Strike the Blood – Tome 6 – Chapitre 2 – Partie 6

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Chapitre 2 : Le deuil prématuré

Partie 6

Le soleil avait presque atteint l’horizon à l’ouest lorsque Kojou était entré dans le parc désert.

Il se souvenait d’être monté dans le monorail, mais après ça, c’était flou. Il avait simplement continué à courir jusqu’à ce qu’il arrive. Il avait essayé d’appeler Asagi encore et encore pendant ce temps, mais elle n’avait pas décroché.

Kojou allait bientôt prendre douloureusement conscience de la raison.

« Qu’est-ce… que c’est… ? »

La première chose qu’il avait remarquée était le changement dans l’abbaye.

L’entrée de la chapelle avait été complètement détruite, avec des débris éparpillés partout. On aurait dit qu’un monstre géant avait surgi de l’intérieur, détruisant tout sur son passage hors du bâtiment.

De plus, il n’y avait aucun signe des membres de la garde de l’île qui surveillaient la propriété. Au lieu de cela, il n’y avait que des sculptures en métal éparpillées, couchées sur le côté sur le sol.

Kojou avait implicitement compris que c’était l’œuvre de l’alchimiste. Mais il n’avait rien à faire avec Amatsuka à ce moment-là. Il n’y avait qu’une seule personne qu’il cherchait.

« Où est Asagi… ? »

Kojou était assailli par le malaise et le désespoir alors qu’il cherchait désespérément un quelconque signe de son amie. La connaissant depuis des années, il était persuadé de pouvoir la repérer instantanément dans une grande foule, mais il ne percevait aucun signe d’elle dans un espace vert vide.

« Asagi ! Asagi, où es-tu… !? »

Peut-être qu’Amatsuka l’a emmenée ? Kojou se l’était demandé. C’était le pire scénario auquel il pouvait penser, et si c’était le cas, il ferait tout ce qu’il fallait pour trouver l’alchimiste et récupérer Asagi.

Oui. Il serait capable de la récupérer. Après tout, il n’y avait même pas une raison pour qu’il tue Asagi, donc…

« Asa… gi… »

Mais Kojou connaissait la vérité depuis le début. Ses abominables pouvoirs vampiriques le lui avaient dit.

Il y avait un léger parfum mélangé dans l’air. C’était une odeur dont il avait été si proche qu’il ne l’avait pas remarquée avant : l’odeur du sang doux et agréable.

L’odeur du sang d’Asagi.

« Tu te… moques de moi… Hey… Pourquoi est-ce que… ? »

Une fille dans un uniforme scolaire aussi écarlate que le crépuscule gisait dans une mare de sang devant lui.

L’uniforme avait été rehaussé jusqu’à la limite de ce qui était autorisé par le règlement de l’école et ses cheveux étaient coiffés d’une manière gaie et élégante. Les yeux fermés, vue de côté comme ça, sa personnalité réelle et sérieuse transparaissait sur son visage.

Elle était vraiment belle, bien qu’elle ait toujours eu un sourire narquois. Quand bien même, il ne détestait pas ce sourire.

Car Asagi Aiba… était morte.

« Hé… ne te moque pas de moi ici… Tu ne voudrais pas finir comme ça, hein ? »

Parmi les objets éparpillés sur le sol, il y avait un livre de cuisine qu’elle avait emprunté à la bibliothèque. Plusieurs de ses bouts de doigts étaient couverts de sparadraps. Même Kojou n’était pas assez bête pour ne pas voir ce qu’elle faisait avec des blessures aussi inhabituelles.

Pourtant, il n’y avait rien de plus que Kojou pouvait faire pour elle. Plus rien.

Kojou était toujours debout, abasourdi, quand Yukina l’avait appelé.

« Senpai ! »

Elle lui avait sans doute couru après depuis la gare.

Elle semblait essoufflée. Mais quand elle avait remarqué qu’Asagi gisait sans vie, le visage de Yukina était devenu pâle.

« Asagi… !? Oh mon Dieu… »

Sa voix ferme tremblait. Même si elle était une Chamane Épéiste de l’Organisation du Roi Lion, elle n’était qu’une apprentie. Elle n’avait probablement que peu ou pas d’expérience de voir des personnes proches d’elle décéder.

Kojou marmonna tardivement. « C’est… ma faute… »

Yukina avait levé les yeux vers lui avec surprise. « Quoi ? »

« C’est comme tu me l’as dit… J’ai impliqué une personne innocente parce que je l’ai amenée ici sans réfléchir… ! »

« Ce n’est… pas… »

Yukina avait essayé de le réfuter sur le champ, mais avait ravalé ses mots en voyant les yeux de Kojou. Son visage était tordu de rage, ses yeux brillaient d’une teinte cramoisie. L’incroyable poussée d’énergie magique qui se dispersait autour de lui faisait trembler le sol artificiel sous leurs pieds.

Ses Vassaux bestiaux se réveillaient — les bêtes invoquées d’un autre monde qui vivaient dans le sang du Quatrième Primogéniteur, le Vampire le plus puissant du monde, et le servaient. Elles répondaient à la colère de Kojou, tentant de se déchaîner au-delà de son contrôle.

Yukina se précipita désespérément vers sa camarade de classe. « S’il te plaît, tiens bon, Senpai ! Senpai — ! »

Mais la libération explosive d’énergie magique avait bloqué son chemin. Elle ne pouvait même pas rester debout, encore moins aller à ses côtés.

Seul le Loup de la Dérive des Neiges aurait pu s’opposer à ce flux d’énergie magique. Cependant, il ne reposait plus dans ses mains, ayant été scellé.

L’énergie magique s’intensifia encore, produisant des coups de tonnerre et des ondes de choc dans son sillage. Yukina, assaillie par la déferlante, avait fini par être sauvée par le sosie de Sayaka.

Elle était apparue de nulle part, avait déployé une puissante défense et était devenue le bouclier de Yukina, la protégeant de ce qui aurait été des coups fatals.

Elle était une créature de la magie de très haut niveau créée par Yukari Endou, son maître et un génie sorcier de l’Organisation du Roi Lion — pourtant, protéger Yukina lui prenait toutes ses forces. Yukari elle-même, loin dans la forêt du Grand Dieu, n’avait aucun moyen d’arrêter le déchaînement de Kojou.

Les fondations de l’île artificielle tremblaient et poussaient des cris inquiétants tandis que les fissures sous les pieds de Kojou continuaient de s’étendre, sans doute à cause de la puissance de ses Vassaux bestiaux, encore invisibles. Si le pouvoir démoniaque de Kojou continuait à faire rage comme ça, la destruction de l’île d’Itogami ne serait qu’une question de temps.

« Senpai, s’il te plaît, calme-toi ! Reprends-toi ! Tu veux laisser Nagisa mourir, elle aussi !? »

Sa voix n’aurait pas dû l’atteindre, mais Kojou, perdu dans sa colère, lui avait soudainement répondu. La lumière revint dans ses yeux, le tonnerre et les éclairs s’interrompirent un instant plus tard, le vent se calmant dans son sillage.

Kojou vacillait en murmurant de manière cassée. « Nagi… sa… »

Il était tombé sur le sol alors que Yukina se précipitait vers lui. Avec un choc, Kojou réalisa que Yukina saignait du front — il l’avait blessée.

« Himeragi… tu es… »

« C’est bon. Le shikigami du maître m’a protégée, donc je vais bien… »

En parlant, Yukina regarda par-dessus son épaule, où le sosie shikigami se transforma en d’innombrables feuilles de papier blanc sous leurs yeux. Les parchemins rituels avaient épuisé l’énergie dont ils avaient été imprégnés.

Des larmes coulaient sans cesse des yeux de Yukina alors qu’elle murmurait. « Je vais bien… Je serai toujours à tes côtés, Senpai… Alors s’il te plaît, reprends-toi en main. Fais-le pour Aiba ! Ne laisse pas sa tragédie être la raison pour laquelle tu perds le contrôle et provoque la fin de tout… »

Ses larmes avaient un peu calmé Kojou.

Encore une fois, elle l’avait sauvé. Et elle avait dit la vérité : il ne pouvait pas se perdre ici. Il y avait encore des choses qu’il devait faire pour le bien d’Asagi.

Il devait lui rester des choses à faire. Depuis qu’il avait laissé Asagi mourir — .

« Hein. Je pense bien qu’il m’en manque un. Alors est-il tombé quelque part par ici… ? »

Une voix froide et aérienne flottait vers lui, comme si elle se moquait de la détermination de Kojou. Elle provenait d’un jeune alchimiste portant une blouse blanche. Il ne portait pas son chapeau à carreaux caractéristique ni sa canne, mais Kojou ne pouvait pas se tromper de visage. C’était Kou Amatsuka.

Amatsuka, apparaissant à l’ombre de quelques arbres décoratifs le long de la route, marchait tranquillement vers Kojou et Yukina.

« J’ai eu raison de faire demi-tour. De penser qu’il se cacherait comme ça… »

Cependant, ses paroles ne s’adressaient à aucun d’entre eux, mais à lui-même. Amatsuka avait complètement ignoré Kojou, qui lui faisait face avec une hostilité ouverte. Au lieu de cela, il n’avait d’yeux que pour Asagi baignant dans son sang. Il semblait avoir l’intention de prendre son cadavre.

« Arrête-toi là, alchimiste — ! » Kojou se déplaça devant son amie au sol, bloquant le chemin de l’alchimiste. C’est alors qu’Amatsuka avait finalement semblé remarquer l’existence de Kojou et Yukina. Il déplaça silencieusement son regard sur eux, expirant dans un ennui évident.

Kojou, réprimant à peine la soif de sang dans son ton, avait demandé. « Je vais demander cette fois. Es-tu celui qui a tué Asagi ? »

Mais Amatsuka avait seulement plissé les yeux d’un air inquisiteur. « Et qui est “Asagi” ? Lequel des cadavres qui traînent par ici est-elle ? »

« Pourquoi, tu… »

***

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Claramiel

Claramiel

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