Wortenia Senki – Tome 1 – Chapitre 3 – Partie 6

***

Chapitre 3 : Résolution

Partie 6

Les surveillants étaient à une certaine distance, alors Ryoma avait dû battre en premier les hommes qui avaient coincé les filles.

« Quoi ? Qu’est-ce qui se passe !? »

Les hommes qui gardaient la route tombèrent après avoir remarqué la perturbation.

« Où est-ce que vous regardiez, crétins !? Nous sommes attaqués ! » cria l’un des hommes, le visage déformé par la luxure et la rage.

« Qui est-ce que tu es !? »

« Ne vous foutez pas de nous. Vous venez de vous faire de la brigade lunaire cramoisie votre ennemie ! »

Ignorant les hommes qui l’attaquaient, Ryoma se précipita aux côtés des filles.

« Espèce d’enfoiré, comment oses-tu nous ignorer ? Crève ! »

L’homme qui avait esquivé le chakram cessa de coincer les filles et dégaina son épée.

La tenant au-dessus de sa tête, il avait fait basculer la lame à pleine force vers le bas en direction du crâne de Ryoma. L’épée de Ryoma, qu’il tenait sous le bras, s’opposa à la lame. Le bruit des cliquetis métalliques et des étincelles se répandit. Une épée tomba. Une épée était brandie. Mais celui qui avait gagné était celui dont l’épée était brandie vers le haut.

L’homme visait la tête de Ryoma, mais Ryoma visait l’épée de l’homme lui-même. C’était cette petite différence qui avait fait pencher la balance dans cet échange. Alors qu’il avait réussi à empêcher l’épée d’être repoussée, la main droite de l’homme avait été repoussée, puis un son humide, comme une pastèque coupée en deux, se fit entendre dans la forêt.

L’épée de Ryoma avait frappé, écrasant la tête de l’homme.

Plus que trois !

Il avait réduit le groupe de sept à moins de la moitié de leur nombre de départ, mais l’effet de l’attaque-surprise s’estompait maintenant. Les trois qui étaient chargés de la garde s’étaient précipités en réponse, les armes à la main, et cherchaient une chance de frapper.

Ils ne vont pas charger… Merde !

Ils étaient dans une impasse. En termes de compétences martiales, les trois bandits n’étaient pas à la hauteur de Ryoma. Ils avaient probablement une vaste expérience du combat, mais ils n’étaient pas compétents en arts martiaux. Leur formation était parfaite, cependant, et ne permettait pas à Ryoma de profiter d’éventuelles ouvertures.

Ryoma remit son épée dans son fourreau accroché à la taille, en attendant que ses adversaires fassent un geste. Son regard s’était heurté au leur.

Vu la façon dont ça se passe, ça ne finira pas bien… Il faut que j’y aille !

Ryoma brisa sa position et réprima sa soif de sang envers les bandits. L’épée encore dans le fourreau, toute la force s’était vidée de ses muscles, et il s’était approché lentement des bandits. Contrairement à ce qu’il était avant, il n’y avait pas une once d’émotion dans les traits de Ryoma. Comme une poupée, il n’y avait pas un soupçon de ride dans son expression.

« Ne t’approche pas ! »

« À quoi penses-tu !? »

Il avait pris les bandits par surprise. Le corps de Ryoma était complètement lâche et ouvert aux attaques. Il faisait croire que n’importe quelle attaque pourrait facilement le toucher. Il se déplaçait calmement, pas à pas… Quand l’un des bandits perdit finalement son sang-froid.

« Te moques-tu de nous !? Crève ! » cria-t-il tout en portant son épée sur la tête de Ryoma.

Au moment où il le fit, le corps de Ryoma bascula à sa droite, et du sang jaillit du cou du bandit qui l’attaquait.

« Qu’est-ce que tu as fait !? »

Dans les mains de Ryoma, il y avait une épée nue, dégoulinante de sang, qu’il avait apparemment tirée à un moment donné. Mais ce qui avait ébranlé les autres bandits n’était pas sa maîtrise de l’épée, mais le fait que l’expression de Ryoma soit restée aussi calme qu’elle l’était alors qu’il tuait un homme et qu’il était partout couvert de son sang.

Et cette vague de terreur avait obscurci le jugement des bandits. C’était difficile de combattre face à eux quand ils agissaient ensemble dans une formation, mais quand la peur et l’anxiété les avaient vaincus, ils avaient renoncé à leurs moyens de survie.

Ils avaient levé leurs épées, abandonnant leur formation, se concentrant simplement sur l’ennemi devant eux comme de simples animaux. Ryoma frappa le torse exposé de l’un des bandits et profita de l’élan pour frapper le dernier en diagonale depuis l’épaule.

« Whooooooo… »

Après la dernière coupe, Ryoma fit couler le sang de sa lame et la remit dans son fourreau. En regardant autour de lui, il soupira fortement.

D’une façon ou d’une autre, j’ai réussi…

« E-Euh… Excusez-moi ? »

Une voix s’était soudainement fait entendre derrière lui.

Ryoma se retourna et aperçut les filles qui couraient vers lui.

« Oh, votre visage ! », dit-elle en utilisant sa manche pour essuyer les éclaboussures de sang sur le visage de Ryoma.

« Mes excuses. Je suis la sœur aînée, Laura. »

« Et je suis la petite sœur, Sara. »

La fille aux cheveux argentés s’était présentée, suivie de la blonde.

« Très bien. Allez-vous bien toutes les deux ? »

« Oui, nous allons bien. Nous vous remercions de nous avoir sauvés, » dirent-elles tout en inclinant la tête en signe de gratitude.

« Non, je suis désolé que vous ayez dû vivre ça. Honnêtement, j’aurais dû venir vous sauver bien plus tôt. »

Même s’il l’avait fait pour les sauver, il avait délibérément laissé les choses arriver au moment même où elles allaient être violées. Cette peur laisserait probablement des marques durables dans leur cœur.

Les filles, cependant, secouèrent la tête devant les mots de Ryoma.

« Ne vous excusez pas, monsieur. Le fait que notre corps ne soit pas souillé est tout ce qui compte. »

« C’est comme le dit Sara. Aucun remerciement ne suffira… Nous vous en sommes vraiment reconnaissants. »

Laura compléta la réponse de Sara, et toutes les deux inclinèrent à nouveau la tête.

« Vous entendre dire que c’est plus qu’assez… ! »

Ryoma fixa une fois de plus les filles, déconcerté par leur beauté. Leur peau était brun clair et leurs traits étaient parfaitement ciselés. Leurs membres étaient souples et leurs amples poitrines rendaient Ryoma terriblement conscient de leur féminité.

Elles étaient habillées comme des danseuses arabes, mais les colliers et les chaînes se distinguaient plus que tout.

Je comprends pourquoi les bandits ont perdu la tête en les voyant…

Mais en même temps, ces filles se sentaient mal à l’aise devant Ryoma.

Qu’est-ce qu’elles ont, d’ailleurs ? Ces filles sont-elles plus fortes que ces bandits ?

La forme de leurs muscles, la façon dont elles se tenaient et la vigilance de leur regard. Tout cela donnait l’impression que les filles étaient d’habiles artistes martiaux. Aux yeux de Ryoma, elles ne semblaient pas être de ces existences fragiles et délicates qui seraient si facilement violées par ces bandits.

« Euh… Y a-t-il un problème ? » demanda Laura, sentant Ryoma les regarder avec suspicion.

« Oh. Ah, désolé. Je pensais à quelque chose. Au fait, avez-vous un nom de famille ? »

Il avait ses soupçons, mais il ne serait pas sage de le demander maintenant. Ryoma leur parla avec la voix la plus agréable possible.

« Les esclaves n’ont pas de nom de famille… »

La réponse de Laura déforma l’expression de Ryoma.

Il l’avait supposé d’après le collier, mais ce monde avait vraiment des esclaves.

« Oh, je suis désolé… »

Ryoma regretta d’avoir posé cette question insensible.

« C’est très bien. Ne laissez pas cela vous déranger. »

Mais même quand les filles disaient ça, il y avait une ombre sur leurs expressions.

Un silence gênant planait au-dessus d’eux trois.

Putain… Je n’aurais pas dû demander ça…

Il savait qu’il devait dire quelque chose pour remédier à cette situation, mais il avait peu d’expérience avec ce genre de choses. Peu importe à quel point il se creusait la tête, il avait l’impression que tout ce qu’il trouverait ne ferait qu’empirer les choses.

C’est la voix de Sara qui brisa finalement le silence oppressant.

« Si ça ne vous dérange pas, pourriez-vous nous dire votre nom ? »

Il était tellement pris dans ses propres pensées qu’il avait oublié de se présenter.

« Oh, oups. Désolée. Je m’appelle Mikoshiba, Ryoma Mikoshiba. »

« Mikoshiba… Maître Mikoshiba. Permettez-nous de vous remercier encore une fois. Vous avez vraiment été d’un grand secours. »

Les deux femmes inclinèrent la tête une fois de plus.

« N’en parlons plus. Eh bien, à part ça, qu’allez-vous faire maintenant ? Voulez-vous que je vous escorte à Alue ? »

Leur réponse, cependant, avait surpris Ryoma.

« Non… toutes nos excuses, mais nous ne pouvons pas partir d’ici sans ordres de notre Maître. »

Ces mots inattendus firent arrêter les pensées de Ryoma. Il comprit cependant en regardant leurs expressions qu’elles ne plaisantaient pas.

« … Vraiment ? » leur demanda-t-il presque timidement.

Ryoma était si confus qu’il avait parlé de la manière la plus décontractée et sans retenue qui soit.

« Oui. »

Tous deux hochèrent la tête à l’unisson.

« Et où est votre Maître ? »

Ryoma examina la voiture attaquée, mais aucun des cadavres qui s’y trouvaient ne semblait être la bonne personne.

« Notre Maître s’est enfui avec ses gardes du corps quand la voiture a été attaquée. »

La réponse de Sara laissa Ryoma étonné. Elles obéissaient aux ordres d’un propriétaire qui les avait abandonnés et s’était enfui ?

« Alors, si j’ai bien compris. Ce Maître s’est enfui et vous a laissé derrière lui ? »

« Oui. »

« Et c’est pour ça que vous restez ici ? » demanda-t-il, espérant qu’on lui réponde par la négative.

Mais ses prières restèrent sans réponse. C’était le genre d’intuition que Ryoma aurait voulu être faux, et qui s’était avéré exact.

« Oui. Nous ne pouvons pas bouger, sauf ordre contraire de notre Maître. »

Les deux femmes hochèrent la tête, tandis Ryoma leva la sienne, regardant vers le haut.

Allez… Ça doit être une blague.

Il s’agissait, honnêtement, d’une évolution plutôt irritante. Ce que souhaitait Ryoma, c’était juste de ramener ces filles en ville, s’en aller le plus vite possible et leur faire ses adieux. Il y avait ses poursuivants de l’empire à considérer, et toutes les deux étaient assez méfiantes pour bouger. Mais tant que les filles insistaient pour ne pas bouger, retourner en ville n’était pas possible. Et il ne pouvait évidemment pas les traîner jusqu’à la destination.

Je ne peux pas faire grand-chose. Je vais aider les filles à s’installer et leur laisser la nourriture. Elles devront prendre soin d’elles après ça…

Réalisant qu’il n’y avait pas de changement d’avis chez ces filles, il leur avait donné des instructions pour commencer à monter le camp. Les laisser ainsi au cœur de la forêt lui avait bien sûr laissé un goût amer dans la bouche.

Je ferai ce que je peux pour les aider.

Il savait que c’était de l’hypocrisie de sa part, mais il ne pouvait pas faire grand-chose. Pendant qu’il demandait aux filles de préparer le camp, Ryoma porta les corps des bandits et ce qui semblait être des gardes du corps morts. Il pensait qu’il ne serait pas sage de les laisser là, mais cela avait conduit à un développement plus alarmant.

Alors que Ryoma traînait le deuxième cadavre dans les arbres, à trente mètres de la route, le bruit du cri d’une fille arriva aux oreilles de Ryoma.

C’était la voix de Sara ! Qu’est-ce qui se passe !?

Ryoma laissa tomber le cadavre qu’il portait et retourna en courant au camping. Regardant entre les arbres, Ryoma aperçut la route.

« Vous pensiez vraiment vous en tirer comme ça, bande de putes effrontées !? »

L’un des bandits, son armure tachée de sang, cria en montant sur un cheval avec Sara portée sous le bras.

« Je sais à quoi tu ressembles ! On te pourchassera partout où tu iras et on te tuera ! »

Putain de merde ! J’aurais juré l’avoir tué ! Ryoma claqua sa langue.

Pourtant, se maudire à lui-même n’allait rien changer. Le fait était que le bandit qui s’était fait taillader le ventre par Ryoma avait attrapé Sara et tentait de s’échapper à cheval.

***

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

Un commentaire

  1. Merci pour le chapitre.

Laisser un commentaire