Mushoku Tensei (LN) – Tome 9 – Chapitre 7 – Partie 2

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Chapitre 7 : Poussée décisive

Partie 2

« Donc vous dites que je ne peux pas le séduire avec mon corps ? »

« Tu peux essayer. Mais ça ne marchera pas. »

Je dois admettre qu’entendre ça m’avait fait un peu mal. D’habitude, les insultes de Luke ne me dérangeaient pas du tout, mais en ce moment, je n’avais pas du tout confiance en mon propre attrait.

« Cependant… si tu le convaincs de boire ça, tu as une chance. »

Luke m’avait tendu une petite bouteille qui tenait parfaitement dans la paume de ma main. Je l’avais regardé avec confusion.

« C’est quoi ce truc, Luke ? »

« Un puissant aphrodisiaque qui revigore et excite toute personne qui le boit. »

« Un aphrodisiaque ? ! »

Luke hocha profondément la tête.

« Il a été fabriqué il y a des années, dans la région de Fittoa, à partir des pétales de la fleur de Vatirus. La méthode de fabrication n’était connue que du Seigneur féodal de Roa, qui en monopolisait la vente. Après la disparition de la région de Fittoa, toute production a cessé. Je crains que personne ne sache plus comment la fabriquer. En d’autres termes c’est un produit très rare. Son prix de vente actuel dépasse les 100 pièces d’or par bouteille. »

Quand Luke l’avait acheté, elle valait environ quinze pièces d’or Asura. Il en avait acheté cinq à l’époque, et en avait déjà utilisé deux lui-même. L’effet était censé être remarquable.

« J’avais pensé le garder pour les mauvais jours et le vendre si jamais je me trouvais dans un besoin urgent d’argent. Mais je vais te le donner, Sylphie. »

« Quoi ? Tu vas me donner quelque chose d’aussi précieux ? »

« C’est exact. »

Avec un petit signe de tête, Luke énuméra plusieurs choses dont je devais être consciente. Une fois qu’un homme avait pris ce truc, sa libido passait à la vitesse supérieure. Si je ne pouvais pas suivre, il était préférable que j’en prenne aussi. De plus, si nous en prenions tous les deux, notre première fois ne serait probablement pas cette chose douce et romantique que j’avais imaginée.

« Luke… merci beaucoup. »

« N’y pense pas, Sylphie. Tu m’as sauvé la vie assez souvent. »

Luke et moi avions développé une étrange amitié au fil des ans. J’en étais profondément reconnaissante maintenant.

Il y avait cependant une autre personne dans la pièce, et elle n’aimait pas être tenue à l’écart de quoi que ce soit.

« Vous vous entendez si bien tous les deux, hein ? Je suppose que je dois aussi participer. »

Souriant comme une sainte, la Princesse Ariel m’avait tendu deux pièces d’or Asura. Cela ne semblait pas être grand-chose, mais c’était suffisant pour acheter presque tout ce que je voulais dans cette ville.

« Mais Princesse Ariel ! C’est ton argent personnel, non ? »

« C’est exact. Tout ce que j’ai eu pour ce mois-ci. »

Depuis notre arrivée à l’Université de la Magie, nous avions fait beaucoup d’efforts pour obtenir des ressources financières, et nous avions une bonne réserve d’argent à présent. Mais il s’agissait de nos fonds de guerre, réservés à nos projets. Nous le gardions séparé de l’argent que nous dépensions au quotidien. La princesse Ariel était bien consciente qu’elle et Luke avaient tendance à être négligents dans leurs dépenses, aussi avait-elle accepté de limiter strictement leur accès à nos fonds.

« Maintenant que les choses en sont arrivées là, c’est le maximum que je puisse faire pour t’aider. »

« Tu as déjà fait tellement, Princesse Ariel… Je suis désolée pour tous les problèmes. »

« Heh. Aussi bienveillante que toujours, votre Altesse. »

En y repensant, nous nous étions un peu emportés tous les trois. Nous étions tous très fiers d’avoir fait passer notre amitié en premier. Pourtant, cet épisode nous avait rapprochés. Ça devait compter pour quelque chose, non ? Nous étions tous les trois unis pour lutter contre un ennemi commun : le dysfonctionnement érectile de mon nouveau petit ami.

« Bonne chance à toi, Sylphie. »

« Merci beaucoup à vous deux ! Je vais le faire ! »

Pleine d’énergie en vue de la longue bataille qui m’attendait, j’étais sortie de la salle du conseil des élèves avec confiance. Je me dirigeais vers le quartier commercial de Sharia, et plus précisément chez un vendeur de boissons.

◇ ◇ ◇

La nuit était tombée, et je me tenais dans un couloir avec deux bouteilles d’alcool hors de prix dans mon sac. Pour être parfaitement honnête, je ne connaissais pas grand-chose à l’alcool. Pour commencer, je n’en avais jamais bu avant. Et je n’avais aucune idée de ce que Rudy aimait. Cependant, j’étais persuadée qu’un produit aussi cher ne pouvait pas être trop mauvais.

J’avais aussi changé de sous-vêtements avant de venir. Je portais l’ensemble que la Princesse Ariel avait choisi pour moi il y a quelque temps. C’était le bon moment pour donner une nuit de repos à mon bustier en soie.

Bien sûr, j’avais aussi une certaine petite bouteille dans la poche de mon uniforme.

« OK… »

Tout était prêt. Tout allait bien se passer.

Pourtant, je devais m’accorder une minute pour prendre quelques longues et profondes respirations. Maman et papa… donnez-moi votre bénédiction, s’il vous plaît. Je vais devenir une femme ce soir…

Une fois que j’avais calmé mes nerfs, je tendis la main qui frappa à la porte devant moi. Y avait-il une chance que Rudy soit parti avec Zanoba à cette heure de la nuit ? Non, non, ça va bien se passer. Il avait dit qu’il allait se reposer ce soir.

« Oui… ? Oh, Syl- Maître Fitz. Entrez. »

Au moment où Rudy ouvrit la porte, il eut l’air surpris de me trouver là. À son invitation, j’étais entrée dans sa chambre. J’avais également pris la liberté de fermer et de verrouiller la porte derrière moi.

« Qu’est-ce qu’il y a ? », demanda Rudy d’une voix douce.

Nous avions tous les deux convenu qu’il serait préférable de prendre une nuit pour récupérer de notre voyage, mais j’étais là quand même.

« Uhm… En fait, je suis venu passer la nuit ici. »

« … Oh. O-Okay ! Eh bien, pourquoi ne pas t’asseoir, alors ? »

J’avais eu l’impression que Rudy voulait faire un commentaire à ce sujet, mais il l’avait gardé pour lui et m’avait simplement proposé une chaise à la place. En fait, son expression semblait un peu… découragée. Je ne le dérangeais pas, hein ? Ça allait marcher, non ?

Je m’étais assise lentement, j’avais enlevé mes lunettes de soleil et j’avais sorti les deux bouteilles d’alcool de mon sac. Je les avais posées sur la table avec un petit encas que j’avais préparé — des noix mélangées avec un arôme épicé. J’avais aussi pris de la viande fumée au cas où Rudy ne les aimerait pas.

« C’est quoi tout ça ? »

« Eh bien, vois-tu, j’ai pensé que nous pourrions… au moins fêter nos retrouvailles ? »

« … C’est vrai, bien sûr. Oui, nous devrions vraiment commémorer l’occasion, hein ? »

Rudy s’était assis lui aussi, tout en se grattant la joue.

À ce moment-là, j’avais réalisé que nous n’avions pas de tasses. C’était un problème, à moins que nous allions commencer à boire directement à la bouteille. Est-ce que je devais retourner en chercher ?

« Ne t’inquiète pas, j’ai des gobelets. J’ai moi aussi quelques biens. »

Lisant en quelque sorte dans mes pensées, Rudy s’était levé avec un sourire en coin et prit une paire de tasses sur une étagère à côté de la pièce.

Elles étaient grises et avaient une surface parfaitement lisse. Étaient-elles faites d’une sorte de roche ? Elles étaient un peu lourdes dans la main. En dehors du poids, cependant, elles ressemblaient à quelque chose qu’un noble Asura aurait pu posséder.

« Ça a l’air cher. »

« En fait, je les ai fabriqués moi-même avec de la magie de Terre. Je suppose que ça les rend inestimables. »

« Sans blague ? C’est incroyable. »

C’était pourtant logique. Il était vraiment doué pour ce genre de choses, non ?

J’avais ouvert la première bouteille et versais un peu du liquide ambré dans nos tasses. Rudy rétrécit légèrement ses yeux en regardant.

« Ça a l’air d’être un truc assez fort. »

« Oui. Je n’y connais rien en alcools, mais j’en ai apporté des chers. »

« Es-tu sûre que c’est une bonne idée ? »

« Hm ? Oh, c’est bon. Après tout, c’est une occasion spéciale. »

Était-il inquiet de savoir combien j’avais dépensé pour ça ? Je devais garder pour moi le fait que la Princesse Ariel m’avait donné l’argent pour les acheter. Connaissant Rudy, il aurait probablement pensé qu’il lui devrait quelque chose.

Quoi qu’il en soit, j’avais versé les boissons et sorti nos snacks. Jusqu’ici tout allait bien. L’aphrodisiaque… était censé sortir plus tard dans la soirée. Bien.

« Dans ce cas, portons un toast. Aux retrouvailles de deux vieux amis du village Buena ! »

« … Et à notre avenir ensemble, Sylphie. »

« Santé ! »

Notre futur ensemble… ? Honnêtement, parfois Rudy disait les choses les plus embarrassantes sans prévenir. Me sentant rougir à nouveau, j’avais pris une grande gorgée de ma tasse…

Et je m’étais rapidement étouffée avec.

C’était quoi ce truc ? Ma gorge était en feu !

« Tu vas bien ? Peut-être que nous aurions dû le diluer. »

« Le diluer ? »

« Quand tu bois quelque chose d’aussi fort, les gens le diluent généralement un peu pour le rendre plus facile à boire. »

Attends, vraiment ? Personne n’avait pris la peine de me le dire. Rudy avait un sourire légèrement amusé sur le visage, ce qui me contrariait un peu.

« Eh bien, comment pourrais-je le savoir ? Je n’ai jamais essayé ce truc avant. »

« Hé, je n’essaye pas de me moquer de toi. Attends une seconde, d’accord ? »

Rudy déplaça la majorité du liquide de ma tasse vers la sienne, puis invoqua de l’eau chaude et fumante dans la mienne en utilisant la magie.

« Vas-y, essaie ça. »

Légèrement réticente, j’avais pris une petite gorgée. L’odeur douloureusement forte qui s’était attardée dans le fond de mon nez s’était évaporée, remplacée par un arôme plus doux et plus agréable. C’était en fait assez bon.

« Ça me rappelle… l’eau chaude était la raison pour laquelle j’ai commencé à apprendre la magie avec toi, hein ? »

« Hmm. C’était ça ? »

« Quoi, tu as oublié ? Une de ces brutes m’avait jeté de la boue dans la rue, et tu l’avais lavé. »

Ça m’avait vraiment ramenée en arrière. Même enfant, Rudy pouvait lancer silencieusement de la magie combinée sans même y réfléchir à deux fois. Je n’arrivais toujours pas à le faire comme lui, je devais utiliser différents sorts en succession rapide pour produire un effet similaire.

« Oh, c’est vrai. Wôw, ça me rappelle des souvenirs… »

« Oui. »

Cela nous avait permis de commencer à évoquer le bon vieux temps. Mes souvenirs au village Buena commençaient à devenir un peu flous, mais lorsque nous avions commencé à parler du sujet, beaucoup de choses m’étaient revenues.

Nous ne pourrions jamais revenir à cette période de notre vie. D’abord, le village Buena avait disparu pour de bon. La colline sur laquelle nous avions joué était toujours là, mais l’arbre avait disparu. Mais c’était le bon temps. Je passais mes journées à jouer et à pratiquer la magie sans me soucier de quoi que ce soit, et les progrès que je faisais jour après jour me remplissaient toujours de joie. J’étais toujours excitée lorsque je parvenais à améliorer mes compétences ou à apprendre quelque chose de nouveau, bien que ces jours-ci, je pensais généralement à la façon dont je pourrais utiliser un sort en combat.

« Ces jours-là me manquent vraiment… »

Plus nous parlions, plus je me sentais détendue. Est-ce que c’est ce que l’on ressentait quand on était ivre ? Hmm.

« Oh ! Attends. Avant que j’oublie… »

Sortant de ma brume nostalgique, je sortis la petite bouteille de ma poche de poitrine et la posai lentement sur la table.

Rudy inclina la tête d’un air perplexe.

« Qu’est-ce que c’est ? »

« Uhm, eh bien… c’est un médicament spécial. Pour ton problème. »

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