Nozomanu Fushi no Boukensha – Tome 1 – Chapitre 2 – Partie 2

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Chapitre 2 : Rina, l’Aventurière

Partie 2

« N-Ne t’approche pas ! » cria la jeune femme.

Il s’agissait de la réponse de la jeune fille alors que je m’approchais d’elle avec la main tendue, un « Vaaaaahh... » échappant de mes lèvres pendant que j’essayais de parler.

Encore une fois, je ne pouvais pas lui en vouloir. Il n’y avait peut-être pas une seule personne vivante qui ne s’inquiéterait pas si une goule s’approchait d’eux dans un donjon avec les bras levés.

À bien y penser, il était également étrange que quelque chose comme une goule soit présent dans le Donjon de la Réflexion de la Lune. Ceci était dû au simple fait que les goules étaient d’une classe encore plus élevée que les squelettes, et qu’ils n’apparaissaient pas simplement au hasard dans un endroit si souvent fréquenté par des aventuriers mal classés.

Si l’un d’entre eux apparaissait, ce serait sûrement dû à une sorte d’irrégularité aux niveaux inférieurs, ou serait un monstre unique régi par l’une des règles mystérieuses du donjon. Dans ces cas, ces monstres seraient considérés comme spéciaux, et ils étaient le plus souvent beaucoup plus forts que leurs homologues normaux.

Si un débutant devait rencontrer un monstre comme celui-ci, sa mort était presque garantie — d’où la prudence de la jeune fille. En fait, il serait étrange qu’elle ne soit pas sur ses gardes.

Bien qu’il me semblait étrange de faire tout cela malgré le fait d’être conscient de l’apparence d’un être normal, ce n’était pas ce que j’avais l’intention de faire. Au contraire, je voulais la saluer et lui parler de façon décontractée. Cependant, je n’étais pas encore habitué à ce corps — même si je pouvais en quelque sorte me battre dans ce corps, parler me paraissait excessivement difficile.

En raison du fait que j’avais entraîné mon corps au cours de la dernière décennie et que je connaissais bien mes mouvements et mes faiblesses, je pouvais facilement compenser et régler tous les problèmes provoqués par mon nouveau corps.

Cependant, le fait de parler était un tout autre problème. Je ne m’étais jamais vraiment entraîné à parler au début, et ce que j’avais supposé être une tâche simple s’était avéré plus difficile que je ne le pensais. En conséquence, mes mots avaient été transformés en une série de grognement, et je ne pouvais absolument rien y faire.

Pour empirer les choses, il y avait le fait que mon corps était celui d’un cadavre ambulant. Le fait que cette aventurière en particulier était une jeune fille n’avait fait qu’exacerber le problème. Bien que j’aie été choqué par sa posture défensive et ses paroles, il n’y avait pas grand-chose à faire dans l’état actuel des choses.

Cependant, plus que mon apparence potentiellement dégoûtante, c’était le fait que j’étais une goule — c’était probablement suffisant pour qu’elle soulève sa lame contre moi.

Probablement.

Quoi qu’il en soit, je devais établir une forme de communication d’une manière ou d’une autre. C’était la raison pour laquelle je m’étais arrêté à ses paroles et j’étais resté sur place, essayant désespérément de transformer mes rugissements incohérents en mots.

« Vaa... VAAAaa... Ge... Attent... Aagghh... Ahh... Ah suis... Ven... Ventt... VENTT !! » déclarai-je.

« Arghaaahh !! »

L’augmentation soudaine du volume avait perturbé encore plus mes paroles déjà incohérentes, ce qui avait fait sursauter de peur la pauvre fille.

Mais je n’étais pas découragé. Au contraire, j’avais pensé qu’abandonner maintenant serait une très mauvaise idée.

Par exemple, si j’avais simplement abandonné et que je partais, la fille s’échapperait sûrement. Elle signalerait alors mon existence à la guilde, qui me classerait comme une sorte de monstre spécial, ce qui conduirait la guilde à envoyer des aventuriers puissants pour se débarrasser de moi. C’était une tournure des événements que je voulais absolument éviter.

Bien que je sois devenu un peu plus fort après avoir combattu et vaincu de nombreux autres monstres, il y avait beaucoup d’autres aventuriers qui étaient plus forts que moi. Si quelqu’un comme ça était envoyé pour me chasser, ma vie se terminerait une deuxième fois.

C’est pourquoi l’établissement d’une sorte de communication avec cette fille était de la plus haute importance. Au moins, je devais la convaincre que je n’étais pas une menace.

Bien que l’option de tuer la jeune fille pour la faire taire restait ouverte, je ne pouvais pas me résoudre à le faire — après tout, j’étais, et je suis toujours humain. Je ne pouvais vraiment pas faire quelque chose comme ça.

Si la jeune fille était un bandit ou une sorte de criminel, je pourrais peut-être envisager l’idée. Cependant, elle semblait être une aventurière effrayée se battant pour sa vie, et je ne pouvais pas la voir comme autre chose. Même si c’était pour mon propre bénéfice, je ne pourrais pas me résoudre à lui enlever son avenir — pas à une personne aussi jeune qu’elle.

C’est pourquoi j’avais essayé de parler.

« S... S’il vo... plait... ! Éc... Écoutt... moi... Ahh... Pas... Ennem... »

J’avais continué à répéter mes paroles incohérentes. La jeune fille, à son tour, fut surprise de mes actions et de mon manque d’hostilité, alors qu’elle semblait commencer à écouter.

« Ah... ? Est-ce que... cela parle... ? » demanda-t-elle.

« O-Oui... Ouiii... Je... suissss... Renttt ! Je... aven... turier..., » déclarai-je.

Il fallait peut-être s’attendre à ce que les choses soient un peu différentes avec quelqu’un à qui parler. Lentement mais sûrement, mon discours était devenu plus cohérent.

La clarté s’était peu à peu réintroduite dans ma voix — ses rugissements, autrefois secs et râpeux, arboraient maintenant un certain degré de cohérence. Au moins, c’était assez clair pour qu’elle me comprenne vaguement.

« Avent... Aventurier ? Vous ? Un aventurier !? Euh... Avez-vous déjà été un aventurier... Peut-être... ? » me demanda-t-elle.

« Oui ! Av... Aven... turier... ! No... Nom... Rentt ! » répondis-je.

« Monsieur Rend ? » me demanda-t-elle.

« Rentt... Ren... tt ! Ren... tt... » répondis-je.

« Ah, Monsieur Rentt..., » déclara-t-elle.

Il semblerait qu’elle s’était habituée à moi.

Il m’était venu à l’esprit que cette fille avait un tempérament plutôt courageux. Bien qu’elle ait continué à saisir fermement son arme, elle ne semblait pas s’inquiéter du fait qu’elle était actuellement engagée dans une conversation avec une goule. Un aventurier normal m’aurait simplement frappé ou aurait cherché une ouverture pour s’échapper.

« Alors, Monsieur Rentt... Votre apparence... Est-ce une sorte de déguisement ? » me demanda-t-elle.

« Non... Non. Je... suis mort..., » répondis-je.

Bien que ses yeux se soient élargis lors de ma déclaration, son expression était lentement passée à celle de la pitié alors que je poursuivais mon histoire.

« Ah... Quelque chose comme ça s’est passé, hein... Peu importe comment vous le dites, vous ressemblez à une goule... Hmm. Mais j’ai entendu parler de gens qui sont devenus des monstres morts-vivants après leur mort. Bien que je n’aie jamais entendu parler de quelqu’un qui garde sa personnalité et ses souvenirs..., » déclara la jeune femme.

Les observations de la jeune fille étaient justes. Bien qu’il existait des cas de monstres morts-vivants conservant une partie de leur mémoire après la mort, c’était surtout ces souvenirs qui influençaient le comportement et les manières d’agir du monstre. En tant que tels, ils n’étaient pas considérés comme ayant la même clarté mentale et la même sensibilité qu’une personne normale et vivante.

L’inverse était également vrai — des légendes parlant d’individus qui, grâce à une magie hautement avancée, avaient réussi à se réincarner en tant que monstres morts-vivants avec leur conscience intacte et fonctionnelle. Cependant, les observations les concernant étaient peu nombreuses et très espacées dans le temps. Inutile de dire que je n’avais pas rencontré un tel être jusqu’à maintenant.

En d’autres termes, une goule comme moi, qui était pleinement capable de parler, d’agir de manière logique et d’avoir un raisonnement cohérent, n’était pas un événement rare, mais plutôt un événement impossible.

Je m’étais retrouvé perdu — je n’avais aucun moyen d’expliquer pourquoi j’en étais arrivé là. Cependant, j’avais eu une intuition. Si je devais deviner ce qui s’était passé, alors le Dragon qui m’avait mangé avait certainement quelque chose à voir avec ça.

En dehors de cela, cependant, j’avais déduit que j’étais, à toutes fins utiles, une goule classique.

Mais ce n’était pas quelque chose que je pouvais simplement dire à cette fille.

Plus important encore, j’avais besoin qu’elle comprenne que j’étais sensible et capable de raison. Après tout, l’obtention d’une source de coopération et d’aide éventuelle était la première de mes priorités.

Je devais retourner à Maalt à n’importe quel prix. Et pour que cela arrive, je devais enrôler cette fille pour m’aider — c’est pourquoi j’avais dit dans ce but.

« ... Je sais... Je... Je ne sais... pas pourquoi... mais... je... je... suis en vie ! » déclarai-je.

« E-Est-ce que c’est vrai ? Vous... Vous vivez ? C’est un peu étrange venant de vous... Mais vous n’êtes pas un monstre normal... Et vous m’avez sauvé la vie. Oh, si, vous l’avez fait ! Alors, merci beaucoup ! » déclara la jeune femme.

Comme si elle s’en rendait compte à mi-parcours de son discours, la jeune fille m’avait remercié, tout en tenant son épée alors qu’elle l’avait fait.

J’avais répondu de la même manière.

« Ce... Ce n’est rien... Les... Aven... turiers... aider... les... autres, » déclarai-je.

« Euh... Est-ce que ce que vous dites est vraiment la vérité ? Alors, puis-je partir ? Vous n’allez pas me tuer ou quoi que ce soit du genre ? » demanda-t-elle.

Je m’étais trouvé plus agité que je n’aurais dû l’être face à la question de la fille.

« Je... je... ne veux pas... vous... tuer. Mais... J’aurais... aurais besoin... d’un... peu... d’aide... de votre... part, » déclarai-je.

« Pffff ! C’est un soulagement ! Je pensais que j’étais fichue... Mais... De l’aide ? Une demande... ? Eh bien... Vous êtes la personne... Je veux dire, le monstre, qui m’avez sauvé la vie... Alors je vais vous écouter ! Eh bien... J’espère que vous ne me demandez pas mon sang, ma chair ou quoi que ce soit..., » déclara-t-elle.

« Bien... Sûr que non. À propos... de ma... requête... j’aurais... besoin... de v... vêtements... à porter, » déclarai-je.

« ... Des vêtements ? À porter ? Hmm. Ahh... Ahh. C’est vrai. Je comprends, » déclara-t-elle.

En disant cela, la jeune fille me fixait, comme si elle inspectait de près un spécimen biologique. Finalement, elle hocha la tête en comprenant ma situation difficile.

« Si vous continuez comme vous l’étiez... d’autres aventuriers pourraient simplement vous confondre avec un monstre et vous attaquer... Hmm. Alors, une robe ou quelque chose pour cacher votre corps suffirait-il ? » me demanda-t-elle.

« O... Oui. Cela... m’a... l’air... bon... Merci... beaucoup. Tenez... Un peu... d’argent... pour ça, » déclarai-je.

La jeune fille était probablement une aventurière de classe Fer qui n’avait pas beaucoup de revenus. C’était ce qui était visible de son équipement.

Bien que je sois moi-même d’une faible classe d’aventuriers, je n’avais pas beaucoup de difficultés à gagner de l’argent dans les donjons, et j’avais toujours l’or et l’équipement que j’avais sur moi avant mon malheureux décès.

Une partie de mon équipement était restée sur moi, bien que d’autres objets aient été éparpillés dans la pièce. Bien sûr, j’avais récupéré mes effets personnels et j’avais effectué les vérifications nécessaires pour détecter les dommages.

Après avoir détaché mon sac rempli de pièces de monnaie de ma ceinture, je l’avais placé sur le sol, reculant de quelques pas en arrière alors que je demandais à la jeune fille de le ramasser. La jeune fille, pour sa part, avançait lentement et prudemment avant de se pencher et de ramasser le sac pour en vérifier le contenu.

« C-C’est... Wôw ! Vous avez fait fortune ! Je suppose que vous étiez un aventurier célèbre dans la vie ? » demanda la jeune fille, surprise.

En vérité, ma richesse avait été accumulée régulièrement en mettant de côté au fil des ans, au lieu de gagner soudainement une grosse somme d’argent. La fille tenait maintenant toute ma fortune entre ses mains.

Cependant, vis-à-vis de sa remarque, j’étais resté silencieux. Je ne voulais pas commencer à expliquer ma situation — si je le faisais, cela me ramènerait sûrement au Dragon, d’une façon ou d’une autre. Au lieu de cela, j’avais décidé de réorienter la conversation en soulevant une fois de plus le sujet à portée de main.

« V-Vêtements... Une fois que vous aurez... Prends-les. Vous pouvez... Utilisation. Le reste pour... vous-même. S’il vous plaît, » déclarai-je.

Face à ces mots, la fille avait répondu cela.

« Je... Je comprends. Je suppose que vous avez traversé beaucoup de choses... Mais vous n’avez pas l’air d’un mauvais monstre. Vous savez, sans vous, je serais déjà morte... Moi, Rina Rupaage, fille de chevaliers, je rembourserai certainement cette faveur. Attendez-moi, Monsieur Rentt... »

Après ça, la jeune fille avait continué à reculer, tenant toujours son épée. Peu après, elle était partie.

Il semblerait qu’elle avait encore un peu peur de moi. Mais bien sûr, c’était normal que cela soit le cas. C’était ce qu’il fallait faire en tant qu’aventurier. Les aventuriers qui étaient négligents ou trop confiants étaient voués à mourir quelque part, et le plus tôt possible.

Je sentais qu’elle deviendrait un jour une aventurière compétente.

Le problème était maintenant simple : tiendrait-elle réellement sa promesse ou s’enfuirait-elle tout simplement avec mon argent ? Muni de ma décennie d’expérience en matière d’évaluation du caractère des nouveaux aventuriers, je sentais que Rina ne me trahirait pas. Elle semblait un peu trop sérieuse et moralement droite pour faire quelque chose comme ça.

Et bien, même si elle m’avait trahi, je suppose que je m’occuperais des retombées.

Si, en conséquence, un aventurier fort devait être envoyé après moi, je devais au moins essayer de me défendre — je devais devenir plus fort. Ou serait-il plus approprié de simplement affiner mes talents pour me cacher ?

Je me sentais bête d’évoquer la possibilité d’une telle situation. Je suppose qu’il s’agirait simplement de devenir plus fort physiquement.

J’avais donc continué à chasser d’autres monstres dans le Donjon de la Réflexion de la Lune, tout en gardant ces pensées à l’esprit pendant que je patrouillais dans ses couloirs.

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5 commentaires :

  1. Merci pour le chapitre.

  2. Merci pour ce chapitre

  3. Ethan Nakamura

    Merci pour le chapitre.

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