Strike the Blood – Tome 6 – Chapitre 2 – Partie 3

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Chapitre 2 : Le deuil prématuré

Partie 3

Yukina avait donné la lance à la réplique de Sayaka, qui à son tour l’avait portée au chat noir.

Kojou avait saisi l’occasion pour demander à Yukina en chuchotant, « “Maître”… ? Un chat ? »

Yukina semblait assez tendue quand elle avait murmuré à l’oreille de Kojou. « C’est un familier. Le maître est sans doute dans la Forêt du Haut-Dieu en ce moment même. »

« La Forêt du Haut-Dieu ? » Kojou avait sifflé en réponse, choqué. « N’est-ce pas dans le Kansai !? Sérieusement… !? C’est quand même loin d’ici !? »

Le chemin le plus court de l’île d’Itogami à Honshu était d’environ trois cents kilomètres. L’institution nommée la Forêt du Haut-Dieu où Yukina et Sayaka s’étaient entraînées était plusieurs centaines de kilomètres plus loin encore. Kojou avait entendu dire que la distance physique n’était pas une barrière pour un sorcier expérimenté, mais même ainsi, il ne pensait pas qu’un praticien avec une compétence médiocre aurait pu réaliser un tel exploit.

« C’est donc la personne qui contrôle le chat et le sosie de Sayaka qui est ton véritable maître, non ? » avait-il demandé, rassemblant les pièces du puzzle.

« Oui. Son nom est Yukari Endou. »

« Est-ce un gros bonnet ? »

L’insolence de Kojou avait fait se raidir Yukina qui avait hoché la tête. « Dans une certaine mesure, oui. »

Yukina était une fille qui avait tenu tête à une princesse étrangère et à un aristocrate de l’Empire du Seigneur de Guerre sans la moindre timidité. Pour qu’elle fasse preuve d’un tel niveau de respect, son mentor était soit un gros bonnet sérieux, soit un despote capricieux — ou peut-être les deux. Apparemment, elle était un adversaire gênant, quelle que soit la manière dont on l’envisageait.

Mais peu importe la hauteur et la puissance qu’elle avait, Kojou ne pouvait pas la considérer autrement que comme un chat.

Le chat fixa la lance de Yukina alors qu’il parlait sans ambages.

« Je vais accepter le Loup de la dérive des neiges, pour le moment. Tes techniques sont rudimentaires, mais tes compétences en matière de lame sont… correctes. Cependant, je trouve inquiétant que tu sois trop dépendante de la vue de l’esprit. Je t’ai enseigné, n’est-ce pas ? Une Chamane Épéiste est une épée, mais pas une épée, un chaman, mais pas un chaman — seul un amateur voit l’avenir et se laisse ensuite emporter par lui. »

« Oui, Maître. »

Yukina avait écouté docilement et avec gratitude les remontrances du chat. Il ne fait aucun doute qu’il s’agissait d’un sujet profond et sérieux pour les deux individus, mais c’était une scène surréaliste pour une tierce personne.

Cela dit, cette Yukari Endou possédait apparemment une grande expérience du combat. Elle avait lu les tendances et les défauts de sa disciple à partir des griffures sur son arme et avait donné des conseils appropriés.

D’accord, j’appellerai par respect le chat noir Professeur Kitty, avait décidé Kojou silencieusement pendant que cela se passait.

Après avoir terminé son évaluation du Loup de la dérive des neiges, le chat noir avait regardé Yukina et il avait déclaré sèchement. « Très bien. La lance est entre mes mains. À partir de maintenant, tu es relevé de ton poste de gardien du quatrième primogéniteur. Il est bon pour toi de t’amuser comme un morveux normal de temps en temps. »

Cependant, Yukina continuait à regarder son maître en silence. Plusieurs fois, ses lèvres avaient tremblé comme si elle voulait dire quelque chose, mais elle s’était finalement ressaisie et avait dit. « … Je dois objecter, Maître. Même si ce n’est que pour quelques jours, je reste préoccuper par ce qui pourrait arriver à Senpai… euh, le quatrième Primogéniteur si je le quitte des yeux. Pourrais-tu me permettre de poursuivre mes fonctions d’observatrice ? »

« Oh-ho… »

Le chat gloussa d’amusement et sourit. Yukina, qui avait toujours été une enfant sérieuse, n’aurait probablement jamais exprimé d’opposition aux paroles de son Maître dans le passé. Le chat poursuivit : « Ce garçon est donc le quatrième Primogéniteur ? »

Qui est un « garçon » ? pensa Kojou, en fronçant les sourcils et en répondant, « On dirait que je le suis, techniquement. »

Même si c’était le mentor de Yukina, il ne pouvait pas se résoudre à être déférent envers un chat.

Cependant, le chat ne semblait pas spécialement s’en soucier. Il avait continué à parler, d’un ton très franc. « Désolé de vous appeler comme ça. Je voulais vous rencontrer et vous parler une fois, afin de pouvoir vous remercier un tant soit peu. »

« Me remercier ? »

La bouche du chat avait fait un grand sourire. « Pour avoir sauvé Avrora. »

À ce moment-là, Kojou avait eu l’impression que chaque goutte de sang dans ses veines coulait dans le mauvais sens. Il s’était souvenu d’une petite silhouette avec le ciel cramoisi derrière elle. Elle avait des cheveux si écarlates qu’ils semblaient enveloppés de flammes, et des yeux incandescents. Cela ressemblait vaguement au souvenir d’un cauchemar — jusqu’à ce que Kojou ressente une douleur féroce dans son crâne.

Sa respiration était féroce et irrégulière alors qu’il se rapprochait du chat. « Vous… êtes au courant pour elle… !? »

Le vertige assaillit ensuite Kojou, et Yukina se dépêcha de le soutenir. Le chat, regardant avec amusement comment les deux étaient pressés l’un contre l’autre, continua, « Je n’en sais pas assez pour que cela fasse une histoire à raconter. J’avais simplement un léger lien avec l’affaire. Tout de même, cette princesse endormie était une enfant tragique. C’est pourquoi je vous remercie de l’avoir sauvée. Ne soyez pas impatient, car vous aussi vous vous souviendrez en temps voulu… Bien que je doive dire que pour avoir convaincu non seulement Avrora, mais aussi l’intransigeante Yukina, vous êtes assez rusé pour quelqu’un qui a l’air d’un tel imbécile. Oui, en effet… »

« Il ne m’a pas convaincue ! » Yukina cria.

Kojou avait spontanément ajouté sa propre invective. « Espèce de chien errant galeux… »

Il avait banni l’image de la fille de sa mémoire trop tard. La sueur trempait désagréablement tout son corps, mais au moins le mal de tête s’était un peu calmé.

« Bien que je ne pense pas que vous soyez assez courageux pour commettre des actes méchants en l’espace de trois ou quatre jours, j’ai de la considération pour mon adorable élève. Je vais mettre une cloche à votre cou pour le moment. Si un observateur est présent, Yukina aura l’esprit un peu plus tranquille, n’est-ce pas ? »

Le chat avait levé sa patte droite. Le shikigami portant une tenue de femme de chambre était descendu de la plate-forme et s’était approché de Kojou et Yukina à ce moment précis.

Le malaise de Kojou était écrit sur son visage quand il avait demandé, « Une cloche… ? Attends, tu ne veux pas dire que tu vas utiliser le sosie de Kirasaka pour couvrir Yukina ? »

Le chat avait hoché la tête, comme si c’était évident.

« Un visage familier est bien plus pratique, oui ? J’ai mis tant de soin à la fabriquer, alors allez-y, promenez-la. Vous pouvez aussi tâter ses seins. Je ne dirai rien à la vraie Kirasaka. »

« Comme si j’allais le faire ! Et qu’est-il arrivé à Kirasaka, de toute façon !? Si quelqu’un doit la remplacer, pourquoi pas la vraie !? »

« Sayaka fait sa pénitence. Après tout, elle a utilisé l’Écaille Lustrée pour son usage personnel alors qu’elle n’était pas en service, épuisant au passage de précieuses flèches enchantées. Même si c’est une tape sur les doigts, elle restera au quartier général pendant un certain temps, pour écrire des lettres d’excuses ou autres. »

« … Pénitence ? »

Je me demandais pourquoi je ne l’avais pas vue depuis un moment. Donc c’est ce qui s’est passé.

Kojou avait ressenti un sentiment de culpabilité envers Sayaka. Après tout, si elle avait utilisé les armes de l’Organisation du Roi Lion, c’était pour le sauver (ainsi que d’autres) d’un incident dans lequel il l’avait entraînée.

« Je comprends pourquoi ton shikigami ressemble à Kirasaka, alors, mais c’est quoi cette tenue de soubrette ? »

Le chat avait répondu assez fièrement. « N’est-ce pas évident ? Un jeu d’humiliation pour les subordonnés qui font leur pénitence. Ça marche à merveille, je vous le dis. »

Quand Yukina avait entendu les mots « jeu d’humiliation », ses épaules avaient tremblé comme si elle frissonnait. Oh, je vois, avait pensé Kojou, comprenant maintenant. Elle avait si peur de son mentor parce que la dame avait une personnalité comme ça.

Le chat avait poursuivi. « Si vous n’aimez pas la tenue de soubrette, que diriez-vous d’un autre type d’uniforme ? Je prends les demandes. »

« Hum, des demandes… ? »

« Ou préférez-vous que j’envoie une autre Chamane Épéiste de la Forêt du Haut-Dieu ? En parlant de ça, il y a deux jeunes filles qui viennent d’être diplômées cette année. L’une a une grosse poitrine et l’autre une petite. Laquelle préférez-vous, Quatrième Primogéniteur ? »

« … Eh !? »

Tu demandes ça ici et maintenant !? Kojou avait frissonné. Il jeta un coup d’œil, mais Yukina le regardait déjà de côté. Il pouvait dire que faire le mauvais choix ici conduirait à de très mauvaises choses plus tard. Cependant, il ne savait pas quelle était la bonne réponse à donner.

Il y avait eu un long silence gênant pendant que Kojou essuyait la sueur de son front.

Ce qui avait brisé le silence était un son provenant du téléphone portable de Kojou.

Le nom affiché sur l’écran LCD allumé était ASAGI AIBA.

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Claramiel

Claramiel

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