Nozomanu Fushi no Boukensha – Tome 1 – Chapitre 3 – Partie 5

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Chapitre 3 : L’infiltration en ville d’un certain mort-vivant

Partie 5

« ... Un Dragon, hein. C’est difficile à croire, peu importe comment on le fait tourner. Mais..., » en me regardant au milieu de sa phrase, elle secoua lentement la tête.

« Je n’ai pas d’autre choix que de te croire, vu ton apparence... aussi incroyable que cela puisse paraître. Penser qu’un vieil ami à moi deviendrait soudainement un mort-vivant... Ce n’est pas quelque chose à laquelle on pense tous les jours, tu sais, » déclara-t-elle.

Après que j’eus retiré ma robe, elle avait plissé les yeux pendant qu’elle inspectait soigneusement chaque centimètre de mon corps desséché. Elle l’avait fait avec la ferveur de l’érudite-aventurière qu’elle était, car elle était ma vieille amie, Lorraine Vivie.

Elle était habillée de la même robe désordonnée et fripée qu’elle portait toujours. Ses cheveux, sauvages et indomptables, passaient devant ses épaules en longues mèches. Bien qu’il semblerait qu’elle se souciait à peine de son apparence, il y avait une aura de glamour qui émanait d’elle d’une manière étrange.

Je la connaissais depuis longtemps — une dizaine d’années, disons, dix ans après mon arrivée à Maalt. Alors que je la connaissais depuis une décennie, nous ne nous étions rapprochés que récemment — ses connaissances nous avaient toujours été utiles, et cela nous avait été d’une grande aide à plus d’un titre. En tant que tel, je ne pourrais pas penser à une meilleure personne que Lorraine pour discuter de ma situation actuelle.

Elle avait été clairement surprise par ce que j’avais à dire, mais jamais elle n’avait douté de moi ou refusé de croire en mes paroles. Au contraire, Lorraine semblait déjà avoir accepté mon récit des événements comme la réalité, et elle était maintenant profondément dans ses pensées.

 

 

« Suis... Suis-je le seul... qui ne veut pas... le croire... qui je puisse... devenir... comme ça ? » demandai-je.

Lorraine hocha la tête en entendant mes paroles.

« Oui... C’est tout à fait ça. Mais qui est celui qui a dit que les gens deviennent des morts-vivants s’ils sont mangés par un Dragon... ? Un dragon dans le Donjon... C’est incroyable. C’est toujours là maintenant ? » demanda-t-elle.

« Non... C’était... Déjà parti. Quand je... Je me suis réveillé. Son aura... Il a aussi disparu. Probablement... Pas là. Plus maintenant, » répondis-je.

Le fait de rapporter sa présence à la guilde avait été l’une des premières choses auxquelles j’avais pensé quand je m’étais réveillé — mais bien sûr, il était déjà parti à ce moment-là.

Il était parti sans laisser de trace, comme si mes expériences jusqu’alors avaient été une sorte de rêve... Je me demandais comment le Dragon pouvait simplement apparaître et disparaître comme il le voulait. Bien que la raison de son comportement m’ait échappé, on pourrait aussi dire que cela ne servirait pas à grand-chose s’il était capable de se retirer de la zone sans problème.

Bien qu’une enquête soit certainement justifiée, le dépôt d’un rapport sans preuve en main était une préposition risquée. En tant que tel, il serait traité comme un canular ou un mensonge. Même si je leur montrais mon corps et prétendais que c’était le résultat de ma rencontre avec le Dragon, ce serait, une fois de plus, m’exposer à un terrible risque. Pour commencer, je n’avais aucune idée de la raison pour laquelle j’étais devenu un mort-vivant juste parce que j’avais rencontré un Dragon, donc ma supposition était aussi bonne que la leur.

Fondamentalement, le manque de preuves était un problème grave, et si cela se passait mal, je serais en grand danger. Et donc, j’avais décidé de mettre de côté pour le moment l’idée de rapporter ma vision de Dragon.

Lorraine semblait d’accord, hochant la tête à la conclusion à laquelle j’étais arrivé.

« Ta logique est saine. Même si tu disais avoir vu un Dragon, peu de gens, s’il y en a, te croiraient. Je te connais depuis longtemps, donc je peux te dire que tu ne me mens pas... Mais je doute que ça marche pour tout le monde. S’ils voulaient te croire, le bon sens leur dirait le contraire. Je veux dire, si tu te présentais dans ton état actuel, ils enverraient probablement des aventuriers après toi tout de suite. Ils iraient même mettre ton visage sur une liste de quête. Laisse tomber, Rentt. » En agitant la main de cette façon et en continuant la description de son scénario, Lorraine avait souri.

Comme vous pouvez le voir, Lorraine était étrangement détendue proche de moi malgré le fait que je faisais partie des morts-vivants. Cela pourrait peut-être être attribué à sa personnalité — elle était très audacieuse, à sa manière. Depuis que je la connaissais, Lorraine n’avait jamais été du genre à être obsédée par les petits détails, bien qu’il restait à voir si le fait que je devienne une goule était un si petit détail ou non.

La deuxième raison était peut-être la plus importante : elle était une érudite. Plus précisément, un érudit des monstres et de la magie. Au contraire, elle s’intéresserait davantage à la façon dont une personne vivante et respirante pourrait devenir ainsi, et se plongerait dans son travail en cherchant la réponse à ses questions. Ses longues périodes de réflexion au cours de nos conversations avaient probablement été consacrées à réfléchir à ces mêmes questions.

« Mais tu sais, plus je te regarde, Rentt... plus tu as l’air d’un mort-vivant. Je déteste te demander ça, mais... es-tu le même Rentt que j’ai toujours connu ? Et si tu étais quelqu’un — quelque chose de similaire, mais pas tout à fait le même... ? » Me demanda-t-elle.

C’était une question difficile — une question à laquelle même moi, je voulais connaître la réponse.

Bien que je pouvais consciemment m’identifier comme Rentt Faina, j’étais, en tant qu’être vivant mort une fois. Il n’y avait aucun doute à ce sujet. En fait, j’étais un tas d’os quand je m’étais réveillé. Il était difficile de prétendre que j’étais une chose vivante, du moins dans cet état.

Mais j’avais encore mes souvenirs et ma conscience. Même si cela seul ne pouvait pas prouver que je sois le même Rentt Faina que je l’étais lorsque je vivais, les monstres morts-vivants avaient été fondamentalement emplis de leurs origines vivantes à partir du moment où ils étaient devenus morts-vivants. Je pourrais dire que j’étais un autre genre d’existence, du moins, mais même à l’époque, je n’en étais pas si sûr. Et c’est pour ça que j’avais dit cela — .

« Je n’en ai aucune idée. »

En entendant mon explication, Lorraine semblait convaincue.

« Oui, oui. La vérité ne peut pas être glanée simplement en y pensant. Si tu me le demandais, je saurais dire que tu es Rentt d’après la façon dont tu as répondu à ma seule question. Bien que tu possèdes les mêmes souvenirs et la même personnalité... la question de savoir si tu es “la même existence” ou non serait tout à fait différente de notre première question... Eh oui. Moi aussi, je n’en ai aucune idée. Mettons ça de côté, j’y penserai plus tard. Plus important encore, Rentt... que vas-tu faire à partir de maintenant ? C’est la chose la plus importante à régler maintenant, n’est-ce pas... ? »

Lorraine avait apparemment jugé bon de faire avancer la conversation dans une direction sensée. C’est ce qui rendait si facile de lui parler. Le point qu’elle avait soulevé, à son tour, était l’une des principales raisons de ma visite.

J’avais recommencé à parler une fois de plus : « Toujours... Vouloir. Pour être un aventurier... Mais. Mais... Je ne peux pas. Aller à la guilde... » déclarai-je.

« Tu serais directement traqué, n’est-ce pas ? Hmm... Alors que dirais-tu que j’aille chercher tes quêtes et rendre tes objets collectés ? C’est pour ça que tu es venu me voir, n’est-ce pas ? Et, bien sûr... tu souhaites rester ici, n’ayant pas d’autre endroit où aller, » déclara Lorraine.

Avec ces seuls mots, Lorraine avait correctement déduit toute ma demande. Comme prévu, elle ne me connaissait que trop bien.

Cependant, son empressement à accepter ma proposition m’avait inquiété.

« Es... es-tu sûre ? » Je n’avais pas pu m’empêcher de demander.

« Ça ne me dérange pas vraiment. Même moi, je vais parfois à la Guilde des Aventuriers, donc ce n’est pas trop compliqué si tu y penses. Ahh... Mais même si je te disais que je le ferais gratuitement, tu n’aimerais pas vraiment, n’est-ce pas ? Alors... Autant m’aider dans mes recherches, » déclara Lorraine.

La réponse de Lorraine avait été rapide.

« Re... Recherche. Recherche... Euh, » déclarai-je.

J’avais imaginé un tel résultat. Il était peut-être plus juste de dire que j’étais ici précisément à cause de cette ligne de pensée. Après tout, j’étais devenu un mort-vivant. Au moins, je serais utile à la recherche sur les monstres de Lorraine. Mais je n’avais pas pensé à la façon dont j’allais m’y prendre pour y arriver.

Comme si elle lisait mes pensées, Lorraine continuait son explication.

« Ne t’inquiète pas, c’est facile. Tu sais ce que j’étudie, n’est-ce pas ? » demanda-t-elle.

« Les monstres... Et. Magie... ? » lui demandai-je.

« Oui, c’est bien vrai. Il se trouve que le sujet de l’Évolution Existentielle s’inscrit parfaitement dans les limites de mes recherches. D’un point de vue réaliste, je n’ai pas pu faire beaucoup de recherches sur ce sujet, pour des raisons évidentes... Mais maintenant, tu es là, Rentt. Un spécimen réel, un trésor d’informations, » déclara-t-elle.

« ... Je ne... savais pas. Mais... Je ne... veux pas être... disséqué, » déclarai-je.

« Je sais que j’approfondis mes recherches, mais je ne suis pas un scientifique fou, tu sais. Eh bien... peut-être que des échantillons de peau et de chair ne feraient pas de mal..., » déclara Lorraine.

« ... »

Il m’était venu à l’esprit que Lorraine était assez folle à plus d’un tel titre. Cependant, j’avais gardé mes pensées pour moi... du moins pour l’instant. Il serait troublant que mon refus de remettre des échantillons annule notre accord préalable.

J’avais cependant été surpris de constater qu’il n’y avait pas beaucoup de recherches sur le sujet de l’Évolution Existentielle. Bien que je ne savais pas grand-chose à part les bases, j’avais supposé que les universitaires professionnels et autres auraient beaucoup plus d’informations que moi.

À cela, Lorraine avait dit ce qui suit :

« Eh bien. Parfois, nous avons des dompteurs de monstres coopératifs qui nous aident à faire avancer nos recherches. Mais alors, dit-on, les dompteurs sont rares — au moins, aussi rares que la capacité elle-même l’est déjà. Pour empirer les choses, les monstres qui ont été complètement apprivoisés ne semblent plus évoluer. Il est très difficile au départ de leur demander d’exercer toutes leurs capacités et de ramener un spécimen relativement indemne. Bien sûr, après cela vient la question des droits de recherche et des frais... C’est un processus très difficile, le comprends-tu ? »

Il semblerait que ce fut le cas.

Une fois de plus, en lisant mes pensées, Lorraine m’avait expliqué les nombreuses façons dont je pouvais être utile.

« Tout d’abord, il est impossible d’obtenir le consentement verbal et l’accord civilisé d’un monstre. Et aussi, tu as déjà fait l’expérience de l’Évolution Existentielle une fois auparavant. En d’autres termes, tu as de grandes chances de repasser par le même processus. Si tu peux me rendre compte de ce qui se passe, ce serait très utile. Bien que... Je suppose que ta situation me rend difficile la publication de mes recherches. Mais ma curiosité a besoin d’être rassasiée, et je suppose que tu veux aussi en savoir plus sur toi-même. »

« Savoir... plus ? À propos de... moi-même ? » demandai-je.

« Oui, spécifiquement sur les routes de l’évolution que tu prendrais à partir d’ici, et ainsi de suite. Bien sûr, je te prêterai mes connaissances et ferai converger mes pensées avec les tiennes lorsque cela sera approprié. Tu en sais peut-être beaucoup plus sur les monstres que l’aventurier moyen parce que tu as lu la plupart de mes livres, mais je le fais pour gagner ma vie, tu sais. Tu bénéficieras de mes recherches — il ne fait aucun doute là-dessus, » déclara-t-elle

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3 commentaires

  1. Ethan Nakamura

    Merci pour le chapitre.

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