Nozomanu Fushi no Boukensha – Tome 6 – Chapitre 4 – Partie 5

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Chapitre 4 : Le secret de Hathara

Partie 5

Ce que nous avions vu semblait être une sorte de ville, mais il n’y avait aucun signe de vie humaine nulle part. Il s’agissait probablement de ruines, et surtout de grandes ruines. Plusieurs villes de la taille de Maalt auraient pu occuper cet espace. Il y avait des bâtiments à perte de vue. Mais d’une certaine manière, nous ne semblions pas être à la surface, car pour aussi vaste que soit cet endroit, il y avait toujours un plafond. Les murs extérieurs étaient en pierre comme ceux de la grotte d’où nous venions, et le plafond était probablement de même.

Je pouvais voir des lumières là-haut. Elles scintillaient doucement comme des étoiles dans le ciel. Il y avait aussi d’innombrables lumières dans la ville, dont je ne pouvais que deviner qu’il s’agissait de lampes magiques, qui illuminaient toute la zone. C’était si grandiose qu’on ne pouvait pas croire que la ville était morte. Si cet endroit était découvert, il pourrait facilement devenir une destination populaire pour les couples grâce à l’aspect romantique de tout cela. Si c’était le secret qu’ils nous montraient, je ne pouvais pas vraiment me plaindre. L’idée qu’un petit village cachait quelque chose de si remarquable était impressionnante à plus d’un titre.

« Mais qu’est-ce que c’est que cet endroit ? » avais-je demandé.

« Une ville, » répondit Gharb.

« Oh, franchement. »

« Ne me regarde pas comme ça, je plaisante. Mais c’est vrai. C’est une ville. Une ancienne détruite il y a longtemps. Je suis sûre que vous avez tous les deux entendu parler de l’Ancien Royaume, » déclara-t-elle.

« Oui, bien sûr. » Ce nom était célèbre parmi les aventuriers. C’était un pays qui aurait pu posséder la technologie pour fabriquer des sacs magiques. C’était une nation très avancée et prospère, et elle était entourée de mystère. Nous l’appelions l’Ancien Royaume, mais son vrai nom avait été longtemps oublié. Des vestiges de sa technologie de pointe existaient dans le monde entier, découvert de temps en temps, prouvant indirectement qu’une telle civilisation devait exister, mais c’était tout ce que nous savions. Mais je ne savais pas quel était le rapport avec tout cela. Je pouvais le deviner, mais je n’avais aucun moyen d’être sûr que tout ce que Gharb disait était vrai. J’avais donc attendu qu’elle développe.

Gharb avait fait une pause avant de reprendre la parole. « Cette ville a été construite par les descendants de l’Ancien Royaume. Et les citoyens de Hathara, y compris toi, Rentt, descendent d’eux. C’est le secret du village, » dit-elle d’une manière terriblement désinvolte.

Ce fut une révélation pour le moins choquante. Je pensais que je vivais dans un village parmi un million d’autres, mais il s’est avéré que mes origines étaient l’objet d’une légende. Beaucoup de villages pourraient prétendre à quelque chose comme ça, mais ici nous avions une preuve explicite. La technologie capable de créer une ville souterraine de cette taille n’était pas vraiment disponible. Elle pourrait être réalisée à l’époque moderne avec suffisamment de ressources et de main-d’œuvre, mais elle avait été construite loin dans le passé. De plus, les lampes magiques fabriquées étaient encore en service aujourd’hui, ce qui signifiait qu’il restait probablement d’autres technologies fonctionnelles.

J’avais beaucoup de questions, mais Lorraine avait parlé avant moi, en livrant quelque chose d’encore plus surprenant. « Il a été construit par les descendants de l’Ancien Royaume ? Certainement pas. C’est la ville donjon du Bon Roi Felt, n’est-ce pas ? »

 

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« Lorraine, de quoi tu parles ? » avais-je demandé, en tant que personne la moins susceptible de comprendre ce qui se passe. Ni Gharb ni Capitan ne semblaient perturbés par les propos de Lorraine, ils devaient donc savoir ce qu’elle voulait dire.

« Je t’en ai déjà parlé, n’est-ce pas ? Ce n’est pas une ville avec un donjon autour, mais une ville dans un donjon, » m’avait répondu Lorraine, en me le rappelant.

« Mais n’était-ce pas quelque chose présent dans ton pays ? C’est-à-dire dans l’empire Lelmudan ? » Après avoir dit cela, je m’étais souvenu que nous étions venus ici par cercle de téléportation. Puis j’avais eu une vague idée de ce qui s’était passé.

Lorraine avait remarqué que j’avais compris et avait continué. « C’est vrai. J’ai déjà vu tout ça. Ce donjon souterrain avec une ravissante ville ancienne, les monstres attaquent tous les intrus, et il y a même leur chef, le shahor melechnamer. C’est un donjon de l’empire Lelmudan connu sous le nom d’Ancien Donjon des Insectes. Nous sommes au soixantième étage, également connu sous le nom de la Ville Donjon du bon roi Felt. »

 

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J’étais encore complètement perdu, mais il semblait que j’étais le seul. Lorraine semblait également surprise, mais comme elle avait déjà vu cet endroit, elle n’était pas aussi choquée que moi. Je ne savais même pas à qui demander quoi. Je pouvais au moins penser à ma première question, et peut-être que je savais à qui m’adresser.

« A-t-elle raison sur tout cela ? » avais-je demandé à Gharb et Capitan.

« Nous ne savons pas quels sont les noms qu’ils lui donnent en dehors de notre petit village, » dit Capitan, « Mais nous sommes dans un donjon sur le territoire de l’Empire Lelmudan. C’est certain. Cela fait apparemment du Bon Roi notre ancêtre. Plutôt intéressant, non ? »

Je suppose que c’était intéressant. Savoir que je descendais d’une figure légendaire était un peu excitant.

« Pourquoi pensez-vous cela ? » leur demanda Lorraine.

« Eh bien, ce cercle de téléportation a mené ici, après tout, » dit Gharb en plaisantant. Mais cela semblait être leur raisonnement, alors peut-être que ce n’était pas une blague.

« L’Empire a aussi trouvé ce cercle de téléportation, mais ils n’ont pas pu l’activer, » déclara Lorraine. « Ils ne le peuvent probablement toujours pas. Comment avez-vous fait ? »

C’était la première fois que j’entendais parler de cela, alors j’avais posé ma propre question à Lorraine. « Ils savaient déjà pour le cercle de téléportation ? »

« Oui. Malheureusement, nous sommes au soixantième étage, donc même si nous arrivons jusqu’ici, c’est toute une épreuve. Et une fois que vous y serez, vous devrez faire face au shahor melechnamer et à tous les autres monstres puissants qui rôdent dans la ville. Des universitaires ont déjà essayé d’enquêter sur le sujet, mais ils n’ont pas survécu très longtemps, donc peu de progrès ont été réalisés. Je connais cette ville par son allure, et je connais le cercle de téléportation et le fait qu’il ne fonctionne pas, mais c’est l’étendue de mes connaissances, » répondit Lorraine.

Il semblait qu’ils ne pouvaient pas faire de recherches sur le cercle de téléportation, qu’ils le veuillent ou non. Je pourrais peut-être leur proposer quelques pistes, mais le fait que ce soit aussi un secret national n’avait pas aidé. Cela limiterait leurs possibilités de recherche. C’était probablement une situation compliquée.

En tout cas, Gharb avait répondu à la question de Lorraine. « Maintenant, le cercle de téléportation est similaire au shahor melechnamer en ce sens que notre sang est la clé. C’est tout ce qu’il y a à dire. »

« Votre sang est la clé ? Je ne connais aucune technologie qui puisse faire cela. Est-ce similaire à la façon dont le mana d’une personne spécifique peut être enregistré sur une baguette ? Peut-être pourriez-vous identifier la lignée de quelqu’un de la même façon, » se murmura Lorraine. Mais plutôt que de réfléchir, elle semblait penser que poser des questions s’avérerait plus bénéfique. « J’ai pu utiliser le cercle de téléportation parce que je suis venue avec Rentt, non ? » demanda-t-elle à Gharb.

« C’est tout à fait exact. Je ne sais pas comment ils ont fait, mais il semble que l’Ancien Royaume avait la technologie qui rendait cela possible. Ils pouvaient aussi faire en sorte que de puissants monstres défendent leur ville, » répondit Gharb.

J’avais regardé le gigantesque chat paresser et je n’avais pas vu d’autre explication que ce que Gharb avait suggéré. Mais quelque chose ne collait pas.

« Comment une nation aussi puissante, et une ville qui a hérité de ce pouvoir ont-elles été détruites ? Et pourquoi leurs descendants ont-ils dû aller à la périphérie d’un si petit pays ? » demanda Lorraine, qui en arriva à la même conclusion que moi.

S’ils disposaient vraiment de la technologie avancée et du grand pouvoir qu’ils étaient censés avoir, alors ils n’auraient pas dû avoir à partir. Même les monstres puissants ne constituaient pas une menace pour eux, alors je ne voyais pas comment ils auraient pu être amenés à la ruine. Mais pour commencer, le bon roi Felt avait fui un autre pays et erré dans le monde jusqu’à ce qu’il trouve son chemin ici.

« C’est étrange, n’est-ce pas ? » dit Gharb. « Je me demande la même chose. Et je suis sûre que les Hatharans qui connaissaient cet endroit avant nous avaient les mêmes questions. Mais nous n’avons pas de réponses. »

« N’avez-vous jamais essayé de le savoir ? » avais-je demandé. Les humains étaient des créatures curieuses, pour le meilleur et pour le pire. Peut-être qu’une femme de l’âge de Gharb n’allait pas s’intéresser autant à son environnement, mais pour la plupart des gens, apprendre un si grand secret ne ferait que donner envie d’en savoir plus. Même si Gharb et Capitan étaient des exceptions à cette règle, il avait dû y avoir beaucoup de Hatharans dans le passé qui avaient protégé ce secret. J’avais du mal à croire qu’aucun d’entre eux n’ait jamais essayé de chercher plus loin.

« On dit qu’il y a longtemps, quelques personnes ont essayé d’en savoir plus, » avait répondu Capitan. « L’une de ces histoires n’est racontée qu’aux chefs des chasseurs à chaque génération. Je pense que tu as une histoire similaire, n’est-ce pas, vieille dame ? »

Gharb avait fait un signe de tête. « Oui, une histoire s’est transmise entre ce que nous appelons aujourd’hui la femme médecin, mais nous étions autrefois appelé le magicien en chef. Le maire avait aussi un autre nom. On l’appelait le roi. »

« Si nous évoquons ce point, alors le chasseur en chef était apparemment appelé le capitaine des chevaliers. Si l’on considère que les racines de notre village remontent à cet endroit, c’est logique. Nous sommes les descendants d’un pays mort. Mais je ne sais pas si ça vaut la peine d’en être fier. En fin de compte, nous sommes un village ordinaire, » déclara Capitan en riant.

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2 commentaires :

  1. Merci pour le chapitre

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