Murazukuri Game no NPC ga Namami no Ningen toshika Omoenai – Tome 1 – Section 3 – Chapitre 5

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Chapitre 5 : La confrontation de mes villageois avec la mort et ma détermination

La seule ombre au tableau était que c’était la dernière vague.

Il y avait un nouvel ennemi cette fois : les orcs de la séquence d’ouverture. J’avais cliqué sur eux pour découvrir qu’ils étaient simplement appelés « gobelins verts ». Ils avaient une apparence plus humaine que les autres monstres, et ils semblaient avoir l’intelligence correspondante puisqu’ils avaient commencé à détruire les piquets de la clôture avec leurs massues. Les cochons s’étaient alors écrasés sur la clôture, envoyant le reste des piquets voler ainsi que plusieurs bûches.

Les monstres grouillaient à l’intérieur, ayant des vues sur Gams alors qu’ils chargeaient. Il avait envoyé une lance sur un gobelin, et bien qu’elle avait atteint sa cible, il n’avait pas pu se défendre contre la ruée des cochons. Il s’envola d’abord dans les airs, puis s’écrasa sur le sol, rebondissant et roulant comme une des poupées de Carol.

Il avait essayé de se relever, mais n’avait pu que se mettre à genoux en haletant. Les monstres l’avaient envahi. Malgré sa mauvaise position et ses blessures, Gams avait réussi à en abattre quelques-uns, mais je savais qu’il ne tiendrait pas longtemps.

« Gams ! », cria Chem tout en jetant un coup d’œil à l’intérieur de la grotte, les larmes aux yeux lorsqu’elle l’aperçu.

« Chem ! Reste calme ! », l’avertit Rodice.

« Je sais ce que tu ressens, mais tu dois rester avec nous », insista Lyra.

Ils la tenaient fermement pour l’empêcher de se jeter dans la mêlée. Carol ne dit rien, mais elle trembla et son visage devint pâle. À ce rythme, ils seront tous tués.

« Je ne peux pas m’asseoir et regarder, il est temps d’invoquer le golem ! »

J’avais déjà le menu des miracles ouvert, et j’avais cliqué sur le bouton. À ce moment-là, l’écran du jeu était devenu blanc et passa à une vue à la première personne. J’étais à l’intérieur de la grotte, et je regardais la famille de Rodice et Chem qui me fixaient avec étonnement. J’étais tenté de voir ce que cette chose pouvait faire, mais ce n’était pas le moment.

« C’est donc la perspective du golem, hein ? »

J’avais attrapé ma manette de jeu. Les commandes étaient dans le coin inférieur gauche de l’écran, et elles semblaient assez standard. J’avais sauté par-dessus l’autel et pris une arme sur le mur. Quand j’avais essayé de sprinter, le golem s’était déplacé plus vite que prévu. J’avais toujours pensé que les golems étaient censés être des créatures lentes et paresseuses, mais apparemment pas dans ce monde.

 

J’avais essayé de déplacer l’épée en courant. Celle-ci bougea exactement comme je le voulais. Si l’agilité de ce golem était une erreur, c’était le genre d’erreur avec laquelle je pouvais vivre. Ma forme de golem était peut-être un peu plus grande que Gams et fonctionnait comme les protagonistes humains de la plupart des jeux d’action auxquels je jouais. Cette familiarité était un soulagement. J’étais passé devant Chem et les autres et j’avais bondi hors de la grotte.

« Dieu du Destin… »

J’avais vu Chem murmurer.

Elle m’avait reconnu instantanément, ce qui me fit me demander si le golem brillait d’une lumière divine. De mon point de vue, je ne serais pas capable de voir quelque chose comme ça.

Gams se battait toujours dehors. Du sang coulait sur son visage, et son bras droit pendait mollement à son côté. Il était couvert de blessures, mais il continuait à se battre.

« Je ne peux pas… les laisser entrer ! Même si je dois mourir ! »

Gams fixa les monstres. Toute personne normale se serait effondrée sous le poids de ces blessures.

« Je suis vraiment fier de toi, Gams. Maintenant, laisse-moi m’occuper du reste ! »

Je m’étais avancé et j’avais abattu le loup-garou qui plantait ses crocs dans sa jambe. Ma lame l’avait transpercé. Ce golem était aussi puissant que je l’avais espéré. Levant mon épée une fois de plus, je m’étais préparé à attaquer le boarnaby qui me chargeait. J’avais attendu le bon moment et j’avais appuyé sur le bouton pour attaquer, coupant le cochon en deux. Les deux moitiés de son corps passèrent devant moi avant de s’écraser sur le sol derrière moi. Gams pouvait lui aussi tuer des monstres d’un seul coup, mais il n’y parvenait qu’en évitant soigneusement de toucher les os — même lui ne pouvait pas trancher une créature de la tête à la queue par sa seule puissance. Économiser mes PdD pendant si longtemps en valait la peine !

Je m’étais lancé dans la mêlée, balançant mon épée dans tous les sens. Chaque coup réduisait leur nombre. Je ne subissais pas non plus beaucoup de dégâts. J’avais passé la journée à étudier les monstres et leurs modes d’attaque pour être prêt. Les loups-garous s’accroupissaient toujours avant de bondir, je devais juste m’écarter au bon moment. Les cochons chargeaient toujours en ligne droite, il suffisait donc de tendre mon épée pour qu’ils s’empalent dessus.

Je n’avais pas d’informations sur les gobelins verts, mais j’étais sûr d’apprendre rapidement. Je n’avais pas joué à des jeux toutes ces années pour rien. Une partie de moi voulait laisser les ennemis m’attaquer pour voir ce que mon golem pouvait supporter, mais j’avais décidé de ne pas le faire, juste au cas où il serait un golem en verre.

Si les monstres avaient coopéré entre eux au lieu de suivre leurs instincts individuels, le combat aurait été certainement plus difficile. Mais seuls les gobelins semblaient réfléchir à leurs attaques. Heureusement qu’ils n’étaient pas particulièrement forts. Un coup rapide de mon épée fit voler leurs têtes en l’air.

Le seul inconvénient était que j’étais bien meilleur aux jeux à la troisième personne qu’à la première.

Attendez ! Je peux changer la vue !

L’option était juste là, cachée au bas de la boîte qui m’expliquait les commandes. Après avoir esquivé une autre attaque, j’avais cliqué sur ce bouton et, comme je m’y attendais, la caméra changea pour me permettre de regarder derrière le corps de mon golem.

Hein ?

Le golem n’était pas du tout le géant de pierre robuste que j’avais imaginé. Son corps était d’un brun sombre, mais sa tête était petite, et il avait de longs cheveux attachés qui lui arrivaient aux hanches. Il portait même une sorte de robe avec un tissu noué à la taille. J’avais déplacé la caméra pour la regarder de face.

« C’est plutôt beau… »

Son visage androgyne était orné d’un sourire doux et aimant qui ne semblait jamais vaciller. En un mot, c’était divin.

Le golem portait une armure sur ses avant-bras et ses mollets qui me rappelait les gladiateurs romains que l’on voyait parfois dans les films. Même si je le regardais avec surprise, je continuais à tuer les monstres autour de moi. La façon dont il se déplaçait était vraiment aussi belle et élégante que ce que l’on pouvait attendre d’une divinité ramenée sur terre. Même le sang qui giclait autour de lui ne pouvait lui enlever sa divinité à couper le souffle.

Peut-être que c’était ce à quoi le Dieu du Destin ressemblait canoniquement. Cela expliquerait pourquoi Chem m’avait reconnu. La couleur de son corps ressemblait moins à de la pierre qu’à du bois. Maintenant que j’y pense, j’étais apparu juste à côté de l’autel… Ce corps était-il vraiment la statue que Chem et Gams avaient fabriquée ? Penser qu’une statue aussi simple et grossière pouvait se transformer en quelque chose d’incroyablement élégant, comme si elle avait été faite par les plus grands sculpteurs du monde !

Je ne comprenais toujours pas pourquoi on l’appelait golem alors qu’il n’était pas fait de pierre ou de terre, même si je supposais que certains jeux et romans avaient des golems en métal, ou même un patchwork de cadavres. J’avais peut-être déjà entendu parler d’un golem en bois.

Si mon golem était en bois, il pourrait être assez fragile. J’étais content de ne pas avoir testé cela avant. Quoi qu’il en soit, tout ce qui importait était que je puisse l’utiliser pour protéger mes villageois.

Après avoir vaincu tous les ennemis, j’avais reposé ma manette de jeu sur mon bureau. J’avais souri en sirotant la fin de ma bouteille de thé.

« Finalement, j’ai vraiment fait quelque chose de divin. »

Avec un peu de chance, je pourrais continuer à utiliser le golem pour protéger mes villageois.

 

« Le Jour de la Corruption est terminé. Plus aucun monstre n’apparaîtra aujourd’hui. »

Un jingle triomphant retentit alors que ces mots rouges apparaissaient sur l’écran. Nous avions réussi, et nous pouvions enfin nous détendre. Je n’avais pas pu m’empêcher de lancer un poing victorieux en l’air.

« Oui ! Oui ! Ouiiiii ! »

J’avais même bondi de ma chaise et applaudi, la joie éclatant dans tout mon corps.

« Yoshio ! Baisse le ton ! »

J’avais entendu maman crier d’en bas.

Une fois que je m’étais calmé, j’étais retourné au jeu pour vérifier l’état de Gams. Tous mes villageois étaient réunis autour du golem.

« Il est certainement très courageux ! Merci beaucoup, Seigneur », dit Chem.

« Merci d’être intervenu pour me sauver la vie, Seigneur. »

« Ouah ! La statue a pris vie ! »

« Il l’a fait, n’est-ce pas, Carol ? C’est grâce à lui qu’on s’en est tous sortis », dit Lyra.

« Merci, Seigneur, d’avoir sauvé ma famille, Chem et Gams », dit Rodice.

Des larmes de gratitude coulaient sur les joues de Chem. Gams mit son bras autour d’elle et la serra contre lui. Carol sautilla comme si elle ne pouvait pas contenir sa joie. Ses parents la regardèrent et se serrèrent l’un contre l’autre en pleurant de soulagement. L’ampleur de leur gratitude me mettait plus que jamais mal à l’aise. Je sentais mes joues s’échauffer, même si je savais que ce n’était qu’un jeu.

En tant que leur Dieu, je devais répondre à leurs remerciements d’une manière ou d’une autre. Il y avait un moyen de lever la main du golem, me suis-je dit… C’était quoi déjà ? Mais quand j’avais essayé de le faire, ça n’avait pas marché.

« Huh ? Il s’est cassé ? Peut-être qu’il s’arrête au bout d’un certain temps… »

J’avais jeté un coup d’œil aux contrôles en bas de l’écran.

« L’utilisation du golem consomme des PdD. Si vous n’avez plus de PdD, vous ne pourrez plus utiliser le golem. De plus, vous ne pouvez utiliser le golem qu’une fois par jour. »

« C’est quoi toutes ces restrictions ? »

J’avais vérifié mes PdD dans le coin de l’écran : zéro. J’en avais beaucoup, même après avoir invoqué le golem, mais l’utiliser pendant quelques minutes les avait complètement vidés. Des milliers de PdD, disparus ! Je ne voulais même pas penser à l’argent que cela m’avait coûté !

J’avais de grands espoirs pour mon golem, mais il s’était avéré que je devais faire très attention à ne pas trop l’utiliser.

« Ce truc consomme plus d’essence qu’une voiture américaine ! Bon, ce n’est pas comme si j’en avais déjà conduit une. »

Non seulement c’était cher à l’achat, mais aussi à l’utilisation. Ils auraient pu au moins me prévenir !

J’avais soupiré, mes épaules s’étaient affaissées. Le fait de réaliser combien d’argent j’avais dépensé était vraiment douloureux. J’avais décidé de n’utiliser le golem que pour les urgences à partir de maintenant.

« Je suppose que je dois continuer à travailler maintenant. Les microtransactions dans ce truc sont encore pires que ces jeux gacha. »

C’était assez déprimant de penser que le salaire d’une journée entière pouvait disparaître en une fraction de seconde comme ça. Mais… j’avais obtenu mon poste pour protéger mes villageois, et c’était exactement ce que j’avais fait.

« Le Jour de la Corruption est terminé, et tout le monde a survécu ! Je devrais fêter ça ! »

Je m’étais reconcentré sur l’écran, décidant d’être heureux.

Mes villageois étaient plus calmes maintenant qu’ils portaient ma statue en bois jusqu’à l’autel. Je me sentais mal de les avoir obligés à la porter, mais sans PdD, je ne pouvais pas faire grand-chose d’autre. Une fois ma statue remise en place, Chem tendit ses mains devant elle. Elles commencèrent alors à briller, la lumière se diffusant dans les blessures de Gams. Elle utilisait sa magie de guérison sur les blessures de Gams. Ses blessures s’étaient refermées sous nos yeux. Le fait que sa magie ne puisse pas aider contre l’épuisement était vraiment honteux, mais c’était extrêmement pratique.

« On dirait que Gams est hors de danger. Oh, c’est vrai ! Je devrais utiliser la prophétie pour leur dire qu’il n’y aura plus d’attaques aujourd’hui. »

Je m’étais donc attelé à le faire, tout en les félicitant pour leur travail acharné. Dès qu’ils lurent la prophétie, ils s’écroulèrent écroulés au sol, soulagés.

« Bon travail, les gars. Maintenant, allez vous reposer. »

Mes villageois avaient pris leur repas un peu plus tard que d’habitude. J’avais surveillé la situation pendant qu’ils le faisaient. La zone à l’intérieur de la clôture était jonchée de cochons morts. Et contrairement à la plupart des jeux, les ennemis morts ne disparaissaient pas. Les laisser là risquant d’attirer d’autres monstres, mes villageois devaient donc s’en occuper. Pour l’instant, ils avaient traîné tous les monstres qu’ils ne pouvaient pas manger dans les trous qu’ils avaient déjà creusés pour les enterrer, bien que les brûler serait probablement hygiénique. J’avais zoomé, vérifiant qu’il n’y avait pas de monstres vivants cachés parmi les cadavres, quand je remarquais quelque chose.

Il y avait plusieurs flèches logées dans la clôture. J’avais fait défiler les corps dans les trous et j’avais constaté que beaucoup d’entre eux avaient aussi des flèches. La seule chose était… qu’aucun de mes villageois ne savait utiliser un arc et des flèches.

« Je suppose qu’on a eu de l’aide. »

Et bien que le médecin soit parti depuis longtemps, je lui avais envoyé un mot silencieux de remerciement.

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