Le Monde dans un Jeu Vidéo Otome est difficile pour la Populace – Tome 13 – Épilogue

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Épilogue

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Épilogue

Partie 1

« “… Léon cria à pleins poumons.” Très bien. C’est tout pour aujourd’hui ! »

Des étagères de livres couvraient les murs et des jouets d’enfants étaient éparpillés au milieu de la pièce. Noëlle était assise sur une chaise, un livre perché sur son ventre proéminent de femme enceinte. Les enfants, qui l’écoutaient attentivement, étaient tous ceux de Léon.

L’un d’eux tendit la main et tira sur sa chemise :

« Maman Noëlle, que s’est-il passé ensuite ? Qu’est-ce que papa a fait après ça ? »

Noëlle avait lu un volume écrit par Livia elle-même, une épopée racontant les nombreux voyages héroïques de Léon.

Un garçon blond, dont le visage rappelait celui de son père, déclara : « Je veux en savoir plus sur les aventures de papa. »

Noëlle lui sourit, puis referma le livre en claquant la couverture, quitta sa chaise et se déplaça. Elle le rangea sur une étagère voisine en soulignant que l’heure du conte était terminée pour la journée : « Il est tard, alors nous allons nous arrêter là. Il est temps pour vous tous d’aller dormir. Et je suis désolée, mais la suite de ce livre n’est pas encore écrite. » Les enfants pleurnichèrent collectivement en signe de désapprobation.

Une fille aux cheveux bouclés, qui ressemblait beaucoup à Deirdre, se jeta sur la jambe de Noëlle et s’y accrocha :

« Pourquoi n’écris-tu pas la prochaine histoire pour nous ? Nous voulons en savoir plus. »

Noëlle sourit avec amertume : « Nous ne pouvons pas encore l’écrire », avait-elle répondu à la jeune fille.

Ses yeux parcoururent les visages des enfants. Certains avaient déjà l’air somnolents. Une fille qui ressemblait à une version plus jeune d’Anjie s’assoupit, sa tête s’affaissant avant de se redresser. Elle tenait la main d’un garçon qui ressemblait trait pour trait à Léon. Il dormait déjà profondément et s’était effondré sur le sol à côté d’elle.

Les enfants, captivés par l’histoire, avaient insisté pour qu’on leur en raconte d’autres.

« Écris-le ! »

« Nous ne pouvons pas », dit encore une fois Noëlle avec fermeté. « Attendez juste un peu plus longtemps. Votre père se lance dans sa prochaine grande aventure en ce moment même. Une fois qu’il aura terminé, maman Livia écrira la suite. Je vous promets de vous le lire avant que quelqu’un d’autre ne le lise. »

Une fille aux cheveux roses s’appuya contre l’unité mobile de Fact, sa poitrine se soulevant et s’abaissant lentement. Fact la soutint tout en réprimandant les enfants : « Le manque de sommeil adéquat aura un impact négatif sur votre croissance, les jeunes. Maintenant, assez discuté. Allez vous coucher. »

Ceux qui étaient restés éveillés étaient impatients de jouer encore un peu. Ils commencèrent à le taquiner et à le provoquer.

« Oh, regardez ! Fact est en colère ! »

« Faisons-le rouler sur le sol ! »

« Non, arrêtez ! Ne voyez-vous pas que j’ai déjà quelqu’un qui dort sur moi ? Arrêtez ! Je vais ajuster négativement mon évaluation de vous tous ! »

Si toutes les IA avaient d’abord semblé avoir péri pendant la bataille, Fact et ses frères s’étaient en réalité préservés en transférant leurs données sur leurs unités mobiles. Ils soutenaient désormais le royaume depuis l’ombre, se tenant prudemment à carreau pour ne pas trop interférer.

Léon n’avait pas voulu que les IA soient trop impliquées. Anjie souhaitait vivement faire appel à leur aide, mais malgré ses efforts pour le convaincre, Léon avait rejeté son idée sans montrer le moindre signe de fléchissement : « Je veux que nous soyons aussi indépendants que possible. » Son refus obstiné avait suffisamment épuisé Anjie pour qu’elle finisse par accepter.

Personnellement, Noëlle était d’accord avec lui. Elle savait qu’il serait plus efficace de laisser les IA s’occuper des choses, mais elle pensait tout de même qu’il était préférable que leur civilisation se tienne debout et se développe par elle-même.

« Ça suffit ! » gronda-t-elle les enfants. « On n’intimide pas Fact. Si vous ne vous couchez pas à l’heure, je le dirai à votre père. »

« D’accord », répondirent les enfants à l’unisson, obéissant à contrecœur.

Une fille aux cheveux noirs tirés en queue de cheval sur le côté se tint devant Noëlle, remuant avec anxiété. Noëlle se mit à genoux pour se mettre à sa hauteur.

« Qu’est-ce qu’il y a ? » demanda-t-elle gentiment.

« Maman, hum, euh… Quand est-ce que papa rentre à la maison ? » demanda-t-elle.

Le sourire de Noëlle s’effaça un instant. Il était difficile de répondre à cette question. Léon était parti régler un problème particulièrement gênant et personne ne savait quand il reviendrait. Il ne le savait probablement pas lui-même. Ses ennuis ne faisaient que commencer.

« J’aimerais pouvoir te donner une réponse, mais je ne sais pas non plus. Ce que je sais, c’est qu’il devrait faire une longue pause une fois l’été arrivé. Peut-être reviendra-t-il à la maison à ce moment-là », dit Noëlle.

 

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L’île flottante que Léon avait autrefois aménagée pour lui-même était en train de changer. Elle avait déjà été réaffectée à des fins militaires, mais elle avait retrouvé sa verdure tentaculaire. Elle appartenait toujours au gouvernement, mais Léon l’utilisait à des fins personnelles. C’était l’endroit idéal pour envoyer vivre toutes les personnes gênantes dont il s’occupait. Il s’agissait naturellement de Marie et de tout son entourage.

Marie profitait de sa promenade, essuyant la sueur avec une serviette, en regardant les robots travailler dans les champs.

« Ah, ça fait du bien d’être dehors, à transpirer. La bière d’aujourd’hui n’en sera que meilleure ! »

Bien qu’il ne soit que midi, elle fantasmait déjà sur l’alcool qu’ils allaient boire ce soir-là.

Dès qu’ils l’aperçurent, Carla et Kyle se précipitèrent vers elle, la première portant un enfant sur son dos.

« Lady Marieeeee ! » appela-t-elle.

« S’il te plaît, ne fatigue pas ton corps inutilement ! »

Kyle était tout aussi paniqué. Il avait encore l’air jeune, mais il était devenu plus grand que Carla. Son sang elfique ressortait fortement, lui donnant un beau visage. Il était plus doux maintenant que lorsqu’il était plus jeune, mais il n’avait pas beaucoup changé dans l’ensemble.

« Maîtresse ! » hurla-t-il à l’adresse de Marie. « Tu ne devrais pas bouger autant dans cet état ! »

Carla saisit le bras de Marie et commença à la traîner vers la maison.

« Comment pouvez-vous penser à boire dans votre état ? Venez, il faut qu’on rentre à la maison ! » Elle était plus assurée avec Marie, en partie parce qu’elle veillait encore sur elle.

« Je veux boire ! » pleurnicha Marie de façon enfantine à l’adresse de Carla.

L’enfant, sur le dos de Carla, avait mis un doigt dans la bouche. Il avait les mêmes cheveux bleu marine que Julian.

Jilk se dirigea à grands pas vers le trio, un sac à dos en cuir sur l’épaule. Il leur fit un signe de la main en s’approchant :

« J’ai une grande nouvelle pour toi, Marie, puisque tu es si impatiente de boire un verre. J’ai ramené des feuilles de thé spéciales. »

Carla le regarda d’un air renfrogné.

« Je vais les préparer. Ne pense même pas à les faire mijoter toi-même. »

« Pourquoi n’arrives-tu pas à comprendre que tu es nul pour faire du thé ? » ajouta Kyle froidement. Il s’était peut-être assagi avec les autres, mais il restait mordant et sévère lorsqu’il s’agissait de la brigade des idiots — en grande partie parce que ces cinq crétins leur causaient encore du tort, ainsi qu’à Carla et Marie.

Jilk haussa les épaules : « Je suppose que ma façon de brasser est tout simplement trop sophistiquée pour que vous puissiez l’apprécier. »

Les yeux de Marie se posèrent sur le sac en cuir. Son visage perdit toute couleur.

« Jilk, » dit-elle, « je n’ai jamais vu l’étui du service à thé que tu as avec toi. »

En examinant le sac, elle se rendit vite compte qu’il était tout neuf.

Heureux qu’elle l’ait remarqué si vite, Jilk le tapota :

« Oh, ceci ? Je l’ai acheté dans la capitale avant de revenir. J’ai trouvé que c’était vraiment une belle trouvaille pour un prix aussi bas, surtout au vu de la qualité. »

Les jambes de Marie se mirent à trembler. Kyle s’élança pour la retenir avant qu’elle ne s’enfonce dans le sol :

« Maîtresse ! S’il te plaît, ne t’énerve pas ! Tout ira bien. Comme M. Jilk a été réintégré et qu’il est vicomte maintenant, nous avons un peu plus d’argent qu’avant ! »

Ces paroles ne réussirent pas à empêcher les larmes de couler le long des joues de Marie. Tous les garçons avaient été accueillis dans l’aristocratie, mais ils étaient toujours endettés.

« Tu m’as promis de ne pas gaspiller d’argent, tu te souviens ? » avait-elle crié à Jilk.

Léon était leur créancier, mais c’est Anjie qui tenait les cordons de la bourse. Elle était loin d’être aussi permissive que son mari et s’assurait de leur faire payer des intérêts sur ce qu’ils lui devaient. Heureusement, la brigade des idiots ne dilapidait plus ses finances comme auparavant. Ils dépensaient de manière raisonnable et selon leurs moyens, principalement pour le travail. Pourtant, Marie avait l’habitude d’être complètement fauchée et n’avait pas encore pris l’habitude de leur nouvelle situation. Le montant de leurs dettes lui paraissait exorbitant.

Jilk lui sourit en bombant fièrement le torse : « Ce n’était pas une perte d’argent. Après tout, ce service à thé et son étui ne valaient que huit cent mille dias. Le vendeur m’a dit que c’était une antiquité qu’ils avaient récupérée dans une ancienne ruine. »

Huit cent mille dias équivalaient à huit millions de yens.

Les mains de Marie se portèrent à son ventre.

« Oh non… Je suis en train d’accoucher. Il faut que je retourne au domaine pour accoucher. » Elle avait déjà vécu cette expérience, alors elle était restée calme malgré l’urgence de la situation.

« Docteur ! Nous avons besoin d’un médecin ! » hurla Kyle en se précipitant pour en trouver un.

Jilk la regarda, bouche bée, interloqué.

« Qu’est-ce que je dois faire ? Je suppose que je devrais faire le thé — non, non, je devrais d’abord te porter à l’hôpital ! » Il était tellement paniqué qu’il avait laissé tomber le nouveau sac qu’il venait d’acheter. Le service à thé hors de prix se brisa au moment où il heurta le sol.

Le sang s’écoula du visage de Marie.

« Non ! Tout cet argent ! » hurla-t-elle en vacillant, puis en perdant finalement connaissance.

Jilk se précipita sur elle, la saisit dans ses bras et l’empêcha de toucher le sol.

« Mademoiselle Marie, réveillez-vous ! »

Carla lança un regard à Jilk.

« C’est toi qui as mis le clou métaphorique dans son cercueil. Comment se fait-il que tu sois si crédule ? Pourquoi as-tu laissé quelqu’un te faire croire qu’un service à thé de mauvaise qualité était une antiquité ? As-tu la moindre idée de l’argent que tu as gaspillé ? Il est grand temps que tu admettes que tu n’as aucun talent pour juger de la qualité ou de la rareté d’un objet. »

Ses paroles étaient brutales, elles allaient droit au but.

Jilk sursauta. L’air un peu terrifié, il bafouilla : « Mes excuses. »

« Eh bien, si tu te sens vraiment mal, dépêche-toi d’aller au domaine et de faire bouillir de l’eau. Allez, cours ! » Carla fit un signe de la main, même si elle semblait sceptique quant à l’aide qu’il pourrait apporter.

« Oui, madame ! » Laissant Marie à ses soins, il se mit à sprinter.

Carla soupira et jeta un coup d’œil à Marie : « Ma dame, je vous prie de vous ressaisir. »

Marie s’était réveillée, mais elle regardait fixement devant elle, un sourire forcé se dessinant sur son visage. Il n’y avait pas de lumière dans ses yeux, comme si son esprit avait quitté son corps.

« Je vais devoir envoyer un message à Grand Frère et lui demander de l’argent pour couvrir à nouveau nos frais de subsistance », marmonna-t-elle d’un air engourdi. Elle laissa échapper un petit rire sec. « Nous emprunterons encore plus avant même d’avoir fini de rembourser la précédente dette. Notre dette va encore augmenter. Anjelica et les autres filles seront furieuses contre nous. »

« Ne soyez pas trop négative, Lady Marie ! Tout se passera bien. Si vous leur dites que c’est Jilk, ils comprendront, j’en suis sûre ! — Probablement ! »

« Mon frère me manque », se plaignit Marie.

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Partie 2

Après avoir perdu la guerre contre Hohlfahrt, le Saint Empire magique de Vordenoit connut des changements.

« Les machines sont en train de construire une autre de ces tours. »

« Elles me donnent la chair de poule. »

« Nous devons cependant l’accepter. Nous avons perdu contre eux. »

Le projet avait commencé dans la capitale de l’empire, lorsque des tours métalliques avaient été érigées en grand nombre dans la ville pour servir de lampadaires. Elles ne furent introduites qu’après la fin de la guerre et les Impériaux n’en étaient pas friands.

Alors qu’il marchait dans une rue de la capitale, Finn en repéra une et s’arrêta pour l’observer : « Je ne m’attendais pas à ce qu’il prépare ça. »

Les tours que les citoyens de l’Empire méprisaient tant étaient une idée de Léon.

Mia, dont le bras était enroulé autour de celui de Finn, jeta elle aussi un regard triste vers la tour.

« Monsieur le chevalier, pourquoi nous sommes-nous tous battus pendant cette guerre ? »

Mia pouvait vivre confortablement et en bonne santé, se promener à l’air libre à sa guise, mais seulement là où ces tours avaient été construites. Ces tours ne servaient pas seulement de sources de lumière; elles pompaient également de l’essence démoniaque dans l’atmosphère.

Sa lignée et celles des autres impériaux présentaient de fortes similitudes avec celle de la nouvelle humanité. Ils auraient du mal à vivre confortablement si l’essence démoniaque disparaissait complètement de l’atmosphère.

Léon n’avait jamais eu l’intention de détruire l’Empire. Il avait en effet imaginé un moyen pour les impériaux de coexister avec leurs voisins.

Finn fit la grimace. Il regrettait profondément de ne pas avoir davantage confiance en son meilleur ami. Lorsqu’il se souvint de Brave, ses sourcils se froncèrent : « Si j’avais fait confiance à Léon, nous n’aurions peut-être pas perdu Brave. Nous aurions peut-être évité toute cette guerre. »

« Monsieur le chevalier, » dit doucement Mia en l’enlaçant, « personne n’aurait pu prévoir ce qui allait se passer. Alors, s’il te plaît, ne t’en veux pas trop. Je sais que j’ai aussi causé beaucoup d’ennuis à tout le monde. »

Après la fin de la guerre, ni elle ni Finn ne furent appelés à assumer la responsabilité de leur rôle. Moritz endossa seul la responsabilité de leurs actes. Finn et Mia avaient renoncé à leurs positions respectives — lui à celle de chevalier, elle à celle de membre de la famille impériale — et vivaient désormais comme des citoyens ordinaires.

Finn secoua la tête. La dernière chose qu’il voulait, c’était d’attrister Mia à son tour. « Tu vas continuer à m’appeler “Monsieur le chevalier” pour toujours ? — Je ne suis plus un chevalier. »

« Mais tu seras toujours un chevalier dans mon cœur », s’exclama-t-elle, troublée.

Il lui caressa la tête.

« D’accord. Mais un jour, tu ferais mieux de m’appeler par mon prénom. »

« Oui, bien sûr ! »

Tous deux venaient de commencer leur nouvelle vie dans l’empire.

 

☆☆☆

Pourquoi les choses ne se déroulent-elles jamais comme je le souhaite ?

Je me trouvais actuellement dans un endroit appelé le Royaume d’Oasis, une nation désertique située à l’écart de Hohlfahrt. J’avais reçu un message de Marie qui décrivait dans les moindres détails tout ce qui s’était passé autour d’elle récemment.

Élysium planait au niveau de mon épaule gauche. Il avait imprimé sa lettre pour que je la lise. À la fin, elle s’était transformée en un appel à l’aide désespéré.

Une brise rafraîchissante balaya la pièce tandis que je baissais le message et poussais un profond soupir : « Jilk est un vrai salaud, il la met à rude épreuve quand elle est enceinte. »

Ce type était un crétin sans espoir, mais il avait aussi été mon sauveur. Je serais mort lors de la bataille contre l’Empire s’il n’était pas intervenu à la fin pour me récupérer. Il avait toujours été utile dans les moments difficiles, mais d’une certaine façon, c’était un perdant absolu au quotidien. Je suppose que si je pèse le pour et le contre, ils se valent. Non, il y a probablement un peu plus de points négatifs. Il a eu de la chance que je lui sauve la vie, sinon je l’aurais vraiment envoyé dans un endroit reculé, l’isolant du reste du monde.

Après m’avoir écouté fulminer et avoir lu tous les détails du message par-dessus mon épaule, Élysium conclut : « Il nous cause plus d’ennuis qu’il n’en vaut la peine. Effaçons-le. »

« Ne dis pas de choses effrayantes comme ça », lui ordonnai-je.

« Je comprends exactement ce que vous voulez dire, maître. Vous voulez que je l’efface secrètement, n’est-ce pas ? C’est ce que je vais faire. Avant que vous ne vous en rendiez compte, Jilk sera mort d’une maladie mystérieuse et personne n’en saura rien. »

« Arrête de déformer mes propos ! Nous allons laisser Jilk à lui-même — attends, non, c’est peut-être trop dangereux. Je devrais peut-être demander à Noëlle de lui faire la morale. Anjie est occupée à gérer des choses administratives, alors je ne peux pas lui en demander davantage. »

En pensant à Noëlle et à Anjie, qui étaient restées à Hohlfahrt, j’étais au bord des larmes.

Pourquoi avais-je dû faire tout ce chemin jusqu’à ce pays étranger ? Et pourquoi diable étais-je professeur à l’école du royaume d’Oasis ? Devenir roi d’une nation était déjà assez tragique, mais maintenant, je me retrouvais loin de chez moi, à éduquer des enfants, tout ça parce que c’était le cadre du quatrième épisode du jeu. L’affaire du « professeur » était ma couverture : j’avais infiltré l’école pour surveiller le personnage principal et ses intérêts amoureux.

La lentille d’Élysium clignota trois fois en rouge : « Un message vidéo est arrivé de la part de Lady Olivia. Je vais le diffuser maintenant. »

« De Livia ? » demandai-je, penchant la tête.

Son objectif projeta un flux vidéo représentant Livia dans la cuisine de l’appartement que nous partagions au royaume d’Oasis. Elle faisait un signe de la main et m’adressait un sourire, vêtue d’un tablier.

« Monsieur Léon, j’aimerais que tu rentres rapidement à la maison aujourd’hui, car je te prépare du poisson pour le dîner. N’oublie pas de me prévenir si tu es en retard. Tu ferais mieux de ne pas oublier, d’accord ? Contacte-moi. »

Elle essayait de m’attirer avec du poisson, ce qui était adorable, mais quelque chose dans son expression solennelle et la façon dont elle insistait pour que je la contacte me fit réfléchir.

« C’est agréable de vivre avec la femme que l’on aime. C’est la seule lueur d’espoir dans tout ce malheur. »

Mon visage se décomposa.

« Mais j’aimerais être à la maison, à regarder nos enfants grandir. »

« Voulez-vous voir les enregistrements de la croissance des enfants ? » demanda Élysium.

« Oui, quand je serai rentré à la maison. »

« Certainement. »

Même si je voulais éviter d’autres catastrophes qui mettraient fin au monde, devoir quitter la maison comme ça, c’était vraiment dur. Je suis vraiment content que Livia m’accompagne, mais c’est dur de ne pas voir mes enfants. Le fait d’en avoir autant était peut-être le plus gros problème.

« Mettons cette question de côté pour le moment. Il y avait quelque chose d’étrange dans la vidéo envoyée par Lady Olivia. C’est presque comme si elle essayait de vous surveiller », dit Élysium.

J’avais haussé les épaules : « Elle est adorable. »

« Comme vous êtes magnanime en la décrivant ainsi ! Je suis profondément ému, Maître. »

« Tu sais, tu es toujours beaucoup trop dramatique à propos de tout. Tu te moques de moi ? Est-ce que c’est ça ? »

« Non, » dit Élysium. « Je crois juste sincèrement que vous êtes le meilleur maître du monde. »

« Oui, bien sûr. »

J’appréciais son absence de ruse et de coups bas, dont Luxon avait été friand, mais il était si théâtral à propos de tout que cela semblait facétieux. Non, non. C’est un bon garçon. Un bon garçon avec beaucoup de problèmes, c’est vrai.

« Oh. Je dois aussi vous informer que Roland est sorti de l’hôpital sain et sauf », dit Élysium.

« Ah oui ? Je m’en fiche complètement. »

Après avoir abdiqué, Roland s’était retiré à la campagne et avait repris ses vieilles habitudes. Il était censé être confiné sur une île, mais il avait pris la poudre d’escampette à maintes reprises. Il se rendait toujours dans une grande ville pour draguer les filles, jonglant avec des dizaines de relations à la fois. Rien que ça m’énervait.

Sa descente dans la débauche était plus que ce que l’une des femmes qu’il avait emmenées sur son île pouvait supporter. Elle avait craqué et l’avait poignardé d’un couteau, l’envoyant à l’hôpital. Pour moi, c’était une excellente nouvelle, mais je n’aurais pas misé un sou sur le fait que cela ne se reproduise pas !

« Ça me ferait vraiment plaisir s’il se faisait poignarder une deuxième fois ! »

« Si je me souviens bien, Maître, vous vous êtes inquiété pour lui lorsque j’ai rapporté pour la première fois qu’il avait été poignardé et qu’il était inconscient à l’hôpital », dit Élysium.

« Vous m’avez demandé à plusieurs reprises s’il allait bien, et vous avez semblé visiblement soulagé lorsque je vous ai informé qu’il survivrait à cette rencontre. Pourquoi voulez-vous qu’il soit à nouveau poignardé ? » Il avait l’air sincèrement troublé.

J’avais évité son regard. Il avait raison de dire que j’avais été surpris et inquiet au début. Je détestais le caractère de Roland, mais j’étais dans la même situation que lui. Nous étions tous deux entourés d’un harem de femmes, et quand j’avais appris qu’il avait été poignardé par l’une d’entre elles, je n’avais pas pu m’empêcher de me mettre à sa place.

« Écoute, » dis-je, « ce ne serait pas la chose la plus surprenante si je me faisais poignarder moi aussi. »

« Vous n’avez pas besoin de vous inquiéter à ce sujet, maître. J’effacerais toute personne assez folle pour faire une telle tentative. »

« Ce qui est effrayant, c’est que je pourrais t’imaginer en train de faire ça. »

« Il n’est pas nécessaire de l’imaginer. Je le ferais absolument. »

Je lui secouai la tête, le nez plissé :

« Tu vois, c’est un peu effrayant. Ta loyauté à mon égard est suffocante. »

« Je m’éloigne du sujet, Maître. — Comment se fait-il que vous vous reconnaissiez en Roland ? »

« Parce que j’ai aussi un tas de femmes. »

Je savais qu’en l’admettant à voix haute, je passais pour un salaud, mais je ne pouvais pas m’en empêcher. Si j’essayais de suivre la voie de la monogamie et d’en choisir une seule, les couteaux seraient vraiment sortis pour moi.

Il n’y avait pas de retour en arrière possible.

Pour être clair, je ne regrettais pas d’avoir autant de femmes autour de moi, mais je me sentais mal à l’aise. Si j’avais mieux géré les choses dès le début, je ne me serais pas retrouvé avec un harem aussi important.

« Votre situation et celle de Roland sont complètement différentes », me rassura Élysium. « D’ailleurs, si vous le désirez, je pourrais me débarrasser de lui. »

« Arrête ! Tu ne vas pas tuer Roland ! »

Bien sûr, j’éprouvais un profond ressentiment pour ce type et j’avais ri en apprenant qu’il avait été poignardé, mais je ne voulais pas le tuer.

« Je ne comprends pas les sentiments que vous éprouvez pour lui. Voudriez-vous qu’il meure ou non ? »

« Les deux. Je veux qu’il meure, mais je ne veux pas. »

« Très bien. Je reviendrai sur la question de son extermination une autre fois. »

Élysium pivota, jeta un coup d’œil derrière nous, puis activa son dispositif d’occultation pour se dissimuler aux regards.

Quelqu’un montait sur le toit de l’école. Lorsqu’il atteignit la dernière marche, il ouvrit la porte et sortit. C’était un élève, ce qui n’était pas surprenant étant donné qu’il s’agissait d’une école réservée aux garçons. C’était le dernier endroit où je voulais être, car je n’étais pas intéressé par les garçons. Mais mes femmes n’apprécieraient pas que je le dise, car cela pourrait laisser entendre que je voulais agrandir mon harem.

L’élève qui était monté sur le toit était d’une délicatesse rare pour un garçon, avec un visage androgyne. Quand il me vit, il sourit : « Vous êtes encore là, professeur Léon ? » Il avait l’air terriblement heureux de m’avoir trouvé.

J’avais haussé les épaules : « J’aime bien le toit. » Qu’est-ce que je pouvais dire ? Je n’avais pas du tout l’air d’un professeur.

« Quoi qu’il en soit, avez-vous quelque chose à me demander ? »

L’élève me jeta un regard exaspéré, puis me sourit à nouveau.

« Vous êtes censé enseigner à notre prochain cours. Je suis monté ici pour vous chercher et m’assurer que vous ne seriez pas en retard. »

Ce garçon n’était en fait pas du tout un garçon, c’était la protagoniste du quatrième opus de la série Alte Liebe. Selon Erica, elle se travestissait pour fréquenter cette école. Mais je ne savais toujours pas ce qui l’avait poussée à venir ici. Erica n’était pas en mesure de me donner beaucoup de détails, alors je commençais à avancer à l’aveuglette.

Élysium et moi étions venus dans ce pays désertique pour mener notre propre enquête.

« D’accord, dirigeons-nous vers la salle de classe », suggérai-je en me redressant et en me dirigeant vers l’escalier.

« Ahh. — Je n’ai vraiment pas envie d’aller en cours. »

« Est-ce que c’est quelque chose que vous devriez dire à un professeur ? »

Elle me fit un petit rire.

Avant même que je m’en rende compte, nous étions arrivés dans la salle de classe. À l’intérieur, un groupe de garçons ressemblant à une bande de délinquants était assis. Ils me lancèrent un regard noir. En réalité, je n’étais que l’assistant du professeur principal, et non un professeur à part entière. La plupart des élèves étaient perturbés d’une manière ou d’une autre. Le quatrième volet avait vraiment entassé un tas de clichés dans son histoire.

Je regardai la protagoniste prendre sa place. Lorsque la cloche retentit, je balayai du regard le reste de la classe. Certains des garçons présents étaient probablement ses prétendants, mais je n’arrivais pas à identifier l’un d’entre eux. Tous ses camarades de classe étaient des candidats potentiels à ce stade.

« Je suis content de voir tout le monde ici aujourd’hui », déclarai-je.

Je n’étais pas du genre à vouloir sauver le monde entier, mais malheureusement, personne d’autre n’était à la hauteur de la tâche. De plus, Luxon m’attendait de l’autre côté. Je devais faire de mon mieux pour l’accueillir avec le sourire lorsque nous nous retrouverions. Ça me ferait du bien de me vanter auprès de lui d’avoir une nouvelle fois sauvé le monde, alors c’est ce que je ferais.

« Très bien, commençons. »

La question la plus importante était la suivante : combien de fois devrais-je sauver cet endroit stupide ? Pour être honnête, le monde des jeux otome était une véritable épine dans mon pied.

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Claramiel

Bonjour, Alors que dire sur moi, Je suis Clarisse.

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