la fonction de suivi sur Seryanna. C’est alors que je m’étais souvenu qu’elle se trouvait sur Kléo. Il s’était avéré que c’était une bonne décision, d’autant plus que Seryanna et moi essayions actuellement de la retrouver. Avec cette capacité, je savais exactement où aller, mais je n’étais pas certain que la dragonne rousse ait suivi le chemin. La connaissant, elle s’était probablement perdue à la première intersection. Elle avait ce genre de chance.

Je souhaite que Seryanna ne se perde pas en cherchant sa sœur. Je souhaite que nous nous retrouvions bientôt, afin que nous puissions agir ensemble. Voilà ce que je pensais en me rendant compte que nous pourrions finir par aller dans des directions complètement différentes.

La seule chose que je pouvais faire maintenant était de croiser les doigts en espérant que ma chance fonctionne.

« J’espère que tu vas bien, Kléo..., » dis-je avant de recommencer à me diriger vers elle.

Si j’étais encore un humain normal, je me serais déjà perdu au moins trois fois. Sans parler du fait que je cracherais mes poumons après cette course. J’avais littéralement couru une vingtaine de kilomètres en étant toujours loin de Kléo.

Du bon côté des choses, je n’avais rencontré aucun des enfoirés ayant attaqué Brekkar. D’une certaine façon, j’étais en train de les éviter, mais Seryanna les poursuivait certainement. Ils avaient un otage et elle du caractère. Le mélange ne faisait pas trop de bien.

Environ, une dizaine de minutes après avoir pris ma pause, j’avais soudainement vu quelque chose de très suspect. Il y avait un dragon broyé, la moitié de son corps se trouvait à dix mètres du reste.

« Eeeek! » J’avais fait un cri de petite fille en voyant le bain de sang.

Pas loin de moi se trouvait la partie supérieure arrachée. Ses membres avaient été écrasés et sa tête faisait un tour de 180 ° tout en restant attachée à son corps. Non loin de lui, il y avait une paire de loups qui avaient été coupés en deux. Ils n’avaient littéralement aucune chance contre la chose étant passée par là, mais j’avais l’étrange impression de connaître ce monstre.

En déglutissant, j’avais continué à me diriger vers Kléo, mais plus j’avançais, plus le nombre de corps augmentait. Les signes de batailles étaient partout, mais celui contre qui ils se battaient leur était trop supérieur.

J’avais même vu un grand homme transformé en dragon, mais il s’était fait couper la tête. Son corps avait été laissé pourrir ici.

« Est-ce que Kléo a fait ça ? » m’étais-je demandé un instant, mais j’avais secoué la tête. « Ce doit être Seryanna..., » avais-je dit en quittant la scène.

Environ six minutes plus tard, j’avais entendu la collision d’épées et les cris d’agonie d’un homme. Quelque chose avait volé dans les airs et j’avais plissé les yeux pour le voir.

Qu’est-ce que c’est ? Me demandais-je.

Ça venait droit vers moi. Pendant un moment, j’avais pensé que c’était une bombe ou quelque chose comme ça, mais ensuite j’avais vu un visage avec la langue sortie. Sans même avoir eu la moindre hésitation, j’avais sauté en arrière. La tête coupée était tombée sur le sol, rebondissant deux fois puis roulant jusqu’à s’arrêter.

« Bordel ? Pleut-il des têtes maintenant ? » avais-je demandé en ramassant une branche à proximité.

Précautionneusement, j’avais approché le bâton et l’avais poussé.

« Ouf ! C’est mort… eh bien… merde ! » déclarais-je, mais qui l’a tué ? me demandai-je en inclinant la tête vers la gauche.

« Tuez-là ! » Le cri venait de quelque part se situant devant moi.

En me levant, j’ai couru dans cette direction, laissant là la tête. Qu’allais-je en faire de toute façon ? L’utiliser comme boule de bowling ?

Les sons d’épées se heurtant purent à nouveau être entendu, puis un bruit sourd. Quelqu’un avait rugi et quelque chose avait volé à gauche. Une épée aiguisée s’était empalée à moitié dans un arbre à vingt mètres de moi.

En déglutissant, j’avais continué à courir.

Après avoir traversé un buisson, j’avais vu la scène d’une bataille. Il y avait 6 bandits ici, trois tués avec des blessures à l’arme blanche au cœur. L’un était coupé en deux au niveau de la taille. L’un était décapité, et le dernier était à genoux, sa main gauche coupée au niveau du coude, et il vomissait du sang.

Qu’est-ce que…, pensai-je en regardant, mais au moment où je me demandais qui leur avait fait ça, quelqu’un m’avait poussé à terre en posant le tranchant d’une épée sur ma gorge.

Au-dessus de moi se tenait la dragonne rousse. La fureur faisait rage dans ses yeux, son visage et son armure étaient tachés de sang. Elle respirait comme si elle se contrôlait à peine. Pour le dire simplement, elle avait l’air énervée.

J’avais dégluti.

« Salut, chérie ! » avais-je dit en souriant.

« Hein ? » Elle avait alors froncé les sourcils et elle se rapprocha de moi, elle avait mieux regardé mon visage. « Alkelios ? » demanda-t-elle.

« Tu peux toujours m’enlacer pour t’en rendre compte. Je suis sûr que tu te souviendras de ça ! » dis-je en souriant comme un imbécile.

Est-ce que je veux vraiment mourir ? Cerveau stupide ! Dieu ! Je veux un remboursement ! Ou une pièce de rechange…, pensai-je.

« Hmph ! » Elle s’était reculée et avait descendu de moi. « Qu’est-ce que tu fais ici ? » demanda-t-elle en se dirigeant vers le bandit mourant.

« S’il te plaît… non, » supplia-t-il puis elle lui coupa l’autre main. « Arggg ! » avait-il crié.

« Où est ma sœur ? PARLE ! » Grogna-t-elle.

Note à soi… Si je l’invite dans mon lit, rester avec elle. Ne surtout pas la tromper ! pensai-je en déglutissant.

Pour une raison quelconque, j’avais couvert mon entrejambe avec les deux mains.

« Je ne sais pas, espèce de stupide pute ! » lui avait-il crié dessus.

Mauvaise réponse, mon pote, pensai-je.

Elle n’avait rien dit d’autre et avec un coup, elle l’avait décapité.

En me regardant de nouveau, elle avait plissé les yeux vers ma position bizarre.

« Que fais-tu ? » m’avait-elle demandé.

« Hein ? Rien… J’admire juste… les arbres ! Ouais ! Les arbres..., » déclarai-je en regardant vers la gauche.

Un minuscule rongeur, semblable à un écureuil, m’avait vu, avait tiré sa langue vers moi, et était partie en courant.

Qu’est-ce que c’est ? pensai-je.

« Des arbres ? Hmm ! Rentre chez mon grand-père. Ce n’est pas un endroit pour un humain comme toi ! » Elle renifla et rengaina son épée.

Avant que j’aie eu l’occasion de rétorquer quelque chose, elle s’était de nouveau précipitée dans la forêt. Je lui avais couru après.

« Hay! Attends ! »

« Rentre, Alkelios ! Il n’y a rien que tu puisses faire ! »

« Je peux toujours t’embrasser ? » répondis-je.

« ES-tu idiot ? » demanda-t-elle en me fixant du regard.

« Non, mais je peux trouver Kléo si tu le souhaites, » répondis-je en souriant.

Elle s’était immédiatement arrêtée, et je l’avais heurtée. Le fait de frapper un mur d’acier à 60 km/h n’était pas super.

J’avais toussé quelques fois dû au choc.

« Alkelios ! Ce que tu as dit. Est-ce vrai ? » demanda-t-elle en me regardant sérieusement.

« Le baiser ? Oui... » *Toux !* *Toux !*

« Pas ça ! » Elle m’avait soulevé par le col et m’avait regardé. « À propos de Kléo ! »

« Oui, c’est vrai… Elle est par là..., » déclarai-je en pointant vers les bois un peu à gauche d’où allait Seryanna.

« Si tu mens..., » elle avait plissé les yeux en me regardant.

« Quand est-ce que je t’ai déjà menti ? » lui demandai-je en lui touchant doucement la joue droite.

« Alors, montre le chemin, » déclara-t-elle après avoir rejeté froidement ma main.

« Ah ! » m’étais-je plaint, même si cela n’avait pas fait mal.

Au moins, il n’avait pas fallu beaucoup de temps pour la convaincre. Je m’attendais à ce qu’elle me fasse un long discours sur le fait que je ne doive pas être là, que c’était son travail ou quelque chose comme ça. Fondamentalement, le résultat cliché d’une confrontation similaire serait ainsi, mais apparemment, j’avais tort.

Peu de temps après que nous avions commencé à courir, nous avions détecté des mouvements devant nous, et Seryanna était allée en éclaireur. Quand j’étais arrivé sur place, j’ai vu la même scène sanglante qu’auparavant avec des bandits-dragons impitoyablement tués. La dragonne rousse était comme un ouragan d’acier et de sang, coupant et détruisant tout ce qu’elle touchait, mais qui en même temps laissait échapper de mignon gémissement quand je lui caressais les écailles.

« Tu ne plaisantes pas, n’est-ce pas ? » demandai-je en sautant par dessus l’un des corps.

« Dans une bataille, celui qui plaisante finit par mourir, » m’avait-elle répondu froidement.

« Je vois... »

Nous avions continué à suivre la flèche invisible que je pouvais voir, espérant que cela nous mènerait à la dragonne gothique, mais il n’y avait pas de pénurie de bandits. Cela ressemblait à un jeu qui lâcherait des groupes de monstres pour vous empêcher d’atteindre sa cible. Cela ou peut-être la malchance de Seryanna les attirait comme un aimant, mais là encore, ma chance devrait annuler cela.

Finalement, nous avions atteint une plaine et nous nous étions arrêtés. De l’autre côté, je pouvais voir une énorme montagne s’élevant vers le ciel, couvert de falaises abruptes ne laissant personne les escalader. Devant nous, une vingtaine de bandits s’étaient levés et nous souriaient. Seryanna avait serré la poignée de son épée et avait pris position.

« Tu vas devoir te battre, » me déclara-t-elle.

« Moi ? Mais je n’ai jamais tué qui que ce soit ! » m’étais-je plaint.

En effet, je venais d’une ville ordinaire dans un pays paisible. La mort et les guerres étaient les plus petites de nos préoccupations, être volé était la priorité. Pourtant c’était ridicule de croire que je pouvais faire quelque chose comme ça.

***

Partie 2

En déglutissant, j’avais dégainé mon épée et les dragons avaient commencé à me regarder.

Je dois me rappeler que ce n’est pas la Roumanie. Ce ne sont pas les gens civilisés de l’Europe. La vie et la mort ont une signification simple ici… Vous tuez ceux qui essayent de vous tuer. Ne surtout pas trop penser. C’est exactement comme un jeu ! Ce sont des mobs ! De chair et de sang… des mobs. Pensai-je en déglutissant.

Il n’y avait pas moyen que je puisse tuer l’un d’eux, mais si je tenais fermement la poignée de l’épée, je pourrais survivre quelques coups. Après tout, j’avais des statistiques plutôt élevées.

« Ils arrivent, » m’avait prévenu Seryanna.

J’avais levé mon épée et avais regardé les bandits. Leur désir de me voir mort et le fait qu’ils priaient pour de la pitié pouvaient être vus dans leurs yeux et leur sourire. Si je venais à montrer de la faiblesse, comme des chiens enragés, ils essayeraient de me tuer.

J’espère que je ne mourrai pas ici… Pensai-je en voyant l’un d’eux lever son épée et m’attaquant.

Bien que je voyais son mouvement, j’avais réagi plus vite et avais bloqué le premier coup. Il y avait eu un moment où la surprise fut visible sur son visage, mais je ne pouvais me réjouir de mon succès, les autres arrivaient. J’avais déplacé mon épée et avais donné un coup.

En pensant qu’il était comme un personnage dans un jeu, je n’avais pas essayé de contrôler ma force. Le dragon avait tenté de bloquer l’attaque, mais mon épée avait simplement coupé son arme comme si elle était en carton. La lame ne s’était pas arrêtée là, et j’avais regardé quand elle avait touché son armure, appuyant dessus puis la coupant. C’était comme regarder un couteau trancher dans de l’argile, mon épée avait aussi traversé sa chair et ses os.

D’un seul coup, le dragon fut coupé en deux. Il m’avait regardé comme s’il ne comprenait pas ce qui venait de se passer et il était tombé à terre. Voyant cela, les autres s’arrêtèrent, et firent un pas en arrière. Je n’étais pas un faible, du moins à leurs yeux.

Pour moi, l’émotion qui m’avait frappé était semblable à un choc, mais en même temps, l’adrénaline qui me traversait les veines m’avait dit que je ne pouvais m’arrêter là. M’avertissant que si je m’arrêtai là, je mourrais.

Est-ce que les soldats se battant dans les guerres de mon monde ont ressenti la même chose ? Ce besoin d’aller de l’avant, mais en même temps, ont-ils aussi ressenti cette peur écrasante qui vous trouble et vous fait bouger ? La force et la vitesse associée à la peur et à la terreur, tout ce qui vous submergeait et vous faisant réaliser que la seule raison pour laquelle vous étiez debout était votre entraînement ? Mais je n’étais pas entraîné, alors pourquoi étais-je encore debout ? Pourquoi je ne crie pas ni ne pleure ? pensai-je en voyant un autre bandit du coin de l’œil.

En levant mon épée, j’avais bloqué son attaque et lui avais donné un coup de pied dans la poitrine comme un barbare. L’homme avait reculé de quelques mètres, tandis que son autre camarade avait essayé de me couper la main droite. Je l'avais vu et l’avais esquivé. Un seul coup de mon épée suffisait à les tuer. La lame tranchante traversait les plaques d’armure et perçait la chair molle. Du sang jaillissait, me touchant.

J’avais cligné des yeux surpris et avais sauté en arrière. En baissant les yeux, j’avais vu mon épée peinte de rouge, puis j’avais vu les trois morts, eh bien… un inconscient.

« Qu’est-ce que je viens de faire ? » Me demandai-je confus dans un murmure.

En regardant à ma gauche, j’avais vu un autre combat. Seryanna s’occupait de tous les autres bandits. Son épée était rapide et ne montrait aucun moment d’hésitation. Elle les coupait sans pitié et quand l’épée n’était pas nécessaire, elle utilisait ses mains nues pour écraser l’autre dragon ou simplement jeter un sort de feu, le couvrant de flamme. Les hommes criaient en essayant de l’abattre, mais ils n’étaient pas à la hauteur de la dragonne. C’était comme mettre un lion affamé dans une cage avec un cochon saignant en espérant que le félin n’attaquerait pas.

Sans pitié, sans s’en soucier, sans doute, sans peur, la rousse les abattait et mettait fin à leurs vies pathétiques. Soudainement, mes trois bandits morts n’étaient pas un grand accomplissement. Voyant cela, j’avais réalisé que sa résolution était assez effrayante. Après quelque chose comme ça, je subirais certainement de lourds dommages mentaux, mais elle allait bien.

« C’était le comité d’accueil, » dit-elle en souriant.

« Alors, il y en a d’autres à venir, hein ? » demandai-je.

« Oui, » elle plissa les yeux et pointa la montagne. « Il y a une grotte là-bas. Peut-être qu’ils s’y cachent ? » demanda-t-elle.

« Possible. Jetons un coup d’œil, bien que je sache que Kléo est quelque part sous nous, » dis-je en pointant le doigt dans la direction.

« Hm, » Seryanna plissa les yeux puis regarda la montagne. « Ils utilisent les passages dans les grottes. Ils sont vieux et complexes, mais font une bonne cachette, » avait-elle expliqué.

« En d’autres termes, nous devons creuser jusqu’à elle ? » demandai-je.

« Ou simplement entrer dans la grotte et descendre, » elle avait souri en retour.

J’avais hoché la tête et l’avais suivie. Mon esprit et mon cœur étaient encore un peu troublés par le fait que je vienne juste de prendre la vie d’un autre être vivant, mais pas au point de m’empêcher de me battre.

Pourquoi suis-je correct à ce sujet ? Est-ce parce qu’ils n’étaient pas humains ? S’ils l’étaient… aurais-je pu les tuer comme je l’ai fait ? me suis-je demandé en sentant mon cœur vaciller.

Pour une raison inconnue, je ne pouvais mettre les dragons et les humains au même niveau. Cette pensée m’effrayait un peu.

« Fais attention ! D’autres arrivent ! » prévint Seryanna, en me sortant de mes pensées.

En regardant devant, j’avais vu une bande de dragons se précipiter pour tenter de nous arrêter. Je commençais sérieusement à me demander à quel point ces gars-là étaient intelligents. Après avoir tué leurs amis avec tant de facilité, ils auraient dû s’arrêter et essayer de trouver un plan ou une stratégie pour nous repousser, ne pas se précipiter comme ça.

Je serrai la poignée de mon épée et me préparai à me défendre.

Ce n’est pas un meurtre… c’est de l’autodéfense… Oui, de l’autodéfense, pensai-je en renforçant ma résolution.

Il y en avait sept qui venaient vers moi et neuf vers Seryanna. Tous portaient de simples armures de cuir et des épées d’acier semblables à la mienne, mais un peu plus rouillées. Je doutais que l’un d’eux ait des équipements enchanté, mais je devais tout de même y faire attention.

Je souhaite que je sorte indemne sans marque, et victorieux de cette bataille. J’espère que ce soit pareil pour Seryanna, pensai-je en jetant un coup d’œil à la dragonne rousse qui se précipitait vers eux.

En déglutissant, je m’étais préparé pour ma prochaine bataille.

« Tuez d’abord le non éveillé ! » cria un bandit.

« Lequel ? » avait demandé un autre.

« L’homme ! » Vint sa réponse.

Apparemment, ils s’étaient précipités sans même choisir correctement une cible. Peut-être qu’ils n’étaient même pas conscients de la rapidité avec laquelle nous avions tué les autres bandits.

« Boule de feu ! » avait crié l’un d’eux, puis avait commencé à chanter quelqu’un tout en pointant sa main sur moi.

Je l’avais regardé en étant surpris, mais quand il avait fini son chant, une énorme boule de feu était allée droit sur moi. Je n’avais qu’une fraction de seconde pour m’écarter du chemin. Si je n’avais pas fait, j’aurais fini comme un morceau de charbon de bois. L’explosion était passée près de moi et avait heurté un arbre lointain. Cela avait explosé en produisant des flammes sur un arbre derrière, et l’explosion l’avait fait tomber au sol.

Après avoir dégluti, j’avais compris que la magie pouvait être assez effrayante et destructrice. Eh bien, en se souvenant des enfants-dragons jouant avec une boule de feu au milieu de la rue, cette partie devrait être assez évidente.

Le premier avait levé son épée et m’avait attaqué. J’avais sauté en arrière et l’avais esquivé. Dès que j’avais atterri, j’avais poussé mon corps en avant et avais entamé une attaque. Tout comme celui d’avant, il essaya de bloquer, mais comme son arme n’avait aucun enchantement, elle le traversa directement, faisant une profonde blessure.

Le suivant était à ma gauche, j’avais roulé pour éviter son attaque. En ramassant la pierre au sol, je la lançai aussi fort que possible contre lui. Le bandit n’avait aucune chance contre un projectile qui lui était destiné avec la force d’une balle d’un puissant pistolet.

Deux étaient tombés, cinq restant, et ils ne semblaient pas s’arrêter.

Alors que je me préparais à éviter une autre attaque magique, un bras arraché s’envola directement vers la tête du lanceur, lui brisant le cou. Brisant sa nuque. Clignant des yeux, je regardai à ma droite et vis Seryanna couverte de sang. Avec un regard furieux et une forte respiration, elle avait déjà fini son groupe. Les corps des dragons s’étendaient autour d’elle.

Voyant cela, les quatre dragons restants sentirent la peur se précipiter dans leur colonne vertébrale et décidèrent qu’ils n’avaient aucune chance contre nous. Ils s’étaient enfuis aussi vite qu’ils le pouvaient vers la forêt. S’ils retournaient dans leur repaire, leur chef allait très probablement finir le travail en ouvrant leur tête.

« Eh bien, c’était intéressant..., » dis-je.

« Ils étaient un peu plus forts..., » Seryanna fit la remarque en regardant l’un des bandits qu’elle avait tué.

Pour moi, toute sa bataille avait lieu quelque part en arrière-plan. Je ne savais même pas quand elle les a vaincus ni comment, mais à en juger par les éclaboussures de sang, c’était une bataille désordonnée.

Je dois me rappeler de ne jamais être face à elle… Pensai-je.

« Alors, vous êtes les rats s’étant faufilés dans ma tanière ? Comme c’est adorable… Deux personnes non éveillées pensent qu’ils peuvent me vaincre ? » Celle qui parlait était une dragonne descendant du ciel.

Elle était plus grande que moi de près d’un mètre. Avec une paire d’ailes argentée et une longue queue hérissée, elle avait une impressionnante aura. La différence de force était claire dès le premier coup d’œil. C’est elle qui avait vaincu Brekkar, un niveau 824, avec aisance. En plus d’être puissante, elle avait aussi un corps de bombasse avec de gros seins, une forme de sablier, un visage mignon et de longs cheveux argentés.

En la regardant, j’avais dit en soupirant. « Identificus Processus Juridicus. »

<Seins de dragon> : Taille réelle DD.

Sérieusement ? pensai-je en voyant le texte.

Fermant cela, j’avais encore essayé, mais cette fois, j’avais dit « Statut de la cible ».

Nom : Inconnu

Espèce : Dragonne supérieure de l'étincelle de glace

Niveau : 1294

Statistiques inconnues.

« Eh bien… merde…, » était la seule chose que je pouvais dire en voyant cela.

« Qui es-tu ? » Demanda Seryanna en pointant son épée vers elle.

« Kataryna Georg ! Chef extraordinaire des bandits, à votre service ! » Elle avait souri et nous avait fait un salut moqueur.

***

Chapitre 18 : Un combat de chance

Partie 1

Devant nous, il y avait une dragonne avec une puissance incroyable, quelqu’un que nous ne pouvions espérer égaler individuellement. En fait, je doutais que je puisse gagner même si je la combattais avec Kléo. La seule chose dont je pouvais être reconnaissant était le fait que le corps de cette Kataryna est agréable à regarder, mais le fait de lorgner sur la poitrine de l’ennemi n’était pas une priorité pour le moment.

En déglutissant, j’avais regardé Seryanna. La dragonne avait pris position avec ses yeux posés sur l’ennemi et son épée prête à frapper. Le problème était qu’elle n’avait même pas un cinquième de son niveau. Selon les règles des JDR, il n’était pas possible de vaincre ce genre de boss avec un tel écart de niveau.

Que faire maintenant ? pensai-je.

« Si vous vous prosternez devant moi, je vous promets la vie sauve..., peut-être, » déclara Kataryna avec un regard froid.

« Je ne me prosternerai jamais devant des gens comme vous ! La loyauté d’un chevalier est sa vie ! » cria Seryanna en pointant son épée vers elle.

La chance de demander pitié est partie... Comme si cela pouvait aider dans ce genre de situation, pensais-je en me souvenant des nombreux films et séries avec ce genre de conversation cliché.

Techniquement, pour moi, c’était un cliché, mais là ce n’était pas un film, c’était la vraie vie et pour ces deux-là, ces mots étaient aussi sérieux qu’elles puissent l’être, sachant qu’elles pouvaient mourir en fonction de ces mots. Fondamentalement, la dragonne à écaille argentée avait déclaré son intention de combattre la chevalière, tandis que ma rousse avait déclaré que sa loyauté était inébranlable.

J’avais dégluti et avais pensé : Je souhaite que Seryanna sorte vivante de cette bataille ! Je veux que nous gagnions ! Mais ensuite, j’avais regardé vers Kataryna et elle avait vu tourner son regard vers moi. Un sourire était apparu sur ses lèvres, et j’avais senti un froid glacial me courir le long du dos. Je souhaite que sa prochaine attaque ne touche ni moi ni Seryanna ! avais-je crié intérieurement.

À cet instant, elle avait frappé le sol, envoyant une puissante énergie magique sous elle. Immédiatement, une fissure était apparue sous ses pieds et s’était ensuite dirigée vers moi. J’avais à peine réagi à temps, même avec ma vitesse. Mon corps n’avait fait qu’un pas vers l’avant et deux pointes de plus de trois mètres de haut s’étaient formées autour de moi.

« Alkelios ! » cria Seryanna.

« Hiiiii! »

Un ou deux millimètres étaient tout ce dont j’avais besoin pour finir empalé par ces pointes mortelles. Plus encore, je m’étais déplacé de telle manière à éviter celui arrivant sous mes pieds et celui où j’aurais instinctivement sauté pour esquiver.

« Hm ? Ai-je raté ? » Kataryna avait cligné des yeux en raison de la surprise.

« J’aurais pu mourir..., » déclarai-je en essayant de m’écarter.

« Alors, s’il te plaît, fais-le, » la dragonne avait annoncé cela en se précipitant vers moi.

Seryanna l’avait vue bouger et avait couru vers moi pour essayer de l’arrêter, mais la dragonne aux écailles argentées était plus rapide et était arrivée à côté de moi en un clin d’œil.

Je n’avais vu que son petit sourire et ses yeux d’un calme froid avant qu’elle me donne un coup de pied si fort qu’il m’avait envoyé voler vers l’arrière. Peu importait que je sois placé entre ses deux pointes, elle les avait brisés comme si ce n’était rien.

En ce moment, je ne pouvais même pas souhaiter quelque chose, tout s’était passé si vite que j’avais juste eu le temps de voir son expression, puis le ciel et le sol avait commencé à tourner très vite. Mon estomac s’était emballé, et j’avais failli perdre mon repas, mais après un moment, je m’étais arrêté, m’écrasant sur le sol, culbutant quelques fois avant de m’arrêter dans un tas de foin.

« Arg... ça fait mal..., » avais-je gémi en sentant la douleur se répandre dans mon corps.

Mes yeux tournoyaient dans tous les sens, et je ne pouvais pas comprendre ce qu’il venait de se passer exactement, mais je pouvais entendre des sons d’épées et les grondements du tonnerre quelque part au loin.

Je ne peux pas rester ici... ça fait mal, mais si je reste, je mourrai... Je vais mourir... Je..., pensais-je en essayant de bouger.

Ma poitrine me faisait mal. Même respirer était difficile au début, mais la douleur avait lentement diminué. Ce n’était probablement que le choc initial du coup, mais mon instinct me poussait toujours en avant. Si c’était le moi d’avant de venir dans ce monde qui aurait été frappé par cette attaque, j’aurais subi une mort instantanée.

Je l’avais maudit plusieurs fois pendant que je me retirais.

Quelle chance de tomber dans du foin ici... mais comment ? Quand j’étais sorti, j’avais regardé derrière.

C’était le foin présent dans une charretée ne pouvant désormais plus avancer et appartenant à un pauvre garçon. Il tremblait en me regardant.

« Je viens juste apporter du foin pour les Khosinnis ! Ils me font faire ça ! Je le jure ! S’il vous plaît, ne me tuez pas ! » avait-il supplié.

L’homme était un dragon éveillé et sa queue était enroulée autour de ses jambes. En regardant dans ses yeux, je ne pouvais voir que le regard d’un homme effrayé. Il avait été effrayé par la bataille et le mouvement soudain des bandits. Si elles étaient attaquées par les gardes ou le seigneur de la région, alors toutes les personnes trouvées ne seraient pas bien vues.

« Pars..., » avais-je gémi en me levant.

« OUI ! » L’homme avait fui aussi vite qu’il le pouvait, laissant derrière lui sa charrette.

Pour lui, sa vie était plus importante.

En regardant de l’autre côté du chariot, j’avais vu un vieux Khosinni qui grignotait du foin. Je lui avais coupé les rênes et l’avais libéré. Pour être honnête, je copiais juste une vieille ligne de quête dont je me souvenais. Le personnage dans le jeu avait dit que si je laissai le cheval rester comme ça, il finirait par être tué par des loups ou mourrait de déshydratation.

Eh bien ! Dans ce monde, ce serait la mort par des moutons..., pensais-je en baissant les yeux sur mes mains. Ça fait mal, mais je dois y retourner... où... J’avais regardé le Khosinni grignotant calmement.

Il y avait une possibilité correspondant à mes souhaits. En prenant le Khosinni, je pouvais fuir et retourner vers Brekkar, alors nous pourrions préparer une force plus grande pour les attaquer, mais... qu’arrivera-t-il à Seryanna ?

Dans mon esprit toutes sortes de pensées circulaient, mais parmi elles, il y en avait une qui m’effrayait vraiment. Seryanna pourrait finir par être violée et torturée par ces bandits.

J’avais dégluti. Je ne pouvais laisser quelque chose comme ça lui arriver, mais si je revenais, je pourrais perdre ma vie.

En fermant les yeux, j’avais serré un poing et m’étais demandé ce que d’autres feraient dans ma situation. La plupart de mes anciens amis s’enfuiraient. D’autres me demanderaient, si j’avais une relation stable avec la dragonne suffisante pour la sauver. Si je devais demander à mes parents, ils se demanderaient probablement pourquoi je devais m’inquiéter pour elle alors qu’elle n’est même pas humaine.

C’est vrai... elle n’est pas humaine, mais... j’avais regardé derrière.

« BORDEL ! » avais-je crié en courant vers le combat.

Je souhaite à la fois que moi et Seryanna gagnions ! Je souhaite que nous gagnions ! Je veux que nous gagnions ! Je veux gagner ! Je veux que ni elle ni moi ne mourions ! Je ne veux pas que nous soyons gravement blessés ! J’avais commencé à souhaiter toutes sortes de choses égoïstes et déraisonnables, alors peut-être que l’un de ces souhaits se déclenchera et donnera un bon résultat.

« Kléo... oui..., » je me suis alors souvenu d’elle et j’avais souhaité que Kléo se réveille et nous aide à combattre Kataryna ! Je ne veux pas qu’elle meure lors de cette bataille ! Nous avons besoin de son aide !

De retour dans la cave, profondément sous terre, se trouvait une Kléo retenue. Point de vue à la troisième personne.

« Hey ! Attention avec ce marteau ! Le bout est libre ! » déclara l’un des bandits.

Portant une armure de cuir mince, lui et un de ses camarades travaillaient actuellement à réparer une vieille porte de la salle de torture à côté des cellules où ils détenaient les prisonniers.

« Cette chose ? » demande le dragon en regardant avec les yeux plissés. « Ça me va très bien, » il avait haussé les épaules et avait commencé à planter un clou dans la porte.

« Fais attention avec ça. »

« Ouais ! Ouais ! Hein ? » Au moment où il avait essayé de frapper le clou, seule la poignée l’avait frappé.

La petite tête métallique était tombée en arrière, avait traversé le petit espace entre les barreaux de la prison et avait frappé Kléo directement sur la tête. Normalement, ça aurait dû la tuer, mais la fille gothique était à la fois éveillée et quelqu’un avec une grande énergie magique. Il faudrait plus qu’une tête de marteau pour lui nuire. Après tout, les coups de Seryanna étaient bien plus dangereux. Pourtant, cela avait eu pour effet de la réveiller et de lui faire une petite bosse.

« ÇA FAIT MAL ! » avait-elle crié à plein poumon.

Thraheray... Teraher... Point de vue de Kléo.

« Achachachacha ! » dis-je en frottant la bosse sur ma tête.

J’avais tant rêvé de mon prince charmant qui venait me sauver du méchant grand-père qui ne voulait pas me lâcher parce que j’étais trop mignonne. Eh bien, une fille peut rêver...

Où suis-je ? pensais-je en regardant autour.

L’odeur de rouille et de sueur m’avait immédiatement atteinte. Ça sentait pire que Seryanna après une journée d’entraînement intensif dans la chaleur du soleil. Au moins, ma sœur avait des courbes délicieuses pour atténuer la puanteur, avec en plus les vêtements collants sur son corps, cependant, je n’étais pas à la maison.

Ah... Je me rappelle maintenant ! Quelqu’un d’affreux a jeté une bouteille à mes pieds. L’odeur libérée était étrange et puis... et puis... Qu’est-il arrivé ? J’essayais de me souvenir, mais je ne le pouvais tout simplement pas.

Après cela, je ne me souvenais que d’une chose, mais en regardant cet endroit puant, j’avais l’impression de ne pas être chez moi. Un frisson avait parcouru ma colonne quand je vis les deux dragons me regardant.

« Ah ! Elle s’est réveillée ! » déclara l’un avec un bâton dans la main.

« Ne t’inquiète pas, elle est à l’intérieur, et nous sommes ici. » L’autre haussa les épaules. « Hé toi ! Donne-nous la tête du marteau ou sinon... ! » Il avait souri.

J’avais cligné des yeux de surprises et en baissant les yeux, j’avais vu le morceau de métal. Je l’avais pris avec ma main droite et avais frotté la bosse sur ma tête avec ma main gauche.

Cette chose..., pensai-je, puis je les avais fusillé du regard. Ce sont eux qui ont fait ça !

« VOILÀ ! » avais-je crié en lâchant la tête sur celui qui tenait le bâton.

« Hein ! Ack! »

C’était un coup direct, sans être prêt !

« Hmph ! Ça devrait t’apprendre à me jeter des ordures ! » déclarai-je avec le menton levé et les mains sur les hanches.

« Oi! Est-ce que tu vas bien ? » Son ami était allé aider l’autre idiot.

Mais je suis enfermée, non ? pensais-je en regardant à nouveau autour de moi.

Il y avait une chaîne sur ma cheville gauche et quelques enchantements autour de moi pour empêcher l’utilisation de magie. Un idiot pourrait ne pas être capable de sortir d’ici, mais j’avais quelques tours dans ma poche.

« Tu es une fille ! Quand je serai là-bas, je te battrai pour ça ! Je vais te montrer ! » Me menaça-t-il en attrapant les clés et se dirigeant vers la porte.

Ce gars était clairement un idiot, alors j’avais souri.

Non, ils pensent probablement que je suis juste une petite fille impuissante. Huhuhu ! pensais-je avant de commencer à rassembler de la magie dans la paume de mes mains.

Une fois la porte ouverte, j’avais ouvert la bouche et j’avais pris une profonde inspiration.

« Qu’est-ce que c’est ? » demanda l’homme en sentant l’air autour de nous changer de chaud en froid.

« Démons de l’autre monde, goules des ténèbres, et esprits des abysses ! Entendez mon appel et sortez des ombres autour de moi ! Répondez à mon invocation et soumettez-vous à ma volonté, démons des ténèbres ! » avais-je chanté.

« Quoi ? » L’homme était confus, mais sentit que quelque chose n’allait pas et recula avec précaution.

La porte se referma derrière lui, le piégeant ici avec moi. J’avais léché mes lèvres et avais continué à alimenter les ténèbres autour de moi avec ma magie.

« Non ! Laisse-moi sortir ! » cria-t-il en secouant les barreaux de la porte.

La clé ne fonctionnait pas du tout. Cet homme... est à moi.

« Démons des ténèbres... Faucheur de sang, je vous commande ! Tuez ce mortel devant moi ! Mettez fin à sa misérable vie ! »

« Comme vous l’ordonnez... maîtresse... » La voix sombre et froide de mon serviteur a fait écho dans les murs de la cellule.

« Quoi ? Faucheur de sang ? Non ! S’il vous plaît ! Je vous supplie ! AAAH ! »

Ses cris coulaient comme son sang rouge, goutte à goutte pendant que mon serviteur le lui arrachait. Ce qu’il voyait n’était que des griffes des ténèbres alors qu’elles l’attiraient vers lui et lui faisait sentir une douleur folle. C’était délicieux, mais je devais me retenir. Je ne pouvais arracher son âme ou alors ma sœur et mon grand-père seraient en colère contre moi.

J’avais arrêté l’attaque juste à temps et avais laissé le pauvre bâtard ravaler son propre sang avec seulement quelques instants à vivre. Si le faucheur prenait sa vie avec le dernier coup, il perdrait par la même occasion son âme.

Quelque chose volant devant mes yeux. En regardant à ma gauche, j’avais vu une flèche coincée dans le mur. Si ça m’avait frappé, cela m’aurait tué. J’avais été sauvé seulement grâce à de la chance.

C’était proche... Pensais-je alors en regardant le garde-dragon étonné qui essayait de recharger son arbalète.

« Comment ai-je pu la rater ? Je suis le meilleur avec ce truc ! » Il se plaignait, mais je ne me souciais pas de ses mots.

« Attrapez-le. » Je l’avais désigné du doigt.

Le faucheur de sang avait plongé dans les ombres et avait arraché l’arme des mains du dragon.

« Qu’est-ce que ? » déclara-t-il en étant un peu confus.

Ils ne pouvaient pas voir le faucheur sanglant. Personne ne le pouvait... après tout, c’était mon petit animal de compagnie.

« Tuez-le ! » Ordonnai-je et le faucheur avait obéi.

Son destin était similaire à celui de l’autre homme devant moi. Les ombres avaient ouvert la porte et je suis sorti calmement de la cellule. Ces enchantements à l’intérieur étaient inutiles contre ma magie d’invocation. C’était vrai, j’étais très mauvaise au combat à l’épée, mais quand il s’agissait d’un combat de magie, j’étais invaincue. Même ma sœur l’avait reconnu !

Eh bien, il était temps de sortir de cet endroit... D’une manière subtile et sanglante. Tehehe !

***

Partie 2

Point de vue de Seryanna.

Le moment où j’avais vu Alkelios être envoyé comme ça, mon cœur s’était simplement arrêté.

Est-il... est-il mort ? J’avais fermé les yeux et avait serré la mâchoire, non ! J’avais regardé vers mon ennemi, la fusillant du regard, je refuse de croire qu’il soit mort, pas quelqu’un avec sa chance déraisonnable !

Ma première attaque sur la fille avait été esquivée avec facilité, mais ce qui m’avait surpris était la fureur qui m'avais frappé.

Jamais dans ma vie je n’avais été frappé d’une telle fureur et la quantité de puissance que j’avais libérée était incroyable, mais tout ce à quoi je pouvais penser était la sécurité d’Alkelios.

S’il te plaît... Sois en vie, pensais-je en serrant la poignée de mon épée.

Prenant une profonde respiration, j’avais éclairci mon esprit et m’étais concentré sur la bataille. Une seule erreur contre un adversaire comme elle pourrait signifier la mort. Quand j’avais attaqué, la dragonne avait simplement sauté de quelques mètres et m’avait souri. Je l’avais poursuivi et l’avais à nouveau attaqué.

« Tu es douée, je suis impressionnée ! » dit-elle en esquivant avec aisance l’une de mes attaques.

« Millier de coups, » avais-je lancé le sort en insufflant de l’énergie dans mon épée.

Des frappes invisibles furent alors lancées sur elle, martelant son corps, mais elle s’était simplement protégée avec ses gantelets de métal et avait pris les coups comme si ce n’était rien. La dragonne n’avait même pas dégainé son épée qui était à sa hanche. Elle jouait avec moi !

J’avais laissé échapper un grondement sourd et avait activé Amplification, augmentant ma force et ma vitesse de deux fois. Elle ne serait pas si facilement vaincue. Je me précipitai vers elle, et encore... elle esquiva. Le sol sous moi avait attiré mon attention, et j’avais poussé un peu le haut de mon corps vers la gauche, deux pointes avaient été invoquées, poignardant seulement mon image rémanente.

« J’ai raté... encore une fois. Étrange. » La dragonne avait plissé les yeux comme si elle ne pouvait pas le croire.

Normalement, j’aurais été touché par ça, mais la chance était de mon côté, ou plutôt... Alkelios. Il était probablement encore en vie, ou alors je l’espérais. Pourtant, même s’il était béni par les dieux, seul un vrai miracle pourrait sauver lui et moi de ce monstre.

Ignorant ses mots, j’avais à nouveau attaqué. Mais cette fois-ci, j’avais lancé un sort de foudre dans ma main gauche et je l’avais lâché à travers mon épée dès que j’allais frapper. Comme prévu, Kataryna avait esquivé, mais l’éclair avait été libéré et la frappa.

« Arg ! » Elle avait gémi et avait sauté plus loin en arrière. « Une petite chanceuse, n’est-ce pas ? » demanda-t-elle en souriant.

Je ne l’avais pas écoutée et je m’étais précipitée, cette fois, en train de préparer une autre attaque à l’épée.

« Lame de mon âme, entendez-moi et frappez avec moi. Changez mon arme et réclamez la vie de mon ennemi ! Je vous commande ! Épée de l’âme ! » avais-je chanté en libérant mon énergie magique.

Deux épées blanches apparurent à ma gauche et à ma droite, imitant les mouvements de mon épée. J’allais attaquer avec ça, mais je craignais que ce ne soit pas suffisant. Si j’étais un peu plus puissante en magie, peut-être que je pourrais lancer des attaques plus puissantes, mais pour l’instant, même cela était sur mes limites.

« Hou ? C’est une compétence tout à fait exceptionnelle que tu as là ! » déclara la dragonne en esquivant une de mes attaques.

Les lames coupèrent l’air, mais aucune ne sembla la toucher. C’était une étrange danse d’acier et de magie, que j’avais l’impression de perdre. Chaque fois que j’attaquais, elle contrait mon attaque. Je n’avais jamais combattu un ennemi d’une puissance aussi terrifiante de toute ma vie. Ça me faisait froid dans le dos en pensant à ce qu’elle pourrait faire si elle voulait sérieusement me tuer. Pour l’instant, elle jouait avec moi... en fait, elle n’avait pas une once d’intention meurtrière envers moi. C’était assez étrange et en même temps terrifiant.

Tout au long de ma vie, j’avais rencontré de nombreux dragons avec qui j’avais croisé l’épée, et dans toutes ces batailles, j’avais appris à ressentir l’intention de tuer de ceux visant ma vie. C’était comme une sensation de picotement au fond de mon cœur, une petite aiguille qui s’enfonçait et qui me faisait trembler de terreur, m’avertissant de l’approche de la mort. Plus j’étais forte, plus ce sentiment était faible, mais même parmi les personnes les plus faibles, je pouvais sentir l’intention de tuer.

Cette dragonne ne voulait pas me tuer, mais ses actions et ses paroles prouvaient le contraire. Une erreur de ma part pouvait finir par ma mort, néanmoins, je pouvais reconnaître un adversaire puissant. Toutes ses attaques avaient été esquivées et évitées au dernier moment. On pouvait parfaitement dire que la chance m’avait sauvé à de nombreuses reprises.

« Toi et ce garçon êtes d’étranges dragons. Même lorsque j’utilise plus de pouvoir que vous pourriez espérer combattre, cela ne marche pas. Comment cela se fait ? » demanda Kataryna, mais je ne répondis pas.

« Sauvez-moi ! »

« Ahh ! »

« Que quelqu’un l’arrête ! NOOOON! »

Soudainement, les cris des bandits étaient venus de la caverne. Cela avait distrait Kataryna pendant un moment, et j’avais pu faire une pause. L’épée avait touché son armure, mais elle l’avait arrêté avec deux doigts avant qu’elle ne s’enfonce dans sa chair. L’épée magique gauche avait été arrêtée de la même manière, tandis que la droite était coincée entre ses dents. C’était une défense qui ne pouvait être faite qu’avec des compétences incroyables.

Comment ça se fait ? me demandai-je en regardant en étant horrifié mon épée. Je ne pouvais pas la faire avancer plus loin.

C’était comme essayer de couper une montagne faite d’acier, en utilisant un couteau de cuisine. L’épée enchantée d’un chevalier ne pouvait même pas égratigner cette dragonne. Un frisson de peur avait parcouru ma colonne vertébrale, car je ne pouvais pas en croire mes propres yeux.

« Maintenant, ne t’amuses-tu pas ? » demanda-t-elle, et j’avais levé les yeux vers elle.

En serrant fort, l’épée magique s’était brisée entre ses dents. L’autre avait subi le même sort, mais elle avait épargné la vraie.

« Maintenant... comment devrais-je te dépouiller ? » elle lécha ses lèvres.

« Quoi ? » l’avait regardé en étant horrifier.

Elle est un monstre ! pensais-je.

« Lâche ma sœur ! Malédiction mortelle du serpent venimeux ! » avait crié Kléo.

Un serpent violet formé de brouillard avait été envoyé sur Kataryna. En la voyant, elle m’avait repoussée, m’envoyant voler quelques mètres avant que je n’atterrisse sur mes pieds. Le sortilège de ma sœur s’était accroché à son bras gauche et s’était enroulé autour de lui.

Normalement, son bras aurait dû fondre à son contact, mais en utilisant de la magie, elle l’avait gardé à distance. Nos corps n’avaient aucune protection contre les malédictions ou les attaques, mais en créant une armure d’énergie magique entre nous et le sort, nous pouvions survivre à un coup direct. Cette chose, cependant, ne pouvait pas être entraînée ou apprise, elle apparaissait naturellement à mesure que nos corps devenaient plus forts, mais en concentrant la magie à un endroit ou sur tout le corps, on pouvait diminuer ou neutraliser certaines attaques magiques.

« Une nécromancienne ? » demanda-t-elle en étant surprise, mais je doutais qu’elle n’eût pas entendu parler de ma sœur maintenant.

« Chère Sœur, ça va ? » m’avait demandé Kléo.

J’avais hoché la tête et puis j’avais concentré une magie dans mon épée. Sautant en arrière, j’avais coupé l’air et l’avais relâchée. Une petite tornade s’était formée et s’était dirigée vers la dragonne.

« Arg ! » Elle avait plissé les yeux vers moi.

« Tornade de glace ! » avais-je crié en relâchant une autre vague d’énergie alors que l’eau dans l’air se rassemblait autour de la tornade et se refroidissait en petites aiguilles.

Dès qu’elles avaient pris forme, elles avaient été envoyées vers Kataryna.

Mais ce n’était toujours pas assez...

Point de vue d’Alkelios.

La dragonne aux écailles d’argent m’avait jeté au loin ! J’avais dû courir pendant un moment jusqu’à ce que je puisse revenir sur le champ de bataille. Ce que j’y avais vu était tiré d’un anime ou d’un jeu. Kléo et Seryanna concentraient leurs sorts sur Kataryna, qui était au milieu d’une violente tornade, bombardée d’aiguilles de glace, et elle avait un étrange serpent violet sur sa main. En raison de l’expression de son visage, je pouvais dire qu’elle se débattait un peu, mais pendant que Kléo et Seryanna montraient clairement leur intention de tuer, elle restait calme. C’était assez surprenant à voir. La dragonne pouvait être capturée ou tuée comme ça, mais elle n’avait toujours pas d’intention malveillante envers nous.

J’avais dégluti puis j’avais baissé les yeux vers ma main.

Kléo a sa magie dans ce serpent, et Seryanna a lancé une tornade de glace. Devrais-je l’utiliser ? pensais-je, mais la réponse était aussi clair que le jour.

Pointant ma main vers la dragonne à écailles d’argent, j’avais crié : « Poulet éclair ! »

« Éclaire quoi ? » Kataryna semblait confuse.

« Ce n’est pas le moment de commander une soupe ! » s’était plainte Kléo.

« Alkelios... Tu es en vie ! Dieu merci ! Maintenant fuis ! » avait crié Seryanna.

Eh bien, je ne pouvais pas reculer une fois ce sort activé, et il avait aspiré mon énergie magique.

Le tonnerre et la foudre avaient fendu le ciel alors que quelque chose se formait devant moi. C’était chaud. Je pouvais dire tout ça, mais je ne savais pas ce que c’était... Je n’avais jamais rien vu de tel par le passé.

« Arg..., » avais-je gémi en tombant sur un genou.

C’était fatigant, mais ça aspirait encore ma magie.

Qu’est-ce que c’est que ça ? pensais-je en essayant de me concentrer.

« Oho? C’est intéressant ! » déclara Kataryna avec un sourire.

« À quel point est forte cette femme ? » se plaignit Kléo quand elle vit le peu d’effet de son serpent.

Je n’avais aucune idée de ce que c’était, mais c’était capable de retenir un niveau 1294 en place. Si la dragonne ne pensait pas cela comme sa meilleure compétence, elle ne l’aurait peut-être pas utilisé. De même pour Seryanna, cela signifiait que je n’avais pas qu’à faire une attaque pour repousser Kataryna.

Franchement ! Où est le Phœnix ? m’étais-je plaint intérieurement, et j’avais craint un moment que la compétence ait échouée.

Tout à coup, une tornade de feu s’était formée devant moi, créant une onde de choc puissante qui avait repoussé tout le monde sauf moi en arrière. La chaleur était infernale, brûlant les arbres autour de nous, tandis que le sol devenait noir. La fureur des flammes était incroyable, mais elles ne me faisaient pas mal.

À l’intérieur de la tornade, une paire d’yeux rouge cristal m’avait regardé.

« Qui ose invoquer le Grand Phoenix ? » La créature avait parlé d’une voix puissante.

J’avais dégluti. « Heu... Moi ? » Répondis-je.

« Toi ? » La voix semblait surprise. « Comment un... cette chose... quelque chose comme ça... puisse m’invoquer !? Est-ce une blague ? » demanda la voix féminine.

***

Chapitre 19 : Une bataille de feu et de glace

Partie 1

En regardant l’étrange tornade de feu en face moi, j’avais senti une pression immense émanant de là. La Phœnix n’était certainement pas un coq classique, mais en même temps, je doutais fortement que ce soit un oiseau semblable à ce que l’on pouvait imaginer. Elle était entre moi et les dragonnes, bloquant ma vue. Il n’y avait que moi et la Phoenix. Les insectes et les arbres autour de moi ne comptaient pas.

Pourtant quelque chose était étrange.

La compétence disait que j’allais invoquer un Phœnix de foudre, et tout ce que je pouvais voir était une tornade de feu. La dernière fois que j’avais vérifié, le feu et la foudre étaient deux éléments très différents.

« Hm, tu as une étrange aura, » déclara la Phœnix en plissant ses yeux cristal vers moi.

« Oui, désolé… j’ai peut-être marché dans quelque chose là-bas, » avais-je ri maladroitement en regardant la plante de mon pied gauche.

« Mortel, ne plaisante pas avec moi ! » La voix resonna autour de moi tel le tonnerre.

« Oui, mademoiselle ! » avais-je dit en hochant la tête.

« Eh bien, être en mesure de m’invoquer et conclure un contrat avec moi sont deux choses TRÈS différentes, » avait-elle expliqué.

« Comment ça ? » demandai-je en fronçant les sourcils.

« Les Phoenix sont une puissante espèce qui vit dans les cieux, contrôlant les éléments en étant abritée par les Dieux ! Les mortels comme vous n’ont pas le droit de nous appeler ! Pour une telle insulte, je devrais vous brûler vif. Puis je devrais envoyer votre âme au fond de ce monde, là où les nécromanciens pourront se régaler jusqu’à ce que vous disparaissiez complètement ! » m’avait-elle menacée.

« Je préférerais éviter ça… j’ai rapidement des bleus, » avais-je souri.

« Eh bien, vous avez une aura particulière autour de vous... C’est comme si tous les Dieux de la chance vous avaient offert leurs bénédictions, » avait-elle dit.

« Je suis d’une certaine manière chanceux..., » dis-je en hochant la tête.

« D’une certaine manière chanceux ? Avec cette aura, même si je vous jetais dans une bataille entre Dieux de la guerre, vous serez capable d’en sortir sans une égratignure ! » avait-elle ri.

« Je vois, eh bien… je suis dans une bataille en ce moment. Qu’est-ce que je dois faire pour ce contrat ? » lui avais-je demandé.

« Vous ne semblez pas comprendre l’honneur de simplement pouvoir me voir. Si d’autres mortels étaient dans votre position, ils n’hésiteraient pas à se plaquer sur le sol et à me vénérer pour simplement avoir ma présence ! » déclara-t-elle d’un ton puissant.

« Est-ce un oui ou un non ? Si vous n’êtes d’aucune utilité, alors je peux essayer d’invoquer un Phoenix capable de faire quelque chose, » déclarai-je en haussant les épaules.

Agir humblement devant quelqu’un après avoir utilisé la compétence Poulet Éclair pour l’invoquer n’a pas l’air louable pour moi.

« Quoi ?! Quel genre de mortel oserait se séparer de quelqu’un comme moi ? » demanda-t-elle, surprise.

« Beaucoup en fait..., » hochai-je la tête.

« Absurde ! »

« Comme vous l’entendez... Voyons maintenant. Comment puis-je déactivé cette compétence ? » me demandai-je en me grattant l’arrière du crâne.

« Attendez ! Attendez ! Attendez ! » déclara-t-elle.

« Quoi ? » demandai-je en fronçant les sourcils.

« Vous êtes un mortel audacieux, n’est-ce pas ? Peut-être que vous ne comprenez pas à quel point je suis majestueuse ! Même un dragon tremblerait devant moi ! » me déclara-t-elle.

« Je suis ami avec des dragons et trois d’entre eux se battent derrière toi, » avais-je souligné.

« Quoi ? » La tornade se retourna alors et regarda Kataryna, Kléo et Seryanna. « Je suis dans le royaume des dragons ? » Demanda-t-elle surprise.

« Oui. Maintenant, vous pouvez y aller. Je vais invoquer un autre Phoenix, » lui avais-je annoncé.

« Attendez ! » Elle se tourna vers moi. « Ahem! Au sujet du contrat, je pense que nous pouvons y faire quelque chose. » Avait-elle parlé avec un autre ton de voix, un plus… humble ?

« Je vous écoute, » dis-je en la regardant.

« Eh bien, vous avez une aura très intéressante, comme je l’ai déjà dit. Si vous souhaitez que quelque chose m’arrive, alors je vous prêterai mon aide. Il y a deux souhaits que je souhaiterais que vous fassiez. Faites-les et j’accepterais le contrat, » déclara-t-elle.

« Quelle sorte de souhait ? » demandai-je en levant un sourcil.

Si elle demande pour la domination du monde ou la destruction de celui-ci, elle repart ! pensai-je.

« Ils sont très simples. Tout d’abord que je grandisse et évolue plus rapidement que tout autre Phoenix sans pour autant devoir renaître de ses propres cendres. »

« D’accord, et le second ? » Demandai-je.

« Que vous souhaitez que je gagne le tournoi de la flamme sacrée. »

« Qu’est-ce que c’est ? » demandai-je en fronçant les sourcils.

« C’est quelque chose qui ne concerne que les Phoenix. Un mortel comme vous n’aurait rien à y gagner, » me dit-elle.

« D’accord… eh bien, ça ne me paraît pas mal, » avais-je dit en haussant les épaules, puis j’avais pris une profonde respiration et avais dit « Je souhaite… euh…, Quel est ton nom ? » avais-je demandé.

« Mon nom est offert dans le cadre du contrat. Jusqu’à ce que vous ayez accepté et rempli le contrat, j’ai peur de ne pouvoir la faire, » m’avait-elle dit.

« OK, ça me va. » Je m’étais gratté la tête. « Je souhaite que la personne devant moi grandisse et évolue beaucoup plus vite que tout autre phœnix sans avoir besoin de renaître de ses cendres ou de souffrir de réactions à la suite de sa croissance. Je souhaite également qu’elle remporte le tournoi de la Flamme sacrée sans mourir ni souffrir de graves blessures, » j’avais terminé ses deux souhaits, auxquels j’avais ajouté quelques modifications.

Si je devais conclure un contrat avec ce poulet éclair, alors je devais m’assurer que je ne l’invoque pas blessé quand j’aurais besoin d’aide. Ces deux souhaits pourraient la protéger de la mort si appliquée correctement. La façon dont elle avait dit cela, elle pourrait finir par gagner le tournoi, mais peut-être en se blessant.

« Pas exactement ce que j’ai dit, néanmoins très bon, » avait-elle dit.

« C’est mieux de cette façon, croyez-moi. Alors qu’en est-il de la validation du contrat ? » Demandai-je.

« Bien sûr ! Mon nom est Jophiel Thunderash ! Je suis une apprentie Phoenix avec une affinité de trois éléments : le feu, la lumière et la foudre ! À partir de maintenant, je serai ton familier. Chaque fois que tu m’appelleras avec ce sort, j’apparaîtrai, mais ma volonté reste mienne ! Si je n’approuve pas ton désir, je ne l’écouterai pas ! » déclara-t-elle fièrement, mais en ayant changé de manière de me parler.

Le nom m’était familier. Thunderash était formé à partir des mots anglais « Thunder », tonnerre et « ash », cendre, mais Jophiel était le nom de l’archange de la beauté. Le nom traduit donnait Déesse de la beauté. Quant à savoir pourquoi je savais cela, félicitez les jeux avec des choses intéressantes à lire ! En pensant à cela, je ne pouvais pas m’empêcher d’imaginer une beauté magnifique portant un mince vêtement de soie, séduisant et enchanteur.

Non ! J’ai Seryanna ! Mais regarder et ne pas toucher est considéré comme correct ! Je secouai la tête pour sortir l’image sexy de ma tête.

« Alors, je vais me révéler à toi~ ! » La voix était un peu séduisante cette fois-ci.

La tornade de feu avait rapidement diminué en force jusqu’à disparaître complètement. À sa place, il n’y avait qu’une sphère de lumière flottante d’environ 20 centimètres de diamètre et à environ un mètre du sol. Une fois que les flammes s’étaient calmées, la sphère était au sol puis avait brillé intensément, me forçant à me couvrir les yeux.

« Qu’est-ce que c’est ? » demanda Kataryna surprise.

« Alkelios a-t-il fait quelque chose ? » demanda Kléo.

« Arg... » Seryanna avait essayé de supporter la lumière, mais même elle avait couvert ses yeux avec sa main.

Quand ce fut fini, je m’étais frotté les yeux et j’avais baissé les yeux. J’avais cligné des yeux surpris quand j’avais vu la soi-disant Phoenix debout devant moi. Pour être honnête, je m’attendais à une beauté magnifique et sexy, mais ce qui était apparu était un oiseau.

« J’ai vraiment invoqué un poulet ? » Je m’étais frotté les yeux en pensant que je ne voyais peut-être pas bien.

« Impoli ! » L’oiseau avait volé et m’avait picoré la tête.

« Aïe ! Arrête ! Je pensais juste que tu apparaîtrais sous forme humaine, » m’étais-je plaint.

La Phœnix s’était assise sur ma tête et m’avait menacé avec son bec.

« Pourquoi devrais-je révéler ma forme humaine ? Nous venons de former le contrat ! D’ailleurs, tu n’as pas assez de pouvoir magique pour me garder ici sous forme humaine. C’est ce que tu peux faire de mieux, alors fait avec ! » Elle avait ensuite fait son nid sur le dessus de ma tête et regarda fièrement devant elle.

J’avais l’impression d’avoir convoqué un poulet… Eh bien, elle avait une grande queue, semblable au faisan doré, des ailes de faucon, et les couleurs générales étaient un mélange de rouge vif et or. Elle était un bel oiseau qui intéresserait tout observateur d’oiseau.

« Alors, je suis trop faible pour te convoquer sous une autre forme, je vois..., » déclarai-je en essayant de garder la tête immobile.

Si je bougeais, ses griffes pourraient finir par me laisser des marques.

« Bien sûr ! Maintenant, qu’est-ce que tu veux que je fasse ? » demanda-t-elle, en s’occupant de ses plumes.

« Je suis en quelque sorte dans une bataille de vie et de mort ? Alors, j’ai besoin de ton aide pour vaincre cette dragonne. » Je désignai Kataryna.

« Hm ? » Jophiel regarda sa cible. « Elle est très forte. Je ne peux la vaincre sous cette forme, » déclara-t-elle sans ménagement.

« J’ai besoin de ton aide. Attaque-là avec tout ce que tu as ! » avais-je dit.

« Très bien. J’écouterai cette requête idiote, » elle hocha la tête et me sauta sur la tête.

« Outch ! Tes griffes ! Fais-y attention ! » M’étais-je plaint en sentant ses griffes.

« Gros bébé ! » Avait-elle dit, en s’envolant.

Je souhaite que nous puissions vaincre Kataryna. Pensais-je en serrant les poings et m’avançant.

« Invoquer un Phœnix, impressionnant, » déclara la dragonne.

« Je suis surprise que tu sois restée immobile alors que nous t’attaquons pendant si longtemps, » remarqua Kléo avec un sourire forcé.

« Je voulais voir si cette bête légendaire l’écouterait ou pas… mais penser qu’il soit humain, intéressant, » déclara-t-elle puis elle me regarda.

« Un quoi, maintenant ? » demanda Kléo en fronçant les sourcils.

Quand nos yeux s’étaient rencontrés, la dragonne aux écailles argentées avait léché ses lèvres, j’avais eu un froid dans le dos.

« Tu ne toucheras pas Alkelios ! » cria Seryanna et elle se plaça entre moi et Kataryna.

« Hein ? Qu’est-il pour toi ? Un esclave ? » demanda-t-elle.

« Alkelios n’est pas mon esclave ! Il est… » Avant que la dragonne ne finisse ses mots, Kléo y répondit.

« C’est son copain qui partage son lit ! » Sourit-elle.

« KLÉO ! » avait crié Seryanna.

« Mais vous avez dormi ensemble, où est le problème ? » Elle haussa les épaules.

Je ne pouvais que rougir.

Pourquoi cela ne ressemble-t-il pas à une vraie bataille entre la vie et la mort ? Me demandai-je.

« Feu des abysses, Tornades de l’Enfer, Étincelles des Dieux ! » cria Jophiel alors qu’elle descendait du ciel.

***

Partie 2

En levant les yeux, Kataryna vit trois attaques tomber sur elle. La première attaque avait simplement envoyé une rafale de flammes vers sa position, mais elle n’avait rien fait de plus que de simplement brûler l’herbe. Le sol sous nos pieds avait craqué et avait tremblé à la suite de l’attaque. Il serait plus exact de dire que le sol avait explosé.

Seryanna et Kléo avaient été forcées de sauter en arrière, alors que je ne pouvais qu’observer comme un imbécile stupéfait.

La seconde attaque, la Tornade de l’enfer, invoqua une tornade de feu autour de Kataryna, brisant et soulevant des morceaux de terres après le passage du pouvoir fou du Phœnix. La prairie autrefois calme qui s’étendait jusqu’à la grande entrée de la grotte s’était transformée en un enfer de flammes. La puissance brute de ces attaques était effrayante, mais Kataryna était toujours debout.

En respirant fort et en invoquant des quantités folles de magie, la dragonne avait survécu à la force implacable et aux flammes brûlantes de ces sorts, mais contre la dernière, elle n’avait pas été complètement capable de se défendre. L’attaque Étincelle des Dieux lui avait envoyé plusieurs boules de foudre. Au moment où elle avait été touchée, elle avait hurlé de douleur alors que tout son corps était choqué.

« Hahaha ! » La dragonne aux écailles argentées éclata de rire alors qu’elle sautait hors du feu, atterrissant non loin de Seryanna. « Penser qu’il y ait quelqu’un pouvant faire appelle aux pouvoirs d’un Phœnix dans cette petite ville ! Incroyable ! » Elle avait souri et me regarda.

La dragonne n’en était pas sortie indemne. Elle avait une entaille sur son front, laissant son sang tacher son côté droit de son visage. Son bras gauche avait son armure détruite jusqu’au coude, du sang coulait de ses doigts griffus, se déversant des coupures de son bras. Sa main droite avait son armure de brûlée, et le serpent violet laissait une ombre qui s’enroulait sur elle, mais elle avait aussi disparu. Étonnamment, sa queue ne montrait même pas une seule égratignure, mais elle se balançait de droit à gauche, montrant un peu d’excitation.

« Tu ne le toucheras pas ! » Cria Seryanna, mais Kataryna lui lança simplement un regard noir puis la frappa violemment sur le côté.

L’attaque était si rapide et furieuse, la rousse avait à peine eu le temps de la bloquer. Elle avait été envoyée voler et s’était fracassée dans le mur en pierre au-dessus — de l’entrée de la caverne, créant un trou et de nombreuses fissures autour de celui-ci.

« Grande sœur ! » Cria Kléo.

« Seryanna ! » avais-je crié, surpris, mais j’avais vu Kataryna devant moi.

J’avais dégluti et souhaitais immédiatement je souhaite qu’aucunes de ses prochaines attaques ne m’atteignent, aussi improbables soient-elles ! Je souhaite qu’elle soit vaincue d’une manière ou d’une autre ! Tout ira tant que nous nous en sortons tous vivant !

« Tu seras un bon jouet pour moi ! » Elle avait souri.

« Désolé, pas intéressé ! Je suis déjà dans une relation stable avec la rousse que tu viens d’envoyer dans la montagne, » répondis-je en souriant maladroitement, puis je me baissais.

« J’ai raté à nouveau… Intéressant ! Très intéressant ! » déclara-t-elle avec un grand sourire alors que sa queue commençait à se balancer plus vite.

J’avais esquivé de justesse ses griffes mortelles.

« Pas intéressé ! C’est effrayant ! » m’étais-je plaint tout en sautant instinctivement à ma gauche, cependant, ce n’était pas un saut complet.

Une fois de plus, deux pointes de terre jaillirent du sol. À l’endroit où j’aurai atterri si j’avais fait un saut complet.

« Intéressant ! Encore ! » déclara-t-elle avec un grand sourire alors qu’elle essayait de m’attraper avec ses griffes.

En reculant, elle me manqua d’un millimètre. Kataryna ne s’était pas arrêtée et avait continué à m’attaquer, chacun de ses coups était mortel et ils visaient à me tuer. Je me sentais comme une souris avec laquelle un chat jouerait. Cela s’était avéré être un jeu pour elle. Un dans lequel elle devait attraper un humain glissant.

« On ne peut pas simplement parler ? » Demandai-je en évitant une autre attaque.

« Est-ce de la chance ou des compétences ? » Demanda-t-elle surprise en se préparant à me bondir dessus.

Comme un félin, elle s’était accroupie à quatre pattes, sa queue se balançant tandis qu’elle me fixait du regard.

« Je suis considéré comme quelqu’un d’assez chanceux… Euh, qu’est-ce que tu fais ? » Demandai-je en reculant de quelques pas.

« Je vais t’attraper... et une fois fait… Je te récupérerai ! » Elle souriait à nouveau.

« Je ne suis pas un jouet, Lady ! » Répondis-je en levant instinctivement la main.

Elle avait bondi vers moi et à ce moment-là, Jophiel était descendue et m’avait amené avec elle.

« ARGH ! Tu pèses une tonne ! Arrête les biscuits ! » Se plaignit-elle.

« Ouf ! Merci ! » Dis-je en ignorant la remarque sur mon poids.

« J’ai encore raté ! » Kataryna était surprise et m'avait ensuite couru après. « Descends ! » Cria-t-elle.

« Jamais ! » Je secouai la tête.

Pendant ce temps, Kléo était allée auprès de Seryanna pour la sortir des décombres. En regardant la chose, il n’y avait absolument aucun moyen pour moi de gagner cela. Kataryna avait survécu à trois attaques d’un Phœnix tout en étant sous une malédiction mortelle de Kléo et une attaque de Seryanna. Que pouvais-je faire pour la combattre ? Dans toute cette zone, il n’y avait pas une seule personne capable de se comparer à elle. Brekkar avant sa maladie aurait peut-être une chance, mais à part lui, je ne connaissais personne capable de vaincre la folle qui me poursuivait.

« Descends ! Je ne vais pas te mordre… Pas trop fort. » Cria-t-elle avec un ronronnement.

« Franchement, non ! » J’avais ensuite regardé désespérément autour de moi, essayant de trouver une stratégie, quelque chose sur laquelle ma chance pourrait être utilisée, mais il n’y avait rien, sauf la montagne.

En déglutissant, j’avais demandé à Jophiel. « Peux-tu faire exploser la montagne ? »

« À quoi penses-tu ? » Me demanda-t-elle.

« Eh bien, dans peu de temps, elle commencera à s’ennuyer et sautera vers nous, donc autant essayer quelque chose de risqué et idiot. » Dis-je en souriant alors que je la regardais.

« Ça ressemble à ce que font habituellement les humains, pour tout. » Grogna-t-elle.

« Hey ! Nous faisons des trucs intelligents de temps en temps ! » Lui dis-je.

« Ton espèce a inventé l’esclavagisme. » Avait-elle dit.

« J’ai dit de temps en temps, et non pas à chaque fois ! » Avais-je défendu l’humanité.

« Eh bien, je ne peux pas faire exploser une montagne. Du moins, pas sous ma forme actuelle. » M’avait-elle répondu.

« Pas de problème, amène-nous dans la grotte, dépose-moi à l’entrée, puis compte jusqu’à… vingt puis lance ton attaque la plus destructrice dans le trou où la dragonne rousse a été envoyée. » Expliquai-je.

« Tu pourrais mourir, si tu penses à ce que je pense. » Me déclara-t-elle avec inquiétude dans sa voix.

« Je ne vais pas mourir ! J’ai 100 de chances ! » Déclarai-je.

« 100 ? Qu’entends-tu par là ? Bref, oublie ça. Je suis également curieuse de savoir ce que ton petit cerveau peut trouver dans ce genre de situation, alors la puissante MOI va t’offrir son aide ! » Déclara-t-elle fièrement.

« Merci, je suppose ? » Dis-je en levant un sourcil. Puis nous avions changé de direction.

« Où vas-tu ? Je vais t’attraper à la fin, tu sais ? Alors mieux vaut abandonner maintenant ! » Cria Kataryna.

« Noooon, merci ! Je suis trop jeune et beau pour mourir ! » Criai-je en retour.

« Pffft! » Gloussa la Phoenix, je me sentis légèrement offensé par cela.

En volant à travers les arbres, Jophiel avait démontré un talent exceptionnel malgré le poids inutile qu’elle portait. Si je pouvais tirer des boules de feu ou des éclairs de mes doigts, peut-être, que je pourrais l’aider ! En fait, non… C’était improbable. Quelqu’un comme Kataryna ne pouvait être réprimée qu’avec talent et de la force brute, la magie n’était qu’un ennui pour elle.

Une fois sorti de la forêt, je pouvais voir à nouveau quel genre de dégâts nous avions causés dans la région. C’était énorme. L’endroit en était méconnaissable par rapport au moment où nous étions arrivés. Dans mon monde, rien de moins puissant qu’un barrage d’artillerie aurait pu ne causer autant de dégâts, la zone était simplement dévastée et quelques arbres avaient pris feu et menaçaient de transformer toute cette zone en cendres. Heureusement, quelques nuages de pluie pouvaient être vus au loin, donc même si cela arrivait, les dragons pourraient contrôler les dégâts.

En regardant à ma droite, j’avais vu Kléo donner une potion à Seryanna blessée. Son armure était en réalité fissurée à la suite de l’attaque, ce qui était quelque chose, surtout compte tenu des statistiques de celle-ci. Ma propre armure était en lambeaux. Je ne serais pas capable de survivre à une telle attaque, et quelque chose me disait que Kataryna n’y était pas allée à fond. Je frissonnais en pensant cela.

« Je te laisse ici et compte jusqu’à vingt. » Me déclara Jophiel.

En y pensant, mon énergie magique était presque vide, c’était probablement notre dernier coup avant que Kataryna ne gagne.

En déglutissant, j’avais hoché la tête et ses griffes avaient lâché mes épaules, j’étais alors tombé au sol.

« Je savais que tu viendrais ! » Dis Kataryna.

« Hiii! » Criai-je en me précipitant dans la grotte.

« Pas possible de sortir de là, mon garçon ! » Cria-t-elle.

« Laisse-moi déjà faire une pause ! » Pleurais-je.

Ma seule option en ce moment était de courir et de continuer à courir, mais comme je le faisais, je n’arrêtais pas de souhaiter une chose. Je souhaite qu’au moment où Jophiel attaquera la montagne, elle frappe une faiblesse dans la structure et qu'elle détruise la caverne ! Je souhaite que Kataryna soit bloquée dans cette grotte ! Je souhaite survivre à cette confrontation avec Kataryna Georg ! J’aimerais qu’elle soit assommée par la chute de la grotte !

Après quelques virages, j’avais atteint une pièce plus spacieuse, mais soudainement, le sol s’était transformé en glace, j’avais glissé et avais heurté le mur.

« Ouch ! Qu’est-ce qu’il se passe ? » Gémis-je en me levant.

En regardant autour, toute la pièce était couverte de glace. Toutes les sorties étaient bloquées et seulement moi et la dragonne Kataryna étions là. Elle était celle ayant lancé ce sort.

Après avoir dégluti, je m’étais levé et l’avais regardé.

« Donc… tu m’as piégé. » Lui avais-je dit en faisant un sourire maladroit.

« Oui… Il semblerait. » Elle inclina la tête et plissa les yeux vers moi. « Que planifies-tu ? » Demanda-t-elle.

« Conquête du monde. Et toi ? » avais-je répondu.

« Tu veux devenir le Seigneur-Démon ? Tu auras besoin d’au moins 16 généraux et d’un harem de 20 beautés pour que les gens te prennent au sérieux. » Elle soupira et secoua la tête.

« Attends ? C’est vraiment possible ? » Lui avais-je demandé en plissant les yeux.

« Oui. Les Seigneurs-Démons ne sont que l’un des nombreux sous-fifres d’un Roi Démon, mais ce sont aussi des titres offerts à ceux qui adorent les ténèbres et souhaitent détruire le monde. » Elle haussa les épaules.

« Eh bien, que veux-tu ? » Demandai-je.

« Je... » Elle m’avait regardé, puis le sol avait tremblé. « Qu’est-ce que c’est ? » Demanda-t-elle en fronçant les sourcils, et essayant de garder son équilibre.

« Je pense que c’est mon Phoenix. » Avais-je dit en souriant.

« Qu’as-tu fait ? » Demanda-t-elle surprise.

J’avais rigolé.

Les murs avaient alors commencé à craquer et le sol à bouger. Les quelques bandits restants hurlaient de peur alors qu’ils essayaient de s’enfuir, mais la dragonne avait gelé les sorties. Le plafond avait commencé à se fissurer, et de gros rochers étaient tombés sur nous. J’en avais esquivé un de justesse.

« Toi ! » Cria Kataryna. « Qu’est-ce que tu as fait à ma maison ? » Cria-t-elle, mais cette fois-ci, un peu en colère.

Je suis mort… pensai-je, et en un clin d’œil, elle était là, devant moi.

Il n’y avait pas de temps pour réagir. Je savais comment, je le sentais, mais j’étais trop lent par rapport à ses mouvements soudains. Ses mouvements étaient très rapides. Elle m’attrapa à la gorge, me serra et me souleva.

« Le temps du jeu est fini ! » Elle me regarda fixement, et pour la première fois, je sentis un peu d’intention meurtrière venant d’elle, mais ça restait faible.

« Arg ! » J’avais lutté pour sortir de sa prise, mais c’était impossible pour moi de le faire… sa force était tout simplement ridicule.

Pendant qu’elle me regardait fixement, elle ne faisait pas attention à son environnement. Le sol cédait rapidement, tout tombait dans un gouffre et le plafond se brisait rapidement. Je pensais que nous allions tout deux tomber, mais quand le sol sous ses pieds était tombé, elle était restée dans les airs, les ailes battant.

« Tu penses vraiment qu’une grotte va réussir... » Avant qu’elle n’ait eu l’occasion de finir ses mots, un gros rocher était tombé juste au-dessus de sa tête.

Maintenant, pour expliquer certaines choses, un rocher était considéré comme grand quand il faisait environ 3 à 5 mètres de diamètre. Cette chose faisait au moins 10 mètres de long et 8 de diamètre, formant une ellipse avec la pointe vers elle, donc un rocher typique que l’on pourrait voir dans un manga.

Elle avait instantanément été assommée.

« Hein ? » Je clignai des yeux surpris alors que nous commencions tous deux à tomber dans le gouffre sombre. « JE NE VEUX PAS MOURIR !!! » Criai-je en tombant avec une Kataryna assommée.

***

Chapitre 20 : Amitié

Partie 1

Point de vue de Kataryna.

« Au moment où tu passeras dans le ciel, tu trouveras que le monde est petit et insignifiant... alors que tu es éternel comme les Dieux au-dessus, Kataryna, s’il te plaît, n’essaye jamais de dépasser le ciel... »

Je me souvenais de ces mots... Ils m’avaient été offerts quand j’étais petite et encore inconsciente de ce que l’éternité signifiait. Comme tous les autres dragons, je rêvais de faire une percée éveillée pour montrer que j’avais un pouvoir supérieur à 1000. C’était un rêve qui devenait réalité, mais le prix... Peut-être qu’il était trop dur à supporter.

Ces mots, peut-être, que j’aurais dû les écouter.

Il y avait si longtemps que j’avais gagné ce pouvoir. Tant de choses que j’avais vues, bonnes et mauvaises. Comme une montagne fière, grande et ferme, je ne laissais ni la mer ni les vents me briser, mais en même temps, ils me moulaient.

Chaque fois que je fermais les yeux, je pouvais raconter le moment où ma vie avait changé, et j’étais entrée dans le royaume des immortels. Cela s’était passé sur un ancien champ de bataille à la fin d’une bataille que l’ancien royaume dragon Zerudan avait perdu il y a presque 500 ans.

Entourée par d’innombrables dragons morts, de mon propre côté et ennemi, je m’étais battue. Le froid avait essayé de me faire tomber, les flèches avaient essayé de me repousser, et leurs épées de me faire m’agenouiller, mais je ne l’avais pas fait. J’avais montré mes dents et m’étais battue. L’un après l’autre, jusqu’à ce que mon armure soit en lambeaux et que ma lame soit sur le point de se briser, tous ceux osant me défier avaient été tués par moi, agrandissant la montagne de corps morts, brisés et ensanglantés.

J’étais dans une transe, une danse de la mort sanglante, pourtant j’étais épargnée de la douleur de mon propre corps.

Quand j’étais revenue à moi, mon souffle était brut, mon corps était lourd et ma vue était floue. Devant moi se trouvait un soldat, le dernier. Pour compenser mon épée brisée, j’avais utilisé tout ce que je pouvais des corps des soldats morts. Ainsi, l’épée qui traversait la poitrine de ce dragon mort n’était autre que la sienne. Pourtant, je m’en fichais... je poussai l’épée à travers, retournai la lame à l’intérieur de lui et la tirait ensuite hors de lui.

Il était mort avec une malédiction sur les lèvres et ensuite j’avais rugi vers les cieux aussi forts que possible. Mes lames étaient brisées, mon armure en morceaux, mais je l’avais fait, j’avais gagné une bataille considérée comme impossible. J’avais survécu...

Il n’y avait personne pour m’entendre. J’étais laissée seule et trempée de sang au sommet d’une pile de corps brisés.

Aucun soldat ne pouvait me vaincre après tout... Ils tombaient tous comme des mouches coupées par mes épées ou écrasées sous mes griffes. Je me sentais libre, puissante, et pour la première fois, je m’étais rendu compte à quel point cette guerre était inutile. Après tout, l’ennemi était sûr de gagner, ils se battaient pour protéger, et nous pour conquérir.

Comme je m’étendais là, regardant le ciel assombri, je me sentais différente, comme si quelque chose avait changé en moi. À ce moment-là, je ne savais pas encore ce qu’il m’était arrivé, mais je regardais le monde avec un autre regard. Pour la première fois, les détails et les couleurs que je ne pouvais voir auparavant apparaissaient maintenant devant mes yeux. C’était incroyable, et pendant un moment, je m’étais sentie bénie.

La rage que j’avais accumulée après avoir combattu et tué tant de personnes s’était dissipée en un clin d’œil. Prenant une profonde inspiration, je savais que même mon propre corps avait changé d’une manière ou d’une autre, je ne me sentais plus si faible.

Puis je les avais entendus... Une autre vague arrivait. En regardant, je vis d’innombrables armures qui courraient vers moi, toute scintillante et épargnée par la boue et le sang sur le champ de bataille. Ils étaient les renforts ennemis. En regardant derrière, j’avais vu mes alliés se précipiter aussi vers moi, mais c’était étrange. Mon désir de me battre, mon besoin de tuer ceux que je voyais comme ennemis avait disparu.

Ils étaient tous faibles par rapport à moi, alliée comme ennemi.

Prenant une profonde inspiration, j’avais pensé à ce moment, à mes sentiments. En levant mon regard vers le ciel, je ne pouvais pas voir le besoin ou la raison de participer à nouveau à cette bataille. La gloire et la reconnaissance n’étaient que des excuses, car ni l’un ni l’autre ne pouvaient bénéficier à mon moi actuel d’une quelconque manière.

Je n’avais ni famille, ni ami, ni amant. C’était juste moi et chaque côté de ce champ de bataille. Ainsi, sans rien protéger, sans un désir de devenir riche ou célèbre, je m’étais éloignée du champ de bataillé et avais laissé les mortels jouer à leurs jeux de mortels. Peut-être qu’avec le temps, j’y retournerais, mais quand je le ferais, je m’étais promis de le faire pour une raison plus... satisfaisante.

Après un rapide bain dans un étang voisin, je m’étais précipitée vers le premier temple que je pouvais trouver. Je n’avais même pas pris la peine de vérifier dans quel royaume c’était. Là, on m’avait officiellement dit que j’avais fait une percée éveillée. La pierre montrait que j’avais une puissance de 1016. C’était incroyable, mais en même temps... ce n’était pas si confortable.

Cet état d’esprit, le sentiment d’être au-dessus de tout, la sensation que rien ne pouvait nous vaincre, les craintes des autres quand ils vous voyaient... la solitude d’un immortel, tout cela était des malédictions qui accompagnaient ce pouvoir. Au début, invisible comme un diable, mais aussi réel que mes propres mains.

Pourtant, après tant d’années, il y a une personne qui avait réussi à me déranger et à me faire souhaiter le poursuivre... et étonnamment, ce n’était qu’un simple humain.

Alkelios était son nom, je pense. Il avait réussi à me faire ressentir le besoin de le tuer ou le désir de le capturer et le faire MIEN ! Pourtant, il avait glissé loin de ma portée au tout dernier moment. Il m’avait vaincue...

Point de vue de Seryanna.

« Laisse-moi partir ! Il est là, quelque part ! » Criai-je en me dégagent de la poigne de Kléo et en sautant dans la pile de décombres, essayant de le sortir de là.

« Grande Sœur ! Il n’y a rien que tu puisses faire ! Quelque chose comme ça... même toi tu aurais péri..., » dit-elle les larmes aux yeux. « Même mes ombres ne peuvent pas le trouver... » Elle baissa les yeux et serra les poings.

Ça ne peut... Ce n’est pas possible... Je secouai la tête et refusai de croire à la mort d’Alkelios.

Oui, il était impoli ! Il était agaçant ! Il est toujours à plaisanter en voulant saisir ma poitrine ou mes fesses ! Il est une peste... mais il est ma peste et je ne voulais pas qu’il meure.

Devant moi étaient les restes de la caverne des bandits. Après que Kléo m’ait réveillée, j’avais seulement aperçu le Phoenix qui lançait une puissante boule de feu couverte d’éclairs. Ça avait frappé le même endroit où je m’étais écrasée, mais comparé au petit trou que j’avais fait, l’attaque du Phœnix avait brisé tous les côtés de la montagne. D’innombrables fissures s’étaient répandues à la surface, et tout s’était effondré sur lui-même. J’avais regardé avec admiration et pendant un moment, j’avais cru que nous avions gagné sans faire de victimes, mais il s’était avéré que ce n’était pas le cas... Alkelios n’était pas là, il était à cet endroit à ce moment-là.

Maintenant, je creusais comme une folle essayant de le trouver ou au moins... ses restes.

« Grande Sœur, ça va aller... on se souviendra d’Alkelios comme un puissant dragon ! » déclara Kléo avec un doux sourire.

« Il n’était pas un dragon... il était humain. » Lui dis-je en essuyant mes larmes.

« Humain ? » Elle avait l’air surprise, mais c’était sa faute si elle n’avait pas prêté attention à ces détails en premier lieu.

« Alkelios, si ma stupide chance vaut quoi que ce soit, je souhaite que tu ailles bien, » déclarai-je en regardant l’énorme tas de rochers devant moi.

« C’est un humain ? » Kléo était toujours un peu abasourdie.

Point de vue d’Alkelios.

Je suis tombé... Nous tombions tous les deux...

Nous avions atterri dans un plan d’eau, peut-être dans un ruisseau souterrain parce que je me sentais emporté. J’essayai d’attraper quelque chose pour m’empêcher de filer et de nager jusqu’à la surface, mais il n’y avait rien là dans l’obscurité.

Merde ! Merde ! MERDE ! Je ne veux pas mourir ici ! pensai-je en commençant à paniquer.

Un moment plus tard, j’avais frappé un rocher et étais passé à côté, incapable de l’attraper. Je m’étais cogné contre un autre et un autre, jusqu’à ce que je m’arrête. Mes poumons me faisaient mal, mon corps était meurtri, mais quand j’avais levé les yeux, j’avais vu la lumière. La surface était juste quelques mètres au-dessus de moi.

Je peux le faire ! Je vais survivre ! pensai-je.

Du coin de mes yeux, j’avais vu la dragonne aux écailles d’argent alors qu’elle s’enfonçait dans l’abîme froid et sombre de cet endroit. Elle avait été assommée, donc elle se noyait. Je pouvais l’ignorer et nager, elle était l’ennemie après tout.

Pourquoi ? J’avais réfléchi puis j’étais allé vers elle. Même si c’était douloureux et que je savais que ça ne finirait pas bien, j’avais tout de même nagé vers l’ennemi. Idiot ! Idiot ! Stupide ! Ne fais pas ça ! N’ose pas le faire ! Elle est l’ennemie ! Arrête ! Toutes ces pensées me venaient à l’esprit, me disant de rester loin d’elle, de la laisser se noyer, de la laisser souffrir, amis...

Je ne peux pas... Il y a quelque chose qui m’attire vers elle... Il y a quelque chose qui me dit qu’elle est importante... je ne veux pas, mais si je fais ça, je mourrai. Elle va me tuer ! Je suis un idiot ! Je suis un gros idiot ! Criai-je intérieurement alors que j’attrapai sa main.

En regardant son visage inconscient, j’avais serré ma mâchoire et avais essayé désespérément de remonter, poussant l’eau autour de moi de toutes mes forces. À tout le moins, Jophiel ne pompait plus ma magie, elle s’était probablement retirée d’elle-même.

Je vais mourir après ça ! criai-je intérieurement en atteignant la surface.

« Puha! » J’avais pris une profonde impulsion et avais toussé.

C’était douloureux, mais je survivrais.

Tirant la tête de Kataryna hors de l’eau, j’avais commencé à nager vers la rive, c’était assez proche de nous. Quand je l’avais atteint, j’avais sorti la dragonne de l’eau et avais toussé quelques fois.

Est-ce qu’elle respire ? Pensai-je en vérifiant immédiatement.

Elle ne respirait pas. Un froid parcourut alors ma colonne vertébrale, et sans le moindre délai, je commençais à lui appliquer un CPR. Grâce à ma force, c’était assez facile à faire, mais j’espérais seulement que cette méthode fonctionne aussi sur les dragons.

« Aller ! Un ! Deux ! Trois ! » Puis j’avais relevé le menton, lui bloquant le nez et j’avais expiré dans sa bouche. J’avais répété le processus en pressant des deux mains sur sa poitrine.

« Aller ! Respire ! » J’étais à mon quatrième essai maintenant.

C’était alors qu’elle avait toussé et avait craché l’eau de ses poumons. Je l’avais aidée à se tourner sur le côté et tapotée entre ses ailes pour l’aider. Elle était probablement encore confuse et ne comprenait pas ce qui lui était arrivé. J’avais été soulagé un moment, mais quand elle m’avait vu, elle m’avait soudainement attrapé par le cou et m’avait claqué sur le sol avec assez de force pour fissurer celui-ci.

Aïe ! C’est ça... je vais mourir ! pensai-je en fermant les yeux.

Kataryna a toussé quelques fois et m’a ensuite demandé. « Toi ! Pourquoi m’as-tu... sauvé ? »

« Hein ? Euh... honnêtement, je ne sais pas..., » répondis-je en ouvrant un œil et en regardant son expression confuse.

« Je suis ton ennemie..., » elle plissa les yeux vers moi.

« Oui ? » avais-je bêtement souri.

Laissant échapper un soupir, elle m’avait libéré et avait pris un peu de recul.

« Penser qu’il y ait un humain pouvant vaincre quelqu’un comme moi qui suis une éveillée supérieure. » Elle secoua la tête et s’était assise les jambes croisées.

« Éveillée supérieure ? Qu’est-ce que c’est ? » demandai-je en me frottant la nuque.

Elle me regarda un moment, se demandant probablement si elle devait me répondre ou non.

« Sais-tu comment les temples et les villes mesurent le pouvoir d’un individu ? » M’avait-elle demandé.

« En leur faisant casser des rochers ? » Plaisantai-je.

« Non, c’est la manière idiote de faire des humains, mais la force peut parfois être une chose trompeuse. On peut avoir peu de force, mais beaucoup de puissance. » Elle secoua la tête.

« J’ai l’impression que tu ne parles pas de la capacité de faire éclater des rochers ici..., » lui dis-je.

« C’est juste la force brute ça. Un individu a de la force, de la rapidité, de la dextérité, de la magie, et de l’excellence magique qui augmente avec la puissance. » Expliqua-t-elle avant d’utiliser ses griffes pour dessiner quelques symboles sur le sol.

Je n’en reconnais aucun... Pensais-je en clignant les yeux.

« La force est gagnée en soulevant des poids, en faisant des efforts en général. » Elle point le symbole à son extrême droite « la vitesse est augmentée en poussant son corps à sa limite en courant puis récupérant et recommençant cela. » Elle désigna le suivant. « La dextérité est la plus délicate à augmenter de tout parce que l’on doit entraîner la façon dont l'on bouge, par exemple en faisant de l’entraînement à l’épée ou à la dague. Certains disent que le tricot et l’étirement peuvent aider. L’énergie magique est augmentée par la méditation et en concentrant cette énergie dans son cœur, tandis que l’excellence magique est gagnée en prenant son temps avant de lancer un sort et en se concentrant dessus jusqu’à le comprendre. Eh bien, il y a plus que ça, mais tu as l’idée maintenant, non ? » Me demanda-t-elle en souriant.

« Oui, j’ai compris... mais je suis surpris que tu me dises cela et ne me tues pas..., » lui dis-je.

Kataryna me regarda puis elle regarda la caverne autour de nous.

Elle laissa échapper un soupir puis dit. « Si tu écoutes, tu comprendras... »

Écouter ? Quoi ? Les chauves-souris ? pensais-je en clignant des yeux confus vers elle.

Elle me regarda et dit. « Tu n’as pas compris, n’est-ce pas ? » Elle ferma les yeux.

Désolé Lady, je ne suis pas télépathe ! Je voudrais en être un, mais je ne le suis pas ! avais-je répondu intérieurement, mais j’avais gardé ma bouche fermée.

« Pour l’instant, disons simplement que tu es en vie, grâce à l’un de mes caprices, » elle m’avait regardé et avait incliné légèrement la tête vers la gauche. « Tu m’as sauvé la vie, et pour quelqu’un comme moi, ce n’est pas quelque chose qui soit facilement ignorable. Si je t’avais tué, mes vieux maîtres se tordraient dans leurs tombes et sortiraient en tant que Dragon Squelettique pour me hanter ! Hahahaha ! »

La dragonne avait eu un rire mignon, mais elle avait dit des choses m’étant inconnues. Tant que je ne finissais pas comme un insecte éclaté contre la paroi de la grotte, ça m’allait. De plus, je ne me sentais pas en danger. Au contraire, je me sentais en sécurité avec elle, ce qui était bizarre, car quelques instants plus tôt nous essayions de nous tuer.

Est-ce que je deviens une sorte de masochiste ? Elle est une ennemie. C’est elle qui a envoyé voler Seryanna dans un mur, kidnappé Kléo et mit le feu au manoir, non ? pensais-je en essayant de me souvenir de toutes les raisons pour lesquelles je devrais la craindre.

« Eh bien, comme je le disais... Le pouvoir est toute autre chose. Même moi, je ne sais pas exactement ce que c’est, mais les temples ont un moyen de le savoir. Si tu y vas et que tu demandes au prêtre de te le montrer, il te conduira dans une chambre. À l’intérieur, tu seras seul avec une sphère noire sur un piédestal. C’est la salle de lecture. En plaçant la main sur cette sphère et en lui insufflant de la magie, un petit nombre s’affichera dessus. Ce sera ton pouvoir actuel. » Expliqua-t-elle avec un sourire.

J’avais cligné des yeux surpris, puis lui avais demandé. « Quelle est ta valeur actuelle ? »

« La dernière fois que j’ai vérifié, c’était 1290, il me semble. »

Le Panake Sacré sur une Licorne Arc-en-Ciel ! Elle parle de niveaux ! Cet idiot de Dieu nous a menti ! Il nous a dit que seuls nous, les héros, pouvions voir les niveaux, mais d’après ce que Kataryna vient de me dire, tous ceux allant dans un temple peuvent apprendre leur niveau. La seule différence est qu’ils l’appellent pouvoir. Eh bien... techniquement, ce serait le niveau de puissance, tout de même... WÔW ! pensai-je en clignant des yeux surpris.

« Il est maintenant au niveau 1294..., » marmonnai-je dans ma stupéfaction.

« Tu peux voir le pouvoir d’un individu ? » Demanda-t-elle en plissant les yeux vers moi.

J’ai foiré.

« Peut-êêêêtre ? » avais-je souri stupidement.

« Ne le mentionne jamais à un prêtre, ils penseront que tu es un blasphémateur ou une sorte de démon. » M’avertit-elle en secouant la tête.

« Merci ? » Je devenais de plus en plus confus.

Pourquoi croiraient-ils ça ? Me demandai-je.

***

Partie 2

Il y a un instant, nous nous battions jusqu’à la mort, mais maintenant, elle m’expliquait des choses et me donnait des leçons de survies ? Était-ce un rêve ? Suis-je mort ? Qu’est-ce qu’il vient de se passer ?

« Quel est ton niveau de pouvoir, jeune homme ? » m’avait-elle demandé.

J’avais dégluti. « Euh... Je n’ai pas vérifié, laisse-moi voir ça. Statut, » avais-je dit en regardant l’écran.

Nom : Alkelios Yatagai

Race : Humain

Niveau : 141

Force : 16 +342 +607,5 +140,5

Vitesse : 14 +256 +452,5 +178,5

Dextérité : 20 +257,2 +527 +77,5

Magie : 16 +200,5 +251 +832,5

Chance : 100

Excellence magique : 1 % + 7 % + 8,5 % + 11,5 %

Compétences : Montrer ? O/N

Points de compétences : 80

Points de statistiques : 1400

Eh bien... ce sont beaucoup de points de compétences et de statistiques ! Au moins, je peux guérir Brekkar maintenant, mais... wôw, juste WÔW ! pensai-je en regardant les chiffres, et pensées que je devais encore assigner chacun de mes points de statistiques.

« 141 » dis-je à Kataryna.

En entendant le nombre, elle commença à rire, en tenant son estomac. Sa voix résonnait avec les murs. Je me sentais l’envie d’aller creuser un trou et de m’y cacher.

« BWAHAHAHAHA! D’imaginé que moi, une dragonne de pouvoir supérieur à 1290, ait pu perdre face à quelqu'un ayant un pouvoir de 141 ! Hahahaha ! Comment est-ce possible ? » Me demanda-t-elle avec des larmes dans les yeux.

« Euh ! La chance, je suppose ? » Dis-je en haussant les épaules.

« La chance !? Pour quelque chose comme ça, tu dois avoir la bénédiction de tous les Dieux réunis ! Eh bien, ça explique pourquoi tu étais capable d’esquiver mes attaques comme ça. Même Brekkar n’a pas été capable de les esquiver, et il est un maître en la matière ! » déclara-t-elle les larmes aux yeux.

« Et peut-être que le fait qu’il soit en train de mourir..., » avais-je dit en plissant les yeux vers elle.

« En train de mourir ? Je ne l’ai pas frappé si fort ! » Elle fronça les sourcils.

« Eh bien, ce n’est pas toi... » Je secouai la tête.

Tout à coup, l’air autour de moi commença à changer, devenant plus froid. Kataryna avait l’air contrariée.

« Qu’est-il arrivé ? Est-ce que quelqu’un d’autre a attaqué le vieil homme ? » M’avait-elle demandé.

« Euh, tu ne sais pas ? » demandai-je en levant un sourcil.

« Savoir quoi ? » Elle fronça les sourcils.

« La raison pour laquelle tu as attaqué le manoir comme ça n’est-elle pas à cause de la faiblesse de Brekkar ? » Demandai-je.

« Non ! » Rétorqua-t-elle, sa queue fouettant l’air derrière elle. « Mes subordonnés ont dit que sa petite-fille s’est jouée de nous et nous a volé quelque chose ! Quand je suis arrivé, la maison était déjà en feu... et..., » elle s’arrêta et ferma les yeux. « Est-ce que Seryanna a mentionné quelque chose à propos d’une bague ? » demanda-t-elle en me regardant.

« Ouais... elle est allée la rendre. Elle était avec moi jusqu’à bien plus tard qu’aujourd’hui. Et c’est le même jour que j’ai eu l’armure que tu as détruite en un coup. » Je lui avais dit la vérité.

Sa queue avait fouetté l’air et s’était écrasée sur le sol derrière elle, provoquant une grosse fissure. Cette dragonne était de mauvaise humeur.

« Cet enfoiré ! Il m’a dupé ! » Grogna-t-elle.

« Quelqu’un peut-il vraiment te duper ? » demandai-je, étonné. Elle était la meilleure... eh bien, dragonne par ici, après tout.

*Soupir* « ... Oui, c’est possible..., » répondit-elle en se grattant l’arrière de la tête.

« Donc, je commence à deviner que tu n’étais pas celle ayant planifié l’attaque ? » Demandai-je.

« Comme je l’ai déjà dit, je suis arrivée APRÈS le début de l’attaque. Brekkar m’a attaqué, je me suis défendue, puis je suis partie. Quand je suis revenue ici, j’étais sur le point de prendre un bain, quand tout à coup, mes subordonnés ont rapporté une attaque de chevaliers. Je pensais qu’ils venaient nous exterminer, alors je suis sortie et je vous ai trouvé... ensuite, tu connais le reste, » elle haussa les épaules alors qu’elle expliquait le cours des événements, mais quelque chose n’allait pas.

« Attends, alors tu n’es pas celle contrôlant tout depuis l’ombre ? » demandai-je.

« D’une certaine manière. Je peux déplacer tout le groupe et faire ce que je veux avec. Ils suivront mes ordres, mais j’ai quelques subordonnés qui s’occupent de ce genre de chose indiscrète. Cette fois, c’était l’un d’entre eux ayant ordonné l’attaque, » avait-elle expliqué.

En d’autres termes, elle était la chef, mais seulement de nom. Elle avait la force pour se le permettre, mais elle n’était pas concentrée à 100 % sur ce groupe. Si elle l’était, elle aurait pu étendre son influence et son pouvoir à des niveaux sans précédent. Avoir assez de bandits pour s’emparer même d’une petite ville était tout à fait possible, mais elle n’avait pas de telles intentions, ce qui m’avait fait me demander ce qu’elle comptait exactement faire en devenant la chef des bandits en premier lieu ?

« Pourquoi ça ? » Demandai-je.

« Quand un dragon ou un autre individu atteint la puissance de 1000, ils passent par ce que l’on peut appeler un éveil supérieur. Quand cela arrive, tu subis un certain changement..., » elle me regarda alors dans les yeux, et j’avais l’impression qu’une sage Déesse me regardait. Un frisson parcourut ma colonne vertébrale et je déglutis. « Tu vois le monde différemment. Tu te sens différent. Tu es immortel et plus puissant qu’avant. C’est incroyable, mais en même temps... Une malédiction. » Elle ferma les yeux.

« Une malédiction ? » Demandai-je confus.

Cet éveil supérieur dont elle parlait était quelque chose d’étrange pour moi. Je ne pouvais pas imaginer qu’atteindre le niveau 1000 nous faisait obtenir tant de choses, mais je ne voyais pas cela comme une malédiction. D’un autre point de vue, l’idée de devenir immortel était nouvelle pour moi. Avec cela, je pourrais compenser la différence de durée de vie entre Seryanna et moi. Eh bien, l’idée était belle, mais j’avais le sentiment qu’il y avait plus que ça.

« Tu perds quelque chose... » Elle baissa les yeux vers sa main. « Tu ne ressens plus le besoin d’avancer, de devenir plus puissant. Il y a un manque d’ambition, d’émotion. Tout le monde autour de toi te voit comme quelque chose de grand, tu peux vivre tant que tu le souhaites, et il y a très peu de personnes pouvant t’arrêter. En atteignant ce genre d’état... » Elle avait aussi regardé dans mes yeux. « Il n’y avait plus rien attirant mon attention, rien d’intéressant... jusqu’à ce que tu arrives, » elle avait sourit.

Je déglutis, et lui demandai « En quoi suis-je intéressant ? » Demandai-je.

« Tu me donnes une impression différente des autres... Il y a quelque chose m’attirant vers toi. Pour être honnête, chaque fois que je voulais lancer une attaque pouvant te tuer, j’hésitais. Quand je pensais que tu allais être touché et mourir à cause de mon attaque, je m’inquiétais, mais ensuite, tu réussissais à esquiver ou à revenir vivant, » me répondit-elle en me regardant dans les yeux, sa queue se balançant de droite à gauche.

« Qu’en est-il de ta première attaque ? » Demandai-je.

« Je t’ai testé... j’aurai pu te tuer en le voulant, mais quelque chose m’a dit de ne pas le faire... C’était étrange... » Elle avait souri puis avait tendu sa main griffue vers moi. Je m’étais figé en la regardant toucher ma joue. « Tu n’es qu’un fragile humain, alors pourquoi es-tu si... intéressant ? » Me demanda-t-elle.

« J’esquive bien ? » Demandai-je avec un sourire maladroit.

« Oui, tu es assez chanceux... je ne sais pas, mais il y a une aura mystérieuse autour de toi. Plus je me concentre sur toi, plus je veux m’approcher de toi... » Elle avait souri et avait baissé les yeux vers sa poitrine. « Je suis un peu âgée, mais je peux encore pondre un œuf..., » elle me regarda alors dans les yeux. « Tu me trouves attrayante, n’est-ce pas ? » Demanda-t-elle.

J’avais dégluti.

Elle ne pense tout de même pas à ça ? Me demandai-je.

« Je rigole. » Elle rigola et recula, me faisant cligner des yeux de surprise.

Cette femme joue avec moi ! me plaignis-je intérieurement.

« Mais, dis-moi, humain, qu’est-ce que tu veux dire par le fait que Brekkar soit en train de mourir ? » Demanda-t-elle en plissant les yeux vers moi.

Soudainement, elle était devenue sérieuse.

« Il est malade... C’est pourquoi sa petite-fille avait besoin de cette bague pour aller à la forêt Séculière. » Lui dis-je.

À ce moment, raconter un mensonge semblait un peu inutile, mais là encore, il y avait certaines pensées dans mon esprit me disant qu’elle était capable de facilement me tuer. N’ayant que peu de magie en moi et peu d’espace me permettant de bouger, je ne pouvais pas esquiver ou invoquer Jophiel. Kataryna en était consciente, je pouvais le parier.

« Une fois de plus, c’est une nouvelle pour moi. » Elle plissa les yeux et se frotta le menton. « Mon manque de désir de m’impliquer dans les affaires de qui que ce soit plus faible que moi m’a conduite dans une malheureuse situation. » Elle secoua la tête. « J’aurais dû tuer ce bâtard quand j’en avais l’occasion, mais je doute fort qu’il ait pu s’échapper de la grotte. » Elle poussa un soupir et me regarda.

« Pourquoi es-tu devenue un bandit ? » Demandai-je.

« Parce que je voulais voir comment c’était. Parce que je m’ennuyais et que je ne me soucie pas vraiment de ce que je fais. Parce que j’ai simplement vu passer le temps sans rien d’intéressant. Fondamentalement... parce que je me sentais vide. » Elle pencha la tête et ensuite me toucha la joue. « Jusqu’à ce que tu arrives. Peut-être que je devrais sérieusement penser à faire un œuf avec toi ? » Elle avait souri.

J’avais dégluti.

« Je... » Avant que je ne puisse finir ma phrase, elle me poussa et m’embrassa.

La dragonne glissa sa langue dans ma bouche et pressa le haut de son corps contre le mien, malheureusement, l’armure ne me permettait pas de sentir la souplesse de ses seins. Elle était aussi très douée pour embrasser.

« Puha~ ! » Elle se lécha les lèvres après le baiser et avait fait un sourire séduisant. « Je n’avais jamais embrassé d’humain avant. Mais je pense que j’aime ça. »

« Hein ? Qu’est-ce qu’il vient de se passer ? » Demandai-je un peu surpris et abasourdi, mais la douce sensation de ses lèvres me manquaient déjà.

« Je t’ai goûté... » Elle se recula et s’étira.

« Hein ? »

« À partir de maintenant, je ne serais plus un bandit, je te suivrai et je verrai toutes les choses intéressantes que tu pourras me montrer... » Elle me regarda ensuite. « Rater une telle occasion, ce serait une telle honte ! » Elle avait souri.

« Hein ? Peux-tu faire cela ? » Demandai-je, surpris.

« Pourquoi pas ? Je n’ai jamais tué quelqu’un juste pour le plaisir. Voler n’a jamais été quelque chose m’intéressant non plus, même si mes compétences appartiennent principalement à un assassin, et je peux facilement me faufiler dans la maison de quelqu’un. » Elle haussa les épaules.

« Tu es un assassin ? » Clignai-je des yeux en raison de la surprise.

Attends une seconde ! Les assassins ne sont-ils pas supposés avoir très peu de points de vie et n’utiliser que la magie des ombres ? Elle est un personnage au niveau d’un boss, elle ne peut pas être un assassin ! me suis-je immédiatement plaint dans mon esprit, alors que mes connaissances sur les assassins entraient en collision avec la réalité.

« J’ai dit que mes compétences appartenaient principalement à un assassin, pas que j’en suis une. Je pense que mon ancien rang était Grande Chevalière de Zerudan, mais après l’effondrement du royaume, je suis revenue à un statut plus commun. Eh bien, ça n’a pas vraiment d’importance pour moi. » Elle haussa les épaules comme si ce n’était rien.

En me relevant, je laissai échapper un soupir et essayai de comprendre tous les événements. Fondamentalement, Kataryna était une Grande Chevalière qui avait atteint le niveau 1000, également connue sous le nom d’éveillée supérieure. Cela lui donnait un étrange état d’esprit la rendant indifférente à beaucoup de choses autour d’elle, y compris sa personnalité, mais elle embrassait tellement bien ! Elle ne savait pas non plus que Brekkar était malade. Apparemment, quelqu’un d’autre avait tiré les ficelles derrière cette attaque, mais avec la grotte plus tôt, il était fort probable qu’il soit mort sinon, il va avoir du mal à lancer une contre-attaque quelconque.

Et maintenant, je suis coincé avec elle dans cette grotte, et j’ai l’impression que ma virginité est en danger, mais cette chose ne serait pas entièrement mauvaise... Kataryna est magnifique, mais... oui... Seryanna. Pensai-je en soupirant.

Eh bien, si nous atteignons ce point, et qu’elle ne m’a pas tué, ça ne servait à rien de ne pas le faire, alors...

« Kataryna, veux-tu devenir mon amie ? » lui avais-je demandé.

La dragonne cligna des yeux de surprise quand je lui avais demandé ça.

« Ami ? Personne ne m’a demandé de devenir son ami depuis très longtemps... » Elle sourit et hocha la tête. « Je serai ton amie. »

Ding.

Vous avez une nouvelle amie : Kataryna Georg.

***

Partie 3

« Qu’est-ce que c’est ? » M’avait-elle demandé en pointant sa main vers un message invisible devant elle. « Ah ! Ça a disparu ! Alkelios ? Tu es Alkelios Yatagai ? » demanda-t-elle en inclinant la tête.

« Oui ! Ravie de te rencontrer aussi, Kataryna Georg, j’espère que nous pourrons devenir de bons amis à partir de maintenant ! » lui dis-je en souriant.

« Moi aussi, » elle hocha la tête.

« Maintenant, comment va-t-on sortir d’ici ? » Demandai-je.

« Bonne question..., » rit-elle.

« Tu ne sais pas ? » clignai-je des yeux en raison de la surprise.

« Je ne sais pas, mais je peux trouver. » Elle avait souri en disant ça.

« Comment ? » demandai-je en plissant les yeux vers elle.

« Nous allons suivre le chemin là-bas, » elle avait pointé quelque chose derrière moi.

« Là... je ne vois rien. »

« Peut-être que c’est un peu difficile pour les yeux d’humains normaux ? » elle se gratta la joue.

« Peut-être... Yeux de chaton, » dis-je en activant la compétence.

Je ne ressentais plus le drain de magie de la compétence, alors peut-être que j’avais gagné quelques points de statistiques venant de Kataryna. Grâce à cela, je pouvais parfaitement voir dans le noir, bien que, techniquement parlant, l’iris félin n’était pas ce qui lui permettait de voir dans le noir.

« C’est une étrange compétence que tu as là, et ton aura semble s’être renforcée tout à l’heure, intéressante..., » dit-elle avec un sourire alors que sa queue se balançait de droite à gauche.

« Eh bien, mes yeux ont changé grâce à une compétence. Cela me permet de voir dans le noir et tout autour de moi. Mon aura a changé grâce à la compétence Dompteur de Dragon, » lui avais-je dit en commençant à me diriger vers le couloir sombre.

Il y avait quelques cristaux fluorescents ici et là, ce qui éclairait un peu l’endroit, mais la plupart d’entre eux étaient au plafond où derrière nous. Il s’agissait de la lumière que j’avais vue lorsque j’étais sous l’eau.

« Que permet cette compétence ? » m’avait-elle demandé en inclinant la tête.

« Peux-tu promettre de ne parler à personne de ça ? » demandai-je en m’arrêtant et la regardant par-derrière.

« Tu peux toujours sceller mes lèvres avec un baiser, mais je vais garder cela secret. Tu as ma parole en tant que Kataryna Georg, ancienne chevalière, » elle hocha la tête et fit un petit salut.

« D’accord, eh bien... ça me permet de devenir ami avec les dragons et en échange de cette amitié, je gagne de la force, de la vitesse, de la dextérité, de la magie et de l’excellence magique, tandis que le dragon obtient la capacité de devenir plus fort plus rapidement. Eh bien, je l’appelle niveau..., » expliquai-je.

« Hm, une capacité utile pour toi, mais les avantages que je reçois sont plutôt minimes. Je n’ai aucun intérêt à devenir plus forte, mais encore une fois... devenir ton ami est beaucoup plus intéressant, » elle sourit et agita la queue un peu plus vite.

« Tant que tu ne me tues ou ne me trahis pas, je suis d’accord avec ça. » Lui dis-je.

« Je ne trahis jamais mes amis. C’est un fait. » Elle hocha la tête. « Hm, maintenant que je te regarde mieux, je pense que la raison pour laquelle je me sens attirée par toi et je te trouve intéressant est à cause de cette compétence Dompteur de Dragon. »

Ses mots m’avaient un peu surpris.

« Que veux-tu dire ? » Lui demandai-je.

« Eh bien, beaucoup de compétences dans ce monde ne sont pas ce que leur nom montre. Il est possible que ta capacité soit sélective quant à la personne pouvant devenir ton ami, et en même temps, elle les attire vers toi subtilement. Le sentiment que je ressens pour toi pourrait être celui émanant de ce trait particulier de cette compétence. Tu es vraiment un homme fascinant et intéressant ! » Rigola-t-elle.

« Je n’y ai jamais pensé sous cet angle... on en apprend tous les jours. » Dis-je.

Après notre petite conversation, nous avons continué à avancer à travers le tunnel. Kataryna prit les devants, car elle pouvait lire les vents et savoir où était la sortie plus rapidement. Pendant que nous le faisions, nous n’avions pas beaucoup parlé, nous nous étions juste dirigés vers la sortie.

Pendant ce temps, j’étais un peu curieux de quelque chose, alors j’avais regardé mon statut.

Nom : Alkelios Yatagai

Espèce : Humain

Niveau : 141

Force : 16 +342 +607,5 +140,5 +1605

Vitesse : 14 +256 +452,5 +178,5 +2111

Dextérité : 20 +257,5 +527 +77,5 +1778

Magie : 16 +200,5 +251 +832,5 +602,5

Chance : 100

Excellence magique : 1 % + 7 % + 8,5 % + 11,5 % + 7,5 %

Compétence : Montrer O/N

En d’autres termes, mes compétences étaient ça :

Force : 2711

Vitesse : 3012

Dextérité : 2660

Magie : 1902,5

Chance : 100

Excellence magique : 35,5 %

En voilà un niveau 141 surpuissant, mais même ainsi, mes statistiques d’origines étaient pathétiques. Quant à la dragonne aux écailles d’argent, ses statistiques étaient encore plus ridicules :

Nom : Kataryna Georg

Espèce : Dragonne supérieure de l’étincelle de glace

Niveau : 1294

Force : 6420

Vitesse : 8444

Dextérité : 7112

Magie : 2410

Chance : 41

Excellence magique : 30 %

Buffs actuels : Dompteur de Dragon multiplie par trois l’absorption d’énergie des morts et lors de l’apprentissage.

Sagesse des anciens : Buff obtenu lors de l’éveil supérieur. Offre à l’individu une nouvelle vision du monde. Augmente l’intuition de la personne. Confère à la personne l’aura d’un sage.

En voyant son statut, je lui avais demandé. « Qu’est-ce qu’un Dragon supérieur ? »

Kataryna se figea et me regarda. « Comment connais-tu ça ? » demanda-t-elle.

« C’est dit sur ton statut, » répondis-je en haussant les épaules.

« Ta capacité, non ? » Demanda-t-elle.

« Oui, » lui répondis-je.

« Soupir... je suppose que ça ne sert à rien de te cacher quoi que ce soit, » dit-elle en se grattant l’arrière de la tête, puis avec un sourire malicieux, elle me dit. « Embrasse-moi, et je te le dirai. »

Je déglutis. « D’aaaacord ? »

Ce n’était pas comme si je n’aimais pas cela, d’ailleurs, je n’étais pas dans une relation stable avec quiconque.

En s’approchant, elle me regarda dans les yeux, puis avait approché ses lèvres. Cette fois-ci, elle n’était pas aussi agitée, mais c’était toujours aussi incroyable. Quand elle se recula, elle se lécha les lèvres et gloussa.

« C’était délicieux, merci. »

« Oui... de rien. » Je ne comprenais pas tout à fait.

« Maintenant, les dragons supérieurs sont ceux ayant une grande affinité avec certains éléments. Par exemple, je suis une dragonne supérieure de l’étincelle de glace. Bien que je puisse aussi utiliser des sorts des ténèbres et des ombres, mes sorts de glace et d’éclair sont bien plus puissants que ceux d’un dragon normal. Si je le voulais, je pourrais invoquer un blizzard pour enterrer toute la ville de Tomeron sous la neige. Je pourrais aussi congeler un lac entier en claquant des doigts, alors qu’un dragon supérieur de flamme pourrait le transformer en vapeur. Il y a peu d’individus spéciaux étant un dragon supérieur d’un élément. Ils sont plus ou moins un mythe, mais on dit qu’ils ont l’éveil le plus difficile, mais qu’ils sont aussi les plus puissants quand ils utilisent leur élément. Quand ils passent l’éveil supérieur, on dit qu’ils ont un pouvoir égal à Dieu en cet élément. Bien sûr, ce ne sont que des rumeurs et très probablement ça ne se réfère qu’à une très haute affinité avec un élément. » Expliqua-t-elle calmement sans rien cacher.

« C’est comme ça que tu as pu geler cette pièce là-bas ! » Dis-je en me souvenant de cette pièce.

« C’était un jeu d’enfant ! » Rigola-t-elle.

« Mais à quel point est-ce difficile pour un dragon supérieur de s’éveiller ? » demandai-je curieusement, en voyant Seryanna dans un tel cas.

« Très dur... Certains disent qu’ils ont des conditions impossibles à remplir. Je n’en ai jamais rencontré un. La plupart du temps, ils sont tués avant de s’éveiller ou ne parviennent pas à le faire et finisse par mourir de vieillesse, » avait-elle expliqué en secouant la tête.

« Tué ? » demandai-je en déglutissant.

« Oui. Comme c’est le cas dans le royaume humain et tous les autres, il y a ces individus qui ne voient pas d’un bon œil quelqu’un avec un tel potentiel. Ils préfèrent risquer une guerre plutôt que de donner à un dragon supérieur l’occasion de s’éveiller, » elle hocha la tête et fit une expression attristée. « Mon dernier ami... il fut victime d’un tel complot. »

« Je suis désolé de l’apprendre. »

« Ne t’inquiète pas, cela s’est passé il y a plus de 500 ans. » Elle me fit un doux sourire, mais je pouvais voir dans ses yeux qu’elle ne s’était jamais remise de sa mort.

Peut-être quelqu’un de très proche d’elle ? Plus qu’un ami ? Me demandai-je alors que nous continuions à marcher.

Environ deux heures plus tard, nous avions finalement atteint la sortie. Il faisait sombre dehors, mais c’était si bon de respirer l’air frais de la liberté.

« Cela a pris beaucoup moins de temps que ce à quoi je m’attendais, » avait déclaré Kataryna un peu surprise.

« Il nous a fallu environ quatre heures pour trouver la sortie de ce labyrinthe ! Quatre heures ! » Lui rappelai-je.

« Oui, normalement, ça aurait dû nous prendre des jours même avec mes compétences, » répondit-elle en secouant la tête.

« Nous sommes juste chanceux, allons chercher Kléo et Seryanna, puis retournons vers Brekkar, donnons-lui le remède et prenons une bonne nuit de repos ! » déclarai-je joyeusement en m’étirant.

« Comment allons-nous les trouver ? » Demanda Kataryna curieuse.

« La compétence Dompteur de Dragon a la capacité de me permettre de suivre l’un de mes amis. Actuellement, c’est sur Kléo, » avais-je dit en souriant.

« C’est comme ça que tu as trouvé mon repère si rapidement. Intéressant. » Elle agita sa queue de gauche à droite.

« Ça doit être par là ! » Dis-je en pointant une direction avec ma main gauche.

« Bien ! Je vais voler et t’amener là-bas. » Dit-elle.

« Hein ? » J’avais cligné des yeux surpris, mais à ce moment-là, Kataryna avait déployé ses ailes et avait décollé.

En quelques mouvements d’ailes, elle était déjà haute dans le ciel avec moi dans ses bras.

« Comment est la vue ? » Demanda-t-elle avec le sourire.

En levant les yeux, j’étais sur le point de dire sexy, mais je m’étais abstenu et lui avais dit : « C’est génial ! Mais ne nous emmène pas au-dessus des nuages, nous avons besoin de voir ce qu’il y a en bas. » Lui dis-je.

« Intéressant. Un humain normal crierait ou tremblerait en voyant cela, mais tu es calme, presque comme si tu en avais l’habitude, » déclara-t-elle en me regardant avec une lueur d’intérêt dans les yeux.

« Eh bien, d’une certaine manière. » Répondis-je en riant maladroitement ?

Et ainsi, nous avions volé vers mes deux autres amies, les dragonnes Kléo et Seryanna. Dans l’ensemble, cette aventure s’était déroulée comme je l’aurai souhaité... aucun de nous n’était mort.

***

Chapitre 21 : Conclusion

***Point de vue de Kataryna***

On aurait pu trouver mon changement soudain de loyauté assez surprenant, peut-être incroyable, mais de mon point de vue, je n’y voyais qu’un manque de compréhension dans ma façon de ressentir et penser. Pour le dire simplement, je n’avais jamais été particulièrement attaché au groupe de bandits les Dagues Jumelles, même si j’étais reconnue comme la chef officielle. Pour moi, ils étaient juste une bande de jeunes incapables de voir le bout de leur queue. Je pouvais les abandonner comme un ongle cassé ou une écaille et rejoindre un autre groupe.

Pour ainsi dire, j’avais rejoint Alkelios Yatagai. Cet humain était très intéressant, surtout avec sa compétence particulière. Dompteur de Dragon semblait changer la façon dont il pouvait interagir avec des amis dragons, ce qui était en soi presque impossible par le passé.

Alkelios suscitait ma curiosité une fois de plus, et c’était la première fois que je ressentais ça depuis que j’étais devenue une éveillée supérieure. On pourrait dire qu’une telle chose était devenue presque impossible, mais cela m’était arrivé, j’en ai été témoin, et c’était génial ! Bien que j’avais encore beaucoup à apprendre à ce garçon sur les baisers s’il planifiait un jour de conquérir le cœur d’une dragonne.

Je pourrai en fait penser à lui faire cadeau d’un œuf avant que quelqu’un ne capture son cœur... ou peut-être que je pouvais conclure un marché avec lui après la fin de cette aventure ? Je suis assez curieuse de voir ou cela mènerait. Pensai-je en volant à travers les cieux avec lui tenant ma main.

Pour la première fois depuis de nombreux siècles, je m’étais sentie bénie avec une nouvelle opportunité. Peut-être un peu d’aventure, et le début d’une nouvelle amitié ? Qui savait où tout ça pourrait mener une vieille comme moi ?

***Point de vue de Seryanna***

Nous avions creusé pendant des heures, et nous n’avions même pas trouvé une trace de lui. J’avais bougé rocher après rocher jusqu’à ce que mes mains soient couvertes de terre et que mon armure le soit de sueur. Même ainsi, je ne pouvais pas abandonner, je ne pouvais pas arrêter. Alkelios était là quelque part et penser à le laisser là alors que je pourrais peut-être le sauver était quelque chose que je ne pouvais supporter ou faire. Ainsi, j’avais continué à creuser et à creuser pour le trouver vivant ou son cadavre.

« Grande sœur, s’il te plaît... nous devons arrêter, il se fait tard, » déclara Kléo avec un ton inquiet, mais je n’écoutais pas.

En regardant mes mains, j’avais compris que je n’aurais pas fait ça pour n’importe qui, Alkelios avait une place spéciale dans mon cœur, et ce serait un mensonge de dire que je pensais à lui que comme un ami. Il avait fait de stupides avances vers moi, il avait fait des blagues inappropriées, mais contrairement à d’autres hommes, contrairement à d’autres dragons, il se fichait de savoir si j’étais éveillée ou non. Pour lui, peut-être que cela n’avait même pas d’importance que je le sois ou non.

« Je ne peux pas abandonner, Kléo... Jusqu’à ce que je l’ai trouvé, je n’arrêterai pas..., » lui ai-je dit, puis j’avais déplacé un autre énorme rocher de sa place et l’avais jeté à côté.

Ma sœur m’avait regardé un moment pendant que je creusais. Jusqu’à présent, elle m’avait aidé, mais ses mains et sa robe étaient maintenant couvertes de terre et elle était fatiguée. Je ne pouvais pas la blâmer, elle n’avait pas la même force que moi ou mon grand-père. Elle était probablement plus faible qu’Alkelios, malheureusement, aucun d’entre nous ne connaissait des sorts de terre pouvant faciliter notre travail.

Pendant que je creusais plus profondément, j’avais prié et avais espéré que je le trouverais vivant, seulement couvert d’un peu de saleté, ce que je n’aurais jamais imaginé était que ce serait lui qui viendrait à moi, mais du ciel, pas du sol.

« Ahoy, en bas ! » J’avais entendu un cri d’en haut.

Surprise par la voix, je me retournai rapidement et levai les yeux vers la voix. Pendant un moment, j’avais cru entendre et voir des choses parce qu’il était là, se dirigeant vers nous porter par la dragonne aux écailles d’argent contre laquelle nous nous battions plus tôt.

« Alkelios ? » Je ne savais pas si ce que je voyais était réel ou non.

Le garçon avait atterri sur le sol et m’avait fait un grand sourire.

« Oui, c’est moi ! » Répondit-il en se montrant du doigt.

Mes yeux avaient fondu en larme, et je ne pouvais pas me contrôler, j’avais sauté dans ses bras et l’avais enlacé.

« Toi ! Idiot ! Je pensais que tu étais mort, » lui ai-je crié dessus.

« Je... ne peux pas... respirer..., » marmonna-t-il.

Relâchant un peu mon emprise, je reculai et le regardai dans les yeux. Il m’avait fait un sourire maladroit et à la fois agacé et heureux de le voir, j’avais fait quelque chose que je n’aurais jamais fait s’il était un autre dragon... je l’avais embrassé.

J’étais mauvaise à ça et je l’avais fait instinctivement, mais je m’en fichais, j’étais juste heureuse de le revoir vivant.

« Inattendu, mais GÉNIAL ! » déclara une Kléo amusée.

« Intéressant, » avait alors dit Kataryna.

***Point de vue d’Alkelios***

De toutes les choses que je m’attendais venant de Seryanna dise ou fasse, le baiser figurait en haut de la liste, mais il était là. Avec cela, je pouvais aussi confirmer que Kataryna était plus douée, mais la rousse n’était pas mauvaise. Alors encore, hé... deux magnifiques femmes m’avaient embrassée aujourd’hui ! Les Dieux pouvaient dire ce qu’ils voulaient, mais j’avais l’impression d’être au paradis, et je ne me souciais pas du fait que ni l’une ni l’autre ne soit ma petite-amie actuelle.

Quand elle se recula, je ne pus que cligner des yeux de surprise. Elle baissa timidement la tête avec le visage rouge vif, elle était si embarrassée qu’elle ne réalisa même pas à quel point elle tenait mes épaules. Je voulais pleurer... de douleur.

« Q-Qu’est-ce qu’il t’est arrivé ? Je pensais que tu étais mort. » Me demanda-t-elle en me regardant puis regardant Kataryna.

« Heu... J’ai en quelque sorte détruit la grotte et fait de Kataryna mon amie, puis nous nous sommes échappés par un passage souterrain... et nous avons volé jusqu’ici, » avais-je répondu en essayant de résumer.

« Amis ? Comment as-tu pu révéler ta compétence à un bandit comme elle ? » demanda-t-elle, surprise.

« Eh bien... heu..., » j’avais essayé de lui donner une réponse, mais à bien des égards, cela aurait pu être vu à la fois comme un geste risqué et très stupide.

« C’est sa compétence qui m’a amenée ici, n’est-ce pas... mon petit, » déclara Kataryna en me serrant dans ses bras et murmurant dans mon oreille gauche.

J’avais dégluti, et Seryanna me lança un regard noir.

Essayons de ne pas parler du baiser... Sinon je verrais de mes propres yeux à quel point le souffle d’un dragon est chaud, pensai-je.

« Oh, ne sois pas si raide à ce sujet. Ce n’est pas un si gros problème ! » déclara Kataryna en se reculant et étirant un peu ses bras.

« Pas un gros problème !? Tu as attaqué et mis le feu à ma maison ! Tu as blessé mon grand-père, kidnappé ma petite sœur, et nous as presque tous tués ! Comment ne serait-il pas un gros problème !? » Cria Seryanna en pointant Kataryna du doigt.

« Parce que ça ne l’est pas. Écoute, si j’étais vraiment sérieuse avec tout ce truc de bandits, j’aurais tué Brekkar et pris sa maison. Si je vous avais combattu sérieusement, je vous aurais tué au moment où vous vous y attendriez le moins, et non en jouant comme je les ai faits en subissant vos attaques, » expliqua Kataryna.

En réalité, elle avait raison à propos de ces choses. La dragonne était une éveillée supérieure. Elle était au-dessus du niveau 1000 et même une dragonne supérieure. En ce qui concernait ses attaques, elle n’avait même pas utilisé une seule attaque de glace ou d’électricité. Si elle le faisait, je doutais fortement de nos chances de survie. En fait, j’avais failli être empalé ou tué d’un coup plusieurs fois. Même ma chance suffisait à peine, donc le résultat aurait certainement été différent si elle avait réellement eu l’intention de nous tuer ou de rendre son groupe plus grand et puissant.

Bien sûr, Seryanna ne savait pas tout ça. Tout ce qu’elle avait pu voir était les effets directs de son attaque et le fait qu’elle était un bandit. Cela lui suffisait pour mettre l’étiquette coupable sur le front de la dragonne aux écailles argentées.

« Je m’en fous ! Tu as attaqué mon grand-père et brûlé ma maison ! » rétorqua-t-elle en dégainant son épée, et la pointant vers la dragonne.

« Hey, maintenant, calme-toi, Seryanna ! » déclarai-je en me mettant entre les deux dragonnes.

« Pourquoi la défends-tu, Alkelios !? Elle a failli te tuer ! » Me rappela-t-elle.

« Oui, mais des choses sont arrivées, tu sais ? Et ce n’est pas comme si elle avait donné l’ordre de brûler le manoir Draketerus pour attaquer Brekkar. C’était quelqu’un de son groupe, » lui déclarai-je, essayant de la calmer.

« Elle te dupe, Alkelios ! Elle a menti pour t’utiliser et rejeter la faute sur quelqu’un d’autre ! » rétorqua-t-elle.

Bien sûr, cela pourrait être ce qui s’était réellement passé, et maintenant elle essayait simplement de trouver une opportunité pour nous tuer, mais si c’était vrai, alors elle aurait pu facilement me tuer, et ensuite furtivement traquer Kléo et Seryanna.

« Je n’ai pas menti. Comme j’ai dit, c’est sa compétence Dompteur de Dragon qui m’a attirée vers lui comme ça vous est arrivé à toutes les deux, » déclara-t-elle en déplaçant son regard vers les deux dragonnes.

« Je ne te crois pas ! » avait déclaré Seryanna.

« Alors, si tu ne le fais pas, crois-moi s’il te plaît... Je ne pense pas qu’elle soit une mauvaise personne... dragonne. Nous sommes en quelque sorte partis du mauvais pied. Pour l’instant, retournons vers Brekkar et guérissons-le, il a besoin de notre attention très bientôt, » suggérai-je en souriant.

« Peux-tu soigner grand-père ? » Demanda Kléo surprise.

« Oui, » j’avais hoché la tête.

« En parlant de ça, tu ne m’as toujours pas dit quel genre de maladie il a. Impuissance ? » Demanda Kataryna.

« Pas que je sache... d’ailleurs, est-ce vraiment la seule chose à laquelle tu pourrais penser ? » Lui demandai-je en lui lançant un regard douteux.

Elle me sourit simplement.

« Quelle est la maladie de grand-père alors, Alkelios ? » Demanda Seryanna.

« Eh bien, d’abord, comme vous pouvez le voir, Kataryna n’en a aucune idée. En fait, elle ne savait même pas qu’il était malade, » déclarai-je en laissant échapper un soupir.

« C’est en effet vrai, » acquiesça la dragonne.

Seryanna plissait les yeux, ne sachant pas vraiment si elle devait me croire ou non. Si j’étais dans sa position, j’aurais probablement pensé que Kataryna jouait, et par peur, que je m’étais mis à côté d’elle. Eh bien, pour être honnête, la dragonne aurait juste à prouver sa loyauté par ses actions plus tard, nous pouvions seulement faire confiance à ses mots et prier pour qu’elle ne nous trompe pas.

« La maladie s’appelle l’Explosion de Berserker. » Leur avais-je dit.

Au moment où elles avaient entendu ce que c’était, il y avait un signe clair de choc et de surprise sur leurs visages. Même Kataryna me regardait avec un front plissé, tandis que Kléo ne semblait pas en connaître la signification.

« Mais... cela ne peut pas être guéri, » déclara la dragonne aux écailles d’argent.

« Si grand-père est atteint de ça... alors... pourquoi m’a-t-il dit qu’il pouvait être guéri avec des Champignons Sanglants ? » demanda Seryanna en baissant son épée et en me regardant le front plissé.

« Cela fait partie d’un remède qui peut soulager les symptômes, mais cela ne peut en aucun cas le guérir, » je leur avais dit ce que le vieil homme m’avait dit.

« Combien de temps ? » Demanda Kataryna.

« Désolé, quoi ? » Je l’avais regardée.

« Combien de temps a-t-il encore ? »

« Heu... deux semaines tout au plus, » leur avais-je dit en haussant les épaules.

En entendant cela, Seryanna se laissa tomber à genoux. Elle avait souffert d’un choc. Ce serait pareil pour moi si j’avais appris que mon grand-père n’avait plus que quelques semaines à vivre. Mais dans mon cas cela serait un cancer ou quelque chose comme ça, et non pas une maladie magique due à l’utilisation excessive de ses canaux magiques. Si je devais aller voir un médecin avec un tel problème, il lèverait un sourcil, me regarderait et me demanderait ce que j’avais bu parce qu’il en voudrait aussi.

« J’ai un moyen de le guérir. En utilisant l’une de mes compétences, Barman, je peux techniquement créer une potion et la lui donner. J’ai juste besoin de la faire monter de niveau et d’apprendre à l’utiliser. Deux semaines devraient être plus que suffisantes, je pense, à moins que nous puissions trouver un grand maître alchimiste quelque part sous peu, » avais-je expliqué.

« Es-tu un grand maître alchimiste ? » demanda Kataryna surprise ;

« Non, c’est juste que l’une de mes compétences est semblable à ça... » Lui dis-je.

« Intéressant. Je suis vraiment heureuse de t’avoir rencontré. Tu es l’homme le plus intéressant que j’ai pu rencontrer au cours des derniers siècles ! Hahaha ! » la dragonne avait ri.

L’ignorant, Seryanna leva les yeux vers moi et demanda d’un ton sérieux. « De quoi as-tu besoin ? »

« Eh bien, un laboratoire d’alchimie pour les débutants. Je vais devoir faire quelques potions simples pour comprendre comment cette compétence fonctionne, alors ça devrait être facile, ainsi que toi en chemise de nuit, » répondis-je en souriant d’un air moqueur.

« Je ne pense pas le dernier soit obligatoire. » La dragonne plissa les yeux vers moi.

« Peut-être, peut-être pas ? » Répondis-je en souriant ;

« Oh ? Alors que dirais-tu si je dors avec toi à partir de maintenant ? Après tout, je me suis déjà décidée à avoir un œuf avec toi, ça devrait être très très intéressant si nous réussissons, » déclara Kataryna et elle avait souri en m’étreignant par-derrière.

« Un o-o-o-o-œuf ? » Demanda Seryanna surprise.

« Elle rigole juste. » Dis-je aux dragonnes en regardant ensuite celle qui m’enlaçait. « Tu rigoles, n’est-ce pas ? »

Kataryna répondit simplement en souriant et agitant sa queue.

« Attends ! Attends ! Attends ! » Dis Kléo.

« Hm ? » la dragonne cligna des yeux et les deux autres regardèrent curieusement la fille gothique.

« Si tu veux avoir un œuf avec ce type, tu dois d’abord faire la queue ! Ma sœur chérie a déjà déclaré qu’elle en voulait un ! » Kléo hocha la tête en disant ça.

« Ça ne me dérange pas, » gloussa l’ancien bandit.

« KLÉO ! » Seryanna avait crié avec ses joues gonflées, et son visage était devenu rouge vif.

« Mais c’est la vérité ! Et toute cette terre sur nous le prouve ! » Elle hocha la tête en mettant ses mains sur son visage.

« J-J-J... Toi ! » La rousse avait été laissée sans voix.

Pour lui épargner des attaques inconfortables de Kataryna, j’étais intervenu dans la conversation et avais dit. « Que dirais-tu de laisser ce genre de conversations pour plus tard, quand nous serions moins fatigués, et moins stressés, car là, je manque de sommeil ? En plus, il y a aussi la question de la guérison qui doit être résolue, et Kataryna doit nous dire s’il y a d’autres bandits qui se cachent ou si celui qui a provoqué tout ça se cache encore ou non. »

« Je n’ai aucune restriction pour divulguer les informations que je connais sur les bandits d’ici. » Kataryna haussa les épaules.

« Tu n’as pas de problème pour trahir tes anciens camarades ? » avait demandé Kléo.

« Ils n’ont jamais été mes camarades pour commencer. Ils étaient simplement là... Je ne sais pas comment les appeler, les grains de poussière ont été attirés vers moi à cause de mon pouvoir ? » dit-elle en inclinant la tête vers la gauche.

C’était un peu méchant, mais c’était aussi une description précise de leur relation. D’après ce qu’elle avait dit et vu comment, elle réagissait, j’étais son premier ami depuis longtemps. C’était un début un peu maladroit pour moi, mais si c’était le cas, j’avais une alliée de force, alors pourquoi pas ?

J’espérais seulement que la partie sur l’œuf était une blague. Je n’étais pas prêt pour être père.

« Je ne t’accepte pas et je ne te fais pas confiance, mais si Alkelios le fait, je le ferais aussi... pour l’instant, » déclara Seryanna en se levant et en jetant un regard noir à Kataryna.

« Seul le temps nous dira si vous pouvez me faire confiance ou non. Il serait stupide de ma part de vous demander une telle chose dès le début. Ce que je peux dire, c’est que tant que vous êtes l’ami d’Alkelios, et que vous n’essaierez pas de lui faire de mal, je vous laisserai même devenir sa première épouse. » Kataryna répondit avec un sourire.

« Entends-tu ça, ma sœur ? Première épouse ! » Kléo riait en disant ça.

« Soupir... Je ne serai jamais la femme d’un humain ! » cria la dragonne rouge, mais nous savions tous qu’elle était juste timide.

Je ne me marierai pas de si tôt ! C’est garanti ! Franchement, est-ce que ces trois-là n’y penseront jamais sérieusement ? pensais-je après avoir senti un frisson courir le long de ma colonne vertébrale au moment où les femmes avaient fait allusion au mariage.

***

Chapitre 22 : Potion de brise de nuit d’un million de morts

Partie 1

Il commençait à faire vraiment sombre à l’approche du manoir Draketerus, mais il ne nous avait même pas fallu trente minutes pour y revenir grâce à la dragonne expresse Kléo. Elle s’était transformée en dragon et elle volait en nous portant sur son dos. Tandis que Seryanna lançait des regards meurtriers à Kataryna, celle-ci ne réagissait pas. Si je devais donner mon avis, je dirais que Kataryna trouvait cela amusant.

Quant à moi… je chevauchais un dragon noir, tout était dit.

« C’est incroyable ! » déclarai-je en regardant autour de moi.

La meilleure façon de décrire le paysage était comme être dans un avion de la seconde Guerre mondiale sans les bruits de moteurs. Le paysage défilait simplement devant moi, me faisant avoir une montée d’adrénaline chaque fois que je pensais que nous allions heurter un arbre. Kléo était douée, mais si Kataryna n’avait pas montré le chemin jusqu’à Tomeron, nous nous serions directement perdus. La dragonne à écailles noires volait dans l’exact opposé de la bonne direction.

« Fufu ! Sois heureux d’être sur moi, sinon tu courrais au sol ! » déclara la dragonne noire.

« Oui ! C’est incroyable ! » déclarai-je en hochant la tête.

« Tu n’étais pas si impressionné quand je te portais, qu’elle est la différence ? » demanda Kataryna.

« Envieuse ? » Kléo tourna sa grosse tête et lui fit un sourire à pleines dents.

« Non, en vérité, curieuse ! » répondit calmement l’autre.

« Eh bien, c’est différent… être sur le dos d’un dragon et se faire porter par quelqu’un donne une impression différente. Je ne pense pas pouvoir l’expliquer, » répondis-je en me grattant la tête.

Il y avait aussi l’expérience avec Jophiel, mais le vol avec elle était plus dangereux et mortel qu’amusant.

« Hm ? » Kataryna n’était pas convaincue.

« Nous y voilà, » annonça Seryanna en pointant du doigt le manoir brûlé.

« Je vais atterrir ! » avait annoncé Kléo.

Nous tenions fermement les écailles présentes sur son dos. L’atterrissage lui-même était facile et sans difficulté contrairement au moment où elle m’avait rencontrée la première fois. L’autre fois, elle était tombée comme une pierre. La première à descendre de Kléo avait été Seryanna, puis moi et enfin Kataryna. Avec tout le monde au sol, Kléo avait repris sa forme humaine.

En ce qui concerne la façon dont les dragons changeaient de forme, c’était plutôt intéressant. Pendant notre vol, Kataryna m’avait expliqué le processus. Ce qui se passait, c’était que leur corps était enveloppé dans une bulle de magie de la couleur de leurs écailles, dans le cas de Kléo, c’était une bulle noire. À l’intérieur, leur corps subissait une rapide transformation, alimentant leurs cellules avec l’énergie magique se trouvant aux alentours. Quand la transformation se terminait, ils apparaissaient sous une forme de dragon de taille normale avec quatre membres et une paire d’ailes, un long cou, des griffes acérées et des écailles de la tête aux pieds. La longueur du bout de leur queue jusqu’à leur nez variait de 20 mètres à 100 mètres. Plus ils étaient âgés, plus leurs corps de dragon étaient grands. Kléo faisait environ 24 mètres de long et une envergure d’environ 80 mètres. À mes yeux, sa taille était impressionnante, mais Kataryna avait dit qu’elle pouvait encore grandir. Elle ne m’avait pas dit jusqu’à quel point elle pouvait le faire.

Pour revenir à sa forme humaine, elle passait par le même processus. L’ensemble du processus n’avait duré que quelques secondes. Pour ce qui concernait leurs vêtements, elles m’avaient juste dit que ça tenait compte de ça et que cela prenait un peu de temps pour ça. Qu’est-ce que ça signifiait exactement, je n’en avais aucune idée, mais peut-être qu’en temps voulu j’aurai l’information. Dans l’ensemble, la forme éveillée était leur vraie forme. Ce fait était encore un peu confus pour moi. De la façon dont je le voyais, les deux étaient leurs vraies formes, incluant celle avant l’éveil.

« Maîtresse Seryanna, vous êtes revenue et..., » la femme de chambre aux écailles bleues qui était venue nous saluer avait vu Kataryna et avait dégluti.

« Nous sommes de retour. Ne t’inquiète pas, pour l’instant… elle ne fera rien. Pas vrai ? » demanda Seryanna en fixant l’autre dragonne.

« Qui sait ? » répondit-elle en agitant un peu sa queue.

J’avais l’impression qu’elle commençait à trouver intéressante l’idée de taquiner la rousse.

« Maître Brekkar est par là, » la femme de chambre avait fait un salut poli et elle ravala sa peur de la dragonne aux écailles argentées.

« Alors, allons vers grand-père ! » déclara Kléo une fois revenue à sa forme humaine, en passant devant nous.

« Je suis sûr que le vieil homme sera heureux de savoir que nous avons ramené ses petites-filles saines et sauves, » déclarai-je avec un sourire.

« Bien sûr, » la femme de chambre avait répondu et avait ouvert la voie.

Quelques instants plus tard, nous étions arrivés dans la partie de la maison qui n’avait pas été complètement brûlée. Là, Brekkar parlait avec un couple de vieux dragons inconnus à propos de quelque chose. Avec le soleil se couchant, tout l’endroit était éclairé par ces pierres magiques spéciales ou par les torches classiques, ici et là.

« Hm ? Seryanna ! Kléo ! Vous êtes en sécurité… et toi ? » déclara le vieil homme en voyant ses deux petites-filles. La gothique était allée étreindre le vieil homme, pendant que la rousse faisait un salut poli.

Son front s’était transformé en un froncement de sourcil en voyant la dragonne d’écaille argentée. Kataryna avait simplement souri et avait regardé autour d’elle. Bien sûr, sa présence ici les déstabilisait, mais elle était revenue avec nous, ce qui indiquait clairement qu’elle n’allait pas tenter une autre attaque contre la vie du vieil homme.

« Alkelios, que fait-elle ici ? » m’avait demandé le vieil homme.

« Eh bien… ! C’est une longue histoire. Pour faire court, elle est devenue mon amie, et elle n’était pas derrière l’attaque. Alors, pour l’instant, s’il te plaît, excuse là ? » avais-je expliqué en m’inclinant un peu.

Brekkar m’avait regardé pendant un long moment pendant qu’il pensait à quoi faire. À la fin, il avait soupiré et avait secoué la tête.

« Tu es un garçon étrange..., » se plaignit-il.

« Il semble bien… hehe, » déclarai-je en me grattant la tête et en faisant un sourire maladroit.

« D’accord, tant qu’elle n’est pas ici pour causer de problèmes, disons que je la pardonne, même si je crains que même en prenant des mesures contre elle, il n’y ait personne ici pouvant la vaincre, » déclara-t-il en la regardant.

« Sauf celui-ci. Il m’a vaincu, » elle avait parlé en ronronnant alors qu’elle enroulait sa queue autour de ma taille.

« Ah ! Arrête ça ! Ça chatouille ! » déclarai-je en m’éloignant.

« Lui ? » demanda Brekkar, surpris.

« Oui, cet humain, » avait-elle confirmé.

Quand elle avait mentionné mon espèce, les autres dragons s’étaient regardés en étant un peu confus, mais ils étaient restés silencieux. J’espérais seulement que ces vieux types ne ressembleraient pas à un vieux conseil essayant de se débarrasser de moi afin de clamer leur supériorité. Fondamentalement, l’absurdité typique que vous pouviez attendre d’un aîné en entendant que quelqu’un faisait partie du camp ennemi. Là encore, si Brekkar m’approuvait et que j’avais « vaincu » Kataryna, je n’aurais probablement pas besoin de trop m’inquiéter pour eux.

« Il a juste de la chance, » Seryanna avait parlé d’une voix faible.

« Très chanceux, » avais-je ajouté en souriant.

Elle avait simplement plissé les yeux vers moi. La dragonne n’était toujours pas heureuse de laisser Kataryna se balader librement. Mais Brekkar avait soulevé le fait qu’aucun d’entre nous ne pouvait l’égaler si elle devenait sérieuse. Si elle était une dragonne normale comme Brekkar, peut-être, mais elle était une dragonne supérieure de l’étincelle de glace, signifiant qu’elle avait un contrôle absolu sur deux éléments. Cela l’avait rendue incroyablement dangereuse.

Transforme tes ennemis en amis, et tu ne craindras plus rien ! avait dit un sage chinois qui sait depuis combien de temps ? pensais-je en regardant la dragonne aux écailles argentées qui s’ennuyait un peu.

Quand elle m’avait surpris en train de regarder dans sa direction, elle m’avait fait un clin d’œil et j’avais détourné le regard.

Ne te souviens pas de ces doux baisers délicieux ! N’y pense pas ! Juste… mais… Hehehe… J’avais secoué la tête et m’étais arrêté de baver avant de mettre en colère une certaine rousse.

« Alkelios, il y a-t-il un problème ? » m’avait demandé Brekkar.

« Non, monsieur ! Non ! » avais-je rapidement répondu.

« Eh bien ! Si elle n’est pas une menace, alors qu’est-il arrivé au groupe des Dagues Jumelles ? » demanda-t-il.

« La plupart d’entre eux sont probablement morts. Ta petite-fille et mon nouvel ami se sont révélés être plus que ce qu’ils pouvaient gérer. Si tu le souhaites, je peux t’indiquer vers les cachettes que je connais, » expliqua Kataryna en faisant un petit sourire.

« Cela nous aiderait beaucoup, merci ! » acquiesça-t-il.

« Grand-père, je ne pense pas que nous puissions lui faire pleinement confiance, » prévint Seryanna.

« Nous verrons, ma chère. Pour l’instant, c’est notre meilleure piste et sachant que leur meilleur combattant est maintenant de notre côté, cela nous aidera à les abattre plus vite, » il hocha la tête et croisa les bras contre sa poitrine.

« Alors, pendant que tes hommes s’occupent de ça, je veux commencer à travailler sur le remède… Euh, quelqu’un saurait où je peux trouver un laboratoire d’alchimie, » demandai-je.

Quand j’avais mentionné le remède, les vieux types se regardaient encore en étant un peu confus.

« J’en ai un dans ma bague de transport, » avait déclaré Kataryna.

« Alors, je vais t’apporter ces herbes. Dis-moi où tu veux le placer, et je vais tout de suite envoyer l’un de mes serviteurs, » avait déclaré Brekkar.

« Toute pièce vide fera l’affaire, » avais-je répondu.

« Bien sûr, il y a encore quelques pièces épargnées par les flammes à l’arrière du manoir, où le feu était le plus faible, » m’avait-il annoncé.

« Bien ! Je vais maintenant y aller ! Euh… au fait, où allons-nous dormir ce soir ? » lui avais-je demandé.

« Soupir… l’auberge, mon ami. Aucune chambre n’a été épargnée par les flammes, » il avait secoué la tête en me disant ça.

« Arg… Très bien, » j’avais acquiescé puis j’avais suivi l’une des servantes tout le long du chemin.

La pièce n’était pas très grande et était poussiéreuse. Une vieille commode était dans le fond, et la porte avait quelques taches noires là où le feu l’avait touché. Sans même un tapis ou un meuble inflammable au niveau de la porte, il n’était pas possible de mettre feu à la pièce. Peut-être un nouveau coup de ma chance ?

« Cet endroit n’a pas été utilisé depuis très longtemps, » avait déclaré la servante.

« Je peux le voir..., » déclarai-je en entrant dans la pièce avec les yeux plissés.

Après avoir ouvert toutes les fenêtres, Seryanna avait utilisé un petit sort de vent pour épousseter l’endroit. C’était comme une légère brise qui soufflait sur tout et poussait le nuage de poussière dehors, sans le laisser s’approcher de nous.

« Où veux-tu le laboratoire ? » avait demandé Kataryna.

« Là-bas, près du mur, » avais-je dit en pointant du doigt.

La bague n’était pas à son doigt, mais attaché à une ficelle autour de son cou. Après l’avoir équipé à son doigt, elle avait ensuite jeté le sort compliqué pour récupérer ce dont elle avait besoin à l’intérieur. La table avec tous ses instruments avait été sortie de la bague et elle avait envoyé le tout vers le mur, où il avait été soigneusement placé. Pas même un seul verre ou une fiole avait été brisé, montrant à quel point la dragonne contrôlait sa magie.

Ce n’était pas la seule chose qu’elle avait récupérée ; un chaudron et quelques tables avec des flacons magiques enchantés et des récipients en verre étaient également sortis et placés à côté de la première installation. Quand tout fut sorti, toute la pièce était pleine de matériel d’alchimie, plus bizarre les uns que les autres.

« Tout ce dont un Grand Maître alchimiste aurait besoin est là ! » déclara Kataryna avec ses mains croisées sur sa poitrine et avec un regard suffisant sur son visage.

« Franchement, je n’ai aucune idée de ce dont un Grand Maître alchimiste a besoin, mais je commence tout de suite ! » déclarai-je avec un sourire en me dirigeant vers la pièce. Puis je m’étais là assis là, les jambes croisées.

« Qu’est-ce que tu fais ? » demanda Kléo, surprise de mon geste.

« Je médite, maintenant, sortez. Shoo ! Shoo ! » déclarai-je en agitant ma main comme si je les poussais.

« Les hommes ont besoin de temps libre, mais si tu as besoin de quelqu’un pour te satisfaire, appelle-moi. » Kataryna m’avait fait un clin d’œil tout en me disant ça.

« Pas CE genre de temps privé ! » rétorquai-je en criant.

« Je ne comprends pas, » déclara Seryanna en fronçant les sourcils.

Kléo et Kataryna avaient placé leurs mains sur ses épaules. Elle laissa échapper de longs soupirs puis secoua la tête.

« Allons, grande sœur… Quand tu grandiras, tu comprendras, » annonça Kléo.

« Que faites-vous toutes les deux ? Qu’est-ce que tu dis ? Cela n’a aucun sens ! » Se plaignit la dragonne rousse alors qu’elle était amenée hors de la pièce par les deux autres filles.

« Quelque chose me dit que j’ai un second farceur à mes côtés… cette fois, je ne peux pas m’arrêter... » avais-je soupiré en ouvrant le menu.

Voyons voir… Je suis niveau 141. La dernière fois, j’étais au niveau 63. 141 moins 63 égaux 55... attends, non, 78. Je gagne une amélioration de compétence tous les 5 niveaux, donc la dernière était au niveau 60, cela signifie, que j’ai 140 moins 60 donc 80 divisé par 5 égal 16. Donc, je peux améliorer mes compétences 16 fois et acquérir 8 autres compétences. En fait, la dernière fois, j’ai seulement utilisé 4 points d’améliorations, laissant avec un total de… 24 améliorations. C’est génial et probablement plus que ce dont j’ai besoin. Bien ! Faisons cela ! Je souhaite acquérir deux compétences, une me permettant de mieux survivre quand je me ferai frappé et une autre m’accordant une sorte d’attaque ou un sort. Pensais-je en ouvrant ma liste de compétences.

La quantité de compétence était toujours impressionnante, mais c’était probablement dû au fait que les autres étaient incapables d’obtenir ces compétences sans gagner 10 niveaux. Grâce à ma compétence Dompteur de Dragon, l’augmentation de puissance était incroyable. En moins d’un mois, j’ai atteint plus de 100 niveaux ! C’est génial !

Maintenant, revenant aux nouvelles compétences dont j’avais besoin, j’ai commencé à regarder autour de moi jusqu’à ce que l’une d’entre elles m’attire. Immédiatement, je l’avais sélectionnée et avec elle, 10 points avaient disparu. Cette capacité était le Hamster Spartiate. J’avais décidé d’ignorer le nom et de chercher la seconde. En moins de cinq minutes à faire défiler les compétences, j’avais trouvé ce dont j’avais besoin et l’avais sélectionné. Ainsi, 10 autres points avaient disparu, et j’avais gagné l’Effet de Tzuika. C’était mal orthographié, mais à ma connaissance de langue roumaine, j’avais pu le traduire. Le résultat était l’Effet de Ţuică.

« Super, je pense que je viens d’acquérir la capacité d’entraîner des hamsters et de me saouler... » Soupirai-je en espérant que ce ne soit pas le cas.

Hamster Spartiate : Compétence passive créant une aura défensive autour de l’individu. 10 % de tous les dégâts physiques sont annulés. 10 % de n’importe quelle attaque magique est absorbée et transformée en magie utilisable pour le possesseur.

Effet de Ţuică : Donne la capacité magique de niveau expert à l’individu. Actuellement contrôle de 2 éléments. La quantité de sorts utilisables avec cette compétence est de 1 pour chaque élément. Sorts disponibles : Boule de feu, Pic terrestre.

J’avais sélectionné les détails pour ces deux sorts.

Boule de feu : Un sort de l’élément feu. Transforme le gaz ou les liquides autour de l’utilisateur en une boule de feu de 1500° Celsius. Alimenter cette compétence avec plus de magie augmentera sa taille et sa température. Coût initial : 25 points de magie.

Pic terrestre : Un sort de l’élément terre. Envoie un flux de magie dans le sol, qui se déplace sous la cible sélectionnée et crée un pic de terre sous leurs pieds. Coût initial : 20 points de magie. Après le premier lancer, le second et le troisième sont instantanés au prix de 20 points de magie chacun. Nécessite des coordonnées précises pour chaque pic.

***

Partie 2

Eh bien... je serai damné ! Je ne sais pas ce qui est plus déroutant : le fait que les sorts aient des noms à consonance normale ou le fait que les noms de ces compétences n’ont aucun rapport avec leur description... Franchement ? Hamster spartiate ? Je penserais à une capacité de combat pas défensif ! Qui pourrait penser qu’un hamster pourrait servir de tank !? Ou l’effet de Tzuika ? Voyons ! Cela aurait dû être une compétence me permettant d’invoquer des boissons alcoolisées gratuites, pas de lancer des sorts ! m’étais-je plaint intérieurement, mais j’étais vraiment heureux des améliorations que ces compétences m’offraient.

J’étais FINALEMENT capable de lancer de VRAIS sorts !

Pourtant, avant que je ne sois capable de lancer des sorts, il était temps de s’améliorer et peut-être améliorer Barman, alors je l’avais monté de deux niveaux. Maintenant pour aller au niveau 3, cela ne m’avait coûté que 14 points de compétences.

Je voulais pleurer, mais je devais le faire pour sauver Brekkar.

J’avais alors pensé à faire progresser ma compétence vers sa version évoluée. Peut-être que cela pourrait m’aider. Quand je l’avais sélectionné, j’avais appris que cela coûtait un total de 5 points pour ça alors que ce n’était pas nécessaire pour le moment, donc je l’avais abandonné l’idée pour l’instant.

Il me restait 46 points, alors j’étais allé sur les nouvelles compétences obtenues et les avais améliorés.

Pour un total de 8 points, j’avais monté au niveau 2 le Hamster Spartiate et l’Effet de Tzuika. Les effets que j’avais reçus de ceux-ci étaient les suivants : 20 % en amortissant des dégâts pour le premier et pour le denier, un nouvel élément et un sort complémentaire des deux précédents. Ainsi, je pourrais lancer maintenant les sorts : Boule de feu, Mur de feu, Pic de terre, Tremblement de terre, Boule d’eau et Mur d’eau.

C’était incroyable, alors j’avais ajouté 8 points supplémentaires dans l’Effet de Tzuika. Maintenant, j’avais aussi l’élément du vent et les sorts suivants : Explosion de feu, Flèche de terre, Canon d’Eau, Brise, Barrière de Vent et Faux de vent.

Après tout, je pourrais dire une chose en lisant les noms de chacun d’eux. Il semblerait que le sens étrange de nommage de l’entité semblable à Dieu ne s’appliquait pas aux sorts. Ce qui était GÉNIAL !

Maintenant, il était temps d’améliorer ma fierté et ma joie : Dompteur de Dragon.

Sans même la moindre hésitation, j’avais commencé à jeter les derniers de mes points de compétences dans celui-ci, en espérant que peut-être que cela me donnerait peut-être plus de points de statistiques.

Ce fut le résultat après avoir dépensé 15 points de compétences.

Dompteur de Dragon Niveau 4 : C’est une compétence passive de type Buff. Lorsqu’un Héros développe une relation amicale ou intime avec un dragon, cette compétence permettra la création d’un lien spécial entre les deux. Le lien est indestructible par toute autre compétence à moins que le Héros ne le veuille. Le Héros gagne 30 % des statistiques du dragon, et le dragon aura la capacité de grandir 5 fois plus vite, peu importe où se trouvait le Héros. Le dragon gagnerait 10 % des statistiques global du Héros à moins de 100 mètres de celui-ci. Avancement 1 : Le héros peut sentir la direction dans laquelle il peut trouver l’ami-dragon sélectionné. Nombre de dragons sélectionné : 1.

C’était... incroyable. J’ai eu un Buff de 30 % en étant ami ! Que pourrais-je souhaiter de plus ? Mais alors je me demandais juste ce que le niveau 5 me donnerait, alors j’ai décidé de voir.

En déglutissant, j’avais dit « Amélioration du Dompteur de Dragon. »

<L’Amélioration coûte 25 points de compétences.>

<ATTENTION ! L’amélioration changera votre espèce en demi-dragon demi-humain en permanence. De nouveaux bonus et compétences seront disponibles avec le changement d’espèce.>

J’avais cligné des yeux alors que j’étais surpris puis j’avais fermé le message, annulant l’amélioration.

Demi-dragon ? Je ne peux pas... Je suis humain, pas un dragon... Si je fais cela, alors même si j’avais auparavant 1 % de chance de revenir dans mon monde, j’aurais une chance de 0 % maintenant... je ne peux pas... c’est effrayant ! Que vais-je faire en tant que demi-dragon ? Les humains me détesteront, et les dragons me détesteront aussi... Il n’y aurait pas de place pour moi... NON ! Cette amélioration je ne peux la faire ! Je ne peux pas abandonner mon humanité ! Je ne suis pas un monstre ! pensais-je, mais quand j’avais pensé le dernier mot, le sourire de Seryanna était apparu dans mon esprit.

J’avais baissé les yeux et avais serré les poings.

Elle n’est pas un monstre, mais elle n’est pas non plus humaine... Moi d’un autre côté, je le deviendrai si je changeai d’espèce... Donc, je ne peux pas faire ça ! Pensais-je en regardant mes points de compétences, j’avais réalisé qu’il ne me restait plus que 15 points.

Même si je voulais l’obtenir maintenant, je ne pouvais pas. Sans hésitation, j’avais placé 8 points dans le Hamster Spartiate, puis j’avais souhaité avoir une capacité m’aidant lors de combat à l’épée, ou ayant quelque chose à voir avec l’escrime.

C’était après tout ma volonté de vivre d’épée et de magie.

« Voyons voir ce que j’ai..., » déclarai-je, mais je n’étais pas aussi excité que je l’étais à l’instant.

Mon esprit revenait à l’amélioration et à ce que cela signifierait de l’obtenir. Beaucoup plus de puissance, c’est vrai... Mais je ne serai plus humain. J’avais peur de cela, de perdre mon humanité.

Il y en avait beaucoup qui auraient sauté sur cette opportunité, mais je n’en faisais pas partie. Je voulais rester humain. Même si cela ne me dérangeait pas d’acquérir des capacités et compétences absurdes au fur et à mesure que je progressais, changer pour une autre espèce n’était pas quelque chose que je souhaitais particulièrement.

En ce qui concernait ma nouvelle compétence, c’était ça :

Style du super chihuahua : confère des compétences d’apprenti pour toutes les armes à lame, à une main ou deux. Confère les compétences suivantes : Charge, Attaque aux dix frappes, Parade, Blocage et Esquive.

Les dernières étaient en fait juste des mouvements basiques et passifs. Elles me permettaient essentiellement de déterminer le bon moment pour bloquer, parer, ou esquiver les attaques d’escrimeurs apprentis.

J’avais amélioré cette capacité une fois. Cela m’avait permis d’accéder aux compétences : double saut, Attaque aux cent frappes, Riposte de la Dance de l’Épée et Provocation.

Bien qu’elles soient très intéressantes, la dernière fonctionnait essentiellement contre les monstres, et la Riposte de la Dance de l’Épée était une compétence passive me permettant de contrer, bloquer, ou parer les frappes de l’ennemi. Donc au lieu d’esquiver l’épée, je déplacerais ma lame contre celle de l’ennemi et la pousserait sur le côté, loin de moi.

Avec ça, il ne me restait plus qu’un seul point de compétence dont je n’avais pas vraiment besoin.

Tout ce qui restait maintenant était de tester ces compétences et de commencer à préparer l’antidote de Brekkar, mais pas avant de faire une liste de ce dont j’allais avoir besoin.

« Voyons voir..., » déclarai-je en regardant autour de moi puis en réalisant que la servante avec le sac d’herbe n’était pas encore arrivée.

Quelques minutes plus tard, elle avait frappé à la porte. Je l’avais pris et l’avais immédiatement ouvert pour vérifier ce qui était à l’intérieur. Sur l’une des tables, j’avais séparé les plantes nécessaires pour la guérison et celles que je pouvais utiliser pour tester cette compétence : Barman.

« Il me manque quelques plantes..., » déclarai-je en me grattant la tête.

Il manquait beaucoup d’herbes, et je savais qu’elles allaient se trouver dans la forêt Seculiar.

« J’ai besoin de leur aide, » avais-je hoché la tête.

Faisant une liste mentale de ce dont j’avais besoin, j’avais vérifié tous les ingrédients pour mes expériences et ceux pour le remède de Brekkar. Une fois que j’en avais fini avec ça, j’étais sorti de mon laboratoire et j’étais allé à l’endroit où Seryanna, Kataryna et Kléo appréciaient une tasse de thé noir lors d’un concours de regard. La dragonne à écaille argentée gagnait.

« Les filles, j’ai besoin de votre aide, » déclarai-je en souriant.

« Qu’as-tu besoin ? » avait demandé Kataryna.

« Plus d’herbes. Voici la liste, j’en ai fait des copies, » déclarai-je en leur remettant à chacune une copie. « Vous pouvez les trouver dans la forêt Seculiar, j’ai déjà utilisé ma chance pour que vous les trouviez. Pouvez-vous aller les chercher pour moi ? » leur avais-je demandé. « Faites-le, et je vais faire quelque chose de savoureux pour vous ? » déclarai-je en ajoutant un pot-de-vin.

« Savoureux ? Marché conclu ! Mais je vais juste obtenir celles-ci ici... je ne peux pas aller trop profondément dans la forêt avec ma force, » avait déclaré Kléo.

« Je peux obtenir celles-là. J’ai juste besoin de chercher des plantes étranges attirant mon regard, n’est-ce pas ? » demanda Seryanna.

« Heu... oui, d’une certaine manière. J’ai fait un souhait un peu plus complexe et tu n’auras pas besoin de te soucier de leur forme, » j’avais souri et elle avait plissé les yeux vers moi.

Ai-je dit quelque chose d’étrange ? Me demandai-je.

« Alors, je présume que je suis celle devant s’occuper des plus... difficiles à obtenir ? » Kataryna leva les yeux et me regarda. « Pourtant, même si tu souhaites que nous les trouvions, je doute fortement que nous puissions immédiatement les trouver. Cela pourrait prendre des semaines, peut-être des mois pour en trouver certaines, » remarqua-t-elle en désignant le cauchemar sanglant sur la liste.

« Tu les trouveras en un rien de temps, ne t’inquiètes pas, » lui avais-je dit en souriant. « Si tu ne les trouves pas dans les quatre prochains jours, reviens ici et j’irai les chercher, » lui annonçai-je.

« Je les trouverai, » déclara Kataryna en saisissant la liste et se levant de la chaise confortable.

« Je trouverai les miennes avant toi ! » déclara Kléo en lui tirant la langue.

« Petite sœur, ce n’est pas poli, » l’avait averti Seryanna.

« Tu as juste peur que je puisse finir ma tâche en première ! » déclara Kléo en souriant puis s’enfuyant.

« Alors, que diriez-vous d’un pari ? La première à ramener leurs herbes recevra un baiser d’Alkelios ? » suggéra Kataryna en regardant Seryanna avec un sourire.

« Quoi ? Ça... Quelque chose comme ça ! » Seryanna avait fortement rougi.

Puis, serrant les poings, Seryanna me lança un regard noir et déclara. « Ne laisse pas cette fille finir en première ! Pas de tricherie ! » Et elle avait commencé à courir.

« Eh bien, maintenant... Je suppose que je devrais aussi aller travailler, » clignai-je des yeux en étant surpris.

Pour la récompense savoureuse, j’avais demandé aux femmes de ménage de m’apporter un tas de fruits. J’allais préparer de la confiture. Cinq années de suite, maman m’avait forcé à aider dans la cuisine pendant qu’elle préparait de la nourriture traditionnelle, y compris de la confiture. Certaines de ces recettes avaient été littéralement martelées dans mon cerveau après cette expérience.

***

Partie 3

***Point de vue de Brekkar***

De penser qu’un jeune comme Alkelios puisse connaître le remède à ma maladie incurable. Si quelqu’un m’avait dit il y a un siècle qu’un humain viendrait un jour chez moi et me sauverait la vie et courrait après la queue de ma petite-fille, je lui aurais rempli la bouche de cactus.

Néanmoins, c’était la vérité…

La partie étrange avec lui, c’était qu’Alkelios était maintenant mon ami et également celui qui avait fait quitter de sa vie de bandit la dragonne nommée Kataryna Georg. Dans un royaume, ceux avec un pouvoir supérieur à 1000 étaient très recherchés. Les nobles et même le roi faisaient de grands efforts pour acquérir leur loyauté. Les tuer était considéré comme une énorme perte pour le royaume. Ainsi, les « méfaits » de Kataryna seraient plus ou moins considérés comme inexistants par la plupart des officiels tant qu’elle serait de notre côté.

Outre le roi, il en existait un maximum de 16 ayant atteint l’éveil supérieur. J’en faisais partie avant que cette maladie ne me frappe et me ramène à une vie de mortel. Si Alkelios me guérissait, alors j’avais encore une chance d’offrir mes services au roi… Et de penser que celui nous aidant nous, les dragons, soit l’un de nos ennemis, un humain.

Cependant, je commençais à m’inquiéter de ce soi-disant remède.

Ça faisait environ quatre jours depuis qu’il avait envoyé mes petites-filles et l’ancien bandit chercher les herbes. Depuis lors, mes serviteurs me rapportaient que d’étranges choses se passaient dans le laboratoire du garçon. Je l’entendais aussi ricaner, puis il y avait des explosions. De temps en temps, quelque chose explosait et se cassait, ou était jeté par la fenêtre. Heureusement pour lui, ces flacons avaient été enchantés afin de résister à de telles choses. Cela me faisait me demander si je devais lui faire confiance pour la guérison de ma maladie ou non.

« Maître, pouvez-vous dire à cet humain d’arrêter ? Hier, il a laissé tomber une fiole bizarre avec des trucs étranges et blancs sur moi ! Maintenant, ma peau est devenue verte ! » Se plaignit l’une de mes servantes.

En effet, sa peau était aussi verte que de l’herbe.

« Je suis désolé, mais je ne peux rien faire. Le garçon veut simplement s’améliorer pour créer le remède pour ma maladie… S’il te plaît, ne regarde pas les… inconvénients, » lui avais-je dit en faisant un sourire forcé.

BOOOM !

Quelque chose avait explosé si fort que même moi j’avais sursauté.

« Ce n’était pas moi ! » avait crié Alkelios de l’extérieur du manoir.

BOOOM ! BOOOM ! BOOOM !

« OK… là, c’était de ma faute… Outch..., » déclara-t-il. Et alors, je m’étais précipité vers la fenêtre.

Pendant un moment, j’avais pensé que mon cœur allait s’arrêter. Par les Dieux ! Je ne savais pas ce qui allait me tuer, la maladie ou ce garçon avec ses potions !

En regardant par la fenêtre, je l’avais vu retourner au manoir. Son corps dégageait une étrange fumée verte et ses cheveux étaient roses. S’arrêtant devant moi, il leva un doigt et ouvrit la bouche.

« Ne jamais mélanger le riz de Tiber avec du vert de Zerdrak... » En partant comme si de rien n’était.

« Riz de Tiber et vert de Zerdrak ? » déclarai-je en fronçant les sourcils.

Je n’avais jamais entendu parler de ces deux herbes dans toute ma vie… Qu’est-ce que ce garçon concoctait dans son laboratoire ?

« Ah ! Ma peau est de retour à la normale ! » La servante avait bondi de joie, et je ne pouvais que soupirer.

***Point de vue d’Alkelios***

S’il y avait une chose que je devais apprendre avec cette compétence Barman, c’était que c’était un peu difficile à utiliser. Petite note personnelle, le fait de suivre les recettes rendait les choses beaucoup plus simples, mais en fait, trouver la bonne quantité était un cauchemar. Pour certaines des potions les plus simples, j’étais capable de les créer facilement, mais les plus dures étaient compliquées à faire, mais je m’améliorais à un rythme surprenant, très probablement en raison de la compétence. Quand il s’agissait d’utiliser un couteau, j’étais un maître. Je faisais toujours des coupes parfaites, mais utiliser la balance n’était pas simple.

La compétence me montrait les étapes de la recette, mais la quantité était donnée en grammes, alors que les dragons avaient un symbole étrange nommé merk, qui valait environ 1,25 gramme. Étonnamment, seule l’alchimie utilisait cette unité de mesure du poids. Soit cela, soit Kataryna m’avait offert de vieux outils n’étant pas à jour pour les nouveaux systèmes de mesure.

Les deux premiers jours, je les avais utilisés pour créer des potions simples et trouver les bonnes quantités. Cela étant dit, qui savait que l’on pouvait faire exploser des choux ? D’un autre côté, j’avais réussi à mieux faire la confiture.

Eh bien, la plupart de ces choses n’étaient rien de plus que des blagues. Leur utilité en combat réel était proche de zéro, mais peut-être un farceur habile saurait en faire bon usage. De toute façon, ils ne feraient pas partie de mon arsenal d’armes.

Environ 6 jours après que j’avais envoyé les filles pour m’apporter les herbes, elles étaient finalement revenues avec toutes les herbes. Kataryna et Seryanna étaient à bout de souffle et semblaient avoir traversé l’enfer avant de revenir. Elles étaient sales, et leurs armures en lambeaux. Bien sûr, elles portaient des vêtements différents que ceux qu’elles avaient quant nous étions allé chercher Kléo. L’armure de Seryanna était endommagée à divers endroits. Pour celle de Kataryna, disons qu’elle avait cessé de servir d’armure au moment où elle avait été désintégrée à suite à l’attaque d’un certain Phœnix. En parlant de cela, elle avait réussi à terminer sa tâche avant la fin de la journée. Je n’avais aucune idée de comment elle avait fait, mais apparemment elle était responsable de rumeurs en ville sur quelque chose à propos d’ombres fantasmagoriques se déplaçant dans les bois. Je ne lui avais pas demandé, et avais simplement joué l’imbécile innocent. Ce que je n’en savais pas ne pouvait me blesser, surtout quand il s’agissait de fantôme.

« Alors ? Qui a gagné ? » demanda Kataryna en balançant sa queue de gauche à droite.

J’avais le sentiment qu’elle aimait la recherche des herbes.

« Qui ? » demanda Seryanna en plissant les yeux vers moi.

« Euh… personne. Vous êtes arrivées toutes deux en même temps, » déclarai-je en haussant les épaules et regardant les herbes.

« Alors… je vais faire ça ! » déclara Kataryna d’une voix agacée.

Au moment où j’avais regardé vers elle, j’avais vu une scène très rare et sexy… La dragonne d’argent attrapa la tête de la rousse avec les deux paumes et lui donna un baiser, elle avait simplement abasourdi la chevalière en agissant ainsi. Je haletais aussi parce que je n’avais jamais pensé que la dragonne aux écailles argentées ferait quelque chose d’aussi scandaleux que ça.

« Je vais donner mon accord pour ça ! » déclarai-je avec un sourire perverti.

« Hihihi! » Kataryna m’avait fait un clin d’œil.

« Qu’est-ce que c’est !? » cria Seryanna alors qu’elle me jetait un panier vide à proximité.

En utilisant Esquive, j’avais pu éviter le panier, tandis que Kataryna continuait la blague et avait giflé le derrière de la rouquine.

« Hey ! » La rouquine avait crié.

La dragonne argentée avait ignoré ça et était partie, balançant ses hanches de gauche à droite.

En faisant la moue, Seryanna m’avait fait un regard noir puis elle était partie.

J’avais souri et étais retourné à mon travail. Bien sûr, j’avais dit à la femme de chambre de leur offrir une partie de la confiture que j’avais préparée. Apparemment, Brekkar l’avait trouvé délicieuse.

Environ un jour plus tard, j’avais finalement réussi à créer la potion. C’était très compliqué de la faire, d’autant plus que j’avais gâché le premier essai en éternuant. En utilisant ma compétence de Barman, et après avoir appris la bonne quantité, j’avais été capable de la créer.

La potion de brise de nuit d’un million de morts était très compliquée à créer, car elle nécessitait en fait quatre potions différentes pour être créée, puis je devais les mélanger comme on le ferait pour une boisson alcoolisée. Mélanger le résultat avec une cuillère d’argent, puis y faire tremper une racine de rosette pendant deux heures, et après ça, elle était prête à être consommée.

« Voilà ! » avais-je dit à Brekkar avec un grand sourire.

« Alkelios ? Qu’est-ce que c’est ? Il est trois heures du matin… on ne peut pas faire ça plus tard dans la mâtinée ? » avait-il demandé.

« Non ! Une fois brassée, tu bois ! C’est la règle ! » déclarai-je en hochant la tête.

« Arg… Est-ce que je dois vraiment la boire ? » demanda-t-il en haussant un sourcil.

« Oui ! » répondis-je en hochant la tête plusieurs fois.

Il jeta un coup d’œil à la boisson suspicieuse puis de nouveau vers moi.

« Vrai de vrai ? » Avait-il demandé.

« Demande encore une fois, et j’appelle Kataryna ici pour te tenir tranquille, et je te le ferais boire directement, peu importe que tu le veuilles ou non. Je suis resté debout pendant trois nuits d’affilée pour la faire… ne plaisante pas face à un alchimiste fatigué, » lui avais-je dit en lui faisant un regard noir.

En fait, juste deux jours, les premières parties étaient prêtes quand Kataryna et Seryanna étaient apparues, mais… qui compte ? pensai-je.

« Arg… » Brekkar était réticent, mais il avait pris la potion et l’avait bue.

C’était un peu trouble et cela avait probablement un goût horrible, mais qui s’en souciait ? Il y avait tous les ingrédients nécessaire, et plus important, c’était la potion finale.

« C’est..., » avait-il dit.

« Très bien, maintenant, tu dois juste dormir. Quand tu te réveilleras, ton corps devrait être guéri… Euh ! Tu n’as pas de problème quant à la croissance des seins ou par rapport au fait d’avoir une main supplémentaire qui sort de ton ventre ? » lui demandais-je en riant. « Bah ! De toute manière, tu t’y habitueras. » Je m’étais retourné avec un sourire espiègle, puis j’étais sorti.

« Quoi ? Seins ? Une main supplémentaire ? Qu’est-ce que tu as mis là-dedans au nom des Dieux ?! Alkelios ! Hey ! Je te demande de me répondre ! Arg… je ne me sens pas trop bien..., » et il était tombé au sol.

« Tout comme je l’avais prévu, bien que… je devrais probablement l’amener dans son lit, » déclarai-je en revenant vers lui.

***

Chapitre 23 : La fuite de la rouquine

Deux jours après que Brekkar ait consommé l’étrange potion que j’avais préparée, il était plein d’énergie comme un enfant une journée d’été. La potion fonctionnait parfaitement et réparait ses canaux magiques, éliminait le vortex engloutissant sa magie et le transformant en une bombe à retardement.

« Je me sens bien ! » déclara le vieil homme en s’entraînant avec Seryanna dans la cour.

« Je reconnais ce grand-père. La potion d’Alkelios fonctionne vraiment ! » déclara la rousse avant de bloquer l’une des attaques de Brekkar.

En sautant à gauche, elle avait roulé et avait jeté une simple boule de feu sur lui. Il l’avait coupé en deux après avoir infusé son épée avec de la magie. C’était une compétence que je devais encore comprendre, mais on pouvait apparemment l’utiliser pour plusieurs choses.

« Hahaa ! Est-ce tout ce que tu as ? » demanda le vieil homme avant de devenir flou.

Voyant cela, Seryanna se retourna et leva son épée, bloquant l’attaque du vieux dragon qui venait par derrière.

Qu’est-ce qu’il vient de se passer ? me suis-je demandé en regardant un peu surpris.

« Oho! Tu peux bloquer ça ? Très bien ! Très bien ! » il semblait s’amuser.

Reculant, Brekkar concentra sa magie dans sa paume gauche et la pointa vers la dragonne. Elle leva son épée et l’infusa de magie. Au moment suivant, une tornade se forma dans sa main et se dirigea droit vers Seryanna. Utilisant sa lame, elle l’avait poussée en avant et l’avait coupée en deux, mais quand l’attaque avait été coupée en deux, le vieil homme n’était plus là.

Il était trop tard, mais au moment où elle réalisa qu’il était derrière elle, Brekkar souriait et pointa son épée vers elle.

« Tu as gagné, grand-père, » déclara la dragonne en s’inclinant un peu.

« Oui, je l’ai fait, n’est-ce pas ? » Il sourit puis il avait pris une pose : les mains sur ses hanches, poussant sa poitrine en avant, et nous faisant un sourire confiant.

« C’est incroyable, grand-père ! » avait déclaré Kléo depuis à côté de moi.

« Au début, je ne croyais pas vraiment que tu puisses le faire, mais il semble que j’avais tort. Je n’ai jamais pensé pouvoir voir quelqu’un avec l’Explosion du Berserk guéri. La potion n’est pas facile à faire, mais grâce à elle, tu pourras gagner beaucoup de prestige, » déclara Kataryna en hochant la tête.

« Euh, je m’en fiche pas mal, » répondis-je en haussant les épaules.

Habituellement, de telles choses vaudraient la haine des autres nobles, en mettant une grosse prime sur ta tête. À moins d’avoir la force de se protéger, il était préférable de rester discret. Après tout, il était facile de me kidnapper, de m’enfermer dans une cellule, puis de me forcer à créer toutes ces potions, surtout s’ils envoyaient des dragons avec un niveau supérieur à 1000.

Après la bataille, nous avions déjeuné, mais puisque la salle à manger était en pleine réparation nous prenions un pique-nique. Une couverture avait été placée sur l’herbe, nous étions assis dessus, et une servante nous avait apporté de la nourriture dans un panier. La nourriture était simple, surtout des sandwichs, mais nous n’avions pas demandé de spécialités non plus. Nous aurions pu retourner à l’auberge et attrapé quelque chose là-bas, mais nous n’avions pas envie de faire le voyage.

Au cours des derniers jours, tout le monde avait dormi à l’auberge. Pendant que je faisais mes expériences, j’avais fini par somnoler dans le coin du laboratoire, bien que, à deux reprises, je m’étais retrouvé dans les bras de Kataryna. Comment était-elle arrivée là? je pouvais plus ou moins le deviner, mais la chemise de nuit sexy et blanche semi-transparente qu’elle aimait porter me donnait toutes sortes d’idées. Au moins, elle n’avait pas fait plus que ça.

J’avais découvert au cours des derniers jours qu’elle était plutôt étrange. Même si elle interagissait à peine avec les autres dragons de la maison, ils semblaient tous être conscients de sa force et se tenaient à l’écart de son chemin. Entre elle et Seryanna ou Brekkar, seules des étincelles pouvaient voler, mais elles ne se battaient jamais sérieusement. À mes yeux, elle était juste une autre femme qui s’occupait de ses propres affaires et qui parfois, s’adonnait aux miennes. Elle n’était pas énervante, mais elle donnait l’impression qu’elle en savait plus qu’elle ne laissait paraître. Si je devais donner une raison à cette impression, c’était peut-être à cause de son aura ?

Les visites de Seryanna dans la nuit n’avaient jamais eu lieu, et je n’avais pas triché en les souhaitant, mais elle passait de temps en temps au laboratoire, sans pour autant intervenir. Je pouvais dire ça parce que j’avais ma compétence sur elle. En parlant de ça, une fois que j’en avais fini avec la potion de Brekkar, j’en avais fait quelques autres pour les tester et voir ce que j’obtiendrais. J’avais passé le plus clair de mon temps comme ça.

Environ deux semaines après que le feu ait brûlé le manoir Draketerus, il avait finalement été reconstruit grâce à l’aide de tout le monde en ville. Les meubles et objets les plus chers n’étaient pas encore arrivés, car ils devaient être importés de la capitale, mais jusque là, on avait des meubles simples que les artisans en ville pouvaient fabriquer.

La vie était simple et calme. Avec les différentes protections ici, aucun bandit n’avait osé bouger. Le groupe des Dagues Jumelles avait été dissous et tous les membres étaient traqués. Celui ayant planifié l’attaque avait été tué dans la grotte. Il était l’une des victimes accidentelles de Kléo. Quand Kataryna nous avait donné sa description, la dragonne gothique nous avait dit qu’elle l’avait déjà achevée.

Bien que c’était quelque chose de chanceux, et avec ça, toutes les branches des Dagues Jumelles avaient disparu. Les choses pourraient enfin revenir à la normale. Il ne me restait plus qu’à me trouver une place dans ce monde.

Pendant un moment, je croyais que rien ne changerait, mais je savais que ce n’était qu’une illusion, une paix attendant d’être brisée.

***Point de vue de Seryanna***

Depuis que Kataryna était venue dans la maison de mon père, elle n’était rien d’autre qu’une plaie. Quand j’avais essayé de m’approcher d’Alkelios, elle s’était mise sur mon chemin. Je pouvais passer de moins en moins de temps avec lui, mais encore une fois... pourquoi voudrais-je passer du temps avec lui ?

Pour être honnête, j’avais réalisé que mon cœur battait pour lui. Il avait guéri mon grand-père et m’avait aidée quand j’en avais besoin. Au lieu de fuir cette bataille, il était revenu se battre à mes côtés avec le peu de force qu’il possédait.

Quand je lui avais dit cela, mon grand-père avait été surpris. Il avait dit que normalement, un humain comme lui aurait dû essayer de s’enfuir. Même un dragon éveillé se serait enfui à la première possibilité, attribuant tout ça à son manque de force. C’était vrai, ceux qui étaient faibles ne se battaient jamais contre ceux plus forts. C’était logique, mais en même temps, on croyait que s’enfuir pour se battre un autre jour était mieux que de mourir lors d’un combat sans espoir. Pourtant, même ceux étant faibles pouvaient vaincre quelqu’un de plus puissant s’ils se regroupaient.

Mon combat contre Kataryna en était une preuve. Même avec l’aide de Kléo, je n’aurais pas pu gagner, mais quand Alkelios nous avait rejoints, avec le peu de force et la chance qu’il avait, nous avions réussi à gagner.

Si Alkelios s’était enfui à ce moment-là... nous aurions pu mourir...

De cela, j’étais pleinement consciente.

C’était la raison pour laquelle je voulais parler avec lui en privé. Jusqu’à présent, il avait fait plusieurs allusions au fait de devenir mon petit-ami, eh bien... Maintenant, je n’avais aucune raison de dire « non ». S’il me voulait, nous pourrions peut-être essayer et voir comment les choses se déroulaient, mais à cause de Kataryna, je n’avais pas eu l’occasion de le faire. Elle était avec lui, même la nuit.

Eh bien, je croyais qu’un de ces jours, j’aurais l’occasion de parler avec lui, après tout, elle ne serait pas toujours là. Malheureusement, quelque chose avait changé.

C’était environ deux semaines après que nous ayons sauvé Kléo, grand-père avait reçu une lettre m’étant destinée. Sans tarder, il m’avait appelée dans l’une des salles nouvellement reconstruites de notre manoir.

« Seryanna, content que tu sois venu ici. C’est pour toi, » m’avait-il dit.

J’avais plissé mon front et avais pris la lettre. Le sceau de cire royal était dessus, signifiant que seul un membre de la famille royale pourrait m’avoir envoyé cela. C’était une lettre officielle, et l’expéditeur ne pouvait être autre que mon maître, la troisième princesse Dragon du royaume d’Albeyater.

Malheureusement, j’étais loin d’elle, sinon, elle aurait utilisé mon armure pour me prévenir. Après l’attaque de Kataryna, elle était endommagée, mais peut-être que le lien télépathique était encore fonctionnel. Une fois que j’aurais atteint la capitale, j’avais prévu de faire réparer mon amure.

Ma chère chevalière, Seryanna Draketerus ;

Je t’envoie cette lettre pour t’informer du prochain tournoi organisé par la famille royale. En tant que chevalière, ta présence est obligatoire. Je sais que tu es à Tomeron pour aider Sire Brekkar avec sa maladie, et j’espère que cette lettre n’arrive pas à un moment inopportun. Le roi a aussi demandé ta présence cette fois, sinon, je t’aurais excusée de tournoi.

J’espère que ton retour à la capitale sera paisible.

Troisième princesse du royaume d’Albeyater, Elleyzabelle Sojourn Syendaugher.

J’avais plié la lettre et avais fermé les yeux. Dans mon esprit, j’avais répété ce qui y était écrit encore et encore, mais c’était clair, le moment pour moi de partir de cet endroit. C’était beau tant que ça durait. Maintenant, je ne pouvais que me demander quand je serais capable de revenir.

Étant l’une des seules chevalières d’Elleyzabelle, je ne pouvais négliger mon rôle à ses côtés.

Peut-être que ça n’avait jamais été fait pour Alkelios et moi d’être ensemble. Il restera mon ami, et avec Kléo et Kataryna à ses côtés, je suis sûre qu’il deviendra un puissant individu, peut-être même atteindre le niveau d’éveillé supérieur par ses propres moyens. Pensais-je en laissant échapper un soupir.

« Que vas-tu faire ? » demanda mon grand-père.

Même sans la lire, il savait déjà de quoi parlait la lettre, après tout, il en avait reçu beaucoup tout au long de sa vie.

« J’ai besoin de retourner aux côtés de mon maître, mais..., » j’avais baissé les yeux. « Grand-père, peux-tu garder le secret jusqu’à ce que je sois loin de Tomeron ? » lui avais-je demandé.

« Tu ne veux pas qu’Alkelios le sache ? » demanda-t-il en levant un sourcil.

« S’il te plaît ? » lui demandais-je en faisant un sourire.

« Soupir... Je le ferai, mais ce garçon ne va pas aimer, » il baissa les yeux et secoua la tête.

« Ce n’est pas quelque chose dans laquelle je souhaite l’impliquer. Merci, grand-père. »

« Seryanna, peut-être que je me trompe, mais... est-ce que tu essaies de t’éloigner de lui ? » m’avait-il demandé en me donnant un coup sur la tête.

« Je suis une chevalière, mais aussi une femme... Je souhaite partir avant de faire une erreur. En plus, il a Kataryna..., » répondis-je en me retournant pour partir.

« Je ne vais rien dire, c’est ton choix, mais... je ne pense pas qu’ils aient ce genre relation de ce que je peux en voir, » déclara-t-il avant de fermer la porte.

Après avoir quitté la pièce, j’avais pris une profonde inspiration et j’avais regardé la lettre pliée dans ma main.

Je dois partir..., pensai-je en allant faire mes valises.

La seule chose pour laquelle je devais m’inquiéter était sa capacité de suivre, mais tant que je partais rapidement, il ne pourrait pas l’utiliser sur moi. Du moins, c’était le plan, et je savais que c’était mauvais de ma part de m’enfuir comme ça, mais j’étais certaine qu’il comprendrait.

Les adieux devront attendre encore une fois... Peut-être me pardonneront-ils si je pars sans rien dire.

« Soupir... J’espère qu’il va..., » m’étais-je dit dans un murmure.

***Point de vue d’Alkelios***

« Que veux-tu dire par : elle n’est pas là ? » demandai-je à Brekkar.

« Elle est partie il y a quatre jours, » m’avait-il annoncé.

J’avais cligné des yeux surpris. C’était la première fois que j’en entendais parler.

« Il y a quatre jours ? Pourquoi ? » avais-je demandé.

« Une lettre officielle de son maître est venue, la rappelant à la capitale, » il soupira et regarda par la fenêtre.

« Pourquoi ne me l’as-tu pas dit plus tôt ? Pourquoi as-tu attendu si longtemps ? » l’avais-je interrogé.

« Alkelios, tu es mon ami, et tu as ma gratitude pour m’avoir guéri. C’est quelque chose que je serai probablement incapable de te rembourser dans cette vie, mais quand il s’agit de questions royales et de ma petite-fille, je ne peux refuser, » déclara-t-il en secouant la tête.

« Demande de... Tu veux me dire que Seryanna t’a demandé de ne pas m’en parler ? » lui demandai-je.

Pourquoi voudrait-elle que je ne sache pas ça ? Si elle ne voulait pas que je vienne, elle aurait pu me le dire directement ! À quoi pense-t-elle ? Est-ce que toutes ces dernières semaines ne signifiaient rien pour elle ? m’étais-je demandé en essayant de contenir ma colère.

Pourtant, Brekkar avait raison. Je n’avais pas mon mot à dire quant à ce qu’elle faisait ou décidait, malgré tout, je me sentais un peu trahi... De la façon dont je voyais les choses, elle n’avait absolument aucune raison de me garder ici sauf si elle avait honte de moi. Eh bien, j’étais un humain, et ma connaissance des bonnes manières de dragons était un peu dépassée...

« Elle m’a demandé de garder ça secret, oui, mais seulement jusqu’à ce qu’elle soit assez loin de Tomeron. À présent, elle est dans la ville d’Ihtyar. Si tu pars maintenant, je doute que tu puisses la rattraper avant qu’elle n’atteigne la capitale, » Brekkar soupira et secoua la tête.

En d’autres mots, une fois dans la capitale, je n’avais plus aucun moyen de la rattraper. Si je le faisais, qu’est-ce que je pourrais lui dire ? Pourquoi devrait la poursuivre ?

Arg... je peux juste l’ignorer ? pensais-je.

« Eh bien, que vas-tu faire, Alkelios ? » Kataryna m’avait demandé ça avec un ronronnement alors qu’elle enroulait ses bras autour de moi et me serrait par-derrière.

« Je ne sais pas..., » répondis-je honnêtement.

« Je dis que tu vas la suivre, » elle avait souri en me disant ça.

« Tu n’es pas contente d’avoir une concurrente en moins ? » demandai-je en haussant un sourcil.

« Elle n’a jamais été une rivale, et être heureuse et voir des choses intéressantes sont plus important pour moi, » avait-elle répondu.

« En d’autres termes, tu n’auras plus personne à taquiner, n’est-ce pas ? »

« Ouep ! Tu me connais bien, mon cher Alkelios ! » Elle me serra la joue avant de reculer.

« Je suppose qu’il n’y a pas d’autres moyens, non ? » déclarai-je en soupirant.

« Hey ! Alkelios ! J’ai des crêpes ! Tu veux en manger !? » m’appela Kléo après son entrée dans la pièce.

« Pas maintenant, Kléo. Je vais rejoindre Seryanna ! » déclarai-je en souriant.

« Rejoindre ma sœur ? Oh !? Elle s’est enfuie !? Je viens aussi ! » Kléo avait levé la main et avait souri.

« Mais comment vas-tu la rejoindre à temps ? » demanda Kataryna curieuse.

« J’ai un certain Coq qui peut m’aider ! » avais-je souri.

« Coq ? » La dragonne argentée avait penché la tête confuse.

Il était enfin temps de tester cette compétence Coq Rapide ! Quant à Seryanna, je n’avais aucune idée de ce que j’allais lui dire ou la raison pourquoi j’avais l’impression que ne pas la rejoindre serait une erreur. La seule chose dont j’étais sûr était que ça allait être le début d’une nouvelle aventure.

***

Histoire annexe (1) : Le voyage d’un héros

***Point de vue de Rezia Dellan***

Écoutez-moi maintenant, mortels de ce monde ! Dans 30 ans, une espèce belliciste arrivera vers votre planète et dévastera votre civilisation.

C’était le message de l’entité autoproclamée Dieu quand elle s’était révélée à la population terrestre. La seconde fois, c’était quand elle avait littéralement kidnappé 10 millions d’entre nous et nous avait amenés dans un endroit inconnu. J’avais tellement crié comme une petite fille quand cela s’était produit, mais j’avais eu de la chance parce que je ne pouvais pas contrôler mon corps. Peut-être était-ce une précaution par ce Dieu pour éviter la panique de masse.

Après une courte explication, j’avais compris l’idée générale. Nous étions censés être envoyés dans un autre monde et devions commencer une nouvelle vie en tant que Héros. On pouvait aussi faire que l’on voulait être. Cela semblait simple, mais je savais qu’il y avait quelque chose. Il y avait toujours quelque chose en plus...

La plus grande surprise pour moi n’était pas la partie sur le fait de devenir un héros, mais le système de gestion de compétences comme un jeu que Dieu nous avait présenté. L’idée d’un menu de statut et de points de compétences n’existait que dans les jeux, alors pour ceux d’entre nous qui n’avaient aucune idée de ce que c’était, nous avions reçu pas mal de chocs.

Heureusement, je n’en faisais pas partie.

Sur Terre, j’étais une gestionnaire de 24 ans dans un marché aux poissons à proximité. Ce n’était pas le meilleur métier, mais cela permettait de vivre et d’avoir des loisirs comme les jeux vidéo.

Le problème était que j’étais plus un joueur de FPS qu’un joueur de RPG... Ainsi, lorsque le menu d’état était apparu devant moi pour la première fois, j’avais reconnu la disposition générale et j’avais compris ce qu’étaient les points de statistiques et de compétences, mais je ne savais pas quoi choisir.

Ensuite, la sorte de Dieu nous avait donné un ultimatum de 10 secondes, j’avais commencé à ajouter des points où je pensais que ça serait le plus important. Quand j’avais fini, ma fenêtre d’état ressemblait à ça :

Nom : Inconnu

Race : Humain

Niveau : 1

Force : 31

Vitesse : 24

Dextérité : 22

Magie : 50

Chance : 30

Excellence magique : 5 %

Compétence : Aucunes

Points de compétences : 1

Points de statistiques : 0

Comme il y avait des statistiques liées à la magie, je voulais quelque chose en rapport avec la magie, comme pouvoir lancer des boules de feu, mais je ne voulais pas avoir une trop mauvaise chance qui me forcerait à devoir finir par prier dans un temple toute la journée. Bien sûr, je n’avais aucune idée à ce moment-là que ma statistique de chance était immuable.

Cela étant dit, avec ce seul point de compétence, j’avais sélectionné la compétence Carreau Crépu.

Le nom était ridicule, mais il me permettait d’obtenir la magie de foudre. J’avais aussi reçu deux sorts avec : Éclair et Électrocuter.

Après que nous ayons choisi notre compétence, une étrange lumière nous avait enveloppés et alors le Dieu nous avait parlé une dernière fois.

« Eh bien, le premier groupe a été envoyé. Ils sont ceux ayant une compétence RIDICULEMENT puissante ou une statistique de chance très élevée ! Le prochain groupe sera celui étant envoyé au hasard dans toute la planète, et enfin, les derniers envoyés seront invoqués à la suite de rituel de l’invocation de Héros ! Amusez-vous bien mes petits cobayes... Oups, je veux dire Héros ! Oui, des Héros... hehe. »

Tu l’as laissé sortir exprès, n’est-ce pas ? Moi et probablement la moitié des personnes avions probablement crié ça intérieurement.

Cela étant dit, je faisais partie du groupe envoyé au hasard...

La sorte de Dieu m’avait envoyé avec 200 autres humains environ dans une vaste plaine près d’un petit village humain. Malgré les différences entre nos âges, nos nationalités et même nos opinions politiques, nous avions réussi à nous entendre. La chose la plus importante que nous avions remarquée était que nous pouvions nous comprendre, mais nous ne parlions pas notre langue habituelle. Apparemment, c’était un petit cadeau de ce « Dieu » nous permettant de communiquer avec les personnes de ce monde.

Ensuite, un groupe d’hommes du village était arrivé. Ils étaient vêtus d’armures étranges et brandissaient des armes tranchantes dangereuses telles que des lances ou des épées. Nous étions tous au niveau 1 à ce moment-là, donc nous avions essayé de ne pas faire d’histoires ou de les mettre en danger. Ainsi, nous avions été invités dans le village et présentés au chef comme des individus inconnus.

Nous lui avions dit la vérité. Grâce à cela, nous avions été aidés à nous enregistrer comme citoyens et membres du village, puis nous avions été formés par les hommes qui nous avaient accueillis au début, un groupe d’aventurier à la retraite. De mon point de vue, tout cela ressemblait à un tutoriel.

Durant la première semaine, nous avions réussi à nous adapter à notre situation et en chassant autour du village, nous avions fait monter nos niveaux, mais ensuite les problèmes étaient apparus...

Étant si différents et avec des capacités aussi variées, nous n’étions pas tous faits pour la vie d’aventuriers. Il y avait ceux ayant des capacités plus utiles pour des emplois simples, comme travailler la terre ou serveuse dans une auberge. En tant que tels, après la première semaine, nous avions décidé de nous séparer. Un groupe de vingt personnes était allé dans une ville, un autre groupe avait décidé de travailler dans le village et puis il y avait ceux comme moi qui luttent afin de monter de niveaux avant d’aller s’inscrire à la Guilde des Aventuriers dans une ville.

C’était le royaume humain des Dix Épées, un petit royaume d’après ce que j’avais entendu, mais plutôt paisible tant que l’Empire d’Akutan ne demandait pas à se battre contre le continent des dragons. Pour être honnêtes, nous craignions tous d’abord qu’une fois nos prouesses au combat démontrées, nous finissions par être recrutés comme mercenaires ou soldats. La réalité nous avait prouvé le contraire. Avoir été transporté ne nous avait pas donné de connaissances inconnues des arts martiaux et des nerfs d’acier. Faibles d’esprit, nous l’étions dans notre monde, ici aussi nous l’étions.

Dans tous les cas, nous aurions fini par combattre les dragons comme de simples soldats... Même ainsi, la réputation de ces monstres n’était pas agréable. Chaque dragon individuellement était plusieurs fois plus fort qu’un soldat humain typique, alors que leurs généraux étaient des monstres pouvant raser un pays.

D’autres grosses différences entre la Terre et ce monde étaient l’existence de l’esclavagisme. Les humains ici se voyaient comme la meilleure de toutes les espèces. En d’autres termes, les non-humains étaient traités comme... des objets. Contrairement aux esclaves humains, ils ne pourraient jamais être libérés. La même chose aller pour les demi-humains.

Bien sûr, certains d’entre nous n’appréciaient pas ce comportement et cette mentalité, mais nous ne pouvions rien y faire. Ceux essayant d’y faire quelque chose étaient listés comme... « problématiques ». Après le premier mois, j’avais commencé à entendre des rumeurs comme quoi certains d’entre nous, les terriens, finissaient comme prisonniers ou vendu comme esclaves pour avoir dérangé les lois locales. D’autres avaient... été tués.

J’avais entendu qu’au départ, les nobles nous voyaient comme des envahisseurs, mais comme nous étions humains, nous étions pardonnés par les rois et empereurs. À l’intérieur de leurs royaumes ou empires, nous serions leurs sujets gouvernés par leur loi, mais en dehors de ceux-ci, nous ne serions rien... immédiatement tués.

Il y avait une vérité en cela... Beaucoup de créatures que nous avions trouvées autour du petit village où j’étais arrivé étaient incroyablement faibles. Les gobelins, les loups qui couraient autour des forêts étaient entre le niveau 1 et 20. Pendant le premier mois, j’avais réussi à monter au niveau 16, mais j’avais entendu des rumeurs selon lesquelles certains d’entre nous auraient atteint le niveau 100.

Bien sûr, ce n’étaient que des rumeurs. Les aventuriers les plus âgés avaient ri en entendant parler de cela. Sur cette note, il serait bon de mentionner que seuls les terriens pouvaient facilement voir leur propre niveau, les habitants de ce monde devaient aller dans un temple pour découvrir le leur. Même ainsi, ils l’appelaient niveau de puissance. Quant aux autres statistiques, ils n’en avaient pas une idée claire. Nous, terriens, étions les seuls capables de connaître cela.

Deux mois après notre arrivée dans ce monde, j’avais finalement atteint le niveau 24 et avais pu quitter le village. Peu de temps après, j’étais devenu un aventurier de rang Intermédiaire. Cela signifiait que je pourrais prendre des missions plus dangereuses.

Mais étais-je l’un des plus fort ?

Non...

Il y en avait beaucoup de plus forts que moi, même certains ayant atteint le niveau 50.

Nom : Rezia Dellan

Race : Humain

Niveau : 24

Force : 82

Vitesse : 65

Dextérité : 70

Magie : 110

Chance : 30

Excellence magique : 6 %

Compétence : Carreau crépu de niveau 4 ; Le Windigo des Vents Venteux ; Pas la compétence souhaitée.

Points de compétences : 0

Points de statistiques : 0

J’avais dépensé TOUS mes points dans ces trois compétences, mais j’en avais aussi gagné d’autres, comme cuisine, des compétences commerciales, jardinages, nettoyages et autres.

Malgré l’impressionnante compétence de niveau 4, mes capacités n’avaient pas augmenté en force, j’avais juste gagné quelques sorts qui consommaient beaucoup de magie. Néanmoins, je pouvais tuer un loup avec un Éclair. En ce qui concernait la seconde compétence, c’était une capacité me transformant en climatiseur ambulant. La dernière était une compétence qui m’accordait une chance d’évasion de 30 % pour CHAQUE attaque, et cela même face à une malédiction aléatoire lancée vers moi. Plus la chance était élevée, plus le bonus d’évasion était grand. Même ainsi, c’était très utile au combat parce que c’était une compétence passive. Je prévoyais de la faire monter de niveau plus tard.

Oh, le nom ?

Le nom était la volonté de Dieu. Aucun d’entre nous ne pouvait garder nos anciens noms, mais dans tous les cas, ils n’étaient pas aussi mauvais que le nom de nos compétences. Le Windigo des Vents Venteux ? Franchement ?

Eh bien, en ce qui concerne les aventures... Ça ne fonctionnait pas comme dans les jeux ou les romans. Les problèmes et les événements héroïques n’avaient jamais surgi de nulle part, et même quand ils l’avaient fait, les chevaliers s’occupaient d’eux... rapidement.

Sauvez la demoiselle en détresse, achetez une esclave sexy, ou quoi que ce soit de ce genre était un rêve. La plupart des esclaves que je voyais étaient soit des hommes grincheux ou de vieilles femmes laides. Des filles chats, des elfes, ou de jolies princesses... il n’y avait rien de tel pour nous.

En d’autres termes... nous avions quitté un monde ordinaire, nous étions arrivés dans un monde imaginaire avec une vie ordinaire.

Pour empirer les choses, une fait que nous étions assez forts, nous avions de fortes chances d’être recrutés et envoyés en première ligne pour lutter contre les dragons.

C’était essentiellement la vie de chacun d’entre nous qui agissait dans les limites des lois humaines... et comme toujours, après une dure journée de chasse en dehors de la ville, je m’étais arrêté à mon auberge préférée et j’avais commandé une bière.

« Je l’ai dit une fois et je le répète ! Que celui qui se souvient comment faire de la bière soit loué !... » Souris-je en regardant le liquide froid et doré.

« Ouaip ! Bien que j’ai entendu dire qu’elle était capable de le faire uniquement avec sa compétence. » Mon ami aventurier et compagnon terrien, Kyle Rohangis avait dit ça.

Il était plus jeune que moi de trois ans, mais ressemblait à une statue ciselée d’Adonis. Apparemment, il était modèle, mais ses compétences dans ce monde étaient celles d’avant garde. Il avait sauvé ma vie plus de fois que je ne voulais l’admettre.

« Ouais : C’était une femme aussi ! Mais j’ai entendu que pour répandre la recette, elle devait se fiancer avec des nobles dans la capitale. Pauvre fille. » Zya Paraleya laissa échapper un soupir.

Ce nom m’avait toujours fait rire. Elle était rousse avec des tâches de rousseur et originaires d’ici.

« Aye! » Déclara Bruthus Balavay, le grand gars à ma droite.

Portant une épaisse armure et ayant toujours avec lui une épée à deux mains, cet homme était autrefois un joueur de basket pro sur la route du succès, mais une blessure au genou l’avait arrêté il y a un an. Venir dans ce monde lui avait permis de complètement récupérer. Il était aussi notre guérisseur... c’était un groupe bizarre.

« As-tu entendu parler de nos amis de l’autre côté de la frontière ? » demandai-je en regardant attentivement autour de nous pour voir si quelqu’un nous écoutait.

« Oui, » répondit Zeya avec un rapide signe de tête.

« Eh bien ? » avais-je demandé en attendant sa réponse.

« Apparemment, tu avais raison, tous les terriens ne sont pas sur ce continent. J’ai entendu que beaucoup d’entre eux ont atterri sur le continent elfe. D’autres ont atterri dans les montagnes des nains, et un bon nombre dans la forêt de Relliar. Mais j’ai entendu une autre étrange rumeur..., » déclara-t-elle en hochant à nous la tête.

« Qu’est-ce que c’est ? » Demanda curieusement Bruthus.

« Eh bien... on dit que certains d’entre nous sont apparus sur les champs de bataille... sur le continent, des Dragons. Ils font du bruit là-bas. On dit qu’ils sont aussi fort que les chevaliers au niveau 100, mais les plus forts parmi vous sont les héros, au-dessus du niveau 50 maintenant ! » avait-elle dit en souriant.

« Oh ? Intéressant..., » déclarai-je en frottant ma barbe.

« Effectivement. Je suis à peine niveau 20, le niveau 50 est... énorme, » acquiesça Kyle qui était d’accord.

« Laissant les niveaux de côté, je me demande si nous avons été envoyés ici pour unir l’espèce humaine contre les dragons, » me demandais-je.

« Ça peut-être... Vous savez, toutes les histoires sur notre monde étaient les mêmes. Tout le monde se rassemblait pour lutter contre les monstres, » Kyle avait dit cela en haussant les épaules.

« Cela pourrait expliquer pourquoi aucun d’entre nous n’a été invoqué sur le continent des dragons, » avais-je dit.

« N’est-ce pas plus parce que cet endroit représente la difficulté ultime ? En plus... Il y a aussi des rumeurs de l’éveil du Roi démon, » déclara Bruthus.

« Eh bien, nous n’allons pas éliminer toute possibilité, mais jusqu’ici... je n’ai pas encore rencontré de dragon, amical ou autre. De plus, il faut avoir atteint le niveau 100 pour être envoyé en première ligne, » avais-je hoché la tête.

« C’est vrai... alors, allons-y doucement ! Je suis sûr qu’il y en a d’autres qui s’efforcent à devenir plus fort ! Quant à moi, vivre la vie paisible d’un aventurier est tout ce que je veux ! Santé ! » déclarai-je en soulevant mon verre.

« Santé ! » Les autres avaient suivi le toast.

Niveau 100 n’était pas impossible, mais c’était fou pour nous actuellement. Même avec une formation rigoureuse et la possibilité de monter de niveau, cela nous prendrait au moins un an. À notre rythme actuel, peut-être beaucoup plus...

***

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11 commentaires

  1. Merci à l'équipe. Avec le chapitre 5, je trouve que l'histoire commence à prendre un tournant intéressant. J'espère que ça continuera de la sorte.

  2. Merci pour cette histoire. La chance de notre jeune roumain commence à se manifester 🙂

  3. Merci pour ce chapitre☺☺

  4. Merci pour le chapitre

  5. Merci pour ce chapitre

    Cette chance est vraiment abusé.

  6. Vivement la suite.
    Et merci pour le chapitre (16 et moins)

  7. Merci ! Je finis de lire le chapitre 16 il y a presque une heure, et l'histoire est très intéressante que je vais lire le chapitre 17 en anglais et la je reçois votre newsletter m'informant du chapitre 17 traduit ! Vous êtes trop fort ? !!

    Vous arrêtez surtout pas. Merci encore, vous faites du très bon travail.

  8. Personnellement j'aime pas trop les stats de dragon et autres dans cette région beaucoup trop de cheates et il semblerait

  9. Merci pour tout votre travail ! J'adore ce Novel !!!

  10. Merci pour la traduction

  11. Travail difficile, traduction, correction, ... Merci de nous permettre de profiter du résultat de votre dure labeur.

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