Un nouveau jeu dans les profondeurs de la captivité! – Tome 2 – Chapitre 2 – Partie 1

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Chapitre 2 : L’oiseau qui ne pépie pas

Partie 1

« Aaah... parler de manière formelle et en ayant l’étiquette à l’esprit m’a rendu les épaules raides..., » déclara Takumi.

Le lendemain, Takumi quitta à nouveau le château et après s’être fait craquer les épaules pour se détendre, il vérifia son emploi du temps.

« Le duel aura lieu dans sept jours dans la partie Ouest des plaines d’Eltern... Je ne peux pas croire cette reine. Elle est trop autoritaire, et nous devons maintenant gérer un autre de ses caprices, » murmura Takumi.

Habituellement, des duels normaux et même des batailles magiques se déroulaient dans la capitale, mais comme ce match pouvait être plus violent que d’habitude, il avait été décidé de le déplacer en dehors de la capitale. Eluria avait ordonné l’installation de sièges spéciaux pour les seigneurs et la famille royale, autres que des sièges provisoires pour les nobles.

« Et pour empirer les choses, Elsa s’est effondrée à cause d’un mal de ventre... ce n’est pas bon, » continua-t-il.

La dernière rencontre avec Takumi avait été un coup mortel pour elle. Elle avait accepté la demande tant qu’elle pouvait avoir une journée entière de repos.

Le marchand d’esclaves y pensait encore avant de lever la tête.

« ... Aigle, peux-tu demander à Gaitsu ce qui se passe ? Le fait d’essayer de gérer ça tout seul, c’est peut-être un peu trop, » déclara Takumi.

L’homme-oiseau qui marchait avec lui avait déployé ses ailes blanches et avait redressé son dos.

« Oui, mon Monseigneur ~ ! » répondit Aigle d’une voix très forte.

« Ne crie pas comme ça. J’ai mal aux oreilles, » répliqua Takumi.

« Pardonnez-moi ! Je ferai plus attention la prochaine fois ! » répondit l’autre.

« ... Arrête de crier, c’est tout, » répliqua Takumi.

« Hahahahaha ! Croyez-vous vraiment que je vais le faire ? » demanda l’homme oiseau.

Avec une passion brûlante dans les yeux et un feu imaginaire derrière lui, il n’arrêtait pas de crier, alors Takumi appuya ses paumes sur ses oreilles en fronçant les sourcils. Puis, le drakonide qui les accompagnait s’était joint à la discussion. Ses écailles étaient noires comme du kurogane, et sa grande bouche était remplie de dents pointues.

« Dahahahahaha ! Aigle a été grondé parce qu’il est trop bruyant ! » déclara le drakonide.

« Lewin, toi aussi ne cries pas, » répliqua Takumi.

« Euh !? L’ai-je fait !? C’est quoi le problème avec ma voix si ardente ? » demanda Lewin.

« C’est que tu es sensuelle, » répliqua Takumi.

« Duh, alors c’est un éloge, donc pas un problème ! » répliqua Lewin.

Ouvrant sa bouche rouge, Lewin avait éclaté de rire alors que Takumi avait poussé un profond soupir.

D’habitude, Kunon et Karin l’accompagnaient, mais elles avaient déjà quelque chose à faire dans la ville basse, alors Aigle et Lewin étaient devenus ses gardes du corps pour la journée.

Ils faisaient partie de son escouade demi-humaine, dont les membres étaient équipés d’armes modernes et se voyaient confier différents rôles en fonction de leurs capacités. Takumi leur avait enseigné la guerre tactique moderne, et Kunon était leur tutrice, ce qui en avait fait de véritables élites. Ils n’étaient dépassés que par elle en matière de puissance.

Aigle était un homme-oiseau d’une force incroyable grâce à son énorme charpente et son corps musclé. Une seule flèche de son arc long pourrait presque couler un navire.

D’autre part, Lewin possédait des écailles particulièrement solides ce qui lui avait accordé un corps robuste. De plus, il était très fort ce qui faisait qu’il était presque sans égal dans la bataille.

Il était difficile d’amener de nombreuses personnes dans le château royal, et Takumi ne pouvait permettre à personne de voir ses employés subalternes utiliser les armes ou les tactiques qu’il leur avait enseignées.

C’est pourquoi il avait choisi d’être accompagné de ces deux-là, qui n’avaient pas besoin d’armes, mais...

« Au moins, celle de Kunon est un peu mignonne..., » déclara Takumi.

« Je suis tout à fait d’accord, mon Seigneur ! La beauté de ma professeure brille comme un trésor ! Chaque fois qu’elle verse sur moi des paroles abusives, je ressens une joie impressionnante qui réchauffe mon cœur... ! » déclara Aigle.

« Je connais ce sentiment, Aigle ! Quand Kunon me botte les fesses et me regarde comme si j’étais une ordure, je me sens trop bien ! » déclara Lewin.

... Takumi aurait dû prédire à quel point ils pouvaient être pourris, malgré leurs capacités étonnantes.

« J’en ai assez de vous deux. Fermez vos gueules. Je ne veux pas qu’on me voie marcher avec deux pervers criant dans un endroit pareil, » déclara Takumi.

« Un pervers !? Je suis si honoré d’être loué par vous, mon Seigneur ! » déclara Aigle.

« Forcez-moi à le faire ! Allez, venez, on va le faire ! Frappez-moi super fort ! » cria Lewin.

Le fait de tenter de les contrôler donna à Takumi un mal de tête pour la première fois, mais son regard tomba sur la cathédrale de la déesse qui scintillait sous la lumière du soleil.

Sur ses murs étaient gravés des textes de loi, ainsi que des motifs et des figures complexes, ce qui n’avait fait qu’améliorer son aspect artistique et beau.

Takumi se souvint du jour précédent, et se mit à marcher dans sa direction avec désinvolture.

« Aigle, va voir Gaitsu et mets-le au courant. Lewin, va voir Mirta et demande-lui d’écrire une liste de gens qui ont besoin de faire des travaux, puis va retrouver Aigle, » ordonna Takumi.

« Mais nous sommes censés être votre escorte, mon Seigneur ! » déclara Aigle.

« Il a raison, Maître ! Et si on n’est pas avec vous et qu’il se passe quelque chose, que va-t-on faire ? » demanda Lewin.

« Je vais à la cathédrale. Voulez-vous aussi venir ? » demanda Takumi.

Tous les deux avaient tout de suite fermé la bouche.

Les hommes-oiseaux adoraient le ciel, les arbres et le soleil, tandis que les drakonides adoraient leurs ancêtres, qu’ils considéraient comme des divinités.

Chaque race demi-humaine avait ses propres croyances et respectait celles des autres.

C’est pourquoi ils étaient enclins à éviter tout contact avec les autres, et la cathédrale de Filia ne faisait pas exception : ils n’y seraient entrés qu’en cas de nécessité absolue.

« Je suis sûr que vous seriez venus si je ne vous avais pas donné un autre travail il y a une minute. Mais ne vous inquiétez pas, la cathédrale est un endroit sûr, et je ne ferai rien d’imprudent, » déclara Takumi.

« Très bien ! J’accomplirai alors mon nouveau devoir ! » déclara Aigle.

« Ouais, moi aussi ! Pour nos grandes sœurs ! » déclara Lewin.

Les deux hommes avaient levé les mains dans le ciel avec des mots passionnés avant de s’éloigner. Certes, c’étaient des pervers bruyants, mais lorsqu’il s’agissait de faire une tâche, ils étaient fiables.

Takumi, maintenant seul, s’approcha des gardes stationnés devant la cathédrale et leur parla.

« Excusez-moi, je suis Takumi de la grande compagnie Suzuran. Lady Fairstadt m’a chargé de délivrer un message verbal à l’archevêque. Lise Crest est-elle là ? » demanda Takumi.

« Elle prie actuellement dans la cathédrale... Pardonnez-moi, mais êtes-vous peut-être le même Takumi qui a dénoncé les méfaits d’Amberg !? » demanda le garde.

« ... Eh bien, je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de Takumis dans le coin..., » répondit Takumi.

« Oh mon Dieu ! Je n’aurais jamais imaginé faire votre connaissance, Monsieur ! » déclara le garde.

Takumi fut légèrement surpris par l’excitation du garde et attendit le bon moment pour parler à nouveau.

« J’ai participé à l’opération pour démasquer Amberg, le mois dernier ! Votre plan était parfait ! Vraiment merveilleux ! » déclara le garde.

« Oh, vraiment ? Désolé de vous avoir utilisé comme leurres, » déclara Takumi.

« N’en parlons plus ! Nous étions juste... des lâches incapables de toucher ces nobles, » déclara le garde.

Pendant un moment, le garde avait baissé la tête avec honte face à ses propres mots.

« Nous ne pouvions que regarder comme de misérables lâches... Mais nous sommes maintenant des gardes respectueux et honorable, et c’est grâce à vous, Sire Takumi ! » déclara le garde.

Le marchand d’esclaves avait vivement souri face au sourire immaculé du garde.

« Je vous ai seulement un peu poussé, mais vous avez gagné le respect que vous méritez en vous en tenant avec courage à une tactique déraisonnable, » déclara Takumi.

« Merci... ! Je chérirai vos paroles et prierai pour marcher sur le chemin de la justice pour toujours ! » déclara le garde.

« Bien. Je ferai également de mon mieux pour répondre à vos attentes, » déclara Takumi.

Le garde s’inclina profondément avant de redresser à nouveau le dos et de hocher la tête à Takumi, qui s’apprêtait à entrer.

La cathédrale était baignée par là soleil, et probablement grâce au vitrail, il n’y avait pas une seule ombre à l’intérieur. Au plus profond de la pièce, une jeune fille priait à genoux. Elle avait dû entendre le bruit de l’ouverture de la porte, car à l’instant d’après, elle s’était tournée vers elle.

« ... Baissez d’un ton, marchand d’esclaves. Je pouvais vous entendre d’ici, » déclara Lise.

« Aïe, vraiment ? Désolé, » déclara Takumi.

« ... Pas de problème. J’avais déjà terminé mes prières quotidiennes, » répondit Lise.

Après s’être débarrassée de la poussière sur ses genoux, elle l’avait regardé droit dans les yeux.

« Alors, qu’est-ce qui vous amène ici dans la cathédrale sainte ? » demanda Lise.

« Je viens de quitter le château royal et j’ai pensé à passer pour bavarder un peu... C’est quoi cette tête ? » demanda Takumi.

« C’est le miroir de mon déplaisir actuel, » répondit Lise.

Takumi avait souri amèrement face à son expression réticente.

« Ce n’est pas un endroit pour les incroyants comme vous. Rentrez chez vous, s’il vous plaît, » déclara Lise.

« C’est malpoli. Vous savez, je suis un croyant dévoué de Filia, » déclara Takumi.

« Arrêtez de mentionner en vain le nom de notre déesse. Vous n’avez même pas correctement lu le texte saint..., » déclara Lise.

« “Vous qui aspirez à être un héros, votre déesse vous accordera le sourire de la victoire,” chapitre de la déesse, douzième paragraphe. Les paroles que la déesse Filia réserve aux héros qui marchent à la guerre, » déclara Takumi.

« ... Chapitre des héros, vingtième paragraphe, » demanda Lise.

« “Pour notre choix, nous suivons le droit chemin que nous avons décidé”, » répondit Takumi.

« ... La différence entre les autres chapitres et celui de la loi ? » demanda Lise.

« Les premiers racontent l’ancienne guerre entre des héros et des dieux sans nom et sont divisés en chapitres et paragraphes, tandis que les seconds sont composés de deux cent soixante-quatre articles et quarante poèmes qui racontent la loi établie après ladite guerre, » répondit Takumi.

« ... Umpf, » Lise lâcha une bouffée d’air, incapable de trouver une erreur dans sa réponse.

« Ce qui compte, ce n’est pas le contenu, mais ce qui se cache derrière, » déclara Lise.

« Je ne peux pas vous prendre au sérieux avec ces joues gonflées... de toute façon, ne pensez-vous pas que je suis un peu mieux que ceux qui traitent le texte saint comme une simple décoration ? Ne devrais-je pas être récompensé pour ça ? » demanda Takumi.

« ... Je n’y peux rien. Le devoir de l’archevêque est aussi d’échanger des paroles avec d’autres croyants, » déclara Lise.

En parlant de son travail, Lise avait tapoté un banc de mécontentement, et Takumi s’était assis dessus face à elle pour avoir une bonne conversation.

« En y repensant, n’êtes-vous pas le génie qui a inventé la formule de loi ? » demanda Takumi.

« Oui, je l’ai fait. Y a-t-il quelque chose que vous voulez demander à cet archevêque de génie ? » demanda Lise.

« Oh, ouais, c’est bien le cas, » déclara Takumi.

« Vu votre conduite brutale, vous ne méritez pas de réponse... mais peu importe, » déclara Lise.

« Merci pour votre générosité, ô archevêque de génie. J’ai une question au sujet de la formule de loi, » déclara Takumi.

« ... Vraiment ? Je pensais que vous alliez demander quelque chose à propos de la magie, » déclara Lise.

Lise inclina la tête, et Takumi leva les yeux vers le plafond en répondant.

« Quelqu’un m’enseigne déjà ses bases et son utilisation au combat... et j’ai aussi fait quelques recherches à ce sujet, » déclara Takumi.

La magie était divisée en deux parties : Innée et Contrôlée.

Le premier se référait au pouvoir stocké dans l’âme, qui était la source de la magie, et le second était essentiellement l’imagination, qui servait à contrôler et à polir ce puissant pouvoir connu dans le monde entier. Les gens pouvaient créer des événements surnaturels en combinant ces deux éléments, et Takumi s’intéressait particulièrement à la partie innée.

« Innée, c’est quelque chose que l’on peut tout simplement se l’imaginer en le rassemblant sur le bout des doigts ? » demanda Takumi.

« Oui et non. Il existe de nombreuses façons de le contrôler et de l’utiliser, » Lise avait parlé en tournant la main en rond. « Imaginer le fait de le rassembler, de le faire circuler avec des mots, de l’activer en le déplaçant selon des motifs précis... Il ne s’agit pas seulement d’imagination, mais des diverses significations que les actions ont. »

« Comme ce que vous venez de faire ? » demanda Takumi.

« ... Vous avez des yeux très vifs. J’imaginais que la magie se rassemblait dans mon doigt tout en l’enrichissant de mots et en le façonnant comme un cercle. De cette façon, j’ai superposé les chants, les différents hiéroglyphes et les actions, donc peu importe comment vous le faites, ils ont le même but, » répondit Lise.

« Je vois. La dernière fois que j’ai vu quelqu’un faire de la magie, il l’a seulement chantée, » répondit Takumi.

« C’est assez courant. La magie des autres pays est faible exactement pour cette raison. Le chevauchement de plusieurs méthodes est un processus lent, mais il amplifie considérablement le résultat du sort, et le seul moyen d’accélérer le processus de préparation est de tout faire simultanément, » répondit Lise.

« Je suppose que ce n’est pas si facile, » déclara Takumi.

« En effet. Écrire quelque chose avec une main tout en traçant une forme avec l’autre et en chantant en même temps n’est pas une tâche facile, mais un vrai guerrier saint devrait chercher comment accélérer, polir et améliorer ce processus, » répondit Lise.

« Wôw... c’est assez intéressant, » déclara Takumi.

« Je suis d’accord. C’est comme essayer de résoudre un puzzle de différentes façons, » expliqua Lise.

Son expression était plus terne que jamais, mais elle balançait ses jambes avec excitation.

Au bout d’un moment, Lise avait tourné son regard vers Takumi.

« Quoi ? J’écoutais, » déclara Takumi.

« ... C’est pourquoi je suis surprise en ce moment, » déclara Lise.

« Ne me prenez pas pour un de ces adultes qui n’écoutent jamais les enfants..., » répondit Takumi.

« Il y a beaucoup d’individus comme ça parmi les nobles. Ils ne se soucient pas des effets et des points essentiels de la formule de loi qui fait fonctionner la magie, de sorte que presque personne n’a écouté ce genre d’explication, sauf Sa Majesté, » déclara Lise.

« Dans ce cas, n’est-il pas mieux d’avoir une conversation décontractée avec eux ? » demanda Takumi.

« ... Je passe tout mon temps à faire des recherches, donc je ne sais pas comment faire, » répondit Lise.

Elle avait répondu avec son ton plat habituel, mais il y avait un soupçon de solitude dans ses paroles.

Elle faisait partie de l’élite de la société, et n’était pas seulement une sainte guerrière unique grâce à ses idées distinctes et son intelligence, qui lui avaient valu le titre d’archevêque, mais elle avait même assez de prestige pour être invitée par le seigneur des Fortesea comme hôte de marque.

Takumi avait commencé à penser à ses paroles, et l’instant d’après il s’était levé.

« Lise, voulez-vous tenter le coup en sortant d’ici pendant un moment ? » demanda Takumi.

« ... Hein ? » s’exclama Lise.

Le marchand d’esclaves avait saisi sa main et il se mit après ça à marcher vers la porte.

« N-Non, attendez. Je dois reprendre mes recherches..., » déclara Lise.

« Il devrait y avoir des gondoles qui passent dans cette zone, non ? » demanda Takumi.

« Je les ai vues passer derrière la cathédrale... ne devriez-vous pas vous préparer pour votre match ? » demanda Lise.

« On s’en fout, je le ferai demain. Avez-vous déjà été dans une gondole ? » demanda Takumi.

« N-Non, jamais. Je les ai seulement regardés descendre les canaux de Listina. C’était relaxant, » répondit Lise.

« C’est encore mieux d’en prendre une, croyez-moi. Listina n’est pas la capitale de l’eau pour rien. De plus, l’aspect de la ville est étonnant lorsque..., » déclara Takumi.

Il n’arrêtait pas de parler afin d’amplifier l’intérêt de Lise alors qu’ils s’approchaient de la gondole, et une fois qu’ils s’étaient retrouvés devant l’une d’elles, Takumi l’avait aidée à entrer dans la nacelle.

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