Nozomanu Fushi no Boukensha – Tome 8 – Chapitre 2 – Partie 2

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Chapitre 2 : Là où était le vampire

Partie 2

« Oh, arrêtez-vous ici, tout le monde, » déclara Nive quand elle avait atteint le coin d’un couloir. Elle plaça un doigt sur sa bouche pour nous dire de nous taire. Je voulais lui faire remarquer qu’elle était la plus bruyante de nous tous, mais j’avais réprimé cette envie parce que ce n’était pas le moment. J’avais pourtant vraiment envie de le dire.

« Quelque chose ne va pas ? » demanda Myullias pour nous tous. Nive acquiesça et désigna le coin du chemin. Myullias avait jeté un coup d’œil dans cette direction. « Je vois, oui, » dit-elle d’un ton sombre et elle nous incita, Lorraine et moi, à regarder également.

« Les aventuriers disparus ? » demanda Lorraine en regardant.

« Oui, on dirait bien, » avais-je répondu. « Je connais certaines de ces personnes. »

C’était une grande pièce où une dizaine de personnes se tenaient debout, immobiles comme des poupées. Sur le côté, il y avait aussi des personnes malades attachées et assises sur le sol. Deux d’entre eux étaient des aventuriers avec lesquels j’avais travaillé pendant l’examen d’ascension de la classe Bronze.

« Raiz, Lola, pourquoi ? »

 

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« Est-ce les deux personnes dont tu m’as parlé ? » demanda Lorraine. « Mais je croyais qu’ils avaient aussi formé un groupe avec Rina. »

« Je suis presque sûr qu’ils l’ont fait, mais je ne vois Rina nulle part, » avais-je répondu. « Peut-être qu’ils étaient seuls quand ils ont été capturés. »

Je ne connaissais pas les détails, mais ils étaient amis d’enfances et s’appréciaient visiblement. Peut-être que Rina leur avait laissé un peu d’espace pour être courtoise. S’ils avaient été capturés à un tel moment, cela expliquerait pourquoi Rina n’était pas présente.

« Ont-ils été transformés en thralls ? » m’étais-je demandé à voix haute.

C’était ma plus grande préoccupation pour le moment. S’ils étaient des thralls, il n’y avait aucun moyen de les faire revenir en arrière, pour autant que je sache. Nive ne connaissait probablement pas de moyen non plus, sinon elle l’aurait fait savoir. Exterminer les vampires était sa philosophie, après tout. Cela signifiait que s’ils étaient devenus des thralls, même s’il s’agissait de personnes que je connaissais, nous devions les tuer.

« Ces gens là-bas semblent toujours être humains, » dit Nive, remarquant mon inquiétude. Peut-être que je l’avais juste imaginé, mais quand elle avait regardé vers eux, elle semblait soulagée. Je voulais croire qu’elle avait un peu d’humanité en elle, alors peut-être que je voyais juste ce que j’espérais voir. « Mais on dirait que ceux qui se tiennent sans vie de l’autre côté sont irrécupérables. Ils sont probablement encore en train de se transformer, mais il n’y a plus rien à faire pour les aider maintenant. Envoyons-les dans leur tombe. »

Une lumière froide, quelque peu maniaque, brillait dans ses yeux. Ses mains bougeaient sans cesse, comme si elle était impatiente d’y planter ses griffes. Peu importe ce que je pensais d’elle il y a un moment, c’était la vraie Nive.

« Maintenant, tout le monde, sauvons ceux qui sont encore humains et exterminons les thralls. Ça vous va ? » demanda Nive, en se tournant pour regarder chacun d’entre nous. La force de sa volonté dans ses yeux rendait difficile de la défier. Son regard était une menace en soi.

Elle n’avait pas tort, mais vu qu’ils étaient encore entre l’humain et le thrall, il était naturel d’espérer qu’ils puissent encore être sauvés. Mais Nive ne semblait pas se soucier de cette distinction. Et ne voyant pas d’autre choix, je lui avais donné raison. La théorie dominante était que les thralls ne pouvaient jamais redevenir des humains de toute façon. Nive était peut-être simplement cruelle, mais peut-être faisait-elle simplement ce qu’elle devait faire en tant qu’aventurière.

« Maintenant, allons-y, » dit Nive avec un sourire satisfait après que nous ayons donné notre accord. « Attendez, une seconde. »

J’étais sur le point de me mettre en route, mais je m’étais arrêté et je m’étais demandé quel était le problème. Nive avait désigné le coin de la pièce.

« Je dis juste qu’il ne faut pas trop y penser, » dit quelqu’un. Deux personnes marchaient depuis les profondeurs du donjon vers la grande salle. L’une semblait être un garçon de dix-sept ou dix-huit ans, tandis que l’autre était une fille qui semblait avoir quatorze ou quinze ans.

« Mais devons-nous vraiment faire ça ? » demanda la fille. « Cela ne nous rend pas meilleurs que les humains. »

« Te rends-tu compte à quel point ils nous ont fait souffrir ? » dit le garçon. « Il y en a des tonnes de toute façon. Quelle différence cela fait-il si quelque chose arrive à quelques-uns d’entre eux ? »

« Mais… »

« Je comprends, mais tu dois arrêter d’y penser. Nous devons le faire. D’ailleurs, M. Shumini dit que c’est nécessaire. Il n’a pas encore dit pourquoi, mais il a réveillé notre pouvoir, non ? Alors, tu sais. »

Je ne savais pas vraiment de quoi ils parlaient, mais j’avais compris certaines parties. Shumini devait être leur chef ou quelque chose comme ça. Ils semblaient aussi ambivalents à l’idée de transformer les gens en thralls, et ils n’en connaissaient pas la raison.

« On dirait qu’on a des vampires, » dit Nive avec amusement. « C’est ce que mon nez me dit. Allons les tuer. »

 

◆◇◆◇◆

« C’est parti ! » dit Nive en se précipitant dans la grande salle. Nous l’avions suivie. Myullias n’était pas une combattante, elle restait donc en retrait, mais elle avait son devoir de sainte à faire. Elle devait purger les vampires et l’air de cette pièce. Mais ce n’était pas encore le moment.

« Quoi ? »

« Qui est là ? »

Les jeunes vampires avaient ouvert de grands yeux et avaient crié, mais Nive avait simplement levé ses griffes.

« Qu’est-ce que ça peut te faire ? » dit-elle avant d’abaisser ses griffes.

Son refus d’écouter était l’approche correcte pour les monstres humanoïdes. Pas nécessairement dans tous les cas, mais leur capacité à parler des langues humaines rendaient la plupart d’entre eux excellents dans la manipulation des sentiments. Écouter leurs excuses ou leurs circonstances provoquait inévitablement de l’empathie, et d’innombrables humains avaient été tués pour avoir baissé leur garde après avoir entendu de tels plaidoyers. Bien sûr, les monstres ne mentaient pas ou ne trompaient pas tout le temps, mais nous connaissions déjà de nombreuses victimes, et il y avait des personnes en train de devenir des thralls ici pour le prouver. Il n’y avait aucune raison de se retenir et de poser des questions. Personnellement, j’aurais voulu en savoir plus sur ce dont ces deux-là discutaient il y a un instant, mais je ne savais pas si Nive allait reconsidérer le fait de tuer des vampires qui étaient juste devant elle, et nous avions un travail à faire de toute façon.

D’abord, nous devions sauver les aventuriers débutants. Ils n’étaient que six au total, Raiz et Lola inclus. Nive semblait persuadée qu’elle pouvait s’occuper de ces vampires toute seule, donc elle n’avait probablement pas besoin d’aide. De plus, elle était de classe Or, et plus proche de la classe Platine que n’importe qui d’autre. Je me demandais même dans quelle mesure Lorraine et moi allions l’aider.

Nous aurions pu la laisser faire ce travail toute seule, mais cela posait des problèmes potentiels. Nive nous avait donné beaucoup d’informations, et c’était une aventurière compétente, mais elle semblait secrète à certains égards. C’était le cas depuis que je l’avais rencontrée. C’était facile de penser qu’elle pourrait faire quelque chose d’odieux, donc Wolf ne l’aurait pas non plus envoyée toute seule.

Ou peut-être que je la regardais à travers mes propres préjugés. Objectivement, elle combattait des monstres pour nous à elle seule, et elle nous avait aussi donné beaucoup d’argent. En y repensant, elle avait fait beaucoup pour nous. J’avais presque l’impression que je devais au moins l’inviter à dîner ou quelque chose comme ça. Mais j’avais aussi l’impression que cela me causerait des problèmes.

« Hey, Raiz, Lola ! Vous êtes vivants ? » avais-je demandé alors que je secouais Raiz par les épaules. Leurs yeux étaient vides, et il était difficile de dire s’ils étaient conscients.

« Ugh, où suis-je ? Qui êtes-vous ? » répondit Raiz. La vie était revenue dans ses yeux.

« Merci mon Dieu. C’est moi, Rentt. Nous avons passé un examen ensemble. Tu t’en souviens ? »

« Rentt ? Rentt ! ? Pourquoi es-tu là ? Attends, oublie ça, où est Lola ? »

« Juste ici. On dirait qu’elle est inconsciente, mais elle va bien. Elle est vivante, » avais-je dit en la soignant avec un peu de Divinité.

« Uh, huh ? Où suis-je ? » Demanda-t-elle en ouvrant les yeux.

« Lola ! ? » Raiz s’exclama et essaya de se lever ! « Aïe ! » Il était tombé.

D’après son apparence, une de ses jambes était blessée, peut-être lors de la première attaque. En plus de cela, il avait été affaibli par un moyen inconnu et privé de sa volonté de sorte qu’il ne pouvait même pas bouger. Je n’avais pas pu voir la structure du sort qui avait été utilisé, mais ça aurait pu être un sort de liaison. Ils avaient essayé d’être minutieux, mais la blessure sur sa jambe n’était pas si grave que je ne puisse pas la guérir. Je voulais conserver autant de Divinité que possible, mais aider les aventuriers était une priorité absolue.

« Merci, Rentt, » dit Raiz.

« Ne le mentionne pas. Nous sommes membres de groupe, non ? Nous nous entraidons, » avais-je répondu en me rappelant ce qu’ils m’avaient dit après l’examen.

« Bien sûr, » dit Raiz.

« Tu t’es souvenu ? » demande Lola.

Ils avaient l’air contents, mais bien sûr, je m’étais souvenu. Je ne dirais pas que je n’avais jamais été invité à rejoindre un groupe au cours de la dernière décennie, mais ça n’arrivait pas souvent. Et parmi les invitations que j’avais reçues, ce n’est pas tant qu’ils m’appréciaient que parce qu’ils voulaient un homme à tout faire. Un nombre beaucoup plus faible de personnes voulaient sincèrement de moi comme partenaire. Je ne me souviens que de Lorraine, Augurey et peut-être une poignée d’autres.

« Mettons ça de côté pour l’instant, » avais-je dit. « Préparez-vous à sortir d’ici. Pouvez-vous vous lever ? » Ils avaient tous les deux progressivement retrouvé leur force.

« Oui, je peux me lever, » dit Raiz. « Je me sentais comme un sac de briques il y a une seconde, mais maintenant je vais bien. Qu’est-ce qui se passe avec ça ? »

Je n’avais rien fait d’autre que de le soigner avec de la divinité, mais peut-être qu’il avait un sort sur lui après tout. Les sorts d’attachement peuvent être ressentis comme une paralysie éternelle, mais beaucoup d’entre eux disparaissent au contact de la divinité. Cela devait être pour ça qu’ils étaient plus légers.

Je m’étais demandé s’il en était de même pour les quatre autres. J’avais regardé sur le côté et j’avais vu Lorraine les réveiller à l’aide d’un sort qui dissipait les malédictions, il semblerait donc que ce soit un peu ce à quoi je m’attendais. Je ne pouvais pas voir les sorts en détail, donc je ne savais pas exactement, mais ils étaient libérés au final, et c’est ce qui comptait.

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2 commentaires :

  1. Merci pour le chapitre

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