Nozomanu Fushi no Boukensha – Tome 4 – Histoire parallèle – Partie 2

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Histoire parallèle : La Princesse-Sainte de la Guérison

Partie 2

En premier lieu, qui était-ce cet aventurier de la classe d’or, Nive Maris ? C’était ma première pensée à ce sujet.

Pendant mon temps comme prêtresse-sainte, j’avais toujours rassemblé les connaissances, les compétences et les techniques que l’on attendait de moi. L’information et les connaissances sur les aventuriers, et encore moins le fait de les suivre partout faisaient à peine partie de mon programme. Bien sûr, selon la situation, l’Église avait reçu de telles demandes de la part de rois, de nobles importants et autres, si bien que même moi j’en aurais entendu parler si c’était un célèbre aventurier de classe Mithril.

Mais… le nom d’un simple aventurier de classe Or ?

Je connaissais certaines personnes excentriques qui avaient leur part de réalisations, ou des aventuriers qui pourraient bientôt atteindre le rang de classe Mithril. Bien que ces personnes aient souvent de nombreuses paires d’yeux qui les examinaient de près, il n’y avait aucune nouvelle à laquelle je devais porter une attention particulière.

Gilly, cependant, ne semblait pas partager mon opinion. « L’aventurière de classe Or Nive Maris est une célèbre chasseuse de vampires. Comme son titre l’indique, elle se spécialise dans la chasse aux vampires. »

« Une chasseuse de vampires ? » demandai-je.

« Oui. Le plus souvent, les aventuriers choisissent la proie ou la demande qui leur convient le mieux. Cependant, il y a parfois des aventuriers qui, au nom de l’efficacité ou d’une préférence, chassent un monstre spécifique. C’est particulièrement le cas lorsqu’il s’agit de la chasse au vampire. C’est un monstre difficile à chasser, mais les gains sont proportionnellement importants. Bien qu’il n’y ait pas de sens à capturer un simple Thrall, capturer le “seigneur” d’un troupeau vous ferait facilement récolter une fortune. Mille pièces d’or ? Peut-être plus ? C’est une profession pour le moins romantique, » répondit-il.

Gilly était apparemment énervé pour une raison inconnue. Comme c’est rare. Au contraire, c’était assez étrange. En général, il n’avait jamais eu beaucoup d’émotions dans ses attitudes et ses manières.

« Vous avez l’air de vous amuser. Souhaitez-vous devenir un aventurier à un moment donné ? » demandai-je.

« Ah. Veuillez m’excuser. Avant que je ne devienne membre du clergé, il fut un temps où j’étais petit, où j’avais pensé à cela. Je ne faisais que me souvenir de ça, » répondit-il.

Cet homme avait un passé quelque peu inattendu. Le simple fait de regarder son visage m’avait fait supposer qu’il avait été froid et rigide même lorsqu’il était enfant, avec un seul cheminement et une seule volonté.

Rêves, hm… Après l’avoir dit comme ça, j’avais supposé que je pouvais le voir dans une certaine mesure. Bien sûr, même cet homme devant moi avait dû avoir un temps où il était un enfant mignon et adorable. Pour un enfant comme lui, avoir de telles pensées n’avait rien d’étrange.

Pour une raison ou une autre, j’avais pensé que Gilly était comme un enfant comme il l’était maintenant.

« Je vois… Donc, même quelqu’un comme vous a eu une enfance relativement normale, » avais-je dit d’une manière manifestement provocatrice. Gilly n’avait pas prêté attention à mes paroles.

« Mais bien sûr. Même moi, je ne suis pas né comme ça, » avait-il répondu, comme s’il avait vu mes intentions dès le début. « Dans tous les cas. À propos de ces ordres… la sainte prêtresse Myullias Raiza doit accompagner Nive Maris, après quoi elle entamera une série de négociations avec un certain aventurier. C’est ce que dit la missive. »

« Négociations avec un aventurier ? Pourquoi moi… ? » demandai-je.

Je ne le détestais pas du tout, mais c’était mystérieux. J’avais eu des expériences similaires, il était très courant pour les nobles de convoquer des prêtres et des prêtres saints à leurs négociations, de peur par exemple que du poison n’ait été glissé dans leur boisson. Avec un prêtre ou une prêtresse sainte à portée de main, les poisons pouvaient être facilement neutralisés, et j’avais moi-même assisté à quelques-uns de ces événements.

Il me semblait que ma tâche cette fois-ci était quelque chose de similaire. Bien qu’il n’ait pas été facile de convoquer un prêtre-saint de l’Église de Lobelia. Dans tous les cas, l’individu aurait besoin de privilèges, de pouvoir et de pièces de monnaie. Même un aventurier de classe Or ne serait pas capable d’une telle chose… du moins, je le pensais.

Gilly, comme si il lisait dans mes pensées, continua.

« Je n’en sais rien. Cependant, il s’agit d’un ordre direct du Grand Prêtre de l’Église lui-même. On peut supposer sans risque de se tromper que Nive Maris est capable d’influencer les échelons supérieurs de l’Église d’une manière ou d’une autre. Sinon, un tel ordre serait pratiquement impossible. »

« Est-elle si célèbre que ça ? Comment un simple aventurier de classe Or aurait-il de tels pouvoirs… ? » demandai-je.

C’était quelque chose que même des nobles de haut rang n’étaient pas capables de faire.

Bien que l’Église de Lobelia n’ait pas eu beaucoup d’influence dans le Royaume de Yaaran, il serait difficile de trouver un corps religieux plus grand, plus établi et plus puissant s’ils devaient parcourir les terres de notre monde.

Il va sans dire que l’Église avait une grande influence sur les nobles et les gouvernements en place dans divers pays et royaumes. Pour pouvoir faire une demande directe au Grand Prêtre de l’Église lui-même, l’unique personne qui était la plus haute autorité et le plus grand pouvoir dans l’Église de Lobelia…

« Je ne sais pas quoi en penser. » Même Gilly semblait perplexe. « Cependant, Lady Myullias, je crains que vous n’ayez pas le droit de refuser. »

Je le savais bien. Je le savais bien, mais…

« Nive Maris arrivera demain à cette chapelle, » poursuit-il. « Alors, vous feriez bien de lui demander les détails. »

Je ressentais un malaise inquiétant, mais je ne pouvais pas aller à l’encontre d’un ordre direct. Tout ce que je pouvais faire, c’était hocher la tête et laisser mon esprit dériver vers les pensées de demain…

 

◆◇◆◇◆

 

« Eh bien, bonjour, prêtresse sainte Myullias Raiza. Je suis Nive Maris. Juste un aventurier moyen, ennuyeux et de classe Or. Enchantée de faire votre connaissance. »

La personne avait parlé en entrant dans la pièce où j’attendais. Elle n’avait rien à voir avec les personnes avec lesquelles j’avais eu affaire jusque-là. Je ne savais pas quoi faire d’elle.

Son aura était très semblable à celle de Sire Aaruz.

Ce qui était différent, c’était ce scintillement dans ses yeux. C’était presque comme si elle se léchait les lèvres en prévision de la chasse, comme si elle se tenait devant sa proie. Tel était le malaise que je ressentais devant cette personne.

« Oui. Tout le plaisir est pour moi. Si je peux me permettre… J’ai été convoquée pour vous accompagner à une négociation avec un certain aventurier… ? » demandai-je.

Je voulais m’en débarrasser le plus vite possible, en m’attaquant directement au sujet qui nous occupe.

« Ah, ouais. Lady Myullias, vous pratiquez la Divinité purificatrice, n’est-ce pas ? Je ne suis pas très douée avec ça. Ils peuvent être assez rusés et tout ça. Je ne crois pas qu’on m’ait découvert, hein ? Mais on doit faire attention si de la nourriture ou des boissons sont trafiquées. On n’est jamais trop prudent, » déclara-t-elle.

Je ne comprenais pas un seul mot. J’avais incliné la tête d’un côté dans la confusion.

« Ils… ? Qui sont ces “ils” ? Du poison ? J’avais supposé que vous alliez simplement acheter du matériel à cet aventurier…, » déclarai-je.

C’est du moins ce qui était écrit dans la missive du Grand Prêtre de l’Église. Nive cependant…

« Ah, ouais. Eh bien. C’est l’un de mes objectifs, oui, mais le plus important, c’est de chasser les vampires. Je me demande si cet aventurier est un vampire. J’ai fait pas mal de recherches, et je suis presque sûre de mon intuition. Nous devrions donc nous préparer quant à ça. C’est comme ça que j’aimerais que vous le voyiez, oui, » déclara-t-elle.

Une chose très surprenante à dire.

« Les vampires sont-ils dans cette ville… ? » demandai-je.

Il n’y avait pas de meilleur endroit pour nourrir un tel monstre. Mais Nive secoua rapidement la tête, presque paniquée.

« Il n’y a pas de quoi être si surpris, hein ? Ça arrive souvent. Comme je viens de le dire, ils sont rusés. Il leur faut peu ou pas d’efforts pour se fondre dans la masse des citadins dans la rue. Maintenant que vous savez tout ça, je vais vous demander de m’aider à chasser le vampire, Lady Myullias. Après tout, l’Église de Lobelia a son lot de chasseurs de monstres, non ? Vous avez aussi des chasseurs spécialisés, alors vous pouvez considérer cela comme faisant partie de votre travail, vous voyez. »

Les chasseurs dont elle avait parlé n’étaient rien d’autre que l’Ordre des Inquisiteurs, les Éradiqueurs. C’était un rassemblement de chasseurs tueurs spécialisés dans l’éradication des vampires, de Loup Garous, de démons possessifs, et de toutes sortes d’autres monstres qui se fondaient dans la société humaine et s’en nourrissaient. Je n’avais jamais eu affaire à eux et je ne savais pas vraiment ce qu’ils faisaient au quotidien ou comment ils menaient leurs missions. Nive pourrait être plus familière avec de telles affaires, vu qu’elle était capable d’en parler si clairement.

Même ainsi… un vampire ? Si c’était vrai, ce serait tout un défi.

Alors que j’avais des soupçons et des doutes sur l’Église de Lobelia, j’étais toujours dans la pratique une prêtresse-sainte. Je devais faire le bien pour les gens ordinaires, et je ne pouvais pas hésiter sur des questions comme celle-ci. Il n’était pas déraisonnable d’aider si le but de Nive était d’exterminer les vampires. J’avais supposé que le Grand Prêtre de l’Église lui-même avait approuvé les activités de Nive et qu’il m’avait donné l’ordre de me regrouper avec Nive pour accélérer le processus.

C’est pour ça que j’avais hoché la tête.

« Je ne sais pas exactement à quel point je serais utile, mais je comprends, » déclarai-je.

 

◆◇◆◇◆

 

« Soyez très prudente. Ils ont des yeux mystiques de charme, vous voyez. Ça rend les individus du sexe opposé irrésistiblement attirés d’un seul regard. Même si vous êtes une prêtresse-sainte, il n’y a aucune garantie que vous seriez immunisé… ou que vous seriez capable d’y résister. Ne vous fiez pas trop à ça, oui… ? » déclara Nive, alors que nous nous tenions devant le lieu des négociations — le bâtiment principal de la Compagnie Marchande Stheno.

« Des yeux mystiques de charme, dites-vous…, » déclarai-je.

Je connaissais plusieurs personnes qui possédaient ces yeux mystiques. Je les avais même rencontrés.

Mais ces yeux… Tous ceux qui en avaient n’étaient pas des vampires. Certains humains étaient aussi nés avec eux. Cependant, dès que de tels individus seraient trouvés, ils seraient sûrement retenus et leurs pouvoirs seraient scellés.

Comme leur nom l’indique, ces yeux étaient capables de charmer les membres du sexe opposé, ce qui les faisait tomber amoureux de l’utilisateur. Ce n’était pas tout ce qu’ils pouvaient faire, bien sûr. L’histoire avait connu quelques cas où de tels pouvoirs étaient allés beaucoup plus loin que cela. Pour être précises, les personnes charmées étaient souvent prêtes à tout pour leur nouvel engouement amoureux. Ils ne peuvent s’empêcher de le faire.

Si un tel individu se retrouvait dans une organisation ou un groupe, il s’infiltrait alors dans ses cercles internes, faisant ce qu’il voulait… Il était difficile d’imaginer l’impact, si ce n’est le fait que cela serait tout simplement catastrophique.

Il y avait eu un individu qui avait fait une telle chose : Adone la courtisane. Elle fixa ses yeux sur un certain roi, le rendant fou d’elle. Son royaume, à son tour, tomba en désarroi. Beaucoup d’individus avaient été tués, et beaucoup de richesse avait été récupérée par la couronne. En fin de compte, le royaume était tombé en ruine et n’était plus. Pour prévenir un autre de ces incidents, toute personne ayant ces yeux mystiques serait immédiatement capturée et ses pouvoirs seraient scellés.

Quant au scellement… les anciennes méthodes du passé étaient terriblement inhumaines. Leurs yeux seraient soit écrasés, soit arrachés complètement. Il n’y avait malheureusement pas d’autre solution. Ainsi, les parents dont les enfants étaient nés avec de tels yeux ne le signalaient souvent pas aux autorités, ce qui, bien sûr, n’avait pas manqué d’entraîner des problèmes par la suite…

Les méthodes contemporaines étaient beaucoup plus humaines, utilisant la magie pour sceller les yeux mystiques d’un individu, peut-être pour l’éternité. Cela n’entraînerait pas non plus de cécité d’aucune sorte.

Bien que les gens qui avaient subi le processus puissent parfois devenir un peu myopes, c’est à peu près le pire qui peut arriver. Si nécessaire, le royaume ou le pays en question fournissait habituellement des objets magiques conçut pour aider à la vue. Par conséquent, la plupart des personnes nées avec de tels yeux les avaient souvent scellés de leur plein gré.

Il y avait eu quelques évadés ici et là, mais ils étaient peu nombreux. Peut-être un individu tous les dix ans environ, ce qui ne pouvait être exclu.

En d’autres termes, les individus qui portaient les yeux mystiques du charme étaient extrêmement rares. Les vampires, par contre…

« Les vampires ont-ils tous des yeux mystiques de charme ? » m’étais-je renseignée.

« Je ne peux pas en être sûre. Tout ce que je sais, c’est que beaucoup en ont, et leur regard est souvent beaucoup plus puissant que celui d’un humain. C’est pour ça qu’ils sont dangereux, non ? Soyez très prudente, » déclara Nive.

Après ça, Nive entra brusquement par les portes de la Compagnie Marchande Stheno, et je l’avais suivie en toute hâte.

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Un commentaire :

  1. merci pour le chapitre

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