Neechan wa Chuunibyou – Tome 1 – Chapitre 2

***

Chapitre 2 : La vampire est en train de mourir quelque part par là

***

Chapitre 2 : La vampire est en train de mourir quelque part par là

Partie 1

La petite fille, Mutsuko, regardait attentivement Yuichi.

Ils étaient assis sur le porche d’une maison japonaise classique de campagne. C’était la maison dans laquelle ils avaient vécu quand Yuichi était encore un petit enfant.

C’était la nuit, mais le porche était éclairé par la douce lueur d’une pleine lune se trouvant au-dessus d’eux.

C’était à la fin de l’été. Le bourdonnement des insectes était bruyant autour d’eux.

« Maman et papa n’y arriveront pas, » déclara-t-elle.

Yuichi ne comprenait pas ce qu’elle voulait dire, mais étant enfant, il avait supposé qu’il s’agissait de quelque chose de mortel.

Si sa grande sœur géniale, qui savait tout et pouvait tout faire, l’avait dit, cela devait être vrai.

Mais ce n’était pas une raison pour l’accepter.

« Pourquoi cela ? » demanda Yuichi.

« Un jour, il y aura un changement drastique... une catastrophe. Maman et papa ne pourront pas le supporter. Les adultes ne peuvent jamais le faire. Ils ne sont pas équipés pour faire face à des changements drastiques dans leur vie, » déclara-t-elle.

Yuichi avait vu son visage se plisser, alors que des larmes coulaient le long de ses joues. C’était trop. L’idée de ne plus jamais revoir ses parents bien-aimés était comme un pincement dans son cœur.

Elle avait continué avec un ton lugubre. « Je sais que ça fait mal de l’entendre, mais je ne peux le dire qu’à un certain nombre de personnes. Alors je t’ai choisi, » elle ne plaisantait pas.

« Yori... Et Yori ? » Il regarda leur petite sœur, Yoriko, qui dormait envelopper dans une couverture en tissu.

« Yori... elle n’y arrivera peut-être pas non plus, » Mutsuko avait réduit la force de ses paroles.

« Pas question ! Comment peux-tu dire ça ? Elle est encore si petite ! Ce n’est pas juste ! » déclara Yuichi.

« ... je ne pense pas qu’elle sera capable de le supporter..., » déclara sa grande sœur.

« Ne t’inquiète pas ! Je vais battre ce stupide chat... ce stupide chat tastophe ! Je te protégerai, toi, Yori, papa, maman et tout le monde ! » Yuichi avait fait un saut audacieux hors du porche, jetant un poing en l’air alors qu’il prêtait serment.

Les yeux de Mutsuko s’étaient remplis de larmes, émues par sa promesse courageuse.

« Eh bien... c’est exact. Ce n’est pas comme moi... Je ne suis pas du genre à me figer face au désespoir. D’accord ! Laisse ça à ta grande sœur ! Je vais te faire..., » déclara-t-elle.

Et c’était à ce moment-là qu’il s’était réveillé.

« C’était... un rêve, n’est-ce pas ? » Il pensait se souvenir de quelque chose, mais cela s’était volatilisé dès qu’il s’était réveillé. Le souvenir était maintenant flou, à des millions de kilomètres...

Il s’était assis et avait regardé par la fenêtre. Il faisait encore nuit dehors.

Il s’était retourné dans son lit pendant des heures, mais il avait fini par s’endormir. Mais maintenant qu’il était réveillé, ce n’était pas bon. Il n’arriverait pas à se rendormir. Il s’était alors dirigé vers le couloir, puis il était allé vers la porte de Mutsuko et avait frappé. Elle était la seule personne à qui il pouvait parler de la cause de son insomnie : sa « vision ».

Une partie de lui s’attendait à ce qu’elle dorme déjà, mais elle avait tout de suite répondu à la porte.

Elle était dans une tenue chinoise connue sous le nom de pao — communément appelé « vêtements de kung-fu » — qu’elle portait apparemment en pyjama. « Est-il temps de parler des jeux fétichistes sur les grandes sœurs !? » avait été la première chose qui était sortie de sa bouche.

« Non ! Et pourquoi tu veux ça ? » demanda Yuichi.

« Eh bien, je serais inquiète si c’était des jeux fétichistes de petites sœurs, » déclara Mutsuko.

« Ce n’est ni l’un ni l’autre ! » déclara-t-il.

« Oh, eh bien. Entre ! » déclara sa sœur.

Elle lui avait fait signe de rentrer et il s’était assis une fois de plus à côté du kotatsu. La pièce était toujours aussi encombrée.

« Hé... rappelle-moi ce que signifie “catastrophe” ? » demanda-t-il.

« Il s’agit d’une théorie mathématique. Elle est utilisée pour décrire des systèmes ordonnés perturbés par des phénomènes chaotiques abrupts et aléatoires. Il peut aussi faire référence à un changement désastreux dans une vie quotidienne... C’est ce que tu es venu me demander ? » demanda sa sœur.

« Oh, non, ce n’est pas important. Je suis venu te demander... comment l’as-tu appelé, mon lecteur d’âme ? Je commence à voir des choses encore plus bizarres..., » déclara-t-il.

Yuichi avait décrit sa première journée à l’école.

Bien sûr, il avait laissé de côté sa rencontre avec la « Tueuse en Série », Natsuki Takeuchi. Son affirmation selon laquelle elle massacrerait tout le monde à l’école s’il en parlait pesait lourdement sur lui. Et vu ce qui s’était passé au petit déjeuner ce matin-là, il doutait que Mutsuko puisse garder un secret. Il ne pouvait pas le lui dire.

« Très intéressant ! » Les yeux de Mutsuko brillaient.

« Euh, pourrais-tu, s’il te plaît, ne pas appeler ça intéressant ? » demanda-t-il.

« Alors les étiquettes ont changé ? » demanda Mutsuko.

« Ouais. Au début, ils ont tous dit “Camarade de Classe”, mais ensuite ils ont commencé à changer pour des trucs comme “As du But”, » répondit-il.

« Et puis tes yeux ont commencé à te faire mal, et tu as commencé à voir des trucs effrayants comme “Zombie” et “Vampire” ? Y avait-il aussi des extraterrestres, des voyageurs temporels ou des médiums ? » demanda-t-elle.

« Rien d’aussi étrange, du moins pour l’instant..., » bien qu’il ne puisse pas prétendre qu’un extraterrestre était plus étrange qu’un zombie.

« Eh bien, tu les verras bien assez tôt ! » déclara sa sœur.

« J’espère vraiment que non... Alors, ça te dit quelque chose ? » demanda-t-il.

« Bonne question. D’après ce que tu m’as dit avant, les mots semblaient représenter quelque chose au sujet de la relation d’une personne envers toi, mais..., » commença-t-elle.

« Je ne vois pas ce que “Sorcière” et “Vampire” auraient à voir avec moi, » protesta-t-il.

Bien sûr, « Grand Sœur » et « Ami » avaient décrit les relations avec Yuichi, mais la plupart des étiquettes ne correspondaient pas du tout à ce schéma.

« Je vois... ça veut dire qu’on est dans l’acte 2 ! Tu as atteint une nouvelle étape de tes capacités ! Mais pour ce qui est de ce que les étiquettes signifient maintenant... Hmm, j’aimerais que nous puissions obtenir un échantillon plus large... C’est presque comme le contenu de leur âme... Leur personnalité ou quelque chose comme ça..., » Mutsuko s’éloignait à nouveau dans son propre petit monde.

« Hé, reste avec moi, » déclara-t-il.

« Oh, désolée. Alors, que dit mon étiquette ? Comme avant ? » demanda-t-elle.

« C’est toujours écrit “Grande Sœur”, » répondit-il.

« Qu’est-ce que c’est que ça ? Pourrais-tu au moins me donner une étiquette plus intéressante ? » déclara sa sœur.

« Ce n’est pas ma décision ! » s’exclama Yuichi.

« Je vais réfléchir à ce que veut dire le Lecteur d’Âme... mais sois prudent, d’accord ? Tu pourrais commencer à voir des choses que certaines personnes préfèrent ne pas voir. Et s’ils savent que tu peux les voir, ils pourraient s’en prendre à toi, » déclara-t-elle.

Yuichi avait dégluti. Il ne pouvait s’empêcher de penser à la « Tueuse en Série », Natsuki Takeuchi.

« Voyons, comme si ça pouvait arriver. Ce n’est pas vraiment des zombies ou des sorcières, alors pourquoi m’attaqueraient-ils ? » demanda Yuichi.

« Qu’est-ce qui te fait penser ça ? » demanda sa sœur.

« Et bien, la société ne pourrait pas fonctionner avec toutes ces créatures bizarres..., » il avait essayé de le dire pour se convaincre lui-même, mais les mots lui semblaient creux.

« Vraiment ? Je me suis dit qu’ils pourraient faire en sorte que ça marche, tant qu’ils vivent tous incognito, » déclara sa sœur.

Natsuki avait aussi dit quelque chose comme ça. Sans la vision comme celle de Yuichi, qui le saurait ?

« Il n’y a probablement pas de quoi s’inquiéter. Tant que tu ne dis à personne ce que tu peux voir, les gens qui cachent leur identité n’auront aucune raison de s’en prendre à toi, » déclara-t-elle.

Yuichi avait été choqué. Natsuki était déjà après lui, et elle savait déjà pour le Lecteur des Âmes...

« Qu’est-ce qui ne va pas ? » demanda sa sœur.

« Oh, rien. J’ai compris, je ne le dirai à personne, » déclara Yuichi.

Yuichi était retourné dans sa chambre et il avait pris du temps pour se rendormir.

♡♡♡

Quelques jours s’étaient écoulés depuis ce premier jour à l’école.

Comme d’habitude, Yuichi était venu en classe.

Il avait regardé les bureaux et les étiquettes étaient toujours les mêmes.

« Protagoniste de Jeu de Drague » et « Amie d’Enfance de Jeu de Drague » étaient comme d’habitude collés l’un à l’autre. « Tueuse en Série », « Vampire » et « Fausse » ricanaient à propos de quelque chose. « Anthromorphe », la fille riche, se faisait entourer par les groupies qui s’étaient déjà rassemblées autour d’elle. L’inquiétante « Sorcière » regardait « Le Bien-Aimé de la Sorcière ».

La panique initiale de Yuichi à l’idée d’être entraîné dans quelque chose d’incroyable s’était calmée au fur et à mesure que ses journées s’installaient dans la routine. En d’autres termes, il ne s’était rien passé. Il n’y avait eu aucun incident suspect.

La « Tueuse en Série » Natsuki Takeuchi n’était pas venue vers lui, et ils n’avaient pas interagi au-delà des plaisanteries superficielles attendues de leurs camarades de classe. Leur relation n’était rien de plus que cela.

« Vampire », « Zombie » et « Anthromorphe » semblaient n’être que des étudiantes ordinaires.

Leur nature étrange était évidente aux yeux de Yuichi, mais apparemment, pas pour les autres. Même si elles l’étaient, la politique semblait être « vivre et laisser vivre ».

Donc je suis le seul à vivre dans la peur d’un tueur en série, hein ? Se demanda-t-il.

C’était absurde. Tout était en paix autour de lui, mais parce qu’il n’arrêtait pas de voir les étiquettes, il ne pouvait pas ne pas y penser.

Shota s’approcha de lui alors qu’il était perdu dans ses pensées. « Hé, ta grande sœur est super mignonne ! » Sa voix était remplie d’excitation. Il avait dû voir Mutsuko quand elle et Yuichi allaient à l’école ensemble.

« Oui, les gens disent ça d’elle, » mais avant que Yuichi puisse ajouter qu’il ne pouvait pas vraiment être objectif sur le sujet, il sentait que quelqu’un le regardait.

Il avait jeté un coup d’œil sur le siège à gauche et devant lui. Le regard appartenait à la « Sorcière », An Katagiri. Il perçait étrangement entre les trous de sa longue frange. Elle n’avait pas interagi avec lui, mais le regarder comme ça de temps en temps lui faisait encore ressentir des frissons dans toute sa colonne vertébrale.

Fous-moi la paix ! J’ai assez d’ennuis avec la tueuse en série ! pensa-t-il.

Heureusement (enfin, pour lui), son attention était généralement concentrée sur Takuro sur le siège à côté du sien. Yuichi se détacha de son regard et regarda de nouveau devant lui.

Il voulait aider Takuro, mais il craignait que son ingérence ne cause plus d’ennuis. Et de toute façon, elle ne lui faisait rien d’aussi horrible de ce que Yuichi pouvait voir. Tout ce qu’elle avait fait, c’était le fixer, lui parler à l’occasion et lui apporter des boîtes à lunch.

Yuichi avait parfois jeté un coup d’œil dans les déjeuners pour voir s’il y avait des signes suspects, mais non. Pas de triton rôti ou de racines sculptées pour ressembler à des humains. Juste des déjeuners faits à la main. Donc pour l’instant, il se contentait de regarder et d’attendre.

Bien sûr, si jamais Takuro était en danger, il essaierait d’intervenir... mais pour l’instant, c’était entre les deux « tourtereaux ». Il n’avait rien pu faire pour l’arrêter.

« Hé... Il se passe quoi avec cette nana ? » chuchota Shota à Yuichi, remarquant apparemment le regard effrayant d’An.

« Comment le saurais-je ? » Il ressentait la même chose, mais cela ne rendait pas la réponse plus facile.

♡♡♡

Après la classe, Yuichi avait été sur le toit, et avait regardé la cour entre les quatre bâtiments de l’école, profondément plongé dans ses pensées. Cette vue l’avait calmé pour une raison inconnue. C’était peut-être la verdure.

Les gens n’allaient pas très souvent sur le toit, alors c’était l’endroit parfait pour avoir une réflexion tranquille et agréable. Et comme toujours, l’objet de ses pensées était Natsuki Takeuchi.

Elle avait dit qu’elle ne tuerait pas des personnes qu’elle connaissait, mais elle avait aussi dit qu’elle tuait des individus tous les jours. Et si elle avait tué quelqu’un récemment ?

Ce n’était pas une bonne chose à faire, mais il ne lui semblait pas juste de la laisser faire ainsi.

Elle avait dit que si son identité était révélée, elle tuerait tout le monde et s’enfuirait. Et si c’était révélé d’une autre façon ? Il aurait besoin d’une contre-mesure en tête au cas où ça arriverait.

Mais la vraie question est... comment arrêter un tueur en série ? Se demanda-t-il.

Si elle n’était qu’une lycéenne normale, il pourrait probablement la battre lors d’une bagarre. Mais il y avait clairement plus que ça chez elle.

Le lendemain du jour où elle avait sauté par la fenêtre, il avait inspecté le mur à l’extérieur des toilettes. Il y avait eu une longue ligne, menant de la fenêtre au sol. Elle avait dû enfoncer quelque chose dans le mur pour ralentir sa descente. Aucune lycéenne normale ne pourrait faire ça.

Il ne pouvait pas vraiment savoir exactement ce qu’elle avait fait. Elle avait dû enfoncer une sorte de lame, alors il avait supposé que son arme de prédilection était le couteau, mais il pourrait s’agir d’autre chose.

J’aurais peut-être dû en parler à Mutsuko..., se demanda-t-il.

L’une de ses camarades de classe était une tueuse en série. Que dirait Mutsuko s’il lui disait ça ?

Elle sourirait et poserait des millions de questions..., bien sûr. Et il était évident quant à ce qui allait suivre : Elle voudrait qu’il combatte la tueuse en série.

Il ne voulait pas faire ça. Pourtant, garder tout ça pour lui était difficile. Il voulait un confident.

Il s’était demandé qui serait le confident idéal. Il fallait quelqu’un aux lèvres serrées, avec la puissance de combattre le tueur en série s’il le fallait.

Comme si quelqu’un comme ça allait me tomber dans les bras..., pensa-t-il.

Yuichi soupira.

Qui croirait qu’il y avait un tueur en série dans leur classe ? Personne d’autre que sa grande sœur.

Les pensées de Yuichi tournaient en rond.

À ce moment-là, il avait remarqué qu’une étiquette planait dans la cour.

C’était la « Vampire ». Ça bougeait. Il n’avait jamais vu une étiquette bouger toute seule.

Il avait mis ses yeux à rude épreuve jusqu’à ce qu’il puisse distinguer une forme floue sous l’étiquette, et là, il s’était finalement rendu compte qu’il s’agissait d’une personne. Plus précisément, une fille.

Cela doit être Aiko Noro, avait-il réalisé. La fille de sa classe.

Il était difficile de dire ce qu’elle faisait à cette distance, mais il y avait quelque chose d’étrange. Elle semblait faire des cercles dans toute la cour. Au début, il avait supposé qu’elle s’entraînait, mais il s’était rendu compte que ce serait une chose étrange à faire dans son uniforme scolaire. Il y avait aussi un air étrangement désespéré en elle.

Qu’est-ce qui se passe ici ? Se demanda-t-il.

Yuichi avait sorti des jumelles de son sac. C’étaient des jumelles militaires avec une vision nocturne, et il ne les transportait pas par choix. C’était une autre chose que Mutsuko lui avait fait subir.

Il avait utilisé les jumelles pour voir de plus près.

Le visage d’Aiko était tordu par la peur. Elle n’arrêtait pas de regarder derrière elle comme si elle était poursuivie, bien que Yuichi ne puisse rien voir derrière elle.

Soudain, quelque chose avait attrapé sa jambe, et elle était tombée. Une mare de sang avait commencé à se répandre autour d’elle.

 

 

« Euh !? » Yuichi avait saisi son sac et il était parti en courant.

***

Partie 2

Aiko était allongée sur le sol, criant en raison de la douleur.

Le sang coulait depuis l’intérieur de sa cuisse et il s’accumulait sur le sol.

Un squelette portant des vêtements en lambeaux était sorti de la terre. Sa main était tachée de sang. Cela devait être ce qui l’avait coupée.

L’école était finie. Elle était dans la cour, et elle avait été attaquée par un monstre de type squelette. C’était seulement en fin d’après-midi, mais le ciel était d’une noirceur totale. L’irréalité puissante de la situation n’avait fait qu’ajouter à son sentiment d’impuissance.

Il faut que je m’en aille, pensa-t-il.

Elle ne pouvait même pas se lever, mais elle avait essayé de le faire de toutes ses forces afin d’avoir une certaine distance entre eux.

Un autre coup comme cela pourrait la tuer. Mais pour une raison inconnue, l’attaque n’avait pas eu lieu.

Peut-être était-elle en sécurité ? Elle avait levé les yeux afin de voir la situation.

Les squelettes étaient là. Il y en avait quatre : celui qui venait de sortir de terre et les trois qui la pourchassaient. Ils n’avaient rien fait d’autre que de rester là, à regarder Aiko avec leurs orbites vides.

Un garçon d’un an ou deux plus âgé qu’elle se tenait derrière eux.

Il était blanc comme un linge et, pour une raison inconnue, il semblait avoir peur. C’était peut-être la vue du sang qui coulait sur le sol.

« Q-Qu’est-ce qui se passe ici ? Ce n’était pas le marché ! Explique-moi ceci ! » cria le garçon en colère au chaton noir sur son épaule. Le chaton avait miaulé en réponse, le son semblant complètement déplacé dans la situation.

« Est-il possible qu’elle soit juste humaine ? Mais ça veut dire..., » déclara le garçon.

Leurs yeux s’étaient croisés pendant un moment, pendant lequel elle l’implorait silencieusement de s’arrêter.

Mais ce geste n’avait fait que restaurer sa bravoure. Il avait remarqué que ses yeux étaient devenus rouges.

« Ah ha ! Je vois. Donc tu n’es vraiment pas humaine ! Eh bien ? Es-tu sur le point de me donner tout ce que tu as ? » demanda l’étudiant.

Mais elle n’était pas sur le point de donner quoi que ce soit. Elle n’avait pas tourné les yeux rouges intentionnellement. Cela ne signifiait pas une ruée soudaine vers la puissance. C’était juste sa régénération vampirique qui s’activait pour arrêter la perte de sang.

Aiko était terrifiée. Quelqu’un était sur le point de la tuer pour des raisons qu’elle ne comprenait pas. C’était comme dans un cauchemar, et tout ce qu’elle voulait faire, c’était de se réveiller.

L’hésitation du garçon s’était dissipée, et la méchanceté dans ses yeux l’avait paralysée. Il n’y avait pas d’issue. Elle ne savait pas comment utiliser ses pouvoirs de vampire. C’était trop d’espérer qu’ils se réveilleraient miraculeusement.

« Les monstres sont des monstres. Ils devraient tous retourner à la poussière. N’es-tu pas d’accord ? » cria le garçon.

À la suite de ses paroles, les squelettes avaient entouré Aiko. Leurs mains s’étaient placées comme des lames. Il n’y avait plus vraiment d’issues maintenant.

Aiko ferma les yeux. Elle ne pouvait pas affronter la mort avec courage. Elle ne voulait pas mourir.

Mais ce qui était arrivé ensuite n’était pas le choc d’avoir été transpercée. Quelqu’un avait enroulé un bras autour de sa taille, l’avait soulevée et l’avait portée.

Aiko avait lentement ouvert les yeux, inclina sa tête et leva les yeux.

Il s’agissait d’un garçon. Il tenait un sac sur un bras et elle sur l’autre.

 

♡♡♡

 

Yuichi sauta aux côtés d’Aiko, la souleva d’un bras et se mit à courir.

« Qu’est-ce qui se passe ici ? » murmura Yuichi,

Le ciel était noir comme de l’encre. Des créatures bizarres attaquaient Aiko. Rien de tout cela n’avait de sens. Mais son objectif principal pour l’instant était de s’enfuir. Aiko avait été blessée. Il devait donc la mettre en sécurité avant de pouvoir traiter le reste.

Il pensait que courir tout droit l’amènerait directement dans le bâtiment de l’école, mais l’instant d’après, il se dirigeait vers le centre de la cour.

Alors, c’est donc ça, pensa-t-il.

Cela expliquait pourquoi Aiko semblait tourner en rond dans toute la cour. Elle essayait de s’échapper, mais ne pouvait pas le faire.

Yuichi s’était arrêté.

Dans l’obscurité de la cour se tenaient quatre squelettes vêtus de haillons. Ils étaient froids, et leurs mains, comme des lames, s’enfonçaient dans le sol.

Ils ne ressemblaient pas à des cosplayeurs. Ils étaient tout à fait capables de se tenir debout, même s’ils n’avaient pas de muscles ou de tendons qui maintiennent leurs os ensemble. Les joints n’étaient même pas connectés. Il y avait clairement quelque chose de surnaturel à l’œuvre ici.

Derrière les squelettes se tenait un garçon en uniforme scolaire. Il avait une longue frange qui cachait son visage, des gants noirs sans doigts sur les deux mains et un chaton noir sur son épaule.

Qui est ce type ? se demandait-il. Mais il n’avait pas eu à se demander longtemps.

« Apprenti Chasseur de Monstres. »

Il s’agissait de l’étiquette au-dessus de la tête du garçon, une étiquette que Yuichi n’avait jamais vue auparavant. L’« Apprenti Chasseur de Monstres » poursuivait Aiko, la « Vampire ». Il y avait une certaine logique naturelle à cela.

Qu’est-ce que je fais ? Je ne peux pas abandonner Noro comme ça, mais s’ils essaient autre chose..., pensa-t-il.

« Impossible... Comment es-tu arrivé ici ? J’ai érigé une barrière... les humains ne devraient pas pouvoir entrer..., » déclara l’apprenti.

Alors qu’Yuichi était perdu dans ses pensées, le garçon avait commencé à parler au chaton sur son épaule.

« Retire-toi !? Pourquoi ? ... Merde ! Bien ! » Le garçon avait pesté en raison de sa frustration, puis s’était enfui dans le bâtiment de l’école aussi vite que ses jambes pouvaient le porter.

Yuichi le regarda partir avec perplexité, mais décida finalement d’allonger Aiko sur le sol pour vérifier son état.

Aiko le regarda lentement avec des yeux rouges non focalisés.

Hein ? Il s’était débarrassé du choc de cette vision. Ce n’était pas le moment d’être distrait par la couleur de ses yeux. Le visage d’Aiko était pâle et couvert de sueur froide. Sa respiration était irrégulière. Les mots « choc hypovolémique » lui étaient venus à l’esprit.

Elle saignait depuis l’intérieur de sa cuisse. Le taux de perte suggérait des dommages à l’artère fémorale.

Heureusement, Yuichi avait un garrot dans son sac et quelques connaissances rudimentaires en premiers soins.

Il avait soulevé la jupe d’Aiko.

« Hé ! Qu’est-ce que tu fais ? » Aiko était sortie de son étourdissement avec un cri de panique.

« Je veux arrêter l’hémorragie. Je dois me concentrer, alors tais-toi un peu, » déclara Yuichi.

Il avait vérifié la blessure. La blessure qu’elle avait était trop grande pour appliquer une pression directement, mais pour une raison inconnue, le saignement semblait ralentir. C’était étrange, mais Yuichi continua néanmoins son travail, liant le garrot à l’endroit où sa jambe rencontrait sa hanche.

L’instant d’après, le ciel sombre était redevenu clair.

« Eh bien, ça devrait le faire. Ça va, Noro ? » demanda Yuichi.

L’obscurcissement et l’éclaircissement soudain du ciel étaient vraiment étranges, mais au moins le danger semblait être passé.

« Est-ce bien Sakaki... oui ? » demanda-t-elle, comme pour le confirmer. Il se souvint soudain qu’ils n’avaient jamais eu une conversation convenable auparavant.

« Oui, c’est moi. Tu es Noro, c’est ça ? Que s’est-il passé ici ? » demanda-t-il.

« Euh... Désolée. Je n’en suis pas sûre non plus, » Aiko s’était soudainement mise à trembler lorsque l’expérience terrifiante avait commencé à se répéter dans son esprit.

Yuichi voulait donner à Aiko le temps de se calmer, mais il savait qu’ils ne pouvaient pas attendre trop longtemps. Il devait consulter un médecin pour les blessures d’Aiko. Une fois qu’elle semblait assez stable, il parlait.

« Prête à bouger ? On doit aller à l’hôpital. Cette blessure a l’air vraiment grave... ça fait mal ? » demanda-t-il.

Yuichi s’était soudain rendu compte que quelque chose d’autre était étrange — Aiko agissait plus ou moins normalement. Une blessure comme ça aurait dû faire très mal, non ? Mais Aiko semblait complètement à l’aise.

« Hein ? Oui, bien sûr que ça fait mal. Oui, un hôpital ! Ouais ! Allons à l’hôpital ! » Aiko s’était relevée, puis avait détourné son visage pour l’empêcher de rencontrer ses yeux.

Yuichi releva à nouveau sa jupe pour voir s’il devait desserrer le garrot. Ce n’était pas bon de le laisser serré trop longtemps.

« Hé... ça ne te dérange vraiment pas de remonter ma jupe, non ? » demanda-t-elle.

Yuichi n’avait pas eu le temps d’hésiter ou de se mettre dans l’embarras. « C’est là que tu es blessée. Qu’est-ce que je suis censé faire d’autre ? » Il pensait qu’il devrait noter le moment où il avait appliqué le garrot pour la première fois, quand il avait été ébranlé dans ses pensées par la vue renouvelée de sa blessure. La blessure était presque complètement fermée.

« Noro... que se passe-t-il ? » demanda-t-il.

C’était clairement contre nature. Même une égratignure mineure ne guérirait pas aussi vite.

« Euh..., » Aiko détourna les yeux des siens. Son teint était redevenu normal et sa respiration s’était stabilisée. Elle s’était complètement rétablie.

Après un moment de réflexion, Yuichi se souvient de son premier aperçu de ses yeux. Ils étaient de la couleur du sang. Ils étaient maintenant de retour à leur sépia habituelle, mais il était sûr de les avoir vus. Il aurait été difficile d’oublier quelque chose d’aussi choquant.

Donc elle est vraiment..., pensa-t-il.

« Après tout, je crois que tu n’as pas besoin d’aller à l’hôpital, » déclara-t-il.

« Ouais, on dirait, hein ? Je suppose que c’est déjà guéri... Oh ! Mais ces choses bizarres sont toujours là ! » Aiko avait rapidement changé de sujet, pointant du doigt derrière Yuichi.

« Euh ? ... Ouais, c’est quoi ces choses ? » demanda-t-il.

Les quatre squelettes étaient toujours là. Il n’y avait plus d’attitude malveillante chez eux. Leur maître étant parti, ils semblaient s’être mis en attente.

« Ce sont des fantômes ou quelque chose comme ça ? » demanda-t-il.

« Tu crois qu’on peut les laisser ici ? » demanda-t-elle.

« Je ne sais pas. Ils pourraient ne pas s’en aller..., » déclara Yuichi.

Ce serait probablement mauvais si quelqu’un les trouvait. Yuichi avait fouillé dans son sac et avait sorti une petite bouteille. Il l’avait déplacé jusqu’à un squelette et avait saupoudré son contenu sur lui.

« ... Aucun effet réel, » déclara-t-il.

« Qu’est-ce que c’est ? » demanda-t-elle.

« De l’eau bénite... d’après ce qu’on m’a dit. Peut-être que ça ne marche que si tu es chrétien, » répondit Yuichi.

Il songeait à en faire tomber un, mais ils étaient si sales que son esprit s’était rebellé à l’idée de les toucher.

« Hmm, qu’est-ce que je pourrais essayer d’autre... ? A... va... lo... ki... te... sva... ra... Bo... dhi... satt... va... quand... pratiq... quer... prof... ond... ement..., » Yuichi avait commencé à réciter le Soutra du Cœur. Peut-être qu’il s’agissait d’esprits perdus qui avaient besoin d’aller de l’avant ou quelque chose comme ça.

« Eek! »

Il s’était retourné pour faire face au cri derrière lui et avait remarqué qu’Aiko grinçait.

« Hein ? » s’exclama-t-il.

« Hé ! Qu’est-ce que tu fais ? » Aiko marcha vers Yuichi, soudain enragée.

« Qu’est-ce que je suis... oh. Est-ce que les vampires détestent les soutras ou quelque chose comme ça ? Désolé, » déclara-t-il.

Aiko s’était soudainement figée.

« Ah, » Yuichi s’était soudain rendu compte qu’il avait lâché le mot « vampire » de manière désinvolte. Qu’est-ce que je suis, stupide !? D’abord j’ai un tueur en série sur mon dos, et maintenant il y aura une vampire !

« Qu-Qu-Qu-Qu-Qu’est ce que tu dis !? » Aiko était clairement en panique.

« Euh ? B-Bonne question ! Qu’est-ce que j’ai dit ? » demanda-t-il.

Contrairement à Natsuki Takeuchi, elle ne semblait pas du genre à le menacer pour avoir appris son identité, alors il avait essayé de voir jusqu’où il pouvait aller en jouant les idiots.

« V-Vraiment ? J’ai peut-être mal compris ! Hahahahaha ! Eh bien, je vais y aller ! » Elle se retourna, comme si elle s’apprêtait à partir.

« Attends ! » déclara-t-il.

« Q-Quoi ? » demanda-t-elle.

« Vas-tu rentrer chez toi dans cet état ? » demanda-t-il.

L’apparence d’Aiko était vraiment horrible. Elle était couverte de sang de la tête aux pieds.

« Oh... non..., » Aiko s’était affaissée lamentablement quand elle s’était rendu compte de l’état dans lequel elle se trouvait.

« Tiens, mets ça par-dessus, » Yuichi enleva son blazer avant de l’offrir à Aiko. Avoir quelque chose pour le couvrir devrait au moins l’aider.

« E-Euh, merci, » déclara la jeune femme.

« Pourrais-je au moins t’emmener au bureau de l’infirmière ? Ils ont peut-être des vêtements de rechange, » demanda-t-il.

« Je ne sais pas... si l’infirmière me voit..., » Aiko n’avait pas l’air d’accord avec l’idée.

« Alors... et si on s’arrêtait chez moi ? C’est tout près, et tu peux emprunter quelque chose à ma sœur, » déclara Yuichi.

« N-Non, c’est bon. Ma maison n’est pas si loin. Merci de m’avoir prêté la veste. Je vais la laver et te la rendre ! » déclara Aiko.

Aiko avait recommencé à s’éloigner, mais juste avant de sortir de la cour, elle s’était arrêtée, avait fait volte-face et s’était approchée de Yuichi.

« Hey ! » déclara-t-elle.

« Qu’est-ce qu’il y a ? » demanda Yuichi.

« N’as-tu pas réellement dit “vampire” ? » demanda-t-elle.

« ... l’ai-je fait ? Es-tu sûre que c’est ce que j’ai dit ? » Yuichi avait encore essayé son excuse. Il avait supposé qu’ils préféreraient tous les deux faire comme si rien ne s’était passé, mais il semblait qu’Aiko n’était pas d’accord avec cette idée.

« Oui, je l’ai entendue. Maintenant que j’y pense, je ne peux pas laisser passer ça ! Pourquoi as-tu dit ça ? Qu’est-ce qui t’a fait penser à “vampire” ? » demanda-t-elle.

Yuichi s’était rendu compte que c’était futile de continuer ainsi, alors il avait décidé de l’admettre. « Eh bien, ta blessure a guéri si vite... »

« Arg ! » elle lâcha un petit cri.

« Et tes yeux étaient rouges..., » continua-t-il.

« ... Mais est-ce vraiment une raison d’appeler quelqu’un un vampire ? » demanda-t-elle.

« Je sais. Je suis désolé. Je n’aurais pas dû t’appeler vampire simplement à cause de ça. Je regrette de l’avoir dit, et je ne dirai à personne ce qui s’est passé ici aujourd’hui. Est-ce suffisant ? » demanda Yuichi.

« Non, ça ne l’est pas... Après tout, pourrais-je passer chez toi ? Je pense qu’il faut qu’on parle, » demanda-t-elle.

Une réflexion plus claire avait dû faire réaliser à Aiko les trous dans l’histoire de Yuichi.

Et ainsi, ils s’étaient ensemble dirigés vers sa maison.

***

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

Un commentaire

  1. Merci pour le chap ^^

Laisser un commentaire