Mushoku Tensei (LN) – Tome 2 – Chapitre 4 – Partie 1

***

Chapitre 4 : Réunion du personnel et dimanche

Partie 1

Six mois s’écoulèrent. Éris, dont je pensais qu’elle s’était finalement calmée, avait commencé à retourner à ses manières violentes.

Pourquoi, comment, qui a fait ça !? J’avais paniqué, jusqu’à ce que je réalise quelque chose. Elle n’avait bénéficié d’aucune pause.

◇ ◇ ◇

J’avais appelé Ghislaine et la prof d’étiquette dans ma chambre après le dîner. La prof d’étiquette ne vivait pas vraiment avec nous, elle vivait en ville, je lui avais fait envoyer un message par le biais du majordome.

« C’est un plaisir de vous rencontrer. Je suis Rudeus Greyrat », dis-je.

« Edna Leylune. J’enseigne l’étiquette à Lady Éris. »

J’avais mis ma main à ma poitrine et je fis un léger signe de tête. Elle répondit par des gestes de même nature, ses mouvements étant plus raffinés. Ce n’était pas surprenant, venant d’un professeur d’étiquette.

Edna avait le visage d’une femme d’âge moyen dont les rides commençaient à peine à apparaître. Ses traits étaient doux, et elle avait un sourire gentil et chaleureux.

« Asseyez-vous, s’il vous plaît », dis-je en faisant signe aux chaises voisines. Une fois installé, je leur avais offert du thé que j’avais fait préparer par le majordome.

« Si je vous ai appelé aujourd’hui, c’est pour parler de l’emploi du temps d’Éris. »

« L’emploi du temps des cours ? » demanda Edna.

« C’est exact. J’ai entendu dire qu’elle pratiquait actuellement l’épée le matin, études diverses l’après-midi et l’étiquette le soir. C’est exact ? »

« En effet. »

Éris apprenait actuellement six matières. Lecture et écriture, arithmétique, magie, histoire, épée et étiquette.

À notre époque, ce serait les langues, les mathématiques, l’économie domestique, les études sociales, l’éducation physique et, enfin, l’étiquette. Il n’y avait pas d’horloge, donc les leçons s’allongeaient, séparées seulement par les repas et les collations. Les sujets étaient répartis sur trois périodes, comme ceci :

Petit déjeuner → étude du matin → Déjeuner → étude de l’après-midi → Collation → étude du soir → Dîner → Temps libre

Il n’y avait pas de professeur d’histoire, alors Philip lui avait apparemment enseigné pendant son temps libre.

« Depuis que je suis arrivé, elle a aussi commencé à suivre des cours du soir, alors toute sa journée est remplie », dis-je.

« C’est exact. Ses études avancent bien. Le Maître est très impressionné. », répondit Edna

Il devait effectivement l’être.

« On dirait que tout se passe bien, mais il y a un problème. »

Edna avait l’air confuse.

« Un problème, dites-vous ? »

« Oui. Son stress a augmenté depuis qu’elle étudie tous les jours sans interruption. »

En particulier pendant les cours d’arithmétique. Elle était irritable tout le temps. Si elle avait des problèmes difficiles, elle s’en prenait à moi. C’était dangereux. On ne savait pas quand elle pourrait s’en prendre à moi pour de bon. C’était très dangereux.

« On arrive à s’en sortir pour l’instant, mais elle finira peut-être par s’enfuir de ses leçons. »

« Oh mon Dieu… »

Edna appuya sa main sur ses lèvres. Son expression disait qu’elle reconnaissait cette possibilité. Je n’avais jamais vu une de ses leçons d’étiquette auparavant, mais Éris semblait les prendre au sérieux. C’était un mystère pour moi, pourquoi Éris semblait-elle l’aimer ?

« J’aimerais lui donner un jour de répit tous les sept jours. », continuais-je

Ils avaient un calendrier dans ce monde, ils avaient donc une idée de quel mois et de quel jour il s’agissait. Ils n’avaient cependant pas le concept de semaine. Il y avait des jours de repos tout au long de l’année, mais il n’y avait pas de dimanche.

Sept. J’avais utilisé ce chiffre parce que je m’en souvenais facilement. En plus, il semblerait que ce nombre était aussi spécial dans ce monde. On disait que c’était un bon présage, c’est pourquoi il y avait aussi sept niveaux dans le jeu de l’épée.

« Dans les six jours qui restent, nous continuerons à lui enseigner la lecture et l’écriture, l’arithmétique, la magie, l’histoire, le maniement de l’épée et l’étiquette. »

Edna éleva la voix.

« Puis-je vous demander une chose ? »

« S’il vous plaît, faites-le. »

« Si les choses se passent de cette façon, alors mes leçons seront réduites. Et mon salaire aussi… »

Je l’avais coupée avant qu’elle puisse finir.

« Vous n’avez pas à vous inquiéter pour ça. »

Je ne pouvais pas lui en vouloir de s’inquiéter pour l’argent, et j’espérais que personne d’autre ne le ferait non plus. Après tout, j’étais là aussi pour l’argent. Bref, j’avais déjà parlé à Philip et ce n’était pas un problème. Nous avions des salaires mensuels, donc nous étions payés, que nous donnions des cours ou non.

C’est vrai, nous serions virés si nous ne le faisions pas. Cela allait de soi. Si tu ne comprenais pas quelque chose d’aussi simple, tu méritais d’être viré.

« Bien sûr, en gardant cela à l’esprit, nous allons diviser les choses différemment. Il ne devrait pas y avoir de problème à n’avoir que deux leçons de lecture, d’écriture et d’arithmétique sur une période de sept jours. La pratique de l’épée restera une affaire de tous les jours, car il n’y a pas de raison qu’il en soit autrement. La magie doit aussi être pratiquée quotidiennement, mais il y a une limite à la quantité de mana d’une personne, donc chaque leçon ne sera pas trop longue. J’ai l’intention de consacrer tout le temps supplémentaire qu’il me reste à la lecture, à l’écriture et au calcul. »

Cette dernière chose que nous faisions depuis le début.

Par exemple : « Aujourd’hui, tu as utilisé une quantité X de bulles d’eau et une quantité Y de goutte d’eau. Combien de fois encore pourras-tu utiliser la bulle d’eau aujourd’hui ? »

Je changeais les valeurs de X et Y en fonction du nombre de fois qu’Éris et Ghislaine pouvaient respectivement exécuter ces sorts. Apparemment, c’était plus facile pour Éris que de rester assis dans une pièce à regarder les chiffres sur le papier.

Il était difficile de trouver une réponse précise, car l’utilisation du mana n’était pas quelque chose de tangible, même pour le praticien. L’important, c’était de faire du calcul mental, car plus elles en faisaient, mieux elles s’en sortiraient. Le but était qu’elles se servent de leur tête.

Je voulais faire des leçons sur les incantations silencieuses et l’économie domestique par la suite, mais cela pouvait attendre qu’elles aient fini de lire, d’écrire et de compter.

« Je m’en excuse d’avance, Mlle Edna, mais je voudrais réduire vos leçons avec Éris à trois ou quatre fois par période. »

« Entendu. »

Elle acquiesça rapidement.

Six jours, dix-huit périodes. Je les divisais ainsi : étiquette — cinq périodes, jeu d’épée — six périodes, lecture et écriture — deux périodes, arithmétiques — deux périodes, magie — trois périodes. Les périodes de cours étaient un peu courtes à mon goût, mais il s’agissait surtout de répétitions, donc ça devrait aller.

« Et puis, si vous ne pouvez pas donner une leçon, je voudrais que vous me contactiez. », continuais-je.

« Dans quel but ? », demande Edna.

« Je suis toujours ici au manoir, donc je peux adapter mes leçons à votre emploi du temps. Si vous avez besoin d’un congé prolongé, il n’y aura pas de problème. »

« Très bien. »

Edna souriait tout le temps. Avait-elle vraiment compris ?

« J’aimerais aussi que ces réunions aient lieu tous les premiers jours du mois. »

« Et pourquoi ça ? »

« Si nous travaillons ensemble, nous pouvons trouver une réponse rapide à tout problème qui pourrait survenir. Ce n’est pas strictement nécessaire, mais cela rendra notre enseignement plus efficace et nous aidera à faire face aux urgences. Avez-vous des problèmes avec ça ? »

« Non. »

Edna sourit doucement.

« Vous êtes encore si jeune, Seigneur Rudeus, et pourtant vous êtes si prévenant envers Mlle Éris. »

Ses yeux brillaient comme si elle avait vu quelque chose de particulièrement attachant.

Eh bien, peu importe.

C’était ainsi que j’avais réussi à obtenir un jour de congé.

◇ ◇ ◇

Finalement, mon premier jour de congé arriva.

Après avoir salué Philip brièvement, j’avais décidé de me diriger vers la ville. Mais je vis Ghislaine et Éris qui m’attendaient à la sortie.

« Où penses-tu aller !? »

Éris semblait agitée, peut-être parce que c’était son premier jour de congé. Son premier jour avec un emploi du temps vide. Pas étonnant qu’elle était curieuse de savoir quels étaient mes projets pour la journée.

« Je vais faire du tourisme dans Roa », ai-je dit, en prenant une pose.

« Une visite touristique… Alors tu vas aller voir la ville ? Tout seul ? »

« J’ai l’air d’avoir quelqu’un d’autre avec moi ? »

« Ce n’est pas juste ! Je n’ai jamais été capable de sortir seule, même pas une seule fois ! »

De frustration, elle tapa des pieds.

« N’est-ce pas parce que tu vas te faire kidnapper si tu sors toute seule ? »

« Eh bien, tu t’es aussi fait kidnapper », me répondit-elle.

Ah, elle avait raison. J’avais été kidnappé parce que j’accompagnais Éris, mais il était également vrai que j’étais considéré comme un membre de la famille Greyrat. Il était possible que quelqu’un essaye à nouveau d’exiger une rançon pour moi.

« Mais si je me fais kidnapper, je peux rentrer à la maison tout seul. »

Dis-je triomphalement, uniquement pour la voir lever le poing comme si elle allait me frapper. J’avais vite fait de me protéger, mais le coup de poing n’était jamais arrivé. C’était inhabituel.

Elle croisa les bras sur sa poitrine et me regarda fixement.

« J’y vais aussi ! »

D’habitude, elle ne faisait une telle déclaration qu’après m’avoir frappé, mais apparemment, elle avait décidé de ne pas recourir à la violence cette fois-ci. Ça voulait dire qu’elle avait mûri un peu. C’était dérisoire, presque insignifiant, mais au moins il y avait quelques progrès.

« Très bien, alors allons-y ! »

« Vraiment !? »

Bien sûr, je n’avais aucune raison de lui refuser. En plus, plus on était nombreux, plus on sera en sécurité.

« Ghislaine vient aussi, non ? » avais-je demandé.

« Oui. C’est mon devoir de protéger la Jeune Maîtresse. »

Même lors de notre rencontre, Ghislaine ne semblait pas comprendre l’idée d’avoir un jour de congé. J’avais suggéré qu’elle reste auprès d’Éris comme d’habitude. Elle avait été embauchée pour être garde du corps, après tout, donc il ne devrait pas y avoir de problème avec ça.

« Attendez ! Je serai prête dans une seconde ! Alphonse ! Alphonse !! »

Je regardais Éris s’enfuir en courant, se précipitant bruyamment dans le manoir. Sa voix était plus forte que jamais.

« Rudeus », dit Ghislaine.

Je tournais la tête et je la vis juste à côté de moi. J’avais dû me tordre le cou pour la regarder. Elle mesurait presque deux mètres de haut. Même quand je deviendrais adulte, je la regardais probablement encore comme ça.

« Ne surestime pas tes capacités », m’avertit-elle.

C’était probablement parce que je disais que je pouvais m’échapper d’un kidnapping tout seul.

« Je sais. J’essayais juste de la motiver un peu. »

« D’accord, mais si quelque chose arrive, appelle-moi. Je vais t’aider. »

« Oui. Si j’ai besoin de quelque chose, je te ferai encore un grand feu d’artifice. »

Le fait d’en parler me rappela quelque chose.

« As-tu dit à la Jeune Maîtresse de faire la même chose ? Un appel pour toi ? »

« Hmm ? Je l’ai fait, et alors ? »

« La prochaine fois, tu pourrais peut-être lui préciser qu’elle ne devrait le faire que lorsqu’elle est quelque part où tu peux l’entendre », avais-je dit.

« D’accord, mais pourquoi ? »

« Parce que, quand on a été kidnappés, elle a failli se faire tuer parce qu’elle n’arrêtait pas de crier ton nom. »

« Si je l’avais entendue, je l’aurais sauvée. »

Hmm. Elle avait été ridiculement rapide quand elle était venue nous sauver. Elle était là une minute après que j’avais tiré ces feux d’artifice.

Tant qu’elle pouvait nous entendre, j’étais sûr qu’elle viendrait, peu importe où c’était. Son ouïe semblait aussi plutôt bonne. Après tout, c’était Ghislaine qu’Éris ait appelé, pas à Philip ou Sauros. Elle était fiable.

« Tu dois lui apprendre qu’il y a des moments où tu ne dois pas crier. »

Éris revint et la conversation s’arrêta là. Je n’étais pas sûr si elle s’habillait pour sortir ou non, mais elle portait une tenue que je n’avais jamais vue auparavant.

« Tu es ravissante aujourd’hui. »

« Hmph ! »

Elle me frappa à la tête quand je l’avais complimentée. Qu’est-ce que c’était que ce bordel ?

***

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

2 commentaires :

Laisser un commentaire