Wortenia Senki – Tome 5 – Chapitre 1 – Partie 2

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Chapitre 1 : Le début du voyage

Partie 2

C’était comme s’il se promenait près du domaine.

« H-Hein ? Grand-père ! »

Asuka ne pouvait pas s’empêcher de hausser la voix, surprise.

Elle savait très bien à quel point il était doué, mais il faisait toujours face à quatre chevaliers en armure et deux fois plus grands que lui. Les choses seraient peut-être différentes s’il s’agissait d’une attaque-surprise, mais les chevaliers auraient l’avantage dans un combat direct.

Les chevaliers, en revanche, avaient une impression tout à fait différente de la situation.

« R, Restez en arrière ! N’approchez pas ! »

Ayant peut-être perdu son sang-froid face à cette aura, l’un des chevaliers qui tenaient Kusuda à terre avait saisi sa lance et il se mit debout.

« Espèce de monstre ! »

Peut-être qu’un des chevaliers qui tenait Tachibana à terre avait tiré son épée par crainte, s’inspirant de son camarade. Son épée était tenue dans une position intermédiaire, mais sa pointe tremblait nerveusement. Kouichirou ricana en les regardant se lever.

« Êtes-vous à ce point terrifié par un vieil homme décrépit ? »

« Arrêtez de faire l’idiot… Personne n’a peur de vous ! »

Mais ils ne faisaient aucun doute qu’ils avaient peur. Ils avaient déjà vu par eux-mêmes à quel point son talent était transcendant. L’homme avait coupé un chevalier en deux à travers son armure. Mais ils ne pouvaient pas se permettre d’admettre leur peur, même s’ils savaient à quel point leur bluff était évident.

« Il y a beaucoup d’hommes de votre niveau dans notre pays ! »

« Oh, vraiment… Mon Dieu… »

Kouichirou fit un signe de tête grandiose.

« Vous devez être extrêmement compétent, alors… J’attends cela avec impatience. »

Mais sa façon de hocher la tête et de parler semblait impliquer le contraire de ce qu’il disait. Sa façon de parler ne pouvait être décrite que comme provocante et irritante.

« Vous osez nous regarder de haut !? »

Leur cœur, tremblant de peur, était maintenant aussi rempli de mépris. Cela amplifia les émotions des chevaliers, qui étaient déjà loin d’être calmes. Mais ils avaient quand même une certaine intelligence. Les deux hommes échangèrent des signes de tête et se dirigèrent dans deux directions différentes.

« Oh… »

En regardant les chevaliers se déployer pour se rapprocher de lui dans les deux directions, Kouichirou leva le front comme s’il était agréablement surpris. C’était une tactique qui utilisait au maximum leur avantage de deux contre un. C’était une tactique classique et inflexible, mais c’était la réponse la plus optimale qu’ils pouvaient employer dans cette situation.

Mais contre Kouichirou et son expérience des champs de bataille, c’était une très mauvaise idée.

« “Crève !” »

La pointe de la lance s’avança, visant la gorge de Kouichirou, tandis que l’autre chevalier s’élançait horizontalement vers lui. À ce moment, Kouichirou tourna son corps vers le chevalier à la lance, tandis que sa main droite libre bougeait comme le tonnerre. C’était comme une feuille qui voltigeait dans un ruisseau. Il évita facilement la puissante poussée de la lance et taillada son adversaire en une seule fois, de sa jambe gauche jusqu’à son épaule droite.

Il coupa le bras du chevalier tout en tenant la lance en l’air, après quoi Kouichirou fit passer Kikka en position verticale en un seul mouvement fluide. L’instant suivant, le fort bruit du métal retentit et des étincelles rouges remplirent le champ de vision d’Asuka. L’autre chevalier s’effondra sur le sol en poussant un hurlement bestial.

« Hmph. Vous avez au moins mis réfléchi un peu à votre tactique, mais c’était vraiment trop facile… Vous semblez être des pros de la vantardise, mais vous êtes des amateurs quand il s’agit de vrai combat… Je suppose que ça marcherait sur une personne lambda vu que vous pouvez utiliser la magie martiale… Je suppose que cela doit être ça… »

Un coup violent tomba du haut de la tête du chevalier jusqu’à sa poitrine, alors qu’il portait encore son casque. Ayant accompli cet exploit stupéfiant, Kouichirou se moqua avec déplaisir.

« Merde ! Il se moque de nous ! »

Perdant son sang-froid devant le fait que ses alliés tombaient les uns après les autres, le chevalier qui tenait Tachibana à terre paniqua et changea de position pour dégainer son épée. L’emprise du chevalier sur Tachibana s’était relâchée alors qu’il se relevait.

C’était l’occasion en or que Tachibana attendait.

Maintenant !

Tachibana tourna rapidement son corps et saisit le bras du chevalier de toutes ses forces. En même temps, il donna un coup de pied en avant à son genou gauche, qui était appuyé contre le sol, et enroula ses deux jambes autour du cou du chevalier.

C’était une clé de bras. Avant la guerre, le système éducatif des lycées, des universités et des écoles techniques donnait des cours de judo axés sur les techniques de clé de bras. Cette technique était une variante de la prise d’étranglement utilisée dans l’art consommé du judo.

Si cette technique était parfaitement appliquée, la victime ne pourrait pas y échapper. Indépendamment de toute tentative d’évasion, elle s’évanouirait rapidement en raison d’un manque de sang allant au cerveau. Pour Tachibana, cette technique était en quelque sorte sa propre attaque ultime, qu’il avait développée au cours de ses années d’entraînement et maîtrisée avec beaucoup de sueur et de sang.

Cependant, Tachibana avait fait une erreur de calcul critique. Il n’avait pas tenu compte de ce que portait son adversaire.

Bon sang ! Son casque est sur le chemin !

Normalement, au moment où il avait forcé l’adversaire à se mettre dans cette position, Tachibana aurait gagné. Mais en ce moment, il faisait face à un chevalier en armure complète, et ses jambes enroulées ne faisaient rien pour contraindre le chevalier avec son casque.

Pourtant, sa contre-attaque n’avait pas été vaine.

« Ugh, espèce de bâtard glissant, qu’est-ce que tu fais !? »

Le chevalier jura avec colère, enfonçant son poing grêlé dans le visage de Tachibana. Il s’agissait d’un poing délivré par un homme dont le corps était augmenté par la magie martiale et qui portait de lourds gants. S’il avait été donné dans une position correcte, le coup aurait eu la même force qu’un marteau de fer que l’on prenait de plein fouet.

S’il avait pris une telle attaque de plein fouet, la tête de Tachibana aurait été écrasée comme une grenade. Mais comme sa main avait frappé alors que son corps était plié, même avec une magie martiale augmentant son poing, le coup ne serait pas suffisant pour purement et simplement tuer Tachibana. Avec le son intense du coup qui retentit dans la pièce, une fleur de sang rouge s’était épanouie sur le visage de Tachibana.

Bon sang ! Je m’en fous si je dois utiliser une clé de bras. Je dois bloquer ses articulations d’une manière ou d’une autre… Je ne lâcherai pas prise, quoi qu’il arrive !

Le sang coulait librement du front fendu de Tachibana, s’infiltrant dans ses yeux et teignant sa vision en rouge. Ses paupières adhérant l’une à l’autre et sa conscience s’estompa progressivement, Tachibana utilisa toute la force qu’il avait pu rassembler pour maintenir l’articulation du coude de son adversaire bloquée. Il savait qu’au moment où il lâcherait prise, la flamme de sa vie s’éteindrait très facilement.

Il ne savait pas combien de temps cela prendrait, mais Tachibana avait fini par sentir le corps du chevalier se relâcher.

Attends, quoi ? Est-ce qu’il fait maintenant le mort… ?

L’instant suivant, ses pensées suspectes furent troublées par la sensation d’un liquide chaud se répandant contre son estomac.

« Vous ne pouvez pas voir à cause de tout le sang, n’est-ce pas… ? » dit calmement Kouichirou, tandis que Tachibana se dépêchait d’enlever le corps du chevalier.

« V-Vous… ! Cette voix, vous êtes M. Mikoshiba ! »

« M. Tachibana… Désolé, mais pourriez-vous rester couché comme ça encore un peu ? Ce serait gênant si vous vous mettiez dans cette position. Ne vous inquiétez pas, je vais juste sauver votre jeune ami qui est cloué là-bas. Ça ne prendra pas longtemps. »

Quelques secondes plus tard, Tachibana entendit le dernier chevalier restant crier de douleur.

« J’ai vaporisé du parfum dessus, ça pourrait piquer. Je suis désolé, je ne peux pas en faire plus… Essayez juste de le supporter. »

Asuka prit une lingette nettoyante de sa poche et l’appliqua sur le visage de Tachibana. C’était le genre de produit que l’on trouvait dans n’importe quelle épicerie, et Asuka l’avait toujours sur elle au cas où elle n’aurait pas le temps de prendre une douche après l’entraînement du matin à l’école.

« Argh… »

« Je suis désolée… Est-ce que ça pique ? »

Elle essaya d’essuyer la blessure sans la toucher, mais le voyant grimacer malgré cela, Asuka baissa la tête en s’excusant. Elle voulait s’assurer d’avoir la même sensation de fraîcheur qu’après avoir essuyé sa sueur, alors elle s’était procuré une lingette nettoyante particulièrement épaisse contenant du menthol.

Cela n’aurait normalement pas beaucoup d’importance, mais cela ne convenait pas pour essuyer une plaie ouverte. Le stimulus habituellement agréable du menthol ne faisait que rendre la plaie plus douloureuse, qu’elle ait été en contact direct ou non.

Mais bien sûr, s’attendre à une méthode de traitement plus fiable étant donné la situation, c’était demander la lune. Il n’y avait pas la moindre trace d’eau dans la pièce, et pourtant, ils ne pouvaient pas laisser Tachibana tel qu’il était. Il fallait au moins qu’il soit capable de se protéger.

« On dirait que vos os n’ont pas été endommagés… », chuchota Asuka avec inquiétude alors qu’elle attachait son mouchoir sur sa tête comme un bandage de fortune.

« Il faut quand même le recoudre assez rapidement… Et vous devriez probablement faire un scanner pour votre tête… »

Pour l’instant, le seul problème visible était que sa blessure était encore ouverte et saignait. Il s’agissait tout de même d’un coup à la tête, il serait donc préférable pour lui d’aller se faire examiner à l’hôpital.

Cependant…

« Croyez-moi, il n’y a rien que je voudrais plus en ce moment… » dit Tachibana tout en regardant Asuka avec un sourire ironique.

« Oui… »

Kusuda revint après avoir fait le tour de la zone et poussa un grand soupir.

« J’aimerais bien emmener M. Tachibana à l’hôpital également, mais… On ne sait même pas où l’on se trouve actuellement. »

« On ne peut rien obtenir de ton téléphone portable ? »

« Nada. J’ai essayé de me promener, mais je n’ai toujours pas de barres. Je crois que cet endroit ne possède pas de réception. »

« Tch. Je m’y attendais… »

Il s’en doutait, mais Tachibana n’avait pas pu s’empêcher de claquer sa langue en entendant la réponse de Kusuda. Ne pas avoir de réception était un coup fatal dans une société où les téléphones portables étaient indispensables. Ils étaient même utilisés comme outil de navigation dans des situations extrêmes comme l’alpinisme. Même dans un endroit comme le mont Fuji, inscrit au patrimoine mondial de l’humanité, la réception des téléphones portables était disponible dans tous les itinéraires, sauf les plus éloignés.

Bien sûr, la nature pouvait interférer avec les ondes, et selon la situation, il pouvait ne pas y avoir de réception au sommet des montagnes. Mais par rapport à l’époque précédant la banalisation des téléphones portables, c’était un peu comme le jour et la nuit.

Les téléphones permettaient de relayer des messages à d’autres personnes indépendamment de l’heure et du lieu, ce qui en faisait une invention sans aucun doute merveilleuse. Pourtant, il était difficile de nier que les gens modernes étaient constamment liés à leur téléphone portable.

Mais, quels que soient les avantages et les inconvénients, un téléphone portable fonctionnel les aiderait beaucoup à se sortir de cette situation difficile.

« Comment va votre blessure ? »

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