Un nouveau jeu dans les profondeurs de la captivité! – Tome 2 – Chapitre 4

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Chapitre 4 : Les larmes de l’oiseau

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Chapitre 4 : Les larmes de l’oiseau

Partie 1

Au cours de cette semaine, Richtert avait été vraiment très actif.

Eluria organisera un match officiel entre les chevaliers magiques de Richtert et la compagnie Suzuran — cet avis avait été diffusé dans toutes les couches de la capitale, et beaucoup de gens avaient été choqués par l’annonce.

Mais c’était tout à fait normal. Après tout, il s’agirait de la première fois où une telle chose allait se produire. En raison de ça de nombreux citoyens avaient commencé à accorder plus d’attention à l’entreprise qui était sortie de la ville basse et qui avait gagné son pouvoir et sa place en détruisant celle qui était corrompue.

Les nobles et les roturiers avaient l’impression qu’elle pouvait vraiment faire basculer l’équilibre présent dans la capitale.

Et finalement, nous étions finalement arrivés au jour J...

« C’était vraiment prévisible, venant de la part de la reine. Il y a vraiment beaucoup de monde ici, » déclara Karin.

Tous les individus qui venaient regarder le combat faisaient du tapage dans l’ouest des plaines d’Eltern.

Afin d’assurer la sécurité de la zone, des barrières magiques avaient été érigées autour des sièges réservés aux membres de la royauté et aux nobles.

Lise n’était pas la seule assise près d’Eluria, car il y avait aussi les trois accompagnateurs des seigneurs et les frères et sœurs de Fairstadt.

La proclamation publique d’un événement aussi unique avait attiré l’attention d’hommes et de femmes de tous âges et de tous les coins de la ville, ce qui s’était traduit par la totalité des sièges pour les roturiers qui étaient occupés.

En regardant la foule présente dans les lieux, Takumi acquiesça d’un signe de tête. « Sympa... ne me dis pas que tu vas être nerveuse devant autant de gens. »

« Crois-tu vraiment que je le serais ? » répondit Karin avec un certain calme.

« Je ne peux même pas les voir ! » Et du côté de Kunon, qui avait les yeux bandés et était menottée en ce moment, elle commentait joyeusement sa situation.

« C’est une bonne chose. Vous êtes observées par beaucoup de gens, alors ne vous agitez pas tout de suite, d’accord ? » déclara Takumi.

Alors que Takumi parlait, il déplaça son regard vers les sièges royaux.

Eluria les regardait calmement avec Lise qui avait une certaine allure lugubre présente sur son visage.

Takumi avait alors remarqué qu’un homme s’approchait de son groupe.

« Haha ! Ne pas fuir ce match est déjà un exploit admirable pour des individus comme vous ! » Il s’agissait de Kiad qui avait énoncé ça avec son attitude arrogante habituelle.

Deux hommes le suivaient, un brun aux cheveux courts et un homme plus sombre portant des lunettes.

« Oh, ne vous êtes-vous pas non plus enfui, le jeune de la famille Fortesea ? » demanda Takumi.

« Ce n’est vraiment pas nécessaire pour quelqu’un comme moi de s’enfuir loin de vous... Je veux seulement que Sa Majesté et tous ces gens voient un match agréable, » déclara Kiad.

Alors qu’il disait ça, un sourire tordu s’était formé sur le visage de Kiad.

« Voici Boris et Castells, deux individus issus de l’élite, » continua Kiad. « Ils sont les plus puissants parmi les chevaliers magiques, et aussi de fidèles serviteurs en qui j’ai toute confiance. Vous devriez être reconnaissant d’affronter des individus comme eux. »

Le plan du noble était d’écraser l’équipe de Suzuran devant tout le monde avec de puissants chevaliers magiques afin de gagner les mérites de la Reine. En les regardant, Takumi avait simplement souri joyeusement.

Les adversaires de Karin et Kunon étaient très forts... donc le résultat du match aurait ainsi une influence considérable sur le public, ce qui allait dans le sens de son plan.

« Vous vous tortillerez jusqu’à la mort, ordures des bidonvilles, » après avoir craché ces mots à voix basse, Kiad s’était retourné sur ses talons et était retourné de son côté de l’arène.

« Les filles, il vous a dit de mourir, » déclara Takumi.

« Ne te parlait-il pas ? Tu l’as vraiment rendu furieux, » déclara Kanon.

« Je suis d’accord ~ ! Je suis sûre que Takumi ne mourait pas même si tu le tuais, » déclara Karin.

Tous les trois s’étaient parlé en s’amusant tout en se préparant pour le match.

« Ne jouez pas trop... mais faites de votre mieux pour que tout le monde passe un bon moment, d’accord ? » déclara Takumi.

Après leur avoir dit ces quelques mots, Takumi avait quitté la zone couverte par la barrière.

Après son départ, les chevaliers magiques ne pouvaient plus supporter leurs rires, alors ils se lâchèrent.

« Castells, as-tu entendu ? Ils pensent vraiment qu’ils peuvent gagner, » déclara Boris.

« Hihihihi... n’est-ce pas bon, Boris ? Mais n’oublie pas. Tout le monde a bien le droit de penser et de rêver, non ? » répliqua Castells.

Celui aux cheveux courts riait avec mépris, tandis que l’autre faisait un rire étrange.

« Bon, allons-y. Le Seigneur Kiad a dit que ça ne le dérangerait pas si vous mouriez accidentellement, donc vous pourriez mourir au moment où vous allez faire le moindre mouvement. Êtes-vous conscientes de ça ? » demanda Boris.

Boris avait alors dégainé son épée courte qu’il avait placée sur sa hanche et il provoqua les demi-humains en agitant son épée.

De leur côté, malgré les provocations, Kunon et Karin l’avaient ignoré et avaient gardé leur sang-froid. L’elfe posa au sol la longue boîte en bois qu’elle portait sur son dos.

« Kunon, n’hésite pas à choisir. Je vais essuyer le sol avec l’autre, » déclara Karin.

« Okaaay ~ ! Alors, c’est mon tour ! » s’exclama Kunon. « Je me sens à l’étroit avec ce bandeau et les menottes, alors je vais mettre fin à tout ça rapidement ! »

Après avoir dit ça, elle avait commencé à marcher vers sa cible, puis elle avait commencé à sauter avec joie à mesure qu’elle avançait. « J’arrive, Monsieur le perdant ! »

« ... Tch. L’ennuyante fille est-elle donc celle que je vais écraser ? À quoi pensait ton maître quand il a décidé de t’envoyer au combat avec les yeux bandés et menottés ? » demanda Boris.

« Oh mon dieu... n’est-ce pas évident ? » demanda Kunon.

Son sourire était si large qu’on aurait dit qu’il lui fendait la tête en deux.

« Il voulait montrer à tout le monde à quel point vous êtes laids et minables, » continua Kunon.

Un coup de sifflet avait annoncé le début du match et Boris avait serré le poing autour de la garde de son épée.

« Alors, laisse-moi commencer par t’écraser la bouche ! » s’exclama Boris.

Il avait déplacé son arme derrière lui tout en hurlant, puis avait déclenché son attaque chargée.

« Je te complimenterai si tu survis à mon attaque décapitante ! » s’exclama Boris.

La terre s’était fendue en suivant la trajectoire de sa frappe. Cela ressemblait à une lame invisible qui traversait tout ce qui se trouvait sur son passage et qu’il avait envoyé sur Kunon. De son côté, Kunon l’avait parfaitement esquivée en se déplaçant sur le côté, mais Boris n’avait pas été surpris par cela.

« Bien sûr que tu pouvais éviter cela... Après tout, tu as une bonne ouïe. Tu n’as pas besoin d’utiliser tes yeux pour comprendre où je suis, hein. » déclara Boris.

« ... Oh, comme c’est malin de ta part. Et j’ai cru que j’allais t’arracher la trachée en un clin d’œil, » répliqua Kunon.

« Sais-tu combien de douzaines de demi-humains j’ai tuées pendant les escarmouches de l’ancien empire ? Bien sûr que je connais vos points forts et vos points faibles, » déclara Boris.

Il posa son épée courte sur son épaule et afficha alors un sourire sadique.

« Ne dit-on pas que ce sont les meilleurs prédateurs ? » demanda Boris. « Loups, tigres, lions, ours, cochons, bœufs... Peu importe qui ils étaient, j’en ai tué beaucoup. Comment pourrais-je perdre contre un renard ? »

Les oreilles de Kunon avaient frémi face à ses paroles.

« Combien de fois dois-je répéter que je suis une louve ? » s’écria Kunon.

Son rugissement avait résonné dans toute la zone et cela avait même secoué l’air.

Elle s’était probablement sentie mieux l’instant d’après.

Puis, elle avait souri... « Takumi m’a dit de ne pas te tuer... alors je vais me contenter de te mutiler, » déclara Kunon.

Une nuance vive d’intention meurtrière était présente dans son ton.

Pourtant, Boris pensait qu’elle bluffait. Il ne l’avait pas prise au sérieux.

« Laisse-moi voir comment tu cours avec ta queue entre les jambes ! » s’exclama Boris.

Souriant comme s’il était en train d’apprécier le frisson d’une chasse, Boris déclencha une autre de ses attaques. Contrairement à la précédente, après s’être déplacée au sol, elle avait « bondit » sur sa cible telle une vipère.

De son côté, Kunon se concentrait afin d’en capter le son, et une fois que ses oreilles frémirent après l’avoir perçu, elle s’éloigna légèrement et l’esquiva.

Bien qu’elle ne soit pas pleinement consciente de ce qui se passait autour d’elle à cause du bandeau, aucune des attaques ne l’avait effleurée.

« Oh ! Alors, qu’en penses-tu !? Si tu n’esquives pas mieux, tu vas perdre la tête ! » s’exclama Boris.

Sans répondre à ses provocations, la femme-louve n’arrêtait pas d’esquiver chaque attaque.

Puis, l’homme avait eu un pressentiment terrible.

Il pensait qu’un homme-loup qui avait l’habitude de se battre pouvait esquiver l’une de ses attaques... mais seulement une seule.

« Mecccccc, tu crains tellement... Ne sais-tu pas comment chasser ? » demanda Kunon.

Sa voix était calme et son visage détendu tout en évitant la tempête d’attaques, ce qui avait permis à Boris de développer ce sentiment étrange.

« Laisse-moi te montrer comment faire, » déclara Kunon.

Elle sauta encore quelques fois pour se préparer à son prochain mouvement, puis frappa du pied le sol avec force et se précipita vers son adversaire.

« Qu’est-ce que c’est ? » s’exclama Boris.

Son allure dorée ressemblait à du tonnerre qui zappait. La distance qui les séparait s’était réduite à néant en un clin d’œil, et une fois qu’elle était devant lui, elle avait souri.

« D’abord, tu coinces ta proie, » déclara Kunon.

L’instant d’après, il avait vu l’une des jambes de Kunon faire un arc en l’air, et un cri aigu avait retenti quand elle lui donna un coup de pied au visage.

Son objet magique de défense avait réussi à créer une barrière, mais elle avait profité de sa confusion pour acquérir de nouveau de la distance.

« Et ça, c’en est le premier point, » déclara Kunon.

Après ça, elle abaissa alors son corps et laissa les chaînes de ses menottes s’entrechoquer comme si elles se moquaient de Boris.

Pour le dire franchement, Boris avait été un peu surpris par ce qui venait de se produire.

Ils étaient très éloignés l’un de l’autre, mais elle avait pu venir jusqu’à lui en une fraction de seconde, et ce n’était pas tout.

« Qu’est-ce que tu as fait ? » demanda Boris.

« Es-tu en train de parler de ta magie pathétique ? » demanda Kunon.

Il avait dégluti face à ces paroles.

« Tu aurais dû mettre une intention meurtrière dans cette première attaque... mais tu étais de toute façon bien trop facile à comprendre, » déclara Kunon.

L’homme pouvait sentir des sueurs froides couler le long de sa colonne vertébrale.

« Ta magie... c’était quoi déjà, l’attaque décapitante ? Joli nom ! Mais tes attaques ne sont que pour la figuration, non ? Alors que tu as produit un divertissement en soulevant de la poussière et en faisant du bruit, et tu as activé les pièges décapitants que tu avais préparé bien avant ça, n’est-ce pas ? » demanda Kunon.

Elle riait joyeusement de ses propres mots.

« Pas mal. Les attaques que tu fais sont invisibles, c’est comme ça que tu as pu massacrer tant de demi-humains... n’est-ce pas ? » demanda Kunon.

Kunon expliqua le tour impitoyablement, puis elle attendit quelques instants. « Attends, ne veux-tu pas me répondre parce que j’ai raison ? Puisque j’ai pris la peine de l’expliquer, pourrais-tu continuer à parler avant que ça ne devienne encore plus ennuyeux ? »

Après avoir entendu sa provocation, il n’avait pas dit un mot de plus. Une clochette dans sa tête hurlait qu’il était en danger. Si le moindre son s’échappait de sa bouche, la femme-louve devant lui aurait tranché sa trachée avec ses crocs.

Le seul fait de l’imaginer l’effrayait.

Pendant ce temps, Kunon n’arrêtait pas de rire.

« Mec, ton cœur est si bruyant ! N’hésite pas à la fermer, mais je saurai toujours où tu es grâce à tes battements de cœur. N’est-ce donc pas inutile de te taire ? » demanda Kunon.

« Comment... Comment as-tu pu voir à travers ma magie ? » demanda Boris.

Tandis qu’il faisait difficilement sortir ces mots, elle laissa ses chaînes s’agiter à nouveau en posant un doigt sur ses lèvres.

« Mmmh... J’ai les yeux bandés, donc je ne pouvais rien voir. J’ai senti l’odeur de ta magie et j’ai deviné ce qu’elle faisait, » répondit Kunon.

« Arrête avec tes conneries ! La magie ne sent pas —, » commença Boris.

« Oh, c’est vrai ce que je dis. Quand la formule de loi est active et que ta magie se manifeste, elle sent mauvais, » déclara Kunon.

Elle avait dénudé ses canines tout en souriant férocement.

« Une fois que je l’ai capté avec mon nez... je peux atteindre sa source où qu’elle soit, » déclara Kunon.

Gaitsu avait déjà envoyé des mages contre Takumi et ses camarades, et tout ce qu’elle avait à faire était de taper du pied là où les piliers du feu allaient surgir.

« Bien sûr, c’est impossible pour vous les humains de le faire, parce que même les demi-humains ont besoin d’entraîner leur odorat pour le sentir... mais tu vois, c’est vraiment facile quand tu sais que tu combats un utilisateur de magies, » déclara Kunon.

Elle l’avait dit comme si c’était simple, mais il avait compris que c’était une tâche ardue.

Il n’y avait pas un seul demi-humain qui pouvait comprendre comment sa magie fonctionnait avant.

« Si j’ai les yeux bandés, mon odorat et mon ouïe deviendront naturellement plus aiguisés, » déclara Kunon.

Loups, tigres, lions, ours, cochons, bœufs... aussi féroce soit-il, aucun d’entre eux ne pouvait échapper à leur mort.

Aucun d’eux ne pouvait sentir sa magie.

C’est pourquoi il était le prédateur et non l’inverse...

Mais maintenant, un monstre riait devant lui, faisant beaucoup de bruit avec les chaînes qui la retenaient.

« Maintenant... faisons un spectacle comme Takumi l’a demandé, » déclara Kunon.

À ce moment, Boris remarqua que ses mains tremblaient. Pour les arrêter, il serra avec force son épée courte.

« Haha... alors essaie de me tuer, sale loup-garou ! » s’écria Boris.

Il avait poussé un cri de guerre afin de se remonter son moral, puis il avait fait tournoyer son épée tout autour de lui pour former une barrière coupante. Si quelqu’un s’en approchait, il aurait fini en viande hachée.

Si elle comprenait ce qu’il pouvait faire, il valait mieux ne pas la laisser s’approcher.

Kunon avait souri alors qu’elle avait reniflé. « Penses-tu que le fait de couper ton propre itinéraire d’évasion qui te maintient en vie t’aidera ? Tes actions sont très stupides, » déclara Kunon.

Elle avait pris une profonde bouffée d’air, puis elle avait émis un grondement qui résonna dans le ciel comme un hurlement. Mais c’était plus près d’une chanson, et encore plus près d’un mot. Tout le verre des environs résonnèrent face à ça, et bientôt les sons produits par eux qui se chevauchaient augmentèrent leur nombre et devinrent une mélodie.

 

 

« Q-Qu’est-ce que tu fais... !? » Boris l’avait demandé quand même, mais il avait compris ce qu’elle venait de faire.

Ce monstre avait détruit ses défenses.

Afin de manifester sa magie, il l’avait canalisée avec une formule de loi, mais... elle avait été dissipée avec ce mur de son.

Non seulement sa première attaque avait été détruite, mais tous les autres pièges avaient résonné les uns avec les autres et ils avaient disparu.

Alors que le concert se déroulait, Kunon s’approcha de lui. Ses chaînes se firent une nouvelle fois entendre.

« Un archevêque célèbre m’a dit que pour interagir avec des formules de loi, j’ai besoin de connaître à la fois leur emplacement et leur forme. L’ouïe d’un homme-loup est bonne. Si quelque chose est tangible, il peut se répercuter, et si j’entends cela, je peux en saisir la forme, » expliqua Kunon.

Boris avait remarqué trop tard qu’elle avait déjà crié comme ça quand il l’avait traitée de renard.

En entendant comment sa voix s’étendait dans l’air, elle pouvait saisir avec précision la forme des formules de loi utilisée par sa magie.

« En outre, si quelqu’un sait comment les formules de loi sont créées... même un demi-humain comme moi pourrait interagir avec. Comme tu l’as vu, il est possible de l’autodestruction, » continua Kunon.

L’homme ne pouvait même pas prononcer « impossible », car le monstre devant lui venait de prouver à tout le monde que ses paroles étaient véridiques.

« Chasser, c’est coincer une proie à la fois physiquement et mentalement, » déclara Kunon.

Elle ricanait de plus en plus à mesure que leur distance diminuait.

« Espèce de... putain de salope ! » cria Boris.

Il dissipa la peur qui le paralysa d’un cri de colère et commença à frapper avec son épée courte au hasard, essayant d’améliorer sa défense, mais Kunon poussa un soupir d’ennui.

« Mecccc... puisqu’il n’y a pas d’issue pour toi, essaie au moins avec un peu plus de vigueur..., » déclara Kunon.

Elle avait levé une jambe et avait donné un coup de pied sur le sol sous elle à pleine force, provoquant une fissure et envoyant des cailloux volés vers lui.

Ses projectiles avaient été coupés en l’air sans bruit, et lorsque les frappes de Boris s’étaient activées, ils avaient laissé un vide pendant un instant.

« Il devrait y avoir une limite à l’ennui que ça peut être de te combattre, » déclara Kunon.

Lorsqu’elle s’était entraînée avec Elsa les yeux bandés, les objets magiques étaient protégés par la barrière qui entourait le champ d’entraînement. Mais quand cette même barrière était sur le point de s’activer, elle avait frappé le vide de toutes ses forces — l’instant d’après, le bruit du verre brisé avait empli l’arène, et ses chaînes s’étaient serrées autour du cou de Boris.

« Gah... aah... ! »

« Ne te l’avais-je pas dit ? Je sens l’odeur de la magie, même si c’est la formule de loi d’un objet magique. Je n’y ai même pas pensé cette fois, et j’ai juste frappé très fort, » déclara Kunon.

Ses chaînes commencèrent à s’enfoncer dans la peau de son cou pendant qu’elle lui murmurait à l’oreille. « Tu n’as jamais eu une seule chance de gagner. Seul un perdant, une proie, serait poussé au fond du gouffre si unilatéralement. »

Puis, un sourire cruel s’était rependu sur son visage.

« Tu étais vraiment fier de dire que tu avais tué des dizaines de demi-humains... »

Alors que la gorge de Boris commençait à s’écraser à cause de la pression de la chaîne, elle avait prononcé ses derniers mots avec un sourire lunatique déformant son expression.

« Quant à moi, j’ai massacré d’innombrables insectes comme toi, humain. »

La dernière chose que Boris avait pu entendre avant de perdre conscience était le bruit de sa colonne vertébrale qui se brisait en deux.

***

Partie 2

L’arène devint silencieuse alors que Boris s’effondrait sur le sol, de l’écume coulant de ses lèvres.

Un chevalier magique a été vaincu par un demi-homme.

Cette vérité inacceptable était devenue réalité devant tout le monde.

Pourtant, l’annonce de fin du premier combat fut reportée et le temps — qui semblait gelé jusque-là — recommença à couler tandis que des cris de joie et d’égarement remplissaient l’air.

Karin poussa un soupir d’ennui. « … Je parie que les plus bruyants sont les gars de la ville basse, hein… ? Ne devraient-ils pas être au travail en ce moment ? Au juste, pourquoi sont-ils là ? »

« Ce n’est pas possible… Un simple loup-garou ne peut pas vaincre Boris… ! »

« Oh, ce type était fort ? Kunon l’a écrasé en une minute. »

Castells, qui ne pensait même pas que ce résultat était possible, commença à se frotter la tête, s’arrachant les cheveux tout en marmonnant. « ce n’est pas possible. »

« Alors, que vas-tu faire ? Si tu abandonnes maintenant, je t’épargnerai avec plaisir, » déclara Karin.

« Ne te fous pas de moi ! Les fiers chevaliers magiques ne fuiront jamais de simples demi-hommes ! » s’écria l’autre.

« Je vois. C’était une suggestion, mais c’est à vous de choisir. Maintenant que votre ami a été sorti de l’arène, peut-on aussi s’amuser ? » demanda Karin.

Ses cheveux noirs ondulaient alors qu’elle se leva, laissant derrière elle la boîte en bois qu’elle utilisait comme chaise.

Castells, retrouvant probablement son sang-froid, avait laissé échapper un autre rire étrange. « Hihihi... ! Tu t’amuses un peu ? Parles-tu de ce qui t’attend après ta défaite ? »

« … En fait, c’est toujours ce que les gens insinuent. Les elfes ne peuvent-ils pas être autre chose que des prostituées ou des esclaves sexuels ? Ne pouvez-vous pas au moins y réfléchir, petit malin ? » demanda Karin.

« Seul un perdant y penserait. N’as-tu pas choisi de vivre comme ça toi-même ? Hihihihi ! Je m’intéresse à ton corps, mais pas de cette façon, » répliqua Castells.

Il la regardait en se léchant les lèvres. « Je n’ai toujours… pas tué d’elfe. Ton espèce est très précieuse, alors je n’ai trouvé des gens comme toi qu’en tant que jouets et jamais en tant qu’ennemis… J’ai hâte d’y être. »

« Merci de me l’avoir fait savoir. Les nobles mâles sont stupides et dégoûtants, tout comme leurs goûts terribles. Je les frapperais volontiers à mort, » déclara Karin.

« Hihihihi... Même si tu avais quelques notions de magie, tu ne serais toujours qu’un jouet devant la magie toute puissante de Richtert. Mon Épine de l’Ombre va — attends, qu’est-ce que tu fais ? » s’écria Castells.

« Pourquoi me demandez-vous ça ? Le match commence bientôt, alors je prépare mon arme, » déclara Karin.

Elle en avait sûrement déjà marre qu’il se vante. Elle ouvrit la boîte en bois, enleva le tissu qu’elle contenait et en sortit le contenu avec un certain effort.

En plus de ses grognements, le son de quelque chose de terriblement lourd frappa les tympans de tout le monde, et quand cette chose devint enfin visible, le public s’était remué.

C’était un arc incroyablement énorme, encore plus grand que Karin. Si sa corde d’arc avait été détachée et qu’il était revenu droit, il aurait plutôt ressemblé à un Bō (bâton de combat) solide et complexe.

« Aaah… c’est une douleur à l’utiliser. Mais au moins, ce n’est pas le mien, alors je vais m’en sortir pour aujourd’hui, » déclara Karin.

Karin sortit également un carquois de la boîte en bois et le porta sur son dos. Puis elle sortit ce qui ressemblait à une arme contondante plutôt qu’à une simple flèche et elle fit face à son adversaire.

« OK, je suis prête. On commence ? » demanda Karin.

« … J’ai une question idiote. Veux-tu vraiment te battre avec ça ? » demanda Castells.

« Eh bien, je suis une elfe. Maintenant, ce sera encore plus clair pour tout le monde, » répondit Karin.

« Hihihihi ! Oui, tout à fait mieux ! Une elfe impuissante ne serait même pas capable de tirer avec cet arc —, » déclara Castells.

« En fait, les elfes peuvent utiliser n’importe quel objet, » déclara Karin

Elle avait encoché la flèche en parlant, puis elle avait fait virevolter son corps. Elle avait percuté un rocher voisin qui avait été endommagé par l’impact, mais cela lui avait permis de stabiliser sa visée avant de tirer en l’air.

« Si je l’utilise comme une arbalète, même les elfes les plus impuissants peuvent réussir à affronter un adversaire, » déclara Karin.

« … Je vois. Mais tu n’as que trois flèches, » déclara Castells.

« Je ne peux pas en amener beaucoup. Elles sont lourdes, » déclara Karin.

Tandis qu’elle haussait les épaules, les flèches de son carquois firent du bruit, et Castells riait étrangement.

« Tu n’as aucune chance de gagner contre moi, ma fille. Laisse-moi te battre dans ton jeu, » déclara Castells.

Le sifflet avait fait un son fort dès qu’il avait terminé sa phrase, annonçant le début.

L’ombre de Castells rampa vers l’avant pendant qu’elle moussait. Cela éclaboussait comme de l’eau alors que sa forme s’était transformée en plusieurs aiguilles foncées.

« Vois-tu, mon pouvoir, l’Épine de l’Ombre, me permet de produire n’importe quel objet en utilisant mon ombre. Tant que je suis ici, je peux envoyer des flèches sans fin, » déclara Castells.

Il étouffait son rire tandis que son ombre se répandait autour de lui en ébullition.

« Crois-tu vraiment que tu peux gagner contre moi avec seulement trois flèches ? » demanda Castells.

Plusieurs dizaines de projectiles noires éclatèrent, révélant des ombres en forme de flèches prêtes à voler contre elle. Elle ne fit que soupirer légèrement.

« Cette bataille se terminera bientôt, donc je n’aurai pas besoin de plus, » répliqua Karin.

Elle avait souri avec confiance en regardant devant elle, exactement comme quelqu’un de confiant l’aurait fait.

« Où est l’intérêt d’avoir un stock infini de flèches si aucune d’entre elles n’atteint sa cible ? » demanda Karin.

Elle baissa les yeux vers son ennemi et se moqua de lui. Vu comment les sourcils de Castells tremblaient, ses railleries avaient été efficaces.

« Alors je vais te vaincre ! » cria Castells.

Il baissa la main comme un commandant donnant un ordre à ses troupes et des flèches noires commencèrent à voler dans le ciel.

Alors que son champ de vision était rempli d’une pluie mortelle, elle retira agilement une autre flèche métallique de son carquois et commença à repousser la volée de tirs qui arrivait.

Chaque fois que les ombres touchaient sa flèche, un son métallique retentissait bruyamment avant qu’elles ne perdent leur forme et disparaissent, et il en était de même chaque fois qu’elle utilisait son immense arc comme bouclier, qu’elle agitait dans une sorte de danse.

L’instant d’après, elle était là, immaculée et calme. Le sol autour d’elle était percé d’innombrables ombres qui, perdant leur forme, avaient commencé à disparaître.

« Ohh, je ne m’attendais pas à ce que cet arc soit aussi bon. Je suppose que le bois d’un arbre sacré est assez difficile à casser, car il est encore en parfait état… Compte tenu de l’oiseau fou qui est son propriétaire, je ne devrais pas être surprise…, » déclara Karin.

Elle avait dû lui donner plusieurs coups de pied pour ajuster sa position lors de la manœuvre précédente, et voyant qu’il n’avait subi aucun dommage, elle souriait d’une manière satisfaite.

« Alors ? Où est votre stock infini de flèches ? Si vous ne me frappez jamais…, » déclara Karin.

Boom. Une onde de choc tonitruante déchira l’air.

« … vous mourrez bientôt, » déclara Karin.

Le son métallique et lourd qui résonnait dans l’arène faisait penser aux spectateurs que la flèche qu’elle avait tirée avait finalement atterri quelque part, et tout le monde imaginait facilement ce qui se serait passé si un humain avait été touché par elle.

« J’ai tiré dans le ciel parce que je ne voulais pas que quelqu’un dans le public risque sa vie, mais si elle atterrissait sur vous, vous seriez déjà mort. Si elle vous égratignait, vous seriez maintenant sans membre, et s’il vous perçait, vous auriez maintenant votre corps divisé en deux, » déclara Karin.

« Hihihihi… ouais, effrayant. Pourtant, cela ne m’a pas frappé, » déclara Castells.

Devant cela, Castells était calme.

« Notre archevêque nous a donné les meilleurs objets magiques. Peu importe à quel point tu me frappes fort, tu ne perceras pas ma défense, » déclara Castells.

En effet, l’objet magique de Boris l’avait défendu contre l’une des attaques de Kunon à pleine puissance.

L’arc n’était pas aussi fort que les coups de la fille-chienne, mais même si son coup de pied n’avait pas frappé directement sur lui, sa barrière s’était activée.

Mais Karin s’en fichait. Elle avait encoché la flèche, puis avait tenu l’arc d’une seule main pendant quelques instants.

« Eh bien, je ne peux pas me servir de mon nez pour vous vaincre, je ne sais pas non plus où votre formule de loi est écrite, donc je ne peux pas m’en mêler avant l’activation de votre magie, » déclara Karin.

Elle tapota sur sa tempe avec son doigt. « Mais je peux contourner votre défense, car activer l’objet magique dépend de vous. »

Les objets magiques activaient leurs barrières lorsque leur utilisateur percevait une attaque.

Par exemple, il était hautement improbable que leur créateur tienne compte des très rares instants avant qu’un utilisateur ne jette son sort. Dans ces moments-là, le lanceur de sorts se déplaçait de manière offensive sans se soucier de la défense, ce qui signifiait qu’il était vulnérable pendant cette très courte période.

« Votre camarade pouvait se défendre contre l’une des attaques de Kunon parce qu’il avait l’habitude de se battre contre de demi-hommes… mais vous ne l’êtes pas. En fait, quelqu’un d’aussi déprimant que vous ne peut se battre qu’à distance, » déclara Karine.

« Hihihihi... Je déteste qu’on m’appelle comme ça. Mon style harcèle mon adversaire de loin jusqu’à ce qu’il se fasse embrocher. Rien de plus, » répliqua Castells.

Avec un sourire vulgaire fendant son visage, il prépara une autre tempête de flèches noires, mais Karin, qui le regardait avec des yeux dorés, hocha la tête avant de parler.

« Je vois. Vous n’êtes donc pas habitué aux combats à grande vitesse. »

Elle avait poignardé le sol avec son arc, l’avait tendu et avait visé directement l’homme.

« Si je vous attaque assez vite, vous n’aurez pas le temps de vous défendre, » déclara Karin.

« Hihihihi... Qui sait ? Pourquoi n’essaies-tu pas ? » demanda Castells.

Mais sans ressentir la tension, son corps avait tremblé lorsque son sourire avait disparu de son visage.

Pendant ce temps, Karin fronça légèrement les sourcils avant de lâcher sa flèche.

La corde de l’arc avait provoqué un bruit de tonnerre dans l’arène.

Coupant dans les airs à une vitesse incroyable, prête à empaler sa cible, la flèche s’enfonça dans un mur d’ombre qui s’était formé en quelques instants devant Castells, ce qui brisa tout de suite son élan et la fit tomber au sol avec un bruit.

« C’était à deux doigts… J’allais activer mon objet magique, » déclara Castells.

Il la regardait avec dédain. « Tu as manifestement utilisé une mesure magique pour repousser mes flèches d’ombre. Je ne comprenais pas ce que c’était… mais c’est probablement un objet magique ou quelque chose qui pourrait détecter ma formule magique, non ? »

Karin ne répondit pas et plaça une autre flèche. Elle pouvait fouiner dans les pensées des gens, mais c’était juste un pouvoir, pas de la magie. De plus, elle avait déjà jeté un coup d’œil à la position de la formule de la loi de Castells.

Kunon avait déjà montré qu’une fois qu’elle était connue, il n’était pas difficile d’éviter et de traiter avec les formules de loi.

De plus, si elle détectait quelle flèche allait la frapper, elle pouvait les repousser facilement.

Enfin, si elle pouvait voir où se trouvait son objet magique, elle pouvait interagir avec avant qu’il ne s’active… exactement comme Kunon.

« Oh, quel dommage, tu visais ma formule de loi. Tu as pensé à te mêler de ça avec ta dernière flèche ? L’esprit superficiel des elfes est tout simplement trop évident ! » déclara Castells.

Le voyant prêt à tirer la prochaine vague de flèches noires, elle fit claquer sa langue avant de poignarder à nouveau le sol avec son arc, puis tira sa dernière flèche.

« Hihihihihahaha ! Comme c’est inutile ! Tu es impuissante devant ma magie ! Peu importe la vitesse ou la puissance de tes coups, cela ne sert à rien ! » s’écria Castells.

Tandis qu’il faisait sortir un rire dissonant, il érigea un autre mur d’ombres devant lui, et exactement comme avant, la flèche s’y enfonça, puis tomba sur le sol.

« Ihhihihihihi ! Maintenant que tu n’as plus de munitions, ton arc est inut —, » commença Castells.

Il sortait sa langue en riant d’elle quand son champ de vision avait été empli par un jet de sang frais.

« Eh… Ah… ! AAAHHHHH ! » Il baissa le regard en criant, comprenant que l’origine du sang et la sensation de chaleur dans son pied étaient liées.

Là, empalant son pied au sol, il y avait une flèche qui semblait en métal.

« AAAHHHHH ! MON PIED ! MON PIEDSSSS ! » cria Castells.

Des élancements lui avaient déchiré toute la jambe.

Il avait crié en tortillant son corps pour échapper à la douleur, mais il n’avait pas pu y échapper. Cette douleur lui donnait l’impression que tous ses os étaient fracturés.

« Ohh, donc c’est votre fin ? Eh bien…, » déclara Karin.

Des larmes avaient brouillé la vision de Castells pendant qu’une ombre humanoïde s’approchait de lui.

« Je vous ai dit que je n’avais pas besoin de plus de flèches, » déclara Karin.

Tenant son arc, Karin le regarda de haut avec un sourire triomphant.

« Comment !?? J’ai arrêté —, » balbutia Castells.

« La dernière flèche ? Eh bien, elle n’aurait jamais frappé. Je l’ai envoyée seulement pour vous laisser utiliser votre mur d’ombre, » déclara Karin.

Elle riait comme une enfant dont la farce avait réussi.

« Je n’ai jamais pensé à la façon dont vous utilisiez votre magie. Je ne pensais qu’à obtenir un coup au but, » déclara Karin.

Dès le départ, elle avait écarté l’idée de faire face à la magie et avait tiré une flèche dans le ciel, avait calculé sa trajectoire et le temps qu’il lui aurait fallu pour retomber, avait conduit son ennemi là où il le fallait. Elle avait agi pour qu’il reste immobile, et lui avait fait dresser son mur d’ombre pour couvrir sa propre vue.

Mais peu importe comment les gens y pensaient, la seule flèche qui aurait pu le faire était la première.

« Diriger, c’est votre style, non ? Si ma mémoire est bonne, vous avez dit “harceler votre adversaire de loin jusqu’à ce qu’il se retrouve sur une brochette”. Merci de me l’avoir dit, ça m’a fait gagner beaucoup de temps, » déclara Karin.

Elle lisait les pensées de Castells avant même le début du match, donc elle savait déjà comment sa magie fonctionnait et comment il bougeait. Profitant du doute que Kunon avait inculqué aux gens, elle avait fait en sorte que sa première attaque reste inaperçue jusqu’à la toute fin.

Le fait d’agir avec prudence l’avait amenée à ce résultat.

« Pour votre information, je pourrais gagner même contre Kunon si on était un contre un, » déclara Karin.

Avec la lumière derrière son dos, ses yeux envoûtants brillaient comme de l’or. Puis elle abaissa son arc et cessa de le bandé, tandis que l’expression de l’homme semblait se dissiper en entendant le son du sifflet.

***

Partie 3

L’instant d’après, un autre rugissement éclata dans l’arène.

Cette fois-ci, non seulement les habitants de la ville basse avaient applaudi, mais aussi ceux qui s’intéressaient de près ou de loin à Suzuran. L’entreprise de la ville basse s’était courageusement battue et avait réalisé l’impossible, c’est pourquoi même ceux qui ne pouvaient pas comprendre la situation actuelle étaient excités.

D’un autre côté, les nobles étaient terriblement silencieux. Aucun d’entre eux n’avait osé dire un mot. Mais c’était évident, car la victoire de Suzuran cachait un sens profond : la magie pouvait perdre.

C’était la carte maîtresse qui les avait menés à la victoire dans la grande guerre entre les humains et les demi-humains qui avait ravagé le continent quelques siècles auparavant, et elle était aussi devenue la pierre angulaire de leur fermeté dans le temps.

Même trente ans auparavant, pendant la guerre avec l’ex-empire, la magie de Richtert avait été couronnée comme l’arme la plus puissante. C’est pourquoi les classes privilégiées comme les nobles avaient une fermeté inébranlable face à la populace.

Pourtant, cette fermeté s’était effritée au moment où Suzuran avait gagné.

La magie pouvait être vaincue même par de simples demi-humains qui ne pouvaient pas en utiliser, de sorte que même l’arme la plus puissante connue à ce jour avait un défaut, un point faible.

« Franchement… c’est mieux si tu agis maintenant, tu sais ? » Le murmure de Takumi avait été englouti par les rugissements de chahut alors qu’il regardait les réactions du public.

Un « tueur de magie » n’était pas quelqu’un qui pouvait neutraliser la magie, mais quelqu’un qui pouvait plonger son autorité dans l’abîme.

À partir de ce moment, ce que l’on croyait être le « pouvoir absolu » n’était plus « absolu », et s’il était négligé, Richtert — qui incarnait le noyau de la magie — pourrait s’effondrer.

Maintenant que ces deux chevaliers magiques avaient été vaincus par Kunon et Karin, l’autorité, la paix et l’ordre établis grâce à ce pouvoir même étaient susceptibles d’être menacés.

Raison pour laquelle, dans une telle situation, cette personne se serait sûrement montrée.

« … Quel spectacle merveilleux, membres de Suzuran ! »

Une voix claire avait coupé à travers l’excitation bouillante et avait résonné dans l’arène, calmant lentement le public pendant que son propriétaire — Kiad Fortesea — marchait vers le centre de la scène.

« Laisse-moi t’exprimer mon respect pour ton exploit ! En tant que chevalier magique qui fait aussi partie de la vaillante famille des Fortesea, je veux te défier ! »

Sa déclaration avait été suivie d’un regard noir sur Takumi alors qu’une intention meurtrière se dégageait de son sourire malicieux.

« Takumi, marchand d’esclaves de Suzuran ! Toi, qui as appris à ces demi-humains à contraster la magie, tu es digne d’éloges ! Relève mon défi et montre-moi tes vraies capacités ! »

Le marchand le regarda silencieusement tandis que le public commençait à s’agiter.

Kiad avait espionné Suzuran à travers Lise, il savait donc que Takumi n’avait aucun pouvoir magique et qu’il était plus faible qu’un demi-homme.

C’était l’humain le plus faible jamais vu.

Si quelqu’un comme lui s’était battu contre un chevalier magique dans une bataille en tête-à-tête, il serait certainement mort.

Néanmoins, Kiad avait formulé sa déclaration de manière à ce que les gens perçoivent comme « Toi, qui as appris à ces demi-humains à contraster la magie », alors si Takumi devait fuir son défi, les gens auraient compris que même les plus forts ne battraient pas la magie de Fortesea, donc la valeur de la magie elle-même ne se serait pas affectée.

Une chose était claire : si le marchand avait accepté ce défi, le noble aurait joué avec lui jusqu’à sa mort.

N’importe lequel de ces choix menait à la même conclusion — la valeur de la magie serait la même qu’avant, et le plan de Takumi serait parti en fumée.

Dans ce cas, le meilleur choix pour lui était de refuser le défi et de sauver sa propre vie.

« Permettez-moi donc d’accepter volontiers votre défi, » la réponse discrète de Takumi parvint aux oreilles de tout le monde. « Mais faisons un grand spectacle ! »

Il étendit ensuite les bras tandis que le public, les visages mêlés de perplexité et d’excitation, le regardait fixement.

« Les chevaliers qui perdent contre des demi-humains et d’anciens esclaves ne méritent pas leur titre, donc si je gagne, je veux que mes subordonnés le gagnent ! Et si je perds… Je vous offre ma tête en gage de mon impolitesse, » déclara Takumi.

Alors que le public éclatait de nouveau dans des rugissements tonnants d’excitation et d’étonnement, le visage de Kiad indiquait qu’il était perplexe.

« … Es-tu venu ici pour gâcher ta vie ? » demanda Kiad.

« Quelle belle façon de dire que je vais perdre ! » répondit Takumi.

Takumi croisa les bras sur sa poitrine tandis que son sourire brillait de confiance.

« Vous avez dû oublier ce que j’ai dit, » déclara Takumi.

« Comme si je pouvais me souvenir des mots d’une personne inférieure comme toi. Tu as perdu dès que tu as accepté mon défi. Je t’ai laissé recueillir des informations de Lise pour te pousser à venir ici… Je ne perdrai pas, » déclara Kiad.

Takumi tapa du doigt sur sa tempe.

« Laissez-moi vous dire quelque chose que je n’essaie même pas de cacher. Je n’ai aucun pouvoir magique, donc la magie et les objets magiques sont inutiles pour moi… Sans ça, je suis l’homme le plus faible du monde, » déclara Takumi.

C’est la magie qui avait permis aux gens de se démarquer des autres. Grâce à elle, ils pouvaient faire face aux capacités absurdes des demi-humains, mais Takumi n’avait rien en lui… et c’était exactement pour cela qu’il pouvait tuer la magie, être le véritable tueur de magies.

« J’ai prouvé que les demi-humains peuvent gagner contre la magie selon la situation. Que se passera-t-il quand un humain faible qui ne sait même pas utiliser la magie comme moi gagnera contre vous ? » demanda Takumi.

« Hahahaha ! Crois-tu vraiment que tu peux me battre ? Le pire, l’homme le plus faible du pays battant Fortesea, les magiciens les plus forts !? » s’écria Kiad.

« C’est ce que vos chevaliers pensaient aussi. Avez-vous vu comment ils ont fini ? Je suppose que vous ne l’avez toujours pas remarqué, » déclara Takumi.

Le sourire de Takumi débordait de confiance en lui. Perdre était inconcevable pour lui.

« Mon but était d’amener quelqu’un sur scène dès le début, » déclara Takumi.

Peu importe l’écart entre leur pouvoir, son comportement était le même.

« Détruire les formules de la loi, attaquer les chevaliers magiques sans qu’ils s’en rendent compte, trouver les défauts de vos objets magiques… J’ai inventé tout ça, alors pensez-vous vraiment que mes chances de gagner sont nulles ? » demanda Takumi.

Il se pencha un peu pour regarder Kiad vers le bas.

« J’ai accepté votre défi parce que je vais sûrement gagner. Même si je suis bien plus faible qu’un demi-humain et que je ne peux même pas utiliser la magie, je vais vous vaincre. Alors, je deviendrai le tueur de magies, » déclara Takumi.

L’instant d’après, le noble commença à entendre quelques commentaires du public.

« Peut-il vraiment gagner contre le Seigneur Kiad… ? »

« Il a offert sa tête en gage s’il perdait… Il doit avoir quelques tours dans sa manche. »

« Il a appris aux demi-humains à défier la magie, n’est-ce pas ? Il sait probablement comment annuler d’autres types de magie… »

« Est-il donc vraiment convaincu de gagner ce challenge… ? »

Ces doutes se répandirent dans le public comme une maladie et infectèrent bientôt les nobles et les chevaliers magiques qui étaient encadrés par Fortesea. Un tourbillon d’insécurité s’était propagé dans les airs et était descendu sur Kiad, qui avait commencé à concevoir la possibilité de perdre.

Bien qu’il puisse voir beaucoup de visages inquiets, il essayait de rationaliser ce qui se passait.

L’homme devant lui ne pouvait pas utiliser la magie — il était le plus faible, le plus mauvais humain existant. D’autre part, Kiad était un membre de la famille des Fortesea, la famille avec les magiciens les plus forts du pays, et lui-même, en tant que puissant chevalier magique, il ne pouvait pas se permettre de souiller le nom de sa famille.

Toutefois…

« … Et alors, chevalier magique le plus fort ? Vous avez l’air effrayé, » déclara Takumi.

Il resta figé sur place tout en méditant pendant que le marchand d’esclaves le regardait.

Bien qu’il fût terriblement plus fort que son ennemi, il devait quand même ériger une façade… mais bientôt Kiad avait laissé sortir un sourire ironique.

« Peu importe l’ennemi… Les Fortesea ont battu tout le monde jusqu’à présent, » déclara Kiad.

Il avait alors éclaté d’un rire fou et avait dégainé l’épée courte qu’il avait attachée à sa hanche.

« Fais ce que tu veux ! Je vais t’écraser avec ma bravoure ! » déclara Kiad.

Presque hurlant, Kiad leva son épée courte sur Takumi qui, pour la première fois, laissa son expression s’effondrer alors qu’il plissait les sourcils.

L’instant d’après, après que l’épée ait commencé à couper l’air avant de trancher sa cible, Kiad fut projeté comme s’il avait été frappé par une main invisible et puissante.

« Gh… Gwah... ! »

Sa souffrance s’échappait de ses lèvres dans des mots sans forme tandis que le bruit de ses os qui se fendaient et se brisaient dans son corps atteignait ses oreilles.

Tandis que Takumi le regardait de loin, tick — un son aigu résonna dans l’arène.

« … Je ne te permettrai pas de prononcer le nom de ma famille tout en montrant ce comportement honteux, » la voix d’un homme d’âge moyen s’était rapprochée et s’était alourdie à chacun de ces mots.

Son expression était dure et froide comme l’acier et les sillons ridaient son visage tandis que sa présence submergeait le public — sa canne poignardait le sol en approchant les deux hommes dans l’arène.

« Bien que tu ne mérites pas de faire partie de Fortesea, nous sommes toujours liés par le sang. J’ai toléré ce spectacle inesthétique jusqu’à présent, mais si ça continue… Moi, Elvis Fortesea, je vais te purger. »

La fin de sa phrase avait été marquée par le tic-tac de sa canne.

L’expression de Kiad s’était tordue alors qu’il tentait d’extraire une réponse pour la voix de l’homme qui avait conduit la magie à son autorité actuelle il y a trente ans.

« Pourquoi… ? J’allais montrer à tout le monde notre bravoure —, » déclara Kiad.

« Qu’est-ce qu’un idiot comme toi peut montrer aux autres ? Ce marchand d’esclaves a prouvé que la magie avait des défauts, ce qui était très important, » déclara Elvis.

Elvis, le regard aiguisé comme un couteau à glace, se tourna vers Takumi et demanda d’un ton glacial.

« As-tu trouvé un moyen pour que cette elfe et cette louve puissent faire face à la magie ? » demanda Elvis.

« … Oui. Après de nombreuses recherches, j’ai créé une approche qui pourrait s’opposer à la manifestation possible de la magie, » répondit Takumi.

« Vraiment merveilleux. Tu es un observateur attentif, » déclara Elvis.

« Je vous remercie. Je suis honoré d’être loué par l’homme qui a tordu ce pays, » déclara Takumi.

Takumi fixa les yeux d’Elvis qui, après quelques instants, furent renversés.

« Cette fois, tu as gagné ce match. Maintenant, laisse-moi mettre fin à ce spectacle, » déclara Elvis.

« S’il te plaît, attends, Père ! Si nous nous écartons sans nous battre, notre nom sera —, » déclara Kiad.

Lorsque Kiad essaya de protester, l’homme poignarda à nouveau le sol avec sa canne.

« Quand ai-je dit qu’un idiot qui perdait sans même se battre pouvait dire ce qu’il pensait ? Ce qui te rend si stupide, Kiad, c’est que tu ne sais même pas quand tu as perdu, » déclara Elvis.

Sa canne continuait à tourmenter le sol d’une manière agaçante.

« Père, es-tu en train de dire… que j’ai perdu !? » demanda Kiad.

« Que signifie la défaite ou la victoire maintenant ? Actuellement, je ne peux pas dire qui a gagné, » déclara Elvis.

C’était précisément l’un des objectifs de Takumi, car c’était la marche vers le résultat qu’il voulait.

« Ce marchand d’esclaves a utilisé des actions mystérieuses pour gagner contre toi. Il a utilisé tes mots, l’auditoire et toute cette situation, » déclara Elvis.

Il jeta un coup d’œil à Takumi, dont les lèvres étaient scellées.

« Ses compétences sont claires puisqu’il a pu apprendre à deux demi-humains à contraster la magie. Il connaît peut-être un moyen de l’annuler comme l’ont fait ses compagnons, bien qu’il ne puisse pas utiliser d’objets liés à la magie, » déclara Elvis.

Elvis avait insisté sur ce mot précis.

« Étant donné qu’il a accepté le défi de la vaillante Fortesea, il sait peut-être comment gagner contre nous. Si on y pense, il est peut-être plus fort que ses demi-humains, puisqu’il leur a appris à faire face à la magie, et même offrir sa tête pourrait être un moyen d’atteindre complètement son but…, » déclara Elvis.

Elvis marqua chacun des points de son analyse en cognant sa canne sur le sol et Kiad fut pétrifié devant son barrage d’explications.

Les paroles et l’attitude de Takumi l’avaient amené à ne pas penser à la victoire, mais à un autre résultat potentiel qui n’était pas encore clair.

Même s’il perdait au moins un match sur un million, cela prouverait que la magie n’était pas un pouvoir absolu — elle aurait été réduite à quelque chose de battable même par quelqu’un qui n’avait pas du tout de magie en lui.

Fortesea avait été poignardée par cette possibilité.

Le marchand d’esclaves utilisait ses paroles, son comportement, le public et même la façon de penser de son ennemi pour lui inculquer un doute : Takumi pourrait gagner.

Mais cette arme en forme de lame n’était pas destinée à Kiad Fortesea.

« Le but de ce marchand d’esclaves était de m’amener ici et d’arrêter ce match. Parce qu’il n’y avait pas d’autre moyen de briser ce résultat hypothétique, » déclara Elvis.

Pour Elvis, Takumi n’aurait rien gagné en gagnant, mais la défaite de Kiad était un risque qui aurait eu des conséquences dévastatrices sur l’image de la magie.

Néanmoins, l’interruption du match avait empêché le risque de se matérialiser.

C’était la façon de Takumi de survivre à la situation actuelle.

« Ouais… peut-être que j’ai planifié ça, » Takumi haussa les épaules devant le regard meurtrier d’Elvis.

« N’hésitez pas à arrêter ce match, mais rappelez-vous que j’ai mis ma vie en jeu. Si je perdais, ce serait très mauvais, » déclara Takumi.

« J’ai dit que cette victoire est la tienne. Et bien que tu ne l’aies demandé qu’oralement, je devrais conférer le titre de chevalier à tes demi-humains, » déclara Elvis.

« Père ! Tu veux vraiment donner un titre aussi honorifique à des êtres inférieurs ? » s’écria Kiad.

« Bien sûr que oui. Ces êtres inférieurs ont gagné contre deux faibles qui ne devraient pas être dans les rangs de mes chevaliers magiques, je vais donc les dépouiller de leur titre. Aussi… Je pardonnerai une erreur, mais je n’ai aucune sympathie pour ceux qui les accumulent, » déclara Elvis.

Après avoir frappé son fils avec ces mots tranchants, il l’avait giflé avec sa canne, et Kiad avait ouvert les yeux en grand avant de perdre conscience.

Puis, le laissant là, Elvis avait fait face au public.

« Le match est terminé. Applaudissez bruyamment les membres de Suzuran qui ont gagné contre mes chevaliers, » déclara Elvis.

Bien que l’apparition d’Elvis ait jeté un voile d’égarement sur tout le monde, l’arène qui était restée silencieuse jusque-là a une fois de plus été secouée par l’agitation.

Takumi regarda les nobles qui gardaient le silence.

« Seigneur Elvis, la magie est-elle si importante ? » demanda Takumi.

« Évidemment. Tu sais que ce pays a besoin d’un pouvoir absolu, n’est-ce pas ? » répliqua Elvis.

Richtert était étiqueté comme un petit pays sur le continent du Veril.

Les raids venant de Denmerg, au nord, avaient frappé le territoire de Richtert, les tanières des monstres de la forêt vierge de Bestia à l’ouest se répandaient, et la mer entourait le royaume au sud.

Pour survivre dans cette cage sanglante, Richtert s’était confiné et avait développé un pouvoir absolu et sans égal : la magie.

Grâce à son utilisation pendant la guerre de Trente Ans, la fréquence des raids de Denmerg avait fortement chuté et aucune autre guerre n’avait éclaté.

Cette paix n’avait été gagnée que grâce à la magie de Richtert, de sorte qu’une fois ce pouvoir perdu, le pays tout entier serait à nouveau plongé dans le chaos.

« Ce que tu fais n’est pas différent de détruire ce pays, » déclara Elvis.

« Mais est-ce que c’est bien pour vous de détruire d’autres personnes dans les coulisses ? » demanda Takumi.

Elvis ne répondit pas à l’homme qui essayait de couvrir d’arrogance ses raisons et ses idéaux, et ayant l’air d’avoir perdu tout intérêt, il se retourna sur ses talons.

« Permets-moi de te féliciter sincèrement pour ce que tu as fait aujourd’hui. Tu t’en es bien sorti, mais si c’est ton pouvoir, je peux me détendre, » déclara Elvis.

« Est-ce que c’est le cas ? Si vous dites ça… vous avez probablement vu votre limite, » répondit Takumi.

Avec un sourire arrogant, Takumi pointa son arme sur le dos d’Elvis… puis baissa la main.

« Regardez tout le monde de haut et un jour vous serez détruit, » déclara Takumi.

« Le devoir du fort est d’écraser tous ceux qui s’y opposent, » répliqua Elvis.

Sans se tourner vers lui, Elvis avait simplement regagné les sièges des nobles pendant que Takumi regardait son dos s’éloigner en silence.

***

Partie 4

Takumi et ses camarades étaient maintenant devant les sièges des nobles, la tête baissée.

Les individus les plus puissants du Saint Royaume de Richtert — les seigneurs et la reine Eluria Richtert, symbole de son pays — étaient à quelques pas.

Elle portait quelque chose de plus simple que d’habitude, essayant d’équilibrer le confort et l’apparence puisqu’elle savait qu’elle allait devoir marcher jusqu’à l’arène à un moment donné. L’épée de cérémonie attachée à ses hanches rappelait à tous le statut officiel du match.

« Ça a été… un merveilleux match, membres de Suzuran, » déclara la reine.

Après avoir entendu ses paroles, tous les trois levèrent la tête.

« Le Seigneur Elvis a loué votre courageux combat, et je ne peux qu’être d’accord avec lui et approuver son choix. Aujourd’hui, nous tiendrons également la cérémonie pour vous baptiser chevaliers, vous, les vainqueurs, » déclara-t-elle.

Takumi jeta un coup d’œil à Elvis qui était assis quelques pas derrière Eluria, mais ne pouvait lire aucune inquiétude sur son visage.

« Je suis profondément ravi des paroles que Sa Majesté a adressées à mes subordonnés. Leur victoire a été bénie par notre déesse Filia, ils devraient donc viser à devenir votre épée, ma Reine — l’épée de l’entité la plus proche de Filia. »

« Hehehehe… Vous entendre prononcer des paroles sages est hilarant…, » déclara la reine.

« … Votre Majesté, s’il vous plaît, évitez de murmurer quelque chose au milieu de votre discours, » déclara Lux.

« Pourquoi, tu es de mauvaise humeur, Lux ? » demanda la reine.

« Je ne le suis pas. Mais chaque fois que ce marchand d’esclaves fait l’impossible, je reçois beaucoup d’exhortations, alors j’ai un peu mal au ventre, » répondit Lux.

Lux, qui était assis derrière elle, avait réussi à sourire malgré le tic-tac de ses joues.

Tout près de lui, un vieil homme avait ajusté ses lunettes sur son nez. « Ohohhh… On dirait que vous allez vous creuser la cervelle, Seigneur Lux. L’homme sur lequel vous avez mis les yeux est en train de gagner un titre, alors ne devriez-vous pas être plus heureux ? »

« … Je vous remercie de votre observation, Seigneur Cramer. J’envie la façon dont vous évitez les problèmes et dont vous n’avez presque jamais à vous en occuper personnellement, » déclara Lux.

« Ohohhh… Gérer les problèmes et la discorde est la façon de faire de l’administrateur harmonieux. Chaque fois que nous trouvons une mer calme, nous ne savons jamais ce qui bout au fond d’elle, » déclara Cramer.

L’Administrateur Cramer, le seigneur supérieur qui avait porté la politique nationale de Richtert sur ses épaules en tant que Premier ministre et qui contrôlait également les ministres du cabinet, avait répondu au cynisme de Lux en secouant ses moustaches.

C’était un homme rusé qui avait agi pour maintenir l’harmonie et la stabilité dans son pays.

« Pardonnez à ce vieil homme de s’immiscer dans votre conversation, Votre Majesté. Je suis désolé, » déclara Cramer.

« Eh bien, vous feriez mieux de l’être. Nous sommes au beau milieu d’un discours public, » déclara la reine.

« Ohohhh… Je ne m’attendais pas à être réprimandé comme ça…, » déclara Cramer.

« … Une autre conversation inutile peut-elle s’arrêter maintenant ? Aucune ne vaut le temps de ce peuple. »

Craignant peut-être que leur conversation ne dure trop longtemps, Elvis l’avait coupé d’une voix aiguë et avait poussé la reine, qui l’avait regardé avec un sourire ironique, à continuer et à faire face à Takumi de nouveau.

« Le Seigneur Lux vous notifiera les détails des terres dont vous aurez la charge après que vos subordonnés seront devenus chevaliers. J’ai aussi une affaire personnelle dont je veux discuter avec vous, marchand d’esclaves, » déclara la reine.

Tandis qu’Eluria prononçait ces mots, elle échangea des regards avec Lise, qui se tenait encore debout derrière le trône — son regard aigre habituel était plâtré sur son visage.

L’enfant fit un pas vers Takumi tout en serrant fortement ses lèvres l’une contre l’autre.

« … Je n’arrive pas à croire que vous ayez vraiment gagné, » déclara Lise.

« Mais j’espérais entendre “j’ai cru en votre victoire”, » répliqua Takumi.

L’entendant plaisanter, elle pressa son bâton plus fort avec ses lèvres.

« Je ne devrais pas croire… c’est pour ça que j’ai abandonné, » déclara Lise.

Après avoir écrasé ses croyances, la seule chose qui lui restait à faire était d’obéir.

Elle avait abandonné parce qu’elle croyait qu’elle n’aurait jamais pu gagner ce combat.

Il n’y avait rien à y faire — c’est cette justification qui l’avait aidée à supporter sa vie actuelle.

« Avez-vous aimé la tarte aux pommes, Mgr Lise Crest ? » demanda Takumi.

« … Oui. C’était si délicieux que je me sentais mieux, » répondit Lise.

Sa simple question lui dégagea le visage de toute ombre alors qu’elle lui répondait avec un sourire rayonnant de chérubin.

Takumi acquiesça de satisfaction.

« J’ai bien entendu les paroles de Sa Majesté. Je respecterai les détails du Seigneur Lux dès que je recevrai sa notification, » déclara Takumi.

« J’ai hâte d’y être. Maintenant… nous ne pouvons plus laisser les gens attendre. C’est une cérémonie ennuyeuse, achevons-la tout de suite. »

En disant cela, Eluria se leva et dégaina son épée, symbole de la famille royale — le bleu de sa lame était plus clair que celui du ciel et plus profond que celui de la mer — et l’abaissa sur Kunon et Karin, qui gardèrent toutes les deux la tête baissée.

« Au nom d’Eluria Richtert, votre reine, je vous accorde le titre de chevalier. Par le pouvoir qui vous est conféré, je vous demande votre loyauté envers mon pays. »

La partie plate de son épée toucha leurs épaules, marquant ainsi la fin officielle du match et une fois la cérémonie terminée, les camarades de Takumi, silencieuses jusque-là, relevèrent la tête.

Pour la dernière fois de la journée, le public avait applaudi avec enthousiasme.

***

Partie 5

Alors que le match avait été déclaré comme terminé et que l’arène se vidait, le silence tomba sur les plaines et le château royal…

« Merde, je l’emmerde ! Merdeeeeee ! »

La chambre de Kiad était la seule exception.

Il avait défoncé le mur pour évacuer la rage qui bouillonnait dans son estomac.

Vaincre… ce mot s’accrochait à son esprit comme un parasite. Il était inégalé jusqu’alors, mais maintenant… il avait finalement été vaincu.

Il était né fils aîné des Fortesea et, contrairement à son frère cadet, il avait été béni par la magie la plus forte… du moins, il l’avait cru.

Il avait repéré les meilleurs sorciers et considérablement augmenté leurs capacités avec les meilleurs outils magiques qu’il pouvait leur fournir. Ils auraient dû être capables d’écraser tout ce qui se trouvait sur leur chemin, et pourtant… ils avaient perdu.

Et pour empirer les choses, il avait été vaincu dès qu’il était entré dans l’arène pour rétablir le score. L’homme le plus bas de la planète, un type qui ne pouvait même pas utiliser la magie, l’avait dans la paume de sa main depuis le début.

« Non… Je n’ai pas perdu… ! »

Même si Kiad avait perdu le match, sa défaite n’avait jamais été officiellement déclarée. Mais même essayer de trouver une justification pour lui-même l’énervait.

Ce qu’il devait faire, c’était envoyer ce satané marchand d’esclaves en enfer. Et s’il ne le faisait pas… il avait peur que quelque chose en lui se brise.

Il essaya de chasser ce sentiment et se dirigea vers le laboratoire du château royal lorsque, au bout du couloir, il vit une petite fille qui marchait vers lui — ses cheveux argentés attachés en queues jumelles.

« … Vous êtes réveillé, Seigneur Kiad ? » Le ton de sa voix était plus plat que jamais.

« … Lise, je te cherchais. Les outils magiques que tu as créés étaient si mauvais qu’ils ont fait perdre Boris et Castells. Je veux que tu commences à travailler sur de meilleures versions, maintenant, car ils sont la cause principale de tout —, » déclara Kiad.

« Désolée, je ne peux pas vous aider, » déclara Lise.

« … Qu’est-ce que tu as dit ? » demanda Kiad.

« J’ai été au laboratoire pour détruire tous les prototypes et les formules de loi que j’ai créés. J’ai même bloqué la magie qui vous a permis d’entendre tout ce que vous vouliez, » déclara Lise.

Elle baissa le regard tout en faisant face à l’homme.

« Je ne vous aiderai plus dans vos expériences, » déclara Lise.

L’expression de l’homme se tordit inesthétiquement face à ces mots.

« ESPÈCE DE PETITE MERDE INGRATE ! TU SAIS CE QUE TU DIS, BORDEL ? » s’écria Kiad

Frappé par son rugissement, son corps trembla et gela.

« QUI T’A LAISSÉE ÉTUDIER QUAND TON PÈRE EST MORT !? QUI EST CELUI QUI A TRAVAILLÉ COMME UN FOU POUR T’EMMENER LÀ OÙ TU ES MAINTENANT À UN SI JEUNE ÂGE !? QUI PENSES-TU QUI GARDE TA MÈRE MALADE EN VIE !? » cria Kiad.

Écrasée par son accès de rage et son regard fou, Lise sentit ses yeux pleurer, mais elle se mordit la lèvre inférieure pour réprimer sa peur et le regarda fixement.

« Je vous suis reconnaissante pour votre gentillesse, Seigneur Kiad. Grâce à vous et à la famille Fortesea, je suis devenue une guerrière sainte et j’ai gagné mon titre. Mais…, » déclara Lise.

Tremblante, elle exprima les sentiments qu’elle avait enfermés pendant si longtemps.

« Je ne suis pas devenue qui je suis pour faire ce genre de choses ! Je suis contente d’avoir pu aider les gens avec mes outils magiques ! Je suis fière d’avoir pu sauver des gens comme mon père, qui est tombé au combat, d’une mort certaine ! » déclara Lise.

Elle avait été forcée de déformer lentement ses recherches : certaines des formules de loi qu’elle avait enchevêtrées étaient nocives pour les gens, et pourtant elle avait dû les expérimenter sur des sujets humains. En raison de cela, un sentiment constant de culpabilité la tourmentait et lui rongeait le cœur.

Bien qu’étant enfant, elle le savait très bien — ce qu’elle faisait était absolument mal… mais elle était forcée de le faire. Cadenasser son cœur était sa seule façon de le garder intact — pour ne pas briser sa santé mentale.

« J’en ai assez… Je ne veux plus blesser des personnes avec mon travail ! » déclara Lise.

Sa voix nerveuse était claire malgré ses jambes tremblantes.

Elle avait finalement extrait d’elle-même les mots qu’elle craignait le plus de dire devant Kiad.

« C’est tout, Lise Crest ? » demanda Kiad.

Le son grave et lourd de ses paroles était souillé d’une intention meurtrière.

« Mon chien m’a quand même mordu alors qu’il était enchaîné et avec son collier serré, hein ? » déclara Kiad.

Alors que la rage commençait à l’aveugler, il avait lentement rapproché leur distance.

« Tu ne comprends pas du tout… Tu ne peux même pas rêver d’être libre, » déclara Kiad.

Son regard semblait regarder un déchet inutile alors qu’il se tenait au-dessus d’elle.

« LAISSE-MOI MARQUER SUR TON CORPS CE QUI IMPLIQUE DE TRAHIR LES FORTESEA ! » cria Kiad.

Il déplaça son poing pour exprimer toute sa rage sur Lise lorsqu’un rayon de lumière jaillit de l’obscurité et s’enroula autour de son bras. Beaucoup d’autres rayons avaient lié son corps jusqu’à ce qu’il se retrouve complètement bloqué, puis il avait rugi, incapable de contenir sa rage plus longtemps.

« JE N’ARRÊTE PAS DE ME FAIRE CONTRARIER CHAQUE FOIS ! JE SUIS UN FORTESEA, ET RIEN NE PEUT M’EMPÊCHER DE FAIRE CE QUE JE VEUX ! » cria Kiad.

Son cri dément hurla dans le couloir alors que ses yeux devenaient injectés de sang.

Puis, le claquement des pas qui s’approchaient avait commencé à résonner par dessus sa voix — un sourire sûr de lui avait rempli le visage de l’homme qui s’approchait calmement.

« … Puis-je vous demander de ne pas poser vos sales mains sur mon meilleur article ? »

En entendant cette voix, Kiad se tordit le cou pour regarder derrière lui : il y avait Elsa, dont la magie contraignante le retenait, et Takumi.

« Marchand d’esclaves… ! »

« Oui, c’est moi. Je suis venu chercher mon article et je vous trouve sur le point de le battre à mort… Je ne peux pas le permettre, » déclara Takumi.

« … Takumi, tu ne sais jamais quand parler correctement, n’est-ce pas ? » Elsa commenta en étant presque choquée, et Kiad se mit à crier à nouveau.

« PUTAIN DE FAIRSTADT ! JE N’EN AI RIEN À FOUTRE QUE TU SOIS UN SEIGNEUR, JE NE TE LE PARDONNERAI JAMAIS POUR ÇA ! » cria Kiad.

« Je ne vous pardonnerai pas non plus, Kiad. Je vous ferai savoir que Sa Majesté m’a ordonné d’escorter ce marchand d’esclaves jusqu’à son nouvel article, » déclara Elsa.

« ARRÊTE DE CRACHER DES CONNERIES ! QU’EST-CE QUE ÇA VEUT DIRE, BORDEL !? » cria Kiad.

Le sourire de Takumi s’était élargi lorsque le regard furieux de Kiad passa d’Elsa à Lise, qui se tenait toujours devant lui.

« Lise Crest, nous sommes venus vous récupérer comme appartenant à ce marchand d’esclaves, » déclara Elsa.

Takumi sortit un document de sa poche de poitrine et le brandit vers le visage de Kiad.

« Cette gosse m’a demandé une grosse somme d’argent il y a quelques jours, mais comme elle ne pouvait pas la rembourser entièrement, je l’ai fait devenir mon esclave, » déclara Takumi.

« ÉPARGNE-MOI TES CONNERIES ! » cria Kiad.

« Ce n’est pas des conneries. Elle ne pouvait pas me rembourser les ingrédients super chers que nous avons mis dans sa tarte aux pommes, qui serait proche… d’un millier de pièces d’argent sacrées, » déclara Takumi.

Takumi plaisantait évidemment, mais le document qu’il tenait dans sa main était absolument authentique, et le nom de Lise Crest y était scrupuleusement écrit.

Ils avaient dû trouver un moyen de rester en contact avec elle sans qu’il le sache, c’est pourquoi elle s’était cachée dans le laboratoire jusqu’à aujourd’hui.

Pourtant, le seul contact qu’elle aurait dû avoir avec les gens, c’était avec les bonnes qui lui apportaient de la nourriture et qui examinaient son corps pour voir si quelque chose n’allait pas… ce qui signifie qu’ils n’auraient pu utiliser qu’un seul moyen.

« Ça ne peut pas être… Je l’ai écrasée, il n’y avait rien…, » déclara Kiad.

« C’est méchant. Avez-vous vraiment écrasé la tarte de ma chef ? Elle y a mis son âme… bien que ce ne fût qu’une collation pour Lise, » déclara Takumi.

Takumi sursauta en agitant le document devant lui.

« Avez-vous oublié que Suzuran est une entreprise de la ville basse ? Nous sommes les plus petits crapuleux du coin… et notre façon de faire nous rend vraiment justice. Nous connaissons beaucoup de moyens de contrebande, et c’est très facile pour nous de communiquer quand nous parlons en langage codé entre nos camarades, » déclara Takumi.

Les sucreries cuites signifiaient qu’ils allaient passer quelque chose en contrebande, le panier était la façon dont ils allaient l’exécuter, mettre les sucreries dans le panier signifiait que le contrat était quelque part là-dedans, et le faire pour Lise signifiait qu’elle était impliquée avec le contrat.

« Notre ancien chef adorait inventer ce genre de truc. Si vous faites les bonnes choses dans le bon ordre, la poignée du panier se détache et révèle qu’il est vide à l’intérieur, » expliqua Takumi.

C’était ce que la Famille Vatel avait inventé.

Si l’on ne froissait pas le papier mince du panier et qu’on pelait lentement celui du dessous, on voyait le mémo montrant comment activer le mécanisme, puis on trouvait le contrat et le message cachés dans la poignée du panier.

« Ce panier est comme une liste imprimée d’instructions. Il n’y a pas de raison de faire autrement, » déclara Takumi.

« Comment quelqu’un peut-il comprendre comment ça marche sans explications ? C’est inutilement risqué ! » déclara Kiad.

« Risqué ? Qu’est-ce que vous voulez dire ? Je ne laisse rien au hasard, » Takumi avait dit ça en riant sous son nez. « Je savais que Lise comprendrait. Je me suis assuré qu’elle ferait ce qu’il fallait, puisque j’ai observé sa personnalité, ses principes comportementaux, les gens autour d’elle et ce qu’elle pense d’eux. »

C’est pourquoi il avait préparé la lettre et le contrat pour elle.

Lise avait été réduite en esclavage à cause de l’énorme dette qu’elle avait envers Takumi : comme elle ne pouvait pas le rembourser avec de l’argent, elle avait dû le payer de sa vie.

« JE… JE NE PEUX PAS DU TOUT ACCEPTER ÇA ! » cria Kiad.

« On s’en fout si vous ne le faites pas, la loi de ce pays me permet de l’asservir, » déclara Takumi.

Takumi avait tapoté sur sa tempe.

« Texte sacré… section droit, article vingt, ligne dix-huit : Si un débiteur ne peut pas payer sa dette à son créancier, le débiteur peut être asservi par le créancier, qui sera alors propriétaire de la fortune et des droits de la personne du débiteur. J’asservis légalement Lise Crest, » déclara Takumi.

Cette loi avait presque été oubliée… mais la loi était toujours en vigueur.

« Si vous essayez de m’empêcher d’avoir ce que je possède légitimement, vous serez exposé publiquement comme un criminel. Alors, en tant que criminel, la loi vous forcerait à l’esclavage malgré votre statut de seigneur, » déclara Takumi.

Le sourire cruel de Takumi ressemblait à celui d’une bête sauvage.

« C’est dommage que Lise soit devenue esclave, mais j’ai déjà trouvé quelqu’un qui paierait beaucoup d’argent pour elle. Je rencontrerai l’acheteur quand j’en aurai fini avec vous, » déclara Takumi.

Il n’avait pas précisé le nom de l’acheteur, mais c’était évident.

« Maintenant… Je vous le dirai autant de fois que vous le voulez — échec et mat, » déclara Takumi.

C’était les mêmes mots qu’il lui avait dits au buffet.

Il avait tout planifié jusque-là.

« Vous n’avez jamais rien pu changer à mon plan. Peu importe à quel point vous vous tortillez, il n’y a rien qu’un ver comme vous puisse faire, » déclara Takumi.

Takumi regarda les yeux de Kiad — une ombre de peur les peignait.

« Je ne vous ai jamais regardée. Chaque fois que quelqu’un essaie, il ne voit qu’une ombre de Fortesea. Vous êtes si insignifiant que vous ne méritez l’attention de personne, » déclara Takumi.

Tandis que Takumi disait cela, les yeux de Kiad se mirent à trembler violemment — ces mots étaient comme des couteaux qui tranchaient son cœur.

Puis, Takumi avait pris un autre document de sa poche de poitrine. Cette fois, il avait été attaché avec un fil.

« Et pourtant, aussi insignifiant que vous soyez, vous avez toujours été si insistant et pompeux… c’est pourquoi je vais vous faire tomber à l’endroit parfait pour vous, » déclara Takumi.

« L’endroit parfait pour moi… ? » demanda Kiad.

« Vous allez tomber dans l’endroit le plus hideux et le plus détestable que vous puissiez imaginer, » déclara Takumi.

Lorsqu’il déplia le document, Kiad se masqua les yeux.

Il avait compris que la liste de symboles et de codes complexes devant lui était une formule de loi, mais c’était la première fois qu’il voyait ce langage. Il n’y avait rien de tel à Richtert… Il aurait même pu s’agir d’une variante d’un langage quelconque.

« Quand j’ai étudié la magie, les formules de loi étaient ce qui m’intéressait le plus — je n’ai pas de pouvoir magique en moi, donc je trouve la magie et les outils magiques inutiles, mais les formules de loi font usage du pouvoir magique des autres personnes, » déclara Takumi.

Le sourire aux lèvres, Takumi agita le papier devant Kiad.

« Les formules de lois sont très intéressantes… elles peuvent être actives tant que le langage et les symboles utilisés ont du sens. Elles pourraient fonctionner même avec quelque chose qui ne fait pas partie de ce monde, » déclara Takumi.

Cette formule de loi avait été écrite avec la langue qu’il avait apprise dans son monde précédent, donc c’était quelque chose qui n’aurait pas dû exister dans leur monde actuel.

C’est pourquoi cela pouvait apporter des résultats inattendus.

« Kiad, dites-moi… qu’arrive-t-il à un humain quand on le dépouille de ses pouvoirs magiques ? » demanda Takumi.

Lentement, Takumi rapprocha le document de sa cible, qui secouait violemment la tête.

« C’est impossible ! Les humains ne peuvent pas dominer la magie ! » cria Kiad.

L’instant d’après, son instinct l’avait averti qu’il devait s’éloigner de là, mais il ne pouvait plus bouger.

« Tombez en enfer, » déclara Takumi.

Takumi poussa le document contre la poitrine de Kiad, et le papier se tortilla comme s’il était vivant, attaquant le corps de l’homme.

« ARRÊTE ÇA ! JE FAIS PARTIE DE LA VAILLANTE FORTESEA, LA PLUS FORTE —, » cria Kiad.

Il avait l’impression que son moi intérieur se faisait déchiqueter par un intrus. Sa dignité, sa fierté, son pouvoir, tout ce qui faisait partie de lui était détruit.

Takumi le regarda froidement.

« … Vraiment ? Je ne me suis pas battu contre vous, donc je ne peux pas vous le dire, » déclara Takumi.

Quelques secondes plus tard, les liens de lumière enroulés autour de son corps avaient disparu, et il se retrouva à regarder l’air les yeux vides, tremblants et faisant claquer ses dents.

« Pourquoi... Pourquoi mon pouvoir… ce que j’ai hérité des Fortesea…, » déclara Kiad.

Il était impuissant — son cœur avait été déchiré et sa condition était maintenant un enfer vivant. Takumi, après l’avoir observé un bref instant, avait perdu tout intérêt pour lui et avait fait face à Elsa.

« J’en ai fini ici. J’amène Lise à son acheteur et je vous laisse le reste, » déclara Takumi.

« D’accord, pas de problème. Je ne pense pas que j’aurai quoi que ce soit à voir avec Kiad ainsi, » déclara Elsa.

Son expression se raidit lorsqu’elle jeta un coup d’œil à l’homme qui baissait la tête en état de transe.

« Takumi… Je te fais confiance parce que nous collaborons un peu, mais… dis-moi encore une fois, qui es-tu ? Qu’est-ce que tu vises à faire ? » demanda Elsa.

Elle plissa un peu ses yeux verts.

« Tu apparais dans les endroits les plus étranges…, » continua Elsa.

Se souvenant qu’il n’y a pas si longtemps, même Lux lui avait demandé la même chose, Takumi avait souri joyeusement.

« Je veux juste voir jusqu’où mes capacités peuvent m’amener. Je vise… disons quelque chose d’important, comme la paix dans le monde ou la domination du monde, » déclara Takumi.

« Tch, je le savais. Tu es le genre de gars qui répondrait comme ça, » déclara Elsa.

« Merci de ta compréhension. De toute façon, sois assuré, car je ne ferai rien de mal, » déclara Takumi.

« Je ne m’inquiète pas pour ça… tu es, après tout, le “marchand d’esclaves au cœur tendre”, » déclara Elsa.

Il fit face à une Elsa en haussant les épaules avec un sourire amer, puis se tourna vers Lise.

« Comment ça va ? Tu as vraiment fait de ton mieux là-bas, » déclara Takumi.

« … Oui, j’ai fait de mon mieux… et j’ai un service à te demander, » demanda Lise.

« Une faveur ? Qu’est-ce que c’est ? » demanda Takumi.

« … Mes jambes tremblent tellement que je ne peux plus bouger, » avoua Lise.

Atteignant ses limites, ses jambes avaient lâché et elle était tombée lentement sur ses fesses.

« Bon sang… Je vais te porter sur le dos, monte, » déclara Takumi.

« Arrête de me traiter comme une enfant ! Non, je n’ai jamais dit que j’avais besoin de ça ! » déclara Lise.

Les joues rougissantes, elle grimpa sur le dos de Takumi, qui s’était penché, puis il se dirigea vers le jardin où l’acheteur l’attendait.

Pendant un court moment, ils restèrent silencieux alors que les bruits de pas de Takumi résonnaient dans les couloirs pavés de pierre.

« Merci, Takumi, » les quelques mots de Lise ressemblaient à un murmure lointain. « Je n’ai eu le courage de le dire que grâce à toi… que j’en ai assez. Que je ne veux pas que mon travail blesse les gens… »

« Tu l’as dit parce que tu le voulais. Même si tu ne lui avais rien dit, je t’aurais quand même amenée chez notre reine, » déclara Takumi.

« Pourtant, tu n’as jamais tourné le dos à toi-même comme je l’ai fait, et tu as réussi à vaincre des magiciens puissants comme ceux de Fortesea… si tu ne m’avais pas montré cela, j’aurais gardé ces mots pour moi seule, » déclara Lise.

Elle parlait lentement en s’accrochant à ses épaules.

« Je faisais semblant de ne pas voir que ce que je faisais faisait du mal aux gens… C’est pourquoi j’ai dû agir à l’opposé de ce que je voulais, » continua Lise.

Ses paroles étaient une déclaration ferme — je ne peux pas oublier ceux que j’ai blessés avec mes actions, et je ne peux pas oublier d’essayer de trouver une justification à ce sujet.

Elle avait poussé un doux gémissement quand il lui avait mis la tête sur le côté et lui avait frappé le nez avec l’arrière de la tête.

« Cela fait mallll…, » cria Lise.

« Ce que je veux te dire… c’est que les enfants ne devraient pas penser à des choses aussi complexes. Affronte sincèrement ce que tu veux vraiment faire, » déclara Takumi.

« Ce que je veux vraiment faire… ? » demanda Lise.

« Sois heureuse de ce que tu as accompli. Les gens voient toujours la mauvaise partie dans tout, comme si c’était la seule partie qui laisse une trace… mais tu as accompli beaucoup plus que ça, » continua Takumi.

Il avait commencé à parler de ces réalisations avec un rire chaleureux.

« Les formules de loi que tu as inventées peuvent être utilisées de bien des façons différentes. La magie de liaison que nous venons de voir n’est que l’une d’entre elles, » continua Takumi.

« … C’est vrai. Lux m’a demandé de créer une formule de loi qui aiderait les gardes à arrêter les gens sans leur faire de mal. C’est utile pour arrêter les criminels ou pour réprimer les émeutes, » déclara Lise.

« Tu vis dans cette partie de la ville et tu ne le sais probablement pas, mais ces outils magiques sont souvent utilisés dans la ville basse. Cet endroit est en désordre et l’ordre public est très mauvais, tu sais ? » déclara Takumi.

Comme la ville basse était remplie de violence et de criminels, l’équipement des gardes comprenait des barrières défensives et des outils magiques comme celui d’Elsa. Ils avaient été utilisés fréquemment.

« Avec eux, même une simple querelle peut se terminer avec des personnes indemnes, et il n’y a pas beaucoup de risques pour les gardes d’affronter des criminels, puisqu’ils ont leurs barrières défensives. Aussi, Elsa m’a dit qu’ils peuvent être utilisés de bien d’autres façons, » continua Takumi.

Il avait fait une brève pause avant de reprendre son exposé. « Prenons l’exemple de la magie de liaison. Lorsqu’il pleut très fort, l’eau qui s’écoule dans la ville basse devient très boueuse et son courant devient rapide et puissant comme un ruisseau qui coule à toute vitesse, il n’est donc pas rare que les enfants soient frappés par une vague ou un objet physique et tombent dans l’eau, où ils se noient habituellement. Pourtant, certaines fois, ils ont été sauvés grâce à ces outils magiques. »

Les sauver avait été très difficile, mais cela n’avait été possible que grâce à la magie de liens.

« Elle a même été utilisée pour reconstruire une église détruite. Apporter des bûches de bois d’une telle hauteur demande beaucoup d’attention, mais grâce à la magie de liens, elles pourraient accélérer le processus et fournir à nouveau un abri à ceux qui ont perdu un endroit pour dormir, » continua Takumi.

Pendant qu’il parlait, il sentait que Lise tremblait, mais il faisait semblant de ne pas le remarquer et continuait à parler.

« C’est la même chose pour les barrières défensives. Avant, quand quelque chose s’effondrait, les gens devaient pulvériser les décombres avec de la magie, mais cela pouvait blesser les survivants qui étaient enterrés sous eux. Maintenant, les soldats peuvent simplement sauter sur les gens et les sauver tout de suite lorsque la barrière s’active. Ouais, ceux qui décident de faire ça ont des couilles d’acier, mais c’est grâce à des outils magiques s’ils peuvent faire des choses comme ça. Ils sont tous heureux de les avoir. »

Il entendait Lise essayer d’étouffer un sanglot.

« Je parie que tu n’as pensé qu’aux mauvaises choses que tu as faites, mais beaucoup d’autres personnes te sont reconnaissantes, car elles ont pu sauver quelqu’un ou être sauvées par quelqu’un avec les outils que tu as créés, » déclara Takumi.

Lise lâcha une douce plainte quand ses larmes commencèrent à tacher le manteau de Takumi.

« C’est pourquoi tu ne devrais pas nier tout ce que tu as fait. Même si tu te critiques pour ce qui s’est mal passé, tu devrais être fière de tes réalisations, » déclara Takumi.

Incapable de se retenir, elle s’était mise à sangloter à voix haute.

 

« Tu t’en es bien sorti toute seule jusqu’ici, » déclara Takumi.

Elle appuya son visage sur le dos de Takumi tandis que son petit corps tremblait. Ses larmes jaillissaient de ses yeux comme pour laver son sentiment de culpabilité — une réaction adaptée à une enfant de son âge.

Takumi ne déclara pas un mot de plus, et après avoir gagné un peu de temps avec quelques détours, il se dirigea vers le jardin où Eluria les attendait.

***

Partie 6

Le soir qui approchait obscurcissait le ciel, masquant le chemin de Takumi alors qu’il marchait dans le jardin d’aigue-marine. Le marbre brillant sous ses pieds continuait à réfléchir une faible lumière, même au coucher du soleil.

« Pourquoi, êtes-vous un peu en retard ? »

Les paroles d’Eluria parvinrent à Takumi lorsqu’il entra dans le belvédère. Son regard errait dans le ciel qui s’obscurcissait.

« J’ai dû garder votre article et maintenant elle fait une sieste. Cela ne vous dérange pas ? »

La reine regarda Lise et sourit joyeusement en tendant la main pour caresser le visage endormi de l’enfant.

« Hehehehe... Elle est adorable même maintenant, n’est-ce pas ? » déclara la reine.

« Ouais, bon, peu importe. Passons aux choses sérieuses, » déclara Takumi.

Takumi posa l’enfant près de sa cliente et prit un document dans la poche de sa poitrine.

« C’est le contrat de Lise. D’habitude, je veux que l’acheteur traite ses esclaves comme des êtres humains, mais comme il s’agit d’un cas assez particulier, il y a d’autres choses que vous devez suivre. Lisez ceci attentivement avant d’accepter, » déclara Takumi.

« Ce n’est pas la peine, je comprends déjà de quoi il s’agit. Ce contrat lie la reine Eluria pour assurer la sécurité de Lise Crest et de sa mère Serena Crest. Elle doit aussi prendre en charge les frais de traitement médical de cette dernière, n’est-ce pas ? » demanda la reine.

Elle avait pris le document et Takumi avait haussé les épaules.

« Ne vous inquiétez pas, c’était mon intention depuis le début. Maintenant que Lise m’appartient, je ferai tout pour la protéger, elle et sa famille. C’est mon devoir moral, et si quelqu’un ose ternir mon vœu, j’agirai avec effronterie, » continua la reine.

« C’est vrai… les seigneurs supérieurs tiennent le vrai pouvoir du pays entre leurs mains, mais ils craignent votre terrible pouvoir politique. Cependant, en tant qu’incarnation du symbole de la ville et descendante directe de notre Déesse, vous ne pouvez pas trop vous déplacer… mais avec Lise, vous pouvez maintenant contourner le problème, » déclara Takumi.

« Exactement. Même si je suis une reine, je ne peux pas laisser mon pays se tortiller sans lever le petit doigt, » répondit la reine.

Son sourire rayonnant trahissait la rage enflammée dans ses yeux.

« J’ai été intronisée quand mon prédécesseur, ma mère, a péri. Étant donné mon âge à l’époque, le pouvoir du pays a dû être partagé entre les trois seigneurs supérieurs… ainsi j’ai été privée de ma liberté, » déclara la reine.

Elle ne possédait aucun pouvoir exécutif bien qu’elle soit le symbole vivant de la ville et leur reine — son état actuel n’était que le produit du plan qu’une tierce partie avait mis en œuvre.

Peu importe son autorité ou ses discours influents, les seigneurs supérieurs avaient le dernier mot sur la majorité des décisions.

« Cependant, je vais maintenant agir par l’intermédiaire de Lise et Lux. Surtout contre Elvis, cet homme rusé. Sinon, je ne serai jamais satisfaite, » déclara-t-elle.

« Bien. Faites-nous savoir si nous pouvons vous aider. Vous pouvez maintenant utiliser Lise, alors, arrêtez de nous envoyer des lettres secrètes et des invitations étranges, d’accord ? » déclara Takumi.

Une demande était écrite dans l’invitation au buffet adressée à Suzuran : sauver une certaine personne. Ce bref message était la raison des actions de Takumi depuis le jour où il les avait lues.

« Au fait, Lux va-t-il aussi se joindre à vous ? » demanda-t-il.

« Oui. Il a peur du pouvoir que la famille Fortesea est en train de rassembler, alors nous collaborons pour les garder sous contrôle, » répondit la reine.

« J’en ai profité la dernière fois, alors ça ne me dérange pas. Au fait, pouvez-vous répondre à une de mes questions ? » demanda-t-il.

Eluria lui hocha la tête en changeant légèrement le ton de sa voix.

« Comment avez-vous remarqué que Kiad recevait ce genre d’information ? » demanda-t-il.

L’archevêque n’aurait jamais trahi Kiad en disant la vérité à quelqu’un.

Si Lise, qui disposait d’outils magiques lui permettant d’obtenir des informations avec elle, avait parlé à Eluria, tout ce qu’elle aurait entendu aurait été transmis.

« Vous m’avez envoyé une lettre parce que vous ne pouviez pas la demander à haute voix, hein ? Et vous avez même pris en considération le fait qu’écrire trop aurait alerté les auditeurs par le son prolongé du pinceau sur le papier, c’est pourquoi vous avez gardé le message court, non ? » demanda Takumi.

« Exactement. Je connais quelqu’un de très observateur, ce qui a rendu possible la compréhension de ce que Lise traversait… Après tout, vous avez basé votre réseau d’information sur les esclaves que vous liez à ces contrats, non ? » demanda la reine.

Le marchand d’esclaves plissa ses yeux — c’était une information top secrète.

Seuls Takumi, Karin, Kunon et une partie de l’unité demi-humaine le savaient. Aucun de leurs amis les plus proches et les plus intimes ne le savait.

Les mots spécifiques « réseau d’information » étaient tout simplement trop spécifiques, même pour quelqu’un comme Killfer, qui était très pointu et qui faisait aussi partie du réseau. Seul quelqu’un qui le savait déjà pouvait être aussi précis.

« Les contrats que vous avez créés sont très intéressants. Les lettres sont positionnées de manière spécifique, la mise en page globale est constante, tout est à l’intérieur des bords ou des cadres, vous utilisez différents types d’encre pour différents types de papier… il y a plusieurs raisons à cela, non ? » demanda la reine.

Elle regarda Takumi, qui avait baissé la tête, perdue dans ses pensées, tandis qu’une autre question dormait de ses lèvres. Elle venait d’aborder l’essence même de ses contrats.

Quelques instants plus tard, il parvint à la réponse à sa question et se leva la tête en réponse, puis fit face au regard de la Reine.

« Je vois… Vous avez tout compris en regardant la formule de loi que j’ai créée, hein ? » demanda Takumi.

« Heheheheh, vous obtenez une note parfaite ~ ! Ou plutôt, j’aurais aimé que vous l’ayez eu, mais vous n’avez qu’à moitié raison. »

« Je suppose que l’autre moitié sera un secret, non ? » demanda Takumi.

« Bien sûr que oui. En échange, personne ne connaîtra la vérité derrière vos contrats. Partager un secret avec votre reine semble amusant, n’est-ce pas ? » demanda la reine.

« Je vais vous demander de m’épargner ce lien, ô méchante Reine…, » déclara-t-il.

« Pourquoi ? Les femmes plus âgées ne correspondent-elles pas à vos goûts ? » demanda la reine.

« C’est faux. Je regarde bien du côté d’une esclave plus âgée que moi, » déclara-t-il.

« Ah… Même moi je ne peux pas égaler la beauté d’une elfe, hein… ? » déclara la reine.

Takumi ne put s’empêcher de sourire avec ironie devant la Reine déprimée qui tendit tristement la main sur la joue.

« Quoi qu’il en soit, vous vous en êtes bien sorti cette fois. Je pense vraiment que vous l’avez fait, alors ne doutez pas de mes paroles, » déclara-t-elle.

« Eh bien, c’est un peu une récompense. Je veux dire, j’ai choisi un combat assez dur pour une enfant toute seule, » répondit-il.

Il désigna Lise et Eluria et lui caressa doucement la tête.

« Elle n’est pas très différente de moi… utilisée par les adultes depuis notre enfance, laissée seule, car notre cœur est épuisé par la solitude… Je veux la sauver entre toute chose, » déclara la reine.

Le doux sourire sur son visage était pur comme les mots qu’elle disait.

« Aussi, elle est tellement adorable ! Regardez ! Regardez comme elle marmonne dans son sommeil ! Son existence même est apaisante pour mon cœur… ugh ! »

« Continuez de faire l’imbécile et elle va se réveiller. J’ai compris que vous êtes comme son parent au cœur tendre, mais ne pouvez-vous pas vous comporter comme une vraie reine pour une fois ? » demanda Takumi.

« Pourquoi ? N’êtes-vous pas celui qui a le cœur tendre ? Vous avez même mis de côté votre objectif pour satisfaire ma demande et sauver cette enfant, » déclara la reine.

Eluria avait légèrement plissé les yeux pendant qu’elle respirait profondément.

« Vous aviez prévu de faire perdre à la magie sa valeur pour dépouiller Richtert de la dissuasion qui empêchait les autres pays d’agir… et personne n’a rien remarqué de tout cela, » déclara la reine.

Takumi haussa les épaules en silence.

« J’ai seulement inclus Lise dans mon plan parce que je pensais que ce serait amusant à l’avenir, » répondit Takumi.

« Oh, vous n’avez pas besoin d’être si embarrassé, » déclara la reine.

« Je ne dis pas ça pour cacher ma gêne. De plus, il est évident que j’ai le cœur tendre, » déclara Takumi.

Un sourire avait fendu le visage de Takumi en regardant sa reine dans les yeux.

« Après tout, je suis le marchand d’esclaves au cœur tendre, » déclara Takumi.

***

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