Nozomanu Fushi no Boukensha – Tome 1 – Chapitre 1 – Partie 7

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Chapitre 1 : Compréhension de la situation et de l’évolution existentielle

Partie 7

C’était après avoir vaincu le cinquième slime ce jour-là que j’avais commencé à prendre conscience des changements dans mon corps. Bien que j’avais cherché et combattu beaucoup d’autres monstres depuis lors, il semblerait que ma rencontre initiale avec lui, et la défaite subséquente du slime n’était pas après tout un hasard. Tous les slimes que j’avais rencontrés après le premier avaient péri à peu près de la même façon.

Ma force dépassait rapidement le point où il était vivant après avoir encaissé une première attaque.

Quand j’étais un aventurier de classe Bronze-inférieure, je ne ressentais aucun sentiment de progrès, peu importe l’entraînement que je faisais. En fait, je ne semblais pas du tout progresser. Mais maintenant, j’étais là, devenant plus fort dans la mort. Je n’étais pas tout à fait sûr si je devais me sentir heureux ou triste à l’égard de ce développement, bien qu’il soit grandement préférable que de stagner à l’infini.

Bien que je ne savais pas où je plafonnerais encore une fois si je continuais de progresser à ce rythme, j’avais sorti ces pensées de mon esprit. À la place, j’avais décidé de faire ce que je pouvais à ce moment-là — je continuais à me battre sans fin.

Après avoir combattu et vaincu dix autres monstres, j’avais ressenti un sentiment étrange au fond de moi — un sentiment presque inconnu que je n’avais pas ressenti jusque-là. Ce n’était pas du tout un sentiment désagréable. En fait, j’avais plutôt l’impression que quelque chose jaillissait des profondeurs de mon être.

Cependant, étant plus prudent que jamais, j’avais fait de mon mieux pour endurer et résister. En fin de compte, mes efforts s’étaient avérés vains.

Un son lent et crépitant remplissait tout mon corps. Puis le son était devenu progressivement plus fort au fur et à mesure que mon corps était englouti dans un flux de lumière chaude.

Que se passe-t-il... !?

Il s’agissait de la seule pensée que mon esprit avait pu traiter avant qu’une autre chose inexplicable ne se produise devant mes yeux — de la chair desséchée et ratatinée avait commencé à apparaître autour des os blancs de mon corps. Comme pour cacher la dure blancheur de mes os, la chair continuait à ramper, avant d’entourer mes os.

C’était tout à fait ça — je pouvais le sentir. Mes souhaits avaient été exaucés — .

C’était l’Évolution Existentielle.

C’était ce qui se passait à ce moment-là.

J’avais continué mon monologue intérieur pendant que le phénomène se poursuivait, s’étendant lentement au reste de mon corps. La chair brune, sèche à tel point que j’avais commencé à douter de l’existence d’humidité dans ses veines, avait commencé à progresser et à s’enrouler autour de mes bras, de mes jambes et de tout ce qu’elle pouvait trouver.

Bien que j’avais été un tas d’os jusqu’à présent, j’avais finalement été béni avec de la chair... !

Un peu après ça, le phénomène s’était arrêté. Juste pour être sûr, j’avais décidé d’inspecter mon nouveau manque de surfaces osseuses.

Comme on pouvait s’y attendre, la chair était fermement attachée à mes membres — des membres qui avaient été jusqu’à présent des bâtonnets d’os d’un blanc éclatant.

Cependant, la chair en question était bien loin de ce à quoi je ressemblais quand j’étais humain. Au début, cela ressemblait à des feuilles extrêmement sèches et minces de brun tendues sur ce qui était autrefois de l’os blanc. De plus, ma nouvelle chair n’avait pas du tout fait un travail très minutieux pour cacher mes os — des fragments de blanc égaient apparus à travers la canopée de brun.

Je me sentais comme une pile d’os sur lesquels de la viande était collée un peu au bonheur la chance. Si je sortais du donjon sous cette forme, les loups, les chiens et autres me trouveraient sûrement comme une délicieuse collation. Peut-être que je serais mangé.

Alors que mon corps se retrouvait ainsi, mon absence de miroir, une fois de plus, m’avait fait supposer que mon visage était identique. Cependant, j’étais familier avec un monstre qui ressemblait à cela. Des morceaux de viande séchée qui s’accrochent aux os — ce n’était nul autre qu’une goule.

J’étais maintenant indubitablement une goule, la cible initiale de mes objectifs d’évolution.

Si ma mémoire était bonne, les goules ressemblaient à des humains avec leur peau enlevée : avec de la chair déchirée encore attachée à l’os, et avec des morceaux de cette dernière montrant leurs muscles. Ils avaient aussi l’air très... secs.

En d’autres termes, j’étais absolument dégoûtant — mais bien sûr, il n’y avait pas moyen qu’un cadavre desséché ait l’air attirant. J’étais un monstre mort-vivant. Il était également évident que personne n’aurait envie d’une telle forme, et encore moins d’aspirer à lui ressembler d’une manière ou d’une autre. Cependant, pour moi, c’était un énorme pas en avant, ne serait-ce que parce qu’il y avait maintenant de la chair sur mes os.

Ayant fait l’expérience de l’Évolution Existentielle, j’étais maintenant conscient du fait que je pouvais continuer à gravir la hiérarchie proverbiale des monstres si je continuais à travailler dur. C’était un fait qui valait la peine d’être célébré.

Les monstres morts-vivants, en particulier, semblaient de plus en plus humains à mesure qu’ils montaient sur l’échelle. Par exemple, si je devenais un vampire, ce qui était une existence encore plus élevée que les goules, je deviendrais fondamentalement indiscernable d’un humain — auquel cas je pourrais me déplacer dans les rues de Maalt sans aucun problème.

Dans ma forme actuelle, le mieux que je pouvais probablement faire était de me faufiler en ville — je ne pourrais toujours pas marcher sans prendre d’importantes précautions. Cependant, je connaissais bien les gardes de Maalt. Si j’arrivais à bien jouer mes cartes, je pourrais entrer et sortir à ma guise.

Mais bien sûr. Bien qu’il s’agissait principalement de viande sèche, j’avais actuellement un corps, et en tant que telle il y avait une chose importante que je voulais essayer.

« ... VAAAH... VAAAAAAH... »

J’avais vaillamment essayé de canaliser l’air dans ma gorge pour voir si je pouvais parler. Il semblerait que la production d’une sorte de son, au moins, était possible.

« IL... HEEH... VVO... HEH... VO. OOD... MOV... NINV... GGGUH... HEH... VVO... »

 

 

...

Non. Ça ne suffirait pas.

Bien que je me sois trouvé capable de parler, cela n’était pas du tout fluide — ou très cohérent, d’ailleurs. Je suppose qu’il fallait s’entraîner.

D’autre part, je préférais de loin cet état par rapport à celui d’un squelette qui ne pouvait pas parler et ne pouvait faire que des bruits de cliquetis. Avec cela, je pourrais parvenir à une compréhension mutuelle avec n’importe quel être humain qui serait entré dans le donjon... C’est du moins ce que j’espérais.

Bien sûr, la condition préalable étant que la personne à qui je parlais ne resterait pas terrifiée par rapport à moi.

Alors que je continuais à réfléchir à diverses possibilités, un bruit aigu de métal entrant en collision interrompit mes pensées. On aurait dit que quelqu’un était engagé dans un combat avec des monstres à une distance considérable, car il s’agissait clairement du son d’une épée frappant une surface dure.

Comme la plupart des monstres que j’avais vaincus jusqu’à présent, cet étage ne comportait rien d’autre que des monstres faibles, et encore moins ceux qui produiraient un son métallique. De ce seul fait, on pourrait en déduire que le son irrégulier venait d’un aventurier — il n’y avait pas d’autre possibilité.

Ce son... Un être humain vivant était ici ! Mon cœur avait bondi face à cette pensée.

Jusqu’à présent, je n’avais vécu qu’un peu plus d’une journée dans ce donjon. Cependant, j’avais combattu des monstres tout au long de la nuit. C’était logique si on y pensait.

Jusqu’à présent, j’étais toujours entré dans les donjons pendant la journée, retournant à Maalt le soir pour y chercher de la nourriture. Mais avant de m’en rendre compte, j’étais devenu un squelette, et je ne voyais aucune lueur d’espoir dans mon avenir. En tant que tel, j’avais continué à tuer des monstres à l’intérieur du donjon — il était peut-être naturel que la présence d’autres humains me manque.

Je voulais parler à quelqu’un, et cela, peu importe qui cela serait. Si un aventurier était présent alors qu’il en soit ainsi.

Cependant, je m’étais vite remis de mon excitation. En raison de mon apparence, tenter de parler à un humain serait une entreprise un peu difficile.

Bien que je ne sois plus un tas ambulant d’os, une goule restait une goule... une goule. Si je devais approcher un aventurier avec ce corps de cadavre desséché, il serait clairement sur ses gardes, préparant promptement son épée pour le combat. Une conversation serait la dernière chose qui le préoccuperait.

Bien que le résultat de la rencontre pourrait être un peu différent si j’étais une espèce de monstre sensible et intelligent, j’étais actuellement une goule. Mes perspectives étaient sombres à cet égard. J’avais donc choisi de m’éloigner de la source du son, afin de ne pas entrer en contact avec l’aventurier en question.

Cependant, la curiosité avait pris le dessus — serais-je vraiment capable d’ignorer et de m’éloigner d’un être humain alors qu’ils étaient si près de moi ?

— Non. Je n’avais pas pu résister.

Tel était le degré de mon isolement et de ma solitude — je voulais voir une personne, quoi qu’il arrive.

Et c’est ainsi que j’avais fait mon choix, me faufilant jusqu’à la source du son tout en restant silencieux de mon côté. Si j’étais découvert, je m’échapperais tout simplement.

Je pensais que jeter un coup d’œil depuis l’ombre serait probablement acceptable. Je cachais alors ma présence du mieux possible, avançant aussi doucement que possible.

Comme les sons devenaient de plus en plus forts, mon cœur suivait le même rythme. Un peu plus...

Je n’étais plus très loin d’un autre être humain. Lentement mais sûrement, j’arrivai à destination, les bruits du combat continuant de se faire entendre devant moi.

Tout en restant prudent en remontant le couloir, j’avais jeté un coup d’œil dans le coude du couloir, regardant ce qui s’y trouvait. Il y avait là, comme je m’y attendais, un autre aventurier, l’épée dégainée et engagée dans un combat contre un monstre.

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3 commentaires :

  1. Merci pour le chapitre.

    Une goule a t'elle un cœur ? 😅

  2. Merci pour le chapitre !

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