Le Monde dans un Jeu Vidéo Otome est difficile pour la Populace – Tome 13 – Épilogue – Partie 1

+++

Épilogue

Partie 1

« “… Léon cria à pleins poumons.” Très bien. C’est tout pour aujourd’hui ! »

Des étagères de livres couvraient les murs et des jouets d’enfants étaient éparpillés au milieu de la pièce. Noëlle était assise sur une chaise, un livre perché sur son ventre proéminent de femme enceinte. Les enfants, qui l’écoutaient attentivement, étaient tous ceux de Léon.

L’un d’eux tendit la main et tira sur sa chemise :

« Maman Noëlle, que s’est-il passé ensuite ? Qu’est-ce que papa a fait après ça ? »

Noëlle avait lu un volume écrit par Livia elle-même, une épopée racontant les nombreux voyages héroïques de Léon.

Un garçon blond, dont le visage rappelait celui de son père, déclara : « Je veux en savoir plus sur les aventures de papa. »

Noëlle lui sourit, puis referma le livre en claquant la couverture, quitta sa chaise et se déplaça. Elle le rangea sur une étagère voisine en soulignant que l’heure du conte était terminée pour la journée : « Il est tard, alors nous allons nous arrêter là. Il est temps pour vous tous d’aller dormir. Et je suis désolée, mais la suite de ce livre n’est pas encore écrite. » Les enfants pleurnichèrent collectivement en signe de désapprobation.

Une fille aux cheveux bouclés, qui ressemblait beaucoup à Deirdre, se jeta sur la jambe de Noëlle et s’y accrocha :

« Pourquoi n’écris-tu pas la prochaine histoire pour nous ? Nous voulons en savoir plus. »

Noëlle sourit avec amertume : « Nous ne pouvons pas encore l’écrire », avait-elle répondu à la jeune fille.

Ses yeux parcoururent les visages des enfants. Certains avaient déjà l’air somnolents. Une fille qui ressemblait à une version plus jeune d’Anjie s’assoupit, sa tête s’affaissant avant de se redresser. Elle tenait la main d’un garçon qui ressemblait trait pour trait à Léon. Il dormait déjà profondément et s’était effondré sur le sol à côté d’elle.

Les enfants, captivés par l’histoire, avaient insisté pour qu’on leur en raconte d’autres.

« Écris-le ! »

« Nous ne pouvons pas », dit encore une fois Noëlle avec fermeté. « Attendez juste un peu plus longtemps. Votre père se lance dans sa prochaine grande aventure en ce moment même. Une fois qu’il aura terminé, maman Livia écrira la suite. Je vous promets de vous le lire avant que quelqu’un d’autre ne le lise. »

Une fille aux cheveux roses s’appuya contre l’unité mobile de Fact, sa poitrine se soulevant et s’abaissant lentement. Fact la soutint tout en réprimandant les enfants : « Le manque de sommeil adéquat aura un impact négatif sur votre croissance, les jeunes. Maintenant, assez discuté. Allez vous coucher. »

Ceux qui étaient restés éveillés étaient impatients de jouer encore un peu. Ils commencèrent à le taquiner et à le provoquer.

« Oh, regardez ! Fact est en colère ! »

« Faisons-le rouler sur le sol ! »

« Non, arrêtez ! Ne voyez-vous pas que j’ai déjà quelqu’un qui dort sur moi ? Arrêtez ! Je vais ajuster négativement mon évaluation de vous tous ! »

Si toutes les IA avaient d’abord semblé avoir péri pendant la bataille, Fact et ses frères s’étaient en réalité préservés en transférant leurs données sur leurs unités mobiles. Ils soutenaient désormais le royaume depuis l’ombre, se tenant prudemment à carreau pour ne pas trop interférer.

Léon n’avait pas voulu que les IA soient trop impliquées. Anjie souhaitait vivement faire appel à leur aide, mais malgré ses efforts pour le convaincre, Léon avait rejeté son idée sans montrer le moindre signe de fléchissement : « Je veux que nous soyons aussi indépendants que possible. » Son refus obstiné avait suffisamment épuisé Anjie pour qu’elle finisse par accepter.

Personnellement, Noëlle était d’accord avec lui. Elle savait qu’il serait plus efficace de laisser les IA s’occuper des choses, mais elle pensait tout de même qu’il était préférable que leur civilisation se tienne debout et se développe par elle-même.

« Ça suffit ! » gronda-t-elle les enfants. « On n’intimide pas Fact. Si vous ne vous couchez pas à l’heure, je le dirai à votre père. »

« D’accord », répondirent les enfants à l’unisson, obéissant à contrecœur.

Une fille aux cheveux noirs tirés en queue de cheval sur le côté se tint devant Noëlle, remuant avec anxiété. Noëlle se mit à genoux pour se mettre à sa hauteur.

« Qu’est-ce qu’il y a ? » demanda-t-elle gentiment.

« Maman, hum, euh… Quand est-ce que papa rentre à la maison ? » demanda-t-elle.

Le sourire de Noëlle s’effaça un instant. Il était difficile de répondre à cette question. Léon était parti régler un problème particulièrement gênant et personne ne savait quand il reviendrait. Il ne le savait probablement pas lui-même. Ses ennuis ne faisaient que commencer.

« J’aimerais pouvoir te donner une réponse, mais je ne sais pas non plus. Ce que je sais, c’est qu’il devrait faire une longue pause une fois l’été arrivé. Peut-être reviendra-t-il à la maison à ce moment-là », dit Noëlle.

 

+++

L’île flottante que Léon avait autrefois aménagée pour lui-même était en train de changer. Elle avait déjà été réaffectée à des fins militaires, mais elle avait retrouvé sa verdure tentaculaire. Elle appartenait toujours au gouvernement, mais Léon l’utilisait à des fins personnelles. C’était l’endroit idéal pour envoyer vivre toutes les personnes gênantes dont il s’occupait. Il s’agissait naturellement de Marie et de tout son entourage.

Marie profitait de sa promenade, essuyant la sueur avec une serviette, en regardant les robots travailler dans les champs.

« Ah, ça fait du bien d’être dehors, à transpirer. La bière d’aujourd’hui n’en sera que meilleure ! »

Bien qu’il ne soit que midi, elle fantasmait déjà sur l’alcool qu’ils allaient boire ce soir-là.

Dès qu’ils l’aperçurent, Carla et Kyle se précipitèrent vers elle, la première portant un enfant sur son dos.

« Lady Marieeeee ! » appela-t-elle.

« S’il te plaît, ne fatigue pas ton corps inutilement ! »

Kyle était tout aussi paniqué. Il avait encore l’air jeune, mais il était devenu plus grand que Carla. Son sang elfique ressortait fortement, lui donnant un beau visage. Il était plus doux maintenant que lorsqu’il était plus jeune, mais il n’avait pas beaucoup changé dans l’ensemble.

« Maîtresse ! » hurla-t-il à l’adresse de Marie. « Tu ne devrais pas bouger autant dans cet état ! »

Carla saisit le bras de Marie et commença à la traîner vers la maison.

« Comment pouvez-vous penser à boire dans votre état ? Venez, il faut qu’on rentre à la maison ! » Elle était plus assurée avec Marie, en partie parce qu’elle veillait encore sur elle.

« Je veux boire ! » pleurnicha Marie de façon enfantine à l’adresse de Carla.

L’enfant, sur le dos de Carla, avait mis un doigt dans la bouche. Il avait les mêmes cheveux bleu marine que Julian.

Jilk se dirigea à grands pas vers le trio, un sac à dos en cuir sur l’épaule. Il leur fit un signe de la main en s’approchant :

« J’ai une grande nouvelle pour toi, Marie, puisque tu es si impatiente de boire un verre. J’ai ramené des feuilles de thé spéciales. »

Carla le regarda d’un air renfrogné.

« Je vais les préparer. Ne pense même pas à les faire mijoter toi-même. »

« Pourquoi n’arrives-tu pas à comprendre que tu es nul pour faire du thé ? » ajouta Kyle froidement. Il s’était peut-être assagi avec les autres, mais il restait mordant et sévère lorsqu’il s’agissait de la brigade des idiots — en grande partie parce que ces cinq crétins leur causaient encore du tort, ainsi qu’à Carla et Marie.

Jilk haussa les épaules : « Je suppose que ma façon de brasser est tout simplement trop sophistiquée pour que vous puissiez l’apprécier. »

Les yeux de Marie se posèrent sur le sac en cuir. Son visage perdit toute couleur.

« Jilk, » dit-elle, « je n’ai jamais vu l’étui du service à thé que tu as avec toi. »

En examinant le sac, elle se rendit vite compte qu’il était tout neuf.

Heureux qu’elle l’ait remarqué si vite, Jilk le tapota :

« Oh, ceci ? Je l’ai acheté dans la capitale avant de revenir. J’ai trouvé que c’était vraiment une belle trouvaille pour un prix aussi bas, surtout au vu de la qualité. »

Les jambes de Marie se mirent à trembler. Kyle s’élança pour la retenir avant qu’elle ne s’enfonce dans le sol :

« Maîtresse ! S’il te plaît, ne t’énerve pas ! Tout ira bien. Comme M. Jilk a été réintégré et qu’il est vicomte maintenant, nous avons un peu plus d’argent qu’avant ! »

Ces paroles ne réussirent pas à empêcher les larmes de couler le long des joues de Marie. Tous les garçons avaient été accueillis dans l’aristocratie, mais ils étaient toujours endettés.

« Tu m’as promis de ne pas gaspiller d’argent, tu te souviens ? » avait-elle crié à Jilk.

Léon était leur créancier, mais c’est Anjie qui tenait les cordons de la bourse. Elle était loin d’être aussi permissive que son mari et s’assurait de leur faire payer des intérêts sur ce qu’ils lui devaient. Heureusement, la brigade des idiots ne dilapidait plus ses finances comme auparavant. Ils dépensaient de manière raisonnable et selon leurs moyens, principalement pour le travail. Pourtant, Marie avait l’habitude d’être complètement fauchée et n’avait pas encore pris l’habitude de leur nouvelle situation. Le montant de leurs dettes lui paraissait exorbitant.

Jilk lui sourit en bombant fièrement le torse : « Ce n’était pas une perte d’argent. Après tout, ce service à thé et son étui ne valaient que huit cent mille dias. Le vendeur m’a dit que c’était une antiquité qu’ils avaient récupérée dans une ancienne ruine. »

Huit cent mille dias équivalaient à huit millions de yens.

Les mains de Marie se portèrent à son ventre.

« Oh non… Je suis en train d’accoucher. Il faut que je retourne au domaine pour accoucher. » Elle avait déjà vécu cette expérience, alors elle était restée calme malgré l’urgence de la situation.

« Docteur ! Nous avons besoin d’un médecin ! » hurla Kyle en se précipitant pour en trouver un.

Jilk la regarda, bouche bée, interloqué.

« Qu’est-ce que je dois faire ? Je suppose que je devrais faire le thé — non, non, je devrais d’abord te porter à l’hôpital ! » Il était tellement paniqué qu’il avait laissé tomber le nouveau sac qu’il venait d’acheter. Le service à thé hors de prix se brisa au moment où il heurta le sol.

Le sang s’écoula du visage de Marie.

« Non ! Tout cet argent ! » hurla-t-elle en vacillant, puis en perdant finalement connaissance.

Jilk se précipita sur elle, la saisit dans ses bras et l’empêcha de toucher le sol.

« Mademoiselle Marie, réveillez-vous ! »

Carla lança un regard à Jilk.

« C’est toi qui as mis le clou métaphorique dans son cercueil. Comment se fait-il que tu sois si crédule ? Pourquoi as-tu laissé quelqu’un te faire croire qu’un service à thé de mauvaise qualité était une antiquité ? As-tu la moindre idée de l’argent que tu as gaspillé ? Il est grand temps que tu admettes que tu n’as aucun talent pour juger de la qualité ou de la rareté d’un objet. »

Ses paroles étaient brutales, elles allaient droit au but.

Jilk sursauta. L’air un peu terrifié, il bafouilla : « Mes excuses. »

« Eh bien, si tu te sens vraiment mal, dépêche-toi d’aller au domaine et de faire bouillir de l’eau. Allez, cours ! » Carla fit un signe de la main, même si elle semblait sceptique quant à l’aide qu’il pourrait apporter.

« Oui, madame ! » Laissant Marie à ses soins, il se mit à sprinter.

Carla soupira et jeta un coup d’œil à Marie : « Ma dame, je vous prie de vous ressaisir. »

Marie s’était réveillée, mais elle regardait fixement devant elle, un sourire forcé se dessinant sur son visage. Il n’y avait pas de lumière dans ses yeux, comme si son esprit avait quitté son corps.

« Je vais devoir envoyer un message à Grand Frère et lui demander de l’argent pour couvrir à nouveau nos frais de subsistance », marmonna-t-elle d’un air engourdi. Elle laissa échapper un petit rire sec. « Nous emprunterons encore plus avant même d’avoir fini de rembourser la précédente dette. Notre dette va encore augmenter. Anjelica et les autres filles seront furieuses contre nous. »

« Ne soyez pas trop négative, Lady Marie ! Tout se passera bien. Si vous leur dites que c’est Jilk, ils comprendront, j’en suis sûre ! — Probablement ! »

« Mon frère me manque », se plaignit Marie.

+++

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

Claramiel

Bonjour, Alors que dire sur moi, Je suis Clarisse.

Laisser un commentaire