Nozomanu Fushi no Boukensha – Tome 1 – Chapitre 1 – Partie 2

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Chapitre 1 : Compréhension de la situation et de l’évolution existentielle

Partie 2

L’Évolution Existentielle du Squelette vers la Goule avait été la première chose dont j’avais dû parler. Bien que j’avais déjà décidé de cette ligne de conduite, je n’étais pas certain de l’étendue de mes capacités de combat. Après tout, je n’étais qu’un aventurier de classe Bronze qui se trouvait proche des échelons inférieurs de la guilde. J’avais cependant mieux réussi que les aventuriers de la classe Fer, qui étaient les plus récents parmi les nouveaux. Si je devais énoncer objectivement mes prouesses au combat, je dirais qu’abattre un ou deux gobelins et squelettes était faisable, et bien à l’intérieur des limites de sécurité que j’avais. Je pourrais au moins faire ça.

Mais dans ce genre de combat, je ne m’en sortirais pas indemne.

S’il y avait plus de deux ennemis en même temps, ce serait peut-être un peu plus difficile, mais je pourrais quand même gagner en agissant différemment. S’il y avait quatre ennemis, je m’enfuirais certainement, mais s’il y en avait cinq, alors je serais foutu. C’est ainsi que les choses se présentaient à ce moment-ci.

Cependant, il ne serait pas correct de me traiter de faible. Mais disons, je n’avais pas grand-chose à dire à ce sujet, car j’avais commencé mon expérience en tant qu’aventurier il y a seulement dix ans. Mais je m’entraînais dur depuis presque 20 ans, bien avant que je sois un aventurier à part entière. En fait, j’aimerais avoir un peu d’empathie venant des autres pour tout ça — car même si je m’étais entraîné depuis si longtemps, je ne pouvais pas faire grand-chose de plus que ce que je pouvais faire en ce moment.

Si l’on me demandait pourquoi j’avais passé autant de temps et d’efforts à m’entraîner, pour n’avoir rien réalisé de spectaculaire, alors la réponse était très simple : Je n’avais pas assez de réserves de mana, d’Esprit ou de pouvoir divin. De plus, je n’avais pas beaucoup des capacités requises pour contrôler adéquatement mes maigres réserves d’énergie magique. On pourrait dire qu’il s’agit d’une question plus que critique pour tout aventurier en herbe.

Pour le dire franchement, j’apprécierais en vérité quelques éloges pour avoir fait tout ce que j’avais fait jusqu’à présent.

Je suppose que je n’avais pas expliqué ce qu’était la magie, le pouvoir de l’Esprit ou le pouvoir divin. Pour commencer, parlons de la nature du mana. La possession de mana est une condition préalable nécessaire pour lancer des sorts magiques — la source d’énergie magique mystérieuse avec laquelle certains individus naissaient rarement. Si l’on pouvait le dire simplement, ceux qui avaient été bénis par le mana à la naissance étaient capables de conjurer les flammes et le vent sans l’utilisation d’objet, de faire couler l’eau librement provenant de nulle part et de persuader la terre elle-même de se déplacer sous leurs pieds. À plus d’un titre, la magie était une compétence très pratique.

Bien que les rapports différaient entre les différentes races d’êtres sensibles qui peuplaient ces terres, un individu sur 50 environ était né avec le mana dans la race humaine. Ce n’était donc pas un si petit nombre que ça.

Cependant, ceux qui avaient assez de mana et de compétence pour devenir de puissants mages étaient au nombre d’un pour mille — telle était la rareté de cette bénédiction. Cependant, tant que l’utilisateur possédait une certaine quantité de mana, des sorts simples comme la vénérable boule de feu Foteia Borivaas, ou bien la flèche de terre Gie Vieros, pouvaient être lancés sans trop de problèmes. Cependant, pour aller au-delà des sorts d’attaque rudimentaires, il fallait la combinaison susmentionnée de mana et de talents, qui n’était disponible qu’à un humain sur mille en moyenne.

Il valait peut-être la peine de mentionner que, même si j’avais des réserves de mana à la naissance, elles étaient pathétiquement basses — à peine une fraction de ce dont on aurait besoin pour devenir un puissant mage. Après tout, j’avais été incapable de lancer des sorts d’attaque de bas niveau malgré mes longues périodes d’entraînement. Mon manque de talent dans ce domaine était douloureusement apparent.

Cependant, je pourrais conjurer de l’eau pour boire et des braises pour allumer des feux de camp. Pour cela, j’étais reconnaissant, même si ces bénédictions étaient faibles. Pourtant, il était extrêmement regrettable que je ne puisse pas utiliser la magie au combat.

Une explication du pouvoir spirituel, ou Esprit serait peut-être nécessaire. Souvent désigné par une pléthore d’autres noms, tels que « Chakra » ou « Prana », le pouvoir spirituel est la force vitale de tous les êtres vivants.

Contrairement à la magie, l’Esprit est la racine de toute vie, et en tant que telle était disponible à toute personne vivante. Si on l’utilisait bien, on pourrait renforcer son propre corps, augmenter ses attaques et même obtenir une endurance bien supérieure à celle d’un humain moyen. Cependant, comme la plupart des individus avaient inconsciemment utilisé l’Esprit comme un moyen de rester en vie, peu d’entre eux en venaient à réaliser son véritable potentiel.

D’autre part, même si l’on prenait conscience de son propre Esprit, il fallait beaucoup d’entraînement pour l’utiliser adéquatement, en plus d’exiger un talent naturel pour canaliser sa force vitale.

Dans mon cas, je n’avais pas assez de contrôle sur mes réserves spirituelles pour l’utiliser efficacement, même si j’avais pris conscience de son existence. Mais même ainsi, j’avais réussi à amplifier la force d’une seule attaque de 1,5 fois en une seule journée — personnellement, j’avais considéré cette capacité comme ma carte maîtresse. Bien que l’attaque augmentée ait porté une quantité significative de force, elle serait certainement considérée comme un jeu d’enfant pour un pratiquant réel des arts spirituels.

La dernière, mais non la moindre serait une explication du pouvoir divin, ou Divinité pour faire court. Je suppose qu’on pourrait dire que c’est encore plus rare que la bénédiction du mana, car la plupart des individus n’avaient aucune affinité pour elle. On dit que la Divinité était conférée aux humains par des êtres divins, tels que les dieux ou les fées. Le fait d’avoir une réserve de pouvoir divin en soi-même était en effet considéré comme une chose rare, et la plupart des individus qui en avaient fait le bénis se retrouvaient à travailler pour l’église.

Selon la façon dont on l’utilisait, la Divinité était connue pour permettre l’utilisation de sorts de guérison et de purification qui, à un niveau rudimentaire, pourraient être utilisés pour guérir des maladies ou exorciser les morts-vivants. Les utilisateurs possédant de plus grandes réserves de Divinité étaient même capables de purifier de vastes étendues de terres corrompues.

De plus, en raison de sa nature de capacité accordée par les êtres divins, les quelques chanceux qui avaient du pouvoir divin en eux se trouvaient capables de communiquer avec les fées et les dieux. Dans certains cas, ils atteignent même des positions sociales de premier plan.

Dans ce cas, si nous ne parlions que d’un individu ordinaire, ils n’auraient probablement pas une seule trace de Divinité en eux. Mais moi, pour une raison ou une autre, j’avais un fragment de Divinité en moi. Cela étant dit, un fragment restait un fragment, donc des tâches plus grandes me dépassaient complètement.

Si ma mémoire était bonne, ce fragment de Divinité provenait d’un événement de ma jeunesse, où j’avais décidé, pour une raison inconnue, de réparer une sorte de sanctuaire local délabré. Les esprits qui habitaient ce sanctuaire avaient probablement jugé bon de me bénir, et c’était déjà la fin de l’histoire.

Bien que je sois capable d’utiliser un peu les arts divins depuis lors, tout ce que j’avais réussi à faire était de purifier l’eau sale pour qu’elle soit potable. Je pouvais aussi l’utiliser pour nettoyer une plaie de ses infections. Des choses comme la fermeture instantanée des plaies ou la purification d’une terre corrompue étaient, et restaient encore, malheureusement, au-delà de mes capacités.

Il s’agissait toutefois d’une capacité dans la vie quotidienne très pratique. Je me retrouvais très souvent à remercier cette fée ou cet esprit du fond de mon cœur pour le don qui m’avait été accordé.

Et cela concluait ainsi mon explication sur la raison pour laquelle il m’avait été difficile de continuer à progresser en tant qu’aventurier en ayant ces dons et capacités. Après tout, les réserves de mana et de Divinité en moi étaient tellement petites, et même moi je savais que je n’étais pas exactement fait pour l’aventure.

Il valait peut-être la peine de noter que les personnes ayant la capacité d’utiliser les trois capacités étaient extrêmement rares. En vérité, je ne me souviens pas avoir rencontré quelqu’un d’autre comme moi. Malheureusement, le facteur important n’étant pas le nombre, mais le degré de talent et de puissance que l’on possédait, et de ces deux côtés, on pourrait aussi dire que j’avais été extrêmement malchanceux.

La plupart des personnes qui aspiraient à devenir des aventuriers avaient généralement une forte disposition innée à l’une des trois capacités — environ la moitié des aventuriers étaient dans ce cas là. Quelqu’un comme moi, qui n’avais rien de tout ça et qui continuais malgré tout était une curiosité très rare. En fait, des individus comme moi auraient probablement choisi un emploi normal, ne combattant jamais, et vivraient ainsi toute leur vie dans une paix relative. Moi aussi, j’aurais dû le faire, du moins, c’était ce que je pensais rétrospectivement.

Une chose m’avait empêché de faire ce que j’aurais dû faire : le fait que j’avais un grand rêve.

Dès mon plus jeune âge, je l’avais pourchassé, et j’avais continué à le faire — pour devenir un aventurier de la classe Mithril. Je ne pouvais pas abandonner après tout ce temps.

Mais à la suite de mon grand rêve, j’avais semblé avoir fini sous la forme d’un squelette. Bien qu’il n’y ait pas grand-chose à dire à ce sujet pour l’instant, je n’avais pas l’impression de devoir abandonner.

Indépendamment de mon apparence actuelle, je n’étais apparemment pas complètement mort. Bien que je n’avais aucune idée de la raison pour laquelle j’étais encore en vie au début, j’avais l’impression d’être encore là, étant donné que mon corps bougeait encore.

On disait que les humains trouveraient un moyen tant qu’ils seraient en vie. On disait aussi qu’ils étaient capables de réaliser de grands exploits précisément parce qu’ils vivaient. C’était avec cette pensée dans mon esprit que j’avais continué à vivre.

En y repensant, être un squelette n’était pas entièrement une mauvaise chose. Bien qu’il s’agissait d’un énorme problème en soi, en plus du fait que je ne savais pas si j’étais vraiment en vie, je pouvais bouger, et donc je n’étais pas entièrement impuissant. Il n’y avait rien de mal à penser que je pourrais continuer à travailler dur à partir de maintenant, même dans ma forme actuelle.

Juste pour être sûr, j’avais effectué avec les capacités que j’avais quand j’étais « vivant » quelques petits essais. Le mana, l’Esprit et la Divinité semblaient tous fonctionnels, m’ayant apparemment suivi dans l’au-delà. Je sentais que j’en avais plus qu’assez pour continuer avec ces avantages.

Dans tous les cas, je pourrais dire que j’avais un certain avantage face à un monstre de type squelette typique de ce niveau, qui n’aurait certainement aucune de ces capacités. Je pourrais probablement me battre avec ça — c’était plus que suffisant.

Il était également intéressant de noter que, bien que mes aspirations à évoluer vers une Goule semblaient alarmantes, je n’avais pas l’intention de manger de la chair humaine. Je le faisais juste pour obtenir une forme plus humaine.

Quoi qu’il en soit, je ne me souvenais pas que les goules avaient besoin de chair humaine pour se nourrir. Si j’étais contraint de le faire par instinct ou pour d’autres raisons, je franchirais ce pont quand j’y serais arrivé.

Peut-être que je le ferais en secret, ou du moins, trouverais-je un moyen de satisfaire ma faim, car pour l’instant, cela ne valait pas la peine d’y penser. Plus important encore, il était vital de vérifier l’étendue de mes forces au combat et de continuer ma tâche d’évoluer vers une goule.

Pour y parvenir, je devais vaincre les habitants — plus précisément, les monstres — du donjon dans lequel je me trouvais actuellement. Justifier mes actions en le faisant était simple. L’Évolution Existentielle n’était déclenchée que par le fait que les monstres acquièrent plus d’expérience et de force avec le temps —, du moins, c’est ainsi que s’était déroulée l’explication typique en la matière.

Le meilleur exemple de ce type de manuel serait, ironiquement, un Dragon. Les dragons, nés juvéniles et ayant mûri au fil des ans pour devenir un dragon ancien, en étaient une bonne illustration. Cependant, les Dragons étaient des monstres avec une grande capacité latente et une grande puissance dès le départ. Comparés aux Dragons, les squelettes étaient simplement restés des squelettes, quel que soit le temps qui s’était écoulé.

Après tout, les monstres morts-vivants étaient bien morts. Même s’ils passaient des milliers d’années sur place, ils existeraient tout simplement. Les récits de monstres morts-vivants devenant plus forts simplement en se tenant debout sur place étaient pratiquement inconnus.

La logique derrière tout cela était simple : les os étaient des os. Un tas d’os morts ne pouvait pas grandir.

Une fois de plus, je m’étais retrouvé perdu, mais pas pour longtemps. Je devais acquérir de l’expérience, donc je devais me battre.

Il avait été dit que les monstres absorbent la force vitale des autres monstres s’ils tombaient au combat. Cela s’était avéré exact, tant pour les humains que pour les monstres. La différence fondamentale des humains était que les humains, quelle que soit la force qu’ils avaient absorbée en provenance des monstres tués, ils restaient humains. Alors qu’il y avait beaucoup de combattants et d’aventuriers forts et expérimentés, ils étaient encore humains à l’intérieur.

Cependant, les monstres différaient des humains dans cet aspect — après avoir obtenu une certaine quantité d’expérience et absorbée de la force, le monstre typique évoluait vers une forme plus puissante à l’aide dudit phénomène de l’Évolution Existentielle. Sur cette base, il semblerait que mon chemin soit déjà tracé pour moi.

Bien sûr, le problème de savoir si oui ou non j’étais vraiment un monstre restait encore. Mais même ainsi, je pourrais le découvrir facilement par le biais d’une série de combats. Je le considérais comme une condition préalable qui devait être réalisée avant l’évolution.

En tant que telle, ma première tâche avait été de localiser et de vaincre un monstre proche de moi en termes de puissance.

Quant aux monstres que même un simple squelette pourrait vaincre... slimes, gobelins et autres squelettes m’étaient venus à l’esprit. Heureusement, ils se trouvaient tous dans ce donjon. Bien que je me trouvais actuellement dans une section inexplorée du Donjon de la Réflexion de la Lune, je me souviens d’avoir vu un certain nombre de monstres sur le chemin.

Il y avait de multiples théories sur les raisons pour lesquelles les monstres existaient dans les donjons. Cependant, toutes ces théories semblaient s’accorder sur le fait que les monstres réapparaissaient après un certain temps une fois tué. Le phénomène, communément appelé « respawn », verrait les monstres ressusciter après un certain temps, allant de 30 minutes à quelques jours, voire quelques années. En particulier, les monstres faibles dans les donjons pouvaient réapparaître en moins d’une heure.

Bien que je n’aie pas pu déterminer avec précision combien de temps s’était écoulé depuis que j’avais été mangé par le Dragon, j’étais sûr que le temps nécessaire pour que lesdits monstres réapparaissent avait passé depuis longtemps. Après tout, ma mort ne ressemblait pas à une simple période de cinq à dix minutes. Bien qu’il me semblait idiot de penser que mon horloge biologique aurait un sens, étant donné que j’étais actuellement un tas d’os secs, tout ce que j’avais à faire était d’attendre si mon estimation du temps n’était pas respectée.

En gardant cela à l’esprit, j’étais reparti vers le chemin d’où j’étais arrivé, ayant jugé que c’était le moyen le plus rapide de rencontrer un autre monstre. Soulevant mes pieds osseux, j’avais commencé à marcher, retournant sur le sentier usé avec une série de pas lourds.

Cependant, en essayant de bouger, j’avais découvert que mon corps était douloureusement lourd — j’avais supposé en tant que tel que je ne pouvais pas me battre comme je pouvais le faire de mon vivant. Cependant, le fait que je pouvais bouger avait rempli mon cœur de soulagement.

Bien que je sois actuellement le plus faible dans la hiérarchie globale des monstres, j’étais toujours considérablement plus rapide et plus fort qu’un humain moyen. Je ne pouvais qu’espérer que cela fonctionnerait d’une manière ou d’une autre, mais cela aurait pu être tout simplement un optimisme sans fondement de ma part.

En ce qui concernait mes armes, je m’étais retrouvé encore équipé de mon épée à une main bien usée de ma vie antérieure ainsi que de mon armure, donc il n’y avait pas de problèmes dans la section équipement. Cependant, tous les autres aspects de mon potentiel de combat devraient être testés sur le terrain.

Il ne m’avait pas fallu longtemps pour croiser le chemin d’un autre monstre, ce qui m’avait pris environ cinq minutes après le début de ma quête. Mon adversaire, pour le meilleur ou pour le pire, était comme moi, mais sans armes ou armure — un autre squelette.

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3 commentaires

  1. Merci pour le chapitre !

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