Murazukuri Game no NPC ga Namami no Ningen toshika Omoenai – Tome 2 – Section 4 – Chapitre 5

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Chapitre 5 : Prière pour les âmes et silence respectueux

Après que le gobelin rouge à un œil soit tombé, aucun autre ennemi n’était apparu. Mon groupe était en sécurité. J’avais tout de même pris soin de ne pas baisser ma garde, vérifiant une fois de plus les alentours de la clairière.

« On dirait que c’est bon. »

Gams, Chem, et Murus fixaient en silence la seule hutte restante. Leurs pensées devaient partir dans toutes les directions. Murus était sur le point de faire un pas en avant, mais Gams prit les devants.

« Je vais aller voir en premier. Il pourrait y avoir d’autres ennemis dans les parages. »

« Très bien. Merci. », dit Murus en inclinant la tête en silence, l’expression sinistre.

Sans doute brûlait-il du désir de se précipiter à l’intérieur pour voir si l’un de ses camarades villageois était encore en vie. En même temps, la terreur de ce qu’il pourrait trouver le faisait hésiter. J’étais si nerveux que ma poitrine était oppressée, je ne pouvais qu’imaginer ce que Murus devait ressentir.

Gams se fraya un chemin prudemment dans la boue et s’approcha de l’entrée de la hutte. Ce dernier écouta attentivement, puis, après quelques secondes, jugea que c’était sûr, et se faufila à l’intérieur. Le fait que je ne puisse toujours pas voir ce qui se passait à l’intérieur était frustrant, mais Chem et Murus ne voyaient rien non plus. Tout ce que nous pouvions faire était d’attendre. Je retenais encore mon souffle au moment où Gams était réapparu. Voyant que son frère était indemne, Chem poussa un soupir de soulagement et voulut courir vers lui, mais Gams tendit la main pour l’arrêter.

« Tu restes dehors. J’ai besoin que Murus voie ça. »

Ses mots et l’expression angoissée de son visage ne laissaient guère de doute sur ce qui s’y trouvait. Murus s’avança lentement vers lui, le regard rivé au sol.

« Je suis aussi un chasseur, Gams. Je suis prête à tout. Certains d’entre eux sont peut-être encore en vie. »

« Je dis ça en tant que ton frère. Je ne veux pas que tu voies ça. »

Cela fit taire Chem. Elle resta donc là, serrant son livre contre sa poitrine.

*****

Après ce qui semblait être quelques minutes, ou peut-être seulement quelques secondes, Gams et Murus sortirent. Leurs expressions étaient sombres. Chem n’avait pas besoin de demander ce qui s’était passé.

« Merci beaucoup de m’avoir accompagné jusqu’ici », dit Murus tout en inclinant la tête.

« Je suis désolé de n’être pas arrivé ici à temps. »

« Tu n’as pas besoin de nous remercier. S’il te plaît, lève la tête », dit Chem avec gentillesse.

Murus n’avait même pas pu répondre. Il était resté là, le visage baissé et les épaules tremblantes. J’avais le cœur serré rien qu’en le regardant. Je pris alors un mouchoir en papier et je m’essuyais les yeux et le nez. Je n’avais pas pu m’empêcher de verser quelques larmes en réalisant que cela aurait pu être mon village.

« Merde ! »

Je me souvenais avoir pensé, enfant, que j’arrêterais de pleurer en grandissant, mais maintenant que j’avais la trentaine, cela semblait ne faire qu’empirer. Les adultes étaient amenés à pleurer aussi souvent que les enfants. Ils devaient juste serrer les dents et se retenir.

« Murus, cela te dérange si je prie pour tes compagnons disparus afin que leurs âmes puissent trouver la paix ? »

Murus leva les yeux à la douce demande de Chem, des larmes coulant sur son visage.

« S’il te plaît… s’il te plaît, fais-le. »

Gams découpa un carré dans la hutte de paille avec son épée et retourna à l’intérieur. Il allait probablement l’utiliser pour recouvrir les corps des enfants, à la fois par égard pour les morts et pour que Chem n’ait pas à les voir. Murus et Chem l’avaient suivi, et je les avais regardés prier à travers le trou dans le mur. J’avais joint mes mains et souhaité que les enfants puissent trouver le bonheur dans leur prochaine vie. Je savais, logiquement, que ce n’était qu’un jeu, mais c’était ce que mon cœur me disait de faire.

Ensuite, le trio creusa des tombes. Gams et Murus y emmenèrent les corps défigurés afin de les enterrer. Dans n’importe quel autre jeu, cette partie aurait été coupée. Il aurait alors repris une fois que le trio serait retourné à la grotte, mais le Village du destin était différent. Dans ce jeu, les gens vivaient et les gens mouraient.

Aucun d’entre eux n’avait dit un mot alors sur le chemin du retour, leurs pas étaient lourds. Dès qu’ils furent de retour à l’intérieur de la clôture, Carol se précipita vers eux.

« Bon retour, Gams, Murus, et Chem ! »

Le sourire joyeux sur son visage s’était instantanément effacé lorsqu’elle remarqua leurs expressions. Même s’ils essayaient de cacher leur détresse, ils n’avaient clairement aucune bonne nouvelle à partager. Carol se mit alors à trembler. Lyra semblait la serrer dans ses bras par-derrière. Rodice, qui était en train de couper du bois de chauffage, posa sa hache et s’approcha des trois avec un sourire tendre et sympathique.

« Bon retour parmi nous. Vous devez avoir faim après toute cette marche. Je vais vous préparer un petit plat. Mangez, puis reposez-vous. »

Il ne leur demanda pas ce qui s’était passé. Il fit simplement ce qu’il pouvait pour s’assurer qu’ils prenaient soin d’eux.

« Ne vous culpabilisez pas, les gars… Vous vous êtes vraiment bien débrouillés… »

En regardant Rodice gérer la situation avec tant de compassion, mes yeux s’étaient de nouveau remplis de larmes. Qu’allait faire Murus maintenant ? J’aimerais qu’il nous rejoigne, mais c’était une décision qu’il devait prendre lui-même. S’il voulait partir et vivre seul pour l’instant, je n’avais pas le droit de l’en empêcher. J’avais donc décidé de garder un œil sur lui pour le moment. Pour l’instant, il était assis dans une des petites pièces et fixait le plafond d’un air absent. Je ne voulais pas le laisser seul.

« Yoshio ! Le dîner est prêt ! »

Maman m’appela d’en bas.

J’avais détourné le regard de l’écran.

« Je n’avais pas réalisé qu’il était si tard. »

J’avais rapidement jeté un coup d’œil en arrière pour voir ce que mes villageois étaient en train de faire. Murus était assis contre le mur, les yeux fermés. Il devait être épuisé, tant physiquement que mentalement.

« Je suppose que je peux le laisser dormir un petit moment. »

J’étais descendu pour trouver toute ma famille à la table du dîner.

« Hey, j’ai répondu à ton message. Tu ne l’as pas vu ? », demanda Sayuki avant même que je ne m’assoie.

Ma sœur était toujours dans ses vêtements de travail, moins sa veste. Elle semblait être de mauvaise humeur. Elle me parlait comme elle le faisait avant que nous ne commencions à réparer notre relation.

« J’étais plutôt occupée aujourd’hui. Je n’ai pas encore regardé. »

« Sérieusement ? Après m’avoir envoyé une photo de ton mignon petit lézard et tout ? »

« Oh. »

En y réfléchissant, j’avais envoyé à Sayuki et à Papa une photo du lézard nouveau-né pour voir s’ils pouvaient l’identifier. Sayuki devait être de mauvaise humeur, car je n’avais jamais répondu à son message. Je n’avais même pas vérifié si papa m’avait répondu ou pas. Je l’avais regardé, son expression était plus sévère que d’habitude, et il me fixait.

On dirait qu’ils sont tous les deux en colère…

L’événement avait complètement effacé de mon esprit toute pensée concernant le lézard, et je ne m’en étais souvenu que maintenant, et uniquement parce que ma sœur me l’avait rappelé. Sayuki n’avait cependant pas besoin d’être aussi furieuse. Elle fit la moue et me regarda fixement. Et attendez, est-ce qu’elle venait d’appeler le lézard « mignon » ? Non, ce n’était pas son genre. J’avais probablement mal entendu.

Oh, attendez. Je n’avais jamais remis le lézard dans son terrarium.

« Yoshio ? Où vas-tu ? »

« Oh, hum, j’ai laissé mon téléphone sur mon bureau. Je voulais aller le chercher au cas où le travail m’appelle… »

Tout en balbutiant mon excuse, j’avais fait demi-tour afin de retourner dans ma chambre, seulement pour trouver le lézard assis au bas de l’escalier.

« Hey ! »

Qu’est-ce qu’il faisait là ? Et… c’était moi ou il avait l’air beaucoup plus gros ? Il semblait deux fois plus grand que lorsqu’il était sorti de son œuf. Je ne savais pas que les reptiles pouvaient grandir si vite.

« Ah ! Est-ce le petit mignon ? »

Je n’avais jamais entendu Sayuki utiliser un tel ton d’adoration auparavant. Elle s’était précipitée vers le lézard. Un grincement sourd était venu de la table à manger. J’avais jeté un coup d’œil pour voir mon père se lever à moitié de sa chaise avant de se rasseoir.

« Oh, wôw ! C’est vraiment de l’or ! Je pensais que c’était juste l’éclairage de la photo. Tu sais, il y a des scinques et des lézards japonais qui sont un peu dorés, mais pas autant que ça ! Qu’est-ce que tu en penses, papa ? »

« Hmm. Laisse-moi regarder. »

Sayuki prit immédiatement la créature dans ses bras et l’apporta à papa, absolument rayonnante. Pour être honnête, j’étais un peu effrayé. Je ne l’avais jamais vue aussi excitée par quelque chose auparavant.

« Avec la taille et les écailles pointues, je dirais qu’il ressemble à un lézard tatou s’il n’était pas doré. Peut-être que c’est une nouvelle mutation ? Les pattes arrière sont aussi anormalement épaisses. »

Même avec leur amour des reptiles, ils n’étaient pas sûrs de ce que c’était exactement. Ils continuèrent leur discussion interminable, la curiosité brillante dans leurs yeux.

« Vous pourrez parler du lézard tant que vous voudrez après le dîner. Mangeons pour l’instant. Oh, mais Yoshio, tu lui as donné un nom ? », dit maman.

« Pas encore. »

« Eh bien, trouve quelque chose rapidement. On ne peut pas l’accueillir dans la famille tant qu’il n’a pas un nom correct ! »

Maman semblait aussi l’apprécier. Je devais m’assurer que le nom ne soit pas trop effrayant.

« Au fait, Oniichan, tu sais déjà ce qu’il mange ? », dit Sayuki.

« Je n’ai pas reçu d’instructions, mais il mangeait des fruits du village tout à l’heure. »

« Huh, c’est étrange. Les lézards mangent habituellement des insectes ou de la viande. »

Sayuki pourrait probablement continuer pendant des heures, mais maman devenait de plus en plus impatiente avec nous maintenant.

« Je vais juste le remettre dans ma chambre. »

J’avais pris le lézard des mains de papa et Sayuki, qui avaient tous deux l’air tristes de le voir partir. Je m’étais alors empressé de le remettre dans le terrarium de ma chambre.

« Désolé, mais tu vas devoir rester ici pendant un moment. »

Le lézard me fixa de ses grands yeux. Mais cette fois, il n’avait pas hoché la tête.

« D’accord ? Je t’apporterai des fruits supplémentaires plus tard si tu te comportes bien. »

Il hocha maintenant vigoureusement la tête.

Il ne pouvait pas me comprendre… hein ? Peut-être que les reptiles avaient juste l’habitude de bouger leur tête de haut en bas. En fait, j’étais presque certain de les avoir vus faire ça à la télé.

« Je reviendrai après le dîner, alors reste dans ton bac », avais-je répété avant de redescendre.

Personne n’avait encore commencé à manger, ils devaient certainement m’attendre. Je m’étais donc assis à la hâte.

« Commençons », dit maman.

Après ce qui s’était passé avec le Village du destin, j’avais complètement perdu l’appétit, mais parler du lézard avec tout le monde l’avait fait revenir. J’avais ensuite débarrassé mon assiette. Je me dirigeais vers ma chambre pour prendre des nouvelles de Murus et de tout le monde, quand je m’étais rendu compte que j’étais suivi.

« Puis-je le revoir ? »

« Tu auras besoin de nos conseils, non ? »

C’était des questions, mais ils ne demandaient rien.

« Ok… »

Je suppose qu’il est préférable de laisser ça aux experts.

J’avais rapidement vérifié le village avant de les laisser entrer, mais rien n’avait changé depuis le dîner. J’avais minimisé l’application avant d’ouvrir la porte à mon père et à ma sœur.

Et au moment même où je mis le fruit dans le bac, le lézard le mordit avec avidité.

« Awww ! Regarde-le manger ! C’est si mignon ! »

« Oui, c’est adorable. »

Papa et Sayuki avaient pratiquement le nez collé contre la vitre. Maman avait dit qu’ils aimaient les reptiles, mais je ne m’attendais pas à ce qu’ils les aiment autant. Je doutais d’avoir l’occasion d’entendre les « conseils » de papa de sitôt. Et même si je n’aimais pas qu’on m’ignore, je ne me sentais pas aussi déprimé qu’avant, et tout cela grâce à ma famille et à un lézard.

Merci, les gars…

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2 commentaires :

  1. merci pour le chapitre

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