Un nouveau jeu dans les profondeurs de la captivité! – Tome 1 – Chapitre 2 – Partie 1

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Chapitre 2 : Le marchand d’esclaves au cœur tendre

Partie 1

Sept années s’étaient écoulées.

Cela pouvait sembler très long, mais les choses n’avaient pas vraiment changé.

Au moins, les conditions de Listina étaient restées les mêmes.

Grâce à l’énorme quantité d’eau propre fournie par le lac de Verne, il n’y avait pas eu de périodes de sécheresse, et les voies de navigation étaient devenues le principal moyen de transport de la capitale, car elles s’étaient entrelacées dans les rues.

C’était la raison pour laquelle les marchands et les voyageurs, qui n’admiraient pas seulement l’apparence majestueuse de la ville, avaient commencé à l’appeler la « Capitale de l’Eau ».

Cependant, ils se référaient aux parties supérieure et centrale de la ville.

L’eau cristalline qui avait été tirée du lac avait coulé de la partie supérieure de la ville, jusqu’à la zone sud-est, la plus pauvre, où l’eau était devenue des eaux usées avant de retourner dans le lac.

Bien sûr, la totalité des égouts n’était pas souterraine, de sorte que la zone avait été remplie par une terrible puanteur, aggravée par l’humidité élevée.

Les personnes qui l’avaient appelée ainsi l’avaient simplement fait parce qu’elles ne tenaient pas compte de la ville basse, mais il y avait aussi des gens qui se moquaient de ça.

Mais les résidents n’étaient pas dérangés par ça.

Dans la partie haute de la ville, les riches se régalaient quand ils le voulaient.

Au milieu, les habitants vivaient une vie normale basée sur le travail.

Et dans la partie inférieure, les individus devaient faire face à la famine.

Personne ne s’en souciait.

Ce fut l’occurrence quotidienne de la ville, et rien n’avait changé au cours de ces années.

« Il est... temps de commencer à travailler, » faisant craquer ses épaules, Takumi, qui était un marchand d’esclaves, prit une profonde bouffée d’air dans le ville basse, il était devenu si habitué à ça.

Même si la situation de la ville ne s’était pas vraiment améliorée durant ces années, Takumi était devenu un beau garçon.

Sa constitution physique n’était pas quelque chose de remarquable, mais depuis qu’il était devenu assez grand, ses anciennes caractéristiques enfantines n’étaient plus visibles.

« Comme tu peux le voir, les humains grandissent assez vite. »

« Wooow... Il se penche habituellement, mais en le voyant maintenant, Takumi est assez grand ! »

Une petite fille avec les mêmes cheveux blonds, les mêmes grandes oreilles et la queue qu’il y a sept ans auparavant, se tenait près d’une superbe fille aux cheveux noirs dont les mots étaient aussi tranchants que ses oreilles.

Elles étaient des esclaves comme lui dans le passé, mais maintenant elles étaient ses collègues.

Leur apparence n’avait pas du tout changé en sept ans.

Karin ressemblait exactement à la même que la première fois où Takumi l’avait vue, à commencer par ses cheveux noirs et soyeux, sa poitrine généreuse et ses minces mains.

Elle était désormais en pleine forme.

Kunon avait également gardé la même apparence de petite fille qu’elle avait il y a sept ans. Elle n’avait pas grandi d’un pouce, et sa féminité ne s’était pas du tout développée.

« Vous, les filles, ne changez jamais. Je devrais être celui qui est surpris, » répliqua Takumi.

« Eh bien, je suis une elfe, » répondit Karin.

« Et moi, je suis une fille-bête, » répondit Kunon.

Karin avait répondu d’un ton sans émotion, tandis que Kunon était de bonne humeur.

Chaque type de demi-humain avait des caractéristiques particulières. La longévité et la croissance étaient assez communes entre eux.

Une fois que les elfes atteignaient l’âge adulte, c’est comme si le temps s’arrêtait pour eux et que leur corps ne se détériorait plus jamais après ça.

De l’autre côté, les hommes-bêtes vieillissaient, mais ils se développaient bien plus lentement que les humains.

À cause de ces différences, il n’était pas étrange que Takumi ait l’air plus vieux qu’elles, mais c’était assez bizarre pour lui.

« Merci de me le rappeler. Maintenant, allons au travail. Karin, quels sont nos plans pour aujourd’hui ? » demanda Takumi.

« Aucun problème. Nous devons aller à Valeria. Mais nous devrions passer par le magasin “Corundrum” et récupérer ce que nous avons demandé à Becht, » répondit Karin. « Après cela, nous demanderons à Lang le rapport habituel sur le traitement de l’eau, et nous discuterons de la demande de ce cordonnier, Pass, concernant le nouvel apprenti... si je ne me trompe pas. En ce qui concerne la Fête de la Moisson de ce soir, tout le monde participera, donc il n’y aura pas de problème. »

Après que Karin avait résumé leur horaire, Takumi hocha la tête.

« Ce serait mieux si Becht et Lang avaient déjà fini leur travail. Pendant que j’y suis, je vais demander à Pass de nous parler de la nourriture... mais allons-y d’abord, » déclara Takumi.

« Superrrrr ! J’adorerais avoir de la viande ! » cria Kunon.

« Kunon... la viande comme première chose mangée le matin est un peu rude pour moi..., » déclara Karin.

« Hein !? Je ne peux donc pas en avoir... !? » demanda Kunon.

Bien que Karin avait essayé d’objecter face à la suggestion de son amie, le fait de la voir abaisser sa queue et ses oreilles fit soupirer l’elfe.

« Takumi, allons manger de la viande, » déclara finalement Karin.

« Tu cèdes bien trop facilement quand c’est elle, mais tout va bien pour moi, » répliqua Takumi.

« C’est réglé ! Beaucoup de viande pour le petit-déjeuner ! » Kunon sautait de joie alors que ses oreilles restaient droites et ses yeux brillaient.

Les filles avaient rejoint l’organisation Valeria tout comme Takumi, et les trois avaient développé une sorte d’amitié pendant les sept années qu’ils avaient passées ensemble.

« Tôt le matin... le bar devrait être vide. Nous pourrions avoir une chance de parler avec elle, » déclara Takumi.

« ... Le petit-déjeuner n’était qu’une excuse, n’est-ce pas ? » demanda Karin.

« Bien sûr que c’est le cas, » répondit Takumi. « Le temps, c’est de l’argent. Les choses inutiles devraient être supprimées. »

Karin le regarda, déçue, mais il ne s’en soucia pas et commença à marcher tout en fredonnant.

On pouvait parfaitement dire qu’il n’y avait pas beaucoup de restaurants dans la ville basse.

Les plus pauvres avaient souvent besoin de sauter le repas du matin. Le repas du midi était le repas principal de la journée, et généralement, le repas du soir était accompagné de beaucoup d’alcool.

Voilà pourquoi il y avait à peine quelques endroits qui offraient la possibilité d’obtenir un petit-déjeuner. La ville basse était remplie de bars, donc c’était vraiment difficile de trouver un endroit approprié pour manger.

Mais si c’était son propre bar, c’était différent.

Ignorant le panneau « fermé » suspendu à la porte, Takumi était rentré dans le bâtiment.

Lorsque la clochette de la porte avait retenti, on pouvait entendre les bruits de pas de quelqu’un qui arrivait rapidement depuis l’arrière de l’échoppe.

« Nous sommes fermés pour aujourd’hui ! Oh, salut Takumi. » Une fille était apparue portant un ruban entourant ses cheveux blond terne.

« Salut, Lilia. Peux-tu me faire un petit-déjeuner ? » demanda Takumi.

« Encore ? Là, je suis occupée. Je dois encore nettoyer des trucs pour le quart de nuit, » répondit Lilia.

Même si elle avait l’air agacée, elle leur fit signe de prendre place au comptoir.

« C’est juste que tu es si bonne cuisinière que je pense à toi chaque fois que j’ai faim, » répondit Takumi.

« Oh merci. Je serais également heureuse si tu pouvais mettre ça sur papier, » répliqua Lilia.

La frustration sur son visage avait été remplacée par un joli sourire.

« On dirait que tu n’es pas seule. Notre habitué est aussi là, » déclara Takumi.

Lilia rigola en regardant l’homme assis de l’autre côté du comptoir, qui toussait violemment.

Il portait des lunettes et son expression était sévère. Son visage avait une apparence un peu différente en portant ses lunettes, mais il avait quand même conservé ses caractéristiques.

« Je ne peux pas m’en empêcher. J’ai dû passer toute la nuit à travailler sur un manuscrit. Le seul endroit où je peux manger quelque chose à cette heure est ici, » répondit l’homme.

Son regard et son ton avaient radicalement changé, mais son expression habituelle n’avait pas changé d’un iota.

« Ah, alors si un autre bar comme celui-ci s’ouvre, tu ne viendrais plus ici ? » demanda Lilia.

« ... Eh bien, tu es une bonne cuisinière, alors je choisirais encore celui-là, » répondit l’homme.

« Comme tu peux être honnête, Killfer, » répondit Lilia. « Tu parles comme un adulte, mais pense comme un enfant. »

« Je suis juste plus formel qu’avant puisque je dois parler avec mes supérieurs, » répondit Killfer.

Il fourra dans sa bouche la délicieuse viande qu’il avait dans son assiette.

« Allez, prenez vos places. Puis-je vous faire quelque chose rapidement ? » demanda Lilia.

« Pour Karin et moi, cela ne me dérange pas, mais Kunon veut..., » commença Takumi.

« Lilia, je veux de la viande ! Cela ne me dérange pas ce que c’est, il faut juste que ce soit de la viande ! » s’écria Kunon.

« D’accord. J’avais mis de côté des herbes aromatisées spécialement pour toi, » répondit Lilia.

Puis, souriant face à la fille-bête qui remuait sa queue, elle entra dans la cuisine.

Après avoir attendu un moment en silence, Takumi avait essayé de parler à Killfer. « Dites-moi, Killfer, ça va ? »

« Tu devrais pouvoir le comprendre par toi-même, » répondit Killfer.

« Oui, mais je perdrais alors ma réplique d’approche. Et aussi, il est préférable de moi-même te le demander plutôt que de l’entendre dire par un tiers, » déclara Takumi.

« La réponse est évidente. Je suis comme tous les enfants vendus par le “marchand d’esclaves au cœur tendre”, » répondit Killfer.

Sans changer le ton de sa voix, ses lèvres se recroquevillèrent en un sourire.

Il y avait un marchand d’esclaves au cœur tendre dans la ville basse de Listina.

On disait qu’il vendait des personnes à ceux qui avaient besoin de main-d’œuvre, et cela, quel que soit ce dont ils avaient besoin et que ses esclaves étaient nettement meilleurs que ceux de la moyenne, mais aussi bon marché.

Il aurait dû être détesté pour ça.

À la place, les acheteurs et les esclaves lui étaient reconnaissants. Voilà comment les personnes avaient trouvé ce surnom.

Le marchand d’esclaves au cœur tendre n’était autre que Takumi, l’un des membres de Valeria.

« En parlant de cela, un de tes clients m’a demandé s’il serait nécessaire de payer une sorte de supplément, étant donné que l’article était bon marché, » déclara Killfer.

« Je suis content que ce soit une bonne affaire. Quand tu le verras la prochaine fois, dis-lui qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter de ça, » répondit Takumi.

« Il ne m’écoute pas, peu importe, ce que je dis, » répondit Killfer. « Et aussi, si je lui disais ça, il passerait ses nuits sans sommeil à penser à comment gagner assez d’argent pour survivre. »

Takumi éclata d’un rire méprisant.

« L’as-tu connu quand nous étions plus jeunes ? Je parie que tu peux deviner la raison si tu fais le calcul, » déclara Takumi.

« Bien sûr que je le sais. Puisque tu vends des esclaves à bon marché, la seule autre chose que tu peux vendre pour gagner assez d’argent est... » Killfer avait pris une autre bouchée alors qu’il parlait. « L’information. Les esclaves sont ton réseau d’informations, alors tu viens à connaître leurs anciens propriétaires et vendeurs, et tu gagnes de l’argent grâce à des rumeurs... ai-je raison ? »

« Eh bien, ce n’est pas tout, » répondit Takumi. « En vendant un esclave qui connaît le sujet dont l’acheteur a besoin, je gagne beaucoup de confiance, ce qui facilite les affaires. »

« Et aussi bien les personnes qui signent le contrat de protection des esclaves que les esclaves te sont reconnaissants et viennent à te faire confiance, alors ils sont prêts à t’aider, » répliqua Killfer.

« Hé ! Ne parle pas en mal de ma réputation, » déclara Takumi. « Outre la protection des esclaves, il est écrit dans ce contrat que si l’acheteur n’est pas satisfait de l’achat, il peut demander un remboursement complet. »

Le contrat avait été rédigé afin de protéger les avantages des deux parties.

« L’esclave doit être traité comme un être humain » était inscrit dessus.

En outre, il y était déclaré que l’esclave devait être payé pour son travail et que tout acte de harcèlement ou de discrimination à leur encontre était interdit. En cas de violation de l’un des points susmentionnés, une sanction allait être appliquée.

Si l’esclave s’avérait incompatible pour une raison quelconque, l’acheteur pourrait demander un remboursement complet en échange du retour de l’esclave.

« Si le client peut facilement obtenir ce dont il a besoin, l’esclave peut tout de suite mieux vivre, et c’est ainsi que je peux du même coup recueillir des informations, » déclara Takumi. « De cette façon, tout le monde y gagne quelque chose. »

Killfer s’était arrêté de manger pendant un instant. « Ce que je n’ai jamais compris, c’est comment tu as trouvé cette réponse. Ne viens-tu pas de supposer que les personnes ont besoin de meilleurs esclaves ? »

Takumi avait toujours veillé à ce que les capacités et le caractère des esclaves soient toujours parfaitement compatibles avec les exigences du client, pour toujours atteindre la perfection.

« Le fait est... que je ne peux pas comprendre ta façon de penser, » continua Killfer. « Je ne pouvais pas il y a sept ans, et je ne peux pas même maintenant. »

« La réponse est simple, » Takumi avait pointé du doigt ses propres yeux. « Il semble que j’ai un œil pour les personnes. »

« ... J’ai toujours détesté la manière dont tu évites les questions, » répliqua Killfer.

« Je n’évite rien. C’est juste une question d’expérience, » répondit Takumi.

« Parles-tu de ton lieu de naissance... ? J’ai lu depuis d’innombrables livres, mais je n’ai toujours pas vu d’écrits avec les symboles que tu utilises, » déclara Killfer.

« C’est pourquoi mon lieu de naissance est vraiment loin d’ici. Ceci ne me dérange pas que cela soit ainsi, » répondit Takumi.

Killfer avait fait claquer sa langue et avait détourné son regard. Pendant ce temps, Lilia était revenue avec le repas.

« OK, Killfer, arrête de déranger Takumi parce que tu as été privé de sommeil, » déclara Lilia.

« Pourquoi me grondes-tu ? » demanda Killfer.

« Parce que tu parles comme un ivrogne pleurnichant sur n’importe quel sujet. Et aussi, nous devrions juste lui être reconnaissants, » répondit Lilia.

Elle avait souri en touchant son cou.

Le collier qui les liait était introuvable.

« C’est seulement grâce à l’honnêteté de Takumi que nous avons pu montrer nos capacités, » continua Lilia. « Avec l’argent que nous avons gagné, nous nous sommes débarrassés de nos chaînes et avons pu faire ce que nous voulions vraiment. Je crois que cette seule raison est plus que suffisante pour te gronder. »

Chaque esclave vendu par Takumi pourrait se débarrasser de leur condition après avoir remboursé complètement leur propriétaire.

De cette façon, chacun d’entre eux pourrait poursuivre après ça ses rêves.

Lilia voulait être cuisinière et devint ainsi tenancière d’un bar.

Killfer avait une énorme soif de connaissances, alors il décida de devenir scribe.

Quelqu’un était devenu forgeron, quelqu’un qui était musicien d’orchestre, quelqu’un qui était armurier, quelqu’un qui était décorateur, quelqu’un qui était l’élève d’un colporteur, quelqu’un était marin et quelqu’un était garde... tout le monde réalisait ses propres aspirations.

Si Takumi ne les avait pas sauvés, l’esclavage aurait été leur seul choix.

« Non, tu es là seulement grâce à tes efforts, » répondit Takumi. « Si vous aviez été des esclaves sans ambition, vous seriez resté comme ça. Je suis juste venu pour vous donner un petit coup de pouce. »

« Regarde, il est aussi très humble, » déclara Lilia. « Pourquoi n’apprends-tu rien de lui, Killfer ? »

« Tch... Ce n’étaient que des pensées que j’exprimais, » répliqua Killfer.

Il appuya ses coudes sur la table et se tourna dans l’autre sens tandis que Lilia pouffait de rire.

En la voyant rire sincèrement, Takumi s’était détendu.

« Assez parlé du passé. Mangez ça avant que la nourriture ne soit froide, » clôturant la question, Lilia avait placé des assiettes sur le comptoir.

Un panier avec du pain frais, une assiette remplie d’une soupe de tomate et de haricots mungos, et une autre contenant des pâtes aux crevettes avec des crevettes pêchées au large du lac Verne, et quelques verres remplis d’eau. Puisque Listina était situé près d’un lac saumâtre et de la mer, la cuisine locale était assez centrée sur les fruits de mer.

« Et ça, c’est pour toi, Kunon, » déclara Lilia en plaçant l’assiette massive qui cliquetait devant elle.

De la Viande, de la viande et encore plus de viande.

Sous cette montagne de viande était enterré un lit de salade et de légumes.

Cela n’avait pas l’air facile à digérer.

« Viande... !! À l’attaque ! » Kunon avait commencé à se régaler de cette incroyable quantité de nourriture.

Afin de compenser leur force et leur consommation d’énergie lorsque leurs compétences étaient utilisées, les hommes-bêtes devaient manger beaucoup de nourriture.

Une petite fille comme Kunon qui mangeait autant était surprenante, mais les autres s’y étaient déjà habitués.

« J’ai... perdu mon appétit, » déclara Karin.

« Je connais cette sensation, mais mange pendant que tu peux le faire. Et prends ce que tu veux de mon assiette, » répondit Takumi.

Karin avait accepté les pâtes de Lilia avec une expression dégoûtée sur son visage.

Les elfes mangeaient très peu de viande et avaient tendance à être végétariens, peut-être parce qu’ils vivent en pleine nature.

Karin était aussi une petite mangeuse, et le fait de voir toute cette viande avait certainement fait remonter le contenu de son estomac.

Tout en amenant une miche de pain jusqu’à sa bouche, Takumi tourna à nouveau son visage vers Lilia et Killfer.

« Quelque chose d’intéressant est-il arrivé ces derniers temps ? » demanda-t-il.

« Cette question est trop vague... La seule chose qui vient à l’esprit est qu’il y a plus de copies du Texte Sacré autour de nous, » déclara Killfer.

Le Texte Sacré était le document que Richtert, la famille royale, avait suivi. Richtert était une famille très religieuse vivant dans la capitale. Ils adoraient la Déesse Filia, et croyaient que la magie était une bénédiction, alors ils la vénéraient.

Leurs croyances étaient basées sur les commandements présents dans ce texte.

Ce n’était pas des enseignements qui étaient gravés dans le marbre. En fait, ils avaient même déclaré que les suivre n’était même pas une obligation.

Mais le fait de posséder des esclaves n’était pas interdit selon ces principes.

Le Texte plaçait les esclaves sur le même rang social que les blasphémateurs et les criminels.

Il y était même dicté qu’il fallait utiliser les criminels de guerre et les criminels pour gagner plus de main-d’œuvre. De sorte que ses croyants avaient tendance à utiliser un grand nombre d’esclaves.

Certaines lois concernant les esclaves avaient été ratifiées, car un esclave improductif était un gaspillage. Les tués au hasard étaient interdits, et les salaires pour leur travail étaient établis en détail.

Pourtant, ces lois étaient juste pour le spectacle.

C’était évident même pour un marchand d’esclaves comme Takumi, c’était pourquoi il n’avait pas conclu la moindre vente sans son contrat.

« Bon sang... Les nobles et les clercs aiment vraiment gaspiller du papier..., » remarqua ironiquement Takumi.

« Ne dis pas ça. Grâce aux décorations sur le Saint Texte et aux idiots qui s’y méprennent, les scribes et les enlumineurs ont du travail. En vérité, j’aimerais le lire, » déclara Killfer.

Killfer avait repris son souffle avant de continuer. « Eh bien ! Ce n’est pas comme si quelque chose allait changer si je le lisais. Presque tous considèrent les esclaves comme des objets, et les demi-humains comme des bêtes... » Il avait souligné cela avec cynisme.

« ... Killfer, » Lilia le frappa du coude et il ferma la bouche tout de suite après ça.

« Ne t’inquiète pas, c’est normal qu’ils nous voient comme ça. Nous avons perdu contre les humains, et accepter d’être dompté par eux n’est qu’une décision stupide prise par ces demi-humains vaincus, » observa Karin avec un ton plat, alors qu’elle inclinait son verre sans changer d’expression.

Un demi-humain était considéré comme un esclave dès le moment où il était mis au monde.

Dans le passé, les humains et les demi-humains s’étaient battus les uns contre les autres lors de nombreuses guerres.

Le fait de penser que les demi-humains auraient gagné grâce à leur force physique écrasante était naturel, mais les humains l’avaient emporté grâce à l’utilisation de la magie et de la tactique.

En outre, les conflits internes entre différentes factions de demi-humains avaient contribué à ce résultat.

Lorsque les deux parties avaient accepté l’accord de paix, il avait été décidé que les vaincus devaient continuer à servir les vainqueurs en tant qu’esclaves.

Cela comprenait les hommes-bêtes, les elfes, les nains, les hommes-dragons, les hommes-oiseaux, hommes aquatiques.

Tout comme les animaux, les demi-humains étaient divisés en six espèces, et quand un humain mettait la main sur eux, ils devenaient des esclaves.

Il va sans dire qu’ils n’avaient aucun droit et qu’ils n’étaient non plus pas payés, tout comme les esclaves humains.

Penser qu’ils devaient supporter un tel traitement depuis leur naissance était scandaleux.

Les nains étaient une exception. Compte tenu de leurs prouesses technologiques, il leur avait été offert de devenir des ingénieurs en échange de l’annulation de leur statut d’esclave.

Les hommes-bêtes étaient utilisés pour les travaux forcés ou pour accomplir les tâches les plus dangereuses, sinon ils étaient utilisés comme pions sacrificiels dans l’avant-garde de l’armée.

Les colliers et les chaînes qui liaient les demi-humains étaient imprégnés de magie, de sorte qu’ils ne pouvaient pas se rebeller contre leur maître.

C’est pourquoi... les demi-humains faisaient généralement face à un destin bien plus sombre que celui des esclaves humains.

« Eh bien ! Grâce au marchand d’esclaves au cœur tendre, au moins nous avons les droits de l’homme, » déclara Karin.

« S’il te plaît, ne peux-tu pas être sérieuse ? Dis-leur au moins que je te traite bien, » déclara Takumi.

« Tu sais, tu me forces à te suivre jour et nuit. J’ai aussi une énorme charge de travail, alors peux-tu éviter de penser que je suis contente de ça ? » répliqua Karin. Elle avait continué à incliner son verre afin de boire, mais cette fois, elle avait une expression acerbe.

Takumi ne vendait pas seulement des esclaves, mais il passait souvent voir comment ils allaient. Après sept années de travail, le nombre d’esclaves qu’il vendait était assez élevé, alors le suivi de tous les esclaves prenait beaucoup de temps.

Karin devait le faire pratiquement toute seule, donc dire qu’elle était exploitée n’était pas une exagération.

Lilia avait frappé ses mains.

« Pourquoi ne demandes-tu pas à Takumi d’acheter quelque chose pour toi ? » demanda Lilia. « Tu es une beauté. Alors pourquoi ne demandes-tu pas des vêtements ou des accessoires ? »

« Hein !? Je n’en ai pas besoin, » répliqua Karin. « Ah ! Mais j’avais besoin d’huile et d’une brosse métallique. Et j’ai aussi besoin de chiffons pour quand je nettoie. Oh, et un peu de coton, puisque récemment je devais souvent en utiliser et que j’en ai plus. »

« ... Karin, je ne dirai pas que c’est mal de vouloir ce genre de choses, mais là, tu as de plus en plus l’air d’une femme au foyer, » Lilia se força à sourire face à la faible ambition de Karin, mais se souvint soudainement de quelque chose. « Au fait, les membres de Valeria semblaient très occupés devant le bureau. Est-ce vraiment correct que vous restiez ici tous les trois ? »

« Avaient-ils l’air occupés ? Eh bien ! Ce matin, quelques chariots sont rentrés avec des esclaves, mais il ne devrait pas y avoir grand-chose de spécial, » répondit Karin.

Après tout, il n’était pas difficile d’obtenir des esclaves dans ce monde.

Si un marchand décidait de voyager vers un endroit pauvre abandonné par les dieux, il aurait pu facilement échanger avec la population locale de la nourriture ou de l’argent contre leurs enfants.

Les sans-abri étaient asservis s’ils étaient capturés, tout comme les personnes qui ne pouvaient pas rembourser leurs dettes. On pouvait aussi acheter les auteurs de crimes mineurs.

Il y avait d’innombrables façons d’obtenir des esclaves.

Bien sûr, la plus grande dépense pour leur entretien était la nourriture, donc les commerçants étaient obligés d’acheter seulement un nombre d’esclaves que la nourriture qu’il avait leur permettait de maintenir en vie.

Ce jour-là, dix enfants devaient arriver à Valeria.

Un petit nombre comme celui-là n’aurait pas dû déranger beaucoup de membres de l’organisation, alors qu’est-ce qui avait pu se produire ?

« En tout cas... Lilia, l’addition. Nous devons partir, » déclara Takumi.

« Bien sûr. Puisque vous êtes venu ici en dehors des heures de travail, laissez-moi un bon pourboire, » déclara Lilia.

« D’accord. En fin de compte, nous avons eu un bon repas tout en pouvant bavarder pendant ce temps, » déclara Takumi tout en souriant.

Il sortit de sa poche de poitrine quelques pièces d’argent et les laissa sur le comptoir. Il était clair qu’il y avait bien trop de pièces pour un simple pourboire.

« Voilà, c’est une récompense pour ton travail acharné... bois quelque chose à ma santé avec ces quelques pièces, » déclara Takumi.

« Ah, Monsieur Takumi, vous êtes toujours si généreux ! Killfer, vas-tu me rejoindre ? » déclara Lilia.

« ... Lilia, ne dois-tu pas nettoyer la boutique ? Et tu devras également travailler pour le festival de ce soir..., » demanda Killfer.

« Je peux le faire après avoir pris un verre ! » répliqua Lilia. « Je dois travailler jusqu’à minuit, alors où est le problème si je veux profiter maintenant de ma récompense ? »

« ... Très bien, je suis d’accord, mais je ne vais pas participer à un autre de tes concours de beuverie. Tout le monde a pitié des hommes qui perdent contre toi, » répondit Killfer.

« C’est pourquoi vaincre une fille travaillant dans un bar n’est pas une tâche facile ~, » elle se mit après ça à rigoler.

Takumi était content de pouvoir voir les deux personnes parler si gaiement. Il s’approcha de la porte. « À la prochaine. Killfer, fais-moi savoir quand quelque chose d’intéressant arrive. »

« Eh bien, si tu restes encore un peu plus longtemps, tu m’entendras parler. Faire face à Lilia est impossible pour moi seul, » répliqua Killfer.

« Je suis désolé, mais tu seras sa seule victime aujourd’hui. Je te regarderai de loin, » déclara Takumi.

« ... Traître. Allez, va-t’en à ton travail, » Killfer avait grogné face à lui.

Takumi haussa les épaules en entendant un joyeux toast venant de derrière lui, puis il sortit du bar avec Kunon et Karin à ses côtés.

« Il est temps de se rendre au travail. Nous avons des choses à organiser pour ce soir..., » déclara Takumi.

« Oui, tu devrais y aller, marchand d’esclaves au cœur tendre, » alors que Takumi se dirigeait vers Valeria, une voix lui parvint de côté.

Il y avait là une fille aux cheveux roux attachée en un chignon désordonné.

Ses mots semblaient innocents et purs comme les vêtements blancs comme neige qu’elle portait.

Tous les gardes avaient reçu cet uniforme, mais contrairement à d’autres, le manteau rouge qu’elle portait était la preuve de son rang de capitaine.

Elle avait l’air d’une femme mûre, étant donné sa posture droite et son expression sérieuse, mais sur son visage, il restait quelques traits enfantins. Elle devait être dans la vingtaine.

« Bonjour, Elsa. Patrouiller dans cette zone par vous-même est honorable, Madame la Capitaine de la Garde, » répliqua Takumi avec ironie.

« Hahaha... Ton repas était-il bon, marchand d’esclaves ? » demanda Elsa. Elle croisa les bras et essaya de garder son calme, même si son expression la trahissait.

« On dirait que tu es de mauvaise humeur aujourd’hui. Tu es encore jeune, Capitaine, » répliqua Takumi. « Si tu affiches ce genre d’expression, tu finiras par avoir plein de rides comme une mémé. »

« Takumi, sais-tu pourquoi je suis comme ça ? » demanda Elsa. « Ne penses-tu pas que c’est parce que tu causes à nouveau des problèmes ? Sais-tu que je peux aussi me fâcher ? »

« D’accord, d’accord, je suis désolé ! Garde ton épée dans le fourreau ! » s’exclama Takumi. « Un garde doit protéger les personnes, et non pas les tuer dans un accès de colère ! »

Voyant que la main de la jeune fille atteignait la garde de son épée alors qu’elle poussait un sourire, Takumi leva les mains et les déplaça horizontalement devant son cou.

Les gardes maintenaient l’ordre public et faisaient en sorte que les citoyens puissent vivre en toute sécurité.

Leur capitaine devait patrouiller la ville basse parce que ses résidents, contrairement aux autres, pouvaient devenir dangereux. Ils pourraient organiser des émeutes, agir illégalement, et s’ils déclenchaient une quelconque action violente, les gardes devaient la réprimer.

Dès qu’Elsa avait reçu son rang de chevalerie, elle avait été placée à la tête des gardes de la ville basse.

Voilà pourquoi il était étrange qu’elle soit là.

« Elsa, ne devrais-tu pas donner des ordres aux gardes de la caserne pour patrouiller la ville pour le festival de ce soir ? » demanda Takumi. « Patrouiller par toi-même est génial, mais dois-tu vraiment être là maintenant ? »

« Vous, membres de Valeria, avez dit que vous alliez aider, n’est-ce pas ? » demanda Elsa. « Pourtant... personne n’est venu, alors je suis allée voir ce qui s’était passé. »

Elle soupira profondément, montrant sa fatigue.

« Quand je suis arrivée, j’ai vu que beaucoup de personnes étaient vraiment occupées, » continua-t-elle. « Mirta s’est excusée en étant au bord des larmes... J’étais donc sur le point de le faire à sa place. »

« Je vois... Je suis désolé que les choses ne se passent pas comme prévu, » répondit Takumi. « J’ai aussi entendu que beaucoup de gens étaient occupés, et j’allais vérifier par moi-même ce qui se passait. »

« Dépêche-toi, alors, » répliqua Elsa. « Avant que je n’arrive, Mirta a envoyé presque tous les membres à la caserne, donc en ce moment elle pleure probablement en raison de sa nervosité. »

« Notre chef est gentille, mais elle est une vraie pleureuse, » répondit Takumi.

L’Expression d’Elsa avait semblé s'adoucir pendant un moment. « De toute façon, dépêche-toi et aide-la. Si tu la fais pleurer, je te punirai de mes propres mains. »

« Oui, oui, c’est sûr. Il est bon de voir que la Capitaine vient souvent voir son amie d’enfance, mais essaye de ne pas trop négliger ton travail, » répliqua Takumi.

« Je-je ne... pas ! Je ne veux pas que tu me causes d’autres problèmes ! » cria Elsa.

« Oula, tu ne devrais pas nier que tu souhaitais voir comment allait ton amie, » dit Takumi.

« ... Ah, d’accord, » elle avait répondu tout en bougeant ses mains, et comme elle remarqua ce qu’elle avait dit et fait, elle avait alors baissé la tête avec ses joues qui rougissaient.

« Bon sang... je comprends que tu sois inquiète, mais n’agis pas de façon impulsive, » déclara Takumi.

« Comment puis-je l’aider ? » demanda Elsa. « Je la vois toujours comme une jeune sœur, et c’est normal de s’inquiéter pour elle, surtout quand je considère là où elle vit. »

Elsa était née dans la partie supérieure de Listina et faisait partie de la famille Fairstadt, l’une des trois familles les plus connues de toute la ville.

Grâce à la réputation de sa famille et à son caractère, elle était devenue la capitaine de la garde de la ville basse, mais Mirta était l’une des principales raisons qui avaient amené Elsa à prendre cette décision.

Takumi ne savait pas grand-chose de leur relation, mais il avait entendu dire qu’elles avaient grandi ensemble comme des sœurs. Voilà pourquoi Elsa ne pouvait pas s’empêcher de s’inquiéter pour Mirta.

« Aussi... maintenant, il y a ce problème avec Vatel. Je veux être à ses côtés quand cela arrivera, » déclara Elsa.

« Ne t’inquiète pas. Nous gardons aussi cela à l’esprit lorsque nous agirons, » déclara Takumi.

« Tu es effrayant... mais je te fais confiance à propos de ça, » répondit Elsa. « La chose est que ton nouveau chef est célèbre parce qu’elle a abandonné ce genre de travail et a augmenté ses frais sans avertissement, de sorte que les personnes du marché se plaignent. J’aimerais que les choses se stabilisent rapidement. »

« Je pense que ce serait mieux si tu racontais ça à Mirta, pas à moi... Bref, je suis sûre que les choses vont bientôt se terminer, » répondit Takumi. « Mais tu n’as pas à t’inquiéter pour tout ça. » Takumi sourit, et Elsa pencha la tête en affichant clairement son doute.

« De toute façon, je compte sur toi pour le festival de ce soir, alors essaye de ne pas trahir mes attentes, » répondit Elsa.

« Nous n’avons pas le temps pour ça, » déclara Takumi. « Même si ce soir est un jour heureux, nous n’avons ni le temps ni l’intention de te causer des ennuis. »

« ... Vraiment ? Devrais-je faire confiance en tes paroles ? » demanda Elsa. « Ne me causeras-tu pas de stress aujourd’hui ? Dernièrement, les gardes ne cessent de dire : “Eh bien ! Si les marchands d’esclaves de Valeria causent des problèmes, alors laissons ça à notre Capitaine”, le savais-tu ? »

« Eh bien, n’est-il pas préférable de laisser les supérieurs gérer les choses ? » demanda Takumi.

« Ne comprends-tu que pour moi, tu n’es qu’un casse-pieds ? » demanda Elsa.

Elle le pointa avec son index et, après un profond soupir, elle se dirigea vers la caserne.

Elle doit avoir été épuisée par tous ces événements, pensa Takumi.

« Super, maintenant que nous avons pleinement motivé Elsa, il est temps d’aller travailler, » déclara Takumi. « Je compte sur vous, les filles. »

« Je vais tout donner pour la nourriture que j’ai mangée ! » répondit Kunon d’un ton animé.

« Alors dans mon cas, je vais juste essayer, puisque je n’ai pas beaucoup mangé, » Karin avait fait une blague avec une expression stoïque

Et ainsi, la fille-bête, l’elfe et le marchand d’esclaves au cœur tendre avaient commencé à se diriger vers leur destination.

***

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3 commentaires :

  1. Merci pour le chapitre

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