Wortenia Senki – Tome 5 – Chapitre 3 – Partie 3

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Chapitre 3 : Le leader du Nord

Partie 3

« Cela vous causerait-il des ennuis si j’insistais sur le fait que ce n’est pas nécessaire ? », demanda Ryoma.

L’expression de la femme de chambre se teint de désespoir.

« Ah ! Euh… Je suis, euhh… Eh bien… Ce sera ma première fois, mais… Ah… Je vais faire de mon mieux pour… Euh… Est-ce que je suis… pas belle… ? »

Peut-être que la façon dont il l’avait dit était un peu trop brusque, parce qu’elle avait vraiment insisté. En voyant son visage rougir, il était impossible de la repousser.

« Vous êtes belle… Venez ici. », dit Ryoma aussi doucement que possible, pour ne pas l’effrayer.

Bien sûr, Ryoma n’avait pas d’expérience avec les femmes. Mais devenir timide ici porterait atteinte à sa dignité.

« Oui… »

La servante prit timidement sa main tendue.

Entendant sa réponse délicate, Ryoma tira doucement son corps contre le sien. Et alors qu’il le faisait, un léger arôme floral remplit ses narines. Peu de temps après, les bougies de la pièce furent soufflées et l’obscurité tomba sur la pièce. (NdT : Petite pensée sincère pour les jumelles ici.)

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Alors que Ryoma Mikoshiba profitait d’une nuit d’amour dans sa chambre, dans une autre partie du manoir, le comte Salzberg et dame Yulia avaient une conversation privée.

« Ma parole… Peut-être n’aurions-nous pas dû être aussi accueillants », se plaignait le comte Salzberg à sa femme en sirotant le thé.

« Ce garçon a-t-il vraiment assez de valeur pour égaler toutes les extravagances que nous avons dépensées pour lui ? »

Le sourire agréable qu’il affichait pendant le dîner et jusqu’au moment où il escorta Ryoma à sa chambre était parti sans laisser de trace. Son expression était remplie de l’arrogance et du mépris d’un noble à l’égard de la populace.

« Oui… Eh bien, il couche apparemment avec la bonne, alors je dirais que tout va en notre faveur », dit Lady Yulia avec un sourire.

Le comte Salzberg dirigea un regard amer sur sa femme.

« Tu vois, c’est ce qui me déplaît ! J’avais des vues sur cette fille, et tu la jettes à cet arriviste ?! »

Il était peut-être naturel pour le comte Salzberg d’exprimer clairement son mécontentement après avoir fait attribuer à un autre homme une servante qu’il désirait ardemment, mais dame Yulia ignora ses plaintes comme s’il s’agissait de la chose la plus insignifiante qu’on puisse imaginer.

« Est-ce vraiment important ? Nous pouvons te trouver plus de bonnes que tu n’en auras pour toute une vie… Et de toute façon, tu t’ennuierais avec elle dans le mois qui suit. »

Il y avait un soupçon d’exaspération et de reproche dans ses paroles.

Le fait que le comte Salzberg soit un coureur de jupons lubrique avait été une source constante d’inquiétude pour elle.

« Ce n’est pas la question ! Même si je me lasse d’elle et que je la rejette, je ne tolérerais pas qu’un autre homme la prenne ! Et je n’ai même pas encore posé la main sur elle… Bon sang ! Les femmes comme elle ne sont pas faciles à trouver ! »

Cela dit, le comte Salzberg prit une autre gorgée de thé, ses pieds frissonnaient de colère. Son irritation ne se calmera probablement pas avant un moment.

« Bien… Je vais demander à mes hommes de chercher une autre fille demain. »

« Je suis sûr que cela va de soi, mais je n’ai pas besoin de femmes d’occasion ! »

« Oui, oui, bien-aimé, ne t’inquiète pas… Je trouverai une fille à ton goût. »

Retenant son désir de rouler des yeux, dame Yulia essaya d’apaiser le comte.

Je te jure… Pourquoi son appétit sexuel doit-il être si odieux ? Il y a beaucoup d’esclaves et de femmes professionnelles qu’il pourrait appeler, mais il continue à chercher des vierges inexpérimentées… Et au bout de deux ou trois fois, il s’en lasse et les vend à des esclavagistes…

Le fait de penser à la préférence de son mari pour les vierges lui donnait un regard glacial. S’il devait avoir des concubines pour laisser des héritiers, elle pourrait accepter que cela fasse partie du devoir d’un noble. Mais le comte Salzberg ne faisait cela que pour assouvir sa convoitise. Il traînait toutes les jeunes femmes qu’il avait à portée de main, mais ne les faisait jamais devenir ses concubines. Même si elles concevaient des enfants, il ne leur permettait jamais d’accoucher.

Au bout de quelques semaines, un mois au mieux, il mettait de côté n’importe quelle fille. C’était ce qui finissait toujours par arriver. Même si cette Terre était un monde où les forts se régalaient des faibles, peu de gens appliquaient cette règle de manière aussi flagrante que cet homme.

Il était le pire mari possible et la pire personne avec laquelle on pouvait espérer s’associer. Mais le comte Salzberg n’avait jamais laissé ces aspects de sa personnalité remonter à la surface.

Je ne peux pas me permettre de gagner sa colère maintenant… Peu importe l’absurdité des choses qu’il dit…

Dame Yulia avait dû sacrifier beaucoup de choses jusqu’à ce jour. Abandonner à ce stade n’était pas une option.

« Hmph, bien… Les restes de ce roturier ne m’intéressent pas, de toute façon… »

Décidant qu’il s’était suffisamment plaint pour le moment, le comte Salzberg prit une profonde respiration et s’enfonça dans le canapé.

« Était-il cependant nécessaire de lui parler de la mine ? Ce n’était pas seulement pour attirer son attention, pas vraie ? »

Ses yeux, jusqu’alors obscurcis par la luxure charnelle, brillaient fortement. C’était peut-être un homme méprisable, mais c’était un dirigeant et un commandant habile. S’il ne l’était pas, il ne serait pas capable de gouverner cette zone frontalière et de contenir les aspirations militaires de Xarooda.

« Hmm… Je suppose que ce n’était pas tout à fait nécessaire… Mais je pense qu’il était bon de le faire. Il ne voulait pas avaler aveuglément tout ce qu’on lui disait… Il ne nierait pas nos paroles, mais il ne nous croirait pas non plus. Et si la question du sel l’intéressait, il s’en occuperait tout seul. Dans ce cas, le cacher ne signifierait pas grand-chose. Au contraire, cela pourrait le dissuader de s’y intéresser. »

Lady Yulia pouvait dire que Ryoma Mikoshiba n’était pas un homme ordinaire.

C’est un homme difficile… Tout au long du dîner, il a recueilli des informations discrètement, pour qu’on ne le remarque pas.

Elle avait pu en prendre connaissance grâce à ses propres compétences de commerçante avisée. Le comte Salzberg, cependant, s’était moqué de l’évaluation que sa femme faisait de cet homme.

« Hmph… Je doute qu’il soit aussi malin. Comment pourrait-il le savoir, de toute façon ? Ce n’est qu’un épéiste mercenaire qui a bien agi pendant la guerre civile. Comment ferait-il pour savoir où nous trouvons notre sel ? J’ai entendu dire que les soi-disant serviteurs qu’il a sont des sales mercenaires qui ont travaillé avec lui pendant la guerre civile, et qu’il les a fait nommer chevaliers par force. La seule chose pour laquelle les gens comme ça sont bons, c’est la guerre. »

Du point de vue du comte Salzberg, Ryoma n’était qu’un jeune homme bien bâti. Sur les conseils de dame Yulia, il l’accueillit aussi généreusement que possible, mais au fond de lui, il méprisait Ryoma.

Avec son physique, c’était probablement un guerrier habile… Mais à voir son visage, il n’avait pas l’air très intelligent.

Il semblait droit et recueilli, mais pas du tout brillant. Son comportement amical semblait indiquer une faiblesse de caractère, tandis que son attitude douce semblait manquer de détermination. L’opinion du comte Salzberg sur le jeune homme était qu’en dehors de son corps, il était tout à fait inacceptable.

« Je suis d’accord, il n’apparaissait pas comme une personne extrêmement intelligente, mais il n’y a tout simplement aucune possibilité que cela soit vrai », déclara dame Yulia.

« Tch… Oui, j’ai entendu les rumeurs… »

Le comte Salzberg claqua la langue de manière audible aux paroles de sa femme.

« Mais qui peut dire si elles sont vraies. Si tu veux mon avis, il a juste demandé la faveur d’Helena Steiner. Après tout, elle était appelée la déesse blanche de la guerre depuis plus de dix ans. Je ne serais pas surpris qu’elle commence à devenir sénile. »

Mais Lady Yulia s’était moquée de cette idée.

« Crois-tu vraiment que dame Helena permettrait cela… C’est vrai, elle n’est plus jeune, mais apparemment ses capacités n’ont pas du tout diminué. Elle a même tué le général Albrecht alors qu’il essayait de fuir la frontière. »

« Hmph… Je suppose que ce ne sont que des spéculations… Et ensuite ? Tu lui as envoyé cette fille, mais a-t-elle obtenu des informations ? »

Le comte Salzberg cracha ces mots avec haine.

« Elle n’obtiendra aucune information aussi rapidement. Ce soir, elle ne fait vraiment que lui faire l’amour… Mais demain, je lui demanderai d’en prendre la garde. »

Ryoma n’avait pas refusé la bonne qu’elle avait envoyée dans sa chambre. Il était soit faible avec les femmes, soit il l’avait fait par égard pour sa position. Quoi qu’il en soit, ils devraient être en plein milieu de l’acte.

Mais bon, il est probablement juste faible aux yeux des femmes… Et la plupart des hommes divulguent des informations dans la chambre à coucher… Après tout, elle ne voyait pas Ryoma Mikoshiba être froid avec une femme avec qui il a couché…

Lady Yulia jeta un regard cynique dans la direction de son mari. Elle était plus capable de cacher ses désirs que lui. Et ignorant les pensées de sa femme, le comte Salzberg se mit finalement à se plaindre de la reine Lupis.

« Bonté divine… Quand je pense que je dois solliciter les faveurs d’un sale roturier… C’est tellement ennuyeux… C’est à cause de cette stupide princesse… Cette satanée poupée aurait dû être mise à sa place afin de devenir la seconde femme d’Albrecht… »

Inutile de dire que c’était en effet des mots dangereux. S’ils étaient entendus par de mauvaises oreilles, le comte Salzberg pourrait se retrouver, ainsi que toute sa famille, exécuté sur place… Dame Yulia n’avait cependant pas sourcillé à son commentaire.

« Ce n’est pas une princesse stupide, bien-aimée, mais une reine stupide… Elle a récemment été couronnée reine de Rhoadseria. »

Il semblerait que dame Yulia n’avait pas voulu se battre contre le fait que la reine Lupis soit traitée de stupide. Aussi insolente qu’elle soit, les deux étaient d’accord sur ce point.

« Et maintenant, elle a même donné la péninsule de Wortenia à quelqu’un d’autre… Elle est complètement aveugle à tous nos efforts. Pourquoi devait-elle le faire ? »

« Allons, mon cher, assez de grognements… »

Dame Yulia le réprimandait, essayant d’apaiser sa colère.

« La seule chose que nous pouvons faire maintenant est de surveiller cet homme et de nous assurer qu’il ne fait rien d’inutile… »

« Tu as raison… Et si le pire des scénarios se produisait… »

« Je pense que tu sais très bien ce qui se passera alors », répondit dame Yulia.

« Les monstres de la péninsule sont toujours avides de nouvelles proies. Et regarde comme il est grand… Je suis sûre qu’il va leur remplir l’estomac. »

« Oui, oui. Ils auront plein de choses à mâcher. »

Le comte Salzberg écouta ses mots avec un sourire froid.

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Un commentaire :

  1. 3 contre 1 qu'un ninja soit a l'écoute 😎 Et pauvres jumelles, votre seigneur vous fait des infidélités 😔

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