Saikyou Mahoushi no Inton Keikaku LN – Tome 3 – Chapitre 11 – Partie 1

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Chapitre 11 : Le Jardin de la Folie

Partie 1

Dans Alpha, lorsque l’on prononce le mot « nature », la première chose qui vient à l’esprit est l’immense forêt située entre les quartiers de la classe moyenne et de la classe supérieure.

Mais en même temps, son apparence grandiose servait aussi de couverture, dissimulant les ruines d’actes innommables.

Après que l’humanité se soit vue retirer son espace vital, il fut un temps où elle avait profondément investi dans la recherche magique. Et les armées de toutes les nations avaient lancé des projets de recherche inhumains et contraires à l’éthique.

Alpha ne faisait pas exception. Les restes de cette tache sur son passé étaient toujours abandonnés dans cette forêt.

Même si ce n’était pas le cas pour toutes les recherches, il y avait encore beaucoup de projets de recherche dont la nation devrait assumer la responsabilité si jamais ils étaient révélés. Pour cette raison, l’entrée dans la forêt était strictement interdite. Pour l’instant, cette tache noire sur le passé de la nation était gérée strictement par la loi.

La forêt était verte pendant la journée, mais à mesure que le soleil se couchait, les nuances de rouge qui teintaient les feuilles devenaient progressivement plus sombres. Finalement, la forêt était devenue aussi sombre que la nuit, rendant les ombres projetées par le bosquet d’arbres encore plus noirs.

Dans les profondeurs de la forêt — la faible silhouette de quelque chose d’artificiel pouvait être vue.

Masqués par la dense canopée des arbres se trouvait les vestiges d’un centre de recherche construit en secret. Il s’agissait probablement d’un bâtiment de quatre étages, mais il s’était détérioré avec le temps. Le dernier étage s’était complètement effondré, laissant les trois autres étages à peine debout.

On pouvait regarder à l’intérieur, grâce à tous les trous dans les murs. La seule raison pour laquelle le bâtiment tenait encore debout était les poutres en acier maintenant exposées.

L’atmosphère désolée lui conférait cette sensation caractéristique de bâtiments abandonnés. Seul l’explorateur de ruines le plus excentrique voudrait s’approcher de ce bâtiment sinistre drapé dans l’obscurité.

Dans une pièce située profondément sous le bâtiment…

Fixant plusieurs écrans, un homme releva ses lunettes crasseuses du bout d’un doigt. Ses cheveux gris étaient grossièrement attachés, et il portait une blouse de laboratoire sale. Il replaça ses mains dans ses poches et regarda fixement l’un des écrans qui clignotaient.

Godma Barhong.

Ses nombreuses et cruelles expériences sur les humains avaient été exposées, et vivant en fuite, il s’était vu offrir cet endroit comme cachette.

Du bruit avait rempli l’écran qu’il fixait, et l’instant d’après, un appel vidéo se fit entendre. Aussi unilatéral que cela puisse être, il n’y avait qu’une seule personne qui l’avait contacté de cette façon ces dernières années.

« Qu’y a-t-il, Enouve ? » demanda Godma à la personne de l’autre côté de l’écran, d’une voix basse, rauque et grinçante aux oreilles.

« Les militaires mettent leur plan en action demain. Vous feriez mieux de ne pas vous planter. »

Mais sur l’écran, il n’y avait pas cette personne, Enouve. À la place, des lignes de texte apparaissaient comme pour ajouter des sous-titres à sa voix. La voix était brouillée, mais Godma pouvait à peine en distinguer assez pour présumer qu’il s’agissait d’un homme.

En fait, Enouve pourrait être un faux nom utilisé pour des raisons de commodité.

En bref — Godma n’avait aucune idée de l’identité d’Enouve.

« Vous avez reçu énormément de soutien. Vous feriez mieux de montrer des résultats. »

« Oh, je le sais. » Non seulement Godma, qui fuyait l’armée, avait reçu une cachette et des fonds pour ses recherches, mais il avait même reçu les premiers éléments d’un équipement complet. C’était suffisant, et il n’avait aucune raison d’aller plus loin.

De plus, Godma n’attendait que le soutien d’Enouve. Ayant abandonné le monde, et le monde l’ayant abandonné en retour, le seul désir de Godma était d’accomplir ses recherches. « Compris. Alors, retrouvons-nous comme prévu au pied d’Andel. »

Le long de la frontière de l’une des nations, à deux nations au nord d’Alpha se trouvait la chaîne de montagnes d’Andel. Une fois la poussière retombée, Enouve et Godma devaient s’y rencontrer. Cela dit, Enouve se montrait prudent et semblait s’être arrangé pour avoir un représentant.

En échange d’un lieu de repos pour Godma et du soutien de ses recherches sur la séparation des facteurs éléments, Enouve voulait plus de Godma — ses recherches supplémentaires sur la capacité d’acquérir les éléments après la naissance, ainsi que la manipulation mentale qui créait des poupées de combat vivantes. Enouve voulait également une explication sur les éléments et la façon dont ils étaient apparus.

Pour Godma, qui était à court d’options, cette réunion secrète et la proposition qui l’accompagnait avaient été une lueur d’espoir.

Cependant, après plusieurs années, l’échéance était presque arrivée, et en même temps, ses recherches atteignaient enfin le stade pratique. En tout cas, il avait atteint le niveau demandé par Enouve.

Mais ce n’était pas suffisant pour Godma. Afin d’utiliser l’attribut de lumière, les informations de mana devaient être écrasées par un excellent facteur élément.

C’était bien. Mais les expériences créées de cette façon n’étaient pas réellement capables d’utiliser la magie de lumière. La raison de cela était à trouver dans l’être. L’information de mana qui changeait constamment avec l’expérience accumulée rejetait la nature élémentaire qui avait été transplantée comme une couche superficielle.

Godma avait traité ce problème en remplissant les informations de mana, y compris les Mots Fondamentaux, avec le facteur élément. Le résultat était l’effondrement de l’être, mais pour lui, c’était conforme aux attentes, et il préférait en fait qu’il en soit ainsi. Après tout, il était capable de fabriquer des marionnettes qui obéissaient aux ordres en prenant le contrôle de leurs ondes cérébrales.

Le plus gros défaut résidait dans les détails du facteur élément utilisé pour écraser les informations de mana — il faisait cruellement défaut. La reproduction du facteur lui-même ne donnait qu’une version inférieure qui n’avait pas la même force que l’original.

Lors de son évasion, il n’avait réussi à s’enfuir qu’avec quelques documents et un petit nombre d’échantillons de sang qui avaient été drainés et mis dans des tubes à essai.

Les expériences avec le facteur de réplication inscrit dans leurs informations de mana n’avaient pu utiliser qu’un seul sort de l’attribut de lumière.

Mais devant l’énorme quantité de données inscrites comme connaissances à l’intérieur du cerveau, Enouve avait fait passer le projet à un stade pratique : à savoir, refaire l’esprit et le corps des individus pour créer des humains augmentés. C’était un peu différent de l’objectif de la recherche de Godma, mais c’était un accomplissement en soi.

Godma n’avait aucun problème à opérer de jeunes garçons et filles qui étaient, soit des orphelins n’ayant nulle part où aller, ou qui avaient été enlevés quelque part. En fait, il ressentait une sorte de plaisir à créer de ses propres mains des magiciens qui rivalisaient avec les Triples Digits. Et maintenant, il pouvait voir les autres sommets de ses recherches.

Il avait soigneusement brandi un vieux livre en miettes comme s’il s’agissait d’un trésor pour qu’Enouve le voie. « Même moi, j’ai été surpris par ceci. Une première partie originale des Quatre Livres de Fegel. C’est complètement différent des versions copiées. Je comprends pourquoi Alpha ne voulait même pas laisser les copies dans le monde. Si ce n’est que la première partie, que contient le reste… ? »

« Ne vous embêtez pas à penser à des choses inutiles. Tout ce que vous avez à faire, c’est d’apporter des résultats. Si vous pouvez le faire, nous serons généreux. Éventuellement, nous pourrions même envisager de vous rencontrer en personne, plutôt que par l’intermédiaire d’un représentant, et même vous permettre de toucher les autres livres. »

« Voilà une offre très alléchante. Ne vous inquiétez pas, peu importe qui vous êtes, vous ne le regretterez pas. Je vais réduire la puissance d’Alpha. Après tout, ils préparent même un sacrifice pour moi. »

« Nous sommes sûrs que vous êtes au courant, mais ils ont l’actuel numéro 1 de leur côté. »

« Alus Reigin. Je viens aussi de le confirmer de mon côté. Il est peut-être le numéro 1, mais il n’est qu’un humain. Le pouvoir d’un individu n’est pas à la hauteur de mes travaux. »

Même Godma ne s’attendait pas à ce qu’un jeune homme se tienne au sommet des centaines de milliers de magiciens. De plus, le fait qu’il soit dans un institut pour novices n’était rien de moins qu’une blague. Au début, il avait pensé qu’il s’agissait d’un faux, mais selon les informations d’Enouve, le jeune homme était sans aucun doute le numéro 1 actuel.

Cette information avait été renforcée par la rencontre entre lui et les expériences de Godma qu’il avait envoyées dans la ville à titre de test. Ce n’était qu’une coïncidence qu’ils se soient rencontrés, mais les calculs de Godma lui indiquaient qu’une trentaine d’expériences seraient suffisantes pour s’occuper de lui. S’il n’allait pas jusqu’à le considérer comme un simple enfant, il le prenait quand même plus ou moins à la légère.

« … Ce serait bien. Mais ce que nous exigeons, ce sont les résultats de vos recherches. Qu’ils soient utiles au combat ou non, c’est tout ce qui compte. »

« Si je suis l’itinéraire de fuite, je devrais arriver dans quatre jours. » C’était la dernière étape d’un plan soigneusement élaboré. Selon le plan, Godma serait en mesure de montrer les résultats de ses recherches, jetant Alpha dans le chaos pendant qu’il s’échappait tranquillement.

Mais la voix étouffée d’Enouve venant de l’écran répondit sans aucune intonation. « Très bien, du moment que vous apportiez des résultats. Mais quand même, comme tous les chercheurs en magie sont des fous, ça aide beaucoup. Je vous souhaite la meilleure des chances, Professeur. La prochaine fois que nous nous rencontrerons, ce sera au pied d’Andel, » conclut-il, avant de raccrocher.

Mais si vous demandiez à Godma qui était le plus fantasque, il déclarerait fermement qu’Enouve était bien plus fou que lui. Non seulement il avait apporté les Quatre Livres de Fegel, dont l’existence même était mise en doute, mais il fournissait également à Godma des matières premières pour la création d’humains augmentés, et parfois un ou deux cobayes.

De plus — . « J’ai même obtenu une formule magique qui était censée avoir été effacée… Hm, hm, hm, je dirais que vous êtes tout aussi fou que moi. »

Enouve, cependant, restait prudent. Il n’avait jamais donné à Godma la moindre information critique. Enouve seul n’aurait jamais pu être responsable des fonds considérables et plus encore que Godma avait reçu. Une sorte d’organisation massive était derrière lui.

Mais ce n’est pas comme si Godma n’avait jamais pensé à qui il pouvait s’agir, mais quand il le faisait, ce n’était qu’une pensée passagère. Quelque chose d’aussi insignifiant que cela n’était pas un problème pour lui, tant qu’il pouvait continuer sur le chemin de la folie.

Mais même s’il ne le disait pas à voix haute, Godma, avec son intelligence, avait déjà une bonne idée de leur identité.

L’expérimentation sur les humains augmentés, un point noir du passé, était l’une des choses que les sept nations avaient déclarées illégales. Dans le passé, cependant, les sept nations avaient chacune leurs propres recherches, et plusieurs nations avaient fait une fixation sur les humains augmentés. Mais là encore, c’est quelque chose que Godma n’avait pu apprendre qu’après avoir piraté une base de données militaire.

Ou alors, il s’agissait d’une nation qui avait souffert des mains des mamonos qui avaient franchi la barrière de Babel à plusieurs reprises dans le passé. La nation de Balmes, située au nord, de l’autre côté d’Alpha, était l’une de ces nations, car ses magiciens à un chiffre étaient inférieurs à ceux des autres nations. Peut-être voulaient-ils quelque chose pour renforcer leurs forces aussi vite que possible dans l’intérêt de leur survie, même s’il ne s’agissait que des expériences de laboratoire.

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