Nozomanu Fushi no Boukensha – Tome 1 – Chapitre 3 – Partie 11

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Chapitre 3 : L’infiltration en ville d’un certain mort-vivant

Partie 11

« Bienvenue ! … Hein ? » La voix d’une femme m’avait salué en entrant dans la boutique.

Le magasin en question n’était autre que le forgeron local, mieux connu sous le nom de « Harpon à trois dents ».

Avec ses cheveux blonds, ses yeux bleus et son comportement digne d’une noble dame, je n’avais aucune idée de la raison pour laquelle elle avait jugé bon d’épouser quelqu’un comme Clope. En parlant de cela, ces yeux très bleus étaient maintenant positionnés sur mon être. Peut-être que mon corps vêtu et masqué était un peu trop suspect. Alors que les masques pour les aventuriers n’étaient pas vraiment inhabituels, ma combinaison exacte de vêtements m’avait malheureusement fait ressortir.

Tandis que je continuais à ruminer, Luka s’approchait lentement, comme pour dire quelque chose à son client à l’air bizarre.

« … Désol… és… si je semble… suspect…, » déclarai-je.

« Oh, non ! Pas du tout. » Luka secoua rapidement la tête en entendant mes paroles. « C’est juste que… Vous ressemblez un peu à une personne que je connais. Mes excuses. Les aventuriers masqués ne sont pas très bizarres, du moins à ma connaissance. Je m’excuse si mon regard vous a mis mal à l’aise. »

Telles étaient les excuses de Luka. Après tout, je peux tout à fait supposé qu’elle était habituée aux clients comme moi.

Sur ce, Luka continua à parler. « … Ce qui m’amène à ma question : que puis-je faire pour vous aujourd’hui ? Êtes-vous venu au harpon à trois dents pour acheter des armes ou de l’équipement ? Ou peut-être cherchiez-vous un service d’entretien et de maintenance ? »

« O... Oui. Je voudrais… Comme. Une nouvelle… Épée. T... Tenez. » En disant cela, j’avais placé mon épée, mon fourreau et tout le reste sur le comptoir du magasin.

Sans expliquer mon intention, Luka comprit rapidement le sens de mon geste.

« Mais bien sûr. Excusez-moi, s’il vous plaît. » Après cela, Luka avait aussitôt sorti l’épée de son fourreau, l’examinant de près.

Bien qu’elle soit l’épouse de Clope, le forgeron résident de ce magasin, Luka jouait également un rôle important dans le service à la clientèle. Comme il convient à son poste, elle était armée d’une connaissance adéquate de l’identification des différentes armes, en plus d’évaluer leur qualité et leur degré d’usure. En fait, j’avais entendu dire que Luka elle-même pouvait même forger des objets simples.

Après une courte inspection, Luka avait annoncé le résultat de son évaluation, ses yeux fixés sur la lame abîmée de mon épée.

« J’ai peur que ce soit irréparable. D’après mes observations, je dirais que cette pièce d’équipement a été utilisée au mieux de son potentiel. Auriez-vous des préférences pour son remplacement ? Je vois les marques et les caractéristiques tenaces de la magie et des arts spirituels… Est-ce bien le cas ? » me demanda-t-elle.

Identifier les capacités du propriétaire d’une arme en regardant ses éraflures n’était pas une mince affaire — Luka en était vraiment capable.

J’avais décidé de lui dire avec honnêteté l’étendue de mes capacités, principalement parce que je n’essayais pas exactement de cacher quoi que ce soit au départ.

« Ah… Oui. Magie… Esprit… Divinité. J’utilise… Eux tous. Alors je… Comme. Une épée… Qui peut canaliser… Les trois, » déclarai-je.

« … Trois fois, bénis… Je vois. Comme c’est rare, en effet. Vous êtes le deuxième client que j’ai vu avec une telle disposition, » répondit-elle.

« Si… Possible. Pourriez-vous... Gardez cela… Secret ? » lui demandai-je.

« Bien sûr — des lèvres lâches couleraient un établissement comme le nôtre. Mais… cela étant dit, la nature de cette commande entraînerait… des frais considérables, en plus de prendre quelques jours à forger. Est-ce que ce serait acceptable… ? » me demanda-t-elle.

C’est ce que j’avais supposé. Les personnes qui pouvaient utiliser ces trois capacités étaient rares pour commencer — en vérité, presque inconnues. Peut-être qu’on pourrait en rencontrer un ou deux au cours de sa vie — mais un troisième serait tout à fait inhabituel.

Il va donc de soi qu’il fallait consacrer suffisamment de temps à la fabrication d’une arme pour un tel individu. En fait, les forgerons comme ceux-ci fabriquaient couramment des armes pour ceux qui utilisaient la magie ou les arts spirituels.

Ceux qui pouvaient utiliser la Divinité, par contre, étaient comparativement rares. Les prêtres et assimilés avaient souvent des magasins spécialisés qu’ils préféraient, par opposition au forgeron ordinaire. À cause de tout cela, la nature de mon ordre était en vérité une rareté en soi — .

Mais j’étais mentalement préparé pour les dépenses.

« N... Ne vous en… faites pas.... Mais… C’est… Tout ce que j’ai… » J’avais saisi le sac qui contenait mon or, le plaçant fermement sur le comptoir du magasin.

Il était rempli d’une quantité considérable de pièces d’or et d’argent — ce porte-monnaie contenait pratiquement toute ma fortune. Bien qu’il soit intéressant de noter qu’il ne valait probablement pas grand-chose pour les aventuriers de haut rang.

Confirmant le contenu de la pochette, Luka avait commencé à expliquer le processus de paiement. « … C’est plus qu’il n’en faut pour forger une pièce de qualité. En ce qui concerne le paiement, il nous faudrait avoir la moitié maintenant, à titre de dépôt. L’autre moitié sera collectée lorsque l’arme sera prête. »

« Est-ce que c’est... D’accord ? » lui demandai-je.

C’était une commande très spéciale, après tout. Pour dire la vérité, les matériaux impliqués coûteraient probablement une petite fortune.

« Oui, tout à fait. En retour — enfin, pas tout à fait, mais une faveur, si vous voulez. Pourriez-vous avoir quelques mots avec mon mari, Clope ? C’est le forgeron de ce magasin, et il voudrait certainement vous parler, étant donné son caractère. Pour vous dire la vérité, il vous demanderait probablement beaucoup d’informations pendant le processus de forgeage. »

Je connaissais Clope depuis longtemps. Inutile de dire que je connaissais aussi sa personnalité et ses bizarreries. Il prenait son travail au sérieux, même s’il s’agissait d’une simple épée, sans parler d’une commande spéciale. Il voulait sûrement que je teste la lame encore et encore pendant qu’il continuait à la forger — je ne connaissais que trop bien Clope. C’est pourquoi je m’attendais à moitié à ce que Luka avait à dire, et j’avais rapidement acquiescé à ses paroles.

« N... Ne vous… en faite pas. Quand... Il a besoin. Moi. Contact… Chercheur… Lorraine, » déclarai-je.

J’avais expliqué à Luka que Lorraine m’avait gentiment permis l’utilisation de sa demeure pendant que j’étais dans la ville de Maalt. En entendant ça, les yeux de Luka s’étaient écarquillés, plus qu’ils ne l’avaient jamais fait auparavant. Mais cela avait été rapidement remplacé par un sourire bien calme.

« Oh, bien sûr. Je comprends. Eh bien, alors, d’abord, je vous rendrai ceci… » En retirant la moitié de son contenu, Luka avait pris ma pochette de monnaie et me l’avait rendue.

« Je suis sûre que Clope aura beaucoup de questions à vous poser concernant la nouvelle épée que vous souhaitez forger, » déclara-t-elle.

Et après ça, Luka m’avait conduit à l’arrière du magasin, dans la pièce de forge.

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