Nozomanu Fushi no Boukensha – Tome 2 – Chapitre 1 – Partie 1

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Chapitre 1 : Le Labyrinthe de la Nouvelle Lune

Partie 1

Ma quête avait besoin d’être achevée. Je parle de la mission que j’avais acceptée auparavant, en particulier celle qui consistait à chasser les orcs et à recueillir des composants issus d’orcs.

En raison de certaines circonstances et de certains événements, je m’étais retrouvé un peu paresseux, avec une bonne partie de mon temps libre à disposition. Cependant, il me restait encore beaucoup de temps avant la date limite de la mission. À ce titre, je ne m’attendais pas à ce qu’il y ait trop de problèmes.

Les orcs étaient, comme leur nom l’indique, des créatures à tête de cochon et au corps quelque peu humanoïde. Ils étaient cependant plus monstrueux qu’humains et étaient classés comme tels. Autour de la ville de Maalt, ils habitaient principalement les forêts et autres, ainsi que le Donjon de la Nouvelle Lune.

En d’autres termes, si l’on prenait une mission pour chasser les orcs, on avait deux choix simples : chercher dans les forêts, ou aller les chasser dans les salles du donjon. Mon choix, par contre, était évident. Une raison simple, vraiment : Les orcs qui habitaient les forêts autour de Maalt se déplaçaient habituellement en meutes, alors que les orcs solitaires étaient plutôt rares dans un tel environnement.

En tenant compte de ces facteurs, ainsi que du problème évident des taux de repeuplement des monstres dans la forêt, on pouvait rapidement remarquer les différences de difficulté entre les deux choix.

Bien qu’en réalité, il s’agissait plutôt d’un problème lié au fait que les orcs des forêts s’engageaient dans une guerre de groupe. Pour dire les choses simplement, on se heurterait à une bande d’orcs en furie parmi les arbres. Pour un aventurier solitaire comme moi, les chances n’étaient pas vraiment favorables.

Comparativement, les orcs qui vivaient dans le donjon — en particulier les niveaux les moins profonds — étaient, faute d’un meilleur mot, relativement stupides.

Pour commencer, l’idée de se regrouper pour tendre une embuscade aux aventuriers n’était même pas venue à ces orcs du donjon. De plus, même si les orcs des forêts étaient généralement armés d’armes et d’armures rudimentaires, les orcs du donjon s’en sortaient beaucoup moins bien à cet égard, souvent vêtus de simples haillons. Bien sûr, ils n’avaient pas très bien réussi non plus dans le domaine des armes. En termes simples, les orcs du donjon étaient beaucoup moins menaçants et ils présentaient des capacités offensives et défensives plus faibles.

Pour le dire franchement, cette même logique pourrait s’appliquer aussi aux gobelins. Les orcs, cependant, étaient plus frappants visuellement. C’est pourquoi cela n’avait aucun sens de se jeter dans un groupe immense d’orcs raisonnablement bien équipé. Mon choix était déjà fait pour moi, comme s’il n’y avait aucun doute que je choisirais plutôt d’explorer un donjon.

Avec ces pensées en tête, je m’étais retrouvé à l’entrée du Donjon de la Nouvelle Lune. Beaucoup de lunes s’étaient en effet écoulées depuis la dernière fois que je m’étais tenu à ses portes.

L’entrée était, en fait, bondée de gens, elle était animée comme à l’accoutumée. C’était un contraste frappant avec la façon dont le Donjon de la Réflexion de la Lune était, de pensée que j’y chassais aussi hier encore.

Autre explication simple : même les aventuriers débutants s’étaient retrouvés avec des gains plus importants et plus tangibles en chassant dans ce donjon, à condition de chasser en groupe. La réalité était un peu plus disparate pour les aventuriers solitaires.

Et cela s’accompagnait d’une autre explication simple de ce phénomène : contrairement à la Réflexion de la Lune, les monstres de la Nouvelle Lune s’organisaient généralement en groupes plus libres, prenant les aventuriers en embuscade quand ils le pouvaient. Ajoutez à cela le fait que les couloirs de la Nouvelle Lune étaient au moins deux fois plus larges que ceux de la Réflexion de la Lune, et il était trop facile pour un aventurier de se faire entourer de monstres dans un seul moment de négligence.

À leur tour, les monstres qui habitaient dans les couloirs de la Nouvelle Lune étaient considérablement plus puissants que ceux qui résidaient dans la Réflexion de la Lune. De ce fait, la Nouvelle Lune était considérée comme le donjon le plus menaçant, et donc le plus élevé — du moins, c’était l’opinion publique sur la question. La véracité de cette affirmation restait cependant à voir.

En me promenant dans le bruit et l’agitation à l’entrée, j’avais rencontré de nombreux groupes d’aventuriers, des groupes fixes, peut-être. C’était juste une cacophonie de bruit, vraiment, alors que les aventuriers parlaient et gesticulaient d’une manière excitée. Les laissant derrière moi, je m’étais plutôt dirigé vers l’entrée du donjon.

Bien sûr, je n’avais pas cru un seul instant qu’ils ne faisaient que jouer. Les discussions sur la stratégie du groupe et d’autres points de prudence au sein du donjon étaient, après tout, essentiels à la survie. Bien que les aventuriers chevronnés s’adonnaient régulièrement à cette pratique, il n’était pas rare pour les nouveaux aventuriers de Maalt de le faire également.

Ces aventuriers en herbe devaient probablement remercier leurs aînés, car c’était ces mêmes anciens combattants qui avaient encouragé la diffusion de telles discussions à Maalt et dans les terres environnantes. De plus, du fait qu’une simple discussion de stratégie améliorait considérablement les chances de survie d’un groupe, les nouveaux aventuriers se retrouvaient souvent plongés dans ces conversations, suivant avec obéissance les conseils de ceux qui les avaient précédés. Les bonnes pratiques formaient de bonnes habitudes — du moins, c’est ce que je ressentais à ce sujet.

D’après ce que j’avais entendu dire d’autres régions, les nouveaux aventuriers n’avaient guère participé à ces discussions. Comparés à eux, les aventuriers de Maalt semblaient plus travailleurs.

Mais cela étant dit, j’avais pris de plus en plus conscience des nombreuses paires d’yeux qui se fixaient sur moi en me dirigeant lentement vers l’entrée du donjon. Je ne les avais pas réprimandés. Ils ne comptaient pas vraiment me dévisager au départ. S’ils l’avaient fait, c’est parce que le trekking dans les couloirs de la Nouvelle Lune était un phénomène rare en soi. Leurs regards curieux, à leur tour, n’étaient pas difficiles à comprendre.

Il serait indigne de ma part de dire que personne n’avait défié ce donjon spécifique en solitaire. Ceux qui l’avaient fait avaient souvent des stratégies ou des moyens similaires pour faire face aux hordes de monstres enclins à les entourer.

Si je devais mesurer mes propres capacités à me battre en étant entouré… Hmm. Comment m’en sortirais-je, je me le demande ?

C’était difficile de le dire. Bien que j’avais absorbé une bonne quantité d’énergie vitale des monstres que j’avais vaincus et que j’avais maintenant une certaine force, jusqu’à ce jour je n’avais affronté que des squelettes, des gobelins et des slimes. Il m’était donc impossible d’imaginer ce que je ferais contre les orcs et les monstres plus forts, du moins jusqu’à ce que je puisse m’essayer à les vaincre.

Cela valait la peine de noter, cependant, que des monstres familiers tels que les squelettes et d’autres semblables apparaissaient dans les niveaux les moins profonds de la Nouvelle Lune. Pour trouver des monstres comme les orcs, je devais descendre plus profondément dans les salles du donjon.

Quoi qu’il en soit, j’avais pensé qu’il était nécessaire de tester mon courage dans les niveaux les moins profonds pour l’instant, et à partir de là, je serais en mesure de faire un jugement éclairé.

En renforçant ma détermination, j’avais mis de côté mes pensées et mes stratégies lorsque j’étais entré dans le Donjon de la Nouvelle Lune.

 

◆◇◆◇◆

Je suppose qu’on chasse vraiment plus efficacement avec un groupe dans cette région…

C’était la seule pensée qui m’était venue à l’esprit lorsque j’avais parcouru les couloirs de la Nouvelle Lune.

J’aurais probablement dû mentionner que j’étais actuellement encerclé et en combats avec un petit groupe de monstres. Une telle pensée ne résonnerait pas dans mon esprit sans raison valable, après tout.

Au moins, cela n’était pas des monstres forts. C’était plutôt comme s’ils étaient tous de vieux amis à moi, des groupes bizarres de squelettes et de slimes, me rendant visite pour une joyeuse réunion en groupes d’environ trois individus. Ils n’étaient pas plus forts qu’avant, mais je ne m’étais pas vraiment retrouvé à les couper en bandes. Les circonstances et la configuration du terrain étaient tout simplement trop différentes : si on regarde dans la Réflexion de la Lune, il m’avait été trop facile de frapper leurs points faibles, mettant fin au combat de manière décisive, mais dans les couloirs de la Nouvelle Lune, je m’étais retrouvé encerclé, ne disposant plus des mêmes fenêtres d’opportunité pour frapper.

Pour empirer les choses, chacun d’entre eux m’avait attaqué successivement, mes vieux amis m’avaient tenu relativement occupé à éviter leurs attaques. Même si je devais balancer sauvagement mon épée sur l’un d’entre eux tout en esquivant, je n’aurais guère de chance de réussir un coup significatif. Tout ce que je pouvais faire, c’était de progresser prudemment et soigneusement, en frappant quand et comme je le pouvais tout en restant sur la défensive. J’avais trouvé cela fatigant et exaspérant.

Bien que j’aurais pu simplement tuer des groupes entiers de ces monstres, cela valait la peine de se rappeler que ma cible réelle était un orc, un monstre qui habitait dans les niveaux inférieurs de la Nouvelle Lune. Si je devais épuiser mes réserves de mana et d’esprit ici, je serais confronté à la perspective de combattre un orc plus tard sans aucun moyen d’attaque. C’est comme si les arbres cachaient la forêt, comme on dit ici. Ainsi, j’avais consciemment fait le choix de ne pas dépenser inutilement mes réserves, la nécessité de cela était évidente pour moi.

En marchant dans les couloirs sinueux, j’avais continué, m’appuyant sur de légères améliorations de mon corps qui n’avaient pas rongé mes réserves. C’était tout à fait différent de mes tactiques habituelles de « une frappe ». Même le minimum absolu de mes pouvoirs magiques pour améliorer mon corps me semblait suffisant pour y arriver. Finalement, le nombre d’ennemis avait commencé à s’amenuiser. Si je pouvais continuer à ce rythme et en sortir indemne, ce serait la moitié de la bataille gagnée.

— Whoops —

Dans un moment d’insouciance, j’avais trouvé un peu de ma robe éraflée par le Jet d’Acide d’un slime. Mais la robe ne semblait pas fondre du tout, je suppose qu’il s’agissait vraiment d’un objet ayant des capacités défensives considérables. Je n’avais pas pu trouver une seule entaille ou déchirure à sa surface, malgré le fait que certains de mes adversaires portaient des armes physiques.

Peut-être que je pourrai après tout affronter un orc dans mon état actuel…

En pensant ainsi, j’avais rassemblé les cristaux magiques des slimes et squelettes qui étaient tombés sous ma lame, les plaçant dans la poche de ma ceinture à objets.

Bien qu’il ressemblait à une petite pochette qui ne pouvait pas contenir grand-chose, ma poche de taille était en fait enchantée par la magie — l’intérieur était plus grand que l’extérieur, pour ainsi dire. J’avais utilisé cette même pochette dans ma vie, étant en quelque sorte un objet magique, elle m’avait coûté beaucoup d’argent. C’était un prix raisonnable pour un tel objet, cependant, et j’avais fini par économiser pendant cinq ans pour faire l’achat.

Si je devais le dire, cependant, la capacité de la pochette n’était pas vraiment énorme. Il avait une capacité d’environ cinq à six sacs à dos de taille normale, ce qui était une taille plus que suffisante pour recueillir des cristaux magiques et autres.

Des variantes plus chères avec des capacités beaucoup plus grandes existaient, bien sûr, certaines disant même qu’on pouvait mettre en entier un dragon dans l’un de leurs sacs. Si on avait vraiment un tel trésor, cependant, il ne serait probablement pas à vendre. Quoi qu’il en soit, je n’en avais pas les moyens pour l’instant, mais peut-être qu’un jour, j’en ferais une réalité. Pour l’instant, je me contentais de rêves alors que cela restait des rêves. Bien que je continuerais tout de même sur le chemin en réalisant mon rêve de devenir un aventurier de classe Mithril.

Après avoir enfin rassemblé tous les cristaux magiques de mes ennemis tombés, j’avais recommencé à me frayer un chemin dans les profondeurs du labyrinthe.

Le Donjon de la Nouvelle Lune était étrange dans sa construction, notamment parce que le design et l’atmosphère de chaque étage étaient très différents du précédent. Si je me souviens bien, l’étage suivant était — .

En descendant les escaliers du donjon, j’avais ressenti un sentiment d’anticipation surgir en moi, comme si j’étais sur le point d’entrer dans une grande inconnue.

Vraiment… incroyable. Suis-je vraiment dans un bâtiment ? Un donjon ?

Telle était l’intensité de la vue qui m’avait salué alors que je me trouvais momentanément à court de mots. Les rayons chauds du soleil percent l’air, atterrissant sur des plaines vallonnées d’herbe folle. Au loin, je pouvais voir les contours d’une forêt.

Bien que d’autres aventuriers chevronnés m’aient emmené à cet étage à l’époque, je n’avais pu m’empêcher d’être émerveillé par le panorama vert qui s’offrait à moi. Penser que l’intérieur d’un donjon pourrait abriter un tel espace… En fait, cette zone ne se distinguait en rien des prairies et des forêts d’en haut.

Personne ne savait qui ou pourquoi ils faisaient ces Donjons, et même à ce jour, de nombreuses questions subsistaient. On ne pouvait cependant nier l’anormalité et la magnificence de la vue qui s’offrait à eux.

Peut-être l’existence de cet espace n’était-elle pas trop étrange, étant donné que la poche de ma ceinture à outils défiait les lois de la physique à l’aide de la magie. Qu’il s’agisse de magie ou de création magique, il était tout à fait possible d’enchanter un espace pour se comporter d’une manière assez étrange. Même un espace comme celui-ci pourrait être tissé de magie, en supposant que le manieur ait assez de talents pour réaliser un tel exploit.

Mais ce serait presque impossible pour les gens qui vivaient à l’époque moderne.

Il y avait de nombreuses raisons à cela, en particulier la quantité de magie nécessaire, la nature incomplète de certaines techniques de magie ancienne, et ainsi de suite. Bien que je ne connaissais pas exactement les règles et les lois de l’aménagement paysager magique, je pourrais énumérer plusieurs raisons pour lesquelles un tel spectacle serait impossible à reproduire par les mains de l’homme.

Malgré tout, des endroits magiques comme celui-ci existaient, éparpillés sur tout le territoire. De plus, ils étaient connus pour apparaître et disparaître — à des intervalles apparemment aléatoires — à plusieurs reprises au fil des saisons.

Un phénomène mystérieux en effet…

Peut-être y avait-il une fois un dieu qui avait fait de tels espaces magiques dans les donjons, ou au moins des humains qui avaient adoré un être semblable capable de tels exploits miraculeux. Certains avaient dit que les donjons étaient des terrains interdits, des lieux qui ne pourraient jamais être vraiment compris par les connaissances de l’homme. Certains avaient même dit que le simple fait d’entrer dans les donjons était un acte d’intrusion impardonnable.

Malgré cela, les donjons étaient une partie indubitablement centrale de l’humanité — de la culture et de la vie humaines. La raison en était que les ingrédients et les matériaux recueillis dans les donjons, et les monstres qui les habitaient avaient été utilisés pour créer des objets magiques complexes. Dans de rares cas, les aventuriers avaient même trouvé des trésors anciens.

De plus, tant que les donjons étaient restés intacts pendant un court laps de temps, les monstres étaient réapparus une fois de plus, avec des ingrédients utiles disponibles pour la récolte. Je pourrais presque dire que les donjons étaient une source presque inépuisable et renouvelable de ressources et de matériaux. Certains iraient même plus loin en prétendant que les donjons étaient éternellement autorenouvelables.

En réalité, cependant, les partisans des donjons s’étaient souvent retrouvés à discuter avec ceux qui pensaient que ces anciennes structures menaçaient l’existence de l’humanité. Les deux arguments avaient leurs mérites, et il n’était pas possible de nier le nombre d’aventuriers qui avaient perdu la vie en explorant les donjons pour la gloire et la fortune, sans parler du trésor. Mais si un nouveau donjon apparaissait soudainement et qu’il restait non visité, des monstres finiraient par sortir de ses profondeurs, causant la destruction à grande échelle des structures humaines.

Même en tenant compte de tous ces points, cependant, les donjons étaient encore une partie importante de la vie des personnes. Si les donjons devaient disparaître complètement un jour, de nombreux aspects du commerce et de l’industrie cesseraient subitement — telle était la situation dans laquelle se trouvait l’humanité.

Tout pouvait venir du donjon : les matériaux pour les armes, les armures, les médicaments, et même un besoin le plus fondamental, la nourriture.

Prenons, par exemple, un certain monstre humanoïde, semblable à un cochon : l’humble orc. Parmi les nombreux ingrédients alimentaires recueillis dans le donjon, la chair d’une orc était la plus prisée, un nom synonyme de cuisine délicieuse.

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2 commentaires

  1. Merci pour le chapitre

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