Wortenia Senki – Tome 3 – Chapitre 3 – Partie 9

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Chapitre 3 : Les assassins

Partie 9

Cela faisait plusieurs jours que Genou Igasaki était parti pour aller consulter les anciens.

Ryoma se tenait dans sa tente au centre du camp, son cœur étant absolument hypnotisé par le katana que Genou lui avait donné. Il ne s’agissait pas d’une lame célèbre, mais les épées qui avaient acquis une certaine renommée l’avaient obtenu non pas à cause de leur qualité, mais plutôt grâce à la personne qui la maniait, ou à l’histoire qui lui avait été donnée.

Par exemple, le Dojigiri Yasutsuna, l’une des lames célébrées comme l’une des cinq plus grandes épées sous les cieux, était connu à cause de la légende de Watanabe no Tsuna, un guerrier du clan Minamoto, qui l’avait utilisé pour trancher la main d’un Oni. Outre la douteuse authenticité du récit, les épées célèbres avaient tendance à être associées à de telles légendes.

Mais malheureusement, le katana dans les mains de Ryoma n’avait pas une telle histoire. À cet égard, on ne pouvait pas dire qu’il s’agisse d’une épée célèbre ou excellente. Mais même si Ryoma avait eu ce genre d’épée en main, il serait trop impressionné pour l’utiliser.

Il n’a pas beaucoup de valeur artistique, mais c’est certainement le meilleur type d’arme que je puisse espérer trouver.

Il mesurait environ 70 cm de long. Il faisait partie de ceux que l’on utilisait typiquement en combat normal. Il était courbé le long du centre de la lame. Comme il était destiné à être utilisé sur le champ de bataille, sa garde et sa poignée étaient entièrement dépourvues de tout ornement, dans ce qu’on appelait le travail de Satsuma, et la lame était environ deux fois plus épaisse qu’une lame ordinaire.

Les rivets de la poignée d’un katana étaient généralement en bambou, mais celui-ci utilisait de l’acier qui ne se pliait pas facilement. La poignée, normalement construite pour éviter qu’elle ne glisse de la main à cause de la sueur, n’était pas recouverte de soie, mais plutôt d’une sorte de cuir animal. Pour ce qui était de l’aspect pratique, il ne s’agissait pas d’une œuvre d’art, mais plutôt d’une lame conçue pour l’homicide.

« Maître Ryoma… Es-tu sûr de pouvoir leur faire confiance ? » demanda Laura à son maître de manière inquiète et timide, alors qu’il regardait l’épée avec adoration.

Honnêtement, elle ne se souvenait pas avoir vu Ryoma de si bonne humeur à de nombreuses reprises. Elle ne voulait rien lui demander qui le contrariait, mais d’un autre côté, Ryoma se comportait si différemment ces derniers temps qu’elle ne pouvait s’empêcher de le faire.

« Hein… ? Oh, tu veux parler de Genou ? », dit Ryoma, tirant l’épée dans ses mains.

Il était assis sur un tapis étendu sur le sol, donnant des coups d’épée vers le haut.

« Qu’en penses-tu ? Ce reflet n’est-il pas tout simplement magnifique ? »

Sans répondre à la question de Laura, Ryoma regarda la lumière qui brillait sur la lame.

« Maître Ryoma ! »

« Quoi ? Es-tu si inquiète pour eux ? », demanda Ryoma, en grimaçant devant la réprimande de Laura.

« Oui… Tu te souviens que ce sont des assassins qui sont venus pour ta vie, oui ? Ils se pourraient qu’ils puissent recommencer… »

C’était une possibilité que Ryoma avait bien sûr envisagée. Il n’y avait aucune raison de croire ce que le Genou Igasaki et sa petite-fille avaient dit. Mais même avec ce doute évident, Ryoma avait simplement souri avec calme.

« C’était évident depuis le début. Je comptais les laisser partir libres, du moins pour le moment… Mais je suppose que les choses ont un peu dérapé. »

« Sois sérieux ! N’est-ce pas cette épée qui occupe toute ton attention ? »

Ses yeux fixaient le katana que Genou avait présenté à Ryoma.

« Eh bien, je suppose que tu m’as eu là. Ce n’est pas vraiment sans importance », a admis Ryoma sans regret.

Il savait probablement qu’il était inutile d’essayer de prétendre le contraire.

« Mais pour leur défense, ils sont revenus à l’heure prévue. »

Laura ne pouvait pas argumenter beaucoup plus qu’elle ne l’avait déjà fait lors de cette réponse. Après tout, de tous les dirigeants, Ryoma était le seul à croire au retour de Genou.

Cette nuit-là, Genou et Sakuya avaient dit qu’ils voulaient quitter le camp pour pouvoir signaler la situation à leur clan, et Ryoma l’avait autorisé. Laura et Sara s’y étaient opposées avec véhémence, tout comme Lione et Boltz, mais Ryoma ne s’était pas inquiété de leurs appréhensions.

Ryoma ne pouvait pas dire si Genou avait vraiment l’intention de le servir à ce moment, mais il pensait aussi que la seule chose qu’ils ne feraient pas, c’était de se lever et de disparaître quelque part. Ils ne s’enfuiraient pas s’ils renonçaient à l’assassinat, et s’ils n’y renonçaient pas, ils avaient d’autant plus de raisons de rester aux côtés de leur cible.

« C’est vrai, mais… » répondit avec mécontentement Laura aux propos de Ryoma.

Et cette insatisfaction était compréhensible. Les sœurs Malfist avaient maintenant passé six mois aux côtés de Ryoma et leur loyauté envers lui était d’autant plus forte, mais cela ne signifiait pas que leur obéissance à son égard était aveugle.

Elles pensaient et agissaient certainement de leur propre volonté, tout en respectant Ryoma et en ne lui faisant certainement pas de mal. Elles le mettaient en garde et lui faisaient des remontrances. Ryoma Mikoshiba était un homme fort et sage, mais elles savaient toutes deux que ce n’était pas un héros invincible.

Qu’il nous méprise ou nous évite pour cela, on s’en fout… Notre rôle est de lui faire remarquer chaque fois qu’il néglige quelque chose.

C’était le rôle que les sœurs s’étaient imposé, et Ryoma l’avait très bien compris. C’est pour cela qu’il leur avait fait confiance.

« Eh bien, vos préoccupations sont certainement valables et compréhensibles. Je ne leur fais pas non plus beaucoup confiance. Vous deux êtes mes seules subordonnées en qui j’ai une confiance absolue… Vous le savez, n’est-ce pas ? »

Laura hocha la tête. Elles avaient toutes deux réalisé que ce n’était pas une situation où elles pouvaient envisager leur position avec optimisme. C’était dans cette optique que le fait de gagner plus de subordonnés qu’il pourrait utiliser ne pouvait pas être considéré comme une erreur.

« Cela dit, cependant… Vous dites que vous ne pouvez pas faire confiance aux soldats, mais n’en est-il pas de même pour eux ? »

Les soldats que la princesse Lupis lui avait prêtés et les assassins dépêchés pour assassiner son maître étaient tous indignes de confiance. Mais du point de vue de Laura, les chevaliers étaient la partie la plus fiable dans cette situation. Sara était du même avis, bien qu’elle soit actuellement absente, faisant visiter le camp à Sakuya et à Genou.

Bien qu’aucun des deux groupes ne soit digne de confiance, les chevaliers s’abstiendraient au moins de faire du mal à Ryoma, à moins que la princesse ne leur en donne l’ordre. Ryoma, cependant, semblait suspecter le contraire, pensant que Genou était plus digne de confiance que les chevaliers.

« Ils le sont, mais… Laura, tu comprends mal quelque chose… Eh bien, peu importe. Je vais juste en faire tes devoirs, alors quand tu auras compris ce que je veux dire, dis-le moi. »

« Devoirs… ? »

« Oui, réfléchis-y avec Sara et Lione… Oh, mais pas avec Boltz. Il comprendrait trop vite ce que je veux dire. »

Ryoma s’était récemment mis à dire des choses comme ça, comme apprendre à Laura et Sara à penser de manière plus indépendante. Il n’avait que quelques subordonnés fiables, alors il avait choisi de rendre chacun d’eux plus fort.

Essayer de comprendre les raisons des actions de Ryoma ne leur apprendrait pas seulement à penser, mais leur permettrait également de mieux comprendre sa nature en tant qu’individus, faisant ainsi d’une pierre deux coups.

Boltz, cependant, avait une expérience de toute une vie qui lui avait permis d’acquérir une telle sagesse. Il était commandant sur le terrain, et Ryoma ne pouvait donc pas le retirer des lignes de front, mais il voulait avoir Boltz à ses côtés et entendre ses opinions, presque autant qu’il s’appuyait sur les jumelles.

« Très bien… Mais es-tu sûre que le katana n’est pas la seule raison ? »

Laura avait de nouveau regardé l’épée dans ses mains.

« Soupir… Ne me fais-tu pas confiance ? Je veux dire… Je ne suis pas assez bête pour faire confiance à quelqu’un juste parce qu’il m’a donné une épée. »

Ryoma secoua la tête d’un air exaspéré.

Laura n’avait pas reculé pour autant, son regard débordait de sarcasme alors qu’elle se tournait vers une lance plantée dans le coin de la tente de Ryoma.

« Je crois qu’ils t’ont aussi présenté cette lance là-bas. »

Cette lance avait une forme qui ne ressemblait à rien de ce que Ryoma avait vu auparavant. La plupart des lances utilisées couramment sur le continent occidental avaient une pointe droite, un peu comme les épées. Certaines étaient des hallebardes, auxquelles étaient attachées des pointes de lance en forme de hache, mais ce n’était pas le type le plus courant.

Mais il n’avait jamais vu auparavant de lance en forme de croix avec des crochets des deux côtés de la lame. En l’examinant de plus près, une sorte de tube métallique pendait de sa poignée.

« Ah… Oui, ils m’ont donné cette lance en forme de croix, mais, euh… franchement, ce n’est pas parce qu’ils m’ont donné des armes que je leur fais confiance. »

Laura avait à peine réussi à retenir un sourire, car les mots de Ryoma ressemblaient pour elle à de mauvaises excuses. Plus il insistait sur ces affirmations, moins elles semblaient crédibles.

« Eh bien, peu importe. Je n’ai pas d’objections, tant que tu as bien réfléchi à tes décisions avant de les prendre. », dit Laura avant de baisser la tête et de quitter la tente.

Il semblerait qu’elle n’avait plus rien à dire sur le sujet. Au pire, même si Ryoma était dupe, les jumelles étaient prêtes à défendre Ryoma avec leur propre corps s’il le fallait.

« Elle est folle ou quoi ? », Ryoma, laissé seul dans la tente, marmonnait à lui-même.

Il ne s’en était rendu compte que récemment, mais Laura et Sara ressemblaient vaguement à sa cousine Asuka. Ou plutôt, elles étaient exactement comme elle lorsque le moment était venu de faire une déclaration contre lui.

« Eh bien, je suppose que ce n’est pas grave… Je ne peux pas nier que c’est un cadeau assez doux… »

Ryoma comprit que l’épée que lui présentait Genou était plus impressionnante qu’il ne l’avait jamais imaginé. La lame était plus épaisse que la norme, et la longueur était adaptée aux combats sur le champ de bataille.

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