Nozomanu Fushi no Boukensha – Tome 1 – Chapitre 2 – Partie 5

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Chapitre 2 : Rina, l’Aventurière

Partie 5

D’un coup d’épée, j’avais tranché le squelette se trouvant devant moi. Je ne savais plus combien j’en avais vaincu, car j’avais cessé de compter depuis longtemps. Bien que j’avais dû faire des efforts considérables pour vaincre un squelette dans la vie, ces souvenirs semblaient être des mensonges. J’avais manœuvré jusqu’à me retrouver à l’arrière de mon ennemi squelettique sans effort, abaissant ma lame et tranchant une fois de plus les os blancs de mon adversaire en deux moitiés bien découpées.

C’était incroyable.

Les changements n’avaient pas été provoqués par une amélioration de ma technique, mais au contraire, j’étais simplement devenu plus fort — c’est-à-dire physiquement. Mes réserves de mana, d’Esprit et de Divinité, aussi, semblaient augmenter avec chaque monstre que j’avais vaincu. En utilisant ces trois aspects, j’étais maintenant capable de renforcer mon corps de différentes manières, je bougeais enfin comme je l’avais toujours voulu.

Ces vitesses étaient impensables pour moi en vie — et pourtant, mon corps bougeait en douceur et rapidement. J’avais souffert de beaucoup de cloques de sang, alors que je poursuivais mon entraînement. Mais peu importe à quel point je m’étais entraîné, je n’étais pas devenu plus rapide ou plus fort.

La réalité aujourd’hui était cependant différente. Mon corps bougeait selon mes instructions, il n’y avait pas d’erreurs dans mes mouvements. Je pouvais aussi voir clairement les mouvements de mon ennemi — mes sens étaient plus aiguisés qu’ils ne l’avaient jamais été. Les aventuriers qui m’avaient surpassé avaient sûrement vu le monde de cette façon.

Je me rappelais comment j’étais dans la vie, comment j’avais été incapable de voir quoi que ce soit. Si possible, j’aurais voulu atteindre ce degré de pouvoir pendant que je respirais encore, bien que je suppose que c’était maintenant impossible. Mais peut-être devrais-je être reconnaissant du fait que j’étais encore entièrement avec le contrôle de mes facultés, et cela même dans la mort. Avec cela, je pourrais même réaliser mon rêve de devenir un aventurier de la classe Mithril...

C’était avec cette pensée qu’une question s’était posée dans mon esprit :

Vais-je continuer à être un aventurier après tout ce temps ? pensai-je.

Bien sûr, il y avait différents types d’aventuriers. On devenait un aventurier si on le voulait, mais beaucoup d’aventuriers s’étaient arrêtés après avoir plafonné au niveau Bronze, un peu comme moi. À quelques exceptions près, n’importe qui pouvait devenir un aventurier à condition d’être âgé d’au moins 15 ans.

Cependant :

Un monstre pourrait-il être un aventurier ? Me demandai-je.

Après cela, une autre question avait surgi des profondeurs de mon esprit. C’était possible — telle était la réponse à laquelle j’étais arrivé, comme s’il s’agissait d’une sorte de bon sens.

Cependant, la réalité n’était pas si gentille. J’avais réfléchi un peu plus à la situation. Si, par exemple, un jour, une goule s’était simplement présentée à la Guilde des Aventuriers, puis s’était simplement dirigée vers le comptoir de la réceptionniste, étendant sa main à moitié pourrie tout en parlant dans sa voix à moitié grinçante, que se passerait-il ?

« Avvv... Aveentu... rier... de... ret... our ! »

C’était vraiment comme dans une histoire d’horreur.

La réceptionniste refuserait certainement d’interagir avec moi. De plus, elle appuyait instantanément sur le bouton de panique sous son bureau, convoquant immédiatement les aventuriers dans le coin, ou même le maître de la guilde. Et ainsi, la goule serait éliminée — et ce serait la fin de celle-ci.

Cependant, cela étant dit... Il ne m’était jamais traversé l’esprit, même une seule fois, que je pourrais être incapable de continuer à être aventurier — c’est-à-dire jusqu’à maintenant.

Je suppose que je devrais arrêter de penser à cela. Plus important encore, je devais penser à la façon dont je continuerais à vivre à partir de maintenant, car j’avais encore un rêve à réaliser : devenir un aventurier de classe Mithril.

Après tout, le goulot d’étranglement avec lequel j’avais lutté le plus longtemps avait été supprimé. J’avais maintenant le talent et les capacités requis pour l’aventure... en échange des périls provoqués par ma forme monstrueuse actuelle.

Si cette forme m’empêchait de rester un aventurier, ce serait un gros problème. J’en étais venu à la conclusion que je devais penser à une façon de continuer à être aventurier, peu importe mon apparence ou ce que je devenais.

Bien que j’avais mentionné les politiques généreuses de la guilde à plusieurs reprises, j’avais supposé que m’attendre à ce que la guilde accepte un monstre dans ses rangs était un peu trop demander.

J’avais demandé à Rina d’acheter des vêtements en mon nom, mais cela n’avait pas résolu un autre problème important. Une robe pouvait cacher la plus grande partie de mon corps desséché, mais elle ne pouvait pas cacher mon visage ni mes bras. Naturellement, je devais me pencher pour lire ou remettre de l’or et des ingrédients — donc cacher mes bras était impossible, c’est le moins qu’on puisse dire.

J’avais regardé mes bras avec résignation. Ils étaient, comme je m’y attendais, très pourris et secs. Il n’y avait pas d’autre façon de le dire.

En fait, la couleur de ma peau semblait s’être détériorée — alors qu’elle était brune, il n’y a pas si longtemps, elle était maintenant rayée de lignes noires. Je serais étonné si un être humain vivant ne réagissait pas à la vision de mes bras. Bien qu’il y avait peut-être des personnes qui pourraient regarder au-delà de cela et ne pas s’inquiéter lors qu’ils interagissaient avec moi...

Non. C’était juste un vœu pieux.

Moi, Rentt Faina, je n’étais pas exactement célèbre pour mes prouesses d’aventurier — mais mon visage était une chose qui était largement connue, malgré ma réputation. J’étais célèbre, ou peut-être tristement célèbre, pour ne pas avoir abandonné dans mes efforts, et j’étais donc bien connu dans toute la ville de Maalt.

En d’autres termes, plus de la moitié de la Guilde des Aventuriers de Maalt savait de quoi j’avais l’air quand j’étais en vie. Si je me présentais soudainement avec mes bras dans cette forme, on me poserait sûrement beaucoup de questions.

Le personnel de la guilde continuerait à s’inquiéter de moi, pensant que j’avais été blessé par un terrible monstre dans le Donjon. Dans leur quête d’information, ma robe serait inévitablement arrachée de force — et ce serait fini. Je me voyais bien me trouver une excuse ou une autre si ce n’était que mes bras...

Par exemple, disons qu’un monstre avait aspiré la vie de mes mains, ce serait possible. Cependant, ce serait fini une fois qu’ils auraient vu mon visage.

Bien que je ne sois pas en possession d’un miroir, mon visage était manifestement horrible. Je serais sûrement traqué et éliminé, quelles que soient mes raisons ou ma situation, d’autant plus que j’étais mort et que j’avais perdu mon humanité.

Les choses ne se présentaient pas très bien.

La situation ne se prêtait pas à d’autres interprétations et, encore une fois, j’avais trouvé ma volonté vacillante.

Mais j’avais déjà pris ma décision.

Le seul problème ici était mon apparence. Si je pouvais faire quelque chose quant à mon apparence, une solution se révélerait sûrement à moi. Pour ce faire, j’avais dû me calmer et me concentrer une fois de plus sur mon objectif initial — celui d’atteindre l’Évolution Existentielle. Jusqu’à ce que je commence à paraître au moins quelque peu humain, je devrais rester loin de la Guilde des Aventuriers. Il m’était toutefois venu à l’esprit que je n’aurais plus de source de revenus.

Une voix familière m’avait rapidement fait sortir de mes nombreuses considérations de soucis et de problèmes.

« ... Rentt ! ... Monsieur Rentt ! Vous êtes là ? Quelque part !? »

Cette voix n’appartenait à personne d’autre que Rina Rupaage, la fille que j’avais envoyée pour acheter des vêtements en mon nom.

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2 commentaires

  1. Merci pour ce chapitre

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