Réincarné en mercenaire de l’espace – Tome 15 – Chapitre 5 – Partie 2

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Chapitre 5 : Un malheur n’arrive jamais seul

Partie 2

À mon retour du bain, Elma me lança un regard exaspéré. « Tu as l’air revigoré… », déclara-t-elle.

« Les bains, c’est le top. » Je ne lui prêtai pas attention. J’étais de bonne humeur, et en plus, une renarde en extase vivait le paradis juste devant moi.

« Ahh… »

Kugi avait terminé son bain avant Elma, et je séchais et brossais l’une de ses queues. J’étais un homme chanceux de pouvoir profiter ainsi de cette queue toute douce, et Kugi appréciait elle-même ce brossage minutieux. Une situation gagnant-gagnant.

« Les queues de Kugi sont les meilleures, pas vrai ? » dit Mimi.

Elle était assise à côté de moi en train de brosser l’une des trois autres queues de Kugi. Mimi venait elle aussi de se laver, car elle s’était baignée avec Kugi.

« Ça fait plaisir de voir que tu vas bien », lui dis-je. « Beaucoup de gens souffrent de traumatismes après avoir combattu en personne. »

« Je ne suis pas complètement sereine, mais c’est comme ça », répondit Mimi. « Et après tout, j’ai tellement de compagnons gentils qui veillent sur moi. »

« Ouais, ouais. » Malgré ce qu’elle avait dit, il était clair qu’elle avait apprécié le compliment. Elle était tellement mignonne.

À ce moment-là, mon terminal émit un « Ba-dun ! ». — le son que l’on entend quand quelqu’un s’apprête à recevoir un coup de pied de muay thaï dans le derrière. Je savais que ça ne pouvait être que la colonelle Serena, mais pourquoi m’appelait-elle ? Je ne m’attendais pas à avoir de ses nouvelles avant le début de la bataille.

« Yo. — C’est Hiro. »

« Ouf… Haaaa… » haleta Serena. « Vous avez l’air d’aller bien. Ça doit être chouette ! haaaa… ! »

« Euh… c’est un peu bizarre de s’énerver pour ça. On dirait que vous êtes dans une situation difficile. Vos médecins n’ont-ils rien pu faire pour vous ? »

« Malheureusement, non… haa… haa… »

« Ah… Je vais demander à notre médecin de se préparer à accueillir une nouvelle patiente. Vient-on vous chercher ? »

« Non, ce ne sera pas nécessaire. J’apporterai aussi un échantillon du médicament qu’on m’a injecté. »

« D’accord. Je vais demander à Mei de vous attendre à l’entrée. »

« Désolée pour le dérangement. »

« C’est bon. Je raccroche. Venez aussi vite que possible. »

Je raccrochai, puis je me préparai à aller prévenir Mei et la docteure Shouko. Le Lestarius était l’un des derniers modèles de cuirassés; ses installations devaient donc être correctes. Cette situation dépassait-elle simplement les compétences de son personnel ?

« Mei ? — La colonelle Serena monte à bord du vaisseau. Désolé, mais peux-tu te rendre à l’échelle d’embarquement pour l’accueillir ? Elle a l’air vraiment mal en point; elle aura donc probablement besoin d’aide pour se rendre à l’infirmerie. Prépare tout ce dont tu as besoin. »

« Oui, maître. Laisse-moi m’en occuper. »

« Merci. »

Mei ne devrait pas avoir de mal à s’en occuper, donc c’était au tour de la Dre Shouko.

« Docteure Shouko, as-tu une seconde ? »

« Hum ? Qu’y a-t-il ? As-tu une quelconque douleur ? »

« Non, je vais bien. Mais pas la colonelle Serena. L’ennemi l’a retenue captive pendant un certain temps et, pendant qu’elle était immobilisée, il lui a injecté une drogue suspecte. Je ne connais pas tous ses symptômes, mais son visage était rouge et sa respiration irrégulière. Elle a dit qu’elle apporterait un échantillon de la drogue ici. »

« Hmm ? Sans la voir moi-même, je ne peux rien dire. Je me demande à quoi sert cette drogue. Une drogue qu’on injecterait à une femme capturée et ligotée… Ça ne peut être qu’une expérience désagréable. Je vais me préparer à l’examiner. »

« Merci. » Après avoir contacté ces deux-là, je retournai brosser la queue de Kugi.

Hum ? Je ne faisais rien pour aider ? Bon, je ne pouvais pas faire grand-chose. Et je préférais ne pas voir Serena malade et affaiblie par cette drogue. Mieux valait que je me concentre sur ce que je pouvais réellement faire.

« J’espère que la colonelle Serena va bien », dit Mimi.

« Ouais. Mais son corps a subi des améliorations et elle a beaucoup plus de vitalité que nous; elle s’en sortira probablement très bien. En tout cas, je ne m’attends pas à ce qu’elle meure. »

« C’est cruel. Tu es plutôt dur quand il s’agit de la colonelle, Hiro », fit remarquer Elma.

« Je ne dirais pas que c’est dur. Je garde juste consciemment une certaine distance entre nous », dis-je en haussant les épaules, tout en caressant la queue de Kugi. Une fois que je l’eus brossée, alors que je prenais contact avec Mei et la docteure Shouko, Mimi s’occupa de sa troisième queue. Quelle malchance, il ne me restait plus rien à faire. Je me contentai de caresser et de renifler la queue que j’avais déjà brossée. Mwffwffh.

« L’expression de Kugi est complètement dingue en ce moment », remarqua Elma.

Après l’avoir brossée encore un peu, j’avais lâché la queue de Kugi. « Je suis satisfait », dis-je. Je feignis de ne pas remarquer que son dos tremblait. « Je n’ai pas de raison de m’entendre avec la colonelle ou de me rapprocher d’elle, alors où est le problème ? On peut juste continuer comme avant. »

« Eh bien, non. Mais… » Elma ne semblait pas tout à fait satisfaite de ma réponse.

Bon, on se connaissait depuis longtemps, et elle ne se privait pas de me montrer sa bienveillance, donc ce n’est pas surprenant qu’Elma trouve tout ça un peu bizarre.

« Au fait, Kugi, je voulais te demander quelque chose. »

« Hein ?! Qu’est-ce que c’est… ? »

Je n’avais fait que tirer légèrement — enfin, secouer — la queue que j’avais enroulée autour de mon bras, mais Kugi avait réagi assez violemment. Sa queue était apparemment très sensible. Je me fis la remarque mentale d’essayer d’attaquer la zone de sa queue et de ses hanches la prochaine fois. « Je voulais te poser une question sur les nouveaux pouvoirs qui se sont soudainement éveillés en moi. Et c’est grâce à tes actions que j’ai soudainement repris mes esprits, n’est-ce pas ? »

« À ce sujet… euh… Mademoiselle Mimi, j’aimerais me tourner vers mon seigneur… »

« D’accord. Alors, je vais m’asseoir de ce côté-là. »

Kugi s’assit en seiza à côté de moi sur le canapé et Mimi se rassit derrière elle pour continuer à brosser sa queue. Kugi fit de son mieux pour garder un air sérieux, mais ses joues tremblaient. C’était amusant de la regarder.

« Euh… ma queue peut attendre plus tard », insista-t-elle. « Je… je veux avoir une conversation sérieuse. »

« Ohhh… » dit Mimi. « D’accord, alors, plus tard. N’oublie pas, sinon ta queue va se hérisser. »

« D’accord. » Kugi toussa. « Bon, je commence alors. » Se ressaisissant, elle prit un air sérieux, puis se mit à expliquer : « Les pouvoirs psioniques, ou la magie, sont fortement influencés par ton état mental. Ainsi, si tu perds le contrôle de tes émotions, tu peux parfois exercer des pouvoirs que tu ne pourrais pas utiliser dans des circonstances normales. Lors de cet incident récent, tu as senti que ta vie était en danger pendant le combat, et tu as également senti que celle de tes proches l’était. Tu as alors tué de nombreux ennemis au combat. Je pense que ce stress, combiné aux autres facteurs, a permis à ta magie d’atteindre un niveau supérieur. »

« Je vois. » L’instinct de survie, l’irritation, la colère, la haine, la soif de sang, la peur… Tous ces sentiments négatifs avaient affecté mon état d’esprit et m’avaient permis de libérer des pouvoirs auxquels je n’avais généralement pas accès. « Étais-je peut-être dans une situation précaire ? »

« Oui, il est possible que si Mlle Mimi, Mlle Elma, moi-même ou la colonelle Serena avions été blessées, voire tuées, le pire scénario se soit produit. »

« Le pire des scénarios… Qu’est-ce que ça aurait été exactement ? » demanda Elma.

« Les émotions de Hiro auraient submergé son esprit et il aurait utilisé ses pouvoirs télékinétiques pour détruire le vaisseau et le dépôt de ravitaillement. Le Lotus Noir, dans lequel se trouvaient Tina et les autres, aurait subi des dommages collatéraux. Une fois qu’il aurait réalisé ce qu’il avait fait, Hiro aurait détruit tout le système stellaire. Ce serait probablement le pire des scénarios. »

« Ouh là là », dit Mimi.

Elma et Mimi semblaient toutes deux décontenancées par la réponse de Kugi. Je devinais que c’était l’événement apocalyptique destructeur de système stellaire dont les habitants de Verthalz m’avaient parlé. Si toute ma puissance psionique était libérée sous forme de force destructrice, elle pourrait théoriquement ouvrir une brèche dans l’univers, provoquant une crise gigantesque.

« Pas besoin de t’inquiéter; je suis là pour empêcher que cela se reproduise », dit Kugi. « Même si un événement similaire se produisait à l’avenir, je l’arrêterais, comme je l’ai fait cette fois-ci. C’est pour cette raison que des prêtresses comme moi sont envoyées pour rester aux côtés de gens comme toi, mon seigneur. » Se tapotant la poitrine avec assurance, Kugi me lança un regard déterminé.

Mignonne. J’ai trouvé qu’elle méritait une petite récompense.

« Tes capacités sont complètement injustes », lui dit Elma. « Je comprends pourquoi Hiro te considère comme quelqu’un capable de protéger les autres. »

 

 

« Contre des humains, elle est pratiquement invincible… »

Konoha, un officier de garde de l’Empire sacré de Verthalz m’avait tout raconté sur la façon dont les pratiquants de la deuxième magie pouvaient être terrifiants. La première magie n’affectait que les choses physiques; donc, même si tu la maîtrisais parfaitement, tu ne pouvais rien faire contre les maîtres de la deuxième magie. Ils pouvaient agir directement sur l’esprit.

Pour un maître de la deuxième magie, neutraliser les soldats du comte Ixamal, qui n’avaient pratiquement aucune défense mentale, avait probablement été plus facile que de voler un bonbon à un enfant.

« Je contrôle mon utilisation de la magie, car je ne souhaite pas en abuser, mais dans une situation comme celle-ci, j’ai dû le faire. Même si je ne souhaite pas en faire mauvais usage, j’utiliserai ma magie si nécessaire. »

Les oreilles de Kugi se dressèrent fièrement. Elle et les autres citoyens de Verthalz étaient fiers de ne pas abuser de leurs pouvoirs psioniques, mais cela ne signifiait pas qu’ils ne les déploieraient pas si eux-mêmes ou leurs proches étaient en danger.

« Je ne te remercierai jamais assez. Sans toi, Kugi, cette situation aurait probablement été extrêmement dangereuse. »

Mimi et Elma approuvèrent en silence mes paroles. Kugi, quant à elle, se sentit légèrement gênée et ses queues se mirent à se balancer.

« Et puis, quand tu m’as calmé… J’étais dans un état vraiment critique, n’est-ce pas ? »

« Oui, mon seigneur. Grâce à ta force mentale, tu t’en serais sorti de toute façon, mais par mesure de précaution, j’ai utilisé une technique d’apaisement que j’avais préparée.

« Grâce à des moyens spéciaux… Oh, je vois. »

Je me souvenais d’avoir discuté de quelque chose comme ça avec Kugi la première fois qu’on l’avait fait… Tout en ouvrant mes « yeux », on avait aussi établi une sorte de connexion mentale. Je comprenais maintenant que, même à l’époque, Kugi s’était préparée à ce genre de situation.

« Ah. Je comprends mieux maintenant », dis-je. « Merci de me l’avoir dit. »

« Je te dirai tout ce que tu souhaites, sans rien cacher. Si tu veux savoir autre chose à l’avenir, n’hésite pas à demander », dit Kugi en souriant.

Mignonne.

J’avais un peu faim après tous ces combats, mais alors que je pensais inviter tout le monde à manger, mon terminal sonna. C’était la docteure Shouko.

« Salut. Ça va ? »

« Eh bien, il y a eu un petit problème avec la colonelle. Peux-tu nous aider ? »

« Moi ? Ça ne me dérange pas, mais est-ce que je peux vraiment faire quelque chose ? »

« Hmmmm… Eh bien, oui, je suppose. En fait, tu es probablement la personne qu’il nous faut. »

Ce « hmm » avait été très long. La situation semblait plutôt inhabituelle, alors je ne pouvais m’empêcher d’être méfiant. Selon la Dre Shouko, j’étais nécessaire… mais quel genre de situation nécessiterait mon aide ? Avait-elle besoin de quelqu’un pour maîtriser la colonelle ?

« En tout cas, viens vite ici », me pressa la Dre Shouko.

« Je ne comprends pas vraiment, mais d’accord. J’y vais tout de suite. » Je mis fin à l’appel et me levai du canapé.

Les alarmes sonnaient clairement dans ma tête. J’avais l’impression que mon sixième sens, qui s’était aiguisé depuis que j’avais éveillé mon pouvoir sur l’espace-temps et le destin, réagissait. Mais je ne pouvais pas ne pas y aller. Après avoir expliqué la situation à Kugi et aux autres, je me précipitai vers l’infirmerie.

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Un commentaire :

  1. merci pour le chapitre

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