Saikyou Mahoushi no Inton Keikaku LN – Tome 4 – Chapitre 17 – Partie 7

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Chapitre 17 : Le Tea Party des aristocrates

Partie 7

Pendant ce temps, elle avait également compris qu’elle avait seulement l’air d’une enfant qui faisait une crise de colère du point de vue de Frose.

Mais elle pouvait sentir sa propre croissance, c’est pourquoi c’était si douloureux… elle voulait penser et choisir par elle-même.

Elle savait maintenant que sa proclamation de vouloir devenir un grand magicien n’était qu’un grand discours. Jusqu’à présent, elle n’avait jamais su à quoi ressemblait un vrai magicien, elle ne pouvait donc pas nier que c’était une absurdité.

Mais maintenant, elle ne dirait jamais qu’être un magicien était un travail noble. Elle avait vu un vrai magicien de près après tout…

C’est pourquoi elle voulait croire en ses propres possibilités. Elle avait une base maintenant pour le faire. Il avait vu le potentiel en elle et l’avait reconnu.

Dans ce cas…

Les pensées dans sa tête s’étaient progressivement transformées en une ferme détermination. Ainsi, lorsqu’elle avait lentement relevé sa tête de l’oreiller, il n’y avait plus de larmes dans ses yeux gonflés.

En effet, elle ne trouverait pas le vrai bonheur si elle se retenait.

Tesfia s’était assise sur son lit et avait essuyé avec force ses joues mouillées.

Soudain, un coup ordonné avait été frappé à la porte. Prise au dépourvu par la soudaineté, elle n’avait pas pu réagir.

« Fia, j’entre. »

Le bruit de la poignée de porte qui bougeait était parvenu à ses oreilles, et la lumière du couloir s’était répandue.

« — !! »

Avec un soupir, Frose avait appuyé sur le bouton à côté de la porte pour allumer les lumières. Elle avait baissé la tête un instant en voyant les yeux rouges gonflés de sa fille, mais dans la seconde suivante, elle avait affiché un sourire calme.

C’est parce qu’elle pouvait voir dans le visage de sa fille une forte volonté prête à faire face à la situation. Ce n’était plus les yeux faibles d’une fille qui s’effondrait en pleurant.

« Mère ! … Je suis désolée, » Tesfia s’excusa de ne pas avoir répondu à sa mère. Bien sûr, ses mots pouvaient avoir plus de sens, vu ce qu’elle allait dire ensuite.

« Ça ne me dérange pas. Cela mis à part, parlons un peu. »

Frose semblait se demander comment commencer. Elle s’était maladroitement assise sur le lit à côté de Tesfia. Bien qu’elle soit celle qui en avait parlé, elle n’avait pas parlé tout de suite et avait regardé la pièce comme si c’était la première fois qu’elle était ici.

Et c’était tout naturel. Cela faisait des années qu’elle n’était pas venue dans la chambre de Tesfia.

« C’est étrange. Tu as grandi comme ça, et pourtant j’ai l’impression que c’est la première fois que je viens dans ta chambre…, » Frose soupira. « En fin de compte, c’est juste comme Selva l’a dit. » Elle avait dit ce qu’elle pensait, convaincue maintenant de quelque chose. « Peut-être est-ce ce que je mérite pour m’être concentrée sur le travail et avoir laissé tant de choses aux domestiques. »

Tesfia écoutait, nerveuse, mais ne pouvant le supporter plus longtemps, elle éleva la voix. « C’est parce que tu faisais de ton mieux pour protéger la famille… et pour m’élever. » Sa voix s’était éteinte à la fin.

Elle n’avait pas beaucoup de souvenirs de sa mère, mais elle s’était dit que c’était inévitable. C’est pourquoi Tesfia était attachée à sa mère et à la famille Fable qu’elle avait protégée. Ce n’était pas quelque chose qu’elle pouvait prendre à la légère.

Cependant, son désir de chérir son propre mode de vie était une autre affaire.

Bien qu’assises l’une à côté de l’autre, elles ne se regardaient pas. Tesfia ne savait pas ce que sa mère regardait, ni ce qu’elle pensait.

Et après un court silence, Frose avait soudain demandé. « Fia, détestes-tu l’idée d’être fiancée à quelqu’un tout de suite ? »

« … Oui !! » Même si c’était une question soudaine, sa réponse était immédiate.

« Mais en tant que noble, tu comprends que tu dois rapidement choisir quelqu’un pour le mariage, n’est-ce pas ? »

Tesfia le savait, et elle s’était légèrement mordue la lèvre pour retenir ses émotions amères, et avait hoché la tête. « Mère, je… Je veux atteindre la grandeur en tant que magicien, et devenir comme toi. Bien sûr, je ne pense pas que ce soit bien de mettre fin au nom et à l’histoire de la famille Fable. C’est pourquoi je vais réussir à faire les deux. »

Ses idéaux ignoraient la cruauté de la réalité, et avaient une pureté que Frose n’avait pas. Ou plutôt, une pureté qu’elle avait perdue depuis longtemps.

En réalisant cela, Frose s’était dit que Selva avait raison. Sa fille était très différente d’elle.

Non, elle s’était changée pour le bien de la famille, en y repensant, et Tesfia était l’une des rares joies absolues qu’elle avait eues dans sa vie. Et c’était la première fois qu’elle voyait sa fille essayer si désespérément de faire ce qu’elle voulait.

Frose avait laissé échapper un autre soupir, et s’était tournée vers Tesfia. « Je comprends. J’allais te faire choisir un fiancé pendant ton séjour, mais nous pouvons attendre et voir pour le moment. »

Elle n’avait rien approuvé. Et elle avait certainement aussi des motifs de calcul.

En réalité, Tesfia avait un mauvais pressentiment quant à l’approche « attendre et voir ». En d’autres termes, ce n’était rien de plus qu’un compromis. L’imprécision du terme était la raison pour laquelle elle était encore raide de nervosité.

Voyant ce doute évident sur le visage de Tesfia, Frose avait souri et avait révélé ce qu’elle pensait. « Fia, ce n’est pas que je ne crois pas en toi, mais si tu choisis la voie du magicien, tu devras tenir ton rang dans une compétition féroce pour protéger notre fierté de nobles. En tant que personne qui porte le nom des Fables, terminer ta carrière parmi les rangs inférieurs n’est pas acceptable. Et pendant ce temps, tu perdras du temps qui pourrait être consacré au mariage. Pour que je mette cela en attente, tu dois me donner une base pour croire en toi. »

« Base…, » Tesfia y réfléchissait dans sa tête, mais elle ne savait pas non plus comment son avenir allait se dérouler. Serait-elle capable de lui fournir autre chose que ses notes pour le moment ? Si la détermination à le faire suffisait, elle pourrait simplement dire la même chose qu’avant.

Puis, Frose avait suggéré quelque chose à Tesfia, qui avait hésité un moment. « Alus Reigin… »

« — !? »

Le cœur de Tesfia avait fait un bond quand elle avait entendu son nom. En dehors de ses sentiments compliqués pour lui, l’Institut lui avait demandé de ne rien dire à son sujet. Et il était clair que c’était aussi le souhait des militaires.

Son corps s’était raidi alors qu’elle se préparait à ce sujet. Elle ne pouvait pas se permettre de divulguer son secret. Et vu son rang, elle devait être prudente, surtout que c’était sa mère qui parlait de lui. Elle devait éviter de laisser échapper la moindre information. Tesfia ferma les lèvres pour qu’elles ne s’ouvrent pas par accident.

C’est alors que Frose avait levé un seul de ses doigts fins. « À propos de ton camarade de classe, M. Alus… J’aimerais le rencontrer. Il est vrai que tes compétences en tant que magicien se sont nettement améliorées en peu de temps. Ce n’est pas non plus une exagération… »

« Attends une minute, maman ! »

« Bien sûr, je n’essaie pas de déprécier tes efforts. Donc, considérant cela et une rencontre avec lui, je vais reconsidérer le fait de te fiancer maintenant. »

« C-C’est… »

Frose avait été responsable de la formation des nouvelles recrues dans le passé. C’est pourquoi elle ne pensait pas que le « camarade de classe » de Tesfia et le propriétaire de ce bâton d’entraînement qui l’avait formée en si peu de temps soit quelqu’un de normal.

Bien qu’elle ait quitté l’armée, elle avait encore des relations, et elle s’intéressait à la magie et à la technologie qui l’entoure, alors elle aimerait beaucoup le rencontrer. Il semblerait qu’il soit encore étudiant, mais il pourrait être un atout précieux pour l’avenir d’Alpha.

Et compte tenu des réalisations et des contributions réelles d’Alus, elle avait raison.

« Rappelle-toi, j’ai peut-être dit que le mariage pouvait être reporté à plus tard, mais en tant que mère, j’aimerais que tu te décides pour un fiancé. »

« … Je comprends. »

Tesfia n’avait pas d’autre choix que d’accepter. C’était son dernier espoir et le seul moyen d’éviter — même temporairement — la question des fiançailles. Si la question des fiançailles était poussée plus loin, sa vie à l’Institut serait en jeu. Frose pourrait même la faire abandonner complètement.

« Alors, invitons M. Alus ici. Et pendant que nous y sommes, pourquoi ne pas inviter Mme Loki aussi, Fia. »

« Mère… Je ne pense pas qu’Alus Reigin acceptera une invitation. Il, euh, n’a pas une très haute opinion de la noblesse… Bien sûr, je pense que c’est à cause de ses propres préjugés ! » déclara Tesfia timidement, tout en observant attentivement sa mère.

Pour être honnête, elle voulait l’empêcher de rencontrer Alus. Vu leurs personnalités, elle commençait à déprimer rien qu’en imaginant ce qui se passerait.

Il y avait aussi le précédent d’Alice. Frose avait tendance à être obsédée par ceux qu’elle jugeait avoir du talent. Il y aurait certainement une querelle. Si elle ne l’avait pas au moins consulté à l’avance, quelque chose de terrible se produirait. Bien sûr, il n’y avait aucune garantie qu’il accepte de rencontrer Frose.

« Oh, donc il n’aime pas la noblesse. Eh bien, il y a aussi des gens comme ça. Il y a, après tout, ceux qui abusent de leur position pour protéger des intérêts particuliers. Mais c’est pourquoi il y a les niveaux supérieurs de la noblesse qui sont chargés de les gérer. Ne penses-tu pas que ce serait une bonne occasion pour lui d’apprendre cela ? »

« M-Mais il a ses propres circonstances. Je suis sûre qu’il ne peut pas venir tout de suite… »

« Eh bien, je suppose qu’il serait trop impoli de le contraindre à faire quelque chose qu’il ne veut pas faire dès la première rencontre. »

Frose semblait se calmer. Alors qu’elle savait qu’il n’était pas de la noblesse, apprendre qu’il n’était pas un grand fan des nobles devait être inattendu.

Bien sûr, s’il avait une lignée noble, alors Frose aurait pu utiliser ses relations pour obtenir des informations sur lui, et cette situation n’aurait jamais eu lieu.

En tout cas, Tesfia avait réussi à s’échapper de sa situation difficile. Frose était une ancienne militaire, et était en quelque sorte l’aînée d’Alus. S’ils allaient juste parler un peu, ça pourrait marcher d’une manière ou d’une autre. Cela dit, elle devrait quand même s’incliner et le supplier.

Si j’interviens en tant que médiateur et qu’il parle un peu avec Mère…

Si elle utilisait sa licence pour l’appeler, elle pourrait discuter avec lui à l’avance, et elle pourrait aussi écouter l’appel. « Je comprends, je vais parler à Al... »

Ayant relâché sa garde après avoir échappé à sa crise, Tesfia avait accidentellement laissé échapper quelque chose que Frose n’avait pas manqué.

« Oh, Al, c’est ça ? Si tu l’appelles par un surnom, vous devez vous entendre… maintenant, quel genre de relation as-tu ? »

Le temps que Tesfia s’en rende compte, sa mère avait déjà un sourire significatif sur le visage. C’était le genre de sourire qu’elle ne pouvait pas supporter, même si pour les étrangers, cela ressemblait à une discussion normale entre mère et fille.

Elle regardait dans une autre direction, mais elle pouvait sentir la pression incessante de sa mère lui donner des frissons dans le dos.

« Ton “Al”, Alus Reigin, est quelqu’un que j’ai du mal à cerner. Il m’intéresse beaucoup. Alors, Fia, laisse-moi-le voir quand cela lui convient. Je déciderai des choses une fois que je l’aurai vu de mes propres yeux, ainsi que de la façon dont il considère ta marge de progression et ton talent. »

« Je comprends. »

En voyant sa fille acquiescer docilement, Frose avait souri ironiquement et avait fait une note mentale. On dirait que tu t’enfuirais du manoir à tout moment si j’en décidais autrement.

Compte tenu de la détermination de Tesfia, Frose avait estimé qu’elle avait peut-être été trop imprudente en précipitant Tesfia à choisir un fiancé. En même temps, elle se sentait aussi un peu heureuse de voir la force de sa fille, quelque chose qu’elle ne possédait pas elle-même.

Sur ce, Frose avait quitté la pièce. Quand elle avait ouvert la porte, elle avait regardé par-dessus son épaule vers Tesfia pour confirmer quelque chose. « Fia, quel est son rang ? »

« … Je suis désolée. » Tout ce qu’elle a obtenu en réponse, c’est un refus catégorique.

« C’est bon. Bonne nuit. »

Comme il enseignait à Tesfia, il était impossible que Tesfia ne connaisse pas son rang. Si elle avait dit qu’elle ne le savait pas, son mensonge aurait été découvert immédiatement. C’est pourquoi elle avait répondu dans les limites de ce qui était permis.

Mais lorsque Frose avait de nouveau tourné son visage vers l’avant, ses lèvres s’étaient retroussées en un sourire mystérieux. « Bonne nuit, Fia. »

« Bonne nuit, maman. »

Les cheveux roux de Frose se balancèrent alors qu’elle disparaît derrière la porte qui se ferme.

 

+++

Tesfia était enfin seule dans la pièce.

La tension qui la retenait avait disparu, et elle s’était effondrée sur son lit. Pour le moment, sa plus grande inquiétude avait été apaisée. De plus, c’était la première fois depuis longtemps qu’elle parlait autant avec sa mère. Et elle avait été capable de dire ce qu’elle pensait.

Le bonheur avait rempli son cœur pour prendre la place de cette partie manquante.

Elle avait l’impression que la partie manquante de son cœur était progressivement remplie.

Mais je suis un peu fatiguée… Je crois.

Se lever la dérangeait, alors elle s’était déshabillée sur le lit. Elle ne serait pas capable de se concentrer sur l’entraînement d’aujourd’hui. Al a dit que ça ne servait à rien de s’entraîner inutilement, alors je ferai l’entraînement d’aujourd’hui demain…

Ayant enfin retrouvé la paix de l’esprit, les yeux de Tesfia s’étaient fermés et elle avait sombré dans le sommeil. Maintenant que ses soucis avaient disparu, elle n’avait aucun moyen de résister à la somnolence qui l’assaillait.

 

+++

Cela faisait vraiment si longtemps qu’elle avait oublié le temps en parlant à sa fille, se dit Frose, après avoir lentement fermé la porte de la chambre de Tesfia.

Elle avait encore du travail à faire, mais l’épuisement qui s’était accumulé était parti comme s’il n’avait été que dans son esprit. Elle avait l’impression d’avoir été capable de s’occuper de sa fille en tant que mère plutôt qu’en tant que chef de la famille Fable pour la première fois.

Frose, qui se comportait normalement de manière stricte en tant que chef de famille, affichait une expression paisible.

Mais ses pas s’étaient soudainement arrêtés, alors qu’elle pensait à quelque chose.

Le nom d’avant pesait sur son esprit.

Alus… Al... J’ai l’impression d’avoir déjà entendu ce nom…

Son expression s’était transformée en réflexion et elle avait fouillé dans ses souvenirs pour tenter de trouver la cause des ombres étranges qu’elle pouvait voir dans les profondeurs de la mer.

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