Saikyou Mahoushi no Inton Keikaku LN – Tome 4 – Chapitre 16 – Partie 7

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Chapitre 16 : Désir ardent

Partie 7

Berwick passa à l’offensive lorsqu’il vit Alus s’arrêter pour réfléchir. « De plus, je ne verrais pas d’inconvénient à parler avec Cisty de l’exemption d’une partie des crédits du trimestre prochain, si tu obtiens de bons résultats au tournoi. »

« C… C’est d’accord. » Alus avait finalement succombé à la tentation, et avait attrapé la main tendue de Berwick.

« C’est sale ! » murmura Tesfia, après avoir vu le tout se dérouler sous ses yeux.

« Il a été soudoyé, » dit Alice joyeusement.

Berwick sourit ironiquement aux deux filles. « Il y a simplement des circonstances propres aux adultes. N’est-il pas naturel pour un adulte de récompenser ceux qui s’en sortent bien ? »

« … Juste cette fois-ci, cependant, » dit Alus de manière préventive. Mais Berwick s’était dit qu’il pourrait utiliser cette méthode plusieurs fois à l’avenir.

En fin de compte, Berwick avait fini par tirer profit de la personnalité inchangée d’Alus, tandis que le ressentiment de ce dernier restait sans réponse. Fondamentalement, seul un échange équivalent, une compensation pour ses efforts, pouvait le faire bouger. Un échange équitable, c’était bien, mais une négociation unilatérale tuait son âme libre.

Alus avait vécu cela suffisamment de fois pour en avoir marre. C’est pourquoi il n’avait pas exigé quelque chose d’aussi vague que la confiance, mais plutôt une douleur égale à celle qu’il avait ressentie en voyant sa liberté réduite à néant, en guise de compensation de la part de l’autre partie.

Cela dit, il devait admettre que quelque chose d’aussi incertain que la confiance existait entre lui et Berwick, car tout ce qu’ils avaient convenu ici n’était qu’une promesse verbale. Dans un sens, cela montrait à quel point ils étaient proches.

Mais ce n’était pas encore terminé. Berwick fixait sérieusement Alus, comme pour dire qu’ils avaient encore quelque chose à discuter.

« … Désolé, Fia et Alice, mais pourriez-vous sortir un moment ? Il semble que je n’en ai pas encore reçu assez, » dit Alus.

« — !! N’es-tu pas un peu gourmand ? » demanda Tesfia, exaspérée, quand Alus lui adressa un sourire noir.

Alice s’était agrippée à la manche de sa meilleure amie pour l’apaiser. « Viens, Fia. Al avait aussi beaucoup de choses à faire… nous attendrons dehors. »

« Oui, faites ça. Je vous rejoins bientôt. »

Après avoir salué une nouvelle fois le gouverneur général, Alice avait quitté la pièce, poussant Tesfia devant elle. Mais avant de sortir, elle s’était retournée. « Al, ne cause pas trop de problèmes, d’accord ? »

« Cela dépend de ce que fait l’ennemi. »

« Oh, bon sang, » gémit Alice en lui adressant un sourire résigné et en partant.

Une fois ces deux-là sortirent de la pièce, Berwick fit mine de soupirer de manière détendue. « Désolé pour cela. Je pourrais inquiéter la jeune Alice sans raison si je le disais devant elle. Je suis sûr qu’elle a souffert plus qu’assez… »

« Est-ce quelque chose que tu dirais à quelqu’un qui cherche à devenir un magicien ? Ce n’est pas une chose que tu peux faire si tu es faible. »

« Je le sais. Mais il est difficile de se précipiter. Tout le monde a besoin de faire des pas mesurés pour avancer, surtout s’il s’agit d’un chemin épineux. »

« Quelle prévenance venant de toi ! »

« Ne dis pas ça. Tout le monde ne peut pas prendre des décisions aussi claires que toi. » Sous son expression douce, Berwick transmettait ses émotions amères.

Normalement, ce n’était pas une décision prise si facilement ni une décision qui avait tout bon. Mais Berwick avait la responsabilité de lui forcer la main. Ses émotions complexes étaient dues à la conscience qu’il en avait.

« Très bien, passe déjà au sujet principal. Qui sait ce que ces deux-là vont dire si je les fais attendre. »

« Hmph, je vois que même un Single n’a aucune chance contre les dames. » L’expression de Berwick s’était détendue pendant un moment alors qu’il se moquait d’Alus.

Jusqu’à présent, ils n’avaient fait qu’échanger des civilités… mais à partir de ce moment-là, l’attitude de Berwick était devenue celle d’un militaire strict.

Voyant cela, Alus avait éliminé tout ce qui était inutile, y compris ses émotions, son visage devenant sans expression. Même le ton de sa voix était devenu vide, se contentant d’énoncer des informations de manière factuelle. « Si tu es inquiet pour Alice, cela signifie-t-il que c’est lié à Godma ? Je doute que le renforcement de la sécurité du quartier général n’y soit pas non plus étranger. »

Alors qu’une atmosphère lourde envahit la pièce, Berwick acquiesça. « Nous n’avons pas encore totalement saisi qui était derrière cet incident, Godma lui-même étant notre seule piste. Et il faut obtenir des informations, même si la vie de la personne est en train de s’achever. »

« L’utilisation de l’attribut sombre pour les interrogatoires va à l’encontre du droit international. »

« … Il y en a qui pensent qu’il y a des exceptions à tout. »

Il était possible d’utiliser la magie noire pour contrôler l’esprit. Et une méthode d’interrogation utilisée dans le passé était une méthode de type lavage de cerveau pour extraire des informations.

Les infractions graves commises par les magiciens avaient tendance à être couvertes par l’armée ou la nation, dans les sept nations. Les crimes qui perturbaient l’ordre national étaient particulièrement dangereux, et les nations faisaient tout ce qu’il fallait pour les résoudre.

« Comme tu le sais, il a été confirmé qu’un sort tabou qui n’est même pas enregistré dans l’encyclopédie des sorts, le Grimoire, a été utilisé. Donc, cela ne s’arrêtera pas à Godma, » dit Berwick.

« Je parie que oui. Godma n’est pas un magicien, mais un chercheur, et il s’y consacre aussi. Il est normal de soupçonner quelqu’un derrière lui, si même lui était capable d’utiliser des sorts tabous. »

« C’est exact. Même si nous ne pouvions pas nous attendre à grand-chose, nous aurions quand même dû pouvoir lui soutirer une pépite d’informations. »

« Aurait dû ? » demanda Alus. « Ce qui veut dire… ? »

« Le lendemain de sa mise sous assistance respiratoire, il a été assassiné. »

« — !! » Alus plissa les yeux. Il devina immédiatement les circonstances entourant la situation, ainsi que sa gravité.

Puisqu’il était un prisonnier important, Godma aurait dû être confiné en sécurité par l’armée. Cela signifiait qu’il avait été tué dans une base militaire, ce qui semblait peu probable. Même Alus, rompu aux opérations secrètes, aurait évité de commettre un crime dans une base militaire.

Les installations militaires étaient pleines de guetteurs, et d’excellents magiciens expérimentés. Commettre un crime dans un endroit comme celui-ci, sans être détecté, était tout simplement impossible. Ce n’était rien de moins qu’une attaque suicide, mais d’après la façon dont Berwick s’exprimait, il semblait que le coupable ne s’était pas suicidé et n’avait pas été appréhendé.

Alors qu’Alus regardait Berwick, il reçut en réponse une réponse amère.

« C’est exactement ce que tu penses. Le coupable nous a complètement échappé. Il a localisé la pièce que seuls les gradés connaissaient et y est entré. Il a également mis hors service les systèmes de sécurité. Le crime a eu lieu pendant les quelques minutes qu’il a fallu pour les remettre en marche… nous n’avons pas pu confirmer son apparence, mais nous avons réussi à identifier le mana restant, et après une analyse, nous avons pu le relier à quelqu’un de l’armée. Le problème est que cette personne était, sans aucun doute, dans le Monde extérieur lorsque le crime a eu lieu, et les autres membres de l’équipe l’attestent également. C’est une situation qui laisse vraiment perplexe. »

C’était un phénomène mystérieux qui était normalement impensable. Mais Berwick avait déjà établi le profil d’un criminel. Il n’y avait aucune confusion sur son visage, et il n’avait pas l’air d’avoir abandonné, car il avait les yeux fixés sur une cible spécifique.

L’incident était complètement incroyable, et pourtant, il indiquait une seule possibilité.

« Un crime commis par ceux qui utilisent Godma dans les coulisses… en d’autres termes… » La situation avait rappelé à Alus un nom qui ne pourrait jamais être rendu public. En pensant à qui était capable de rendre possible un crime pratiquement impossible — seul ce nom lui venait à l’esprit.

Berwick savait exactement de qui Alus parlait avec ses mots vagues, et l’affirma avec, « Il n’y a probablement aucun doute là-dessus. Ils n’ont pas bougé depuis que tu as traité avec un de leurs cadres… mais il semble qu’ils soient de nouveau en mouvement. »

« C’est la conclusion la plus logique. Les sept nations ont permis à trop de corruption d’exister. » La froideur tranchante des mots d’Alus soulignait la menace que cette organisation représentait pour eux.

« Nous sommes en train d’enquêter aussi profondément que possible. De plus, nous n’avons pas pu localiser ce livre, l’un des quatre livres de Fegel dont tu as parlé. »

« Je vois. Eh bien, je n’avais aucune preuve concluante que le livre que j’ai vu était l’un d’entre eux. »

« J’ai du mal à croire que toi, plus que quiconque puisse faire une telle erreur de jugement. Même si c’était le cas, nous n’avons pas encore trouvé de livre correspondant à ta description. »

« Si c’est vraiment l’un des originaux, » dit Alus, « il n’y a aucun doute qu’ils essaieront de le récupérer. »

« En effet. »

« J’aurais peut-être dû donner la priorité à la récupération pendant le combat. »

« Peut-être, » dit Berwick. « Mais on peut difficilement t’en vouloir pour ça pendant une mission. De toute façon, c’est à peu près tout ce que j’ai pour toi maintenant. »

« Bon, les vacances sont terminées, alors je devrais prendre congé… J’espère juste qu’ils pourront rester tranquilles un peu plus longtemps, » dit Alus avec une expression de ras-le-bol, en prenant congé.

« Nous pourrions avoir à te faire bouger à nouveau, » dit fermement Berwick, dans son rôle de chef de l’armée.

Alus l’avait ignoré alors qu’il se dirigeait vers la porte, mais lorsqu’il l’avait atteinte, il s’était arrêté, dos à Berwick, et il avait dit : « Tu arrives trop tard. » Avec ça, il était sorti.

S’ils avaient avancé plus vite, peut-être que tout aurait pu être réglé dans l’obscurité.

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